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14 octobre 2026 3 14 /10 /octobre /2026 15:23

Les 33 boîtes à crâne ou "boîtes à chef" de la cathédrale Saint-Pol-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon.

Voir aussi :

1°) sur cette cathédrale

 

 

2°) Sur l'art et les pratiques funéraires

 

PRÉSENTATION

  La pratique des « boîtes à crânes » consiste à isoler la tête du reste des os destinés à être mélangés dans l’ossuaire, permettant de maintenir une forme d’individualité en offrant aux défunts un moyen de « résister » à l’anonymat inhérent à la pratique de la translation. Les crânes sont conservés sur des étagères et protégés par des châsses en bois, dont l’ouverture souvent sculptée en forme de cœur ou d’un autre motif, laisse apparaître le crâne du défunt. Chaque boîte porte le nom de la personne, la date de son décès et parfois sa position sociale.

En effet, les défunts étaient enterrés dans l'église jusqu'en 1719 (*), puis dans le ou les cimetières parroissiaux, avant que leurs ossements soient réunis dans les ossuaires, où ils pouvaient bénéficier des prières et d'aspersion d'eau bénite par leurs familles. Dans certains cas, celles-ci pouvaient obtenir, lors des translations, et si le défunt était identifié, de conserver le crâne du défunt, après une opération nommée "décollement du chef" afin de la placer dans une boîte à ouverture, qui était placées dans une partie de l'ossuaire ou dans un édicule du cimetière (ici à Saint-Pol-de-Léon), voire même peut-être dans l'église. Lorsque l'ossuaire était rempli, on creusait une fosse où les ossements étaient inhumés, au cours d'une cérémonie.

(*) L’interdiction d’inhumer dans les églises ft l’objet d’un premier arrêt du parlement de Bretagne le 16 août 1719, puis l’objet d’un deuxième arrêt du Parlement de Bretagne du 2 octobre 1741 auquel vint se superposer une ordonnance royale de 1776.

A Saint-Pol-de-Léon, "9 ossuaires des XVe et XVIe siècles, faisaient corps avec le mur du cimetière, ils comprennaient trois ou quatre arcatures peu profondes et abritaient des boîtes contenant des crânes" (A. Le Bars).

Titre "Saint-Pol-de-Léon un ossuaire" Anonyme; 1900 / 1905 ; Saint-Pol-de-Léon Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Écomusée de la Bintinais inv. 2004.0053.52 commentaire : Les crânes des ossuaires de la commune ont été inhumés vers 1900.

Ce sont ces boites qui ont été (au XIXe siècle) rassemblés dans la cathédrale : elles y ont été dessinées par A. Ramé, avant 1886 : on lit les noms de Jeanny Nedelec et du docteur Trober.

Alfred Ramé,  (1826-12-12 - 1886-10-13) "Saint-Pol-de-Léon, cathédrale" n° inv 912.0043.491 Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais

Les boîtes se trouvaient, en 1885, "au dessus du mur du chœur", puis elles ont été rassemblées dans un  enfeu du déambulatoire nord, où  Castel et Barbedor les ont inventoriées. Elles formaient un ensemble d'étagères  funéraires qu'ils ont surnommé les « Étagères de la Nuit » . Il s'agissait d'un ensemble de trente-cinq boîtes en bois, en forme de chapelles surmontées d'une croix. Ces boîtes sont aujourd'hui dans un enfeu du bas-côté sud du chœur, devant un catafalque à rouleaux, et elles sont au nombre de trente-trois.

Elles semblent toutes datables par leur aspect du XIXe siècle (fin XIXe). En forme de petite chapelle au pignon surmonté d'une croix,  sont en bois peint et mesurent en moyenne 26 cm de haut, 18 cm de large et 22 cm de profondeur. Les dates de décès appartiennent au XVe siècle (1552), au XVIIe siècle (1625, 1650, 1698),  au XVIIIe siècle (1701, 1786, 1791, 1798) et surtout  au XIXe siècle (1805, 1810, 1812, 1817, 1820, 1821, 1822, 1826, 1827, 1828, 1831, 1832, 1834, 1839, 1840, 1841, 1845, 1854, 1856, 1863, 1864).

À côté de l’évêque de Léon, Pierre Le Nebout de La Brosse, mort en 1701,  et  du chanoine Christophe de Lesguen, mort en 1698, se tiennent un charcutier, un fournier, des filandières, un notaire ou un médecin : en tout, 33 hommes et femmes. 

 

La face avant des boîtes laisse voir leur contenu par une ouverture en forme de trèfle ou de cœur : chaque boîte protège un crâne, identifié par le nom et la date du décès. L'ensemble est incomplet du fait de deux vols successifs : en 1984, un crâne est dérobé, et le voleur laisse la boîte vide ; l'année suivante, une boîte et un crâne sont volés simultanément. En 2020, cette boîte de  Claude Creac'h, dérobée en 1985 est retrouvée. L'ensemble subsistant est classé au titre des monuments historiques le 23 février 1987.

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

1. Inscription: MARIE=ANNE LE GALL MORTE LE 25 Mars 1832

Ouverture en cœur. Yves-Pascal Castel précise : Née à Saint-Pol, fille célibataire de Jean Le Gall et de Louise Cozic, boulangère, demeurant rue des Carmes, elle décède âgée d'environ 76 ans.

 

NB :L'année 1832 est tristement célèbre en France, et particulièrement en Bretagne, pour la deuxième pandémie de choléra. La maladie s'est propagée à grande vitesse à partir du printemps 1832, touchant fortement les populations rurales et urbaines ; le mois de mars 1832 correspond exactement au début de cette grande épidémie en France.

 

2. Inscription: CI-GIT LE CHEFF DE MR LE GALL PRETRE AGE DE 29 ANS. MORT PROFESSEUR AU COLLEGE DE LESNEVEN LE 29 XBRE 1863. QU'ILS REPOSE EN PAIX.

Ouverture en trèfle

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

3. CI-GIST LE CHEF DE XPOFLE (CHRISTOPHE) DE LESGUEN SR DE LA VILLE GOUEZNOU DOYEN DES CHAN(OIN)ES DE LEON, MORT LE 3 MAI 1698.

Il s'agit du neveu de Christophe de Lesguen (boite n°8) ; il était enterré dans l'enfeu familial dans la cathédrale. La famille de Lesguen est originaire de la paroisse de Plouguin, dans le Léon (Finistère). Ses armoiries traditionnelles portent « d'or au palmier d'azur ». Le titre lié à la « Ville Gouesnou » fait référence à un domaine seigneurial.

 

 

4. CI-GIT LE CHEF DE CLAUDE CREAC'H AGE DE 57 ANS.

Boite noire. Ouverture en cœur

 

 

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

5. CY-GIT LE CHEF DE MR CLEТMARIE LE COAT K(ER)NOTER NE EN 1734. MORT LE 15 JANVIER 1812. REQUIESCAT IN PACE.

Boite noire et blanche ornée de larmes noires. Ouverture en cœur

Né à Lesneven, fils de Jacques Le Coat Du Bois et de Laurence Le Guen, Clet-Marie Le Coat de Kernoter (1734/1735 – 1812) est un homme de loi historique du Léon habitant rue des Ursulines et qui a exercé comme avocat au Parlement et comme procureur fiscal des Réguaires de Saint-Pol-de-Léon.  Il a été nommé maire de Saint-Pol-de-Léon durant la période révolutionnaire. Il a épousé Jeanne-Augustine Le Guen en 1766. Sa famille et ses proches (comme les familles Le Guen de Kerangall ou le notaire Yves Coat) appartenaient à la bourgeoisie de robe et aux dynasties locales de l'époque.

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

6. (au centre de l'étagère)  LE CHEF DE MONSEIGNEUR Pre NEBOUT DE LA BROUSSE 62E EVEQUE DE LEON, SIEGEA 29 ANS, MORT EN 7BRE 1701. REQUIESCAT IN PACE. AMEN.

Selon Y.-P. Castel, une autopsie a consisté en un décalottage de la boîte crânienne.

Reliquaire noire à décor de style Renaissance (colonnes cannelées) et gothique (gable à crochets, pinacles) peint en or, orné d'un crâne, d'une mitre, d'une croix et d'une crosse entrecroisées.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

7. CI-GIST LE CHEF DE XPOFLE [CHRISTOPHE] DE LESGUEN ARCH[IDIA]CRE & CHAN[OIN]E DE LEON PROTON[OTAIR]E APOSTO[LIQU]E CHEV[ALIE]R DU ST SEPULCRE EN 1625.

Boîte blanche. Ouverture en trèfle.

