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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:23

La "Chapelle de cour" du duc Albert V et les musiciens de Roland de Lassus, dans le Mus. Ms. A. "Hofkapelle" et Orlando de Lassus. Première partie : la Salle St-Georges et la Chapelle.

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Cet article poursuit la série suivante :

Mirabar solito dans le livre de chœur enluminé Mus. Ms B. de Munich.

Autoportrait de Hans Mielich : Ne Sutor Ultra Crepidam.

Autoportrait de Hans Mielich et portrait de Roland de Lassus : le Mus. Ms. A. I et II.

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Source des images :

Par copie d'écran de :

Roland de Lassus / Orlando di Lasso , Les sept psaumes pénitentiels de David avec le motet Laudes Domini :

Livre de chœur volume I Mus.ms. A I(1), Bibliothèque Nationale de Bavière Bayerrische Staat Bibliothek BBS , Munich, 1565

https://opacplus.bsb-muenchen.de/metaopac/search?View=default&db=100&id=BV035322074

— Microformes (noir et blanc, tout le manuscrit) :

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0003/bsb00035007/images/

— Couleur (une sélection d' enluminures) :

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0008/bsb00089635/images/index.html

– en pdf (déroulant, plus rapide) :

http://burrito.whatbox.ca:15263/imglnks/usimg/1/1d/IMSLP368393-PMLP594987-d-mbs_mus._ms_a_1.pdf

Livre de chœur II (Mus. Ms. AII) :

— Microformes (noir et blanc, tout le manuscrit) :

http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&bandnummer=bsb00035009&pimage=188&v=150&nav=&l=de

http://imslp.org/wiki/Choirbook,_D-Mbs_Mus._MS_A_%28Lassus,_Orlande_de%29

Ou mieux, en pdf déroulant : http://javanese.imslp.info/files/imglnks/usimg/6/66/IMSLP368394-PMLP594987-d-mbs_mus._ms_a_2pb.pdf

— en couleur (sélection) en pdf (déroulant) mais avec une résolution moins fine des image :

http://petrucci.mus.auth.gr/imglnks/usimg/8/85/IMSLP368403-PMLP594987-d-mbs_mus._ms_a_2.pdf

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— Volume de commentaire (Erläuterungen) de Samuel Quickelberg (1569) : Mus. Ms AI(2) Cim 207 et Mus. Ms AII(2)

Vol. I : http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00035012&pimage=00001&suchbegriff=&l=de

Vol. II : http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0003/bsb00035013/images/index.html?id=00035013&fip=eayaenyztsxdsydeayaqrsqrseayawxdsyd&no=1&seite=3

N.B. Les couleurs ont été parfois fortement ravivées et la netteté rehaussée, le but étant ici la lisibilité des documents et non la fidélité de reproduction.

Cet article est une enquête menée par un ignorant qui n'y comprend rien. Qu'appelle-t-on "Hofkapelle" à Munich ? Une formation musicale ? Une chapelle? Les deux en réalité, ce qui complique les recherches.

Je comprends vite en effet que le terme désigne plus souvent l'institution musicale, et je découvre que cette dernière a été formée par  Ludwig Senfl, qui avait été membre du chœur de la Hofkapelle de Maximilien Ier du Saint-Empire à Augsbourg avant de venir à Munich au service du duc Guillaume IV. Ludwig Senfl est mort vers 1543, et le duc Albert V, intronisé en 1550, fit appel à Orlando de Lassus en 1556 pour prendre la suite de L. Senfl.

Pourtant, la Résidence de Munich, ancien château médiéval aménagé dès Guillaume IV, puis par Albert V et par Guillaume V en luxueuse résidence de style italien puis maniériste, comporte aujourd'hui une chapelle qui porte le nom de Hofkapelle. Je la découvre sur le site http://www.residenz-muenchen.de/englisch/museum/hofkapel.htm qui m'apprend (je traduis) que :

"La Hofkapelle a été érigée dans le cadre de la rénovation à grande échelle et de l'expansion de la "Residenz" entreprises par le duc Maximilien Ier dans les premières années du 17ème siècle. Le choeur ne fut achevée qu'en 1630.

Maximilian assistait à la messe tous les jours. Les membres du tribunal assistait au culte dans la chapelle, tandis que le duc et sa famille étaient assis dans la galerie, qu' ils pouvaient atteindre facilement de leurs appartements.

La Hofkapelle est dédiée à la Vierge de l'Immaculée Conception. Ce fut probablement le propre choix de Maximilien, parce qu'il avait déjà fait de la Vierge Marie la sainte patronne de la dynastie des Wittelsbach et de la Bavière. Le magnifique maître-autel, probablement conçu par Hans Krumper, se concentre également sur ​​la Vierge Marie. La peinture principale a été créé par Hans Werl en 1600 et montre la Vierge trônant en gloire sur les nuages ​​entourés par les anges. La peinture au sommet représente la Trinité."

Or, l'examen des enluminures de Hans Mielich pour le luxueux manuscrit Mus. Ms. A, qui appartenait au trésor privé du duc Albert V et qui contenait les partitions des sept Psaumes pénitentiels de son Hofkapellmeister, Roland de Lassus, montre l'existence d'une chapelle, organisée pareillement avec une galerie princière privée, et manifestement dédiée aussi, déjà, à la Vierge de l'Immaculée Conception. 

En scrutant les images, je me propose le double but de découvrir la chapelle de Cour pré-existant à celle de Maximilien Ier , et, dans une vraie archéologie iconographique, de découvrir aussi la formation musicale de Cour de Roland de Lassus. Bref, de rendre visite à Albert et Anne pour voir comment c'est arrangé chez eux.

Auparavant, dressons un panorama des deux volumes du manuscrit, pour y situer les planches qui m'intéressent, à la fin du volume II. Ce sont les pages 185 à 187 du volume II, mais l'examen des pages 2 et 4 du premier volume, et des pages 3, 4 et 10 du second volume permettent d'entrer dans le Palais ducal et d'y rencontrer du beau monde.

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Table des matières des deux volumes du Mus. Ms. A.

I. Manuscrit Mus. MS. AI

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/ausgaben/thumbnailseite.html?id=00089635&seite=1&fip=193.174.98.30

Page 1 : page de titre « Septem Psalmi Poenitentiales auspicis illustris : principis Alberti com pal  : Rheni utriusq : Bavariae ducis sacris imaginibus cum textu congruentibus : Copiosissime exornati et in duos tomos divisi. :Anno MDLXV"

Page 2 : Portrait du duc Albert V.

Page 3 Armoiries de la Bavière entourées de celles de 86 monastères, Abbés, Chapitres, et de 35 comtés, de 34 cités grandes ou petites, de 79 contrées et villages.

Page 4 : La Salle d'Audience. 

 Page 5 : Index

Page 6 Psaume 31 Domine ne in furore...miserere, pour 5 voix, en 12 parties

page 10 ? Laboravi in gemitu me

page 42 Psaume 31 Beati quorum remissae sunt, pour 5 voix, en 16 parties

Page 98, Psaume 37, Domine ne in furore ...quoniam, pour 5 voix, en 25 parties

Page 172, Psaume 50, Miserere mei Domine Deus, pour 5 voix, en 22 parties

page 222 : portraits de Roland de Lassus et de Hans Mielich

page 223 Janus bifrons. Uno ego finem libri monstro / Alterius ego initium praenuncio.

 

II. Manuscrit MUS. Ms. A.II :

Page 1 :Janus bifrons : Janus bifrons uti primi tomi finem monstravi sic secundi tomi totius huius operis initium praenuncio. Inceptus est autem hic secundus tomus die lunae post Jacobi, Anno MDLXV.

page 2 Page de titre Secundus Tomus Septem Psalmorum Poenitentialium etc..

Page 3 Albert V  recevant les remerciements des artistes

Page 4 : la duchesse recevant les remerciements des artistes.

Page 5 : armoiries de Bavière et celles de 16 cités du Palatinat.

Page 6 à 9 : 499 armoiries de familles de la noblesse bavaroise.

Page 10 index , avec la date de 1565 (lD'un coté, le Pape, plusieurs cardinaux et évêques sont agenouillés avec les mots « Tu supplex ora ». De l'autre, l'Empereur et plusieurs chevaliers, rois et princes avec la légende « Tu protèges ». Au dessous, un laboureur avec les mots « Tu quoque labora ».

Page 11 : début des partitions (pages 15 Rêve du roi ?? page 18 ; page 21 ect)

page 11 Psaume 101 Domine exaude orationem...et clamor, pour 5 voix, en 31 parties.

Page 81 Psaume 129 De profundis clamavi, pour 5 voix, en 10 parties.

Page 103, Psaume 142, Domine exaudi orationem...auribus, pour 5 voix, en 16 parties.

Page 159, Psaume 148, Laudate Dominum de cœlis, et psaume 150 Laudate Dominum in Sanctis, pour 5 voix, en 4 parties.

Page 185 : Choeur de cour dans la chapelle « durant un sermon » (Bardley) ou 1 seul chanteur au pupitre

page 186 : Chapelle de Cour durant un office.

page 187 : Choeur et instrumentistes

page 188 : Portrait de Roland de Lassus en pied

Page 189 : Portrait de Hans Mielich.

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DÉCOUVERTE DE LA COUR BAVAROISE ENTRE 1565 ET 1570.

1) Mus Ms AI page 2 : le duc Albert V.

 Portrait du duc Albert V en manteau rouge doublé intérieurement de satin blanc (rouge et blanc = couleur de la Bavière), portant le collier de la Toison d'or*, devant une tenture damassée bleue, entouré des statues emblématiques de la Sagesse, de la Tempérance, de la Justice et de la Pitié. Un lion et une lionne à ses pieds. Dieu le Père tenant un enfant ; Saint Michel ; Archange Gabriel (?). La partie haute est encadrée du Soleil et de la lune, se référant selon Quickelberg à la citation du psaume 135 Solem in potestatem Diei [...] Lunam et Stellas in potestatem noctis; sous le soleil est suspendu un trophée d'armes alors que sous la lune se trouvent des armes de vénerie, symbole de la force héroïque. Un cœur couronné est présenté par Intelligentia,  Constantia et Ratione.  ;On trouve aussi Veritatem, Prudentiam, Devotionem; Clementiam, Fidem, Spem, Charitatem, Desiderium, Pacem, Longanimitatem, Victoriam, Iustitiam, Temperentiam.

