Les sculptures en bois des maisons à pondalez de Morlaix II : la Grand-Rue. Les 9 statues de la façade du musée au 9 Grand'Rue (1er quart du 16e siècle), les statues des autres maisons à pan de bois de la rue.
Voir pour les généralités l'article précédent sur la Maison de la Duchesse Anne.
"Rare exemple, encore assez complet, de ce type de maison typiquement morlaisienne, dite à lanterne, construit entre le 15e et le 17e siècle et réservée à la bourgeoisie locale, parmi laquelle on trouvait surtout des tisserands et des armateurs. Sa particularité est d'être divisée en trois parties : un bâtiment donnant sur la rue et dont la façade en encorbellement est ornée de statues, une cour intérieure éclairée en partie par une toiture vitrée et d'où part un grand escalier à vis en bois qui dessert tous les étages, et enfin, le bâtiment relié par des passerelles en bois appelées ponts d'allée. L'édifice est entièrement construit en pan de bois, hormis le rez-de-chaussée en granit. Les sablières sont moulurées, les montants sont décorés de colonnettes et les pièces principales sont ornées de niches et de statuettes parmi lesquelles la Vierge et l'Ange de l'Annonciation, Saint-Jacques, Saint-Laurent, Saint-Nicolas et Sainte-Barbe. L'escalier placé sur la cour intérieure, est composé d'un noyau d'une seule pièce, et est complètement ouvert sur l'extérieur. Les rampes sont à panneaux décorées de serviettes, le poteau qui les relie aux galeries des étages comporte des sculptures, et il se termine par une jolie statue de Saint-Jean l'Evangéliste." Palissy 00090133
La Maison à pondalez du 9 Grand Rue, est classé Monument Historique. Elle a été restaurée de 1993 à 1997 et elle possède un des deux escaliers à pondalez les mieux conservés de Morlaix qui en font, avec la maison de la Duchesse Anne, rue du Mur, les témoins exceptionnels de ces maisons des nobles marchands de toile de lin et armateurs. Une cheminée monumentale en granite et un escalier en vis et ses passages en bois s’inscrivent dans un vaste espace central.
Seules seront décrites ici les sculptures de la façade extérieure.
I. LE MUSÉE DE MORLAIX, AU 9 GRAND'RUE.
Liste des 9 statues de la façade :
-Poteaux corniers :
Annonciation, l'ange Gabriel
Annonciation , la Vierge
Saint Jacques (2ème étage)
Sainte Barbe (2ème étage)
-Poteaux d'huisserie :
Ange musicien jouant du luth
Ange musicien sonnant dans une trompe
Saint Laurent (2ème étage)
Saint Nicolas (2ème étage)
Ange (faîte, 3ème étage)
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
2. L'ange musicien jouant du luth (moderne).
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
3. L'ange musicien jouant de la trompe (moderne).
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
4. L'Annonciation : la Vierge. Poteau cornier.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Le 2ème étage.
5. Saint Jacques le Majeur. Poteau cornier.
Les différents angles de vue permettent de décrire le chapeau à large bord, timbré de la coquille, le bourdon tenu en main droite, le livre tenu en main gauche, et la besace avec son gland de passementerie. Comparez avec le personnage homologue de la Maison de la Duchesse Anne.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
6. Saint Laurent tenant son grill et un livre.
Il est tonsuré et porte l'habit monastique, il tient un livre et l'instrument de son martyre.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
7. Saint Nicolas en évêque de Smyrne bénissant les trois enfants au saloir.
Les détails du gant épiscopal ou chirotèque ne sont pas oubliés : ni la plaque d'orfèvrerie en losange du dos de la main, ni le gland qui pend au poignet.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
8. Sainte Barbe. Poteau cornier.
La protectrice des dangers du feu et de la foudre, mais aussi de la mort brutale, tient la palme du martyr et la tour à trois fenêtres attestant de sa foi dans le dogme trinitaire. On la retrouve sur le poteau cornier de la Maison de la Duchesse Anne, où sa coiffure (un turban oriental) et ses cheveux dénoués sont mieux détaillés.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Le troisième étage.
9. Un ange (moderne).
Statue de la façade du 9, Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
II. LES FAÇADES DES AUTRES MAISONS À PANS DE BOIS DE LA GRAND'RUE.
1. un homme accroupi en atlante. Angle de la Grand'rue et de la Place Allende (place des Halles).
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
2. Un saint tenant une lance. L'apôtre Thomas? 32 Grand'rue. Poteau cornier, 1er étage.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Statue des maisons à pan de bois de la Grand'rue de Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Les 10 personnages sculptés (poteaux d'huisseries, bois, vers 1500) de la façade de la maison à pondalez de Morlaix dite "Maison de la Duchesse Anne". Les sculptures intérieures.
PRÉSENTATION.
Morlaix a été envahie et en grande partie détruite par les troupes du roi anglais Henri VIII, en 1522. Lors de sa reconstruction, la ville est refaite dans un style très contemporain, de la Renaissance. La mode des maisons à lanterne émerge alors : la lanterne ne désigne pas ici une lampe mais une cour intérieure couverte chauffée par une très haute cheminée.
Ces habitations appartenaient à des nobles, qui avaient abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm. Seules restent en place cette "maison de la Duchesse-Anne" et l Maison à Pondalez/Musée de Morlaix " de 9 Grand-Rue. Deux maisons dont l'escalier à pondalez est partiellement en place se trouvent rue Ange de Guernisac. Des poteaux corniers sculptés de saints et saintes sont conservés dans la Grand-Rue
Autour de 1530, cet hôtel particulier, haut de trois étages, est construit dans la rue des Nobles (actuelle rue du Mur), au dessus des Halles. Il sera dénommé "de la Duchesse-Anne" au XIXe siècle par souci publicitaire.
La Maison de la Duchesse-Anne, rue des Nobles. En bleu, le confluent du Jarlot et du Queffleuth. Plan de Morlaix par Del Michal, avant 1733.
Dans ses éléments les plus marquants, il compte une cheminée monumentale et un escalier en chêne richement sculpté dont la colonne principale, haute de 10 mètres, a été construite dans un tronc d’un seul tenant. C'est ce pilier central, sur lequel s'appuie toute la charpente, qui est LA particularité de ces maisons à pondalez : une vraie prouesse architecturale, presque propre à Morlaix (un exemple à Tréguier, Maison Saint-Pierre vers 1490, un autre à Landerneau, Maison des treize lunes).
L’hôtel particulier a été construit pour Yves Pinart de Kerverziou, docteur es droits, qui fut notamment sénéchal du nord du Léon et du Goëlo, sénéchal de Pordic (1507), de Langarzeau (1511), de Plouha et d'Yvias (1516) ou de Coëtmen (1522) et conseiller au Parlement de Bretagne. Il épousa successivement Jeanne du Boisgelin dame de la Noëverte, Marguerite de Kerbuzic, dame héritière de Keranglas et de Kerlaouënan, et après 1562, Jeanne de Kersauzon.
À l'extérieur, la façade sur rue repose sur un rez de chaussée en granit ; les étages supérieurs sont structurés autour de pans de bois dont les interstices étaient initialement rempli avec un mélange d'argile. La façade de la maison donnant sur la rue (33 du Mur à Morlaix) est décorée de 10 statues : ses quatre poteaux corniers reçoivent des personnages religieux (deux saints et deux saintes), tandis que 3 de ses poteaux d'huisseries sont sculptés de personnages profanes souvent irrévérencieux :
-Poteaux corniers :
Saint Jacques
Saint Yves
Sainte Barbe
Sainte Catherine
-Poteaux d'huisserie :
Homme sauvage tenant un bâton écoté
Fou et sa marotte
Homme en position d'atlante
Homme accroupi, coiffé d'un chapeau de pèlerin
Homme tirant la langue
Vieil homme songeur.
Il m'a paru intéressant de les présenter en détail, notamment pour les confronter aux statues, crossettes, blochets des édifices religieux contemporains, largement documentés dans ce blog, pour constater qu'on y trouve la même iconographie associant les personnages religieux et les thèmes profanes fabuleux ou imaginaires. Ainsi, les saints Jacques et Yves sont très représentés dans les églises et chapelles bretonnes, tandis que les saintes Barbe et Catherine sont les premières du catalogue des représentations sculptées bretonnes du XVe-XVIe siècle. Dans le domaine profane, on trouve plus souvent dans les églises et chapelles des animaux (lions, dragons), puis viennent les acrobates et les sirènes ou femmes serpents ; l'homme sauvage s'y retrouve souvent, notamment comme tenant d'écus armoriés.
