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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 09:40

La porte (Ricand, 1594) et les boiseries de la chapelle sud de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).

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Voir sur cette église :

 

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Rappel : le but de ces articles est d'illustrer la pénétration de l'architecture et la sculpture Renaissance en Haute-Bretagne.

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INTRODUCTION.

À Champeaux, sous l'impulsion des seigneurs d'Espinay, la Renaissance s'exprime d'abord en la collégiale que cette famille a fondé, successivement par des stalles (1530), puis par des verrières (v. 1539), par le tombeau de Guy III et de Louise de Goulaine (1553) et celui de leur fille Claude (1554). Leur mécénat, voué quasiment exclusivement à la gloire de leur nom et de leurs armes, est profondément influencé par l'expression de la Renaissance d'origine italienne en Anjou et Touraine. C'est à un architecte angevin qu'ils font appel en 1553 et 1554 pour leurs tombeaux et  c'est également une pierre blanche d'Indre-et-Loire, la Rajasse (carrière près de Liré sur la Veude), qu'ils y exigent, plus dure que le tuffeau. Elle avait été utilisée en 1435 à l'abbaye de Saint-Florent-es-Saumur pour le tombeau de l'abbé Jean  du Bellay.

Charles d'Espinay, fils de Guy III et de Louise de Goulaine, est un poète et lettré humaniste dans l'orbe de la Pléiade ; il deviendra évêque de Dol. C'est lui qui rédige les épitaphes latines des tombeaux de ses parents et de sa sœur Claude.

Mais la porte sud de la collégiale est plus tardive et sa date, 1594, sort des bornes proposées par Philippe Hamon pour la Renaissance (1453-1559). La Contre-Réforme, et les guerres de religion sont venus rompre la stabilité monarchique. Pourtant, son plan, son décor de chiffres et d'armoiries  excluant toute référence religieuse reste dans la lignée des ouvrages précédents et de leur fil rouge, le Renom des Espinay.

Les boiseries qui entourent cette porte lui sont-elles contemporaines ? Elles sont plutôt partie prenante des stalles. On y trouve les chiffres de Guy III et Louise de Goulaine, et sans doute les armoiries et les médaillons leur rendent-elles hommage. Mais on y trouve, à la différence des tombeaux, des motifs du vocabulaire des ornemanistes Renaissance, inspiré des recueils de gravure, comme les dauphins affrontés, présents sur les stalles. Et les tenants des armoiries, un couple de sauvages, sont remarquables. 

 

 

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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PRÉSENTATION.

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Le visiteur de l'église Sainte-Marie-Madeleine n'a pas accès au coté sud du chœur, dont il aperçoit derrière une cloison le plafond et les baies vitrées, mais il admire une porte monumentale du XVIe siècle, en tuffeau, dont la porte en bois est solidement fermée. (La restauration des bâtiments, débutée en 2014, se poursuit sans doute ici).

S'il consulte les plans et les descriptions des auteurs du XIXe et XXe siècle, il apprend que derrière la cloison se trouve la chapelle des seigneurs d'Espinay. La copie de sa première pierre, dont l'inscription a été relevée par Guillotin de Corson, est désormais à l'extérieur : elle révèle que cette chapelle  a été fondée par Jean II d'Espinay  et Marguerite de Scépeaux. Elle a été construite par cette dernière —après le décès de son époux en 1591 — , et la première pierre posée le 2 août 1594  en sa présence (elle décéda en 1603) et en présence de son petit-fils Charles, alors marquis d'Espinay.  . 

 « Cy est la premiere pierre de ceste chapelle fondée par defunct hault et puissant Messire Jan premier marquis d'Espinay (nota : la seigneurie d'Espinay fut érigée en marquisat en faveur de ce Jean, sire d'Espinay, l'an 1575) et haulte et puissante dame Marguerite de Scepeaulx sa compagne, comte et comtesse de Durestal, laquelle chapelle a esté faicte construire par ladicte dame, depuis le déceix dudict d'Espinay seigneur, et ceste pierre fondamentalle mise, présents ladicte dame et hault et puissant Charles à présent marquis d'Espinay, baron de Barbezieux, son petit-fils, le 2e jour d'aoust 1594. C'est par copie de la première pierre. Jullian Ricand architecte »"

Jean II d'Espinay est le fils aîné de Guy III, dont le tombeau est du coté nord du chœur. Je consulte Wikipédia (ou Infobretagne) :

