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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:02

Date : 9 au 11 juillet puis 15 au 30 août puis septembre-octobre...

Lieu : Crozon / Plouzané.

 

                                     Papillons de nuit II, Noctuidae: origine de leurs noms (Zoonymie)

 

 

J'ai essayé de découvrir l'origine des noms que nous leur donnons en français : à quelle époque ont-ils été donnés, et par qui.

  La plupart de nos papillons portent des noms depuis moins de 200 ans, et ont été baptisés par trois auteurs majeurs, Etienne-Louis Geoffroy en 1762, le R.P. Jacques-Louis Engramelle de 1779 à 1792 et Jean-Baptiste Godart de 1821 à 1842.

  J' ai fait cette recherche sur les papillons que j'ai observés en juillet et en août, parfois en septembre soit à Crozon (29), soit à Plouzané (29), c'est-à-dire au sud et au nord du goulet de Brest.

  

 

Liste des papillons observés  (Hétérocères attirés par la lumière) : Identifications d'amateur, sans validations. 

 

 

• Noctuidae.

   - Hypeninae

                     Hypena proboscidalis

   - Acronictinae

                       Moma alpium

                      Craniophora ligustris

                       Atethmia centrago

                       Xanthia togata

                       Tiliacea aurago

                           Subacronicta megacephala

    - Amphipyrinae

                      Amphipyrinae pyramidea 

                      Trachea atriplicis

                      Callopistria juventina

                      Archanara geminipuncta

   -Noctuinae

                      Ochropleura plecta

                      Xestia c-nigrum

                      Xestia xanthographa

                      Agrotis puta   

                      Noctua pronuba

                      Naenia typica

                      Diarsia rubi

                      Eugnorisma glareosa

 

   - Psaphidinae

                      Allophyes oxycanthae

 

   - Cucullinae

                      Dryobotodes eremita

                      Polymixis flavicincta

                      Polymixis lichenea

                      Aporophyla nigra

   - Hadeninae

                      Mythimna albipuncta

                      Mythimna pallens

                      Mythimna l-album

                      Trigonophora flammea

                      Agrochola helvola

                      Omphaloscesis lunosa

                      Dichonia aprilina

                      Agrochola macilenta

 

   - Plusinae

                       Autographa gamma

   - Catocalinae

                      Lygephila pastinum

                      Catocala nupta

                      Euclidia (callistege) mi

                      Euclidia glyphica

 

 

                                                                      §§§§§§§§§§§§§§§

 

                                                                 NOCTUIDAE

 

Hypeninae

 

 

La Noctuelle à museau, l' Hypène proboscidale, Hypena proboscidalis (Linnaeus, 1758)  The Snout.

Envergure : 25-38 mm

Vole en deux ou trois générations d'avril à octobre.

PHL : orties, plantains, lamiers

Zoonymie :

  • hypena  Schrank, 1802 Fauna Boica 2(2) : 163. L'espèce type est H. proboscidalis, le nom choisi est donc inspiré de ce papillon, il est issu du grec hypene, "moustache" ou "barbe", et qualifierait selon A.M. Emmet les palpes labiaux, ou peut-être les soies des pattes de certaines espèces.

  • proboscidalis vient du grec proboskis, idos "trompe d'éléphant" formé de pro, " en avant" et de bosko, " se nourrir". Via la forme latine proboscis, c'est devenu un nom utilisé ( en anglais depuis 1609, ou en français) en science pour désigner, en botanique, un appendice porté par le spermatozoïde de certaines algues, et en zoologie, un prolongement tubulaire et extensible de la région céphalique chez les vertébrés ou les invertébrés. Il désignera ainsi la bouche en forme de paille qui permet aux papillons de s'alimenter. C'est la trompe, ou haustellum des lèpidoptères. Eh bien, si tous les papillons ont un proboscis, pourquoi nommer celui-ci l' Hypéne proboscidale, si tous les animaux ont peu ou prou un museau, pourquoi affubler cet hétérocère du nom de Museau? Parce que c'est son élément marquant, tout comme vous surnommez  gentiment Tarin ou Pif votre ami au nez de Cyrano, La Bouche votre collègue aux lèvres avantageuses, etc...

  • nom vernaculaire:

- Le Museau, Charles de Villers, 1796 Entomologie linnéenne, tome II p. 433 n° 780.

- Herminie proboscidale Pierre-André Latreille 1805, Hist. Nat. crust. insect. T. 14, p. 228.

- Hypène proboscidale, Jean-Baptiste Godart, 1831, Hist. Nat. Lépidoptères t. 8(2) p. 42 n° 968.

- Aux noms usités actuellement (Noctuelle à museau, Hypène proboscidale ) s' ajoute celui d'Éléphantine mentionné par G. Orhant, Atlas des papillons de nuit du Nord-Pas de Calais, 2011.

 

Plouzané, 27 juillet 2011 (et août, septembre, octobre)

hypena-proboscidalis 0345cc

 

hypena-proboscidalis 0346cc

 

Acronictinae

 

   L' avrilière Moma alpium  (Osbeck, 1778),   Scarce Merveille du jour, Seladoneule

Envergure : 30-35mm

Vole de juin à juillet

Plante-hôte : chêne, hètre, prunier, ou divers conifères

Zoonymie :

  • Moma  Hübner, 1820 : de Momus, le dieu latin de la moquerie. Peut-être (A.M.Emmet) parce que Hübner a placé dans ce genre une espèce nommée Tricheosa ludifica (Linnaeus, 1758), ludifico signifiant "se moquer" et Linné  mentionnant à son sujet  "simillima Ph. aprilinae".

• alpium : du latin Alpes, Alpium, 1 : "les Alpes", 2 : "toute haute montagne". les premiers spécimens pourraient avoir été trouvés en montagne.

• Nom vernaulaire:

  -  L'avrilière : nom donné par Engramelle, Papillons d'Europe, planche 227, n°325. Est-ce en rapport avec le premier avril, pour s'accorder aux facéties de Momus? Dans leur Histoire Naturelle des papillons de 1826 , Godart et Duponchel expliquent :  'Tous les auteurs, à l'exception d' Esper et d'Ochsenheimer, ont donné le nom d'Aprilina à cette jolie espèce, la prenant pour celle que Linné a décrite sous ce nom, tandis que sa description s'applique à la Runica de Fabricius, qui le premier a fait l'erreur en donnant un nouveau nom à l'espèce de Linné et en transférant l'ancien à l'espèce dont il est ici question, c'est à dire à la noctuelle Orion d'Esper, qui n'a pas été connue du célèbre naturaliste suédois. Cela explique pourquoi nous n'avons pas conservé à cette noctuelle  le nom d'Aprilina qui lui convient d'autant moins qu'elle ne paraît pas au mois d'avril, comme ce nom l'indique, mais bien dans le courant de juin.'

     La Phalena Noctua aprilina n°99 est effectivement décrite par Linné à la page 514 de la dixième édition du Systema Naturae, prècédant la Phalena Noctua ludifica.

  - La Noctuelle d'avril, Olivier 1818, Encyclopédie Méthodique, vol 23,p. 20.

   - La Noctuelle Orion, Jean- Baptiste Godart, Hist. Nat. Lépidoptères vol 6, p. 203

 

  J'ignore pourquoi les anglais utilisent un terme français pour désigner Moma alpium, terme qu'ils ne nous ont pas emprunté semble-t-il;

Le nom vernaculaire allemand signifie la chouette-céladon, le terme -eule, chouette, s'appliquant aux papillons de nuit et l'adjectif céladon s'appliquant à la couleur verte de cette espèce. Je rappelle que le nom de cette couleur est, initialement, issu du nom d'un berger du roman pastoral d'Honoré d' Urfé l'Astrèe (1610)

 

 Plouzané, 9 juillet 2011 

moma-alpium 7000cc

 

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La Troènière, la Noctuelle du troène Craniophora ligustri ([Denis & Schiffermüller], 1775) The Coronet.

Envergure : 30-35mm

Vole de mai à juillet (mais j'ai observé celle-ci le 22 août, Plouzanè)

PLH : Frène, jasmin, troène.

Zoonymie :

craniophora Snellen, 1867: "porteur de crâne". Le genre est monotypique, et cette dénomination est déterminée par notre espèce : effectivement, on peut voir dans le motif des ailes et du corselet la forme d'un visage, d'un masque, ou, si l'on veut, d'un crâne. Les entomologistes allemands l' avaient nommé "phalaena atropos minor" parce qu'ils retrouvaient dans ce motif la tête de mort du Sphinx à tête de mort Acherontia atropos.

ligustri : du latin ligustrum, "le troène".

nom vernaculaire :

- La Troènière, Jacques-Louis Engramelle, tome VI, pl. 225, n° 320.

- Noctuelle du troène, Olivier,1811 Encycl. meth.

- Noctuelle du troène, Jean Baptiste Godart, 1826 Hist. Nat. lépidoptères, p. 256 n° 336.

- Noctuelle du troène, Alfred Constant, 1866, Cat. des Lépi. de Saône et Loire, p. 122

 

Plouzané, 22 août 2011

 

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La Xanthie topaze, la Xerampeline d'Hübner  Atethmia centrago (Haworth, 1809) the Centre-barred Sallow.

 

Envergure : 32-36 mm

Vole de août à septembre

selon le site Lepinet.fr, serait absente du Finistère ou de Bretagne.