Mais les œuvres sculptées des maisons à pondalez ne différent guère, dans leur facture, de celles des église et chapelles bretonnes, et, notamment, de celles des églises Saint-Mélaine et Saint-Mathieu de Morlaix.
Rappel :
1)Le poteau cornier est une pièce maîtresse de la structure de la maison à pan de bois.
A l’origine, il était réalisé d’une seule pièce du sol au toit (bois long). Il est situé à l’extérieur dans l’angle formé par le pignon sur rue et le mur gouttereau donnant sur la cour.
Cette poutre angulaire symbolisait à la fois la propriété et le soutien de la demeure paysanne. Il n’est donc pas étonnant que cette pièce de bois, située à un emplacement stratégique, soit fréquemment dotée d’inscriptions côté rue : date de construction, inscriptions patronymiques, symboles chrétiens, emblèmes et inscriptions ayant un rapport étroit avec la vie professionnelle et affective du propriétaire.
2) les maisons à pondalez sont des demeures de négociants en toile de lin ou crées, spécialité du Léon. Elles sont à pans de bois, datant du premier quart du XVIe siècle. Elles se caractérisent par un imposant escalier à vis qui soutient les « ponts d’allée » galeries intérieures. Beaucoup ont disparu, mais deux maisons morlaisiennes, témoins de cette époque florissante, sont ouvertes au public : la Maison à Pondalez au 9 Grand Rue et la Maison dite de la Duchesse Anne, rue du Mur.
Elles se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties : un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue, un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur, et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXe siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.
LES SCULPTURES EXTÉRIEURES
La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'écu, non gravé, est présenté non par un ange aux ailes déployées comme je le pensais, mais par un aigle, comme l'indique Daniel Leloup qui a remarqué la pointe du bec et les griffes des serres.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
LE PREMIER ÉTAGE.
1. Saint Jacques le Majeur.
Sous un dais à indentation, il est coiffé du fameux chapeau à larges bords des pèlerins de Compostelle. Il tient un livre ouvert dans la main gauche, tandis que sa main droite a perdu le bourdon qu'il tenait jadis. Sa robe est serrée par une ceinture, où on ne voit pas la classique besace.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
2. L'Homme sauvage tenant un bâton écoté.
L'homme sauvage, qui s'impose dans l'art occidental à partir du XIIIe siècle, est un personnage ambiguë : il est recouvert dans les textes comme dans les images d'une pilosité surabondante dont le caractère animal est attesté dans toutes les sources écrites (littérature, encyclopédisme, médecine). Il est une figure légendaire, folklorique et parfois héraldique couverte de poils et souvent armée d'un gourdin. Cet être anthropomorphe fait le lien entre l'humanité et l'animalité, entre le sauvage et le civilisé, et ces transitions ou transgressions de frontières, ces formes marginales entre humanité, régne animal et monde végétal fascinent les commanditaires d'églises et de chapelles, de manoirs et de châteaux, qui les réservent précisément aux espaces de transitions : sablières à la liaison entre le mur et la charpente à l'intérieur, crossettes entre mur et charpentes à l'extérieur, miséricordes et appuis-mains des stalles, charpente et boiseries intérieures et extérieures des maisons
Les trois régnes sont bien réunis, puisque le personnage est anthropomorphe, sa toison est animale, et le bâton est en bois écoté, brut de toute finition.
C'est ce même principe de métamorphose, très diffusé par l'œuvre d'Ovide, qui explique la profusion des êtres hybrides comme le dragon, la sirène, la femme-oiseau, les masques feuillus, les animaux feuillagés, et tant d'autres figures du vocabulaire ornemental médiéval et Renaissance.
La force de la nature sauvage doit être canalisée, domestiquée (par des rituels), mais ne perd jamais sa menace d'explosion violente. La figure du chasseur ne se contrôlant plus et oubliant toute civilité, tout respect des règles — religieuses— apparaît dans la légende de saint Julien, de saint Eustache ou de saint Hubert.
Le bois écoté rappelle aussi l'importance de la forêt, source de revenus, et lieu de chasse, mais aussi lieu où, dans les Romans bretons, le héros accède au merveilleux du monde féerique.
On trouve à l'intérieur de la maison un écu présenté par deux hommes sauvages à genoux.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
3. Le Fou et sa marotte.
La proximité du Sauvage et du Fou est bien réelle puisque la folie est le franchissement de la frontière de la raison. Mais rien n'est simple, et c'est ce qui fascine : la raison la plus sage peut se dissimuler dans les dérèglements de l'esprit, et l'apparence humaine est si préservée que le fou nous tend un miroir où nous sommes troublés de nous reconnaître, ou charmés d'un monde poétique ou, là encore, merveilleux. On pensera aussi à l'ambiguïté des bouffons des cours seigneuriale.
Ce Fou a tous les attributs que l'iconographie a fixés à la fin du moyen-âge, lors des fêtes des fous ou des carnavals, renversement des valeurs, ou depuis la parution en français de la Nef des Fous , traduction du Narrenschiff de Sébastian Brant en 1494 : le bonnet à longues oreilles d'âne, se prolongeant en capuche à bords crantés ; les manches aux coudes ornés de glands à fanfreluches (dissimulant sans doute un grelot) qu'on retrouve aussi à la pointe pectorale de la capuche ; les extrémités des manches et des quartiers des chaussures également crantées (s'opposant aux bords droits autant que l'esprit s'écarte de la rectitude de la logique); et, bien sûr la marotte, ce spectre de dérision présentant à l'aliéné son visage spéculaire. Le Fou le serre ici contre sa poitrine comme une poupée et appuie son index contre le menton, geste où nous pouvons hésiter à reconnaître celui de la risette, où celui de la leçon de morale...
Enfin, remarquons le sourire grimaçant, montrant les dents.
Ces sculptures des maisons étaient certainement peintes, et on peut parier que les vêtements du Fou étaient bariolés, mi-partis.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
4. L'homme en robe, soutenant le corbeau, en position de chevalier servant.
Ce personnage accroupi, peut-être un clerc ou un bourgeois, est figuré en atlante.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
5. Saint Yves.
Saint Yves, qui fut Official à Rennes puis Tréguier et recteur de Trédrez (Côtes d'Armor) avant de mourir en 1303, est largement vénéré en Finistère. Il est, on le sait, patron des juristes et des avocats et défenseur de droits des pauvres. Sa statue est bien abîmée. Il est assis sur un siège droit, comme une cathèdre, et est coiffé de la barrette de docteur recouverte de la capuche du camail qui recouvre ses épaules. Ses mains brisées ne fournissent plus les indices habituels : tenait-il un rouleau de parchemin? un livre de droit. Opposait-il pouce et index dans un geste d'argumentation juridique ?
Yves Pinart avait plusieurs raison de faire représenter saint Yves : non seulement c'était son saint patron, mais il tenait son prénom de deux de ses ancêtres Yvon Pinart seigneurs du Val depuis le XIVe siècle. En outre, saint Yves de Kermartin était le patron des juristes, et il était docteur en droit. Et encore, la rue des Nobles se prolongeait par la rue Saint-Yves.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
II. LE DEUXIÈME ÉTAGE.
6. Sainte Barbe tenant sa tour.
Sainte Barbe propose les édifices de la foudre, et les fidèles des risques d'explosion, ou, plus largement, de mort subite. C'est une sainte majeure de nos églises et chapelles, incontournable avec sainte Catherine dans les Livres d'Heures. Elle est reconnaissable à son attribut, la tour à trois fenêtres : elle fut enfermée en raison de sa foi chrétienne dans une tour, mais elle l'a fit percer de trois fenêtres pour affirmer son attachement au dogme de la Trinité.
