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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 09:32

 

 

Le Tircis Pararge aegeria (Linnaeus,1758). Zoonymie (Histoire du nom).

 

 

     La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

  Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.


      Résumé. 

— Pararge : du grec para "proche de" et argês "blanc" : "proche des Arge", ancien nom de genre employé par Schrank en 1801 et qui accueillait Melanargia galathea.

aegeria : du nom latin d'Égérie, nymphe prophétique romaine appartenant aux Camènes, nymphe des sources ayant leur sanctuaire dans un bois sacré : elle conseilla  le roi Numa Pompilius lors de la fondation de Rome.

— Le Tircis : berger de la septième églogue de Virgile, où il participe à un concours de versification avec Corydon. Nom donné en 1762 par le médecin Étienne-Louis Geoffroy déjà auteur d'autres papillons-bergers ou bergères.


I. Nom scientifique

1.  Famille et sous-famille.

Le Tircis appartient à la famille des Nymphalidae ou Nymphalides, et à la sous-famille des Satyrinae, les Satyrines ou encore Satyres.



2. Nom de genre : 

Pararge Jakob Hübner, [1819]; Verzeichniss bekannter Schmettlinge  page 59. Type spécifique: Papilio aegeria Linnaeus

 Pararge est formé du grec para-, "à coté, proche de-",  et -arge, pour indiquer selon A. Maitland  Emmet (1991) les affinités avec le genre Arge Schrank, 1802 qui regroupe ...des hyménoptères symphites comme les tenthrèdes. J'ignore quelles sont les affinités en question. Arge, que j'aurais rapproché à tort d'Argus, signifierait en grec  "blanc", et on le retrouve dans Melanargia galathea, le Demi-deuil, qui est noir et blanc. Mais ni les tenthrèdes ni notre Tircis ne sont blancs : ce sont les mystères de la science. Retenons que Pararge signifie "proche du genre Arge".

3. Nom d'espèce :  

 P[apilio] N[ymphalis] aegeria Linnaeus, 1758; Systema  Naturae 10ème édition 10 page 473 

n° 98, Localisation du type Europe du Sud et Afrique du Nord.

  Ce papillon, dans la taxonomie de Linné, appartient au groupe des Nymphales (aux ailes dentelées), sous-groupe des Gemmati (aux ailes ocellées), sous-sous-groupe des papillons aux ocelles réparties sur les ailes antérieures et postérieures (n°88 à 103).

 L'épithète aegeria, que l'on doit à Linné, renvoie à Égérie. Ce nom qui est devenu  dans notre langue un nom commun désignant l'inspiratrice d'un homme de pouvoir est d' abord le nom d'une Camène, ces nymphes prophétiques des sources et des bois de l'ancienne religion latine. Le deuxième roi lègendaire de Rome (après Romulus) Numa Pompilius fit  croire au peuple latin que c'était Égèrie qui lui inspirait toutes ses décisions politiques lorsqu'il fonda les institutions religieuses romaines : il se rendait dans le bois d'Aricie, où elle résidait. Mais Ovide suggère qu'il y rencontrait sa maîtresse...

 

   De toute façon, cela n'a rien n'a voir avec ce papillon, qui n'a été ainsi baptisé par Linné que parce que celui-ci l'avait classé parmi les Nymphalidés et a donc attribué des noms de nymphe au petit bonheur de l'arrivée des spécimens qu'il était en train de classer pour la postérité dans son Systema Naturae.

 

 


 

II. Nom vernaculaire.

1. Tircis, Geoffroy 1762.

 Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 48 n°16.

Corydon (ou Coridon) et Tircis sont deux bergers qui viennent des « Bucoliques » de Virgile. Nous retrouvons le nom de Corydon cinq fois dans ce livre (II, 1, 56; V, 86 ; VII, 2, 40) tandis que celui de Thyrsis (et non Tircis) s’y trouve trois fois (VII, 2, 16, 69). Dans les  Fables de La Fontaine , nous lirons ce nom de Tircis dans « Contre ceux qui ont le goût difficile » (Livre II, fable 1, vers 42), dans « Tircis et Amarante » (VIII, 13, titre et vers 30 et 57) ainsi que dans « Les Poissons et le Berger qui joue de la flûte » (X, 10, vers 1).

