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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 16:33

Iconographie de Saint Côme et saint Damien en Bretagne, sur une vingtaine de sites, 

sur les porches de Landivisiau (1554), Bodilis (1570), et Saint-Houardon de Landerneau (vers 1554), à Saint-Nic, Plougastel, La Martyre, Ploudiry, Languivoa, etc,  etc... .

Avec une petite iconographie générale (enluminures, ...).

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Voir sur l'iconographie des saints Côme et Damien :

— en Bretagne :

 

— Hors Bretagne : 



 

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Au nord du Finistère, en Léon, pays des "enclos paroissiaux",  les représentations sculptées des saint Côme et Damien, exécutées très vraisemblablement par le même atelier (Prigent, à Landerneau), dans le même matériau (kersantite), à la même époque (approximativement entre 1554 et 1570), s'observent sur l'encadrement des portails de trois églises très proches, celles de Landivisiau, de Bodilis et de Landerneau.

La singularité de ce regroupement apparaît si on considère la rareté (finalement relative) des représentations des deux saints médecins en Bretagne, ou de l'attestation de leur culte : une chapelle à Saint-Nic (29) et à Plomeur (29), un polyptyque à Dinan, quelques statues souvent postérieures au XVIe.

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I. SAINT CÔME TENANT L'URINAL.

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1°) À Landivisiau, porche sud, kersanton, atelier des frères Prigent de Landerneau,  1554. 4ème niche du coté droit de la gorge extérieure du portail intérieur.  

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau-vii.l-arcade-interieure-et-son-tympan.html

Côme est coiffé du bonnet carré des docteurs (discernable par l'arête centrale et les deux coins latéraux). Il porte une tunique courte (au dessus des genoux), à manches plissées,  boutonnée par une rangée de boutons ronds médians. Cette tunique est recouverte d'un manteau long, touchant terre, dont l'encolure fait un large revers. De solides chaussures et des bas complètent cette tenue.

Il tient dans la main droite un vase à long col dans lequel nous reconnaissons l'urinal, ou matula, qui sert à mirer les urines.

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Photographie lavieb-aile.

Photographie lavieb-aile.

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Photographie lavieb-aile.

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2°) Saint Côme tenant l'urinal, à Bodilis, porche sud, kersanton, atelier des frères Prigent de Landerneau,  1570. 1ère niche du coté gauche de la gorge extérieure du portail intérieur.  

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/les-sculptures-de-pierre-de-l-eglise-de-bodilis.i.l-encadrement-interieur-1601-du-porche-sud.html

 

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Là encore, saint Côme, patron des médecins, élève devant ses yeux l'urinal ou matula ( alias "pot à pisser", E. Guichard 1606) afin d'en examiner la sédimentation et de se prononcer sur le diagnostic ou le pronostic, comme dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Comme le vase est tenu plus haut qu'à Landivisiau, précisément à la hauteur des yeux et que son col est plus long, son usage prête encore moins à confusion. 

Il est coiffé du bonnet des docteurs, dont l'arête centrale est parfaitement rendue, donnant l'impression d'un chapeau à trois pointes. Le bonnet porté par saint Côme ou plus généralement par les médecins du Moyen-Âge  est décrit comme  "rond" (cylindrique) et fourré de vair, ou bien comme "carré". Le bonnet carré (la "barrette" des clercs) était porté par les avocats, les juges, les médecins et les maîtres en théologie. Il était, pour les médecins, de couleur écarlate. Il se porte, si on en juge par la barrette des religieux, avec l'une des pointes en position strictement médiane, ce qui donne l'aspect que nous voyons ici.

Il est vêtu d'une robe, descendant ici très bas et ne découvrant que le bout des chaussures. Les manches en sont plissées jusqu'au poignet où apparaissent  les petites plissures de la chemise. La robe n'est ouverte que par une courte fente thoracique dont les bords se rejoignent sans doute par un bouton, non visible mais responsable d'une boucle terminale très caractéristique de ce sculpteur.

Un manteau, tout aussi long, recouvre la robe, avec un large col rabattu, et un pan retenu par la main gauche.

 

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Photographie lavieb-aile.

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Photographie lavieb-aile.

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3°) À Landerneau, église Saint-Houardon, porche sud, kersanton, atelier des frères Prigent de Landerneau,  1555-1580. 2ème niche du coté gauche de la gorge extérieure du portail intérieur.  

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-sud-et-la-porte-sud-de-l-eglise-saint-houardon-de-landerneau.html

La sculpture en moyen relief est de facture plus grossière, et sa taille est moindre. Néanmoins, les points communs avec les deux sculptures précédentes sont suffisamment francs pour les réunir dans un même ensemble. Le bonnet carré, la robe longue fermée par un bouton rond, recouvertepar un manteau dont le pan droit est retenu par la main gauche, et l'urinal, dont le col  est brisé. Il est tenu à la hauteur de l'épaule.

 

 

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Photographie lavieb-aile.

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Photographie lavieb-aile.

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II. SAINT DAMIEN TENANT LE POT À ONGUENT.

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1°) À Landivisiau, porche sud, kersanton, atelier des frères Prigent de Landerneau,  1554. 4ème niche du coté gauche de la gorge extérieure du portail intérieur.  

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau-vii.l-arcade-interieure-et-son-tympan.html

Damien porte  le bonnet des docteurs, qui est caractéristique de sa fonction. Il ressemble ici à un béret en galette, arrondi, sans les angles et les nervures du bonnet carré.

Il est vêtu d'une courte tunique aux plis épais,  dont la  fente antérieure est fermée par deux boutons ronds placée à l'extrémité d'une patte, la boutonnière dessinant ainsi une ligne sinueuse s'achevant par une boucle. On devine la présence d'une ceinture.

Par dessus, un manteau à petit  col, très ajusté sur les épaules  est mystérieusement fixé sans fermail. Ses pans plissés sont repris à la taille.

Il est chaussé de solides chaussures.

La boite à onguent, dotée d'un couvercle, est cylindrique, à bords lisses ornés d'une seule cannelure.

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Photographie lavieb-aile.

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Photographie lavieb-aile.

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2°) À Bodilis, porche sud, kersanton, atelier des frères Prigent de Landerneau,  1570. 1ère niche du coté droit de la gorge extérieure du portail intérieur.  

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/les-sculptures-de-pierre-de-l-eglise-de-bodilis.i.l-encadrement-interieur-1601-du-porche-sud.html

Il tient de la main gauche le pot à onguent, son attribut de patron des apothicaires. Cylindrique, il est doté d'un couvercle, et s'orne de deux cannelures, et d'un fond à godrons. La main droite bénit, à moins qu'elle ait perdu la spatule souvent associée au pot. La robe est longue, serrée à la taille par une ceinture nouée. 

 

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Photographie lavieb-aile.

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Photographie lavieb-aile.

Photographie lavieb-aile.

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3°) À Landerneau, église Saint-Houardon, porche sud, kersanton, atelier des frères Prigent de Landerneau,  1555-1580. 2ème niche du coté droit de la gorge extérieure du portail intérieur.  

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-sud-et-la-porte-sud-de-l-eglise-saint-houardon-de-landerneau.html

Là encore, la sculpture est de moins belle facture, mais nous retrouvons le même motif, avec une main droite qui a peut-être perdu l'accessoire qu'elle tenait, et la main gauche qui tient une belle boite à onguent, cylindrique à plusieurs cannelures verticales.

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Photographie lavieb-aile.

Photographie lavieb-aile.

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Iconographie des saints Côme et  Damien en Bretagne.

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CONCLUSION.

  Patrons des médecins, des chirurgiens et des pharmaciens, les saints thaumaturges et anargyres Côme et Damien  figurent en bonne place dans l'encadrement des  portails de trois églises du Finistère, celles  de Landivisiau, Bodilis et Landerneau. Ils sont sculptés entre 1554 et 1570 environ dans leur tenue de docteurs en médecine (bonnet carré, robe longue à manches, manteau à col large). Ils accompagnent constamment saint Yves, docteur en théologie et en droit et patron de la Bretagne.

Cette association est significative, puisque tant Côme et Damien que saint Yves sont vénérés pour leur détermination à refuser le pouvoir de l'argent, et à dispenser leur art (la médecine dans un cas, la défense juridique dans l'autre) sans demander de paiement.

 

Cette constatation  suggère ensuite, avec bien d'autres points communs, que les trois porches sont dus au même atelier landernéen des frères Prigent (actif de 1527 à 1577) , ce qui n'avait pas été clairement établi.

Cela  témoigne par ailleurs de l'importance donnée aux deux saints dans ce petit périmètre du Léon, à l'apogée des Enclos paroissiaux, âge d'or de l'industrie toilière (lin, chanvre) et du commerce maritime (Landerneau, Roscoff, Morlaix) sous les rois Henri II, François II et Charles IX. Une importance qui n'a pas non plus été notée, mais qui interroge sur sa cause. Les trois portails ne figurent pas dans l'inventaire, pourtant étoffé et attentif, de la thèse de pharmacie de Marie-Louise David-Danel.

Enfin, le choix de représentation  (l'un tenant l'urinal, l'autre la boite à onguent) mérite, là encore, tout notre intérêt, car les attributs des saints ne sont pas fixée, et évoluent au contraire dans le temps et selon les lieux.

N.B. L'étude de l'iconographie ne permet pas de préciser l'identité des deux saints en fonction de leur attribut. Quelques arguments incitent à considérer que Damien, le pharmacien, tient le pot à onguent et que Côme, le médecin, procède à l'uroscopie en mirant les urines dans un urinal de verre ou matula. Ce récipient a été, au Moyen-Âge, aussi représentatif de la fonction médicale que, de nos jours, le désuet stéthoscope autour du cou des acteurs de publicité ou de séries télévisées. J'ai donc suivi cet idée dans ma détermination des saints. Il suffirait d'inverser si un motif péremptoire l'imposait.

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Côme et Damien appartiennent, sur ces portails, à des séries de 12 saints personnages,  associés à saint Yves dans les trois sites,  mais aussi aux  saints François d'Assise  et Miliau dans deux cas. Nous trouvons :

 

– à Landivisiau  : Saint Yves confronté à Saint Pierre.  Saint Salomon roi breton face à Saint Denis ou Miliau, un  évêque confronté à un autre  évêque, Damien et Côme, un saint Abbé (Guénolé?) face à un évêque, et enfin deux anges.  

 – à Bodilis : Côme est face à Damien, saint Antoine face à saint Yves, saint Dominique face à François d'Assise, et saint Miliau face à saint Sébastien.

– à Saint-Houardon de Landerneau   Saint Yves confronté à saint Pierre, Saint Côme à saint Damien, un Saint évêque à saint Jean-Baptiste, Salomon, roi breton à saint François d'Assise, un Saint évêque à saint Christophe, le Christ aux liens à saint Hervé (un saint breton), un Homme mains jointes  au Père éternel, et Saint Fiacre à un saint évêque.

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Nous pouvons maintenant nous interroger sur la place de ces trois ensembles dans le culte de ces saints en Bretagne.

 

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CÔME ET DAMIEN EN BRETAGNE

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A. LE FINISTÈRE NORD.

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1°) Les statues de bois polychrome (XVIIe) de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien à Saint-Nic (29).

Elle a été édifiée au début du XVIe siècle à la suite d'une épidémie, et terminée au XVIIe (sablières datées de 1641 et 1661). En 1694, les lambris reçurent des peintures (détruites) relatant la vie des saints patrons. Elle abrite, dans des niches entourant le chœur,  deux statues des saints, du XVIIe siècle (classées 15/07/1993).   Damien tient le pot à onguent  tandis que Côme tient l' urinal. Ou inversement. Et le geste de la main droite de Damien est très proche de la statue homologue de Bodilis.

Voir mon article ici.

 

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Saint Damien tenant la boite à onguent, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Saint Damien tenant la boite à onguent, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Saint Côme tenant l'urinal, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Côme tenant l'urinal, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint Côme tenant l'urinal, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Saint Côme tenant l'urinal, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Saint Damien :

 

Saint Damien tenant le pot à onguent, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Saint Damien tenant le pot à onguent, bois polychrome, XVIIe siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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2°) Les statues de pierre (XVIe ?) de l'ancien calvaire de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien à Saint-Nic (29).

Lors de ma visite de la chapelle Saint-Côme et saint Damien de Saint-Nic, j'ai remarqué un groupe de deux statues de pierre (XVIe ?) contre des piliers. Elles proviendraient de l'ancien calvaire. L'un (pilier de gauche de la nef) tient un pilon et un mortier, tandis que l'attribut de l'autre, géminé au dos de Marie-Madeleine contre le pilier de droite, est brisé.

Voir mon article pour une description plus complète.

e siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

e siècle, chapelle Saint-Côme-et-saint-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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3°) Le reliquaire de 1578 provenant   de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien, et conservé à Saint-Nic (29).

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Pas d'image, mais ce reliquaire en argent doré en forme de chapelle donne une date terminus post quem du culte des saints dans ce lieu. Il contient, selon une inscription, les reliques des deux saints patrons de la chapelle, de saint Pierre, de Marie-Madeleine et de saint Meen (patron de l'église de Ploéven, paroisse voisine). 

Les statues des deux saints y figurent dans des niches :

Description par Y-P. Castel en 1971 dans la base Palissy :

Reliquaire en forme de chapelle, portée aux 4 coins par des lions, un clocher de plan hexagonal surmonte le toit, à double pente, en son centre ; les élévations se composent de niches juxtaposées ; assemblages des éléments décoratifs par soudures et des 3 personnages par agrafes  haut reliefs de Côme et Damien encadrant saint Pierre plus petit chacun dans une niche.

Auteur : Corentin Le Baron, orfèvre.

en forme de : chapelle : ornementation (filet, fleuron, crochet, fleurette, arcature, ornement : époque gothique, lion) ; figures (saint Pierre, saint Côme, saint Damien, portant : récipient d'hygiène) ; figure (en buste : Apôtre : ?)

poinçon de maître : rectangulaire, lettres C et B, légèrement fleuronnées ; inscription sur une pente du toit : VN PARTIE DE LA CORO DENOTRE SIGNVR VN PARTI DE SAROBA VN PARTIE DE RELIQVES DE SAINT COM ET DOMIEN VN PAR DE RELIQV DE SAINT PIERE VN PARTIE DE RELIQVES DE SAINT MEN VU PARTIE DE RELIQVES DE MARIA MADALENE ET VN PARTIE DE SAROBA ITEM DES AVTRES RELIQVES ; inscription sous la base : HENRI HASCOVET FABRIQVE DE LA CHAPELLE DE S COM LE 30 DAVOVGST 1578 M YVES LE SENESAL RECTVR. P

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 Le reliquaire de 1578 provenant   de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien, à Saint-Nic. photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le reliquaire de 1578 provenant   de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien, à Saint-Nic. photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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4°) La fontaine de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. 

L'eau de la fontaine de la chapelle (à 200m en direction de la plage) est réputée guérir des maux de tête. Sous un toit en bâtière, elle abrite deux statues en pierre de Kersanton, du XVIe siècle, des saints. Ces statues ont été restaurées en 2016 avec reconstitution de novo d'une  tête, pour l'une, et d'une tête et d'un buste pour l'autre. L'attribut, sur la statue de droite la mieux conservée, est un pot à onguent avec son couvercle.

Voir :

La fontaine Saint-Côme et Saint-Damien de Saint-Nic.

