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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 22:21

 

Onomastique virgilienne et zoonymie des rhopalocères (papillons) nommés par Denis & Schiffermüller en 1775.

 

      Voir aussi  Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758.

 

Tu sei il mio maestro e il mio autore

Tu sei solo colui dal quale io tolsi

lo bello stile che mi ha fatto onore

Dante, s'adressant à Virgile (La Divina Commedia,  Inferno, I)

 

  Par  sa maîtrise consommée de la langue latine, par  le rythme majestueux de son hexamètre incomparable, par  la symétrie et la perfection de sa forme poétique, par  son immense savoir et par l'esprit philosophique qui imprègne son œuvre, par la force profondément morale et pratique de ses appels au devoir et à l'héroïsme, par sa présentation spirituelle de la vie humaine et lde a mort, par  sa tendresse, et par sa capacité à décrire le théâtre simple et humble de la nature, Virgile restera toujours l'un des plus grands poètes du monde. Il a été encensé par le Moyen-Âge et la Renaissance, mais, au XVIIIe siècle, lorsque l'entomologie devint une science et qu'à la suite de Linné, des passionnés de toute l'Europe se mirent à décrire, classer et dénommer les insectes, il restait la référence suprême, avec Horace et Homère, en matière d'"Humanités". 

                              Image illustrative de l'article Mosaïque de Virgile

Virgile, mosaïque d'Hadrumète (3e siècle) Source : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Virgil_Mosaic_Bardo_Museum_Tunis.jpg

 Dans ses Bucoliques, Virgile fonde la tradition latine de l’onomastique bucolique. L'étude de son Onomastique, dans ses trois œuvres principales, les Bucoliques et ses dix Églogues, les Géorgiques et ses quatre Livres et l'Énéide et ses douze Chants, montre  combien il influença les nomenclateurs des espèces animales. Geoffroy en 1762, Roesel (certes, dans son ouvrage sur les grenouilles) et les viennois Denis et Schiffermüller choisirent une citation de Virgile pour leur épigraphe. 

  Linné citait aussi Virgile dans son Systema Naturae de 1758, mais accordait la meilleure place à Pline l'Ancien, tout en choisissant comme thème de son onomastique des Lépidoptères le monde homérique de la Guerre de Troie. Aussi ne trouve-t-on aucun nom "virgilien" dans les noms de papilio du Systema Naturae.

En 1762, Geoffroy puisait largement dans la poésie bucolique de Virgile pour ses noms vernaculaires des papillons Amaryllis, Tircis, Corydon. L'année suivante, Scopoli avait créé le Papilio Alexis. 

 Mais c'est avec Denis et Schiffermüller, en 1775, que cette influence onomastique s'affirma. Pour le prouver plutôt que de l'affirmer, il me fallait mener la double étude des noms créés par Virgile pour ses bergers, puis ceux créés par les auteurs viennois pour leurs papillons de jour. 

 

      I. Onomastique virgilienne.

 

 Je me suis appuyé sur l'analyse que mena Daniel Vallat dans son article "Phénomènes de réécriture dans l'onomastique du genre bucolique". Cela indique que l'Énéide en est exclue.

 Théocrite, puis surtout Virgile par sa réécriture ou son réemploi des noms de Théocrite et leur réutilisation dans différentes Églogues, créèrent de véritables Types onomastique, des noms typiques de bergers et de bergères que notre poésie pastorale du XVI et XVIIe siècle reprit à son tour avec délice. Ces noms évoqueront désormais le genre Bucolique.

Cet auteur étudie d'abord l'onomastique des Idylles de Théocrite des quelques 60 noms de personnages (le n° de l'Idylle est entre parenthèse): je souligne en gras les noms (vernaculaires ou scientifiques) de papillon. 

