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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:14

 

L'Écaille martre Arctia caja (Linnaeus, 1758).

Lieu : Tal ar Groas, Crozon.

Date : 8 août 2012.

Mâle.

073c

 

Zoonymie.

Nom scientifique.

Arctiidae, arctiniinae

Nom de genre : Arctia, Schrank, 1802. Du grec arktos, "ours", pour qualifier les chenilles que nous disons "oursonnes" en raison de leur caractère trés velu.

Nom d'espèce : Caja, (Linnaeus, 1758) ; Caja ou Caia est le féminin du nom latin Caius, Caïus ou Gaius, ou du prénom romain Caius comme pour Caius Julius Caesar. A. Maitland Emmet (1991) fait remarquer que Linné a dénommé les espèces particulièrement colorées d'hétérocères de noms féminins ( comme Arctia villica, la Fermière) lorsqu'il ne leur donnait pas des noms faisant allusion au mariage, comme Catocala nupta, electa, elocata, promisa, ou sponsa. Selon Godart, c'est aussi le cas ici puisque cet auteur donne en note "Caja ou Caïa, "maîtresse de maison" ; titre accordé à l'épouse par le contrat de mariage. L'époux prenait le titre de Cajus."

  Linné utilise, page 500-501 de la 10ème édition du Systema Naturae, le protonyme Bombyx caja. Il cite en référence l'anglais Mouffet (qui a édité en 1664 le travail du suisse Gessner), l'italien Ulysse Aldrovandi, Goed. et List. goed,  l'allemande Anna Maria Sybilla Merian, l'anglais Albin, et les auteurs francophones Réaumur et De Geer, ou bien Blank, John Ray, Roesel, B.Wilkes, mais sans indiquer les noms que ces auteurs utilisent.  Ces réfèrences montrent que ce papillon figure parmi les premiers à être identifiés, ce qui ne surprend pas vu ses caractéristiques remarquables.

Synonymes : Phalaena erinacea Retzius 1783, Arctia caja v (ab) lusitanica Spuler 1906.


Noms vernaculaires.

  • L'écaille martre ou hérissonne Bombyx caja,1762, Louis-Etienne Geoffroy, Histoire abrégée des insectes qui se trouvent à proximité de Paris, tome II p. 108 n° 8. Cet auteur nous donne l'explication du nom vernaculaire : " La chenille de cette phalène est très velue, chargée de tubercules, et ses poils sont forts longs. C'est ce qui l'a fait nommer la martre ou la hérissonne. Quelques-uns la nomment le lièvre, car elle marche assez vite". link. Godart explique le terme "hérisonne" parce quelle a l'habitude de se rouler en anneau lorsqu'on la touche ou qu'elle entend du bruit". En s'enroulant tête au centre, la chenille s'oppose à sa prédation.
  • L'écaille martre, chenille hérissonne de l'ortie, 1785, Jacques-Louis Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, tome IV  n° 187 p. 110 illustrations peintes par Maria-Elenora Hochecker et Kraul et gravées par François-Louis Swebach-Desfontaines , n° 139 à 142 p. 108. link. Engramelle, qui signale que cette espèce est particulièrement fertile en variétés, en donne 28 en illustrations (Cf infra : Variétés) dont j'ignore si toutes sont valides.
  • L'Arctie martre, 1817 Latreille, in Régne animal par Cuvier p. 569. link
  •  L'écaille caja, Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France tome IV, Nocturnes, n° 91 p. 300 sous le nom scientifique de chelonia caja. Planches par Dumesnil, gravées par Tourcaty n°XXX fig. 1 & 3 donnant un mâle et deux variétés femelles dont lutescens.
  • L' écaille martre, 1849, P. A. J. Duponchel; Histoire naturelle des chenilles, p. 28, fig. 

 

    Le zoonyme est orthographié "martre" par les différents auteurs, mais l'orthographe "marte" est licite ; le mot, employé pour désigner un mustélidé recherché pour sa fourrure ( martre de France, fouine ou zibeline qui est une matrtre d'Asie du Sud-Est ou d'Amérique du Nord) est attesté dans les Lais de Marie de France en 1170, il provient, par l'ancienne langue franque, du vieil allemand mardar, "martre". 

