La Galerie des Grotesques (Galleria delle Grotesche, 1517-1518) de la Villa Farnesina de Rome.
sur la villa Farnesina, voir :
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La villa Farnesina, pergolas, trompe-l'œil et jeux de miroirs. II. La Loggia de Psyché, suite.
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La Galerie des Grotesques (Galleria delle Grotesche, 1517-1518) de la Villa Farnesina de Rome.
— Sur l'art illusionniste, voir aussi dans ce blog :
Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance en France :
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Les vitraux en grisaille (1542-1544) de la galerie de Psyché, Musée Condé de Chantilly.
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Les vitraux héraldiques provenant du château d'Ecouen, 1541, de la Galerie Duban à Chantilly.
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Le Hibou harcelé par les oiseaux des Compertementen (cartouches) de Jacques Floris en 1564.
Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :
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Les 54 stalles (vers 1530-1550) de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).
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Le jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29).I. La tribune.
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Le jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). II. La clôture de chœur.
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L'église de Goulven IV : la tribune d'orgue, ancien jubé du XVIe siècle.
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La tribune (bois polychrome, XVIe siècle) ou ancien jubé de l'église d'Esquibien.
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Sans compter les sablières à cuirs chantournés et/ou grotesques du Maître de Plomodiern à Saint-Nic (1561-1566), Plomodiern (1564), à l'atelier du Cap-Sizun à Primelin, Pont-Croix (1544), Confort-Meilars, Esquibien ou de celle du Maître de Pleyben (1567-1576) à Pleyben, Kerjean, Plomodiern (Sainte-Marie du Menez-Hom), Bodilis, Saint-Divy, Notre-Dame de Berven (1579-1580) à Plouzévédé et peut-être Roscoff.
PRÉSENTATION
Situé à l'étage ou piano nobile de la Villa Farnesina, ce couloir de 14 mètres de long attenante à la chambre d'Alessandro et Rossane qui reliait la Salle des Perspectives aux appartements de Francesca Ordeaschi (épouse d'Agostino Chigi en 1519) et de ses enfants est couvert d'une voûte en berceau de bois ornée par de délicates grotesques sur fond blanc imitant une voûte en maçonnerie ornée de fresques. Aujourd'hui restaurée, elle éblouit par ses couleurs, le vert des motifs floraux, le bleu des cadres, le rouge vif des draperies, le jaune des ornements et des figures.
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Rappel : l'art des Grottesques à la Renaissance.
Le nom de "Grotesques" trouve son origine dans la découverte accidentelle de la fameuse Domus Aurea, durant le dernier quart du XVe siècle, lorsqu'un jeune Romain tomba dans une crevasse de la colline de l'Oppio et se retrouva dans une grotte aux parois couvertes de scènes peintes. Il s'agissait des fresques du palais de l'empereur Néron, surnommé la Maison dorée bâtie entre 64 et 68 après J.C. entre les collines de l'Esquilin et du Caelio, après le grand incendie de Rome en 64. Bientôt, de jeunes artistes romains comme Pinturicchio, Raphaël et Michel-Ange furent descendus sur des perches pour les admirer de leurs propres yeux. Ils passaient des journées entières sous terre à copier les motifs décoratifs appelés grotesques, en référence aux environnements souterrains appelés grottes, qui recouvraient les murs et les voûtes de la somptueuse résidence impériale.Ils eurent alors la révélation de la véritable nature du monde antique et ils entreprirent de diffuser ces « grotesques » à Rome puis à travers toute l'Italie. Vasari raconte que « Peu de temps après, lors de fouillesà San Pietro in Vincola, parmi les ruines et les antiquités du palais de Titus, à la recherche de figures, on découvrit des pièces souterraines entièrement recouvertes et remplies de grotesques, de petites figures et de scènes, avec quelques ornements en stuc. Giovanni accompagna
Raphaël, qui fut conduit pour les admirer ; tous deux furent émerveillés par la fraîcheur,
la beauté et l'excellence de ces œuvres. Il leur paraissait merveilleux qu'elles se soient conservées si longtemps ». Dans le cryptoportique, on peut encore lire, bien que très dégradée, l'inscription signée « Zuan de Udine Frilano », "Jean de Udine, de Frioul".
Le premier, Giovanni da Udine s'en inspira pour peindre le décor des pilastres de la fameuse Loggia de Raphaël au Vatican, entre 1517 et 1519, puis les voûtes de la Loggia de Raphaël à la Villa Madame en 1520-1521. L'équipe Raphaël/Giovanni da Udine se chargea aussi de la Loggia de Psyché de la Villa Farnesina en 1517.