Ageanax (7) ; Aigon (4) ; Akrotimè (27) ; Alkippa (5) ; Amaryllis (3 ; 4) ; Amyntas, Amyntichos (7) ; Antigenes (4) ; Aratos (6 ; 7) ; Aristis (7) ; Battos (4) ; Bombyka (10) ; Boukaios, Boukos (10) ; Brasilas (7) ; Chromis (1) ; Galatea (6 ; 11) ; Glauka (4) ; Damoitas (6) ; Daphnis (1 ; 5 ; 7 ; 8 ; 9 + ép. 3 ; 4) ; Erithakis (3) ; Eukritos (7) ; Eumaras (5) ; Eumedes (5) ; Hippokion (10) ; Kalaithis (5) ; Klearista (5 + 2) ; Komatas, Kerastas (5 ; 7) ; Korydon (4 ; 5) ; Kratidas (5) ; Krokylos (5) ; Lakon (5) ; Lampriadas (4) ; Lykidas (7 ; 27) ; Lykon (7 + 2) ; Lycopas (5) ; Lykoreus (7) ; Menalcas (8 ; 9 ; 27) ; Mikon (5) ; Milon (4 ; 8 ; 10) ; Molon (7) ; Morson (5) ; Myrto (7) ; Nais (8) ; Nikias (11 + ép. 8) ; Olpis (3) ; Paraibatis (3) ; Philetas (7) ; Philinos (7) ; Philondas (4 ; 5) ; Phrasidamos (7) ; Polybotas (10) ; Polyphamos (6 ; 7 ; 11) ; Pyrrhos (4) ; Siburtas (5) ; Sikelidas (7) ; Simichidas (7) ; Thyrsis (1 + ép. 6) ; Tityros (3 ; 7) ; Xenea (7) ;

Puis, Daniel Vallat dresse la liste de 44 noms de personnage choisis par Virgile. Parmi ceux-ci, 17 sont repris de Théocrite (37 %). Là encore, je souligne en gras les noms de papillons diurnes.


Aegle (6) ; Aegon (3 ; 5) ; Alcimedon (3) ; Alcippa (7) ; Alcon (5) ; Alexis (2 ; 5 ; 7) ;Alphesiboeus (5 ; 8) ; Amaryllis (1 ; 2 ; 3 ; 8 ; 9) ; Amyntas (2 ; 3 ; 5 ; 10) ; Antigenes (5) ; Bauius (3) ; Caesar (9) ; Chromis (3) ; Cinna (9) ; Codrus (2 ; 5) ; Conon (3) ; Corydon (2 ; 5 ; 7) ; Damoetas (2 ; 3) ; Damon (3 ; 8) ; Daphnis (5 ; 2 ; 3 ; 7 ; 8 ; 9) ; Delia (3) ; Galatea (1 ; 3 ; 7 ; 9) ; Gallus (6 ; 10) ; Iollas (8) ; Lycidas (7 ; 9) ; Lycoris (10) ; Meliboeus (1 ; 3 ; 7) ; Menalcas (2 ; 3 ; 5 ; 9 ; 10) ; Maeuius (3) ; Micon (3 ; 7) ; Mnasylus (6) ; Moeris (8 ; 9) ;Mopsus (5 ; 8) ; Neaera (3) ; Nysa (8) ; Palaemon (3) ; Phyllis (3 ; 5 ; 7 ; 10) ; Pollio (3 ; 4 ; 8) ; Stimichon (5) ; Thestylis (2) ; Thyrsis (7) ; Tityrus (1 ; 3 ; 5 ; 6 ; 8) ; Varius (9) ; Varus (9) ;
Animaux : Hylax (8) ; Lycisca (3).

 

L'auteur notela variabilité des personnages d’une bucolique virgilienne à l’autre, malgré et peut-être à cause de l’identité du nom propre, crée un monde instable, où les tentatives de lectures unitaires et cohérentes des personnages sont souvent en porte-à-faux. Virgile s’inscrit certes dans un cadre prédéfini, mais ne s’y enferme pas." Il remarque ensuite que les noms nouvellement créés sont parfois latins, ce qui  semble normal pour un auteur latin, mais sont aussi des nouveaux noms grecs ("Meliboeus", ou, en pastiche des terminaisons en -as -ys et -on, Illoas, Phyllis, Alcon, Palaemon) : "Après lui, l’onomastique de la bucolique sera définitivement grecque, ce qui, contrairement aux apparences, n’était pas évident pour un genre qui manie relativement peu l’onomastique mythologique (contrairement à la tragédie) et qui, somme toute, reprend assez peu de noms propres à ses devanciers grecs (contrairement à la comédie)". En outre —et l'entomologiste n'y sera pas indifférent— « la plupart des personnages de cette œuvre ont des noms tirés des choses de la campagne ».  Mais de nombreux noms sont, par des influences grecques transgénériques, de toute époque, déjà employés par Homère (Chromis), par Callimaque (Phyllis), par Parthenius, ( Neaera), alors que Alexis provient des épigrammes érotiques de l'Anthologie de  Méléagre. Cette reprise s'accompagne d'un changement de statut, Phyllis, personnage mythologique, fille de Lycurgue devenant désormais une bergère.

