Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 21:54

Les lambris sculptés en 1535-1538 par François Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau. Emblématique de François Ier, cuirs découpés et décor à la grotesque.

.

Je continue à colliger une documentation iconographique sur l'art à la grotesque, et sur l'École de Fontainebleau, pour servir de base de comparaison avec les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne (ou aux autres réalisations en France). 

Ainsi, il est intéressant de comparer les cuirs découpés des boiseries sculptées par Scibec à Fontainebleau , en lien avec Philibert Delorme, avec ceux de la charpente sculptée du château de Kerjean (Saint-Vougay, Finistère) vers 1579. 

Ou, inversement, de suivre le motif grotesque des deux lignes rinceaux à masques, animaux fantastiques, ou putti, déjà présent en Italie, et à Gaillon vers 1509, puis à Guerche-de-Bretagne vers 1518-1525, avant d'être repris à Fontainebleau.

Etc.

.

 

 

. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

 

.

.Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

 

 

 

.

PRÉSENTATION.

Je ne ferai pas l'affront au lecteur de lui présenter la Galerie François Ier du château de Fontainebleau, mais je n'aurai aucune honte à me rafraichir la mémoire grâce à Wikipedia :"

"Construite entre 1528 et 1530, elle mesure environ 64 mètres de long et 6 mètres de large, et constituait autrefois un pont couvert jouissant d'ouvertures des deux côtés. Le roi François Ier la fit édifier et décorer, afin de relier ses appartements à la chapelle de la Trinité. Il en gardait les clés et la faisait visiter à ses hôtes de marque.

La galerie a été confiée aux Italiens Rosso Fiorentino et Le Primatice qui la décorèrent de façon originale avec des peintures, des lambris, des fresques et des stucs. Les travaux s'échelonnèrent de mars 1535 à mai 1537 pour les stucs, à partir de 1536 pour les fresques, et furent achevés juste avant la visite de Charles Quint à la Noël 1539"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Galerie_Fran%C3%A7ois-Ier_(ch%C3%A2teau_de_Fontainebleau)

Et j'emprunterai à cet article la  vue d'ensemble de cette galerie :

.

La Galerie François Ier du château de Fontainebleau. Photo de Neils Rickards 2005.

.

On sait aussi que ce qui fait la célébrité de la galerie, ce sont, sur huit travées, les sept grandes peintures à fresques qui, de chaque coté, alternent avec les fenêtres. Ce sont ces peintures, et leur encadrement par des grands et novateurs motifs en stuc, qui sont décrits par les guides lors de votre visite.

http://notesdemusees.blogspot.com/2017/04/fontainebleau-galerie-francois-1er.html

https://scribeaccroupi.fr/web-serie-fontainebleau-confine-3-galerie-francois-ier/

http://www.fontainebleau-photo.fr/2012/02/les-mysteres-de-la-galerie-francois-1er_25.html

Mais je tiendrai la gageure de n'en regarder aucune (ou bien juste pour me repérer), et de parcourir les 64 mètres allant du vestibule succédant à la chapelle  jusqu'aux appartements royaux (sens des visiteurs, opposé au sens des Conservateurs) en ne regardant QUE les boiseries.

Bien sûr, ce procédé se fera au détriment des rapports et correspondances spéculaires entre le décor de stuc et les boiseries, qui partagent les mêmes cuirs, les mêmes guirlandes, les mêmes bucranes, presque le même fourmillement de détails et la même emblématique : l'influence de Rosso Fiorentino est évidente sur les décors des boiseries.

.

.

 Comme on le voit, les lambris, "à la française" couvrent la moitié inférieure des murs, en quatorze ensembles de sept panneaux (un panneau central et six panneaux plus étroits).
Ils sont l'œuvre du menuisier italien Francisque Scibecq dit de Carpi (la localité de la province de Modène), alias François Scibec de Carpi.

 

Le dernier seigneur de Carpi, Alberto III Pio (1475-1531), ami intime du pape Léon X, a été ambassadeur en France et très proche de Georges d'Amboise. Il est l'instigateur du mariage entre Catherine de Médicis et Henri II. Son neveu l'évêque et cardinal Rodolfo Pio, collectionneur d'antiquité, a été proche de Jean du Bellay.  Les échanges entre la ville du Nord-Est de l'Italie et la France furent intenses (Une exposition À la cour du roi de France. Alberto Pio et les artistes de Carpi dans les sites de la Renaissance française  s'est tenue au Palazzo dei Pio du 8 avril au 18 juin 2017). On peut nommer le peintre Giovanni Francesco Donnela, actif à Albi, mais il est surtout intéressant de citer Ricardo da Carpi, que Georges Ier d'Amboise avait fait venir à Gaillon pour réaliser les boiseries de la chapelle haute.

.

"Francesco Scibec , appelé Scibec da Carpi , était un fabricant de meubles italien du XVIe siècle de Carpi près de Modène . Il a travaillé pour la cour royale française au sein d'un groupe d'artistes maintenant appelé la première école de Fontainebleau .

Francesco est arrivé au bâtiment de Fontainebleau pour François Ier de France en même temps que son compatriote, Rosso Fiorentino en 1530. Il y acheva le lambris de la galerie François Ier. Un de ses contrats pour l'ameublement renouvelé en chêne et noyer de la grande galerie et du pavillon près du lac de Fontainebleau a été fait selon les instructions personnelles du roi en février 1541.  Il a également travaillé au Château d'Anet pour Diane de Poitiers . En 1549, il a été engagé pour décorer des bateaux pour un spectacle sur la Seine pour l'entrée de Henri II de France à Paris. Francesco a également fabriqué des meubles et des lambris pour des clients privés et ecclésiastiques.

En juillet 1552, il accepte comme apprenti Bartholomew, le fils d'un autre peintre italien collègue à Fontainebleau, Francesco Pellegrini . Dans les deux années 1557 à 1559, il réalise des meubles pour le Louvre , pour le Château et la Chapelle dans les bois de Vincennes et pour le Château de Saint Germain-en-Laye . Pour Fontainebleau, il a réalisé un cadre photo spécial pour une carte de l'Italie et d'autres cadres sculptés pour les portraits de deux femmes. 

En mars 1537, il épouse Marguerite Samson, fille d'un peintre français, Pierre Samson. " (Wikipedia)

Silbec demeurait alors à l'hôtel d'Étampes, près des Tournelles, où se préparaient les ouvrages de menuiserie commandés pour le roi. 

.

DESCRIPTION.

La description précise et documentée de Maurice Roy, en 1913, est disponible en ligne mais n'était pas transcrite. La voici à la disposition des internautes, et je ne regrette pas mon labeur de copie.

-Maurice Roy 1913 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408260p/f212.item

"Dès l'année 1535, Francisque Sibec de Capri, le célèbre menuisier du roi qui tient une si grande place dans l'histoire du meuble au XVIe siècle, avait été chargé de la confection du lambris de chêne incrusté de bois de Brésil et destiné à encadrer les bancs préparés pour la grande galerie ; les panneaux et châssis étaient déjà commencés en août 1535 et assez avancés à cette date pour que le maître menuisier ait pu toucher le 23 du même mois, un acompte de 524 livres 9 sols et 6 deniers, puis on constate que les lambris à appliquer aux murs de la salle et du cabinet donnant sur le jardin d'abord entrepris par Sibec, furent ensuite continués par Joachim Raoullant en bois d'ébène, de brésil rouge et jaune et autres bois étrangers jusqu'au jour où le roi, se rendant compte que ces bois étaient particulièrement difficiles à ouvrer et que leur préparation demandait un temps trop long à son gré, décida que l'on emploierait simplement du bois de noyer, et fit passer, le 2 avril 1539 un nouveau marché avec Francisque Sibec de Carpi. Nous avons retrouvé le texte de ce marché contenant de nombreux détails sur la confection des belles boiseries qui existent encore aujourd'hui en grande partie.

Aux termes du marché, des lambris « de menuyserie » devaient être disposés dans tous les sens contre les murs de la galerie et du cabinet attenant , depuis le niveau du plancher jusqu'à la hauteur des ouvrages de peinture et de stuc. Al partie inférieure de ces lambris, composés de compartiments moulurés assez simples, formait une sorte de plinthe régnant tout au pourtour, mais, au dessus, par chaque travée entre les fenêtres de la galerie, se détachaient sept panneaux superbement décorés ; celui du milieu, plus large que les autres, mesurant six pieds environ, contenait comme motif principal les armoiries du roi enrichies de festons et ornements antiques à demie taille ; au dessous de ce panneau central était prévu, à hauteur raisonnable, un siège ou banc de cinq pieds de long et de quinze pouces de saillie pour asseoir deux personnes, ledit siège orné de moulures, supporté par aux deux bouts et au milieu par trois rouleaux en forme de pattes de lion enrichies à l'antique et se terminant de chaque coté, par des rouleaux servant d'accoudoirs.

Le panneau central devait être accompagné à droite et à gauche d'un premier panneau portant une salamandre avec deux tablettes où se trouvait gravée la devise habituelle, d'un deuxième enrichi d'un F couronné et de tablettes, enfin d'un troisième, sous l'aplomb de la poutre, indiqué en forme de pilastre rempli de feuillages et autre taille antique à demi-bosse. Cette disposition de sept panneaux se répétait sur les deux faces de chaque travée ; on sait que la galerie comprend elle-même, dans toute sa longueur, sept travées."

Aux deux bouts de la salle étaient prévus semblables lambris et sièges sous les deux tableaux qui s'y trouvaient alors, de même autour du cabinet avec un banc contre le mur opposé à la cheminée. Ces boiseries se poursuivaient en retournant dans l'épaisseur des portes, dans les embrasures et sous les appuis des croisées, le tout de bon bois de noyer teinté, verni et garni de filets dorés où il serait convenable, afin de mieux faire ressortir les lambris. Un plancher assemblé à losanges et carrés avec filets de chêne ou de noyer complétait le travail demandé à Scibec. (Le parquet actuel est moderne et date sans doute de 1846, époque de la réfection du plafond).

Si nous comparons maintenant les indications de dimension, de disposition et de décoration fournies par le marché de 1539 avec les boiseries qui existent actuellement et dont une grande partie est ancienne, nous remarquons que plusieurs modifications ont dû être apportée en cours d'exécution.

La galerie elle-même, prévue au devis de 1528 d'un longueur dans œuvre de 32 toises, soit environ 62m 36, et d'une largeur de 3 toises ou 5m84, ne développe en réalité que 60m70 sur 5m84, toutefois il faut tenir compte de l'épaisseur des boiseries qui modifient légèrement ces dimensions. D'après le même devis, deux cabinets devaient être construits en face l'un de l'autre au milieu de la longueur et de chaque coté de la galerie, or, un seul fut exécuté en saillie coté jardin, ainsi que le constate notre marché de 1539. Il a disparu au XVIIIe siècle lors de la nouvelle construction adossée à la galerie.

Les boiseries se trouvant contre le mur opposé à la terrasse paraissent anciennes pour la plupart, les autres, sans doute atteintes par l'humidité, ont été refaites et copiées plus ou moins fidèlement sous Louis-Philippe. Leur hauteur est de 2m25 environ.

Pendant leur confection, les lambris, dont nous venons de donner la description, d'après les termes de la commande, reçurent aussi des transformations assez notables.

Si les grands panneaux du milieu de chaque travée conservent exactement la mesure de chaque travée indiquée, 6 pieds de log, et le dessin des armoiries royales, les autres ne sont pas tels qu'ils aveint été projetés, les panneaux placés de chaque coté du panneau central représentent les F couronnées, puis viennent les salamandres , ensuite on a répété les motifs des F sous l'aplomb des poutres au lieu des pilastres remplis de feuillages et de taille antique qui étaient prévus. Il convient surtout de remarquer que l'artiste a varié, suivant sa propre inspiration, les motifs décoratifs et a su multiplier dans des dispositions heureuses et toujours renouvelées les attributs de chaque sujet : armes de tous genres, casques, boucliers, carquois, instruments de musique , etc., accompagnant l'écu royal, encadrements particulier des F et fromes diverses des tablettes à devises, décorations en général plus sobres mais que viennent rehausser les représentations variées des salamandres avec les riches et fines sculptures ornementales qui les entourent : rinceaux, feuillages, fleurs, rubans, cornes d'abondance, têtes de chérubins, oiseaux, chimères, etc., aucun de ces panneaux n'est semblable, et, s'ils forment un ensemble régulier à la vue, l'examen de chacun d'eux révèle une variété infinie de composition qui n'est pas le moindre charme de leur belle ordonnance.

Les bancs placés sous le panneau central sont sensiblement plus longs que ne l'indiquaient le marché : prévus de 5 pieds (1m62), ils atteignent 1m94 et peuvent servir à asseoir largement trois personnes au lieu de deux, mais ils sont bien supportés au milieu et aux extrémités par des rouleaux en forme de pattes de lion et se terminent par des accoudoirs à tête de lion. Leur saillie se trouve également conforme à la mesure stipulée.

Ce beau travail de Sibec fut conduit très rapidement, le roi était pressé, comme nous l'avons vu, de disposer d'une grande salle pour les réunions de la cour, ressource qui faisait alors complètement défaut à Fontainebleau. Sibec dut prendre l'engagement d'exécuter son œuvre «  en la plus grande diligence et extrême et avec le plus grand nombre d'ouvriers que faire se pourra ».

Le marché était convenu pour le prix total de 4000 livres, et sa réalisation eut lieu dans le court espace de six ou sept mois. Tout se trouvait en effet terminé dès le mois d'octobre de la même année 1539, ainsi que paraît le constater la quittance, signée le 21 octobre, de la somme de 12000 livres, formant le solde des 4000 livres, montant total du marché.

Ce dernier paiement est mentionné dans les acquits au comptant publiés par M. de Laborde sous la forme laconique suivante : « A Me Nicolas Picart, commis au paiement des édifices de Fontainebleau, pour délivrer à Francisque Cibec, menuisier, sur le lambril de la grand gallerie dud. Lieu … 1000 livres (1539). C'était d'ailleurs le seul document qui avait permis jusqu'ici de connaître le nom de l'auteur des boiseries de la galerie François Ier. J'ai donc pensé qu'il était intéressant d'apporter aujourd'hui le texte complet du marché ainsi que le libellé de la quittance finale, documents nouveaux permettant de fixer, d'une façon définitive, les détails d'exécution, les dates et le prix d'une importante œuvre d'art. "

Les pièces originales sont données ici, en Annexe.

 

.

.

 

Documents d'archive :

-Léon Laborde, (Les comptes des bâtiments du roi (1528-1571): suivis de documents inédits sur les châteaux royaux et les beaux-arts au XVIe siècle , vol. 1,1877) nous indique les versements suivants:

Année 1536. "Ouvrages de menuiserie. A maistre Francisque Sibecq, dit de Carpe, menuisier, pour ouvrages de menuiserie qu'il a faits audit Fontainebleau par l'ordonnance du sieur de Neufville, à luy la somme de 286 livres."

Année 1537 : "Ouvrages de menuiserie. A Francisque Sibecq, dit de Carpe, menuisier italien, pour tous les ouvrages de menuiserie qu'il a faits audit Fontainebleau par l'ordonnance desdits de Neufville et Babou, le 7e de may 1538, la somme de 1 075 livres."

Année 1557 : il est réglé « à Jean Huet et Francisque Scibec, maistres menuisier, la somme de 750 livres pour ouvrage de menuiserie par eux faits au dit lieu (château de Saint-Germain-en-Laye).

-Nous trouvons aussi dans les Minutes de Guillaume I Payen, notaire . 1549, janvier - 1550, 4 avril le "Marché de menuiserie entre Francisque Scibec dit de Carpi, menuisier du roi, et Philibert Delorme, architecte du roi, pour la salle de bal, le cabinet de la reine et le cabinet au-dessus du château de Fontainebleau."  En effet, le décor de cette pièce avait été dirigé à partir de l’avènement du roi Henri II par Philibert Delorme qui avait confié l’exécution des lambris, des portes et de la tribune des musiciens à Francisque Scibec de Carpi par un marché de juin 1550. Chaque panneau est sculpté d’un écusson entouré de cuirs découpés et surmonté d’une couronne royale fermée. L’un abrite les armes de France (trois fleurs de lys) buchées à la Révolution, l’autre le triple croissant entrelacé, emblème d’Henri II. Ils étaient initialement peints et dorés comme le révèlent les restes de polychromie encore visibles. Deux panneaux sont exposés au Musée National de la Renaissance;

 

.

Le "menuisier" et sculpteur aurait travaillé sur des dessins préparatoires, dont l'un exécuté par le peintre italien   Claude Badouyn , actif à Fontainebleau dès 1535 et collaborateur de Rosso Fiorentino pour les fresques et les stucs de la Galerie François 1er.

.

Réception.

"En 1539 Giovanni Battista Gambara, ambassadeur du duc de Mantoue rapporte qu'il a visité:

« una galeria ma troppo stretta, et e dipinta di picture molto brutte. Egli e moite figure di stucco di man del Bologna, molto belle, et e salegata di asse intersiate assai belle ; il solaro di asse intagliato con un poco di oro, che anchor puo compare. Egli e pur fodrata di asse intagliate con impresse et arme di sua Maesta che sono molto belle, fatte per mano di un maestro Francesco di Carpo... »

( une galerie très longue mais trop étroite, et elle est peinte de peintures très laides. Il y a beaucoup de figures en stuc de la main du Bolonais, très belles, et le parquet est de bois marqueté, très beau; le plafond de bois sculpté, avec un peu d'or, qui peut aussi faire quelque effet. Elle est revêtue d'un lambris de bois sculpté aux devises et aux armes de Sa Majesté, très beau fait de la main d'un maître Francesco da Carpo),  cité et traduit par Marc Hamilton Smith, « La première description de Fontainebleau », Revue de l'Art, 1991, p. 44-46. V"

 

.

.

 

 

Je n'ai pas fait un relevé des  quelques 100  panneaux de la galerie.

L'emblématique de François Ier est bien connue, et est répétée avec peu de variation. Je n'y m'attarderai pas. Les F ne sont pas couronnées malgré l'indication de M. Roy, tandis que plusieurs salamandres le sont.

.

 

 

 

Trois panneaux.

.

Au centre :

-Cartouche à têtes de béliers, feuillagées, avec l'inscription FRANCIS /CVS (François)

-Rinceaux au putto ailé tenant une guirlande de fruits

-Cuir découpé à enroulement, clouté au motif de la salamandre

-Suspendu à un aegicrane, un cartouche en bouclier d'amazone à deux têtes d'aigles, porte l'inscription FRANCORVM REX (roi des Français)

Note : ce "bouclier d'amazone" est repris d'un pilastre des Loges de Raphaël au Vatican, sous forme d'un médaillon lui-même copié de la Volta degli stucchi de la Maison Dorée de Néron. Mais sur ces modèles, les aigles sont tournés l'un vers l'autre. (N. Dacos 2008). On en trouve un exemple sur une gravure d'Androuet du Cerceau dans ses Trophées d'armes en 1545-1550.

.

De chaque coté :

-cartouche à l'inscription FRANCISC suspendu par des rubans

-Cuir découpé à enroulements en cornets avec le monogramme F dans un ovale clouté.

-cartouche à l'inscription FRANC REX suspendu par un arceau.

 

.

 

 

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

Première travée, au nord, sous le Sacrifice de Rosso Fiorentino. Trois des sept panneaux.

.

Au centre.

Dans un cuir déroulé à enroulement, les armes royales à trois fleurs de lys, sous une couronne . En dessous, un cartouche sans inscription.

Deux bâtons-cannes identiques sont entrecroisés, en bois écôté et au pommeau sculpté en tête de lion.

L'une de ces cannes porte un collier de grelots : est-ce celle d'un maître de danse ? (crcb) Est-elle chargée de battre la mesure ?

À ces cannes sont suspendus par des rubans des "trophées" sur le thème de la musique. À gauche une lyre et une flûte  (Apollon et Marsyas ?) sur un cuir découpé. À droite une partition (de chant ?), deux instrument à vent (à embouchures et à à pavillon large) croisés et un autre instrument à vent, courbé en crosse (cromorne ??). 

La "flûte" ressemble à une flûte de pan par la réunion de sept tubes de longueur croissante, mais elles sont percées chacune d'un biseau et de cinq trous.

François Ier est honoré comme  protecteur des arts et maître qui en bat la mesure.

.

De chaque coté : les panneaux étroits au monogramme F et aux cartouches à son nom.

.

 

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

Deuxième travée, coté nord, sous "l'Éléphant fleurdelysé" de Rosso Fiorentino. Huit panneaux.

.

-Les deux vantaux d'une porte : trophées d'armes. Outre les casques, les boucliers, les lances et hallebardes, les enseignes au titulus frappé d'une étoile, nous trouvons deux instruments de musique (percussion), un claquebois (avec son maillet) et  des crotales. 

-Deux panneaux au monogramme F

-Deux panneaux à la salamandre, sur fond de rinceaux (cf. infra)

-Deux panneaux au monogramme F.

.

 

 

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

Les panneaux à la salamandre, sur fond de rinceaux.

.

Le cuir découpé est traversé, en haut et par deux orifices, de deux dragons aux queues tirebouchonnées  liées entre elles. Le rinceau qui occupe ce registre supérieur flirte avec un aegicrâne au centre, et  vient fleurir sur les cotés en deux gracieux bustes féminins. 

N'oublions pas les deux aigles perchés sur les têtes des dragons. Et n'oublions pas de constater que le corps renflé des dragons ou leur tête feuillagé s'évertuent à nous les faire confondre avec les productions végétales qui les entourent.

Au registre inférieur, des rinceaux sont tenus par une femme canéphore, au dessus de deux sphinges liées par la queue. Ces rinceaux donnent des fleurs, qui se métamorphosent en serpents, qui, après avoir traversé l'orifice du cuir, dardent l'un vers l'autre leur langue venimeuse.

Mais notre femme que j'ai non sans pédanterie qualifiée de canéphore (portant un pot de fleur) est hybridée par le végétal, puisque sa tête est feuillagée, ses mains remplacées par les vrilles de quelque plante grimpante, et ses jambes escamotées au profit d'un calice.

Deux autres tiges produisent des cornes d'abondances aux fruits replets.

Vous pouvez voir en fin de mon article sur La Guerche-de-Bretagne comment les rinceaux de cette collégiale sculptés avant 1525, figuraient déjà   sur les boiseries faites par Richard da Carpi  pour la chapelle de Georges d'Amboise à Gaillon, et comment ils trouvaient eux-mêmes leur modèle  de dessins italiens de Pietro da Birago gravés entre 1505 et 1507. Mais on les trouve aussi sur les pilastres des Loges de Raphaël par Giovanni da Udine.

Si je les examine en détail ici, c'est pour montrer ce goût de la varietas, de l'imagination féconde, du mélange des genres, de la métamorphose des formes, des courbes en volute, et de l'irrévérence envers la réalité. Qui nous échappent lorsque nous passons trop rapidement en nous laissant hypnotiser par la salamandre.

.

 

.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

.

Deuxième travée, coté sud. Sous "L'unité de l'Etat" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

.

Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé, au dessus d'une fourche et d'un trident entrecroisés. Du coté gauche, un casque panaché et cornu est suspendu par des rubans. À droite , un casque, un bouclier, un croissant.

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

.

Troisième travée, au nord, sous "Les Jumeaux de Catane" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

.

Le panneau central. Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torches entrecroisées auxquelles sont suspendus des trophées d'armes (carquois et jambières d'armure).

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre avec rinceaux (infra)

Deux panneaux au monogramme F.

.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

 

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

Panneau à la salamandre.

.

Au registre supérieur, l'inscription énonce la devise NVTRISCO ET EXTINGO, "je me nourris (du bon feu) et j'éteins (le mauvais)".

Les rinceaux, qui traversent les enroulements du cuir, sont picorés par quatre aigles. 

.

 

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

.

Panneau à la salamandre.

.

Ici, nous retrouvons les aigles picorant, mais la tige des rinceaux est crachée par un masque  vaguement humain, mais feuillagé.

Et il y a cette superbe métamorphose des feuilles des rinceaux en  lions  colletés : c'est sur leur tête que les aigles cavalièrement se posent.

.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

Autre exemple proche.

.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

Ailleurs. Armoiries royales et rinceaux.

.

Et allons y ! Les têtes de lion et les têtes de bélier, le putto ailé et feuillagé, et le bucrane : ah, notre artiste connaît sa grammaire grotesque, et ne se gêne pas pour encadrer les fleurs de lys  des Valois de ce monde déjanté  !

.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

.

Cinquième travée, au nord, sous "La Vengeance de Nauplius" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

.

Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torchères entrecroisées, auxquelles sont suspendues par des rubans du coté gauche, deux carquois, et du coté droit deux guêtres ou jambières sur des boucliers. (comme sur la 3ème travée).

 

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

.

 

Cinquième travée, au sud, sous "La mort d'Adonis" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

 

.

Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torchères entrecroisées, auxquelles sont suspendues par des rubans du coté gauche, deux carquois, et du coté droit deux guêtres ou jambières sur des boucliers. (comme sur la 3ème travée).

 

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

 

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (chêne ou noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

Sixième travée, au nord, sous "La mort d'Adonis" de Rosso Fiorentino. Sept panneaux.

.

Le panneau central.

Armoiries royales dans un cuir déroulé. Deux torchères entrecroisées, auxquelles sont suspendues par des rubans du coté gauche, deux carquois, et du coté droit deux guêtres ou jambières sur des boucliers. (comme sur la 3ème et la 5ème travée).

 

Deux panneaux au monogramme F

Deux panneaux à la salamandre.

Deux panneaux au monogramme F.

.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris (noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

Lambris ( noyer, Francesco Scibec de Capri, 1536-1537 et dorure), galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photographie lavieb-aile 2019.

.

.

CONCLUSION.

.

Plusieurs décors ont été repris de façon répétitive. Cela s'explique-t-il par la copie de panneaux originaux lors des restaurations ?

Néanmoins, le décor des panneaux centraux avec leurs trophées et des panneaux aux salamandres avec leurs rinceaux organisés en deux colonnes verticales et trois registres, ou enfin la variété des cuirs à enroulement permet de se livrer à un travail d'iconographie comparative, à la recherche des sources ainsi que de l'influence d'un style qui portera désormais le qualificatif de "bellifontain".

On pourra  comparer ces boiseries à celles, différentes, et en marqueterie, réalisées pour la chapelle du château d'Écouen (pour Anne de Montmorency, qui disposait d'un logis au château de Fontainebleau) et pour celle de La Bâtie d'Urfé.

.

.
.
ANNEXE. PIECES JUSTIFICATIVES PUBLIÉES PAR MAURICE ROY.

.

Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.
Les lambris sculptés par Scibec de Capri à la Galerie François Ier de Fontainebleau.

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

Je n'ai pas trouvé de monographie consacrée à ces boiseries de la galerie François Ier, hormis l'article de Maurice Roy.

— AUCLAIR ( Valérie), 2007. L'invention décorative de la galerie François Ier au château de Fontainebleau. In: Seizième Siècle, N°3, 2007. pp. 9-35; doi : https://doi.org/10.3406/xvi.2007.917 https://www.persee.fr/doc/xvi_1774-4466_2007_num_3_1_917

"au début des comptes de 1541-1550, hors des parties extraordinaires, se trouve un paiement de menuiserie à « Francisque scibecq, dit de carpy, menuisier italien […] pour les ouvrages de lambris, de menuiserie, qu’il a faits de neuf pour le roy, […] en la grande salle haulte du grand pavillon près l’estang en sondit chasteau, au pourtour des murs sur l’aire du plancher du longs de laditte salle, […] le tout de bois de noyer et chesne, façon et ordonnance qu’il a esté advisé par le roy, ainsi qu’il est plus à plain contenu et déclaré au marché, de ce par lesdits commissaires, fait et passé cy devant avec ledit Francisque scibecq, le 25e febvrier 1541 [a. st.] » (p. 186-187). Ce marché du 25 février 1542 (n. st.) a été retrouvé et publié par Maurice Roy . il précise que les ouvrages de menuiserie devaient prendre place « depuis le rez de [chaussée] du plancher de lad. salle jusques à la haulteur des ouvraiges de paincture et stucq qui sont faits en icelle salle », autrement dit selon le système décoratif mis au point quelques années auparavant dans la chambre du roi et dans la galerie François-Ier . Comme dans cette dernière, les décors peints et de stuc avaient été exécutés avant les lambris (l’emploi du temps présent l’assure) et étaient donc terminés, ou en voie de l’être, en février 1542. les paiements qui s’y rapportent furent donc bien effectués au commencement de la décennie 1541-1550, et il est logique de les trouver en début de chronologie. si l’on en croit Vasari dans ses Vite , le décor de la salle haute des Poêles fut réalisé, ou tout au moins commencé, sous la direction du Rosso, décédé à Fontainebleau le 14 novembre 1540. les premiers paiements des comptes de 1541- 1550 doivent donc correspondre à l’achèvement des stucs et des peintures sous la direction de Primatice, qui rentra de Rome, où François Ier l’avait envoyé en mission, peu après la mort du Florentin ." 

— ROY (Maurice), 1913,  « la galerie de François Ier à Fontainebleau », Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. lxxiii, 1913, p. 205-224.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408260p/f209.item

— Une thèse est en préparation à Toulouse en Histoire sur François Silbec.

J'ai apprécié l'article suivant :

FENRIS (Franz), s.d.  « Grotesques », meuble.peint.com

https://meublepeint.com/les_grotesques.htm

LE SITE EDUCATIF DU CHATEAU

http://www.chateau-fontainebleau-education.fr/pedagogie/iii-les-decors-interieurs/
 

.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Grotesques Sculpture
27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 19:00

Le jubé (vers 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice III. Les retables aux licornes. Sainte Marguerite,  sainte Anne éducatrice et la virginité.

.

 

1. Voir sur ce jubé :

.

2. Voir sur cette église :

 

 

.

La tribune du jubé de La Roche-Maurice est encadré par deux niches ou retables dont le cadre est encastré sur la face ouest de chaque pilier. Un de ces retables renferme une statue de sainte Marguerite sortant de son dragon, et l'autre de sainte Anne éducatrice, c'est à dire apprenant à la Vierge Marie (sa fille) à lire.

Les licornes affrontées de leur dais ne sont pas décoratives. Elles rendent hommage à la virginité des trois femmes et en souligne l'importance.

.

.

 

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

 

LE RETABLE DE GAUCHE : SAINTE MARGUERITE D'ANTIOCHE ISSANT DU DRAGON.

.

 

Le groupe sculpté en ronde-bosse qui s'adosse sur le pilier nord est de facture médiévale et montre la sainte sortant (on dit "issant") du dos du dragon qui l'a avalé et qui a encore entre les dents l'extrémité de la robe rouge : c'est dire qu'elle n'a pas perdu son temps pour invoquer Dieu, se saisir du crucifix qui ne l'a quitte jamais (ou se contenter de tracer un signe de la croix), et taillader le ventre de la bête vers l'extérieur. 

.

 

 

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

 

.

Mais, après tout, qu'allait-elle faire dans cette galère ? Lui était-il arrivé la même mésaventure que Jonas avalé par une baleine ?

Pas du tout. Refusant de céder aux avances du méchant préfet Olybrius pour mieux offrir sa virginité au Christ, et refusant en outre d'abjurer sa foi, elle se retrouva en prison :

" Pendant qu'elle était dans son cachot, elle pria le Seigneur de lui montrer, sous une forme visible, l'ennemi qui combattait avec elle ; et voici qu'un dragon effroyable lui apparut; comme il s'élançait pour la dévorer, elle fit un signe de croix et le monstre s'évanouit; ou bien, d'après ce qu'on lit ailleurs, ouvrant la gueule sur sa tête et étendant la langue sur son talon, il l'avala dans l'instant ; mais pendant qu'il voulait l'absorber, elle se munit du signe de la croix, et par la vertu de la croix le dragon se fendit, et la vierge sortit saine et sauve. Mais ce qu'on rapporte du dragon qui la dévora et se fendit est regardé comme apocryphe et de peu de valeur." (Légende dorée)

Ou encore, dans la traduction de Teodor de Wyzewa  (1910) :"Et voici que lui apparut un dragon hideux qui voulut se jeter sur elle pour la dévorer. Mais elle fit le signe de la croix, et le dragon disparut. Ou encore comme l'affirme une légende, le monstre la saisit par la tête et l'introduisit dans sa bouche; et c est alors qu'elle fit un signe de croix par la vertu duquel le dragon creva, et la vierge sortit de son corps sans avoir aucun mal."

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202210w/f369.item

La Légende relate des événements bien plus véridiques et plus croustillants encore, lorsque l'Olybrius la dénude, la fait suspendre à un chevalet et la brûle avec des torches ardentes, qui la laisse de marbre, ou la frappe par les verges puis la déchire par des peignes de fer jusqu’à ce que ses os fussent dénudés. Ou lorsqu'il la plonge dans un baquet d'eau, et que la terre tremble et que le bassin éclate. Elle finit par être décapitée, car comme pour Catherine, l'épée est l'argument indiscutable. Mais avant de mourir, Marguerite demande au Ciel une dernière faveur, celle  que toute femme en couche en danger qui l'invoquerait mettrait au monde un enfant indemne. 

 

Elle est donc invoquée par les femmes en couche, pour les dangers de la délivrance.

.

 

 

.

 

 
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

.

.

Le plafond à caissons et toupies est le même que celui de la tribune. Les jambes de force sont deux "lions" appuyés sur des consoles en volutes ; celui de droite a un visage humain.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

Malgré tout l'intérêt que je porte à sainte Marguerite, c'est le dais qui la surplombe qui retient mon attention. Et cela pour deux raisons (au moins). La première raison, dont je me débarrasse, est la présence de deux indices du style Renaissance bellifontain (de l'École de Fontainebleau vers 1530) : les cartouches en cuir découpés à retournement (qu'on retrouvera abondamment ensuite au château de Kerjean vers 1580) et le masque féminin à linge noué et collerette. Je ne m'attarde pas, puisque ce style a déjà fait l'objet  de l'étude du chancel, en deuxième partie.

.

 

La seconde, et plus savoureuse raison  tient à la surprise de découvrir ici deux licornes affrontées. Certes, cet animal n'est pas absolument rare dans le décor sculpté de Bretagne, mais il s'y trouve réservé dans ce monde intermédiaire des sablières.

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
 

.

Ces licornes, quasi identiques sur les deux retables, tiennent dans leur pattes antérieures un cartouche en cuir découpé à enroulement, seulement orné au centre d'un ovale blanc. Cet "œuf clair" symbolise-t-il la virginité ?

.

Entre leurs cornes, elles tiennent un objet dans lequel on distingue facilement un cercle blanc inclut dans des oves. Ce cercle est traversé par les tiges vertes  de deux bouquets de rose (ou deux branches chargées de pommes), qui forment un nœud au centre, puis une boucle en fer à cheval au dessus.

.

La licorne est associée à l'idée de virginité depuis que s'est développé la tradition affirmant que, pour la chasser, il fallait l'attirer en disposant, assise dans un bois ou un jardin, une jeune fille vierge, dont l'odeur la séduit.

J'ai développé ces points, d'ailleurs bien connus,  ici

 

.

Dés lors, nous pouvons voir dans ces animaux, et leur bouquet,  un hommage à la virginité de sainte Marguerite, dont le nom de Margarita, "perle" est en soi une affirmation de pureté, et de blancheur immaculée. 

.

.

Les marques d'imprimeur : un modèle possible ?

Nous retrouvons cet emblème dans la marques d'imprimeur de Thielman Kerver,, puis de son épouse Yolande Bonhomme, puis de   leur fils Jacques Kerver, puis de son successeur  Claude Chapellet.

Nous aurions, à La Roche-Maurice, une synthèse de la marque de Thielman Kerver et de celle de Claude Chappelet.

.

L'université de Poitiers (La licorne dans les marques d'imprimeur) en donne les descriptions suivantes :

Thielman Kerver imprimeur-libraire à Paris de 1497 à 1522.

« Cette marque a la forme courante des premières marques parisiennes du XVIe siècle dans lesquelles deux animaux, en position de supports héraldiques, tiennent un écusson accroché à un arbre, porteur du chiffre et des initiales de l’imprimeur. L’héritage du Moyen Âge est encore perceptible dans le décor rappelant les miniatures enluminées et dans la représentation de la licorne qui tient plus de la chèvre (forme sous laquelle elle était plutôt représentée dans les bestiaires médiévaux) que du cheval. Dans les marques des successeurs, Jacques Kerver et Claude Chappelet, la licorne, assise seule, prend une allure chevaline. »

.

.

Yolande Bonhomme imprimeur-libraire à Paris de 1522 à 1557.

« Fille de Pasquier Bohomme et épouse de Thielman Kerver dont elle prend la succession à sa mort. Les licornes, tels deux supports héraldiques, sont héritées de la marque de Thielman Kerver, mais dans l’écusson le chiffre et les initiales du défunt époux ont été remplacés par les instruments de la Passion, désignés par la devise « Redemptoris mundi arma ». C’est donc le Sauveur que symbolise ici la licorne, comme la légende de la chasse et de la capture de la licorne symbolise également la Passion du Christ. ».

.

 

.

Claude Chappelet libraire à Paris de 1568 à 1648.
« Il succéda à Jacques Kerver (fils de Thielmann Kerver) dont il reprend la marque à la licorne sans même en avoir modifié les initiales. »

Ici un ouvrage de 1617. Voir aussi un ouvrage de 1588, et un autre de 1604.

.

.

 

Un peu plus tard (et peut-être un peu trop tard pour servir de modèle au fronton de La Roche-Maurice), il faut s'intéresser à la marque de Johann Kinckius, imprimeur-libraire à Cologne de 1605 à 1656, car la référence à la virginité, et à l'Immaculée Conception, y est explicite. La marque est en effet présente sur la Defensio pro immaculata deiparae virginis conceptione de Ferdinand Chirino de Salazar, publiée à Cologne par Johann Kinchius en 1622 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, M 7868). 

"La licorne, sauvage, puissante, était réputée invincible et impossible à capturer vivante. Les légendes antiques et médiévales relatent la ruse utilisée par les chasseurs pour l’attraper ou la tuer. Attirée par l’odeur d’une jeune fille vierge à l’âme pure, l’animal venait poser sa tête sur ses genoux et, confiant, s’endormait, devenant ainsi une proie facile."

"Au Moyen Âge, cette légende fut interprétée comme une symbolique de l’Incarnation, la jeune fille personnifiant la Vierge Marie et la licorne, le Christ. La marque de Johann Kinckius en est une illustration. La licorne, agenouillée devant la Vierge Marie, touche celle-ci de sa corne, symbolisant l’Esprit divin descendant en son sein. De cette scène Johann Anton Kinckius, fils de Johann, n’a conservé que la licorne, symbole christique, s’en remettant à la protection divine comme le laisse entendre sa devise « In manibus Dei sortes meae » (Mon destin [est] entre les mains de Dieu)."



"Le texte inséré dans la marque « Dilect’. Me.’ Quem adm. Fili’. Unicorniu. » est tiré du psaume 28 : « mon bien-aimé est comme le fils des licornes». Aux angles figurent les quatre évangélistes et leurs attributs.
La licorne est aussi l’enseigne de Kinckius comme l’indique l’adresse : « sub Monocerote ». En latin la licorne est désignée sous les termes de monoceros (d’origine grecque) ou unicornus, c’est-à-dire qui n’a qu’une corne."

.

 

 

.

.

 

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

LE RETABLE DE DROITE : SAINTE ANNE ÉDUCATRICE.

.

Maintenant que nous avons compris comment interpréter  ces licornes, nous voyons qu'il faut appliquer cette notion de virginité aux deux occupantes du retable de droite. Cela ne pose pas de difficulté pour Marie, la Vierge. Mais néanmoins, il faut aller plus loin et, admettre que le commanditaire a voulu rendre hommage à la virginité de sainte Anne, mère de Marie par la rencontre de son mari Joachim devant la Porte Dorée de Jérusalem. Et le simple baiser, ou l'étreinte, qui permis la fécondation miraculeuse.

En un mot, ces deux retables sont une affirmation de l'Immaculée Conception.

Voir, parmi d'autres articles, celui sur l'Arbre de Jessé de Moulins (Allier) .

 

.

 

 

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)
Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.
.
.

.

.

Photo complémentaires.

.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Jubé de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes.
25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 20:22

Le jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). II. La clôture de chœur.

 

 

 

 

1. Voir sur ce jubé :

2. Voir sur cette église :

 

.

.

— Voir sur les autres monuments de la commune :

3. Voir sur les jubés de Bretagne :

Le jubé (en pierre de kersanton) du Folgoët

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). A. La clôture. 1480-1492

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). B. La tribune.

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. II. Le coté du chœur (coté est).

L'église de Goulven IV : la tribune d'orgue, ancien jubé du XVIe siècle.

La tribune de l'église d'Esquibien. (ancien jubé, XVIe siècle)

.

3. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

. 4.Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

 

.

PRÉSENTATION.

.

Description générale 

"Sur une longueur de 5 mètres entre les deux grosses piles de l’entrée du chœur, est placé un jubé en bois de chêne polychromé d’une ornementation abondante qui le date de la fin du XVIe siècle. Il se compose d’un soubassement de panneaux surmonté d’une claire-voie. Celle-ci sert d’appui à des montants verticaux ou obliques qui soutiennent la tribune à laquelle on accède par un escalier aménagé dans la pile sud." (G. Leclerc)

Soucieux de fournir aux amateurs une iconographie commentée de l'expression de l'art de la Renaissance, et de la pénétration des décors grotesques en Bretagne, je consacrerai à ce jubé breton trois articles :

— I. La tribune.

— II. La clôture de chœur.

—III. Les deux retables aux licornes : sainte Marguerite et sainte Anne éducatrice.


.

Introduction lexicologique.

.

Il faudrait distinguer le jubé (au sens strict : la tribune) et la clôture qu'il domine.

L'article Wikipédia incite à réserver le terme de chancel aux clôtures paléochrétiennes et médiévales, et à parler ensuite de clôture de chœur, pour désigner la même séparation entre le chœur réservé au clergé et la nef réunissant les fidèles.

Puisque ce jubé (au sens large ou métonymique) de La Roche-Maurice date de la Renaissance, j'ai donc, bête et discipliné,  employé le terme de clôture de chœur pour le titre de cet article.

Mais la consultation du Trésor de la Langue Française à l'article "chancel" est néanmoins fructueux, puisqu'il indique que ce mot apparu dans notre langue dès 1130 est issu du latin cancellus "grille, treillis", du verbe cancello "disposer en treillis". Le chancel est une grille, ou une balustrade, donc une séparation à claire-voie, c'est là où je veux en venir. Mais puisque les treillis (cancellationis) servaient à délimiter  les champs, on peut comprendre que l'idée de limite, de frontière ou de séparation est associée à l'idée d'entrecroisement en grillage.

