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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 22:02

Le jubé (chêne non peint, 1534-1543 ? et Denis Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. 

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1. Voir sur Lambader :

 

2. Voir sur les jubés de Bretagne (ordre +/- chronologique) :

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3. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

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 Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

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GÉNÉRALITÉS : LES JUBÉS BRETONS.

 

Dans une église, le jubé est une tribune formant clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef, car suivant la conception médiévale, l'autel, lieu du mystère sacré, ne doit pas être directement visible. : le chœur était réservé au clergé, et les fidèles, installés dans la nef, écoutait la lecture et les prédications, chants liturgiques, et apercevait le chœur à travers la claire-voie.

 Il se compose de 3 parties :
- La clôture appelée chancel,, elle est à claire-voie et dotée d'une ou deux portes.
- Au-dessus la tribune (le véritable jubé), parfois en encorbellement, à laquelle on accédait pour prêcher ou chanter, par un ou deux escaliers.
- Et l'ensemble étant dominé par un groupe de crucifixion ou « tref » — du latin trabs (« poutre ») — .

Nous pouvons ajouter une quatrième partie, les autels latéraux destinés parfois à déposer des offrandes en nature (St-Herbot) ou à la célébration des messes à l'intention des fidèles, le maître-autel leur étant interdit.

La tribune est souvent ornée, coté nef, de douze panneaux figurant dans un but didactique les apôtres.

Au XVIe siècle, le concile de Trente (achevé en 1563) provoqua une évolution de la liturgie catholique en réponse au succès des églises protestantes. Le chœur devant désormais être visible pour les fidèles, les jubés étaient condamnés. Tandis que les chaires à prêcher les remplaçaient, ils seront déplacés ou détruits aux siècles suivants, quelquefois tardivement au XIXe siècle. Curieusement, plusieurs jubés bretons ont été construits pendant ou après le Concile de Trente.

La Bretagne conserve encore 12 jubés complets  et quelques chancels. Les panneaux des tribunes furent remontés ici ou là comme tribune d'orgue (Goulven) ou tribune de fond d'église, comme à Esquibien.

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LISTE  DES JUBÉS BRETONS.

 

Sur la centaine d'origine, il  subsiste douze jubés entiers en Bretagne  : j'ai tenté de les classer chronologiquement.

— église du Folgoët (29), un jubé en pierre. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-place-de-l-eglise-le-folgoet/5f4c4b00-49a8-4644-a69b-f36f08115031

chapelle St-Fiacre du Faouët (56) : c'est le plus ancien des jubés de bois bretons , puisqu'il a été réalisé vers 1480.

http://www.lavieb-aile.com/2016/01/le-jube-de-la-chapelle-saint-fiacre-du-faouet-i-le-cote-de-la-nef-ouest-b-la-tribune.html

— chapelle de Kerfons en Ploubezre (22), vers 1491-1495. 12 apôtres disposés comme dans le Calendrier des Bergers de 1493. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-de-la-chapelle-de-kerfons/5c64208e-8ddc-4391-b955-0ff20004cab9

 

— chapelle St-Fiacre de Melrand (56), fin XVe (chapelle 1460). 12 apôtres disposés comme dans le Calendrier des Bergers 1493.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/f3d4975b-c112-4d60-b888-612dff2f546b

chapelle St-Pabu de Saint-Guen (22). 1501 ? Jubé gothique

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089629

https://actu.fr/bretagne/mur-de-bretagne_22158/a-saint-guen-pres-mur-bretagne-tresor-patrimonial-va-etre-restaure_16545697.html

chapelle de Lambader à Plouvorn (29) : vers 1520 ou 1534 (discussion infra)

— chapelle Ste-Avoye de Pluneret (56), daté de 1555. 12 apôtres coté nef (Pierre-André-Jacques Philippe avec épée-Jean-Thomas avec équerre - Mathieu avec lance-Barthélémy=couteau -Jacques min. foulon - Jude+scie- Simon tourne le dos- Mathias hallebarde), Vertus et saints coté chœur

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=56176_3

église St-Yves de La Roche Maurice (29), daté de 1570-1580. Apôtres coté nef.

Le jubé (chêne polychrome, v. 1560) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29).I. La tribune.

—  chapelle St-Nicolas de Priziac (56)   achevé en 1580. Apôtres coté chœur. Pierre-André-Jacques Maj.-Jean-Thomas-Philippe-Matthieu-Barthélémy-Jude-Simon-Jacques min.-Mathias.

http://www.lavieb-aile.com/article-chapelle-st-nicolas-en-priziac-104337834.html

—   chapelle St-Herbot en Plonevez-du-Faou (29), seconde moitié du XVIe siècle. 12 apôtres coté nef.

—  chapelle ND de la Croix à Plélauff (22)  XVIe siècle.

http://www.plelauff.fr/decouvrir/la-chapelle-le-jube

chapelle de Locmaria en Belle-Isle-en-Terre (22)12 apôtres coté chœur, ordre recomposé. Après 1516.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-pendreo-locmaria-belle-isle-en-terre/728ce742-202f-4535-a9b4-e30a8442598c

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Les jubés en ré-emploi :

église de La Martyre (29) : chancel de pierre, XVe siècle.

église de Goulven (29) : la tribune d'orgue, ancien jubé du XVIe siècle. Décor Renaissance (dauphins, griffons, arabesques, masques)

église ND de Rochefort-en-Terre (56) : jubé transformé en tribune au XIXe siècle.

église de Loc-Envel (22) : ré-emploi en tribune. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jub%C3%A9_de_l%27%C3%A9glise_Saint-Envel_de_Loc-Envel 

"Le jubé présente trois styles différents. Les panneaux de la tribune et les baies du côté subsistant de la clôture sont de style gothique flamboyant. Les pilastres et les meneaux à décor d'écailles ou de rosettes, les nids-d'abeilles et les torsades des colonnes, de style Louis XIII, sont inspirés des décorations du château de Blois. Les panneaux de soubassement, où l'on reconnaît de fins oiseaux affrontés, des vases, des candélabres, des arabesques, datent de l'époque de la Renaissance italienne et sont l'œuvre d'un atelier morlaisien."

Cathédrale Saint-Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon (29)

Lamballe (22) restes de jubé : tribune d'orgue

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/buffet-d-orgue-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/c3763869-0343-4347-a923-b59b5686e23a

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube-lamballe-fusionnee-en-lamballe-armor-en-2019/e970ddf1-22e2-4788-93a6-cafe584b86d5

Les Iffs (35): les 12 apôtres, 12 panneaux restant du jubé (deuxième moitié XVIe siècle), remontés dans un bâti :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IM35001291_01.pdf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/jube/8a842632-bcbc-4f03-b37b-5f500aa5dd9f

 

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PRÉSENTATION : LES INCERTITUDES DE LA DATATION.

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L'article de Wikipédia me permettra d'exposer la difficulté de datation que pose ce jubé :

"Le jubé de la chapelle de Lambader est situé à la jonction des cinquième et sixième travées de l'édifice. Construit en bois de chêne, il affecte une architecture flamboyante. Cette œuvre sculptée présente des affinités certaines avec le jubé de la chapelle de Kerfons sise en Ploubezre. Dépourvu aujourd'hui de toute polychromie, il date du dernier quart du XVe siècle, voire du début du XVIe siècle. L'art de la Renaissance y fait une timide apparition, les panneaux de la galerie, enchâssés dans des arcs en accolade, s'ornant de vases, rinceaux et autres motifs italianisants."

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

En effet, les deux blasons de ce jubé, qui portent les armes de Troërin et de Kermellec, et sont attribuées à   Marc de Troërin et Isabeau de Kermellec, mariés en 1481, ont longtemps incité les chercheurs  à  estimer que le jubé fut donné en 1481

C'est le vicomte de Reals, propriétaire du château de Troërin, maire de Plouvorn à l'origine de la restauration de la chapelle, qui affirme :

"D'après les titres des Troërin, ce jubé fut donné à l'église en 1481, par Marc de Troërin, époux d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du chœur; elles sont aussi reproduites, ainsi que celles de sa femme, au dessus de la porte du milieu." Mais il ajoute : " Les motifs multiples de ce jubé sont du style flamboyant et ils reproduisent le dessin de la maitresse vitre.". Or, ce vitrail porte la date de 1543.

D'autre part, argument faible contre l'hypothèse d'être en capacité de faire donation,  en 1481, Marc de Troërin n'était pas présent à la Montre de l'Évêché de Léon, à la différence de Guillaume de Troërin, son père a priori.

Mais V.-H. Debidour, en 1979, après une étude stylistique comparative des jubés bretons, proposait pour celui de Lambader la date de 1520, au vu des panneaux italianisants.
 

En 1976, Tanguy Daniel écrit dans un article de 4 pages sur ce jubé :

"De quand dater ce chef-d'œuvre ? Certaines analogies avec le jubé de Kerfons en Ploubezre, daté, lui aussi des années 1481-1485, ont poussé certains auteurs à faire remonter aussi celui de Lambader aux années 1480, d'autant qu'un écusson des donateurs, Marc de Troënin et Isabeau de Kermellec, vivant à cette époque, figure du coté du chœur tenu par un ange en pendentif. Cela peut correspondre à la partie flamboyante du jubé, mais la tribune, avec ses éléments décoratifs de la première Renaissance, ne peut remonter au delà des années 1510-1520. Quoiqu'il en soit, ce chef-d'œuvre fragile a été considérablement restauré en 1877 , au moment de la reconstruction de la chapelle, par Denis Derrien, sculpteur à Saint-Pol-de-Léon : il a refait bien des entrelacs de la claire-voie, et surtout remplacé la plupart des statues accolées à la tribune du coté du chœur. Il n'en reste pas moins que le jubé de Lambader, même s'il n'a pas — ou plus ? — de polychromie, est en Bretagne une œuvre majeure de la fin du flamboyant et du début de la Renaissance."

 De même en 1977,  Michel de Mauny, écrit dans Le Pays de Léon :

"La date se rapproche beaucoup plus de 1510-1520, en raison du décor Renaissance des panneaux de la tribune, comparables à ceux de Goulven : rinceaux, candélabres et chimères sous des accolades jumelées sont identiques. Par la délicatesse de ses découpures, ce jubé mérite d'être placé en parallèle avec les plus beaux jubés conservés de Bretagne, tels celui de Kerfons en Ploubezre avec lequel il a en commun certains détails, l'escalier notamment, celui de Locmaria en Belle-Isle-en-Terre, celui encore de Saint-Fiacre du Faouët."

 

C'est aussi l'évaluation des services du Patrimoine (base Palissy) qui donne la datation du "premier quart du XVIe siècle".

Les cartes de l'examen iconographique, stylistique et héraldique sont brouillés par l'importante réfection de novo et la restauration de 1877. Ainsi, les deux blasons, très bien conservé, semblent en relever.

 "En 1877, Denis Derrien sculpteur de Saint-Pol démonta et restaura ce jubé et l'état des statues détermina leur remplacement . Par un contresens aussi grossier que déplorable , dû à l'ignorance , on le remonta à l'envers, plaçant les statues  des apôtres face au chœur, au lieu de les remettre face à la nef où ils doivent obligatoirement se trouver puisqu'ils sont là pour  rappeler qu'ils figurent les portes par lesquelles on entre dans l'Eglise apostolique les deux portes de la Jérusalem céleste. Du coté opposé on a mis le pélican qui se perce le flanc, figure du Christ dont le sang vivificateur ressuscite à la vie spirituelle les hommes morts par le péché, allégorie en raison de laquelle il devrait se placer face au chœur. Des anges, portant les instruments de la Passion, terminent les pendentifs." (Michel de Mauny)

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Je peux donc, pour reprendre ces auteurs, poser ce postulat : la clôture de chœur est de style gothique flamboyant, tandis que la tribune relève de la Première Renaissance. Soit de façon contemporaine (comme cela se voit pour la clôture de chœur de la chapelle haute de Gaillon, 1502-1510), soit par deux chantiers distincts et successifs. 

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Rappel : On divise la Renaissance entre un Style Louis XII (1495-1525/1530) de transition avec le gothique, une Première Renaissance française (1515-1530/1540) et une Seconde Renaissance ou Classicisme (1540 à 1560/1590, incluant le Style Henri II) qui s'achève avec le Maniérisme. L'Ecole de Fontainebleau (1534-1539) y joue un rôle pivot, avec l'introduction dans l'ornementation des créations de Primatice, Rosso Fiorentino, et, pour les boiseries, de Scibec de Carpi.

Mais ces datations qui qualifient l'architecture française doivent être interrogées pour leur application à la sculpture en Bretagne.

  Les premières manifestations de la sculpture Renaissance en Bretagne se trouvent en Haute-Bretagne, à Dol-de-Bretagne en 1508, puis à Guerche-de-Bretagne (stalles, 1518-1525), à Notre-Dame de Vitré (vers 1530-1550) sous l'influence de Guy XV de Laval, puis à Champeaux (stalles, v.1530-1550) sous l'influence des familles d'Espinay et de Goulaine. Le style de la Seconde Renaissance ne s'introduit en Basse-Bretagne qu'en 1553-1559 à la chapelle de Kerfons, sous l'influence de Marquise de Goulaine, puis au château de Kerjean vers 1570 et au château de Maillé sous l'influence de Maurice de Carman et Jeanne de Goulaine, mariés en 1541. Ce sont ces familles d'Espinay, de Goulaine, de Carman, de Boutteville, de Montejean, de Vertus-d'Avaugour qui diffusèrent le style italianisant qui s'était développé à la Cour de France dans le Val-de-Loire.

D'où mon interrogation : les panneaux sculptés de Lambader (que je vais présenter en détail), de style Première Renaissance avec leurs rinceaux symétriques autour d'un axe vertical, leurs dauphins et dragons affrontés, leurs putti ailés, leurs oiseaux fabuleux buvant aux mêmes vasques, leurs candélabres, et leurs crânes animaux, comparables à ceux de Gaillon, Dol-de-Bretagne, La Guerche et Champeaux, mais sans aucun élément bellifontain comme les cartouches, cuirs découpés  et mascarons, ont-ils, si on accepte la datation de 1510-1520, précédé ceux des collégiales de Haute-Bretagne et sont-ils apparus, de façon presque virginale, en Basse-Bretagne sans y être introduit par un haut seigneur fréquentant le Val-de-Loire et la Cour?

Ne faut-il pas accorder un peu plus de temps à la Première Renaissance pour pénétrer le Léon ? 

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L'un des arguments que je propose est de remarquer que la chapelle fut victime d'une importante destruction du chevet, nécessitant de la part de Marc de Troërin une donation du 17 janvier 1534. 

"dans les papiers de la famille de Troërin, famille fondue dans la maison de Réals, nous trouvons un acte de 1534 par lequel le seigneur de Troërin, à l'occasion d'une reconstruction du pignon sud de l'église, donne au prieur de Lambader un champ sis au terroir de Kerguidal. L'acte n'indique pas à quel ordre appartenait le prieur de Lambader. En reconnaissance de ce don, le dit prieur reconnut au seigneur de Troërin le droit à trois tombes dans la chapelle, plus le droit à la troisième arcade, plus le droit de placer ses armes dans trois endroits différents de l'église. Diverses tombes ont été découvertes pendant la démolition ; mais aucune inscription n'a permis de reconnaître quels étaient les personnages que recouvraient ces sépultures." (Vicomte de Réals)

N.B Tanguy Daniel signale que ce don permit non seulement la reconstruction "du pignon suzain [haut, supérieur] d'icelle chapelle" mais aussi la réparation de la chapelle.

On peut déduire de cet acte que Marc de Troërin n'avait pas, avant 1534, droit à apposer ses armoiries dans la chapelle. On remarque que le nombre des blasons concédés par le prieur est le même que celui des écus qui existent aujourd'hui sur le jubé.  

Le nouveau chevet est achevé en 1543, puisqu'on y installa la maîtresse-vitre représentant une Passion (elle sera brisée en 1845) portant cette date. .

On ajoutera à cela  que le calvaire date de 1550 environ. La période 1534-1550 est celle d'une importante activité pour Lambader.

 

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Au total, j'incite les chercheurs à reconsidérer la datation du jubé (ou peut-être seulement de sa tribune) et, pour les motifs héraldiques et stylistiques exposés, de le retarder autour de 1534-1539 (avant la Galerie de François Ier de Fontainebleau) ou de 1534-1543.

Un autre élément de datation pourrait, comme Jérôme Lafeuille l'a si élégamment fait à Kerfons, se baser sur les statues des apôtres Credo apostolique. Mais celles-ci, qui ne forment pas un Credo apostolique,  sont dues au ciseau de Denis Derrien en 1877, et il faudrait , pour s'y fier, supposer qu'il s'est fondé, pour les réaliser, sur des modèles préexistants. Son orientation inhabituelle de la tribune, et l'étude de ces statues, n'encouragent pas à les inclure dans une iconographie comparative permettant une datation.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LE JUBÉ VU DEPUIS LA NEF.

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Le jubé de la chapelle de Lambader est situé à la jonction des cinquième et sixième travées de l'édifice.

Nous voyons les trois arcades de la clôture  de style flamboyant, l'arcade du milieu étant ouverte en partie basse pour permettre un passage vers le chœur. Était-elle fermée par une porte ?

Au dessus des voûtains de ces arcades, la tribune se déploie, rythmée par 12 panneaux, un crucifix central et deux statues du XIXe siècle.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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I. LA TRIBUNE, COTÉ NEF.

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Sous une frise de fleurs et feuilles de chardons, douze arcatures jumelées deux à deux sont séparées par des  pinacles à crochets ou des pinacles suspendus. Ces arcatures imitent des baies gothiques avec un remplage chargé de choux frisés, découpant des mouchettes et marquées, comme des yeux, par  deux roses contiguës.

Cette dentelle flamboyante se répète sans varier, mais chacune des 12 arcades renferme un panneau rectangulaire, de style Renaissance, qui diffère à chaque fois. Je les présenterai de gauche à droite.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DOUZE PANNEAUX "GROTESQUES".

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Premier panneau.

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Feuilles larges et fleurons dans un rinceau symétrique autour d'un axe vertical.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième panneau.

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Dans une symétrie autour d'un axe vertical formé par un candélabre, deux dauphins s'affrontent dans le réseau de rinceaux produisant des masques anthropomorphes de profil .

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Troisième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre (ou vase, ou bassin) recevant la tête d'un putto ailé. Deux oiseaux fantastiques et hybrides viennent en mordre le bord. La tête, le corps, les ailes et la queue de ces oiseaux sont feuillagés, selon le procédé de métamorphose et effacement des limites entre monde animal et végétal.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième panneau.

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L'axe vertical est un encore un vase, contenant des fruits ronds que deux oiseaux viennent picorer. Ces oiseaux sont feuillagés comme les précédents.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Cinquième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre (ou vase, ou bassin) auquel deux dauphins copieusement feuillagés viennent s'abreuver. Leur queue bascule du monde naturel vers le monde artificiel en adoptant la forme d'une lame marquée de I.  

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sixième panneau.

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L'axe vertical est un candélabre supportant une tête plus animale qu'humaine, aux longues oreilles, aux yeux caves et au nez épaté. De part et d'autres, deux dragons (ou unicornes) s'ébattent, mais leur buste laisse vite place à des rubans de feuillages.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Septième panneau.

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Au dessus du candélabre central, une tête vaguement anthropomorphe, mais feuillagée, crachent trois rinceaux de chaque coté. L'un s'achève en feuillage, l'autre en corne, et le troisième est la queue d'un dauphin. Feuillagé, cela va de soit.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Huitième panneau.

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Deux dragons, qui reprennent la plupart des traits des animaux précédents, s'opposent de chaque coté du candélabre.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Neuvième panneau.

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Deux oiseaux picorent un fruit rond trouvé sur la vasque du candélabre central.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Dixième panneau.

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Deux dragons feuillagés autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Onzième panneau.

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Le candélabre supporte un masque de forme lunaire; Il est gardé par deux dragons ailés, assis comme des sphinx.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Douzième panneau.

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Composition à feuilles larges creusées en cupules au centre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX STATUES (1877).

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Elles occupent les deux consoles à godrons (d'origine ?) encadrant le Crucifix? Comme ce dernier, elles sont dues au ciseau de Denis Derrien, et il est très improbable que ce dernier se soit basé sur des statues antérieures ; le culte de saint Joseph s'est développé au XIXe siècle. Joseph et son fils, Anne et sa fille célèbrent les vertus des liens familiaux.

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1. Saint Joseph et l'Enfant-Jésus.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Anne éducatrice.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES SEPT ANGES PRÉSENTANT LES INSTRUMENTS DE LA PASSION.

 

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1. Ange ayant perdu son attribut.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange présentant la croix (traverse perdue)

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange présentant le marteau et les tenailles du crucifiement.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange présentant la couronne d'épines.

Le pélican dans une corbeille s'ouvre la poitrine pour nourrir ses petits de son sang. Allégorie de l'Eucharistie.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Ange présentant l'échelle de la Descente de croix.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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6. Ange présentant la lance de Longin.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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7. Ange volant (accessoire perdu ?).

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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II. LA CLÔTURE, COTÉ NEF.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Les montants de la porte présentent les statues de l'ange Gabriel et de la Vierge Marie, tandis qu'au centre un ange montrent le blason aux armes de Kermellec. Tout autour court un rinceau de vigne, avec ses grappes, symbole eucharistique au même titre que le pélican.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un blason.

Le blason porte, selon Pol de Courcy (1864) repris par  De Réals (1889) puis Abgrall (1897) les armes de la famille de Kermellec, d'or à une fasce de gueule, accompagnée de trois molettes d'éperon de même, deux en chef et une en pointe.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article789

Selon les auteurs, Isabeau de Kermellec épousa Marc de Troërin en 1481.

Les meubles du blason, tout comme l'ange, ne montrent aucun signe d'altération : il s'agit sans doute d'une copie de 1877. Les molettes sont remplacées par des étoiles. La fasce porte des hachures verticales, comme dans le codage de représentation monochrome en héraldique, pour rendre la fasce de gueules.

L'affirmation de Pol de Courcy peut s'étayer sur les  informations réunis par le site d'Hervé Torchet,  La Pérenne :

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=616

a) Ysabeau de Kermellec est la fille de  Tanguy de Kermellec et de Constance de Coetanroch

1499, Partage : Guillaume de Cornouaille seigneur de Cornouaille sgr de Kerguern et de Coetanroch à Ysabeau de Kermellec, héritage de feus Tanguy de Kermellec et Constance de Coetanroch père et mère de ladite Ysabeau et aïeuls dudit Guillaume.
b) en 1505, ladite Ysabeau est femme de Marc Tuonquirin ( en marge Troerin)

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation sur l'encadrement de la porte.

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J'ai remarqué récemment (Arc de triomphe de Saint-Thégonnec) combien les Annonciations étaient disposées à l'entrée des sanctuaires, sur les portes monumentales, les porches, et, ici, la porte de clôture.

Les statues sont placées dans une niche à dais gothique.

Gabriel qui ébauche une génuflexion, tient le lys, fleur pur et blanche symbolisant la conception virginale. Le phylactère de son message entoure la tige.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge Marie.

Elle tient le livre des Écritures (qu'elle réalise) et fait le geste de son acceptation au plan divin de l'Incarnation.

Son front est largement épilé, ses cheveux ne sont pas voilés ou retenus, ses joues sont particulièrement rondes et pleines. Elle porte sur une chemise à col rond une robe à encolure carrée et un manteau. Le vase portant le lys est à ses pieds.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LE JUBÉ VU DEPUIS LE CHOEUR.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

 

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I. LA TRIBUNE.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES DOUZE PANNEAUX "GROTESQUES".

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Nous trouvons plusieurs fois les mêmes motifs, déjà présents sur la face ouest, sans pouvoir affirmer si ces panneaux sont ceux d'origine, ou encore si Denis Derrien a complété des espaces manquants ou trop altéré.

Il me manque, pour l'ensemble des boiseries de ce jubé, une expertise des bois qui en daterait la réalisation. 

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Premier panneau.

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Un candélabre supporte un masque feuillagé qui crache des rinceaux, dont deux s'achève en tête de dragons.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième panneau.

