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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 01:12

Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. II. Le coté du chœur (coté est).

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Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). A. La clôture.

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). B. La tribune.

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Voir les autres articles sur le patrimoine du Faouët:

a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre :

b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët:

​c. Chapelle Saint-Sébastien

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Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). A. La clôture.

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). B. La tribune.

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Voir les autres articles sur le patrimoine du Faouët:

a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre :

b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët:

​c. Chapelle Saint-Sébastien

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Chœur de la chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Chœur de la chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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A tout seigneur, tout honneur, débutons par le chœur.

— Et bien-sûr par le patron des lieux, Monsieur saint Fiacre.. Ah non?

— ...

— Vous me faites signe de commencer par votre Dame ? Ah, bien-sûr, la préséance va à la  Vierge à l'Enfant.

A droite du maître-autel, ce groupe en chêne de 1,24 m date de la fin du XVe, elle est donc contemporaine du Jubé et de la fin de la construction de la chapelle. La Vierge, élégamment hanchée, est coiffée d'un voile et d'une couronne royale, vêtue d'une robe rouge-pourpre et d'un manteau doré dont le large pan revient sur la manche droite. C'est à droite que cette Mère porte son Enfant, cheveux très court, en robe blanche, qui tient un livre ; son index droit suit avec attention un passage. Il s'agit sans-doute du même passage des Ecritures que Marie lisait, sur l'Annonciation du Jubé, celui d'Isaïe 7:14 qui annonçait  Ecce virgo concipiet, et pariet filium et vocabitur eius Emmanuel, Voici que la Vierge concevra et enfantera  un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel (c'est à dire Dieu avec nous) . Comme cela sera chanté plus tard, Virga jesse floruit, Virgo deum genuit, la tige de Jessé a fleuri, la Vierge a enfanté d'un homme Dieu.

Tige, fleur, mais aussi fruit puisque la mère présente dans la main gauche un objet rond qui évoque une pomme, rappel du thème du jubé, celui de la Rédemption : par son Incarnation, le Christ rachête la faute d'Adam, le Péché originel concrétisé par le Fruit Défendu, la pomme. En même temps, cet objet rond est aussi le globe terrestre que tiendra le Christ Sauveur du Monde. La "pomme" a été dorée : jadis objet de désir, de gourmandise ou de concupiscence, elle  a désormais acquis  un statut sacré.

René Couffon a retrouvé les indices d' "une très nette influence flamande" : figure ovale de la Vierge, front bombé avec des sourcils très arqués, cheveux nattés sur le dos, haute couronne. Denise Moirez (Inventaire Général, 1975) discernait "une facture d'inspiration savante où l'influence allemande se manifeste dans la structure générale comme dans le traitement des plis. Dans tous les cas, l'une des plus belles Vierges de Bretagne.

 

 

Vierge à l'Enfant, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Ecce Homo 

Sculpture en bois polychrome du XVIIIe siècle,  de 1,92 m, jadis placé dans une niche ou dais sculpté à gauche du maître-autel. Poignets liés, ceint de la couronne d'épines, il est seulement vêtu d'un pagne (le terme perizonium doit être reservé au Christ en croix) et du "manteau de pourpre" que mentionne l'évangile de Jean Jn 19:1-5: 

tunc ergo adprehendit Pilatus Iesum et flagellavit  et milites plectentes coronam de spinis inposuerunt capiti eius et veste purpurea circumdederunt eum  et veniebant ad eum et dicebant have rex Iudaeorum et dabant ei alapas [...]ut cognoscatis quia in eo nullam causam invenio et purpureum vestimentum et dicit eis ecce homo

Alors Pilate prit Jésus, et le fit battre de verges. Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre; puis, s'approchant de lui, ils disaient: Salut, roi des Juifs! Et ils lui donnaient des soufflets.[...] Jésus sortit donc, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit: Voici l'homme. 

 

Le long roseau que l'on voit dans la main droite est mentionné par l'évangile de Matthieu Mt 27:29-30 :

 et plectentes coronam de spinis posuerunt super caput eius et harundinem in dextera eius et genu flexo ante eum inludebant dicentes have rex Iudaeorum  et expuentes in eum acceperunt harundinem et percutiebant caput eius

 Ils tressèrent une couronne d'épines, qu'ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s'agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant: Salut, roi des Juifs!  Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête.

 Le Gaffiot donne bien pour arundo, inis : "roseau". Il ne s'agit pas d'une extrapolation.

Ce manteau royal et ce sceptre végétal tourne ainsi en dérision la royauté de celui à qui le Sanhédrin reprochait de se dire Rex Iudaeorum, Roi des Juifs, et de menacer ainsi le pouvoir des Romains sur la Province de Judée (Iudaea).

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Ecce Homo, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Ecce Homo, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Ecce Homo, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Ecce Homo, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Saint Fiacre.

Nous pouvons voir ici trois objets d'art et de culte.

D'une part, la console de granite, et les cinq fusées de gueules en fasces des armoiries  de Boutteville sur l'un des culots.

Puis la niche de 3,10 m,  à candélabres feuillagés sur les montants, surmontée d'un dais à quatre niveaux, qui fourmille de feuillages, de rinceaux à tête de chimères ou de licornes (1er niveau), de candélabres et rinceaux peuplés et de frise fleuronnée (2ème niveau), de fenêtre découpée à réseau  gothique et médaillons à l'antique (3ème niveau)  et même, tout en haut, de petits personnages et (?) de licornes autour d'un vase. 

Enfin la statue de bois polychrome de 1,41m, du XVIe siècle. Le saint est vêtu en moine, d'un scapulaire et cape noire sur la robe blanche. Il tient ses deux attributs, la pelle témoin de sa préoccupation de nourrir les malades qui le consultaient (c'est un saint thérapeute avant d'être un saint-jardinier), et le livre où il se réfugiait dans ses chères études et ses pieuses lectures lorsqu'on lui en laissait le temps. 

La pelle-bêche "modèle Saint-Fiacre" est caractéristique, mais elle n'est pas bien représentée ici : elle est en bois, mais le tranchant en métal la prolonge en écusson. J'en ai vu une, datant du 18e, au Musée de Grenoble, qui a dû lui appartenir : je l'ai reconnue tout de suite.

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Niche et statue de saint Fiacre, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Niche et statue de saint Fiacre, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Fiacre, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Niche et statue de saint Fiacre, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Fiacre, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

LE TRANSEPT.

Bras nord .

 Sainte Apolline et ses bourreaux.

C'est une statue en pierre du XV-XVIe siècle où la sainte est attachée par les cheveux à une potence, tandis que ses mains sont attachées dans le dos et que ses deux bourreaux, armés de tenailles, sont en train de lui arracher les dents. D'ailleurs, une belle molaire est encore entre les mors d'une de ces pinces.

Le martyre de sainte Apolline, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Le martyre de sainte Apolline, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Le martyre de sainte Apolline, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Le martyre de sainte Apolline, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Sainte Anne.

 

Sainte Anne, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Sainte Anne, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Bras sud du transept

Saint Antoine.

C'est saint Antoine l'anachorète, le fondateur de l'érémitisme chrétien, et représenté avec la longue barbe , la coule ou cuculle qui recouvre sa tête et descend sur son dos, sa canne en T ou plutôt en Tau et son petit cochon, qui sont toutes ses richesses, tous ses attributs.

Mais pourquoi un Tau ? Pourquoi un petit cochon ?

Rien à voir avec la vie du saint, en Égypte au IVe siècle. Mais avec l'Ordre Hospitaliers des Antonins, fondé après qu'un seigneur du Dauphiné ait ramené dans l'actuelle Isère les reliques du saint, lesquelles faisaient merveilles contre le Mal des Ardents, le feu de Saint-Antoine. Cette maladie était due à un champignon du seigle Claviceps purpurea qui vous donnait (et donne toujours) des hallucinations, car il est riche en acide lysergique (révisez l'article sur le LSD). Les moines antonins ignoraient cela, mais savaient qu'une alimentation équilibrée, riche en viande et en légumes, détournait les patients d'une mono-consommation de céréales contaminés. Ils obtinrent le privilège (exorbitant à l'époque) de la circulation de leur élevage de porcs dans les rues des villages, où ils se nourrissaient des eaux grasses et autres ordures. On reconnaissait les porcs des Antonins (et les moines eux-mêmes) à leur clochette.

Outre la viande de porc, ils utilisaient les bonnes herbes mélangées dans de la graisse...de porc  en un remède nommé le Saint Vinage : on en comptait 14, dont la scrophulaire (un anti-inflammatoire), le grand plantain et le plantain lancéolé (un anti-histaminique), l'ortie blanche (reminéralisante) le coquelicot, la verveine, et d'autres que j'ai oubliées.

Comme l'ergot de seigle et la dénutrition causaient des paralysies et des gangrènes, les moines organisés en Commanderies adoptèrent comme logo la béquille. La canne en T plus exactement, sous la forme du signe Tau. Les Antonins étaient experts en amputations et en appareillages. Ils eurent un succès fou, et bientôt on dénombra plus de 380 établissements  rattachés à la Maison-mère. L’Ordre s’enrichit grâce aux largesses accordées par les papes, les  rois, princes et puissants qui accourent auprès des reliques. Et parmi eux, Anne de Bretagne.

Saint Antoine est, avec saint Fiacre et saint Sébastien, l'un des trois saints thérapeutes contre les épidémies médiévales présents dans la chapelle. Ajoutons sainte Apolline, car il ne faut pas sous-estimer les problèmes dentaires.

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Saint Antoine,  chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Saint Antoine,  chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Antoine, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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LA NEF.

Le Martyre de saint Sébastien.

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un tel groupe, où l'officier Sébastien est la cible des flêches de ses propres archers, et où il reçoit les blessures avec la belle indifférence de ceux qui mettent leur foi dans le Seigneur, est caractéristique d'un culte où le saint est invoqué contre la "peste", ce terme désignant toutes les épidémies médiévales. 

Martyre de saint Sébastien, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Martyre de saint Sébastien, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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LEVONS LA TÊTE, ON NOUS REGARDE.

1. La charpente, diaporama.

Charpente, croisée du transept, Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile
Charpente, croisée du transept, Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile
Charpente, croisée du transept, Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile
Charpente, croisée du transept, Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile
Charpente, croisée du transept, Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Charpente, croisée du transept, Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

2. Diaporama

 

Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.

Suite, diaporama

 

Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.
Les sculptures de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.

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CONCLUSION.

Laurent Léna signale aussi les statues de sainte Elisabeth, de sainte Ursule et de saint Laurent. On peut comparer les statues encore conservées à Saint-Fiacre avec la liste des suffrages du Livre d'Heures du duc Pierre II de Bretagne proposée par Jean-Luc Deuffic :

f. 125v (suffrages, prières en français et en latin), martyre de S. Eutrope; f. 126v, S. Fiacre; f. 127v, S. Bernardin; f. 128v, S. Vincent Ferrier; ; f. 146v, S. Germain d'Auxerre; f. 147v, S. Dominique;; f. 148v, S. Pierre Martyr, frère Prêcheur; f. 149v, S. Thomas d'Aquin; f. 150v, S. Antoine; f. 151v, Martyre de sainte Apollonie; f. 152v, Ste MagdeIeine; f. 153v, Ste Catherine; f. 154v, Ste Marguerite; f.155v, S Julien; f. 156v, S. Christophe; f.157. S. Sébastien; f. 158v. S. Maudet ; f. 159v, martyre de S. Adrien; f. 160v, S. Michel; f. 161v, S. Jean-Baptiste; f. 162v, S. François d'Assise; f. 163, S. Gilles; f. 164v, Ste Anne, la Vierge et l'enfant Jésus; f. 165, S. Etienne; f. 166v, Ste Barbe; f. 167v, S. Donatien et S. Rogatien; f. 168v, Ste Ursule; f.169v, les Onze mille vierges; 

La chapelle n'a certainement pas conservée l'ensemble de sa statuaire du XV et XVI e siècle, mais il ne peut néanmoins nous échapper que les saints représentés ici sont ceux qui sont invoqués contre les maladies. Si on associe cette constatation à la notion d'un hôpital construit dès l'origine à proximité, à l'existence d'une fontaine de dévotion à trois bassins (dont les eaux avaient certainement un pouvoir thérapeutique), à l'existence d'un pélerinage , aux paroles d'un cantique breton à Saint Fiacre clamant que D' ar c'hlangour c'houi rè ar yec'hed ("Vous rendiez la santé aux malades"), on ne peut que porter crédit à un faisceau d'arguments présentés par Laurent Léna lorsqu'il envisage "que le service de la chapelle était peut-être assuré, ainsi que son hôpital annexe, par des hospitaliers de la Commanderie voisine. Les Hospitaliers, impliqués depuis les Croisades dans une lutte contre la lèpre, et implantés depuis le XIIe siècle dans le pays, possédaient une Commanderie de Saint-Jean, au Faouët, une Commanderie de Beauvoir à Priziac, et la Commanderie du Crosity, dans un espace de dix kilomètres environ.

Saint Fiacre est souvent présenté comme le patron des jardiniers, et, éventuellement comme le guérisseur des hémorroïdes, les "apostumes du fondement" ou "Mal saint-Fiacre" mentionné par le médecin Rabelais, ou par Antoine du Pinet dans sa traduction de Matthioli (1566). La première mention que je rencontre date de 1547.   Amboise Paré parle des "fics ou fils Sainct-Fiacre" comme des fungus de la Dure-Mère, ou des "espèces de verrues" du col de la matrice. Mais son invocation contre la lèpre,  contre les maladies de la peau, et contre toutes les maladies ne doit pas être négligée. La Molène ou Bouillon-Blanc Verbascum thapsus était jadis désignée sous le nom d'Herbe de saint-Fiacre. Elle est traditionnellement utilisée contre les maladies de la peau et de l'appareil respiratoire. On désigne aussi sous le même nom d'Herbe de Saint-Fiacre l'Heliotrope commune Heliotropium europaeum aussi nommée Herbe aux verrues. Ce lien entre Herbe de Saint-Fiacre et Herbe à verrues est attesté depuis au moins le XVIIIe siècle.

Il est attesté aussi que saint Fiacre passait pour le saint des lépreux (1684), et autres galeux, teigneux, rogneux et vérolés (1821). 

 

Culot de console, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culot de console, chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

DIVERSES ENLUMINURES de saint Fiacre.

Amiens, BM 0201 f.140 Fin XVe siècle.

De Sainct Fiacre Anthaine

Beate Christi confessor fiacri ecce nomen tuum fulget per secula petimus.

 

Amiens BM ms 0201 f.140

Amiens BM ms 0201 f.140

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Bnf Latin 13279

 

Bnf Latin 13279

Bnf Latin 13279

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BM Chambery 001 folio 188 (vers 1470)

Beate Christi confessor fiacre cem nomen tuum. fulget per secula

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BM Chambery 001 folio 188 (vers 1470)

BM Chambery 001 folio 188 (vers 1470)

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Châteauroux BM ms 002 folio 313v heures à l'usage de Rome vers 1414.

Beatus fiacrius heremita magnus ficus [in melden si tento no sub] sanctissimu faronis epi~ protectione cons---

Châteauroux BM ms 002 folio 313v heures à l'usage de Rome vers 1414.

Châteauroux BM ms 002 folio 313v heures à l'usage de Rome vers 1414.

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Bnf Latin 1159

Qur me confessus..

Bnf Latin 1159.

Bnf Latin 1159.

Bnf Latin 10538

Qua --- confessore fiacrium fac nos semper...

Bnf latin 10538

Bnf latin 10538

Valencienne 1206 folio 193 recueil de prières 16e siècle.

Si te supplie devotement que a mon ame premierement –petre la gloire eternele Et au corps temporelement me donne sante corporele. Amen.

Item aultre oraison de [notre] sainct fiacre.

Beate Christi confessor fiacre cem nomen tuum. fulget per secula Petimus ergo ut tuis sacris precibus mereamur adm—ari a domino Ora pronobis beate fiacri.

SOURCES ET LIENS.

 — Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France. Cantons de Le Faouët et de Gourin, Morbihan. 1975.

 

— LÉNA (Laurent), 1990,  Le Faouët, la chapelle Saint-Fiacre, Presses E.T. Saint-Michel Priziac. 

Site mandragore .bnf.fr

Site enluminure.culture.fr.

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 01:01

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PRÉSENTATION.

De même que le coté ouest, le coté est du jubé est constitué de la clôture, surmonté de la tribune, elle-même formée des fausses-voûtes et, au dessus, du garde-corps.

 

 

Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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I. LA CLÔTURE.

Je n'en présenterai que la sablière. Elle est plus simple que son homologue du coté nef, et ne présente que deux figures, entourées de végétaux et de banderoles en spires.

Les deux personnages pourraient passer pour des géants écrasés par l'étroitesse de la poutre de bois, ou par le poids de la tribune. Avec leur allure de rustaud, ils ont un je-ne-sais-quoi de rabelaisien et de comique.

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Sablière de la clôture, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Sablière de la clôture, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Sablière de la clôture, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Sablière de la clôture, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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II. LA TRIBUNE.

Elle comprend cinq fausses-voûtes lambrissés, dont les cinq arcades s'achèvent sur six culots de retombés sculptés de personnages et d'animaux, et dont les écoinçons fournissent l'occasion de six scènes : deux anges porteurs d'écus et quatre humains. Puis vient une première frise végétale animée par un dragon central. Puis une deuxième frise à motifs géométriques. Viennent ensuite les dix panneaux à entrelacs multicolores, et enfin la main courante où courent des animaux fantastiques.

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Tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

A. Les arcades des fausses voûtes.

Je les décrirai de gauche à droite.

I. Le groupe de gauche.

 

 

Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Il faut d'abord voir le retour, coté sud.

On y voit, au dessus d'un acrobate, un homme portant sur ses épaules un mouton et tenant de la main gauche un couple de volailles (canards selon L. Léna).

Coin gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Coin gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Dans le premier écoinçon, nous voyons un homme (cheveux mi-longs, tunique rouge courte à ceinture, chausses bleues) qui escalade un pommier et remplit de fruits un petit panier passé au bras gauche. Cet homme qui regarde le spectateur est une allégorie du vol. Donc, il représente le péché. C'est très habile de la part d'Olivier le Loergan, car ce pommier correspond, du coté ouest, au pommier de l'Eden et à la scène du Péché Originel. Ainsi, un lien est créé entre la pomme croquée par Adam et Éve, et le fruit du (modeste) larcin, comme pour souligner que chaque écart par rapport à la loi reproduisait, par la fatalité de la déchéance de l'humanité, la désobéissance des Premiers Parents. Aussi, lorsqu'il nous regarde, c'est sans-doute pour nous dire : "Toi aussi, non ?".

 

Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Acrobate, Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Acrobate, Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Il y aurait beaucoup de chose à dire sur cet acrobate. Là encore, il faut se reporter mentalement au coté ouest, où tous les culots sont sculptés d'anges en train de voler, entourant à sa base l'équivalent de la Poutre de Gloire affirmant le dogme de la Rédemption. Nous sommes ici dans la face inverse de ce motif, dans sa face humaine, d'une humanité déchue et de son aspiration, non à l'élévation vers les Cieux et vers le Divin, mais vers le bas et vers l'animalité. C'est du moins l'une des interprétations possibles, car l'acrobate peut renvoyer aussi à l'inversion carnavalesque et libératrices des valeurs, du lâcher-prise qui s'exprime, traditionnement, dans les hauteurs sur les sablières. Ou bien, comme l'acrobate situé au centre du portail central de la basilique de Vézelay, au dessus et dans l'axe de la tête du Christ, qui est, selon Annick de Souzenelle, le symbole de l'homme accompli, capable de réunir ses pieds et sa tête.

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Acrobate, Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Acrobate, Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Passons maintenant à l'arcade voisine.

L'animal qui orne le culot n'a pas été clairement identifié (Inventaire Général) ou correspond (L. Léna) à "un chat avec son rat sur la cuisse" . Il me semblait voir un oiseau entre ses pattes.

Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Coté gauche de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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L'imposant personnage qui occupe l'écoinçon tient dans la main gauche un tonneau, alors qu'une gourde vide est figurée à droite de sa tête : c'est le péché de gloutonnerie ou d'ivrognerie. Bouche ouverte, penché en avant, une main sur la cuisse droite, il adopte  l'attitude d'un homme en train de vomir, mais c'est un renard qui est sorti de son gosier. Je n'ai pas compris immédiatement ce que je voyais : car ce renard a deux queues, ce qui indique qu'il est écorché, la partie postérieure (peinte en rouge) y compris la queue encore maintenue dans la bouche, étant dépecée, et la fourrure étant rabattue sur le dos de la pauvre bête. Cette énigme s'explique lorsqu'on apprend que depuis le XVe siècle, on disait d'un homme ivre en train de vomir qu'il "écorchait le renard". L'expression peut elle-même provenir d'une comparaison effectuée entre les fusées de vomissement et la queue  des renards ou "goupils", queue si fournie et touffue qu'elle a donnée notre terme de "goupillon". On trouve aussi au XVIe siècle "tirer au renard", et plus tard "piquer un renard" ou simplement "renarder". On la trouve pour la première fois à la fin du XVe siècle dans le Parnasse Satyrique sous la forme Renars escorchier, mais on lit déjà dans les chansons de Geste "escorchier le gorpil".

 

On trouve cette expression dans Rabelais, Livre I:6 ; Livre II :11 ; II:6 ; II:16 ; IV:41, etc...

Pantagruel II,16 : "Et tous ces bonnes gens rendoient là leurs gorges devant tout le monde, comme s'ils euffent efcorché le renard, " 

Pantagruel 6 "Tu escorche le latin, par sainct Jan, je te feray escorché le renard [rendre gorge ?]"

Gargantua I,11 : "Tous les matins Gargantua escorchoit le renard"

Gargantua I, 22 : liste des jeux de Gargantua : "Là, jouait [...] à escorcher le renard"

Marot en fait mention dans sa IIIe Epistre du Coq-à-l'asne (1536) "Et gardez bien qu'on ne l'escorche, Car ung homme bien empesché ,Seroit d'ung renard escorché.", ainsi que Mathurin Cordier : "Il a escorché le renard. Evomuit crapulam"

Le CNRTL indique :

Arg., pop., vieilli. (Queue de) renard. Synon. de vomissement, vomissure. Quelque chose qu'il ne peut pas retenir lui échappe avec la violence d'une fusée; il s'est avancé vers la portière, dans l'espoir d'y lancer son renard (Kock,Compagn. Truffe, 1861, p. 113). De grands silences se faisaient, coupés par (...) des chutes sourdes d'ivrognes (...) le vin coulait si fort depuis six heures, qu'il allait se promener sur les trottoirs. Oh! de belles fusées, des queues de renard élargies au beau milieu du pavé (Zola, Assommoir, 1877, p. 772).

♦ Loc. Aller au renard, écorcher le renard, piquer un renard. Vomir. On en avale un verre, deux verres, dix verres sans piquer de renard; mais quand on en a jusqu'au goulot, finalement, faut dégueuler (La Petite lune, 1878-79, no13, p. 2).Ça chlinguait drôlement (...). Ça (...) donnait envie d'aller au renard (Le Breton,Rififi, 1953, p. 146).

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L'Ivrogne "écorchant le renard", Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

L'Ivrogne "écorchant le renard", Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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II. Le groupe médian. 

Dans les écoinçons, les deux anges tiennent des écus qui ont été martelés à la Révolution. On peut y imaginer les armes de Boutteville , seigneurs du Faouët. Sous Jean V de Boutteville, chambellan de François II, la chatellenie fut érigée en baronnie en 1495. Et peut-être figuraient-elles en alliance avec celles  de Quimerc'h (alliance contractée en 1463).

Les ronde-bosses des culots représentent deux oiseaux, identifiés par les bons auteurs comme "une oie et un canard" . J'ignore quels sont les critères zoologiques, car les deux oiseaux me semblent identiques, mise à part la position de leurs ailes.

J'ignore aussi ce qui justifie leur présence, à une place centrale encadrant l'allée menant du portail de la clôture jusqu'à l'autel. Sont-ils héraldiques, issus des meubles des familles nobles locales? Certainement une fausse piste. Sont-ils des Phénix, symboles  du Christ réssuscité ? Des Oiseaux non spécifiés, contre-pieds naturels des Anges de la Surnature ? 

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Milieu de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Milieu de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

 

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III. Le groupe de droite. 

a) 5éme culot : un acrobate ?

 

Cinquième culot de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Cinquième culot de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Cinquième culot de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Cinquième culot de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

b) Ronde-bosse du sixième culot. Un singe.

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c) 5éme écoinçon : un couple. 

L'Inventaire Général indique "jeune couple se promenant : allégorie supposée de la luxure" . Laurent Léna décrit "un jeune homme vêtu d'une tunique bleue [qui] tient par la main une charmante jeune fille ; celle-ci est habillée d'une robe sur laquelle est drapée une jupe dont elle retient les plis de la main droite ; sa chevelure est recouverte d'un voile qui lui laisse cependant un front bien dégagé avant de retomber à la fois sur les épaules et le buste. Le jeune homme semble l'entraîner galamment. (La luxure ?)". J'ajouterai que la coiffure de la dame est peut-être un hénin ; que le jeune galant est coiffé d'un bonnet rouge sur une copieuse chevelure blonde ; mais surtout je m'interrogerai sur l'objet qu'il tenait dans la main gauche et dont il ne reste qu'un manche ou une tige. Et surtout, j'aimerais pouvoir préciser ce que font les deux mains enlacées : les époux ou amants se donnent-ils la main ? La femme tente-t-elle de puiser dans la poche de l'homme ? Ou bien le geste est-il plus ambiguë ?

 

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La Luxure, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

La Luxure, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

 

d) le dernier écoinçon. Joueur de cornemuse.

Après avoir dénoncé le Vol, l'Ivrognerie, et  la Luxure, si l'artiste offre aux regards le portrait d'un musicien, c'est sans nul doute pour participer à la dénonciation, par le clergé et l'Église, de la musique à danser et des débordements qu'elle favorise. A l'opposé des instruments joués par les anges (trompettes, mais surtout harpe et viole, flûtes et tambourins), la cornemuse est considéré comme un instrument diabolique.

Joueur de cornemuse,  tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Joueur de cornemuse, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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e) Retour d'angle : joueur de bombarde. 

Les sonneurs vont par deux, et le joueur de cornemuse ne va pas sans son comparse le joueur de bombarde, que l'on trouve donc à ses cotés dans l'angle de la tribune. Les deux portent le même bonnet rouge, la même tunique rouge courte sur des chausses bleues, et les mêmes chaussures.