 

   Le Tircis  tient donc son nom d'un berger de la mythologie grecque, tel qu'il apparaît dans les Idylles de Theophraste ou chez Virgile. Ce berger Tircis ou Thyrsis est réputé pour ses chants bucoliques. Son nom s'inspire du thyrse, un bâton surmonté d'une pomme de pin et d'un bouquet de feuilles de vigne ou d'une touffe de lierre, noué par un ruban.

   Aucun rapport clair n'est à établir entre ce papillon et ce héros grec ou avec son espèce de caducée.

    La septième Églogue des Bucoliques de Virgile, imitée de la huitième idylle de Théophraste, présente la joute poétique de deux bergers, Thyrsis conduisant ses brebis, Corydon ses chèvres aux mamelles trainantes,  "tous deux de l'Arcadie et dans la fleur des ans, tous deux égaux dans l'art de chanter et de répondre aux chants". Ils  invoquent dans des couplets de quatre vers alternés successivement les Muses, Diane, Priape, avant de chanter Galatée, puis les saisons, puis Alexis, Phyllis et Lycidas, avant que Corydon soit déclaré vainqueur.

 Étienne Louis Geoffroy, après avoir donné les noms de Silène, de Baccante et de Tristan aux papillons de sa Première famille,  nomme le Tircis et renvoie aux descriptions de la dixième édition de Linné et à l'Histoire des insectes de Réaumur I; t.27,f.16-17.

   En choisissant ce nom de berger pour baptiser un  papillon, Geoffroy rend d'abord hommage à Virgile et aux églogues de ses Bucoliques. Il nommera le papillon suivant Corydon, puis viendra Myrtil, puis Amaryllis, la belle Amaryllis de la première Églogue. Je note que la sixième Églogue porte le titre de Silène. 

   On a peut-être oublié la place que tenait Virgile en France et dans toute l'Europe du seizième au dix-neuvième siècle, l'importance des antiquités grecques et latines dans la formation scolaire de l'élite intellectuelle, comment la maîtrise du latin et des auteurs latins remplissait le rôle qu'occupe actuellement les mathématiques dans la sélection des meilleurs esprits, en un temps où les doctorats se soutenaient dans cette langue. On a aussi sans-doute oublié l'importance de la poésie pastorale et du roman pastoral qui s'inspirèrent des oeuvres latines pour divertir avec de charmantes histoires de bergères et de berger, de moutons et de houlettes, de rossignols et de fleurettes. Pourtant ces idylles roucoulantes tiennent une place considérable dans notre littérature, et puisque par convention le berger s'y nommait régulièrement Tircis, on trouve Tircis chez Guillaume Colletet, chez Honoré d'Urfé et son Astrée , chez La Fontaine ( Tircis et Amarante, Fables VIII, 13, Le berger et la mer, Fables, II,2, Contre ceux qui ont le goût difficile Fables II, 1, Les Poissons et le berger qui joue de la flûte, Fables X, 10), chez Fontenelle ( 23 occurrences dans le premier volume de ses Poésies), chez Molière ( dans les Intermèdes de Georges Dandin, dans l'Eclogue (sic) qui ouvre le Malade Imaginaire, dans Le Sicilien ou l' amour peintre, dans les Amants magnifiques...), chez Pierre Corneille (dans Mélite ,1629), chez Houdart de la Motte, chez Berquin, et chez une quantité innombrable d'auteurs de Bergeries ou d' Idyllies un peu moins connus, où Tircis  dialogue avec Corydon, Doristée, Eraste, Cléon, Climène, Daphné ou Dorillas.

   Lorsque Geffroy écrit son Histoire abrégée, la mode des bergers bat son plein, accompagnant un mouvement plus général de retour à la nature, favorisé par le rousseauisme et la Nouvelle  HéloÏse, et on trouve une illustration de l'importance de cette mode dans la construction au château de Chantilly, au château de Rambouillet ou au Petit Trianon de fermes dotées, non de bergeries, mais de laiteries où les nobles  vont "jouer à la vacherie". Signalons encore que les fauteuils dits "bergères" reçurent ce nom en 1725.