PHL : frène essentiellement, aulne, érable;

Zoonymie :

  • Atethmia Hübner, 1821 (verk. bek. Schmett :238) qui prend comme type de descrption Phalaena Noctua xerampelina de Esper 1794 ( Die Schmett, th IV, bd 1( 47) : pl 183, f 5). Du grec a- privatif et ethmos, "crible" (qui a donné "ethmoïde") : non criblé, sans punctuation .

   • centrago : le nomenclateur Adrian Hardy Haworth (1767-1833) associe au terme latin centrum, "le centre", une terminaison -ago linnéenne conventionnelle indiquant l'affinité avec le suffixe, comme dans plumbago, couleur de plomb.Voir Xanthia citrago, couleur du citron, X. aurago, couleur de l'orange, et X. gilvago, du latin gilvus, "jaune pâle". Selon Emmet, centrum se rapporte à la veine médiane proéminente. Protonyme Noctua centrago, Haworth, Lepidoptera Britannica (2) : 236.

   • nom vernaculaire :

- la xanthie topaze : du grec xanthos, "jaune", et topazos ou topazion, "nom d'une pierre d'un brun jaune". topaze est un nom masculin et non un adjectif, désignant une gemme en bijouterie, mais aussi  (1834) une nuance de jaune. Godart crée le genre Xanthie en reprenant le genre Xanthia à Treitschke et à Ochsenheimer ; le genre ne restera pas valide, mais il est utilisé en français our désigner plusieurs taxons. Engramelle a nommé un papillon La Topaze, reprit par Olivier sous le nom de Noctuelle Topaze, mais il s'agit de Thysanoplusia orichalcea.  

   L'utilisation de ce zoonyme semble récent, puisque le moteur de recherche ne trouve pas de mention dans les "Livres".

- De même, on ne trouve pas trace du zoonyme de "Xerampeline de Hübner", qui semble une adaptation en français de la mention scientifique "Atethmia centrago Haworth (xerampelina sensu Hubner)" fréquemment utilisée. En revanche, nous trouvons :

- La Noctuelle Xerampeline Jean-Baptiste Godart et P.A.J. Duponchel, Hist. Nat. Lépidoptères  tome 7 (1) : 249 n° 495.

   Duponchel semble commettre deux erreurs dans son texte : 1) il attribue la paternité du nom Xerampeline à Hübner ( Noctua xerampelina) avec une note de bas de page indiquant  : " C'est par erreur sans-doute qu'Hübner a écrit Xerampelina au lieu de Xeramphelina, féminin de Xeramphelinus, qui veut dire couleur de feuilles de vigne morte." Pourtant le terme est utilisé tel quel pour désigner, par exemple, un champignon, le Russule xerampeline ou Russule feuille-morte. Et ce n'est pas Hübner qui a créé le mot, mais Esper, comme nous l'avons vu. Mais la forme xeramphelinus est attestée dans le Dictionnaire latino-gallicum de 1785 par Jean des Roches ( xeramphelinus a, um : de la couleur de vigne morte) et utilisée en zoologie.

       2) il attribue à John Curtis (vol. II pl 84, sans-doute de British Entomology de 1824) la création de Xanthia centrago en oubliant  Haworth. C'est l'occasion d'une petite méchanceté  : " L'auteur anglais, au lieu de conserver à la noctuelle dont il s'agit le nom de xerampelina, l'a appellé centrago, en se fondant sur ce que l'espèce figurée par Hübner n'est pas entiérement semblable à la sienne. Il existe en effet quelques légères différences entre les deux figures, mais ce sont celles qui distinguent presque toujours un individu d'un autre, et probablement M; Curtis n'y aurait pas fait attention, s'il n'avait été dominé par le désir d'enrichir la faune britannique d'une espèce inconnue des entomologistes du continent".

 

Quoiqu'il en soit, voici sa description : " Le dessus des ailes supérieures est d'un beau jaune-orangé, avec deux bandes transverses d'un rouge ferrugineux sur chacune d'elles, l'une étroite et sinueuse bordant l'extrémité de l'aile, l'autre large et trapezoïde, placée au milieu. Cette dernière s'oblitère dans sa partie la plus large, et surtout du coté qui regarde le corselet. La tache réniforme, qui est solitaire, est d'un brun-violâtre".

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  La Xanthie ochracée, la Mantelée Xanthia togata ( Esper, 1788) the Pink-barred Sallow.

Envergure : 27-30mm

Vole en septembre et octobre

PHL :Saule marsault et autres saules, peupliers, ronce, Airelle des marais.

Zoonymie:

   • Xanthia : Ochsenheimer, 1816 : du grec xanthos, "jaune".

   • togata : du latin togatus, "portant une toge", et notamment la toga praetexta, la toge prétexte que revêtent les enfants des praticiens jusqu'à dix-sept ans, les filles jusqu'à leur mariage, les prêtres, les magistrats dans les cérémonies. Elle est blanche bordée d'une bande pourpre. Les sénateurs portaient une bande de pourpre large, latus clavus ou laticlave, tandis que les chevaliers portaient une bande étroitre, angusticlave. A.E. Emmet explique que togata se réfère à la veine médiane pourpre de l'aile antérieure. Mais il est amusant de remarquer que le nom latin togata désigne spécifiquement la prostituée (qui portait traditionnellemnt la toge).   

    • nom vernaculaire :

- La Mantelée 1790, Jacques Louis  Engramelle Papillons d'Europe tome 7 p. 167 n° 524 pl. 304 : le rédacteur ( Arnoult Carangeot) n'explique pas le choix de son zoonyme, mais reprend ce qu'en écrit Esper, et cite le nom togata donné par  cet auteur : j'en déduis que "la mantelée" est la traduction de togata.

- La Xanthie ochracée 1827 Duponchel in Jean-Baptiste Godart, Hist. Nat. Lépidoptères vol.7(1)  p. 462 n° 552. Le genre xanthie de Godart reprend celui de xanthia ; l'épithète "ochracée" lui est synonyme, cet adjectif rare voire précieux dérivé de "ocre" et apparu en 1812 (CNRTL) signifiant "d'un jaune pâle". Le texte renvoie à Noctua ochrago borkh. ( Moritz Balthasar Borkhausen, auteur d'une Histoire naturelle des papillons européeens de 1788-94, mais Esper est aussi l'auteur d'une N. ochrago ( Esp. 177,1,1794). Certains trouveront plus d'intéret à lire les moeurs de la chenille :

   " Cette chenille vit sur le saule marceau (Salix caprea), entre les feuilles duquel elle se cache, en les retenant l'une sur l'autre par quelques fils. A mesure qu'elles sont rongées elle en change, et finit par s'y envelopper d'un tissu plus fort, lorsqu'elle est sur le point de se transformer en chrysalide." (Godart, ouvrage cité)

 

 Plouzané, 23 septembre 2011

xanthia-togata-la-mantelee 1794cc

 

 

 

  La Xanthie dorée, la Fardée, l'Eblouissante, Tiliacea aurago  ([Denis & Schiffermüller], 1775)  the Barred-Sallow.

envergure : 31-33 mm

Vole en septembre-octobre

PHL : Hêtre, chêne, érable champêtre.

Zoonymie :

   • Tiliacea Tutt, 1896 :  de tilia, le tilleul, ou de la famille des tiliaceae. Tutt a décrit ce genre à partir du type spécifique Phalaena citrago de Linné, une espèce dont la plante hôte est le tilleul, Tilia cordata et Tilia platyphylla.

    James William Tutt (1858-1911) est un entomologiste britannique qui est à l'origine de l'étude génétique des lépidoptères. C'est vraisemblablement dans son J.W.Tutt's British moths que le genre Tiliacea a été décrit.

   • aurago : de aurum, "l'or", et la terminaison -ago propre à l'ancien genre des Xanthia, de couleur jaune ou orange.

   • noms vernaculaires :

- La Dorée, 1789, Charles de Villers, Entomologie linnéenne tome IV, p. 471. Carangeot/Engramelle ne peuvent reprendre ce nom qu'ils ont déjà attribué à leur numéro 410 ...qui  semble être aussi une variéte d'aurago ; ils  nomment donc leur aurago :

- L' Eblouissante, 1792, Carangeot in Engramelle, Papillons d'Europe, tome 7 p. 161 n° 520. Une variété est décrite comme une espèce différente et nouvelle, et Carangeot la baptise :

- La Fardée, Carangeot in Engramelle, Papillons d'Europe, tome 7 p. 163 n° 521.

- La Noctuelle éblouissante, 1811, Guillaume Antoine Olivier, Enycl. meth. tome 8.

- La Xanthie dorée, 1827, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères tome 7 p. 558.

 

 

 Plouzané, 30 septembre 2011 : 

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  Tiliacea aurago fait la morte : j'admire ses dessous :

tiliacea-aurago-xanthie-doree 2026cc

 

tiliacea-aurago-xanthie-doree 2037cc

 

 

    Tiliacea  aurago à coté de Xanthia togata :

  tiliacea-aurago-xanthie-doree 2039cc

 

 

La Noctuelle mégacéphale Subacronicta megacephala  ([Denis & Schiffermüller], 1775)  the Poplar Grey.

Envergure : 40-44 mm

Vole de mai à août

PHL : peuplier

Zoonymie :

   • subacronicta : selon Wikipédia, ce genre est passé de mode et doit être considéré comme un synonyme du genre acronicta d'Ochsenheimer, 1816 : du grec akronux, le crépuscule, quoique ces papillons ne soient pas crépusculaires.

   • megacephala , "à la large tête", ce qui s'applique à la chenille.( Emmet, 1991).