.

Accessoirement (mais c'est ma gourmandise), j'apprends que chanceler, c'est marcher avec les jambes qui tricotent en X comme les barres d'un grillage, et que le chancelier ou "préposé à la grille"  était l'appariteur placé près de la barrière séparant le public de la cour de justice (Alain Rey). Incarcérer, c'est, je m'en rends compte maintenant, mettre quelqu'un (et de préférence quelqu'un d'autre que moi) "derrière les barreaux" (latin cancer, cancri). Si je vous disais que tout ce petit monde de mots provient de la racine indo-européenne °karkr-, °kankr- "objet fait de matériaux entrelacés" (Alain Rey), vous comprendriez que nous ne puissions pas ôter facilement à ce mot de chancel son image d'entrelacs.

.

Tout cela pour dire que nous aurions tort d'imaginer les jubés comme des séparations étanches et pleines comme des portes derrière lesquels le public n'a aucun autre accès à ce qui se passe dans le chœur que les lectures et les chants que quelque clerc veut bien venir leur proposer du haut de la tribune. Au contraire, les fidèles participent pleinement à l'office, au déploiement de luxe de la paramentique, aux chants et psalmodies sacrées et aux parfums de l'encens. Pourvu qu'ils soient bien placés...

 

 

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

LA PARTIE SUPÉRIEURE EN CLAIRE-VOIE.

 

.

Quatre colonnes de chaque coté laissent la place, au centre, à une porte dont la largeur incite à imaginer à deux vantaux. 

.

I. Le coté tourné vers la nef.

.

Elle associe des motifs religieux (les figures de 4 saintes) ou laïc (un soldat) avec un vocabulaire typique de l'art grotesque, avec notamment cette hybridation des formes (humaines, angéliques, animales) par le végétal, et cette  désinvolture vis à vis de la réalité.

.

A. La colonnade du coté gauche.

.

Entre deux hémi-colonnes, la colonnade de quatre fûts évasées et baguées  aux chapiteaux pseudo-corinthiens sommés d'un fleuron soutient une architrave à deux registres. Le registre supérieur aligne trois frises de modillons en volutes (ou langocha), d'oves feuillagées et de perles. Le registre inférieur est celui des arcades en plein cintre, occupés de personnages.

.

a) Dans ces arcades en plein-cintre formant niche, nous trouvons successivement de gauche à droite :

un masque ailé crachant un feuillage.

un masque ailé à barbe bifide crachant un feuillage.

Un masque barbu coiffé d'un linge noué

Une tête de mouton, feuillagée et crachant des feuillages

Un soldat en buste, coiffé d'un bonnet, la tunique plissée recouverte d'une cape, et désignant de l'index gauche l'épée ou glaive posée sur l'épaule droite.

 

 

.

b) Dans les intervalles ou écoinçons :

.

Un masque de profil

Un putto ailé à collerette de trois tiges de feuilles

Un putto ailé à bavette  de feuilles

Une tête de bélier crachant trois tiges de feuilles

Un putto ailé à collerette de trois tiges de feuilles

Un masque de profil


 

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

B. La colonnade du coté droit.

.

Nous retrouvons la colonnade de quatre colonnes évasées et baguées et leur chapiteau pseudo-corinthien sommé d'un fleuron. 

 

.

a) Dans les arcades en plein-cintre formant niche, nous trouvons quatre saintes déjà représentées sur le coté est de la tribune. Ce sont successivement de gauche à droite :

Sainte Marie-Madeleine et son pot d'aromates.

Sainte Marguerite et son crucifix.

Une sainte vierge et martyre.

Sainte Apolline.

Au centre, un masque crachant un feuillage.

.

.

b) Dans les intervalles ou écoinçons :

Un masque de profil.

Un masque de putto ailé crachant des feuillages.

Un masque humain coiffé d'un linge noué.

Un masque anthropomorphe feuillagé.

Un masque de putto ailé à cuir et feuillage.

Un masque de profil.

.

.

 

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

 C. La frise au dessus de la porte.

.

Là encore, les thèmes grotesques sont déclinés, avec ces rinceaux dont les tiges sont crachées par un mascaron au bonnet de linge noué (motif récurrent ici), ou par des masques de profil, lorsqu'ils ne proviennent pas des jambes d'un putto, tandis que leurs extrémités se transforment en gueules de dragons ou de poissons : toujours le même principe de mutation des formes.

.

Note : on va retrouver le motif du mascaron au bandeau noué en mouchoir de ménagère à grands nœuds de rosettes et s'évasant derrière la nuque à plusieurs reprises sur cette clôture. Il importerait d'en trouver le modèle. Mon exploration des peintures romaines  à la grotesque , des mascarons sculptés souvent plus tardifs (Bordeaux, Nantes, Paris, Strasbourg) ou des recueils de gravures diffusant l'art italien et bellifontain ne pouvait être exhaustive mais est resté vaine pour l'instant. À défaut, on notera qu'il apparaît à l'identique sur les sablières de Bodilis en 1574 (Sa Sb2 et Sb3, entrait E1), et sur celles de Notre-Dame de Berven à Plouzévédé, en 1579.

.

 

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

II. Le coté tourné vers le chœur.

.

.

 

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

 

.

.


 

A. La colonnade du coté gauche.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Le montant du coté gauche.

.

Il est centré par un mascaron en haut relief d'une tête d'homme, moustachu, et coiffé du même bandeau noué, mais dont le voile forme ici une collerette.

Trois autres têtes ornaient les autres montants (la dernière est perdue). Elles rappellent celles du bénitier du trumeau du porche sud.

Le décor est de haut en bas :

un masque casqué crachant des dauphins

un couple de dauphins affrontés

des feuillages et fruits

un putto ailé crachant des volutes de feuillages

un cuir découpé à enroulement

Des feuillages.

 

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Les 5 personnages des arcades de la claire-voie.

Il manque la partie inférieure, dont la présence est attestée par un trou de fixation d'une cheville à leur partie basse.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Saint Yves coiffé de la barrette de docteur (en théologie) faisant le geste de l'argumentation juridique.

.

Le patron de l'église débute cette série.

Sur ce geste où la pulpe de l'index vient sur celle du pouce, voir parmi de nombreux exemples dans ce blog celui de Saint-Sébastien de Saint-Ségal : 

https://www.lavieb-aile.com/2019/07/la-chapelle-saint-sebastien-en-saint-segal-l-arc-de-triomphe.html

Il est encadré d'un masque feuillagé de profil et d'un oiseau.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Putto ailé et feuillage.

.

À sa droite, un cheval feuillagé.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Moine tenant un livre ouvert.

.

À sa droite, un aigle.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Saint Pierre tenant sa clef.

.

.

À sa droite, un cheval feuillagé.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Saint Paul tenant un livre et une épée.

.

.

À sa droite, un masque de profil, feuillagé.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Le montant gauche de la porte.

.

Il comporte un masque grimaçant et feuillagé en moyen relief, un cuir découpé à enroulement noué à un ruban, un masque animal, un masque anthropomorphe feuillagé crachant des tiges et des dauphins.

.

 

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

La frise au dessus de la porte.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Un putto nu et ailé tient les extrémités en tête de serpent des rinceaux. Son ventre et ses jambes sont remplacées par des feuillages, sources des rinceaux. dilatés en trompes, qui se métamorphosent en dragons.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Le masque coiffé d'un bandeau noué crache des rinceaux qui, là encore, se transforment en serpents ou en masques de profil.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

B. La colonnade du coté droit.

 

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Le montant de gauche.

.

Il est orné d'une très belle tête féminine en haut relief.

Le décor est :

une tête de putto ailé crachant des feuillages

des feuillages en volutes affrontés

Le masque féminin à bandeau noué et voile

Un cuir découpé à enroulement

Des feuillages et fruits.

.

 

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Les 5 personnages des arcades de la claire-voie.

.

Ce sont les mêmes figures que celles sculptées au verso, et visibles du coté ouest.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Un soldat casqué montre du doigt l'épée qu'il tient contre son épaule gauche.

 

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Une tête de mouton, feuillagée et crachant des feuillages

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

4. Un masque barbu coiffé d'un linge noué.

.

 

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

 

5. un masque grimaçant ailé crachant un feuillage.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

un masque ailé crachant un feuillage.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Le montant de droite.

.

La figure centrale, fixée par tenon et mortaise, est perdue.

De haut en bas :

Un masque feuillagé coiffé de palmettes et crachant des volutes feuillagées

Un putto nu et feuillagé, coiffé de palmes, aux pattes de bouc, et libérant par l'anus une tige verte

le cadre à volutes du haut relief manquant

Un masque de putto ailé crachant des tiges et des volutes portant des fruits

Un cuir découpé à enroulement,

des feuillages.

.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

 C. La frise au dessus de la porte.

.

Elle reprend les mêmes motifs qu'à son avers visible du coté ouest.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

LA PARTIE INFÉRIEURE DE LA CLÔTURE.

.

 

La partie inférieure de la clôture, coté de la nef.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Le personnage du montant de gauche : Un femme jouant du violon.

.

Par le couple qu'elle forme avec le personnage d'allure christique de droite, nous pourrions penser à Marie-Madeleine, mais ses cheveux sont bruns, et, surtout, elle tient un objet contourné qui n'est pas un flacon d'aromates, mais bien plus probablement un violon.

Ses jambes et ses pieds sont nus, et croisés comme lors d'une danse.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Les 3 panneaux de grotesques de la partie gauche.

.

Ils s'organisent, comme les dorsaux des stalles de La Guerche datant vers 1518-1525, , ou comme les boiseries de la clôture de chœur de Gaillon datant de 1509 (ou comme les panneaux ornementaux attribués à Giovanni Pietro da Birago, gravés en 1505-1515), mais au lieu de s'organiser en volutes de rinceaux  affrontés en deux parties symétriques verticalement, ils construisent leurs trois registres autour de figures centrales.

 

.

Premier panneau.

.

Masque ailé feuillagé dont les rinceaux se terminent par des masques feuillagés de profil et se regardant

Deux volutes affrontés s'achevant pas des masques feuillagés barbus de profil

Tête de putto ailé dans des volutes réunis au centre par une bague.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Deuxième panneau.

.

Masque feuillagé cornu et barbu orné de tiges à épillets et crachant des rinceaux. La tige centrale se noue comme un ruban et suspend le motif suivant

Cuir découpé à enroulement, portant en son centre un visage, et sur ses cotés des épillets

Guirlandes de légumes (cucurbites) ou de fruits.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Troisième panneau.

.

Masque de putto ailé d'où partent des rinceaux en volutes dont deux s'achèvent en gueules de dragon. Ce masque crache un ruban vert

À ce ruban  est suspendu un cuir découpé à enroulement, portant en son centre un visage, et sur ses cotés des épillets

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Le personnage en haut relief du montant : Le Christ ressuscité ??

.

Son torse nu et son manteau rouge plaide pour l'hypothèse christique. Au contraire, son chapeau à plumet jaune, la position de sa main (qui ne désigne pas une plaie du flanc droit, mais le milieu de la poitrine), ou ses jambes entrecroisées dans une figure de danse, ne plaident pas pour cette piste.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

 

Les 3 panneaux de grotesques de la partie droite.

.

.

 

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Montant de gauche : lion traversant un rouleau orné d'une tête grimaçante.

.

Ce motif se retrouve aussi sur les montants de la tribune.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

 

.

Premier panneau.

 

.

Masque  d'homme moustachu, feuillagé et ailé

Rinceaux en volutes produisant des fruits, ou se terminant par une gueule animale.

Cuir découpé à enroulement, portant en son centre un visage

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

 

.

Deuxième panneau.

.

Masque  d'homme ailé au visage se déformant en cuir à enroulement.

Rinceaux en volutes produisant des fruits, ouun visage de putto au centre, ou se terminant par des têtes de béliers.

Rinceaux en volutes à feuillages et épillets, ou à masques anthropomorphes de profil.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

 

.

Troisième panneau.

.

Masque de putto entouré de feuillages.

Rinceaux en volutes produisant des fruits ou légumes autour d'un cuir à enroulement, et s'achevant par deux  têtes de dragons affrontés.

Femme nue sur une jupe de feuillage, tenant les tiges des rinceaux qui s 'achèvent en bas par des têtes animales.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Montant de droite.

Terme féminin à la tête de satyre, sans bras, sur un pilier recouvert de feuillages, comme les termes des montants de la tribune.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

La partie inférieure de la clôture, coté chœur.

.

Les 3 panneaux de grotesques de la partie gauche.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Montant de gauche. 

Cuir découpé et feuillages.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Premier panneau.

.

Masque grimaçant, en bandeau noué et voile en collerette plissé.

Rinceaux en volutes s'achevant par des masques de profil

Cuir découpé à enroulement, frappé de clous, portant en son centre un visage grimaçant et feuillagé.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Deuxième panneau.

.

Masque masculin grimaçant, feuillagé, entouré de deux masques de profil au bout de rinceaux.

Cuir découpé  à enroulement, orné d'un masque et traversé de feuillages.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Troisième panneau.

.

Masque de lion ou de mouton crachant des rinceaux, s'achevant en masques anthropomorphes de profils.

Femme nue, coiffée du bandeau noué à voilettes, et dont le bas du corps est remplacé par des feuillages. Elle tient les tiges des rinceaux produisant des légumes.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Montant de droite.

Masque de lion crachant des rinceaux

Cuir découpé à enroulement et feuillages.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Les 3 panneaux de grotesques de la partie de droite.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Montant de gauche.

Masque d'animal cornu crachant des rinceaux s'achevant en tête de serpents.

Tige et feuillage traversant une tunique et jupe.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Premier panneau.

.

Masque anthropomorphe  coiffé de palmettes sur un bandeau noué de chaque coté.

Rinceaux s'achevant par des têtes de serpents.

Rinceaux produisant des rosettes.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Deuxième panneau.

.

Masque d'homme barbu, feuillagé, coiffé du bandeau noué, entouré de feuilles.

Il crache une tige se divisant en rinceaux de fruits et de légumes, et de rinceaux s'achevant en tête d'oiseaux feuillagés.

Cuir découpé à enroulement, centré par une tête d'enfant, ailée.

.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Troisième panneau.

.

Masque d'homme à barbe bifide , au bandeau noué à voile derrière la nuque, entouré de feuilles.

Il crache une tige se divisant en rinceaux s'achevant en tête de serpents, et de rinceaux s'achevant en tête d'oiseaux feuillagés.

Cuir découpé à enroulement, centré par une tête d'enfant.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Montant de gauche.

Masque anthropoïde ou léonin, feuillagé, crachant des rinceaux

Rinceaux s'achevant par des masques de profils.

Feuillages.

.

 

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Clôture de chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

CONCLUSION.

Le jubé de La Roche-Maurice et sa clôture de chœur nous offrent un superbe exemple de la pénétration en Bretagne, à une date hélas imprécise vers le milieu ou la fin du XVIe siècle, de l'art à la grotesque.

Ces décors révélés à la fin du XVe siècle aux artistes italiens par la découverte des anciens palais de Néron (1er siècle) et  peints  par Raphaël ou Giovanni da Udine pour la Loggetta et les Loges du Vatican (1519) avaient fait leur apparition en Bretagne, en bas-reliefs, sur le tombeau de Thomas James à Dol-de-Bretagne vers 1508, puis sur les stalles de La Guerche de Bretagne vers 1518-1525. Ce nouveau décor se caractérise par son attrait pour les métamorphoses, par son indépendance vis à vis de la réalité, par son obsession des courbes, en volutes notamment, par son monde en deux dimensions, et par l'absence de toute référence au religieux. 

Ici, à La Roche-Maurice, nous le voyons côtoyer les figures de saints et saintes et le regard passe du coq à l'âne, de l'hagiographie médiévale aux trivialités fantasques, sans aucune séparation entre les genres. 

Les masques feuillagés témoignent de cette confusion entre les formes qui se contaminent entre elles.

Les mascarons appartiennent à ce vocabulaire. J'ai souligné l'intérêt, comme indice iconographique, de la figure (masculine ou féminine) à bandeau noué en rosette et voile plissé. Elle est très largement employée ici, et se retrouve sur le charpente de Bodilis.

Les termes (atlantes, cariatides) avaient été diffusés, toujours par reprise de l'art des antiquités romaines,  par les recueils d'architecture de Sébastien Serlio en 1537. Ils sont repris ici, tant sur la tribune que sur la clôture, dans leur rôle de marquage d'une transition et d'un seuil, bien avant d'apparaître sur l'ossuaire de La Martyre.

Quant aux cuirs découpés à enroulement, ils ont été développés par l'École de Fontainebleau, notamment sur les boiseries de la galerie François Ier réalisés en 1535 par Francesco Scibec de Carpi. Les panneaux de la clôture en montrent des exemples achevés, mais puisque sa date est imprécise, nous ne pouvons savoir si ils précèdent ceux de l'architecture du château de Kerjean (29) et de la charpente de sa chapelle, sculptés vers 1570.

Nous noterons néanmoins l'absence de médaillons.

Ainsi, de multiples liens peuvent être tracés entre ce décor et celui des autres bâtiments Renaissance, soit pour en souligner la similitude et les rapports, soit pour déterminer peut-être quelques traits spécifiquement locaux. C'est le rôle des liens proposés, au début, vers mes autres articles.

Il est par exemple intéressant de reprendre, après cette visite, celle du jubé de la chapelle  Saint-Nicolas en Priziac  peint en 1580.

.

 

 

 

 

 

.

.

 


 

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article234

CASTEL (Yves-Pascal) / CAOUISSIN (Eflamm)  /DIOCÈSE DE QUIMPER, 2 décembre 2014,  YOUTUBE

https://www.youtube.com/watch?v=BC6Gm629lcE&feature=emb_logo&ab_channel=Dioc%C3%A8sedeQuimper

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/5592f62fd515e4240a066ba83b49b374.pdf

CROGUENNEC (André)

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/lr/jube-lr.htm

DEBIDOUR (Victor Henri), 1924,  L'art de Bretagne,  réed. Arthaud 1979 page 198

"Jubé de Priziac, achevé en 1580. [...] À La Roche-Maurice, dernière étape : la tribune n'est plus sur voûte, mais sur plafond à caissons décorés d'entrelacs en « cuirs » avec des toupies pendantes ; de monstrueuses consoles animales, accroupies, soutiennent ce plafond."

— GUSTI HERVÉ, "Les Jubés", conférence

https://www.utl-kreizbroleon.fr/crconf/conf1213/jubes.html

JULES (Matthieu), guide pour la SPREV, 2018, Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=2uq5YmOPmf8&ab_channel=MatthieuJULES

https://www.youtube.com/playlist?list=UU9Oua4vaYC2qbSXQsfnv8TA

 

LECLERC (Guy),2012, SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/58e3e365148ef0.21808328/2012_31.pdf

"Sur une longueur de 5 mètres entre les deux grosses piles de l’entrée du chœur, est placé un jubé en bois de chêne polychromé d’une ornementation abondante qui le date de la fin du XVIe siècle. Il se compose d’un soubassement de panneaux surmonté d’une claire-voie. Celle-ci sert d’appui à des montants verticaux ou obliques qui soutiennent la tribune à laquelle on accède par un escalier aménagé dans la pile sud.

Sur les six panneaux du soubassement de 66 sur 32 centimètres chacun, figurent, en bas-relief, sur les deux faces, des grotesques constituées de visages coiffés de plumes ou de turbans noués sur les côtés, de ces visages partent des rinceaux se terminant par des têtes humaines ou animales. La partie inférieure des panneaux est décorée de cuirs enveloppant un masque.

La claire-voie est composée de colonnettes tournées présentant un triple étage de formes et terminées par des chapiteaux corinthiens. Aux extrémités des claires-voies les montants sont décorés d’une succession de masques ou de personnages soutenant des chutes de feuillages. L’entablement au-dessus de la claire-voie présente d’abord une série d’arcatures encadrant des bustes en relief de saints personnages ou autres. Au-dessus de la porte, aujourd’hui disparue, deux grotesques évidées montrent un personnage ailé jaillissant de rinceaux qui se terminent en têtes de dauphins. Au-dessus de la frise, des palmettes sont surmontées de gouttes et de volutes. Les montants perpendiculaires ou obliques qui soutiennent la tribune sont décorés de cariatides humaines ou animales à l’aspect menaçant. Tout ce décor abondant et extrêmement varié appartient à la tradition maniériste de la seconde Renaissance. Ici, la dévotion semble faire bon ménage avec des représentations humaines caricaturées et dénudées. Rien ne permet de dire à qui revient l’initiative d’un tel décor entre le commanditaire ou l’artiste. Le sculpteur disposait de gravures diffusées en grand nombre par les ornemanistes du XVIe siècle. Des inscriptions qui figuraient sur des écriteaux tenus par des cariatides ont été buchées. Au milieu de tous ces personnages caricaturés apparaît, sur un montant de l’entrée, le buste d’une jeune femme sculptée en haut-relief : apparition surprenante dans ce monde de sculptures en délire.

La tribune offre un décor moins burlesque plus propre à accueillir sur sa face du côté de la nef, la théorie incomplète des Apôtres sculptés en haut-relief dans des niches en trompe l’œil surmontées de dais à fuseaux. Sur l’autre face, du côté du chœur, on a les représentations en bas-relief de saints personnages en compagnie du Christ ressuscité.

Le dessous de la tribune est constitué d’un plafond à caissons décorés de motifs géométriques et de pendentifs. Du côté de la nef, la tribune sert de poutre de gloire pour une crucifixion encadrée de la Vierge et saint Jean."

LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental, page 501.

"Le jubé de la Roche est une des plus belles œuvres en chêne sculpté que nous ait légué le XVIe siècle. Le soubassement plein est surmonté d'une clairevoie à barreaux fuselés, entremêlés de colonnettes formant pendentifs d'un très heureux effet.

Au-dessus règne une plate-forme dont le plafond divisé en caissons, a pour supports d'élégantes consoles ornées de figures fantastiques. Les deux façades de la galerie, où on monte par un escalier ménagé dans le pilier, à l'entrée du chœur du côté de l'Épître, sont richement décorés de panneaux avec personnages. Du côté de la nef sont neuf Apôtres et trois papes. La façade du côté chœur contient les statues suivantes : saint Pol Aurélien - évêque bénissant - saint Christophe - saint Michel terrassant le dragon - sainte Marguerite - Christ de Résurrection - sainte Marie Magdeleine - sainte Barbe - sainte Appoline - saint Antoine, ermite - sainte Geneviève - autre sainte Marguerite. Un grand Christ en croix domine le jubé ; à sa droite, la Vierge, à sa gauche, saint Jean. Les statues de ce groupe sont presque de grandeur naturelle"

 

Petit-patrimoine

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=29237_2

Mairie :

http://www.larochemaurice.fr/fr-fr/patrimoine/l-eglise-saint-yves-et-l-enclos-paroissial

RIDEL (Laurent)

https://decoder-eglises-chateaux.fr/jubes-fonctions-architecture-histoire/

— SERLIO Sebastiano, Regole generali di architettura (...) sopra le cinque manière degli edifici (...) , Venise, 1537

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/la-roche-maurice-eglise-saint-yves/

TASSIN (Raphaël), 2018, "Le frontispice du Quarto libro de Sebastiano Serlio et sa fortune durant l’époque moderne" in Construire avec le corps humain. Bauen mit dem menschlichen Körper, dir. S. Frommel, E. Leuschner, V. Droguet, T. Kirchner, collab. R. Tassin et C. Castelletti, Rome/Paris, Campisano/Picard, 2018, vol.1, p. 239-253.

https://www.academia.edu/36826171/_Le_frontispice_du_Quarto_libro_de_Sebastiano_Serlio_et_sa_fortune_durant_l_%C3%A9poque_moderne_

 

POP

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090399

WIKIPEDIA

https://en.wikipedia.org/wiki/La_Roche-Maurice_Parish_close

https://en.wikipedia.org/wiki/File:La_Roche_Maurice_Lettner_det03.jpg

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Grotesques Sculpture Chapelles bretonnes. Renaissance
18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 16:16

Le jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29).I. La tribune.

.


 


 


1. Voir sur cette église :

 

.

.

— Voir sur les autres monuments de la commune :

2. Voir sur les jubés de Bretagne :

Le jubé (en pierre de kersanton) du Folgoët

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). A. La clôture. 1480

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. I. Le coté de la nef (Ouest). B. La tribune.

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. II. Le coté du chœur (coté est).

L'église de Goulven IV : la tribune d'orgue, ancien jubé du XVIe siècle.

La tribune de l'église d'Esquibien. (ancien jubé, XVIe siècle)

.

3. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

. Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

 

.

PRÉSENTATION.

.

Description générale 

"Sur une longueur de 5 mètres entre les deux grosses piles de l’entrée du chœur, est placé un jubé en bois de chêne polychromé d’une ornementation abondante qui le date de la fin du XVIe siècle. Il se compose d’un soubassement de panneaux surmonté d’une claire-voie. Celle-ci sert d’appui à des montants verticaux ou obliques qui soutiennent la tribune à laquelle on accède par un escalier aménagé dans la pile sud." (G. Leclerc)

Soucieux de fournir aux amateurs une iconographie commentée de l'expression de l'art de la Renaissance, je consacrerai à ce jubé breton trois articles :

— La tribune.

— La clôture ou chancel.

—Les deux retables aux licornes : sainte Marguerite et sainte Anne éducatrice.

.

Datation 

-vers 1540, si on se réfère à  la verrière, selon Yves-Pascal Castel (vidéo)

-vers 1550 (M. Jules)

-vers 1560-1570, SPREV

1570-1580, "Petit Patrimoine" 

-"fin XVIe siècle" ... "Seconde Renaissance" Guy Leclerc.

Je rappelle que le portail sud date du milieu du XVIe siècle, que la maîtresse-vitre date de 1539, et que les sablières datent de 1552 (bas-côté sud), 1559 (nef et chœur) et 1561 (bas-côté nord).

Il est amusant ou intriguant de constater que, si on adopte une datation postérieure à 1560, celle-ci correspond à la fin du concile de Trente (1545-1563),  par lequel il fut demandé aux paroisses de dégager le lieu de la célébration liturgique en enlevant les jubés, précisément installés pour fermer le chœur et isoler le célébrant et les membres du clergé des fidèles tout en permettant à ceux-ci d'entendre la lecture des textes liturgiques et les chants donnés depuis la tribune. Après ce Concile de Trente, les jubés ont été démontés et remplacés par des chaires à prêcher. Pourquoi celui-ci fit exception ? 

La datation n'est pas accessoire, notamment en histoire de l'art pour suivre la pénétration du style des décors Renaissance (grotesques et cuirs à enroulements) en Bretagne. La pose du jubé suppose que la toiture du chœur soit achevée, soit entre 1539 (vitrail) et 1561 (sablières). On peut s'appuyer sur la date de la diffusion des gravures de modèles de termes et cariatides par Serlio (1537) ou Androuet du Cerceau (1546-1560) et autres diffuseurs du style italien puis bellifontain. Plus on adopte une date tardive, plus cette réalisation devient contraire aux consignes du Concile de Trente, achevé en 1564, sur le passage de chœurs clos, médiévaux, aux chœurs ouverts permettant une intégration des laïcs au culte, son accès à la Présence Réelle du Saint-Sacrement présenté sur l'autel dans le tabernacle, et son accès à la prédication désormais délivrée depuis des chaires.  Mais c'est un vieux et complexe débat que celui de l'application de ces consignes, même si force est de constater que la Bretagne n'a conservé qu'une vingtaine de ses jubés et clôtures de chœur.

.

.

 

Restauration.

Le jubé a été restauré en 1968 par l'atelier Hémery de Paris, M. Auzas étant inspecteur des Monuments historiques (A. Croguennec).

La restauration de la charpente de l'église et de sa polychromie a eu lieu en 2014-2017 par les entreprises Le Ber et Arthema sous la supervision de Marie-Suzanne de Ponthaud.

.

 

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

LA TRIBUNE COTÉ NEF ET LES 12 PANNEAUX.

.

.

Douze niches accueillent des personnages. Les architectures en plein cintre sur des pilastres vus en perspective sont surmontées de  dais polygonaux à fuseaux encadrés par des volutes.

Ces niches séparées par des  fuseaux sont bordées en haut et en bas par des moulures à perles, rais de cœur, oves et denticules.

Elles accueillent des personnages sculptés en haut-relief. 

On trouve du coté ouest 9 apôtres qui sont barbus, pieds nus et qui tiennent un livre (les Actes des Apôtres). Ils portent tous un manteau, ouvert sur une tunique soit bouffant au dessus d'une ceinture, soit boutonnée. Il manque à la série des 12 apôtres saint Pierre, saint Jean et saint Barthélémy. Par contre, Dieu le Père est représenté trois fois, en pape, sans sembler remplacer les absents L'un de ces "papes" vaut-il pour saint Pierre  (cet façon de faire n'étant pas attesté en Finistère dans ces séries apostoliques) ?

Enfin, la séquence des apôtres ne suit pas l'ordre habituel, hiérarchisé par le Credo apostolique.

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

 

1. L'Apôtre Philippe et sa croix à longue hampe.

 

.

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

 

 

2. Dieu le Père coiffé de la tiare, bénissant, assis sur une cathèdre. [ou pour la majorité des auteurs :  un pape]

.

 

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

3. L'Apôtre André avec sa croix en X.

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.


.

4. L'Apôtre Thomas et son équerre.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

5. L'Apôtre Matthias et sa lance (ou hallebarde) (ou Jude Thaddée) .

 

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

6. L'Apôtre Matthieu et sa balance de collecteur d'impôt.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

 

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

7. Dieu-le-Père coiffé de la tiare, bénissant, assis sur une cathèdre. [ou pour la majorité des auteurs :  un pape].

.

 

.

.

8. L'Apôtre Jacques le Mineur et son bâton de foulon.

 

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

9. L'Apôtre Jules Thaddée (ou Matthias) et sa lance.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

10. Dieu-le-Père coiffé de la tiare, bénissant, assis sur une cathèdre.[ou pour la majorité des auteurs :  un pape].

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

11. L'Apôtre Simon et sa scie.

 

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

12. L'Apôtre Jacques le Majeur, son chapeau de pèlerin, son bourdon, son baudrier à coquilles et sa besace.

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

 

LA TRIBUNE COTÉ CHOEUR ET LES 12 PANNEAUX.

.

Les 12 panneaux sont séparés, comme à l'ouest, par des  fuseaux et encadrés en haut et en bas par des moulures à oves, denticules et perles, mais on ne retrouve ni les dais, ni les niches en perspective, et les personnages sont sculptés en bas-relief dans un cadre rectangulaire. Le décor  de ce cadre diffère pour chaque panneau, et énumère le vocabulaire des ornemanistes de l'époque. Seul les deux premiers panneaux reprennent, la niche en plein cintre et en perspective.

Les  saints et saintes qui entourent le Christ de la Résurrection sont ceux qui figurent, dans les Livres d'Heures, aux Suffrages. Nous avons la liste presque complète des saintes vénérées dans ceux-ci (avec sainte Ursule et sainte Hélène).

 

 

.

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.
 
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

1. Saint Pol-Aurélien, patron et fondateur de l'évêché du Léon, en évêque tenant le dragon par son étole.

.

On sait que Pol Aurélien débarrassa l'île de Batz, en face de Roscoff, du dragon qui la dévastait en passant son étole autour de son cou.

Il porte la mitre (avec ses fanons) et tient la crosse propre à sa dignité. Il est vêtu sous la chape vermillon d'un surplis blanc au dessus de la tunique talaire violette. Le dragon ailé tire sa langue rouge, mais il est asservi par la pointe de la hampe. Les pilastres de la niche sont remplacés par un décor de rinceaux et de volutes, qui est propre à l'art des grotesques.

 

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

 

.

.

.

2. Un autre évêque, sans attribut distinctif, debout sur une tête d'angelot.

.

La niche associe une voûte en plein cintre (au décor de tresse) et deux pilastres cannelés.

L'évêque n'est pas nimbé (mais saint Pol-Aurélien non plus).

Seules les couleurs de son habillement change, avec une tunique rouge et une chape verte. Mais les gants (ou chirothèques) et les chaussures liturgiques (ou "sandales" épiscopales) restent de couleur violette, car tous les deux accordés à celle du temps liturgique, ici celui de l'Avent ou du Carême. Même la mitre ou du moins les fanons sont accordés ! Mais j'ignore si les couleurs sont d'origine, ou bien relèvent d'une restauration.

.

 On peut hésiter entre saint Corentin, patron fondateur de l'évêché de Quimper (alors distinct, et jusqu'en 1790, de celui de Saint-Pol-de-Léon), et,  mais cela me semble moins vraisemblable,  Claude de Rohan fils cadet du seigneur de la Roche-Maurice et évêque de Quimper.

Des quantités de saints évêques sont honorés dans le Léon (et figurent par exemple sur les bannières paroissiales) et sont dépourvus d'attributs permettant leur identification lorsque leur nom n'est pas spécifié.

Nous ne pouvons exclure non plus saint Nicolas.

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

3. Saint Christophe portant Jésus enfant en Salvator mundi.

.

— Sur l'iconographie de saint Christophe : Voir :

 

.

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

 

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

4. Saint Michel  terrassant le dragon.

.

L'archange est en armure sous la cape rouge d'officier, comme chef de la milice céleste, et darde la pointe de la hampe de la croix dans la gueule du dragon. Le bouclier est en forme de masque anthropomorphe feuillagé.

.

 

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

5. Sainte Marie-Madeleine tenant le flacon  d'aromates.

.

Elle occupe la place de choix qui est la sienne, à droite du Ressuscité, qu'elle fut la première à rencontrer devant le tombeau ouvert et vide : c'est la scène du Noli me tangere, dans laquelle Jésus a pris l'apparence d'un jardinier.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

 

.

.

 

6. Le Christ ressuscité.

.

Il occupe la place centrale devant l'autel.

Il est figuré victorieux de la Mort puisqu'il tient la croix de cette victoire ainsi que le manteau rouge écarlate, mais son corps nu sous le pagne met en évidence la plaie de son flanc droit. L'importance donnée à cette plaie plus encore qu'à celles des mains et des pieds a été commentée dans mon article sur la dévotion des plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne. C'est elle seule qui justifie que le Christ tienne la lance de Longin.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.
 
.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

7. Sainte Catherine d'Alexandrie.

.

Nous l'identifions par sa couronne, son livre et son épée.

La couronne est celle de la noblesse de sa naissance, car elle elle est la fille du roi Costus (Légende dorée) mais se rapporte surtout à son prénom qui provient du mot  syriaque céthar "couronne", car, selon saint Jérôme, elle a remporté la triple couronne de la virginité, de la science et du martyr.

Le livre témoigne du fait que, instruite dès son enfance des arts libéraux, ce puits de science et de sagesse tint tête par son éloquence à l'empereur Maxence, et à plus de cinquante grammairiens et rhéteurs d'Alexandrie.

L'épée est celle de sa décollation, pour avoir résisté au supplice de la roue armée de lames, à la prison et au jeun, et tant irrité l'empereur par son entêtement à s'opposer au culte des idoles et à refuser les honneurs qu'il lui proposait en échange.

L'iconographie complète ces attributs par la roue dentée, absente ici, et par la tête couronnée placée sous ses pieds. Il faut donc penser que la tête coiffée de linge blanc et portant une fraise puisse correspondre à celle de l'empereur, ou du roi Costus, ou des savants d'Alexandrie. Mais il s'agit plutôt d'un ornement semblable à ceux des autres compartiments.

.

 

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

8. Sainte Barbe tenant la palme du martyre, le livre de sa science théologique, avec derrière elle la tour aux trois ouvertures de sa réclusion, et de sa foi en la Trinité.

 .

 

.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

.

9. Sainte Apolline, son livre, et les tenailles avec lesquelles le bourreau  arracha toutes ses dents.

 .

 

 

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

 

.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

10. Saint Antoine avec son livre, sa canne en tau et son chapelet.

.

Ce saint n'est pas toujours identifié, alors que ses attributs sont nombreux : outre la canne en tau et le chapelet à gros grains, nous trouvons le livre de la règle  de l'ordre hospitalier des Antonins, qu'il fonda, l'habit monastique de cet ordre, avec pèlerine , capuche et ceinture (sans le tau). Il manque la clochette et le cochon.

Sous ses pieds est repris l'ornement d'un  masque à coiffe blanche nouée.

.

 

 

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

11. Sainte Geneviève de Paris, et le conflit de l'ange et du démon autour du cierge de la Foi.

.

.

 

Sainte Geneviève de Paris (en latin Genovefa), vierge du VIe siècle, patronne de Paris et du diocèse de Nanterre, est représentée en religieuse et tenant un cierge. Elle fait l'objet d'un culte particulier à Loqueffret, à Lannédern et à Brennilis, ainsi qu'à Saint-Herbot, car on la considère comme une sainte bretonne, sœur de saint Edern, et fondatrice du monastère de Loqueffret. Bien que certains estiment que cette Genovefa bretonne n'est qu'une homonyme de la sainte parisienne, les statues et bas-reliefs la montrent portant les mêmes attributs et relevant du même légendaire que cette dernière.

Elle tient le cierge de la Foi, dont la flamme résiste miraculeusement aux tentatives d'un diable qui tente de l'éteindre avec un soufflet tandis qu'un ange le rallume. Ce motif se retrouve presque constamment associé à la représentation de la sainte (*), mais il est complété ici du détail de l'ange frappant le diable avec un bâton (un goupillon sans doute).

La statue de sainte Geneviève à Saint-Herbot.

 

(*) Voir la discussion et l'iconographie de la sainte dans mon article sur la niche à volets de l'église de Brennilis avec la photo de sainte de l'église de Saint-Suliau à Sizun.

.

La sainte est représentée entre deux colonnes engagées cannelées à chapiteaux de feuillage presque corinthien. Un nouvel indice de l'influence de la Renaissance et de son goût pour l'antique.

.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

 

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

12. Sainte Marguerite d'Antioche issant du dragon, crucifix à la main.

.

La sainte, emprisonnée pour sa foi et son attachement à la virginité face aux avances du préfet Olybrius, demanda au Christ de voir le diable de visu. Un dragon lui apparut, et la dévora, mais elle en fut victorieuse en se taillant une issue hors du ventre de la bête grâce à son crucifix. Elle est donc vénérée par les femmes enceintes pour les protéger des dangers de la délivrance. L'artiste n'oublie pas de montrer l'extrémité de la robe rouge qui est encore dans la gueule du dragon ailé tandis que sa victime lui échappe déjà. 

L'encadrement est une tresse simple, le fond des feuilles d'acanthe.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

 

.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29)

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

 

.

.

.

LES ANGES DU COTÉ CHOEUR.

.

Sous la moulure à godrons et tresse, huit anges volent, le corps et les jambes horizontales. Sept tiennent les instruments de la Passion, et un seul près du pilier sud tient un phylactère.

Ils sont réunis par une frise de rinceaux  où des mascarons crachent des rubans.

je les décris de gauche à droite.

.

1. Ange tenant la Colonne (de la Flagellation).

.

 

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

2. Ange tenant deux fouets.

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

3. Ange tenant la couronne d'épines.

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

 

4. Ange tenant la croix.

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

 

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

5. Ange tenant un outil ?

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

6. Ange tenant un clou (et jadis un marteau en main droite ?)

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

7. Ange tenant les verges de la Flagellation.

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

8. Ange tenant un phylactère.

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

LE PLANCHER DE LA TRIBUNE (OU PLAFOND DU JUBÉ).

.

En 1924, Victor-Henri Debidour a décrit le jubé de La Roche-Maurice comme une dernière évolution des jubés bretons, après celui de Priziac en 1580. Il utilisa, pour désigner les pendentifs en boule du plafond, le terme technique de "toupies", qui  a été repris ensuite par tous les auteurs :

"À La Roche-Maurice, dernière étape : la tribune n'est plus sur voûte, mais sur plafond à caissons décorés d'entrelacs en « cuirs » avec des toupies pendantes (*) ; de monstrueuses consoles animales, accroupies, soutiennent ce plafond." 

(*)"toupies"  :  on décrit sur les solives des plafonds à la française "des tournettes ou toupies, sortes de petits cul-de-lampe ou pendentifs de bois tourné reproduisant l'effet des anciennes chevilles saillantes de l'art du charpentier".

.

Mais on s'arrêtera plutôt sur les 40 caissons, multipliant les décors géométriques (animés parfois de personnages) autour du motif du cuir chantourné à enroulement, introduit en France sous forme de cartouches par la construction de la Galerie François Ier à Fontainebleau en 1530, et sans tarder en Bretagne sur les stalles de la collégiale de Chapeaux (ca 1530-1550), avant de les voir repris au château de Kerjean vers 1570. Ils ont été largement diffusés par la gravure par Androuet  du Cerceau dans sa suite des Cartouches dits parfois « Grands cartouches de Fontainebleau » publiés entre 1548 et 1549 et la suite des « Compartiments de Fontainebleau » dite « Petits cartouches de Fontainebleau » entre 1545 et 1547. Ou par René Boyvin à Angers,  par Jacques et Cornelis Floris à Anvers.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

 

.

Du coté de la nef :

.

 

 

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Du coté chœur : 

 

.

 

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Quatre fous en ronde tiennent dans des cuirs un motif circulaire tressé.

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

LES 14 MONTANTS VERTICAUX AUX TERMES ET ANIMAUX.

.

.

 

 

Les 7 montants verticaux du coté ouest aux atlantes et cariatides anthropomorphes ou animaux .

.

Ils sont complétés par 7 autres figures analogues du coté est.

Ces "termes" (du nom de dieu Terminus et de celui des bornes qui, équivalents des piliers hermaïques, limitaient les territoires dans l'antiquité latine) masculins et féminins, sont placés en toute logique au dessus de la clôture limitant la nef du chœur. C'est  en vertu de la même logique que Sébastien Serlio les plaça en encadrement de la porte du frontispice de sa Règle générale d'architecture (Regole generali , Venise, 1537) introduisant ainsi ce motif en architecture puis en ornement de la Renaissance. Le remplacement des jambes par un pilier, propre à leur fonction de bornage, et une métaphore de la stabilité d'un dieu Terminus, qui ne bouge pas. 

Certains de ces termes, coiffés de pots de fleurs et certains ayant les pieds posés sur des masques, sont à comparer aux 12 planches gravées Termes et cariatides (3 figures par planches) d'Androuet du Cerceau, datant de 1546-1560. Mais on notera qu'ils disposent tous de leurs bras (ou dans un cas de tronçons en volutes)

On songera aussi aux trois termes gainés (dont 2 cariatides) sculptés en 1619 sur le fronton et à l'angle sud-ouest de l'ossuaire de La Martyre, à quelques kilomètres de là.

