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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 11:00

Joris Hoefnagel et son premier Hibou au Caducée-pinceau dans l' Allégorie aux deux Nymphes avec les vues de Munich et de Landshut (1579) . Une allégorie de la Paix par les arts et la sagesse ? Un message de non-réponse à la haine par la haine ?

Je dédie cet emblème à Madame Latifa Ibn Ziaten .

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Joris Hoefnagel,   Allégorie aux deux Nymphes avec les vues de Munich et de Landshut (1579) , détail, in Vignau-Wilberg 2006.

Joris Hoefnagel, Allégorie aux deux Nymphes avec les vues de Munich et de Landshut (1579) , détail, in Vignau-Wilberg 2006.

Dans un article précédent, Le Hibou au Caducée chez Joris Hoefnagel, je présentais

cinq peintures de Hoefnagel au Hibou et/ou au caducée:

  • Missale romanum folio 332, Deuxième Dimanche après Pâques, 39 x 28,5 cm. 1582-1590.

  • Missale romanum folio 637, Messe des Défunts, 1590

  • Schriftmusterbuch folio 20, 18 x 13,2 cm, "Hibou attaqué", 1594-1598

  • Grotesque inventaire n°1519, 17 x 13,2 cm, sans date

  • Allégorie pour l'amitié d' Abraham Ortélius, 11,7 x 16,5 cm, 1593.

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​Depuis, j'en ai découvert d'autres. Mais le premier semble dater de 1579. Auparavant, Hoefnagel avait fait ses classes de jeune fils de riche diamantaire d'Anvers en étudiant le droit en France (Orléans et Bourges), puis en parcourant l'Espagne et notamment l'Andalousie (1563-1567) avant de séjourner en Angleterre et de revenir à Anvers. Passionné par le dessin, il avait rempli ses carnets de vues de villes et de paysages, s'était défini un mot d'ordre, Natura sola Magistra, et s'était formé aux techniques de la miniature, peignant sa première œuvre d'enlumineur en 1573 sous forme d'une fascinante Vue de Séville. En 1572, ses chorographies (vues paysagères) participèrent à la publication du premier volume du Civitates Orbis Terrarum de Georg Braun et Frans Hogenberg, dont les gravures eurent un succès immédiat. Fuyant sa ville après le Saccage d'Anvers (1576) qui ruina partiellement son père, il partit faire son "Grand Tour" et se rendit, en compagnie de son aîné Abraham Ortelius, en Italie en passant par l'Allemagne. A Augsbourg, le banquier Fugger les recommanda au duc de Bavière, qui les reçut à Munich. Le duc Albert V était un grand amateur d'art et il fut si enthousiaste devant la Vue de Séville qu'il en fit l'acquisition immédiatement tout en engageant Hoefnagel comme peintre de cour. (Hans Mielich, le miniaturiste de la cour d'Albert V, était décédé en 1573). Après avoir parcouru l'Italie, le jeune artiste (il avait 26 ans) rejoignit la cour ducale en avril 1578. Il y peignit rapidement une autre miniature, le Forum Vulcani représentant sa visite à la Solfatare de Naples, et qu'il signait en affirmant fièrement son indépendance par l'adjectif autodidactos, "autodidacte".

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Jusque là, pas de Hibou au Caducée, mais néanmoins, sur la Vue de Séville, deux hiboux comme attribut de Minerve et, à distance, un caducée comme attribut de Mercure : les deux emblèmes sont donc présents dès 1573 avec leur référence à la déesse de la Sagesse et au dieu de l'Éloquence artistique et du Commerce. Il restait à les rapprocher et à se les approprier.

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C'est ce qu'il va faire dans une de ses premières œuvres munichoises, une Allégorie fraîche, gracieuse et festive, l' Allégorie aux deux Nymphes, avec les vues de Munich et de Landshut datée de 1579.Elle est conservée au Kupferstichkabinett du Staatliche Museen de Berlin, sous le n° d'inventaire KdZ 4804 , et sous le titre de Ansicht von München und Landshut in reicher allegorischer Umrahmung. Elle pourrait se nommer Allégorie de la Paix dans le Duché de Bavière.

On peut l'examiner en ligne sur le site de NKD :

https://rkd.nl/en/explore/images/record?query=joris+hoefnagel+allegorie&start=11

Mais Théa Vignau-Wilberg en a donné une reproduction de bonne qualité dans son livre de 2006 In Europa zu Hause – Niederländer in München um 1600, et c'est la photographie de ce document que j'exploite ici.

Joris Hoefnagel,  Allégorie aux deux Nymphes avec les vues de Munich et de Landshut (1579) , in Vignau-Wilberg 2006.

Joris Hoefnagel, Allégorie aux deux Nymphes avec les vues de Munich et de Landshut (1579) , in Vignau-Wilberg 2006.