*L'Ordre de chevalerie de la Toison d'or, fondé à Bruges en 1430 par Philippe le Bon, est, à l'époque concernée, sous la maîtrise de Philippe II, roi d'Espagne. L'ordre comporte, depuis Charles Quint, le nombre fixe de 51 chevaliers, censés se réunir le 30 novembre de chaque année, jour de la Saint-AndréPar les statuts, les chevaliers étaient obligés de porter en toutes circonstances et en particulier en public un collier d'or, composé d'une alternance de fusils et de pierres à feu ("briquet") auquel était suspendue la toison d'un bélier.  

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0008/bsb00089635/images/index.html?id=00089635&fip=qrssdaseayaenxdsydyztseneayawfsdr&no=7&seite=3

2) Mus. Ms AI Page 4 : la Salle d'Audience.

 

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0008/bsb00089635/images/index.html?id=00089635&fip=qrssdaseayaenxdsydyztseneayawfsdr&no=8&seite=5

La photographie semble être inversée puisque les textes et la pagination y sont à l'envers : j'ai corrigé l'image venant de la Staatsbibliothek.

Débutons par la partie supérieure : dans le dais d'un voile, une figure allégorique ailée portant une couronne crénelée, ouvre les bras. Plutôt que Minerve, ou que la Ville, je propose d'y voir la Victoire. Deux putti et deux grotesques faunesques et ailés décorent l'entablement encadré par  deux paires d'angelots et par les armes à losanges bleus et blancs des Wittelsbach.  

Dans un cartouche à coquilles et volutes, l'inscription

ROM. XIII .

OMNIS ANIMA POTESTATIBUS

SVBLIMIORIBVS SVBDITA SIT

NVM EST ENIM POTESTAS NISI

A DEO

C'est une citation de l'épître aux Romains de saint Paul Rom. 13:1  omnis anima potestatibus sublimioribus subdita sit non est enim potestas nisi a Deo quae autem sunt a Deo ordinatae sunt  

"Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui."

L'entablement, qui ouvre sur un beau plafond à caissons, est soutenu par deux piliers symétriques formant ainsi une entrée monumentale. 

— Pilier de gauche. De bas en haut.

  • Le piédestal porte un trophée d'armes entre deux hommes accroupis.
  • Puis le pilier  comporte quatre niches : celle qui nous fait face contient un guerrier (torse nu,casque, hallebarde, épée, blason à trois couronnes [Landshut?]
  • Un médaillon avec le duc de profil tenant l'épée et les mots  ALBERTVS UTRVSQ. BAVARIAE DVX SOLVS
  • entre des colonnes de marbre brun-rose, quatre panneaux dédiés aux ancêtres du duc, avec les mentions difficiles à décrypter : ENRESTVS MONACI –H—RICVS IANOSISH LVDOVIC --- / ALBERTVS –VS---LVDOVICVS EXVI LANO LVDO---/ ALBERTVS PRVDENS ---ACHI --- / WILLHELMVS SVE ---BAVARIAE SEV MINACH LVDOVICVS

 

— Pilier de droite :

  • piédestal presque identique
  • dans la niche, un guerrier en armure, blason à identifier.
  • Médaillon : chef en armure tenant l'épée avec les mots : OTHO SOLVS BAVARIAE DUX. Othon Ier , duc de Bavière de 1180 à 1183, est l'ancêtre des ducs de Bavière 
  • Entre les colonnes, les quatre panneaux dont je ne déchiffre que le premier  XI LVDOVICVS MONACHII HEINRICVS STRAVBINGAE ET IN NORICO.

​Quickelberg donne la liste des dix tableaux et médaillons de gauche à droite:

  • Otho
  • Wilhelmus duc de Haute-Bavière ou Bavière-Munich, et Louis, duc de Basse-Bavière ou Bavière-Landshut.
  • Albertus prudens Monachii, et Georgius pour Landshut.
  • Albertus pius pour Munich, Ludovicus Dives pour Landshut
  • Ernesto Monachii, Henricus de Landshut, Ludovicus barbartus pour Ingostadt
  • Johan de Munich, Fidericus de Landshut, Stephanus d'Ingostadt, et Wilhelmus pour la Hollande et autres lieux.
  • Stephanus de Munich, Albertus de Hollande, et Otto en Brandebourg
  • Ludovicus empereur à Munich, Rudolphus électeur Palatin, Otho Ungariae rex, Stephanus Straubingae
  • Ludovicus Monachii, Heinricus Straubingae, et in Norico
  • Otho solus Bavariae dux (médaillon)

​La Salle d'Audience est éclairée par trois fenêtres hautes de chaque coté. Une porte monumentale y donne accès à gauche. La pièce est tendue à mi-hauteur d'une tenture dorée damassée, alors qu'un dais d'or monte jusqu'au haut plafond et s'avance largement. Ce dais porte les armoiries des Wittelsbach et le blason rouge et blanc de la Bavière. Au-dessous, un cartouche porte la date, mais malheureusement je ne parviens pas à affirmer s'il s'agit de 1565 ou de 1564 ou 1567. Le premier volume ayant été terminé en 1565, c'est cette date que l'on s'attend à trouver ici. 

Le mur principal est entièrement peint d'une scène de bataille. Des cavaliers armés de lance se dirigent depuis un littoral (navires en arrière-plan) vers une plaine surmontée d'un château, en suivant leurs chefs situés à droite.

Deux médaillons séparent à droite comme à gauche les voûtes des fenêtres. Le médaillon visible à gauche montre un paysage avec un cheval blanc ; le médaillon de droite montre des personnages devant des arbres et un temple. Il s'agit peut-être de Pégase à gauche, et de Minerve et les Muses à droite.

 

 

Mus. Ms AI Page 4  Droits réservés MDZ BSB

Mus. Ms AI Page 4 Droits réservés MDZ BSB

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L'accès de la Salle est gardée par seize nobles, vénérables et barbus personnages qui portent des hallebardes. Il est vraisemblable que Hans Mielich a dépeint ici les portraits de membres de la cour.

Mus. Ms AI Page 4  Droits réservés MDZ BSN

Mus. Ms AI Page 4 Droits réservés MDZ BSN

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Plusieurs centaines d'hommes, tous en habit noir, tous barbus, portant tous la fraise, assistent à la cérémonie. Deux chiens sont tenus en laisse, mais le petit chien personnel du duc (celui qui apparaît dans Le duc jouant aux échecs, Mielich, 1552) a le droit d'être sur le plus haut degré de l'estrade où Albert V est assis sur un trône, épée à la main. Un personnage, un pied sur la deuxième marche, un autre sur la troisième, se penche révérencieusement tout en présentant un objet qui me semblait être le manuscrit lui-même. Les enluminures où un auteur présente à son commanditaire son ouvrage relève d'une tradition bien établie, par exemple à la cour de Bourgogne. Juste devant le duc, se tiennent trois hommes en costume de drap bleu. Ce serait, alors, logique d'y voir Roland de Lassus en avant, en manteau bordé d'hermine, et derrière lui Hans Mielich d'un coté, et Jean Pollet le copiste de l'autre, ceint d'une ceinture blanche. Mais dans tout le manuscrit, le peintre et le musicien sont placés sur un pied d'égalité. Dans les portraits de Lassus et de Mielich, ils sont toujours vêtus de noir, jamais de bleu. D'autre-part, un détail me gêne, car je crois voir que la nuque des trois hommes est rasée, comme s'ils étaient les officiers ou les clercs d'un ordre particulier.

Mais Samuel Quichelberg écrit :

Princeps tribunali sedens, sub aureo conopeo, ubi audit orationem peregrinorum legatorum, ac responsionem dirigit Cancellario edicendam, proceres undique circumstant : tum et alii ministri, et stipatores a la bardigeri suo ordine dispositi. Haec a pictore exhibita ut gubernationis huius principis, qui vere dignus Bavariae monocrator esset, dum solus regiminis clavo cum summa iusticia praesidet memoria relinqueretur, utque per banc omnibus pariter summa animi lenitate et mansuetudine (tam suis, quam alienis suscipiendis) placabilis fuisse ostenteretur, quique nullo divitiarum aut potentiae fastigio exultarit, sed summae humanitatis illustre et solenne exemplum perpetuo extiterit. Imagines autem etiam adjunt, tam hoc tempore viventium personarum, quam novae arcis structurarum, pleraeque, satis evidentes et significantes. 

"Le duc est assis sur l'estrade sous le dais (conopeo, "tente, pavillon"), où il écoute les sollicitations des ambassadeurs étrangers, et édictant les réponses, que l'Huissier (Cancellarius) proclame à haute voix aux nobles rassemblés sur le coté, avec les minstres et autres préposés, disposés [selon l'ordre protocolaire] par les gardes Suisses (alabardigeri, "hallebardier", de l'italien alabarda ). "

 Ce serait donc, en bleu avec leur coupe de cheveu inhabituelle, des ambassadeurs étrangers.

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Je note encore le motif du carrelage noir et blanc ; dans mon enquête, je ne veux négliger aucun détail. Je retrouverai ce motif dans les images suivantes, ce qui montre que nous allons rester dans cette pièce, ou dans le voisinage. 

N.B Je ne trouve aucun renseignement sur un problème aussi important que celui de savoir à quelles races appartiennent les chiens du duc et de la duchesse. Je suis intéressé par toute information qualifiée. Un griffon ? 

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Mus. Ms AI Page 4  Droits réservés MDZ BSB

Mus. Ms AI Page 4 Droits réservés MDZ BSB

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Mon enquête.

Le premier indice que je vais découvrir (Schwindt, 1996) va être le nom de cette salle : St Georgs-Saal der Neuveste.

Le "Neuveste" est, malgré son nom évoquant un édifice neuf, le vieux château ducal gothique construit en 1385 au nord-est de Munich par le duc Etienne III. Le duc Albert, qui a succédé à son père en 1550, a fait bâtir la St. Georgs-Saal en 1560-1562 par Wilhelm Egckl (1520-1588), alors officier de l'armurerie ducale architecte : en même temps, il fut chargé de la construction du premier collège des Jésuites à l'Augustinergarten. Albert V fit construire, par Egckl ou par Bernhard Zwitzel  de 1563 à 1567 les Ecuries et le cabinet de curiosité (Marstall- et Kunterkammerbau), puis par Jacopo Starda l'Antiquarium de 1569 à 1571, pour la période qui concerne ce manuscrit (1565-1570). Dans ces différents ensembles, l'omniprésence des arcades, des colonnades et des frontons de porte Renaissance témoigne de l'influence italienne, notamment celle du Palais du Té de Mantoue.

