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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 15:59
Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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"Le vitrail proprement dit est divisé par les sept meneaux de la fenêtre en huit lancettes comprenant chacune sept panneaux, soit au total cinquante six panneaux. Les trois derniers de chaque lancette, soit vingt-quatre panneaux, forment une vaste tenture formée de petits losanges sur lesquels sont représentés en grisaille des chouettes et divers oiseaux. Sur les bordures des lancettes, l'on trouve des couronnes d'or surmontant un M gothique, lettre chère aux Rohan et aux Clisson, ou la lettre M seule, alternant avec des coquilles de saint Jacques." (Couffon)

Cette verrière de 8,50 m de haut environ et de 4,45 m de large comporte en effet, sous la rose de son tympan, huit lancettes trilobées organisés en trois registres. Au dessus du registre inférieur aux trois panneaux de grisailles décoratives, le registre médian est consacré à la vie de saint Jacques, patron de la chapelle, et le registre supérieur à la Passion du Christ. Une inscription indique que cette vitre a été faite en 1402 par G. Beart, en qui on reconnaît Guillaume Béart :


 

"La maîtresse vitre de Saint-Léon est très importante pour l'histoire des verrières bretonnes puisqu'elle est datée et signée. On lit en effet, au bas et à droite de la vitre, dans un cartouche, l'inscription suivante en lettres gothiques : G béart fist ceste vitre l'an M IIIIc e II (1402).

Ce nom de Béart est bien connu. Imagier et doreur à Rennes, Guillaume Béart travaillait en 1408 pour Saint-Pierre de Rennes. Il appartenait à une famille de peintres verriers rennais. En 1375, Perrot Béart et Raoul Béart travaillaient à la grande vitre de la cathédrale de Rennes ; et, en 1435, autre Perrot Béart travaillait au Rheu, en compagnie de son fils Jamet Béart qui n'était âgé que de 15 ans." (Couffon)

Restauration du remplage et de la verrière en 1860-1865. protection MH, 1908/12/01.

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Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Vie de saint Jacques.

Ce thème a fait l'objet de trois verrières prestigieuses antérieures à celle-ci :

—La verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Chartres, 1215-1225, baie 5, à 30 médaillons dont 28 consacrés à saint Jacques. Les scènes 5 à 20 racontent les démêlés avec le magicien Hermogène.

https://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/index.htm

— La verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges, vers 1210-1215, baie 22, à 20 panneaux dont 13 racontent les démêlés avec Hermogène.

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/la-verriere-de-la-vie-de-saint-jacques-vers-1210-1215-de-la-cathedrale-de-bourges.html

http://www.xacobeo.fr/ZF2.02.b-a.vitr.Bourges.DoDuc.htm

http://www.xacobeo.fr/ZF2.02.b-a.vitr.Bourges.Montereau.htm

 

— La  verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Tours, 1255-1275, en 24 médaillons  dont 10 consacrés à la légende du pendu dépendu.

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/les-vitraux-du-xiiie-siecle-de-la-cathedrale-de-tours-la-baie-210-de-la-vie-de-saint-jacques-et-de-la-legende-du-pendu-dependu.html

 

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Le registre moyen de la verrière de Saint-Jacques de Merléac fait se succéder de gauche à droite huit scènes :

1.La Prédication de saint Jacques

2. La conversion d'Hermogène libéré des démons et le don du bâton.

3. L'Arrestation de saint Jacques et la comparution devant Hérode.

4. La Décollation de saint Jacques.

5. La translation du corps du saint sur une nef vers la Galice.

6. La translation du corps du saint vers le palais de la reine Louve.

7. Sept pèlerins en prière devant la statue du saint à Compostelle.

8. Le pendu dépendu.

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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"Les panneaux supérieurs de la seconde rangée représentent huit scènes de la Passion surmontées de dais architecturaux qui constituent la première rangée des panneaux. Ces scènes reposent elles-mêmes sur des architectures qui les séparent des huit autres panneaux historiés à qui elles servent de dais, panneaux sur lesquels sont figurés huit scènes de la vie de saint Jacques d'après la légende dorée." (Couffon) 

 

Selon une légende, Jacques partit avec quelques disciples, pour l’Espagne pendant quatre années et plus particulièrement vers la cité de Gadès (l’actuelle Cadix), où le travail d’évangélisation rencontra de multiples obstacles et difficultés. Selon une tradition chrétienne transmise à partir des Catalogues apostoliques, textes apocryphes grecs rédigés vers le commencement du viie siècle et remaniés en latin dans le breviarium apostolorum ( « l’abrégé » ou « bréviaire des Apôtres »), il ne réussit à convertir que neuf disciples. Pour Bernard Gicquel, le thème de cette prédication en Espagne serait en fait une contamination ultérieure de cette tradition avec celle du voyage espagnol d'évangélisation de saint Paul alors que les catalogues ne mentionnent jamais l'Espagne.

Après un voyage de six mois à Rome où il fut brièvement emprisonné, il revint à Gadès. Le nombre de disciples y avait notablement augmenté à la suite d'une immigration. Jacques poursuivit son apostolat à Caesaraugusta (l’actuelle Saragosse), où il obtint des conversions massives. Il continua son évangélisation par la Galice se dirigeant vers Compostelle[

À la suite d'une nouvelle persécution à Jérusalem, Jacques retourna vers cette ville avec sept disciples pour soutenir la communauté de croyants. C'est à cette occasion, selon La Légende dorée, qu'il affronta et convertit le magicien Hermogène. Il fut tué « par l'épée » dans un endroit inconnu de Palestine et son exécution provoqua un soulèvement populaire. Ses dépouilles furent retenues par les persécuteurs. Selon la tradition des Catalogues Apostoliques, le lieu d'inhumation de saint Jacques fut l’Achaia Marmarica (expression grecque qu'on interprète comme la région égyptienne de Marmarique, confusion probable avec saint Jacques le Mineur dont la tradition mentionne qu'il est crucifié en Basse-Égypte) qui aurait été déformé dans la traduction latine en arca marmorica », signifiant « tombeau de marbre ». Or, la colline dominant Compostelle où fut trouvé dans une nécropole chrétienne le prétendu tombeau de Jacques par le moine Pélage vers 810 s'appelait Arcis marmoricis. (Wikipédia)

Les chemins de Saint-Jacques partent, en Bretagne, de cinq ports ou lieux : d'ouest en est la Pointe Saint-Mathieu, Moguériec, Locquirec, l'Abbaye de Beauport et le Mont Saint-Michel. Merléac est placé sur le chemin partant de l'abbaye de Beauport et atteignant Saint-Caradec. 

https://www.compostelle-bretagne.fr/index.php/guide-et-chemin

 

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Examinons maintenant plus en détail les panneaux en allant de gauche à droite.

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1. — Prédication de saint Jacques.

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Description de René Couffon : 

"Le saint, nimbé de rouge et portant une barbe jaune, prêche la foule. Il est vêtu d'une robe bleue avec aumônière d'or, et tient à la main le bourdon jaune de pèlerin avec la gourde. Au premier plan, personnage en bonnet et manteau rouge ; à droite, autre personnage en bonnet jaune et manteau rouge, derrière, personnage en manteau rouge." (Couffon)

Remarques sur Couffon :

 —Il convient de parler de la besace portée par saint Jacques plutôt que d'une aumônière.