Couple de sonneurs, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Couple de sonneurs, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

B. Le Garde--corps.

1. Les panneaux du garde-corps.

Ils sont semblables à ceux du coté ouest, on y retrouve les entrelacs, ainsi que la cordelière du duc François II et les hermines. Je n'en donnerai que deux exemples. 

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Panneaux du garde corps, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Panneaux du garde corps, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Le semé de moucheture d'hermines fut adopté par le duc Jean III sur ses armoiries en 1316. Hermines et cordelières sont donc antérieures à Anne de Bretagne et sont cohérentes avec la date de 1480 insctite sur le jubé du coté ouest par Olivier Le Loergan. Elles affirment l'influence du pouvoir ducal dans l'édification de la chapelle, comme le font les armoiries de la façade est.

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Panneaux du garde corps, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Panneaux du garde corps, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

2. La main courante du garde-corps.

Dans la partie gauche, un dragon ailé dont la queue se termine en une deuxième tête   se lance à l'attaque d'un homme-bête, au corps entièrement velu. Celui-ci tient dans la main gauche un miroir. 

Pour L. Léna, et pour les auteurs de l'Inventaire Général,  il s'agit d'un "basilic , sorte de dragon à queue terminée par une tête de serpent" : " l'homme se protège du venin de la bête à l'aide d'une cloche de verre qu'il porte sur le dos". Une précision me met sur la piste de cette étrange hypothèse en ajoutant "même motif à Vézelay".

Manifestement, l'auteur (Denise Moirez sans-doute) qui a fait cette interprétation s'est appuyé sur le texte d' Émile Mâle, 1922, L'art religieux du XIIe siècle en France : étude sur les origines de l'iconographie du moyen age : page 333 (avec une figure) :

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"Un chapiteau de Vézelay nous offre un sujet plus étrange.
Un personnage, qui tient devant sa face une sorte de cloche, semble s'avancer vers un animal composite, coq par devant, serpent par derrière. Il n'est pas possible de croire à une simple fantaisie d'artiste, quand on connaît le passage que le Bestiaire a consacré au basilic.
Le basilic, qui participe de là nature de l'oiseau et de la nature du serpent, naît d'un oeuf de coq couvé par un crapaud : « car il arrive que certains coqs, dans leur septième année, pondent un œuf». Le basilic n'est redoutable à l'homme que par son regard, mais qui rencontre ses yeux meurt sur-le-champ. Toutefois, le dangereux fluide ne saurait traverser le verre, et il suffit d'appliquer sur son visage une cloche de verre pour pouvoir regarder impunément le basilic ; c'est grâce à cet artifice que les soldats d'Alexandre détruisirent les basilics de l'Inde'.
"Qu'est-ce que le basilic? ajoute le Bestiaire, sinon une figure du démon : le Christ en triompha en s'enfermant dans le sein d'une Vierge plus pure que le cristal".

https://archive.org/stream/lartreligieuxdux00mluoft#page/332/mode/2up

Mais j'objecterai que si, à Vézelay, le personnage tend devant lui un récipient qui peut ressembler à une cloche, ici, à Saint-Fiacre, notre homme sauvage tient indiscutablement un miroir. D'autre part, ce miroir n'est pas "porté sur le dos", mais tenu par une main, qui pose seulement le problème qu'elle est en surnombre par rapport aux deux pattes antérieures. Il est bien connu que rien ne peut vaincre le Basilic, qui tue par la seule puissance de son regard, si ce n'est de lui renvoyer ce regard en lui présentant un miroir : c'était déjà la ruse que Persée utilisa pour venir à bout de Méduse aux mille têtes.

Peut-on en toute confiance, sur la seule foi de quelques lignes d'Émile Mâle, partir à la chasse au basilic armé d'une seule cloche de verre, si tant est qu'on en dispose d'une ? Je ne le conseille pas. Mâle s'est fondé sur Cahier, qui évoque Grégoire le Grand, mais il faut aussi consulter son Physiologus, son Pline, son moine Théophile (dans son Shedula diversarium artium) et on ne revient pas tout à fait indemne d'un tel parcours. Agrémenté d'un détour incontournable par le De Serpentibus d'Isidore de Séville (Etymologiae Livre XII, De Animalibus)

Prenons Charles Cahier. C'est lui qui décrivit le chapiteau de Vézelay, et qui en a donné une belle (mais très infidèle) illustration dans ses Nouvelles . On la comparera à la réalité (source image) pour en mesurer l'écart :

Mais surtout, le texte des Nouveaux Mélanges d'Archéologie permettra de constater que l'abbé Cahier est fort perplexe devant ce chapiteau. 

Dans les Mélanges d'Archéologie parus 30 ans auparavant, Cahier se rapportait à un auteur latin selon lequel  Alexandre le Grand en rencontra lors de son expédition en Inde. Il les vainquit en faisant faire des cloches de verre interceptant leur regard, coiffées par des cavaliers qui ont pu ainsi les tuer à coups de lance.

 : "Voici donc ce que disait Brunetto Latini  dans son Trésor, chapitre De toutes manières de serpens : "Basiliques est li roys des serpens, et est si plains de venin...que le veoir et le flairier de lui en porte venin et lonc et près...Et tel a qui de son odour ochist (occit) les oisiaus volans, et de son veir (de son regard) les hommes quand il les voit : ja soit ce ke li anchyen dient quu'il ne nuyst pas à chelui qui voit primes les basiliques que il eaus (qui le voit avant d'avoir été vu par lui) Et sachés que Alixandre les trouva, et fist faire grans ampoles de voirre (bouteilles ou cloches de verre) où hommes entroient dedens qui véoeint les basiliques, mais il ne véeoit aus ; qui les ochioient de saiettes (sajettes?). Et par tel engien en fu délivrés il, et son fort ost (son armée) »"

 

Muni de ce texte, il interprétait le chapiteau ainsi :  

 

"Avec ces renseignements, sans plus, nous saisirons la mise en scène du bas relief. Une sauterelle monstrueuse et un homme marchent comme de concert au devant du basilic ; et l'homme, pour affronter sans danger le terrible regard de son ennemi, s'apprête à se couvrir les yeux et la tête d'une cloche de verre."

 

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Chapiteau du Basilic, Vézelay, selon C. Cahier, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5698889x/f242.item.r=v%C3%A9zelay

Chapiteau du Basilic, Vézelay, selon C. Cahier, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5698889x/f242.item.r=v%C3%A9zelay

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Main courante,  tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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 tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Il est néanmoins possible que le chapiteau de Vézelay, ou sa copie  sur quelque cahier d'ymagier, vienne expliquer les bizarreries de ce personnage entiérement velu et à trois bras, s'il trouve son origine dans la fusion du poisson-sauterelle et de son cavalier sculpté à Vézelay.

 

 

Lutte contre le Basilic, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lutte contre le Basilic, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Le personnage suivant est pour moi un paysan aux cheveux roux se protégeant du montre voisin à l'aide d'une branche de bois, mais les auteurs ont jugés qu'il avait un faciès de singe (L. Léna) et l'ont décrit (Inventaire Général) comme un "singe parmi les branchages". 

tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Bêtes sauvages, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Bêtes sauvages, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Bêtes sauvages, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Bêtes sauvages, tribune du Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 — Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France. Cantons de Le Faouët et de Gourin, Morbihan. 1975.

—  CAHIER (Charles), 1847-1849, Deux chapiteaux historiés du XIIe siècle,, in Mélanges d’Archéologie, d’Histoire et de Littérature, vol. 1, Paris, Poussielgue-Rusand page 153-156.

—  CAHIER (Charles), 1874-1877, Nouveaux mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature sur le Moyen-Age.... Curiosités mystérieuses /  Didot (Paris)   page 203-205.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5698889x/f242.item.r=v%C3%A9zelay

DUFIEF-MOIREZ (Denise), 1989,  "Olivier Le Loergan un maître trégorrois du XVe siècle". ArMen la Bretagne, un monde à découvrir. n°21 juin 1989 pp. 50-58.

HABLOT (Laurent), 2004,« Pour en finir, ou pour commencer, avec l’ordre de la Cordelière », Actes du colloque Pour en finir avec Anne de Bretagne, Archives départementales de Loire-Atlantique, dir. D. Lepage, Nantes, 2004, p. 47-70.

— LÉNA (Laurent), 1990,  Le Faouët, la chapelle Saint-Fiacre, Presses E.T. Saint-Michel Priziac. 

— MOIREZ (Denise), 1973, Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, Revue de l'art n°20

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 23:59

La tribune.

Jadis, à l'angle sud-est,  un escalier droit plaqué contre le mur ouest du bras sud du transept permettait à un lecteur d'y accéder et de s'adresser aux fidèles. Il a été supprimé par Lebrun en 1862-1866. 

En encorbellement sur les deux faces de la clôture, la tribune est décomposée  en deux niveaux séparés par deux frises, l'une à décor végétal et animal, l'autre à décor géométrique ajouré  :

– En bas, cinq fausses voûtes lambrissées à arc d'ogive : le décor y est localisé sur les écoinçons, sur les six culots des retombées (avec leurs anges suspendus en vol) et sur les clefs. On compte cinq autres fausses voûtes du coté est.

– En haut, un garde corps aligne onze panneaux carrés à motifs géométriques, séparés par autant d'accolades à fleurons et crochets. A chaque arcade des fausse-voûtes de l'étage inférieur correspond donc deux arcades.

Le garde corps s'achève en haut par une main courante de 25 cm, dont les sculptures répondent à celles de la frise sculptée de la clôture.

La façade ouest présente aux fidèles rassemblés dans la nef les cinq personnages d'une Crucifixion : le Christ en croix au milieu des deux larrons, à la hauteur du garde-corps. Et la Vierge Marie et saint Jean, au niveau des fausses-voûtes.

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Tribune et clôture, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tribune et clôture, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Tribune, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tribune, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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"Ce n'est pas un hasard si Mérimée et Viollet-le-Duc se sont intéressés au jubé de Saint-Fiacre. Bien intégré à la chapelle, au décor de laquelle il emprunte plus d'un motif , ce jubé, le plus ancien des jubés de bois bretons actuellement conservés, retient l'attention à plus d'un titre : la composition équilibrée est caractérisée par le jeu des formes qui, de la clôture à la tribune, se répondent en s'emboîtant ; la vision en perspective des fausses voûtes de la tribune anime l'ensemble en lui donnant du relief, impression à laquelle contribue la distribution, sur la face principale, des cinq personnages de la Crucifixion, sur trois registres et en quinconce. L'unité de style, (exception faite des vantaux Renaissance, est très nette, même si le décor héraldique porte logiquement à échelonner l'exécution de l'ouvrage sur une dizaine d'années après la date inscrite (1480) ; et la sculpture ornementale flamboyante reste étroitement liée au schéma architectural qu'elle souligne. Enfin, le programme iconographique choisi répond sans nul doute à un but didactique. Si certains détails restent difficiles à identifier, du moins peut-on définir les thèmes essentiels : sur la face Ouest, le Péché Originel, la Rédemption par l'Annonciation, le Roman de Renart ; sur la face Est, les Vices en symboles imagés, et divers animaux du Bestiaire." (Inventaire Général, 1975)

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Garde-corps de la tribune, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Garde-corps de la tribune, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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 Les cinq personnages de la Crucifixion. 

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Tribune, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tribune, Jubé de saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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I. Historique.

 

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Une inscription (remise à jour en 1971) est  gravée sur l'écu tenu par l'ange  ornant la clef de voûte de la tribune à gauche de la Vierge  : L'AN MIL IIIJcc IIIIxx [1480] FUT FAIT CEST HEVPVRE  P[ar] OLIVI[er] / LE LOERGA[N] OVPVRIER . L'exécution de l'ouvrage, commencée sous François II, dut se prolonger au début du règne de sa fille Anne, duchesse de Bretagne et reine de France, en 1492, comme en témoigne l'association dans la tribune de cordelières [cet accessoire, allusion au Cordeliers ou Franciscains avait été adopté en emblème par François II ], d'hermines et de fleurs de lis.

— Le terme d'Hevpvre ou Heupvre doit se lire pour "œuvre". Cette forme n'est trouvée qu'ici. Les formes en ancien français sont ovre, euvre et uevre (XIIe), oevre (XIVe) .  Quelle est l'acceptation ici du substantif "oeuvre" ? Le CNRTL en propose 10 :

1. 1re moitié XIIes. «objet créé par l'activité, le travail de quelqu'un»

2. ca 1145  «action, fait de faire quelque chose»

 3. 1160-74 «production artistique ou littéraire»

 4. 1174-77 «union charnelle de l'homme et de la femme»

5. ca 1208 «tâche, action propre à quelqu'un ou à quelque chose»

6. 1225-30 «action considérée dans sa valeur morale ou religieuse» 

 7. fin XIIIes. «travail artistique d'une oeuvre d'orfèvrerie» 

 8. 1379-80 euvre «fabrique d'une église» (Compt. de la fabriq., Arch. Aube, G 1559, fo41 rods Gdf.); 1611 «banc des marguilliers dans l'église» (Cotgr.); 

9. 1611 maistre des hautes oeuvres (ibid.);

10.1567 marine. oeuvres mortes  oeuvres vives.

— Le terme d' Ovpvrier ou Oupvrier renvoie au terme Heupvre, car "ouvrier" et "œuvre" ont la même étymologie, venant du latin operarius qui mène à "ouvrier" ,  opera à "œuvre", et operari à " œuvrer".Celui qui œuvre à une chose est celui qui la crée, son auteur  et son artisan. "Ouvrier" ne désigne pas seulement un exécutant, une "main d'œuvre", mais le noble concepteur de l'ouvrage.

C'est la même réflexion qui s'applique au vitrail de la Vie de Saint-Fiacre de cette chapelle, où P. Androuet signe son travail avec la mention "P. Androuet, ouvrier demeurant à Kemparalé 1552".

— Olivier Le Loergan a laissé son nom en 1474 sur l'une des sablières de Saint-Nicolas-du-Pelem  : "Lan de grâce mil iiii c l xx iiii , estoit recté de céans M. J. de la Roche, Yvon Le Pennec en estoit le fabrique : q(uand) cest oupvre cy fist loupvrier nome Le Loergan 0llivier ".  On y retrouve les deux substantifs "ouvre" et "oupvrier". La même année, son nom apparaît sur une sablière de l'église de Canihuel et est transcrite ainsi : " fait faire en 1474 par le recteur M. J. de La Roche, et Yvon Le Pamel, de la fabrique, par l'ouvrier Olivier Loergan ". Originaire du Merzer (22, au nord-est de Guingamp), il  figure sur une liste d'annoblis de 1469 par François II, ce qui témoigne que son statut n'est pas celui d'un simple ymagier ou menuisier-sculpteur, et que ses mérites ont été récompensés 11 ans avant qu'il ne signe le jubé de Saint-Fiacre. 

 

 

 

Les commanditaires du jubé sont inconnus : leurs armoiries qui figuraient sur la tribune, à l'Est, ont été martelées à l'époque révolutionnaire. 

 

 

 

Inscription-signature, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Inscription-signature, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Puisque j'ai présenté cette inscription, il me faut montrer aussi celle qui lui est couplée, à droite de saint Jean.

TOUZ CEULX 

 QVI CEANS AN

TRERES AIES ME

MOIRE DTREPASSs

Soit : "Tous ceux qui ici entrerez, ayez mémoire des trépassés".  On doit garder en mémoire que les deux anges porteurs d'inscriptions surplombent le portail du jubé qui donne accès au chœur.

 

Inscription, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Inscription, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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II. Les six  anges des fausses voûtes.

 Je débuterai ma description par la présentation des anges des fausses voûtes, car lors de ma première visite, ce sont eux qui sont venus en premier, pieds nus comme des enfants en pyjama, virevolter autour de moi et me charmer de leur allures d'elfes aux chorégraphies d'acrobates, me présentant sur des phylactères leur invisible mais insistant message.  Quoiqu'il arrive, ces joyeux compagnons aux boucles d'or et aux yeux d'azur  ont toujours le sourire , et mènent sans se lasser de témoigner de la grandeur des Cieux.

Brassant l'air à la base de la tribune, ils en sacralisent l'atmosphère à la manière de l'encens et préparent, sur la tribune, l'énonciation de la parole divine. Inutile de tendre l'oreille pour savoir qu'une musique s'élève ici, vive comme le mouvement de leurs ailes, tendue comme l'arc de leur dos, capricante comme les courbes de leurs saltos, joyeuse comme du Mozart, exaltée comme du Bach.

Ces figurines de 33 centimètres  sont sculptés en ronde bosse sur lrs culots de retombées des fausses-voûtes .

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Culots des fausses-voûtes, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Après ce prélude musical, il faut passer à un sujet non moins joyeux, mais néanmoins plus grave : la Rédemption. Car c'est à ce mystère qu'est consacré toute la face ouest du Jubé. Vais-je savoir le présenter, alors que je ne suis qu'un amateur de grâce et de beauté ?  La rhétorique, si fréquente qu'elle est quasi constante dans le décor des sanctuaires du XIIe au XVIe siècle, est la suivante : Adam et Éve, en désobéissant à Dieu par le Péché Originel, ont dégradé la nature humaine et ont corrompu l'humanité. Dieu "rachète" (le latin Redemptio  veut dire "rachat" ) l’homme de l’esclavage du mal et du péché, afin de lui rendre sa liberté. Pour cela, Il s'incarne en un homme, Jésus-Christ, qui naît de la Vierge Marie. Par son sacrifice sur la croix lors de la Passion , Jésus rachète l'humanité. Les trois temps sont donc 1) la Chu​te, 2) l'Incarnation et 3) la Passion. Ces trois temps sont dramatiquement présentés dans le Jubé par un triangle spectaculaire avec  à la base 1)  Adam et Éve à droite, 2)  l'Annonciation faite à Marie à gauche (cotè noble dans une église) et au sommet 3) le Christ sur la croix.  

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Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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I. La Chute : Adam et Éve chassés du Paradis.

Cet épisode est traité de façon originale, dans le passage d'un arbre à un autre : du Pommier au Figuier. Ce traitement le rend passionnant.

a) A droite, le Pommier.

On reconnaît ses fruits ronds et rouges, mais aussi ses feuilles propre au genre Malus. Il joue ici le rôle de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Dans le jardin d'Eden, il y avait toutes sortes d'arbres aux fruits délicieux, mais aussi deux arbres bien particuliers :

 "Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé.  L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal."

— (Genèse 2:8-9)

On connaît la suite, mais il est toujours utile d'en relire le récit biblique :

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: Dieu a-t-il réellement dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? La femme répondit au serpent: Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.  Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.  La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea. Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures." (Genèse 3:1-7)

On voit que le texte ne précise pas de quelle espèce est l'Arbre de la Connaissance, et le Fruit Défendu est figuré, selon les cultures et les traditions, comme une grenade, une figue, ou (dans l'Occident médiéval) comme une pomme.

  Le Pommier est un arbre autochtone en Europe et notamment en France depuis la plus haute antiquité et l'espèce Malus domestica a donné au XVIe siècle deux variétés porte-greffe, le Pommier Paradis Malus pumila ("nain")  et le Pommier Doucain. 

Le sculpteur a représenté, enroulé autour du tronc de ce pommier, un serpent, dont on croit distinguer la tête en bas à droite. Mais si on suit les orbes et méandres de la Tentation, on parvient à la face de pleine lune cachée dans les ramages, avec ses deux oreilles sinueuses et pointues. L'animal malin est bien camouflé, et son l'éventail crenelé de son aile de chauve-souris en abuserait pour un effet de feuillage.

Un  Ange aux ailes bleues lève son épée flamboyante à la fois pour chasser Adam et Éve, et à la fois pour s'opposer à Satan.

L'Arbre, l'Ange et le Serpent s'alignent sur un axe vertical commun, qui s'élève de l'angle de la voûte et se prolonge vers le garde-corps.

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L'Ange chassant Adam et Éve du Paradis. Photographie lavieb-aile.

L'Ange chassant Adam et Éve du Paradis. Photographie lavieb-aile.

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L'Ange chassant Adam et Éve du Paradis. Photographie lavieb-aile.

L'Ange chassant Adam et Éve du Paradis. Photographie lavieb-aile.

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b) Le Figuier.

Plutôt que de figurer, comme cela est habituel, Adam et Éve autour du pommier et croquant le fruit, l'artiste les représentent chassés du Paradis, et entourant un autre arbre, le Figuier, bien reconnaissable là encore tant à ses feuilles qu'à ses fruits.

Cela lui permet d'opposer les deux essences et de faire du figuier l'arbre de la honte d'être nu ; de la culpabilité ;  de la malédiction ; de la finitude (tu retourneras dans la poussière) ; du travail (c'est à la sueur de ton front que tu gagneras ton pain) ; et de l'exil.

Ce choix d'opposer Pommier et Figuier est original, puisqu'au contraire, dans la tradition rabbinique, le figuier est assimilé à l'Arbre de la Connaissance du Bient et du Mal. Ce choix évoque la mauvaise réputation du figuier lorsqu'il est maudit par le Christ dans la parabole du figuier stérile de l'évangile de Luc 13:6-9. Mais à l'opposé, la parabole du Figuier en bourgeons (Luc 21:29-33) fait du bourgeonnement l'annonce de la fructification, métaphore eschatologique du Royaume de Dieu.

Les deux arbres se dressent en parallèle sur leur fausse-voûte respective, mais les larges feuilles trilobées du Ficus carica rappellent l'aile du Malin dissimulée dans le Pommier.

 

 

Adam et Éve sous le figuier. Photographie lavieb-aile.

Adam et Éve sous le figuier. Photographie lavieb-aile.

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Adam et Éve sous le figuier. Photographie lavieb-aile.

Adam et Éve sous le figuier. Photographie lavieb-aile.

II. L'Annonciation.

La présentation de la scène est ici conventionnelle, bien que la Vierge soit ici placée à gauche alors qu'elle est à droite dans la majorité de l'iconographie. L'Ange Gabriel, agenouillé, tient le lis de la pureté virginale et le phylactère des paroles de l'Annonciation : Ave Maria plena gratia Dominus tecum benedicta tu in mulieribus. On lisait peut-être quelques-un de ces mots aujourd'hui effacès.

 

L'Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

L'Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

L'Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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L'Ange Gabriel, Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

L'Ange Gabriel, Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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De l'autre cotè de l'arcade, Marie est agenouillée devant un livre posé sur un pupitre. Alors qu'elle lève la main droite en signe d'acceptation (Ecce ancilla Domini fiat mihi secundum verbum tuum), et que la colombe du Saint-Esprit "la féconde par l'oreille" et témoigne de l'intervention divine, elle pose l'index sur une ligne du texte (biblique) et réalise que ce qui lui arrive était annoncé dans les Écritures. Le vase posé devant elle est le vase intact  de son sein virginal, les fleurs qui s'y épanouissent témoignent de la fécondité annoncée par l'ange, la blancheur des lis (martagon) renforce l'idée de virginité, et enfin, les fleurs renvoient aussi (surtout) à la prophétie d'Isaïe  :

Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice eius ascendet. Et requiescet super eum Spiritus Domini.

Une tige sortira de la racine de Jessé, une fleur s’élèvera de ses racines. Et sur elle reposera l’Esprit du Seigneur. [Is. XI, 1-2]

Il ne s'agit pas là d'une sur-interprétation, car le prophète est sculpté sur le coté du même pilier, tenant en main le livre de ses Prophéties. Quelques centimètres seulement séparent Isaïe et Marie, comme le recto et le verso d'une même image, taillés dans le même bloc de bois.

J'ai omis de prendre la photo d'Isaïe. Une autre fois ?

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Marie, Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Marie, Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Marie, Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Marie, Annonciation, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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III. La Passion.

1°) La Vierge et saint Jean au pied de la Croix.

 

La Vierge et saint Jean,  Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

La Vierge et saint Jean, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La Vierge. 

Statue de 0,81 m sur l'écoinçon gauche de l'arcade centrale. La Vierge a la tête recouverte d'un voile. Elle est pieds nus.  

 

La Vierge, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

La Vierge, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jean.

Statue de 0,7m. occupant l'écoinçon droit de l'arcade centrale. L'évangéliste Jean, fils de Zébédée et frère de saint Jacques le Majeur, "disciple que Jésus aimait", figure ici en raison du passage suivant de l'évangile de Jean, Jn 19:25-27 :  

 "Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas et Marie de Magdala.  Jésus vit sa mère et, près d'elle, le disciple qu'il aimait. Il dit à sa mère: «Femme, voici ton fils.»  Puis il dit au disciple: «Voici ta mère.» Dès ce moment-là, le disciple la prit chez lui."

Avant la construction des jubés et après leur destruction, le groupe de la Vierge et de saint Jean autour du Christ crucifié figurait sur la poutre de gloire, en latin trabes doxalis. Doxalis vient du grec δόξα, doxa, "gloire" mais aussi "opinion".   Le latin  trabs, es renvoie certes à "poutre", mais, par sa racine indo-européenne *tr-b, à l'idée de poutre-maîtresse soutenant l'ensemble de la toiture. Elle reliait les impostes de l'arc triomphal marquant l'entrée dans le chœur des basiliques. On voit que ce groupe trinitaire Christ + Vierge + Jean a été considéré précocément comme une affirmation doxologique (de louange, de gloire ou de proclamation) de la Foi, comme son résumé glorieux.

Dans l'iconographie de ce motif, la Vierge porte toujours un manteau bleu, et Jean toujours un manteau rouge. De même, Jean est toujours imberbe et souvent beau, bouclé, apollinien. C'est donc le cas ici. L'apôtre lève les yeux et les paumes vers la croix, en signe de reconnaissance du caractère crucial de ce qui s'accomplit devant lui de la manière claire et révélatrice d'un kérygme.

Ce qui m'intéresse plus, c'est sa ceinture. Non pas la façon dont la partie libre trop longue, après que l'ardillon de la boucle ait été bloqué dans le trou qui lui convenait, a été  nouée cavalièrement , et à défaut de passant, sur elle même avant de venir retomber sur la robe vert-bronze. Mais les accessoires que le saint, émule anachronique des boy-scout, y a suspendu.

Nous trouvons d'abord son livre, celui qu'il est en train d'écrire, l'Evangile selon Jean. Il est introduit dans une poche de protection dont l'étoffe est bloquée par un arceau de métal ou de cuir. Lors de la lecture, les pans libre de l'étoffe se rabattront de chaque coté des plates de couverture.

Puis, à sa gauche, il a suspendu son encrier, à forme de clochette.