   • nom vernaculaire :

- Phalène grosse-tête, 1771 : Charles de Geer, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes tome II partie 1, p. 413 n°7 tab.7 fig.6-9 : " La chenille de cette phalène est remarquable à plusieurs égards : c'est une chenille à seize pattes, demie-velue, à tubercules et à aigrettes, grise, dont le dos est noir avec des points blancs, à quatre tubercules blancs sur chaque anneau et une grande tache couleur de paille sur le dizième anneau.[...] La tête [...] est très grande ; je n'ai jamais vu de chenille avec une si grosse tête ; elle est beaucoup plus large que le corps, surtout par devant, et elle est longue et haute à proportion".

- La Grosse Tête, 1788 : Carangeot in  Engramelle, Papillons d'Europe 6 : 22 n° 294.

- La Noctuelle mégacéphale 1811 : Guillaume Antoine Olivier, Encycl. meth. 8 : 343 n° 399.

- La Noctuelle mégacéphale, 1826 : Duponchel in Godart, Hist. nat. Lépid. Fr. 6 : 244  n° 332.

 

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Amphipyrinae Ochsenheimer, 1816

 

La Noctuelle cuivrée, Noctuelle du noyer, la Pyramide  Amphypira pyramidea  (Linnaeus, 1758) the Copper underwind, Pyramideneule.

 

Envergure : 45-52 mm

Vole de juillet à octobre;

PHL : divers arbres et arbustes

Zoonymie :

• Amphipyra Ochsenheimer, 1816 Schmett. Eur. 4 :70 : du grec amphi, "rond"  et pur, pyros, "le feu"  : volant autour de la lumière" (ou, selon une autre source : amphi, "les deux", et pyra, "incendie", pour la couleur cuivrée des ailes posterieures.)

 • pyramidea se rapporte à la bosse conique du huitième segment de la chenille.

• nom vernaculaire:

- le premier auteur français est Réaumur, Mémoires pour servir à l' Histoire des Insectes, Tome I p. 300 & 330, tab. 15 f.1-5 : c'est lui qui est donné, avec Mérian et Roesel, en référence dans la description originelle de Linné, et peut-être a-t-il soufflé au savant suédois le nom scientifique de pyramidea, lié, nous l'avons vu, à la forme de la chenille, "larva postice conico-gibba ", "chenille à l'arrière en bosse conique". Cône ou pyramide, c'est un point de détail. Mais Réaumur décrit les chenilles sans baptiser les espèces, il se moque de la nomenclature et s'interesse à l'utilisation ingénieuse que l'on peut tirer de l'étude de la nature. Il céde donc sa première place à :

-Etienne Louis Geoffroy, 1767,Histoire abrégée des insectes, tome 2, p. 160, n° 99, qui passe à coté du caractère pyramidale du postérieur de la chenille pour le décrire comme " relevé en pointe comme le bout d'un bateau". Mais il ne nomme pas ce papillon La Nef, le Scaphoïde, la Poupe, son imagination est en panne et il propose :" La Brunette à ailes inférieures rougeâtres." trop long, la postérité n'en voudra pas.

- Le Révérend-Père Engramelle en 1786  s'inspire de ses prédecesseurs étrangers (il a tout lu et cite 17 auteurs) et reprend le pyramidea sous la forme de "La chenille du chêne, La Pyramide", ou, plus loin, "la phalène pyramide" dans le volume 3  de Papillons d'Europe, p. 96 n° 337. A son tour de décrire ce qui est en passe de devenir l'arrière-train de chenille qui fait fureur ; et le capucin a son franc parler " l'extrémité du derrière forme une pyramide [...] le haut de cette pyramide est rouge ainsi que les pattes." C'est lui le créateur de notre zoonyme.

- Olivier le reprend en 1811 dans l' Encyclopédie Méthodique sous la forme de La Noctuelle Pyramide.( p. 551 n° 336)

- Jean-Baptiste Godart poursuit en 1824 avec La Noctuelle Pyramidale dans Hist. Nat. des Lépidoptères tome V p. 136 n° 181. Sa prose est technique : "on a donné à cette noctuelle le nom de pyramidea parce que sa chenille a le dos du onziéme segment relevé en pyramide".

 

Et le zoonyme Noctuelle cuivrée ? Il ne semble pas avoir été utilisé par les auteurs, même si l'Encyclopèdie Méthodique de 1811 décrit une espèce sous ce nom : car il s'agit de Plusia aerea.

 De même, le nom de Noctuelle du noyer ne semble avoir été utilisé que récemment.

 


 

 

 

 

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   La Noctuelle de l'Arroche, le Volant doré Trachea atriplicis (Linnaeus, 1758)  Orache Moth.

 

Envergure : 38-42 mm

Vole de juillet à août

PHL : l'Arroche ou Atriplex, le Chénopode.

Zoonymie

Trachea Ochsenheimer, 1816 : du grec trakhus, "rugueux, raboteux" qui a aussi donné notre "trachée" : un coup d'oeil sur l' aspect de l'abdomen crénelé donne l'explication.

• atriplicis : comme l'avait observé (ou appris) Linné, l'Atriplex est l'une des plantes-hôtes.

• Alors que Etienne-Louis Geoffroy l'avait nommé Le Volant doré en 1765 dans son Histoire abrégée des insectes (Tome II, page 159, n°97), moins de vingt ans plus tard  le père Jacques-Louis Florentin Engramelle ne reprend pas Geoffroy (ce qui n'est pas courant) et lui attribue le nom de l'Arrochière dans Papillons d'Europe tome VII, planche 282, fig. 464. C'est Guillaume-Antoine Olivier qui, dans l'Encyclopédie Méthodique de 1811, le baptise Noctuelle de l'Arroche.

   Là encore, Godart et Duponchel (ouvrage citè) nous éclaire sur l'origine du nom vernaculaire :  "Nota. C'est ici le cas de faire remarquer la confusion qui existe dans Geoffroy au sujet de cette espèce. En l'appellant Volant-doré, il est clair que son intention a été de désigner la N. Chrysitis [ Diachrysia chrysitis, le Vert-doré] puisque la phrase de Linné qu'il cite se rapporte à cette Noctuelle. Mais d'un autre coté la description qu'il en donne ne convient qu' à la N. atriplicis.

et la figure de Roesel, à laquelle il renvoie, représente effectivement cette dernière. Ainsi, il a décrit une espèce en lui donnant le nom qu'il réservait à une autre."

 

 Plouzané, 11 juillet 2011

trachea-atriplicis 7717cc

 

 

 

 

 

 

 

 

La Noctuelle de la fougère Callopistria juventina  (Stoll, 1782), The Latin.

Envergure : 34-38mm

Vole en juin-juillet

PHL : la fougère commune Pteris aquilina.

Zoonymie :

•  Callopistria :ce nom est assez proche de notre "callipige", ou de l'"Euproctis" du Cul-brun, puisque ses racines grecques kallos, "beau", et opisteros, "posterieur", donne une signification équivallente de "belles fesses" ou de "beau cul". Ici, c'est l'abdomen cerclé de blanc de cette espèce qui serait ainsi honoré.

• juventina : vient de l'adjectif latin juventinus renvoyant au nom  juventas, atis, "la jeunesse" ; cela décrirait la fraîcheur radieuse de la robe.

• Engramelle la nomme La juventine ( tome VI, pl. 231, fig 334.), Guillaume-Antoine Olivier la Noctuelle du Pteris sous le n°328, mais décrit la Noctuelle de la jouventine sous le n°329.( Encyclopédie méthodique 1811, P. 242).

  La fourrure de ses pattes lui a aussi valu les noms de Lagopus, ou "pattes de lièvre" par Esper, et de Eriopus, ou "pieds laineux" par Treitschkle

• Le nom scientifique a été donné par deux entomologistes hollandais, Caspar Stoll (mort en 1791) et Pieter Cramer (1721-1779) dans un ouvrage majeur de l'entomologie, le premier consacré aux espèces exotiques selon les règles linnéennes : De Uitlandsche Kapellen voorkomende in de drie Waereld-Deelen Asia, Africa en America. Papillons exotiques des trois parties du monde l’Asie, l’Afrique et l’Amérique ([1775-] 1779-1782), Amsterdam. Ce papillon y est présenté comme venant du Surinam.

 

      Crozon, 10 juillet 2011

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La Nonagrie des marais Archanara geminipuncta (Haworth, 1809)  the Twin-spotted Wainscot.

Envergure : 27-32 mm

Vole de juin à septembre

PHL : phragmites australis

Zoonymie :

   • Archanara Walker, 1866

   • geminipuncta : à deux points;

   • noms vernaculaires :

- Nonagrie des marais : 1836, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères 3ème supplément, p. 357 n° 135. le zoonyme provient du genre nonagria d'Ochsenheimer.

 

 

 observée à Crozon au dessus de l'Aber et de sa roselière, le 16 octobre 2011. Mais il s'agirait plutôt pour Maël Garrin de Mythimna albipuncta.

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  Noctuinae :

 

 

Le Cordon blanc Ochropleura plecta  (Linnaeus, 1758) the Flame Shoulder   

 

Envergure 25-30mm

Vole de mai à juin puis d'août à septembre

PHL : Rumex, plantain.

  Zoonymie

Ochropleura  Hübner, 1821 : du grec okros, "pâle", et pleura, la "côte" (voir notre mot "plèvre) : qualifie les deux bandes claires du coté externe des ailes.

plecta : du grec plekte, entortillé (pour une corde) (voir notre "plectenchyme", un parenchyme filamenteux) : qualifie là encore les deux cotés blanchâtre des ailes.

