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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 12:20

Le Salon de la fontaine (Salone della fontana, entre 1565 et 1568) de la Villa d'Este  à Tivoli : un art de l'illusion et de la théâtralité.

 

Sur les pergolas illusionnistes, voir dans ce blog :

 

 

PRÉSENTATION

Le Salone della fontana de la Villa d'Este à Tivoli était destiné à accueillir les somptueux banquets organisés par le cardinal Hippolite II d'Este pour sa cour de poètes et de lettrés. Le Festin des dieux représenté sur la voûte célébrait le rôle de Rome et honorait le cardinal et ses invités.

Les colonnes torsadées des murs, inspirées des colonnes « salomoniques » de la basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul, reproduisaient l'architecture illusionniste d'une loggia ouverte sur le paysage et ornée de guirlandes de fruits, de fleurs et de légumes.

Les scènes panoramiques (restaurées après 1920 et entièrement restaurées en 1949) furent conçues par Girolamo Muziano (*) dans le style vénitien et offraient des vues simultanées sur le territoire tiburtin et les somptueuses résidences du cardinal. La scène principale représente la Villa d'Este et ses jardins d'après les plans de 1565.

Girolamo Muziano est un peintre  né à Brescia et à qui Hyppolite d'Este avait confié  en 1560 les peintures de sa Villa du Quirinal. Selon les livres de comptes, il dirigea une équipe de six peintres dans la Sala della Fontanina et le Salon d'Hercule entre 1565 et 1566. (M. Hochmann). Ils  furent remplacés  en 1567 par une équipe dirigée par Federico Zuccari. Ce dernier peignit les fresques au centre des voûtes.

La fontaine rustique, conçue par le graveur Curzio Maccarone (achevée en 1568 par Paolo Calandrino de Bologne et embellie en 1570 par Molino), accentue l'effet théâtral de ce jardin artificiel, en lien direct avec les espaces extérieurs. La petite fontaine est ornée de mosaïques et d'émaux polychromes et abrite, dans sa niche, une représentation du temple de la Sibylle de Tibur.

Cette grande salle fut la première à être décorée, en même temps que la salle d'Hercule adjacente, à partir de 1565. Les travaux furent menés par une équipe de six artistes sous la direction de Girolamo Muziano. La fausse loggia à colonnes, qui amplifie l'illusion d'espace, fut probablement ajoutée par le Siennois Matteo Neroni en 1565.

 

A : Fontaine rustique.

B : La fontaine ovale de la Villa d'Este.

C : Résidence de Montecavallo sur la colline du Quirinal à Rome, propriété d’Hippolyte d'Este

D : Vue de la Villa d'Este et de son jardin, basé sur un dessin de 1565

E : Viviers et fontaine de l'Orgue de la Villa d'Este dans sa version primitive (repeint en 1949)

F : Fontaine de l'Orgue dans son aspect originel.

I. LE PLAFOND.

 

G : Pluton, Neptune, Junon et Jupiter

H: Couple de dieux supportant l'emblème des aigles de la famille d'Este : Jupiter et Junon ; Mercure et Minerve ; Mars et Venus ; Bacchus et Cérès.

I : Sacrifices en l'honneur d'Apollon, de Diane, de Cérès et de Bacchus

L : Le Festin des dieux accueillant Hercule.

 

Le Festin des dieux, Federico Zuccari v. 1565.

Federico Zuccari est l'un des maîtres romains du maniérisme romain dans la seconde moitié du XVIe siècle. Il venait de peindre le Casino du pape Pie IV.

La scène centrale du plafond est une première illustration de l'art illusionniste du Maniérisme , car elle donne l'impression d'être située dans un étage supérieur, soutenue par des colonnades qui laissent apercevoir des mosaïques ou panneaux de marbres.

Dans l'art maniériste italien de la réinterprétation d'un modèle antique à partir de sources écrites, le Salone,  pièce principale de l'appartement de représentation, a été conçu comme une loggia-belvédère ouvrant sur les jardins et le paysage. Cette ouverture se fait ici vers le haut, vers les espaces factices d'un atrium romain, laissant apercevoir dans les nuées une scène céleste.

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

On voit Hercule, de dos, sa massue contre son siège, être accueilli par les dieux de l'Olympe, dont Jupiter et Junon, au centre.

"Au centre de la voûte, la scène du Festin des dieux auquel est convié le héros Hercule apparaît comme une allusion supplémentaire à la double fonction de la salle et au prestige qu'elle recouvrait dans la vie de la villa La scène est inspirée de la célèbre fresque des Noces de Psyché de Raphaël dans la loggia homonyme de la villa Farnesina à Rome. Poursuivant sur le thème de la salle à manger antique, le peintre, probablement Federico Zuccari, a représenté là une véritable accubatio, c'est-à-dire un dîner où les personnages semi couchés à la mode antique et entourés de danseurs et de musiciens, discutent et se restaurent. En s'inspirant de l'architecture et de la décoration antiques pour leurs villas et palais, les cardinaux romains du XVIe siècle comme Hippolyte d'Este cherchaient à recréer un décor mais aussi une organisation sociale romaine basée sur le cérémonial et la représentation. C'est dans cette pièce que, à l'exemple des anciens, Hippolyte divertissait ses invités par des spectacles de danse, de musique, de théâtre ou de poésie. Offrant au regard des convives attablés la scène du Festin des dieux, le cardinal faisait preuve de magnificence, attitude appropriée à son rang, et d'un sens aigu de la flatterie, dont ses hôtes, rompus au jeu de l'imprese et du symbole, lui savaient sûrement gré." (D. Ribouillault)

 

Le banquet de noces de Psyché accueillie parmi les dieux de l'Olympe, Raphaël, 1518, Loggia de Psyché, Palais Parnesina. Cliché lavieb-aile

 

"Le Salone est conçu comme la récréation d'une salle à manger antique, et  dans la description de la villa par Umberto Foglietta en 1569, la salle était  désignée par le terme explicite de triclinio, c'est-à-dire salle à manger antique. La fonction de salle à manger du Salone, dans le contexte du revival de l'antiquité qui qualifie la villa d'Este, dépasse de beaucoup une simple définition typologique des pièces d'un palais cardinalice : elle donne au Salone un statut de prestige et d'apparat et conditionne la forme de sa décoration, son rapport au paysage et son iconographie.

À l'époque antique, l'événement central de toute réunion entre membres de la haute société était le banquet. Que l'on commence par se rendre aux bains ou que l'on s'exerce à la chasse, le banquet venait toujours couronner la journée par un cérémonial bien défini. Les auteurs anciens, de Cicéron racontant la réception qu'il offrit à Jules César dans sa villa de Puteoli (Ad Att., 13,52) jusqu'à Sidoine Apollinaire relatant cinq siècles plus tard son séjour agreste en Gaulle (Ep., 2, 9), s'accordent à placer le banquet au centre du concept d'hospitalité. ". (D. Ribouillault)

 

 

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

La partie périphérique du plafond est encore consacrée aux dieux romains, mais sans effet d'illusion. Par contre, l'artiste place les médaillons et grands cartouches de stuc sur un fond blanc egayé de tout le vocabulaire de l'art grotesque inspiré — depuis le début du XVIe siècle, notamment par Raphaël au Vatican— de la Domus aurea de Néron.

Parmi les vues murales, peintes en 1568 par Matteo Neroni da Siena, certaines sont particulièrement importantes pour l'histoire de la Villa d'Este, car elles représentent des paysages ou des détails du jardin et des fontaines ; ainsi, la grande fresque du mur nord-est témoigne de l'avancement des travaux du palais en 1568, avant l'ajout des ailes latérales, et montre le jardin « tel qu'il aurait dû être » selon A. Del Re.

 

Les médaillons ovales.

Dans les cadres ovales des bordures, quatre peintures de dieux sur des chars symbolisent les quatre éléments : Neptune l'eau, Jupiter l'air, Pluton le feu et Junon la terre. Aux angles, les armoiries en stuc du Cardinal se trouvent près de couples de dieux : Bacchus et Cérès, Jupiter et Junon, Mars et Vénus, Minerve et Mercure, ce dernier étant probablement un autoportrait de Gerolamo Muziano.

Les médaillons nous présentent donc Pluton sur son char armé de son bident , Neptune dont le char, vu de face jaillit des flots sous la fougue de ses chevaux, , Junon sur un char mené par ses paons et Jupiter à cheval sur un aigle et brandissant, bien-sûr, la foudre.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Les sacrifices en l'honneur d'Apollon, de Diane, de Cérès et de Bacchus.

Au centre des quatre côtés de la voûte, des édicules en stuc représentent des scènes offrant des sacrifices à Apollon, Diane, Cérès et Bacchus.  J'en présenterai deux.

1 Le sacrifice offert à Bacchus.

Sous le regard d'une tête couronnée de lauriers posée sur une colonne, trois bergers offrent à la statue de Bacchus (buvant à une coupe et tenant une grappe) un bouc, et une plante. À droite, trois faunes foulent le raisin.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

2. Le sacrifice offert à Diane.

J'hésite avec Cérès en raison des gerbes de blé. On retrouve la composition avec une tête posés sur une colonne, une statue dorée de l'idole (tenant un arc), le sacrifice d'une biche, et trois hommes offrant des gerbes de blé et un main, ou un fruit.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Le décor à la grotesque.

Toujours dans le cadre d'une ornementation illusionniste, mais sans souci de trompe-l'œil d'e rapport avec la réalité, le peintre reprend pour l'arrière-plan des médaillons et cartouches le style découvert dans les fresques de la Domus aurea de Néron et répandu depuis 1480 par Ghirlandaio ou  Pinturicchio puis suprbement mis en scène par Giovanni da Udine sur les pilastres de la Loggia de Raphaël du Vatican en 1516 ou sur le plafond de la Villa Madama de Rome vers 1520-1521.

Suspendus par de fins rubans à des guirlandes d'étoffes, sous des bucranes et autres têtes animales, ou simplement posés sur le fond blanc, toutes sortes d'objets votifs, de putti, d'animaux, de nymphes ailées crééent ce décor de lignes courbes léger et onirique dans lequel l'imagination flotte avec délice. Certains personnages sont feuillagés en dessous du tronc, voisinant avec des chimères, tandis que d'autres prennent des poses théâtrales sans aucune justification.  La vie est un songe, le monde une scène de théâtre, mais un théâtre fait de rêves éphémères, dépourvus de toute logique.

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

II. LES MURS DU SALON : UN PIÈGE VISUEL.

Parmi les quatre murs de la pièce, un seul, celui du nord-ouest, est ouvert vers le jardin et la longue perspective de l'Axe d'Hercule par trois porte-fenêtres. Sur les deux murs latéraux, une porte donne accès à gauche au Salon d'Hercule, et à droite à la première Stanze Tiburtine.

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Mais les quatre murs sont peints en trompe-l'œil de 11 fausses ouvertures qui créent l'illusion que la pièce est placée à l'extérieur, dans le jardin,  dans un édifice de colonnades. En outre, une vraie fontaine occupe le centre de la paroi nord-est. Des peintures de paysages se succèdent sur les quatre côtés et font croire que nous les apercevons à travers les colonnes. Porur renforcer l'effet, un paon est représenté devant le parapet d'une loggia fictive sur le mur sud-ouest, et se trouve donc compris dans l'espace du spectateur, « à l'intérieur » de la salle.

La conception suit donc  la tradition du triclinum romain :

"Toutes les sources s'entendent pour faire du rapport entre intérieur et extérieur et de l'importance de la vue sur le jardin et le paysage les caractéristiques principales de ce type de pièces. En effet, le triclinium pouvait être ouvert sur l'extérieur au moyen d'une rangée de colonnes ou situé directement en plein air, la végétation jouant alors le rôle d'architecture grâce à des tonnelles ou des pergolas 8. Souvent, dans les pièces fermées et là où de véritables baies étaient impossibles, les murs étaient décorés de peintures illusionnistes qui en rompaient la continuité. Cette ouverture sur l'extérieur permettait d'y installer des fontaines, des cascades, ou même de véritables cours d'eau qui reliaient l'espace domestique à l'espace du jardin." (D. Ribouillault)

 

Mais l'examen des paysages fictifs montrent, selon D. Ribouillault, que le Salon est une représentation du jardin d'Este et du territoire entre Tivoli et Rome : tout comme dans le jardin avec la succesion Fontana dell Ovato/ allée des cents fontaines/ Fontana di Rometta , il est traversé métaphoriquement par l'écoulement de l'Aniene vers le Tibre.

 

"Paysage réel et paysage peint forment donc un tout continu, un paysage panoramique dans le véritable sens du terme. La continuité du paysage peint est soulignée plus avant par un expédient théâtral classique consistant à encadrer chacune des vues par des arbres placés au tout premier plan, créant ainsi, au-delà des colonnes de la loggia fictive, une rangée régulière d'arbres qui entoure littéralement « l'extérieur » de la pièce. Dans le jardin, on retrouve en outre certains motifs comme les colonnes torses ornées de vignes et de putti utilisées par le peintre dans le Salone . En bref, le même vocabulaire architectonique et décoratif qualifie les jardins et le Salone.  Le Salone apparaît ainsi comme la transposition de la réalité topographique du jardin lui-même, de son orientation géographique et partant, de son fonctionnement iconographique. Sa forme rectangulaire reproduit celle du jardin qu'il surplombe immédiatement et dont il est pour ainsi dire l'antichambre, les deux entités Salone et jardin étant géométriquement parallèles et unifiées par leurs positions analogues sur Taxe d'Hercule."(D. Ribouillault)

 

 

1. Villa d'Horace  à Tivoli

2. Villa de Macio Vopisco à Tivoli

3. Porte feinte au courtisan (ou courtisane)

4. Fontaine de l'Ovale et allée des cent fontaines au jardin de la Villa d''Este

5. Villa d'Hippolyte d'Este sur le mont Quirinal de Rome (de Montecavallo)

6. Vue d'un pont sur l'Aniène

7. Le Ponte Lucano traversant l'Aniène à Tivoli

8. Le Ponte Cornuto  traversant l'Aniène

9. Porte feinte que franchit un homme, sans doute le cardinal Hippolyte d'Este

10. Grande vue de la Villa d'Este et de son jardin, avec l'Aniène coulant vers Rome, basé sur un dessin de 1565

11 : Villa d'Auguste (?) à Tivoli

12 :  Viviers et fontaine de l'Orgue de la Villa d'Este .

13 : Villa d'Hippolyte d'Este de Belriguardo sur le Pô, avec ses viviers.

14 : Fontaine de l'Orgue dans sa version primitive.

(identification des sites par Denis Rigouillault)

 

La fontanina.

Nous pouvons débuter la description de la pièce par son mur nord-est centré par la petite fontaine, qui donne son nom au Salon, et qui occupe une niche encadrée de rinceaux de vignes.

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La fontanina est une réduction ou citation métonymique de  la topographie de Tivoli avec son temple de la Sibylle de Tibur, ses monts et sa fameuse cascade. Elle est placée  au nord-est du salon, tout comme la fontaine réelle se trouve dans l'angle est du jardin.

Elle est ornée de céramiques et de sculptures polychromes, incrustées de fragments de verre, de coquillages et de pierres précieuses, et surmontée de l'aigle blanc de la famille d'Este. Elle fut achevée en 1568 par Paolo Calandrino. 

Sa vasque repose sur de gros poissons ou dauphins, figurant le cours d'eau s'épanchant dans l'espace de la pièce. Elle a la forme des barges qui ornent le canal supérieur de l'Allée des Cent Fontaines dans les jardins. 

Le Salon est donc métaphoriquement baigné par les eaux de l'Aniene tout comme l'est concrètement le jardin et le territoire. Débouchant depuis la petite fontaine rustique à une extrémité de la salle, la rivière réapparaît dans la fresque sur la paroi opposée, la Vue de la Villa d'Este, un rappel des cours d'eaux traversant les triclinia antiques dont parlent les sources classiques mentionnées plus haut.

On la doit peut-être au peintre Matteo da Sienna et daterait de 1568. Elle est encadrée par deux supports anthropomorphes ou cariatides, deux statues identiques d'allégories féminines.

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Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Les peintures en trompe-l'œil encadrant la fontanina.

Elles sont consacrées à des vues de paysage de villas romaines de Tivoli. Elles ont été identifiées par D. Ribouillault comme représentant peut-être la Villa d'Horace à gauche et la Villa romaine  de Mancio Vopisco, à droite.

1. La villa d'Horace à Tivoli.

Je ne distingue pas grand chose de la vue de la villa d'Horace. Pour accroître l'effet d'illusion, qulques fruits sont peints sur le sol.

fotografia.cultura.gov.it
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2. La villa de Mancio Vopisco à Tivoli.

Entre les deux colonnes salomoniques, la vue de la villa de Mancio Vopisco me montre surtout les temples de la Vesta et de la Sibylle, dans une direction nord-est par rapport à la Villa d'Este. Mais une illustration de D. Ribouillault 2009, décidémment incontournable, nous offre une image plus précise.

D. Ribouillault 2009

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

3. La porte feinte au courtisan.

Cette porte aux vantaux entrouverts laisse imaginer une communication avec la salle voisine, ou Stanze Tiburtina. De l'autre côté, l'endroit correspond aussi à une fausse porte, aux vantaux fermés

La décoration de cette Première Salle Tiburtine, réalisée en 1569 par une équipe d'artistes dirigée par Cesare Nebbia, est dédiée à la fondation et à la construction de la ville de Tivoli qui, selon la légende, fut fondée avant Rome par Tiburtus, Corax et Catillus, trois frères grecs descendants des Sept Rois de Thèbes. 

Ce courtisan en habit coordonné  de soie turquoise et or et portant une fraise fait face, du côté opposé, à une porte feinte semblable où arrive un homme. 

Mais ce courtisan a un visage jeune et imberbe et une chevelure féminine.  Verena Hake s'est interrogée à son propos.

 

cliché V. Hake

"Enfin, la question se pose de savoir qui pourrait être l’autre personnage représenté en fresque grandeur nature dans la fausse porte orientale, face à « Ippolito ». L’hypothèse de Coffin, selon laquelle il pourrait s’agir d’un page, n’est pas convaincante compte tenu de l’importance des fausses portes décrites précédemment. De plus, les traits physionomiques décrits dans la section III.2 permettent d’envisager qu’il puisse s’agir d’une figure féminine (malgré les vêtements « masculins »). Une possibilité est qu’il s’agisse d’une femme proche d’Ippolito II d’Este, avec laquelle il aurait entretenu une liaison. Outre ses relations avec Diane de Poitiers et Madame d’Étampes, déjà mentionnées dans la section consacrée à la Loggia, Violante Lampugnano figurait peut-être parmi les amantes d’Ippolito, dont il y en eut certainement d’autres. Selon la programmation ornementale du Salone della Fontana, il serait logique que la figure s’approche de lui depuis la Fontana dell’Ovato, près de la Grotta di Venere, et donc depuis la partie du jardin dédiée à Volupta.

De plus, elle tourne la tête précisément vers cette vue en trompe-l’œil, peinte sur une fresque, qui représente exactement cette fontaine. Cette interprétation concorderait également avec la programmation palatiale du Salone proposée au point III.4, car dans l’aile est du palais, d’où le trompe-l’œil « pénétre » dans la pièce, se trouve une Sala di Venere.

Cependant, si l'on se souvient du trompe-l'œil de la Villa Barbaro à Maser, il semble également plausible que le trompe-l'œil oriental représente un membre (peut-être une femme) de la famille d'Ippolito. Sa fille, Renée d'Este, est-elle représentée ici ? Bien que Renée soit décédée en 1555, elle avait donné naissance peu avant à une petite-fille prénommée Ippolita, portant ainsi le nom de son grand-père. Renée, en tant que descendante illégitime, rencontre-t-elle ici son père déguisée ? Ou bien Ippolita avec son grand-père ? Dans cette interprétation, il s'agit d'une réunion familiale symbolique qui, à l'instar de la Villa Barbaro à Maser, pourrait symboliser la continuité dynastique et la perpétuation d'Ippolito II d'Este dans la génération suivante. Si l'on considère la Loggia comme une architecture de la rencontre, il convient de se demander si le Salone della fontana, l'antichambre du jardin, représente la rencontre de deux personnes qui, de là, progressent dans une séquence chorégraphiée d'approche et de départ, descendent dans le jardin par le chemin décrit au début, passent devant la double loggia, descendent les marches en cascade et pénètrent dans le Vialone." (V. Hake 2024)

La porte feinte, côté Stanze Tiburtina


 

 

4. Dans l'angle gauche de la paroi nord-ouest, les deux colonnes laissent voir une vue de la Fontaine de l'Ovale à Tivoli et de l'allée des cent fontaines.

 

Ribouillault 2011 fig. 8.5

 

 

5. La villa de Montecavallo sur le mont Quirinal.

 

Cette vue représente les jardins et la villa de Montecavallo, propriété du cardinal sur le mont Quirinal considérée par ses contemporains, Hondius, Boissard ou Vasari, comme une des merveilles de Rome. L'air frais et sain du Quirinal y attirait les aristocrates et les familles papales qui y construisirent des villas à l'emplacement des anciens jardins de Salluste.  En 1550, parallèlement à la réalisation des jardins de sa Villa d’Este, à Tivoli, le cardinal Hippolyte II d’Este, fils du duc de Ferrare et de Lucrèce Borgia, fit réaliser d’importants travaux dans les jardins du Quirinal , à la suite du renouvellement pour quinze ans du bail de propriété qui lui fut accordé (1550-1565). Au début des années 60, Hippolyte d'Este devait construire au Quirinal des pavillons s'inspirant d'édifices sacrés -le baptistere Saint- Jean et la coupole de Santa Maria del Fiore de Florence (S. Frommel).

Cette vue  constitue la seule représentation de la villa avant la construction par le pape à l'époque où les travaux d'aménagement furent relancés. Sa fontana del Bosco commencée en 1560 1561 et achevée en 1565, fut décorée  par Girolamo Muziano.  Dans la partie sud, un nouveau tracé des allées du jardin en trident fit converger les allées vers la fontaine. Muziano aurait peint  sa vue pour le Salon vers 1565-1566, avant ces modifications.

Une visite à la villa du cardinal Luigi d'Este, héritier d'Hippolyte, en 1573 convainquit le pape Grégoire XIII de commencer la construction d'une résidence d'été l'année suivante.

 

 

 

C.L. Frommel 1999
C.L. Frommel 1999

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

6. Paysage non déterminé. Un pont sur l'Aniène. Lugano ? 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

7. Le Ponte Lucano sur l'Aniene

Maps.

Wikipédia

Il est situé entre les Thermes de Tivoli et la villa d'Hadrien, au pied des hauteurs de Tivoli?£. Son site archéologique comprend sur la rive gauche une grosse tour ronde, datant du 1er siècle av. J.C, et bardée d'inscriptions, le mausolée des Plautii.

 

"Au centre de la paroi ouvrant sur le cryptoportique, on peut aisément reconnaître le fameux ponte Lucano, clairement dessiné avec ses cinq arches originales, le troisième pont à enjamber l'Aniene près de Tivoli en aval dela rivière . Le mausolée des Plauzi, imposant monument circulaire à l'extrémité du pont auquel le peintre a rendu son dôme originel, est aisément identifiable et la disposition de l'ensemble correspond fidèlement aux nombreuses gravures du site réalisées aux XVIIIe et XIXe siècles ainsi qu'aux photographies modernes . On reconnaît de surcroît au fond à droite dans le paysage la route qui mène aux anciennes carrières romaines de travertin avec, se détachant bien visiblement sur le ton blanc des pierres, les arches de l'aqueduc antique qui y conduisait les eaux sulfureuses de Vaqua Albula, sans doute pour actionner les scies nécessaires à la découpe des blocs. En comparant la vue avec la carte du site, on constate que le peintre a reproduit avec une grande précision les linéaments de la rivière, qui disparaît dans l'arrière-plan à l'endroit où elle forme une boucle. Au loin, le profil du col Cesarano est parfaitement reconnaissable.

Il est probable que la représentation dans le Salone de cette zone autour du ponte Lucano devait faire allusion, au-delà du thème central de l'Aniene, à la réserve de chasse, ou Barco, que le cardinal avait créé à cet endroit entre les sources sulfureuses de Vaqua Albula et le ponte Lucano, là où la via Tiburtina traverse le fleuve. La zone fut entourée à partir de 1564 d'un long mur de clôture et on y introduisit de nombreux animaux sauvages, en particulier des faisans. Le fait que la plupart des terres que le cardinal s'était approprié pour son Barco, appartenaient à la commune, le rendit extrêmement impopulaire. Cette question fut débattue lorsqu'une action en justice fut intentée par la commune contre les abus du cardinal en 1568. L'année suivante cependant, les terres lui furent concédées." (D. Ribouillault)

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

8. Le Ponte Cornuto traversant l'Aniène.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

9. Porte feinte franchie par un homme, identifié comme étant peut-être Hippolyte d'Este, apparaissant sur la « scène » de son propre théâtre-salle à manger


 À gauche de la vue panoramique de la Villa d'Este se trouve une fausse porte ornée de fresques, à travers les vantaux desquels s’ouvre un personnage masculin grandeur nature qui semble entrer sur la scène du Salone della fontana. Il a les cheveux gris coupés courts, une barbe, et est représenté en costume profane d’époque, portant un pourpoint à taillades et sans manches sur un gilet rouge et une chemise blanche  une pantalon bouffante et des chausses. Le visage de cette figure fantomatique présente des zones indistinctes, parfois abîmées, mais on reconnaît clairement qu'elle regarde, les sourcils levés, vers la porte qui mène du salon à la double loggia et donc au jardin. Dans sa main gauche, elle tient une rapière, dans sa main droite une chaîne auquel est attaché un singe assis à ses pieds. Et elle aussi tourne la tête vers le jardin.

S'agit-il du cardinal Hippolyte II d'Este ?

C'est du moins la thèse de Verena Hake : qui d’autre aurait-il voulu être représenter de façon si ostentatoire dans cette pièce, la plus importante du palais, sinon lui-même ? À qui d’autre aurait-il accordé cette visibilité extraordinaire et l’attention qui en découle ? Ces fausses portes font partie d’une enfilade de fausses portes, et on les retrouvent dans le Salon d'Hercule  adjacent (au dos de celle-ci), et, nous l'avons vu, dans la Stanze Tiburtine, alignées de la même manière. "En suivant cet alignement, on arrive directement au généreux escalier en colimaçon qui relie le piano nobile à l’étage supérieur, l’Appartamento Ippolito. On peut donc conclure que notre pseudo-« Ippolito » « entre » dans le Salone par un Salon dédiée à son alter ego mythologique – Hercule – (et donc, en pratique, à lui-même), et qu’il « entre » également dans le Salon, au sens large, depuis son appartement privé. Outre la programmation topographiquement correcte du Salone della Fontana par rapport aux axes du jardin, telle qu’identifiée par Denis Ribouillaut, il convient dès lors de se demander si l’apparition d’« Ippolito » depuis l’appartement susmentionné implique également une programmation palatiale de l’espace. Ribouillaut estime également que, dans la partie centrale de la fresque du plafond du Salone, on peut discerner une représentation d’Hippote II d’Este – ici sous la forme d’un portrait déguisé en Hercule. Selon son interprétation de la fresque du plafond située sur l’axe d’Hercule et celle de la fausse porte occidentale proposée ici, l’Hippote II d’Este « mythologique » serait ainsi réuni à l’Hippote II d’Este « réel » du Salone." (V. Hake)

 

Plan du rez-de-chaussée de l'étage noble. L'enfilade feinte est schématisé en pointillés (V. Hake). Les flèches montrent la rencontre du couple peint dans le Salon de la Fontaine.



Les fresques du Salone della Fontana n’ont été découvertes qu’en 1949 et restaurées par la suite, et les traits du visage de la fausse figure occidentale sont mal conservés, ce qui rend son identification formelle difficile.

 



"Néanmoins, une comparaison avec les représentations d’Ippolito II d’Este s’avère pertinente : l’un des portraits les plus connus d'Hippolyte d'Este figure sur une fresque de la Sala dei fasti Farnesiani du Palazzo Farnese à Caprarola . Il le représente de profil, avec un nez proéminent et des cheveux clairsemés. Une représentation moins fréquente d’Hippolite est son portrait publié en 1777 dans les « Memorie istoriche di lefèreti ferraresi » de Giannandrea Barofi  ; celui-ci est particulièrement intéressant pour notre étude car ses caractéristiques biométriques essentielles – notamment les distances respectives entre le sommet du crâne, les yeux, le bout du nez et le menton – correspondent à la tête ou aux traits du visage conservés du mannequin de Tivoli "(V. Hake).

 

Comparaison des portraits d’Hippolite II d’Este provenant de la Sala dei fasti Farnesiani du Palazzo Farnese à Caprarola et des « Memorie istoriche di letterati Ferraresi » de Giannandrea Barotti (reproduit ici en miroir) avec la tête/le visage de la pseudo-figure occidentale de Tivoli . Ces deux derniers portraits présentent de nombreuses similitudes biométriques frappantes. in Verena Hake

On peut s'étonner de ses vêtements civils, mais il faut imaginer le cardinal d'Este comme un "prince" de la Renaissance, avide de bénéfices ecclésiastiques pour financer non seulement son mécénat, mais ses chasses, ses fêtes, ses bals, et ses banquets, et lui  permettre de mener une  vie dissolue, voire extravagante bien documentée ; par exemple, il possédait une collection exceptionnellement importante et sans cesse croissante de vêtements principalement civils, et il  affectionnait des couleurs  peu  appropriées à son rang de cardinal  comme le « lionato », un orange foncé. Sur le dessin du Primatice "Un Turc" conservé à la Bibliothèque de Florence, dans des costumes peut-être réalisés pour la turquerie faite à Blois le 16 mars 1541,  François Ier, le cardinal de Lorraine, Hippolyte d’Este et Charles d’Angoulême apparaissent "vêtus de belles livrées de diverses couleurs et coiffés de turbans".

Dans le salon de la Fontaine de sa résidence d'Este, dominé par le Banquet d'Hercule,  se tenaient des réceptions qui, assurément, dégénéraient fréquemment en excès . . Dans le Salon "della Gloria", située trois salons plus à l'ouest et également ornée de fresques en trompe-l'œil sur toutes ses faces, son chapeau de cardinal est  négligemment à côté d'une mitre blanche, au rayon des accessoires et posée sur la fausse étagère représentée sur le mur ouest, à côté d'ouvrages érudits.

Villa d'Este, Salon de la Gloire. Cliché lavieb-aile.

On peut dès lors imaginer que Hippolyte se dirige vers la jeune femme : le Salon de la Fontaine devient le milieu d'une rencontre annoncée, suspendue, attendue.
 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

10. Le grande vue du Jardin de la Villa d'Este.

Sous des guirlandes suspendues aux colonnes salomoniques, accentuant comme ailleurs le côté décor de théâtre,  et le cartouche HIP CAR FER (Hippolyte cardinal de Ferrare), la vue de la Villa, de la partie haute en pente du jardin puis de sa partie basse, montre dans le lointain et la lumière du couchant l'Aniène qui serpente vers Rome.