 

La fontaine de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mai 2018.

La fontaine de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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La fontaine de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mai 2018.

La fontaine de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mai 2018.

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5°) La chapelle de Sainte-Christine à Plougastel (29).

Elle conserve les statues en bois polychrome du XVIIe siècle des deux saints dont l'un porte l'urinal et un rouleau de parchemin, et l'autre un pilon dans un mortier. (Elles figurent dans l'Iconographie de David-Danel).

Voir mon article ici.

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Saint Côme tenant l'urinal, bois polychrome, XVIIe, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018

Saint Côme tenant l'urinal, bois polychrome, XVIIe, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018

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Saint Damien tenant le pilon et le mortier, bois polychrome, XVIIe, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018

Saint Damien tenant le pilon et le mortier, bois polychrome, XVIIe, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018

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6°) Les statues en bois polychrome de La Martyre : saint Côme tenant l'urinal et saint Damien le pot d'onguent.

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Saint Côme tenant l'urinal,  bois polychrome, église Saint-Salomon,  La Martyre. Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Côme tenant l'urinal, bois polychrome, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile 2016.

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Saint Damien tenant la boite d'onguent,  bois polychrome, église Saint-Salomon,  La Martyre. Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Damien tenant la boite d'onguent, bois polychrome, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile 2016.

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7°) Saint Côme tenant l'urinal, statue en bois polychrome de l'église de Ploudiry.

N.B :  Ploudiry est voisine de La Martyre ; les deux paroisses sont proches de Landerneau, Bodilis et Landivisiau.

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Saint Côme tenant l'urinal, statue en bois polychrome, XVIIe,  de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Saint Côme tenant l'urinal, statue en bois polychrome, XVIIe, de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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8°) Les statues de saint Côme et Damien à Plougourvest (29).

http://www.infobretagne.com/plougourvest.htm

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9°) L'église de Guimaec (29) abrite un retable où les saints sont représentés (bois polychrome, XVIIe siècle).

http://www.lavieb-aile.com/article-anne-trinitaire-de-l-eglise-de-guimaec-104954792.html

 

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Retable de l'église de Guimaec. Photographie lavieb-aile.

Retable de l'église de Guimaec. Photographie lavieb-aile.

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10°) Statue de saint Côme et saint Damien, kersanton, XVIe siècle, calvaire de La Madeleine à Briec-sur-Odet.

http://croix.du-finistere.org/commune/briec_de_l_odet.html

152. Madeleine (La), g. k. 6 m. XVIè s. Large soubassement architecturé à quatre niveaux, corniches moulurées, table d’offrande. Socle asymétrique, emblème funéraire. Fût à pans. Croisillon à consoles godronnées. Statues géminées: Vierge-saint Damien, Jean-saint Côme, écusson avec armoiries. Croix à branches rondes, fleurons-boules, crucifix, anges recueillant le Sang. [YPC 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère]

Photo Keraval, droits réservés,  Atlas des croix et Calvaires du Finistère.

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Briec-sur-Odet , Photo Keraval, droits réservés,  Atlas des croix et Calvaires du Finistère.

Briec-sur-Odet , Photo Keraval, droits réservés,  Atlas des croix et Calvaires du Finistère.

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11°) Un autel  de l'église de Landrévarzec (29) était jadis consacré à saints Cosme et Damien, comme l'atteste un procès-verbal de prééminences des Kerguelen datant de 1648. L'église conserve deux statues anciennes des saints.

 

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12°) Deux statues en bois du XVI ? ou XVIIIe siècle conservées au château de Maillé en Plounévez-Lochrist, et provenant de la chapelle Notre-Dame-du-Kermeur.

Base Palissy.

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13°) Mention d'un autel consacré à saints Côme et Damien en l'église Notre-Dame-du-Mûr de Morlaix.

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14°) Mention d'un autel des saints Cosme et Damien en l'église abbatiale de Daoulas, avec des peintures de 1596 représentant leur martyre" (Chanoine Abgrall, BDHA 1906), peintes par Baptiste Kergoat (Artistes et  artisans de Bretagne).

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

 

Vis à vis de cette chapelle du côté du choeur, dans l'arcade entre les deux piliers de la tour, il y a un autel dédié aux saints martyrs Cosme et Damieu, orné de peintures. Elles représentent l'histoire du rnartyre de ces deux glorieux saints.

« Au-dessus de la table d'autel du côté de l'Evangile, il y a un prêtre à genoux sur un prie-Dieu en habit canonial et aumusse qui est rerésenté par saint Ollivier, son patron en habit épiscopal, duquel chanoine les armes sont à côté du prie-Dieu ...Coetaudon .

« Au-dessus de l'enceinte de bois de cette chapelle est écrit : « Du tems du H. Père en Dieu Messire Hené du Louet, abbé de céans, frère Olliyier de Coetaudon, humble religieux et prieur de Perguet-Benaudet, a fait peindre cette chapelle en l'honneur de Dieu et de saint Cosme et Damien par les mains de Baptiste Vergat, habitant en Daoulas, et fut achevé de peindre le 2 octobre l'an de la Nativité de Notre-Seigneur 1596. " (Description de l'église abbatiale, Bull. SAF 1897)

15°) Mention dans l'ancienne église de Lesneven, d'une chapelle dédiée à saints Cosme et Damien.

http://www.infobretagne.com/lesneven-notredame-fondations.htm

17°) Armoiries de l'association des apothicaires et chirurgiens de Brest à la fin du XVIIe : 

"Brest n'a point encore de communauté régulière. Les chirurgiens y vivent réunis aux apothicaires, sous des statuts traditionnels, qui d'ailleurs laissent à chaque catégorie son évolution spéciale sur le terrain professionnel. L'union a pour but la sauvegarde d'intérêts communs' et l'atténuation des frais qu'elle exige, par une plus large répartition; elle est cimentée sous la formule d'armoiries bien caractéristiques, qui rappellent l'invocation des saints patrons de l'un et de l'autre métier, et sont gravées sur le cachet de l'association:

D'or à un saint Cosmes et à un saint Damiens de carnation, habillés et coiffés de gueules avec des fourrures d'hermine, le premier tenant dans sa main senestre une lancette ouverte d'azur, le second tenant de sa main dextre une boite ouverte de même accolée d'un serpent d'argent.

(Bull. SAF 1897 vol. 24)

 

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B. LE FINISTÈRE SUD.

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1°) Les  statues en bois polychrome (XVIIe) des saints entourant un cheval dans la chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern (29).

 M-L. David-Danel la signalait, dans son inventaire,  au Musée de l'Evêché de Quimper comme  un groupe de bois (XVIIe siècle) avec  les saints. avec un cheval entre eux. Ils portent une sacoche accrochée à la ceinture, mais aucun attribut spécifique.

Voir la description complète dans mon article ici.

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Notice Palissy  : h = 108 ; la = 55 ; pr = 20 (statue gauche et cheval) ; h = 98 ; la = 40 ; pr = 20 (statue droite) . Il manque le bras gauche et les pattes du cheval.  1993/07/15 : inscrit au titre objet.

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Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

Photographie lavieb-aile 4 juin 2018.

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2°) à Plomeur (Finistère-sud), une chapelle Saint-Côme ou Saints Cosme et Damien.

Le culte remonterait à 1676, mais la chapelle a été reconstruite en 1860. On y trouve une statue des deux saints.

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3°) Fontaine de Saint-Cosme à Plomeur (29).

La fontaine de la chapelle Saint-Cosme contient la statue de saint Côme.

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4°) Dans l'église de Lambour, à Pont-l'Abbé les statues des saints se trouvent  sur l'autel du bas-côté Sud.

? cette église est détruite.

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5°) Église Notre-Dame-des-Carmes à Pont-Labbé (29). Une statue de saint Damien.

Conservée à Charenton-le-Pont ?

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memsmn_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=OBJT&VALUE_98=%20saint%20Damien&NUMBER=40&GRP=0&REQ=%28%28saint%20Damien%29%20%3aOBJT%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=All

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Droits réservés

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6°) Chapelle du Moustoir (1538) à Rosporden (29). Deux statues de pierre polychrome.

L'un des saints (Côme pour moi) tient l'urinal, l'autre le pot à onguent de forme carré. Côme porte un sac accroché à la ceinture. Tous les deux portent  le manteau écarlate, le bonnet carré ou la toque de même couleur, la robe longue dorée. Les cheveux sont longs et bouclés (XVIe)

"Ces deux statues sont chacune constituées d'un seul bloc de granit.h = 125 ; la = 44 ; pr = 29 ; dimensions de saint Côme ; saint Damien : h = 130, la = 36, pr = 25" 

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=PM29001752

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memsmn_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=OBJT&VALUE_98=%20saint%20Damien&NUMBER=39&GRP=0&REQ=%28%28saint%20Damien%29%20%3aOBJT%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=All

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Droits réservés

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7°) Penmarc'h, chapelle Notre-Dame-de-la-Joie.

Selon Infobretagne.

http://www.infobretagne.com/penmarch.htm

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8°) Pouldergat, église Saint-Ergat.

Statues de saint Côme et de saint Damien "en costume Henri II." "tenant chacun une fiole de médicaments et auxquels était consacrée la chapelle septentrionale maintenant affectée aux fonts baptismaux".

 

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9°) Statue de saint Côme [et saint Damien], bois polychrome, XVIIe, restaurée en 1997 dans la chapelle Saint-Maudez de Lennon.

Côme tient un livre dans la main gauche et un urinal qu'il brandit de la main droite.

Base Palissy.

Les saints étaient jadis placé dans un polyptique conservé au Musée de Dinan. :

"Notre ami [pierre Julien] n'a pu résister au plaisir d'aller jusqu'à Lennon visiter la vieille chapelle qui possédait un autel dédié aux deux saints. On y voit encore deux statues. Saint Côme élève de la main droite la matula [urinal]. Saint Damien tient dans la main gauche une boîte à médicament ovale divisée intérieurement en dix-sept compartiments alternativement blancs, rouges et noirs, analogue à celle qui figure sur le tableau de Lorenzo di Bicci à la cathédrale de Florence : autre représentation elle aussi apparemment unique en France." L. Cotinat

 

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C. MORBIHAN.

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1°) Chapelle de Riolo, hameau de Guillers (56). Deux statues du XVIIe siècle.

Côme tenant l'urinal : http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memsmn_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=AUTP&VALUE_98=Varmes%20&NUMBER=7&GRP=0&REQ=%28%28Varmes%29%20%3aAUTP%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=All

Damien : http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memsmn_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=AUTP&VALUE_98=Varmes%20&NUMBER=6&GRP=0&REQ=%28%28Varmes%29%20%3aAUTP%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=All

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Droits réservés.

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2°) Église Saint- Servais, Saint-Servant-sur-Oust (56). Une statue de bois polychrome du XVIIe. Le saint est coiffé d'un chapeau noir et vêtu de la robe rouge. Il tient dans la main gauche un pot à onguent fermé par un couvercle.

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=PM56005798

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Droits réservés

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Le saint est coiffé d'un chapeau. Il tient dans sa main gauche un pot fermé par un couvercle.

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3°) Église Saint-Côme-et-Damien de Naizin (56). Deux statues du XVIIe et deux statuettes.

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memsmn_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=OBJT&VALUE_98=%20saint%20Damien&NUMBER=44&GRP=0&REQ=%28%28saint%20Damien%29%20%3aOBJT%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=All

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C. EN CÔTES D'ARMOR.

1°) Pleubian, église Saint-Georges. Statues en bois polychrome du 17e (?). Saints Côme mirant l'urinal et Damien tenant la boite à onguent.

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Statues des saints provenant de la chapelle de Rojadou, conservées dans l'église et présentées par le service de l'Inventaire . Hauteur 120 cm

 

 

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/pleubian/Geoviewer/Data/html/Ill-77_22_00548_X.html

 

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http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/pleubian/Geoviewer/Data/html/IM22001770.html

 

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2°) Un polyptyque de la chapelle Saint-Maudez à Lennon (29)  est conservé au Château-musée de  Dinan.

 

COTINAT (Louis), 1971, Deux nouveaux ensembles de représentations des saints Côme et Damien :Pierre Julien, Un polyptyque inédit des saints Côme et Damien, Janus, 1970. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 59ᵉ année, n°211, 1971. pp. 582-583. http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1971_num_59_211_7104_t1_0582_0000_1

JULIEN (Pierre), "Un polyptyque inédit des saints Côme et Damien", in Janus, t. LVII, 1970, n° 2-3, p. 96-103, 4 pl. h.-t.

http://old.shp-asso.org/index.php?PAGE=expositioncome

"Depuis 1913, le musée de Dinan conserve un polyptyque entièrement consacré à la vie et au martyre des saints Côme et Damien. Il provient de la petite chapelle Saint-Maudez, au lieu-dit Noc'h Ghuen, dans la paroisse de Lennon (Finistère). Il était jusqu'à présent passé inaperçu des spécialistes et aucune étude ne lui a été consacrée et il n'est cité par Mme David-Danel ni dans sa thèse, ni dans son Répertoire. Quatre volets comportant chacun trois compartiments représentent, sculptées en bas relief et polychromées, douze scènes de la vie des deux saints. L'auteur les étudie avec la compétence et la précision qu'on lui connaît. Il retrouve les scènes habituelles : adoration des idoles, condamnation par Lysias, les saints jetés à la mer et sauvés, la lapidation, le supplice du feu, la crucifixion, la décollation, mais, en outre, deux scènes plus originales : les saints, médecins des animaux sans nul doute témoignage de la foi bretonne et Lysias tourmenté par les démons représentation très originale probablement unique. "

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Droits réservés.

 

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CONCLUSION.

C. Toscer écrivait en 1997 que le culte rendu aux saints guérisseurs en Basse-Bretagne était "insignifiant". Mon inventaire, certainement non exhaustif, prouve le contraire, avec 27 sculptures du couple de saints en Finistère. Ce chiffre dépasse largement celui observé en Morbihan et en Côtes-d'Armor. Je n'ai rien trouvé en Ille-et-Vilaine.

— Finistère nord : 18 œuvres (de deux statues).

—  Finistère sud :  9 

—  Morbihan :       3

—  Côtes d'Armor : 2 (dont 1 venant du Finistère sud).

— Ille-et-Vilaine : 0

Total en Bretagne : 32.

Ces œuvres datent pour la plupart du XVIe et du XVIIe siècle. Il est possible de discerner deux centres de diffusion, l'un à Landerneau, l'autre à Pont-l'Abbé, témoignant peut-être de l'influence des voies d'échanges économiques maritimes dans le commerce des toiles.

Je n'ai trouvé aucune inscription ni aucun texte ancien qui puisse préciser comment ce culte se plaçait dans le grand ensemble breton des saints guérisseurs. Témoignait-il, comme le suggère l'existence d'autels ou de chapelles adjacentes, de l'existence de confréries ? Celles-ci étaient-elles professionnelles ? La dévotion aux  saints est-il apparu lors d'épidémies ou d'épizooties ?

Mon abord, résolument iconographique, gagnerait à être complétée par une étude des archives.

Les calendriers des Livres d'Heures des ducs et duchesses de Bretagne mentionnent bien la date de la fête des saints dans leur calendriers de septembre.

