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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 22:36
  •       Étude des Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest [Chardon de Courcelles].

 

Je remercie les bibliothècaires du Service Historique de la Marine à Brest pour leur accueil et leur disponibilité.

 

I. Éditions.

La première édition Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital de la Marine.— Brest, R. Malassis, 1769, in-4°. est datée de 1769, et la mention d'une date de 1766 dans un article de E.H. Guitard serait une erreur. Cette édition de 1769 a fait l'objet d'une thèse de médecine par Brigitte Albert-Evain à Nantes en 1977 sous la direction de Jean-Pierre Kerneis.

  L'exemplaire que j'étudie ici, conservé au Service Historique de la Marine à Brest, est daté de 1780.

Il y aurait donc deux éditions, en 1769 et en 1780.

II. L'Auteur.

  Cet ouvrage n'a pas de noms d'auteur, mais est parfois attribuée à Étienne Chardon de Courcelles, alors médecin en chef de l'hôpital maritime et directeur de l'École de chirurgie navale de Brest. 

  C'est également mon point de vue, pour les raisons suivantes:

  • Il s'agit d'une publication réglementaire s'imposant en théorie au médecins-chef des unités : ce caractère officiel peut expliquer l'absence de nom, mais il incite à attribuer l'ouvrage au médecin le plus haut placé de la hiérarchie locale.
  • Chardon de Courcelles a déjà publié chez le même éditeur deux ouvrages qui témoignent de son souci de faire imprimer son enseignement dispensé aux élèves-chirurgiens :Abrégé d'anatomie pour l'instruction des élèves chirurgiens, par M. Chardon de Courcelles. — Brest, R. Malassis, 1752, 2 vol. in-12. et Manuel des opérations les plus ordinaires de la chirurgie pour l'instruction des élèves chirurgiens de la marine de l'Ecole de Brest, par M. de Courcelles, médecin du Roi et de la marine. A Brest, chez Romain Malassis, imprimeur du Roi et de la marine. M. DCC. LVI.
  • Chardon de Courcelles est, dans le domaine de la pharmacopée, l'éditeur en 1741 du Traité de Matière médicale de Étienne-François Geoffroy.
  • Argument décisif, l'Académie signale dans son bulletin que Chardon de Courcelles a remis à l'Académie Royale de marine ses Formules Pharmaceutiques en 1769 ("15 juin : Don par Courcelles de ses Formules pharmaceutiques, petit volume in-4°"). (Cité par Doneaud, histoire de l'Académie royale de marine, Revue maritime 1879 tome 62 p.355).

 

III. Intérêt de ce Formulaire.


a) Intérêt au sein d'une Histoire des publications pharmaceutiques.

  Ces formules trouvent leur place au sein d'un corpus de publications décrivant la pharmacopée française : soit pour les officines privées, Codex medicamentorium de Paris, soit pour les apothicaireries militaires. Parmi celles-ci, le cas particulier de la marine ; et, dans ce cas, le cas particulier des Hôpitaux d'Instruction (Rochefort, Brest, Toulon), le médecin-chef de Rochefort Cochon-Dupuy ayant publié son propre formulaire en 1737. On peut donc, en comparant les plantes, les drogues et les formules, rechercher une spécificité du corps militaire, puis des marins ou hôpitaux portuaires, puis des spécificités locales, celles propres aux ports (préparations des coffres de médicaments des navires, exposition des drogues au milieu marin, pathologies spécifiques) ou bien suivre l'évolution des usages thérapeutiques et des innovations au cours du XVIII ou XIXe siècle et l'introduction des plantes exotiques nouvelles.

b) Intérêt au sein d'une biographie de Chardon de Courcelles.

  Cet ouvrage témoigne de l'intérêt de l'auteur pour la botanique et la pharmacopée, mais aussi pour la pédagogie à travers de la publication de son enseignement. On constate combien il suit par ses publications celle de son aîné Cochon-Dupuy médecin-chef de Rochefort.

c) Intérêt au sein d'une étude de la médecine à Brest.

  Ces Formules sont la première publication brestoise dans le domaine de la pharmacopée. Puis, l'année suivante, paraîtra chez le même éditeur l' Abrégé de matière médicale à l'usage des chirurgiens de la marine, par M. Maistral, médecin. — Brest, R. Malassis, 1770, 2 vol. in-12. Chardon de Courcelles n'y est pas étranger, non seulement en raison de son rôle d'éditeur de la Matière médicale de Geoffroy, mais parce que Maistral est son élève, élève si proche que leurs enfants se marieront ensemble. 

Après ces deux travaux de pharmacopée navale et brestoise en 1769 et 1770,  paraîtra sous la Révolution l'Abrégé pharmaceutique à l'usage des hôpitaux militaires et de ceux de la marine, par  Pichon, Gesnouin, Billard. R. Malassis (Brest) 1793-1794, 54 pages (Gallica). Si on sait qu'en 1793, Billard était chirurgien-major en chef à Brest, Gesnouin Pharmacien en chef, Sabathier et Pichon second médecins en chef, Duret second chirurgien-major en chef , on voit que ce document a été rédigé par la "maistrance" de l'hôpital de Brest, sans doute pour faire autorité, et qu'il succède ainsi aux Formules de de Courcelles, bien qu'il affiche un objectif plus large, "les hôpitaux militaires et ceux de la marine". Il prétend "abroger une multitude de recettes ridicules que l'ancienne médecine avait accumulé" 

d) Intérêt pour la connaissance de la phytothérapie.

Étude des plantes utilisées, de leurs indications, et des recettes.

e) Intérêt lexicologique.

Non le moindre à mes yeux, il permet de découvrir le vocabulaire des apothicaires (lohocs, robs, apozèmes, épithèmes, électuaires, embrocations, etc) et l'onomastique des plantes. 

 

 

IV. Étude de l'exemplaire du Service Historique de la Marine (1780).

Exemplaire cote R. 6357 du Service Historique de la Marine à Brest.

Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest. A Brest, chez R. Malassis, imprimeur ordinaire du Roi et de la Marine. MDCC.LXXX. 128 pages +VII

Cachet Port de Brest. Bibliothèque de la Marine.

ancienne Cote manuscrite 8316(2)-1536

                 DSCN5684c

 


      Composition : 

 J'indiquerai le texte en italique, en ne donnant que les titres des drogues, et quelques recettes en illustration. Mes commentaires sont en caractère romain et entre crochets, les définitions sont souvent tirées du Compendium de Deschamp 1868.

Page non paginée :Poids et mesures, suivi de : Explication des abréviations.

CHAPITRE PREMIER.

