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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:36

 

Zoonymie (étude du nom) du papillon L'Hespérie du Chiendent, Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

— Thymelicus Hübner, [1819] : cet adjectif latin signifie "relatif au théâtre" alors que le nom latin thymelicus signifie "acteur, musicien". Hübner n'explicite pas ce nom, mais sa proximité avec Thymele, un nom de genre créé en 1807 par Fabricius pour des Hespéries noires, suggère que ce dernier ait servi de modèle. Tous les noms de genre de Fabricius 1807 sont des noms de femme, et Thymélé était, sous Domitien, une actrice de mime, partenaire de Latinus, l'ami intime de l'empereur (Martial I,4 et Juvénal I,36 et VI,66). Elle était donc une "thymelica"("comédienne"). En reprenant indirectement le nom Thymele sous forme d'un nom dérivé, Hübner rend hommage à son prédécesseur, et continue son travail en créant cette fois un cadre  pour les Hespéries fauves. 

Actéon Rottemburg, 1775 : du nom du héros mythologique, petit-fils de Cadmos, chasseur bien connu pour avoir surpris la déesse vierge et sauvage Artémis lors de son bain dans sa vallée privée de Gargathie. Offensée, elle transforma le malheureux en un cerf qui fut dévoré aussitôt par ses propres chiens, comme le raconte Ovide en ses Métamorphoses, livre III, 138-252.

—  En 1819 Godart place cette espèce dans le genre Hespérie de Latreille (1804) sous le nom de  "Hespérie Actéon". L'usage de ce nom a été abandonné jusqu'en 1986, où Gérard Luquet a créé "Hespérie du Chiendent", dans sa série de 26 noms assoçiant "Hespérie" au nom de l'une des plante-hôtes. Les Chiendents sont un ensemble de Graminée dont Elymus repens est emblématique par ses rhizomes rampants.

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

  • Tribu des Thymelicini Tutt, 1905
  • Tribu des Baorini Doherty, 1886
  • Tribu des Hesperiini Latreille, 1809

 

4°)Tribu des  Thymelicini Tutt, 1905
  • Genre Thymelicus Hübner, [1819]


2. Nom de genre : Thymelicus  Hübner, [1819] 

 

a) Description originale : 

        Thymelicus Hübner, Verzichniss bekannter Schmettlinge, Augsburg, Verfasser, 1816-1826 [1819], 8, page 113.

— Type spécifique: papilio Acteon Rottemburg 1775 Naturforscher :30  par désignation subséquente par Butler 1870 Ent. mon. Mag. 7(76) :94  

— Ce genre renferme en France

  • Thymelicus sylvestris (Poda, 1761) Hespérie de la Houque.
  • Thymelicus lineola (Ochsenheimer, 1808)  Hespérie du Dactyle. 
  • Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775)  Hespérie du Chiendent. 

—Synonymes juniors :

  • Thymelinus ; Stephens, 1835: 405.Ill. Br. Ent. (Haustellata) 4 (3): 405 (missp.)
  • Thymeticus ; Edwards, 1871: 274.
Genre ? synonymes (Funet)
— Adopoea Billberg, 1820; Enum. Ins. Mus. Billb. : 81, TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller— Pelion Kirby, 1858; List. Brit. Rhop.: [3], TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller
cf.  [NHM]

 

 

b) Origine et signification du nom thymelicus selon divers auteurs.

 

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 143 :

"θυμελικὀς (thumelicos), a member of the chorus in Greek drama : the chorus were the dancer and the name reflects the lively movements of the butterflies. A variant of Thymela, the name Fabricius (1807), bestowed on the black skippers (Pyrginae), but now regarded as a junior synonym of Erynnis Schrank, 1801."

 Trad : θυμελικὀς (thumelicos), un membre du chœur dans la tragédie grecque: le chœur était les danseurs et le nom reflète les mouvements animés de papillons. Une variante de Thymela, Fabricius (1807) nom  attribué aux skippers noirs (Pyrginae), mais maintenant considéré comme un synonyme junior de Erynnis Schrank, 1801.

— Hans-A. Hürter (1998) page 446 :

Diverses citations sur le nom grec thymelicos, sans interprétation.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 254 :

"du grec Thoumelikos, membre d'un chœur dans l'art dramatique grec. Les choristes étaient à la fois les danseurs et le nom fait allusion aux mouvements très vifs de ces papillons."

— Perrein et al. (2012) page 115 :

"du grec thumelikos "choriste, danseur" qui occupe le thymélé, autel devenu une sorte d'estrade dans le théâtre grec ; sans-doute influencé par Thymela, nom donné par Fabricius à une famille regroupant toutes les Hespéries noires au vol vif et rapide."