—  Livre d'Heures d'Isabelle de Stuart, Latin Nouv. Acquis Latine 588. vers 1445 : Septembre : cosme et damiani 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8555843r/f24.image
— Livre d'heures d'Isabelle Stuart, Bnf Latin 1369, Septembre : cosme et damiani martyrs
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f1.vertical
— Heures de Pierre II duc de Bretagne Bnf Latin 1159, Septembre : cosme et damiani martyrs
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100345449/f14.image

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Attributs et représentations.

À la différence des enluminures, que nous allons voir, et des sculptures d'autres régions ( Normandie), les saints ne sont jamais figurés exerçant leur art sur un patient, ni se livrant à une discussion par gestes. Dans la très grande majorité, ils tiennent chacun un attribut différent, l'urinal (retrouvé 11 fois) et le pot à onguent (12 fois). Le mortier et son pilon sont présents deux fois. Dans les autres cas, je n'ai pas eu accès à l'œuvre et mes renseignements sont imprécis.

Rien n'indique que les artistes aient voulu désigner l'un des saints comme médecin (avec l'urinal) et l'autre comme apothicaire (avec le pot à onguent), bien au contraire, ils sont désignés dans tous les textes (cf infra) comme médecins, ou parfois   comme médecins et chirurgiens sans les dissocier dans leur art. Dans mon corpus, aucun attribut n'est en relation avec l'exercice de la chirurgie, et nous ne trouvons ni lancette ni trépan.

La  fréquence de la représentation de l'urinal (matula) témoigne — et m'a fait découvrir — de l'importance de l'uroscopie dans la pratique médicale, les médecins étant qualifiés de "mireurs". Avec la limite imprécise entre uroscopie et uromancie.

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Une hypothèse.

En écart par rapport à ce que je viens d'écrire, je voudrais proposer de reconnaître trois  scènes que j'ai qualifiées d'exorcisme et/ou trépanation sur les sablières de Saint-Fiacre du Faouët, de Saint-Sébastien (1600) du Faouët et de Notre-Dame-de-Grâces à Guingamp comme des représentations des saints Côme et Damien dans leur fonction de chirurgiens ou de thérapeutes des affections crâniennes ou cérébrales. Il me faudra revenir sur ce point.

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REVUE ICONOGRAPHIQUE DES ENLUMINURES. I. LA BNF (d'après le site Mandragore, images décrites comme "s.cosme et damien médecins").

 

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BnF Latin 9474 Grandes Heures d'Anne de Bretagne, Jean Bourdichon, 1505-1510,  folio 173v (suffrages).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f355.item

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Grandes Heures d’Anne de Bretagne f. 173v, De saint Côme et saint Damien

 

"La peinture présente les frères jumeaux – même si l’hagiographie les considère comme jumeaux, Jean Bourdichon les a dotés d’une telle individualité que leurs physionomies sont différentes – auréolés dans une abside avec des plaques alternant porphyre et jaspe vert, séparées par des pilastres corinthiens, sous une voûte en quart de berceau en forme de coquille Saint-Jacques.

Saint Côme, peut-être le saint de gauche, porte un bonnet carré rouge, une toge violette avec deux languettes aux extrémités arrondies et fourrées de peau sous le cou, qui, l’entourant pour cacher sa naissance, s’associent à une capuche ; il réalise une tâche d’uroscopie, puisque sa main gauche tient un flacon en verre globulaire à large goulot avec de l’urine – pour prouver sa sédimentation selon la théorie galénique des éléments–, qu’il montre de la main droite.

Saint Damien porte un balandran écarlate avec un col et des revers en peau et une cagoule bleu sombre sur une coiffe noire sur la tête ; ses deux mains tiennent un pot en céramique blanche et bleue pour conserver des produits médicinaux. Le fait de les représenter au premier plan et de trois quarts permet de projeter leurs épaules vers l’avant, accentuant l’intensité de leur présence." Carlos Miranda Garcia-Tejedor, Ed. Moleiro 2014.

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Grandes Heures d’Anne de Bretagne f. 173v, De saint Côme et saint Damien. BnF Gallica. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f355.item

Grandes Heures d’Anne de Bretagne f. 173v, De saint Côme et saint Damien. BnF Gallica. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f355.item

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BnF Latin 9474 Grandes Heures d'Anne de Bretagne, Jean Bourdichon, 1505-1510,  folio 174r (suffrages).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f356.item

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Il est remarquable que ce suffrage soit en tête de l'invocations des saints masculins. Il suit en effet les suffrages aux archanges, aux apôtres, à tous les martyrs, et précède ceux de saint Sébastien , des dix miles martyrs, de saint Pierre martyr,  de tous les confesseurs,  des saints Nicolas,  Lifar, Antoine de Padoue, Martin,  Hubert,  Antoine l'ermite, puis de saintes Anne, Ursule, Madeleine, Catherine, Marguerite, et  Hélène.

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Grandes Heures d’Anne de Bretagne f. 174r, Suffrage de saint Côme et saint Damien.

Texte :

De saint cosme et saint damian.

O quam preciosa est mors sanctorum : qui assidue assistunt ante dominum et ab invicem non sunt separati. Versus. Letamini in domino et exultate iusti

Responsorum. Et gloriamini omnes recti corde. Oremus. Oratio. Presta quesumus omnipotens deus : ut qui beatorum martirium tuorum cosme et damiani memoriam agimus : eorum apud te patrocinia sentiamus. Per Christum dominum nostrum. Amen

Ce texte suit un modèle habituel, personnalisé seulement par la mention des noms de Côme et Damien, sans invoquer leur profession ou leur pouvoirs de guérison (à la différence du suffrage du Ms GKS 1612).

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Grandes Heures d’Anne de Bretagne f. 174r, De saint Côme et saint Damien. BnF Gallica.

Grandes Heures d’Anne de Bretagne f. 174r, De saint Côme et saint Damien. BnF Gallica.

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Arsenal  5080 folio 229v , Vincent de Beauvais, Miroir historial, traduction en français par Jean de Vignay, Livres IX-XVI. vers 1335; enluminure par le Maître de Papeleu, le Maître de Cambrai et par Mahiet.  Le Speculum historiale de Vincent de Beauvais a été traduit par Jean de Vignay à la demande de la reine Jeanne de Bourgogne, vers 1332-1333. Ce volume est le second d'une série de quatre dont seuls les deux premiers ont été conservés. Ils étaient destinés au fils de Jeanne, Jean, futur roi Jean II le Bon. Le premier, aujourd'hui à Leyde, University library, Ms. Voss. GGF3A, porte l'ex-libris autographe effacé de Jean, duc de Normandie et de Guyenne. 

La même miniature montre, à droite, la Passion saint cosme et saint damien, et à gauche les deux saints face à "la matrone Paladie de nom", frappée de cette forme de folie qualifiée ici de lunatique. Se trouvant guérie, elle supplie Damien d'accepter un don : j'en donne ici une transcription fort boiteuse (je saute les mots que je ne déchiffre pas) qui fera bien rire les pros :

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"En ce temps souffrirent mort en Egee la cité Cosme et Damien en frères que Théodore leur mère avoit enfanté unnniaulz ceulz enseignés du saint esprit l'art de medecine auvient l'enfermeté de toutes maladies tant es hommes comme es bêtes. Et si comme une matrone, Paladie par nom, fust lunatique elle fut guérie par eux, et elle savait bien qu'ils ne recevaient nulle chose. Elle s'en vit repostement et s'agenouilla aux pieds de saint Damien et lui offrit un don et le contraint par serments épouvantables ; et celui-ci prit le don tant seulement par ce qu'il ne fut vu despure le nom de Notre Seigneur. Laquelle chose son frère oi, et commanda que le corps de son frère ne fut point enseveli avec lui. Mais Notre Seigneur l'en reprit apparaissant à lui celle nuit et excusant saint Damien. Et si comme Lisias prévôt les enquerist de quelle fortune ils étaient, ils répondirent Nous ne savons quelle fortune, mais nous sommes chrétiens."

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55000813g/f464.item.r=arsenal%205080.zoom

Arsenal  5080 folio 229v , Miroir historial, numérisé Gallica, droits réservés.

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Les deux médecins, nimbés, sont assis, et tiennent chacun un pot d'onguent, l'un cylindrique et l'autre turriforme. Ils lèvent la main droite devant la matrone Palladie, dans une intention que chacun interprétera selon le texte, mais qui témoigne à mon sens de leur dispute concernant le don accepté par Damien.

 

Arsenal  5080 folio 229v , Miroir historial de Vincent de Beauvais numérisé Gallica, droits réservés.

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BnF fr 51 folio 57  Vincent de Beauvais  Speculum historiale, 1463. trad. Jean de Vignay, chap. XLIII ,  de la passion saint cosme et saint damien freres.

http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Mandragore&O=52506706&E=119&I=17020&M=imageseule

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059379w/f16.image

 

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BnF Fr 183 folio 227v Légende dorée, Jacques de Voragine, trad. par Jean Belet , 1er et 2eme quart XIV .

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8426000g/f466.image

L'un des saints, au corps arqué vers l'avant, montre de l'index le flacon ovale qu'il tient, et son frère et néanmoins confrère recule, tenant en main droite un flacon jumeau, et exprimant son désaccord de la main gauche. Je pense que cette scène illustre la dispute entre les deux frères à propos du don  fait par Palladie et accepté par saint Damien. 

Je reprends ma tentative comique de lecture :

 

"Cil qui chrétiens sont Notre Seigneur aiment et croient doivent volontiers ouir et entendre les paroles et les œuvres qui de lui sont et viennent mêmement les vies et les passions des saints martyrs car ils souffrirent gries tourments et cruels peines pour parvenir à la perdurable gloire, où chacun chrétiens devrait entendre pour ce vous veuillez conter et dire la passion de deux frères qui moult furent perudomes. Si comme vous pourrez ouir si vous voulez entendre et qui ne veut le bien ouir de ce conte se doit partir et ailleurs voit querre folie. Car ou conte n'est-ce mie. En ce temps que Dioclétien et Maximien étaient empereur de Rome et leur seigneuries et poostes étaient par plusieurs terres espandues et était une dame en la cité de Gée qui moult était preude femme et si creoit et amour Notre Seigneur Jésus Christ. Cette dame avait nom Théodore tous les jours de sa vie fut en bonnes œuvres et seriu Notre Seigneur tant qu anime a vu jour si comme diexploit que elle fut enceinte de son baron. Si le porra ses mois et ses jours si comme réponse est et droiture si accoucha et se délivra de deux enfants qui moult furent bel et quant ils vinrent en âge moult menèrent sainte vie. La dame les fit baptiser l'un eut nom Cosme et l'autre Damien. Et quant ils furent telquel posent aller à l'école la dame leur fit apprendre et enseigner de l'art de cleogie. Et les enfants qui furent de bon engni de vinrent de bonne science. Ils apprirent l'art de médecine par la grâce du Saint Esprit et tant étaient sage et telle grâce leur avait donné Dieux qu'ils guérissaient les hommes et les femmes de toutes enfermetés et ensement bêtes mues. Ils virent et Notre Seigneur Jésus Christ aux aveugles leur vue et aux éclopés leur allure droite, aux sourds l'ouïe, aux esmanchiez les tourments de leurs membres. Et les diables chassaient-ils hors des corps humains. Ainsi secouraient-ils et aidaient pour la grâce de Dieu à tous les enfers et toutes les malades qui a eux venaient et de toutes ces œuvres qu'ils faisaient ne prenaient -ils nul loyer, ni des pauvres ni des riches. Ainsi gardaient bien le commandement de Notre-Seigneur qui dit ce que vous avez reçu benignement le donnez et déprenrez.

Une dame était en ce temps près de celle cité manants, qui était appelée Palladie . Celle-ci avait une moult grande infirmité par quoi elle avait tout son avoir dépensé et donné aux mires [médecins] mais ne lui avait rien valu, car par eux ne put être soignée. Quant elle sor et entendit la merveille de saint Cosme et de saint Damien qui les infirmités guérissaient et soignaient par la grâce de Notre Seigneur, elle s'en vint mesirenant à eux si leur chai aus pies. Il les pria moult doucement qu'ils lui donnassent santé et guérison de sa maladie. Quant lies saints hommes la virent et ouïrent si li demandèrent de sa foi et de sa créance. Et tantôt comme ils surent que elle croyaiet en Notre Seigneur ils la guérirent et curenrent sans a targement. Quant la dame vit qu'elle était currée et guérie elle sut bien que notre sires l'avait sancée par eux. Si rendie grâces et louanges à Notre Seigneur qui si grand vertus et si grandes grâvces leur avait . Elle sut qu'ils ne prenaient rien des pauvres ni des riches. Elle vint primement à saint Damien si li offrit et voir donner ne sait quel don qu'elle avait apporté mais il ne voulut pas recevoir ni prendre en nulle manière et la dame se laisse choir à ses pieds. Elle le commença à conjurer sur le nom Notre Seigneur et seur hauts serments vint que saint Damien prit ce que l'en lui voulait donner. Car pour ce qulle l'avait conjuré de si hauts serments ne l'osa-t-il l'éconduire. Quand saint Cosme le sut, il en fut moult dolants qu'il commanda que jamais le corps de son frère ne fut enseveli ni enfoui.

Cette nuit apparut Notre Sire à saint Cosme et lui dit "pourquoi as-tu ainsi parlé encontre saint Damien du don que la dame lui donna. Il ne le prit ni pour loyer ni pour deferte ni pour convoitise mais pour ce qu'elle l'en avait tant conjuré mon nom". Après ce départi Notre Sires de saint Cosme qui s'en fut apaisé vers Damien son frère."

 

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BnF Fr 183 folio 227v Légende dorée, Jacques de Voragine, trad. par Jean Belet , 1er et 2eme quart XIV .BnF Gallica droits réservés

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BnF fr 185  fol. 116v,   s. cosme et damien prêchant,  Vie de saints, Jeanne de Montbaston, 2eme quart XIVe siècle.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84260029/f236.item.zoom

Les deux saints sont barbus, coiffés d'un bonnet rond à queue au vertex, vêtus d'un manteau mi-long et d'une robe longue. Ils lèvent l'index droit en signe d'enseignement. Le premier tient un livre, l'autre un objet rond comme un vase.

Le texte est le même que dans BnF fr 183.

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BnF Gallica droits réservés

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BnF fr. 241,  fol. 258,   s. cosme et damien,  legenda aurea, Jacques de Voragine, Richard de Montbaston 1348.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84260044/f519.item.zoom

C'est encore la scène de la Dispute. les deux frères habillés en docteurs et tenant le pot d'onguent font des geste d'argumentation. L'un des deux lève les yeux vers le ciel (comme en Arsenal 5080). L'importance de cette  dispute, tant en longueur de texte qu'en fréquence d'illustration, nous incite à en percevoir la signification morale, puisqu'elle semble leur constituer un "attribut".

L'inversion des couleurs (nimbe versus robe), la différence de forme des bonnets (carré versus rond) et des pots (carré versus rond) se retrouve si fréquemment qu'elle incite aussi à en comprendre le sens.

Les chaussures sont "à la poulaine", comme sur la statues de la fontaine de Saint-Nic.

Texte : 

"Cosmes et Damien furent freres germains en la cité de Egee et nes d'une relegieuse mere Theodora par non et furent enseignies"

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BnF Gallica droits réservés

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BnF fr. 242   fol. 217v,   s. cosme et damien médecins,  jacobus de voragine, legenda aurea (trad. Jean de Vignay) , début XVe.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8426005j/f450.image

Cette image rompt avec toutes les précédentes. Il s'agit, en doublon, d'une trépanation d'un homme de très petite taille, peut-être un enfant, vêtu d'une aube (à boutons à droite), comme un clerc.