 

II. L'onomastique des rhopalocères du Wiener verzeichniss de Denis et Schiffermüller (1775).  

De Homère à Virgile et de Linné à Schiffermüller ou du mythologique grecque au bucolique latin. 

Linné avait placé les papillons de jour, répartis en Phalanges, comme un monde virtuel dont les noms reproduisait la Grèce antique, celle de Homère lors de la Guerre de Troie.

 Tout en respectant ses options générales, ses successeurs opérèrent un basculement vers la poésie latine de Virgile, essentiellement bucolique mais aussi épique.

 

Je vais donc rechercher, en m'aidant des articles correspondant de Wikipédia, à quoi ou à qui font références les 48 noms de papillons diurnes (rhopalocères) créés en 1775 par les deux jésuites du Theresiangrasse de Vienne.

Je rappellerais que si Ignaz Schiffermüller, le collectionneur et dessinateur principal, était professeur d'architecture, son collègue Michael Denis était professeur de Belles-Lettres après avoir enseigné le latin. Il était surtout préoccupé de faire revivre le patriotisme autrichien par un retour aux sources de l'antiquité germanique et par la traduction d'Ossian en langue allemande, mais cela ne l'empéchait pas obligatoirement de ne pas admirer Virgile, ou de le connaître parfaitement. 

 — Acis : 1. Dans la mythologie grecque, Acis  est un jeune berger de Sicile, fils du dieu Pan et de la nymphe Symaethis, qui fut aimé de la Néréide Galatée. 2. Cité dans la 3Églogue de Virgile par Damète ("C'est toi qui sous nos vieux ormeaux/ Brisas du jeune Acis l'arc et les chalumeaux") 

— Adippe, déjà utilisé pour un Papilio nymphalis par Linné 1767 avec la mention "in Fauna Cydippe perperam pro Adippe legitur" , Cydippe dans Fauna suecica par mauvaise lecture de Adippe. Pas d'origine étymologique, bien que les auteurs y voit le nom d'une Nymphe ou d'une femme de l'Antiquité grecque.

 — Adonis est un mortel, amant d'Aphrodite. Mais il est cité par Virgile dans la 10e Églogue.

 — Aegon : personnage des 3e et 5e Églogues de Virgile.

Agestis, Aegestes, Aegestus ou Acestes selon Virgile, sicilien descendant des Troyens par sa mère. fils du dieu-fleuve Crimissus ou Crinisus  et de la troyenne Egeste. Il rejoint le camp des Troyens lors de la guerre de Troie puis regagna la Sicile avec son ami Elymus. Il était le roi de Drépanum, dans l'Ouest de l'île, près du mont Eryx dédié à Vénus.Aidé par Elymus, fils batard d'Anchise, il créa la ville d'Aegesta ou Segesta en Sicile. Il accueillit Énée lors de son périple, et l'aida à ensevelir Anchise sur le mont Eryx. Virgile Énéide, Livre 5, 746-778.

 — Alcon :  personnage de la 5Églogue de Virgile

— Alcyone, fille d'Eole et épouse de Ceyx : Ovide, Métamorphoses XI v.421 et Virgile, Géorgiques Livre I v. 399.

 Apollodore, Bibliothèque (I, 7, 3-4).

Hygin, Fables  (LXV).
Lucien, Alcyon ou la Métamorphose .
Ovide, Métamorphoses  (XI, 410-580).

