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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 10:18

La chouette ou le hibou harcelés par des oiseaux. La chasse avec la chouette, description cynégétique et valeur allégorique. Quatrième partie : La chasse au brai dans le livre de chasse Le Roy Modus et la Royne Ratio (vers 1354). 

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Voir toutes les  parties de cet série  :

 

 

— Sur le hibou harcelé, voir aussi (et surtout) :

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Rappel du point de départ de mon enquête : les chouettes, et notamment la Chevêche, qui est la plus diurne des Strigidés, puisqu'elle se perche en plein jour sur des poteaux ou des murets, et qui fuit le couvert des forêts,  sont l'objet de harcèlement très agressifs de la part des oiseaux diurnes qui se rassemblent pour les houspiller. Ce comportement a incité les chasseurs à les placer en appât pour attirer des passereaux (grives, merles, geais, pies, etc.) vers leurs pièges. Cette "chasse avec la Chouette" déjà décrite par Aristote,  a perduré jusqu'à son interdiction récente. La pratique n'a pas de nom explicite en français alors que les  italiens disposent du verbe civettare ( de l'italien civetta, "chouette" chasser les oiseaux avec la chouette dans le cadre de l' ucellagione) . De ce fait, elle est décrite indirectement par nos auteurs dans leur description  de la pipée "Sorte de chasse dans laquelle on contrefait le cri de la chouette, ou leur propre cri, pour attirer des oiseaux dans un arbre dont les branches sont remplies de gluaux où ils se prennent" liée à l'utilisation d'appeaux et d'appelants.

Les allégories échafaudées à partir de ce comportement sont multiples. Si la Chevêche est  vue comme la victime d'une foule agressive, sa figure sert d'allégorie pour la persécution, l'ostracisme, ou la patience et le stoïcisme dont elle fait preuve : c'est ainsi que Dürer l'a dessiné au dessus du Christ outragé, ou que le flamand en exil Hoefnagel s'en ait emparé comme un autoportrait de l'artiste érudit confronté à l'ignorance. 

Au contraire, pour les Italiens, c'est le comportement de la Chevêche qui provoque les oiseaux à s'en approcher, et à se faire piéger, et qui devient  une allégorie de la Coquetterie : la Civetta, c'est, proprement, "la coquette", celle qui trompe pour attirer,  civettare c'est "faire des mines, minauder" et la Civetteria désigne la Coquetterie ;  mais un proverbe toscan dit Anche le civette impaniano,  "même les chouettes se font attraper", "même les plus rusés se font avoir". Inspirés par une gravure de Franco Giacomo, des peintres du XVIIIe ont rendu cette allégorie célèbre sous le titre de La Chasse à la Chouette, avec une jolie dame sur le perchoir, et des galants au corps d'oiseaux.

Pour compléter ce très riche matériel éthologique,  iconographique, cynégétique, symbolique et linguistique, un plat de roi nous attend : le Livre de chasse ou Livre des déduits appartenant au Roy Modus et la royne Ratio. Il nous faudra encore plusieurs articles pour l'étudier. Avec passion.

Au préalable, un rappel des carreaux d'azulejos, dont je m'éloigne de plus en plus désormais. . 

 

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Hibou harcelé par deux oiseaux, Azulejos, Salon de Charles Quint, Palais de l'Alcazar. Photographie lavieb-aile.

Hibou harcelé par deux oiseaux, Azulejos, Salon de Charles Quint, Palais de l'Alcazar. Photographie lavieb-aile.

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 LE ROY MODUS ET  LA ROYNE RATIO (vers 1354) ET LA CHASSE AVEC LA CHOUETTE.

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Noël Chomel avait décrit, dans son Dictionnaire de 1709, une chasse à la pipée où la Chevêche était remplacée par l'imitation de son chant par un pipeur. Mais on trouve dans l'un des premiers Livres de chasse français (*), le Roy Modus et la royne Ratio,  des descriptions de chasse aux oiseaux impliquant la présence réelle d'une chouette ou d'un hibou comme appât. Et on y trouve, surtout, des enluminures aussi soigneuses qu'instructives. C'est l'occasion de découvrir quelques chefs d'œuvres de la Bibliothèque Nationale de France. 

(*) Il précède le Roman des deduitz de Gace de la Buigne (1359), le Livre de chasse de  Gaston Phoebus (1387) et le Trésor de vénerie de  Hardoin, seigneur de Fontaine-Guérin  (1394).

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PRÉSENTATION.

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Deux traités successifs.

Les Livres du roy Modus et de la royne Ratio, attribués à Henri de Ferrières et écrits probablement entre 1354 et 1377, ont connu une fortune considérable puisque ce ne sont pas moins de 32 manuscrits des XVe et XVIe siècle qui nous sont parvenus. Ils font intervenir le roi Modus (la bonne manière) qui avait "le gouvernement sur toute maniere de gent", et son épouse la reine Ratio (la raison), dans deux traités successifs. Le premier, le Livre de la chasse ou Livre des déduis, est un manuel cynégétique composé après 1354, le second, le Songe de Pestilence, fut achevé entre 1374 et 1377, et évoque, en un récit allégorique, le combat des Vertus et des Vices.