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Un candélabre supporte un crâne animal (bucrâne? mais sans cornes) aux oreilles longues. Deux dragons ou unicornes voient leur queue s'empanacher en rinceaux.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Troisième panneau.

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Deux oiseaux huppés et feuillagés  boivent ou picorent le bord du vase central, lequel est dominé par une tête de putto ailé.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième panneau.

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Deux oiseaux feuillagés picorent les fruits ronds disposés sur la coupe d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Cinquième panneau.

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Deux dauphins s'affrontent autour d'un candélabre, croisant le trajet de deux rinceaux qui s'épanouissent en masques anthropomorphes de profil.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Sixième panneau.

Rinceaux autour d'un candélabre.

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Septième panneau.

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Deux dauphins cornus s'ébattent sur la margelle d'un candélabre ; leur tête, leur corps et leur queue libèrent des volutes de feuillages.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Huitième panneau.

Rinceaux autour d'un vase et d'une fleur.

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Neuvième panneau.

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Semblable au 3ème panneau.

Deux oiseaux huppés et feuillagés  boivent ou picorent le bord du vase central, lequel est dominé par une tête de putto ailé.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Dixième panneau.

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Rinceaux autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Onzième panneau.

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En registre supérieur, deux oiseaux fabuleux picorent les fruits ronds proposés sur un candélabre.

Au centre, un médaillon (aux bords marqués de I ) renferme un fleuron inscrit dans  par un losange.

En registre inférieur, deux dauphins autour d'un candélabre.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Douzième panneau.

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Identique au onzième.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES TREIZE STATUES , LES DOUZE APÔTRES.

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L'étude des 13 statues en ronde-bosse  s'est avérée décevante. Elles sont posées sur un culot, la plupart polyédrique, un seul à godrons) sous des dais gothiques. Une seule (saint Jacques), placée devant la porte de l'escalier, n'a pas de dais. 

Cette étude est décevante car la plupart des statues ont été crées par Denis Derrien en 1877 sans que nous ne sachions s'il disposait, ou non, de modèles. 

 

Elle est décevante, car nous ne retrouvons ni l'ordre traditionnel des Credo apostoliques (Pierre, puis André, puis Jacques le Majeur, puis Jean, etc.),  ni les phylactères portant l'article du Credo qui est leur est attribué. Or, cet ordre et ces phylactères sont présents dans les autres jubés "contemporains" (notion vague en raison du manque de consensus sur cette datation). À Kerfons en Ploubezre vers 1495 et Saint-Fiacre en Melrand les 12 apôtres suivent l'ordre du Credo du Calendrier des Bergers de 1493. 

Elle est décevante car ces apôtres sont tournés vers le chœur et non vers la nef comme dans les autre cas, ce qui amène Michel de Mauny à en rendre responsable Denis Derrien. Ce serait vraiment la preuve d'une grande incompétence ; mais cette orientation des apôtres se retrouve aussi à Saint-Nicolas en Priziac.

Elle est décevante car la représentation des apôtres semble fautive (par égard à l'iconographie traditionnelle). C'est ainsi que saint Jean est figuré en évangéliste (accompagné de l'aigle du Tétramorphe), au lieu de tenir en main gauche son attribut, le calice de poison. La main droite brisée ne permet pas d'en dire plus.

Et enfin elle est décevante car l'identification de nombreux apôtres nous plonge dans l'embarras.

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Que savons-nous de ce sculpteur de Saint-Pol-de-Léon?

Fils de Jean-François, menuisier à Saint-Pol, Jean-Denis Derrien (Saint-Pol,1816/ Saint-Pol, 1897) installa en 1854 dans une ancienne demeure du XVIe un atelier de sculpture religieuse au 5 rue Saint-Yves (ex Venelle-aux-poules), près de la cathédrale, où, pendant plusieurs décennies, une quinzaine d'ouvriers réalisèrent des statues, autels, retables pour les églises de la région. Il réalisa ainsi un autel et le baptistère (1897) de la cathédrale, pour l'église de Carantec la chaire à double escalier, trois confessionnaux et l'autel de Saint-Sacrement, les chaires du Folgoët et de La Feuillée, les stalles de la cathédrale de Quimper et de Saint-Brieuc, et les stalles de l'église de Rumengol (1874) . Et peut-être deux statues de saints (Corentin et Guénolé) à l'église de Rumengol vers 1886, tout comme la niche (1883) de la Trinité et celle de Notre-Dame de-Rumengol (1883). Il a travaillé aussi à Plounéventer et Carhaix.

Il est aussi entrepreneur (c'est sa qualification sur son acte de décès), et se chargea de la construction de l'église Saint-Pierre de Plounevez-Lochrist en 1871 sur les plans de Rivoalan, architecte de Brest.

On le trouve désigné aussi sous le terme "atelier Derrien-Pondaven", en association avec son concurrent Yves-Marie Pondaven, qui employait à la même époque jusqu'à 29 ouvriers dans son atelier de la Grand-Rue ; ce dernier réalisa les retables et autels de Plouvien, le reliquaire en acajou de Rumengol en 1855, deux autels et le maître-autel de Pleyber-Christ en 1869. Le reliquaire de Rumengol porte une inscription associant leurs deux noms : "gant D.M. Pondaven ha Derrien D. 

Au total, nous avons la certitude que ces statues du jubé sont sorties d'un atelier prestigieux et prolifique de Saint-Pol-de-Léon, mais cet atelier s'est illustré dans les créations de mobilier religieux neuf, et non dans les restaurations de monuments historiques. [Le jubé de Lambader est classé Mh depuis 1840].

Dernière remarque. Beaucoup d'auteurs pensent que ce jubé était, à l'origine, peint. Si cela était le cas, il ne subsiste pas la moindre trace de polychromie, ce qui supposerait de la part du restaurateur un décapage très sérieux. Les visiteurs qui ont décrit au XIXe siècle et avant 1877 le jubé "en bois sculpté" se sont tous extasiés sur "la finesse du travail et la multiplicité des détails qui pourraient le comparer à un ouvrage de dentelle brodé dans le chêne" et aucun n'en mentionne les couleurs. Certes ils recopient peu ou prou les Antiquités de Fréminville (1832-1835), mais cela m'amène à penser que ce jubé était alors en bois brut. 

Un autre sujet d'étonnement est qu'aucun de ces voyageurs ne signale, bien au contraire, le mauvais état de conservation des sculptures, y compris en 1864 dans la description de Pol de Courcy.

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Liste des statues. On a compris que les identifications sont plutôt des propositions ou interrogations destinées à susciter des échanges que des affirmations.

Saint Jacques le Majeur ?? Chapeau ; bâton. Statue ancienne ?

Saint Pierre. Clef ; livre ; toupet frontal

Saint Paul. Epée ; livre ; calvitie.

Saint André. Croix en X (?), livre.

Saint Jean. Imberbe, aigle du Tétramorphe, phylactère (évangile ?)

Saint Thomas. Équerre, livre.

Apôtre non identifié. Geste de bénédiction ; livre ; attribut en demi-lune près du pied droit.

Apôtre non identifié. Deux livres ?

Saint Barthélémy (couteau ?) ou Matthieu (hache ?). Livre.

Apôtre non identifié. Attribut brisé (manche  d'outil?) en main droite ; livre.

Saint Jacques le Majeur. Chapeau de pèlerin, coquille sur une courte pèlerine, bourdon (brisé) ; livre.

Apôtre non identifié. Attribut brisé en main droite ; livre. Statue plus ancienne ; le manteau est lacé par devant selon un motif rare.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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1. Saint Jacques le Majeur ?? Chapeau ; bâton. Statue ancienne ?

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Saint Pierre. Clef ; livre ; toupet frontal

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Saint Paul. Epée ; livre ; calvitie.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Saint André. Croix en X (?), livre.

Il me manque un cliché pour préciser l'objet tenu en main droite et que je suppose être la croix de Saint-André.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Saint Jean. Imberbe, aigle du Tétramorphe, phylactère (évangile ?).

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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6. Saint Thomas. Équerre, livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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7. Apôtre non identifié. Geste de bénédiction ; livre ; attribut en demi-lune près du pied droit.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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8. Apôtre non identifié. Deux livres ?

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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9. Saint Barthélémy (couteau de dépeçage ?) ou Matthieu (hache ?). Livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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10. Apôtre non identifié. Attribut brisé (manche  d'outil?) en main droite ; livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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11. Saint Jacques le Majeur. Chapeau de pèlerin, coquille sur une courte pèlerine, bourdon (brisé) ; livre.

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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12. Apôtre non identifié. Attribut brisé en main droite ; livre. Statue plus ancienne ; le manteau est lacé par devant selon un motif rare.

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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LES CINQ ANGES .

Quatre anges présentent des phylactères autour d'un ange tenant le blason de Marc de Troërin. ils sont décrits de gauche à droite.

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1. Ange volant, présentant un phylactère.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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2. Ange volant, présentant un phylactère.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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3. Ange volant, présentant un phylactère. Aile gauche brisée.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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4. Ange volant, présentant le blason de Marc de Troërin. Aile droite brisée.

Selon l'Armorial ou nobiliaire de l’évêché de Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne, en 1443, par le marquis du Refuge, (BnF RES 8-LM2-124) ces armoiries de Troërin ou Traonvilin sont : d'azur à la fasce vivrée d'argent accompagnée de six besants de même.

Ici, le sculpteur a figuré une fasce simple, et non "vivrée", découpée en grandes dents de scie.

On trouve aussi ici  d'azur à la face ondée ... mais la fasce sculptée est parfaitement droite (mais marquée d'un croissant en bord inférieur, comme une moitié de besant).

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La chapelle a été restaurée à l'initiative du vicomte de Réals (cf. biblio), qui demeurait au château de Troërin. On peut penser qu'il a superviser le travail de restauration du sculpteur, et tout spécialement celui des blasons. En tout cas, le blason aux armes de Marc de Troërin et tenu par un ange du jubé est attesté, avant la restauration de 1877, par les voyageurs du XIXe siècle.

https://books.google.fr/books?id=yWQDAAAAQAAJ&pg=PA79&dq=lambader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjE3dm_-aDvAhVgA2MBHU8ZBew4ChDoATAAegQIARAC#v=onepage&q=lambader&f=false

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La famille de Troërin et son manoir. Selon Wikipedia :

"Montres et réformations du XVème siècle font mention d'une famille Tuonhirin ou Tuonquerin, dont le vocable a évolué dans la suite en « Troérin ». Sa descendance mâle s'est éteinte en la personne de M. de Troérin, chanoine et grand-chantre de Léon en 1789, dont la sœur, Marie, avait épousé, en 1770, François de la Tullaye, seigneur de Coëquelfen, capitaine de vaisseau. Leur fille fit passer le manoir, le 16 janvier 1796, dans la famille de Réals par son mariage avec Charles Boscat de Réals, ancien capitaine au régiment de Bresse.

Troérin est toujours possédé par cette famille de Réals.

Les archives du manoir contiennent les titres de la famille de Troérin, depuis le XVème siècle, et ceux des familles de Coëtquelfen, de la Tullaye, de Réals... On y voit également des notes sur Plouvorn, des extraits des anciens registres paroissiaux, et des, notices généalogiques sur plusieurs familles du pays, rédigées par le colonel de Réals."

"La famille de Troërin est connue depuis au moins le XIIe siècle : le sire Pierre Michel de Troërin est cité comme participant à l'assise du comte Geoffroy en 1185 et le sire Pierre Michel de Troërin participe à la première croisade de Saint-Louis à partir de 1248. La famille de Troërin, seigneurs du dit lieu (l'existence du manoir de Troërin est attestée dès 1413), de Kerjean, de Kergounan (en Lampaul-Ploudalmézeau, de Kerrannou (en Saint-Pol-de-Léon), présente aux montres de 1426 à 1534, fut reconnue d'ancienne extraction noble lors de la réformation de 1669, à la demande d'Anne de Troërin, épouse de Louis de Kerhoas, seigneur de Coatcoulouarn (en Saint-Thégonnec) et du Quellenec. En 1638, Charles de Troërin épousa à Lampaul-Ploudalmézeau Louise de Kerlec'hb. Leur petit-fils Jan de Troërinc fut lieutenant des maréchaux de France en Bretagne ; il transforma le manoir en château aux alentours de 1717 et fit faire par Isaac Robelin un nouvel aménagement paysager du parc.

 Le 16 janvier 1798, Henriette-Marie-Salomé de La Tullaye, fille de François-Henri de La Tullayed et de Marie-Anne-Corentine de Troërin, mariés le 20 octobre 1767 à Plouvorn, épousa Charles-Marie-Henri Boscal de Réalse, capitaine au régiment de Bresse en 1790, issu d'une famille originaire du Poitou. Depuis le château de Troërin appartient à la famille Boscal de Réals."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-troerin-plouvorn/06f06d2a-a963-4976-b197-cd69d0a8bb95

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Marc de  Troërin.

Il est présent, équipé en brgiandine (*) à la  Montre de l'Evêché de Léon en 1503 ("Marc Truongirin").

(*) La Brigandine était selon Fréminville une cuirasse légère formée de bandes d'acier larges de deux ou trois doigts, assemblées transversalement et doublées d'un cuir de cerf.

On le trouve ensuite à celle de 1534 :

 Plouemorn
Le sieur de Penfentenyou, homme d'armes.
Le sieur de Kerounyant (Jean de Kergorlay), homme d'armes.
Le sieur de Créachquerault (Jean de Créachquerault), homme d'armes.
Le sieur de Coatudavel (Ulivier de Coatudavel) , archer .
Jan Kersainctgily, sieur de Keruzoret, archer à deux chevaux.
Marc Traouirin, sieur dudit lieu ou Troërin, archer en brigandine.

Etc

L. Le Guennec, "Convocation du ban et de l’arrière-ban de l’Evêché de Léon et de la chatellenie de Morlaix-Lanmeur (1534-1708)", Bull. SAF 1911 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207700g/f135.item

Son père (?) Guillaume Trouhirin ("Tnouhirin"), 20 livres de revenu, archer en brigandine est présent à la Montre de 1481 parmi 40 nobles de Plouvorn. Et à la Réformation de 1443 (base de l'Armorial du marquis du refuge), c'est Jean de Troërin ou de Traonvilin qui est mentionné.  

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Ajoutons que Troërin est le nom du ruisseau, affluent de l'Horn, qui passe  juste au sud de la chapelle de Lambader,  et alimente l'étang du château de Troërin. Un moulin de Troërisi  ou Troërin y était installé (Marteville et Varin 1853). 

 Le bourg de Plouvorn est situé sur une éminence, vers 80 mètres d'altitude, entre les vallées des deux ruisseaux de Troërin (au sud) et de Keruzoret (au nord).

Un simple coup d'œil sur les cartes permet de comprendre le lien entre la chapelle, et le manoir.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.041294&y=48.573442&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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Voir  les Preuves de la noblesse de Tanguy-Marie de Troérin de Kerjan, réunies en 1774. 

https://www.tudchentil.org/spip.php?article1260

 

 

 

 

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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5. Ange volant, présentant un phylactère. Aile gauche brisée.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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L'ESCALIER À VIS.

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Entièrement en bois et construit autour d'un axe central qui le rend indépendant des piliers,  il se déploie sur un tour et quart pour accéder par une porte à la tribune.

On retrouve un tel escalier au jubé de Kerfons.

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Deux des soutiens verticaux qui l'étayent à l'extérieur sont ornés à l'extrémité de belles gueules de dragons avalant le montant comme des engoûlants d'entraits.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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Le joueur de cornemuse.

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Il remplace, à l'extrémité nord de la tribune, l'un des anges et, comme ces derniers, il est figuré volant jambes fléchies derrière lui et  vêtu d'une tunique plissée. Comme eux, il a le visage poupon et des cheveux bouclés. Mais il est coiffé d'un chapeau rond (mais évasé après l'étranglement du galon), et ses yeux sont mi-clos, comme un instrumentiste regardant son public placé plus bas. Jean-Luc Matte, qui n'a pas manqué de décrire l'instrument dans son Encyclopédie de la cornemuse signale le bourdon d'épaule brisé, le hautbois également brisé en dessous des mains du musicien, les dites mains étant presque à la même hauteur que le hautbois. Il ne dit rien du porte-vent, qui descend verticalement des lèvres du joueur et qui comporte une encoche. Les deux viroles par lesquelles le bourdon et le hautbois s'implantent dans le sac sont visibles.

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Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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II. LA CLÔTURE, COTÉ CHOEUR.

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Nous retrouvons la disposition symétrique du coté nef, mais au dessus du fleuron de la frise d'acanthes, et au lieu des armoiries d'Isabeau de Kermellec, nous trouvons celles de son mari Marc de Troërin, toujours très "restaurées" (ou remplacées) et dont la fasce n'est ni vivrée ni ondée.

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Jubé de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé  (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

Jubé (chêne, v. 1534 et Derrien 1877) de la chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie), 1897, Le Livre d'or des églises de Bretagne,  Lambader, Berven, Lochrist, Goulven, illustrations de Charles Géniaux, Rennes pages 1-3.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_201/lambader__berven__lochrist__goulven.pdf

— COUFFON, René), LE BARS, Alfred), Notice sur Plouvorn,   Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

 

— COURCY (Pol de ), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo, itinéraire historique et descriptif, Hachette et Cie page 289

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=lambader+%22ma%C3%AEtresse-vitre%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

La chapelle prieurale de Notre-Dame de Lambader (à 8 kil. au nord de Landivisiau), se recommandait, il y a peu d'années, par une tour du XIVe siècle. Cette tour était couronnée d'une flèche élancée, une des plus hautes et des plus belles du Finistère, bâtie à l'imitation du célèbre clocher de Creizker, à Saint-Pol de Léon. Classé au rang de monument historique, Lambader avait reçu de l'État une allocation destinée à sa consolidation; cette somme a été employée, en 1837, à descendre la flèche et les étages supérieurs de la tour, fortement ébranlée par la démolition d'un arc de triomphe qui lui servait de contre-fort au nord-ouest, et dont la fabrique a vendu les pierres. Il y aurait une bien triste énumération à faire des édifices détruits ou mutilés sous le prétexte de les restaurer, et ceux qui subsistent encore pourraient dire en défilant devant leurs juges, comme les gladiateurs devant la loge de César, lorsqu'ils allaient combattre dans l'amphithéâtre: Morituri te salutant!

La démolition de son clocher n'est pas le seul acte de vandalisme dont Lambader ait eu à souffrir; sa maitresse vitre, garnie d'une brillante verrière de 1543, a été maçonnée, les vitraux ont été dispersés et plusieurs statues en pierre renversées ou mutilées. Elles gisent aujourd'hui dans l'enclos du prieuré parmi les débris de la tour et de ses clochetons, les rosaces de la flèche et les quatrefeuilles de sa galerie, qu'on ne songe pas à relever, mais qu'on a cherché à vendre. Les murs, qui surplombent de tous côtés, ne tarderont pas à s'effondrer à leur tour.

La fontaine sacrée, qui coule au midi de la chapelle, est le but d'un pieux pèlerinage; mais la merveille de Lambader, depuis l'amputation dont son clocher a été victime, est un jubé en bois travaillé à jour, ainsi que la rampe de son escalier tournant. Cet ouvrage de dentelle, digne d'admiration pour l'élégance et la multiplicité de ses motifs flamboyants, est dû à la munificence de Marc de Troërin, époux, en 1481, d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du chœur.

Un devant d'autel sur bois, dans la même chapelle, représente un martyr qu'à la mitre qu'il porte pour tout vêtement, on reconnait pour un évêque. Il est couché sur le dos, le ventre ouvert, et plusieurs soldats roulent, en riant, ses intestins autour d'un cabestan. On croit retrouver dans cet évêque saint Érasme, qui avait enduré le même genre de supplice. Les statues en kersanton de Notre-Dame de Pitié et de Notre-Dame de Lambader, sont reléguées dans des coins obscurs de l'église. Celle de ces statues qui surmontait le portail ouest, était accostée d'un groupe de 1598, qui n'a pas été déplacé, représentant six moines et six religieuses agenouillés.

Les statues de saint Christophe, portant l'enfant Jésus sur ses épaules, et de saint Trémeur, portant sa tête entre ses mains, ont été recueillies à la chapelle du château de Keruzoret, château où l'on conserve un riche cabinet du xviie siècle, à panneaux et à volets sculptés en ébène. Les sujets figurés sur ce beau meuble, qu'envierait le musée de Cluny, sont tirés du roman de l'Ariane, de Desmaretz, un des membres de l'Académie française à sa fondation, en 1635.

Vis-à-vis de Lambader se dresse une croix gothique dont les branches sont chargées des principaux personnages de la Passion. Plusieurs de ces statuettes, renversées par la tempête, ont été employés à macadamiser la route, d'autres jonchent aujourd'hui

les douves de cette même route, sans que la fabrique de Plougourvest prenne souci de les rétablir sur leurs piédestaux."

— DANIEL (Tanguy), 1996,  "La chapelle de Lambader en Plouvorn, le jubé XVe-XVIe siècle", Bulletin de l'Association bretonne et union régionaliste bretonne 123e Congrès à Saint Paul de Léon Kergournadec'h Cléder Lambader plouvorn Morlaix Léon Roscoff Saint Paul Aurélien Monsiegneur de la Marche Keremma Berven – 1 janvier 1996 C 1996, I 1997 pages 47-50

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1979 L'Art de Bretagne , Arthaud éditeur, pages 197-199.

"Dans la trentaine d'années qui suit [le jubé de Saint-Fiacre, commencé en 1480], le décor se modifie imperceptiblement. Les jubés ont traduit un peu plus tôt que le décor architectural de pierre les évolutions de style. Les panneaux, aveugles ou ajourés, continuent à agencer leurs flammes de cent façons, les anges à se cambrer au dessus du vide portant un blason ou les instruments de la Passion. Ainsi à la tribune de Rochefort-en-Terre ; mais à celle de Goulven, vers 1515, et à Lambader certains panneaux, sont déjà meublés de rinceaux et de candélabres à l'italienne.

Si Saint-Pabu et les reste de chancel de Kernitron se contentent de broder en tradition flamboyante, Kerfons, qui le fait aussi, introduit vers 1490 la torsade perlée sur les poteaux de soutien et les écailles sur les montants : détails "Louis XII" qui se retrouvent à Locmaria en Belle-Isle-en-Terre, à Loc-Envel, à Lamballe, à Saint-Roch en Lannion-Brélévenez. Pour l'iconographie, Kerfons inaugure aussi l'idée de l'alignement des douze apôtres : on les retrouve vers 1520 à Lambader (restauration de 1877) et pendant plusieurs générations. 

Après 1550, le goût nouveau a pleinement triomphé : les colonnettes sont en candélabres, les culots sont en toupie ; vases godronnées, coquilles, cartouches à enroulement, feuillages à profils humains se multiplient, têtes casquées dans les médaillons, bustes en demi-ronde bosse (Sainte-Croix en Plélauff, Rosquelfen, Saint-Jean en Guern, ancien dais à Rochefort-en-Terre, Brennilis, etc.).

À Sainte-Avoye, le jubé signé Bizoel (vers 1565) [1555] avec les apôtres d'un coté, des saints et les sept vertus de l'autre, n'a plus rien de gothique, et les voûtains de sa tribune  sont peints en faux marbre.

Beaucoup plus remarquable est celui de Saint-Nicolas de Priziac, achevé en 1580. La clairevoie a des masques grimaçants (plusieurs ont les yeux et la bouche percés) qui broutent des rinceaux. D'un coté les apôtres, de l'autre la légende de saint Nicolas : il défend la vraie foi au concile de Nicée, et meurt couché sur une planche, pleuré de ses clercs, dont un l'asperge d'eau bénite : les sept autres panneaux ont trait à des miracles : dès sa venue au monde, il se tient debout dans la cuvette de son bain [...] Et entre ces scènes toutes médiévales, ce sont cariatides et atlantes nus, dont les bras, quand ils ne tournent pas court en volutes, s'allongent pour cueillir des pommes au sommet des pilastres qui les gaines, ou dont les jambes serpentiformes s'enchevêtrent comme un caducée.