Enfin vient son plumier, accompagné de son grattoir qui lui permet d'effacer ses fautes. Pourtant, puisqu'il écrit sous l'inspiration divine, il ne peut commettre que des erreurs de transcription.

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Saint Jean,  Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Saint Jean,  Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

2°) Le Christ en croix et les deux larrons.

Le Christ est crucifié sur une croix à peine écotée mais dont la traverse se termine par un trilobe. Il est couronné d'épines, il porte le perizonium. Sur le titulus , l'inscription INRI est effacée.

Les Larrons ne sont pas crucifiés, mais suspendus par les bras . A la droite du Christ, le Bon Larron tourne son visage vers lui, et, pour cet acte de foi, il sera sauver. Ses traits sont paisibles.

A l'opposé, le Mauvais Larron s'est détourné. Il sera damné. Ses traits grimaçants témoignent d'une agonie tourmentée.

Crucifixion, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Crucifixion, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Le Mauvais Larron.

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Le Mauvais Larron, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Le Mauvais Larron, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

3°) La main courante.

La moitié gauche.

Les motifs de cette main courante restent mystérieux. Elle débute à gauche par un homme qui sort d'une structure en accordéon assez semblable à la gueule d'un Léviathan. Puis vient un  manoir fortifié à quatre tours crénelées à meurtrières, puis deux femmes lenant la tête vers un homme.  

Main courante, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Un personnage coiffé d'un bonnet tient un morceau de bois. Derrière le larron, un autre découvre partiellement son visage.

 

 

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Puis viennent deux anges (un vert puis un rouge) volant vers la droite séparés par des feuilles de houx.

 

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La moitié gauche. 

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Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Derrière le mauvais larron, deux hommes semblent le narguer, ou le convaincre de se convertir. 

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Puis, nous voyons un homme blond levant les bras, puis un cerf broutant un buisson.

 

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Main courante de la tribune, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Avant de conclure, il me reste à montrer deux panneaux du garde-corps.

Le premier porte les hermines et la cordelière. L'hermine figure en plain dans les armoiries des ducs de Bretagne depuis 1316 et Jean III dit Le Bon. 

La cordelière était une corde à plusieurs nœuds comme celle que les franciscains, d’où leur surnom de cordeliers, utilisaient comme ceinture. Cette figure apparaît en Bretagne sous le règne du duc François Ier. Elle décore les manuscrits, les écus, les intérieurs de tous les ducs et duchesses ultérieurs et symbolise leur attachement à l’ordre franciscain. Dans les armoiries d'Anne de Bretagne, les nœuds franciscains seront remplacés par des lacs d'amour. Ce n'est pas le cas ici.

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Panneau à la cordelière,  Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Panneau à la cordelière, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Ce panneau porte non seulement le monogramme christique IHS, mais aussi les fleurs de lis qui incitent à retarder la datation à la période à laquelle Anne de Bretagne était reine de France, donc après le 8 février 1492.

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Panneau à la cordelière,  Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Panneau à la cordelière, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France. Cantons de Le Faouët et de Gourin, Morbihan. 1975.

ABGRALL (Jean-Marie), 1904,  Architecture Bretonne: Etude Des Monuments Du Diocese de Quimper  cours d'archéologie professé au grand séminaire.  Quimper : imprimerie Arsène de Kérangal, 1904.

http://www.archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n225/mode/2up

Ou bien p. 325:

 http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1902.pdf

— Excursion au Faouët, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan 1909-1911, Vannes, 916 pages, https://archive.org/stream/bulletinpoly190911sociuoft#page/n15/mode/2up

CAYOT-DELANDRE (F-M.), s.d [1847], Atlas du Morbihan, Cauderan,Vannes, page 451

— BRETEAU (V.), «Olivier Le Loergan et le jubé de Saint-Fiacre du Faouët», Artistes, artisans et production artistique en Bretagne au Moyen Age, Rennes, 1983, p. 47-50 .

LENA (Laurent), 1990,  Le Faouët, la chapelle Saint-Fiacre, Presses E.T. Saint-Michel Priziac.

WAQUET (Henri), Art Breton, 1960 page 50

HILARIO ( Franco Júnior), 2006,, « Entre la figue et la pomme : l’iconographie romane du fruit défendu », Revue de l’histoire des religions : http://rhr.revues.org/4621 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 23:58
Jubé vue de la nef, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Jubé vue de la nef, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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GÉNÉRALITÉS.

 

Paraphrasant l'auteur des articles Jubé et Chapelle de Saint-Fiacre de Wikipédia, je dirais que ...

 

Dans une église, le jubé est une tribune et une clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef. Il tient son nom du premier mot de la formule latine « jube, domine, benedicere » qu'employait le lecteur avant les leçons de Matine. Le jubé se compose de trois éléments : la tribune (le jubé proprement dit), la clôture (dite « chancel ») et le groupe sculpté de la crucifixion, surmontant la tribune dont elle est l'ornement principal, tournée vers les fidèles. .

La clôture/chancel a pour fonction d'isoler le chœur (réservé aux clercs et aux seigneurs prééminenciers) des fidèles qui, du fait de sa présence, voient peu ou pas du tout le maître-autel. De la tribune, on lisait l'Évangile et on prêchait, la chaire lui succède dans cet emploi. 

Il ne reste en France que très peu de jubés, mais la Bretagne en conserve une vingtaine : Wikipédia donne une liste de 33 sites hors de Bretagne et de 20 jubés bretons. Le jubé en chêne de Saint-Fiacre est plus ancien et le plus illustre des jubés de bois de Bretagne aujourd'hui conservés.

AncreAncreAncre Concernant les objets conservés, la chapelle est surtout célèbre pour son exceptionnel jubé en bois polychrome de style flamboyant réalisé de 1480 à 1492. Ce jubé est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862. 

 Commencé sous François II et, sans doute, achevé sous le règne de sa fille Anne, duchesse de Bretagne en 1488 et reine de France en 1492, il est dû au sculpteur Olivier Le Loergan dont le talent lui vaut d'être anobli par François II dès 1469.  La tribune est construite en encorbellement de part et d'autre de la sablière sur laquelle elle repose par de fausses voûtes d'ogives et qui la relie à la clôture.

Restaurations.

Classée dès 1862, la chapelle fut restaurée à plusieurs reprises. Le Jubé fut vraisemblablement repris au cour des siècles. Entre 1862 et 1866, les boiseries ont été restaurées par le sculpteur lorientais Lebrun puis repeintes à partir de 1866 par Lorgeoux ; l'artisan avait inscrit sur l'écriteau que porte l'ange à droite de saint Jean "Tous repeint en 1866. Lorgeoux peintre 1866". En 1951, on tenta d'atténuer l'agressivité des tons "peinturlurés d'une façon abominable" (A. de la Borderie) par Lorgeoux . 

La dernière restauration date de 2001, lors d'une opération d'un montant de 5,5 millions de francs qui reçut un soutien financier des fondations Velux pour un montant de 1,5 millions de francs.

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INCROYABLE ! LE JUBÉ A[URAIT] CHANGÉ DE PLACE !

Denise Moirez puis Laurent Léna ont levé un lièvre énorme : le jubé de saint-Fiacre aurait pu   occuper autrefois un autre emplacement, et fermer le chœur, le séparant de la croisée du transept. Devant l'escalier à vis percé dans le mur, qui donnait ainsi accès à sa galerie supérieure. Pour l'installer ensuite dans sa position actuelle, entre les deux piliers de la première travée de la nef, il a fallu condamner et entailler une crédence  située à l'angle nord-ouest de la croisée du transept, et qui accompagnait l'autel (actuel) du martyre de saint Sébastien. Il a fallu en outre fermer aussi le bas-coté nord par une clôture en bois. Et murer la petite porte qui donnait sur le bras sud du transept. 

 

PRÉSENTATION.

Présentons-nous d'abord au noble personnage agenouillé au pied de ce jubé. Il occupe en vérité l'un des "autels" latéraux, qui me semblent plutôt être des tables d'offrande. Cette statue en chêne du XVe siècle représenterait le duc Jean V, duc de Bretagne de 1399 à 1442,  identifié par le cercle ducal qui le coiffe et par la houppelande semée d'hermines "datant de la première moitié du XVe siècle" (Inv. Gén.) , à carcaille (col montant en fourrure) au dessus d'une robe rouge et de manches longues, en or, à huit boutons ronds. Agenouillé sur un coussin de velours gris et à glands d'or, il a la posture du donateur. 

Un "cercle ducal", dites-vous ?

 — C'est ce qu'affirme l'Inventaire Général.  Lisons dans l'Histoire de Bretaigne de Bertrand d'Argentré la description du couronnement du duc François III en 1532 :

 "L'évêque lui tint le fourreau de la dite épée, puis après mis réverentement sur la tête du Prince un bonnet de velours de couleur pourpre fourré d'hermines, puis après lui mit dessus une couronne d'or enrichie de pierreries de grande valeur, à fleurons tous d'une hauteur, qui est la couronné que les ducs ont porté depuis qu'ils ont laissé le titre de Roi : les écclésiastiques en leur cérémonies l'appellent le cercle Ducal. Ce fait l'évêque dit à moyenne voix ces mots : Reçois le cerle Ducal qui t'est mis et imposé par nos mains. "

 François 1er avait fait faire le cercle ducal en or pour un coût de 219 livres tournois et 9 sols. Les bourgeois de Rennes s'étaient cotisés pour offrir au duc "une hermine d'or de grandeur naturelle, reposant sur une terrasse émaillée, entre six beaux lis entourés de la couronne ducale, emblème de l'union de la Bretagne à la France", une oeuvre de l'orfèvre rennais Pierre Even .

De même, Richard Cœur-de-Lion avait, comme  Duc de Normandie reçut de l'archevêque de Rouen son cercle ducal fleuronné de roses d'or.

— Je ne vois guère de fleuron, et le Catalogue décrit cette coiffure comme un simple tortil, un bourrelet en torsade  décoré de perles.

— Un "tortil", soit, voilà qui est plus exact.

 La statue serait donc légèrement antérieure à la construction de la chapelle, et pourrait provenir d'un autre édifice, car sa disposition sur cette table d'offrande n'est pas naturelle.

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Statue de "Jean V", chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Statue de "Jean V", chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Statue de "Jean V", chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Le visiteur doit d'abord repérer visuellement les deux ensembles qui composent le jubé, la tribune en haut et la clôture en bas. 

Jubé vue de la nef, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Jubé vue de la nef, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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    Puis, il faut découvrir la structure de chacun de ces ensembles. 

     

    La clôture est faite d'une porte centrale à deux vantaux (datant de 1864) et de six baies latérales : baies en accolade, à fleurons, choux et cordelières s'inscrivent dans un tympan rectangulaire ajouré à réseau flamboyant. Les montants des baies sont sculptés de colonnettes et de dais abritant des statuettes : six figurines en haut relief (26 cm) représentent des personnages pieds nus tenant un volumen, dont il est admis qu'ils représentent les apôtres. Dans l'encadrement de la baie centrale, deux figurines en haut relief de 40 cm sont identifiés par leur attribut : saint Pierre à droite et saint Paul à gauche. La clôture est délimitée dans sa partie haute par une corniche sculptée de 25 cm de haut sur 6 mètres de large, qui sera décrite en détail.

    La tribune. (voir partie B)

     

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      LA CLÔTURE ou CHANCEL.

      Je décrirai ici uniquement la corniche, en multipliant les clichés car le défaut d'éclairage naturel rend la prise d'images difficile à un amateur.

       

      Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      La partie gauche de la corniche.

      Je décrirai 4 scènes numérotées de 1 à 4 de gauche à droite.

      Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      1. Un homme et une femme.

      Un homme, mains jointes, cheveux longs, robe rouge, se tourne vers le coté nord comme s'il voulait sortir de cette corniche, et lance un regard latéral désespéré vers une éventuelle issue. Tente -t-il d'échapper à la femme qui, mains jointes également, et comme agenouillée, sourit de manière énigmatique. Ou ce couple adresse-t-il ses prières à un personnage jadis placé à gauche. Dans tous les cas, on admirera l'art par lequel le sculpteur fait surgir les personnages de la poutre de bois pour les rendre crédibles et vivant au spectateur placé plusieurs mètres plus bas : voyez notamment le plissé de la robe.

      Pour l'Inventaire Générale : "femme suppliant un homme".

      Pour Didron, cela pourrait être saint Martin, dont il est dit dans sa Vita qu'il était "difforme dans ses vêtements et méprisable de figure". Il s'agirait du début de la scène suivante, et la femme viendrait ici troubler l'ermite en sa retraite de Liguré pour qu'il accepte de  se rendre auprès de son fils qui vient de décéder sans avoir eu le temps de recevoir le baptème. La légende dit : "Un jeune homme étant mort, sa mère vint prier saint Martin pour le rendre à la vie". J'adopte cette hypothèse, qui est la seule qui intègre cette scène dans un ensemble cohérent où toute la moitié nord de la sablière serait consacrée à la vie de saint Martin. 

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      Scène 1,  sablière de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 1, sablière de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scène 2. Scène de la vie de Saint Martin : baptème d'un catéchumène à Ligugé.

       

      Nous trouvons ici représenté  le miracle le plus connu de Saint Martin,  la résurrection d'un jeune disciple qui se préparait au baptême : un "catéchumène". Le récit de ce miracle a été rapporté par son disciple et biographe  Sulpice-Sévère. L'histoire se passe à l'abbaye de Ligugé près de Poitiers, la plus ancienne communauté monastique de la Gaule, crée par saint Martin, et où il s'était retiré entre 361 et 370, avant d'être nommé évêque de Tours. 

      Selon De Guilhermy, "Le saint avait quitté pendant quelques jours le monastère qu'il venait de fonder à Ligugé. A son retour, les moines accourent pour lui apprendre qu'un catéchumène, qui l' avait suivi jusqu'à ce lieu, était mort sans baptême. Déjà, selon la légende, deux anges conduisaient aux régions ténébreuses la pauvre âme non régénérée, quand Martin lui vint en aide". On doit ajouter que c'est à la demande du père et de la mère du jeune homme que Martin procède à cette résurrection.

      La même scène est figurée sur les sablières de la chapelle Saint-Sébastien, au Faouët.

       

      On voit saint Martin (tonsuré, en tenue monastique avec la tête couverte par un scapulaire) poser la main sur le front  du catéchumène qui est à genoux, en robe à ceinture, mains jointes. Saint Martin tient dans la main gauche un objet, qui doit être le flacon de saint-chrême. Il est curieusement adossé à une sorte de pupitre. Je propose de considérer que cet élément triangulaire appartient plutôt à la partie gauche de la scène, où un homme vêtu d'une cagoule rouge se redresse. On y a vu un moine de la communauté de Ligugé. Cela pourrait être aussi le « sponsor » du catéchumène, « celui qui pousse », qui fait office de parrain. Ou bien, le défunt qui, ressuscité, se redresse : le "pupitre" serait alors son cercueil.

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      Au IVe siècle, lors de ce miracle, nous sommes alors dans la Gaule Romaine, avant les Francs, bien avant les Mérovingiens : en 362, nous sommes 50 ans à peine après la conversion de l'empereur Constantin, 32 ans après le Concile de Nicée, et donc tout au début de l'Église d'Occident et de la christianisation des Provinces Romaines. L'ex-légionnaire romain Martin (qui est né en 316) est le disciple de saint Hilaire évêque de Poitiers, mais il est plus jeune que de glorieux Pères de l'Église comme saint Amboise de Milan (333-394), saint Jérôme (347-420, saint Augustin (354-430), saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Nysse et saint Grégoire de Naziance. Bref, il peut représenter, pour les chrétiens du XVIe siècle de la paroisse bretonne, quelque-chose comme le Patriarche fondateur, d'autant que le diocèse de Quimper, dont dépend le Faouët, est rattaché à l'archi-diocèse de Tours.

      La scène du baptême /résurrection du catéchumène est placée juste au dessus du cintre de la porte donnant accès au chœur, comme pour montrer que le fidèle est appelée à une conversion lui donnant accès à la vraie vie auprès du Christ.

      Rappelons brièvement ce qu'était le catéchuménat , qui se mit justement en place au IVe siècle. Il s'agissait de la longue période de formation des adultes — 2 ou 3 ans — avant le baptême, accompagnées d'actes rituels et initiatiques, avec ascèses (pénitences, jeûnes, aumônes, abstinence de bains et de relations sexuelles, fréquentes veillées nocturnes de prière), et  examens de contrôle, appelés scrutins. Le baptême devait consister en un premier temps d'immersion complète, suivi d'un second temps d'onction par huile d'olive. C'est ce dernier qui est représenté ici.

       

       

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      Scène 2, Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 2, Vue de la corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scènes 3 et 4. La Messe de Saint Martin.

      Dans la scène 4, un dragon tend la patte antérieure gauche en avant, et tourne la tête en arrière. Il a le même rictus, la même queue trifide, le même pelage écailleux et verdâtre et les mêmes oreilles crénelées que le diable qui suit, si bien qu'il en est la présentation.

        Dans la scène 5, deux femmes voilées — deux commères — discutent, tandis qu'un diable recopie sur son parchemin les propos médisants de ces dames afin qu'elles en rendent compte lors du Jugement, et qu'il procure ainsi à son patron Satan deux recrues de choix pour les flammes de l'Enfer. Il tient la plume de la main droite, alors que sa main gauche tient non seulement l'encrier, mais aussi la lanière du plumier (plumes, grattoir). A défaut de se frotter les mains, il retrousse ses babines sur un sourire radieux. Pour lui, c'est du nanan ! 

      Voir un autre diable similaire, en train de noter le nom des danseurs au Pardon de Saint-Sébastien du Faouët : il porte ici son matériel d'écrivain à la ceinture.

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      Le baron de Guilhermy  fait observer que cette scène renvoie à l'anecdote dite de la Messe de Saint Martin, et il cite le Gargantua de Rabelais, écrit en 1534 :

      .."mesmement que le diable, à la messe de Sainct Martin, escripvant le caquet de deux gualoises* , à belles dentz, alongea son parchemin"...Gargantua, I, VI

      (*) Gualoises = gauloises : désigne depuis toujours les femmes publiques, de mauvaise vie.

      Pour comprendre un peu plus l'allusion, qui   ne figure pas dans la Légende dorée de Jacques de Voragine, on peut lire les vers écrits par Pierre Grosnet en 1553,  :

      Notez, en l'ecclise de Dieu,

      Femmes ensemble caquetoyent,

      Le diable y estoit en ung lieu

      escripvant ce qu'elles disoyent.

      Son rollet plain de poinct en poinct,

      Tyre aux dens pour le faire croistre.

      Sa prinse eschappe et ne tient poinct,

      Au pillier s'est cobby la teste .

      P. Crognet, Mots et sentences dorés du maistre de sagesse, Cathon, Lyon et Paris 1553.

      A quoi on ajoute que :  "saint Martin, dans le temps qu'il se tournoit vers le peuple pour dire Dominus vobiscum, ayant vu cela, se mit à rire ; ce qui ayant surpris, donna lieu, après la messe, de lui en demander la raison ; qu'alors le saint révéla sa vision, et c'est de là qu'on a su l'histoire. Les contes d'Eutrapel la touchent en passant, chapitre de la goutte, et même on l'a vue, au moins jusqu'en 1678, représenté à Brest, dans l'église de la Recouvrance, en un tableau qui en contenoit aussi le récit en françois et en bas-breton." Tous ces renseignement ont été rassemblés par Esmangart et Johanneau dans leur édition critique du Gargantua de 1823, mais ils reprennent textuellement celle de Le Duchat de 1741.

      Dans les Annales archéologiques de 1845, Victor Didron fait accompagner l'article de Ferdinand de Guilhermy par une présentation des Tapisseries de la Collégiale de Montpezat par l'archiviste Devals.

      — Et alors ?

      — Cette tenture (23 m sur 2,8 m)  porte les armoiries épiscopales de Jean IV Des Près, évêque de Montauban de 1519 à 1539 . Elle a été  conçue pour la Collégiale de Saint-Martin à Montpezat-de-Quercy (Gard) où elle a été accrochée dès 1520. Elle comporte 5 pièces de 3 tableaux, chacun surmonté d'un octosyllabe. La quinzième tapisserie s'intitule La Messe de Saint Martin, et elle montre précisément la scène en entier, avec saint Martin disant la messe, les deux femmes qui papotent derrière son dos, et le diablotin au dessus d'elles qui prend ses notes. Je vous en montre la gravure juste après ma photo de la sablière.

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      Post scriptum : une autre interprétation est de voir la scène d'imposition des mains comme relevant d'un exorcisme pratiqué par un moine sur un possédé, comme sur la sablière de Saint-Sébastien du Faouët en 1600), et comme sur celle de l'église de Grâces à Guingamp en 1506. Ce "dragon" serait alors le démon s'enfuyant sous l'effet de l'exorcisme.

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      Scènes 3 et 4,  corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scènes 3 et 4, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Voici donc la gravure de la tapisserie de Montpezat : La légende en lettres gothiques dit :

      Martin chantant, Brice servoyt, 

      Et se ryoit en ung toucquet

      Voyant que le diable escripvoyt

      Des deux commères le cacquet.


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      La Messe de saint Martin, Tapisserie de Montpezat, Annales archéologiques http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203412j/f100.item.r=

      La Messe de saint Martin, Tapisserie de Montpezat, Annales archéologiques http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203412j/f100.item.r=

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      On y notera, sur le retable devant l'officiant, un petit personnage : Moyses cornutus. Le calice est renversé, mais cela indique seulement que la messe n'a pas atteint l'offertoire, le moment ou saint Martin lit ("chante") l'évangile. Brice sert la messe : ce disciple succédera à Martin comme évêque de Tours , mais sur la tapisserie, c'est lui, et non saint Martin, qui observe les deux pipelettes et qui en rigole. Il rigole "en ung toucquet", c'est à dire "dans un coin".

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      Partie centrale au dessus de la porte principale. 

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      Je la diviserai en deux scènes numérotées de 5 à 6 .

      Scène 5.  Messe de saint Grégoire.

      Laurent Léna (1990) et les auteurs de de l'Inventaire Général (1975) voient ici la représentation de la Messe de saint Grégoire. On sait qu'on désigne ainsi le sujet iconographique et légendaire de l'Europe médiévale dans lequel  le pape Grégoire le Grand (540-604), soucieux de devoir convertir une personne doutant de la présence réelle du Christ sous les divines espèces lors du sacrement de l'eucharistie, l'hostie se transforme en un doigt sanglant (version de Paul Diacre, VIIIe siècle et de Jean Diacre au IXe siècle) . Dans les siècles suivants, notamment sous l'influence de la légende Dorée, c'est le Christ en personne qui apparaît, sous la forme du Christ de douleur. La gravure de Dürer en 1511 participe à la diffusion du thème.

      https://www.gallery.ca/fr/voir/collections/artwork.php?mkey=13370

       

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      J'aurais aimé y voir plutôt la figure d'une "Messe de Saint Martin" (i y en a plusieurs) au cours de laquelle un pauvre sollicite Martin alors qu'il s'apprêtait à célébrer la messe. Jacques de Voragine raconte la scène :  Le saint demande à un archidiacre de lui donner des habits. Celui-ci tardant, Saint Martin se déshabille dans la sacristie et donne ses vêtements au pauvre. L'archidiacre qui ignorait que Martin ait donné ses habits, arrive avec quelques hardes. Le saint s'habille avec elles mais elles ne le couvrent pas entièrement. Il célèbre la messe ainsi vêtu. Au moment de l'élévation de l'hostie, l'assemblée des fidèles voit une boule de feu qui symbolise la charité du saint. Ce dernier se trouve alors vêtu correctement. 

      L' homme que nous voyons nu sur la sablière de Saint-Fiacre aurait pu être le pauvre de ce récit, et le prêtre célébrant la messe aurait pu être saint Martin. Mais d'une part nous ne voyons pas de boule de feu, et d'autre part ce pauvre n'aurait aucune raison de se trouver dans une cuve.

      Guilhermy a pensé que l'homme dans le cercueil était le catéchumène de la scène précédente.

      Mais la Messe représentée ici est trop proche de la gravure de Dürer (un prêtre levant les yeux au ciel,trois clercs assistant le célébrant, le Christ à la tête ceinte d'épines, ...) pour ne pas souscrire à l'interprétation admise. Nous pouvons seulement souligner que la proximité des thèmes permet, comme dans le travail de rêve, des condensations, des glissements et des fusions qui créent une continuité et une cohérence au sein de cette sablière, 

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      Scène 5 et 6, Messe de saint Grégoire,  corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 5 et 6, Messe de saint Grégoire, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scène 5, Messe de saint Grégoire, corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 5, Messe de saint Grégoire, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scène 6. Moine en prière (L. Léna).

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      Scène 6,  corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 6, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Partie de droite. Le renard prêcheur et les poules.

      Scène 7. Renart déguisé en frère prêcheur devant les poules..

      Jusqu'à présent, le thème ornemental concernait l'église d'Occident et ses deux grandes personnalités, saint Martin et saint Grégoire. Ces deux saints étaient convoqués ici pour illustrer deux sacrements, le Baptême et l'Eucharistie, deux métamorphoses en relation avec l'idée de renaissance et d'accès à un autre niveau de vie : rien de plus logique pour une poutre ou un linteau placé — comme les portails des églises — au point de transition entre l'espace encore profane (la nef) et l'espace sacré réservé au culte et aux clercs (le chœur). 

      Mais la partie droite offre à notre regard des renards dans une basse-cour : quel étrange changement de registre ! Certes la partie gauche ne répugnait pas à la gaudriole, mais c'était pour dénoncer les œuvres du Malin. Le sculpteur (et son commanditaire, membre de la fabrique de la chapelle, ou seigneur noble) souhaitait-t-il soudain distraire son public et lui offrir une récréation inspirée des fabliaux médiévaux ?

      A première vue (vous le lirez partout), les scènes semblent inspirées du Roman de Renart. Un renard se déguise en moine prêcheur pour pénétrer dans une basse-cour, puis s'élance hors de sa chaire pour dévorer quelque tendre géline, mais les poules contre-attaquent et, aidées du coq, obligent le renard à lâcher prise,  le dépècent et l'émasculent.  Mais le Roman de Renart ne contient pas d'épisode semblable. Nous n'avons pas affaire à une farce, et encore moins à une dénonciation du caractère fallacieux des moines ou du clergé. D'un bout à l'autre, c'est une mise en garde contre le diable (dont le Renart est la métaphore), et sa duplicité, et un appel à la vigilance à l'égard des déguisements. Et c'est une célébration de la victoire du bien (par le truchement des saints à gauche, de celui des fidèles à droite) contre le mal. Comme l'écrivait Ferdinand de Guilhermy, 

      « Il n'aurait pas été difficile à un archéologue tant soit peu voltairien de lire dans ces figures bizarres une satyre assez sanglante contre le clergé ; mais il nous semblerait peu probable que l'artiste se fut permis de venir insulter le prêtre jusqu'en face de l'autel. Je suis assuré d'avoir rencontré plus juste en reconnaissant ici, sous forme symbolique, ce qui se lit en ttermes clairs sur la face antérieure du jubé, c'est à savoir que les ruses du diable finissent par tourner à sa honte."