 — Alsus, berger cité par Virgile dans l'Énéide Livre XII vers 304-305 alors qu'il tue Podalire.

— AmyntasBerger (Amyntas, Amyntikos) de la 7e Idylle de Théocrite, et des 2e, 3e, 5e et 10Églogues de Virgile.

— ArachnéArachné ou Arachne (en grec ancien Ἀράχνη / Arákhnê), dans la mythologie gréco-romaine, est une jeune fille originaire de Lydie qui excellait dans l'art du tissage. Les Métamorphoses d’Ovide, Livre VI plus ancienne attestation connue de ce mythe.

Les Géorgiques de Virgile. Livre IV v. 246 :Virgile a caractérisé l'araignée comme « odieuse à Minerve »1 ( aut invisa Minervae / In foribus laxos suspendit aranea casses)

— Arethusa

Dans la mythologie grecque, Aréthuse (en grec ancien Ἀρέθουσα / Aréthousa) est une nymphe du cortège d'Artémis, qui a donné son nom à la ville de  Syracuse sur l'île d'ortygie. Étant la fille de Nérée, elle est aussi une Néréide. S'étant arrêtée près du fleuve Alphée pour s'y baigner, elle inspira à ce fleuve un tel amour qu'il la poursuivi de ses ardeurs. Pour échapper à sa poursuite, elle s'enfuit jusqu'en Sicile et implore le secours d'Artémis qui, après avoir tenté de la cacher dans un nuage, la change en source ou en fontaine. L'Alphée mêle alors ses eaux à celles d'Aréthuse qui disparaissent pour venir rejaillir à Ortygie, île voisine de Syracuse, où elles formèrent une fontaine d'eau douce bien qu'entourée des eaux salées de la mer.

Les Idylles de Théocrite  mentionnent Aréthusede même que Virgile Éneide III v 694,  Virgile, Géorgiques Livre IV vers 344 Atque Ephyre atque Opis , et asia Deiopeia ; Et tandem positis velox Arethusa sagittis,  Virgile Eglogue X v.1 Extremum hunc , Arethusa , mihi concede laborem :  "Une dernière fois, Aréthuse, souris à mes efforts. Inspire-moi pour mon cher Gallus quelques vers, mais des vers qui soient lus de Lycoris elle-même".

 

— Artemis,  déesse grecque bien connue.

—  Battus, berger Battos de la 4e Idylle de Théocrite.

— Camilla : Camilla : Dans la mythologie romaine, Camille, fille de Métabus (roi des volsques), est une femme guerrière citée dans l’Énéide. Virgile, Énéide  (Chants VII et XI)

— Chryséis   est une jeune captive mysienne originaire de Chrysè, ville de Mysie. Fille de Chrysès, prêtre d'Apollon, après qu'on eut tué son époux Epistrophos, elle fut prise comme captive par les Grecs partis pour Troie pendant leurs raids d'approvisionnement, lorsqu'ils pillèrent Thèbe sous le Placos. Lors du partage, elle échoit à Agamemnon. Voir Eschyle, Agamemnon  (v. 1439) ; Homère, Iliade  (I ; 111 ; 143 ; 182 ; 369 ; 439) et Hygin, Fables (CXXI, 3).

— CirceDans la mythologie grecque, Circé (en grec ancien Κίρκη / Kírkê, « oiseau de proie ») est une magicienne très puissante, qualifiée par Homère deπολυφάρμακος (polypharmakos), c'est-à-dire particulièrement « experte en de multiples drogues ou poisons », propres à opérer des métamorphoses.Circé est la fille d’Hélios (le Soleil) et de l’Océanide Perseis, sœur d’Éétès et de Pasiphaé. Homère  Hésiode et Cicéron  la considèrent, de par sa naissance, comme une déesse à part entière, ce qui ne semble pas avoir été le cas du reste de sa parentèle.

Elle apparaît principalement au chant X de l’Odyssée d'Homère mais est citée aussi  par Apollodore, Cicéron, Euripide, Hésiode, Ovide, Pausanias, Description de la Grèce(V, 19, 7).et Virgile, Énéide, livre III qui mentionne la terre de Circé, (le Monte Circello).