À La Roche-Maurice, dernière étape : la tribune n'est plus sur voûte, mais sur plafonds à caissons décorés d'entrelacs en "cuirs" avec des toupies pendantes ; de monstrueuses consoles animales, accroupies obliquement soutiennent ce plafond, les corniches sont à denticules et à grosses virgules, et les colonnes cannelées de la claire-voie montent par anneaux godronnés vers les chapiteaux corinthiens. La tradition ne se marque plus que par les rangées d'apôtres et de saints : si leurs douze dais sont à balustrades, ils ont encore sous les pieds six anges suspendus ...

De la même seconde moitié du XVIe siècle est le chancel de Saint-Herbot. Il est d'une extrême richesse  iconographique et ornementale. C'est une claire-voie faite de colonnettes tournées en candélabres  au dessus d'un buffet vêtu, ainsi que les montants de la porte, de reliefs légers, rubans enlacés et noués, vases, masques et mufles, guirlandes de feuillages et de fruits. Il est couronné d'une longue bande de panneaux historiés, somptueusement encadrés, et séparés par des figures engainées : apôtres, prophètes, sibylles et personnages laïcs. Vers l'intérieur, au dessus des stalles de bois ciré, court un baldaquin à caissons. Tout en haut d'une série de petits frontons triangulaires, festonnés de rinceaux à jour.

Le chancel de Berven est plus tardif encore : daté de 1601 — et même de 1720 pour le portique supplémentaire dont il a été doté, solennel et froid avec ses quatre grandes colonnes lisses —il offre vers la nef une claire-voie en pierre. Mais les faces latérales sont en bois avec des colonnettes cannelées prises jusqu'au tiers de leur hauteur dans des manchons feuillagés. Chapiteaux corinthiens, entablement à têtes ailées, tout l'ensemble est pleinement classicisant. Les saints et les saintes sont toujours là aux panneaux inférieurs, Catherine avec sa roue, Apolline avec sa tenailles serrant une molaire ; mais à coté d'elles, Lucrèce s'enfonce une épée dans le sein : "martyre " elle aussi de  sa pudicité, mais en bonne païenne, elle est figurée nue.

Mais au second quart du XVIIe siècle, c'était vraiment la fin des jubés et des chancels. Une conception toute nouvelle de l'aménagement et du décor des églises se faisait place : celle des retables monumentaux."

 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953 La sculpture bretonne

— FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

"Eglise de de Lambader, ancienne maison de l'ordre des Templiers qui, après la spoliation des biens de cet ordre en 1314; passa en la possession des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte. Cette église , assez vaste , est construite dans le style d'architecture gothique-arabe. Son clocher est très-beau ; c'est une tour carrée ornée en haut d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche très-élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierre de taille , est travaillée à jour ainsi que les clochetons qui l'accompagnent. Au pied du clocher est une porte donnant sur un petit porche qui précède l'église.

Presque tous les édifices appartenant aux Templiers portaient le cachet de l'esprit guerrier de leur institution, et leurs églises même avaient quelqu'apparence de forteresse; la commanderie de Lambader était environnée d'une forte muraille à plate-forme, on en voit encore une partie adjacente au clocher et dans laquelle est pratiquée la principale porte de ce monastère demi-couvent, demi-place de guerre. A droite de cette porte en est une autre plus petite ; une espèce de poterne ouverte au pied de l'escalier par où l'on monte sur la plate-forme.

· Entre le portail et le clocher on remarque quelques niches dans lesquelles étaient placées des statues de saints.

Dans l'intérieur de l'église , la boiserie gothique et travaillée à jour qui sépare la nef du choeur, est digne d'être admirée pour l'élégance et la multiplicité de ses détails, sa légèreté pourrait la faire comparer à un ouvrage de dentelle. Dans le choeur je vis suspendus à la muraille des fers tels qu'en portaient les esclaves : ils furent sans doute consacrés en ce lieu par quelque chevalier qui, ayant longtemps gémi captif chez les infidèles, les a apportés comme offrande à cette église après avoir recouvré sa liberté.

Les vitraux, bien conservés , sont d'une époque postérieure à l'édifice, les personnages qui y sont représentés, portent le costume et l'armure du seizième siècle. Ce sont, selon toute apparence, les seigneurs aux dépens desquels ces vitraux ont été faits.

Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 

 

GALLIC (Kristian), Le jubé de Lambader, vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=R8v-UGsxanQ&ab_channel=DanielleRopars

— LAFEUILLE (Jérôme), 2020, Un nouveau regard sur le jubé de Kerfons, Coll. Les cahiers de l'ARSSAT n°4.

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat brochure in-8°, 88 pages.

 

LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

 

Le magnifique jubé, « l'expression la plus parfaite du travail sur bois » fut démonté et reconstitué avec un goût parfait par Denis Derrien, de Saint-Pol-de-Léon. C'est de ses ateliers que sortent les statues des douze Apôtres qu'on y remarque. « Le jubé de Lambader, dit le chanoine Abgrall (Cours d'architecture bretonne professé au Grand Séminaire de Quimper), est une large galerie portée sur une sorte de cloison aux compartiments découpés et fouillés avec la plus grande finesse. L'habileté et l'imagination des huchers de l'époque flamboyante s'y sont donné libre champ. C'est un fenestrage compliqué et néanmoins harmonieux, c'est une dentelle avec dessins variés et toujours pleins de grâce. Sur les torsades des deux montants de la porte étaient gravées des hermines ; le ciseau des révolutionnaires les a toutes mutilées comme des emblèmes dangereux.  La galerie est soutenue en encorbellement de chaque côté de ce chancel, par des nervures et des demi-berceaux. Des pendentifs représentent les anges portant des instruments de la Passion, et au milieu est un beau pélican qui nourrit ses petits de son sang. Un écusson tenu par un ange en pendentif, du côté du chœur, indiquerait que cet admirable ouvrage serait dû à la munificence de Marc de Troerin, époux en 1481 d'Isabeau de Kermellec. La balustrade de la galerie est garnie de panneaux encadrés de beaux motifs flamboyants, tandis que la décoration des panneaux eux-mêmes est dans le genre de la Renaissance.  Et dans tout cet ensemble, ce qu'on devra encore plus admirer, c'est le petit escalier à vis, qui monte au jubé dans l'angle nord, compris et disposé avec une élégance parfaite, indiquant la spirale de ses marches au moyen de ses gracieuses colonnettes. »

LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages

La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument.

 — LE GUENNEC (Louis), 1911, "La chapelle de Lambader", in Vieux souvenirs bas-bretons, édition 1938 par Les Amis de Louis Le Guennec, Quimper.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_139/Vieux_Souvenirs_Bas_Bretons_.pdf

 

"On admire le magnifique jubé de chêne sculpté qui a fait le renom de Lambader. Sa large galerie, garnie de panneaux encastrés de motifs flamboyants, repose sur un chancel aux compartiments découpés et fouillés avec un art où l'habileté et l'imagination des huchiers de l'époque se sont donnés libre cours.

La présence des armoiries (une fasce ondée accompagnée de six besants) de Marc, seigneur de Troërin en 1481, sur ce splendide ouvrage ne prouve pas que ce personnage ait été le donateur . Le jubé de Lambader a très probablement été fait aux frais de la fabrique, et, si le seigneur de Troërin l'a timbré de son écusson, c'est au titre de simple prééminencier de la chapelle". (Le Guennec, Vieux souvenirs bas-bretons.)

 — LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa régionédité par Les Amis de Louis Le Guennec, Quimper.

"La célèbre chapelle de Lambader s'élève à un kilomètre au sud-ouest du bourg. La tradition y voit un établissement de moines Rouges ou de chevaliers Hospitaliers, qui auraient eu leur château à l'enceinte retranchée voisine de Castel-ar-Vouden, en Plouzévédé, mais l'abbé Guillotin de Corson, qui a publié, en 1896, dans le Bulletin de l'Association Bretonne, une intéressante étude sur la « Commanderie de La Feuillée et de ses annexes » en Cornouaille, Tréguier et le Léon, ne fait nulle mention de Lambader.

Le clocher de la chapelle de Lambader, haut de 57,48 mètres, est, des imitations du Creisker dans notre région, celle qui s'en rapproche le plus : aussi le dicton local s'exprime-t-il ainsi Ma vefe diskaret K re isker, Ne vo ket par da Lambader. Ce magnifique clocher, qui avait été mutilé par une tempête le 2 février 1836, et démoli l'année suivante, fut reconstruit en 1882, par Le Naour, entrepreneur à Quimper, qu'on a appelé le « bâtisseur de clochers». A la même époque, grâce aux dons généreux des familles Boscal de Réais et Audren de Kerdrel, on entreprit la restauration intérieure de la chapelle.

 

Le magnifique jubé, « l'expression la plus parfaite du travail sur bois » fut démonté et reconstitué avec un goût parfait par Denis Derrien, de Saint-Pol-de-Léon. C'est de ses ateliers que sortent les statues des douze Apôtres qu'on y remarque. « Le jubé de Lambader, dit le chanoine Abgrall (Cours d'architecture bretonne professé au Grand Séminaire de Quimper. ), est une large galerie portée sur une sorte de cloison aux compartiments découpés et fouillés avec la plus grande finesse. L'habileté et l'imagination des huchers de l'époque flamboyante s'y sont donné libre champ. C'est un fenestrage compliqué et néanmoins harmonieux, c'est une dentelle avec dessins variés et toujours pleins de grâce. Sur les torsades des deux montants de la porte étaient gravées des hermines ; le ciseau des révolutionnaires les a toutes mutilées comme des emblèmes dangereux. « La galerie est soutenue en encorbellement de chaque côté de ce chancel, par des nervures et des demi-berceaux. Des pendentifs représentent les anges portant des instruments de la Passion, et au milieu est un beau pélican qui nourrit ses petits de son sang. Un écusson tenu par un ange en pendentif, du côté du chœur, indiquerait que cet admirable ouvrage serait dû à la munificence de Marc de Troerin, époux en 1481 d'Isabeau de Kermellec. La balustrade de la galerie est garnie de panneaux encadrés de beaux motifs flamboyants, tandis que la décoration des panneaux eux-mêmes est dans le genre de la Renaissance. « Et dans tout cet ensemble, ce qu'on devra encore plus admirer, c'est le petit escalier à vis, qui monte au jubé dans l'angle nord, compris et disposé avec une élégance parfaite, indiquant la spirale de ses marches au moyen de ses gracieuses colonnettes. »

 

Aux murs du chœur sont suspendus des fers d'esclaves, ex-voto de croisés qui furent captifs chez les infidèles. On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

LA RESTAURATION DE LAMBADER LETTRE De M. le Vicomte de Réals à M. le Vicomte DE LA VILLEMARQUÉ, Directeur

Troërin, le 3 septembre 1888.

MONSIEUR,

L'excursion archéologique, à laquelle vous devez consacrer une des journées du Congrès, vous conduira peut-être dans le voisinage de Plouvorn, et dans ce but je désire appeler votre attention sur notre ancienne chapelle de Lambader et son beau clocher, que nous regardons dans le pays comme digne d'intéresser le touriste. Que cette prétention soit fondée ou non, vous trouverez sans doute légitime que, administrateur de la commune de Plouvorn depuis de longues années, je tienne à effacer la mauvaise impression que peut laisser aux étrangers les reproches un peu vifs adressés par M. de Courcy, dans son excellent itinėraire de Nantes à Brest, à nos bons plouvorniens et à l'administration municipale de cette époque.

L'église priorale de Lambader, pourvue de huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-côtés, est surmontée d'un clocher très beau, qui a beaucoup de ressemblance avec celui du Creisker à Saint-Pol-de-Léon. C'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de 4 clochetons. La hauteur totale du clocher est de 57 mètres; il est absolument creux dans l'intérieur, et du sol on peut voir la pierre terminale ; l'escalier est à vis dans l'un des piliers.

Classée comme monument historique au commencement de ce siècle, la tour de Lambader dut être démolie en 1842, par mesure de sécurité publique. Un des clochetons était déjà tombé; la flèche elle-même était penchée et menaçait ruine. Pendant de longues années ses débris restèrent épars sur le sol ; la chapelle, toute lézardée et mal entretenue, ne semblait plus devoir résister longtemps aux outrages du temps, et le monument allait disparaître, lorsqu'en 1873, sur une demande du Conseil municipal que je présidais, l'évêque de Quimper, Mgr Nouvel, autorisa la reconstruction de l'édifice. Grâce à la pieuse générosité du clergé paroissial de Plouvorn et de ses habitants, tant châtelains que cultivateurs, grâce aussi à celle des nombreux prêtres nés dans la commune qui, à l'appel du recteur, M. Hillard, envoyèrent tous, sans exception, de belles offrandes, cette reconstruction a pu se faire presque uniquement au moyen de dons; et à part la restauration de la flèche, la fabrique n'y a contribué que pour une part très minime. Aussi les travaux, commencés en 1875, n'ont été terminés qu'en 1877 pour la chapelle et la base de la tour, et en 1881 pour la flèche .

La légende de Lambader est un peu obscure ; d'après la tradition populaire la plus accréditée, un seigneur breton, captif des Sarrasins, délivré par l'intercession de la sainte Vierge, aurait élevé la chapelle au lieu où il se trouva miraculeusement transporté sans savoir comment. Des chaines, que l'on voit encore suspendues des deux côtés du chour seraient celles du captif reconnaissant. D'après Fréminville, Lambader a été le siège d'une ancienne commanderie de Templiers. Il est en cela d'accord avec la tradition populaire qui rapporte que le prieuré de Lambader était autrefois occupé par des moines rouges. En effet, la chapelle n'était pas isolée, mais se rattachait, comme toutes les commanderies de templiers, à un ensemble de constructions dont les vestiges se retrouvent même aujourd'hui. C'est ainsi que, du côté ouest, une grande galerie, formant une voûte sous laquelle passait la route de Landivisiau à Saint-Pol-de-Léon et reliant la chapelle à une maison actuellement démolie, existait encore au commencement de ce siècle. Du côté nord, une deuxième galerie reliait aussi la tour avec une maison d'un style particulier, habitée maintenant par le sacristain. Cette deuxième galerie, qui n'a été détruite qu'en 1842, était terminée par deux anges avec exergue. Tout semble donc attribuer à Lambader une origine très ancienne. La dernière reconstruction en a fourni des preuves certaines. J'ai eu la direction de tous les travaux de Lambader ; j'ai ainsi suivi la démolition jour par jour et j'ai constaté que la chapelle était à sa quatrième reconstruction partielle ou totale. Dans les murs se trouvaient employés, comme moëllons, des fragments de pierres taillées pour former des pleins cintres du style roman grossier ; tandis qu'à côté se voyaient d'autres fragments du style gothique. Ni les uns, ni les autres de ces fragments n'avaient de rapport avec la chapelle que je faisais démolir; ils appartenaient à un édifice plus ancien encore. Dans deux autels en Kersanton, qui sont adossés aux piliers mitoyens de droite et de gauche de la nef, les ouvriers ont mis à découvert des ossements, et des pierres sur lesquelles étaient gravées, à l'un des autels la date de 1500, à l'autre celle de 1300. Enfin, dans les papiers de la famille de Troërin, famille fondue dans la maison de Réals, nous trouvons un acte de 1534 par lequel le seigneur de Troërin, à l'occasion d'une reconstruction du pignon sud de l'église, donne au prieur de Lambader un champ sis au terroir de Kerguidal. L'acte n'indique pas à quel ordre appartenait le prieur de Lambader. En reconnaissance de ce don, le dit prieur reconnut au seigneur de Troërin le droit à trois tombes dans la chapelle, plus le droit à la troisième arcade, plus le droit de placer ses armes dans trois endroits différents de l'église. Diverses tombes ont été découvertes pendant la démolition ; mais aucune inscription n'a permis de reconnaître quels étaient les personnages que recouvraient ces sépultures.

Dans l'intérieur de l'église, on remarque un jubé en bois de chêne, travaillé à jour, ainsi que la rampe de son escalier tournant qui est très admirée. C'est un réseau de sculptures et de fines dentelures du plus bel effet. Les motifs multiples de ce jubé sont du style flamboyant et ils reproduisent le dessin de la maitresse vitre. D'après les titres des Troërin, ce jubé fut donné à l'église en 1481, par Marc de Troërin, époux d'Isabeau de Kermellec; les armes du donateur sont soutenues par un ange formant l'un des pendentifs du jubé du côté du cheur; elles sont aussi reproduites, ainsi que celles de sa femme, au dessus de la porte du milieu.

Le corps du jubé qui fait face à l'autel, est orné de douze statues représentant les apôtres; sur la face opposée on remarque principalement un pélican qui, suivant l'allégorie connue, se perce le flanc; et, enfin, en forme de pendentifs, des anges portant les attributs de la passion.

A côté de la porte sud, la famille de Kerdrel a fait placer en 1876 un bénitier en Kersanton d'un joli travail : il porte les armes de la famille.

Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque.

Les pèlerins ne quittent jamais Lambader sans aller boire à la fontaine sise à deux mètres du pignon sud. La source, qui alimente cette fontaine, est située sous le maitre-autel.

Tels sont, Monsieur, les quelques renseignements que je puis fournir sur la chapelle de Lambader. Je serais heureux s'ils pouvaient vous être de quelque utilité. Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée."

Vicomte DE RÉALS.

 

— TUDCHENTIL, "Troërin de Kerjan, preuves pour la grande écurie (1744)

https://www.tudchentil.org/spip.php?article1260

 

— TUDCHENTIL, "Kermellec (de). Réformation de 1669.

http://www.tudchentil.org/spip.php?article949

L'UNIVERS. 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-keruzoret-plouvorn/0fabf1a2-bd3c-4ed6-ae2b-055ceffcfe5f

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— Wikipedia Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

—Domaine de Troërin à Plouvorn

https://monumentum.fr/domaine-troerin-pa29000069.html

—Style des panneaux sculptés :

https://www.ecoutelebois.com/guide-amoureux-des-styles-de-mobilier-renaissance/

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Renaissance Jubé
14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 11:34

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617).

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1°) Sur Guimiliau, voir :

 

 

2°) Les piédroits et voussures du porche de Guimiliau sont sculptés de petits personnages inspirés de la même thématique biblique que sur les porches réalisés par l' atelier des Prigent soit à Pencran ( 1553) soit  à Landivisiau (1554-1565)  et  qu'on retrouve plus tard sur le porche de Ploudiry (1665), sculpté par Le Bescont. Voir :

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Sur les porches de Basse-Bretagne (ordre chronologique):

 

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PRÉSENTATION.

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Après m'être rendu à Pencran pour y décrire les moulures du porche sculpté par l'atelier Prigent en 1553, je reviens à Guimiliau, car l'atelier du Maître de Plougastel, qui succéda aux Prigent à Landerneau dans la taille du kersanton, s'est inspiré du porche de Pencran et de celui de Landivisiau (Prigent 1555) pour réaliser celui de Guimiliau une soixantaine d'années plus tard; pour ne pas dire qu'il en a recopié fidèlement les tableaux bibliques.

Ces saynètes ont été décrites par de nombreux auteurs, inutile de gaspiller ma prose :

 

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"Dans la façade, encadrant l'entrée du porche, deux colonnes cannelées sont portées sur deux bases ornées de cartouches vigoureusement sculptés. Deux autres colonnes engagées forment l'intérieur de l'embrasure de l'arcade d'entrée.

Entre les moulures prismatiques des embrasures, et dans les voussures de l'arcade, sont sculptées différentes scènes de la Bible. Il faut les lire en partant du bas et en faisant alterner les deux côtés : - Adam et Eve : le démon tentant notre première mère ; L'ange les chassant du paradis terrestre ; - Eve avec ses deux premiers enfants au berceau ; - Adam pénitent, tenant des instruments de labourage ; - Sacrifice de Caïn : Caïn debout, la fumée du sacrifice descend vers la terre ; - Sacrifice d'Abel : Abel à genoux, la fumée monte vers le ciel ; - Arche de Noé : Noé et ses enfants, puis les différents animaux mettant la tête à la fenêtre ; - Noé cultivant la vigne et cueillant du raisin, puis foulant ce raisin dans une cuve ; - Ivresse de Noé, péché de Cham ; - Annonciation, avec tout le texte de l'Evangile inscrit sur une banderole ; - Visitation ; - L'Ange apparaissant aux bergers ; - Adoration des bergers ; - Adoration des mages ; - Présentation et Circoncision ; - Fuite en Egypte. Au-dessus de la Sainte Vierge, portant l'Enfant-Jésus sur un âne, se voit un groupe comprenant une femme et deux anges dont l'un tient un enfant.

Dans les voussures, une foule nombreuse d'anges tenant des encensoirs ou différents instruments de la Passion. D'autres prient, les mains jointes ou les bras levés. On y distingue aussi saint François d'Assise, saint Laurent et deux autres saints. Cette archivolte est fermée par une admirable clef composée d'une grande volute recouverte d'une longue feuille d'acanthe. Du côté droit de cette clef, on remarque la date 1617." (J.M. Abgrall)

Une contribution majeure à leur étude a été apportée par la thèse d'Emmanuelle Le Seac'h :

"Trois mains différentes sont décelables dans l'arc d'entrée, divisée en deux blocs par une console en forme de clef. Le Maître de Plougastel a sculpté la majorité des scènes des piédroits, de la Tentation d'Ève à l'Arche de Noé, et, plus haut, les anges des voussures et Joseph endormi. Le "Valet" du Maître a représenté le Sacrifice de Caïn et d'Abel, Noé aux vendanges et son Ivresse et l'Annonciation. Un compagnon de passage a prêté main forte, de la Nativité de Jésus à la Circoncision.

Le Maître de Plougastel est fidèle à son style en représentant de petits personnages hiératiques. " (E. Le Seac'h)

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Les sculptures se succèdent dans les trois moulures des piédroits et des voussures en quinze blocs de kersanton de chaque coté autour de l'agrafe du sommet : sept pour les piédroits, huit pour les voussures. 

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Le porche sud de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Comparaison avec les porches de Pencran et de Landivisiau (cliquez ) :

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Le porche de Pencran (1553). Photographie lavieb-aile.

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Le porche de Landivisiau (1555). Photographie lavieb-aile.

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Nous retrouvons à Guimiliau la structure à deux contreforts d'angle vers lesquels les bancs et les piédroits s'ouvrent en éventail, nous retrouvons les deux crossettes (un lion et un dragon) presque en fac-simile, nous retrouvons l'ouverture en plein cintre de Landivisiau, mais par contre l'arc gothique à crochets et fleuron, les pinacles et le clocheton flamboyants ont disparu et l'entrée est surmontée d'une sorte de temple antique, avec son fronton triangulaire. Les modèles diffusés par Philibert Delorme dans Le premier livre de l'architectureparu en 1567, ne pouvaient pas concerner les architectes de Pencran et Landivisiau mais l'architecte de Guimiliau, après avoir vu (conçu ?) les porches de Lanhouarneau (1588), Saint-Thégonnec (1599) et Saint-Houardon de Landerneau (1604), et sous l'influence des innovations du château de Kerjean (v.1570) a fait un porche au goût du jour.

Autrement dit, cet architecte ou architecte-sculpteur a repris les piédroits et voussures avec leurs motifs bibliques encore médiévaux de l'atelier des Prigent et les a coiffé, dans un ensemble composite, d'un fronton Renaissance.

Note : Bastien et Henry Prigent ne sont pas, au XVIe siècle, des sculpteurs médiévaux et leur travail inclut de nombreux motifs Renaissance (masques, coquilles, volutes), mais sur des détails.

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Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

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Les colonnes engagées "à la française" sont  inspirées de Philibert Delorme, qui avait inventé cette innovation pour la chapelle du Parc de Villiers. "Ces colonnes [du porche] comprennent quatre tambours cannelés et trois bagues ornées, dans le genre des colonnes de la façade des Tuileries construite par Philibert Delorme. Ce genre de colonnes se retrouve encore au fond du porche, et a été reproduit dans plusieurs édifices de la même époque, notamment dans le porche de Saint-Houardon, à Landerneau." (Abgrall).

Mais si elle  sont cannelées et baguées, elle sont aussi rudentées au tiers inférieur (les cannelures contiennent des "rudentures" en demi-jonc), à la différence de l'illustration du Premier tome de l'architecture, ci-joint.

Le terme dérive (1546) du latin rudens, entis "cordage de navire, câble).