Un autre résultat de mon travail est de découvrir la date de la destruction de cette salle, le 7 mars 1750 (in D. Sadgorski, page 39). Par la même occasion, j'apprends qu'on y donna l'Arpa festante de Jean-Baptiste Maccioni en 1653 ; en 1740, la salle aurait été aménagée en théâtre avec des loges.

Les informations sur cette St. Georgs-Saal sont rares ; l'article Wikipédia sur Egckl dit que la miniature de Mielich en est le seul témoin avant sa destruction. Elle est qualifiée de "salle de bal". Je découvre néanmoins un autre document, la représentation sur une gravure du pentre Nicolas Solis (ca 1542-1584) des noces du prince Guillaume avec Reine de Lorraine, noces dont les festivités durèrent trois semaines avec la création d'œuvres musicales que j'ai déjà étudiées mais qui donnèrent lieu à un banquet le soir du 22 février 1568 dans la salle St-Georges. 

 Source: Staatliche Graphische Sammlung München , numéro d'inventaire 1910 226-35 D.

 

Nikolaus Solis (ca. 1542–1584), Die Münchner Fürstenhochzeit von 1568 (Hochzeitsbankett), Stahlstich, Source: Staatliche Graphische Sammlung München, Inventarnummer 1910:226-35 D. En ligne grâce à :

 

 

http://ieg-ego.eu/de/mediainfo/die-muenchener-fuerstenhochzeit-von-1568-hochzeitsbankett

Le premier intérêt de cette gravure est de corroborer la miniature de Mielich et d'affirmer la valeur dcocumentaire du manuscrit enluminé, puisque les détails des deux illustrations se rejoignent. L'autre intérêt est de fournir un angle de vue orthogonal avec celui de Mielich :  la St-Georgs-Saal est éclairée par 5 baies cintrées dont la régularité est interrompue par une cheminée monumentale. Un intérêt supplémentaire vient de la présence, au premier plan à gauche, d'un effectif réduit de l'orchestre de cour, avec deux violes, un violon, un orgue portatif, et une caisse où sont posés des instruments à vent. Cette caisse a attiré l'attention des musicologues (Schwindt, 1996), mais nous y reviendrons sans-doute. Lors de ce souper fut jouée, selon Massimo Troiano (P.58) une "Bataille à huit voix"  : Battaglia a otto, di Messere Annibale Organista con tromboni, e cornetti alti et altre opere altre di otto. Poscia al sono di gagliarde e alte trombe, e tintinnanti baccini, dalla cucina usirono li quattro scali ..."

Par contre, je ne retrouve pas la porte latérale qui figure chez Mielich, soit qu'elle soient masquée par les tentures, soit, plutôt, qu'elles soit ouverte dans le mur opposé à celui qui est visible ici.

Dans cette salle de bal fut organisé, une semaine après le banquet de noce pour Guillaume et Reine, un tournoi, le soir du 28 février 1568.

 

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Je vais trouver ensuite un second document iconographique sur le site http://stadt-muenchen.net/lexikon/lex.php?fw=Neuveste ; mais on ne peut agrandir l'image, ni en connaître l'auteur et la date. Elle est si proche de la peinture de Mielich qu'elle pourrait n'en être une copie, et on retrouve  la porte cintrée de gauche, la peinture murale du fond, le motif de carrelage,  mais, ici, on voit à droite la cheminée dessinée par Nicolas Solis. Lorsqu'on revient au folio 4 du manuscrit, on voit que la cheminèe, masquée par le pilier factice du cadre, est, indirectement, présente,...car elle se signale par un demi-cercle vide, inoccupé en raison de la chaleur du foyer. 

 

 

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La Chapelle Saint-Georges.

Il semble que la chapelle de cour que nous allons découvrir ait été nommée St-Georg-Kapelle et qu'elle ait été adjacente à la St-Georgs-Saal.  

Le nom de "St-Georgs" donné à cette Salle d'Honneur et à sa chapelle indique l'importance de ce saint pour le duc. Son fils Guillaume voua à saint Michel, autre saint chevalier terrasseur de dragon, un véritable culte, et nomma de ce nom l'église qui'il fit construire à Munich, tout en faisant réaliser des peintures et des statues par ses artistes de cour ; mais c'est qu'il était né le 29 septembre (1548). Saint Georges est le saint patron des chavaliers et des ordres de chevalerie, dont les Chevaliers Teutoniques, et, au château de Trausnitz à Landshut, la salle d'Honneur équivalente de celle de Munich se nomme la salle des Chevaliers, Rittersaal.

Si je quitte provisoirement ce premier volume et que je vais ouvrir le volume II du manuscrit, je trouve, en page 5, au bas des armoiries ducales, une représentation de saint Georges repoussant les ennemis de la Bavière, laquelle est figurée par l'Ysar, le fleuve qui s'écoule en ses rives paisibles.

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Hans Mielich (1570), Saint Georges, Mus. Ms. A.II folio 5, droits réservés MDZ, BSB.

Hans Mielich (1570), Saint Georges, Mus. Ms. A.II folio 5, droits réservés MDZ, BSB.

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Il me reste à situer la chapelle et la St-Georgs-Saal par rapport au plan actuel de la résidence de Munich, diffusé sur les dépliants touristiques. Entreprise hasardeuse, mais je vais partir du principe que la chapelle, si elle a été restaurée, n'a pas changé de place. La Grottenhof, jardin créé par Guillaume V, est  postérieur à notre manuscrit. L'emplacement de la St-Georgs-Saal, dont les fenêtres donnaient sur l'extérieur, peut correspondre aux n° 100 à 103, ou à la Chapell Courtyard et la Max-Joseph Saal,  mais j'attends qu'un lecteur éventuel corrige cette hypothèse. Le site schlosser.bayern donne les deux plans correspondant au rez-de-chaussée et à l'étage (lien infra), mais la chapelle, avec sa galerie que nous allons découvrir, et la Salle de bal avec ses hautes fenêtres, prennent les deux étages.

Ma source : http://www.schloesser.bayern.de/deutsch/service/infomat/screen-pdf/mu-residenz_engl.pdf

Plan de la Résidence de Munich, Rez-de-chaussée : la chapelle surlignée en jaune.

Plan de la Résidence de Munich, Rez-de-chaussée : la chapelle surlignée en jaune.

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Mon enquête se poursuit.

Après une quinzaine de jours de recherches, je m'aperçois que Bettina Walckernagel, conservatrice du Musée National de Munich, a publié en 2003, dans le facsimilé du catalogue de 1655 des instruments de musique de la cour ducale de Munich ( Musikinstrumentenverzeichnis der Bayerischen Hofkapelle von 1655. Faksimile, Transkription und Kommentar, Ed. Schneider : Tutzing, les plans d'époque de la Salle St-Georges ainsi que deux vues et  une maquette. Gr...

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3) Mus. Ms. AII page 3.

 Familiarisé avec la Salle Saint-Georges, nous la reconnaitrions ici facilement (même dais damassé or, mêmes armoiries, mêmes hautes fenêtres) mais cela pourrait être une autre pièce, moins large, puisque le dais s'étend sur toute sa largeur ; la porte par laquelle nous observons la scène (si ce n'est pas un simple encadrement de l'image) est située latéralement. On a dressé une large estrade où un fauteuil plus confortable que le précédent accueille le duc Albert. Il porte le collier de la Toison d'Or. A sa gauche se trouvent ses trois fils les princes Guillaume (futur duc Guillaume V), Ferdinand, né en 1550, et Ernest, né en 1554 et qui deviendra Archevêque et Prince-électeur de Cologne. A sa gauche, son neveu le marquis de Baden, Philippe de Bade (1559-1588), le fils de sa sœur Mathilde de Bavière. Son père Philibert I de Bade étant mort  à la bataille de Moncontour en 1569 en défendant les Huguenots, il fut recueilli à la cour d'Albert V et reçut une éducation catholique.

Au pied du duc, son petit chien, bien identifiable désormais, et un lion couché ; la présence de plusieurs lions, lionnes et loinceaux est attestée à la cour de Bavière. 

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La partie basse de l'enluminure est encadrée par deux Allégories ailées en train d'écrire sur une tablette  le texte du cartouche: elles portent leur nom en collier : Constantia et Experimentia. Un atlante et deux femmes assisent tiennent le cartouche central dont l'inscription décrit la scène supérieure.

GRATVLAMVR ET SCRIPTIS NOSTRIS ATTESTAMVR ASPICIENTES ILLVSTRISSIMI PRINCIPIS ALBERTI  COMITIS PALATINI RHENI VTRVSQ BAVARIAE DVCIS &C. DEI GRATIA CATHOLICAE FIDEI ADHVC STVDIOSISSIMI SVAEQVE CELS : DILECTISSIMORVM FILIORVM DVCVM GVILIELMI , FERDINANDI ET ERNESTI : AC ETIAM PHILIBERTI MARCHIONIS IN BADEN EX SOREORE NEPOTIS ET CONSILIARIORVM PRVDENTISSIMORVM  ADSTANTIVM IMAGINES AD AETERNAM GLORIAM INCLYTAE DOMVS BAVARIAE APPICTAS.

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La partie haute est centée par le Christ de résurrection bénissant  et tenant le globe du Monde, avec l'inscription  DIGNITAS FOR---- TIO GRAVITAS. Il est entouré par les Allégories ailées RATIO

et SAPIENTIA, la Raison et la Sagesse. Enfin, en arc sur la voûte, nous lisons :

BEATUS VIR QUI TIMET DOMINVS IN MANDATIS VOLET NIMIS

POTENS IN TERA ERIT SEMEN EIVS GENERATIO RECTORVM BENEDICETVR

il s'agit du début du psaume 111 : "Heureux l’homme qui craint l’Éternel, qui trouve un grand plaisir à ses commandements. Sa postérité sera puissante sur la terre, la génération des hommes droits sera bénie." 

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Les huit statues masculines latérales correspondent à des vertus, dont le nom est indiqué, comme, en haut à gauche, celui de RELIGIOSO 

 

Mus. Ms. AII page 3.  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 3. Droits réservés MDZ BSB.

4) Mus. Ms. A. II page 4

 Passons maintenant dans le gynécée ducal. L'image est strictement identique à la précédente, mais inversée dans son orientation, comme si nous accédions au coin opposé de la même pièce. En réalité, les deux pages 3 et 4 sont disposées pour former lorsque le livre est ouvert une seule image en double page, et d'ailleurs Quickelberg les décrit ensemble. C'est une seule scène avec deux visiteurs se présentant au duc, et deux autres se présentant en même temps à la duchesse. Nous sommes donc, toujours, dans St-Goerg'-Saal.