"Jean II d'Espinay († en 1591), chambellan du roi Henri Il, chevalier de l'Ordre du roi. Il devint comte de Durtal et baron de Mathéfelon par son mariage avec sa cousine éloignée Marguerite de Scépeaux de Vieilleville (fille du maréchal François ; lui-même fils de Marguerite de La Jaille-St-Michel dame de Durtal et Matheflon x René de Scépeaux ; fils de François de Scépeaux x Marguerite d'Estouteville, la sœur aînée de Catherine ). Il obtint, par lettres patentes d'octobre 1575, l'érection en marquisat de sa seigneurie d'Espinay. Sa descendance s'éteignit avec ses petits-enfants : Charles, marquis d'Espinay († dès 1607), marié en 1605 à Marguerite de Rohan-Guéménée ; et Françoise d'Espinay, mariée en 1598 au maréchal Henri de Schomberg, comte de Nanteuil [et décédée en 1602]. La famille des ducs de La Rochefoucauld (cf. François VII) recueillit par héritage le marquisat d'Espinay et le comté de Durtal-Matheflon."

Jean II d'Espinay, comte de Durtal (Duretal), né en 1528, à Champeaux et mort le 9 décembre 1591, est un homme de guerre et chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Fils de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine, il a notamment pour frère Charles d'Espinay, poète et evesque de Dol. Il épouse Marguerite de Scépeaux, comtesse de Durtal, fille de François de Scépeaux, Maréchal de Vieille-Ville.  Jean d'Espinay étudia à Paris en philosophie, en géométrie et en astrologie. Il servit sous 5 rois de France : Henri II ; François II ; Charles IX ; Henri III et Henri IV. Il fut nommé chambellan du roi de France Henri II, puis capitaine de compagnie de cavalerie légère et sénéchal d'Albi et de Castres. Il s'illustra au siège de Thionville, aux batailles de Saint-Denis, de Jarnac et de Moncontour, durant les années 1568-1569. C'est Charles IX qui pour le récompenser de ses services le fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, et Henri III qui érige ses seigneuries d'Espinay en marquisat en 1576."

Ces textes ne précisent pas qui furent l' enfant de Marguerite de Scépeaux : il s'agit de Claude d'Espinay comte de Durtal, marié le 15 janvier 1578 avec Françoise de la Rochefoucauld-Barbézieux (fille de Charles et de Françoise Chabot). Il décéda après 1584. 

https://gw.geneanet.org/frebault?lang=fr&n=d+espinay&oc=0&p=claude

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On notera que Jean II d'Espinay devint, par sa femme, comte de Durtal ; ce qui le relie d'avantage à l'Anjou et au Val de Loire, puisque Durtal est au nord-est d'Angers (son grand-père Guy II était seigneur de Segré, localité au nord-ouest d'Angers).

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Inscription de fondation de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Inscription de fondation de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Je parviens à prendre, depuis le chœur,  une photo de la clef de voûte armoriée de cette chapelle, et j'y découvre le lion les armes du couple, parti d'Espinay (d'argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d'or) et de Scépeaux (vairé d'argent et de gueules). 

En réalité, le blason est plus complexe. Sous la couronne de marquis, et au centre d'une cordelière nouée en huit, il est losangique : sa détentrice est donc une femme. Du coté gauche, le lion est bien couronné, lampassé et armé : seule l'absence des émaux manque pour le rapporter à un seigneur d'Espinay. Le coté droit montre bien les cloches et pots du vair, en partie haute, tandis qu'en bas la moitié d'un lion. En outre, ce parti est centré par une forme en blason, dont les meubles ne me sont pas lisibles.

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Clef de voûte  de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Clef de voûte de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Dans cette chapelle, la verrière de la baie orientale semble ancienne, mais toute sa partie centrale (sacrifice d'Abraham) et ses armoiries sont récentes (1910). Ces 3 pièces armoriées sont celles des seigneurs d'Espinay, des seigneurs de Scépeaux, et l'alliance des deux. Néanmoins, les "chapeaux de triomphe" (Corpus vitrearum) sont anciens, et on y retrouve la cordelière à nœuds de capucins, nouée en huit, de la voûte. Sur une autre, sous la couronne de marquis, le collier de Saint-Michel.

