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7 août 2026 5 07 /08 /août /2026 11:17

Petit catalogue des pavements vénitiens. Le pavement (1141) de la basilique Santi Maria e Donato de Murano.II. La nef dite "du baptême", côté sud.

 

Avertissement : cet article est le travail d'un amateur, et non d'un spécialiste des mosaïques, il peut comporter des erreurs, bien qu'il s'appuie sur les travaux des dits spécialistes.

PRÉSENTATION (suite)

Voir les présentations et l'introduction dans l'article I. 

Un style vénéto-byzantin propre à Venise (selon V. Venturi).

Le pavement de la basilique Santi Maria e Donato de Murano appartient à un groupe défini par V. Venturi par son style « vénéto-byzantin », où des influences  romanes  coexistent avec d'autres d'origine paléochrétienne, se mélant à des éléments de la culture artistique byzantine. Ce style réunit les sols en opus sectile et en opus tessellatum datant des XIe et XIIe siècles dans plusieurs églises importantes de la lagune de Venise, telles que la basilique Santa Maria Assunta de Torcello (début XIe, et qui ne présente aucun élément figuré),  puis la basilique Saint-Marc ( peu avant la fin du XIe siècle), puis  la basilique de Murano, et à Venise les églises San Zaccaria (antérieure à la basilique  Santi Maria e Donato), et  San Lorenzo in Castello.

Ce qui distingue les sols exécutés directement par les artisans byzantins ou ceux qui en dérivent, c'est l'utilisation d'une variante de l'opus sectile, à savoir l'opus alexandrinum (*), une technique importée en Italie des territoires gréco-orientaux et qui confirme les liens des vénitiens avec le monde byzantin. Son utilisation implique l'emploi de petites dalles de marbre polychrome de différentes tailles, afin de former des motifs géométriques extrêmement raffinés qui remplissent notamment la bande intérieure des rubans reliant les roues septales, ou les espaces ainsi créés à l'extérieur de celles-ci. Transmis aux artisans locaux, ce procédé deviendra  l'une des principales caractéristiques des sols cosmatesques à Rome (V. Venturi).

X. Barral i Altet avait déjà caractérisé ce groupe vénétien  "par un décor animalier en damier noir et blanc, par l’étroite association de l’opus tessellatum et de l’opus sectile dans la composition des panneaux géométriques et par la composition en grandes dalles rectangulaires de marbre". Ils partagent de nombreux éléments en communs, comme le quadrillage de bandes, quatre cercles enlacés autour d’un cercle central, la composition de cercles enlacés déterminant des carrés curvilignes, le grand cercle central enlacé avec quatre cercles plus petits aux angles d’un carré, octogone ou hexagone dans un carré. De même, l'appartenance à un même groupe régional peut être constatée dans le bestiaire du  décor figuré, tandis que les panneaux ornés de lignes de peltes tête-bêche ("vagues")  sont comme une signature d’atelier qui se retrouvent avec de légères variantes dans tous ces pavements.

(*)L'opus alexandrinum (en opus sectile) est un type de décoration de pavement,utilisant de très petits morceaux de pierre colorée de formes géométriques variées, agencés en motifs géométriques complexes comme des carrés , des cercles, des étoiles ou des entrelacs souvent des tons rouges (porphyre) et verts (porphyre vert, serpentino) sur un fond de marbre blanc ou clair avec des pierres rondes centrales (tondi), tous reliés par un ruban de tesselles. Il est très utilisé dans l'Empire romain d'Orient (Byzance) au IXe siècle, puis repris en Italie au Moyen Âge sur le pavement des églises médiévales à Montecassino (1071) et à la basilique Saint-Marc, puis à Rome jusqu'à devenir l'une des principales caractéristiques des sols cosmatesques.

I. Costantini donne une définition détaillée de cette technique d'opus alexandrinum:

 Cette technique, qui tire son nom d'Alexandrie, en Égypte, consiste en une combinaison de petits éléments noirs et blancs, généralement quadrangulaires, peu épais (d'une épaisseur variant de 6 à 8 mm), taillés de manière rustique et agencés selon un motif sur un fond presque toujours rouge. Dans ce type de réalisation, les maîtres mosaïstes de l'époque, après avoir atteint une certaine profondeur avec le mortier de base, s'arrêtaient à environ 1 cm sous le niveau du sol, puis recouvraient la face inférieure d'une couche de gesso, lissée sur les bords, d'environ 1 cm d'épaisseur. Une fois cette dernière couche sèche, le motif, appelé lucerne dans ce cas, y était imprimé. Le plâtre était ensuite retiré progressivement, en suivant le motif, jusqu'à ce que le mortier sous-jacent soit exposé. Une nouvelle couche de mortier était alors appliquée dans l'espace ainsi créé, sur laquelle les carreaux étaient insérés. Travaillant par sections, après une phase de consolidation du mortier, le travail se poursuivait jusqu'à ce que la mosaïque soit achevée. Ce type de travaux explique la présence de traces d'enduit sur de nombreux sols anciens, comme celui-ci. Cet enduit servait non pas de liant, mais uniquement de gabarit pour la conception." (Costantini 2017, je traduis)

L'emploi de cette technique a été affirmée par Giovanni Cucco lors de la restauration de 2012, en constatant la présence de plâtre sous les tesselles.

Des chemins spirituels symboliques.

Comme celui de la basilique Saint-Marc ou de Torcello, ce pavement de Murano revêt une signification sacrée très particulière car implicite et symbolique cryptée par des formes géométriques, de sorte que le fait de le fouler ne paraisse pas sacrilège, alors que les mosaïques des murs, en opus tesselatum sur fond d'or, portent explicitement les personnages sacrés, comme la Vierge orante de l'abside en cul-de-four du chevet. Ces géométries complexes du sol  forment un chemin symbolique et sacré , qui rattache fortement ces œuvres à la culture byzantine, et qui doit être mise en relation  avec les récits et personnages sacrés explicites des mosaïques murales supérieures.

Le sol a été conçu dans son intégralité pour correspondre parfaitement à la décoration murale, selon le concept cher à la tradition byzantine selon lequel la basilique est un microcosme formé d'un cube terrestre et d'un dôme céleste et dans lequel, par conséquent, le sol remplit une fonction sacrée très spécifique (V. Venturi). Chaque nef trace une voie spirituelle.

Cette compréhension du sens sacré de ce pavement échappe à la plupart d'entre nous, si bien que le visiteur doit se mettre à l'école de ceux qui l'ont déchiffé, comme Xavier Barral i Altet en 1985, Maria Simonetta Rinaldi en 1994, Gabrielle Paier pour Saint-Marc en 1995, Pietro Salvador en 2018 et Valentina Venturi en 2019.

Ce sont précisément les pavements en sectile du sol qui déterminent les chemins du salut au sein de la basilique. Il faut  s'intéresser à la manière dont la beauté et l'agencement ingénieux des tesselles de marbre des sols des églises du groupe vénéto-byzantin dépassent la simple finalité esthétique d'origine romaine et de l'Antiquité tardive, pour devenir porteuses d'un symbolisme sacré qui ne laisse aucun doute quant à ses liens avec le monde byzantin, liens confirmés par la présence de la technique de l'opus alexandrinum. 

Les aspects techniques.

La mosaïque est divisée en plusieurs panneaux de dimensions différentes, disposés côte à côte, parfois entourés d'un cadre en marbre faisant office de séparation.