Le sculpteur a souligné sa beauté et sa richesse de princesse par sa robe ajustée, son fin visage et sa longue chevelure, tandis qu'en la coiffant d'un turban il indiquait son origine orientale : elle vivait au IIIe siècle à Nicomédie, dans la Turquie actuelle.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
"Les trois personnages profanes qui occupent le second étage sont d’une catégorie différente de celle de leurs coreligionnaires du premier étage. Certains détails plaident pour une installation largement postérieure à la date de construction de l’hôtel particulier. À l’exception du vieillard endormi, à droite, elles détonnent par leur facture nettement inférieure à celle des trois statues profanes du premier étage, qui sont d’une grande unité stylistique. L’espace occupé par ces trois statues devait à l’origine contenir une ornementation plus simple, comme des « choux fleuris »."
7. Homme accroupi, coiffé d'un chapeau large.
Ce personnage ne paye pas de mine avec son visage très fruste engoncé sous son chapeau. Il porte un vêtement chaud sur les épaules, une tunique courte et des bottes basses. Il fait fonction d'atlante.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
8. Homme en tunique, tirant la langue, en position de chevalier servant.
Ce jeune homme est une figure de la dérision puisqu'il grimace les bras croisés en tirant la langue. Son tablier indique-t-il qu'il est un artisan?
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
9. Homme barbu dans l'attitude du songeur, posture du chevalier servant.
On a proposé qu'il s'agisse de Jessé, père de David et d'un emprunt à un édifice religieux doté d'un Arbre de Jessé.
"Le vieillard endormi doit correspondre à un élément d’arbre de Jessé. Ses dimensions excédant la hauteur « standard » expliquent qu’il ne repose pas sur une console. L’individu bras croisés du milieu ne tire pas gratuitement la langue aux passants, comme cela a été écrit, mais montre par son expression le poids qu’il porte sur ses épaules. Avec son chapeau au large bord relevé au-dessus de sa tête et sa cape, le personnage de gauche échappe à toute identification.
Soulignons que les consoles sur lesquelles reposent ces deux dernières statues sont identiques, alors que l’artiste ou l’atelier qui réalisa les autres statues de la façade prit soin d’en varier les motifs et les dimensions. Cet élément supplémentaire plaide pour un apport postérieur. Remarquons que la Maison dite de la duchesse Anne hébergeait au début des années 1880 la boutique d’un antiquaire, contexte favorable à une telle modification de la façade. Des éléments de maisons démolies à cette époque ont pu être récupérés pour « compléter » la décoration. La statue de Jessé doit par contre provenir d’un édifice religieux." (source)
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
10. Sainte Catherine, sa roue brisée et son épée.
Sous un dais bien préservé, elle porte une couronne à fleurons, un manteau couvrant une robe de princesse, et ses attributs : l'épée de sa décollation et la roue brisée de son supplice.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
11. Le décor des autres poteaux.
Les poteaux intermédiaires alternent leurs ornements en rangs de perles, en feuilles, ou en tuiles, et en écailles.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Selon Daniel Leloup, ces fûts à décor d'écailles est une constante du vocabulaire des maîtres sculpteurs morlaisiens. On les retrouvent sur le poteau de jonction de l'escalier conservé au Victoria et Albert Museum :
La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
LES SCULPTURES INTÉRIEURES.
Il est difficile de rendre compte des volumes de la demeure en raison du manque de recul, et pourtant, c'est l'organisation spatiale qui est passionnante à découvrir. Les galeries, qui déservent aux étages les pièces de réception des clients venus acquérir des créées, ou toiles de lin du Léon, s'appuient sur un seul pilier central monoxyle, comme celui conservé au Victoria et Albert Museum de Londres : Il s'élève sans être appuyé à son extrémité supérieure, qui est sculptée (ici d'un Jean-Baptiste). Placer ce pilier et l'étayer était le premier acte de la construction, sur lequel venait s'étager du bas vers le haut des échafaudages, et même le colombage des façades.
Galeries présumées du 17 Grand'Rue à Morlaix. V&A Museum, Londres
Cet escalier occupait un hall central fermé et reliait les pièces donnant sur la rue à celles de l'arrière, donnant sur une cour. Le poteau d'escalier décalé, bien visible, est orné d'un mélange de motifs de la fin du Moyen Âge et représente un évêque, saint Clément, un roi de France et saint Jean-Baptiste (en haut), peut-être le saint patron du premier propriétaire. Les balustrades encadrent des panneaux à plis de serviette, très répandus en Europe du Nord entre 1460 et 1550, et sont surmontées de figures représentant sainte Catherine, des paysans et des animaux dont des dragons. Richement sculptés et faiblement éclairés par le bas, ces escaliers devaient créer un effet magnifique dans cet espace haut et étroit.
J'emprunte cet écorché au site Baie de Morlaix : le pan manquant est celui ou s'élève l'immense cheminée qui chauffe tout le hall.
Voir aussi une maquette au 1/10e réalisée par des élèves du lycée de Quintin:
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Je décrirai deux ensembles d'éléments sculptés : les sculptures du pilier et des galeries, en bois. Et celles, en pierre, des deux frises de la cheminée.
I. LES SCULPTURES EN BOIS.
On trouve sur le pilier, de bas en haut :
un ange à écusson
un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes
une tête isolé
saint Yves, assis, tenant un phylactère
saint Roch et son Roquet (1ère galerie)
Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson
un saint tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)
Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson
saint Christophe (3ème galerie).
Saint Michel (3ème étage couronnement de la poutre centrale)
Sur les galeries :
un acrobate tenant un tonnelet
un homme buveur.
un homme sauvage portant un écu
Sur les murs :
un crucifix
Samson et le lion
Un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes puis une tête isolée.
Remarquez les gardes-corps à panneaux de serviettes plissées.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Ce motif m'a beaucoup intrigué mais hélas je n'ai pu l'élucider, car le personnage occupant la chaire est partiellement détruit. Globalement, il m'a évoqué les scènes de Renart prêchant aux poules, mais c'est à l'évidence autre chose. Les crânes font-ils allusion aus prédications de saint Vincent Ferrier sur la mort. Sur le garde-corps de ce que j'appelle la chaire, on voit une série de barres qui peuvent évoquer les doigts d'une main.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Je ne m'explique pas non plus cette tête sans corps. La série de références codées m'échappent. Un saint dont la tête fut tranchée? Un saint céphalophore? Denis? Mélar ? La tête d'un roi piétinée par sainte Catherine??
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Un clerc tenant un phylactère : saint Yves.
Ce personnage partage avec saint Yves la coiffure (barrette de docteur), le camail recouvrant la tête, et la cotte talaire. Il ressemble au saint Yves de la façade extérieure.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Un ange présentant un écusson.
Les armoiries d'Yves Pinart étaient un fascé ondé d'or et d'azur de six pièces au chef de gueules chargé d'une pomme de pin d'or. Mais Daniel Leloup a montré que depuis 1451-1456, les nobles de Morlaix, lorsqu'ils se consacraient au commerce, appartenaient alors à la "noblesse dormante" et abandonnaient leurs prérogatives, comme celle d'afficher les armes. Ils n'étaient plus exemptés d'impôts.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Poteau de jonction de l'escalier du 1er étage. Saint Roch montrant le bubon pesteux de sa cuisse droite, que désigne un ange ; son chien roquet lui amène un morceau de pain.
Le saint protecteur de la peste, barbu, est coiffé du chapeau des pèlerins vers Rome, dont il tient le bourdon et dont il porte la pèlerine.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Ornements intermédiaires. Un ange tenant un écusson.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Un saint tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)
Saint Nicolas est le patron des marins, et donc des armateurs et du commerce maritime. On retrouve sa statue en façade du 9 Grande Rue à Morlaix (en évêque avec les 3 enfants dans le chaudron). Au 17 Grande-Rue, c'est le pape saint Clément également patron des marins qui est représenté tenant une ancre.
Victoria & Albert Museum
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Saint Christophe portant l'Enfant-Jésus et traversant le gué, s'appuyant sur son bâton.
Saint Christophe est le patron des voyageurs.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Je ne présenterai pas de cliché du Saint Michel terrassant le dragon du couronnement du poteau, car l'accès au troisième étage n'est pas autorisé aux visiteurs. Voici saint Jean-Baptiste, sculpture sommitale du 17 rue du Mur (V&A Museum).
LES AUTRES ÉLÉMENTS SCULPTÉS.
1°) Sur les autres montants des galeries.
Poteau d'huisserie du 1er étage. Un acrobate tirant la langue et tenant un tonnelet.