"Le goût de ces motifs se révèle chez Androuet du Cerceau dès 1549, avec les XXV exempla arcuum. Peu représentés dans la trattatistica italienne (Serlio n’en use que pour les cheminées), ils connurent une fortune certaine en France, comme en témoignent les ouvrages d’Hugues Sambin (Œuvre de la diversité des termes, Lyon, 1572) puis de Joseph Boillot (Nouveaux portraits et figures de termes, Langres, 1592) et dans l’ensemble de l’Europe du Nord, Flandres, Allemagne et Angleterre. "(Yves Pauwels, Cesr, Tours, – 2009)

Leur piètement est souvent un tronc de pyramide cannelé, parfois nappé partiellement (comme chez Serlio) d'une feuille. 

Deux d'entre ces figures sont en réalité des animaux, un lion et un bélier, dotés de leurs pattes. Ils tiennent curieusement, et pour une raison qui m'échappent un carré de bois devant leur bassin. 

Voir :

—SAMBIN ( Hugues), (Lyon, 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture eduict en ordre par Maistre Huges Sambin  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

—Androuet du Cerceau (Jacques), Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

—Androuet du Cerceau (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

—Androuet du Cerceau (Jacques), Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

—Serlio (Sebastiano ), Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

 

 

.

 

.

 

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

 

 

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

Les 7 montants verticaux du coté est aux atlantes et cariatides anthropomorphes ou animaux .

.

Les sept termes ou figures du coté est sont pour la plupart la reprise de leur homologues du coté ouest.

.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

L'abbé Castel avait cru reconnaître dans cette figure je ne sais quelle divinité d'Amérique Centrale, ce qui fut repris à l'envie pour célébrer les Bretons voyageurs prompts à trouver leur inspiration outre atlantique quelques années seulement après la découverte du Mexique !

L'origine du décor à la grotesque vient de la redécouverte des peintures effectuées pour le palais de Néron, avec leurs figures précisément bizarres ou monstrueuses, voire "exotiques", reprises avec leur entourage d'arabesques et d'animaux par Pinturicchio, Giovanni da Udine, Raphaël, Jules Romain, etc. Néanmoins, un peintre aussi soucieux d'histoire naturelle que Giovanni da Udine sut faire figurer des espèces botaniques et animales du Nouveau Monde dans ses pergolas factices, peu d'années après leur apparition en Europe, pour le plus grand plaisir des riches propriétaires des palais du Latium passionnés par les collections d'histoire naturelle.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

Les 4 jambes de force soutenant la tribune du coté ouest.

.

Ce sont quatre hybrides (et autant de l'autre coté) aux pattes et à la crinière  animales, à la tête parfois léonine mais souvent anthropomorphe. Les gueules sont hilares, les sourcils hypertrophiés, les yeux exorbités.

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

Les 4 jambes de force soutenant la tribune du coté est.

.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Tribune du jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

.

.

.

LA POUTRE DE GLOIRE.

.

Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.
Le jubé de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). I. La tribune.

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

— APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article234

—CASTEL (Yves-Pascal) / CAOUISSIN (Eflamm)  /DIOCÈSE DE QUIMPER, 2 décembre 2014,  YOUTUBE

https://www.youtube.com/watch?v=BC6Gm629lcE&feature=emb_logo&ab_channel=Dioc%C3%A8sedeQuimper

—COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/5592f62fd515e4240a066ba83b49b374.pdf

— CROGUENNEC (André)

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/lr/jube-lr.htm

— DEBIDOUR (Victor Henri), 1924,  L'art de Bretagne,  réed. Arthaud 1979 page 198

"Jubé de Priziac, achevé en 1580. [...] À La Roche-Maurice, dernière étape : la tribune n'est plus sur voûte, mais sur plafond à caissons décorés d'entrelacs en « cuirs » avec des toupies pendantes ; de monstrueuses consoles animales, accroupies, soutiennent ce plafond."

 

— JULES (Matthieu), guide pour la SPREV, 2018, Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=2uq5YmOPmf8&ab_channel=MatthieuJULES

https://www.youtube.com/playlist?list=UU9Oua4vaYC2qbSXQsfnv8TA

 

— LECLERC (Guy),2012, SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/58e3e365148ef0.21808328/2012_31.pdf

"Sur une longueur de 5 mètres entre les deux grosses piles de l’entrée du chœur, est placé un jubé en bois de chêne polychromé d’une ornementation abondante qui le date de la fin du XVIe siècle. Il se compose d’un soubassement de panneaux surmonté d’une claire-voie. Celle-ci sert d’appui à des montants verticaux ou obliques qui soutiennent la tribune à laquelle on accède par un escalier aménagé dans la pile sud.

Sur les six panneaux du soubassement de 66 sur 32 centimètres chacun, figurent, en bas-relief, sur les deux faces, des grotesques constituées de visages coiffés de plumes ou de turbans noués sur les côtés, de ces visages partent des rinceaux se terminant par des têtes humaines ou animales. La partie inférieure des panneaux est décorée de cuirs enveloppant un masque.

La claire-voie est composée de colonnettes tournées présentant un triple étage de formes et terminées par des chapiteaux corinthiens. Aux extrémités des claires-voies les montants sont décorés d’une succession de masques ou de personnages soutenant des chutes de feuillages. L’entablement au-dessus de la claire-voie présente d’abord une série d’arcatures encadrant des bustes en relief de saints personnages ou autres. Au-dessus de la porte, aujourd’hui disparue, deux grotesques évidées montrent un personnage ailé jaillissant de rinceaux qui se terminent en têtes de dauphins. Au-dessus de la frise, des palmettes sont surmontées de gouttes et de volutes. Les montants perpendiculaires ou obliques qui soutiennent la tribune sont décorés de cariatides humaines ou animales à l’aspect menaçant. Tout ce décor abondant et extrêmement varié appartient à la tradition maniériste de la seconde Renaissance. Ici, la dévotion semble faire bon ménage avec des représentations humaines caricaturées et dénudées. Rien ne permet de dire à qui revient l’initiative d’un tel décor entre le commanditaire ou l’artiste. Le sculpteur disposait de gravures diffusées en grand nombre par les ornemanistes du XVIe siècle. Des inscriptions qui figuraient sur des écriteaux tenus par des cariatides ont été buchées. Au milieu de tous ces personnages caricaturés apparaît, sur un montant de l’entrée, le buste d’une jeune femme sculptée en haut-relief : apparition surprenante dans ce monde de sculptures en délire.

La tribune offre un décor moins burlesque plus propre à accueillir sur sa face du côté de la nef, la théorie incomplète des Apôtres sculptés en haut-relief dans des niches en trompe l’œil surmontées de dais à fuseaux. Sur l’autre face, du côté du chœur, on a les représentations en bas-relief de saints personnages en compagnie du Christ ressuscité.

Le dessous de la tribune est constitué d’un plafond à caissons décorés de motifs géométriques et de pendentifs. Du côté de la nef, la tribune sert de poutre de gloire pour une crucifixion encadrée de la Vierge et saint Jean."

— LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental, page 501.

"Le jubé de la Roche est une des plus belles œuvres en chêne sculpté que nous ait légué le XVIe siècle. Le soubassement plein est surmonté d'une clairevoie à barreaux fuselés, entremêlés de colonnettes formant pendentifs d'un très heureux effet.

Au-dessus règne une plate-forme dont le plafond divisé en caissons, a pour supports d'élégantes consoles ornées de figures fantastiques. Les deux façades de la galerie, où on monte par un escalier ménagé dans le pilier, à l'entrée du chœur du côté de l'Épître, sont richement décorés de panneaux avec personnages. Du côté de la nef sont neuf Apôtres et trois papes. La façade du côté chœur contient les statues suivantes : saint Pol Aurélien - évêque bénissant - saint Christophe - saint Michel terrassant le dragon - sainte Marguerite - Christ de Résurrection - sainte Marie Magdeleine - sainte Barbe - sainte Appoline - saint Antoine, ermite - sainte Geneviève - autre sainte Marguerite. Un grand Christ en croix domine le jubé ; à sa droite, la Vierge, à sa gauche, saint Jean. Les statues de ce groupe sont presque de grandeur naturelle"

 

—Petit-patrimoine

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=29237_2

—Mairie :

http://www.larochemaurice.fr/fr-fr/patrimoine/l-eglise-saint-yves-et-l-enclos-paroissial

— RIDEL (Laurent)

https://decoder-eglises-chateaux.fr/jubes-fonctions-architecture-histoire/

— SERLIO Sebastiano, Regole generali di architettura (...) sopra le cinque manière degli edifici (...) , Venise, 1537

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/la-roche-maurice-eglise-saint-yves/

— TASSIN (Raphaël), 2018, "Le frontispice du Quarto libro de Sebastiano Serlio et sa fortune durant l’époque moderne" in Construire avec le corps humain. Bauen mit dem menschlichen Körper, dir. S. Frommel, E. Leuschner, V. Droguet, T. Kirchner, collab. R. Tassin et C. Castelletti, Rome/Paris, Campisano/Picard, 2018, vol.1, p. 239-253.

https://www.academia.edu/36826171/_Le_frontispice_du_Quarto_libro_de_Sebastiano_Serlio_et_sa_fortune_durant_l_%C3%A9poque_moderne_

 

—POP

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090399

— WIKIPEDIA

https://en.wikipedia.org/wiki/La_Roche-Maurice_Parish_close

https://en.wikipedia.org/wiki/File:La_Roche_Maurice_Lettner_det03.jpg

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Chapelles bretonnes. Sculpture Grotesques
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 22:42

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. IIb, le coté nord, les haut-dossiers et les pendentifs du dais.

.

Sur l'ancienne collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne, voir :

 

.

 

 


Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

 

 .

Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

Sur d'autres exemples de grotesques, voir :

 

.

 

.

PRÉSENTATION : voir les articles sur les stalles sud.

.

Le but est d'étudier cette manifestation précocement florissante de l'art de la première Renaissance bretonne, inspirée peut-être  des fresques de la Domus Aurea découvertes à Rome vers 1480 , ou des ornemanistes de la première Ecole de Fontainebleau (pourtant plus tardive car postérieure à 1526), et inspirée certainement du tombeau de Thomas James à Dol-de-Bretagne (1508).

.

Le but est aussi, au contraire, d'admirer la singularité de cette production, dont on lit parfois qu'elle a trouvé ses modèles dans des recueils de gravures. Mais ceux-ci sont pour la plupart  postérieures aux années 1530. Les estampes d'Étienne Delaume, de style maniériste, un artiste qui miniature les rinceaux peuplés de mascarons et chimères tirés du vocabulaire bellifontain de Primatice et de ses collègues, datent ainsi de 1561-1583. 

Pour ne pas retarder la présentation des stalles, je développerai en Discussion mon hypothèse selon laquelle  la source principale de ces stalles, et notamment de ces dossiers ou "dorsaux" est la chapelle haute (1508-1509) du château de Gaillon, commanditée par Georges Ier d'Amboise.

.

Comme les neuf haut-dossiers des stalles sud, et comme la partie haute des jouées, les neuf dossiers des stalles nord ont toutes globalement la même construction basée sur les volutes et contre-volutes en deux S affrontés en miroirs. "Structurellement, la prolifération des grotesques se réalise sur deux axes : l’axe vertical par les empilements de la construction en candélabre ; l’axe horizontal par les volutes et les contre volutes des suites de rinceaux habités."

Mais ici, au nord, les deux cotés droit et gauche sont identiques par symétrie en miroir, alors que pour la plupart des panneaux du sud les deux cotés différaient par les caractères des personnages qui s'y trouvaient et qui composaient des duos.

Florence Piat notait pour sa part que "Les panneaux des dorsaux diffèrent également entre rangs nord et sud. Côté sud, les rinceaux qui habillent les deux tiers des dorsaux sont peuplés de nombreux personnages livrant batailles, dansant, jouant de la musique, des animaux fantastiques, de putti et de nombreux grotesques. Au nord, si l’on retrouve bien les rinceaux et quelques hybrides qui forment un arrangement léger et gracieux, la composition est beaucoup moins chargée et la figure humaine très peu représentée. " [...] Le nu est envisagé comme un principe décoratif, témoignant d’une esthétique nouvelle : s’il est encore utilisé avec plus ou moins de méfiance sur les panneaux du rang sud (plusieurs personnages sont partiellement dévêtus), il est complètement assumé sur le rang nord."

.

.

Comme du coté sud, un panneau héraldique est présent, mais ce blason est muet. 

Entre chaque dossier, le montant vertical est l'occasion pour l'artisan de proposer à chaque fois un motif décoratif différent. Au sommet de ce montant, une statuette en ronde-bosse représente un personnage tenant un phylactère, comme dans les Credo apostolique. C'est le seul élément religieux d'un décor essentiellement trivial et ludique.

Tout est raffiné, et la double frise d'ove qui court en haut des dossiers est complétée d'un filet médian, fait  d'un toron central où s'enfilent des perles en formes de noyau de datte, chacune finement travaillée, tandis qu'une étoffe torsadée enveloppe partiellement ce toron.

.

 

.

 

 

 


 

Stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°10. Six dragons.

.

En partie supérieure, deux dragons aptères aux allures de lézards.

Dans la partie inférieure, quatre dragons ailés dont la crête en épi acéré prend parfois l'allure d'une corne.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517907nuca/238839d9-7084-48f4-a004-ca80d0c591c3

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La statuette n°10. Personnage biblique présentant un livre.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°11. Un coq au triangle, et deux hybrides.

.

En haut, rompant la symétrie spéculaire, un coq tient dans son bec un triangle. En l'absence de baguette, nous ne pouvons affirmer qu'il s'agisse de l'instrument de musique, parfaitement attesté dès le Moyen-Âge (7 exemples sur les stalles au XVe et XVIe siècles sur Musicastallis) mais souvent doté d'un ou plusieurs anneaux. 

Au dessous, les deux hybrides qui forment deux E affrontés débutent, au milieu, par une tête humaine de profil ; chacune de celles-ci s'empanache de rinceaux et  d'un corps de dragon, et se prolonge vers le bas par un corps de reptile, dont les spires s'achèvent par une nouvelle tête de dragon.

La façon dont les dragons crochètent leurs naseaux et déroulent leurs langues relève parfaitement de l'humour désinvolte de l'art des grotesques.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517908nuca/9a639e43-c532-4830-b928-80a3055e3820

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La statuette n°11.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°12. Un joueur de cor, deux dragons et deux gueules feuillagées.

.

Au centre, un homme nu , assurément masculin, joue d'un cor dont le tube fait un tour sur lui-même comme une trompe de chasse. Mais la nature réaliste de l'instrument est démentie par la volute de feuillage qui naît de l'embouchure.

Ses deux pieds prennent appui sur les têtes de deux dragons ailés. Ceux-ci, qui se font face, tiennent entre leurs pattes antérieures un blason fantaisiste, vaguement en forme de cuir, et centré par une forme ovoïde, décourageant toute lecture héraldique. 

Comme ils en ont l'habitude sur ces panneaux, ces dragons au corps feuillagé dressent leur queue en l'effilant, et celle-ci génère un faisceau de rinceaux. L'un de ceux-ci s'achève par une gueule montrant les dents, sur un cou enfeuillagé.

Les volutes et contre-volutes supérieures sont purement végétales.

.

 

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

La statuette n°12. Un apôtre ou prophète tenant un phylactère. La tête a été bûchée.

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°13. Deux "dauphins", quatre dragons, et un masque de lion.

.

Au registre supérieur, ce sont deux "dauphins" (nom donnés à ces poissons des grotesques Renaissance) qui sont dotés de nageoires-feuilles et qui donnent naissance par leur queue aux rinceaux en double volute. Ils entourent un motif stylisé central, à boules enrubannées.

Les arabesques atteignent le registre central en s'enrichissant de feuilles et de fleurons  conduisant notre regard vers deux petits dragons ailés et cornus qui croisent leurs becs et leurs pattes.

En suivant le parcours sinueux des tiges, nous parvenons à deux grands dragons ailés et barbus, front contre front au dessus d'un masque léonin. La caractéristique la plus notable de ces dragons est leur corps, entortillé en quatre à sept épaisses spires.

 

 

 

 

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517911nuca/92700ff5-ec48-47e0-87a8-fb21a84e635a

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

La statuette n°13. Personnage biblique coiffé d'un bonnet, tenant un phylactère formant une boucle autour de la main gauche.

.

 

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°14. Buste féminin feuillagé central , deux masques feuillagés crachant des fruits, rinceaux à deux pendentifs de perles suspendus par une boucle, un aigle aux ailes déployées.

.

Au centre, une femme nue nous regarde, de face, mais ses bras et jambes sont remplacées par des feuilles ; celles des jambes, larges et charnues, donnent naissance aux rinceaux d'arabesques qui fleurissent à l'étage inférieur. Ces sur ces tiges que deux pendentifs de perles sont accrochés par une boucle, et même si leurs perles peuvent évoquer des pois ou des baies, ces pendentifs introduisent dans ce décor un rare motif artificiel, fait par l'homme.

En bas, l'aigle déployant ses ailes est l'un des rares animaux à échapper à l'hybridation.

Au registre supérieur, à l'extrémité de l'arabesque, deux masques-feuilles, de profil, crachent des fruits en forme de poire.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517914nuca/9727c842-8e67-43ac-830f-6943df5a860c

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La statuette n°14. Personnage biblique tenant son phylactère, et  vêtu d'une cape au dessus d'une robe à la ceinture nouée. La tête a été bûchée.

.

 

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°15. Quatre dragons, deux hommes nus, trois masques.

.

Commençons en haut et au milieu avec  le masque aux oreilles d'âne qui tient entre ses dents un collier où pend une perle.

Au registre supérieur, deux dragons ailés participent à l'arabesque en courbant leur cou et leur queue en boucles. Ces dragons sont tenus, sur le coté, par des hommes nus, bedonnant et hilares.

Au registre inférieur, les tiges copieusement feuillues mènent soit à des fleurs, soit  à deux masques ailés, posés sur des vasques, soit, plus bas, à deux dragons affrontés. Ces dragons hybrides  entrecroisent leur tête, au profil humain.

.

 

 

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517912nuca/a2775670-2f21-4bec-b55b-45f5cfded890

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Le registre supérieur.

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Le registre inférieur.

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La statuette n°15. Personnage biblique tenant un phylactère du coté droit.

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°16. Trois flèches et six dragons.

.

Au centre, trois flèches réunis en croix par une bague forme  un nouvel exemple de motif artificiel ; mais deux de ces flèches sont feuillagées.

Les deux dragons ailés du registre supérieur forment avec leur très long cou et leur très longue queue des boucles.

Les deux dragons ailés affrontés au centre du registre intermédiaire autour de la pointe des flèches sont à classer parmi les grylles, en raison des têtes, un peu léonines, de l'extrémité de leur abdomen.

Enfin les dragons du registre inférieur n'ont pas d'ailes, mais un corps de reptile au cou formant boucle. Le bec  du dragon de gauche est bridé par un anneau, ce qui ne l'empêche pas d'ouvrir largement une gueule dentée et de rire.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517913nuca/76456603-3f0b-4a3e-9b95-932ccbf6b609

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

La statuette n°16. Personnage vêtu d'un habit monastique à courte pèlerine (camail) et tenant son phylactère en diagonale.

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

 

Détail de la frise.

.

 

 

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°17. Deux tenants en costume de chœur tenant un blason muet, et entourés de masque-feuilles et de deux aigles dans une vasque.

.

Ce panneau héraldique n'est pas placé en face du dossier n° 5 des stalles sud, qui portait un blason où se reconnaissaient les armes des seigneurs d'Alençon. Mais, de  toute façon, l'ordre initial des stalles a été modifiée au XIXe siècle. 

Néanmoins, nous ne voyons sur ce blason  aucune trace ni de bûchage, ni d'armoiries, comme s'il est encore dans son état d'origine. Les armes étaient-elles peintes ? S'agissait-il de celle du chapitre collégial (tel que nous le connaissons par les sceaux du chapitre), représentant l'Assomption de la Vierge ? Ou bien des armes épiscopales d'Yves Mahyeuc ? Ou, répétées au nord, du duc d'Alençon ?

"Le dorsal présente deux chanoines portant un écu complètement vide. La cordelière qui ceint leurs tailles se retrouve également dans la partie inférieure du panneau. Il s’agit d’un meuble héraldique bien connu et associé au clergé. Il est probable que ce blason présentait à l’origine les armes du chapitre ou encore celle du doyen." (F. Piat)

Les tenants de ce blason ne sont pas des anges, et évoquent plutôt des chantres ou autres desservants en costume de chœur, avec leur aube de cérémonie aux manches larges et leur amict, mais au lieu de présenter la tonsure en couronne ils portent des cheveux longs et bouclés. Nous remarquons surtout leur ceinture aux beaux glands frangés.

Ce cordon se retrouve au centre du registre inférieur, noué en rosette.

.

Au registre supérieur, les arabesque entourent deux masques-feuilles de profil, et deux masques-feuilles de face.

Au registre inférieur, de chaque coté, un aigle déploie ses ailes en émergeant à demi d'une coupelle florale formant vasque.

.

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517914nuca/9727c842-8e67-43ac-830f-6943df5a860c

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

La statuette n°17. Personnage vêtu d'une cape sur une tunique serrée par une ceinture ; il tient un phylactère.

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier de la stalle n°18. Blason muet, crâne animal, grylles, enfants nus, hybrides oiseau/humain, et masque humain.

.

L'élément central du registre supérieur est un cuir à découpes polycycliques, qui rappelle la forme des blasons épiscopaux (Thomas James à Dol-de-Bretagne, Georges Ier d'Amboise à Gaillon). Mais d'une part il ne porte pas d'armes, d'autre part il ne sembla pas avoir été bûché, et, enfin, il s'agrémente de houppettes fantaisies.

Il est entouré de grylles, dont la face de poupon se prolonge par un corps en trompe et s'achève par une gueule de dragon.

Le registre intermédiaire est centré par un crâne dont les orbites sont traversées par les rinceaux. Est-ce celui d'un bœuf ou bucrane (mais ses cornes sont à peine ébauchées), ou celui d'un bélier ou aegicrane (même remarque) ? Des serpents s'échappent du front, et des dragons-reptiles se croisent sous son museau.

Il rappelle celui qui orne la miséricorde n° 1 des stalles sud, qui était dépourvu de cornes et dont les orbites laissaient s'échapper des serpents.

Les rinceaux qui entourent ce crâne sont tenus, latéralement, par deux enfants nus qui s'y balancent.

"La position des personnages nus, accrochés à des rinceaux sur le panneau n°18 n’est d’ailleurs pas sans rappeler les compositions des marges de certains manuscrits italiens, comme celui qu’Attavante réalise pour Thomas James et que nous mentionnons plus bas." (F. Piat)

 

Un registre inférieur est centré par un demi masque-feuille anthropomorphe, de face, mais le plus curieux est le couple d'oiseaux à longs becs épais (on pense à ceux des pélicans ou des toucans), puisque nous voyons que leur cou se greffe sur un ventre et des jambes nus et parfaitement humains. Ces ventres sont sexués, masculin à gauche et féminin à droite.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320063517915nuca/2eb4b0b4-c2b1-4e2c-ac09-46ef0b9f0df4

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

La statuette n°18. Personnage biblique tenant un phylactère. Le visage a été bûché, mais on distingue une coiffure en couronne. Le manteau se ferme en haut par un bouton rond.

.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Dorsaux des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

LES PENDENTIFS DU DAIS NORD.

.

.

Ces anges du dais complètent ceux du dais sud, dont trois présentaient des Instruments de la Passion (éponge et voile de Véronique), deux tenaient un écu, et trois jouaient d'un instrument.

 

Liste :

  • Pendentif n°10. Ange portant les Arma Christi : la lance de Longin.
  • Pendentif n°11. Ange portant un blason muet.
  • Pendentif n°12. Ange portant les Arma Christi : le marteau de la Crucifixion.
  • Pendentif n°13. Ange portant les Arma Christi : la colonne de la Flagellation.
  • Pendentif n°14. Ange portant les Arma Christi : la lanterne de son arrestation.
  • Pendentif n°15. Ange portant un blason muet.
  • Pendentif n°16. Ange portant les Arma Christi : la croix.
  • Pendentif n°17. Ange musicien joueur de trompe marine ?? .
  • Pendentif n°18. Ange musicien joueur de luth (?).

 

.

Pendentif n°10. Ange portant les Arma Christi : la lance de Longin.

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

 

.

.

Pendentif n°11. Ange portant un blason muet.

.

 

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°12. Ange portant les Arma Christi : le marteau de la Crucifixion.

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°13. Ange portant les Arma Christi : la colonne de la Flagellation.

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°14. Ange portant les Arma Christi : la lanterne de son arrestation.

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°15. Ange portant un blason muet.

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°16. Ange portant les Arma Christi : la croix.

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°17. Ange musicien joueur de trompe marine ?? .

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°18. Ange musicien joueur de luth (?).

.

Pendentifs  des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentifs des stalles nord (chêne, vers 1518-1525) de l'ancienne collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

DISCUSSION

 

.

Les dorsaux des stalles de La Guerche sont construits sur un double réseau vertical de volutes.

Les volutes sont des rinceaux (étym."petit rameau"), c'est-à-dire des motifs ornementaux en forme de branche recourbée munie de feuilles, pouvant être agrémentée de pousses, de fleurs, de fruits et utilisé surtout, sculpté ou peint, en architecture mais aussi dans différents arts décoratifs.

Mais ces rinceaux, par nature végétaux, naissent de la queue d'animaux fantastiques.  Dire que ceux-ci sont des dragons seraient trahir l'extraordinaire capacité de l'artiste de multiplier les hybridations, de métamorphoser les formes pour déstabiliser nos codes et susciter ce trouble propre à l'art grotesque. Car comme dans les labyrinthes, nous apprécions de nous perdre dans les floues tortueux de l'imaginaire. Cette introduction du règne animal est, précisément, la marque de la Renaissance.

Il convient sans doute de les désigner sous le terme d'arabesques. Je renvois au site meubliz.com.

Mais la particularité de ces rinceaux est d'organiser leur double structure verticale et horizontale dans des confrontations (presque au sens étymologique du latin cum et frons, "front") des animaux et humains avec leur double situé du coté opposé. Soit ils s'affrontent, soit ils s'entre-croisent, soit ils se contemplent, et suscitent toujours une impression d'étrangeté ou de comique.

Parfois au contraire, un être central et impair génère le double réseau d'arabesques.

Mais toujours, la fécondité de ces générations réciproques, de ces transformations et de ces bouleversements (mise sens dessus-dessous et mise sens droit-gauche) est tracé d'une plume légère, et aérée, qui se moque de la pesanteur, de la perspective et du bon sens.

.

La question se pose des modèles dans lesquels les huchiers de La Guerche-de-Bretagne auraient pu puiser. C'est une question habituelle pour l'ensemble des boiseries, des verrières ou des pavements de grotesques de la Renaissance française, et on hésite toujours entre des relevés faits par les commanditaires (ou leur personnel) ayant participé aux campagnes d'Italie (la majorité des membres de la cour royale), ou faits par les mêmes commanditaires dans les châteaux Renaissance, ou faits par les artistes lors de leur Grand Tour (et colligés dans des carnets non conservés), à moins que les commanditaires n'aient remis aux artisans des planches de gravures alors en circulation.

Mais nous ignorons dans le cas présent bien des choses.

Quel est ici le commanditaire ? Est-ce le seigneur de La Guerche? Est-ce le chapitre collégial? La présence des armoiries de la famille d'Alençon peut témoigner du respect au seigneur prééminencier par les chanoines, qui avaient peut-être placé  leur écu en regard.

Quelle est la date de ces stalles ? C'est encore la présence des armoiries qui, associée aux données stylistiques, qui fait conclure aux dates de 1505-1525 lorsque le duc Charles d'Alençon était seigneur de La Guerche, mais il ne faut pas oublier les incertitudes de ce choix :

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au XVIIIe et au XIXe siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (Abbé Alphonse Jarry), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 1598.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvi" siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules chargée de huit besants d'or. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc et par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."

 Si on admet une datation avant 1525, l'hypothèse d'un modèle basé sur les productions de l'École de Fontainebleau ne tient pas, et pas d'avantage tous les recueils de gravures qui en sont issus, donc toutes les gravures publiées en France (ou aux Pays-Bas).

Les gravures italiennes sont issues, elles, des peintures de Raphaël pour les Loges du Vatican (1517-1519) ou de Giovanni da Udino pour la Loggetta du cardinal Bibbiena au Vatican. Leur dates deviennent plus proches de celles de ces stalles. Mais l'examen des peintures elles-mêmes, ou des gravures, ne permet pas de retrouver parmi ces personnages mythologiques ou ces animaux séparés par des candélabres et des guirlandes la disposition en rinceaux verticaux des dorsaux de La Guerche.

Les sites architecturaux propres à la première Renaissance française avant 1525, et présentant des peintures ou décors à grotesques, ne sont pas nombreux. Outre le tombeau de l'évêque Thomas James à Dol-de-Bretagne, en 1507-1508, je retiens essentiellement le château de Gaillon.

.

Le château de Gaillon et ses boiseries.

Le mécénat du cardinal Georges Ier d'Amboise (1460-1510) est le creuset de la première Renaissance française. Il transforme son château de Gaillon en un véritable palais résidentiel qui devient un foyer d'artistes italiens et français, tels que Pacherot, Mercogliano, Michel Colombe ou Colin Biart.

La façade de son château montre une frise et des panneaux de décor à mascarons, de coupes et de rinceaux , dragons, masques léonins ou putti  caractéristique du nouveau langage apparu en Italie. Mais c'est la chapelle du château ou plutôt l'une des deux chapelles, la chapelle  haute qui retient notre intérêt par ses stalles et sa clôture de chœur.

 

En effet, la chapelle du château avait reçu un mobilier liturgique particulièrement important et riche, commencé du vivant du cardinal d'Amboise et achevé après sa mort. Une clôture finement sculptée de motifs flamboyant et Renaissance séparait le chœur du reste de l'espace. Dans le chœur, outre l'autel orné du relief de Michel Colombe, se trouvaient des stalles disposées en deux rangées comprenant chacune six ou sept sièges. L'attribution des boiseries n'est pas aisée. Qu'elles soient dues au menuisier principal du château, Nicolas Castille (documenté entre 1503 et 1521) ou aux artisans rouennais actifs autour de lui, ces boiseries et tout le chantier témoigne du foyer normand au début du XVIe siècle.

À la Révolution, ces stalles sont récupérées par Alexandre Lenoir qui les dépose au musée des Monuments français, puis à Saint-Denis où elles sont largement modifiées par l'architecte François Debret avant d'être démontées par Viollet-le-Duc et remontés et complétés vers 1877. D'autres éléments des stalles sont conservées à Écouen, notamment les dorsaux consacrés à saint Georges, à Compiègne ou au Metropolitan Museum de New-York.

https://musee-renaissance.fr/sites/renaissance/files/complement/chapelle/article28.html

Nous disposons donc :

.
a) des deux rangées de stalles visibles à la basilique de Saint-Denis. Elles associent des sièges à rabattants marquetés (dauphins présentant les armoiries de Georges d'Amboise),  miséricordes assez chargées,  parcloses marquetées (ex : Les supplices de l'Enfer) et appuie-mains, et dossiers inclinés,  avec deux rangs de haut dossiers associant en bas des panneaux marquetés (une caractéristique italienne) à Vertus et Sibylles ou à l'emblématique du cardinal d'Amboise , et plus haut des panneaux en bas-relief (scènes de l'Évangile et vie de saint Georges). Sans compter le dais et les jouées. Mais je n'ai pas photographié cet ensemble, et les clichés détail par détail ne sont pas disponibles en ligne. Certains motifs sont issus de xylographies de livres imprimés comme le Calendrier des bergers de Guyot Marchant 1496. Les six stalles du coté nord sont celles qui comportent le plus d'éléments du XVIe puisque seuls 4 panneaux  sur 24 sont modernes. 

De ce riche matériel, seuls les dossiers sont de style grotesque et à rinceaux  comparables à ceux de La Guerche. Je n'ai trouvé que ce cliché :

.

Dossier des stalles (1507-1510) de Gaillon à Saint-Denis. Compte twitter Nicolas Hatot.

.

.

b) Deux dorsaux de ces stalles, en bas-relief, conservées au Musée National de la Renaissance d'Écouen, représentant saint Georges et le dragon E.Cl.22301 et Salomé recevant la tête de Jean-Baptiste E.Cl.21144.

.

c) D'un prie-Dieu au Musée de la Renaissance d'Écouen, faisant partie d'un rang de stalles de chœur à quatre niches correspondant à quatre places. Chacune des  niches est sculptée d'un motif identique, avec un vase sous un mascaron et des rinceaux organisés en deux travées verticales, comme à La Guerche.

.

Prie-Dieu de la chapelle de Gaillon (1507-1510) Musée de la Renaissance d'Écouen E.Cl 19801..

.

d) de deux clôtures de chœur [ou jubé], dites Grande clôture et Petite clôture, sculptées sur les deux faces, l'une de motifs flamboyants, l'autre de motifs Renaissance, sur deux niveaux, l'un plein et l'autre ajouré.

Ce sont les panneaux pleins de la face Renaissance, à décor de candélabre, qui évoquent le plus les dorsaux de La Guerche. Ils ont été dispersés, mais beaucoup sont conservés au Musée de la Renaissance d'Écouen, ou au Metropolitan Museum of Art de New-York (intégrés à un montage de porte), et leurs clichés sont accessibles en ligne (par le biais de la RMN en France).

Une reconstitution de la petite clôture (au décor Renaissance le plus élaboré) a été proposée par Guillaume Fonkenell, associée au grand cintre d'une porte où figurait une Crucifixion.

.

.

.

.

Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

.

 

.

Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

 

.

 

.

Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan museum of Art.

.

Ces panneaux évoquent les premières planches de gravures venues d'Italie, dessinées par Giovanni Pietro da Birago et gravées par Giovanni Antoniao da Bresca entre 1505 et 1507 (recueil factice de 7 planches gravées sur cuivre, bibliothèque de l'INHA.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/19650/?offset=#page=8&viewer=picture&o=download&n=0&q=

.

Panneaux décoratifs, G.P. da Birago 1505-1507, INHA.

.

Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

.

 

.

Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

.

Boiseries de la chapelle haute de Gaillon. Metropolitan Museum of Art.

.

.

Conclusion.

.

Il me parait vraisemblable que la chapelle haute du château de Gaillon ait pu fournir un modèle aux huchiers de la collégiale de La Guerche, comme elle l'a fait pour St. Cross Hospital de Winchester.

Néanmoins, de même que la trentaine de menuisiers français au service de Georges d'Amboise menée par le français Nicolas Castille et l’italien Riccardo da Carpi (Richard Carpe) ont pu s'affranchir des modèles en circulation, ceux de La Guerche ont su créer un art original, et néanmoins très breton, marqué par la primauté donnée aux dragons, par l'inventivité pleine de drôlerie de leurs hybrides, et l'envahissement des formes animales par le végétal. Ils ont  certainement influencés à leur tour les artisans qui ont sculptés les stalles de la collégiale de Champeaux pour les seigneurs d'Espinay.   .

 

 

Clôture de la chapelle haute du château de Gaillon :RMN Grand-Palais, Musée d'Ecouen

http://www.culture.fr/collections/resultats/(offset_cat0)/40/(page_count_cat0)/45/(page_count_cat1)/0/(offset_cat1)/0/(page_count_cat2)/0/(offset_cat2)/0/(page_count_cat3)/0/(offset_cat3)/0/(page_count_cat4)/0/(offset_cat4)/0/(page_count_cat5)/0/(offset_cat5)/0/(page_count_cat6)/0/(offset_cat6)/0?keywords=musees+de+france&sel_search_mode=tous_les_termes&sel_filter_ortho=sel_filter_ortho&sel_filter_syn=sel_filter_syn&filter_date_debut=&filter_date_fin=&filter_date_fixe=&filter_quand[]=16e+si%C3%A8cle&filter_concept[]=Gaillon&filter_ou[]=Ecouen&display_mode=categories

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

— BILLIET (Frédéric), Paris Sorbonne IV,  site Musicastallis

https://musicastallis.huma-num.fr/index.php

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche
— CHARLES (Olivier), sd, Les chanoines-chapelains d’une petite collégiale bretonne. Notre-Dame de Lamballe au XVIIIe siècle.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02106235/document

CHARLES (Olivier), 2004, , Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d’une élite cléricale au siècle des Lumières, Rennes, 2004, 456 p.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-192.htm

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

— MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

— PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

— PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse université Rennes 2. 

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse volume 2, annexe : pages 109-124

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Volume_2_Annexes

 

— SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

SOURCES ICONOGRAPHIQUES ET DOCUMENTAIRES SUR LE GROTESQUE.

—BOS (Agnès), DUBOIS (Jacques), Les boiseries de la chapelle du château de Gaillon, in 2007, L'art des frères d'Amboise. Les chapelles de l'hôtel de Cluny et du château de Gaillon; RMN édition. 

https://www.musee-moyenage.fr/media/documents-pdf/dossiers-de-presse/dp_chapelles.pdf

—Bibliothèque de l'INHA : Les 44 ouvrages indexées "grotesques" au XVIe siècle s'échelonnent entre 1534 et 1565.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection?search=grotesques&sort=_score&perpage=10&fulltext=1&bookmarks=1&refine%5Bperiod%5D%5B%5D=16e+si%C3%A8cle&page=3

Grotesques, trophées. Vers 1541-1586 Caldara, Polidoro (1492-1543?) > Illustrateur, Vico, Enea (1523-1567) > Graveur, Barlacchi, Tommaso (1550?) > Imprimeur

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection?search=grotesques&sort=_score&perpage=10&page=1&&refine[period][]=16e+si%C3%A8cle&r&&page=1&refine[Creator][]=Caldara%2C+Polidoro+%281492-1543%3F%29

 

Cartouches ; grotesques : recueil factice [1554-1557] Enea Vico 1523-1567 René Boyvin 1525 ?-1626 ? Floris, Cornelis (1514-1575), Graveur et Cock, Hieronymus (1510?-1570) Imprimeur 1 vol. ([17] feuillets de planches gravées sur cuivre) : eau-forte ; 33,5 cm Feuillets 1, 6 et 9 à 15 provenant de : Veelderleij niewe inuentien van antijcksche sepultueren diemen nou zeere ghebruijkende is met noch zeer fraeije grotissen en Compertimenten zeer beqwame voer beeltsniders antijcksniders schilders... libro secundo Feuillets 5, 7, 8, 16 et 17 provenant de : [Veelderleij Veranderinghe van grotissen ende Compertimenten... Libro primo] Feuillets 3 et 4 provenant d'une série composée de planches de cartouches

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36058-cartouches-grotesques

Androuet du Cerceau . Jacques Androuet du Cerceau 1510?-1585?), grand maître ornemaniste français, exerçait à Orléans au XVIe siècle .

Pièces au trait[Entre 1534 et 1574 ?] Cet ensemble sans titre ni inscription correspond à un assemblage de planches isolées ou provenant de diverses suites (Vases et Coupes, Meubles, Combats de cavaliers nus, Trophées, Compartiments...) Les pièces de ce recueil, attribuées à Jacques Androuet du Cerceau au XIXe siècle, sont pour partie d'entre elles (gravures au trait) l'oeuvre d'un Précurseur flamand, actif dans les années 1530

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1808-pieces-au-trait?offset=4

Jacques Androuet du Cerceau Recueil factice Après une première édition de 50 planches en 1550, Du Cerceau publia une deuxième suite en y ajoutant 10 nouvelles planches ; Ce recueil contient des planches de la première suite confondues avec celles de la seconde

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/51243-jacobus-androuetius-du-cerceau-lectoribus-s-nihil-aliud-semper-cogitanti-et-molienti-mihi?offset=3

Jacques Androuet du Cerceau Petites grotesques 1562, 60 planches. « Lecteur, voici le second livre que nous t'offrons sur le plaisant genre de peinture qui mêle des images variées de toutes choses (appelé Grottesque en vulgaire [français], récemment augmenté et enrichi de nombreuses figures. Profites-en bien... « 

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1798-petites-grotesques?offset=4

Jacques Androuet du Cerceau Seconde suite de Petites Grotesques composée d'une planche de titre et de 60 planches .Bibliothèque de l'Institut National d'Histoire de l'Art, collections Jacques Doucet

Livre de grotesques, 1566 1 vol. ([36] feuillets de planches gravées sur cuivre) : eau-forte ; 33,3 cm

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/48445-livre-de-grotesques

Panneaux grotesques, recueil factice, vers 1505-1507. 1 vol. ([7] feuillets de planches gravées sur cuivre) : burin ; 61 cm Giovanni Antonio da Brescia (1460?-15??) > Graveur, Birago, Giovan Pietro (14??-15??) > Illustrateur Recueil factice ; Giovan Pietro Birago ou Giampietrino Birago ou Giovanni Pietro da Birago

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/19650-panneaux-grotesques?offset=3

[Nicoletto de Modène, Grotesques publiés par Antonio de Salamanca, ca. 1500-1512. Ils figurent parmi les premières illustrations de la Domus Aurea produites par l'imprimerie. Cependant, ce modèle semble provenir d'un dessin de Pinturicchio.  Nicoletto de Modène (en italien : Nicoletto da Modena), né à Modène à la fin du xve siècle, est un artiste italien de la Renaissance, dont les œuvres se situent dans les premières décennies du xvie siècle. Il a aussi été appelé Nicoletto Rosex ou Rossi da Modena. Les noms Nicholas ou Nicolas de Modène, de Modène, Modesne ou le Modesne, et aussi les noms de famille Belin ou Bellin, se réfèrent à un artiste italien actif dans les cours de François Ier de France et Henry VIII d'Angleterre. (Wikipedia)

[Sculptures et dessins : recueil factice] [vers 1530-1570] Bonasone, Giulio (1498?-1580?) > Illustrateur Raphaël (1483-1520) > Illustrateur Michel-Ange (1475-1564) > Illustrateur Dürer, Albrecht (1471-1528) > Illustrateur Perino del Vaga (1500?-1547) > Illustrateur Caldara, Polidoro (1492-1543?) > Illustrateur Bandinelli, Baccio (1493-1560) > Illustrateur Vico, Enea (1523-1567) > Graveur De Musis, Agostino > Graveur Béatrizet, Nicolas > Graveur Maître G.A. > Graveur Maître au dé > Graveur Modena, Nicoletto > Graveur 1 vol. ([216] feuillets de planches gravées sur cuivre) : burin ; 41cm . La serie intitulée Leviores et (ut videtur) extemporaneae picturae quas grotteschas vulgo vocant a été gravée d'après les planches d'Enea Vico, publiées à Rome par Tomaso Barlachi en 1541-1542

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/52762-sculptures-et-dessins?offset=4

 

L’escalier aux grotesques du château de Chareil-Cintrat (milieu XVIe). Les abondants décors peints inspirés de l'Antiquité évoquent les cinq sens, la mythologie et l'astrologie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Chareil-Cintrat

https://www.reproductions.regards.monuments-nationaux.fr/web_gallery.jsp?tag=true&search=Ch%C3%A2teau%20de%20Chareil-Cintrat

 

— Château de Villeneuve-Lembron : peintures murales de la salle d'apparat (XVIe) et voûte des écuries (fin XVIe)

https://vpah-auvergne-rhone-alpes.fr/ressource/les-peintures-murales-ch%C3%A2teau-de-villeneuve-lembron

—Château de Bussy-Rabutin :Les galeries de la cour d'honneur construites autour de 1520 comportent un décor typique de la première Renaissance française

— Château d'Ancy le Franc :  la chambre de Diane, au rez-de-chaussée du château, a été entièrement décorée au XVIe siècle pour la célèbre belle-sœur du commanditaire du château, Diane de Poitiers.

