L' Anax empereur règne vraiment sur les libellules : il mesure 7 à 8 centimètres (contre 4,5 cm pour la libellule déprimée) et il l'emporte sur ses concurrents lorsqu'il a décidé de s'approprier un plan d'eau.
D'ailleurs son nom se réfère aux sources les plus prestigieuses, puisque wanax désignait en syllabaire linéaire B dans la civilisation mycénienne de la Crète et du Péloponnèse de 1500 à 1200 av J.C le chef qui avait pouvoir sur les rois locaux, les basylei de Pylos, d'Argos, de Tyrinthe, de Cnossos ou de Mycène. Plus tard le terme s'écrit anax et ne désigne, chez Homére, que les héros légendaires ou les dieux, mais toujours pour signifier un ascendant sur des chefs subalternes : Zeus est dit Zeus Anax car il règne sur les dieux de l' Olympe, Poséïdon est doté de l'épithète homérique d' hippios anax car c'est le maître des chevaux, Agamemnon est l'Anax des troupes grecques pendant la guerre de Troie et commande aux autres rois tels Ulysse, roi d' Ithaque .
C'est dire si le qualificatif d'empereur fait double emploi et affaiblit même à mon goût la puissance souveraine du terme Anax ; je ferai de notre Anax empereur un pléonasme si je n'étais pas retenu par les bras puissants du respect que je dois aux éminents odonatologues qui l'ont baptisé et qui ont leurs raisons.
Mais sur l'étang du Stang-Alar, vallon du Conservatoire Botanique de Brest, Anax avait fort à faire pour assurer sa domination. Il passait et repassait haut dans les airs, vraiment royal dans son uniforme bleu acier et sa silhouette arquée comme les jambes d'un officier de cavalerie, mais les mâles de Libellules déprimées occupaient chaque perchoir, attaquaient les intrus de moindre importance ou vrombissaient, effrontément accouplés en coeur à leur compagne, sûrs de l'emporter en nombre sur l'autorité de leur concurrent.
Pourtant, les Anax finirent par s'assurer suffisamment du terrain pour que leurs épouses, récemment fécondées, puissent venir se poser sur les végétaux qui poussaient à la surface de l'eau. S' accrochant de leurs pattes aux feuilles, elles recourbaient leur abdomen jusqu'à ce qu'il atteigne leurs faces inférieures, et y inséraient leurs oeufs, quand elles ne les inoculaient pas directement dans les tiges des plantes aquatiques.
Casquées et vêtues de leur combinaison verte, elles me faisaient penser à des pilotes de scooter des mers parfois presque debout sur leur engin, parfois accroupis, encaissant les vagues, alors qu'elles s'enfonçaient plus ou moins dans l'eau pour réaliser leur tache.
J'ajoute ces images prises au reflex, qui montrent la coloration de l'abdomen des femelles : bleue avec une bande rouge violacé au milieu
Ici, le grand Anax, exceptionnellement, se repose. Il n'aime pas se laisser photographier pendant la sieste.
N.B Merci à Benoît Guillon qui me permet de corriger mes bévues de débutant par ses observations : j'avais confondu les odonatologues (comme le conseille gentiment Mr Google aussi néophyte que moi : "essayez l'orthographe suivante: "odontologue" ) avec les lépidoptéristes qui chassent, eux, les papillons.
J' ai d'abord rencontré cette araignée, Pisaura mirabilis, près d'une fleur de plantain.
J' avais appris alors que la femelle de Pisaure transporte ses oeufs dans un cocon qu'elle transporte avec ses pattes mâchoires jusqu'à ce que l'éclosion soit proche. Elle fixe alors le cocon à des herbes et l'entoure d'une tente de soie. dans cette pouponnière vont alors naître les petites pisaurettes qui vont y rester à l'abri des prédateurs jusqu'à leur seconde mue, où ils seront capables de se nourrir. Les Pisaures ne tissent pas de toile mais chassent ses proies en se déplaçant dans les herbes basses.