Le motif de l'acrobate est très répandu sur les sablières, crossettes des églises, ou en ornement des manoirs et châteaux. Le thème du buveur l'est tout autant. Mais il est rare que les deux soient associés.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Un homme en position de chevalier servant, coiffé d'un chapeau rond et buvant à une bouteille.
Le chapeau est ornementé d'un gland de passementerie. Le nez du personnage est épaté. Autre dénonciation du vice de l'ivresse.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Deux hommes sauvages à genoux, gourdin en main, tenant un écu non gravé.
Nous retrouvons le thème de l'homme sauvage remarqué sur la façade extérieure.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Les poteaux de jonction sont ornés de feuilles quadrilobées et de rubans à incrustations de perles.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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2°) sur les murs.
Samson et le lion.
Il s'agit sans doute d'une pièce de collection d'antiquaire d'origine exogène.
"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Homme supportant le corbeau (atlante)
La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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LA CHEMINÉE DE LA COUR INTÉRIEURE.
Cette cheminée est ornée de deux frises, l'une sur le manteau, l'autre à mi-hauteur. Ces frises montrent des vignes (les feuilles alternent avec des grappes) dont les tiges partent de la bouche ou des mains de masques grotesques aux yeux exorbités qui en occupent les angles.
Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
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Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.
"La ville de Morlaix, fréquentée dès l’époque romaine, n’est au XIIe qu’une simple bourgade de pêcheurs qui entre définitivement dans le Duché de Bretagne en 1187. Ville prospère grâce à ses actifs armateurs, elle subit de nombreuses invasions et pillages jusqu’à la construction, au XVIè siècle, du Château du Taureau pour protéger la baie. La Grand rue garde, dans sa configuration actuelle, l’image de la riche cité médiévale telle qu’elle a perduré au-delà de la Renaissance, même si aucune des constructions qui la bordent n’est antérieure au XVIè siècle.
Il semblerait, que dès le XVè siècle, on voit à Morlaix, se construire des maisons d’un genre particulier qu’on ne rencontre dans aucune autre ville de Bretagne et qui, dans cette ville, est, dès le XVIè siècle, très répandu.
Construites par des marchands, des négociants en toiles de lin, fines toiles appelées crées, spécialité du Léon, ces maisons à pans de bois, se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties :
-un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue,
-un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur
-et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXè siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.
Une grande cheminée en pierre richement moulurée occupe un des murs mitoyens sur la hauteur de plusieurs étages, tandis que, lui faisant face dans un angle du vide central, l’escalier représente une permanence du genre : il est composé d’une vis, ensemble de marches pleines, assemblées sur un noyau cylindrique et d’une série de passerelles accrochées à l’escalier par l’intermédiaire d’un poteau d’angle, élément sculpté qui caractérise la maison et se termine par une représentation du saint patron, protecteur du propriétaire. Des passerelles, ou « ponts d’allée », permettent d’aller de l’escalier à la partie arrière."
La Maison dite de la duchesse Anne, à Morlaix, en Bretagne, offre un exemple particulièrement bien conservé de maison à lanterne, principe architectural emblématique de la ville à la Renaissance.
Le visiteur y découvre la lanterne – cour intérieure couverte – abritant une cheminée monumentale et un escalier en vis, en chêne richement sculpté, qui garantit le passage entre les pièces de l’avant et celles de l’arrière, ainsi sur trois étages.
Le 28 mai 1883, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, signait le décret de classement « au nombre des Monuments historiques » de la Maison dite de la duchesse Anne. Le premier monument morlaisien à bénéficier de cette mesure de sauvegarde et le seul de tout le 19e siècle.
Demeure de famille noble, bâtie vers 1530, la Maison dite de la duchesse Anne a échappé in extremis à la destruction programmée dans le cadre de lourds travaux d’urbanisme. Elle doit sa sauvegarde à l’intérêt suscité par sa cour couverte – sa lanterne – qui abrite son remarquable escalier sculpté.
Cet escalier unique en son genre, objet d’admiration, a suscité ce commentaire élogieux de Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques, le découvrant lors de sa visite de la ville en 1835 :
« Dans une maison de la rue des Nobles (aujourd’hui rue du Mur) on voit un magnifique escalier gothique, en bois, du quinzième siècle, parfaitement conservé, quoique d’un usage journalier. Ses ornements, variés à chaque étage, sont d’une délicatesse inouïe. Je n’avais jamais rien vu de plus parfait et de meilleur goût. »
Aux yeux des urbanistes, cette notoriété ne devait pas préserver l’édifice de la démolition. Tout au plus imaginait-on démonter l’escalier pour en assurer au moins la conservation. Ce fut le mérite d’Henri de Lestang du Rusquec de saisir toute l’importance du maintien de l’escalier en l’état, sur place, dans l’écrin constitué par la maison.
Henri de Lestang du Rusquec (1822-1906), maire de Sibiril, propriétaire du château de Kerouzéré, qui fut classé le même jour que la Maison dite de la duchesse Anne, en fit l’acquisition en octobre 1882 et obtint son classement huit mois plus tard.
Quelle ironie que celle de ce « crime d’avancer de quelques cinquante centimètres sur l’alignement imposé », soulignée par l’illustrateur et romancier Albert Robida, heureux de constater que « ce beau spécimen des riches maisons du Morlaix d’autrefois » ait pu finalement être préservé et restauré.
Pour le plus grand plaisir des amateurs du patrimoine, de l’art et de son histoire, la Maison dite de la duchesse Anne commet toujours ce crime. Elle devrait le commettre encore de très nombreuses années grâce aux travaux de restauration programmés qui permettront d’ouvrir de plus larges espaces à la visite tout en assurant sa pérennité.
La Maison est ouverte du jeudi au samedi, de 14 h à 17 h, jusqu’aux vacances de Pâques.
A partir du 8 avril, la Maison sera ouverte du mardi au samedi, de 14 h à 18 h, même les jours fériés.
Infos pratiques 33, rue du Mur, 29600 Morlaix Téléphone : 02 98 88 23 26
La Maison dite de la duchesse Anne, fleuron du patrimoine de Morlaix (Finistère) situé dans l’ancien quartier des halles, a été bâtie vers 1530. Il s’agit du plus bel exemple conservé de maison à lanterne, type d’architecture caractéristique du Morlaix de la Renaissance. Le terme de lanterne désigne la cour couverte au centre de l’édifice, à l’origine éclairée par une suspension. Cette cour est ici particulièrement remarquable par sa hauteur de seize mètres, son escalier à galeries « à pondalez » tout en chêne, richement sculpté, haut de onze mètres et sa cheminée monumentale. Le terme « pondalez » désigne à Morlaix les galeries menant de l’escalier à vis vers les pièces de l’arrière. Cet ensemble unique par sa qualité justifia la préservation in extremis de l’édifice par son classement au titre des monuments historiques dès 1883. Il est ouvert à la visite de façon continue depuis 1983.
— LELOUP (Daniel), 2015, Demeures remarquables en Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'or, Morlaix. Ed Skol Vreizh
Chacune de ces maisons, construites en bois, nécessitait d'abattre un hectare de forêt de chêne. Un matériel robuste et moins inflammable que d'autres essences. Dans la maison à Pondalez, chaque marche pèse 80 kg. Le pilier qui tient l'escalier est réalisé en un seul tenant, dans un tronc de plus de 10 mètres.
Derrière le viaduc, blottie dans une vallée, la ville de Morlaix a conservé ses maisons à pans de bois ou à colombages. Certaines sont à pondalez. Elles datent du XVIe siècle. Les deux plus connues et les mieux conservées sont la maison dite de la duchesse Anne, rue du Mur, et la maison à Pondalez, Grand rue, qui fait partie du musée de Morlaix.
Pour constater la particularité de ces habitations, il faut y rentrer. À l'intérieur, une pièce principale, dont la hauteur de plafond représente une dizaine de mètres, et un escalier en vis, menant aux chambres. « Pondalez signifierait en breton corridor ou pallier. En français, on disait le pont pour aller d'un côté et de l'autre de l'habitation », explique un des guides du musée de Morlaix, Philippe Pogam. La grande cheminée centrale est aussi un élément marquant de leur architecture.
Ces habitations appartenaient à des nobles, qui ont abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. « Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm », décrit Philippe Pogam.
