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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 13:25

Cimetière de bateaux de Rostellec en Presqu'île de Crozon : 

le remorqueur Le Hêtre et le navire-citerne L'Averse.

 

 

 

                      I. L'album photo.

 

cimetiere-bateaux 2817ccc

 

 cimetiere-bateaux 2819c

 

 

Cliché en dessous : La "citerne à vapeur"  "Averse" est au premier plan. Le remorqueur  "Hêtre" est le plus petit.

 

rostellec-2942c.jpg

 

 

 

 

rostellec 2951c

 

 

 

 

rostellec 2922cc

 

 

 

      Le "Hêtre" :

rostellec 2822cc

 

 

 

 

rostellec 7223cc

 

 

 

 

rostellec 2772c

 

 

 

 

                                          rostellec 2768c

 

 

 

                               rostellec 2776ccc

 

 

 

 

rostellec 7203c

 

 

 

 

                                      rostellec 7238c

 

 

                     II. Commentaires.

1. L'Averse.

   Cette "gabarre à eau" ou plus correctement "citerne à eau automotrice" est chargée du ravitaillement en eau potable les navires, de certains sites militaires, ou des sites civils comme les îles. Ce type de navire porte des noms liés à sa fonction, comme Aiguade, Ondée ou Bruine ou Brume.

  Elle porte le numéro de coque A743. Construite aux Chantiers et Forges de Méditerranée, établissement de Graville-Le-Havre, elle est rentrée en service en 1935, rejoignant à Brest deux sister-ship l'Ondée et l'Aiguade. Rayée en 1976, elle termine ses jours à l'anse de Rostellec. 

  • 1/05/1935 marché n°4544 avec FCM.
  • 25/01/1936 : mise à flot
  • 25/05/1936 : livraison au Havre
  • 27/05/1936 : arrivée à Brest D.P.
  • Juin 1940 : réfugiée en Angleterre
  • 03/07/1940 : saisie par les Anglais à Southampton
  • 1946 : restituée à Brest D.P
  • Utilisée comme citerne passive
  • 1976 Condamnée et conduite (en quelle année ?) au cimetière de bateaux de Landevennec.
  • 07/04/1988 mise en vente par les Domaines ; rachetée par M. François Tremaud en vue de créer un musée flottant conçu par la Ligue des armateurs de vapeurs et de remorqueurs (Le Télégramme de Brest, 18-08-1988, Service Hist. Marine BRO.1438) et conduite de Landevennec au Fret. Ce projet de "Musée du bateau et de la mécanique marine" était non seulement flottant, mais devait s'étendre sur une bonne partie de l'île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux. Une association Loi 1901 LAVERSE Ligue d'Armateurs de Vapeurs Et de Remorqueurs pour leur Sauvegarde et leur Emploi avait été constituée à cette fin.
  • 2005 : échouée à Rostellec.

(Source : Lieutenant de vaisseau Jean-Michel Roche, Dictionnaire de la flotte de guerre française de 1671 à nos jours tome II et message de F. Tremaud)

 

Photo Le Télégramme de Brest, 18-08-1988 

 DSCN1883v.jpg

 

Caractéristiques :

  • Symbole de coque 1936 : Y605 ; A 743
  • chaudière  cylindrique, 1 machine à vapeur à triple expansion .

    Une hélice, vitesse 8 nœuds, 10h

  • longueur : 38,80 m, largeur 7,6 m

  • tirant d'eau : 2,85

  • déplacement lège : 190 t

  • déplacement en charge : 500 tpc

  • charge d'eau transportable : 

    • eau douce : 235 t.

  • équipage : 5

     

     

 

 

 Son sister-ship l'Ondée fait beaucoup plus de buzz, car on pouvait espérer jusqu'à présent qu'elle soit conservée comme témoin patrimonial de ce type de navire à vapeur. Construite en 1935 aux F.C.M, elle avait été coulée pendant la guerre au fond de la Penfeld, avait été renflouée pour reprendre du service jusqu'en 1982 où, accidentellement, elle coule à nouveau dans la Penfeld. Elle est déclarée rayée du service en 1981. Renflouée une nouvelle fois, elle sert à nouveau au sein de la D.P (Direction du Port) de Brest et, en 1985-86, elle participe au ravitaillement en eau douce de Molène et Sein. Elle est fait sensation à Brest 1992, la première fête maritime de Brest, puis est retirée du service en 1993. Elle est alors placée au fond de la Penfeld avec d'autres coques en attente de déconstruction. Divers espoirs de la restaurer et de la faire naviguer n'aboutissent pas, et le 8 mars 2013, par décision de l'État-Major de Brest, DÉCISION N° 0-3212-2013/DEF/EMM/STN portant changement de position de la citerne à vapeur «Ondée » du 21 février 2013, il est décidé que "1. La citerne à vapeur Ondée est condamnée le 8 janvier 2013. 2. Le numéro de coque Q 864 lui est attribué. 3. La coque Q 864 sera déconstruite." 