L'objet placé en haut du bourdon  n'est pas une gourde, mais la coquille de Saint-Jacques

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Le sujet :

"Saint Jacques, apôtre, fils de Zébédée, après l'ascension du Seigneur, prêcha en Judée et dans le pays de Samarie ; il vint enfin en Espagne, pour y semer la parole de Dieu ; mais comme il voyait que ses paroles ne profitaient pas, et qu'il n'y avait gagné que neuf disciples, il en laissa deux seulement pour prêcher, dans le pays, et il revint avec les autres en Judée. Cependant maître Jean Beleth dit qu'il ne convertit qu'un seul homme en Espagne." (Jacques de Voragine, Légende Dorée)

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Le vitrail :

a) Les pieds nus appartiennent aux "attributs apostoliques" qui caractérisent Jacques comme apôtre, tout comme la barbe. 

b) L'apôtre est figuré avec ses attributs propres qui sont ceux des pèlerins de Compostelle : le bourdon ; la besace ; le chapeau (rejeté ici derrière la tête) ; et les coquilles (sur le bâton et sur la besace).  

Rappel : L'apôtre est souvent représenté de trois façons :

-en majesté, assis : c'est la figure  du saint qui trône au dessus du porche sud.

-en pèlerin, debout : à partir du XIIIe siècle, sous l’influence du Pèlerinage de pèlerinage de Compostelle, il porte la tenue traditionnelle du jacquet, avec le bourdon de pèlerin (le bâton), la besace, la calebasse (gourde), le mantelet (grande cape) et le chapeau de feutre à larges bords orné d'une coquille Saint-Jacques, souvenir de son martyre. C'est donc le cas ici.

-en tueur de Maures, armé d'une épée sur un cheval blanc. 

c) La Prédication est aussi représentée en peinture sur le lambris du bas-coté nord, mais de façon différente car on y voit un interlocuteur argumentant devant Jacques. Elle figure sur la verrière de Chartres, 

Comparaison iconographique : vitraux et enluminures.

La scène de la  Prédication de saint Jacques peut correspondre à son évangélisation de la Galice, ou bien à celle de la Judée et de la Samarie. Des indices plaident pour la seconde possibilité.  Sur le vitrail de Chartres, les auditeurs portent des bonnets pointus hébraïques. Et les enluminures de cette Prédication introduisent souvent un texte indiquant qu'il s'agit de la prédication devant les Juifs de Judée. 

L'iconographie est, aux détails près, fixée dès le XIIIe siècle dans les vitraux des cathédrales et dans les illustrations de la Légende dorée, du Miroir historial et dans les Vies de saints.

–– Voir le panneau 4 de la baie 5 de Chartres . Jacques, assis à droite, montre aux six Juifs un calice doré, comme pour affirmer la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. 

 https://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/scene_04.php

–––Voir le panneau 2 de la baie 22 de Bourges : le saint, assis à droite de l'image, prêche à un groupe de sept personnes, dont une femme.

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/la-verriere-de-la-vie-de-saint-jacques-vers-1210-1215-de-la-cathedrale-de-bourges.html

––– Voir le panneau 7 de la baie 210 de Tours. Jacques, debout à gauche, prêche devant six personnes, dont une femme.

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/les-vitraux-du-xiiie-siecle-de-la-cathedrale-de-tours-la-baie-210-de-la-vie-de-saint-jacques-et-de-la-legende-du-pendu-dependu.html

— L'enluminure Bnf Français 412 Vie des saints (Hainaut, 1285) fol. 21v,   s. jacques le majeur prêchant. Saint Jacques, debout à gauche, prêche à deux Juifs (bonnet conIque hébraïque) en introduction du texte (rubrique) : Ici commenche comment monseigneur st jaqes parla as juif quant il fu revenus de la terre de Galisse en jherusalem

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84259980/f52.image

 

— Paris Bnf Français 818 Vie des saints, France, XIIIe fol. 168v, lettrine.   Le saint debout à gauche prêche devant huit personnes séparés de lui par le jambage de la lettre M avant la rubrique  de la passion saint jaque lapostole.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9058906r/f171.image

— Paris Bnf Français 17229 Vie des saints, France, seconde moitié XIIIe fol. 38v. Jacques, à gauche, debout en tenue de pèlerin de Compostelle prêche à deux Juifs coiffés d'un bonnet conique, dans une lettrine qui introduit la rubrique     :  Ci commence comment messires [tenu] jacques parla aux juis qant il fu revenu de la terre de galice en jerusalem.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9061254h/f40.image

Bnf fr. 241  Légende des saints de Jacques de Voragine traduite par Jean de Vignay, date 1348  fol. 169v. Vignette carrée où Jacques, debout à droite derrière un pupitre, discute avec trois personnes. Ci commence la vie monseigneur saint jacque lapostre

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84260044/f342.item.zoom

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Dans plusieurs de ces représentations, l'apôtre fait avec ses mains les gestes d'élocution et d'argumentation qui figurent sur le vitrail de Merléac.

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Prédication de saint Jacques, Cathédrale de Bourges, photographie lavieb-aile juillet 2016

La Prédication de saint Jacques, Cathédrale de Bourges, photographie lavieb-aile juillet 2016

L'enluminure Français 412 Vie des saints (Hainaut, 1285) fol. 21v,   s. jacques le majeur prêchant

L'enluminure Français 412 Vie des saints (Hainaut, 1285) fol. 21v,   s. jacques le majeur prêchant

Légende des saints de Jacques de Voragine traduite par Jean de Vignay, date 1348 Bnf fr. 241  fol. 169v,   s. jacques le majeur prêchant

Légende des saints de Jacques de Voragine traduite par Jean de Vignay, date 1348 Bnf fr. 241  fol. 169v,   s. jacques le majeur prêchant

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le fond damassé à perroquets.

Le fond damassé vert répète un motif au pochoir fait d'une croix de feuillage au centre, entouré par un médaillon de deux lignes circulaires et d'une dernière ligne à arcades pleines. Ce médaillon est coupé en quatre portions par les pointes de quatre feuilles lancéolées.

Mais ce motif, lorsqu'il est plus éclaté, prend l'apparence de quatre fleurs (les portions de médaillon) réunies par leurs tiges, et séparées par quatre feuilles de saule.

 

 Ce n'est qu'un examen attentif (je vous fais un dessin) qui permet de distinguer dans ces jeux de feuillage quatre perroquets,  l'un à droite de la main de Jacques, un autre encore au dessus des têtes des auditeurs, et deux  autres au dessus de la coquille de son bourdon. Ceux-ci sont accouplés, le tête et le bec tournés face à l'autre, et les queues à deux plumes se croisant en partie basse ; ils montrent le pochoir entier.

Ce damassé à perroquets (ou pour rester prudent, à oiseaux) ne se retrouve pas sur les autres panneaux de ce registre. Au registre supérieur, celui de la Passion, le fond bleu du panneau de la Flagellation et celui de la Crucifixion recèlent aussi le même couple de perroquets, affrontés et croisant leurs queues, associés à un second motif floral. 