Réalisée  alors que le chantier n’était pas encore terminé, car basée sur un dessin de 1565, cette fresque est une vue de profil de l’ensemble du site. Au centre, un arbre dédié à Jupiter marque symboliquement la construction de l’image qu’il divise en deux parties distinctes : une surface plane et un plan fortement incliné, sur la gauche de l’image, offert au regard comme une sorte d’écritoire. Une troisième partie est constituée par le ciel - où l’on distingue des oiseaux - et un horizon lointain. La fresque est dessinée depuis le flanc intérieur de la colline à laquelle s’adosse le plateau du jardin, sa face oblique et le bâtiment qui domine l’ensemble, comme une coupe. "Le choix de ce point de vue fait en effet porter le regard vers Rome, à l’ouest, donc vers le soleil couchant, ces deux horizons se confondant avec le point de fuite de la fresque. La construction de la fresque rend possible une manipulation, un jeu de l’esprit, un jeu sur et avec les sens, certains points de vue de la villa in situ offrant également une telle jouissance spectaculaire. Si l’on ne connaît pas l’orientation du site ou, plus subtilement, si l’on en suspend volontairement la géographie objective, plus encore, si l’on abandonne son attention à la puissance magique et flottante, ambiguë, d’une rêverie éveillé par le lieu, l’on peut imaginer que la lumière venant frapper la face dressée obliquement est celle d’un soleil qui se lève sur une nouvelle création, non celle d’un soleil qui se couche sur Rome. Les signes semblent alors pouvoir s’inverser et tournoyer dans l’air du soir, comme la promesse d’une aube nouvelle : ce n’est plus Rome qui domine le monde, c’est le cardinal qui semble dominer Rome en attirant à lui toute la force conquérante de la ville éternelle." (Philippe Nys)

Rappel : "En fonction de la structure du terrain, le jardin fut divisé en trois sections distinctes : une première partie abrupte (30 mètres de profondeur et 15 mètres de dénivelé) est suivie d'une seconde en pente douce (60 mètres de profondeur et 15 mètres de dénivelé), se terminant par une troisième section plane de 85 mètres de profondeur. Le motif géométrique du plan, basé sur un module carré (30 mètres sur 30), est clairement évident dans les deuxième et troisième sections, divisées en carrés réguliers par plusieurs chemins rectilignes perpendiculaires.
Ce motif est moins évident dans la section la plus élevée, car elle est traversée par une série de chemins diagonaux destinés à faciliter l'ascension. L'axe perpendiculaire au palais, partant de l'ancienne entrée du jardin située Via del Colle, constitue la ligne de perspective principale du plan et est donc appelé « Viale della Prospettiva » (Chemin de la Perspective). Un thème architectural récurrent, mis en évidence par la perspective mentionnée ci-dessus, est celui de la loggia, réinterprétée avec différents niveaux de complexité compositionnelle, de la Fontana dei Draghi (Fontaine des Dragons) au palais : la succession de loggias représente en effet le seul élément reliant le volume du palais au jardin en contrebas." (Unesco)

Rappelons la présence du paon, accentuant le trompe-l'œil en déambulant queue trainante entre le fond du renfoncement factice organisé par les quatre colonnes, et le plancher. C'est encore un rappel du décor des maisons romaines et dominant au VIe siècle ap. J.C, notamment à Pompei et dans le Latium. Il était mis en relation avec le thème du renouveau et de la renaissance, car ses plumes caudales repoussent chaque année, et il était devenu, en Grèce, l'attribut d'Héra entre le VIe et le Ve siècle av. J.C avant d'acquérir une dimension eschatologique, médiateur entre le ciel et la terre, l'humain et le divin (Raphaël Démes 2017)

On en voitr un exemple sur une fresque de la Villa de Poppée à Pompéi.

 

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

11. Vue de la villa d'Auguste à Tivoli.

angle gauche de la façade ouvrant sur le jardin. Pas de photo. D. Ribouillault a publié cette figure :

Denis Rigouillault 2009

 

12. Vue de la fontaine de l'Orgue et des  trois  bassins à poissons dans le jardin de la Villa d'Este.

Aux deux extrémités du mur donnant sur le jardin se trouvent deux vues de la Fontana dell'Organo, dont celle de droite représente la fontaine avant les modifications du XVIIe siècle et celle de gauche, retouchée à plusieurs reprises, son état actuel.

Un oiseau est posé sur la guirlande de fruits.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

13. Vue de la Delizia de Belriguardo sur le Pô, propriété d'Hippolyte d'Este.

Voir : D. Ribouillault 2009 p. 362-363

Bâtie  en 1435 par Nicolas d'Este, la Délice de Belriguardo, au sud de Voghiera, fut la première demeure construite en dehors des remparts de Ferrara. Ce fut l'une des plus grandes et des plus somptueuses résidences nobiliaires de la Renaissance. Lucrèce Borgia, mère d'Hippolyte d'Este, y séjournait fréquemment.

 Un peu après qu'Hercule d'Este eut construit au début des années 1540 la Montagna di Sotto avec des viviers et fossés faisant de l'eau l'élément principal du décor, la célèbre villa de Belriguardo fut agrémentée d'un réseau de fossés assurant fraicheur et encadrant les grands parterres de surfaces cristallines (S. Frommel)

 

14. Fontaine de l'Orgue à la villa d'Este.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

CONCLUSION.

Grâce à des auteurs comme Denis Rigouillault  et Verena Hake  entre 2005 et 2025, la compréhension du décor peint  du Salon de la Fontaine a fortement progressé, mettant en évidence les volontés de l'architecte et du commanditaire d'imiter les anciens (triclinum romain, grotesques de la domus aurea, divinités romaines), et de répondre aux principes maniéristes de théatralité et de jeu avec le spectateur, dans un très savant réseau de références au génie du lieu (la Sibylle...), à la rivière (l'Aniène), à l'espace environnant et à ses monuments antiques,  à l'ancêtre mythique de la famille d'Este (Hercule), et aux propriétés du cardinal Hippolyte II d'Este. Que ces auteurs soient remerciés de nous faire approcher de la complexité savante de la conception de la Villa d'Este.

SOURCES ET LIENS.

— FROMMEL (Sabine), 2008. Hippolyte d'Esté à Chaalis.  In: Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, tome 87, 2008. pp. 143-172;

https://www.persee.fr/doc/piot_1148-6023_2008_num_87_1_1647

—HAKE (Verena), 2024, Transition et rencontre, dissolution et connaissance : La Loggetta dans le jardin d’eau de la Villa d’Este à Tivoli Avec des remarques sur les fausses portes du Salone della Fontana, INSITU – Zeitschrift für Architekturgeschichte

https://www.academia.edu/144944417/%C3%9Cbergang_und_Begegnung_Aufl%C3%B6sung_und_Erkenntnis_Die_Loggetta_im_Wassergarten_der_Villa_dEste_zu_Tivoli_Mit_Bemerkungen_zu_den_Scheint%C3%BCren_im_Salone_della_fontana

— HOCHMANN (Michel), Venise et Rome 1500-1600 p. 366

https://www.google.fr/books/edition/Venise_et_Rome_1500_1600/VVkFELS4m4oC?hl=fr&gbpv=1&dq=fontanina+%22villa+d%27este%22&pg=PA368&printsec=frontcover

—RIBOUILLAULT (Denis), 2005,« Le Salone de la Villa d'Este à Tivoli : un théâtre des jardins et du territoire » Studiolo : revue d'histoire de l'art de l'Académie de France à Rome  Année 2005  3  pp. 65-94 Fait partie d’un numéro thématique : Arts visuels et théâtre.

https://www.persee.fr/doc/studi_1635-0871_2005_num_3_1_1139

—RIBOUILLAULT (Denis), 2009, Le ville dipinte del cardinale Ippolito d’Este a Tivoli : l’architettura di fronte all’antico, la tradizione ferrarese, e un nuovo documento su Belriguardo 2009, Delizie estensi. Architetture di villa nel Rinascimento italiano ed europeo, F. Ceccarelli, M. Folin, ed., Florence, Olschki.

https://www.academia.edu/3430333/Le_ville_dipinte_del_cardinale_Ippolito_d_Este_a_Tivoli_l_architettura_di_fronte_all_antico_la_tradizione_ferrarese_e_un_nuovo_documento_su_Belriguardo

—RIBOUILLAULT (Denis), 2011, Toward an Archaeology of the Gaze: Perception and Function of Garden Views in Italian Renaissance Villas, in Clio in the Italian garden : twenty-first-century studies in historical methods and theoretical perspectives, Éditeur Dumbarton Oaks Research Library and Collection.

 https://www.academia.edu/3429818/Toward_an_Archaeology_of_the_Gaze_the_Perception_and_Function_of_Garden_Views_in_Italian_Renaissance_Villas

— RIBOUILLAULT (Denis), 2006 ‘Paesaggio dipinto, Paesaggio reale’ : notes sur une fenêtre de la Villa d’Este à Tivoli, Actes du colloque international (Ferrare, Castello Sforzesco, 2006). Collection : Ferrara Paesaggio estense ; 4

https://www.academia.edu/3430314/_Paesaggio_dipinto_Paesaggio_reale_notes_sur_une_fen%C3%AAtre_de_la_Villa_d_Este_%C3%A0_Tivoli?sm=b&rhid=38794173488

—Ministère italien  de la culture:

https://fotografia.cultura.gov.it/va-ve/resource/IT-ICCD-PHOTO-0157-000316

— Site TIBURSUPERBUM

https://www.tibursuperbum.it/ita/museo/CascataWittel3.htm

— UNESCO World Heritage Centre

https://whc.unesco.org › document pdf

Je reproduis ici ce texte après l'avoir traduit.

 

Symbolisme. La Villa d'Este fut créée selon un programme iconographique d'une grande érudition, conçu par Pirro Ligorio, le cardinal Hippolyte II d'Este et son conseiller et secrétaire dévoué, l'humaniste Marc-Antoine Muret. Ce programme visait à ennoblir la demeure et le cardinal lui-même en exaltant ses vertus et sa lignée, et en conférant une signification profonde à son œuvre architecturale. Fondé sur une connaissance intime des mythes et thèmes classiques, même les plus insolites et les plus ésotériques, ce programme tisse des récits à travers les différents espaces de la Villa, tissant des liens entrelacés aux niveaux de signification de plus en plus complexes et sophistiqués. Les significations symboliques, allégoriques et festives furent développées par l'ensemble des éléments du complexe architectural : des innombrables fontaines aux allées et jeux d'eau, de l'agencement de la végétation aux décorations picturales intérieures, jusqu'aux statues antiques qui ornaient à l'origine le palais et le jardin. La forte unité et la cohérence entre le contenu symbolique et l'apparence extérieure du jardin du XVIe siècle s'atténuèrent progressivement après la mort du cardinal, pour finalement disparaître en raison des modifications apportées à la décoration du jardin au cours des siècles suivants. De ce fait, il est aujourd'hui assez difficile de reconstituer les différents niveaux de signification symbolique.

Les allégories et les symboles de la villa peuvent être interprétés selon deux parcours différents, de haut en bas et inversement. Le premier parcours, « logique et destiné au public » (Madonna, 1979), est ascendant et débute par la porte de la Via del Colle, empruntée par les invités du cardinal. Au cours de l'ascension, parfois éprouvante, vers le palais, la succession des terrasses et le plan géométrique du jardin permettaient au visiteur de percevoir la structure spatiale et le contenu allégorique de la villa de manière ordonnée et logique. Tout au long de l'allée ascendante, le visiteur découvrait la succession de représentations du mythe d'Hercule, le symbole le plus évident du jardin, explicitement mentionné dans les deux épigrammes de Marc-Antoine Muret : « La fatigue n'eut pas raison d'Hercule, ni le plaisir voluptueux – l'âme du chaste Hippolyte – enflammé par l'amour de ces deux vertus – à Hercule et Hippolyte, Hippolyte dédia ces jardins.» « Les pommes d'or qu'Hercule déroba au dragon endormi appartiennent désormais à Hippolyte – reconnaissant de ce don, il voulut que celui qui l'avait offert soit dédié aux jardins qu'il avait plantés ici.» La figure centrale du programme iconographique « public » est donc Hercule, auquel la villa est liée par une double relation : il est à la fois l'un des dieux protecteurs de la région et le fondateur légendaire de la Maison d'Este. De même, la Villa célèbre le cardinal de Ferrare qui, à l'instar de son ancêtre mythique, dut accomplir des travaux mémorables pour créer son jardin et reçut ainsi les pommes d'or volées par Hercule au dragon Ladon, le gardien des Hespérides.

À ce mythe est dédiée la Fontaine des Dragons, située au centre du jardin où Hercule, et en son nom son héritier, le cardinal de Ferrare, et actuel propriétaire des pommes des Hespérides, représente le protecteur des vertus et des qualités morales léguées depuis l'Antiquité et actuellement gardées dans les jardins mythiques de la Villa d'Este. Le mythe s'est développé le long de la succession de loggias de l'étage supérieur : la Loggia di Hercole (où, dans la niche centrale, se trouvait à l'origine la statue d'un Hercule au repos), et la Loggia del Cardinale (avec la statue d'Hercule à la massue, qui faisait alors face au jardin). La série de statues d'Hercule le représentant à différentes étapes de sa légende symbolisait le développement espéré des vicissitudes personnelles d'Hippolite II : la lutte, la victoire, l'immortalité. Une salle du rez-de-chaussée du palais est dédiée aux travaux d'Hercule, et il figure également parmi les figures mythologiques représentées dans la première salle tiburtine, illustrant le mythe de la fondation de Tivoli.

Lié à Hercule est aussi le thème du choix entre la Vertu et le Vice (Hercule à la croisée des chemins), que la « Descrittione Anonima» place dans la grotte de Vénus « dédiée aux plaisirs voluptueux » et celle de Diane« dédiée aux plaisirs honnêtes et à la charité ». Dans cette grotte, située au sommet d'une pente abrupte, la statue de Diane est placée côte à côte avec celle du mythique Hippolyte, qui porte le nom du cardinal et auquel ce dernier s'identifie. Hippolyte est un emblème de chasteté, ayant préféré la mort à l'inceste avec sa belle-mère Phèdre. Il fut ramené à la vie par Esculape grâce à l'intercession de Diane, pour être réincarné en Virbius latin. Hippolyte était également le protagoniste du récit qui aurait été représenté sur les seize tapisseries conçues par Pirro Ligorio lui-même pour les salles du Piano Nobile.

La voie descendante propose un itinéraire antithétique, du palais au jardin, à la fois exotérique et alogique,destiné à une élite exclusive d'initiés capables de décrypter les différentes strates de signification héodonique, avec une« relecture globale des lieux comme une cosmogonie d'origine hésiodique, resématisée par l'orphisme néoplatonicien, et historicisée pour célébrer le génie de Joci » (Madonna, 1979).
La fontaine située dans la cour du palais, avec la statue d'une Vénus couchée plongée dans un sommeil néoplatonicien prédisposant à un niveau de connaissance supérieur, marque le début d'un voyage initiatique vers les mystères les plus profonds de la nature, ouvrant la voie à la rencontre avec la Sibylle de Tibur et son monde hermétique.
Vénus est ici représentée comme la Nimpha Loci, la gardienne sacrée de la première source qui alimente le jardin. L' identification de Vénus à la Nimpha Loci s'effectue par l'intermédiaire de l'élément eau, car toutes deux incarnent la fécondation et la nourriture vitale. Dans le jardin de Tivoli, Vénus ne doit pas être perçue comme la déesse de la luxure, mais comme Vénus Génératrice, le principe vital d'où naissent tous les éléments naturels, et vers qui ils retournent tous.
De nombreuses fontaines lui sont dédiées, de la grotte du Giardino Segreto à celle de l'enceinte de l'Ovato, en passant par la fontaine de la terrasse de l'Organo ; plusieurs statues la représentant ornaient autrefois les salles du palais, la loggia principale et diverses niches du jardin. Vénus émergeant des eaux est représentée au centre d'un mur de la seconde salle Tiburtine, où est représentée la représentation du mythe de l'une des principales divinités de Tivoli, à savoir la Sibylle Albunea, sous ses diverses personnifications : Ino, Leucothea, la Sibylle Tiburtine, Mater Natura, Diane d'Éphèse, Déesse de la Nature.
La figure de Vénus, allégorie de la vie et du mystère de la naissance, de la mort et de la régénération dans le cycle naturel, préfigure en effet la Sibylle, avec laquelle elle partage plusieurs caractéristiques. Ces caractéristiques peuvent être plus facilement comprises en revenant brièvement sur le mythe, décrit à plusieurs reprises par Pirro Ligorio dans son « Libro dell'Antichità » (Madonna, 1979-1981) : Vénus est la mère d'Harmonie, Concordia discors, qui, à son tour, engendra Ino et Cadmos, roi de Thèbes. Afin d'échapper à la folie de son époux Athamas, Ino se jeta à la mer avec son fils Mélicerte ; elle fut ramenée à la vie grâce à l'intercession de Vénus et de Bacchus, dont elle était la mère nourricière, et, transformée en Leucothée, elle fut accueillie parmi les Néréides, devenant déesse de la mer et protectrice des marins, tandis que son fils devint Palémon, dieu des ports. Entraînée avec Palémon par les eaux du Tibre jusqu'à Rome, devant l'île Tibérine, elle fut attaquée par les Bacchantes et sauvée par Hercule Saxanus. Tous deux trouvèrent réfugié auprès de la déesse Carmenta, qui prophétisa leur transformation en Mater Matuta et Portunus.

On ignore encore à quelle phase du mythe il convient d'attribuer sa personnification en la Sibylle Albunea Tiburtina, qui, entre autres, prophétisa la ruine de Rome (« urbs mollis, iniqua nefanda ») et, selon la tradition, l'avènement du Christ.

Le lien entre le mythe et l'élément principal de la villa, à savoir l'eau, est très clair. La mort symbolique d'Ino et sa métamorphose ont lieu dans l'eau. De sauvée, elle devient la protectrice des marins et la déesse de la mer, cette dernière étant à la fois l'origine et la fin de toutes les eaux. Leucothea entreprend alors son voyage initiatique et arrive à Rome par les eaux du Tibre, « symbolisant cette fois la détresse et le risque » (Madonna, 1980), et devient ici Mater Matuta, « la mère de toutes les eaux, la mère de la nature, la mère, c’est-à-dire l’origine, de toutes les activités » (Madonna, 1979).

On peut rattacher au mythe de la Sibylle tous les thèmes développés dans les trois fontaines principales, situées au même niveau, à mi-hauteur de la colline : le thème de la nature physique, le thème de l’exotérisme et de la nature mystique, le thème des éléments féminins (l’eau et la terre), le thème de la musique… le thème de la Grèce antique » (Madonna, 1979). Les trois fontaines marquent également les étapes du voyage initiatique de la déesse-prophétesse « comme une allégorie du transport physique de l'eau depuis l' Aniene » (Madonna, 1979). La Fontana di Tivoli, dominée
par la grande statue d'Albunea, est la représentation symbolique de ses multiples rôles : source, rivière,
montagne sacrée, forêt. Dans l'enceinte de la fontaine, le double secours apporté par Vénus et Bacchus est commémoré, avec la grotte et les deux petites fontaines qui leur sont dédiées. Le mystère du voyage initiatique de la Sibylle est symbolisé par le long chemin de la Cento Fontane, marqué par les Métamorphoses d'Ovide, une allégorie des changements opérés par le temps. La barque au centre de la fontaine de Rometta fait référence à l'Isola Tiberina, le lieu où Leucothea a débarqué, et à toute la scène théâtrale 

La scène rappelle la malédiction de la Sibylle contre Rome. Le mythe s'achève à la Fontana dell'Organo, avec la glorification de la Sibylle comme Grande Mère, la Mater Matuta, représentée par la statue de Diane d'Éphèse déesse de la Nature, qui se dressait autrefois devant la grande niche centrale ; la déesse, par l'eau jaillissant de ses seins, est un être créateur de vie et produit les sons de la Musique et de l'Art. La clé d'interprétation du spectacle unique offert au XVIe siècle par la fontaine réside dans la
représentation des principales forces transformatrices de la Nature par la combinaison de quatre
éléments : la Terre, symbolisée par la statue de la déesse créatrice ; l'Air, qui donnait le souffle aux instruments de musique et reproduisait les cris des animaux ; Le Feu, évoqué par les miroirs qui, au XVIe siècle, furent disposés le long de la perspective afin de refléter les rayons du soleil, et l'Eau, qui coulait partout pour donner la vie au monde.

Les étonnantes métamorphoses de la nature provoquées par la Sibylle - Matuta, par son mystérieux pouvoir cosmogonique, sontégalement symbolisées par les trois Grottes des Sibylles situées sous la terrasse de la Fontaine de l'Organe. Le rugissement assourdissant de la cascade qui dévale de la grotte centrale, symbole du sein de la Grande Mère, ne peut manquer de rappeler que la voix prophétique de la Sibylle se métamorphose ici en le rugissement hermétique et terrifiant de la Terre Mère.
À la Sibylle, figure centrale du parcours exotérique, source de toute connaissance et de toute créativité, peut également être rattaché au thème de la Vertu, développé non seulement dans le jardin, mais aussi dans les décorations picturales des salles du Piano Nobile du palais. « La Vertu peut être comparée à la Sibylle, indiquant aux Romains le chemin du salut »(Fagiolo, 1979) : le paganisme peut être christianisé en opposant le chemin de la Vertu à celui de Volupté, représentée par la Rometta, emblème de la tromperie et des valeurs négatives. Le thème du choix entre la Vertu et le Vice, attribué par l'interprétation « publique » à Hercule, est en réalité rapporté à la Sibylle. Dans l'iconographie du XVIe siècle, la Sibyle de Tivoli est souvent accompagnée du Y pythagoricien, préfiguration de la croix, symbole d'Hercule à un carrefour, et, par analogie, du Cardinal lui-même. Comme les autres figures clés de l'iconographie de la Villa, de Vénus génératrice à Hercule et Hippolyte, Virbius, la Sibyle poétesse, vierge et mère, fait référence au Cardinal de Ferrare qui s'était arrogé le même rôle d'ordonner le monde à Tivoli et dans le jardin qu'il avait créé.

En effet, le Cardinal est symbolisé par la Sibylle dans ses activités de gouvernance et de réglementation, ainsi que sa nature de prêtresse et sa virginité.

L'ambiguïté apparente inhérente à la coexistence de natures opposées dans la figure de la Sibylle de Tibur (Vierge et Terre Mère) est à attribuer au syncrétisme de la culture de l'époque, se traduisant par l'
attitude mentale de « l'intellect supérieur » selon laquelle une vérité cachée se trouve dans la synthèse de significations opposées. En conséquence, la contradiction, ou plutôt la double signification des valeurs attribuées à Rome dans la fontaine qui porte son nom, peut être perçue : à la célébration de son image triomphante, lieu où les mythes et les vertus de l'antique Tibur se renouvellent et où coulent les eaux purificatrices de cette dernière, but convoité du parcours de vie du cardinal, s'oppose la condamnation implicite du rôle négatif de Rome, cité de la tromperie, corruptrice des âmes et objet d'ambitions sans bornes.

Le Salon de la Fontaine

Le salon principal central est appelé la Sala della Fontana diTivoli, en raison de la petite fontaine rustique placée contre le mur nord-est (n° 8), commencée par le graveur de fontaines Curzio Maccarone et achevée en 1568 par Paolo Calandrino. Entièrement recouverte de mosaïques et d'émaux, la fontaine est dédiée à la ville de Tivoli, représentée de manière synthétique dans le bas-relief de la niche centrale par les deux éléments paysagers les plus représentatifs de la ville, à savoir les ruines antiques, avec le temple de la Sibylle, et les eaux qui, coulant entre les rochers de tartre aujourd'hui disparus, se déversaient supposément dans le bassin en contrebas. La décoration picturale de cette salle, comme celle de la salle voisine d'Hercule, fut réalisée – à partir de 1565 – par six artistes sous la direction de Gerolamo Muziano, qui, en 1567, furent remplacés par une équipe dirigée par Federico Zuccari. Ce dernier peignit les fresques au centre des voûtes. Les peintures agrandissent l'espace de manière illusionniste, non seulement le long du périmètre des murs – une fausse loggia à colonnes torsadées s'ouvrant sur des vues du paysage –, mais aussi vers le haut, où une colonnade en perspective encadre le ciel en arrière-plan, le théâtre du « Banquet des Dieux », une fresque inspirée de celle de Raphaël à la Farnesina.

Au centre des quatre côtés de la voûte, ornés de figures grotesques, des édicules en stuc représentent des scènes allant des sacrifices à Apollon, Diane, Cérès et Bacchus. Dans les cadres ovales des bordures, quatre peintures de dieux sur des chars symbolisent les quatre éléments : Neptune l'eau,
Jupiter l'air, Pluton le feu et Junon la terre. Aux angles, les armoiries en stuc du Cardinal se trouvent près de couples de dieux : Bacchus et Cérès, Jupiter et Junon, Mars et Vénus, Minerve et Mercure, ce dernier étant probablement un autoportrait de Gerolamo Muziano. Parmi les vues murales, peintes en 1568 par Matteo Neroni da Siena, certaines sont particulièrement importantes pour l'histoire de la Villa d'Este, car elles représentent des paysages ou des détails du jardin et des fontaines ; ainsi, la grande fresque du mur nord-est témoigne de l'avancement des travaux du palais en 1568, avant l'ajout des ailes latérales, et montre le jardin « tel qu'il aurait dû être » selon A. Del Re.

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 19:47

Le décor Première Renaissance (1er quart du XVIe siècle, vers 1518) de l'escalier de l'aile Longueville du château de Châteaudun.

Voir :

 

PRÉSENTATION

"Les descendants de Jean Dunois, les seigneurs de Longueville, complètent le château construit par Jean de Dunois  en ajoutant une aile au nord, côté Loir, entre 1509 et 1518. Commencée par François Ier de Longueville et son épouse Agnès de Savoie, pour les soubassements, elle fut élevée par ses petit-fils. La façade sur cour de l’aile Longueville contraste par la richesse de son décor avec la sobriété de la construction du xve siècle et constitue l’un des premiers témoignages de l’influence italienne à l’extrémité Nord du Val de Loire. La verticalité marquée par les hautes toitures conservent à l’édifice un caractère médiéval tandis que la relative symétrie de la composition et le répertoire ornemental de la cage d’escalier annoncent la Renaissance. Comme sur le mur de l’aile Dunois, un soubassement mouluré marquent les horizontales. De grandes croisées à double traverse ouvrent largement la façade. Leurs montants se prolongent en guirlandes de feuillage sur les linteaux, dont les culots sculptés et les trilobes rappellent les ornements de l’aile Louis xii de Blois. Une balustrade ajourée surmonte une corniche : ce motif décoratif évoque la Renaissance. Les deux niveaux de combles éclairés par des lucarnes à double fenêtres superposées, aujourd’hui disparues, amplifiaient encore la verticalité de l’ensemble." (Centre des monuments nationaux)

Les parties hautes, lucarnes et garde-corps, très endommagés, furent démolis en 1770, dont une restitution partielle a été réalisée au XXe siècle.

 

Aile de Longueville, château de Châteaudun, relevé de H.L. Dériré Devrez en 1879. Archives-map

L'aile Longueville du château de Châteaudun (4) est réputée pour ses deux escaliers (6 et 7 sur l'aquarelle de Devrez).

Celui de gauche, de style flamboyant, daté vers 1470, insére un escalier en vis à l'intérieur du bâtiment. De larges paliers, permettant de voir et d'être vu, s'intercalent entre la vis et la façade largement ajourée. Celle-ci porte un décor de motifs flamboyant jusqu'au sommet des lucarnes, ornées d'immenses fleurs de lys, rappelant que Dunois, bien que bâtard, est fils de Louis d'Orléans, frère de Charles VI.

 

 

Escalier flamboyant (1470) de l'aile de Longueville.

 

Celui de droite de style Renaissance  dont l'ouverture des baies forme loggia, est orné de motifs italianisants. C'est celui qui motive ma visite.

En effet, ce décor italianisant témoigne de la pénétration à Châteaudun de l'influence de la Renaissance italienne, comme déjà en Normandie au château de Gaillon ou à Rouen sous l'influence du cardinal d'Amboise vers 1509, ou à Dol-de-Bretagne sous celle de l'évêque James en 1507.

Le décor de cet escalier a pu inspirer , à la cathédrale de Chartres, celui de la Tour d l'Horloge (1520) et du Tour de chœur (1527-1529), deux chantiers dirigés par le même architecte Jehan Le Texier, dit de Beauce.

À la même époque, en 1528, est réalisée avec le même décor la clôture de chœur de l'abbaye de la Trinité de Vendôme , qui complète le jubé et le tombeau livré par Jean Juste en 1530.

Je vais donc visiter cet escalier en portant tout mon intérêt sur ces décors, souvent en bas-reliefs.

 

Description générale

"Comme pour la demeure de Dunois, l’escalier est l’élément décoratif majeur de l’aile nord. Cet escalier est plus monumental que celui de l’aile Dunois mais sa conception est identique : une vis en œuvre précédée de paliers formant loggia, ici surmontée d’une salle haute accessible par un petit escalier en vis dans une tourelle en encorbellement. L’ensemble est coiffé d’une haute toiture en pavillon. Des contreforts à niches surmontés de dais cantonnent les deux travées et portent un riche décor flamboyant. De grandes baies couvertes d’arcs surbaissés laissent pénétrer le regard vers les paliers dont les balustrades italianisantes annoncent le décor intérieur." (Centre des monuments nationaux)

 

Les commanditaires de l'escalier Renaissance : la famille de François de Longueville et Françoise d'Alençon ? Le cardinal de Longueville ? Louis d'Orléans-Longueville (1510-1537), duc de Longueville?

Petit-fils du comte Jean de Dunois, fils de François Ier d'Orléans-Longueville et d'Agnès de Savoie , François II de Longueville (1478-1513) hérite des titres de son père à sa mort en 1491.

On notera qu'il accompagna le roi Charles VIII à la conquête du royaume de Naples et qu'il suivra ensuite le roi Louis XII en Italie en 1502.

Il obtint la charge de grand chambellan de France (1504–1512) et de gouverneur de Guyenne. Il épousa le 6 avril 1505 Françoise d'Alençon (1490-1550). Ils eurent deux enfants, morts prématurément :

En mai de cette même année 1505, François fut élevé duc de Longueville par le roi Louis XII lorsque la terre de Longueville fut érigée en duché.

À son décès en février 1513, François II d’Orléans fut inhumé dans la basilique Notre-Dame de Cléry-Saint-André, comme l'avait été avant lui le roi Louis XI en 1483. Françoise d'Alençon (qui devait survivre 37 années à François de Longueville) se remaria avec Charles IV de Bourbon, duc de Vendôme.

Jean de Longueville intervient en 1518 ou en 1516-1518.

Jean d'Orléans-Longueville (né à Parthenay en 1484 et mort à Tarascon le 24 septembre 1533) est le troisième fils de François 1er d'Orléans, comte de Dunois et duc de Longueville. Élu archevêque de Toulouse en 1503 et nommé évêque d'Orléans en 1521, il est crée cardinal en 1533. Il fit construire pà l'ouest de  la demeure de Jean de Dunois un  logis seigneurial à Beaugency (Loiret) entre 1518 et 1524, y faisant construire des voûtes dans l’escalier en vis du château. Ses armoiries, dans une couronne de houx et soutenues par deux béliers (emblème des Longueville),  accompagnées de celles de son père François et de son frère Louis, sont sculptées sur la façade de l'Hôtel de ville de Beaugency, et peintes sur le cabinet de la tourelle du logis seigneurial de Dunois.