De retour chez moi, sorti la nuit dans mon jardin pour chercher des papillons de moeurs nocturnes, je remarquais sur un massif de bruyères une femelle grimpée en haut d'une tige et portant son cocon blanc. Et puis à coté une autre, et encore une autre... toutes au sommet des bruyères comme si elles voulaient exposer leur petite boule blanche à la lune. Le lendemain, en plein jour, impossible de les revoir, mais les nuits suivantes je les retrouvais.
Enfin un matin je constatais l'apparition de la fameuse pouponnière abritant de minuscules araignées.
Ce que je ne vis pas, mais dont on entend souvent parler, c'est comment le mâle, pour éviter d'être dévoré pendant l'accouplement, prend la précaution de présenter à la femelle une proie enveloppée dans la soie.
Cette histoire de présent entouré de soie me fait penser à une anecdote qui n'a rien à voir avec les femelles dévoratrices : Laure Hayman, cette demi-mondaine qui a servi de modèle pour Odette dans A la recherche du temps perdu, offrit un jour à Marcel Proust un exemplaire de la nouvelle de Paul Bourget, Gladys Harvey , dont elle était aussi le modèle, en y inscrivant la mention : "Ne rencontrez jamais une Gladys Harvey ".
Elle avait fait relier cet exemplaire de la soie de l'un de ses jupons....
Le Damier de la succise tient son nom de la série de points noirs qui apparaissent sur les deux faces des ailes postérieures sur une bande orange quadrillée, mais aussi de sa plante-hôte, la succise des prés, une scabieuse bleue violacée qui pousse dans les prés humides et les tourbières. Les engrais azotés, en favorisant des plantes concurrentes, s'opposent à la succise.
Le Damier de la succise est une espèce menacée et en déclin, protégée par de nombreux textes de loi. En Bretagne, le réseau Natura 2000 mentionne onze sites à préserver, dont sept en Finistère. La Presqu'île de Crozon est l'un d'eux. L'inventaire des espèces remarquables y mentionne une orchidée, le Liparis de Loesel, des libellules, l'Agrion de mercure et la Cordulie à corps fin, une chauve-souris, le Grand rhinolophe, et deux papillons : le damier de la succise et l' Ecaille chinée.
C'est dans la tourbière basse alcaline de l'arrière-dune de Goulien, près de Kersiguénou que j'ai pu constaté l'omniprésence du damier en ce mois de juin . Les mâles,dont l'émergence est plus précoce que celle des femelles, après s'être exposé au soleil matinal, volent activement autour du site de reproduction et recherchent les femelles deux fois moins nombreuses et qui, juste sorties de l'émergence, s'accouplent.
Presque lassé de voir tant de ces papillons posés, les ailes grandes ouvertes au soleil _ encore un Damier !_, je fini par voir un couple. Je crus d'abord que le papillon du dessus était le mâle, mais chez les damiers, la femelle se reconnaît par sa taille plus importante ainsi que par la forme plus arrondie de ses ailes : monsieur était en bas:
C'est bien pratique de disposer ainsi d'une vue concomitante du verso, et du recto des ailes de ce papillon.
1- La chenille de la Cucullie
La pauvre, j'ignorais son existence, j'ignorais tout : qu'il existait, dans la famille des Noctuelles, une sous-famille des Cucullinae, riche de 53 espèces en France, qu'on y trouvait un genre nommé Shargacucullinae (quatorze espèces en Europe), et dans ce genre deux papillons de nuit nommés l'unShargacucullia verbasci, baptisé par Linné lui-même en 1758, surnommé "La Brèche", la cucullie du bouillon-blanc _ le bouillon-blanc, c'est la molène, le Verbascum_ et l'autre Shargacucullia Scrofulariae, baptisé en 1775 par D&S, c'est à dire Denis et Schiffermüller, la Cucullie de la scrofulaire, cette plante médicinale qui guérit, comme les rois de France, les écrouelles ou scrofules.
Ah, pour un amateur de vocabulaire, c'est du nanan ! Du nanan ? oui, le site dédié à l'insuffisament illustre Pr. Lavieb se permet, pris par l'enthousiasme gourmand, cette locution onomatopéènne à qui déjà le bon Huysmans, le grand Giono et l'inimitable Céline avaient donné des lettres de noblesse. Car pour du nanan, c'en est, la cucullie, la shargacucullie, ça vous reste en bouche, ça fait la queue-de-paon, ça commence rond, culotte-de-velours mais la caudalie explose en notes épicées, c'est du grand art, shargacucullie de la scrofulaire !