Il crée un lien avec les damassés inspirés des soieries de Lucques à oiseaux sassanides  des vitraux mis en place autour de 1400 et dans le premier quart du XVe siècle, comme ceux de la cathédrale de Quimper (vers 1417), de la maîtresse-vitre de Runan, ceux des vitraux de la Sainte-Chapelle de Bourges (avant 1405), ceux des chapelles Trousseau et Aligret de la cathédrale de Bourges, ou en Normandie à  Notre-Dame de Saint-Lô, à Saint-Maclou de Rouen, à la cathédrale et à Saint-Taurin à Évreux.

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/cathedrale-saint-etienne-de-bourges-vitrail-de-la-chapelle-aligret-bas-cote-sud-details_vitrail-technique

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Sur la même photo, on devine le rehaut au jaune d'argent des yeux de l'apôtre, mais aussi de ses disciples.

 

 

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Ces psittacidés méritent d'être considérés : rapprochons-nous.

Les deux perruches (la longueur de la queue, distinguant les perruches des perroquets,   m'autorise à cette précision)  sont, je l'ai dit, accouplées, le tête et le bec tournés face à l'autre, et les queues à deux plumes se croisant en partie basse. Ils portent un collier quadrillé en losange, mais je ne peux en faire des "perruches à collier", car ils affichent une huppe au sommet de leur tête, comme les callopsittes élégantes. Mais cette huppe est ici double. Je prends plaisir à ce jeu gratuit, car ces oiseaux sont des créations d'artistes, et non des portraits naturalistes.

Qu'en dire encore ? Souligner que l'œil est bien dessiné, pupille blanche en amande fendue dans un grain noir ? Mais surtout qu'il sont séparés par un plante à deux bulbes et deux pétales libérant une tige qui se divise en trois fleurs en forme de couronne. Le pochoir entier, dont le peintre s'est ingénié à modifier l'orientation, encadre nos oiseaux de quatre médaillons floraux.


 

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Panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Damassé du panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Damassé du panneau de la Prédication de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2. — Saint Jacques exorcise Hermogène.

 

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Fond rouge, dessous du dais jaune.

Description par R. Couffon :

"Le saint, en chapeau blanc nimbé de vert et en robe bleue, exorcise Hermogène, à genoux devant lui et portant un manteau vert et un chapeau rouge sur le dos. Deux démons s'enfuient, l'un rose, l'autre bleu. Sur un phylactère, l'inscription « Accipe bac (ulum) » rappelle le don d'un bâton fait par saint Jacques à Hermogène pour le protéger de l'humeur vindicative des démons."(Couffon)

 

Commentaire sur Couffon :

Hermogène ne porte pas de chapeau rouge (c'est le fond damassé qui est rouge), mais une capuche bleue rabattue derrière la nuque. Le bâton, comme nous allons le voir, n'est pas là "pour le protéger de l'humeur vindicative des démons" mais en signe de conversion et d'affiliation, voire de mission d'évangélisation. On voit trois démons, et non deux seulement : l'un bleu clair à tache vertes (jaune d'argent), l'autre gris-rose et le troisième bleu foncé. Les livres de magie (que le magicien est amené à brûler sur  les vitraux de Chartres et Bourges) sont figurés derrière lui.   Le fond est damassé avec des rinceaux polycycliques à vrilles et des feuilles à sept folioles.

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Le sujet : 

"Pendant qu'il prêchait en Judée, la parole de Dieu, un magicien nommé Hermogène, d'accord avec les Pharisiens, envoya à saint Jacques un de ses disciples, nommé Philétus, pour prouver à l'apôtre que ce qu'il annonçait était faux. Mais l'apôtre l'ayant convaincu devant une foule de personnes par des preuves évidentes, et opéré en sa présence de nombreux miracles, Philétus revint trouver Hermogène, en justifiant la doctrine de saint Jacques : il raconta en outre les miracles opérés par le saint, déclara vouloir devenir son disciple et l'exhorta lui-même à l'imiter.

Mais Hermogène en colère, le rendit tellement immobile par sa magie qu'il ne pouvait remuer un seul membre : "Nous verrons, dit-il, si ton Jacques te déliera." Philétus informa Jacques de cela par son valet, l'apôtre lui envoya son suaire et dit : "Qu'il prenne ce suaire et qu'il dise : "Le Seigneur relève ceux qui sont abattus ; il délie ceux qui sont enchaînés (Ps. CXLV)." Et aussitôt qu'on eut touché Philétus avec le suaire, il fut délié de ses chaînes, se moqua des sortilèges d'Hermogène et se hâta d'aller trouver saint Jacques.

Hermogène irrité convoqua les démons, et leur ordonna de lui amener Jacques garrotté avec Philétus, afin de se venger d'eux et qu'à l'avenir les disciples de l'apôtre n'eussent plus l'audace de l'insulter. Or, les démons qui vinrent vers Jacques se mirent à hurler dans l'air en disant : "Jacques, apôtre, ayez pitié de nous ; car nous brûlons dès avant que notre temps soit venu." Saint-Jacques leur dit : "Pourquoi êtes-vous venus vers moi ?" Ils répondirent : "C'est Hermogène qui nous a envoyés pour vous amener à lui, avec Philétus ; mais à peine nous dirigions-nous vers vous que l'ange de Dieu nous a liés avec des chaînes de feu et nous a beaucoup tourmentés." "Que l'ange du Seigneur vous délie, reprit l'apôtre; retournez à Hermogène et amenez-le moi garrotté, mais sans lui faire de mal."

Ils s'en allèrent donc prendre Hermogène, lui lièrent les mains derrière le dos et l'amenèrent ainsi garrotté à saint Jacques, en disant : "Où tu nous as envoyés, nous avons été brûlés et horriblement tourmentés." Et les démons dirent à saint Jacques : " Mettez-le sous notre puissance, afin que nous nous vengions des injures que vous avez reçues et du feu qui nous a brûlés." Saint Jacques leur dit : "Voici Philétus devant vous, pourquoi ne le tenez-vous pas ?" Les démons répondirent : "Nous ne pouvons même pas toucher de la main une fourmi qui est dans vôtre chambre." Saint Jacques alors dit à Philétus . "Afin de rendre le bien pour le mal, selon que J. C. nous l'a enseigné, Hermogéne vous a liés; vous, déliez-le."