—Château de Fontainebleau

— Château d’Ecouen musée de la Renaissance 

—Château de Cormatin

— Château de Fléchères à Fareins

— Château d’Oiron et ses pavements 

en Italie :

—Villa d’Este, Tivoli, Italie

—Château Rossi, San Secondo, Italie

—Château della Rocca, Soragna, Italie

—Palazzo del Giardino, Sabbioneta, Italie

 

 

 

— FENRIS (Franz), s.d.  « Grotesques », meuble.peint.com

https://meublepeint.com/les_grotesques.htm

 

 

— GUILMARD ( Désiré ), 1880, Les maîtres ornemanistes : dessinateurs, peintres, architectes, sculpteurs et graveurs : écoles française, italienne, allemande et des Pays-Bas (flamande et hollandaise) : ouvrage renfermant le répertoire général des maîtres ornemanistes avec l'indication précise des pièces d'ornement qui se trouvent dans les cabinets publics et particuliers de France, de Belgique, etc. / par D. Guilmard ; publ. enrichie de 180 planches tirées à part et de nombreuses gravures dans le texte donnant environ 250 spécimens des principaux maîtres et précédée d'une introduction par M. le Baron Davillier (Paris)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6122798r.texteImage

 

ROBERT-DUMESNIL 1871,  Le peintre-graveur français ou Catalogue raisonné des estampes gravées par les peintres et les dessinateurs de l'École française

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre-Pierre-Fran%C3%A7ois_Robert-Dumesnil

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6558533c.texteImage

 

— VIOLLET-LE-DUC (Eugène), 1854-1868 Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle Édition Bance & Morel de 1854 à 1868

https://fr.wikisource.org/wiki/Grammaire_de_l_ornement/Chap_XVII

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Stalle

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Renaissance Grotesques
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 22:39
Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

.

I. LA JOUÉE NORD-OUEST.

.

Sa structure répond par symétrie à celle de la jouée sud, déjà décrite : une partie basse sculptée en bas relief (Judith tenant la tête d'Holopherne au sud, une sainte tenant une couronne d'épines de ce coté), et une partie ajourée où des monstres et hybrides aux allures humaines entourent une statue en ronde-bosse, de saint Gilles (??) au sud et de saint Yves (?) ici.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Le panneau inférieur : une  femme tenant une couronne d'épines.

.

Il s'agirait, pour Florence Piat, d'une des Saintes Femmes présentent lors de la Mise au tombeau. Néanmoins, cette femme n'est pas nimbée. D'autre part, elle est vêtue comme une femme contemporaine de la réalisation des stalles, par sa coiffure retenue dans une résille (à moins que ces croisillons soient une stylisation des cheveux) et par ses vêtements. Elle porte, sur une cotte ne laissant apparaître que la pointe de ses souliers, une robe serrée à la taille avant de l'élargir et de descendre jusqu'aux genoux. Les manches courtes  de cette robe sont frangées et brodées d'un motif de losange perlé. Son encolure ronde est ornée d'un motif de onze gouttes successives.

Si on admet que ce sont des gouttes de sang, et si on se souvient que la couronne d'épines est (avec les mouchetures d'hermine) l'un des meubles des armes d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes  donateur, en 1536, d'une verrière de l'Annonciation, on acceptera peut-être mon hypothèse de relier cette figure féminine au culte des Plaies du Christ, dont Yves Mahyeuc était un adepte pour y avoir été sensibilisé à la lecture des révélations de sainte Brigitte de Suède.

Cette hypothèse liée à l'évêque de Rennes se renforcera avec la présence d'une statue de saint Yves sur la partie supérieure de cette jouée.

.

.

.

 

"Sur la jouée haute qui jouxte la stalle nord, une femme vue de face tient entre ses mains une couronne d’épines. Cet attribut incline à y voir Marie Jacobé ou de Cléophas, tante de Jésus et un de ses premiers disciples féminins, qui assista à la mise au tombeau et récupéra la couronne d’épines. Cette sculpture, représentée de manière isolée, apparaît bien singulière. En effet, il est étonnant de voir Marie Jacobé figurée seule, sans les autres Marie qui assistèrent à la mise au tombeau, puis à la résurrection du Christ. De plus, le sujet de ce bas-relief est traité différemment de celui de la jouée sud : le personnage n’est plus représenté de profil mais de face et alors qu’une certaine agitation animait le dessin de Judith, cette sainte Marie se révèle statique, presqu’impassible avec ses yeux mi-clos. Il est par ailleurs notable que ce sujet soit extrêmement rare dans les sculptures des stalles européennes, le cas guerchais étant le seul recensé en Bretagne. Enfin, la distinction entre rangs sud et nord se comprend également dans un schéma linéaire et didactique opposant le côté sud et les figures vétérotestamentaires, au côté nord où l’on retrouve plus volontiers des images du Nouveau Testament." (F. Piat)

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Le panneau inférieur, coté intérieur. Un homme portant deux belettes dans une hotte.

.

La sculpture en bas-relief représente un homme marchant (gravissant une pente) en s'appuyant sur un bâton. Il est tête nue, son visage a été superficiellement bûché, et il est vêtu d'une tunique courte au dessus de jambes et de pieds nus. Il pourrait donc s'agir d'un paysan pauvre. Il porte une hotte et — c'est l'élément énigmatique — il en émerge deux animaux. Le premier est allongé sur le panier  mais sa longue queue descend sur le bord. Son fin museau parvient contre l'oreille de notre pauvre homme. Du second, nous ne voyons que la tête qui se dresse verticalement, avec un museau aussi fin que le premier.

Sont-ce des mustélidés ? Des hermines ? Des belettes ?

.

Mustela erminea, photo Steve Hillebrand, USFWS in Wikipedia

.

Belette d'Europe (Mustela nivalis) , photo sur Wikipedia.

.

Notre homme est-il un chasseur de mustélidés (hermines ou martres) pour le compte d'un fourreur ? Fait-il allusion aux aumusses fourrées des chanoines ? Ou bien ce panneau illustre-il un proverbe ou une expression qui nous échappe ? 

.

" Sur la face interne de la jouée, un personnage masculin marche et porte sur son dos une hotte dans laquelle de petits animaux sont représentés.  " (F. Piat)

 

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Le haut du montant est sculpté de deux animaux jumelés semblables à des sphinx.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La moitié supérieure, 1 : saint Yves ?

.

L'identification de ce personnage ne va pas de soi, car les mains, rapprochées, ont été bûchées. Le plumier et l'encrier suspendus à sa ceinture se voient fréquemment chez les évangélistes sculptés dans la pierre au XIVe siècle, et désignent un écrivain, ou son secrétaire. Mais il porte un habit contemporain des stalles, avec une cotte alaire et un bonnet au dessus de cheveux bouclés de chaque coté du visage. Cette tenue est compatible avec celle des docteurs (en droit, en théologie ou en médecine).

Un indice est pourtant précieux : la courte pèlerine qui couvre les épaules est frappée de mouchetures, comme si elle était fourrée d'hermine.

Cette association d'un habit de docteur et d'une fourrure d'hermine justifie à mes yeux de reconnaître ici saint Yves. Les deux mains devaient à l'origine former, entre le pouce et l'index opposé, le geste de l'argumentation juridique.

Cette représentation honorerait ainsi le saint patron d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes, et qui, en 1518, avait approuvé la réforme des statuts du chapitre collégial de La Guerche, rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier. L'évêque se préoccupait suffisamment de Notre-Dame de La Guerche pour offrir, en 1536, une verrière du Couronnement de la Vierge et de l'Annonciation, verrière qui montre le donateur présenté par saint Yves : tête nue, revêtu d'une tunique mouchetée d'hermines, et tenant en main un rouleau ou codex.

.

Cette suggestion ne tient pas compte des personnages et animaux qui entourent ce personnage, ce qui parait licite en raison de leur  caractère fantastique et grotesque. Mais hélas (pour la simplicité de cette identification), nous constatons que notre Monsieur X ne tenait pas dans ses mains un codex, et n'effectuait pas le geste d'argumentation juridique, puisqu'il tenait une longue banderole qui l'entoure des deux cotés au niveau de la taille avant de s'accrocher dans les rinceaux. D'un coté (extérieur), elle est saisie par la patte d'un lion ailé. De l'autre coté, à l'intérieur de la stalle, elle vient sur le bonnet d'un nain hybride et barbu, et sous la patte d'un aigle.

C'est le coté énervant de la réalité de ne pas se façonner à nos attentes. Si la banderole menait uniquement au lion ailé (comme sur cette statue du calvaire de Saint-Exupère à Dinéault), l'écrivain avec son plumier serait l'évangéliste saint Marc (mais il devrait alors porter la barbe). Si au contraire elle conduisait à l'aigle, ce serait saint Jean, et là, les joues rebondies et imberbes ne nous contrediraient pas. Mais hélas... il semblerait que le but que s'est fixé notre artiste est de déjouer toutes les tentatives de compréhension et de nous faire perdre la boule...

 

 

.

 

 

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La moitié supérieure, 2 : les entrelacs.

.

2a. Le registre inférieur.

.

Du coté extérieur, une arborescence de branches bourgeonnantes enroule ses volutes et forme un piédestal au personnage mystérieux. La banderole de ce dernier s'y enrubanne, passe entre les pattes du lion ailé et se perd. Au dessus du lion, et selon le principe des métamorphoses entre animal et végétal, un rinceau se couvre d'écailles et se termine en une tête d'oiseau ou de dragon à gueule narquoise.

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

 

.

Du coté intérieur, c'est cette association d'un hybride nain et barbu avec un aigle qui nous laisse cois... ou coites.

.

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

2b. Le registre supérieur.

.

Du coté extérieur, nous repérons facilement un enfant tirant de son arc, mais sa cible nous échappe. Il est juché sur une sorte de crocodile à deux têtes, crachant chacune d'autres parties animales.

Juste en dessous, deux enfants nus basculent, la tête renversée en arrière, entrainés dans les montagnes russes  de ces rinceaux diaboliques enchevêtrant les corps couverts d'écailles, les têtes monstrueuses aux langues gourmandes et les queues informes.

.

 

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Et du coté intérieur, nous retrouvons notre archer aux fesses joufflues, des oiseaux bagués, un escargot, et la gueule d'un dragon.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La jouée du prie-dieu.

.

Elle est l'exacte jumelle de son homologue du coté sud, avec son moine agenouillé, front posées sur ses mains jointes en plein recueillement.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

II. LES MISÉRICORDES ET APPUIE-MAINS DES STALLES NORD.

.

Les stalles de  la rangée de nord sont numérotées de 10 à 18 de l'ouest à l'est. Leurs haut-dossiers seront décrits dans l'article suivant.

.

Plan des stalles par Florence Piat.

 

.

 

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

Miséricorde de la stalle n°10. Un masque-feuille.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-10/036afac8-2fc6-4519-9dee-9a223b2835e9

"une  tête d´homme encadrée par des feuillages et des branches qui forment un bonnet autour de son visage. Celui-ci est rond, les yeux en amande et à demi clos. La bouche du personnage est extrêmement soignée, les lèvres petites et les commissures bien visibles. " (F. Piat)

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°10. Un hybride.

.

Les deux jambes nues ou pattes entourent le montant de la parclose, tandis que le ventre et le buste, très lisses, se coudent en un tube là où nous attendions une tête.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Miséricorde de la stalle n°11. L'acrobate impudique.

.

 

J'ai eu souvent à décrire sur les miséricordes, les sablières et leurs abouts de poinçon et sur les crossettes des églises un acrobate nu, en renversement postérieur en exhibition obscène. Celui-ci effectue une autre figure de gymnastique,  peu réaliste mais tout aussi obscène malgré l'intervention du bûcheur.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-11/12d95b59-edb5-41c5-a37a-e5cafb6afb95

 

"Un personnage masculin nu et vu de dos. Il tourne la tête vers le spectateur. Ses jambes sont relevées, comme s'il était assis, mais la posture générale semble improbable. Son sexe et ses testicules ont été bûchés (voir photographie). Il écarte ses fesses de ses deux mains. Tout semble indiquer qu'il s'agit d'un sodomite, tel qu'on en trouve sur l'ensemble de Tréguier." (F. Piat)


.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°11.

.

À cheval sur la parclose, ce personnage à tunique plissée est tourné vers l'occupant de la stalle à qui il propose un récipient tenu des deux mains. La tête a èté bûchée.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

.

Miséricorde de la stalle n°12. Adam et Ève et le serpent de la Tentation.

.

De part et d'autre de l'Arbre de la Connaissance ou s'entortille le serpent de la tentation, Ève à gauche tenant la pomme, et Adam à droite dissimulent leurs parties devenues, de par leur faute, honteuses.

Cette scène est très fréquente sur les moulures des porches du Finistère au XVe siècle (Pencran en 1553, Landivisiau en 1554, Guimiliau e, 1606-1617 ou Ploudiry en 1665) ou dans l'enluminure du Livre d'Heures dit de Henri IV.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°12.

.

Ce personnage à tunique plissée (comme l'appui-main précédent) et en position de chevalier servant a non seulement complètement perdu la tête, mais a aussi laissé le bûcheur lui dérober son buste. Les aléas du métier.

.

.

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.


 

Miséricorde de la stalle n°13 Adam et Ève expulsés du Paradis.

.

C'est la scène bien classique et, elle aussi, bien fréquente sur les moulures des porches bretons. On peut s'étonner de l'agressivité tenace de celui qui a mutilé tous les personnages. Les marteaux des révolutionnaires s'en prenaient plutôt aux emblèmes de la noblesse. Ces exactions ne sont-elles pas à mettre plutôt sur le compte des soldats huguenots de M. de Rohan en 1563 ?

Un autre point remarquable est le turban choisi par Adam.

.

 

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-13/a5fc56b4-07d9-45e6-bbe5-05966cd24499

"Adam et Eve, toujours représentés nus et tentant de couvrir cette nudité, sont poussés vers la gauche de la miséricorde par un ange vêtu d´une longue robe ceinturée et armé d´un glaive. Ses ailes sont grandes et détaillées et son vêtement animé de nombreux plis. Il pose sa main gauche sur l´épaule d´Adam, contre lequel Eve semble se blottir." (F. Piat)

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°13.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Miséricorde de la stalle n°14. Adam, Ève et Caïn ?

 

.

S'agit-il de la représentation de la condition humaine après la Faute ? L'homme tient une bêche, car il doit désormais gagner sa vie à la sueur de son front et travailler la terre, comme un vulgaire néolithique, au lieu de cueillir les fruits du jardin et les légumes des bois, boire à la source fraiche et puis se reposer comme dans le paléo Paradis. Quant à madame, elle a du enfanter dans la douleur (elle se tient le ventre) un grand gaillard braillard qu'elle prénommera Cain. Il finira criminel.

On voit que l'iconoclaste huguenot s'est encore fait plaisir.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-14/e3b3792c-892e-4b81-906d-30f0bed45005

"Cette miséricorde représente un couple et leur enfant. L´homme se tient sur la gauche. Il est vêtu d´une tunique courte et un bonnet, et tient une pelle dans ses mains. Il s´avance vers sa femme et son enfant. A droite, la femme se tient debout. Vêtu d'une longue robe ceinturée, elle tient l'enfant par la main droite. Ses cheveux sont longs et forment une couronne autour de sa tête. Elle porte sa main gauche sur son ventre. L´enfant, qui se trouve au centre, est nu et cache son sexe de sa main droite. De la gauche, il tient la main de sa mère." (F. Piat)

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°14.

.

Qu'est-ce là ? Un homme, un chanoine en longue robe, renversé en arrière sur le montant de la parclose ?

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

Miséricorde de la stalle n°15. face d'homme, bouche entr'ouverte.

.

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-15/46e5139c-a6ef-4368-92df-1f2f1437c934

"Une tête d´homme vu de face. Il porte un turban qui lui ceint le front. Ses traits sont épais et son nez, malheureusement cassé, devait être large et épaté. Sa bouche est ouverte et laisse voir ses dents. La rondeur du visage est accentuée par les profonds sillons des zygomatiques." (F. Piat)

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°15.

.

Un quidam devait être allongé là à la renverse sur la parclose, tenant un rouleau à la main gauche, et, pourquoi pas, chantant et rêvant ?. Il ne reste de lui que ses jambes nues (mais dûment chaussées) et son sexe, son ventre exagérément dilaté , et, tel un moulage de Pompéi, sa main crispée sur son trésor. Quel héros muet est-il ici foudroyé ?

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Miséricorde de la stalle n°16. Une tête de fou coiffée d'un bonnet à oreilles d'âne.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-16/fc57f0f9-5333-4c45-ac56-ccf47e2a3fe3

"Une  tête de fou vu de face. Le visage est souriant, le menton et le front sont creusés d´un profond et large sillon en V. Il est vêtu d´un capuchon dont les bords sont décorés de motifs à festons et qui possède deux grandes oreilles pointues, qui sont celles d´un âne. A noter que les festons de sa capuche sont juste incisés dans le bois. " (F. Piat)

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°16.

.

Encore un homme allongé, mais cette fois-ci à plat-ventre, et qui a  encore une fois bien souffert des marteaux rageurs : j'entends clairement ses sanglots.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Miséricorde de la stalle n°17. Un joueur de bombarde.

.

Florence Piat en donne une description parfaite. Sa position "jambes en W" est celle des acrobates.

.

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-17/7efdb8d2-5de4-41a7-a0ef-9608ecf36ffd

"Un homme vu de face et agenouillé, les jambes écartées dessinant un W. La position générale du corps est improbable. L'homme porte un bonnet ourlé sur la tête, il a les cheveux mi-longs. Il tient un instrument à vent (bombarde ou flûte ou trompette) dans lequel il est en train de souffler comme l'indique ses joues gonflées." (F. Piat)

.

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°17. Une sirène se peignant.

 

.

C'est à l'unanimité le plus bel appuie-main et on envie le titulaire de cette stalle. Les plus beaux attributs de cette femme-poisson ont été bûchés, mais il y a de beaux restes, comme les petites délicieuses nageoires, les mèches de la chevelure, et le peigne. Le bras droit devait tenir un miroir. 

.

 

 

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Miséricorde de la stalle n°18. Tête d'homme tirant la langue.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-18/b441ddfa-4ec0-4ce8-b2a2-8922f316c0ab

"Une  tête d´homme, vu de face et tirant la langue entre ses dents bien visibles. Son visage est encadré par des formes végétales et sous son menton, on distingue une petite fleur à l´envers. Ses pupilles sont creusées, son nez est fin. Les bajoues et le double menton suggère qu´il s´agit d´une personne plutôt âgée." (F. Piat)

 

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main de la stalle n°18.

.

Cela ressemble à une petite souris ; avec une queue de poisson. Mais qui a dû être charmante avant le passage des méchants excités.

.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles nord de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche

 

LA GUERCHE

"Un curieux travail de menuiserie moins usé par le temps, mais maladroitement couvert de peinture, est le double rang de stalles qui décore le chœur. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités son couverts de ciselures et de figurines pleines d'originalité et de finesse; le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très-heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste. Après celles de Champeaux, nous ne connaissons point dans le diocèse de stalles plus remarquables que celles-ci. Mais encore une fois, pourquoi laisse-t-on les soi-disant décorateurs de nos églises empâter au moyen d'épaisses couches de couleur nos sculptures les plus exquises, et en faire disparaître tout leur effet de relief, sous prétexte de les restaurer et de leur donner un air de nouveauté précisément opposé à leur caractère? Ne serait-il pas plus simple, plus économique et surtout plus sage, dans l'intérêt de ces précieux chefs-d'œuvre, de les nettoyer simplement et d'y passer une légère couche de vernis qui ferait revivre la couleur naturelle du bois sans remplir les creux fouillés à dessin et sans nuire à la pureté des lignes et des contours ?"

CHAMPEAUX

"Mais ce qui s'est mieux conservé, c'est la précieuse boiserie et les remarquables sculptures des stalles. Rien de plus gracieux que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier des supports des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. - L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail à peu près unique dans son genre, dans notre diocèse; car les stalles de La Guerche qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau; tandis qu'à La Guerche, on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations en un mot exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIe siècle avec ses beautés et ses défauts."

 

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au xvm" et au xix° siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (31), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 15HS.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvie siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules chargée de huit besants d'or. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc el par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."
 

 

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

"Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés.

Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet."

— MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

 

.

— PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

— PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse université Rennes 2. 

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse volume 2, annexe : pages 109-124

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Volume_2_Annexes

 

— SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

 

— SITE

http://www.bretagneweb.com/photos-35/35-laguerchedebretagne.htm

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/enigm/laguerche.html

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture
4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 17:51

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  les haut-dossiers et les pendentifs du dais du coté sud.

 

 

.

Sur l'ancienne collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne, voir :

 

 

.

 


Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

 

 .

Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

.

 

.

Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  le coté sud : les dossiers.
Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  le coté sud : les dossiers.
Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ib,  le coté sud : les dossiers.

.

.

Sur la présentation générale de cette collégiale et de ses stalles, voir les deux articles précédents. Je poursuis ma description des  9 stalles du coté sud, en m'appuyant sur la thèse de Florence Piat. Les citations sont placés en retrait et entre guillemets.  Les "descriptions" et les photographies me sont personnelles.

Je décrirai les dossiers selon la numérotation adoptée par Florence Piat. Chaque dossier est séparé du suivant par un montant vertical soigneusement sculpté d'un motif ornemental différent à chaque fois, et dominé par une statuette en ronde-bosse d'un apôtre ou saint personnage, dont le visage a été buché. Cette statuette portera le numéro du dossier placé à sa droite. La description renverra par lien à la description de la stalle donnée sur le site Gertrude, lorsqu'elle existe.

Après une vue générale, nous rentrerons dans les détails des figures fantastiques qui témoignent de l'introduction précoce dans les Marches de Bretagne du style grotesque, d'abord apparu (après les découvertes de la Domus Aurea par les artistes italiens vers 1480) en Val de Loire à la cour royale après les guerres d'Italie. 7"

"Le répertoire décoratif italien est expérimenté en Bretagne sensiblement à la même époque que dans le royaume de France, ce dont témoigne des œuvres telles que le tombeau de Thomas James (1507), son missel (1484), le portail de la chapelle du Saint-Sacrement à Vannes (1515-1531), ainsi que la présence, dans la péninsule, d’artistes venus expressément des régions transalpines pour travailler auprès de mécènes influents. Comme dans beaucoup d’autres régions, ce nouveau vocabulaire s’intègre et se mêle jusqu’aux années 1520-1530 à l’architecture et aux images médiévales, sans pour autant profondément modifier les structures issues du Gothique.

Dans les stalles de l’ancien duché, le tournant s’opère effectivement en l’espace d’une décennie et, alors qu’un ensemble comme celui de Tréguier réalisé au début des années 1510 présente encore toutes les caractéristiques iconographiques médiévales, les stalles de La Guerche-de-Bretagne, réalisées à la fin de cette même décennie développent largement de nouveaux motifs directement inspirés de l’art italien. En l’espace d’une dizaine d’années, ces thèmes pénètrent donc le vocabulaire décoratif et iconographique des sculpteurs sous l’action combinée de grands mécènes, comme les Laval et Espinay, la diffusion de gravures provenant de Flandres, d’Allemagne et également du bassin ligérien. " (F. Piat)

"Ce passage des motifs italiens par les régions rhénanes et flamandes permet d’expliquer la pluralité des influences détectables sur certains ensembles, le cas des stalles de La Guerche-de-Bretagne étant, de ce point de vue, tout à fait exemplaire. En effet, nous  avons remarqué précédemment que ce groupe présentait à la fois des thèmes fréquents dans les stalles des régions flamandes et brabançonnes et des motifs décoratifs proprement italianisants. La maladresse qui transparaît dans l’exécution de certaines sculptures montre que le sculpteur n’était pas forcément familier de ces motifs.

Le traitement en très bas-relief des dorsaux, le travail des fourrures et plumes par des jeux de fines incisions plutôt que par le relief, plaident en faveur d’une utilisation de gravures. Cela permettrait notamment d’expliquer les difficultés rencontrées par le sculpteur dès qu’il s’agit d’interpréter en relief certains modelés ou encore la variété des origines géographiques des thèmes développés. Les rinceaux des panneaux sud mêlent ainsi des ornements italianisants à des motifs typiquement gothiques comme le porc jouant de la cornemuse ou l’homme montrant ses fesses à un soldat, motifs qui côtoient des trophées et rinceaux.

Il est fort probable que les gravures employées par les sculpteurs proviennent des Flandres ou d’Allemagne où les nouveaux thèmes venus d’Italie étaient déjà connus et développés depuis les années 1500-1510, dans des compositions qui ne reniaient en rien des thèmes médiévaux, au demeurant toujours très appréciés." (F. Piat)

 

"À cette Renaissance innocente et comme printanière, peut-être serait-il bon d’opposer la Renaissance désabusée et caustique des stalles du chœur, presque neuves en 1536. Pouvant remonter aux années 1520, elles affichaient le blason de la famille d’Alençon. Rarement sans doute s’est exprimée une telle irrévérence : voyez les panneaux des dossiers côté nord. Ici un homme nu défèque sur un prédicateur, là un autre montre ses fesses à un homme d’armes et lâche un pet, ailleurs une femme soulève ses jupes à tout venant. Quand on redresse une miséricorde, on aperçoit dans l’ombre les serpents qui glissent du bucrane…"(Roger Blot)

.

Les stalles de la collégiale de Guerche, et plus précisément leurs dossiers, forment l'exemple le plus précoce en Bretagne de cette ornementation grotesque de la Première Renaissance, juste après le cénotaphe de Thomas James à Dol-de-Bretagne en 1508. L'ornementation de la façade du château de Gaillon sous la commande de l'évêque Georges Ier d'Amboise entre 1502 et 1506 (un autre élément de comparaison du décor de ces haut-dossiers) est pour sa part la première manifestation de la Première Renaissance en Normandie.

 

C'est dire que nous allons découvrir ici, sur 18 haut-dossiers sculptés en bas-reliefs, des exemples de rinceaux mettant en scène, autour de candélabres (ou plutôt de vasques) des hybrides mêlant des caractères humains, animaux et végétaux, voire des grylles (avec des têtes surnuméraires et ectopiques), exhibant leur nudité, se livrant à des combats, à des menaces de dévoration, et, surtout, jouant de l'étrangeté de leur nature hybride pour mettre à mal notre désir de maîtrise et de compréhension. Au contraire, tout sera fait pour déstabiliser les bases de notre univers mental, pour dissoudre les limites que nous avons établies entre les genres, et pour nous plonger dans les abymes de l'incompréhension par des tableaux énigmatiques. Vous qui entrez dans la forêt obscure des hommes-feuilles, des masques feuillus, des animaux végétalisés ou des tiges aux visages gloutons, laissez toute espérance , et perdez sans regret le bien de l'intelligence pour les délices du rêve. Je serai votre Guide.

 

Certains n'apprécient guère d'être ainsi malmenés et provoqués, et brandiront des clefs d'interprétations qui les apaiseront. Qu'ils me permettent de ne les saisir qu'avec circonspection, et de ne pas vouloir rompre les charmes, facéties et retournements de valeurs qui opèrent ici. Je tenterai donc de m'en tenir à une description objective.

.

 

 

.

Plan et numérotation des stalles par Florence Piat.

.

.

 

 

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

 

Haut-dossier n°1.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-01/54aabce5-7170-45a5-8ecd-921f93048c9f

.

Description.

— Sur l'axe médian, un homme nu (presque un enfant), bras et jambes écartées et sexe bien visible, semble en train de déféquer sur une console à ornements foliaires.

En dessous, une femme aux cheveux longs et vêtu d'une robe à encolure carrée prend appui sur une plate-forme un peu semblable à un livre ouvert. Derrière et au dessus d'elle est sculpté une architecture à colonnes et auvent. La signification de sa présence reste énigmatique.

La construction de l'axe médian affecte globalement la forme d'un "candélabre" avec son empiètement et ses étages.

— Un couple de poissons  grotesques, que la tradition désigne par le terme de "dauphins" s'affronte en bas du candélabre médian. Leur corps non réaliste est enfeuillagé ou emplumé, et ces appendices libèrent des rinceaux en volutes qui occupent tout l'espace latéral. Ces volutes accueillent, en haut, un couple d'oiseaux vus de profils, et à l'étage sous-jacent deux "sirènes" ou hybrides au buste féminin, au ventre globuleux et à la queue de feuilles dentelées.

.

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n° 1.

.

Description. 

Le montant est creusé de gorges spiralées, soit lisses, soit perlées.

La statue est celle d'un personnage à la tête buchée, vêtu d'un manteau fermé à col à large rabat, et tenant un phylactère muet qu'il désigne. Il s'agit soit d'un apôtre dans le cadre d'un Credo apostolique, soit d'un prophète vétérotestamentaire. Les pieds seraient nus s'il s'agissait d'un apôtre.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier n°2.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-02/6c516aae-02a2-49da-b75e-3a09b8fff8d7

.

Description.

—Dans le registre inférieur, deux grylles tirent à l'arc sur deux hommes nus armés de gourdin et se protégeant par leur bouclier.

Ces grylles (hybrides à têtes ectopiques) ont un buste humain, un ventre à tête feuillagée, et une queue d'écailles et de feuilles qui génère les volutes des rinceaux. Les deux humains sont installés dans ces volutes.

— Au registre supérieur, les rinceaux inversent leurs volutes. Deux combattant s'y affrontent : un humain, nu, armé d'un gourdin et équipé d'un bouclier, et un grylle, associant au buste d'un homme barbu l'arrière-train d'un quadripède et un postérieur en tête feuillagée.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n°2 .

.

Le montant est parcouru par cinq gorges dessinant par des lignes droites brisées un parcours géométrique (cf. photo supra).

La statuette est celle d'un personnage à cheveux longs, vêtu d'un manteau ouvert sur une robe, et tenant un bâton à renflements successifs. 

.

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier n°3.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-03/aa0fc544-bc0c-4754-90df-7e32a431240b

 

Description.

— Une jeune femme nue est debout sur le tambour ou tabouret (même étymologie) d'une vasque qui est sans doute une fontaine, puisque deux oiseaux viennent s'abreuver. Sa jambe droite est fléchie, car elle est en train de danser, les bras écartés prenant appui aux tiges des rinceaux. Ces derniers, aux volutes inversés en S affrontés, se développent depuis les queues des deux oiseaux. 

S'appuyant sur les plumes de ces queues, deux personnages occupent les volutes basses. À droite, c'est un animal qui, debout sur ses pattes de derrière et vêtu d'un mantelet, joue de la cornemuse. Le bourdon d'épaule est long, le porte-vent est dans la gueule, le fort chalumeau se perd dans l'aile de l'oiseau. Le sac est tenu devant l'abdomen. Est-ce un singe ? Un ours ? Non, la présence de deux fortes canines concaves remontant vers le groin indique qu'il s'agit d'un sanglier, ou du moins d'un porc, ce qui ne va pas sans ironie puisque le sac des cornemuses est, selon F. Piat, faite d'une vessie de porc.     Il figure bien entendu dans l'Iconographie de la cornemuse de Jean-Luc Matte .

Il figure aussi sur le site musiconis (avec une photo), tandis que musicastallis lui consacre la fiche 270.

http://musiconis.huma-num.fr/fr/fiche/725/animal-playing-bagpipe.html

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=270

.

À gauche, c'est un hybride, au visage humain barbu couvert d'une capuche, avec un mantelet feuillagé sur les épaules, des mains humaines un ventre ovoïde, un arrière-train à queue de vache, et des pattes ambiguës.

 

— En partie haute, deux hommes nus combattent, mais un seul est armé d'un gourdin et protégé par un bouclier.

Mais cinq autres têtes de face et de profil fleurissent dans les rinceaux, la plupart étant des masques feuillus.

.

 

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n°3 .

.

Le montant  prend l'allure d'un faisceau de joncs aux extrémités régulièrement coupées.

La statuette est celle d'un homme à la tête buchée, vêtu d'un manteau fermé, et présentant une couronne de branches tressées. Celle-ci évoque la Couronne d'épines du Christ, et on se souvient d'une part que sa représentation est fréquente, notamment sur la jouée nord, et d'autre part que cet emblème appartient aux armes d'Yves Mayeuc, évêque de Rennes alors en poste (et représenté sur une verrière).

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

.

Haut-dossier n°4.

.

 

"Les panneaux des dorsaux diffèrent entre rangs nord et sud. Côté sud, les rinceaux qui habillent les deux tiers des dorsaux sont peuplés de nombreux personnages livrant batailles, dansant, jouant de la musique, des animaux fantastiques, de putti et de nombreux grotesques. Au nord, si l’on retrouve bien les rinceaux et quelques hybrides qui forment un arrangement léger et gracieux, la composition est beaucoup moins chargée et la figure humaine très peu représentée. Néanmoins, une constante demeure dans ces panneaux et dans le reste des stalles de La Guerche : autant le sculpteur témoigne d’une technicité maîtrisée dans la réalisation des ornements, feuillages, rinceaux et animaux fabuleux, autant, dès qu’il est question de représentation humaine, la composition devient maladroite, les proportions ne sont pas respectées et les attitudes apparaissent plus rigides. Sur le panneau n°04, le personnage masculin représenté dans la partie supérieure droite de la composition, nu, vu de face et la tête tournée vers la gauche, en direction de la jeune femme à qui il tend un objet sphérique (pomme ou concorde), témoigne parfaitement de ces difficultés.

 On a ainsi l’impression que le sculpteur a hésité à le représenter de dos ou de face ; sa jambe gauche a été allongée pour que son pied atteigne la corne située à ses côtés, engendrant une disproportion flagrante avec sa jambe droite. Cette maladresse contraste avec la légèreté des feuilles des rinceaux qui se détachent finement du fond des panneaux." (F. Piat)

 

Description.

— Registre supérieur. Sur l'axe médian, une femme est juchée sur un plateau et a relevé sa robe pour dévoiler la nudité de son bassin. Elle est pourtant solidement chaussée (de chaussures et de guêtres), bien vêtue (d'une robe à manches larges et encolure carrée sur une chemise fine), et joliment coiffée derrière un front dégagé et épilé d'un bonnet à pompons d'où s'échappent deux longues mèches.

À droite, un homme, nu et clairement masculin, lui tend un fruit rond.

À gauche, une femme vue de trois-quarts arrière lève les bras et lui tend un sabot.

Il est évident que cette scène possède un sens caché, peut-être lié à une expression proverbiale. Ou bien s'agit-il de l'allégorie de l'abondance ou de la fécondité ?

— Un peu plus bas, et soutenant le plateau, un masque humain à cornes de vaches crache deux cornes d'abondance qui produisent des rinceaux.

Et il crache aussi une coquille à onze rayons, posée sur un tabouret hexagonal lui(=-même posé sur un masque à l'envers.

Chaque oreille de cette coquille est tenue par le bec d'un oiseau, et, bien entendu, la queue de ces oiseaux s'achèvent dans les orbes de feuillages décoratifs.

.

 

 

 

 

 

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n°4 .

.

Montant en écailles tuilées organisées en spirales.

Homme (apôtre ?) au visage buché, à cheveux longs, vêtu d'une cape sur un long manteau fermé à col à long rabat, tenant des deux mains un livre ouvert.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

.

Haut-dossier n°5. Les armoiries des ducs d'Alençon.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-05/ddba1bd7-3e9f-4890-b11b-5a9f4a6cf461

Ce panneau a permis d'identifier le commanditaire probable de l'œuvre. Malgré le fait qu'il ait été bûché, les trois fleurs de lys du blason qui y figure sont encore visibles, permettant ainsi d'identifier les armes des ducs d'Alençon, qui se retrouve par ailleurs sur les vitraux de la collégiale.

 

Les armoiries

"La présence de blasons sur les dorsaux des stalles permet également d’obtenir des données quant à leurs périodes de réalisation. À ce titre, le cas de La Guerche-de Bretagne s’avère exemplaire. Suite aux dégradations révolutionnaires, l’ensemble des écus sculptés sur ces stalles fut bûché. Deux panneaux de dorsaux portent néanmoins les traces de ces blasons et nous permettent d’avancer une fourchette chronologique restreinte, comprise entre 1518 et 1525. Le premier écu est situé sur le panneau n°17 du rang nord et le second sur le panneau n°05 du rang sud. Le second blason, situé sur le panneau central des stalles sud n’a été que partiellement bûché, de sorte que les fleurs de lys qui en constituent le meuble principale sont toujours visibles malgré le travail de sape des Révolutionnaires [fig. n°29].

Le blason situé sur le dorsal n°05 a été bûché à l’époque révolutionnaire. Cependant, les fleurs de lys qui y étaient disposées y sont encore nettement visibles.

215 Sur un sceau du chapitre datant de 1448, les armes de la collégiale étaient composées d’une Sainte Vierge assise dans un fauteuil sous un dais, ayant sur le bras gauche l'Enfant Jésus et tenant de la main droite une branche de lys fleurie. Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine, 1 G 460-462 : « Clergé séculier avant 1789 : La Guerche-de-Bretagne »

 

Tenu par deux personnages masculins vêtus d’un bliaud et d’une cape attachée par un fermail autour de leurs cous, l’écu garni de trois fleurs de lys est entouré de besants dont la polychromie a disparu. Ces armoiries appartiennent sans conteste à la famille des ducs d’Alençon, seigneurs de La Guerche à la fin du Moyen Âge, et dont les armes sont également apposées en différents endroits de la collégiale, notamment sur les vitraux : « de France à la bordure de gueule chargée de huit besants d’or ».

Compte tenu des caractéristiques stylistiques de ces stalles, plusieurs personnalités issues de la branche d’Alençon pourraient être à l’origine de ce groupe. De Catherine d’Alençon, femme de Guy XIV de Laval, baronne de la Guerche de 1463 à 1505, à Anne d’Alençon, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562, c’est Charles IV d’Alençon, baron de la Guerche de 1505 à 1525 qui paraît être le candidat le plus légitime. Plusieurs indices tendent à donner la préférence au duc.

Tout d’abord, le fait que ces armoiries soient pleines, c’est-à-dire sans alliance pourrait indiquer qu’il s’agit plutôt d’un homme. Or, Charles est le seul représentant masculin en ce début de XVIe siècle, la baronnie ayant été l’apanage de la tante, puis des sœurs de Charles. D’autre part, les éléments iconographiques présents sur ces stalles caractérisent un ensemble entre Moyen Âge et Renaissance et qui ne peut avoir été réalisé que dans le premier quart du XVIe siècle. En effet, une sirène se coiffant et tenant un miroir dans une main, iconographie typique du répertoire médiéval, se trouve sculptée sur l’appui main n°17. De l’autre côté, sur la miséricorde n°01, un bucrane est représenté alors que les dorsaux entremêlent à des grotesques caractéristiques de la première Renaissance, des créatures plus volontiers médiévales telles que le porc à la cornemuse216. Il est probable que la construction de ce groupe de stalles ait été entreprise à la suite de la réformation du chapitre ordonné par Charles IV en 1518 217. 7 H. BOURDE DE LA ROGERIE, « L’excursion de la Société Archéologique. Notes sur les églises d’Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné-de-Bais, Moutiers, Pirée et Rannée », in B.S.A.I.V., 1924, t. 51, p. 117-160." (F. Piat)

 

"Un mécénat proche du pouvoir royal : Alençon et La Guerche-de-Bretagne

 

"Les stalles de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne constituent probablement l’ensemble le plus complexe de ce corpus en raison de la disparité de ses sculptures, des thèmes médiévaux et renaissants qu’il mélange et de ses commanditaires.

Charles IV d’Alençon et la réforme du chapitre

L’état très fragmentaire de ces stalles suite aux destructions de la période révolutionnaire et aux restaurations du XIXe siècle permet néanmoins d’en identifier le commanditaire. Le blason situé sur le panneau n°05 (stalles sud) porte encore les traces des fleurs de lys de la famille d’Alençon : de France à la bordure de gueule chargée de huit besants d’or . Pour les raisons que nous avons déjà évoquées dans la première partie, Charles IV d’Alençon (1489-1526), prince de sang de la maison de Valois, est vraisemblablement le commanditaire de ces stalles. Il n’existe pas, à ce jour, de biographie qui lui soit consacré, la personnalité du duc ayant visiblement moins d’attrait que celle de sa femme, Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier. Il est vrai que face à l’esprit brillant qu’incarne cette femme de lettre et de connaissance en ce début du XVIe siècle, il est difficile de cerner la personnalité de son mari. Mais peut-on la réduire aux descriptions parfois caricaturales qui font de lui « un mari illettré, d’esprit militaire » ? Comment expliquer alors la confiance que lui accorde François Ier une fois devenu roi ? Comte du Perche, d’Armagnac, de Fézensac et de Rodez, le duc d’Alençon est également baron de La Guerche, ce qui fait de lui un de ces puissants aristocrates de Bretagne. En 1518, le roi confie d’ailleurs la charge de gouverneur de Bretagne à celui qui est son beau-frère depuis 1509. C’est également Charles qui, lorsque le roi se fait capturer à Pavie, prend le contrôle des troupes françaises. Cependant, blessé de n’avoir pu empêcher cette défaite et dans un contexte de certaine disgrâce, il meurt un an plus tard à Lyon. Homme de batailles, il avait participé aux campagnes italiennes de Louis XII en 1507 et il est probable que ces expéditions transalpines aient modelé son goût en matière artistique. Proche du pouvoir royal, les ducs d’Alençon font partie de cette noblesse qui prit rapidement fait et cause pour le parti français.

