Les 24 vieillards de l'Apocalypse du Portail royal (Maître de Chartres, 1145-1150) de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments. Les 24 vieillards de la rosace sud 122 .
Construit entre 1145 et 1150 et à peu près contemporain du portail de Saint-Denis, le portail royal a été réalisé dans cette période très brève, charnière de l’art roman et art gothique. Il se développe autour de trois larges baies entièrement décorées centrées sur l'Incarnation à droite, l'Ascension à gauche, et au centre le Retour glorieux du Christ. Les grandes statues des ébrasements, appelées les statues colonnes, semblent épouser la forme de l’architecture. Le portail central est attribué au Maître de Chartres, contemporain de la construction de la basilique de Saint-Denis.
Le tympan de ce portail central est tout entier déterminé par le Livre de l'Apocalypse puisque au centre y est sculpté le Christ en majesté, tenant le livre de vie et trônant dans une mandorle, entouré des quatre vivants et des 24 vieillards. C'est exactement la vision de Jean dans l'Apocalypse 4:1-11 :
"Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu'un était assis. Celui qui était assis avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine; et le trône était environné d'un arc-en-ciel semblable à de l'émeraude. Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d'or.Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres. Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu. Il y a encore devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal.
Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout Puisant, qui était, qui est, et qui vient!
Quand les êtres vivants rendent gloire et honneur et actions de grâces à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles, les vingt-quatre vieillards se prosternent devant celui qui est assis sur le trône et ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant: Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées.
Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux."
Pour compléter mes articles sur la représentation des vieillards de la rose nord de la cathédrale de Laon , je présente les photographies des deux voussures externes du tympan du porche central du Portail royal de la cathédrale de Chartres.
Sur ces deux voussures, une troupe céleste glorifie le Christ : des anges —tenant pour 5 d'entre eux des astrolabes— et vingt-quatre vieillards, couronnés et nimbés tenant dans leurs mains flacons de parfum et instruments de musique, acclament sa royauté et y participent au travers des odeurs et des sons. Deux anges apportent une couronne au-dessus de la tête du Christ.
Les instruments tenus par les vieillards ont été remarquablement étudiés par André Bonjour président de l'Instrumentarium de Chartres, ce qui décuple le plaisir et l'intérêt de les passer en revue.
—2 instruments non déterminés et 4 instruments disparus .
Je partirai du bas à droite à l'extérieur et à chaque étage je décrirai le roi de la voussure plus interne II (n° impairs) et de la voussure III la plus externe (n° pairs).
Je réclame la plus grande indulgence pour cet article abordant en parfait amateur un sujet sur lequel se sont penchés tant de musiciens et luthiers chevronnés. Mon but est de réorienter les lecteurs vers leurs publications.
Le porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Tympan du porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Tympan du porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Deux rois debout 1 et 2.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Ce vieillard barbu, couronné et nimbé tient dans la main droite un vase et dans la main gauche une vièle en huit ou gigue, mais comme tous les autres rois tenant des vièles, il n'a pas d'archet. On voit trois cordes , un chevillier polycyclique, l'absence de touches, et un chevalet placé entre les deux parties du huit. La caisse supérieure dispose d'ouies à quatre trous en quadrilobe, la caisse inférieure d'ouies en C contournées se faisant face. L'instrument se joue da gamba, avec la vièle posée entre les genoux.
Voir l'étude de Christian Rault en 2001 à propos des gigues du Porche de Gloire de Saint-Jean de Compostelle, achevé en 1188.
Voir la première représentation d'une gigue en 1109 dans la bible de St. Etienne Harding, Bibliothèque publique de Dijon, Ms. 14, vol. III, f° 13v. (musicien en dessous du roi David)
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
2. Roi tenant une harpe.
Le roi a une barbe aux mèches longues s'écartant en rayons. Son vase de parfum est identique à celui du voisin. La harpe aux belles courbes comporte 16 cordes.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Deux rois assis 3 et 4.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
3. Roi tenant une vièle piriforme
Ce roi, comme les suivants, tient , en guise de vase, un récipient (?) évasé se terminant par un cylindre. Il le tient par l'intermédiaire d'un linge, ce qui indique son caractère sacré , comme les vases liturgiques.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
La femme-oiseau et l'homme-oiseau.
Sous les pieds de ce roi n°24, comme sous ceux du roi n°2 se trouvent des sirènes (femmes-oiseaux). Au n° 2, la femme-oiseau, portant collier et bandeau, place sa main dans la gueule d'un lion. Du côté gauche, sous le roi n°2, c'est plutôt un homme-oiseau, barbu et coiffé d'une capuche, qui embrasse une reine. Le savant commentaire d'Édouard Jeauneau n'est pas très convainquant.
"Que font-elles là? Simples ornements engendrés par la fantaisie de l'artiste? Ou bien messagères d'un enseignement accessible aux seuls lettrés? Dans sa République (X, 617ac), Platon dit que, sur chacune des sphères célestes, une sirène est assise, faisant entendre sa note propre. De l'ensemble, comme des huit notes de la gamme, résulte l'harmonie cosmique. Or, dans un rêve, dont fait état Cicéron en sa propre République, Scipion le jeune se trouve transporté dans l'autre monde: là un son "fort et doux" emplit ses oreilles. Macrobe, qui commente Cicéron, dit que ce son est la musique des sphères. Et Guillaume de Conches, qui commente Macrobe, dit que l' Apôtre Jean eut le même privilège lorsqu'il entendit le chant des Vieillards-Citharèdes. On peut donc se poser la question suivante: "En plaçant des sirènes couronnées sous les pieds des Vieillards de l' Apocalypse, le génial artiste qui conçut le Portail Royal de Chartres aurait-il pensé au Songe de Scipion?" (Édouard JEAUNEAU).
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Détail. Un ange tenant un livre.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
LES 24 VIEILLARDS DE L'APOCALYPSE DANS LA CATHÉDRALE
la Rose du transept sud ou rose de l'Apocalypse, baie 122.
Datant de 1221-1225 et offerte par Pierre de Dreux, elle reprend le thème du Portail central. Autour de la rose centrale, où trône le Christ glorieux, douze médaillons gravitent, avec les anges et les Quatre Vivants. Les vingt-quatre Anciens de l'Apocalypse dessinent autour d'eux deux autres cercles d'adoration. Ils tiennent là aussi de la main droite la fiole de parfum symbolisant les prières des saints, de la gauche leurs instruments de musique. Douze quadrilobes sont vitrées aux armes du donateur, échiquetées d’or et d'azur à la bordure de gueules et au franc quartier d’hermine.
Il comporte selon l'Instrumentarium 13 vièles piriformes, 2 vièles en huit, 6 harpes, et 3 psaltérions. J'en donne quelques images.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.
Discussion.
Si on admet que le décor choisi pour ce porche central l'a été pour affirmer ce qui tenait le plus à cœur aux décideurs, et si on admet aussi que ces décideurs devaient être les membres du Chapitre cathédrale (72 chanoines),
si on admet en outre que dans ce chapitre, dirigé par le Doyen et le Grand chantre, c'est le Chancelier (celui qui appose le sceau et qui dirigeait en tant qu'écolâtre l'école de Chartres), qui devait jouer un rôle important dans ce choix d'affirmation des convictions théologiques et donc philosophiques, car c'est celui qui déterminait les orientations intellectuelles du chapitre,
si on tient compte des dates de construction du Portail royal en 1145-1150,
si on constate que le chancelier était en 1141 le breton Thierry de Chartres, qui décéda vers 1150 et en tout cas avant 1155,
...nous sommes amenés à nous interesser à ce personnage, qui avait enseigné à Paris où Jean de Salisbury l'a eu pour maître à Paris. Il est décrit comme l'un des esprits les plus actifs et les plus avancés du XIIe siècle, de plain-pied avec le savoir nouveau qui affluait à son époque.
"Auteur d'un manuel des sept arts libéraux, l'Heptateuchon, Thierry est un des premiers à avoir connu des œuvres logiques d'Aristote jusque-là oubliées (Premiers Analytiques, Topiques, Réfutations sophistiques). Son ambition est d'unir le trivium (arts du langage : grammaire, dialectique, rhétorique) et le quadrivium (arts mathématiques : arithmétique, géométrie, musique, astronomie) pour en faire résulter une culture philosophique neuve.
