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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 19:43

          La Légende des dix mille martyrs  

                dans les Livres d'Heures,

                dans les livres liturgiques,

                livres de chants et calendriers.

 

  I. LIVRES D'HEURES.

Introduction.

     Succédant aux psautiers comme livres de dévotion personnelle, le livre d'Heures apparait au XIIIe siècle comme livre liturgique destiné aux fidèles, et non, comme le bréviaire, aux clercs. Il permet de suivre la liturgie des Heures, c'est-à-dire cette succession de prières en usage chez les moines toutes les trois heures selon les Heures canoniales que rythment alors les cloches : Matines (ou Vigiles), Laudes à l'aurore, Prime vers 6 heures, Tierce, Sexte, None, Vêpres le soir, Complies au coucher. Les laïcs ne respectent pas la rigueur de ces heures monastiques, mais leurs "heures séculières" se répartissaient en "petites heures" , aux offices plus courts, et en prières plus étoffées pour Matines (Office de lecture), Laudes et Vêpres, avec la possibilité d'en choisir le moment selon leurs activités.

    L'apparition des Livres d'heures correspond au développement du culte rendu à la Vierge, mais à la fois à la pratique d'une dévotion laïque et privée,  et à la fois à celle de la lecture silencieuse ; ce dernier point suppose que parallèlement à l'alphabétisation phonétique (qui déchiffre syllabe par syllabe le texte, quitte à ânonner ou à réciter par cœur, lorsque le texte est en latin) se développe une alphabétisation de compréhension, pour les textes en français. C'est dire que les Livres d'heures associeront, notamment "pour le grand public", des textes dans les deux langues.

  On peut penser aussi que le recours à cette dévotion est liée à la peur de mourir (favorisée par les grandes épidémies comme celle de peste noire de 1347) et surtout de mourir en état de péché : et ces Livres semblent parfois être des pharmacies de premier secours contenant tous les remèdes de l'âme face aux nécessités. Aussi y trouve-t-on les grands saints intercesseurs face aux périls, à commencer par la Vierge, ainsi que les psaumes et prières pénitencielles. On choisit parmi les très nombreux saints ceux qui sont le plus spécialisés face à ces dangers de l'âme, mais aussi ceux qui sont propres à son diocèse ; ainsi, les livres d'Heures de Bretagne font-ils apparaître saint Corentin, saint Tugual,  Yves, Gouesnou, Maudet ou Samson, et ainsi également, les livres d'heure sont-ils édités à l'usage d'un diocèse particulier. Puis, au début du XVIe siècle, les éditeurs et imprimeurs prennent le parti de faire paraître des Livres d'heure selon l'usage romain, afin que la vente en soit faite sur un secteur géographique plus large.

  Le livre d'Heures comprend aussi un calendrier pour suivre le cours de la liturgie durant l'année.

  Ces Horae (souvent dédiées à la Vierge sous le nom d'Horae Beatae Mariae Virginis) s'imposent au XIVe siècle comme le livre familier, que chacun achète et porte dans un étui ou une poche ou conserve dans sa chambre, sur un prie-dieu : son âge d'or se situe entre 1480 et 1530, et toutes les bibliothèques en conservent aujourd'hui de nombreux exemplaires. La plupart s'ouvrent invariablement par un calendrier, puis venaient un passage de chacun des quatre évangiles, deux oraisons à la Vierge (O intermerata et Obsecro), les Heures de Notre-Dame, celles de la Passion, celles du Saint-Esprit, les psaumes de pénitence, les litanies des saints, l'office des morts puis ce que l'on nommait les Suffrages, une série d'antiennes ou d'oraisons en l'honneur des personnages de la Trinité, des anges et des saints. Un choix d'oraisons terminent l'ouvrage, et ses illustrations ou enluminures respectent aussi un ordre convenu avec la succession de scènes (Annonciation, Visitation, etc...).

 

 

    Livres d'Heures en Bretagne.

        Dans le cadre de mes recherches autour du reliquaire et du retable de Crozon, il importait de rechercher l'occurence de la dévotion des dix mille martyrs dans ces Livres d'Heures afin d'évaluer la fréquence et la diffusion de ce culte dans la sphère privée. Cette fréquence, au vu des très nombreux Livres d'Heures conservés, est très faible (4 à 5 exemples), mais, a contrario, la place donnée à cette invocation est souvent remarquable, comme si les Dix mille martyrs prenaient alors la première place (après celle de la Vierge) parmi les Saints intercesseurs, et comme s'ils recevaient le statut d'Arché-saints, par leur nombre certes, mais surtout par leur crucifiement qui faisaient d'eux l'exemplum indépassable de l'Imitation de Jésus-Christ. Au-delà de ce mérite hautement spirituel, Saint Acace et ses compagnions avaient surtout le très grand mérite des bénéfices qu'ils attribuaient, en terme de protection des dangers de l'âme, aux fidèles qui les priaient.