— Art.premier  Des Espèces. page 1


Nota . Sous le nom d'Espèces, nous comprenons ici un mélange de plusieurs plantes sèches, ramassées, dans une saison convenable, et séchées avec soin, pour suppléer au défaut de plantes fraîches et récentes, pendant l'hiver ou à la mer. Chacune des plantes qui entrent dans la composition d'une espèce doit être coupée fort menue, pelée séparément, et après les avoir secouées légèrement sur un tamis de crin, pour en dégager la poussière, on les mélangera le plus exactement qu'il sera possible. Pour les biens conserver, et les garantir de l'humidité et de la moisissure, on les enfermera dans des boites de bois ou de fer-blanc, qui ferment exactement, que l'on tiendra dans un endroit sec, et que l'on n'ouvrira que pour le besoin, ayant attention de les refermer aussitôt. Cette précaution est encore plus nécessaire dans les vaisseaux qu 'à terre, parce que l'air y étant plus humide et plus chaud, les Espèces se gâteront promptement et tourneront en fumier..

  • Espèces amères. Page 2. Centaurée Chamaedrys Camomille

  • Espèces anti-scorbutiques. Raifort, Passerage, Trèfle d'eau, Centaurée.

  • Espèces apéritives. Parelle, Aunée, Grande Chélidoine, Fenouil, Garence, Scolopendre.

  • Espèces aromatiques

  • Espèces astringente.

  • Espèces carminatives. [qui favorise l'expulsion des gaz intestinaux, tout en réduisant leur production]

  • Espèces céphaliques.

  • Espèces diaphorétiques. page 4 [qui font transpirer]

  • Espèces diurétiques.

  • Espèces émollientes. [qui ont la propriété de ramollir et de détendre les tissus]

  • Espèces pectorales adoucissantes.

  • Fleurs pectorales. Page 5.

  • Espèces pectorales incisives

  • Espèces sudorifiques.

  • Espèces vulnéraires. [utilisée pour traiter les blessures]

 

 

 

Article second. Poudres. p.6.

Nota. On pulvérisera séparément chacune des Espèces qui entrent dans la composition des poudres, et on les pèsera avant d'en faire le mélange ; ensuite on les réunira et on les passera au tamis de crin ou de soie, pour que le mélange s'en fasse plus exactement.

On les enfermera, sans les entasser, dans des poudriers de verre ou de fayance, bien nets, et bien secs, que l'on fermera soigneusement pour les préserver de l'humidité.

  • Poudre absorbante. Écailles d'huîtres lavées et séchées.

 

  • Poudre antimoniale.

  • Poudre antiseptique.

  • Poudre antispasmodique.

  • Poudre astringente.

  • Poudre balsamique.

  • Poudre cordiale.

  • Poudre fébrifuge.

  • Poudre hydragogue

  • Poudre martiale.

  • Poudre nitreuse camphrée.

  • Poudre purgative

  • Poudre pédiculaire.

  • Poudre pour la gale.

  • Poudre scillitique

  • Poudre tempérante simple. [qui modère l'activité excessive de la circulation]

  • Poudre tempérante nitrée.

  •  Poudre vermifuge.


 

Article troisième. Eaux et esprits distillés. p. 14.

[Une "eau distillé" est le résultat d'une distillation d'une seule (eau simple, comme l'Eau de mélisse) ou de plusieurs ("eau composée") plantes ou ingrédients.  Un Esprit est un alcoolat, substances macérées dans l'eau-de-vie].

  • Eau cordiale [qui soutient le cœur]

 

  • Prenez 3 livres de Fleurs de sureau à demi-sèches, 2 côtes récentes d'angélique, 12 livres d'eau pure. Faites macérer pendant douze heures, distillez ensuite au bain-marie et tirez en 6 livres de liqueur.

  • Eau alexitaire [contre la morsure des animaux venimeux]

  • Esprit anti-scorbutique. 

  • Esprit ardent de cochlearia.  [le Cochlearia est le raifort officinal]

  • Eau vulnéraire spiritueuse.

     

— Article quatrième. Teintures et élixirs. p. 16

      [ Les teintures, comme les élixirs, sont des infusions de substances dans l' eau-de-vie ou de l'esprit-de-vin.]


Teinture anodyne. [analgésique]

Prenez deux dragmes d'opium choisi, 2 livres de vin d'Espagne, 4 onces d'esprit de vin. Faites digérer dans un matras [ récipient au col étroit et au long col] jusqu'à parfaite dissolution, et filtrez. Nota : 2 dragmes de cette teinture équivalent à un grain d'Opium.

  • Teinture diaphorétique. 

  • Teinture diaphorét-anodyne.

  • Teinture fébrifuge antiseptique

  • Teinture ou baume vulnéraire.

  • Elixir alexitère.

  • Esprit de vitriol dulcifié.

  • Esprit de Mindererus. [ une solution aqueuse d'acétate d'ammonium, - nommé d'après r. Minderer, médecin d'Augsbourg]

— Article cinquième. Vins médicamenteux. p. 19.

[Vins contenant par dissolution ou macération des extraits de substance pharmaceutique.]


Vin amer.  Prenez 1 once d'espèces amères, ½ once d'écorces d'Orange ou de Citron, , 1 dragme de Cannelle brisée menu, 2 livres de vin rouge,. Laissez macérer à froid 8 à 10 jours, et passez. Dose 2 once.

  •  Vin anti-scorbutique.
  • Vin chalybé. [du latin chalibs, "fer trempé, acier" : qui contient du fer]

  • Vin cordial

  • Vin fébrifuge.

  • Vin diurétique.

  • Vin émétique

  •  Vin de genièvre.

  • Vin d'ipécacuanha. [La racine d'Ipécacuanha, un sous-arbrisseau d'Amérique du Sud, a une action anti-émétique (contre les vomissements), mais était utilisée plus largement dans beaucoup de dysenterie.]

  • Vin miellé.

  • Vin scillitique. [Les scilles —rouge ou blanche— sont cardiotoniques ; c'est, ici, un mélange de racines de Scille, d'Iris de Florence (qui passe pour expectorante) et de Gingembre]

 

— Article sixième. Vinaigres médicamenteux p. 23.

[Préparations faites en dissolvant directement, ou en faisant macérer, les substances thérapeutiques dans du vinaigre]

  • Vinaigre antiseptique.

 

  • Prenez 1 once de Poudre antiseptique, 1 once de poudre cordiale ½ once de zestes d'écorces d'Oranges, 2 livres de vinaigre fort. Faites infuser au soleil 12 à 15 jours dans un matras que l'on agitera de temps en temps, passez ensuite avec expression, filtrez et gardez dans un flacon bien bouché. Dose : ½ once, que l'on répétera suivant l'ordonnance. Ajoutez, s'il est ordonné, sur chaque prise, 3 gros de Camphre.

  • Vinaigre camphré.

  • Vinaigre diaphorétique.

  • Vinaigre de Lytharge. [Le  Litharge est un oxyde de plomb ; les boissons (vins ou cidres) « lithargiés » étaient des alcools de raisins ou de pomme traités avec du plomb pour l'adoucir et le sucrer ; ce fut l'origine de très nombreux cas de "colique de plomb". ]

  • Eau de Saturne. [mélange de Vinaigre de Litharge, d'eau et d'eau-de-vie]


— Article septième. Sucs d'herbes. p. 25.