Le goût pour l'imitatio antiquitatis, l'imitation du goût antique, fut critiqué par Vasari qui qualifiait ces peintures de "très licencieuses et ridicules".
Le décor grotesque représente des créatures hybrides et des monstres sous forme de figurines fines et fantaisistes qui s'entrelacent en une ornementation géométrique et naturaliste sur fond blanc ou monochrome, en faisant abstraction de toute perspective ou référence à la réalité spatiale au profit "dun monde vertical entièrement défini par le jeu graphique, sans épaisseur ni poids, mélange de rigueur et d'inconsistance qui fait penser au rêve". (André Chastel)
Les couleurs vives du décor accentuent les effets géométriques par des motifs complexes et serrés.
Dans le septième livre de son traité« De Architectura », Vitruve, architecte et théoricien de l'époque augustéenne, désapprouve fermement ces ornements, qu'il juge absurdes et illogiques mais qui sont caractéristique des somptueuses décorations du troisième style pompéien, qui atteindra son apogée dans la Domus Aurea de Néron vers le milieu du Ier siècle apr. J.-C. Les enseignements de Vitruve étaient très appréciés tant par l'architecte Baldassare Peruzzi que par son mécène Agostino Chigi ; c'est peut-être pourquoi les grotesques sont rares dans le décor de la Farnesina, et que ce type de décoration est reservé aux espaces privés.
Ils apparaissent cependant dans cette petite Galerie. En effet, ce charmant passage reliant la Salle des Perspectives aux appartements de Francesca Ordeaschi et de ses enfants est couvert d'une voûte en berceau de bois ornée, à la manière d'une fresque, de délicates grotesques sur fond blanc. Similaires à celles que Raphaël avait peintes en 1516 dans la Loggetta du cardinal Bibbiena et sa Stufetta au Palazzo Apostolico du Vatican avec la participation de Giulio Romano , Giovan Francesco Penni , Perin del Vaga , et Giovanni da Udine , elles datent de 1517-1518 et furent donc achevées peu après les fresques de la Salle des Perspectives.
Attribution.
"L'attribution du décor grotesque a oscillé entre un dessin de Baldassarre Peruzzi, entre 1518 et 1519, qui se serait inspiré du répertoire de Giovanni da Udine 4 et, au contraire, une création originale de l'artiste frioulan qui, dans la Rome de Raphaël, était le maître incontesté de l'ornementation grotesque inspirée des peintures de la Domus Aurea 5 .
Lors d'interventions récentes, réalisées après la restauration et visant à retracer l'histoire du couloir et ses transformations, l'attribution du dessin de Baldassarre Peruzzi est réaffirmée, y compris pour la partie décorative 6 . Compte tenu des importantes repeintes et des restaurations modernes, il est impossible de se prononcer sur l'auteur du décor pictural, toutefois, le répertoire iconographique, d'une grande inventivité et encore en partie fidèle à la phase originale, permet une datation chronologique et culturelle de l'ensemble." (Cavallaro 2023)
4.Frommel (1966-1967, p. 97, n° 55 et planche XXXVIIIa ; Ibid., 1968 ; Ibid., 2003, vol. I,
pp. 40, 134, 202 et vol. II, planches 290-297 ; Ibid., 2014, p. 244, illustrations pp. 249-253) attribue les scènes des panneaux de la voûte à un peintre médiocre des années 1861-1863, qui « s’est peut-être inspiré des vestiges conservés ».
5 Frommel 2014, p. L'auteur (p. 250) s'intéresse à Giovanni da Udine, observant une reprise du répertoire de la Loggetta du cardinal Bibbiena, conçue par Raphaël et exécutée par l'artiste frioulan, et attribue toute la moitié orientale adjacente à la fenêtre à un peintre médiocre du XIXe siècle. Dacos (1969, p. 114) souligne la reprise scolastique de motifs de la Domus Aurea et la maladresse d'exécution, suivi par Gallavotti (1984, p. 49).
6 Liserre 2016, p. 21-38 ; Zalabra 2016, p. 43. Enfin, Lapenta, Vincenzi
2019, p. 98-99.
La voûte de ce couloir est comparable aux décorations contemporaines de petites pièces par Giovanni da Udine telles que la Stufetta et la Loggetta de l'appartement du cardinal Bibbiena au Vatican (1516), ou la voûte grotesque de la pièce du rez-de-chaussée du Palais Baldassini (1517-1519), commandé par l'avocat consistorial Melchiorre Baldassini.