Hermogène libre resta confus et saint Jacques lui dit : "Va librement où tu voudras ; car nous n'avons pas pour principe de convertir quelqu'un malgré soi." Hermogène répondit : "Je connais trop la rage des démons : Si vous ne me donnez un objet que je porte avec moi, ils me tueront." Saint Jacques lui donna son bâton : alors Hermogène alla chercher tous ses livres de magie et les apporta à l'apôtre pour que celui-ci les brûlât. Mais saint Jacques, de peur que l'odeur de ce feu n'incommodât ceux qui n'étaient point sur leur garde, lui ordonna de jeter les livres dans la mer. Hermogène, à son retour, se prosterna aux pieds de l'apôtre et lui dit : "Libérateur des âmes, accueillez un pénitent que vous avez épargné jusqu'ici, quoique envieux et calomniateur." Dès, lors il vécut dans la crainte de Dieu, au point qu'il opéra une foule de prodiges." (Jacques de Voragine, Légende Dorée)

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L'inscription accipe baculum :

 

Accipe baculum pastoralem , "reçois le bâton pastoral" est la formule liturgique attestée dès le Xe siècle lors de la remise de la crosse à l'abbé lors de la consécration abbatiale (Rituel de Moissac du Xe siècle, Pontifical de Sens, de Saint-Rémi de Reims, de Cuença au XIIe siècle, de Besançon ou d'Arles)

Accipe baculum sustentationis uel ... appartient au formulaire de bénédiction des pèlerins du Pontifical romain du XIIe siècle : 

Quand le prêtre tend le bâton : « Accipe baculum sustentationis uel defensionis domini nostri Iesu Christi, quo sustentante gressus itineris tui, firmiter pergere ac fortiter resistere ualeas uenenosis impulsionibus serpantis antiqui  Traduction approximative par Humbert Jacomet  : « reçoit ce bâton soutenu et défendu par Notre Seigneur Jésus-Christ, qui soutiendra tes pas sur la route et fortifiera ta résistance aux désirs malsains et aux impulsions sataniques"

Pontifical Ely de la Cambridge University Library (XIIe s)

Le bâton (baculus) des pèlerins va de paire avec la besace (pera) et les deux objets, au delà de leur fonction pratique, acquièrent une fonction spirituelle. Ils sont bénis et remis au pèlerin lors d'une cérémonie qui les instituent.

Dès le XIIe siècle, la remise aux pèlerins de la besace et du bourdon pouvait donc  faire l’objet d’une remise solennelle suivant un cérémonial prévu dans les pontificaux,  la « Benedictio perae et baculi peregrinantium » du XIIe siècle se lit dans le « Pontificale Carnotense »  et aussi dans le pontifical de Sens. Elles sont toutes deux identiques au pontifical romain. Au moment de remettre le sac, le prêtre dit : « …Fit tibi iugum Christi mansuetum et leue ut, suae protectionis custioda te ubique comitante, ad portum salutiferae remissionis misericorditer mereatis attoli… (Le rituel compare la pera, passée au col, au joug du Seigneur qu’elle souhaite léger au pèlerin. La formule se durcit au XIIIe : «…accipe hanc peram, signum peregrinationis tue, ut bene castigatus et salvus et bene emandatus peruenire merearis ad limina sanctorum… »


Quand le prêtre tend le bâton : « Accipe baculum sustentationis uel defensionis domini nostri Iesu Christi, quo sustentante gressus itineris tui, firmiter pergere ac fortiter resistere ualeas uenenosis impulsionibus serpantisantiqui… »

Traduction approximative : « reçoit ce bâton soutenu et défendu par Notre Seigneur Jésus-Christ, qui soutiendra tes pas sur la route et fortifiera ta résistance aux désirs malsains et aux impulsions sataniques"

 «Accipe baculum sustentationis uel defensionis domini nostri Iesu Christi, quo sustentante ... qui in itinere Sancti Jacobi defunctus extitit, ecclesie nostre in elemosinam concessit, assistente Fulcherio abbate avunculo ...

Voir ici ma source : https://www.compostelle-bretagne.fr/images/PDF/Iconographie/icono-chap1-3.pdf

On notera que la formule a morsu serpentis antiqui figure dans les formules d'exorcisme ; qu'il y a une analogie/opposition entre le bâton et le serpent, comme pour la verge de Moïse et celle d'Aaron (Exode 7:8-13) ou pour le bâton d'Esculape, et que dans le vitrail, la rectitude du bâton s'oppose aux sinuosités des trois serpents/démons.

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Comparaison iconographique :

Le sujet est décrit, de façon plus détaillée qu'ici, sur les vitraux des cathédrales du XIIIe siècle, sur les enluminures de la Légende dorée, ou sur les peintures des lambris des bas-cotés de la chapelle Saint-Jacques de Merléac. 

Comparez avec le panneau 14 de la baie 5 de Chartres : https://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/scene_14.php

 

« Le Mirouer historial » de Vincent de Beauvais, traduction de Jean de Vignay .Bnf  Français 50 folio 268r XVe siècle

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52506638h/f545.image

Un document de 1198 : Amiens BM Ms.0108 f 207v Bible en image venant de Pampelune  Passio jacobi apostoli

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=%27SAINT%20JACQUES%20LE%20MAJEUR%20ET%20LES%20DEMONS%20ENVOYES%20PAR%20HERMOGENE%27&NUMBER=1&GRP=0&REQ=%28%28%27SAINT%20JACQUES%20LE%20MAJEUR%20ET%20LES%20DEMONS%20ENVOYES%20PAR%20HERMOGENE%27%29%20%3aSUJET%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=All

— Chateauroux BM ms 0002 folio 243v Bréviaire à l'usage de Paris, vers 1414 Saint Jacques le Majeur et Hermogène . attribuée au Maitre de Boucicaut pour Louis de Guyenne

Jacques convert le mage encore dans les griffes des diables. Fond de paysage avec villes ou châteaux

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=%27SAINT%20JACQUES%20LE%20MAJEUR%20ET%20HERMOGENE%27&NUMBER=1&GRP=0&REQ=%28%28%27SAINT%20JACQUES%20LE%20MAJEUR%20ET%20HERMOGENE%27%29%20%3aSUJET%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=All

La remise du bâton à Hermogène est clairement représentée sur le  folio 27r du Légendier du XIIIe siècle du Bnf NAF 23686 Ci commence la vie et la passion mon seignor St Jacq le grant que pelerins requerent

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8446925z/f55.image

 


 

 

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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3. — Arrestation de saint Jacques et comparution devant Hérode Agrippa.

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Fond vert, dessous du dais jaune. Verre à filets rouges. tête refaite.

Description par R. Couffon :

"Saint Jacques est vêtu comme au panneau 2. Un homme d'armes, en armure avec camail, tabar rouge et or, et, épée, le tient ligoté et le conduit à Hérode Agrippa que l'on voit à droite, coiffé d'un turban blanc et or, vêtu d'une robe blanche et d'un manteau d'or, et chaussé de souliers bleus." (Couffon)

Le sujet :

"Alors les Juifs, transportés de colère en voyant Hermogène converti, vinrent trouver saint Jacques et lui reprochèrent de prêcher Jésus crucifié. Mais il leur prouva avec évidence par les Écritures la venue du Christ et sa passion, et plusieurs crurent. Or, Abiathar, qui était grand-prêtre cette année-là, excita une sédition parmi le peuple; il fit conduire à Hérode Agrippa l'apôtre, une corde au cou. Le prince ordonna de décapiter saint Jacques et un paralytique couché sur le chemin lui cria de le guérir. Saint Jacques lui dit : "Au nom de J. C. pour la foi duquel on va me couper la tête, lève-toi guéri, et bénis ton créateur." A l'instant il se leva guéri et bénit le Seigneur. Or, un scribe appelé Josias, qui avait mis la corde au cou de l'apôtre et qui le tirait, à la vue de ce miracle, se jeta à ses pieds, lui adressa des excuses et demanda à se faire chrétien. Abiathar à cette vue le fit empoigner et lui dit : "Si tu ne maudis le nom du Christ, tu seras décapité en même temps que Jacques." Josias reprit : "Maudit sois-tu toi-même, maudites soient tes années, mais que le nom du Seigneur J. C. soit béni dans les siècles." Alors Abiathar lui fit frapper la bouche à coups de poing et envoya demander à Hérode l'autorisation de le décapiter avec Jacques. Tous les deux allaient être décapités quand saint Jacques demanda au bourreau un vase plein d'eau, et baptisa Josias, immédiatement. L'un et l'autre consommèrent leur martyre, un instant après, en ayant la tête tranchée." (Jacques de Voragine, Légende Dorée)