  Certes, j'aurais espéré trouver d'avantage de Livres d'Heures bretons qui auraient témoigné de la vivacité de ce culte autour de Crozon, mais, quoique je n'ai pas cherché à explorer le contenu détaillé de la vingtaine (16 à Rennes, 1 à Brest, 1 à Nantes ??) d'exemplaires régionaux, il semble que les Grandes Heures d'Anne de Bretagne soit un cas splendide, mais isolé, et qu'on ne peut d'ailleurs pas  attribuer spécifiquement à la Bretagne. Le Livre d'Heures conservé à Brest et numérisé ne mentionne pas les dix mille martyrs dans ses Suffrages ; ni celui de Pierre de Bretagne réalisé en 1455-57 (Ms lat 1159 Bnf) , ni semble-t-il, celui, réalisé en Bretagne en 1421, de Marguerite d'Orléans (Ms lat 1156 Bnf). Mais la rareté des 4 exemples connus sur toute la France fait que l'absence d'exemple breton ne permet pas de conclure à l'absence du culte.

Mon enquête n'est pas terminée, et réserve encore des surprises.

 

      Leopold Delisle, Les heures bretonnes du XVIe, 

 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1895_num_56_1_447811

 

 

 

 

 1. Grandes Heures d'Anne de Bretagne.

  On sait, par l'inventaire de ses biens le 8 mai 1508, que la reine de France possédait un "ossement des dix mille martyrs". 

 Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, Horae ad usum romanum,  est un livre d'heures réalisé par l'enlumineur Jean Bourdichon entre 1503 et 1508. Il est conservé au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale à la cote Ms lat 9474, et consultable en ligne. A l'époque de sa rédaction, Anne de Bretagne, fille du duc de Bretagne François II était reine de France comme épouse de Louis XII (de 1499 à 1514), après avoir été celle de Charles VIII de 1491 à 1498. C'est dire l'importance de la présence dans son livre d'Heure d'une oraison aux Dix Mille Martyrs, aux folio 177v et 178 : pour chaque prière en effet, on trouve sur une page le texte organisé en invocation, verset, repons et prière, texte décoré en marge par une illustration de plante (ici le sorbier ou cormier) et sur l'autre page l'enluminure correspondante. Il s'agit bien des Dix mille martyrs crucifiés sur le mont Ararat et fêtés le 22 juin, et un indice permet de savoir que ces légionnaires sont commandés par Acace, puisque, par un jeu de mot entre le nom du saint et celui de l'arbre, c'est sur des branches d'acacia que les soldats du premier plan sont suppliciés.


      Ce livre d'Heures est consultable en ligne sur Gallica : Folio 177v  et 178r

a) Illustration :

Manuscrit Bibliothèque Nationale, Folio 177v. L'enluminure se divise en deux plans : dans la partie supérieure, une vingtaine de croix (faite de troncs d'arbre mal dégrossis) portent autant de soldats crucifiés, la tête auréolée ceinte d'une couronne d'épines. Cette partie est parfaitement compréhensible à partir de la Légende retranscrite par Giry-Guérin. En dessous, cinq hommes, sans couronne d'épines, ont été empalés sur les pointes acérées des branches d'un arbre. 

  C'est la maison d'édition M Moleiro, qui propose un fac similé de l'oeuvre, qui explique dans son commentaire  http://www.moleiro.com/fr/livres-d-heures/grandes-heures-danne-de-bretagne/miniatura/815

ceci : "La narration de ce martyre collectif se forgea au XIIème siècle en accord avec le modèle de la légende des martyrs de la Légion de Thébes, pour inspirer courage et confiance aux croisés. Le nom d’Acacio, le centurion romain qui les guida, explique le supplice que subirent les martyrs : au Moyen Âge, le nom propre du centurion romain désignait l’arbre épineux qu’on nomme actuellement acacia. Acacio évoque l’idée de pointe, d’épine – en grec, akis. À partir de là, on imaginera que saint Acacio et ses compagnons ont été flagellés avec des épines, condamnés à marcher pieds nus sur des pointes en fer et empalés sur des branches d’acacias aiguisées. La popularité de ces martyrs atteignit son apogée au XVème siècle et au début du XVIème. On les invoquait, surtout, pour secourir les agonisants."


                        heures-de-bretagne-mille-martyrs.png

 

 

 

b) Oraison :

Manuscrit Bibliothèque Nationale Folio  178r : oraison, avec une illustration d'un sorbier. (les naturalistes auront plaisir à constater la présence d'un Odonate (je propose Orthetrum cancellatum version fantaisie), d'un lépidoptère ( Azuré commun Polyommatus icarus trés atypique ?) et d'un hétérocère sp.

 

                       anne_bretagne_01-18939.jpg

 

Des dix miles martirs

Tradiderunt corpora sua propter deum ad suplicia. Ut heredes fierent  in domo domini. Versus. Justi autem in perpetuum vivent. Responson . Et apud domini est merces eorum*. Oremus. Oratio. Deus qui ad imitandum passionis tue exemplum decem milia martirum crucis patibulum subire voluisti concede propicius. Ut qui passionem eorum veneramur, in terae passionis tue remedia consequi mereamur in celis. Qui vivis et  regnas Deus per omnia secula seculorum Amen.

* Citation du Livre de la Sagesse, V, 16-20 "Les justes vivront éternellement, et le Seigneur leur réserve leur récompense, et le Très-Haut pense à eux". Ce texte est donné en lecture lors des messes des saints martyrs, ou est récité lors des offices des Saints Innocents, de la Toussaint, etc... La plupart des phrases se retrouvent dans le Bréviaire Romain, dans le Commun de plusieurs martyrs.

 


Le texte en a été traduit par l'abbé Henri Delaunay en 1841 : on note l'organisation en oraison, Verset, Répons, Prière.

Sorbe, Cormier

  Aux dix mille martyrs.