Or, on remarque sur le décor de la loggia du deuxième palier deux blasons dans des guirlandes, avec des armes à trois lys , traversées en pal par une croix d'archevêque. On les retrouvera sur le plafond à caisson à l'intérieur de cette loggia.

Effectivement; P.G. Girault écrit : "Les ornements du faîtage furent posés en 1518 sous le contrôle du cardinal d'Orléans, Jean de Longueville, alors archevêque de Toulouse "

Précision :

 "L’art de la première Renaissance qui s’épanouit sur la façade de l’hôtel de ville [de Beaugency, achevé avant 1526] ne peut s’expliquer sans son apparition une dizaine d’années auparavant à l’hôtel-Dieu et sa poursuite sur le logis de Jean d’Orléans-Longueville au château peu après. Ainsi, un acte notarié du 25 janvier 1515 (n. st.) nous informe que Pierre Gadier et Olivier Chollet, maîtres maçons et tailleurs de pierre qui avaient travaillé sur le prestigieux chantier du château de Châteaudun, propriété principale des Orléans-Longueville, devaient édifier un escalier en vis sur la façade du bâtiment principal

Peu avant 1516, Jean d’Orléans fit encore appel à Pierre Gadier pour agrandir la cave de son futur logis en face de celui de Dunois son aïeul [à Beaugency]. Mais, entre 1513 et 1516, ses deux frères aînés, Louis le premier du nom de la lignée et François II, disparurent. Peu avant sa mort, Louis avait été fait prisonnier par les Anglais et libéré contre une forte rançon, tandis que la fille de François II décédait à son tour en bas âge. Jean arrêta alors les travaux de Beaugency durant deux années pour aider Jeanne de Hochberg, sa belle-sœur, mère de quatre enfants en bas âge [épouse de Louis Ier, comte puis duc de Longueville, gouverneur de Provence ], à régler une succession complexe et achever l’aile Longueville à Châteaudun. Les travaux du logis reprirent ensuite à Beaugency en 1518 avec deux nouveaux maîtres maçons et tailleurs de pierre orléanais, Pierre Chausse et Pierre Biard, et se prolongèrent jusqu’à la fin de 1520. " (https://books.openedition.org/pufr/8313#anchor-completeplanhttps://books.openedition.org/pufr/8313#anchor-completeplan)


 

 

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

Les deux guirlandes armoriées de Jean de Longueville, alors archevêque de Toulouse (1518).

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

Ma visite (attention, j'irais lentement et m'arrêterais souvent!)

Sitôt parvenu près de l'entrée, je cherche les motifs sculptés.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La frise à tige de chêne tenu d'un côté par un monstre à bonnet de fou et de l'autre par une chimère à cornes de bélier est encore de style XVe siècle (j'en ai vu en quantité sur les porches bretons).

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

Ah, voilà !

Sur un chapiteau, deux putti chevauchant des feuilles encadrent un premier rinceau, charmant, surmonté par deux dauphins affrontés  et centré par un personnage les pieds posés sur la tête d'autres dauphins. Là, c'est un enfant nu, ici un garçon portant une tunique plissée et courte. Puis voici un angelot et des cornes d'abondance. Ça, y est, je suis à pied d'œuvre!

 

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

En levant la tête; je vois au plafond quatre panneaux. Deux, aux extrémités, portent  des rayons lumineux, que l'on retrouvent à l'identique peints au logis seigneurial de Beaugency dans un décor emblématique et héraldique de Jean de Longueville et de sa famille. L'autre un bouquet de feuilles de houx autour d'un bouton. Le troisième est un cuir en losange enrubanné dans un cercle de feuilles de houx (emblème des Longueville). Ils sont encadrés de banderoles en spire autour de grappes de fruits ronds. 

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

En entrant dans l'escalier par l'une des deux arches à galeries, un panneau "suite de la visite" dirige le visiteur, qui s'apprétait à gravir les marches, à pousser une porte. Mais avant de l'ouvrir, il est amené à en  admirer son linteau, bel exemple de bas-reliefs Renaissance.

Il débute par un médaillon de profil d'un homme aux cheveux bouclés ceints par un ruban, inspiré d'un chef de guerre florentin ou d'un empereur romain. Au centre un masque de face, crachant les rinceaux, dans une guirlande est entouré des rinceaux animés par des chérubins et des putti tenant une ligne d'olives.

 

 

 

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

Un autre linteau lui répond en symétrie à droite, avec un médaillon féminin. Le motif est beaucoup plus simple et répétitif.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518)  du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée Renaissance.

Cette porte de droite donne accès à une salle dotée d'une cheminée très riche en décor Première Renaissance, tant sur ses montants que sur toutes les faces du linteau.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

1. Le blason

Au centre, un blason mi-parti est entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel et surmonté d'une couronne ducale. Les armes de l'époux, à gauche, sont celles des Longueville, car on voit encore le lambel, et la bande. Le collier est celui à la cordelière (et non aux aiguillettes, deveni caduc en 1515) mais les coquilles saint-Jacques ont été bûchées.

François Ier de Longueville, fils héritier de Jean de Dunois, hérite du blason de son père  d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel d'argent et d'une barre d'argent brochant sur le tout  . "Mais contrairement à ce dernier, il n’est pas un fils illégitime. Il peut donc inverser la barre qui devient une bande. Son blason se lit donc ainsi :  d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel d'argent et d'une bande d'argent brochant sur le tout ."

Source: château de Blandy

Si on tient compte du décor du logis seigneurial de Beaugency, où le collier de Saint-Michel entoure les armes de François II de Longueville et de Louis Ier de Longueville, on peut hésiter entre les deux frères. François II est duc de Longueville depuis 1505 (mais porte la couronne comtale à Beaugency), Louis lui succède à ce titre après la mort de François en 1515. 

"Beaugency :

"A l'ouest se sont les armes de François II, aîné de la famille, dont l'écu est surmonté d'une couronne comtale et d'un heaume à lambrequin tourné à dextre amorti d'un cimier effacé qui devait représenter un bélier, animal emblématique des chefs de famille des Orléans-Longueville depuis Dunois. Deux aigles forment supports et des branches de houx sont visibles sous les armoiries. Au nord, nous avons les armes de Louis I et au sud celles de leur mère. Les écus de François et de Louis sont entourés de l'ordre de Saint-Michel et ceux de Louis, Jean et Agnès d'une couronne de houx. Celui de cette dernière est en outre entouré de la cordelière de Savoie à noeuds en 8. Les armoiries des trois frères sont identiques : d'azur à trois fleurs de lys posées deux et un, au lambel d'argent et au bâton en bande de même." (Palissy 45001026)

 

Les armes de l'épouse, si on parie sur Louis Ier, seraient celles de son épouse Jeanne de Hochberg. Mais ce que l'on devine des armes en 2 ne correspond pas exactement :

Armoiries mi parti en 1 de Longueville et en 2 de Jeanne de Hochberg, duchesse de Longueville. Тѳм277 - Elements by Sodacan — Travail personnel

Je conserve l'hypothèse de voir ici les armes mi-parti de Louis de Longueville et de Jeanne de Hochberg.

 

 

Le décor Renaissance de l'escalier de l'aile Longueville du château de Châteaudun.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

 

2. Le décor.

Parmi les rinceaux — auxquels il va falloir s'habituer, car ils sont constants—, et les candélabres — autre motif incontournable— , on se plait à découvrir des oiseaux picorants, des putti triomphants, et toute une gamme de fruits, de grappes, d'épillets, ou de fleurs.

En se baissant, on voit que ces rinceaux se poursuivent à la partie inférieure, avec des  bucranes .

Les montants sont tout aussi sculptés.

 

 

 

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

Sortons de cette salle et préparons-nous à emprunter le fameux escalier de Longueville, que nous avons déjà entrevu.

Nous pouvons examiner les coupes relevées en 1878 par Devrez, mais sans oublier qu'il s'agit d'un projet de restauration qui n'a pas été réalisé.

 

Désiré Devrez (1824-1896), est cité dans une note administrative de 1898 parmi les grands architectes diocésains disparus, aux côtés de E. Viollet-le-Duc, P. Abadie, V. Ruprich-Robert et E. Boeswillwald . Entré à l'École des beaux-arts en 1844, il fut architecte diocésain d'Orléans (1857), puis de Meaux (1874) et enfin de Paris (1886). Attaché à la commission des Monuments historiques en 1866, il fut nommé architecte de la ville de Paris en 1871. Il présenta en 1885 onze relevés après la restauration menée en 1866 par Frédéric Debacq pour le compte du duc Théodore de Luynes, propriétaire du château. Les baies du grand escalier furent réouvertes et les meneaux des croisées de l'aile furent rétablies. Il proposa un projet de restauration de la façade de Longueville touchée par les bombardements prussiens de 1870, mais celui-ci ne fut pas exécuté. Un autre architecte, Abel Boudier, a proposé de son côté un projet de restauration en 1888.

Les rapprochements entre l'aile de Longueville et les châteaux de Blois, d'Ambroise et de Gaillon ont été soulignés par différents auteurs. P.G Girault souligne des rapprochements avec le château du Verger en Anjou, ou la tour nord de la cathédrale de Bourges avant de suggérer l'intervention à Châteaudun de l'architecte Colin Biart.

Le couronnement du grand escalier a été restauré à la fin du XXe siècle : on lira à ce propos l'article de P.G. Girault.

Quoiqu'il en soit, je n'ai pas trouvé d'informations laissant penser que les bas-reliefs Renaissance que je documente ici par ces clichés ne soient pas des œuvres originales. 

relevé de Désiré Devrez 1878.

 

L'escalier : première volée, du rez-de-chaussée vers le premier étage.

 

Escalier de l'aile de Longueville, rez-de-chaussée, relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.

"C’est le décor intérieur de la cage qui introduit à la Renaissance : le noyau de calcaire blanc est décoré de candélabres.

Des colonnes couronnées de chapiteaux aux décors variés ornent les murs de la cage. Des caissons de pierre rythment les plafonds plats des paliers. Les linteaux des portes sont sculptés de motifs italianisants, cantonnés de médaillons. La qualité du décor sculpté n’est pas toujours égale, mais les sculpteurs locaux n’ont pas hésité à exécuter des décors à la variété débridée. On remarque des personnages anthropomorphes tels que sirènes ou hommes-poissons, des putti parfois ailés jouant de la trompette ou sortant de cornes d’abondance, au détour d’un chapiteau on identifie une silhouette casquée vêtue d’un drapé à l’antique, et même un enfant portant un bonnet d’âne." (Centre des monuments nationaux)

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

Une colonne engagée et son chapiteau.

Deux jeunes hommes sont accroupis autour du candélabre. L'un d'eux porte le costume des fous (très diffusé au XVe siècle), avec une cagoule à longues oreilles coiffé d'un grelot.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

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Autre colonne engagée et son chapiteau. Deux oiseaux à ailes rabattus contre le corps.

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Le pilier central.

À partir de la deuxième marche, une colonne centrale, sculptée d'une moulure en guise de rampe, est rythmée par un jeu de nervures et de niches trilobées. Ce sont elles qui reçoivent le décor en bas-relief à rinceaux et candélabres, jusqu'au palier. Là encore s'ébattent les dauphins, les oiseaux, ou des enfants tenant les fleurs des tiges. Certains sont coiffés d'un casques et vêtus d'une tunique.

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La première galerie.

C'est à ce niveau que le plafond est sculpté des emblèmes de la famille de Longueville témoignant de l'influence de Jean, archevêque de Toulouse (puis cardinal).

Cette loggia offre de jolies vues sur la cour, sur la grosse tour et sur la Sainte-Chapelle de Dunois.

L'escalier ne  s'interrompt pas, et sa frise extérieure se poursuit, interrompue de colonnes suspendues à chapiteaux.

 

 

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Violet-le-Duc donne une figure de  l'escalier de Châteaudun dans son Dictionnaire raisonné, article Escalier :

"Il existe une disposition d’escalier absolument semblable à celle-ci dans le château de Châteaudun. Mais dans la vis de Châteaudun les trompes d’angle arrivent du carré à l’octogone, et des culs-de-lampes posés aux angles de l’octogone portent la corniche spirale, dont la projection horizontale étant un cercle parfait soutient les bouts des marches.

Une vue prise à la hauteur de la première révolution de l’escalier de Châteaudun, figure 17, là où cette révolution coupe le portique du rez-de-chaussée dans sa hauteur, fait saisir l’arrangement des trompes, des culs-de-lampes, de la corniche en spirale et des marches délardées en dessous. Cet arrangement est d’ailleurs représenté en projection horizontale dans le plan (18).

Violet-le-duc, Dictionnaire, fig.18

Les trompes de la vis de Châteaudun sont appareillées ; ce sont des plates-bandes légèrement inclinées vers l’angle ; cet escalier était d’un assez grand diamètre pour exiger cet appareil."

Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Escalier, fig 17.

 

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Sur le pilier, deux oiseaux picorent le cœur des fleurs des rinceaux. Sur le candélabre, deux garçons jouent avec , ou soufflent dans, des instruments ou outils dilatés à l'extrémité.

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Le premier étage.

Escalier de l'aile de Longueville, premier étage, relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.

L'escalier vers le deuxième étage.

 

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La porte vers la droite (corps principal de l'aile), et son linteau.

Le linteau débute, à gauche, par un candélabre au dessus d'une tête ailée d'ange. L'absence de panneau symétrique à droite s'explique par le fait que ce linteau trouve son complément sur la porte opposée.

Deux oiseaux, une patte dressée, et se répondant par symétrie, viennent picorer des friandises (graines ou fruits) dans une coupe qui leur est présentée.

Les deux chimères  qui leur proposent ces coupes sont placées de part et d'autre d'un  vase contenant des fleurs (tulipes).

À droite, la chimère a un buste féminin, avec une tête gracieuse aux cheveux longs dénoués. Ce buste se greffe sur un corps de bouc (sabots, touffe de poils) doté d'une queue qui pourrait être celle d'un coq. C'est une faunesse (à peine cornue).

À gauche, c'est le même assemblage, mais avec un buste masculin barbu et cornu : c'est un faune. 

Au total : faune et faunesse offrant des mets à deux oiseaux.

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Le plafond et ses panneaux armoriés.

On y remarque dans un cuir au centre d'une guirlande les armoiries de Jean de Longueville avec, en pal, la croix d'archevêque (donc datable de 1503 à 1521).  Le lambel et la bande sont bien conservés.

Les armoiries en losange de l'autre caisson sont celles d'une femme, dans une couronne de roses et entrelacées de rubans. On y distingue des lignes qui devraient peut-être permettre une identification avec un éclairage approprié.

 

L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

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Autre ensemble : un cuir, sans motif apparent.

Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.

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La porte vers la gauche, et son linteau.

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À droite : un trophée d'armes.

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Au centre : deux oiseaux à crète, plumage et queue feuillagés, picorant des fruits dans une vasque contenant des épis de blés et des épillets.

Dans l'écoinçon supérieur droit : oiseau se lissant l'aile.

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Reprenons la montée de notre escalier vers le deuxième étage. L'escalier est couronné par une voûte octogonale à huit voûtains.

L'escalier de Longueville, deuxième étage. Relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.

Fin de l'escalier :

relevé de Désiré Devrez 1878.

 

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Le dernier étage n'est pas accessible au visiteur.

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SOURCES ET LIENS

—ARCHIVES des relevés dressés selon Désiré Devrez

https://archives-map.culture.gouv.fr/ark:/22232/112359/dao/0/1/idsearch:RECH_ce85fd58c934b485d9cd5dedfcdc47c1?id=https%3A%2F%2Farchives-map.culture.gouv.fr%2Fark%3A%2F22232%2F112359%2Fcanvas%2F0%2F1&vx=333.694&vy=-478.086&vr=0&vz=9.48334

— BONTEMPS (Daniel), 2017 L’hôtel de ville de Beaugency au début du XVIe siècle, in Hôtel de ville, Presses universitaires François-Rabelais p. 177-178

https://books.openedition.org/pufr/8313#anchor-persons

—FOUCAUT (Alain), 2016, L'aile Longueville de Châteaudun, blog

https://foucautalain9.wixsite.com/patrimoine-urbain/single-post/2016/10/14/laile-longueville-de-ch%C3%A2teaudun

— Centre des monuments nationaux

https://www.chateau-chateaudun.fr/

https://www.chateau-chateaudun.fr/var/cmn_inter/storage/original/application/4c989d4c3e6998fbc3987b5f0586b140.pdf

—CHÂTENET (Monique), 1970, La château de Châteaudun, mémoire de maîtrise, 1970, non consulté

— GIRAULT (Pierre-Gilles), 1998, "Le couronnement du grand escalier du château de Châteaudun. À propos d'une restauration récente" In: Bulletin Monumental, tome 156, n°4, année 1998. pp. 355-367;

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1998_num_156_4_1835000

—HABLOT (Laurent),2016 , « L'héraldique au service de l'histoire. Les armoiries des bâtards à la fin du Moyen Âge, études de cas », dans Carole Avignon (dir.), Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2016, 560 p.

https://books.openedition.org/pur/44762?lang=fr

—ROSER (base), Jean Beuvier, 2019, Ornementation de l'aile Longueville du château de Châteaudun

https://roser.univ-tours.fr/s/roser/item/6764

         

Oiseaux affrontés

Oiseaux picorant vers le bas

Oiseau se lissant l'aile

Tête d'homme de profil

Oiseau picorant

 

—VIOLET-LE-DUC, Dictionnaire raisonné, "Escalier"

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Escalier

— vitraux de l'hôtel Le Coq de Melun, aux armes de François de Longueville et d'Agnès de Savoie, de Jean de Longueville et de Jeanne de Hochberg :

https://www.google.fr/books/edition/M%C3%A9moires_Lus_%C3%A0_Sorbonne_dans_les_S%C3%A9an/jUExAQAAIAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=fran%C3%A7ois+d%27orl%C3%A9ans-longueville+%22ordre+de+saint-michel%22&pg=PA342&printsec=frontcover

—Grammaire de l'ornementation Renaissance

https://fr.wikisource.org/wiki/Grammaire_de_l_ornement/Chap_XVII

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. Héraldique Emblématique Renaissance.
24 novembre 2025 1 24 /11 /novembre /2025 09:22

Les 54 stalles (chêne, Richard Falaise, 1522) de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. II B, le côté nord, stalles hautes.

 

—Voir sur cette Collégiale :

 

—Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

b) Hors Bretagne :

PRÉSENTATION.

 

Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots.  Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.

Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.

 En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre. 

Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et   du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.

Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.

Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et le peintre Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnèrent une planche entière d'illustrations. Néanmoins, Amédée Aufauvre, journaliste, historien polygraphe et rédacteur en chef du journal » Le Propagateur » se déclare choqué par la licence des saynètes, lui, qui pourtant, "Dieu merci, ne fait pas de pruderie" : y'a de l'abus !

 

 "On reste confondu de la hardiesse des contrastes que les sujets offrent entre eux. La fantaisie du sculpteur a passé du profane au sacré, avec une liberté du ciseau que rien ne saurait justifier. On
comprend les grotesques de la rue, les sculptures hardies que les artistes du XVI e siècle imposaient aux sablières, aux brasseaux, aux bouts de poutres, aux façades. La liberté des mœurs et le choc des opinions religieuses devaient trouver alors au dehors, des caricaturistes à la hauteur de toutes les fantaisies de l’époque; mais dans une église, au chœur d’une collégiale, sur les sièges mêmes des prêtres, de pareilles singularités sont inexplicables. Dieu merci, nous ne faisons pas de pruderie ; nous savons que les arts ont des droits à une large indépendance et qu’il faut accorder aux caprices une très-grande latitude. Cependant, à Champeaux, la licence a dépassé les limites extrêmes de la mode, de l’habitude et de l’influence des usages. L'église n’a pas inspiré au sculpteur plus de circonspection que le plus profane des édifices : on en va juger par le simple énoncé des sujets et par le pêle-mêle qui les caractérise.
Les stalles datent du commencement delà Renaissance, époque de témérités de tout genre, dans les arts auxiliaires ou imitateurs par la caricature, de l’esprit de discussion et de ses ironies. Les écarts sont d’ailleurs innombrables quand une transformation artistique se produit, et c’est ce qui explique, jusqu’à un certain point, l’abus que nous signalons. Il se faisait alors une confusion étrange entre l’antique travesti et les sévérités du gothique : on mariait deux contrastes. Il n’est pas surprenant que les artistes d’un ordre inférieur aient outré les conséquences du nouveau système."

 

Elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.

Numérotation

Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.

Soit, ici :

Stalles SH  sud hautes n°1 à 14

Stalles SB sud basses  n° 15  à 27

Stalles NH nord hautes n° 28 à 41

Stalles NB nord basses  n° 42 à 54.

 

La jouée nord-ouest : candélabre et rinceaux à deux profils anthropomorphes feuillagés et deux têtes d'oiseaux.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°28 : un faune armé d'un gourdin luttant contre un dragon.

A. Aufauvre y voit "un hercule luttant contre un monstre". Mais si on observe bien, on voit que le personnage, barbu, athlétique et quasi-nu hormis une collerette de poils, a des sabots de bouc, et que ses pattes sont velues. Les oreilles sont-elles longues et pointues ? On ne sait, elles sont cachées par la chevelure. Dans tous les cas, c'est là un beau face-à face. Le glissement entre le végétal, l'animal et l'humain, grand principe des métamorphoses de la Renaissance, s'observe peut-être aussi sur le gourdin, qui s'achève comme un os fémoral, à deux condyles.

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°29 : Pélican nourrissant ses petits de son sang, en se blessant la poitrine.

On sait qu'il s'agit là d'une figure christique et un symbole eucharistique.

A. Aufauvre : "Pélican dans l'attitude qu'on lui donne prête pour nourrir ses petits."

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°30 : homme assis, de face, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chapeau à larges bords, déroulant un phylactère.

Il n'a rien d'un chanoine, rien d'un prophète ou d'un apôtres (ces habitués des phylactères), et le texte de sa banderole est perdu.

A. Aufauvre : "un personnage déroulant une légende". C'est pas faux.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Le panneau intérieur du dais NW.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°31 : la Grappe de Canaan : deux hommes portant sur leurs épaules  une perche où est suspendue une grappe de raisins disproportionnée à leur taille.

Les hommes portent la même tunique courte serrée par une ceinture, la même coiffure dont le rabat est relevé dans un cas, et protège les oreilles dans l'autre. Ils sont saisis dans l'allure de la marche, le pied levé pour le second, le corps penché en avant pour le premier.

A. Aufauvre : "la grappe de la Terre Promise, portée par deux hommes".  

"Moïse les envoya pour explorer le pays de Canaan. Il leur dit : Montez ici, par le midi ; et vous monterez sur la montagne. Vous verrez le pays, ce qu’il est, et le peuple qui l’habite, s’il est fort ou faible, s’il est en petit ou en grand nombre ; ce qu’est le pays où il habite, s’il est bon ou mauvais; ce que sont les villes où il habite, si elles sont ouvertes ou fortifiées ; ce qu’est le terrain, s’il est gras ou maigre, s’il y a des arbres ou s’il n’y en a point. Ayez bon courage, et prenez des fruits du pays.
C’était le temps des premiers raisins. ...Ils arrivèrent jusqu’à la vallée d’Eschcol, où ils coupèrent une branche de vigne avec une grappe de raisin, qu’ils portèrent à deux au moyen d’une perche ; ils prirent aussi des grenades et des figues. On donna à ce lieu le nom de vallée d’Eschcol, à cause de la grappe que les enfants d’Israël y coupèrent. " (Nombres 13 :23-24)

Voir le même thème sur la miséricorde n° 6 des stalles sud de La Guerche de Bretagne, contemporaines de celles de Champeaux.

Voir le tableau de Poussin, L'Automne (Louvre)

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Appui-main : un homme coiffé d'une cagoule, à la partie inférieure difforme et végétalisée.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°32 : quatre rats se partageant le monde.

Un globe surmonté d’une croix et divisé  par un cercle  équatorial et un quadrant est percé de trous, comme un fromage, mangé par quatre rats.

il s'agit de la "boule aux rats", une illustration du proverbe "le monde est rongé par les rats", et un message sur le monde trompeur.

E.C. Block la décrit sous la référence NH-05 et le titre "Les Rats de l'hérésie ou le monde corrompu", car "les rats rongent le monde chrétien".

Voir la miséricorde 19 des stalles de Gassicourt à Mantes-la-Jolie (Yvelines), datant de la fin du XVe siècle, où quatre rats rongent le globe crucifère comme un fromage, ou la miséricorde de la cathédrale Saint-Spire de Corbeil et celle de Ponts-de-Cé en Maine-et-Loire (qui décoraient l'église prieuriale de La Haye-aux-Bonshommes du XVIe siècle).

"Bien qu'archaïque et dépassé depuis 1492, le monde triparti sert encore d'image du monde, en lien avec la partition du monde entre les trois fils de Noé. Rattaché au champ des symboles religieux par ses origines scripturaires , cette figure trine signifie que le monde ne cesse d'être à l'image de son créateur. Or c'est ce monde achevé avec la création ( Gen. 2 , 1 ) , qui est voué à la vanité des hommes , à la course du temps qui ronge tout et aux vices rongeurs . Rongé des rats , le monde a l'aspect d'un « fromage de Hollande » troué par les mulots qui l'attaquent . Le fromage est l'attribut du fou, et , comme dit le proverbe , « à fol fromage ». L'orbe réduit à l'état de fromage est sans doute l'une des premières transformations données à l'image du monde au début du XVI siècle . Vidé de sa substance , transparent entre les mains du Salvator mundi , il peut être traversé comme bulle de savon selon les auteurs des miséricordes de Bosward et de Walcourt , en Belgique . Il n'est plus qu'un signe plastique d'équivalence linguistique pour dire simplement « le monde ». (d'après Sylvie Bethmont-Gallerand : Le monde et le moine : essai de reconstitution et d’interprétation de l’iconographie des stalles de l’église de Gassicourt, Yvelines, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2005, Numéros 31 à 32 page 102.)

 "Ce motif de la « boule aux rats » est apparu à la fin du Moyen Age, en marge du grand art religieux. Les sculptures de stalles en forment le principal réservoir mais de nombreux exemples subsistent dans les marginalia des livres pieux et sur le décor extérieur des églises du gothique tardif. Ce motif ne se livre à l’intelligence qu’à la suite d’un patient détour par chacun des éléments qui le composent. Si la source semble en être une unique expression proverbiale, ses nombreuses occurrences dans l’art doivent être étudiées en fonction de leurs contextes respectifs. Ainsi se dégagent les caractéristiques d’une imagerie modeste accompagnant les grandes expressions de la foi dans la période de la pré-Réforme; des images auxquelles est souvent attribué, faute de mieux, un caractère populaire. Pourtant les commanditaires et les lieux d’élection de ces boules aux rats les font plutôt participer à l’oraison savante qu’à la piété des simples. Une oraison dirigée vers la moralisation, qui englobe tous les aspects de la vie civile, les aléas de l’histoire contemporaine, comme les travers des contemporains clercs et paroissiens, au sein de motifs non dénués d’humour." Sylvie Bethmont-Gallerand, Le motif de la boule aux rats dans la sculpture et la peinture (XVe–XVIe siècles) Reinardus, Volume 14, Issue 1, Jan 2001, p. 39 - 54

Le globe triparti apparaissait déjà sur la miséricorde n°6 (sud, stalles hautes, Dieu tenant le monde devant Satan),  n° 53 (stalles basses nord, Deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre) et apparaîtra dans ces stalles nord hautes dans les miséricordes n° 34 et 39. C'est en souligner l'importance, mais la même clef d'interprétation (Le monde trompeur ou corrompu) fonctionne difficilement pour les quatre scènes. Pour réunir ces cinq exemple, il faut se contenter d'y voir une image du monde créé par Dieu.

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°33 :  Renart prêchant  aux poules.

Renart s'est installé en chaire et, dans un geste d'éloquence inspiré, il  prêche la bonne parole aux poules (ou du moins à des volailles) prosternées ou fascinées. Ici, il n'a pourtant pas pris la peine de se déguiser en moine prêcheur. Et sa queue qui s'échappe des arcades de la chaire pourrait le trahir, si les dévotes étaient moins aveuglées par le beau parleur.

Le thème du renard prêchant aux poules est très ancien, déjà présent dans la Haute-Antiquité puisqu’il apparaît sur des papyrus égyptiens. Comme d’autres motifs, il connaît un véritable succès au Moyen Âge, aidé en cela par la littérature, via la diffusion des Fables d’Ésope et, plus tard, du Roman de Renart. Le thème de Renart le bestourné  (Rutebeuf, 1261), Renart Contrefait (Clerc de Troyes, 1319-1342) est également très populaire et représenté à de nombreuses reprises sur différents supports, manuscrits ( Livre de Prières de Marie de Clèves, les Heures de Marie de Bourgogne, ou encore les Heures de Montbéron, manuscrit breton du XVe siècle, conservé à la BM de Nantes), sculpture en pierre (culots), ou en bois (sablières, jubé, miséricordes).

Sur les miséricordes, Renart prêchant est très présent, à Saint-Lucien, Beauvais (Oise), Saint-Claude (Jura), à Bletterans, (Jura) , Saint-Taurin d'Evreux (Eure) , à Walcourt, Louvain, à Hoogstraeten, en la Nativité Sainte-Marie de Kempen, Allemagne (vers 1500) à la cathédrale da Se da Funchal, Madère, à Etchingham, East Sussex , à la Cathédrale d’Ely ou à Beverley Minster (vers 1520), et à l'église Sainte Marie de Beverley, dans le Yorkshire (vers 1445).

 

Voir :

—Renart dans le sculpture en bois bretonne dans mes articles d'iconographie commentée :

Miséricorde des stalles de St Lucien de Beauvais conservées à Cluny. Cliché lavieb-aile.

—Dominique Chancel, 2015, Renart déguisé en moine, prêchant de volailles pour mieux les séduire. Une revue iconographique exhaustive à propos du château de l’Arthaudière à Saint-Bonnet-de-Chavagne en Isère. 

https://www.narthex.fr/wp-content/uploads/2025/03/les-fourberies-de-Renart-2016-2-12.pdf

—Sophie Duhem, 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle"  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  Volume 105  Numéro 1  pp. 53-69

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°34 : un docte viellard chûte sous le poids du Monde (globus cruciger) accablant ses reins.

Nouxs retrouvons le globe triparti marqué de la croix de la miséricorde n° 32. Mais cette image du Monde pèse sur le dos d'un viellard, coiffé du même bonnet à rabats adopté par les autres personnages de ces stalles, vêtu d'une robe longue, mais dont la dignité est contredite à la fois par ses pieds nus, et à la fois par sa posture de renversement, de chute. Est-ce Dieu portant sur son dos le poids du monde chargé de péché (D. Kraus) ? Un Docteur  qui perd la boule devant le spectacle de Nef des Fous (S. Brant 1494) du monde ? Ou, comme le voyait Aufauvre, un acrobate jonglant avec un globe ?

