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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 12:46

Les sablières (1508) du bas-coté de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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Pour la première partie, voir :

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

 

Sur  les sculptures en rapport  avec celles-ci, voir :

 

Pour les autres articles sur les sablières, tapez ce mot sur l'onglet "Rechercher".

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La chapelle Notre-Dame de Grâces, dont la première pierre de l'édifice fut posée le 12 mars 1506 suit le plan  d' un rectangle formé de deux nefs de largeur inégale. La charpente ayant été achevée en 1508, j'adopte cette date pour les sablières sculptées des deux parties. J'ai décrit dans l'article précédent les sablières de la nef principale, aux 16 pièces divisées en deux ensembles qui se font face, au nord et au sud.

 Le bas-coté sud  comprend , sans compter la sacristie du XVIIe siècle, quatre travées, et cette division se retrouve, à l'extérieur, dans la séquence des quatre baies coiffées de lucarnes à rampants à crochets .

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Cliché GO69 sur Wikipédia Façade méridionale de l'église Notre-Dame à Grâces (22).

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Chacune de ces travées détermine autant de chapelles ou d'espaces quadrangulaires intérieurs, qui sont dotés, sur trois cotés, de sablières. Je devrais donc décrire douze pièces sculptées, groupées par trois. 

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I. 1 : Affrontement de dragons. L'Ivrogne et sa femme. Blochet.

I. 2 . Frise de vigne entre deux hommes.

I. 3 : Rinceau craché par un dragon.

II.1   : perdu ou absent

II. 2 : inscription de fondation 1506 et 1508.

II. 3 : Trois moines dans une brouette conduits par des esprits.

III.1. Scène d'exorcisme par un moine. L'Annonciation.

III.2 : Renart et les poules.

III.3 : Rinceau . deux anges présentant un panneau.

IV.1 : Sainte Face présentée par deux anges. Rinceau craché par un dragon. Blochet.

IV.2 : Blason du duché de Bretagne présenté par deux anges.

IV. 3 : fragments. Lion affrontant une licorne, entre deux chiens.

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I. PREMIÈRE TRAVÉE.

 

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Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I.1. Le coté est. 

I.1a. Deux dragons affrontés.

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Deux dragons s'affrontent : gueules ouvertes, ils semblent rire ou faire fonctionner leur langue. Celui de droite, au corps ramassé, couvert de pustules creuses, porte des ailes nervurées. Sa queue, passant entre ses cuisses,  est courte. Son vis-à-vis, tout aussi jovial,  a le corps couvert de nodosités et le dos déformé par une longue ligne d'épines. Son aile, moins visible, est marquée par des écailles. Il est plus long, comme étiré, sa queue remonte plus haut. Une sorte de tentacule verruqueuse, sortie  de je ne sais où, lui sert d'écharpe.

Qu'est-ce qu'ils se racontent ? Des histoires de dragonnes. 

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Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

I.1b. Ivrogne rappelé par son épouse.

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Au centre, Monsieur, main sur la tête car il  a mal aux cheveux,  refuse de lâcher son tonnelet . Pris de nausée, il se penche pour se soulager. 

A droite, un compagnon de beuverie est à genoux, le corps renversé en arrière, l' œil torve et la bouche tordue. Il porte un harnachement sans-doute militaire. 

Comme sur les sablières sud de la nef, l'artiste n'a pas son pareil pour accentuer la promiscuité des occupants de l'espace exigu de la corniche en la soulignant, ici, par la semelle de la chaussure de l'ivrogne tordue sous la pression qu'elle exerce sur la cuisse du soldat.

Madame, à gauche, fait des efforts surhumains pour parvenir à sortir son mari hors de l'auberge. Elle s'est assise par terre et, penchée de tout son long, elle tire, elle tire, et nous prend à témoin ou nous appelle à l'aide. Tous les détails des vêtements ou du chaussage sont reproduits, nous procurant des documents passionnants.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I.2. Le coté nord. Homme et frise de vigne.

C'est une authentique vigne, avec feuilles, vrilles et grappe, mais dans laquelle poussent des glands saugrenus.

 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I.3. Le coté ouest. Dragon et feuillages.

C'est un dragon un peu simplet, sans beaucoup de relief, qui libère cette frise de roses aux longues épines.

 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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DEUXIÈME TRAVÉE.

La porte dite de l'Annonciation en raison de son bas-relief donne accès, de l'extérieur, à cet espace. 

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Porte de l'Annonciation , église de Grâces, photographie lavieb-aile septembre 2017.
Porte de l'Annonciation , église de Grâces, photographie lavieb-aile septembre 2017.

Porte de l'Annonciation , église de Grâces, photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

 

II 1. Le coté est.

Pas d'image !! Un oubli ?

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II.2 Coté nord : Deux inscriptions de fondation présentée par trois anges.

Cette sablière monumentale se présente d'emblée à la vue du fidèle qui entre par la porte de l'Annonciation : elle occupe donc un emplacement important, celui d'un seuil (aucune des deux portes sud n'ont de porche voûté). 

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de la chapelle Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de la chapelle Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sur l'inscription de gauche, on peut lire :

LE DOZIESME JOUR DE MARS LAN DE GRÂCE MIL CINQ CENTZ

ET SEIX FUT LA PREMIERE PIERRE DE CESTE CHAPPELLE ASSYS.

"Le douzième jour de l'an de grâce 1506 fut la première pierre de cette chapelle assise."

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

 

 

 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Je déchiffre la seconde inscription ainsi :

LE CINQIES[M]E JO[UR] DE JAFFRUER LA[N] MIL  VC ET VIII FUT LE BOIES DE CESTE CHAPPEL[L]E ASSIS : AU Q[U]EL TE[M]PS ESTOIT MAISTRE JEHA[N] LE D[O]RNEC RECT[EU]R DE LA P[A]ROISSE DE PLOEIZY ET GO[U]VE[R]N[R]S DE LA DI[C]TE CHAPELLE JEHA[N] ET AULT[R]E JEH[AN] BELLES.

Seule le mot "JAFFRUEUR" est sujet à caution.

Ma transcription est : "Le cinquième jour de janvier l'an 1508 fut le bois (la charpente) de cette chapelle assis : auquel temps était maître Jean Le Dornec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dite chapelle Jean et autre Jean Bellec."

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1°) Le nom du recteur Jehan Le Dornec.

