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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 22:14

      L'église du Vieux-Bourg à Lothey,

          et ses statues 

 


      1. Présentation:

vieux-bourg 0812c

 

        La paroisse de Lothey remonte au Moyen-Âge où elle était un ancien bénéfice de l'abbaye de Landevennec qui y possédait un prieuré.  Au XVIe siècle, les seigneurs de Guilly, un domaine situé à un kilomètre à l'ouest, possédaient des droits prééminenciers en l'église de Lothey, et on apprend dans le culturezine d'Hervé Torchet qu'en 1529, une sauvegarde est prononcée à Chateaulin pour Maître Guillaume de Kergouet sur prééminences en l'église de Lothey.

   Je retrouve donc ici ces seigneurs de Kergoët que j'avais rencontré à la chapelle de Lannelec en Pleyben : Vierges allaitantes VII : Chapelle de Lannelec à Pleyben, la Vierge., dont les armes sont d'argent à cinq fusées rangées et accolées de gueules accompagnées de quatre roses de même, et la devise En christen mad, mé bev en doué, "en bon chrétien, je vis en Dieu". Ces armoiries étaient donc en prééminence dans la maîtresse-vitre de l'église.

  Le fondateur de cette branche des Kergoët, originaire de Saint-Hernin, est Pierre de Kergoët. En 1502 est relevé "une réintégrande de certains écussons et armes es églises de Lotey avoir ésté démoliz et obtenue par Maître Pierre Kergouet curateur de Henry de Launay sieur du Guilly au nom dudict Launay".  En 1529, nous venons de découvrir "Maître Guillaume Kergoët", lequel est tué lors d'un combat (qualifié de meutre)  "devant la maison de Jean du Vieux Chastel et de Jehanne Fremant" par Henri et Geoffroi de Kerfredect. La veuve de Guillaume Kergoët est Françoise de Tréguen. Elle marie sa fille Gillette avec René de St Alaouarn. La généalogie semble être celle-ci:

  • Pierre de Kergoët, vivant en 1502, épouse en 1499 Catherine de Launay et devient sieur du Guilly et de Trohemboul. Il a deux fils, Guillaume et Alain. Il reprend la seigneurie du Guilly à Hervé de Launay, sieur de Port-Launay.
  • Leur fils Guillaume Kergoët, vivant en 1529, mort en 1530,  épouse Françoise de Tréguen (Trégaïn). Il est en 1525 lieutenant et procureur du roi à Châteaulin. 
  • Gilette leur fille épouse en 1533 René de St Alaouarn.
  • Jean Kergoët, frère de Guillaume, bailli de Châteaulin, épouse en 1541 Perrine de Kerpaen.
  • leur fils Alain de Kergoët épouse en 1567 Juliette de Trégain.
  • François de Kergoët (1610-1693), Sénéchal de Cornouaille se déclare en 1639  fondateur de l'église paroissiale de Lothey, seul prééminencier, avec droit de placer ses armes en la maîtresse-vitre, dans la chapelle de Notre-Dame et de Saint-Sauveur, au dessus du portail d'entrée, au pignon méridional de la sacristie, aux quatre quarrés du clocher, sur tous les bois de l'église, et sur la croix du cimetière. En 1668 est mentionné, à l'occasion du baptême de son fils François Claude, François de Kergoët, sieur de Guilly et autre lieux, conseiller du roi, époux de Marie-Yvonne de Rosily.
  • François de Kergoët 1694 
  • En 1690, René François de Kergoët (décédé le 30 mars 1705) et Marie du Dresnay baptisent leur fils Jean-Baptiste
  • Jean-Baptiste de Kergoët, décédé le 26 avril 1726 à Lothey
  • Les enfants de Jean-Baptiste revendiquent leurs droits prééminenciers en 1726.

Le clocher contient selon l'inventaire des Monuments historiques une cloche portant cette inscription : Franciscus du Quergoët dominus temporalis du Guilly et [trois mots illisibles ] dono dedit eccesie parrochiali de Lothey 1636 avec les armoiries et la devise des Kergoët.