La maison de la duchesse Anne était à l'origine un hôtel particulier. Elle a appartenu à plusieurs propriétaires avant d'être en possession de la famille Lahellec. Elle a été habitée jusqu'en 1983. Un étage sur trois et la grande salle sont ouverts au public. Les propriétaires aimeraient ouvrir les cuisines et les jardins. Ils font des recherches sur la date de construction de l'édifice.
Au plus fort de la période, il y en aurait eu une centaine à Morlaix. Au fil des années et des successions, elles ont été modifiées ou détruites. À la crêperie Atypik Bilig, place de Viarmes, et au bar le Ty Coz, place Alliende, l'escalier est encore visible. Il y en a aussi rue Longue, rue Basse, rue Ange de Guernisac. "
Les peintures murales de l'église de Sillegny sont d'une richesse extraordinaire. J'en poursuis la description, parmi les 45 peintures énumérées ci-dessous, en abordant celles des saints et saintes, tout en écartant le cycle du Credo apostolique.
Je partirai du fond de la nef à gauche (au nord), gagnerai le chœur et reviendrai vers le fond de la nef au sud.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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CÔTÉ NORD : SAINT ANTOINE, SAINT MARTIN ET SAINT FIACRE.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT ANTOINE.
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Saint Antoine le Grand est le patron des Antonins dont la communauté se consacrait aux soins du Mal des ardents, ou Feu saint-Antoine, ce qui explique les flammes représentées au pied du saint.
Il tient d'une main le livre (témoin de la fondation de l'Ordre des Antonins) et de l'autre le bâton terminé par un Tau, l'un de ses attributs avec le cochon à clochette et le chapelet, ici absents (à moins de voir une cloche suspendue à son poignet gauche).
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Quatre donateurs ou pèlerins dont un infirme.
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Le mal des ardents ou ergotisme ou feu sacré se répandait par des épidémies dues à la consommation de seigle ou d'autres céréales contaminées par un champignon, l'ergot de seigle claviceps purpura. Il génèrait des sensations de brûlures intenses (d'où son nom), mais aussi la gangrène des extrémités.
Les hommes et femmes représentés agenouillés en partie basse de l'ensemble des peintures, les uns derrière les autres pourraient être des villageois donateurs, mais ils m'évoquent plutôt des pèlerins, par leur nombre, et l'absence de répartition claire par couple ou famille. L'église Saint-Martin de Sillégny était-elle un lieu de pèlerinage ? Ce n'est attesté qu'à la fin de la Guerre de Trente ans, au XVIIe siècle.
En marge du côté gauche se lit l'inscription IACO PALMAR, qui pourrait être le nom d'un donateur ou édile de Sillegny, "Jacques Palmar". Le patronyme est attesté en France mais non en Moselle, il est plus souvent retrouvé en Angleterre et aux Pays-Bas.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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L'amputé de jambe appareillé et sa béquille.
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Est-il suivi de ses parents et d'un frère plus jeune? L'appareillage (un pilon fixé à un plateau) compense-t-il la perte de la jambe, voire de la cuisse, ou bien est-il fixé à la jambe, le genou étant fléchi, pour éviter le contact avec le pied gangréné?
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LA CHARITÉ DE SAINT MARTIN.
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Saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle, est le patron de l'église. C'est aussi l'un des saints patron secondaire de France avec saint Michel et saint Denis. Sa fête le 10 novembre célèbre la lumière, c' est l'une des plus importantes du calendrier.
La scène représentée est celle, ultra célèbre, de la Charité de saint Martin, où il est représenté sur son cheval, comme officier de l'armée romaine, partageant son manteau rouge, ou cape, avec un mendiant aux portes d'Amiens, durant un hiver particulièrement rude.
La cape, envoyée en relique à la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle, est à l'origine du mot "chapelle".
Ici, il monte un cheval gris pommelé. Vêtu comme un noble du XVIe siècle et coiffé du bonnet à plumet, il s'apprête à couper sa cape rouge doublée de vert en se tournant vers sa gauche. Mais le mendiant souvent figuré en infirme, n'est pas représenté.
Par contre, un couple de pèlerins (ou donateurs) est agenouillé, mains jointes, comme s'ils prononçaient l'invocation de l'inscription. Ils sont tous les deux richement et chaudement habillés selon la mode de l'époque, le milieu du XVIe siècle.
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Inscription : SANCTE MARTINE ORA PRO NOBIS ("saint Martin priez pour nous")
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Saint Fiacre est issu d'une famille noble d’Irlande ; il fut ordonné prêtre, et établit un ermitage où il vécut pendant de nombreuses années en menant une vie très austère mais attirant les visites de nombreux malades et disciples du fait de son habileté médicinale.
Accompagné de sa sœur Sira et de quelques disciples, saint Fiacre débarque en Normandie, et atteint Meaux où il est accueilli à l'hospice pour pèlerins fondé par l'évêque Saint Faron. Saint Fiacre décide toutefois de garder le silence sur ses origines nobles et s'établit auprès de Saint Faron. C'est alors que son parent, saint Kilian, en faisant un pèlerinage à Rome, s'arrête dans ce même hospice et dévoile le rang de saint Fiacre qui se prépare à repartir. Saint Faron lui demande de ne pas quitter l'endroit où il a trouvé la paix, et lui propose de fonder un monastère près de Meaux ; Il y érige un oratoire en l’honneur de Marie puis un monastère, et cultive ses plantes médicinales pour y exercer ses talents d'herboriste afin de soigner les pèlerins et à soulager des malades notamment ceux atteints du « fic » ou « mal Saint Fiacre », les hémorroïdes.
Le terrain devint vite trop petit et saint Fiacre demanda de nouveau des terres. Saint Faron promit de lui concéder autant de terres adjacentes qu'il pourrait défricher en un jour.
Saint Fiacre n'eut aucun mal à dégager une grande surface en l'espace d'une journée, bien des arbres se laissant abattre avec facilité. Voyant cela, une femme nommée « Becnaude » ira l'accuser de sorcellerie à l'évêché. Saint Faron affirma alors que ce miracle témoignait de la sainteté du moine.
Toutefois marqué par cet incident, saint Fiacre aurait décrété l'interdiction de l'accès du monastère aux femmes, qui perdure jusqu'à nos jours, peut-être en s'inspirant de la règle des moines irlandais, et de saint Colomban.
Fort apprécié déjà de son vivant, saint Fiacre est vénéré comme saint patron des maraîchers et des jardiniers.
Ses attributs sont la pelle et la bêche.
Si sa vie ne se trouve pas dans la Légende dorée de Jacques de Voragine (XIIIe siècle), elle figure dans des ouvrages enluminés, comme le Bréviaire de Charles V BnF 1052 (1364-1370), dans les Festes nouvelles de Jean Golein [BnF fr.242 f.314v du début du XVe siècle et Genève Ms. fr.57 f.460r], ou des Livres d'heures |BnF latin 10538 f 225r ] du début du XVe siècle , ou plus tardif au XVe siècle Avignon BM ms. 2595.
Dans l'enluminure d'une Légende dorée de 1470, provenant de Flandres, le Macon-BM-ms.003 attribuée à l'entourage de Willem Vrelant, le saint est représenté agenouillé face à l'évêque de Meaux Faron, devant la porte de son ermitage, tandis qu'une autre scène de la même miniature le montre bêche en main devant la Becnaude .On retrouve ce personnage dans le Livre d'Heures de Charles le Téméraire Paul Getty Museum, Ms. 37 f. 38 enluminé par le peintre flamant Liewen van Lathem d'Anvers en 1469.
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Description.
Au centre, saint Fiacre est représenté devant son ermitage, tenant en main droite un livre où est inscrit et la vi aperta (?) et en main gauche sa bêche. Il porte l'habit monastique à scapulaire noir des cisterciens.
L'ermitage est semblable à ceux représentés sur les enluminures. L'abbé Schnabel voyait (p.37) dans ces édifices " de style roman" un argument pour l'origine italienne ou espagnole des artistes, mais les peintres auraient très bien pu recevoir des commanditaires des copies d'illustrations.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Le côté gauche : saint Fiacre et la Becnaude.
Du côté gauche, sous l'inscription CÕMENT HYRNA RANCUSA SANCT FIACRE A SANCT FERON, on voit la Becnaude dénoncer saint Fiacre à l'évêque Féron.
Devenons à l'inscription.