 

 

"Charles IV a cependant beaucoup œuvré dans sa baronnie de La Guerche et est intervenu à plusieurs reprises auprès du chapitre. L’institution avait déjà connu une révision générale de ses statuts une dizaine d’années avant que Charles n’hérite de la seigneurie. Les chanoines étaient évidemment nommés par le seigneur de La Guerche qui devait s’assurer de la capacité vocale de chaque nouvel entrant. Cependant, la révision des statuts du chapitre de 1484 ne semble pas satisfaire Charles IV qui se préoccupe de la vie spirituelle de sa baronnie. En effet, en 1518, le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans et légat du Saint-Siège, nomme une commission d’examen chargée d’inspecter et surtout de réformer le chapitre guerchais (358 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 462/2 : « Règlements, privilèges, organisation du chapitre » ). Cette commission est dirigée par un chanoine du Mans, un certain Jean Bordier. Les résultats ne se font pas attendre et sont, sans surprise, très défavorables aux chanoines dont la vie dissolue est pointée du doigt. Le chapitre est donc une nouvelle fois réformé."

 

"L’investissement du duc dans son fief de La Guerche ne s’arrête pas à cet acte et en 1520, il exécute un vœu de sa tante Catherine, ancienne baronne de La Guerche, qui avait laissé une rente de 100 livres afin de fonder quatre petites heures canoniales ainsi que deux messes chantées avec diacre et sous-diacre (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 460 : « Fondations de Catherine d’Alençon, chapelle de la Commanderie, 1504, 1520 » ). Cette révision profonde du chapitre collégial de La Guerche trouve une résonance toute particulière lorsqu’elle est mise en perspective avec la montée des idées réformatrices qui caractérise ce premier XVIe siècle.

Marguerite d’Angoulême est d’ailleurs connue pour ses engagements spirituels à la limite de l’hérésie catholique et qui lui valurent quelques difficultés avec les instances ecclésiastiques. Admiratrice de la Devotio moderna, elle prendra sous sa protection un certain nombre de réformateurs jusqu’à ce que l’affaire des Placards, en 1534, ne vienne freiner son influence. L’idée de la nécessité d’un redressement du clergé, dont la corruption semblait générale aux yeux des réformateurs, était un sentiment largement diffusé. Qu’en était-il de la position de Charles d’Alençon sur ce sujet et quelle était l’influence des opinions religieuses de sa femme ? C’est un élément difficile à appréhender, mais l’implication du duc dans la vie et les mœurs du chapitre guerchais demeure un indice révélateur. De même, un détail présent sur les stalles pourrait tendre vers une participation de Marguerite à la mise en œuvre du projet. En effet, au-dessus du blason du duc d’Alençon, encadré par les grotesques renaissants, figure un élément qui, de prime abord, peut sembler purement décoratif  Ce « M » posé au-dessus des armes d’Alençon s’il peut ainsi renvoyer à l’initiale mariale, peut tout autant renvoyer au prénom de la duchesse…" (F. Piat)

.

Description.

Au centre, deux jeunes personnages, semblables à des écuyers par leur tunique courte et leur cape flottant au vent, mais pieds nus, sont les tenants d'un blason dont les meubles ont été buchées, mais sans zèle et en respectant la bordure aux huit besants. Il est donc facile d'identifier ici les armoiries d'Alençon, d'azur aux trois fleurs de lys d'or  à la bordure de gueule chargée de huit besants d’or (ou d'argent). Et de les attribuer au duc Charles d'Alençon, décédé en 1526. Je renvoie  à l'exposé de F. Piat, qui reprend les déductions de Bourde de la Rogerie de 1924. 

Il y a bien, au dessus du blason, un M gravé, qui peut renvoyer à l'initiale du prénom de Marguerite d'Angoulème , épouse du duc Charles, mais ce M pourrait aussi être vu comme une couronne stylisée.

Les deux jeunes hommes s'appuient sur les appendices foliaires de deux dragons hybrides, à torses et ventres humains, et même, à droite, féminin.

Au dessus du blason, une vasque libère des rinceaux, dont les extrémités s'enflent en têtes d'oiseaux, elles-mêmes prolongées par des langues dilatées en capsules.

 

 

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n°5 .

.

Le montant est sculpté de chevrons superposés en rang de WW.

La statuette est celle d'un homme à cheveux longs et manteau tombant (comme beaucoup des précédents), et tenant une lance ou hallebarde.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier n°6.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-06/165fef3b-a8cf-41f2-9cea-b66c93a1fb04

"Les miséricordes de Tréguier sont en effet connues pour leurs représentations répétées d’hommes nus ou à demi nus, exhibant leurs attributs ou montrant leurs fessiers. Bien que toutes les miséricordes en question aient été rabotées, probablement au XVIIe siècle, le caractère sexuel de ces figures est indéniable. Sur les miséricordes suivantes, les personnages sont représentés dans des pauses similaires, les jambes levées et écartées, désignant leur anus Ce genre de figures exhibitionnistes est assez fréquent sur les stalles médiévales et n’est d’ailleurs pas spécifique à la Bretagne. Dans le duché, ce thème se retrouve également sur les stalles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne où un homme nu, vu de dos, écarte ses fesses, aidant ainsi à la réalisation de ce « vent » dont l’odeur rappelait celle des mondes infernaux et le diable lui-même. L’homme de La Guerche adopte une posture assez proche de celle d’un autre personnage sculpté sur une miséricorde de Tréguier mais qui, lui, est habillé, découvrant uniquement le bas de son corps. " (F. Piat)

 

.

Description.

Le panneau s'organise en deux registres autour d'un axe vertical de deux vasques superposés et d'une tige sommitale baguée par une couronne.

— Le registre supérieur est occupé par un triple enroulement de rinceaux, de chaque coté : des feuilles ou des bourgeons floraux entrouverts s'y échelonnent.

Dans ces rinceaux, nous découvrons à gauche, un roi armé d'une épée et d'une hallebarde. Son riche vêtement est finement gravé de losanges et autres motifs, il associe une tunique (armure ?) à longues manches bouffantes et plissées et des hauts de chausse, tenue complétée par des chaussures basses  à bouts  ronds. Il est tourné vers notre droite, mais que regarde-t-il, de l'autre coté de la tige et de la couronne ?

Eh bien, il regarde une jeune femme nue qui, d'un geste insolent, lui montre ses fesses.

Il est difficile d'y voir un rapport avec la scène biblique de David et Bethsabée. Est-ce pour autant une scène de récréation transgressive pour les chanoine ?

— Au  registre inférieur, deux hybrides au buste et ventre féminin, bras de feuillages et queues de poisson (oui, des sirènes si vous voulez) rafraichissent leurs queues dans la vasque centrale tout en crachant des tiges à dilatations ampullaires. D'autres hybrides, généreusement féminines émergent de boutons floraux et se suspendent à ces rinceaux.

Et sur la tête de chaque sirène est perché un oiseau, picorant quelque feuille.

.

 

.

 

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Registre inférieur.

.

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n° 6.

.

Le montant est sculpté en grains de blé oblongs on en chaînettes placés en biais. La statuette montre un personnage en aube plissée tenant entre ses mains une tunique, rappelant l'ange qui exerce cette fonction lors du baptême du Christ.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

.

Haut-dossier n°7.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-07/dca674ed-06c8-4711-acfb-92216f1c412e

"Dans la partie supérieure, des hybrides jouent de la trompette, de la flûte et du tambourin. Deux visages sont représentés sous le vase central. Il pourrait s´agir de références au théâtre et à 'Jean qui rit, Jean qui pleure'." (F. Piat)

.

Description.

Au centre, sur le même modèle que les autres panneaux mais avec une inventivité chaque fois renouvelée, une vasque prend appui sur un support ovoïde, cannelé, reposant sur deux masques humains jumelés.

 

— Le registre supérieur est occupé par deux hybrides musiciens, humains pour le buste — si on oublie les cheveux de feuillages —, à l'abdomen globuleux, mais dont ce qui tient lieu de bassin est un globe de feuillages produisant des volutes ; là dessus se branche une queue à écailles de poissons, puis une corne tressée qui s'affine en feuilles. Et ces cornes viennent tremper dans la vasque en un gracieux mouvement de spire.

Le musicien de gauche (plutôt une musicienne, non ?) joue du galoubet ou flûte de tambourin : il ou elle souffle la mélodie dans un flûtiau tenu verticalement contre son sternum, et en même temps il bât la mesure sur un tambour accroché à son poignet gauche. Comme tous ces détails sont finement rendus!

Le musicien de droite souffle dans une trompe à large pavillon coudé vers le haut.

Le site musicastallis consacre à ces instruments sa fiche n°271. Il décrit "un animal à tête de singe qui souffle dans une trompe vers un hybride qui joue du flûtet tabor". Le rédacteur remarque que "le  joueur de flûte ne peut pas boucher les trous de jeu répartis sur le corps de l'instrument. Le sculpteur aurait pu choisir le modèle du flûtet. Le tabor (laçage en V ; timbre) suspendu au poignet par deux lanières est maladroitement sculpté". La similitude avec les musiciens des stalles de Gaillon conservées à Saint-Denis est remarquée, mais d'un style "beaucoup plus rustique".

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=271

Le site musiconis (couplé au précédent) en donne l'illustration et le commentaire ici :

http://musiconis.huma-num.fr/fr/fiche/726/hybrids-playing-an-aerophone-and-pipe-and-tabor.html

Une analyse très fine des instruments et instrumentistes apparaît sous l'onglet "performance". Les 4 trous visibles sur la "flûte" sont comptés. Le tambour est à deux peaux tendus par un laçage en V, sans cheville de tension.

On retrouve ce tabor sur le pendentif n°2 que j'ai omis de photographier.

.

— Le registre inférieur n'est pas moins curieux. Deux hybrides vus de face associent un buste humain, une chevelure de feuillages, et un ventre en œuf, sans jambes, mais avec des appendices foliaires. Un appareillage, d'allure métallique et artificielle, leur sort de la bouche et les relie, par des courroies, à la gueule de deux chiens ( à profil simiesque et à crinières de lions) qui émergent de bombardes-escargots. Nous verrons sur le dossier suivant que cet appareillage presque orthodontique est un mors, et que ces hybrides humanoïdes ou anthropomorphes sont harnachés comme des chevaux.

.

 

 

 

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 Le registre inférieur.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n°7 .

.

Le montant est sculpté en chaînons parallèles.

Le personnage est un homme vêtu comme les précédents d'une coule (monastique ?). Il tient en main droite une batte ou un faisceau lié par deux bagues et s'élargissant en cuillère longue. L'outil de sa main gauche est sans doute un couteau. 

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Haut-dossier n°8.

.

Description.

— Le  registre supérieur.

Au centre, un hybride jambes écartées boit l'eau d'une vasque. Ce personnage reprend la figure de l'acrobate en renversement postérieur, tête entre les cuisses, mais sous une forme grotesque d'un tronc renversée sous des "jambes" de feuillages, qui délivrent des rinceaux pour le registre supérieur.

Ces rinceaux se prolongent en hommes-feuilles (une variante du masque-feuille) de deux soldats s'affrontant avec une massue derrière leur bouclier.

— Le registre inférieur.

Au centre, une deuxième vasque est ornée sur le coté de têtes de chevaux-feuilles. Ces chevaux tiennent dans leur gueule une tige qui se transforme en rêne commandant des mors à balancier, où une ferrure en S sert d'intermédiaire au mors proprement dit. Ce type de mors est fréquemment représenté sur les calvaires ou  vitraux bretons du XVIe siècle, où je les ai souvent signalés.

L'effet comique naît du fait que ce sont des chevaux qui dirigent deux hybrides au profil humain, chacun coiffé d'un bonnet à plumet de feuille, et dont les jambes sont remplacées par des volutes de feuillage.

 

 

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire et statuette n° 8.

.

Le montant est sculpté de chevrons superposés.

La statuette est celle d'un homme à tête buchée, dont les mains émergent d'un vaste manteau pour former, avec pouce et index, le geste de l'argumentation. Bien que ce geste soit fréquemment un attribut de saint Yves, et bien que ce saint soit à l'honneur sur la jouée sud et sur la verrière offerte en 1536 par l'évêque de Rennes Yves Mayeuc , il n'est pas possible d'identifier avec certitude ce personnage.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

.

Haut-dossier n°9.

.

Description.

 

— Le registre supérieur  reste organisé par une fontaine centrale. Un personnage centrale (un homme ou une femme ?) s'y baigne nu, et il est entouré de deux animaux-feuilles, à l'échine crénelée comme celle des dragons, et au museau muselé.

De chaque coté, deux hommes-feuilles sont assis sur la margelle de fontaines latérales. L'un, réduit à une tête sur une volute de feuille, est enroulé sur lui-même, tandis que son voisin se protège, par un bouclier-masque, de la gueule des animaux muselés.

— Au registre inférieur, entre des éventails de rinceaux, deux lions ailés (des lions-feuilles, bien-sûr) s'opposent par la volute de leur queue au dessus d'un masque léonin.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Montant vertical intermédiaire n°9 .

.

Le montant est hérissé de structures en V. Il n'y a pas de statuette.

.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Haut-dossier des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

LES PENDENTIFS DU DAIS SUD.

.

Ils représentent tous des anges, soit musiciens, soit tenant un emblème de la Passion, soit présentant un écu ou cartouche sans doute jadis peint. Les 9 autres pendentifs, du coté nord, complètent cette série avec cinq anges portant les instruments de la Passion (lance, marteau, colonne, lanterne, croix), deux anges porteurs de blasons, et deux anges musiciens.

Liste :

  • Pendentif n°0 (contre la jouée ouest). Ange présentant un cartouche au monogramme R (+/- F).
  • Pendentif n°1. Ange jouant de la flûte ou de la trompe.
  • Pendentif n°2. Ange jouant du tambour.
  • Pendentif n°3. Ange présentant un écu muet.
  • Pendentif n°4. Ange tenant l'éponge d'hysope (instrument de la Passion)
  • Pendentif n°5. Ange présentant la Sainte Face.
  • Pendentif n°6. Ange présentant  un phylactère muet.
  • Pendentif n°7. Ange présentant la Sainte Face.
  • Pendentif n°8. Ange  présentant un écu ou cartouche.
  • Pendentif n° 9. Ange jouant de la flûte ou un instrument à identifier.

.

 

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°0 (contre la jouée ouest). Ange présentant un cartouche au monogramme R (+/- F).

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°1. Ange jouant de la flûte ou de la trompe.

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°2. Ange jouant du tambour.

Non photographié.

Le site musicastallis y consacre sa fiche 877 et désigne le tambour à deux peaux sous le terme de "tabor". Il est suspendu au poignet gauche par deux baguettes.

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=877

 

.

.

Pendentif n°3. Ange présentant un écu muet.

 

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

Pendentif n°4. Ange tenant l'éponge d'hysope (instrument de la Passion)

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°5. Ange présentant la Sainte Face.

.

On notera que le visage du Christ est dépourvu de la Couronne d'épines, pourtant vénérée sur la jouée nord.

.

 

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°6. Ange présentant  un phylactère muet.

 

 

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°7. Ange présentant la Sainte Face.

.

C'est un doublon, très semblable, du pendentif n°5.

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Pendentif n°8. Ange  présentant un écu ou cartouche.

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

.

.

.

Pendentif n° 9. Ange jouant de la flûte ou d'un cor.

Ma photo laisse penser qu'il s'agit d'une flûte, alors que celle de Florence Piat (Annexe, page 121) montre un instrument en U, partant de la bouche et tenu dans la main gauche, alors que la main droite tient la moitié d'une trompe dont le pavillon est dirigé vers le bas.

Pour le site musicastallis dans sa fiche 878, il peut s'agir d'un cor dont une partie de l'enroulement a disparu.

https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=878

La notice musiconis propose l'image de Florence Piat.

http://musiconis.huma-num.fr/fr/fiche/787/angel-playing-the-horn.html

.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Pendentif des stalles sud (v. 1518-1525) de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

— BILLIET (Frédéric), Les représentations de la musique biblique dans les stalles médiévales.

billiet_frederic_les_representations_de_la_musique_biblique_dans_les_stalles_medievales.pdf

— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche

 

LA GUERCHE

"Un curieux travail de menuiserie moins usé par le temps, mais maladroitement couvert de peinture, est le double rang de stalles qui décore le chœur. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités son couverts de ciselures et de figurines pleines d'originalité et de finesse; le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très-heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste. Après celles de Champeaux, nous ne connaissons point dans le diocèse de stalles plus remarquables que celles-ci. Mais encore une fois, pourquoi laisse-t-on les soi-disant décorateurs de nos églises empâter au moyen d'épaisses couches de couleur nos sculptures les plus exquises, et en faire disparaître tout leur effet de relief, sous prétexte de les restaurer et de leur donner un air de nouveauté précisément opposé à leur caractère? Ne serait-il pas plus simple, plus économique et surtout plus sage, dans l'intérêt de ces précieux chefs-d'œuvre, de les nettoyer simplement et d'y passer une légère couche de vernis qui ferait revivre la couleur naturelle du bois sans remplir les creux fouillés à dessin et sans nuire à la pureté des lignes et des contours ?"

CHAMPEAUX

"Mais ce qui s'est mieux conservé, c'est la précieuse boiserie et les remarquables sculptures des stalles. Rien de plus gracieux que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier des supports des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. - L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail à peu près unique dans son genre, dans notre diocèse; car les stalles de La Guerche qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau; tandis qu'à La Guerche, on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations en un mot exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIe siècle avec ses beautés et ses défauts."

 

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au xvm" et au xix° siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (31), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 15HS.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvie siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules chargée de huit besants d'or. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc el par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."
 

CHARLES (Olivier), sd, Les chanoines-chapelains d’une petite collégiale bretonne. Notre-Dame de Lamballe au XVIIIe siècle.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02106235/document

CHARLES (Olivier), 2004, , Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d’une élite cléricale au siècle des Lumières, Rennes, 2004, 456 p.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-192.htm

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

 

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

"Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés.

Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet."

MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

— PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

— PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse université Rennes 2. 

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente. Thèse volume 2, annexe : pages 109-124

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Volume_2_Annexes

— SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

 

— SITE

http://www.bretagneweb.com/photos-35/35-laguerchedebretagne.htm

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/enigm/laguerche.html

— WAQUET (Henri), 1932, L'art Breton II. La Renaissance. Editions Arthaud Grenoble.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_40/LArt_Breton_Tome_2_.pdf

.

.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Chapelles bretonnes.
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 20:03

.

Les 18 stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud. Jouée, miséricordes, appui-mains.

.

 

 

 

 

.

 


Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

 

 .

Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

.

.

Note. J'ai lu avec passion et admiration, et j'ai largement exploité ici, la thèse (2012) de Florence Piat consacrée aux stalles de l'ancien duché de Bretagne. Je la citerai copieusement, et, quoique soucieux de publier un article personnel, je m'en voudrais de ne pas partager la qualité et la compétence de son travail, d'ailleurs rendu généreusement disponible en ligne. Je suis très loin d'en avoir épuisé les trésors d'érudition, et c'est à sa publication que je renvoie les lecteurs soucieux d'accéder aux meilleurs sources.

Mon souci principal est de mettre à la disposition des internautes une iconographie commentée des décors de la première Renaissance bretonne.

.
 

.

.

PRÉSENTATION.

.

I. L'ANCIENNE COLLEGIALE NOTRE-DAME ET SON CHAPÎTRE DE 12 CHANOINES.

.

La collégiale Notre-Dame, l'une des plus anciennes de Bretagne, a été fondée en 1206 par Guillaume II, fils de Geoffroy de Pouancé  et neuvième seigneur de la Guerche, sur la chapelle castrale déjà vouée à Notre-Dame et située  à une centaine de mètres du château. Il s'agit pour lui de créer un établissement indépendant de tout évêché et de toute abbaye, et étroitement lié au contraire à son propre pouvoir, au salut et au renom de son propre lignage. Les lignes débutant sa charte (dans une rédaction notariale courante) en témoigne : pro salute anime mee, antecessorum  et haeredum meorum instituo duodecim canonic.... (Dom Morice, Mémoires I p.804Il conclue en y associant son fils Geoffroy, son épouse Hersende de Sillé et sa fille Elisabeth. Les statuts de la collégiale sont confirmés en 1378 par le comte Pierre d'Alençon.

 

Le plus ancien sceau de la collégiale de la Guerche venu à notre connaissance est de 1448; il est de forme ogivale et présente la Sainte Vierge assise dans un fauteuil et sous un dais, ayant sur le bras gauche l'Enfant Jésus et tenant de la main droite une branche de lys fleurie, avec l'inscription S. CAPIT. ECCLE. BE . MARIE.VIRG. DE. GUIRCHIA (Arch dép. Ille-et-Vilaine 8G,67). On remarquera que le décor des stalles, tel qu'il nous est parvenu, ne comporte aucune représentation de la Vierge. 

 

La collégiale  fut convertie en église paroissiale en 1791 ; elle devient basilique mineure en 1951.

.

"La collégiale Notre-Dame est une fondation seigneuriale, instaurée par Guillaume II, baron de La Guerche, pour faire œuvre pieuse suite à une expédition punitive et meurtrière qu’il avait mené avec d’autres barons en Normandie en 1203.

En 1203, Arthur Ier duc de Bretagne est assassiné sur ordre de son oncle, Jean sans Terre, alors qu’il était emprisonné à Rouen. Les seigneurs bretons engagent alors une expédition punitive, pour venger le jeune duc, prennent le Mont-Saint-Michel et se dirigent en Normandie, assassinant sur leur passage de nombreux innocents. Guillaume II de La Guerche avait pris part à cette vengeance et faisait même partie de la branche la plus radicale du groupe. Pour se repentir de ces massacres, il décide de faire œuvre pieuse et de fonder le chapitre de la Guerche, transformant ainsi sa chapelle seigneuriale en collégiale placée sous la protection de Notre-Dame. .

La composition et les revenus du chapitre collégiale de La Guerche-de-Bretagne sont plutôt bien connus car une copie datée de 1388 de l’acte de fondation est toujours conservée aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.

Le chapitre est ici composé de douze chanoines dont le premier d’entre eux n’est pas nommé Doyen mais Chefcier. Un diacre et un sous-diacre venaient ensuite compléter le tableau. Ainsi, le chefcier était le seul dignitaire de ce chapitre. Il est stipulé dans l’acte de fondation que ce chiffre de douze chanoines ne peut en aucun cas évoluer, cela se justifiant par la définition stricte des revenus afférents au chapitre. En effet, la liste des donations est elle aussi stipulée, de sorte que chaque chanoine se voit allouer une somme de 20 livres de revenu mensuel. Cette somme, si elle pouvait sembler très correcte au XIIIe siècle, ne l’était déjà plus à la fin du XVe siècle. De fait, le clergé guerchais n’était pas riche : en 1564, il demanda à être exempté des taxes imposées par le roi sur les établissements ecclésiastiques et en 1693, le revenu moyen de chaque chanoine ne s’élevait qu’à 212 livres de rente annuelle, toutes charges déduites. La nomination des chanoines dépendait du seigneur de La Guerche. Le candidat devait ensuite faire « preuve de chant » devant le chanoine chefcier et jurer de se conformer aux statuts de la collégiale. Il devait également s’acquitter du droit de chape dont le montant était fixé à 60 livres, 100 s’il était chefcier, somme rondelette en comparaison du droit de chape de 20 livres de Tréguier ou de 80 livres de la cathédrale de Rennes. Nous avons donc ici l’image d’un petit chapitre, aux revenus plutôt modestes, au demeurant très investis dans leurs paroisses respectives et aidant très régulièrement les autres paroisses comme celle de Rannée" (F. Piat)

.

N.B. Une chapellenie  est fondée dans la chapelle du Temple de La Guerche par un chanoine de La Guerche, Jean Reveleau, et acceptée en 1504 par  Catherine d'Alençon.

http://www.infobretagne.com/commandeurs-guerche.htm

.

 II. LES STALLES.

.

Rappel : Les stalles sont les sièges qu’utilisaient les religieux pendant les longs moments qu’ils devaient passer dans le chœur de l’église pour les offices et les prières. Ce sont des sièges d’un type particulier : ils sont individualisés, permettant à chaque religieux d’avoir son propre siège, mais ils forment des rangées continues, disposées dans l’axe de l’église, appuyées aux piliers, avec une courte rangée placée en perpendiculaire qui ferme le chœur à l’ouest, isolant les religieux du reste de l’église. Généralement, un ensemble de stalles comporte des stalles basses et des stalles hautes: ces dernières sont surélevées des précédentes par une estrade de 2 ou 3 marches, et sont surmontées par des hauts dossiers et un baldaquin.
 

"L’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66), celles provenant du château de Kerjean (6), celles conservées dans l’église Saint-Symphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15). Ces dix groupes, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, offrent un aperçu qualitatif original de ce mobilier liturgique à la fin du Moyen Âge." (F. Piat)

"Dans la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne se trouve un ensemble de dix-huit stalles qui, malgré un état lacunaire, a néanmoins conservé ses parties supérieures. Pendant la Révolution, la collégiale a subi de nombreuses destructions et tous les blasons se trouvant sur les stalles ont été bûchés. Néanmoins, le panneau central des dorsaux des stalles sud porte toujours un blason qui n´a été que partiellement détruit. Les mêmes armes sont représentées sur un vitrail de la nef. Il s´agirait de celles des ducs d´Alençon, qui étaient également barons de La Guerche : de France à la bordure de gueule chargée de huit besants d´or. Plusieurs personnalités auraient pu commander ces stalles, mais la plus probable semble être Charles IV d´Alençon notamment parce que les armes du blason sont pleines. Au cours du XIXe siècle, des travaux de restaurations et d´agrandissement du chœur ont entraîné la destruction des stalles basses et d´une partie des stalles hautes. D´après les recherches et commentaires de l´abbé Jarry, l´ensemble devait être composé, à l´origine, d´une soixantaine de stalles complétées par un jubé."(F. Piat)

"Les miséricordes de La Guerche sont les seules de Bretagne à présenter des scènes de l´Ancien Testament : le Péché Originel, Adam et Eve chassés du Paradis, les raisins de Canaan. Elles comportent également un proverbe d´origine flamande : « Bailler devant le four », c´est-à-dire essayer de faire quelque chose d´impossible. La sculpture des stalles de La Guerche est un mélange étonnant entre des thèmes issus du répertoire de la première Renaissance et des thèmes issus, quant à eux, du répertoire médiéval. Ainsi une sirène est-elle représentée sur un appui-main côté nord, peignant ses longs cheveux alors qu´un bucrane (tête de bœuf décharnée) est sculpté sur une miséricorde côté sud. De même, alors que les dorsaux sont ornés d´arabesques, de mascarons et de grotesques, une autre miséricorde représente un sodomite, vu de dos, mais dont les parties sexuelles ont été bûchées. En dehors de l´ensemble de Tréguier, il s´agit du seul cas de scènes de ce genre sur les stalles bretonnes. Deux artistes, peut-être un maître et son élève, ont travaillé sur ces stalles comme l´atteste la différence de qualité entre les rangs nord et sud." (F. Piat)

"Le nombre de chanoines composant les chapitres cathédraux ou collégiaux bretons peut paraître plutôt modeste et, comme souvent, ne correspond pas au nombre de stalles qui agrémentent leur chœur : 12 chanoines à La Guerche, 14 à Tréguier, 19 à Saint-Malo, 16 à Rennes, 12 à Quimper pour le XVe siècle. Cette différence entre nombre de chanoines et nombre de stalles, phénomène qui se retrouve dans tous les autres exemples à travers l’Europe, s’explique par le fait que ces chanoines n’en étaient pas les seuls occupants, d’autres membres du clergé, des représentants des autorités laïques et des invités pouvant également prendre place avec eux dans le chœur, les stalles hautes étant celles qui étaient véritablement destinées aux chanoines." (F. Piat)

.

 

Au péril de la Révolution, au risque de la restauration : La Guerche-de-Bretagne.

"Les stalles de la collégiale Notre-Dame de La Guerche, réalisées dans les années 1520, comptent parmi les ensembles les plus profondément modifiés pendant la période révolutionnaire d’une part, mais surtout durant le XIXe siècle. L’église fut une première fois profanée par les Huguenots en 1563, lesquels occasionnèrent des dégâts tels que le chapitre demanda à être exempté de l’impôt royal sur les établissements ecclésiastiques en 1564 (202 P. BANEAT, Le département d’Ille-et-Vilaine. Histoire, archéologie, monuments, Paris, Librairie Guénégaud, 1973 (3ème éd.), t. II, p. 140.). Sur le document d’époque, la marquise de Montferrat explique ainsi : « que les huguenots avoient, l'an derroin passé, ravi et emporté tous les calices, ornements, livres et biens de leur dite église collégiale, rompu et brisé les coffres, bancs, pupistres, portes, lampes et ustenciles de ladite église »(203 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine, 1 G 463.). Il est très probable que les stalles (les « bancs ») furent affectées par cette première vague de destruction, qui fut loin d’être la dernière. De ce qu’il advint des stalles entre le XVIe siècle et la période révolutionnaire, on ne sait que peu de choses. Cependant, la destruction du jubé en 1730 dût entraîner des modifications au niveau de leur agencement. Au moment de la Révolution française, l’église fut désertée et le chœur servit aux réunions du nouveau conseil municipal. La nef, quant à elle, devint pendant un temps un magasin à fourrage, puis un magasin de fournitures militaires et un poste de la garde nationale. Il apparaît que durant cette période, l’église et son mobilier subirent de nombreuses dégradations. Quant au mobilier religieux, son sort ne fut pas meilleur : « [Le sanctuaire fut] souillé et profané. Les confessionnaux servirent de guérites pour les hommes de faction ou de lieu de dépôt pour enfermer les fusils. […] Les nombreux et riches ornements dont les chanoines se paraient pendant les fastueuses cérémonies, furent vendus à l’encan, les vases sacrés furent envoyés à la Monnaie, les cloches fondues pour faire des canons, les admirables vitraux mutilés, etc… » (A. JARRY, Le sanctuaire de Notre-Dame de la Guerche à travers les âges, Rennes, imprimerie Bretonne, 1941, p. 37)

C’est probablement à cette époque que l’ensemble des armoiries figurant sur les stalles fut bûché, occasionnant des problèmes de datation sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir. Le XIXe siècle ne fut pas moins tendre avec l’insigne collégiale et surtout son mobilier. Lors du renouveau ecclésiastique qui marqua la seconde moitié de ce siècle, de nombreux travaux d’agrandissement, voire de reconstruction furent entrepris dans tout le département. Des travaux de restauration furent ainsi initiés dans la collégiale Notre-Dame de La Guerche, entraînant un changement profond dans sa physionomie : ajout du collatéral nord, de la tour nord, remaniement intégral de la façade et nivellement du chœur. Lors de la campagne qui toucha le chœur, le tombeau de Guillaume II, fondateur de la collégiale fut mis à jour. On décida alors de le mettre en valeur, supprimant par la même occasion 6 stalles qui pouvaient en gêner la vue. La transformation du chœur ne s’arrêta pas là car en 1888-1889, on profita de ces restaurations pour, certes, ôter la couche de peinture jaunâtre qui recouvrait l’ensemble des miséricordes, mais aussi pour supprimer les rangs inférieurs. Compte tenu de tous ces éléments, il est probable qu’au moment de leur réalisation les stalles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, aujourd’hui au nombre de 18, devaient s’élever à plus d’une quarantaine." (F. Piat)

Une nouvelle restauration est survenue en 1984.

.

 

 

 

 

 

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Plan et numérotation par Florence Piat.

.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

.

LA JOUÉE SUD-OUEST.

.

Les jouées  sont les quatre  panneaux verticaux ornementés qui terminent les rangées de stalles à l'est et à l'ouest. Les stalles de La Guerche ne conservent que les deux  jouées occidentales.

Les jouées hautes associent ici  un panneau plein orné d'un personnage biblique en bas-relief (Judith, du coté sud), et un ensemble aéré, en ronde-bosse où des entrelacs d'animaux fantastiques  entourent d'un saint personnage. 

Les jouées basses, qui terminent l'accoudoir, sont des panneaux pleins, sculpté de candélabres,  sous un religieux agenouillé (identique en miroir au nord et au sud) en guise d'appui-main en ronde-bosse.

.

 

 

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La jouée basse.

.

Au dessus d'un panneau sculpté en bas-relief de candélabres, une sculpture toute en rondeur représente un  religieux agenouillé , front posé sur ses mains jointes, tête recouverte par la capuche de son  scapulaire.

N'est-ce pas une création pieuse et sage des restaurateurs du XIXe ?

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.
.

LA JOUÉE HAUTE, PANNEAU INFÉRIEUR. JUDITH TENANT LA TÊTE D'HOLOPHERNE.

.

Judith, brandissant son cimeterre et richement vêtue, tient, dans la main gauche, la tête d'Holopherne qu'elle vient de couper.

" Judith coupant la tête d’Holopherne est sculptée en bas-relief sur le panneau inférieur de la jouée haute sud . Le visage vu de profil, elle adopte un déhanché caractéristique du contrapposto, et évoque indéniablement la Renaissance italienne dans le traitement de la sculpture autant que dans celui de ses atours. Armée d’un cimeterre dans la main droite, elle tient, par les cheveux, le chef d’Holopherne dans la main gauche." (F. Piat)

 

 

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f/illustration/8

Le Livre de Judith (Judith 11, 23) raconte comment Judith, jeune et belle veuve de la ville de Béthulie, a sauvé sa ville et son peuple, assiégés par l’armée d’Holopherne, lieutenant du roi babylonien Nabuchodonosor. Elle se rend au campement d’Holopherne, qui, séduit par sa beauté, a organisé en son honneur un banquet au cours duquel il a bu trop abondamment ! Judith profite de son ivresse et le tue, puis 

La scène est également représentée sur la jouée des stalles , datant vers 1501, de l'abbaye Saint-Martin-aux-bois (Picardie)

https://www.abbaye-saint-martin-aux-bois.fr/les-jouees/

On la trouve également sur les hauts dossiers de la stalle n°47 des stalles (entre 1500 et 1550) de la cathédrale d'Auch : Judith y est représentée également tenant la tête d'Holopherne.

Iconographie : Judith, figure de l'héroïne libérant son peuple du tyran, est un modèle de beauté, de détermination et de dignité, et illustre la victoire sur le Mal (le paganisme et la sexualité). Elle s'apparente à sainte Catherine piétinant la tête du roi son père, ou à la Vierge terrassant le démon.

Le thème est en vogue en Italie à la fin du XVe et au début du XVIe siècles : statue en bronze par Donatello en 1455-1460, peintures par Botticelli vers 1470, par Mantegna, Lucas Cranach l'Ancien vers 1530, etc.

https://www.persee.fr/doc/mefr_1123-9891_2006_num_118_2_10497

 

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Sur la tranche du panneau inférieur : le buste d' une femme noble.

.

Les cheveux de cette femme aux joue rondes sont recouverts d'une coiffe encadrant son visage. Elle porte au dessus d'un manteau décolleté un collier de maillons de chaîne, qui signent l'importance de son rang.

.

NB Sur la face interne de la jouée, un quadrupède fabuleux semble se mordre le haut du dos.

.

 

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

 

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

LA JOUÉE HAUTE, PARTIE SUPÉRIEURE. 

.

Cette partie à claire-voie (permettant la communication visuelle entre les occupants des stalles et l'extérieur) associe un saint personnage avec un entrelacs complexe de figures humaines, anthropoïdes et animales. On ne la saisit complètement qu'en tournant autour, observant sa face intérieure, sa face extérieure (principale), et sa tranche. Mais rien n'y est laissé au hasard, car sa composition est symétrique à son homologue du coté nord.

.

 

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Je décrirai d'abord sa moitié inférieure.

.

Un homme aux cheveux longs (un religieux ?) y tient en laisse, par son étole, un cerf ou plutôt une biche. Ce personnage n'est pas nimbé mais il est très probable qu'il s'agisse d'un saint. Son visage a été buché.  Il est vêtu d'un long manteau à large rabat, dont les pans sont réunis par un fermail au dessus d'une robe serrée par une ceinture.. Il pourrait s'agir de saint Gilles l'ermite, surtout si on remarque que la main droite tient un objet long, compatible avec la flèche qui est un attribut de ce saint. Mais les cheveux longs du personnage et sa tenue correspondraient plutôt à un noble qu'à un moine et ermite. Si on récuse mon identification de l'animal, d'autres solutions pourraient être évoquées peut-être.

Du coté nord, la statue homologue est celle de saint Yves.

 

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

 

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

La biche a les pattes antérieures posées sur un rinceau, qui provient de la gueule d'un dragon. De cette première gueule sort une seconde tête de dragon, aux yeux proéminents, qui libère elle-même  deux  oiseaux, peut-être des aiglons, aux corps partiellement feuillagés, et aux têtes formant deux volutes opposées. Ces volutes supportent une console, où saint Gilles est installé.

Ma description reste en deçà de la réalité, puisqu'on peut découvrir deux autres faces humaines, et autres détails.

 

Enfin, il faut remarquer des mouchetures d'hermines sur le montant au dessus du dos de la biche, coté intérieur. Et il faut noter que ces hermines, emblème de la Bretagne,  figurent sur les armes d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes de 1507 à 1547, sous un rang de couronnes d'épines.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

L'étage supérieur.

.

Il est formé par un entrelacement d'animaux fantastiques composant une double boucle en huit. L'élément le mieux repérable dans la boucle supérieur est le couple de personnages nus tenant un blason muet mais couronné. Au moins l'un des deux personnages est féminin (cheveux longs et bouclés, forte poitrine, ventre gonflé).

Le blason ne peut être attribué, mais la couronne est compatible avec celui des seigneurs mécènes de l'ancienne collégiale, les ducs d'Alençon.

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Dans la boucle inférieure du huit, un petit homme est à cheval sur l'extrémité du volute. Il est nu, son ventre est proéminent, ses cheveux sont longs.

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

La double volute est formée par les corps de dragons, qui sont en fait des grylles aux nombreuses têtes ectopiques, qu'on s'amuse à repérer. Certaines prennent dans leur gueules des petits êtres.

C'est l'expression du goût de l'époque pour les métamorphoses, l'effacement des limites entre genre et ordre (animal, végétal, humain ou artificiel) sous le signe de l'entre-dévoration. Cette inspiration est certes grotesque (issue de la découverte du décor de grottes des salles du palais de Néron par des excavations explorées à la lanterne dans la Domus Aurea dès 1480  par les artistes italiens tels que  Ghirlandaio, Pinturicchio, Filippo Lippi, Signorelli, puis vers 1515 par Raphaël, Giovanni da Udine et Michel-Ange), mais si on en compare les créations bretonnes avec les modèles italiens (Loggetta du cardinal Bibbiena en 1516 ), force est de constater leur originalité, et, inversement, leur appartenance à un style régional qu'on retrouve dans les stalles de Champeaux, les jubés, et sur les sablières bretonnes.

Il faut ainsi remarquer l'importance donné au dragon (il inaugurera les miséricordes), un animal emblématique de la dévoration, et qui, en Bretagne — comme en Chine !— n'est jamais terrifiant, pas plus que les loups et les ours des jouets d'enfant aujourd'hui. Il n'est certainement pas  non plus une figure chrétienne du Mal et de la punition réservée aux pécheurs.  Il serait d'avantage un protecteur de l'espace, comme sur les crossettes et sculptures extérieures de l'église.

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

 

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

L'ange à l'écusson au monogramme énigmatique.

.

Sur la jouée haute qui jouxte la stalle sud, au sommet, sur la tranche, un ange tient un écusson sur lequel est sculpté un 'R', qui peut renvoyer soit à un chanoine, soit au commanditaire, soit au maître d'œuvre. Mais ce R est doté d'un jambage supérieur qui pourrait renvoyer, par exemple, à un F ou du moins, à deux lettres conjointes.

.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.
 

.

 

LES 9 MISÉRICORDES ET LES APPUIE-MAINS.

.

Les miséricordes sont les petits culots qui soutiennent les sellettes sur lesquelles les religieux pouvaient s’appuyer légèrement quand ils devaient rester debout de longs moments. Elles sont ornées de sujets très variés, et mêlent aussi la réalité et la fantaisie.

Liste des miséricordes du coté sud :

 n°1. Crâne d'animal avec serpents.

 n°2. Un dragon, tête tournée vers l'arrière.

 n°3. Homme buvant au tonneau.

 n°4. Le Buveur.

n°5. Vendangeur foulant le raisin.

 n°6. Deux vendangeurs transportant une grappe : la Grappe de Canaan.

n°7. Homme criant dans un récipient creux (proverbe).

n°8. Deux joueurs de trompettes autour d'un globe crucigère.

 n°9. Homme portant un lourd sac sur le dos, chevauchant un âne.

.

Rappelons que l'organisation a été modifiée par rapport aux stalles d'origine. Néanmoins, les miséricordes sud sont marquées par la prédominance du thème de la vigne, des vendanges, de la boisson et de l'ivresse, thème décrit avec gaieté et truculence, mais sans dénonciation ou condamnation patente. Deux miséricordes relèvent de l'illustration, très courante sous les sellettes des stalles, d'une culture populaire associant proverbes, expressions verbales, et, ailleurs, fables et scènes grivoises.

.

 

Les appuie-mains sont les petites sculptures en ronde-bosse, sur les parcloses, qui, comme leur nom l’indique, permettaient aux religieux de poser leurs mains quand ils étaient assis. 

Liste des appuie-mains du coté sud :

 

 n°1. Hybride anthropoïde.

 n°2. Jambes écartées d'un animal.

 n°3. Hybride anthropoïde jambes écartées.

 n°4. Un hybride.

n°5. Hybride ailé mordant la parclose.

 n°6. Grylle ailé tenant un objet. 

 n°7. Hybride ailé.

 n°8.  Hybride au bas du corps en spirale de feuilles.

n°9. Hybride à appendices en spirales.

L'unité thématique est complète, puisque tous ces appuie-mains sont des hybrides, mêlant des formes animales (terrestres et aviaires), végétales, et humaines, sans évocation d'animaux précis tels que les dragons. Cette hybridation des formes n'est pas propre à la Renaissance mais renvoie à cette période artistique par son association aux créations fantastiques des jouées et des dossiers.

.  

.

Stalle n°1. Crâne d'animal avec serpents ; centaure.

.

a) la miséricorde n°1. Crâne d'animal traversé par deux serpents.

Un couple de serpent chemine à travers les orbites d'un crâne d'animal dépourvu de cornes (ce qui exclurait théoriquement le traditionnel crâne de œuf, ou bucrane). Les dents maxillaires sont visibles.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-01/54aabce5-7170-45a5-8ecd-921f93048c9f

"Crâne d´animal, un cheval ou un boeuf, vu de face. Un ver sort de chacune des orbites. Sur le dossier : des personnages et des rinceaux s'entremêlent dans le style de la première Renaissance. " (F. Piat)

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°1. Un hybride anthropoïde bedonnant tient un cœur rayonnant. Son casque forme des cornes devant les oreilles. L'arrière-train d'un animal (lion?) se greffe à son bassin.