• Le nom vernaculaire paraît dès lors limpide puisqu'il traduit le nom scientifique. Il nous vient d'Engramelle, tome VII, planche 20, fig. 419.

 

      Crozon, 14 juillet 2011

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 Le C noir  Xestia c-nigrum  ( Linné, 1758) Setaceous Hebreww Character, Schwarzes C.
 Envergure : 35-42mm

 Vole en deux générations d' avril à juin et d' aôût à septembre.

PHL : polyphage, plantes herbacées, orties.

Zoonymie :

 • Xestia : du grec xestos, "raclé, lisse", en raison du caractére lisse, poli et brillant des ailes antérieures de certaines espèces.( A.M. Emmet, 1991)

  • c-nigrum : Linné, Systema Naturae 1758, p. 516 n° 110. Signifie en latin "c noir", pour la forme de la marque noire des ailes antérieures, qualifiée par les anglosaxons de caractére hébraïque comme pour la Gothique, qui lui ressemble beaucoup.

   • nom vernaculaire :

  - Le C. noir, Jacques Louis Engramelle 1790, Papillons d' Europe, tome 7, p. 27 n° 424, qui traduit simplement le nom donné par Linné.

  - La Noctuelle C noir, ou C-noir, Encycl. Meth p. 300 n° 237, et Jean-Baptiste  Godart, 1824, Hist. Nat. Lépidoptères p. 177 n° 198.

 Plouzané, 2 juillet 2011

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  La trimaculée Xestia xanthographa ([Denis & Schiffermüller], 1775) Square-spot Rustic.

Envergure : 32-35 mm

Vole en août et septembre

PHL : graminées, diverses plantes basses

Zoonymie :

  • Xestia : cf espèce précédente

  • xanthographa : "tracé, écrit en jaune", "à cause des deux taches jaunes que cette noctuelle porte sur ses ailes supérieures" (Godart).

  • nom vernaculaire :

- La trimaculée, Jacques Louis Engramelle, 1790, Papillons d' Europe, tome 7, p. 29 n° 429.

- La Noctuelle xanthographe, Guillaume-Antoine Olivier 1811,Enc. Meth. p. 534 n° 366.

                                              , Jean-Baptiste Godart 1826, Hist. Nat. Lépidoptères p. 107 n° 287

Attention à ne pas la confondre avec la Noctuelle trimaculée (Godart, p. 193), noctua trimaculata de 1826, ou avec l'actuelle stegania trimaculata,par exemple.


  Plouzané, 30 août 2011    

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La Noctuelle des renouées, l' Élagueuse, la Noctuelle Puta, Agrotis puta (Hübner, 1803) Shuttle-shaped Dart.

Envergure : 30-32mm

Vole de mai à octobre

PHL : chenille polyphage...d'où le nom d'élagueuse !

Le mâle est plus clair que la femelle, ses ailes postèrieures sont blanches.

Zoonymie :

   • Agrotis  Ochsenheimer, 1816 : Du grec agrotês («campagnard»)

   • puta Hübner 1803 : protonyme noctua puta. " Puta, déesse romaine qu'on invoquait pour la taille des arbres. Du verbe putare, émonder, couper." (Godart, dont l'explication semble plausible pour une espèce ravageuse des cultures ; mais A. M. Emmet, qui ne semble pas avoir eu accès à cette source, cherche des explications plus compliquées). Agrotis segretum, l'espèce type du genre agrotis, la Noctuelle des moissons, est une peste dont la chenille, connue sous le triste nom de "vers gris", dévore les betteraves, les pommes de terre, les céréales et autres subsides de première nécessité.

   • nom vernaculaire :

- La Noctuelle Puta, Jean-Baptiste Godart 1824, Hist. Nat. Lépidoptères tome 5 p. 243 n° 239.

- J'ignore l'auteur du nom   "Élagueuse", mais ce zoonyme est cohérent avec le sens de l'épithète puta.

  Le vocable anglais Shuttle-shaped signifie "en forme de navette", ce qui m'amuse, car c'est ce logo blanc de forme naviculaire sur l'aile qui m'a permis de l'identifier.

 Crozon, 14 juillet 2011

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 Le Hibou Noctua pronuba  (Linnaeus, 1758) the Large Yellow Underwing.

Envergure 45-60 mm

Vole de juillet à septembre.

PHL: diverses plantes herbacées.

Zoonymie:

   • Noctua :

   • pronuba:

   • nom vernaculaire :

- La Phalène hibou, 1762, Etienne Louis  Geoffroy, Hist. abr. ins. tome II p. 146 n°76. Il s'inspire sans-doute de Goedart.

- La Fiancée 1789, Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe tome 7 p. 40 n° 434.

- La Noctuelle pronube, 1811, Guillaume-Antoine Olivier, Enc. Meth. insectes tome 8 p.293 n°209.

- la Noctuelle pronuba, 1824 Jean-Baptiste Godart, Hist. Nat Lépidoptères tome 5 p. 151 n°188.

 

 

 Godart ouvrage cité planche LVIII

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    Si la zoonymie est juste, par contre, l'identification de mon spécimen l'est-elle?


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La Noctuelle typique, Naenia typica (Linnaeus, 1758) the Gothic.

Envergure : 34-40mm

Vole de juin à août

PHL : diverses plantes.

Zoonymie :

   • Naemia Stephens, 1826 : du nom de la deésse romaine des funérailles : une chapelle lui avait été dédiée à Rome hors de la porte Viminale. Naemia, c'est aussi la némie, un chant de funéraille en l'honneur du défunt, chanté sur le mode plaintif en s'accompagnant de la flute. A.E. Emmet écrit avec humour : "Stephens ne donne pas de raison à ce nom, probablement parce qu'il n'y en n'a pas".

   • typica Linné, Systema naturae 1758 p. 518 n° 122 Noctua typica. Du grec tupos, "motif" , et du latin  typicus, "qui a un motif, un dessin bien marqué, caractéristique", en rapport avec le veinage réticulé particuliérement accentué des ailes. 

   • noms vernaculaires :

- La Typique, 1790, Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe vol. 4 p. 77 n° 461. Nommée d'après l'épithète linnéen.

- La Noctuelle typique,1826, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères vol. 6 p. 269 n° 341.

 

 Pas de photographie : j' avais cru l'observer, je confondais avec Omphaloscelis lunosa. Je laisse néanmoins ce que j'ai écrit, les données de zoonymie restant acquises. 

 

La Noctuelle belle, Diarsia rubi  (Vieweg, 1790)  the Small Square-spot.

Envergure : 28-35 mm

Vole en deux générations de mai à octobre.

PHL : plantes basses herbacées.

Zoonymie :

   • Diarsia Hübner, 1821 : du grec diarsis, " élévation" , sans que l'on sache pourquoi Hübner a nommé ce genre ainsi.

   • rubi : de rubus, "la ronce" . Comme l'écrit A.E. Emmet, certes la chenille de Diarsia rubi n'est pas difficile et mangerait plutôt de tout mais rarement, si ce n'est jamais, on ne l'a vu manger de la ronce. Si on a la curiosité de s'interesser à Karl Friedrich Vieweg et de jeter un oeil à la page 34 de son Tabellarisches Verzeichniss der in der Churmark Brandenburg, Einheimischen Schmetterlinge, Berlin 1789 , on verra que Vieweg ne mentionne pas la ronce, mais la bruyère (Erica) comme nourriture pour la chenille. Ce rubi ne doit-il pas être compris comme une forme altérée de rubeus,a, um ( d'où dérive aussi rubus, la ronce), "rougeâtre, roux, rouge", ce qui est cohérent avec la couleur de cette espèce?

   • nom vernaculaire :

- La Noctuelle belle, 1824, Jean-Baptiste Godart, Hist. Nat. Lépidoptères tome 5 p. 199 n° 27, Noctua bella.( peut-être inspiré par Apamea bella Ochsenheimer).

   A ne pas confondre avec la Noctuelle belle de G.A. Olivier, Enc. meth. 1811 n° 112, Noctua pulchra, qui "se trouve aux Indes orientales".

   Comment la reconnaître? Le zoonyme anglais donne une indication précise : "le Petit Point Carré".

 .On peut suivre la description de Godart, quoiqu'il avoue n'avoir jamais attrapé cette espèce :" Le dessus des premières ailes est d'un brun rougeâtre luisant, avec trois lignes plus obscures transverses et ondulèes dont les deux antérieures doubles et renfermant les taches ordinaires. Ces taches sont bordées de jaune et séparées l'une de l'autre par un carré noir, également bordé de jaune, carré qui a sans-doute déterminer Hübner a donner à cette espèce le nom de quadratum. Au dessous de la première tache ordinaire, il y a un point jaunâtre à iris noir, et l'origine de la côte est coupé transversalement par deux traits noirâtres".

Plouzané, 5 octobre 2011

 

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La Noctuelle à I double Eugnorisma glareosa  (Esper, 1788)  the Autumnal Rustic, Graue Spâtsommer Bodeneule.

Envergure : 32-38 mm

vole d'août à septembre

PHL : polyphage, calluna, galium, hieracum, rumex, salix,...

