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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 11:00

Zoonymie du papillon l'Azuré du Serpolet Maculinea arion (Linnaeus, 1758).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

Résumé.

— Maculinea Van Eecke, 1915, couplage de deux noms latins, macula et linea, pour décrire les points noirs "en forme de longs trémas" selon l'auteur, qui caractérisent les ailes antérieures des espèces du genre.

[— Synonyme du genre Maculinea : Phengalis Doherty, 1891 : du grec fengali, "la lune", peut-être en raison d'une tache noire ronde sur fond blanc de l'espèce-type.]

— arion (Linnaeus, 1758) : cette espèce appartenant à la phalange des Plébéiens ruraux de Linné, elle devrait recevoir le nom d'un homme ordinaire, mais ceux-ci n'ayant pas laissé leur nom dans l'Histoire, Linné choisit parmi les artistes grecs antiques, comme Arion de Méthymne, poète et joueur de cythare qui, condamné à être jeté à la mer par des marins, fut sauvé par un dauphin attiré par ses chants. A la Renaissance, il devint pour les humanistes et imprimeurs la figure de l'éloquence poétique, et Linné a vu, sous forme de marque de typographe, la vignette d'Arion au dauphin sur la page de titre du Pinax theatri botanici (1623) de C. Bauhin, livre princeps en Botanique.

— En France, l'espèce fut d'abord décrite par Engramelle en 1779 sous le nom d'"Argus Bleu à bandes brunes", puis par Godart en 1821 sous celui de "Polyommate Arion" avant d'être nommée par Gérard Luquet en 1986 "L'Azuré du Serpolet", du nom de l'une des plantes-hôtes des pelouses sèches, Thymum serpyllium ou plus généralement des Serpolets (Thymus praecox, T. pulegioides). La chenille se nourrit de leurs bourgeons floraux avant de tomber et d'être prise en charge par des fourmis (Myrmica sabuteli).

 

 

 

               I. NOM SCIENTIFIQUE.

 

1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Lycaenidae, William Elford Leach, 1815. Les Lycènes. 

       Leach, William Elford, 1790-1836  "Insecta" pp. 329-336, "Entomology". pp 646-747 in D. Brewster éditeur, Brewster's Encyclopaedia Edinburgh, [Edinburgh, volume 9, 1, 04/1815 pp. 57-172  : selon Sedborn 1937] [Philadelphia, E. Parker,1816? selon BHL Library]  page 718. [ Article publié anonymement et attribué à Leach, qui avait annoté son propre manuscrit]

  

La famille des Lycaenidae Leach, [1815] tient son nom du genre Lycaena de Fabricius (1807). il comprend les Blues ou Azurés, les Coppers ou Cuivrés et les Hairstreaks ou Thécla, et nos Argus, soit les sous-familles des  Polyommatinae Swainson, 1827, Lycaeninae [Leach, 1815] et Theclinae Butler 1869.

 Ses 6000 espèces mondiales représentent un tiers des Papilionoidea. La majorité a développé des stratégies d'associations facultative ou obligatoire avec les fourmis, qui vont du parasitisme au mutualisme. Les chenilles et les chrysalides utilisent des signaux chimiques et acoustiques pour manipuler les fourmis dans le sens de la myrmécophylie. La présence d'une glande dorsale, située en général sur le 10ème segment exsudant un liquide sucré comparable au miellat des pucerons est un caractère largement partagé par les chenilles de lycénidés myrmécophiles et connu depuis 1894 . On parle alors de chenilles trophobiontes. Toutefois, certaines espèces ont mis au point des stratégies plus complexes pour inciter les fourmis à les adopter et à les transporter au sein de leurs fourmilières.

 

b) Sous-famille des  Polyommatinae Swainson, 1827.

Elle tient son nom du genre Polyommatus créé par  Latreille en 1804; "Tableau méthodique des Insectes" in Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle appliqué aux arts, principalement à l'Agriculture et à l'Économie rurale et domestique, par une Société de naturalistes et d'agriculteurs ; avec des figures des trois Règnes de la Nature, Paris : Deterville, an XII [1804] 24 (6) p. 185 et page 200, espèce-type: Papilio icarus Rottemburg.

Polyommatus vient du grec polus "beaucoup", et omma, ommatos, "œil" : c'est un qualificatif du géant Argos qui disposait de cent yeux, dont cinquante étaient toujours ouverts. C'est lui que la jalouse Héra envoya surveiller Io, transformée en génisse après ses amours avec Zeus. Ce nom est en rapport avec les nombreux ocelles des ailes des papillons bleus. On le trouve déjà chez Aldrovandi sous la forme équivalente de  Papiliones polyophtalmi.

Cette sous-famille contient, en France, 18 genres :

 Tribu des Polyommatini Swainson, 1827 :

Genre Maculinea Eecke, 1915 

 


    

2. NOM DE GENRE : Maculinea van Eecke, 1915 .

 

a) Description originale : 

"Bijdrage tot de kennis der Nederlandsche lycaena-soorten, Door R. van Eecke (met Plaat I en II)",     Zoologische Mededeelinge s'Rijks Museum van naturlijke historie te Leiden E.J. Brill : Leiden 1(3):28,  

— Type spécifique: M. alcon

Description :

Nov. genus Maculinea.

De ogen over het algemeen niet behaard (arcas heeft nl. Zeer fijn behaarde ogen) ; de witgeringde antennen tamelijk kort en fijn, met duidelijke kolf ; de palpen met een lang eindlid. De voorpooten bij de sexen verschillend ; tibiae zonder sporen. Ader 6 ontspringt naast ader 7, die gevorkt is en waarvan de distale tak recht in de apex der voorvleugels eindigt. De discocellularis gebogen ; ader 2 der achtervleugels weinig verlengd. De uncus zwak gespleten met in waartsche buiging met enen tweeledig scaphium, dat nog met den uncus sterk verbonden is ; de valvae rechthoekig met een zeer sterken, vooruitstekenden, processus superior en een sterken, grooten rechthoekigen processus inferior. De penis basaal sterkt verdikt, met zeer ontwikkelden cuneus en afgestompte carina. Bij de wijfjes duidelijke sinusontwikkeling en lamina dentata in de bursa copulatrix.