 


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Description : L'emblème du Hibou au caducée de la bordure de gauche.

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Voici retrouvé le Hibou de Minerve / Athena tenant le caducée de Mercure et formant ainsi l'emblème de l'Hermathena, l'union de la Sagesse et de l'Éloquence artistique. Mais ici, Hoefnagel est beaucoup plus explicite que dans les cinq exemples (plus tardifs) que j'ai déjà étudié, puisque le caducée de ce hibou emblématique est formé d'un pinceau, et  que l'animal symbole de la Pensée (il s'est  posé sur le casque de Minerve), est entourée de deux palettes pleines de couleurs. C'est donc le peintre lui-même qui s'approprie, pour lui-même ou pour sa discipline, l'emblème. Surtout, le hibou est entouré d'une couronne d'olivier, tandis qu'un serpent au corps entortillé au dessus de lui le menace, vainement, de sa gueule sifflante, et qu'un oiseau huppé au bec crochu l'attaque du coté gauche. 

Ce hibou au caducée surmonte un blason divisé en quatre quartiers par deux équerres et une règle. Les quartiers sont occupés par un canif-grattoir, un pinceau, deux burins et un maillet. Soit les outils du peintre, du dessinateur, du graveur, et de l'architecte ou, plus surement, du géographe-topographe. Hoefnagel associe-t-il ici tous les artistes des arts décoratifs, ou bien décline-t-il les différentes fonctions de peintre, de graveur, et de chorographe qu'il a exercé, notamment à coté du géographe Ortélius ?

Ce blason est entouré, en guise de collier de la Toison d'Or, des lettres du mot VIRTUS  auxquelles est suspendu un vase embrasé ou pot-à-feu, symbole d'enthousiasme et de charité, lui aussi transpercé par un pinceau. Ce pot-à feu est, à la fois, un cœur enflammé. Chaleur de l'amour procurant au Hibou la force de brandir son pinceau face aux agressions auxquelles il est confronté.

Plus bas, deux cornucopia, ou cornes d'Amalthée, débordent de fruits.

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Le contexte : la miniature, une allégorie de la Paix ?

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L'enluminure de Hoefnagel est l'une des premières (peut-être la troisième après la Vue de Séville de 1573 et la vue du Forum Vulcani de 1578) et date de 1579,  la seconde année de présence d'Hoefnagel à la cour du duc de Bavière à Munich. Le duc Albert V décéda cette année là, le 24 octobre 1579, et le prince Guillaume, qui vivait avec son épouse Renée de Lorraine à Landshut, regagne alors Munich en devenant le duc Guillaume V. 

La scène médiane est une illustration d'une citation de la cinquième églogue de Virgile ("Voici les Nymphes qui t'apportent les lis à pleines corbeilles")  et montre, dans un jardin Renaissance et autour d'un olivier, deux nymphes présentant deux vases remplis de lis ; le destinataire de ces lis, symbole de la prosperité générée par la paix, est désigné par la lettre A placé dans un pavillon seigneurial : c'est bien-sûr Albert V (et éventuellement son épouse Anna, Anne d'Autriche). Au dessus se trouve une vue de la ville de Munich, capitale du Duché, entre les armoiries des Wittelsbach et celle de Munich.  L'inscription parcere subiectis  debellare superbos, tirée de l'Énéide de Virgile mentionne une devise ducale, qui est aussi un programme de gouvernement visant à "épargner ceux qui se soumettent et à abattre les rebelles". Deux médaillons montrent, à gauche, un lion allongé près d'un agneau (parcere suiectis) et, à gauche, Hercule et le lion de Némée (debellare superbos). Le lion est un animal emblématique puis héraldique pour la famille des Wittesbach, qui se réclamait de la descendance  d' Hercule. Enfin, la devise TV DECVS OMNE TVIS, provenant là encore de Virgile, était à l'époque une devise autonome illustrée par une main arrachant la langue d'un lion. Dans la partie basse, une vue du chateau de Trausnitz et de la ville de Landshut sert de cadre à une scène de chasse, où le duc et son fils poursuivent un cerf, rendant ainsi hommage à leur bravoure. Ainsi, dans cet axe vertical tracé par le tronc de l'olivier, les exploits dignes d'Hercule, la force du lion, et  et la valeur cynégétique des ducs de Bavière montrent que la prospérité des villes de Munich et de Landshut est le fruit d'une politique alliant la vaillance et la sagesse. Cet axe de l'arbre de Paix relie Landshut et Munich : les deux villes se sont longtemps opposées, comme les sièges de deux duchés séparés, celui de la Basse Bavière ou Bavière-Landshut et celui de la Haute Bavière ou Bavière-Munich. le règlement successoral adoptant en 1506 la primogéniture permit  que le duché se transmette sans partage au premier fils né de lignée masculine. Il en est resté ainsi jusqu'au XIXe siècle.