Par amour pour Dieu, ils ont livré leur corps aux supplices, afin d'obtenir une place dans la maison du Seigneur. —Verset : Pour les justes, ils vivront éternellement. —Répons : Ils trouveront auprès du Seigneur leur récompense.—Prière : O Dieu, qui avez voulu que dix mille martyrs souffrissent comme vous, dans votre passion, le supplice de la croix, accordez-nous, dans votre bonté, qu'après avoir vénéré leur passion sur la terre nous puissions recueillir les fruits de votre passion dans le ciel, vous qui, comme Dieu, vivez et régnez pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

2.  Horae Beatae Marie Virginis secundum usum Romanum sine require cum preparatione misse (Heures de la bienheureuse Vierge Marie suivant l'usage de Rome, sans requérir, avec préparation à la messe). 

 Consultation en ligne : bibliotheque-desguine.hauts-de-seine.net

Ce livre d'Heures bilingue latin-français, un in-octavo de 112 folios, est conservé à la bibliothèque André-Desguine de Nanterre sous la côte B00160 et a été publié par Thielman Kerver à Paris en octobre 1503 pour Gilles Remacle. Ce n'est donc pas un manuscrit, ce n'est pas non plus un incunable (premiers livres imprimés, de 1450 à 1501), mais c'est encore le tout début de la diffusion des livres d'heures imprimés

 C'est dans les dernières pages du livre que se trouve l'oraison aux Dix mille martyrs. En effet le plan du livre obéit  au plan des modèles des Heures incunables : Homme anatomique / Calendrier / Extraits des évangiles / Heures de la Ste Vierges / Psaumes de la pénitence / Litanies / Offices des morts / Heures de la Sainte Croix / Heures du Saint Esprit/ Suffrages (oraisons diverses à la Trinité, à la Vierge et à différents saints, rubriquées en français) / Extraits de psaumes / Prières pour se préparer à la messe / Prières pour le samedi (jour consacré à la Vierge) / Offices pour le jour de l'Immaculée Conception / Oraisons pour les dix milles martyrs / oraison aux cinq saints (Denis, Georges, Blaise, Christophe et Gilles / oraison pour les cinq saintes (Catherine, Marguerite, Barbe,  pour les sœurs de la Vierge Marie, etc) / Oraisons très dévotes au Christ outragé et crucifié et à Dieu le Père (en français).

  Depuis que Jean Dupré en a introduit la pratique en 1487, le texte est encadré par des bordures historiées compartimentées. Pour la page qui nous concerne, celles-ci ne font nullement écho au texte, mais donnent à voir des scènettes de chasse, de dénichage d'oiseau ou de musique.

 

                    livre d'heure desguine

 

                             livre d'heure 2 deguine

 

 

 

Transcription: 

De Decem mille martyribus

  Gaudent in celis anime martyrum decem milium

  Qui passi sunt letissime pro hristo crucis tedium

  Quod proces promptissime nobis ferant auxilium

  Ut digni efficiamur, permissionibus Christo

Les âmes des dix mille martyrs se réjouissent dans le ciel

Qui ont enduré avec joie l'épreuve de la croix du Christ

Que leur intercession nous apporte rapidement l'aide 

Dont nous serions digne, avec la permission du Christ.


Oremus : Omnipotens et misericordis sanctorum exercituus deus qui per sanctos de nos mille milites crucifixos populo christiano dona mirabilia conceder voluisti : presta que sumus. et quod possibilitas nostra non obtinet : eorum sancta nobis intercessione donetur. Per dominum nostrum.

Prions : Dieu Tout-puissant et miséricordieux ? armées des saints

qui par la sainteté de nos mille soldats crucifiés as bien voulu accorder au peuple chrétien ce don merveilleux, 

.... et que nous n'avons pas la possibilité d'obtenir, que cela nous soit accordé par leur sainte intercession.

Oraison de cinq saintz qui a leur mort impetrerent de notre Seigneur grace pour ceulx qui les prieront en leur necessitez.

Dyonisi radius grecie : fide regnum illustrans francie.

Georgii miles egregie : hostem sincens carnis potentie.

Christofore tinctus est in sanguine : Christum ferens humeris flamine.

Blasi persus divens purissime : Plages curans carnis et aime.

Degidi cum feris habitans : Regis crimen Karoli recitans.

Impetrate que nunc sum flagilans; Apud deum ne sum periclitans Mirabilis deus in sanctis suis. Gloriosus in manifestate sua.

Oremus. Deus qui sanctorum tuorum dyonisii : georgii : christofori : Blasii : et egidii memoria agentibus: eorum opens poscentibus auxiliarum in tribulationibus permisisti : ipsorum nos tuere perfidis sicut fidelis et verax es in omnibus vobis tuis. Per Christum dominum nostrum Amen.

Oraison des cinq sainctes qui sont pareille grace de dieu que les cinq saintz :[...] Deus qui beatarum Virginum katherine, margarete, marthe, christine et barbare paetrocinium invocantibus auxilium promisisti.