Zoonymie :

   • Eugnorisma Boursin, 1946 (Revue Fr. Lépidopt. 10 : 188) : du grec eu-, "bon, beau, bien", et gnorisma, la marque de reconnaissance. Dans la mythologie grecque, les gnorismata étaient la ou les marques qui permettaient de reconnaître un enfant abandonné, perdu ou "exposé" : un collier, une bague et un bandeau pour Chariclée, fille du roi d'Ethiopie recueillie par un prêtre de Delphes ; pour Thésée, une épée et des sandales que son père a placé sous un rocher que seule sa force pourra soulever, prouvant ainsi sa filiation. Dans le roman pastoral de Longus, Daphnis, ainsi nommé parce qu'il a été trouvé par un berger dans un bosquet de laurier, étoit enveloppé d’un mantelet de pourpre avec une agrafe d’or, près de lui avoit un petit couteau à manche d’ivoire", alors que Chloé, dont il va s'éprendre, Chloé " l'herbe verdoyante", a été découverte par un autre berger avec "une coiffe de réseau d’or, des patins dorés et des chaussettes brodées d’or' . Cest aussi le terme par lequel on désigne une bandelette qu'on suspendait au cou des enfants pour y suspendre leurs jouets, les crepundia ou crepitacula (G. Hagemans)

  Ici, eugnorisma signifie que ce papillon ets facilement reconnaissable par les marques qu'il porte.

Charles Boursin (1901-1971) est un entomologiste français.

glareosa du latin glareosus, "plein de gravier".

• noms venaculaires:

- La Grise : 1790 Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe volume 7 p. 18 n° 416 pl 264 a,b.

- La Noctuelle I double, Noctua I. geminium (nobis) : 1826, Duponchel in Godart Hist. Nat. Lépidoptères volume 6 p. 80 n° 276. Cette noctuelle est ainsi nommée en relation avec une Noctuelle I entier, Noctua I intactum de Hübner, la Grise de Engramelle figure c, qui est Chersotis margaritacea de Villers, 1789.

   Duponchel explicite le zoonyme ainsi : " elles [es ailes] sont traversées dans leur largeur par trois raies d'un gris-clair, l'une flexueuse près du bord terminal, l'autre arquée un peu plus loin en se rapprochant du centre, et la troisième également arquée à quelque distance du corselet. Entre ces deux dernières lignes, on remarque un signe noir en forme d'i épais qui remplit l'intervalle existant entre les deux taches dont l'orbiculmaire est entièrement éffacée. Un second signe noir d'une forme à peu près pareille, et qui part de la côte, est placée sous la troisième raie grise," etc...

- C'est donc à tort qu'on l'a trouve sous le nom de Noctuelle à L double, le L double ( aramel free.fr, naturainneustria, ...)

 

 

Crozon, 16 octobre 2011

 

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  Psaphidinae

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L'Aubépinière, Allophyes oxycanthae  (Liinaeus, 1758)  the Green-brindled Crescent, Weißdorn Eule.

Envergure : 35-40 mm

Vole de septembre à novembre

PHL : prunelliers, aubépine, divers arbres fruitiers.

Zoonymie :

   • allophyes Tams, 1942 : du grec allophues, "variable". L'espèce-type du genre est Allophyes oxycanthae, ce terme s'applique donc au dimorphisme de notre Aubépinière. On décrit une forme mélanique dite capucina alors que la forme typique présente de belles couleurs vert-métal. De même, une forme Allophyes corsica peut être considéré comme une sous-espèce. Mais le dimorphisme concerne peut-être d'abord les chenilles, dont Duponchel écrit qu'il existe deux variétés, l'une " d'un gris blanchâtre sur le dos, et bleuâtre sur les cotés"... l'autre " d'un gris plus foncé, avec du brun-fauve sur les cotès".

   • oxycanthae  Linné, Systema Naturae p. 516 n° 113 : "Habitat in Atriplice, Oxycanthae, Pruno spinosa" : de crataegus oxycanthae, l'aubépine.

   • noms vernaculaires :

- L'Aubépinière : 1788, Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe volume 6 n° 324.

- La Noctuelle de l'aubépine : 1811 Olivier, Encycl. Meth.

- La Noctuelle de l'aubépine : 1826, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères volume 6 p. 374 n° 375 : " La noctuelle dont il est question ici est une des plus belles de son genre. Ses ailes supérieures sont d'un joli brun-fauve qui s'éclaircit vers leurs extrémités avec plusieurs de leurs parties saupoudrées de vert métallique, savoir : 1°) l'intervalle qui existe entre la côte et la première nervure ; 2°) les trois nervures du milieu ; 3°) le bord interne où cette couleut occupe un espace assez large ; 4°) enfin le bord terminal, où elles forment une rangée de petites taches triangulaires ou sagittées, accompagnées chacune d'un point blanc".

 

 

Crozon, 16 octobre 2011 

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  Cucullinae

  Les cuculinés se distinguent des noctuinés par l'absence d'épines tibiales, et par la présence de longs cils. Le nom vient du latin cucullus, " cape, capuchon", en raison de la crète thoracique proéminente.

 

  Le Jaspe vert Dryobotodes eremita (Fabricius, 1775) The Brindled Green.

Envergure : 32-9 mm

vole en août-septembre,...novembre.

PHL : chêne.

Zoonymie:

   • Dryobotodes Warren, 1910 : ressemblant (-odes, oïdes) au  genre dryobota Ledere, 1857 formé du grec drus, "le chêne", et bosko, "se nourrir".

   • eremita, ermite, car la chenille, qui se nourrit des bourgeons puis des feuilles de chêne, se métamorphose en crysalide qui se construit un cocon épais parmi les feuilles.

   • nom vernaculaire:

- Le Jaspe vert, 1788,Jacques Louis Engramelle, papillons d'Europe, tome VI pl 214 n° 292 p. 19.

- Jean-Baptiste Godart crée le nom de Noctuelle Protée, à cause des différents aspects sous lesquels il connaît cette espèce, et ce nom est repris par Boisduval et Guénée dans le nom scientifique de Hadena protea. En 1866, Alfred Constant, dans le catalogue des lépidoptères de Saône-et-Loire, p. 141, reprend le nom vernaculaire de Jaspe vert sous le nom scientifique de Dryobota Protea.

 - Il existe une espèce proche ( une cucullinée), la Valérie jaspée Valeria jaspidea qui avait été décrite par Charles de Villers en 1789 sous le même nom de Jaspe Vert (un an après Engramelle).

 

. Plouzané, 22 septembre 2011

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 La Ceinture jaune Polymixis flavicincta  ([ Denis & schiffermüller], 1775)  the Large Ranunculus.

Envergure : 40-50 mm

Vole de septembre à novembre

PHL : diverses plantes basses. Les premiers auteurs insistent sur la groseille à maquereau, Ribes grossularia, et le cerisier.

Zoonymie :

   • Polymixis Hübner, 1820 : du grec poly, "plusieurs", et  mixis, "mélange" : pour décrire la bigarrure de couleur des ailes antérieures.

   • flavicincta : du latin flavus, "jaune", et cinctus, part. passé de cingo, " ceint, qui porte une ceinture". Je traduirais " jaune vêtue", cinctus désignant aussi une tunique, et cingo signifiant "vêtir" ou "couvrir" autant que "ceint", d'autant que la robe des ailes ne donne à voir aucune bande évoquant une ceinture, mais nous allons voir qu'Engramelle ( ou plutôt  Arnoult Carangeot qui lui a succédé) a choisi la ceinture.

   • nom vernaculaire :

- La Ceinture jaune, 1788, Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe tome VI p. 112 n° 349. On y lit à propos de la chenille qu' "avant la métamorphose, qui se fait sur terre, elle réduit en poudre des feuilles et une portion de la tige de l'arbre qui la nourrit, et elle mële cette poudre  dans son tissu qui est transparent et ovale".

- La Noctuelle Ceinture jaune, Olivier, Encyclopèdie Méthodique.

- La Noctuelle Ceinture jaune  1826, Jean-Baptiste Godart Hist. Nat. Lépidoptères tome 6, p. 401 n° 383.

 

      Plouzané, 24 septembre 2011

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 La Noctuelle couleur de lichen Polymixis lichenea  (Hübner, 1813)  the Feathered Ranunculus.

Envergure : 35-40 mm

Vole  d'août à novembre.

espèce littorale particulièrement présente en Bretagne.

Zoonymie :

   • Polymixis : voir supra Polymixis flavicincta.

   • lichenea : couleur de lichen.

PHL : diverses plantes basses, armeria marit., sedum acre,

   • nom vernaculaire:

- La Noctuelle couleur de lichen, 1826, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères volume 6 p. 420 n° 390 ; une seule référence y est donnée, celle de Noctua lichenea par Hübner : " le nom de lichenea qu'il lui a imposé en donne une idée fort juste : en effet, le dessus de ses ailes supérieures offre les mêmes nuances  que certains lichens qui tapissent les vieux murs et les troncs des arbres, c'est-à-dire un mélange de vert, de jaune et de rougeâtre tellement confondus qu'il serait difficile d'assigner la place que chacune de ces couleurs occupe sur la surface de l'aile : c'est donc inutilement que nous voudrions en entreprendre une description méthodique".

 

 Crozon, 3 octobre 2011 ; mâle.

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La Noctuelle anthracite Aporophyla nigra  (Haworth, 1809)    the Black Rustic.

Envergure : 40-46 mm

Vole en septembre et octobre.

PHL : chenille polyphage : rumex, bruyères (calluna, erica), lotier, trèfles...