Mais ces deux villes sont aussi celles qui ont très largement bénéficié du mécénat du duc Albert V et du prince Guillaume à l'égard des arts. Passionné de peinture et de sculpture, mais aussi mélomane averti, Albert V a attiré à lui les artistes flamands et italiens, que les Fugger avaient déjà attirés à Augsburg. Par des commissionaires établis à Venise, il a réuni une extraordinaire collection d'œuvres d'arts  d'influence italienne, et a fait décoré ses résidences selon le même goût. C'est ce que rappelle l'axe horizontale reliant la bordure de gauche, dédiée aux arts graphiques, avec la bordure de droite dédiée à la musique et, précisément, aux compositeurs Cyprien de Rore et Roland de Lassus. Si la paix obtenue par le duc permet la prospérité économique des cités, elle permet aussi l'épanouissement des arts.

La paix ici célébrée est est aussi une paix religieuse : après les tentatives de répression militaire du lutherianisme par Charles Quint, la paix d'Augsbourg de 1555 a suspendu les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques en Allemagne en imposant le principe fondamental : cujus regio, ejus religio c'est-à-dire : « tel prince, telle religion". Les ducs de Bavière ont défendu le catholicisme auquel était attaché la maison de Wittelsbach, et, malgré la tiédeur de ses convictions personnelles, Albert V puis Guillaume V sont devenus les chefs de la Contre-Réforme, faisant appel aux Jésuites pour créer dees collèges. La Bavière est à l'écart du déchaînement des Guerres de Religion.

C'est en fonction de cette lecture que je propose de voir dans cette enluminure une Allégorie de la Paix. Or, cette vertu est aussi, in fine, la valeur fondamentale de l'emblème du Hibou au Caducée.

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Joris Hoefnagel, Hibou au Caducée, in Allégorie aux deux Nymphes avec les vues de Munich et de Landshut (1579) , in Vignau-Wilberg 2006.

Joris Hoefnagel, Hibou au Caducée, in Allégorie aux deux Nymphes avec les vues de Munich et de Landshut (1579) , in Vignau-Wilberg 2006.

 

DISCUSSION . L'HIBOU AU CADUCEE.

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Nous aurions donc ici la première figure du Hibou au caducée de Hoefnagel, figure qui lui sert d'emblème au même titre que le clou (Nagel) qu'il emploie parfois en signature. Nous avons donc ici réuni les éléments qui réapparaitront dans les occurences iconographiques suivantes et qui font de cet animal l'expression de la volonté de paix, confronté sans cesse sans y répondre aux agressions de l'ignorance et du Mal. En bon humaniste disciple d'Erasme, Hoefnagel est convaincu que le mal est déterminé par l'ignorance, et que l'éducation en est le remède suprème. Comme Erasme aussi, il est convaincu que c'est l'Image qui est, avec l'Exemple,  le meilleur moyen d'enseignement, par sa fonction mnemotechnique et didactique. L'Emblème et l'Allégorie en sont les meilleurs outils, surtout quand on sait les truffer de citations des bons auteurs de l'Antiquité (Virgile et Ovide au premier chef), de versets de la Bible, ou de ces formules lapidaires que sont les Adages, les Devises et  les Proverbes.

On devine  combien cet artiste a pu souffrir d'être confronté à la Bêtise et à la Malveillance, et on sait combien il a pris le parti de l'affronter avec patience et détermination  (son recueil Patientia) lui qui avait pris comme devise DUM EXTENDAR, "plus ils me frappent, plus je m'accrois" et l'emblème du clou forgé par les forces adverses.

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1578, gravure du Forum Vulcani, Civitates Orbis Terrarum, III,58,  détail: http://www.lavieb-aile.com/2015/04/vue-clou-hoefnagel.html

 

 


 

Retour sur l'Hermathena.

L'Hermathena, après avoir désigné dans l'Antiquité grecque des bornes à deux faces de Hermes et d'Athéna, recherchées plus tard par Cicéron pour orner la salle philosophique de sa villa de Tusculane, était devenu au XVIe siècle un motif iconographique, l'union d'Hermes et d'Athéna (de Mercure de le Minerve) permettant de conjuguer en une même figure les attributions du dieu messager Mercure (commerce, voyage, éloquence, et donc fonction pédagogique des arts, en un mot la médiatisation) et celles de la déesse de la pensée Minerve ( intelligence, sagesse, science,incluant la combattivité propre à celle qui est sortie toute armée du cerveau de son père Zeus/Jupiter). Les valeurs humanistes s'y retrouvaient si bien que les académies, comme celle d'Achille Bocchi à Bologne (1574).  Dans mon article  L' Hermathena d'Egide Sadeler, de Nicolas Stopio et de Pietro Bembo, j'ai montré que Hoefnagel avait conçu une oeuvre emblématique CURSUS qui sera gravée par Egide Sadeler II en 1597, et que cette œuvre avait un modèle, créé par Nicolas Stopio et publié soit dans le livre d'emblème de Ruscelli (Le imprese illustri) en 1566, soit comme marque typographique des livres édités par l'imprimeur vénitien Gualtero Scoto  entre 1550 à1553, notamment dans l'édition des œuvres du cardinal Pietro Bembo. 