— Arizzabalaga & al. (2012) :

 "Thymelicus : pels timèlics, els músics del cor en el teatre grec"


c) Discussion 

  c1) Taxonomie selon Hübner.

     Dans la classification des espèces de papillons de son catalogue (Verzeichniss), Hübner  répartit les Lepidoptera en Phalanx, ( Papiliones, Sphinx, Bombyx etc.,). Les Papiliones sont divisés en Nymphales (Nymphes) et en Gentiles ("les gens", êtres humains). Ces Gentiles sont divisés en Strips, Familia et Coitus, les Genres de Hübner.  La 6ème Stirps  se nomme Astycen, Astyci. p. 102. (Urbicolae Linn. et Fab.), du latin Astycus, a, um adj : "de la capitale, urbain" : correspond donc à "urbicolae". Nous pouvons nous attendre à trouver des noms en rapport avec cette urbanité, mais aussi à y voir rassemblé les Lycènes et les Hespéries que Linné avait décrit dans ses "Plebeji urbicolae", ses Plébéiens des villes.

  Cette Stirps des Astyces contient 8 familles de A à H. Elles se nomment  Celebres, Fortes, Formales, Veteres, Vulgares, Cauti, Vigilantes et Juvenes. (Célèbres, Forts, "Typiques"?, Vieux, Communs, Méfiants, Éveilés et Jeunes). 

Notre Genre appartient à la Familia G : Muntere, Vigilantes. ("Les Éveillés ou Vigilants"). Elle est définie ainsi : Alle Flügel schwarz und gelb, wechselnd angelect. (Tous les ailes noires et jaunes, appliquées alternativement.). On y trouve 8 Genres, le Genre Thymelicus étant le septième. Le Genre Thymelicus appartient donc à la Tribu des Gentiles, Stirps des Astyci, Familia des Vigilantes. Autrement dit, pour nous aider à comprendre le nom propre,   aux "Gens", "des villes" "vigilants", dont la famille comprend :   

1. Scopten, Scoptae. (du grec σκοπέω - skopeō, « regarder quelque chose, examiner », ? Cf. les termes Scoptophobie, Scoptophilie.

2. Cyclopiden, Cyclopidae. (nommée ainsi car ce genre reçoit Steropes et Brontes de Schiffermuller, deux noms de Cyclopes)

3. Trapeziten, Trapezitae. : Les changeurs, les banquiers.

4. Phemiaden, Phemiadae

5. Augiaden, Augiadae [d''Augias, Argonaute : les fils d' Augias ; le p. Augias de Linné appartient au genre précédent]

6. Thymelicen, Thymelici. 

Die Flügel fast ganz gelb und ungefleckt (Les ailes presque entièrement jaune et sans tache).

  • 1219 Thymelicus Actaeon Esp. Pap. 36 4 Hübn. pap. 488-490.

  • 1220 T. Pustula.

  • 1221 T. Vibex.

  • 1222 T. Venula Hübn. Pap. 665-669

  • 1223 T. Virgula Hübn. Pap. 660-663.

  • 1224. T. Vitellia.

  • 1225 T. linea Shiff. Verz. Pap. A 5 Thaumas Esp. Pap. 36 2,3 Hübn. pap. 285-287. [= sylvestris]

  • 1226 T. Puer. 

7. Apausten, Apausti 

8. Brontiaden, Brontiadae de Brontes, l'un des Cyclopes.

Il est difficile de discerner une cohérence et un fil conducteur parmi ces noms de Familles et de Genres. Les Citadins (Astyces) sont répartis selon diverses qualités assez banales et certainement sans rapport avec les espèces qui les composent. Certains noms concernent la vision (Vigilantes, Scoptae, Cyclopes, Brontiades).       


c2. Le nom thymelicus.

Gaffiot traduit l'adjectif latin thymelicus, a, um (grec thymelicos) par "relatif au théâtre ; le nom thymelicus, i par "musicien de théâtre" et par "acteur". On trouve aussi le féminin thymelica, ae : "actrice, comédienne", et enfin thymele, es ou thymela, ae "autel de Dionysos dans le théâtre grec ; par extension, "théâtre". On trouve aussi pour ce dernier nom "une estrade au centre de l'orchestre du théâtre grec, près de laquelle se tenait le chef du chœur".

 Hübner emploie bien pour son première espèce Thymelicus Actéon la forme au masculin. Il n'y a aucune raison de ne pas donner au genre Thymelicus le sens "relatif au théâtre". 