L'habit des deux saints évoque d'avantage celle des moines  que celle des médecins. La coiffe étroite et munie d'une petite queue (comme en BnF fr.185)  est bien différente du bonnet carré.

Le saint de gauche tient un trépan à manche en T, élevé au dessus de la tête du malade. Celui de droite pointe un instrument vers le crâne,  comme pour s'apprêter à y faire une incision.

Voir C. Giraud;

http://www.laboratoiredanthropologieanatomiqueetdepaleopathologiedelyon.fr/PALEOBIOS%202004/tr%C3%A9panation/La%20tr%C3%A9panation%20%C3%A9tude%20de%20cette%20pratique%20chirurgicale%20au%20Moyen%20Age.htm

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BnF Gallica droits réservés

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Bnf fr. 313 , fol. 221, Saints Cosme et Damien médecins   Vincent de Beauvais, speculum historiale (trad. jean de vignay) , 1396 chap  XLIII  cy commence la glorieuse passion mon seigneur saint cosme et saint damien freres qui pour l'amour de nostre seigneur jhesu crist guerissoient de toutes diverses maladies.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84557843/f447.item.zoom

Cette enluminure a des points communs avec la précédente, car le costume et la coiffure des deux saints y sont identiques. L'un des saints tient par la main, et bénit, un homme agenouillé, en pagne, un poignard enfoncé dans la poitrine. L'autre fait face à un homme agenouillé, en robe longue, la tête ensanglantée. 

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Texte :

 

"En ce temps souffrirent mort en egee la cité Cosmes et Damien frères que Théodore leur mère avoit enfantés doubles et ceux ensaignies du saint esperit en l'art de médecine auvient l'enfermeté de toutes maladies tant es hommes que es bêtes. Et si comme une matrone appelée par nom Palladie fust lunatique elle est guérie par eux. "

.La suite du texte ne mentionne pas de scène en rapport avec cette illustration

 

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BnF Gallica droits réservés

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BnF 413 fol. 152 Vie des saints (lettrine)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90076543/f156.item.zoom

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BnF gallica

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BnF latin 1052  fol. 517v,   s. cosme et damien   Bréviaire de Paris dit Bréviaire dit de Charles V [Breviarium ad usum Ecclesiae Parisiensis 1340-1380 Jean Le Noir.

Les deux saints, semblables en miroir avec changement de couleur de la robe, tiennent tous deux le pot à onguent. L'un, à gauche, est coiffé du bonnet et tient une paire de gants blancs.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84525491/f1044.item.zoom

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BnF Gallica droits réservés.

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BnF  Latin 9473, fol. 11v, Saints Cosme et Damien Heures de Louis de Savoie, calendrier pour le mois de septembre.

Ils sont assis dans un cabinet d'étude, coiffés pour l'un du bonnet écarlate et pour l'autre du chaperon de même couleur, et vêtus de la robe longue, fourrée. L'un mire les urines et l'autre, à gauche tient une lancette (?) et une boite compartimentée.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105326055/f34.item.zoom

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BnF N.A.F. 3107, Heures à l'usage de Rome ayant appartenu à la famille de Saint-Maur (XVe siècle, vers 1410-1412), folio NP.

Voir infra BM Chateauroux Ms002

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10032954j/f224.item

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Numérisation Bnf Gallica

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— BnF  Français 17229 Recueil de vies de saints, Arras 1201-1300, folio F. 149 « Ci commence la vie monseigneur seint Cosme et S. Domien ».

L'un des saints tient la boite à onguent et l'autre, apparemment, l'urinal.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9061254h/f150.item.zoom

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BnF Gallica droits réservés.

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Arsenal 1191, Livre d'Heures de Louis de Roncherolles en latin et en français, 1401 -1600, folio 102r .

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550101151/f213.item.zoom

 

texte :

 

Sancti gemini fratres Cosma et Damianus gratia Dei multa miracula factentes non solum homines curabant, sed et iumenta, ut impleretur sermo propheticus dicens homines et iumenta salvabis Domine.

 Exultàbunt sancti in gloria.

Letabuntur in cubilibus suis.

Magnificet te Domine quesumus sanctorum martirum tuorum Cosme et Damiani, Antimii, Leoncii et Euperpii . Beata commemoratio qua et illis gloriam sempiternam et opem nobis ineffabili prouidencia contuliste. Per Christurn Dominum nostrum. Amen.

On retiendra de l'oraison l'insistance avec laquelle les deux anargyres sont présentés comme les médecins non seulement des hommes, mais aussi des bêtes.

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Description : Pierre Julien Une miniature des Saints Côme et Damien (fin XVe début XVIe siècle) , Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1982  254  pp. 175-176

https://www.persee.fr/docAsPDF/pharm_0035-2349_1982_num_70_254_2606.pdf

"Les deux anargyres sont figurés assis, légèrement tournés l'un vers l'autre, comme s'ils s'entretenaient. Leur parfaite similitude est tout a fait de mise pour des frères jumeaux. Elle s'étend jusqu'à leur attribut, qui est le même pour tous deux : un pot de pharmacie, alors que souvent ils ont des attributs différents, pot ou coffret à médicament et vase à mirer l'urine par exemple.

Leur vêtement est celui qui leur est le plus couramment attribué : coiffés de bonnet de docteur ou de la barrette, ils portent une robe longue à plis recouverte aux épaules d'une sorte de camail sur le devant duquel se détachent deux pattes de forme arrondie. Le rôle de ce dernier accessoire dans le costume nous échappe. Et pourtant il est courant, dans la miniature notamment, où il est le propre, parfois de rois, ou encore de professeurs, mais plus spécialement de médecins."

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Numérisation Bnf Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550101151/f213.item.zoom

Numérisation Bnf Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550101151/f213.item.zoom

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 BnF Latin 17294,  Le Bréviaire de Salisbury, fait pour le duc de Bedford, (1424- 1435) folio 591r, 591v et 592r.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8470142p/f1191.item.zoom

— JULIEN (Pierre), Illustration de la vie et du martyre des saints Côme et Damien dans un  bréviaire  français du xve siècle, in Beitrâge zur Gesch. der Pharm., 23e année, 1971,

https://publikationsserver.tu-braunschweig.de/rsc/viewer/dbbs_derivate_00043926/1971_GdP_02-03.pdf?page=6

 

"Appelé à collaborer au numéro spécial des Beitrâge publié par l'Internationale Gesellschaft fur Geschichte der Pharmazie en l'honneur du professeur Wittop Koning, M. Julien y présente un autre ensemble iconographique inédit concernant les deux anargyres : les miniatures de leur office dans le célèbre bréviaire de Salisbury (1424- 1435).

"Dix se rapportent aux épisodes classiques de la vie et du martyre des deux saints. Une onzième est d'un particulier intérêt. Elle représente les soins aux malades : la saignée. .... L'attitude du médecin et celle du malade indiquent que nous ne sommes pas en présence de saints guérisseurs, mais de véritables médecins." (COTINAT (Louis), 1971,)

Description par Pierre Julien : 

"Les costumes méritent qu' on s'y arrête un instant. Celui de Lysias témoigne d'un souci persévérant de variété : à chacune des sept fois ou il apparait, la forme et la couleur en varient. Au contraire, les costumes portés par les saints dans sept miniatures sont de formes identiques. Et ils sont de deux sortes. L'un, dont !es couleurs varient, se compose d'une tunique et d'une ample cape sans manches agrafée au cou. L' autre, beaucoup plus caractéristique et constamment d'un rouge pâle, est le costume médical ou magistral: robe longue à manches évasées doublées de blanc (fourrure?) et collet blanc (sans doute de fourrure aussi) avec deux pattes arrondies. Sans être dans l'iconographie l' apanage des médecins, ces détails, le collet et surtout les pattes, y sont cependant un élément constant de leur costume, surtout au XVe siècle. Ce costume essentiellement médical est, dans notre série de miniatures, porte tantôt par l'un, tantôt par l' autre des deux saints: les noms qui leur sont respectivement attribues par les banderoles Je sont arbitrairement et sans Je moindre souci de continuité. Ainsi, le Damien de la quatrième miniature est le Côme de la seconde. De surcroit, le Côme de la quatrième a brusquement pris de I' âge: précédemment imberbe, le voici barbu et Je front dégarni ! "

La saignée

"Cette scène est la plus intéressante sans doute de la série. Comme l'indique la banderole, elle se rapporte à ces mots de la leçon: infirmos sanantes.[saignant les infirmes]. Elle illustre les soins prodigues aux malades par les anargyres, que deux autres banderoles designent chacun par son nom.Saint Côme pratique une saignée sur un patient assis dans un fauteuil. L' opération est représentée avec une précision et une exactitude remarquables. Le malade a relevé la manche du coté droit, tend le bras horizontalement et serre de la main, bien verticalement, un bâton dont I' extrémité repose sur le sol. c' est le bâton à saignée que le malade était prié de tenir fermement, à la fois pour gonfler la veine à piquer et pour immobiliser le bras en lui donnant appui . Le saint, solidement campé sur ses jambes, le buste incline en avant, incise la veine avec une lancette. Enfin, le malade tient de la main gauche la palette ronde destinée a recueillir le sang qui jaillit de l'incision. Debout derrière lui, saint Damien le soutient et suit attentivement I'opération, muni du traditionnel pot à médicament, ici cylindrique avec couvercle à bouton.

Si Côme et Damien sont assez fréquemment représentés soignant un malade (en dehors de la répandue transplantation de la jambe noire), cette représentation d'une saignée est, elle, exceptionnelle). Elle constitue en outre, en elle-même, un élément de choix pour l'iconographie de la saignée. "

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BnF latin 17294 f.591r, numérisation Gallica.

BnF latin 17294 f.591r, numérisation Gallica.

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BnF latin 17294 f.592r, numérisation Gallica.

BnF latin 17294 f.592r, numérisation Gallica.

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BnF N.AF. 3231 Livre d'heures de Jacques II de Chastillon, Amiens 1430

http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc20898h

 

—JULIEN (Pierre) , 2004,  Deux miniatures inédites de la fin du XVe siècle [Q72, Culte et iconographie des Saints Côme et Damien] Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 2004  344  pp. 673-675

http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2004_num_92_344_5747

N° 2 AUTOMNE 2002 Art de l'Enluminure ed Faton

Chroniques de la Bibliothèque nationale de France  , n°17, janvier-mars 2002 ; S. Nash, M.-P. Laffitte et A. Chatelet, "Le livre d'heures de Jacques II de Chatillon...", dans  Art de l'enluminure  , n° 2, automne 2002 NASH Susie et CHATELET Albert (contrib.)

Deux miniatures inédites de la fin du XVe siècle  Parmi les acquisitions de la Bibliothèque nationale de France, l'une des plus  remarquables est assurément le Livre d'heures de Jacques II de Chastillon entré au  Cabinet des manuscrits en 2001 3.  Réalisé à Amiens vers 1430, ce luxueux manuscrit brille par son abondante  décoration, œuvre d'artistes parisiens et amiénois  : « cinquante grandes miniatures, vingt-quatre miniatures de calendrier, trois initiales historiées, quatre vingt dix médaillons et des rinceaux habités d'oiseaux, d'animaux et de figures grotesques décorant les marges de chaque page » . Son commanditaire, fils de Jacques I de Chastillon et de Jeanne de Rivière, elle-même fille du conseiller du roi Charles V Bureau de la Rivière, était grand panetier de France et fut un partisan sans faille de la monarchie française contre les Anglais. Il est mort en 1446. Il avait pris soin de faire insérer dans ses Heures son portrait et celui de sa femme Jeanne Flotte. Vers 1480-1490, les seconds propriétaires du manuscrit, Marguerite de Chastillon, décédée en 1519, et son époux Pierre de Roncherolles, décédé en 1505, agirent de même en ce qui les concernait et y firent ajouter quelques autres miniatures de saints. C'est parmi ces additions, attribuables à « un peintre de Rouen dont le style est proche de celui du Maître de l'Echevinage de Rouen », que figurent Côme et Damien. En effet, à la page 523 , restée blanche dans l'état primitif du manuscrit, mais dont la marge avait été décorée, que furent peintes les images de quatre saints : saint Dominique, un saint évêque qui pourrait être saint Ouen, et les saints Côme et Damien. Conçues toutes quatre sur un même modèle, ces images contenues chacune dans un cadre rectangulaire doré sont groupées bord à bord sur deux registres formant à leur tour un grand rectangle.

Comme les six autres saints des pages 523 et 524, Côme et Damien sont debout sur un sol carrelé, devant un drap d'honneur brodé d'arabesques d'or, dans un intérieur dont le caractère ecclésial est suggéré par deux fenêtres à vitraux. L'un est vêtu de rouge, l'autre de bleu, et le contraste avec la couleur du drap de fond - bleu pour le premier, rouge pour le second - engendre un certain effet de profondeur.

Le plus intéressant toutefois dans ces deux miniatures est que les deux frères y sont représentés avec précision dans l'exercice de leur profession médicale, accompagnés chacun du malade qu'il traite.

 

Le saint de gauche en est à l'étape du diagnostic : élevant l'urinai à demi rempli, il en mire le contenu avec application et s'apprête à livrer ses conclusions à son patient que les attend avec confiance certes, mais aussi une certaine inquiétude que trahit son regard.

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Muni d'un vase à médicament - en la circonstance un onguent ou une pommade -, le saint de droite, lui, procède à l'application du remède à la tête de son malade avec une spatule. Mains jointes, le bénéficiaire ajoute la prière au traitement médical, n'oubliant pas que c'est de Dieu que les deux saints tiennent leur pouvoir de guérir. Le premier saint apparaît manifestement Qu'en est-il du attribut, le pot pourrait inciter l'apothicaire. Pour les raisons que nous avons exposées ailleurs 10, nous ne le croyons pas : il s'agit bel et bien du chirurgien, auquel le médecin en ce temps laissait la charge des opérations manuelles et qui était parfaitement qualifié pour tous les soins externes comme celui que nous voyons ici dispensé.

Iconographiquement enfin, la double scène qu'offrent les Heures de Chastillon prend place dans le groupe de représentations dit des « saints au(x) petit(s) malade(s) ». Ce thème est particulièrement répandu dans la sculpture religieuse normande (à Ambourville, à Beaumont-le-Roger, à Brestot, à Guerny, à  Marville et ailleurs). Et à une date de peu postérieure à celle des représentations qui nous occupent, il a été retenu dans deux miniatures à pleine page du recueil des statuts de la communauté des barbiers-chirurgiens de Rouen conservé aux Archives départementales de cette ville 12. Ces faits sont de nature à confirmer l'opinion de S. Nash sur l'origine rouennaise du peintre des miniatures additionnelles des Heures de Chastillon. Tant par leur qualité picturale que par leur intérêt iconographique, les deux images de Côme et Damien du manuscrit Nouvelles Acquisitions Latines 3231 de la Bibliothèque nationale de France méritaient bien d'être portées à la connaissance d'un large public par la revue Art de l'enluminure."

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Images par capture d'écran de l'article de P. Julien : https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2004_num_92_344_5747

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Celui que je nomme saint Côme par convention mire effectivement l'urinal et prononce son avis en le soulignant d'un geste de l'index. 

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Saint Côme mirant l'urinal, Heures de Jacques II de Chastillon , Bnf NAL 3231 page 523.