Platonicien comme bien d'autres de ses contemporains, il l'est d'une façon qui lui est propre, faisant penser au Platon pythagorisant dont certains passages du Timée lui proposaient l'exemple. Appliquant la mathématique à la théologie, il exprime au moyen de l'arithmétique la fécondité divine : Dieu est unité, et les rapports de l'unité à elle-même donnent une image des rapports trinitaires ; en outre, la production des nombres à partir de l'unité représente la création, puisque tout être est en tant qu'il est un (Boèce), c'est-à-dire en tant qu'il participe de cette « forme d'être » qu'est l'unité : « La création des nombres est la création des choses ».
Son souci d'expliquer les phénomènes par des processus naturels, son intérêt pour les sciences des choses prennent place dans un large courant d'idées dont l'un des premiers représentants fut Adélhard de Bath, qui fut un des introducteurs en Occident de la science arabe, et dont les Questions naturelles datent du début du xiie siècle. (Jean Jolivet Encyclopedia universalis)
Il serait le frère du breton Bernard de Chartres (mort après 1126), qui est également l'un des grands noms de l'école de Chartres, fondée par l'évêque de Chartres Fulbert au XIe siècle. Il tenta lui aussi de concilier le platonisme du Timée et du Banquet avec les écrits d'Aristote. Une étude récente de Guillotel a montré qu'il fut également évêque de Quimper sous le nom de Bernard de Moelan. Il y aurait rédigé les Vitae de Saint Corentin et Saint Ronan. (lire sur ce sujet André Bourgès 2008 "Les trois Bernard")
Leurs éléves furent Jean de Salisbury, Bernard Sylvestre, et Alain de Lille. Ils participèrent avec Guillaume de Conche (mort vers 1150) au rayonnement de l'école de Chartres.
On relève aussi un autre chancelier de Chartres, Gilbert de la Porée, qui devient évêque de Poitiers en 1146.
Si on recherche le rapport entre cette nouvelle philosophie de la nature, où Dieu n'agit que par ses lois, s'étant retiré du monde qu'il a créé, et où l'homme doit se livrer à la recherche des secrets de la nature, à la recherche de son destin, en déchiffrant l'univers, et le choix de la référence à Apocalypse livre 4, à ses quatre Vivants et à ses 24 rois jouant des instruments à cordes, il est vraisemblable que l'une des clefs est l'importance donnée au nombre, et aux arts du Quadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie et musique.
Le fait que le porche de gauche soit illustré par la mesure du Temps (signe du Zodiaque et activités des Mois) et le porche de droite par les Arts Libéraux et la référence aux sages de l’antiquité, dont le XIIe siècle étudiait les œuvres (Cicéron, Pythagore, Aristote, Ptolémée, Euclide, Donat, Boèce), me semble souligner l'importance donnée à la Physique, et à la Mesure. Ou au dogme de la philosophie pythagoricienne : tout ce qui existe est un nombre ; l'essence et le principe des choses est le nombre. Le principe de la musique, et de la gamme, également.
Je consacre donc un article au tympan du porche de droite, et à sa représentation des Arts Libéraux, dont la Musique.
— KENAAN (Nurith), BARTAL (Ruth), 1981, Quelques aspects de l'iconographie des vingt-quatre Vieillards dans la sculpture française du XIIe s. Cahiers de Civilisation Médiévale Année 1981 24-95-96 pp. 233-239
—LE VRAUX (Denis) PONT (Olivier), s.d, "Les vièles en huit de la cathédrale d'Angers" Le porche occidental de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers, seconde moitié du XIIe siècle, montre le Christ en majesté entouré des 24 vieillards sculptés sur les voussoirs. Ils jouent tous de la vièle en huit. Apemutam.
Nées sous l'influence des écrits de saint Augustin (De doctrina christiana) défendant les sept arts libéraux (Grammaire, Rhétorique et Dialectique ; Arithmétique, Géométrie, Astronomie et Musique) afin de mieux défendre le christianisme, les écoles cathédrales assurent initialement la formation supérieure des candidats du diocèse à l'état clérical mais ont, peu à peu, elles ont accepté des étudiants laïcs afin de former des administrateurs civils, pour des études supérieures après les études de base assurées dans les paroisses et les couvents. Systématisées par Charlemagne, elles se créent à Lyon, Chartres, Orléans, Reims, Paris, Laon, Rouen ou Langres. Au XIe siècle, elles passent à la charge des chanoines de la cathédrale et dépendent du chapitre dirigé par son doyen. Dépendant du chapitre des chanoines elles prennent également le titre d'«école capitulaire». Les étudiants mènent une vie commune, chantent les psaumes et textes liturgiques sous la conduite du chantre, et suivent des études religieuses, mais aussi l'étude des Arts libéraux, le Trivium, et le Quadrivium. Ces écoles capitulaires ont été à la base de la renaissance culturelle et philosophique du XIIe siècle et ont précédé la fondation des universités au XIIIe siècle.
L'École de Chartres.
L'École épiscopale de Chartres connaît sa renommée à partir du XIe siècle grâce à son fondateur Fulbert de Chartres (écolâtre renommé et évêque de Chartres en 1006 puis atteint son apogée au XIIe siècle, sous l’impulsion de plusieurs philosophes et théologiens, auteurs d’études philosophiques savantes basées sur de Platon, dont beaucoup sont chanceliers du chapitre, ou écolâtres, et dirigent l'enseignement. Ces enseignants sont principalement Yves de Chartres (spécialiste du droit canonique et évêque de Chartres en 1090, le breton Bernard de Chartres ou de Moélan (chancelier v. 1120 et évêque de Quimper mort en 1167), Gilbert de La Porrée (chancelier en 1126), Thierry de Chartres (frère possible de Bernard, chancelier et archidiacre en 1121), son élève Clarembaud d'Arras et son autre élève le grammairien Guillaume de Conches (auteur de Gloses sur Martianus Capella, Boéce, Priscien et Platon), Jean de Salisbury (qui avait étudié à Chartres) et Bernard Silvestre (commentateur des Noces de Martianus Capella et auteur de la Cosmographia, variation poétique sur les thèmes pythagoriciens grâce à l’herméneutisme égyptien). Tous étudient les textes de Platon, et les thèses pythagoriciennes de son Timée Augustin, Macrobe, Chalcidius, Boèce et Martianus Capella.
L'École de Chartres et les Arts libéraux : Thierry de Chartres.
Ce Portail Royal est daté vers 1145, et son programme iconographique est certainement l'expression des choix et de la pensée du chapitre épiscopal, et de son École. Or, le chancelier (à qui les sceaux sont confiés, le numéro 3 du chapitre après le Doyen et le Chantre) est alors Thierry de Chartres. On doit rechercher les bases du décor de ce portail dans sa pensée. Avec les trois porches, celui de gauche (Ascension) exposant la mesure du Temps (zodiaque et activités des Mois) celui du centre (Christ glorieux) présentant une scène du Livre de l'Apocalypse avec 24 vieillards musiciens, et celui de droite (Vierge à l'Enfant) montrant les sept Arts libéraux et les sept auteurs de l'antiquité grecque et romaine qui fondent ces Arts.
Or, Thierry de Chartres est connu pour être l'auteur de l'Heptateuchon, et il écrit dans son pologue qu'il voit dans l'étude (compréhension intellectus et analyse interpretatio) des septs arts libéraux "le seul et simple instrument de toute philosophie".
Thierry est chancelier de la cathédrale de Chartres en 1141 ; avant cette date, Jean de Salisbury l'a eu pour maître à Paris. Il est un des esprits les plus actifs et les plus avancés du XIIe siècle, de plain-pied avec le savoir nouveau qui affluait à son époque. Hermann le Dalmate lui dédie en 1143 sa traduction du Planisphère de Ptolémée. Auteur d'un manuel des sept arts libéraux, l'Heptateuchon, son ambition est d'unir le trivium (arts du langage : grammaire, dialectique, rhétorique) et le quadrivium (arts mathématiques : arithmétique, géométrie, musique, astronomie) pour en faire résulter une culture philosophique neuve. Platonicien comme bien d'autres de ses contemporains, il l'est d'une façon qui lui est propre, faisant penser au Platon pythagorisant dont certains passages du Timée lui proposaient l'exemple. Appliquant la mathématique à la théologie, il exprime au moyen de l'arithmétique la fécondité divine : Dieu est unité, et les rapports de l'unité à elle-même donnent une image des rapports trinitaires ; en outre, la production des nombres à partir de l'unité représente la création, puisque tout être est en tant qu'il est un (Boèce), c'est-à-dire en tant qu'il participe de cette « forme d'être » qu'est l'unité : « La création des nombres est la création des choses ». Mais il dit tout aussi bien que « les noms donnent leur essence aux choses » montrant qu'il liait le platonisme et la grammaire. (Jean Jolivet)
L'Heptateuchon de Thierry de Chartres.