Il n'y a aucune raison non plus pour, comme le fait Emmet suivi par Luquet qui en donne une traduction, de partir du nom grec thymelikos, et encore moins de vouloir trouver une relation entre les choristes musiciens et danseurs du théâtre et le comportement en vol des espèces du genre Thymelicus. Les noms servent à catégoriser les boites de classement des espèces, mais non d'en décrire le contenu (même si on connaît des contre-exemples comme Carcharodus). Lorsque le texte descriptif du Genre est, à l'évidence, en relation avec son nom, nous sommes autorisés à reconnaître l'allusion ; ce n'est pas le cas ici où le Genre est caractérisé par la couleur jaune unie des ailes.

 A la rigueur, ce genre  qui appartient "aux gens -de la ville- vigilants" tient son nom d'une activité propre à la ville et à l'urbanité (le théâtre) et dont on est spectateur (vigilant + fonction scopique évoquée supra). On voit bien que cela n'est pas très solide.

Notule : le théâtre et la couleur jaune.

Si on cherche à établir une relation entre le nom thymelicus "relatif au théâtre" et la description du genre ("Les ailes presque entièrement jaune et sans tache"), on peut se demander si, dans l'antiquité (ou dans l'Allemagne de Hübner), la couleur jaune était emblématique des acteurs. Il n'est n'est rien. Sur scène —et dans la vie quotidienne romaine—la couleur jaune était le propre de la courtisane ou prostituée. 

" Le jaune, chez les Grecs, n’a pas la signification de luxure et de débauche qu’il a à Rome 4 : il s’agit d’une couleur quasi-virginale puisqu’elle est celle des mariés. En revanche, à Rome, le jaune désigne la courtisane 5. Le spectateur de théâtre ne s’y trompe pas quand il voit apparaître sur la scène de théâtre le costume jaune. Il sait que c’est celui de la courtisane, au même titre que le blanc est celui des vieillards, le multicolore indique les jeunes personnes, le bariolé signale le proxénète et le pourpre distingue les riches."  

4 Dans l’ouvrage de Sabatier, on découvre également qu’à Rome le jaune est tellement associé à l’image de la courtisane que les cheveux des prostituées étaient recouverts d’une perruque blonde. Comme il l’écrit à propos de Messaline, elle « quittait la couche de Claude, couvrait ses cheveux noirs d’une perruque blonde – attribut de la débauche – et, enveloppée d’une cape de nuit, accompagnée d’une esclave, elle pénétrait dans le réceptacle de la prostitution » (ibid., p. 52).

5 Jérôme Carcopino, dans sa remarquable étude intitulée La Vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’Empire (Paris, Hachette, 1939), décrit le théâtre à Rome, son fonctionnement, ses codes, et il précise que « les costumes drapés à la grecque ou à la romaine en situaient l’action et la condition sociale : blancs pour les vieillards, multicolores pour les jeunes gens, jaunes pour les courtisanes, pourpres pour les riches, rouges pour les pauvres, une courte tunique pour les esclaves, une chlamyde pour les soldats, un pallium roulé pour les parasites et bariolé pour les entremetteurs » ( p. 258 ).

Véronique Bui, « Le châle jaune des prostituées au XIXe siècle : signe d’appartenance ou signe de reconnaissance ? », Fabula / Les colloques, Séminaire "Signe, déchiffrement, et interprétation", http://www.fabula.org/colloques/document939.php


c3. La piste liée à Thymele, Fabricius.

a) En 1807, Fabricius publia une liste de 49 noms de genre, dont celui n°39 de Thymele  (et non Thymela). ce genre incluait 3 groupes de noms d'espèces Hesperia Proteus, Mercatus, Acastus / Thrax, Guetus, Bixae/  Aracinthus, Malvae, Tages.

Les trois derniers noms correspondent pour nous à Heteropterus morpheus, Pyrgus malvae et Erynnis tages. Le genre Thymele Fab. accueille donc, comme le souligne Emmet, des Hespéries noires ou Pyrgines.

Dans la classification de Hübner, on les trouve ainsi :

aracinthus : Astyces, Famille G des Vigilantes, Genre des Cyclopes

malvae : Astyces, Famille E Vulgares , genre Pyrgus 

tages : Astyces, Famille D Veteres, genre Nisoniadae.

D'autres Hespéries se retrouvent dans le genre Pamphila de Fabricius : ce sont Comma, Paniscus, Fritillum et Lavaterae.

b) la proximité sémantique des genre Thymele Fabricius et Thymelicus Hübner impose de considérer que le premier a servi de modèle au second, pour accueillir de nouvelles espèces bien différentes des Pyrgines noires puisque leurs ailes sont au contraire entièrement jaunes (et non sombres tachetées de blanc en damier).