 

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Philibert Delorme: illustration du Livre VII, chap. 13: "les colonnes françaises", in Le premier tome de l’architecture… , Paris, Frédéric Morel, 1567 

 

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L'architecte a donc su utiliser tous les Ordres architecturaux dans ce porche. Corinthien et composé, mais aussi ionique, dorique, et à supports anthropomorphes à l'intérieur.

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Le porche sud de Guimiliau : les colonnes (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Le porche sud de Guimiliau : les colonnes (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617). Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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La Tentation. Piédroit gauche. Kersanton, Maître de Plougastel, 1617.

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Adam et Ève sont encastrés chacun dans une niche à dais coiffé d'un petit personnage, tandis que le serpent, enlacé à l'arbre, traverse l'arête  : sa tête féminine  apparait du coté d'Ève, et sa main gauche lui propose la pomme du délit. Le couple protège sa nudité d'une feuille ronde, alors que selon la Genèse il n'accédera à la pudeur qu'après l'Expulsion.

Non sans ironie, Ève tient son sein droit comme une pomme.

Comme toutes ces scènes bibliques réalisées par le Maître de Plougastel, celle-ci  est très semblable à celles de Bastien Prigent pour les porche de Pencran et de Landivisiau, que copiera aussi Jean Le Bescont à Ploudiry ; elle peut nous servir d'introduction à la comparaison iconographique.

https://www.lavieb-aile.com/2021/02/le-porche-de-pencran-les-moulures.html

https://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-1554-1559-de-l-eglise-de-landivisiau.ii.la-grande-arcade-exterieure.html

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/le-porche-sud-de-l-eglise-de-ploudiry.html

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Comparaison :

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La Tentation, Piédroits (kersanton, traces de polychromie, Prigent v.1553) du porche sud de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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La Tentation, porche de Landivisiau. Photo lavieb-aile.

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Piédroits du porche sud (1665, kersanton, Jean le Bescont) de l'église Saint-Pierre de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les dais des scènes précédentes. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Un petit personnage pose les deux mains sur sa tête, et son compagnon n'en pose qu'une seule, et glisse la main gauche sous sa ceinture.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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L'Expulsion de l'Eden. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Adam et Ève dissimulent leurs sexes et posent une main sur la poitrine. L'Ange armé de son épée leur ordonne de quitter le paradis. Un palmier près d'Ève symbolise l'arbre de la connaissance.

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Les dais sont ornés du ruban perlé formant deux volutes en S réunis à leur sommet, comme dans les ornementations de l'atelier des Prigent.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Deux dais avec personnage (dont un moine). Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

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 Eve avec ses deux premiers enfants au berceau ; - Adam pénitent, tenant des instruments de labourage. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

"Ève porte un enfant aux langes serrées alors qu'un autre est à ses pieds dans un berceau qu'elle pousse du pied. Adam est debout, appuyé sur sa bêche de paysan."

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Sacrifice de Caïn : Caïn debout, la fumée du sacrifice descend vers la terre ; - Sacrifice d'Abel : Abel à genoux, la fumée monte vers le ciel. Kersanton, Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Caïn et Abel (suite).  Le Déluge et l'Arche de Noé.  Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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De l'autre coté (à droite), le crime de Caïn jouxte la scène de Noé. Le corps d'Abel, le crâne fendu, est appuyé contre les rainures du piédroit. Le sculpteur, ne disposant que de peu de place, a rusé pour le représenter. Caïn semble déjà se repentir de son geste, une arme encore en main, avec Dieu qui lui apparaît de façon fugitive comme le suggère le fait qu'il est représenté en buste." (Le Seac'h)

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Dieu le Père, tenant l'orbe et coiffé de la tiare, parle à Caïn. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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L'arche de Noé. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Noé (coiffé et vêtu comme un marchand ou armateur du XVIe siècle) et ses fils sont à bord d'une nef bordée à clins.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Deux dragons réunis par un collier. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

Ils renvoient à ceux qui abondent sur les porches sculptés par les Prigent. On les trouve sur le porche de Pencran, exactement au même emplacement des moulures

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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L'ivresse de Noé. Genèse 18:29.  Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Noé dans les vignes. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Un serviteur foulant le raisin en cuve. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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La malédiction de Cham. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Mal%C3%A9diction_de_Canaan

Noé endormi  dévoile ses organes génitaux ; Cham le regarde, ce qui choque ses autres frères Sem et Japhet. Ceux-ci le rhabillent en lui tournant le dos.

À son réveil, Noé maudit Canaan, le fils de Cham, et le condamne à être le serviteur de Sem et Japhet.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation, scène de gauche : l'Ange Gabriel. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

Inscription :

Un premier phylactère énonce :

ANGELVS . DNI . NVNCIAVIT . MARIE . & CONCEPTIT . DE . SPIRITVS / SANCTO

Angelus domini nuciavit Marie et concepit de spiritus sancto "L’Ange du Seigneur porta l’annonce à Marie, et elle conçut du Saint-Esprit."

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L'ange Gabriel tend vers la Vierge un bâton (le bras traverse l'arête de la moulure) où se déroule un second phylactère portant ses paroles :

AVE . GRATIA . PLENA . DÑS . TECUM

Ave gratia plena dominus tecum , "Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous."

cf. L'évangile selon Saint Luc Ch. 01 V. 28 et  V. 30.31.35  

On remarquera :

-la graphie gothique de SANCTO, dont les lettres possèdent un empattement fourchu.

-le recours au tilde (~) abréviatif 

-la ponctuation de séparation des mots par un (seul) point en losange.

- le bel éperluette &.

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Le porche sud de Guimiliau : les moulures .

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L'Annonciation, scène de droite : la Vierge. Kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Inscription :

ECCE . ANCILLA . DNI . FIAT . MIHI . SECVM . VERBVM . TVVM .ET

Ecce ancila domini fiat  mihi secum verbum tuum, "Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole".

La Vierge est séparé de l'ange, comme c'est la tradition, par un vase témoignant de sa virginité intacte (c'est un vase clos).

Elle est agenouillée à son prie-dieu. Elle est coiffée du bandeau occipital qui écarte  les cheveux du visage en les regroupant derrière la nuque. Ce bandeau est un marqueur iconographique de la sculpture finistérienne des XVIe et XVIIe siècle.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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La Nativité. Kersanton, 1606-1617.

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"Les scènes de la Nativité, de la Visitation, de l'Adoration des Rois mages, de la Fuite en Égypte , de la Présentation de Jésus au Temple et de la Circoncision sont du style des ouvrages en pierre tendre peu connue des Bretons. Les personnages sont plus petits, plus menus et si leur composition est harmonieuse, elle est moins ordonnée que celle du Maître de Plougastel. Ici, les traits sont fins, les drapés tombent avec naturel. Les proportions sont davantage respectées. Cet apport extérieur est peut-être le fait d'un compagnon de passage qui aurait participé à des chantiers en Île-de-France, en Bourgogne, en Pays de Loire ..." (Le Seac'h)

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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L'Annonce aux Bergers. Kersanton, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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La Fuite en Égypte. Kersanton, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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L'Adoration des Mages. Kersanton,  1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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La Visitation. Kersanton,  1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les anges et saints.

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Les anges 1. Ange thuriféraire ; anges entourant l'Enfant Jésus ; ange présentant les clous et le marteau de la Passion. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les anges 2. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Anges 3. Ange orant, soufflant dans une trompe, et thuriféraire. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

 

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les anges 4. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les anges 5. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les anges 6.  Ange orants, présentant la couronne d'épines, et thuriféraire. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les anges 7. Ange thuriféraire, soufflant dans une trompe, et orant. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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Les anges 8. Trois anges orants. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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9. Saint François montrant ses stigmates et deux anges. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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10. Saint Yves, saint Jean l'évangéliste et saint Laurent. Kersanton,  Maître de Plougastel, 1606-1617.

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Je pense pouvoir identifier les deux saints qui, à coté de saint Laurent (facile à reconnaître avec son grill), n'ont pas été reconnus par les auteurs, à commencer par Abgrall.

-Saint Yves se reconnaît à son bonnet de docteur, recouvert par le capuchon de son camail, mais aussi par le livre ou pièce de procès qu'il tient en main gauche : c'est la représentation traditionnelle du saint patron de la Bretagne, particulièrement honoré à l'église Saint-Miliau puisqu'il figure en statue dans le chœur, sur les fonts baptismaux, sur les deux retables du chœur, et à l'entrée intérieure du porche.

-Saint Jean se reconnaît par le calice de poison qu'il bénit. 

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Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

Les moulures (kersanton, atelier du Maître de Plougastel, 1606-1617) du porche sud de Guimiliau . Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

 

— DEBIDOUR (Victor-Henry), 1953, La sculpture bretonne: étude d'iconographie religieuse populaire, Plihon, 1953 - 245 pages, page 208.

 — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

—  NANTEUIL (Alfred DE LA BARRE DE ), 1914,   Guimiliau (S.F.A. - C.A. 1914) Non consulté.

POTIER DE COURCY (Pol), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo: itinéraire historique et descriptif; L. Hachette et Cie, page 283

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=guengat+kergorlay+guimiliau&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

PRIGENT (Christiane) 1986, Guimiliau (Châteaulin, 1986).

ROYER (E.) 1979 : Guimiliau (Rennes, 1979) . Non consulté.

WAQUET (H.), 1952, Guimiliau (Châteaulin, 1952) - Guimiliau (Châteaulin, 1977) - Non consulté.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Maître de Plougastel Renaissance
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 15:05

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.

 

 

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Sur Guimiliau :
 


 

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PRÉSENTATION.

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Sous les niches des douze apôtres, les parois latérales de l'intérieur du porche sud de Guimiliau sont ordonnées par 2 x 7  pilastres cannelés. Ceux-ci supportent chacun, par leur chapiteau ionique, un masque de lion (sauf dans deux cas), et ces têtes de lions séparent des panneaux sculptés de motifs soit géométriques et ornementaux, soit figuratifs. Nous avons donc à décrire 12 masques de lions (dont certains valent vraiment le coup d'œil) et quatorze panneaux, dont trois ou quatre figuratifs et un portant la date de 1606. Le tout est en kersanton avec traces de polychromie ocre-rouge, et est attribué par E. Le Seac'h au Valet (ou second) du Maître de Plougastel

En outre, parce qu'Ils sont attribués au même sculpteur. et parce qu'ils prolongent, autour des deux portes d'entrée, cette frise, j'ajouterai deux sommets de colonnes figuratifs qui méritent, là encore, le détour.

Néanmoins, E. Le Seac'h écrit : "Je propose la date de 1624 comme date de reprise en main du chantier de Guimiliau par Roland Doré qui retaille à l'intérieur un lion de la frise en un masque aux rondeurs enfantines et au sourire ingénu, gallinacé, coq plutôt que paon, et à l'extérieur dans l'angle supérieur du fronton triangulaire le buste souriant de jeune fille tandis que les trois masques sont du Maître de Plougastel."

Voir en bibliographie la description de J.M. Abgrall.  Il a cru reconnaître dans les masques "la personnification des différents vices : orgueil, jalousie, avarice, colère, moquerie, vanité ou coquetterie accompagnée d'un paon." Je ne parviens pas à le suivre sur ce point.

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Allons-y! Plongeons dans ce qui s'apparente, par cette alliance d'ocre et de gris, à la découverte d'une grotte magdalénienne et ses peintures rupestres.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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I. DESCRIPTION DE LA FRISE (UN MASQUE, UN PANNEAU, ETC.).

 

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Je débute la description et le décompte par l'angle nord-est (sous l'apôtre Pierre pour ceux qui n'ont pas de boussole ; saint Pierre ,c'est celui qui porte une clef : et on lit A : GO sur son socle).

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Débutons par une réflexion. À quoi reconnaissons-nous tous sur ce masque et sur les suivants un lion, alors qu'il ne s'agit pas d'une représentation d'un individu zoologique, mais d'un "type" iconographique , et que plusieurs masques  vont varier par des hybridations et dénaturations artistiques ? Pour différencier un lion d'un dragon sur les sablières, les crossettes et autres supports des sculptures de notre patrimoine, je me repère sur le présence d'une crinière, et d'une queue dotée d'un fouet. Mais pour un masque ? 

Si on se réfère au "faciès léonin" (toujours cité, jamais décrit) de la lèpre et de ses déformations infiltrant les parties molles en les tuméfiant, la caractéristique repose sur une allure forte et carrée et des traits vultueux. Ces gonflements sont parfois soulignés  au niveau des rides du front,  ou au niveau des sourcils, parfois sous les yeux, parfois aux joues, et lorsqu'ils accentuent le nez, ils le retroussent et exposent largement les narines.

Une autre caractéristique, très évocatrice mais inconstante, réside en deux lèvres supérieures sculptées comme deux boules. La ligne qui les sépare forme avec les narines une ligne en Y, de couleur noire. 

Sur l'animal au naturel, ces lèvres hypertrophiées sont retroussées (et donc mises en évidence) chez le mâle  lors du "flehmen", cette attitude leur permettant, en inspirant de l'air par la bouche, de vérifier l'émission de phéromones indiquant la fécondité des femelles. Le lion ouvre alors largement la gueule, accentuant tous les plis de la face, retroussant les narines qui sont béantes et faisant apparaître ses deux paires de canines. C'est dans cette attitude spectaculaire que les lions de cette frise sont le plus souvent représentés.

Ces lèvres portent les vibrisses "mystaciales" ; mais sur nos sculptures, l'artiste n'a pas représenté  les petits trous de leur implantation,  et il a fait partir la moustache (lorsqu'elle est présente) de part et d'autre des narines. Et c'est un procédé qui se retrouvent dans les sculptures de cet atelier pour leurs masques humains ou les statues des apôtres.

Un détail souvent présent (mais souvent utilisé pour les hybridations imaginaires), c'est la toison du haut de la tête, frisée comme celle d'un mouton.

Enfin, notons les oreilles, qui sont petites et rondes, ou parfois en feuille de laurier.

La crinière est absente, mais elle est peut-être stylisée en rappel, dans le masque n°1, sous la forme d'un éventail de mèches.

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Signification ou valeur.

Les lions sont une figure majeure de l'art antique et sont souvent placés à l'entrée des temples où ils exercent une fonction de protection. Cela pourrait être le cas ici, dans ce vestibule précédant les deux portes.

Ils peuvent, au Moyen-Âge, être une figure christique. Rien ne valide ici cette hypothèse.

Dans les églises et chapelles bretonnes du XV et XVIe siècle, on les voit à la jonction du toit et des murs, sur les crossettes (à l'extérieur) ou sur les sablières (à l'intérieur), très souvent associés aux dragons, formant une ceinture de protection, et de délimitation de l'espace sacré. Dans un bon nombre de cas, ils tiennent entre leurs pattes un os, ou un petit être humain. Nous verrons que c'est ici le cas, pour deux des 12 masques, qui acquiert alors une fonction psychopompe ou du moins d'avertissement d'un danger d'engloutissement, donc de trépas.

On remarque qu'aucun de ces masques ne cherche à provoquer l'effroi.

Nous pourrions considérer cet animal (avec le dragon) comme le porte-emblème de la Gueule, de l'Oral et de la Dévoration. Cette expression de puissance est d'une ambiguïté ou bipolarité indissociable entre la protection et la menace.

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Masque de lion n°1.

 Ce lion n°1 écarte les coins de la bouche et montre ses dents, qu'il garde néanmoins serrées.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le panneau n°1 est un entrelacs à brin simple.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n°1 (suite) : Baptême du Christ par Jean-Baptiste.

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Cette scène présente quelques singularités difficiles à comprendre, et sa présence elle-même dans ce coin isolé n'est pas banale.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°2.

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Ce lion réunit les caractéristiques notées en présentation, mais se démarque par une tête anthropomorphe à la racine de la toison frontale. Comme un début d'hybridation.

 

 

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n°2. Entrelacs de deux types, ornés d'étoiles et de rosettes.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°3.

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Trois particularités : une frisette du front se transforme en une volute d'architecture (hybridation animal/artefact) ; l'extrémité des vibrisses-moustaches se dilate en petits glands ; et la gueule se dénature en une figure géométrique (nouvelle hybridation animal/artefact).

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n°3. Entrelacs double-brins ornés de fleurons.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°4.

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Ce masque présente les trois particularités du masque n°3.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n°4. Entrelacs double-brins à fleurons.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°5.

Comme en n°3 et 4, l'extrémité des vibrisses-moustaches se dilate en petits glands. La crinière est visible, car elle revient sur les joues et sous le museau. Les yeux sont tournés vers le haut.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le panneau n°5. Huit fleurons inégaux.

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Ce panneau, qui a été modifié, est indissociable du masque féminin, et du coq qui le côtoie.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le masque n°6.  masque féminin.

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Le visage de femme, à la beauté et au sourire remarquables, n'est pas disposé au centre du chapiteau. Il voisine un coq dont la queue lui frôle la tête. 

Le coq, droit sur ses ergots et au plumage travaillé, rappellerait, selon Christiane Prigent, les combats de coq des enfants des écoles le jeudi gras, dont le vainqueur remporterait le titre de roi pour un an.

On a vu que E. Le Seac'h y a reconnu le style et le charme des visages de Roland Doré et en estime la réalisation vers 1624 en raison de la maîtrise d'exécution.

On retrouve ici le sourire délicieux mais énigmatique des visage féminins de Roland Doré, et sa façon de creuser la commissure des lèves en deux fossettes. Par contre, on ne retrouve pas les pupilles creusées qui sont sa deuxième caractéristique. Ce sculpteur est également l'auteur du buste de femme du sommet du fronton:

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Buste féminin, kersanton, Roland Doré, vers 1624, fronton du porche de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Visage féminin et coq (kersanton, traces de polychromie ocre, Roland Doré, v.1624) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

Visage féminin et coq (kersanton, traces de polychromie ocre, Roland Doré, v.1624) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n°6. Entrelacs à deux brins de deux types, celui de droite à fleurons.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°7.

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La gueule est géométrique, comme pour le n°3. Les vultuosités forment des boules conjointes.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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LE COTÉ OUEST.

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Le panneau n°7 : saint Yves exorciste et thaumaturge.

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Voir : Le porche de Guimiliau. Saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, , traces de polychromie, 1606, Valet du Maître de Plougastel).

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°8.

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Il est très intéressant parce qu'il tient entre ses dents le corps allongé d'un homme barbu, bras levés entourant la tête, et vêtu d'une veste aux manches plissées et nombreux boutons. Les jambes sont stylisées mais les chaussures sont présentes.

Le lion prend alors le rôle d'animal emportant les humains vers l'au-delà (psychopompe) ou ne se saisissant que des damnés. C'est soit un rappel de la mort ou memento mori, soit un avertissement incitant les fidèles, tant qu'il est temps, à redresser leur conduite et leur foi.

Le lion est très stylisé, avec des hachures autour des yeux et sur les oreilles ; le nez, fortement retroussé, expose les narines béantes.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n° 8. Création des animaux et création d'Ève à partir de la côte d'Adam.

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Ce panneau souvent remarqué est le seul de cette frise à présenter une scène biblique, décrite dans le Deuxième Livre de la Genèse ; et nous avons toujours intérêt à relire le texte. J'y découvre que la création des animaux (et leur dénomination par Adam) précède immédiatement celle d'Ève :

L'Éternel Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui.

19 L'Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l'homme.

20 Et l'homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs; mais, pour l'homme, il ne trouva point d'aide semblable à lui.

21 Alors l'Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.

22 L'Éternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme.

23 Et l'homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera femme, parce qu'elle a été prise de l'homme.

24 C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

25 L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte. Genèse 2 :18-25

L'Eternel est présent à gauche, barbu comme il se doit, vêtu d'une tunique plissée et coiffé d'un début de tiare. Il aide Ève à sortir du flanc gauche d'Adam, lequel dort du sommeil du juste tout en dissimulant ses organes génitaux.

Mais l'autre moitié de la composition montre huit animaux. Les deux poissons et la langouste ou écrevisse (locusta marina et locusta fluvialis des bestiaires) sont en bas, puis viennent une licorne (?), un lion, un éléphant, un cerf, et, tout près d'Ève comme pour annoncer son éveil, le coq.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°9.

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Il grimace dents serrés et gueule géométrique ; la crinière qui cerne le museau est différente de la toison frisée du front.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n° 9 : date de 1606.

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La date s'inscrit dans un cuir découpé à enroulement typique du style bellifontain introduit à Kerjean. Deux masques l'animent, l'un, humain, en haut, et l'autre, léonin, en bas, avec sa gueule géométrique rappelant les masques adjacents.

Après les guerres de la Ligue, qui ont déchirées la Bretagne, et auxquelles la conversion de Henri IV au catholicisme met un terme, le début du XVIIe siècle est une période de paix et donc de prospérité économique pour les marchands de toile du Léon, les Juloded qui financent par leur dons la poursuite de construction des enclos paroissiaux. Le coût du porche est évalué à 5000 livres (L.Élégoët)

La construction du porche, débutée en 1606 sous Henri IV, s'achèvera en 1617, sous Louis XIII.

À cette date de 1606, l'architecture de la Seconde Renaissance, définie par les ouvrages de Philibert Delorme, a diffusé dans le Léon grâce aux Barbier, famille noble qui a fait construire vers 1570 le château de Kerjean. Ce style est repris dans l'église de Lanhouarneau en 1588, de Saint-Thégonnec en 1599, etc. 

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°10.

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Comme le masque n°8, celui-ci tient dans sa gueule un être humain, mais c'est ici une femme. Son costume est moins apparent que dans le cas précédent, car il est dissimulé par les fortes canines du lion, mais il se révèle par la coiffe perlée entourant sa tête. Les jambes et les pieds sont nus.

Le lion lui-même est proche du n°8,  et nous retrouvons les hachures des orbites et des oreilles, ou le nez aux narines béantes.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n° 10. Entrelacs à fleurons.

 

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°11.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n° 10. Entrelacs  à deux brins.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Masque léonin n°12.

Il est si proche du masque n°11 que j'ai dû repérer soigneusement la différence qui les distinguent

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Panneau n° 12 et masque léonin n°13.

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Le lion, au nez retroussé, est le seul qui tire la langue.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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II. LES SCÈNES FIGURATIVES DES PORTES D'ENTRÉE.

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L'arc en plein cintre des portes jumelles de l'entrée reposent sur des colonnes. Le chapiteau des deux colonnes extérieures est séparé du fût  cannelé par une scène figurative. À droite, nous trouvons deux lutteurs sauvages. À gauche,  deux femmes et un lion. .

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Les deux lutteurs sauvages.

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Ce seraient des satyres, si on en croit leurs pieds fourchus et  les deux petites cornes sur le front de l'un d'eux. Ou seulement des lutteurs bretons, barbus, vêtus de pantalon en peau de mouton soutenu par des bretelles croisées. Pour Guy Jaouen, "le bas du corps représente celui du diable" (renvoyant à la diabolisation des jeux par le clergé), et les bretelles s'apparentent aux harnais imposés lors de l'entraînement des hommes d'armes, quand ce n'était pas une ceinture.

L'homme de droite a posé sa main sur l'épaule gauche de son adversaire. Celui-ci a saisi de la main droite l'une des courroies croisées (ou peut-être la main gauche du lutteur opposé)  et a croisé sa jambe (par règle ou pour la crocheter ?).

 

La règle de cette lutte est claire : une main doit être placée dans le dos, comme dans la "lutte française" illustrée sur une gravure d'un manuel de 1443 de Hans Talhoffer, ou un dessin du XVIIeme s. de Thomas Rowlandson « Wrestling at St Columb" en Cornouailles anglaise. (G. Jaouen p.26)

L'importance ethnographique de cette scène est évidente. Je renvoie à la passionnante et érudite étude de Guy Jaouen sur le lutte celtique.

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Thomas Rowlandson (1756 - 1827), A Cornish wrestling match at St Columb

 

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Les deux femmes et le lion.

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Deux femmes et un lion sont étroitement enlacés. Les femmes sont nues (ou portent un pagne minimal).

Je n'ai aucune interprétation à proposer.

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La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet  du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau.   Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (kersanton, traces de polychromie ocre, Valet du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie)

"Dans l'intérieur, ce qui frappe d'abord, ce sont les niches qui contiennent les statues des douze Apôtres. Ces niches sont séparées par des colonnettes ioniques dont les piédestaux sont ornés de cartouches et de têtes diverses. Sur l'un, deux petits personnages luttent de force en tirant sur une corde. Les statues des Apôtres ont la raideur et le caractère hiératique de la sculpture du XVème siècle en Bretagne. Elles rappellent, mais en moins bien, les statues du Folgoët. Les dais, quoique conçus en plein style de la Renaissance, sont agrémentés dans le bas de petites découpures flamboyantes.

