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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 23:51

C'est une baie de quatre lancettes trilobées et un tympan de 15 ajours,  haut de 3,80 mètres et large de 2,30 mètres, datant de 1550 et restauré en 1912. La verrière est consacré au thème de la Sainte Parenté, c'est à dire à la descendance de sainte Anne et de ses trois maris. Du fait de ce motif généalogique, l'espace est structuré de haut en bas en pyramide tronquée où les maris sont repoussés sur les cotés, les deux lancettes centrales étant resérvé aux saintes femmes et aux fils. Enfin, les personnages sortent des limites des panneaux cadrés par les barlotières. 

 

 

 

Baie 7, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Baie 7, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

I. Vue générale des lancettes.

Les lancettes sont organisées sur deux niveaux où chaque personnage est identifié grâce à la présence d'un phylactère qui porte son nom en capitales romaines. En haut et au centre, la Vierge tenant l'Enfant et Sainte Anne. A leur gauche, saint Joseph, mari de la Vierge. A leur droite,  les trois maris – successifs– de sainte Anne, Joachim père de la Vierge, mais aussi Cléopas et Salomas. Cliquez ici pour réviser la Sainte Parenté.

Puisque Anne a eu une fille avec chacun de ses maris, la Vierge a deux sœurs : Marie-Jacobée (fille de Cléophas) et Marie-Salomé (fille de Salomas).

Ces deux sœurs occupent l'étage inférieur, avec leur mari et leurs enfants. C'est donc l'étage des oncles, tantes et cousins de Jésus. Les deux chambres de gauche sont occupées par les six  Marie-Jacobé. Les deux chambres de gauche sont, on l'a deviné, occupées par les Marie-Salomé (ils sont quatre). 

En tout, cette belle famille recomposée réunit 17 personnes.

 Je commencerai donc par l'étage supérieur.

Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

II. L'étage supérieur.

Au centre, comme dans un groupe d'Anne trinitaire, la Vierge, couronnée,  est assise, tenant sur ses genoux l'Enfant-Jésus, en face de sainte Anne. Deux anges aussi frisés que leur surplis écartent une tenture verte.

Vierge à l'Enfant, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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Sainte Anne.

Vêtue de pourpre, et coiffée de la guimpe, elle tend les bras vers son petit-fils.

Sainte Anne, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Sainte Anne, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

A gauche, saint Joseph.

Il tient une canne pour souligner qu'il n'est pas tout jeune ; il a ôté son chapeau. 

Joseph, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Joseph, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Le groupe de droite. Joachim, Cléophas, Salomas.

 

Joachim, Cleophas, Salomas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Joachim, Cleophas, Salomas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

L'ÉTAGE INFÉRIEUR.

I. Du coté de Marie Jacobé.

Marie Jacobé a épousé Alphée. Ils ont eu quatre garçons : Jacques le mineur (qui deviendra apôtre), Joseph Barsabas, Simon le Zélote, et Jude (qui sera apôtre comme son grand frère).

Tout à gauche, le papa, DALPHEVS est avec son fils aîné Jacques le mineur (qui porte déjà l'auréole).

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Alphée et Jacques le mineur, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Alphée et Jacques le mineur, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Marie Jacobé et ses trois autres enfants. Les trois petits saints.

Elle porte ici le nom de MARIE CLEOPHAS, mais c'est pareil. Cléophas, c'est le nom de son père, mais ce Cléophas s'appelle aussi Jacob (ou Jacques, c'est pareil). Elle semble un peu débordée, et même franchement excédée, alors qu'elle lisait à ses enfants une histoire avant qu'ils aillent se coucher.  JOSEPH LE IUSTE (c'est son surnom, en vrai il se nomme Joseph Barsabas) trouve que c'est pas juste . Marie Jacobé va-t-elle lui ôter son auréole ? 

S[aint] SIMON lui fait un pinçon.

S[aint] IVDE  lève la main (je crois qu'il est gaucher) et regarde sa mère en criant : "une histoire, une histoire". 

Joseph, Simon, Jude, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Joseph, Simon, Jude, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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Sans commentaire.

 (heureusement, elle n'habite pas, comme sa sœur, à Capharnaüm)

 

Marie Cléophas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Marie Cléophas, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Une coupe verticale de l'immeuble : Je plains les locataires du dessus !

Attention : grâce à lavieb-aile, évitez-vous le ridicule de demander "ça veut dire quoi, ISSO, marqué là ?".

Lisez  : 1550. Et ajoutez : "L'année de construction du vitrail. Sous le règne de Henri II."

La classe.

Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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II. Du coté de Marie Salomé.

MARIE . SLOME . Elle a épousé Zébédée et s'en félicite. Elle n'a eu que deux enfants mais ils sont sages comme des images. Son grand, c'est Jacques  (quand il sera majeur on le nommera Jacques le majeur), qui est dans sa chambre en train de ranger sa collection de coquille. Pour l'instant, elle n'a que le petit Jean, qui, lui, sera appelé Saint Jean l'Évangéliste quand il sera allé en vacances à Patmos (SAI~N LE .VANGELISTE). En attendant, il fait des tours de prestidigitation en faisant apparaître des dragons dans le vase à fleur. Toute sa vie, il gardera sa frimousse de garçonnet blond, imberbe. Ce sera le préféré de son cousin Jésus.  

Regardez comme cette Marie a soigné sa coiffure. Elle a choisi une étoffe à rayures, très à la mode pour cet usage, l'a pliée en bandeau et glissée derrière sa nuque. Les deux parties de sa chevelure, d'abord divisées par une raie au milieu, se sont ainsi trouvées rassemblées. Alors — c'est tout le chic— elle a ramené la pointe du bandeau vers l'avant, et l'a fixé au dessus du front (discrètement mais coquettement épilé) par une broche en étoile dorée. 

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Marie Salomé, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Marie Salomé, Verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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Marie Salomé et Jean l'Évangéliste, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Marie Salomé et Jean l'Évangéliste, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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Zébédée et Jacques le Majeur.

Marc l'évangéliste mentionne Zébédée en Mc 1:19 : "Etant allé un peu plus loin, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui, eux aussi, étaient dans une barque et réparaient les filets. Aussitôt, il les appela; et, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers, ils le suivirent. "  Zébédée possède donc une ou plusieurs barques, ou même une entreprise de pêche ("des ouvriers !)  sur le lac de Galilée, et quand ils seront plus grands, il compte bien y employer Jacques et Jean. 

Mais qu'est-ce-qu'il a, Jacques ? Il a taillé un bâton, et il veut à tout prix que papa y attache une courge séchée ! Il répète "bourdon, bourdon", et papa ne comprend rien, car le bourdon de pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle, avec ses deux pommeaux et son crochet pour fixer la callebasse , est encore terriblement anachronique. Attends un peu, petit Jacquet !

Jacques le majeur et son père Zébédée, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Jacques le majeur et son père Zébédée, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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LE TYMPAN
 

En haut, un fleuron à six mouchettes autour d'un ajour central en étoile. Ce dernier contient un écu aux armoiries de Boutteville d'argent à cinq fusées de gueules en fasce. Dans les deux mouchettes qui l'encadrent, un écu parti de Boutteville et de Kerimerc'h (d'hermines au croissant de gueules) , et à droite un écu parti de Boutteville et Du Chastel (fascé d'or et de gueules). Les autres ajours accueillent deux anges chantant et battant des mains (mais non, ils prient, les mains jointes) , et deux anges joueurs de vieille. Latéralement, deux anges buccinateurs (j'adore le placer).

En dessous, six anges musiciens  : deux groupes symétriques avec inversion des cartons

  • viele à archet ou plutôt viole de gambe
  • viole de gambe
  • flûte traversière.

 

 

 

Tympan, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

Tympan, verrière de la Sainte Parenté, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 23:50

Il s'agit d'une baie située au nord du transept, fenêtre nord,  à trois lancettes et tympan de sept ajours, réalisée au milieu du XVIe siècle et consacrée à la Vie de saint Jean-Baptiste. La verrière a été restaurée en 1912 par le peintre-verrier parisien Marcel Delon, comme indiqué par l'inscription RESTAURÉ EN 1912 PAR M. DELON.  

Hauteur 4 mètres, largeur 2,01 mètres.

Les lancettes sont divisées en une base en grisaille puis en trois registres, créant neuf panneaux .ou scènes. Le fond est bleu ciel, les vêtements jaune ou rouge, plus rarement bleu soutenu. Le vert est de façon générale reservé à l'arrière fond (tenture ou verdure).

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Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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I. REGISTRE INFÉRIEUR.

1. Naissance du saint.

Rappel préalable. Selon les évangiles (Luc, 1), Jean-Baptiste est le cousin du Christ. Il est né six mois avant lui; Sa mère Elisabeth, "d'entre les filles d'Aaron",  est la cousine de Marie, et sa grossesse tardive et inespérée est une grâce de Dieu. Son père Zacharie est un prêtre juif "sacrificateur, de la classe d'Abia".

Cette scène est considérée comme la "naissance du saint" par Françoise Gatouillat et Michel Hérold. Mais celui-ci est absent, et on ne voit qu'une femme alitée ( a priori Elisabeth) à laquelle une autre femme (soit sa cousine Marie, soit une servante ou une sage-femme) propose un plat. On voit dans ce plat du raisin et des fruits ressemblant à des pommes ou des oranges, alors que c'est un "brouet" (un potage) qui est servi à la femme après l'accouchement. 

Les deux femmes ont les cheveux couverts par un voile bien particulier (et qui m'intrigue à chaque fois que je le rencontre) car il laisse la grande partie de la tête non couverte, qu'il rassemble les cheveux à l'arrière de la nuque en passant devant cette dernière, et autorise les boucles blandes à retomber sur les épaules et le dos. 

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 Élisabeth après la naissance de Jean-Baptiste, détail de la Naissance de saint Jean-Baptiste du maître de Villalcazar de Sirga, musée diocésain de Saragosse.

 

5 Du temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d'Abia; sa femme était d'entre les filles d'Aaron, et s'appelait Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur.  Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile; et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge. Or, pendant qu'il s'acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort, d'après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum. Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l'heure du parfum. Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui. Mais l'ange lui dit: Ne crains point, Zacharie; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère; il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu; il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les coeurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. Zacharie dit à l'ange: A quoi reconnaîtrai-je cela? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge.  L'ange lui répondit: Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu; j'ai été envoyé pour te parler, et pour t'annoncer cette bonne nouvelle. Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps. Cependant, le peuple attendait Zacharie, s'étonnant de ce qu'il restait si longtemps dans le temple. Quand il sortit, il ne put leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le temple; il leur faisait des signes, et il resta muet. Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s'en alla chez lui. Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant: C'est la grâce que le Seigneur m'a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes. Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation.  L'ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin. Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?  L'ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n'est impossible à Dieu. Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole! Et l'ange la quitta.Dans ce même temps, Marie se leva, et s'en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. Dès qu'Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit. Elle s'écria d'une voix forte: Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. Comment m'est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi? Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein. Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement.

[...]

56 Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle. Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils.

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5 Du temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d'Abia; sa femme était d'entre les filles d'Aaron, et s'appelait Élisabeth.

6 Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur.

7 Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile; et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge.

8 Or, pendant qu'il s'acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort,

9 d'après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum.

10 Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l'heure du parfum.

11 Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel des parfums.

12 Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui.

13 Mais l'ange lui dit: Ne crains point, Zacharie; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean.

14 Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance.

15 Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère;

16 il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu;

17 il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les coeurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé.

18 Zacharie dit à l'ange: A quoi reconnaîtrai-je cela? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge.

19 L'ange lui répondit: Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu; j'ai été envoyé pour te parler, et pour t'annoncer cette bonne nouvelle.

20 Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps.

21 Cependant, le peuple attendait Zacharie, s'étonnant de ce qu'il restait si longtemps dans le temple.

22 Quand il sortit, il ne put leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le temple; il leur faisait des signes, et il resta muet.

23 Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s'en alla chez lui.

24 Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant:

25 C'est la grâce que le Seigneur m'a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes.

26 Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,

27 auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie.

28 L'ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi.

29 Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation.

30 L'ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu.

31 Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.

32 Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.

33 Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin.

34 Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?

35 L'ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.

36 Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.

37 Car rien n'est impossible à Dieu.

38 Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole! Et l'ange la quitta.

39 Dans ce même temps, Marie se leva, et s'en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda.

40 Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth.

41 Dès qu'Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit.

42 Elle s'écria d'une voix forte: Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni.

43 Comment m'est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi?

44 Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein.

45 Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement.

46 Et Marie dit: Mon âme exalte le Seigneur,

47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,

48 Parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

49 Parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint,

50 Et sa miséricorde s'étend d'âge en âge Sur ceux qui le craignent.

51 Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses.

52 Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.

53 Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.

54 Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s'est souvenu de sa miséricorde, -

55 Comme il l'avait dit à nos pères, -Envers Abraham et sa postérité pour toujours.

56 Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle.

57 Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils.

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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2. Le premier bain.

Cette scène est intéressante à plus d'un titre. D'une part, comme la précédente, elle crée un lien avec les autres saintes Nativités,  celle du Christ, et surtout celle de la Vierge. D'autre part, elle montre un rite de purification. Par ailleurs, elle préfigure le baptème par l'eau. Ces associations sont bien conscientes dans l'esprit de l'artiste, puisqu'il a figuré un agneau qui tente de monter dans le bassin. Cet agneau, animal qui sert d'attribut d'identification à Jean-Baptiste, fait allusion au Christ qui le suit.

Selon la légende dorée, la Vierge serait restée auprès d'Elisabeth : " La Sainte Vierge demeura donc avec sa cousine pendant trois mois, elle la servait : ce fut elle qui de ses saintes mains reçut l’enfant venant au monde, d'après le témoignage de l’Histoire scholastique *, et qui remplit avec les plus grands soins l’office de garder l’enfant." On peut donc imaginer qu'elle est représentée ici.

 

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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3. Circoncision.

La circoncision de Jean, rituelle pour tout enfant juif, n'aurait pas à être illustrée, mais c'est à son occasion que Jean reçoit son nom dans l'évangile de Luc, que son père Zacharie est guéri de sa mutité, et qu'il prophétise un grand avenir à son fils :

 

Luc, 1:58-79 Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l'enfant, et ils l'appelaient Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole, et dit: Non, il sera appelé Jean. Ils lui dirent: Il n'y a dans ta parenté personne qui soit appelé de ce nom. Et ils firent des signes à son père pour savoir comment il voulait qu'on l'appelle. Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit: Jean est son nom. Et tous furent dans l'étonnement. Au même instant, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu. La crainte s'empara de tous les habitants d'alentour, et, dans toutes les montagnes de la Judée, on s'entretenait de toutes ces choses. Tous ceux qui les apprirent les gardèrent dans leur coeur, en disant: Que sera donc cet enfant? Et la main du Seigneur était avec lui. Zacharie, son père, fut rempli du Saint Esprit, et il prophétisa, en ces mots:

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, De ce qu'il a visité et racheté son peuple,

 Et nous a suscité un puissant Sauveur Dans la maison de David, son serviteur,

 Comme il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, -

 Un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent!

 C'est ainsi qu'il manifeste sa miséricorde envers nos pères, Et se souvient de sa sainte alliance,

Selon le serment par lequel il avait juré à Abraham, notre père,

 De nous permettre, après que nous serions délivrés de la main de nos ennemis, De le servir sans crainte,

En marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie.

 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut; Car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,

 Afin de donner à son peuple la connaissance du salut Par le pardon de ses péchés,

Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, En vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d'en haut,

Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, Pour diriger nos pas dans le chemin de la paix.

 

La tête de Jean-Baptiste enfant est moderne.

 

 

 

 

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Deuxième registre. 

1. La Prédication

Elle s'étend sur deux lancettes.

Remarquée l'inscription de restauration  MD 1912.

 

La scène s'interprète selon le texte de l'évangile de Luc :  

-la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il alla dans tout le pays des environs de Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés,  selon ce qui est écrit dans le livre des paroles d'Ésaïe, le prophète: 

C'est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.  Toute vallée sera comblée, Toute montagne et toute colline seront abaissées; Ce qui est tortueux sera redressé, Et les chemins raboteux seront aplanis. Et toute chair verra le salut de Dieu.

Ancre Il disait donc à ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui: 

Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?  Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

 La foule l'interrogeait, disant: Que devons-nous donc faire? Il leur répondit: 

— Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même.

 Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent: Maître, que devons-nous faire?  Il leur répondit: 

N'exigez rien au delà de ce qui vous a été ordonné.

 Des soldats aussi lui demandèrent: Et nous, que devons-nous faire? Il leur répondit:

Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde.

 Comme le peuple était dans l'attente, et que tous se demandaient en eux-même si Jean n'était pas le Christ, il leur dit à tous: 

Moi, je vous baptise d'eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera le blé dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point.

C'est ainsi que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple, en lui adressant encore beaucoup d'autres exhortations. Mais Hérode le tétrarque, étant repris par Jean au sujet d'Hérodias, femme de son frère, et pour toutes les mauvaises actions qu'il avait commises, ajouta encore à toutes les autres celle d'enfermer Jean dans la prison."

 


Dans ce panneau, Jean-Baptiste, appuyé à une barrière, lève l'index vers le ciel, dans un geste qui lui est presque un attribut tant il a été peint par Léonard de Vinci et de nombreux autres peintres. La foule de ses disciples (dont un roi) est assise et l'écoute . Mais sur l'autre lancette, des auditeurs debouts, à moitiè cachés derrière un poteau, sont contrariés de s'entendre traités de "race de vipères" et s'offusquent de ses propos.  

 


 

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Baie n°3, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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un prophète dont Dieu lui-même prophétise ? Tous les prophètes avaient. prophétisé de J.-C. au lieu que Jean ne prophétisa pas seulement de J.-C., mais les autres prophètes prophétisèrent de lui : tous ont été les porteurs de la parole, mais lui, c'est la voix elle-même. Autant la voix approche de la parole, sans cependant être la parole, autant Jean approche de J.-C. sans cependant être J.-C. » D'après saint Ambroise, la gloire de saint Jean se tire de cinq causes, savoir de ses parents, de ses mœurs, de ses miracles, des dons qu'il a reçus et de sa prédication. D'après le même Père, la gloire qu'il reçoit de ses parents est manifeste par cinq caractères : Voici ce que dit saint Ambroise : «L'éloge est parfait, quand il comprend; comme dans saint Jean, une naissance distinguée, une conduite intègre, un ministère sacerdotal, l’obéissance à la loi, et la preuve d'oeuvres pleines de justice. » 2° Les miracles : Il y en eut avant sa conception, comme l’annonciation de l’ange, la désignation de son nom, et la perte de la parole dans son père il y en eut dans sa conception, celle-ci fut surnaturelle ; sa sanctification dès le sein de sa mère, et le don de prophétie dont il fut rempli. Il y en eut dès sa naissance, savoir : le don de prophétie accordé à son père et à sa ère, puisque sa mère sut son nom, et que le père prononça un cantique : la langue du père déliée ; le Saint-Esprit qui le remplit. Sur ces paroles de l’Evangile : « Zacharie son père fut rempli du Saint-Esprit », saint Ambroise s'exprime ainsi : « Regardez Jean: Quelle puissance dans son nom ! Ce nom rend la parole à un muet, le dévouement à un (156) père; au peuple un prêtre. Tout à l’heure, cette langue était muette, ce père était stérile, ce prêtre était sans fonctions ; mais aussitôt que Jean est né, à l’instant, le père est prophète, ce pontife recouvre l’usage de la parole, son affection peut s'épancher sur son fils, le prêtre est reconnu par les fonctions qu'il remplit. » 3° Les mœurs. Sa vie fut d'une sainteté éminente. Voici comme en parle saint Chrysostome : « A côté de la vie de saint Jean, toutes les autres paraissent coupables: car de même que quand vous voyez un vêtement blanc, vous dites : ce vêtement est assez blanc, mais si vous le mettez à côté de la neige, il commence à vous paraître pâle, quoique vraiment il n'en soit pas ainsi, de même à comparaison de saint Jean, quelque homme que ce fût paraissait immonde. »