 

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Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Description :

 

 

Tenue de saint Jacques : chapeau frappé d'une coquille, rabattu derrière la tête ; besace décorée d'une coquille, aux coins ornés de pompons de frange ; pieds nus ; barbe ; nimbe rouge perlé et polycyclique. Ses mains sont liées, et une corde entoure son cou. Il est saisi par les cheveux par un garde et est contraint à baisser la tête

Tenue du soldat : casque conique ou cervelière au dessus d'un camail de mailles ; tabard en verre rouge fouetté (jaspé, "à filets" cf Lagabrielle 2000). Le verre rouge fouetté est obtenu au moment du soufflage en "plateau", la force centrifuge disséminant le rouge dans la masse de verre incolore; les deux boules en fusion ayant été cueillies successivement sur la même canne par le verrier (XIIe, XIIIe, puis XIXe siècles). Voir Viollet-le-Duc T IX p. 377. Le verrier semble avoir réussi la prouesse d'orienter  et de maîtriser ces traînées blanches pour figurer une ceinture, sur lequel il a placé des ronds de grisaille en guise de perles.Le soldat est armé d'une épée, portée du coté gauche selon l'usage et engainée dans un fourreau portant une marque au jaune d'argent. Il porte des  chaussures  longues et pointues "à la poulaine", déjà commentées sur le panneau de la décollation de sainte Barbe sur la baie 2. Le nez épaté, "narines au vent", de cet homme n'est pas un hasard, nous  le retrouverons dans le registre de la Passion, sur le soldat qui vient arrêter Jésus à Gethsémani.

Il reste à remarquer les couleurs dépareillées des jambes des chausses de ce soldat : comme chez le bourreau du panneau de la Décollation de sainte Barbe de la baie 2 (chapelle latérale sud), il s'agit de stigmatiser les "méchants", ou bien de témoigner de la fréquence de cette mode des vêtements à mi-parti à la fin du XIVe siècle parmi les hommes de guerre (mode adoptée par les Lansquenets et les soldats Suisses) et dont témoignent les enluminures des Très Riches Heures du duc de Berry. On retrouvera ces pantalons mal assortis dans le panneau de l'Arrestation de Jésus dans le registre supérieur.

 Autres soldats : coiffés de cervelière, l'un porte une arme sur l'épaule.

Tenue d'Hérode en habit de grand prêtre : bonnet à corne, manteau à galons à orfrois sur une robe blanche, mais chaussures à la poulaine.

 

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L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Fond damassé : à rinceaux dont les tiges s'épanouissent en bouquets floraux de trois fleurs à trois pétales, et libèrent des vrilles. 

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L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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4. — Décollation de saint Jacques.

 

Fond rouge avec arbres verts. Tête du saint refaite.

Description de R. Couffon 

"Le saint, en robe bleue et nimbe vert, est à genoux, prêt à recevoir le coup fatal. Le bourreau est en bonnet rouge, robe verte et chausses rouges." (Couffon)

J'ajouterai les chaussures pointues "à la poulaine" déjà observées dans d'autres panneaux et d'autres baies de cette chapelle, mais surtout le fourreau très particulier de la dague. C'est une sorte d'aumônière, percée pour faire passer la lame, mais dotée d'un rabat.

Le fond rouge est à rinceaux à feuilles nervurées.

Le martyre de saint Jacques est attesté par les Actes des Apôtres 12:1-2 "Vers le même temps, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l'Église, et il fit mourir par l'épée Jacques, frère de Jean."

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Actes+12&version=LSG.

Comparaison : la scène est illustrée sur chacune des verrières des trois cathédarles de Bourges, Chartres et Tours, mais aussi sur de nombreuses enluminures.

Par exemple le panneau 29 de la baie 5 de Chartres :

https://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/scene_29.php

Ou la lettrine A du  folio 27r du Légendier du XIIIe siècle du Bnf NAF 23686 Ci commence la vie et la passion mon seignor St Jacq le grant que pelerins requerent

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8446925z/f55.image

 

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Bnf fr. 50 folio 268v

Bnf fr. 50 folio 268v

Légendier, XIIIe siècle, Bnf NAF 23686 folio 27

Légendier, XIIIe siècle, Bnf NAF 23686 folio 27

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5. —Translation en Galice par un navire des reliques du saint, contenues dans une  chasse .

 

 


 

Fond vert, dessous du dais jaune. Importantes restaurations, en particulier pour le dais.

Description par R. Couffon :

"Sur la mer bleue, dans laquelle sont représentés des poissons verts, vogue une nef brune portant la châsse du saint qu'entourent trois personnages en robes brunes dont l'un est coiffé d'un bonnet bleu. A l'arrière, un ange, en robe blanche et nimbé de rouge, tient le gouvernail." (Couffon)

 

 

Le sujet :

"Saint Jacques fut décollé le 8 des calendes d'avril (25 mars), le jour de l'Annonciation du Seigneur; son corps fut transporté à Compostelle, le 8 des calendes d'août (25 juillet) et enseveli le 3 des calendes de janvier (30 décembre), parce que la construction de son tombeau dura de août à janvier. L'Église établit qu'on célébrerait universellement sa fête au 8 des calendes d'août, qui est un temps plus convenable. Or, après que saint Jacques eut été décollé, ainsi que le rapporte Jean Beleth, qui a écrit avec soin l'histoire de cette translation, ses disciples enlevèrent son corps pendant la nuit par crainte des Juifs, le mirent sur un vaisseau et abandonnant à la divine Providence le soin de sa sépulture, ils montèrent sur ce navire dépourvu de gouvernail ; sous la conduite de l'ange de Dieu, ils abordèrent en Galice, au royaume de Louve." (Jacques de Voragine, Légende Dorée, 1261-1266)

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Le vitrail.

La nef, une galée ?, est bordée à clins rivetés et gréée d'un mât maintenu par un double étai et sept cordages amarrés à l'extérieur de la coque. Il porte la croix sur son  oriflamme . Outre les trois personnages dont l'un est nimbé de bleu, et la pierre moulée sur le corps du saint, on voit, comme le remarque Couffon, un ange, nimbé de rouge, et portant l'amict au pli si caractéristique des anges du tympan . Mais on ne peut, malgré son poste, dire qu'il tient le gouvernail, puisque le point important de cet épisode de la légende est que cette nef en est dépourvue. Disons que c'est lui qui veille à mer cette barque au gré de la Providence.

Le fonds bleu-vert est à rinceaux polycycliques.