 

La corniche qui soutient ces statues est couverte de fines sculptures dans les intervalles qui séparent les modillons. Ces modillons eux-mêmes sont ornés de représentations variées. Sous cette corniche est une frise où l'on remarque des têtes saillantes ayant un caractère étrange. On croit y reconnaître la personnification des différents vices : orgueil, jalousie, avarice, colère, moquerie, vanité ou coquetterie accompagnée d'un paon. Dans la même frise, du côté gauche en entrant, il faut noter deux scènes singulières sculptées en bas-relief : d'abord, un petit personnage presque en ronde-bosse, portant une aumusse et une tunique couvertes d'hermines ; puis, deux personnages à genoux ou estropiés : l'un crie et est surmonté d'une tête cornue et à longues oreilles, la femme prie et porte un chapelet ; ensuite, un estropié n'ayant qu'une jambe, marchant à l'aide de béquilles ; enfin, une sorte de Père-Eternel, les mains levées. La seconde scène représente le Seigneur créant Eve, qui sort du côté d'Adam endormi. Tout autour, se voient les animaux de la création. Dans le panneau suivant, on lit la date de 1606. Enfin, au côté opposé, dans le dernier panneau, près de la porte, se trouve saint Jean baptisant Notre Seigneur. Au fond du porche, deux portes séparées par un trumeau donnent accès dans l'église. Sous les chapiteaux des chambranles, on voit d'un côté deux personnages nus, représentant les pêcheurs retenus captifs par un lion qui figure le démon ; de l'autre, deux hommes sont liés ou semblent lutter ; leurs jambes sont couvertes de poils épais et sont terminés par des sabots fourchus. Les arcs des portes sont divisés par des claveaux saillants et par une clef sculptée. Au trumeau est adossé un joli bénitier porté sur une colonnette cannelée. Au-dessus du bénitier, un ange à genoux tient deux goupillons ; il est surmonté d'un dais orné de pilastres, gaines, cariatides, petites niches, etc...

 

Dans les côtés, deux colonnes à tambours cannelés, bagues sculptées et chapiteaux ioniques, supportent l'entablement, et dans le tympan, une niche, accostée de deux gaines et cariatides, renferme une statue de Notre Seigneur bénissant, revêtu d'une robe longue aux plis raides et serrés presque analogues à ceux des statues romanes de Chartres et d'Angers. Le porche est couvert d'une voûte découpée par de belles nervures, qui forment au milieu un pendentif assez remarquable (M. Abgrall).

— COUFFON (René), 1948, " l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

— JAOUEN (Guy), 2006, Les luttes celtiques de Bretagne et du Cornwall.

https://celticwrestling.files.wordpress.com/2011/07/cornish-wrestling.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LA BRETÈQUE (François de ), 1984, Image d'un animal : le lion. Sa définition et ses «limites», dans les textes et 1' iconographie (XIe-XIVe siècles) Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public  Année 1984  15  pp. 143-154. Fait partie d'un numéro thématique : Le monde animal et ses représentations au moyen-âge (XIe - XVe siècles).

https://www.persee.fr/doc/shmes_1261-9078_1985_act_15_1_1443

— NIZETTE-GODFROID (Jeanine), 1972, Contribution à l'étude de l'influence du lion néo·hittite sur la constitution du type léonin dans l'art grec orientalisant , L'Antiquité Classique  Année 1972  41-1  pp. 5-48

https://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1972_num_41_1_1648

—  PERU (Fanch), 1985, "Les jeux de pardon en Bretagne", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1985  92-3  pp. 309-326

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1985_num_92_3_3194

 

 —PRIGENT (Christiane) 1986, Guimiliau (Châteaulin, réed. 1992).

CIAP

https://www.ciap-enclos.fr/enclos/guimiliau/

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/guimiliau-enclos-paroissial-saint-miliau/

— Le bel article suivant :

https://en.wikipedia.org/wiki/Guimiliau_Parish_close

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 10:03

Les modillons et bases de colonnes (kersanton, traces de polychromie ocre, atelier du Maître de Plougastel, 1606) du porche intérieur de l'église de Guimiliau.

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Les cotés ouest et est du porche intérieur de l'église de Guimiliau peuvent se diviser en deux registres : en haut, les niches à dais des douze Apôtres (six de chaque coté), et en bas une succession de six pilastres cannelés (et rudentés) soutenant une frise de masques et panneaux décoratifs.

Décrire les douze statues me nécessitera un article entier. La frise vous vaudra au moins deux articles.

Mais il faudrait décrire séparément chaque colonne séparant les Apôtres, avec leur chapiteau ionique, leur fût cannelé et rudenté, et leur piédestal, ou "base". Ah oui ? Yes, car chacune des trois faces visibles de ces bases cubiques sont sculptées d'un motif différent. Confinez-vous une après-midi dans ce porche  avec une lampe de poche, un miroir, et un plumeau (car c'est très empoussiéré et toiledaraignéisé ), et, au couvre-feu, vous devrez quitter les lieux sans avoir épuisé votre inventaire.

Voici donc quelques uns des 2x17 modillons qui soutiennent la corniche où se sont installés les Apôtres. Ils nous offrent une vraie leçon de sagesse, car, pour les examiner, il faut s'accroupir et s'abaisser pour en découvrir la face cachée aux profanes.   Mais c'est ainsi qu'on accède à un très beau répertoire de l'ornementation Renaissance, marqué par le principe de métamorphose entre humanité et végétaux : les masques feuillagés, les masques crachant des feuillages, alternent avec des compositions stylisées à volutes, godrons ou palmettes tandis que de beaux portraits de Guimiliens et Guimiliennes à fraises courtes se mêlent à ceux de géants aux barbes énormes. Autre leçon, ces modestes modillons, qui attendaient sans doute jusqu'à aujourd'hui pour vivre leur quart d'heure de célébrité, sont des petites choses, d'une dizaine de centimètres peut-être : petits par la taille mais grands par le talent.

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Attribution et datation.

La date de 1606, inscrite sur la frise coté ouest, peut qualifier également ces modillons et ses colonnes. En étant strict, on élargira le compas de datation jusqu'à 1617, date inscrite à l'extérieur du porche.

Le porche est principalement l'œuvre du Maître de Plougastel (1570-1621), anonyme installé à Landerneau et auteur, comme son nom de convention l'indique, du calvaire de Plougastel (1602-1604), mais aussi du calvaire de Locmélar, de l'intérieur du porche de Bodilis, et de bien d'autres œuvres, dans 31 paroisses (4 en Cap-Sizun, 3 dans le diocèse de Tréguier, 2 en Haute-Cornouaille, et toutes les autres dans le Léon au nord de l'Élorn).

Par contre, les statues du porche ne lui sont pas attribuées, hormis celle des apôtres Pierre et Jean dans ce porche, et son compagnon ou élève Roland Doré a pris le relais vers 1618.

Dans son Catalogue des ateliers de sculpture sur pierre Emmanuelle Le Seac'h attribue au Maître, à l'intérieur du porche sud de Guimiliau, les termes gainés et les deux bustes du fronton, le bénitier du trumeau, les apôtres déjà cités.

Mais elle attribue d'autres éléments à une deuxième main, celle d'un compagnon, qu'elle baptise du nom de Valet du Maître de Plougastel. (Dans les archives, le "valet" est le bras droit du maître d'atelier, son second). Elle définit son style ainsi, à propos de quatre scènes des piédroits de l'extérieur du porche: "Les yeux sont globuleux, taillés en amande, avec des paupières ourlées. Le nez est droit, gros, avec des ailes larges. Les trous des narines sont creux, ce qui fait la particularité de ces sculptures. À l'inverse, les lèvres sont serrées, à peine dessinées. L'ensemble est relevé par une barbe bien peignée, avec des moustaches transversales qui démarrent sous les narines, laissant le haut des lèvres glabres. Le philtrum est inexistant. Une petite frange de cheveux reproduit la sinuosité des arcades sourcilières. ... Les visages suivent une inflexion au niveau des tempes contrairement aux visages du Maître de Plougastel qui sont tous ronds."

Ce serait à lui qu'aurait été confié la frise intérieure du porche, et les chapiteaux de la porte d'entrée (le menu de mon prochain article).

E. Le Seac'h ne mentionne pas les modillons ou les colonnes séparant les apôtres, et nous pouvons les attribuer, au sens large, à l'atelier du Maître de Plougastel : soit au Maître, soit à son "Valet". Observons donc les trous des narines! Il me semble bien qu'ils soient creux, j'opte pour le Valet.

 

 

 

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Plan.

I. Quelques-uns des 34 modillons (j'en montre 25).

II. Quelques décors truculents des bases des colonnes. (Surprise)

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Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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QUELQUE-UNS DES 34 MODILLONS.

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Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons  et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons et frise du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Modillons du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LES BASES DES COLONNES SÉPARANT LES NICHES.

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Si nous numérotons les colonnes en partant pour le n°1 de celle qui est à droite de saint Pierre (et c'est la moindre des choses, c'est la colonne n°11 qui remporte, à l'unanimité, le prix du Jury. Entre saint Mathias, porteur de hache, et saint Barthélémy, porteur de coutelas.

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La base de la colonne n°11. Lutte à la corde entre quatre personnages.

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C'est là un vieux jeu breton, "an tortis" ou "chech fun". Il appartient aux "jeux de pardons". Fanch Peru le décrit ainsi :

"La corde a environ 25 m de long. Au centre se trouve un témoin que l'on amène au-dessus d'une marque tracée au sol, l'axe. Deux équipes de 5 ou 6 s'affrontent. Le jeu consiste à amener l'équipe adverse de l'autre côté de l'axe. Chaque partie se fait en deux «manches» et éventuellement une «belle» avec inversion des équipes. L'ordre des affrontements est obtenu par tirage au sort. Dans certains terroirs et dans les jeux fédérés de la F.N.S.A.B. il n'est pas nécessaire pour gagner d'amener l'équipe adverse de l'autre côté de l'axe. Deux témoins placés à la même distance (3 mètres le plus souvent) du témoin central servent alors de repères pour désigner les vainqueurs."

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1985_num_92_3_3194

Fanch Peru (Jeux traditionnels de Bretagne, 1987 p.50),  illustre sa description de ce jeu par une photo du moyen-relief de Guimiliau, et il décrit sur cette sculpture deux lutteurs. Mais ils sont en réalité quatre, pour ceux qui savent regarder les facettes moins visibles du cube.

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Les joueurs sont coiffés d' un béret très plat, et porté sur le coté. Ce béret est remarquable par sa valeur documentaire ethnographique. Mais hormis cette coiffure, ils sont parfaitement nus, même si les attributs virils des lutteurs les plus visibles aient été escamotés. Leurs postures sont également de forte valeur documentaire, les hommes agrippés à la corde s'opposant par par la plante de leur pied tandis que le genou de la jambe opposée est à terre.

Sur le coté droit, le lutteur tient l'extrémité de la corde, celle-ci passant derrière son dos. Il est allongé et  prend appui des deux pieds sur la tête et sur le coude de son compagnon.

Sur le coté gauche, nous retrouvons les mêmes appuis.

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Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Base de la colonne n°9 : masque d'un anthropomorphe. Autres masque humains sur les cotés.

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Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Base de la colonne n°13 : masque d'un homme barbu coiffé d'un bonnet. Autres masque humains sur les cotés.

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Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Base  de la colonne n°5 : masque de femme dans un cartouche à cuir découpé. Masques anthropomorphes sur les cotés.

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Le cuir découpé à enroulement témoigne de l'influence du style bellifontain introduit dans le Léon par l'atelier du  château de Kerjean. La femme porte une fraise courte (autrement dit, plutôt Charles IX que Henri IV).

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Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Base  de la colonne n°3 : masque d'homme barbu dans un cartouche à enroulement. Masques humains sur le coté.

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L'homme est coiffé d'un bonnet muni d'une petite queue au sommet de de volutes retroussées sur le coté. Son nez long et pointu me rappelle celui du terme féminin du bénitier du trumeau (par le même atelier).

À sa droite et à sa gauche, ses collègues sont coiffés d'un turban (peut-être) et portent une large fraise (comme la collerette du Pierrot Gourmand). 

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Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Base des colonnes du porche intérieur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— COUFFON (René), 1948, " l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

—  PERU (Fanch), 1985, "Les jeux de pardon en Bretagne", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1985  92-3  pp. 309-326

CIAP

https://www.ciap-enclos.fr/enclos/guimiliau/

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 12:04

Les termes gainés  (cariatide et atlante) de l'intérieur du porche sud (1606) de l'église de Guimiliau. Atelier du Maître de Plougastel, kersanton.

 

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées  de l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau, et je m'intéresse maintenant aux Termes, Cariatides et Atlantes que les architectes et sculpteurs bretons ont créés en Finistère à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. On les attribue, pour les premières réalisations, à l'atelier qui a travaillé à l'édification du château de Kerjean en Saint-Vougay vers 1570, et qui a introduit dans le Léon les nouveautés stylistiques de la Seconde Renaissance de l'École de Fontainebleau (1539) diffusés par des recueils comme ceux de Sebastiano Serlio (1537) et d'Androuet du Cerceau (vers 1550).

Le couple de termes masculin et féminin de l'entrée du château de Kerjean est repris (encadrant une sculpture du patron du sanctuaire) au fronton du porche sud de Lanhouarneau en 1588, au fond du porche de Saint-Thégonnec en 1599,  au fronton du porche sud de  Saint-Houardon de Landerneau en 1604, ici à Guimiliau en 1606, puis au fronton de la porte de l'ossuaire de La Martyre en 1619, et de l'ossuaire de Saint-Thégonnec en 1676. Toujours en kersanton.

Ce sont des "termes" car leur piètement est en forme de bornes, mais aussi des "cariatides" et "atlantes" (voire des "télamons"), car ils supportent sur leur tête, par un chapiteau ionique, un entablement. Face à ce flottement sémantique, il vaudrait mieux désigner ces figures comme des "supports anthropomorphes". J'ai choisi de rester simple, au prix de l'incorrection.

On retrouve aussi cet ornement, décliné avec beaucoup d'imagination, en granite à l'intérieur du porche de Bodilis (1570-1601), ou sur la façade de l'ossuaire de Sizun (1585), et, en sculpture sur bois, sur les jubés et clôtures de chœur de La Roche-Maurice,  et de la chapelle Saint-Nicolas en Priziac.

 

 

Sur Guimiliau, voir :

 

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Sur les Termes, cariatides et atlantes :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

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Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

 

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PRÉSENTATION DU PORCHE PAR RENÉ COUFFON.

"Le porche en kersanton, voûté sur croisée d'ogives à clef pendante, est l'un des plus remarquables du Léon. Il porte à l'intérieur la date de 1606 sur le mur ouest et a été achevé par l'atelier de Roland Doré, le buste de femme du fronton est de lui (d'après Y.-P. Castel : Sur les pas de Roland Doré, de Keranroux à Guimiliau, B.S.A.F. 1986, p. 369-370) ; sur la façade, près de la clef de voûte, celle de 1617. Sur le rampant du gable de la chapelle qui suit, à l'est, celle de 1642. L'arcade extérieure à voussures multiples est en plein cintre avec clef de voûte et colonnes baguées. Deux colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens soutiennent un entablement à fronton ; dans la frise, une inscription : "O QVAM. METVENDVS EST. LOCVS. ISTE/ VERE. NON. EST. HIC. ALIVD. NISI. DOMVS. DEI.". Dans le gable, niche à fronton cintré abritant une statue en kersanton de saint Miliau, et plus haut, clocheton terminé par un lanternon. Dans les contreforts, statues en kersanton : saint Sébastien, saint portant la tiare (Pierre ?), saint évêque et saint moine.

A l'intérieur, dans les niches à dais Renaissance, statues des douze Apôtres (C.), huit en pierre (sans doute d'après 1606), quatre en bois (XVIIIe siècle). Sur le socle de la statue de saint Pierre on lit une inscription en creux : "A: GO". Sous les niches, frise de bas-reliefs parmi lesquels la Création d'Eve.

Bénitier en kersanton au trumeau (C.), surmonté d'un dais Renaissance. - Dominant les deux portes géminées, statue en pierre du Christ bénissant entre deux cariatides gainées."

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Entrée extérieure du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Entrée extérieure du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION .

Attribution.

E. Le Seac'h attribue au Maître de Plougastel les piédroits et les voussures de l'arc d'entrée du porche de Guimiliau . Cet atelier de Landerneau est intervenu dès le début du chantier (daté en 1606 selon l'inscription de l'intérieur du porche) et jusqu'en 1617, date figurant à l'extérieur à droite de la grande agrafe feuillagée.

Dans le Catalogue de ce sculpteur, elle lui attribue aussi, à l'intérieur du porche, "les deux termes gainés, homme et femme, et les deux bustes homme et femme les encadrant sur le fronton intérieur", le bénitier du trumeau, et deux apôtres, Pierre et Jean. 

Par contre, elle attribue à Roland Doré le Christ Sauveur qu'encadrent les termes gainés. (Roland Doré est aussi l'auteur de six apôtres sous le porche, et de quatre statues en kersanton de l'extérieur du porche).

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Sur le portail intérieur du porche, les deux portes jumelles en plein cintre sont séparées par le trumeau et son bénitier. Les deux colonnes cannelées de chaque porte supportent une arcade dont les moulures sont interrompues  par quatre clefs et une agrafe centrale, évoquant vaguement l'alternance métope-triglyphe. Ces portes prennent place dans un portail où le chapiteau ionique de deux colonnes cannelées et baguées —introduites en architecture par Philibert Delorme —, supportent l'entablement orné d'une frise aux rinceaux peints de couleur ocre-rouge.

Le tympan reçoit une niche formée par nos deux supports anthropomorphes supportant un fronton curviligne portant trois pots à feu. Cette niche en kersanton est reliée à la corniche par deux volutes s'appuyant sur de nouveaux pots à feu.

 

 

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Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Cette disposition générale reprend celle du porche de Lanhouarneau (atelier de Kerjean ?, 1588), du porche intérieur de Saint-Thégonnec (v.1599) et celle de l'ossuaire de La Martyre (Maître de Plougastel 1619) qui sera copiée sur l'ossuaire de Saint-Thégonnec (1676-1677). 

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Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Portail sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

 

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Ossuaire de Saint-Thégonnec (Jean Le Bescont 1677)

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Les deux termes masculin et féminin autour du Christ Sauveur.

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Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Au centre, et un peu à l'étroit, la statue en ronde bosse montre le Christ Sauveur du Monde, en latin Salvator Mundi. Représenté en gloire (revêtu du manteau rouge de la victoire sur la Mort), mais non nimbé, il donne sa bénédiction de la main droite au Monde, figuré par un orbe tenu dans la main gauche. La jambe gauche est avancée, avec un genou fléchi.

Cette statue, je l'ai dit, est l'œuvre de Roland Doré (1618-1663), alors à ses débuts puisqu'il  achevait le chantier débuté par  le Maître de Plougastel (1570-1621), qui l'avait formé dans son atelier. Cette transition explique que les cinq visages de ce fronton conservent une unité certaine. Les pupilles ne sont pas encore creusées, comme cela deviendra un trait stylistique de Roland Doré.

C'est également un Christ Sauveur qui occupe le porche intérieur de Lanhouarneau, église dont le fronton qui sert ici de modèle. On le trouve aussi aux porches de Dirinon et de Bodilis.

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Fronton (kersanton  polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Christ Sauveur (Roland Doré). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Christ Sauveur (Roland Doré). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Les deux termes.

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Comme à Lanhouarneau, (et comme dans les modèles de gravure de Serlio ou Androuet du Cerceau)  ces supports anthropomorphes portent un pagne feuillagé d'acanthe et reposent sur un fût prismatique, non cannelé. Mais à l'inverse de Lanhouarneau leurs bras sont croisés dans le dos. Leur anatomie humaine est très fidèle, et non envahie par des métamorphoses. Ils supportent un chapiteau à volute ionique.

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Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Le terme féminin ou cariatide.

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La femme est nue jusqu'à la taille, jeune, fraîche et jolie, et elle porte autour du cou le collier à médaillon qui se retrouve à La Martyre, à Saint-Thégonnec et sur les gravures d'Androuet du Cerceau.

 

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Termes gainés (Maître de Plougastel ).Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ).Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Le terme masculin ou atlante.

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L'homme, torse nu, porte des cheveux mi-longs et une barbe taillée.

Je m'afflige de  voir ces sculptures, comme la paroi, si altérées dans sa polychromie.

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Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Termes gainés (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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Le couple figurant à la base du fronton.

Ils évoquent, par leurs costumes contemporains et leur toilette, de jeunes paroissiens.

La femme porte une robe noire sur un corsage bleu. Son front est épilé.

L'homme porte une veste bleue et un gilet rouge boutonné (chupenn et jiletten du costume breton), sa barbe est taillée, ses cheveux tombent sur les épaules.

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Femme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Femme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome, v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme  (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome , v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

Homme (Maître de Plougastel ). Fronton (kersanton polychrome , v.1606) du portail intérieur du porche sud. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

— COUFFON (René), 1948," l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de GUIMILIAU,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

 

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

—CIAP

https://www.ciap-enclos.fr/enclos/guimiliau/

Le porche sud permet d’entrer dans l’espace sacré de l’église. Ceci explique la richesse de sa décoration qui affiche également la prospérité de la paroisse. Pour le réaliser, Guimiliau a fait appel à deux sculpteurs de renom ; le Maître de Plougastel entre 1606 et 1617, puis Roland Doré. Ceint de contreforts ornés de niches et amortis de lanternons, il allie les styles gothique et Renaissance.
L’entrée en plein cintre est bordée extérieurement par deux colonnes corinthiennes et intérieurement par des colonnes baguées. Elle est surmontée d’un fronton triangulaire portant un buste de femme, œuvre de Roland Doré, puis d’un second avec une statue de saint Miliau. Un clocheton surmonté d’un lanternon coiffe l’ensemble. Dans les voussures de l’entrée sont représentées des scènes bibliques avec Adam et Eve, Abel et Caïn, Noé et, plus haut, des événements de l’enfance de Jésus.
A l’intérieur, la voûte est formée d’une belle croisée d’ogives. Les portes de l’église sont surmontées d’une statue polychrome du Christ enseignant entre deux cariatides figurant Adam et Eve. Entre les portes, sous un dais, un ange armé de goupillons trempe le pied dans un bénitier. Sur les murs latéraux, abrités par des dais Renaissance et des niches à colonnettes ioniques, les apôtres adoptent un maintien majestueux avec leurs attributs : saint Pierre et sa clé, saint Jacques et sa coquille, saint André et sa croix en X, etc. Sous les apôtres, des têtes symbolisent les péchés capitaux. En bas-relief apparaissent un moine exorciste et la création d’Eve

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/850

 

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OUVRAGES DE RÉFÉRENCE

BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHES"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1542-1545, Compartiments, ou  Grands cartouches de Fontainebleau. Deux séries de 10 planches.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1807-compartiments-de-fontainebleau-de-grand-format?offset=7

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1548-1549, Cartouches, 12 planches gravées sur cuivre.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

— DE GRANDE (Angelo), 2014, "De Fontainebleau vers la Lorraine: l’ordre anthropomorphe de la maison «des Sept Péchés capitaux» à Pont-à-Mousson" in Gravures d'architecture et d'ornement au début de l'époque moderne : processus de migration en Europe (sous la direction de S, Frommel et E. Leuschner), pp.205-218, 2014.

https://www.academia.edu/11289409/De_Fontainebleau_vers_la_Lorraine_l_ordre_anthropomorphe_de_la_maison_des_Sept_P%C3%A9ch%C3%A9s_capitaux_%C3%A0_Pont_%C3%A0_Mousson

— FROMMEL (Sabine), 2018 Supports anthropomorphes peints de la Renaissance italienne, in Frommel, Sabine – Leuschner, Eckhard – Droguet, Vincent – Kirchner, Thomas (dir.) Construire avec le corps humain/ Bauen mit dem menschlichen Korper. Les ordres anthropomorphes et leurs avatars dans l'art europèen de l'antiquité à la fin du XVIe siècle/ Antropomorphe Stùtzen von der Antike bis zur Gegenwart,  Campisano Editore 2 volumes pp 618, 40 ill. 