J'ai déjà montré que Denis et Schiffermüller avaient créé beaucoup de leurs noms en les affiliant à un nom de Linné servant de modèle, tâchant de reprendre soit la syllabe initiale soit la syllabe finale (ce que j'ai nommé le "domino onomastique"), soit en respectant le même nombre de lettres, soit par d'autres effets de miroir du nom modèle (même source d'inspiration, même sens). Il paraît probable que Hübner, pour créer un genre complémentaire du Thymele de Fabricius, ait cherché dans le dictionnaire (ou dans sa mémoire) le mot latin le plus proche de Thymele. Dans le dictionnaire Gaffiot, trois mots se succèdent  Thymele –Thymelica –Thymelicus. Hübner fait "domino" par la partie [thymel] commune aux deux noms de genre, dans ce jeu où les naturalistes européens rendent hommage à leurs prédécesseurs par reprise des briques sémantiques pour édifier leurs propres noms.

Par contre, ce jeu d'imitation/dépassement se joue, dans cet exemple, au détriment du sens. Il existe, bien-sûr, une communauté de sens entre thymele et thymelicus si on se contente de consulter les définitions du dictionnaire et de constater que thymele 1 vient d'un mot grec désignant, dans le théâtre antique en demi-cercle, l'autel du centre de l'orchestra et qui servait d'autel pour offrir des sacrifices à Bacchus puis pouvait constituer un décor de la pièce (monument, ...) , cacher le souffleur, porter le joueur de flûte et parfois le chorège. Ce sens est donc en parenté avec celui de thymelicus "relatif au théâtre, à la scène".

Mais chez Fabricius, la majorité des 49 noms de genre sont des noms féminins, ceux des épithètes de Vénus, de courtisanes, de femmes illustres : sa Thymele correspond à la deuxième définition donnée par Gaffiot  "Nom de femme Martial 1 5,5 ; Juvénal 1:36" :  il s'agit de Thymélé (Θυμέλη), musicienne, actrice -mime, et poétesse célèbre du temps de Domitien, dont elle semble avoir été la favorite. Elle aurait été la première à introduire sur scène une sorte de danse nommé thymelinos. Il est exclu que Fabricius ait placé un "Thymele-autel du théâtre grec" en véritable intrus au sein de sa liste de noms féminins. Mais sous l'Empire, les pantomimes, musiciens et chanteurs adoptaient souvent desn noms à consonnance grecque ou orientale. Le partenaire de Thymélé était Latinus, ami intime de l'empereur et qui n'hésitait pas à adresser Thymélé auprès de riches commanditaires

Certes, si Hübner avait choisi la forme Thymelica ("comédienne"), la cohérence de sens avec le nom Thymélé de l'actrice courtisane aurait été assurée. Mais son masculin Thymelicus qu'une raison adjacente lui a imposé, vient rompre la jolie réussite d'une filiation des sons et d'une filiation des sens. Il nous faut désormais un raisonnement tortueux pour le percevoir.

Juvénal Satyre VI,66:

Où trouver une épouse, aux vertus domestiques,
Et digne de tes vœux? Est-ce sous nos portiques?
L’amphithéâtre a-t-il, dans son immensité,
Une femme qu’on puisse aimer en sûreté?
Quand Bathylle, jouant sa molle pantomime,
Danse, Tuccia brûle; Apulla qui s’anime,
Comme aux bras d’un amant, soupire, a le frisson;
Et Thymèle, ignorante encore, prend leçon.*
Puis, lorsque le théâtre est clos et n’a personne,
Quand le barreau, tout seul, de voix criardes sonne,
Pendant ces jours si longs qui, des jeux Plébéiens,
Séparent tristement les Mégalésiens,
On les voit manier, dans leur ennui fantasque,
Le thyrse d’Accius, la ceinture, et le masque.
Urbicus dans l’exode imite Autonoé.

 (trad. Raoul, 1842, citée par Remacle)

 * autre traduction :"l'attention immobilise Thymèle : encore innocente, Thymèle apprend"

 

  


 3.  Nom d'espèce : Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775).


a) Description originale

Papilio acteon Rottemburg, 1775 Rottemburg, S. A. V. 1775. Anmerkungen zu den Hufnagelischen Tabellen der Schmetterlinge. Erste Abtheilung. Der Naturforscher, 6: 1-34, page 30

Papilio Acteon. Plebejus urbicolae.

