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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 20:46

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Les porches sculptés du Finistère reprennent une tradition initiée par le premier Maître du Folgoët à La Martyre (1450-1468), poursuivie à Daoulas (XVe siècle), puis par l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent à Pencran en 1553, à Landivisiau en 1554-1565, à Guipavas (1563) et dans la partie haute du porche de Lampaul-Guimiliau. La tradition se poursuivra à Guimiliau (1606-1617) et à Ploudiry (1665). 

L'arcature d'entrée de Landivisiau est de plein cintre, sans tympan (différent d'un porche en anse de panier sous un tympan consacré à la Nativité). 

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Bastien Prigent,  porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent, coté gauche de l'arc extérieur du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, coté gauche de l'arc extérieur du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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"Entre les riches moulures et les guirlandes qui ornent les côtés et le pourtour de la grande entrée, nous trouvons un genre de sculpture qu'on avait inauguré en 1553 dans le porche de Pencran, et que l'on développera davantage plus tard à Guimiliau : ce sont des scènes de l'Ancien Testament ; on les trouve absolument dans le même ordre à Pencran et à Landivisiau" (J-M. Abgrall).

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A. LES PIÉDROITS.

Les piédroits (éléments verticaux qui portent la naissance de l'arcade) comprennent de l'intérieur vers l'extérieur une frise de pampre, deux moulures organisées en quatre registres horizontaux de scènes de la Genèse et séparées par une moulure vide, et enfin une colonne torsadée couronnée par un chapiteau prismatique. 

 

 

I. LA MOULURE INTÉRIEURE.

C'est (comme à Pencran, à Saint-Houardon de Landerneau, etc..), une frise très fouillée alternant ceps de vigne et grappes de raisins, abritant des animaux (oiseaux, chiens, lions) et petits personnages, tandis qu'au pied, un dragon et un chien tentent en vain de les atteindre pour les dévorer. Les deux rinceaux droit et gauches sont tenus et réunis au point culminant par un personnage coiffé de son chapeau.

En bas et à gauche, nous trouvons un dragon à queue nouée représenté de profil (exception pour cette figure toujours vue ailleurs de dos, pattes écartées sur la moulure). Il donne naissance, ou tente de saisir, le pied de vigne. 

Au dessus de lui, les premières tiges, les premières grappes, et un petit homme gourmand et nu.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le dragon, détail.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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En bas à droite, c'est un chien qui cherche à grimper vers la vigne et que Bastien Prigent a sculpté, selon son habitude et non sans humour, de dos, comme écrasé pattes écartées sur la pierre. 

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Lion mordant un cep.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Nain goûtant un raisin.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Au sommet de la moulure : Tête d'homme

coiffé d'un bonnet réunissant près de ses lèvres les deux extrémités de la pampre.

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Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, moulure intérieure de l'arc en plein cintre du porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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B. LES SCÈNES BIBLIQUES.

Les trois registres horizontaux doivent être décrits en passant alternativement du coté gauche au coté droit.

1. à gauche : Adam et Ève et la Tentation.

Genèse 3:1-7

 Le serpent est enroulé autour de l'arbre du bien et du mal et offre à Ève le fruit défendu. Mais, dans une transgression du contrat de représentation liant l'artiste et le spectateur, qui suppose que l'encadrement du décor en pierre ne participe pas de la représentation fictionnelle, ce serpent traverse l'arête séparant les moulures, et fait apparition dans la niche d'Ève dans un face à face de la séduction. En outre, le serpent se métamorphose en un double de la première femme, avec la même coiffure, les mêmes joues rebondies, la même poitrine et le même ventre, comme pour décliner le thème de la malignité d'Ève. Ainsi, ce face à face d'Ève et du démon  est mis en parallèle et en opposition complémentaire avec l'Annonciation, comme dans l'inversion spéculaire EVA / AVE : 

 Tertullien avait fait remarquer qu'"on se sert des mêmes remèdes pour nous guérir, que le diable s'était servi pour nous perdre : une Vierge répare les désordres d'une autre vierge. Ève, par sa trop grande facilité à écouter le démon, fait entrer le péché dans le monde ; & Marie, en donnant son consentement aux paroles de l'Ange, y fait régner la Grace, puisqu'elle en conçoit l'Auteur. Mais il semble que la parole du démon, qui corrompit l'esprit d'Ève, porta sa malignité encore plus loin, ce fut un poison qui infesta non seulement son cœur et sa volonté, mais même son sein et ses entrailles, puisque l'enfant qu'elle conçut peu de temps après [Caïn] fut tout pénétré par son poison et qu'il parut par son dérèglement et la malice de sa volonté, que si Adam avait contribué à la formation de son corps, le démon avait lui-même formé sa volonté. Il fit assez connaître en donnant la mort à son frère ce que le démon faisait sur la terre". (Sermons sur les mystères de la Sainte Vierge par l'aveugle, 1712)

Ce sermon montre quel est le discours théologique sous-jacent à ces scènes biblique d'Adam et Ève et de Caïn et Abel.