Seules les deux travées centrales, bien que retouchées au fil du temps, conservent leur peinture d’origine, tandis que les autres sections du décor sont des reconstitutions du XXe siècle qui reprennent fidèlement les motifs des parties originales (Cavallaro).
Après une première phase de formation, menée par une équipe d'étudiants de l'École supérieure de l'ISCR, les travaux de restauration furent entrepris sous la direction de l'ISCR (Construction Restauration) avec le soutien financier de la Fondation Isabel et Balz Baechi de Zurich pour la protection des peintures murales.
"Cette restauration a redonné aux peintures leur élégance et leur éclat, et a permis de préciser la technique, le support et les interventions antérieures. Des retouches et des modifications répétées ont été apportées aux peintures durant la première moitié du XVIIIe siècle, probablement lors des travaux commandités par le cardinal Troiano Acquaviva, locataire de la villa de 1736 à 1747. Au début du XIXe siècle, le décor à caissons, orné d'octogones et d'une grande fenêtre à pétales jaunes, a été peint dans les deux dernières travées de la voûte, côté chapelle. Cette intervention était motivée par la nécessité de masquer un décor grotesque, en décalage avec le lieu. Le décor à caissons n'a pas été retiré lors de la dernière restauration, car il était considéré comme faisant partie intégrante de l'histoire de la Galerie ; il a seulement été restauré, du point de vue de la couleur. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous le règne du duc de Ripalta, les figures mythologiques ornant le sommet de la voûte furent presque entièrement repeintes. Entre 1926 et 1929, lors des travaux de restauration de la villa, réalisés par Alberto Terenzio de la Direction des Antiquités et des Beaux-Arts les deux lunettes du fond furent redécorées et les deux dernières sections de la voûte refaites : celle adjacente à la fenêtre (environ 2,17 m) et celle du côté opposé. Cette dernière intervention impliqua le remplacement de quatre planches de bois de 2,17 m, donnant lieu à un nouveau décor. Les panneaux à scènes mythologiques au sommet de la voûte datent de cette phase ; enfin, une peinture à la tempera claire, tirant sur le gris tourterelle, fut appliquée pour harmoniser les parties anciennes avec les parties reconstruites. Les interventions antérieures à 1926, non documentées, consistaient en la restauration picturale au crayon rouge des grotesques de la frise à la base de la voûte, des figures des candélabres, des rideaux et des petits tableaux." (Cavallaro 2023)
Une frise à la grecque centrale réunit une succession de tableaux rectangulaire avec un octogone et un ovale. Au centre, Jupiter, assis sur un trône de nuages, tenant un foudre et un aigle à ses pieds. Les tableaux rectangulaires sur fond sombre montrent une Galatée et un Cortège triomphal de Bacchus, où le dieu de l'ivresse, sur un âne, et précédé par une ménade, est entouré de faunes. Plus loin est représentée la Chasse au Sanglier de Calydon. Ce sont pour Cavallaro "des répliques maladroites du XXe siècle inspirées de scènes similaires dans les pièces de la villa.
Ces cartouches sont présentés par des putti ou des amours ailés, en équilibre sur des cercles à sujet naturalistes (toile d'araignée, papillon, oiseaux, insectes). L'octogone est centré par une femme ailée et voilée tenant un flambeau, à valeur allégorique ; elle est entouré d'éléments décoratifs : une corbeille de fruits, des instruments de musique, une cheminée, un crabe et des outils de pêche . Dans l'octogone de gauche, Mercure émerge des nuages coiffé de son chapeau ailé à larges bords, le « pétase ». Il porte des ailes aux pieds plutôt que des sandales, est enveloppé dans un grand manteau et tient le caducée, autour duquel s'enroulent des serpents. Il est entouré de pergolas fantastiques, de cages vides, ou de petits autels. Toute la bande centrale est parcourue par des hippogriffes, mais aussi des animaux exotiques tels qu'un zèbre, un lion et un tigre.