  On remarque que l'invocation des Dix mille martyrs précède celle des Cinq Saints (Denis, en premier, puis Georges, Christophe, Blaise, et Gilles) et des cinq Saintes ( Catherine, Marguerite, Marthe, Christine et Barbe). Cette place est remarquable. On sait que saint Acace, chef des dix mille martyrs, appartenait au groupe des 14 Intercesseurs dont la liste reprend partiellement les saints invoqués ici : les Dix mille martyrs apparaissent ici en position première en terme d'efficacité, en tant que saints auxiliaires. C'est qu'ils protègent contre les tourments de l'agonie, en complément  certes de Barbe (mort subite), Catherine (mort soudaine), Denis (possession diabolique), Marguerite (mort en couche). 

  La confession de bouche.

    J'ai écrit plus haut que les livres d'Heures étaient liès au développement de la lecture silencieuse, mais leur lecture n'est pas si silencieuse que cela, et, au contraire, la lecture oralisée est fréquente, et parfois signalée en rubrique par les mentions "dy" et "pri" pour préciser les textes à lire à voix haute. Elle est valorisée d'emblée par l'oraison propre aux Matines qui cite le psaume 51 (50), 17 : Domine labia mea aperies Et eos meum annunciabit laudem tuam (Seigneur, ouvres mes lèvres Et ma bouche annoncera tes louanges). Comme cela touche un point que nous rencontrons dans le texte de la Légende des Dix Mille Martyrs  Les Dix mille martyrs dans le manuscrit Fr. 696 La Vie et passion de Saint-Denis : transcription, annotations, adaptation en français moderne., celui de la "confession de bouche", je me propose de m'y attarder.

 

  En effet,dans la Légende des Dix Mille martyrs, le chef des soldats martyrs insiste sur la nécessité de proclamer à haute voix leur foi, bien que leur martyre et les douleurs de leurs corps crucifiés témoignent ostensiblement de l'ardeur de cette foi : "Saint achaces commença son sermon et dist devant toz Vos qui estes vessel  saintefie a notre seigneur Jhesu Crist et purefiez oez ma parole de la foi que je croi qr einsi comme il covient  croirent veraiement dou cuer ausint couvient il que chascun regehissent de bouche  oiant tous la foi que il oient. Je crois en dieu etc...". Cette phrase d'ancien français reprend textuellement le texte initial d'Anastase : Vasa sacra & purificata, audite fidei meæ locutionem. Sicut enim unumquemque fidelem corde oportet credere, ita quoque ipsam interiorem cordis credulitatem ore extrinsecus debet quotidie dicendo proferre. En d'autres termes, Acace énonce à ses frères dans le martyre, qualifiés de "vases sacrés et purifiés" de la foi, qu'autant il est nécessaire de "croire vraiment du cœur", autant il convient aussi de "regéhir de bouche", de le confesser oralement et publiquement, selon la parole de saint Paul en Romain 10,10 "Car c'est en croyant du coeur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut".

  Or, je retrouve cette citation dans la dernière prière du Livre d'Heure de la bibliothèque André-Desguines) qui débute ainsi : "Je crois de coeur et je confesse de bouche" : et cette ultime prière en français fait ainsi office de profession de foi tout en proclamant l'importance de la participation du corps, des postures et des gestes dans la prière de coeur de la pratique chrétienne. 

 

 

                         DE-COEUR-ET-DE-BOUCHE.png

 

 

                                   Oraison très dévote à Dieu le Père.

En benoist dieu ie croy de cueur et confesse de bouche tout ce que saincte église croit et tient de vous et que ung bon catholique doit de vous sentir et croire. Et proteste cy devant vostre figure que je vueil vivre et mourir en ceste foy et y perseverer toute ma vie et vous recongnays mon dieu père créateur et rédempteur de tout le monde. Et moy vostre pouvre créature subjecte et servante vous faiz la foy et hommaige de mon corps et de mon âme que je tiens de vous noblement aussi comme de mon souverain seigneur avec tous les biens naturelz et spirituelz et temporelz avoir de vous en ce monde cy et en l'autre. et de tout mon coeur vous en loue et remercye. Et en signe de recongnoissance vous paye de ce petit tribut au matin au soir cest que ie vous adore de cueur et de bouche : en foy en espérance et en charité de ceste petite oroyson qui tout seulement appartient à vostre benoite maiesté seigneurie et divinité.

Et vous requiers trois choses.

  La première est misericorde de tant de maulx et vilains pechez qu i ay faitz de commis le temps passé contre votre voulente.

La seconde que il vous plaise me donner grâce que ie puisse vous servir a complir voz commandemens sans encourir ne enchoir en peché mortel.

  La tierce est que à la mort et à mon grant besoing me veuillez secourir et donner grâce que ie puisse mourir en vostre saincte foy et finablement parvenir à la gloire éternelle avecques tous les saintz et sainctes de paradis. Amen.

 

 

3. Livre d'Heures du duc de Berry : page 25 de http://195.220.134.232/numerisation/tires-a-part-www-nb/0000005513932.pdf

  La bibliothèque du duc Jean Ier de Berry contenait un livre d'Heure dont les pages ont été découpées ; parmi les découpures se trouve une enluminure consacrée au "massacre des dix mille martyrs" (le terme de "massacre" peut faire supposer que ce sont les martyrs de la légion thébaine, qui furent décapités et non crucifiés). On ne connaît les quatre feuillets de "découpures" que par des chromolithographies, les originaux étant dispersés.