      [Liquides extraits des plantes par l'eau (sucs aqueux) ou par contusion dans un mortier (suc neutre), etc...]

  • Sucs anti-scorbutiques.

    Prenez 2 parties de feuilles de Cochléaria, 2 parties d'Oseille, 1 partie de Cresson d'eau, 1 partie de Beccabunga. Pilez dans un mortier de marbre, et exprimez-en le suc, que vous laisserez défequer par résidence. Décantez et ajoutez , ou Rob de Citrons, ou Rob d'Orange, ou Rob de Groseilles, pour une sixième partie. Dose : 3 onces matin et soir dans un e tasse de petit lait ou de Tisane ou eau de veau.

  • Sucs apéritifs.

  • Sucs astringents.

  • Sucs pectoraux.

— Article huitième. Robs, extraits, mucilages. p. 27.

  •  
  • Rob de citron. [Rob ou Robub est un nom arabe par lequel on entend le suc de quelque fruit que ce soit, cuit en consistance de miel] : 
  • Prenez la quantité voulue de Suc épuré de Citrons, faites évaporer au bain-marie jusqu'à consistance de miel, dans une jatte de fayance ou de porcelaine fort évasée et peu profonde, et gardez dans des bouteilles bien bouchées. Dose : une cuillerée ou demi-once. Préparez de la même manière :robs d'oranges, de groseilles, de sureau, de fraises, de framboises, de mûres, d'airelles, de cerises, d'épine-vinette, de Genièvre, de raisins blancs. 
  •  Extrait de bois de Campêche.
  • Extrait de ciguë.
  •  Mucilage de gomme arabique.

— Article neuvième. Syrops. p. 29.

[Les sirops sont des médicaments préparés avec du sucre et des véhicules qui tiennent en dissolution les principes actifs]

  •  

  • Syrop simple [mélange de cassonade, d'eau et de blanc d'œufs]
  • Syrop anodyn
  • Syrop d'écorces d'oranges.

    Prenez 2 onces de zestes récents d'écorces d'Oranges, 1 livre de syrop simple. Mêlez les zestes et le syrop, encore presque bouillant, dans un matras que vous boucherez avec du parchemin. Faites infuser au bain-marie, à une douce chaleur, pendant douze heures ; ensuite laissez refroidir et passez par la chauffe. Préparez de même le Syrop d'Ecorces de Citrons.

  • Syrop de fleurs d'oranges

  • Syrop de rhubarbe.

  • Syrop de safran

  • Syrop scillitique

  • Oxymel scillitique

 

CHAPITRE SECOND. Formules magistrales.


Article premier. Tisanes et apozèmes. p. 32.

[Apozème : Décoction de plusieurs plantes, de substances végétales, ordinairement très chargée et très composée.]

  • Tisane commune.

    Prenez une livre d'Orge entière, frottée et lavée, ½ livres de racines de Chiendent, mondées et contuses, 24 pintes d 'eau. Faites bouillir et réduire à 21 pintes, ayant attention d'écumer à mesure que la tisane bouillira. En retirant le coquemar du feu, ajoutez 4 onces de réglisse ratiffée et effilée. Nota. Laissez refroidir et décantez Pour laver l'Orge, on la fera bouillir demi-quart d'heure dans une quantité d'eau que l'on jettera après.   

  • Tisane nitrée.

  • Tisane acéteuse.

  • Tisane acidulée.

  • Eau d'orge simple.

  • Lait d'orge ou lait coupé.

  • Tisane ou Eau de riz.

  • Tisane émolliente.

  • Tisane astringente.

  • Tisane anti-scorbutique.

  • Tisane pectorale adoucissante.

  • Tisane pectorale incisive.

  • Tisane de figues.

  • Tisane de Chicorée.

  • Tisane de Parelle.

  • Tisane de Pariétaire.

  • Tisane ou Eau de pruneaux.

  • Tisane de Sorsonère.

  • Tisane sudorifique.

  • Bochet. [CNRTL : Boisson faite avec de l'eau, du sucre, du miel et des épices diverses (en partic.de la cannelle)"]

     

  • Tisane vermifuge.

  • Tisane vulnéraire.

  • Décoction de Centaurée.

  • Décoction de Chamaedris.

  • Décoction de Fumeterre.

  • Décoction de Pareira brava.

  • Décoction de Squine simple.

  • Décoction de Squine composée.

  • Décoction de Simarouba.

  • Décoction de têtes de Pavots blancs.

  • Lessive de Genêt.

  • Infusion de Camomille.

  • Infusion de fleurs de Sureau.

  • Infusion d Capillaire.

  • Infusion de Mélisse.

  • Infusion pectorale.

  • Apozème amer.

  • Apozème anti-scorbutique tempéré.

  • Apozème anti-scorbutique âcre.

  • Apozème apéritif.

  • Apozème astringent.

  • Apozème carminatif

  • Apozème céphalique.

  • Apozème commun.

  • Apozème diaphorétique.

  • Apozème diurétique.

  • Apozème fébrifuge simple.

  • Apozème fébrifuge émulsionné.

  • Apozème fébrifuge apéritif

  • Apozème fébrifuge laxatif.

  • Apozème fébrifuge pectoral.

  • Apozème pectoral.

  • Apozème tempérant.

     


Article deuxième. Hydromels. p. 55.

[Il s'agit ici d'une simple dilution aqueuse de miel, qui sera nommée plus tard "mellite simple" et non de "l'hydromel vineux", notre hydromel, qui est fermenté par levure de bière. La canne à sucre n'a concurrencé le miel comme produit sucrant qu'au 17e siècle, mais le miel, sous forme de miel rosat, d'hydromel ou d'oxymel (simple ou scillitique) reste apprécié pour ses propriétés laxatives, détersives, apéritives et pectorales, et dans les Opiats qui devaient être conservés longtemps (Thériarque)]


Hydromel simple.   Prenez 2 livres d'Eau d'Orge, chaude et 1 ½ once de miel, faites fondre et passer. Ajoutez, s'il est ordonné, ½ dragme de Nitre purifié ou Kermes minéral. 

  • Hydromel acétueux.

  • Hydromel acidulé.

  • Hydromel composé. [avec Enula campana, Hysope, Lierre terrestre, Pied-de-chat et Tussilage]

 

 

Article troisième. Émulsions. p.57.

 

[On donne le nom d'émulsion à de l'eau qui tient en suspension, à la faveur d'une matière albuminoïde et d'une certaine quantité de matières gommeuses, contenues dans les graines, une huile fixe ou une résine, etc. Ressemblant au lait, elles peuvent être employées à la place des tisanes ou des potions. Notre « lait d'amande » est une émulsion.]

  • Emulsion simple.

  • Émulsion pectorale.

  • Émulsion anodyne.

  • Émulsion camphrée.

  • Émulsion diurétique.

  • Émulsion aiguisée ou stibiée.

  • Émulsion avec le kermès.