 Dans le Livre des deduis, le roi Modus instruit ses « apprentis » sur les habitudes des animaux - cerf, chevreuil, sangliers, loups, goupils et autres lièvres - et les manières de les chasser. Son épouse, la reine Ratio, ajoute çà et là des commentaires édifiants et didactiques. Un long chapitre est consacré à la fauconnerie, la chasse au vol. La première concerne la vénerie du Cerf et comprend vingt et un chapitres, dont le dernier  traite des propriétés des chiens. 
La seconde partie roule sur la chasse de la biche, du daim, du chevreuil, du lièvre, du sanglier, de la truie, du loup et de la loutre; ce qui forme vingt-trois chapitres, dont les derniers, depuis le dix-huitième inclusivement, traitent des maladies des chiens. 

La tierce partie traite du déduit, royal et de plusieurs exemples qui sont dictes des cerfs, et 
comment il faut tirer de lare aux bestes sauvaiges
; ce qui forme dix chapitres. 
La quatrième partie démontre
l'art et science de Faulconnerie et des autres Oiseaux de proye, 
avec leurs maladies et médecines pour les guérir.
Cette partie est de onze chapitres. 
Dans la cinquième partie on enseigne l'art de prendre toutes sortes d'oiseaux a
u file, au latz , 
à la tonnelle, à la raitz, à la pipée,
etc. Cela est détaillé en quatorze chapitres. 

Le livre de chasse : deux mondes s'affrontent.

L'argument principal de ce traité de chasse est de comparer, entre la chasse aux chiens (la vénerie), et la chasse aux oiseaux (la volerie), celle qui procure le plus noble déduits, le plus de divertissement, dans un débat entre veneur et fauconnier. Lesquels sont les plus beaux deduis Le vol des oiseaulx bien volans Ou la chace des chiens courans.   Le débat entre deux dames se termine par un arbitrage (versifié) du comte de Tancarville en faveur des chiens. 

C'est après ce poème que débute les explications du roi sur les manières de chasser les oiseaux. Capture des faucons, puis des éperviers, des oiseaux au filet (au "roys à quatre gielles"), des faisans grâce à un miroir, des perdrix au "paveillon" ou au "tumberel à quatre chevilles", des widecos (bécasses), avant d'arriver aux paragraphes qui nous concernent et qui décrivent la chasse aux grives avec la chouette, puis des oiseaux à la pipée, avec la chouette, ou de l'épervier avec la chouette. Cet article ne traitera "que" de la chasse aux grives, "à breulier".

 

 La chasse aux grives (ou mauvis) grâce à la Chouette ou chasse au brai : "Cy devise comme on prent les oyseaulx à breulier".

 

a) le texte.

Je donne ici le texte (plus facile à obtenir en ligne) de l'édition de 1839 par Elzéar Blaze feuillet 287.  Je signale au préalable le sens des mots suivants :

Mauvis : notre grive mauvis Turcus iliacus, dont la migration post-nuptiale en France culmine en novembre-décembre, mais aussi les Grives en général ( draine, litorne, musicienne).

—Déduit : "divertissement"

Brillier : de l'ancien français brail, "piége à prendre les oiseaux". Voir le moyen français broi, « gluau, piège pour la chasse aux oiseaux" https://fr.wiktionary.org/wiki/broi dans Godefroy : http://micmap.org/dicfro/search/dictionnaire-godefroy/broi

Breuller, breulier : "prendre des mauvis dans une cage appelée breulle." Godefroy 

brillet : "piège à prendre les oiseaux".  Godefroy  Syn : breulles, breulet,  brillette, brillon, brilloir, brillon, breil, bril, brail, bret  puis brulet, breulet au XVIIe. Et brilleur : "celui qui chasse au brilloir" Godefroy . De broi, "gluau".

Godefroy définit ainsi le verbe breter : "chasser au bret, c'est à l'aide d'un berceau de feuillages duquel les oiseleurs faisaient sortir de longs tuyaux creusés et séparés en deux verges qui rentraient l'une dans l'autre et prenaient ainsi les oiseaux qui venaient se poser sur eux. Comment on prent les mauvis à breter,  Modus et Ratio f.88v Ste-Ap." Voir pour cette forme l'édition Bnf RES-S-596. Le CNRTL signale BRAITER, "chasser les oiseaux au brai". 

— Bougon : ? Je trouve une entrée du glossaire de Tollemer  du Journal de Gilles de Gouberville (1549-1562)  "je fieffe six bougons de terre" qui n'est pas explicite pour notre texte.

Fay : le hêtre (latin fagus)

 

Cy devise comme on prent les oyseaulx à briller*. [*breulier in Bnf fr. 1297]

"L'aprentis demande comme on prent les mauvis à briller. Modus respond : A prendre les mauvis à briller a très bon déduit, et se faict en vendanges, quant les raisins sont meurs; et en ce temps y viennent tant de mauvis que c'est merveilles, qui ne viennent pour mengier les raisins. Adoncques doit on faire emmy la vigne une grant loge de fueilles, où il puisse tenir trois compaignons ou quatre, tout en estant bien couvers, et à chacun brillet qu'il boute parmy la loge et son pertuis par où ilz les boutent; et doit avoir ung Huant ou une chuette sur une longue verge qui vient dedens la loge, et le doit on aucunes fois faire remuer. Et se doit on oster tous les eschalas de la vigne, qui sont entour la loge, à celle fin que les mauvis ne s'assiéent dessus. Adonc doit l'ung des compaignons aguettier et appeler les oyseaulx d'une fueille d'ierre, et après piper bien basset. Et lors les mauvis si viennent et s'assiéent sur les breulles; et ceux qui les tiennent quant la mauvis est assise dessus, il tire la cordelle, qui fait clore le brillet, et la mauvis est prinse par le pié. Et sachiez que c'est si bon déduit et si chault, que c'est merveilles. Et qui est en bon pays de mauvis, on n en prent tant comme on veult. Et quant les autres vignes sont vendengies, et il en demoure une qui n'est mie vendengiée, là fait il bon briller.