"Hyrna", qui semble bien ici désigner la femme, est un nom en norvégien moyen signifiant "coin". En islandais, c'est un surnom signifiant "la cornue" appliquée à la femme du premier colon Wiking vers 890, Thorunn Hyrna. Ailleurs, elle est nommée Becnaude, ou Baquenaude, qui est devenue, notamment à Meaux, un qualificatif pour les femmes médisantes.
"Rancusa" : le verbe rancuser est attesté en patois de Franche-Comté et en Champagne avec le sens "dénoncer,médire", mais aussi en patois lorrain avec le sens "accuser". Selon l'abbé Schnabel, il existe en patois mosellan sous la forme "ranqueser". On le trouve employé par Pergaud dans "La guerre des boutons".
Devant la bêche de saint Fiacre, mais en échelle plus petite, un couple est représenté, agenouillé et mains jointes, dans la même tenue vestimentaire que dans la peinture de saint Martin.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Du côté droit, l'évêque Féron assiste au miracle du défrichement par saint Fiacre de ses terrains : par le contact de sa bêche, les arbres sont déracinés.
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L'inscription indique : CÔMENT SANCT FERON FIT SASER SANCT FIACRE.
Comment comprendre "saser" ? On trouve "sasser", "cribler, passer au sas" qui a donné "ressasser". Ce qui est peu satisfaisant.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LE BRAS GAUCHE DU TRANSEPT.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT JOSEPH.
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Il porte la verge fleurie qui le désigna, parmi tout les prétendants, pour épouser la Vierge.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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DANS SA PRISON, SAINTE MARGUERITE, COURONNÉE, S'ÉCHAPPE DU DRAGON QUI L'A AVALÉE GRÂCE À SON CRUCIFIX.
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De nombreux saints invoqués ici sont des saints guérisseurs, comme saint Antoine ou des "saints auxiliaires", (efficaces contre toutes les catastrophes et la mort subite) comme saint Christophe, saint Eustache [Hubert], saint Georges, et les sainte Marguerite (contre les difficultés de la grossesse et de l'enfantement, et, en lien avec cet épisode de sa Vie, de la délivrance) et Barbe (foudre, mort subite). On peut alors s'étonner de l'absence de sainte Catherine, puisque le trio Catherine, Marguerite et Barbe est incontournable dans les Livres d'Heures, notamment ceux des femmes.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINTE BARBE ET SA TOUR AUX TROIS FENÊTRES RAPPEL DU DOGME DE LA TRINITÉ.
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Comme toujours, sainte Barbe est très élégamment habillée, avec une robe à décolleté carré et des manches à crevées, et un manteau vert ; elle tient le livre témoignant de ses connaissances éprouvées en théologie.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Les pèlerins.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT ÉVÊQUE.
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L'abbé Schnabel a déchiffré l'inscription : SANCTA MARGARITA SANCTA BARBARA SANCTE MARTINE ORA PRO NOBIS OMNIBUS, qui est l'invocation collective du cortège des dix pèlerins. Il en déduit que l'évêque est saint Martin en évêque de Tours.
Il a lu aussi le nom du premier des pèlerins, si richement vêtu de rouge : SIMONE BEDER.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Les pèlerins.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT GEORGES (?).
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Ce chevalier en armure tient un oriflamme aux bandes rouge, blanche et rouge, et un écu de gueules à la bande d'or. C'est, par exemple, le blason de Robert V d'Auvergne. J'en rapproche les armes de l'Alsace, inverses de celles de la Lorraine, d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent. Mais ce sont sans doute des armoiries de fantaisie.
L'écu et la bannière de saint Georges sont blanches à la croix rouge.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Les trois pèlerins.
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Le premier est précédé de l'inscription, sur le cadre gris : JACQ HUAR.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT ÉVÊQUE.
Saint Nicolas ?
Quatre pèlerins de taille croissante sont agenouillés devant lui.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Quatre pèlerins.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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NOTRE-DAME DE LORETTE.
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Jusqu’à la fin du XIII°siècle, les chrétiens faisaient le pèlerinage à Nazareth pour visiter la sainte Maison de la Vierge Marie, celle où, selon la tradition, l'Annonciation fut faite à la Vierge Marie et où vécut Jésus, après que sainte Hélène l'ait fait restaurer vers 326-328. Saint François d’Assise et Saint Louis en furent les pèlerins les plus illustres. Rapportée de Terre sainte en 1291 par les anges lors de sa Translation vers la ville de Trsat, la "Sainte Maison" ou Santa Casa fut ensuite transportée près de Recanati dans les Marches d'Ancône.
Ou bien, une maison de Nazareth ou des territoires nabatéens aurait été démontée en 1291 et transportée sur les côtes dalmates, puis en 1294 en Italie à Loreto, où elle fut donnée au pape Boniface VIII pour qu'elle soit placée en terres pontificales.
Le sanctuaire devint le premier sanctuaire marial international consacré à la Vierge Marie, et pendant près de trois siècles il fut le principal centre de pèlerinage en Occident, avant Rome, Canterbury et Saint-Jacques-de-Compostelle, notamment via la route Lauretana.
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Nous voyons donc ici, sous l'inscription NOSTRE DAM DE LORET, la Vierge donnant le sein à l'Enfant, au dessus du toit de la maison soutenue par deux anges.
L'artiste s'appuie ici sur les gravures disponibles dans les incunables et livres imprimés diffusés, et notamment sur celle d'un best-seller ecrit par le recteur de Loreto paru vers 1475 , Translatio miraculosa ecclesie beate Marie virginis Loretodont de multiples exemplaires sont conservés dont ceux 64 incunables dans le monde citons ceux conservés à Munich à la Bayerische Staatsbibliothek-(datés entre 1480 et 1500 et en 1521), en République Tchèque à la Bibliothèque nationale (1500) et à Rome à la Bibliothèque Centrale (1521).
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Saint-Sulpice Rés. P. 1
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Munich, Bayerische Staatsbibliothek avant 1500.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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DÉPLORATION, "NOTRE-DAME DE PITIÉ".
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Cette Déploration à six personnages (le Christ, Marie, Jean, deux saintes femmes et Marie-Madeleine) se situe juste en dessous de la peinture de Notre-Dame de Loàrette.
Elle m'intéresse car Marie-Madeleine y est représentée essuyant les pieds de Jésus de ses cheveux alors qu'elle y a versé le contenu d'un flacon, de parfum ou d'onguent.
Ce geste reprend celui de la femme pécheresse citée dans l'évangile de Luc 7:36-38 qui lors du repas chez le pharisien Simon, mouille les pieds de Jésus de ses larmes, les essuie de ses cheveux, les baise et les oint de parfum.
Or, bien que Marie-Madeleine soit, dans l'iconographie des Déplorations, représentée presque systématiquement à proximité des pieds du Christ, et presque systématiquement encore tenant un flacon d'aromates, il est très rare de la voir faire ce geste d'essuyage avec ces cheveux.
Cette représentation m'intéresse également car ce geste participe à un soin d'embaumement, comme ceux dont j'ai réunie l'iconographie ici :
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LE CHOEUR, VUE GÉNÉRALE.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT PIERRE DANS LE CHOEUR. Charles-André Malardot, 1845-1865.
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Les peintures murales (XIXe siècle) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LA VOÛTE : LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.
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Inscription sur les phylactères SANCTE MATTHEE (ange), SANCTE MARCE (lion), SANCTE JOHANNES (aigle), SANCTE LUCA (taureau ailé).
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LE CÔTÉ SUD DU CHOEUR : SAINT DIDIER ET SAINT AUGUSTIN.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT DIDIER CÉPHALOPHORE, ET COUPLE DE DONATEURS.
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L'identité du saint est indiqué par l'inscription SANCTE DECIDERI, et confirmée par le prénom du donateur.
Saint Didier, évêque de Langres au IVe siècle aurait subi le martyre après avoir proposé sa tête au roi des Vandales "pour le troupeau confié à ses soins". Au Musée de Langres, un bas-relief en calccaire provenant de la chapelle Saint-Didier et datant vers 1230-1260 le présente tenant sa tête.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Le couple de donateurs.
Le nom du donateur est clairement indiqué, avec sa fonction : il s'agit de DIDIE LE MOUCHA MAISTRE ECHEVIN.
Le site Geneanet indique un Jean MOUCHAT né en 1600, décédé à Metz en 1668. Le patronyme est donc attesté en Moselle.