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Une lionne remplace le lion, mais la même estrade, le même dais damassé d'or les mêmes rinceaux latéraux sur une étoffe ou un marbre vert, les mêmes fenêtres, le même motif de carrelage montre que nous sommes en tout cas au même étage du même palais. L'estrade accueille huit femmes dont trois sont assises. Débutons par elles. Il s'agit :

  • de la duchesse Marie Jacobée, marquise de Bade-Sponheim (1507-1580), épouse du Guillaume IV et mère du duc Albert V,
  • de la duchesse Anne d'Autriche (1528-1590), fille de l'empereur Ferdinand Ier.
  • et de Renée de Lorraine, (Renata von Lothringen), épouse du prince Guillaume.

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Les armoiries de l'archiduché d'Autriche (de gueules à la fasce d'argent), du margraviat de Bade (écartelé de Bade et de Sponheim) à gauche, et de Lorraine (d'or, à la bande de gueules, chargé de trois alérions d'argent) à droite, dominent les trois femmes.

 

Les jeunes-filles sont les filles d'Albert V et d'Anne d'Autriche :

  • Marie-Anne (1551-1608) qui a donc 19 ans en 1570.
  • Marie-Maximilienne (1552-11614), qui a donc 18 ans. 

​Les fillettes sont sauf erreur les nièces d'Anne d'Autriche, les sœurs du jeune Philippe de Bade de la page 3

  • Jacqueline de Bade (1558-1597), 12 ans
  • Anne-Marie de Bade (1562-1583), 8 ans

  • Marie de Bade (1563-1600), 7 ans, entre les genoux de sa tante.

Dans l'assistance, Samuel Quickelberg signale la présence de :

  •  Otton Henri Comte de Schwarzenberg (portrait au British Museum),
  •  praefectus et Magcj nobilissimique viri Dominus Simon Thaddaeus Ecckius I.V. Doctor suae cels. cancellarius,
  • Guiliel Lesebius
  • et Conradus Zeller camerae ducalis magister,
  • aliique consiliarii prudentissimi et aulici intimi ad immortalem memoriam appictii

Les deux personnages qui se présentent ici, et que je supposais être les deux artistes de la page 3, ne ressemblent pas à ces derniers.

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La partie basse comporte les deux allégories ailées Veritas et Aequitas sont en train d'écrire  sur des tablettes le texte qui suit . 

Le cartouche porte en effet l'inscription : 

GRATVLAMVR EQVIDEM ET NOS CONSIDERANTES DEI GRATIA EIVSDEM ILLUSTRISSIMI PRINCIPIS ALBERTI &c MATRIS PIISIMAE IACOBAE MARCHIONISSAE IN BADEN ET DVCISSAE BAVARIAE ET SVAE CELSITUD. CONIVGIS SVAVISSIMAE ANNAE COMITISSAE PALATINI RHENI  ET ARCHIDVCISSAE  AVSTRIAE AC ETIAM DILECTISSIMA NVRVS RENATAE DVCISSAE LOTHARINGIAE CONIVGIS DVLCISS. ILLVSTRISSIMI PRINCIPIS  GVILLIELMI FILII NEC NON ET DILECTISSIMARVM FILIARVM . MARIAE ET MARIAE MAXIMILIANAE : ET SVAE CELS. EX SORORE DVARVM NEPTVM MARCHIONISARVM IN BADEN ALIARVSQVE HONESTARVM MATRONARVM PRAESANTIVM IMAGINE AD LAVDABILEM ET PERPETVAM ILLUSTRISSIMAE FAMILIAE BAVARIAE MEMORIAM ASCRIPTAS.

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La partie haute accueille cette fois-ci dans les nuées Dieu le Père, bénissant et tenant le globe, comme son Fils en page 3. Les mots SPES --- CONSOLATIO , FIDES ET CARITAS, PACIFICIA et ALACRITAS correspondent aux Allégories ailées. 

Dans l'arc de la voûte , on retrouve la suite du psaume 111, avec cette-fois le verset 3 : 

Gloria et divitiae in domo eius et iustitia eius manet in saeculum saeculi

"Il a dans sa maison bien-être et richesse, et sa justice subsiste à jamais."(Louis Segond) 

Les parties latérales accueillent quatre statues des Vertus :  Helena Religios. Elisae Misericors. Sara Clemens. Rachel Temerité . ...Rebecca Providence...

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Mus. Ms. AII page 4.  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 4. Droits réservés MDZ BSB.

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5) Mus. Ms. A.II page 185. La chapelle ducale.

a) Le cadre.

L'image est insérée, comme les autres, dans un cadre monumental apparenté à une porte avec ses deux piliers, son entablement couronné d'un fronton, et son soubassement.7

 Dans la partie haute, le Christ Sauveur est peint dans un médaillon sur fond doré, vêtu du manteau de gloire, couronné, tenant le globe et bénissant. Quatre angelots entourent le médaillon. Deus anges ou divinités ailées soutiennent avec grâce et aisance l'entablement, auquel est suspendue uen guirlande, et un médaillon ovale plus petit que le précédent. On peut y lire l'inscription :

EPHES. IV

IPSE DEDIT QVOSDAM APOSTOLOS, QVOSDAM PPH AEDIFICATIONEM CORPORIS XPI

Ephésiens IV :11-12 et ipse dedit quosdam quidem apostolos quosdam autem prophetas alios vero evangelistas alios autem pastores et doctores 12 ad consummationem sanctorum in opus ministerii in aedificationem corporis Christi . "[Celui qui est descendu, c'est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses.] Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ,.."

Ce texte appartenant au cadre inventé par le peintre, il ne doit pas être vu comme un élément documentaire du décor de la chapelle ducale, mais comme un commentaire théologique de l'image. Le cadre comporte encore trois personnages dans des niches, dont l'un dont la main est posée sur un grand livre.

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b) la chapelle Saint-Georges.  

Ce cadre fonctionne comme une ouverture donnant une vue sur l'intérieur de la chapelle, comme si nous étions l'un de ces personnages qui assistent à un office. L'espace qui s'offre devant nous est assez vaste, et se compose de quatre parties

Devant nous, un vestibule au plafond à caisson et au carrelage à croix noire est doté de stalles latérales, et six hommes se sont installés à gauche. Un garde suisse est assis devant eux, en livrée et casque à plume. Une douzaine de personnes en habit noir restent debout, et l'un, de très petite taille, appartient peut-être à ces nains de cour que nous connaissons, par exemple, à la cour d'Espagne, peints par Vélasquez. Ils discutent entre eux, ou s'observent, comme lors d'un intermède. L'ensemble de la scène possède la force de véracité d'un instantané photographique, ce qui nous porte à croire, cette fois,  à la fiabilité documentaire de la peinture.

Une avancée du mur, se poursuivant par un arcade, sépare ce vestibule d'une salle reservée. Un Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean d'une facture sommaire est accroché sur ce mur. A gauche, l'espace va se rétrécir, puisque le deuxième mur prolonge l'avancée. A droite, on voit qu'un espace fait retour derrière l'arche.

Sur une base en pierre, sculpté, vient s'adosser une grille doté d'une étroite ouverture. De notre coté de cette grille, un prélat en robe pourpre, tenant son chapeau, est appuyé dans une attitude cavalière sur le piétement du pilier. Quatorze hommes sont debout devant ces grilles, et semblent suivre attentivement quelque chose.

De l'autre coté, les murs portent les signes en croix de la cérémonie de dédicace : l'espace devient consacré. Des boiseries signalent la présence de nouvelles stalles, avec prie-dieu, où sont présents sept à huit personnes. Au centre, devant un pupitre, et faisant face à la foule, se tient un homme qui semble porter une fraise, ce qui excluerait un membre du clergé. Chante-t-il ? Dit-il un sermon ? Donne-t-il lecture d'un texte ?

au dessus du lecteur ou précheur, une mandorle bleue et or est suspendue dans la chapelle ; nous y distinguons la silhouette d'une Vierge de l'Apocalypse sur son croissant lunaire. Nous l'étudierons sur l'image suivante, mais c'est sur elle que porte tout mon intérêt.

Le fond de la chapelle réunit deux autels latéraux à retable et dais de velours rouge et or, et une niche centrale, avec, sans-doute, l'autel principal. Deux portes permettent un accès direct au chœur, la porte de droite étant haute et voûtée, celle de gauche basse et rectangulaire.

 Le mur du fond, peint d'anges en grisaille et de rinceaux sur fond or, est éclairé par une haute fenêtre à trois meneaux, dotée de vitraux.  Les murs latéraux sont peints à fresque. Mais à gauche, on voit à mi-hauteur du mur une ouverture vitrée à petits volets au sein d'une boiserie à fronton, permettant sans-doute d'assister à l'office sans être vu.

Le plus important maintenant, pour comprendre l'image suivante, est d'observer la galerie en bois qui apparaît en hauteur juste au dessus de l'arcature du mur de séparation.

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Mus. Ms. AII page 185.  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 185. Droits réservés MDZ BSB.

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5) Mus. Ms. A.II page 186. La chapelle ducale, vue du chœur.

a) La chapelle.

Le peintre s'est placé maintenant au niveau de l'autel principal, et s'est retourné vers le vestibule où il était précédemment situé. Il a repris le même cadre, en représentant seulement Dieu le Père bénissant et tenant le globe à la place du Christ, et en ôtant le médaillon à inscription. 

Nous retrouvons la disposition de la chapelle, en l'inversant. Nous pouvons désormais découvrir la galerie haute, sa balustrade tendue de velours rouge, pour comprendre qu'elle permet aux membres privilégiés de la famille ducale d'y accéder depuis leurs appartements, par un espace voûté. Trois femmes s'y tiennent, dans lesquelles nous pouvons peut-être reconnaître la duchesse Marie Jacobée, et les filles d'Albert V Marie-Anne et Marie-Maximilienne. 

Le plafond voûté d'ogives de la chapelle est peint à fresque, comme nous l'apercevions à peine tout à l'heure : la partie la mieux visible est celle d'un Jugement Dernier, avec les élus en robe blanche à gauche et les damnés avalés par la gueule du Léviathan dans les flammes de l'Enfer, à droite. Les deux autres pans nous échappent d'autant plus que les boiseries de la galerie les recouvrent en partie. Néanmoins, nous  disposons déjà d'informations précieuses sur la décoration de la Hofkapelle avant son réaménagement par Maximilien Ier.