 Christophe Lesguen était prêtre, licencié en droit, grand archidiacre et chanoine de Léon, Recteur de Ploudiry en 1613-1619, doyen et chanoine du Chapitre de Léon, protonotaire du Siège Apostolique, chevalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem (en 1625) ; il demeurait en sa maison prébendale, en Saint-Pol-de-Léon, paroisse de Saint-Jean. Il est le fondateur du couvent des Ursulines de Saint-Pol-de-Léon en 1639.

Sa tombe se situait dans l'enfeu du transept nord, surmonté des armes de Lesguen, avec celle de son neveu Christophe Lesguen, le jeune sieur de la Ville-Gouesnou, chanoine, décédé en 1698 (boite n° 3).

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

8. CI-GIST LE CHEF DE HAMON BARBIER DE K(ERJEAN, CHAN(OIN)E DE LEON ARCH(IDIA)CRE DE KEMENETILLY. MORT EN 1552.

Boîte blanche, ouverture en trèfle.

Hamon Barbier de Kerjean  fut chanoine des cathédrales de Saint-Pol-de-Léon, Nantes et Quimper, ainsi qu'abbé de Saint-Mathieu de Fine-Terre. Il publia notamment le premier missel imprimé du diocèse de Léon. Il fit bâtir vers 1520 un élégant hôtel à Saint-Pol-de-Léon. Ayant accumulé un nombre considérable de bénéfices ecclésiastiques,  il disposait d'une immense fortune , qui permit à son neveu Louis Barbier d'ériger le célèbre Château de Kerjean à Saint-Vougay. 

Malgré l’inscription qui figure sur la boîte,  il  est plus probablement décédé en 1544 ou 1555.

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

9. CI-GIT PAUL LHOSTIS AGE DE 72 ANS, MORT LE 17 MARS 1827.

 

Boîte noire ornée de larmes d'or, ouverture en cœur.

Fils de Nicolas Lhostis et de Marguerite Spaignol, marié à Louise Le Men il était fournier rue Baz. L'acte de décès le dit âgé de 74 ans.

 

10.  ICI LE CHEF DE CLAUDE LE LANN DECEDE LE 3 AOUT 1857.

Boîte  blanche (noire sur le côté) ornée de larmes noires, ouverture en cœur.

Né le 13 avril 1787 à Saint-Pol, fils de Paul Le Lann et de Catherine Le Lez, il était sabotier, rue des Minimes.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

DEUXIÉME ÉTAGÈRE.

 

 

11. JEANNY NEDELLEC

Boîte blanche à larmes noires.

 

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

12. ICI-GIT LE CERVEAU DE J. M(AR)IE RENE CREAC'H MORT EN 1864.

Boîte  blanche, ouverture en cœur orné d'une croix

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

13. CI-GIT LE CHEF D'ORTENSE GUILLOU DME TIEGLIN, DECEDEE LE 21 JUIN 1831. AGEE DE 28 ANS.

Boîte noire, larmes blanche, ouverture en cœur.

 

Hortense Simone Guillemette Guillou, née à Saint-Pol, était fille de Jean-Louis Honoré Guillou, officier de santé (boite n°14) et de Marie-Louise Le Floch. Epouse de Jacques Auguste Tiéglin, doreur sur métaux, elle habitait rue des cidevant Carmes.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

14.  CIGIT LE CHEF DE MR GUILLOU DECEDE LE 17 9BRE 1839 AGE DE 72 ANS.

 

Boîte blanche à bordure noire, ornée de larmes noires ; ouverture en cœur.

Jean-Louis Honoré Guillou, époux de Marie-Louise Le Floch, demeurant rue aux Os, était né à Morlaix le 6 janvier 1768, fils de Guy René Simon, négociant et de Jeanne Françoise Lapoux, propriétaire. Il fut officier de santé. 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

15. CI-GIT LE CHEF D'HELISABET DEROFF AGEE DE 28 ANS. REQUIESCAT IN PACE.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

16. CI-GIT LE CHEF DE V(ENERA)BLE ET DISCRET M(ESSI)RE ESTIENNE DE LA COSTE ARCH(IDI)ACRE ET CHANOINE DE LEON EN 1650.

Boîte noire, ouverture en cœur

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

17. LE CHEF DE MONSIEUR TROBER DOCTEUR MEDECIN, DECEDE A ST POL LE 2 AOUT 1856.

Boîte noire

Inscription sur le côté droit et à l'arrière de la boîte

Pierre-Louis-Marie Trobert était un docteur chirurgien de la marine en retraite, chevalier de la Légion d'Honneur. Né à Morlaix le 26 fructidor an IX, fils de Pierre-Marie Trobert et de Marguerite-Marie-Renée Miorcec de Lesquidic, il habitait rue Batz.

18  J. D. L. DECEDE EN 1791.

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

19. CIGIT LE CHEF D'AUG.-FRED. HUON DE K(ER)MADEC MORT EN 1834 A 58 ANS.

Boîte noire, ouverture en cœur, 

Frédéric-Auguste Huon de Bohars, né à Brest le 18 janvier 1776. Fils de François Pierre Huon de Bohars, capitaine de vaisseau, et de Marie-Madeleine Lalemand, propriétaire, le défunt, qualifié lui aussi de propriétaire, est mort célibataire, le 23 octobre, en sa demeure Grand'place.

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

20. CI GIT MR SAOUT RECTEUR DE LIL DE BAS.

Boîte blanche, ouverture en cœur.

Deux recteurs de l'île de Batz ont porté ce nom : Jean Le Saout (nommé au Concordat, ancien curé de Carantec et premier recteur de Batz de  1804 à 1818 : ) et  Yves Le Saout , recteur de 1862 à 1870, originaire de Saint-Pol-de-Léon)

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

21.  JACQUETTE L'HOSTIS MORTE LE 17 FER 1840.

Boîte  blanche  et noire  ornée de larmes noires sur la façade et sur les côtés, ouverture en cœur.

Fille de Nicolas Lhostis, fournier, et de Fiacre Roué, ménagère, elle avait été mariée à François Gourvil menuisier.

22.  ICI GIT LE CHEF D'AMBROISE LERRAN, DECEDE EN 1828 A L'AGE DE 52 ANS. QU'IL SOIT EN PAIX.

Boîte  noire  ornée de larmes blanches, ouverture en cquadrilobe.

Ambroise Lerrant, fils de Paul et de Marie Cras avait épousé Marie-Jeanne Le Gall. Charcutier, il est mort le 11 mai rue des cidevant Carmes.

 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

 ÉTAGÈRE INFÉRIEURE

23. ? inscription non déchiffrée

24. ICI LE CHEF DE MARIE ANNE CUEFF MORTE LE 2 FIER 1845 AGEE DE 65 ANS.

Née à Saint-Pol, le 16 décembre 1778, fille de Christophe Cueff et d'Anne Le Saout, elle était femme de Hamon Quéméneur, cultivateur. Qualifiée de ménagère elle demeurait rue de la Rive. Leur fils Joseph était cultivateur à Lambézelleс.

25. CY-GIT PAUL QUOREOC MORT LE 8 FéVRIER 1820. P: P/ SON AME.

Cultivateur au Grand Kerrom, il est né à Cléder vers 1760. Fils de François Corréoc et de Catherine Fichot, ce sont ses gendres, Claude Le Bihan et Jean Argouarc'h, qui sont venus pour la déclaration de décès.

26.  CLAUDINE GUILLERM DECEDEE EN 1841.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

27.CY-GIT LE CHEF DE BARBE CAER DECEDEE LE 11 JANVIER 1817. REQUIESCAT IN PACE. AMEN.

 Inscription écrite en partie en minuscules d'imprimerie. Fille de Christophe Caër et de Marie Pogam, elle était née à Landivisiau vers 1749. Domiciliée Grand'place, mariée à Philippe Moal, elle était filandière.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

28. CI-GIT LE CHEPS DE JEANNE CALVER EPOUSSE DE DENIS HELLARD MORTE LE 5 JANVIER 1820 REQUIESQUAT IN PACE.

Boîte  blanche à bordure noire, ouverture en cœur.

Fille d'Yves Calvez et de Catherine Le Roux, née à Plouénan, elle exerça la profession de filandière dans la Grand Rue et mourut âgée de 56 ans.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

29. ICI GIT LE CHEF DE FEUN JEANNIE K(ER)BIRIOU, FILLE DE MARIE-LOUISE LE GALL, DECEDEE LE 4 XBRE 1826 A L'AGE DE 6 ANS.

Boîte  blanche à bordure noire  ornée de larmes noires, ouverture en cœur.

Née à Saint-Pol, Antoine, son père, marié à Marie-Louise Le Gall, préposé des douanes royales, habitait rue des Carmes.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

30. ICI LE CHEF DE PHILIPPE LOUIS MIORCEC, AGE DE 74 ANS, MORT EN 1826.

Boîte noire, à fronton orné d'un sablier. Pas d'ouverture. 