.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

Stalle n°2. Un dragon, tête tournée vers l'arrière. Jambes écartées d'un animal.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-02/6c516aae-02a2-49da-b75e-3a09b8fff8d7

.

a) La miséricorde n°2 : un dragon, en profil gauche.

C'est un dragon par sa tête, par son échine hérissée, et sa patte à sabot. 

 

"Animal monstrueux, vu en partie du dessus. L´alignement du corps forme un S allongé. Il est tourné vers la gauche, mais sa tête est complètement retournée vers la droite, au-dessus de son dos. Une crête s´étend du sommet de sa tête jusqu´à la base de sa croupe. Une seule patte est visible : il s´agit de sa patte arrière gauche, patte qui se termine par un sabot." (F. Piat)

.

 

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

 

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

 

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°2. Bas du corps nu d'un être anthropoïde mais à pattes animales (sabots). Le haut du corps a été buché.

 

.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Stalle n°3. Homme buvant au tonneau. Homme jambes écartées.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-03/aa0fc544-bc0c-4754-90df-7e32a431240b

.

a) Miséricorde n°3. Un homme boit à un tonnelet en T, la tête affectueusement soutenu par un homme plus jeune.

 

.

"Cette miséricorde met en scène deux homme, vêtus tous deux de longue tunique ceinturée, ce qui pourrait sous-entendre qu´il s'agit de chanoines. L´un des personnages, placé sur la gauche, soutient son camarade, complètement renversé sur le dos. Celui-ci tient à deux mains un tonnelet qu´il tête goulûment. Il porte une coiffure particulière, composée de rubans et nouée sous son menton." (F. Piat)

"Quant aux proverbes et autres sujets développés sur les miséricordes, ils correspondent au goût qui se développe pour ce genre de sujets moraux, dont le caractère incongru est apprécié. Les proverbes, emblèmes et blasons sont alors édités en recueils à l’instar des Dictz moraulx pour faire tapisserie de Henri Baude. Le but de ce genre d’ouvrages n’est pas seulement de distraire ou de donner de sages conseils mais aussi, comme le dit Gilles Corrozet en 1540, de servir de modèles aux artistes : « Aussi pourront ymagiers et tailleurs, Paintres, brodeurs, orfévres, esmailleurs, Prendre en ce livre aulcune fantaisie, Comme ilz feroient d’une tapisserie. »" (F. Piat)

 

.

Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud.
Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°3. Hybride anthropoïde jambes écartées. Tête buchée.

Il semble nu jusqu'à la ceinture, mais la moitié haute, confuse laisse imaginer des cheveux longs sous une capuche, l'absence de bras, et un manteau fait de feuillages.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

 

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Stalle n°4. Le Buveur. Un hybride.

.

a) La miséricorde n°4. Le Buveur.

.

Ce jovial jeune homme, au menton fleuri d'une pointe de barbe, et à la longue chevelure bouclée couronnée d'un bonnet à rabat, lève autour de son visage un pichet et un gobelet, comme s'il trinquait à notre santé. Sa tunique, à plis épais et à manches longues, est fendue par devant, avec une encolure  en V dont les rabats disposent d'un gros bouton rond.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud.
Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°4. Un Hybride.

Ce n'est pas un Centaure, mais  un être hybride, aux longues pattes animales sur lequel se fixe un buste et une tête anthropoïde, à la face buchée. Comme l'appui-main précédent, la partie basse est nue et la partie haute couverte d'un "manteau" aux pans de feuillage, tandis que la tête est couverte d'un voile  transpercé, à droite d'une corne.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Stalle n°5. Vendangeur foulant le raisin. Hybride ailé mordant la parclose.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-05/ddba1bd7-3e9f-4890-b11b-5a9f4a6cf461

.

a) la miséricorde n°5 : Vendangeur foulant le raisin dans une cuve.

Son visage au front froncé, au nez épaté et à la mâchoire large s'encadre de longs cheveux. Il grimace et plisse les yeux par l'effort qu'il accomplit. Il est vêtu d'une riche tunique, aux manches très larges, et dont les pans sont retroussés et glissés dans sa ceinture. Il se tient sur les cotés de la cuve cerclée, tandis que deux grappes nous précisent son labeur.

 

"Un jeune homme, de face, entouré de grappes de raisins dans une cuve. Le personnage tient les rebords de cette cuve tandis que les pans de sa tunique sont coincés sous sa ceinture. Ses manches sont également relevées. Les grappes de raisins disposées tout autour de lui, la présence de la cuve et les gestes de l´homme indiquent qu´il s´agit là d'une scène de pressurage du raisin." (F. Piat) 

 

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°5. Hybride ailé mordant la rampe de la parclose.

.

 

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Stalle n°6. La grappe de Canaan : deux vendangeurs transportant une grappe. Grylle ailé tenant un objet. 

.

 

Deux vendangeurs marchent en s'appuyant sur un bâton et transportent sur une perche une grappe disproportionnée. Ils sont vêtus de tuniques courtes serrées par une ceinture, et leurs jambes sont protégées par des houseaux. La coiffure du premier est un bonnet pointu, mais celle du second est plus élaborée, les oreilles étant protégées par une étoffe réticulée tandis que les rabats du chapeau sont relevés. Le second tient un outil, j'y vois un sécateur.

Rien ne m'inciterait à partager l'interprétation biblique que propose Florence Piat, si ce n'est la taille démesurée de la grappe.  Le même thème est représenté, de façon très proche, sur la miséricorde 34 des stalles nord de la collégiale Saint-Martin de Champeaux (77).

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-06/165fef3b-a8cf-41f2-9cea-b66c93a1fb04

"Deux hommes, de profil, marchent vers la droite en portant sur leurs épaules un bâton sur lequel est accrochée une énorme grappe de raisins. L´individu situé en arrière tient une partie de cette grappe dans sa main gauche car elle semble trop lourde pour pouvoir tenir sur leur perche. Les deux hommes portent des tuniques courtes et des chapeaux coniques. Celui qui ouvre la marche est jeune et imberbe alors que celui qui la ferme est barbu. Cette miséricorde représente l´épisode de la grappe de Canaan ou d´Eschcol (Livre des Nombres 13, 23). Dieu ayant ordonné à Moïse d´envoyer des hommes explorer le pays de Canaan, les chefs de toutes les tribus y furent envoyés. Ils découvrirent une terre habitée et extrêmement riche et fertile. Comme ils devaient ramener des fruits de ce pays à leurs compagnons restés auprès de Moïse, ils emportèrent avec eux, de la vallée d´Eschcol, des figues, des grenades et une grappe de raisins tellement grosse qu´ils durent la transporter sur une perche. Sur cette miséricorde, l´aspect oriental du récit est rappelé par les chapeaux coniques des personnages. Conformément aux normes iconographiques, l'homme situé devant est imberbe et plus jeune que celui situé à l'arrière, symbolisant l'Ancien et le Nouveau Testament. La même représentation se retrouve sur les stalles de l´église de Champeaux en Seine-et-Marne. Sur le panneau du haut-dossier : le personnage situé dans la partie supérieure droite du panneau semble être un sodomite ou peut renvoyer à une scène scatologique." (F. Piat)

 

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°6. Un grylle ailé.

C'est un grylle, personnage fantastique à multiples têtes ectopiques, puisque ce personnage qui pourrait presque passer pour un ange, assis et tenant un panonceau ou un écu, présente deux têtes difformes en guise de jambes.

 .

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

 

Stalle n°7. Homme criant dans un récipient creux. Hybride ailé.

.

a) Miséricorde n°7. Homme criant devant l'ouverture d'un récipient.

Cet homme représenté de profil porte la même coiffure que le second vendangeur de la stalle n°6, avec l'étoffe réticulée couvrant sa tête sous la casquette à rabats. Il s'approche, bouche grande ouverte, du creux d'un objet concave posé sur un support de brique. Florence Piat fournit l'interprétation de cette scène : c'est l'illustration d'un proverbe. 

Le proverbe est cité par Wikipédia dans l'article "Proverbes flamands" illustrés par la peinture éponyme de Pieter Brueghel l'Ancien datée de 1559.  "Hij gaapt tegen de oven  : il veut bailler autant qu'un four, il s'attaque à l'impossible. Sur le tableau, un homme fait face à la gueule triangulaire d'un four en brique.

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-07/dca674ed-06c8-4711-acfb-92216f1c412e

"Un homme est représenté de profil, tourné vers la gauche, face au creux d'un objet concave, posé devant lui sur un petit édifice de briques. Il porte un chapeau dont les rabats sont relevés à l'arrière et qui se termine en pointe à l´avant. Il est assis et tient ses jambes repliées vers lui. Sa tête est d'une taille démesurée pour son corps. L´artiste a voulu insister sur l'expression de son visage. En effet, il est en train d´ouvrir grand la bouche face à l´objet posé devant lui. Il s'agit en fait d´un four qui est ici représenté et l´identification de celui-ci permet de voir dans cette image la représentation d´un proverbe : « Qui veut bailler aussi fort qu´un four doit bailler longtemps ». Cette expression signifie : vouloir faire quelque chose d'irréalisable. " (F. Piat)

.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°7. Hybride ailé.

Cet être est tourné vers le dossier et lève sa "tête" vers le haut. Son corps est couvert de plumes.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Stalle n°8. Deux joueurs de trompettes autour d'un globe crucigère.  Hybride au bas du corps en spirale de feuilles.

.

 

a) Miséricorde n°8.

Deux officiants joufflus sont assis et  soufflent dans une trompette dont l'embouchure entoure un globe terrestre. Ils sont coiffés d'un bonnet prolongé d'un voile qui s'élève en arrière. Le globe, divisé en trois quartiers, porte une croix, comme les globus cruciger entre les mains de Dieu le Père. S'agit-il ici d'une représentation des anges sonnant le Jugement Dernier ?

.

"La miséricorde n°08, située du côté sud, est une critique plus explicite du monde clérical bien que son interprétation ne soit pas univoque. Deux chanoines, vêtus de la robe ecclésiastique et de la chape, sont assis de part et d’autre de la représentation du monde chrétien, c’est-à-dire un globe surmonté d’une croix. Tous deux soufflent dans une trompette en direction du globe. Il s’agit là de la représentation d’un proverbe assez fréquent dans les stalles, "Tromper le monde". Mais l’originalité de cette miséricorde réside dans l’identité des sonneurs puisque ce sont deux clercs qui trompent le monde chrétien. Cette image synthétise une partie des reproches formulés à l’encontre d’un clergé qui ne s’impose pas comme garant de la foi.

Cette miséricorde peut cependant revêtir une autre interprétation qui explique peut-être pourquoi sa présence fut acceptée dans le chœur par les chanoines. E. C. BLOCK dans son Corpus ne l’associe pas au proverbe précédemment cité mais légende cette miséricorde d’un Wake Up The Christian World, « Réveillons le monde chrétien » Elle voit d’ailleurs dans cette miséricorde une référence possible au Jugement dernier : « Two men or angels, clad in simple long gowns, sit by a globe with cross on top, representing the Christian world, and blow trumpets. It may be part of the Last Judgment scene. » E. C. BLOCK, Corpus… France, p. 69." (F. Piat)

 

 

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°8. Hybride.

Cet hybride tourné vers le dossier du siège a une queue serpentiforme dont la spirale est feuillagé, un corps couvert de plumes, une tête coiffée d'un bonnet au dessus de cheveux en mèches spiralées, et une face (buchée ?) fantomatique mais grimaçante.

.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Stalle n°9. Homme portant un lourd sac sur le dos, chevauchant un âne. Hybride à appendices en spirales.

 

.

Miséricorde n°9.  Un homme chevauche un âne (ou mulet).

Il est chargé d'un sac volumineux et manifestement fort lourd, presque plus gros que lui, et qui repose sur son dos et sur la croupe de sa monture.

C'est une satire de la stupidité d'un homme continuant à porter sa charge alors qu'il dispose d'une monture pour le faire.

.

"Cette même maladresse [du sculpteur] se remarque aussi dans les miséricordes, par exemple sur la miséricorde n°09 représentant la Double charge : un paysan, à cheval sur un âne, porte sur ses épaules un sac de grains. Vu de profil, la ceinture du cavalier indique que celui-ci est situé bien plus bas que le dos de l’animal, comme si son image avait été plaquée contre celle du bourriquet.

Cette image renvoie à une historiette du XIIIe siècle où un cavalier, voulant épargner sa monture, décide de porter le lourd sac de grains sur ses épaules. Mais, restant assis sur son cheval, il inflige, par sa stupidité, une double charge à l’animal. Cette histoire est une image récurrente utilisée comme caricature de la stupidité paysanne. Le thème est par ailleurs assez fréquemment représenté, que ce soit sur les stalles, les manuscrits et les insignes de pèlerinage. On le retrouve ainsi sur une miséricorde de la collégiale Saint-Martin de Champeaux, une autre de la cathédrale de Bristol et dans les marges d’une Quête du saint Graal copié à Tournai en 1351 (Paris, bibliothèque de l’Arsenal, ms. 5218, f° 20). D. BRUNA, Saints et diables au chapeau. Bijoux oubliés du Moyen Âge, Paris, Seuil, 2007, p. 144-148." (F. Piat)

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

Appuie-main n°9. Hybride à appendices en spirales.

.

La pièce a été fortement buchée et n'a ni queue ni tête, mais des appendices spiralés, et des formes feuillagées.

.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

 

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche

 

LA GUERCHE

"Un curieux travail de menuiserie moins usé par le temps, mais maladroitement couvert de peinture, est le double rang de stalles qui décore le chœur. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités son couverts de ciselures et de figurines pleines d'originalité et de finesse; le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très-heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste. Après celles de Champeaux, nous ne connaissons point dans le diocèse de stalles plus remarquables que celles-ci. Mais encore une fois, pourquoi laisse-t-on les soi-disant décorateurs de nos églises empâter au moyen d'épaisses couches de couleur nos sculptures les plus exquises, et en faire disparaître tout leur effet de relief, sous prétexte de les restaurer et de leur donner un air de nouveauté précisément opposé à leur caractère? Ne serait-il pas plus simple, plus économique et surtout plus sage, dans l'intérêt de ces précieux chefs-d'œuvre, de les nettoyer simplement et d'y passer une légère couche de vernis qui ferait revivre la couleur naturelle du bois sans remplir les creux fouillés à dessin et sans nuire à la pureté des lignes et des contours ?"

CHAMPEAUX

"Mais ce qui s'est mieux conservé, c'est la précieuse boiserie et les remarquables sculptures des stalles. Rien de plus gracieux que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier des supports des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. - L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail à peu près unique dans son genre, dans notre diocèse; car les stalles de La Guerche qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau; tandis qu'à La Guerche, on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations en un mot exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIe siècle avec ses beautés et ses défauts."

 

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au xvm" et au xix° siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (31), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 15HS.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvi" siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules cAarf/ec de huit /M'.ff77~ d'07'. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc el par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."

 

— CHARLES (Olivier), sd, Les chanoines-chapelains d’une petite collégiale bretonne. Notre-Dame de Lamballe au XVIIIe siècle.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02106235/document

 

—CHARLES Olivier), 2004, , Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d’une élite cléricale au siècle des Lumières, Rennes, 2004, 456 p.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-192.htm

—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

 

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

"Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés. Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet."

De nombreuses verrières ornaient jadis l'église de Notre-Dame ; on a essayé de nos jours de les restaurer. Des débris de celles qui occupaient le choeur, joints aux fragments d'autres vitraux du collatéral Sud, on a pu remplir les fenêtres de ce collatéral. Nous ne pouvons plus juger de ce qu'étaient jadis ces verrières, généralement toutes du XVIème siècle, que par les quatre fenêtres qu'on est parvenu à remplir de leurs restes. 

Premier vitrail. — Sous un riche portique de la renaissance, l'évêque de Rennes Yves Mahyeuc est agenouillé au pied d'un autel que surmonte la scène de l'Annonciation de l'ange à Marie ; derrière le prélat se tient debout son patron, saint Yves, vêtit d'une robe rouge avec un surcot d'hermines et un rouleau de papiers à la main. Aux pieds d'Yves Mahyeuc, deux petits anges tiennent l'écu épiscopal : d'argent à trois mouchetures d'hermines de sable, au chef d'or chargé de trois couronnes d'épines de sinople. A côté, sur un cartouche, on lit la date 1536. Le Bienheureux Yves Mahyeuc, mort en odeur de sainteté en 1541, affectionnait beaucoup Notre-Dame de la Guerche ; il faisait partie de la confrérie de Toussaints établie en cette église ; aussi voulut-il y être représenté aux pieds de Marie. Ce vitrail est d'autant plus précieux que nous ne connaissons pas d'autre portrait de ce saint prélat.

 Deuxième vitrail. — Les ducs de Brissac, seigneurs de la Guerche, semblent avoir donné cette verrière ; on y voit, en effet, au haut, quatre écussons enveloppés dans des manteaux de ducs et pairs et couronnés de couronnes ducales : trois d'entre eux portent les armes pleines de Cossé-Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas ; un quatrième écu renferme une alliance d'un seigneur de Brissac. La principale scène de ce vitrail, rempli de fragments hétérogènes, représente le couronnement de la Sainte Vierge au ciel.

 Troisième vitrail. — Dans les débris qui composent cette verrière sont de très-jolies têtes. La seule scène un peu complète figure un jeune homme armé qui pourrait bien être l'archange saint Michel ; à ses côtés se tiennent un homme et une femme qui semblent le contempler avec admiration et le remercier de son aide ; sur un cartouche est inscrite la date 1537, et non loin est un écusson portant : d'argent, à l'aigle éployée de sable, membrée et becquée de gueules, à la cotice de même brochant sur le tout. Ce sont les propres armes de l'illustre connétable Bertrand Du Guesclin, seigneur de la Guerche en 1380 et membre de la confrérie de Toussaints en l'église de Notre-Dame. Il est permis de croire que ces armoiries furent placées au XVIème siècle par les seigneurs Du Guesclin, qui possédaient non loin de la Guerche la terre de la Roberie, en Saint-Germain-du-Pinel.

 Quatrième vitrail. — On ne voit dans cette verrière que des scènes informes où apparaissent des anges, des évêques, un vieux seigneur, un donateur présenté par son saint patron, etc. Plusieurs écussons s'y trouvent aussi : d'abord, celui de Marie de Bretagne, duchesse d'Alençon et baronne de la Guerche : parti, au 1er de France à la bordure de gueules, qui est Alençon, au 2ème d'hermines plein, qui est Bretagne ; — puis celui d'un duc d'Alençon, baron de la Guerche, peut-être le duc Charles, qui s'occupa beaucoup vers 1518 de la collégiale de la Guerche ; — enfin, quelques écussons des seigneurs de Cossé, ducs de Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas. A propos de ces derniers, notons en passant que c'est dans l'église de Notre-Dame de la Guerche que François de Cossé, duc de Brissac et baron de la Guerche, épousa, le 17 février 1621, Guyonne Ruellan, fille du seigneur du Rocher-Portal (Guérin, Histoire ms. de la Guerche).

Il y avait autrefois dans l'église de Notre-Dame un grand nombre d'autels et de chapellenies. Outre le maître-autel, on y voyait en 1705 ceux de la Sainte-Vierge, du Saint-Esprit, de Toussaints, de Sainte-Catherine, de Saint-Sébastien, de Saint-Mammert, de l'Ecce-Homo et de Sainte-Avoye. Parmi les chapellenies qu'on desservait, les plus importantes étaient celles de Sainte-Catherine (nota : la chapelle Sainte-Catherine est une sorte de tribune ou chantrerie construite dans le style ogival, au-dessus de la sacristie, et occupant avec celle-ci la première travée du collatéral méridional), d'Availles, de la Déserterie, du Touchet, du Prébarré, de Saint-Lazare, de la Forestrie, de la Hairie, de Beaumanoir, des Coquilles, de Chévreuse, d'Auffray Le Vayer, de Guy de Domagné, de Geffroy de Pouencé, etc.

Nous avons déjà parlé de la confrérie de Toussaints, mentionnée dans nos archives dès 1402, mais plus ancienne encore, puisque la tradition veut que Du Guesclin en ait fait partie (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 79). En 1693 elle avait 300 livres de rentes fixes, sans compter les oblations, qui étaient nombreuses ; on chantait la messe à son autel, avec diacre et sous-diacre, tous les jours pour les confrères vivants, et on y célébrait un service à la mort de chacun d'eux selon une Déclaration de 1693 (Pouillé de Rennes). Nous avons longuement décrit l'église de Notre-Dame de la Guerche, jadis collégiale, aujourd'hui paroissiale ; mais depuis la Révolution elle a été complétée avec intelligence. On l'a d'abord régularisée en construisant au Nord un collatéral semblable à celui qui accompagnait seul au Sud la grande nef ; on a aussi transféré dans ce collatéral méridional les débris des verrières antiques du choeur que nous avons décrits, et l'on a placé de nouveaux vitraux peints dans le sanctuaire.

Ces verrières modernes représentent trois scènes de la vie de la Sainte Vierge : sa présentation au temple, sa purification et son assomption. Enfin, une fort belle tour de style ogival a été construite au bas des nefs ; la première pierre de ce monument fut posée le 3 septembre 1869, et la première pierre de la flèche qui le surmonte fut placée le 19 octobre 1872. Cette tour carrée avec flèche fort élégante, accostée de quatre clochetons, rappelle beaucoup le superbe et célèbre clocher du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon ; elle fait honneur à son architecte, M. Regnault, et aux paroissiens de la Guerche, qui, sous la direction de M. le curé Fouré, l'ont élevée avec autant de zèle que de bon goût (Pouillé de Rennes).

La collégiale est fondée en 1206 par Guillaume II, neuvième seigneur de la Guerche, convertie en église paroissiale en 1791, et devient basilique mineure en 1951. Le collatéral nord est édifié par M. Baussan en 1859. La tour-porche est édifiée en 1869 par Arthur Regnault. Le chevet date du XI-XV-XVI-XIXème siècle. Le Bas-Côté Sud date du XVIème siècle. Le chœur à pans coupés date du XIVème siècle. Le gisant de Guillaume II (décédé en 1223), situé à gauche, dans le choeur, date du XIIIème siècle (ce tombeau avait été enfoui sous terre en 1735 comme gênant la circulation, et il ne fut exhumé que le 30 août 1888). Guillaume II est représenté, un coussin sous la tête, allongé sur un lit dont les bordures sont garnies d'écussons, et revêtu de sa cotte de mailles avec son épée et son bouclier. Près de sa tête deux anges en prières sont agenouillés, et à ses pieds repose un chien. A signaler que les armes des seigneurs de la Guerche présentent "de gueules à deux léopards d'or l'un sur l'autre". La nef est reconstruite beaucoup plus large que l'ancienne, au début du XVIème siècle, en fusionnant les trois vaisseaux du XIIIème siècle : elle est flanquée, au sud, de six chapelles à pignon

. La verrière de l'Arbre de Jessé date du début du XVème siècle. Les verrières du Jugement dernier et de l'Annonciation datent de 1536-1537.

Les stalles, restaurées en 1888 et portant les armoiries des ducs d'Alençon, seigneurs de la Guerche, datent, semble-t-il, de 1520.

La Vierge à l'Enfant date du XVIIème siècle. On y trouve les armes des ducs d'Alençon, des ducs de Brissac, des Du Guesclin, d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes de 1507 à 1541. L’église est profanée par les Huguenots en 1563 ;

 

 

— MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

 

PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente.

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

 

SITE

http://www.bretagneweb.com/photos-35/35-laguerchedebretagne.htm

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/enigm/laguerche.html

— THUAL (Ewen), répertoire des collégiales, et,  Les collégiales séculières de Bretagne au Moyen-Âge (milieu XIIe-début XVIes). Histoire religieuse et sociale du monde capitulaire breton médiévale. Thèse en préparation depuis 2017 à Limoges sousla direction de Anne Massoni 

 

https://chartes.hypotheses.org/19

https://www.unilim.fr/criham/2017/09/29/les-collegiales-seculieres-de-bretagne-au-moyen-age-milieu-xiie-debut-xvie-siecle-histoire-religieuse-et-sociale-du-monde-capitulaire-breton-medieval/

http://vafl-s-applirecherche.unilim.fr/collegiales/index.php?i=fiche&j=666

http://vafl-s-applirecherche.unilim.fr/collegiales/equipe/

—Liste des collégiales de Bretagne :

Diocèse de  Nantes (Loire Atlantique)

Diocèse de  Rennes (Ille-et-Vilaine)

  • Notre-Dame de La-Guerche-de-Bretagne. 12 prébendes/ 12 chanoines.

  • Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux  6 prébendes/6 chanoines

  • Collégiale Notre-Dame de Vitré, église paroissiale Saint-Pierre puis prieuré cure de bénédictins  La collégiale Notre-Dame, fondée vers 1060 par Robert Ier de Vitré, fut confiée en 1116 à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes qui y établit un prieuré dont l'église était à la fois priorale et paroissiale. (Collégiale Sainte-Madeleine de Vitré 12 prébendes/12 chanoines)

Diocèse de  Saint-Brieuc (Cotes-D'Armor)

  • Saint-Guillaume de Saint-Brieuc. 20 prébendes/18 chanoines

  • Collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance à Lamballe, fondée en 1437 par Jean V, confirmées par l’évêque de Saint-Brieuc en 1538 et poursuivies par la fondation de Marie de Beaucaire, duchesse douairière de Penthièvre, en 1583. 6 chanoines

  • Notre-Dame de Matignon 3 prébendes

  • Notre-Dame de Quintin 11 prébendes/11 chanoines

     

—Diocèse de Vannes (Morbihan)

  • Notre-Dame-de-la-Tronchaye de Rochefort-en-Terre, du XVIe siècle jusqu'à la Révolution. Au XVIième , un collège des chanoines est créé et l’église tréviale devient collégiale. Jean IV de Rieux-Rochefort, maréchal de France, y établit un doyen et six chapelains. Le 1er juin 1527, le chapitre est fondé à perpétuité  par le fils de Jean IV, Claude 1er, et voit le nombre de chanoines passer de 7 à 13. 

  • Collégiale de Saint-Michel-du-Champ près d'Auray, fondée en 1382  par Jean III de Monfort après sa victoire sur Charles de Blois à Auray en 1364. Remplacé par un couvent de chartreux en 1482.

  • Notre-Dame-de-la-Fosse de Guéméné 12 prébendes/8 chanoines

 

Diocèse de Quimper (Finistère)

— Diocèse de Tréguier

  • Notre-Dame de Tonquédec 4 chanoines
  • Notre-Dame du Mur de Morlaix 9 prébendes/9 chanoines

 

— Diocèse de Saint-Pol-de-Léon

  • Kersaint-Trémazan 5 chanoines
  • Sainte-Anne de Lesneven 7 chanoines
  • Saint-Charles de Plourin ?

 

 

.

 

 

 

 

 

—  Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 vol. (Le patrimoine des communes de France)

Bibliographie de F. Piat (non consultée)

Documents d'archives

  • Notes sur la collégiale de La Guerche, correspondance entre R. Couffon et H. Bourde de la Rogerie. Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine, 5J107.

  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments Rennes : Larcher, 1927 (1ère éd.), Mayenne : éditions régionales de l'Ouest, 1994 (rééd.).

  • BLOCK, Elaine C. Corpus of medieval misericords in France, XIII-XVI century. Turnhout : Brepols, 2003.

  • KRAUS, Dorothy, KRAUS, Henry. Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris : Les éditions de l'Amateur, 1986.

  • JARRY, A. Le sanctuaire de Notre-Dame de La Guerche à travers les âges, Rennes : Imprimeries Bretonnes, 1941.

  • LEPAROUX, Sylvain. Les stalles en Ille-et-Vilaine, XIVe-XVIIe siècle. Mémoire de maîtrise : Hist. Art. Rennes : université Rennes 2, 1997.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Chapelles bretonnes.
29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 15:41

Les 54 stalles (vers 1530-1550) de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).

 

 

.

 

Voir sur cette église :

.

 


Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

.

 

Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

 .

.

Note. J'ai lu avec passion et admiration, et j'ai largement exploité ici, la thèse (2012) de Florence Piat consacrée aux stalles de l'ancien duché de Bretagne. Je la citerai copieusement, et, quoique soucieux de publier un article personnel, je m'en voudrais de ne pas partager la qualité et la compétence de son travail, d'ailleurs rendu généreusement disponible en ligne. Je suis très loin d'en avoir épuisé les trésors d'érudition, et c'est à sa publication que je renvoie les lecteurs soucieux d'accéder aux meilleurs sources.

Mon souci principal est de mettre à la disposition des internautes une iconographie commentée des décors de la première Renaissance bretonne.

.

.

Présentation.

Les stalles anciennes de Bretagne.

Selon Florence Piat, qui leur a consacré sa thèse, l’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, et majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18 stalles), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48 stalles), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8 stalles), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66 stalles), celles provenant du château de Kerjean (6 stalles), celles conservées dans l’église Saint-Symphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15 stalles) .

-Dol-de-Bretagne (cathédrale): XIVe siècle, les plus anciennes.

-Boquého (ancienne abbaye de Beauport) : fin XVe

-Tréguier (cathédrale) : 1508 (chapitre des chanoines)

-Saint-Pol-de-Léon (cathédrale) : 1504-1523 (évêque Jean de Carman et Guy le Clerc)

-Guerche-de-Bretagne : 1502-1525, duc Charles d'Alençon

-Plélo : 1520-1530. Origine inconnue.

-Saint-Herbot : entre 1550 et 1570.

On sait que les stalles sont destinées à accueillir un chapitre, assemblée de chanoines chargés de chanter (8 fois par jour) les offices dans le chœur, et assistés de façon variable de musiciens, de  choristes ou chantres, et d'enfants de chœur regroupés en une école nommée psalette et dirigée par un maître. Mais d'autres églises sont dotées de stalles. Les stalles des abbatiales accueillaient les moines et moniales.

On sait aussi que ces chapitres sont le propre de cathédrales (Dol-de-Bretagne, Saint-Pol de Léon, et Tréguier dans la liste énoncée, les stalles de Saint-Malo, Rennes, Nantes, Quimper et Vannes n'étant pas conservées), d'abbatiales, mais aussi d'églises ayant été élevées au statut de "collégiales" (Champeaux et Guerche de Bretagne). Ces collégiales sont issues de fondations par le pouvoir ducal (Le Folgoët) ou par de grandes familles de la noblesse, et ce sont ces dernières qui, dans la première moitié du XVIe siècle par leur lien avec la cour royale établie en Touraine, introduiront en Bretagne les manifestations assez précoces de l’influence des modèles renaissants sur l’art : la Première Renaissance bretonne.

Ces ensembles de stalles ont une disposition assez homogène, fixée par des impératifs liturgiques et acoustiques. Outre les miséricordes, (ces consoles de sellettes permettant aux choristes de se reposer en position debout-appuyée), elles disposent de parcloses, d'appui-main, de jouées, de dorsaux et de dais à frise.

.

.

Les stalles de La Madeleine de Champeaux (35). Description.

On ne les confondra pas aux stalles de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux en Seine-et-Marne.

La collégiale de La Madeleine de Champeaux contient aujourd´hui cinquante-quatre stalles, en chêne,  datées entre 1528 et 1550. Elles furent, en effet, vraisemblablement réalisées à l´occasion du mariage de Louise de Goulaine et de Guy III d´Epinay, seigneur de Champeaux et grand-échanson de la duchesse Anne de Bretagne, en 1528. Cette hypothèse s'appuie sur les très nombreuses  armoiries car celles-ci, quoique presque toutes été bûchées, l'ont été  bien souvent de manière sommaire, de sorte que les lions couronnés et les fleurs de lys sont encore visibles et correspondent sans doute aux parties périphériques d'un blason mi-parti d' Espinay [d’argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d’oret de Goulaine [« mi-parti de France et d’Angleterre : mi-parti de gueules à trois léopards d’or passant l’un sur l’autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or ».]. Elles peuvent néanmoins être postérieures, jusqu'au décès de Guy d'Espinay en 1551.

.

La première Renaissance bretonne.

Les stalles de la collégiale ont donc bien été commandées par Guy III d’Espinay et Louise de Goulaine et participaient  à un vaste programme de décoration de l’édifice., entièrement conçu alors dans le style de la première Renaissance bretonne. Ainsi, avec la participation des chanoines (attestée pour la commande de verrières entre 1538 et 1550  par les comptes de la fabrique), ils commandent huit verrières ornées de leurs armoiries et de leurs initiales (baie 0). Mais Les stalles de Champeaux ne sont cependant pas les premières stalles bretonnes à présenter des motifs issus de cette première Renaissance puisque celles de La Guerche-de-Bretagne leur sont  antérieures (1502-1525). 

On notera que Guy III était seigneur d'Espinay, mais aussi de Segré (au nord-ouest d'Angers), tandis que la famille de Goulaine possédait son château de Haute-Goulaine en Loire-Atlantique, sur les Marches de Bretagne. Ce château a été édifié au début de la Renaissance. Ce couple était donc largement ouvert aux influences du Val-de-Loire. C'est à un architecte d'Angers, Jean Delespine, que Louise de Goulaine confiera la réalisation de leur tombeau.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Goulaine

 

"Le répertoire décoratif italien est expérimenté en Bretagne sensiblement à la même époque que dans le royaume de France, ce dont témoigne des œuvres telles que le tombeau de Thomas James (1507), son missel (1484), le portail de la chapelle du Saint-Sacrement à Vannes (1515-1531), ainsi que la présence, dans la péninsule, d’artistes venus expressément des régions transalpines pour travailler auprès de mécènes influents. Comme dans beaucoup d’autres régions, ce nouveau vocabulaire s’intègre et se mêle jusqu’aux années 1520-1530 à l’architecture et aux images médiévales, sans pour autant profondément modifier les structures issues du Gothique.

Dans les stalles de l’ancien duché, le tournant s’opère effectivement en l’espace d’une décennie et, alors qu’un ensemble comme celui de Tréguier réalisé au début des années 1510 présente encore toutes les caractéristiques iconographiques médiévales, les stalles de La Guerche-de-Bretagne, réalisées à la fin de cette même décennie développent largement de nouveaux motifs directement inspirés de l’art italien. En l’espace d’une dizaine d’années, ces thèmes pénètrent donc le vocabulaire décoratif et iconographique des sculpteurs sous l’action combinée de grands mécènes, comme les Laval et Espinay, la diffusion de gravures provenant de Flandres, d’Allemagne et également du bassin ligérien. Cependant, cette arrivée des thèmes de la Renaissance ne se fait pas au même rythme partout en Bretagne et une distinction entre la partie occidentale et orientale du duché doit être faite. En effet, si l’on constate que les exemples de stalles situés en Haute-Bretagne et plus généralement le long des marches de Bretagne accueillent ces motifs dès les années 1515-1520, il semble qu’en Basse-Bretagne, ce répertoire ne s’implante véritablement que dans la seconde moitié de ce même siècle, par le biais de la seconde Renaissance comme dans la chapelle de Saint-Herbot. Ainsi, quatre groupes de stalles bretons présentent des éléments décoratifs empruntés à ce nouveau répertoire, cependant associés à des motifs déjà employés dans les exemples de la fin du XVe siècle : les stalles de la chapelle Saint-Quay de Plélo, celles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, de la collégiale de La Madeleine de Champeaux et, enfin, celles de la chapelle de Saint-Herbot." (F. Piat)

"Si la province reste attachée aux images propres au répertoire médiéval, pour autant, on ne peut pas parler d’une arrivée tardive des motifs de la première Renaissance dans le duché. Il est, en effet, fort à parier que la commande du tombeau de Thomas James à Dol-de-Bretagne, puis de celui du duc François II et de Marguerite de Navarre à Nantes ainsi que le passage dans la région de plusieurs artistes d’origine italienne et la circulation d’images imprimées aient marqué, rapidement, la production artistique dès le début du XVIe siècle. Les exemples des stalles de Tréguier, La Guerche-de-Bretagne et de Champeaux montrent d’ailleurs qu’en l’espace de dix ans, les premiers motifs italianisants sont assimilés par les menuisiers et que les thèmes et styles de la Renaissance sont totalement adoptés à l’horizon des années 1550, tout du moins pour la réalisation de ces objets particuliers. " (F. Piat)

.

Un précédent : les stalles de 1520 de la cathédrale de Rennes .

 

Selon P. de la Vigne Villeneuve, et d'après le procès-verbal de 1775, le dossier de la troisième stalle du chœur, coté nord (en vis à vis de celle de l'évêque), portait un écusson aux armes de Guy II d'Espinay, en vertu d'un privilège obtenu en 1520 (8 ans avant le mariage de Guy III). Ces stalles commandées par le chapitre cathédral de Rennes relevait sans doute déjà du style de la Première Renaissance (le chêne des panneaux sculptés  des stalles provenait des forêts d'Orléans, même si le bois plus grossier venait du domaine d'Escures, propriété d'Espinay à Acigné):

"Si le contrat des stalles de la cathédrale de Rennes n’a pas été conservé, en revanche, la mention de la réalisation de nouvelles stalles en 1520 apparaît dans un acte extrait des archives du chapitre de la cathédrale rennaise. . Les stalles commandées en 1520 ont été réalisées grâce aux larges donations, notamment en matières premières, du seigneur Guy II d’Espinay dont le frère, Robert, était grand-chantre de ce même chapitre : « À ces causes, désireux de répondre dignement à de tels bienfaits, dans la mesure de notre pouvoir, Nous donnons, octroyons et concédons à Vous et à Votre héritier principal et successeur dans la Seigneurie d’Espinay existant dans la suite des temps, à perpétuité, et dans les meilleures forme et mode qui soient possibles et valables, une stalles ou chaire en quelque sorte semblable aux nôtres ; laquelle stalle sera armoriée et décorée du blason de vos armes, dans le chœur de notre Église et sur laquelle sera sculpté votre écusson ; elle sera placée et établie entre les stalles des Dignitaires de la Chantrerie et de la Scholasticité, tournée en face des sièges des chanoines. Cette donation, octroi et concession est faite au nom de Dieu d’une façon irrévocable. » La motivation des chanoines à faire réaliser de nouveaux sièges diffère de celle de leurs confrères du début du siècle. Le but principal est ici de rendre hommage à l’investissement d’un seigneur au demeurant puissant, lié à la famille Laval et proche du pouvoir royal, en lui donnant une place d’honneur et une présence perpétuelle au sein même de leur chœur. De plus, il n’est pas à douter que leurs anciennes stalles gothiques leur paraissaient démodées alors même que le vocabulaire de la première Renaissance était déjà expérimenté en divers endroits et notamment à la cathédrale de Dol-de-Bretagne où le tombeau de Thomas James sculpté par les frères Justes, achevé en 1507," (F. Piat)

On constate aussi qu'à Rennes, les chanoines occupaient les stalles du coté sud, tandis que celles du coté nord (coté de l'Évangile) étaient celles des dignitaires et de la "Scholasticité" [docteurs de l'université ?] : peut-être en était-il de même à Champeaux.

.

Un autre précédent : les stalles de la chapelle de la collégiale d'Ussé.

Le frère de Guy I d'Espinay (grand-père de Guy III), Jacques d'Espinay, acquit le château d'Ussé et y fonda en 1521 une collégiale. Son fils Charles (1475-1535) et son petit-fils René poursuivent les travaux et la chapelle est consacrée en 1538. Les stalles (après 1520 et avant 1538) de style gothique  mais enrichies de décors "à l'italienne" sont dues à Jean Goujon. Sur l'une des joues, un  profil féminin dans un médaillon évoque celui de Champeaux.

 

.

Description.

.

Ces stalles s'organisent sur deux fois deux rangs (stalles hautes et basses) de 9,65 m de long, et 1, 75 m de profondeur. Chaque siège mesure (J.-J. Rioult) 97 cm de haut, 62,5 cm de long et 53 cm de profondeur (stalles basses). La dimension des stalles hautes ne diffère pas de celles des stalles basses, suggérant que le confort s’avère identique dans les deux sièges, le prestige associé aux rangs supérieurs tenant avant tout à la position surélevée de ceux-ci.

 Les stalles de la collégiale de  Champeaux  sont dotées de haut dossiers ou dorsaux et d'un dais à pan oblique. Elles  atteignent 3,75 mètres en hauteur,  alors que celles de La Guerche-de-Bretagne mesurent 3,58 mètres de hauteur, celles provenant du château de Kerjean, 3,70 mètres et celles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon  plus de 4,10 mètres. La hauteur des stalles rivalisait avec celle des jubés, obstruant complètement la vue du chœur depuis la nef et le déambulatoire, signalant leur présence par la forêt de pinacles qui s’alternaient sur les crêtes. (d'après F. Piat)

Leur organisation actuelle résulte d'un réarrangement, car elles ont été remontées au cours du 18e siècle lors du réaménagement du chœur et de la suppression de l´ancien jubé qui leur était associé, dans un ordre qui ne semble pas respecter l´alternance originelle ; de légères restaurations sont signalées en 1921 par Victor Pasquet et Norbert Le Floch de Vitré. Quoiqu'il en soit, il faut imaginer que l'ancien jubé fermait l'espace séparant aujourd'hui les deux doubles rangs qui s'y appuyaient.

Il faut mentionner aussi un 53ème siège, véritable cathèdre et probable siège d'honneur que j'ai décrit avec les boiseries encadrant la porte  menant à la chapelle latérale sud, chapelle des seigneurs d'Espinay. Sur ces boiseries, plus anciennes que la porte datant de 1594, les armes des époux figurent encore en bonne place, dans un écu  couronné d’un cimier et tenu par un couple de sauvages, l’homme portant une massue, baissée sur le panneau de droite et levée sur son épaule sur le panneau de gauche. La femme tient quant à elle une cordelette à houppe qui entoure le blason. Deux plumes dépassent du heaume sur lesquelles deux putti se tiennent debout. Tenant une cordelière à houppe également, ils encadrent deux grandes lettres : « G » et « L », qui pourraient être les initiales de Louise de Goulaine autant que celles des prénoms des deux époux. La cordelette à nœuds en huit et nœuds de capucin qui entourent les armes de Louise de Goulaine pourraient être un signe de son veuvage — ce que l'on retrouve sur le tombeau des époux —, ce qui daterait ces boiseries entre 1551 et 1567, date du décès de Louise.

A contrario, (F. Piat) les armes sculptées sur ces dernières ne présentent pas de cordelière ; il faudrait alors envisager que les panneaux qui décoraient le chœur aient été commandés à une époque postérieure à celle des stalles, mais certainement auprès du même atelier compte tenu des similitudes factuelles et de la cohérence de ces boiseries avec les chaires.

.

 

 

Attribution et datation.

