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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 20:19

 

  La grue portuaire Paindavoine n°4 à Brest : un monument historique !

 

 

              grue-port-commerce 3155v

 

 Cette grue a pris sa retraite après soixante années de durs labeurs. C'était à l'époque faste de la reconstruction du port et des Trente Glorieuses où le port tournait à plein régime avec ses dockers qui déchargeaient des cargaisons de ciment, charbons, billes de bois, vin en barriques, agrumes, pommes de terre, poulets, viande etc... Elle avait été construite en 1951, financée par le plan Marshall comme ses consœurs les grues Paindavoine n°1, n°2 et n°3, mais à la différence de celles-ci qui ont terminé chez le ferrailleur, une bonne fée a reconnu qu'elle faisait partie de notre patrimoine industriel et maritime, et le 5 avril 2012, elle reçut son classement aux Monuments historique, comme, par exemple, la grue Titan de Nantes.

   Dés lors, ellle a été protégée contre la corrosion, peinte, mise en sécurité et dotée de projecteurs qui mettent en valeur, la nuit, sur le quai du 5ème bassin ouest, son treillis jaune et sa plateforme rotative bleue.

 C'est une "grue à flèche relevable" d'une capacité de charge de 6 tonnes et une portée de 12 mètres. Cet Hercule du temps jadis  passe peut-être  pour un gringalet à coté des  grues qui équipent Brest actuellement et qui vous soulèvent  27 à 100t au terminal multimodal,  8 à 40t au vrac agro-alimentaire (6 grues, capacité 9000t/j), 7,5 à 40 t au terminal frigorifique (4 grues, capacité 2000t/j), ou comme les huit grue des formes de radoub de 15 à 150 t de capaicté. (La recordman mondiale, la Liebherr HM 600  soulève 208t avec une portée 58m mais  n'équipe pas Brest !). 

       Elle avait été mise en service en 1956 et "travaillait au crapaud et au crochet". Le crochet, c'était sa spécialité, alors que les trois autres Paindavoines ne travaillaient qu'à la benne. Elle était également la seule à être dédiée à la réparation navale, et a donc déplacé ses propres 150 tonnes sur différents quais pour remplir ses diverses missions. C'est sur ce quai du cinquième bassin, jadis nommé "quai aux chevaux", et actuellement occupé par les pêcheurs à la ligne, qu'elle fut affecté en dernier, jusqu'en 2004, à décharger et charger les agrumes et les produits surgelés.

 

Sa base mobile grâce à quatre doubles roues est peinte en bleue, ainsi que sa plateforme de giration, alors que le bloc cabine-moteur et le fût où s'articule le palan (dont le moufle supérieur est fixe en pointe de flèche) est jaune.

grue-port-commerce 3157ccc

 

 

grue-port-commerce 3639c

 

 

 

  Ces grues à flèche relevable étaient une spécialité de l'entreprise Paindavoine, un nom oublié mais qui aurait pu être aussi illustre que celui d'Eiffel.

L'entreprise Paindavoine, spécialisée en constructions métalliques et matériel de levage, est fondée à Lille en 1860 sous le nom « Amédée Paindavoine constructeur » et  fabrique dès le départ des ponts et des charpentes métalliques.et employa environ 700 personnes. Elle réalisa à Lille la partie charpente de la Nouvelle Bourse, de l'immeuble de la Voix du Nord, et le Palais des expositions. Son service "Ponts et Charpentes" produit également de nombreux ponts outre-mer, notamment à Madagascar, au Nigéria, en Equateur, au Pakistan et en Iran. Ces ponts "Paindavoine" à platelage métallique étaient fabriqués sous licence Callender-Hamilton.

 Le service "Levage", quant à lui, produit de 1920 aux années 1960 ponts roulants, portiques et grues, et notamment les grues "Paindavoine" à flèche relevable. Jusqu’à la crise de 1934-1936, l’entreprise grandit considérablement et exporte dans le monde entier, et l’entreprise Paindavoine sera un concurrent de l’entreprise Eiffel. En difficulté en 1936 puis pendant  la Seconde guerre mondiale, l'entreprise réussit toutefois à dissimuler ses stocks de matière première, ce qui lui permet, dès la fin de l’occupation de participer à la reconstruction des ponts de toute la région. En plein redémarrage,  l’entreprise développe très rapidement l’activité profitant des grands chantiers de reconstruction, du développement des colonies, mais aussi de l’exportation, en Iran, en Amérique Centrale et du Sud (Equateur) et en Asie. Des succursales sont créées à Dakar (Sénégal) et Tananarive (Madagascar). Un bureau est ouvert à Téhéran (Iran). A cette époque, 800 personnes travaillent sur le site de Lille.

 Au milieu du XXe siècle,  les activités sont pour les deux tiers consacrées à la charpente métallique, et pour un tiers, aux appareils de levage : pylônes, grues fixes et mobiles, portes d’écluses, ponts-levis, ponts roulants, transbordeurs, portiques de levage, élévateurs. Elle réalise les grues du port de Dunkerque.

En 1964 elle se reconvertit en société de location de matériel et d'entrepôts, mais elle dépose son bilan en 1965.