Revenons sur terre pour découvrir l'anatomie d'une chenille : Cucullie nous servira de guide.
Une chenille est une machine à manger qui peut multiplier son poids par 10.000.
En avant, la tête est une tondeuse, une broyeuse guidée par de courtes antennes ; six paires d'yeux ou ocelles ne servent qu'à distinguer le jour et la nuit, guére plus.
Puis viennent les trois segments thoraciques, dotés de vraies pattes articulées destinées, comme tout patte qui se respecte, à la locomotion.
Les segments suivants, n°4 à 12, constituent l'abdomen.Quatre possèdent des fausses-pattes, membraneuses, sorte de ventouses garnies de spicules,qui servent à l'adhérence. A la différence des vraies pattes, elles ne persistent pas chez le papillon et disparaissent sans laisser de trace sur l'abdomen de l'imago.
Le dernier wagon n°12 est le segment anal. il est muni de pattes anales et d'un écusson.
A l'intérieur, on trouve surtout l'appareil digestif, mais aussi un vaisseau cardiaque qui transporte les éléments nutritifs, mais pas l' oxygène. La chenille respire par des stigmates, orifices ponctiformes sur les segments n°1 à 9, comme les hublots d'une carlingue d'avion, qui amène l'oxygène et évacue le gaz carbonique.
A vous de reconnaître les vraies pattes des fausses pattes, et les stigmates des taches noires de camouflage de ce drôle de dalmatien.
Une vue des derniers segments : on voit les pattes anales.
Ici, la tête : les taches noires dessinent deux yeux, un nez en chevron et une bouche, mais la vrai tête n'est pas là, elle est en train de manger. On voit les trois paires de vraies pattes, articulées et terminées par une griffe.
2- La chenille de l' Ecaille martre.
Il s'agit peut-être d'une autre Écaille : si chacun peut se tromper,(voir par exemple ma faute d'orthographe de "marte" sur les clichés) c'est encore plus vrai quand on n'y connaît rien, comme moi ! Mais le plaisir des yeux sera le même, n'est-ce-pas?
Cette chenille est bien différente de la précédente : elle présente deux caractéristiques des chenilles des Écailles, et plus généralement de la famille des Arctiidae, dont j'ai déjà rappelé l'étymologie provenant de "ours" : elles sont velues comme des oursons, et ces chenilles oursonnes se laissent tomber de leur support et se roulent en boule comme des hérissons, d'où leur surnom de chenilles hérissonnes. D'ailleurs, l' Écaille Martre est nommée également Écaille hérissone.
3 La chenille du Cul doré.
Après la Cucullie, le Cul doré, c'est le hasard des balades.
C'est toujours un papillon de nuit ou hétérocère, c'est un Bombycoïde comme l' Écaille, mais il appartient à la famille des Lymantriidae dont on trouve 8 autres espèces en Finistère : c'est Euproctis similis Fuessly, qui tire, comme son cousin le Cul brun, son nom vernaculaire de la coloration de l'extrémité de son abdomen. Mis à part cet attribut doré, le papillon est tout blanc : sa livrée est une vraie robe de mariée.
Les lymantriidae sont la terreur des forets :lymantra, en grec, veut dire ravageur. Dans la sous-famille des lymantriinae, on trouve l'Orgyie pudibonde et le fléau des arbres, le terrible Bombyx disparate. Mais seules les chenilles sont redoutables, car chez les lymantriidae, les papillons adultes ne s'alimentent pas. Le fabuleux site d' Alain Ramel, aramel.free.fr, précise que notre chenille est celle " d'un des Lépidoptères les plus polyphages au dépens des essences feuillus, ornementales et fruitiers des régions forestières d'Europe Centrale." , contre lesquels des mesures d'échenillage, de lutte chimique, d'utilisation de bio-insecticide issue du baccillus thuringiensis, ou de piège à phéromones de synthèse, sont mises en oeuvre.