.

"L´atelier qui a réalisé ces stalles n´est pas connu. Néanmoins, il est intéressant de noter la similitude de style entre ces stalles et la cathèdre se trouvant dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exécutée à la demande de François de Laval (1528-1556) au milieu du XVIe siècle. Détail intéressant, ce dernier était le fils de Guy XIV de Laval et d´Anne d´Espinay. Les lions qui tiennent les armes de l´évêque sur le siège épiscopal sont assez proches, dans leur traitement (crinières, museaux arrondis, griffes) de ceux présents sur les stalles de Champeaux, bien que le sculpteur semble différent. Enfin, les commanditaires de stalles de Champeaux ont également fait construire leur tombeau dans cette même collégiale par un architecte angevin, Jean Delespine."

Cathèdre de François de Laval :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/stalle-de-l-eveque/10dd00cb-c64c-49ae-96bc-89dc20e4d339

 

"Les documents d’archives ne sont que de peu d’utilité pour l’établissement d’une chronologie fiable de la réalisation des stalles de la collégiale, mais le style même de l’œuvre, les thèmes abordés dans la sculpture inclinent à la dater entre les années 1530 à 1550. Les comptes de la fabrique mentionnent le versement de 15 livres en 1538 à Guillaume Chenevièvre ou Chenevière pour la réalisation de travaux de menuiserie (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 456 : « comptabilité du dépensier, institution des receveurs du chapitre, comptes des recettes et des dépenses, 1509-1600 » ; Inventaire général : 35 – CHAMPEAUX – II – Canton de Vitré Ouest ). Cependant, la somme engagée ne semble pas à la hauteur de la réalisation, surtout si nous la comparons à celles mentionnées dans les trois contrats étudiés auparavant. Il est donc possible que ces travaux de menuiserie fassent référence à d’autres aménagements, comme ceux qui furent nécessaire à l’installation d’un orgue dans la galerie du jubé, et dont la présence est attestée en 1540 puisqu’il servait d’accompagnement à la psallette.

Deux ans plus tard, en 1542, Louise de Goulaine et Guy d’Espinay fondèrent douze obits par an qui prévoyaient la récitation des sept psaumes de la Pénitence, les litanies des saints ainsi que le chant d’un libera sur leur tombeau à chacune de ces cérémonie (9 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 431 : « Permission de Guy d’Espinay d’instaurer des fondations, 1531 » et « Règlements sur les célébrations des obits par l’évêque de Rennes, 1637 » ; A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux… », Op. cit., p. 389. ). Peut-être est-ce à cette occasion qu’ils envisagèrent de remplacer les anciennes stalles de chœur par les actuelles.

En 1545, le même Guillaume Chenevièvre est mentionné une nouvelle fois dans les comptes pour un travail plus long, semble-t-il (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine série 1 G 456 ; R. COUFFON, « La collégiale de Champeaux, contribution à l'étude de la première Renaissance en Bretagne », Mémoire de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, vol. 98, 1970, p. 35. ). Mais, le texte reste trop évasif pour y voir avec certitude la commande des stalles de Champeaux bien que l’idée soit séduisante. De plus, ces comptes ne mentionnent pas l’achat éventuel de bois ou ne serait-ce que le coût de son acheminement.

Les hypothèses sont donc multiples concernant la date de la commande de ses stalles, depuis le mariage de Guy III et Louise de Goulaine en 1528, jusqu’au décès du seigneur d’Espinay en 1551, en passant par les différentes donations qu’ils effectuèrent pour la collégiale et son chapitre. Néanmoins, l’élaboration de ces stalles dans une période maximale comprise entre 1530 et 1555 paraît la plus probable, élément corroboré par les rapprochements stylistiques qui peuvent être établis avec la cathèdre de Saint-Samson de Dol-de-Bretagne." (F. Piat)

.

Les seigneurs d’Espinay et la collégiale de Champeaux

"La collégiale de la Madeleine de Champeaux est profondément liée à la maison d’Espinay puisque sa fondation, au XVe siècle, leur est due. Avant l’édification de La Madeleine, il existait une église primitive placée sous le vocable de saint Pierre et qui était alors entourée d’un cimetière. C’est dans ce dernier que se trouvait la petite chapelle seigneuriale d’Espinay, dédicacée à Sainte-Marie-Madeleine. En 1430, il semble que l’église, menaçant ruines, ne pouvait plus tenir lieu d’édifice paroissial. Simon d’Espinay, seigneur de La Rivière et chambellan du duc Jean V, décide alors d’agrandir la modeste chapelle et de la transformer en église paroissiale. Un peu plus tard, en 1437, Robert Ier fonde un chapitre de six chanoines qui, accompagné de chapelains, dessert la nouvelle collégiale. La véritable ambition du seigneur d’Espinay, à cette époque, est d’en faire le lieu de sépulture de la famille, vocation funéraire qui ne se dément pas puisque plusieurs de ses successeurs s’y font inhumer."

Le pape Eugène IV autorisa Robert Ier à établir et à doter cinq chapelains et éleva La Madeleine de Champeaux au rang d’église collégiale, tout en la maintenant paroissiale.

« Le collège de Champeaux […] est composé de six prébendes ou canonicats, où à chacun y a une cure annexée […]. Il y a dignité de doyen dix chapelains, quatre enfants de chœur, maistre de psalette, et chaque chanoine doit avoir un prêtre sous lui. Il y a bonne musique, le service divin y est célébré avec beaucoup de dévotion. Duquel collège le revenu vaut huit mille livres ou environ.» in : A. DU PAZ, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris 1620, p. 265 (également cité par A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château », in Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 1904, p. 328 ».

Si on estime que les chapelains ne sont pas des chanoines, mais des prêtres chargés des chapellenies, je compte 6 chanoines, 10 chapelains, 4 enfants de chœur et leur maître de psalette, 6 prêtres, et il faut ajouter sans doute un organiste(après 1540), et des musiciens : soit une trentaine de personnes. Or, les stalles comportent 54 sièges. Mon compte des desservants de la collégiale est peut-être sous-estimé, mais il faut prévoir aussi des sièges pour la famille des Espinay, et d'autres pour des dignitaires.

.

"Vassaux du baron de Vitré qui est également comte de Laval, les Espinay n’en étaient pas moins proches de cette puissante famille. En 1399, Simon d’Espinay était ainsi sénéchal de Vitré et il fut l’un des signataires du contrat de mariage de Jeanne de Laval et de Louis I er de Bourbon-Vendôme en 1422. André d’Espinay (1451-1544), frère du précédent, s’est illustré dans le conflit franco-breton, par son attachement précoce et sans faille à la cause française338. Évêque de Bordeaux, il aide à la diffusion de la politique de Louis XI dans cette province nouvellement rattachée à la couronne, et, à la mort de ce dernier, il reste au service de la régente Anne de Beaujeu. Lors de la réunion des États Généraux à Tours au début de l’année 1484, c’est d’ailleurs lui qui défend les intérêts de la régente et du futur Charles VIII. De fait, le rattachement de la Bretagne à la France lui paraît naturel tout comme les prétentions de la famille royale à la couronne ducale, en vertu du rachat des privilèges des Penthièvre. Durant le conflit, il sert de messager à Anne de Beaujeu, n’hésitant pas à venir voir les barons rebellés contre le duc afin de leur confirmer l’envoi de troupes339. Au lendemain du mariage d’Anne de Bretagne avec Maximilien d’Autriche, c’est encore lui qui rapporte la nouvelle à l’ancienne régente. Enfin, il est présent aux négociations qui suivent la défaite des Bretons à Saint-Aubin-du-Cormier en 1488 et qui aboutissent à la Paix du Verger et au mariage d’Anne de Bretagne avec le roi de France. Comme pour la maison de Laval, la position d’Espinay ne fut pas simple durant ce conflit. Leur domaine, situé à proximité de la frontière franco-bretonne, les intérêts qu’ils partageaient avec le domaine français et leur allégeance aux Laval, les mettaient dans une situation inconfortable où le parti français apparut rapidement comme étant le plus prometteur. Le statut de cette famille ne cessa d’ailleurs jamais de croître depuis le XVe siècle, notamment par un jeu d’alliance réfléchi. À ce titre, le mariage de Guy III d’Espinay (♰ 2 août 1551) et de Louise de Goulaine (♰ 8 février 1567), célébré le 17 septembre 1528 est tout à fait représentatif de cette ascension sociale. La maison de Goulaine était en effet une de ces vieilles familles nobles qui composaient le haut de l’aristocratie bretonne. Établis autour de Nantes, leur nom apparaît dès le XIIe siècle, mais c’est à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que le château de Goulaine est érigé près du marais de Goulaine. La construction, remarquable, est composée d’un corps de logis central flanqué de deux pavillons carrés, dont les ouvertures sont ornées de sculptures empruntant au dernier gothique autant qu’à la première Renaissance. (F. Piat)"

.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Plan  et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

Plan et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

.

.

.

I. LES PANNEAUX EN BAS-RELIEF DES STALLES.

.

Les jouées du coté sud-est.

Les "jouées" sont les cloisons fermant les rangées de stalles. Un grand volet étroit ferme les dais et les dorsaux de la rangée supérieure ; il est aéré par un élément médian à claire-voie.

.

1. Le  panneau supérieur de la jouée.

.

Il est sculpté d'angelots. Celui du haut crache des rinceaux — s'achevant en fleur au cœur en tête d'angelot —, et de rubans, auxquels est suspendu un cuir découpé à enroulement, globalement losangique. Celui-ci portait, avant d'être bûché par les burins de la Révolution, des armoiries. Les rubans, en se prolongeant en passant entre le long bec de deux échassiers, se transforment en dauphins, qui présentent un deuxième cuir découpé à enroulement, également bûché. On reconnait peut-être à deux endroits les pendants d'un lambel.

Si le motif héraldique ne peut être précisé sur cette jouée, ces cuirs découpés aux armoiries bûchées vont se retrouver sur tous les dorsaux, où on devine mieux le lion des Espinay et les lys des Goulaine, permettant de les attribuer à Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, mariés en 1528.

Nous avons donc déjà, sur ce premier panneau examiné, de nombreux éléments caractéristiques de ces stalles :

a) la forte prévalence des éléments héraldiques, témoignant du souci de la famille d'Espinay d'affirmer son mécénant sur cette collégiale et son chapitre.

b) Le souci de ce couple de rendre compte, de façon précoce en Bretagne, de l'art des ornemanistes de la Renaissance, d'origine italienne mais introduite en France à Fontainebleau et en Touraine. Car ces  blasons inscrits dans des cuirs découpés à enroulements, ces rinceaux exubérant métamorphosant leurs tiges végétales en floraisons anthropomorphes (têtes de putti) et ces dauphins témoignent du vocabulaire italianisant de ces artistes. Cette influence va se constater plus loin par de nombreux petits personnages hybrides, de nombreux masques feuillus, des têtes de lions, et deux médaillons de profil.

c) L'influence du tombeau de Thomas James en la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exemple le plus précoce (1507) de la Première Renaissance en Bretagne. La similitude entre les motifs des stalles de Champeaux et ceux développés sur le tombeau de Thomas James est très forte. "Les nombreux poissons hybrides [dauphins], dont le corps est partiellement recouvert de feuilles ou d’algues apparaissent aussi bien sur les jouées hautes de Champeaux que sur les piliers du tombeau . La composition diffère quelque peu mais la forme des queues de ces poissons, rattachées à leur extrémité et présentant des enroulements au même niveau, reste très proche." (F. Piat)

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

2. Le panneau inférieur de la jouée : masque-feuille crachant un couple de "dauphins", blason, etc.

.

Ce deuxième panneau mérite aussi un examen soigneux, car il est également emblématique de la première Renaissance.

Le masque-feuille anthropomorphe est à lui-seul un témoin caractéristique de cet art. Nous le retrouvons plusieurs fois parmi les motifs des miséricordes. Ce motif du visage humain dont le contour s'étale en se transformant en une feuille indentée, est fréquemment retrouvé en sculpture bretonne Renaissance, notamment sur les sablières (Kerjean v.1570). On le trouve aussi dans les vitraux (Saint-Ouen, Rouen), et Jean Lafond  y voit "un motif cher aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon et à Arnoult de Nimègue", et repris en marque de fabrique dans les vitraux rouennais jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Voir ici Saint-Lô baie 8.

Ici, c'est un masque-feuille crachant des tiges de rinceaux, qui se retrouve sur les dais des stalles de Saint-Pol-de-Léon (1504-1520), sur de nombreuses sablières bretonnes (Saint-Sébastien de Saint-Ségal vers 1550, Kerjean vers 1570,  Saint-Thomas de Landerneau, etc).

Les tiges tout en produisant de nombreuses prolongements à petites feuilles enroulées, ou en bourgeons se transforment en dauphins affrontés.

Ce seul exemple est instructif : il exprime a) le goût pour les volutes, b) celui pour la production profuse, c) celui pour les métamorphoses entre les formes animales, végétales et humaines.

— L'un des rameaux de rinceaux suspend, par l'intermédiaire d'une boucle, un blason (bûché) dans un cuir découpé.

Là encore, nous avons une fusion/confusion des matières, et des thèmes. On sait que ces cuirs découpés imitent la forme d'une peau animale tendue par les mégissiers et tanneurs (avec le corps et l'amorce des pattes de l'animal), peau qui, détachée de ses cordes de séchage, s'enroule sur ses extrémités . Ces peaux servaient notamment à la fabrication des manuscrits en vélins (vélots, "veaux morts-nés"). Ils servent de cartouche (ornement en forme de carte) pour un blason, et ils envoient sur le coté des boucles ou serpentins évoquant des lambrequins. L'écriture codée, sur une peau semblable à un trophée,  de l'identification emblématique d'une famille de la noblesse (dont la lignée renvoie à l'idée d'arbre, de croissance et de fécondité), avec ses lions et ses fleurs (même s'ils sont effacés aujourd'hui), est déjà l'expression d'un passage entre humain, animal et végétal, mais cette expression est reprise et développée, comme un thème musical, par les motifs du masque-feuille, des rinceaux et de leur extrémités delphiques.

— Plus bas, les rinceaux se développent encore, libérant de nouvelles feuilles ; mais deux d'entre elles s'amusent à ressembler à des gueules animales.

.

 

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

3. Jouée sud-est : panneau fermant le rang des stalles basses. Deux dauphins et deux oies affrontés autour d'un candélabre à rinceaux.

Les dauphins grotesques sont empanachés de feuilles plumes et dotés d'une queue en tête de dauphin.

Notez le graffiti IEANHAN et ses N rétrogrades, attestant de son ancienneté (voir les graffiti des enfants de la psallette sur les stalles de la cathédrale de Tréguier).

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Les jouées intermédiaires sud.

.

Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n°15 à 19 au sud et 42 à 46 au nord) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés.

Au sud, ils présentent deux rinceaux en lyre, s'achevant en tête de "dauphins" affrontés autour d'un candélabre.

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Jouées d'extrémité, coté occidental.

.

Là encore se reprennent les variations autour du trio rinceaux/dauphins/candélabre, avec, ici, une tête d'angelot.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Les jouées du coté nord-est.

Il est symétrique de celui du sud-est.

.

1. Le  panneau supérieur de la jouée et les armoiries de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine.

Il débute par une tête de lion, ailé, tenant dans sa gueule un anneau. À cet anneau sont suspendus, bien-sûr, des rinceaux dont certaines tiges se transforment, bien-sûr, en dauphins. Mais ces tiges ont perdu leur aspect végétal et naturel pour adopter la forme, artificielle et manufacturée, de sangles marquées de I répétées. Ces sangles vont descendre en cabrioles et suspendre, en bas, un livre relié, ficelé avec deux pinceaux.

Ce motif, sous les deux blasons, qualifie le couple des commanditaires, et leurs deux familles comme des humanistes éclairés et des mécènes des arts. (On possède encore le Livre d'Heures de Richard d'Espinay).

Le blason supérieur dans son cuir découpé portait le lion d'Espinay, puisque ses pattes, en avant, et sa queue, en arrière, sont encore visibles.

Le blason inférieur portait les armoiries de Louise de Goulaine, mi-parti d'Angleterre (aux trois léopards passant) et de France (aux trois fleurs de lys). Deux de ces fleurs sont préservées.

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

1. Le  panneau inférieur de la jouée nord-est.

.

Autour d'un vase, ou candélabre, une paire de rinceaux s'achève en gueules de dragons. Plus bas, un couple d'animal dos à dos, comme deux lions héraldiques rampants. Mais les marques de poinçons imposent d'écarter cette hypothèse (le corps des lions est glabre, en dessous de la crinière) et d'opter pour des dragons aux pustules infectes. On pourrait croire que ces figures animales n'étaient pas affectées par le processus de transformation et contamination réciproque par le Végétal. Mais la langue et les oreilles, sont, sans aucun doute, des feuilles.

 .

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Les jouées intermédiaires du coté nord : les commanditaires Louise de Goulaine et Guy III d'Espinay de profil dans des médaillons Renaissance.

.

Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n° 42 à 46) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés d'un médaillon et des armoiries des commanditaires.

 

 

  "Louise de Goulaine y est figurée vêtue d´une robe à encolure carrée et les cheveux recouverts par une petite coiffe nouée sous le menton. Le portrait ne paraît pas flatteur en comparaison de celui de Guy d´Espinay qui, lui, s´est fait représenter en César, couronné de lauriers. Nul doute ici que des médailles antiques ont influencé ces portraits. Cependant, celui-ci est figuré, de profil, dans un médaillon situé sur les jouées centrales des stalles basses nord. Représenté en César, couronné de lauriers et drapé d’une toge, les traits de son visage ne paraissent pas aussi réalistes que ceux de sa femme qui lui fait face, sculptée dans un médaillon sur l’autre jouée centrale. En effet, Louise de Goulaine y est représentée vêtue à la mode de l’époque, la tête couverte d’un chaperon à bavolet pendant noué sous le cou, les traits épais, le menton en galoche. Cet élément vestimentaire, plutôt répandu, a fait son apparition au début du XVIe siècle, s’inspirant des coiffures des Ciociare, paysannes des Romagnes et de la Calabre.( J. RUPPERT, M. DELPIERRE (et al.), Le costume.., p. 80 )" (F. Piat)

.

Le panneau correspondant à Louise de Goulaine, à gauche en montant les marches, la montre en profil droit dans un médaillon, un motif parfaitement Renaissance inspiré, par exemple, des médailles sculptées par Pisanello dès 1438, et notamment de celle de Cécile de Gonzague en 1447, mais aussi de l'art du portrait comme représentation individualisée (Botticelli 1476-1480) lors de la première Renaissance italienne.

Au dessous, on reconnait de ce qui reste des  armoiries un lion couronné à gauche et une fleur de lys à droite : ce sont bien les armes de Goulaine.

.

https://www.mba-lyon.fr/fr/fiche-oeuvre/medaille-de-jean-viii-paleologue#:~:text=Pisanello%2C%20c%C3%A9l%C3%A8bre%20peintre%20du%20Quattrocento,maintenu%20par%20Byzance%20en%20Orient.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

En vis à vis, le médaillon de Guy III d'Espinay, barbu selon la mode de l'époque et couronné de laurier comme un empereur romain, domine le blason dont les traces (lion couronné et reste de fleur) sont proches de celles de gauche.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Les dorsaux des stalles.

.

Chaque siège est dominé par un dorsal, et ces panneaux  sont tous du même modèle, lisses sur les deux-tiers inférieur et divisés en deux parties symétriques  sculptés au tiers supérieur. Chacune de ces parties associe un rectangle à figure emblématique en haut, et un élément cintré autour d'un blason (sur cuir découpé bien entendu) au dessous.

Croyant à une répétition un peu vaine des motifs, je n'ai pas pris la peine de les photographier tous, et je le regrette, car outre les tiges végétales, les dauphins, les oiseaux, les masques grotesques, les transformations animales, les têtes d'enfants, on y trouve  les emblèmes humanistes des arts libéraux, tels divers instruments de musique, (violon, flûte, tambourin ), ou des livres suspendus, dont l'inventaire iconographique serait en ligne précieux. Florence Piat signale ainsi plusieurs bucranes (crane de bœuf)  "toujours traité de la même façon : le crâne y est en effet entouré de grotesques et de rinceaux qui traversent ses orbites, donnant une composition symétrique". 

J'en donnerai néanmoins un exemple.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

.

.

II. LES 48 MISERICORDES.

.

À  la différence des autres stalles du XVIe siècle en Bretagne, les sellettes de Champeaux adoptent une forme en arc de cercle.  "Cette différence souligne la singularité de ce groupe au sein du corpus breton, singularité accentuée par la sculpture en bas-relief ou demi-relief des miséricordes, alors que sur tous les autres groupes celle-ci est en haut-relief. Par ailleurs, les thèmes iconographiques abordés sur cet ensemble, relevant essentiellement du vocabulaire de la première Renaissance, ne se retrouvent sur aucun autre groupe. La particularité du cas des stalles de Champeaux s’explique par leur localisation, la date de leur construction et la personnalité des commanditaires." (F. Piat)

.

Salles hautes sud.

Stalle n°1. Hybride ailé, barbu, au bas du corps feuillagé bifide.

Stalle n°2. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°3. Hybride ailé à la tête de cochon coiffé d'un bonnet.

Stalle n°4. Hybride ailé, au visage casqué et barbu, vêtu d'une tunique ceinturée et tenant une bourse.

Stalle n°5. Hybride ailé, au visage barbu ricanant, vêtu d'une tunique ceinturée. Son index droit désigne le sol.

Stalle n°6. Hybride ailé, à tête et buste humain (féminin ?) et au bas du corps feuillagé et bifide.

Stalle n° 7. Deux feuilles à 3 folioles indentés, posées sur une boule.

Stalle n°8. Centaure archer. Corps de lion, buste humain à visage juvénile.

Stalle n° 9. buste de personnage ailé, souriant ou ricanant, vêtu d'une tunique flottante, serrée autour du cou.

 Stalle n° 10. Deux feuilles de 3 folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n° 11. Vieillard ailé barbu et riant, vêtu d'une tunique ceinturée, agrippant en se cambrant son pied droit qu'il regarde, la main gauche étant placée vers le pubis : posture traditionnelle de l'acrobate lubrique.

Stalle n° 12. Hybride ailé, bélier aux cornes enrubannées.

Stalle 13.  Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle 14. Miséricorde absente.

Stalles basses sud.

Stalle n° 15 : hybride ailé, à visage et buste humain, et au bas du corps feuillagé et serpentiforme.

Stalle n°16. Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle n°17. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°18. Miséricorde au motif bûché.

Stalle n°19. miséricorde absente.

Stalle n°20. Grylle ailée à deux têtes.

Stalle n°21. Animal chimérique dragon/fouine/serpent.

Stalle n°22. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, patte antérieure droite levée.

 Stalle n°23. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

 Stalle n°24. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

Stalle n°26. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, langue tirée, patte antérieure droite levée, patte postérieure gauche tendue.

Stalle n°27. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

.

Stalles du coté nord.

.

Stalles hautes nord.

Stalle n°28. Un dragon ailé.

Stalle n°29. Enfant tenant un serpent : Hercule enfant ?

Stalle n°30. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°31. Dragon se mordant la patte.

Stalle n°32. Ange en buste, tête tournée vers la droite.

Stalle n°33. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°34. Masque-feuille anthropomorphe au visage riant, barbu et faunique.

Stalle n°35. Jeune femme agenouillée mains sur les hanches.

Stalle n°36. Angelot nu, tête baissée, main gauche entre les cuisses.

Stalle n°37. Hybride anthropomorphe ailé agenouillé, tête baissée, vêtu d'une longue tunique. Les bras sont réduits à des ébauches stylisés..

Stalle n°38. Masque-feuille anthropomorphe (homme bouche ouverte, à moustache en pointe).

Stalle n°39. Centaure, au buste d'homme casqué, tenant un bouclier (rondache) et une flèche (ou fronde).

Stalle n°40. Licorne à la crinière feuillagée, et dont la tête se tourne vers son flanc gauche.

Stalle n°41. Feuille à folioles découpées posées sur une boule.

.

Stalles basses nord.

Stalle n°42. Hybride ailé aux ailes-feuilles, sans bras, à la tunique longue serrée par une ceinture, agenouillé ou en train de voler.

Stalle n°43. Femme nue, accroupie de face, levant l'index droit et touchant sa cheville gauche. Elle porte une coiffe ; une banderole passe devant sa gorge.

Stalle n°44. Ange ou hybride ailé dénudé jusqu'à la taille, main droite sur la hanche, index gauche tendu vers le haut. Le bas du corps est caché par une étoffe. Il semble voler.

Stalle n°45. Hybride ailé, à buste féminin (visage tourné vers la gauche et bouche entrouverte) dépourvu de bras, et queue bifide.

Stalle n°46. Miséricorde absente.

Stalle n°47. Grylle à tête de dragon et tête ventrale anthropomorphe.

Stalle n°48. Masque-feuille anthropomorphe, bouche ouverte en O allongé.

Stalle n°49. Garçon nu, bouche entrouverte, tenant un cimeterre en main gauche, jambes fléchies en avant comme s'il sautait.

Stalle n°50. Feuille à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°51. Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle n°52. Miséricorde absente.

Stalle n°53. Dragon ailé à deux pattes, dont une posée sur la tête.

Stalle n°54 : miséricorde absente.

 

.

.

 

 

LES MISERICORDES DES STALLES HAUTES DU COTÉ SUD N° 1 À 14.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°1. Hybride ailé, barbu, au bas du corps feuillagé bifide.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-01/5683b994-4dc7-49ee-a9d8-c3cd591f6679

.

Appui-main.

On ne découvre que trois appui-main sur les cinquante-quatre stalles , situés sur les stalles en retour n°01 et 02, qui étaient probablement, selon F. Piat,  des stalles d’honneur. La troisième est brisée.  Ce sont des  feuilles enroulées en boule, très accueillantes à la main.

Je n'ai pas pris de photos de détail de ces appui-main : on les trouve dans la thèse de F. Piat, t.II.

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°2. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-02/70e5b625-45a5-4cac-a70e-4d413021ee19

 


 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°3. Hybride ailé à la tête de cochon coiffé d'un bonnet.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-03/50b3a75a-ce97-4278-ae66-352e8d8ae1ec

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°4. Hybride ailé, au visage casqué et barbu, vêtu d'une tunique ceinturée et tenant une bourse.

.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-04/4508196c-76c8-4e63-a648-c5047a72b19d

.

 

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°5. Hybride ailé, au visage barbu ricanant, vêtu d'une tunique ceinturée. Son index droit désigne le sol.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-05/e7aca789-e386-4c8a-81e3-afe6faea78ff

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°6. Hybride ailé, à tête et buste humain (féminin ?) et au bas du corps feuillagé et bifide.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-06/5f4460ca-6679-409c-b007-d3e210e9f188

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n° 7. Deux feuilles à 3 folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-07/6ba7ec47-3591-47fd-b905-7798e024e2c5

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°8. Centaure archer. Corps de lion, buste humain à visage juvénile.

.

Les stalles de l'ancienne collégiale de Champeaux.

.

.

Stalle n° 9. buste de personnage ailé, souriant ou ricanant, vêtu d'une tunique flottante, serrée autour du cou.

 

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

 Stalle n° 10. Deux feuilles de 3 folioles indentés, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-10/da1ba74f-e8f4-4b0c-9d70-f693d1aaf148

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.
.

Stalle n° 11. Vieillard ailé barbu et riant, vêtu d'une tunique ceinturée, agrippant en se cambrant son pied droit qu'il regarde, la main gauche étant placée vers le pubis : posture traditionnelle de l'acrobate lubrique.

Le thème de l'acrobate lubrique, se cambrant pour agripper sa cheville (cf. ici n°43) ou toucher son pied est fortement représenté sur les sablières et abouts de poinçon des charpentes bretonnes ou, en pierre,  sur les crossettes de la jonction mur-toiture des églises, et j'en ai donné de fréquents exemples dans ce blog. Souvent, les acrobates exécutent des renversements postérieurs au caractère exhibitionniste lorsqu'ils sont nus. Ce contexte iconographique incite à considérer ici la position de la main gauche comme autoérotique, et à interpréter de la même façon  l'expression du visage. La reprise de cette expression dans les stalles qui suivent, et les miséricordes franchement érotiques, confirment ce choix.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-11/2008161a-1f05-4c9a-9d2a-a1bc1aaee3ee

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n° 12. Hybride ailé, bélier aux cornes enrubannées.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-12/6374101a-62e1-4334-b1bd-5bfa37dd0c56

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle 13.  Masque-feuille anthropomorphe.

Ce motif du visage humain dont le contour s'étale en se transformant en une feuille indentée, est fréquemment retrouvé en sculpture bretonne Renaissance, notamment sur les sablières (Kerjean v.1570). On le trouve aussi dans les vitraux (Saint-Ouen, Rouen), et Jean Lafond  y voit "un motif cher aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon et à Arnoult de Nimègue", et repris en marque de fabrique dans les vitraux rouennais jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Voir ici Saint-Lô baie 8.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-13/5caef373-b995-4c8e-9c66-4b02b059f926

Florence Piat décrit cette miséricorde ainsi : " Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d' homme bien individualisé. Le nez est fin, il est joufflu et sa bouche est légèrement ouverte. Ses lèvres sont fines et le philtrum est bien marqué."

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°14 .

La stalle n°14 a perdu sa miséricorde.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

.

LES MISERICORDES DES STALLES BASSES DU COTÉ SUD N° 15 À 27.

.

Stalle n° 15 : hybride ailé, à visage et buste humain, et au bas du corps feuillagé et serpentiforme.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-15/a4912535-f10c-403c-ad8d-c1600bdf3c85

.

 

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°16. Masque-feuille anthropomorphe.

Voir n°13.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-16/81bc17c0-5488-43dd-8926-c0df36a067ce

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°17. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-17/c0eeb575-765b-44c6-8751-fc4569ffac47

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°18. Miséricorde au motif bûché.

.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

 

.

.

Stalle n°19. miséricorde absente.

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°20. Grylle ailée à deux têtes.

 

.

Une grylle (du grec gryllos, "caricature") peut se définir comme une créature grotesque ou monstrueuse représentée notamment, à l'époque médiévale sous forme de drôleries sur les enluminures et en bas-relief sur les sculptures de bois ou de pierre. Ces chimères ou hybrides se retrouvent encore à la Renaissance, et associent à des formes animales des têtes de localisation ectopique (ventre, pattes, queue) et évoquant parfois les faciès humains. Les sablières bretonnes en offrent de nombreux exemples (Pont-Croix, Confort-Meilars, Notre-Dame de Grâces, Loguivy-Plougras, etc..). L' appuie-main n°38 des stalles de Saint-Pol de Léon m'a  amené à citer le commentaire de Florence Piat éclairant ce motif.

Ici, l'allure générale est celle d'un dragon, battant des ailes, dressant de grandes oreilles, et tirant une longue langue, mais les pattes antérieures sont remplacées, au niveau de leur attache sur le poitrail, par une tête presque jumelle de la principale, notamment par la taille de la langue. Le caractère troublant lié à l'hybridation est aussi dû à l'aspect de ces têtes, presque canines ou humaines, à l'absence d'écailles, à la forme de la queue (celle d'un lion ou d'un chien), des sabots trifides ou des pattes à ergots.

Le but n'est certainement pas ici de provoquer l'effroi, et il n'est pas probable que les chanoines bretons aient crus aux monstres sur lesquels ils s'asseyaient.  Ce sont, comme sur les enluminures, des motifs joyeux, ludiques, propres à égayer les chantres et prêtres lors des pauses de leurs offices. Et c'est aussi une variation sur le thème principal du décor des stalles, celui des métamorphoses et du floutage des limites entres genres.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-20/61f7730b-93b0-4611-9d4c-b1c35c660aba

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°21. Animal chimérique dragon/fouine/serpent.

.

Le fait que Florence Piat hésite, dans sa description, entre une hermine et un renard témoigne de la réussite de l'effet recherché, celui de troubler nos repères d'identification. J'y vois un dragon, pour la tête et les pattes, une hermine ou autre mustélidé (loutre, fouine ou belette) pour la longueur du cou et de la queue et la finesse du corps (déformé pourtant par un bourrelet), mais aussi le serpent par les boucles et la pointe de la queue. Mais ces trois sortes d'animaux sont, dans notre imaginaires, quelque peu maléfiques, non?

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-21/e3cbabaf-9d15-474d-b60a-cc5ce29deb67

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°22. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, patte antérieure droite levée.

.

La couronne discrètement gravée au dessus de la tête est le seul indice pour y voir une allusion au lion héraldique des seigneurs d'Espinay, mais ce lion n'est pas rampant (dressé debout) comme dans leurs armoiries. D'autre part, tout le matériel héraldique des commanditaires occupe largement les panneaux an bas-relief des dossiers et cloisons, alors que les miséricordes en sont préservées. Il s'agit seulement pour moi de la figure emblématique du Lion, roi des animaux.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-22/e646feca-abf5-4661-98b8-00449576c405

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°23. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-23/d5506064-bedd-4a3b-9dce-6271a2cc8dca

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

 Stalle n°24. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

.

C'est le même motif que la stalle n°23. Les différences sont si minimes qu'on croit avoir photographié deux fois la même miséricorde. Mais non !

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-24/05fb71b8-37a3-4aed-8ab0-a25c696e4ca7

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n° 25. Miséricorde absente.

.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°26. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, langue tirée, patte antérieure droite levée, patte postérieure gauche tendue.

.

Ce lion est assez proche de celui de la stalle n°22, mais la couronne, qui y était gravée, est ici sculptée en relief, tandis que la langue est gravée.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-26/45e9f7b5-7a68-4f6e-89a9-3affff823f2c

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°27. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-27/b0c4f82f-9f77-47fd-96f3-82d145737222

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalles du coté nord.

.

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalles hautes n°28 à 41.

.

 

Stalle n°28. Un dragon ailé.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-28/36eaca48-4012-4e4a-95f7-6e5ccafd7224

 "Monstre quadrupède de type dragon, ailé, vu de profil, tourné vers la droite. Il retourne sa tête et regarde derrière lui. Il lève la patte antérieure gauche. Sa queue est épaisse, ronde et striée. Il possède un bec, des oreilles de taille moyenne et pointues. L´échine de son cou est parcourue d´une crête et son corps est recouvert de reliefs de forme circulaire taillés en creux." (F. Piat)

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

.

Stalle n°29. Enfant tenant un serpent : Hercule enfant ?

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-29/edcbb770-16a6-4d6c-baeb-232a24eb1db4

"un enfant nu tient un serpent par la queue de la main droite. Le serpent, qui tire la langue passe sur l´épaule droite du jeune garçon." (F. Piat).

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°30 Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-30/8172fc56-7e39-4754-bfba-04a5d01b0031

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°31. Dragon se mordant la patte.

Je l'identifie à un dragon en raison des marques de pustules sur le corps.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-31/ec2b7f56-799a-4ba8-82cb-a62bbffc79d2

"Monstre hybride ailé, à tête de lion vu de profil, tourné vers la droite. Ses pattes postérieures sont celles d´un équidé. Son cou est long et il se mord le haut de la patte antérieure droite. Des tâches sont figurées sur son pelage." (F. Piat)

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

 

 

Stalle n°32. Ange en buste, tête tournée vers la droite.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-32/245d4502-7f1b-49ab-87cf-5b8d60a97990

"Ange vu en buste, de face. Il tourne la tête vers la gauche et porte une tunique à encolure ronde et à manches à crevées. Le visage est jeune et les traits à peine esquissés." (F. Piat)

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°33. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-33/39859c57-5e2e-4b88-a1e2-1d21cf0c0892

 

 

.

 

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°34. Masque-feuille au visage riant, barbu et faunique.

 

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-34/56075510-0134-4473-a398-5251d2e710ac

"Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche entrouverte et exagérément en pointe." (F. Piat)

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°35. Jeune femme agenouillée mains sur les hanches.

.

Cette femme jeune, ou cet enfant, est vêtu d'une tunique bouffante à la taille, et dont les manches très amples partent vers l'arrière comme des voiles, comme emportée par le vent, en laissant les bras nus. Elle est agenouillée et renversée en arrière, les mains sur les hanches, et regarde vers le bas et la gauche avec un rire ironique.

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°36. Angelot nu, tête baissée, main gauche entre les cuisses.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-36/019b30c6-c166-4f11-9472-0661dc21e54a

 

"Angelot assis. L´enfant ailé a les cheveux ondulés. Son visage est vu de profil, tourné vers la droite du spectateur. Il regarde          d'ailleurs celui-ci, la tête enfoncée dans les épaules. Sa jambe droite est repliée vers lui et il pose sa main droite dessus. Ses jambes sont écartées et il semble glisser sa main gauche, que l´on n´aperçoit plus vers l´intérieur de ses cuisses. Ses ailes sont déployées derrière lui." (F. Piat)

" Plusieurs scènes ont un caractère érotique assez net comme un petit angelot, assis, et qui plonge sa main entre ses cuisses, regardant le spectateur d´un air équivoque." (J.-J. Rioult)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°37. Hybride anthropomorphe ailé agenouillé, tête baissée, vêtu d'une longue tunique. Les bras sont réduits à des ébauches stylisés.

.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-37/e7eeb0a9-8f01-4d00-a575-3d402f514f4c

" Personnage féminin ailé, vêtu d´une tunique longue ceinturée à la taille. Son corps est tourné vers la droite mais elle regarde, la tête baissée, vers la gauche. Ses bras sont absents, remplacés par des sortes de feuillages faisant intégralement partie de sa tunique. Sa bouche est entrouverte et ses genoux pliés. Les ondulations de son vêtement sur l´arrière de la sculpture suggèrent que le personnage est en train de voler. Ses cheveux sont relevés et attachés." (F. Piat)

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°38. Masque-feuille anthropomorphe (homme riant bouche ouverte, à la moustache en pointe).

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-38/f86e83af-aff5-4916-8922-1243910f4a9f

"Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche ouverte et les lèvres ourlées. De plus, il porte une moustache." (F. Piat)

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°39. Centaure, au buste d'homme casqué, tenant un bouclier (rondache) et une flèche (ou fronde).

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-39/0f7e714f-c8da-48dd-8748-1d84228d1977

 "Centaure. Ce personnage possède le haut du corps d´un homme mais le bas du corps d´un cheval. Il porte un casque à la mode italienne, un bouclier orné d´une fleur dans la main gauche et une sorte de flèche dans la main droite qu´il s´apprête à lancer. Les cheveux sont courts, le visage carré, le nez aquilin et la bouche entrouverte."(F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

 

.

.

Stalle n°40. Licorne à la crinière feuillagée, et dont la tête se tourne vers son flanc gauche.

.

Rien n'indique que cette licorne n'ait une valeur allégorique (comme ailleurs où elle renvoie à une figure de la virginité). Sa crinière en feuille indentée, sa queue épaisse comme un panache, la ligne de décoration en mèches de son corps ou ses sabots stylisés en font plutôt une figure imaginaire ou fantastique.

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-40/4ab09a8d-d3ba-4cb6-8d9b-c7362f58095f

"Licorne vue de profil, tournée vers la gauche. Sa tête, baissée, revient sur son flanc et elle lève sa patte avant droite." (F. Piat)

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°41. Feuille à folioles découpées posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-41/3d771808-3f62-48d4-87ce-02b24e06ea50

.

 

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalles basses du coté nord n° 42 à 54.

.

Stalle n°42. Hybride ailé aux ailes-feuilles, sans bras, à la tunique longue serrée par une ceinture, agenouillé ou en train de voler.

.

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-42/fde6577d-4320-4714-9a61-af56f498b21e

"Jeune garçon vêtu d´une tunique courte, ceinturée à la taille, regardant vers la droite. Ses bras sont absents, remplacés par des feuillages ou des plumes qui se trouvent dans le prolongement de sa tunique. Ses cheveux ondulés sont courts, sa bouche entrouverte. Il semble soit agenouillé, soit voler comme le suggère sa ceinture dont les extrémités ondulent derrière lui, incisées dans le bois." (F. Piat).

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°43. Femme nue, accroupie de face, levant l'index droit et touchant sa cheville gauche. Elle porte une coiffe ; une banderole passe devant sa gorge.

.

C'est l'une des deux scènes érotiques du corpus, mais d'interprétation difficile. Comme les auteurs l'ont souligné, les parties génitales sont clairement visibles. La bouche est ouverte et grimaçante et les dents sont visibles. La tête est légèrement inclinée et complètement tournée vers la droite.

Cette posture, ce visage grimaçant, cette bouche entrouverte rappellent franchement ceux des personnages des miséricordes n° 5,  9, 11, 35, 36, et 37, mais aussi à un moindre degré ceux des n° 1, 3, 4, 15, 23, 24, 32, 42, voire de la licorne n°40. Une fois identifié, nous le retrouvons aussi aux n° 44 et 45.

Si nous interprétons ce fléchissement, cette rotation de la tête et ce rictus comme liés au plaisir érotique, nous devons considérer que ce thème concerne 18 miséricordes sur 48, et la quasi totalité des figures humaines.  La grande majorité de ces sujets (anthropomorphes ou animaux) sont ailés, ou, à défaut, semblent voler. 

Les ailes font-elles allusion aux anges, et à leur déchéance, ou au contraire le plaisir donne-t-il des ailes aux personnages emportés par les transports érotiques ?

La dénonciation morale de ces extases est absente ou, pour le moins, ambiguë. Seule la dénaturation en animal (cochon du n°3) ou par hybridation animale ou végétale du bas du corps peut en être un indice. Certains hybrides évoquent des sirènes, et c'est alors la figure de Mélusine, à la double nature de femme vertueuse et de créature féérique érotique, qui doit être évoquée.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-43/042db81f-d451-4479-bd02-20adae95a33f

 "Femme accroupie, vue de face et nue. Elle tourne la tête vers la gauche et pointe l'index dans cette direction. Sa bouche est entrouverte. Une écharpe ondule autour de son cou. Elle porte une sorte de casque. Sa main gauche vient retenir sa jambe gauche. Ses parties génitales sont visibles de même que ses seins et son ventre est arrondi."

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°44. Ange ou hybride ailé dénudé jusqu'à la taille, main droite sur la hanche, index gauche tendu vers le haut. Le bas du corps est caché par une étoffe. Il semble voler.

.