On notera chez le maître-échevin la pélerine à large colerette, sur une tunique courte et des chausses ajustés, et chez son épouse la coiffe au voile descendant sur les épaules, la robe à décolleté carré, très larges manches fendues et à traine bouffante. Le manteau du mari et la robe de la femme sont de même couleur, un rouge foncé (lie-de-vin , carmin ou tomette) qui se retrouve très souvent employé dans les habits des pèlerins et donateurs.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT AUGUSTIN, ET COUPLE DE DONATEURS.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Le couple de donateurs.
Le nom du donateur est ESIENE BARA, ou ETIENE BARA
D'autres ont lu Estene Bara. Pas de rapport avec Jérôme de Bara.
Le couple est vêtu comme le couple précédent. L' épouse tient un chapelet.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LE BRAS DROIT DU TRANSEPT.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT FRANÇOIS RECEVANT LES STIGMATES.
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Sur le mur sud du bras droit du transept, nous trouvons en partie gauche saint François et sainte Geneviève.
Saint François d'Assise est peint agenouillé dans sa cellule devant le crucifix, un livre ouvert et un crâne, et il reçoit miraculeusement les stigmates, par des rayons partant des parties homologues du crucifix.
Il tient en main gauche sur la poitrine une croix.
Inscription SANCTE FRANCISCE
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Les pèlerins ou donateurs sont ici très nombreux, ils forment une file de 12 personnes en partie basse des deux peintures, dirigée vers le chœur.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINTE GENEVIÈVE.
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L'attribut de sainte Geneviève est le cierge, symbole de la Foi. Dans d'autres représentations, on assiste à un combat entre un ange qui l'allume et un diable qui l'éteint de son soufflet. Ici, la sainte allume elle-mêem le cierge. Les moutons ou brebis rappellent que selon la tradition Geneviève gardait les troupeaux de son père à Nanterre au Ve siècle avant de se vouer à Dieu et de protéger Paris contre les Huns.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Les pèlerins.
On note la stéréotypie des costumes et personnages.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LE RETABLE EN PIERRE DU XVe SIÈCLE.
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Une petite digression pour décrire , puisqu'il apparaît ici dans mon parcours autour de la nef côté sud, ce retable long de 2,25 m, à décor d'arcatures trilobées qui est en pierre avec restes de polychromie. On distingue dans les niches trois personnages nimbés, dont une sainte.
À l'écoinçon des lobes sont sculptés des anges, dragons et coquilles.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
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Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
Le retable (XVe) de l'église Saint-Martin de Sillegny . Photographie lavieb-aile 2024.
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SAINT CSAIRE.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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DÉTAIL SCULPTÉ : BLASON AUX ARMA CHRISTI.
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Croix, trois clous, sur fond rouge.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LE MARTYRE DE SAINTE AGATHE.
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Sainte Agathe, la poitrine dénudée jusqu'à la taille est suspendue à une traverse par les cheveux, et ses mains y sont liées ou clouées. Deux bourreaux arrachent ses seins avec des pinces.
L'attitude corporelle très déliée voire dansante des bourreaux, et le costume jaune (couleur réprouvée ou marginale) fendue de nombreuses taillades de l'un d'eux est propre à cette fonction, fréquemment mise en scène dans les représentations de la Passion.
"Les occurrences iconographiques les plus courantes du martyre d’Agathe :
La sainte est le plus souvent figurée attachée à une colonne (ou à une poutre), entre ses deux tortionnaires. Ces derniers utilisent des instruments coupants — généralement des tenailles — pour sectionner les seins d’Agathe. De telles représentations se retrouvent fréquemment dans le domaine de la peinture, de la fresque ou encore de la sculpture. L’une des toutes premières illustrations de ce type appartient au cycle décoratif d’un manuscrit byzantin, dit le Menologium de Basile II, daté de la fin du Xe siècle ou du début du XIe siècle et conservé à la Bibliothèque Vaticane de Rome. L’enluminure développe en deux épisodes, la torture et l’emprisonnement de la sainte par les gardes. Il est intéressant de souligner que chaque bourreau possède son propre objet de supplice, puisque l’un tient dans ses mains un flambeau (pour brûler le corps d’Agathe ?) et l’autre, un poignard à la lame eilée. De même, le célèbre graduel de l’abbaye de Fontevrault, des années 1250-1260, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque municipale de Limoges, consacre une enluminure au martyre d’Agathe : selon une tradition iconographique maintenant bien établie, la miniature présente la vierge martyre et ses deux bourreaux tenant de grandes pinces métalliques, objets du supplice qui deviendront les attributs traditionnels de la sainte sicilienne.
Plusieurs autres représentations identiques du même épisode de la Passion de la sainte peuvent encore être signalées, comme par exemple, dans le très beau Livre d’images de Madame Marie des années 1300 ou encore dans le décor du tombeau dédié à sainte Agathe dans la cathédrale de Vérone. La présence d’une telle œuvre majeure dans le nord-est de la péninsule italienne s’explique en partie par l’importance et surtout l’ancienneté du culte de la martyre dans la région de la Vénétie. Dès lors, la représentation du martyre de sainte Agathe dans la partie sommitale du monument sculpté ne laisse aucun doute, quant à la destinataire de la dévotion. Commandé en 1353 par l’évêque Pietro della Scala, le tombeau devait en effet conserver des ossements retrouvés de la martyre de Catane afin de les honorer avec le plus de magnificence possible. Il s’agit ici d’une mise en image traditionnelle du supplice puisque la sainte, attachée avec les bras en croix, est torturée par les deux bourreaux qui lui arrachent l’extrémité des seins avec les tenailles. Ce même schéma iconographique se retrouve fréquemment au cours des XVe et XVIe siècles, qu’il s’agisse de l’ornementation de manuscrits de dévotion (des livres d’Heures notamment), de verrières ou encore de fresques. Dans l’église Saint-Martin de Sillegny en Moselle, par exemple, l’important décor mural daté entre la fin du XV esiècle et le début du siècle suivant, illustre le martyre d’Agathe, selon une formulation maintenant habituelle. De même, le vitrail consacré à la sainte de Catane de l’ancienne église Saint-Jean-au-Marché de Troyes du second quart du XVIe siècle (baie 6) propose un cycle narratif en deux séquences avec d’une part, la flagellation de la sainte — référence directe à celle du Christ — et d’autre part, son supplice avec la présence du consul Quintilien. Les deux tortionnaires tiennent quant à eux, d’imposantes pinces de fer devant les seins d’Agathe, elle-même enchaînée à une colonne."
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Psautier à l'usage de Reims, 1433-1466, BM Carpentras ms 77 f.178v. "... l’acte de tordre les seins d’Agathe puis celui de les sectionner avec un objet tranchant: la sainte, attachée et dénudée, est torturée par deux hommes, tenant chacun un outil constitué d’une longue corde et d’un manche, permettant de tordre les seins d’Agathe." (F. Tixier)
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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LA TRISTESSE DU CHRIST.
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Inscription TRISTUS EST ANIMA MEA USQUE AD MORTEM.
Il s'agit d'une citation de l'évangile de Matthieu 26:38 décrivant la nuit passée par le Christ au Jardin de Gethsémani avec les apôtres Pierre, Jacques et Jean.
Tunc venit Jesus cum illis in villam, quae dicitur Gethsemani, et dixit discipulis suis: Sedete hic donec vadam illuc, et orem. Et assumpto Petro, et duobus filiis Zebedaei, coepit contristari et moestus esse. Tunc ait illis: Tristis est anima mea usque ad mortem: sustinete hic, et vigilate mecum.
"Là-dessus, Jésus arriva avec eux en un lieu appelé Gethsémané. Il dit à ses disciples : Asseyez-vous ici pendant que je vais prier là-bas. Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commença à être envahi d’une profonde tristesse, et l’angoisse le saisit. 38 Alors il leur dit : Je suis accablé de tristesse, à en mourir. Restez ici et veillez avec moi !"
Le Christ, nimbé, sur un arrière-plan montagneux où un clocher peut rappeler Jérusalem, est soutenu par les apôtres Pierre et Jean devant deux autres personnages (dont Jacques le Majeur sans doute).