 

Le même motif s'observe sur les porches de Pencran (1553), de Guimiliau (1606-1617) et de Ploudiry (1665), mais c'est à Landivisiau qu'il est le mieux conservé. Hiroko Amemiya, (Vierge ou Démone, 2005, pages 191-201) le retrouve aussi sous une forme proche sur une peinture d'un lambris de la chapelle Notre-Dame-du-Terte de Chatelaudren (1460-1485) et sur un panneau en bois (XVIe) de l'église de Mauron, dans le Morbihan.

 

On rapprochera aussi avec intérêt cette représentation de l'enluminure 20v des Heures dites de Henri IV et qui sont postérieures à 1476 :

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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8455949b/f42.image

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8455949b/f42.image

 

 

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Dans ce dernier cas, le serpent est doté d'un visage et des seins nus d'une femme, mais il est tourné vers Adam, tandis qu'Ève, par honte et culpabilité, se détourne.

A Landivisiau, cette féminisation du serpent de la Genèse

 

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Bastien Prigent, registre inférieur gauche, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, registre inférieur gauche, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent,  la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent,  la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, la Tentation d'Éve, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2. à droite : Adam et Ève chassés du Paradis terrestre par l'ange armé de son glaive de feu.

Le Paradis est symbolisé par une houppe de feuillage dont le tronc se confond avec les moulures du piédroit. 

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Bastien Prigent,  Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Bastien Prigent,  Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, Expulsion du Paradis, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les dais.

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Bastien Prigent,  dais de droite, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, dais de droite, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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3. Deuxième registre à gauche : Adam labourant la terre et Ève portant Abel emmailloté, avec Caïn au berceau à ses pieds.

Genèse 4:1-2 : "Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn et elle dit: J'ai formé un homme avec l'aide de l'Éternel. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur. "

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Bastien Prigent, enfance de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, enfance de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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4. A gauche encore : Sacrifice de Caïn et d'Abel.

Genèse 4: 3-7 :

"Au bout de quelque temps, Caïn fit à l'Éternel une offrande des fruits de la terre;  et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Et l'Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu?  Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui."

A gauche, Caïn le laboureur, debout,  fait brûler en vain ses plus belles gerbes de blé en offrande à Dieu. Le feu rabattu vers le sol lui ramène la fumée dans les yeux, qu'il protège de la main. En revanche, les belles bûches de son frère font monter de hautes flammes qui s'élèvent vers le ciel, devant Abel à genoux. Parmi les flammes, on ne distingue plus rien des agneaux de son troupeau. 

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Bastien Prigent, sacrifice de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, sacrifice de Caïn et d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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5. Deuxième registre à droite : Meurtre d'Abel par Caïn.

Genèse 4:8-16 :

 

"Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. L'Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère? Et Dieu dit: Qu'as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi. Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre. Caïn dit à l'Éternel: Mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici, tu me chasses aujourd'hui de cette terre; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. L'Éternel lui dit: Si quelqu'un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l'Éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point. Puis, Caïn s'éloigna de la face de l'Éternel, et habita dans la terre de Nod, à l'orient d'Éden."

Le deuxième registre de droite comporte trois scènes, dont une occupe la moulure centrale qui restera ensuite vide dans les registres supérieurs. Deux scènes poursuivent l'histoire de Caïn et Abel débutée à gauche.  Sur la rainure du milieu, Abel s'est écroulé, frappé sur le haut du crâne qui est fendu. A gauche, Caïn se tient debout, une bêche (ou un autre outil contondant) à la main, mais il vacille sur le coté, devant la masse  d'un nuage dans lequel se tient probablement Yahvé. 

Comme à Pencran, dans cette scène, les deux frères sont vêtus de pourpoints courts ceinturés à la taille et  de houseaux en accordéon qui leur recouvrent les mollets, alors qu'ils portaient des tuniques longues dans la scène des offrandes.

Au dessus d'Abel, deux canards sont réunis, tant au cou par le même collier que par les pattes. 

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Bastien Prigent, le meurtre d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, le meurtre d'Abel, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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6. A droite, même registre : l'Arche de Noé.

Genèse 6 :1-22.

L'arche contient des ovins à gauche, des bovins à droite, Noé et sa famille au centre, et des oiseaux sur le pont.

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7°) A droite, troisième registre : L'ivresse de Noé. La dérision et le péché de Cham.

 

 

Genèse 9 : 20-27. "Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.

 Il but du vin, s'enivra, et se découvrit au milieu de sa tente.

 Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père.

 Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet.  Et il dit: Maudit soit Canaan! qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères! Il dit encore: Béni soit l'Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave! Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave!"

Dans la moulure de droite, Noé vendange sa première vigne, portant à sa bouche les grappes ou accumulant celles-ci dans son manteau retroussé en tablier de façon impudique. Un cep pousse son feuillage au dessus du bonnet du patriarche comme si la vigne lui montait à la tête.

