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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 15:53

          L'église Saint-Mériadec en Stival.

   

 

I. Présentation.

  Stival fut considérée comme une trève de la paroisse de Malguénac, mais elle est attestée dès 1314 sous le nom de paroisse d'Estival (du bas-latin aestivalium, "pâturage d'été"), un pouillé de 1422 en faisait une paroisse distincte avant d'être réunie à Malguénac en 1516. Elle comprenait quatre  prairies, dont Sainte Tréffine. Après la Révolution, en 1804, elle est inclue dans le territoire de la commune de Pontivy mais elle reste une paroisse distincte depuis 1820.

  L'église paroissiale n'était pas celle que nous voyons, qui n'était qu'une chapelle, mais elle se situait dans l'enclos de la chapelle, à coté d'elle sous le nom d'église Saint-Pierre; en ruine, elle a été désaffectée en 1914 et détruite en 1931. 

  La liste des recteurs est disponible dans l'article de l'abbé Euzénot :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075789/f256.image.r=stival.langFR

 Les principales familles nobles étaient :

  • De Bahuno de Liscoët, de sable au loup passant d'argent surmonté d'un croissant de même
  • De Lantivy, d'azur au lion d'or lampassé et armé de gueules,à trois contre-cotices de même brochant sur le tout.

La chapelle Saint-Mériadec adopte un plan en croix latine à chevet plat; la nef date de la seconde moitié du XVe siècle, le transept et le chevet furent construit dans un deuxième chantier au début du siècle suivant. Un clocher-tour à l'ouest est doté d'un escalier en tourelle accolée. Le proche sud porte une inscription datant sa construction de 1845.


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II. Le lambris du choeur.

 La nef possède un vaisseau unique couvert par un lambris en berceau brisé sur arceau de bois avec clefs pendantes, et s'appuyant sur les sablières sculptées. Dans le choeur, au dessus du maître-autel à baldaquin dû au sculpteur Guéguen (1684) et doté d'un baldaquin à quatre colonnes corinthiennes de 1730, la couverture lambrissée est peinte, sur fond bleu et moulures jaunes et rouges, des quatre évangélistes avec leur attribut : ils sont dus au peintre Louis Le Corre et datent de 1687.


 

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III. Le retable latéral nord (XVIIe). 

 

 

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        Le retable est centré par un tableau représentant le Don du rosaire par la Vierge à saint Dominique et sainte Catherine. Les statues de saint Fiacre, patron des jardiniers, et de sainte Anne encadrent cette oeuvre.

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  La statue surplombant l'autel est celle d'une vierge allaitante dont l'Enfant referme le décolleté en V de la robe sans dévoiler la poitrine encore recouverte par la chemise blanche:

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      IV. Le retable sud (XVIIe)

C'est le retable dédié à saint Jean-Baptiste et qui est dû au ciseau d'Allain Guyot, maître-sculpteur à Pontivy en 1688.

Au sommet, Jean-Baptiste tenant l'agneau sur un livre, entouré de deux orants comme des télamons à la partie inférieure réduite à un pilier. Des colonnes corinthiennes en faux-marbre multicolore soutiennent aussi l'entablement, surmonté d'un fronton curviligne brisé. Celui-ci n'est que la reprise, de taille réduite, du fronton principal dont les volutes sont reliées entre elles par une généreuse guirlande de fleurs et de fruits. De chaque coté, deux anges accoudés et pensifs sont habillés d'une petite robe d'été dénudant l'épaule, comme deux mannequins d'un défilé de mode, lors d'une pause.

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Retable : pas de photo ; le tableau du centre représente le christ vainqueur de la mort, sortant du tombeau ; de chaque coté, entre des colonnes torsadées, les statues de saint Mériadec en évêque à droite et saint Laurent, diacre, avec son grill.

 Buste reliquaire de saint Mériadec

Placé sous la statue du saint, il dispose d'un élément pectoral portant les reliques.

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V. La statue de saint Isidore.

        Le saint des cultivateurs porte, c'est bien classique, une gerbe de blé à gauche, mais au lieu de la faucille habituelle, c'est une houe qui a été placée ici. La veste longue, "à la française" est intéressante à détailler, avec sa ceinture à boucle métallique, ses dix boutons dorés, et ses deux poches.

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VI. Les autres vitraux (que celui de la Passion et l'arbre de Jessé, traités à part).

 

Saint Laurent.

  dans un éclaté de différents fragments en grisaille et de verres colorés qui confère au saint et à son grill le charme d'un collage surréaliste, d'un extrait d'Alcools d'Apollinaire, ou d'un cadavre exquis.

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La Circoncision.

 Ce vitrail provient de l'ancienne église saint-Pierre, où il rentrait dans la composition d'un ensemble de autre panneaux du choeur ; comme la première église avait été démolie en 1853, on ignore où se trouvait à l'origine ce panneau. Il se trouve actuellement au fond de la chapelle des fonts baptismaux, laquelle est fermée par une grille.

 Le éléments anciens incomplets ont été restaurés le mieux qu'il était possible dans des verres contemporains, mais l'état d'origine a été décrit par l'abbé Euzènot qui l'a admiré en 1883 : "Debout derrière une table sur laquelle il a posé le couteau de la circoncision et ses lunettes, le grand prêtre, coiffé de la mitre et couvert de la chape, reçoit Jésus des mains de Marie ; saint Joseph, un cierge à la main, éclaire la scène".

  On ne voit plus saint Joseph tenir la chandelle, mais il se penche en arrière-plan pour tenter d'assister à une scène qui lui échappe. Par contre, le couteau est visible au premier plan, et surtout, surtout, les lunettes sont encore là, très visibles comme une paire de cerises ou un comme ces deux boules agaçantes reliées par un noeud en tête d'alouette et nommées tacatac link, ou  bégléri link chez les Grecs qui s'en servent comme d'un komboloï.

 Ce sont ces lunettes qui sont fascinantes, posées comme des longues-vues face à un panorama pour inciter le touriste à y voir de plus près le spectacle. Si on admet que le vitrail date du XVIe siècle, les lunettes, qui avaient été inventées en Italie vers 1300, avaient déjà plus de 200 ans d'existence, sous cette forme de deux lentilles convexes en cristal de roche montées sur un pince-nez. En 1434, Van Eyck avait déjà peint le chanoine Van der Paele link tenant ses binocles contre son bréviaire. Les branches de lunettes permettant leur fixation derrière les oreilles attendront le XVIIIe siècle pour être inventées.

  La Circoncision de Notre-Seigneur est la fête liturgique du 1er janvier. 


  

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VII. La bannière.

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VIII. L'autel extérieur.

      C'est dit-on le socle d'un ancien calvaire qui représente saint Mariadec entre la Vierge et saint Jean.

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Published by jean-yves cordier
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commentaires

Ménard 12/10/2016 16:00

Bonjour,
Joli travail de recherche.
Dommage que nous ne mentionnez pas les quatre panneaux en chêne relatant en huit bas-reliefs la vie de saint Mériadec en cette belle église ainsi que la très jolie vierge reliquaire.
Cordialement
Alain Ménard

jean-yves 12/10/2016 16:41

Merci,
je me garde du travail pour la retraite !

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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