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La Vierge de l'Apocalypse est visible de dos maintenant, mais avec une meilleure précision : dans sa mandorle bleue peut-être décorée de nuées, elle est couronnée par deux anges. Sa chevelure blonde descend en longues boucles sur une longue tunique dorée. On distingue le sceptre qu'elle tient à droite, mais non l'Enfant-Jésus nimbé qui se devine page 185. La Vierge est entouré de rayons d'or, figurant le halo du soleil. Le croissant lunaire est masqué, mais elle répond à la description de l'Apocalypse 12:1  "Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ". Un candélabre de huit cierges allumés est suspendu à cette sculpture.

La présence de cette Vierge de l'Apocalypse est importante car on considère habituellement que son culte a été introduit par Maximilien Ier, qui a déclaré la Vierge "Patronne de la Bavière":

"La plus ancienne affirmation du patronage marial bavarois remonte à l’année 1615, lorsque le duc Maximilien de Bavière décide de placer une statue de la Vierge Immaculée, sous laquelle il fait inscrire «Patrona Boiariae» dans un cartouche, au centre de la façade principale de sa résidence munichoise. La royauté universelle de la Mère de Dieu est ici bien mise en valeur grâce à son sceptre et sa triple couronne (couronne temporelle, couronne de lys et couronne d’étoiles). De part et d’autre, quatre allégories des vertus du bon gouvernement renvoient à la doctrine néo-stoïcienne. La patronne du duché est donc ici clairement associée au règne du prince ; elle se situe encore dans un contexte dynastique.On peut donc dire que le patronage marial bavarois s’est développé à partir du patronage marial personnel du duc, qui était comme son père un membre actif de plusieurs sodalités. Pendant la Guerre de Trente Ans, la  Patrona Bavariae prend une place de plus en plus importante. On place les combats et les victoires sous le signe de la Reine des cieux. En même temps, le culte s’étatise petit à petit. Certes, le terme d’«État» n’est pas encore appliqué à la Bavière, qui est un territoire de l’Empire, donc une entité non souveraine. Le terme employé est plutôt celui de «patrie». Mais on reconnaît une tendance nette à vouloir intégrer l’ensemble des habitants du pays dans la communication du prince avec le ciel, mouvement participant d’une recherche d’unité du territoire, du peuple et du pouvoir.En Bavière, le patronage marial envahit la symbolique politique et même la législation. Bon nombre de fondations religieuses, publications, estampes,blasons, cris de guerre, drapeaux, médailles et pièces de monnaie évoquent et invoquent la Vierge et le patronage spécial dont bénéficie la Bavière ; de plus, de nouvelles fêtes mariales et la possession du rosaire sont rendues obligatoires sous peine d’amende pour tous les sujets."

"Maximilien de Bavière peut être considéré comme l’archétype du prince dévot. Le duc n’a pas été seulement à titre personnel un esclave convaincu de la Mère de Dieu. Sous son règne, les sodalités mariales ont pris un caractère officiel. Sa piété est profondément marquée par la Réforme catholique et tout particulièrement influencée par la Compagnie de Jésus. Elle porte la marque du désangoissement eschatologique : les contemporains remarquent qu’elle n’exprime aucune crainte de Dieu, mais vise simplement à magnifier la gloire du Seigneur. Surtout, la piété princière a des implications qui dépassent de loin sa simple personne. Maximilien a développé un arsenal législatif et judiciaire sans précédent afin de contraindre ses sujets à s’adonner aux œuvres religieuses, comme nous l’avons déjà vu pour le cas de la dévotion mariale, et à mener une vie exemplaire. Sous son règne, le combat contre le péché est devenu une des priorités du duché de Bavière." (D. Tricoire)

La présence de la Vierge de l'Apocalypse dans le volume II du Mus. Ms. A témoigne du culte de l'Immaculée Conception sous Albert V en 1570. Dans le même volume, le portrait du peintre est placé au pied de la représentation de l'Annonciation entourée du verset d'Isaïe 7:14   Ecce Virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen Emanuel. Butrum et mel comedet ut sciat reprobare malum et eligere bonus, un verset étroitement lié au thème de l'Arbre de Jessé, lequel est lui-même, au XVIe siècle, associé à l'Immaculée Conception.

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b) Les personnages.

Devant nous, un chœur d'hommes est rassemblé autour du pupitre central. Celui-ci porte sur le tissu rouge l'inscription “Non impedias musicam” Ne troubles pas la musique" avec la référence ECCLES : XXX 2. Cela renvoie au chapitre 32 du Livre de l'Ecclésiastique (ou Siracide), verset 5 :

Loquere, maior natu: decet enim te
5 primum verbum in diligenti scientia;
et non impedias musicam.

"4. Parle, toi qui es le plus âgé, car c'est à toi qu'il appartient .5. de parler le premier; mais fais-le avec sagesse et avec science, et n'empêche pas la musique."

 

Autour du lutrin, sont rassemblés 

  • un homme de chaque coté,
  • un groupe d'enfants (6 sont visibles)
  • un demi-cercle de 12 adultes
  • un groupe de 6 adultes à gauche
  • cinq chanteurs à droite, en partie dans les stalles.
  • cinq chanteurs à gauche, en partie dans les stalles, et dont trois portent le surplis.

​soit 36 chanteurs...environ.

Deux prêtres disent la messe sur l'autel latéral droit du chœur, celui qui est à gauche de l'image.

 Derrière les grilles, trois personnes sont assises ; plus en arrière, dans ce que j'ai nommé le vestibule ("narthex" ne me semblait pas adapté), quatre hommes personnes assistent à l'office chanté, et, là où le peintre s'était placé pour la page 186, sous le porche voûté, se trouvent encore huit personnes.

Mielich nous donne donc à voir une production polyphonique a capella. Néanmoins, nous savons que les musiciens accompagnaient parfois les chanteurs, car Massimo Troiano indique que les instruments à vent accompagnaient le cœur les Dimanches et jours de grande fête, à la messe et aux Vêpres. La présence de trois organistes permettaient d'assurer un roulement ; un orgue "positif", dont un exemple apparaît dans les marges des partitions enluminées par Mielich, est attesté par l'inventaire des instruments de 1655, scellé dans le mur de la chapelle.

Alexander J. Fisher Music, Piety, and Propaganda: The Soundscape of Counter-Reformation Bavaria, Oxford, 2014, pp.78-79.

La réunion des deux vues permettrait donc de dresser un plan assez précis de la chapelle de cour sous le duc Albert V.

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Mus. Ms. AII page 186.  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 186. Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 186. partie supérieure Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 186. partie supérieure Droits réservés MDZ BSB.

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2. Les choristes .

 Les noms et le nombre des chanteurs peuvent être retrouvés soit par la description donnée par Massimo Troiano en 1569 dans ses Dialoghi et ses Discorsi, soit dans les archives de la comptabilité du "bureau du personnel" du duché, dont la partie concernant la musique a été publiée par Sandberger. Enfin, le site BMLO ou Bayerisches Musiker Lexicon Online procure les données numérique des différents musiciens Bavarois. Selon Nicole Schwindt, à  l'époque, en 1570, la Cantorei ducale comportait 23 chanteurs : 7 altistes, 7 ténors et 9 basses. Troiano en cite une trentaine en 1569. Mais il faut ajouter à ce nombre 3 à 6 enfants sous la direction d'un précepteur. Cet effectif des comptables et d'un témoin avoisine le chiffre de 36 membres, et est donc égal ou proche de celui retrouvé sur la page 186 de Mielich. 

Le dénombrement est rendu difficile par le fait que le comptable ne cite souvent que le prénom, associé parfois à la fonction, et que Troiano ajoute au prénom, après une virgule,  un qualificatif (Genua, Veneziano; Ramedello, Romano, Flamenghi) qui est lié aux origines géographiques mais dont on ne sait s'il constitue un nom de famille. Enfin, le même nom se décline sous de nombreuses formes. Le plus intéressant est de constater que les chanteurs proviennent principalement soit des Pays-Bas, soit d'Italie.

 

 7 Altistes (Altisten)

  •  Anton Gosswin (1535-1598) ou Antonio Gossuino, néerlandais. Voir Troiano page 42. Il fut compositeur, chef d'orchestre, organiste, alto, professeur de musique, professeur de chant,  choriste, à Munich , Bonn, Francfort / Main, Freising, Landshut, etc. Le comptable le déclare Kapellmaister de Landshut en 1569 (Sandberger page 42)

  • Caspar Pichler, ou Puchler mentionné à partir de 1562 ; décédé en 1606.

  • Wilhem Niclas, né aux Pays-Bas, membre de 1568 à 1576 ; altiste et ténor.

  • Ludwig Haberstock, membre à partir de 1564 ; décédé après 1597. Altiste et joueur de trompette.

  • Wilbold Mader, membre de 1563 à 1590.

  • Johan de la Huß

Seuls les noms des quatre premiers sont mentionnés par le comptable en 1570-1572 dans ses Cantorei-Personen. 

 

Je n'y trouve pas Massimo Troiano : cf. Sandberger p. 50. Le napolitain Massimo Troiano, altiste, et compositeur de canzoni, était à Munich en 1568 (où il assiste aux noces du prince Guillaume ), séjourne à Venise en 1569, mais est à nouveau à Munich en 1570, jusqu'à Pâques où il est accusé du meurtre de l'un des musiciens, Johann Battista Romano. On perd sa trace à partir de cette date. Il est surtout connu par ses Dialoghi et ses Discorsi de 1569, qui décrivent la vie à la cour de Bavière lors des Noces de février 1568, et que je cite fréquemment ici.

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7 ténors (Tenoristen)

  • Georg , Jörg ou Joris Gattmair, ou Gattermaier, Gattner, etc.Ténor à la cour depuis 1563, décédé en 1591. Il est le frère de Peter et de Lorenz Gattmair.

  • Wolfgang Schönswetter ; chanteur, musicologue, compositeur, professeur de musique, mais serait né en 1570 ?

  •  Simon ou Sigmund Principe, Simon von Rhom "Simon de Rome", membre de 1568 à 1572 (déces), ténor.

  • Joachim, Jocham ou Johan Freithof, mentionné en 1558 et 1592

  • Heinrich Franz de Plau. Le comptable parle d'un Hainrich Franz Niderlender (le néerlandais)

  • Peter Gattmair, membre de 1568 à 1570, également instrumentiste et copiste.

  • Don Carlo Brachogin, membre de 1568 à 1575."Carl Brachogin, von Rhom" pour le comptable. Sans-doute "Don Carlo, Livizzano" de Troiano.