 

   Cette église de Lothey devient église de Vieux-Bourg lorsqu'en 1846, le chef-lieu est transféré   au village de Landrémel, dont la chapelle Saint-Fiacre est agrandie pour devenir l'église paroissiale de Lothey-Langrémel. L'examen d'une carte IGN permet de comprendre combien l'ancien bourg était enclavé dans une anse formée par les méandres, particulièrement resserrés ici, de l'Aulne. Certes un bac permettait de traverser le fleuve pour se rendre, par exemple, vers Pleyben, mais c'est ce bac qui fut à l'origine du drame de Tresiguidy (le lieu-dit de l'autre rive) où, en 1693 en retour d'une Mission à  Lothey que prêchaient les Jésuites, 77 personnes dont 61 habitants de Pleyben se noyèrent; (Voir article Lothey de Wikipédia link). 

lothey-IGN-copie-2.png

 

     Un des facteurs qui expliquent l'abandon de Lothey-goz comme centre paroissial est sans-doute l'évolution de l'industrie ardoisière, qui était depuis le Moyen-Âge l'activité principale de Lothey. Louis Chaumeil, dans sa monographie (L'industrie ardoisière en Basse-Bretagne, résumé dans Annales de géographie, 1940, 49 n°280, pp. 236-238 link ) précise que tant que la voie principale de transport fut la mer, les exploitations se groupaient autour de Châteaulin et exportaient par Port-Launay les ardoises vers Brest principalement, mais aussi la Normandie voire la Grande-Bretagne. "Au milieu du XIXe siécle, le bassin de Châteaulin garde sa prépondérance mais l'établissement du canal de Nantes à Brest permet une migration le long de l'Aulne vers l'amont autour de Châteauneuf-du-Faou et de St-Goazec avec transports par chalands. Depuis, chemins de fer at automobiles ont permis à l'industrie de s'installer à l'est du bassin de Châteaulin en pleine Montagnes Noires. D'industrie littorale elle est devenue industrie intérieure." Le Vieux-Bourg possède une situation avantageuse vis à vis de la voie fluviale, mais l'actuel Lothey est mieux placée par rapport au réseau routier et ferroviaire. Lorsqu'en 1889 H. Diverres visite le village, d'abord séduit par le magnifique paysage boisé traversé par le ruban d'argent de l'Aulne serpentant entre sa double rangée de peupliers et charmé par "le silence de ce lieu charmant où le dieu de la paix semble avoir élu domicile", il déchante lorsqu'il constate que le lieu est désert, en ruine, autour d'une église dévastée : "le bourg paraît vide, la mort semble y être rentrée".

  Le nom de Lothey vient de l'association de -loc, "lieu consacré" et de -They, nom d'un disciple de Saint Guénolé qui fut moine à Landevennec, puis choisit de venir s'installer dans les bois de Lothey en ermite . Ce saint du VIe siècle est connu en Grande-Bretagne dans le Cornwall sous le nom de Saint Day, et près de Quimperlé sous le nom de Théa en l'église de Lothea. On verra la statue de ce saint dans l'église. Celle-ci date du XVIIe siécle, mais le calvaire est du XVe.


 Les recteurs de Lothey :


  • Raoul Siochan, 1405
  • Yves Gouzec, 1405
  • Michel de Kergadalen (recteur de Landeleau également), déces en 1559.
  • Roland Le Bars, 1642-1666. François Créau, Jean Creac'h et Hervé le Douguet, curés en 1657
  • Curés en 1663 : Yves Porc'hel, François Rolland, Paul Gourlay
  • Alexandre Floch, recteur de 1666 à 1671, décédé le 27 juin 1771
  • François Cevaër, de 1671 à 1677
  • François (le) Creis, de 1677 à 1705.
  • Yves Gourlay, curé de Lothey en 1705
  • Yves Roparz, né à Lothey le 30 septembre 1686, en fonction en 1725. Il serait l'auteur d'un ouvage intitulé Boquet ar mission (Bouquet des missions). 
  • Gilles-François Floc'h, 1726 à 1764
  • Yves Kerriou, 1765-1790
  • François Le Cann, 1790-1795, prêtre réfractaire.