 

 

 

 

 

4. Le Livre d'Heures de Blanche, duchesse d'Orléans;

 Léopold Delisle, orfèvre en matière de livres d'Heures, le décrivait ainsi en 1905 (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, année 1905, vol. 66 n° 66 pp.489-539, link ) comme un manuscrit de la bibliothèque de Wernigerode sous la côte ZA 48, composé de 424 feuillets de deux colonnes, sorti des ateliers parisiens, daté par L. Delisle  de 1350-1360 et attribué à Blanche (1328-1370), fille du roi Charles le Bel et de Jeanne d'Evreux et épouse de Philippe, duc d'Orléans.

  Si je mentionne ce livre d'Heures, c'est en raison des lignes suivantes :

"Je ne m'explique pas la façon dont le rédacteur du livre de la duchesse d'Orléans a traité un saint dont le nom, si mes souvenirs sont exacts, doit figurer bien rarement dans les livres d'Heures, saint Acace, au folio 323v, n'a pas seulement les honneurs d'une antienne et d'une oraison. L'antienne et l'oraison sont précédés d'une rubrique dont rien de semblable n'existe pour les autres saints compris dans la liste des Suffrages. :

Ceste oroison si est de saint Achaz et de ces Compaignions qui furent X mille et requirent a Notre Seigneur que qui feroit devotement commemoration de leur passion que Diex les gardast en bataille quant ill y seroit et qui jeuneroit leur vigile, qu'il n'eust garde en tout l'an en bataille, et Nostre Seigneur leur otroiia toutes ces choses ; leur vigile si est la seurveille de la saint Jehan."

  Léopold Delisle ajoute que la duchesse d'Orléans fut enterrée à Saint-Denis, ce qui renforce encore les liens entre cette Légende, l'Abbaye, et la famille royale.

  

 

5. Notice sur les anciens livres d’heures,

Caen, T. Chalopin, (s. d.), in-8°.  page 16. Par Frédéric Pluquet (1781-1831) 

http://books.google.fr/books?id=gO0CAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

  Autre Oraison très-plaisante à dieu pour avoir rémission de ses péchiez. 

   Mon benoist Dieu, à toi je me retourne et te prye très-humblement qu'il te plaise pour les mérites de ta saincte passion et par les prières  et intercessions de ta gloriouse et sacrée mère et par les mérites de Monseigneur sainct Denys, sainct Georges, sainct Blaize ; sainct Christophle, sainct Gire, saincte Katharine, saincte Margarite, saincte Barbe, et par les intercessions des Dix Mille Martyrs, et de tous les Saincts et Sainctes de Paradis, de donner à moy, ta povre créature, indulgence et rémission de tous mes péchiez et en la fin pardon. Amen

 

6. Livre d'Heures en latin dit "Peutinger-gebetbuch".

Bibliothèque nationale de Wurtemberg-Stuttgart cote Cod.brev.91 f. 88v : Parchemin, 248 ff, 14x10, texte de 19 lignes en une colonne, Vienne ?, Gegensdurg ?, entre 1450 et 1500. 

 Cette invocation aux dix mille martyrs débute au bas du folio 88r par les mots à l'encre rouge  De martibus  puis se poursuit au folio 88v où l'enluminure occupe six lignes de texte en hauteur (18mm de haut, 25 mm de large). Celle-ci est un O bleu historié sur fond d'or : à l'intérieur, la scène représente à droite un personnage (l'empereur Adrien) en robe vieux-rose se tenant en haut d'un plateau rocheux, du haut duquel ont été précipités sur des arbres épineux qu'on pense être des acacias les martyrs ; seul un seul est entiérement visible, nu, sans nimbe, sans pagne, sans couronne d'épines, mais transpercé au niveau de l'abdomen et de la région sus-claviculaire par deux branches acérées. Il est placé au dessus d'un autre corps et des bras et jambes se voient sur la gauche.

 

Image rognée de celle de la Bibl. Wurtmeberg-Stuttgart, Cod.berv.91 f.88v :

00000186-cod.brev.91-f-88v-Stuttgart-de-martibus-de-sancto-.jpg


  Je déchiffre la prière en latin (folio 88r -89r) ainsi (on corrigera mes erreurs et insuffisances de lectures) :

De martibus / de sancto Achacio et so.js euius. Martires sanctissimi milites s nuctissimi regis potentissimi Ermelae. Achaci Allexander Marte cum uris confortibus nos iungite celestibus. Nam deus, permisit uram qui passionem corde et ore meditatus fuent. Aecnon vos huiliter rogaverit bonovi honestate couvis sospitatem. Cordis letitiam mentis puritatem finem bonum. Remissionem omnium peccatorum preliorum victorias. Et de omnibus angustus liberationem ab omni tribulatione corporis et anime. Sanctissimi milites nos liberare dignentum. Amen. Letamini in domino et exultate iusti Et gloriamini omnes recti corde*. Deus qui adimitandu Oro tue sanctissime passionis exemplum beatum Ermolau Achatium Allexandrum Martum et cum eis decem milia martyrum crucis supplecium voluisti. Concede quae sumus ut ipsorum passionem atibus sanguinis effusionem recolimus et veneramur tue sanctissime passionis remedia consequamur. Et ipos in vittissimos milites et martyres aput te pios intercessores iuetam et in omnibus tribulationibus nostris Jhesu Christo qui in trinitate per fitan vivis et regnas deus per infinita secula seculorum Amen.