   Er hat dieser Vogel viel Aehnlichkeit mit dem Pap. Thaumas Hufnag. Oder Pap. Sylestris Podae, und ich bin noch einigermassen zweifelhart, ob er eine wirklich verschiedene Art ausmacht. Er unterscheidet sich von dem Pap. Thaumas durch folgendes : er ist etwas kleiner als dieser. Die Oberseite aller vier Flügel ist viel dunkler, und beynahe braun, die Unterseite aber ist mit jenem von einerley Farbe. Auf den Oberflügeln zeiget sich ein bogenförmiger Fleck, welcher fast einen halben Zirkel formiret, dessen beyden Schenkel nach der Einlenkung zugekehrt sind. Dieser Fleck stehet nicht weit vom äussern Rande, er fängt vom obern Rande an, gehet aber nicht bis an den untern Rand, sondern endigt sich in der Mitte der Oberflügel. Man siehet diesen Fleck auf der obern und untern Seite, jedoch unten etwas undeuclicher. Es hat dieser Vogel kein schwarzes Comma, wie das Männchen vom Pap ; Thaumas, sondern er gleichet mehr dem Weibchen dieses letztern Vogels. Ich habe diesen Vogel niemals selbst gefangen, sondern erst kürzlich zwey Stück von einem Freuude aus Landsberg an der Warthe erhalten. Da dieser Vogel sich niemals in unsrer Gegend zeigt, ohnerachtet Pap. Thaumas hier jährlich in Menge zu fingen, und die oben beschriebeyne Unterscheidungszeichen bey allen Exemplaren dieser Art, so ich bey meinem obgedachten Freunde gesehen, immer einerlen waren, so ist es mir wahrscheinlich, daß dieser Vogel eine besondere Species, und nicht bloß eine Spielart vom pap. Thaumas sey.

 

 

 Essai de trad : Il existe beaucoup de ressemblance entre cette espèce et le Papilio thauma Hufn. ou Papilio sylvestris Poda, et j'hésite encore à savoir s'il faut la considérer comme une espèce propre. Elle diffère du papilio thaumas par les éléments suivants : elle est un peu plus petite ;    les parties supérieures des quatre ailes sont beaucoup plus sombres, et très proche du brun, mais le dessous des ailes est de la même couleur que p. thaumas. Sur les ailes supérieures, une tache en forme d'arc qui forme presque un demi-cercle dont les deux jambes sont tournés vers l'intérieur. Cet endroit se trouve non loin de la marge extérieure, il commence à partir du bord supérieur, mais en va pas à l'autre bord, mais se retrouve dans le milieu de l'aile supérieure. [On voit cet endroit sur la face supérieure et moins, mais en légère baisse undeuchlicher]. Ce papillon n'a pas de virgule noir comme le Papilio mâle Thaumas, mais les  femelles des deux espèces sont très proches. Je n'ai jamais attrapé ce papillon, mais j'en ai récemment reçu deux exemplaires d'un ami de Landsberg-an-der-Warthe. Il n'est jamais rencontré dans notre région, en dépit de l'arrivée chaque année  du Pap. Thaumas ici, et d'après  les signes distinctifs décrits ci-dessus dans toutes les copies de cette espèce, [alors je l'ai vu dans mes amis imaginaires, toujours einerlen], il me semble probable, que ce papillon  est une espèce distincte et non pas simplement une variante du Papilio Thaumas.


c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type :  « Landsberg an der Warthe » dans le texte de Rottemburg, actuellement  Gorzów Wielkopolski, Pologne d'après Verity 1948.

 

— Selon Dupont & al. 2013, cette espèce est présente en Europe, en Afrique du Nord et en Asie Mineure. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles s’observent sur diverses Poaceae, principalement Elytrigia atherica (Link) et Elytrigia repens (L.).

 

— Selon Wikipédia, C'est un petit papillon d'une envergure de 22 mm à 26 mm au dessus des ailes marron orangé à marron suivant les lieux de résidence avec aux antérieures chez le mâle une ligne androconiale longue et fine. Le revers est d'une couleur plus claire, beige jaune. La chenille est de couleur vert pâle ornée d'une ligne foncée. L'Hespérie du chiendent vole en une seule génération de début mai à août, mais la sous-espèce Thymelicus acteon christi présente aux Canaries, aurait deux ou trois générations. Elle hiverne au stade de chenille. Les plantes hôtes de sa chenille sont de nombreuses poacées, Agropyron sp. dont Agropyron repens, Brachypodium sp. (Brachypodium pinnatum, Brachypodium sylvaticum), Bromus sp., Calamagrostis epigejos, Elytrigia repens, Holcus lanatus, Poa annua. L'Hespérie du chiendent réside dans toute l'Europe jusqu'au 54°N, aux îles Canaries, en Afrique du Nord, au Liban et en Asie Mineure. L'Hespérie du chiendent est présente dans presque toute la France métropolitaine. Elle est absente de quelques départements dont ceux d'Île-de-France et de Corse .L'Hespérie du chiendent réside dans les milieux herbus fleuris: talus, bords de routes et friches.

 

 

— Parmi les trois Thymelicus qui sont des Hespéries fauves à ligne noire (mâle), Acteon est d'un jaune brunâtre ou olivâtre avec des taches jaunes, alors que sylvestris et lineola sont d'un fauve uni (sans taches claires), avec des nervures noires au bord externe. On distingue ces deux faux jumeaux par l'extrémité de leurs antennes, le dessous des massues antennaires étant orange chez T. sylvestris et noire chez T. lineola].