Or nous deviserons la manière comme les brillons sont fais. Qui bien veult faire ung brillon, il fault qu'il soit fait de cuer de chesne, d'ung quartier sec, sans neu, et qu'il soit fait au rabot, ainsi comme une flesche, ung peu plus gros que la verge d'ung bougon, et doit avoir quatre piez de long, à pié main, ou environ; et doit estre de deux verges ainsi faictes comme je devise, de quoy la plus grosse sera cavee tout du long, et l'autre entrera dedens si justement, que le pié du plus petit oysel du monde ne porroit yssir, et quant elles sont l'une dedens l'autre, elles sont perciées de belit, ainsi comme vous povez veoir, et y est mise une bien deliée cordelette, qui est de chanvre pignie, faicte sur le doit, affin qu'elle soit plus forte et plus ounie, et quant on la tire, elle faict clorre le brillet, et qui lascheroir la corde, l'oysel si s'en proit. Le baston où le brillet entre doit estre aussi long comme le brillet, et doit estre si grosset que on y puisse faire ung pertuis au bout, où les deux verges du brillet entreront, et seront les deux bouz des deux verges du brillet ung peu reversez. Celles qui entreront ou pertuis du baston affin que le brillet se puisse tenir ung peu ouvert. Et quant il est bouté parmy la loge, les deux verges du brillet doivent estre tenues du plat, non pas l'une sur l'autre.

Or vous avons devise comment le bril est ordonné; Si vous deviserons comment on se puet déduire et la manière. On puet faire une loge portative de branches de fay, et a on son brillet et une chouette, et va on parmy le bois, de place en place, et quant on treuve les oyseaux, on s'assiet en une place descouverte, et met on sa chuette hors d'ung coste, et son brillet de l'autre, et doit on agacher de la fueille d'ierre, et piper ainsi que nous avons dict devant. Encore vous diray une autre manière : En esté, quant il fait sécheresse, et les oyseaulx ne peuvent trouver d'eaue pour boire, se tu scez une mare en ces bois, où il y ait eaue, et vous estes deux ou trois qui ayez brillez, si faictes tant de loges comme vous serez de compaignons, à l'orière de la mare, l'ung çà, l'autre là, et mettez les brillez hors des loges, et les oyseaulx qui venront boire s'asserront dessus, si seront prins. En ceste manière puet on moult d'oyseaulx oü on a bon déduit. "

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Cette chasse se pratique donc dans une hutte ("loge") installée dans une vigne dégagée de ses échalas, lors des vendanges, car les grives sont attirées par les raisins. Installée sur une perche, une chouette (ou un hibou) sert d'appât, et on la fait bouger pour qu'elle agite ses ailes et soit remarquée par les bandes de grives qui passent. Les oiseaux sont appelés en utilisant un appeau à feuille de lierre, bien illustré ici. Les chasseurs cachés dans la hutte tendent des perches, les "brillets" ou "breulles", dont rien n'indique qu'ils sont englués. Mais ces brillets sont faits de deux tiges, qui se rapprochent au moyen d'une cordelette lorsque les grives s'y posent, et leur saisissent les pattes.

Les  "brillons" sont décrits comme des bâtons en bois de chêne sans nœud longs d'1,20 m, faits de deux parties ajustées ou verges, dont l'une est creusée pour recevoir l'autre. Le rôle du "bâton où le brillet rentre" n'est pas clair pour moi.

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b) l'enluminure sur velin.

J'ai profité des enluminures des exemplaires de la Bnf  numérisés par Gallica, soit Bnf français 1297, 1298, 1301, —datant de 1470-1480—, 1302 et 12399.

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Le Bnf fr. 1297 folio 91v

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f190.item.zoom

Sur fond de ciel pourpre à rinceaux vermillon  et d'un sol vert, nous voyons une hutte de feuillages, encadrée de deux arbustes. Dans son feuillage sont dissimulés quatre hommes coiffés de chaperon, qui tendent des sortes de pinces en bois — les brillets — vers les sept oiseaux qui les entourent. Un peu plus bas dans la hutte, une tige de bois horizontale sert de perchoir à une chouette (une ébauche d'aigrette peut faire hésiter avec un hibou). Les fameux brillets sont précisément visibles, avec deux lames de bois réunies au niveau d'une pièce arrondie, dont j'ignore si elle  coulisse pour resserrer  les lames . Rien n'indique la cordelle qui fait clore le brillet. Rien n'indique non plus que j'ai bien compris  les explications du roi Modus. Il faut que j'en sache plus.