 Het genus Maculinea omvat 4 inlandsche soorten, die alle onmiddellijk te onderkennen zijn aan hunne eigenaardige, lange trema-vormige  vlekken en aan de donsachtige blauwe kleur. Tot die genus behooren ook de uitlandsche soorten M. cyllarus Rott. En M. melanops B. De scheiding tusschen de genera Lycaena en Maculinea is zuiver te trekken. Inlandsch zijn : 

1. M. alcon F.

2. M. euphemus Hübn.

3. M. arion L. 

4. M. arcas Rott.

"Le genre Maculinea comprend quatre espèces indigènes, qui se reconnaissent toutes immédiatement à leurs taches particulières en forme de longs tréma à et leur couleur bleu-duveteux. À ce genre appartiennent également le genre Uitlandsche espèce M. cyllarus Rott. et M. melanops B. La séparation entre les genres Lycaena et Maculinea ........ Les espèces indigènes sont: (etc.)"

 

 

— Ce genre renferme quatre espèces en France :

  • Maculinea alcon ([Denis & Schiffermüller], 1775) . Azuré de la Pulmonaire (sous-espèce alcon), Azuré de la Croisette (sous-espèce rebeli).

  • Maculinea nausithous (Bergsträsser, 1779). Azuré des paluds.

  • Maculinea teleius (Bergsträsser, 1779) (157). Azuré de la Sanguisorbe.

  • Maculinea arion (Linnaeus, 1758). Azuré du Serpolet.

 Les larves sont soignées par des fourmis des genres Myrmica et Aphaenogaster.  

 — Auteur : Qui est l'auteur du genre Maculinea ?

 Rudolph van Eecke est un entomologiste néerlandais, (1886 -1975) qui devient en 1920 conservateur au Rijksmuseum van Natuurlijke Historie de Leyde. Il travailla alors sur les lépidoptères. Quelques-unes de ses publications :

  •  1914. Studien über Indo-Australische Lepidopteren, Fauna Simalurensis, Lepidoptera Rhopalocera, Fam. Lycaenidae. Notes Leyden Mus. 36(3): 193-258

  • 1915. Studies on Indo-Australian Lepidoptera II. The Lepidoptera collected by the third New Guinea axpedition. Nova Guinea Zool. 3, 13: 55-79, 3 pls

  • 1918. Studies on Indo-Australian Lepidoptera III. Some Rhopalocera and Netrocera from Simalur, Pulu Lasia, Pulu Babi and Sumatra. Zoöl. Meded. 4(2): 70-101, 2 pls., 3 text figs.

  • 1924. List of Lepidoptera collected by Mr. W. C. van Heurn during an exploration-expedition in Dutch North New Guinea. Nova Guinea 15: 33-56, 1 pl. r 

 

 

Genre Phengaris ou Maculinea ?

 Le genre Phengaris a été décrit par Doherty en 1891 :  J. Asiat. Soc. Bengal 60 Pt.II (1) : 36

1) Selon Dupont et al. 2013 : 

En 2007, les travaux de Fric & al., fondés sur le séquençage des gènes mitochondriaux CO1 et CO1I et du gène nucléaire EF-1α, montrent que les espèces des genres Phengaris Doherty, 1891, et Maculinea Eecke, 1915, appartiennent à une même lignée monophylétique. En 2011, les travaux d’Ugelvig & al., fondés sur le séquençage des gènes mitochondriaux CO1 et CO2 et de quatre gènes nucléaires (EF-1α, wigless, Histone-3 et la sous-unité ribosomale 28S), montrent que les deux genres sont très proches, mais que le genre Maculinea est monophylétique. Balleto & al. (2010) ont proposé de maintenir le nom générique Maculinea et ont requis à ce sujet l’avis de la Commission Internationale de Nomenclature Zoologique. Dans l’attente de cette décision, nous optons pour le maintien du nom générique Maculinea Eecke, 1915 comme cela est recommandé par le code de nomenclature.  

2) Selon Wikipédia (consulté le 8 01 2014) qui mentionne cette espèce comme Phengaris alcon:

 Les travaux de Zdenek et al. (2007) sur la phylogénie du clade (Phengaris+Maculinea) ont permis d'identifier l'ancien genre Maculinea comme un groupe à l'intérieur de Phengaris. Toutefois, ces études ne permettent toujours pas de placer Phengaris au sein d'une sous-famille particulière et se retrouve donc Incertae sedis. La liste des espèces comprend donc l'ensemble des espèces des deux genres.

3) cas 3508 : Paclt, J, Bulletin of Zoological Nomenclature mars 2013 70(1) : 52

This comment is in support of Case 3508 to conserve the junior synonym Maculinea Eecke, 1915 for the Large Blue butterfly. The historical use of the two synonyms, Maculinea Eecke, 1915 and Phengaris Doherty, 1891 is summarized by Paclt (2012), with Maculinea shown to be very widely used and Phengaris very little used, almost solely by, or following, the authors of the comment opposing the case. Article 23.2 of the Code (the Principle of Priority) is to be used to promote stability, and not to upset a long-accepted name in its accustomed usage by introducing a little-used senior synonym as was done by Fric et al. (2007). The genus Phengaris was introduced in 1891, and since then has been the subject of very few publications, while Maculinea was used in all catalogues, field guides and educational posters and has been the subject of numerous behavioural, ecological and conservation studies. The Commission is formally asked for a ruling in support of Case 3508 and for conservation of the junior synonym Maculinea, which is a classical case of common usage vs priority, as described in Article 23.9.3 of the Code.  