  N'ai-je pas convaincu ? Ouvrez avec moi l'Histoire abrégée des insectes de Geoffroy : en page de titre se lit cette citation des Georgiques de Virgile : Admiranda Tibi Levium Spectacula Rerumqu'il emprunte sans-doute au frontispice de Historia naturalis Ranarum nostratium d' Auguste Jean Rösel von Rosenhof, ouvrage paru en 1752. Cette citation qui signifie : "Spectacle admirable dans de petits objets !" est un parfait slogan pour un entomologiste.

  Mais revenons à nos moutons  ( c'est le conseil que l'on donna à Mme Deshouillières (1633-1694) qui avait écrit auparavant une idylle à succès, Les Moutons, après qu'elle se soit aventurée à faire paraître Genseric, une tragédie pitoyable) et retrouvons Tircis au dix-neuvième siècle sous la plume de Paul Verlaine dans ses  Fêtes galantes :

 

                                                    Mandoline

      Les donneurs de sérénades
      Et les belles écouteuses
      Échangent des propos fades
     Sous les ramures chanteuses.

 

      C’est Tircis et c'est Aminte,, 

      Et c’est l’éternel Clitandre,,
      Et c’est Damis qui pour mainte
      Cruelle fait maint vers tendre.

 

      Leurs courtes vestes de soie,
      Leurs longues robes à queues,
      Leur élégance, leur joie
      Et leurs molles ombres bleues

 

      Tourbillonnent dans l ’ extase
      D ’ une lune rose et grise,
      Et la mandoline jase

      Parmi les frissons de brise.

 

 

 

 

 

 

 2. LE TIRCIS  Engramelle 1779.

 Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Paris, 1779 Volume 1  page 117,       n°49, Planche 25 par J.J Ernst, 

 

 

 

3. L'Égérie, de Villers 1789.

Charles de Villers, 1789. Caroli Linnaei entomologia, tome 2, Lyon : Piestre et Delamollière, p. 25.

Je considère que Charles de Villers ne procède pas à la création de nom vernaculaire lorsqu'il indique entre parenthèses à la suite du nom scientifique d'une espèce sa traduction en français. 


4.  Le Satyre Égérie, Latreille et Godart 1819

 Pierre-André Latreille, Jean-Baptiste Godart, Encyclopédie méthodique Histoire naturelle Tome 9 Paris :Agasse, 1819 page 467 n°89.    

 

5. Le Satyre Tircis, Godart 1823

 Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot, 1823 page 153 n°54 , 1823.

 

      Hippolyte Lucas dans son Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe de 1834 page 74 reprend le zoonyme de Godart Le Satyre Tircis.

5. Autres noms:

inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/53595

  • L'Argus des bois : On trouve ce nom en 1795 dans l'ouvrage bilingue anglais/français Les Papillons de Grande-Bretagne de W. Lewin (Sec.III Esp. XXII) : il traduit alors Wood argus. On  voit ce zoonyme repris en 1934 par Paul A. Robert Les papillons dans la nature: 64 planches en couleurs et monographies.Éditions Delachaux and Niestlé, s.a., 1934 - 405 pages.
  • L'Égérie.  L'Encyclopédie Cuvier donne en 1813 dans son Dictionnaire des Sciences naturelles : "C'est le nom du papillon que Geoffroy a nommé Tircis".

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

Gérard Christian Luquet conseille l'emploi principal de Le Tircis, écarte L'Argus des Bois de P.A. Robert comme traduction d'un nom étranger, et accepte L'Égérie de De Villers (et Godart 1819) qui est  pourtant calqué sur le nom scientifique aegeria.

7. L'usage des noms vernaculaires dans les ouvrages contemporains.

      Oberthür et Houlmet dans leur Faune armoricaine 1912-21 emploient uniquement le nom scientifique. 


Bellmann /Luquet 2008 : Le Tircis.

Blab / Luquet 1988 : Tircis.

Chinery / Luquet  2012 : Le Tircis.

Doux & Gibeaux 2007 : Le Tircis.

Higgins & Riley /Luquet 1988 : Le Tircis.

Lafranchis, 2000 : Le Tircis.

Perrein, 1012 : Tircis.

 

Tolman & Lewington  / P. Leraut 2009 : Le Tircis.

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  •  Speckled Wood en anglais : le moucheté des bois.
  • Täpläpapurikko en finnois
  •   Kvickgräsfjäril et Rutfjäril en suédois : le lutin des herbes ? et le 
  • Laubfalter en allemand : le papillon des feuilles
  • Maculada en espagnol : le tacheté.
  • Osadnik egeria en polonais.