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Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, XIVe siècle,  Bnf fr. 1297 folio 91v, Gallica

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, XIVe siècle, Bnf fr. 1297 folio 91v, Gallica

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J'examine maintenant l'enluminure du manuscrit Bnf fr. 1298, un exemplaire qui a appartenu à la bibliothèque de Colbert, et dont les vignettes ressemblent beaucoup à celles du Bnf Fr. 1297. L'enluminure occupe toute la largeur du haut du folio 88 v

Certes, la disposition est comparable à l'enluminure du Fr.1297, mais d'un traitement plus naturaliste, avec le ciel bleu, le paysage stylisé à l'horizon et le sol brun. La loge est identique mais l'entrée voûtée est représentée. La chouette (tête ronde sans ambiguïté) est posée face à nous, sur un bâton épineux. Les grives ne sont pas encore arrivées. Seuls deux chasseurs sont visibles, avec leur chaperon bleu ou rouge peu discret. Quatre brillets sont tendus, dont deux sont fermés et deux ouverts, et, victoire, nous voyons ici la "cordelle" ! Elle est tendue entre les extrémités distales des deux verges, et nous comprenons bien alors que, si elle fait retour vers la main du chasseur, celui-ci peut aisément en refermer le piège sur la papatte du petit oiseau.

Sous l'image, le texte, en écriture cursive bâtarde, donne pour les mot breulle et brillet   la forme "breulet". " il tire la cordelle, qui fait clore le breulet".

Source image :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105222077/f180.image

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Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, XIVe siècle,  Bnf fr. 1298 folio 88v, Gallica

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, XIVe siècle, Bnf fr. 1298 folio 88v, Gallica

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Je vais même trouver mieux encore : l'enluminure 93v du manuscrit Bnf fr. 12399, datant de 1379 (et qui est l'un des meilleurs manuscrits, aux enluminures les plus belles). Ici, elle occupe la largeur d'un bas de page, sous le paragraphe Nous deviserons la maniere comment les breules sont fais. Qui bien veult faire ung breulet, il fault qu'il soit fait de cuer de quesne, d'ung quartier sec, sans neus...

Dans un cadre or, azur et vermillon, la loge se détache en vert sur un fond rouge filigrané de rinceaux, comme dans le bnf fr. 1297. On retrouve dans la loge, nos quatre chasseurs en chaperon, tous visibles et tenant en main leur breules. Mais  là, je vois distinctement que la cordelle fixé à l'extrémité passe en zig-zag d'une perche à l'autre à travers des anneaux avant de rentrer dans le manche et d'en ressortir par un orifice disposé dans la partie non divisé de l'instrument, son manche par où le chasseur le tient de la main gauche. Le chasseur s'est saisi de la cordelle et s'apprête à tirer dessus pour fermer le piège.  Les divers temps de l'opération sont représentées :

a)  En haut, deux grives s'approchent : les deux branches des breulets sont ouvertes.

b) à gauche, un oiseau s'est posé sur le breule du  chasseur à chaperon rouge ; il s'apprête à tirer la chevillette, euh, la cordelette.

c) mission réussie pour le grand chaperon bleu : son breulet, en se refermant, a capturé une grive qui, pendue par les pattes, apprend, mais un peu tard, à se méfier des chouettes.

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Selon Gunnar Tilander, ce ms. 12399, qualifié de "magnifique, soigneusement écrit et orné d'intéressantes miniatures qui sont des chefs-d'œuvres",  est le meilleur des manuscrits et il a été copié par le ms. 1297, lui-même copié par le ms. 1300, du ms. 2573 de la Nationalbibliothek de Vienne (XVe s.), et du codex de Bruxelles.

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 Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f190.item.zoom

 

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Ratio, enluminure 93v du manuscrit Bnf fr. 12399.

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Ratio, enluminure 93v du manuscrit Bnf fr. 12399.

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Un gros plan des breulets, ouvert et fermé.

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Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, enluminure 93v du manuscrit Bnf fr. 12399.

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, enluminure 93v du manuscrit Bnf fr. 12399.

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BNF Français 1301 folio 100r. Cy devise comment len prent les oiseaux du breulier.

 

Si je vous montre maintenant l'enluminure du manuscrit Bnf français 1301, vous risquez d'être déçus. Pas de cordelle, pas de détail croustillant, pas de grive saisie sur le vif par la cruelle pince à linge. Mais la scène est traitée sur le mode naturaliste (ciel bleu, sol brun modelé en paysage, loge aménagée dans un bosquet), et les oiseaux grivelés sont des mauvis assez fidèles au modèle naturel. Le rôle de la chouette semble en fait tenu par un hibou.

Le manuscrit a été réalisé dans le Nord (Valencienne ?) vers 1470-1480 et les miniatures sont l'œuvre de l'atelier du Maître du ms de Christine de Pisan de Yale.

 Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f213.image.

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Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, enluminure 100r du manuscrit Bnf fr. 1301.

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, enluminure 100r du manuscrit Bnf fr. 1301.

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Bnf français 1302.

Bien sûr, nous voulons découvrir comment l'artiste qui a enluminé le folio 94r du  Bnf français 1302 s'est débrouillé. Surtout que ses enluminures sont dans le style du Maître de l'Apocalypse de Jean de Berry et, pour celle qui nous concernent, du pseudo maître de Rohan (après le feuillet 58). Le manuscrit pourrait avoir été fabriqué à Paris, et il est daté du 1er quart du XVe. 

graphie ; verbe breuler, nom breulet

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530841494/f193.image

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Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, enluminure 94r du ms bnf fr. 1302 (1400-1425)

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, enluminure 94r du ms bnf fr. 1302 (1400-1425)

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Arsenal 3079.