Comparaisons iconographiques :

— Français 412 Vie des saints, Hainaut 1285 24v ici define la glorieuse passion mon seignor seint jaqe l'apostre. si vos dirons apres comment ses beneois cors en fu portees en la terre de galisse et de ses glorieus miracles qe nostre sires jesu cris a fez por lui vos reconterons nous une partie apres

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84259980/f58.image

 

— Nouvelle acquisition française 13521 Grand recueil du château La Claytte, fin XIIIe :  [Pierre de Beauvais.] Translation et miracles de saint Jacques, en prose (37-42) ; Chronique du Pseudo-Turpin. Traduction en prose (42-56). daté de 1212. folio 37 et vient apres la translation mon seingneur saint jaque le grant

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530121530/f79.image

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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6. — Translation des reliques sur un char tiré par des bœufs.

Fond rouge à rinceaux polycycliques à feuilles trifoliées.

"A droite, un château bleu, sur la courtine duquel apparaît la reine Louve en corsage or à manches vertes. La châsse d'or est posée sur un chariot conduit par un personnage en robe brune et traîné par les taureaux indomptés de la reine, devenus doux comme des agneaux et portant le joug. Dans le fond une chapelle d'or." (Couffon).

Le sujet :

"Il y avait alors en Espagne une reine qui portait réellement ce nom et qui le méritait. Les disciples déchargèrent le corps, et le posèrent sur une pierre énorme, qui, en se fondant comme de la cire sous le corps, se façonna merveilleusement en sarcophage. Les disciples vinrent dire à Louve : "Le Seigneur J. C. t'envoie le corps de son disciple, afin que tu reçoives mort celui que tu n'as pas voulu recevoir vivant." Ils lui racontèrent alors le miracle par lequel il avait abordé en son pays sans gouvernail ; et lui demandèrent un lieu convenable pour sa sépulture. La reine entendant cela, toujours selon Jean Beleth [ théologien, liturgiste et sermonnaire français du XIIe], les adressa, par supercherie, à un homme très cruel, ou bien, d'après d'autres auteurs, au roi d'Espagne, afin d'obtenir là-dessus son consentement ; mais ce roi les fit mettre en prison. Or, pendant qu'il était à table, l'ange du Seigneur ouvrit la prison et les laissa s'en aller en liberté.

Quand le roi l'eut appris, il envoya à la hâte des soldats pour les ressaisir. Un pont sur lequel passaient les soldats vint à s'écrouler, et tous furent noyés dans le fleuve. A cette nouvelle, le roi, qui regrettait ce qu'il avait fait et qui craignait pour soi et pour les siens, envoya prier les disciples de revenir chez lui et leur permit de lui demander tout ce qu'ils voudraient. Ils revinrent donc et convertirent à la foi tout le peuple de la cité. Louve fut très chagrinée en apprenant ces faits ; et quand les disciples la vinrent trouver pour lui présenter l'autorisation du roi, elle répondit : "Prenez mes boeufs qui sont en tel endroit ou sur la montagne ; attelez-les à un char, portez le corps de votre maître, puis dans le lieu qu'il vous plaira, bâtissez à votre goût."

Or, elle parlait en louve, car elle savait que ces bœufs étaient des taureaux indomptés et sauvages ; c'est pour cela qu'elle pensa qu'on ne pourrait ni les réunir, ni les atteler, ou bien que si on pouvait les accoupler, ils courraient çà et là, briseraient le char, renverseraient le corps et tueraient les conducteurs eux-mêmes. Mais il n'y a point de sagesse contre Dieu (Prov., XXI). Ceux-ci, ne soupçonnant pas malice, gravissent la montagne, où ils rencontrent un dragon qui respirait du feu ; il allait arriver sur eux, quand ils firent le signe de la croix pour se défendre et coupèrent ce dragon par le milieu du ventre. Ils firent aussi le signe de la croix sur les taureaux qui, instantanément, deviennent doux comme des agneaux ;

on les attelle on met sur le char le corps de saint Jacques avec la pierre sur laquelle il avait été déposé. Les bœufs alors, sans que personne les dirigeât, amenèrent le corps au milieu du palais de Louve qui, à cette vue, resta stupéfaite. Elle crut et se fit chrétienne. Tout ce que les disciples demandèrent, elle le leur accorda ; elle dédia en l'honneur de saint Jacques son palais pour en faire une église qu'elle dota magnifiquement ; puis elle finit sa vie dans la pratique des bonnes œuvres." (Jacques de Voragine, Légende Dorée, 1261-1266).

 

 

Saint Jacques est étendu, près de son bâton pastoral, sur la pierre qui a fondu comme de la cire pour accueillir son corps. Mais il semble bien vivant, car il est tourné sur le coté et soutient sa tête avec la main gauche selon l'attitude du mélancolique ou du songeur (cf Jessé). Malgré la barlotière qui gêne l'inspection, on voit que Lupa, la reine, tend le bras vers lui du haut des remparts de son château.

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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7. — Les pèlerins devant la statue de saint Jacques à Compostelle.

Fond bleu-vert à rinceaux polycycliques à feuilles nervurées et à petites feuilles trifoliées.

"Dans un oratoire, la statue du saint, Saint Jacques, en robe blanche et manteau bleu, est assis sur un trône d'or tel que les pèlerins le voyaient à Compostelle. Au premier plan, un pèlerin à genoux, vêtu d'une robe rouge, porte un phylactère avec l'invocation : « S. Iacobe (ora pro nobis) » Au second plan, à gauche, un pèlerin en bonnet rouge, robe rouge et manteau bleu ; à droite autre pèlerin en manteau bleu et derrière autre en manteau rouge.".(Couffon)

Remarques sur Couffon :  le phylactère est tenu par la statue de Jacques et non par un pèlerin.

Sept ou huit pèlerins (on compte huit bourdons) sont arrivés  devant la statue du saint. Le premier est agenouillé, il tient son bâton entre les mains jointes. Son chapeau est rejeté derrière la nuque.  Trois femmes se repèrent car leur tête est recouverte d'un voile qui entoure leur visage. 

Rien ne distingue que ce n'est pas saint Jacques en personne qui se tient assis devant eux. Le saint, ou sa statue, est vêtu d'une cape dont le fermail est une coquille. Il s'appuie sur une canne en T. Le visage, barbu, est nimbé. Le phylactère porte l'inscription S IACOBE ORA PTS

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La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques,  Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

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8. — Miracle du pendu dépendu soutenu par saint Jacques.

Fond rouge, sol vert. Très restauré, notamment le dais.

"Saint Jacques, en manteau bleu et, nimbé de vert, soutient le pèlerin pendu en attendant le retour de ses parents qui avaient poursuivi leur pèlerinage à Compostelle. C'est l'illustration du miracle arrivé à Toulouse en 1020 et rapporté par la légende dorée [Note : Plusieurs des scènes de la légende de saint Jacques se voient également dans l'une des belles verrières du XVIème siècle de la chapelle de N.-D. du Cran en Spezet. Le miracle du pèlerin est raconté dans de nombreuses verrières françaises, notamment dans le vitrail de Saint Jacques de Lisieux (XVIème siècle)]." (Couffon)

http://www.bmlisieux.com/normandie/devill09.htm

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Le sujet :