Yves Roparz a écrit Instructions chrétiennes ou le Bouquet spirituel de la mission, Instructionou christen, pe ar Boquet eus ar mission gant an Autrou Ropars, Quimper e ty Périer 1764, in 12, dont il y eut cinq ou six éditions jusqu'en 1824 (edition S. Bolt).

  La BNF possède en base gallica un ouvrage intitulé An Imitation Jésus-Christ hor salver biniguet Lequet e Brezonec a nevez-flam gat Euzen Roparz, Belec euz a barres Lothey, Quimper 1743. link

 Il s'agit de la seconde édition d'une traduction en breton de l'Imitation de Jésus-Christ, oeuvre anonyme de la fin du XIVe siècle attribuée à Thomas a Kempis. L'ouvrage paru à Brest en 1707 (é Brest, é ty intanvez Malassis ha R. Malassis vis à vis ty an Intendant) porte  une approbation des docteurs en théologie de 1689. H. Pérennès fait remarquer qu'à cette date, Y. Ropars avait 3 ans, et que le véritable auteur était un autre Yves Ropars, oncle du précédent. 

vieux-bourg 0810c

      L'église mesure une vingtaine de mètres de long et 17 mètres de large au transept. Elle avait anciennement deux bas-cotès qui ont été supprimés.Le clocher est dépourvu de flèche. A proximité, à 500 mètres à l'est dans le bois de Coat-Mao se trouve la fontaine de l'ermitage de Saint-They. Le dimanche avant les Rogations, on s'y rendait en procession pour le pélerinage des trois-Lundis, qui guérissait la fiévre (H. Diverres). Selon H. Pérennès, les fêtes paroissiales avaient lieu le premier dimanche après la Saint-Pierre, où on fêtait la Saint-They, le second dimanche d'août pour la fête de la dédicace, le dimanche immédiatement après la Saint-Simon et Saint-Jude, et le dimanche de la Passion : pour chacun de ces pardons, le pape Alexandre VI concéda en l'an 1500 cent jours d'indulgence, à perpétuité.

2. Le  calvaire : 

daté du XVe siècle par l'atlas des calvaires du Finistère de Y.P. Castel.

vieux-bourg 0802c

 

     

3.  inscriptions lapidaires  :

a)  Sur la facade sud :

FAIT F . PAR . J KRIO

J. MAIRE. BOZEC.F.

Ter MOCAER A

Kerriou, Le Bozec et Mocaer sont des patronymes attestés à Lothey. 

Henri Pérénnes la déchiffre ainsi :

FAIT : F : PAR JF RIOU RCT

MAIRE BOZEC J 1837

Ter MOCAER A D J 

La date de 1837 est inscrite sur le bloc de pierre de droite.
 

vieux-bourg 0804c

 

 

      b)  Au dessus de la fenêtre de sacristie on retrouve le patronyme Kriou (Keriou ou Cariou)

KRIOU R :

  Elle a été déchiffrée ainsi par H. Pérénnes :

F. RIOU R, 

S:P: HM

S. 1788

  Je propose d'y voir la mention du recteur de Lothey, Yves Kerriou qui exerça cette fonction de 1765 à 1790. Né à Lennon en 1736, il fut nommé recteur de Lothey en janvier 1765 et résigna ses fonctions par acte notarié le 7 janvier 1790.