 

 

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 9 Basses (Bassisten)

  • Gallus Rueff, flamand

  • Caspar Kummer ( Khumerer)

  • Hans Vischer ou Fisher, flamand

  • Franz Flori, niderlander (flamand) mentionné en 1569

  • Richard von Genua. Il est précepteur des choristes (Khnaben ou Knaben) en 1569 (Sanderberg p.41)

  • Octaviano de Alberto, flamand. Le comptable mentionne Octaviano Romano.

  • Bartholo. Fanndenfeld

  • Augustino Persi

  • Christoph Nusser

Les trois derniers n'apparaissent pas dans les Cantorei-Personen du comptable (mais leurs noms ont été relevés par N. Schwindt).

 

Massimo Troiano les décrit ainsi dans ses Discorsi entre Mariano et Fortunio page 70 :  5 Basses, 5 Ténors ; 5 ou 6 Alto ; 12 Soprano,  2 autres chanteurs, soit 29 ou 30 membres :

Quelli honorati virtuosi ? Hans Fischer, Franz Flori, Gallo Rueff, Richardo & Ottaviano di Alberti, tra gli altri questi sono cinque Bassi, che ciascuno da se potrebbe fare fondamento e corpo ad ogni gran Capella .

 Don Carlo, Livizzano ; Don Alessandro, Ramedello ; Cornelio, Giorgio, Volffgangus, Henrich, e Gioachin. Questi sono tenoristi, tra gli altri, di molta importanza.

 Gaspar, Piler, Francesco, di Spagna, Talanera, Martino, e Gugliemo Fiamenghi ; Christofaro Haberstoch ; e Vilbaldo ; contralti, certo, e per la voce, e per la virtu veramente degni di quella honorata Capella. Poi vi sono dodeci soprani, discepoli, di Orlando Lasso, e quali siano, lo lasso considerare, a voi, che sapete le virtu del mastro.

Mar. Voi non mi dite nulla di Messere Antonio Gosuino.

For. Donde il conoscete ?

Mar. Ho udito cantare delli suoi Motteti, e Madrigali, e sono informato, che la parte del contralto, con infinitissima gratia, e leggiadria la canta, & anco che è molto prattico della compositione.

For. Egli è vero, e spesse volte in quella capella, si cantano delle sue Messe. Et è ben voluto da quel Prencipe, e Messere Orlando, havendolo in tutte le attioni conosciuto, virtuoso, costumato, e prattico del le cose del mondo ; gli ha dato pensiero, con consenso di sua Eccellenza, ch' impari tutti li soprani della capella. 

Mar. Don Augustino Persii, non è anco in quel servitio ?

For. S'io volesse dirvi tutti quelli che vi sono, io haverei molto da dire, e voi troppo d'ascoltare.

 

 

 

La Cantorei en 1592.

Selon le Taschenbuch für die vaterländische Geschichte, la formation musicale fut réduite  en 1592.  Elle se composait alors de 22 membres +/- 7 :

Quatre Basses : Hans Vischler (450 florins) ; Jacomo 220 fl ; Christianus 201 ; Jonas 200 ;

Quatre Ténors : Fossa 500 fl. ; Wolf Schlender 335 fl. ; Don Sebastian 340 fl.; Ferdinand Lasso 240 fl.;

Quatre Altistes : Horatio  340 fl. ; Hainrich 340 fl. ; Saleno (Galeno) 305 fl. ; Klain Cäspale 200

Quatre Discantisien: Spänisch Münch 200 fl. ; Gabriel 250 fl. ; Peter Anthoni 400 fl. ; Julio Geigle 400 fl.

Six enfants de chœur (Cantorei Knaben) 40 fl/ par tête, majoré hiver et été  52 fl. Par tête

Un Précepteur 300 fl ;

Des sommes ont été versées à six chanteurs (pour leur départ ?)  Georg Gäglmair 140 fl. ; Sebastian Pica (Bica) 220 fl. ; Joachim Freithof 120 fl. ;Octavian 170 fl.; Hans Tele 170 fl.

"et  3 enfants de chœur Cantorei Knaben 276 fl."

 

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La page suivante ( p.187) montre les musiciens de Roland de Lassus entourés de personnages (4 d'un coté, 11 de l'autre) qui ont été considérés (N. Schwindt) comme des chanteurs, mais dont la posture évoque plutôt pour moi celle de courtisans ou de spectateurs. Chacun pourra se faire son avis, mais c'est certainement la page 186 qui permet le mieux de découvrir la Hofcantorei de Munich sous Roland de Lassus.

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Mus. Ms. AII page 186. partie inférieure Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 186. partie inférieure Droits réservés MDZ BSB.

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5) Mus. Ms. A.II page 187 : la formation musicale de Roland de Lassus.

C'est la page la plus célèbre, couramment reproduite dans les livres ou sur les pochettes de disque, et soigneusement analysée par les musicologues. 

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a) Le cadre.

L'encadrement est semblable aux précédents, avec le Père Eternel dans le cartouche, l'entablement soutenu par deux femmes ailées, les guirlandes et un médaillon,  deux colonnes latérales en marbre gris et vert à motif de télamon, et un cartouche inférieur.

Le médaillon porte l'inscription Sicut in fabricatione auri signum est smaragdi, sic numerus musicorum in jucundo et moderato vino . qui est une nouvelle citation de l'Ecclésiastique 32, ici dans les versets 8 . Je donnerai aussi la traduction des versets 7 et 9 :

7. Un concert de musiciens dans un festin où l'on boit du vin est comme un joyau d'escarboucle enchâssé dans l'or.

8. Une symphonie de musiciens pendant qu'on boit du vin avec joie et modération est comme un cachet d'émeraude monté sur or.

9. Ecoute en silence, et ta retenue t'acquerra la faveur.

 

On remarque le mot latin smaragdus, du grec ancien σμάραγδοςsmáragdosdéformation du mot perse zamarat qui veut dire « cœur de pierre ». Il a donné notre mot émeraude, 

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b) Le cartouche inférieur.

Le cartouche inférieur porte le nom d'auteurs et de musiciens célèbres ayant précédé Roland de Lassus et que H.F. Delmotte a transcris en les arrangeant un peu:

 

AVCTORES P[ER] MVSICES P[RAE]CIPVI ET EXCELLENTISSIMI : Compositeurs de musique  les plus excellents.

J'ai utilisé Wikipédia pour les présenter:

– Jacobus Hobrecht.

Jacob Obrecht (Gand, 1457 ou 1458 - Ferrare, juillet 1505) est un compositeur néerlandais de la Renaissance. Il était le plus renommé des compositeurs de messes en Europe à la fin du xve siècle, seulement dépassé par Josquin Des Prés (référence nécessaire) après sa mort, et il composa en outre de nombreux motets et chansons.

–  Jusquinus Pras.

 Josquin des Prés né peut-être à Beaurevoir vers 1450 et mort à Condé-sur-l'Escaut le 27 août 1521, souvent désigné simplement sous le nom de Josquin, est un compositeur franco-flamand de la Renaissance. Il est le compositeur européen le plus célèbre entre Guillaume Dufay et Palestrina et est habituellement considéré comme la figure centrale de l'école franco-flamande.  

–  Johannes Maulton.

Jean Mouton, de son vrai nom Jean de Hollingue, né à Samer vers 1459 et décédé à Saint-Quentin le 30 octobre 1522, est un compositeur français. On trouve aussi les orthographes Jehan de Hollingue ou Houllingue, ou encore Jehan Mouton. Comme Josquin des Prés, dont il est l’ami et le condisciple, Jean Mouton est originaire du nord-est de la Picardie.

Il étudie à la maîtrise de Saint-Quentin avec Josquin, puis y devient magister puerorum (maître des enfants chantant dans le chœur).

Vers 1483, il est maître de chapelle à Nesle et y est ordonné prêtre. En 1499, il dirige la maîtrise de la Cathédrale d'Amiens pour deux ans, sans toutefois être nommé maître de chapelle. Il est ensuite chanoine à la cathédrale de Thérouanne, puis il obtient en 1501 une charge à l'église collégiale Saint-André de Grenoble. Il est par la suite à la chapelle d'Anne de Bretagne (épouse de Louis XII) qui intercède en 1509 pour qu'il obtienne un canonicat à Saint-André de Grenoble. Musicien favori d’Anne de Bretagne, alors reine de France, il effectue avec elle un voyage à Grenoble et devient maître de la chapelle du palais en 1505. En 1510, un de ses motets, Non nobis domine, célèbre la naissance de la fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne. En 1514, à la mort d'Anne de Bretagne (où il écrit un motet Quis dabit), il devient maître de chapelle, d'abord sous Louis XII, puis sous François Ier.

–  Hadrian[us] Willjarzt.

Adrian Willaert, probablement né à Bruges vers 1490 et mort à Venise le 7 décembre 1562, est un compositeur flamand de la Renaissance. Willaert a laissé plus de soixante-dix madrigaux italiens, environ soixante chansons françaises, plus de cent cinquante motets, une cinquantaine d'hymnes et de psaumes ainsi que huit messesoù apparaît l'influence de Josquin des Prés. Il est le créateur de l'école vénitienne (entre 1550-1610) et a formé toute une génération de musiciens : Cyprien de Rore; Costanzo Porta; Francesco Dalla Viola; Gioseffo Zarlino; Andrea Gabrieli. Il marque également de son influence l'œuvre de Roland de Lassus. 

–  Clemens Jannequin.

Clément Janequin est un compositeur, chanteur (chantre), et prêtre français (né à Châtellerault vers 1485 et mort à Paris en 1558). Connu dans l'Europe entière pour ses chansons polyphoniques. En 1525, il devient maître de chapelle et chanoine, d'abord à Saint-Émilion puis dans d'autres églises collégiales du bordelais. En 1530 il se dit « chantre du roi », au moment du séjour de François Ier et de sa cour, à Bordeaux. Il est, depuis 1527, chapelain de la cathédrale d'Angers. En 1533, il devient curé de la paroisse d'Avrillé, à côté d'Angers, et « maître de musique » de la cathédrale d'Angers jusqu'en 1535. 

–  Ciprian Rore.

Cyprien de Rore (en italien : Cipriano da Rore) (né à Renaix en 1515 ou en 1516 – mort à Parme, entre le 11 et le 20 septembre 1565) est un compositeur franco-flamand. C'est un des représentants importants de l'école franco-flamande après Josquin des Prés ; il s'établit en Italie pour y résider et travailler, fait œuvre de pédagogue et participe au développement du dernier style musical de la Renaissance en Italie  ; il est considéré comme l'un des plus importants madrigalistes de son époque.