A gauche est représenté la scène de la dérision : Noé est endormi sur le dos, sexe bien en évidence (mais martelé par une main prude). Ses fils sont derrière lui, et, puisqu'aucun d'eux ne rie, c'est qu'il s'agit des bons et respectueux Sem et Japhet. L'artiste nous attribue la place, et le point de vue du mauvais fils, Cham !

Dans une lecture typologique, l'invention du vin par Noé avec qui Dieu vient de conclure une Alliance nouvelle préfigure l'institution de l’eucharistie par le Christ tandis que  les moqueries de Cham préfigurent  les  outrages des soldats romains lors de la Passion. Cette lecture est manifeste dans le Speculum humanae salvatoris.

Voir une enluminure de 1463

 

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Bastien Prigent, l'ivresse de Noé, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, l'ivresse de Noé, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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C. LES ÉVANGÉLISTES.

Ils sont barbus (sauf Jean), pieds nus, vêtus d'un manteau dont un pan fait retour vers la main opposée sur une robe serrée par une ceinture. Les quatre rédacteurs des évangiles sont accompagnés de l'animal issu du Tétramorphe, et c'est cet  animal qui tient leur encrier et leur boîte à calames. Ils se tiennent debout, excepté Matthieu qui est assis.

1°) A gauche : saint Luc et saint Jean.

Saint Jean, imberbe, portant un manteau, est accompagné de son aigle qui tient l'encrier et le plumier dans son bec. Il rédige son texte saint sur une banderole. 

Saint Luc, dont l'animal-attribut est le taureau ailé, écrit son évangile sur un livre.

Notez les dais Renaissance, celui de saint Luc avec son couple de curieux qui se penche de part et d'autre de l'accolade perlée, et celui de Jean transformé en buste d'homme coiffé d'un chapeau à calotte cylindrique.

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Bastien Prigent, les évangélistes Jean et Luc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, les évangélistes Jean et Luc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2°) A droite : saint Mathieu et saint Marc.

Matthieu est accompagné de l'ange, petit personnage aux allures de marionnette, identique à celui des contreforts du porche.

Le lion de Marc tient le matériel de l'écrivain dans sa patte.

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Bastien Prigent, les évangélistes Matthieu et Marc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, les évangélistes Matthieu et Marc, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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B. LES VOUSSURES.

Les voussures qui forment l'arc de plein cintre sont formés de huit à neuf blocs de pierre. La voussure extérieure qui poursuit les colonnes torsadées reprend le motif de la vigne, sous une forme plus simple que la voussure intérieure. Au centre, deux voussures accueillent les trente-et-un anges d'un  concert céleste. Il faut signaler aussi deux masques dans la moulure "vide" intérieure.

 

Bastien Prigent, anges du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bastien Prigent, anges du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Premier registre coté gauche.

L'ange extérieur joue d'un instrument à vent terminé par un pavillon désigné par les auteurs (Y-P. Castel et E. Le Seac'h) comme une sacqueboute, "sorte de trombone sans coulisse" selon Le Seac'h. Or, le nom de cet instrument est tiré des verbes saquer et bouter et signifie "tire! -pousse!", précisément parce qu'il est équipé d'une coulisse : en 1466, Pierre Michaut le définissait déjà comme "une trompette grave à pompe mobile". Puisque l'instrument qui est figuré à Landivisiau ne montre pas de coulisse, je propose donc de le désigner sous le terme de "trompette baroque" ou "trompette naturelle" ou "trompette repliée". De toute façon, la sculpture ne peut prétendre ici à une exactitude musicologique, car l'instrument ne peut être tenu le long du corps, et encore moins d'une seule main : l'embouchure doit être tenue contre la bouche comme le montre le retable de Memling

A sa droite se tient un ange thuriféraire, la main gauche dûment placée sur la poitrine. Et plus à droite encore, nous voyons le masque, une tête de clerc sous son capuchon.

Au dessus d'eux, deux anges orants.

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Ange musicien, thuriféraire et orant, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange musicien, thuriféraire et orant, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le premier registre, à droite.

Il répond de façon grossièrement symétrique au précédent. 

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Ange jouant de la trompette et anges orants, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange jouant de la trompette et anges orants, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Registres médians, coté droits.

Nous y voyons parmi les musiciens un joueur de flûte traversière, de hautbois, de vièle à archet (voir photo suivante) ; du coté gauche se trouve un joueur de flûte à bec.

 

Ange du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange du concert céleste, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange joueur de vièle à archet, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange joueur de vièle à archet, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les deux anges affrontés.

Anges affrontés, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Anges affrontés, kersanton, Porche sud ( 1550-1565) de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23. “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau", Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

CASTEL (Yves-Pascal), 1983, "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983.

0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Landivisiau, in Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n., 2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/porche-sud-landivisiau

Site de la mairie :

http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

GUEGANTON (Olivier ), 2009, "Landivisiau" :

http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Landivisiau.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Landivisiau
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