Article quatrième. Laits et petit-laits. p. 59.

[Les "laits" sont du lait de vache ou de chèvre, pur, ou coupé d'eau, ou dans lequel un fer rouge a été trempé ; les Petit-laits sont additionnés de sucs, de robs, de syrops.] 

  • Lait pur.

  • Lait coupé.

  • Lait ferré.

  • Petit-lait anti-scorbutique.

  • Petit-lait pectoral.

Article cinquième. Lohocs. p. 61.

[Le nom vient de l'arabe ; on trouve aussi looch, lok, loock. C'est une sorte d'électuaire, plus liquide, et qui ne doit pas être avalé, mais gardé dans la bouche jusqu'à ce qu'il ait fondu sous la langue, ou happé, "léché" par petites gorgées pour soigner la gorge et les voies respiratoires ; il n'est pas étonnant d'y trouver la Réglisse, grand anti-inflammatoire des muqueuses. Sous le nom de Linctus, on le trouve décrit ainsi : "c'est un remède un peu plus clair qu'un électuaire, et beaucoup plus épais qu'un sirop, qu'on appelle éclegme, eclegma, ecleictot, et quelquefois lohoc ou loc. On fait ordinairement sucer l'éclegma au bout d'un bâton de réglisse (d'où lui est venu son nom — de lingere, "sucer"—) dans les maladies de la gorge, de la bouche, de l'œsophage, du larynx, de la trachée-artère et des poumons. On le prépare ordinairement avec des substances émollientes et adoucissantes"]

  •  Lohoc commun.  Prenez ½ once de Réglisse effilée, 1 livre d'eau bouillante, laissez infuser demi-heure, et passez ; ensuite faites dissoudre 1 dragme de gomme adragant, pulvérisée. Cela fait, prenez 4 onces de miel pur et 4 onces d'huiles d'amandes douces que vous mêlerez ensemble en triturant dans un mortier de marbre, en versant, peu à peu et par cuillerées, l'infusion ci-dessus, continuant de triturer jusqu'à parfait mélange. Sur la fin, ajoutez : ½ once de fleurs d'Orangers. On donnera à chaque malade à qui il sera ordonné quatre onces de ce Lohoc par jour. Ajoutez, s'il est ordonné, sur chaque phiole, la quantité prescrite de kermès minéral, ou 1 once d'oxymel scillitique.

 

Article sixième. Juleps. p. 62.

[Le nom Julep ou juleb vient du persan et signifie "potion douce", car il contient des substances agréables comme le sucre ;on trouve dans les remèdes suivants le mélange de principes thérapeutiques avec des sirops.]

  •  

  • Julep alexitaire

  • Julep analeptique.

  • Julep anodyn.

  • Julep anti-asthmatique.

  • Julep anti-émétique.

  • Julep anti-scorbutique.

  • Julep antiseptique.

  • Julep anti-spasmodique.

  • Julep astringent.

  • Julep carminatif.

  • Julep cordial.

  • Julep diaphorétique.

  • Julep diurétique.

  • Julep pectoral.

  • Julep tempérant.

  • Julep vermifuge.


Article septième. Potions altérantes. p. 68.

[ Les potions sont des préparations magistrales sucrées destinées à être prises par cuillerées toutes les heures, ou plusieurs fois par jour. Un principe thérapeutique, très divers, est mélangé à un produit sucré : sirop simple, sirop de roses rouges, d'œillets.  Pour Deschamp, la distinction entre potion, julep et looch est hasardeuse. Pour J. Allen, les juleps sont limpides, et les potions sont troubles, par les poudres, sels ou huiles qu'elles contiennent.]

[L'adjectif altérant qualifie à cette époque, en médecine, la capacité d'induire un changement profond et graduel dans l'organisme]

  •  

  • Potion absorbante.   Prenez 1 dragme de Poudre absorbante, 1 dragme de mucilage de Gomme arabique, 4 onces de tisane commune chaude, 1/2 once de syrop simple. Mêlez pour deux doses. Ajoutez, s'il est ordonné, 1 dragme de Confection cordiale, ou 1 serup de Sels d'Absynthe, ou ½ dragme de Seignette, ou 2 dragme de Teinture anodyne.

  • Potion alumineuse.

  • Potion astringente.

  • Potion cordiale.

  • Potion diaphorétique.

  • Potion hémophtoïque.

  • Potion huileuse.


Article huitième. Potions purgatives. p. 71.

[Le terme "purgatif" semble devoir être appliqué à une drogue qui provoque la vidange du système digestif soit par le haut (effet émétique, par vomissement), soit par le bas (effet laxatif). Les drogues émétiques sont le tartre émétique, composé d'antimoine et de tartrate de potassium extrémement dangereux, l'ipécacuanha, racine ramenée du Brésil et introduite dans les usages thérapeutiques après les travaux d'Helvétius (Reims) à la fin du 17e siècle. Les laxatifs sont le Casse, la Manne, le Sené, et le Tamarin. Le catholicon est un électuaire de séné et de rhubarbe qu'on croyait propre à toutes les maladies.]

  •  

  • Potion émétique.  Prenez 4 gr. De tartre émétique, 3 onces d'eau tiède, faites dissoudre pour une dose.

  • Eau bénite. [Idem avec douze onces d'eau tiède ; divisé en quatre parts, elles sont administrées tous les quarts d'heure jusqu'à effet, puis toutes les demi-heures si l'effet tarde à se manifester.]

  • Potion émétique cordiale.

  • Ipécacuanha délayé. 

  • Première décoction d'ipécacuanha.

  • Seconde décoction d'ipécacuanha.

  • Troisième décoction d'ipécacuanha.

  • Eau de casse simple, pour boisson.

  • Casse et grains pour une dose.

  • Casse-manne.

  • Casse et poudre purgative.

  • Eau de tamarinds simple.

  • Tamarinds et grains pour une dose.

  • Tamarinds et manne.

  • Tamarinds et poudre purgative.

  • Manne délayée.

  • Infusion de séné simple.

  • Séné et manne.

  • Séné, rhubarbe et manne.

  • Séné et poudre purgative.

  • Teinture de rhubarbe simple.

  • Rhubarbe et manne.

  • Rhubarbe et catholicon.

  • Potion laxative huileuse.

  • Potion purgative commune.

  • Potion hydragogue.

  • Tisane royale.

  • Eau minérale laxative.


 Article neuvième. Confections, électuaires. p. 80.

L'électuaire est une forme galénique pâteuse administrée par voie orale et généralement constituée de poudres ou de pulpe végétale mélangées à du sirop ou, plus souvent, à du miel.]

 

  • Confection cordiale.

  • Confection cordiale antiseptique.

  • Confection cordiale astringente.

  • Électuaire anti-scorbutique.

  • Électuaire apéritif.

  • Électuaire laxatif.


Article dixième. Bols. p. 83.

[Les bols ne différent des pilules que par leur taille plus grosse, alalnt de celle d'un gros pois à celle d'une noisette]

  •  

  • Bol absorbant.