–  Leo Pa:Aude_CM:Di;

 Pape Léon X Giovanni de Médicis (1475-1521) ?.

 

– Petrus pirton De la Rue.:

 Pierre de La Rue parfois nommé Pierchon, Van Straeten, de Vimté ou Platensis, (né vers 1460, probablement, à Tournai et mort le 20 novembre 1518) est un compositeur franco-flamand dela Renaissance. De la même génération que Josquin Des Prés, il est avec Agricola, Brumel, Compère, Isaac, Obrecht et Weerbeke un des principaux représentants de l'école franco-flamande vers 1500. 

– Certon Werdelot : faut-il voir deux personnages différents?

– Pierre Certon  est un compositeur français de la Renaissance, né  vers 1515 et mort à Paris le 23 février 1572. Éminent musicien de l'école parisienne du xvie siècle, Pierre Certon est célèbre avant tout par ses chansons courtoises polyphoniques. D'abord comme clerc des matines à Notre-Dame (1529), chantre à la Sainte-Chapelle (1532), où il devint maître des jeunes choristes vers 1542; il fut nommé chapelain perpétuel en 1548. En 1560 il obtint une prébende de chanoine à Notre-Dame de Melun.

– Philippe Verdelot ?, parfois appelé Verdelotto en Italie, est un compositeur français de la Renaissance, né entre 1480 et 1485 aux Loges, près de Rebais, et décédé entre 1530 et 1552. 

 

– Christo : Morales.

Cristóbal de Morales, né à Séville vers 1500 et mort à Marchena ou Malaga en 1553, est un compositeur espagnol de musique sacrée, qui vécut à l'époque de la Renaissance. Après des études classiques et musicales, il est en poste à Avila et à Plasencia en 1528. Il chante ensuite comme baryton dans le chœur de la Chapelle Sixtine, à Rome. Il réside alors pendant dix ans à Rome, durant le pontificat du pape Paul III. 

– Nicolas Gombert.

Nicolas Gombert (vers 1495 - vers1556) est un compositeur franco-flamand, maître des enfants de chœur de la chapelle de Charles Quint. 

– Petrus Mancicourt.

Pierre de Manchicourt est un compositeur franco-flamand né à Béthune vers 1510 et mort à Madrid le 5 octobre 1564. Maître de chapelle de la cathédrale de Tournai en 1545, il s'installe ensuite à Arras en 1556 sous la protection de l'évêque Antoine Perrenot de Granvelle, puis à Anvers en 1557, avant d'être nommé maître de la Capilla Flamenca de Philippe II à Madrid de 1559 à sa mort. Disciple de Nicolas Gombert et Thomas Créquillon, ses nombreuses compositions polyphoniques de forme traditionnelle sont surtout caractérisées par une grande clarté harmonique et contrapuntique.

– Joanes. Richafort.

Jean Richafort, né vers 1480 et mort vers 1547, est un compositeur de la Renaissance. Il est sans doute mort à Bruges. D'après Pierre de Ronsard, il aurait étudié auprès de Josquin des Prés, pour lequel Richafort compose un requiem en 1532. Il est maître de chapelle à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines de 1507 à 1509, puis à l'église Saint-Gilles à Bruges de 1542 à 1547.

 

– Lupus Lupi.

Johannes Lupi,  (Jean Leleu, dit ; v. 1506 (Cambrai)-1539) . Il fit toute sa carrière à la cathédrale de Cambrai, d'abord enfant de choeur de 1514 à 1521, puis vicaire (1526-1527), et enfin maître des enfants de 1527 à 1539. Malgré la présence de musiciens homonymes (parmi lesquels Didier Lupi Second), on lui attribue généralement trois messes (quelquefois treize), un recueil de quinze motets, une vingtaine d'autres motets publiés dans des recueils collectifs, onze chorals en allemand, et une vingtaine de chansons et de liedekens montrant l'existence d'un lien entre l'école néerlandaise et l'école parisienne. 

– Thomas Crequillon.

Thomas Créquillon (parfois orthographié Crecquillon), né vers 1505, et mort probablement au plus tard en 1557, est un compositeur franco-flamand de la Renaissance. 

– Clemens non papa.

Jacob Clemens non Papa (Jacques Clément ou Jacobus Clemens non Papa), né vers 1510-1515 et mort en 1555 ou en 1556, est un compositeur prolifique, pratiquant différents styles et genres, issu de l'école franco-flamande et surtout célèbre par des harmonisations   polyphoniques des psaumes néerlandais (Souterliedekens).

– Joha[nes] Ocsenheim.

Johannes Ockeghem ou Jean Ockeghem (né v. 1420 à Saint-Ghislain, tout près de Mons, Hainaut - mort le 6 février 1497 à Tours,France) était un compositeur franco-flamand de la seconde moitié du xve siècle, considéré comme le chef de file de la deuxième génération de compositeurs après Guillaume Dufay et avant Josquin Des Prés. 

– Henricus Ysac.

Heinrich Isaac ou Heinrich Isaak est un compositeur germano-flamand (? v. 1450 - Florence, 26 mars 1517), actif dans le Saint Empire et en Italie. Par son style, il se rattache à l'école franco-flamande de la Renaissance. Son principal élève, Ludwig Senfl, devient lui-même un musicien réputé au xvie siècle. 

 

– Claudin.

Claude Le Jeune, né vers 1530 à Valenciennes et mort en 1600 à Paris, est un compositeur de musique originaire du Hainaut, ayant vécu à la Renaissance et appartenant à l'école franco-flamande. Bien que protestant (calviniste), Le Jeune fut rapidement un habitué des cénacles intellectuels parisiens. Protégé par Guillaume d'Orange et le duc d'Anjou, Le Jeune devint « compositeur principal » puis « Maître de la musique » du roi Henri IV. 

– Antonius Brumel.

Antoine Brumel (* ca 1460 - † ca 1520) est un compositeur français des débuts de la Renaissance. Né peut-être à Brunelles près de Nogent-le-Rotrou, Brumel est un des rares compositeurs de l'école franco-flamande nés en France, hors des frontières de l'empire bourguignon. Élève de Johannes Ockeghem, il est chanteur ("chantre", c'est-à-dire choriste) dans le chœur professionnel de la cathédrale Notre-Dame de Chartres en 1483, puis maître de musique (maître du chœur et des enfants, alias maître de psallette, ou encore maître de chapelle comme on dirait aujourd'hui) à la cathédrale Saint-Pierre de Genève, jusqu'en 1492. Il devient chanoine à Laon en 1497 et maître de musique à la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1498. Il démissionne en 1500, retourne à Chambéry, avant d'être nommé maître de chapelle en 1506 à la cour de Ferrare (Italie) parmi la suite d'Alphonse Ier d'Este.

Compositeur du Nord, il intègre les influences italiennes dans son œuvre. Il compose essentiellement des messes (dont il nous reste une quinzaine, plus quelques extraits). Parmi elles, la Missa Et ecce terrae motus à 12 voix, dite "du tremblement de terre" (sur les 7 premières notes: ré-ré-si-ré-mi-ré-ré de l'antienne pascale chantée à Laudes : "Et ecce terrae motus..."). Le manuscrit qui nous reste est celui que Roland de Lassus fit copier dans le but de donner l'œuvre à la cour de Bavière). Sa dernière production est sa Missa pro defunctis (son Requiem), pour chœur quatre voix. On lui doit aussi des motets (34 dont 3 Magnificat, la Prose - ou Séquence - franciscaine Mater Patris et Filia à trois voix, le Benedictus à huit voix de la messe Et ecce terrae motus, l'antienne mariale Regina Cœli à quatre voix, l'antienne de l'Assomption Sicut lilium inter spinas, à quatre voix) et une quinzaine de chansons profanes.

– Ludovicus Senfl.

Ludwig Senfl, né en 1486, mort entre le 2 décembre 1542 et le 10 août 1543, est un compositeur suisse de la Renaissance, actif en Allemagne. Il fut l'élève le plus célèbre de Heinrich Isaac et eut une influence considérable sur l'essor de la musique polyphonique en Allemagne. 

– Thomas Stolzer.

Thomas Stoltzer (né à Schweidnitz (Silésie) vers 1470, mort en 1526 ou 1544) est un compositeur allemand de la Renaissance. Il a acquis une grande réputation en Europe centrale et dans les pays germaniques. Il travaille en Silésie puis entre au service les rois de Hongrie. Il a composé des œuvres essentiellement polyphoniques à caractère religieux ou profane. Son style s'apparente à Heinrich Finck, son maître, et à Heinrich Isaac.

 

– Joan. Courtois.

Compositeur franco-flamand. - Actif à Cambrai entre 1516 et 1545. - Mort avant 1567 

– Sandrin.

Pierre Sandrin, né Pierre Regnault, est un compositeur français de la Renaissance.

Pierre Sandrin a été un compositeur fameux en son temps. Il a été au service de François Ier, Henri II, et Hippolyte d'Este vers 1550-1560. Il est l'auteur de cinquante chansons à quatre voix, sur des textes galants, parues entre 1538 et 1556. Certaines de ses chansons s'inspirent du style de Claudin de Sermisy, d'autres de la frottola italienne. Il est aussi en 1543 le premier à écrire des chansons strophiques, à l'origine des chansons en forme de voix-de-ville.

 

– Schlaconius Episc.

Georg von Slatkonia ou Jurij Slatkonja (* 21 Mars 1456 à Ljubljana , ( Krain ); † 26 Avril 1522 à Vienne ) a été  évêque de Vienne depuis 1513. Il a étudié à Ljubljana, Ingolstadt et à Vienne, a été ordonné prêtre, et était chantre à l' Orchestre de Musique de Cour de Vienne Cour , qu'il a dirigé à partir de 1498. Grâce à lui, les compositeurs comme Paul Hofhaimer ,Heinrich Isaac et Ludwig Senfl sont venus à Vienne. De son propre travail de compositeur aucun œuvre n'a été conservée.

 

– Erasm[us] Roterod[amus].

Desiderius Erasmus von Rotterdam (1496-1536) n'a jamais composé de musique.

— Orlando di Lasus.

.

– Christoph. Morales.

Cristóbal de Morales, né à Séville vers 1500 et mort à Marchena ou Malaga en 1553, est un compositeur espagnol de musique sacrée, qui vécut à l'époque de la Renaissance. Après des études classiques et musicales, il est en poste à Avila et à Plasencia en 1528. Il chante ensuite comme baryton dans le chœur de la Chapelle Sixtine, à Rome. Il réside alors pendant dix ans à Rome, durant le pontificat du pape Paul III. 