Il reçut trois témoignages de sa sainteté. Le premier fut rendu par ceux qui sont au-dessus du ciel, c'est-à-dire par la Trinité . elle-même: 1° Par le Père qui l’appelle Ange. Malachie dit (III) : « Voilà que j'envoie mon ange qui préparera ma voie devant ma face. » Ange est, un nom qui désigne le ministère, mais qui n'explique pas la nature de l’ange. Or, si saint Jean est appelé ange, c'est pour marquer le ministère qu'il a rempli, parce qu'il paraît avoir exercé le ministère de tous les anges. Il remplit celui des Séraphins : car séraphin veut dire ardent, parce qu'ils nous rendent ardents et qu'ils brûlent plus que d'autres d'amour pour Dieu'; c'est pourquoi il est dit de Jean : « Elle s'est élevé :comme un feu, et ses paroles brûlaient comme un flambeau ardent » (Ecclés., XLVIII), « car il est venu avec l’esprit et la vertu d'Elie. » 2° Il remplit le (157) ministère des Chérubins, car chérubins veut dire plénitude de science: or, Jean est appelé Lucifer ou étoile du matin, parce qu'il fut le terme de la nuit de l’ignorance, et le commencement de la lumière de la grâce. 3° Il remplit le ministère des Thrônes qui ont pour mission de juger, et il est dit de Jean qu'il reprenait Hérode en disant : « Il ne vous est pas permis d'avoir pour femme celle de votre frère. » 4° Il remplit le ministère des Dominations qui nous enseignent à gouverner ceux qui nous sont sujets ; or, Jean était aimé de ses inférieurs, et les rois le craignaient. 5° Il remplit l’office des Principautés qui nous apprennent à respecter nos supérieurs et Jean disait eu parlant de lui-même : « Celui qui tire son origine de la terre est de la terre, et ses paroles tiennent de la terre » ; et en parlant de J.-C., il ajoute : « celui qui est venu du ciel est au-dessus de tous. » Il dit encore : « Je ne suis pas digne de délier les cordons de sa chaussure. » 6° Il remplit l’office des Puissances qui sont chargées d'éloigner les puissances de l’air et du vice, lesquelles ne purent jamais nuire à sa sainteté. Il les repoussait aussi loin de nous, lorsqu'il nous disposait au baptême de la pénitence. 7° Il remplit l’office des Vertus par lesquelles s'opèrent les miracles : or, saint Jean montra en sa personne de grandes merveilles, comme manger du miel sauvage et des sauterelles, se couvrir de peau de chameau, et autres semblables. 8° Il remplit l’office des Archanges, en révélant des mystères auxquels on ne savait atteindre, comme, par exemple, ce qui regarde notre rédemption lorsqu'il disait : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés (158) du monde. » 9° Il remplit l’office des Anges : quand il annonçait des choses moins relevées, comme celles qui ont trait aux moeurs ; par exemple : « Faites pénitence » ; ou bien: « N'usez point de violence ni de fraude envers personne (Luc, III). » Le second témoignage lui fut rendu par le Fils, comme on lit dans saint Mathieu (II), où J.-C. le recommande souvent d'une manière étonnante, comme quand il dit entre autres choses: « Parmi les enfants des hommes, il n'y en a pas de plus grand que Jean-Baptiste. » « Ces paroles, dit saint Pierre Damien, renferment l’éloge de saint Jean; proférées qu'elles sont par celui qui a posé les fondements de la terre, qui fait mouvoir les astres et qui a créé tous les éléments. » Le troisième témoignage lui fut rendu par le Saint-Esprit, lorsqu'il dit par la bouche de son père Zacharie : « Et toi, enfant, tu seras appelé le prophète du Très Haut. » — Le second témoignage de sainteté lui fut rendis par les anges et les esprits célestes. Au premier chapitre de saint Luc, l’ange témoigne pour lui une grande considération quand il montre : 1° sa dignité par rapport à Dieu : « Il sera, dit-il, grand devant le Seigneur. » 2° Sa sainteté propre, lorsqu'il ajoute : « Il ne boira pas de vin ni de liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit-Saint. dès le ventre de sa mère. » 3° Les grands services qu'il rendra au prochain : « Et il convertira beaucoup des enfants d'Israël. » Le troisième témoignage de sainteté lui fut rendu par ceux qui sont au-dessous du ciel, c'est-à-dire, les hommes, témoin son père, ses voisins, et ceux qui disaient : « Que pensez-vous que sera cet enfant? »

159

 

Quatrièmement, la glose de saint Jean se tire des dons qu'il a reçus dans le sein de sa mère, à sa naissance, dans sa vie et à sa mort. Dans le sein de sa mère, il fut avantagé de trois dons admirables de la grâce : 1° De la grâce par laquelle il fut sanctifié dès ce moment ; puisqu'il fut saint avant que d'être né, selon ces paroles de Jérémie (I) : « Je vous ai connu avant que je vous eusse formé dans les entrailles de votre mère. » 2° De la grâce d'être prophète, quand, par son tressaillement dans le sein d'Elisabeth, il connut que Dieu était devant lui. C'est pour cela que saint Chrysostome, qui veut montrer que Jean-Baptiste a été plus que prophète, dit : « Un prophète mérite par la sainteté de sa vie et de sa foi de recevoir une prophétie; riais est-ce que c'est l’ordinaire d'être prophète avant d'être homme ? » C'était une coutume d'oindre les prophètes; et ce fut quand la Sainte Vierge salua Élisabeth que J.-C. sacra en qualité de prophète Jean dans les entrailles de sa mère, selon ces paroles de saint Chrysostome : « J.-C. fit saluer Elisabeth par Marie afin que sa parole sortie du sein de sa mère, séjour du Seigneur, et reçue par l’ouïe d'Elisabeth, descendit à Jean qui ainsi serait sacré prophète. » 3° Il fut avantagé de la grâce par laquelle il mérita pour sa mère de recevoir l’esprit de prophétie. Et saint Chrysostome, qui voulait montrer que saint Jean fut plus qu'un prophète, dit : « Quel est celui des prophètes, qui tout prophète qu'il fût, ait pu faire un prophète ? » Hélie sacra bien Elisée comme prophète, mais il ne lui conféra pas la grâce de prophétiser. Jean cependant n'étant encore que dans le sein de sa mère (160) donna à sa mère la science de pénétrer dans les secrets de Dieu ; il lui ouvrit la bouche et elle confessa reconnaître la dignité de celui dont elle ne voyait pas la personne, quand elle dit : « D'où me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur me vienne visiter? » Il reçut trois sortes de grâces, au moment de sa naissance : elle fut miraculeuse, sainte et accompagnée de joie. En tant que miraculeuse, le défaut d'impuissance est levé; en tant que sainte, disparaît la peine de la coulpe; en tant que accompagnée de joie, elle fut exempte des pleurs de la misère. Selon Me Guillaume d'Auxerre, trois motifs font célébrer la naissance de saint Jean : 1° sa sanctification dans le sein de sa mère; 2° la dignité de son ministère, puisque ce fut comme une étoile du matin qui nous annonça la première les joies éternelles; 3° la joie qui l’accompagna : car l’ange avait dit : « Il y en aura beaucoup qui se réjouiront lors de sa naissance. » C'est donc pour cela qu'il est juste que nous nous réjouissions pareillement en ce jour. Dans le cours de sa vie, il reçut de même grand nombre de faveurs et la preuve qu'elles furent des plus grandes et de différentes sortes, c'est qu'il réunit toutes les perfections. En effet il fut prophète quand il dit : « Celui qui doit venir après moi est plus grand que moi. » Il fut plus que prophète quand il montra le Christ du doigt; il fut apôtre, car il fut envoyé de Dieu; apôtre et prophète c'est tout un. Aussi il est dit de lui : « Il y eut un homme envoyé de Dieu qui se nommait Jean. » Il fut martyr, parce qu'il souffrit la mort pour la justice; il fut confesseur, parce qu'il confessa et ne nia pas ; (161) il fut vierge, et c'est en raison de sa virginité qu'il est appelé ange dans Malachie (II) : « Voici que j'envoie mon ange. » En sortant du monde il reçut trois faveurs : d'abord il fut un martyr invaincu. Il acquit alors la palme du martyre ; il fut envoyé comme un messager précieux, car il apporta à ceux qui étaient dans les limbes une nouvelle précieuse, la venue de J.-C. et leur rédemption ; sa fin glorieuse est honorée par tous ceux qui étaient descendus dans les limbes et c'est l’objet spécial d'une glorieuse solennité dans l’Église.

Cinquièmement, la gloire de saint Jean se tire de sa prédication. L'ange en expose quatre motifs quand il dit : « Il convertira plusieurs des enfants d'Israël au, Seigneur leur Dieu ; et il marchera devant lui dans l’esprit et la vertu d'Elie, pour réunir les cours des pères avec leurs enfants, pour rappeler les incrédules à la prudence des justes, et pour préparer au Seigneur un peuple parfait. » Il touche quatre points, savoir le fruit, l’ordre, la vertu et la fin, d'après le texte lui-même. La prédication de saint Jean fut triplement recommandable. Elle fut en effet fervente, efficace et prudente. C'est la ferveur qui lui faisait dire : « Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère à venir ? Faites donc de dignes fruits de pénitence. (Luc, III.) Or, cette ferveur était enflammée parla charité, parce qu'il était une lumière ardente; et c'est lui qui dit en la personne d'Isaïe (XLIX) : « Il a rendu ma bouche comme une épée perçante. » Cette ferveur tirait son origine de la vérité, car il était une lampe ardente. C'est à ce propos qu'Il est dit dans saint Jean (162) (V) : « Vous avez envoyé à Jean; et il a rendu témoignage à la vérité. » Cette ferveur était dirigée par le discernement ou la science : voilà pourquoi en parlant à la foule, aux publicains et aux soldats, il enseignait la loi, selon l’état de chacun. Cette ferveur était ferme et constante, puisque sa prédication le mena à perdre la vie. Telles sont les quatre qualités du zèle, d'après saint Bernard : « Que votre zèle, dit-il, soit enflammé par la charité, formé par la vérité, régi par la science et affermi par la constance. » 2° Il prêcha avec efficace, puisque beaucoup se convertirent à ses prédications. Il prêcha  en parole et ne varia jamais dans son enseignement. Il prêcha par l’exemple, car sa vie fut sainte ; il prêcha et convertit par ses mérites et ses prières ferventes. 3° Il prêcha avec prudence ; et la prudence de sa prédication consista en trois points : 1° en ce qu'il usa de menaces afin d'effrayer les méchants; c'est alors qu'il disait : « Déjà la cognée est à la racine de l’arbre » ; 2° en usant de promesses, pour gagner les bons, quand il dit: «Faites pénitence : car le royaume des cieux approche » ; 3° en usant de tempéraments pour attirer peu à peu les faibles à la perfection. Aussi à la foule et aux soldats, il imposait de légères. obligations afin qu'ensuite il les amenât à s'en imposer de plus sérieuses ; à la foule, il conseillait les oeuvres de miséricorde ; aux publicains, il recommandait de ne pas désirer le bien d'autrui ; aux soldats de n'user de violence envers personne, de ne pas calomnier et de se contenter de leur paie.

Saint Jean l’Evangéliste mourut à pareil jour; mais (163) l’Eglise célèbre sa fête; trois jours après la naissance de J.-C. parce . qu'alors eut lieu la dédicace de son église; et la solennité de la naissance de saint Jean-Baptiste conserva sa place par la raison qu'elle fut déclarée un jour de joie par l’ange. Il ne faut pourtant pas prétendre que l’Evangéliste ait fait place au Baptiste, comme l’inférieur au supérieur; car il ne convient pas de discuter quel est le plus grand des deux : et ceci fut divinement prouvé par un exemple. On lit qu'il y avait deux docteurs en théologie dont l’un préférait saint Jean-Baptiste et l’autre saint Jean l’évangéliste. Ou fixa donc un jour pour une discussion solennelle. Chacun. n'avait d'autre soin que de trouver des autorités et des raisons puissantes en faveur du saint qu'il jugeait supérieur. Or, le jour de la dispute étant proche, chacun des saints apparut à son champion et lui dit : « Nous sommes bien d'accord dans le ciel, ne dispute pas à notre sujet sur la terre. » Alors ils se communiquèrent chacun sa vision, en firent part à tout le peuple et bénirent Dieu. — Paul, qui a écrit l’Histoire des Lombards, diacre de l’Eglise de Rome et moine du mont Cassin, devait une fois faire la consécration du cierge, mais il fut pris d'un enrouement qui l’empêcha de chanter ; afin de recouvrer sa voix qui était fort belle, il composa en l’honneur de saint Jean-Baptiste l'hymne Ut queant laxis resonare fibris mira gestorum famuli tuorum, au commencement de laquelle il demande que sa voix lui soit rendue comme elle l’avait été à Zacharie. En ce jour quelques personnes ramassent de tous côtés les os d'animaux morts pour les brûler : il y en a deux raisons, (164) rapportées par Jean Beleth * : la première vient d'une ancienne pratique : il y a certains animaux appelés dragons, qui volent dans l’air, nagent dans les eaux et courent sur la terre. Quelquefois quand ils sont dans les airs, ils incitent à la luxure en jetant du sperme dans les puits et les rivières; il y avait alors dans l’année grande mortalité. Afin de se préserver, on inventa un remède qui fut de faire des os des animaux un feu dont la fumée mettait ces monstres en fuite; et parce que c'était, dans le temps, une coutume générale, elle s'observe encore en certains lieux. La seconde raison est pour rappeler que les os de saint Jean furent brûlés à Sébaste par les infidèles. On porte aussi des torches brûlantes, parce que saint Jean fut une torche brûlante et ardente ; on fait aussi tourner une roue parce que le soleil à cette époque commence à prendre son déclin, pour rappeler le témoignage que Jean rendit à J.-C. quand il dit : « Il faut qu'il croisse, et moi que je diminue.» Cette parole est encore vérifiée, selon saint Augustin, à leur nativité et à leur mort : car à la nativité de saint Jean-Baptiste les jours commencent à décroître, et à la Nativité de J.-C. ils commencent à croître, d'après ce vers : Solstitium decimo Christum praeit atque Joannem **. Il en fut ainsi à leur mort. Le corps de J.-C. fut élevé sur la croix et celui de saint Jean fut privé de son chef.

Paul rapporte dans l’Histoire des Lombards que Rocharith

 

* Cap. CXXXVII.

** Dix jours avant le solstice, arrivent la Nativité du Sauveur et celle de saint Jean.

 

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roi des Lombards, fut enseveli avec beaucoup d'ornements précieux auprès d'une église de saint Jean-Baptiste. Or, quelqu'un, poussé par la cupidité, ouvrit de nuit le tombeau et emporta tout. Saint Jean apparut au voleur et lui dit : «Quelle a été ton audace de toucher à un dépôt qui  m’était confié? tu ne pourras plus désormais entrer dans mon église. » Et il en fut ainsi; car chaque fois que le larron voulait entrer en cette église, il était frappé à la gorge comme par un vigoureux athlète et il était jeté aussitôt à la renverse *.

 

 

 

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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Baptème du Christ.

remarquez :

La colombe, signe de la participation de Dieu le Père

L'ange qui tient la tunique

Les nimbes en éllipse pleine (comme depuis Massacio, début XVe)

La peau de bête (jaune) sous le manteau rouge.

Le texte de l'évangile de Luc est celui-ci :

 Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu'il priait, le ciel s'ouvrit,  et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j'ai mis toute mon affection.

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Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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TROISIÈME REGISTRE.

 

1. Décollation.

 

 

Remarquez le parallélisme entre le geste de Jean-Baptiste baptisant le Christ et celui du bourreau levant son épée. S'il n'est pas fortuit, il peut suggérer que Jean reçoit ici le baptème par le sang.

Rappel : Marc 6:14-

Le roi Hérode [Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de Pérée ] entendit parler de Jésus, car sa réputation se répandait partout. On disait de Jésus:

---C'est Jean-Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts! C'est pour cela qu'il détient le pouvoir de faire des miracles.

D'autres disaient:
---C'est Elie.
D'autres encore:
---C'est un prophète comme il y en avait autrefois.

De son côté, Hérode, qui entendait tout cela, se disait:
---C'est celui que j'ai fait décapiter, c'est Jean, et il est ressuscité!

 En effet, Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et jeter en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe, son demi-frère, qu'il avait épousée. Car Jean disait à Hérode:

---Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère!

 Hérodiade, furieuse contre lui, cherchait à le faire mourir, mais elle n'y parvenait pas, car Hérode craignait Jean. Il savait que c'était un homme juste et saint. Il le protégeait donc. Quand il l'entendait parler, il en restait fort perplexe. Et pourtant, il aimait l'entendre. Un jour cependant, Hérodiade trouva une occasion favorable, lors de l'anniversaire d'Hérode. Celui-ci organisa ce jour-là une grande fête à laquelle il invita les hauts dignitaires de sa cour, les officiers supérieurs et les notables de la Galilée. Au cours du banquet, la fille d'Hérodiade [ La tradition retient le nom de Salomé] entra dans la salle: elle dansa, Hérode et ses invités étaient sous son charme. Le roi dit alors à la jeune fille:

   ---Demande-moi ce que tu voudras et je te le donnerai.

 Il alla même jusqu'à lui faire ce serment:

—Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume.

 Elle sortit pour prendre conseil auprès de sa mère:
---Que vais-je lui demander?
---La tête de Jean-Baptiste, lui répondit celle-ci.

 Aussitôt la jeune fille se hâta de retourner auprès du roi pour lui exprimer son vœu en ces termes:
---Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean-Baptiste.

Le roi en fut consterné, mais à cause de son serment, et de ses invités, il ne voulut pas le lui refuser. Il envoya donc aussitôt un garde en lui ordonnant de rapporter la tête de Jean. Celui-ci s'en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat et la remit à la jeune fille, et celle-ci la donna à sa mère. Lorsque les disciples de Jean apprirent ce qui s'était passé, ils vinrent prendre son corps pour l'ensevelir dans un tombeau.

Nous assistons donc ici à la décollation de Jean par le bourreau, mais celui-ci rengaine son épée, et  la tête est déjà sur le plateau, entre les mains de Salomé et d'Hérodiate. Les trois lancettes représentent une seule scène. 

 

 

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

2. Festin d'Hérode sur deux lancettes.

Présence de verre marbré.

Sur cette lancette, la jeune et jolie Salomé amène sur un plateau la tête de Jean à sa mère Hérodiate, qui assouvit sa haine en plantant un couteau dans l'œil du saint. 

Au bout de la table, Hérode, devant un plat d'or contenant peut-être un agneau, lève l'index . Il ne semble pas content content.

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Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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TYMPAN.

 

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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Ajour supérieur :

Les armoiries (restaurées) de Boutteville d'argent à cinq fusées de gueules en fasce sont tenues par un guerrier  dans une couronne de feuillage. 

 

 

 

Tympan, verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Tympan, verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

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Quatre ajours centraux : armoiries portées par des anges (patrons retournés) : alliance Boutteville, Kerimerc'h, (en partie refaites), Coëtquenan (modernes) et Du Chastel répétées (celle de gauche est ancienne). Anges jouant de la flûte sur les ajours latéraux (patron retournés). 

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Tympan, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

Tympan, Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS.

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 21:38

PRÉSENTATION.

Datation : Milieu du XVIe et 1910.

Quatre lancettes divisées en trois registres ne respectant pas la partition par panneaux. Tympan à 9 ajours et 4 écoinçons. Haut de 5,30 m et large de 2,52 m. 

Puet-être réalisé dans l'atelier Le Sodec de Quimper.

Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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REGISTRE INFÉRIEUR.

 

Registre inférieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Registre inférieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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1. Entrée dans Jérusalem.

 

Entrée dans Jérusalem

Entrée dans Jérusalem

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2. Résurrection de Lazare.

 

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Résurrection de Lazare

Résurrection de Lazare

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3. Agonie au Jardin des Oliviers.

Agonie au Jardin des Oliviers.

Agonie au Jardin des Oliviers.

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Agonie au Jardin des Oliviers.

Agonie au Jardin des Oliviers.

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4. Arrestation au Jardin des Oliviers .

Arrestation au Jardin des Oliviers

Arrestation au Jardin des Oliviers

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DEUXIÉME REGISTRE 

Deuxième registre,  Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Deuxième registre, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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1. Comparution devant Caïphe.

 

Comparaison devant Caïphe,  Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Comparaison devant Caïphe, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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2. Flagellation.

 

Flagellation, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Flagellation, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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Flagellation (détail), Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Flagellation (détail), Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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3. Couronnement d'épines.

Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile
Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Couronnement d'épines, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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4. Comparution devant Pilate.

Comparution devant Pilate, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Comparution devant Pilate, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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TROISIÉME REGISTRE.

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Registre supérieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Registre supérieur, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

1. Portement de la Croix.

Portement de la Croix, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Portement de la Croix, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

2. Crucifixion.

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Crucifixion,  Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Crucifixion, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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3. Mise au tombeau.

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Mise au tombeau, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Mise au tombeau, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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4. Résurrection.

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Résurrection, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Résurrection, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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TYMPAN.

 

Tympan, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

Tympan, Passion de la maîtresse-vitre de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Michel), 2005,  Les Vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, Presses Universitaires de Rennes 2005.

 Inventaire Général des monuments et richesse artistiques de la France. Commission Régionale de Bretagne. Finistère, Canton de Carhaix-Plouguer , 2 Tomes imp Nationale 1969, p. 49.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 10:57

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët (56), associé à la Passion et au collège apostolique. Verrière de la baie 4. Un vitrail du XVe siècle.

Voir :

I. Les chapelles du Faouët :

a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre :

b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe

​c. Chapelle Saint-Sébastien :

II. L'iconographie de l'Arbre de Jessé sur ce blog :


Bas-relief :

vitraux :

Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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PRÉSENTATION.

http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-la-chapelle-saint-fiacre-a-le-faouet-118466434.html

Je donne à nouveau ici à lire un article publié sur ce blog en mai 2013, mais en remplaçant les photographies pour tenter de gagner en définition d'image, et en l'enrichissant  de nouvelles photographies.

 

      Classement MH depuis 1862

   Cette verrière qui occupe la baie 4 dans le bras sud du transept mesure 4,45m de haut et 1,96m de large ; elle se compose de quatre lancettes trilobées et d'un tympan de 5 ajours et écoinçons. Elle est datée du troisième quart du XVe et du milieu du XVIe siècle. Elle a été (peu) restaurée en 1910-1917 par la maison Delon de Paris.