  • Bol d'Aethiops.

  • Bol alumineux.

  • Bol anti-asthmatique.

  • Bol antimonial.

  • Bol antiseptique.

  • Bol antispasmodique.

  • Bol apéritif.

  • Bol apéritif gommeux.

  • Bol astringent.

  • Bol balsamique.

  • Bol de camphre.

  • Bol cordial.

  • Bol cordial antiseptique.

  • Bol cordial astringent.

  • Bol diaphorétique.

  • Bol fébrifuge simple.

  • Bol fébrifuge apéritif.

  • Bol fébrifuge apéritif .

  • Bol fébrifuge pectoral.

  • Bol fébrifuge purgatif.

  • Bol hydragogue.

  • Bol martial.

  • Bol de rhubarbe et de mercure.

  • Bol scillitique.

  • Bol vermifuge simple.

  • Bol vermifuge purgatif.


Article onzième. Pilules. p.93.

  •  

  • Pilules aloétiques.

  • Pilules alumineuses.

  • Pilules antidyssentériques.

  • Pilules antimoniales.

  • Pilules antivénériennes.

  • Pilules astringentes.

  • Pilules balsamiques.

  • Pilules de Ciguë.

  • Pilules diurétiques.

  • Pilules gommeuses.

  • Pilules hydragogues.

  • Pilules mercurielles.

  • Pilules pectorales.

  • Pilules savoneuses.

  • Pilules scillitiques.

  • Pilules de térébenthine et de rhubarbe.


Article douzième. Lavements. p. 99

  •  


Décoction émolliente.

  • Lavement adoucissant.

  • Lavement anodyn.

  • Lavement astringent.

  • Lavement carminatif.

  • Lavement de casse.

  • Lavement détersif.

  • Lavement émollient.

  • Lavement fébrifuge.

  • Lavement d'huile et de vin.

  • Lavement de lait.

  • Lavement laxatif.

  • Lavement nourrissant.

  • Lavement purgatif.

  • Lavement de savon.

  • Lavement de tabac.

  • Lavement de térébenthine.

  • Lavement de tripes.

  • Lavement vermifuge.

     

Article treizième. Gargarismes. p. 107.

 

  • Gargarisme adoucissant.

  • Gargarisme astringent.

  • Gargarisme antiseptique.

  • Gargarisme anti-scorbutique.

  • Gargarisme anti-scorbutique détersif.

  • Gargarisme commun.

  • Gargarisme détersif.

  •  

Article quatorzième. Collyre. p. 110.

[Le terme collyre possède ici le sens que nous lui connaissons de remède local pour les yeux, mais y réunit les onguents.] 

 

  • Collyre alumineux. [Onguent d'alun cristallisé et de blanc d'œuf.]

  • Collyre adoucissant. [Infusion d'Altheae, graine de Lin, Safran, associée au sel de saturne.]

  • Collyre détersif. [Infusion de feuilles de Fenouil et de Roses de Provins, auquel on ajoute de la Tuthie, de la poudre d'Aloès et du sucre candi.]

  • Collyre résolutif. [Infusion de feuilles de Fenouil, de fleurs de Camomille et de Sureau et de Safran en poudre, associé au Sel de saturne et au Camphre.]

  • Collyre sec.

 

Article quinzième. Injections. p. 112.

[Il s'agit de liquides destinés à être introduit, par une seringue (souvent d'étain) ou tout autre moyen, dans une cavité naturelle de l'organisme pour en modifier les sécrétions (par exemple gonorrhéiques).] 

 

  • Injection adoucissante. Prenez ½ onces de racines d'Althéa, sèches, et 1 pincée de graines de Lin dans ½ livres d'eau bouillante. Laissez infuser, et passer.

 

  • Injection anodyne.

  • Injection détersive.

  • Injection résolutive.



Article seizième. Fomentations, lotions, et Embrocations. p. 114.

[Les fomentations sont des préparations destinées à entretenir l'humidité sur certaines parties douloureuses du corps. Chaudes ou froides, acqueuses, vineuses, huileuses ou alcooliques, on en imprègne un linge qui est appliqué sur la région et recouvert de toile cirée.]

[ Les lotions sont destinées à laver, nettoyer et calmer certaines parties du corps ; on les applique avec une éponge.]

[Les embrocations sont des préparations huileuses calmantes appliquées sur la peau]

 

  • Fomentation aromatique. Prenez ½ livre d'Espèces aromatiques, 7 livres d'eau. Faites bouillir légèrement, et lorsque la liqueur sera à demi refroidie, ajoutez 7 livres de Baissière de Vin. Laissez infuser, et passez. Ajoutez, s'il est ordonné, 2 livres d'Eau-de-vie camphrée. [La Baissière de vin est le fond trouble du tonneau]

  • Fomentation anti-scorbutique.

  • Fomentation antiseptique.

  • Fomentation astringente.

  • Fomentation émolliente.

  • Fomentation pour l'érysipèle.

  • Lotion détersive.

  • Lotion d'eau de saturne.

  • Lotion résolutive.

  • Embrocation émolliente.  Prenez 3 onces d'Huile rosat, 3 onces d'huile de Millepertuis, 1 once d'eau-de-vie camphrée, mêlez.

  • Embrocation résolutive. Prenez du savon blanc, de l'eau-de-vie camphrée, faites dissoudre. Ajoutez, s'il est ordonné, sur 4 onces, ½ once de Teinture Anodyne.

 

 

— Article dix-septième. Cataplasmes et Epithèmes. p. 118.

[ On nomme cataplasme une bouillie épaisse destinée à être appliquée sur les parties douloureuses du corps ; ils sont préparés à partir de farines, poudres, pulpes de plantes fraîches ou sèches. La farine de lin y tient une grande place]

[Epithème : étymologie grecque, littéralement : ce qu'on pose dessus.  Toute espèce de médicament topique qui n’est ni un onguent ni un emplâtre.]

 

 

  • Cataplasme anodyn.  Prenez 1 livre de Mie de pain blanc, fraisée, du lait écrémé ou de l'eau de Saturne, faites bouillir en remuant sans discontinuer. Vers la fin, ajouter ½ dragme de Safran pulvérisé, et après avoir retiré le Vaisseau du feu, 1 jaune d'œuf et une once d'huile d'olive. On renouvellera ce cataplasme de six heures en six heures, ayant attention chaque fois de laver la partie malade avec de l'eau de Saturne, tiède.

  • Cataplasme antipleurétique.

  • Cataplasme antiseptique.

  • Cataplasme maturatif.

  • Cataplasme de pommes.

  • Pâte vésicatoire.

  • Sinapisme.

  • Épithème antipleurétique.

  • Épithème pour les bourses.

 

Article dix-huitième. Pommades, onguents et liniments. p. 122.