Selon I. Costantini, la variété chromatique de la mosaïque est obtenue grâce à l'utilisation de marbres de différentes couleurs et de nombreuses variétés :

-rouge de Vérone (rosso di Verona), rouge profond aux nuances chaudes, riche en ammonites

-noir de Belgique (nero del Belgio),

 -blanc d'Asagio (bianco di Asiago), blanc clair, blanc laiteux ou ivoire, à l'aspect très lisse et lumineux. Le Bianco di Asiago, extrait en Vénétie est souvent associé au rouge de Vérone, deux marbres italiens de renom,  pour créer un magnifique contraste entre les teintes claires et foncées.

-Blanc de  Vérone (bianco di Verona),  

-jaune de Trente (giallo del Trentino), un calcaire jaune, plus ou moins profond, avec des veines violettes ou des taches grisâtres. 

-marbre oriental (marmo orientali)

-serpentino ou marbre de Lacédémone ou profido verde antico

- porphyres,

-tandis que l'effet chromatique a été encore accentué par l'utilisation de pâte de verre.

 

LE PAVEMENT DE LA NEF SUD

Comme dans la nef centrale, cette nef sud associe des éléments géométriques en opus sectile,  et  un bestiaire ou des éléments végétaux en opus tesselatum.

Le cartel explicatif exposé dans la basilique distingue une dizaine de motifs principaux disposés dans l'axe de cette nef méridionale, auxquels s'ajoutent quatre compositions latérales. Les bancs ne permettent pas de photographier toutes ces compositions du pavement.

Ce sont au centre:

-en premier, l'hexagone qui  symbolise les anciens fonts baptismaux ,  où on peut reconnaître  le monogramme du Christ ou Chrisme. 

-puis un ensemble de deux carrés et quatre losanges

-puis quatre cercles tangents délimitant au centre une figure en losange (l'Église et les quatre évangélistes)

-puis de grandes plaques rectangulaires contenant des ondes marines (la traversée de la mer),

-puis un octogone (symbole du baptistère )

-puis six plaques rectangulaires,

-puis neuf cercles reliés par un ruban, avant l'autel,

-puis enfin quatre hexagones autour d'un carré représentant "la réconciliation des empires  de la terre, et au centre, de Dieu par le Christ".

 

Mais le cartel donne surtout les illustrations des motifs latéraux, d'ailleurs plus visibles pour le visiteur  car mieux dégagés des bancs. Ce sont principalement ces motifs qui font l'objet de mes clichés.

Depuis l'entrée, voici les 21 éléments de ce catalogue (n° d'inventaire personnel) de cette nef sud :

-l'aigle tenant entre ses serres un oiseau, ou Aquila Christi : PV-Murano-009

-les huit cercles aux fleurs à huit pétales, PV-Murano-010,

-les deux coqs portant le renard vaincu, fleuron de cette voie. PV-Murano-011

-Les deux panneaux d'ondes marines PV-Murano-012

-l'échiquier, PV-Murano-013,

-l'octogone, PV-Murano-014,

-deux couples de vouivres ou dragons à deux pattes ,PV-Murano-015,

-deux couples de rapaces tenant des lièvres, PV-Murano-016

-les aigles parmi les neuf cercles, PV-Murano-017

-les végétaux stylisés parmi ces neuf cercles, PV-Murano-018

-Les cercles eux-mêmes, centrés par des tondi de porphyre ou de marbre, PV-Murano-019.

-Le nœud de Salomon de l'entrée de l'abside, PV-Murano-020.

-Motif ornemental à fleurons en croix. PV-Murano-021.

 

Cartel de la Voie du baptême. Cliché lavieb-aile.

 

 

 

 

PV-Murano-009. L'aigle tenant un oiseau. Pavement de la première travée de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Description.

Dans la partie sud de la basilique, dans la première travée, une mosaïque représente un aigle  de profil, mais les ailes sont déployées frontalement selon une convention héraldique héritée de l'art byzantin. Son plumage alterne damiers noirs et blancs sur le corps, tandis que les rémiges des ailes et de la queue sont rendues par des tesselles rouges. Les serres saisissent un oiseau plus petit, tête renversée, dont le plumage clair contraste avec celui du rapace.

Symbolique.

Quel est la symbolique de ce motif ? Le Christ emportant le catéchumène vers les hauteurs?  De la mort vers la vie ? Des ténèbres vers la lumière ?

L'aigle symbole d'élévation, de renouveau et de jeunesse.

L'aigle  a été considéré depuis l'Antiquité, et par différents peuples à la même époque, comme un symbole d'élévation spirituelle et un porteur de la majesté divine. En effet, roi des airs, il domine tous les autres oiseaux et possède parmi eux la plus grande force et la meilleure vue, à tel point que même le soleil ne pouvait l'atteindre. Dans le symbolisme biblique, l'aigle apparaît comme une métaphore de la vitesse, de la force et du renouveau (Psaume 103:5 : « C’est lui qui rassasie de biens ta vieillesse / Qui te fait rajeunir comme l’aigle. » et Isaïe 40,31 "Mais ceux qui se confient en l'ternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point. "; Proverbes 23,5 "Veux-tu poursuivre du regard ce qui va disparaître? Car la richesse se fait des ailes, Et comme l'aigle, elle prend son vol vers les cieux"  ; Job 9,26 : "Ils passent comme les navires de jonc, Comme l'aigle qui fond sur sa proie. " ). L'aigle est le symbole de saint Jean, l'évangéliste et le visionnaire de Patmos, qui écrit dans Ap 4:7 "Il y a encore devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole."

Rinaldi identifie cet aigle comme étant l'Aquila Christi, conducteur des âmes qui  hérite de la tradition mythologique de l'aigle emblème de régénération par l'eau salutaire, ce qui correspondrait bien à la signification baptismale de la nef. Pour saint Amboise, "il n'est à proprement parler qu'un seul et véritable aigle, et c'est Jésus-Christ Notre-Seigneur, dont la jeunesse a été renouvelée alors qu'il est ressuscité des morts."

L'aigle tenant l'oiseau.

Nous pourrions considérer cette scène comme celle d'une prédation par la force d'un animal innocent : c'est ici une possibilité à écarter. Dans un sens chrétien, nous pouvons y voir la vertu de force qui triomphe de la faiblesse de l'oiseau et le sauve du péché. Mais le contexte, et les considérations précédentes, incitent plutôt à voir là  un aigle entraînant l'oiseau, figurant l'âme, vers les hauteurs, et vers le renouveau qu'assurent les eaux du baptême.

Cette mosaïque doit être mise en parallèle à celle qui, au même niveau entre les deux premières colonnes de la nef nord, représente un aigle tenant un agneau dans ses serres. Rinaldi, y voit le Christ sauvant l'âme pure égarée .

Cet aigle sauveur et régénérateur de l'entrée de la nef sud va se retrouver, mais sans l'oiseau et à quatre exemplaires, à la fin du cheminement de cette nef, entre les neuf cercles, près des arbres de vie.

 

 

PV-Murano-009. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

Les couleurs .

Le fond est beige. Le trait de  contour est noir.

-L'aigle

La tête privilégie les pierres vertes. Le bec de l'oiseau, gris-vert, est ouvert sur la langue rouge, il est comparable à celui des paons de la nef centrale.