L'inscription est répétée sur les côtés de la boîte. Né à Saint-Pol, fils de François-Julien Miorcec et d'Antoinette Le Sieur, il avait épousé Guillemette Renée Laugée. Ancien notaire et ancien conseiller municipal, il est mort le 15 mars, à son domicile, Grand'place.

 

31. FIAC ROUGNANT MORT LE 4 MAI 1810. AMEN.

Boîte blanche, ouverture en cœur.

Natif de Saint-Vougay, fils de Gabriel Roignant et de Jeanne Saout, il avait épousé Jeanne Moal et était cultivateur à Ty guen. 

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

32. CI-GIT LE CHEF DE FREDERIC MORGAN DECEDE LE 5 AVRIL 1822.

Boîte blanche, ouverture en cœur.

Fils de François Marie Morgant, menuisier et de Marie-Mathurine Gourvil, rue des Minimes, le petit Frédéric est âgé de 6 ans.

33. CI-GIT LE CHEF DE MARIE JEANNE LUREOU, MORTE LE 10 AVRIL 1821.

Boîte blanche, ouverture en cœur.

Native de Saint-Pol, fille de Jean L'Huréou et de Jeanne Guennal, épouse de François Le Gall, elle exerça le métier de filandière.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes à crâne. Enfeu sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Cliché lavieb-aile 2026.

Boîtes absentes 

L'inventaire d'Yves-Pascal Castel et Isabelle Barbedor mentionne 4 autres boîtes . Parmi elles, l'une correspond sans doute à ma boite n°23 dont mon cliché ne permet pas de lire l'inscription. Les autres sont absentes.

Boîte n° 10. Inscription: CY-GIT LE CHEF DE MESSIRE LEMOAL PTRE CURE DU MINIHY DE LEON DECEDE LE 6 ОСТОВЕ 1805 REQUIESCAT IN PACE. Né à Recouvrance, fils d'Yves Moal et de Marie Cam, Nicolas Marie Moal est décédé au domicile de Dame Le Guen Kernison, rue des Carmes, le 13 vendémiaire, l'an quatorze de la République française.

Boîte n° 11. Inscription: CY-GIT LE CHEF DE MARIEFRANCOISE DAME ROULLOIN NEE MOCAER DECEDEE LE 20 9BRE 1820. AMEN. La défunte, née à Brest, était fille d'Henry Mocaër et de Marie Guéganton. Demeurant rue au Lin, elle est dite sans profession,

Boîte n° 15. Inscription: CY-GIT LE CHEF DE FRANCOISE TULIER VEUVE PRIGENT MORTE LE 15 MAI 1786. REQUIESCAT IN PACE. AMEN.

Boîte n° 37. Inscription: CY-GIT DAME GUILLAMETE TIROL LESPARFEL VE DURUNIOU, M(OR)TE LE 28 MARS 1798. REQUIESCAT IN PACE. La citoyenne Guillemette Tyrot, veuve de JeanPierre Sparfel du Runiou originaire de Lesneven, demeurait rue des cidevant Carmes.

 

DOSSIER

 

1°) Des ossuaires, et des boîtes à crâne de la Bretagne Armoricaine, Th. Ducrocq 1884, Revue générale du droit, de la législation et de la jurisprudence en France et à l'étranger

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11885974/f208.item.r=crane

"... l’interprétation libérale que le décret du 23 prairial de l’an XII et l’ordonnance du 6 décembre 1843 y ont reçus sous ce rapport, de la part des administrations successives depuis le commencement du siècle.
Loin de plier tous les citoyens sous le joug d’une règle uniforme, l’application faite à cet égard des actes de l’an XII et de 1843 a respecté , même dans des errements qui nous paraissent étranges, les préférences, le sentiment personnel des familles et des individus , en un mot leur liberté.

Dans la plus grande partie de la France, les ossements provenant des anciennes tombes, là où la terre est impuissante à les consommer, sont laissés dans le sol à côté des sépultures nouvelles. A Paris on les porte aux Catacombes depuis la suppression du cimetière des Innocents en 1786 et l’exécution tardive de l’arrêt du Parlement du 25 mai 1765. Dans les deux cas, ils restent loin de tous les regards, sauf de ceux des rares visiteurs du Paris souterrain.
En Bretagne au contraire, au temps ou nous vivons, on les expose, sous des portiques ou des arcades comme jadis aux Saints-Innocents de Paris, ou sous des porches à la porte dos églises, ou le plus souvent dans le cimetière, dans des caveaux placés sous des édicules d’architectures diverses. La disposition des ossements y est variable aussi ; mais d’ordinaire ils sont placés pêle-mêle ; et toujours ils sont exposés aux regards, principalement dans des caveaux ouverts. L’existence de ces ossuaires ou charniers est générale en Bretagne.

Dans quelques cimetières, la quantité des ossements entassés dans l’ossuaire était énorme. Les débris de générations innombrables y ont été accumulés. Aussi dans certaines paroisses a-t-on profité de cérémonies religieuses exceptionnelles, telles que les jubilés, pour rendre à la terre, dans une fosse commune, en grande pompe et devant les fidèles assemblés, tous les ossements recueillis dans l’ossuaire commun d’un jubilé à l’autre.
L’exiguïté des cimetières bretons qui fréquemment encore entourent l’église, et la nécessité de faire place aux nouveaux arrivants dans le champ de repos, semblent avoir été la cause de ces antiques ossuaires. C’est la même question que les catacombes ont autrement résolue à Paris. Le sombre génie de la Bretagne a préféré la solution qui met les restes des morts et l’œil des vivants, en ce plus direct et continuel contact, soigneusement évité de nos jours dans les autres parties de la France.
La connaissance de ce fait général en Bretagne de l’existence des ossuaires, de leur caractère, de cette habitude morale d’esprit et de sentiment des populations bretonnes paraissant se complaire encore aujourd’hui, comme dans les charniers des anciens temps, dans la vue des débris de ceux qu’elles ont aimé, est nécessaire pour comprendre comment a pu naître l’usage des boîtes à crânes que l’on voit aussi dans cette contrée.
Ce second usage est né du premier. Il semble moins ancien. Cependant leurs origines lointaines et indécises paraissent se confondre. Lorsque l’heure est venue, après cinq ans ou un plus grand nombre d’années , pour une tombe déjà occupée du cimetière, de faire place à une dépouille nouvelle et de transporter au charnier commun les ossements du précédent occupant, sa famille est admise, dans certaines communes, à en recueillir le crâne et à le placer dans un petit coffre en bois.
La forme la plus ordinaire de ces boîtes est celle d’une arche surmontée d’une petite croix. Le tout est peint, soit en gris, soit en blanc, soit en noir. Chaque boîte porto une inscription dont voici Informulé ordinaire : « Ci-gît le chef de... » Parfois il est écrit : « Ci-gît- » telle personne. Souvent une date est ajoutée. Une ouverture est pratiquée qui permet de voir le contenu. Ordinairement on a le soin de n’exposer ainsi que le derrière du crâne ; mais parfois nous y avons vu la face.
Dans tous les cas , c’est encore , c’est toujours , comme nous le disions plus haut, l’œil du vivant mis en présence de la tête du mort. Il y a de plus cette circonstance saisissante et qui, pour les familles, peut être une source d’impressions violentes sans cesse renaissantes, qu’ici le crâne est enlevé à la promiscuité du charnier et qu’une main vigilante l’a marqué de son nom.
Telle est la forme , tel est l’aspect des boites à crânes de Saint-Pol-de-Léon.
Les unes se trouvent dans l’ancienne et vaste cathédrale aux deux belles flèches. Il n’en existe pas dans l’église Notre-Dame de Kreizker que domine le merveilleux clocher à jour de quatre-vingts mètres de hauteur du quatorzième siècle. Ces boîtes à crânes de l’ancienne cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, y sont placées au-dessus du mur du chœur. Elles sont nombreuses.
D’après leurs inscriptions, ces restes ont appartenu à des ecclésiastiques et à des laïques des deux sexes qui paraissent avoir été des personnes notables et des bienfaiteurs de l’Eglise.
Les autres sont au cimetière, non dans l'église Saint-Pierre qui lui sert de chapelle, ni prés du charnier commun placé à l’extrémité du cimetière, mais dans de petits monuments en granit de trois à quatre métrés de haut, placés entre la porte d’entrée et la chapelle, le long du chemin principal qui y conduit, de manière que l’on passe devant eux en s’y rendant.
Chacune de ces construction porte quatre ou cinq tablettes étagées, sur lesquelles sont placées les boîtes à crânes, en plus grand nombre qu’à la cathédrale.
L’usage de ces boîtes est inconnu dans le départemenl d’Ille- et-Vilaine. Il appartient à la partie armoricaine de la Bretagne.
Il est pratiqué dans le département des Côtes-du-Nord et surtout dans celui du Finistère.
En outre de celles de Saint-Pol-de-Léon, nous signalons encore à titre d’exemple dans les cantons de Paimpol et de Plouha, les boîtes à crânes de Lanloup , de La Méaugon ; celles de Kermaria-an-Isquit, où ces boîtes sont étagées sur des supports placés dans la chapelle des treizième et quatorzième siècles, renommée par sa danse macadre du quinzième; près de Morlaix, celles de Tuimillian ; celles de Saint-Thélo ; et de même dans de nombreuses communes de la basse Bretagne où cet usage s’est maintenu et se pratique encore fréquemment aujourd’hui.
Ce qui est plus rare, mais a lieu cependant dans quelques localités, c’est la réunion, dans des boîtes plus grandes, des squelettes tout entiers. Le coffre en bois, de même forme, mais sans ouverture, soustrait alors tous les ossements du mort à la confusion de l’ossuaire. Il en existe ainsi dans le Morbihan , et notamment dans le cimetière de Carnac, non loin des célèbres alignements de menhirs.