 

 

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

 

  • Adopaea actaeon (Rottemburg, 1775) :[Mauvaise application du nom] ICZN 1976. Opinion 1058. Suppression of Papilio actaeon Fabricius, 1775 (Lepidoptera). Bulletin of Zoological Nomenclature, 33(1): 22-23, page 22 [www.biodiversitylibrary.org/page/12225955]
  • Hesperia acteon (Rottemburg, 1775)
  • Papilio actaeon Fabricius 1775  [Mauvaise application du nom] ICZN 1976. Opinion 1058. Suppression of Papilio actaeon Fabricius, 1775 (Lepidoptera). Bulletin of Zoological Nomenclature, 33(1): 22-23 page 22 
  • Papilio acteon Rottemburg, 1775
  • Thymelicus actaeon (Rottemburg, 1775)
  • Thymelicus acteon acteon (Rottemburg, 1775)
  • Thymelicus heydeni Plötz, 1884

 

 

Sous-espèces.

            Selon Dupont & al. (2013) Tshikolovets retient trois sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

acteon Rottemburg, 1775.

- orana Evans, 1949. Localité-type : Maroc.

christi Rebel, 1894. Localité-type : Les Canaries, Espagne. Ce taxon est considéré comme une espèce à part entière par Fauna Europaea.

 

e) Origine et signification du nom acteon

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

 — A. M. Emmet (1991) page 144 :

Actaeon, a Greek hunter who surprised Artemis whilst she was bathing and was turned by her into a stag : thereupon he was set on and devoured by his own hounds. (Traduction : cf Luquet infra)

 

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 258 :

Actéon (Actæon), un chasseur grec qui surprit Artémis tandis qu'elle était au bain, et qui fut métamorphosé par elle en cerf ; là dessus, elle lança contre lui ses propres chiens qui le dévorèrent (Emmet, 1991 : 144) ; petit-fils de Cadmus, (Spuler 1901-1908 : 72). Le Phénicien Cadmus (en grec Kadmos) est le fondateur de Thèbes, en Boétie.

— Perrein et al. (2012) page 120 :

d'Actéon, chasseur ayant une meute de chiens dont la légende raconte qu'ayant surpris Artémis se baignant nue dans une source, la déesse le métamorphosa en cerf aussitôt dévoré par ses propres chiens.

 

 

— Arizzabalaga 2012 : 

 Acteó, jove caçador convertit en cérvol per Àrtemis

 

Discussion : 

      On sait que l'entomologiste allemand S. A. von Rottemburg qui vivait à Klemzig près de Züllichau (devenue Neumark, Pologne) travaillait  dans les années 1770 à décrire précisément  les collections d'un autre entomologiste allemand, Johann Siegfried Hufnagel (1724-1795), lequel avait déjà publié des observations sur les lépidoptères dans le Berlinisches Magazin entre 1756 et 1767.

Rottemburg publiait ses résultats dans la revue Der Naturforscher, importante revue d'histoire naturelle éditée entre 1774 et 1804 par J.E.I. Walch à Halle, et à laquelle contribuèrent des figures aussi connues que  J.S. Schröter, J.F. Gmelin, J.E. Walch, C. Kleemann, De Geer et J. Schreber. 

Les noms de papillon créés par Rottemburg sont les suivants (Animalbase):

 Acteon ; alciphron ; alexis ; arcas ; athalia ; aurinia ; bellargus ; chiron ; cinxia ; cyllarus ; diomedes ; dorilas ; euridice ; geryon ; icarus ; ino ; lycaon ; phocas ; pilosellae ; semiargus ; thetis ; typhon ; tiresias ; tisiphone ; velleda.

        Cette liste contient trois "intrus", Athalia, reine d'Israël, et Velleda, vierge prophéteresse germanique ; et pilosellae, plante-hôte. Tous les autres noms appartiennent à la mythologie grecque. On peut donc affirmer que le nom Actéon correspond au héros mythologique, petit-fils de Cadmos, chasseur bien connu pour avoir surpris la déesse vierge et sauvage Artémis lors de son bain dans sa vallée privée de Gargathie. Offensée, elle transforma le malheureux en un cerf qui fut dévoré aussitôt par ses propres chiens, comme le raconte Ovide en ses Métamorphoses, livre III, 138-252

            175px-NAMA_Act%C3%A9on.jpg                  300px-Actaeon_Caserta.jpg

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 


0. Latreille a créé son genre Hespérie (Hesperia) en 1804 :

Histoire générale des crustacés et des insectes vol.14 page 123 n°481.