Les plumes du poitrail sont dessinées de lobes blancs remplis de pierres noires . Ailleurs sur le corps des ailes, sur les rémiges, et les cuisses, l'orangé prédomine.

- L'oiseau.

Son bec ressemble à celui d'une perruche. Le corps est rouge, la queue verte.

et les pierres utilisées

 On retrouve, sous toutes réserves,  le marbre de Proconnèse, le verde antico (tête), le serpentino (œil), le Rosso antico ou le rosso verona, quelques Giallo antico.

Pour les cubes noirs en noir absolu (nero absolute), non mêlé de blanc, Lazzarini écrit qu'ils peuvent être en calcaire noir d'Imagna (Bergame, Lombardie) réputé pour sa qualité exceptionnelle et dont l'emploi s'est largement répandu sur le territoire de la République de Venise : " Il est possible que cette pierre figure parmi les carreaux noirs uniformes du sol de la basilique. Cependant, son identification formelle reste incertaine, tout comme pour le nero di Canale  et les autres calcaires noirs absolus  qu'ils proviennent d'Italie (comme le  Lavagna , ardoise extraite en Ligurie, le noir de Varenna, le nero di Canale, etc.) ou d'ailleurs (comme le nero antico de Tunisie, le nero del Belgio, etc.)."

PV-Murano-009b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009c. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009c. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009d. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009d. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

-Sur la bordure, on remarque quelques beaux échantillons, notamment un belle pierre orangée (rosso verona ?), un très beau noir marbré, et un bel albâtre.

PV-Murano-009e. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009e. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009f. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-009f. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-010. Huit cercles avec des fleurs. Pavement de la nef sud de la troisième travée de la basilique Santi Maria e Donato.

Voir la vidéo de la restauration de ce panneau en 2019 : https://www.facebook.com/watch/?v=578961573252762

Description

Huit cercles sont dessinés par un ruban de mosaïques noires, brunes et blanches, et chaque point de tangence des cercles est marqué par un médaillon de pierres gris-bleu centrées par une pierre orangée.

Chaque cercle contient une fleur à six pétales en pierres orange (Rosso di Verona ?), au cœur blanc ou cerclé de blanc, tandis que les espaces entre les cercles contiennent des fleurs à quatre pétales et quatre sépales, uniformément orange.

La bordure en opus sectile en marbre contient une pierre de réemploi, probablement une dalle d'obit avec l'inscription -BVS ANNO DOMINI VII MENSIS

 

"Après l'aigle imposant de la première colonnette, image de régénération, et
l'hexagone septal de la travée adjacente, symbolisant les fonts baptismaux, on s'avance vers la seconde colonnette, qui présente huit cercles contenant des fleurs à six pétales, également présentes dans les espaces délimités par les carrés entre les cercles. Cette composition, d'une grande beauté ornementale, recèle en réalité une signification liée au chiffre huit : en effet, huit hommes sont admis dans l'Arche grâce à Noé et sont donc destinés au Salut,158 tandis que les fleurs dans les carrés représentent les hommes de la nouvelle génération sauvés par le sacrifice du Christ." (V. Venturi)

157 Réau, 1955, vol. I, p. 83, 88, 116-117, 168-169 ; Trovabene, 1999, p. 44 ; Pastoureau, 2012, pp. 174-175, 204-205.

158 « 18 Car Christ aussi est mort une fois pour toutes pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu ;mis à mort dans la chair, mais rendu vivant par l’Esprit. 19 Et c’est par l’Esprit qu’il alla prêcher aux âmes captives, 20 qui avaient autrefois incrédulité, lorsque Dieu, dans sa patience, avait patiemment…

"Le symbolisme du chiffre huit se trouve dans le livre de la Genèse, dans le récit du Déluge, où seules huit personnes furent sauvées dans l'arche par les eaux. L'apôtre Pierre reprit ce récit biblique comme prélude au baptême et, de ce fait, le chiffre huit devient le nombre des sauvés, la ogdoade du salut (les fleurs à l'intérieur des cercles), grâce à Noé, précurseur du Christ. Quant aux fleurs à l'intérieur des carrés, elles symbolisent le Royaume de Dieu sur terre, reconstitué par le sacrifice de Jésus. Voir Rinaldi 1994, p. 15. On peut se demander si le choix de représenter des fleurs rouges est lié à la légende de la fondation de l'église par l'empereur Otton Ier, qui l'aurait érigée à l'endroit indiqué par la Vierge, où poussaient des lys rouges.  Une iconographie similaire se retrouve également sur le sol de la nef nord de la basilique Saint-Marc. Un parallèle intéressant peut être établi avec les huit dalles de marbre placées sous la coupole de la Pentecôte, également dans la basilique Saint-Marc, qui pourraient aussi représenter le huitième jour du salut. " (Pietro Salvador 2018)

PV-Murano-010. Huit cercles avec des fleurs. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-010. Huit cercles avec des fleurs. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-010a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-010a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-010b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-010b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-010c. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-010c. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

La lutte entre les vices et les vertus est particulièrement présente dans ce contexte eschatologique et s'exprime par les panneaux en mosaïque qui se rejoignent dans l'espace entre les deux colonnes suivantes et dans la travée suivante : les funérailles du renard, l'échiquier et les motifs de peltes opposés.

 

PV-Murano-011. Les funérailles de Renard par deux coqs. Pavement de la troisième travée de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Description.

Deux coqs se font face, et portent, par un bâton reposant en joug sur leur cou, un renard dont les pattes ont été liées et passées sur ce bâton. 

Le renard a la tête pendante (mais sa gueule  est ouverte sur la patte du coq) et sa belle queue rousse traîne aussi par terre, piétinée par le deuxième coq.

Couleurs

Le trait de contour est noir.

Les têtes des deux coqs sont rouges l'œil est cerclé de blanc, les becs sont noirs et verts.

Les coqs ont le corps, la tête et les ailes dressées (rectrices) principalement orange, couleur dominante de ce pavement. La partie antérieure des ailes est rouge, ces ailes deviennent noires et blanches, comme les rémiges.

Les tarses les doigts et les ergots sont noirs 

Le pelage roux du renard est rendu par des pierres rouges et orange, mêlées à des pièces noirs. La zone ventrale est blanche, et le blanc prédomine sur le poitrail. La queue orange est marquée de lignes blanches.

Iconographie.

On retrouve cette scène dans le transept nord du pavement de la basilique Saint-Marc (Venturi fig. 96) ; mais il n'est pas possible d'établir une comparaison fiable entre les deux scènes car cette dernière a été fortement remaniée, et seuls des éléments du coq à droite et du renard sont partiellement d'origine. À Saint-Marc, les deux coqs suivent la même direction, et le renard est tenu plus haut, à distance du sol.

Cette iconographie, bien connue au Moyen Âge , est empruntée à la tradition orale du célèbre « Roman de Renart », qui, malgré son titre, est un recueil de textes probablement écrits entre la fin du XIIe et le milieu du XIIIe siècle dans le nord de la France. Le protagoniste est le renard rusé qui, de temps à autre, se trouve en conflit avec d'autres animaux : le loup Isengrin, sa femme Hersent, le chat Tibert et le coq Chantecler. Chaque animal est bien caractérisé et, naturellement, cette « communauté » reflète les vices et les vertus humaines. Le renard, en particulier, devient un symbole de tous les vices dont l'homme médiéval devait se prémunir : la ruse à des fins illicites, l'avidité, l'ingratitude et même la luxure. D'autres mosaïques de saint Jean l'Évangéliste représentent nombre de thèmes médiévaux classiques, un fragment du passé, des scènes de chasse et des animaux fantastiques et effrayants, interprétés à la lumière du Physiologus.