Dans tous les cas, cette sphère du Monde semble porteuse, comme pour la Boule aux rats, d'une leçon de morale face à un déclin. 

A. Aufauvre : "un Atlas burlesque marchant sur ses mains et portant un globe cerclé".

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°35 : deux aigles présentant un blason.

C'est le seul blason de ces stalles, et on l'aurai attendu sur l'emplacement le plus honorifique, les stalles 38-39 ou 8-9. Il devait porter des armoiries, peut-être l'une de celles qui sont multiples sur les vitraux, peut-être celles d'un évêque de Paris. Mais les meubles héraldiques ont été bûchées.

A. Aufauvre : "écusson becqueté par deux oiseaux affrontés".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°36 : une femme marchant comme à l'aveuglette, devant une tortue dressée de profil sur ses pattes arrières. Au dessus, un objet (corde, bâton ?) est partiellement effacé.

A. Aufauvre : "deux femmes séparées par un personnage (aujour'hui brisé) qu'elles semblent se disputer".

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°37 : homme allongé sur le côté et dormant, relevant sa robe sur son genou gauche.

Ivresse de Noé??

 

A. Aufauvre : "Un homme en robe dans l'attitude du sommeil".

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°38 : un musicien coiffé d'une toque à plumet jouant de la chalemie devant un globe crucifère.

A. Aufauvre : un joueur de trompe, en tunique, coiffée d'une toque empanachée, en avant d'u globe crucifère"

Voir la  Fiche n°85 NH11 de  Musicastallis :

"Un page sonnant l'éveil à la terre chrétienne". L'instrument est assez proche de la chalemie représentée dans la miséricorde SH-12 du même ensemble [Job devant deux musiciens]. En l'absence de toute possibilité de voir les trous de jeu, l'aérophone peut être trompe ou chalemie. Le musicien, vêtu d'un costume et d'un béret à plume souvent attribués aux ménétriers, joue d'une longue trompe mutilée. Illustration du proverbe : "tromper le monde" ?

Scène(s) associée(s): L’association du globe terrestre et de la trompe symbolise le jugement dernier (voir fiche n°323) mais la stalle SH-07 "il faut être fou pour porter le monde" pourrait accréditer l’hypothèse du dicton "je trompe le monde chrétien"

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°39 : Un riche couple encadrant un récipient à couvercle. La femme semble y jeter un objet (bûché), l'homme s'apprête à dégainer son poignard.

A. Aufauvre : "un couple autour d'une marmite".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°40 : un lion dévorant un loup (ou un chien).

A. Aufauvre : "un lion dévorant un quadrupède".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Miséricorde de la stalle n°41 : un homme (robe logue, bonnet à rabats) est assis à l'envers sur un quadrupède et tend l'index droit vers son arrière-train tout en lui soulevant la queue. L'animal a les antérieurs fléchis. Il pourrait s'agir d'un taureau.

 

A. Aufauvre : "un cavalier au rebours, sur une bête fantastique".

 

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Panneau intérieur du dais. Rinceaux à têtes de poisson et de bélier.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Les culs-de-lampe du dais.

Chanoine priant.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Homme barbu déroulant un phylactère.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Ange tenant une lance (instrument de la Passion).

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Femme richement vêtue tenant des binocles.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Ange tenant des verges (instrument de la Passion).

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Femme tenant un objet cylindrique.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Ange déroulant un phylactère.

 

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Les 7 panneaux à claire-voie en couronnement du dais.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.
Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + faune

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + 2 angelots chevauchant des griffons.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Pentacle + corne d'abondance à visage anthropomorphe.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Candélabre et rinceaux à femme-feuille et tête de dauphins.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Pentacle tenu par deux angelots.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + deux êtres fantastiques feuillagés.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

Corbeille + fleurs et volutes.

Les stalles de la collégiale de Champeaux. IIB, les stalles hautes du côté nord.

SOURCES ET LIENS

 

Palissy :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM77001912

— Eglises du confluent 

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-77Champeaux-CollStMartin.php

— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f87.item

— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

—MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux"  Bulletin Monumental vol. 84  pp. 274-281

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f79.image

—MICHELIN (Louis), 1841, Essais historiques et statistiques sur le département de Seine et ..., Volume 2 p.488

https://books.google.fr/books?id=C0o-AAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=%22aumusse%22+%22champeaux%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Sur les stalles :

—    BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162.

Le Corpus des Miséricordes Médiévales (XIIIe-XXVIe siècles) se compose de cinq volumes. Les quatre premiers sont consacrés aux miséricordes et aux sculptures de stalles de chœur associées, dans des régions spécifiques d'Europe. Le cinquième volume comprend un index iconographique exhaustif des thèmes communs à différents pays, ainsi que des thèmes propres à chaque pays. Le premier volume de cette série, « Miséricordes Médiévales en France », recense environ 300 églises qui conservent des miséricordes gothiques ornées de figures sculptées et de récits inspirés des traditions orales (proverbes, contes populaires), mais aussi des annotations marginales de manuscrits, des chapiteaux romans, des bibles illustrées, des gravures, des cartes à jouer… Une vaste fresque de la vie médiévale – activités rurales, métiers urbains, relations conjugales, vie monastique – est présentée dans ces sculptures, sous les sièges des stalles, aux côtés des costumes d'époque, de l'architecture urbaine et collégiale, et des mécanismes. Des jeux de mots et des rébus s'entremêlent souvent à ces thèmes, créant des énigmes à la fois comiques et mystérieuses pour le regard du XXIe siècle. La perspective globale des miséricordes, généralement négligée dans les études sur l'art médiéval, est ici présentée comme une base multidisciplinaire pour de futures recherches menées par des sociologues, des historiens, des archéologues et d'autres médiévistes. Les volumes suivants traitent des miséricordes en Ibérie, en Flandre et dans le nord de l'Europe, ainsi qu'en Grande-Bretagne.

https://books.google.fr/books?newbks=1&newbks_redir=0&hl=fr&id=nmnrAAAAMAAJ&dq=LACROIX+Marcel%2C+La+coll%C3%A9giale+Saint-Martin+de+Champeaux%2C+Paris%2C+Imprimerie+de+l%E2%80%99Auxerrois&focus=searchwithinvolume&q=champeaux

— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

— DUFOUR (Jean), 2009, Le chartrier de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux, ed Droz, p.56

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&pg=PA56&dq=stalles+champeaux+mis%C3%A9ricordes&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjiwvPj9vuQAxWUcKQEHevrO4YQ6AF6BAgIEAM#v=onepage&q=stalles%20champeaux%20mis%C3%A9ricordes&f=false

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— MUSICASTALLIS

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=86

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Published by jean-yves cordier - dans Miséricordes. XVIe siècle. Renaissance. Sculpture
21 novembre 2025 5 21 /11 /novembre /2025 10:56

Les stalles (chêne, Richard Falaise, 1522) de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. II A, le côté nord, stalles basses.

 

 

—Voir sur cette Collégiale :

 

—Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

b) Hors Bretagne :

PRÉSENTATION.

 

Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots.  Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.

Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.

 En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre. 

Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et   du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.

Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.

Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnérent une planche entière d'illustrations, elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.

 

 

A. Aufauvre 1858, Gallica BnF

 

Le répertoire du côté nord diffère de celui du côté sud, et ce n'est pas un hasard si Amédée Aufauvre choisit, parmi les 14 miséricordes figurées sur la planche (dessinée et lithographiée par Charles Pichot), 13 du côté nord, plus pittoresques, plus savoureuses : le caractère populaire et médiéval y est mieux représenté, avec d'avantage de références (parfois énigmatiques pour nous), aux fabliaux,  sentences et proverbes et au monde du merveilleux et du fantastique. Est-ce que les chanoines (ou les invités) du côté nord était moins collet-montés que ceux de l'autre côté du lutrin ? Quelle était la moyenne d'âge des nordistes, leur revenu (c'est-à-dire le nombre de prébendes dont ils disposaient dans leur portefeuille), leurs titres nobiliaires, en comparaison des sudistes? Toute une étude sociologique nous manque...Notons néanmoins que les graffiti se retrouvent au nord, et non au sud.

Numérotation

Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.

Soit, ici :

Stalles hautes sud n°1 à 14

Stalles basses sud n° 15  à 27

Stalles hautes nord n° 28 à 41

Stalles basses nord n° 42 à 54.

 

Numérotation lavieb-aile des stalles nord.

 

 

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

La jouée est : deux chiens affrontés.

 

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle 42 (la dernière du côté est) : un Triton.

A. Aufauvre : "une syrène nue, les cheveux au vent".

On peut y voir une sirène, car dotée d'une queue de poisson au dessous du tronc (la réunion entre les deux parties étant ornée d'un collerette), mais sa poitrine peu marquée, son visage et même sa chevelure incitent à y voir un personnage masculin, et donc, comme le propose la base Palissy "un triton, desinit in piscem" (*). Il/Elle  ouvre les bras largement, mais ses mains et poignets sont brisés.

Si on admet qu'il s'agisse de Triton, c'es alors un emprunt, non plus au répertoire merveilleux médiéval, mais à la mythologie greco-latine, comme pour Hercule.

(*) Au début de l'Art poétique, Horace compare une œuvre d'art sans unité à un beau buste de femme qui se terminerait en queue de poisson : Desinit in piscem mulier formosa superne (De sorte que le haut soit d'une femme aimable, et le bas représente un poisson effroyable). Se dit des choses dont la fin se termine en queue de poisson, ne réalisant pas les promesses du début.

 

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle 43 : trois visages dans la même capuche de fous aux oreilles d'âne.

Allusion à une expression qui serait perdue, " trois têtes de fou dans un même bonnet" ?

 

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Appui-main : animal fabuleux sortant d'une coquille et la dévorant.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle 44 : un homme en robe ouverte, coiffé d'un bonnet,  urine dans un van.

Un van est un tamis servant ... à vanner les céréales, "du latin vannus , ustensile servant à séparer le grain d'impuretés plus légères".

Il s'agit d'un calembour pour illustrer le proverbe "Petite pluie abat grand vent", il suffit (parfois) de peu de chose pour calmer une grande querelle.

 

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Graffiti des dorsaux.

ALLAN (stalle 45)

Une autre inscription non relevée sur le dossier.

On notera que, selon Aufauvre, "Au bas-côté nord est une inscription consacrée à Nicolas Allan, chanoine de Champeaux, donateur de 460 livres au profit de l’Eglise paroissiale, à la charge de divers services. Le contrat date du 12 mai 1636."

Voir 

 

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stalle 46 : graffiti effacés ou peu lisibles LANEE (?) 1697 -TAT

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Stalle 44 : graffiti non lisibles, lettres Q et N.

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Miséricorde de la stalle 45 : deux joueurs de volant.

comparer à la stalle n°17, côté sud.

Les deux joueurs, en tunique courte et chausses ajustées, sont coiffés d'un bonnet sur leurs cheveux mi-longs, ils se détachent sur un fond qui peut corresponbdre à un paysage champêtre (champs cultivés).

 

 

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Appui-main: homme assis, lisant ; tête (recouverte d'une capuche) au visage bûchée.

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Miséricorde de la stalle 46 : un homme ou enfant nu, monté sur un quadrupède, lui tire la queue alors qu'il tient les rènes.

A. Aufauvre : "un homme sur un chameau dont il tire la queue et la bride".

La miséricorde n°17, en vis à vis, montrait un singe monté sur un griffon, soit une scène assez proche, bien que l'animal n'ait pas, ici, de crinière, et soit harnaché.

 

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Appui-main: figure fabuleuse aux formes globuleuses.

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Miséricorde de la stalle 47 : un enfant nu, monté sur un cheval, lève un ustensile à manche.

A. Aufauvre : "un cavalier nu armé d'une pelle.". 

On peut discuter de l'animal (âne, mulet), de ses pattes (pas de sabots mais des sortes d'orteils), de sa pelle, et de l'usage qu'il en fait (frapper sa monture? participer à un jeu ?).

 

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La stalle s'interrompt pour permettre le passage vers les stalles hautes. Les deux jouées sont décorées d'une archère et d'un archer.

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Jouée est : un jeune athlète nu et crépu bandant un arc en dansant.

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Jouée opposée : une jeune femme presque nue, cheveux au vent, armée d'un arc et tenant une flèche. Elle esquisse une danse.

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Miséricorde de la stalle 48 : homme faisant cuire dans un chaudron  un couple d'êtres grotesques et simiesques, dont un dragon ailé.

A. Aufauvre : "un homme regardant deux diables ailés, dans une chaudière".

 

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Appui-main : un homme coiffé d'un chaperon, lèchant un fruit (?) ou vomissant dans une coupe (?).

A. Aufauvre : "homme vomissant dans un plat à barbe."

 

 

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Miséricorde de la stalle 49 : un diable (cornu, griffu, velu) tenant un bâton ou une planche ou une porte, tenu par la queue et suivi par une femme en robe longue et coiffe serrée sous le menton.

La queue a été bûchée.

Allusion à l'expression "tirer le diable par la queue".

A. Aufauvre : "un singe ou un démon fuyant armé d'un bâton, devant un homme qui défend un objet (aujourd'hui brisé).

 

 

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Miséricorde de la stalle 50 : un homme faisant l'aumône à un infirme.

L'homme, un riche bourgeois vêtu d'un ample manteau (serré par une ceinture) et coiffé d'un bonnet, imberbe, cheveux mi-longs, pose une pièce dans la sébille d'un pauvre infirme, amputé au genou de la jambe gauche, appareillé d'un pilon, s'aidant d'une canne, et peut-être en outre aveugle car  son visage barbu est tourné vers le ciel. De sa main gauche, le Riche referme son aumônière suspendue à sa ceinture.

A. Aufauvre : "un homme faisant l'aumône à un infirme."

 

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Miséricorde de la stalle 51 : sainte Catherine d'Alexandrie.

La sainte, vierge et martyre est couronnée et tient un livre et une épée. Elle est encadrée de deux moitiés d'une roue, allusion à l'épreuve de la roue à lames acérées, dont elle sortit vainqueur par le miracle du bris de cette roue, qui alla blessr les bourreaux.

Sainte Catherine est représentée plusieiurs fois sur les vitraux. Son culte était  alors de première importance . Elle était vénérée par les filles à marier (les catherinettes du 25 novembre), par les femmes en général et surtout pour être protégé des périls mortels.

C'est la seule miséricorde à thème religieux de cette rangée.

A. Aufauvre : "une sainte Catherine".

 

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Retour d'angle : deux figures faisant fonction d'appui-main.

 

 

 

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Homme assis, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chaperon, écrivant sur un phylactère. 

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Enfant accroupi, l'index sur les lèvres.

Est-ce une figure du Silence, déjà rencontré, sinon dans les stalles canoniales, mais en milieu monastique  (Brou ; Naples) ? mais l'index n'est pas posé verticalement. Ou une figure d'Harpocrate? Ou un homme se faisant vomir? etc.

Amédée Aufauvre : "homme qui s'ouvre la bouche et se gratte le pied".

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Appui-main : animal fabuleux de type dragon à pattes feuillagé.

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Miséricorde de la stalle 52 : un cochon jouant de la cornemuse pour l'un de ses petits.

Cette miséricorde figure (bien sûr) dans l'encyclopédie de Jean-Luc Matte qui décrit ici le bourdon d'épaule, tandis que le hautbois et la partie supérieur du sac sont brisés.

Voir aussi la notice de la base Palissy (erronée, datation "du 11ème siècle") qui donne en légende "Une truie qui file ou joue de la cornemuse ou amusant son petit", à une photographie antérieure à 1896.

Le cochon (on ne voit pas les mamelles qui permettrait d'affirmer qu'il s'agit d'une truie) est assis sur ses pattes arrière. Le porcelet est assis sur un rocher et le regarde.

Référencée aussi sur Musiconis.

Voir aussi 2 miséricordes représentant des cochons musiciens :

https://www.lavieb-aile.com/2023/01/les-stalles-de-saint-lucien-de-beauvais-exposees-au-musee-de-cluny.html

A. Aufauvre : "une truie qui file".

 

 

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Miséricorde de la stalle 53 : deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre.

On peut y voir (base Palissy)  "le monde livré à la dispute des savants". Mais les deux hommes ne sont pas habillés comme des docteurs médiévaux, en robe longue fourrée et coiffés d'une barrette, au contraire, même si l'un est coiffé d'un bonnet, leur tunique courte, et la tenue "sportive" et désinvolte du second ne permet pas de voir là des savants.

Les gestes des bras montrent qu'ils s'envoient et se renvoient le globe.

A. Aufauvre : "Deux hommes s'envoyant le globe terrestre, comme un ballon".

 

 

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Appui-main :  notable (robe longue, béret, cheveux mi-longs) déroulant un phylactère. Visage bûché.

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Miséricorde de la stalle 54 : deux hommes frappent avec des maillets un petit homme allongé sur une enclume.

Légende de la base Palissy : "entre le marteau et l'enclume".

La sculpture conserve pour moi un côté énigmatique.

Le "petit homme" est peut-être un enfant ; il est coiffé d'une capuche à oreilles, qui pourrait être un bonnet de fou, mais qui ressemble à la coiffure de l'homme barbu de gauche. La collerette de son habit peut aussi appartenir au costume du Fou.

Les deux hommes ont l'aspect et la posture des bourreaux, notamment cette façon de dégager la cuisse droite de tout vêtement pour ne pas entraver le mouvement du bras.

A. Aufauvre : "deux maréchaux frappant sur une enclume le personnage de la Folie."

 

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SOURCES ET LIENS

 

Palissy 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM77001912

— Eglises du confluent 

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-77Champeaux-CollStMartin.php

— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f87.item

— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

—MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux"  Bulletin Monumental vol. 84  pp. 274-281

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f79.image

—MICHELIN (Louis), 1841, Essais historiques et statistiques sur le département de Seine et ..., Volume 2 p.488

https://books.google.fr/books?id=C0o-AAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=%22aumusse%22+%22champeaux%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Sur les stalles :

—    BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162

— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

— DUFOUR (Jean), 2009, Le chartrier de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux, ed Droz, p.56

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&pg=PA56&dq=stalles+champeaux+mis%C3%A9ricordes&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjiwvPj9vuQAxWUcKQEHevrO4YQ6AF6BAgIEAM#v=onepage&q=stalles%20champeaux%20mis%C3%A9ricordes&f=false

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— MUSICASTALLIS

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=86

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Published by jean-yves cordier - dans Miséricordes. Renaissance. XVIe siècle.
18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 15:59

Les 54 stalles (chêne, 1522, Richard Falaise) de la collégiale de Champeaux en Seine et Marne, le côté sud. Ib, les 13  stalles basses. Miséricordes, appui-mains, jouées.

 

Voir sur cette Collégiale :

 

 

Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

b) Hors Bretagne :

PRÉSENTATION.

 

Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots.  Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.

Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.

 En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre. 

Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et   du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.

Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.

Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858, elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet, en reprenant leur description dans le Bulletin monumental de 1925, en donna une planche entière d'illustrations. On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.

VUES GÉNÉRALES

Vue de la collégiale de Champeaux depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Vue de la collégiale de Champeaux depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Numérotation adoptée.

Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.

Soit, ici :

Stalles hautes sud n°1 à 14

Stalles basses sud n° 15  à 27

Stalles hautes nord n° 28 à 41

Stalles basses nord n° 42 à 54.

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Haut de la jouée sud-est : deux dragons affrontés.

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Miséricorde de la stalle n°15 : combat de 2 enfants nus, l'un tenant un bouclier rond, l'autre un bouclier rectangulaire.

A. Aufauvre : "Deux enfants ayant chacun un bouclier; l’un d’eux tient un bâton".

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Miséricorde de la stalle n°16 : centaure tenant son épée à l'abri de son bouclier rond.

A. Aufauvre : "Un corps d’homme armé, sur des pattes de bipède".

La tête est coiffée d'une capuche, le torse est vêtu d'une tunique.

Ce type de bouclier rond avec bulbe central ou umbo déviant les coups se nomme à l'époque médiévale  "bocle", il est utilisé pour l'escrime. Voir aussi "rondache" ou rouelle, et "targe"

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Miséricorde de la stalle n°17 : deux jeunes hommes jouant dans un bois, l'un s'apprête à frapper avec une batte ou raquette.

Les deux hommes se ressemblent, mais celui qui est armé de la raquette porte un chapeau.

A. Aufauvre : "Un jeune homme présentant ses fesses à un individu armé d’une batte".

Ce siège se trouve presque en face de la miséricorde 45, où deux hommes jouent au volant, armés de la même "batte". Ne peut-on imaginer qu'ici, l'un des joueurs n'a pas pu rattraper le volant, et qu'il parte à sa recherche? 

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Miséricorde de la stalle n°18 : un semeur à la volée, un sac de grain près de lui.

 

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Miséricorde de la stalle n°19 : un singe monté sur un griffon.

Un griffon est  une créature légendaire qui a ici un bec d'aigle, des oreilles de cheval, un corps de lion dont il a la crinière,  et des serres d'oiseau.

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Miséricorde de la stalle n°20 : un homme propose une charge (bûche) à un paysan déjà lourdement chargé d'une hotte pleine de buches.

Il s'agit sans doute de l'illustration d'un proverbe.

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Jouée est de l'accès aux stalles hautes. Un médaillon d'un homme de profil, casqué, et décor de rubans Renaissance.

 

 

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Jouée ouest de l'accès aux stalles hautes. Un médaillon d'un homme de profil, coiffé d'un chapeau, et décor Renaissance d'angelot et de rubans .

Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Miséricorde de la stalle n°21 : un cavalier portant sur son épaule un lourd sac (grains? farine?).

La scène, relevant des proverbes, dictons et sentences, dénonce la stupidité de l'homme qui croit épargner sa monture en portant ainsi le sac, plutôt que de le poser sur l'encollure.

 

 

 

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Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

Miséricorde de la stalle n°22 : un singe à cheval sur un lion à tête de cheval.

 


 

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Appui-main. animal hybride feuillagé.

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Miséricorde de la stalle n°23 : un sagittaire.

 

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Miséricorde de la stalle n°24 : un centaure tenant un bâton et se protégeant derrière son bouclier.

La partie humaine est celle d'un personnage barbu et coiffé d'une cagoule, elle se réunit à la partie équine par une collerette detouffes de poils. Le bouclier est de type bocle.

 

 

 

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Angle des deux parties des stalles basses. Deux créatures hybrides.

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Créature hybride à tête d'angelot, à corps sphérique, avec collerette feuillagée.

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Dragon ailé.

 

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Miséricorde de la stalle n°25 : homme à faciès vultueux tournant le dos à un singe tenant une pelle.

A. Aufauvre :  "Deux singes se battant à coup de pelle et de pierres et se tirant la queue".

 

 

 

 

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Appui-main.

 

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Miséricorde de la stalle n°26 : deux chiens rongeant le même os.

Illustration d'un proverbe "deux chiens pour un seul os ne s'entendent pas", dénonçant la passion ou l'envie. Mais pour D. Krausz, l'artisan détourne le sens premier en sculptant un os si grand qu'il semble satisfaire les deux chiens.

 

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Miséricorde de la stalle n°27 : Phénix renaissant des flammes

A. Aufauvre : Le phénix sur son bûcher. 

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La jouée ouest : candélabre Renaissance.

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Les stalles de la collégiale de Champeaux (77) , le côté sud. Ib, les stalles basses.

SOURCES ET LIENS

 

Eglises du confluent 

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-77Champeaux-CollStMartin.php

AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f87.item

LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux"  Bulletin Monumental vol. 84  pp. 274-281

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f79.image

Michelin (Louis), 1841, Essais historiques et statistiques sur le département de Seine et ..., Volume 2 p.488

https://books.google.fr/books?id=C0o-AAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=%22aumusse%22+%22champeaux%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—Wikipedia

Sur les stalles :

—    BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric)  Les Stalles de la cathédrale de Rouen 

https://books.google.fr/books?id=7tThdObk0qwC&pg=PA78&lpg=PA78&dq=stalles+saint-pol-de-l%C3%A9on&source=bl&ots=tth0hiC8_3&sig=zZ9bwe1_Qj7cICq9VvvVWu8EHyY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMjJnC-IvYAhXDDcAKHcx-DRk4FBDoAQhEMAU#v=onepage&q=stalles%20saint-pol-de-l%C3%A9on&f=false

— DUFOUR (Jean), 2009, Le chartrier de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux, ed Droz, p.56

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&pg=PA56&dq=stalles+champeaux+mis%C3%A9ricordes&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjiwvPj9vuQAxWUcKQEHevrO4YQ6AF6BAgIEAM#v=onepage&q=stalles%20champeaux%20mis%C3%A9ricordes&f=false

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Miséricordes. XVIe siècle. Renaissance. Sculptures
17 novembre 2025 1 17 /11 /novembre /2025 14:16

Les vitraux (XVe et XVIe siècle du chœur de la collégiale Saint-Martin de Champeaux (77).

Voir aussi :

PRÉSENTATION.

"Les remarquables vitraux figurent parmi les réalisations artistiques notables des XVe siècle et XVIe siècle en région parisienne." (Wikipedia)

 

D'après l'inventaire des vitraux par le chanoine Martin Sonnet en 1653, soixante-douze panneaux de verre peints décoraient la collégiale et garnissaient quarante fenêtres parmi les cinquante-deux que compte la collégiale, le transept et les parties hautes du chœur, côté sud n'ayant jamais possédé que du verre blanc.

Outre saint Martin, patron de la collégiale, saint Nicolas était particulièrement invoqué. On trouve aussi une invocation à saint Victor, patron de l'abbaye qui avait des droits, à l 'origine, sur Champeaux.

"Des cinquante-deux fenêtres de la collégiale, une quarantaine étaient enluminées à l'époque de la Révolution. Aujourd'hui, moins d'une vingtaine conservent des débris plus ou moins complets, des fragments dont il est parfois impossible de deviner les motifs. La plupart de ces vitraux étaient de bonne facture. Quelques-uns dataient de la fin du XVe siècle, mais le plus grand nombre appartenaient au XVIe siècle, à l'époque de la Renaissance... Chaque verrière aurait coûté 4 à 5 livres. " (G. Leroy, 1896)

Les comptes ou Chartier du Chapitre de 1519 à 1528 conservés aux archives départementales de Seine-et-Marne, mentionnent les noms des verriers Nicolas Maçon de Melun, et Allain Courjon .

"Les vitraux de Champeaux n’ont plus aujourd’hui l’importance qu’ils avaient encore en 1790. Nul doute que des dévastations, et plus encore la négligence de la fabrique ancienne n’aient entraîné leur perte. Ils sont presque tous mutilés." (Amédée Aufauvre)

Nonobstant cet état de conservation lacunaire, certains comptent parmi les chefs-d'œuvre du gothique flamboyant finissant ou de la Renaissance. Leur style et leur technique les apparentent étroitement aux vitraux champenois.  (Wikipedia)

Y sont représentés les chanoines donateurs, et les blasons des familles civiles qui ont participé au financement.

A. Aufauvre 1858, Gallica BnF
cliché lavieb-aile 2025.

 

I. LES BAIES BASSES.

Plan de numérotation personnel (principe de numérotation du Corpus vitrearum).

 

Numérotation des baies basses de la collégiale de Champeaux

Les baies 1 et 2

Elles sont vitrées de verre blanc.

La baie 3. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre est.  L'Arbre de Jessé.

Dans la lancette B, qui présentait jadis un saint Denis (*), seul est visible aujourd'hui  le sommet d'une architecture avec deux lions portant chacun, accroché par des sangles à leur poitrine, un blason muet.

(*) et une scène de donation :  "un "cavalier" [ou chevalier?] dans l'attitude de la prière, disant Jesu fili David miserere dei", la référence à David étant approprié au thème de Jessé. "À ses côtés cinq enfants, et derrière lui une femme priant accompagnée de six filles" (G. Leroy)

 

 

 

 

Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Lancette A : un Arbre de Jessé (fragment)

Il était jadis caché par un retable et A. Aufauvre ne l'a pas vu ; G. Leroy se contente d'en citer le sujet.

Jessé est absent, on ne peut que parier sur sa présence, plongé dans son songe, tandis qu'un arbre naît de sa poitrine. Mais on voit bien l'arbre au tronc vert, sur les branches duquel sont installés les 12 rois de Juda. Le bas de leur corps est escamoté au profit d'une collerette florale, qui leur donne naissance. Ils tiennent chacun leur sceptre et portent la couronne royale. seul est identifiable, par sa harpe, le roi David, mais c'est Salomon qui doit être à ses côtés.

Au sommet de l'arbre, Marie émerge d'un bouton rouge, elle est couronnée et  tient l'Enfant.

Fond bleu azur. Bordure : couronnes et fleurs de lys.

 

Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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La rose : une Crucifixion.


La rose accueille un  Christ en croix, entre sa mère et saint Jean sur fond de remparts. Autour, les quatre animaux du Tétramorphe tenant le nom de l'un des 4 des évangélistes, et enfin saint Martin partageant son manteau et saint Nicolas bénissant les 3 clercs.
Les bordures sont de fleurs de lys fleuronnées rappelant celels des baies hautes.

Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Deux blasons montrent des armoiries épiscopales traversées par une crosse en pal. 

D'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules. Ces armoiries se retrouvent dans les baies hautes baies 103 et 101. Le blason de droite est exact, celui de gauche est son image en miroir.

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La baie 4. Chapelle d'angle sud-est, fenêtre est. Saint Michel terrassant le dragon (fragment) et Jean l'évangéliste + chanoine donateur.

 

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Lancette A : l'archange saint Michel terrassant le dragon (fragment).

Bordure : couronne et rameau fleuri.

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Lancette B : saint Jean rédigeant l'Apocalypse ; chanoine donateur (fragment).

Le phylactère indique JOH[AN]NES SEPTEM ECCLIIS CAM PETT, nous orientant vers le chapitre 7 de l'évangile de saint Jean. Celui-ci, de profil, nimbé, imberbe, lève les yeux pour recevoir l'inspiration divine. En arrière-plan, les remparts d'une ville, et des palmiers. On voyait encore en 1896 l'aigle de saint Jean tenant son écritoire, et les mots GRATIA ET PAX sur le phylactère (G. Leroy).

La consultation du texte de la Vulgate Je:7 n'a pas permis de déchiffrer eccliis cam pett, qui échappe aussi à une traduction à partir du latin.

Il s'agirait alors plutôt de Jean rédigeant sur l'île de Patmos le Livre de l'Apocalypse, renvoyant au passage où Jean entend une voix forte lui dictant "ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée. L'inscription du phylactère aurait été mal restaurée et renverrait à septem ecclesiam ou mieux à Ap 1:11 : Quod vides, scribe in libro: et mitte septem ecclesiis, quae sunt in Asia, Epheso, et Smyrnae, et Pergamo, et Thyatirae, et Sardis, et Philadelphiae, et Laodiciae.

Le tympan va confirmer cette hypothèse.

Au dessous, un chanoine mains jointes, en posture de donateur. Il était accompagné jusqu'en 1896 de ses armes d'azur à six besants d'or, au chef de même et d'une inscription ou devise LE MONDE ME PLAIST (G. Leroy)

Bordure : couronne et rameau fleuri.