 

Je termine par le manuscrit de la Bibliothèque de l'Arsenal 3079, folio 225v. Nous n'avons plus affaire à une miniature, mais à une peinture, où la chouette ressemble à une Effraie, avec son masque facial blanc en forme de cœur. 

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, Bibliothèque de l'Arsenal 3079, folio 225v

Chasse avec une chouette à la grive ou mauvis, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, Bibliothèque de l'Arsenal 3079, folio 225v

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Voici pour finir un document qui m'a paru venir à point pour conclure mon enquête. Il est extrait du Dictionnaire des chasses de Baudrillart, (l'un des onze volumes de son Traité général des eaux et forêts, chasses et pêches paru entre 1821 et 1848  ), à l'entrée BRAI. J'ai fini par avoir accès à son Atlas, où la Planche 44 me donnait — j'en avais rêvé !— ) un dessin précis du brai, ou bret, ou breulle, etc... dont nos quatre chasseurs du Roi Modus font si bel usage. Tout l'intérêt est de fournir une preuve tangible de la validité des enluminures précédentes, qui associe à leurs qualités ornementales une réelle valeur didactique pour les riches  lecteurs du XIVe siècle, et surtout pour nous un témoignage irremplaçable sur les pratiques cynégétiques de cette époque.

 

 

 

 

"BRAI. Piège avec lequel on prend les petits oiseaux par les pattes. Ce nom, suivant quelques auteurs , aurait pour origine le mot bras, parce que le piège qu'il désigne ressemble à un bras tendu hors de la hutte où se place l'oiseleur, et, suivant d'autres, il aurait été imposé à ce piège, parce qu'on s'en sert en même temps qu'on imite le brai, ou le cri que fait un oiseau à l'approche d'un animal qui menace ses petits.

La chasse au brai, que l'on appelle aussi la petite pipée , paraît fort ancienne ; elle est principalement pratiquée dans les ci-devant provinces de la Lorraine, du Dauphiné, de l'Auvergne, de la Bourgogne et du Languedoc.

On y procède depuis le commencement d'août jusqu'à la chute des feuilles, au soleil levant, ou une heure avant le soleil couchant, et elle dure une heure chaque fois.

Le piège qui est représenté Pl. 44  fig- 4 est d'un mécanisme fort simple : il se compose de trois pièces en bois A b c. La première A est la poignée par laquelle on fait jouer ce piège; elle est indiquée séparément par fig. 15; sa longueur est de 6 à 7 pouces , et sa grosseur d'environ 1 pouce l'équarrissage; un trou d'un pouce de profondeur et de 6 lignes de diamètre, qui est pratiqué en a, reçoit les deux extrémités des baguettes b c, comme on le voit dans la fig. 14; une espèce de mortaise b, longue de 3 pouces , profonde de 7 lignes et large de 6, reçoit un petit morceau de bois d, qui sert de détente, et qui est fixé au moyen d'une goupille en fer, dont on voit la tête sur la poignée en ». L'autre extrémité de la détente est percée d'un trou pour le passage de la ficelle qui fait jouer le brai. On donne quelquefois à la poignée la forme d'une fourche k ( fig.19)» quand on ne veut pas être obligé de la tenir à la main.

Les deux pièces b c sont longues de 2 pieds et demi : celle b, plus grosse que l'autre, est creusée en gouttière pour recevoir la pièce c, qui est ronde et d'environ 12 lignes de grosseur. La forme de ces deux pièces se voit mieux par la fig. 16, qui représente l'extrémité d'un brai tendu. La fig. 17 représente aussi l'extrémité d'un brai tendu ; mais la pièce c est taillée en angle, et celle b est creusée dans sa longueur d'une rainure triangulaire; ce qui produit le même effet.

La fig. 14 représente le brai tendu : les pièces b c sont emmanchées dans la poignée a; une ficelle m m , ordinairement du fouet, bien savonnée, passe dans le trou de la détente d, où elle est arrêtée par un nœud , traverse les trous pratiqués sur les pièces b c , aux points 1,2, 3, et s'arrête, par un nœud qui se voit en m , sur la pièce c. La longueur de la ficelle doit être telle, que la détente d, étant tout à fait hors de la mortaise , permette aux pièces A c de s'écarter d'un demi-pouce au moins à leurs extrémités supérieures, et pour qu'en rentrant cette détente dans la mortaise, les pièces b c s'appliquent l'une dans l'autre et puissent pincer les pattes de l'oiseau, ainsi qu'on le voit par la fig. 18.

Les explications que nous venons de donner, et qui sont tirées de l'Aviceptologie et du Traité des chasses aux pièges, concernent un brai d'une confection soignée; mais quelques oiseleurs en exécutent un qui est bien plus simple : un bâton de sureau, dont ils ôtent la moelle à 3 ou 4 pouces de profondeur, et dont ils lient fortement le bout supérieur avec une ficelle, pour qu'il n'éclate point lorsqu'on y introduit les deux baguettes , forme le manche du brai. Quant aux baguettes, elles consistent en un jet d'églantier, gros comme le petit doigt, qui est fendu dans sa longueur en triangle, et de manière à présenter les deux bras du piège , qui s'appliquent l'un dans l'autre, comme dans le brai précédent : le reste du mécanisme est le même.