Le thème montre le succès de contes animaliers autour de Renart, parfois même antérieurs à la version écrite par Pierre de Saint-Cloud (vers 1174 pour les parties les plus anciennes), à ​​une époque où l'oralité était la principale source de diffusion du savoir populaire.

Inventaire de ce motif :

Laura Pasquini Vecchi découvre non seulement à Santi Maria e Donato de Murano, mais aussi sur le pavement de l'église Santa Maria  Maggiore a Vercelli (pavement du XIIe siècle détruit en 1776), où quatre coqs porte la dépouille (?) de Renard sur une litière. La scène était répétée deux fois autour d'un tondo, et les coqs étaient précédés et suivis d'une procession de poules, d'oies, de canards. Voir la reconstitution possible dans la  figure ie sur insolainvisibile.it. Le tondo portait une inscription avec les mots UT CIEAT RISUM PER SINGULA VISUM que nous pouvons traduire par "Afin de faire rire par chaque détail visible"

Sur un bas-relief de l'arc médian du porche de la crypte de la basilique Saint Zenon de Vérone, deux coqs se suivent, portant Renard accroché par deux pattes à leur bâton, la tête traînant sur le sol.

À la basilique Saint-Jean de Ravenne, un pavement de 1213  provenant d'un ancien niveau médiéval du sol, montre la scène de façon proche de celle de Murano. Au centre d'un cadre de motifs ondulés, les deux coqs se font face et tiennent Renard accroché par une chaîne par leur bâton, bien en dessous d'eux, comme descendu dans une fosse. 

Les funérailles de Renard, basilique San Giovanni Evangelista de Ravenne, du Ve siècle : fragment de mosaïques médiévales.

 

Interprétation.

Les auteurs désignent cette scène sous le titre des funérailles, ou de l'enterrement de Renard. Pourtant, les coqs se font face au lieu de se suivre en direction d'une destination. Rien n'indique que le renard est vraiment mort. 

Le cartel voient dans cette scène "la victoire de la vigilance divine qui l'emporte sur la ruse malfaisante". C'est aussi l'opinion de P. Salvador qui souligne que le renard a toujours été un symbole de ruse, souvent maléfique, comme en témoigne le rôle qu'il joue dans la littérature médiévale (Le roman de Renart) et même, plus anciennement, dans les fables animalières. Dans la Bible (Cantique des Cantiques 2,15 ; Lamentations 5,18 ; Ézéchiel 13,4 ; Néhémie 3,35), il est un symbole de malice et de perfidie. Dans le contexte chrétien, le coq représente la vigilance. 

Les auteurs de la notice Savevenice écrivent (je traduis)  : "Plus intrigante encore est la mosaïque représentant deux coqs emportant un renard ligoté, une iconographie qui pourrait trouver ses racines chez les Pères de l'Église, notamment saint Augustin et saint Grégoire le Grand. Selon le premier, le renard n'était pas seulement le symbole du mal, mais aussi celui des hérétiques (« vulpes insidiosos, maximeque haereticos significant ») ; le second interprétait les coqs comme des signes des prédicateurs évangéliques (« praedicatores sancti »). La mosaïque de San Donato représente ainsi les hommes de Dieu qui triomphent de l'hérésie, faisant clairement référence aux chrétiens vigilants qui ne cèdent pas à la tentation. Cette iconographie était assez courante dans les églises médiévales du nord de l'Italie et se retrouve également sur le pavement de la basilique San Marco et de l'église San Giovanni Evangelista de Ravenne."

Pour V. Venturi, "Les funérailles du renard sont ici représentées comme un avertissement au pécheur et à l'hérétique qui, sous [sans] la surveillance de saints hommes, sont voués à périr"  (Venturi note 95)
 

 

PV-Murano-011. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-011. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-011a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-011a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-011b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-011b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-012. Les ondes de la "mer", ou peltes. Pavement de la sixième travée de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

 

Description.

Ces trois plaques rectangulaires ornées de "vagues" séparent, depuis l'entrée,  les quatre cercles tangents de l' octogone. Le motif rappelle certes des vagues, mais aussi leurs empreintes laissées sur le sable

On retrouve ce même motif des vagues dans la sixième travée de la nef nord qui, décidément, reprend de nombreux éléments en symétrie avec cette nef sud. Mais au nord, les mosaïques sont réalisées avec des tesselles roses ou orange bordées de noir, et entourent un grand losange au centre. Ici, au sud, elles sont noires  avec une lunule rouge-orange à l'intérieur, sur fond blanc. Le motif répète en les inversant et en les réunissant en frise des "peltes" (peltas) ou boucliers d'amazone.

La partie inférieure de la bordure en sectile montre une alternance de marbre de Proconnèse et de marbre rouge de Vérone. C'est sans doute des chutes de cette pierre qui sont employées pour les lunules orangées.

 

Iconographie

Selon V. Venturi, le motif des vagues ou « peltae contrastées » est l'un des plus répandus à la fin de l'Antiquité, mais il ne persiste durant le Haut Moyen Âge et le Moyen Âge central que dans la région adriatique. En effet, on le retrouve non seulement à Ravenne (basilique Saint-Sévère, fragment déposé aujourd'hui au Musée archi-episcopal), mais aussi  non loin de là, à Sant'Eufemia  de Grado (VIe siècle).

De même, X. Barral i Altet écrit  "Les panneaux ornés de lignes de peltes tête-bêche qui sont comme une signature d’atelier se retrouvent avec de légères variantes dans tous les pavements. Ce thème, souvent appelé conquille sub aquae. démontre la continuité régionale entre l’Antiquité tardive et le Moyen Age puisqu’on le trouve déjà, avec des variantes de style évidentes et logiques, dans les pavements de Saint-Sever de Classe, Saint-Vital de Ravenne, Sainte-Euphémie de Grado, puis à Gazzo Veronese au haut Moyen Âge, et dans la mosaïque romane de Saint-Jean-l’Evangéliste de Ravenne"

pavement de la nef de Sant'Eufemia

Il est utilisé plus tard dans la basilique Santa Maria di Gazzo Veronese (Venturi fig. 90), datant du haut Moyen Âge (IXe siècle), et à Carrara Santo Stefano, entre la fin du XIe et le XIIe siècle, où, dans cette dernière, les motifs sont noirs sur fond blanc et entourés de pousses végétales.

Santa Maria Maggiore di Veronese, in Venturi

Dans le transept sud de la basilique Saint-Marc,  les vagues du pavement  sont semblables à celles du bras sud de Murano, noirs (*) à centre rouge sur fond blanc (Venturi fig. 87),

(*) N.b : les superbes clichés de l'ouvrage d'André Bruyère page 17, pris la nuit en éclairage optimal, révèlent que le "noir" est en réalité un vert foncé à inclusions blanches (lapis lacedaemonium ? verde antico?).

 

Effets de vagues basilique Saint-Marc, Venturi fig. 87.

 

De même, les vagues du pavement de l'église San Zaccaria de Venise sont noires  à centre rouge sur fond blanctout comme celles (Venturi fig.111).

Effets de vagues à San Zaccaria in Venturi fig 111

 

Symbolique. Le passage, la traversée.