 

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Tympan : rose aux sept églises de l'Apocalypse ; anges thuriféraires.

Les sept églises d'Éphèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée sont peintes au jaune d'argent sur un tracé de grisaille.

Je corrige donc l'interprétation L. Michelin (1841) et de E. Liébert (1869), couramment reprise, qui voyait là "une allusion aux sept églises paroissiales qui formaient le doyenné de Champeaux. Ces sept églises sont représentées dans la rose. On sait qu'il s'agissait des paroisses de Notre-Dame de Champeaux, saint Jean-Baptiste d'Andrezel, Saint-Martin de La Chapelle-Gauthier, Saint-Merry de Saint-Merry-les-Vallées, Saint-Martin de Quiers, Saint-Louis de L'Etang-de-Vernouillet,et Sainte-Marie-Madeleine de Fouju .

Mais la rose est correctement interprétée sur le site églisesduconfluent.

Bien-sûr, les chanoines ont parfaitement pu établir un parallèle entre les sept églises de leur Doyenné et les sept églises d'Asie.

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La baie 5. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre nord. Annonciation.

Les deux panneaux ont été restaurés, notamment les visages.

 

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Dans la lancette A, un blason d'azur à la fasce d'argent et aux cinq  losanges d'or, trois en chef et deux en pointe. Armes des donateurs de la  baie 7.

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La baie 6. 5ème travée du collatéral sud. Résurrection des morts (rose) et Marie priant.

 

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Rose : dans 3 lobes, résurrection des morts.

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écoinçon : un chevalier en  donateur.

Ce chevalier en armure porte un tabard à ses armes, d'azur à la fasce d'argent et aux losanges d'or, correspondant au blason de la baie 7. Une inscription contient des lettres peu explicites.

 

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Dans l'autre écoinçon, un forme fantôme (la donatrice ?) mains jointes libère le phylactère FAE ME SICUT UNVM DE MERCENARIIS TVIS, citation de Luc 15:9 "[je ne suis plus digne d'être appelé ton fils;] traite-moi comme l'un de tes mercenaires".

L'inscritpion en bande contient un fragment VNQVAM(?)

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La baie 7. 5ème travée du collatéral nord. Épisodes de la Vie de Marie.

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Lancette A : Baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée. Présentation de Marie au Temple. Boutique de changeurs.

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Le baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée de Jérusalem, baiser d'où découle la chaste conception de la Vierge.

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Présentation de Marie au Temple, conduite par ses parents Anne et Joachim (à gauche).

Le grand prêtre s'apprête à l'accueillir. les murs du Temple sont ornés de trois gueules de lion en macarons. Deux femmes sont visibles, regardant par les fenêtres.

On sait que la Présentation de Marie n'est pas décrite dans les évangiles, mais qu'elle provient du Protoévangile de Jacques chapitre 6 à 10. 

"Et l'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : « Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument» et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu. » Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple. Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : « Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël. » Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. Et ses parents descendirent, admirant et louant Dieu de ce que l'enfant ne s'était pas retournée vers eux."

L'artiste a bien placé Marie sur le troisième degré de l'escalier. Elle est résolument tournée vers le Temple, et ses parents peuvent être rassurés, elle ne se retournera pas.

 

À gauche,  blason d'azur à la fasce d'argent, accompagnée de cinq losanges d'or, 3 en chef et 2 en pointe" , déjà observé en baie 5 et 6. Cette famille a joué un rôle important dans le financement des vitraux du début du XVIe siècle.

À droite, blason mi-parti associant en 1 le précédent et en 2, de gueules à 3 croissants d'or, 2  en chef, 1 en pointe. Il s'agit donc d'un blason désignant précisément un couple.

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L'atelier des changeurs.

Il est facile de décrire ici ce qu'on voit, mais plus difficile de l'expliquer, et je crois qu'aucun auteur ne s'y est risqué, au delà de cette proposition d'y voir "un atelier de changeurs". Pourquoi cette scène est-elle insérée dans cette Présentation de Marie au Temple ? 

On voit une table dressée sur des tréteaux,  et couverte d'une nappe brodée d'or. Si l'un des deux personnages, qui compte des pièces, pourrait être un Juif (bonnet conique), l'autre est un chanoine ou du moins un clerc (tonsure, surplis blanc), il tient une bourse. Sur la table se trouvent des piècesde monnaie, mais aussi des objets liturgiques, dont des bougeoirs et des objets de dévotion. Un donateur a-t-il voulu se faire figurer dans son rôle de trésorier ou de responsable des achats?

Existe-il un rapport avec les blasons?

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Détail de la bordure à couronne royale, fleur de lys et sarment.

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La lancette B. La naissance de la Vierge. Le mariage de la Vierge.

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La naissance de la Vierge.

Anne, la mère, est couchée dans son lit  et reçoit d'une servante le brouet, un espèce de bouillon au lait et au sucre, son premier repas après l'accouchement.

Son mari Joachim est assis à son chevet, appuyé sur sa canne.

Deux femmes (une sage-femme et une servante?) prennent soin de l'enfant et lui donne son premier bain.

Un foyer en brique, en arrière-plan laisse penser que la pièce est bien chauffée.

 

 

 

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Le mariage de la Vierge.

La scène est classique, mais l'originalité est ici de représenter (mais comme dans l'huile de Raphaël, 1504), non seulement les deux époux Marie et Joseph devant le grand prêtre, mais aussi, la scène de l'élection de Joseph devant les autres prétendants. Ceuc-ci tiennent sur l'épaule la baguette, mais seule celle de Joseph a fleuri. En fait, la floraison de la baguette de Joseph n'est pas visible, son extrémité se fond dans la robe verte du prêtre.

 

 

 

 

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Le tympan

L'Annonciation dans les deux écoinçons.

 

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La rose : la Vierge de l'Immaculée-Conception.

La Vierge à l'Enfant a les pieds posés sur un croissant de lune, et elle est placée au centre d'un mandorle jaune rayonnant, dans des nuées où volent en file des chérubins multicolores. C'est la Vierge de l'Apocalypse.

 

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La baie 9. 4ème travée nord du collatéral du choeur. Adoration des Mages.

 

 

 

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La lancette A : les rois Gaspar et Balthazar.

Balthazar a traditionnellement la peau noire, ou les traits d'un maure ; il en a ici le cimeterre, et la boucle d'oreille. Il vient en dernier et offre la myrrhe. Il désigne de la main l'étoile qui les a guidés.

Ses manches a crevé incitent à dater ce vitrail du début du XVIe siècle. Il porte aussi une tunique courte (au dessus des genoux) et à revers d'hermines, et des chausses ajustées comme nos collants.

Des lettres sont inscrites sur le galon de son manteau jaune,  lettres sans signification, comme c'est la tradition depuis le XVe siècle.

Gaspar est barbu, et il offre l'encens. Il est coiffé , comme Balthasar, d'un bonnet de velours rouge qui supporte  la couronne. Il porte une aumônière, une collier de maillons d'or, et un lourd manteau doublé d'hermines.

Les deux rois évoluent dans un paysage de ruines antiques.

 

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La lancette B

Le roi Melchior, le plus âgé, est agenouillé devant Marie et son Fils et présente à l'enfant la coupe d'or. Sa couronne est posée à terre.

On voit encore Joseph, l'âne et le bœuf, l' étable , lles murailles de Bethléem, et, dans le ciel, l'étoile à queue de comète.

 

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Le tympan.

Dans la rose est représentée la Fuite en Égypte, et dans les lobes l'épisode de la chûte des idoles païennes, ou le miracle du champ de blé qui dissimule la Sainte Famille aux soldats d'Hérode, qui la recherche. On voit aussi deux scènes du Massacre des Innocents, et un soldat avertissant Hérode de la naissance de Jésus.

Deux anges adorateurs, en chape , sont agenouillés sur des petits nuages.

 

 

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La baie 10:  travée du côté sud.

Seul le tympan a conservé ses vitraux. Les lancettes contenaient encore en 1896 les débris informes d'un Baptème du Christ par saint Jean , Dieu le Père et le Saint-Esprit, et sainte Barbe.

On y voit, entre deux anges thuriféraires des écoinçons, saint Nicolas bénissant les clercs dont l'un enjambe le baquet, mais aussi Adam de Ève d'abord réuni autour de l'arbre de la Tentation, puis expulsés du Paradis terrestre, tandis que l'ange, l'aigle, le taureau et le lion du Tétramorphe portent un phylactère portant le nom de l'évangéliste correspondant, Matthieu, Jean, Luc et Marc.

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La baie 11. 3ème travée nord du collatéral du choeur.  Le Christ de la Parousie. Crucifixion.

 

 

Baie 11  de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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Lancette A :  Le Christ Sauveur du Monde.

Ses pieds sont posés sur le globe du monde, il est assis sur l'arc-en-ciel de l'Alliance, il porte, sur son corps nu marqué par es stigmates, le manteau glorieux de sa victoire sur la Mort, et l'épée de la justice divine qui est dirigé vers sa joue se transforme, à droite, en un bouquet de fleurs de miséricorde. Les anges volent dans l'azur, soufflant dans les trompes de la Parousie et énonçant les paroles inscrites dans les  phylactères disent : Surgite mortui venite ad Judicem  Levez-vous les morts et venez au jugement. 

Le phylactère In te dominum speravi non confundar in aeternum provenait jadis de la bouche des donateurs, au registre inférieurs.

 

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Lancette B: la Crucifixion entre les larrons.

Le Christ en croix et les larrons (restaurés) se détachent sur le ciel bleu-nuit au dessus des remparts de Jérusalem.

À droite de la Croix, Marie, soutenue par Jean, une sainte femme, Marie-Madeleine les mains jointes et le regard tourné vers la Croix. Derrière eux, deux cavaliers, dont Longin qui vient de transpercer le flanc droit de Jésus de sa lance.

À gauche, dans une foule plus confuse  avec insertion de pièces exogènes, un ou deux cavaliers et, remplacé par un visage barbu ahaut en couleurs, le Centenier s'esclamant "Celui-ci est vraiment le fils de Dieu".

En partie inférieure, deux soldats se disputent avec leur poignard la tunique qu'ils ont tiré aux dès.

Un chanoine (robe rouge sous le surplis, aumusse dont les six queues d'écureuil sont détaillées ) est en posture de donateur, agenouillé sur son prie-dieu à ses armes, un fascé d'azur et d'argent de six pièces.

G. Leroy indique, "dans les segments, à gauche, la lune et les étoiles. À droite, le soleil avec ces armes d'or, au sautoir engreslé de sable cantonné de quatre arbalètes de gueules. Jean et Nicolas Arbalète, frères, 1513. Ces personnages appartenaient à la famille des Arbalète, vicomtes de Melun en partie, seigneurs de la Borde, localité voisine de Champeaux."

 

 

 

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Baie 11, le tympan.

Dans la rose, Dieu le Père, entouré de chérubins dans les lobes. Dans les écoinçons, la lune et le soleil.

 

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La baie 13. Deuxième collateral nord du chœur.  Saint Nicolas ; saint Georges terrassant le dragon.

Cette baie a été offerte en 1508, (après le mariage de Louis XII et d'Anne de Bretagne en 1499, —ce qui explique la bordure  de lys, de couronnes  et d'hermines,—) par Nicolas Sauvaige, chanoine de Champeaux et procureur, mort le 15 septembre 1522 et inhumé dans la chapelle Saint-Nicolas, existant originellement dans la travée où se trouve la verrière.

 

 

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La lancette A, à gauche : saint Nicolas et un chanoine donateur.

 

Dans une niche architecturée et devant une tenture damassée rouge, Saint Nicolas, en évêque, bénit les trois clercs qui sortent du baquet, miraculeusement ressuscité de leur salaison. À gauche, le chanoine Nicolas Sauvaige est agenouillé dans la posture du donateur, et porte l'aumusse des chanoines au bras droit. G. Leroy décrit un chanoine "vêtu d'une robe rouge", sous les armoiries d'azur, au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople". 

 

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Les armoiries (présentes dans les deux lancettes).

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La lancette B : saint Georges terrassant le dragon devant une bergère.

G. Leroy a vu dans la bergère en robe rouge accompagnée d'un agneau une sainte Agnès priant. C'est bien entendu une erreur, et l'iconographie s'attache à être fidèle à la Légende dorée, selon laquelle c'est la fille du roi qui sans l'intervention du saint chevalier, était condamnée à être dévorée par le dragon. On voit d'ailleurs, peint en grisaille, les remparts de la ville de Silène, en Lybie, du haut duquel le roi et la reine (couronnés et vêtus de manteau à larges manches fourrées) suivent le combat.

 

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Baie 13 : le tympan et sa rose.

Le motif de la rose est perdu, G. Leroy le décrivait encore en 1896 comme le sacre d'un évêque ( a priori St Nicolas) assisté de 2 prélats et autres ecclésiastiques. Les 6 lobes ont été conservés, contenant des anges chantant un hymne au texte indiqué par leur phylactère : Sospitati dedit egros olei perfusio / Nicolaus naufragantium affuit  presidio  /revelatur a defunctis defunctus in bivio /baptizatur auro viso Judeus indicio/vas in mari mersum patri redditur cum filio /O quam probat sanctum dei faris augmentatio /

Il s'agit des tropes d'un cantique des Vèpres de la Fête de saint Nicolas.

Ce cantique médiéval est conservé dans le manuscrit d'Amiens MS 162D, un missel rassemblant des rituels et hymnes du XIIIe siècle au XVIe siècle

https://amiens.pwch.dk/Contents/Am162f041v.html

https://portail.biblissima.fr/ark:/43093/mdataa4743100abf0cfe5704e6fdbeac114ab548cb2c2

 

 

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Dans les écoinçons, les anges tiennent des phylactères : Auro per eum virginum tollitur infamia / atque patris earundem levatur inopia.

Il s'agit d'une "prose sur saint Nicolas" conservé dans le manuscrit BR ms 184 folio 51 verso du XIe siècle et publiée par Edélestand du Méril en 1843. Nommé également Séquence de Saint Nicolas (6 décembre) avec la mention : cette séquence du XIIe siècle est attribuée à Adam de St Victor (Patrol. t CXCVI p.1470)

Inutile d'insister sur la valeur de ces inscriptions.

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La baie 14.

La rose

La rose contenait Dieu le Père et saint Victor à cheval avec les paroles vicisti beate victor vicisti . Il ne reste que les anges aux phylactères : Vicit carnem. Vicit mundum. Vicit hostem furibundum. Fide vicit omnia.

Il s'agit d'un extrait de la Séquence de saint Victor  : voir Sequencia de Sancto Victore Paris, B.N. lat. 15045, f. 84V-85V.

"On trouve que dès l'an 1124 cette collégiale étoit du nombre de celles dont cet évêque avoit accordé les annuels à l'abbaye de Saint-Victor; ce qui fut confirmé l'année suivante par Louis-le-Gros. Il semble que cette abbaye de Saint-Victor eût, environ l'an 1138 ou 1140, des vues pour obtenir totalement l'église de Champeaux et en faire une maison de chanoines réguliers." (L. Michelin)

 

Dans les écoinçons sont figurés en couple donateur une femme en robe rouge et coiffe, et un homme ayant devant lui trois pièces de monnaie, et un outils qui serait selon G. Le Roy propre aux tonnelliers.

 

 

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La baie 15. 1ère travée nord du collatéral du choeur. Donateur, Marie-Madeleine, évêque.

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Lancette A : un chanoine donateur.

isolé sur la vitrerie losangée, un chanoine en posture de donateur, en robe rouge sous le surplis blanc, et portant l'aumusse canoniale. G. Leroy signale que le chanoine accompagnait jadis saint Nicolas, avec les lettres I.E inscrites dans un écusson .

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Lancette B: Marie-Madeleine ; un évêque.

sainte Marie-Madeleine portant le pot d'aromates, et un évêque bénissant

Bordure de fleurs de lys, de couronnes et d'hermines, donc datation du début du XVIe siècle.

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Tympan de la baie 15.

Au centre de la rose, selon G. Leroy, "Charles VIII jeune, tenant la main de justice et vêtu d'un manteau fleurdelysé avec des hermines de Bretagne." On peut peut-être dire simplement que le manteau royal azur est fourré d'hermines au revers.  Diamètre 0,48 m.

La base Palissy y voit saint Louis. Mais elle voyait dans le saint Georges de la baie 13 un saint Michel !

Tous les lobes sont fleurdelysés dans les bandes entrecroisées bleues avec une bordure circulaire rouge à fleurs de lys et hermines.

 

 

 

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La baie 21. 4ème travée nord du collatéral de la nef. Saint Michel, sainte Geneviève et chanoine donateur.

De cette lancette, il ne reste qu'un registre, se détachant sur la vitrerie losangée, et la bordure à couronnes et fleurs de lys. Et même dans ce registre, il manque le panneau central supérieur. On ne peut que présumer qu'il représentait la Vierge, dont on voit le manteau bleu, et vers qui les trois  autres personnages sont tournés. Le fond est rouge, c'est un drap d'honneur damassé.

À gauche, saint Michel, en armure d'archange,  terrasse le dragon et le menace de son épée, levée.

À droite, c'est sainte Geneviève tenant un livre ouvert, qu'on identifie à son cierge q'un diablotin tente d'éteindre avec son soufflet. Il manque, en contre-point, l'ange qui le rallume.

Sainte Geneviève présente le chanoine donateur qui est agenouillé à ses pieds. Ce qu'on voit de sa robe et de son col est noir, et non rouge.  Il porte l'aumusse en fourrure de petit-gris (écureuil) dont les queues pendent  à l'extrémité. Autant de queues, autant de peaux d'écureuil gris Sciurus vulgaris d'Europe du Nord, et autant de prestige pour le chanoine, dont l'aumusse répondait, ailleurs du moins , à des règles précises. L'usage du blanc de l'hermine était réservé aux fonctions plus élevées, mais on pouvait imposer  l'utilisation pour l'aumusse des seules peaux grises du  dos de l'animal (petit-gris) ou autoriser d'associer celles-ci en damier avec la peau du ventre blanc (vair). Nous avons vu en baie 11 un chanoine dont l'aumusse, plus large, était de six peaux.

Une inscription précise :

[MESTRE MICHIEL ] PAIEN, CHANOINE
[DE CHAMPEAUX], A FAIT FAIRE CEST
[VERRIÈRE DIEU] ET L'AME DE LIEU.

...que G. Leroy a lu ainsi : Messire Michiel Paien chanoine de Champeaux a fait faire ceste verrière Dieu ayt l'ame de luy".

Le chapitre de Champeaux était composé de 12 chanoines, puis de 24 jusqu'à la fin du XVIe siècle ; il était dirigé par un prévôt, et disposait d'enfants de chœur et d'un maître de musique.

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La baie 23. 3ème travée nord du collatéral de la nef. Messe de saint Martin.

La lancette ne conserve que 4 panneaux de vitraux, et sa bordure. Ces panneaux ont été très restaurés. La scène se passe dans une église. À gauche, quatre fidèles, dont une femme voilée. Au centre, un prêtre en chasuble célèbre l'eucharistie, au mome,nt de l'élévation de l'hostie, devant un enfant de chœur tenant un cierge. Le célébrant lève les yeux, et Dieu le Père lui apparaît  dans des nuées, tandis qu'un ange lui remet une étole.

Sur le panneau de droite, un homme lève la main, comme s'il révélait cette scène à son auditoire. Rien ne permet de l'identifier, si ce n'est, détail significatif, un cœur rouge sur la poitrine.

Est-ce réellement, comme c'est admis, une "messe de saint Martin" , celle lors de laquelle le saint, qui, ayant donné ses vêtements à un pauvre et n'est que partiellement vêtu,  voit son dénuement masqué, lors de l'élévation, par une boule de feu au dessus de sa tête symbolisant sa charité ?

Il ne peut s'agir d'une Messe de saint Grégoire, car  ce serait le Christ de la Passion qui apparaîtrait.

Une Messe de saint Martin de Simone Martini, fresque de Saint-François à Assise datant de 1280, montre l'enfant de chœur et son cierge, et deux anges apportant une sorte d'étole, mais pas la vision de Dieu le Père.

De même, la peinture du milieu du XVe siècle d'origine castillane montre la remise de l'étole par deux anges, mais pas la vision divine.

 

G. Leroy indique cette inscription : "Messire Macé Comnaux et Louis Vierne, chanoine, ont donné ceste verrière"et ajoute que  Macé Comnaux est mentionné comme chanoine de Champeaux dans un registre de 1491.

 

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Un évêque.

Panneau isolé. Un évêque, peut-être saint Nicolas, tenant un livre, se détache sur une tenture damassée rouge.

 

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LES BAIES HAUTES DU CHŒUR.

 

1°) Les 4  baies de l'abside, Description de gauche à droite :

 

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La baie n° 103 : fragments.

Fragments d'un donateur dont on ne voit que le bas de la robe et le blason, aux armes déjà rencontrées en baie 3, d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules

 

Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie n° 101 : fragments plus complets d'une Crucifixion du Christ entre Marie et Jean.

Les trois visages sont en pleurs.

Soubassements de niches architecturées.

On retrouve le blason épiscopal  d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules, a priori d'un évêque de Paris, comme en baie 3. Mais je n'ai pas retrouvé ces armes parmi celles des évêques et archevêques de Paris  de 1439 à 1622.

 

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La baie n° 102 : fragments d'une Charité de saint Martin.

Saint Martin, à cheval, en armure, fend en deux son manteau. On ne voit du pauvre que le visage.

Soubassements de niches architecturées.

Blason  :  semé de France à la crosse d'or en pal . Ce sont les armes des archevêques de Paris .(La Chesnaye, "Saint-Cloud").

 

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La baie n° 104 : fragments d'un saint Nicolas ressuscitant les 3 clercs.

Il s'y trouvait aussi jadis un donateur agenouillé, et les mêmes armes qu'en baie 101 et 3.

 

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La baie 105 (au nord) : fragments d'un saint Denis portant sa tête coupée.

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La baie 107 (au nord) : fragments d'une sainte Catherine .

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La baie 109 (au nord) : fragments d'une sainte Geneviève.

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La baie 111 (au nord) : fragments d'une sainte Barbe .

La sainte s'identifie à la palme de martyre, à son livre de théologie, et surtout à la tour aux trois fenêtres défendant le dogme de la Trinité.

Blason d'azur au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de chêne de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople, comme en baie 13 lancette A.

 

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SOURCES ET LIENS

—Vitraux , notice  PM77000274, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM77000274

— Eglises du confluent (c'est la présentation la plus complète et la mieux informée)

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-77Champeaux-CollStMartin.php

— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f87.item

— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420

https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

—LEROY ( G. ), 1896, , « Vitraux de la collégiale Saint-Martin à Champeaux-en-Brie : restitués d'après d'anciens documents », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, Paris,‎ p. 101-115 (ISSN 0071-8394,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203324b/f201.image

— LIÉBERT (Eugène), 1869, "Vitrerie de l'église collégiale de Champeaux", Bulletin de la société archéologique, sciences, lettres et art  de Melun vol. V page 247

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57685046/f247.image.r=champeaux

—MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux"  Bulletin Monumental vol. 84  pp. 274-281

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f79.image

—Michelin (Louis), 1841, Essais historiques et statistiques sur le département de Seine et ..., Volume 2 p.488

https://books.google.fr/books?id=C0o-AAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=%22aumusse%22+%22champeaux%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

—WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Saint-Martin_de_Champeaux#Les_vitraux

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Published by jean-yves cordier - dans XVe siècle XVIe siècle. Renaissance. Inscriptions
8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 16:11

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.  II. Le côté nord.

 

Voir sur Brou :

 

Voir sur les stalles :

a) En Bretagne par ordre chronologique :

Hors Bretagne :

 

PRÉSENTATION: voir article I

croquis de la numérotation adoptée pour les stalles.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

LES  DEUX STATUES ET LES JOUÉES (atelier de Guyot de Beaugrant).

En relation avec le côté sud, au décor voué à l'Ancien testament, celui du coté nord est voué au Nouveau Testament, en l'occurrence aux épisodes de l'Enfance et de la vie publique du Christ avant sa Passion.

 

1°)  statue du dais, angle nord-ouest : saint Grégoire, pape.

Il répond, du côté sud, à la statue de Moïse.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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2°) Jouée du retour des stalles, côté nord-ouest : la Nativité.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

3°) Au dessus de la Nativité : L'Annonce faite aux bergers.

On trouve au dessus selon Dufay, mais non photographié, la Présentation de Jésus au Temple.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

4°) Jouée du retour des stalles basses : l'Adoration des bergers.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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5°) Sculpture en ronde bosse : paire de lions.

Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées.  II. Le côté nord.
Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

6°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : le Massacre des Innocents ordonné par Hérode.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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7°) Sculpture en ronde bosse : animaux hybrides à tête de femme, corps d'oiseaux et queue spiralée.

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8°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : Jésus assis au sommet de sept marches enseignant aux Docteurs du Temple.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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9°) Sculptures en ronde bosse : animaux fantastiques à tête et buste de femmes, pattes de batracien, et coquille d'esscargot.

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10°) Jouée de stalle basse du côté nord-est : le Baptême de Jésus par Jean-Baptiste dans le Jourdain.

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11° Sculptures en ronde bosse : paire d'animaux à tête brisée, à pattes feuillagées.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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12°) Jouée de retour de stalle haute, panneau inférieur  : la Femme adultère, Jésus écrivant au sol.

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13°) Jouée de retour de stalle haute, panneau  médian : la Multiplication des pains et des poissons.

n.b : plus haut, l'Entrée à Jérusalem, non photographiée

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14°) La statue de saint Jérôme, avec son chapeau de cardinal et son lion.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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LES MISÉRICORDES DU CÔTÉ NORD.

Note : les descriptions me sont personnelles. Les stalles délimitées par un cordon ne sont pas accessibles au public, et les photographies ont été prises tant bien que vaille, et avec l'éclairage ambiant : on voudra bien en excuser la qualité.

Liste.

Comme du côté sud, on retrouve l'importance données aux scènes dans lesquelles des putti jouent (avec une forte connotation anale) avec des aigles ou des dragons. Si on y associent les anges placés dans la même situation, ou les jeunes garçons, on dénombre 14 miséricordes sur 37. La scène de la fessée n°40 ne dénote pas avec ce thème. De même,  5 miséricordes montrent, comme au sud,  des moines "en prière" ou endormis sur leurs lectures. On trouve aussi 4 "bourgeois", qui évoquent parfois des prophètes tenant des phylactères.

Deux  miséricordes montrent un couple représenté dans des médaillons : je les considèrent comme des miséricordes honorant des dignitaires (sans-doute Marguerite d'Autriche et Philibert le Beau). De même, les miséricordes qui s'ornent de blasons (dont le blason losangique de la commanditaire) ou du moins de cuirs relèvent de la même veine honorifique.

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES.

n° 38 : putto entre deux dragons.

n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.

n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, sa robe ou tunique étant relevée.

n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.

n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.

n° 43 : putto tenant un phylactère.

n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.

n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.

n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.

n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.

n° 48 : ange présentant un phylactère.

n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.

n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?

n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.

n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.

n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.

n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.

n° 55 : personnage (bourgeois) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.

n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.

n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.

n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.

n° 59 :  moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.

n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.

n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.

n° 63 : deux putti luttant.

n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.

n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.

n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.

n° 67 : ange enjambant un phylactère.

n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.

N° 69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.

n° 70: putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.

n° 71: vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.

n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.

n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.

n° 74 : putto tenant un phylactère.

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES n° 38 à 58.

 

n° 38 : putto entre deux dragons.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, la robe ou tunique de l'enfant étant relevée.

Sur les stalles de l'abbaye Saint-Férréol d'Essôme-sur-Marne, datées vers 1540, une miséricorde représente une fessée analogue, donnée par une femme assise sur une chaise à un enfant nu couché sur ses genoux. Elle n'utilise pas de verges, mais la paume de sa main. Merci à Alain Bonte pour cette information.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.

Influence de la renaissance italienne.

 

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n° 43 : putto tenant un phylactère.

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n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.

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n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.

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n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 48 : ange présentant un phylactère.

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n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.

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n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?

Cette stalle est plus large que les autres, et une volée de marche y conduit, encadrée des jouées centrales.

Elle fait face à la stalle n° 13 du côté sud, dont la miséricorde est ornée des armes du duché de Savoie, celles de Philibert le Beau, époux défunt de la commanditaire du monastère de Brou.

 

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n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.

Ce médaillon forme une paire avec le n°42 et rapproche les deux personnages comme un couple. Est-ce une référence à la commanditaire et à son mari défunt? Les emplacements ne sont pas symétriques par rapport à la stalle d'honneur n°50. Mais les miséricordes occupent-elles leur places d'origine, ou bien ont-elles été remontées à d'autres places lors d'anciennes restaurations?

Si ces deux médaillons étaient rapprochés, les personnages se feraient face.

Ces deux médaillons sont, dans ces stalles la seule influence de la renaissance italienne, dans un décor gothique flamboyant, mais cette influence se retrouve ailleurs dans le monastère, notamment sur les vitraux.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 55 : personnage (bourgeois ?) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.

Il regarde vers le haut d'un air inspiré, et peut évoquer lun prophète hébraïque.

 

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Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.

 

n° 59 :  moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.

À la différence du précédent, sa cagoule n'est qu'à moitié remontée sur sa tête.

 

 

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n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.

Ce blason rappelle ceux de même formes mais en pierre qui sont placés tout autour du chœur : ils portaient les armoiries de Marguerite d'Autriche. Là encore, on peut s'étonner de l'emplacement à l'écart de l'axe d'honneur et de la rangée haute, plus honorable, et s'interroger sur une possible modification des répartitions initiales.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 63 : deux putti luttant.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.

Comparable à la miséricorde n°33 du côté sud.

 

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n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 67 : ange enjambant un phylactère.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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n°69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 69 : putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 71 : vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.

S'il s'agit d'un symbole eucharistique, c'est ici le seul motif religieux de ces miséricordes.

S'il s'agit seulement d'un décor végétal, c'est là encore une exception, à l'opposée de nombreuses stalles ornées de feuillages.

Une branche du cep est brisée.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

n° 74 : putto tenant un phylactère.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Quelques vue générales des stalles.

 

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

QUELQUES APPUIE-MAINS

Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Appuie-mains des stalles nord du monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

—Base Palissy

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080

— DUFAY, 1867, L'église de Brou p.63 et suiv

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112425j/f77.item.texteImage

"En entrant dans le choeur de l'église par le jubé, on voit d'abord les stalles en bois, au nombre
de 42; elles sont placées des deux côtés du choeur, sur deux rangs séparés par une estrade qui a pour
but d'élever du sol les sièges adossés aux murs.
Chaque panneau ou lambris est séparé de celui qui le joint par quatre colonnettes à bases gothiques, à fûts coudés et couverts de feuillages et d'ornements sculptés s'élevant jusqu'aux corniches supérieures. Les centres des panneaux sont occupés par une suite de niches abritant, chacune, un personnage de 35 à 40 centimètres de hauteur; tous ces personnages sont posés sur des piédestaux à colonnes de diverses formes, mais de même dimension.
Ces statuettes, d'un style élevé, contrastent avec les figures des régions inférieures.