On peut donc considérer que l'emblème de l'Hermathena a été introduit dans les milieux humanistes de la Renaissance italienne par Nicolao Stopio (et Gualtero Scoto). Si Calepino explicitait le terme dans son Dictionarum de 1538, c'était pour en donner la définition Mercurii ac Minervae statuae conunctiae ; Vide Herma. correspondant aux hermes de l'Antiquité. Même chose avec la définition de Trebellio en 1545, ou celle du Dictionarum de Robert Etienne en 1531. L'exploration sur le mot Hermathena par un moteur de recherche entre 1400 et 1550 ne trouve aucune autre acceptation que celle liée à Cicéron ou à la statuaire antique. Entre 1550 et 1575, nous trouvons les Imprese illustri de Ruscelli (1566),  une mention par Vincenzo Cartari en 1556 dans un ouvrage publié à ...Venise (Imagi dei Dei  degli Antichi), une autre par Johannes Goropius Becanus en 1569 dans ses Origines d'Anvers, La première édition des Symbolicarum quaestionum d'Achille Bocchi est parue à Bologne en 1555 mais on trouve surtout les éditions de  Bologne 1574 et 1578. En 1581 Vincenzo Cartari donne une illustration du couple Hermes-Athena à la page 240 de Imagines deorum (Lyon, Antoine Verdier). Jusqu'à argument contraire, je me permets donc de tenir les pages de titre des ouvrages de Gualtero Scoto comme les premiers exemples iconographiques de l'Hermathena du XVIe siècle.

Or, le site italien EDIT 16 de Recensement des éditions italiennes du XVIe siècle assure que Gualtero Scoto, d'origine flamande et donc sans lien avec la fameuse famille des Scotto (principal éditeur de musique avec Guardano),  était associé avec Nicolao Stopio, lui aussi d'origine flamande . "Actif de 1550 à 1575 à Venise, éditeur et typographe ; s'associa avec le marchand et homme de lettres flamand Nicolas de Stoop pour l'impression de l'œuvre de Bembo ; la société utilisait la marque de Mercure et Minerve Z840. Noms : Gualtero Scotto; Gualtiero Scotto; Gualterus Scottus; Gualterius Scot ". La marque est cataloguée comme U440, V464 ou Z840, et U557. Elle est décrite ainsi "Mercure tenant le caducée étreint Minerve qui porte un casque à plumes, le bouclier à l'égide et deux flêches (ou lances). Ils ont chacun le pied posé sur un dé et sur un livre fermé."

On peut donc tenir Nicolas Stopio, ou Stopius, ou De Stoop, comme étant dès 1550 à l'origine de cet emblème. 

Ceci ne nous est pas indifférent lorsqu'on sait que Stopio a été l'homme d'affaire des banquiers Fugger d'Augsbourg puis / et du duc Albert V de Bavière, chargé, grâce à sa situation à Venise, d'adresser des "lettres diplomatiques" avertissant Hans Jacob Fugger des nouvelles intéressantes, mais surtout de procéder aux achats d'œuvre d'art, dans un marché où les Princes se faisaient une concurrence acharnée pour doter leurs résidences des plus belles statues antiques, pour enrichir leurs collections des tableaux des peintres italiens de renoms, pour doter leurs Cabinets de médailles et autres objets précieux. Stopio avait comme concurrent Jacobo Strada. Il travaillait aussi pour d'autres princes de la famille des Habsbourg, et pour l'empereur, et se rendait de temps en temps à Vienne, à Innsbruck ou à Munich. Il est donc vraisemblable qu'à son arrivée à Munich (ou déjà lors de son passage à Augsbourg) le flamand Hoefnagel ait entendu parler, ou ait rencontrer son compatriote Stopio.

De nombreux points sont communs aux deux hommes. 

  • Leur fonction au service du duc de Bavière et leur lien avec les Fugger. Hoefnagel entra comme peintre de cour à Munich en 1578 ; Stopio était déjà l'agent d'Albert V en 1567.