— Coccajus, Merlin Coccajus, dérivé de cocus, coquus "le cuisinier", ou Merlon Coccaïe, est le surnom du dominicain défroqué italien de Mantoue Theofilo Folengo, (c1496-1554), auteur de vers macaroniques (Poema Macaronicum de gestis...Baldi ,1517), en même temps qu' Antoine Arena en faisait en France. Son ouvrage fut traduit en Français sous le titre de "Histoire macaronique de Merlin Coccaie, prototype de Rabelais " (Gallica).

L'explication du choix de ce zoonyme peu banal par Denis & Schiffermüller devient évident si on se réfère à la page 187 : la description de l'espèce suit immédiatement celle de Papilio macaronius, que Scopoli avait baptisé ainsi (p. 168). Ces deux espèces désignent deux neuroptères, les Ascalaphes : l'Ascalaphe bariolé Libelloides macaronius et l'Ascalaphe soufré Libelloides coccajus.

— Corydon, berger des Églogues 2 ; 5 et 7 de Virgile

— Cynthia, épithète d'Artémis. Étymologiquement, Cynthia vient du mot grec kynthios signifiant « qui vient du Kynthos ». En effet en Grèce, sur l'île de Délos, se trouve le mont Kynthos, lieu mythique où seraient nés la déesse Artémis et son frère Apollon. De ce fait, Artémis est parfois appelée Cynthia. Pendant la Renaissance et le Baroque, c'est l'un des noms les plus habituels de la Lune

  Damaetas (Damète) est un berger qui apparaît dans la 3e Églogue de Virgile où il rivalise avec  Ménalque devant Palémon choisi comme juge et (Galathée lui jette une pomme puis s'enfuit "en souhaitant qu'on la voit") et dans la 5e Églogue 

  — Damon est un berger qui est nommé par Ménalque et Damète dans la 3e Églogue de Virgile.

— Daphne correspond, dans les Métamorphoses d'Ovide, à la nymphe Daphné, transformée en laurier en fuyant Apollon; Ce nom désigne aussi la fille de Tirésias, prêtresse à Delphes.

 — Daphnis, fils d'Hermes et d'une nymphe, est un berger qui fut divinisé. Mais c'est aussi le titre de la 5e Églogue de Virgile, un dialogue entre Ménalque et Mopsus qui pleurent tous les deux la mort du berger Daphnis.

— Delia, ou Délie personnage féminin dont la beauté inspire à Tibulle 5 des Élégies de son Livre I. Mais Virgile avait employé ce nom dans sa 3e Églogue.

— Dictynna, ou Dictymna est une nymphe ou une déesse crétoise, avatar de Britomartis ; elle es confond parfois avec Diane et en devient un épithète (Diane Dictynne). Ovide Livre II. Tibulle 4Élégie "à Priape". 

— Dorylas est cité par Ovide Livre XII (les Lapithes et les Centaures). Selon Pierre Chompré :"Dorylas est l'un de ceux qui osèrent attaquer Persée dans la cour de Céphée. Il fut tué avec les autres de la main de Persée. L'un des centaures se nommait Dorylas." Il appartient aux guerriers qui participèrent aux noces de Pirithous

— Endymion est un berger dont Séléné, déesse lunaire, est tombée amoureuse. Il est cité dans la 3Églogue de Virgile.

— HecateDans la mythologie grecque, Hécate (en grec ancien Ἑκάτη / Hekátê) est une déesse de la Lune, fille du Titan Persès  et de la Titanide Astéria, la nuit étoilée, et est originaire de Thrace. On considère parfois qu'elle est la fille de Tartare. Elle emprunte surtout des traits à Athéna, Déméter et Artémis. L'art grec l'a d'ailleurs souvent représentée semblable à Artémis. Ovide, Métam."la triple Hécate"   Virgile Enéide livre VI v. 118.