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Baie 2 de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Si je poursuis mon enquête sur la partie sud qui ne m'est pas accessible, je trouve, sur le site  www.champeaux35.fr, un plan très détaillé dont je me permets de donner un détail :

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Plan de l'ancienne collégiale de Champeaux, partie sud-est.

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J'y découvre que la porte sud (ES) donne accès à un passage qui, après une volée de marches, débouche soit, à l'est, sur la chapelle des Espinay, soit, à l'ouest et par un escalier, à la salle capitulaire. Celle-ci a été terminée en 1604. Cette porte sud est souvent désignée comme "porte de la sacristie".

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Enfin, et surtout, l'encadrement de la baie éclairant la chapelle sud, (une ancienne porte ?) comporte des éléments sculptés reprenant les armoiries et les monogrammes que j'ai photographié sur la porte sud, sujet de cet article (J.J. Rioult, Dossier de l'Inventaire). J'y reviendrai.

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Plan :

1. La porte sud.

2. Les boiseries encadrant la porte sud.

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I. LA PORTE MONUMENTALE SUD (J. RICAND, 1594).

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Vue générale.

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La porte de plein cintre est encadrée par deux colonnes, où court un rinceau de lierre, et posées sur deux soubassement à inscription. Ces colonnes supportent une architrave à métopes d'ordre dorique. Comme un petit temple antique, vient ensuite un panneau armorié entre deux pilastres annelées à chapiteau ionique (à volutes). Le fronton triangulaire est centré par un blason bûché, entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel.

Je l'examinerai de haut en bas.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le fronton.

il repose sur une frise de six têtes d'angelots. Un blason bûché occupe le cuir découpé à enroulement central.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le blason n'est plus lisible, mais le collier de l'Ordre de Saint-Michel est préservé. Jean II d'Espinay reçut ce collier par lettre royales du 29 mai 1570. Puis  Louis d'Espinay, seigneur de la Marche, reçut des mains de son frère aîné Jean  ce collier par lettre du Roi du 3  juillet 1570.

Il est donc probable que les armoiries bûchées soient celles de Jean II et de Marguerite de Scépeaux.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Dans le cuir découpé à enroulement se trouvent un blason losangique entouré d'une cordelière à nœuds en huit et nœuds de capucin, et cantonné de fleurettes. La ressemblance avec les armes de la clef de voûte de la chapelle sud incite à les attribuer à Marguerite de Scéveaux. Le bûchage a été soigneux, mais la forme extérieur du lion des seigneurs d' Espinay se voit dans le premier parti, alors que du coté droit se discerne la division en quartier, l'élément central sur le tout, qui sont ceux de la clef de voûte.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La porte en plein cintre.

L'encadrement m'intéresse par son décor de rinceaux autour de deux monogrammes dans des médaillons de deux palmes entrecroisées.

Il est temps de comparer cette porte intérieure avec les éléments sculptés à l'extérieur autour de la baie sud. Nous retrouvons un élément central (à l'ombre), les armes de Jean II d'Espinay enrourées du collier de Saint-Michel à gauche, les armes losangiques couronnées et  entourées de la cordelière de Marguerite de Scéveaux à droite, et, dans des palmes, le monogramme I bagué d'une couronne sous les armes de Jean II, et le monogramme M I timbré d'une couronne à gauche. Le décor héraldique et emblématique est donc le même.

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Elévation sud, vitrail, blasons et cadran solaire, (c) Inventaire général, ADAGP

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le premier monogramme pourrait être lu comme un H, mais c'est l'association de deux figures renversées en miroir de part et d'autre d'une couronne. Est-ce le I de Jean II, bagué de la couronne de son marquisat,  obtenu en 1575 ?

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le monogramme de droite est le M de Marguerite, mais couplé à un M inversé et centré par un I. 

Bien sûr, il serait intéressant de  retrouver des deux chiffres ailleurs, sur les propriétés meubles ou immeubles de ce couple.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La colonne et son rinceaux de feuilles de lierre, symbole d'attachement.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'inscription du soubassement de gauche.

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RICAND ME FECIT.

"Ricand me fit" : il s'agit de la signature de l'architecte Julien Ricand, qui conçut, comme le signalait la première pierre, l'ensemble de la chapelle sud, et qui est également l'auteur de la reprise de la façade du château de La Rivière à Champeaux, propriété des seigneurs d'Espinay. La porte octogonale dite de la Tourelle, du milieu du XVIe siècle présente un haut relief à deux écussons présenté par deux sauvages, comme nous le trouvons ici dans les boiseries.

https://chateaudelespinay.com/

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le chronogramme de 1594.