 IV. Noms vernaculaires anglo-saxons (M.A. Salmon, 2000). 

Première mention par Moffet en 1634.

  • The Enfield Eyes (Petiver, 1704 ; Newman & Leeds, 1913.)
  • The Wood Argus (Wilkes, 1747-49 ; Lewin, 1795 ; Morris, 1853 ; Coleman, 1860 ; Furneaux, 1894 ; W-F Kirby, 1896 et 1906 ; Newman & Leeds, 1913.)
  • The Speckled Wood (Harris, 1766 ; Morris, 1853 ; Furneaux, 1894 ; W-K Kirby, 1896 et 1906 ; Coleman, 1901; South, 1906 ; Newman & Leeds, 1913, et la plupart des auteurs.)
  • The Wood Lady (Morris, 1853).

 


Liens et sources.

 

— Site Funet

Inventaire National du Patrimoine Naturel du Museum d'Histoire Naturelle.

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaireRapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par BergquistGallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : RhopalocèresTroisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988455 pages.

— HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe",Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Mépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary. 

VILLERS (Charles de), 1789. Caroli Linnaei entomologia, tome 2, Lyon : Piestre et Delamollière, p. 25.

 

De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langF

 Geoffroy BHL :1762 :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Godart BHL :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles : BHL : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Boisduval chenille 1832 :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

 

 — Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de


 

 

 

Description.    

   Les mâles de ce papillon sont connus pour leur stratégie dite "bourgeoise" d'entrer en compétition pour des territoires de reproduction qui sont des taches ensoleillées : leur lutte consiste en vols brefs vers le haut au cours desquels chacun des adversaires tourne en spirale autour de l'autre. Le perdant est celui qui quitte le rayon de soleil le premier. Mais c'est toujours le premier occupant, le "résident", qui gagne ( Davies, 1978).

   En effet, dés le début d'une matinée ensoleillée, chaque mâle prend position d'un perchoir sur une feuille ensoleillée et y guette le passage d'une femelle. La course du soleil fait que, régulièrement, chaque perchoir se retrouve à l'ombre et que son propriétaire doit courir (ou plutôt voler) vers un nouveau perchoir, un peu comme dans un jeu de société du genre des chaises musicales ou d' Un, Deux, Trois, Soleil. Cela engendre inévitablement - c'est cela qui est amusant-son lot de conflits territoriaux et de stratégie "bourgeoise", qui sont certainement autant d'échanges de messages chimiques. Ce qui amuse d'avantage les savants, c'est de s'arranger pour faire croire à deux mâles en même temps qu'ils sont les résidents du perchoir, et d'observer en se tapant sur les cuisses tellement c'est comique que le vol en spirale vers la canopée peut durer pendant des heures ; enfin, pendant plusieurs minutes.

   Certains mâles de Tircis adoptent une autre stratégie de drague que celle du perchoir et patrouillent à la recherche des femelles... et Jeremy Thomas ( Butterflies  of Britain and Ireland) soutient que ceux qui ont quatre points sur l'aile postérieure sont des percheurs, et ceux qui n'en ont que trois sont les patrouilleurs. Vraiment étonnant ! Mais mon Tircis n'a que trois points et c'est un percheur.

   Les mâles ne s'en prennent qu'aux papillons de leur espèce, et ignorent les autres papillons.

Lorsqu'une femelle interceptée est réceptive, elle se pose sur une feuille et étend ses ailes. Le mâle la survole en frôlant ses ailes postérieures : les papillons ont des récepteurs olfactifs situés sur les pattes et on pense que ce rituel lui permet de flairer sa partenaire pour savoir si son émergence est récente. Information capitale puisqu'une jeune femelle a devant elle une espérance de vie prolongée et pourra produire un plus grand nombre d'oeufs.

   L'accouplement survient en fin de matinée et dure une heure environ.

  Les Tircis adultes se nourrissent de miellats (sécrétions de pucerons)  sur la face supérieure des feuilles de chêne, de frêne ou de noisetier, et ne butinent pas les fleurs, sauf en fin d'été.

 

 

Source :

http://www.learnaboutbutterflies.com/Britain%20-%20Pararge%20aegeria.htm


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