 On a soin ordinairement de n’exposer ainsi que le derrière du crâne ; mais parfois nous y avons vu la face, et je n’ai pas besoin de vous dire combien cette exhibition déjà pénible le devient encore davantage, surtout lorsque dans les cavités du crâne se sont réfugiées les limaces du cimetière. "

 

2°) Inventaire incomplet des 66 boîtes à crâne (dont 53 contiennent toujours des crânes) de Bretagne (partiellement d'après Marie Gilles).

En Bretagne, l'usage des boîtes à crâne est une spécificité de la Basse-Bretagne, c'est-à-dire la partie occidentale et bretonnante de la Bretagne, qui regroupe le Léon, le Trégor, la Cornouaille et le Vannetais.

 

Côtes d'Armor : 25 boites

— Kérity

Légende du cliché : "La Bretagne conserve un assez grand nombre d’ossuaires qui datent des XVe et XVIe siècles. Lorsque les ossements exhumés par le creusement de nouvelles fosses appartiennent à des morts identifiés, les familles font enfermer le crâne du mort, dans une petite boîte ; les autres, anonymes, sont laissés à l'air libre."

 

Géniaux Charles ou Paul (Photographe) ; Paimpol Kérity Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Écomusée de la Bintinais Inv. 2015.0015.60 Papier Noir et blanc 14,3 cm x11,1 cm

—Kermaria-an-Iskuit de Plouha (22), 1 boîte qui contient "le chef de Lézobré"

Carte postale, Hamonic, Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Écomusée de la Bintinais n°inv 2018.0000.646

—La Méaugon (22): 6 boites, au dessus du porche de l'église; 3 boîtes fermées selon la photo de  Marie Gilles, dont celles du vicaire Louis Guyot, décédé en 1831

—Lanloup (22), 2 boites  au dessus du porche de l'église du XVIIIe et XIXe 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM22004694

—Saint-Fiacre (22) dans l'ossuaire

À Saint-Fiacre, la date de la boîte la plus ancienne est difficile à déterminer avec exactitude, car certaines inscriptions sont manquantes ou ont été effacées par le temps. Mais d'autres boîtes à chef qui y sont conservées sont datées 1866, 1867, 1882 et 1886. La plus récente est  celle de François-Henri Pourhiet, décédé en 1909 à l'âge de 35 ans.

Compte FB Gildas Richard 2023 "ossuaire du XVe siècle".
Site Marie Gilles

 

Blog et cliché de Marie Gilles 2021

— Plouzélambre,

-L’ossuaire contenait 11 boîtes à crânes. Or, 5 d’entre elles ont été volées : aussi, les 6 boîtes restantes ont été mises à l’abri dans un endroit inaccessible au public. (Marie Gilles)

-1 boite à chefs triples, contenant les crânes d'un laboureur , de son épouse et de leur fils.

Reliquaire en bois noir à larmes blaanches orné d’une croix et d'un calice rapporté , emblème de la fonction du recteur Le Roïc. L’inscription en latin, Tabescere me fecit zelus meus se traduit par « mon zèle m’a consumé », évoque sa mort prématurée à 32 ans. . Inscription Vous lui avez donné vos larmes, accordez-lui, je vous prie, vos prières.

— Plufur. ossuaire de l'églie Saint-Florent. Une boite contient le crâne du recteur Le Roïc, décédé en mai 1819 : Reliquaire en bois noir à larmes blanches, orné d’une croix et d'un calice rapporté, en métal, emblème de la fonction du recteur. L’inscription en latin, Tabescere me fecit zelus meus se traduit par « mon zèle m’a consumé », évoque sa mort prématurée à 32 ans.  Inscription "Vous lui avez donné vos larmes, accordez-lui, je vous prie, vos prières."

 

(c) Région Bretagne Bègne, Bernard.

— Ploubazlanec (ossuaire reconverti en remise à outils, boîtes disparues)?

gravure datée de 1892, par Frédéric de Haenen

 

Paul Gruyer (1868, Paris - 1930, Paris) ; début du 20ᵉ siècle ; Ploubazlanec Verre Noir et blanc Gélatino bromure d'argent 13 cm x18 cm N° inv. 978.0064.508 Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais

—On peut encore remarquer  en 1961, selon Alfred Le Bars, des boîtes de ce genre au porche de Tréguidel  (22).

Finistère

— Spézet.

Les photographes Géniaux Frères ont photographié ces boites à Spézet en 1902-1905 : 

Légende : " Au XVIIIe les cimetières deviennent trop petits, les corps sont placées dans des ossuaires. La pratique des boîtes à crâne voit alors le jour. Seule la tête des squelettes est prélevée, une fois les chairs décomposées, et placée dans une boîte sur des étagères. L'analyse des inscriptions montre que les boîtes se réfèrent à des personnes relevant de toutes les catégories et tranches d'âge de la société, de l'enfant à l'évêque en passant par l'avocat et la boulangère.  "

Géniaux Frères ; 1902 / 1905 ; Spézet Verre, Gélatino bromure d'argent 11 cm x 15 cm Musée de Bretagne, Les Champs libres, 2013.0008.113

—Marie Gilles évoque les noms des communes de Landunvez, Plabennec, Pleyben, Plouescat où la chapelle du Calvaire conserverait dans une boîte à chef le crâne de Jacques Marhic, recteur de la paroisse au début du XVIIIe siècle, de Brelez/Brélès (église) et de Porspoder, à prospecter

 

Morbihan : crânes incrustés dans les chapelles, parfois sans boîte

— Noyal-Pontivy 

Coupure du journal "La Vie Illustrée", avec en page 75 une photographie de l'ossuaire de Noyal-Pontivy, rempli de nombreuses boîtes à crânes ajourées. Inscriptions LA VIE ILLUSTREE / LE CULTE DES MORTS AU PAYS BRETON / L'OSSUAIRE FAMEUX DE NOYAL-PONTIVY / (On raconte que, il y a trois ans, le curé ayant fait enterrer les crânes ou "chefs", ceux-ci, le lendemain, s'étaient replacés, d'eux-mêmes, dans les cases de l'ossuaire).

Le culte des morts en pays breton, Papier, Procédé photomécanique 18,5 cm x 28,5 cm Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais

— Ploméliau

— Sarzeau

— Guern

 

 Ille-et-Vilaine

-Le folkloriste Paul Sébillot a mentionné leur existence à Saint-Briac, en Ile-et-Vilaine, en 1885, dans son livre « Coutumes populaires de la Haute-Bretagne ». Il a même précisé que ces boîtes étaient « ornées de filets bleus ». Mais on n'en signale plus une seule. (A. Le Bars)

-"Un dessin de Jules Noël de 1844, intitulé Une Visite au reliquaire (Châteauneuf, 35) et conservé à la BnF, prouve l’existence d’un ossuaire et l’usage de boîtes à crânes dans cette commune qui a changé de nom en 1890 pour Châteauneuf-d’Ille-et-Vilaine. On y voit deux jeunes gens, un garçon avec un chapelet agenouillé devant une stèle gravée et une jeune flle arrangeant une boîte disposée dans une arcature de l’ossuaire". (F. Eggers de Villepin)

Une visite au reliquaire (Châteauneuf) 1844, Jules Noël (1810-1881) Dessin à la mine de plomb, estompe ; 16,2 x 20,5 cm Destailleur Province, t. 7, 1666

 

Dans la Meuse, à Marville :

 

Une cérémonie de translation des ossements.