Il complète l'inscription précédente qui se lit ou traduit ainsi : RICAND ME FIT EN 1594.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES BOISERIES ( XVIe siècle).

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Du coté droit de la porte.

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1. Blason présenté par un couple de sauvages.

Le blason a été si bien bûché qu'il est illisible. Il est incliné et s'inscrit dans une couronne de feuilles. Il est suspendu par une courroie au casque placé de profil et tourné à gauche, et orné de deux plumes. Le casque porte un tortil de baron.

Le tenant sauvage mâle, nu, velu et barbu, tient une massue.

Le tenant sauvage féminin, nu et velu, tient une fronde, ou l'extrémité de deux cordons. 

J'ai déjà signalé que c'est cette composition de blason entre deux sauvages qui est sculpté au château d'Epinay. 

L'autre blason, qui complète celui-ci, se trouve à gauche de la porte, et porte les initiales de Guy III d'Espinay et de sa femme.

Tout incite à penser que celui-ci portait les armoiries de Guy III.

Le motif des tenants associant deux hommes sauvages (parfois armés de massues), ou un couple de sauvages, est bien connu, et Claude-André Fougeyrollas y a consacré un ouvrage en 1988, son Essai d'un armorial des sauvages (que je n'ai pu lire). Le site de Michele Aquaron en propose des exemples.

J'imagine que ce couple des bois, couple vert ou panique renvoie (comme l'image de l'arbre en généalogie), à l'idée que la famille seigneuriale est très ancienne. Elle rappelle aussi le lien de la Renaissance avec l'Antiquité. Le patronyme D'Espinay peut aussi renvoyer à la Nature, quoique de façon piquante.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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2. Médaillon au profil féminin.

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En haut, deux aigles présente dans un cuir un probable blason, bûché.

Au centre, dans un médaillon hachuré de I, une femme montre son profil gauche : sa coiffure très élaborée est remarquable.

En bas, des rinceaux autour d'un vase. Mais ces rinceaux sont les queues de deux dauphins affrontés. Et un cartouche rectangulaire portait peut-être une indication peinte.

 

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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3. Couple en médaillon.

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À droite, le médaillon montre le profil gauche d'un homme casqué, barbu, et souriant. On pense à Jean II d'Espinay, ou à son père. 

À gauche, c'est le profil d'une femme, en belle coiffure, col en courte fraise, manches bouffantes : sans doute un renvoi idéalisé à Louise de Goulaine ou Marguerite de Scépeaux.

Au milieu, des cartouches, peut-être peintes jadis.

En haut, des vases emplis de fleurs.

En bas, d'autres vases avec des couples de dauphins, ou de grotesques.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Du coté gauche de la porte.

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Blason présenté par un couple de sauvages sous les initiales G et L.

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Les initiales sont celles de Guy III d'Espinay et son épouse Louise de Goulaine., les parents de Jean II d'Espinay.

Les initiales tenues par deux putti sont reliées par des lacs d'amour, ... comme sur la maîtresse-vitre qu'ils avaient offert à la collégiale vers 1539 (ils s'étaient mariés en 1528), ou comme sur leur tombeau de 1554.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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À gauche, des rinceaux autour d'un vase, et un cuir à enroulement.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le casque porte le tortil de baron, comme à droite, et deux magnifiques plumes.

L'homme sauvage porte sa massue sur l'épaule. Un double cordon passe en bandoulière, et se retrouve de l'autre coté du blason dans les mains de la femme.

Le blason, à la partition soigneusement bûchée, est suspendu par une courroie au casque.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Un siège de la salle capitulaire au médaillon de la Charité.

 

"Il existe aussi dans la chapelle Sainte-Barbe un siège en bois à dossier sculpté, assez curieux, offrant un médaillon central qui représente la Charité ; ce siège a évidemment été transféré là de sa place primitive. On croit que c'est un débris des stalles de l'ancienne salle capitulaire. La porte de cette salle est, en effet, ornée de panneaux de même style que le siège en question, et elle est datée, avons-nous dit, de 1594." (Guillotin de Courson) Il aurait été placé ensuite ici.

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La figure allégorique de la Charité.