La symbolique de l'eau est inhérente à celle du baptême, célébré dans le Jourdain par Jean-Baptiste puis pratiqué par immersion des catéchumènes  chez les premiers chrétiens,  par triple immersion des nouveaux-nés selon le rite byzantin de Constantinople, avant d'être pratiqué par effusion selon les rites latins d'Occident. Le baptistère octogonal de la basilique a été détruit en 1719.

La mer peut aussi rappeler la traversée de la Mer Rouge pour le peuple hébreu guidé par Moïse.

Elle est centrale pour la république de Venise qui repose sur sa puissance maritime, mais cela est accessoire ici où le motif de pavement est beaucoup plus ancien.

A la basilique Saint-Marc,  selon Venturi, "l'agencement de grandes dalles de marbre appelées « mer »  trouve de nombreuses références dans le monde byzantin. La mer, en effet, est investie de nombreux symboles dans la tradition chrétienne, mais celui utilisé par les maîtres qui ont conçu le complexe iconographique de Saint-Marc est celui de la mer comme symbole du mal et de la mort, signifiant que le Christ a dû traverser la mer du mal pour triompher d'elle et monter au Ciel."

 

 

 

Les passages bibliques proposés par Rinaldi 1994, particulièrement significatifs concernant le
pouvoir symbolique de l’eau, sont les suivants :

-Apocalypse 22,1-2 " Et il me montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. " 

- Ézéchiel 47,6-12 "Et il me ramena au bord du torrent. Quand il m'eut ramené, voici, il y avait sur le bord du torrent beaucoup d'arbres de chaque côté. Il me dit: Cette eau coulera vers le district oriental, descendra dans la plaine, et entrera dans la mer; lorsqu'elle se sera jetée dans la mer, les eaux de la mer deviendront saines.[...] Sur le torrent, sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes d'arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs fruits n'auront point de fin, ils mûriront tous les mois, parce que les eaux sortiront du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède."

 

PV-Murano-012. Les ondes de la "mer". Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-012. Les ondes de la "mer". Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-012a. Les ondes de la "mer". Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-012a. Les ondes de la "mer". Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile.

PV-Murano-013. L'échiquier. Pavement de la troisième travée de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Description

Les 64 cases en pierres noires et blanches en opus tesselatum sont entourées d'une bordure en opus sectile (avec du marbre de Proconnèse, mais aussi de belles pierres jaunes (giallo antico), ou d'un vert très sombre, ou de porphyre vert ou rouge, ou aux veines violettes, etc), un autre encadrement d'opus tesselatum à pierres noires et variées, et une dernière bordure d'opus sectile.

 

Iconographie

L'échiquier appartient pleinement au répertoire iconographique des pavements italiens, et L. Pasquini et X. Barral i Altet en découvrent 5 exemples :

 

a) Dans la mosaïque du pavement de la cathédrale d'Otrante, réalisé entre 1163 et 1165, l'échiquier en damier rouge et blanc est soutenu par un centaure, ce dernier étant un symbole de la sensualité mais aussi une image archétypale de la double nature de l'humanité, bestiale et divine, est une représentation tangible d'un contraste non résolu.  L'échiquier, inséré dans ce contexte, conformément à sa propre symbolique, représenterait précisément la possibilité de surmonter le conflit éternel — réaffirmé, entre autres, par le centaure qui le soutient — entre l'esprit et la matière, entre la vertu et le vice, entre le péché et la rédemption. " (Pasquini 2005)

cathédrale d'Otrante, cliché mathias Kabel licence Wikimedia commons

 

b) Dans le pavement (1100) de la crypte de la basilique San Savino de Plaisance,  parmi les quatre scènes qui sont associées à la représentation de l'Année, comprise comme un cycle cyclique soumis aux lois du destin, un  joueur d'échecs, figure "l'image sereine du joueur, soucieux d'agir avec sagesse et de mettre en œuvre ses propres vertus et stratégies visant à atteindre un succès intérieur, capable de contrer les coups du sort.[...]  De même que l'homme doit opposer la loi de la force à la force de la loi, il est bon de s'abstenir de défier un destin perfide et capricieux, et d'affronter plutôt la vie avec sagesse, prudence et stratégie, qualités nécessaires pour remporter sa propre victoire. (Pasquini 2005)

pavement (1100) de la crypte de la basilique San Savino de Plaisance

c) À Pesaro, dans la mosaïque du sol de la cathédrale "l’image du jeu d’échecs s’insinue parmi les scènes du cycle troyen (fig. 5), qui, comme on le sait, connut une large diffusion au Moyen Âge grâce à la renommée de certains romans tels que le Roman d’Énéas (1155-1160), le Roman de Thèbes (1150) et, en particulier, le Roman de Troie, composé vers 1165 par Benoît de Sainte-Maure "(L. Pasquini).

Mosaïque de la cathédrale de Pesaro, in Pasquini 2006

" Un morceau du panneau qui représentait, d’après le dessin de Carducci, un épisode du Roman de Troie accompagné de l’inscription : Paris rex Trog(a)e Menelau(m) privat (H)elenae / p(er) q(uam) Troja perit, (Grae)cia l(a)eta redit. On voit l’image d’une partie d’échecs, probablement s’agit-il d’Ulysse et de Palamède dans une mosaïque très recomposée mais dans laquelle on trouve le cycle troyen accompagné de l’inscription en vers léonins qui cite Pâris, Ménélas et Hélène. Dans la partie inférieure de ces fragments, on voit un bateau à double rangée de rames rempli de personnages parmi lesquels la belle reine portée en présence de Pâris tandis que, dans le registre supérieur, après une scène allusive au siège troyen avec des figures en buste, est représenté un échiquier avec deux personnages qui jouent." (Xavier Barral i Altet 2010)

Pesaro, in Barral i Altet

 

d) Un échiquier est signalé dans le pavement de la crypte de la cathédrale de Trévise par X. Barral i Altet 2010. Ce pavement porte la date de 1141, soit la même que celle qui figure sur le pavement de Murano. Parmi les damiers qui accompagnent les panneaux géométriques, les compositions circulaires de triangles tête-bêche, les hexagones allongés déterminant des octogones  on trouve  "un échiquier en opus sectile entouré de mosaïque". L'auteur ajoute que ces fragments de pavement en mosaïque conservés dans le sol de la crypte actuelle semblent appartenir aux séries issues des ateliers de mosaïstes de Saint-Marc de Venise et de Murano. Il s’agit d’un pavement à décor géométrique végétal et animalier dont  les damiers de triangles, hexagones allongés déterminant des octogones et les damiers sont analogues à ceux de Venise. Par ailleurs, les  animaux conservés peuvent être comparés à ceux de pavements de Reggio d’Emilie ou de Crémone, en témoignant ainsi d’une double convergence artistique qui correspond à la fois aux réalités régionales et à proximité politique et artistique entre Trévise et Venise. 

e) Xavier Barral i Altet 2010 donne un cliché (fig. 256) d'un échiquier dans le pavement de  San Cassiano di Controni (Val di Lima, région de Lucques, Toscane).