Rares sont les motifs architecturaux qui témoignent d'une persistance telle que les ordres anthropomorphes, depuis l'Antiquité jusqu'à la période actuelle, en passant par le Moyen Âge. Leur évolution s'articule par de subtiles interactions entre les domaines sculptural, architectural et pictural, alors qu'une fortune théorique durable a été instaurée par la description détaillée par Vitruve des "Perses" et des "Caryatides" dans son traité De architectura libri decem. Contrairement aux ordres architecturaux canoniques, ce " sixième ordre " invite à des interprétations et des variations plus souples et plus personnelles. Il put ainsi assimiler des traditions locales très diverses lors de son parcours triomphal dans toute l'Europe. Si la signification originelle de soumission et de châtiment de ces supports reste valable, les valeurs narratives ne cessèrent de s'enrichir et de s'amplifier, en faisant de ce motif un protagoniste abondamment présent dans de multiples genres artistiques, des meubles aux monuments les plus prestigieux, et qui révèle les mutations typologiques et stylistiques au fil du temps. Les contributions réunies dans ces deux volumes fournissent un large panorama européen de ces occurrences, offrant un large éventail de synergies et d'affinités révélatrices.

https://www.academia.edu/36821730/Supports_anthropomorphes_peints_de_la_Renaissance_italienne_in_Frommel_Sabine_Leuschner_Eckhard_Droguet_Vincent_Kirchner_Thomas_dir_Construire_avec_le_corps_humain_Bauen_mit_dem_menschlichen_K%C3%B6rper_Co_%C3%A9dition_Picard_Campisano_Paris_Roma_2018_?email_work_card=view-paper

— MAITRE DE HENRI II (membre du Groupe de Noël Bellemare) Heures dites de Henri II BnF Latin 1429

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447767x/f81.item#

— MAITRE DE HENRI II 1546-1547 (offert à Charles IX en 1566), Jean du Tillet Recueil des rois de France BnF fr.2848

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516158/f189.item#

https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc492956

SAMBIN ( Hugues), 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture reduict en ordre : par Maistre Hugues Sambin, demeurant à Dijon, publié à Lyon par Jean Marcorelle ou par Jean Durant.  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36089-oeuvre-de-la-diversite-des-termes-dont-on-use-en-architecture-reduit-en-ordre-par-maitre-hugues-sambin?offset=1

 

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

 

— VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

— VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

— VITRUVE, 1511, De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise chez G. da Tridentino avec 136 gravures sur bois 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp

— VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

 

— VREDEMAN DE VRIES (Hans) [1565]  Caryatidum (vulgus termas vocat) sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecture. Anvers

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36809/?offset=#page=43&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 

 

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 16:32

 

Les termes gainés  (cariatide et atlante)  du porche sud (1584-1588) de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Atelier du château de Kerjean, kersanton.

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées  de l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau, et je m'intéresse maintenant aux Termes, Cariatides et Atlantes que les architectes et sculpteurs bretons ont créés en Finistère à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. On les attribue, pour les premières réalisations, à l'atelier qui a travaillé à l'édification du château de Kerjean en Saint-Vougay vers 1570, et qui a introduit dans le Léon les nouveautés stylistiques de la Seconde Renaissance de l'École de Fontainebleau (1539) diffusés par des recueils comme ceux de Sebastiano Serlio (1537) et d'Androuet du Cerceau (vers 1550).

Le couple de termes masculin et féminin de l'entrée du château de Kerjean est repris au fronton du porche sud de Lanhouarneau en 1588 (granite). Ce fronton sert de modèle qui se retrouve, au fond du porche de Saint-Thégonnec en 1599 (kersanton),  au fronton du porche sud de  Saint-Houardon de Landerneau en 1604 (kersanton), au fond du porche de Guimiliau vers 1606, puis au fronton de la porte de l'ossuaire de La Martyre en 1619 (kersanton), et de l'ossuaire de Saint-Thégonnec en 1676 (kersanton). Dans ces six cas, les deux termes encadrent une niche accueillant une statue d'un saint ou d'une sainte, et ils sont épaulés par deux volutes latérales.

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Ce sont des "termes" car leur piètement est en forme de bornes, mais aussi des "cariatides" et "atlantes" (voire des "télamons"), car ils supportent sur leur tête, par un chapiteau ionique, un entablement. Face à ce flottement sémantique, il vaudrait mieux désigner ces figures comme des "supports anthropomorphes". J'ai choisi de rester simple, au prix de l'incorrection.

On retrouve aussi cet ornement, décliné avec beaucoup d'imagination, en granite à l'intérieur du porche de Bodilis (1570-1601), ou sur la façade de l'ossuaire de Sizun (1585), en kersanton sur un bénitier de Guimiliau (v.1606) et, en sculpture sur bois, sur les jubés et clôtures de chœur de La Roche-Maurice,  et de la chapelle Saint-Nicolas en Priziac.


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Sur les Termes, cariatides et atlantes :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

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Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :


 

 

PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

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On commencera par noter la proximité de Lanhouarneau avec le château de Kerjean (Saint-Vougay), à 8 km à l'est.

"En forme de croix latine, l'église comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, un transept et un chœur accosté de deux chapelles et terminé par un chevet à trois pans. En dehors du clocher du XIVe siècle, l'édifice est en partie de la fin du XVIe siècle, en partie de la fin du XVIIIe siècle.

Le porche du midi , voûté sur croisée d'ogives avec liernes, porte la date de 1582 sur le contrefort est et l'inscription suivante dans l'entablement de l'arcade extérieure : "IEAN. TOVLLEC (?). Y. BERTHOV. ET. J. MESGVEN. PROCVREVRS (?)." Ce porche a une importance capitale pour l'histoire de l'art breton, car il présente une innovation totale dans la décoration des porches, aucun élément gothique n'y figurant plus et le style classique y apparaissent totalement pour la première fois. Dû sans nul doute à l'atelier de Kerjean, sa disposition et ses principaux ornements ont été reproduits dans de très nombreux monuments de la vallée de l'Elorn.

Le sommet du gable est décoré d'un écu martelé portant les armes mi-parti Maillé et Carman, armes de François de Maillé et de sa femme Claude de Carman, héritière de ses frères après leur fin tragique en 1584. C'est donc peu après cette dernière date que le porche semble avoir été achevé.

Les niches à coquille abritent encore les statues des douze Apôtres (kersanton) ; dans le soubassement, cartouches à têtes grimaçantes et grotesques comme à Bodilis. L'une des liernes porte sur ses deux faces l'inscription : "H. N. GAL... FAB. NOBLE. E. VEN. P. SR. M. G. ESQVZ... RECT. /M. E. GARS. CVRE. 1582. F. RICHART. FAB.". Au-dessus de l'arc surbaissé de la porte intérieure, statue en kersanton du Christ Sauveur du monde. Au pignon du porche, dans une niche à cariatides gaînées, statue de sainte à longues tresses, un enfant à ses pieds [sic]." (René Couffon)

Marie-Dominique Menant donne une lecture plus complète de l'inscription de l'intérieur   gravée sur les liernes du porche : M. E. BARS. CURE. 1582. F. RICHART. FAB. H. NOAL. FAB. NOB. ET. VEN. PER. M. G... REC sur la croisée d'ogives.  Je la discuterai à mon tour infra.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Cartel in situ. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Cartel in situ. Photographie lavieb-aile.

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LE FRONTON DU PORCHE.

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Au dessus de l'entablement du porche, le tympan est centré par une niche à coquille dont le plein cintre vient s'inscrire sous un fronton triangulaire supporté par deux colonnes à supports anthropomorphes. Deux volutes forment les arcs-boutants de cet ensemble central.

Dans le tympan, un blason, martelé à la Révolution, aux armes des familles Maillé et Carman permet de faire remonter aux environs de 1584 la fin de la construction du porche (cf. Couffon et Bouricquen).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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La statue de la niche : une sainte (Marie-Madeleine) et un donateur (kersanton, 1588).

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On a vu que René Couffon décrit une "statue de sainte à longues tresses, un enfant à ses pieds". Effectivement, l'identité de la sainte ne peut être précisée facilement. Par contre, il me semble peu discutable que c'est un donateur (tête refaite en pierre ou ciment pierre) qui est agenouillé à ses pieds, les mains jointes autour d'un phylactère qui monte verticalement jusqu'aux nattes de la sainte. Ce donateur est un chanoine, car il est vêtu d'une chape à capuchon rabattu.

La femme (dont la tête est brisée) est tête nue, sans voile, ni bandeau, ni nimbe ni couronne, mais sa chevelure est remarquable car elle forme deux nattes méchées qui se réunissent devant la poitrine et descendent jusqu'au ventre. Ces nattes sont si remarquables qu'elles semblent être un attribut d'identification. Mais vers quelle sainte ? 

L'autre attribut est le flacon qu'elle tient, par l'intermédiaire d'un pli de son manteau, dans la main gauche.

Je ne vois qu'une solution de cette devinette, et seule sainte Marie-Madeleine me semble correspondre à cette définition d'une chevelure longue et non couverte, et du flacon d'aromates présenté lors de la Mise au Tombeau, ou du lundi de Pâques, pour l'embaumement du corps du Christ.

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Pour en revenir au donateur, de qui peut-il s'agir ?

Serait-ce le recteur de la paroisse, ce "noble et vénérable personne M. G. R[ecteur] " de l'inscription de 1582 sous le porche ? L'absence de son nom interrompt les tentatives de recherche.

J.M. Abgrall nous indique le nom du recteur de 1585, un certain Guillaume Dall. Pas mieux.

Serait-ce un membre de la famille de Carman, dont les armes figuraient sur un blason du porche avec la date de 1584 ? Ce serait ma meilleure hypothèse. Une verrière de l'église de Plonévez-Lochrist montrait Jean de  Carman, "chanoine de Léon" en donateur présenté par Jean-Baptiste devant une Descente de Croix.

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319852900781za/9eae3a3f-faad-4b3c-a424-a62e2538c112

Ce chanoine devint évêque de Saint-Pol-de-Léon, et sa dépouille y repose sur une dalle à son effigie, mais dans l'église de Plonévez-Lochrist, la chapelle Saint-Sébastien renferme dans un enfeu la tombe qu'il s'était destiné.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cenotaphe-de-monseigneur-jean-de-carman-encastre-dans-un-enfeu-eglise-paroissiale-saint-pierre-plounevez-lochrist/f79cc30e-0846-4b12-9c2b-fe26744da00c

Mais hélas pour la validité de ma suggestion, cet évêque  intronisé en 1503 est décédé en 1514.

L'énigme du donateur reste donc à résoudre.

 

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Le terme masculin, ou "atlante". (Atelier de Kerjean, leucogranite à muscovite de Berven, 1588).


"Géologiquement, l’intrusion du granite à tourmaline de Sainte-Catherine a été précédée, en plusieurs points et en particulier aux environs de Berven, par la mise en place d’un granite clair, blanchâtre, à grain fin-moyen, caractérisé par la présence fréquente de muscovite (mica blanc) et le développement aléatoire, mais toujours en faible proportion, de tourmaline. Si cette roche est loin d’avoir la beauté et surtout l’originalité des divers faciès du massif de Sainte-Catherine, elle est cependant susceptible de fournir des pierres de taille parfois de fortes dimensions. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce qu’elle ait été recherchée pour l’église de Lanhouarneau, fréquemment en association avec le faciès (b) de Sainte-Catherine, extrait dans les mêmes secteurs. Sa mise en œuvre remonte certainement au xvie siècle, comme l’atteste sa présence dans le chevet et dans le porche méridional où elle forme les deux belles colonnes cannelées monolithes dressées de part et d’autre de la partie externe de l’accès. Elle a été également utilisée en remploi (au xviiie siècle), avec le granite de Sainte-Catherine, dans le transept sud, dans l’élévation méridionale… La même roche a été aussi mise en œuvre au niveau de la plate-forme du clocher (balustrade, colonne, base de la flèche…) sans que l’on puisse toutefois préciser ici la date de son utilisation, du fait des restaurations subies par ledit clocher. "(L. Chauris 2006)

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Ces deux supports anthropomorphes sont beaucoup plus grossiers (ou bien moins conservés du fait de leur matériau moins fin et inaltérable que le kersanton) que ceux à qui ils serviront de modèles ;  ils ont les bras croisés devant la poitrine et la transition avec le pilier se fait par un pagne feuillagé (acanthe) suspendu à une volute ionique. Ils supportent l'entablement par un chapiteau ionique.

L'homme est remarquable par ses grands yeux et sa moustache.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Le terme féminin, ou "cariatide". (Atelier de Kerjean, Leucogranite à muscovite de Berven, 1588).

 

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Cette cariatide est nue et sa belle poitrine souligne sa grâce, plus que son visage qui nous échappe sous l'effet de l'altération de la pierre. Sa coiffure forme deux boucles qui la coiffe comme des oreilles de Mickey.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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LE PORCHE EXTÉRIEUR.

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L'entrée en plein cintre sculpté, soutenu par des colonnes à tambour, est accostée de deux colonnes corinthiennes cannelées, conforme aux modèles de Philibert Delorme adoptés au château de Kerjean. Le pignon et les contreforts d'angles s'amortissent en lanternons.

La corniche à large moulure porte l'inscription : Mre: JEAN: TOVLLEC Rr: Y: BERTHOV : ET : J : MESGVEN : PROCVREVRS 1765, témoignant d'une restauration ou modification assez sérieuse à cette date. En effet, "en octobre 1760, l'architecte Guillaume Balcon est appelé pour étudier la réédification de l'église. Le sieur de Keramoal-Lucas, expert blasonneur, l'accompagne. Le transept et la nef sont repris à partir de 1766 : linteau daté, ajout d'une voûte basse en berceau dans le clocher et transformation du portail occidental. Le remontage du porche sud est effectué après numérotation peinte en rouge des pierres" . (M. Menant)

—Jean TOULLEC (1707-1777) a été recteur de 1748 à 1777. 

https://gw.geneanet.org/gaelliou?n=toullec&oc=&p=jean

 

—Yves BERTHOU (10 février 1719-31 juillet 1783), cultivateur, est qualifié d'Honorable Marchand, demeurant au Manoir du Ferz à Lanhouarneau. Il a été capitaine de la paroisse (équivalent de "procureur" je pense). Il a épousé vers 1739 Françoise Yvonne LE GUEN. Dans sa fratrie figure Hamon Berthou curé de Lanhouarneau.

https://gw.geneanet.org/flcharlet?lang=fr&iz=3045&p=yves&n=berthou&oc=6

Son ancêtre Jean Berthou avait fait construire le manoir du Fers en 1660 et y avait fait graver ses initiales avec celles de son épouse.

"Le Fers", à Lanhouarneau, apparaît sur Google Maps comme une, ou plutôt deux ou trois grosses exploitations d'élevage agricole. Existe-t-il encore des bâtiments anciens ? La notice de l'Inventaire décrit Le Fers Vras, en grès et granite, datant vers 1900.Il y a Le Fers, Le Fers Vras, Le Fers Bian et Le Fers Kerhilliguy. Le lieu-dit est mentionné sur la carte de Cassini, comme Tréfalégan.

Yves Berthou est marchand de toile : lorsqu'en 1785, à l’occasion de l’inventaire après décès du plieur de toile Ollivier Péton, de Landerneau, on découvre dans son grenier une boîte « contenant cinquante sceaux en bois gravés du nom et de la marque particulière de chaque fabriquant », deux noms de marchands sont de Lanhouarneau : le sien et celui de F. Nicolas.

Un post du forum CGF est consacré aux BERTHOU de Lanhouarneau.

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?f=1&t=31255&sid=2ac4d95

On lit, dans les Antiquités de Bretagne (1832) de Fréminville : "En entrant dans l'église , à main droite, contre la muraille , est la pierre tombale de Jean Berthou. Son nom y est écrit en grosses lettres, mais sans aucune autre espèce d'épitaphe".

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— Jean MESGUEN, cultivateur,  est né le 7 octobre 1751 au manoir de Tréfalégan, où il décéda le 29 avril 1806.  Il avait épousé en 1785 Catherine BARS.

Un homonyme, cultivateur sachant signer, qualifié d'Honorable Homme, est né vers 1716 au manoir de Tréfalégan où il est décédé le 2 mai 1803. Il avait épousé en 1747 Honorable Femme Marie KEROUANTON.

Le manoir de Tréfalégan, à 800 m au nord-est de l'église, avait appartenu à Sébastien de Rosmadec puis à la famille Thépault dont il porte les armoiries.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/manoir-puis-ferme-aujourd-hui-maison-trefalegan-lanhouarneau/7ce401b0-600a-41f3-8e14-260fcdd79068

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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L'entablement est soutenu par deux colonnes cannelées,  rudentées au tiers inférieur et baguées, en leucogranite à muscovite de Berven (L. Chauris) mais dont le chapiteau corinthien est en kersanton.

 

Près de ces chapiteaux, des anges présentent des cartouches en cuir découpé à enroulement, centrés par des masques anthropomorphes entourés d'un collier de perles de gros diamètre : l'influence du style bellifontain introduit au château de Kerjean est patent.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Les soubassements des contreforts, en granite de Sainte-Catherine, sont sculptés de masques (mi-humains mi-léonins) dans un encadrement rectangulaire de palmes.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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Cet intérieur a été reproduit en 1614 par Jean Bouricquen. Si  son dessin est peu fidèle dans sa représentation du porche sud, il propose un intérieur coloré : les statues des apôtres et les arabesques le long des parois, la statue du Christ bénissant et les voûtes du couvrement sont polychromes ; les dessins des voûtes semblent représenter des anges.

Le bénitier à godrons, la frise et le soubassement des statues et colonnettes sont en granite de Sainte-Catherine facies b (L. Chauris).

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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La statue du Christ Sauveur (kersantite) dans la niche centrale.

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Comme sous le porche de Dirinon ou celui de Bodilis, le Christ, jambe gauche en avant, bénit de la main droite (brisée) le globe terrestre ou orbe tenu de la main gauche (brisée).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription.

Elle est gravée, d'une main maladroite, sur les liernes du porche sur la croisée d'ogives. Marie-Dominique Menant a relevé :

M. E. BARS. CURE. 1582. F. RICHART. FAB. H. NOAL. FAB. NOB. ET. VEN. PER. M. G... REC
 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Je propose de lire :

1°)

M : E : BARS : CVRE. 1588 /

Soit "Messire E. BARS curé en 1588".

La famille BARS est attestée sur la paroisse à cette date (on sait que les curés sont recrutés localement) : voir infra.

https://gw.geneanet.org/flcharlet?lang=fr&iz=3045&p=alain&n=bars+le+bars+barz+le+barz&oc=5

Ce changement de date créerait une rupture avec tous les auteurs datant ce porche de 1582 ou 1584 (d'après les armoiries de Carman-Maillé). Ma lecture, cliché à l'appui, semble assez fondée.

Nous savons par les archives qu'un Jean BARZ était fabricien de la paroisse en 1553, date à laquelle il a commandité avec Hervé Calvez la réalisation de la croix de Croas ar C'hor par l'atelier Prigent de Landerneau. 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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2°)

F : RICHART : FAB. 

 F[rançois?] RICHART Fabricien.

Les généalogistes signalent François RICHART, cultivateur, né vers 1570 à Goasven, Lanhouarneau et décédé au même lieu vers 1638, marié vers 1590 à Marie GRALL. 

On remarque que sa sœur Barbe a épousé Alain BARS.

https://gw.geneanet.org/fernandl?n=richart&oc=&p=francois

Le village de Goasven se trouve à l'est de la paroisse.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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3°)

H : MOAL : FAB.

Soit "H. Moal, fabricien".

Les paroisses élisent chaque année deux fabriciens : voici donc le second.

Je propose de reconnaître ici Hervé MOALIC, né vers 1580 à Plounéventer (pour l'instant, ça ne colle pas), mais marié vers 1610 à Lanhouarneau avec Plesoue BARS, fille d'Alain BARS et de Barbe RICHART (décédée en 1636) mentionnés supra. 

https://gw.geneanet.org/flcharlet?n=moalic&oc=1&p=herve

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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4°)

NOB : E : VEN : PER : M : --- REC 

Soit "Noble et vénérable personne messire --- recteur".

Je ne parviens pas à un meilleur résultat, et le nom de ce recteur nous échappe encore. Mais résisterait-il à de nouvelles tentatives et à des éclairages différents ?

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Les douze apôtres du Credo apostolique (kersanton).

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Ces apôtres, pieds nus et tenant le livre qui les caractérisent tous, tiennent chacun le phylactère où était jadis peint l'article du Credo qui leur est attribué. Ils sont vêtus du manteau et de la robe dont la fente pectorale est fermée par des boutonnières à languettes en S, caractéristique des ateliers de kersanton de Landerneau (atelier Prigent, puis Maître de Plougastel, puis Roland Doré puis Jean Bescont).

Toutes les têtes ont été refixées au ciment, quelques mains, doigts ou attributs ont disparu.

Attribution.

Ces statues ne sont pas attribuées par Emmanuelle Le Seac'h dans son Catalogue des ateliers de sculpture de Basse-Bretagne  du XVe au XVIIe siècle, mais cette auteure ne semble pas s'être attardée à Lanhouarneau. Si on les estime contemporaine du porche, donc en 1588, elles correspondent à la période d'activité du Maître de Plougastel (1570-1621), très actif dans le Léon et auteur par exemple avec son atelier du Christ Sauveur de Bodilis, ou des termes gainés de Saint-Thégonnec. Mais on ne connait de  cet atelier que les séries d'apôtres placés à l'extérieur des églises de Confort-Meilars et de Saint-Tugen en Primelin, ou le saint Pierre de Plogoff. On pourra les comparer ici :

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On y retrouve la manière de traiter les visages, et certains traits, comme le livre coincé sous l'aisselle, la ceinture serrant quelques robes, la façon de caractériser saint Matthieu par sa balance, etc. Je propose donc cette hypothèse.
 

 

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre et sa clef (brisée).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Apôtre non déterminé. Saint Thomas ?

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques le Majeur, son chapeau frappé de la coquille et son bourdon.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean tenant la coupe de poison.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Philippe avec sa croix (brisée) à longue hampe.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques le Mineur avec son bâton de foulon (brisé).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Les six apôtres du coté ouest.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint non déterminé. Saint Matthias tenant sa lance ?

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Comparer avec :

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Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Matthieu tenant la balance du publicain.

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Comparer à :

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L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint non déterminé. Barthélémy et son coutelas à dépecer ?

 

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint non déterminé. Saint Jude tenant son épée ?

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Comparer à :

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L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint André et sa croix en X.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Simon et sa scie.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— AGRALL (Jean-Marie), 1918, Notice sur Lanhouarneau, BDHA, Kerangall, Quimper.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/398

— BOURICQUEN, Jan. Bref estat es preminences du marquis de Kerman et conte de Seszploe de mesme quelles sont es eglisses covent et chapelles tant en pierre boys viltres que lisières en Leon. Visite recuilli es ce presant livre faict pour hault et puissant mesire Charles de Maillé chevalier de l'Ordre du roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre, seigneur marcquis de Kerman conte de Seizploue, baron de la Forest, [etc], par son peintre et vistrier humble et fidel serviteur Jan Bouricquen en 1614.

 

— CHAURIS (Louis), 2006, « Éclairage lithologique sur l’église de Lanhouarneau (Finistère) : XIVe-XVIe-XVIIIe siècles », Revue archéologique de l'Ouest, 23 | 2006, 117-149.

https://journals.openedition.org/rao/156

— COUFFON (René) Le BARS (Alfred), 1988, Lanhouarneau, in Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 552 p.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/708d6fe21ec665e814c611e6c521e395.pdf

 

 COUFFON (René) 1948. L'architecture classique au Pays de Léon. Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

 

— KEROUANTON (abbé Yves), 1986, Dans le passé de Lanhouarneau, 255 pages. Non consulté.