 Il y a au-dessous toute une population de grotesques,qui s'agite et mime des dialogues peu naïfs. Ainsi, un singe, à cheval sur une cloison, fait des grimaces à un moine juché sur la cloison voisine et lisant sonbréviaire.—Un soldat, à barbe inculte, semble s'adresser à une fille accroupie de froid, qui cache ses mains sous ses aisselles; plus loin, une vierge folle, portant une tête de mort sur ses genoux,
tire la langue à un religieux dont le capuchon laisse passer des oreilles d'âne. — Un capucin étreint, avec bonheur, dans ses bras, une outre remplie de vin qui jaillit dans sa bouche. —Un autre fustige vigoureusement, avec de fortes verges, une femme nue qui lui mord le talon. — Enfin, presque tous les bras des stalles sont des personnages grimaçant ou à figures de singe. — Sous les banquettes le grotesque redouble, et les groupes ont des allures licencieuses et bachiques.— C'est le style moyen-âge, c'est l'époque où la satire ne connaissant plus de frein, flagellait le clergé séculier, auquel l'artiste prêtait tous les vices et les ridicules, selon sa joyeuse ou sa mauvaise humeur.

Revenons aux personnages placés près des lambris, et essayons d'en donner la description
d'après l'ordre adopté par le père Rousselet ( Le père Pacifique Rousselet, augustin réformé,
dernier prieur de Brou, a écrit l'Histoire et Description de l'église de Brou, en 1767.).

En commençant par le côté droit du choeur, on voit 24 prophètes ou patriarches de l'Ancien Testament. Ce sont: Abraham levant une main au ciel.—Isaac méditant.--La force, exprimée symboliquement par un homme ayant une barbe touffue. --Jacob luttant avec un ange. — Isaïe et Jérémie annonçant l'incarnation du Verbe. — Aaron, grand sacrificateur. — Moïse montrant les tables de la loi. — Néhèmie. — Ezéchiel. — David tenant une harpe. — Daniel Vêtu en officier. — Samuel appuyé sur un bâton, tenant une épée comme juge d'Israël. — Osée montrant le ciel. — Joël lisant un livre. — Amos, — Abdias. —Jonas voyageur. — Miche. -— Nahum, — Habacuc fuyant avec effroi. — Aggée se reposant sur un bâton. — Zacharie montrant le ciel; et Malachie qui semble compter sur ses doigts la venue du Messie.
Sur le lambris des stalles du même côté, il existe trois panneaux en relief: Adam endormi, pendant
que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme. — Eve chassée du paradis par un ange
qui tient une épée flamboyante. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.
La partie du lambris en retour, n'ayant qu'un seul panneau, représente l'apparition de Dieu à Moïse dans le buisson ardent.
A l'entrée du milieu des stalles, on voit sur la droite, Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire ; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules.
Sur le panneau de la partie du lambris en retour, placé à l'extrémité des stalles et du même côté, c'est la victoire de David sur Goliath, au moment où ce prince lui coupa la tête.
Le lambris à trois panneaux, qui n'est séparé du précédent que par le passage communiquant
aux stalles,présente dans la partie inférieure: l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre. — Au milieu, la multiplication des vingt pains d'orge par le prophète Elisée. — A la partie supérieure, le sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. — On aperçoit encore sur chacun de ces lambris, deux niches qui renferment,du côté de la grande porte du chœur, la statue d'Aaron; et à l'extrémité des stalles, Moïse. Aaron paraît indiquer à Moïse le meurtre d'Abel. Moïse regardant Aaron, lui montre le ciel; inclinant sa baguette vers la terre, il semble dire qu'un Dieu vengeur ne laissera pas ce crime impuni.


Les stalles, à la gauche du choeur, sont garnies de figures représentant le Nouveau Testament.
Elles sont également au nombre de 24.
En commençant en bas du chœur, vers la porte principale d'entrée, on reconnaît : Saint Luc (un bœuf à ses pieds) montrant du doigt son Évangile ouvert. — Saint Pierre. (Cette statuette a été volée).
Saint Étienne en habit de diacre portant le livre des Évangiles. — Saint Mathieu, avec un ange à côté de lui. — Saint Mathias; il semble s'entretenir aveo Zébédèe, qui le suit. Saint Jean l’Évangéliste, ayant un aigle à ses pieds, et parcourant son Évangile appuyé sur son genou. — Saint Marc, son Évangile dans les mains, un lion à côté de lui. — Saint Paul ; il tient ses Épîtres de la main droite, son épée de la main gauche. — Saint André appuyé sur sa croix.— Saint Jean tenant une coupe d'où sort une couleuvre. — Saint Thomas, les Évangiles à la main, un petit sac à son côté. — Saint Jacques le Majeur tenant un bâton de la main gauche. — Saint Jacques le Mineur, avec son bâton. — Saint Simon portant les Évangiles de la main gauche. (Le bras droit est cassé.) Saint Thadée, un bâton dans la main droite, les Évangiles dans la main gauche. — Saint Barnabé,appuyé sur le pilier auquel il fut attaché pour être lapidé. — Saint Barthélémy portant une scie de la main droite. — Saint Philippe ayant sous le bras droit le livre des Évangiles. — Simon le pharisien, une épée au coté. — Jésus enseignant ; il a un livre ouvert à la main. — Jésus voyageant, tient un bâton et paraît fatigué. — Saint Jean Chrysostome portant ses écrits de la main gauche. — Saint Jude, montrant le ciel d'une main et soutenant sa robe de l'autre.


Revenant aux lambris des stalles de ce côté, on remarque sur le panneau inférieur, près de la
porte: la naissance de l'enfant Jésus; il est couché sur la paille, assisté de saint Joseph et de la sainte
Vierge, sa mère. Sur le panneau du milieu, c'est la nouvelle de cette naissance, donnée par un ange, aux pasteurs, dont quelques-uns, éveillés en sursaut, semblent se hâter d'aller adorer le Messie.
Sur celui d'en haut, c'est la présentation de l'enfant Jésus au temple ; la compagnie est nombreuse; on y distingue Marie et Siméon. Ce saint patriarche tient entre ses bras le Sauveur du monde.
Le panneau de la partie du lambris en retour représente l'adoration des Rois.
Vers l'entrée du milieu des stalles, on remarque, à gauche, le massacre des innocents, et à droite, le Sauveur, encore enfant, assis au milieu des docteurs dans le temple de Jérusalem.
En suivant les stalles jusqu'à l'extrémité, on voit sur la partie du lambris en retour, le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean, sur le fleuve du Jourdain.

Sur le panneau inférieur du lambris,se trouve le jugement prononcé par J.-C. en faveur de la femme adultère; ses accusateurs regardent ce que le divin Sauveur a écrit sur le sable.  Sur celui du milieu, est le miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons qui servirent à J.—C. pour nourrir cinq mille hommes.—Le plus élevé représente l'entrée solennelle de J.-C. dans Jérusalem; on y remarque un grand concours d'habitants portant des palmes et étendant leurs manteaux sur le passage du Sauveur.
Les deux figures qui correspondent à celles d'Aaron et de Moïse, qu'on a vues de l'autre côté
des stalles, sont : saint Grégoire, pape, au bas du choeur; et à l'extrémité des stalles, saint Jérôme
donnant à manger à un lion qui se dresse pour le caresser.
Le couronnement de ces boiseries est soutenu par des voûtes imitées de celles de l'église; ce sont des arcs doubleaux, des piliers à nervures, des écussons, des ornements réduits et sculptés du meilleur effet."

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. 17 occurrences sur Brou ;  pages 139 et suiv. Illustrations n°177 à 182.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false

— LEFFTZ (Michel), 2018, "Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. " Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.

https://rkddb.rkd.nl/rkddb/digital_book/202103203.pdf

"Michel Lefftz, revenant sur le dossier des stalles déjà analysé sur le plan iconographique par Ingrid van Woudenberg en 2006, élargit son enquête au retable des Sept Joies de la Vierge, à la petite sculpture des tombeaux princiers, à celles du lutrin déposé dans le chœur et du portail occidental de la collégiale. Il propose de reconnaître, dans l’unité du style maniériste affirmé à Brou, le ciseau de Guyot de Beaugrant aidé d’un assistant anonyme, et date ses réalisations pour Brou entre 1530 et 1532, juste après l’exécution de la célèbre cheminée du Franc de Bruges (1529-1530)."

"L’analyse stylistique a montré que les sculptures en bois des stalles de Brou, à l’exception des miséricordes, pouvaient être attribuées à Guyot de Beaugrant et à un assistant non identifié, dénommé ici « Maître B ». Guyot de Beaugrant a également réalisé les statuettes en chêne du lutrin de chœur, les quatre anges en pierre du portail occidental et plusieurs figures et groupes en albâtre qui ont été intégrés dans le retable des Sept Joies de la Vierge. Les œuvres qui peuvent être attribuées à Beaugrant révèlent un artiste virtuose, dont le style passe par différentes phases du maniérisme et qui revient ensuite à une certaine forme de classicisme. Le chantier de Brou (1530-1532) est maintenant parfaitement situé dans la carrière de l’artiste, entre celui du Franc de Bruges (1529-1530) et celui du retable de l’église Saint-Jacques à Bilbao (après 1533).

Composé de quarante-deux stalles hautes et de trente-deux stalles basses, l’ensemble impressionnant et magnifique des stalles de Brou résulte de la collaboration entre une équipe de huchiers et une autre de sculpteurs . Les archives n’ayant livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532, force est de recourir à l’analyse stylistique pour en attribuer les sculptures. Nous laisserons ici de côté les miséricordes « à la verve gauloise » pour nous attacher au style des statuettes ornant les dorsaux et des reliefs « à l’exubérance flamande », insérés dans les jouées. Nous délaisserons également l’iconographie, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une étude spécifique en 2006. Nos analyses morphologiques montrent que la quarantaine de statuettes, ainsi que la petite vingtaine de reliefs des stalles, peuvent être réparties en deux groupes stylistiques clairement distincts . Cependant, aucune analyse dendrochronologique ne permettant de préciser la provenance des bois dans lesquels ces œuvres ont été sculptées, on ne dispose pas d’arguments probants pour déterminer si le travail a été accompli sur place ou dans les anciens Pays-Bas, où Guyot de Beaugrant était actif. Les deux maîtres se sont aussi réparti la réalisation des reliefs narratifs des jouées des stalles ; les plus habiles dans la conception et dans l’exécution étant ici aussi redevables à Guyot de Beaugrant. Rappelons que les panneaux ont nécessairement dû être réalisés avant leur insertion dans la menuiserie des stalles, lors du montage de l’ensemble, à Brou."

— JARRIN (Charles), Brou, sa construction, ses architectes...

— COMMONS WIKIMEDIA: photographies

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Choirs_stalls_in_%C3%89glise_de_Brou

— WOUDENBERG (Ingrid van), 2006, « Les stalles du chœur de Brou : expression d’un amour religieux ou profane ? », in Brou, un monument européen à l’aube de la Renaissance, actes du colloque, Bourg-en-Bresse.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Miséricordes. Sculpture XVIe siècle. Renaissance. Héraldique
2 août 2025 6 02 /08 /août /2025 16:11

Ensemble de  54 culs-de-lampe (milieu du XVe siècle) des cloîtres du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.

Voir aussi sur Brou :

 

 

 

PRÉSENTATION.

Rappel :

"Un cul-de-lampe ou culot est une console d'encorbellement constituée d’une pierre saillante ou de plusieurs assises appareillées, dont la forme rappelle le dessous d'une lampe d'église, et sur laquelle s'appuie une charge (base de colonne, retombée d'un arc, nervures de voûte, échauguette, statue). Le cul-de-lampe est d'ordinaire formé de plusieurs assises, contrairement au culot, habituellement de dimensions plus menues. Pour Viollet-le-Duc, « On a donné le nom de cul-de-lampe à tout support en encorbellement qui n’est pas un corbeau, c’est-à-dire qui ne présente pas deux faces parallèles perpendiculaires au mur. »

Parfois, le terme de cul-de-lampe se trouve employé pour désigner une clef pendante. Nous ne reprenons pas cet usage.

Il est troublant de considérer que la jonction du mur ou d'un pilier et de la toîture d'un édifice religieux ou civil (château) est un lieu particulier par sa marginalité ou sa position de transition : que ce soit à l'extérieur sous forme de modillon roman ou de crossette gothique, que ce soit à l'intérieur sur les sablières des chapelles bretonnes ou sous forme de culs-de-lampe supportant la retombée des voûtes d'ogive, les éléments sculptés que cette jonction accueille sont riches en figures prosaïques riches en couleur, associant éléments du bestiaire réél ou merveilleux, hybrides anthropomorphes, anges, références à de possibles fabliaux, qui peuvent tous avoir une fonction apotropaïque détournant les maléfices potentiels  de ces zones  architecturales. Ou protégeant l'édifice à l'endroit où les lignes de force de la croisée d'ogive prend appui. 

Les deux premiers des trois cloîtres du monastère royal de Brou,  le cloître des hôtes, le premier construit, et le cloître de la déambulation des moines  voient les retombées des arcs de voûtes se terminer par des culs-de-lampes.

Le cloître des hôtes accueillait les hôtes de passage. Il abrite à l'étage les appartements où Marguerite d'Autriche avait prévu de se retirer à la fin de sa vie. Il est orné en son centre d'un puits. Le cloître est ouvert sur le monde extérieur. Il est également en liaison directe avec l'église et le cloître des moines.

Le cloître des moines ou grand cloître, de plan carré, était destiné à la déambulation des moines. D'un pur style gothique, avec ses arcades voûtées d'ogive, chaque galerie du rez-de-chaussée s'ouvre sur le jardin par sept grandes baies en arc brisé.  Seul cloître non relié à l'extérieur, il dessert les bâtiments des moines : le réfectoire qui mène au cloître des commis, l'escalier du dortoir et la salle capitulaire.

 Les moines méditaient en marchant dans ce cloître, mais les cul-de-lampe leur offraient la distraction de leurs personnages, de leurs animaux ou végétaux, et ils s'amusaient peut-être autant que nous  à vouloir en résoudre les sujets énigmatiques. À peu près de la même façon que lorsque ces moines gagneraient leurs stalles pour chanter les offices, et qu'ils retrouveraient des thèmes analogues sculptés sur les miséricordes et les appuis-mains de leurs sièges.

On trouve encore des culs-de-lampe dans la salle capitulaire ou dans le réfectoire. 

Tous seront mélangées ici, le but n'étant pas de proposer une visite topographique des lieux.

Leur ou leurs auteurs sont anonymes, mais relevant peut-être des ateliers bien identifiés actifs à Brou. Ainsi Conrad Meit, un sculpteur gothique tardif du début de la Renaissance originaire de Worms, en Allemagne,  a d'abord été attaché, en tant que tailleur d'images, à la maison de Marguerite d'Autriche (avant 1514) pour réaliser les cinq gisants de Brou. Van Boghem, Van Roome, les Borman ou Van Orley,  de Bruxelles, travaillèrent aussi à Brou ; tout comme Jean Hey venant probablement de Gand et Guyot de Beaugrant, venant de Bruges.

 

LES CULS-DE-LAMPE

Certains sont religieux, d'autres sont des supports héraldiques, mais la majorité sont à thème animal ou féérique, quoique leur interprétation est souvent délicate.

1°) Les 14 culs-de-lampe religieux.

Tête du Christ à la couronne d'épines

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Sainte Véronique en religieuse présentant son voile.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Ange portant la Croix, l'un des Instruments de la Passion.

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Ange présentant un phylactère.

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Ange portant la Croix et les clous de la Passion.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Ange tenant le flagellum et la colonne de la Passion.

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Ange portant la couronne d'épines

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Ange sonnant de la trompe (du Jugement).

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Un ange

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Vigne eucharistique.

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Moine portant une croix sur l'épaule.

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Deux poissons croisés, symboles christiques.

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2°) Les 6 culs-de-lampe héraldiques.

Ange tenant un blason féminin (celui de Marguerite d'Autriche probablement).

 

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Ange tenant un blason masculin (celui de Philibert de Savoie ?).

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Personnage tenant un blason masculin (celui de Philibert de Savoie ?).

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Autre exemple

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Lion présentant un blason.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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Blason fantaisiste à mascaron .

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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2°) Les 8 culs-de-lampe représentant des animaux non fantastiques.

 

a) Lion, de dos, se retournant

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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b) Lionceau portant un collier.

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c) Lion portant un petit manteau à médailles et grelots.

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d) Loup ou chien tenant un os dans sa gueule

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e) Oiseaux.

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3°) Les 8 culs-de-lampe représentant des animaux  fantastiques, dragons, oiseaux, centaures.

a. Dragons.

—dragon ailé colleté attaché à un anneau ; queue serpentiforme brisée.

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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—dragon ailé  à queue serpentiforme.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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—dragon ailé  à queue serpentiforme entourant son tronc.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

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b) oiseaux fantastiques

— oiseau affrontant un dragon, leurs deux queues entortillées.

Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.
Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.

—oiseau à tête d'homme barbu.

Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.
Les culs-de-lampe du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse.

c) Autres animaux fabuleux.

— être hybride bicéphale à tête d'agneau et de bouc.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—animal fabuleux à ailes de chauve-souris, au corps lisse, au long cou  noué et à la tête d'oiseau.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—Centaure, se cachant un œil.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

4°) 7 culs-de-lampes montrant des saynètes (fables, énigmes).

 

 

— un être barbu, au nez crochu, coifé d'un bonnet conique, prêchant depuis une chaire aux poules.

Il porte dans son dos un petit personnage, dans une hotte.

Variation sur le tème de Renard prêchant aux poules.

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—Hybride mi-humain, mi escargot, coiffé d'une capuche de fou, enjambant la margelle d'une cuve devant un poisson assis. Ils s'appuient ensemble à une colonne (brisée).

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

—Homme (moine ?) tenant un bâton sur l'épaule.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

—Homme (moine ?) soutenant le culot, portant un masque sur les yeux.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

—Chevalier hybride en armure, combattant un escargot.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

— Fou à capuche et oreilles d'âne, mais à camail et tunique de chevalier; ailé comme un ange.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

— personnage (fou?) à bonnet conique chevauchant un être à la tête brisée.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

5°) 2 culs-de-lampe représentant des moines.

a. Moine barbu  "volant" portant trois livres sur l'épaule et trois autres sous le bras.

 

 

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

b. Moine en buste, de face, la tête encapuchonnée,  portant deux livres reliés sous le bras droit et trois livres sous le bras gauche.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

 

6°) 9 culs-de-lampe classés "divers".

 

a) moine (personnage aux épaules couvertes d'un camail à capuche) à tête de mort désignant de l'index un phylactère.

On peut penser que le texte du phylactère relevait de la tradition des memento mori.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

b) acrobate dansant avec deux cruches (ou ? Verseau zodiacal).

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

c) Personnage suspendu au support prismatique.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

c) Personnage nu (acrobate?) suspendu au support prismatique. Les bras sont brisés.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

d) tête d'un homme, de face, coiffé d'un chapeau "de feutre".

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

e) tête d'un homme, de face.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

f) tête d'un personnage, de face.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

g) têtes de deux personnages joufflus, s'embrassant.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

h) personnage "volant", en habit monastique, tenant un objet (brisé). Corniche à fleur de lys.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

Cul-de-lampe du Monastère royal de Brou. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

Je n'ai pas trouvé d'études sur cet ensemble de culs-de-lampe.

On peut consulter sur Wikipedia  24 clichés de "corbels" du Monastère de Brou prises par  GFreihalter , Remi Mathis , Pethrus.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Corbels_in_monast%C3%A8re_de_Brou

J'ai vu mentionné, sans possibilité d'accès, cet article : 

—Didier Rykner, Les clés de voûte sculptées de Brou, un grand chantier à venir, brève de La Tribune de l' Art  lundi 7 mai 2018

 

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance. Héraldique Culs-de-lampe
25 mai 2025 7 25 /05 /mai /2025 14:58

La charpente sculptée de 1605 (sablières, blochets, entraits et abouts de poinçon) de la chapelle de la Véronique à Bannalec.

Voir :

Voir sur Bannalec:

PRÉSENTATION.

La chapelle de Véronique (1605-1610), située aux confins du bois de Goarlot, a été édifié en 1605-1610 en remplacement de celle de Loc-Maria, détruite  après 1597 par les troupes de la Ligue sur le fief de Goarlot.  Elle est en forme de croix latine avec chevet à pans coupés. Son  clocher-mur est accosté d'une tourelle d'accès surmontée d'un dôme amorti par un petit lanternon. La sacristie date de 1662.

La chapelle est classée depuis 1914. Au début du XXe siècle, le pardon de la Véronique attirait les foules peut-être motivées par un bref d’indulgence à gagner par les paroissiens le jour de l’Ascension, accordé en 1731.

Son clocher a été abattu par un orage du 22 mars 1947 qui a détruit aussi les verrières qui avaient été restaurées en 1890. Restauré, le clocher est retombé en 1957. Toiture et clocher ont été restaurés en 1962.

Sa voûte n'est pas lambrissée, ce qui permet de découvrir une très belle charpente.

Photo lavieb-aile.
Cliché lavieb-aile.

Selon S. Duhem "certains tronçons de sablière disparaissent durant les travaux de restauration entre 1952 et 1953"

Une pièce en est exposée sur un banc du chœur.

 

La charpente sculptée (sablières et abouts de poinçon) de la chapelle de la Véronique à Bannalec.
La charpente sculptée (sablières et abouts de poinçon) de la chapelle de la Véronique à Bannalec.

LES SABLIÈRES

Vocabulaire :

In S. Duhem 1999.

 

La présentation débutera par le côté nord de la nef, pour tourner dans le sens horaire .

 

Schéma lavieb-aile.

 

 

 

Au nord vers le fond de la nef, les pièces de sablière S1 à S3 ne sont pas (ou ne sont plus  ? ) sculptées, tout comme les pièces en vis-à-vis au sud.

Nous débutons donc par la pièce S4.

 

S4 : Quatrième pièce de sablière (nef nord) : deux dauphins entourant un bucrane.

On nomme "dauphins" ou "poissons" des motifs zoomorphes à long nez retroussé, très fréquents dans le vocabulaire ornemental de la Renaissance. 

Le "bucrane" (crâne de bœuf) se rapproche ici plutôt d'une tête de bélier.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S5 : cinquième pièce de sablière (croisée transept nord) : couple hybride nu entourant un masque.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S6 : sixième pièce de sablière (chœur nord) : dragons hybrides entourant un masque.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S7 : septième pièce de sablière (chœur nord) : couple nu entourant les armoiries de François de Kerhouënt de Kergounadec'h.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Á gauche, une femme aux cheveux frisées  se tient allongée nue, adossée à une cruche à godrons, souriante, et cachant son sexe d'une feuille.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Un vase couvert à deux anses sert à présenter les armoiries du seigneur fondateur de la chapelle. Cet échiqueté de gueules et d'or correspond aux armes de la famille de Kerhoënt de Kergounadec'h.

https://man8rove.com/fr/blason/76guagi-kerhoent-alias-kerc'hoent-kerhoant-querhoent

Après avoir appartenu successivement aux Goarlot, aux Pont-L'Abbé, aux Rosmadec-Goarlot, à Anne de Quelennec, puis Marie de Pleuc, la seigneurie de Goarlot , dont dépend la chapelle de la Véronique, échût aux Kerhoënt de Kergounadec'h.

Elle passera à leur fille Renée et à son époux Sébastien II de Rosmadec, puis aux du Chastel.

 

Le fondateur de la chapelle est François de Kerhoënt de Kergounadec'h, chevalier, vicomte de Plouider, seigneur de Kergounadec'h, de Coëtmenec'h, de l'Estang, de Coëtanfao et de Kerjoly. Il est né à Cléder en 1560 et décédé en 1629 à Clohars-Fouesnant.

Il est le fils d'Olivier de Kerhoënt et de Marie de Plœuc. 

Il épouse en 1583  — comme nous allons le voir sur les blasons mi-parti— Jeanne de Botigneau, dame de Bodinio. Le couple eut deux filles, Renée (1601-1643) et Claude (1604-1648).

La chapelle est fondée en 1605, l'année suivant la naissance de Claude.

On trouve aussi ses armoiries, entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel et surmontées d'une gueule de lion, au dessus de la chambre des cloches du clocher (avec le chronogramme 1610 indiqué sur la façade) :

Clocher de la chapelle de la Véronique. Cliché lavieb-aile 2025.

On les trouve encore sur un fragment de vitrail :

pièce de verrière du XVIe siècle, chapelle de la Véronique. Cliché lavieb-aile 2025.

François de Kergounadec'h obtint le collier de Saint-Michel en 1599 pour s'être illustré durant la guerre de la Ligue, défendant le parti du Roi à la tête de la noblesse de l'évêché de Léon.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Un homme aux cheveux frisés  jambes croisées, est allongé nu, adossé à une cruche, et il s'pprête à ses servir à boire, tenant une cruche en main droite et un gobelet en main gauche.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S8 : huitième pièce de sablière (chœur, pan gauche du chevet) : deux lions présentant les armes mi-parti du couple fondateur de la chapelle, entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel.

Encadrés par deux cornes d'abondance ou cornucopia, deux lions ou plutôt selon le vocabulaire héraldique deux léopards passants présentent les armes mi-parti de François de Kergounadec'h et de Jeanne de Botigneau : en 1 échiqueté de gueules et d'or (Kergounadec'h), en 2 de sable à l'aigle bicéphale d'argent, becquée et membrée de gueules (Botigneau).

https://man8rove.com/fr/blason/8jhrz08-bodinio-alias-botigneau

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

S9 : neuvième pièce de sablière (chœur, axe du chevet) : deux femmes hybrides présentent la date de 1605,  le nom du fabrique et celui du charpentier-sculpteur.

 

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Á gauche, une figure hybride mi-humain présente de la main droite un phylactère portant l'inscription I : PRIMA : LO : FA.

La femme aux cheveux frisés, nue, voit son buste se prolonger par une queue feuillagée s'achevant en volute.

L'inscription est en partie résolue. On sait, c'est l'usage partout en épigraphie de nos chapelles, que les lettres FA valent pour "fabrique" et suivent donc le nom d'un membre du conseil de fabrique de la chapelle. Les lettres LO sont l'abrégé de "lors". La lettre I peut correspondre à l'initial de IAN ou de IVES. 

Les généalogistes signalent le patronyme PRIMA à Bannalec au XVIIe siècle, mais un peu après 1605. Un Gédéon Prima de Kerbiquet a une fille Catherine, née en 1644.

Jean Prima a épousé Marguerite Salaun, dont Alain Prima né en 1621 à Bannalec. S'il s'agit d'un mariage tardif ou d'un remariage, cela peut coller à la riguer avec un Ian Prima, fabrique en 1605 (donc majeur). Mais ce Ian Prima serait plutôt d'une génération antérieure. Mais le patronyme Prima n'est pas attesté à Bannalec avant 1621.

Un  candidat pourrait être leur "aieul o prima", laboureur, père de Claude (né en 1625), Pierre, et Paul.

Ils mentionnent un Alain Prima décédé en 1673 à Trébalay, Bannalec, ainsi que sa fille Marie

https://gw.geneanet.org/rlecardiec?n=prima&oc=&p=gedeon+de+kerbiquet&type=fiche 

https://gw.geneanet.org/papybegood?lang=fr&p=alain&n=prima&oc=2

https://gw.geneanet.org/papybegood?lang=fr&p=aieul+0&n=prima

 

Transcrivons l'inscription comme : "IAN PRIMA LORS FABRIQUE".

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

La date de 1605 dans un cartouche de cuir découpé à enroulement, mis à la mode par l'École de Fontainebleau, et, dans les sablières de Basse-Bretagne, par  le Maître de la chapelle du château de Kerjean, ou Maître de l'église de Pleyben (1567-1576), précédé par le Maître de l'église de Plomodiern (1561-1566).

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

L'autre hybride féminin, à la queue tout aussi feuillagée mais s'achevant en épillet, tient un phylactère portant l'inscription M : VINGA : LE : MAVT.

Il s'agit du nom du charpentier sculpteur, comme nous le verrons lorsque nous retrouverons son nom accompagné de ses outils sculptés, une herminette et une équerre.

On peut la transcrire ainsi : M[AÎTRE] VINGA LE MAUT.

Le patronyme Le Maut  est une forme (attestée en 1336 , 1605, 1621, etc) de Le Maout, nom de personne issu du breton signifiant "le mouton" et attesté également à cette époque dans la région de Quimper (A. Deshayes), mais aussi en Morbihan et Côtes d'Armor (mais non à Bannalec). Il est évident que le charpentier devait se déplacer de chantier en chantier, et ne pas être d'origine locale.

Ce qui est plus intriguant, c'est son prénom Vinga. Il est d'origine scandinave ou germanique. Geneanet n'en signale que deux occurrences en France, toute époques confondues... dont une en Bretagne à Penhars en 1625-1675 : Vinga Quinguin.

Le chanoine Abgrall y a lu VINCA qu'il considère comme devant être lue pour "Vincent". Sophie Duhem parle de "Vincent Le Maout" p. 300.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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S10 : dixième pièce de sablière (chœur, pan droit du chevet) : deux oies tiennent un rinceau centré par un masque.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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S11 : onzième pièce de sablière (chœur  droit ) : un couple accompagné de boucs présentent les armoiries de Kergounadec'h.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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L'homme à longue barbe et cheveux bouclé est allongé, le bras nonchalamment passé dans l'anse d'une coupe godronnée remplie de fruits. Son bras droit est tendu entre ses cuisses fléchies, vers la croupe d'un bouc. 

La coupe sert à présenter les armoiries des Kergounadec'h, échiquetées de gueules et d'or.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

La femme (cheveux bouclés, seins à mamelons très développés)  a la même attitude que son compagnon.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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S12 : douzième pièce de sablière (chœur au sud) : couple de faune et faunesse souriants, le bras passé dans l'anse d'une coupe de fruits. Une cruche est renversée de chaque côté.

Le faune, aux moustaches à la gauloise, se reconnaît à ses oreilles longues et pointues, aux sabots de ses pattes, à sa queue (qui passe malicieusement par l'anse de la cruche) et à son caractère ithyphallique.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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La faunesse au sourire jovial a les mêmes oreilles, les mêmes pattes à sabots, la même queue, mais ses mamelles sont généreuses. Elle pose une main sur sa cuisse.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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S13 : treizième pièce de sablière (croisée du transept au sud) : ange au centre, écartant les bras pour tenir deux phylactères. Dragon à l'extrémité gauche, porc-épic couronné à droite.

L'ange présente sur le phylactère de gauche l'inscription : D : G: CARADEC : PBR .

Je la transcris ainsi : DISCRET G. CARADEC PRÊTRE. Sophie Duhem propose "Dom G. Caradec prêtre"

L'inscription de droite dit : D : Y: BOHIEC : PBRE

Je transcris par DISCRET [ou Dom] YVES BOHIEC PRÊTRE.

Le patronyme BOHIEC est rare (14 occurrences en Bretagne pour geneanet), la forme BOHEC ("joue, joufflu") plus répandue.

Il pourrait s'agir de chapelains  au service des nobles fondateurs, et "ayant assisté (Duhem) à la consécration de la chapelle". Le recteur de Bannalec n'est pas concerné.