J'attribue le nom scientifique Euproctis à l'association du radical grec -eu- , bon, bel, bien, comme dans évangile_eu vangelos, bonne nouvelle_, ou Eugène _bien né_, ou encore eucalyptus, bien ouvert (concerne le calice de la fleur).
Quand à -proctis, c'est le radical grecproktos, l'anus, le rectum, que nous connaissons dans proctologuepar exemple. Euproctis, c'est donc une façon scientifiquement correcte de dire cul doré, ou joli cul, comme on aussi d'une beauté qu'elle est callipyge_Vénus callipyge, c'est une chanson de Brassens_ pour dire élégamment qu'elle a de belles fesses.
Qu'il est beau, le mâle de la Libellule écarlate, ou Crocothemis erythraea, avec sa panoplie de pompier, et quel dommage qu'il soit passé si vite, une fin de soirée, sans me laisser le temps de mieux le photographier !
Cette espèce africaine a coloniser les pays septentrionaux, témoin vraisemblable du réchauffement climatique.
Son étymologie nous renvoie à ma réflexion sur la balance de Montaigne et l'étymologie du mot libellule puisque si le grec krokos,crocus, safran, renvoie à la couleur de ce Scarlet dragonfly, le radical-themis renvoie, lui, à la déesse Themis, qui est représentée avec une balance car elle représente la Justice immanente : elle s'oppose à l'hubris, au déchaînement des excès, des passions violentes et de la démesure.
Je peux tout-de-même admirer ses pterostigmas jaune ocre, les taches jaune caramel de la base de ses ailes et son abdomen aplati fin comme une lame.
(les ptérostigmas _ litteralement : points sur les ailes _sont ces marques dont les caractères sont déterminants pour l'identification.)
Et si nous regardions des libellules déprimées se remonter le moral ? Les voici "in copula".
Post-scriptum rédigé en octobre à la suite du commentaire de Benoît Guillon qui n'avale pas les couleuvres de mes grossières erreurs : ce ne sont pas des Libellules déprimées, mais un couple d' Orthetrum cancellatum !
Quittons les anisoptères pour les zygoptères : parmi les Calopterix (les "belles ailes " ), je ne rencontre que des vierges, C.virgo. Mais en cherchant bien, j'ai tout-de-même aperçu un mâle de Calopterix splendens.
J'en rencontrais davantage sur la rivière Ildut elle-même, près de l'eau vive :
La Cordulie à corps mince.
Elle est assez rare pour être signalé comme espèce remarquable dans l'inventaire Natura 2000.
Je la trouve à Crozon là où elle est signalée, près de l'étang de Kerloc'h, et je la trouve accouplée: non pas à terre ou en vol, mais accrochée aux branches d'arbustes.
Lorsque Montaigne se retira à l'age de 37 ans dans son château pour y écrire ses Essais, il fit graver une médaille représentant une balance aux plateaux équilibrés avec la devise qui devait constituer le trébuchet de ses pensées face aux déchaînements des passions, des intolérances et des convictions acharnées de ses contemporains enflammés par les Guerres de religions : "Que sais-je?". Pour Montaigne, penser c'est peser, et soumettre sa pensée à la balance, c'est la soumettre au doute.
On trouve dans les Essais des références aux abeilles, "qui pillottent deçà delà les fleurs", mais non à la libellule, et pourtant il suffit de contempler une libellule posée sur la tige d'un jonc pour y voir la plus belle métaphore de l'équilibre :
Car elles sont l'incarnation de leur étymologie : le mot latin libra a désigné d'abord, comme le mot grec litra qui a donné litre, une unité de poids, origine de la Livre anglaise, the pound . Puis le mot a désigné non le poids, mais la balance,et la constellation de la Balance,entre Vierge et Scorpion, est toujours nommée Librae en astrologie. Le mot a ensuite désigné l'acte de peser lui-même, puis enfin l'acte de mettre à niveau, et a donné notre terme niveler, et surtout -pour mon propos- par le latin aequi-librum, le mot équilibre .
Enfin le mot libellule vient du mot libella, le niveau, dérivé de libra.