"D'après le pape Calixte, un Allemand, allant avec son fils à Saint-Jacques, vers l'an du Seigneur 1090, s'arrêta pour loger à Toulouse chez un hôte qui l'enivra et cacha une coupe d'argent dans sa malle. Quand ils furent partis le lendemain, l'hôte les poursuivit comme des voleurs et leur reprocha d'avoir volé sa coupe d'argent. Comme ils lui disaient qu'il les fît punir s'il pouvait trouver la coupe sur eux, on ouvrit leur malle et on trouva l'objet : on les traîna de suite chez le juge. Il y eut un jugement qui prononçait que tout leur avoir fût adjugé à l'hôte, et que l'un des deux serait pendu. Mais comme le père voulait mourir à la place du fils et le fils à la place du père, le fils fut pendu et le père continua, tout chagrin, sa route vers Saint-Jacques. Or, vingt-six jours après, il revint, s'arrêta auprès du corps de son fils et il poussait des cris lamentables, quand voici que le fils attaché à la potence se mit à le consoler en disant : "Très doux père, ne pleure pas, car je n'ai jamais été si bien ; jusqu'à ce jour saint Jacques m'a sustenté, et il me restaure d'une douceur céleste." En entendant cela, le père courut à la ville, le peuple vint, détacha le fils du pèlerin qui était sain et sauf, et pendit l'hôte." (Jacques de Voragine, Légende Dorée)

 

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Le vitrail :

Son intérêt est limité, puisqu'il est composé pour plus des trois-quarts d'une mosaïque de pièces hétéroclites, non peintes, ou de pièces étrangères (fragment de couronne, de fleur de lys), découpés pour former les contours généraux compatibles avec le sujet : un gibet, un pendu, et le saint.

Du fond rouge, un seul fragment comporte le damas à rinceaux polycycliques et feuilles trifoliées sans doute originel. L'arbrisseau voisin de cette pièce est également ancien.

Les autres pièces peintes sont la main de Jacques, portant le livre (et dans laquelle se reconnaît le talent de G. Béart pour figurer les mains aux doigts longs et souples), et son visage, à la barbe peinte au jaune d'argent.

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L'intérêt de ce panneau se trouve donc dans son sujet, dont il est une représentation particulièrement précoce. En effet, comme l'écrit E. Delille,  "Si nous en croyons le témoignage de l’historien italien Luc de Marines, rapporté par les Bollandistes , cette légende aurait été peinte dans toutes les églises et chapelles dédiées à saint Jacques. Quoi qu’il en soit, cette représentation, sur des vitraux est aujourd’hui assez rare." J’en connais six, appartenant tous aux XVIe siècle, sans compter une peinture de Pisanello, citée par Vasari , qui aurait été exécutée dans la jeunesse de l’artiste, dans l’ancienne église del Tempio à Florence.

Le miracle du pendu-dépendu constitue le septième miracle du De miraculi sancti Jacobi, deuxième livre du Codex Calixtinus. Il en existe deux versions, l'une avec un aubergiste de Toulouse et l'autre avec une servante de Santo Domingo de la Calzada.

Après son illustration à la cathédrale de Tours en 1257-1270 et à Merléac en 1402,  le miracle du pendu-dépendu est représenté en 6 panneaux sur un vitrail de 1526 de Saint-Jacques de Lisieux et sur 15 des 18 panneaux d'un vitrail de ca. 1530 de l'église Saint-Nicolas de Châtillon-sur-Seine.  Un autre vitrail daté de 1554, se voit dans l’église de Triel ; un autre encore, dans l’église Sainte Jeanne-d'Arc de Rouen et provenant de Saint-Vincent de Rouen  ; ou dans l’église de Courville (Eure-et-Loir) sans oublier celui, provenant de l’église de Villiers (Loir-et-Cher), aujourd’hui conservé au musée de Vendôme. Ou celui de Cour-sur-Loire.
 

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La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Vie de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le pendu dépendu, lancette 8 du registre de la Légende de  saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le pendu dépendu, lancette 8 du registre de la Légende de saint Jacques, Maîtresse-vitre ou baie 0 (G. Béart, 1402) de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

a) Baie de la cathédrale de Chartres, 1210-1225 :28 médaillons :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitrail_de_saint_Jacques_le_Majeur_%C3%A0_Chartres

http://www.cathedrale-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/index.htm

b) Baie 22 de la cathédrale de Bourges, premier tiers du XIIIe siècle. 20 panneaux.

http://www.xacobeo.fr/ZF2.02.b-a.vitr.Bourges.Montereau.htm

— COUFFON (René), 1936, Contribution à l'étude des verrières anciennes du Département . ... Extrait des Mémoires de la société d'émulation des Cotes-du-Nord. 1936 n°67 pages 65-228, ill. Noir et blanc Sur Merléac : pp 95-101 (retranscrit sur Infobretagne)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441314t/f90.image

—DEVILLE (Étienne), 1928 , Les vitraux de l’église St-Jacques Lisieux. Étude descriptive. Lisieux : A la Rose de Lisieux, J. Monjour éditeur, 1928.

http://www.bmlisieux.com/normandie/devill09.htm

Planche VII : http://www.bmlisieux.com/images/vitro007.jpg

— GATOUILLLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, 365 p. (Corpus vitrearum France, série complémentaire. Recensement des vitraux anciens de la France, VII) pages 144-146.

GESLIN DE BOURGOGNE (Jules-Henri), "l'église Saint-Jacques à Saint-Léon de Merléac",Bull. et Mém. Soc. Émulation Côtes du Nord, t. II, 1865, p.1-17.

 

— JACQUES DE VORAGINE Saint Jacques le Majeur , la Légende dorée.

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/100.htm

— JUREZ (Yann), 1992, Les vitraux de la chapelle Saint-Jacques à Merléac (Côtes d'Armor),  Mémoire de DEA, Paris-Sorbonne,. 1992 80 p 221 ill. (non consulté)

— LAGABRIELLE   (Sophie ), 2000. "La verrerie du XIIe à la fin du XVe siècle : évolution d'une technique". In: Médiévales, n°39, 2000. Techniques : les paris de l'innovation. pp. 57-78; doi : 10.3406/medi.2000.1494 http://www.persee.fr/doc/medi_0751-2708_2000_num_19_39_1494

 

"Dans le vitrail des XIIe et XIIIe siècles, la couleur apparaît comme une exigence et l'objet d'expérimentations. Selon les recettes de fabrication médiévales, le verre de couleur était fait par addition de colorants à un verre « blanc » ou « incolore » de base. Nous venons de voir que, pour obtenir un verre bleu, les verriers ont procédé par tâtonnements. Au centre des préoccupations, le verre rouge se présente comme un notable facteur d'évolution. Le procédé de façonnage décrit par le moine Théophile, au chapitre m, correspond à celui du manchon, soufflage du verre en cylindre, ouvert aux deux extrémités par des opérations délicates. L'auteur décrit la méthode qu'il observe dans les forêts allemandes (auxquelles s'intègrent alors la Lorraine et l'Alsace). Or, côté français, l'examen des vitraux, qui n'en est qu'à ses prémisses, ne révèle pas le même procédé. Les vitraux des XIIe-XIIIe siècles (Saint-Remi de Reims, Châlons-sur-Marne, la cathédrale de Reims, Chartres, la Sainte-Chapelle de Paris, Rouen, Amiens...) présentent un certain nombre d'ondes concentriques en relief, typiques des verres en plateaux où la paraison est soufflée en cloche, décalottée et tournée jusqu'à former un disque32. Une différence fondamentale de façonnage apparaît donc déjà entre les contrées allemandes et françaises.