      Le même auteur donne comme argument de cette interprétation ces vers du Bestiaire :

      C'est Goupil qui tant set mal art (tromperie)

      Que nos ci apelons Renart,

      Sénéfie le male goupil (le démon)

      Qui le peuple met à essil

      Il n'en demeure pas moins que c'est au succès du Roman de Renart que l'on doit le développement d'expression telles que "Renard qui prêche les poules" , "Se confesser au renard" . ou  "Il n y a si fin regnard qui ne trouve plus finard."

       J'ai étudié en détail ces scènes dans mon article sur les sablières de la chapelle de Saint-Sébastien du Faouët, (où elles sont représentées de la même façon) en citant les travaux de Sophie Duhem. 

      Scène 7. Renart prêchant aux poules, corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 7. Renart prêchant aux poules, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scène 7. Renart déguisé en frère prêcheur, corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 7. Renart déguisé en frère prêcheur, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scène 8 : Renart attaqué par le coq et les poules.

       

       

      Scène 8. Renart attaqué par poules, corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 8. Renart attaqué par poules, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scène 8 et 9. Renart attaqué par poules, corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 8 et 9. Renart attaqué par poules, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      Scène 9. Renart dépecé par les poules et le coq.

      Scène 8. Renart attaqué par le coq et les poules, corniche  de la clôture, photographie lavieb-aile.

      Scène 8. Renart attaqué par le coq et les poules, corniche de la clôture, photographie lavieb-aile.

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      SOURCES ET LIENS.

      GUILHERMY (F de) , 1845, Iconographie des fabliaux. Description du jubé de Saint-Fiacre en Bretagne. Le Diable et le Renard.  Annales archéologiques, Paris, Didron, Volume 3 page 22

      https://books.google.fr/books?id=nVNfAAAAcAAJ&pg=PA22&lpg=PA22&dq=escripvant+le+quaquet+de+deux+gualoises,+%C3%A0+belles+dentz&source=bl&ots=TJ_SMjUec0&sig=MQXhejvSGAUAhyDvU3ZKV-AXhFQ&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJha6eotnKAhVLcRQKHRiwDbEQ6AEIIjAA#v=onepage&q=escripvant%20le%20quaquet%20de%20deux%20gualoises%2C%20%C3%A0%20belles%20dentz&f=false

       DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle"  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  Volume 105  Numéro 1  pp. 53-69http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972 

       HARRIS (Anne F.) 2014,  Water and Wood: Ecomateriality and Sacred Objects at the Chapel of Saint-Fiacre, Le Faouët (Brittany) Journal of Medieval and Early Modern Studies 44:3, Duke University Press.

      https://www.academia.edu/9021250/Water_and_Wood_Ecomateriality_and_Sacred_Objects_at_the_Chapel_of_Saint-Fiacre_Le_Faou%C3%ABt_Brittany_Journal_of_Medieval_and_Early_Modern_Studies_

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      Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
      17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 23:56

      PRÉSENTATION.

      Pourquoi ne pas lire en introduction ce qu'écrivaient les auteurs de l'Inventaire général de 1975 ? 

      "Les origines de la chapelle et du culte local de saint Fiacre sont mal connues. Il est probable que les Boutteville, originaires de Normandie, ont favorisés l'introduction de son culte au Faouët ; il est déjà attesté à Radénac (56) en 1460 et une chapelle de Melrand lui est dédiée ; mais il n'est étendu en Bretagne qu'au XVIIe siècle. Une chapelle a peut-être existé avant la chapelle actuelle, et un hôpital fut vraisemblablement construit près de là, comme l'indique l'inscription portée par une pierre réemployée dans une maison voisine : L AN MIL CCCC XXXVI FUT FAIT CEST OSPITAL PAR C(BOUTE)VILLE. L'existence d'un hôpital peut être lié, comme à Kerascleden, à un pèlerinage."

       

      On estime que la chapelle Saint-Fiacre fut bâtie à la fin du XVe siècle. Le début des travaux peut être estimé vers 1450 en se fondant sur une inscription du jubé datant celui-ci de 1480. Le vitrail le plus ancien, celui de l'Arbre de Jessé, date de la même époque, alors que les autres baies reçurent leurs vitraux actuels en 1550-1557. Tous les vitraux portent les armoiries de la famille de Boutteville, en sommité, et de leurs alliances. Le vitrail de la vie de saint Fiacre dénote parmi ces vitraux Renaissance des années 1550, car il reprend la disposition médiévale des vitraux historiés à texte inscrit en légende à leur base.

      Avant même la chapelle, un hôpital avait été construit, et une inscription d'une maison située à quelques mètres du sud de la chapelle énonce : "L'AN MIL CCCC XXXVI FUT FAIT CEST OSPITAL PAR C BOUTEVILLE". La famille de Boutteville a donc fait ériger à la fois un hôpital (en 1436) et une chapelle (1450 ?), et  les deux édifices avaient quelque chose à voir avec saint Fiacre. 

      En 1427, Jean III de Boutteville était captif des anglais au Mont Saint-Michel. Ce seigneur, ou sa fille Clémence, firent-ils alors le vœu de fonder cet hospice pour les pauvres ? et d'invoquer saint Fiacre, grand saint thérapeute pour toutes sortes de maux du corps et de l'âme ?

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      Rappel sur la famille de Bouteville.

       

      Les Bouteville (ou Boutteville) sont originaires de Normandie. Puis ils se scindèrent en une branche anglaise qui, sous le nom de Botfield, conserva le  blason, et une branche bretonne qui suivit Pierre de Dreux lorsque celui-ci fut nommé duc de Bretagne en 1213, et adoptèrent les armoiries d'argent à cinq fasces de gueules. Ils alors devinrent seigneurs du Faouët par alliance, et y disposèrent d'un château. Le château fort des Boutteville au Faouët, que le chroniqueur médiéval Jean Froissart qualifie de « petit fort », fut assiégé en 1342 par les troupes du roi d'Angleterre Édouard III pendant la guerre de Succession de Bretagne. Une garnison anglaise s'y installa mais le château fut successivement repris par les partisans de Charles de Blois et de Jean de Montfort. À la fin de la guerre, le château était ruiné et les seigneurs du Faouët firent de leur manoir à Le Saint leur résidence principale. Ils ne se réinstalleront dans la petite ville qu'au milieu du xvie siècle. 

      Les Bouteville seront toujours de fidèles alliés des ducs de la dynastie des Montfort. Ils en seront récompensés en figurant parmi les chambellans de la cour ducale sous le duc François II et en étant honorés du titre de barons par la duchesse Anne.

       

      • Hervé, sénéchal de Ploërmel et Broërec en 1270, est sans-doute celui qui épousa l'héritière du Faouët.

      • ... 

      • Jean I de Bouteville, seigneur du Faouët, marié à Andrée de la Rivière

      •  Jean II, marié en 1373 à Jeanne de Quélen.

      •  Jean III, marié à Isabeau de Penhoet. En 1420, il prit les armes pour délivrer le duc Jean V, alors prisonnier des Penthiève. En 1427, il fut capturé par les anglais au Mont Saint-Michel

      •  Jean IV  (1405 -, marié à Alix de Coetquénan.

      • Jean V de Bouteville, seigneur du Faouët et de Barrégan, vicomte de Coetquénan, chambellan du duc François II. Il épousa  le 28 novembre 1453  Marie de Quimerc'h, la fille de Charles, seigneur de Kerimerc'h (1415 - 1485). Ils eurent onze enfants dont Catherine et Louis. 

      • Louis de Bouteville (- 18 mars 1539), épousa le 19 janvier 1498 Jeanne du Chastel (fille d'Olivier du Chastel et de Marie du Poulmic). La famille du Chastel porte fascié d'or et de gueules de six pièces. On trouve leurs armoiries sur les vitraux de Saint-Fiacre.

      • Yves de Bouteville (aveu du 4 juin 1542), marié avec Renée de Carné. Il commandait en 1546 le ban et l'arrière-ban de l'évêché de Cornouaille .

      • Jeanne de Bouteville,  dame du Faouët, vicomtesse de Coëtguenan †1572 , mariée en secondes noces en février 1559 avec Claude, marquis de Goulaine, 1512-1579 

      Les successeurs à la seigneurie du Faouët. Goulaine et du Fresnay.

        La famille Goulaine succède aux Bouteville, par alliance, à partir de 1559. 

      La baronnie du Faouët sera rachetée par Sébastien du Fresnay, conseiller du roi au Parlement de Bretagne avant 1644.

      On constate que la construction de l'hôpital "de Saint-Fiacre" (cest moi qui le nomme ainsi) date de Jean IV de Bouteville, et la construction de la chapelle de Jean V de Bouteville et Jeanne de Kerimerc'h, (François II étant alors duc de Bretagne), tandis que la seconde campagne de création de vitraux (1550-1557) correspond à Yves de Bouteville (la Bretagne étant alors rattachée à la France). 

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      Le culte de saint Fiacre et les soins aux malades.

      Nous constatons que saint Fiacre n'est pas invoqué dans les Livres d'Heures d'Anne de Bretagne. Il l'est, par contre, dans celui de Pierre II, duc de Bretagne. de 1450 à 1457 et fils de Jean V.

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      La baie 6 est composée de quatre lancettes et d'un tympan à 13 ajours : elle est haute de 4,40 m. et large de 2,20 m. On la décrit en huit panneaux organisés en deux registres, qui sont consacrés au récit hagiographique de saint Fiacre, patron de la chapelle. 
      Livre d'Heures de Pierre II de Bretagne, Bnf, Ms 1159, f.126v,  image Bnf recadrée.

      Livre d'Heures de Pierre II de Bretagne, Bnf, Ms 1159, f.126v, image Bnf recadrée.

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       Si saint Fiacre est surtout connu aujourd'hui comme saint patron des jardiniers, c'est surtout un saint guérisseur , non seulement  des hémorroïdes et autres fics ou tumeurs, mais aussi de toutes sortes de maladies "dont médicin ne peult garir" . En témoigne une oraison qui apparaît assez tardivement dans les Livres d'Heures, au XVIe siècle : 

      Sainct Fiacre, patron de Brie,

      seul de ce nom, je te deprie,

      quë envers Dieu, le Créateur,

      tu soyes mon mediateur.

      Glorieux sainct, d'Escosse né,

      Certains suis que Dieu t'a donné,

      pouvoir sur hommes et sur femmes,

      et par toy leurs corps et leurs ames

      de grands dangier sont boutés hors :

      quant a la partie des corps,

      par toy sont garys langoureux,

      plains de fievres, crancheux, ficqueux,

      desrompus et plains de gravelle,

      qui est maladie mortelle,

      polipeux, plains de pourriture,

      de broches, de ficq et d'ordure,

      qui dedans le corps humain entre,

      de fleux de sang, de cours de ventre,

      de fleux mentrueux et de vers ;

      et aussi d'autres maulx divers

      dont medecin ne peut garir,

      Fiacre tu peulx secourir.

       Pierre Rézeau 1983, Les prières aux saints en français à la fin du Moyen Age: Tome 2, Volume 2  page 215

       

      C'est en effet pour nourrir les malades qui affuaient que saint Fiacre s'est préoccupé, nous allons le voir,  de se doter d'un jardin et de manier la bêche. C'est aussi  sa protection que sont placées un certain nombre de maladreries et léproseries : ainsi, quatre chapelle de Loire-Atlantique : http://www.infobretagne.com/leproseries-saint-fiacre.htm

      Il est donc probable, ou du moins plausible, que l'hôpital fondé par "C. de Bouteville" fut placé d'emblée sous le patronyme de saint Fiacre, et que la chapelle était destinée à assurer aux malades le bénéfice des prières et des dons des fidèles. 

      Un détour par Robert Gaguin : où saint Fiacre s'emporte contre les femmes et leur ferme la porte.

      Robert Gaguin (1433-1501) est un religieux, humaniste et historien auteur du Compendium de Francorum origine et gestis,  grande histoire de la monarchie franque, puis française, depuis les origines légendaires  jusqu'au 9 janvier 1500 et dont  la première édition fut imprimée en 1495, avant de voir son texte  étoffé dans les  éditions imprimées qui se sont succédées de 1495 à 1500

      Or, dans son chapitre consacré au règne de Dagobert, Liber III folio XV (je le trouve dans une édition de 1504) Gaguin écrit ceci :

        Huic clotarii aetate fiacrus venit Scotus i briam que dum solitariu sibi locu quaerit : a sancto faro ne meldensiu pontifice susceptus et loco ubi nunc ob sanctitatis merita religiose colit donatus est. In cuius facellum foemina non ingredit. quae emmaliqñ ingredi temere tentavit in rabiem versa est. De hoc sancto heremita qu-dam hoc disticon composit « Foemina quae laesit blasphemo murmure sanctum : Fecit quod sancti non intrat foemina templum". 

      En 1525, le Compendium fut traduit en français sous le titre de La mer des croniques et miroir historial de France, ce qui nous permet d'obtenir la traduction : Livre III folio XXVII

      "Sainct Fiacre escocote hermite.

      "Au temps diceluy Clotaire Sainct Fiacre escossoye vint au pays de Brye lequel querant long lieu solitaire fut devotement receu de sainct Pharon evesque de Meaulx qui luy donna lieu auquel maintenant pour les merites de sa saincteté est revere et honore. Et en la chapelle de ce benoist sainct ne entrent point les femmes : pour ce que celle qui follement sefforca austreffoys y entrer enragea. De ce devot hermite Sainct Fiacre auscun versificateur fist et composa ces deux vers :

      femina qui fecit blasphemo murmuro sanctum.

      Fecit quod sancti non intrat femina templum.

      La femme qui blessa saint Fiacre par le blasphème de murmure feist et causa que auscune femme ne entre poinct au temple ou eglise de ce benoist sainct."

      Ce passage donne plusieurs indications : 1. Saint Fiacre avait suffisament d'importance pour que la création de son ermitage soit signalé comme un des évenements notables de la période mérovingienne. 2. Peu avant que ne soit peint le vitrail de la Vie de saint Fiacre de la chapelle du Faouët, il était acquis que saint Fiacre était écossais ("escossoye"). 3. L'interdiction faite aux femmes de pénétrer dans les sanctuaires voués à saint Fiacre était l'un des éléments saillants  concernant son culte. 4. Ces données bénéficièrent de la publicité d'un ouvrage trés renommé, et  de la diffusion permise par l'imprimerie et par la traduction française.

      Certes, Gaguin se contenta en partie de reprendre le texte des Grandes Chroniques de France conservées à Saint-Denis.

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      Un Mystère de saint Fiacre.

      L'existence d'une Vie de monsieur sainct Fiacre filz du roy descosse par personnaiges publiée en 1529 à Paris (exemplaire de la Bibliothèque nationale de France  RES-YF-1605), et d'une Vie Monseigneur sainct Fiacre  en 1260 vers et 25 personnages (Manuscrit, Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, ms 1131)  témoignent du fait que des Mystères de saint Fiacre étaient joués devant un public pendant la période historique qui nous concenre (1450-1550).

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      ÉTUDE DU VITRAIL PANNEAU PAR PANNEAU.

       

      La baie 6 est composée de quatre lancettes et d'un tympan à 13 ajours : elle est haute de 4,40 m. et large de 2,20 m. On la décrit en huit panneaux organisés en deux registres, qui sont consacrés au récit hagiographique de saint Fiacre, patron de la chapelle. 

       

       

       

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      PREMIER REGISTRE.

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      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      REGISTRE INFÉRIEUR.

       

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      1. Enfance de saint Fiacre.

      Françoise Gatouillat et Michel Hérold décrive ici "Saint Fiacre en prière devant ses parents le roi et la reine d'Irlande". Mais rien n'atteste sur le vitrail  que les deux personnages soient les parents du petit Fiacre, ou qu'ils  soient irlandais. Selon la tradition, saint Fiacre serait un moine d'origine celte (les Scots) et qui serait apparenté à saint Kilien, fils lui-même du roi d'Écosse ; et certains auteurs, des plus autorisés, fournissant des pièces justificatives, donnent saint Fiacre comme étant le fils du roi d’Ecosse Eugène III . Ou même d'Eugène IV .

      Ce que nous voyons, c'est un enfant (notez le plumier suspendu à la ceinture) agenouillé devant un couple de souverain ; la reine pose la main gauche sur l'épaule droite de l'enfant et lui dnne sa bénédiction tracée par la main gauche . Le roi, coiffé d'un turban à oreillette, tient un sceptre particulièrement long.  Nous sommes tentés de penser que papa et maman Fiacre sont ravis d'avoir engendrés un fils si pieux, mais dans les Mystères, ils se lamentent plutôt de voir leur fiston se confire en dévotion, ou se morfondre en mortifications, ascèses et macérations, et ils se préoccupent plutôt de le marier ; ils envoient un chevalier quérir une belle pucelle. Mais la Vierge envoie saint Gabriel qui donne l'ordre à Fiacre d'aller en France. "Se dérobant à la cour à l'insu du roi", et prenant le bateau à la ckloche de bois, il traverse The Channel , avec quelques compagnons et peut-être sa sœur la belle Sira. C'est ainsi que nous allons le voir, dans les panneaux suivants, devant Faron, le saint évêque de Meaux. Après 49 heures de route (sans bouchons) entre Boulogne et Meaux, par la Chaussée Brunehault. 

      — Inscription :

      —  Cõe . Sait fiacre enfant. Priot. Lue comme : "CO(M)E SAI(N)T FIACRE ENFANT PRIOIT.", ou en clair "Comment saint Fiacre priait".

      — P. ANDROVET OVVRIER DEMEVRANT A / KEMPARALÉ 1552

      Cette inscription a été manifestement restaurée, mais la partie "P. ANDROUET, ouvrier à Kemparalé" a été relevée telle quelle en 1849 (Bull. arch. Assoc. Bret.). Kemparalé est assimilé à Quimperlé, mais pourtant cette forme n'est attestée nulle part ailleurs. Les généalogistes ne signalent pas de famille portant ce patronyme à Quimperlé.  En outre, le prénom n'est pas précisé. Pourtant, les auteurs du volume du Corpus Vitrearum considère qu'il s'agit de la signature de "Pierre Androuet de Quimperlé" ; les auteurs du Bulletin de la Société archéologique du Morbihan placent en 1858 "Pierre Androuet de Quimperlé, peintre verrier" dans une liste d'artisans. Les auteurs du Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine  1878 page 320 s'en étonnent :

      On a voulu voir dans Pierre Androuet l'ouvrier auteur de ces beaux vitraux, et dans l'indication de sa demeure la ville de Quimperlé; mais quelqu' importante que serait une indication de cette nature, d'autant plus précieuse qu'elle serait plus rare et plus inusitée, il faut renoncer à cette illusion. L'ouvrier est ici le maître d'œuvre , gouverneur ou fabricien , qui a ordonné et dirigé la pose des vitraux, et qui, suivant un usage assez constant, a perpétué par cette inscription la mémoire de son office. Aucun document certain n'indique d'ailleurs à Quimperlé la présence de peintres-verriers. Quant à expliquer ce nom de lieu, qui ne se rapporte à aucune localité connue, c'est difficile. Peut-être n'y faut-il voir que soit une mauvaise leçon, soit une incorrection d'écriture ou d'orthographe, rendant le mot incompréhensible. [...]

      On retrouve encore, vingt-cinq ans environ plus tard, dans l'église de la Trinité de Langonnet, le même nom d'Androuet. Au bas de l'une des fenêtres du chœur est l'inscription suivante : LE : XXIII : DE : MARS : P : ANDROVET : 157.: Mais il ne faut y voir également qu'un nom, commun dans le pays, désignant un fabricien.

      Ces vitraux de la Trinité de Langonnet, avaient été en partie offerts par un Boutteville. Autrefois vendus, des éléments de ces verres ont été retrouvés dans la chapelle de Kerozer, commune de Saint-Avé, et une série d'anges musiciens ont une grande parenté stylistique avec ceux de Saint -Fiacre. 

       

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      2. Saint Fiacre demande à saint Faron, évêque de Meaux, un espace pour construire  son ermitage :

      moderne, par Marcel Delon 1912.

      Inscription Cõe St fiacre . demanda à St faron . un emplace / ment p~r : bastir un ermitage. 

      Le frère Fèfre (Fefrus, forme ancienne de Fiacre jusqu'au XIe siècle) fut reçu avec bienveillance par Faron, qui lui donna une de ses vastes propriétés appelée Breuil, à deux lieues de Meaux,où le jeune homme créa un monastère (ou un ermitage). Il attira du monde.

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      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      3. Deux femmes sont semoncées pour avoir voulu troubler la solitude de saint Fiacre.

      Le livre tenu par saint Fiacre porte le monogramme M.D. du restaurateur. Seule la partie supérieure de la scène est ancienne.

      Inscription Cõe . deux . dames s / punies : pour avo / voulu : petruire / l'ermitage.

      Le texte est douteux en raison du mot "petruire". L'Inventaire donnait en 1975  la lecture suivante (avec entre parenthèses les lettres ou mots manquants) : "Co(m)e deux d(ames furent) punies p(avoir) voulu (pénétrer) dans l'ermitage". La partie du texte actuel qui diffère du texte relevé en 1975 correspond à un verre indépendant séparé de son voisin par un plomb, et qui a du être restauré depuis. Or, il est peu probable, par rapport aux éléments de la Légende de saint Fiacre,  que des femmes soient accusées d'avoir détruit l'ermitage. Je propose de lire "Comme deux dames sont punies pour avoir voulu pénétrer dans l'ermitage."

      J'ai déjà dit comment Robert Gagnin avait relaté l'interdiction faite aux femmes de pénétrer dans les sanctuaires de saint Fiacre en raison d'un mystérieux "blasphème du murmure" : femina quae laesit blasphemo murmuro sanctum. Fecit quod sancti non intret femina templum. La femme qui blessa saint Fiacre par le blasphème de murmure fit et causa qu'aucune femme n'entre point dans l' église de ce  saint. Le distique eut un retentissement certain, car il fut cité par les auteurs protestants comme les frères Zwinger.

      Le tort de la femme (la Becnaude") fut de devenir enragée (in rabiem versa) de colère, et en voici la cause et le récit :

       

      "Le nombre des pèlerins et des pauvres qui venaient implorer la charité de saint Fiacre, augmentant de jour en jour, il se trouva dans l'impossibilité de les recevoir tous sans un nouveau secours de saint Faron. Il l'alla trouver pour le prier de lui donner dans la forêt un terrain suffisant pour y semer des légumes, avec lesquels il pût subvenir aux nécessités de ses hôtes. Ce prélat acquiesa à sa demande, et lui accorda auprès de son ermitage autant de terre qu'il pourrait, en creusant lui-même un jour entier, en entourer d'un petit fossé : tout ce qui se trouverait renfermé dans l'étendue de cette circonvallation lui appartiendrait en propre et comme un bien de patrimoine. Dieu permit qu'on lui prescrivit cette condition, afin de faire éclater davantage la sainteté de son serviteur ; car saint Fiacre ne fut pas plus tôt de retour en sa solitude, que, prenant un bâton à la main, après avoir adressé à Dieu une prière pleine de confiance, il traça sur la terre une ligne pour faire le circuit du jardin qu'il désirait. Mais, par un prodige surprenant et presque incroyable, à mesure qu'il avançait, la terre s'ouvrait d'elle même , et les arbres tombaient de coté et d'autre. Pendant cette merveille, une femme, vulgairement appelée la Becnaude, qui, ayant vu la terre s 'ouvrir à la seule présence de l'homme de Dieu, courut propmptement à l'évêque lui dire que cet ermite, qu'il considérait tant, n'était qu'un magicien et un enchanteur, et qu'elle l'avait vu faire des sortilèges inouïs ; puis, retournant sur ses pas à la forêt, elle entreprit le saint, et, après avoir vomi mille injures contre lui, elle eut l'effronderie de lui interdire son travail au nom de l'évêque de Meaux auquel elle l'avait dénoncé, et de lui déclarer avec fierté que lui-même allait venir pour lui faire défense de passer outre. A ces paroles, saint Fiacre s'arrêta et cessa son travail, quoique fort affligé de cette calomnie ; mais, comme il voulut s'asseoir sur une pierre, pour se reposer en attendant la venue du prélat, les prodiges se succédant les uns aux autres, la pierre se creusa d'elle-même, en forme de chaise , présentant une surface concave plus commode au saint. On la voit encore dans l'église qui fut, depuis, bâtie en son honneur, où elle se conserve pour servir de monument et de ce prodige et de la bonté divine qui se manifeste envers ceux qui, travaillés par certaines douleurs, et, s'y asseyant, avec foi, sont guéris de leurs infirmités.

      Cependant saint Faron arriva, et, voyant la vérité de toutes ces merveilles, il fut encore plus persuadé qu 'auparavant du grand mérite et de la sainteté du bienheureux ermite : il l'en aima plus tendrement que jamais et l'honora depuis toute sa vie, d'une singulière familiarité.

      La malice et l'indiscrétion de cette femme furent cause que saint Fiacre défendit l'approche de son monastère à toutes les femmes ; il demanda même à Dieu que toutes celles qui, à l'avenir, auraient la témérité d'y entrer, fussent punies sur le champ de quelque infirmité corporelle : ce qu'il lui accorda et ce qui a été confirmé par plusieurs miracles ; car une dame de qualité, qui n'ajoutait pas foi a ce qu'on disait de cette merveille, voulant faire l'expérience de ce qui arriverait à une femme qui entrerait dans le monastère de notre saint, poussa un jour sa servante dedans ; mais à l'instant même, la dame qui violait ainsi la cloture perdit un œil, en punition de son attentat et de son incrédulité."

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      On comprend mieux ce qui est représenté : la "dame" de peu de foi porte la main devant ses yeux, car elle perd la vue. Saint Fiacre la repousse dédaigneusement et se plonge dans son bréviaire. La deuxième femme, moins bien habillée est a priori la servante.