*Ps 33-11


 

 


II. VIES DE SAINTS.

 

1. Passio sanctorum martyrum decem milium

  Codex du début du XVe siècle provenant d'Italie du Nord, écrit en gothique : Codex  001967 de la Rauner Library, Hanover, New Hampshire. 17 folio, 26 x 17 cm, 

http://www.dartmouth.edu/~library/rauner/westmss/001967.html

cover of item   folio 1, recto

 

        Je déchiffre ceci:

Salvatore nostro Ihsu Xsto  apparente : orta est magna iusticia excitans iustos ad pietatem Dicam autem quomodo passi sunt : qua etiam occasione meruerunt hujusmodi graciam. Adrianus et antoninus imperatores habentes prelium cum ephratensibus et gaddrensibus clegerunt virum numbro novem milia : potenous ihsu cristo idustriorum ibi.....

  Je retrouve là :

  1. d'une part l'Incipit du manuscrit Vita sanctorum conservé à la Bibliothèque Laurentienne, tel qu'il est inscrit dans le catalogue manuscrit publié par le chanoine Bandini : c'est la transcription exacte du texte :Inc: Salvatore nostro Iesu Christo apparente, orta est magna iusticia excitans iustos ad pietatem etc... (Ce texte correspond au 21 Février, mais le chanoine indique qu'un texte similaire existe ailleurs).
  2. la transcription partielle du texte du manuscrit du Vatican du texte d'Anastase transmis par les bollandistes et que j'ai fait apparaître entre parenthèse dans mon article  Les Dix mille martyrs dans le manuscrit Fr. 696 La Vie et passion de Saint-Denis : confrontation avec le texte latin d'Anastase.  La Bibliotheca Hagiographica Latina donne sous la réference BHL 0020f un manuscrit dont l'incipit du prologue et l'incipit sont : Inc. prol.: Salvatore nostro I.C. apparente, orta est magna seditio -- Inc.: Adrianus vero et Antoninus imperatores habentes praelium cum Eufratensibus. Hormis le mot seditio (très vraisemblable erreur de lecture) et l'orthographe de praelium et de Eufratensibus, ce texte est le même. Les bollandistes donnent les incications suivantes sur ce manuscrit : Vaticano ; ArchcapS. Pietro A2 Alias A, folio 207v-212.  De même, le manuscrit BHL 0020c donne l'incipit identique (avec iustia au lieu de seditio).

1' La Vie de saints Ms 1737 de la Bibliothèque Richelieu.

  Je n'ai pu consulter ce manuscrit en latin du XVe siècle, mais le folio 138 est titré Passio X milium martyrum, et son incipit est Sub Adriano et Antonio passi sunt una die decem martirum. Il a été repris en 2006 par un compositeur, Klaus Thomayer  en tant que chant grégorien sous le titre Office Saint Acacius du Mont Ararat,, Historia Saincti Achacii et sociorum eius,  Institute of Medieval Music, Ottawa ,xxvii p., 22 p. of music : facsim. ; 31 cm. Une autre source en serait le manuscrit Ms clm 22241 de la Bibliothèque bavaroise de Munich.

 

2. Vie des Saints Ms 1756 (1326)  du XVe siècle de la Bibliothèque Mazarine.

Parmi des Vies de saints tirés de la Légende Dorée de Jacques de Voragine complétés par d'autres sources, et notamment des saints du pays rhénan et du Hainaut, on trouve dans les folio 127c-128c la mention  de Passio SS decem milium martirum avec l'incipit Sub Adriano et Anthonoi imperatoribus, et la fin Per immortalia secula seculorum Amen.


3. Occupatio devotorum. Indulgentiae ecclesiarum urbis Romae, ...

 Ce recueil  contient un texte Bl 1-18 intitulé Passio decem milium militum ac martyrum crucifixorum, Köln, 1492.

Il figure comme Ms. Bud o.1. dans Die Handschriften der Thüringer Universitäts- und Landesbibliothek ..., Volume 2 Par Bettina Klein-Ilbeck,Bernhard Tönnies Wiesbaden 2009. 


 

III. LIVRES DE CHANT ET CALENDRIERS.

1. Calendrier du Maître Jean de Gamundia. 

http://www.chd.dk/cals/gamundiakal.html

  C'est un calendrier de 1478-79 avec une seule gravure sur bois par page, conservé au Musée National de Copenhague. Son auteur est Jean Nyder, dit le Maître de Gamundia, né en Souabe et qui a passé l'essentiel de sa vie à Vienne,  avec le titre de maître en mathématique et astrologie. Il était, avant sa mort, chancelier de l'universtié de Vienne;

avec la mention pour le 22 junius : Décem milium mrm

 

2. Psalterium-Hymnarium Basileense, Sainte-Ursanne, trésor de la Cathédrale, Diocèse de Bâle.

parchemin, 150 f, 320x225,  deuxième moitié du XVe siècle . Le Calendarium mentionne à la date du 22 juin la fête des dix mille martyrs. L'Hymnarium renferme, folio 115v, l'hymne Decem milibus mart. ad Vesp. ymn. Beata nobis gaudia dant militum... (RH 2343 ; AH52 no81 : sources de St. Blasien et Bâle).

Source : Catalogue des manuscrits conservés à Porrentruy et dans le canton du Jura, http://www.urs-graf-verlag.com/pdf/PoK.pdf

3. "Kalendrier" de l'Obituaire de Saint-Mont de 1406. 