X. Barral i Altet 2010

 

Symbolisme

Il représenterait selon le cartel la dichotomie entre le bien et le mal, ce que confirme Laura Pasquini qui signale qu'au Moyen-Âge  l'échiquier "devint  le champ d'action des forces opposées : la lumière contre les ténèbres, le jour contre la nuit, la vie contre la mort, l'esprit contre la matière, le bien contre le mal"   et qu'il était alors "l' expression figurative d'une lutte intérieure intense, avant tout, pour atteindre l'excellence morale." Raffaele Paier, dans son ouvrage sur le symbolisme du sol de la
basilique Saint-Marc cité par P. Salvador, confirme que l'échiquier représente la lutte entre le bien et le mal, entre l'ombre et la lumière, entre les Titans et les dieux, mais ajoute que l'échiquier indique le lieu
où le Christ a livré son combat contre Satan..

PV-Murano-013. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-013. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-013a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-013a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-013b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-013b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-014. L'octogone. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Au centre de la nef sud se trouve un octogone, qui représente à nouveau le baptistère par la symbolique du chiffre huit. Il convient de noter, remarque P. Salvador,  que l'octogone et l'hexagone sont des motifs très fréquents dans les sols en mosaïque de la même période. Par exemple, dans le sol de la basilique Saint-Marc, l'octogone se répète trois fois dans la nef droite et trois fois dans la nef gauche, ainsi que quatorze fois sur le côté nord de l'atrium. L'hexagone, quant à lui, apparaît au centre du baptistère Saint-Marc, où se trouvent les fonts baptismaux.

Au centre, cet entrelacs de pierres oranges serpente autour d'un beau marbre octogonale.
 

 

cliché Sailko licence Wikimedia commons

 

Huit rayons de marbre de Proconnèse séparent des montages en opus sectiles de pierres triangulaires multicolores (jaunes, verts, gris, etc.)

 

PV-Murano-014. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-014. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-015. Les deux basilics. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Aux angles du carré contenant l'octogone se trouvent deux ensembles  triangulaires en opus tesselatum, chacun orné de deux basilics (dragons sur deux pattes) et  deux  oiseaux de proie saisissant deux lièvres .

Pour l'auteur du cartel, ces animaux, ainsi que les suivants, représentent "les vices purifiés par l'eau du baptême". 

Description:

Le Basilic, ce monstre mythique pouvant tuer d’un seul regard est mentionné pour la première fois dans l’Antiquité, notamment par le naturaliste Pline l’Ancien. A l'époque, il est décrit comme un serpent, mais au Moyen-Âge, son aspect se transforme  et il devient une créature hybride mi-coq, mi serpent .

C'est plus ou moins ce que nous voyons ici, ces animaux ayant dans leur moitié inférieure un corps et une queue de serpent, gréffé sur un tronc ailé à deux pattes à trois griffes (mais sans ergot), et une tête cornue au bec ou à la gueule en pointe.

Ils s'affrontent autour d'une plante (ou d'un arbre) à trois renflements, à la base, au milieu et, après un anneau, en sommité florale. On peut sans doute estimer qu'ils vénèrent ou gardent cet "arbre". 

Les animaux sont à damier rouge et blanc, le végétal en damier noir et blanc.

Iconographie.

X. Barral i Altet décrit aussi ce basilic sur la mosaïque du XIIe siècle de l'église Saint-Genès de Thiers (Puy-de-Dome), accompagné des lettres BA. Il le signale aussi  à la cathédrale d'Otrante, (1163-1166) et sur le pavement de Ripoll (troisième quart XIIe siècle).

Symbolique

"Le basilic est souvent un symbole de la luxure dans le cycle des sept péchés capitaux.
Selon la tradition, cette bête mythologique est capable de tuer un homme d'un seul regard ou d'un seul souffle. Dans le Psaume 91:13, il est présent avec le lion et le dragon. Il est également considéré comme le
roi des serpents et est donc parfois représenté avec une sorte de couronne sur la tête." (P. Salvador)

PV-Murano-015. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-015. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-015a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-015a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-016. Les couples de rapaces tenant des lièvres. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Autour d'un végétal similaire au précédent, mais à deux anneaux, deux rapaces affrontés tiennent chacun un lièvre dans leurs serres.

Là encore, les animaux sont à damier rouge et blanc ou orangé et blanc, avec des ailes tracées en tesselles noires, et le végétal en damier noir et blanc. La tête des rapaces est rouge, comme leur langue, l'œil est noir cerclé de blanc.

 

PV-Murano-016. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-016. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-016a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-016a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-017. Les aigles séparant les neuf cercles. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

 

 

Un  carré sectile est partiellement masqué par l'autel de la Madonna del Carmine, érigé lors de la restauration de l'évêque Giustinan et mis au jour lors de la restauration des années 1970. Les cercles sont entrelacés par un ruban unique, et l'espace ainsi créé forme des carrés curvilignes ornés de tesselles d'aigles, tandis que les espaces extérieurs présentent de simples formes végétales. Entre deux roues, le ruban qui les relie forme également des nœuds contenant un disque de marbre.

Des tesselles étaient certainement présentes dans les carrés curvilignes centraux endommagés lors de l'installation de l'autel mentionné précédemment. Cependant, celles contre le mur du fond, également ornées de formes végétales stylisées, subsistent. La roue centrale peut être identifiée au Christ, source éternelle de vie nouvelle. (d'après P. Salvador)

 

 

 

 

PV-Murano-017. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-017. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

Les aigles ont le corps de face et la tête de profil. Leurs serres tiennent un animal dont on ne distingue que les oreilles.

PV-Murano-017a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-017a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-017b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-017b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-017c. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-017c. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-018. Les végétaux séparant les neuf cercles. Pavement de la  nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Jusqu'à présent, avant d'atteindre ce groupe de neuf cercles, nous n'avons pas retrouvé le "chemin de fer", ce ruban de tesselles faisant le tour de chaque cercle, qui était si caractéristique dans la nef centrale, comme s'il conduisait le fidèle vers le chœur par des voies indirectes.

Mais ici, il y a bien un ruban de tesselles qui circule en suivant le losange arrondi entre les cercles avec ses dés principalement noirs et blancs ; et nous constatons qu'il naît des damiers dont sont faits ces feuillages entourant un piquet ou fût (annelé) central. 

Ceux-ci se disposent régulièrement, mais la partie sud du motif étant très détériorée, il faut reconstituer mentalement l'ensemble, ses aigles et ses feuillages perdus.

Si j'inverse l'image, je peux suggérer qu'il s'agit d'un arbre, nous renvoyant au thème de l'Arbre de Vie.

 

 

 

PV-Murano-018. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-018. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-01a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-01a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-018b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-018b. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-019. Les pierres des neuf cercles. Pavement  de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Chacun des cercles est centré par un tondo, entouré par un pavement sectile de marbre, puis par une roue de pierres triangulaires de pointes rouges sur fond blanc, puis par huit roues de pierres muticolores triangulaires disposées tête-bêche. Autrement dit, nous retrouvons ici le chiffre neuf.

Les tondo sonttous différents,  en brèche noire, en marbre blanc veiné (Proconnèse ?), en porphyre rouge, etc.

 

cliché Sailko licence Wikimedia commons

 

 

Détail du cliché précédent Sailko licence Wikimedia commons

 

PV-Murano-019. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-019. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-019a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-019a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-020. Nœud de Salomon, Pavement  de l'entrée de la chapelle absidiale de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Placé devant la chapelle de l'abside droite, le Nœud de Salomon , également connu sous le nom de nœud gordien, est une image typique du symbolisme paléochrétien : en effet, de par son caractère inextricable, il symbolise l'éternité. Cette image peut aussi représenter l'union de la nature humaine et divine.