Mus. Ms. AII page 187.  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 187. Droits réservés MDZ BSB.

c) Les compositeurs cités en référence.

La liste de 27 (ou 28) noms est un témoignage condensé mais précieux pour étudier de quelles influences se réclame Roland de Lassus, ou, plus généralement, la Hofkapelle de Munich à la fin du XVIe siècle. Or, ces influences regroupent ce qui est considéré actuellement comme "l'école franco-flamande" , et parmi celle-ci sa branche italienne (A. Willaert et de Rore). Si on adopte, avec Wikipédia,  la répartition en "générations" de cette école, la première génération n'est pas représentée, la liste débute chronologiquement par la seconde génération (XVe siècle) avec Johannes Ockeghem, mais est surtout consacrée à la troisième génération (début XVIe siècle) avec son leader Josquin des Prés, accompagné de Jacob Obrecht, Antoine Brumel, Pierre de la Rue et Heinrich Isaac (et son élève Ludwig Senfl).

Ces noms sont associés ailleurs que dans ce cartouche du manuscrit munichois. Ainsi, en 1520, est rédigé à Augsbourg un recueil de 24 motets, le Liber selectarum cantionum quas vulgo Mutetas appellant, sex quinque et quatuor vocum, qui associe des œuvres de Ludwig Senfl, Heinrich Isaac, Josquin  des Pres, Pierre de la Rue, Jacob Obrecht. (British Library K.9.a.24.)

.

La musique liturgique à Munich.

La musique liturgique de la Chapelle était copiée dans des codex manuscrits, depuis 1523 avec Ludwig Senfl. L' inventaire de cette collection de Livres de chœurs mentionne 75 Livres. Il a été publié par Martin Bente, Marie-Louise Göllner ,Helmut Hell et Bettina Wackernagel : Bayerische Staatsbibliothek, Katalog der Musikhandschriften. I. Chorbücher und Handschriften in chorbuchartiger Notation. KbM vol.5/1  

Cet inventaire avait été précédé en 1879 par :

MAIER(Julius Joseph), 1879 : Die musikalischen Handschriften der K. Hof- und Staatsbibliothek in München, Bd.: 1, Die Handschriften bis zum Ende des XVII. Jahrhunderts, München, 1879 : 

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/bsb00008139/images/index.html?fip=193.174.98.30&seite=1&pdfseitex=

.

c) La pièce où se donne le concert.

Cette pièce de la Résidence de Munich appartient au même ensemble que celles que nous avons parcouru sous la conduite de Hans Mielich, et nous sommes d'ailleurs apparemment revenu  dans la St-Georgs-Saal, avec le même carrelage, les mêmes hautes fenêtres à arcade, vitrées en verre en culs-de-bouteille, le même plafond à caisson, la même peinture dorée sur les deux-tiers de la hauteur des murs, et les mêmes médaillons ovales peints dans l'intervalle entre chaque fenêtre. Mais la porte latérale, cintrée à la page 4, est ici rectangulaire ; et les fenêtres ne sont pas interrompues par la cheminée. Nous sommes donc, selon toute vraisemblance, placé à un angle de vue opposé, correspondant, sur l'enluminure de la page 3, à la porte latérale cintrée. Nous découvrons donc le mur opposé à celui qui supportait le dais et la grande scène de bataille. Ce mur reçoit lui aussi une fresque représentant un roi recevant des courtisans ou présidant à une séance devant des notables assis dans une stalle. On y voit aussi une tour commandant l'accès à un pont.

Les médaillons suspendus à l'angle du mur et du plafond portent, pour un sur deux, les armes blanche et rouge de l'archiduché d'Autriche, comme sur la gravure de N. Solis. Entre ceux-ci, les autres médaillons semblent ornés d'un profil.

Mus. Ms. AII page 187, partie supérieure.  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 187, partie supérieure. Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 187, milieu  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 187, milieu Droits réservés MDZ BSB.

La partie principale de l'enluminure, c'est-à-dire celle qui représente les musiciens et trois jeunes enfants de chœur, fera l'objet de la deuxième partie de cet article.

Mus. Ms. AII page 187.  Droits réservés MDZ BSB.

Mus. Ms. AII page 187. Droits réservés MDZ BSB.

SOURCES ET LIENS :

— Annales de la Société royale des beaux-arts et de littérature de Gand, Volume 7 :page 191

https://books.google.fr/books?id=624TAAAAQAAJ&pg=PA192&dq=%22In+corde+prudentis+requiescit+sapientia%22+lassus&hl=fr&sa=X&ei=aBFRVf2lGe3fsATc1oDABg&ved=0CCUQ6AEwAQ#v=onepage&q&f=false

 

— BERGQUIST (Peter) 2006,   Orlando Di Lasso Studies page 165   Google

— BERGQUIST (Peter), éditeur, 19901,The Seven Penitential Psalms and Laudate Dominum de caelis Par Orlando di Lassus

https://books.google.fr/books?id=NWPdOJWL0CMC&pg=PR19&lpg=PR19&dq=Seghkein&source=bl&ots=OMXz8sby0r&sig=eTNBm7zMdg3I8N5AQTwYOIREJqg&hl=fr&sa=X&ei=eRJSVcCcJ4KBU9fxgdgN&ved=0CEIQ6AEwBw#v=onepage&q=Seghkein&f=false

BERGQUIST (Peter), éditeur, The Complete Motets 9: Patrocinium musices, prima pars (Munich, 1573) Par Orlande de Lassus   :https://books.google.fr/books?id=TJrSKKuGV6kC&printsec=frontcover&dq=Patrocinium+musices&hl=fr&sa=X&ei=L_VRVZ3eOsfwUOufgKgB&ved=0CCAQ6AEwAA#v=onepage&q=Patrocinium%20musices&f=false

— BOYDELL (Barra) 1978, "The Instruments in Mielich's Miniature of the Munich "Hofkapelle" under Orlando di Lasso. A Revised Identification," Tijdschrift van de Vereniging voor Nederlandse Muziekgeschiedenis Deel 28, No. 1 , pp. 14-18 in  Koninklijke Vereniging voor Nederlandse Muziekgeschiedenis
Article Stable URL:http://www.jstor.org/stable/938948

 BRADLEY ( John William) , 1888 A Dictionary of Miniaturists, Illuminators, Calligraphers and Copyists,... https://archive.org/stream/adictionarymini02bradgoog#page/n342/mode/2up/search/lindelius

—  BOSSUYT (Ignace) « The copyist Jan Pollet and the theft in 1563 of Orlandus Lassus « Sercret »  Penitential Psalms » From Ciconia to Sweelinck: Donum Natalicium Willem Elders Par Albert Clement,Eric Jas page 262

https://books.google.fr/books?id=OW0ktdIxMoIC&pg=PA262&lpg=PA262&dq=lindel+mielich&source=bl&ots=xyuNPQpN8x&sig=2lfFoBPITIPcndpKiCuNqF0AC3I&hl=fr&sa=X&ei=_MdPVYmTM8zvUo3agLgK&ved=0CEYQ6AEwBQ#v=onepage&q=lindel%20mielich&f=false

— CLOSSON (Ernest), 1919, Roland de Lassus, Burnhout, Ets Brépols, Serié Les Grands Belges,  36 pages. Ernest Closson (1870_1950) est un musicologue belge. 

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 DECLÉVE, (Jules) 1894, Roland de Lassus, Sa vie, son œuvre, Mons.

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— DELMOTTE (Henri Florent), 1836, Notice biographique sur Roland Delattre: connu sous le nom d'Orlando de Lassus, A. Prignet, 176 pages. pages 132-139.

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—  EICHNER (Barbara), 2012, Protecting the Muses, promoting the Church: Lassus’ "Patrocinium musices" reconsidered. (Oxford Brookes University)

 ERAS (R), 1963, Zur Deutung von Mielichs Bild der bayerischen Hofkapelle, in: Die Musikforschung 16 (1963)  page 363-367, http://www.jstor.org/stable/41115586

— FOURNIÉ ( Eléonore), LEPAPE (  Séverine), 2012, Dévotions et représentations de l’Immaculée Conception dans les cours royales et princières du Nord de l’Europe (1380-1420) http://acrh.revues.org/4259

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Acta Musicologica Vol. 68, Fasc. 1 (Jan. - Jun., 1996), pp. 48-85  International Musicological Society
URL: http://www.jstor.org/stable/932680

 SMITH (Charlotte) 1983, "Orlando di Lasso 7 penitential Psalms with 2 laudate Psalms : An Edition of Munich, bayerische Staatsbibliothek Mus. MS. A, I and II

https://books.google.fr/books?id=qSu6r2byCTkC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

— TRICOIRE (Damien), 2011 A la recherche de l’universel : constructions étatiques et patronages mariaux en France et en Bavière (de 1600 à 1660 environ) ,Paris-Sorbonne, Des Saints d'Etats PUPS, pages 73-88,

 https://www.academia.edu/2519774/A_la_recherche_de_l_universel_constructions_%C3%A9tatiques_et_patronages_mariaux_en_France_et_en_Bavi%C3%A8re_de_1600_%C3%A0_1660_environ_

WALCKERNAGEL (Bettina)  2003 Musikinstrumentenverzeichnis der Bayerischen Hofkapelle von 1655. Faksimile, Transkription und Kommentar Ed. Schneider

— ZIMMERMANN (Max Georg),1895, Die bildenden künste am hof herzog Albrecht's V. von Bayern J. H. E. Heitz,  - 132 pages page 98-99 et page 108:

https://archive.org/stream/diebildendenknst00zimm#page/98/mode/2up

 — Taschenbuch für die vaterländische Geschichte. Hrsg. v. Hormayr ..., Volume 33

 Par Joseph Freiherr von Hormayr, Alois Freiherr von Mednyanszky page 280

https://books.google.fr/books?id=Pn9UAAAAcAAJ&pg=PA280&lpg=PA280&dq=Joachim+Freithof&source=bl&ots=QcSa9JyJn6&sig=ae0tzAl5BamQWwLs1wK79tZV_kY&hl=fr&sa=X&ei=I9xmVfjEFsv1UJr7gLAL&ved=0CCYQ6AEwAQ#v=onepage&q=Joachim%20Freithof&f=false

Sur la musique baroque et ses instruments : http://classic-intro.net/introductionalamusique/baroque3.html

Sur la musique à Munich :

http://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_M/Muenchen.xml

Sur la Résidence de Munich :

http://www.residenz-muenchen.de/deutsch/service/publik.htm

 

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  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

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