Cette partie centrale est analysée ainsi par Cavallaro 2023 :
"Les grotesques de la voûte Chigiana, malgré leur ancienneté, offrent ainsi un aperçu des intérêts multiples de Giovanni da Udine, de l'Antiquité aux expériences naturalistes, et sont probablement dus à l'intervention d'un étudiant de l'atelier qui sut les retranscrire fidèlement, quoique de manière scolastique, dans une exécution fidèle, mais néanmoins scolastique. Cependant, dans l'appréciation globale de la voûte, l'importance des interventions des XIXe et XXe siècles ne saurait être négligée. Les rénovations successives ont altéré la disposition décorative originale qui, comme dans les exemples du XVIe siècle, comportait probablement un motif d'ornementation délicate dans un cadre en perspective, peut-être de petits temples et de pergolas aériennes. Aujourd'hui, la structure décorative semble désintégrée en raison d'une séquence presque élémentaire créée par les géométries octogonales et en clypéus au sommet de la voûte, contenant des figures mythologiques s'élevant dans les airs ou émergeant des nuages, étrangères au répertoire du XVIe siècle. Il semble plausible d'affirmer que le décor original du XVIe siècle a été greffé sur des figures et des incrustations décoratives attribuables à la phase d'ornementation néo-pompéienne, qui caractérisait la villa lors de la rénovation du décor commandée par l'exceptionnel duc de Ripalta, l'Espagnol Salvador Bermúdez de Castro, qui fit construire la villa à partir de 1861. Il encouragea une campagne d'entretien et de rénovation des décors entre 1863 et 1866, qui donna un aspect nouveau, « antique », à certaines pièces, notamment la salle pompéienne, où de nombreuses figures sont inspirées des peintures de Pompéi et d'Herculanum. Les figures qui ornent le sommet de la voûte du couloir grotesque, dont l'exécution tardive a été confirmée par la récente restauration, appartiennent à cette phase : Mercure, Jupiter et le génie ailé. La figure de Jupiter, peinte sur papier17, est comparable à une peinture pompéienne, le Jupiter de l'atrium de la Maison des Dioscures à Pompéi, maison fouillée entre 1826 et 1827 et devenue immédiatement célèbre. Le génie ailé à la torche, qui émergeait à l'origine d'un fond noir , et le Mercure dans l'octogone à gauche, sont également des figures dont la pose particulière, en vol ou parmi les nuages, témoigne du goût néo-pompéien du XIXe siècle, et se retrouvent dans les figures « volantes » du plafond de la Salle pompéienne au rez-de-chaussée de la villa . Le goût éclectique de la fin du XIXe siècle qui a caractérisé l'entretien et la restauration des décorations picturales de la villa, promu par le duc de Ripalta, semble ainsi se refléter, avec un sens de la continuité et un désir de modernité, dans la décoration du couloir du XVIe siècle. " (Cavallaro, trad. personnelle)
Puis, deux guirlandes peintes parcourant le plafond délimite des espaces inférieurs. Le peintre y accroche, sans aucun souci de réalisme, des rubans, des colliers de perles ou de feuilles, auxquels sont suspendus des médaillons, des panneaux au visage de la Gorgone, des voiles rouges, roses ou bleus, des lampes, des candélabres, une chouette, tout le bric-à-brac onirique de l'art grotesque.
Une figure féminine ailée tient deux flambeaux.
Dans "l'air" sont figurés des insectes imaginaires ou non (libellules, coléoptères), des scorpions, des crabes, des lézards, une grenouille, une chouette accrochée à un névroptère, ...
"À la base de la voûte, une frise de cygnes aux ailes déployées se déploie parmi de fins ornements naturalistes, alternant avec des carrés rectangulaires sur fond noir représentant des animaux en combat : un aigle tue un cerf, un sphinx poursuit un faon, un lion affronte un loup, deux lièvres se poursuivent. D'autres animaux évoluent paisiblement dans des milieux aquatiques, tels que deux oiseaux à tête humaine – un homme et une femme, respectivement – les cheveux au vent. Au-dessus des petits tableaux se trouvent d'élégants candélabres aux motifs imaginatifs : carrousels et corolles végétales, avec des camées suspendus à des branches contenant de fines figures monochromes dans des poses statuaires sur fond noir". (Cavallaro 2013).
D'autres candélabres à figures phytomorphes tenant des flammes sont placés au-dessus des cygnes de la frise terminale.
Sur les rinceaux des candélabres se posent des passereaux, peints de façon réaliste et identifiables.
L'ensemble évoque les éléments naturalistes et les oiseaux des intrados de la Loggia de Psyché peints par Giovanni da Udine. Il avait pu les observer dans le cryptoportique de la Domus Aurea, où les artistes pouvaient admirer une multitude de « méduses et harpies, priapes et monstres, dryades et demi-diriades [...] lions, boucs, tigres et satrapes et ours et dromadaires avec des chameaux, beaux éléphants avec nobles metra... et nous voyons des grenouilles, des hiboux, des chouettes effraies. » comme l'indique les Antiquarie Prospetiche Romane de la fin du XVe siècle .
