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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 21:58

      Église Saint-Gilles de Malestroit (56) : autres vitraux et mobilier.

 


Voir les premiers articles :

  Le vitrail de l'arbre de Jessé de l'église de Malestroit. Baie 12, 1530-1540.

L'église Saint-Gilles de Malestroit (56). Vitrail de saint Gilles et saint Nicolas. Baie 1, 1400-1425.

L'église Saint Gilles de Malestroit comporte deux autres verrières partiellement anciennes, des vitraux du XIXe et XXe siècles  par Laumonnier de Vannes , du XXe par Hucher du Mans ou par Hubert de sainte-Marie et un vitrail de 2012 créé par le maître verrier Henri Helmbold de Corps-Nuds.

Je ne les présenterai pas les 10 verrières, en voici une liste:

- Baie 0 : La Maîtresse-vitre, la Légende de Saint-Gilles. Cf infra.

- Baie 5 : La vie du Christ et de St Roch. Cf infra.

Baie 14 : 4 lancettes et tympan ajouré. H : 6,00m, L. 2,70m. Verrière  sur le thème de l'Eucharistie par l'atelier Laumonnier en 1902 (et quelques éléments du milieu du XVIe siècle : partie d'une Cène). Récolte de la manne dans le désert. Moïse frappe le rocher. Élie nourrit dans le désert. La Pâque en Égypte.

- Le Nouveau Testament, une verrière de la fin du 19e attribuée à l'atelier vannetais Laumonnier.

- La rosace de la Vierge et l'Enfant date du début du 20e et est attribuée à l'atelier vannetais Laumonnier.

- La Présentation au Temple réalisée par Ferdinant Laumonnier en 1893 à la demande de Marie Jumel de Malestroit.
- Baie 2, 6, 8, et 10 : Les Mystères du Rosaire, double vitrail contemporain de Hubert de Sainte Marie, de Quintin, placés en 1960, et 3 vitraux non-figuratifs, oeuvres du même maître-verrier / Atelier HSM dans les années 1970-1980 .

-Le vitrail de Henri Helmbold, qui prend place dans une baie anciennement murée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ière partie : Les autres vitraux de l'église de Malestroit.


I. Maîtresse-vitre ou Baie 0.

Avec cette grande verrière de six lancettes de cinq panneaux chacune, et au tympan formé d'une rosace, Hucher du Mans retrace la vie de saint Gilles. Cette œuvre de 60 m2 a été réalisée en 1900 à la demande du Curé Séveno.

A coté de l'atelier Lusson,  de réputation national, l'un des ateliers de vitrail du  Mans a été la "Fabrique du Carmel" créé en 1853, et auquel fut associé l'érudit local Eugène Hucher, ami d'enfance de l'évêque, Mgr Nanquette. Son activité se caractérisait par son style "néonazaréen". En 1875, Eugène et son fils Ferdinand Hucher rachêtent la fabrique du Carmel ; ils avaient leur atelier au 116 rue de la Mariette au Mans. Ferdinand poursuivit l'activité à la mort de son père en 1889 jusqu'à la fermeture de l'atelier en 1903

Je trouve aussi ces données :

  • Hucher Eugène Frédéric Ferdinand (1815-1889), maître verrier au Mans, né à Sarrelouis (Prusse) en 1815, directeur de la fabrique de vitraux peints du Carmel au Mans, conservateur du Musée d’Archéologie de la ville du Mans (de 1863 à 1889), président honoraire de la SHAM, membre non résident du comité des travaux historiques près le ministre de l’instruction publique, inspecteur de la Société française d’Archéologie, chevalier de la légion d’honneur, de Saint Sylvestre de Rome, de Léopold Ier de Belgique, mort à Pontlieue au Mans en 1889.

Le vitrail de Malestroit est donc l'œuvre de Ferdinand Hucher.

                        Baie-o-moderne-Huchet 7697v

      Faut-il apprécier cette pieuse reconstitution en style "troubadour" ? Elle reprend en les copiant les détails de la Baie 1, cette précieuse et sobre Verrière des Vie de saint Gilles et de saint Nicolas des années 1420, et on retrouve l'épileptique aux mains entravées laissant échapper la guivre qui le possédait. La comparaison est aisée. C'est d'ailleurs F. Hucher qui, après avoir réalisé ce chef d'œuvre, obtint de restaurer la vénérable verrière qu'il avait singer.