Zoonymie :

   • Aporophyla Guenée, 1841 : du grec aporos, "difficulté, problème, cas embarrassant" , et phule, "tribu" : pour signaler la difficulté à attribuer une place à ce genre.

   • nigra : "noir", pour la couleur des ailes antérieures.

   • noms vernaculaires :  la recherche n'est pas facile, car les auteurs anciens n'utilisaient pas le zoonyme de Noctuelle anthracite. Le substantif "anthracite" n'a acquis son sens moderne de "charbon naturel", ou pour désigner une couleur, de "gris très foncé" que depuis 1803 ; auparavant, il désignait une pierre prècieuse, reprenant l'"escarboucle" de Pline (Nat, livre 37) ou le terme grec pour "pierre prècieuse"  chez Aristote. (source : Tresor de la Langue Française).

   Pour trouver quels noms ce  papillon portait jadis, il faut partir non pas du nom scientifique donné par Haworth : Noctua nigra , mais des synonymes fournis, par exemple, par Funet : Noctua nigricans Hübner 1813 ( à ne pas confondre avec l'actuel Euxa nigricans (L. 1761), Phalaena Noctua lunula (Strom), aethiops Ochsenheimer 1816, ?agrotis aethiops Treitschke 1825. Le cumul de ces données nous conduit à la page 273 du volume 5 de l'Histoire Naturelle des Lépidoptères de Jean-Baptiste Godart, 1824, pour y trouver sous le n° 263 La Noctuelle Négresse, "Noctua aethiops (nobis), Noctua nigricans (Hübner), Agrotis aethiops (Ochsen)".

  Ce qui me compique la tache, c'est qu' en 1832, Boisduval , Rambur et Graslin la nomment Hadena aethiops ( Cool. icon. et hist. chenilles vol.1 pl. 31) en donnant comme nom vernaculaire La Noctuelle Négresse, mais aussi le zoonyme La Noirâtre d' Engramelle ( Papillons d'Europe, tome 7, p. 65 fig 455 tab. 278 ). Or Engramelle ne donne qu'une référence, celle de la nigricans de Linné . En 1811, Olivier reprendra ce nom dans l'Encyclopedie Méthodique volume 8 n° 422 p. 349 sous la forme La Noctuelle noirâtre en donnant les révérences de Phalaena Noctua nigricans de Linné dans fauna suecica 1761 : il s'agit de Euxa nigricans dont le nom vernaculaire actuel est : le Noir Atre.

- Noctuelle négresse : le nom était encore utilisé en 1901 (Société d'étude Sciences Naturelles d'Elbeuf)

 

  Crozon, 2 octobre 2011. Les ailes postérieures du mâle sont blanches.

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  Hadeninae

 

Le Point Blanc, la Leucanie à point blanc Mythimna albipuncta ([ Denis & Schiffermüller], 1775) the White Point.

Envergure : 30-35mm

Vole de mai à octobre.

PHL : graminées.

Zoonymie:

  • Mythimna Ochsenheimer, 1816 : du nom d'une ville de l'île de Lesbos.

  • Albipuncta : à points blancs.

  • Nom vernaculaire :

-Le Point-Blanc, chenille du Grand Plantain, Jacques Louis Engramelle 1790, Papillons d'Europe, tome VII n° 498, p. 129.

- la Noctuelle Tache Blanche, Olivier, Encyclopédie Méthodique.

- la Noctuelle Point-Blanc, Jean-Baptiste Godart, Hist. Nat. lépidoptères, p? 109 n° 288

 Plouzané, 20 août 2011

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 La Blême, la Noctuelle pâle, la leucanie blafarde Mythimna pallens  (Linnaeus, 1758)  (Aletia pallens)  the Common Wainscot.

Envergure : 30-36 mm

Vole en deux générations de mai à juillet et d'août à octobre.

PHL : herbacées, pissenlit, graminées.

Zoonymie :

   • Mythimna : cf supra.

   • pallens, Linné Systema Naturae 1758 p. 510 n° 77 : phalaena Noctua pallens seticornis laevis, alis deflectis pallidis immaculatis : marginibus pollicis subtus nigro punctatis. L'épithète pallens vient du latin Pallens, entis est le participe passé de paleo, "palir", avec les sens de "blême, pâle", mais aussi de " jaune, jaunâtre" ou de " livide, sombre". Phoebe pallens, c'est la lune blafarde. Dans la description de Linné, pallidis, qui s'applique aux ailes immaculées, posséde exactement les même sens.

   • noms vernaculaires :

- La Pâle, 1789, Charles de Villers, Entomologie linnéenne, II, n° 171.

- La Blême, chenille du pissenlit : 1790, Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe, volume VII p. 141 n° 505. le nom est bien-sûr traduit du pallens de Linné.

- La Noctuelle blême, 1811, Guillaume Antoine Olivier, Encyclopédie Methodique volume VIII p. 264 n° 69

- La Noctuelle pâle, 1827, Duponchel in Godart, Hist. nat. Lépidoptères volume VII (1) p. 68 n° 422. Duponchel donne comme référence Leucania pallens (Ochsenheimer, Treitschke).

- La Leucanie pâle : du temps où le genre Leucanie (de leukos, "blanc" comme dans leucocyte, lynx, lychnis) était en vigueur après avoir été introduit par Treitschke et Ochsenheimer pour réunir des noctuidés aux antennes cétacées, aux ailes étendues, en toit voutées au repos, aux palpestrès velues et bien développés, à la langue cornée enroulée en spirale, aux pattes sans bouquet de polis, au thorax lisse et ovalaire, Leucania pallens, la Leucanie pâle était l'espèce type de ce genre. ( terme utilisé par E. Blanchard et G.A Brullé, 1840, ou par J.C. Chenu et E. Desmarest, Enc. hist. nat.1861)

  Je n'ai pas retrouvé la mention du zoonyme "Leucanie blafarde" dans la litterrature entomologique.

 

      " Les ailes supèrieures sont en dessus couleur d'ocre pâle, avec des stries très fines d'une teinte plus foncée entre les nervures, qui sont blanchâtres, ainsi que la frange. On remarque en outre trois petits points noirs placès triangulairement au milieu de chaque aile ; mais le plus souvent il n'en existe que deux, ou même qu'un seul". 'Duponchel, ouvrage cité)

 

  Crozon, 14 juillet 2011

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 Le Crochet blanc, le L-blanc, Mythimna l-album  (Linnaeus, 1767)  the L-album Wainscot. 

  Envergure : 32-35 mm

Vole  en deux générations en juin ou juillet puis en août ou septembre-octobre.

PHL : polyphage, diverses plantes herbacées.

Zoonymie :

  •  Mythimna : cf supra, M. albipunctata.

   • l-album : Linné  décrit cette espèce dans l'édition de 1767 du Systema Naturae, page 850, sous le numéro 154 :

P. Noctua cristata spirilinguis subgrisea, alis superioribus litera l. alba notatis". Linné écrit l. album (un point puis un espace entre la lettre l minuscule et le mot album), puis on trouvera des partisans du L majuscule suivi d'un point, ou d'un tiret, du l minuscule suivi d'un tiret (comme cela semble l'usage actuel), voire de la forme L album.

   • noms vernaculaires :

- l'L-Blanche, 1789 : Charles de Villers,Entomologie linnéenne tome II p. 228 n° 216

- Le Crochet blanc, 1792, Carangeot in Engramelle, Papillons d'Europe, volume VII , p. 136 n° 503 : "Une ligne blanche épaisse entourant la nervure courbe des deux cotès,figure assez bien une L couchée ou un crochet". Je remarque l'usage (comme chez de Villers) d 'attribuer le genre féminin aux noms des lettres.Nous le retrouvons dans le nom , "l'M noire" d'Euclidia mi. 

- La Noctuelle L blanc, 1811, Guillaume Antoine Olivier, Enc. Meth. tome VIII p. 506 n° 260.

- La Noctuelle L. Blanche, 1827, Duponchel in Godart, Hist Nat. Lépidoptères, volume 7 p. 70 n° 423.

      Plouzané, 30 septembre 2011

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La Noctuelle embrasée Trigonophora flammea  (Esper, 1785)  the Flame Broade.

Envergure : 40-52

Vole de septembre à novembre : c'est une espèce automnale.

PHL : polyphage, diverses plantes herbacées, Rumex, renoncule, Troène, Frène, ...

 

Zoonymie :

   • Trigonophora Hübner, 1821 : du grec trigonon, "triangle", et phoreo, "porter". A.E. Emmet attribue ce nom à la forme du deuxième segment du palpe labial, fortement dilaté avec de longs échelons, et réfute Mc Leod ( dont il critique régulièrement les etymologies) qui comprend ce nom comme décrivant les marques des ailes antèrieures. Emmet écrit que cela ne s'applique pas à notre espèce T. flammea (dont il va interpréter l'épithète spécifique de façon contestable). Pourtant, c'est cette espèce qui a servi de type de description à Hübner : reprenons l'histoire :

  En 1785, Esper décrit dans le volume 3 de Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur , p. 269, une nouvelle espèce, Bomb. (spirilinguis) dorso crist. flammea, Flammenflechigter Flammer, trouvé dans la collection de Panzer et venant du sud de l'Italie.  Voir ici :

http://www.biodiversitylibrary.org/item/53821#page/277/mode/1up

  La marque de l'aile y est décrite comme caractéristique, presque en forme de flamme de couleur blanche.