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C'est une belle femme, joliment coiffée et habillée, qui incline doucement la tête vers la droite en souriant tout en présentant un cœur devant sa poitrine.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Au dessus de cette Charité, le panneau porte l'inscription L & MIL, qui reste énigmatique pour moi. Les lettres sont perlées et ornées, et ce que je transcris comme & est plus complexe que cela.

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Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Porte sud (Julien Ricand, 1594) de la chapelle d'Espinay, ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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SOURCES ET LIENS.

BUSSON (Henri), 1922, Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591): Thèse complémentaire, présentée pour le Doctorat ès lettres, à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Champion ed, Paris. 246 pages

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3380739s

https://books.google.fr/books?id=NX3VDwAAQBAJ&pg=PT31&lpg=PT31&dq=%22tellus+styx%22&source=bl&ots=RzqKwKQm30&sig=ACfU3U1sfHNtevj6Vdd1wooHxy8GUEx57A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj4oqDjle7rAhVJ8uAKHeIKCjwQ6AEwAXoECAMQAQ#v=onepage&q=%22tellus%20styx%22&f=false

 

BUSSON (Henri), 1922, "Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591)", Mémoires de la SHAB pages 1-203.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf


— LEVRON (Jacques), 1940, Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine), Bulletin monumental tome 99 n°1 pages 85-98

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1940_num_99_1_9755

LELOUP (Daniel), 2019, Rennes au temps d'Yves Mahyeuc : une ville entre gothique et Renaissance. in Augustin Pic, " Yves Mahyeuc, 1462-1541: Rennes en Renaissance"  Presses Universitaires de Rennes.

https://books.google.fr/books?id=I5izDwAAQBAJ&dq=COUZY+(H),+1968,+Coll%C3%A9giale+La+Madeleine+de+Champeaux,+Congr%C3%A8s+arch%C3%A9ologique+de+France,+126e+session,+Haute-Bretagne,+p.60-73&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En France, la période correspondant à la fin de l'Etat breton (Acte d'union de la France et de la Bretagne en 1532) correspond en histoire de l'art à celle de la Renaissance italianisante puis antiquisante, période où sont édifiés les châteaux de la Loire comme celui de Chenonceaux (v.1513-1516), d'Azay-le-Rideau (v. 1518-1527) et de Chambord (v. 1513-1516).

"Mais avant même la construction de ces œuvres majeures, l'influence de l'Italie du Quattrocento se fait sentir en Bretagne, notamment sur plusieurs monuments funéraires : tombeau de François II et de Marguerite de Foix par Michel Colombe dans la cathédrale de Nantes (1499-1507), tombeau de l'évêque Thomas James dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne (1507). L'apparition du vocabulaire et des formes italianisantes touche simultanément de nombreuses constructions, qu'elles soient civile (façade principale du château de Goulaine et loggias du château des ducs de Bretagne à Nantes vers 1500) ou religieuses (portail du croisillon nord puis cloître de la cathédrale Saint-Pierre de Vannes en 1515-1520).

Dès ses prémices en Bretagne, la Renaissance est l'art d'une élite aristocratique composée de certains hauts dignitaires civils (Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine à Champeaux, mais également de religieux proche du pouvoir (Claude de Rohan, évêque de Quimper)."

 

 

LEVY (Tania), Projet de recherche. Le beau XVIe siècle en Bretagne - B16B, MCF en histoire de l’art moderne, UBO

https://www.univ-brest.fr/digitalAssets/82/82654_Projet-recherche-beau16e.pdf

 