Un dossier complet sur l'Ondée avec plans, maquette, photos est disponible sur netmarine.net

  L'Aiguade ( 275 cv)  a été construite aux F.C.M. de Graville-le Havre en 1935, elle fut mise en service le 19 02 1936 et affectée au port de Bizerte jusqu'au 18 décembre 1964. Elle fut alors remorquée  à Toulon par le Bélier, puis rayée le 15/11/1965 et mise en vente à Toulon n° Q 392.

 

  On cite aussi sous la dénomination "citerne automotrice A 774" un autre sister-ship, la Bruine  construite par la Société des Chantiers de Normandie  du Grand Quevilly en 1936-37 et lancée en 1938, affectée à la D.P de Cherbourg et rayée en 1952 ?.   Caractéristiques : l = 36,54 ; la = 7,60 ; longueur entre les perpendiculaires = 34.80 m ; longueur hors-tout = 36,54 m ; largeur = 7,60 m ; creux = 3.45 m ; tirant d' eau = 2.60 m ; poids lège = 235 tonnes ; port en lourd = 256 tonnes ; déplacement = 492 tonnes ; jauge brute = 238 tonneaux ; jauge nette = 61 tonneaux. Elle figure sous la référence IM76006149 de l'Inventaire Régional.

 La Marine classe ses bateaux-citernes en Citerne à combustible et Citerne à eau. Parmi ces dernières, cinq sont classées dans la rubrique Citerne à eau de type Ondée : L'Ondée, l'Averse, la Bruine, mais aussi le Déluge et l'Aqueduc:

  • DELUGE, construit à Lorient, lancée en 1937, jauge 200 tx, puissance 300 tonnes, a été à Brest. (à ne pas confondre, également à Lorient avec le Déluge ex Friede, construite en 1949 en Allemagne)
  • AQUEDUC, lancée en 1940, jauge 200t, puissance 300 cv, affectée à Cherbourg. 

 

 

 Voir sur le net à Lorient, la citerne  automotrice: Déluge. (photo) 1940, Longueur 37.17m Largeur 7.6m, tirant d'eau 3.15m, jauge 550 tx . 1 La, 300cv, 8nds. Démoli à Lorient en 1986.

On cite aussi à Lorient la citerne Cataracte (photo) longueur  48.34m , largeur 8m, te 3.6, 430 tx, 1 La, 800 cv, 10 nds.

 

 

Une épave d'une autre citerne, nommée La Brume, serait échouée en rivière du Faou : cette citerne non-automotrice lancée en 1914, coulée dans les bassins de Brest en 1940-44, relevée en 1945 et remise en service à la D.P de Brest, fut mise en vente par les Domaines à Brest. Je n'ai pas trouvé confirmation de la mention de cette citerne.

 

Nota bene : le site Patrimoine.region-bretagne http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29004100&full_screen_id=ILLUSTRA402#image de l'Inventaire régional indique à tort la présence à Rostellec "des deux gabarres à eau Ondée et Averse

 

  La baleinière de l'Averse : la Frétoise.

  Les anciennes photographies, comme celle qui illustre l'article de Dizerbo sur Rostellec dans la revue Avel Gornog n°3 de 1995, montrent sur le pont de l'Averse une embarcation de service.

Cette baleinière, qui était stockée à Guilers dans la 1ère moitié des années 90, avait été achetée aux Domaines par François Trémaud, qui l'avait fait livrer à bord du vapeur au Frêt afin d'éviter un transport jusqu'à Paris, où il avait le projet d'un musée. Elle fut installée sur le pont de l'Averse. Elle fut donnée  en 2002 à l'ASPMF du Fret par son propriétaire,  qui participa à son baptême au Fret en tant que parrain . Splendidement restaurée et rebaptisée La Frétoise, elle fut mise à l'eau en 2004. C'est une baleinière construite en 1973, coque en pitchpin à membrure d'acacia, mesurant de 8,25 m, largeur 2,40m, poids 2 tx, qui disposait d'un moteur diesel de 50cv, mais où pouvait prendre place huit rameurs, un patron et un sous-patron.