       

       

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      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      4. Saint Fiacre reçoit et nourrit les pauvres.

      avec signature M. Delon 1910 dans le cartouche explicatif .

      Inscription : Cõe ​Sai~t fiacre re/cevoit et nourrissoit les po(u)vres .

      "Il partageait avec les pauvres le fruit de son travail. Guidé par les vertus du christianisme, la charité et la mortification, il mangeait peu, pour avoir plus à donner aux pélerins. Il fit bâtir, à quelque distance de sa cellule, une espèce d'hôpital pour les loger. On lui amena de toutes parts des énergumènes et des infirmes travaillés de diverses sortes de maladies. Et, par la vertu de ses prières et l'imposition de ses mains, il délivra les uns et rendit aux autres une parfaite santé." (Abbé R..., aumônier des Dames de la Conception, à Carpentras, 1865)

       

       

       

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      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      REGISTRE SUPÉRIEUR.

      Deuxième registre, Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Deuxième registre, Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      5. La Becnaude accusant saint Fiacre devant l'évêque de Meaux.

      Inscription : Cõe la vieille vint p/laindre et accuser saint / fiacre a levesq de Meaux : disãt q.la gaste so(n) bois.

      Dans la Vie de saint Fiacre, cet épisode vient après  la scène relatée dans le panneau suivant, et avant celle de la punition de la femme incrédule. On peut suspecter une erreur de remontage. On se reportera au texte de la légende donné précedemment.

      L'inscription témoigne  d'une version un peu différente, dans laquelle la Becnaude accuse Fiacre "de gâter son bois". 

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      6. Saint Fiacre délimite son jardin avec l'aide d'un ange.

      Inscription : Cõe . sai~t . fiacre traça / le circuit de son jardin / avec . l'aide de Dieu. 

      Dans la Légende initiale de saint Fiacre , ce dernier traçait son jardin avec un bâton, mais dans les versions plus tardives, c'est une bêche qui fut l'outil de cette miraculeuse enceinte. La bêche est ainsi devenue l'attribut du saint, sur d'innombrables statues des église et chapelles bretonnes, où saint Fiacre devenait le patron des jardiniers, à coté de saint Isidore, patron des agriculteurs dont l'attribut est la faucille.

       

       

       

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      7. Saint Fiacre guérissant les aveugles.

      Inscription : Cõe . sai~t .  fiacre / gerissoit . / les aveugles:

      Voir le commentaire plus haut. 

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      8. Entretien de saint Fiacre et de la Becnaude.

      Inscription : Cõe la vieille tãsa sai~t / fiacre po l'amour qu'il / abatoit le / bois s. q. le fit céder de par die/u et il cessa.

       

       

       

       

       

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Décor d'architecture Renaissance  à cartouches (vides) et masques. Grisaille et jaune d'argent.

       

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Vitrail de la vie de saint Fiacre, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      LE TYMPAN

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      Tympan à treize ajours et à écoinçons. 

       

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Trois ajours supérieurs : armoiries modernes . Boutteville en sommité, d'argent à cinq fusées de gueules en fasce , Boutteville et alliance à gauche, armoiries Du Chastel fascé d'or et de gueules  à droite.

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      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Ajours des rangs inférieurs : 6 anges musiciens, en surplis plissés blancs et or. 

      Joueur de (harpe).

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Joueur de viole à archet. 3 cordes, 4 ouïes.

       

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Joueur de flûte traversière.

       

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Joueur de chalemie.

       

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Joueur de chalemie.

       

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Ange offrant une corbeille de fruits.

       

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Tympan de la baie 6, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      SOURCES ET LIENS.

       Le Faouët et Gourin, inventaire topographique, 1975, Secrétariat d'État à la Culture, Paris, Imprimerie Nationale. page 41 et fig. 118 et 119 page 288.

      — GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Michel), 2011, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII, Presses Universitaires de Rennes, 

      — LENA (Laurent), 1989, Le Faouët, la chapelle Saint-Fiacre : son histoire et ses merveilles, Priziac, Presses de Saint-Michel,‎ 1990, 104 p.

      — Abbé R..., aumônier des Dames de la Conception, à Carpentras, 1865 La Vie et les miracles de Saint Fiacre ... d'après les Bollandistes. Paris, Charles Douniol ed.. 

      https://books.google.fr/books?id=WfxfAAAAcAAJ&dq=saint+fiacre&hl=fr&source=gbs_navlinks_s 

       

      Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine vol. 12 1878 page 319-320

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f344.image

      Bulletin archéologique de l'Association bretonne, Volume 1, 1849

      — Vie de saint Fiacre, Acta sanctorum 30 août : 

      https://www.heiligenlexikon.de/ActaSanctorum/30.August.html

      — Les vitraux de Dreux, XVIe siècle : la Vie de saint Fiacre, 9 panneaux. 

      http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Dreux/Dreux-eSaintPierre_v10.htm#SFiacre

       

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
      17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 23:51

      C'est une baie de quatre lancettes trilobées et un tympan de 15 ajours,  haut de 3,80 mètres et large de 2,30 mètres, datant de 1550 et restauré en 1912. La verrière est consacré au thème de la Sainte Parenté, c'est à dire à la descendance de sainte Anne et de ses trois maris. Du fait de ce motif généalogique, l'espace est structuré de haut en bas en pyramide tronquée où les maris sont repoussés sur les cotés, les deux lancettes centrales étant resérvé aux saintes femmes et aux fils. Enfin, les personnages sortent des limites des panneaux cadrés par les barlotières. 

       

       

       

      Baie 7, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Baie 7, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      I. Vue générale des lancettes.

      Les lancettes sont organisées sur deux niveaux où chaque personnage est identifié grâce à la présence d'un phylactère qui porte son nom en capitales romaines. En haut et au centre, la Vierge tenant l'Enfant et Sainte Anne. A leur gauche, saint Joseph, mari de la Vierge. A leur droite,  les trois maris – successifs– de sainte Anne, Joachim père de la Vierge, mais aussi Cléopas et Salomas. Cliquez ici pour réviser la Sainte Parenté.

      Puisque Anne a eu une fille avec chacun de ses maris, la Vierge a deux sœurs : Marie-Jacobée (fille de Cléophas) et Marie-Salomé (fille de Salomas).

      Ces deux sœurs occupent l'étage inférieur, avec leur mari et leurs enfants. C'est donc l'étage des oncles, tantes et cousins de Jésus. Les deux chambres de gauche sont occupées par les six  Marie-Jacobé. Les deux chambres de gauche sont, on l'a deviné, occupées par les Marie-Salomé (ils sont quatre). 

      En tout, cette belle famille recomposée réunit 17 personnes.

       Je commencerai donc par l'étage supérieur.

      Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      II. L'étage supérieur.

      Au centre, comme dans un groupe d'Anne trinitaire, la Vierge, couronnée,  est assise, tenant sur ses genoux l'Enfant-Jésus, en face de sainte Anne. Deux anges aussi frisés que leur surplis écartent une tenture verte.

      Vierge à l'Enfant, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Vierge à l'Enfant, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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      Sainte Anne.

      Vêtue de pourpre, et coiffée de la guimpe, elle tend les bras vers son petit-fils.

      Sainte Anne, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Sainte Anne, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      A gauche, saint Joseph.

      Il tient une canne pour souligner qu'il n'est pas tout jeune ; il a ôté son chapeau. 

      Joseph, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Joseph, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Le groupe de droite. Joachim, Cléophas, Salomas.

       

      Joachim, Cleophas, Salomas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Joachim, Cleophas, Salomas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      L'ÉTAGE INFÉRIEUR.

      I. Du coté de Marie Jacobé.

      Marie Jacobé a épousé Alphée. Ils ont eu quatre garçons : Jacques le mineur (qui deviendra apôtre), Joseph Barsabas, Simon le Zélote, et Jude (qui sera apôtre comme son grand frère).

      Tout à gauche, le papa, DALPHEVS est avec son fils aîné Jacques le mineur (qui porte déjà l'auréole).

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      Alphée et Jacques le mineur, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Alphée et Jacques le mineur, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Marie Jacobé et ses trois autres enfants. Les trois petits saints.

      Elle porte ici le nom de MARIE CLEOPHAS, mais c'est pareil. Cléophas, c'est le nom de son père, mais ce Cléophas s'appelle aussi Jacob (ou Jacques, c'est pareil). Elle semble un peu débordée, et même franchement excédée, alors qu'elle lisait à ses enfants une histoire avant qu'ils aillent se coucher.  JOSEPH LE IUSTE (c'est son surnom, en vrai il se nomme Joseph Barsabas) trouve que c'est pas juste . Marie Jacobé va-t-elle lui ôter son auréole ? 

      S[aint] SIMON lui fait un pinçon.

      S[aint] IVDE  lève la main (je crois qu'il est gaucher) et regarde sa mère en criant : "une histoire, une histoire". 

      Joseph, Simon, Jude, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Joseph, Simon, Jude, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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      Sans commentaire.

       (heureusement, elle n'habite pas, comme sa sœur, à Capharnaüm)

       

      Marie Cléophas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Marie Cléophas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Une coupe verticale de l'immeuble : Je plains les locataires du dessus !

      Attention : grâce à lavieb-aile, évitez-vous le ridicule de demander "ça veut dire quoi, ISSO, marqué là ?".

      Lisez  : 1550. Et ajoutez : "L'année de construction du vitrail. Sous le règne de Henri II."

      La classe.

      Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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      II. Du coté de Marie Salomé.

      MARIE . SLOME . Elle a épousé Zébédée et s'en félicite. Elle n'a eu que deux enfants mais ils sont sages comme des images. Son grand, c'est Jacques  (quand il sera majeur on le nommera Jacques le majeur), qui est dans sa chambre en train de ranger sa collection de coquille. Pour l'instant, elle n'a que le petit Jean, qui, lui, sera appelé Saint Jean l'Évangéliste quand il sera allé en vacances à Patmos (SAI~N LE .VANGELISTE). En attendant, il fait des tours de prestidigitation en faisant apparaître des dragons dans le vase à fleur. Toute sa vie, il gardera sa frimousse de garçonnet blond, imberbe. Ce sera le préféré de son cousin Jésus.  

      Regardez comme cette Marie a soigné sa coiffure. Elle a choisi une étoffe à rayures, très à la mode pour cet usage, l'a pliée en bandeau et glissée derrière sa nuque. Les deux parties de sa chevelure, d'abord divisées par une raie au milieu, se sont ainsi trouvées rassemblées. Alors — c'est tout le chic— elle a ramené la pointe du bandeau vers l'avant, et l'a fixé au dessus du front (discrètement mais coquettement épilé) par une broche en étoile dorée. 

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      Marie Salomé, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Marie Salomé, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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      Marie Salomé et Jean l'Évangéliste, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Marie Salomé et Jean l'Évangéliste, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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      Zébédée et Jacques le Majeur.

      Marc l'évangéliste mentionne Zébédée en Mc 1:19 : "Etant allé un peu plus loin, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui, eux aussi, étaient dans une barque et réparaient les filets. Aussitôt, il les appela; et, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers, ils le suivirent. "  Zébédée possède donc une ou plusieurs barques, ou même une entreprise de pêche ("des ouvriers !)  sur le lac de Galilée, et quand ils seront plus grands, il compte bien y employer Jacques et Jean. 

      Mais qu'est-ce-qu'il a, Jacques ? Il a taillé un bâton, et il veut à tout prix que papa y attache une courge séchée ! Il répète "bourdon, bourdon", et papa ne comprend rien, car le bourdon de pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle, avec ses deux pommeaux et son crochet pour fixer la callebasse , est encore terriblement anachronique. Attends un peu, petit Jacquet !

      Jacques le majeur et son père Zébédée, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Jacques le majeur et son père Zébédée, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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      LE TYMPAN
       

      En haut, un fleuron à six mouchettes autour d'un ajour central en étoile. Ce dernier contient un écu aux armoiries de Boutteville d'argent à cinq fusées de gueules en fasce. Dans les deux mouchettes qui l'encadrent, un écu parti de Boutteville et de Kerimerc'h (d'hermines au croissant de gueules) , et à droite un écu parti de Boutteville et Du Chastel (fascé d'or et de gueules). Les autres ajours accueillent deux anges chantant et battant des mains (mais non, ils prient, les mains jointes) , et deux anges joueurs de vieille. Latéralement, deux anges buccinateurs (j'adore le placer).

      En dessous, six anges musiciens  : deux groupes symétriques avec inversion des cartons

      • viele à archet ou plutôt viole de gambe
      • viole de gambe
      • flûte traversière.

       

       

       

      Tympan, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

      Tympan, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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      Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
      17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 23:50

      Il s'agit d'une baie située au nord du transept, fenêtre nord,  à trois lancettes et tympan de sept ajours, réalisée au milieu du XVIe siècle et consacrée à la Vie de saint Jean-Baptiste. La verrière a été restaurée en 1912 par le peintre-verrier parisien Marcel Delon, comme indiqué par l'inscription RESTAURÉ EN 1912 PAR M. DELON.  

      Hauteur 4 mètres, largeur 2,01 mètres.

      Les lancettes sont divisées en une base en grisaille puis en trois registres, créant neuf panneaux .ou scènes. Le fond est bleu ciel, les vêtements jaune ou rouge, plus rarement bleu soutenu. Le vert est de façon générale reservé à l'arrière fond (tenture ou verdure).

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      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      I. REGISTRE INFÉRIEUR.

      1. Naissance du saint.

      Rappel préalable. Selon les évangiles (Luc, 1), Jean-Baptiste est le cousin du Christ. Il est né six mois avant lui; Sa mère Elisabeth, "d'entre les filles d'Aaron",  est la cousine de Marie, et sa grossesse tardive et inespérée est une grâce de Dieu. Son père Zacharie est un prêtre juif "sacrificateur, de la classe d'Abia".

      Cette scène est considérée comme la "naissance du saint" par Françoise Gatouillat et Michel Hérold. Mais celui-ci est absent, et on ne voit qu'une femme alitée ( a priori Elisabeth) à laquelle une autre femme (soit sa cousine Marie, soit une servante ou une sage-femme) propose un plat. On voit dans ce plat du raisin et des fruits ressemblant à des pommes ou des oranges, alors que c'est un "brouet" (un potage) qui est servi à la femme après l'accouchement. 

      Les deux femmes ont les cheveux couverts par un voile bien particulier (et qui m'intrigue à chaque fois que je le rencontre) car il laisse la grande partie de la tête non couverte, qu'il rassemble les cheveux à l'arrière de la nuque en passant devant cette dernière, et autorise les boucles blandes à retomber sur les épaules et le dos. 

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       Élisabeth après la naissance de Jean-Baptiste, détail de la Naissance de saint Jean-Baptiste du maître de Villalcazar de Sirga, musée diocésain de Saragosse.

       

      5 Du temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d'Abia; sa femme était d'entre les filles d'Aaron, et s'appelait Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur.  Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile; et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge. Or, pendant qu'il s'acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort, d'après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum. Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l'heure du parfum. Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui. Mais l'ange lui dit: Ne crains point, Zacharie; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère; il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu; il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les coeurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. Zacharie dit à l'ange: A quoi reconnaîtrai-je cela? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge.  L'ange lui répondit: Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu; j'ai été envoyé pour te parler, et pour t'annoncer cette bonne nouvelle. Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps. Cependant, le peuple attendait Zacharie, s'étonnant de ce qu'il restait si longtemps dans le temple. Quand il sortit, il ne put leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le temple; il leur faisait des signes, et il resta muet. Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s'en alla chez lui. Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant: C'est la grâce que le Seigneur m'a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes. Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation.  L'ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin. Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?  L'ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n'est impossible à Dieu. Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole! Et l'ange la quitta.Dans ce même temps, Marie se leva, et s'en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. Dès qu'Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit. Elle s'écria d'une voix forte: Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. Comment m'est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi? Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein. Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement.

      [...]

      56 Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle. Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils.

      .

      5 Du temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d'Abia; sa femme était d'entre les filles d'Aaron, et s'appelait Élisabeth.

      6 Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur.

      7 Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile; et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge.

      8 Or, pendant qu'il s'acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort,

      9 d'après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum.

      10 Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l'heure du parfum.

      11 Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel des parfums.

      12 Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui.

      13 Mais l'ange lui dit: Ne crains point, Zacharie; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean.

      14 Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance.

      15 Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère;

      16 il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu;

      17 il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les coeurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé.

      18 Zacharie dit à l'ange: A quoi reconnaîtrai-je cela? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge.

      19 L'ange lui répondit: Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu; j'ai été envoyé pour te parler, et pour t'annoncer cette bonne nouvelle.

      20 Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps.

      21 Cependant, le peuple attendait Zacharie, s'étonnant de ce qu'il restait si longtemps dans le temple.

      22 Quand il sortit, il ne put leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le temple; il leur faisait des signes, et il resta muet.

      23 Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s'en alla chez lui.

      24 Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant:

      25 C'est la grâce que le Seigneur m'a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes.

      26 Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,

      27 auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie.

      28 L'ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi.

      29 Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation.

      30 L'ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu.

      31 Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.

      32 Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.

      33 Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin.

      34 Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?

      35 L'ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.

      36 Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.

      37 Car rien n'est impossible à Dieu.

      38 Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole! Et l'ange la quitta.

      39 Dans ce même temps, Marie se leva, et s'en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda.

      40 Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth.

      41 Dès qu'Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit.

      42 Elle s'écria d'une voix forte: Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni.

      43 Comment m'est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi?

      44 Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein.

      45 Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement.

      46 Et Marie dit: Mon âme exalte le Seigneur,

      47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,

      48 Parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

      49 Parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint,

      50 Et sa miséricorde s'étend d'âge en âge Sur ceux qui le craignent.

      51 Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses.

      52 Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.

      53 Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.

      54 Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s'est souvenu de sa miséricorde, -

      55 Comme il l'avait dit à nos pères, -Envers Abraham et sa postérité pour toujours.

      56 Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle.

      57 Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils.

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      2. Le premier bain.

      Cette scène est intéressante à plus d'un titre. D'une part, comme la précédente, elle crée un lien avec les autres saintes Nativités,  celle du Christ, et surtout celle de la Vierge. D'autre part, elle montre un rite de purification. Par ailleurs, elle préfigure le baptème par l'eau. Ces associations sont bien conscientes dans l'esprit de l'artiste, puisqu'il a figuré un agneau qui tente de monter dans le bassin. Cet agneau, animal qui sert d'attribut d'identification à Jean-Baptiste, fait allusion au Christ qui le suit.

      Selon la légende dorée, la Vierge serait restée auprès d'Elisabeth : " La Sainte Vierge demeura donc avec sa cousine pendant trois mois, elle la servait : ce fut elle qui de ses saintes mains reçut l’enfant venant au monde, d'après le témoignage de l’Histoire scholastique *, et qui remplit avec les plus grands soins l’office de garder l’enfant." On peut donc imaginer qu'elle est représentée ici.

       

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      3. Circoncision.

      La circoncision de Jean, rituelle pour tout enfant juif, n'aurait pas à être illustrée, mais c'est à son occasion que Jean reçoit son nom dans l'évangile de Luc, que son père Zacharie est guéri de sa mutité, et qu'il prophétise un grand avenir à son fils :

       

      Luc, 1:58-79 Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l'enfant, et ils l'appelaient Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole, et dit: Non, il sera appelé Jean. Ils lui dirent: Il n'y a dans ta parenté personne qui soit appelé de ce nom. Et ils firent des signes à son père pour savoir comment il voulait qu'on l'appelle. Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit: Jean est son nom. Et tous furent dans l'étonnement. Au même instant, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu. La crainte s'empara de tous les habitants d'alentour, et, dans toutes les montagnes de la Judée, on s'entretenait de toutes ces choses. Tous ceux qui les apprirent les gardèrent dans leur coeur, en disant: Que sera donc cet enfant? Et la main du Seigneur était avec lui. Zacharie, son père, fut rempli du Saint Esprit, et il prophétisa, en ces mots:

      Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, De ce qu'il a visité et racheté son peuple,

       Et nous a suscité un puissant Sauveur Dans la maison de David, son serviteur,

       Comme il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, -

       Un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent!

       C'est ainsi qu'il manifeste sa miséricorde envers nos pères, Et se souvient de sa sainte alliance,

      Selon le serment par lequel il avait juré à Abraham, notre père,

       De nous permettre, après que nous serions délivrés de la main de nos ennemis, De le servir sans crainte,

      En marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie.

       Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut; Car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,

       Afin de donner à son peuple la connaissance du salut Par le pardon de ses péchés,

      Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, En vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d'en haut,

      Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, Pour diriger nos pas dans le chemin de la paix.

       

      La tête de Jean-Baptiste enfant est moderne.

       

       

       

       

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Deuxième registre. 

      1. La Prédication

      Elle s'étend sur deux lancettes.

      Remarquée l'inscription de restauration  MD 1912.

       

      La scène s'interprète selon le texte de l'évangile de Luc :  

      -la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il alla dans tout le pays des environs de Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés,  selon ce qui est écrit dans le livre des paroles d'Ésaïe, le prophète: 

      C'est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.  Toute vallée sera comblée, Toute montagne et toute colline seront abaissées; Ce qui est tortueux sera redressé, Et les chemins raboteux seront aplanis. Et toute chair verra le salut de Dieu.

      Ancre Il disait donc à ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui: 

      Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?  Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

       La foule l'interrogeait, disant: Que devons-nous donc faire? Il leur répondit: 

      — Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même.

       Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent: Maître, que devons-nous faire?  Il leur répondit: 

      N'exigez rien au delà de ce qui vous a été ordonné.

       Des soldats aussi lui demandèrent: Et nous, que devons-nous faire? Il leur répondit:

      Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde.

       Comme le peuple était dans l'attente, et que tous se demandaient en eux-même si Jean n'était pas le Christ, il leur dit à tous: 

      Moi, je vous baptise d'eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera le blé dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point.

      C'est ainsi que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple, en lui adressant encore beaucoup d'autres exhortations. Mais Hérode le tétrarque, étant repris par Jean au sujet d'Hérodias, femme de son frère, et pour toutes les mauvaises actions qu'il avait commises, ajouta encore à toutes les autres celle d'enfermer Jean dans la prison."

       


      Dans ce panneau, Jean-Baptiste, appuyé à une barrière, lève l'index vers le ciel, dans un geste qui lui est presque un attribut tant il a été peint par Léonard de Vinci et de nombreux autres peintres. La foule de ses disciples (dont un roi) est assise et l'écoute . Mais sur l'autre lancette, des auditeurs debouts, à moitiè cachés derrière un poteau, sont contrariés de s'entendre traités de "race de vipères" et s'offusquent de ses propos.  

       


       

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      un prophète dont Dieu lui-même prophétise ? Tous les prophètes avaient. prophétisé de J.-C. au lieu que Jean ne prophétisa pas seulement de J.-C., mais les autres prophètes prophétisèrent de lui : tous ont été les porteurs de la parole, mais lui, c'est la voix elle-même. Autant la voix approche de la parole, sans cependant être la parole, autant Jean approche de J.-C. sans cependant être J.-C. » D'après saint Ambroise, la gloire de saint Jean se tire de cinq causes, savoir de ses parents, de ses mœurs, de ses miracles, des dons qu'il a reçus et de sa prédication. D'après le même Père, la gloire qu'il reçoit de ses parents est manifeste par cinq caractères : Voici ce que dit saint Ambroise : «L'éloge est parfait, quand il comprend; comme dans saint Jean, une naissance distinguée, une conduite intègre, un ministère sacerdotal, l’obéissance à la loi, et la preuve d'oeuvres pleines de justice. » 2° Les miracles : Il y en eut avant sa conception, comme l’annonciation de l’ange, la désignation de son nom, et la perte de la parole dans son père il y en eut dans sa conception, celle-ci fut surnaturelle ; sa sanctification dès le sein de sa mère, et le don de prophétie dont il fut rempli. Il y en eut dès sa naissance, savoir : le don de prophétie accordé à son père et à sa ère, puisque sa mère sut son nom, et que le père prononça un cantique : la langue du père déliée ; le Saint-Esprit qui le remplit. Sur ces paroles de l’Evangile : « Zacharie son père fut rempli du Saint-Esprit », saint Ambroise s'exprime ainsi : « Regardez Jean: Quelle puissance dans son nom ! Ce nom rend la parole à un muet, le dévouement à un (156) père; au peuple un prêtre. Tout à l’heure, cette langue était muette, ce père était stérile, ce prêtre était sans fonctions ; mais aussitôt que Jean est né, à l’instant, le père est prophète, ce pontife recouvre l’usage de la parole, son affection peut s'épancher sur son fils, le prêtre est reconnu par les fonctions qu'il remplit. » 3° Les mœurs. Sa vie fut d'une sainteté éminente. Voici comme en parle saint Chrysostome : « A côté de la vie de saint Jean, toutes les autres paraissent coupables: car de même que quand vous voyez un vêtement blanc, vous dites : ce vêtement est assez blanc, mais si vous le mettez à côté de la neige, il commence à vous paraître pâle, quoique vraiment il n'en soit pas ainsi, de même à comparaison de saint Jean, quelque homme que ce fût paraissait immonde. »