[Pommade :Après avoir désigné une préparation qui avait pour excipient des matières grasses, et dans composition de laquelle rentraient des pommes, le terme a désigné les préparations qui en avaient la consistance, semblable à la graisse, et où les agents thérapeutiques sont mélangés ou dissous à un excipient de nature principalement grasse.]

[Liniment : il se définit essentiellement par son usage, la friction d'une partie externe du corps. Le principes actifs y sont mélangés le plus souvent à un corps gras, végétal ou animal, mais parfois à l'eau, le vin ou vinaigre l'alcool.]

 

 

  • Pommade simple.

  • Pommade anodyne.

  • Pommade fondante de Goulard.

  • Pommade de saturne de Goulard.

  • Onguent pour la galle.

  • Onguent de saturne.

  • Onguent de Tuthie.

  • Liniment anti-scorbutique.

  • Liniment adoucissant. [Pommade simple, huile d'amande douce, +/- Camphre, Laudanum ou Sel de Saturne.]

     

  • Liniment antiseptique. 

  • Liniment astringent. [Noix de galle, poivre, alun, blanc d'œuf : pour attouchement de la luette.]

  • Liniment résolutif. [Huile d'amande douce, Camphre.]

 

 

  • Liniment savonneux.

  • Sparadrap ou toile cirée. 

 

Table des formules. 7 pages non paginées.


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V. Plantes utilisées. 

Le Formulaire de Brest ne comporte pas l'index des drogues qu'on trouve dans les autres ouvrages. Le décompte des drogues citées dans le texte est peut-être moins précis et sujet aux erreurs et oublis : j'obtiens un chiffre de 165 plantes dont je donne la liste en annexe.

  Les Formules de Geoffroy en cite 117 en 1747 ; l'Abrégé de Pichon, Billard et Gesnouin en cite 125 en 1793.



VI. Les Formulaires pharmaceutiques militaires. 


  Je donne ici la copie d'un article d'E.H. Guitard de 1939 Les formulaires des hôpitaux militaires français avant la Révolution (Persée) :

 

« Tous les règlements concernant les hôpitaux militaires français au début du XVIIIe siècle obligent le médecin-major de chacun d'eux à tenir constamment à jour, avec l'aide du médecin inspecteur des hôpitaux, un formulaire de remèdes usuels auquel l'apothicaire était tenu de se conformer.

Certains hôpitaux firent imprimer leur recueil réglementaire : le plus ancien est celui qui fut établi pour les hôpitaux français de Mantoue en 1704 :Formuliae remediorum ad usum aegrotantium in nozocomitis Mantuae regis degentium. Il ne forme pas un volume, mais tient tout entier dans une grande feuille de papier imprimée sur quatre colonnes au recto seulement. [il s'agissait de placards destinés à l'affichage dans les apothicaireries des hôpitaux.

Un autre document de même type mais en français a été édité en 1742 sur trois colonnes, à Staubingen, par les « hôpitaux de l'armée du roy en Bavière ». Il est signé de Baron, régent de la faculté de Paris et médecin en chef de l'armée de Bavière.

C'est en 1747 que sortira des presses de l'Imprimerie Royale le véritable premier codex militaire, intitulé : Formules de pharmacie pour les hôpitaux militaires du Roy avec l'état des drogues simples qu'il faut approvisionner et des médicamens composez qui doivent se trouver...dans les apothicaireries de ces hôpitaux, petit in-16 de 128 pages. Cet ouvrage fut, dès sa parution, très attaqué, même à grands renfort de pamphlets. Jalousie de confrères sans doute, car il avait pour auteur deux membres de l'Institut : Sauveur-François Morand, le célèbre chirurgien des Invalides, et l'apothicaire bien connu Claude-Joseph Geoffroy.

En 1758, Baron publiait à Paris une nouvelle édition considérablement augmentée, la 6ème, du tableau qu'il avait donné en 1742 pour les hôpitaux de Bavière ; c'est une plaquette de 72 pages destinée à tous les hôpitaux d'armée , les Formules de Morand et Geoffroy intéressant plutôt les hôpitaux sédentaires de l'intérieur.

Par contre, la plaquette de 39 pages éditée la même année par le médecin-inspecteur PoissonnierFormulae generalis ad usum nosocomiorum castrensium — est à l'usage des unités de campagne. Il contient des principes d'hygiène très détaillées : il faut aérer les chambres, surveiller les poêles, obliger les hommes à relever leur col quand ils vont en faction, à se tenir très propres, à faire bouillir leurs eaux de boissons « avec un morceau de fer rouillé ». L'auteur recommande même d'organiser des concours de tir, des marches hygiéniques et des jeux de quilles, de ballon, de boules et autres ».

Bien conçues et clairement présentées sont les Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités à l'hôpital royal de la marine de Brest, datées de 1766.

Le Compendium pharmaceuticum a été établi en 1780 par Coste, médecin en chef de l'armée de Rochambeau, pour le corps expéditionnaire de l'Amérique du Nord.

Quand aux hôpitaux militaires de l'intérieur, une ordonnance royale les invite, en 1781, à abandonner le formulaire de 1747 pour adopter les nouvelles Formulae medicamentorum ad usum nosodochorium militarium, qui ne tarderont pas à être traduites en français. Ces formules seront détrônées à leur tour en 1788 par un nouveau recueil officiel de 37 pages, rédigé par le Conseil de Santé.

(d'après Moreau, BOUVET, Les formulaires des hôp. Militaires français avant la révolution, Paris, Imp. Nationale, 1936, in-8°, 69p.)".

 

  On peut considérer les Formules pharmaceutiques de Chardon de Courcelles en 1769 comme l'adaptation, pour le port de Brest, des Formules de pharmacie de Morand et Geoffroy de 1747. Il ne peut sembler insignifiant que Claude-Joseph Geoffroy soit le frère cadet d'Étienne-François Geoffroy, dont Chardon de Courcelles avait édité à titre posthume en 1741 le Traité de Matière médicale en latin (Tractus  de materia medica).



      ANNEXE 

Liste des plantes employées. dans les Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest, 1769.

 Végétal : 165 plantes.