Participant à toutes les fêtes maritimes locales, elle est stockée hors-saison dans l'ancien chantier Stipon du sillon du Fret.

 

 

2. Le remorqueur Hêtre.

        Le "Hêtre" est un remorqueur militaire de la D.P du port militaire de Brest qui a travaillé en même temps qu'un autre remorqueur, le Saule. En faisant des recherches sur ce navire, on apprend d'abord que les remorqueurs militaires de 200-250 cv et 65t de jauge portent des noms d'oiseaux comme Cigogne, Aigrette, Passereaux, Pinson, Ara, ou Chardonneret, puis ceux de 93t de jauge ces noms de piossons (Bonite et Rouget) les 700 tx (jauge de 105t) portaient des noms d'arbres comme Chêne, Érable ou Hêtre, Saule,  et ceux de 1000 cv portaient le nom de qualités humaines comme le Fort, le Travailleur, le Vigoureux ou l'Actif. Vers 2000 cv, on donne des noms d'animaux (Buffle, Python, Baleine, Bélier, Élephant). Nous avons donc affaire à un remorqueur de 700cv.

  J'apprends ensuite que les  remorqueurs de port se répartissent en remorqueurs portuaires dont l'immatriculation débute par un Y et en remorqueurs portuaires et côtiers dont l'immatriculation commence par un A.

 

  L'élément de certitude est qu'il a servi à la Direction du Port (D.P) de Brest dans les annèes 1980.

  A Brest, je trouve mentionné les RHM (remorqueurs de Haute Mer) Hippopotame et Rhinocéros (1946-1980) l'Éléphant A666, ou le Tenace, ou les remorqueurs  l'Atlas de 600 cv (1912-1917), Plougastel de 600 cv radié en 1964, l'Ara de 250 cv, les RPC Mengam Y640 et l'Armen A677, travaillant en association avec des "pousseurs" (pousseur 38 par exemple, pousseur 24 de 11,90m, 26 unités au total ), les 380cv Rouget et Bonite, et enfin l'Ebène.

  Dans la série des 700cv, je trouve le "Saule" en service en 1990.

 

 

 

Conclusion : synthèse des données :

Le Hêtre, Y654  remorqueur portuaire type Acajou de 700cv, tonnage 105t, lancé en 1957 construit à Villeneuve-la-Garenne  , date de sortie de service 1994-95 vitesse 11 nds.

 

 Cette série de type Acajou (Acajou-class medium harbor tug) est composée de Acajou Y601 ; Balsa Y607 ; Bouleau ; Charme Y623 ; Chataignier Y620 ; Chêne Y624 ; Cormier Y629; Ebène Y717; Equeurdeville Y635 ; Erable Y618; Frène Y644; Hêtre Y654; Hevea Y655 ; Latanier Y663 ; Manguier Y666 ; Marronnier Y738 ; Mélèze Y668; Merisier Y669 ; Noyer Y739 ;  Okoumé ; Olivier Y719; Paletuvier Y686; Papayer Y 740 ; Peuplier Y688 ; Pin Y689 ; Platane Y695 ; Santal Y720 ; Saule Y708; Sycomore Y704 ;    

 Les renseignements suivants, qui concernent le Papaye, peuvent peut-être être utiles : D: 105 tons S: 11 kts Dim: 21.0 (18.4 pp) x 6.9 x 3.2 M: 1 SACM-Wartsila UD30 V12 M3 diesel ... 

 

 

 A ne pas confondre avec le Hêtre, remorqueur de Lorient de 500 cv, mise en cale 1917, lancement 1918, tonnage 370 tx, retiré en 1940, " Brest en 1940,  saisi par anglais, Allemagne, rendu en 1945". Dans un article sur l'Union des Remorqueurs de l'Océan, je trouve cette phrase :" (dans l'après-guerre 1944-47) La Marine nationale passe avec l' URO un contrat de gérance afin d'exploiter pour le compte des militaires les navires qu'elle possède, les remorqueurs faisant l'objet de ce contrat provenant de prises de guerre ou de navires renfloués : le "Moussaillon", l' "Orne", le "Tumulus", le "Wilhem", le "Pen Hir", le "Cèdre" et le "Hêtre". Le remorqueur "Morinie" de la Chambre de Commerce de Boulogne est loué à l' URO.Cela s'applique au remorqueur de Lorient.