"La Renaissance en Bretagne, et spécifiquement la Renaissance artistique, n’a été que peu étudiée. André Mussat y a consacré un petit opuscule, publié en 19612 , référence obligée, encore aujourd’hui, pour qui se lance dans l’étude de cette période pour la province. Les questions demeurent toutefois nombreuses. L’image d’une Bretagne reculée, imperméable aux « nouveautés » - entendez par là italiennes - a longtemps été développée et, malgré des contrepoints plus ou moins récents, perdure. André Mussat rejetait cette idée dès 1961, tout comme après lui Alain Croix, qui abordait la question en tant qu’historien et nuançait les choses . On associe en effet volontiers l’irruption de motifs italianisants ou encore à l’antique avec la progression d’une Renaissance artistique synonyme de progrès . L’adoption de motifs renaissants est généralement considérée comme très tardive en Bretagne, si ce n’est, à la marge, dans le domaine du vitrail . Or la Bretagne n’a jamais été coupée du reste du monde : dès les époques antérieures, de nombreux voyageurs arrivant de toute l’Europe passent par le duché ou s’y installent6 . De même, les Bretons voyagent et peuvent être à leur retour des vecteurs de formes nouvelles. L’adoption de traits italianisants ou exogènes est donc un choix tout à fait conscient des commanditaires comme des artistes, dans des contextes bien particuliers. Cette reprise formelle est commune au Royaume de France et pas seulement à la Bretagne, et constitue l’un des traits caractéristiques de la Renaissance française, ainsi que le présentent Henri Zerner et Marc Bayard : « Le dosage particulier des emprunts ont donné à la Renaissance en France une physionomie particulière. »  . Il nous semble pertinent de poser à nouveau la question de la Renaissance artistique bretonne. Si l’on se concentre sur le XVIe siècle, elle est généralement peu abordée par les ouvrages de référence. Henri Zerner ne mentionne par exemple que très peu de cas bretons, de façon assez succinte. En 2010, lors de l’exposition France 1500 au Grand Palais (Paris), aucune notice ni aucun essai du catalogue n’était consacré spécifiquement à la Bretagne .

La Renaissance artistique bretonne a été abordée par des chercheuses ces dernières années mais essentiellement dans le domaine de la sculpture. Ainsi Sophie Duhem en 1997 se penchait sur les sablières du XVe au XVIIe siècle ; plus récemment Emmanuelle Le Seac’h a travaillé sur les sculpteurs de Basse-Bretagne du XVe au XVIIe siècle  et Florence Piat a étudié les stalles bretonnes réalisées aux XVe et XVIe siècles . Dans le domaine pictural, Guylaine Le Kernec a consacré son DEA à l’étude des lambris peints (XVIIe -XIXe siècles) et Maud Hamoury a réalisé une thèse sur la peinture religieuse en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles , publiée en 2010. La question picturale reste donc peu abordée pour les périodes précédant le XVIIe siècle, ce qu’un rapide aperçu des sources comme des oeuvres conservées peut suffire à expliquer".

MUSSAT (  André), 1995, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Éditions Ouest-France, 380 p.

—MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

En Haute-Bretagne, ce sont naturellement les châteaux de la grande noblesse qui donnèrent le ton. Ils imitèrent les modèles de la Touraine directement inspirés par l'occupation de l'Italie du Nord. Citons la délicieuse et blanche loggia du château de Vitré et dans la même région, les stalles de la collégiale de Champeaux, commande des Espinay, parents des châtelains d'Ussé en Touraine. Aux Laval encore est dû, vers 1530, au flanc d'un antique donjon l'élégant château de Châteaubriant et sa longue galerie où se marient adroitement la brique, le tuffeau et le schiste.

Aux seigneurs se joignent les ecclésiastiques retour d'Italie. Les neveux d'un prélat humaniste commandent, dès 1507, aux Justi ou Juste, florentins devenus tourangeaux, le grandiose et élégant tombeau de la cathédrale de Dol. Tout ces novateurs suivaient le chemin illustré par la duchesse-reine lorsqu'elle avait confié à Jean Perréal et à Michel Colombe le tombeau de ses parents aujourd'hui à la cathédrale de Nantes, exécuté en marbre d'Italie.

— MUSSAT (André), 1975, "Le château de Vitré et l'architecture des châteaux bretons du XIVe au XVIe siècle", Bulletin Monumental  Année 1975  133-2  pp. 131-164

"C'est pourtant à la petite cour de Gui XVI que des nobles voisins, les Espinay, s'habituèrent au style nouveau, celui de leurs œuvres de Champeaux, qui, avec les châteaux des Nétumières en Erbrée, rappelle l'existence d'un foyer, mais qui fut sans large rayonnement. L'histoire de la Renaissance en Bretagne s'en trouve modifiée. Jusqu'à la fin de sa longue histoire architecturale, le château de Vitré resta donc une œuvre des marches, avec ce que cela veut dire de limites et d'ambiguïté. Il faut attendre les années 1560-1570 pour que des châteaux bretons s'inspirent du nouveau style : ce sera avec un parfum provincial plus marqué."

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1975_num_133_2_5456

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

GUINNEBAULT (Yves),Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=YbESi-0hrg4

WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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