 

  Elle est consacrée à un Arbre de Jessé dont l'originalité est d'une part de culminer dans une Passion (et non en une Vierge à l'Enfant), et d'autre part, de se voir encadrée  par les douze apôtres. On ignore si cette disposition date, comme je le pense, de l'origine du vitrail, estimée vers 1480, ou si elle a été introduite au milieu du XVIe siècle, lorsque le personnage de Jessé a été remplacé. Or, cette association, si elle ne relève pas des impératifs ou des hasards des restaurateurs, mais répond à un programme délibéré du commanditaire, est pleine de sens sur le plan théologique.

  Sa date de création en fait le premier vitrail de l'Arbre de Jessé conservé en Bretagne

  Une autre particularité est de comporter, parmi les noms de rois perchés sur l'Arbre, des noms inhabituels et qui n'appartiennnent pas aux successeurs de David sur le trône de Juda.

  Ces bizarreries vont me conduire sur des pistes originales et à une nouvelle lecture interprétative. Disons déjà qu'un point commun circule à travers les différents panneaux pour les assembler en un seul thème. Lequel ?

      Classement MH depuis 1862

   Cette verrière qui occupe la baie 4 dans le bras sud du transept mesure 4,45m de haut et 1,96m de large ; elle se compose de quatre lancettes trilobées et d'un tympan de 5 ajours et écoinçons. Elle est datée du troisième quart du XVe et du milieu du XVIe siècle. Elle a été (peu) restaurée en 1910-1917 par la maison Delon de Paris.

 

  Elle est consacrée à un Arbre de Jessé dont l'originalité est d'une part de culminer dans une Passion (et non en une Vierge à l'Enfant), et d'autre part, de se voir encadré de chaque coté, par les douze apôtres. On ignore si cette disposition date, comme je le pense, de l'origine du vitrail, estimée vers 1480, ou si elle a été introduite au milieu du XVIe siècle, lorsque le personnage de Jessé a été remplacé. Or, cette association, si elle ne relève pas des impératifs ou des hasards des restaurateurs, mais répond à un programme délibéré du commanditaire, est pleine de sens sur le plan théologique.

  Sa date de création en fait le premier vitrail de l'Arbre de Jessé conservé en Bretagne

  Une autre particularité est de comporter, parmi les noms de rois perchés sur l'Arbre, des noms inhabituels et qui n'appartiennnent pas aux successeurs de David sur le trône de Juda.

  Ces bizarreries vont me conduire sur des pistes originales et à une nouvelle lecture interprétative. Disons déjà qu'un point commun circule à travers les différents panneaux pour les assembler en un seul thème. Lequel ?

Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Les trois registres.

 

Registre inférieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Registre moyen, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre moyen, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre supérieur, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan.

 

Tympan, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

 

En raison de sa disposition appparemment composite, je l'étudierai lancette par lancette

 

I. Lancette médiane.

 

Registre inférieur. Panneau 1b. Jessé.

  C'est ce panneau, ou du moins la figure de Jessé, qui a été restaurée au cours du XVIe siècle. C'est l'époque où est survenu un changement de la représentation de Jessé,  désormais volontiers représenté assis plutôt que couché comme à Saint-Denis ou Chartres au XIIe siècle. Mis à part la cathèdre monumentale et cette attitude, les autres éléments sont fidèles au shéma habituel, la main sous la joue dans la posture de méditation ou de songe, la barbe, le bonnet juif à oreillettes, le dais tenu par deux anges, le livre qui a provoqué sa rêverie, et l'arbre dont le tronc émerge du dos de l'ancêtre.

  Les  manches témoignent de la mode des crevés installée dès le début du XVIe siècle.

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Jessé,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Jessé, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Jessé,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Jessé, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Registre médian, panneau 2b, rois de Juda et prophètes.

Les trois panneaux suivants ont en commun leur fond bleu et leur encadrement par des carreaux rectangulaires blanc. Les couleurs employées seront le rouge, le jaune, le vert, le ponceau, et le marron sombre de saint Jean. Une partie importante, et de proportion croissante en s'élevant, est laissée en blanc pour les mains, les visages, les phylactères, le manteau de la Vierge et le corps du Christ. Elle sont traitées en grisaille et rehaussés, avec sobriété, de jaune d'argent. Ce blanc dessiné de grisaille me semble, par son dépouillement qui culmine avec la nudité de Jésus, posséder une valeur spirituelle, voire même une valeur allégorique.

      Quatre personnages sont visibles, dont les noms nous sont donnés par des phylactères : SALAMON* ,  AMINADAB. et  IACOB. Deux tiennent des livres, et deux autres font un geste de comput digital ou de désignation.

* même orthographe sur le vitrail de Confort-Meilars.

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Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Salomon, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Aminadab,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Aminadab, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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registre supérieur, panneau 3b , Rois, Marie et Jean.

Sur ce panneau apparaît en partie basse les têtes de deux autres personnages, et trois phylactères ; un seul est facile à lire, qui donne le nom de ZOROBABEL. Je crois lire sur celui de gauche BONI (ou BODI)... et sur celui de droite ROBOAS .

  L'arbre, après s'être confondu avec Zorobabel, de divise en trois branches qui le transforment en un calvaire dont les croisillons à culots supportent Marie et Jean, alors que le fût central s'élève encore.

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Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Zorobabel, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur panneau 2c, Crucifixion.

Dans cet ultime panneau, le Christ au nimbe crucifère rouge et or est crucifié : la Croix est composée de deux branches mal ébranchées pour rappeler clairement leur nature végétale, lavirga (verge, tige) de Jessé ne conduisant pas ici à la Vierge (virgo), mais à la virga crucis*, la tige de la croixLe titulus et son inscription INRI occupe le fleuron central de la lancette. 

* supposuit quoque humerum arce foederis dei in qua est virga crucis qui floruit in apostolis. : Pierre de Celle Liber II, Epistola LXXX.

Deux anges recueillent dans trois calices le Précieux Sang qui s'écoulent des plaies des mains et du thorax, selon un shéma très courant sur nos calvaires bretons.

 Le fait qu'un Arbre de Jessé se termine par une Passion, et non par une Vierge à l'Enfant, est rare. On le retrouve en Bretagne à Kerfeunten (Quimper) et à Confort-Meilars :

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église de la Sainte-Trinité à Kerfeunteun :

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église de Confort-Meilars.

 Ce vitrail n'est donc pas consacré au culte marial de la conception virginale (sur le jeu de mot virga/virgo qui découle de citations du prophète Isaïe) et à l'Incarnation, mais à la Rédemption par un Christ libérateur vainqueur de la Mort par le mystère de la Passion, si je me permets de m'aventurer sur des brisées théologiques en vrai amateur.

 

Passion,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Passion, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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II Lancette gauche.

        A la différence de la lancette médiane et de son encadrement de carreaux blancs, celle-ci, comme la lancette droite, est encadrée par les fûts polygonaux d'un décor architectural délimitant des niches. Le fond de chacune d'elle est alternativement vert, jaune-or et bordeaux, évitant le bleu qui est ainsi réservé au fond de la lancette médiane. Les robes des apôtres se partagent les couleurs restantes, en fonction du fond : bleu, jaune, rouge, vert. Là encore, une proportion importante est laissée en blanc : mains et visages, livres, nimbes, attributs, robes ou tuniques. Le jaune d'argent est rare, mais sans-doute n'a-t-il pas résisté à la corrosion du temps qui passe.

Registre inférieur : panneau 1a, 2 apôtres, Pierre et Paul.

Pierre et la clef, Paul et l'épée.

 

Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres Pierre et Paul. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre médian, panneau 2a, apôtres Matthias et Simon.

Matthias (ou Matthieu, ou Jude Thaddée) avec la hallebarde, Simon et la scie.

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Apôtres Mathias et Simon. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres Mathias et Simon. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur, panneau 3a, 2 apôtres ? et Barthélémy.

 Barthélémy avec le couteau avec lequel il fut écorché vif. L'apôtre imberbe correspond habituellement à Jean, mais celui-ci est représenté ailleurs. Il tient ici un volumen (ou une hampe). Je suis  surpris par sa robe bleue doublée d'hermines et ses manches aux revers ornées de pierreries. Peut-être Philippe.

Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres Philippe ? et Barthélemy. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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III. Lancette droite.

Registre inférieur, panneau 1c, les  apôtres André et Jacques le Majeur.

André avec la croix en X, Jacques le Majeur avec le chapeau de pèlerin et le bourdon.

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Apôtres  André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Apôtres  André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres André et Jacques le Majeur. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

                        

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Registre médian, panneau 2c, les apôtres Jacques et Matthieu.

Jacques le Mineur avec le bâton de foulon, Matthieu avec la pique.

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Apôtres  Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Apôtres  Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Apôtres Jacques le Mineur et Matthieu. Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur, panneau 3c, les apôtres Jean et Thomas.

Jean avec le calice d'où sort un serpent/dragon, Thomas avec l'équerre. (ou Jude Thaddée).

Les apôtres Jean et Thomas,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Les apôtres Jean et Thomas, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Les apôtres Jean et Thomas,  Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Les apôtres Jean et Thomas, Arbre de Jessé, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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IV. Tympan.

  Dans les mouchettes, quatre anges porteurs des instruments de la Passion. Dans les écoinçons deux anges thuriféraires

Dans le soufflet se trouvent les armoiries (restaurées) mi-parti de Boutteville et du Chastel.

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Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 4, chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Mon analyse.

   En 1861, les visiteurs de la Société Polymathique du Morbihan  avaient déchiffré sur les panneaux 2b et 3b "Jacob, Salomon, Aminadab, Moïz, Zorobabel, etc...". Cette lecture m'aide à déchiffrer à mon tour les inscriptions et à découvrir en effet ces noms sur ce panneau et celui du dessus. (Un doute persiste néanmoins pour Moïse, ou des lecteurs plus récents ont hésité avec Loth, et où je lisais BOCH ; fions-nous à la lecture de nos prédécesseurs).

  Or, on s'attend à trouver ici quelques-uns de douze ou quatorze rois de Juda cités dans la généalogie de Jésus par Matthieu 1,4 et qui fréquentent les autres arbres de Jessé : Jessé-David-Salomon-Roboam-Abia-Asa-Josaphat-Joram-Ozias-Joatham-Achaz-Ezéchias-Manassé-Amon-Josias-Jéchonias. Non, pas de roi David avec sa harpe, pas de couronne, pas de sceptre, mais des hommes aux bonnets hébreux qui tiennent des livres, dressent l'index comme en énonçant une sentence, comptent sur leurs doigts à la mode antique dans l'exposé d'un raisonnement : leurs noms, leurs vêtements et leurs postures les désignent non pas comme des rois de Juda descendant de Jessé, mais comme des Prophètes, dans un projet iconographique de typologie biblique. Ces personnages ne sont pas les ancêtres généalogiques du Christ, ils en sont les précurseurs, les figures préfiguratrices, les types.

  Le nom que je ne parviens pas à lire (que je lis BONIAS et que les autres auteurs ne me fournissent pas) pourrait être alors (cela me conviendrait !) Jonas. 

 Certes, parmi les quatre noms lisibles avec certitude, Jacob (un léger doute), Salomon, Aminadab et Zorobabel, trois sont des descendants de Jessé et de son fils David et des ancêtres attitrés de Jésus. Rien n'oblige à une lecture différente de celle proposée jusqu'à présent et à renoncer à voir là  la représentation conventionnelle d' un Arbre de Jessé avec Jessé endormi et six des rois de Juda conduisant à Marie et à son Fils.

Mais l'absence de David ?

Mais l'absence de sceptres et de couronnes ?

Mais les apôtres dans les lancettes latérales ?

Mais la crucifixion remplaçant la Vierge à l'Enfant ?

Mais Jacob ?

  

 

  Remarquons maintenant le fil conducteur qui relie toutes les scènes : il s'agit du livre, ou, plus précisément, des Écritures. Partez du livre que tient Jessé, et voyez comme le tronc de l'arbre issu de son dos  est dessiné comme un phylactère enroulé dont la spirale monte au dessus du pavillon et porte bientôt des lettres noires ; voyez comme il se transforme en branches qu'il semble recouvrir de ces plis. Ici, ce n'est pas un arbre de bois, mais un arbre de parchemin, c'est le texte écrit et lu qui fait souche, qui se déploie, qui engendre, qui fructifie, qui se ramifie, qui envoie les titulus comme des satellites. Il s'incarne littéralement dans le corps de Salomon, puis dans celui de Zorobabel, avant de s'achever dans le Verbe incarné, Jésus.

  Pendant que le livre de Jessé se déploie ainsi, notez que le premier prophète (ou roi, si vous voulez) tient également un livre ; et Salomon également (on peut imaginer qu'il s'agit du le Cantique des Cantiques) ; et le "roi" Bonias/Jonas assis avec sa robe mauve aussi. 

  De chaque coté, les apôtres ne servent qu'à cela, à témoigner des Écritures, comme sur les porches des églises où ils tiennent les volumen des articles du Credo apostolique. Mais ici, ce sont ces livres qu'ils tiennent soigneusement qui  font d'eux les porte-paroles inspirés qui lisent clairement désormais comment les prophètes de l'Ancien Testament annonçaient le Christ. Car dans chaque niche, on trouve un livre, parfois deux.

 Je propose donc d'opérer un changement radical de regard porté sur cet Arbre de Jessé. Cessons d'y voir un arbre symbole de transmission généalogique, voyons-y un arbre de la Révélation, de la parole divine exprimée comme une sève par la bouche des prophètes et de la Tradition et transmise de génération en génération, avant de s' incarner en Verbe vivant.  C'est un arbre de feuilles, de livres, de mots et de cantiques ; de sa racine naît un rejeton.

 C'est aussi le sens allégorique que je propose de voir dans ce cheminement du blanc engrisaillé : le blanc des chairs est celui des visages qui parlent et des mains qui tiennent les livres ; celui des doigts qui scandent les paroles ; celui du réseau des branches d'arbre parallèle au réseau des phylactères. Tout ce blanc est celui de la page de papier zébré des lignes noirs de l'encre, tout ce blanc est parole et écriture, bouche pour parler, yeux pour lire, mains pour dire et pour écrire, avant de se transformer une première fois dans le manteau immaculé de la Vierge, en qui le Verbe s'est fait chair, puis une deuxième et ultime fois dans le corps dénudé du Serviteur Souffrant dans la pâleur glacée de son agonie.

  

  1. Salomon.

Si donc cet arbre est celui de la circulation et de la croissance de la parole divine jusqu'à sa réalisation, il importe peu que les personnages de l'axe central respectent la filiation énoncée par Matthieu dans sa généalogie ; notre grille de lecture ne doit pas être généalogique, mais typologique, basée sur ce travail d'exégèse que les Pères de l'Église ont développé pour démontrer que Dieu parlait par les prophètes pour annoncer le Messie. Salomon, dés lors, n'est plus là comme fils de David, petit-fils de Jessé, mais comme figure du Christ : sa sagesse préfigure celle du Christ, la gloire de son règne préfigure celui du Christ, le Temple qu'il a bâti préfigure l'Église. 

Pour comprendre cette nouvelle grille de lecture, il faut savoir que les Écritures peuvent faire l'objet de trois niveaux de lecture,: littéral, figuré et typologique. La lecture typologique va s'attacher à reconnaître dans les personnages ou les citations de l'Ancien Testament l'annonce du Nouveau Testament.

   Pour reprendre les termes de Jean-Noël Guinot, l'exégèse patristique a coutume de distinguer deux sortes de prophéties : celles (prophéties messianiques directes) qui visent directement le Christ ou une réalité messianique, et celles qui reçoivent dans l'histoire de l'Ancien Testament une première réalisation, avant de trouver avec le Christ dans le Nouveau Testament leur accomplissement définitif.

Cette première réalisation, toujours incomplète ou inférieure à la seconde, en est considérée comme le « type » ou « figure » ; Non que la prophétie s'accomplisse deux fois : la figure n'est qu'une image imparfaite de la réalité neo-testamentaire « l'antitype » —qui constitue à proprement le seul véritable terme de la prophétie.( voir H de Lubac, Typologie et allégorisme 1947).

 Nous avons vu comment nous pouvons comprendre la présence de Salomon non comme une référence historique ou généalogique, mais comme du pré-texte, une écriture prophétique de l'avènement du Christ. Cela est-il valide pour les autres personnages du vitrail ?

2. Zorobabel.

  C'est le personnage situé directement en dessous de l'étage neo-testamentaire de la Passion, sur un axe médian où s'alignent Jessé / Salomon / Zorobabel / Le Christ.

  Ce n'est guère surprenant lorsque l'on sait que ce descendant de David et de Salomon a été considéré dans la lecture typologique comme la préfiguration du Christ.

 [ Rappel Wikipédia article Zorobabel: Selon le Livre d'Esdras, lorsque Cyrus II eut rendu la liberté aux Juifs, Zorobabel se mit à la tête de ceux qui habitaient la province de Babylone pour les ramener en Judée. Sept mois après avoir quitté la Chaldée, le grand prêtre Josué souhaitant rétablir le culte public,Zorobabel l'aida à dresser un autel pour offrir des sacrifices au Seigneur. Dès la seconde année, il commença à assembler des matériaux pour rebâtir leSecond Temple de Jérusalem. Mais les fondements sortaient à peine de terre que les Samaritains, dont on avait refusé les offres suspectes, firent tant par leurs intrigues auprès des ministres d'Artaxerxès qu'ils provoquèrent l'interruption des travaux.

Selon le Livre d'Aggée, quelques années plus tard, Zorobabel, excité par les prophètes Aggée et Zacharie, encouragea le peuple, qui reprit la construction du Temple avec plus d'ardeur que la première fois.Darius Ier ayant accordé sa protection aux Juifs l'ouvrage ne fut plus interrompu ; Zorobabel eut la consolation de le voir achever et d'assister à la dédicace du temple, qui fut faite quatre ans après qu'on eut recommencé à y travailler.

Dans le Livre de Zacharie, le Dieu d'Israël adresse un message à Zorobabel : il déclare que Zorobabel a déjà posé les fondements du Second Temple de Jérusalem, et qu'il l'achèvera également. De plus, il exhorte le peuple à se réjouir et à féliciter Zorobabel.]

Dans l'histoire du peuple juif, Zorobabel suffit à évoquer la fin de l'exil à Babylone et le retour glorieux sur la terre de Juda, tout comme celui de Moïse évoque la sortie d'Égypte et la fin de l'esclavage. Héros de la restauration nationale, qui s'affirme par la reconstruction du Temple et la victoire sur les ennemis, Zorobabel est aussi le chef en qui se cristallise l'espérance messianique (Agg. 2,23 et Zach 6,12-13)

Dés lors, il était naturel que l'exégèse patristique retînt Zorobabel comme une figure du Christ, et l'ère nouvelle qu'il inaugure, comme une préfiguration des réalités néo-testamentaires. Libérateur comparable à Moïse, chef et conducteur du peuple comme lui, Zorobabel offre donc à l'exégète l'occasion de parallélismes commodes entre la sortie de l'Égypte et le retour d'exil de Babylone, entre la libération d'un peuple captif et celle d'une humanité prisonnière du péché, entre la reconstitution matérielle de Jérusalem et la rénovation spirituelle opérée par le Christ. (J.N. Guinot, 1984).

 Saint Jérôme s'est exprimé explicitement au sujet de Zorobabel comme type du Christ.

 

 

3.  Jacob

 Jacob renvoie à la prophétie de Balaam Orietur stella ex jacob, Une étoile sortira de Jacob. Mais Jacob peut aussi renvoyer à l'échelle de Jacob, figure de l'Ascension (Speculum Humanae salvationis).
 

4.  Aminabad ou Abinabad :

Il figure parmi les descendants de David ancêtres du Christ dans la liste de Matthieu.
Moïse mais je n'ai pas découvert d'interprétation typologique.

Sur le plafond de la chapelle Sixtine par Michel-Ange où les ancêtres du Christ sont représentés à coté des Prophètes et des Sibylles, Aminabad cotoie Jonas.

5. Moïse.

Si le personnage qui compte sur ses doigts est bien, comme cela a été lu en 1861, Moïse, sa présence ne pose pas de problème, comme premier prophète du peuple hébreu, mais aussi parce que, comme nous l'avons vu à propos de Zorobabel, son rôle de libérateur de l'oppression égyptienne ou de guide vers la Terre Promise préfigure le Christ rédempteur. (comme Ezéchias, Cyrus, Zorobabel ou Josué ).

 Sur le vitrail de l'Arbre de Jessé de Chartres, il appartient à la liste des Prophètes.

En iconographie, face à un personnage de l'Ancien testament comptant sur ses doigts, on pense aussi au prophète Daniel.


6. Jonas
  Malgré mon incertitude sur sa présence sur ce vitrail je vais montrer néanmoins pourquoi sa présence serait possible. Cela illustrera aussi la raison de la présence de Salomon. En effet, Ionas ou Jonas par l'épisode du ventre de la baleine préfigure la mise au tombeau puis de la résurrection du Christ :

Matthieu 12,38-42 (Louis Ségond) :

   Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent: Maître, nous voudrions te voir faire un miracle. Il leur répondit: Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d'autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas; et voici, il y a ici plus que Jonas. La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon. 

Cette typologie est illustrée dans la Biblia Pauperum : Jonas / Mise au tombeau / Joseph dans le puits. 

Si cette analyse incite à accorder une place importante aux Prophètes, on peut mieux comprendre la place des Apôtres dans les lancettes latérales en tenant compte de la tradition iconographique du Credo prophétique et apostolique : Le Credo apostolique et prophétique.