Le nom du recteur n'a pas été respecté par René Couffon qui lit 

"Le cinquiesme jour de Janvier l'an mil Vcc  et VIII fut le boies de cette chappelle assys auquel temz estoit Maistre Jehan Le Dirvec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dicte chapelle Jehan et autre Jehan Le Bellec." (R. Couffon)

Pourtant, il est attesté par un document produit par Simonne Toulet : 

"Nous avons des renseignements très précis. D’abord, en 1507, la nomination par le recteur de Plouisy des gouverneurs de Notre-Dame-de-Grâces :  « Maistre Jehan Le Dornec recteur de la parroesse de Ploeizi et treff de Saint Michel près de Guingamp certifie et relatte à touz présentz et à venir que paravant cestes heures moy dit recteur pour mon intérêt et les treffvians dudit treff de Saint Michel pour leur avoir mis et institué Jehan Baelec et aultre Jehan Baelec du village du Beusit près dudict Guingamp et chacun d’eulx à gouverneurs et administrateurs des biens et aulmosnes escheuz et que escherront le temps futur en la chapelle Nostre Dame de Grace nouvellement encommanzée audit treff audit village du Beusit. « Témoign cestes signées de ma main et de Yvon Guezou notaire à ma requeste le traezième jour de septembre lan mill cinq centz sept. »

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Mais Simonne Toulet  donne néanmoins au recteur (par lapsus) le nom de Jehan Le Bellec" lorsqu'elle lit  l'inscription ainsi :

"Quand on entre par la porte de l’Annonciation, on repère un texte écrit sur une sablière, l’avant-dernière de la série du bas-côté : « Le douzième jour du mois de mars mille cinq cents et seix fut la première pierre de cette chapelle assise . Le cinquième jour de febvrier de l’an mille VC et huit fut le bois 7 de cette chapelle assis auxquels temps étaient maistre Jehan Le Bellec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dite chapelle Jehan et autre Jehan Le Bellec. » "(S. Toullet 2010)

À la monstre de Tréguier de 1481, un Jean Le Dornec est présent à pour la paroisse de Plouegat, un peu à l'ouest de Guingamp. Un autre Jehan Le Dornec, ainsi que Charles Le Dornec, comparaissent tous les deux en archers pour  la paroisse de Quemper-Guezennec. On peut penser que le recteur est issu de cette famille noble des environs de Guingamp. 

Voir aussi : Jean le Dornec  sieur de la Villeneuve  †/1577 

https://gw.geneanet.org/quellec?lang=fr&iz=3014&p=jan&n=le+dornec

Et sa fille Péronelle Le Dornec, Ploézal (22) 1564-1637

https://gw.geneanet.org/quellec?lang=fr&p=perronelle&n=le+dornec

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2°) Le nom de la paroisse, Ploeisy.

 

PLOEISY est la forme de l'actuelle commune de PLOUISY, Ploe de saint Isy. 

On rencontre les appellations suivantes : Ploegi (vers 1330), Ploeizi (en 1369), Ploeyzy (à la fin du XIVème siècle), Ploizy (en 1461), Ploeizy (en 1481), Plouisy (en 1581). (Infobretagne)

 

A Plouisy, jusqu'au XVIème siècle, l'église Saint-Michel, aujourd'hui détruite, était la paroisse-mère et Saint-Pierre, la chapelle tréviale. Après le XVIème siècle, s'est l'inverse jusqu'à la Révolution, mais Saint-Michel qui comprend Grâces en est distraite.

Grâces (anciennement Saint-Michel) est en effet un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouisy. Selon la tradition, les origines de Notre-Dame de Grâces sont dues à un mendiant franciscain, qui aurait construit, au lieu-dit la Boissière, un petit oratoire en terre, dédié à saint Michel.

La trève de Saint-Michel est citée en 1261. Saint-Michel est mentionnée comme paroisse dès 1380. La paroisse de Saint-Michel est alors une succursale de la paroisse de Plouisy. En 1506, une chapelle dite Notre-Dame de Grâce est construite, au village de la Boissière (en Saint-Michel). Cette chapelle devient le siège d'une paroisse en 1803. (Infobretagne)

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3°) Les noms des gouverneurs : Jehan et Jehan Bellec.

L'un des deux était surnommé "l'ermite de Saint-Michel"  Le 20 mai 1 506, l'évêque de Tréguier accorde son consentement à «Jehan Bellec et autre Jehan Bellec dit l'ermitte du village du Beuzit » pour « construire et édifier de nouveau la dite chapelle en l'honneur de ND de Grâces et de Saint-Bertholomé [. . .] parce que les dits Bellec faisant le dit décret avoient promis et s'estoient obligé o touz leurs biens maintenir la chapelle à jamais en cas que les aulmônes et esmolluments d'icelle chapelle eussent été insuffisants " ( H. Le Goff 2004)

 

 

Le 17 mars courant, l'agrément, pour l'édification de la chapelle Notre-Dame de Grâces, était accordé par le pape JULES II.

« 21 may 1506, Guingamp sénéchaussée de Plouisis. Consentement des habitants de la trêve de St-Michel et du recteur de la paroisse à ce que Jehan BELLEC et aultre Jean BELLEC, appelé l'hermite de St-Michel, eussent fait construire au milieu du village de La Boissière en la dite trêve une chapelle en l'honneur de Notre-Dame de Grâces » Le même acte renferme le consentement de Pierre de KERISAC qui « y est reconnu le fondateur de la dite chapelle attendu que le terrain où on voulait construire était son propre domaine et on consentit qu'il fut mis les armes au lieu le plus éminent. »

 La pierre nécessaire à la construction provenait de la carrière de La Boissière (Ar Veuzit).

Acte constituant les frères Jehan LE BELLEC gouverneurs de Notre-Dame De Grâces le 13 septembre 1507.

« Maitre Jehan LE DORNEC, recteur de la paroisse de Ploëzi et treff de Saint-Michel près Guingamp certiffie et relatte a tous présentz et a venir que paravant cestes heures moy dit recteur pour mon interest et les tréffians dudit treff de Saint-Michel pour le leur avoir mis et institué Jehan BAELEC et aultre Jehan BAELEC du villaige du Beusit près dudi Guingamp et chacun d'eulx à gouverneurs et administrateurs des biens et aulmosnes escheuz et que escherront le temps futur en la chapelle Notre-Dame de Grâce nouvellement encommanzée audit treff audit village du Beusit. Temoign cestes signées de ma main et de Yvon GUEZOU notaire a ma requeste le traezième jour de septembre l'an mil cinq centz sept. »

Plusieurs procès et requêtes opposèrent les gouverneurs LE BELLEC à Pierre RENAULT DE KERISAC.

« request présentée au parlement de la part de Jean BELLEC dit lermite gouverneur de la chapelle de Notre-Dame de Grâce contre Maitre Yves FELUZON curateur de Pierre REGNAULT au sujet de l'opposition que ce dernier avait formé lors de la construction de la chapelle parce qu'il prétendait en être fondateur comme propriétaire du fond. »

et aussi le 7 novembre 1536 :

« procédure relative à l'opposition formée par le sieur de KERISAC contre les gouverneurs de la chapelle de Notre-Dame de Grâce touchant des galleries et appentis qu 'ils prétendaient faire construire au poignant de la dite chapelle. »

8 octobre 1559, sénéchaussée de Guingamp - Plouisy :

« transaction passée entre Mgr le Duc D'ETAMPES et écuyer Pierre RENAULT sieur de KERIZAC qui permet à ce dernier de faire apposer ses armes et escussons sur toutes les vitres de la chapelle de Notre-Dame de Grâces en dessous de celle du duc et de bâtir une halle pour la dite chapelle. »

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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II 3 . Coté ouest. Trois moines conduits dans une brouette par des démons grimaçants.