1. "Hespérie Actéon" , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique : Entomologie, ou Histoire naturelle des crustacés et des insectes, Paris : Vve Agasse tome 9, page 772 n° 121

 Cet article mentionne les références alors disponibles parmi les auteurs germaniques :

— Esper 1 page 345 tab.XXXVI Suppl. XII: Der Schmetterlinge von beiden Seite ("Le papillon des deux cotés"?)

— Hübner pap. tab 96 pap 488, 489, (mâle) ; 490 (femelle) et texte page 73 n°17    Ockerfärbiger Falter.

 

4.  "Hespérie Actéon ", Godart 1822,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Volume 2 Duirnes : Départements méridionaux Paris : Crevot 1822, page 217 n° LXXX planche XXVII fig.3-4  peinte par Duménil et gravée par Lanvin.


LXXX HESPÉRIE ACTÉON.

Papilio Actæon

(Esp. Hubn. Borkh. Schneid. Ochsen.)

Envergure, 11 à 12 lignes.

"Cette espèce fait le passage de l'Hespérie Bande-Noire à l'Hespérie Sylvain. Elle a le dessus d'un fauve-brun, avec une double raie longitudinale et un arc transverse de sept petites taches d'un fauve plus clair vers la côte des ailes supérieures. Le milieu de ces ailes est marqué dans le mâle d'une ligne noire oblique, et il y a sur les ailes inférieures de la femelle un arc presque semblable à celui dont je viens de parler.

Le dessous des premières ailes est fauve chez les deux sexes, avec le sommet d'un gris-verdâtre, et précédé d'un arc de petites taches pâles qui ne sont que la répétition de celles qu'on voit sur la surface opposée.

Le dessous des secondes ailes est d'un gris-verdâtre, avec l'angle interne largement fauve.

Le corps a le dessus roussâtre, et le dessus blanchâtre. Les antennes sont noirâtres et annelées de jaune, avec le bout de la massue ferrugineux.

 

Paraît vers la fin juin et au commencement d'août. M. Cotty de Brécourt*, excellent observateur que j'aurais plus d'une fois l'occasion de citer, l'a prise abondamment aux environs de Dieppe et de La Rochelle, mais toujours sur la pente des collines incultes et exposées au midi."

* A priori, Henry-François Lenez Cotty de Brécourt, (Étrépagny (27) 1826 - 1895), Général de division, Inspecteur général permanent de la Cavalerie.  Gendre de  Louis-Alphonse de BRÉBISSON (1798-1872) ami de Boisduval, botaniste et  lui-même fils de Jean-Baptiste de Brébisson, entomologiste distingué. On le suppose en garnison à La Rochelle dans les années 1815-1820, en compagnie du capitaine de Villiers l'aîné.


 

Images du mâle dessus et dessous : http://raf.dessins.free.fr/2bgal/blog.php?id_img=13755

        13755

 

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Les auteurs suivants abandonneront l'usage du nom vernaculaire et utiliseront, comme Oberthür en 1910 dans le volume 4 de ses Études, le nom de l'Hesperia acteon.

 

2. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans Alexanor en 1986, Gérard Luquet crée pour l'espèce Thymelicus acteon le nom de "Hespérie du Chiendent" et réfute celui d'« Hespérie Actéon » par une note [18]. 

Note [18] : Le nom d' « Hespérie Actéon » n'est guère heureux (association d'un substantif féminin avec un nom masculin), d'autant plus qu'il n'est que la francisation du nom latin de l'espèce (Thymelicus acteon). En outre, il peut prêtre à confusion avec l'un des noms vernaculaires de Satyrus actaea (Satyrines).

On sait que Gérard Luquet a donné à la quasi-totalité de nos Hesperiidae (Hespéries ou Hespérides) un nom composé sur le schéma "L'Hespérie de" + plante-hôte ou "L'Hespérie de" + localisation géographique ou milieu écologique. Cela représentait (en 1986) parmi les 34 Pyrgines ou "Hespéries noires" 33 cas (l'exception concernant "le Point-de-Hongrie") et parmi les 12 de nos Hespériines ou "Hespéries fauves" 9 cas (exception : le Miroir, la Virgule et la Sylvaine). 26 d'entre elles reçoivent les noms d'une plante-hôte, les autres un nom géographique (ottomane, almoravide, levantine, pont-euxine, saoudienne, ...).

Le nom de l'Hespérie fauve  "Hespérie du Chiendent" est donc construit sur ce schéma.  

Le Chiendent est un terme collectif désignant parmi les Graminées  plusieurs espèces, dont la plus répandue est le Chiendent officinal (aux propriétés émollientes et diurétiques) ou Chiendent commun Elymus repens (=Agropyron repens =  Elytria repens). Selon une fausse étymologie, son nom  viendrait de l'usage qu'en font les chiens pour se purger. Ses tiges souterraines ou rhyzomes sont si envahissantes pour les jardins que son nom est synonyme d'une calamité tenace : "quel vrai chiendent !".