Je  trouve ensuite dans la revue Neptunia n°77 à 80 1965 p. 11 deux remorqueurs du nom de "Hêtre" : un remorqueur-dragueur (Lorient 1927-1940) et un remorqueur de rade Y654 (Villeneuve-le-Garenne 1957) 1964 ex. A 725. 

 

On trouve des renseignements  sur netmarine.net des informations sur :

 

Liens

 

Dossier sur l'Ondée netmarine.net

http://www.flickr.com/photos/erickfrejean/5128435253

http://www.flickr.com/photos/valendrevarzecois/6172954906/

http://www.flickr.com/photos/erickfrejean/5877625208/

http://www.anciens-cols-bleus.net/t1114-ondee-citerne-a-eau : l'Ondée en navigation

http://www.anciens-cols-bleus.net/t8474p45-direction-du-port-de-brest : la passerelle du "Hêtre".

Liste des remorqueurs portuaires :

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Published by jean-yves cordier
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commentaires

François Tremaud 04/07/2016 01:43

Jean-Yves Cordier, bonjour !
- Il y a une petite erreur dans les caractéristiques de l'Averse :
"eau distillée : 13 t"... Que nenni ! ceci est valable pour l'Ondée, dont le pont était encombré d'une grosse citerne ressemblant à un conteneur de 20 pieds...
Alors que l'Averse fonctionnait à l'eau salée le savoir-faire des mécanos et chauffeurs permettant de faire des "chasses" (et peut-être d'autres procédés ?) pour en faire partir le sel...
C'est à cela qu'on différencie aussitôt les deux navires sur une photo, sauf prise de l'arrière, là où la devise est visible !

L'intérieur de la coque de l'Averse n'a - pour l'instant - pas été contaminée par le sel marin... alors que l'Ondée a coulé 2 fois, ce qui n'est pas bon du tout !

- Je répète qu'ayant acheté aux Domaines l'Averse stationnée à Landévennec en 1988 et la baleinière stockée à Guillers dans la 1ère moitié des années 90.
Je l'ai faite livrer à bord du vapeur au Frêt afin d'éviter un transport jusqu'à Paris.
Je ne vois pas en vertu de quoi la Marine se serait permise de donner une autorisation d'enlèvement en 2002, environ 10 ans après !
De plus cette baleinière n'a ni été affectée à l'Averse, ni été un canot-major !
J'ai donné à l'association ASPMF du Fret une copie de mon acte de vente. Ils ont donc inventé des balivernes pour ajouter du prestige...

Ne serait-il pas possible de rectifier ces détails qui ne collent pas dans un sujet sur le Patrimoine historique ?!

Par contre, je peux vous envoyer par mail des photos de la Brume au Faou, et sans doute d'autres navires que vous avez cités !

François Tremaud 04/07/2016 14:31

Bonjour et merci Jean-Yves !
Je n'ai pas votre adresse mail, Pouvez-vous me faire un mail même vide, je vous enverrai un choix de photos idoines...
Dites-moi si vous vous intéressez à mon projet (avorté) de musée, j'ai un dossier assez complet avec mes dessins et explications !

jean-yves cordier 04/07/2016 12:05

Bonjour François ! Aussitôt dit, aussitôt fait, j'ai intégré les infos à mon article. J'espère avoir respecté vos données.
Bien-sûr, je peux ajouter de nouvelles images pour compléter cet article, si vous me les faites parvenir.

Stricker Daniel 17/09/2015 13:14

Bonjour à tous,
Amoureux de l'Ondée et l'Averse... je suis bien triste de la fin de l'Ondée aujourd'hui au paradis des bateaux comme la Traction avant Citroën née 1934 j'ai construit la maquette de l'Ondée (voir gogol..)
Quelle tristesse pour nous tous que aucun de ces beaux et bons navires ne sera sauvés...la MN aurait pu sauvegarder l'Ondée, qui faisait parti de notre patrimoine maritime..
J'espère que l'Averse finira pas sous les chalumeaux...
Monsieur Tremaud essayez au moins de la sauvegarder ..bien à vous !
Daniel Stricker de Nesmy (85)

Anatole 11/08/2015 10:52

Bonjour,
Coordonnées de la Brume: 48°17'48.37"N, 4°11'16.79"O, effectivement échouée au Faou. on la voit sur Google Earth.