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" D'autres influences se sont sans doute exercées : la fameuse «brouette» existait aussi sur une fresque (disparue) du Mont-Dol. A l'origine, c'était un petit tombereau à 2 roues (bi rota), la brouette moderne à une roue date du XVIIe siècle." (sans nom, APG 1990)

"L'esprit satirique n'est nullement absent et plusieurs personnages sont des moines dans des attitudes parfois peu édifiantes. A tel point que le diable les entasse dans un véhicule (brouette ?) pour les conduire vers l'enfer (Illa). N'oublions pas que sur la façade sud de l'église quelques vues de gargouilles sont aussi des moines vomissant l'eau à pleine bouche (les Franciscains et les Dominicains étaient installés à Guingamp dès la fin du XIIle siècle et c'est un Cordelier qui fit les plans de la chapelle de Grâces)." (sans nom, APG 1990)

 

"Après la tentation, le châtiment… la descente en enfer.— Deux démons encadrent une brouette (sans pieds) dans laquelle se trouvent trois personnages – une femme, un homme et un autre qui tient un livre, peut être un moine. Ces diables sont particulièrement effrayants, certains ont plusieurs têtes." (S. Toulet)

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"A la différence des autres figures, les grylles ne présentent pas de « type iconographique «  défini, de par la nature insolite de leur aspect. Ils sont cependant aisément reconnaissable à leurs bustes humains et à leurs bas-corps zoomorphes. L'existence de quelques créatures particulières, les grylles « gastrocéphales », doit être signalée. Ces êtres dont les traits du visage sont reportés sur la poitrine, sur les articulations et sur le sexe, se distinguent des premiers à leur nature maléfique. Ils sont fréquent dans les peintures du bas Moyen-Âge, en particulier dans les scènes illustrant le Jugement Dernier ou l'Apocalypse, où ils infligent des supplices aux damnés." (S. Duhem p. 167-168)

 

"Trois moines tremblants sont assis dans une brouette poussée par un diable vers les Enfers. Ce thème apparaît sur une gravure d'Erhard Schoen actif à Nuremberg au début du XVIe siècle. (The Illustrated Bartsch)" (S. Duhem)

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Là où des moines ont été reconnus, je vois trois hommes sans tonsure, avec des chevelures bouclées, levant le visage vers le ciel. L'un a les mains jointes, l'autre se tient les mains, le troisième tient un livre. Ils sont placés dans une brouette dont la roue est tenue  par un personnage à genoux et au corps projeté en avant, vêtu d'une robe boutonné sur le devant, qui lève le bras droit au dessus de sa tête. Ses yeux, ses narines, ses oreilles  et sa bouche crénelée sont creusés, un peu comme on le fait dans une citrouille d'Halloween. 

A droite, c'est clairement un grylle qui est accroupi entre les bras de la brouette. Ses pieds ressemblent à des racines griffues, son ventre est une bouche à la mâchoire ouverte sur un thorax, l'épaule est une tête complète, le coude est une tête de serpent dardant trois lames en guise de doigts. La tête est grimaçante, dotée de deux antennes au dessus d'yeux excités. Tout cet ensemble est si hétéroclite que notre raison est désarçonnée. 

Cette sablière est exceptionnelle par son originalité et par l'effet saisissant qu'elle suscite. Mais son étude iconographique, et son interprétation, doivent être développées. C' est aussi le cas de la pièce suivante.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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TROISIÈME TRAVÉE.

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III.1. Coté est :

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III.1a .Scène d'exorcisme par un moine après échec de trépanation. Fuite du démon.

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La trépanation.

Deux scènes centrales sont est encadrées par deux grylles, tels que nous venons d'apprendre à les découvrir sur la pièce précédente. Là encore, la multitude mélangée en désordre de doigts et de pieds, de becs ou d'yeux, crèe ce trouble de la pensée qui est recherché par l'artiste. 

A gauche, après ce premier grylle vient un personnage de face, dans une robe lacée par devant par un ruban en zig-zag. Cet homme écarte les deux bras, ses yeux sont levés vers le ciel, et nous pouvons penser, au vu du contexte, qu'il est en pleine crise d'épilepsie, ou de démence. 

À sa droite, un homme dont les longs cheveux bouclés sont coiffés d'un bonnet est peut-être un médecin. Il tient des deux mains le manche d'un outil dont la lame est dirigée vers le crâne du malade. J'y vois un trépan. Comparez à L'extraction de la pierre de folie, par Jérôme Bosch, un tableau datant de 1488-1516 et donc  à peu près contemporain de ces sablières. J'y retrouve la posture bras écartés du dément, ses yeux hagards, et  le laçage en zig-zag d'une camisole. L'instrument utilisé sur la sablière pourrait être comparé à ce trépan des années 1950.

Pourtant, je ne retrouve pas d'indication en ligne d'un auteur ayant identifié ici une trépanation. Ni, plus généralement, d'indication sur une scène de trépanation sur une sablière médiévale.

La folie de cette intervention est peut-être dénoncée par les pieds-nus du chirurgien-barbier. Ou par sa bouche ouverte et creuse, qui répond à celle des grylles-citrouilles.

L'exorcisme.

Un autre groupe de trois sujets occupe la partie droite. C'est d'abord un moine (cheveux taillés courts en couronne et recouverts de la coule) qui impose ses mains sur le crâne d'un (vraisemblable) malade ou possédé. Il est difficile de dire si le regard  du moine, tourné vers le ciel, est celui d'un clerc implorant Dieu ou celui d'un illuminé. S'il s'agit d'un exorcisme, celui-ci semble efficace, car un grylle s'enfuit en tirant la langue.

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/sablieres-inscriptions-et-pardon-de-la-chapelle-saint-sebastien-au-faouet-56.html

Discussion.

La description de ces deux scènes par Simonne Toulet est la suivante :

"L’exorcisme.— Un moine pose la main sur le front d’un homme. Il semble prier – les yeux fermés pour ce pauvre « possédé » – et l’on voit effectivement un démon qui s’enfuit.

Sur l’autre partie, un diable est niché à l’extrémité gauche ; devant lui, un buste de femme et un homme qui porte un outil : est-ce un sculpteur ? Rêve-t-il de « créer » une femme ? Quel péché d’orgueil ! Le diable le guette ; mais participe-t-il à l’ouvrage ? il tient un maillet dans sa main droite… La « possession » par le démon est fréquemment évoquée au Moyen Âge : elle a d’ailleurs des références bibliques."

 

J'ai déjà décrit une autre scène d'exorcisme sur les sablières du bras nord du transept de la chapelle Saint-Sébastien du Faouët.

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Mais elle est plus tardive de près d'un siècle (1600) et l'aspect cérémoniel y est accentué : deux moines, le premier tenant un livre (le rituel liturgique sans-doute) et l'autre imposant les mains, font face à un homme à genoux, mains jointes, se prosterne devant l'exorciste (dans lequel on a proposé de reconnaître saint Martin). Un animal à la gueule féroce s'enfuit sur la droite. Tout cela est sage, pieux, univoque, alors que le sculpteur de Grâces a dressé un tableau tronqué (le moine et son possédé sont montrés en buste), expressionniste, fébrile, aux postures outrées, emporté par de grands mouvements des plis des vêtements, qui ne permet pas de s'arrêter à une interprétation cléricale où les sablières forment "un livre d’images saintes destinées à un public en partie illettré, le prêtre les utilisant comme support de ses prédications" (S. Toulet). Bien au contraire, ces sablières sont peuplées de personnages non bibliques et d'animaux fantastiques d'un imaginaire païen  que le prédicateur devait combattre. Et les tableaux des vices et dépravations sont joyeux, rabelaisiens et complices plutôt que frappés du discours moralisateur des Taolennou du père Maunoir. Enfin, ces grylles n'ont aucun des caractères des diables de l'Enfer chrétien. Sans écarter la possibilité d'une scène religieuse où un malade, après avoir fait la tentative infructueuse de soins médicaux ou chirurgicaux, soit enfin sauvé par les pouvoirs d'un clerc, il est possible aussi de penser que l'artiste a voulu donner à voir ce monde de la folie et de la possession, et la théâtralisation des "remèdes" qui y étaient apportés.  Les sablières appartiendraient toutes entières  à l'hybris,  à la démesure de l'animalité des corps sous l'effet des passions et des pulsions, des violences,  dans un espace marginal entre les bancs de la nef et la voûte charpentée, entre l'ici-bas terrestre soumis à la retenue et aux conventions, et la sainteté céleste.