Pour montrer que le portail est l'illustration de l'ouvrage de Thierry de Chartres, associant à chacun des sept arts les auteurs de l'antiquité compilé dans l'Heptatheucon, je produit ici trois copiés-collés :
"Somme encyclopédique de l'enseignement des arts libéraux, l'Heptateuchon est composé par le maître chartrain, si l'on en croit Alexandre Clerval , entre les années 1130 et 1140, et l'on y trouve principalement un florilège de textes de référence pour l'enseignement de chacune des sept disciplines du trivium et du quadrivium réunis : Donat, Priscien, Cicéron, Severianus le rhéteur, Martianus Capella, Porphyre, Aristote, Boèce, Adélard de Bath, Isidore de Séville, Frontin, Columelle, Gerbert d'Aurillac, Gerland le computiste, Hygin le grammairien et Ptolémée. Cet ouvrage, qui ne fait à l'heure actuelle l'objet d'aucune édition critique (à l'exception de son prologue et d'un autre extrait), nous est parvenu sous la forme d'un unique manuscrit en deux volumes , le premier de 349 folios à deux colonnes, le second de 246 folios à deux colonnes également, tous de relativement bonne exécution. Ces manuscrits ont malheureusement été presque intégralement perdus lors de l'incendie de la bibliothèque de Chartres du 26 mai 1944, consécutif à un accidentel bombardement américain. Nous devons toutefois beaucoup à la prévoyance du Pontifical Institute of Mediaeval Studies de Toronto ainsi qu'à l'abbaye du Mont César à Louvain pour avoir effectué des microfilms de ces manuscrits par lesquels le texte est sauf. En ajoutant à cela les récents travaux de Dominique Poirel, Claudia Rabel et Joanna Fronska qui ont permis de mettre au jour quelques fragments sauvés des flammes, nous sommes en mesure de reconstituer ce texte et d'en offrir une édition critique. L'objectif de ce projet est ainsi double : éditer l'Heptateuchon d'une part, rendant alors accessible un témoin important de l'enseignement à l'école de Chartres, le commenter d'autre part afin de comprendre ce qu'il nous dit de la nature de la formation du philosophe à la renaissance du XIIe siècle. Il s'agit donc d'un travail philologique d'une part et spéculatif de l'autre." Louis JANSEN, 2025, projet thèse Generosae nationis philosophorum propago ; L'Heptateuchon de Thierry de Chartres comme témoin de la formation du philosophe au XIIe siècle
https://theses.fr/s428278
Les manuscrits de l'Heptateuchon :
"Mais nous possédons aussi, en plus d’un microfilm d’avant-guerre, les fragments de l’Heptateuchon de Thierry de Chartres (mss 497- 498), l’ouvrage emblématique de l’école de Chartres du xiie siècle. Dans cette bibliotheca inédite des sept arts libéraux, Thierry avait regroupé les textes — notamment d'auteurs antiques et arabes — fondant un programme d’enseignement encyclopédique. Une de ses sources dut être le ms. 214, un recueil aujourd’hui détruit de traités astronomiques et mathématiques, dont nous avons découvert un dessin, celui d’un astronome utilisant un nocturlabe ." Dominique Poirel, Claudia Rabel La lettre de l’inshs, mars 2014 La Renaissance virtuelle des manuscrits sinistrés de Chartres en 1944 https://shs.hal.science/halshs-00139736v1
Voir le fac similé du Ms 498 : https://archive.org/details/heptateuchon00unse/page/n1/mode/2up
Wikipedia ? :
"L' Heptateucon (du grec επτα-τεῦχος, «sept recueils») est une grande encyclopédie d' œuvres anciennes relatives aux sept arts libéraux , distinguées sur la base de leurs différents domaines de connaissance , mais toutes convergeant vers une compréhension globale de la connaissance, capable avant tout de rendre accessible le sens philosophique des Saintes Écritures . Dans le Prologue, Thierry ne le présente pas comme son propre ouvrage, mais comme une transcription de textes anciens, rassemblés selon les deux instruments fondamentaux de la philosophie, l’ intellectus et l’ interpretatio , c’est-à-dire la raison et l’exégèse , dont l’union, symbolisée par le mariage de Mercure et de la Philologie selon une image tirée de Marciano Capella , représente le contenu spirituel du quadrivium qui devient expression à travers le trivium.
En particulier, si le quadrivium est la « science de la nature », incluant les sujets mathématiques et scientifiques, le trivium est la « science des mots » : parmi les trois disciplines de cette dernière, il accorde la plus grande importance à la grammaire , bien que ses recherches les plus pertinentes concernent la rhétorique , dans laquelle il propose un précieux commentaire du De inventione de Cicéron . Concernant également la dialectique , Thierry fut le premier à réintroduire en Occident les Premiers Analytiques et les Listes sophistiques d’ Aristote dans une version latine, malgré son platonisme .
Parmi les sources du quadrivium, il s'est plutôt inspiré des tables du philosophe persan al-Khwārizmī , traduites en latin par Adélard de Bath , comme référence pour le sujet de l'astronomie ."
LE PORCHE DE DROITE DU PORTAIL ROYAL.
Je décrirai d'abord les 14 figures des voussures du porche consacrées aux 7 arts libéraux et aux sept auteurs de l'antiquité compilés par Thierry de Chartres dans son Heptatheucon.
Puis je décrirai les sujets complémentaires 15 et 16, puis les anges de la voussure.Pour être complet, je décrirai ensuita la Vierge à l'Enfant du tympan, et les deux linteaux consacrés d'abord à la Présentation au Temple, puis aux scènes de l'Incarnation, l'Annonciation, la Visitation, la Nativité et l'Annonce aux Bergrs.
Je terminerai rapidement par les statues colonnes.
1. Aristote associé à la Dialectique (2).
Aristote est assis, et porte sur ses genoux un écritoire rectangulaire formant pupitre, à l'angle duquel un encrier de corne est inséré. Le calame qu'il tenait dans sa main droite est perdu. Dans sa main gauche, il tient un grattoir qui lui permet de corriger éventuellement son parchemin et aussi de retailler ses roseaux. Trois calames arciformes bien taillés sont suspendus sur un ratelier près de lui, ainsi qu'un objet ressemblant à une éponge. On remarque aussi à droite une règle suspendue à un clou, dont un côté se découpe pour former un "pistolet" de dessinateur.
Au VIIe siècle, Isidore de Séville avait proclamé Aristote"père de la dialectique". C'est dans les Topiques, cinquième livre de l'Organon (« outil » ou « instrument » en grec ancien), nom scolastique utilisé pour désigner un ensemble de traités de logique d'Aristote, que le philosophe grec aborde la dialectique, ou art du dialogue argumentatoire entre deux personnes ayant des points de vue différents.
Thierry de Chartres est un des premiers à avoir connu des œuvres logiques d'Aristote jusque-là oubliées , les Premiers Analytiques, les Réfutations sophistiques et ... les Topiques.
2. DIALECTICA, personnification de la Dialectique (Trivium).
Voussure II, côté gauche figure 2. Restaurée.
Dialectica est assise, la tête et le corps couverts d'un voile, et elle tient dans la main gauche un vase fleuri tandis qu'une sorte de dragon, posé sur sa main droite, monte vers son épaule grâce à ses pattes griffues. Ce "dragon" a une gueule aux dents acérées et aux oreilles longues et pointues, une échine hérissée de dents, des ailes, et une queue longue qui se perd entre les jambes de l'allégorie. C'est bien là son attribut, qui était chez Martianus Capella (Ve siècle) un serpent symbole du sillogisme ou de la ruse des sophismes, un scorpion chez Alain de Lille (XIIe siècle), une tête de chien (inscription caput canis) dans l'Hortus Deliciarum de Herrade de Landsberg (XIIe siècle), c 'est parfois un basilic (coq serpent), un serpent sur le porche de la Collégiale de Loches (milieu XIIe) ou à la façade ouest de la cathédrale de Laon (XIIe) où le serpent est enroulée en guise de ceinture (comme à Auxerre), ou encore sur la chaire de la cathédrale de Pise (entre 1302 et 1311), un livre à la cathédrale de Clermont, un scorpion et un lézard sur la peinture murale du Puy-en-Velay (dernier quart XVe), un couple de lézards encore (affrontement d'arguments opposés) sur la verrière de la chapelle Saint-Piat de Chartres (1415), et un scorpion noir sur la Fresque des arts libéraux de Botticelli au Louvre (1483-1486).