GB : Garden Tiger Moth.

D : Brauner Bär

Italien : Caia

espagnol : Gitana

Nederland : Grote Beer

 

Variétés.

  Comme le signalait Engramelle, cette espèce présente une grande variété d'aspect, tant pour la répartition des taches chocolat ou café  des ailes antérieures que pour celle des taches bleu-noirâtres des postérieures, tant et si bien qu'André Lequet, dans son article passionnant http://www.insectes-net.fr/caja/caja1.htm, a pu en reprenant une phrase d' Engramelle sous-titrer "deux pareilles...ne trouverez". Le Guide des papillons nocturnes de France coordonné par Roland Robineau (Delachaux et Niestlé) donne 4 illustrations, dont les formes mâle et femelle (essentiellement remarquable par l'abdomen dilaté, mais seulement avant la ponte, et dont la taille globale dépasse celle du mâle), une forme lutescens Tutt et une forme aberrante, alors que le Concise Guide to the Moth of Great Britain and ireland de Townsend et Waring indique que les taches brunes peuvent couvrir presqu'entièrement les ailes, ou être quasi absentes, mais que ces formes sont rares dans la nature; ils donnent la figure d'une forme petriburgensis ( aux ailes antérieures majoritairement de couleur crème), d'une forme lutescens (aux ailes postérieures jaunes à taches bleues), et d'une forme fumosa (dont les deux ailes sont enfumées ). 

 

  On trouve aussi la mention de formes  obscura Cockill, phantasma Niepelt 1905, jeuneti Oberthür (observée à Jeunet dans le Doubs), abs.3  Hampson, rubrodorsalis Schultz, pallens Schultz. (http://r.a.r.e.free.fr/arctiidae/4230.htm). : La zoonymie a de beaux jours devant elle !

 

   Un bon exemple de ces variations est visible ici :http://www.insectnet.com/cgi/dcforum/dcboard.cgi?az=read_count&om=1020&forum=DCForumID7

  Ces variétés semblent avoir été validées comme des espèces à part entière pour Arctia petriburgensis Cockaine 1935, (Catalogue of Live -Itis) ou Arctia lutescens Tutt.

  L'article Wikispecies donne les sous-espèces suivantes : A. c. americana - A. c. caja - A. c. kamtschadalis - A. c. mazandarana - A. c. orientalis - A. c. ossetica -

 A. c. pamiroalaica - A. c. phaeosoma - A. c. sajana - A. c. tschiliensis -A. c. utahensis - A. c. waroi - 

 A. c. wiskotti

 Aposématisme et réactions de défense.

Les couleurs éclatantes de nombreuses Écailles, et le rouge, jaune ou orange ocellé des ailes postérieures, sont dites "aposématiques", comme celles des coccinelles, c'est-à-dire qu'elles jouent le rôle de signalisation d'un danger à la consommation pour les prédateurs eventuels. Les chenilles, en se nourissant sur des plantes particulières, accumulent des produits toxiques dont héritent les formes adultes. Chez A. caja, il s'agirait (Wikipédia) de neurotoxiques actifs en interférant avec le récepteur à l'acetylcholine.

  En outre, les arctidés disposent d'un organe résonnant du mésothorax qui, mit en vibration, émet des ultrasons ; ceux-ci peuvent prévenir les prédateurs, ou perturber l'organe d'écholocation des chauve-souris. En effet, ces papillons émettent des clics ultrasoniques lorsqu'ils perçoivent les séries de pulsations ultrasoniques des chauve-souris ou après un contact tactile : une expèrience en laboratoire montre que les arctiidae volent plus librement que les autres familles, en changeant moins leur trajectoire, et que les chauve-souris consomment moins d'arctiidae que de papillons différents. http://www.nrcresearchpress.com/doi/abs/10.1139/z92-298


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Published by jean-yves cordier
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