La tête, tournée vers la gauche, est couronnée d'un anneau tressé ; la bouche est entrouverte . Le bras gauche passe devant la poitrine afin que l'index dressé désigne une direction à droite, en arrière et en haut. Les jambes, dissimulées par d'amples plis d'étoffe, seraient allongées vers la gauche comme si ce personnage volait.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-44/6dabad41-c4f4-4178-9fbf-76e67712c90b

"Un ange est vu en buste, de trois-quart. Il tourne la tête derrière lui, vers la droite. Sa main droite vient s´appuyer contre sa taille tandis que de la main gauche, il désigne, l´index levé, quelque chose. Le bas de son corps est caché par un tissu animé par de nombreux plis ; ses ailes sont visibles et déployées ; ses cheveux sont torsadés autour de son visage qui est d´ailleurs bien individualisé. Son nez est protubérant, son visage allongé et sa bouche entrouverte." (F. Piat)

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°45. Hybride ailé, à buste féminin (visage tourné vers la gauche et bouche entrouverte) dépourvu de bras, et queue bifide.

Ce serait une sirène si la queue était celle d'un poisson, mais elle est ici végétalisée ou stylisée en volutes.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-45/4af527ba-fc0c-42f3-a9cf-af88ae7b969b

"Sirène féminine (?). Le haut du corps est celui d´une femme (?), mais les bras ont été remplacés par des ailes. Elle est tournée vers la gauche, mais son visage regarde vers la droite. Ses cheveux sont courts et sa bouche entrouverte. Le bas du corps n´est pas celui d´un poisson mais constitué de feuillages." (F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

Stalle n°46. Miséricorde absente.

.

 

.

 

.

Stalle n°47. Grylle à tête de dragon et tête ventrale anthropomorphe.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-47/1473c846-149f-4f1f-a899-be93175fef2d

 "Monstre hybride de type grylle à deux pattes et bicéphale. Ses pieds sont pourvus de trois doigts crochus et il avance. La première tête située au bout de son long cou est celle d´une chauve-souris à grandes oreilles pointues. Sa gueule est ouverte. La seconde tête se trouve sur le ventre de l´animal et il s´agit cette fois-ci d´une tête humaine." (F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

 

Stalle n°48. Masque-feuille anthropomorphe, bouche ouverte en O allongé.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-48/796e73b9-895a-4db7-bb30-2af78e1c83b8

"Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche est grande ouverte et ses yeux baissés." (F. Piat)

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

 

.

Stalle n°49. Garçon nu, bouche entrouverte, tenant un cimeterre en main gauche, jambes fléchies en avant comme s'il sautait.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-49/c943d27f-3f3b-4c55-8703-1de08c3935da

"Personnage masculin (?) assis, la jambe droite repliée vers le buste. Le haut du corps est vu de face mais le visage de profil. Les cheveux sont courts et ondulés et il a la bouche entrouverte. Son bras gauche est levé et sa main fermée sur un cimeterre gravé dans le bois de la miséricorde. Son bras droit est rejeté en arrière et il semble se saisir de quelque chose." (F. Piat)

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

 

.

Stalle n°50. Feuille à  folioles indentées, posées sur une boule.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-50/774201d1-c3cf-48d4-9526-5f93397c837b

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

 

.

Stalle n°51. Masque-feuille anthropomorphe.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-51/aed26549-cfb4-4872-8c65-45237f52d1b2

 "Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche entrouverte et légèrement de biais." (F. Piat)

.

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

.

 

 

Stalle n°52. Miséricorde absente.

.

.

 

.

Stalle n°53. Dragon ailé à deux pattes, dont une posée sur la tête.

.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-53/6e962d3d-c499-455a-9f5f-5d3f501ec0c2

"Dragon à deux pattes ressemblant à celles d'un oiseau et pourvu de 2 ailes. Il est vu de côté. Son long cou est retourné vers le bas de son corps et sa patte droite vient s'appuyer sur sa tête. Celle-ci est de type oursine ou simiesque (petites oreilles, museau arrondi), mais sa gueule ouverte ne laisse pas voir de dents. Son corps est recouvert d'écailles ou de plumes figurées par des sillons en forme de fer à cheval scindés en deux par une intaille." (F. Piat)

 

 

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

 

.

Stalle n°54. Miséricorde absente.

.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

.

.

 

 

DÉCOMPTE ET ANALYSE DES MISÉRICORDES.

.

 

1. Les  feuilles. N =9.

Au nombre de 9 (n°2, 7, 10, 17, 27, 30, 33 , 41 et 50), ces feuilles verticales sont stéréotypées, étant toutes une composition de folioles indentées posées sur une boule. Elle peuvent correspondre à un motif de ponctuation.

2. Les masques-feuilles anthropomorphes. N = 6.

Ces motifs se retrouvent aux stalles n° 13, 16, 34, 38, 48 et 51. À la différence des feuilles, ces masques feuilles aux visages d'hommes qui épousent la forme bombée et conique de la miséricorde sont tous construits sur le même modèle mais les visages varient en expression. Ces visages jamais grotesques sont ouverts, d'allure joviale et semblent décliner un personnage identique aux pommettes saillantes. 

Ils offrent ici  de très beaux exemples de ce motif.

3. Les lions couronnés. N = 3.

Ils occupent les miséricordes n°22 et 26, sur les stalles basses sud.  Ils peuvent renvoyer au lion des armoiries de la famille d'Espinay, ou seulement participer au décor.

4. Les animaux fabuleux traditionnels. N =10.

a) la licorne : stalle n°40

b) Le Centaure. N =2.  Stalle n° 8 (Centaure archer) et n°39 (Centaure armé)

c) Les dragons. N = 3. Ils sont ailés (n°28 et 53) ou non (N°31)

d) Les grylles à deux têtes. N = 2. n° 20 et 47.

e) l'animal chimérique dragon/fouine/serpent de la miséricorde n°21.

f. Le bélier ailé de la miséricorde n°12.

 

5. A part. L'enfant étouffant un serpent. N=1.

Miséricorde n° Faut-il le classer comme sujet mythologique d'Hercule enfant ?

6. Les personnages humains ou anthropomorphes, souvent hybrides (animalisés ou végétalisés), souvent ailés. N = 19.

Miséricordes n° 1, 3 , 4, 5, 6, 9, 11, 15, 23, 24, 32, 35, 36, 37, 42, 43, 44, 45  et 49.

Ils sont ailés pour 14 d'entre eux, mais on ne peut les considérer facilement comme des anges; Ils portent pourtant (comme des anges) pour la plupart des tuniques longues, bouffante au dessus d' une ceinture.  Un seul a le visage remplacé par une tête de cochon, coiffé d'un bonnet (de prêtre ?). Ce sont des vieillards ou des hommes jeunes, des femmes ou des garçons. Dans deux cas incontestables, les sujets sont érotiques, soit pour une femme (n°43) exhibant son sexe, soit pour un garçon (n°36) se caressant. D'autres sont nus (n°49, sans compter l'Hercule n°29) ou à la poitrine dénudée. Leur visage tournée ou inclinée est déformée par une grimace bouche ouverte, dents parfois visibles, proche du rictus, pouvant être interprétée comme liée au plaisir érotique. Enfin, deux tiennent leur pied, ce qui (notamment pour l'acrobate lubrique n°11) est associé dans l'iconographie romane ou médiévale où le motif est stéréotypé, à un écart de conduite.

L'intégrité corporelle des représentations humaines est rarement préservée, et au contraire, le processus d'hybridation transforme les êtres en oiseaux (par les ailes), en cochon, ou bien les bras sont remplacés par des sortes de feuilles, ou le bas du corps se transforme en queue de poisson, elle-même végétalisée.

7. Les thèmes absents. La religion, la musique, ou les scènes comiques.

Nous ne trouvons ni représentation religieuse ou liturgique (ce qui est vrai aussi pour les panneaux sculptés, mais aussi pour les tombeaux et la porte exécutés sous le mécénat des d'Espinay). Il n'y a pas non plus de caricature de chanoines. Cela témoigne-t-il du contexte religieux (la Réforme et le Concile de Trente 1542-1563 ?). Je pense plutôt que l'obsession des seigneurs d'Espinay est de reproduire dans "leur" collégiale la thématique italianisante inspirée de l'antiquité grecque et romaine.

Nous ne trouvons pas de musiciens ou d'allusion à la musique, alors que ces stalles accueillent des chanteurs et des instrumentistes.

Enfin, il n'existe pas de scènes issus des fabliaux, des proverbes, de la vie quotidienne ou d'activités professionnelles.

 

.

EN CONCLUSION. MÉTAMORPHOSE, HYBRIDATION ET CONFUSION DES GENRES.

.

Alors que ces miséricordes pourraient sembler encore fidèles aux œuvres des huchiers médiévaux, et qu'elles ne reprennent pas les motifs des panneaux des jouées avec leurs rinceaux, candélabres et  dauphins, il est néanmoins possible de constater qu'elles sont toutes l'expression d'un thème majeur, très présent sur les jouées, ou sur les panneaux sculptés : celui de la métamorphose.

On connaît le goût du XVIe siècle pour les Métamorphoses d'Ovide. La lecture des Métamorphoses a perduré pendant tout le Moyen-Âge mais sous forme d'un Ovide moralisé dressant des parallèles avec le christianisme. L'humanisme de la Renaissance et les éditions imprimés du texte entraine un retour au texte premier.

C'est aussi le goût pour les Métamorphoses de Lucien (l'Âne d'Or) qui a fait représenter la Légende de Psyché sur les vitraux (Ecouen) et les tentures.

Alors que le Moyen-Âge valorisait la pureté et l'intégrité et condamnait moralement les couleurs mélangées, les rayures, les tachetés, et l'atteinte à l'intégrité du corps (anneaux des oreilles) les transformations mythologiques (d'Actéon en cerf, de Diane en laurier) valorisent les tenues bariolées, ou mi-parti (sous l'influence des lansquenets), et d'une manière générale la transgression des limites.

Ces limites qui séparaient l'humanité, centre de l'univers, des animaux et des végétaux cèdent sous l'effet des progrès de la science, comme par exemple, lorsque Léonard de Vinci et les autres artistes s'intéressent à la dissection, introduite dans les études médicales à partir de 1470. (la Fabrica de Vésale ne paraît qu'en 1543).

La découverte à Rome de la Domus Aurea de Néron à la fin du XVe siècle incite Domenico Ghirlandaio, Raphaël et Michel-Ange à s'inspirer des fresques aux motifs qualifiés de grotesques : enroulement de feuillages, mascarons, animaux fantastiques et figures extravagantes, où le monde fictionnel se libère de toute allégeance au réel et au vraisemblable et à la perspective, au profit d'un jeu graphique onirique. Comme l'écrit André Chastel, les formes mi-végétales et mi-animales (dont le glissement de l'une à l'autre est constamment illustré à Champeaux) entraîne un sentiment de libération "à l'égard de l'ordre du monde, qui gouverne la distinction des êtres".

C'est bien ce qui est en jeu sur ces miséricordes de Champeaux, où les formes animales et humaines sont végétalisées, soit sous forme de masque-feuilles, soit par glissement d'un buste et ventre humain en une queue imitant celle des poissons avec des volutes et découpures végétales, soit par confusion humain/animal par les grylles dont les têtes humaines surgissent du ventre d'une bête, soit par toutes ces altérations grotesques des formes par des feuilles (moignon des bras, oreilles de dragons, crinière de la licorne, etc.).

La confusion terre/air/mer est présente aussi lorsque les êtres d'apparence humaine sont dotés d'ailes (parfois feuillagées), ou lorsqu'ils volent, ou lorsque les feuillages s'apparentent à des plumes.

C'est cette analyse que j'ai déjà présentée dans l'étude des sablières sculpté en Finistère par le Maître de Plomodiern en Porzay (Plomodiern et Saint-Nic) et au Cap Sizun (à Confort-Meilars, Pont-Croix, Saint-Tugen), et dans l'analyse des panneaux issus du jubé d'Esquibien (29)

.

Voir :

 

.

.

.

.

LIENS ET SOURCES.

.

 

 

 

— BARRIÉ (Roger), DUCOURET (Jean-Pierre), RIOULT (Jean-Jacques), PIAT (Florence), 2006, « Ensemble de stalles dans la collégiale Sainte-Marie-Madeleine (contre les murs nord et sud du choeur) » Dossier IM35022581 de l'Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-sainte-marie-madeleine-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/d9c79125-9bf0-4cfa-9667-340fdff8e099

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22Piat+Florence%22&render=liste&type=&ou=Champeaux

Bibliographie citée :

BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments Rennes : Larcher, 1927 (1ère éd.), Mayenne : éditions régionales de l'Ouest, 1994 (rééd.).

FRAIN. Epinay en Champeaux, sa splendeur au XVIe siècle, son état de ruine au XVIIIe siècle, la restauration de nos jours. Vitré : Imprimerie Gilles, 1908.

LEPAROUX, Sylvain. Les stalles en Ille-et-Vilaine, XVIe-XVIIe siècles. Mémoire de maîtrise : Hist. De l'Art. Rennes : université Rennes 2 Haute-Bretagne, 1997.

 

—BLOCK, Elaine C. Corpus of medieval misericords in France, XIII-XVI century. Turnhout : Brepols, 2003.

 

COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

 

— LELOUP (Daniel), 2019, Rennes au temps d'Yves Mahyeuc : une ville entre gothique et Renaissance. in Augustin Pic, " Yves Mahyeuc, 1462-1541: Rennes en Renaissance"  Presses Universitaires de Rennes.

https://books.google.fr/books?id=I5izDwAAQBAJ&dq=COUZY+(H),+1968,+Coll%C3%A9giale+La+Madeleine+de+Champeaux,+Congr%C3%A8s+arch%C3%A9ologique+de+France,+126e+session,+Haute-Bretagne,+p.60-73&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En France, la période correspondant à la fin de l'Etat breton (Acte d'union de la France et de la Bretagne en 1532) correspond en histoire de l'art à celle de la Renaissance italianisante puis antiquisante, période où sont édifiés les châteaux de la Loire comme celui de Chenonceaux (v.1513-1516), d'Azay-le-Rideau (v. 1518-1527) et de Chambord (v. 1513-1516).

"Mais avant même la construction de ces œuvres majeures, l'influence de l'Italie du Quattrocento se fait sentir en Bretagne, notamment sur plusieurs monuments funéraires : tombeau de François II et de Marguerite de Foix par Michel Colombe dans la cathédrale de Nantes (1499-1507), tombeau de l'évêque Thomas James dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne (1507). L'apparition du vocabulaire et des formes italianisantes touche simultanément de nombreuses constructions, qu'elles soient civile (façade principale du château de Goulaine et loggias du château des ducs de Bretagne à Nantes vers 1500) ou religieuses (portail du croisillon nord puis cloître de la cathédrale Saint-Pierre de Vannes en 1515-1520).

Dès ses prémices en Bretagne, la Renaissance est l'art d'une élite aristocratique composée de certains hauts dignitaires civils (Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine à Champeaux, mais également de religieux proche du pouvoir (Claude de Rohan, évêque de Quimper)."

 

 

— LEVY (Tania), Projet de recherche. Le beau XVIe siècle en Bretagne - B16B, MCF en histoire de l’art moderne, UBO

https://www.univ-brest.fr/digitalAssets/82/82654_Projet-recherche-beau16e.pdf

 

— MUSSAT (  André), 1995, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Éditions Ouest-France, 380 p.

MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

En Haute-Bretagne, ce sont naturellement les châteaux de la grande noblesse qui donnèrent le ton. Ils imitèrent les modèles de la Touraine directement inspirés par l'occupation de l'Italie du Nord. Citons la délicieuse et blanche loggia du château de Vitré et dans la même région, les stalles de la collégiale de Champeaux, commande des Espinay, parents des châtelains d'Ussé en Touraine. Aux Laval encore est dû, vers 1530, au flanc d'un antique donjon l'élégant château de Châteaubriant et sa longue galerie où se marient adroitement la brique, le tuffeau et le schiste.

Aux seigneurs se joignent les ecclésiastiques retour d'Italie. Les neveux d'un prélat humaniste commandent, dès 1507, aux Justi ou Juste, florentins devenus tourangeaux, le grandiose et élégant tombeau de la cathédrale de Dol. Tout ces novateurs suivaient le chemin illustré par la duchesse-reine lorsqu'elle avait confié à Jean Perréal et à Michel Colombe le tombeau de ses parents aujourd'hui à la cathédrale de Nantes, exécuté en marbre d'Italie.

MUSSAT (André), 1975, "Le château de Vitré et l'architecture des châteaux bretons du XIVe au XVIe siècle", Bulletin Monumental  Année 1975  133-2  pp. 131-164

"C'est pourtant à la petite cour de Gui XVI que des nobles voisins, les Espinay, s'habituèrent au style nouveau, celui de leurs œuvres de Champeaux, qui, avec les châteaux des Nétumières en Erbrée, rappelle l'existence d'un foyer, mais qui fut sans large rayonnement. L'histoire de la Renaissance en Bretagne s'en trouve modifiée. Jusqu'à la fin de sa longue histoire architecturale, le château de Vitré resta donc une œuvre des marches, avec ce que cela veut dire de limites et d'ambiguïté. Il faut attendre les années 1560-1570 pour que des châteaux bretons s'inspirent du nouveau style : ce sera avec un parfum provincial plus marqué."

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1975_num_133_2_5456

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente.

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

 

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

 

— VILLENEUVE (P. DE LA BIGNE)1862, Les anciennes stalles de la cathédrale de Rennes et le privilège du sire d'Epinay, Bulletin et mémoires de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 2, pages 261-275.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110712p/f262.image

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

 

— WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

WIKIPEDIA

Listes des miséricordes en France

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_mis%C3%A9ricordes_de_France

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Stalles Renaissance Sculpture
26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 11:27

.

La tribune (bois polychrome, XVIe siècle) ou ancien jubé  de l'église d'Esquibien.

.

 

Voir sur Esquibien :

 

 

.

 


Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

 

 

.

PRÉSENTATION.

.

1. Introduction : la Renaissance en Bretagne.

.

L'art ornemental de la Renaissance, d'origine italienne, est apparu très précocement en Bretagne, dès 1507, à Dol-de-Bretagne pour le Cénotaphe de l'évêque Thomas James sculpté par Jean Juste.

On y trouve déjà, en bas-relief, les dauphins, les putti, les mascarons, les lions et les dragons à corps végétalisés, les vases, les grotesques et les faunes, les bucranes, les rinceaux extravagants et les rubans ou linges suspendus, les coquilles, les figures accouplées par le cou ou la queue par un anneau, les cornucopia, les cartouches rectangulaires inspirés des ruines romaines, et, bien-sûr, les médaillons. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/08/le-cenotaphe-de-thomas-james-dans-l-ancienne-cathedrale-de-dol-par-jean-juste-et-1507.html

Tout semble organiser pour dissoudre les frontières entre terrestre et aérien, entre l'humain et l'animal, entre espèces animales, qui sont hybridées, et entre animal et végétal, puisqu'on ne n'y trouve aucune figure qui ne mêle pas ces différents règnes. D'où naît une confusion illusionniste  enivrante, entretenue ou accentuée par les volutes de tous genres (tiges, queues, étoffes) qui tournoient autour des figures. La référence à l'antique, et le rôle de modèle des décors découverts à la fin du XVe siècle dans la Domus Aurea, y sont évidents. Or, la date de 1507 est fort précoce pour l'expression de cet art grotesque en France (et même en Italie, les Loggias du Vatican sont plus tardives, entre 1516 et 1519).

L'art de la Renaissance s'exprima un peu plus tard sous l'influence de François Ier à Fontainebleau, par les peintures, panneaux de bas-relief en bois et encadrements en stuc déterminant l'art ornemental bellifontain vers 1530.

La Première Renaissance bretonne débute réellement vers 1560. La chapelle Sainte-Yves de Kerfons  en Ploubezre en relève (1553-1559), tout comme le tombeau de Guy III d'Espinay, conçu par l'angevin Jean de l'Espine en 1552-1553. Le château de Kerjean en Saint-Vougay (1550-1580) en donne une magistrale expression, tant pour l'architecture que pour la sculpture sur bois des sablières (v.1580)

L'influence des ornemanistes bellifontains est précisément évidente dans les sablières de Kerjean, attribuées au Maître de Pleyben actif, à Pleyben, Plomodiern Saint-Divy, entre 1560 et 1580, et cette influence se reconnaît notamment par les "cuirs découpés à enroulement" des cartouches.

Un autre sculpteur de sablières, que j'ai nommé Maître de Plomodiern (S. Duhem le nomme Brellivet), a multiplié les éléments Renaissance particulièrement par les figures hybrides et dragons végétalisés, à Plomodiern, et à Saint-Nic, mais aussi — ce qui nous concerne d'avantage ici — dans le Cap Sizun à Pont-Croix à la chapelle Saint-Tugen de Primelin ou à la Chapelle Saint-Trémeur de Beuzec-Cap-Sizun. Il est actif entre 1544 et 1564 environ.

Les sablières de l'église d'Esquibien n'échappent pas à cette influence de l'art de la Renaissance, par l'importance donnée aux formes hybrides et végétalisées (mais sans coquille, sans cuirs à enroulement, sans bucrane, etc.).

.

Les jubés.

 

.

Dans une église, le jubé est une tribune formant clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef, car suivant la conception médiévale, l'autel, lieu du mystère sacré, ne doit pas être visible. : le chœur était réservé au clergé, et les fidèles, installés dans la nef, écoutait la lecture et les prédications, chants liturgiques.

 Il se compose de 3 parties :
- La clôture appelée chancel,, elle est à claire-voie et dotée d'une ou deux portes.
- Au-dessus la tribune (le véritable jubé), parfois en encorbellement, à laquelle on accédait pour prêcher ou chanter, par un ou deux escaliers.
- Et l'ensemble étant dominé par un groupe de crucifixion ou « tref » — du latin trabs (« poutre ») — .

Nous pouvons ajouter une quatrième partie, les autels latéraux destinés parfois à déposer des offrandes en nature (St-Herbot) ou à la célébration des messes à l'intention des fidèles, le maître-autel leur étant interdit.

La tribune est souvent ornée, coté nef, de douze panneaux figurant dans un but didactique les apôtres.

Au XVIe siècle, le concile de Trente (achevé en 1563) provoqua une évolution de la liturgie catholique en réponse au succès des églises protestantes. Le chœur devant désormais être visible pour les fidèles, les jubés étaient condamnés. Tandis que les chaires à prêcher les remplaçaient, ils seront déplacés ou détruits aux siècles suivants, quelquefois tardivement au XIXe siècle. Curieusement, les jubés bretons ont été construits pendant ou après le Concile de Trente.

La Bretagne conserve encore 12 jubés complets (liste en annexe) et quelques chancels. Les panneaux des tribunes furent remontés ici ou là comme tribune d'orgue (Goulven) ou tribune de fond d'église, comme à Esquibien.

.

L'ancien jubé d'Esquibien.

 .

L'église Saint-Onneau d'Esquibien date de la seconde moitié du XVIe siècle (date inscrite la plus ancienne : 1581) : la tribune de son jubé a été réalisé dans cette période, et l'influence de la Renaissance est patente dans le choix des décors.

Nous ignorons quand elle a été démontée ; mais 26 panneaux sont aujourd'hui conservés, soit sans doute l'ensemble presque complet de 12 panneaux de chaque face et des retours d'angle. Huit ont trouvé un ré-emploi autour de l'autel de la chapelle Sainte-Brigitte, 12  composent la tribune de fond de nef de l'église Saint-Onneau, et 6 sont conservés ailleurs.

Chaque panneau, centré par un médaillon, montre au dessus et au dessous de celui-ci un décor typiquement Renaissance, ce qui est rare en Bretagne , mais qui se retrouve à Goulven, en Finistère-nord.

C'est la composition des panneaux de bois de la Galerie de François Ier à Fontainebleau (mais sans cartouche, sans cuirs à enroulement et avec une finesse d'exécution moindre).

 

.

Rinceaux à bucrane et dauphins autour d'un médaillon, Panneau sculpté, Galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photo lavieb-aile.

.

Plus proche, par son décor, aux dauphins affrontés, nous avons ce panneau conservé au Musée de la Renaissance d'Écouen.

Rinceau en lyre formé de deux dauphins affrontés dans un candélabre – Musée national de la Renaissance château d’Ecouen ©Evelyne Thomas

.

Ces décors de Fontainebleau  sont diffusés par des recueils comme Allégories de diverses sciences d'Etienne DELAUNE (Orléans 1518 et Paris 1583), ou les recueils de René BOYVIN ou les Petites Grotesques et  Grandes Grotesques  (1562), les Grandes cartouches de Fontainebleau de Jacques ANDROUET du CERCEAU (1510->1584).

.

Panneaux d'ornements, XVIe siècle, , Nicoletto da Modena (15??-15?? ), Graveur Daddi, Bernardo (1512?-1570 ; dit Maître au dé), Graveur, Agostino Veneziano (1490?-1540? ), graveur

.

.

Mais l'élément singulier, propre à Esquibien, est la présence parmi ces grotesques de deux caraques témoignant de l'activité florissante de la paroisse dans le commerce maritime de sa pêche.

.

Ces deux pôles d'intérêt (histoire de l'art et ethnographie maritime) justifient que je m'attarde sur chaque panneau, et sur chaque partie de ceux-ci, afin de partager en ligne avec les happy few  ces documents.

.

 

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Premier panneau.

Arabesques affrontées à tête de dauphins, autour d'une vasque.

Médaillon : homme barbu.

Trois-mâts à gréement carré.

 

.

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Le médaillon.

La peinture n'est pas d'origine. Les médaillons comportaient des éléments sculptés en haut relief, qui ont été rabotés ("bûchés") pour une raison que nous ignorons, et la surface a alors été peinte d'un motif choisi par le peintre. C'est ici un homme barbu, dans lequel nous pouvons voir un armateur, si nous le souhaitons.

.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

 

La caraque à gréement carré.

.

Ce navire est au mouillage, comme l'indique l'ancre bien visible. Les forts châteaux avant et arrière sont de même taille. Cette  surélévation des gaillards d'avant et d'arrière se justifie à une époque où l'abordage constitue encore l'élément majeur du combat naval, l'artillerie étant trop faible pour prétendre à la meilleure part. Selon cette vision du combat, il est indispensable d'être très haut sur l'eau afin de dominer son adversaire et de s'en emparer à l'abordage. 

Les mâts, non apiqués, portent chacun une seule voile carrée, ferlée sur leur vergue. Le mât central (grand-mât) dispose d'un nid-de-pie par lequel on grimpe par l'échelle établie sur le hauban.

Deux piques sortent, en diagonale, du nid-de-pie (un terme peu exact et datant du XIXe, nous pourrions dire "hune", ou "gabion") et ces deux piques se terminent en cœur. Seraient-ce des signaux ? Des piques semblables s'observent dans les enluminures du XVe siècle, mais ce sont soit des hampe des pavillons, soit des lances.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b72000271/f449.item.zoom

Ce gréement diffère donc de celui des caravelles, dont le mât arrière porte une voile triangulaire, "latine". Comme on ne connaît pas avec précision le gréement des carvelles d'Audierne, si ce n'est par les sculptures des églises, nous pouvons désigner ce navire comme étant une "carvelle" ou, en raison de son importance,  une "caraque".

Un trois-mâts comparable est sculpté sur la façade ouest de l'église de Confort.

Les pavillons ou flammes portent les couleurs du drapeau français, et cet anachronisme témoigne d'une restauration des peintures. À l'époque, les navires de Penmarc'h et Audierne portaient le nom du navire et/ou celui de l'armateur, ou des couleurs emblématiques.

La carène présente des sabords (le navire est alors équipé d'autant de canon) ou de faux-sabords (faisant croire à la présence de canons. 

Les châteaux sont percés de hublots.

Tous ces détails peints et non sculptés peuvent être dus aux initiatives du restaurateur et doivent être interprétés avec prudence.

La banderole à bords enroulés en cornet, qui est placé au dessus, portait peut-être le nom du navire.

.

Ce navire, ainsi que celui du panneau n°7, sont certainement les seuls à figurer sur un jubé ; ils témoignent (comme les poissons sculptés sous le porche ce cette église Saint-Onneau), de l'importance de la pêche et du commerce maritime pour Penmarc'h et Audierne, jusqu'à la première moitié du VIe siècle. Cette importance était basée sur la pêche du merlu, sur les sécheries, sur son transport vers les Flandres et l'Espagne : 

"Au XVe siècle, les pêcheurs du Cap ramènent dans leurs barques du merlu, du congre, de la julienne, qu'ils pêchent près des côtes de Pâques à la Saint-Michel (voire jusqu'à la Toussaint).
Notons l'existence du fief du Quemenet, appartenant aux Rohan, faisant un arc-de-cercle de Penhars jusqu'à Plouhinec, et apportant ainsi une certaine richesse grâce à la pêche.
Le poisson est ensuite traité par des sècheries et des saleries, et vendu jusqu'à Bordeaux et La Rochelle ; en retour, les bateaux ramènent des barriques de vin. En 1453, la bataille de Castillon met fin à la guerre de Cent Ans, ce qui permet au commerce maritime de se développer. Le bateau type d'Audierne est alors la carvelle, d'au plus 60 tonneaux. Mais on peut trouver ailleurs des caraques et autres navires plus gros.
Les navires bretons montent jusqu'aux Flandres (avant-ports d'Anvers et de Bruges) et en Ecosse (Leith), vont aussi en Irlande, descendent à Cadix et Séville (sans rentrer en Méditerranée). La façade atlantique devient le monde du commerce maritime breton, qui fait l'essentiel du trafic. Le commerce du pastel (teinture bleue) se fait surtout par la flotte de Penmarc'h, qui est majoritaire à Bordeaux ; mais à la fin du XVIe siècle, Audierne finit par s'y imposer. Pourtant, au XVIIe siècle, les Flandres et l'Angleterre construisent leurs propres flottes de commerce, et c'est le début du déclin pour les ports bretons." 
Serge Duigou - La vie maritime au Cap-Sizun du XVe au XVIIIe siècle.

.

 

Voir aussi sur les carvelles ou les embarcations de pêche, ou les poissons sculptées sur pierre en Cap Sizun et Cap Caval : 

 

Voir les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières :

 Voir aussi :

.

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Deuxième panneau.

.

Masque feuillagé dans un losange, entre deux oiseaux (cygnes ?) tirant la langue.

Médaillon : homme coiffé d'un bonnet à oreillettes.

Masque feuillagé dans un losange, entre deux bustes d'hommes de profil, coiffés d'un casque.

.

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Troisième panneau.

.

Arabesques affrontées à tête de dauphins, autour de deux têtes d'hommes de profil.

Médaillon : homme (marin ?) vêtu d'une blouse et coiffé d'un bonnet.

Arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins.

.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Quatrième panneau.

.

Homme nu mais casqué tenant la gueule de lions (ou dauphins) à corps d'arabesques feuillagées .

Médaillon : marin ayant un foulard noué autour du cou.

Arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins casqués.

.

.

 

 

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Cinquième panneau.

.

Tête d'enfant, ailée, crachant des arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins.

Médaillon : homme barbu de profil.

Arabesque de feuillages affrontés.

 

 

 

.

.

 

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Sixième panneau.

.

Dans une architecture simplifiée, une coquille de Vénus domine un médaillon contenant une tête d'homme barbu de face.

Médaillon : homme à chapeau à très large bords, à fraise et à vêtement rayé, évoquant un Arlequin.

Arabesques de feuillages  affrontés autour d'une vasque, et s'achevant par deux mascarons de profil.

.

 

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Septième panneau.

.

Arabesques de feuillages  affrontées autour d'un quadrilobe en masque d'homme feuillagé, et s'achevant par deux mascarons de profil.

Médaillon : homme vêtu de noir et coiffé d'un chaperon noir.

Caraque.

.

 

 

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

La caraque.

.

Elle diffère de la première par ses mâts plus apiqués, par le château arrière à double galerie et donc plus haut que le gaillard d'avant, par  les postes de vigie sur les trois mâts, par le fort éperon de proue, et par le mâtereau partant du pied du grand-mât. Le haubanage est complété par les cordages reliant la pointe des mâts.

.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Huitième panneau.

.

Arabesques de feuillages  affrontées autour d'une vasque ou fontaine, et s'achevant par deux mascarons de profil.

Médaillon : homme vêtu de noir, portant une lavallière et coiffé d'un chaperon noir.

 

Tête joufflue crachant les arabesques de feuillages affrontés, et s'achevant par deux têtes de dauphins, casquées. Le feuillage porte deux poires.

.

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Neuvième panneau.

.

Dans une architecture simplifiée, un homme nu mais casqué marche, une main levée vers le ciel.

Médaillon : homme vêtu de noir, portant une lavalière.

Arabesques de feuillages  affrontées autour d'une vasque ou fontaine.

 

.

 

 

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Dixième panneau.

.

Arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins, s'achevant par deux têtes d'hommes jeunes, de profil.

Médaillon : tête de mort (on n'oubliera pas, pour l'interpréter, qu'elle a été peinte secondairement et a priori tardivement).

Arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins, s'achevant par deux têtes d'hommes jeunes, de face.

.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Onzième et douzième panneaux.

.

Onzième panneau : Tête d'homme barbu, de face, crachant des feuillages affrontés produisant des fruits en forme de poire.

Médaillon : buste de femme vêtue et coiffée de noir, à cheveux bouclés.

Arabesques de feuillages affrontées.

Douzième panneau, réduit de moitié : arabesques feuillagées autour de visages d'enfants, ailés.

 

 

.

 

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

ANNEXE I.

.

— MARTIN (Pierre) 2011, Conférence à  Esquibien: Les activités maritimes sur le littoral du Cap-Sizun à l’époque moderne. De l’opulence au déclin. Le Télégramme du 19 juin 2011.

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/ouest-cornouaille/capsizun/esquibien/conference-quand-le-cap-commercait-avec-l-europe-19-06-2011-1341656.php .

"Vendredi soir, la conférence de Pierre Martin, au théâtre Georges-Madec d'Esquibien, a apporté un éclairage intéressant sur l'histoire du Cap-Sizun dans la période dite «moderne», du XVIe au XVIIIe siècle. La soirée était proposée par l'association SESE, dans le cadre des 900 ans du bourg.

Pierre Martin, maître de conférence en histoire moderne et membre du CERHIO (centre de recherches historiques du grand Ouest), s'est intéressé à titre personnel au sujet de cet exposé, la vie sur le littoral, et aux pêches en particulier. Les informations qu'il a livrées au public étaient donc de «première main», découlant directement de ses recherches dans les archives. Recherches qui l'ont amené à revoir un peu certaines assertions.

L'Âge d'or dont on parle dans le Cap-Sizun a été de brève durée: il concerne seulement le premier tiers du XVIe siècle. C'était l'époque des caraques, gros vaisseaux que l'on retrouve sculptés sur les églises. Ils étaient construits en chêne, et très solides, car, en l'absence d'infrastructures portuaires, l'accostage se faisait par échouage. Ces bateaux se livraient au commerce par cabotage à un niveau européen, on retrouve dans les archives mention de leur présence en Flandres et en Espagne. À l'export, Audierne était spécialisé dans le poisson séché, surtout du merlu. Les deux autres poissons pêchés à l'époque étaient le congre et le lieu. Pierre Martin a trouvé des listes d'équipages par commune; c'est celle d'Esquibien qui fournissait le plus de marins. Le littoral était affermé par les seigneurs; il fallait payer des droits pour pouvoir pêcher. Des investisseurs de provinces extérieures venaient en Bretagne pour y faire fortune dans les activités liées à la mer. Les grandes découvertes, donnant aux ports les plus importants (Saint-Malo, Nantes) de nouveaux débouchés, contribuèrent au déclin des ports finistériens, Audierne et Penmarc'h.

— MARTIN (Pierre), 2004, Les Fermiers du rivage : droits maritimes, seigneurs, fermiers et fraudeurs en Bretagne sous l'Ancien Régime, thèse de doctorat soutenue à Lorient sous la direction de Gérard Le Bouëdec, professeur d'Histoire moderne à l'UBS et spécialiste de l'histoire maritime en France.

Héritages et symboles d’une féodalité encore bien présente sur les littoraux, les droits maritimes, possédés par quelques seigneurs, perdurent jusqu’à la Révolution française. Taxant une économie traditionnelle, les propriétaires de ces droits ne parviennent pas à s’emparer d’une partie du produit de la nouvelle économie issue de la mondialisation des échanges. Le grand commerce et la pêche au large échappent aux seigneurs et à leurs fermiers. Ne pouvant s’occuper de la mise en valeur de leurs droits, les seigneurs délèguent cette charge à des fermiers. Ces derniers sont attirés par les bénéfices financiers et honorifiques qu’ils peuvent tirer de cette fonction. La ferme est alors pour certains un facteur de la dynamique et de la promotion sociale. Considérée comme un tremplin par certains, la ferme génère de la pluriactivité de subsistance pour d’autres. Des marchands de gros aux élites locales, le monde de la ferme est pluriel. Toutefois, les brasseurs d’affaires et les gros négociants s’en écartent peu à peu, laissant aux petites bourgeoisies locales tout le loisir de se partager des droits qui ont perdu une grande partie de leur valeur.

« En Bretagne comme en France, les seigneurs et le roi règnent sans partage sur les littoraux. Possédant une partie de l’estran, ils jouissent de droits de pêcheries exclusifs, possèdent des passages et taxent les marchandises qui sont déchargées dans les ports. Ne pouvant gérer seuls l’ensemble de leurs biens, ils les confient à des hommes de confiance contre espèces sonnantes et trébuchantes, permettant ainsi à des élites locales de s’enrichir et de conquérir quelque honorabilité. Ces fermiers, souvent violentés et maltraités, n’hésitent pas à utiliser les grands moyens pour défendre leurs intérêts et leur personne.

2Pourquoi les droits et les fermiers maritimes sont-ils les vecteurs de ces tensions qui rythment la vie sur les quais, dans les estuaires ou sur l’estran ? Quelles sont les caractéristiques, les lieux, les moments et les formes de cette violence ordinaire ?

3Les fermiers de ces droits considèrent ces fermes comme un placement qu’il leur faut rentabiliser. Or, ces droits seigneuriaux sont contestés et jalousés par quelque seigneur envieux, ou mal vécus par des pêcheurs obligés de s’enregistrer sur des registres. Entravant parfois la bonne marche du commerce et limitant les profits des marchands, les fermiers sont souvent à l’origine d’un vent violent de contestations et sont les victimes de heurts individuels ou collectifs. Détestés car incarnant une autorité seigneuriale de proximité, ils ne se gênent pas pour en demander toujours plus et font parfois preuve d’un zèle qui ressemble davantage à de l’acharnement. »

— MARTIN (Pierre), 2004, PUR ed.

« En 1527, Jehan Lhonoré, fermier des pêcheries et sécheries de Cornouaille, se plaint « des maistres de basteaulx, compaignons et paiges pescheurs des parouesses de Cleden, Plogoff, Primellen, Esquibien, Goulhen et Beuzec au terrouer du Capsizun » qui refusent de payer ce devoir. D’ailleurs les receveurs s’alarment car la révolte gronde. La même année, une mutinerie secoue la région du cap Sizun. » Pierre Martin https://books.openedition.org/pur/19544?lang=fr

.

.

.

 

ANNEXE II : LES JUBÉS BRETONS.

 

Il  subsiste douze jubés entiers en Bretagne  :

— chapelle St-Fiacre du Faouët (56) : c'est le plus ancien des jubés de bois bretons , puisqu'il a été réalisé vers 1480.

http://www.lavieb-aile.com/2016/01/le-jube-de-la-chapelle-saint-fiacre-du-faouet-i-le-cote-de-la-nef-ouest-b-la-tribune.html

 chapelle de Kerfons en Ploubezre (22), vers 1485-1490. http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-de-la-chapelle-de-kerfons/5c64208e-8ddc-4391-b955-0ff20004cab9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320142200136nuca/5551c894-a2e0-4c28-beb7-fd3ea2846841

— église St-Yves de La Roche Maurice (29), daté de 1570-1580.

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article234

 chapelle St-Nicolas de Priziac (56)   

http://www.lavieb-aile.com/article-chapelle-st-nicolas-en-priziac-104337834.html

— chapelle de Lambader à Plouvorn (29)

 chapelle St-Fiacre de Melrand (56)

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/f3d4975b-c112-4d60-b888-612dff2f546b

 église du Folgoët (29), un jubé en pierre. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-place-de-l-eglise-le-folgoet/5f4c4b00-49a8-4644-a69b-f36f08115031

  chapelle St-Herbot en Plonevez du Faou (29)

 chapelle ND de la Croix à Plélauff (22)  

http://www.plelauff.fr/decouvrir/la-chapelle-le-jube

— chapelle de Locmaria en Belle-Isle-en-Terre (22) http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-pendreo-locmaria-belle-isle-en-terre/728ce742-202f-4535-a9b4-e30a8442598c

— chapelle Ste-Avoye de Pluneret (56), daté de 1555.

—chapelle St-Pabu de Saint-Guen (22)

https://actu.fr/bretagne/mur-de-bretagne_22158/a-saint-guen-pres-mur-bretagne-tresor-patrimonial-va-etre-restaure_16545697.html

.

.

Les jubés en ré-emploi :

— église de La Martyre (29) : chancel de pierre, XVe siècle.

— église de Goulven (29) :

L'église de Goulven IV : la tribune d'orgue, ancien jubé du XVIe siècle. Décor Renaissance (dauphins, griffons, arabesques, masques)

—église ND de Rochefort-en-Terre (56) : jubé transformé en tribune au XIXe siècle.

— église de Loc-Envel (22) : ré-emploi en tribune

— Cathédrale Saint-Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon (29)

— Lamballe (22) restes de jubé : tribune d'orgue

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/buffet-d-orgue-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/c3763869-0343-4347-a923-b59b5686e23a

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/e970ddf1-22e2-4788-93a6-cafe584b86d5

— Les Iffs : 12 panneaux restant du jubé :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/8a842632-bcbc-4f03-b37b-5f500aa5dd9f

.

.

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

— ABGRALL (Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1909, Notice sur Esquibien, BDHA, Quimper.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1099887/f85.image.r=Esquibien

CHAPALAIN (Andrée), 205, "La tribune de l'église Saint-Onneau", Reuz en Esquibien, bulletin n°13 de l'Association Culture et Patrimoine pages 10-13.

 

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Esquibien, Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a92259a04835f9c68053071304829681.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

 

 

 

— COUFFON (René), 1959, Note sur la chapelle Notre-Dame de Kerfaoues en Ploubezre et la chronologie de quelques jubés , Bulletin Monumental  Année 1959  117-1  pp. 51-54.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1959_num_117_1_3854

 

DONNAY (Charlotte), Le jubé, essai sur les usages et les fonctions d'un dispositif monumental. Koregos

http://www.koregos.org/fr/charlotte-donnay-le-jube/

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, L'église paroissiale d'Esquibien (Esquibien fusionnée en 2016 avec Audierne). Notice de l'Inventaire Général IA00006375

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

Fiche Mérimée : PA00089924

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-saint-onneau-pa00089924.html pop.culture.gouv :

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculpture Renaissance.

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

Recherche