Dans la problématique du façonnage, l'obtention de la couleur rouge apparaît comme cruciale. Le rouge est en effet une couleur particulièrement exigeante. De forte densité, le colorant doit être employé en couche très mince. En 1933, G. Chesneau a pu faire un certain nombre d'observations sous microscope. Sur les verres du XII siècle comme ceux de Saint-Remi de Reims et de la cathédrale de Châlons-sur-Marne, façonnés en plateaux, il s'est aperçu que le ton « rouge oriental très clair », pour reprendre ses mots, avait été obtenu par trois à cinq trempages successifs de la paraison de verre blanc dans celle de verre rouge. Le résultat est une teinte fouettée, faisant alterner le rouge et le blanc. Si les peintres- verriers ont su exploiter ce manque d'homogénéité colorée qui donne à la matière une teinte jaspée, les maîtres de verrerie, quant à eux, semblent avoir cherché à corriger ce défaut et à simplifier les étapes de fabrication. La vision par microscope des verres de la cathédrale de Reims ou d'Amiens, datés du xme siècle, donc plus tardifs, tend à le prouver. Les deux sites présentent des vitraux teintés par une seule épaisseur de verre rouge foncé sur verre blanc mais chacun révèle une méthode d'obtention différente. Le microscope fait apparaître pour Amiens (milieu du XIIIe siècle) une superposition d'un grand nombre de très minces pellicules - de l'ordre de 12 à 27 - de verre rouge, séparées par du verre blanc qui, à l'œil, ne forme qu'une seule couche de verre rouge. Plus simple à obtenir que le rouge clair de Saint-Remi ou de Châlons, la teinte rouge foncé nécessite toujours un système de cueillettes alternatives de verre blanc et de verre rouge. Les verriers, observe G. Chesneau, ont exploité, pour Amiens, la fusibilité de la matière vitreuse, alcaline et peu siliceuse. Inversement, pour la cathédrale de Reims (2e moitié du XIIIe siècle) le rouge a été obtenu par un seul trempage, avant soufflage, de la paraison blanche dans le verre rouge foncé. Unique et très mince, la couche rouge recouvre le verre de façon continue. C'est donc le façonnage qui, à Reims, a été simplifié. Les deux types de réponse observés sont l'indice d'expériences menées en parallèle dans les ateliers de verrerie du xnr siècle pour améliorer la couleur du verre. Elles préparent l'apparition du verre plaqué - verre de couleur, en une couche, sur verre blanc - qui connaîtra les siècles suivants une grande faveur, notamment auprès des peintres-verriers, à cause de ses potentialités en gravure. Spécialisés dans la fabrication de verre creux de type sodique, les verriers du sud de la France ont commencé à produire du verre plat à partir du XIVe siècle, mais ils ne se sont jamais lancés dans la fabrication des verres plaqués rouges. Ils ne semblent pas avoir découvert le principe du plaquage - dont la qualité est d'éviter au colorant, l'oxyde cuivrique, de s'oxyder -, ils ont préféré, pour cette couleur, faire appel au savoir des verreries continentales ».

— ROUDIER(Jean), 2005  : " Saint Jacques en Bretagne, culte et patrimoine " Editions Label LN, Ploudalmezeau, 

https://www.compostelle-bretagne.fr/

Planche C1 (Bas-reliefs en pierre) https://www.compostelle-bretagne.fr/images/PDF/Iconographie/icono-plancheC1-C8.pdf

Planche D1 (Peintures et vitraux) Vitraux anciens et saint Jacques avec l’instrument de son supplice

https://www.compostelle-bretagne.fr/images/PDF/Iconographie/icono-plancheD1-D9.pdf

https://www.compostelle-bretagne.fr/images/PDF/Iconographie/icono-plancheA1-A24.pdf

https://www.compostelle-bretagne.fr/images/PDF/Iconographie/icono-chap1-3.pdf

 

— VIOLLET-LE-DUC ,  Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 9.

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Viollet-le-Duc_-_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle,_1854-1868,_tome_9.djvu/380

"Mais dès cette époque on obtenait le verre rouge par un autre procédé. L’ouvrier souffleur avait deux creusets remplis de verre blanc verdâtre au four. Dans l’un des deux on jetait des raclures ou paillettes de cuivre rouge, et l’on remuait ; immédiatement le souffleur cueillait une boule de verre blanc dans l’un des creusets, et il la plongeait dans le second creuset tenant en suspension des lamelles de cuivre. Il égalisait la prise sur une pierre chaude, soufflait et opérait comme il est dit ci-dessus. Ainsi obtenait-on des verres doublés, dans la moitié, au plus, de l’épaisseur desquels la coloration rouge se présente comme fouettée. Si l’on casse un de ces morceaux de verre, la coloration rouge se montre par stries ou paillettes inégalement réparties dans cette doublure du verre blanc verdâtre, ainsi que l’indique la section (fig. 1). Ce procédé de coloration par paillettes s’entrecroisant inégalement donne au ton rouge un aspect jaspé, miroitant, d’une grande puissance. On comprendra, en effet, que la lumière passant à travers le verre et venant frapper les lamelles de rouge fouettées dans la pâle, se reflétant réciproquement, doive produire une coloration d’une intensité et d’une transparence sans égales. Chaque lamelle de pâte rouge produit l’effet d’un paillon, et l’on voit à la fois une coloration rouge translucide et un éclat rouge reflété des lamelles voisines. Plus tard, à dater du milieu du xive siècle, le verre rouge est obtenu au moyen d’une doublure extrêmement mince sur un verre blanc verdâtre ; le rouge n’est plus fouetté dans la pâte, mais apposé sur elle, en faisant la boudine.

 Aussi ce verre rouge donne-t-il une coloration plus égale et, de près, plus puissante que celle des verres des xii- siècle et xiiie siècles : mais, à distance, l’éclat de ces verres doublés est moins lumineux, moins fin ; il est souvent lourd, écrasant dans l’ensemble ; en un mot, l’effet décoratif est moins bon. Cependant l’opération de la doublure des boudines donnait encore certaines inégalités, des stries plus ou moins colorées, qui conservaient au ton une certaine transparence. Aujourd’hui, les verres rouges doublés sont parfaitement égaux de ton, et pour les employer, les peintres verriers sont obligés, s’ils veulent obtenir une coloration fine à distance, de les jasper par des moyens factices."

— Infobretagne : 

http://www.infobretagne.com/merleac-chapelle-saintjacques-vitraux.htm

— Actes et mort du saint apôtre Jacques, frère du saint apôtre et évangéliste Jean le Théologien , apocryphe.

http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=1163

— Histoire de Jacques le Majeur, d'après l'Histoire Apostolique d'Abdias, livre iv , in Encyclopédie Théologique - T.24: dictionnaire des apocryphes - troisième partie, Abbé Migne, Migne éd., Paris 1858.

https://books.google.fr/books?id=sn8iDAAAQBAJ&pg=PA266#v=onepage&q&f=false

— Auteur inconnu «Actes et mort du saint apôtre Jacques, frère du saint apôtre et évangéliste Jean le Théologien.», SaintJacquesInfo [En ligne], Textes, Les textes de Jacques, mis à jour le : 09/02/2016,
URL : http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=1163

 

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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