 

 

Le genre Phengaris, Doherty, 1891.

 

Selon Wikipédia : William Doherty est un naturaliste américain, né le 15 mai 1857 à Cincinnati et mort le 25 mai 1901 à Nairobi. Il voyagea en 1877 en Europe, en Turquie, en Palestine et en Égypte, en 1881 en Iran. Il commença à constituer une importante collection de papillon. De 1882 à 1883, il voyagea en Inde, en Birmanie et dans l’archipel malais et en 1887 il partit en Indonésie.

Doherty alla étudier les collections de papillons rassemblées par les frères Lionel Walter Rothschild (1868-1937) et Charles Rothschild (1877-1923) au Muséum de Tring. Lord Lionel Rothschild l’emploie alors comme récolteur d’oiseau, le meilleur qu’il n’a jamais employé d’après lui. Il meurt dans l’est de l’Afrique de dysenterie.

Ses collections entomologistes sont dispersées dans plusieurs institutions : le Natural History Museum de Londres, le Muséum Carnegie de Pittsburgh (en), le muséum de Brooklyn et le National Museum of Natural History de Washington.

Il est l'auteur de trois genres,  Araotes Doherty, 1889 ( Theclinae), Phengaris Doherty, 1891; Yoma Doherty, 1886 (Nymphalidae).

 Sa description originale est celle-ci : 

 W. Doherty 1891.III. "New and Rare Indian Lycaenidae", in Journal  of the Asiatic Society of Bengal. Vol. 60. Part II. 1892, pp 32-38 : page 36.

 Cette référence est d'accès difficile : La BHL Library conserve la seconde partie du numéro 60 du Journal , mais non la première partie. Néanmoins, cette seconde partie contient  l'Index signalant le nom de genre  J. Asiat. Soc. Bengal 60 Pt.II (2) 430 , mais aussi  la planche II présentant l'espèce-type, planche qui accompagne un second article de Doherty The Butterflies of Sumba and Sambaica, with some account of the Island of Sumba, by William Doherty, Cincinnati, U.S.A. Communicated by the Natural History Secretary (With Plate II).

  Je donne donc la copie de l'extrait concernant le nouveau genre Phengaris page 36 de la référence citée : 

"p.36 Subfamily Lycaeninae, genus Phengaris.

Subfamily Lycaeninae.

Genus Phengaris, novum. The splendid Chinese butterfly Lycaena atroguttata, Oberthür, deserves to be placed in a separate genus or subgenus, distinguished from Lycaena by the upper discocellular vein of the hindwing being short and angled outwardly, the lower discocellular meeting the median vein opposite its second forking.

 I was not able to detect any odour about it, but it has all the air of a protected species. I often saw in the meadows of the Kutxcha Naga country, Naga Hills, from 6000 to 8000 feets elevation, flying very slowly and visible from a great distance, so that I caught a good number, in spite of its rarity. The character of its marking, round black spots on a pure white ground, is very remarkable. It is hard to avoid thingingTajuria maculata, Hew. A mimic of this species, though it seems to live a lower elevation, and further to the westward. Taraka hamada is somewhat similary marked, and is obviously protected.

I have taken the name Phengaris, which means a daughter of  the moon, from the modern Greek."

 

 Étymologie de Phengaris.

L'étymologie du genre créé par Doherty est indiquée par son auteur dans l'extrait cité ; "J'ai pris le nom Phengaris, qui signifie "fille de la Lune", du grec moderne.". Peut-être ce nom est-il en lien avec la phrase "The character of its marking, round back spots on a pure white ground, is very remarkable.", " la caractéristique de sa marque, un rond noir sur un fond blanc très pur, est très remarquable". En grec, phengari ou fengári, φεγγάρι, ,signifie "la lune", et non "la fille de la lune".

 

Le Mont Phengari (mont de la Lune) est situé sur l'île de Samothrace, l'une des Sporades, et sa cîme enneigée est le point culminant de la mer Égée avec ses  1611 mètres. 

 

 

 

 

c) Étymologie de Maculinea.

L'étymologie de ce nom de genre est signalée par l'auteur lorsqu'il écrit "Le genre Maculinea comprend quatre espèces indigènes, qui se reconnaissent toutes immédiatement à leurs taches particulières en forme de longs tréma ...". En effet, ce nom est l'association de deux noms latins, macula, "tache" et linea, "ligne" : "taches en forme de ligne, de tiret".

— A.M. Emmet (1991)

macula, a spot ; linea : from the postdiscal series of somewhat elongate black spots on the forewing upperside, characteristic of the species in the genus."

 

— Hans A. Hürter (1998):

"Macula, -ae, "tache" [...] linum, -i, "ligne" [...] Eine Gattung, deren Arten "reich an linienförmigen Flecken oder Makeln" sind, die mit linien- oder strichförmigen Flecken oder Makeln versehen sind, die solche Zeichnungen auf den Flügeln tragen."

Un genre dont les espèces  "riches en taches ou des marques en forme de ligne" sont pourvus d'une ligne de taches ou de marques en forme de ligne, dessinée sur les ailes.

 

—Luquet in Doux et Gibeaux (2007) :

      du latin macula,"tache", et linea, "ligne", par allusion à la série post-discale de points noirs quelque peu allongés de l'avers de l'aile antérieure, caractéristique des espèces du genre.

— Perrein et al. (2012)

   du latin macula "tache" et linea, "ligne", allusion à la maculation des ailes antérieures de nombreuses espèces du genre.