(sources : dictionnaire étymologique Robert )
J'aime laisser ces mots tourbillonner autour du mot libellule lorsque je les observe : balance, niveau, équilibre.
elles n'en sont que plus légères, plus aériennes, plus adroites, posées sur les plantes avec la grâce d'un funambule jouant de son balancier là-haut dans le ciel : l'esprit même de Michel de Montaigne.
1 Commençons par un tout petit papillon aux couleurs remarquables : la coquille d'or, ou Nemophora degeerella (j'ai commis une faute sur les clichés). Le mâle a des antennes quatre fois longues comme ses ailes, alors que les antennes de la femelle ne font que 1,5 fois la longueur des ailes.
Super famille des Incurvarioidae, famille des Adelidae, sous-famille des Adelinae, genre Nemophora.
2 Le Demi-deuil
C'est en lisant "l'affaire Saint-Fiacre", de Georges Simenon que je découvris pour la première fois l'expression "demi-deuil" pour qualifier l'association à partie du noir et du blanc. Le commissaire Maigret dîne dans un restaurant de Moulins avec Saint-Fiacre et son avocat. Ils sont servis par le maître d'hôtel dont " on voyait surgir son bras noir terminé par un gant blanc"
" _ Poulet demi-deuil... annonça-t-il comme le maître d'hôtel apportait en effet des poulets aux truffes.
Et sans transition, de la même voix légère :
_L'assassin va manger du poulet demi-deuil, comme les autres ! "
Le demi-deuiln'est pas qu'une recette de volaille bressane aux truffes, c'est aussi la période qui suit, après une durée variable, le deuil lui-même : au Grand deuil,souvent d'une année, en noir, succède le Petit deuil, en mauve, gris ou violet, puis le Demi-deuil. Voici ce que pouvait lire les jeunes-filles du Second-Empire dans Le Magasin des demoiselles, ouvrage de "morale,histoire, sciences, littérature, voyages, beaux-arts, biographies, récréations, économie domestique, modes, petits courriers des demoiselles", dans son tome neuvième, 1852-1853, paru à Paris, rue Laffite :
"Les premiers mois, le deuil se porte tout en laine ; la façon et les ornements doivent être très-simples. Les manches se font justes, avec manchettes et col en crêpe lisse soutaché, ou, ce qui est mieux, ruché de tulle gaufré.[...]Pour le demi-deuil, la soie, les taffetas gris, les baréges de même nuance, les bonnets de dentelle, les garnitures ruchées, les manches blanches et même les chapeaux de paille avec garniture grise ou violette. Les fleurs de demi-deuil sont la scabieuse, la violette, l'héliotrope, le lilas, etc.,etc. "
Le Demi-deuil est, aussi, un papillon de la famille des Nymphalidae : c'est Melanargia galatheaLinnaeus 1758, et coté soieries, dentelles, taffetas, et autres baréges, il n'a pas fait les choses à moitié tout en sachant rester très simple, très nature.
C'est un papillon fatigant à poursuivre de buisson en buisson, d'une touffe d'herbe à une autre, sans cesse affairé, jamais satisfait, mais c'est parce que le mâle ne se plaît pas à séduire les femelles en paradant du haut d'un perchoir, comme tant de Rhopalo-machos, mais doit chercher à les débusquer au berceau, sitôt issues de leur émergence dans les graminées.
A la fin de la journée, j' en trouvais quand-même un qui était aussi fourbu que moi : le voilà :
Une semaine plus tard, le Demi-deuil est visible partout, par dizaines : on se lasse de tout...
La Petite tortue, Aglais urticae.
Papillon classique là encore, mais sa rencontre reste toujours une bonne surprise. C'est la Vanesse de l'ortie, ce qui m'incite à redoubler de négligence dans mon jardin et à laisser pousser des orties qui sont tant appréciées par les vanesses ( Belle-dame, Vulcain, Paon-du-jour ), par le Gamma, par la Carte géographique, entre autre.
Le Tristan, Aphantopus hyperantus.
Lui portait le deuil complet, mais il s'est fait éclabousser de peinture blanche, et ses efforts pour détacher sa tenue a laissé de gros cernes : c'est malin !