C'est une image rare, la plus fréquente étant l'agonie du Christ tandis que les apôtres sont endormis.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
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Inscription au dessus du prêtre tonsuré (vraisemblablement le curé de la paroisse) agenouillé mains jointes, en soutane et surplis :
IN TE IESUS SPES / MEA RECOMBIT
Cette oraison, "en toi Jésus je place mon espoir" n'est pas connue par ailleurs.
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Les peintures murales (vers 1540) de l'église Saint-Martin de Sillegny .V. Les saints, les saintes et les donateurs. Photographie lavieb-aile 2024.
—HANS-COLLAS (Ilona) 2004, CONFÉRENCES (sans publication) 2004, 19 juin : Sillegny (Moselle) : La place de la peinture murale en Lorraine aux XVe et XVIe siècles. L’église Saint-Martin de Sillegny : miroir de la piété médiévale.
— RUSSO (Daniel), 2005, « Peintures murales médiévales », Presses universitaires de Dijon, et Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 10 | 2006, mis en ligne le 15 septembre 2006, consulté le 17 janvier 2024. URL : http://journals.openedition.org/cem/328 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cem.328
—SCHNABEL (Abbé), 1865, « Rapport sur les peintures murales de Sillegny », Bulletin de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, complété par M. de Tinseaux pages 35-36 par la mention des peintures de saint François et de sainte Geneviève gardant ses troupeaux. Plusieurs illustrations aux pages précédentes.
Les vitraux du XVIe siècle de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux (35). III. La baie 1 ou verrière de sainte Barbe (Gilles de la Croix-Vallée ?, vers 1540)
Cette baie éclaire, par son coté est, la chapelle nord ou chapelle Sainte-Barbe, qui a été sous le nom de Chapelle Saint-Julien, la première chapelle des seigneurs d'Espinay (avant la construction en 1594 d'une chapelle sud). Comme la jeune Claude d'Espinay (+ 1554) y possède son tombeau, elle fut parfois nommée Chapelle Saint-Claude, et on a longtemps pensé (cf. Guillotin de Courson) que sa verrière représentait la vie de sainte Claude.
Cette chapelle a été fondée vers 1490 par Guy Ier d'Espinay, qui, selon Du Paz (Généalogie de Bretagne p. 296), "l'a fist dédiée à Monsieur Sainct Juslien dédiée à saint Julien et y fit fonder une messe chacun jour de la semaine et doit être chantée par les enfants du chœur, et voulut y estre enterrée avec sa compagne épouse.".
"Il fit son testament le 2 septembre 1494 et mourut le 2 mai 1501, étant au service du roi ; son corps fut porté à Champeaux, selon ses dernières volontés. Quant à sa femme, Isabeau de Goyon, fille du seigneur de Matignon, nous ignorons l'époque de sa mort, mais elle dut reposer auprès de son mari, et l'on voyait encore au XVIIème siècle leur tombeau, qui a disparu depuis. C'est vraisemblablement dans cette même chapelle, et près de son aïeul, que fut inhumé en 1522 Guy II, seigneur d'Espinay, fils d'Henri d'Espinay et de Catherine d'Estouteville : « Ledit sire d'Espinay fit testament le 5e de juin, l'an 1522, par lequel il ordonna son corps estre inhumé en l'église de Champeaux et porté en terre par six de ses mestaiers, à chacun desquels il donna deux aulnes et demie de drap noir pour faire une robe, et aussi une mine de bled seigle » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 299). Le tombeau de Guy II n'existe plus aujourd'hui. Mais auprès de l'autel de cette chapelle est un autre monument funéraire : c'est celui que Charles d'Espinay, alors chantre de Rennes et abbé de Saint-Gildas-des-Bois, plus tard évêque de Dol, fit élever à la mémoire de sa soeur, Claude d'Espinay." (Guillotin de Corson, in Revue de Bretagne)
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Cette verrière fragmentaire de sainte Barbe est composée d'une seule lancette de 2,35 mètres de haut et 1,20 mètre de large. Elle résulte d'une restructuration au XIXe siècle, lorsqu'on l'a complétée d'une vitrerie géométrique. De nouveaux compléments furent ajoutés en 1912 et 1968.
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Datation et attribution.
Elle est estimée (Gatouillat et Hérold) vers 1540, date de la réalisation de la maîtresse-vitre, ou du moins des paiements qui s'y rapportent dans les comptes de 1539-1541. "Le vocable de la chapelle Saint-Julien en était déjà changé en 1550 et c'est, semble-t-il quelques années auparavant que la verrière honorant la nouvelle sainte patronne y a été posée, conçue pour une fenêtre à meneaux, modifiée ensuite en une lancette unique" (Gatouillat et Hérold).
Ces auteurs l'attribuent au peintre verrier auteur de la maîtresse-vitre, le "Guillequin" des comptes de la fabrique, qui est selon toute probabilité Gilles de La Croix Vallée.
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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Amortissement : deux anges présentant les armes de Guy I d'Espinay et de son épouse (1912).
Ce panneau de Charles et Emmanuel Tournel a remplacé un fragment de l'apothéose de la sainte, conçu pour le tympan de la verrière primitive.
Armoiries de Guy Ier d'Espinay : d'argent, au lion rampant coupé de gueules et de sinople, armé, couronné et lampassé d'or.
Armoiries de Goyon : d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or.
Guy Ier épousa le 19 septembre 1476 Isabeau de Goyon-Matignon, décédée en 1505. D'où Henri , marié en 1485 avec Catherine d'Estouteville ; d'où Guy II, marié en 1509 avec Françoise de Villebranche ; d'où Guy III.
Les armes de Goyon devraient être écartelées de celles de Matignon.
Ces armoiries du fondateur de cette chapelle sont sans rapport avec la date de 1540 vers laquelle cette verrière a été réalisée, sous Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine.
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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Le registre supérieur : le martyre de sainte Barbe.
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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À gauche : le père de Barbe tente une dernière fois de convaincre sa fille de renoncer à sa foi, et à son attachement au dogme de la Trinité. Il s'apprête à l'enfermer dans une tour.
Le père de Barbe, qui porte les attributs royaux (c'est en fait le satrape Dioscore), fait, en posant le pouce sur la pulpe de l'index, le geste codifié de l'argumentation, mais sa fille, richement vêtue en princesse orientale (turban), lui oppose les vérités contenues dans son livre. Elle tient déjà la palme du martyre, et, déjà, les fenêtres de la tour sont au nombre de trois, car la vierge opiniâtre les a fait ouvrir pour témoigner de sa foi en la Trinité. Nous sommes donc au moment où, après avoir enfermé sa fille en espérant qu'elle renonce, et s'être absenté pour un voyage, le roi découvre son acte provocateur, devient furieux, et appelle ses bourreaux. L'un d'eux montre du doigt les trois fenêtres éloquentes.
Ça va chauffer.
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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À droite, Barbara, liée par les poignets à une colonne, dénudée jusqu'à la taille, est livrée aux bourreaux devant son père .
Dans le Mystère de sainte Barbe de 1557, les bourreaux se nomment Agripant, Claudin, Loupart et Glouton, sous la direction du Prévôt ; la sainte est vigoureusement fustigée.
Mais ici, elle est exposée aux flammes de flambeaux, dont la fumée est peinte en grisaille sur les verres bleus. Cette scène est attestée sur les peintures de Saint-Etienne du Rond à Rome.
Sous l'œil de Dioscore, le bourreau, d'un index inquisiteur, la somme d'abjurer.
On remarquera les crevés des chausses et tuniques, indice précieux pour dater cette peinture selon la mode Renaissance sous François Ier (après 1525) et Henri II.
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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Le registre inférieur : le martyre de sainte Barbe (suite) : Décollation de la sainte ; punition de son père.
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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La décollation de sainte Barbe par son père. Scène restituée.
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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La mort brutale du méchant père.
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Dans le Mystère de Sainte Barbe, le roi est foudroyé et Belzébuth et Satan l'entraînent dans les abymes. C'est bien ce que nous voyons ici, tandis que sainte Barbe est élevée vers le Ciel par des anges.
Noter les tourbillons verts sur le fond bleu : ils résultent, comme les trainées blanches qui les accompagnent de la gravure du verre bleu (et de la peinture au jaune d'argent des parties bleus éclaircies).
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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.
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LIENS ET SOURCES.
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—COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .
— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73
— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005
—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3]
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf
—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-
— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)