En 1803, Hübner décrit cette espèce sous le nom de Noctua empyrea, utilisant la forme dérivée de l'ancien grec ἔμπυρος empyrus, qui signifie "dans ou sur le feu". ( L'empyrée désigne dans notre langue, d'après le latin médiéval empyreus, la voute céleste, le ciel des astres fixes, ou  métaphoriquement, le séjour de Jupiter).

  Prenant comme type de description de son nouveau genre une espèce qui a été nommée jusqu'alors pour la marque blanche en forme de flamme, Hübner, je présume, a fait allusion à cette marque, qui est aussi en forme de géomètrique, voire triangulaire, dans son zoonyme  trigonophora de 1821.

  En 1825, Treitschke a créé un genre nommé phlogophora, "porte flamme" et Duponchel rapporte que notre espèce se nommait selon Treischke Phlogophora empyrea.

 

   • Flammea : nous venons de voir d'où vient cet épithète spécifique, et il est difficile de suivre, pour une fois A.E. Emmet qui donne : " flammeus, couleur de flamme, pour le fond rouge pourpre".

  • En 1918, Charles Oberthür a décrit la sous-espèce T. flammea vividior dans les Etudes de Lépidoptérologie comparée. Elle se distinguerait par son éclat plus vif ( Société linnéenne de Bordeaux, 1923 : "Vividior se trouve un peu partout en Gironde, et si elle n'a pas été signalée plus tôt, c'est que la majorité des lépidoptèristes qui l'ont capturée ont attribué son éclat plus vif à la fraîcheur d'un papillon venant d'éclore"). En effet, cet adjectif est un superlatif de vividius, "plein de force,  vif, ardent, vigoureux". Il est utilisé en botanique pour signaler une sous-espèce plus prolifique (Navarretia divaricata ssp vividior).

   Mon spécimen est-il "vividior"?

 

 

   • noms vernaculaires :

- La Flamme, 1790, Carangeot in Engramelle, Papillons d'Europe tome VII p. 29 n° 426.

- La Noctuelle embrasée, 1811, Guillaume Antoine Olivier, Encycl. meth.

- La Noctuelle embrasée, 1826, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères vol. 6 p. 345.

 

  Tout semblait simple, avant de découvrir l'existence des soeurs jumelles, Trigonophora jodea la Noctuelle allumée ; T. crassicornis (décrite par Oberthür en 1918), et  T. haasi, et de lire que la flamme de la Jodea "était toujours souillée, traversée par une ou deux lignes sombres" (Guide des papillons nocturnes de France, R. Robineau, Delachaux et Niestlé). Heureusement, j'étais aiguillé vers cet article de David Demerges, Oreina 2008 : http://www.lepiforum.de/lepidopterenforum/lepiwiki/pics/Trigonophora_Vergleich/Trigonophora1.pdf

  Seule la Noctuelle embrasée flammea pouvait se trouver en Bretagne ; et la flamme, à défaut d'être souillée, pouvait être marquée par des lignes sombres. Merci D. Demerges !

 

 1er octobre 2011, Crozon  une quinzaine d'individus rassemblés par la lumière chaque nuit.

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détail de la flamme :

 

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  une vue du dessous, pendant que La Flamme fait sa morte :  

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La Xanthie rufine, Agrochola helvola  (Linnaeus, 1758)  the Flounced Chestnut.

Envergure : 30-35mm

Vole en septembre et octobre.

PHL : abres caduques, bruyères.

Zoonymie :

  •  Agrochola :

  • helvola  Linné, Systema Naturae 1758 p. 507 n° 58 Phalaena Bombyx helvola : du latin helvolus, a, um : "de couleur blonde, jaunâtre".

   • noms vernaculaires :

- la Dorée, Carangeot in Engramelle, Papillons d'Europ, volume 7 n°410.

- la Noctuelle Roussâtre, 1811,Guillaume Antoine Olivier, Encycl. meth.

- la Xanthie rufine, 1827, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères volume 7 p. 473 n° 556. Le nom est emprunté au nom scientifique Xanthia rufina employé par Ochsenheimer et Treischke.

 

 

  Crozon, 2 octobre 2011.

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La Xanthie lunulée, l'Omphaloscelis à lunule, Omphaloscelis lunosa  (Haworth, 1809)  the Lunar Underwing.

Envergure 32-37 mm

Vole d'août à octobre.

PHL : graminées.

Zoonymie :

  • Omphaloscelis Hampson, 1906 , genre monospécifique : du grec omphalos," l'ombilic, le point médian", et kelis, "une tache" : se rapporte à la marque discale de l'aile postérieure.

   • lunosa : également en rapport avec ce point,en forme de lune, de l'aile postérieure. Le nom anglosaxon the Lunar Underwing, " aux ailes postérieures lunées", posséde le même sens.

   • nom vernaculaire :

Cette espèce a été connue d'abord en Angleterre en 1809 avant d'être reconnue sur le continent et décrite par Duponchel sous le nom de subjecta puis par Boisduval et Guenée sous celui d'Anchocelis lunosa. C'était (1842) le temps des dénominations scientifiques sans considération pour les noms vulgaires en français. Les deux noms actuels sont d'apparition récente. Boisduval et Guenée écrivent : qu'il reconnaissent comme typiques les spècimens "aux ailes supèrieures gris-noir, avec les nervures nettement coupées en jaune clair, les deux taches remplies de noir, et le dessus de l'abdomen teinté de la même couleur".

 

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La Runique Dichonia aprilina ( Linnaeus, 1758) the Merveille du Jour.

Envergure : 35-40 mm

Vole en septembre et octobre.

PHL : le chêne.

Zoonymie :

  • Dichonia Hübner, 1821 : du grec dikhos, "double", ce qui se rapporte aux deux lignes blanchâtre des ailes postèrieures (Spüler).

  • aprilina Linné, Systema Naturae 1758 p. 514 n°99 sous le protonyme Phalaena noctua aprilina et qui donne comme auteur de référence de Geer, mémoires insectes I , t. 5, 22-23. 

   A.E. Emmet (1991) nous détourne du piège qui consiste à traduire aprilina comme un dérivé du nom latin du mois d'avril, aprilis, pour nous ramener vers le verbe latin aperio, "ouvrir". En effet, cette espèce ne vole pas en avril, mais en automne.

  Le mois d'avril, aprilis en latin, april en anglais, tient peut-être son nom du verbe aperio, puisque c'est le mois de début de printemps où tout s'ouvre. Quand à l'épithète aprilina, il se réfèrerait à la couleur vert tendre, disons "feuille de primevère" des ailes, une couleur que ce papillon partage avec son sosie Moma apium, "l'avrilière", longtemps confondu avec lui et qui ne vole pas non plus en avril, mais en juin.

  L'épithète aprilinus est largement utilisé en zoologie, et souvent pour des espèces de couleur verte : citons Chironomus aprilinus Meig. 1830, ou Chironome d'avril ( l"erreur" de sens est tenace) diptère de couleur verte, Drassylis aprilinus Banks, 1904 (araigneé), Neurotonus a. Giraud 1859, galle verte de cynipide, trematopygodes a. Giraud, 1872, Xisticus a. Bryant, 1830 ; Polydactos a. Mell, 1942 ; Orthocladius a. Goetghebuer, 1931 ; Melolontha a. ; Mesochorus a.Ashmed 1836 ; Philontus a. Gistel, 1857 ; Sparthegaster a. Dirhouia a.

   nom vernaculaire :

- La Runique, chenille du chêne : 1788, Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe, volume 6 p. 75 n° 326.

- La Noctuelle runique : 1811, Guillaume Antoine Olivier, Encycl. Méth.

- La Noctuelle runique : 1826, P.A.J. Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères volume 6 p. 365 n° 373.

On y lit que ce nom de Runique lui a été donné parce que " les taches noires de ses ailes supérieures ont quelques ressemblances avec les caractètes de l'écriture dont les anciens peuples du Nord faisaient usage et qu'on appelle la Runique".

 

 

  Crozon, 16 octobre 2011 

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La Xanthie noisette Agrochola macilenta (Hübner, 1809)  Yellow-line Quaker.

Envergure :32-36 mm

Vole de septembre à octobre

PHL : la bruyère, puis différentes feuilles d'arbres : polyphage.

Zoonymie :

   • Agrochola : cf supra

   • macilenta : du latin macilentus,a,um : "maigre".

   • nom vernaculaire :

- La Ferrée, 1790 : Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe 7 : 12 n° 409 pl. 261. Engramelle mentionne cette espèce comme fort rare, et croit y recconnaître la ferrago décrit par Fabricius, ce qui explique le nom qu'il lui donne.

- La Noctuelle décharnée, 1827 : Duponchel in Godart, Hist. nat. Lépid. Fr. 7(1) : 64 n° 420. Duponchel traduit en français par "décharnée" le latin  de la Noctua macilenta d'Hübner ou  l'Orthosia macilenta d'Ochsenheimer et Treitschke.

Plouzané, 27 octobre 2011:

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Plusiinae :

 

 

Le Lambda Autographa gamma (Linnaeus, 1758) The Silver Y ; Gamma-Eule.

Envergure : 35 -40 mm

Vole du printemps à l'automne.

Zoonymie

Autographa  Hübner, 1821 : qui écrit sur lui-même : concerne la lettre Lambda, ou Gamma, ou Y qu'on lit sur les ailes de ce papillon.

gamma : c'est le nom  choisi par Linné page 513 du Systema Naturae où celui-ci écrit :

   Gamma 91.  P. Noctua spirilinguis cristata, alis deflexis : superioribus fuscis l  aureo inscriptis.