 

PV-Murano-020. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-020. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-020a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-020a. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

Je n'ai pu photographier le pavement de la chapelle de l'abside sud . Il présente un agencement complexe composé de quatre hexagones irréguliers, reliés par un ruban unique formant des nœuds avec un disque de marbre de différentes couleurs à l'intérieur, touchant un carré central contenant un cercle.

 

Pour Pietro Salvador, "Au terme de ce processus de purification se trouve la représentation géométrique de la chapelle sud, qui contient quatre hexagones de forme irrégulière inscrits dans un carré, entre eux est inscrit un carré contenant un cercle. Ces formes géométriques simples dissimulent une vérité théologique très complexe : la réconciliation entre Dieu et l'homme. En effet, les hexagones, qui symbolisent les empires de la Terre, sont entrelacés de manière à enserrer en leur centre celui qui les a sauvés, le Christ, Dieu incarné, représenté par le cercle inscrit dans le carré. « (...) la réconciliation entre les empires de la terre (hexagones) et Dieu est célébrée ici, accomplie par l’incarnation (cercle dans un carré) et la mort du Fils : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ! Il habitera au milieu d’eux, ils seront son peuple, et il sera leur Dieu.» Rinaldi 1994, p. 16"

PV-Murano-021. Motif ornemental à fleurons  en croix. Pavement  de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato.

Ce petit panneau rectangulaire est constitué de trois registres concentriques.

Le champ central, de fond blanc, est occupé par une frise de quatre fleurons régulièrement espacés. Chaque fleuron est formé de quatre pétales lancéolés disposés en croix : deux pétales verticaux en bleu turquoise, deux pétales horizontaux en vert émeraude. 

Ce champ est encadré d'un double filet de tesselles noires, qui met vivement en valeur les couleurs du décor. Ses angles sont cassés par des triangles verts.

La bordure principale est composée d'une succession de triangles alternés jaunes et bleu turquoise, disposés tête-bêche et séparés par de petits triangles brun-rouge aux angles. 

Enfin, un large cadre périphérique est réalisé en opus sectile. Sur un fond de petites tesselles blanches inclinées, formant un discret treillis diagonal, il alterne des plaquettes losangiques ou quadrangulaires de marbres polychromes — gris bleutés, blancs, jaunes, rouges, violacés et noirs —. On croit reconnaître parmi eux du marbre de Proconnèse (blanc à veinage gris), plusieurs marbres gris bleutés, un porphyre ou une brèche violacée, des calcaires jaunes, et quelques marbres noirs ou vert très sombre.

Ce panneau est remarquable par la vivacité de ses couleurs qui tranchent avec le reste du pavement. Ne serait-il pas plus tardif ? En effet, le décor intérieur  de ce panneau constitue presque une exception dans les pavements de Murano : ici, les couleurs bleu turquoise, vert vif, jaune éclatant et brun rouge sont très probablement obtenues en pâte de verre (smalti), et non en pierre naturelle. Leur luminosité contraste avec les marbres du cadre en opus sectile.  La pierre fournit les blancs, les gris, les noirs et les rouges ; le verre apporte ici les accents colorés.

J'achève donc cet article par un motif où Murano laisse apparaître ce qui fera sa gloire pendant des siècles, la couleur du verre. C'est un petit panneau, mais il possède une véritable valeur emblématique.

 

 

PV-Murano-021. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

PV-Murano-021. Pavement de la nef sud de la basilique Santi Maria e Donato. Cliché lavieb-aile 2026.

SOURCES ET LIENS.

Seules ont été consultées les publications accessibles en ligne.

—BARRAL I ALTET (Xavier), 1985 Les mosaiques de pavement mediévales de Venise, Murano, Torcello, Bibliothèque des Cahiers Archéologiques 14, Paris.

https://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1988_num_57_1_2252_t1_0631_0000_1

https://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1986_num_68_268_4198_t1_0183_0000_2

  —BARRAL I ALTET (Xavier) 2010, Le Décor du pavement au Moyen Âge : les mosaïques de France et d’Italie, Rome, École française de Rome, 2010 pp. 1-433.

http://www.persee.fr/doc/efr_0223-5099_2010_mon_429_1

Planches hors-texte : https://www.persee.fr/doc/efr_0223-5099_2010_mon_429_1_9912

 —BARRAL I ALTET (Xavier), 1997, La mosaïque de pavement romane et les tapis de sol p. 409-422

https://books.openedition.org/psorbonne/27689?lang=fr

—BARRAL I ALTET X., 1997 Genesi, evoluzione e diffusione dei pavimenti romanici nei pavimenti di Venezia, in "Storia dell'arte marciana: i mosaici" (a cura di R. Polacco), Venezia, 46-55.

— BERTAMONI (Eliana), GHIDOTTI (Piermassimo) Il mosaico pavimentale nel medioevo: committenza, cantiere, tecnica

https://www.archeomedia.net/wp-content/uploads/2020/02/Il-mosaico-pavimentale-nel-medioevo-committenza-cantiere-tecnica.pdf

—BORELLA (Marci Toso), I pavimento musivo (I), le funeralle della volpe

https://www.isolainvisibile.it/Arte/Il%20Pavimento%20Musivo%20di%20San%20Donato/IlFuneraleDellaVolpe.html

— BRUYÉRE (André), 1992, Sols, Saint-Marc Venise, Imprimerie Nationale.

En avril 1986, l'architecte A. Bruyère obtient d'Ettore Vio la permission de photographier durant 3 nuits le pavement de la basilique Saint-Marc, après l'avoir débarassé de son mobilier et lavé, et en l'éclairant en lumière tangente. Il en résulte 190 pages de magnifiques photographies du pavement, centréees et rapprochées. Ces photographies ne sont ni légendées, ni étudiées, mais accompagnées de textes poètiques.

On y trouve néanmoins quelques données générales : 

Il faut aujourd'hui à l'équipe de restauration 10 semaines pour restaurer 1 m². La basilique Saint-Marc a 2500 m² de pavement, avec environ tesselles/m². Les voûtes comportent 4000 m² de mosaïques

 

—CONSTANTINI (Isabel), 2017, Les mosaïques de la basilique Sainte-Marie-et-Saint-Don à Murano : histoire de la restauration et enjeux de conservation. Thèse, Venise

https://unitesi.unive.it/retrieve/500267a8-be4c-49e2-b32e-470303e2358c/847623-1190091.pdf

— DEMÈS (Raphaël) 2017. Autour du paon et du phénix : étude d’une iconographie cultuelle et funéraire dans le Bassin méditerranéen (IVe-XIIe siècle). Art et histoire de l’art. Université Bourgogne Franche-Comté, 2017. Français. ⟨NNT : 2017UBFCH019⟩. ⟨tel-01761773⟩

https://theses.hal.science/tel-01761773v1/file/86529_DEMES_2017_diffusion.pdf

— ERBUDACK Mehmet 2019, Symmetry analysis of the floor ornaments of the San Marco cathedral in Venice Helyion Volume 5, Issue 3, March 2019, e01320

https://doi.org/10.1016/j.heliyon.2019.e01320

— LAZZARINI (Lorenzo) 2012, I marmi e le pietre del pavimento marciano  in "Il manto di pietra della basilica di San Marco a Venezia. Storia, restauri, geometrie del pavimento" (a cura di E.Vio), Venezia, pp. 51-107. ISBN 978-88-89632-37-6.