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J'ai décrit  une scène analogue, dans la chapelle Saint-Fiacre du Faouët (56), sur la clôture du jubé (Olivier Le Loergant, 1480-1492), mais elle est interprétée comme représentant "le baptême d'un catéchumène.  Cette lecture pourrait être revue à la lumière de l'exorcisme de Grâces-Guingamp, d'autant qu'à Saint-Fiacre, le dragon qui s'enfuit sur la droite trouverait alors une bonne justification.

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Clôture du jubé de Saint-Fiacre au Faouët.

 

 

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III.1.b.  Annonciation.

La compréhension de cette pièce est beaucoup plus simple. En contradiction avec ce que je viens d'écrire, c'est une scène évangélique, celle de l'Annonce faite à Marie.

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À gauche et à droite, deux anges arrivent en volant et présentent des phylactères (deux à gauche et une à droite. Hélas, elles ont perdu le texte qui devait y être peint. Nous imaginons pourtant facilement qu'il s'agissait d'Ave Maria gracia plena dominus tecum et de Ecce ancilla domini fiat mihi  secundum verbum tuum.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au centre, l'archange Gabriel à genoux, tient dans la main gauche un objet cylindrique brisé : un lys ? Le rouleau d'une banderole ? 

Il est séparé de la Vierge par un vase, qui, comme le veut la tradition, contient des lys. La fleur est une allégorie de la pureté virginale, et le vase aux flancs arrondis, manifeste le ventre intact selon la prophétie d'Ezéchiel sur la Porte close : Porta clausa, et non est aperta Ezech 44:1.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il faut rappeler que cette pièce est placé dans la chapelle-vestibule dans laquelle le fidèle pénètre après avoir franchi la porte où est sculpté une première Annonciation.

Marie est dans sa chambre, surprise par l'irruption du messager divin alors qu'elle lisait les Sainte Écritures sur son pupitre. La reliure du livre  montre ses fermoirs ronds articulés. Elle lève les bras, par signe d'acceptation (Fiat). Sa main gauche est brisée. Elle est vêtue d'une robe à l'encolure ronde très peu décolletée, aux larges et longues manches plissées.  Sous un corsage lisse, la ceinture libère les plis de la jupe.

Les cheveux sont longs, bouclés et libres, et le front est élargi par l'épilation alors de règle chez les élégantes du XVIe siècle.

Les quatre visages possèdent des traits stylistiques communs, qui s'observaient déjà sur les autres pièces : des joues rondes, des lèvres charnues avec une lèvre inférieure plus avancée que la supérieure, un petit menton bien affirmé, des sourcils effacés, des paupières supérieures descendant bas et donnant, de loin, l'impression que les yeux sont clos.  La fente palpébrale de l'ange de droite est très particulière par sa forme de petite fiole à ventre un peu bombé et à goulot étiré. C'est sans doute cette forme, sous la large paupière, qui, associée à l'attitude de tous ces visages tournés vers le haut, génère cette impression d'étrangeté et de mystère. Lorsqu'il s'agit d'une scène sacrée, elle participe à sa spiritualité, mais lorsque ces visages impénétrables sont ceux des possédés ou de leurs thérapeutes, ou des trois passagers de la brouette infernale, elle suscite ce trouble interprétatif si particulier.

 

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de  l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III.2. Coté nord. Renart prêchant, Renart attaqué (écorché) par les poules, Renart attaquant les poules.

 

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/la-frise-nord-des-stalles-du-choeur-de-la-cathedrale-de-saint-pol-de-leon.html

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"La figure caricaturale de l'animal travesti en moine doit être rattachée aux écrits satiriques inspirés du roman ; —Ysengrimus, un manuscrit réalisé en Flandres vers 1150 évoque déjà la figure de l 'animal travesti en moine — ici le loup Ysengrin — qui annonce celle plus tardive de Renart camouflé, jouant sournoisement de cet artifice pour tromper son entourage. Ébauché dans l'épopée du Roman de Renart, le thème n'acquiert de réelle autonomie qu'avec la diffusion aux XIIIe et XIVe siècles des écrits polémiques de Rutebeuf (Renart le Destourné, 1261), de Jacquemart Gelée (Renart Le Nouvel, 1289), ou du Clerc de Troyes (Renart le Contrefait, v. 1319-1342) , qui présentent la figure caricaturale du goupil prédicateur monté en chaire. Le message que délivre ces écrits n'a pas pour objet de dénoncer une vulgaire imposture : s'il s'agit bien d'une moquerie grotesque visant l'Église, ces assauts sont plus spécifiquement dirigés vers les ecclésiastiques et surtout vers les moines que Rutebcuf égratigne avec la plus grande virulence . La querelle opposant, à partir de 1253, les défenseurs de l'Université aux frères mendiants, allait transformer Renart, malgré lui, en une créature malfaisante, un instrument de la plume destiné à dénoncer les écarts des réguliers. En effet, Goupil déguisé se singularise surtout par sa fourberie, « (...) Ypocrisie la Renarde, qui dehors oins et dedanz larde (...) » colporte Rutebeuf, reprenant ici un poncif de la satire contre les frères prêcheurs. L'apparition du terme renardie dans la littérature, définie comme un art du langage , met en relief l'association qui est désormais faite entre le renard et la félonie. Il paraît donc logique que la chaire à prêcher, accessoire de ce vice, d'ailleurs tant convoitée par les mendiants au moment de cette querelle, ait été illustrée si fréquemment dans l'iconographie, les gélines ajoutant à l'effet comique et soulignant surtout la crédulité des fidèles." (S. Duhem)

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En commençant la description par la gauche, nous voyons Renart, devant ces deux renardaux, monté en chaire, habillé en moine franciscain ou cordelier (robe de bure à larges manches et capuchon), la capuche rabattue. Il lève en l'air un doigt sentencieux et captive son auditoire de trois poules de bénitier.

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Le thème de Renart prêchant aux poules (ou "prêchant les poules" ) n'appartient pas au Roman de Renart, et il est attesté dans les enluminures puis dans la sculpture plutôt que dans les écrits.  On trouve dans les variantes du Roman de Renart le Contrefait l'histoire de Renart apercevant des oiseaux et cherchant à les attendrir en manifestant un grand repentir de ses fautes passées. Les oiseaux s'approchent, et Renart leur fait un sermon sur l'obéissance et la patience. Mais le prêche s'arrête sans que Renart ne s'empare des oiseaux. Cette scène est illustrée par deux enluminures du Bnf fr. 1630 :

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Bnf Fr 1630 folio 193 Mandragore

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Par contre, le thème s'inspire de l'assimilation de Renart au clergé, qui est le propre des écrits postérieurs au Roman. Mais s'il a été toléré, et même commandité par les recteurs ou les chanoines, c'est peut-être avec l'idée que ce qui était dénoncé, c'étaient les faux pasteurs, ceux dont parle l'Évangile en disant "Défiez-vous des faux prophètes, ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs" (Matthieu 7:15).