 

vieux-bourg 0805c

 

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4. La sacristie :

      Henri Pérennès y voyait "un vieil autel et un ancien meuble qui ressemble à un baldaquin"

vieux-bourg 0793c

 

5. L'intérieur de l'église :


vieux-bourg 0795c

 

 6. La voute lambrissée et les quatres blochets de la croisée du transept :

  Ces quatre "cariatydes" (H. Pérennés) portent l'un une couronne centrée par une fleur, l'autre une clef, le troisième l'étole sacerdotale, le quatrième un livre.

vieux-bourg 0789cvieux-bourg 0788cvieux-bourg 0790c

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L'aspect du choeur: 

à droite, Saint-They, puis derrière la cloture de choeur le banc des fabriciens, et  le groupe de sainte-Anne dans sa niche ; à gauche, Notre-Dame, puis la porte de la sacristie, Saint Jean dans sa niche. 

De part et d'autre, les deux chapelles latérales Notre-Dame et du Saint-Sauveur.

vieux-bourg 0796c

 

 

7. A droite de la nef, le Christ en croix :

On voit l'emplacement des statues de la Vierge et de Saint Jean, statues qui, du fait de leur grand âge, avaient été reléguées dans la sacristie.

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     8. Sainte Barbe , bras doit du transept

  s'appuie nonchalamment sur sa tour tandis qu'elle s'évente de sa palme.

vieux-bourg 0792c

 

     9. Saint They:

  représenté ici en abbé :

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 10. Notre-Dame de Bon Secours :

Placée au transept nord, elle tient encore de la main droite la tige de ce qui fut un lys, alors que du pied gauche, elle foule, sur le globe du monde, le serpent tenant en sa gueule un rameau vert où pend une (petite) pomme.

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      11. Saint Jean

La niche de bois polychrome est placée du coté de l'évangile, donc à gauche de l'autel, et contient cette statue où Jean l'évangéliste trace de la main droite une bénédiction alors qu'il tient de la main gauche la coupe de poison qu'il but miraculeusement "cul sec" comme s'il s'agissait de petite bière. Plus  imberbe que jamais, l'éternel adolescent, le beau Jean dont on comprend qu'il ait été "le disciple préféré du Christ" est surmonté d'un ovale bleu qui contenait jadis les armes des Kergoët.

vieux-bourg 0773c

 

      12. Le coeur du Père Guillaume Le Roux :

http://catholique-quimper.cef.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/gouezec.pdf

http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=25 page 329

  En juillet 1725, le père Guillaume Le Roux, jésuite, présidait une mission à Gouezec lorsqu'il tomba malade en chaire "au moment où il faisait un exercice spirituel". Transporté au manoir de Guilly le 14 juillet, il y mourut le mardi 17 vers trois heures du matin. Le corps du défunt reposa dans l'église de Lothey au cours d'un office funèbre, puis il fut accordé au recteur de Gouezec, pour être transféré en cette paroisse. On l'inhuma le 17 juillet dans l'église de Gouezec. Vers six heures du soir, le coeur du missionnnaire fut enterré dans l'église de Lothey : Sur les cahiers de l'église de Lothey on trouve écrit : 

   "En l'année 1725 le 17 juillet a été inhumé par Monsieur Guillaume Tromeur Recteur de Leuhan vers six heures du soir dans notre église paroissiale de Lothey du coté de l'évangile le coeur du Révérend Père Guillaume Le Roux, missionnaire jésuite, mort le même jour à trois heures du matin au manoir du Guilly après avoir reçu tous les sacrements.

   " Le corps du Révérend Père, après avoir été dans notre église pendant le temps voulu pour faire les cérémonies ordinaires, a ètè donné par nous, prêtres et paroissiens de Lothey, à Monsieur Julien Gouezel, recteur de Gouezec pour être inhumé dans son Église où le Père Le Roux avait commencé une mission, et ceci à cause de la mission, aux prières et à la demande du Révérend Père François-Xavier de Coëtlogon son supérieur, Recteur du Collège des Péres jésuites à Quimper, et d'après les demandes de Messieurs les Missionnaires, selon l'avis du monde et de ceux qui faisaient leur mission en l'église parroissiale de Gouezec. Et ont signés