Saint Côme mirant l'urinal, Heures de Jacques II de Chastillon , Bnf NAL 3231 page 523.

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Quant à "Damien", qui tient le pot à onguent, il dirige la pointe d'une spatule (ou plutôt d'une lancette) vers la tempe droite d'un  patient petit par la taille mais d'allure adulte.

C'est une 

 

Saint Damien posant la pointe d'une spatule sur la tempe d'un patient,, Heures de Jacques II de Chastillon , Bnf NAL 3231 page 523.

Saint Damien posant la pointe d'une spatule sur la tempe d'un patient,, Heures de Jacques II de Chastillon , Bnf NAL 3231 page 523.

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— HORAE secundum usum romanum  Rothschild 2532 (16 e) folio 143v

http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc36930f

Pas d'image.

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REVUE ICONOGRAPHIQUE DES ENLUMINURES. II. LE SITE ENLUMINURES : manuscrits des bibliothèques municipales . 

 

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Site enliminures.culture.fr : 18 réponses

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=%27SAINT%20COME%20ET%20SAINT%20DAMIEN%27

Aix-en-Provence BM inc 005, canon medicinae d'Avicenne (médecine) datant de 1486 folio a2 : les deux saints coiffés du bonnet rouge, vêtus de la toge rouge, tenant  chacun à la hauteur des yeux un flacon.

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Angers, UCO inc. non coté, folio 214v, Légende dorée de Jacques de Voragine traduit par Jean de Vignay, 1493. Les deux saints sont coiffés du bonnet, l'un tient un mortier et le pilon, l'autre une boite à onguent.

Avignon, BM ms 0136 folio 273, Missel romain vers 1370, Italie du Nord ;  les deux médecins tiennent l'un une boite à onguent, l'autre un récipient rectangulaire.

Chambéry BM ms 0004 folio 624. Bréviaire franciscain de Marie de Savoie et d'Amédée de Savoie vers 1430. L'un est coiffé d'un bonnet rouge et tient une boite à onguent, l'autre est coiffé d'un chaperon et fait des gestes d'argumentation.

Châteauroux BM ms 0002 folio 343v, Bréviaire à l'usage de Paris dit de Châteauroux ou de Louis de Guyenne,  vers 1414. Miniature pour la Saints-Côme-et-Damien. Les deux portent une robe (bleu, ou rouge) et un bonnet noir, et tiennent une boite à onguent et un livre.

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Clermont-Ferrand, BM ms 0069 folio 558v , Bréviaire romain quatrième quart XVe / après 1482. Les deux saints sont exactement identique, avec le même bonnet, la même robe bleue recouverte d'une toge bleue moirée  fourrée d'hermine, et la même boite à onguent.

Conches, Musée impr. 18 folio 238, Bréviaire à l'usage de Paris, XVIe siècle ?. Les deux sont coiffés d'un bonnet noir, les deux portent une robe bleue. Celui de droite porte en plus une toge rouge, et tient un vase rond (urinal), tandis que celui de droite tient une boite à onguent.

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—  Orléans, Musée hist. et arch. inv. 6988, fragment d'un manuscrit liturgique vers 1440 ? Les deux saints jumeaux sont identiques, coiffés d'un chaperon rouge, tenant une palme et une boite d'onguent.

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Paris, Bibliothèque Mazarine ms. 0507 folio 173v, Heures à l'usage de Tours/vie de sainte Marguerite, vers 1490. Miniature au début des suffrages à saints Côme et Damien. Celui de gauche tient une boite à onguent, celui de droite, aux épaules couvertes d'un camail d'hermines, mire à hauteur de ses yeux  les urines d'un urinal.

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Paris, Bibliothèque Mazarine ms. Faralicq 08, folio 086v, Heures, 1er quart XVIe. Le saint de gauche, à bonnet rouge et robe bleue, tient un flacon à col étroit (urinal ?) qu'il désigne de l'index gauche. Son frère à bonnet bleu et robe rouge, tient un livre.

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—  Vesoul, BM ms 0027 folio 119, Heures à l'usage de Besançon, avant 1398. Le saint de gauche tient un livre, tandis que son frère élève un urinal (dont le liquide est visible par transparence du vase ) devant ses yeux.

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— Rennes, BM 266 folio 268, Maître du Polycratique, XIVe.

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Quimper,

 

—JULIEN (P.),1970,  'Un polyptyque Breton inédit des Saints Côme et Damien.', Janus: Revue internationale de l'histoire des sciences de la médecine, de la pharmacie et de la technique 57 (1970) 96-103 

 

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ENLUMINURES DE COLLECTION ÉTRANGÈRES.

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1°) Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4° : Liber Horarum f 20 et 20v

http://manuscripts.org.uk/chd.dk/gui/gks1612_gui2.html

L'un des intérêts est apporté par le texte du suffrage qui débute par un hymne de 18 octosyllabes : "Joie pour Côme et ton frère germain Damien qui régnez assis au cieux.... Joie pour Côme qui fut médecin, scientifique, soignant les maladies et les langueurs, physicien (?) et chirurgien, [connaissant] la vérité en tout.". 

 

De sainct cosme. [Antiphonaire] 
Gaude Cosma cum germano

fratre tuo Damiano. 
Regnans in celi sedibus.

Oro te corde non vano. 
Sed debito voto plano.

Adesto postulantibus. 
Gaude Damiane frater.

Cosme cuius fuit mater. 
Timens deum theodata.

Merum fundens merus crather. 

Ne nos satham voret ather.

Serves et suscipe vota. 

Gaude Cosma nam medicus

fuisti scientificus. 

Sanans morbos et langores.

Fisiscus et cyrurgicus. 
In omnibus veridicus.

Non querens luctum sed mores.

Cette précision sur les fonctions médicales des saints se retrouvent dans les invocations du folio 20v  : "ils soignaient au nom de Jésus non seulement les corps des humains, mais aussi les bêtes de toutes leurs maladies ...:les frères jumeaux... 

Le fidèle implore Côme et Damien de le libérer de tous les maux imminents tant de l'âme que du corps : eux, frères jumeaux instruits par la grâce de l'Esprit Saint de la Médecine et de la Chirurgie (medicorum et cyrurgicorum, latin chirurgicustant des hommes que des bêtes, ne se préoccupant pas du paiement mais de charité.

Autrement dit, les deux saints sont reconnus comme médecins et chirurgiens, et non comme pharmaciens.

 

 illis gloriam sempiternam, et opem nobis ineffabili providentia contulisti. 
Per dominum nostrum Ihesum xpm.
De sainct cosme et sainct Damien.

Añ. Cosmos et Damianus germani fratres in egea civitate nati: et a iuventute in arte medicine eruditi, tantam a sancto spiritu gratiam curationis habuerunt: ut non solum ab humanis corporibus, sed etiam a iumentis omnes egritudines in nomine Ihesu curarent. 
-Verseil. Orate deum pro nobis fratres uterini.

 -R. Ut digni efficiamur promissione dei.

-Oremus.
-Oraison. Presta quesumus omnipotens deus: ut qui beatorum martirum tuorum, Cosme et Damiani, fratrum gemellorum, spiritus sancti gratia procedente medicorum et cyrurgicorum, homines et bruta, non precio sed caritate curantium, commemorationem recolimus et passionem: a cunctis malis imminentibus tam animeque corporis liberemur. Per xpm.

 

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Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4° : Liber Horarum f 20 et 20v

Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4° : Liber Horarum f 20 et 20v

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L'enluminure montre les saints tenant chacun une spatule (ou une lancette) et   leur sacoche.

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Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4° : Liber Horarum f 20 et 20v

Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4° : Liber Horarum f 20 et 20v

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2°) Calendrier du  Bréviaire Grimani (Flandres, 1520-1530), Bibliothèque Marciana pour le mois de septembre, folio 94. Côme ou Damien pratiquant une saignée.

 

C'est à la date du 27 septembre  que l'Eglise catholique a célébré des siècles durant la fête de ces deux saints jusqu'à ce que le « motu proprio » Mysterii Pascalis de 1970 réforme le calendrier romain et avance officiellement leur fête au 26 septembre .

Voir :  JULIEN (Pierre) 1971, Saint Côme et saint Damien et une saignée figurés dans le Bréviaire Grimani : L.-J. Vandewiele,De Vlaamse miniatuur van Cosmas en Damianus uit het Breviarium Grimani, in Cercle Benelux d'hist. de la pharm., bull., 1971 [compte-rendu] Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1971  210  p. 510

http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1971_num_59_210_7070_t1_0510_0000_1

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https://archive.org/stream/lebreviairegri00onga#page/76/mode/2up/search/come

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Iconographie des saints Côme et  Damien en Bretagne.

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3°) Manuscrits décrits dans la thèse de L. Ungeheuer:

UNGEHEUER ( Laurent ), 2015, Le Maître de la Légende dorée de Munich Un enlumineur parisien du milieu du XVe siècle, formation, production, influences et collaborations. Thèse de doctorat d’Histoire de l’Art Sous la direction de M. Michel Pastoureau, Directeur d’études Soutenue le 10 janvier 2015

https://dokupdf.com/queue/le-matre-de-la-legende-doree-de-munich-enlumineur-parisien-du-milieu-du-xve-siecle-_5a01f5aed64ab2b9bd862c53_pdf?queue_id=-1

 

— Londres, British Library, Add. ms. 31834. F. 163 : Miniature, de huit lignes de hauteur, saints Côme et Damien. Entre eux, un homme, à la taille de moitié inférieure à celle des deux saints, montre son bras droit, tenu par une écharpe, et amputé de la main. Les auréoles des deux saints mordent sur la partie intérieure du cadre de la miniature

Munich, Bayerische Staatsbibliothek, Cod. Gall. 3

F. 186v a : Miniature, décapitation de saints Côme et Damien. Derrière le corps du saint déjà décapité, l'ordonnateur est assis sur un banc de pierre, épée au clair dans la main gauche.

Naples, Bibl. Nazionale, ms. IB. 27

F. 69 : Miniature, saints Cosme et Damien. Tous deux sont assis face à un groupe où se distinguent au moins huit personnages, parmi lesquels se distingue un infirme. Le saint de gauche bénit un petit enfant debout entre ses jambes, celui de droite, placé au centre, porte l'hermine des maîtres d'université. Au premier plan, sur une table basse se distinguent une pince et une serviette. Voûte à nervures festonnées.

 Paris, Bibl. Arsenal, ms. 596.

F. 396v a : Initiale A, Apud egream civitatem, saints Côme et Damien. Celui représenté à gauche a la bouche particulièrement étroite. Il porte l'habit des Maîtres d'université. La barre transversale de l'initiale s'interrompt brusquement pour laisser voir les deux saints

 Windsor, Bibl. Royale, RCIN 1142248, Heures Sobieski.

F. 222v : Vie et martyre des saints Côme et Damien. Miniature à neuf compartiments.

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LA PEINTURE.

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je ne citerai qu'un seul tableau :

La Madone des Médicis de Rogier van der Weyden (1460-1464) ,

 Saint Côme, patron des médecins, placé là en l'honneur de Cosme de Médicis, est représenté avec son attribut, l'urinal.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Madone_des_M%C3%A9dicis_(Rogier_van_der_Weyden)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Uroscopie#/media/File:Rogier_van_der_Weyden_021.jpg

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Iconographie des saints Côme et  Damien en Bretagne.

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LES VITRAUX.

 

a) les vitraux de Chartres (1225-1235).

VITRAUX CHARTRES verrières hautes du transept sud  Baie 118. Un saint est barbu et l'autre non. Ils tiennent chacun un livre à fermoir.

"Deux grandes figures : 1° Saint Côme qui a pour vêtements une robe verte et un manteau bistre; un livre dans les mains; S : COSMAO . 2° Saint Damien en robe rouge et en manteau bleu de ciel;  S : DAMIANVS. Dans le bas , encore le même ecclésiastique avec cette inscription : IEFOI" (M.J. Bulteau 1850)

http://www.vitraux-chartres.fr/verrieres_hautes/vh_118/ld_00.htm

http://ndoduc.free.fr/vitraux//htm8601/ND@Chartres_118_StGervais-StProtais.php

(N.b : la Salle Saint-Côme était l'ancienne salle de l'Hôtel-Dieu de Chartres)

b) Les vitraux de l'église Saint-Côme-det-Saint-Damien  de Vézelise (Meurthe-et-Moselle). Début XVIe.

http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.com/2012/01/vezelise-54-leglise-saint-come-et-saint_28.html

 

Saint Côme et Saint Damien, patrons des médecins, sont ici représentés avec les attributs de leur art : l’un  tient un pot à onguent et une spatule, l’autre un urinal et, dans la main gauche, un objet rond (un œuf ?) qu’il semble vouloir jeter comme pour évoquer le fait que les deux frères soignaient gratuitement leurs patients ? Cf la dispute de Palladie.

c) Eglise Saint-Paxent de Massay (Cher), baie 0, lancette gauche, 2ème registre., vers 1530. 

Ils portent le bonnet rond et la robe longue à camail.Côme  (inscription) tient et mire l'urinal tandis que Damien tient le pilon et le mortier.  Un petit enfant de chœur est agenouillé.

Photo Jacques Mossot :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e5/Massay_-_%C3%89glise_Saint-Paxent_de_Massay_-_Vitrail_Renaissance_-4.JPG

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d) Les vitraux de l'église Notre-Dame de Carentan, fin XVe-début XVIe, baie 27.

Les saints portent la robe longue écarlate (verre rouge gravé) — à manches larges et à camail fourré d'hermines — et le bonnet rond  à queue ou sillon médian. Saint Côme (identité attesté par l'inscription COSMAO) tient l'urinal.

e) Les vitraux de la cathédrale de Saint-Lô.

f) la baie 133 de la cathédrale d'Auxerre, vers 1525.

 

 

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Côme et Damien,  vitrail de l'église Notre-Dame de Carentan, fin XVe-début XVIe, baie 27. Photographie lavieb-aile 2012.

Côme et Damien, vitrail de l'église Notre-Dame de Carentan, fin XVe-début XVIe, baie 27. Photographie lavieb-aile 2012.

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LA BASE PALISSY .

Elle propose une liste de 176 œuvres.

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_6=REPR&VALUE_6=SAINT%20COME

 

 

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J'en retiens deux statues proches du thème des enluminures de Bnf Fr 182  et Fr 313: celui de l'imposition du doigt sur le crâne d'un enfant, et celui de  la trépanation ou incision céphalique.

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a) l'église de Brestot (Eure).

 

Les  statues en pierre de 55 et  60 cm datent du XVIe siècle.

"Damien" (inscription peu fiable du socle) tient le pot à onguent dans la main gauche  et tend de façon incisive l'index droit pointé vers le sommet du crâne d'un petit personnage qui l'implore debout. Le saint porte la robe écarlate recouverte d'un camail de fourrure blanche, et le bonnet écarlate.

"Côme", en robe blanche à camail noir, la tête encapuchonnée, domine un petit personnage agenouillé à sa droite.


https://sauvegardeartfrancais.fr/photos_realisations/Brestot.pdf


http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_6=REPR&VALUE_6=SAINT%20COME&NUMBER=45&GRP=0&REQ=%28%28SAINT%20COME%29%20%3aREPR%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

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église de Brestot, Eure, XVIe

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b) L'église de Maillebois  (Eure-et-Loire). Statues en bois polychrome du XVIIe siècle.

 http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_5=LBASE&VALUE_5=PM28000956

Les saints sont coiffés du bonnet rond et de la robe longue. L'un des saints, tenant peut-être jadis le pot à onguent, se penche vers un personnage de petite taille soutenu par deux béquilles, et pointe un instrument incisif vers le sommet de son crâne. L'autre porte l'urinal.