 

 

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a) "Renart prêchant aux poules" ou "prêchant aux oies" dans les enluminures.

Jean Wirth et Isabelle Engamarre en découvre la première manifestation vers 1260 dans le Psautier de Rutland Londres British Library Add. 62925 folio 98v : coiffé d'une mitre épiscopale, il prêche devant deux poules et un coq. Le proverbe Als de vos de passie preekt, boer pas op uw ganzen , "Quand le renard prêche la Passion, veille sur tes oies, paysan" n'est pas attesté à cette date.

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Le Psautier de Tutland vers 1260, Londres British Library, ms. Add. 62925

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Dans les manuscrits anglais, Renart est le plus souvent déguisé en évêque et il prêche à des oies.  Par exemple :

— dans les Heures Harley 6563 (1320-1330) folio 53,

— dans le Psautier de la reine Mary Royal 2B. VII, fol. 157v,

— Et dans le Psautier Gorleston Add 49622 folio 47, 49, 128 et 143v,

—  Ou dans le cycle renardien des Décrétales de Smithfield Royal 10 E.IV fol. 49v et 175.

 

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Renart prêche en ermite dans les Heures de Mastricht Stowe 17 fol. 84 et 

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Book of Hours, Use of Maastricht , 1er quart XIVe siècle, British Library Stowe 17 folio 84

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b) "Renart prêchant aux poules" dans la sculpture sur bois.

J'ai décrit dans mon article sur la chapelle Saint-Fiacre du Faouët la sculpture de la clôture du jubé, réalisée en 1480 par Olivier Le Loergant : Renart déguisé en moine prêche à un coq et à trois poules tandis que l'un de ses renardeaux se précipite sur les volailles fascinées.

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Le sujet est aussi traité sur les appuie-mains ou miséricordes des stalles, à Amiens, à Evreux ou à Beauvais par exemple :

 

— Amiens : appuie-main

"Affublé de la coule monacale , l'orateur est établi dans une tribune carrée. D'une patte il s'appuie sur le bord , de l'autre il fait un geste énergique. Sa tête allongée et pourvue d'assez larges oreilles , dérobe à la vue du peuple qui l'écoute les trois ou quatre 'volatiles qu'il porte dans son capuchon et qui sont, à coup sur, des conquêtes dues à son éloquence. D'autres bêtes de même espèce et non moins crédules se groupent autour de la chaire" . 

" Dans une chaire à prêcher carrée, sans dossier ni abat-voix, affublé d'une chape de Jacobin dans le capuce de laquelle il a déjà emmagasiné trois pièces de volaille, maître Renard prononce « ung bel et solempnel sermon » devant un auditoire de gallinacées, quatre coqs et deux poules. Le rusé mangeur de poulets singe le geste d'un prédicateur d'une façon vraiment comique : une patte sur l'appui de la chaire; il accompagne de l'autre, qui est levée, une pénétrante et persuasive démonstration. Son fin museau a été altéré par l'usure et présente aujourd'hui l'aspect d'un bec de corbeau .  Le même détail se retrouve dans le renard prêchant aux poules de l'église de Cuiseau, Saône-et-Loire (MONNIER, Bullet. archéol. du comité, t. II, 1842, p. 636)".

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Cathédrale d'Amiens, accoudoir des stalles.

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— Evreux, église Saint-Taurin, miséricorde de stalle : Le Renard prêchant les poules, 15e siècle. 

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Miséricorde d'une stalle de l'église Saint-Taurin à Evreux, in Champfleury 1875.

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— Lausanne, stalles.

Champfleury, cite aussi  les stalles de Cuiseau (Saône-et- 
Loire), de Sirod (Jura), de Bletteraus (Jura), de Saint-Léonard le Koblac (Haute-Vienne), etc. 

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— Beauvais, miséricorde de l'église Saint-Lucien-de-Beauvais, Musée de Cluny.

 

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Saint-Lucien de Beauvais, miséricorde, vers 1492-1500 . Copyright RMN Thierry Ollivier-

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Sur la sablière de Grâces, Renart est dans une chaire hexagonale très comparable à celle de Saint-Lucien de Beauvais. Mais deux renardeaux aux yeux gourmands sont cachés derrière lui. Comme à la cathédrale d'Amiens, il lève une main droite éloquente, tandis que sa main gauche est posée sur la rambarde de la cuve, comme prête à saisir les volatiles. Les trois poules, sagement placées en rang devant lui, semblent être captivées par le prédicateur. 

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"C'est dans un même contexte de commande seigneuriale, mais sur des supports sculptés plus tardifs, que l'on retrouve Renart prêchant les poules. Les sablières de Grâces-Guingamp, datées de 1506-1508, présentent une mise en scène qui rappelle celle du Faouët : à gauche, Goupil déguisé est assis dans sa chaire devant trois poules attentives. Deux renardeaux sont cachés à l 'arrière-plan. Le prêche est suivit du dépeçage de l'animal, qui apparaît ressuscité à l'extrémité de la poutre, dévorant une poule. Que veut dire ce bouleversement ? Est-il du à une incompréhension du modèle recopié ou s'agit-il de l'association de séquences mettant en scène plusieurs renards, ce que semble indiquer la présence d'un goupil tapi dans les feuillages à l'extrémité droite.

Comme au Faouët, des sablières placées à proximité autorisent des rapprochements intéressants. Sur un tronçon voisin, un moine reconnaissable à sa robe et a son capuchon, pratique un exorcisme ; plus loin, trois moines tremblants sont assis dans une brouette poussée par un diable vers les Enfers. Considérant ce contexte, il semble que la scène du renart prêchant puisse être perçue comme une allusion ironique visant les moines et leurs mesures de « purification ». Mais si cette explication paraît satisfaisante, la fondation du lieu la rend plus discutable, l'un des promoteurs de la construction étant un cordelier. À moins que cette petite moquerie ne soit l'illustration des querelles intestines qui opposent à cette époque les conventuels aux cordeliers réformés. Du reste, l'édification du bâtiment est sous la responsabilité de deux gouverneurs de la chapelle et il est donc finalement probable que le sculpteur ait joui d'une certaine liberté. Il est aussi possible que la moquerie n'ait pas été destinée aux cordeliers, mais aux dominicains, particulièrement actifs dans le domaine de la prédication et de la lutte contre les pratiques hérétiques dans le diocèse de Tréguier à cette époque [H. Martin a montre la densité du réseau des mendiants entre Brest et Guingamp, aux XVe et XVIe siècles. Cf. Les ordres mendiants en Bretagne, p. 316 sq. ]. H. Martin a souligné l'importance des prédications, organisées à l'intérieur ou à l'extérieur des bâtiments dans des chaires prévues à cet effet, par des moines qui n'hésitent pas à impressionner les fidèles en jouant sur des effets oratoires spectaculaires. Que les artisans aient choisi de s'en moquer, ce dont témoigne clairement les poutres de Grâces-Guingamp, ne paraît donc guère surprenant." (S. Duhem)

Ce texte montre bien l'embarras interprétatif. Une première hypothèse, la caricature des franciscains cordeliers et la dénonciation de leur duplicité, se heurte au fait que la construction de la chapelle ait été dirigée par un frère cordelier, Pierre Bilsic, qui mourut en 1518. Ou que les armes d'Anne de Bretagne, sur la façade sud, soit accompagnée de pas moins de sept cordelières, rappelant la dévotion de François II qui appartenait à l'Ordre mineur, ou celle de la duchesse Anne qui créa l'ordre de la Cordelière.