A cette plaisanterie douteuse (n'est pas Jules Renard qui veut ), on préférera la jolie description du site Papillons de Poitou-Charentes qui mentionne "des ocelles noires cernées de jaune et pupillées de blanc "
Compère Tristan appartient à la tribu des Maniolini (7 especes en France) : elle tire sans-doute son nom d'un de ses membres, le Myrtil qui s' appelle Maniolia jurtinapour la science. Cette tribu appartient à la grande sous-famille des Satyrinae (dix espèces dans le Finistère , aussi communs que : le Tircis, la Mégère, le Fadet, l' Amaryllis ,...le Demi-deuil, le Myrtil ou comme le Céphale, l'Agreste, l'Ariane. Là encore, je présume que le nom de la sous-famille vient de celui de la Mégère, aussi appelé Satyre, mais cela n'explique rien.
Le Myrtil, Maniola jurtina.
Cela tombe bien, Wikipedia signale qu'on le trouve souvent en compagnie du Tristan.
J'ai hésité avec le Fadet et l'Amaryllis, pour des histoires de nombre d'ocelles : Amaryllis en prend deux, Myrtil un seul, or sur ma photographie j'en compte deux sur les ailes antérieures, si je compte le plus petit point blanc, oui mais je retrouve cela aussi sur les images de Myrtil authentifiés...
L'Amaryllis, Pyronia tithonius.
Il est à la fois bien proche du Myrtil, mais il est bien doté de deux beaux vrais points blancs l'aile antérieure, sans compter les points du verso de l'aile postérieure.
Si la Petite tortue appréciait les orties, l'amaryllis n'aime que les fleurs de ronce... et cela tombe bien, j'en ai aussi dans mon jardin : pour les papillons, je suis vraiment un jardinier modèle.
Le Paon-du-jour, Inachis io.
Il se pose sur un saule, il joue à la feuille morte, il fait la manche dans son vieux blue-jean aux coutures usées, on lui donnerait trois sous.
Il ressemble à un vieux gréement , coque passée au coaltar et calfatée de brai bitumineux, voile tannée par le cachou, au mouillage sur les lieux de pêche.
Qui penserait à un Paon ? Mais où sont les ocelles splendides du Pavon orgueilleux? La robe de soierie et de soirée, les cocardes écarlates, l'éclat et le lustre ?
Mais il lui suffit, comme en baillant, d'ouvrir son éventail : le voilà : Musique !
1 le Rhagium
2. le pentatome rayé
avec son fer à cheval porte-bonheur en guise de roue de secours:
Notez que sa tenue est réversible : rayé au recto, mais à pois au verso : bien commode pour suivre la mode ou retourner sa veste
.
Le pentatome estsociable, il aime la compagnie :
Mais qui n'aimerait pas passer de bons moments sur la couette duveteuse à souhait d' une capitule de fleurs de carotte sauvage ?
Attention les gendarmes...ou un masque africain, là encore la figure est réversible :
Un couple de charançons, mais de quelle espèce?
Et ceux-là : encore des charançons ?
Le Ver luisant. Lampyris noctiluca
Forcément une femelle car ce sont elles qui brillent (lampyris=briller) pour attirer les mâles . On se sera pas étonné d'apprendre que ce piège féminin est de nature diabolique : cette bioluminescence est le résultat de l'oxydation de la luciférine par une luciférase ; elle produit une lumière froide (95% de lumière et 5% de chaleur).
Les dames _des demoiselles plutôt car elles conservent leur vie durant leur forme larvaire et sont dépourvues d'ailes_ montent par les beaux soirs d'été le long des tiges et contractent leur abdomen qui devient alors lumineux; elles le dressent et l'agitent et bientôt les mâles que la nature a pourvu d'un vrai corps d'adulte, de bonnes ailes de coleoptères et surtout d'une paire d' yeux hypertrophiés, répondent à leurs signaux et accourent à leurs pieds, ou à leurs pattes : elles se laissent choir, et c'est le grand Moment, auquel le mâle ne survivra pas.
La sauterelle verte