  • Le frère de Nicolas Stopio, Martin Stopius, docteur en philosophie et en médecine né à Alost (Flandres)  était installé en Autriche en 1552 ; il était Magister Sanitatis de Vienne en 1554, doyen de la faculté de Vienne le 13 octobre 1554,  recteur de l'université de Vienne en 1580,  (son portrait : http://www.bildindex.de/obj07030460.html#|home). 

  • Leur statut de marchand d'œuvre d'art : c'est comme marchand que Hoefnagel a été longtemps considéré, et il a constitué des collections de gravures d'art, en particuleir pour satisfaire des clients. Ses frères étaient marchands.

  • Leur formation de lettré et leur goût pour les lettres en général, la poésie latine en particulier. Tous les deux sont d'excellents latinistes.

  • Leur intérêt pour la musique. Celui de Hoefnagel est attesté par le tableau des Noces du peintre Hoefnagel par François Pourbus, où les convives sont rassemblés autour de divers instruments.

  • Le fait que Hoefnagel ait pris modèle sur l'emblème Hermathena de Stopio pour la gravure Cursus de Sadeler, et qu'il y ait inscrit une phrase de Térence qui est citée dans le texte accompagnant cet emblème dans le livre de Ruscelli.

  • Le fait que Hoefnagel connaissait certainement le livre d'emblème de Ruscelli, comme en témoigne les emprunts qu'il y fit pour ses différentes peintures, emprunts signalés par Théa Vignau-Wilberg 1969.

Les liens indirects de Stopio avec cette Allégorie peuvent aussi être découverts du coté droit de la bordure, là où se voient la lyre et les partitions. Nicolas Stopio a écrit les poèmes qui ont été mis en musique, tant par Cipriano de Rore  que par Roland de Lassus. Il est l'auteur de Mirabar solito laetas, pièce mis en musique pour six voix par Cipriano de Rore (cf. M. Troiano 1568 page 68) ;  dans cet éloge d'Albert V célébrant son accession, le duc est assimilé à Apollon Phoebus parmi les neuf Muses. Il est aussi l'auteur  de Nil mage iucundum,  motet de célébration pour 5 voix mis en musique par Roland de Lassus et chanté par (Mezari) Maddalena Casulana pour le mariage de Guillaume IV de Bavière et Renée de Lorraine à Munich en Février 1568. Or, ces deux pièces appartiennent aux deux manuscrits les plus prestigieux de la bibliothèque ducale, deux livres de chœur enluminés par Hans Mielich, l'un contenant des partitions de Cipriano de Rore et l'autre celles de Roland de Lassus. Ainsi, à défaut de liens directs entre Hoefnagel et Stopio, c'est tout un réseau de fils qui se révèlent  tissés entre eux. 

Enfin, l'intérêt de Hoefnagel pour la cartographie, ou pour le naturalisme scientifique (représentation exacte voire "microscopique" des insectes) se retrouve chez Nicolas Stopio, qui composa des poèmes pour les cartouches de cartes géographiques, et qui est cité par Vésale dans une des pièces liminaires de la Fabrique (1543), une lettre adressée à l'imprimeur Oporinus:

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1953_num_31_2_2178#

"Tu recevras bientôt, en même temps que cette lettre, par l’intermédiaire des Danoni, marchands milanais, les planches gravées pour mes livres de La fabrique du corps humain et pour leur Résumé. J’espère qu’elles arriveront à Bâle intactes et indemnes, telles que je les ai soigneusement disposées avec l’aide du graveur et de Nicolas de Stoop, qui gère ici en toute confiance les affaires des van Bomberghen et qui est un jeune homme remarquablement savant dans les études humanistes" 

 

 

De l'Hermathena au Hibou au Caducée.

Le passage de l'emblème de l'Hermathena à celui du Hibou tenant un caducée est dû au génie propre de Hoefnagel, et il suppose une belle liberté de pensée pour détacher les attributs de chaque divinité , et pour les réunir en une figure animale remarquablement condensée. Débarrassée  des accessoires de quincaillerie (bouclier, casque, lance) ou d'opérette (pétase, sandales ailées), débarrassée aussi des figures divines d'un autre temps, la chouette (le Hibou, puisqu'il porte des "oreilles" qui le distingue des chouettes]  devient un animal parfaitement familier. Hoefnagel n'est jamais académique, et ses figures sont légères, drôles, gracieuses. L'idée de faire tenir un pinceau à l'oiseau de Minerve, de remplacer, dans le caducée, le bâton d'Hermés, la verge des hérauts par un pinceau relève sinon de l'irrévérence, du moins de l'humour.  Mais cette légèreté de ton, loin d'atténuer la force emblématique, la renforce. La chouette, oiseau solitaire que Dürer avait peint houspillé par d'autres oiseaux en image christique confronté aux outrages, devient l'autoportrait touchant mais dramatique du peintre exilé. 