Voir, dans le même sens, le vitrail de l'arbre de Jessé de Chartres : Le vitrail de l'arbre de Jessé de la cathédrale de Chartres.

 

Conclusion.

  Peut-être parce qu'il est le plus ancien vitrail d'Arbre de Jessé conservé en Bretagne, l'Arbre de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët impose une lecture différente des Arbre du XVIe siècle, lesquels sont consacrés, sinon à la Maternologie, du moins au culte marial de la conception virginal, à l'Incarnation, voire, comme cela a pu être discuté, à l'Immaculée Conception, et qui ne comportent que deux prophètes, Isaïe et Jérémie, puisqu'ils sont construits sur la citation d'Isaïe 11,1 Egredietur virga de radice Iesse, et flos de radice eius ascendet.

  Ici, cette citation n'apparaît pas, et Isaïe ne figure pas parmi les personnages. Au lieu d'être encadré, comme à Saint-Denis et à Chartres, par des Prophètes, l'Arbre est ici encadré par les douze apôtres, mais les références à l'Ancien Testament sont placés dans la lancette centrale, en lieu et place des douze rois de Juda. 

  Enfin, c'est sur la virga crucis, le bois de la croix, que la tige de Jessé trouve son apogée et sa finalité. Sa fleur, son fleuron, flos, n'est plus l'Enfant mais le Christ en croix, libérant en nouveau Moïse, nouveau Salomon et nouveau Zorobabel l'humanité de la faute d'Adam.

 

Liens et sources :

— Françoise Gatouillat et Michel Hérold, Les Vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, Presses Universitaires de Rennes 2005.

— Inventaire Général des monuments et richesse artistiques de la France. Commission Régionale de Bretagne. Finistère, Canton de Carhaix-Plouguer 2 Tomes imp Nationale 1969, p. 49.

—  Inventaire régional, culture.gouv.fr., enquête 1969, Dufief Denise ; Quillivic Claude.

— Bull de la Société Polymathique du Morbihan, Vannes 1861 page 23.    

—  Adolphe Joanne Itinéraire général de la France: Bretagne, 1867 p.502.

— Jules Corblet  Étude iconographique sur l'arbre de Jessé  (sur la présence des apôtres dans les Arbres de Jessé)

Le_Commentaire_sur_Aggee_de_saint_Jerome_memoire_de_Master_

— Jean-Noël Guinot L'exégèse de Théodoret de Cyr

— Jean-Noël Guinot La cristallisation d’un différend : Zorobabel dans I’exégèse de Théodore de Mopsueste et de Théodoret de Cyr Augustinianum Volume 24, Issue 3, December 1984 Pages 527-547

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:49

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La chapelle Saint-Sébastien est située sur la commune de Le Faouët, ( Morbihan) au lieu-dit de « Saint-Sébastien », à 50 mètres de la route menant du Faouët à Rostrenen, entourée de bosquets sur le plateau qui domine la vallée de l' Ellée.

Inscription de fondation.

La construction de la chapelle a commencé en 1598 comme l'atteste l'inscription en caractères romains  sur une pierre encastrée dans le parement externe du mur Nord :

 

« CESTE CHAPELLE FUT TR / OVEE . LE . 22 . IOVR :  DE / IVILLET .  ET COMMANCE / LE .  21 DE .  SEPTEMBRE /  1598 .  I POVLIQVIN GOVE / RNEVR ET RECTEVR. »

Cette inscription est accostée et surmontée d'un motif d'anneaux en chaîne formant frise.  Au dessus,  frise de godrons surmontés d'une corniche en talon. Juste en dessous de cette inscription se trouve la date 1599.

J'ignore comment les experts interprètent la phrase "la chapelle fut trovée" : fut-elle trouée ? ou bien trouvée ? 

La date correspond au règne de Henri IV  (1589-1610), et à la fin des Guerres de religion, puisque  l'Edit de Nantes a été promulgué en avril 1598, précédé en mars de la prise de Dinan et de la soumission des ligueurs bretons.Soumission des ligueurs bretons . En 1589 et 1598, le duc de Merceur avait tenté de se constituer une principauté autonome. (Françoise, la fille du duc de Mercœur épousera César de Vendôme, fils du roi et de Gabrielle d'Estrées). En 1595, Guy de Fontenelle s'était emparé du château de Crémenec en Priziac et écumait la région de Priziac et du Faouët.

Cette date est tardive si on la compare à celle de la reconstruction, au Faouët, de la chapelle Saint-Fiacre (1450), ou de l'édification de la chapelle Sainte-Barbe (1498, voûtée en 1512). Aussi pense-t-on que Saint-Sébastien a peut-être été construite,  entre 1598 et 1608,  sur un édifice plus ancien dont les seuls vestiges sont les écus réemployés dans les vitraux. Il s'agit des écus parti de France et de Bretagne,  des Bouteville (d'argent à cinq fusée de gueules) plein timbré d'une couronne comtale et encadrées de palmes, et parti de Bouteville (brisé d'une cotice d'azur) et de ?. Or, les Bouteville ne sont plus seigneurs du Faouët depuis le mariage de l'héritière du titre Jeanne de Bouteville, avec le marquis de Goulaine en 1559.

 

Nous allons découvrir dans les sablières les dates de 1600 (deux fois) et 1608, indiquant que la charpente a été terminée au plus tard en 1608, dix ans après le début du chantier.

La couverture, la charpente, le lambris, et les vitraux ont été restaurés de 1920 à 1939.

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Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
 écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

écu parti de France et de Bretagne, armoiries pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

La chapelle, dédiée à Saint Sébastien protecteur de la peste, a probablement été bâtie en réaction à l'épidémie de peste de 1598, que relate le chanoine Jean Moreau dans ses Mémoires des guerres de la Ligue en Bretagne

Photo Wikipédia Lanzonnet

 

La chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 1934.

 

L'édifice est en forme de croix latine, à large nef unique et chœur polygonal (trois pans et une travée droite à larges croisillons). Des contreforts angulaires sont amortis par des pinacles et ornés de gargouilles sculptées. Le chevet à trois pans-pignons est de type "Beaumanoir" du nom des maîtres d'œuvre  originaire de la région de Morlaix, mais dont l'influence s'étend jusqu'ici. On peut y voir une belle poutre de gloire. Le mobilier est constitué de quatre niches-crédences, un bénitier, un autel, un maître autel et un retable. Mais l'édifice est surtout remarquable par le décor de ses sablières.

La charpente : L'espace intérieur est couvert par une charpente lambrissée en berceau plein cintre nervuré, à fausses voûtes d'ogive sur la croisée et l'extrémité du chœur. Ligne de faîte ornée de boutons moulurés ; entraits à engoulants, sablières historiées, blochets et culots du chœur figurés. Ainsi, un siècle après la construction de la chapelle Sainte-Barbe, la voûte a été abandonnée, mais on a cependant conservée les piles de la croisée, le colonettes du transept et les culots en tas-de-charge du chœur, en leur donnant la fonction de supports des blochets et des retombées des fausses voûtes. ces retombées semblent découler directement de l'influence locale des chapelles de Saint-Fiacre et de Sainte-Barbe. (d'après Inventaire Général, 1975)

 

 

Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.
Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

Inscription de la niche-crédence du mur sud du chœur.

 

POVLIQUIN 155[-].

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LES SABLIÉRES.
Elles font la réputation de cette chapelle, et les motifs de la danse bretonne et du joueur de cornemuse, de la chasse au sanglier, du jeu de bâton, ou du martyre de Sébastien font l'objet d'études spécialisées. Mais je n'ai pas trouvé, en ligne, d'étude systématique des 22 sablières exécutées entre 1600 et 1608 par Gabriel Brenier. Ce dernier s'est inspiré, pour divers motifs, du jubé de la chapelle saint-Fiacre du Faouët.

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SABLIÉRES DE LA NEF.

Nous avons affaire, je crois, à une charpente "à chevrons-formant-fermes" à la voûte, non lambrissée aujourd'hui, en carène : les entraits découpent les sablières en ensembles (correspondants aux travées ) qui ont leur propre cohérence iconographique.  Je compte ainsi quatre ensembles pour chaque coté de la nef, le dernier (vers le chœur) étant de moitié plus court. Je les décrirai d'ouest en est, en avançant vers le chœur. Dans mon décompte, je pars de la première sablière décorée, sans tenir compte de la travée de la tribune.


 

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I. Sablières du coté nord de la nef.

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  • Décor géométrique

  • Chaîne de danseurs et danseuses.

  • Jeu du bâton breton, et inscription.

  • Masque et rinceaux.

 



 

Les sablières portent plusieurs dates ainsi que l'inscription :

« FAICT PAR GABRIEL BRENIER L'AN 1608. »

Sablières et entraits ,  coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablières et entraits , coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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1. Composition géométrique.

 

Frise de sept carrés divisés par des diagonales et ponctuées de ronds en cruex et en bosses. Décor périphérique de quadrilobes et de tirets en I.

 

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Sablière première travée nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière première travée nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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2. Chaîne ouverte de danseurs et danseuses.

C'est sans-doute la scène la plus connue, notamment grâce à une exposition organisée par l'association Dastum. Une sarabande est menée par conduite  à droite d'un joueur de cornemuse.

Pris sur Wikipédia : " Les costumes portés par les personnages sont représentatifs de ceux portés par l'aristocratie et la bourgeoisie au tout début du xviie siècle. Les danseurs de la sarabande portent chapeau à bords relevés, pourpoint et culotte bouffante tandis que les danseuses sont coiffées d'une barrette terminée en pointe sur le front. L'une d'entre-elle, celle au centre, porte même busc à la taille, fraise et larges jupons"

 

Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Chaîne de danse ouverte, ,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Chaîne de danse ouverte, , nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

La danse est menée par un joueur de cornemuse.

Jean-Luc Matte a recensé plus de 40 données iconographiques de cornemuses en Morbihan, dont 4 au Faouët. Il n'a bien-sûr pas oublié le joueur de Saint-Sébastien : "cornemuseux jouant pour une chaîne ouverte où alternent danseuses et danseurs. A l’opposé du cornemuseux, un personnage fantastique, assis à terre, tient la main de la dernière danseuse et une chope de l’autre main. 1 bourdon d'épaule à deux raccords"

Ce musicien a figuré, inversé, sur la couverture du catalogue de l'exposition "Instruments du diable, musique des anges", Dastum, Musée de Bretagne à Rennes et Musée de la Cohue à Vannes, 1999 :

http://dastum.org/index.php?id_product=54&controller=product

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On le comparera à celui qui joue sa musique diabolique sur le jubé de Saint-Fiacre du Faouët, et à celui qui officie sur la tribune de la chapelle Saint-Yves de Priziac.

Sonneurs, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, 1480-1492, photographie lavieb-aile.

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Joueur de cornemuse, chapelle Saint-Yves, Priziac, photographie lavieb-aile.

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Anges  joueurs de cornemuses, vitrail baie 2, chapelle sainte-Barbe, Le Faouët.Photographie lavieb-aile.

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En somme, ces sonneurs dont le talent endiablé et irresistible de faire danser a été dénoncé par les recteurs bretons depuis des siècles  ne sont nulle part plus nombreux que dans les églises et les chapelles. 

 

 

Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Le Diable prend note des personnes présentes à la fête.

Le Diable possède de nombreux traits animaliers : œil de bœuf,  groin de porc, cornes dépassant de son chapeau rond, tignasse hirsute, oreilles pointues, pattes fourchues. Pourtant, il se dissimule sous un vêtement fort civil, et il porte à la ceinture son plumier et son encrier. Il tient ses comptes des futurs pensionnaires de l'Enfer sur une tablette, tandis que galamment il tient la main d'une cavalière. 

 

Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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3. Troisième travée. Jeu du bâton breton, et inscription.

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a) Jeu de bâton breton.

Deux hommes tête-bêche luttent pour la possession d' un bâton. Ils sont vêtus d'un pourpoint, de braies (bouffantes et peut-être à crevés pour celui de gauche), de guêtres, et, pour l'un d'entre eux, de chaussures.

Il s'agit sans-doute de la représentation d'un jeu de pardon, modifiée pour résoudre la difficulté technique imposée par la sablière.

  Selon Fanch Peru, qui rappelle l'adage « Jeux de bâtons, jeux de Bretons » , les Celtes en général et les Bretons en particulier semblent avoir eu une sorte de prédilection pour les jeux de bâtons, notamment lors des pardons. On en décrit essentiellement deux, le bâton à bouillie (ar vazh-yod) et le bâton par le bout (ar vazh-a-benn).

1. Le bâton à bouillie (ar vazh-yod)

Ce jeu met en présence deux concurrents assis par terre, face à face, les pieds calés contre une planche fixée à chant et tenant à deux mains par le travers un gros bâton. Pour gagner il faut amener l'adversaire de son côté ou l'obliger à lâcher le bâton.

2. Le bâton par le bout (ar vazh-a-benn)

Portés à plat ventre par quatre solides gaillards pendant que d'autres leur tirent sur les pieds, les concurrents serrent à deux mains dans le sens de la longueur un bâton de taille moyenne. Le vainqueur est celui qui garde le bâton en main.

On lit dans « Contes populaires des anciens Bretons », de Théodore de la VILLEMARQUÉ (Paris, 1842, p. 288), la description suivante :

« COMBAT DU BATON.
Ce genre d’escrime était en usage dans le pays de Galles avant le dix-septième siècle. A cette époque, les ministres de la religion prétendue réformée l’abolirent avec les autres jeux nationaux gallois, qui sont maintenant remplacés par les orgies du cabaret. Il existe encore en Bretagne, dans certaines paroisses rurales, notamment en Cornouaille, et la manière dont on le pratique, semblerait autoriser à croire qu’il n’était point étranger, dans le principe, aux vieilles institutions celtiques.
La nuit de la fête des Morts, des jeunes gens et des jeunes filles qui se sont donné le mot, se rendent secrétement dans une chapelle écartée ; on allume des cierges, on récite des prières, on chante des cantiques en l’honneur des trépassés ; puis un vieillard, généralement le sorcier du pays, qui a le privilège d’assister à la lutte et de la présider, crie trois fois : Lis ! lis ! lis ! Aussitôt un cercle se forme ; deux champions y entrent : parfois ils sont armés chacun d’un penn-baz, ou casse-tête, et la lutte s’engage selon les règles ordinaires du combat au bâton ; mais le plus souvent, ils n’en ont qu’un seul, et se le disputent à force de bras, assis à terre en face l’un de l’autre. Le bâton reste au vainqueur, et le vaincu a la honte de recevoir la bascule de la main des jeunes filles. »

 

 

Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Troisième travée : jeu de bâton breton, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

b) Inscription.

Deux anges présentent un rouleau où est inscrit « FAICT : PAR : CA / BRIEL . BRENIER /  : LAN 1608. »

Les "deux points" sont en fait des points triples.

Gabriel Brenier n'est pas connu autrement que par cette inscription.

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sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

sablière de la troisième travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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4. Hémi-travée : tête et rinceaux.

Tête d'homme au nez épaté et aux yeux équarquillés, tonsuré (ou coiffé d'un chapeau de paille) au chef surmonté de trois feuilles. Barbe, ou fraise. De sa bouche partent deux tiges qui se déroulent en rinceaux à feuilles (lancéolées) et à fleurons.

Ce motif est repris plus loin.

tête et rinceaux.  dernière travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

tête et rinceaux. dernière travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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II. Sablières du coté sud de la nef.

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Première travée : Masque avec godrons divergents.

La tête coiffée d'un chapeau rond est ailée.

 

 nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Deux hommes endormis tête bêche.

Cette sculpture a un sens qui nous échappe. Un autre jeu breton ? La position symétrique des corps, l'appui des deux pieds l'un contre l'autre,  la posture dite "du songeur", main soutenant la tête, nous interrogent.

 

 
nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Chasse ou frise d'animaux.

nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Animal à tête anthropomorphe tenant un rouleau.

 
nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

SABLIÉRES DES BRAS DU TRANSEPT.

I. Bras nord du transept.

1°) Le coté est.

a) sablière de gauche, au dessus de la fenêtre.

A gauche, trois personnages à genoux. Le premier, à capuche et bure, présente un livre. Le second, également encapuchonné, pose sa main sur la tête nue du troisième, barbu, qui lui fait face. Cette scène est interprétée comme " saint Martin baptisant un catéchumène " ou comme "scène d'exorcisme".

Dans un cartouche, Inscription datée : 1600 / LE : 26 D / E : IV / IN

qui est transcrite comme : "1600, le 26 de juin". 

Un cerf (? deux oreilles et un bois ; sabots) se tourne gueule ouverte vers l'inscription.

Deux anges tiennent un cartouche. Inscription en lettres latines I :

POV / LIQV / IN : R : I / HOARN / ER M C H R

(dernière ligne douteuse)

Nous retrouvons ici le nom du recteur I[ann] Pouliquin déjà relevée avec la date de 1598 sur l'inscription lapidaire. Si on l'associe au cartouche précédent, cela peut donner "1600, le 26 de avril Iann Pouliquin Recteur,  Iann Hoarner [---]"

 

L'orthographe Pouliquin est attestée en variante de la forme commune Pouliquen. La famille Le Hoarner est attestée au Faouët par les généalogistes : couple Guillaume Le Hoarner  1643-1698 / Jacquette Laour. La variante plus commune est Houarner ou Le Houarner, Le Hoüarner

 

 

 

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

b) Sablière de l'hémi-travée du centre.

(sauf confusion d'image)

Chasse : chien poursuivant un cerf.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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2°) Le coté ouest.

 

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II. Bras sud du transept.

1°) Coté est.

L'entrait la divise en une sablière entière, et une demi-sablière jusqu'au pilier de la croisée.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

a) Sablière au dessus de la fenêtre. 

de gauche à droite :

 

— Inscription dans un rouleau tenu par deux anges agenouillés (manches bouffantes)  :

I : PO / LIQV / IN : P : R : DE : MEz

Je propose la transcription suivante : "I[ann] Pouliquin Prêtre ? Recteur de Mez", mais le -z final est vraisemblablement une abréviation.

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

— martyre de saint Sébastien.

Ce motif où deux archers se faisant face vise le saint martyr placé au milieu d'eux se retrouve dans un groupe sculpté de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, ou à l'entrée de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (29)

Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Je propose ici une photographie du retable de Saint-Sébastien de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Il date du milieu du XVe siècle ; le  Retable cadre fait corps avec la pile nord-ouest de la croisée h = 142 ; la = 167 . Sébastien, comme dans le modèle le plus fréquent, est nu à l'exception d'un pagne court dont la ceinture est lacée. Attaché à une colonne, il sourit, indifférent aux flêches que les soldats dont il était l'officier tirent à bout portant. Les archers sont vêtus d'un costume  époque Charles VII,. L'ornementation latérale est faite de rosettes et de pampres ; le socle du bourreau de droite porte un décor à rosettes.

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Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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b) Sablière près de la croisée.

Frise d'une banderole pliée en zig-zag, avec 5 hommes bras étendu, en costume "d'époque". Cheveux courts, frisés, coupés au bol (clercs ?). veste à l'encolure très serrée sur un col en V (fraise pour le n°2 ?) et aux manches bouffantes aux épaules. Visages ronds, aux yeux ronds et au sourire stéréotypé.

Inscription G: BRENI / ER DICT FERR / 1600.

Il s'agit du charpentier Gabriel Brenier, qui a signé la sablière de la nef nord avec la date 1608. Il fut donc actif ici de 1600 à 1608.

Un Jean Brenier est attesté par les généalogistes avec les dates 1575-1626, parmi d'autres exemples postérieurs affirmant que Gabriel Brenier est un artisan local.

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

2°) Coté ouest.

Au dessus d'une porte.

a) Frise en bande pliée à sept anges.

Même motif en ruban replié en zig-zag, mais sans inscription. Il s'agit ici d'anges, dont la coiffure est la même que les clercs de la sablière du coté est, mais dont les vestes, sauf dans un cas, ne sont pas fermés par une ligne médiane. la ligne de drapé, qui se casse en épingle à cheveux au creux de chaque angle, est très élégante.

 

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

b) Renard attaqué par des poules.

 

 

Un renard entré dans la basse-cour a saisi une poulette par le cou, mais deux oiseaux (a posteriori des poules) l'assaillent en mordant ses oreilles de leur bec tandis qu' un coq le mord sur l'arrière-train.  

 

Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Cette scène est célèbre, d'autant que le thème de Goupil (ou Renart) et les poules est fréquent dans les sablières et autres sculptures bretonnes. Sophie Duhem, docteur en Histoire à Rennes 2 puis maître de conférences en Histoire de l'art moderne à l'Université de Toulouse-Le-Mirail, y a consacré un article dont je donne les extraits suivants : 

DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle  

 

"Le renard se démarque de ses congénères par sa nature maléfique.

Mais Renard est surtout connu pour le rôle de premier plan qu'il joue dans la vaste épopée qui porte son nom. Ce roman satirique, rédigé par des clercs successifs entre 1170 et 1250, remporte un vif succès en France et donne naissance à un genre parodique où le monde animal présente un reflet de la société humaine et de ses excès. C'est ce monde que parcourt le goupil, et ce sont ses aventures que bon nombre d'artistes trouvent plaisir à illustrer dans les divers domaines de l 'art, tout au long du Moyen Âge. Ainsi Renard apparaît à de nombreuses reprises dans la sculpture bretonne, sur des supports de bois qui remontent pour les plus anciens à la fin du XVe siècle, et sur quelques décors de charpentes plus tardifs, pour certains datés du milieu du XVIIe siècle !