Baie-o-moderne-Huchet-7696c.jpg

 

 vitrail-legende-st-gilles 4308c  vitrail-legende-st-gilles 4808c

 

 

 

 II Baie 5 : Vie du Christ et Vie de saint Roch. 

 

Cette verrière de 4 lancettes trilobées , et tympan à 12 ajours et écoinçons de 6 mètres de haut et  2,70 m. de large est organisée en trois registres : le registre inférieur est moderne, mais les deux registres supérieurs conservent  sept panneaux consacrés à la Vie du Christ et la Vie de saint Roch datant de 1510-1520 complétés par des panneaux de création de l'atelier d'Hubert de Sainte Marie (1988?). Il a été restauré  en 1936-37, puis en 1988 .

Le Corpus Vitrearum nous apprend que ce vitrail est "traditionnellement" rattaché à la production de l'atelier quimpérois Le Sodec.

 

                                  Vitrail-vie-du-Christ-et-de-saint-Roch 7686c

 

On reconnaitra ainsi la Naissance de saint Roch, Saint Roch nourri par son roquet, Saint Roch soigné par l'ange.

 

Vitrail-vie-du-Christ-et-de-saint-Roch 7687c

 

Jésus parmi les docteurs, le Baptème du Christ, la Transfiguration, le Portement de croix. Verre rouge gravé sur le nimbe crucifère du Christ.

Vitrail-vie-du-Christ-et-de-saint-Roch 7688v

 

Le lien avec l'atelier des Le Sodec peut être étudié par la comparaison du Baptème du Christ à Malestroit, Guengat (29) et Penmarc'h (29) après inversion du carton.

comparer : Guengat vitraux 0379c Penmarc'h :vitraux 5304cc


 

Tympan

Dans les mouchettes latérales, des anges portent les instruments de la Passion. Au sommet, Christ du Jugement Dernier.

Armoiries moderne des Malestroit : les besants sont montés en chef-d'œuvre (la pièce de verre jaune est sertie au milieu du verre rouge sans être reliée au réseau de plomb du panneau). Cette technique trouve précisément dans les armoiries sa principale utilisation .

Armoiries de Le Jeune de la Morlaye de gueules à la croix d'argent cantonnée de quatre épis du même. 

Mi-parti du précédent avec des armoiries non identifiées.

Vitrail-vie-du-Christ-et-de-saint-Roch 7690v

 


 

 

 

 

 

           IIème partie : le mobilier et statues.

 

I. La chaire aux sirènes.

Cette magnifique œuvre classée Mh (1964) du XVIIe siècle provient peut-être des  ateliers de charpentiers de marine de Redon et de La Roche-Bernard ; elle a été achetée par la commune lors de la vente des effets mobiliers du couvent des Augustins, située dans l'îlot de La Saudraie, sur l'Oust. Ces religieux s'étaient établis en 1633 sur les ruines de l'ancien château des Malestroit, mais en 1791, le Directoire du Morbihan ordonnait la fermeture du couvent. La vente nationale des jardins, des terres, des bâtiments eût lieu en 1791.

                           mobilier 7691v

Elle doit son nom de "chaire des sirènes", non aux chants qu'une voix d'orateur fait ici vibrer, mais aux quatre personnages peints en blanc, et qui soutiennent sans effort le porte-voix ou la cuve. Mais il en est de ce sirènes comme des anges, et la déterminatioon de leur sexe s'avère un problème épineux. Du beau sexe, ces êtres ont la grâce, la longue chevelure, la finesse des traits. L'absence de poitrine vient démentir ce premier jugement, et leur faire attribuer le nom d'Atlantes ou de Télamons, plutôt que de Cariatides. Mais des cariatides impubères ? 