— Helle, Dans la mythologie grecque, Hellé (en grec ancien Ἕλλη / Héllê), fille du roi Athamas et de Néphélé, est la sœur de Phrixos. Selon une tradition rapportée par Valerius Flaccus, Hellé devient ensuite une divinité marine protectrice. Apollodore, Bibliothèque  (I, 9, 1)./Hygin, Fables  (III)./Ovide, Fastes  (III, 857-876), Métamorphoses  (XI, 195)./ Valerius Flaccus, Argonautiques (I et II).

 — Hylas est un Argonaute éromène d'Héracles qui fut capturé par les nymphes séduites par sa beauté. Il est ité dans la 6e Églogue de Virgile. (Pseudophilotes baton)

— Ilia, une prêtresse royale, aussi nommée  Rhéa Silvia, fille de Numitor, mère des jumeaux Romulus et Rémus : Virgile, Enéide: VII, 659 : Elle passe pour la fille d'Enée et son nom rappele  sa ville natale. (Apatura ilia)

 — IoleDans la mythologie grecque, Iole, fille d'Eurytos, roi d'Œchalie, et sœur de Déionée et d'Iphitos, pressée par Héraclès qui ravageait les Etats de son père, se précipita du haut des remparts ; mais le vent, enflant sa robe, la soutint dans l'air et elle redescendit sans se blesser. Selon d'autres versions, Eurytos refusa sa fille au héros, ce qui fut cause de sa perte et de celle de son fils Iphitos. C'est l'amour d'Héraclès pour Iole qui causa la jalousie de Déjanire et l'envoi de la fatale tunique de Nessos. Voir les plaintes de Iole dans Hercule sur l'Œta de Sénèque (v. 173-225).

Mais Iole (Iolla ou Iollas) est invoquée par Damète dans la 3e Églogue de Virgile : Iolla, mitte mihi Phyllida, est meus natalis.

— Iphis, , jeune crétoise, fille de Ligdos et de Théléthuse est évoquée par Ovide.

— Lampetie, fille du Soleil, l'une des sœurs de Phaëton avec Phaéthuse comme deux nymphes personnifiant la lumière solaire dans Homère, Odyssée, XII, mais aussi dans Apollonios de Rhodes, Hygin, Ovide, et Properce.

 

— Lucilla, Impératrice romaine (149-Capri 182), fille de Marc Aurèle et de Faustine, femme de Lucius Verus. Elle conspira contre son frère Commode, fut exilée à Capri et mise à mort 

— Manto, Dans la mythologie grecque, Manto est la fille du célèbre devin de Thèbes Tirésias qu'Ulysse alla consulter dans l'au-delà de la vie. Lorsque Thèbes capitula devant les Épigones, elle fut emmenée à Delphes auprès d'Apollon. Certaine d'avoir hérité des dons exceptionnels de son père, le dieu lui confia un de ses propres oracles, àClaros, en Asie Mineure. Elle conçut Mopsos de sa liaison avec le dieu.

Selon Virgile, elle aurait donné son nom à Mantova (Mantoue) en Italie. 


"Lui aussi  Ocnus, le fils de la prophétesse Mantô
et du fleuve toscan, arrive des rivages de sa patrie
 il te donna, ô Mantoue, des murailles et le nom de sa mère,
 Mantoue, riche d'aïeux, mais pas tous de même race" Virgile Énéide Livre X v. 199

— Medea,  Dans la mythologie grecque, Médée  est la fille d'Aétès, roi de Colchide et d'Idye, océanide, fille d'Océan et Théthys. . Elle est magicienne, comme sa tante Circé . Métamorphoses VII d'Ovide.

 

— Pales, divinité des prairies et des bergers. Virgile, Géorgiques livre III "Te quoque, magna Pales"

— Pandora, épouse d'Épiméthée.Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonna à Vulcain de créer une femme faite de terre et d’eau. Elle reçut des Dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. Ils lui donnèrent le nom de Pandore, qui en grec signifie "doté de tous les dons". Elle fut ensuite envoyée chez Prométhée. Epiméthée, le frère de celui-ci, se laissa séduire et finit par l’épouser. Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seul l’espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. C’est à partir de ce mythe qu’est née l’expression "boîte de Pandore", qui symbolise la cause d’une catastrophe

Homère,  Iliade vers 527 et suivants du chant XXIV,

Apollodore, Bibliothèque: I.7.2
Hésiode, Théogonie: 561
Pausanias, Périégèse: I.24.7 

— PhoebeDans la mythologie grecque, ce nom peut faire référence à : Phébé la Titanide, unie à son frère Coéos, Phébé l'Héliade, qui fut changée en peuplier comme ses sœurs, Hilaire et Phébé, les « Leucippides », Phébé fille de Tyndare, fille de Tyndare, ou Phébé, surnom d'Artémis, voire de la Lune dans des textes anciens. 