Les aventures de Renaît qui inspirent ces représentations sont certainement bien connues des populations bretonnes, sans cloute véhiculées par les conteurs et les conteuses lors des veillées. Noël du Fail évoque à plusieurs reprises le goupil dans les descriptions qu'il fait du milieu paysan des campagnes rennaises au X VIe siècle.

Renart prêchant les poules, une image appréciée des artisans bretons à la fin du Moyen Âge.

L'illustration d'un thème original, celui de Renart prêchant les poules, apparaît sur quelques décors de bois. Cette image présente le goupil revêtu d'un habit monacal, placé debout dans une chaire et s 'adressant à une assemblée de poules attentives.

La figure caricaturale de l'animal travesti en moine doit être rattachée aux écrits satiriques inspirés du roman ; Ysengrimus, un manuscrit réalisé en Flandres vers 1150 évoque déjà la figure de l 'animal travesti en moine — ici le loup Ysengrin — qui annonce celle plus tardive de Renart camouflé, jouant sournoisement de cet artifice pour tromper son entourage.

Une illustration de Renart apparaît sur le jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, décoré par le sculpteur Olivier Le Loërgan dans les années 1480. La saynète située au niveau de la clôture, face à la nef, raconte en quatre épisodes les péripéties de Renart. À gauche, il est monté en chaire, prêchant les gelines placées face à lui. Il dévore l'une d'elles sur le relief suivant ; les autres volailles se regroupent et l'attaquent, et dans la dernière scène, aidées du coq, écorchent vif le goupil. Plus que l'envers parodique de l'enseignement prêché par l'Église, il a conféré consciemment ou non à son discours une portée moralisatrice dont témoigne la fin tragi-comique du faux moine, écorché par les poules.

La figure insolite de « Renart escorché »

Un épisode particulier, associé aux représentations de Renart prêchant, met en scène un goupil écorché, cruellement dévêtu de sa fourrure par les poules courroucées. À nouveau, le thème semble puiser ses racines dans le fonds littéraire de l'épopée satirique rapportant l'histoire du goupil : ainsi, la chasse qui s'engage contre le renard est-elle surtout motivée par l'espoir de le déposséder de son manteau.

L'animal apparaît sur la face est du jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, dans la bouche d'un homme qui escorche le renard .

Renart, acteur de saynètes comiques sur les reliefs sculptés des XVIe et XVIIe siècles

En marge des thèmes anciens, des images de Renart dans le cadre de séquences comiques ornent les sablières plus tardives, datées des XVIe et XVIIe siècles. L'animal est cette fois pourchassé par une fermière pour avoir dérobé poissons et saucisses.

Le thème de la paysanne frappant l'animal avec sa quenouille est connu des illustrateurs de manuscrits et des sculpteurs depuis le XIIIe siècle. 

Dépourvus de modèle iconographique défini, il semble que les artisans se soient inspirés des images sculptées dans les bourgs voisins — les supports sont localisés — tout en les enrichissant de détails puisés dans leur propre fond culturel. L'observation de ces exemples conduit également à un constat : le choix des sculpteurs s'est davantage porté au XVIe siècle sur les épisodes comiques plutôt que sur les images intellectualisées de Renart prêchant ou de Renart écorché.

Le renard et les poules : la naissance d'un modèle stéréotypé (XVIe-XVII siècles)

 Les représentations inventives que nous avons présentées ne constituent pas l'essentiel des images du goupil sculptées sur les sablières des XVIe et XVIIe siècles. Le thème du renard attaquant les poules, isolé du cycle narratif de Renart prêchant dans lequel il était inséré à la fin du Moyen Âge, apparaît sur de nombreux décors. Dans la chapelle Saint-Sébastien au Faouët, où la charpente est précisément datée de 1600-1608, une poutre de belle facture montre l'animal aux prises avec plusieurs gélincs: il tord le cou à l'une d'entre elles mais cstassailli de tous côtés par des volailles de grande taille qui dévorent ses oreilles et piquent son arrière-train. Les décors stylisés de la charpente sculptée de l'église de Trémeur présentent des figures enchevêtrées parmi lesquelles se distinguent quelques poules et plus loin Renart attrapant l'une d'elles.

Si le thème de l'animal en quête de nourriture et dévorant sa proie est fréquent dans la décoration des sablières, la vengeance des volailles apparaît peu, en dehors des représentations anciennes montrant le goupil écorché. Une sablière de Gourin illustre néanmoins la fin tragique de l'animal : la facture de l'ensemble est très rudimentaire, mais la séquence est des plus insolites ! D'un côté un coq apparaît, de l'autre le Goupil, suspendu horizontalement, empalé sur deux broches .

Pourtant, sur bien des reliefs la saynète est réduite à sa plus simple expression, celle d'une image stéréotypée montrant la poule menacée par le prédateur.

L'étude de ces images laisse entrevoir le changement des goûts qui s'opère entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle dans le milieu des sculpteurs sur bois. Jusqu'au début du XVIe siècle, les artisans s'accommodent parfaitement de la représentation satirique du renard qu'ils insèrent de façon cohérente et réfléchie dans leurs programmes décoratifs. L'absence de représentations sur les sablières postérieures à 1 5 1 3 accuse une désaffection pour le thème, alors qu'apparaît l'image plus distrayante du goupil et de la paysanne. Si quelques artisans traitent de manière personnelle et originale cette nouvelle représentation, et ceci jusqu'au milieu du XVIIe siècle 31, la plupart simplifient le thème originel, créant ainsi l'image binaire et stéréotypée de type renard I poule. Cette simplification iconographique amène une remarque : elle est l'expression d'un désintérêt des sculpteurs pour les séquences narratives, un désintérêt qui est probablement lié à une incompréhension des modèles originaux. La méconnaissance des récits épiques et satiriques aurait graduellement détourné les sculpteurs des représentations élaborées de Renart, en vogue dans les ateliers bretons à la fin du Moyen Âge."

"INVENTAIRE Images de Renart dans la sculpture sur bois bretonne.

— Représentations de Renart prêchant aux poules et de Renart écorché : Le Faouet (Ch. St-Fiacre, v. 1480), Le Faouët (Ch. Ste-Barbe, XVIe s.), Grâces-Guingamp (1506-1512), Plumelec (Ch. St-Aubin, 1513), Saint-Gilles-Pli- geaux (XVe-XVIe s.), Tréflévenez (XVIe s.). 

— Représentations de Renart et la fermière et variantes : Cléguérec (Ch. de laTrinilé, milieu XVIe s.), Guilligomarc'h (Ch. St-Éloi, XVIe s.), Meslan (1527), Ploërdut (Ch. de Crénenan, 1652), Plougras (Ch. du Cimetière, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Pont-Aven (Ch. de Trémalo, XVIe s.), Saint-Nicolas-du-Pé- lem (Ch. St-Éloi, milieu XVIe s.), Séglien (Ch. St-Jean, XVIe s.) .

— Renart et les poules : Callac (Ch. St-Treffrin, XVP/XVIF s.), Châtelaudren (Ch. Notre-Dame-du- Tertre, XVIe s.), Edern (Ch. du Niver, XIXe-XXe s.?), Le Faouët (Ch. St-Sebastien, 1600-1608), Gourin (XVIe s.), Guern (Ch. de Quelven, XVe-XVIc), Guimiliau (lere moitié du XVIIe s.), Landerneau (Ég. Si-Thomas, XVIe s., représentation disparue), Landudal (XVIe-XVIP s.), Langast (Ch. St-Jean, XVIe s.), Lanvénégen ( XVIe s.), Magoar (XVIe s.), Neuillac (Ch. de Carmes, XVIe s.), Plévin (Ch. St-Abibon, XVIIe s.), Plouay (Ch. de Locmaria, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Le Quillio (Ch. St-Maurice, XVIe s.), Séglien (Ch. de Locmaria (XVIe s.), Suscinio (Château, fragment provenant de l'église de la Roche-Bernard, XVIe s.), Trémeur (milieu XVIe s.) 

— Autres images de Renart : Daoulas (Abbaye, XVe s.), Hopîtal-Camfrout (XVIe s.), Loqueffret (XVIe s.)." (S. Duhem)

Nous avons donc ici un Renart attaquant les poules, et attaqué par les poules et le coq, dans le cadre d'un cycle narratif dont les divers épisodes, détaillés à la chapelle Saint-Fiacre et rappelés à la chapelle Sainte-Barbe du Faouët, devait être suffisamment connu des paroissiens pour  que la scène fonctionne comme rappel de l'ensemble, et comme mascotte surdéterminée par des interprétations libres.

Voici l'image que j'avais admiré à Saint-Fiacre, et qui sert manifestement de modèle ici. Je la place entre la scène précédente (Renart prêchant) et  la scène suivante (Renart dépecé par les poules et le coq). Cliquez sur l'image.

 

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Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile

Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile

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Le chœur. 

I. sablière du coté nord.

Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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a) Tête à front ceint  ou masque dont la bouche donne naissance à deux tiges se terminant en spirales

Motif voisin de celui de la nef nord.

Armoiries parti de France et de Bretagne comme sur les vitraux. 

 

 

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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b) Deux hommes tête-bêche soufflant dans une trompe à la destination équivoque.

L'instrument à embouchure mince  descend et passe entre les jambes avant de remonter près de l'épaule et de conduire le pavillon près de l'oreille, L'un des hommes a le front ceint d'un bandeau .

Notez les traces de polychromie.

Sophie Duhem y reconnaît une busine. On peut évoquer aussi le tournebout (cromorne, krummhorn), mais on reconnaîtra qu'il s'agit alors d'une version caricaturale.

 

 

 

 

 

 

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du chœur , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Sablières du chœur coté sud. Frise de quatre médaillons à bustes d'hommes.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Les oubliés.

Le diable est venu mélanger mes photos et les séparer de leur lieu d'origine. Chœur, transept nord, nef sud, saurez-vous retrouver leurs places ? 

 

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Chasse au sanglier.

C'est une scène rare où nous voyons un chasseur enfoncer son épieu dans la gueule d'un sanglier assailli par un chien.

Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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Masque tirant la langue et menacé par deux dragons (queue portant une tête).

Tête fantastique, des plantes poussant de son crâne.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Deux dragons aux queues entrelacées.

Armoiries de Bouteville.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Scène de chasse.

Un homme (rabatteur ?) sonne de la trompe et tient une pique. Deux chiens, reconnaissables à leur collier, poursuivent deux animaux sauvages, sur un fond de feuillage.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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BLOCHETS DE LA CROISÉE DU TRANSEPT.

Les quatre blochets de la croisée du transept ont été réalisés en 1939 par A Jaffré, restaurateur de la chapelle.

inscription de restauration, prolongement de la sablière nord du chœur au pied du blochet nord-ouest.

FAICT PAR JAFFRE A LAN : 1939

 
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 chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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1°) Blochet nord-est.

Une jeune homme, agenouillé, se tient les chevilles. Son visage est fin, féminin, mais ses cheveux bouclés en flammes courtes pourraient faire évoquer la toison d'un faune  ou d'un démon. Il porte un baillon. Une veste courte, sans col, est fermée par deux boutons et resserrée par une ceinture.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Blochet sud-est.

Femme agenouillée, tenant ses chevilles,  tournée vers la charpente  mais  tournant la tête vers la croisée du transept,

 

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 

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Blochet nord-ouest :

Femme portant l'écu aux armes des Bouteville.

 

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

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Blochet sud-ouest.

femme enlacée par un serpent.

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Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Blochets de la croisée du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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La statue de saint Sébastien.

Descendue de son socle le jour du pardon pour être portée en procession.

 

Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Sébastien, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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La procession de pardon (20 septembre 2015).

Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Procession de pardon, 20 septembre 2015, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Le Comité de sauvegarde de la Chapelle Saint-Sébastien, présidée par Patrick Le Petitcorps, organise le  pardon de Saint-Sébastien le 3e dimanche de septembre au profit de la rénovation de la chapelle (messe-repas et animations toute la journée). Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2015, Patrick Le Petitcorps et son équipe sont intervenus en marge du pardon pour animer la fête profane, avec  concours de palets organisé par le Palet faouëtais, randonnées pédestres libres. À 11 h, messe le dimanche à 11 h, repas, et v ers 15 h 30, fest-deiz avec Didoënn et Le Dour-Gloaguen. Sur place, vente de crêpes. 

http://www.ouest-france.fr/saint-sebastien-dernier-pardon-de-la-saison-3701674

Le dernier pardon de la commune se déroulera, ce week-end, autour de la chapelle Saint-Sébastien. Depuis quelques jours, les bénévoles du comité de sauvegarde sont sur place pour préparer les lieux, les services techniques de la commune ayant procédé à une fauche de l'herbe sur les terrains qui accueilleront les pèlerins ce week-end. Fest-deiz et visite de la chapelle Le programme des festivités débutera samedi, à 14 h, avec un concours de palets sur route. Dimanche, dès 9 h, rendez-vous pour des randonnées libres au départ de la chapelle, avant la procession, vers 10 h 30-10 h 45, qui sera suivie de la messe dans la chapelle, à 11 h. À midi, sera servi le repas, un rôti de porc cuit à l'ancienne au four à pain (tarif : 11 €). Tout au long de la journée, il sera possible de découvrir l'histoire de la chapelle et de ses statues avec Catherine Zuber, artiste qui a participé à la réalisation des statues de la Vierge à l'Enfant et celle de saint Roch. Il sera aussi possible de découvrir les magnifiques sablières sculptées qui ornent la chapelle. Puis, à 15 h 30, ce sera le fest-deiz animé par Didoënn et le duo Le Dour-Gloaguen. En fin de journée, animation musicale avec Disco 2000. Toute la journée, vente de crêpes et buvette.
http://www.lefaouet.fr/index.php/Details/Comite-de-sauvegarde-de-la-chapelle-Saint-Sebastien.html

 

 

Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile

Le duo Le Dour-Gloaguen. Pardon profane de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët, photographies lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

— Chapelle Saint-Sébastien du Faouët  Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-S%C3%A9bastien_du_Faou%C3%ABt

— Topic-topos : http://fr.topic-topos.com/sablieres-le-faouet-pays-du-roi-morvan

— Costume Henri IV : http://www.ac-grenoble.fr/argouges/v1/PEDAGOGI/Costume/Henriquatre.htm

DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe sPresses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index  

— DUHEM (Sophie), 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle"  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  Volume 105  Numéro 1  pp. 53-69 http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

Inventaire General des monuments et richesses artistiques de la France,  Morbihan. Cantons le Faouët et Gourin, Paris Imprimerie Nationale 1975. XII + 680 p. Notice sur Saint-Sébastien : pp 51-53. Photos et plan pp 323-329.

— PERU (Fanch), 1985, "Les jeux de pardon en Bretagne", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1985  Volume 92  Numéro 3  pp. 309-326

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1985_num_92_3_3194

 

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 22:31

Présentation.

La baie n°3 occupe le bras nord du transept et mesure 4,80 m de haut et 1,50 m de large. Constituée de 3 lancettes trilobées et d'un tympan à 7 ajours, elle est consacrée aux scènes du martyre de sainte Barbe.

Datation : 1510-1515.

Comme les autres baies, les lancettes sont divisées au 2/3 de leur hauteur  par un meneau horizontal en deux niveaux. On décrit trois registres historiés, surmontés d'un registre de dais architecturés. Les lancettes sont nommées A, B, C de gauche à droite.

 

Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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I. REGISTRE INFÉRIEUR.

Lancette A : deux donatrices.

Panneaux modernes par Hucher en 1888 (signature et date)

 

Une donatrice porte les armoiries de Trégain au lambel à trois pendants. Elle est suivie d'une autre donatrice agenouillée. Ces dames sont présentées par une sainte tenant la palme du martyre, qui pourrait être sainte Barbe.

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Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B: Vierge à l'Enfant au chapelet.

Vierge couronnée par deux anges, et tenant un chapelet (?)

 

Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C : sainte Barbe présente un couple de donateurs.

Le donateur porte un tabard aux armes des Trégain ; son épouse porte une jube aux armes parti de Trégain et La Bouëxière. La tête de la donatrice a été refaite dans la seconde moitié du XVIe siècle.

Si l'identification des armoiries des donateurs est vraisemblable, les personnages eux-mêmes et la date de leur alliance est inconnue. Le costume de la donatrice indique le milieu du XVIe siècle et la mode en vogue sous Catherine de Médicis (Inventaire).

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Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

 

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Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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REGISTRE MÉDIAN.

Registre très remanié, dont les scènes se chevauchent par suite de collages défectueux.

Lancette A.

 

Mort du père de sainte Barbe frappé par la foudre

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Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B. Décollation de sainte Barbe.

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Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C (détail).

 
Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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REGISTRE SUPÉRIEUR.

Lancette A. Attroupement : bourreaux ?

 

Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Détail : verre rouge doublé gravé à la molette.

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Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Dais architecturé de la lancette A.

Il privilégie la grisaille, seulement rehaussé de jaune d'argent sur les chevelures et les instruments de musique. Quatre sortes de putti en forment les éléments remarquables : deux musiciens (une musette pastorale (?) et un instrument courbe dont l'extrémité est entourée de boules) ; un angelot central ; et, en haut, peut-être un Hercule.  

Dais architecturé de la lancette A. Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais architecturé de la lancette A. Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B. Montée de sainte Barbe au ciel.

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Verre rouge doublé gravé 

Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Le corps de sainte Barbe transporté aux cieux par les anges, Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Le corps de sainte Barbe transporté aux cieux par les anges, Lancette B, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C. Attroupement : bourreaux ?

Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais architecturé de la lancette C.

Ce dais est très différent de celui de la lancette A ce qui suggère une profonde réorganisation des panneaux lors de restaurations.

Il comporte un arc Renaissance à caissons.

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Dais architecturé, lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais architecturé, lancette C, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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TYMPAN.

Réseau historié et armorié figurant deux anges tenant des écus et 

Armoiries .

Ajour supérieur : Armes des Bouteville pleines (refaites).

Deuxième rang :

à gauche : Ange  (buste refait) portant un écu mi -parti de Bouteville et du Chastel.

à droite : ange portant les armoiries de Trégain au lambel à trois pendants d'azur (refaites)

Rang inférieur :

dans les ajours latéraux, deux anges tenant des phylactères avec des inscriptions en lettres gothiques : TE DEUM LAUDAMUS TE DOMINUM CONFITEMUR (panneau 4) et GLORIA IN EXCELSIS DEO (ET IN TERRA) PAX HOMINIBUS .

Ajours centraux : Ecu parti Trégain - La Bouëxière. Ecu parti Trégain -? (verre blanc)

 

Tympan, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Tympan, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Tympan, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 3, Transept nord, chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Le Faouët et Gourin, inventaire topographique, Secrétariat d'État à la Culture, Paris, Imprimerie Nationale 1975. .

GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Mchel), 2011, "Les vitraux de Bretagne", Corpus Vitrearum VII, Presses Universitaires de Rennes, 

— LENA (Laurent), 1989, Le Faouët, la Chapelle Sainte Barbe : Son histoire, 1489-1989 

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 19:38

Les vitraux du XVIe siècle de la chapelle Ste-Barbe du Faouët (56) : III. Le vitrail de sainte Barbe, en baie 1.

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— Pour les autres vitraux de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët,, voir :

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— Pour une présentation détaillée de la Légende de Sainte Barbe, voir :

La chapelle Notre-Dame de Lannelec à Pleyben. Deuxième partie : Sainte-Barbe .

— Pour le culte de sainte Barbe contre la foudre, voir :

— Statues de sainte Barbe : elles sont innombrables.

— Vitraux de la Vie de sainte Barbe :

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Présentation.

La chapelle Sainte-Barbe est éclairée par six baies, dont quatre (baies 1 ; 2 ; 3; et 6) ont conservé leur verrières d'origine, installées entre 1512 et 1515 lors de sa construction commanditée par le seigneur du lieu, Jean de Bouteville. 

AncreAncreAncreAncre Placée à gauche de l'autel près d'une statue de sainte Barbe, la baie 1 mesure 4,80 m de haut et 1,40 m de large et est divisée en trois lancettes (A, B, C)  coiffées d'un tympan à sept ajours et écoinçons.Chaque lancette est divisée au tiers supérieur par un meneau, cloisonnant le niveau inférieur avec  le niveau supérieur qui reçoit des  dais architecturés. Le niveau sous-jacent, lui-même composé  de deux registres est consacré en partie basse aux donateurs et à la Vierge, et en partie haute à des scènes de la Vie de sainte Barbe.

Le vitrail a été restauré dès la seconde moitié du XVIe siècle, puis au XIXe siècle, avant la restauration menée en 1882-1888 par l'atelier Hucher du Mans, qui a créé entièrement le panneau de la Vierge. Au XXe siècle, il a été restauré par l'atelier Hubert de Sainte-Marie à Quintin (22)

 

Plan de la chapelle Sainte-Barbe dans l'Inventaire topographique page  286 : la baie 1 correspond ici à Nord II

Plan de la chapelle Sainte-Barbe dans l'Inventaire topographique page 286 : la baie 1 correspond ici à Nord II

Il forme, comme ce plan le montre, un ensemble en triptyque encadrant l'hémi-hexagone qui fait ici office de chœur, centré par l'autel. A droite de l'autel se trouve la statue de la Vierge, et à gauche, sur un socle portant des armoiries, celle de sainte Barbe. Des œufs d'autruche votifs y sont suspendus, en lien avec les boules de feu créés par les éclairs, puisque la sainte est invoquée pour protéger de la foudre.