Ce Hibou peintre est placé dans un environnement qui accentue la portée de l'emblème et souligne son lien avec la Paix.  L'Hermathena, en mettant au service de la Pensée conceptuelle la puissance de la médiatisation, était certes un bel emblème pour les imprimeurs et éditeurs, ou pour les humanistes soucieux qu'il ne suffit pas de Savoir, et que le savant est redevable aussi du faire-savoir. Mais c'est par l'emblème de Hoefnagel, puis plus tard par la version que Rubens donnera de l'Hermathena de Sadeler (et Hoefnagel), que la paix devient la valeur principale.

Pour mieux le comprendre, laissons la chouette à ses travaux de peinture et son domptage de serpents, et intéressons-nous à l'Hermathena de P.P. Rubens. Notre guide sera W. Deonna, dont je vais recopier les extraits de son article de 1953 en le lardant de mes petits ajouts. 

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En 1618, Frédéric van Marselaer (1584-1670), magistrat et jurisconsulte belge, échevin de Bruxelles, a publié  un traité sur l'art des Ambassades, « Κηρνκειον sive Legationum insigne ; in duos libros distributum  "Le Kerykeion, [Caducée] , ou insigne des Ambassadeurs"  , qu'il a repris en 1626 sous le titre  Legatus libri duo ad Philippum IV Hispaniarum Regem , avec un frontispice dessiné par Théodore van Loon, gravé par Cornells Galle. C'était déjà un Hermathena, au beau  Mercure, avec  pétase, talonnières ailées, et caducée ; et à la mignonne  Minerve, casquée, tenant lance et bouclier au gorgoneion. Et puis : deux cornes d'abondance entrecroisées, d'où sortent un sceptre, des couronnes, des fruits, des épis. L'intérêt est de trouver cet emblème dans un livre sur les Legati, les Ambassadeurs : Mercure n'est plus seulement le messager, le voyageur, mais il est  le héraut par excellence, non seulement ambassadeur de Jupiter, mais aussi des autres Dieux,  il est le « Dieu des ambassades ». A Rome, les légats qui traitaient de la paix  portaient le caducée, et s'appelaient « Caduceatores ». Mercure, et son caducée, sont des symboles de la paix, de la concorde entre peuples, que les légats ont pour tâche de maintenir ou d'obtenir. Mais c'est aussi le dieu des sciences , de l'intelligence, de la sagesse, de la raison et de la vérité , de l'éloquence , de multiples qualités que le légat idéal doit posséder, et qui sont détaillées dans le premier livre du «Legatus ». Minerve, déesse de la sagesse, « déesse de conseil et de prudence », lui donne aussi ses avis salutaires. Les deux divinités sont associées ici, comme déjà chez les anciens, car leur union est nécessaire au légat, pour que ses qualités soient tempérées par la sagesse et la prudence . 

 

 

Première édition : https://books.google.fr/books?id=CX1bAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=kerukeion&hl=fr&sa=X&ei=c0ZCVYmQBYG4UOK3gaAG&ved=0CCIQ6AEwAA#v=onepage&q=kerukeion&f=false

Frontispice de la première édition. (remarquer la calligraphie de la date, semblable à celle adoptée par Hoefnagel)

Frontispice de la première édition. (remarquer la calligraphie de la date, semblable à celle adoptée par Hoefnagel)

Frontispice de la deuxième édition de 1626 :

 

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En 1638, Pierre-Paul Rubens a dessiné un nouveau frontispice  pour une seconde édition du « Legatus »; il fut gravé en 1656 par Corn. Galle le Fils , mais l'ouvrage ne parut qu'en 1666 après la mort de Rubens. 

 

Rubens a expliqué lui-même en latin le symbolisme de son frontispice, sur un exemplaire de celui-ci, conservé à la Bibliothèque de Bruxelles . II a maintenu les emblèmes de van Loon, en les modifiant quelque peu. Mercure, dieu des ambassades, au caducée de paix (*), est à droite, et Minerve, déesse de la sagesse et de la prudence , à gauche du cartouche central. Ils sont montés chacun sur un haut piédestal dont la face antérieure est ornée, pour Minerve, d'une couronne d'olivier traversée par une palme , pour Mercure, d'une couronne de chêne, traversée par une branche d'olivier, emblèmes de sagesse, de prudence, de victoire, qui conviennent aux ambassadeurs. Mercure est  « maître dans l'art de bien dire et de persuader, mérite à juste titre d'être le dieu tutélaire et le chef des ambassadeurs, qui, eux, sont les envoyés des princes, les représentants des dieux sur la terre, comme lui est le messager des dieux. En effet, les conseils obtenus dans le sanctuaire de Minerve doivent être traduits par le langage, pour que l'ambassadeur atteigne son but, et termine heureusement sa tâche difficile ».