-G. Tromeur, prêtre, recteur de Lehan ;

-Yves Ropars, prêtre ;

- H. Toulancoat, recteur d'Edern ;

- Abibon-Paul Le Coz, prêtre, curé de Blévin ;

-Yves Balc'h, prêtre;

- Julien Gouezel, recteur de Gouezec ;

- Bertrand Le David, prêtre ;

- G.H. Chiron, jésuite missionnaire ; [qui succéda au R. P. Le Roux comme supérieur des missions]

- G. F. Floc'h, prêtre, nommé par Monseigneur l'Évêque pour tenir lieu de resteur, en la paroisse de Lothey.

 

L'inhumation à Gouezec eut lieu le 18 juillet dans le sanctuaire de l'église paroissiale, au bas des degrés de l'autel, vis à vis de tabernacle où est le Saint-Sacrement, c'est-à-dire à la place la plus éminente. La plaque tombale de Gouezec porte l'inscription suivante :

Hic jacet R. P. Guillelmus Le Roux J. I. In missionibus diu versatus, plenus dierum ac meritorum, positis hic corporie reliquiis, coelum adiit. Inter agrestes, quos verbo et exemplo sancte vivere docuerat, obiens, ne quid apostolico muneri deesset, sancte mori docuit.

" Ci-git le R. P. Guillaume Le Roux. Longtemps occupé aux missions, plein de jours et de mérites, sa dépouille ici déposée, il entra dans le ciel. Par sa parole et son exemple il avait appris aux paysans à vivre saintement. Pour que rien ne manquât à son enseignement, c'est au milieu d'eux qu'il est mort leur apprenant à saintement mourir".



vieux-bourg 0745c

La plaque de cuivre porte l'inscription

IHS    COR REVERENDI PATRIS GVILLELMI LE ROUX SOC.IESV MISSIONNARII 

OBIIT DIE XVII MENSIS IULII

ANNO MDCCXXV

"Coeur du Révérend Père Guillaume Le Roux de la Société de Jésus missionnaire mort le 17 juillet 1725."

  Le Révérend Père Guillaume Le Roux :

selon l'article de Trévidy dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 1902 pp 111-133 :link

" Aux premières années du XVIIIe siècle, les Pères Jésuites de Quimper poursuivaient concurremment deux oeuvres d'évangélisation : les missions dont nous allons parler d'abord, et les retraites dont nous dirons quelques mots plus loin. L'oeuvre la plus ancienne était celle des missions surtout dans les campagnes : oeuvre inaugurée par l'abbé Michel Le Nobletz, continuée, on sait avec quel zéle et quel succes par le P. Maunoir, et à laquelle ce merveilleux apôtre avait donné un développement que M. Le Nobletz n'avait pu espérer.

" Dès les débuts du P. Maunoir, des personnes riches reconnaissant les services que rendaient les missions se préoccupaient d'en assurer la perpétuité. C'est ainsi que Sébastien  II de Rosmadec et de Molac, alors gouverneur de Quimper, versa au collège une somme suffisante pour fonder à perpétuité la pension de deux missionnaires. Mais deux missionnaires ne "travaillent" pas seuls, il leur fallait des prêtres auxiliaires. Trente ou quarante ont été parfois réunis autour du P. Maunoir.

  " Il y avait nécessité d'assurer l'entretien de ce collège de missionnaires. C'est à ce besoin qu'allait pourvoir les "fondations de missions" en diverses paroisses. Nous verrons ces fondations se continuer au milieu du XVIIIe siècle."

L'article se poursuit en rappellant que le Père Maunoir, " l'une des plus importantes figures de notre histoire provinciale du XVIIe", évangélisant 100,000 bretons en la seule année de 1664, donnant prés de 400 missions de 1640 et 1683, participa lors de la révolte du papier timbré à arréter la rebéllion, sachant que "ses ouailles étaient au premier rang des insurgés". 