      Il reçut trois témoignages de sa sainteté. Le premier fut rendu par ceux qui sont au-dessus du ciel, c'est-à-dire par la Trinité . elle-même: 1° Par le Père qui l’appelle Ange. Malachie dit (III) : « Voilà que j'envoie mon ange qui préparera ma voie devant ma face. » Ange est, un nom qui désigne le ministère, mais qui n'explique pas la nature de l’ange. Or, si saint Jean est appelé ange, c'est pour marquer le ministère qu'il a rempli, parce qu'il paraît avoir exercé le ministère de tous les anges. Il remplit celui des Séraphins : car séraphin veut dire ardent, parce qu'ils nous rendent ardents et qu'ils brûlent plus que d'autres d'amour pour Dieu'; c'est pourquoi il est dit de Jean : « Elle s'est élevé :comme un feu, et ses paroles brûlaient comme un flambeau ardent » (Ecclés., XLVIII), « car il est venu avec l’esprit et la vertu d'Elie. » 2° Il remplit le (157) ministère des Chérubins, car chérubins veut dire plénitude de science: or, Jean est appelé Lucifer ou étoile du matin, parce qu'il fut le terme de la nuit de l’ignorance, et le commencement de la lumière de la grâce. 3° Il remplit le ministère des Thrônes qui ont pour mission de juger, et il est dit de Jean qu'il reprenait Hérode en disant : « Il ne vous est pas permis d'avoir pour femme celle de votre frère. » 4° Il remplit le ministère des Dominations qui nous enseignent à gouverner ceux qui nous sont sujets ; or, Jean était aimé de ses inférieurs, et les rois le craignaient. 5° Il remplit l’office des Principautés qui nous apprennent à respecter nos supérieurs et Jean disait eu parlant de lui-même : « Celui qui tire son origine de la terre est de la terre, et ses paroles tiennent de la terre » ; et en parlant de J.-C., il ajoute : « celui qui est venu du ciel est au-dessus de tous. » Il dit encore : « Je ne suis pas digne de délier les cordons de sa chaussure. » 6° Il remplit l’office des Puissances qui sont chargées d'éloigner les puissances de l’air et du vice, lesquelles ne purent jamais nuire à sa sainteté. Il les repoussait aussi loin de nous, lorsqu'il nous disposait au baptême de la pénitence. 7° Il remplit l’office des Vertus par lesquelles s'opèrent les miracles : or, saint Jean montra en sa personne de grandes merveilles, comme manger du miel sauvage et des sauterelles, se couvrir de peau de chameau, et autres semblables. 8° Il remplit l’office des Archanges, en révélant des mystères auxquels on ne savait atteindre, comme, par exemple, ce qui regarde notre rédemption lorsqu'il disait : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés (158) du monde. » 9° Il remplit l’office des Anges : quand il annonçait des choses moins relevées, comme celles qui ont trait aux moeurs ; par exemple : « Faites pénitence » ; ou bien: « N'usez point de violence ni de fraude envers personne (Luc, III). » Le second témoignage lui fut rendu par le Fils, comme on lit dans saint Mathieu (II), où J.-C. le recommande souvent d'une manière étonnante, comme quand il dit entre autres choses: « Parmi les enfants des hommes, il n'y en a pas de plus grand que Jean-Baptiste. » « Ces paroles, dit saint Pierre Damien, renferment l’éloge de saint Jean; proférées qu'elles sont par celui qui a posé les fondements de la terre, qui fait mouvoir les astres et qui a créé tous les éléments. » Le troisième témoignage lui fut rendu par le Saint-Esprit, lorsqu'il dit par la bouche de son père Zacharie : « Et toi, enfant, tu seras appelé le prophète du Très Haut. » — Le second témoignage de sainteté lui fut rendis par les anges et les esprits célestes. Au premier chapitre de saint Luc, l’ange témoigne pour lui une grande considération quand il montre : 1° sa dignité par rapport à Dieu : « Il sera, dit-il, grand devant le Seigneur. » 2° Sa sainteté propre, lorsqu'il ajoute : « Il ne boira pas de vin ni de liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit-Saint. dès le ventre de sa mère. » 3° Les grands services qu'il rendra au prochain : « Et il convertira beaucoup des enfants d'Israël. » Le troisième témoignage de sainteté lui fut rendu par ceux qui sont au-dessous du ciel, c'est-à-dire, les hommes, témoin son père, ses voisins, et ceux qui disaient : « Que pensez-vous que sera cet enfant? »

      159

       

      Quatrièmement, la glose de saint Jean se tire des dons qu'il a reçus dans le sein de sa mère, à sa naissance, dans sa vie et à sa mort. Dans le sein de sa mère, il fut avantagé de trois dons admirables de la grâce : 1° De la grâce par laquelle il fut sanctifié dès ce moment ; puisqu'il fut saint avant que d'être né, selon ces paroles de Jérémie (I) : « Je vous ai connu avant que je vous eusse formé dans les entrailles de votre mère. » 2° De la grâce d'être prophète, quand, par son tressaillement dans le sein d'Elisabeth, il connut que Dieu était devant lui. C'est pour cela que saint Chrysostome, qui veut montrer que Jean-Baptiste a été plus que prophète, dit : « Un prophète mérite par la sainteté de sa vie et de sa foi de recevoir une prophétie; riais est-ce que c'est l’ordinaire d'être prophète avant d'être homme ? » C'était une coutume d'oindre les prophètes; et ce fut quand la Sainte Vierge salua Élisabeth que J.-C. sacra en qualité de prophète Jean dans les entrailles de sa mère, selon ces paroles de saint Chrysostome : « J.-C. fit saluer Elisabeth par Marie afin que sa parole sortie du sein de sa mère, séjour du Seigneur, et reçue par l’ouïe d'Elisabeth, descendit à Jean qui ainsi serait sacré prophète. » 3° Il fut avantagé de la grâce par laquelle il mérita pour sa mère de recevoir l’esprit de prophétie. Et saint Chrysostome, qui voulait montrer que saint Jean fut plus qu'un prophète, dit : « Quel est celui des prophètes, qui tout prophète qu'il fût, ait pu faire un prophète ? » Hélie sacra bien Elisée comme prophète, mais il ne lui conféra pas la grâce de prophétiser. Jean cependant n'étant encore que dans le sein de sa mère (160) donna à sa mère la science de pénétrer dans les secrets de Dieu ; il lui ouvrit la bouche et elle confessa reconnaître la dignité de celui dont elle ne voyait pas la personne, quand elle dit : « D'où me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur me vienne visiter? » Il reçut trois sortes de grâces, au moment de sa naissance : elle fut miraculeuse, sainte et accompagnée de joie. En tant que miraculeuse, le défaut d'impuissance est levé; en tant que sainte, disparaît la peine de la coulpe; en tant que accompagnée de joie, elle fut exempte des pleurs de la misère. Selon Me Guillaume d'Auxerre, trois motifs font célébrer la naissance de saint Jean : 1° sa sanctification dans le sein de sa mère; 2° la dignité de son ministère, puisque ce fut comme une étoile du matin qui nous annonça la première les joies éternelles; 3° la joie qui l’accompagna : car l’ange avait dit : « Il y en aura beaucoup qui se réjouiront lors de sa naissance. » C'est donc pour cela qu'il est juste que nous nous réjouissions pareillement en ce jour. Dans le cours de sa vie, il reçut de même grand nombre de faveurs et la preuve qu'elles furent des plus grandes et de différentes sortes, c'est qu'il réunit toutes les perfections. En effet il fut prophète quand il dit : « Celui qui doit venir après moi est plus grand que moi. » Il fut plus que prophète quand il montra le Christ du doigt; il fut apôtre, car il fut envoyé de Dieu; apôtre et prophète c'est tout un. Aussi il est dit de lui : « Il y eut un homme envoyé de Dieu qui se nommait Jean. » Il fut martyr, parce qu'il souffrit la mort pour la justice; il fut confesseur, parce qu'il confessa et ne nia pas ; (161) il fut vierge, et c'est en raison de sa virginité qu'il est appelé ange dans Malachie (II) : « Voici que j'envoie mon ange. » En sortant du monde il reçut trois faveurs : d'abord il fut un martyr invaincu. Il acquit alors la palme du martyre ; il fut envoyé comme un messager précieux, car il apporta à ceux qui étaient dans les limbes une nouvelle précieuse, la venue de J.-C. et leur rédemption ; sa fin glorieuse est honorée par tous ceux qui étaient descendus dans les limbes et c'est l’objet spécial d'une glorieuse solennité dans l’Église.

      Cinquièmement, la gloire de saint Jean se tire de sa prédication. L'ange en expose quatre motifs quand il dit : « Il convertira plusieurs des enfants d'Israël au, Seigneur leur Dieu ; et il marchera devant lui dans l’esprit et la vertu d'Elie, pour réunir les cours des pères avec leurs enfants, pour rappeler les incrédules à la prudence des justes, et pour préparer au Seigneur un peuple parfait. » Il touche quatre points, savoir le fruit, l’ordre, la vertu et la fin, d'après le texte lui-même. La prédication de saint Jean fut triplement recommandable. Elle fut en effet fervente, efficace et prudente. C'est la ferveur qui lui faisait dire : « Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère à venir ? Faites donc de dignes fruits de pénitence. (Luc, III.) Or, cette ferveur était enflammée parla charité, parce qu'il était une lumière ardente; et c'est lui qui dit en la personne d'Isaïe (XLIX) : « Il a rendu ma bouche comme une épée perçante. » Cette ferveur tirait son origine de la vérité, car il était une lampe ardente. C'est à ce propos qu'Il est dit dans saint Jean (162) (V) : « Vous avez envoyé à Jean; et il a rendu témoignage à la vérité. » Cette ferveur était dirigée par le discernement ou la science : voilà pourquoi en parlant à la foule, aux publicains et aux soldats, il enseignait la loi, selon l’état de chacun. Cette ferveur était ferme et constante, puisque sa prédication le mena à perdre la vie. Telles sont les quatre qualités du zèle, d'après saint Bernard : « Que votre zèle, dit-il, soit enflammé par la charité, formé par la vérité, régi par la science et affermi par la constance. » 2° Il prêcha avec efficace, puisque beaucoup se convertirent à ses prédications. Il prêcha  en parole et ne varia jamais dans son enseignement. Il prêcha par l’exemple, car sa vie fut sainte ; il prêcha et convertit par ses mérites et ses prières ferventes. 3° Il prêcha avec prudence ; et la prudence de sa prédication consista en trois points : 1° en ce qu'il usa de menaces afin d'effrayer les méchants; c'est alors qu'il disait : « Déjà la cognée est à la racine de l’arbre » ; 2° en usant de promesses, pour gagner les bons, quand il dit: «Faites pénitence : car le royaume des cieux approche » ; 3° en usant de tempéraments pour attirer peu à peu les faibles à la perfection. Aussi à la foule et aux soldats, il imposait de légères. obligations afin qu'ensuite il les amenât à s'en imposer de plus sérieuses ; à la foule, il conseillait les oeuvres de miséricorde ; aux publicains, il recommandait de ne pas désirer le bien d'autrui ; aux soldats de n'user de violence envers personne, de ne pas calomnier et de se contenter de leur paie.

      Saint Jean l’Evangéliste mourut à pareil jour; mais (163) l’Eglise célèbre sa fête; trois jours après la naissance de J.-C. parce . qu'alors eut lieu la dédicace de son église; et la solennité de la naissance de saint Jean-Baptiste conserva sa place par la raison qu'elle fut déclarée un jour de joie par l’ange. Il ne faut pourtant pas prétendre que l’Evangéliste ait fait place au Baptiste, comme l’inférieur au supérieur; car il ne convient pas de discuter quel est le plus grand des deux : et ceci fut divinement prouvé par un exemple. On lit qu'il y avait deux docteurs en théologie dont l’un préférait saint Jean-Baptiste et l’autre saint Jean l’évangéliste. Ou fixa donc un jour pour une discussion solennelle. Chacun. n'avait d'autre soin que de trouver des autorités et des raisons puissantes en faveur du saint qu'il jugeait supérieur. Or, le jour de la dispute étant proche, chacun des saints apparut à son champion et lui dit : « Nous sommes bien d'accord dans le ciel, ne dispute pas à notre sujet sur la terre. » Alors ils se communiquèrent chacun sa vision, en firent part à tout le peuple et bénirent Dieu. — Paul, qui a écrit l’Histoire des Lombards, diacre de l’Eglise de Rome et moine du mont Cassin, devait une fois faire la consécration du cierge, mais il fut pris d'un enrouement qui l’empêcha de chanter ; afin de recouvrer sa voix qui était fort belle, il composa en l’honneur de saint Jean-Baptiste l'hymne Ut queant laxis resonare fibris mira gestorum famuli tuorum, au commencement de laquelle il demande que sa voix lui soit rendue comme elle l’avait été à Zacharie. En ce jour quelques personnes ramassent de tous côtés les os d'animaux morts pour les brûler : il y en a deux raisons, (164) rapportées par Jean Beleth * : la première vient d'une ancienne pratique : il y a certains animaux appelés dragons, qui volent dans l’air, nagent dans les eaux et courent sur la terre. Quelquefois quand ils sont dans les airs, ils incitent à la luxure en jetant du sperme dans les puits et les rivières; il y avait alors dans l’année grande mortalité. Afin de se préserver, on inventa un remède qui fut de faire des os des animaux un feu dont la fumée mettait ces monstres en fuite; et parce que c'était, dans le temps, une coutume générale, elle s'observe encore en certains lieux. La seconde raison est pour rappeler que les os de saint Jean furent brûlés à Sébaste par les infidèles. On porte aussi des torches brûlantes, parce que saint Jean fut une torche brûlante et ardente ; on fait aussi tourner une roue parce que le soleil à cette époque commence à prendre son déclin, pour rappeler le témoignage que Jean rendit à J.-C. quand il dit : « Il faut qu'il croisse, et moi que je diminue.» Cette parole est encore vérifiée, selon saint Augustin, à leur nativité et à leur mort : car à la nativité de saint Jean-Baptiste les jours commencent à décroître, et à la Nativité de J.-C. ils commencent à croître, d'après ce vers : Solstitium decimo Christum praeit atque Joannem **. Il en fut ainsi à leur mort. Le corps de J.-C. fut élevé sur la croix et celui de saint Jean fut privé de son chef.

      Paul rapporte dans l’Histoire des Lombards que Rocharith

       

      * Cap. CXXXVII.

      ** Dix jours avant le solstice, arrivent la Nativité du Sauveur et celle de saint Jean.

       

      165

       

      roi des Lombards, fut enseveli avec beaucoup d'ornements précieux auprès d'une église de saint Jean-Baptiste. Or, quelqu'un, poussé par la cupidité, ouvrit de nuit le tombeau et emporta tout. Saint Jean apparut au voleur et lui dit : «Quelle a été ton audace de toucher à un dépôt qui  m’était confié? tu ne pourras plus désormais entrer dans mon église. » Et il en fut ainsi; car chaque fois que le larron voulait entrer en cette église, il était frappé à la gorge comme par un vigoureux athlète et il était jeté aussitôt à la renverse *.

       

       

       

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      Baptème du Christ.

      remarquez :

      La colombe, signe de la participation de Dieu le Père

      L'ange qui tient la tunique

      Les nimbes en éllipse pleine (comme depuis Massacio, début XVe)

      La peau de bête (jaune) sous le manteau rouge.

      Le texte de l'évangile de Luc est celui-ci :

       Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu'il priait, le ciel s'ouvrit,  et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j'ai mis toute mon affection.

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      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      TROISIÈME REGISTRE.

       

      1. Décollation.

       

       

      Remarquez le parallélisme entre le geste de Jean-Baptiste baptisant le Christ et celui du bourreau levant son épée. S'il n'est pas fortuit, il peut suggérer que Jean reçoit ici le baptème par le sang.

      Rappel : Marc 6:14-

      Le roi Hérode [Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de Pérée ] entendit parler de Jésus, car sa réputation se répandait partout. On disait de Jésus:

      ---C'est Jean-Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts! C'est pour cela qu'il détient le pouvoir de faire des miracles.

      D'autres disaient:
      ---C'est Elie.
      D'autres encore:
      ---C'est un prophète comme il y en avait autrefois.

      De son côté, Hérode, qui entendait tout cela, se disait:
      ---C'est celui que j'ai fait décapiter, c'est Jean, et il est ressuscité!

       En effet, Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et jeter en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe, son demi-frère, qu'il avait épousée. Car Jean disait à Hérode:

      ---Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère!

       Hérodiade, furieuse contre lui, cherchait à le faire mourir, mais elle n'y parvenait pas, car Hérode craignait Jean. Il savait que c'était un homme juste et saint. Il le protégeait donc. Quand il l'entendait parler, il en restait fort perplexe. Et pourtant, il aimait l'entendre. Un jour cependant, Hérodiade trouva une occasion favorable, lors de l'anniversaire d'Hérode. Celui-ci organisa ce jour-là une grande fête à laquelle il invita les hauts dignitaires de sa cour, les officiers supérieurs et les notables de la Galilée. Au cours du banquet, la fille d'Hérodiade [ La tradition retient le nom de Salomé] entra dans la salle: elle dansa, Hérode et ses invités étaient sous son charme. Le roi dit alors à la jeune fille:

         ---Demande-moi ce que tu voudras et je te le donnerai.

       Il alla même jusqu'à lui faire ce serment:

      —Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume.

       Elle sortit pour prendre conseil auprès de sa mère:
      ---Que vais-je lui demander?
      ---La tête de Jean-Baptiste, lui répondit celle-ci.

       Aussitôt la jeune fille se hâta de retourner auprès du roi pour lui exprimer son vœu en ces termes:
      ---Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean-Baptiste.

      Le roi en fut consterné, mais à cause de son serment, et de ses invités, il ne voulut pas le lui refuser. Il envoya donc aussitôt un garde en lui ordonnant de rapporter la tête de Jean. Celui-ci s'en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat et la remit à la jeune fille, et celle-ci la donna à sa mère. Lorsque les disciples de Jean apprirent ce qui s'était passé, ils vinrent prendre son corps pour l'ensevelir dans un tombeau.

      Nous assistons donc ici à la décollation de Jean par le bourreau, mais celui-ci rengaine son épée, et  la tête est déjà sur le plateau, entre les mains de Salomé et d'Hérodiate. Les trois lancettes représentent une seule scène. 

       

       

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      2. Festin d'Hérode sur deux lancettes.

      Présence de verre marbré.

      Sur cette lancette, la jeune et jolie Salomé amène sur un plateau la tête de Jean à sa mère Hérodiate, qui assouvit sa haine en plantant un couteau dans l'œil du saint. 

      Au bout de la table, Hérode, devant un plat d'or contenant peut-être un agneau, lève l'index . Il ne semble pas content content.

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      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      TYMPAN.

       

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      Ajour supérieur :

      Les armoiries (restaurées) de Boutteville d'argent à cinq fusées de gueules en fasce sont tenues par un guerrier  dans une couronne de feuillage. 

       

       

       

      Tympan, verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Tympan, verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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      Quatre ajours centraux : armoiries portées par des anges (patrons retournés) : alliance Boutteville, Kerimerc'h, (en partie refaites), Coëtquenan (modernes) et Du Chastel répétées (celle de gauche est ancienne). Anges jouant de la flûte sur les ajours latéraux (patron retournés). 

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      Tympan, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      Tympan, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

      SOURCES ET LIENS.

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      Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
      17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 21:38

      PRÉSENTATION.

      Datation : Milieu du XVIe et 1910.

      Quatre lancettes divisées en trois registres ne respectant pas la partition par panneaux. Tympan à 9 ajours et 4 écoinçons. Haut de 5,30 m et large de 2,52 m. 

      Puet-être réalisé dans l'atelier Le Sodec de Quimper.

      Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      REGISTRE INFÉRIEUR.

       

      Registre inférieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Registre inférieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      1. Entrée dans Jérusalem.

       

      Entrée dans Jérusalem

      Entrée dans Jérusalem

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      2. Résurrection de Lazare.

       

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      Résurrection de Lazare

      Résurrection de Lazare

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      3. Agonie au Jardin des Oliviers.

      Agonie au Jardin des Oliviers.

      Agonie au Jardin des Oliviers.

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      Agonie au Jardin des Oliviers.

      Agonie au Jardin des Oliviers.

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      4. Arrestation au Jardin des Oliviers .

      Arrestation au Jardin des Oliviers

      Arrestation au Jardin des Oliviers

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      DEUXIÉME REGISTRE 

      Deuxième registre,  Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Deuxième registre, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      1. Comparution devant Caïphe.

       

      Comparaison devant Caïphe,  Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Comparaison devant Caïphe, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      2. Flagellation.

       

      Flagellation, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Flagellation, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      Flagellation (détail), Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Flagellation (détail), Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      3. Couronnement d'épines.

      Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile
      Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      4. Comparution devant Pilate.

      Comparution devant Pilate, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Comparution devant Pilate, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      TROISIÉME REGISTRE.

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      Registre supérieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Registre supérieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      1. Portement de la Croix.

      Portement de la Croix, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Portement de la Croix, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      2. Crucifixion.

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      Crucifixion,  Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Crucifixion, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      3. Mise au tombeau.

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      Mise au tombeau, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Mise au tombeau, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      4. Résurrection.

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      Résurrection, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Résurrection, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      TYMPAN.

       

      Tympan, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

      Tympan, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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      SOURCES ET LIENS.

      GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Michel), 2005,  Les Vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, Presses Universitaires de Rennes 2005.

       Inventaire Général des monuments et richesse artistiques de la France. Commission Régionale de Bretagne. Finistère, Canton de Carhaix-Plouguer , 2 Tomes imp Nationale 1969, p. 49.

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
      17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 10:57

      Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët (56), associé à la Passion et au collège apostolique. Verrière de la baie 4. Un vitrail du XVe siècle.

      Voir :

      I. Les chapelles du Faouët :

      a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre :

      b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe

      ​c. Chapelle Saint-Sébastien :

      II. L'iconographie de l'Arbre de Jessé sur ce blog :


      Bas-relief :

      vitraux :

      Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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      PRÉSENTATION.

      http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-la-chapelle-saint-fiacre-a-le-faouet-118466434.html

      Je donne à nouveau ici à lire un article publié sur ce blog en mai 2013, mais en remplaçant les photographies pour tenter de gagner en définition d'image, et en l'enrichissant  de nouvelles photographies.

       

            Classement MH depuis 1862

         Cette verrière qui occupe la baie 4 dans le bras sud du transept mesure 4,45m de haut et 1,96m de large ; elle se compose de quatre lancettes trilobées et d'un tympan de 5 ajours et écoinçons. Elle est datée du troisième quart du XVe et du milieu du XVIe siècle. Elle a été (peu) restaurée en 1910-1917 par la maison Delon de Paris.

       

        Elle est consacrée à un Arbre de Jessé dont l'originalité est d'une part de culminer dans une Passion (et non en une Vierge à l'Enfant), et d'autre part, de se voir encadrée  par les douze apôtres. On ignore si cette disposition date, comme je le pense, de l'origine du vitrail, estimée vers 1480, ou si elle a été introduite au milieu du XVIe siècle, lorsque le personnage de Jessé a été remplacé. Or, cette association, si elle ne relève pas des impératifs ou des hasards des restaurateurs, mais répond à un programme délibéré du commanditaire, est pleine de sens sur le plan théologique.

        Sa date de création en fait le premier vitrail de l'Arbre de Jessé conservé en Bretagne

        Une autre particularité est de comporter, parmi les noms de rois perchés sur l'Arbre, des noms inhabituels et qui n'appartiennnent pas aux successeurs de David sur le trône de Juda.

        Ces bizarreries vont me conduire sur des pistes originales et à une nouvelle lecture interprétative. Disons déjà qu'un point commun circule à travers les différents panneaux pour les assembler en un seul thème. Lequel ?

            Classement MH depuis 1862

         Cette verrière qui occupe la baie 4 dans le bras sud du transept mesure 4,45m de haut et 1,96m de large ; elle se compose de quatre lancettes trilobées et d'un tympan de 5 ajours et écoinçons. Elle est datée du troisième quart du XVe et du milieu du XVIe siècle. Elle a été (peu) restaurée en 1910-1917 par la maison Delon de Paris.

       

        Elle est consacrée à un Arbre de Jessé dont l'originalité est d'une part de culminer dans une Passion (et non en une Vierge à l'Enfant), et d'autre part, de se voir encadré de chaque coté, par les douze apôtres. On ignore si cette disposition date, comme je le pense, de l'origine du vitrail, estimée vers 1480, ou si elle a été introduite au milieu du XVIe siècle, lorsque le personnage de Jessé a été remplacé. Or, cette association, si elle ne relève pas des impératifs ou des hasards des restaurateurs, mais répond à un programme délibéré du commanditaire, est pleine de sens sur le plan théologique.

        Sa date de création en fait le premier vitrail de l'Arbre de Jessé conservé en Bretagne

        Une autre particularité est de comporter, parmi les noms de rois perchés sur l'Arbre, des noms inhabituels et qui n'appartiennnent pas aux successeurs de David sur le trône de Juda.

        Ces bizarreries vont me conduire sur des pistes originales et à une nouvelle lecture interprétative. Disons déjà qu'un point commun circule à travers les différents panneaux pour les assembler en un seul thème. Lequel ?

      Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Les trois registres.

       

      Registre inférieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Registre inférieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Registre moyen, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Registre moyen, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Registre supérieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Registre supérieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Tympan.

       

      Tympan, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Tympan, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

       

      En raison de sa disposition appparemment composite, je l'étudierai lancette par lancette

       

      I. Lancette médiane.

       

      Registre inférieur. Panneau 1b. Jessé.

        C'est ce panneau, ou du moins la figure de Jessé, qui a été restaurée au cours du XVIe siècle. C'est l'époque où est survenu un changement de la représentation de Jessé,  désormais volontiers représenté assis plutôt que couché comme à Saint-Denis ou Chartres au XIIe siècle. Mis à part la cathèdre monumentale et cette attitude, les autres éléments sont fidèles au shéma habituel, la main sous la joue dans la posture de méditation ou de songe, la barbe, le bonnet juif à oreillettes, le dais tenu par deux anges, le livre qui a provoqué sa rêverie, et l'arbre dont le tronc émerge du dos de l'ancêtre.

        Les  manches témoignent de la mode des crevés installée dès le début du XVIe siècle.

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      Jessé,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Jessé, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Jessé,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Jessé, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Registre médian, panneau 2b, rois de Juda et prophètes.

      Les trois panneaux suivants ont en commun leur fond bleu et leur encadrement par des carreaux rectangulaires blanc. Les couleurs employées seront le rouge, le jaune, le vert, le ponceau, et le marron sombre de saint Jean. Une partie importante, et de proportion croissante en s'élevant, est laissée en blanc pour les mains, les visages, les phylactères, le manteau de la Vierge et le corps du Christ. Elle sont traitées en grisaille et rehaussés, avec sobriété, de jaune d'argent. Ce blanc dessiné de grisaille me semble, par son dépouillement qui culmine avec la nudité de Jésus, posséder une valeur spirituelle, voire même une valeur allégorique.

            Quatre personnages sont visibles, dont les noms nous sont donnés par des phylactères : SALAMON* ,  AMINADAB. et  IACOB. Deux tiennent des livres, et deux autres font un geste de comput digital ou de désignation.

      * même orthographe sur le vitrail de Confort-Meilars.

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      Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Aminadab,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Aminadab, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      registre supérieur, panneau 3b , Rois, Marie et Jean.

      Sur ce panneau apparaît en partie basse les têtes de deux autres personnages, et trois phylactères ; un seul est facile à lire, qui donne le nom de ZOROBABEL. Je crois lire sur celui de gauche BONI (ou BODI)... et sur celui de droite ROBOAS .

        L'arbre, après s'être confondu avec Zorobabel, de divise en trois branches qui le transforment en un calvaire dont les croisillons à culots supportent Marie et Jean, alors que le fût central s'élève encore.

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      Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Registre supérieur panneau 2c, Crucifixion.