On sait que le porc-épic couronné était l'emblème du roi Louis XII, roi de 1498 à 1515 et époux d'Anne de Bretagne, avec sa devise Cominus et eminus, "de près et de loin". On le trouve largement au château de Blois. Quelle signification ici un siècle après le règne de Louis XII ? Opposé à un dragon et dans le contexte de ces sablières, peut-être une signification ironique.

Tout comme les deux escargots arpentant les phylactères.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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S14 : quatorzième pièce de sablière (nef sud) : une chasse. 

 

Trois chiens, deux lévriers portant un collier et un chien type Saint-Hubert, sans collier, parte en poursuite d'un gibier, mais non sans ironie, l'animal en question est derrière eux et les poursuit. Est-ce un lapin ? Un sanglier?

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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LES SABLIÈRES DES BRAS DU TRANSEPT.

I. LA CHAPELLE NORD.

 

Côté est, pièce n°1. Un lion et un mouton entourant un bucrane.

Blochet : personnage en pied tenant une tunique blanche.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Côté est, pièce n°2. Deux lions présentant les armoiries du couple fondateur. Cf chœur pièce n°8.

Blochet : personnage en pied tenant un objet non identifié.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Côté ouest, pièce n°3 : deux "dauphins" affrontés (cf. pièce 4, nef).

Blochet : personnage en pied portant un des Instruments de la Passion.

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Côté ouest, pièce n°4 : couple de faune et faunesse se caressant.

Nous retrouvons le couple de faunes de la pièce 12 du chœur : longue barbe, queue, sabots, phallus en érection du faune, queue, sabots, poitrine généreuse de la faunesse, qui tient en main un objet (feuille?) vert. Le couple semble prêt à s'embrasser.

Le blochet montre un personnage en pied tenant un objet gris ovale (cuvette ?).

 

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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II. LA CHAPELLE SUD.

seules les pièces 1 et 4 sont sculptées.

Côté est, pièce n°1 : un mouton et un bouc tiennent un cartouche à cuir à enroulement avec une inscription .

On retrouve le nom du charpentier-sculpteur VINGA LE MAV[T] au dessus de deux de ses outils en guise d'emblèmes : l'équerre et la hache ou herminette.

Blochet : femme au cheveux frisés et vêtue d'une tunique plissée, tenant la lanterne, l'un des instruments de la Passion.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Côté ouest, pièce n°4 : couple de faunes autour d'une coupe de fruits portant les armes mi-parti Kerganadec'h/Botigneau.

Le blochet montre une femme tenant les clous de la Passion.

 

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

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Autres blochets.

Une femme tenant la colonne de la Flagellation.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Sablières de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

LES ENTRAITS Á ENGOULANTS. 

Entrait E6.

Au centre, une femme nue, hybride, les jambes écartées sont des ailes multicolores. Elles tient dans ses bras écartés des bouquets.

Il ne s'agit pas d'une sirène (femme-poisson).

 

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entrait E5.

Au centre (diamant) de l'entrait, un masque de femme à la chevelure entourée de deux serpents et de deux oies. En dessous, dans un cartouche, deux trompes de chasse entrelacées. Bord inférieur sculpté d'une frise spiralée bleue et rouge

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

About de poinçon du chœur. Ange  tenant le voile de Véronique où est sculpté la face du Christ, couronnée d'épines.

Note : deux statues de sainte Véronique présentant son vole sont conservées dans le chœur et dans la chapelle sud.

 

 

Cliché lavieb-aile 2025.
Cliché lavieb-aile 2025.

 

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

About de poinçon : un masque bi-face.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

About de poinçon de la nef : sur un globe, deux femmes, nues,  soutenant le calice et l'hostie. Sur l'autre face, deux jeunes hommes nus, une jambe fléchie.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Entraits et poinçons de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

La crossette nord-ouest : un acrobate.

Je ne peux terminer cette description sans quitter, sous peine d'être taxé de hors sujet, l'acrobate sculpté dans la pierre qui orne l'angle nord-ouest de la chapelle, à l'extérieur.

En effet, sa posture, empoignant sa cheville d'un poignet ferme, reprend celle d'autres crossettes comparable, à Dirinon, ou à la Maison du guet de La Martyre, ou à Ty Mamm Doué de Quimper, à Landerneau, à l'église de Goulven, à l'église de Confort-Meilars, au Doyenné du Folgoët, à la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven, au château de Pontivy, .

Il trouve sa place dans cet article pour souligner combien les artistes, tout en innovant sans cesse et en faisant preuve d'originalité, reprennent les mêmes motifs qu'ils contribuent à diffuser. C'est le cas pour ce sculpteur de pierre, comme c'est le cas pour Vinga Le Maut sur ses sablières, alliant une grande liberté à l'égard du caractère sacré des sanctuaires, et une grande fidélité par rapport à des thèmes qui traversent l'imaginaire de la sculpture romane.

 

 

Crossette  de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

Crossette de la chapelle de la Véronique à Bannalec. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS.

—Il n'existe pas de description complète semblable à celle-ci des sablières et pièces de charpente de la Véronique , hormis celui de Monik sur Glad.

https://glad.bretagne.bzh/fiches/347907

Cette dernière autrice cite la source suivante :

—RIO Bernard "Le cul bénit -amour sacré et passions profanes" -ed Coop Breizh

 : sirène bifide (entrait de la nef ) p 90) - Sirène allaitant 2 cochons p 96 (la clé de voute ???) - femme nue p 118 - onanisme (sablière) 130 - 2 personnages ithyphalliques - mi homme mi bouc (sablières) p 146 - acrobate (rampant ?) p178 - satyre (p 185).

J'ai consulté, outre les documents présentés dans la chapelle (sur l'héraldique notamment), les ouvrages suivants (et notamment S. Duhem, ouvrage de référence) : 

—ABGRALL (Jean-Marie), 1902, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie de Quimper.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/277

"Située dans un site charmant aux confins des bois du Gaolouet, près de la route de Rosporden, à 5 kilomètres du chef-lieu. Ancien vocable Locmaria, aujourd'hui La Véronique, et quelquefois Itron-Varia ar Veronik. La statue de la Sainte se voit au côté de l'Evangile du maître-autel, faisant pendant à la statue de N.-D. de Bon-Secours. 

Nous empruntons la plus grande partie de ces notes sur les chapelles de Bannalec, au travail que nous a laissé M. Le Sann, ancien curé de cette paroisse.

 La chapelle a été bâtie sans doute par la famille de Rohan. M. du Fou, Sgr de Rohan, était allié aux Tinténiac de Quimerch, comme on peut le voir par les registres des baptêmes ». Cependant, cette alliance des Rohan avec les Tinténiac, prouvée par des registres de baptême, ne remontant qu'en 1621, ne suffirait pas à prouver la fondation par les Rohan d'une chapelle certainement antérieure à cette époque.  Le pardon a lieu le jour de l'Ascension. Il y vient quelques pèlerins, particulièrement des environs de Querrien et de Lanvénégen, qui ne manquent jamais de dire, en donnant leur offrande : d'a Itron-Varia ar Veronik. On dit dans cette chapelle une messe par mois et tous les vendredis de Carême. La grande dévotion des paroissiens de Bannalec pour cette chapelle est d'y assister, à la messe, au moins un vendredi pendant le Carême ; c'est en action de grâces de la cessation immédiate de la variole qui faisait de nombreuses victimes en Bannalec, en 1871, et pour demander d'en être préservé à l'avenir.

La chapelle actuelle porte la date de 1605, ainsi que les vitraux ; la sacristie, celle de 1662.

En 1711, la trève de la Véronique portait le nom de Breuriez Locmaria ; la frairie aurait donc conservé son nom, pendant que la chapelle neuve, bâtie par les Rohan, changeait de vocable » (M. Le Sann).

Trois autels : le maître-autel ; Saint-Eloy ; La Passion. Les trois vitraux, un peu trop restaurés et trop renouvelés dans une réparation récente, enferment les sujets suivants : Fenêtre du milieu : Baiser de Judas ; portement de croix ; crucifiement. Fenétre Sud : Mort de la Sainte-Vierge ; Assomption. Fenêtre Nord : En haut, la Cène ; en bas, ange portant la croix ; la Véronique tenant la Sainte-Face. Inscription : OLIVIER, VICAIRE.

Il faut signaler les statues de saint Corentin, N.-D. de Bon-Secours et saint Alain, cette dernière venue de Lannon, saint Eloy, saint Barthélemy, saint Roch, Notre-Seigneur au tombeau, Marthe et Marie.

La corniche est remarquable, on y voit des scènes bizarres, telles que la chasse faite à deux levrettes par un lapin étique, des poissons se poursuivant à outrance, deux buveurs de cidre, homme et femme, étendus de leur long, se touchant par les pieds et buvant à cœur joie.

Puis vient cette inscription : I . PRIMA . LORS . FAB . 1605 — M. VINCA. (Vincent) LE MAVT . — D . C . CARADEC . PBRE (prêtre) — D . Y . BOHEC . PBRE. Le nom de Vincent Le Maut ou Le Maout est répété encore sur une autre corniche, près d'un cartouche tenu par deux moutons, et dans lequel sont sculptées une hache et une équerre de charpentier. Ce sont des armes parlantes, car le Maut ou Maout, en breton, signifie mouton, et ces instruments professionnels indiquent que c'est là le nom de l'ouvrier en bois qui a fait la charpente et exécuté ces sculptures.

Les tirants sont gracieux avec des chimères à la gueule immense et à la queue menaçante. Les pendentifs sont d'un très beau travail : l'un représente sainte Véronique tenant déroulé le Saint-Suaire, l'autre, splendide bloc de chêne, porte un personnage à chaque angle, un sujet à chaque face, le tout supporté par le Saint-Esprit sous forme de colombe.

La corniche qui fait cordon autour de la chapelle, à la naissance du lambris, est ornée à tous les angles de petites statuettes très jolies, d'un très bon goût ; mais il a été impossible de déterminer les personnages qu'elles représentent.

En 1731, un bref d'indulgence à gagner le jour de l'Ascension fut accordé à la chapelle de la Véronique (G.193). Dans les vitraux on remarque les armoiries suivantes : Echiqueté de gueules et d'or ; Echiqueté d'argent et d'azur ; De sable à l'aigle à deux têtes aux ailes éployées d'argent ; Pallé d'azur et d'argent . En 1790, les comptes de la chapelle de la Véronique portent à 247 livres le montant des recettes"

 

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. Presses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index . Bannalec : pages 3, 28, 31, 47, 61, 85, 100, 102, 180, 183, 283, 291, 300 et 302.

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19 mars 2025 3 19 /03 /mars /2025 11:23

Les vitraux Pré-Renaissance et Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres.

 

Sur Chartres, voir :

 

Cet article destiné à partager mes clichés est largement documenté par l'ouvrage suivant :

Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Centre international du vitrail de Chartres, 2010 (pages 56 à 93 notamment).

J'ai repris (en retrait) leurs commentaires, mis en ligne sur le site suivant :

https://arviva.univ-tours.fr/exposition-vitraux/2-onglet.html

Voir aussi :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000772

PRÉSENTATION.

Jusqu'à la Révolution, Chartres comportait onze paroisses en plus des églises conventuelles (église Sainte-Foy, des Cordeliers, Saint-Hilaire, Saint-André, abbatiale Saint-Père-en-vallée), etc. La plupart de ces églises ont été détruites, ou leurs verrières démontées, procurant ainsi aux restaurateurs de l'église Saint-Pierre et de l'église Saint-Aignan un matériel disponible pour compléter les verres existant.

L'église Saint-Aignan aurait été fondée par saint Aignan, évêque d'Orléans vers 400, au cœur de la cité chartraine au Ve siècle. Elle fut rapidement la première paroisse de la cité : sa situation à l’intérieur des murs et sa proximité du château en font une de ses églises remarquables. Elle était la paroisse des comtes de Blois et de Chartres.

Détruite puis reconstruite aux 15e  et 16e siècles, elle présente alors une architecture de style gothique.

Les vitraux les plus anciens datent du XV et XVIe siècle mais beaucoup ont été détériorés pendant le siège de Chartres en 1568, lors de la deuxième guerre de religion. Malgré ces destructions, l'édifice présente un ensemble de 20 verrières classées monuments historiques . Si elle proviennent bien de Saint-Aignan, elles ont perdu pour la plupart leur emplacement d'origine, et elles ont été complétées par des pièces de réemploi.

"Rebâtie à la fin du XIIIe siècle, détruite puis reconstruite aux XVe et XVIe siècles, l’église Saint-Aignan, ancienne paroisse du château comtal et collégiale, présente un décor vitré d’une grande richesse. Les vitraux actuellement conservés sont pour l’essentiel ceux qui lui étaient destinés mais replacés de manière anarchique vers 1823. Seules les baies 12 et 18 sont demeurées homogènes et quelques panneaux de tympans sont encore en place."

"L'église Saint-Aignan renferme vingt-et-une baies (7, 9, 11 à 15, 18, 20, 22 et 100 à 110) garnies de vitraux exécutés entre la fin du XVe siècle et 1656. C’est en 1514 que débutèrent les travaux de construction de l’église, à partir des vestiges des édifices antérieurs. La pose des vitraux historiés s’effectua probablement au moment de l’achèvement de l’église et au cours des années suivantes. L’un d’entre eux est daté de 1547, un autre de 1566. Endommagés par faits de guerre, en 1568, leur restauration se poursuivit au cours du XVIIe siècle, notamment par les soins d’un verrier, Pierre Dubois, chargé en outre de l’exécution de 14 baies hautes dans la nef (marchés passés en 1630-1634). Certaines d’entre elles ont conservé les panneaux héraldiques des différents bienfaiteurs de l’église (XVIe et XVIIe siècles). Dans les années 1634-1646, les frères Massonet, « vitriers », procédèrent à quelques restaurations dans les verrières historiées du XVIe siècle. À nouveau fortement endommagés sinon totalement brisés par la grêle, en 1724, les vitraux furent réparés par M. Hubert, « vitrier ». Les vitraux de la nef ont été mis en caisses à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle : ils furent alors remisés chez le vitrier qui les avait ôtés ou dans une dépendance du monument. Reposés vers 1823, peu après la réouverture de l'église au culte, ces vitraux ont été redistribués de manière anarchique dans neuf des fenêtres de la nef : toutes abritent aujourd'hui des verrières composites, dans lesquelles rien n’est à sa place d’origine à l’exception des baies 12 et 18, restées homogènes, et de quelques panneaux des tympans qui n’ont jamais dû être retirés (baies 11, 14, 15, 20). L'atelier Lorin, établi à Chartres, restaura les vitraux des fenêtres hautes dans les années 1890 puis en 1923, ainsi que ceux de la nef autour de 1914. Déposés en 1939, ces vitraux ont été restaurés en 1943 par François Lorin sous la direction de Jean Trouvelot, architecte en chef des Monuments historiques, puis reposés en 1948. Endommagée par un incendie, la baie 14 a été restaurée en 1976 par l'atelier Hermet-Juteau (Gatouillat et Leproux, 2010)."

J'ai placé les baies dans un ordre chronologique.

 

La baie 9. Dormition de la Vierge par Pierre Courtois v.1485-1490.

 

"Les huit scènes dispersées d’un cycle de la Dormition de la Vierge, en grande partie regroupées dans la baie 9, illustrent l’activité d’artistes étrangers à la ville. Cette verrière, réalisée vers 1485-1490, est attribuée à l’atelier du peintre-verrier Pierre Courtois, sans doute installé à Évreux, en Normandie, dont le rayonnement est déjà identifié à Bernay (Eure), Dreux (Eure-et-Loir) et jusqu’à La Ferté Bernard (Sarthe).

Dans des encadrements architecturés de style flamboyant peints en grisaille et jaune d’argent sont figurés les différents épisodes de la Dormition, depuis l’Agonie de la Vierge (en bas à gauche) jusqu’à son Couronnement par la Trinité (tympan). L’attribution de la verrière de Saint-Aignan à Pierre Courtois repose sur ce qui caractérise ses œuvres attestées, entre autres le goût des tons rompus, les carnations peintes de préférence sur verre blanc, les visages féminins à l’ovale très pur, ou l’expression mélancolique des figures christiques. Outre la finesse d’exécution, on relève certains procédés techniques délicats, à l’exemple de la scène du miracle des impies dont les mains collées sur le cercueil sont des pièces montées en chef-d’œuvre, dans le panneau des funérailles de Marie (au milieu à droite)." (Gatouillat et Leproux in Arviva)

Les auteurs comparent cette Dormition avec celle de Notre-Dame des Marais de La Ferté-Bernard, peinte par Robert Courtois, auteur en 1498 de l'Arbre de Jessé de cet église. Les vitraux réalisés par Pierre Courtois  (père de Robert?) datent vers 1480.

Chacune des cinq scènes de la Dormition est encadrée par des colonnettes au fût taillé de losanges et soutenant un arc en rinceaux de tiges et de feuilles, et un phylactère décrivant la scène.

Un panneau de donation datant du XVIe siècle s'y ajoute en haut à gauche.

L'épisode est fondé sur des écrits apocryphes, comme celui du Pseudo-Jean, Sur la mort de Marie (IVe ou Ve siècle) ou La Légende dorée de Jacques de Voragine rédigée en latin entre 1261 et 1266.

Voir sur ce thème :

Voir aussi : Petrus Christus 1457-1467 https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mort_de_la_Vierge_(Petrus_Christus)

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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1. La Vierge alitée et mourante est entourée des apôtres. Elle est assistée d'une jeune femme (ou d'un ange, à bandeau portant une escarboucle).

Inscription COMME TOUS SALUÉRENT [...] NOSTRE DAME.

Jean est à sa gauche, tenant la palme du paradis qui lui a été remis par un ange. Pierre, précédent les autres apôtres, est agenouillé . Les draps du lit sont rouges.

L'épisode de la palme remis par un ange :

'Lorsque les apôtres se furent séparés, pour aller prêcher l’évangile aux nations, la sainte Vierge resta dans leur maison, qui était près de la montagne de Sion. Elle ne cessait point de visiter pieusement tous les lieux consacrés par son fils, c’est-à-dire ceux de son baptême, de son jeûne, de sa prière, de sa passion, de sa sépulture, de sa résurrection et de son ascension. Et Épiphane nous apprend qu’elle survécut vingt-quatre ans à l’ascension de son fils. Il ajoute que, comme la Vierge avait quinze ans lorsqu’elle mit au monde le Christ, et comme celui-ci avait passé sur cette terre trente-trois ans, elle avait donc soixante-douze ans lorsqu’elle mourut. Mais il paraît plus probable d’admettre, comme nous le lisons ailleurs, qu’elle ne survécut à son fils que douze ans, et qu’elle avait soixante ans, lors de son assomption : car l’Histoire ecclésiastique nous dit que, pendent douze ans, les apôtres prêchèrent en Judée et dans les régions voisines.

Un jour enfin, comme le désir de revoir son fils agitait très vivement la Vierge et la faisait pleurer très abondamment, voici qu’un ange entouré de lumière se présenta devant elle, la salua respectueusement comme la mère de son maître, et lui dit : « Je vous salue, Bienheureuse Marie ! Et je vous apporte ici une branche de palmier du paradis, que vous ferez porter devant votre cercueil, dans trois jours, car votre fils vous attend près de lui ! » Et Marie : « Si j’ai trouvé grâce devant tes yeux, daigne me dire ton nom ! Mais, surtout, je te demande avec instance que mes fils et frères, les apôtres, se rassemblent autour de moi, afin que je puisse les voir de mes yeux avant de mourir, et rendre mon âme à Dieu en leur présence, et être ensevelie par eux ! Et je te demande encore ceci : que mon âme, en sortant de mon corps, ne rencontre aucun méchant esprit, et échappe au pouvoir de Satan ! » Et l’ange : « Pourquoi désirez-vous savoir mon nom, qui est grand et admirable ? Mais sachez qu’aujourd’hui même tous les apôtres se réuniront ici, et que c’est en leur présence que s’exhalera votre âme ! Car celui qui, jadis, a transporté le prophète de Judée à Babylone, celui-là n’a besoin que d’un moment pour amener ici tous les apôtres. Et quant au malin esprit, qu’avez-vous à le craindre, vous qui lui avez broyé la tête sous votre pied, et l’avez dépouillé de son pouvoir ? » Cela dit, l’ange remonta au ciel ; et la palme qu’il avait apportée brillait d’une clarté extrême. C’était un rameau vert, mais avec des feuilles aussi lumineuses que l’étoile du matin.

Or, comme saint Jean prêchait à Éphèse, une nuée blanche le souleva, et le déposa au seuil de la maison de Marie. Jean frappa à la porte, entra et salua respectueusement la Vierge. Et elle, pleurant de joie : « Mon fils Jean, tu te souviens des paroles de ton maître, qui m’a recommandé à toi comme une mère, et toi à moi comme un fils. Et voici que le Seigneur me rappelle, et que je confie mon corps à ta sollicitude. Car j’ai appris que les Juifs se proposaient, dès que je serais morte, de ravir mes restes et de les brûler. Mais toi, fais porter cette palme devant mon cercueil lorsque vous conduirez mon corps au tombeau ! » Et Jean lui dit : « Oh ! comme je voudrais que tous les apôtres mes frères fussent ici, pour préparer tes funérailles, et proclamer tes louanges ! » Et, pendant qu’il disait cela, tous les apôtres, dans les lieux divers où ils prêchaient, furent soulevés par des nuées, et déposés devant la maison de Marie. Et quand ils se virent réunis là, ils se dirent, tout surpris : « Pour quel motif le Seigneur nous a-t-il rassemblés aujourd’hui ? » Alors Jean sortit vers eux, leur annonça la mort prochaine de la Vierge, et ajouta : « Prenez garde, mes frères, à ne point pleurer quand elle sera morte, de peur que le peuple en voyant vos larmes, ne soit troublé et ne se dise : « Ces gens-là prêchent aux autres la résurrection, et, eux-mêmes, ils ont peur de la mort ! » Et saint Denis, le disciple de saint Paul, dans son livre sur les Noms de Dieu, nous fait un récit analogue, ajoutant que lui aussi était là, et que la Vierge sommeillait pendant l’arrivée des apôtres." (Légende Dorée)

Nombreux bouche-trous.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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2. Les apôtres et la Vierge sont agenouillés autour du lit vide. 

Les apôtres ont la tête levée et attendent la venue du Christ.

Inscription COMME TOUS CHANTÉRENT

Le dais du lit, rouge à franges dorées, recouvre la pièce, associé à des rideaux verts et une tête de lit rouge où une fleur blanche est gravée.

 

"Quand la Vierge vit tous les apôtres réunis, elle bénit le Seigneur et s’assit au milieu d’eux, parmi des lampes allumées. Or, vers la troisième heure de la nuit, Jésus arriva avec la légion des anges, la troupe des patriarches, l’armée des martyrs, les cohortes des confesseurs et les chœurs des vierges ; et toute cette troupe sainte, rangée devant le trône de Marie, se mit à chanter des cantiques de louanges. Puis Jésus dit : « Viens, mon élue, afin que je te place sur mon trône, car je désire t’avoir près de moi ! » Et Marie : « Seigneur, je suis prête ! » Et toute la troupe sainte chanta doucement les louanges de Marie." (Légende Dorée)

Nombreux bouche-trous dont une tête masculine sur l'épaule de la Vierge.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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3. La Dormition de la Vierge entourée des apôtres.

On reconnaît saint Jean, toujours placé à gauche  et qui place la palme entre les mains de Marie.  la palme et Pierre tenant le goupillon. Un autre apôtre tient le seau d'eau bénite, tandis qu'un autre encore tient une croix à longue hampe.

Inscription COM[MENT], suite non déchiffrée.

Devant saint Pierre, un personnage au fin visage tient les chaines d'un encensoir. Faut-il y voir Marie-Madeleine, célèbre pour sa beauté et son élégance et caractérisée par son lien avec les parfums ? Sa robe blanche est brodé d'or, autour du cou et sous la forme de fleurs à trois pétales.

Au coin inférieur droit, peint au trait sur verre blanc avec rehaut de jaune d'argent, deux criquets (réemploi).

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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4. Les funérailles de la Vierge. 

Les apôtres, Jean en tête tenant la palme, portent le cerceuil, couvert du drap rouge. 

Inscription COMME LES APOTRES PORTENT LE CORPS.

Un homme en armure d'or (tête en réemploi de Dieu le Père barbu coiffé d'une tiare à triple couronne fleurdelisée)  et tenant une épée s'approche du cercueil et y pose la main. Il s'agit du "prince des prêtres" de la Légende Dorée, qui, avec d'autres Juifs, voulut s'emparer du cercueil. Les mains du prince se désséchèrent tandis que les autres Juifs étaient aveuglés.

Les deux mains blanches (dont une gantée de l'armure) sont montées en chef d'œuvre sur le verre rouge.

F. Gatouillat fait remarquer le sol en tapis de fleurs peint en grisaille et jaune d'argent sur le verre bleu.

"Attirés par la douceur de cette musique, tous les Juifs accouraient, s’informant de ce qui se passait. Quelqu’un leur dit : « C’est Marie que les disciples de Jésus portent au tombeau ! » Sur quoi les Juifs de prendre les armes et de s’exhorter l’un l’autre, en disant : « Venez, nous tuerons tous les disciples, et nous brûlerons ce corps qui a porté l’imposteur ! » Et le prince des prêtres, furieux, s’écria : « Voilà donc le tabernacle de celui qui a troublé notre race ! Et voilà les honneurs qu’on lui rend ! » Ce disant, il voulut s’approcher du cercueil pour le jeter à terre. Mais aussitôt ses deux mains se desséchèrent, et restèrent attachées au cercueil, pendant que les anges, cachés dans les nuées, aveuglaient tous les autres Juifs. Et le prince des prêtres gémissait et disait : « Saint Pierre, ne m’oublie pas dans ma peine, mais prie ton Dieu pour moi ! Rappelle-toi comment, un jour, je te suis venu en aide et t’ai excusé, quand une servante t’accusait ! »

Et Pierre lui dit : « Je n’ai pas le loisir de m’occuper de toi ; mais si tu veux croire en Jésus-Christ et en celle qui l’a enfanté, j’espère que tu pourras recouvrer la santé ! » Et le prince des prêtres : « Je crois que Jésus est le fils de Dieu et que voici sa sainte mère ! » Aussitôt ses mains se détachèrent du cercueil ; mais ses bras restaient desséchés et endoloris. Et Pierre lui dit : « Baise ce cercueil et dis que tu crois en Jésus-Christ ! » Ce qu’ayant fait, le prêtre recouvra aussitôt la santé ; et Pierre lui dit : « Prends, cette palme des mains de notre frère Jean, et pose-la sur les yeux de tes compagnons privés de la vue ; et tous ceux d’entre eux qui croiront recouvreront la vue ; mais ceux qui refuseront de croire seront privés de leur vue pour l’éternité ! »"

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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5. La mise au tombeau de la Vierge par les apôtres.

Saint Pierre bénit la défunte, en suivant sur un livre l'oraison. Saint Jean tient la palme, mais son visage a été remplacé par celui d'une tête barbue "peinte vers 1520" (Gatouillat et Leproux). L'inscription n'est que fragmentaire.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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6. Un couple de donateurs.

Ce panneau, tout comme celui, jumeau, remonté en baie 15, devait provenir d'une verrière distincte datée vers 1500-1515.

Dans une niche surbaisée à décor arborescent, un couple de donateurs est suivi de ses six enfants. Le mari, suivi de deux fils, est présenté par saint Jacques le Majeur, la femme suivie de quatre filles,  par un saint archevêque.

Saint Jacques s'identifie son visage barbu, par son chapeau frappé d'une coquille, par sa besace elle aussi frappée d'une coquille, et par son bourdon.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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7. Le tympan en quadrilobe : le couronnement de la Vierge par la Trinité.

C'est la scène qui achève le cycle de la Dormition. "La tête du Christ, au nimbe orné de rais terminés en fleur de lys, est caractéristique du style de Pierre Courtois." (Gatouillat et Leproux).

Les écoinçons renferment deux anges en grisaille et jaune d'argent sur fond bleu, datés vers 1500-1515 et réalisés sur le même carton que la baie 7 : ils occupent sans doute à leur place d'origine.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie 15. Dormition de la Vierge par Pierre Courtois v.1485-1490 (suite) et panneaux de différentes origines et époques.

"Le « désordre » du vitrage de Saint-Aignan reflète l’histoire mouvementée de l’église : vendue en 1792 à l’architecte voyer Laurent Morin, elle abrita un hôpital militaire, puis servit de grange à foin avant d’être restituée à la ville en décembre 1822 pour être rouverte au culte. Pendant cette période les vitraux de l’étage inférieur avaient été déposés et conservés en caisses. Le vitrier chargé de regarnir les fenêtres de la nef n’eut qu’à puiser dans ce stock, ce qui n’exclut pas qu’il ait pu introduire en complément quelques morceaux étrangers à Saint-Aignan. Les panneaux remployés furent alors restaurés en comblant les manques par des bouche-trous retaillés dans d’autres vitraux, à l’image de la baie 15, recomposée vers 1893 à l’aide de morceaux auparavant dispersés" arviva.univer-Tours

"L’ensemble des lancettes de la baie 15 a été recomposé vers 1893 par l’atelier Lorin de Chartres, à l’aide de morceaux auparavant dispersés, deux d’entre eux, le buste de saint Jean et la scène relative à sainte Catherine, étant probablement étrangers à l’église. Tandis que le tympan et les quatre panneaux du registre supérieur proviennent de plusieurs verrières narratives exécutées entre 1485 et 1510, le soubassement de la baie présente les restes des compositions héraldiques des fenêtres hautes de l’église, réalisées vers 1625-1630." arviva.univer-Tours

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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1 et 2. branches de lauriers entrecoupées , cadre ornemental provenant des fenêtres hautes (vers 1625-1630).

Les branches de laurier sont teintées d'émaux rouge et bleus. 

Panneau  1.

L'écu est remplacé par un panneau civil du XVIIe siècle où quatre anges (jaune d'argent, grisaille et émail bleu) sont en adoration devant un reliquaire d'or en forme de chapelle.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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Panneau 2 :

Le champ de l'écu est occupé par un rondel figurant sainte Marguerite issant du dragon (grisaille et jaune d'argent, vers 1500) au dessus d'un autre panneau civil rectangulaire du XVIIe siècle représentant sainte Catherine, dont on voit la roue et l'épée, la jupe bleue, et le buste du roi à ses pieds.

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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3. Sainte Catherine dans sa prison. Vers 1510-1520.

La sainte, nue mais assistée par deux anges, convertit l'impératrice, femme de Maxence, et Porphyre, capitaine des gardes.

La scène est tirée  d'une suite narrative provenant d'un autre édifice chartrain.

Les deux visages féminins sont très ronds. L'impératrice porte sur la tête une coiffe comme en portait Anne de Bretagne à la même époque, et un manteau rouge à manches larges et fourrées. Porphyre porte un bonnet rouge, tout à fait Renaissance, et qui devait être orné d'un plumet.

 

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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4. Scène de la Dormition. 1485-1490. 