 

Le chœur de la chapelle Sainte-Barbe et les baies 1, 0 et 2.  Le Faouët, photographie lavieb-aile.,

Le chœur de la chapelle Sainte-Barbe et les baies 1, 0 et 2. Le Faouët, photographie lavieb-aile.,

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Statue de sainte Barbe, XVIIe siècle, bois polychrome.

h. 1,66 m. "Chevelure retenue par un voile, debout, vêtue en costume Louis XIII (hongreline et jupe ample) et d'un manteau drapé, tenant une palme de martyre dans la main droite. Tour en demi-relief plaquée contre le mur." (Inventaire régional, 1975).

L'"hongreline" est défini par le CNRTL comme "Justaucorps cintré, pincé aux hanches, fendu un peu au-dessus de la ceinture, porté par les officiers d'infanterie jusqu'au milieu du XVIIe siècle; sorte de camisole à grandes basques portée par les femmes".  On la décrit aussi comme une courte veste à basques, ou comme "un corsage ajusté, à longues basques flottantes, porté sur la jupe par les femmes du peuple ou de la campagne", ou " un manteau ou une redingote descendant à mi-cuisse, généralement garni et / ou doublée de fourrure développé et popularisé sous le règne de Louis XIII depuis la Hongrie ou l'Allemagne. La hongreline a été porté à la fois par les militaires et par  les civils."

 On peut noter aussi le pendentif en cœur enflammé porté par le collier de grosses perles.  

 

 

Statue de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Statue de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Baie 1 , verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Baie 1 , verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Baie 1 , verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Baie 1 , verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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REGISTRE INFÉRIEUR : DONATEURS ET VIERGE.

La présence de ces donateurs nécessite un rappel historique et héraldique.    

La chapelle est construite à 178 mètres d'altitude sur une plateforme à flanc de la falaise de Roc’h ar marc’h bran, en surplomb de la rivière Ellé (100 mètres plus bas), du XVIe siècle au XVIIIe siècle avec les principaux travaux réalisées de 1489 à 1512. Selon la tradition locale, elle est le résultat du vœu d'un seigneur de Locmalo, Jean de Toulbodou, qui, pris dans un orage à cet endroit lors d'une chasse, promit d'édifier un lieu de culte à sainte Barbe s'il échappait à la foudre. Le lendemain Toulbodou achète le terrain au baron du Faouët, Jehan de Bouteville, et fait entreprendre sa construction à partir du 6 juillet 1489. (Wikipédia)

la "tradition locale" est authentifié par l' acte de donation du terrain (6 juillet 1489) et par l'inscriptiion en caractères gothiques en relief de la console d'une statue placée sur le mur est du bras sud du transept :

Le comecem[ent] ceste cha / pelle fut le VI iour de / juillet lan mil CCCC IIII XX neuff

"Le commencement de cette chapelle fut fait le sixième jour de juillet de l'an 1489". (les tildes du o et du e de "comecement" sont presque détruits). La console semble avoir été brisée, car le rouleau est tenu par deux anges dont on ne voit que la main et la robe.

 

 

 Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Inscription de fondation, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La chapelle n'a pas reçu, comme toutes celles de la région, une charpente et une couverture en bois, mais une voûte en pierre sur croisées d'ogives. A la croisée des ogives de la voûte du chœur, cinq anges présentent des écussons aux armes des Bouteville d'argent à cinq fusées de gueules rangées en fasce, des Toulbodou "d'or semé de feuilles de houx de sinople", et de leurs alliés les Talhouët "d'argent à trois pommes de pins de gueules". A la clef de voûte du carré du transept, les cinq fusées de gueules des Bouteville est entouré d'une guirlande de feuillages et de fruits tenue par quatre angelots. La clef de voûte du bras sud du transept  présente aussi le blason des Bouteville. Mais celle du bras nord du transept, ce blason est tenu par un ange de belle taille , et un phylactère court autour de lui, portant cette inscription :

 

Lan : mil Vcts XII fut faicte ceste voute.

"L'an 1512 fut faite cette voûte."

C'est ainsi que l'on peut dater les vitraux toujours placés après l'achèvement de la couverture d'un édifice, entre 1512 et 1515.

 

Clef de voûte du bras nord du transept, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Clef de voûte du bras nord du transept, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

La famille de Bouteville.

Si Jean de Toulbodou, dont les armoiries sont d'or semées de feuilles de houx de sinople est le fondateur de la chapelle, les droits prééminenciers de celle-ci étaient détenus par la famille de Bouteville, et ce sont donc leurs armoiries qui y sont principalement visibles.

Les Bouteville (ou Boutteville) sont originaires de Normandie. Puis ils se scindèrent en une branche anglaise qui, sous le nom de Botfield, conserva le  blason, et une branche bretonne qui suivit Pierre de Dreux lorsque celui-ci fut nommé duc de Bretagne en 1213, et adoptèrent les armoiries d'argent à cinq fasces de gueules. Ils alors devinrent seigneurs du Faouët par alliance, et y disposèrent d'un château. Le château fort des Boutteville au Faouët, que le chroniqueur médiéval Jean Froissart qualifie de « petit fort », fut assiégé en 1342 par les troupes du roi d'Angleterre Édouard III pendant la guerre de Succession de Bretagne. Une garnison anglaise s'y installa mais le château fut successivement repris par les partisans de Charles de Blois et de Jean de Montfort. À la fin de la guerre, le château était ruiné et les seigneurs du Faouët firent de leur manoir à Le Saint leur résidence principale. Ils ne se réinstalleront dans la petite ville qu'au milieu du xvie siècle. 

Les Bouteville seront toujours de fidèles alliés des ducs de la dynastie des Montfort. Ils en seront récompensés en figurant parmi les chambellans de la cour ducale sous le duc François II et en étant honorés du titre de barons par la duchesse Anne.

 

  • Hervé, sénéchal de Ploërmel et Broërec en 1270, est sans-doute celui qui épousa l'héritière du Faouët.
  • ... 
  • Jean I de Bouteville, seigneur du Faouët, marié à Andrée de la Rivière
  •  Jean II, marié en 1373 à Jeanne de Quélen
  •  Jean III, marié à Isabeau de Penhoet. En 1420, il prit les armes pour délivrer le duc Jean V, amlors prisonnier des Penthiève. En 1427, il fut capturé par les anglais au Mont Saint-Michel
  •  Jean IV  (1405 -, marié à Alix de Coetquénan (fille d'Olivier de Coëtquenan et de Blanche de Cornouaille). Armoiries des de Coetquénan : d'azur au chateau d'or.
  • Jean V de Bouteville, seigneur du Faouët et de Barrégan, vicomte de Coetquénan, chambellan du duc François II, est celui qui vendit en 1489 l'emplacement de la chapelle Sainte-Barbe. Il épousa Marie de Quimerc'h le 28 novembre 1453. Marie de Quimerc'h ou de Kerimerc'h (1445 -), est la fille de Charles, seigneur de Kerimerc'h (1415 - 1485). Ils eurent onze enfants dont Catherine et Louis. 
  • Louis de Bouteville (- 18 mars 1539), épousa le 19 janvier 1498 Jeanne du Chastel (fille d'Olivier du Chastel et de Marie du Poulmic). La famille du Chastel porte fascié d'or et de gueules de six pièces.
  • Yves de Bouteville (aveu du 4 juin 1542), marié avec Renée de Carné. Il commandait en 1546 le ban et l'arrière-ban de l'évêché de Cornouaille .
  • Jeanne de Bouteville,  dame du Faouët, vicomtesse de Coëtguenan †1572 , mariée en secondes noces en février 1559 avec Claude, marquis de Goulaine, 1512-1579  seigneur de Goulaine, baron de Blaison, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, né le 12 février 1512 - Raix (16), décédé le 24 avril 1579 - Le Saint (56) à l’âge de 67 ans , inhumé  à la chapelle Notre-Dame en Le Saint (56) et fils de Christophe de Goulaine et de Claude de Montjean. Claude de Goulaine  mourut avant la Ligue. 

et  Yves, abbé de Langonneten 1518 † 1536.

Les successeurs à la seigneurie du Faouët. Goulaine et du Fresnay.

  La famille Goulaine succède aux Bouteville, par alliance, à partir de 1559.Les Goulaine étaient une famille noble ancienne, citée lors de la septième croisade (1248). Au cours des Guerres de religion, les Goulaine ont combattu dans les rangs de la Ligue catholique :Gabriel, sieur de Goulaine, à la tête de cinquante lanciers, et son frère Jean, baron du Faouët, ont conquis le château de Trogoff (Plouescat) et celui de Kérouzéré (Sibiril) en 1590.

Blasonnement : Mi parti d'Angleterre et de France (mi-parti de gueules à trois léopards d'or passant l'un sur l'autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or 

  • Claude de Goulaine (cf. supra.
  • Jean de Goulaine, baron du Faouët, ardent ligueur, prit part à l'attaque de Kerouzeré (Sibiril) en 1590, fit sa soumission en 1598, et vivait encore en 1615.
  •  Gabriel de Goulaine épousa Claude de Nevet, et mourut sans postérité. 

La baronnie du Faouët sera rachetée par Sébastien du Fresnay, conseiller du roi au Parlement de Bretagne avant 1644. 

Armoiries des voûtes, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Armoiries des voûtes, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Armoiries des voûtes, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.
Armoiries des voûtes, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Armoiries des voûtes, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A : Sainte Barbe présentant la donatrice et ses filles.

Tête de sainte Barbe en partie restaurée. 

La robe de la donatrice porte en alliance les armes des Bouteville et celles des Du Chastel. Cette partie a été refaite, et le restaurateur a donc pris le parti d'identifier les donateurs comme étant Louis de Bouteville et son épouse Jeanne du Chastel, les seigneurs du Faouët à la date de la création des vitraux. On retrouve ces armes en alliance parmi les blasons de la voûte.

 La difficulté tient par exemple du fait que je ne retrouve pas de généalogie précisant les différents enfants de Jeanne du Chastel, hormis Yves de Bouteville, et que je ne peux vérifer si elle donna naissance à des (deux) filles. Les auteurs du Corpus Vitrearum écrivent à propos de la donatrice "peut-être Jeanne du Chastel".

La donatrice porte la coiffure que porte Anne de Bretagne dans son portrait par Bourdichon dans les Grandes Heures (vers 1508). Celle-ci set constituée de trois éléments, un premier bonnet de tulle plissé puis une sous-coiffe rouge à galon or, et enfin un voile au galon enrichi de pierreries (cabochons noirs certis d'or).

Comme Anne de Bretagne, Jeanne du Chastel et ses filles portent aussi un collier près du cou au dessus d'une encollure carrée. Autre point commun, les manches très larges laissant apparaître une sous-manche rouge, plissée et resserré sur le poignet. Enfin, la posture est la même, à genoux devant le prie-dieu où un livre d'Heures est ouvert, les mains jointes et le regard fixé vers un objet de dévotion (la Vierge à l'Enfant dans le cas présent).

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La robe de Jeanne du Chastel, celles de ses filles et celle de la sainte patronne ont le même élément pectoral en bustier échancré à la taille, et on retrouve ce détail vestimentaire sur sainte Catherine dans le portrait des Grandes Heures de Bretagne (supra). Ici, il est de drap fin (soie ?) entièrement frappé d'un décor, brodé ou damassé, et comporte au centre une bande alternant des médaillons ovales à quadrilobes et des paires de boutons. 

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 la donatrice (Jeanne du Chastel ?) et l'une de ses deux filles, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

la donatrice (Jeanne du Chastel ?) et l'une de ses deux filles, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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L'analyse de la partie inférieure de la robe de la donatrice est difficile, car la photographie a été prise sous le vif éclairage intérieur de la chapelle, qui met en évidence la mise au plomb mais casse le jeu de la lumière extérieure sur le verre coloré. On voit néanmoins la bande verte du tissu damassé recouvrant le prie-dieu, la bande de six à huit rectangles horizontaux correspondant sans-doutes à l'alternance des  fasces rouges et or des armoiries des du Chastel, et la bande de trois losanges rouges correspondant, à parti, aux fusées de gueules des armoiries des de Bouteville.

Sainte Barbe nimbée, aux longs cheveux blonds, tient son attribut principal, la tour à trois fenêtres, métaphores de la sainte Trinité. (la chapelle comporte une tour identique, avec ses trois étroites ouvertures). Elle porte au dessus d'une robe dorée serrées par une ceinture, et du curieux pourpoint déjà décrit, un manteau bleu à capuchon blanc, attaché par un fermail rouge et or.

Sainte Barbe présentant la donatrice (Jeanne du Chastel ?) et ses deux filles, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Sainte Barbe présentant la donatrice (Jeanne du Chastel ?) et ses deux filles, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B : Saint Fiacre présentant le donateur .

 

panneau inférieur refait.

On compte cinq enfants, dont un blond, derrière le donateur. Puisque les filles étaient groupés derrière la donatrice, ce sont en toute logique ici des garçons. Si on considère qu'il s'agit de Louis de Bouteville, le couple Louis et Jeanne auraient eu (au moins) sept enfants. 

Louis de Bouteville est à genoux devant son prie-dieu, tourné face à la Vierge, revêtu de son armure dont il a posé le casque à panache. Au dessus de cette armure, il porte le tabard à ses armes, blanc à losanges rouges, soit d'argent à cinq fusées de gueules rangées en fasce. Sa coupe de cheveu à raie centrale  est celle d'un gentilhomme du début du XVIe siècle sous le règne de Louis XII, avant que François Ier n'adopte et n'impose en 1521 la barbe, et une coupe plus libre.

Saint Fiacre présente les donateurs. Pourquoi lui ? Bien-entendu en raison du culte privilégié que les seigneurs de Bouteville lui rendaient depuis Jean III de Bouteville, en fondant une chapelle et un hôpital en 1436. Le saint patron des jardiniers, et surtout le saint thaumaturge guérisseur des hémorroïdes et autres tuméfactions ficoïdes se reconnaît évidemment à sa bêche (dont le tranchant est toujours distinct de la base du fer), mais aussi à son scapulaire et à sa bure qui témoigne de son statut de moine. Son visage barbu est-il dû à une réfection ?

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Saint Fiacre présentant le donateur (Louis de Bouteville ?), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Fiacre présentant le donateur (Louis de Bouteville ?), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Saint Fiacre présentant le donateur (Louis de Bouteville ?), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Fiacre présentant le donateur (Louis de Bouteville ?), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C : Vierge à l'Enfant et serpent.

 Gattouillat et Hérold écrive page 291 : "Vierge à l'Enfant réalisée lors de la restauration de la verrière en 1887 par l'atelier Hucher (date et signature) qui s'inspire de la disposition du registre inférieur de la baie 2 et vice versa". Elle est nimbée et couronnée, et foule un serpent volumineux aux écailles grisâtres.

L'enfant, tenu sur le bras droit,  tient un fruit jaune à quartier ou à côtes (agrume ? grenade ??).

Inscriptions :

 LUAP. DRABI/ G. LUAP. DR (Je n'ai pas trouvé d'interprétation de ce qui peut être la signature du verrier).

AVE MARIA répété sur le galon du manteau.

En toutes petites lettres qui fait hommage à l'humble discrétion du restaurateur, on peut lire sur le socle l'inscription RESTAURÉ PAR LA FAB(rique) DU (Car)MEL dU MANS PAR MM. HUCHER ET FILS SUCCRS EN 1887.

Vierge à l'Enfant (XIXe), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (XIXe), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant (XIXe), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (XIXe), verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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REGISTRE SUPÉRIEUR : VIE DE SAINTE BARBE.

 

 

 

Registre supérieur, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre supérieur, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette A : Sainte Barbe enfermée dans sa tour est  visitée par un ange.

Le vitrail a connu quelques restaurations, comme la partie inférieure de la scène, ou une partie de la tête de l'ange.  On remarquera la meurtière à trois  

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Ce panneau m'évoque celui du lambris de Neuillac où un ange remet à sainte Catherine un onguent pour soigner ses blessures :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-lambris-gothiques-de-n-d-des-carmes-a-neuillac-une-superbe-surprise-109714066.html

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Sainte Barbe emprisonnée dans sa tour est visitée par un ange, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Sainte Barbe emprisonnée dans sa tour est visitée par un ange, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B. Le père de sainte Barbe lui demande l'explication des trois fenêtres percées dans la tour. 

 

Scène moderne.  

Inscription sur le galon du père : --QAB : MC : OR BICMIOU ---O--B/ ---DIO

(déchiffrée par l'Inventaire MRO (Q?) IB : M CORBIC MIO... ).

Les auteurs de l'Inventaire Régional de 1975 interprètent ce panneau comme "sainte Barbe et son père lui montrant la tour dans laquelle elle doit être enfermé", mais je propose d'y voir plutôt le moment où, déjà enfermée, elle témoigne de sa foi dans le dogme de la sainte Trinité en faisant percer dans sa prison une troisième fenêtre. Bien que j'ai donné dans un article précédent le récit détaillé de la Légende, j'en rappelle le résumé disponible sur Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbe_la_grande_martyre

 

  "Sainte Barbe aurait vécu au milieu du iiie siècle après Jésus Christ en Bithynie (pan nord-ouest de l'Anatolie) sous le règne de l’empereur Maximien. Son père, Dioscore, aurait été un riche édile païen d'origine phénicienne. Un jour, son père décida de marier Sainte Barbe à un homme de son choix; elle refusa et décida de se consacrer au Christ. Pour la punir, son père l’enferma dans une tour à deux fenêtres, mais un prêtre chrétien, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa.

Au retour d’un voyage de son père, Barbe lui apprit qu’elle avait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour représenter la Sainte Trinité et qu’elle était chrétienne. Furieux, le père mit le feu à la tour. Barbe réussit à s’enfuir, mais un berger découvrit sa cachette et avertit son père. Ce dernier la traîna devant le gouverneur romain de la province, qui la condamna au supplice. Comme la jeune fille refusait d’abjurer sa foi, le gouverneur ordonna au père de trancher lui-même la tête de sa fille. Elle fut d'abord torturée : on lui brûla certaines parties du corps et on lui arracha les seins, mais elle refusa toujours d'abjurer sa foi. Dioscore la décapita mais fut aussitôt châtié par le Ciel. Il mourut frappé par la foudre."

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Les "fenêtres" sont dessinées ici comme trois meutrières dont la forme en croix ajoute un symbole supplémentaire.

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Lancette B. Le père de sainte Barbe lui demande l'explication des trois fenêtres percées dans la tour. verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B. Le père de sainte Barbe lui demande l'explication des trois fenêtres percées dans la tour. verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La tour de la chapelle Sainte-Barbe,  ses trois fenêtres et la statue de sainte Barbe. Photographie lavieb-aile.

La tour de la chapelle Sainte-Barbe, ses trois fenêtres et la statue de sainte Barbe. Photographie lavieb-aile.

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La tour de la chapelle Sainte-Barbe,  ses trois fenêtres et la statue de sainte Barbe. Photographie lavieb-aile.

La tour de la chapelle Sainte-Barbe, ses trois fenêtres et la statue de sainte Barbe. Photographie lavieb-aile.

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Lancette C. Sainte Barbe et la tour.

L'interprétation de ce panneau n'est pas claire.

Remarquer une pièce posée "en chef-d'œuvre" entre le bras gauche et la poitrine : elle est découpée à l'intérieur (j'évite de dire "au sein de " ) de la pièce de verre de couleur jaune.

Lancette C : sainte Barbe;  verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C : sainte Barbe; verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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NIVEAU SUPÉRIEUR : DAIS ARCHITECTURÉS.

 

Dais architecturés, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais architecturés, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette A

Un lion rehaussé de jaune d'argent se tient au centre. On lit autour de la coupole en partie basse l'inscription AVEGR- / AVEGR- interprétée comme AVE GRATIA / AVE GRATIA   

Dais architecturé lancette A, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais architecturé lancette A, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B.

On lit cette fois l'inscription INOMNEM  répétée en miroir (inversion du verre ?) du coté droit. On peut l'interpréter comme l'incipit du verset 5 du psaume 19 (18)   In omnem terram exivit sonus eorum et in fines orbis terrae verba eorum : "Leur retentissement parcourt toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde, où il a dressé une tente pour le soleil.". Ce verset est intégré dans la liturgie catholique en antienne, par exemple dans le premier Nocturne du  Commun des Apôtres.

 

Dais architecturé lancette B, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais architecturé lancette B, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C.

Pas d'inscription, ou bien celle-ci a été perdue et remplacée par une succession d'orbes.


 

 

Dais architecturé lancette C, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais architecturé lancette C, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

TYMPAN

Armoiries entièrement refaites (d'après l'ancien ?). 1. En prééminence, armes de Bouteville pleines. 2. Écu parti de Bouteville / du Chastel. 3. Armes des Trégain (ou des Trésiguidy) aulambel à trois pendants. 4.  Écu parti des Trégain (ou Trésiguidy ?) au lambel / Kermeno (?). 5. Écu parti des Trégain (ou Trésiguidy ?) au lambel / La Bouëxière

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Tympan, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, verrière de sainte Barbe, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Le Faouët et Gourin, inventaire topographique, Secrétariat d'État à la Culture, Paris, Imprimerie Nationale 1975. page 41 et fig. 118 et 119 page 288.

— GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Mchel), 2011, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII, Presses Universitaires de Rennes, 

LENA (Laurent), 1989, Le Faouët, la Chapelle Sainte Barbe : Son histoire, 1489-1989 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 21:20

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Présentation.

La chapelle Sainte-Barbe est éclairée par six baies, dont quatre (baies 1 ; 2 ; 3; et 6) ont conservé leur verrières d'origine, installées entre 1512 et 1515 lors de sa construction commanditée par le seigneur du lieu, Jean de Bouteville.  

La baie 2, dite de la Transfiguration, se situe à l'est de de l'autel principal, sur un mur oblique délimitant le chœur de cette curieuse chapelle dépourvue de nef. Elle encadre donc à droite la baie 0, et son vitrail du XIXe siècle dédié à sainte Barbe, tandis que la baie 1 du XVIe siècle encadre cette fenêtre à gauche. Sur le plan suivant, la baie 1 correspond à l'indice N II, et la baie 2 à l'indice S.II. 

Comme la baie 1, elle est divisée par son remplage à meneaux en trois lancettes A, B, et C à deux niveaux asymétriques, alors que le réseau du tympan délimite cinq ajours et écoinçons. Elle mesure 4,65 m de haut et 1,40 m de large.

Comme l'a remarqué Roger Barrié, ces trois baies constituent l'équivalent du triptyque d'un retable au dessus et de part et d'autre de l'autel. La baie 1 et la baie 2 forment un ensemble symétrique, puisque à gauche sous la Vie de sainte Barbe, un couple de donateurs est tourné vers la Vierge et vers l'autel central, alors que cette disposition s'inverse à droite sous la Transfiguration avec un autre couple de donateurs et une deuxième Vierge à l'Enfant.

Ces deux verrières datent de la période estimée 1510-1515.

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Cette verrière a été comparée à trois autres œuvres par Roger Barrié en 1977 : à une Transfiguration de Plogonnec, d'une part ;  et, pour les dais notamment, au vitrail de la chapelle St-Exupère à Dinéault (aujourd'hui au Musée Breton de Quimper), et à un vitrail de l'église de Clohars-Fouesnant. J'apporterai les documents iconographiques permettant d'établir ces rapprochements.

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Technique.

En raison de l'éclairage de la chapelle, mes photos ont mieux visualisé la quincaillerie de fixation des vitraux, et leur mise en plomb, que les lumières des verres colorés. Ce défaut peut être mis à profit pour étudier la technique utilisée par les restaurateurs : on admirera ainsi comment les vergettes sont mises en forme pour suivre la courbure des verres, et comment elles sont fixées aux plombs par des attaches en escargot . Ou bien, on détaillera les différentes épaisseurs des baguettes de plomb (d'entourage, de sertissage..).

Ailleurs (panneaux de Moïse, du Christ), les barlotières seront bien visibles, avec leurs pannetons, leurs feuillards serrés par les clavettes : le savoir-faire des verriers s'y exposera dans toute son ampleur.

Partout, on constatera l'altération du verre ancien. Son épaisseur est évaluée par R. Barrié à 2 à 3 mm.

Des exemples de verres rouges gravés, mais aussi d'un verre vert gravé seront observés. La technique est celle du doublage du verre coloré mince par un verre blanc, et celle de la gravure par molette du motif sur le verre de couleur. Elle est employée pour les rayons diffusant autour du Christ, les ornements du chapeau de saint Jacques, et pour le revers de manche de la donatrice.

La technique picturale fait appel au trait de grisaille, au lavis de grisaille noire très diluée. Nul ne décrit avec plus de lyrisme et de compétence que Roger Barrié ces lavis, "si légèrement étendus par le blaireau et si habilement attaqués par le putois qu'ils apportent, surtout aux étoffes, une ombre qui anime plutôt qu'elle n'obscurcit la densité du verre coloré [...] il y a là un jeu subtil entre le rayonnement coloré du verre et le travail des lavis putoisés qui tient compte du support lumineux, pour aboutir à une sorte de forme-couleur" ...mais "ces lavis sont constitués d'une pellicule si mince qu'elle a pu disparaître par endroit".

On ne se lasse pas de lire l'évocation par le même auteur de l'enlevage au petit bois, pratiqué seulement pour les cheveux et la barbe et même travaillé à l'aiguille, "quelques enlevés à la plume ou à l'aiguille servant à souligner et à détacher des volumes sur le fond assombris du claveau central et des médaillons de soubassement." S'il n'est pas certain que nous soyons capables de tant de discernement, du moins, trouverons-nous ici une incitation à un examen passionnant des verres.

La sanguine , ou "rouge de fer", est quasi inexistant. Le jaune d'argent, appliqué avec précision au revers des pièces, sert à teinter les chevelures ou les pièces métalliques, et, dans les dais, à souligner les corniches, les gorges et oves, les ailes et têtes blondes des anges, les panses des cornemuses ou les motifs d'acanthes liées.

La gamme chromatique n'évite pas le couple d'un rouge chaud et profond et d'un bleu limpide, complété par le jaune, mais le risque d'un assourdissement de ces sonorités est prévenu par les vibrations légères des couleurs de complément que sont  le vert, le mauve, et le vieux-rose (robe de la Vierge). On entend bien que je paraphrase ici l'incontournable Roger Barrié, orfèvre auquel je n'ai pas fini de faire appel.

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Restaurations.

 Importante restauration attribuée à  (?) l'atelier Hucher du Mans entre 1882-1888 ; en 1912 ;  en 1956 par Jean-Jacques Gruber ; en 1961 par Hubert Sainte-Marie de Quintin. A partir de 1981, le service des Monuments historiques, en lien avec le LRMH, est amené à rechercher des solutions pour préserver les vitraux de la présence très abondante de mousses et de micro-organismes, puis à proposer diverses solutions de doubles verrières, mises au plomb simplifiée puis verres thermoformés par l'entreprise d'Hervé Débitus de Tours. En 2009, la chapelle figure encore sur la liste des travaux des Monuments historiques pour la restauration des vitraux.

Dossier images LRMH : http://www.lrmh.culture.fr/cgi-bin/qtp?typge=LREP&base=image&opimp=et&lang=fr&pp=1&dp=5&maxref=5&qmodu=EXT&tref=.R28+.R10&quest=[Sainte+Barbe,.R14]&cpres=0

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En-effet, les verres sont fragiles, sensibles aux projectiles, mais aussi à la corrosion  tant externe ( altération au contact des eaux de pluie et de la pollution atmosphérique,  salissures et  dégradations mécaniques  par pression des vents, abrasion des poussières) qu'à l'intérieur ( le ruissellement des eaux de condensations altérant progressivement les verres et des peintures jusqu’à la perte totale des motifs). Le thermoformage permet de conserver durablement les vitraux en place. La face externe est protégée par un double vitrage obtenu par thermoformage à partir de l’empreinte du vitrail à protéger,  alors que le verre est traité dans sa surface de manière à reproduire l’aspect extérieur du vitrail. La face interne est également  protégée  : en formant un double vitrage, le processus condensation ne se fait plus sur le vitrail. (Source : http://www.debitus.com/verres.php)

 

 

 

Protection par thermoformage "Debitus".

Face à leur rapide dégradation, les vitraux anciens de la chapelle ont bénéficié d'une expertise du développement de micro-organismes sur les deux faces en 1981 par le LRMH, et mise en œuvre de procédés de protection par doublage par thermoformage (Hervé Débitus à Tours).

 

Obtenu par thermoformage à partir de l'empreinte du vitrail à protéger, et placé juste derrière lui, le verre de doublage est traité dans sa surface de manière à reproduire l'aspect extérieur du vitrail en épousant le relief des plombs d'origine . Il le protège des intempéries et de la pollution.

obtenu par thermoformage à partir  de l'empreinte du vitrail à protéger, le verre est traité dans sa

Cette pratique existait déjà en Europe sous la forme de verres simples ou de vitraux incolores. En France, c’est Hervé Debitus qui l’a développée et perfectionnée dans son atelier de Tours à la demande du LMRH (Laboratoire de recherche des Monuments historiques). Il a eu l’idée d’utiliser la technique du thermoformage pour donner à ce bouclier un relief proche des verrières originales.

Grâce à cette invention, le maître-verrier a travaillé pour les cathédrales de Chartres, de Tours et de Bourges mais aussi pour la Sainte-Chapelle de Paris et de nombreuses autres églises. Hervé Debitus a également participé au groupe de travail sur les peintures pour vitrail de la SFIIC (Section française de l’International Institute of Conservation).

Actuellement, il fabrique les peintures traditionnelles vitrifiables pour la plupart des verriers du monde.

Parcours
1973 : Hervé Débitus commence à se former dans l’atelier Michel Petit
1977 : Il est embauché par l’atelier Lorin
1980 : Il crée son atelier de vitrail à Tours
2008 : Hervé Debitus est nommé Maître d’art ( ils ne sont que quatre en France)
2014 : Il transmet son entreprise à son élève Laurence Cuzange et un salarié Nicolas Babouin

 

Voir :

Manuel de conservation, restauration et création de vitraux, Ministère de la Culture et de la Communication Direction de l'Architecture et du Patrimoine Mission Ingénierie et Références Techniques

file:///C:/Users/jean-yves/Documents/Manuel_Vitrail_Septembre-2006_978-2-11-129951-1.pdf

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Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Doublage thermoformé "Débitus", Vierge à l'Enfant, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Doublage thermoformé "Débitus", Vierge à l'Enfant, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Roger Barrié a donné en 1977 une estimation rapide de l' authenticité des verres de cette baie, les verres restaurés apparaissant en hachuré. Si le niveau supérieur est presque entièrement ancien, excepté le sommet des panneaux supérieurs au centre et à gauche,  les deux registres du niveau inférieur ont été plus restaurés, et seuls sont authentiques le personnage d'Elie, les deux panneaux de la Vierge et le buste de la donatrice.

Roger Barrié, schéma d'authenticité des verres de la baie 2.

Roger Barrié, schéma d'authenticité des verres de la baie 2.

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Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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I. LE  REGISTRE INFÉRIEUR. DONATEURS DEVANT LA VIERGE.

 

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Le décor des lancettes est divisée en deux registres, inférieur consacré aux donateurs, et supérieur consacré à la Transfiguration.

 

Registre inférieur,Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur,Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A : Vierge à l'Enfant.

Une Vierge à l'Enfant nimbée, couronnée, est tournée vers la droite et donc vers les donateurs qu'elle regarde avec bienveillance. Elle porte l'Enfant sur le bras gauche, et celui-ci, nu, nimbé, tient dans la main gauche un fruit de couleur jaune. Elle est vêtue d'un manteau bleu, d'une robe violette à manches rapportées, nouée à la taille d'une ceinture dorée, et de souliers jaunes.

Elle se tient dans une niche sans montants verticaux, tendue d'un drap rouge à frange d'or, et dont l'élément architecturé supérieur à deux anges musiciens fera l'objet d'une étude séparée.

On lit l'inscription SVEOR / SVIOREV (ou / SNOREV) sous la niche.

Le socle architecturé sert d'appui aux pieds de la Vierge, mais aussi à une masse grillagée que l'on interprète comme étant le corps écailleux d'un serpent.

 

 

Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B: donateur présenté par saint Fiacre.

 

 

Un seigneur, en armure, est représenté dans la posture du donateur, à genoux, mains jointes, devant le livre d'Heures posé sur un prie-dieu recouvert d'une étoffe, et regardant vers sa gauche, dans la direction de la lancette A et de la Vierge à l'Enfant. Ce chevalier a revêtu au dessus de l'armure un tabard à ses armes, qui sont d'argent à cinq fusées de gueules en fasce (cinq losanges rouges sur fond blanc) : il appartient donc à la famille de Bouteville. S'agit-il du co-fondateur de la chapelle, Jean V de Bouteville, alors représenté de façon posthume puisqu'il décéda avant la fin de l'édification de la chapelle ? Ou bien de son fils Louis, qui était seigneur du Faouët à la date à laquelle les vitraux furent posés ? Le problème trouverait sa solution si la donatrice était identifiable par ses armoiries, mais les restaurations successives ont brouillé les cartes.

Puisque les deux baies de Sainte Barbe (baie 1) et de la Transfiguration (baie 2) forment un ensemble, il est très peu envisageable que le même couple de donateur soit figuré en même temps à droite et à gauche de l'autel. Si on estime que Louis de Bouteville et Jeanne de Chastel figurent sur la baie 1, ils ne peuvent être à l'origine présents sur la baie 2 (et vice-versa). Il semblerait logique de trouver face à face les deux seigneurs co-fondateurs, Jean de Toulbodou et Jean de Bouteville, mais aucun indice ne soutient (ni n'infirme radicalement ?) cette hypothèse.

Une autre possibilité cohérente serait que Louis de Bouteville ait fait représenter son père Jean et sa mère Marie de Quimerc'h d'un coté, et qu'il se soit fait représenter avec son épouse (et ses enfants) en vis-à-vis. Un argument pour adopter cette hypothèse repose sur le témoignage de la comtesse du Laz, qui a vu ici, en baie 2, les armes de Quimerc'h. 

Si on donne crédit à la comtesse, ce sont Louis de Bouteville et Jeanne de Chastel qui occupent la baie à gauche de l'autel, place honorifique "du coté de l'évangile", accompagnés de leurs deux filles et leurs cinq garçons, et ici, dans la baie 2 placée à droite de l'autel, ce serait Jean V de Bouteville. Tout va bien.

NON, car, tachant de retrouver la source du témoignage de la comtesse, je lis à la 

page 20 de La Baronnie du Faouët

"Dans les vitraux, à droite et à gauche du maître-autel, sont représentés les Bouteville : les armes des Bouteville sont au sommet de l'un d'eux, et toute la nombreuse famille de Jean V de Bouteville et de Marie de Quimerc'h est groupée, les fils autour du père, en costume de chevalier, les filles à la suite de leur mère, tous à genoux, les mains jointes. ce vitrail est curieux et charmant". Ce témoignage a été écrit en 1892, par une personne parfaitement experte en généalogie et héraldique ; mais il est postérieur aux restaurations de 1887 par Hucher.

Quant à cette lancette, les auteurs du Corpus indiquent : "Louis de Bouteville, en cotte d'armes présenté par saint Fiacre (refaits)" : ces restaurations sont aussi à prendre en compte.

Conclusion provisoirement définitive : nous voyons ici Louis de Bouteville présenté par saint Fiacre, et nous allons découvrir bientôt sa chère épouse Jeanne.

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Quand à saint Fiacre, qui présentait déjà le sieur de Bouteville dans la baie 1, il est égal à lui-même, avec son nimbe, sa pelle de patron des jardiniers, sa tonsure et son scapulaire de moine. Au dessus, une inscription énigmatique à la base de la coupole indique CHIVAR / ALL.

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Saint Fiacre, Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Fiacre, Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Donateur, registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Donateur, registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C. Donatrice présentée par sainte Marie-Madeleine.

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Nous identifions sainte Marie-Madeleine à son attribut, le flacon de parfum, à son élégance vestimentaire, à ses bijoux (collier de perles) et à ses longs cheveux blonds dénoués sous un voile blanc. On notera la particularité du bandeau qui retient les cheveux afin de mettre en valeur la blanche finesse de la nuque : il passe derrière le cou à la façon d'un "chouchou", et j'en ai noté la présence sur de nombreuses statues du Finistère au XVIe siècle .

Voir Vierges allaitantes de Cornouailles, le bandeau de cheveu.

La tête de la sainte a été restaurée. Manteau vert, robe vieux-rose, fond rouge (deux teintes différentes).

Le patronage de Marie-Madeleine n'a aucun rapport avec le prénom de la donatrice ; mais celle-ci se place sous sa protection dans son rôle majeur d'intercession . sainte Marie-Madeleine appartient, avec sainte Anne, sainte Barbe, sainte Catherine et sainte Marguerite, à la petite liste des saintes implorées dans les suffrages des livres d'Heures. Si Barbe, Catherine et Marguerite sont des Auxiliatrices, protectrices des grands dangers et les situations d'urgence, Madeleine a un rôle plus complexe. Ancienne pécheresse convertie, mais aussi amie du Christ, elle est  aussi réputée pour attrait pour les parfums, les bijoux et riches vêtements,  par la sensorialité de sa chevelure, et par sa propension à toucher le corps (et presque exclusivement les pieds) du Christ. Elle illustre ainsi le plaisir des sens, convertis et mis au service de l'Amour de Dieu. Sensuelle, elle l'est aussi par ses caresses, mais surtout, surtout par ses larmes et ses postures anéanties par la douleur de la perte au pied de la Croix.    Elle peut servir d'exemple dans l'édification  des jeunes filles et jeunes femmes non seulement pour les détourner  de la luxure, mais aussi pour les conduire à la sanctification des cinq sens. Concilier vie sainte  et luxe est une problématique qui devait concerner particulièrement les dames de la noblesse, et elles pouvaient se reconnaître dans ce modèle à la beauté remarquable, aux riches atours, à la féminité exubérante, mais, malgré tout, parangon de piété.

Au Faouët, dans le diocèse de Vannes, où saint Vincent Ferrier est particulièrement vénéré depuis sa mort à Vannes en 1419, il peut être interessant de se référer à son homilétique (pour le plaisir de placer ce joli mot ) , et, au sein de son corpus d'homélie, de son sermon sur Marie-Madeleine. Aucun sermon n'a été conservé de la période bretonne. Mais on dispose de deux sermons panygériques , l'un de Pérouse en 1407 et l'autre de Valence entre 1412 et 1419. La conversion des cinq sens y est décrite : la bouche qui avait péché embrasse maintenant les pieds du Christ, les yeux demeurent inclinés à terre, et elle ne regarda plus jamais un homme en face. Etc...

Plus proche de la date de la réalisation du vitrail, un autre prédicateur célèbre, le cordelier d'origine bretonne Olivier Maillard prononça à Nantes entre 1460 et 1470 des sermons ; le sermon XLV porte sur Marie-Madeleine, mais tous ses traits de féminité sensuelle sont mis sur le compte de sa vie de pécheresse :

Que faisait-elle ?

Maria Magdalena , in sua propria domo deliciis et ocio vacans, usque ad ejus conversionem omne tempus suum omnemque vitam suam voluptatibus exposuit, ornando caput, poliendo crines et unguendo, componendo vestes , cantando cantilenas vanas, loquendo lascivia, conversando cum juvenibus, et ex consequenti de facili alia faciendo que non licet homini loqui. 

 "Splendide nempe illud pascebat, bene ac laute comedebat, beneque bibebat, ac dormiebat "la grasse matinée"  [en français dans le texte latin] , quoscunque refugiebat labores et habebat multa bona ac banquetandum

 Ma traduction ! "Marie-Madeleine, vivait jusqu'à sa conversion dans sa propre maison, une vie de délices et d'oisiveté, se livrant à tous les plaisirs, ornant sa tête, coiffant ses cheveux, se parfumant, choississant ses vêtements, chantant de vaines cantilènes, tenant des propos lascifs et en conversant avec les jeunes hommes, et, en conséquence, faisant d'autres choses dont il est pas permis à un homme de parler facilement." "Elle mangeait luxueusement, buvait autant, se levant tard en faisant "la Grasse Matinée", et, devenue riche, consacrant ses biens en banquetant."

Mais après sa conversion, il en va tout autrement : elle se coiffe avec coquetterie, elle s'habille avec soins, achète les plus beaux parfums, choisit des bijoux hors de prix. Mais elle le fait pour son Seigneur. Tel est le Surmoi adoptée par la donatrice.

 

La donatrice est à genoux face au prie-dieu où est ouvert son livre d'Heures. Elle porte la coiffe noire type "Anne de Bretagne" déjà décrite sur la donatrice de la baie 1. De même, elle porte le bustier à décor médian de médaillons dorés, et à encolure carrée, également décrit en baie 1. Par contre, la lourde chaîne en or à anneaux ovales, signe de richesse et donc de haute noblesse , ne se trouvait pas en baie 1. C'est un argument possible pour identifier ici Jeanne de Chastel, la dame de Faouët "en exercice". Les armoiries parti Bouteville et de Chastel de sa robe nous y incitent, mais comme elles sont dues à une restauration, elles ne sont pas un indice fiable d'identification.

De même, la manche bleue et son revers en verre vert gravé est l'œuvre d'un restaurateur. L'altération des mains et du livre témoigne de leur ancienneté.

Au dessus de la niche violette à cul-de-four, les deux anges joueurs de cornemuse sont présents comme en lancette A (et en lancette C).

 

Donatrice et sainte Marie-Madeleine, registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Donatrice et sainte Marie-Madeleine, registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Donatrice (détail), registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Donatrice (détail), registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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II. LE NIVEAU INFÉRIEUR, SECOND REGISTRE  : TRANSFIGURATION.

Note : J'ai procédé à l'étude du thème de la Transfiguration lors de mon examen des panneaux, homologues, de l'église de Plogonnec : je renvoie donc le lecteur à cet article :

 http://www.lavieb-aile.com/article-vitrail-de-plogonnec-iii-la-transfiguration-92501268.html

Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Registre inférieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A. Saint Pierre.

Ce panneau serait entièrement refait. On note l'inscription sur le galon de la robe :

E. CHIVAR / ALBERT PIAG LKON et plus bas SLIc Bcx.G. Le prénom Albert peut évoquer la signature de verriers chargés de la restauration.