 Un obituaire est un registre renfermant le nom des morts d'une communauté (ici, le prieuré de Saint-Mont dans les Vosges) et la date anniversaire à laquelle un office est prévu pour le salut de leurs âmes après donation par la famille, ainsi que les obits (du latin obiit, "il est mort" d'où le nom d'obituaire). Pour la date du 22 juin, li ne figure aucune autre mention que .e.X kl obiit puis l'intitulé des saints du jour, decem milium mrm,  avec le tilde sur le u de milium, et le signe abréviatif transformant mrm en martyrium.

obituaire de saint-mont dix mille

Le manuscrit est en ligne ici :http://elec.delisle.enc.sorbonne.fr/obituairesaintmont/folio35.php


4. Autres calendriers mentionnant la fête le 22 juin des dix mille martyrs :

... et montrant que cette fête est honorée autant à Hambourg qu'à Stockholm, à Zürich qu'à Geervlietensis, et encore au XVIII et XIXe siècle....

  • Magazin de 1790 publié à Zurich par J.G. Meusel : 22 junius, decem milium martirum.
  • Noten zu einigen Geschichtschreibern des deutschen Mittelalters, Volume 3 Par Anton Christian Wedekind , Hamburg 1836.
  • Vita Viglii ab Aytta Zuichemi ab ipso Viglio scripta, ejusque nec non ... Par Cornelis Paulus Hoynck Van Papendrecht, 1743.  Geervlietensis, diocèse d'Utrecht, Belgique.

  • Handlingar rörande Skandinaviens historia, Volume 5, Stockholm, 1818.

5. Cancianole Collectio cantilenarum, hymnorum, sequentiarum,...1472,

Manuscrit en latin et allemand Ms 314 dont l'une des Sanctorales est dédiée aux .X. milium crucifixorum ; provient d'Engelberg.

Lateinische Osterfeiern und Osterspiele: Nachträge, Handschriftenverzeichnis ...VI,

 publié par Walther Lipphardt , Berlin 1981 link

 

IV. Livres de prières.


1. Süddeutsche Stundenbuch, Livre de prières  de 1476.


Codex (parchemin) conservé à Stuttgart Cod.brev.12 f.39v et 40r.

f.39v : enluminure : les corps de cinq martyrs sont empalés sur les branches acérés d'acacia qui les transpercent au niveau du tronc, des bras et des jambes, rappellant ainsi les flêches du martyr de saint Sébastien.. Les martyrs sont nus, ne portant qu'un pagne bleu ; leur tête porte le nimbe, sans couronne d'épines. Le fond est organisé en trois bandes, bleue pour le ciel lointain, blanc pour le ciel bas, vert pour l'herbe. 

La relation s'établit vite avec le registre inférieur de l'enluminure de Jean Bourdichon pour les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, de même qu'avec l'enluminure illustrant ce thème dans la Légende Dorée alsacienne de l'"atelier de 1418"  La légende des Dix mille martyrs dans la Légende dorée de Jacques de Voragine.

  L'enluminure en pleine page, encadrée d'un double trait rouge, est entourée, dans les marges, d'un rinceau peint en vert, fuschia et or.

Titre Die zehentusent

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2. Légende des Saints alsacienne de la Bibliothèque universitaire d'Heidelberg.

   Heiligenlegende , Sud-ouest de l' Allemagne, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 108, 3ème tiers du 15e siècle, folio 91r-100v, Legende von der 10000 Märtyrern. Ces vingt feuillets contiennent le récit complet de la légende.

111 feuillets de 23x142 mm, papier, écrit en dialecte alsacien (elsäss niederalem), début de chaque texte réservé pour une illustration (absente) par un rectangle.


 3. Manuscrit allemand de Munich Cqm 54.

Munich, Staatsbibl. Cgm 54 deuxième moitié du 14eme siècle,106 feuillets de 235x157 mm. incluant une "Gesta Romanum" (1r-88r) puis la légende des Dix mille martyrs (88r-94v), une bénédiction, la légende des trois rois, la légende de sainte Barbe, et des bénédictions., 

 

 

 

4. Manuscrit mgf 1027 de la Bibliothèque municipale de Berlin.

Berlin, Staatsbibl. mgf 1027 :Manuscrit sur parchemin et papier de 176 feuillets de 250 x 215 mm, texte en néerlandais.

folio 174vb-176vb : Zehntausend Märtyrer

 

5. Document de la bibliothèque municipale de Berlin mgq 201

Berlin, Staatsbibl mgq 201 , 15e siècle, papier, 170 feuillets 225 x 145 mm.

Associée aux révelations d'Elisabeth de Schönau, à la légende des Onze mille vierges, et à un sermon,  la légende en prose des Dix mille martyrs occupe 44 feuillets, folio 137r-159r ce qui est considérable. Elle est rédigée en alsacien selon Hans Wegener.

 

6. Légendaire de la Bibliothèque municipale de Berlin mgq 1687.

Berlin, staatsbibl. mgq 1687, papier, 6+330 feuillets, 294 x 212 mm, daté de 1463, 

folio 146vb-149ra : Zehntausend Märtyrer.

 


6. Stockholm, Königlbibl. Cod. huseby.16

Folio 97va-110vb : Zehntausend Märtyrer.