Note : le site Wikipédia mentionne deux statuettes des saints à Maillebois, rue  Pierre-Curie, en face  de l'ancienne boulangerie. Les mêmes ?

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ANNEXE.

Dans un article de 1996, Saint Côme et saint Damien, de la médecine à la pharmacie,  Pierre Julien a donné une synthèse de l'iconographie des saints Côme et Damien, dans laquelle il décrit une succession de plusieurs périodes dans le choix des attributs des deux saints, que je résume ainsi :

  • Absence d'attribut professionnel (Ier-Ve siècle)
  • Identité des deux attributs : Ve-XIIIe siècle
  • Couple Côme médecin avec l'urinal, Damien chirurgien avec le pot à onguent : XIV-XVIIe. 
  • Couple Côme médecin Damien pharmacien. XVII et surtout XIIIe siècle

J'ai supprimé les références aux notes de bas de page, que l'on trouvera dans l'article en ligne.

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"Plus d'une centaine de sanctuaires en France ont été ou sont consacrés à saint Côme et à saint Damien ou à l'un seulement d'entre eux. En outre, une dizaine de communes portent le nom de saint Côme. Les lieux de culte les plus anciens que nous connaissions sont Auxerre (iv*-v* s.), Chalon-sur-Saône (x* s.) et Tours (vi* s.). Mais trois autres fondations ont joué dans la diffusion du culte un rôle essentiel, celles de Luzarches, de Brageac et de Vézelise. La présence de reliques dans les deux premiers cas, un dévotion personnelle dans le troisième sont à l'origine de trois importants groupes d'églises. En Normandie et en Bretagne, où les sanctuaires dédiés aux deux saints sont plus disséminés, leur vénération semble due plus à leur qualité de médecins et de thaumaturges qu'à la venue de reliques. Dans le Midi de la France, peut-être leur culte s'est-il étendu en partie à la faveur du rayonnement exercé par Montpellier et par sa faculté de médecine. La profession médicale, en effet, a joué dans la diffusion du culte un rôle important, qui n'est pas terminé. Les lieux de culte ont bien évidemment exercé une influence sur l'iconographie, et inversement. Leur état actuel est extrêmement variable. De même leur valeur artistique. Cependant, peu de saints possèdent un pareil ensemble d'édifices du XIIe siècle : leur pureté et leur sobriété, leur site, la ferveur des pèlerinages qui s'y déroulent, l'originalité des statues et des reliquaires qui s'y conservent leur donnent un caractère spécial de simplicité et de foi qui devrait leur valoir d'être plus visités et mieux connus.

...Dans leurs représentations, deux de leurs attributs fondamentaux sont le vase de pharmacie et le coffret, la cassette ou la boîte à médicament. Un troisième, nous le verrons, s'y ajoutera cependant : le vase à mirer les urines ou urinal, dit aussi matula.
 Certes ils en ont d'autres encore : la spatule pour étendre onguents et produits de consistance molle ; la pince pour prélever pilules ou trochisques ; le mortier, apparu assez tardivement ; un herbier ; des plantes médicinales ; etc. Mais le vase et le coffret sont les plus anciens et de très loin les plus universels, les plus répandus, et se trouvent souvent conjugués aux autres - la spatule, en particulier, accompagne fréquemment le vase et la pince le coffret.

Elément le plus consubstantiel à l'image de nos saints sinon dans les débuts, du moins très rapidement, lien pour nous le plus immédiatement évident entre eux et la pharmacie, le vase à onguent ou à médicament a connu dans leur iconographie les variations les plus diverses. En bois parfois, en faïence en général, de forme le plus souvent haute et cylindrique, tantôt il est dépourvu de décor, tout uni comme à Brémur-et-Vaurois (Bourgogne), simple comme à Pont-L'Abbé (Bretagne), en la petite église normande de Mirville (XVIe s.) ou encore chez Hans von Kulmbach (fin XVe s.) ; tantôt son ornementation rivalise avec celle des plus belles pièces contemporaines, comme chez le Maître de Liesborn (1465) ou dans la miniature si souvent reproduite des Heures d'Anne de Bretagne (fin XVe s.), ou encore au monastère de Santo Domingo de Silos, en Espagne, où l'albarel figuré dans le groupe de la Vierge et des Saints est identique à ceux qui garnissent tout à l'entour les rayonnages de l'apothicairerie. Détail particulièrement intéressant pour l'historien, certains de ces vases portent inscrit : - le nom d'un médicament : Mumia sur une statue de la cathédrale d'Essen (fin XVe s.), Bals [amum] Aromans à Ingolstadt en l'église Maria-de-Victoria (XVIIP s.), SEM : NIC et Mastix sur la bannière de Gutenzell (milieu XVIIP s.), etc. - ou un terme générique : Medicin dans une peinture du Tyrol du sud, Pana [cée] sur une toile de l'ancienne Faculté de Médecine de Pont- à-Mousson (XVIe s.), Medicamen chez les Franciscains de Ljubliana (XVIIP s.), etc. - ou encore une expression de portée religieuse : Hic medicina vitae sur les vases du groupe du pont Charles à Prague (1709), Medicina Deus en l'église Sainte-Catherine de Mùhldorf , en Allemagne, [A] Deo omnis medela dans une statue baroque d'Abcoude, aux PaysBas, etc. Quant au coffret ou boîte à médicament, très répandu et pour ainsi dire de règle dans l'iconographie byzantine et d'Europe orientale, carré ou rectangulaire dans les icônes notamment, rond ou ovale dans l'art florentin, il est représenté tantôt fermé, tantôt ouvert. Dans ce dernier cas, l'intérieur s'en présente de façon très caractéristique : il est divisé en plusieurs compartiments (de deux à douze) contenant des produits de couleurs différentes dans lesquels on a voulu voir des trochisques - sans grand fondement à notre avis. 

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De l'identité de représentation à la différenciation.
 L'iconographie ancienne est une source historique parmi d'autres. Comme les autres, elle a ses pièges. Dans la matière qui nous occupe, l'erreur serait de voir systématiquement dans le vase ou le coffret à médicament une allusion à la pharmacie et de considérer que celui des deux frères qui porte un tel récipient doit être ipso facto tenu pour figurant un apothicaire ou pharmacien et donc pour le patron de cette corporation. Rien de plus faux ou de moins assuré durant une longue période et, ensuite, dans certains cas. Observons d'abord que dans les premières figurations que nous conservons d'eux, Côme et Damien se présentent tous deux de façon identique. Dans la plus ancienne, celle des mosaïques de Saint-Georges de Thessalonique, au début du Ve siècle, ils sont dénués d'attributs et ne s'identifient que par l'indication de leur nom. A Rome, un siècle plus tard, dans la mosaïque de leur célèbre basilique du Forum, ils ont en commun la couronne du martyre et la trousse signifiant le don de guérir. Trousse que chacun d'eux porte au bras dans la fresque de VVadi Sarga (Egypte) aujourd'hui au British Museum, datée du VIIe siècle, et que la main de Dieu leur tend du ciel dans le Ménologe de Basile II (Xe-XI e.) . Dans un sacramentaire d'Essen, au IXe siècle, c'est une simple palme qu'ils ont chacun comme attribut. Au milieu du XIe siècle, dans la magnifique pièce d'orfèvrerie qui forme le premier plat de la reliure de l'évangéliaire de l'abbesse d'Essen Théophanie, ils portent chacun palme et pot. Ce dernier est leur attribut commun au siècle suivant, dans un autre beau travail d'orfèvrerie, le reliquaire de saint Epiphane en la cathédrale d'Hildesheim. Dans le même temps, une miniature d'un martyrologe (vers 1160-1170) de l'abbaye bénédictine de Zwiefalten les représente tous deux sans attributs. Dans l'Antidotarius magnus de Bâle, vers 1190, on les retrouve munis chacun d'une palme.

Cette absence, puis, beaucoup plus fréquemment, cette identité d'attribut se sont poursuivies durant les siècles suivants. Quelques exemples : vitrail de Chartres vers 1230, panneaux de Sienne attribués à Bartolomeo Bolgarini, sceau de la Marktkirche de Goslar et fresques de la Metropolis de Mistra au XIVe siècle, tableau de Lorenzo di Bicci à la cathédrale de Florence, cloche Maria Gloriosa de la cathédrale de Brème, stalles du chœur de la cathédrale d'Ulm et miniature des Heures de la famille de Saint-Maur au XVe, statues du Monestier-Port-Dieu (Corrèze) au XVIIe et de Straubing (Bavière) au XVIIIe, etc. A quoi il ne faut pas manquer d'ajouter d'innombrables icônes et autres uvres byzantines. 
Ce n'est que vers le bas Moyen âge qu'une réelle différenciation d'attributs entre les deux frères commence à se généraliser. On voit alors de plus en plus fréquemment l'un d'eux avec un urinal, l'autre avec un vase ou un coffret à médicaments.

Ainsi sont-ils sculptés au XIVe siècle l'un mirant les urines dans un vase approprié, l'autre portant un pot, à l'autel saint-Roch des chirurgiens en l'église Sainte-Marie de Rostock. La même différenciation - matula pour l'un, vase ou coffret pour l'autre - s'accentue vers la fin du XVe siècle et au XVIe comme en témoignent ces œuvres reproduites par Artelt : vitraux de l'église de Pipping à proximité de Munich (1479), où un livre s'ajoute au pot ; statues polychromes de la cathédrale d'Essen (fin XVe s.) où chaque saint porte de surcroît un glaive ; peinture d'Hans von Kulmbach ( 1522) au Musée national germanique de Nuremberg ; tableau de l'atelier de Michael Wolgemut ( 1519) au même Musée.

 Quel est le sens de cette différenciation ? Si l'urinal est incontestablement et universellement le symbole de la médecine à l'époque et si donc celui des deux frères qui en est muni figure bien un médecin, symbolise bien la médecine et apparaît comme le patron de cet art, la signification du vase et du coffret à médicament n'est pas aussi évidente. Pour nous, aujourd'hui, en tant que moyens de conservation et de dispensation du médicament, ces objets évoquent immédiatement la pharmacie. Il n'en était pas ainsi au Moyen âge et au XVIe siècle, non plus qu'au XVIIe et encore au XVIII : le pot à onguent a été d'abord, fondamentalement, l'attribut du chirurgien et le symbole de la chirurgie. Il en va de même, quoique beaucoup moins systématiquement, du coffret à médicament, d'abord commun aux deux frères et qui l'est d'ailleurs resté dans les icônes. Gravure sur bois dans : Jean de Ketham, Libre de Medicina llamado Compendio de la Salud humana, Seville, J. Cromberger, 1517. Une preuve entre bien d'autres en est fournie par une gravure frontispice figurant les deux saints en pied sous une arcature gothique double et munis, l'un (saint Côme), d'un coffret rectangulaire à douze cases (et d'une spatule), l'autre (saint Damien) d'une boîte circulaire à trois compartiments. Très utilisée dans la première moitié du XVIe siècle par l'imprimeur de Seville Jacques Cromberger pour des éditions de Jean de Ketham, de Chauliac et d'autres, elle l'est déjà en 1493 pour une Chirurgie portugaise de Guy de Chauliac et en 1498 à Tolède pour le traité de Jean Guttierez sur la lithiase rénale et vésicale. Il est clair, surtout étant donné la nature des ouvrages en question, que l'un des saints est là comme patron des chirurgiens et non comme pharmacien. Un cas analogue est celui du célèbre tableau d'Adrien Isenbrandt ou de son école peint vers 1525 ou 1540 et passé de la collection van der Wielen au Musée d'Histoire de la Pharmacie d'Amsterdam. Nous ne pouvons suivre L. Mez-Mangold quand, reproduisant cette œuvre, elle écrit de façon absolue que « Côme est représenté en médecin et Damien en pharmacien ». L'affirmation est en la circonstance d'autant plus contestable que : 1) le saint de droite, réputé être Damien, tient, outre le pot à onguent, non pas une spatule, mais un bistouri ; 2) les meubles du blason au bas du tableau sont exclusivement des instruments de chirurgie ; 3) l'opposition entre le costume magistral de Côme et celui de Damien, vêtu de robe courte, contribue à montrer en ce dernier un chirurgien, non un pharmacien.

Pour expliquer l'affectation au chirurgien d'un symbole que nous, nous aurions instinctivement tendance à attribuer au pharmacien, il faut se souvenir du rôle effectif des chirurgiens jusque fort avant sous l'ancien régime et même au-delà. Formé aux principes d'Hippocrate et de Galien, le médecin est alors un intellectuel qui raisonne sur les causes des maladies et c'est sur ce fondement théorique, à partir de quelques symptômes observés notamment par l'uroscopie, qu'il pose diagnostic et pronostic. Celui qui traite concrètement le malade, c'est le chirurgien. Pas question pour le médecin de se livrer à des opérations manuelles : c'est le domaine du chirurgien, cet artisan dont le propre est de travailler de ses mains. Tous les comptes de chirurgiens qui nous sont parvenus le montrent : les chirurgiens exercent, outre la chirurgie proprement dite, une bonne partie des activités et médicales et pharmaceutiques au sens actuel de ces termes : ils prescrivent, ils préparent, ils appliquent, en principe dans les affections externes, mais en fait aussi pour des maladies internes. Dans ces conditions, rien de plus naturel que de symboliser leur profession par le vase à onguent, la cassette à médicament et la spatule.

Ainsi, comme l'ont bien senti le Pr Artelt et A. Wittmann, un nouveau couple iconographique s'est établi : Côme médecin ; Damien chirurgien. Un bel exemple en est la fameuse « Medici-Madonna » de Roger van der Weyden (Francfort, Institut Stâdel). Debout près de la Vierge, Côme, vêtu d'une sévère robe longue à parements de fourrure, porte en évidence un urinal de forme classique soigneusement figuré et dans l'autre main un billet écrit, sans doute une ordonnance : c'est le médecin de formation académique. Damien, vêtu de façon plutôt bourgeoise et portant robe courte, tient une spatule et met la main à une trousse-aumônière accrochée à sa ceinture : c'est le chirurgien, praticien inférieur au médecin dans la hiérarchie socio-professionnelle. Un autre exemple remarquable du couple « médecin-chirurgien » est fourni, plus anciennement, par la gravure, attribuée à Urs Graf (1485 env. - 1527/1528), qui figure en tête d'un calendrier bâlois pour 1513 et d'un pour 1519. Les saints y sont représentés en action. L'un, le médecin, mire les urines d'un patient alité. Le second, un pot d'une main, une spatule de l'autre, s'apprête à appliquer un topique à un homme assis blessé au front : c'est le chirurgien, figuré dans un des actes de sa pratique professionnelle. Le curieux de l'affaire est  que, par une singulière interversion, le premier personnage est appelé Thamian (= Damiân) et le second Kosm(a)m - erreur provenant apparemment de la réutilisation par le graveur d'images antérieures dépourvues des noms des saints. L'utilisation à Augsbourg à la même époque (1515) du même personnage soignant, mais sans son nom ni son auréole, pour illustrer un Unterweisungbùchlein fiir Chirurgen achèverait de prouver, s'il en était besoin, que c'est bien le chirurgien que l'on entendait représenter en tête du calendrier bâlois. Sur le vase ou la boîte à médicament comme emblème des chirurgiens les sceaux et blasons de leurs corporations sont particulièrement démonstratifs, de même que leurs images corporatives. En ce qui concerne la France, je renvoie à cet égard principalement aux publications du DrLobligeois et du Dr Dauchez sur les armoiries des professions médicales dans l'armoriai général dressé par d'Hozier à la fin du XVIIP siècle (1696-1701). Qu'il me suffise de donner en exemple le blason de la communauté unique des médecins, apothicaires, chirurgiens et barbiers de Dol, en Bretagne : les premiers y sont représentés par un caducée de Mercure, les seconds par un mortier, les barbiers par trois rasoirs et les chirurgiens par la « boette » (boîte couverte). celui de la transplantation de la jambe noire, les désignait particulièrement : leur type iconographique se dédouble alors comme nous venons de le voir.