C'est la Titanide lunaire qui est évoquée par Virgile : Vento semper rubet aurea Phoebe. — (Virgile, Géorgiques 1, 431).

— Polyxena, Dans la mythologie grecque, Polyxène (en grec ancien Πολυξένη / Polyxénê), fille de Priam et d'Hécube, est une princesse troyenne. Elle fut aimée d'Achille qui la vit pendant une trève lors de la guerre de Troie. Il la fit demander en mariage à Hector.  Voir  Euripide dans sa tragédie Hécube, et Ovide dans ses Métamorphoses.

"Achille et Polyxène" est la dernière tragédie lyrique de Jean-Baptiste Lully, écrite en 1687  

— Proserpina, Proserpine est une divinité romaine équivalente à Perséphone dans la mythologie grecque. Elle est la fille de Cérès (ou Déméter) et Jupiter. Proserpine est la déesse des saisons. La mythologie raconte qu’elle a été enlevée par Pluton, dieu des Enfers qui l’a ensuite épousée. Comme Pluton est le frère de Jupiter et Proserpine sa fille, on déduit que Pluton est en couple avec sa nièce. Un accord aurait été conclu avec celui-ci afin qu'elle puisse retourner avec sa famille certaines périodes de l’année. Ainsi, elle passe six mois aux Enfers (ce qui symbolise notre automne et notre hiver) puis six mois avec sa mère (ce qui correspond à nos printemps et été).

Virgile la cite dans ses Géorgiques : Iamque pedem referens casus evaserat omnes ;redditaque Eurydice superas veniebat ad auras, pone sequens, namque hanc dederat Proserpina legem, Géorgiques 4 vers 485-487

— Selene, Dans la mythologie grecque, Séléné (en grec ancien Σελήνη / Selếnê), fille des Titans Hypérion et Théia, sœur d'Hélios (le Soleil) et d'Éos (l'Aurore), est une déesse de la Lune — plus spécifiquement de la pleine lune, second membre de la triade composée d'Artémis (croissant de lune) et d'Hécate (nouvelle lune). Elle est souvent assimilée à Artémis, même si elle personnifie plutôt l'astre lunaire lui-même. Cette déesse a été romanisée sous le nom de Luna. Voir son amant Endymion.

— Spini : le nom vient de la plante-hôte indiquée dans le texte page 186Pruni spinosae. Il fait suite à Papilio rubi, P. Betulae, P. Quercus, P. Pruni., quatre noms de Plebei nommés par Linné en fonction de leurs plantes-hôtes.

— Trivia, Trivia (du latin trivius, a, um, « qui se trouve aux carrefours ») est une déesse de la religion romaine et de la mythologie romaine, dans l'Antiquité. On pensait qu'elle hantait les carrefours et les cimetières, et qu'elle était liée aux pratiques de magie et de sorcellerie. Elle n'est parfois qu'un surnom ou un synonyme de Diane ou de la déesse grecque Hécate, avec qui elle avait en commun de posséder des sanctuaires situés près des carrefours.

 Le mot Trivia ne se trouve ni dans les Églogues, ni dans les Gèorgiques. Il est cité par Virgile dans la Descente aux Enfers de l'Énéide : Iam subeunt Triuiae lucos atque aurea tecta. Énéide, 6 ,15 "Déjà, ils pénètrent dans le bois sacré de Trivia, sous les toits dorés."  

 

— vaualbum C'est, avec Xanthomelas, l'un des deux seuls zoonymes "descriptifs" de la liste des noms créés par Denis et Schiffermüller : il indique la marque blanche en forme de virgule, ou de lettre-v- des ailes.