  • Absynthe.(Sel d'.)
  • Aigremoine (feuille)
  • Airelle.
  • Alkékenge (fruit).
  • Aloés pulvérisé
  • Althéa. (Guimauve )
  • Angélique
  • Anis vert
  • Assa foetida.
  • Aunée
  • Balauste. (Balautia off, nom ancien des fleurs de grenadier Punica granatum L.).
  • Basilicum. (p.119)
  • Baumier du Pérou (Myroxylon balsamum)
  • Benjoin (Fleurs de) ; voir Imperatoire
  • Bette (feuille)
  • Bistorte.
  • Bourrache.
  • Bugle.
  • Buglosse. Anchusa officinal
  • Cachou (teinture de)
  • Canada (baume de) : oléorésine d' Abies balsamea ou sapin baumier.
  • Camomille.
  • Campêche (bois de)
  • Camphre.
  • Cannelle.
  • Capillaire.
  • Casse /Casse (silique de ) 
  • Centaurée Petite [en breton louzouen Sant-Honoré, louzouen an Derjen (herbe à la fièvre)(quinquina français): La Petite-centaurée commune ou Petite-centaurée rouge, Érythrée (Centaurium erythraea Rafn) est une plante herbacée annuelle ou bisannuelle de la famille des Gentianacées qui pousse dans les pâturages humides ; Son intérêt réside surtout dans ses principes amers, qui lui confèrent la propriété de stimuler les sécrétions du foie et de l'estomac. On l'utilisera donc pour des problèmes d'estomac, digestions difficiles, dyspepsie, insuffisance hépatique. Ses sommités étaient un des multiples constituants de la thériaque. Wikipédia]
  • Cerfeuil
  • Cerises
  • Chacrille (Extrait de) Cascarilla, écorce du Pérou.
  • Chamaedrys : véronique petit-chêne http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ronique_petit-ch%C3%AAne.
  • Chélidoine Grande
  • Chêne (écorce de)
  • Chèvrefeuille.
  • Chicorée.
  • Chiendent.
  • Ciguë (Grande )
  • Citron
  • Cochléaria
  • Coloquinte (pulpe)
  • Consoude.
  • Contrayerva. (désigne la racine de plusieurs plantes, dont une Dorstenia : Encycl.)
  • Copahu (Baume de) : oléorésine coulant du tronc de Copaïba off.
  • Coquelicot.
  • Coriande.
  • Cresson d'eau.
  • Cynorrhodon (conserves de)
  • Endive (feuille)
  • Enula campana (racine)
  • Epinard.
  • Epine-vinette
  • Fenouil.
  • Figues sèches.
  • Fougère mâle (Racines sèches de)
  • Fraisiers.
  • Fumeterre
  • Garence.
  • Galle (noix de)
  • Gayac.
  • Genet (Sel de )
  • Genièvre.
  • Gingembre.
  • Gomme-gutte
  • Grémil (Semence ) : Lithospermum officinal
  • Grenades.
  • Groseilles.
  • Guimauve (racine)
  • Hysope.
  • Impératoire (Benjoin, Peucédan).
  • Ipécacuanha
  • Iris de Florence.
  • Jalap (Poudre de)
  • Laitue
  • Laurier.
  • Lavande.
  • Lierre terrestre.
  • Lin.
  • Lys (oignon de).
  • Macis. Ce tégument de la Noix de muscade est utilisé dans le diaphoenix.
  • Manne.
  • Marjolaine.
  • Mauve.
  • Mélilot.
  • Mélisse.
  • Menthe.
  • Mercurielle (feuille) p. 99. lire plutôt Mercuriale (M. pérenne, chou de chien ou cynocrambe, plante purgative.)
  • Millefeuille.
  • Millepertuis (Hypericum)
  • Molène.
  • Moutarde (graine)
  • Muscade
  • Mûres
  • Myrrhe.
  • Nerprun.
  • Noix (huile de)
  • Oeillet rouge
  • Oignon commun.
  • Olive (huile d').
  • Orange
  • Orge
  • Ortie grièche
  • Oseille.
  • Parelle : oseille crépue Rumex crispus http://fr.wikipedia.org/wiki/Rumex_crispus
  • Pariétaire sèche.
  • Pareira brava
  • Pas d'âne : Tussilage.
  • Passerage. Passerage des décombres Lepidium ruderale http://fr.wikipedia.org/wiki/Passerage_des_d%C3%A9combres
  • Pavot blanc (Tête de)
  • Pervenche
  • Pied-de-chat.
  • Pimprenelle (feuille)
  • Pissenlit.
  • Plantain
  • Poivre long
  • Polypode
  • Pomme (cataplasme de pomme)
  • Pourprier
  • Pruneau sec
  • Pulmonaire.
  • Quinquina Contrayerva
  • Raifort sauvage.
  • Raisins blancs / raisiné / Vin rouge/ Vin d'Espagne.
  • Réglisse
  • Renouée 
  • Rhubarbe.
  • Riz.
  • Romarin.
  • Ronce (feuille)
  • Roses de Provins, Rose rouge (Rosa gallica)
  • Safran.
  • Safran du Gâtinois.
  • Salsepareille.
  • Sanicle.
  • Santoline
  • Sapin (Bourgeon de)
  • Sassafras.
  • Sauge. /Sauge.Petite
  • Scammonée (résine), ou Diagrède p.96. Convolvulus scammonia.
  • Scille (Oignon de)
  • Scolopendre.
  • Scordium
  • Scorsonère (racine)
  • Séné mondé
  • Séneçon.
  • Serpentaire de Virginie.
  • Simarouba
  • Squine.
  • Staphysaigre. (delphinium staphysagria)   
  • Sureau.
  • Tabac (feuilles)
  • Tamarin
  • Tanaisie.
  • Térébenthine
  • Thym.
  • Tilleul.
  • Tolu
  • Trèfle d'eau.
  • Tormentille.
  • Tussilage.
  • Valériane sauvage. Grande
  • Verge d'or.
  • Véronique.
  • Veronica beccabunga, Véronique des ruisseaux.
  • Violette

et 

  • Sucre blanc
  •  Oximel
  • Vieux levain 
  • Mie de pain
  • Baume de Lucatel (cire + huile olive + vin d'espagne + ...)

Animal.

Total : 7+ 8 aliments

  • Blanc de baleine
  • Cantharides (poudre )
  • Castoreum (teinture)
  • Cloporte en vie 
  • Cochenille
  • Corne de cerf
  • Gomme Laque (teinture de) = Cochenille.
  • Cire

Aliments

  • Beurre (onguent de Tuthie)
  • Jaune d'œuf
  • Blanc d'œuf ;
  • Lait de vache
  • Lait de chèvre
  • Bouillon de viande.
  • Bouillon de tripe
  • Suif de mouton.

 

Minéral et chimique.

 23 drogues.

  • Arcanum duplicatum (sulfate de potassium).
  • Lytharge (oxyde de plomb)
  • Kermès minéral
  • Fleur de soufre.
  • Précipité rouge
  • Tuthie (oxyde de zinc)
  • Liqueur minérale d'Hoffman
  • Sels volatils de Succin.
  • Eau de Rabel
  • Alun purifié
  • Savon blanc.
  • Sels de Seignette (tartrate double de sodium et de potassium. )
  • Sel d'Ebsom. (sulfate de magnesium, Sels de Sedlitz)
  • Poudre alumineuse
  • Esprit volatil
  • Tartre émétique.
  • Sel de Glauber
  • Aethiops minéral
  • terre foliée de tartre
  • elixir de vitriol doux.
  • Nitre.
  • Eau de chaux
  • Eau de la Forge. (eau où le forgeron trempe l'acier)

 

Comparaison avec les Formulaires militaires précédents et ultérieurs.