 

 

  3.  NOM D'ESPÈCE : Maculinea arion (Linnaeus, 1758).

 

a) Description originale

Papilio arion Linnaeus, 1758 :  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824, : 483. [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

 

 

— Description :  "151  P[apilio] P[lebejus] Alis ecaudatis : supra fuscis disco caeruleo maculis atris : subtus canis punctis ocellaribus.

Statura sequentis, sed duplo major. Alae posticae subtus ocellis 10, praeter puncta marginalia."

— Habitat  in Europa.

— référence données par Linné :

  • Roes. ins. 3 Suppl. t.45  f.3,4.

​— Recherche de la référence : 

Roesel von Rosenhof (August Johann) , 1746,  Der monathlich herausgegebenen Insecten-Belustigung. Theil 3  Worinnen außer verschiedenen, zu den in den beyden ersten Theilen enthaltenen Classen, gehörigen Insecten, auch mancherley Arten von acht neuen Classen ... vorgestellet werden 4020 Mit vielen neuen Beobachtungen / Herrn August Johann Rosel von Rosenhof, Nürnberg [Nuremberg], 

numérisé par Göttingen  page 349 : 

http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN369101308&DMDID=DMDLOG_0079

http://gdz.sub.uni-goettingen.de/content/PPN369101308/800/0/00000349.jpg

 

 

b) Description et localité-type 

 — Localité-type : Suède, désignée par Honey & Scoble (2001) (Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399 : 300.). Ou, (Perrein & al.) : " "in Europa" ; Nuremberg, Bavière, Allemagne, d'après Fruhstorfer qui prend en considération la citation linnéenne des figures de Rösel von Rosenhof en 1746 dans son Insecten-Belustigung."

— Selon Dupont & al. (2013) cette espèce a une répartition eurasiatique. Elle est présente de la péninsule Ibérique jusqu’au nord-est de la Chine. Elle est signalée de presque toute la France. Les chenilles se nourrissent principalement sur des Thyms du groupe serpyllum L. et Origanum vulgare L.

Description Wikipédia :

"La chenille, petite et trapue, possède une tête rétractile noire et un corps rose puis blanc rosé. Il vole en une génération, de fin mai à fin juillet. Il hiverne à l'état de chenille.

La chenille se nourrit des corolles du Serpolet puis tombe au sol et est transportée par les fourmis dans leur fourmilière, elle se nourrit, jusqu'à sa métamorphose, de larves de fourmis*. Les chenilles sont soignées par des fourmis, Myrmica sabuleti et Myrmica scabrinodis. La nymphose a lieu dans la fourmilière.

Ses plantes hôtes sont des thyms Thymus serpyllum, Thymus praecox, Thymus marschalliana, et origans Origanum vulgare.

Il est présent en Europe du nord de l'Espagne au sud de la Scandinavie, en Turquie, dans l'ouest de la Sibérie, le nord-ouest du Kazakhstan et dans l'Altaï. Il est éteint en Grande-Bretagne depuis 1979.

En France métropolitaine il est présent dans presque tous les départements, mais est absent ou n'a pas été trouvé depuis 1980 en Bretagne, en Basse-Normandie, dans le Nord-Pas-de-Calais et l'Île-de-France.

Il réside dans les clairières, les lieux herbus secs."

*"en échange de leur sécrétions sucrées, consommées par les fourmis adultes" (Chinery)

 

 

c) Synonymes  et sous-espèces.  INPN (Muséum) :

  • Glaucopsyche arion (Linnaeus, 1758)
  • Lycaena arion aglaophon Fruhstorfer, 1915 :Fruhstorfer, H. (von) 1915. Neue palaearktische Lycaeniden. Societas Entomologica, 30(12): 67-68 : 68. [http://www.biodiversitylibrary.org/page/33429311]
  • Lycaena arion ligurica Wagner, 1904
  • Lycaena arion (Linnaeus, 1758)
  • Lycaena arthurus Melvill, 1873 : Melvill, J. C. 1873. Description of Lycaena arthurus, a new european butterfly. The Entomologist's Monthly Magazine, 9: 263: 263. . [http://www.biodiversitylibrary.org/page/9271271]
  • Lycaena ligurica Wagner, 1904
  • Lycaena obscura Christ, 1877
  • Maculinea arion aglaophon (Fruhstorfer, 1915)
  • Maculinea arion arion (Linnaeus, 1758)
  • Maculinea arion arthurus (Melvill, 1873)
  • Maculinea arion ligurica (Wagner, 1904) : Wagner, F. 1904. Lycaena arion L. nov. var. Societas Entomologica, 19(1): 1. [http://www.biodiversitylibrary.org/page/9264504]
  • Maculinea arion obscura (Christ, 1877)
  • Maculinea arion pyrenaeafuscans Verity, 1948 :  Verity, R. 1947-1957. Les Variations Géographiques des Saisonnières des Papillons Diurnes en France. Editions Sciences Nat, Paris. Vol. 1: 199 pp. : 106.
  • Papilio arion Linnaeus, 1758
  • Phengaris arion (Linnaeus, 1758)

 

Sous-espèces : 

Leraut retient la présence de cinq sous-espèces en France :

-arion Linnaeus, 1758

- alconoides Keferstein, 1851. Localité-type : environs de Lyon, Rhône.

- arthurus Melvill, 1873. Localité-type : Chamonix, Haute-Savoie.

-aglaophon Fruhstorfer, 1905. Localité-type : Vernet-les-Bains, Pyrénées-Orientales, désigné par Verity (1951).

-ligurica Wagner, 1904. Localité-type : entre Bordighera et San Remo, Ligurie, Italie.

-pyrenaeafuscans Verity, 1948. Localité-type : Gèdre, Hautes-Pyrénées.