La fleur (ou sceptre d'aspect végétal) suggére la sève et donc la vie, mais aussi l'art de plaire ou la beauté séduisante et puissante du langage.
Si ce n'est Cicéron, l'avocat, homme d'Etat et écrivain romain auteur de discours, de lettres, et de traité de l'Art de l'Orateur (DeOrator), et la Rhétorique à Herennius, celui de savoir parler pour prouver, convaincre, et plaire, ce pourrait être Quintilien, rhéteur, pédagogue et avocat du 1er siècle, auteur de l'œuvre majeure qu'est l'Institution oratoire. C'est en tout cas Cicéron qui est nommé au Puy-en-Velay à la fin du XVe siècle. Et Thierry de Chartres le lisait, puisque leDe Oratore de Cicéron était étudié, à Chartres comme ailleurs, par quiconque voulait acquérir l'art de l'éloquence, et puisqu'il a laissé un commentaire du De inventione.
Cicéron est assis devant un pupitre posé sur ses genoux (comme Aristote et tous les autres auteurs) devant son ratelier de calames. Il lève la main gauche dans un geste d'éloquence, mais il tient un livre (?) de la main droite. Le sculpteur, emporté par son habitude de représenter des Grecs barbus, a oublié que Cicéron, comme généralement les Romains, était rasé. Mais il n'a pas omis de représenter une régle suspendue à sa gauche.
4. la Rhétorique (Trivium).
Rhétorique fait un geste d’orateur, bras droit demi étendu vers la gauche et poing serré, bras gauche soulevant un pan de son habit dans un spectaculaire effet de manches. Sa tête est tournée vers le geste rhétorique de la main gauche pour le renforcer, sa bouche est ouverte. Elle est drapée dans un manteau-voile à bords brodés.
Elle est représentée à la cathédrale de Laon avec le même geste de la main gauche levée, mais avec la paume ouverte.
Car si la rhétorique est l’art de l’éloquence, elle se base sur l'apprentissage du geste et de la posture. Elle comportait cinq parties : l’inventio (invention ; art de trouver des arguments et des procédés pour convaincre), ladispositio (disposition ; art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace), l’elocutio (élocution ; art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments ), la memoria (procédés pour mémoriser le discours), mais aussi l’actio (la scansion, les gestes de l’orateur plaçant dans l'espace son verbe, le comput des arguments sur les doigts de la main) .
Elle fait appel au sensible plutôt qu'au spéculatif, elle est ornement plus que vérité :
" La Rhétorique antique avait survécu dans les traditions de quelques écoles romaines de la Gaule et chez quelques rhéteurs gaulois, dont Ausonius (310- 393), grammaticus et rhetor à Bordeaux, et Sidoine Apollinaire (430-484) évêque d'Auvergne. Charlemagne inscrit les figures de rhétorique dans sa réforme scolaire, après que Bède le Vénérable (673-735) eut entièrement christianisé la rhétorique (tâche amorcée par saint Augustin et Cassiodore), en montrant que la Bible est elle-même pleine de « figures ». La rhétorique ne domine pas longtemps ; elle est vite « coincée » entre Grammatica et Logica : c'est la parente malheureuse du Trivium, promise seulement à une belle résurrection lorsqu'elle pourra revivre sous les espèces de la « Poésie » et d'une façon plus générale sous le nom de Belles-Lettres. Cette faiblesse de la Rhétorique, amoindrie par le triomphe des langages castrateurs, grammaire (rappelons-nous la lime et le couteau de Martianus Capella) et logique, tient peut-être à ce qu'elle est entièrement déportée vers l'ornement, c'est-à-dire vers ce qui est réputé inessentiel — par rapport à la vérité et au fait." Mais elle est utile aux prêcheurs pour leurs sermons (Artes sermocinandi ) : sermones ad populum (pour le peuple de la paroisse), écrits en langue vernaculaire et sermones ad clerum (pour les Synodes, les écoles, les monastères), écrits en latin.
Thierry de Chartres a écrit un traité sur la Rhétorique, Accessus circa artem rhetoricam , "Approche de l'art de la rhétorique", en se référant à Cicéron, à Boèce et à Quintilien. Les traités d'Aristote sur la rhétorique ne seront traduits qu'en 1270.
Portail royal, portail droit, voussoir : Euclide, l'art de la géométrie
Euclide d'Alexandrie (vers vers 300 avant notre ère) est l'autorité de l'Antiquité classique dans l'art de la géométrie par son ouvrage Les Éléments.
Il est représenté comme les autres auteurs de référence, assis penché sur son pupitre posé sur ses genoux et dont l'encrier en corne occupe le coni gauche. Il est en train d'effectuer un tracé, comme absorbé par quelque problème géométrique. Il tient un objet rectangulaire en main droite, et un grattoir en main gauche.
Les Éléments d'Euclide furent connus en Occident médiéval par des traductions arabes, hébraïques ou latines et notamment par la Recension de Campanus en 1260, et l'Heptameron de Thierry de Chartres en est imprégné : 19 textes sont consacrés à la géométrie. (M. Lejbowicz)
Cette figure féminine représentant la géométrie, voilée comme ses compagnes, a une tablette sur les genoux , sur laquelle sa main gauche, et notamment son index pointé, sont posés. Sa main droite a disparu, mais on peut imaginer qu'elle maniait un compas comme dans les Noces de Martianus Capella, ou sur le dessin du XIIe siècle de l'Hortus Deliciarum (le Jardin des Délices). Sur ce dessin, elle tient aussi un étalon pour mesurer le monde.
Hortus Deliciarum
C'est encore un compas qu'elle tient à la Collégiale de Loches, à la cathédrale de Laon, à Notre-Dame de Paris, à la cathédrale de Sienne, à celle de Clermont, d'Auxerre, (en sculpture et sur un vitrail de 1260), sur la baie 103 de la cathédrale de Soissons, à l'église Notre-Dame de Sémur-en-Auxois. Sur la baie 5 de la chapelle Saint-Piat de Chartres, elle tient le compas et l'équerre.
La Géométrie est alors "l'art de mesurer les surfaces et les lignes" (Grégoire de Tours) et dans la description d'Alain de Lille (Anticlaudianus v. 1120) elle mesure le monde avec une aune et fabrique une roue.
7. L'Arithmétique(Quadrivium).
Voussure II, côté droit, figure 7.
La figure féminine représentant l'Arithmétique est assise, la tête et le corps voilés, ses manches sont amples, ses chaussures pointues. Elle tient en main gauche deux livres, mais son visage est penché vers un objet qu'elle tenait en main droite et qui est brisé. Si l'on se réfère au manuscrit Hortus Deliciarum , elle pouvait se servir d'une corde sur laquelle sont fixées des boules formant graduation .
Calque de l'Hortus Deliciarum.
La science de l'arithmétique est "de connaître les fonctions des nombres" (Grégoire de Tours). Dans la description d'Alain de Lille, elle tient la table de Pythagore. À Loches, elle tient un livre, à Laon elle tient des groupes de boules dans ses deux mains, à Pise elle compte sur ses doigts, à Clermont elle compte sur un boulier, à Sémur-en-Auxois elle a des boules dans la main droite, et sur la baie 103 de Soissons, elle désigne du doigt une tablette sur laquelle sont inscrits douze chiffres romains.
8. Boèce associé à l'Arithmétique.
Voussure II, côté droit, figure 8.
Boèce, philosophe et homme politique latin contemporain de Cassiodore, vers 480-524, et très célèbre pour sa Consolation de Philosophie écrits en prison à la fin de sa viea publié entre autre un traité De arithmetica.