  Puisqu'il mentionne qu'il lit, inscrit sur l'aile antérieure, le caractère  lambda en lettre d'or, pourquoi le nomme-t-il gamma, etr pourquoi les anglais le baptisent-ils Silver Y, le Y d'argent ?

• Notre nom vernaculaire le Lambda vient de Geoffroy ( hist. abr. des insectes, tome 2, p.156, n°92) et d'Engramelle ( Papillons d'Europe, tome 8, p. 134, fig. 594). En 1811 Olivier le nomme La Noctuelle Gamma, mais  décrit les ailes supérieures "marquées au milieu d'une tache argentée ou dorée, ayant la forme d'un lamda grec".

 

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 Catocalinae

 

La Mariée, la Lichenée rouge Catocala nupta  (Linnaeus, 1767)  Red Underwing , Rotes Ordenband.

  Envergure : 65 à 75 mm

  Vole de juillet à octobre

  PHL : saule, peuplier.

Zoonymie :

  • Catocala Schrank, 1802 : du grec kato, "en dessous" et kalo, "beau" , en raison de la beauté des ailes postérieures dissimulées en dessous des ailes antérieures.

  • nupta : du latin qui signifie "mariée". Linné, 1767 : 841, n° 119.

A.M. Emmet fait remarquer que Linné débute une convention consistant à nommer les espèces dont les ailes postérieures sont brillamment colorées de noms féminins et notamment de noms évoquant le mariage ( electa, sponsa, promissa, nymphagoga, pour le genre catocala, mais aussi pronubella (hyponomeute) pronubana ( tortricidae), parthenias (geometridae), dominula ( arctidae), Noctua pronuba et N. comes.) Il se demande si en Suéde en 1767 les mariées portaient des sous-vétements ou jupons rouges.

  • nom vernaculaire :

- La Likenée rouge, Etienne Louis Geoffroy, 1762, Hist. abr. ins. tome 2 p. 150 n° 82 : il se réfère à Réaumur, ins.I, t, 32, fig. 6,7 avec ce commentaire : "la chenille est une arpenteuse à seize pattes qui vient sur le chêne et qui est  de couleur grise cendrée, comme les lichens qui viennent sur l'écorce des arbres, en sorte que lorsqu'elle est arrêtée sur un arbre, on la prend d'abord pour un lichen. C'est ce qui la fait appeller par M. de Réaumur la lichenée ou likenée. "

- La Lichenée rouge, Jacques Louis Engramelle, 1790, Papillons d'Europe tome 7 p. 81 n° 568, qu'il réfère à la sponsa de Linné.

- La Mariée, Jacques Louis  Engramelle, 1790, id., p. 71 n° 565, qu'il réfère à la nupta de Linné

- En 1824, Jean-Baptiste Godart distingue également  :

       - La Noctuelle mariée, n° 150, "catocala nupta ( Ochsen.), la Mariée (Engram.), la Lichenée du saule (vulgairement) ."

       - La Noctuelle  fiancée, n° 155, Noctua sponsa de Linné, Noctuelle Fiancée et Promise d'Olivier dans l' Encyclopèdie méthodique, la Lichenée rouge et la Promise d'Engramelle, Lichenée rouge de Geoffroy.

 

   Aujourd'hui, C. nupta est nommée Lichenée rouge ou Mariée, C. sponsa la Fiancée, C. electa l'Élue, C. promissa la Promise.

 

           Pas d'image, cette Mariée se fait encore espérer.


L' Élue Catocala electa   (Viewieg, 1790)  the Rosy Underwing.

Envergure : 65-80 mm

Vole de juillet à septembre.

PHL : saule, peuplier

Zoonymie :

   • Catocala :cf supra.

   • electa : du latin electus, "choisie" : synonyme de "fiancée".

   • noms vernaculaires :

- L' Accordée, 1790 : Jacques Louis Engramelle, Papillons d' Europe, tome 7 p.

- La Noctuelle choisie, Latreille puis 1811 Olivier, encycl. meth. 8

-  La Noctuelle choisie, 1824 : Jean-Baptiste Godart, Hist. nat. Lépid. Fr. 5 :60 n° 152 : "Le dessus des secondes ailes est d'un rose vif, avec deux bandes noires,semblables à celles qu'on voit dans la mariée mais dont la postèrieure cependant un peu moins sinuée à son coté interne.

 

 


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la Mariée mâle et femelle, Godart                                        Noctuelle Electa et Elocata, Godart

 

 

 

 

L' Ophiuse de l'astragale Lygephila pastinum ( Treitschke, 1826) Black Neck.

Vole de juillet à août.

PHL: astragale, coronille, vesce.

Zoonymie:

 • Lygephila : Billberg 1820.

 • pastinum: le pastinum est un instrument de travail de la terre, une houe, formée d'un fer large et recourbé monté à angle droit sur un manche de bois.

• nom vernaculaire : apparition tardive. Le genre Ophiusa est proposé par Ochsenheimer en 1816 au dépens du genre Noctuelle de Latreille pour rassembler des papillons ayant le dernier article des palpes plus court que le précédent, et couvert d'écailles ; et la cellule discoïdale des ailes postérieures fermée par une nervure en chevron. Dés 1836, des  Nocturnes reçoivent le nom vernaculaire d'Ophiuse de la vesce, Ophiuse rectangulaire dans l' Histoire Naturelle de Godart . En 1844, Duponchel crée une tribu des Ophiusides, avec les genres Ophides, Ophiuse, et Toxocampa dans lequel il cite P. Pastinum et astragali.

   Le terme OPHIUSE désignait chez les auteurs grecs ou latin soit l'ancien nom de Chypre (ou de Cypre, ou de Rhodes), soit diverses îles censées être infestées de serpent (ophis en grec), et notamment l'une des deux Pityuses sur les côtes ibériques, l'île de Colubraria. Ce fut aussi une ville du Pont, ou une désignation de l'Afrique.

 

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Guisseny, 30 août 2011

  

 

    Le M noir, le Mi, Euclidia (callistege) mi  (Clerck, 1759)  the Mother Shipton Moth.

envergure : 25-32 mm

Vole en mai et juin

PHL : trèfle,

Zoonymie :

   • Euclidia Ochsenheimer, 1816: du nom d'Euclide, géomètre grec, en référence aux marques géometriques des ailes.

   • Callistege Hübner, 1823 : le genre auquel appartenait  cette espèce avant de devenir un sous-genre rattaché à Euclidia. Vient du grec kallos, "beau" et stege, "toit", ce que l'on interprète ici comme "aux belles ailes".

   • mi : un latinisme pour la lettre grecque μ, mu, car les naturalistes comme Clerck (et comme Linné en 1767) ont lu la lettre m inscrit dans l'aire dicale de l'aile antérieure. Je vois plus facilement le profil de la vieille sorcière édentée et grimaçante que les anglosaxons ont nommée "mother shipton" du surnom de la Nostradamus anglaise du XVIème siècle, Ursula Sontheil.

   Noms vernaculaires :

- l' M noire , ( au féminin, il s'agit d'une phalène) 1792, Carangeot in Engramelle, Papillons d'Europe tome 8 p. 149 n° 341.

 Carangeot écrit : "le fond des quatre ailes est ou blanc ou jaune. Au nombre des taches noires dont il est coupé, on en remarque une qui figure sur chaque aile, et particuliérement sur les inférieures, une M grecque, d'où Linné a tiré le nom de l'espèce, et selon d'autres, un W. Les lettres sont mieux formées, lorsque les ailes ne sont pas tout à fait développées, parce qu'alors les pointes se trouvent plus rapprochées.

- La Noctuelle Mi, 1811, Guillaume Antoine Olivier, Encyclopédie methodique 8 : 275 n° 109.

- La Noctuelle Mi, 1824, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères vol.5 n°146.

- La Mi

 

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  La Doublure jaune Euclidia glyphica ( Linnaeus, 1758)  the Burnet Companion.

 

 Envergure : 25-30 mm

Vole d' avril-mai à fin juillet, de jour.

PHL : trèfles, lotier corniculé.

Zoonymie :

   • Euclidia : Ochsenheimer, 1825 : du nom du géomètre Euclide, "à cause" des figures géomètriques des ailes.

   • glyphica : du grec gluphe, "emblème, devise", à comprendre en fonction de la description que donne Linné de cette espèce : "P. noctua seticornis laevis, alis patibus fuscescentibus maculis hieroglyphis nigris : subtus fascia atra.". Glyphica, c'est celle qui porte des taches hieroglyphiques noires que dévoilent ses ailes grandes ouvertes. ( qui veut corriger ma version ?).

   • nom vernaculaire :

- La Doublure jaune , 1762, Etienne Louis Geoffroy, Hist. abr. ins. 2 p. 136 n°55.

- La Doublure jaune, 1792, Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe, volume 8 p. 151 n° 604 : Carangeot écrit : (par dessous), "le fond des quatre ailes est jaune, ce qui a fait nommer l'espèce par Geoffroy la Doublure jaune".

- La Noctuelle glyphique, 1811,Guillaume Antoine Olivier, Enc. Meth. tome 8  p. 272 n° 106.

- La Noctuelle glyphique, 1824, Duponchel in Godart, Hist. Nat. Lépidoptères vol. 5 p. 96.

the Burnet Companion : le compagnon des Ecailles, car cette espèce est souvent observée en compagnie de ces arctiidés.

 

 

 

 

 

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  Suite : Origine des noms de mes papillons de nuit III : les Géomètres.

 

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