 Mais une nouvelle évolution conduisit les apothicaires à se substituer en partie aux chirurgiens et à s'enrôler, en quelque sorte, sous la bannière de saint Damien, en même temps qu'ils se dégageaient plus ou moins de la droguerie et de l'épicerie pour tendre vers l'état de profession plus scientifique et réellement médicale. Ainsi rivalisèrent dans l'iconographie le couple « Côme, médecin ; Damien, chirurgien» et le couple « Côme, médecin (et chirurgien) ; Damien, pharmacien», le second tendant à se substituer au premier. C'est au XVIIe siècle et surtout au XVIII, à partir du baroque et à l'époque rococo, que l'iconographie de nos saints prend une coloration de plus en plus pharmaceutique : on les fait figurer sur des vases de pharmacie et sur d'autres objets à usage pharmaceutique ; on les représente souvent sur la page de titre ou dans le frontispice d'ouvrages pharmaceutiques ; on installe de plus en plus souvent leur effigie dans les pharmacies conventuelles et hospitalières et sans doute dans les pharmacies de ville ; on les représente associés à une pharmacie et l'on dépeint Damien et parfois même aussi son frère en pharmacien. Du patronage des médecins et des chirurgiens à celui des apothicaires et pharmaciens D'emblée et tout naturellement patrons de la profession qu'ils exerçaient de leur vivant, la médecine, Côme et Damien le devinrent également des chirurgiens, ce à quoi d'ailleurs leur miracle le plus remarquable, Vases et autres objets pharmaceutiques Voici d'abord que les deux frères apparaissent sur des vases d'officine - albarels, piluliers, chevrettes - qui semblent avoir été la spécialité d'un centre de fabrication italien du XVIIe siècle mal identifié, Castelli sans doute. Ils y accompagnent Marie-Madeleine, elle-même une patronne de la pharmacie, et, munis chacun d'une palme, ils tiennent l'un l'urinai, l'autre un coffret à médicaments ou un livre, on ne sait trop. On les peint sur du mobilier pharmaceutique. Par exemple, sur la face intérieure des portes d'une armoire (XVIIe s.) de l'officine de Solsona (Espagne) conservée au musée de cette ville , ou à l'intérieur d'une jolie pharmacie portative de 1723 naguère passée en vente publique à Munich . Ils figurent sur la curieuse urne jadis employée à Trogir, en Dalmatie, pour l'élection du pharmacien de la ville par le grand conseil 35. Dans la vieille apothicairerie de Valldemosa, à Majorque, c'est au dos marqueté d'un meuble porte-spatules qu'on les découvre.
 La destination de ces objets, s'ajoutant aux attributs qui y sont conférés aux saints, ne laisse aucun doute : Côme y représente la médecine, Damien la pharmacie. De nombreux autres objets pharmaceutiques ont certainement porté les mêmes images, mais peu ont survécu. Titres et frontispices d'ouvrages pharmaceutiques Simultanément, c'est avec une fréquence croissante que les effigies de nos saints ornent le frontispice ou la page de titre d'ouvrages strictement pharmaceutiques . Je doute qu'on puisse faire entrer dans cette catégorie d'images la célèbre gravure de la Concordia Apothecariorum Barchinone de 1511 qui représente un homme assis dans son lit et entouré de quatre personnages. J. M. Suné y voit la « première représentation connue des deux saints dans un livre imprimé en Catalogne ». Certes elle est surmontée des mots « Cosma et Damiane » et les deux saints sont invoqués un peu plus loin dans la préface de l'ouvrage . Mais aucun des assistants figurés ne porte d'auréole, ne tient le moindre attribut médico-pharmaceutique, ni n'accomplit le moindre acte ou geste médical. C'est à se demander s'il s'agit bien d'une consultation autour d'un malade ou pas plutôt d'une simple discussion d'affaires ou de politique, fort animée d'ailleurs. L'inscription « Cosma et Damiane » serait alors une simple invocation et la gravure serait un bois remployé inconsidérément. Mis à part quelques cas comme le bien connu titre-frontispice du Ricettario Fiorentino de 1567, c'est en fait à partir du début du XVIIe siècle que l'usage s'étend de représenter nos saints en tête d'ouvrages professionnels pharmaceutiques. Usage particulièrement répandu en Italie et dont voici quelques exemples : 1603 Taxe des médicaments de Ferrare, 1606 Antidotaire 2e édition, de Bologne, 1615 Nouvelle édition de l'Antidotaire de Bologne, 1623 Ricettario Fiorentino, 1647 Taxe de Reggio Emilia, 1669 Tarif de Florence, 1670 et 1696 Ricettario Fiorentino, 1706 Taxe de Plaisance, si bien étudiée par le Pr Corvi, qui a réussi à identifier le rameau tenu par Damien : de l'ellébore blanc40, 1732 Statuts de Ferrare (Indulti pontifici...), 1736 Taxe de Reggio Emilia. Quelques exemples aussi en pays germanique : 1627 Pharmacopée de Cologne par P. Holtzemius, 1648 Nouvelle édition de la Pharmacopée de Cologne, 1689 Newe Apotheker-Ordnung de Vienne. De ces ouvrages imprimés on peut rapprocher des documents manuscrits, professionnels eux aussi, à l'effigie des deux saints, comme la lettre d'apprentissage délivrée par l'apothicaire Anton Menrad Fetzer à Elias Haumblecher, à Graz, le 2 janvier 1740, ou certains diplômes de pharmacien vénitiens. Présence de représentations des saints dans les apothicaireries Sous une autre forme matérielle, Côme et Damien font également leur entrée iconographique dans les apothicaireries conventuelles et hospitalières. En Italie, au couvent des Camaldules (province d'Arezzo), deux emplacements sont réservés dans les belles boiseries en noyer, au-dessus de chaque porte latérale de l'officine, pour des portraits en médaillon de chacun des deux frères. Dans l'ancienne officine de la chartreuse de Calci, près de Pise, un petit tableau baroque représente les sains accompagnant la Vierge à l'Enfant ; ils y sont debout de part et d'autre d'une table portant des instruments médico-pharmaceutiques. En Espagne, à la chartreuse de Valldemosa, l'apothicairerie conventuelle de 1723 à laquelle George Sand et Chopin eurent recours durant leur séjour conserve, enserré entre les rayons chargés de flacons, boîtes et faïences, un tableau où les deux frères, en robe et bonnet de docteur, s'entretiennent. Saint Côme porte urinai et livre, tandis que Damien lui désigne, sur la table, deux récipients à médicaments. Disposé de façon analogue à l'abbaye bénédictine de Santo Domingo de Silos, mais entouré cette fois de poteries de Talavera, un relief sculpté représente les deux saints encadrant la Vierge. Leurs attributs - matula pour l'un, spatule double et albarel pour l'autre - sont d'une taille disproportionnée, comme pour bien souligner la spécialité de chacun d'eux. En Hongrie, à Kôszeg, l'ancienne pharmacie des Jésuites, installée en 1743-1744 et aujourd'hui transformée en musée, englobe dans ses boiseries une grande toile ovale inspirée au peintre Ettl par une gravure de Paul Troger (1698-1762). L'un des saints, le médecin, a pour attribut un vase cylindrique et devant lui une ordonnance. Son frère le pharmacien exécute sa prescription en versant un liquide dans une coupe. A la pharmacie-musée de Sopron deux médaillons peints offrent une représentation tout à fait différente : chaque saint y soigne un ou une malade. En Slovénie, au couvent d'Olimje, où les voûtes de l'apothicairerie sont décorées de peintures figurant des personnages en relation avec la médecine et la pharmacie, Côme et Damien, peints à l'entrée par Anton Lerchinger en 1780, voisinent avec le Christ médecin, Esculape, Avicenne, etc. En Suisse, l'apothicairerie du collège des Jésuites de Fribourg possédait deux séduisantes peintures des deux saints dont il sera question plus loin. La présence des saints se manifestait aussi sous la forme de statues. Nombre d'entre elles ne sont pas restées in situ. Toutefois, à Varazdin, au nord-est de Zagreb, la pharmacie des Ursulines avait conservé et, espéronsle, conserve toujours deux belles statues polychromes des deux saints considérés ici essentiellement comme des savants, en longue robe, camail de fourrure et haute toque, munis chacun d'un livre. Et dans les boiseries qui garnissent l'antichambre de l'apothicairerie de l'hôpital de Lons-le-Saunier, Côme et Damien occupent chacun une niche, sous la forme de deux statuettes en chêne du XVIIP siècle, avec leur nom porté sur le socle. Côme y possède un attribut rare : deux serpents dont les corps s'enroulent autour de sa manche - on reconnaît là la tradition d'Esculape et des asklepieia. Damien porte, lui, un récipient de la main droite et une palme de l'autre. A leurs pieds, des livres, symbole de leur science à tous deux. On pourrait multiplier les exemples d'£uvres peintes ou sculptées pour des apothicaireries hospitalières ou conventuelles. Une pratique analogue s'instaura-t-elle pour les officines de ville ? C'est probable. La question reste à examiner. Les saints représentés dans un cadre ou une activité pharmaceutiques.
Enfin, l'extension du patronage des XVIIe deux et saints surtout sur XVIIIe la pharmacie siècles et aux la relative spécialisation de Damien en pharmacien face à Côme médecin chirurgien se manifestent avec éclat dans de nombreuses œuvres où les deux frères sont figurés en étroit rapport avec la pharmacie - uvres particulièrement répandues en Allemagne. Dans une partie d'entre elles, le ou les saints sont simplement accompagnés de la représentation d'une officine. C'est le cas dans une peinture murale (1743) de leur église de Kaufbeuren (Bavière) : une pharmacie, vue en perspective, y sert en quelque sorte de toile de fond à la guérison d'une affection oculaire. Avec la remarquable bannière peinte qui se trouve aujourd'hui au Musée de la Pharmacie d'Heidelberg, il ne s'agit plus d'une pharmacie en général, mais très précisément de celle de l'abbaye bavaroise de Gutenzell. Cette bannière date d'environ 1755-1756, une époque où, de patrons de l'église et du couvent, les saints étaient passés au patronage de l'apothicairerie conventuelle et de la pharmacie en général. Dans sa partie supérieure, chaque saint a derrière lui une guirlande formée soit des instruments de leur martyre, soit d'instruments médicaux et pharmaceutiques. La moitié inférieure offre une vue d'ensemble de l'abbaye et deux vues très précises de son apothicairerie. Le patronage des deux saints sur la pharmacie est ici particulièrement évident. Il ne l'est pas moins dans un tableau de l'école de Cordoue révélé par R. Jordi, où les saints montent la garde, en quelque sorte, devant l'officine tandis qu'un homme - un aide ? - y travaille au mortier avec deux pilons. Dans un deuxième groupe de figurations, les saints ne sont plus seulement accompagnés d'une pharmacie : ils sont dans l'officine même et en général y travaillent. Ainsi y discutent-ils avec animation de quelque point de matière médicale sous le pinceau de Johann Anwander (1762) en l'église des Jésuites de Dillingen an der Donau (Bavière). Dans deux images de piété d'un type qui s'apparente tout à fait par le style et par certains éléments de la composition à la bannière dont nous venons de parler, leur effigie en pied ou en buste  s'accompagne de leur décollation et d'une autre petite scène les montrant au travail dans une pharmacie. Ils ont même, dans le second cas, un aide qui manie le pilon dans un mortier ! Curieusement, cette scène a son semblable au Portugal à Gondomar. Au Musée d'Histoire de la Pharmacie de Bâle deux fort jolies peintures de 1735 provenant de la pharmacie du collège des Jésuites de Fribourg montrent les deux frères dirigeant les opérations pharmaceutiques assurées par des angelots : pesée, trituration, distillation, préparation d'un emplâtre. Elles ont suscité des divergences d'interprétation. Le saint qui porte un livre est-il Damien et celui qui porte une spatule Côme ? On pencherait plutôt pour l'inverse. Quoi qu'il en soit, l'essentiel pour nous est l'affirmation globale du patronage sur la pharmacie. Toutes ces figurations sont à rapprocher du thème du « Christ apothicaire » dont l'expansion est très marquée à la même époque dans l'aire germanique. Il consiste, on le sait, à représenter le Christ dans une pharmacie et y exerçant une activité officinale à l'aide d'instruments professionnels et de médicaments de valeur symbolique et morale : dans cette officine spirituelle la pesée devient celle des mérites et les médicaments prennent noms Espoir, Foi, Charité, etc. Image de piété. Augsbourg, Klauber, 2e moitié du Le rapprochement s'impose particulièrement pour des uvres comme celles par lesquelles nous terminerons. La première est une image de piété éditée à Augsbourg par Klauber dans la seconde moitié du XVIIIe siècle . Gravement malade, le patient a été amené à la pharmacie par une femme dans un chariot à roues de bois. Le saint assis au comptoir de l'officine - Côme le médecin - lui prend le pouls. Damien - le pharmacien - saisit sur le plus haut rayon un vase contenant le médicament requis et, comme dans une image précédente, il est même assisté par un aide qui manie le pilon dans un mortier. Peut- être même s'agit-il d'une officine hospitalière, puisqu'on aperçoit la façade d'un hôpital vers lequel un autre malade est conduit dans une sorte de brouette. Le détail valait la peine d'être relevé devant ce Congrès voué principalement à la pharmacie hospitalière ! En tout cas, la distinction ici encore entre le médecin et le pharmacien et leur coopération au service du malade s'affirment fortement. Dernier exemple : les dessus d'une armoire de pharmacie (vers 1740) aujourd'hui au musée d'Eisenerz, en Styrie. Les saints y sont peints, tous deux cette fois, en pharmaciens, devant le préparatoire d'une officine richement équipée. Ils allient les attributs religieux - l'auréole rayonnante, la palme du martyre - aux attributs professionnels - un vase en verre et un pot, étiquetés l'un et l'autre « Vitae » (sous-entendu Medicina). Ainsi, partis au Ve siècle d'une identité de représentation nous terminons au XVIIIe par une identité de représentation. Mais quelle évolution ! Au départ, nos deux saints personnages étaient uniformément médecins ; à l'arrivée, les voici tous deux pharmaciens ! C'est toutefois là un cas extrême, bien que très significatif, et l'usage est bien plutôt que Côme incarne la médecine et Damien la pharmacie.