L'autre hypothèse se fonde sur une moquerie à l'égard des Dominicains. Alors que l'engouement des bretons, après les grandes prédications de Vincent Ferrier, est rappelé, Renart prêchant serait une "moquerie" des gouverneurs (les deux Jehan Bellec, particulièrement dévots puisque l'un est surnommé l'ermite de l'ermitage à fontaine qui justifie la fondation de la chapelle) envers ces prédicateurs. Enfin, l'auteur glisse pour attribuer le choix de cette moquerie, non plus aux gouverneurs, mais aux artisans. 

Enfin, toute explication locale se heurte au fait que la sablière est inspirée, pour ne pas dire copiée, de celle du Faouët, dans un autre diocèse et un autre contexte. Et que Renart prêt à bondir derrière sa chaire reprend les stalles d'Amiens, de Lucien-de-Beauvais ou d'Evreux. 

Il est plus probable que les commanditaires  se contentent (comme l'attestent les contrats retrouvés, pour les stalles de Tréguier par exemple) de demander aux sculpteurs des "grimaces" et drôleries, en lui suggérant des modèles de tel ou tel site mais laissant à l'artisan le choix de puiser dans le répertoire propre à sa profession, répertoire fondé sur une culture populaire.

 

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2°) Renart attaqué mordu et dépecé par les poules.

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Ledict Duflot, a décrit en 1845 dans l'église Saint-Fiacre de Quimperlé "quatre bas-reliefs représentant 1.° le renard prêchant les poules; 2.° le renard poursuivant les poules; 3.° le renard poursuivi par les poules; 4.° le renard terrassé et dévoré par elles. Au-dessous, on lit Calvin. Evidemment , dit M. Ledict Duflot, c'est le triomphe de la foi sur l'hérésie. La lecture du mémoire sur les stalles d'Amiens, où le renard prêchant les poules est considéré comme une satyre du ministère de la prédication, lui a rappelé ce sujet des bas-reliefs de Quimperlé."

Dominique Chancel, dans une enquête approfondie sur le Renart qui prêche les poules du château de l'Arthaudière, confirme que la scène de Renart prêchant les poules, même si elle est isolée, s'inscrit dans un cycle à quatre temps : 

"Acte 1 : Renart déguisé prêche des volailles naïves. C’est le plus représenté et le plus immédiatement explicite, centré sur le beau parleur qui se travestit pour mieux séduire ;

Acte 2 : Renart s’empare d’une proie, qu’il peut tenir dans sa gueule ou cacher dans son capuchon voire sous sa robe de bure ;

Acte 3 : Renart est attaqué à son tour : soit les volailles se révoltent, soit une fermière armée d’une quenouille ou d’un battoir le poursuit, ou bien un chasseur le vise avec son arc… ;

Acte 4 : Renart subit le châtiment réservé aux fourbes : dépecé par les volailles, pendu par elles, par un singe ou un chat, transpercé par une flèche…

Nota : La représentation de l’acte 1 anticipe souvent sur l’acte 2 (volatiles déjà capturés avant la fin du prêche) et les actes 2 et 3 sont souvent représentés ensemble."

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C'est bien l'ensemble du cycle qui figure sur la sablière de Grâces. Dans ce deuxième tableau, Renart, allongé sur le dos et est maintenu immobile par quatre poules qui l'ont saisi par les pieds et par les pattes antérieures. L'une d'entre elles lui pince l'oreille. Un oiseau à longue queue est posé sur son thorax. 

Cette composition est très proche de celle de la corniche de clôture du jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, si proche qu'on peut affirmer une filiation directe.

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Renart dépecé par les poules, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, sculpté par Olivier Le Loergant, vers 1480. Photo lavieb-aile.

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Renart dépecé par les poules, jubé de Saint-Fiacre à Le Faouët. Copyright Dominique Chancel.

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On y retrouve les cinq oiseaux, dans les mêmes positions, mais à Saint-Fiacre, il est parfaitement clair que Renart est dépecé : la peau de sa queue et de la partie inférieure du corps est retroussée comme un gant jusqu'à la taille. C'est en reprenant alors l'examen de la pièce de bois de Grâces que nous constatons que, là aussi, les deux poules placées à la tête lui ôtent, comme un chandail, la peau qui fait un replis à la taille. Et que l'oiseau à longue queue se montre très intéressé par les organes génitaux mis à nu (moins qu' à Saint-Fiacre, où il les mord). Pourtant, la sculpture reste ambigüe : est-ce le pelage de l'animal qui est ôtée, ou seulement son vêtement de moine, son froc ? Le but des poules est-il de  dénuder Renart pour révéler sa supercherie, de le "dépouiller" ou de le punir par un martyre ? 

Une fois admis qu'il s'agit d'un dépeçage, il reste à en trouver l'origine. Or, l'explication la plus évidente ne trouve aucune confirmation. Non, il n'existe pas de récit de Renart dépouillé de sa peau par des poules ; ni par un coq, et ni par  des oiseaux. Non, il n'existe pas, hormis au Faouët, d'autre image peinte ou sculptée de cet épisode. Non, la séquence prêche/capture d'une proie/capture du goupil / punition n'est pas respectée, et nous ne pouvons pas évoquer une inversion lors d'un remontage, puisque la pièce de bois est unique. 

Il faut donc élargir l'interprétation et considérer que ce qui est illustré, c'est une description amusée du couple du Trompeur et du Crédule. Si le Roman de Renart nous séduit, ce n'est pas parce qu'il condamne la duplicité de l'animal roux, mais qu'il expose comment son art de tromperie n'est efficace qu'en raison de la bêtise des victimes. Loin d'être révoltés par les agissements du goupil, nous jubilons devant ses tours qui révèlent si bien la tendance de nos semblables à la soumission volontaire, à l'aveuglement, à la naïveté, et à la crédulité. Ce n'est pas un discours moralisateur dénonçant les prédicateurs et les prédateurs, les voleurs, les menteurs ou les violeurs, mais un théâtre anthropologique.

Dans ce cadre, la peau du renard, dont il est dépouillé ici, n'est pas charnelle, elle est allégorique : sa peau, c'est son moi, et après avoir endossé la peau d'autrui (la bure des moines), il est mis à nu désanimalisé de ce qui fait son  identité : sa pelisse rousse.

Nous avons donc sous les yeux les deux temps de la tromperie : le leurre efficace avec la victime bernée, puis le retournement de situation (comme le retournement de cette peau). La plupart du temps, dans le Roman, la victime ne comprend que trop tard le subterfuge, alors que Renart s'enfuit, "sauve sa peau", mais le spectateur jouit aussi lorsqu'il est enfin attrapé, confondu et défait de son Moi foncièrement Malin.

Au renversement carnavalesque des valeurs que met en scène la dérision d'une fausse prédication succède le renversement /retournement du mécanisme de séduction.