Saint Pierre, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Pierre, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Comparaison avec la Transfiguration de Plogonnec (photographie lavieb-aile):

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Lancette B : saint Jean.

Panneau  entièrement refait, mais dont l'altération (nimbe par exemple) est déjà importante.

Saint Jean, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Saint Jean, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Comparaison avec la Transfiguration de Plogonnec (photographie lavieb-aile):

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Lancette C : saint Jacques.

Saint Jacques, ébloui par la transfiguration de son maître, se protège en plaçant sa main gauche en écran. 

 Le visage, la main et la robe mauve seraient authentiques, ainsi que le chapeau. Notez ce chapeau en verre rouge doublé, sur lequel ont été gravés non seulement la coquille de Saint-Jacques emblématique, mais aussi les bourdonnets entrecroisés, ces bâtons taillés en forme de bourdon. Car le bourdon que tient saint Jacques est son attribut principal, avec la calebasse faite d'une courge vidée et séchée

Saint Jacques, Transfiguration, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jacques, Transfiguration, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques, Transfiguration, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jacques, Transfiguration, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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 Comparaison avec la Transfiguration de Plogonnec (photographie lavieb-aile):

C'est le seul cas où les cartons des deux verrières sont identiques, notamment pour les éléments authentiques.

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III. LE NIVEAU SUPÉRIEUR : TRANSFIGURATION (Moïse, Christe et Élie) ET DAIS ARCHITECTURÉS.

 

Niveau supérieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Niveau supérieur, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette A : Moïse tenant les tables de la Loi.

Dans un fond de ciel rouge pommelé de nuages gris-bleu (dans les Passions finistériennes du XVIe, le ciel est ainsi rouge), Moïse tient dans la main droite les Tables de la Loi et dans la main gauche le bâton rituel.

Il est inscrit sur les Tables : EG / OS / UM / ALF / AE / TO / CRE / ATO / RO / NO / DE / VS.

Soit EGO SUM ALFA ET OMEGA et (par approximation) CREATOR O[MNIUM] DEUS : la première partie est une citation de l'Apocalypse de saint Jean Ap.1:8 ou 22:13, mais aussi un chant grégorien ; et la seconde est l'incipit d'une ancienne hymne ambrosienne ( composé par saint Ambroise) chanté à l'office des Vèpres.

Les références tacites sont nombreuses. Moïse devant la clarté éblouissante du Christ transfiguré renvoie au texte biblique d'Exode 3 et de l'épisode du buisson ardent, pendant lequel Dieu révèle à Moïse son nom, YHWH, communément traduit par Je suis celui qui suis. Un lien est donc établi avec la présentation du Christ par "Je suis l'Alpha et l'Oméga." C'est dans le même épisode en Exode 4 que Dieu donne à Moïse des pouvoirs extraordinaires afin de convaincre son peuple : 

 L'Éternel lui dit: Qu'y a-t-il dans ta main? Il répondit: Une verge.

L'Éternel dit: Jette-la par terre. Il la jeta par terre, et elle devint un serpent. Moïse fuyait devant lui.

 L'Éternel dit à Moïse: Étends ta main, et saisis-le par la queue. Il étendit la main et le saisit et le serpent redevint une verge dans sa main.

 C'est là, dit l'Éternel, ce que tu feras, afin qu'ils croient que l'Éternel, le Dieu de leurs pères, t'est apparu, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob.

C'est cette verge, ce bâton-serpent que Moïse tient dans sa main sur ce vitrail.

L'hymne Creator Omnium Deus peut être mis en relation avec la Transfiguration, et avec le Buisson ardent, car ses premiers versets célèbre Dieu "qui revêts le jour de lumière éclatante".

 

Deus creator omnium 
polique rector, uestiens 
diem decoro lumine 
noctem soporis gratia,
 

Dieu créateur de toute chose
Roi des cieux qui revêts
le jour de lumière éclatante,
la nuit des grâces du sommeil 

A Plogonnec, le panneau correspondant porte :  EGO SOM QUI OM et CREDO IN UNUM

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— Inscription sur le galon de la tunique :

  • sur la manche droite : AVEMARI

  • sur l'encolure : ERATMORATIMOBPSUO

  • sur la manche gauche : MORI

— Dais armoriés :deux anges joueurs de cornemuse, et deux anges joueurs de flûte à bec..

Moïse, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Moïse, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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 Comparaison avec la Transfiguration de Plogonnec (photographie lavieb-aile):

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Lancette B : Christ transfiguré.

 

Christ transfiguré,  Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Christ transfiguré, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Christ transfiguré,  Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Christ transfiguré, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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 Comparaison avec la Transfiguration de Plogonnec (photographie lavieb-aile):

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Lancette C : Élie.

 

Elie, Christ transfiguré,  Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Elie, Christ transfiguré, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Elie, Christ transfiguré,  Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Elie, Christ transfiguré, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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 Comparaison avec la Transfiguration de Plogonnec (photographie lavieb-aile):

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V. LES DAIS ARCHITECTURÉS.

 

En 1977, ils ont retenu l'attention de Roger Barrié, qui préparait alors sa thèse sur les vitraux de Cornouaille. En effet, il les a rapproché judicieusement de ceux de l'église de Clohars-Fouesnant et de ceux de la chapelle Saint-Exupère de Logispar à Dinéault (29), ces derniers étant conservés au Musée Départemental Breton de Quimper.

Les baies de Clohars-Fouesnant datent de ca.1520, ceux de Dinéault de ca.1530.  

Les personnages sont figurés devant des tentures damassées (à Dinéault), ou devant le ciel (à Clohars-Fouesnant et au Faouët), dans des niches à coquilles surmontés de dais à putti musiciens, alors que les socles sont, à Dinéault, ornés de médaillons de têtes à l'antique.

A Clohars-Fouesnant, Roger Barrié décrit page 32 ces dais ainsi :

"L'entablement de l'arc triomphal est couronné d'une coquille cernée d'un rang d'oves et d'un ruban de billettes dont les extrémités s'enroulent sur elles-mêmes ; le tout terminé par un fleuron non éclos. La guirlande végétale, dont le motif central est ici une fleur, prend naissance dans deux oculus percés au dessus des piles et présentant un réseau losangé de vitrerie. Le claveau de l'arcature surbaissée, démesurément allongé aussi, est orné d'une étroite fenêtre aveugle et aux épaules très resserrées ; la conjonction de cette réminiscence de la grammaire gothique et du décor à l'antique tel qu'en abuse naïvement la Première Renaissance indique l'influence du décor lombard, normale au demeurant à partir de 1500, sur les modèles européens qui ont pu influencer le peintre verrier".

Dais à joueurs de cornemuse et de flûte, Clohars-Fouesnant :

 

A la chapelle Sainte-Barbe, il les décrit ainsi :

"Dans les lancettes latérales du Faouët, les dais ont exactement le même dessin et la même fonction que ceux du vitrail de Clohars-Fouesnant : un étagement complexe d'architectures chargées d'anges musiciens et d'ornements limite de façon un peu brutale le fond rouge de la Transfiguration. En opposition, les trois dais inférieurs, arrêtés à la hauteur du claveau central et des joueurs de cornemuse, couronnent des niches où un cul de four en coquille devait assurer la transition entre le dais et la tenture galonnée du fond. Le soubassement de chaque niche suit le plan d'un tiers d'hexagone, s'articulant sur trois éléments qui sont la reprise à même échelle du claveau du dais. Les faces méplates de ce socle en avancée imitent des bas-reliefs lourdement encadrés consistant en un motif d'ovales peu accusés."

Dans les trois cas, les anges associés en encadrement deux à deux jouent en bas de la cornemuse, et en haut de la flûte à bec. Ils sont installés à califourchon sur un motif de feuilles d'acanthes liées.

Ce motif d'acanthes constitue l'élément de base de la décoration du Jugement dernier de Plogonnec, de l'Arbre de Jessé de Kerfeunten, de la Pentecôte de Sainte-Barbe du Faouët, etc..

La cornemuse comporte un bourdon monodique soutenus par l'épaule, un porte-vent et un chalumeau mélodique.

 

Dais à joueurs de cornemuse et de flûte à bec, lancette A, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais à joueurs de cornemuse et de flûte à bec, lancette A, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Dais à joueurs de cornemuse et de flûte à bec,, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais à joueurs de cornemuse et de flûte à bec,, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais à joueurs de cornemuse et de flûte à bec,, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Dais à joueurs de cornemuse et de flûte à bec,, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

 

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VI. LE TYMPAN.

"armoiries entièrement refaites avec réemploi de qulques éléments de bordure"(Corpus Vitrearum)

  • En supériorité, les armes des Bouteville
  • en haut à gauche, parti de Bouteville / du Chastel
  • parti Bouteville / Quimerc'h
  • parti Bouteville-Coëtquenan
  • en bas à droite, Armes de Toulbodou pleines

 

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Tympan, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

 

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Tympan, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie 1, Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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COMPARAISON AVEC DES VITRAUX DU FINISTÈRE.

 Un atelier de peinture sur verre ?

En 1977, Roger Barrié soulignait les rapprochements possibles entre cette verrière de Sainte-Barbe, une verrière de la chapelle St-Exupère de Dinéault conservé au Musée Départemental de Quimper, et une varrière de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant. Il les attribuait à "un atelier de peinture sur verre vraisemblablement de Quimper, actif durant la seconde moitié du XVIe siècle.

Depuis, le nom de la famille Le Sodec a été associé à cet atelier quimpérois.  

La Transfiguration de Plogonnec a été attribué à Laurent Le Sodec en raison d'inscriptions relevés sur les panneaux. On les retrouve sur la Passion de Plogonnec. Olivier et Laurent Le Sodec ont "explicitement" (?) signés l'Arbre de Jessé de Notre-Dame de Kerfeunten à Quimper. Françoise Gatouillat et Michel Hérold leur attribuent "avec vraisemblance des vitraux conservés à Pont-Croix et à la chapelle des Trois -Fontaines en Gouezec, et même des œuvres très fragmentaires comme le Jugement Dernier rapportés dans l'église de Guengat. Dans les Cötes d'Armor, la maîtresse-vitre de belle qualité de Maël-Pestiven, avec ses fonds rouges unis et ses dais à ornements caractéristiques, manifeste d'évidentes affinités avec ce groupe quimpérois des années 1520 ; l'absence de corrélations entre ses cartons et ceux des autres séries de la Passion empêche cependant de l'attribuer fermement aux Le Sodec." 

Néanmoins, l'interprétation des inscriptions me semble souvent hasardeuse.

Les inter-relations se créent avec un vaste ensemble :

1. Celui des Vitraux de l'église St-Thurien de Plogonnec :

2. Celui d'autres verrières contemporaines du Finistère, avec lesquelles existent des rapports de similitude (mêmes cartons, notamment pour les Passions), de thème, d'histoire (même influence des familles nobles) de motifs stylistiques,ou de comparaison :

La présence d'inscriptions sur les galons des vêtements, sous forme de lettres sans ponctuation composant des antiennes à la Vierge, ou des séquences ininterprétables, est l'une des caractéristiques, non constante, de ces vitraux. Nous avons vu que ces inscriptions se retrouvent sur la Transfiguration de Sainte-Barbe du Faouët, et sur celle de Plogonnec, mais aussi sur la verrière de Sainte-Barbe du Faouët,  sur l''Arbre de Jessé de  Kerfeunten, sur l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars.

 

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SOURCES ET LIENS.

— BARRIÉ (Roger), 1977, "Le vitrail de la Transfiguration de la chapelle Sainte-Barbe au Faouet" , Arts de l'Ouest, 1977-1, p. 38-50 et figure 13-14.

— BARRIÉ (Roger), 1977, "Un atelier de peinture sur verre en Cornouailles vers 1535" , Arts de l'Ouest, 1977-1, p. 17-37.

— DU LAZ, Marie-Thérèse-Armande-Frédérique de Saisy de Kerampuil (1831-1906 ; comtesse), 1892 La baronnie du Faouët / par la comtesse Du Laz, Impr. de Galles (Vannes), 57 p. : ill., couv. ill. ; 25 cm http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k379828z/f24.image

— MAILLARD, Olivier 1877. Œuvres Françaises d'Olivier Maillard--Sermons et Poésies--Publiés d'Après les Manuscrits et les Éditions Originales Avec Introduction, Notes et Notices. 1877 par Arthur de la Borderie

https://archive.org/stream/uvresfranaisesd01nantgoog#page/n165/mode/2up

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110137d

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faouët.
30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 19:25

Les vitraux du XVIe siècle de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët (56) : I. Baie 6, Ascension et Pentecôte.

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Voir aussi :

Les vitraux du XVIe siècle de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët (56) : II. la Transfiguration. Baie 2. ca. 1512-1515.

Les vitraux du XVIe siècle de la chapelle Ste-Barbe du Faouët (56) : III. Le vitrail de sainte Barbe, en baie 1.

Les vitraux du XVIe siècle de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët (56) : IV. Baie 3, le Martyr de sainte Barbe.

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Présentation.

La baie 6, placée sur le croisillon sud, est composée de quatre lancettes trilobées et d'un tympan à dix-sept soufflets et mouchettes, de 5,60 m de haut et 2,65 m. de large. Les lancettes se divisent en deux ensembles, les trois lancettes de gauche étant consacrées à l'Ascension, et la lancette de droite à la Pentecôte. La datation estimée est de 1512-1515 puisque des inscriptions indiquent que la voûte était achevée en 1512.

Plan :

I. L'Ascension

II. La Pentecôte.

III. Le tympan.

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Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

I. L'ASCENSION.

Les trois lancettes de gauche montrent le Christ s'élevant dans les nues sous le regard des 12 apôtres et de 3 femmes. La moitié supérieure est structurée par une architecture à trois niches, les deux niches latérales en plein cintres recevant des pilastres et des guirlandes, et la niche centrale étant à arc brisée et polylobée. Alors qu'une radiance de flêches de feu en lames alternativement droites et sinueuses vient converger sous la niche centrale, où quinze anges accueillent le Christ dont seuls la tunique et les pieds sont visibles, deux orchestres et chœurs angéliques accompagnent le mouvement d'ascension à droite et à gauche, sous les niches de plein cintre.

 

 

L'Ascension, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

L'Ascension, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

1°) Lancette A (extrême gauche).

Dans la partie inférieure sont réunis sept personnages (cinq hommes et deux femmes) tous nimbés, mains jointes et le regard dirigé vers la scène d'Ascension. Parmi ces personnages, on peut identifier avec certitude saint Jean (imberbe et en robe rouge). On peut en déduire, par similitude avec les Passions, que les deux femmes sont la Vierge Marie (manteau bleu formant voile, robe rouge) et Marie Madeleine (au turban caractéristique). Saint Pierre pourrait être placé derrière la Vierge (barbe ; calvitie partielle), mais je l'identifie plutôt dans la lancette C.

On remarque que les sept nimbes sont traités différement. Le verre rouge est gravé pour figurer l'arc du nimbe de Marie, et pour décorer de points blancs le nimbe de gauche (gravure circulaire, par meule). C'est par la même technique de verre rouge gravé que sont figurés les rayons éblouissants convergents vers les cieux.

 

L'Ascension, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

L'Ascension, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Saint Jean, la Vierge Marie et  sainte Marie-Madeleine, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Saint Jean, la Vierge Marie et sainte Marie-Madeleine, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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la Vierge Marie et  sainte Marie-Madeleine, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

la Vierge Marie et sainte Marie-Madeleine, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Dans la partie supérieure, huit anges célèbrent les louanges du Christ en adorant, en chantant, et en jouant de la flûte à bec.

Anges musiciens, lancette A, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Anges musiciens, lancette A, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Au sommet de la lancette, la niche abrite aussi dans l'architecture Renaissance cinq autres anges dont deux jouent d'un instrument à vent.

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Anges musiciens, niche de la  lancette A, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Anges musiciens, niche de la lancette A, L'Ascension (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La Lancette B.

Sous les yeux de quatre personnages, le Christ rayonnant disparaît à mi-corps dans les nuées peuplées d'un chœur d'anges.

Lancette B, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Qui sont ces trois hommes et cette femme ? Le très beau saint aux cheveux d'or, imberbe, au manteau rouge et à la robe damassée et dorée correspond à saint Jean, ce qui me mets dans l'embarras puisque je viens de l'identifier en lancette A. De même, le personnage de gauche ressemble à saint Pierre, et est identifié comme tel par les auteurs du recensement du Corpus Vitrearum. Ils ajoutent que cette figure est la seule ancienne : mes difficultés proviennent sans-doute des restaurations qui ont brouillé la cohérence des visages des apôtres et des saintes.

Lancette B, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, (détail) in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, (détail) in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La moitié supérieure : Ascension du Christ et couronnement d'architecture..

 

 

Lancette B, (détail) in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette B, (détail) in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La lancette C.

Symétrique de la lancette A, elle présente dans sa moitié inférieure une partie de l'assemblée avec six apôtres et une sainte femme, et dans sa partie supérieure des anges priant et chantant. 

Lancette C, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Cinq nimbes sont en verre rouge gravé (trop parfaitement et mécaniquement). Saint Pierre est identifiable avec un bon niveau de certitude par son toupet en houpette sur fond de calvitie, mais ces deux panneaux inférieurs sont entièrement refaits par les restaurateurs. 

Lancette C, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Lancette C (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

.Même carton inversé que dans la lancette A, mais où le huitième ange ne laisse plus apparaître que sa chevelure paille, et où le restaurateur a remplacé un instrument par une  flûte de pan .

 

Lancette C (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette C (détail), in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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La niche semble tirée du même carton que celle de la lancette A. Les mêmes anges s'y livrent aux mêmes saintes occupations.

II. La Pentecôte : lancette D.

L'intérêt de la scène est de découvrir au dessus de l'assemblée des apôtres et de la Vierge une fontaine dont les eaux ruisselle sur les apôtres.

Lancette D, Baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette D, Baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Au premier plan, saint Pierre (j'y tiens !) est bien là, comme l'atteste sans ambages la grande clef qu'il tient. En face de lui, l'épée permet d'identifier saint Paul pourtant absent lors de la Pentecôte (pour ceux que cela dérange, l'épée est aussi l'attribut de Matthieu). Au total, dix-neuf personnages, presque tous barbus, entourent la Vierge. Le texte du Nouveau Testament qui relate la descente de langues de feu sur les apôtres est celui des Actes des apôtres 2:1-4 qui dit "Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous réunis dans un même lieu", "ils" désignant les douze apôtres qui viennent d'être dénommés dans le chapître précédent. 

Le Corpus Vitrearum signale d'assez importantes restaurations : panneau supérieur ; 3 t^êtes d'apôtres placées à gauche de la Vierge.

Lancette D, Baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette D, Baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Alors que les langues de feu tombent de la coupole (le toit de la maison de Jérusalem "où ils se tenaient d'habitude" (Actes 1 :13), une fontaine verte semble prolonger le corps de la Vierge, et les jets d'eau (gravure du verre rouge) arrosent le visage de deux apôtres, dans la symbolique d'un nouveau baptème, peut-être selon Actes 1:5 "Car Jean a baptisé dans l'eau, mais vous, c'est dans le Saint-Esprit que vous serez baptisé dans peu de jours".

 

 Lancette D de la Pentecôte, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette D de la Pentecôte, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Le dais architecturé.

Angelots, guirlandes, colliers.

 

Lancette D, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Lancette D, in Vitrail de l'Ascension et de la Pentecôte, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

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Le tympan.

Dans les dix ajours latéraux, les anges porteurs des instruments de la Passion (anges tenant l'échelle et la Sainte Face restaurés)

Dans les écoinçons, fleurs de lys se rapportant à la Vierge, closes, mi-closes et épanouies (carton renversé).

Tympan, baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan, baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

.Les cinq ajours de l'axe :

Armoiries de Boutteville en prééminence

Parti de Boutteville et de Coëtquenan (anciennes)

Parti de Boutteville et Du Chastel 

Parti de Boutteville et de Kerimerc'h (en partie anciennes, mais jamais à droites)

Armoiries de Toulbodou (restauration ancienne : "émail" vert

 

 

 

Tympan (détail), baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Tympan (détail), baie 6, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

Restaurations entre 1882 et 1888 par l'atelier Hucher du Mans ; en 1912 ; en 1922 après un cambriolage ; en 1956 par Jean-Jacques Gruber. En 1961 par l'atelier de Hubert de Sainte-Marie. Expertise du développement de micro-organismes sur les deux faces en 1981 par le LRMH, et mise en œuvre de procédés de protection par doublage par thermoformage (H. Débitus à Tours).

Comme en témoigne cette photo (copyright LRMH-Bozellec) de 1981, l'altération des verres est considérable : http://www.lrmh.culture.fr/cgi-bin/qtp?typge=LREP&base=image&opimp=et&lang=fr&pp=1&dp=5&maxref=5&qmodu=EXT&tref=.R28+.R10&quest=[Sainte+Barbe,.R14]&cpres=0

 

LIENS ET SOURCES.

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ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Notices, page 102

COUFFON (René), 1957, "Le Faouët, Chapelle Sainte-Barbe", Congrés Archéologique, p. 94-99.

— GATOUILLAT (Françoise) et HÉROLD (Michel), 2005, Les Vitraux de Bretagne, Inventaire général du patrimoine culturel, Corpus Vitrearum Recensement VII, Presses Universitaires de Rennes, page292.

— Inventaire topographique Le Faouët-Gourin, 1975, page 41-43

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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