Il avait traduit l’Organon d'Aristote accompagné de gloses grecques, ainsi que l’Isagogè de Porphyre de Tyr, rédigé une introduction à la logique aristotélicienne et un commentaire sur les Topiques de Cicéron. Il eut une très forte influence sur la scholastique des écoles médiévales, sur Alcuin, Jean Scot Érigène, les écoles d'Auxerre et de Reims au IXe siècle, et sur Gilbert de Poitiers et les commentateurs de l'école de Chartres au XIIe siècle.
On retrouve les caractéristiques déjà notés pour les autres auteurs antiques comme la position assise, le ratelier avec ses calames et son éponge, et le pupitre posé sur les genoux. Un coude appuyé sur son accoudoir, Boèce se tourne sur sa gauche, comme pour répondre à un interlocuteur ou observer un objet, celui qu'il tenait dans la main gauche et qu'il élevait, coude plié. Mais cet objet a disparu.
9. L'Astronomie (Quadrivium).
Voussure II, côté droit, figure 9
Cette figure féminine assise et voilée qui observe les étoiles représente l'astronomie. Elle a la tête levée vers le ciel et les mains ouvertes, projetées en avant dans une attitude d'admiration (ou de déduction?). C'est ainsi que la décrivait Alain de Lille, mais tenant une sphère ; la main gauche ne tient-elle pas un objet, peut-être un globe comme le suggère Gérard Fleury ? Sur la figure de l'Hortus Deliciarum, Astronomie montre les étoiles en les pointant de son index droit et elle tient un seau rempli d’eau ou un miroir.
Astronomia, Hortus Deliciarum
À Loches, elle montre deux étoiles. À Laon, elle élève des deux mains un astrolabe, à Notre-Dame de Paris elle montre le ciel d’une baguette dans la main gauche, à Sienne elle montre un disque de la main gauche, à Pise elle élève un astrolabe au niveau de son œil avec le bras gauche et elle montre du doigt un cahier posé sur son genou droit, sur le vitrail d'Auxerre elle regarde le ciel, à Sémur-en-Auxois elle présente un astrolabe, sur la fresque des Arts libéraux de Botticelli au Louvre elle tient un sextant dans sa main gauche, sur la baie 103 de Soissons elle porte et contemple un disque ou une sphère, dans laquelle il faut voir un astrolabe ou une sphère armillaire.
Sur les conceptions de Thierry de Chartres sur les rotations des sphères célestes, influencé par Macrobe et par les péripatéticiens, voir son écrit Opusculum de opere sex dierum analysé par Pierre Duhem.
On remarquera que sur le porche central, parmi les 12 anges qui entourent le Christ, cinq tiennent de astrolabes en désignant le ciel, ce qui est assez extraordinaire. Un sixième tient un instrument (qui n'est peut-être qu'un livre ceinture.
Ange à astrolabe, porche centrail du Portail Royal de Chartres, cliché lavieb-aile.Ange à astrolabe, porche centrail du Portail Royal de Chartres, cliché lavieb-aile.Ange à astrolabe, porche centrail du Portail Royal de Chartres, cliché lavieb-aile.
10. Ptolémée associé à l'Astronomie (9).
Voussure II, côté droit, figure 10
Ptolémée (100-168 ap. J.C) est l'autorité de l'Antiquité classique choisie comme référence dans l'art de l'astronomie. Il fit des observations astronomiques à la Grande Bibliothèque d'Alexandrie et est l'auteur de l'Almageste, traité d'astronomie qui nous est parvenu complet, et du Tetrabiblos, traité d'astrologie, c'est-à-dire de l'influence des astres sur le monde sublunaire et sur les destinées humaines. Pour lui, la Terre est sphérique, immobile au centre de l’Univers et les cieux eux-mêmes sont sphériques. Ptolémée reprend sous l’influence d’Aristote l’idée d’un monde supra-lunaire fait d’éther. Il compléte le catalogue d’Hipparque, qui décrivait 850 étoiles , et en identifie 1028, en utilisant pour cela l’astrolabe armillaire (à ne pas confondre avec l’astrolabe plan) qu'il nomme son astrolabon. Le mot astrelabe (du grec astrolabios, "preneur d'étoile") apparaît dans notre langue en 1155, précisément la date où furent sculptés ces Arts libéraux.
On retrouve le schéma habituel d'un personnage barbu assis, portant sur ses genoux le pupitre avec on encrier en corne, les quatre calames sur le ratelier, une règle suspendue au mur. Il tient en main gauche ce qui doit être un livre, et de la main droite une sphère qu'il observe. Pour B. Coquet, "l'objet qu'il tenait sur son pupitre est presque entièrement disparu. Était-ce un boisseau ? En effet, on admet que les astronomes regardaient l'image des constellations réfléchie dans un boisseau empli d'eau : ce qui avait pour avantage de limiter le champ d'observation."
L'époque médiévale dispose de deux sortes de sphères armillaires, soit portative tenue avec un manche à la main, soit fixe et orientée vers le pôle.
Représentation par V. Naboth (1573) du modèle astronomique géo-héliocentrique d'Héraclide transmis par Martianus Capella
Thierry de Chartres est lecteur de Ptolémée et Hermann le Dalmate lui dédie en 1143 sa traduction du Planisphère de Ptolémée. On connaissait alors le Liber de astrololabio de Gerbert, écrit avant 999 où cet auteur devient le pape Sylvestre II.
Dans son Heptateuchon, Thierry de Chartres insère ainsi les premières tables astronomiques provenant du Preceptum Canonis Ptolemei du VIe siècle, conservé à Chartres sous le nom de Ptolémée. (I. Draelants)
Une des sources de Thierry de Chartres pour son Heptateuchon dut être, selon C. Rabel et D. Poirel, le ms. 214 de la Bibliothèque Municipale de Chartres, des Sententiae astrolabii attribué éventuellement à Gerbert (Sylvestre II) , un recueil aujourd’hui détruit de traités astronomiques et mathématiques, dont ils ont découvert un dessin, celui d’un astronome utilisant un nocturlabe (Un nocturlabe est un instrument utilisé pour déterminer l'écoulement du temps en fonction de la position d'une étoile dans le ciel nocturne ).
Astronome utilisant un astrolabe. Traités astronomiques et mathématiques, 2e quart du XIIe siècle, in Claudia Rabel, Dominique Poirel INHS CNRS Lettre info 2014. (Chartres, BM, ms. 214 ; ms. détruit, dessin reproduit par H. Michel, « Les tubes optiques avant le télescope », dans Ciel et Terre, Bulletin de la Société belge d’astronomie, de météorologie et de physique du globe, 70, 1954, p. 175-184, ici p. 177 fig.
11. La Grammaire (Trivium).
Voussure II, côté droit, figure 11. Restaurée.
La figure féminine représentant la Grammaire, assise et voilée comme les autres, présente un grand livre ouvert et brandit de sa main droite une férule ; un petit garçon, sa tête frisée à demi-couverte par sa capuche, est assis sur un siège bas et se penche sur le livre qu'il tient ouvert sur ses genoux ; il sourit, la tête appuyée sur sa main, peut-être pour se protéger. Son camarade, assis sur les talons, a posé son livre grand ouvert sur sa cuisse ; il lève les yeux vers la Grammaire et il lui tend sa main, paume ouverte posée sur la chevelure de son voisin ; il a le torse nu et l'on pourrait supposer d'abord qu'il a été fouetté, n'était l'échange de regards paisibles entre l'enfant et la femme. Une interprétation de Georges Bonnebas est qu'il s'agirait d'un enfant pauvre, qui contraste avec le garçon de droite, abondamment couvert de beaux habits très riches : l'intention serait alors de montrer que la même instruction est dispensée à l'un et l'autre . Pour G. Fleury, celui qui est situé à droite courbe la tête, tandis que celui de gauche tend la main droite pour recevoir sa punition.