Voir "Les valeurs métaphoriques de la peau dans le Roman de Renart." de Pierre Bureau.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Dans le troisième tableau, Renart n'est pas "ressuscité", mais il a survécu à son dévoilement identitaire et a repris son rôle : le retour du refoulé. Il surgit d'un buisson et s'empare d'une poule sous les yeux de sa congénère.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Derrière lui, ses renardeaux s'empressent de venir profiter de la leçon. 

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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À l'extrémité droite, sous des feuilles de figuier, un grylle (avec sa cuisse  céphalique) tient un bâton, et tire le coin de sa bouche avec son doigt.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III. 3. Coté ouest. 

III.3 a : rinceau.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III.3b. Deux anges tenant un objet carré (blason ?).

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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QUATRIÈME TRAVÉE.

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IV.1. Coté est.

IV.1a. Quatre anges dont l'un présente le  voile de la Sainte Face.

C'est, avec l'Annonciation, ou les divers anges,  l'un des rares thèmes religieux de ces sablières.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV.1b. Dragon libérant des feuillages où jouent deux lapins. Blochet.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV. 2. Coté nord. Deux anges présentant le blason du duché de Bretagne.

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De juin à septembre 1505, durant la maladie de son mari Louis XII, Anne de Bretagne se rendit en Bretagne, notamment en "pèlerinage" à Locronan, ou au Folgoët . La construction de l'église de Grâces fut entreprise juste après sur l'ancienne chapelle.

La porte de la façade sud porte ses armoiries  surmontant les ogives et leur fleuron et soutenu par deux lions debout (armoiries des Montfort) . Au-dessus, un heaume sommé d'un lion en cimier, et orné de  lambrequins. Le tout encadré des sept  cordelières passant dans des annelets . C'est le même choix de sous le porche de la Collégiale du Folgoët. Les armes du roi de France sont absentes.

Les armes d'hermines plain,  se retrouvent aussi au dessus de la porte de l'Annonciation, mais dans un blason losangique, donc féminin.

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Portail de la façade  sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Portail de la façade sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les deux anges et leur écu sont entourés d'un lion à gauche et d'un bœuf à droite. N'attribuons pas trop vite ce lion aux Montfort, ou ce lion et ce bœuf aux évangélistes Marc et Luc.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En effet, à gauche, un sanglier sort d'un fourré et charge. Puis vient un bœuf endormi.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A droite, nous découvrons un singe, et à l'extrémité, un homme, de face, les mains sur les genoux.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV.3. Coté ouest.

IV.3a Fragments disparates.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV.3.b.  Lion et  licorne affrontés, entre deux lionceaux.

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Le thème du lion affrontant une licorne et aussi présent sur les sablières du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre de Châtelaudren, datant de la fin XVe/début XVIe, et donc contemporaines de celles-ci.

Mais ici, les deux animaux sont séparés par un arbre et semblent pas se combattre directement.

 

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Porche sud de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre.

 

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— BARTHELEMY (Anatole de) et GUIMART (Charles), 1849, Notice sur quelques Monuments du département des Côtes-du-Nord Bulletin monumental publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont, Société française d'archéologie pages 5-54.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310344/f42.item.texteImage

 

"Notre-Dame-de-Grâce. Non loin de Guingamp, est  l'église Notre-Dame-de-Grâce qui contient des reliques de  saint Charles de Blois. C'est un édifice qui fut commencé en  1506 ainsi qu'il résulte de deux inscriptions gravées l'une  sur une charmante frise en bois qui court tout le long de la  nef principale et du collatéral de droite l'autre sur le pilier à gauche du portail, extérieurement. L'inscription de la frise et du pilier portent le doziesme jour de mars lan de grace mil cinq centz et seix fut la première pierre de ceste chappelle assys. A côté on lit Le cinq ...lan mil V et VIII fut le une de ceste chappelle assis ou quel  estoit maigre Jehan le D. nece recteur de la paroisse de  Plouisy, et gouverneurs de Jehan Telles

La frise en question admirablement travaillée représente des chasses au cerf et au lièvre des vignes, des vendangeurs, des dragons, des dessins un peu lestes, des diables un lion combattant une licorne etc. "

 

L'inscription de la frise et du pilier portent : le doziesme jour de mars lan de grâce mil cinq centz et seix fut la première pierre de ceste chap- pelle assys. A côté on lit : Le cinqusejoe de Jaffins lan mil Ve. et VIII fut le Unes ? de ceste chappelle assis ou quel (1) Tout près de cette chapelle est le manoir de Kermathanan. Le fondateur appartenait peut-être à la famille de Vieuxchastel qui possédait le fief de Faou, et qui portait d'azur au léopard d'or. Les Barach portait de gueules à une ...

—  BAKHTINE M. 1970, L'oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sons la Renaissance, Paris. 

 

—  BULTHE (Stéphanie), 2014,  Figurations renardiennes et moralités dans les épigones du Roman de Renart , Mosaïque, revue de jeunes chercheurs en SHS – Lille Nord de France – Belgique – n° 13, septembre 2014

https://revuemosaique.files.wordpress.com/2016/10/m13_9_bulthe.pdf

— BUREAU (Pierre), 1992, "Les valeurs métaphoriques de la peau dans le Roman de Renart". Sens et fonctions , Médiévales  Année 1992  22-23  pp. 129-148.

http://www.persee.fr/doc/medi_0751-2708_1992_num_11_22_1244

— CHAMPFLEURY, 1875, Histoire de la caricature au Moyen-Âge et sous la Renaissance, 2ème édition.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205843r/f50.item.r=renart

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205843r/f51.item.r=renart

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205843r/f155.item.r=taurin

— CHANCEL (Dominique), Les fourberies de renart, château de l'Arthaudière

 

http://sa83aed69b8e10aca.jimcontent.com/download/version/1456197172/module/13173735922/name/les%20fourberies%20de%20%20Renart%202016-2-12.pdf.

https://www.chateau-arthaudiere.com/ch%C3%A2teau-de-l-arthaudi%C3%A8re/renart-%C3%A0-l-arthaudi%C3%A8re/

— COUFFON (René), 1939, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939, p. 139.

 "L'église Notre-Dame et Saint-Barthélémy est un édifice rectangulaire avec bas côté sud de quatre travées, précédé d'un clocher remarquable. La première pierre de l'édifice fut posée le 12 mars 1506 ainsi que l'indique, sur un contrefort de la tour, l'inscription suivante : « Le Dozième Jour de mars l'an de grâce mil cinq Cent et seix fut la première pierre de cette chapelle assise ». Sur une sablière de la nef, une seconde inscription renseigne sur la marche des travaux : « Le cinquiesme jour de Janvier l'an mil Vcc  et VIII fut le boies de cette chappelle assys auquel temz estoit Maistre Jehan Le Dirvec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dicte chapelle Jehan et autre Jehan Le Bellec ». Donnée en 1605 aux Cordeliers de Guingamp, qui avaient été chassés de leur couvent de la Terre Sainte, l'église fut dédiée le 13 août 1607, par Mgr. Adrien d'Ambroise, à Notre-Dame et à saint Barthélémy. "(R. Couffon).

— DUHEM (Sophie) 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérite bretonne (XVe-XVIIe s.). Thèse de doctorat en Histoire. Sous la direction de Alain Croix. Soutenue en 1997. à Rennes 2 .