Selon Dupont & al. (2013) "Keferferstein attribue le nom d’alconoides aux figures 3 et 4 de la planche 26 dans Godart (1822). Dans cet ouvrage, les figures 3 et 4, respectivement en première et deuxième position dans la planche, représente Papilio optilete. Les figures 1 et 2, respectivement en troisième et quatrième position, représentent Papilio alconKerferstein considère ce taxon comme une variété de M. alcon. Leraut en 1997, à la différence de l’édition précédente en 1980, considère alconoides comme une sous-espèce d’arion visiblement à cause de la suffusion bleue très développée sur la figure 2 de Godart, montrant le dessous des ailes. Nous ne le suivons pas, certains individus d’alcon pouvant avoir une suffusion bleue importante. Godart indique comme localité les environs de Lyon. Les deux écotypes alcon et rebeli sont présents dans la région Rhône-Alpes et jusqu’à présent seul l’écotype alcon a été signalé du département du Rhône. Kerferstein et Godart ne donnant pas de description d’habitat, il n’est pas possible de mettre en relation alconoides avec l’un des deux écotypes de façon certaine. Wagner en 1904, travaillant sur des populations du sud des Alpes, met en avant les différences morphologiques des populations côtières situées entre Bordighera et San Remo qu’il nomme ligurica. Ce taxon caractérise les populations corses selon Leraut. Par ailleurs, les populations de plaine dans le sud de l’Europe ont une période de vol plus tardive que les populations du nord de l’Europe et celles d’altitude (Thomas & al., 1998). Le taxon ligurica Wagner, 1904 a souvent été gardé pour décrire ces populations (Varga, 2003). Les travaux de Bereczki & al. (2011), fondés sur l’électrophorèse enzymatique, montrent que les populations d’altitude et de plaine (ligurica selon les auteurs) des Carpates, ne sont pas différentes. De plus, chez les Maculinea, la période de vol des adultes semble varier non seulement en fonction de l’altitude et de la latitude, mais aussi localement en fonction de la période de floraison de la plante-hôte (Dupont, 2010). Par ailleurs, les travaux de phylogénie moléculaire réalisés par Ugelvig & al. (2011) (cf. la note sur le genre Maculinea) ne montrent pas de différences entre différents échantillons prélevés en Europe. Les populations de la localité type, de France et d’Italie, n’ont pas été intégrées. "

 

c)  Étude du nom arion (Zoonymie) :

 

— Arnold Spuler (1908)  page 69 :

"gr. Zitherspieler"

August Janssen (1980) p. 44 :

"Griekse lierdichter"

—  Gustav Ramann (1870-1876), page 46 :

"Der name Arion tritt uns in der Mythologie in zweierlei Gestalt entgegen. Immer ein Sohn des Neptun, einmal als Kind der in dein Pferd verwandelten Ceres, als wunderbares Pferd und dann als Sohn der Nymphe Oncäa als berühmter Lautenspieler, und dieser war es, von dem Schiller sagt : Arion war der Töne Meister, die Cither lebt in seiner Hand".

Ludwig Glaser (1887)  page 120 :

"Citherspieler von d. Insel Lesbos". 

Anton Spannert (1888) , page 31 :

"ein berühmter Dichter und Citherspieler aus methymna auf der Insel Lesbos.". 

 — Esper, page 267-268 :

In vorigen Zeiten ist der Arion ein Virtuos auf der Zitter gewesen. Er hat die Dithyramben erfunden ; er scheint als Schmetterling in der That noch, etwas von den Zeichen dieses Sylbenmaaßes, in der Einfassung seiner Unterflügel zu führen.

— A. Maitland Emmet, (1991)  page 151 :

"A Greek poet and Musicien of the 7th century B.C. When he has sailing home to Corinth after winning a music competition in Sicily, the sailors decided to murder him and steal his prize money, but he obtained their permission to play for the last time. His music attracted a school of dolphins and, when he jumped overboard, one of them transported him to safety on its back."

— Hans-A. Hürter (1998) :

"Deutung : Welchen Träger des Namens Arion v. Linné 1758 bei der Namensgebung -oder genauer  : bei der Veröffentlichung - im Sinn hatte, läßt sich nicht mehr ermitteln. Von dem Roß des Adrastos ist nur wenig überliefert, wahrend durch Herodot von dem Dithyrambendichter und Sänger doch einiges bekannt ist. So darf man sicher annehmen, daß Arion aus Methymna gemeint ist".

Doux et Gibeaux (2000) page 208 :

"Arion, musicien grec, (cithariste) du VIIe siècle avant Jésus-Christ. Alors qu'il naviguait vers Corinthe, retournant chez lui après un concours de musique en Sicile, les marins décidèrent de l'assassiner pour lui dérober l'argent de son prix. Toutefois, il obtint la permission de jouer une dernière fois. Sa musique attira une bande de dauphins, et, lorsqu'il sauta par dessus bord, l'un d'entre eux le rapatria sain et sauf en le transportant sur son dos."

Perrein et al. (2012) page 238 :

"Étymologie : Arion est un  poète et musicien, né dans l'île de Lesbos au VIIe siècle avant J.C., inventeur du dithyrambe et protégé d'Apollon dans la mythologie grecque".

William Bouguereau, Arion montant un hippocampe, 1855, Cleveland Museum of Art 

Discussion.