Monsieur Pascal Aumasson me communique le cliché d'un tableau de 1895 de Georges Poileux-Saint-Ange (1855-1913), Translation des ossements à l'ossuaire de Trégastel, huile (124 x 130 cm) qu'il a fait restauré en 1983 alors qu'il était conservateur du musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc.

 

Georges Poileux-Saint-Ange (1855-1913), Translation des ossements à l'ossuaire de Trégastel, Musée des arts et de l'histoire de Saint-Brieuc.

Selon le compte FB de Gilbert Le Cam, "À cette époque, en raison du manque de place dans le petit cimetière entourant l'église de Trégastel, les tombes individuelles étaient relevées tous les 5 à 20 ans. Les restes étaient d'abord stockés dans l'ossuaire paroissial. Une fois celui-ci rempli, une grande cérémonie solennelle était organisée. Les fidèles sortaient les crânes des ancêtres, enveloppés pieusement dans des linges blancs, afin de les déplacer en procession vers une fosse commune définitive." On peut parler de "seconde funérailles"

 

 

La scène se déroule dans le cimetière de Trégastel , près de Perros-Guirec. Le recteur, en soutane recouvert du surplis, débute une oraison ou dirige un chant, la barrette noire en main. Il est debout devant une fosse tout juste ouverte où reposent des ossements. Deux enfants de chœur l'entourent,  en tunique et calotte rouge, l'un tenant la croix de procession et l'autre, réglant l'encensoir. Deux moines tiennent des torches.

Devant lui , trois femmes et un homme âgé sont agenouillés : deux femmes portent pieusement un linge blanc sur lequel repose un crâne ; l'homme a posè un crâne devant lui.   On remarque aussi un fémur.

Ils sont suivis par une procession d'hommes et de femmes tenant eux aussi un crâne, qu'ils ont pris dans l'ossuaire encore plein : un couple est agenouillé devant une des arcades, levant avec vénération le crâne qu'ils ont choisi. Mais rien n'indique que ces chefs ne soient pas anonymes, rien ne permet de croire qu'ils peuvent distinguer, parmi l'amoncellement des crânes, celui de leur défunt.

Voir aussi la vidéo disponible sur youtube, avec ses gros-plans ( Antoinette Grall avec Irianne Néré, du musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc)

 

 

 

SOURCES ET LIENS

—AMILLARD, 2025, Rassembler, représenter et conserver : Les fonctions sociales de l’enclos paroissial sous l’Ancien Régime, Master civilisations, cultures et sociétés. 

https://masterccs.hypotheses.org/28969

— BÉPOIX (Michel) CASTEL (Yves-Pascal), GORGÉ (François), 1976. Les Étagères de la nuit. Inventaire parution : 17 février 1976 (imprimé à Brest sous l'intitulé Taolennou). Livre d'artiste au format in-4 carré ([28] pages ou 14 feuillets cartonnés) conçu en accordéon et relié par un ruban (vert ou de soie grise selon les éditions). Un ouvrage poétique et graphique (texte et dessins en noir) consacré aux boîtes à crânes (chapelles cinéraires ou ossuaires) de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon en Finistère. Tirage : Édition limitée à 165 exemplaires numérotés. [AbeBooks]

— CALVES, (Bruno), 2023 « Les boîtes à crâne de Saint-Pol-de-Léon », L’Histoire.

—CASTEL (Y.-P), BARBEDOR (I.),  plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.« 35 reliquaires de crâne [archive] », notices no PM29001068 et IM29000954

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29000954

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001068

 

— DAVID (Carole), 2025, Paysan Breton

https://www.paysan-breton.fr/2025/10/une-etonnante-pratique-funeraire/

—DUCROCQ (Théophile), 1884 « Des Ossuaires et des boîtes à crânes de la Bretagne armoricaine », extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, t. vii, année 1884, p. 5.

—Eggers de Villepin (Fany )2023, Les dernières heures des ossuaires bretons "Hirie Dime, Varchoas Dide", La Mort et ses représentations - actes du XXe congrès de l'association Danses macabres d'Europe, sous la direction de Yves Coativy, Ilona Hans-Collas, Didier Jugan, Danielle Quéruel - Editions du CRBC, collection Kreiz, septembre 2023.

https://www.academia.edu/107153192/Les_derni%C3%A8res_heures_des_ossuaires_bretons

— GILLES (Marie), 2023, Boîtes à crâne et ossuaires en Bretagne : Finistère, Côtes d’Armor, bulletin nº75 de l’association Danses macabres d’Europe, juillet 2023 et blog lalunemauve  2021 

https://lalunemauve.fr/boites-a-cranes-ossuaires-bretagne-finistere-cotes-armor/

— GILLES (Marie), Boîtes à crâne de Saint-Fiacre (Côtes d’Armor), miroirs prophétiques de notre condition mortelle

https://podcast.ausha.co/danses-macabres-d-europe/boites-a-crane-de-saint-fiacre-cotes-d-armor-miroirs-prophetiques-de-notre-condition-mortelle

— LE BARS (Alfred)  1961, LES OSSUAIRES BRETONS Extrait des MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE DE BRETAGNE Tome XLI 1961

https://bibliotheque.idbe.bzh/data/cle26/Les_Ossuaires_Bretons_.pdf

—PROVOST (Georges),2020,  « les boites à crâne en Bretagne : une approche historique (milieu du xvie-début du xxe siècle) », dans Tranvouez Yvon (dir.), Bretagne et religion, volume IV. Visages du catholicisme, Vannes, Institut Culturel de Bretagne, 2020, p. 201-228.

juillet 2023 dans le bulletin n°75 de l'association Danses Macabres d'Europe.

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Published by jean-yves cordier - dans art funéraire Monument funéraire
26 mai 2026 2 26 /05 /mai /2026 09:39

Les (mystérieuses) divinités funéraires de Cyrénaïque.

PRÉSENTATION.

L'exposition Lybie, patrimoine révélé (mai-octobre 2026) de l'Institut du Monde Arabe  présente le travail scientifique de longue durée mené  depuis près de cinquante ans par la mission archéologique françaises en Libye (MAFL) en étroite collaboration avec les autorités libyennes, et donne à voir la diversité des sites étudiés, des périodes explorées et des enjeux de préservation et de restauration, à Măsak, Bu Njem et la région syrtique, Leptis Magna, fondé par les Phéniciens au VIIe siècle av. J.-C., Abou Tamsa,  Apollonia, port fondé par les Grecs au VIIe s. av. J-C., et Latrun, situé en bord de mer, à l’est d’Apollonia. 

Parmi les quatre grande photos sur fond noir exposées en tentures à côté des cartels, plans et documents de l'exposition, l'une  attire mon attention.

 

 

 

Divinité funéraire de Cyrénaïque, exposition Lybie, patrimoine révélé (mai-octobre 2026) de l'Institut du Monde Arabe.

Divinité funéraire de Cyrénaïque, exposition Lybie, patrimoine révélé (mai-octobre 2026) de l'Institut du Monde Arabe.

Il s'agit d'une statue d'une femme tronquée au dessus des cuisses, voilée avec un effet de linge mouillé d'une fine tunique aux plis sinueux qui recouvre sa tête en laissant visibles au dessus du front les trois rangs de boucles crépues de ses cheveux.

Son bras droit est replié à angle droit, plaçant la paume de sa main sur son ventre. Par deux doigts de sa main gauche, elle maintient son voile au dessus de son visage, dissimulant/soulignant ses yeux clos, son nez à larges narines et sa bouche fermée sur une moue muette. Si elle était couchée, on pourrait la qualifier de "belle endormie"; seuls les plis du tissu en désignent la présence, tant il est moulé sur la face et  le voile à peine visible crée un effet d'endormissement, "une distance entre le spectateur et la divinité qui d'un seul coup quitte le monde réel" (M. Belzic 2025)

 

Le marbre blanc au grain très fin est couvert d'ocre rouge, témoin de son enfouissement prolongé dans la terra rosa de Cyrène.

Divinité funéraire de Cyrénaïque, exposition Lybie, patrimoine révélé (mai-octobre 2026) de l'Institut du Monde Arabe.

Divinité funéraire de Cyrénaïque, exposition Lybie, patrimoine révélé (mai-octobre 2026) de l'Institut du Monde Arabe.

Il s'agit là (mais l'exposition ne fournit ni légende de cette photo, ni description et ni commentaire) d'une "divinité funéraire cyrénaïque", et c'est par une enquête personnelle que le visiteur peut consulter les articles princeps de Luigi Belschi en 1972, de Françoise Frontisi-Ducroux et surtout de Morgan Belzic, qui leur a consacré sa thèse en 2022 et qui en traque le commerce illégal des pilleurs. Cet article est donc, on le comprend, une démarche par copiage et collage.