— Xanthe, Xanthé : l'une des Océanides selon le catalogue de la Théogonie d'Hésiode, et dans les Géorgiques Livre IV de Virgile :

 

— Xanthomelas est ici le deuxième épithète descriptif utilisé par Denis et Schiffermüller : ses deux racines grecques signifient jaune et noir et qualifie la couleur des ailes.

 

        Récapitulatif .

Cette liste des noms de rhopalocères créés par Denis et Schiffermüller comporte :

— Un seul nom de plante-hôte, Spini.

— Deux adjectifs descriptifs, vaualbum et Xanthomelas.

— Un nom cocasse, Coccajus, choisi pour répondre au Papilio macaronius de Scopoli.

— un nom inexpliqué, Adippe (Nymphe ?), mais qui provient en fait de Linné.

— 43 noms de personnages grecs ou latins soit 89,5%.

Parmi ces derniers, les auteurs viennois ont pu trouvé dans l'œuvre de Virgile plus de la moitié (29 noms soit 60%), et dans celle d'Ovide 8 autres noms.  Au total, 37 noms sur 43 proviendraient de la poésie latine, et seuls 6 sont, dans mes recherches, propres à la mythologie ou la littérature grecque. Il existe bien-sûr des noms qui sont à la fois cités par Virgile, et qui appartiennent à la mythologie antérieure.

Les 29 noms provenant de Virgile (Bucoliques 14 ; Géorgiques 6 ;  Énéide 9) 

  • Acis :  Ég 3 
  • Adonis : Ég. 10.
  • Aegon : Ég. 3- 5.
  • Agestis:  Én.
  • Alcon :  Ég 5 
  • Alcyone : Gé (et Ovide)
  • Alsus : Én
  • Amyntas: Ég. 2-3-5- 10
  • Arachné : Gé  (Ovide )
  • Arethusa :  Én ; Gé; Ég 
  • Camilla :  Én.
  • Circe :  Én.
  • Corydon : Ég. 2-5-7.
  • Damaetas : Ég 3-5
  • Damon  :  Égl.3
  • Daphnis : Ég. 5.
  • Delia : Ég. 3.
  • Endymion : Ég.3
  • Hecate : Én.
  • Hylas : Ég. 6.
  • Ilia :  En. 7 :659
  • Iole : Ég. 3.
  • Manto Én. 
  • Pales :  Gé.
  • Phoebe : Gé.
  • Proserpina Gè.
  • Trivia : Én.
  • Xanthe : Gé.

Les 8 noms provenant d'Ovide.

  • Daphne 
  • Dictynna,  
  • Dorylas 
  • Helle
  • Iphis 
  • Lampetie 
  • Medea
  • Polyxena

 

Les 7 noms restant :

— Lucilla vient à part, c'est un personnage de l'histoire romaine.

  • Artemis, dans les auteurs grecs
  • Battus, berger de Théocrite.
  • Chryséis ; Homère, Hygin
  • Cynthia,
  • Pandora : Homère, Apollodore, Hésiode, Pausanias,
  • Selene. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOURCES ET LIENS.

Virgile, Les Bucoliques texte latin et français :http://fleche.org/lutece/

Virgile, les Géorgiques en français en ligne http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/georg/georgi.html

 
— Sylvie Ballestra-Puech, « L’araignée, le lézard et la belette : versions grecques du mythe d’Arachné », Rursus [En ligne], 2 | 2007. URL : http://rursus.revues.org/97 ; DOI : 10.4000/rursus.97
http://pendientedemigracion.ucm.es/info/amaltea/revista/num2/voisset.pdf

— Lire (JYC) http://www.anagnosis.org/phil/virgile_georgiques_iv_485_505

Oberthür (Charles) Études de lépidoptérologie comparée.  : https://archive.org/stream/etudesdelpidop521911ober#page/8/mode/2up/search/virgile

 — VALLAT (Daniel)  « Phénomènes de réécriture dans l’onomastique du genre bucolique », Interférences Ars Scribendi, numéro 4, mis en ligne le 5 mai 2006, http://ars-scribendi.ens-lsh.fr/a

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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