Sachant qu'à notre époque, chacun peut chercher sur son encyclopédie les renseignement les plus complets sur Arion de Méthymne ou cliquer sur ce lien, il est bien inutile de reprendre ici ce que chaque auteur a déjà dit. Mais la zoonymie ne consiste pas à produire des renseignements sur le nom cité, mais d'en comprendre les motivations de choix. Linné a, on le sait, répartit ses papillons diurnes en six phalanges reproduisant la société grecque et troyenne lors de la guerre de Troie. Les espèces les plus petites forment la phalange du Peuple, Plebeii, les Plébéiens. Elle est divisée en Plébéiens des villes (urbicoles)  et Plébéiens des champs (rurales). Papilio arion, un petit papillon bleu, en fait partie, et il a été affecté avec 16 autres camarades à la campagne. Linné doit encore leur trouver un uniforme, ou, plutôt, un nom matricule, mais hélas, les paysans grecs n'ont guère gravé leur noms dans le marbre et il ne dispose pas, à la différence des Chevaliers, des Muses, des Nymphes et des Danaïdes, d'une liste des centaines de  noms créés par Hésiode, Homère ou Apollodore. A défaut, il va faire une entorse à son principe de l'arbitraire des noms et il va nommer plusieurs de ses papillons ruraux, puisqu'ils aiment l'agriculture, du nom de leur plante nourricière. Sur les seize, en voilà six de nommés ! Soudain, Linné a une Idée : les artistes ! Les peintres, les poètes, les sculpteurs ! Il trouve ainsi les noms de Philoclès, Timantes, Lysippus, Athémon. Et puis trois musiciens, un joueur de flûte, Marsyas, et des joueurs de cythare , Thamyras et Arion. Sauvé ! 

 En fait, Linné a un secret : Pline et Hygin.   Il a gagné un temps fou en se contentant de lire le sommaire des 277 Fables de Caius Julius Hyginus : Chapitre 194 : Arion. C'est bon, même pas besoin de lire la fable. Chapitre 165 : Marsyas. Au suivant. Pour Thamyras, Lysippus et Philoclès il a ouvert l'Histoire Naturelle de Pline (35.14 / 34.61 / 35.15). Et moi, j'ai fait comment pour savoir cela ? J'ai consulté mon Heller, c'est tout.

Linné a peut-être simplement regretté de ne pas pouvoir placer le nom des artistes qui selon Pline brillèrent lors des 90e olympiades (35 :36) : Aglaophon, Céphisodorus, Herillus et Evénor. Ils auraient faits de beaux Papilio, mais il n'avait plus de spécimens dans ses boites !

— Comment dites-vous ? "Aglaophon" ? Mais c'est justement le nom que Fruhstorfer a donné à la sous-espèce d'Arion ! 

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/article-noms-des-lepidopteres-crees-par-linne-dans-le-systema-naturae-de-1758-121691934.html

Linné a peut-être choisi Arion parmi d'autres noms cités par ses auteurs favoris car ce personnage était représenté sur la page de titre du Pinax theatri botanici de Caspar Bauhin, un ouvrage qui l'avait accompagné tout le long de la rédaction du Species plantarum de 1753. C'est l'objet du paragraphe suivant.

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ARION, marque typographique.

Le poète Arion jouant de la cithare assis ou debout sur un dauphin est la marque typographique de l'imprimeur Jean Oporin ou Ioannes Oporinus [Automne]  (Bâle 1501-Bâle 1568)  imprimeur, latiniste et humaniste suisse à qui on doit l'édition de nombreux travaux importants d'humanistes, de théologiens réformés et de scientifiques de son temps ainsi que celle de textes anciens. Il est notamment l'imprimeur de la première version latine du Coran (1542), de la première anatomie scientifique d'André Vésale (1543) et  des Centuries de Magdebourg qui proposent une version luthérienne de l'Histoire de l'Église. Son imprimerie  continuera  ses activités avec la même marque sous le nom d'« Officina Oporiniana ».  La devise de cet imprimeur était Invice virtuti nulla est via . "A la vertu, il n'est pas d'obstacle.". Son épitaphe faisait référence à Arion :

Frugifer Autumnus periit, Dis notus & orbi

Othion clapsus Nautis mediatur Arion.

Quantula sinit hominum corpuscula, disce Viator.

Magnus Oporinus conditur hoc Tumulo.

Exemple 1 :

BaTyR n° 2887

Exemple 2 : De humani corporis fabrica, Vesale, 1555

 http://www2.biusante.parisdescartes.fr/img/?refphot=00822

 

 

 

Exemple 3 : Marque de Jean Oporin, tirée d'un exemplaire des Centuries de Magdebourg, 1556 

 

Exemple 4 :

Caspar Bauhin fit d'abord imprimper son Phytopinax de 1596 chez Sébastien Henricpetri : 

  • Phytopinax seu enumeratio plantarum. Basel 1596.Basileae : per Sebastianum Henricpetri 1596 Marque typographique à l'enclume http://docnum.u-strasbg.fr/cdm/ref/collection/coll13/id/45827 

Puis il fit imprimer à Bâle son édition de 1623 du Pinax theatri  botanici : c'est cette édition qui comporte la marque d'Arion au dauphin de l'Officina oporiana.

  • Pinax Theatri Botanici Caspari Bauhini Basileens. Archiatri & Professoris Ordin. sive Index in Theophrasti, Dioscoridis[,] Plinii et Botanicorum qui a Seculo scripserunt : Opera: Plantarum circiter sex millium ab ipsis exhibitarum nomina cum earundem Synonymiis & differentiis : Methodice secundum earum & genera & species proponens : Opus XL. annorum Hactenus non editum summopere expetitum & ad auctores intelligendos plurimum faciens.

 

 

Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399 : 300..
Pinax, C. Bauhin, 1623 Marque typographique Officina oporiana Basilae helvet, http://docnum.u-strasbg.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/150152/rec/19.

Pinax, C. Bauhin, 1623 Marque typographique Officina oporiana Basilae helvet, http://docnum.u-strasbg.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/150152/rec/19.