Monsieur Tremaud, pourriez-vous nous en dire plus sur ce qui vous a empêché de faire ce que vous vouliez de l'Averse ?

Ce bateau me fascine, c'est l'un des derniers vapeurs Français encore à peu près entier, qui mériterait bien d'être préservé. Je présume qu'il est maintenant trop tard...

François Tremaud 15/08/2015 04:00

Anatole,
Merci pour vos bonnes intentions, mais je ne tiens pas à ce que mon navire se retrouve à Nouméa, à l'abandonner pour de bon, et de plus à le donner... Il est typiquement brestois, j'avais déjà des scrupules d'envisager de le mettre à Paris, alors qu'au moins je l'aurais occupé !
De plus l'opération coûterait une fortune et il aurait du mal à supporte des levages et un tel voyage !

Anatole 12/08/2015 10:27

Votre histoire est absolument lamentable.
J'ai eu l'occasion à maintes reprises de sonder la profondeur de l'imbécilité de l'Administration Française dans le cadre de plusieurs projets de sauvegarde de vieux autobus et camions, ce récit ne fait hélas que confirmer l'une des raisons du déclin de notre Pays et de la dilapidation de son patrimoine historique.
Au train où vont les choses, il est fort probable que la Brume ait été détruite, la prochaine mise à jour des clichés de Google Earth vont sans doute hélas le confirmer, et ma localisation en Nouvelle Calédonie m'empêche toute vérification in situ.
Nous trouverions peut-être les ressources localement pour sauvegarder l'Averse au musée maritime de Nouméa, les Calédoniens commencent après une très longue traversée de désert à s'intéresser au patrimoine historique. Hélas le contexte économique mondial calamitesque ne va pas dans le bon sens; Je vais toutefois essayer de creuser cette piste, car il est indispensable de tenter de sauver votre bateau si vous confirmez que c'est encore possible.
Les tôles de fond sont-elles encore saines, et la structure supporterait-elle un éventuel levage ?

François Tremaud 11/08/2015 14:29

Anatole, bonjour,
La réponse à votre question est résumée dans mon commentaire du 2 août. Voici des précisions :

1- Le responsable de la navigation des ports de la presqu'île de Crozon, batophobe et insensible à ce qui touche le Patrimoine, a d'abord décidé de mettre à couple de l'Averse, au quai du Frêt et en mon absence, un énorme et lourd chalutier en bois, juste amarré sur mon bateau...Avec son fort tirant d'eau, il s'échouait bien avant l'Averse et se couchait dessus, tordant le pavois bâbord !
Quelques jours après, à marée montante, un fort vent écartait le chalutier, entraînant l'arrière de l'Averse et cassant son amarre (prévue pour elle !).
L'avant étant ainsi forcé contre le quai, en remontant décrocha l'énorme pierre d'angle et la posa sur le quai...
J'ai eu en main le devis du maçon chargé de la réparation du quai, daté du jour de l'incident ! Et en fait le pourtour du quai a été renforcé et j'ai reçu la facture...
J'ai été convoqué au Tribunal Administratif de Quimper, mais le Sous-Préfet a arrangé l'affaire...

2- Le responsable en question voulait que ma citerne disparaisse de la région (ce que déploraient les gens du coin) et je lui ai promis d'accélérer mes travaux... Je partageais donc mon temps entre Paris et Le Frêt, habitant à bord durant des périodes d'une semaine à 3 mois, occultant des trous de prise ou de rejet d'eau, réparant des fermetures étanches, etc...pour le remorquage vers Paris.
Il est venu vérifier mes travaux la veille de mon départ à Paris pour 15 jours, et semblait heureusement surpris par leur avancement...
Mais 3 ou 4 jours après j'ai reçu un appel de ma copine du Frêt, l'Averse avait été embarquée par un chalutier pour Rostellec, juste après la démolition de quelques cabanes (ex Stipon) du Sillon du Frêt...
Une troupe de Gendarmes était là pour contenir la manifestation organisée par les Frétois qui entendaient empêcher l'opération. Ma copine fut embarquée puis relâchée.
Décision arbitraire, opération surprise sans prévenir, alors même qu'on avait trouvé un accord.
Bref, le bateau a été mené à un endroit où les travaux sont encore plus compliqués, sans l'électricité et le gardiennage dont je bénéficiait au Frêt...
De plus son déséchouement et son remorquage sont difficiles, nécessitant un ou deux petits bateaux et un remorqueur attendant au large, à marée haute de fort coefficient et temps calme... ceci après expertise de la coque et travaux préparatoires, sauf à ramener le bateau au Frêt ou à un quai proche pour les reprendre.