Les autres Grotesques de la villa.
On remarque quelques motifs de candélabres simples et élégants encadrent le Triomphe de Galatée et sur les pilastres délimitant l'espace entre les autres tableaux de la Loggia, en blanc sur fond noir.
D'autres grotesques (peut-être peints par Polidoro Caldara da Caravaggio), beaucoup plus riches et extravagants, avec des dorures, des couleurs vives, des camées et des crânes de bœuf, ornent le plafond de la chambre d'Alexandre et Roxane, décorée à fresque par Giovanni Antonio Bazzi, dite « il Sodoma ».
Les vestiges d'un caisson de plafond sont encore visibles près de l'ascenseur ; ils s'étendaient jusqu'à une époque où la galerie, divisée en trois parties, servait de chapelle, comme l'atteste un plan de 1560. La plupart des décors datent des restaurations des années 1861-1863, période où, dans le sillage durable des découvertes d'Herculanum et de Pompéi, le décor grotesque connut un regain de popularité.
Les lunettes au-dessus de la fenêtre et de la porte menant à la Salle de la Perspective sont le fruit d'une intervention datant des années 1930.
Les volets des fenêtres des différentes salles offrent également des décors à la grotesque, plus tardifs.
SOURCES ET LIENS.
— SITE VILLA FARNESINA
https://www.villafarnesina.it/en/percorso-di-visita/the-grotesque-gallery/
—SALINI (Antonella) 2015
https://www.dire.it/26-11-2015/26607-le-grottesche-di-villa-farnesina-tornano-a-splendere-ecco-i-dettagli-del-restauro/
"Commencés en 2014, les travaux ont été réalisés le long de la galerie de 14 mètres de long, construite au début du XVIe siècle et attenante à la chambre d'Alessandro et Roxane, la chambre du banquier Agostino Chigi et de son épouse Francesca Ordeaschi. Selon les experts, cet élégant couloir a été conçu pour préserver l'intimité de la chambre nuptiale et séparer la partie réservée au public de l'aile privée de la villa.
C'est un « représente un exemple unique de création de grotesques sur une surface en bois », explique la directrice des travaux, l'architecte Francesca Romana Liserre. En effet, l'un des éléments caractéristiques de cet espace est précisément ce plafond en bois peint, avec un insert en papier décoratif, destiné à simuler une voûte en maçonnerie ornée de fresques. « Cette Galerie était un lieu très délaissé. Nous, les chercheurs, nous souvenons tous de l'avoir fréquentée lorsqu'elle abritait les catalogues de l'Institut de la Gravure », se souvient Gisella Capponi, directrice de l'Institut supérieur de conservation et de restauration. « C'était un endroit sombre, et il était vraiment difficile d'imaginer que cette décoration se cachait au-dessus, sous une couche jaune très foncée. Il s'agissait assurément d'une restauration très importante, et il faudra désormais du temps pour étudier toute l'iconographie représentée. » Les travaux ont également bénéficié du soutien de la Fondation Isabel et Balz Baechi, qui a contribué à hauteur de 70 000 € à la restauration, versés en deux fois. « Ce fut une grande satisfaction de voir la conviction du mécène se renforcer après avoir constaté le travail de nos restaurateurs », ajoute Capponi. Au total, les travaux, qui comprenaient également les systèmes d'éclairage, ont coûté environ 100 000 €. " (traduction personnelle)
CAVALLARO ( Anna), 2023 , "Il gusto eclettico della Galleria delle Grottesche: iconografe rinascimentali e ornati ‘neopompeiani’" , in Raffaello e l'antico nella villa di Agostino Chigi, catalogo della mostra, Roma, Villa Farnesina, 6 aprile-2 luglio 2023, a cura di C. Barbieri e A. Zuccari, Roma 2023, pp. 233-247.
https://www.academia.edu/103288623/Il_gusto_eclettico_della_Galleria_delle_Grottesche_iconografie_rinascimentali_e_ornati_neopompeiani_in_Raffaello_e_lantico_nella_villa_di_Agostino_Chigi_catalogo_della_mostra_Roma_Villa_Farnesina_6_aprile_2_luglio_2023_a_cura_di_C_Barbieri_e_A_Zuccari_Roma_2023_pp_233_247?email_work_card=view-paper
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