La Cyrénaïque est une ancienne province romaine sur le territoire de l'actuelle Lybie. Elle tire son nom de sa ville côtière, Cyrène (nom d'une nymphe qu'Apollon aurait enlevé et déposé ici). 

Cette colonie grecque fondée en 631 av. J.-C. selon Hérodote par des habitants de Théra fuyant une terrible sécheresse, sur le bord du plateau cyrénéen à quelque 600 mètres d'altitude et à 9 km de la mer était desservie par son port Apollonia. Les Grecs se sont métissés avec les habitants lybiens. 

 Cyrène a été d’abord le siège de la monarchie des Battiades, puis a constitué une cité d’importance, la plus grande d’Afrique. Elle reste prospère, florissante et célèbre pendant toute l’Antiquité, soit près de treize siècles.

La vaste étendue qui entoure le centre urbain antique est marquée par la présence de milliers de tombes composant l'une des plus vastes nécropoles du monde méditerranéen antique ; elle s'étend vers le nord jusqu'à rejoindre le port, Apollonia, qui possède sa propre nécropole.

Menacée par l'expansion urbaine de Shahat depuis 1970, et malgré son classement par l'Unesco, la nécropole offre une très grande diversité typologique et stylistique en matière d'architecture funéraire : tombeaux excavés, maçonnés, tholos, sarcophages en plein air, hypogées, hypogées à fausse façade, chapelles et temples funéraires, cistes...

Une partie des tombes était accompagnée à l'époque grecque, de la fin du VIe au Ier siècle av. J.-C., de sculptures originales funéraires représentant la partie supérieure de corps féminins déclinées en bustes, demi-­statues voire trois-quarts de statues, représentant un personnage féminin le plus souvent vêtu d’un chiton et d’un himation relevé sur la tête afin de servir de voile. Elle étaient placées au dessus des toits des tombes.  

"Leurs dimensions sont extrêmement variables, de quelques dizaines de centimètres à plus de deux mètres de haut, la grande majorité étant comprise entre 50 et 90 cm (*). Si d’autres bustes ou demi­statues funéraires et votifs peuvent être comparés à cette production, nulle part on ne trouve hors de Cyrénaïque une tradition identique. Doublement locales, par leur iconographie et les ateliers dont elles sont issues, elles forment un corpus bien délimité. L’étude fondamentale demeure celle de Luigi Beschi dans un long essai, Divinità funerarie Cirenaiche . Il en dénombrait plus de 160 exemplaires, environ 180 sont actuellement publiés. Cependant, le travail sur les archives et la multiplication des découvertes fortuites, auxquelles s’ajoute un grand nombre d’œuvres repérées sur le marché de l’art, font que désormais le nombre de "divinités funéraires" complètes ou fragmentaires dépasse les 320. L’écrasante majorité provient de Cyrène, suivie d’Apollonia, Barca et Ptolémaïs. La chronologie, fondée sur les sources épigraphiques, les critères stylistiques, les rares contextes archéologiques et l’étude des architectures, permet de bien situer leur émergence à l’époque archaïque et de suivre la continuité de cette production jusqu’à l’époque hellénistique. En revanche, une hésitation demeure quant à la période de l’arrêt de la production." (M. Belzic)

(*) La dimension s’accroît régulièrement au fil du temps. Au départ il s’agit de bustes, limités aux aisselles, puis à mi-poitrine. Ensuite ce sont des demi statues arrêtées à la ceinture, puis aux hanches, enfin à hauteur des genoux. (F. Frontisi-Ducroux)

I. Certaines, les plus anciennes, ont la particularité d'être « aprosopes », le visage n'étant volontairement pas sculpté. Cela représente environ 1/3 des statues. On  s'interroge sur la signification de cette disparition des traits au profit d'une abstraction de la face, soit par impossibilité de représenter la mort, soit par tabou. Il existe un exemple où la statue est à la fois aprosope, et voilée. Elles peuvent être coiffées d'un polos, ou couronne antique.

"Placées généralement au sommet des sarcophages ou en façade des monuments funéraires et ce quelle que soit leur forme architecturale, elles furent accompagnées entre le milieu du IVe siècle et le IIe s. av. J.-C. de bases inscrites au nom du défunt, le plus souvent masculin, attestant qu'il ne s'agit nullement d'un substitut du mort mais d'une représentation générique vraisemblablement divine. Ses rares attributs permettent de l'associer à l'iconographie de Perséphone (Beschi 1972, 335–336) bien qu'elle ne reçut probablement jamais de nom (Reynolds et Thorn 2005). Un anonymat qui résonne comme un écho à l'aprosopie." (M. Belzic)

Les statues aprosopes

Musée de Cyrène. cliché Françoise Frontisi-Ducroux.jpg

 

 

 

Musée de Cyrène, inv. 11.002. Beschi n° 15. cliché Francoise Frontisi Ducroux.jpg

 

Statue funéraire aprosopon. Musée de Cyrène, Beschi no 24 (cliché F. Frontisi-Ducroux.).
Musée de Cyrène. statue aprosopon tardive.Beschi n° 106..jpg

 

II. Ces divinités sans visage sont vite concurrencées par des formes plus communes aux visages très classiques, dès la fin du VIe s., et elles perdurent à côté des œuvres prosopiques depuis le Ve s. jusqu’à la fin de la production, que l'on peut situer au courant du Ier s. av. J.-C.

À l’époque hellénistique, des sculpteurs cherchent un moyen pour lier ces deux traditions, donnant naissance à des sculptures surprenantes qui rappellent, à bien des égards, certains commentaires littéraires sur des peintures antiques. Les statues funéraires  sont simplement voilées, bien que parfois ce voile recouvre une partie du visage (8 cas sur 300), et, dans un seul cas connu, la totalité de celui-ci. Diversement présentées, certaines sont accompagnées de bases inscrites portant probablement le nom du défunt qu'elles accompagnaient. L'interprétation de telles œuvres est encore sujette à caution, on ignore s'il s'agit d'une représentation d'une divinité formelle ou informelle ou de son âme, et ce qui motivait le choix des familles, sans doute par leurs croyances ou appartenances religieuses. Leurs points communs est d'être toutes féminines, toutes représentées  tronquées à mi-cuisses, toutes sculptées sur une seule face. On s'accorde sur la certitude d'y voir des déesses, mais si certains ont voulu les désigner comme des Perséphones, du nom de la déesse fille de Démeter régnant sur les Enfers et épouse d'Hadés, on préfère se contetnter du terme de "divinités funéraires".

 

Les divinités féminines tronquées.

"Au IVe siècle av. J.-C. apparaissent deux types nouveaux de bustes à figure modelée : certains modèles ont la figure à demi dissimulée par un voile qui recouvre toujours le nez et la bouche. Dans l’autre groupe, le visage est complètement découvert par le geste de dévoilement toujours esquissé par la main gauche de la figurine. Ces différents types perdurent concomitamment jusqu’à l’époque impériale." (S. Grosjean-Agnes)

 

Musée du Louvre MA 1777..jpg

 

Statue funéraire. Musée de Cyrène, Inv. 11.003 (cliché F. Frontisi-Ducroux.).

 

 

 

 

Buste funéraire funéraire en marbre d'une femme voilée, Cyrène, période hellénistique (Ier siècle av. J.-C.), 128 x 62 cm.

 

Divinité funéraire n°réc.D23 saisie à Londres. Photographie : British Museum, in M. Belzic

Les divinités semi-voilées.

Leurs statues à la face  semi­-voilée, forment des intermédiaires entre visage et aprosopie.

"Le groupe des statues à face semi-voilée confirme la valeur de l’aprosopia. Cette catégorie, intermédiaire sur le plan sémantique, bien qu’elle ne le soit pas chronologiquement, fournit une nouvelle solution au problème de figuration religieuse posé par la divinité des morts : montrer que ce que l’on montre n’est pas visible. La réponse est ici fournie par la technique dite du drapé mouillé. Une technique que la statuaire grecque utilise avec virtuosité pour contourner la convention qui pendant longtemps rejette la nudité pour la représentation du corps féminin.

 Les artistes cyrénéens ont exploité avec maîtrise les virtualités de la technique du drapé mouillé pour résoudre le paradoxe de la figuration de l’infigurable. La diversité des variantes en témoigne : ici un pan du manteau se rabat sur une joue, comme sous le souffle du vent, cachant une partie du nez et de la bouche. Lorsque le rabat part de plus haut, il enserre la moitié droite du visage, moulée dans les plis verticaux d’une gaze, laissant l’autre partie à nu. Ailleurs la séparation se fait horizontalement : le front est dégagé, mais au-dessous on entrevoit les yeux, encadrés par l’ovale sinueux d’une mandorle, le nez saillant sous l’étoffe, et la bouche. L’effet est d’autant plus saisissant que le très long séjour dans la terre a laissé sur le marbre un dépôt rougeâtre, qui accentue les saillies et souligne l’alternance entre les traits qui sont offerts aux regards et ceux qui, censés masqués, sont à peine moins visibles, tout juste émoussés par le sfumato du voile de pierre. Ou encore, autre formule, le visage entièrement emballé dans une étoffe opaque contraste fortement avec le décolleté. Dans ces deux cas, le voile est tenu à l’horizontale par les doigts de la main gauche, levés à hauteur de l’oreille, comme dénotant un geste intentionnel de masquage." (F. Frontisi-Ducroux 2016)

Statue funéraire voilée, Musée de Cyrène (cliché F.Frontisi-Ducroux.).