  L'auteur rappelle aussi que, tout comme le R.P. Le Roux, c'est lors d'une mission que le P. Maunoir, agé de 70 ans, décéda à Plévin en 1683, et que son successeur, le P. Vincent Martin, trouva la mort en 1686 à Plouisy après avoir "vu trente mille communions". A Plévin, le corps du Père Maunoir fit l'objet de pourparlers identiques à ceux que nous avons vu pour le R.P. Le Roux : car Mgr de Coëtlogon, évêque de Quimper réclama son corps pour l'enterrer dans la cathédrale du diocèse, mais les paysans réunis en troupe et armés s'y opposèrent par la force, refusant de se séparer de la dépouille du saint homme, et acceptant seulement d'en concéder le coeur, qui fut amené au collège des jésuites de  Quimper (et, depuis 1977, à Plouguerneau).

  Le collège des Jésuites à Quimper (actuel collège La Tour d'Auvergne) a été établi en 1656 ; il accueille 1000 élèves dès 1665. Une chapelle est construite entre 1667 et 1747, puis en 1670 une maison contigüe permet d'accueillir deux cents personnes pour des retraites de dix jours, lsequelles se succédaient au nombre d'une quinzaine par an. En 1762, le Parlement décrète l'expulsion des Jésuites, qui quittent alors Quimper.

Biographie du R.P. Le Roux:

Il est né près de Carhaix le 03 ou le 13 décembre 1653 et devient novice de la Compagnie de Jésus à Paris le 27 septembre 1673 après trois années de philosophie ; De 1675 à 1680 il est professeur de collège à Hesdin, puis professeur de seconde à Arras jusqu'en 1681, avant d'étudier 4 ans la théologie à La Flèche au Mans, et d'être ordonné prêtre. Il est missionnaire à Quimper de 1685 à 1686, puis après la troisième annèe de probation à Rouen, à nouveau missionnaire à Quimper en 1688, il fait profession le 2 février dans la chapelle du collège. Il succède depuis 1686 au P. Maunoir et au P. Vincent Martin pour diriger les équipes de dix, vingt ou trente membres du clergé, jésuites ou jeune clergé séculier qui parcourent les paroisses de Basse-Bretagne pour l'évangéliser. Supérieur des missions de 1686 à sa mort en 1725, il fut aussi procureur du collège et confesseur à l'église et directeur de la "retraite des hommes". 

  


  La bibliothèque du diocèse de Quimper conserve les oeuvres suivantes :

  • De l'imitation de Jésus-Christ, Quimper, Jean Perier 1696
  • Instructions de la mission sur les sacrements de pénitence et d'eucharistie avec un traité du sacrifice de la messe, chez Jen Périer, Quimper 1697.
  • Les missions du Père Le Roux en Cornouailles 1687-1719
  • Moyens de persévérance pour augmenter le fruit des missions et des retraites, chez Jean Périer, Quimper 1703
  • recueil des vertus et des miracles du Révérend Père le Maunoir, chez Jean Périer 1756 et édition 1786 (également sur gallica, édition St Brieuc 1848 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624088k.r=guillaume+le+roux.langFR qui mentionne que la première édition date de 1716)

On peut trouver aussi :

  •  Le Parfait missionnaire du Père Le Roux Gaulthier Buitthing Quimper 1696 (à ne pas confondre avec Le Parfait missionnaire, R.P. Boschet, 1696)

En résumé, il s'agit du coeur du successeur du Pére Maunoir qui a multiplié les missions d'évangélisation autour de Quimper de 1686 à 1725. C'est lors d'une de ces missions que survint le drame de la mission de 1693 sur le bac surchargé de Trésiguidy. 

 

Sources : 

H. Diverres, Notice historique sur la commune de Lothey-Landremel, Bull. Soc. Arch. Fin. 1889, LXXV-LXXX  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076052/f85.image

Henri Pérénnés, Notice sur la paroisse de Lothey-Landermel, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie n°51 1930 p 125 et suivantes. http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=51

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