1. Par rapport au Formulaire de Morand et Geoffroy (Paris 1747), je constate l'absence dans celui de de Courcelles de :

  • Ache
  • Aristoloche
  • Arum
  • Bardane
  • Benoîte
  • Bétoine
  • Céleri
  • Chardon bénit
  • Chardon étoilé ou Chausse-trappe.
  • Chardon-Rolland.
  • Cyprès (noix)
  • Cumin.
  • Dictame.
  • Fenugrec.
  • Flambe-verte.
  • Germandrée.
  • Gratte-cul (églantier)
  • Meum
  • Muguet.
  • Morelle verte.
  • Nénuphar
  • Panais.
  • Persil.
  • Pivoine.
  • Poirée.
  • Roseau aromatique (calamus aromatica).
  • Rue.
  • Scabieuse.
  • Sumac.
  • Talitron.

2.  Par rapport au Formulaire de Pichon, Guesnouin, Billard, à Brest

1793, je note ici l'absence de :

  • Adraganth.
  • Arnica montana.
  • Arrête-bœuf ou Bugrane.
  • Asperge.
  • Bardane.
  • Busserole (Urva ursi)
  • Chardon bênit
  • Chardon étoilé ou Chausse-trappe.
  • Chardon -Rolland.
  • Cévadille.
  • Cognassier.
  • Coraline de Corse.
  • Douce-amère ou morelle.
  • ELémi.
  • Fenugrec.
  • Houblon.
  • Marrube
  • Oliban.
  • Opopanax.
  • Persil.
  • Pyrethe.
  • Roseau aromatique (calamus aromatica).
  • Styrax.

Comparaison avec le contenu des Boites du Roy.




 

  Connues depuis 1680, les « boëtes du Roy pour le soulagement des pauvres laboureurs » étaient très prisées de la noblesse et du clergé des campagnes, mais distribuées avec parcimonie, auprès des Seigneurs et les recteurs les plus zélés et les paroisses les plus nécessiteuses. Leur utilisation est signalée notamment à Morlaix, dans l'article du Dr Henri Stofft Bouestard, médecin des épidémies à Morlaix (biusante.parisdescartes).

      On y trouve la composition de ces boites en 1785, qui est une précieuse indication sur les remèdes de premier secours les plus appréciés :

 

Boites du Roy, modèle 1783 et 1785.

Liste des remèdes contenus dans la grande caisse.

1°) 92 petites boites, et une grande.

2°) Trois livres et demie de Poudre fébrifuge purgative, en quatorze paquets de quatre onces chacun , et étiquetés.

3°) Trois livres de poudre purgative universelle, en douze paquets de quatre onces chacun, et étiquetés.

4°) Trois livres de Thériarque, divisée.

5°) 92 paquets de Quinquina, de quatre onces chacun, et étiquetés.

7°) Dix boules martiales dans la grande boite de M. l'Intendant.

6°) Une demi-livre d'Emplâtre de Nuremberg en bâtons.

 

Liste des remèdes contenus dans la grande boîte.

1°) Poudre fébrifuge purgative, une livre, 384 prises.

2°) Poudre purgative universelle, huit onces, 128 prises.

3°) Poudre hydragogue purgative, deux once cinq gros, 63 prises.

4°) Poudre incisive, Fondante, Tonique, pour la coqueluche, le catarrhe, l'asthme-humoral, le rhume invétéré, les glaires, la pituite, le relâchement d'estomac et des entrailles, une once quatre gros et demi, 150 prises.

5°) Poudre spécifique pour la dysenterie, pour les cours de ventre et pour les pertes de sang, deux onces deux scrupules, 100 prises.

6°) Poudre spécifique pour la gale, n° 1, quatre onces trois gros, 180 prises.

8°) tartre émétique, une once un scrupule, 300 prises

9°) Kermès minéral, quatre gros, 188 prises,

10°) Poudre Ophtalmique Bleue, deux onces.

11°) Quinquina en poudre choisi, une livre.

12°) Eau de Luce, deux onces.

13°) Lilium de Paracelse, une once,

14°) Quintessence d'Absynthe, quatre gros.

15°) Emplâtre de Nuremberg, deux onces.

16°) Thériarque, quatre onces.

17°) Confection d'Hyacinthe, quatre onces.

18°) Boule médicamenteuse, une.

 

Mémoires instructifs imprimés, deux livrets.


SOURCES ET LIENS.    


ALBERT-EVAIN (Brigitte),  Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest thèse Nantes 1997 sous la direction de Jean-Pierre Kernéis. Non consulté.

COCHON-DUPUY,  (Jean) Formule de médicaments de M. Cochon-Dupuy, Médecin du Roy et de la Marine, manuscrit conservé à la bibliothèque de l'hôpital maritime de Rochefort (manuscrit n° 2262 61, daté de 1737). Non consulté.

 DESCHAMP (Jean Baptiste) Compendium de pharmacie pratique: guide du pharmacien établi et de l'élève , Paris 1868, Google books.

GEOFFROY (Étienne-François), Tractatus de materia medica, sive De medicamentorum simplicium ..., Volume 1, Google books

GUITARD (Eugène-Humbert)  "Les formulaires des hôpitaux militaires français avant la Révolution : Pharmacien général Moreau et pharmacien capitaine Bouvet, Les formulaires des hôp. militaires français avant la Révolution"  Revue d'histoire de la pharmacie 1939 Volume 27  Numéro 108  pp. 199-200, Persée.

MORAND (Sauveur-François) et GEOFFROY (Claude-Joseph)  Formules de pharmacie pour les hôpitaux militaires du Roy, avec l'état des drogues simples qu'il faut approvisionner, et des médicamens composez qui doivent se trouver continuellement, ou que l'on emploie journellement dans les Apothicaireries‎ ‎Paris, Imprimerie Royale , 4 ouvrages en 1 volumes in-8 de XXVIII, 100 pages ; 22 pages ; 26 pages ; et 52 pages.

PICHON GESNOUIN BILLARD,Abrégé pharmaceutique à l'usage des hôpitaux militaires et de ceux de la marine 1793 . http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56762x

 

Formulaire pharmaceutique Egyptien à l'usage des Hôpitaux militaires, des établissements, des corps et de la marine Impr. Royale, 1840 - 272 pages (en ligne Google)

Formulaire des hôpitaux de Lyon ; L° Perrin 1842, 113P, en ligne Google

Formulaire pharmaceutique, à l'usage des hôpitaux militaires 1804, en ligne Google.

Formulaire pharmaceutique, à l'usage des hôpitaux de la France, Conseil de Santé des Armées 1821. En ligne Google.

Formulaire pharmaceutique a l'usage des hopitaux militaires, français  1839 Google 

Formulaire pharmaceutique a l'usage des hopitaux militaires, français Ministère de la guerre. Direction du service de santé  1857. En ligne Google.

Formulaire pharmaceutique des hôpitaux militaires de la France Ministère de la guerre. Direction du service de santé 1870.

 Formulaire pharmaceutique des hôpitaux de la Marine. Ministère de la Guerre, Service de Santé. Paris, Imprimerie Nationale. 1933.

 

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