SElon Grégoire de Tours, Grammaire est celle qui apprnd à lire. Dans le Ier Livre des Noces de Martianus Capella, Grammaire est revêtue de la paenula (manteau ordinaire des sénateurs romains), et porte à la main une trousse médicale pour guérir les vices du langage : encre, plumes, tablettes, limes à 8 traits (8 parties du discours « classique »), un martinet pour l’autorité et un scalpel pour opérer dents et langues. Dans le 3ème Livre, Grammaire apparaît sous les traits d'une femme assez vieille, mais qui possède encore du charme. Originaire d'Égypte, elle est passée en Grèce puis à Rome. Elle porte une boîte contenant une plume et un encrier, instruments qui lui sont nécessaires pour enseigner la grammaire aux enfants, car celle-ci passe par l'écrit. Elle commence par enseigner les lettres, en indiquant les combinaisons possibles de voyelles et de consonnes et les façons de les prononcer, puis expose les différentes sortes de syllabes. Elle passe ensuite au genre des mots et aux accords, puis aux verbes et aux adverbes. En terminant, elle signale une longue liste d'exceptions, montrant que la formation des mots ne suit pas des règles absolument régulières et qu'il faut respecter l'usage. Le livre se termine en signalant que l'assemblée des dieux s'est copieusement ennuyée durant cet exposé et en invitant Grammaire à ne pas s'étendre sur les solécismes, barbarismes et autres fautes de langage.
Pour Alain de Lille, Grammaire, douce et sévère, tient la férule (*) et le scalpel. Elle travaille au timon du char y gravant le portrait des grammairiens : Donat — Ælius Donatus, grammairien latin, vers 320-380, auteur d’un traité de grammaire — et Aristarque de Samothrace, grammairien grec (IIe siècle av. J.-C.).
(*) Férule : étymologiquement : faisceau de branches, mais aussi « Petite palette de bois ou de cuir, à l'extrémité plate et élargie, autrefois utilisée comme instrument de discipline pour frapper les mains des écoliers fautifs ».
Sur la roue de l'Hortus Deliciarum, elle tient un livre et une férule. Une inscription près du fouet SCOPE9, renvoie sans doute au latin scopula, ae "petit balai".
Grammatica, calque de l'Hortus Deliciarum.
À Loches, Grammaire se découvre par la férule qu’elle applique des deux mains, comme une arme, sur l’épaule. À Laon, Grammaire est représentée avec un écolier (ou deux, sur le vitrail), sans férule (sauf peut-être sur le vitrail), l’air débonnaire. À Pise, elle allaite deux enfants qu’elle tient sur ses genoux, c’est la mère nourricière. À Auxerre, elle fait face à un enfant. Sur le Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen elle est en train de fouetter un personnage nu, à genoux et implorant. À Sémur-en-Auxois, Grammaire tient une férule de la main droite, elle fait suivre d’un doigt sur un livre ouvert sur ses genoux un jeune écolier assis devant elle.
Sur la fresque du Puy-en-Velay, Grammaire lève les mains et Priscien (alors que c’est Donat qui est habituellement invoqué) suit sur un livre ouvert sur ses genoux.
Sur la baie 103 de Soissons, Grammaire, de trois-quarts, tient une clef à la main droite (la clef de l'art du langage) et lit dans un livre ouvert dans lequel est inscrit l'alphabet.
12. Donat, associé à la Grammaire (11).
Voussure II, côté droit, figure 12.
Les autorités de l'Antiquité classique faisant référence alors dans l'art de la grammaire sont Donat ou Priscien. On pense plutôt voir ici Donat car celui-ci était tenu en grande estime par Thierry de Chartres, l'inspirateur probable de ces sculptures. Donat comme Priscien étaient auteurs d'une grammaire latine (pour Donat : Ars Donati grammatici urbis Romae, débutant par un Ars minor ou version abrégée et suivi des trois livres de l'Ars maior).
La Bibliothèque de Chartres possédait un manuscrit du XIIe siècle (vers 1100) réunissant l'Opuscula de Priscien, l'Ars major de Donat, (BM Ms 497) et des Opuscules de Cicéron et Aristote.
Pythagore et Donat.
13. Pythagore, associé à la Musique (14).
Voussure I, côté droit, figure 13.
Le philosophe présocratique grec décédé vers 495 avant J.C ressemble ici comme un frère jumeau au grammairien Donat du 4ème siècle après J.C. Comme les femmes des Arts libéraux, ce ne sont pas des portraits, mais des figures. Lui aussi est assis, penché sur son pupitre à encrier en corne, un calame et un grattoir en main, sous le ratelier porte-plumes où sont posées deux éponges.
Cette figure représente la pensée de l'école pythagoricienne, et notamment pour Thierry de Chartres, son arithmétique (le fameux théorème), sa cosmogonie, et son idée que "les choses sont nombres", le nombre est la matière des êtres, ce qui leur donne forme et les rend intelligibles. Connaître le nombre d’une chose revient à connaître la chose elle-même. pour les pythagoriciens, ce sont les nombres entiers qui sont à la racine des choses, le Cosmos est littéralement régi par eux. Et la musique est au cœur de cette représentation car en musique les intervalles de ton sont des rapports de nombre.
Voilà comment Guido d’Arezzo (~992-~1050), le moine bénédictin à l’origine du système de notation musicale encore en vigueur, rapporte l’événement au dernier chapitre de son ouvrage Micrologus (vers 1020) :
"Un certain Pythagore, grand philosophe, voyageait d’aventure ; on arriva à un atelier où l’on frappait sur une enclume à l’aide de cinq marteaux. Étonné de l’agréable harmonie qu’ils produisaient, notre philosophe s’approcha et, croyant tout d’abord que la qualité du son et de l’harmonie résidait dans les différentes mains, il interchangea les marteaux. Cela fait, chaque marteau conservait le son qui lui était propre. Après en avoir retiré un qui était dissonant, il pesa les autres et, chose admirable, par la grâce de Dieu, le premier pesait douze, le second neuf, le troisième huit, le quatrième six de je ne sais quelle unité de poids. Il connut ainsi que la science de la musique résidait dans la proportion et le rapport des nombres."
Pierre le Mangeur (1100?-1179? Pythagore et les forgerons, illustration extraite du Petri Manducatoris sermones, BSB Clm 2599. München - Bayerische Staatsbibliothek
Cette expérience s’avère fondamentale pour les pythagoriciens, car elle corrobore l’intuition de base de leur philosophie : tout ce qui existe est nombre, y compris des phénomènes aussi peu matériels que les intervalles musicaux. Son importance est telle qu’elle figure dans la plupart des traités musicaux ou arithmétiques du Moyen Âge et de la Renaissance.
NB. Sur la peinture des Arts libéraux de Puy-en-Velay, Musica est accompagnée de "Tubal" (Jubal) qui frappe une enclume avec deux marteaux.
Afin de faire « entendre les nombres », Pythagore cherche rapidement à transposer cette découverte sur un instrument : le monocorde.
Le monocorde est de constitution très simple : il s’agit juste d’une corde tendue sur une caisse de résonance munie d’un chevalet mobile placé sous la corde et permettant de diviser celle-ci en deux parties. Ce n’est pas un instrument de musique à proprement parler, c’est un instrument pour l’expérimentation et un support pédagogique. On en trouve la première trace indubitable dans l’ouvrage d’Euclide.
En déplaçant le chevalet du monocorde, nous observons que plus la longueur de corde que l’on fait vibrer est courte plus le son qu’elle émet est aigu, c’est-à-dire plus sa fréquence de vibration est élevée. Nous pouvons en conclure la loi importante que la fréquence de vibration de la corde est inversement proportionnelle à sa longueur. Pythagore prouve ainsi, grâce au monocorde, que les intervalles musicaux reconnus comme les plus consonants sont identifiables à des fractions simples construites avec la suite des 4 premiers entiers 1, 2, 3 et 4, désignée par le terme tetraktis. Les pythagoriciens pensent enfin avoir découvert les fondations de l’harmonie dans l’Univers. Avec sa corde unique, son chevalet mobile et sa règle graduée, le monocorde fait se rejoindre les notes et les nombres, les intervalles et les rapports, la perception sensorielle et la raison mathématique. Le monocorde fait ainsi « entendre les nombres » et « voir les sons ». Plus encore, par l’acte même de mesurer des longueurs de corde (géométrie) pour les associer à des rapports de nombres entiers (arithmétique) liés aux intervalles musicaux, le monocorde fait converger deux domaines pourtant strictement séparés dans les mathématiques grecques.
Par cette découverte fondamentale, la musique devient ainsi une branche des mathématiques.
Pythagore et la Musique, titre des traités ed. Augsbourg, 1500. Gallica-BnF
Or, nous allons découvrir maintenant, dans le quatrième art du Quadrivium, Musica ... un monocorde.