3- Mon projet de Musée du bateau et de la Mécanique Marine, dans l'Ile St-Germain près de Paris, était soutenu par l'Amiral François Bellec (alors Directeur du Musée de la Marine), Jacques-Yves Cousteau (qui envisageait de me donner le Calypso au lieu de l'océaniser comme prévu à l'époque, j'ai son courrier), André Santini maire d'Issy, Charles Pasqua (alors président du CG des Hauts-de-Seine), le Directeur de la DP de Brest, le Vice-amiral d'Escadre Merveilleux du Vignaux (aolrs Préfet Maritime), Jean Bulot (Abeille Flandre), Michel Philippe (Treizour), François Chappé (Direction du Patrimoine Maritime), François Baudoin (Musée de la Batellerie), le Commissaire Potel (Patrimoine Naval Marine Nationale), Gérard Branly (Sous-Préfet du Finistère), Maurice Lanlard (Historien maritime), le Ct Louis de Catuélan (Sénateur-Maire des Yvelines), Patrick Schnepp ((Musée Maritime de La Rochelle), Béatrice Berge (Thalassa FR3), Pierre Maille (à l'époque Maire de Brest), Messieurs Jacques Parienté, Loulou Vandenbossche et Jean Houyvet (Directeurs de chantiers navals en Île-de-France), Franz Priolet et Paule Vany (animateurs radio-TV), MM Gauthier (Dircom Philips France ainsi que Paci et Nicole de Hispano-Suiza - Snecma, sociétés envisageant un sponsoring) et encouragé notamment par Eric Tabarly, Gérad d'Aboville, Henri Kerisit, Gilles Millot, Jean Randier, Henri Vagnon, Jack Daussy, Vincent Clouzeau, Michel Trénit, Michel Landivinnec, Jean-Louis Libouban...
Plusieurs de ces personnes ont disparues, d'autres ont quitté leur société ou leur charge...
Le projet, qui m'a pris plus de 10 ans et coûté beaucoup d'argent, concernait d'autres bateaux achetés dont un remorqueur fluvial à vapeur ferraillé depuis...
Il est "tombé à l'eau" à cause du refus du site de l'Ile St germain, dû à une chargée de mission de Pasqua au CG, batophobe également...

Oui, l'Averse est sauvable, mais il faut de l'argent que je n'ai pas, alors que je pourrais la mettre à la place du bateau que j'habite à Paris !

La Brume serait toujours au Faou ? J'ai entendu dire qu'elle avait été ferraillée...

François Tremaud 02/08/2015 15:04

Bonjour ! François Tremaud, propriétaire de la citerne Averse.
Je suis étonné d'apprendre que la Frétoise aurait été un canot major ! En tous cas elle n'a jamais été affectée à l'Averse, et la Marine n'a donnée aucune autorisation pour son prélèvement :
je l'ai achetée aux Domaines (elle était à Guillers) des années après l'Averse (qui était à Landevennec), et au lieu de me la faire livrer à Paris je l'ai fait déposer sur le pont de l'Averse au Frêt, qui devait partir en remorque au Havre un an après... ceci avant que les Services de Navigation décident de la faire transférer en mon absence à Rostellec !
C'est sur l'insistance de l'ASPMF qu'en 2002 j'ai fait don de ma baleinière, et j'ai participé à son baptême au Frêt en tant que parrain...

François Tremaud 09/08/2015 02:02

Merci Jean-Yves ! Vous n'y êtes pour rien... Bien sûr, souvent des bruits courent, et + ou - systématiquement relayés par des journalistes, non bénévoles... Je me souviens en 1991 (3 ans après mon achat aux Domaines),, un reportage avait repris les allégations d'un article d'enfants de l'école de Crozon expliquant que l'Averse m'avait coûté 1 franc symbolique... alors que je l'avais achetée un peu plus de 70.000 F ! :)

Jean-Yves Cordier 08/08/2015 23:50

Mes informations sont celles que j'avais pu trouver à l'époque de la rédaction de cet article. Nous nous sommes déjà entretenus sur les insuffisances de ces informations lors d'un échange de courriel (en 2014?) et je reconnais volontiers mes carences, par rapport à vos données de première main. Merci de nous en faire profiter aujourd'hui par votre commentaire.

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