      Dans cet ultime panneau, le Christ au nimbe crucifère rouge et or est crucifié : la Croix est composée de deux branches mal ébranchées pour rappeler clairement leur nature végétale, lavirga (verge, tige) de Jessé ne conduisant pas ici à la Vierge (virgo), mais à la virga crucis*, la tige de la croixLe titulus et son inscription INRI occupe le fleuron central de la lancette. 

      * supposuit quoque humerum arce foederis dei in qua est virga crucis qui floruit in apostolis. : Pierre de Celle Liber II, Epistola LXXX.

      Deux anges recueillent dans trois calices le Précieux Sang qui s'écoulent des plaies des mains et du thorax, selon un shéma très courant sur nos calvaires bretons.

       Le fait qu'un Arbre de Jessé se termine par une Passion, et non par une Vierge à l'Enfant, est rare. On le retrouve en Bretagne à Kerfeunten (Quimper) et à Confort-Meilars :

      Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église de la Sainte-Trinité à Kerfeunteun :

      Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église de Confort-Meilars.

       Ce vitrail n'est donc pas consacré au culte marial de la conception virginale (sur le jeu de mot virga/virgo qui découle de citations du prophète Isaïe) et à l'Incarnation, mais à la Rédemption par un Christ libérateur vainqueur de la Mort par le mystère de la Passion, si je me permets de m'aventurer sur des brisées théologiques en vrai amateur.

       

      Passion,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Passion, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      II Lancette gauche.

              A la différence de la lancette médiane et de son encadrement de carreaux blancs, celle-ci, comme la lancette droite, est encadrée par les fûts polygonaux d'un décor architectural délimitant des niches. Le fond de chacune d'elle est alternativement vert, jaune-or et bordeaux, évitant le bleu qui est ainsi réservé au fond de la lancette médiane. Les robes des apôtres se partagent les couleurs restantes, en fonction du fond : bleu, jaune, rouge, vert. Là encore, une proportion importante est laissée en blanc : mains et visages, livres, nimbes, attributs, robes ou tuniques. Le jaune d'argent est rare, mais sans-doute n'a-t-il pas résisté à la corrosion du temps qui passe.

      Registre inférieur : panneau 1a, 2 apôtres, Pierre et Paul.

      Pierre et la clef, Paul et l'épée.

       

      Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Registre médian, panneau 2a, apôtres Matthias et Simon.

      Matthias (ou Matthieu, ou Jude Thaddée) avec la hallebarde, Simon et la scie.

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      Apôtres Mathias et Simon. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres Mathias et Simon. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Registre supérieur, panneau 3a, 2 apôtres ? et Barthélémy.

       Barthélémy avec le couteau avec lequel il fut écorché vif. L'apôtre imberbe correspond habituellement à Jean, mais celui-ci est représenté ailleurs. Il tient ici un volumen (ou une hampe). Je suis  surpris par sa robe bleue doublée d'hermines et ses manches aux revers ornées de pierreries. Peut-être Philippe.

      Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      III. Lancette droite.

      Registre inférieur, panneau 1c, les  apôtres André et Jacques le Majeur.

      André avec la croix en X, Jacques le Majeur avec le chapeau de pèlerin et le bourdon.

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      Apôtres  André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Apôtres  André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

                              

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      Registre médian, panneau 2c, les apôtres Jacques et Matthieu.

      Jacques le Mineur avec le bâton de foulon, Matthieu avec la pique.

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      Apôtres  Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Apôtres  Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Apôtres Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Registre supérieur, panneau 3c, les apôtres Jean et Thomas.

      Jean avec le calice d'où sort un serpent/dragon, Thomas avec l'équerre. (ou Jude Thaddée).

      Les apôtres Jean et Thomas,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Les apôtres Jean et Thomas, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Les apôtres Jean et Thomas,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Les apôtres Jean et Thomas, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      IV. Tympan.

        Dans les mouchettes, quatre anges porteurs des instruments de la Passion. Dans les écoinçons deux anges thuriféraires

      Dans le soufflet se trouvent les armoiries (restaurées) mi-parti de Boutteville et du Chastel.

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      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

      Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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      Mon analyse.

         En 1861, les visiteurs de la Société Polymathique du Morbihan  avaient déchiffré sur les panneaux 2b et 3b "Jacob, Salomon, Aminadab, Moïz, Zorobabel, etc...". Cette lecture m'aide à déchiffrer à mon tour les inscriptions et à découvrir en effet ces noms sur ce panneau et celui du dessus. (Un doute persiste néanmoins pour Moïse, ou des lecteurs plus récents ont hésité avec Loth, et où je lisais BOCH ; fions-nous à la lecture de nos prédécesseurs).

        Or, on s'attend à trouver ici quelques-uns de douze ou quatorze rois de Juda cités dans la généalogie de Jésus par Matthieu 1,4 et qui fréquentent les autres arbres de Jessé : Jessé-David-Salomon-Roboam-Abia-Asa-Josaphat-Joram-Ozias-Joatham-Achaz-Ezéchias-Manassé-Amon-Josias-Jéchonias. Non, pas de roi David avec sa harpe, pas de couronne, pas de sceptre, mais des hommes aux bonnets hébreux qui tiennent des livres, dressent l'index comme en énonçant une sentence, comptent sur leurs doigts à la mode antique dans l'exposé d'un raisonnement : leurs noms, leurs vêtements et leurs postures les désignent non pas comme des rois de Juda descendant de Jessé, mais comme des Prophètes, dans un projet iconographique de typologie biblique. Ces personnages ne sont pas les ancêtres généalogiques du Christ, ils en sont les précurseurs, les figures préfiguratrices, les types.

        Le nom que je ne parviens pas à lire (que je lis BONIAS et que les autres auteurs ne me fournissent pas) pourrait être alors (cela me conviendrait !) Jonas. 

       Certes, parmi les quatre noms lisibles avec certitude, Jacob (un léger doute), Salomon, Aminadab et Zorobabel, trois sont des descendants de Jessé et de son fils David et des ancêtres attitrés de Jésus. Rien n'oblige à une lecture différente de celle proposée jusqu'à présent et à renoncer à voir là  la représentation conventionnelle d' un Arbre de Jessé avec Jessé endormi et six des rois de Juda conduisant à Marie et à son Fils.

      Mais l'absence de David ?

      Mais l'absence de sceptres et de couronnes ?

      Mais les apôtres dans les lancettes latérales ?

      Mais la crucifixion remplaçant la Vierge à l'Enfant ?

      Mais Jacob ?

        

       

        Remarquons maintenant le fil conducteur qui relie toutes les scènes : il s'agit du livre, ou, plus précisément, des Écritures. Partez du livre que tient Jessé, et voyez comme le tronc de l'arbre issu de son dos  est dessiné comme un phylactère enroulé dont la spirale monte au dessus du pavillon et porte bientôt des lettres noires ; voyez comme il se transforme en branches qu'il semble recouvrir de ces plis. Ici, ce n'est pas un arbre de bois, mais un arbre de parchemin, c'est le texte écrit et lu qui fait souche, qui se déploie, qui engendre, qui fructifie, qui se ramifie, qui envoie les titulus comme des satellites. Il s'incarne littéralement dans le corps de Salomon, puis dans celui de Zorobabel, avant de s'achever dans le Verbe incarné, Jésus.

        Pendant que le livre de Jessé se déploie ainsi, notez que le premier prophète (ou roi, si vous voulez) tient également un livre ; et Salomon également (on peut imaginer qu'il s'agit du le Cantique des Cantiques) ; et le "roi" Bonias/Jonas assis avec sa robe mauve aussi. 

        De chaque coté, les apôtres ne servent qu'à cela, à témoigner des Écritures, comme sur les porches des églises où ils tiennent les volumen des articles du Credo apostolique. Mais ici, ce sont ces livres qu'ils tiennent soigneusement qui  font d'eux les porte-paroles inspirés qui lisent clairement désormais comment les prophètes de l'Ancien Testament annonçaient le Christ. Car dans chaque niche, on trouve un livre, parfois deux.

       Je propose donc d'opérer un changement radical de regard porté sur cet Arbre de Jessé. Cessons d'y voir un arbre symbole de transmission généalogique, voyons-y un arbre de la Révélation, de la parole divine exprimée comme une sève par la bouche des prophètes et de la Tradition et transmise de génération en génération, avant de s' incarner en Verbe vivant.  C'est un arbre de feuilles, de livres, de mots et de cantiques ; de sa racine naît un rejeton.

       C'est aussi le sens allégorique que je propose de voir dans ce cheminement du blanc engrisaillé : le blanc des chairs est celui des visages qui parlent et des mains qui tiennent les livres ; celui des doigts qui scandent les paroles ; celui du réseau des branches d'arbre parallèle au réseau des phylactères. Tout ce blanc est celui de la page de papier zébré des lignes noirs de l'encre, tout ce blanc est parole et écriture, bouche pour parler, yeux pour lire, mains pour dire et pour écrire, avant de se transformer une première fois dans le manteau immaculé de la Vierge, en qui le Verbe s'est fait chair, puis une deuxième et ultime fois dans le corps dénudé du Serviteur Souffrant dans la pâleur glacée de son agonie.

        

        1. Salomon.

      Si donc cet arbre est celui de la circulation et de la croissance de la parole divine jusqu'à sa réalisation, il importe peu que les personnages de l'axe central respectent la filiation énoncée par Matthieu dans sa généalogie ; notre grille de lecture ne doit pas être généalogique, mais typologique, basée sur ce travail d'exégèse que les Pères de l'Église ont développé pour démontrer que Dieu parlait par les prophètes pour annoncer le Messie. Salomon, dés lors, n'est plus là comme fils de David, petit-fils de Jessé, mais comme figure du Christ : sa sagesse préfigure celle du Christ, la gloire de son règne préfigure celui du Christ, le Temple qu'il a bâti préfigure l'Église. 

      Pour comprendre cette nouvelle grille de lecture, il faut savoir que les Écritures peuvent faire l'objet de trois niveaux de lecture,: littéral, figuré et typologique. La lecture typologique va s'attacher à reconnaître dans les personnages ou les citations de l'Ancien Testament l'annonce du Nouveau Testament.

         Pour reprendre les termes de Jean-Noël Guinot, l'exégèse patristique a coutume de distinguer deux sortes de prophéties : celles (prophéties messianiques directes) qui visent directement le Christ ou une réalité messianique, et celles qui reçoivent dans l'histoire de l'Ancien Testament une première réalisation, avant de trouver avec le Christ dans le Nouveau Testament leur accomplissement définitif.

      Cette première réalisation, toujours incomplète ou inférieure à la seconde, en est considérée comme le « type » ou « figure » ; Non que la prophétie s'accomplisse deux fois : la figure n'est qu'une image imparfaite de la réalité neo-testamentaire « l'antitype » —qui constitue à proprement le seul véritable terme de la prophétie.( voir H de Lubac, Typologie et allégorisme 1947).

       Nous avons vu comment nous pouvons comprendre la présence de Salomon non comme une référence historique ou généalogique, mais comme du pré-texte, une écriture prophétique de l'avènement du Christ. Cela est-il valide pour les autres personnages du vitrail ?

      2. Zorobabel.

        C'est le personnage situé directement en dessous de l'étage neo-testamentaire de la Passion, sur un axe médian où s'alignent Jessé / Salomon / Zorobabel / Le Christ.

        Ce n'est guère surprenant lorsque l'on sait que ce descendant de David et de Salomon a été considéré dans la lecture typologique comme la préfiguration du Christ.

       [ Rappel Wikipédia article Zorobabel: Selon le Livre d'Esdras, lorsque Cyrus II eut rendu la liberté aux Juifs, Zorobabel se mit à la tête de ceux qui habitaient la province de Babylone pour les ramener en Judée. Sept mois après avoir quitté la Chaldée, le grand prêtre Josué souhaitant rétablir le culte public,Zorobabel l'aida à dresser un autel pour offrir des sacrifices au Seigneur. Dès la seconde année, il commença à assembler des matériaux pour rebâtir leSecond Temple de Jérusalem. Mais les fondements sortaient à peine de terre que les Samaritains, dont on avait refusé les offres suspectes, firent tant par leurs intrigues auprès des ministres d'Artaxerxès qu'ils provoquèrent l'interruption des travaux.

      Selon le Livre d'Aggée, quelques années plus tard, Zorobabel, excité par les prophètes Aggée et Zacharie, encouragea le peuple, qui reprit la construction du Temple avec plus d'ardeur que la première fois.Darius Ier ayant accordé sa protection aux Juifs l'ouvrage ne fut plus interrompu ; Zorobabel eut la consolation de le voir achever et d'assister à la dédicace du temple, qui fut faite quatre ans après qu'on eut recommencé à y travailler.

      Dans le Livre de Zacharie, le Dieu d'Israël adresse un message à Zorobabel : il déclare que Zorobabel a déjà posé les fondements du Second Temple de Jérusalem, et qu'il l'achèvera également. De plus, il exhorte le peuple à se réjouir et à féliciter Zorobabel.]

      Dans l'histoire du peuple juif, Zorobabel suffit à évoquer la fin de l'exil à Babylone et le retour glorieux sur la terre de Juda, tout comme celui de Moïse évoque la sortie d'Égypte et la fin de l'esclavage. Héros de la restauration nationale, qui s'affirme par la reconstruction du Temple et la victoire sur les ennemis, Zorobabel est aussi le chef en qui se cristallise l'espérance messianique (Agg. 2,23 et Zach 6,12-13)

      Dés lors, il était naturel que l'exégèse patristique retînt Zorobabel comme une figure du Christ, et l'ère nouvelle qu'il inaugure, comme une préfiguration des réalités néo-testamentaires. Libérateur comparable à Moïse, chef et conducteur du peuple comme lui, Zorobabel offre donc à l'exégète l'occasion de parallélismes commodes entre la sortie de l'Égypte et le retour d'exil de Babylone, entre la libération d'un peuple captif et celle d'une humanité prisonnière du péché, entre la reconstitution matérielle de Jérusalem et la rénovation spirituelle opérée par le Christ. (J.N. Guinot, 1984).

       Saint Jérôme s'est exprimé explicitement au sujet de Zorobabel comme type du Christ.

       

       

      3.  Jacob

       Jacob renvoie à la prophétie de Balaam Orietur stella ex jacob, Une étoile sortira de Jacob. Mais Jacob peut aussi renvoyer à l'échelle de Jacob, figure de l'Ascension (Speculum Humanae salvationis).
       

      4.  Aminabad ou Abinabad :

      Il figure parmi les descendants de David ancêtres du Christ dans la liste de Matthieu.
      Moïse mais je n'ai pas découvert d'interprétation typologique.

      Sur le plafond de la chapelle Sixtine par Michel-Ange où les ancêtres du Christ sont représentés à coté des Prophètes et des Sibylles, Aminabad cotoie Jonas.

      5. Moïse.

      Si le personnage qui compte sur ses doigts est bien, comme cela a été lu en 1861, Moïse, sa présence ne pose pas de problème, comme premier prophète du peuple hébreu, mais aussi parce que, comme nous l'avons vu à propos de Zorobabel, son rôle de libérateur de l'oppression égyptienne ou de guide vers la Terre Promise préfigure le Christ rédempteur. (comme Ezéchias, Cyrus, Zorobabel ou Josué ).

       Sur le vitrail de l'Arbre de Jessé de Chartres, il appartient à la liste des Prophètes.

      En iconographie, face à un personnage de l'Ancien testament comptant sur ses doigts, on pense aussi au prophète Daniel.


      6. Jonas
        Malgré mon incertitude sur sa présence sur ce vitrail je vais montrer néanmoins pourquoi sa présence serait possible. Cela illustrera aussi la raison de la présence de Salomon. En effet, Ionas ou Jonas par l'épisode du ventre de la baleine préfigure la mise au tombeau puis de la résurrection du Christ :

      Matthieu 12,38-42 (Louis Ségond) :

         Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent: Maître, nous voudrions te voir faire un miracle. Il leur répondit: Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d'autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas; et voici, il y a ici plus que Jonas. La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon. 

      Cette typologie est illustrée dans la Biblia Pauperum : Jonas / Mise au tombeau / Joseph dans le puits. 

      Si cette analyse incite à accorder une place importante aux Prophètes, on peut mieux comprendre la place des Apôtres dans les lancettes latérales en tenant compte de la tradition iconographique du Credo prophétique et apostolique : Le Credo apostolique et prophétique.

      Voir, dans le même sens, le vitrail de l'arbre de Jessé de Chartres : Le vitrail de l'arbre de Jessé de la cathédrale de Chartres.

       

      Conclusion.

        Peut-être parce qu'il est le plus ancien vitrail d'Arbre de Jessé conservé en Bretagne, l'Arbre de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët impose une lecture différente des Arbre du XVIe siècle, lesquels sont consacrés, sinon à la Maternologie, du moins au culte marial de la conception virginal, à l'Incarnation, voire, comme cela a pu être discuté, à l'Immaculée Conception, et qui ne comportent que deux prophètes, Isaïe et Jérémie, puisqu'ils sont construits sur la citation d'Isaïe 11,1 Egredietur virga de radice Iesse, et flos de radice eius ascendet.

        Ici, cette citation n'apparaît pas, et Isaïe ne figure pas parmi les personnages. Au lieu d'être encadré, comme à Saint-Denis et à Chartres, par des Prophètes, l'Arbre est ici encadré par les douze apôtres, mais les références à l'Ancien Testament sont placés dans la lancette centrale, en lieu et place des douze rois de Juda. 

        Enfin, c'est sur la virga crucis, le bois de la croix, que la tige de Jessé trouve son apogée et sa finalité. Sa fleur, son fleuron, flos, n'est plus l'Enfant mais le Christ en croix, libérant en nouveau Moïse, nouveau Salomon et nouveau Zorobabel l'humanité de la faute d'Adam.

       

      Liens et sources :

      — Françoise Gatouillat et Michel Hérold, Les Vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, Presses Universitaires de Rennes 2005.

      — Inventaire Général des monuments et richesse artistiques de la France. Commission Régionale de Bretagne. Finistère, Canton de Carhaix-Plouguer 2 Tomes imp Nationale 1969, p. 49.

      —  Inventaire régional, culture.gouv.fr., enquête 1969, Dufief Denise ; Quillivic Claude.

      — Bull de la Société Polymathique du Morbihan, Vannes 1861 page 23.    

      —  Adolphe Joanne Itinéraire général de la France: Bretagne, 1867 p.502.

      — Jules Corblet  Étude iconographique sur l'arbre de Jessé  (sur la présence des apôtres dans les Arbres de Jessé)

      Le_Commentaire_sur_Aggee_de_saint_Jerome_memoire_de_Master_

      — Jean-Noël Guinot L'exégèse de Théodoret de Cyr

      — Jean-Noël Guinot La cristallisation d’un différend : Zorobabel dans I’exégèse de Théodore de Mopsueste et de Théodoret de Cyr Augustinianum Volume 24, Issue 3, December 1984 Pages 527-547

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      Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
      30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:49

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      La chapelle Saint-Sébastien est située sur la commune de Le Faouët, ( Morbihan) au lieu-dit de « Saint-Sébastien », à 50 mètres de la route menant du Faouët à Rostrenen, entourée de bosquets sur le plateau qui domine la vallée de l' Ellée.

      Inscription de fondation.

      La construction de la chapelle a commencé en 1598 comme l'atteste l'inscription en caractères romains  sur une pierre encastrée dans le parement externe du mur Nord :

       

      « CESTE CHAPELLE FUT TR / OVEE . LE . 22 . IOVR :  DE / IVILLET .  ET COMMANCE / LE .  21 DE .  SEPTEMBRE /  1598 .  I POVLIQVIN GOVE / RNEVR ET RECTEVR. »

      Cette inscription est accostée et surmontée d'un motif d'anneaux en chaîne formant frise.  Au dessus,  frise de godrons surmontés d'une corniche en talon. Juste en dessous de cette inscription se trouve la date 1599.

      J'ignore comment les experts interprètent la phrase "la chapelle fut trovée" : fut-elle trouée ? ou bien trouvée ? 

      La date correspond au règne de Henri IV  (1589-1610), et à la fin des Guerres de religion, puisque  l'Edit de Nantes a été promulgué en avril 1598, précédé en mars de la prise de Dinan et de la soumission des ligueurs bretons.Soumission des ligueurs bretons . En 1589 et 1598, le duc de Merceur avait tenté de se constituer une principauté autonome. (Françoise, la fille du duc de Mercœur épousera César de Vendôme, fils du roi et de Gabrielle d'Estrées). En 1595, Guy de Fontenelle s'était emparé du château de Crémenec en Priziac et écumait la région de Priziac et du Faouët.

      Cette date est tardive si on la compare à celle de la reconstruction, au Faouët, de la chapelle Saint-Fiacre (1450), ou de l'édification de la chapelle Sainte-Barbe (1498, voûtée en 1512). Aussi pense-t-on que Saint-Sébastien a peut-être été construite,  entre 1598 et 1608,  sur un édifice plus ancien dont les seuls vestiges sont les écus réemployés dans les vitraux. Il s'agit des écus parti de France et de Bretagne,  des Bouteville (d'argent à cinq fusée de gueules) plein timbré d'une couronne comtale et encadrées de palmes, et parti de Bouteville (brisé d'une cotice d'azur) et de ?. Or, les Bouteville ne sont plus seigneurs du Faouët depuis le mariage de l'héritière du titre Jeanne de Bouteville, avec le marquis de Goulaine en 1559.

       

      Nous allons découvrir dans les sablières les dates de 1600 (deux fois) et 1608, indiquant que la charpente a été terminée au plus tard en 1608, dix ans après le début du chantier.

      La couverture, la charpente, le lambris, et les vitraux ont été restaurés de 1920 à 1939.

      .

       

      Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

       écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
       écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      écu parti de France et de Bretagne, armoiries pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      La chapelle, dédiée à Saint Sébastien protecteur de la peste, a probablement été bâtie en réaction à l'épidémie de peste de 1598, que relate le chanoine Jean Moreau dans ses Mémoires des guerres de la Ligue en Bretagne

      Photo Wikipédia Lanzonnet

       

      La chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 1934.

       

      L'édifice est en forme de croix latine, à large nef unique et chœur polygonal (trois pans et une travée droite à larges croisillons). Des contreforts angulaires sont amortis par des pinacles et ornés de gargouilles sculptées. Le chevet à trois pans-pignons est de type "Beaumanoir" du nom des maîtres d'œuvre  originaire de la région de Morlaix, mais dont l'influence s'étend jusqu'ici. On peut y voir une belle poutre de gloire. Le mobilier est constitué de quatre niches-crédences, un bénitier, un autel, un maître autel et un retable. Mais l'édifice est surtout remarquable par le décor de ses sablières.

      La charpente : L'espace intérieur est couvert par une charpente lambrissée en berceau plein cintre nervuré, à fausses voûtes d'ogive sur la croisée et l'extrémité du chœur. Ligne de faîte ornée de boutons moulurés ; entraits à engoulants, sablières historiées, blochets et culots du chœur figurés. Ainsi, un siècle après la construction de la chapelle Sainte-Barbe, la voûte a été abandonnée, mais on a cependant conservée les piles de la croisée, le colonettes du transept et les culots en tas-de-charge du chœur, en leur donnant la fonction de supports des blochets et des retombées des fausses voûtes. ces retombées semblent découler directement de l'influence locale des chapelles de Saint-Fiacre et de Sainte-Barbe. (d'après Inventaire Général, 1975)

       

       

      Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.
      Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

      Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

      Inscription de la niche-crédence du mur sud du chœur.

       

      POVLIQUIN 155[-].

      .

       

      LES SABLIÉRES.
      Elles font la réputation de cette chapelle, et les motifs de la danse bretonne et du joueur de cornemuse, de la chasse au sanglier, du jeu de bâton, ou du martyre de Sébastien font l'objet d'études spécialisées. Mais je n'ai pas trouvé, en ligne, d'étude systématique des 22 sablières exécutées entre 1600 et 1608 par Gabriel Brenier. Ce dernier s'est inspiré, pour divers motifs, du jubé de la chapelle saint-Fiacre du Faouët.

      .


       

      SABLIÉRES DE LA NEF.

      Nous avons affaire, je crois, à une charpente "à chevrons-formant-fermes" à la voûte, non lambrissée aujourd'hui, en carène : les entraits découpent les sablières en ensembles (correspondants aux travées ) qui ont leur propre cohérence iconographique.  Je compte ainsi quatre ensembles pour chaque coté de la nef, le dernier (vers le chœur) étant de moitié plus court. Je les décrirai d'ouest en est, en avançant vers le chœur. Dans mon décompte, je pars de la première sablière décorée, sans tenir compte de la travée de la tribune.


       

      .

      I. Sablières du coté nord de la nef.

      .

      • Décor géométrique

      • Chaîne de danseurs et danseuses.

      • Jeu du bâton breton, et inscription.

      • Masque et rinceaux.

       



       

      Les sablières portent plusieurs dates ainsi que l'inscription :

      « FAICT PAR GABRIEL BRENIER L'AN 1608. »

      Sablières et entraits ,  coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablières et entraits , coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      .

      1. Composition géométrique.

       

      Frise de sept carrés divisés par des diagonales et ponctuées de ronds en cruex et en bosses. Décor périphérique de quadrilobes et de tirets en I.

       

      .

      Sablière première travée nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière première travée nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      2. Chaîne ouverte de danseurs et danseuses.

      C'est sans-doute la scène la plus connue, notamment grâce à une exposition organisée par l'association Dastum. Une sarabande est menée par conduite  à droite d'un joueur de cornemuse.

      Pris sur Wikipédia : " Les costumes portés par les personnages sont représentatifs de ceux portés par l'aristocratie et la bourgeoisie au tout début du xviie siècle. Les danseurs de la sarabande portent chapeau à bords relevés, pourpoint et culotte bouffante tandis que les danseuses sont coiffées d'une barrette terminée en pointe sur le front. L'une d'entre-elle, celle au centre, porte même busc à la taille, fraise et larges jupons"

       

      Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Chaîne de danse ouverte, ,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Chaîne de danse ouverte, , nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      La danse est menée par un joueur de cornemuse.