 

Tête au visage semi voilé, Musée de Cyrène, Inv. 11.013 (d’après Chamoux 1953).

 

 

Illustration Morgan Belzic

 

III. À l'époque romaine, la pratique du portrait individuel l'emporte, souvent installés dans des niches ou sur la façade des tombes ; de formats réduits (de 15 à 40 cm généralement), ils forment une catégorie régionale de sculpture grecque d'époque impériale : les portraits funéraires de Cyrénaïque (1er au 4ème siècle). Ils représentent, cette fois des individus dont les traits, plus ou moins individualisés, identifient l’âge et le sexe du défunt.

Ces sculptures sont la proie d'un important pillage depuis les débuts de la construction, dans les années 1970, de la ville moderne de Shahat. Ce pillage, qui a augmenté depuis la révolution libyenne de 2011, participe de la destruction et de la dispersion du patrimoine archéologique. De nombreuses œuvres provenant de ce trafic ont été retrouvées sur le marché des antiquités.

 

 

 

 

 

DISCUSSION

Avant toute discussion, je dois exprimer mon admiration pour cette sculpture de femme au geste si élégant de voilement, ou d'imminence de dévoilement. Même si je n'en vois qu'une excellente photo, et si je n'irai jamais au musée de Cyrène la contempler, je la tiens pour un chef d'œuvre de la sculpture antique, et c'est pour partager mon émotion esthétique que je rédige cet article.

Mais cet article tente aussi de pénétrer le mystère du geste de la main tenant le voile, et, au delà, celui des statues sans visage, en consultant les réflexions des auteurs.

 

L'évolution de la sculpture grecque, de la colonne vers l'anthropomorphisme partiel ??

Pour F. Chamoux "les bustes ont tendu à se dégager progressivement du sol : d’abord coupés aux épaules, ils sont apparus ensuite jusqu’à la ceinture, puis jusqu’aux hanches, mais pas plus loin. Parallèlement les bras se sont libérés et ont acquis une certaine liberté de mouvement, tempérée par le respect d’un geste canonique." Pour L. Beschi, la stèle anthropomorphe à perruque, le cippe cylindrique encerclé d’un anneau de cheveux, témoignent d’une métamorphose partielle et d’une personnification progressive. Métamorphose semi iconique qui serait favorisée par la persistance des cultes aniconiques et bétyliques dans le monde grec. Cette tradition, en confluence avec la naissance et le développement d’un type plastique représentant une divinité féminine chthonienne, aurait produit, à Cyrène, ce phénomène exceptionnel : l’effigie composite et ambigüe d’une divinité en guise de monument tombal. ( F. Frontisi-Ducroux)

Un tabou de la représentation des puissances chtoniennes d'origine libyenne ?

"Il s’agit à l’origine d’un rite libyque, adopté par les Grecs de Cyrène qui ont « réveillé » certaines potentialités de leur déesse de la mort pour qu’elle soit en adéquation avec les puissances chtoniennes locales qu'elle concurrençait. Les Libyens n’étaient pas les seuls peuples du pourtour de la Méditerranée hormis les Grecs à pratiquer des rites contenant des tabous de représentation : Hérodote signale que les Perses ne possédaient aucune image de leurs dieux, ni temple, ni autels et les considéraient même comme un signe de folie.

Il semble cependant qu’à Cyrène même, cet interdit de la représentation ait été mal interprété à travers le temps : la déesse finit par être représentée humanisée, un voile obstruant le nez et la bouche, organes essentiels à la vie, ou esquissant le geste tellement grec de dévoilement, évocateur d’un interdit d’outre-tombe qui se révèle au moment de la mort. L’identité de cette mystérieuse divinité a provoqué bien des interrogations : L. Beschi a pensé à la terre mère, Gaia, L. Bacchielli à Déméter et Fr. Chamoux à Perséphone. Les similitudes de gestes entre les statuettes de terre cuite des sanctuaires de Déméter et de Coré de Cyrénaïque ou les similitudes de gestes de l’apparition de la divinité effrayante représentée au moment de la mort de l’occupante de la tombe à la balançoire ainsi qu’une statue-buste réemployée dans le sanctuaire de Déméter, incitent à privilégier l’hypothèse de François Chamoux, sans que l’on puisse assurer avec certitude qu’il s’agit vraiment de Coré Perséphone ou d’une déesse similaire qui lui serait associée. Quoi qu’il en soit, l’exemple de ces statues aniconiques dont le visage au départ absent finit par se dévoiler, signale la réinterprétation à l’aune de la pensée hellénique d’un emprunt fait à une religion locale. De même que l’assimilation de Déméter et de Coré avec une Terre-Mère indigène explique le succès des deux divinités en Sicile, de même leur association mâtinée d’enrichissement mutuel a permis un tel essor en Cyrénaïque." (S. Grosjean-Agnes)

Analyse de Françoise Frontisi-Ducroux 2016. (extraits). Un métissage d'une influence héllène en Libye.

1°) "Tout d’abord la raison de cette figuration exceptionnelle. Pourquoi en Libye et pas ailleurs ? Car l’impossibilité de voir le visage de la mort est une donnée fondamentalement grecque. Le nom même du souverain des Enfers, Hadès, indique son invisibilité (a-idein). Sa parèdre, celle qui siège à ses côtés, est invoquée dans un chœur de Sophocle comme la « déesse invisible », aphanês theos. La mort est constamment pensée et dite en termes visuels, depuis les textes épiques où le trépas s’annonce par un brouillard qui enveloppe les yeux du guerrier. La vision s’abolit avant que les genoux ne se dérobent et que le souffle ne franchisse la barrière des dents. Mourir c’est cesser de voir et d’être vu, car vivre c’est voir, voir le jour et ses semblables, et être visible sous la lumière du soleil. Une fois descendus dans l’Hadès, les défunts ne sont plus que des ombres, des têtes sans force, enveloppées de nuit et sans visage.

Aussi les Grecs ont-ils rarement représenté leurs divinités infernales, répondant à l’infigurabilité par la non figuration. Alors pourquoi l’exception de Cyrène ? On ne peut que supposer une donnée locale. Puisque en d’autres lieux c’est la figure du défunt qui se dresse sur la tombe. ...

Les Grecs, au moins les premiers arrivants, venus d’abord de Théra, ont dû prendre leurs femmes dans le pays où ils s’implantaient et les helléniser pour qu’elles leur donnent de bons petits Grecs. En leur confiant, comme partout ailleurs dans les mondes méditerranéens, le soin des rites funéraires et du culte des morts (qu’elles assumaient probablement déjà), ils n’avaient aucune raison de leur refuser une représentation de la mort qu’ils partageaient et une divinité qui leur était quasi familière. Cette puissance divine faisait-elle déjà l’objet de figuration ? Impossible de le dire. On ne sait rien des coutumes funéraires des nomades libyens qui occupaient le territoire de Cyrène avant l’arrivée des colons grecs. Quoi qu’il en soit, les statues funéraires qui ont survécu sont postérieures de plus d’un siècle aux premières vagues de migrations et l’aménagement des nécropoles que nous connaissons n’a dû commencer qu’après l’expansion de la ville, au moment de sa grande prospérité. C’est alors, dans la seconde partie du VIe siècle, qu’a pu se poser la question du type de séma funéraire à adopter et que la présence de la déesse a pu s’imposer comme déjà traditionnelle. Quant aux modalités particulières de sa figuration, elles ont été prises en charge par le vocabulaire et les codes de la plastique grecque.

2°) Les effigies de la déesse sans visage ne sont pas toutes aprosopon, loin de là. La variante avec visage est même attestée très tôt. Et l’alternance est constante entre les deux formules, parfois issues des mêmes ateliers. Il est probable que les commanditaires avaient le choix. Avec ou sans visage, ou semi voilée, la déesse était la même. Puisque nous avons interprété l’aprosopia et la face demi voilée comme les signes de l’irreprésentablité de la mort, ce caractère s’estompe-t-il lorsque les sculpteurs lui donnent un visage ? Ou bien existe-t-il un autre signe qui prend en charge la notion de non visibilité ?"

