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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:12

 

 

              L'Oecophore nervurée

       Alabonia geoffrella Linnaeus, 1767.

Lieu : Landivisiau.

Date : 9 juin 2013, Sortie naturaliste organisée par Bretagne Vivante sous la direction de Mikaël Buord.

 

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Ce papillon Alabonia geoffrella (Linnaeus, 1758) l’Oecophore nervurée appartient au sous-ordre des microlépidoptères, super-famille des Gelechioidea Staiton 1854, famille des Oecophoridae Bruand 1851, sous-famille  Oecophorinae.

  Avec ses palpes labiaux démesurés, légèrement arqués et relevés au-dessus de la tête, terminés par une extrémité blanche, et les couleurs roux, blanc et bleu métallique de leurs ailes, il est aisément reconnaissable malgré sa taille de 17 à 21 mm.  

En mai ou juin, le mâle s'installe sur une feuille au soleil, en lisière d'une forêt ou d'une haie, et vole le matin pour attirer les demoiselles, dansant dans un rayon doré avant de s'accoupler avec ses conquêtes.

 

Zoonymie.

Nom scientifique.

— Nom de genre : Alabonia Hübner 1825. Verz. bek. Schmett. p. 418, avec la description "die Schwingen hellfärbig bandirt und metallische glanzend bezeichnet" donnant comme critère les couleurs brillantes et métalliques des ailes. Alabonia geoffroyella (sic) est l'espèce type.

  L'origine du nom n'est pas claire. Emmet lui-même, en proposant d'y voir le latin ala / aile, bona/ bonne, "aux bonnes ailes", n'est pas crédule de son hypothèse et signale qu'übner ne construit jamais ses noms de genre à partir du latin. Les autres noms de genre qui suivent ou précèdent celui-ci dans sa publication ( Esperiae —du nom Esper—, Epermeniae, Galanthiae, Nemophorae, Eutyphae, Brachmiae, Antispilae) ne donnent pas d'ndices. Mes propres recherches ne retrouvent sous le nom d'Alabon qu'un fleuve grec, "fleuve de Sicile qui selon Diodore se déchargeait dans la mer au travers d'une piscine creusée par Dédale de Mégaride"

— Nom d'espèce : Alabonia geoffrela.  Protonyme Phalaena Tinea geoffrella Linnaeus 1767 . Systema Naturae (Éd 12), 1 : 896 n°430.  C'est un hommage au français Etienne-Louis Geoffroy (1725-1810) auteur en 1765 de Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique (deux volumes, Paris, Durand), le premier auteur à avoir donné aux espèces d'insectes, et notamment de papillons, des noms dans notre langue. Voir  Histoire des noms français de papillon I : Etienne Louis Geoffroy

 Dans la nomenclature par Linné de ses 202 "teignes" Phalaena Tinea numérotées de 345 à 452, Linné utilise la terminaison -ella ; il débute par des épithètes descriptifs (bella, pulchella), puis des formes composées à partir des plantes-hôtes, qui portent alors des majuscules ( Xylostella, Populoella, Pomonella, Strobilella, Turionella, Juniperella, Calthaella, Lichennella pour Lichen candelarius) avant de débuter avec son numero 423 une série de noms propres de naturalistes dans lequel il s'inclut d'ailleurs: ce sont les auteurs qui ont décrit les espèces qu'il recense, comme evonymella, décrite par 10 de ces auteurs.

On voit donc Linné, en baptisant 27 espèces de minuscules papillons, traverser depuis Thomas Mouffet près de deux cent ans d'histoire de l'entomologie, et honorer dans ce Panthéon la mémoire de ses membres les plus prestigieux en les associant...à ceux de teignes !

  On constate aussi que Linné attribue la majuscule à ces épithètes, en toute logique puisqu'il s'agit de noms propres. Néanmoins, celle-ci a disparu des usages et de la taxinomie.