 Conclusions 
L'exposé qui précède n'est qu'une esquisse qu'il conviendrait d'approfondir, par exemple en confrontant l'évolution des images à celle des statuts et règlements professionnels et à la littérature. Je n'en formulerai pas moins trois conclusions. 
1) Si dans la plupart de nos pays le culte des saints Côme et Damien - voire simplement leur souvenir - est aujourd'hui en grand déclin, à quelques exceptions près comme dans le Mezzogiorno, cela ne doit pas nous faire oublier la place éminente qu'ils ont longtemps occupée dans l'histoire des professions de santé ainsi que dans l'hagiothérapie.
 2) L'iconographie a pris rang parmi les sources accessoires de l'histoire, particulièrement en histoire de la pharmacie. Mais l'interprétation des images qu'elle nous fournit n'est pas toujours facile, ni certaine, comme le Pr Hein l'a bien montré. C'est le cas pour l'identification professionnelle de nos deux saints : que l'un d'eux ait pour attribut un vase, une boîte ou un coffret à onguent ou à médicament ne signifie nullement qu'il soit en quelque sorte automatiquement LE pharmacien. Il peut être : soit, rarement et surtout anciennement, un médecin ; soit, beaucoup plus couramment et surtout à partir de la fin du Moyen âge, un chirurgien ; soit enfin, fréquemment mais un peu plus tardivement, un pharmacien. 
3) On assiste en effet à une sorte d'appropriation iconographique progressive du second des deux frères, Damien, par les apothicaires, qui atteint son apogée au XVIIe siècle. D'abord médecin à l'égal de son frère, Damien est assez rapidement accaparé par les barbiers et chirurgiens, dont la profession se trouve ennoblie d'autant. Puis ils sont rejoints par les apothicaires et doivent, si l'on peut dire, partager Damien avec eux, en sorte qu'il apparaît de plus en plus fréquemment comme leur patron. Les deux jumeaux ont ainsi connu successivement deux différenciations, non sans de persistants chevauchements. Car ce résumé est, bien entendu, très schématique : en pareille matière il n'y a pas de changement subit ni total et l'évolution n'est pas rectiligne. Il n'en existe pas moins un net parallélisme entre l'évolution du corps des apothicaires et l'évolution iconographique du couple Côme-Damien : l'une et l'autre révèlent une ascension socio-professionnelle ; elles reflètent le passage « de l'apothicaire au pharmacien », que montre une exposition qui sillonne actuellement notre pays sous ce titre."

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SOURCES ET LIENS.

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— BACHOFFNER Pierre, 1986, Saint Côme et saint Damien : leur culte et leur iconographie : Pierre Julien et François Ledermann (dir.), Saint Côme et saint Damien, Culte et iconographie/Die Heiligen Kosmas und Damian, Kult und Ikonographie/I Santi Cosma e Damiano, Culto e iconografia : Colloque/Kolloquium/Colloquio [compte-rendu], Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1986  268  pp. 83-86

— COTINAT (Louis), 1971, Deux nouveaux ensembles de représentations des saints Côme et Damien :Pierre Julien, Un polyptyque inédit des saints Côme et Damien, Janus, 1970. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 59ᵉ année, n°211, 1971. pp. 582-583. http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1971_num_59_211_7104_t1_0582_0000_1

— DAVID-DANEL (Marie-Louise), 1958, Saint Côme et saint Damien sont-ils au nombre des « patrons » de la pharmacie ? [article] Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1958  159  pp. 459-461

 — DAVID-DANEL (Marie-Louise), 1958, Iconographie des saints Côme et Damien,   Lille, Morel et Corduant, 1958, in-8°, 257 p., 53 fig., 3 add.,2répert.,2index, 2 tables.

Compte-rendu (1) : 

Guitard Eugène-Humbert. L'iconographie des saints Côme et Damien : Marie-Louise David-Danel, Iconographie des saints médecins Côme et Damien. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 46ᵉ année, n°159, 1958. pp. 454-456. http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1958_num_46_159_9540_t1_0454_0000_1

 

"L'iconographie des saints Côme et Damien « . Comme pour la plupart des personnages ayant vécu dans les premiers siècles de notre ère, il est quasi impossible de dégager leur biographie véritable des légendes accumulées autour de leur nom. ... Toutefois d'un examen critique des quatre manuscrits des Acta sanctorum relatifs aux saints Côme et Damien, il résulte que, vraisemblablement, mais non sûrement, ces deux frères appartenaient à une famille indigène noble, convertie au christianisme,' qu'ils naquirent dans la ville d'Egée en Cilicie (Asie-Mineure), qu'ils y exercèrent la médecine gratuitement, d'où le surnom d'Anargyres (en grec « sans argent ») et qu'ils furent victimes des persécutions vers l'an 287. Mais les additions multiples apportées à cette trame par l'imagination populaire n'ont pas moins d'importance que l'histoire vraie au regard de l'iconographie, qui en ce moment nous occupe. C'est pourquoi il faut en signaler les principales. Les deux frères auraient été jumeaux et ils auraient reçu du Saint-Esprit leurs connaissances médicales, de telle sorte qu'ils guérissaient à coup sûr; " ¦¦ >< > Ils pratiquaient aussi . l'art vétérinaire. Comme ils avaient notamment rendu la santé à un chameau, c'est un chameau qui vint, d'une voix humaine, donner des conseils aux personnes qui s'efforçaient de les ensevelir honorablement, ' Damien aurait un jour accepté trois ufs d'une dame nommée Palladia qu'il avait guérie. Intransigeant sur la question des honoraires, Côme voulut se séparer de lui, mais le Seigneur vint innocenter son frère, qui avait pris les ufs non par cupidité, mais par politesse.,, t Tous les supplices auxquels les deux saints furent soumis pour avoir refusé de sacrifier aux idoles furent sans effet. Ils sortent de la mer bien que chargés de chaînes. Sur le pilori, ils ne sentent pas les coups des bourreaux qui tombent épuisés de fatigue. , Les flammes d'un bûcher les épargnent et vont brûler les spectateurs païens. Flèches et pierres font demi-tour et viennent blesser ceux qui les lancent.*. ' ' ' . Avec beaucoup de pittoresque la légende dorée a décrit les trois miracles suivants postérieurs à leur mort. Un serpent s'étant introduit dans la bouche d'un moissonneur endormi, les saints guérisseurs invoqués par lui dans une de leurs églises, font sortir aussitôt le reptile sans qu'il ait fait aucun mal. 

Une femme ayant suivi le diable, venu mensongèrement la chercher de la part de son mari, est délivrée par une troupe .commandée par saint Côme et saint Damien dont tous les soldats étaient vêtus de blanc. (Les médecins et leurs auxiliaires, étaient-ils i déjà les « hommes en blanc » ?) Enfin voici qui préfigure très tôt l'opération de la greffe humaine ; un brave gardien de l'église de Rome qui est consacrée à nos deux saints, avait une jambe dangereusement gangrenée. Une nuit deux ombres pénètrent dans le cimetière de Saint-Pierre-auxLiens, prélèvent un membre inférieur sur le cadavre d'un nègre mort depuis peu et, après avoir amputé le malade, lui adaptent ce membre qui reste coloré, mais qui reprend vie et vigueur. ^ * Ce miracle de la jambe noire a été souvent figuré par les sculpteurs et les peintres, ainsi que le don des trois uf s par Palladia, et encore la guérison du chameau, le serpent rendu par la bouche et les scènes merveilleuses du martyre. - Une remarque s'impose lorsqu'on a parcouru la série considérable des oeuvres qu'ont inspirées les prouesses de Côme et de Damien. _ Elles sont pour la plupart orientées vers l'illustration de leur vie professionnelle. Ce fait est d'autant plus notable que l'on connaît bien d'autres saints ayant exercé la médecine. Au XVII9 siècle, J. Bernier, auteur de l'Histoire chronologique de la médecine et des médecins, affirmait déjà qu'aucune profession n'avait donné à l'Eglise autant de saints. En 1947, le très regretté Pr Laignel-Lavastine en avait relevé 70, rien que pour les dix premiers siècles. Or, si l'on excepte saint Pantaléon, mort vers 303 à Nicomédie, de tous ces bienheureux seuls Damien et Côme sont presque toujours représentés avec les attributs et les costumes médicaux ou bien au cours d'un acte médical. Cela tient à ce qu'ils ont plus souvent que les autres été choisis comme patrons des corporations et confréries. De ce fait leur iconographie nous est infiniment précieuse au point de vue documentaire. , , w , La France, l'Espagne, l'Allemagne et aussi l'Italie (le prénom de Cosimo étant très affectionné par les Médicis à cause -de leur patronyme à consonnance médicale) sont particulièrement riches à cet égard. Au XVe siècle, Lorenzo di Bicci, Gallego, Botticelli, Rincon de Figueroa, Pedro Virgos et Jaume Huguet, Filippo Lippi, Berruguete, et surtout Fra Angelico, avec de nombreux tableaux et pré- delles de rétables, ont traité le sujet avec amour. Il ne fut pas dédaigné plus tard par Le Titien, Le Tintoret, Lucas Cranach le Vieux, Franck en le Vieux, Michel- Ange, Ghirlandajo, Raphaël..*, Innombrables enfin sont les mosaïques, les fresques, les statues, les vitraux, les miniatures, les bannières, les images gravées et les armoiries des corporations, qui rappellent les hauts faits des Anargyres.

 

Compte-rendu (2)

Burnand Marie-Claire, Burnand Yves. Marie-Louise David-Danel, Iconographie des Saints médecins COME et DAMIEN, 1958. In: Revue du Nord, tome 41, n°161, Janvier-mars 1959. pp. 119-120; https://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1959_num_41_161_6166_t1_0119_0000_2

 

" Mme David-Danel, chargée d'un cours d'histoire de l'art à la Faculté libre des Lettres, a étudié comme thèse principale pour le doctorat un thème iconographique ,* ce sujet explique le patronage de Monsieur Louis Réau auteur de la Préface. Monsieur Georges Gaillard, professeur à la Faculté des Lettres, a déjà signalé à l'attention des lecteurs de cette revue cette thèse qu'il avait été amené à apprécier sur exemplaire dactylographié. (Revue du Nord, t. XXXIX, p. 195-196). L'auteur montre d'abord l'originalité de son sujet ; l'iconographie des saints Côme et Damien se distingue de celle des autres saints par la part prépondérants accordée à la figuration des personnages plus qu'à la représentation des épisodes de leur « histoire », par l'inspiration personnelle qui se manifeste dans la description de leur activité professionnelle, d'où la variété des œuvres ; elle se distingue aussi de celle des autres saints médecins car S. Côme et S. Damien sont toujours figurés uniquement comme médecins. Pour être historien de l'art, on n'en est pas moins historien ; aussi madame David-Danel ne manque pas, au début de la première partie de sa thèse, d'établir une histoire des deux saints, ce qui lui permet de dégager par la comparaison des Acta qui les concernent les éléments les plus sûrs, en particulier le fait historiquement fondamental de la profession médicale des deux saints martyrs. Mais ces quelques points essentiels ne sont pas ceux que l'on retrouve le plus souvent dans l'iconographie des deux saints médecins ; elle fait une large part aux éléments fantaisistes et merveilleux, en particulier les miracles accomplis après leur mort et dont les trois principaux sont consignés dans la Légende Dorée. Il est particulièrement intéressant de noter que l'un d'entre eux, le miracle de la jambe noire, est à l'origine de la spécialisation des deux saints : considérés primitivement comme médecins non spécialisés, et priés comme tels, ils ont pris de plus en plus figure de chirurgiens jusqu'à être choisis comme patrons, en France notamment, par la Corporation des Chirurgiens, celle des médecins se mettant sous le patronage de Saint- Luc.

Dans une deuxième et une troisième partie, l'auteur recherche les causes qui ont présidé à la diffusion du culte et provoqué ainsi l'apparition et la multiplication des images des saints.

 

 

Compter-rendu (3) :  Aubert Marcel. David-Danel (Marie-Louise). Iconographie des saints médecins Côme et Damien.. In: Bulletin Monumental, tome 117, n°2, année 1959. pp. 159-160; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1959_num_117_2_4227_t1_0159_0000_4

— DAVID-DANEL (Marie-Louise),1981, Saint Côme et saint Damien : une synthèse imagée. Pierre Julien, Saint Côme et saint Damien, patrons des médecins, chirurgiens et pharmaciens [compte-rendu], Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1981  248  pp. 65-67

https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1981_num_69_248_3909_t1_0065_0000_3

— DUKA ZOLYOMI ( Norbert) 1975, . Iconographie de saint Côme et de saint Damien en Slovaquie. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 63ᵉ année, n°225, 1975. pp. 381-386. doi : 10.3406/pharm.1975.7425 http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1975_num_63_225_7425

 

— JULIEN (Pierre), "Un polyptyque inédit des saints Côme et Damien", in Janus, t. LVII, 1970, n° 2-3, p. 96-103, 4 pl. h.-t.

— JULIEN (Pierre), Illustration de la vie et du martyre des saints Côme et Damien dans un  bréviaire  français du xve siècle, in Beitrâge zur Gesch. der Pharm., 23* année, 1971,

—JULIEN (P.),1970,  'Un polyptyque Breton inédit des Saints Côme et Damien.', Janus: Revue internationale de l'histoire des sciences de la médecine, de la pharmacie et de la technique 57 (1970) 96-103 

— JULIEN (Pierre) 1971, Saint Côme et saint Damien et une saignée figurés dans le Bréviaire Grimani : L.-J. Vandewiele,De Vlaamse miniatuur van Cosmas en Damianus uit het Breviarium Grimani, in Cercle Benelux d'hist. de la pharm., bull., 1971 [compte-rendu] Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1971  210  p. 510
 

http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1971_num_59_210_7070_t1_0510_0000_1

—JULIEN (Pierre) ,1973La Confrérie des Saints Côme et Damien à Luzarches [article] Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1973  218  pp. 505-518 Fait partie d'un numéro thématique : Numéro spécial pour le Congrès International de Paris avec 23 planches

http://old.shp-asso.org/index.php?PAGE=expositioncome

—JULIEN (Pierre), 1982,    Une miniature des Saints Côme et Damien (fin XVe début XVIe siècle)  [article] Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1982  254  pp. 175-176
https://www.persee.fr/docAsPDF/pharm_0035-2349_1982_num_70_254_2606.pdf

—JULIEN (Pierre), 1995, Saint Côme et saint Damien, de la médecine à la pharmacie [article], Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1996  312  pp. 477-496 .Fait partie d'un numéro thématique : Actes du XXXIe Congrès International d'Histoire de la Pharmacie (Paris, 25-29 septembre 1995)

https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1996_num_84_312_6283

—JULIEN (Pierre) , 2004,  Deux miniatures inédites de la fin du XVe siècle [Q72, Culte et iconographie des Saints Côme et Damien] Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 2004  344  pp. 673-675

http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2004_num_92_344_5747

— LE THOMAS Louis 1965,  "Sur la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien en Saint-Nic." Les Cahiers de l'Iroise, 1965, Cahier n° 45 - 12ème année n° 1, Société d'Études de Brest et du Léon.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_115/Les_Cahiers_de_lIroise_1965_nA_1_.pdf

—  SAÏDOU (Anne-Isabelle) ,GRIGNON (Georges), Iconographie des saints-médecins Côme et Damien au Musée d'Histoire de la médecine en Lorraine.

http://www.aamfmn.fr/Saidou2.htm

 

— TOSCER (Catherine), 1997, La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien en Saint-Nic,Mémoires de la Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne vol. 75, pages 371-377.

http://www.shabretagne.com/scripts/files/54947131089936.59874395/1997_24.pdf

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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