— DUHEM (Sophie) 1998, Les Sablières sculptées de Bretagne, Presses Universitaires de Rennes, 390 pages. Pages 

2 ;4 ; 12 ; 19 ; 31 ; 36 ; 66 ; 69 ; 71 ; 95 ; 99 ; 148 ; 167 (Grylles); 169 ; 171 ; 172 (Renart) ; 174 (Chasse); 176 ; 177 ; 178 ; 179 ; 180 ; 193 ; 212 ; 213 ; 217 ; 226 ; 228 ; 229 ; 233 ; 272 ; 273 ; 291 ; 303.

DUHEM (Sophie) 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  105-1  pp. 53-69

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 

Images de Renart dans la sculpture sur bois bretonne

Représentations de Renart prêchant aux poules et de Renart écorché :

Le Faouët (Ch. St-Fiacre, v. 1480), Jubé, clôture est.

Le Faouët (Ch. Ste-Barbe, XVIe s.), 

Grâces-Guingamp (1506-1512),

Plumelec (Ch. St-Aubin, 1513),

Saint-Gilles-Pligeaux (XVe-XVIe s.),

Tréflévenez (XVIe s.).

[en pierre : Sizun frise extérieure]

Représentations de Renart et la fermière et variantes :

Cléguérec (Ch. de laTrinilc, milieu XVIe s.),

Guilligomarc'h (Ch. St-Éloi, XVIe s.),

Meslan (1527),

Ploërdut (Ch. de Crénenan, 1652),

Plougras (Ch. du Cimetière, XVIe s.),

Plourac'h (XVIe s.), sablière, 

Pont-Aven (Ch. de Trémalo, XVIe s.),

Saint-Nicolas-du-Pélem (Ch. St-Éloi, milieu XVIe s.),

Séglien (Ch. St-Jean, XVIe s.)

 

Renart et les poules :

Callac (Ch. St-Treffrin, XVe/XVIe s.), sablière,  Renart attaquant une poule

Châtelaudren (Ch. Notre-Dame-du-Tertre, XVIe s.),

Edern (Ch. du Niver, XIXe-XXe s.?),

Le Faouet (Ch. St-Sebastien, 1600-1608), sablières : Renart attaquant les poules.

Gourin (XVIe s.), sablière, Renart embroché.

Guern (Ch. de Quelven, XVe-XVIc),

Guimiliau (lere moitié du XVIIe s.),

Landemeau (Ég. St-Thomas, XVIe s., représentation disparue),

Landudal (XVIe-XVIP s.),

Langast (Ch. St-Jean, XVIe s.),

Lanvénégen ( XVIe s.),

Magoar (XVIe s.),

Neuillac (Ch. de Carmes, XVIe s.),

Plévin (Ch. St-Abibon, XVIIe s.),

Plouay (Ch. de Locmaria, XVIe s.),

Plourac'h (XVIe s.), sablière, Renart attaquant une poule

Le Quillio (Ch. St-Maurice, XVIe s.),

Séglien (Ch. de Locmaria (XVIe s.),

Suscinio (Château, fragment provenant de l'église de la Roche-Bernard, XVIe s.),

Trémeur (milieu XVIe s.)

 

— — Autres images de Renart :

Daoulas (Abbaye, XVe s.),

Hôpital-Camfrout (XVIe s.),

Loqueffret (XVIe s.).

 

— LE GOFF (Hervé), 2004 , Les riches heures de Guingamp, Plomée,- 766 pages

 

— LE ROUX (Gilbert), 1989, Plouisy Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°6.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_85/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_6.pdf

—  MERLET,(François) 1949,. « Notre-Dame de Grâces », dans Congrès archéologique de France, CVIIe session, Saint-Brieuc, 1949.

—  MESNARD, (Maurice), 1981,. « L′église Notre-Dame de Grâces-Guingamp », dans MSECDN, t. CX, 1981.  

— ROPARTZ (Sigismond), 1851, Guingamp et le pélerinage de Notre Dame de Bon-Secours, Périssé, 1851 - 408 pages page 95

https://books.google.fr/books?id=yo3IIXTsyPIC&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas d'entrer dans l'étude détaillée de cette admirable chapelle, monument complet, sorti tout entier de la pensée du même artiste, dernière fleur du style ogival éclose sur le sol breton.

Ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que les sculptures de Grâces ne sont autre chose qu'un long poème où sont stigmatisés tous les vices, sous la figure de Franciscains paresseux, avares et gourmands. Etait-ce une leçon de morale, était-ce une sanglante satire ? Quoi qu'il en soit, ces sculptures sont magnifiques de verve grotesque, et, pierres ou bois, dénotent certainement un très-habile ciseau et une luxuriante imagination. Voyez cette gargouille, c'est un gros Cordelier qui presse de ses deux mains son ventre trop plein, et dont la bouche grimace pour vomir ; étudiez l'une après l'autre les scènes rabelaisiennes, ciselées comme dessinait Callot, le long de la corniche du lambris : ici, c'est un moine ivre qui roule sous une tonne immense et se noie dans une mer de vin ; là, c'est un moine encore dont la sordide avarice se livre à un métier que ma plume ne peut décrire ; ailleurs, un diablotin lubrique brouette en enfer une charretée de nones ; tout cela est encadré dans un merveilleux fouillis de feuillage et d'arabesques, qu'animent des chasses fantastiques et que peuplent tout un monde d'animaux bizarres. La conclusion de ce poème étrange, c'est un bas-relief isolé où deux anges en pleurs montrent au peuple la sainte face du Christ, sanglante, meurtrie et couronnée d'épines, expiation éternelle de tous les désordres et de tous les scandales dont l'artiste vient de vous offrir la représentation cynique.

La pensée franciscaine, on le voit, remplit chaque détail de cette curieuse chapelle, et pourtant Grâces n'appartint aux Frères-Mineurs que cent ans après sa fondation ; mais on n'a pas oublié qu'un Franciscain, en bâtissant en ce même lieu un oratoire de mottes et de feuillage, avait été la première cause de la dévotion à Notre-Dame, et de la construction du monument.

— ROMAN DE RENART.

BnF Français 12583

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447178n/f5.item

— ROPARTZ (Sigismond), 1859, Guingamp: études pour servir a l'histoire du tiers-état en Bretagne, Prud'homme, Volume 1 page 115

https://books.google.fr/books?id=o-oYAAAAYAAJ&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— TOULET (Simonne), 2010, L'église de Grâces et ses sablières, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°48.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_89/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_48.pdf

— ??, 1990, Les sablières de l'église de Grâces, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°8.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_85/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_8.pdf

— VARTY (Kenneth), 1967 Reynard the Fox : A Study of the Fox in Medieval English Art, Leicester university press.

 

— VARTY (Kenneth), 1999, Reynard, Renart, Reinaert and Other Foxes in Medieval England, The Iconographic Evidence, Amsterdam University Press, 359 pp., 269 illustrations.

 

Compte-rendu par A. Strubel, Cahiers de Civilisation Médiévale  Année 2002  45-180  pp. 409-410

http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_2002_num_45_180_2841_t1_0409_0000_2

— WIRTH (Jean), ENGAMMARE (Isabelle), 2008, Les marges à drôleries des manuscrits gothiques, 1250-1350 Librairie Droz, 2008 - 413 pages

https://books.google.fr/books?id=jRgE3GtrT_UC&dq=renart+pr%C3%AAchant+aux+poules&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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