 L'approfondissement de l'étude que doit mener tout iconographe scrupuleux parmi les entrelacs de feuillage et de glands de chêne se heurte vite à un obstacle dressé par l'artiste pour déjouer les investigations, car ces hermaphrodites sont gainées dans une trompe végétale solidement ficelée, à la base en cornucopie ou en limaçon et au cône d'acanthe. Ils ou elles veillent sur l'auditoire auquel s'adresse le message FIDES EX AUDITE, "La Foi vient en écoutant". (Silentio est aurum aurait été déplacé).

  On se souvient peut-être de ce chapitre de Moby Dick où le pasteur, pour s' adresser à son public de chasseurs de baleine, grimpe dans sa chaire à l'aide d'une échelle de coupée qu'il replie ensuite. Car on se pose ici la question de savoir par quel autre moyen le recteur pourrait gagner son poste dans ce gabion de vigie fixé à plusieurs mètres du sol, avant d'apprendre qu'un escalier est creusé dans le mur, donnant accès à la porte frappé du monogramme IHS et de quelques clous. 


mobilier 4822v

 

                                    mobilier 7694c

 

 

II. Groupe de St Georges.

Œuvre classée MH 1983. Depuis le 17e siècle, où ils sont nés de la gouge et du ciseau, Georges sur son cheval de manège menace Dragon de sa lance, et Dragon fouette l'air de sa queue, empoisonne l'atmosphère de son haleine fumante et redresse sa gueule. 

mobilier 4820c

 

 

 

III. La Vierge de Pitié.

XVe ou XVIe classée MH 1964 

   Bois monoxyle polychrome, 1,25 m de haut et 0, 86 m de large. Elle provient, comme la chaire aux sirènes, du couvent des Augustins d'où elle fut conduite dans l'église à la vente des biens.pour la protéger des fureurs iconoclastes des Révolutionnaires. En 1794, l'œuvre risquant d'être brûlée, est cachée par le chapelier Pierre Evain. Accusé par la municipalité révolutionnaire le 28 Brumaire an IV de l'avoir dérobée, il parvient cependant à l'échanger contre cinq cordes de bois. (Site Topic-Topos et Louis Marsille 1911) 

 mobilier-4303c.jpg

                          mobilier-4797v.jpg

 

 

 

 

 

IV. Peintures murales aux trois animaux.

 

 

 "Des travaux de restauration de la voûte de l'ancienne croisée du transept, sur le point de s'effondrer ont révélé une découverte qui fait des peintures de Malestroit une référence de l'art médiéval.

Un éléphant de combat, un centaure à tête cornue brandissant une épée, un unicorne à corps de félin, ces deux derniers comme saisis en pleine course, le tout dans un état de conservation remarquable, surplombent la croisée du transept de l'église Saint-Gilles de Malestroit.

Le thème de l'éléphant n'est pas rare en sculpture, en particulier sur les chapiteaux romans, il reste cependant inhabituel en peinture murale. 
D'autant que l'artiste n'avait de toute évidence jamais vu d'éléphant et ne savait où rattacher les défenses et les pattes sont plutôt celles d'un félin.

Illustrant vices et vertus dans un but moralisateur, ce trio d'animaux fantastiques se retrouve dans les mosaïques.

La position privilégiée des peintures murales à Malestroit, à la croisée du transept peut s'expliquer par sa signification morale : l'éléphant étant le symbole de la chasteté, de la force et de la sagesse, le centaure, étant donné son aspect ici maléfique, le symbole de la dualité mauvaise. 
L'animal unicorne n'est pour le moment pas défini. 
Sur le quatrième voûtain prenait peut-être place, en pendant de l'éléphant, un animal moralement positif (?)   Une autre explication serait que ces animaux illustrent le monde et ses richesses, ce que appelle les « mirabilia ». A Malestroit, il est remarquable que les animaux soient peints sur la voûte : sans doute faut-il y voir une partie d'un programme iconographique qui comprenaient peut-être les éléments sculptés qui proviennent de l'édifice roman, selon un agencement qui n'est pas connu pour le moment. Il faudra également sonder les murs des parties romanes pour découvrir si d'autres peintures ou éléments peints s'y cachent encore.En tout état de cause, cette découverte fait des peintures de Malestroit une référence de l'art médiéval." Christine JABLONSKI, Conservateur des Monuments Historiques, DRAC Bretagne

 


 mobilier 7698c

 

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Published by jean-yves cordier
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