Ils ont à leurs pieds leurs attributs habituels, propres aux légats : Minerve la chouette, symbole de sagesse, Mercure le coq, symbole de vigilance. Leur union est devenue plus étroite, car ils se donnent la main. L'artiste a ajouté, entre leurs piédestaux, un cartouche où des enfants nus jouent, l'un avec une corbeille de fruits, un autre avec un petit chien ; image de vie heureuse et sans souci. On retrouve, à son sommet, les attributs utilisés par van Loon, les deux cornes d'abondance, avec couronne, sceptre, fruits : " « La corne d'Amalthée, pleine de couronnes de sceptres et de fruits divers, que l'on voit sous le titre, désigne les bienfaits et les avantages que l'on peut espérer des ambassadeurs »."

Au dessus du cartouche central, le buste féminin est celui de la Politique, l'art de régner, « Politice, sive ars dominandi ». Il est posé sur un pilier carré, symbole de sa stabilité, « forma quadrata stabilitatem Imperii designans », qui est celle de la Terre, de la Nature, avec qui la Politique se confond.

Ajoutons, par référence avec ma propre description de la Nymphe de la scène centrale de l'Allégorie de Hoefnagel comme Gradiva lente festinans,  que parmi les qualités de l'ambassadeur, Marselaer compte la circonspection, qui n'agit pas à la légère, et trop rapidement, mais après mûre réflexion. Il doit être « Lente festinans », dit-il.  « Maturandum igitur : quo verbo Latini et moram celeritate et celeritatem mora corrigunt. Da cochleae alas, et lentam festinationem exprimes ».

 

 

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En 1638, Pierre-Paul Rubens a dessiné un nouveau frontispice  pour une seconde édition du « Legatus »; il fut gravé en 1656 par Corn. Galle le Fils , mais l'ouvrage ne parut qu'en 1666 après la mort de Rubens. 

 

Rubens a expliqué lui-même en latin le symbolisme de son frontispice, sur un exemplaire de celui-ci, conservé à la Bibliothèque de Bruxelles . II a maintenu les emblèmes de van Loon, en les modifiant quelque peu. Mercure, dieu des ambassades, au caducée de paix (*), est à droite, et Minerve, déesse de la sagesse et de la prudence , à gauche du cartouche central. Ils sont montés chacun sur un haut piédestal dont la face antérieure est ornée, pour Minerve, d'une couronne d'olivier traversée par une palme , pour Mercure, d'une couronne de chêne, traversée par une branche d'olivier, emblèmes de sagesse, de prudence, de victoire, qui conviennent aux ambassadeurs. Mercure est  « maître dans l'art de bien dire et de persuader, mérite à juste titre d'être le dieu tutélaire et le chef des ambassadeurs, qui, eux, sont les envoyés des princes, les représentants des dieux sur la terre, comme lui est le messager des dieux. En effet, les conseils obtenus dans le sanctuaire de Minerve doivent être traduits par le langage, pour que l'ambassadeur atteigne son but, et termine heureusement sa tâche difficile ».

Ils ont à leurs pieds leurs attributs habituels, propres aux légats : Minerve la chouette, symbole de sagesse, Mercure le coq, symbole de vigilance. Leur union est devenue plus étroite, car ils se donnent la main. L'artiste a ajouté, entre leurs piédestaux, un cartouche où des enfants nus jouent, l'un avec une corbeille de fruits, un autre avec un petit chien ; image de vie heureuse et sans souci. On retrouve, à son sommet, les attributs utilisés par van Loon, les deux cornes d'abondance, avec couronne, sceptre, fruits : " « La corne d'Amalthée, pleine de couronnes de sceptres et de fruits divers, que l'on voit sous le titre, désigne les bienfaits et les avantages que l'on peut espérer des ambassadeurs »."

Au dessus du cartouche central, le buste féminin est celui de la Politique, l'art de régner, « Politice, sive ars dominandi ». Il est posé sur un pilier carré, symbole de sa stabilité, « forma quadrata stabilitatem Imperii designans », qui est celle de la Terre, de la Nature, avec qui la Politique se confond.

Ajoutons, par référence avec ma propre description de la Nymphe de la scène centrale de l'Allégorie de Hoefnagel comme Gradiva lente festinans,  que parmi les qualités de l'ambassadeur, Marselaer compte la circonspection, qui n'agit pas à la légère, et trop rapidement, mais après mûre réflexion. Il doit être « Lente festinans », dit-il.  « Maturandum igitur : quo verbo Latini et moram celeritate et celeritatem mora corrigunt. Da cochleae alas, et lentam festinationem exprimes ».