 

7. Manuscrit de la Bibliothèque de Saint-Martin de Louvain, 15e siècle.

KB, 380-382. folio 68-69v: Passio decem milium martyrum, quod est decimo kalendas iulii : "Sub Adriano et Antonino imperatoribus passi sunt una die decem milia martyrum quorum gesta videtur Anastasius...Igitur praefati imperatores audito quod Gadareni...Et cuncti propiis condunctur monte locellis. Iam retinent regnum sic te duce Christe supernum. Nunc ergo, fratres carissimi, apud nosmetipsos... Amen"

 

IVbis. Les livres liturgiques des archives suisses.

Il s'agit d'exploiter les précieux renseignements fournis par Josef Leisibach dans Die Liturgischen Handschriften Des Kapitelsarchivs in Sitten, Les manuscrits des archives du Chapitre de la cathédrale de Sion, 1979, complété par Die liturgischen Handschriften des Kantons Wallis: ohne Kapitelsarchiv Sitten par Josef Leisibach et François Huot, Die liturgischen Handschriften des Kantons Freiburg (Ohne Kantonsbibliothek) par Josef Leisibach, etc...

 En effet, Joseph Leisibach publie, pour la fête des Dix mille martyrs le 22 juin, sous le titre Decem milia mart., les oraisons trouvées dans une vingtaine de manuscrits de Sion. 

a) les manuscrits de Sion mentionnant les Dix mille martyrs.

  • Ms 16 Missale plenarium Sedunensis, 12e siècle.
  • Ms 17 Missale plenarium Sedunensis, 14 et 15e.
  • Ms 18 Missale compositorium mixtae (Laus. Const.), 14e.
  • Ms 19 Missale speciale sedunensis, 1439.
  • Ms 20 Missale Sedunensis, 1462
  • Ms 21 Missale Sedunensis, 1455.
  • Ms 22 Missale compositorium mixtae (Laus. Const.), 1470.
  • Ms 25 Martyrologium, 12e.
  • Ms 26 Liber fundationum ..., 1473.
  • Ms 50 Collecarium Sedunensis, 15e
  • Ms 52 Collecarium Sedunensis 15e
  • Ms 53 Collecarium Sedunensis 15e
  • Ms 54 Collecarium Sedunensis Anf 14e
  • Ms 57 Breviarum Sedunensis 15e.
  • Ms 59 Breviarum Sedunensis 1459
  • Ms 60 Breviarum Sedunensis 15e
  • Ms 61 Liber horarum Sedunensis, 15e.

 

 

b) Les oraisons dédiés aux Dix mille martyrs dans ces manuscrits.


1.  O Deus qui imitandus passionis tue exemplum decem milia martires crucis patibulum subire fecisti, tribue ques, ut qui eorum passionem veneramur, passionis tue remedia consequamur.

  C'est à peu près le texte que j'ai transcris du Grand livre d'Heures d'Anne de Bretagne.

A Sion, il est retrouvé dans 21 manuscrits.

2. S presencia munera ita serena pietate ques. dne intuere et spiritus sancti perfudantur benedictione, et illam dilectionem infundant validam in cordibus nostris, in qua decem milia martires omnia huius mundi oblectamenta et corporum suorum devicerunt.

 Cette oraison est présente dans sept manuscrits de Sion.

3. P pasce nos domine ques, tuorum gaudiis ubique sanctorum, et quia nostre saluti augmentasunt quociens illis honor impenditur in quibus tu mirabilis predicaris.

 Formule mentionnée dans les sept mêmes manuscrit que la formule n°2.

4. Presta ques. dne. deus noster, in sicut in tuo conspectu pretiosa est mors sanctorum decem milia martirum, ita eorum merita venerantium accepta tibi reddatur oblatio.

 Deux occurences.

5. P Exaudi dne.  preces nostras, [ut] sanctorum decem milia martyrum tuorum quorum festa sollempniter celebramus continuis foveamur auxillis.

Deux occurences.

c) Informations complémentaires.

La publication de Joseph Leisibach consacrée au canton du Valais donne le détail de deux manuscrits  qui permet de constater la mention des Dix mille martyrs dans le Calendrier pour le 22 juin (f.4v) ainsi que dans le Propre des Saints (Proprium de Sanctis) :

  • Bréviaire à l'usage de Sion, Breviarum Sedunensis de v1460 Cod.oS Sitten Bischöfl Archiv, f.4v et 276rb
  •  Missale Sedinensis 1420/1429 staatsarchiv AVL 477 f 4v et 148rb

 La publication consacrée au canton de Fribourg signale également deux  (ou trois) autres manuscrits mentionnant ces martyrs au calendrier ou au propre des saints; le texte de l'ouvrage n'est que partiellement disponible en ligne, mais l'index fait mention d'u Officium speciale dans le manuscrit 42 :

  • Antiphonarium diurnum fratrum nostrum consuetudinem romanes curiae, 1488, Freiburg, franziskankloster cod 6, calendrier f.IIv.
  • Graduale Lausannense,  Freiburg, kapitelsarchiv St Niklaus Ms 15, anf.14e,   missa f.227r.

d) Calendriers :

Parmi les manuscrits des Archives du Chapitre de Sion répertoriés par Joseph Liesibach, se trouve le Ms 19 (cf supra) Missale speciale Sedunensis de 1439 consultable en ligne : son calendrier mentionne pour le mois de juin folio 143v les dix mille martyrs, decem milia martyr(s):

 

Sion/Sitten, Archives du Chapitre/Kapitelsarchiv, Ms. 19, p. 143v – Missale Speciale Sedunense

 

 

 

 

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