— MENANT (Marie-Dominique), 1987, L'église de Lanhouarneau, Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-herve-lanhouarneau/4093c692-080a-4c5d-b945-697dc32b0423

 

— MENANT (Marie-Dominique), 1987, Ensemble de douze statues : Les Apôtres, église Saint-Hervé (Lanhouarneau)

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-douze-statues-les-apotres-eglise-saint-herve-lanhouarneau/8a5def98-8856-41c4-a7c0-db1a98198f4d

 

 

 

— MUSSAT (André),  La Renaissance en Bretagne.

— Le patrimoine des communes du Finistère. Paris : Flohic, éditions, 1998. (Le patrimoine des communes de France).

p. 1011-1012. Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

 

https://amf29.asso.fr/wp-content/uploads/2015/11/lanhouarneau-patrimoine-historique.pdf

 

— LE GUENNEC (Louis),1932, « Prééminences de la famille de Carman », Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 44, 1932, p. 98-137.

— LE GUENNEC (Louis), "Lanhouarneau", in Morlaix et sa région. Quimper 1979

 

"-Lan Hoarneu, vers 1330; (Terre d'Huvarné, ou de saint Hervé). Ce fils d'Harvian et de Rivanone, sœur de saint Rivoaré, naquit vers 520 au manoir de Lanrioull, en Plouzévédé. Hervé, qui était aveugle de naissance, passa la plus grande partie de sa vie à Lanhouarneau, et y mourut. II fonda un monastère en ce lieu sur une révélation du ciel qui lui commanda de s'y fixer. Le champ appartenait à un paysan nommé Ioncour et celui-ci, sans refuser de le donner au saint, lui demanda d'attendre jusqu'à la moisson, afin de pouvoir récolter son blé. Hervé promit au paysan qu'il n'y perdrait rien; le blé fut coupé en herbe, engrangé, et l'août venu, il se trouva très mûr tout en fournissant le double en grains. Dans une crypte de l'église, on voyait jadis, dit Kerdanet, la tombe du saint aveugle sculptée par le « tailleur d'imaiges » Coyé. Ce mausolée n'existe plus, mais le trésor conserve une relique de saint Hervé contenue dans un bras de bois revêtu d'argent.

L'église est surmontée d'une massive tour gothique à balustrade en quatrefeuilles, elle offre tous les caractères du XIIIe siècle, et se termine par une flèche ajourée d'étoiles et de rosaces que flanquent quatre épais clochetons.

Sur le porche latéral sud, belle œuvre de la Renaissance bretonne, on lit la date de 1582. L'entrée en plein cintre sculpté, soutenu par des colonnes à tambour, est accostée de deux colonnes corinthiennes cannelées. La corniche à large moulure porte l'inscription : Mre: JEAN: TOVLLEC Rr: Y: BERTHOV : ET : J : MESGVEN : PROCVREVRS 1765. Le pignon et les contreforts d'angles s'amortissent en lanternons.

A l'intérieur du porche, des niches à coquille, séparées par des colonnes d'ordre ionique, abritent les statues des douze Apôtres; le soubassement est divisé en panneaux offrant des têtes grimaçantes et grotesques, comme à Guimiliau et Bodilis. Au-dessus de la porte du fond, est une statue de Notre-Seigneur.

 

L'église en partie du XVIe siècle, remaniée au XVIIIe siècle, a une nef très élevée et un transept. L'abside est percée de trois hautes fenêtres garnies de forts beaux vitraux modernes, représentant des scènes du Nouveau Testament, fabriqués en 1868 à Lanhouarneau même, par H. Laurans, dont l'atelier existait encore à la fin du siècle dernier. On s'étonne de trouver là ces belles verrières qui, pour la richesse et l'harmonie du coloris, peuvent rivaliser avec les meilleures productions du xvre siècle.

 

A l'angle sud-ouest du cimetière contre lequel est un lech octogone, il y a un ossuaire de la Renaissance, dont la façade est décorée de colonnes ioniques. Dans cet ossuaire, aujourd'hui transformé en chapelle, on remarque un très joli bénitier en granit, aussi de la Renaissance, où la fantaisie de l'artiste a représenté un diablotin furieux d'être obligé de porter la cuve du bénitier. Une pierre tombale aujourd'hui déposée au musée de Kerjean fut découverte en relevant les dalles du chœur. Elle porte l'effigie mutilée d'un chevalier que le lion héraldique sculpté sur son corselet fait reconnaître pour un seigneur de Coatmerret du nom de Launay. On trouva en même temps, paraît-il, une autre dalle chargée d'une effigie d'ecclésiastique, que les ouvriers auraient détruite sous l'œil indifférent du recteur. Au sud du bourg le manoir ruiné de Coatmerret, posé sur la crête d'un ravin abrupt, fut jadis une importante seigneurie avec haute justice. Le grand portail gothique de l'entrée et les ruines de l'édifice principal qui n'offrent plus que quelques pans de murs indiquent le xve siècle. A l'entrée de l'avenue gisent, près d'une fontaine, les débris d'une belle croix armoriée de deux écussons, l'un chargé d'un lion, l'autre mi-parti d'un lion et d'un coupé d'un lion et d'un burelé de dix pièces. Ce sont les armes de Guillaume de Launay, seigneur de Coatmerret en 1460, et de sa femme Marguerite de Lesquélen, de la maison de Penfeunteniou. Leur petite-fille et héritière Louise de Launay, dame de Coatmerret, épousa en 1520 Rolland de Kersauson, seigneur dudit lieu."

— TOSCER, (G.),1916 Le Finistère pittoresque. Brest : A. Kaigre, . p. 510-511

— WAQUET, (Henri) 1960. L'art breton. Grenoble : Arthaud. Tome II, La Renaissance. p. 42, 117,  110, 113, 143.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance Inscriptions Chapelles bretonnes.
18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 16:48

Les Termes (cariatides et atlantes) en kersanton du porche sud (1599)  et de l'ossuaire ( Jean Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec.

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées  de l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau, et je m'intéresse maintenant aux Termes, Cariatides et Atlantes que les architectes et sculpteurs bretons ont créés en Finistère à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. On les attribue, pour les premières réalisations, à l'atelier qui a travaillé à l'édification du château de Kerjean en Saint-Vougay vers 1570, et qui a introduit dans le Léon les nouveautés stylistiques de la Seconde Renaissance de l'École de Fontainebleau (1539) diffusés par des recueils comme ceux de Sebastiano Serlio (1537) et d'Androuet du Cerceau (vers 1550).

Le couple de termes masculin et féminin de l'entrée du château de Kerjean est repris (encadrant une sculpture du patron du sanctuaire) au fronton du porche sud de Lanhouarneau en 1582, au fond du porche de Saint-Thégonnec en 1599,  au fronton du porche sud de  Saint-Houardon de Landerneau en 1604, puis au fronton de la porte de l'ossuaire de La Martyre en 1619, et de l'ossuaire de Saint-Thégonnec en 1676. Toujours en kersanton.

Ce sont des "termes" car leur piètement est en forme de bornes, mais aussi des "cariatides" et "atlantes" (voire des "télamons"), car ils supportent sur leur tête, par un chapiteau ionique, un entablement. Face à ce flottement sémantique, il vaudrait mieux désigner ces figures comme des "supports anthropomorphes". J'ai choisi de rester simple, au prix de l'incorrection.

On retrouve aussi cet ornement, décliné avec beaucoup d'imagination, en granite à l'intérieur du porche de Bodilis (1570-1601), ou sur la façade de l'ossuaire de Sizun (1585), et, en sculpture sur bois, sur les jubés et clôtures de chœur de La Roche-Maurice,  et de la chapelle Saint-Nicolas en Priziac.


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Sur les Termes, cariatides et atlantes :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

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Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

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PRÉSENTATION.

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L'enclos paroissial de Saint-Thégonnec, situé en Léon près de la voie express n°12 Rennes-Brest, est l'un des plus fameux et des plus visités, avec son "arc de triomphe", son ossuaire, son calvaire, et son église, édifiés entre 1520 et 1667. Il a été magnifiquement restauré après l'incendie du 8 juin 1998

Pourtant, et bien que le rôle de l'atelier des sculpteurs du château de Kerjean soit reconnu pour la construction de la porte triomphale  entre 1587 et 1589, il est difficile de trouver mention (et a fortiori description) de ses deux couples de termes. François Quiniou décrit "deux cariatides à gaines coiffés de la volute ionique" de l'ossuaire, Yves-Pascal Castel les "deux termes, mâle et femelle" du même ossuaire, mais c'est Emmanuelle Le Seac'h qui décrit avec précision ces "termes gainés homme et femme" . Par contre, le couple des mêmes figures, à l'entrée sud de l'église, est passé sous silence.

Quand aux photographes, ils ne publient pas en ligne les clichés de ces figures ; Mais la façade de l'ossuaire est presque tout le temps dans l'ombre ( peut-être devrais-je tenter ma chance, au lever du jour en été ?) et le fond du porche reste plongé dans une ombre colorée de moisissures verdâtres.  

On voudra bien pardonner l'exceptionnelle médiocrité  de mes clichés.

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LE FRONTON DU PORTAIL INTÉRIEUR DU CLOCHER-PORCHE. LA VIERGE À L'ENFANT ENCADRÉE DE DEUX TERMES GAINÉS MASCULIN ET FÉMININ (KERSANTITE,1599).

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La date de 1599 est inscrite sur le bénitier à droite de l'entrée : elle s'applique a priori également à ce portail intérieur. Notons que le porche extérieur porte la date de 1605, et le cadran solaire celle de 1606.

La porte de plein cintre, dont on remarquera l'agrafe en S au décor d'acanthe,  est encadrée par deux colonnes engagées à chapiteau ionique, qui supportent un entablement assez sobre. 

Cet entablement est dominé par une niche à coquille, et c'est elle qui est encadrée par les deux termes qui, dans leur fonction de colonnes, soutiennent un fronton curviligne à trois pots-à-feu. Cet ensemble supérieur est épaulé par deux volutes en "S".

On comparera cette porte à celle de la tour clocher de Goulven (1593), rapprochée par Couffon de celle de Saint-Thégonnec et de Pleyben.

https://www.lavieb-aile.com/2019/05/l-eglise-de-goulven-vi.le-porche-gothique-et-le-porche-aux-apotres.html

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On comparera également cette disposition au porche extérieur de Lanhouarneau (1582) avec ses deux termes entourant la Vierge.

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Porche sud de Lanhouarneau (1582). Photo lavieb-aile 2017.

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Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

Elle est couronnée et voilée, et tient l'Enfant sur le bras droit. Le pan du manteau est fixé par une agrafe au poignet gauche, ce qui engendre un doux et ample plissé. Le visage est joufflu, les mains manquent de délicatesse. L'Enfant, vêtu d'une tunique longue, est figuré en Sauveur, bénissant et tenant le globe terrestre.

Que donnerait-elle si elle sortait de sa pénombre et que le soleil venait magnifier le travail du sculpteur sur le kersanton ?

 

Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La cariatide.

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Le visage est large, le nez épaté, la bouche petite, les yeux soulignés par d'épaisses paupières, et les cheveux longs forment deux masses latérales.

Elle porte un chapiteau dont la volute ionique est marquée par trois indentations.

Son buste à la poitrine nue et aux bras placés en arrière est posé sur la pyramide tronquée à deux étages cannelés.

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Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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L'atlante.

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Ce pilastre  partage avec le voisin le motif anthropomorphe,  le chapiteau à volute ionique et le pilier pyramidal tronqué à deux étages cannelés.

L'homme est barbu (un drôle de collier torsadé ou taillé dru), et son visage très grossièrement sculpté est vaguement léonin. Ses mains, croisées sur la poitrine, sont mal dessinées, avec cinq doigts isomorphes en éventail.

Je remarque que dans les deux cas, le pilier à deux étages est plus large que le buste de la figure, et qu'il dissimule entièrement l'abdomen, à la différence des nombreux termes où le ventre et bas-ventre sont recouverts d'un pagne, souvent feuillagé.

Cette caractéristique écarte, parmi les très nombreux modèles des recueils de gravure, de nombreux exemples. Mais inversement, elle en retient quelques-uns, comme les cheminées d'Androuet du Cerceau (Second Livre, 1561):

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/LES1598Index.asp

http://fr-ornement.com/fr/node/421

S'il faut conjuguer cette caractéristique à celle des piliers cannelés, la sélection s'amenuise. 

http://www.fr-ornement.com/fr/node/123

Et si nous exigeons maintenant un pilier cannelé à deux étages, je déclare forfait, après avoir consulté (trop rapidement je l'avoue) les 12 pages du site Ornement.

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Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Conclusion.

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Ce porche intérieur est de style Renaissance, et on mesurera (bien que ce style soit déjà introduit en France depuis plus d'un demi-siècle) combien il est audacieux d'encadrer une statue de la Vierge de ces figures issues du paganisme romain, en remplacement des anges prosternées, orant ou thuriféraires présents, par exemple, au dessus du porche sud de la cathédrale de Quimper.

Néanmoins, la repris des termes hermaïques fusionnées en  statues-colonnes soutenant un portique sont parfaitement à leur place ici dans leur fonction de marquage d'un seuil ; et c'est aussi dans cette fonction que Sebastiano Serlio les place sur un frontispice ou dans un encadrement de cheminée, ou qu'Androuet du Cerceau les utilise sur une porte monumentale, ou que Jean Goujon les propose pour la Joyeuse Entrée d'Henri II à Paris.

"Ces « musées en plein vent » que sont les enclos paroissiaux symbolisent l’âge d’or du Léon et, notamment, du pays julod. S’ils manifestent l’importance de la foi chez nos aïeux, ils rappellent également la prospérité toilière, de même que l’aisance qui s’ensuit. Celle-ci concerne, surtout, les paysans-marchands mais touche également les autres paysans comme l’atteste la considérable augmentation de la population du pays toilier entre 1600 et 1675 : entre ces deux dates, les effectifs de la paroisse de Guiclan passent d’environ 1 125 à 2 525 habitants et ceux de Saint-Thégonnec de 1 775 à 3 750. Cette évolution est d’autant plus remarquable qu’à cette époque l’ensemble de la France traverse une période de crise économique et démographique." (L. Élégouët, Les Juloded)

 

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COMPLÉMENT. LA FRISE DU PORCHE INTÉRIEUR.

(Les  4  statues d'apôtres des niches, attribuées au Maître de Plougastel ou à Roland Doré, seront décrites ultérieurement).

1°) Coté gauche.

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On y trouve une succession de cartouches de cuirs découpés à enroulement, typiques du style bellifontain, et centrés par des masques de femmes coiffées d'un bandeau noué , des masques léonins, ou d'une feuille.

Les quatre masques féminins reprennent ce motif —déjà signalé sur les décors de l'atelier de Kerjean (Bodilis, N.-D. de Berven), et dérivé des modèles de gravure d'ornements de la Seconde Renaissance — où la femme est coiffé d'un bandeau noué sur les tempes et descendant en voile autour du menton en couvrant la gorge comme une guimpe. Il est amusant de voir comment notre sculpteur anonyme le décline à sa façon.

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Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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2°) Coté droit.

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On y trouve trois feuilles identiques, un masque de lion, et deux masques différents de femme portant le bandeau noué et le voile-guimpe.

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Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599)  de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Frise (granite, 1599) de l' intérieur du clocher-porche (1599) de l'église de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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LE FRONTON DU PORTAIL DE L'OSSUAIRE. LA STATUE DE SAINT-POL-AURÉLIEN ENCADRÉE DE DEUX TERMES GAINÉS MASCULIN ET FÉMININ (KERSANTITE, JEAN LE BESCOND, 1676).

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À la différence du portail intérieur de l'église, je dispose de beaucoup plus d'informations sur cet ossuaire. À commencer par le nom de son architecte, Jean Le Bescont (vers 1664-1682). Ce dernier avait deux ateliers, l'un à Landerneau et l'autre à Carhaix, et il était aussi sculpteur sur pierre. Un bon sculpteur, peut-être formé auprès de Roland Doré à partir de 1650 avant de reprendre son atelier à sa mort en 1663. 

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Jean Le Bescont.

Le Seac'h attribue à Jean Le Bescont, sculpteur de kersanton, les séries d'Apôtres du porche de Locmélar daté de 1664 (Apôtre et Dieu Sauveur), ceux du porche de Goulven (Apôtres, Dieu le Père et saint Goulven), et ceux de Dirinon (Apôtres, Dieu Sauveur et statue de saint Divy). Il a produit aussi un bénitier pour Ploudiry en 1680 et celui de La Martyre en 1681, le calvaire de Kerfeunteuniou à Bodilis en 1681 et le calvaire du cimetière de Saint-Eutrope à Plougonven daté de 1655 (vestige : statue de saint Eutrope).

Les Apôtres du porche sud de Dirinon (après 1664)

L'église de La Martyre : le bénitier de 1681.

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Comme architecte-sculpteur, il est responsable du porche sud de Ploudiry en 1665 et de la reconstruction du chevet de Locmélar entre 1680 et 1681. En 1668, avec Yves Le Guiriec, il obtient le marché de l'aile sud du transept et de la sacristie de Saint-Thomas de Landerneau

Le porche sud de Ploudiry (J. Le Bescont 1665)

À Saint-Thégonnec, il est intervenu à plusieurs reprises comme architecte sur l'église elle-même : il a fabriqué en son atelier de Landerneau les fenestrages du bas-coté nord en 1651 et a édifié le bas-coté sud de 1652 à 1656, après en avoir eu l'adjudication en 1650  comme entrepreneur à Carhaix (Kerhaez).

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Adjudication de l'ossuaire, artisans et  tarifs, 

"Le deuxième dimanche de février 1676, plusieurs architectes vinrent à Saint-Thégonnec pour assister à la mise en adjudication des travaux à exécuter pour la chapelle ossuaire. « Le second dimanche de février, ayant convenus de M. architecteurs pour voir l’aplacement du reliquaire qu’on vouloit bastir, fait des frais pour la some de quatre livres dix sols [cahier des comptes 1675-1676]. » Jean Le Bescon  « architecteur de Khaez » ou Carhaix fut chargé de l’entreprise. Il était en même temps « architecteur, entrepreneur et maître picoteur », et outre son atelier de Carhaix, il en possédait un autre à Landerneau. 

Me Jean Le Bescond fut payé d’après le nombre de journées employées par ses ouvriers à la construction de l’ossuaire. Les tailleurs de pierre payés à treize sols par jour étaient : Ivon Huon, Yvon Tanguy, Georges Pouliquen, René Pouliquen. Jean Bescont, Guillaume Tauc, Jacques Hamon, Le Duff et Vincent Tréguier.

Les six premiers travaillèrent jusqu’à la fin de l’entreprise. Les trois derniers ne furent pas employés d’une façon régulière et au bout de quelque temps furent même remplacés par Mathieu Runot, Jean Blez et Yvon le Bescont.

L’architecte mettait lui-même de temps en temps la main à l’ouvrage, probablement pour remplacer quelqu’un de ses ouvriers, ou pour exécuter un travail plus délicat, et recevait pour son salaire vingt-cinq sols par jour.

Les charpentiers percevaient le même salaire que les « picoteurs ». C’étaient Alain Picart, Charles Prigent, Charles Picart et François Chapalain.

Les couvreurs, Hervé Pichon et Yvon Pichon étaient payés douze à treize sols par jour, tandis que les « darbareurs » ou manœuvres ne touchaient que dix sols. Les darbareurs s’appelaient Yan Grall, Charles Prigent et Pierre Berthélé.

Pour l’ensemble des travaux qui durèrent de 1676 à 1681, les tailleurs de pierre reçurent 6.304 livres. Les frais de charrois de pierres de la montagne d’Arrée montèrent à la somme de 2.682 livres. Si l’on joint à ces deux chiffres le salaire des darbareurs, les dépenses en chaux, charbon, pierres de maçonnerie et quelques autres menus frais, nous trouvons que cette chapelle ossuaire revient à la fabrique à la somme de 9.500 livres, la charpente non comprise.

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Construction et fabriciens.

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La construction est faite, comme pour l'église,  en granite de la Montagne  de Plounéour--Ménez hormis les statues qui sont en kersantite.

On y relève les inscriptions suivantes : "CE RELIQUAIRE FUT FONDE LAN 1676 : LORS Y. BRETON : ET D : CARO F."

Et sur le contrefort à droite sur le façade orientale :

"P MAGVET : YVES FAGOT F. 1677."

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photo lavieb-aile 2011

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Autrement dit : "Ce reliquaire fut fondé l'an 1676 alors qu'Yves Breton et D. Caro étaient fabriciens" "P. Maguet et Yves Fagot fabriciens en 1677."

 

Recherches généalogiques.

Yves Breton : peut-être le père de Yves Breton né en 1660.

La famille CARO est attestée, mais il manque un prénom compatible avec le D.

Le patronyme LE MAGUET est attesté sur la paroisse au XVIIe siècle, mais on connait surtout Yves ou Yvon Le Maguet (1638-1688), "marchand", fils de Jean, et habitant Le Cosqueric. Il est nommé comme fabricien (infra) en 1678, donc à 40 ans.

Un Yves FAGOT est connu des généalogistes à Saint-Thégonnec, mais son premier enfant nait en 1688.

Archives. (F. Quiniou)

"Le recteur de la paroisse était à cette époque Jean Armand Harscouët. Les autres prêtres, vicaires ou chapelains, s’appelaient : Thomas Breton, Hervé Spaignol, Jacques La Haye et Guillaume Breton.

Les marguilliers  [fabriciens] étaient :

En 1676, Yvon Breton de Cozlen [Coz Len, au sud-ouest], Pierre Caro de Gouazanlan [Goasallan, Goazallan, tout au sud de la paroisse]

En 1677, Pierre Maguet de Mengars [Monhars izella et uhella ?, à 500 m. à l'ouest], Yvon Fagot de Penanvern [près de Cosquéric, au sud-est]. 

-En 1678, Yvon Maguet de Cosquéric, Jean Pouliquen de Brogadéon [au nord-ouest au dessus de la Penzé]. 

-En 1679, Pierre Le Grand de Broustou [près de Cosquéric et Penanvern, au sud-est], Guillaume Picart du Bourg. 

-En 1680, Mathieu Abgrall de Bodenéry[au sud, près de Marquès], François Caro de Mengars. 

-En 1681, Hervé Cottain de Gozlen, Hervé Tanguy de Cosquéric. 

-En 1682, Olivier Herrou de Kerfeultz. Jean Bras du Fers."

Localisation sur IGN Doublemap

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Les fabriciens ? Des marchands de toile.

 

"Il est à peu près certain que la composition socio-professionnelle de la fabrique de Saint-Thégonnec n’est pas différente à la même époque. En 1625, on y trouve François Mazé, Ollivier Breton, Yvon Pouliquen, Jacques Meudec, Yvon Keryoual, Jean Gral, c’est-à-dire des patronymes de marchands de toile (Gac (Yvon), Étude démographique, économique et sociale de Guiclan, Saint-Thégonnec et des paroisses voisines au xviie siècle, (mémoire de maîtrise), Brest, 1971). En 1704, on y signale Jean Thoribé, Jacques Breton, Jean Coadic, Yves Martin, Hervé Madec, Guillaume Madec, Guillaume Le Maguet, François Mer, Ollivier Breton, Alexandre Rioual, François Caro, François Breton, François Floch : le recours aux registres paroissiaux et aux inventaires après décès permet quasiment d’affirmer qu’il s’agit là de marchands de toile. C’est fréquemment, par ailleurs, que l’on remarque des patronymes de Juloded sur les monuments des enclos paroissiaux : ce sont ceux des Pouliquen, Guillerm, Broustail, Madec, Breton, Fagot, Caro, Croguennec, Le Bras... que l’on observe sur les ossuaires, les chaires à prêcher, les fonts baptismaux... voire sur des croix, calvaires et chapelles." (L. Élégouët, Les Juloded)

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Noms des artisans.

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"D'après les sources conservées, on sait que la construction a été réalisée, de 1676 à 1682, avec des tailleurs de pierre dont on connait les noms. Un premier groupe est constitué par Jacques Hamon, Yvon Huon, Le Duff, Georges Pouliquen, René Pouliquen, Yvon Tanguy, Guillaume Tauc, Vincent Tréguier : ils ont reçu pour leur travail 965 livres 10 sols soit 13 sols par jour mais ils n'étaient pas présents tous les jours, à l'exception de Huon, Tanguy, les Pouliquen, Bescont et Tauc.