https://www.academia.edu/6979376/I_marmi_e_le_pietre_del_pavimento_marciano_Lorenzo_Lazzarini

— LAZZARINI (Lorenzo) Ancient marbles and stones in Venice

https://www.istitutoveneto.it/wp-content/uploads/2026/02/ancient-marbles-and-stones-in-venice-architecture-sculpture-reuse-from-antiquity-to-the-baroque-revised-edition.pdf

— LAZZARINI (Lorenzo) Il reimpiego del marmo proconnesio a Venezia

https://www.academia.edu/28523487/06_Lazzarini_Reimpiego_Proconnesio_a_VE_pdf

— LAZZARINI (Lorenzo), Ancient Mediterranean polychromes stones

https://pdfs.semanticscholar.org/08ec/79d18aa6866906dcdf33e6dd724d42639caa.pdf

— LE LUEL (Nathalie) 2017, Imiter les hommes pour mieux servir d'exemple : l'utilisation de fables animales dans le décor monumental des églises et cloîtres romans 2017, Histoire de l'art

https://www.academia.edu/37990032/Imiter_les_hommes_pour_mieux_servir_dexemple_lutilisation_de_fables_animales_dans_le_d%C3%A9cor_monumental_des_%C3%A9glises_et_clo%C3%AEtres_romans

—MOSCHINI ( Giannantonio), 1808, Guida per l'isola di Murano descritta da Giannantonio Moschini

https://www.google.fr/books/edition/Guida_per_l_isola_di_Murano_descritta_da/DVSC2RWdfKgC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22Thomas+sanavia%22murano&pg=PA109&printsec=frontcover

—MULLIEZ-TRAMOND (Maud), 2011, Matière et couleur dans la peinture parietale romaine de la fin de la République Volume IV – Corpus des matériaux, thèse en cotutelle avec l’Università degli Studi di Napoli “L’Orientale” Ecole doctorale « Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent » Histoire et archéologie des mondes anciens Doctorat nouveau régime

file:///F:/MURANO%20basilique/PIERRES%20MARBRES%20VENISE%20ET%20AUTRES%20Documents/Matiere_et_Couleur_dans_la_peinture_pari.pdf

— PASQUINI VECCHI (Laura), 2000. Il cosiddetto funerale della volpe nel mosaico pavimentale di S. Marco a Venezia. In Guidobaldi, Federico and Andrea Paribeni, eds. Atti del VI Colloquio dell’Associazione Italiana per lo Studio e la Conservazione del Mosaico. Ravenna: Edizioni del Girasole, 2000, pp. 23-34. 

https://www.academia.edu/7027916/Il_cosiddetto_funerale_della_volpe_nel_mosaico_pavimentale_di_S_Marco_a_Venezia_in_Atti_del_VI_Colloquio_dellAssociazione_italiana_per_lo_Studio_e_la_Conservazione_del_Mosaico_Venezia_20_23_Gennaio_1999_Ravenna_2000_pp_23_34

— PASQUINI (Laura)  2005, Il gioco degli scacchi nel mosaico medievale: gli esempi di Pesaro, Otranto e Piacenza, in Atti dell' XI Colloquio AISCOM, a cura di Claudia Angelelli, Ancona 16-19 febbraio 2005, Tivoli (RM) 2006

https://www.academia.edu/7028127/Il_gioco_degli_scacchi_nel_mosaico_medievale_gli_esempi_di_Pesaro_Otranto_e_Piacenza_in_Atti_dell_XI_Colloquio_AISCOM_a_cura_di_Claudia_Angelelli_Ancona_16_19_febbraio_2005_Tivoli_RM_2006

—PAIER (Raffaele G. ) 1995, Le mystère des Rotes sacrées sur le sol de la basilique Saint-Marc Études vénitiennes

https://www.academia.edu/38205656/Il_mistero_delle_sacre_rotae_del_pavimento_della_basilica_di_San_Marco

—RAHTGENS (Hugo), 1903, S. Donato zu Murano. Berlín : Verlag.

— RINALDI (Maria Simonetta), 1994., Il pavimentum sectile e tessellatum della Basilica dei Santi Maria e Donato di Murano, in “Venezia Arti”, VIII, 1994, pp. 13-20.

—SALVADOR (Pietro) 2018, La basilique Sainte-Marie-et-Saint-Don à Murano : nouvelles lectures et réflexions, thèse

https://unitesi.unive.it/bitstream/20.500.14247/74/1/836121-1213014.pdf

—SAVE VENICE

https://savevenice.org/our-restorations/murano-church-of-santa-maria-e-san-donato-mosaic-pavement/

—SYRE (Jean-Claude) , 2016, Guide en images des églises de Venis Santi Maria e Donato, le pavement.

https://www.venise-balades-visites-culture.com/home/guides-en-photos-des-eglises/santi-maria-e-donato-le-pavement

— TROVABENE G. 2009, Knots of lines, like weaves of threads. A corpus of early medieval mosaics, in Veneto, in “XIth International AIEMA Mosaic Symposium (16-20 october 2009, Bursa / Türkiye)”, 2011, pp. 897-919.

— TROVABENE G., 2017- I grilli tra filosofia e tradizione: un inserto musivo nel pavimento medievale della chiesa dei Santi Maria e Donato a Murano, in Bestiarium: immagini, testi e contesti. La rappresentazione del mondo animale dal Medioevo all'Età moderna (Atti del Convegno internazionale, a cura di S. Riccioni, Venezia 2017), in corso di stampa.

— TROVABENE G., 2018- Il pavimento musivo della basilica di Santa Maria Assunta di Torcello (Venezia): fasi costruttive, lettura iconografica, nuove considerazioni, in XV Colloquio Aiema, Nicosia 2018, in corso di stampa.

— VENTURI (Valentina), 2019, Opus sectile pavimentale e itinerari simbolici negli edifici sacri tra XI e XII secolo. Le chiese di Venezia, l'abbazia di Montecassino ei maestri Cosmati. thèse.

file:///F:/VENISE%20San%20Marco/PIERRES%20MARBRES%20VENISE%20ET%20AUTRES%20Documents/Opus%20sectile%20pavimentale%20e%20itinerari%20simbolici%20negli%20edifici%20sacri%20tra%20XI%20e%20XII%20secolo.%20Le%20chiese%20di%20Venezia,%20l'abbazia%20di%20Montecassino%20ei%20maestri%20Cosmati.%20989193-1218175.pdf

—ZANETTI (Vincenzo) · 1873 La Basilica dei SS. Maria e Donato di Murano illustrata ... 

https://www.google.fr/books/edition/La_Basilica_dei_SS_Maria_e_Donato_di_Mur/RnhFAQAAMAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22Thomas+sanavia%22murano&pg=PA217&printsec=frontcover

—Liste de marbres antiques, notice Wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_marbres_antiques

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_types_of_marble

— Wikipédia : 

https://it.wikipedia.org/wiki/Duomo_di_Murano

—banque iconographique

https://www.wga.hu/frames-e.html?/html/zgothic/mosaics/8/21muran1.html

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Pavement_of_Santa_Maria_and_San_Donato_(Murano)

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Floor_mosaics_in_Italy?uselang=fr

 

Article basé sur les cartels de la basilique. J'ai sollicité l'aide de ChatGPT.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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