On se sert, à la chasse au brai, des appeaux à petits oiseaux , et notamment des appeaux à plumes, que nous avons indiqués, pour la pipée, à l'article Appeau.

Mais , pour surprendre les oiseaux , il faut que le chasseur soit caché, et, pour cet effet, on se sert de la hutte ambulante ou de la vache artificielle. (Voyez ces mots.) On se sert aussi d'une sorte de buisson portatif , que l'on forme avec trois branches bien garnies de feuilles , dont on lie les gros bouts ensemble, et qu'on écarte de manière à former l'éventail , après qu'on a coupé ou replié avec soin les rameaux qui pourraient servir de juchoir aux oiseaux. Le chasseur se cache derrière ce buisson, en présentant son piège au travers. Quelques oiseleurs se font avec de la fougère bien longue, qu'ils lient par les gros bouts, une sorte de capuchon semblable au chapeau qu'on place sur les petites meules de blé , et s'asseyant à terre, les jambes croisées comme les tailleurs , se placent ce capuchon sur la tète, de manière à en être totalement couverts.

L'oiseleur, muni de son piège, de ses appeaux et de l'appareil propre à le cacher, se rend aux lieux fréquentés par les petits oiseaux, ordinairement sur la lisière des bois , dans les broussailles, ou près des haies ; il s'établit dans sa loge, passe le brai à travers, par une ouverture qu'il y a pratiquée, le tient horizontalement et de manière que l'oiseau ne puisse se poser que sur la branche c; il fait jouer son appeau, en fixant l'œil sur le brai, et lorsqu'un oiseau vient s'y placer, il tire la détente; si l'oiseau est pris, il retire le brai pour se saisir du captif. Il recommence à piper comme auparavant et continue ses captures. Mais on fait une chasse plus fructueuse, si l'on a plusieurs brais dont la poignée a une espèce de fourche , au moyen de laquelle on la fait tenir à un bâton placé horizontalement.

Quand on n'a point l'habitude de faire jouer l'appeau , on se sert d'une chouette, que l'on place à 15 ou 20 pieds de la loge, où l'on fiche en terre un piquet de 4 à 5 pieds de hauteur, surmonté d'un bâton transversal, sur lequel la chouette puisse se percher. L'oiseau est attaché à un pied, par une ficelle de 8 à 10 pieds de longueur qui tient au piquet. Il est très utile de placer des petits oiseaux dans une cage, que l'on attache à la partie supérieure du piquet : leurs cris multipliés à la vue de la chouette attirent, près de la loge du chasseur, une foule d'oiseaux , qui, après avoir voltigé longtemps, viennent se poser sur le brai ; si la chouette ne fait point de mouvement, ou que les oiseaux se retirent ou ne viennent pas, le chasseur l'excitera à voler sur la potence du piquet, eu lui jetant, de sa loge , des petites pierres ou mottes de terre , et à chaque mouvement qu'elle fera, les cris des petits oiseaux en cage redoubleront et attireront les autres oiseaux. A défaut de chouette , on en imite le cri avec l'appeau à chouette. (Voyez ce mot.)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529872s/f159.item.r=brai

Planche 44 fig. 14 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item

 

"Brai", Planche 44 fig. 14,  Baudrillart, Atlas du Dictionnaire de la chasse. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item
"Brai", Planche 44 fig. 14,  Baudrillart, Atlas du Dictionnaire de la chasse. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item

"Brai", Planche 44 fig. 14, Baudrillart, Atlas du Dictionnaire de la chasse. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item

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"Poignée du Brai", Planche 44 fig. 15,  Baudrillart, Atlas du Dictionnaire de la chasse. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item

"Poignée du Brai", Planche 44 fig. 15, Baudrillart, Atlas du Dictionnaire de la chasse. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item

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"Oiseau pris par les pattes, Planche 44 fig. 18,  Baudrillart, Atlas du Dictionnaire de la chasse. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item

"Oiseau pris par les pattes, Planche 44 fig. 18, Baudrillart, Atlas du Dictionnaire de la chasse. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f107.item

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On lira aussi, du même auteur, l'entrée HUTTE de son Dictionnaire :

 

HUTTE. Petite loge faite à la hâte avec de la terre, du bois, de la paille,'des branches, etc. On fait différentes sortes de huttes, pour surprendre le gibier et le tuer. Il y en a qui sont fixes, et d'autres qu'on peut transporter à volonté. De cette dernière espèce est la hutte ambulante, que nous décrivons au mot Vache artificielle.