Pendant la Renaissance, Arion sur son dauphin (Arion delphinum insidens) tenant une harpe  symbolisait l’éternité de l’art et la puissance de l'éloquence poétique, comme Orphée ou comme Hermés, dieu de l'éloquence. D'autres imprimeurs ont adopté à Genève Arion comme marque d'imprimerie : Pierre Chouët et Jean Arnaud. On constate le lien avec les milieux calvinistes, ou, plus généralement, avec l'humanisme plaçant l'éloquence poétique et l'expression artistique comme le complément de l'intelligence (Hermathena).

a) Pierre et Jacques Chouët :

français exilés à Genève. La devise qui accompagnait Arion au dauphin était Ars non sinit perire, "l'art ne périra point".

Geneva, 1635. https://bibliomab.wordpress.com/2013/08/26/diversite-des-marques-typographiques-dans-les-livres-anciens/

 

b) Jean Arnaud :exemple :Marque à l’Arion sur un dauphin avec la devise « Ars non sinit perire » et les initiales « I.A », 1586

c) Divers, cités mais non vus : 

  •  Hieronymus Gemusaeus, Bâle, 1596
  • Georgius Rhau, Wittemberg, 1533
  • Pernet, de Bâle
  • Louis Leroy, Bâle
  • Brylinger, Bâle

d) La marque typographique de Guillaume Vandive (1680-1706), imprimeur et libraire ordinaire de Monseigneur le Dauphin, faite en hommage au Grand Dauphin, consistait en trois dauphins nageant surmontés d’une couronne fermée fleurdelisée et de deux cornes d’abondance, avec au-dessus un listel contenant la devise inspirée de la légende du poète Arion : « hoc duce tuta salus » : "avec ce dauphin comme guide ton salut est assuré."

 

 

               II. NOMS VERNACULAIRES

 

 

I. Les Noms français. 

 

 

1.  Suite de "l'Argus bleu à bandes brunes",   Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 178 planche 41 fig. 86 d-f peinte   par  J.J Ernst gravée par  1779.  

 

 2. Le Polyommate arion, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 698.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses. ainsi :

 

  • Hesperia Arion. Fabricius Ent. Syst. 3. 293. 118.
  • Schaeff. Icon. tab. 98. fig. 5. 6.
  • Esper pap. 1. tab. 20. fig. 2.

 

 

3. Le Polyommate arion , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 219  planche 11 Quart  peinte par Vauthier et gravée par  Lanvin

"Le dessus des deux sexes est d'un bleu-violet pâle avec une bordure brune et de très légères taches de cette couleur sur la frange. Il y a en outre sur le dessus des ailes supérieures un groupe de sept à neuf points noirs inégaux. Le dessous est d'un cendré un peu luisant avec une lunule discoïdale, derrière laquelle sont trois rangées de points, dont les antérieurs plus prononcés et mieux arrondis. Ces points et cette lunule sont noirs, avec le contour blanchâtre. La base des secondes ailes est d'un bleu-verdâtre et chargée de quatre points semblables à ceux que nous venons de citer. Il y en a aussi un,  mais ordinairement plus petit, en avant de la lunule des premières ailes".

.

Planche XI Quart fig. 1 : Arion mâle, vu en dessous: 

http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/323/mode/1up

.

.

 

 

 

 

 

4. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet créait comme nom principal pour Maculinea arion "l'Azuré du Serpolet", mais acceptait  aussi "L'Azuré d'Arion" (qu'il avait utilisé dans sa traduction de l'Atlas des Papillons du Monde de H.L. Lewis, 1974 ; "l'Arion" (Papillons... Guggisberg et Hunzinger, 1948 et 1957)  ; et  "l'Argus Arion"  ( Papillons du Valais R. Rappaz 1979). mais il réprouve "L'Argus bleu à bandes brunes" (cf. Engramelle) et " l'Argus à bandes brunes".

L'Azuré du Serpolet s'inscrit dans une série de 62 noms créés par Luquet sur la structure "Azuré + Plante-hôte" ou "Azuré + nom ou qualificatif de lieu".

Le serpolet (Thymus serpyllum) ou thym serpolet, plante aromatique basse aux petites fleurs bleues mellifères pousse dans les zones ensoleillées, comme les broussailles, prés secs, rochers et dunes.

Il est également hôte des chenilles de  la Zyggène pourpre (Zygaena purpuralis) et de l'Eupithécie du Thym (Eupithecia distinctaria).

Son nom (serpoulet en 1500, puis serpolet) vient du moyen français serpol  « thym sauvage », du lat. serpullum « serpolet » (emprunté au grec ε ́ ρ π υ λ λ ο ν « id. », de ε ́ ρ π ε ι ν « se traîner péniblement », avec s- comme dans serpere « ramper » (gr. ε ́ ρ π ε ι ν)). (CNRTL).

Les Maculinea (Phengaris) ciblés par ce Plan National d’Actions occupent des habitats qu’il est difficile de décrire de manière exhaustive, car ils ont un cycle biologique complexe.

Selon le Plan National d'action en faveur des Maculinea, les milieux favorables à cette espèce sont les milieux herbacés mésoxérophiles à xérophiles. Les plantes hôtes sont  Thymus polytrichus polytrichus Borbas, Thymus polytrichus britannicus (Ronninger), Thymus praecox Opiz, Thymus pulegioides L.,Thymus serpyllum L., Origanum vulgare L. Pour leur alimentation, les adultes sont floricoles, près de 90% des visites concernent Onobrychis viciifolia Scop. et la plante hôte Thymus pulegioides L. Les fourmis hôtes sont principalement  Myrmica sabuleti Meinert, 1861.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN_Maculinea_arion_faune_11.pdf

 

 

Directive Habitat http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN_Maculinea_arion_faune_11.pdf

Directive Habitat http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN_Maculinea_arion_faune_11.pdf

 

 

 

 

5. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de   Lycaena arion  pour présenter ce papillon et n'utilisent aucun nom vernaculaire.