14. La Musique (Quadrivium).
Voussure I, côté droit, figure 14
La Musique est, comme les autres Arts, assise, voilée, et vêtue sous le manteau-voile d'une robe à bords brodés, mais elle est entourée de quatre instruments : trois instruments à cordes et un instrument à percussion. Les yeux vers le ciel, les lèvres entrouvertes, elle semble attentive et concentrée sur l'écoute des harmonies.
Elle est considérée comme une science des nombres à part entière comme la géométrie, l'arithmétique ou l'astrologie : "La mathématique possède quatre espèces : l’arithmétique, la musique, la géométrie, l’astronomie." GUuillaume de Conches, Accessus ad Timaeum, § 5-6
"Voici donc les quatre espèces mathématiques. L’arithmétique traite des nombres, la musique, de la proportion, la géométrie, de l’espace, l’astronomie, du mouvement. L’élément de l’arithmétique est l’unité, celui de la musique, l’unisson, celui de la géométrie, le point, celui de l’astronomie, l’instant. C’est pourquoi, l’arithmétique est la science des nombres. La musique est l’harmonie de plusieurs sons dissemblables se réunissant en un tout. La géométrie est la discipline de la grandeur immobile et la description contemplative des formes. L’astronomie est la discipline de la grandeur mobile " Vincent de Beauvais, Speculum doctrinale, XVI, 3 (De speciebus mathematicae), début XIIIe siècle.
Rappellons que l'évêque Fulbert, fondateur de l'École de Chartres, était un compositeur estimé, auteur de poèmes liturgiques et de trois Repons de la Nativité.
a) le tintinnabulum.
On voit trois cloches suspendues à une tringle. Musica frappe la dernière cloche avec un marteau, tandis que sa main gauche tient le manche d'un autre marteau (j'ai d'abord pensé qu'elle saisissait le battant de la cloche voisine).
Voir André Bonjour, Instrumentarium de Chartres, les idiophones.
Le carillon est l'un des principaux attributs de la Musique dès l'art roman et au début de l'art gothique, à Autun (chapiteau de la cathédrale), Rouen (Portail des Libraires).
*) à Autun, le sculpteur a représenté les deux manières de faire sonner une cloche, le tintement par le marteau ou la volée par le balancement du battant, sont représentées.
La Musique, chapiteau de la cathédrale d'Autun, 1125-1135. Cliché lavieb-aile.
**) à Rouen au portail des Libraires : Le portail du transept nord, dit le « portail des libraires » de la cathédrale de Rouen a été construit autour de 1300. Il possède un riche décor et en particulier des sculptures en faible relief sur les jambages des ébrasements et du trumeau. Sur le trumeau, quatre quadrilobes concernent les arts libéraux avec , de gauche à droite : Géométrie, Musique, Astronomie, Grammaire. La Musique tient un tintinnabulum (de 4 cloches) assez proche de la Musique de Laon. Elle frappe les cloches suspendues à une tringle inclinée avec deux marteaux.
***) à la cathédrale de Laon, sculpture, XIIe siècle. On compte 5 cloches ; la tringle est inclinée.
****) cathédrale de Laon, vitrail de la rose nord: 3 cloches sont représentées
La Musique, rose (vers 1200) des Arts libéraux de la cathédrale de Laon, cliché lavieb-aile
L'instrument est sculpté avec toute la précision souhaitée. On le comparera aux vièles tenues par les Vieillards de l'Apocalypse sur le porche central.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
LES AUTRES SCULPTURES DES VOUSSURES INTERIEURES (VOUSSURE I)
La voussure I débute, à gauche, par deux motifs qui sont parfois considérés comme des signes du Zodiaque (comme sur le portail de l'Ascension à gauche), les Poissons et les Gémeaux, ce qui est peu vraisemblable (il n'y a qu'un seul poisson ; les Gémeaux ne tiennent pas de bouclier).
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
15 : un poisson, des arbres et des oiseaux (à droite d'Aristote).
On peut suggérer que ce motif, placé à la base de la voussure I aux côtés d'Aristote, est une figure de la Nature illustrant la volonté des chartrains d'expliquer les phénomènes par des processus naturels et de porter intérêt aux sciences des choses, dans un large courant d'idées dont l'un des premiers représentants fut Adélhard de Bath, qui fut un des introducteurs en Occident de la science arabe, et dont les Questions naturelles datent du début du XIIe siècle..
" L' Hexaeméron interprète la Genèse en se référant au « Timée » de Platon . Ce texte constitue une défense raisonnée de l'existence de Dieu, s'appuyant sur la philosophie naturelle platonicienne et la logique aristotélicienne pour expliquer la création du monde. Thierry établit que le moment de la création divine fut le commencement même du temps, et qu'ensuite, la création s'est développée naturellement par la combinaison des quatre éléments (le feu, l'air, l'eau et la terre). Selon Thierry, Dieu créa les quatre éléments au premier instant. Le feu, en mouvement perpétuel, tournoya et illumina l'air, engendrant ainsi le premier jour et la première nuit. Le deuxième jour, le feu réchauffa l'eau, la faisant monter vers le ciel et former les nuages. La diminution du volume d'eau permit l'apparition de la terre le troisième jour. Le réchauffement continu des eaux au-dessus du firmament entraîna la formation des corps célestes le quatrième jour. Le réchauffement continu de la terre permit l'apparition de la vie végétale, animale et humaine les cinquième et sixième jours.
L'explication de Thierry sur la création du monde est basée sur une interprétation théologique des quatre causes d' Aristote , qu'il identifie aux trois personnes de la Trinité plus la matière (composée des quatre éléments ) : le Père est la cause efficiente , le Fils est la cause formelle , le Saint-Esprit est la cause finale et les quatre éléments sont la cause matérielle .
Selon Thierry, l'acte de création divine se limite à la création des quatre éléments, qui évoluent ensuite d'eux-mêmes, se mélangent selon des proportions mathématiques et constituent le monde physique." (en.wikipedia)
L'histoire de la création est racontée dans la Genèse, et Thierry s'efforce de rendre compte de la Création de la Genèse selon les lois d'une physique cohérente : par exemple, les animaux aquatiques sont apparus au cinquième jour, à la suite de la pénétration dans les eaux de la chaleur résultant du mouvement des étoiles. (Jean Jolivet). Il est l'auteur de In Hexaéméron ou De sex dierum operibus glosant sur les six jours de la Création biblique par des éxégèses selon des lectures littérales et historiques, écartant les lectures morales et allégoriques. (De septem diebus et sex operum distinctionibus primam Geneseos partem secundum physicam et ad litteram ego expositurus . . . Postea vero ad sensum litterae historialem exponendum veniam, ut et allegoricam et moralem lectionem . . . ex toto praetermittam . "Je vais expliquer la première partie de la Genèse, concernant les sept jours et la distinction des six œuvres selon le sens physique et littéral… Mais j’en viendrai ensuite à expliquer le sens historique de la lettre, afin de pouvoir omettre complètement l’interprétation allégorique et morale…") (W. Ciweski)
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Les six anges de la voussure I.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
LA VIERGE À L'ENFANT DU TYMPAN.
Elle est selon la tradition romane, hiératique , assise frontalement sur une cathèdre. Elle est entourée de deux anges thuriféraires, dont les encensoirs sont encore visibles, l'un devant la cuisse droite de l'ange de gauche, l'autre suspendu en l'air devant celui de droite, les détails des chaînes ayant disparu.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
LE REGISTRE SUPÉRIEUR DU LINTEAU : SCÉNES DE LA VIE DE LA VIERGE.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
La Présentation de Jésus au Temple avec dix personnages porteurs des couples de tourterelles et d'offrandes.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
LE REGISTRE INFÉRIEUR DU LINTEAU: L'Annonciation, la Visitation, la Nativité et l'Annonce aux Bergers.
Remarquez les yeux creusés, caractère stylistique qui ne se retrouve pas sur les statues-colonnes ce ce porche ni sur les personnages des voussures. Étaient-ils jadis comblés par des pierres colorées ?
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
L'Annonciation.
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La Visitation.
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La Nativité : Joseph
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
La Nativité : Marie couchée sur son lit d'accouchée, et l'Enfant-Jésus au dessus.
Voir mes commentaires et ma revue iconographique sur le thème des Vierges couchées à Chartres :
La Vierge a l'attitude des songeurs inspirés (Jessé, etc), la main droite sous la joue. Elle regarde sans doute l'Enfant emmailloté dans son berceau.
Des amorces sur la façade au dessus de l'Enfant indiquent que des sujets ont été brisés : étoile? âne et bœuf? ange? lampe?