Hutte pour tirer des oiseaux de proie et autres.
On se sert, pour attirer à portée du fusil les oiseaux de proie, les corbeaux, les corneilles et les petits oiseaux, d'un grand duc vivant ou artificiel. On établit la hutte, soit près d'une forêt, sur un point un peu élevé dans les champs ; soit sur une clairière, dans une forêt ; soit près d'une faisanderie, et, dans tous les cas, non loin de l'habitation du chasseur. Cette hutte a ordinairement de 7 à 8 pieds en carré, et autant de hauteur ; elle est enfoncée à la moitié de cette hauteur dans la terre, et construite en murs ou avec des pieux garnis de planches. Elle est recouverte avec des gazons, et de manière que l'ensemble de la hutte ressemble à une petite éminence de terre. Sur l'un des côtés, est une ouverture servant de porte, que l'on bouche aussi exactement que possible avec une bourrée , et, sous le toit, il y a des trous dirigés dans tous les sens pour tirer les oiseaux qui se présentent. Dans le milieu du toit est un petit trou, par lequel on passe la perche à la- quelle le grand duc est attaché. Cette perche ou juchoir, de 4 pieds de longueur, est terminé par une palette ronde, garnie d'une peau de lièvre, ou par une croix , pour y attacher l'oiseau; elle est, en outre, pourvue, à 1 pied au dessus, d'une traverse de bois qui dépasse la hutte, de la longueur d'un pied, et qui y entre sur une longueur de 3 pieds, et au moyen de laquelle on met l'oiseau en mouvement lorsque les circonstances l'exigent. Au lieu de cette traverse en bois, on peut employer une corde que le chasseur tire à lui quand il veut remuer l'oiseau. Enfin il y a, à quinze ou vingt pas de la hutte, cinq à six perches de 20 à 30 pieds de haut, dont les branches sont disposées comme clans les pipées, pour que les oiseaux puissent s'y poser. La hutte ainsi préparée, il ne s'agit plus que d'y attendre les oiseaux, et de se servir du grand duc comme il est dit au mot Oiseaux de proie.

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

 

— BAUDRILLART (Jacques-Joseph) (1774-1832) Traité général des eaux et forêts, chasses et pêches . par M. Baudrillart,... -4] 1re Partie. I-IV. Recueil chronologique des réglemens forestiers... par M. Baudrillart ; [5] 1re Partie. V. Recueil chronologique des réglemens sur les forêts, la chasse et la pêche... ouvrage publié jusqu'en 1829 inclus par M. Baudrillart et continué... par M. P.-E. Herbin de Halle ; [6] 1re Partie. VI. Recueil chronologique des règlements sur les forêts, la chasse et la pêche... ouvrage publié, depuis 1515 jusqu'à 1837 inclus, par MM. Baudrillart et Herbin de Halle, et continué... par une réunion d'employés supérieurs de l'Administration centrale des eaux et forêts ; [7] 1re Partie. VII. Recueil chronologique des réglements sur les forêts, la chasse et la pêche... ouvrage publié, depuis 1515 jusqu'à 1842 inclus, par MM. Baudrillart et Herbin de Halle et par une réunion d'employés supérieurs de l'Administration centrale des eaux et forêts, et continué, depuis 1843, par M. Théodore Chevalier ; [8-9] 2e Partie. I-II. Dictionnaire général, raisonné et historique des eaux et forêts... par M. Baudrillart ; [Atlas 1] 1ere et 2e Parties. III. Atlas des modèles d'états, des formules et des planches concernant les forêts ; [10] 3e Partie. I. Dictionnaire des chasses... par M. Baudrillart,... Ouvrage revu... par M. de Quingery ; [Atlas 2] 3e Partie. II. Dictionnaire des chasses, par MM. Baudrillart et de Quingery. Atlas ; [11] 4e Partie. I. Dictionnaire des pêches... par M. Baudrillart ; [Atlas 3] 4e Partie. II. Dictionnaire des pêches, par M. Baudrillart. Atlas . Paris : Mme Huzard, 1821-1848 11 vol. et 3 atlas ; in-4

— BLAZE (Elzéar), 1839, 

Le livre du roy Modus et de la royne Racio, nouvelle édition, conforme aux manuscrits de la Bibliothèque royale, ornée de gravures faites d'après les vignettes de ces manuscrits fidèlement reproduites, avec une préface par Elzéar Blaze, Paris, Blaze, 1839, 19 p. + cxxxix f.

https://archive.org/stream/lelivreduroymod00ferrgoog#page/n285/mode/2up

— CHASSANT (A),  Le livre du Roy Modus, dans Journal des Chasseurs (1869), p. 302,

— CHASSANT (A). 1869, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, Bulletin du Bouquiniste,

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202466h/f294.item.r=modus

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202466h/f326.item.r=modus

 

— PAGENOT, (Sandrine),2009, Recherches sur l'iconographie profane à la fin du Moyen Âge: les premiers traités de chasse enluminés ("Livre du roy Modus et de la royne Ratio" de H. de Ferrières – Livre de chasse" de Febus), thèse de doctorat, Université de Paris IV-Sorbonne, 2009, 4 t.

Non consulté ! Commentaires en ligne :

 

Sandrine Pagenot étudie le ms. BnF, fr. 12399, de la fin du xive siècle, qui contient le Livre du roy Modus et de la royne Ratio de Henri de Ferrières. Résultat d’une collaboration étroite entre l’enlumineur et un expert en cynégétique, ce livre montre bien comment l’image peut illustrer le texte, mais aussi le compléter, voire prendre des libertés à l’égard de l’écrit (Le recours au texte pour la création iconographique profane au xive siècle: le cas d’un traité de chasse, pp. 271-282).