 

Bellmann / Luquet 2008 : non représenté .

— Chinery / Leraut  1998  : "Azuré du Serpolet".

— Doux & Gibeaux 2007 : " l'Azuré du Serpolet".

— Lafranchis, 2000 : " L'Azuré du Serpolet " .

— Perrein et al. 2012 : "Azuré du Serpolet ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Azuré du Serpolet".

— Wikipédia : "L'Azuré du serpolet".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.

  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welsh, cymraeg).

  •  nom en breton  : chercher Azuré du Serpolet ici :

http://www.brezhoneg21.com/resources/geriadur/skiantGB.pdf 

  • Glesyn mawr" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.  http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

.

.

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais d'après M. Salmon (2000) . 

1. Selon Ukbutterflies, http://www.ukbutterflies.co.uk/species.php?species=arion

"Ce papillon a été enregistrée comme une espèce britanniques en 1795 mais était déjà considéré comme un insecte rare. En raison de la perte d'un habitat convenable, les sous-espèces endémiques du Large Blue se sont éteintes dans les îles britanniques en 1979, le dernier site étant à Dartmoor dans le Devon.

Ce magnifique insecte a depuis été «ramené d'entre les morts" grâce au dévouement de plusieurs organisations de conservation et de nombreux particuliers. Après sa disparition dans les îles britanniques en 1979, le Large Blue est devenu l'objet d'un programme de réintroduction hautement organisée, utilisant les stocks de Suède. Le nombre estimé d'adultes volants en 2006 était de 10 000 sur 11 sites, ce qui est le nombre le plus élevé observé dans les îles britanniques depuis plus de 60 ans. C'est un magnifique exemple de la conservation en action.

La réintroduction réussie du Large Blue est d'autant plus remarquable si l'on considère son cycle de vie complexe. La larve est parasitaire en ce qu'elle se nourrit des larves d'une fourmi rouge, Myrmica sabuleti, dont son existence dépend. Bien que la dépendance sur les fourmis était connue depuis de nombreuses années, la dépendance sur une seule espèce de fourmi, afin de maintenir une population viable, était inconnue de défenseurs de l'environnement pendant de nombreuses années jusqu'à ce que Jeremy Thomas ait découvert l'association à la fin des années 1970. Malheureusement, la découverte est venu trop tard pour sauver la population indigène. Les efforts de réintroduction d'aujourd'hui se concentrent autant sur la population de fourmis présentes, comme ils le font sur le Large Blue lui-même.

Toute personne désireuse de voir cette espèce dans les îles britanniques devrait visiter le site ouvert au public de Collard Hill à Somerset. Une "Hotline Large Blue " est généralement mise en place chaque année,  fournissant un statut actuel de l'émergence de ce site. Les détails sont disponibles sur le site Web Butterfly Conservation. En outre, les membres de Butterfly Conservation et de Somerset Wildlife Trust ont l'occasion de visiter un site privé, chaque année, bien que les places sont limitées. La majorité des sites de réintroduction sont dans le sud-ouest de l'Angleterre, les colonies étant notables dans le Polden Hills dans le Somerset, Dartmoor et Gloucestershire."

 

2. Extrait de The Aurelian legacy, M. Salmon, 2000 :

 Première observation britannique [H. Seymer c.1775] ; Lewin, 1795.

  • "The Large Blue" : Lewin, 1795 ; Haworth, 1803 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • " The Mazarine blue" : Donovan 1797 ; Brown, 1832 :
  • "The Arion" : Rennie, 1832

Concernant le zoonyme Mazarine Blue, cf. C. semiargus 

http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-du-papillon-le-demi-argus-ou-azure-des-anthyllides-cyaniris-semiargus-124702268.html  : 

— "The Mazarine Blue" : dans la langue anglaise, Mazarine Blue  désigne un bleu foncé : il entre en 1675 dans le dictionnaire de Bailey, témoignant d'un usage déjà établi, avant même que la Duchesse de Mazarine ne s'établisse en Angleterre, et l'origine de ce nom de couleur ne peut pas être précisé. Il qualifie d'abord des vêtements (1761) puis est employé dans les Sciences Naturelles depuis 1773, notamment par Drury pour décrire les ailes des papillons. Utilisé par Haworth en 1803 comme nom du Papilio Plebejus cimon/cymon préalablement nommé "The Dark Blue" par Lewin en 1175, il fut repris par les auteurs anglo-saxons et est devenu le nom vernaculaire consensuel du Cyaniris semiargus. Les Gallois l'ont repris sous la forme "Glesyn masarin". " 

 

 

 LIENS ET SOURCES

— Funet :   Maculinea et Phengaris   

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) :  Maculinea arion  

— UK Butterflies :  Maculinea arion

— lepiforum : Maculinea arion

— jardinsauvage : Maculinea arion

— J.A. Thomas, 1998 : http://mike.hochberg.free.fr/MEHJic98Thomas.pdf

— THOMAS (J.A)  1995 The ecology and conservation of Maculinea arion and other European species of large blue butterfly Ecology and Conservation of Butterflies , pp 180-197

— European Journal of Entomology 2008 : http://www.eje.cz/artkey/eje-200804-0014_myrmica_sabuleti_hymenoptera_formicidae_not_necessary_for_the_survival_of_the_population_of_phengaris_macul.php#.VO9LIvmG-Cc

— LECOMPTE (Jacques), 2007, "La protection du genre Maculinea", Insectes 9 n°144, ORPI

http://www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i144lecomte.pdf

— Plan National d'action en faveur des Maculinea

 http://maculinea.pnaopie.fr/conservation/ecologie/

.

Bibliographie commune à toutes ces zoonymies :

http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-des-rhopaloceres-bibliographie-124969048.html

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Rhopalocères.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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