La rigueur voudrait aussi que Linné ait construit l'épithète Geoffroyella : cette forme, plus respectueuse du nom de notre compatriote, a été, et est parfois encore, largement employée, notamment par Fabricius en 1781 et par Hübner dès 1793 (après une première utilisation de geoffrella en 1791), ou par Stephens. C'est aussi cette forme qui apparaît dans l'édition "posthume" du Systema naturae à Lyon par Desmollières en 1796 . On peut considérer que la forme Geoffrella a été reconnue fautive, mais qu'elle s'est maintenue car elle n'a pas été corrigée par Linné.

 

 Nom vernaculaire.

La Geoffroy (Tinea geoffrela), De Villers, Entomologie linnéenne (Caroli Linnaei Entomologia Faunae Suecicae descriptionibus auctae ) tome II,  p. 486 n° 921. Simple reprise de Linné.

— Énicostome de Geoffroy, 1838, Duponchel in Godart, Histoire Naturelle des Lépidoptères, Tome huitième page 415. Duponchel reprend le genre Enicostoma créé par Stephens dans  Syst. Cat. Br. Insectes (Insecta Haustellata): 199

  Le nom de genre Enicostoma, inventé par Stephens, vient du grec qui signifie "bouche unique", "nom principalement fondé sur l'organisation de la bouche, laquelle est en-effet très remarquable par la forme très particulière et la longueur des palpes, chez l'espèce unique [E. Geoffrela] qui lui sert de type" (Duponchel, op. cité p. 414). Les palpes inférieurs  sont décrits comme "très longs et relevés au dessus de la tête ; les deux premiers articles velus et légèrement arqués ; le troisième droit et filiforme", avec "les deux premiers articles noirâtres et le troisième blanc".

 Oecophore nervurée : 

 a) Le nom d'oecophore, construit sur les mots grecs oeco, "maison' et -phore, "qui porte", a été donné par Latreille 1796 à un genre de papillons afin de regrouper dans ce genre les espèces dont les chenilles vivent dans un fourreau portatif (Duponchel in Godart 1838, Histoire naturelle des Lépidoptères p. 448). La chenille d'Alabonia trouve refuge, elle, sous l'écorce des arbres, et se nourrit de bois pourri. Le genre oecophora est toujours présent en taxinomie, mais ne comporte plus qu'O. Bractella et O. Kindermannii

b) le qualificatif "nervuré", dont je n'ai pas trouvé l'auteur, doit être rapprochée de la description latine de Linné (je souligne) : P. Tinea antennis mediocribus, alis fuscis argenteo striatis ; maculis duabus flavis marginalibus.

      Les noms vernaculaires dans d'autres langues.

Je n'ai pas trouvé de dénomination vernaculaire en anglais * ou en allemand.

hormis "Geoffroy Tubic" . "tubic" se retrouve dans la composition de noms de nombreux microlépidoptères.

Les anciennes descriptions :

Cette description de 1897 par W.H. Kirby est la suivante :( A hand-book of the order Lepidoptera Vol. V, Londres 1897) : 

"Genus Harpella. (Gelechiidae)

"Harpella, Schrank, Fauna Boica, ii (2) p. 168 (1802) ; Zeller, Isis, 1839, p. 191 ; Staiton, Ins. Brit. tineina, p. 151 (1854) ; Von Heinemann, Schmett. deutschl (2) ii p. 371 (1870).

"Alabonia, Hübner, Verz. bek. Schmett. p. 418 (1829 ?) ; Stephens, III Brit Ens. Haus IV p. 226 ( 1834).

"Harpella geoffrella, Stainton, Ins. Brit. Titenina, p. 152 (1854) ; Von heineman, Shmett. Deutschl. (2) ii. (1), p. 372 (1870).

"This beautiful Moth is found in most parts of central and Southern Europe. It expands about three-quarters of an inch. The fore-wings are yellow, clouded with brown in the marginal third, and with two leaden-blue streaks rising from the base. Beyond the middle are two conspicious triangular pale yellows spots, one of the costa, and the other in the inner margin. The hing-wings are brown. It frequends hedge and woods, where it fleis about on sunny mornings."

 

 

Encore quelques liens:

Lepiforum :http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Alabonia_Geoffrella

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Published by jean-yves cordier
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