Sandrine Pagenot montre ainsi qu’en trois occasions Henri de Ferrière « se décharge en partie de l’explication » en renvoyant le lecteur à la miniature subséquente, à charge pour l’enlumineur de suivre fidèlement ses instructions pour la composition de l’image (p. 271 284). Dans ce type d’ouvrage, les « infidélités » des illustrateurs sont à interroger, l’image étant en général parfaitement assujettie au propos didactique.  (http://www.fabula.org/acta/document8106.php)

 

— TILANDER (Gunnar);1932  Les livres du roy Modus et de la royne Ratio, Volume 77,Partie, Henri de Ferrières, Gunnar Tilander, Société des anciens textes français, 1932

 

— TILANDER (Gunnar);1932  Les manuscrits des Livres du roi Modus et de la reine Ratio, Lund, Håkan Ohlsson (Lunds universitets årsskrift, n. f., avd. 1, Bd 28, Nr 5), 1932,

— TILANDER (Gunnar);  Mélanges de linguistique et de littérature offerts à m. Alfred Jeanroy par ses élèves et ses amis. Alfred Jeanroy E. Droz, 1928 - 679 pages. Reprint Slatkine 1972

 

https://books.google.fr/books?id=_xbaRK3trFsC&pg=PA620&lpg=PA620&dq=Denis+d%27Hormes.&source=bl&ots=h_kStuhmPE&sig=q7GKgWMStXqDW4eqij5atIE29BY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjim6KthIvUAhXLPRoKHTwOD4kQ6AEIKjAB#v=onepage&q=Denis%20d'Hormes.&f=false

— SMETS An, Van Den Abeele Baudouin , 1998, "Manuscrits et traités de chasse français du Moyen Âge. Recensement et perspectives de recherche" Romania Année 1998 Volume 116 Numéro 463 pp. 316-367 http://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1998_num_116_463_1470

MANUSCRITS ET EDITIONS

Tilander en a dénombré 32. Voir Arlima : https://www.arlima.net/eh/henri_de_ferrieres.html

— Bibliothèque de l'Arsenal 3079, XVe siècle, folio 210r, 225v et 228v. 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007805c/f429.item.r=du%20Monde.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007805c/f460.item.r=du%20Monde

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007805c/f466.item.r=du%20Monde.zoom

— Bibliothèque de l'Arsenal 5197, XVe siècle : les miniatures manquent pour les paragraphes étudiés.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55010550z/f82.item.r=Arsenal%205197

—Bnf fr 614 :  texte seulement, pas de miniatures

— Bnf fr 615 date 1406 . pas de miniatures

— Bnf fr 1297 folios 84v, 91v et 93r :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f176.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f190.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f193.item.zoom

— Bnf fr 1300 texte seulement, pas de miniatures

— Bnf fr 1301 folio 92v, 100 r et 101v

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f198.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f213.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f215.item

— Bnf fr 1302 folio 87r, 94r , et  95v

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530841494/f179.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530841494/f193.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530841494/f196.item.zoom

— Bnf fr 12399 « Livre du roy Modus et de la royne Ratio, qui parle des deduis et de pestilence », folio 86v, 93v, et 96v :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f176.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f190.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f196.item.zoom

— BR 10218 Bruxelles, milieu du xve s., parchemin, 183 fol., min. : Henri de Ferrières, Les livres du roy Modus . foliio 100, engin pour prendre les «mauvis» (espèce de grives) ; folio 101, la manière de prendre «les oyseaulx a la pipee au bost»;

Ms. 10218. - Bruxelles, après 1455. -Le livre du roi Modus fut composé après 1354, tandis que le Songe de Pestilence fut achevé entre 1374 et 1377. Le codex de Bruxelles est une copie très fidèle et très soignée du ms. 2573 de la Nationalbibliothek de Vienne (XVe s.), lequel remonte à son tour au ms. fr. 1297 de la Bibliothèque nationale de Paris (XIve s.). 

Les miniatures, à l'exception de la première, semblent être des copies, adaptées à la mode du jour et agrémentées de variantes, du ms. fr. 12399, de la Bibliothèque nationale de Paris, lequel est daté de 1379. Ce dernier volume, qui renferme les armoiries de la famille de Dammartin, a appartenu probablement à Charles de Trie, comte de Dammartin, compagnon d'armes du Guesclin, parrain de Charles VI. On ne sait comment il est entré dans la librairie des ducs de Bourgogne. Il s'y trouvait déjà en 1420, puisque l'inventaire de cette date le mentionne (cf. G. Doutrepont, Inventaire de la « librairie» de Philippe le Bon (1420), n° 103). Il reparaît de nouveau à l'inventaire de 1467 (Barrois, n° 1559). Voilà qui explique suffisamment comment un manuscrit français de 1379 ait pu inspirer un artiste flamand quatre-vingts années plus tard à la cour de Philippe le Bon.

http://belgica.kbr.be/pdf/ms/ms_10218_19_lyna.pdf

BNF fr RES-S-596 Par Jehan Trepperel folio 88v et suivants. Bois gravés 88v et 90r

livre du roy Modus et de la royne Racio qui parle du déduit de la chasse à toutes bestes sauvaiges , comme cerfz, biches, daims, chevreulx, lièvres, sangliers, loups, regnardz et loutres. Avec le stille de faulconnerie. Et aussi les subtillitez darcherie, contenant plusieurs manières pour prendre toutes sortes d'oyseaulx tant à la raitz à la tonelle qu'à la pipée et autres nouvelles choses trouvées pour les prendre 

(Cy finist ce present livre intitulé le Livre du roy Modus et de la royne Racio. Imprimé nouvellement à Paris par Jehan Trepperel, imprimeur et libraire, demourant en la rue neufve Nostre-Dame à l'enseigne de lescu de France

 

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k850314m/f193.image

 

 

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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