Comparez à la scène analogue du Portail nord, réalisé entre 1210 et 1225 :
Nativité, Linteau du portail nord de Chartres. Cliché lavieb-aile
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
L'Annonce aux Bergers.
Précédés par un ange qui leur en a fait l'annonce, les bergers des environs de Béthlém arrivent à la crèche où est né le Messie. Le premier berger désigne de son index l'étoile (non visible) qui les a guidé. Il tenait dans la main gauche un objet (instrument ?) qui est brisé, mais qui ne peut correspondre à la houlette, ni à la cornemuse habituelle.
De même, l'animal qui l'accompagnait à ses pieds est brisé : un chien probablement.
Derrière viennent six moutons.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
On constate la proximité de ces scènes avec celles de la baie n°2 de la cathédrale de Laon, certes plus tardive car datant de 1220 environ. Sur cette baie, l'un des bergers joue du frestel.
Berger jouant du frestel. Baie n°2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile
Ce berger qui tient la houlette en main droite se tourne vers nous, et approche ses lèvres de cet instrument qu'André Bonjour a si bien analysé et fait restituer.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
LES STATUES COLONNES.
Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
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Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.
—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323
—VERDIER (Philippe), 1967, "L’iconographie des arts libéraux dans l’art du Moyen Âge jusqu’à la fin du quinzième siècle". Verdier, P. In Arts libéraux et philosophie au Moyen Âge. Actes du 4e congrès international de philosophie médiévale (Montréal, 1967), pages 305–332. Montréal, 1969. Non consulté.
— VIOLLET-LE-DUC , Dictionnaire raisonné…, tome II, article « Arts libéraux »
Quelques sculptures de l'église prieurale de Saint-Leu-d'Esserent. II. La tribune et son lapidaire renfermant 114 fragments de statues et d'éléments d'architecture datant du XIe au XVIe siècle.
"Église prieurale de bénédictins Saint-Leu, actuellement église paroissiale.
La fondation du prieuré par le comte Hugues de Dammartin remonte à 1081. Une première église est alors construite, elle a été découverte lors de fouilles. De 1140 à 1150, s'effectue la construction du bloc de façade occidental actuel. Entre 1160 et 1170, l'on construit le choeur. De 1190 à 1210, l'on édifie la nef entre le choeur et la façade occidentale, les fausses tribunes du choeur sont remaniées et sont transformées en triforium. A la fin du 13e siècle, la chapelle de la seconde travée du bas-côté sud est construite. En 1149, le choeur subit un incendie. Le prieuré tombe en commende à partir de 1536. Au 18e siècle, des travaux de restauration sont conduits. Le prieuré est morcelé en 1790. Au cours du 19e siècle, de nouveaux travaux de restauration sont menés. En 1944, l'église est bombardée et de nouveaux travaux sont entamés jusqu'en 1961." (POP.Culture)
"Il n'est pas certain si l'on peut prendre Eugène Müller à la lettre quand il dit que la salle du narthex « est un véritable musée, où des spécimens de toutes les époques depuis le XIe siècle, se coudoient », ou autrement dit, s'il y a eu une ouverture au public. La présentation très ordonnée visible sur des clichés de Félix Martin-Sabon antérieurs à 1896 parlent plutôt en ce sens. Philippe Racinet avance que « le projet d'organisation d'un musée lapidaire placé sous la direction du Conservateur des Antiquités et Objets d'Art de l'Oise a été abandonné faute de crédits. Il a cependant permis de répertorier 128 éléments sculptés provenant des restaurations de la fin du XIXe siècle et de celles effectuées après le bombardement de 1944 ». Mais il ne vise donc que l'après-guerre, quand la salle a été encombrée par du mobilier endommagé. — Les éléments du dépôt lapidaire sont numérotés, ont fait l'objet d'un inventaire (voir ci-dessous), et ont été photographiés. Contrairement aux dossiers concernant les restaurations, les photographies ne sont pas conservées à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, mais aux archives départementales de l'Oise (voir les notices de la base Palissy). Cependant, les endroits où les éléments déposés étaient situés dans l'édifice n'ont pas systématiquement été documentés, et la documentation n'est pas toujours fiable. Les mémoires des artisans et entrepreneurs n'indiquent pas les emplacements des éléments resculptés. Devant ce contexte, la provenance exacte des éléments du dépôt lapidaire ne peut pas toujours être déterminée. Localiser un élément dans l'édifice représente toujours une tâche fastidieuse.
L'ensemble d'un dépôt lapidaire, composé de 114 fragments de statues et d'éléments d'architecture datant du XIe au XVIe siècle, le plus souvent en pierre calcaire et partiellement avec des traces de polychromie, déposés lors des restaurations au cours des années 1870-1890, fait l'objet d'arrêtés de classement individuels, pièce par pièce. L'inventaire de ce dépôt lapidaire a été effectué en 1975 par Marie-Claude Béthune. En fait partie le retable de Saint-Nicolas (réinstaller dans la nef). Sinon, on peut notamment distinguer entre des petits fragments divers (rinceaux, frises, corniches, corbeaux…), des fragments de bases, des fragments de chapiteaux, et des fragments de colonnettes.
Un ensemble composite constitué de deux chapiteaux et cent-dix éléments d'architecture du XIIe siècle ou XIIIe siècle, en pierre calcaire, déposés lors des restaurations, a été classé au titre objet par arrêté du 5 novembre 1912. L'inventaire de ce dépôt lapidaire a également été effectué en 1975 par Marie-Claude Béthune.
Un ensemble de fragments de statuaires datant du XIIIe au XVIe siècle, en pierre calcaire, avec des traces de polychromie, a été classé au titre objet par arrêté du 5 novembre 1912." (Wikipedia)
"Voir aussi la notice PM60001453 correspondant aux fragments lapidaires de la tribune classés en 1912. (POP.Culture)
1. Tête de chapiteau. Couple de chimères affrontés à tête de lion, corps d'oiseau et queue de serpent. Calcaire polychrome, fin XIIe-début XIIIe ?
Ce qui m'intéresse , c'est, dans cette transition roman/gothique, la reprise du thème iconographique des animaux hybrides ou, dans le chapiteau suivant, réunis pour troubler la distinction des espèces.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Fragment. Chimère à tête de lion, corps d'oiseau et queue de serpent. Calcaire , fin XIIe-début XIIIe ?
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Tête de chapiteau. Serpents entrelacés, dont un serpent sortant de la gueule d'un lion, oiseaux. Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Fragment de pilier. Gueule crachant une tige végétale.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Poursuite de l'association intriquée des genres (ou ici des Règnes biologiques), troublant les frontières habituelles.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
4 Tête d'évêque, mitré.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
5. Tête d'homme ou d'ange. Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Mains jointes.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Fragment de décor — drapé de personnage?— alternant perles et macles.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
8. Fragment de pilier. Frise.Calcaire.
Ce motif est repris dans les restaurations du XIXe siècle du porche (au dessus d'animaux affrontés). On comprend alors mieux qu'il s'agit de trois personnages tenant une bourse (un sac) sur leur ventre : les jambes de l'un, en tunique mi-longue, sont posées sur la tête du suivant.
cliché lavieb-aile 2025.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Lapidaire de la tribune de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
La tribune.
9. Voûte à bâtons brisés.
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
9. Voûte à bâtons brisés à quatre têtes +1.
Trois têtes barbues et une tête de femme occupent les angles de croisement des nervures, tandis qu'une tête d'ange ou de femme occupe la clef de voûte.
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
10. Clef de voûte à une tête barbue.
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
11. Chapiteau. Évêque à mitre ronde, bénissant et tenant la crosse ; deux serpents.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
12. Chapiteau. Deux animaux [lions] aux têtes réunies.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
13. Chapiteau. Masque léonin crachant la tige d'un rinceau.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
14. Chapiteau. Hybride à tête anthropomorphe et à corps d'oiseau. Tête couronnée de deux têtes de serpent affrontés.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
15. Tête à barbe et cheveux frisés tenant dans sa bouche une tête d'humain.Calcaire, fin XIIe-début XIIIe ?
Tribune du narthex de l'église Saint-Jean d'Esserent. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS.
— POP.CULTURE. Ensemble d'un dépôt lapidaire composé de 114 fragments de sculpture et d'architecture (numérotés de 1 à 114).
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)