"À gauche, deux apôtres assis, l’un muni d’un livre, proviennent d’une des scènes du cycle de la Dormition de la Vierge exécuté en 1485-1490 ; leurs têtes, aux carnations réchauffées, sont des exemples de la restauration subie par la verrière vers 1520. À droite, saint Jean l’Évangéliste tient la coupe empoisonnée, son attribut habituel ; la figure, dont le buste est seul conservé, patronnait probablement des donateurs ; elle pouvait appartenir à un vitrail d’une autre église. Fin du XVe siècle. Comme le panneau 3, ces deux éléments servaient de bouche-trou dans une baie de l’étage supérieur avant 1850.

Remontés au-dessous d’eux et à l’extrême droite, on reconnaît deux fragments de la verrière du Jugement dernier déjà signalée dans les baies 13 et 14 : un ange porte une âme devant la tour du paradis, un autre sonne la résurrection des morts. Vers 1500-1510." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641

 

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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5. Un couple de donateurs et ses onze enfants présentés par saint Jacques Le Majeur et un saint évêque.

 

 

"Un couple de donateurs, avec ses onze enfants, est présenté par un saint évêque et saint Jacques le Majeur, identifiable par les insignes des pèlerins ; la tête de ce dernier est perdue, comme celle du père de famille, remplacée par une autre. Le panneau, utilisé en baie 7 avant 1893, est similaire à celui décrit en baie 9. L’arc supérieur est rogné, mais l’amorce du culot de l’encadrement est conservée d’un côté. Vers 1500-1515." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641

Ce sont les mêmes donateurs que pour la scène homologue aujourd'hui en baie 9 (cf). Le chapeau de Jacques Le Majeur, seul indice d'identification avec la barbe longue et le bourdon, est peint de façon très réaliste, puisqu'il porte non seulement la coquillle des pèlerins, mais aussi un bourdonnet, et une image de pèlerinage (un visage vu de face).

Le donateur, mains jointes, visage remplacé par un réemploi, porte une robe rouge-pourpre recouvert par un manteau gris, plissé, aux manches fendues et doublées de fourrures. Il pourrait s'agir d'un marchand. 

Derrière lui viennent ses cinq fils, portant le même manteau.

L'épouse porte une coiffe dont le voile, formant un cornet vers l'arrière, débute par deux ailes couvrant les tempes et les joues. Elle est vêtue d'un manteau du rouge le plus vif, au décolleté en V et aux manches à larges revers. Son front et ses sourcils sont épilés. Ses yeux sont en amande, mais ce terme est trop vague pour désigner leurs formes en croissant effilé . La bouche est pulpeuse.

Les filles, plus grandes que les fils, portent une coiffe semblable à celle de leur mère, et un manteau, de couleur verte ou bleue.

 

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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6. Un des panneaux de la Dormition de Pierre Courtois v. 1485-1490.

"L’encadrement de colonnettes à décor losangé permet de reconnaître dans cette scène un des panneaux du cycle de la Dormition de la Vierge attribué à Pierre Courtois, bien qu’elle soit devenue confuse en raison des bouche-trous qui altèrent toute la partie centrale. 

Parmi les pièces d’origine, on distingue, à gauche, des objets d’orfèvrerie posés sur une table, et à droite, deux têtes féminines – la Vierge et une suivante ? –, ainsi que quelques fragments de drapés. Ce sujet, décrit comme « trois saintes femmes » en 1850 et 1860, était alors placé en baie 7. Vers 1485-1490." https://www.arviva.univ-tours.fr/oeuvre/641

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7. Le tympan : miracle de saint Sébastien.

"Cette scène de la vie de saint Sébastien, restée à sa place initiale, est la seule rescapée du cycle qui remplissait toute cette fenêtre. D’après la Légende dorée, saint Sébastien procède ici à la guérison du préfet de Rome Chromace, en présence du fils de celui-ci, Tiburce, et de Polycarpe. La scène serait intacte sans les plombs de casse qui y ont été introduits. Vers 1515-1520.
Écoinçons : les putti peints en grisaille et jaune d’argent sur fond bleu sont probablement en place. Vers 1515-1520." (Gatouillat et Leproux)

Sur cette scène d'une coloration raffinée, Sébastien, le fameux capitaine  de la garde prétorienne de Dioclétien, un bel éphèbe blond, est coiffé d'une toque à quatre plumes blanches, tandis que le préfet porte un turban rouge constellé de bijoux. Des pots en étain sont rangés sur une étagère, et à gauche une main en gros plan tend une coupe : nous sommes à l'intérieur d'une chambre. Les deux hommes se serrent les mains, chacun avançant la jambe vers son interlocuteur. À droite, un homme (Tiburce?) porte une boîte rectangulaire.

Je consulte le texte de la Légende Dorée : il y est fait mention d'une chambre d'astronomie :

"Et le vieux Tranquillin, qui était atteint d’une maladie grave, guérit dès qu’il fut baptisé. Ce qu’apprenant le préfet de la ville de Rome [Chromace], qui était lui-même très malade, demanda à Tranquillin de lui amener l’homme qui l’avait guéri. Et quand le vieillard lui eut amené Sébastien et Polycarpe, il les pria de lui rendre la santé. Mais Sébastien lui dit qu’il ne guérirait que s’il permettait à Polycarpe et à lui de briser en sa présence les idoles des dieux. Et, le préfet Chromace ayant fini par y consentir, les deux saints brisèrent plus de deux cents idoles. Puis ils dirent à Chromace : « Puisque l’acte que nous venons de faire ne t’a pas rendu la santé, c’est donc que, ou bien tu n’as pas encore abjuré tes erreurs, ou bien que tu gardes debout quelque autre idole ! » Alors il avoua qu’il possédait, dans sa maison, une chambre où était représenté tout le système des étoiles, et qui lui permettait de prévoir l’avenir : ajoutant que son père avait dépensé plus de deux cents livres d’or pour l’installation de cette chambre. Et saint Sébastien : « Aussi longtemps que cette chambre ne sera pas détruite, tu ne retrouveras pas la santé ! » Et Chromace consentit à ce qu’elle fût détruite. Mais son fils Tiburce, jeune homme des plus remarquables, s’écria : « Je ne souffrirai pas que l’on détruise impunément une œuvre aussi magnifique ! Mais comme, d’autre part, je souhaite de tout mon cœur le retour de mon père à la santé, je propose que l’on chauffe deux fours, et que, si après la destruction de cette chambre mon père ne guérit pas, les deux chrétiens soient brûlés vifs ! » Et Sébastien : « Qu’il en soit fait comme tu as dit ! » Et pendant qu’il brisait la chambre magique, un ange apparut au préfet et lui annonça, que le Seigneur Jésus lui avait rendu la santé. Alors le préfet et son fils Tiburce et quatre mille personnes de sa maison reçurent le baptême. Et Zoé, qui s’était convertie la première, fut prise par les infidèles et mourut après de longues tortures ; ce qu’apprenant le vieux Tranquillin s’écria : « Voici que les femmes nous devancent au martyre ! » Et lui-même fut lapidé peu de jours après."

Les vitraux du XVe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie 11. Quatre saints évêques, vers 1515-1530.

 

H = 3 m-L = 1,10 m."Les deux lancettes abritent quatre saints évêques en pied provenant de verrières différentes, complétées par de nombreux bouche-trous. Lesencadrements architecturaux en arc surbaissé indiquent les premières décénnies du XVIe siècle. La baie 11 est constituée de deux lancettes trilobées, divisées en deux registres, surmontées d'un tympan à trois ajours."

https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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1. Saint Martin de Tours. 

"Saint Martin, archevêque de Tours, identifié par l’inscription portée au centre de l’arc supérieur de sa niche, se tient dans un édicule tendu de damas, muni d’un livre et de la croix  archiépiscopale. Sa chape est enrichie d’un galon rouge gravé, technique également employée pour le nimbe. Dans la partie inférieure perturbée de bouche-trous, on discerne le contour d’un écu. Vers 1515-1520." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

Sur le verre rouge gravé (verre rouge plaqué à un verre blanc, et gravé à l'acide ou à la molette), lire Roger Barrié :

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

Le galon est gravé de points blancs, le nimbe est cerclé d'un trait blanc.

La niche est tendue d'un drap d'honneur bleu damassé et bordé d'or comme dans une chapelle seigneuriale sous quatre baies cointrées à verrières losangées.

Le motif du damas du manteau doublé de soie verte s'apparente à un ananas au centre d'un cercle flammé.

 

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

2. Saint Denis, évêque de Paris.

"Saint-Denis, soutenu par deux anges, tient dans ses mains sa tête tranchée ; un paysage apparaît au fond. La chape faite de verres rouges gravés a été partiellement remplacée. L’encadrement, un arc orné de médaillons à l’antique, est en revanche resté presque intact. Le nom du saint est inscrit sur un phylactère placé en bas à gauche. Vers 1520-1530." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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3. Saint Nicolas de Myre.

   "identifiable grâce à la représentation des trois enfants qu’il a ressuscités, il protège un clerc donateur, agenouillé à gauche sur un sol carrelé teinté de jaune d’argent. Le panneau a subi maintes altérations : le saint est défiguré par une restauration, et la tenture du fond est constituée de bouche-trous. Mais sa qualité transparaît dans la souplesse du drapé de la chape bleue bordée de jaune d’argent. Vers 1515-1520.

Tête de lancettes  :  un sommet de dais gothique sur fond rouge abrite le haut d’un paysage peint sur verre bleu clair.  Premier quart du XVIe siècle. "

On retrouve la présentation du saint dans une chapelle à verrière cintrées, tendue d'un drap d'honneur rouge à galon doré.

Le clerc donateur porte un manteau plissé blanc à larges manches sur  une robe rouge.

Les trois enfants sauvés par saint Nicolas sortent du saloir, mains jointes.

Une belle pièce de réemploi en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc montre une jeune femme (Grâce?) parmi des rinceaux perlés où est suspendue une clochette.

 

Les vitraux du XVIe siècle de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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4. Saint Aignan, évêque de Chartres.

"Il se tient dans un paysage où se voit, selon Métais, le château de Vauventriers, celui de sa famille. Il est nommé sur une inscription placée en bas à gauche : Ygnen. Le panneau, quasiment intact, provient d’une verrière du bas-côté sud offerte par le chapitre de l’église, qui portait la date de 1518."

Tête de lancette : un fragment de dais Renaissance, rapporté, est orné de putti tenant des guirlandes de perles. Premier quart du XVIe siècle. "

 https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/637

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7. Tympan, quadrilobe  Premier quart du XVIe siècle : la Trinité souffrante.

"La Trinité souffrante apparaît dans une gloire ovoïde, entourée d’une nuée d’anges peints sur fond bleu-gris. Dieu le Père, coiffé de la triple couronne, tient devant lui le Christ en croix, la colombe du Saint-Esprit étant figurée devant sa barbe. Ce panneau bien conservé est demeuré à sa place initiale.
Écoinçons : deux anges, revêtus de dalmatiques colorées, sont tirés du même carton retourné. Comme le précédent, les deux panneaux paraissent en place. Premier quart du XVIe siècle." (Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 72).

 

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La baie 13. Adam et Ève ; Vie de saint Denis ; Vie de sainte Barbe ..., vers 1500, 1520 et 1656.

 

"La baie 13 est constituée d'une lancette divisée en trois registres : I. Partie rectiligne de la fenêtre : des panneaux originaires de trois verrières distinctes se trouvent ici regroupés, deux provenant de l’histoire de saint Denis, deux autres de celle de sainte Barbe, et deux éléments de l’Expulsion du paradis."

 

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1  L’ange chasse Adam et Ève du paradis. Jean Chastellain, v. 1520

2. Adam et Éve expulsé du paradis, Jean Vacher 1656.

"1. l'ange est environné de phylactères édictant la condamnation divine (Genèse 3, 1 6-19) : MULTIPLICABO […] MALEDICTA EX EA […] Ce fragment, attribuable au parisien Jean Chastellain, est le panneau supérieur gauche de la scène qui occupait initialement le bas des lancettes de la baie nord de la chapelle de la Vierge. Vers 1520. La tête de l’ange, interpolée, est une pièce tirée d’un vitrail du milieu du XVIe siècle. 

2. Adam et Ève quittent le paradis. Cette portion de scène, complément du panneau 1, est une réfection du milieu du XVIIe siècle, peinte sur fond d’émaux bleus et violets, aujourd’hui écaillés."

https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/639

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Éve, par Jean Vacher 1656.

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Inscription de restauration.

 "Au-dessus de ce panneau et du précédent, se lit l’inscription qui soulignait la scène du registre supérieur de la verrière, relative aux Litanies de la Vierge : QUAE EST ISTA QUAE PROGREDITUR UT AURORA CONSURGENS […] ELECTA UT SOL […] UT CASTRORUM ACIE […], et la référence du Cantique des Cantiques, suivie de la date de [16]56 et de la signature de Jean Vacher, le peintre-verrier auteur de cette restauration."

La référence du Cantique des Cantiques 6:9 est : 

 Quae est ista quae progreditur quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrorum acies ordinata? Canticum Canticorum 6:9 "Une seule est ma colombe, ma parfaite; Elle est l'unique de sa mère, La préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles la voient, et la disent heureuse; Les reines et les concubines aussi, et elles la louent."

 

 

Les vitraux  de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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3. Saint Denis comparaît devant le préfet Fescennius assis sur un trône.

"Le saint a les mains entravées de cordes que tient le soldat qui le suit ; Rustique et Eleuthère, figurés à l’arrière-plan, attendent leur jugement. Les débris du commentaire […] RUSTIQUE ET […] FURENT AMENEZ […] sont complétés des fragments d’une autre inscription. Vers 1515-1520."

 

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4. Sainte Barbe s’apprête à subir le martyre.

"Dans un paysage rocheux, le père de la sainte, richement vêtu d’un manteau damassé doublé d’hermine, la menace de son sabre ; à droite, la représentation de la sainte, altérée par diverses interpolations, laisse à peine deviner qu’elle tournait le dos, agenouillée en prière. Le début de l’inscription est conservé : COMMENT SON PERE LA VEULT [OCCIRE]. Vers 1515-1520."

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5. Saint Denis et ses compagnons.

"La dernière communion de saint Denis et de ses compagnons, les diacres Rustique et Eleuthère, dans leur prison, leur est administrée par le Christ suivi d’un ange. Des bouche-trous ont remplacé la tête du Christ et une partie de la tunique de l’ange. Sur l’inscription en partie conservée se déchiffre […] EN LA CHARTRE LUI DONNA MESSIRE […]. Vers 1515-1520."

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6. Sainte Barbe, emprisonnée, reçoit les consolations du Christ.

 

"La scène est bien conservée, mais l’inscription, soulignant la représentation comme dans la légende de saint Denis, a presque disparu : COMMENT NOTRE [SEIGNEUR…]. Vers 1515-1520."

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Amortissement : 7 et 8.

"L’ensemble est composé de bouche-trous divers, parmi lesquels plusieurs fragments d’une cour céleste, petits personnages peints en grisaille rousse et jaune d’argent, provenant de la verrière d’une Jugement dernier dont on reconnaît d’autres éléments en baies 14 et 15. Vers 1500-1510. D’autres fragments sont teintés d’émaux, notamment des portions de bordures du XVIIe siècle intégrant deux écus armoriés, sans doute originaires des fenêtres hautes (1625-1630).

L’écu de gauche est parti des familles Chouayne, d’azur à deux épées d’argent gainées d’or posées en sautoir, cantonnées de quatre croissants d’or, et Symon, d’azur au chevron d’argent accompagné de trois cygnes becqués et membrés de sable.

L’écu de droite, d’azur fascé d’argent, accompagné en chef de trois coquilles d’argent, et en pointe d’une étoile d’or, est celui des Lebeau, qui possédaient la chapelle éclairée par la baie 7, et qui ont laissé d’autres marques de leur contribution au vitrage de l’étage supérieur, l’une en baie 106, l’autre maintenant remployée en baie 22."

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 76).

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La baie 14. Parenté de la Vierge v.1500-1520.

 

 

"La fenêtre est celle de la chapelle octroyée en 1504 à Regnault de Gyvès, prévôt de Chartres; sa verrière est conservée en grande partie à son emplacement initial, y compris les panneaux des têtes de lancettes et ceux du tympan.
Lancettes : restées à leur place d’origine dans la partie supérieure, quatre scènes encadrées d’architectures mêlant les vocabulaires flamboyant et Renaissance illustrent la Parenté de la Vierge (nos 3 à 6) ; l’une figure sainte Anne, les autres ses trois filles avec leurs familles, les soeurs de la Vierge ayant pour progéniture six des futurs apôtres. La partie inférieure a été complétée de scènes provenant de deux autres verrières. " Gatouillat et Leproux,  https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

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1. Légende de saint Denis.

"Cette scène du début de la légende de saint Denis provient de la même verrière que celles remontées en baie 13. Elle représente l’autel du Dieu inconnu érigé dans un temple d’Athènes (une inscription précise : DEO IGNOTO), devant lequel vient prier un aveugle que guérit Denis l’Aréopagite sur ordre de saint Paul. Ce dernier est rendu méconnaissable par le bouche-trou qui remplace sa tête. Vers 1515-1520. " Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

Sauint Denis porte la tenue des docteurs en théologie médiéval, avec le bonnet carré , la robe rouge, le camail et la fourrure d'hermines. L'aveugle montre les signes de son indigence : couvre-chef, tunique trouée, culotte mal ajustée par une pauvre ceinture, chausses trouées au genou, gamelle de mendicité, et husseaux.

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2. Jugement dernier.

"Le panneau appartient à la verrière du Jugement dernier signalée en baie 13. Il figure la résurrection des morts, une âme assistée d’un ange quittant le plateau de la balance que tenait saint Michel – jadis figuré à droite –, et les élus se pressant au seuil de la tour d’or qui commande l’entrée du Paradis, gardée par saint Pierre, dont la tête est une réfection du XVIIe siècle. La scène est peinte en camaïeu de grisaille rousse et de jaune d’argent, avec quelques pièces de verres de couleurs. Des bouche-trous l’élargissent du côté gauche. Vers 1500-1510." Gatouillat et Leproux,  https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

À droite, un homme sort de son tombeau, mains jointes, regard tourné vers les cieux.

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3. Marie Jacobé, Alphée et leurs quatre fils.

"Marie Jacobé, coiffée d’un volumineux atour de tête à la mode germanique, et son époux Alphée sont assis dans une cathèdre, leurs quatre enfants, les saints Jude, Joseph le Juste, Simon et Jacques le Mineur, se tenant debout devant eux. La scène est presque intacte. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux

Le premier enfant tient un livre ouvert, le deuxième (saint Joseph le Juste ou Joseph Barsabas ?)  porte un  un écritoire glissé dans sa ceinture ;  Jacques le Mineur se reconnaît à son bâton de foulon, instrument de son supplice.

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4. Marie Salomé, Zébédé et leurs deux fils.

"Marie Salomé et son époux Zébédée se tiennent derrière leurs fils, saint Jean et saint Jacques le Majeur, munis de leurs attributs habituels. La scène comprend des bouche-trous et des restaurations, notamment dans la partie supérieure. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux

Zébédée porte une aumônière à la ceinture. Saint Jean l'évangéliste bénit la coupe de poison (un dragon ailé) afin de la boire sans danger et de témoignenr de la puissance de son Dieu. Jacques Le Majeur se reconnaît à son chapeau, à sa besace et à son bourdon.

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5. La Vierge filant.

"La Vierge file la laine près du berceau de Jésus veillé par un ange, et saint Joseph travaille le bois, des anges recueillant les copeaux. On retrouve dans ce panneau peu altéré chacune des figures du Séjour de la Sainte Famille en Égypte d’Albrecht Dürer, y compris des détails tels que la couronne dont est coiffé l’ange de droite. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

 

Albrecht Dürer, Le séjour de la Sainte Famille en Égypte, de La Vie de la Vierge, vers 1504.

 

 

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6. Sainte Anne, Joachim et la Vierge enfant.

"Sainte Anne, Joachim et la Vierge enfant sont tous trois assis, occupés à lire dans une salle au décor Renaissance ouverte sur un paysage. Le panneau est bien conservé. Vers 1505-1510.
Têtes de lancettes : 7 et 8. Sur fond rouge, un entablement supporte des anges assis autour de vases godronnés, panneaux demeurés à leur place primitive ; vers 1505-1510.

Le sommet est complété de bouche-trous, parmi lesquels deux écus du XVIe siècle aux meubles mis en plombs, l’un, d’azur à trois fasces ondées d’argent, identifié comme celui de la famille Bouffineau, l’autre de gueules à deux fasces d’or, peut-être celui de la famille d’Harcourt, placé sous un fragment du précédent remonté de biais."Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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 7 et 8 Têtes de lancettes.

"Sur fond rouge, un entablement supporte des anges assis autour de vases godronnés, panneaux demeurés à leur place primitive ; vers 1505-1510.

Le sommet est complété de bouche-trous, parmi lesquels deux écus du XVIe siècle aux meubles mis en plombs, l’un, d’azur à trois fasces ondées d’argent, identifié comme celui de la famille Bouffineau, l’autre de gueules à deux fasces d’or, peut-être celui de la famille d’Harcourt, placé sous un fragment du précédent remonté de biais."Gatouillat et Leproux https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

"Les familles de la haute bourgeoisie charlraine donnèrent de nombreux lévites a l'église pendant l'épiscopal d'Erard de la Marck. Nous citerons parmi eux Michel de Champrond, [...] Claude Grenet, Charles Bouffineau, Guillaume Poussemotte, Sébastien Grenet." https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56057220.texte.r=.ngFR

Les Bouffineau furent marchands de sel à Chartres.

 

Tympan.

"Tympan, ajour principal : 9. Dieu le Père apparaît en buste dans une gloire d’or, portant la couronne fermée ; il tient le globe d’une main et bénit de l’autre. De part et d’autre, deux anges tiennent des phylactères exaltant la généalogie de la Vierge d’après le prophète Isaïe : EGREDITUR VIRGA DE RADICE IESSE. Le panneau serait intact sans le trou qui a fait perdre la tête de l’ange de gauche. Vers 1505-1510.
Écoinçons : deux anges jouent de la viole ; le style de ces figures, traitées en grisaille et jaune d’argent à l’exception de leurs ailes, s’accorde à celui des panneaux de la Sainte Parenté. Vers 1505-1510." Gatouillat et Leproux, https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/640

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 78).

La citation Egredietur virga de radice Iesse, (et flos de radice ejus ascende) est souvent associée aux verrières mariales ou aux Arbres de Jessé. Elle signifie : "Un rameau poussera sur la racine de Jessé, un rejeton naîtra de ses racines, et portera du fruit" et est lu comme une annonce de la naissance de Jésus.

 

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La baie 18. Apparitions du Christ à saint Pierre et à saint Paul. Jean Jouan, Jean Cousin v. 1540.

"Cette verrière, consacrée aux apparitions du Christ à saint Pierre et à saint Paul après sa Résurrection, paraît ne pas avoir subi beaucoup de modifications et pourrait être encore à son emplacement d’origine, les bordures du registre supérieur épousant parfaitement la forme de la baie. Elle est constituée de deux scènes superposées dont les modèles ont certainement été commandés au peintre parisien Jean Cousin dans les années 1540 : l’inventivité et l’élégance du répertoire décoratif, la complication et l’amplitude des drapés, les physionomies des protagonistes, le dessin des mains et les paysages à l’antique sont en effet caractéristiques du style de l’artiste. De plus, de nombreux éléments de la Conversion de saint Paul se retrouvent dans une gravure attribuée à Cousin par Henri Zerner. Une autre version a été par la suite gravée par Delaune.

Selon Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, la facture de la verrière est semblable à celle du vitrail de Saint Michel combattant les anges rebelles dans la même église (baie 12) et à celle des panneaux de la Vie de la Vierge de Saint-Pierre de Chartres (Chartres, Center international du Vitrail), attribués au peintre-verrier Jean Jouan."

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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1. Domine quo vadis ?

"Cet épisode de la vie de saint Pierre, qui ne figure pas dans les Actes des apôtres, semble d’invention tardive. Il est rapporté par saint Ambroise et repris par Jacques de Voragine dans la Légende dorée : fuyant les persécutions de Néron, l’apôtre cherche à quitter Rome par la voie Appienne, lorsqu’il voit apparaître Jésus portant sa Croix. Il lui demande : « Seigneur, où vas-tu ? » (DOMINE, QUO VADIS ?). Le Christ lui répond : « À Rome, pour me faire crucifier une seconde fois » (ROMAM EO ITERUM CRUCIFIGI). Honteux, Pierre retourne dans la ville subir le martyre. C’est ce dialogue, en latin, qui figure sur le cartouche placé au bas de la scène, dont la partie gauche a disparu.

L’encadrement, très plastique, est constitué de motifs de « cuirs » découpés, inspirés de ceux conçus par Rosso pour la Galerie François Ier de Fontainebleau et diffusés par des graveurs comme Antonio Fantuzzi ou Jean Mignon. Cependant, on ne relève aucune copie directe, l’ensemble étant savamment réinterprété par un artiste visiblement à l’aise dans ce répertoire.

Deux écus sont figurés dans les écoinçons de la partie supérieure. Les armoiries, traditionnellement associées à la famille Godeffroy, sont plus vraisemblablement celles de François Arroust, prévôt de Chartres de 1540 à 1547, et de sa femme Catherine  Michon. La moitié droite de l’écu écartelé est restaurée." https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/642

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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2. La Conversion de saint Paul

"Saül, Juif hellénisé servant dans l’armée romaine, se rendait à Damas pour pourchasser les disciples du Christ, lorsqu’il fut aveuglé par une vive lumière qui le fit chuter de cheval. Il entendit alors une voix lui disant « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? ». Il se convertit et prit le nom de Paul. La scène prend place dans un encadrement tout aussi recherché que celui de la partie inférieure, quoique de structure différente, puisé à des sources de même origine interprétées avec autant de science : deux termes supportent un arc brisé orné d’une frise de rinceaux et de bucrânes qui épouse la forme de la baie. On note quelques restaurations, notamment la tête de l’un des soldats, et un emploi d’émail bleu plus abondant que dans le registre inférieur, où il se limitait à la couronne d’épines du Christ et à son voisinage. On en trouve en particulier pour le harnachement de l’un des chevaux et les guêtres de son cavalier. L’une des pièces présente même la particularité d’être peinte à l’émail bleu sur un verre de même couleur. En revanche, les paysages peints sur verre bleu sont traités de façon similaire dans les deux scènes."

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 51 et 82).

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La baie 12. Saint Michel combattant les anges rebelles. Jean Jouan,  1547.

 

"Cette verrière, demeurée quasiment entière, est à son emplacement d’origine. Elle fut commandée au peintre-verrier Jean Jouan par la famille Grenet, titulaire de la chapelle, et fut posée en avril 1547.

Le sujet, le combat victorieux de l’archange saint Michel et des armées célestes contre Lucifer et les anges rebelles, est tiré de l’Apocalypse : « Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon […] Le grand dragon appelé Satan fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui. » (Apocalypse, 1 2, 7). Le choix de cet épisode revient probablement à l’un des membres de la famille, l’avocat Michel Grenet qui, dans son testament rédigé quelques mois plus tard, demanda qu’une statue de son protecteur soit placée sur l’autel.


Saint Michel vêtu d’une armure étincelante, accompagné de deux anges, précipite Lucifer et d’autres démons dans les flammes de l’enfer.L’artiste possédait probablement la planche correspondante de l’Apocalypse de Dürer, ainsi que la gravure de Jean Mignon sur le même sujet (Zerner, JM 50), mais ses emprunts à l’une comme à l’autre sont très ponctuels. 


On sait aussi que le peintre-verrier Pierre Massonnet restaura la verrière en 1650. La tête de l’ange de gauche est une réfection de Charles Lorin en 1914, tandis que celle de l’ange de droite porte les traces d’une intervention plus ancienne, remontant probablement au XIXe siècle."

(Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 74). https://arviva.univ-tours.fr/oeuvre/638

 

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux Renaissance de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Le tympan : Dieu le Père.

"Au sommet, dans une nuée peuplée de chérubins, Dieu le Père assiste au combat, entouré par deux angelots tirant des flèches."

 

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Le soubassement.

"Le soubassement, orné d’un grand cartouche et de serviettes, comporte des éléments insérés postérieurement. Il s’agit, au centre, d’un petit panneau carré peint à la grisaille, au jaune d’argent et à l’émail bleu, représentant une femme assise tenant un livre et, à droite, d’un écu dont les armes, d’azur au chevron d’argent accompagné de deux croix potencées d’or et, en pointe, d’une feuille de chêne de même, sont celles des Challine, descendants des Grenet et possesseurs de la chapelle à partir de la fin du XVIe siècle. Ces modifications pourraient être consécutives à des dégâts survenus pendant le siège de 1568."

 

 

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Les fenêtres hautes.

"Trente-trois fenêtres en plein cintre éclairent l'étage supérieur de l'église, les cinq du rond-point étant suivies de deux baies par travées."La baie 100, dans l'axe et ses voisines de part et d'autre regroupent les restes des armoiries et des emblèmes de ceux qui ont contribué à la réalisation de ces verrières blanches à bordures teintées d'émaux, menée en deux temps, en 1625 dans le chœur et vers 1630 dans la nef. Les panneaux, tous peints en grisaille, jaune d'argent et émaux, ont été redistribués tels qu'on  les voit aujourd'hui à l’occasion de la restauration de ces fenêtres survenues vers 1895. Les doubles filets qui cernent chaque baie furent alors réalisés à partir des débris des anciennes bordures." (Notice extraite de : Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux, Les vitraux de la Renaissance à Chartres, Chartres, Centre international du Vitrail, 2010, p. 51 et 82).

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Baie 100.

"Ecu d'azur ouvert en chevron surmonté d'une crossette d'or accompagné de trois épis de blé."

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 103.

Cet écu de sable au ciboire d'or est peut-être l'emblème d'une confrérie.

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 105.

Ecu d'argent à la fontaine jaillissante d'or.

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 107.

Écu au monogramme sur fond d'argent incluant peut-être les lettres A, V, B, R, et F.

Il évoque les marques des imprimeurs et des libraires, mais aussi des verriers de la cathédrale de Troyes à la fin du XVe siècle.

Marque de la baie 132 (par le verrier Pierre, 1499) de la cathédrale de Troyes. Photographie lavieb-aile.

https://www.lavieb-aile.com/2024/02/les-vitraux-de-la-cathedrale-de-troyes-les-baies-132-et-232.parabole-du-fils-prodigue.html

Consulter :

— COFFINET (Abbé Jean-Baptiste), 1858,Les peintres-verriers de Troyes pendant trois siècles depuis 1375 jusqu'à 1690 "Peintres-verriers. Nomenclature des peintres-verriers de Troyes depuis 1375 jusqu'à 1690". Annales archéologiques, 1858, t. 18, p. 212-224.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9693408c/f153.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9693408c/f252.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9693408c/f250.item

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 109.

Écu à fond d'or au monogramme constitué autour de la lettre G et des lettres A, E et X, sous un 4 de chiffre. 

 

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les fenêtres hautes de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail contemporain de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Vitrail contemporain de l'église Saint-Aignan de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. XVe siècle Renaissance. Héraldique

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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