Jusqu’au bout… jusqu’à l’époque romaine du moins, les commanditaires cyrénéens ont eu la possibilité de choisir, chez les mêmes marbriers, pour couronner leurs tombeaux, entre une formule « neutre » voire banalisée, et l’autre, indice peut-être d’une libyanité accentuée ou d’un métissage assumé, qui rappelait explicitement qu’aux vivants la mort ne montre pas son visage. Réponse exemplaire, dans le langage plastique grec, d’une question soulevée par l’implantation de hordes hellènes dans le sol libyen. Un cas frappant d’acculturation plutôt réussie.

 

CONCLUSION PERSONNELLE

Au total, je retiens cette image de la Mort comme une femme sans visage, ou au visage  vide : une béance, une absence, un non-lieu, une interrogation, ou encore une attente. Ces statues aposopes me marqueront tant que, quelques jours plus tard, devant des œuvres de Matisse réalisées en 1941-1954 alors qu'il est mort en 1956), elles apparaîtront en creux et feront rebondir mon sentiment esthétique et mes interprétations. Ainsi devant le dernier tableau de Matisse, Katia à la chemise jaune, où il fait disparaître les traits de son modèle Carmen Leschennes.

Henri Matisse, Katia à la chemise jaune, huile sur toile, 1951, Musée des Beaux-Arts de Lyon. Cliché lavieb-aile expo Grand-Palais 2026.

 

Ou devant Zulma, un papier découpé daté de 1950 , où pour la première fois il traite la figure en utilisant le papier gouaché:

 

Henri Matisse, Zulma, papiers gouachés et découpés, début 1950, SMK National Gallery of Denmark Copenhague. Cliché lavieb-aile.

Mais si on remonte en amont dans son œuvre, on retrouve ces faces aprosopes dans son étude pour Saint Dominique de la chapelle de Vence (1948-1949), ou par exemple dans le personnage anonyme de Branche de prunier, fond vert de 1948.

Henri Matisse, Branche de prunier, fond vert, huile sur toile, 1948, Pinacoteca Agnelli. Cliché lavieb-aile Grand Palais 2026

Ou en 1942 dans Jeune femme au collier :

Henri Matisse, Femme au collier, février 1942, huile sur toile, collection privée, exposition Matisse 1941-1954, Grand-Palais 2026. Cliché lavieb-aile

Je ne dis pas que ces figures réduites à leur contour, un ovale universel, sont chez Matisse des figures funéraires et je ne les interprète pas comme révélant d'une pensée de la Mort, je dis seulement que lorsque je les ai vues, ce sont les statues cyrénaïques qui m'ont conduites à une méditation personnelle sur les défunts et les défuntes.

Mais si je reviens à la photo-choc qui a débuté ce parcours, cette femme que je dévisage à travers son voile, et dont je tente de saisir le geste mystérieux de voilement/dévoilement, ce geste qui rend impossible son sommeil, ce geste qui ne peut durer et qui dure pourtant, qui est un signe dont je ne peux dire ce qu'il signifie, ce geste de deux doigts levés, non écartés en V de victoire, mais serrés comme les ciseaux d'Atropos,  je constate que je ne peux l'assimiler vraiment à la Mort, qui m'attendrait et me réserverait dans un hypothétique au delà la révélation de sa rencontre.

Mais plutôt à une défunte qui revient masquée me saluer , une Eurydice qui aurait eu la brève permission de m'apparaître en muette consolation et en muet regret. Ou à une impossible nécromancie, comme pour Ulysse lors de sa Nekyia, mais de façon bien plus vaporeuse, et douce, et figée dans le suspens d'une réponse qui ne viendra pas.

 

SOURCES ET LIENS

—BESCHI (Luigi) 1972. « Divinità funerarie Cirenaiche », Annuario della scuola italiana di Atene e delle Missioni Italiane in Oriente 47–48, n.s. 21–22 (1969–70), 1972: 133–341.Non consulté

—BESCHI, L. 1976. Un supplemento cretese ai ritratti funerari romani della Cirenaica. Quaderni di Archeologia della Libia 8: 385–397. Non consulté

—BESCHI, L. 1996. La scultura nella Cirenaica greca. I Greci in Occidente. Catalogo della mostra Venezia, Palazzo Grassi, marzo - dicembre 1996, Venise-Milan, 1996: 437–442. Non consulté

—BELZIC (Morgan), 2025, podcast « La recherche à l’oeuvre » INHA Anne-Cécile Genre

https://www.youtube.com/watch?v=lHOWna4Vwz8

Morgan Belzic, aurait-il imaginé un destin à la Indiana Jones ? L’archéologue et historien de l’art ne nous le dira pas mais ce qu’il raconte de ses recherches sur de mystérieuses divinités grecques en marbre, les sculptures funéraires de Cyrénaïque (Libye), ressemble fort à un roman policier. Surtout quand des trafiquants s’en mêlent. Écoutez l'épisode sur toutes les plateformes audio : https://bit.ly/inha_s0201 --- Production : Institut national d’histoire de l’art (INHA), en partenariat avec Beaux Arts Magazine. Auteure : Anne-Cécile Genre Réalisation, habillage sonore, mixage : Théo Boulenger Jingle : Guillaume Auguet Production exécutive : Alessandra Danelli et Jean-Baptiste Costa de Beauregard ---

—BELZIC (Morgan), 2015  Les divinités funéraires de Cyrénaïque. Un état de la recherche, EPHE, 2015.  
—BELZIC (Morgan), 2022   Les sculptures funéraires de Cyrénaïque thèse Paris, non consultée

https://theses.fr/s205580

—BELZIC (Morgan), 2018, Les sculptures funéraires de Cyrénaïque sur le marché de l'art

https://www.cambridge.org/core/journals/libyan-studies/article/les-sculptures-funeraires-de-cyrenaique-sur-le-marche-de-lart/2C157B495F77325BBAA7B913975B6361

—BELZIC (Morgan), Une nouvelle divinité funéraire de Cyrénaïque saisie en Libye

https://libyeantique.hypotheses.org/229

—BELZIC (Morgan), Sculptures de Cyrénaïque saisies à Damiette

 https://www.academia.edu/25503497/Rapport_sculptures_de_Cyr%C3%A9na%C3%AFque_saisies_%C3%A0_Damiette

 

—BELZIC (Morgan), 2023, Stéphanie Wyler (13 mars 2023). Le voile de Cyrène. IconoClass. https://doi.org/10.58079/pstc

—FRONTISI-DUCROUX (Françoise) 2004, « Comme un rêve de pierre… », in Ouvrir Couvrir, Paris, 2004, p. 9-39 , non consulté

—FRONTISI-DUCROUX (Françoise), 2016, Visages invisibles : retour à Cyrène, in Les Mystères p. 245-265

https://books.openedition.org/editionsehess/4250

—FRONTISI-DUCROUX (Françoise), 2008 "Les figures funéraires de Cyrène : stratégies de figuration de l’invisible", , in Image et religion, Naples, 2008, p. 53-67

https://books.openedition.org/pcjb/4452

— GROSJEAN-AGNES (Sophie), 2008, Lois sacrées ou rituels mouvants ? L'exemple des cultes de Déméter et de Coré à Cyrènes dans l'antiquité.  Camenulae n°2- Mai 2008

https://lettres.sorbonne-universite.fr/sites/default/files/media/2020-06/grosjean-agnescamenae.pdf

—MARINI (Sophie), 2012. Les bustes funéraires en Cyrénaïque à l’époque romaine: un exemple d'inluence de l'art funéraire égyptien sur celui des Cyrénéens? In Entre Afrique et Égypte: relations et échanges au sud de la Méditérranée à l’époque romaine.

https://www.academia.edu/6588970/_Les_bustes_fun%C3%A9raires_en_Cyr%C3%A9na%C3%AFque_%C3%A0_l%C3%A9poque_romaine_un_exemple_dinfluence_de_lart_fun%C3%A9raire_des_%C3%89gyptiens_sur_celui_des_Cyr%C3%A9n%C3%A9ens_St_Gu%C3%A9don_%C3%A9d_Entre_Afrique_et_%C3%89gypte_relations_et_%C3%A9changes_entre_les_espaces_au_sud_de_la_M%C3%A9diterran%C3%A9e_%C3%A0_l%C3%A9poque_romaine_Bordeaux_2012_p_173_186

— MUSEE DU LOUVRE, Quatre demi-statues funéraires de Cyrène, en Libye orientale, qui ont été saisies en France alors qu’elles allaient être exportées illégalement

https://www.louvre.fr/decouvrir/vie-du-musee/sculptures-antiques-de-libye-et-de-syrie-lutter-contre-le-trafic-illicite-de-biens-culturels

 

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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