Le Genre Elymus (dérivé du grec elymos, "millet") a été créé par Linné ; en latin, repens signifie stricto sensu "imprévu, subit" mais on préfère le faire dériver du verbe repo, repsi, reptum, ere "ramper" pour le traduire par "rampant". 

http://www.biodiversitylibrary.org/item/148264#page/130/mode/1up

                                           alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

 

 

 

3. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 258 :

— "-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espèces concernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé  sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

 

— "Chiendent, plante nourricière de la chenille."

 

                           

 

4. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Adopaea actæon,  mais n'emploient aucun nom vernaculaire.

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : non représentée.

— Doux & Gibeaux 2007 : "L'Hespérie du Chiendent". 

— Lafranchis, 2000 : "L'Actéon, Hespérie du chiendent" .

— Perrein et al. 2012 : "Hespérie du Chiendent".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Hespérie du Chiendent".

— Wikipédia : " Hespérie du Chiendent ou Actéon".

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • Mattscheckiger Braun-Dickkopffalter en allemand
  • Dorada Oscura  en espagnol
  • Daurat fosc en catalan (Per la coloració, fosca en relació amb la de les altres dues espècies del gènere)
  • Súmračník žltoškvrnný en slovaque
  • Soumračník žlutoskvrnný en tchèque
  • Rottemburgov debeloglavac en croate
  • Tamni livadar en serbe.
  •  Csíkos busalepke en hongrois
  • Tummahiipijä en finnois
  • Dwerchgroukopke en frison 
  • Dwergdikkopje en néerlandais
  • Fläckig tåtelsmygare en suédois 
  • Karłątek akteon en polonais
  • Sarı Lekeli Zıpzıp en turc
  • Толстоголовка актеон en russe

 

Langues celtiques  : 

 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas encore de nom en breton ; 

  • "Gwibiwr Lulworth " en gallois. : 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Le nom vernaculaire anglais selon M. Salmon (2000) .

 

 

  • "The Lullworth Skipper" : Curtis, 1833, et tous les auteurs suivants.

       

Selon UK Butterflies,  le Lulworth Skipper a été découvert en 1832 sur une partie de la côte autour du village de Lulworth dans le Dorset. Cette espèce forme des colonies distinctes, dont certaines peuvent être très grand, contenant plusieurs milliers de personnes. La femelle est très reconnaissable au croissant pâle orange sur ses ailes antérieures, qui manque ou est très peu marqué chez le mâle. Le mâle est de couleur plus foncée, et dispose d'une marque androconiale (sex-brand) sur chaque aile antérieure composée d'une ligne très fine d'écailles odorantes. Comme son nom l'indique, la répartition de cette espèce est centrée autour de Lulworth dans le Dorset, entre Weymouth et l'île de Purbeck. Elle est absente des Îles Anglo-normandes. En Grande-Bretagne, cette espèce est à la limite nord de son aire, et se trouve rarement à plus de 5 miles de la côte. Cependant, ce n'est pas une espèce maritimes, sauf en Grande-Bretagne

 

Selon M. Salmon, le 15 août 1832, James Charles Dale, fils de riches propriétaires terriens de Glanville's Wootton dans le Norset, captura trois nouvelles espèces jamais observé en Grande-Bretagne, dont un T. acteon. On dit que Dale, après avoir parcouru à cheval 20 miles à partir de Glanville's Wootton atteignit  Durdle Door, sur le littoral, près de Lulworth Cove, où il trouva un nombre considérable de nouvelles hespéries sur la falaise dans les hautes herbes et les chardons. 
John Curtis était un grand ami de Dale, avec qui il avait mené en 1825 une expédition en Ecosse au cours de laquelle ils avaient décrit 30 nouvelles espèces d'insectes. Ce fut lui qui publia la découverte faite par J.C. Dale, dans le volume 10 de sa British Entomology publiée en 1833. Le site de découverte, aussi nommé "Burning Cliff", devint rapidement un lieu très fréquenté par les chasseurs de papillon, qui mentionnent des récoltes de 100 "Lullworth Skipper" par chasseur, (80 en une heure) associés à des P. linea.
John Curtis, 1833 British Entomology vol. 5 page 16 n°442 ©BHL

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            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : thymelicus acteon

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : thymelicus acteon

— UK Butterflies : thymelicus acteon

— lepiforum : thymelicus acteon 

— jardinsauvage.fr : thymelicus acteon

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

                Bibliographie des Zoonymies : voir :

Zoonymie des Rhopalocères : bibliographie.

 

              

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