 

 

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Legatus Frederici de Marselaer ,1666, frontispice par P.P Rubens. Numérisé par Google http://books.google.be/books?id=RgNCAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Legatus Frederici de Marselaer ,1666, frontispice par P.P Rubens. Numérisé par Google http://books.google.be/books?id=RgNCAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Nous voyons donc, dans ce frontispice de Rubens, l'Hermathena se mettre au service de la Politique ; et l'Olivier sous forme d'une couronne et d'une branche affirmer la valeur de la Paix. 

Cette constatation donnera plus de valeur à la couronne d'olivier qui entoure le Hibou au Caducée et qui l'isole des médisants, des persifleurs et des haineux que le serpent gueule ouverte et l'oiseau agressif symbolisent.

Dans une Allégorie toute entière consacrée à la politique pacifique du duc de Bavière et à son mécénat artistique, le Hibou brandit son pinceau en guise de caducée pour affirmer que l'artiste au service du duc est son ambassadeur kerygmatique participant à la propagation les valeurs humanistes de l' Harmonie.

Cette volonté d'apaisement et de modération dans la gestion des crises est celle qui guida les ducs de Bavière confronté au déferlement de violence des Guerres de religion. 

Illustrations  : Le duc Albert V par Hans Mielich, prédécesseur de Hoefnagel comme miniaturiste à la cour. A 17 ans, puis, en 1552, jouant aux échecs avec son épouse Anna.

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SOURCES ET BOITE A LIENS.

 

 DEONNA (W.) 1953, « La Politique » par P. P. Rubens  Revue belge de philologie et d'histoire Volume 31 pp. 520-536

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1953_num_31_2_2178

— MAXWELL ( Barbara Susan ), The Court Art of Friedrich Sustris: Patronage in Late Renaissance Bavaria

https://books.google.fr/books?id=e7JrnPSy8JwC&pg=PA31&lpg=PA31&dq=landshut+hoefnagel&source=bl&ots=Za78lKxHO3&sig=gHBFBSsjYJRBCZS9sca1oQyaOek&hl=fr&sa=X&ei=8-s5Vbn_HtbfaqaegYAI&ved=0CDcQ6AEwAw#v=onepage&q=landshut%20hoefnagel&f=false

— PAYA Laurent , Scénographie des jardins de « plantes et arbres curieux » 1537-1631, Curiositas,  http://curiositas.org/scenographie-des-jardins-de-plantes-et-arbres-curieux-1537-1631

— STOPIO Nicolas

1555 : Panegyricum Carmen de laudibus D. Ioannae Aragonae

 THRESOR DES PARTERRES : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k856443/f2.image

—  TROIANO ( Massimo Troiano) Dialoghi, ne'quali si narrano le cose piu notabili fatte nelle nozze dello page 42-47, 121, 139, 147. https://books.google.fr/books?id=JtNcAAAAcAAJ&pg=RA1-PT18&dq=stopio+nicolo&hl=fr&sa=X&ei=67VAVbD_Fcfiaor6gLgB&ved=0CE4Q6AEwBw#v=onepage&q=stopio%20nicolo&f=false

— TROIANO ( Massimo) 1568 Discorsi delli triomfi, giostre, apparati, e delle cose piu notabile fatte nelle sontuose nozze dell' illustrissimo & eccelentissimo Signor Duca Guglielmo. primo genito del generosissimo Alberto quinto, Conte Palatino del Reno, e Duca della Bauiera, alta e bassa, nell' anno 1568 a 22. di Febraro. Compartiti in tre libri, con una dialogo, della antichita del felice ceppo de Bauiera. Alla serenissima Regina Christierna Danismarchi  ...Montano page 67-68 et 165

https://books.google.fr/books?id=TzRgAAAAcAAJ&dq=de+rore+stopio&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— VIGNAU-WILBERG (Théa), 2006 In Europa zu Hause – Niederländer in München um 1600, Hirmer.pp. 102-103.

SOURCES DES IMAGES :

a) illustration du catalogue de Vignau-Wilberg 2006.

b) https://rkd.nl/en/explore/images/record?query=joris+hoefnagel+allegorie&start=11

c) Civitates Orbis Terrarum :

c1) Landshut volume III planche 45 :

-- Biblioteca Hispanica : Urbium Praecipuarum Totius Mundi : Liber Tertius [Material cartográfico] texte page 84 et gravure page 85 

http://bdh-rd.bne.es/viewer.vm?id=0000000713          

-- Biblioteca Hispanica : Urbium Edition en français texte page 96, gravure page 97 : 

http://bdh-rd.bne.es/viewer.vm?id=0000069196&page=1

-- http://historic-cities.huji.ac.il/germany/landshut/maps/braun_hogenberg_III_45_b.jpg

c2) Munich volume IV planche

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Published by jean-yves cordier - dans Hoefnagel
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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