      Jean-Luc Matte a recensé plus de 40 données iconographiques de cornemuses en Morbihan, dont 4 au Faouët. Il n'a bien-sûr pas oublié le joueur de Saint-Sébastien : "cornemuseux jouant pour une chaîne ouverte où alternent danseuses et danseurs. A l’opposé du cornemuseux, un personnage fantastique, assis à terre, tient la main de la dernière danseuse et une chope de l’autre main. 1 bourdon d'épaule à deux raccords"

      Ce musicien a figuré, inversé, sur la couverture du catalogue de l'exposition "Instruments du diable, musique des anges", Dastum, Musée de Bretagne à Rennes et Musée de la Cohue à Vannes, 1999 :

      http://dastum.org/index.php?id_product=54&controller=product

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      On le comparera à celui qui joue sa musique diabolique sur le jubé de Saint-Fiacre du Faouët, et à celui qui officie sur la tribune de la chapelle Saint-Yves de Priziac.

      Sonneurs, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, 1480-1492, photographie lavieb-aile.

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      Joueur de cornemuse, chapelle Saint-Yves, Priziac, photographie lavieb-aile.

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      Anges  joueurs de cornemuses, vitrail baie 2, chapelle sainte-Barbe, Le Faouët.Photographie lavieb-aile.

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      En somme, ces sonneurs dont le talent endiablé et irresistible de faire danser a été dénoncé par les recteurs bretons depuis des siècles  ne sont nulle part plus nombreux que dans les églises et les chapelles. 

       

       

      Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Le Diable prend note des personnes présentes à la fête.

      Le Diable possède de nombreux traits animaliers : œil de bœuf,  groin de porc, cornes dépassant de son chapeau rond, tignasse hirsute, oreilles pointues, pattes fourchues. Pourtant, il se dissimule sous un vêtement fort civil, et il porte à la ceinture son plumier et son encrier. Il tient ses comptes des futurs pensionnaires de l'Enfer sur une tablette, tandis que galamment il tient la main d'une cavalière. 

       

      Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      3. Troisième travée. Jeu du bâton breton, et inscription.

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      a) Jeu de bâton breton.

      Deux hommes tête-bêche luttent pour la possession d' un bâton. Ils sont vêtus d'un pourpoint, de braies (bouffantes et peut-être à crevés pour celui de gauche), de guêtres, et, pour l'un d'entre eux, de chaussures.

      Il s'agit sans-doute de la représentation d'un jeu de pardon, modifiée pour résoudre la difficulté technique imposée par la sablière.

        Selon Fanch Peru, qui rappelle l'adage « Jeux de bâtons, jeux de Bretons » , les Celtes en général et les Bretons en particulier semblent avoir eu une sorte de prédilection pour les jeux de bâtons, notamment lors des pardons. On en décrit essentiellement deux, le bâton à bouillie (ar vazh-yod) et le bâton par le bout (ar vazh-a-benn).

      1. Le bâton à bouillie (ar vazh-yod)

      Ce jeu met en présence deux concurrents assis par terre, face à face, les pieds calés contre une planche fixée à chant et tenant à deux mains par le travers un gros bâton. Pour gagner il faut amener l'adversaire de son côté ou l'obliger à lâcher le bâton.

      2. Le bâton par le bout (ar vazh-a-benn)

      Portés à plat ventre par quatre solides gaillards pendant que d'autres leur tirent sur les pieds, les concurrents serrent à deux mains dans le sens de la longueur un bâton de taille moyenne. Le vainqueur est celui qui garde le bâton en main.

      On lit dans « Contes populaires des anciens Bretons », de Théodore de la VILLEMARQUÉ (Paris, 1842, p. 288), la description suivante :

      « COMBAT DU BATON.
      Ce genre d’escrime était en usage dans le pays de Galles avant le dix-septième siècle. A cette époque, les ministres de la religion prétendue réformée l’abolirent avec les autres jeux nationaux gallois, qui sont maintenant remplacés par les orgies du cabaret. Il existe encore en Bretagne, dans certaines paroisses rurales, notamment en Cornouaille, et la manière dont on le pratique, semblerait autoriser à croire qu’il n’était point étranger, dans le principe, aux vieilles institutions celtiques.
      La nuit de la fête des Morts, des jeunes gens et des jeunes filles qui se sont donné le mot, se rendent secrétement dans une chapelle écartée ; on allume des cierges, on récite des prières, on chante des cantiques en l’honneur des trépassés ; puis un vieillard, généralement le sorcier du pays, qui a le privilège d’assister à la lutte et de la présider, crie trois fois : Lis ! lis ! lis ! Aussitôt un cercle se forme ; deux champions y entrent : parfois ils sont armés chacun d’un penn-baz, ou casse-tête, et la lutte s’engage selon les règles ordinaires du combat au bâton ; mais le plus souvent, ils n’en ont qu’un seul, et se le disputent à force de bras, assis à terre en face l’un de l’autre. Le bâton reste au vainqueur, et le vaincu a la honte de recevoir la bascule de la main des jeunes filles. »

       

       

      Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Troisième travée : jeu de bâton breton, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      b) Inscription.

      Deux anges présentent un rouleau où est inscrit « FAICT : PAR : CA / BRIEL . BRENIER /  : LAN 1608. »

      Les "deux points" sont en fait des points triples.

      Gabriel Brenier n'est pas connu autrement que par cette inscription.

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      sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      sablière de la troisième travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      4. Hémi-travée : tête et rinceaux.

      Tête d'homme au nez épaté et aux yeux équarquillés, tonsuré (ou coiffé d'un chapeau de paille) au chef surmonté de trois feuilles. Barbe, ou fraise. De sa bouche partent deux tiges qui se déroulent en rinceaux à feuilles (lancéolées) et à fleurons.

      Ce motif est repris plus loin.

      tête et rinceaux.  dernière travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      tête et rinceaux. dernière travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      II. Sablières du coté sud de la nef.

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      Première travée : Masque avec godrons divergents.

      La tête coiffée d'un chapeau rond est ailée.

       

       nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Deux hommes endormis tête bêche.

      Cette sculpture a un sens qui nous échappe. Un autre jeu breton ? La position symétrique des corps, l'appui des deux pieds l'un contre l'autre,  la posture dite "du songeur", main soutenant la tête, nous interrogent.

       

       
      nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Chasse ou frise d'animaux.

      nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Animal à tête anthropomorphe tenant un rouleau.

       
      nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      SABLIÉRES DES BRAS DU TRANSEPT.

      I. Bras nord du transept.

      1°) Le coté est.

      a) sablière de gauche, au dessus de la fenêtre.

      A gauche, trois personnages à genoux. Le premier, à capuche et bure, présente un livre. Le second, également encapuchonné, pose sa main sur la tête nue du troisième, barbu, qui lui fait face. Cette scène est interprétée comme " saint Martin baptisant un catéchumène " ou comme "scène d'exorcisme".

      Dans un cartouche, Inscription datée : 1600 / LE : 26 D / E : IV / IN

      qui est transcrite comme : "1600, le 26 de juin". 

      Un cerf (? deux oreilles et un bois ; sabots) se tourne gueule ouverte vers l'inscription.

      Deux anges tiennent un cartouche. Inscription en lettres latines I :

      POV / LIQV / IN : R : I / HOARN / ER M C H R

      (dernière ligne douteuse)

      Nous retrouvons ici le nom du recteur I[ann] Pouliquin déjà relevée avec la date de 1598 sur l'inscription lapidaire. Si on l'associe au cartouche précédent, cela peut donner "1600, le 26 de avril Iann Pouliquin Recteur,  Iann Hoarner [---]"

       

      L'orthographe Pouliquin est attestée en variante de la forme commune Pouliquen. La famille Le Hoarner est attestée au Faouët par les généalogistes : couple Guillaume Le Hoarner  1643-1698 / Jacquette Laour. La variante plus commune est Houarner ou Le Houarner, Le Hoüarner

       

       

       

      Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      b) Sablière de l'hémi-travée du centre.

      (sauf confusion d'image)

      Chasse : chien poursuivant un cerf.

      Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      2°) Le coté ouest.

       

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      II. Bras sud du transept.

      1°) Coté est.

      L'entrait la divise en une sablière entière, et une demi-sablière jusqu'au pilier de la croisée.

      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      a) Sablière au dessus de la fenêtre. 

      de gauche à droite :

       

      — Inscription dans un rouleau tenu par deux anges agenouillés (manches bouffantes)  :

      I : PO / LIQV / IN : P : R : DE : MEz

      Je propose la transcription suivante : "I[ann] Pouliquin Prêtre ? Recteur de Mez", mais le -z final est vraisemblablement une abréviation.

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      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      — martyre de saint Sébastien.

      Ce motif où deux archers se faisant face vise le saint martyr placé au milieu d'eux se retrouve dans un groupe sculpté de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, ou à l'entrée de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (29)

      Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Je propose ici une photographie du retable de Saint-Sébastien de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Il date du milieu du XVe siècle ; le  Retable cadre fait corps avec la pile nord-ouest de la croisée h = 142 ; la = 167 . Sébastien, comme dans le modèle le plus fréquent, est nu à l'exception d'un pagne court dont la ceinture est lacée. Attaché à une colonne, il sourit, indifférent aux flêches que les soldats dont il était l'officier tirent à bout portant. Les archers sont vêtus d'un costume  époque Charles VII,. L'ornementation latérale est faite de rosettes et de pampres ; le socle du bourreau de droite porte un décor à rosettes.

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      Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      b) Sablière près de la croisée.

      Frise d'une banderole pliée en zig-zag, avec 5 hommes bras étendu, en costume "d'époque". Cheveux courts, frisés, coupés au bol (clercs ?). veste à l'encolure très serrée sur un col en V (fraise pour le n°2 ?) et aux manches bouffantes aux épaules. Visages ronds, aux yeux ronds et au sourire stéréotypé.

      Inscription G: BRENI / ER DICT FERR / 1600.

      Il s'agit du charpentier Gabriel Brenier, qui a signé la sablière de la nef nord avec la date 1608. Il fut donc actif ici de 1600 à 1608.

      Un Jean Brenier est attesté par les généalogistes avec les dates 1575-1626, parmi d'autres exemples postérieurs affirmant que Gabriel Brenier est un artisan local.

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      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      2°) Coté ouest.

      Au dessus d'une porte.

      a) Frise en bande pliée à sept anges.

      Même motif en ruban replié en zig-zag, mais sans inscription. Il s'agit ici d'anges, dont la coiffure est la même que les clercs de la sablière du coté est, mais dont les vestes, sauf dans un cas, ne sont pas fermés par une ligne médiane. la ligne de drapé, qui se casse en épingle à cheveux au creux de chaque angle, est très élégante.

       

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      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      b) Renard attaqué par des poules.

       

       

      Un renard entré dans la basse-cour a saisi une poulette par le cou, mais deux oiseaux (a posteriori des poules) l'assaillent en mordant ses oreilles de leur bec tandis qu' un coq le mord sur l'arrière-train.  

       

      Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Cette scène est célèbre, d'autant que le thème de Goupil (ou Renart) et les poules est fréquent dans les sablières et autres sculptures bretonnes. Sophie Duhem, docteur en Histoire à Rennes 2 puis maître de conférences en Histoire de l'art moderne à l'Université de Toulouse-Le-Mirail, y a consacré un article dont je donne les extraits suivants : 

      DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle  

       

      "Le renard se démarque de ses congénères par sa nature maléfique.

      Mais Renard est surtout connu pour le rôle de premier plan qu'il joue dans la vaste épopée qui porte son nom. Ce roman satirique, rédigé par des clercs successifs entre 1170 et 1250, remporte un vif succès en France et donne naissance à un genre parodique où le monde animal présente un reflet de la société humaine et de ses excès. C'est ce monde que parcourt le goupil, et ce sont ses aventures que bon nombre d'artistes trouvent plaisir à illustrer dans les divers domaines de l 'art, tout au long du Moyen Âge. Ainsi Renard apparaît à de nombreuses reprises dans la sculpture bretonne, sur des supports de bois qui remontent pour les plus anciens à la fin du XVe siècle, et sur quelques décors de charpentes plus tardifs, pour certains datés du milieu du XVIIe siècle !

      Les aventures de Renaît qui inspirent ces représentations sont certainement bien connues des populations bretonnes, sans cloute véhiculées par les conteurs et les conteuses lors des veillées. Noël du Fail évoque à plusieurs reprises le goupil dans les descriptions qu'il fait du milieu paysan des campagnes rennaises au X VIe siècle.

      Renart prêchant les poules, une image appréciée des artisans bretons à la fin du Moyen Âge.

      L'illustration d'un thème original, celui de Renart prêchant les poules, apparaît sur quelques décors de bois. Cette image présente le goupil revêtu d'un habit monacal, placé debout dans une chaire et s 'adressant à une assemblée de poules attentives.

      La figure caricaturale de l'animal travesti en moine doit être rattachée aux écrits satiriques inspirés du roman ; Ysengrimus, un manuscrit réalisé en Flandres vers 1150 évoque déjà la figure de l 'animal travesti en moine — ici le loup Ysengrin — qui annonce celle plus tardive de Renart camouflé, jouant sournoisement de cet artifice pour tromper son entourage.

      Une illustration de Renart apparaît sur le jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, décoré par le sculpteur Olivier Le Loërgan dans les années 1480. La saynète située au niveau de la clôture, face à la nef, raconte en quatre épisodes les péripéties de Renart. À gauche, il est monté en chaire, prêchant les gelines placées face à lui. Il dévore l'une d'elles sur le relief suivant ; les autres volailles se regroupent et l'attaquent, et dans la dernière scène, aidées du coq, écorchent vif le goupil. Plus que l'envers parodique de l'enseignement prêché par l'Église, il a conféré consciemment ou non à son discours une portée moralisatrice dont témoigne la fin tragi-comique du faux moine, écorché par les poules.

      La figure insolite de « Renart escorché »

      Un épisode particulier, associé aux représentations de Renart prêchant, met en scène un goupil écorché, cruellement dévêtu de sa fourrure par les poules courroucées. À nouveau, le thème semble puiser ses racines dans le fonds littéraire de l'épopée satirique rapportant l'histoire du goupil : ainsi, la chasse qui s'engage contre le renard est-elle surtout motivée par l'espoir de le déposséder de son manteau.

      L'animal apparaît sur la face est du jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, dans la bouche d'un homme qui escorche le renard .

      Renart, acteur de saynètes comiques sur les reliefs sculptés des XVIe et XVIIe siècles

      En marge des thèmes anciens, des images de Renart dans le cadre de séquences comiques ornent les sablières plus tardives, datées des XVIe et XVIIe siècles. L'animal est cette fois pourchassé par une fermière pour avoir dérobé poissons et saucisses.

      Le thème de la paysanne frappant l'animal avec sa quenouille est connu des illustrateurs de manuscrits et des sculpteurs depuis le XIIIe siècle. 

      Dépourvus de modèle iconographique défini, il semble que les artisans se soient inspirés des images sculptées dans les bourgs voisins — les supports sont localisés — tout en les enrichissant de détails puisés dans leur propre fond culturel. L'observation de ces exemples conduit également à un constat : le choix des sculpteurs s'est davantage porté au XVIe siècle sur les épisodes comiques plutôt que sur les images intellectualisées de Renart prêchant ou de Renart écorché.

      Le renard et les poules : la naissance d'un modèle stéréotypé (XVIe-XVII siècles)

       Les représentations inventives que nous avons présentées ne constituent pas l'essentiel des images du goupil sculptées sur les sablières des XVIe et XVIIe siècles. Le thème du renard attaquant les poules, isolé du cycle narratif de Renart prêchant dans lequel il était inséré à la fin du Moyen Âge, apparaît sur de nombreux décors. Dans la chapelle Saint-Sébastien au Faouët, où la charpente est précisément datée de 1600-1608, une poutre de belle facture montre l'animal aux prises avec plusieurs gélincs: il tord le cou à l'une d'entre elles mais cstassailli de tous côtés par des volailles de grande taille qui dévorent ses oreilles et piquent son arrière-train. Les décors stylisés de la charpente sculptée de l'église de Trémeur présentent des figures enchevêtrées parmi lesquelles se distinguent quelques poules et plus loin Renart attrapant l'une d'elles.

      Si le thème de l'animal en quête de nourriture et dévorant sa proie est fréquent dans la décoration des sablières, la vengeance des volailles apparaît peu, en dehors des représentations anciennes montrant le goupil écorché. Une sablière de Gourin illustre néanmoins la fin tragique de l'animal : la facture de l'ensemble est très rudimentaire, mais la séquence est des plus insolites ! D'un côté un coq apparaît, de l'autre le Goupil, suspendu horizontalement, empalé sur deux broches .

      Pourtant, sur bien des reliefs la saynète est réduite à sa plus simple expression, celle d'une image stéréotypée montrant la poule menacée par le prédateur.

      L'étude de ces images laisse entrevoir le changement des goûts qui s'opère entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle dans le milieu des sculpteurs sur bois. Jusqu'au début du XVIe siècle, les artisans s'accommodent parfaitement de la représentation satirique du renard qu'ils insèrent de façon cohérente et réfléchie dans leurs programmes décoratifs. L'absence de représentations sur les sablières postérieures à 1 5 1 3 accuse une désaffection pour le thème, alors qu'apparaît l'image plus distrayante du goupil et de la paysanne. Si quelques artisans traitent de manière personnelle et originale cette nouvelle représentation, et ceci jusqu'au milieu du XVIIe siècle 31, la plupart simplifient le thème originel, créant ainsi l'image binaire et stéréotypée de type renard I poule. Cette simplification iconographique amène une remarque : elle est l'expression d'un désintérêt des sculpteurs pour les séquences narratives, un désintérêt qui est probablement lié à une incompréhension des modèles originaux. La méconnaissance des récits épiques et satiriques aurait graduellement détourné les sculpteurs des représentations élaborées de Renart, en vogue dans les ateliers bretons à la fin du Moyen Âge."

      "INVENTAIRE Images de Renart dans la sculpture sur bois bretonne.

      — Représentations de Renart prêchant aux poules et de Renart écorché : Le Faouet (Ch. St-Fiacre, v. 1480), Le Faouët (Ch. Ste-Barbe, XVIe s.), Grâces-Guingamp (1506-1512), Plumelec (Ch. St-Aubin, 1513), Saint-Gilles-Pli- geaux (XVe-XVIe s.), Tréflévenez (XVIe s.). 

      — Représentations de Renart et la fermière et variantes : Cléguérec (Ch. de laTrinilé, milieu XVIe s.), Guilligomarc'h (Ch. St-Éloi, XVIe s.), Meslan (1527), Ploërdut (Ch. de Crénenan, 1652), Plougras (Ch. du Cimetière, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Pont-Aven (Ch. de Trémalo, XVIe s.), Saint-Nicolas-du-Pé- lem (Ch. St-Éloi, milieu XVIe s.), Séglien (Ch. St-Jean, XVIe s.) .

      — Renart et les poules : Callac (Ch. St-Treffrin, XVP/XVIF s.), Châtelaudren (Ch. Notre-Dame-du- Tertre, XVIe s.), Edern (Ch. du Niver, XIXe-XXe s.?), Le Faouët (Ch. St-Sebastien, 1600-1608), Gourin (XVIe s.), Guern (Ch. de Quelven, XVe-XVIc), Guimiliau (lere moitié du XVIIe s.), Landerneau (Ég. Si-Thomas, XVIe s., représentation disparue), Landudal (XVIe-XVIP s.), Langast (Ch. St-Jean, XVIe s.), Lanvénégen ( XVIe s.), Magoar (XVIe s.), Neuillac (Ch. de Carmes, XVIe s.), Plévin (Ch. St-Abibon, XVIIe s.), Plouay (Ch. de Locmaria, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Le Quillio (Ch. St-Maurice, XVIe s.), Séglien (Ch. de Locmaria (XVIe s.), Suscinio (Château, fragment provenant de l'église de la Roche-Bernard, XVIe s.), Trémeur (milieu XVIe s.) 

      — Autres images de Renart : Daoulas (Abbaye, XVe s.), Hopîtal-Camfrout (XVIe s.), Loqueffret (XVIe s.)." (S. Duhem)

      Nous avons donc ici un Renart attaquant les poules, et attaqué par les poules et le coq, dans le cadre d'un cycle narratif dont les divers épisodes, détaillés à la chapelle Saint-Fiacre et rappelés à la chapelle Sainte-Barbe du Faouët, devait être suffisamment connu des paroissiens pour  que la scène fonctionne comme rappel de l'ensemble, et comme mascotte surdéterminée par des interprétations libres.

      Voici l'image que j'avais admiré à Saint-Fiacre, et qui sert manifestement de modèle ici. Je la place entre la scène précédente (Renart prêchant) et  la scène suivante (Renart dépecé par les poules et le coq). Cliquez sur l'image.

       

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      Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
      Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
      Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile

      Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile

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      Le chœur. 

      I. sablière du coté nord.

      Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      a) Tête à front ceint  ou masque dont la bouche donne naissance à deux tiges se terminant en spirales

      Motif voisin de celui de la nef nord.

      Armoiries parti de France et de Bretagne comme sur les vitraux. 

       

       

      Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      b) Deux hommes tête-bêche soufflant dans une trompe à la destination équivoque.

      L'instrument à embouchure mince  descend et passe entre les jambes avant de remonter près de l'épaule et de conduire le pavillon près de l'oreille, L'un des hommes a le front ceint d'un bandeau .

      Notez les traces de polychromie.

      Sophie Duhem y reconnaît une busine. On peut évoquer aussi le tournebout (cromorne, krummhorn), mais on reconnaîtra qu'il s'agit alors d'une version caricaturale.

       

       

       

       

       

       

      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Sablières du chœur coté sud. Frise de quatre médaillons à bustes d'hommes.

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      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Les oubliés.

      Le diable est venu mélanger mes photos et les séparer de leur lieu d'origine. Chœur, transept nord, nef sud, saurez-vous retrouver leurs places ? 

       

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      Chasse au sanglier.

      C'est une scène rare où nous voyons un chasseur enfoncer son épieu dans la gueule d'un sanglier assailli par un chien.

      Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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      Masque tirant la langue et menacé par deux dragons (queue portant une tête).

      Tête fantastique, des plantes poussant de son crâne.

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      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Deux dragons aux queues entrelacées.

      Armoiries de Bouteville.

      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Scène de chasse.

      Un homme (rabatteur ?) sonne de la trompe et tient une pique. Deux chiens, reconnaissables à leur collier, poursuivent deux animaux sauvages, sur un fond de feuillage.

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      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      BLOCHETS DE LA CROISÉE DU TRANSEPT.

      Les quatre blochets de la croisée du transept ont été réalisés en 1939 par A Jaffré, restaurateur de la chapelle.

      inscription de restauration, prolongement de la sablière nord du chœur au pied du blochet nord-ouest.

      FAICT PAR JAFFRE A LAN : 1939

       
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       chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      1°) Blochet nord-est.

      Une jeune homme, agenouillé, se tient les chevilles. Son visage est fin, féminin, mais ses cheveux bouclés en flammes courtes pourraient faire évoquer la toison d'un faune  ou d'un démon. Il porte un baillon. Une veste courte, sans col, est fermée par deux boutons et resserrée par une ceinture.

      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Blochet sud-est.

      Femme agenouillée, tenant ses chevilles,  tournée vers la charpente  mais  tournant la tête vers la croisée du transept,

       

      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

       

       

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      Blochet nord-ouest :

      Femme portant l'écu aux armes des Bouteville.

       

      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

       

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      Blochet sud-ouest.

      femme enlacée par un serpent.

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      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      La statue de saint Sébastien.

      Descendue de son socle le jour du pardon pour être portée en procession.

       

      Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      La procession de pardon (20 septembre 2015).

      Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
      Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

      Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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      Le Comité de sauvegarde de la Chapelle Saint-Sébastien, présidée par Patrick Le Petitcorps, organise le  pardon de Saint-Sébastien le 3e dimanche de septembre au profit de la rénovation de la chapelle (messe-repas et animations toute la journée). Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2015, Patrick Le Petitcorps et son équipe sont intervenus en marge du pardon pour animer la fête profane, avec  concours de palets organisé par le Palet faouëtais, randonnées pédestres libres. À 11 h, messe le dimanche à 11 h, repas, et v ers 15 h 30, fest-deiz avec Didoënn et Le Dour-Gloaguen. Sur place, vente de crêpes. 

      http://www.ouest-france.fr/saint-sebastien-dernier-pardon-de-la-saison-3701674

      Le dernier pardon de la commune se déroulera, ce week-end, autour de la chapelle Saint-Sébastien. Depuis quelques jours, les bénévoles du comité de sauvegarde sont sur place pour préparer les lieux, les services techniques de la commune ayant procédé à une fauche de l'herbe sur les terrains qui accueilleront les pèlerins ce week-end. Fest-deiz et visite de la chapelle Le programme des festivités débutera samedi, à 14 h, avec un concours de palets sur route. Dimanche, dès 9 h, rendez-vous pour des randonnées libres au départ de la chapelle, avant la procession, vers 10 h 30-10 h 45, qui sera suivie de la messe dans la chapelle, à 11 h. À midi, sera servi le repas, un rôti de porc cuit à l'ancienne au four à pain (tarif : 11 €). Tout au long de la journée, il sera possible de découvrir l'histoire de la chapelle et de ses statues avec Catherine Zuber, artiste qui a participé à la réalisation des statues de la Vierge à l'Enfant et celle de saint Roch. Il sera aussi possible de découvrir les magnifiques sablières sculptées qui ornent la chapelle. Puis, à 15 h 30, ce sera le fest-deiz animé par Didoënn et le duo Le Dour-Gloaguen. En fin de journée, animation musicale avec Disco 2000. Toute la journée, vente de crêpes et buvette.
      http://www.lefaouet.fr/index.php/Details/Comite-de-sauvegarde-de-la-chapelle-Saint-Sebastien.html

       

       

      Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
      Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
      Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
      Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile

      Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile

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      SOURCES ET LIENS.

      — Chapelle Saint-Sébastien du Faouët  Wikipédia :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-S%C3%A9bastien_du_Faou%C3%ABt

      — Topic-topos : http://fr.topic-topos.com/sablieres-le-faouet-pays-du-roi-morvan

      — Costume Henri IV : http://www.ac-grenoble.fr/argouges/v1/PEDAGOGI/Costume/Henriquatre.htm

      DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe sPresses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index  

      — DUHEM (Sophie), 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle"  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  Volume 105  Numéro 1  pp. 53-69 http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

      Inventaire General des monuments et richesses artistiques de la France,  Morbihan. Cantons le Faouët et Gourin, Paris Imprimerie Nationale 1975. XII + 680 p. Notice sur Saint-Sébastien : pp 51-53. Photos et plan pp 323-329.

      — PERU (Fanch), 1985, "Les jeux de pardon en Bretagne", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1985  Volume 92  Numéro 3  pp. 309-326

      http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1985_num_92_3_3194

       

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