  Une autre grue Pandavoine à Strasbourg, au port de Lauterbourg est affectée au déchargement  des vracs avec benne preneuse (elle peut être munie d’un crochet pour manutention) charge de levage maximum : 6 tonnes. Il semble qu'il ne s'agit pas de celle qui est classée aux  Monuments historiques depuis 2008 à Strasbourg sous le nom de Machine à lever à bâti mobile guidé No 2 : grue à portique Paindavoine, qui est hors d'état de marche et  située au Port d'Austerlitz. J'en citerai la description qui peut s'appliquer à la grue de Brest :

  "La cabine et la superstructure reposent sur un portique métallique en caissons à âme pleine soigneusement entretoisés. Muni de roues regroupées dans quatre boggies, il permet à la grue de se déplacer le long du quai du bassin d'Austerlitz au moyen d'une voie de translation. A l'avant, une échelle permet de monter sur la plate-forme de la cabine. La couronne de giration ne repose pas directement sur le portique support mais sur une structure intermédiaire constituée de profilés en L et en I assemblés par rivets. Elle permet le mouvement de rotation de la totalité de la partie supérieure de la grue. La cabine, en tôle est desservie par une passerelle circulaire dont les garde-corps portent l'inscription : "ARMEMENT SEEGMULLER". La cabine est divisée en deux parties : à l'avant, formant avant-corps, le poste de pilotage, à l'arrière, la salle des treuils et des moteurs. Le poste de pilotage, vitré sur l'ensemble de ses faces, abrite les commandes correspondant aux quatre mouvements de la grue : translation, orientation de la cabine par rotation de la partie supérieure, levage de la charge et relevage de la flèche. Il porte sur la face antérieure les inscriptions "PAINDAVOINE CONSTRUCTEURS LILLE" et "FORCE 6 T". Une échelle flanque la cabine sur l'une des faces latérales pour donner accès à la plate-forme supérieure et à la superstructure en treillis, constituée de profilés en I ou en L assemblés par rivets. La grue est équipée d'une flèche de relevage, mouvement qui permet de modifier sa portée. Elle peut soulever indifféremment des colis au moyen d'un crochet ou décharger des cargaisons de céréales ou de charbon, acheminées par chalands, au moyen d'une benne preneuse dont il subsiste un exemple sur le site.  h = 520 ; l = 1050 ; la = 590 "

  "A l'origine, le môle Seegmuller était équipé de grues à vapeur, propriétés du Port et louées aux occupants des entrepôts. A la fin des années 1920, la société Seegmuller était ainsi locataire de quatre grues à vapeur construites entre 1894 et 1898. A la suite des travaux de transformation du Bassin d'Austerlitz celles-ci sont réformées et l'entreprise s'équipe de ses propres grues. Cette grue à portique alimentée électriquement est acquise auprès des établissements Paindavoine de Lille (59) probalement après la Deuxième Guerre mondiale puisqu'elle ne figure pas sur l'inventaire dressé par les forces d'occupation. Elle reste en service jusqu'à la cessation d'activité consécutive à la liquidation judiciaire de l'Armement Seegmuller en septembre 2000. Cédée au Port Automone de Strasbourg elle est toujours présente sur le quai méridional du terre-plein nord."

 

 

 

Sources et liens :

Historique sur l'entreprise Paindavoine: www.archivesnationales.culture.gouv.fr

Image d'une autre grue Pandavoine à Strasbourg 

idem, Pandavoine 6 tonnes à Strasbourg.

 

D'autres grues portuaires à Brest :

 

grue-port-commerce 3160c

 

 

Sur la forme de radoub :

grue-port-commerce 3627c

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Découvrez absolument  comment l'artiste-peintre Mathias a traduit la beauté de la grue Paindavoine n°4 :

http://mathiaspeintre.wix.com/site#!images/vstc3=peinture-ii/photostackergallery0=24

http://mathiaspeintre.wix.com/site#!images/vstc3=peinture-ii/photostackergallery0=21

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Published by jean-yves cordier
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commentaires

Lucette 19/05/2015 08:45

Les grues sont des sources d'inspiration inépuisables pour les artistes (et les autres) !
http://mathiaspeintre.wix.com/site#!images/vstc3=peinture-ii/photostackergallery0=24

Merci pour votre blog !

Jean-Yves Cordier 19/05/2015 13:23

Je ne connaissais pas, mais inutile de dire que j'admire ! Et que je mets ce lien dans mon article. Merci pour cette découverte,
J.Y.C.

Lily 04/06/2014 12:47

Bonjour,
Je suis la graphiste qui s'occupe du livre de Marc Paindavoine, nous serions très intéressés par une très grande photo haute déf pour faire une double pleine page !
le petit côté de la photo doit faire 21 cm.
D'avance un grand merci

Marc Paindavoine 21/05/2014 16:14

En cours d'élaboration d'un livre de photographies sur l'histoire Paindavoine, nous cherchons des photographies de cette grue numéro 4. Nous aimons beaucoup la photo prise du dessous. Seriez vous
d'accord pour être publié dans notre ouvrage. Il nous faudrait une photo haute déf pour faire une pleine page.

D'avance merci,

Cordialement,
Marc Paindavoine.

jean-yves cordier 21/05/2014 16:36



Bonjour,


pas de problème bien-sûr puisque le but de mon blog est de partager les émotions. Je n'ai pas réduit la définition de ma photo en la mettant sur le blog, mais je peux vous mettre en PJ si besoin
la photo de mon fichier. 


Cordialement,


Jean-Yves Cordier



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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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