Un deuxième groupe était constitué par des travailleurs plus occasionnels, à savoir Mathieu Runot, Jean Blez et Yvon Le Bescont. Les pierres étaient taillées directement sur place dans une loge au toit de genêts coupés et charroyés par Jean Laurens pour 15 livres. L'ossuaire coûta 9500 livres, sans la charpente, : avec celle-ci, on dépasserait 10 000 livres, ce qui représente une somme colossale pour l'époque, qui a pu être financée grâce aux revenus de la fabrique liée en grande partie à la production florissante de toiles de lin."

"Au début du xviie siècle, un porche tel que ceux de Guimiliau, de Guiclan, de Commana coûte de 5 000 à 6 000 livres. Commencé en 1593 et terminé en 1639, le clocher-porche de Goulven a coûté 25 000 livres. C’est aussi le prix de revient approximatif de celui de Saint-Thégonnec qui est construit entre 1599 et 1610. Édifié entre 1685 et 1688, le chevet polygonal de Guiclan revient à 5 500 livres. Une sacristie comme celle de Bodilis, construite entre 1677 et 1690, coûte 10 000 livres. Le grand ossuaire de Saint-Thégonnec (1676-1682) revient à 10 000 livres également (Porhel (Jean-Luc), Les chantiers paroissiaux dans le Léon (mémoire de maîtrise), Brest, 1982.). Le prix des travaux de construction effectués à Saint-Thégonnec entre 1599 et 1690 s’élève à 41 400 livres (ossuaire : 10 000 L ; clocher-porche : 25 000 L environ, sacristie (1685-1690) : 6 400 livres)27. Si l’on tient compte de l’inflation, qui est de l’ordre de 75 % entre 1580 et 1690 et de 40 % entre 1600 et 169028, cela représente environ 60 000 livres de 1690. À cette époque, un domestique ne gagne pas 40 livres par an. Une bonne vache vaut une quarantaine de livres ; un cheval, une soixantaine." (L. Élégouët, Les Juloded)

 

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L'OSSUAIRE. DESCRIPTION.

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"La décoration de l'ossuaire est entièrement classique et reprend les grands thèmes de la Renaissance avec le découpage de la façade en deux étages séparés par une frise qui continue sur les autres faces de l'édifice.

Les angles de l'édifice sont flanqués de contreforts amortis par des lanternons à dômes et décorés d'élégants pots à feu. Un clocheton couronne sommet du pignon nord. Seul le chevet à trois pans s'inspire du style gothique avec des fenestrages à soufflets de l'atelier Beaumanoir mais avec des crochets à volutes classiques."(E. Le Seac'h 2014 p. 297-298)

 

 

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Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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FAIRE LE TOUR DE L'OSSUAIRE ET LIRE L'INSCRIPTION.

 Dans la frise qui sépare les deux étages est sculptée une inscription magistrale en grandes capitales romaines qui se continue sur tout le pourtour de l’édifice : C'est une bonne et sainte pensée de prier pour les fidèles trépassés. Requiescant in pace. Amen. Hodie tibi cras tibi. Ô pêcheurs repentez vous étant vivants, car à nous, morts, il n'est plus temps. Priez pour nous, trépassés, car un jour aussi vous en serez, Soyez en paix".

 

 

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1. Façade orientale :

 CEST VNE BONNE ET SAINCTE PANSEE DE PRIER POUR LES FIDELLES TREPASSES. REQVIESCANT

 

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Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Pignon nord.

IN PACE.

AMEN. — HODIE MIHI CRAS TIBI. O PECHEVRS, ...

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Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Façade ouest.

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REPANTEZ-VOVS ETANT VIVANTS, CAR À NOVS, MORTS, IL N’EST PLVS TEMPS. PRIEZ POUR NOUS, TREPASSES, CAR VN DE CES JOVRS AVSSI VOVS EN SEREZ, SOIEZ EN PAIX.

Au dessus, et au ras du toit, se voit une frise de crânes et d'ossements.

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Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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LE CLOCHETON ET SES VISAGES FÉMININS.

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Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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LA FAÇADE ORIENTALE.

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"Le premier étage est divisé en six fenêtres en plein cintre à colonnes lisses corinthiennes avec la porte au milieu.

Le second étage, l'attique, est ponctué de huit niches vides à coquilles et d'un fronton brisé au dessus de la porte avec une niche surmontée d'un dais.

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Façade orientale de l'ossuaire (Le Bescont, 1676-1677)  de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Façade orientale de l'ossuaire (Le Bescont, 1676-1677) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La porte en plein cintre est ornée d'une clef d'arc en relief ou "agrafe" à volutes et fleuron.

La boiserie à fuseaux rayonnants montre un lion crachant une guirlande de fruits parmi lesquelles une grenade et des glands.

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Porte de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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À l'étage supérieur, le portail est marqué par un fronton brisé pour laisser place à la niche monumentale accostée de nos deux termes gainés ; et ceux-ci supportent par leur volute ionique l'entablement qui vient former un dais au dessus de la statue de saint Pol-Aurélien.

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Portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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"Sur la façade orientale, dans la niche au-dessus de la porte d'entrée, une statue de Paul Aurélien est encadrée de deux termes gainés homme et femme dont le style est similaire à celui des trois séries d'Apôtres décrits plus haut. Le saint, vêtu de sa tenue d'évêque, tunique longue et manteau fermé par une bride, terrasse froidement un dragon de son bâton. L'animal essaie de lutter, la tête tournée vers le saint. Son corps est celui d'un lion, une aile déployée sur le dos. De chaque coté, des termes gainés femme et homme l'encadrent. Ils sont copiés sur ceux de l'ossuaire de La Martyre datant de 1619 de l'atelier du Maître de Plougastel. Le motif des termes gainés a ainsi essaimé de la vallée de l'Elorn, du porche de Lanhouarneau datant de 1584 à l'ossuaire de La Martyre, puis jusqu'au porche de Saint-Houardon de Landerneau datant de 1604.

Les termes gainés sont ici moulurés avec un motif en feuillage formant une jupette aux bustes. Ils sont surmontés d'une volute ionique. La féminité de la dame n'est exprimée que par le collier qui est fait d'une rangée de petites boules, imitant les perles de culture, reliées à un pendentif rond avec un motif en croix au centre qui tombe entre deux seins plats. Des mèches de cheveux les cachent jusqu'au milieu. Le saint est à rapprocher du saint Goulven de la niche extérieure de la façade sud du clocher-porche de Goulven. Habillé à l'identique, il a malheureusement perdu ses deux avant-bras. Le haut de sa mitre est rond tandis qu'à Saint-Thégonnec, il est pointu." (E. Le Seac'h 2014 p.297-298)

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On remarquera les grands yeux exorbités en amande qui sont le trait stylistique, reconnu par Le Seac'h , de Jean Le Bescont. À propos des Apôtres de ce sculpteur, elle précise (p. 294) : "La particularité de Jean Le Bescont est de donner à ses personnages des orbites très rondes avec un fin contour et une arcade sourcilière marquée. Les visages sont compris dans un rectangle aux angles adoucis."

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Mais le fronton en général, et son couple de termes  en particulier, sont copiés sur ceux du portail de l'ossuaire de La Martyre, réalisé en 1619 par l'atelier du Maître de Plougastel. ( Notons la continuité et la transmission des savoirs des sculpteurs de kersanton du Léon, puisque Jean Le Bescont serait issu de l'atelier de Roland Doré (1618-1663), lui-même issu de celui du Maître de Plougastel (1570-1621) , et que ces trois ateliers sont basés sur Landerneau, premier port sur l'Élorn permettant le transport de la kersantite depuis ses gisements en Rade de Brest).

Il existe pourtant quelques différences. Pour la cariatide, par exemple, la chevelure de La Martyre est nattée et enlacée d'un ruban, le collier est plat, la poitrine plus modelée, les côtes thoraciques sont figurées, le pagne feuillagé s'inspire de l'acanthe, et le pilier n'est pas cannelé. Je renvoie à mon article sur La Martyre pour poursuivre ce jeu des différences.

 

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Porche sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

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Porche sud de l'ossuaire (1619) de La Martyre. Photographie lavieb-aile décembre 2020.

 

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J'avais signalé que le portail de l'ossuaire de La Martyre reprenait l'ornementation du porche sud de Saint-Houardon de Landerneau, daté de 1604. Le rapprochement avec Saint-Thégonnec reste valide.

 

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Le porche sud et la porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau (1604). Photo lavieb-aile.

 

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Un modèle possible serait l'une des cheminées de Second Livre d'architecture d'Androuet du Cerceau.

 

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Androuet du Cerceau, Cheminée Second Livre d'architecture

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Androuet du Cerceau, Cheminée du Second Livre d'architecture

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Le terme gainé féminin. Kersanton, Jean Le Bescont 1677.

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Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Cariatide (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le terme gainé masculin. Kersanton, Jean Le Bescont 1677.

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Terme gainé masculin  (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Terme gainé masculin (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Terme gainé masculin  (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Terme gainé masculin (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pol-Aurélien tenant en laisse grâce à son étole le terrible dragon de Batz. Kersanton, Jean Le Bescont 1677.

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Saint Pol-Aurélien (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Pol-Aurélien (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Pol-Aurélien (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Saint Pol-Aurélien (kersantite, Jean le Bescond, 1676-1677), portail de la façade orientale de l'ossuaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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CONCLUSION.

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Dans un enclos pour lequel trois des plus grands maîtres de la sculpture du kersanton ont travaillé (le Maître de Plougastel, Roland Doré et le Maître de Saint-Thégonnec — auteur du calvaire monumental—), il est intéressant de constater que les deux exemples de couple de supports anthropomorphes sont réalisés par des architectes-sculpteurs : l'anonyme responsable de l'atelier de Kerjean en 1599, et Jean Le Bescont en 1676-1677.

En effet, c'est vers les Livres d'architecture que la recherche de modèles nous amène.  Et c'est dans des ensembles architecturaux (portes, porches et portails ) qu'ils prennent place, dans un environnement marqué par les Ordres architecturaux décrits par Vitruve.

En amont des modèles d'Androuet, il faut placer la tribune des musiciens au Louvre par Jean Goujon (1550), les termes de la grotte de La Bâtie d'Urfé (1547), les Satyres-colonnes des stucs de Rosso Fiorentino et Francesco Primaticcio pour la Galerie François Ier de Fontainebleau (1539), mais auparavant et en Italie les réalisations des peintres-architectes Giulio Romano au Palais du Té (1532-1535) et Raphaël dans le soubassement des Chambres du Vatican (1524). Pour  cette recherche génétique voir S. Frommel 2018.

Comme j'approfondis, studieusement, mon sujet, je découvre de nouvelles publications, comme celle d'Angelo de Grande, qui donne cette excellente introduction au concept des supports anthropomorphes comme nouvel et sixième ordre architectural, l'ordre anthropomorphe :

"Architecte et graveur parmi les plus prolifiques de son temps, Jacques Androuet du Cerceau s’est sans doute familiarisé auprès de Serlio à Fontainebleau avec des modèles d’Agostino Musi, dit Veneziano. À Venise, ce dernier avait gravé les ordres d’architecture selon les dessins de Serlio, lequel aurait pu ramener en France quelques dessins de termes de son collègue, auteur de la plus ancienne série de gravures véritablement consacrée à ces motifs d’après des modèles antiques (1536). On retrouve ainsi son «Hercule aux bras tronqués» et d’autres figures de la même série , copiés par du Cerceau dans sa suite des Termes et cariatides vers 1546-1549 .


"Pendant la seconde Renaissance, les termes et les cariatides devinrent un véritable ordre et des exemples comme le tombeau de Jules II ou la décoration peinte des stanze de Jules II par Raphaël au Vatican suscitèrent une vague de réceptions. Ces compositions s’appuient sur l’exégèse des descriptions que fit Vitruve dans le premier livre de son traité. Les cariatides dont parle l’auteur romain étaient des statues féminines qui soutenaient sur leur tête un entablement et qui, en remplaçant ainsi des colonnes, symbolisaient la défaite subie au combat et le châtiment. En tenant compte de la description faite par Vitruve d’un portique réalisé à Sparte, Marcantonio Raimondi, graveur des œuvres de Raphaël, les a figurées au second niveau d’une composition, dont le rez-de-chaussée est marqué par des Perses. Ces derniers, instigateurs et perdants du conflit avec la cité grecque, sont représentés comme condamnés à soutenir le poids de la construction. Les supports anthropomorphes peuvent être en figure entière, comme celles décrites par l’architecte romain, ou coupées à mi-corps et engainées, à l’instar des termes. Ces derniers dérivent de la figure du dieu Terminus qui présidait aux bornes et était aussi interprété comme métaphore de la mort.

 

"En France, le processus d’assimilation de ces motifs fut favorisé par des préfigurations dans l’architecture médiévale romane et gothique, dans laquelle des supports sous forme humaine existaient déjà. On en trouve ainsi dans des portails des églises gothiques sous forme de statues de saints et dans les parties hautes de certains bâtiments romans, comme au dernier étage du clocher de l’église abbatiale Saint-Philibert de Tournus, dans la Bourgogne voisine, datant du XIIe siècle. Au XVIe siècle, on assiste à une reprise massive de ces thèmes, car contrairement aux ordres «conventionnels », codifiés notamment par Serlio dans son Livre IV, l’ordre anthropomorphe revêt une forte composante narrative qui favorise des allusions et des significations spécifiques, devenues quelquefois énigmatiques à notre époque. Cet «ordre» s’est répandu en France grâce à l’œuvre de Rosso Fiorentino et de Francesco Primaticcio à Fontainebleau et par le frontispice du Quatrième Livre de Serlio publié à Venise en 1537.

Celui-ci développa de tels motifs dans des cheminées de ses  Regole generali  (1537) et ensuite dans les portails du Livre Extraordinaire (1551), alors que Jacques Androuet du Cerceau les assimila et les modifia dans plusieurs de ses recueils, la suite des Termes et cariatides ou le recueil de 25 portails triomphaux, Quinque et viginti exempla arcuum […] de 1549."

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

 

COUFFON (René), 1948," l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

— QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

 

— QUINIOU (François), 1929, Saint-Thégonnec : une paroisse bretonne sous la Révolution, Presses libérales, Brest, 232 p.

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/3696

— ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p.

 

 

 

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OUVRAGES DE RÉFÉRENCE

BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHES"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1542-1545, Compartiments, ou  Grands cartouches de Fontainebleau. Deux séries de 10 planches.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1807-compartiments-de-fontainebleau-de-grand-format?offset=7

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1548-1549, Cartouches, 12 planches gravées sur cuivre.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

— DE GRANDE (Angelo), 2014, "De Fontainebleau vers la Lorraine: l’ordre anthropomorphe de la maison «des Sept Péchés capitaux» à Pont-à-Mousson" in Gravures d'architecture et d'ornement au début de l'époque moderne : processus de migration en Europe (sous la direction de S, Frommel et E. Leuschner), pp.205-218, 2014.

https://www.academia.edu/11289409/De_Fontainebleau_vers_la_Lorraine_l_ordre_anthropomorphe_de_la_maison_des_Sept_P%C3%A9ch%C3%A9s_capitaux_%C3%A0_Pont_%C3%A0_Mousson

— FROMMEL (Sabine), 2018 Supports anthropomorphes peints de la Renaissance italienne, in Frommel, Sabine – Leuschner, Eckhard – Droguet, Vincent – Kirchner, Thomas (dir.) Construire avec le corps humain/ Bauen mit dem menschlichen Korper. Les ordres anthropomorphes et leurs avatars dans l'art europèen de l'antiquité à la fin du XVIe siècle/ Antropomorphe Stùtzen von der Antike bis zur Gegenwart,  Campisano Editore 2 volumes pp 618, 40 ill. 

Rares sont les motifs architecturaux qui témoignent d'une persistance telle que les ordres anthropomorphes, depuis l'Antiquité jusqu'à la période actuelle, en passant par le Moyen Âge. Leur évolution s'articule par de subtiles interactions entre les domaines sculptural, architectural et pictural, alors qu'une fortune théorique durable a été instaurée par la description détaillée par Vitruve des "Perses" et des "Caryatides" dans son traité De architectura libri decem. Contrairement aux ordres architecturaux canoniques, ce " sixième ordre " invite à des interprétations et des variations plus souples et plus personnelles. Il put ainsi assimiler des traditions locales très diverses lors de son parcours triomphal dans toute l'Europe. Si la signification originelle de soumission et de châtiment de ces supports reste valable, les valeurs narratives ne cessèrent de s'enrichir et de s'amplifier, en faisant de ce motif un protagoniste abondamment présent dans de multiples genres artistiques, des meubles aux monuments les plus prestigieux, et qui révèle les mutations typologiques et stylistiques au fil du temps. Les contributions réunies dans ces deux volumes fournissent un large panorama européen de ces occurrences, offrant un large éventail de synergies et d'affinités révélatrices.

https://www.academia.edu/36821730/Supports_anthropomorphes_peints_de_la_Renaissance_italienne_in_Frommel_Sabine_Leuschner_Eckhard_Droguet_Vincent_Kirchner_Thomas_dir_Construire_avec_le_corps_humain_Bauen_mit_dem_menschlichen_K%C3%B6rper_Co_%C3%A9dition_Picard_Campisano_Paris_Roma_2018_?email_work_card=view-paper

MAITRE DE HENRI II (membre du Groupe de Noël Bellemare) Heures dites de Henri II BnF Latin 1429

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447767x/f81.item#

MAITRE DE HENRI II 1546-1547 (offert à Charles IX en 1566), Jean du Tillet Recueil des rois de France BnF fr.2848

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516158/f189.item#

https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc492956

SAMBIN ( Hugues), 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture reduict en ordre : par Maistre Hugues Sambin, demeurant à Dijon, publié à Lyon par Jean Marcorelle ou par Jean Durant.  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36089-oeuvre-de-la-diversite-des-termes-dont-on-use-en-architecture-reduit-en-ordre-par-maitre-hugues-sambin?offset=1

 

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

 

VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

VITRUVE, 1511, De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise chez G. da Tridentino avec 136 gravures sur bois 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp

VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

 

VREDEMAN DE VRIES (Hans) [1565]  Caryatidum (vulgus termas vocat) sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecture. Anvers

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36809/?offset=#page=43&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 

 

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Renaissance
14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 21:37

Les termes (cariatides et atlantes) et cartouches du porche sud (granite, 1570-1601) de Bodilis.

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Sur l'église de Bodilis, voir :

 


 

 

 

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau. Je reprends la description de l'intérieur du porche sud de Bodilis, déjà traité, en me limitant aux 14 Termes, Cariatides et Atlantes et aux cartouches à cuirs découpés et masques qui les séparent. Ce porche est contemporain du château de Kerjean et de sa chapelle, et est peut-être issu du même atelier.

 

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Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :

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Le porche sud  de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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I. LES TERMES, CARIATIDES ET ATLANTES.

 

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Rappel.

On trouve des figures de cariatides et atlantes à la Renaissance dans la traduction de De architectura de Vitruve en 1511, dans celle de Giovanni Battista Caporal publiée à Pérouse en 1536,   sur des stucs de Polidoro Caldara à Rome vers 1525, ou sur des estampes d'après ces stucs au Louvre, sur le frontispice du livre d'architecture de Sebastiano Serlio en 1537 et sur ses cheminées, ou sur les stucs de Rosso Fiorentino dans la Galerie François Ier de Fontainebleau  en 1539 .

Les termes sculptés par Polidoro Caldara ont été relevés par Jacques Prevost vers 1535.

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/jacques-prevost_deux-termes_1535

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/cariatides_dessin-a-la-plume_lavis-brun_encre-brune

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/cariatides_encre-brune_plume-dessin_lavis-brun-d68db076-4747-46a3-b609-268d1768b5a8

Cette École de Fontainebleau est très féconde (estampes d'Antonio Fantuzzi en 1543)  et suscite des recueils de gravure, parfois consacrés exclusivement aux cariatides, termes et atlantes, comme le Recueil de 20 Termes de Jean Mignon (1543-1545) , les planches de 12 modèles de Termes et Caryatides d'Androuet du Cerceau publiées vers 1546-1550, celles de Quinque et viginti exempla arcum du même auteur (1549), sans compter les trouvailles que l'on peut faire dans ses Pièces diverses , ses Vases et coupes et ses Meubles, ou dans ses Compartiments ou dans ses Grands cartouches de Fontainebleau (1542-1545).

Sous cette influence des artistes de Fontainebleau ( Rosso Fiorentino et Le Primatice, Lucca Penni), le Maître de Henri II enlumine vers 1547 le Recueil des rois de France, dont les encadrements associent des cariatides et atlantes, des cartouches à cuirs découpés, et des masques à bandeau noué sur les tempes et guimpes, trois éléments qui se retrouvent à Bodilis. Le même enlumineur participe en 1542-1547, avec le groupe Bellemare, aux Heures dites de Henri II, où se retrouvent les trois mêmes éléments (folio 107v).

 

On connait les 4 cariatides sculptés en 1550 par Jean Goujon pour la galerie des musiciens du Louvre.

Vers 1565, Vredeman de Vries publie à Anvers son Caryatidum, dont le titre précise "Carytidum (vulgus termas vocat), sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecturae ordinem accomodatorum Centuria Primum in usum huius artis candidatorum artificiose excogitata. Veelderley dieverse Termen op de V ordene der Edificien tot behoef  alle  beelt ende steenhouwers, scrinwerkers, glaesscrivers ende alle constelicke hantwerkers  ost alle die de Antieckse Compertementsche Cieraet Beminnen Geinventeert duer Johannes Vreedman Vriese, Gerar de Iode excudebat"  , soit " Cariatides (vulgairement nommées "termes" ou Atlantes de toute variété pour l'architecture. Nombreux Termes selon les cinq ordres de l'architecture pour tous les sculpteurs et tailleurs de pierre, maître-verriers, artisans de cartouches à l'antique". On y trouve, outre les deux exemples du frontispice,  16 planches dont les Termes trouvent quelques correspondances avec ceux de Bodilis.

 

En 1572, Hugues Sambin publie son Oeuvre de la diversité des termes, dans lequel il présente 18 termes en 36 planches  gravées sur bois. Mais on ne trouve là aucun modèle convaincant pour les sculptures de Bodilis.

 

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Note : il existe une difficulté à nommer précisément ces pilastres de Bodilis à sujet anthropomorphe soutenant l'entablement par l'intermédiaire d'une volute (comparable à un chapiteau ionique). J'ai adopté, à tort mais par commodité, le nom général de "terme", alors que je souhaiterai réserver ce nom aux figures en bornes (le dieu romain Terminus étant chargé du respect des limites), et employer le nom "cariatide" pour les femmes-colonnes dont l'anatomie n'est pas hybridée (les figures ne sont pas engainées) et dont les jambes sont intactes et celui d'atlante (ou télamon) pour les hommes-colonnes. Je me suis débrouillé comme j'ai pu.

Je compte 8 figures féminines, et 6 figures masculines. Il y a deux figures à mi-corps sur des piliers ou bornes cannelées, deux figures dont les jambes sont remplacées par des arceaux en X, deux figures implantés sur des pattes et ventre d'oiseaux, et il y a le couple central du coté gauche, le plus spectaculaire, dont le bas du corps forme deux serpents entortillés.

Que l'on adopte la date de 1570 inscrite à l'intérieur du porche, ou celle de 1601 placée au dessus du portail extérieur, ces sculptures sont postérieures à la publication des principaux recueils de planches de Termes et Cariatides et y trouvent leur modèle, de manière plus ou moins précise.

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La pierre.

Bien qu'elle ne semble pas avoir été étudiée et caractérisée par Louis Chauris dans son passionnant travail de géo-archéologie du Patrimoine, il s'agit à l'évidence d'un granite dans lequel se distingue (surtout à partir du 6ème ensemble) l'inclusion de gros cristaux noirs. S'agit-il du "granite à tourmaline de Sainte-Catherine", comme le laisserait penser la carte publiée par Chauris dans son étude lithographique de Lanhouarneau ?

On remarquera, sur le terme n°11, de belles teintes rosées.

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Liste des 12 "termes".

 

 

 

Terme n°1. Femme (?) à jupe feuillagée (acanthe) dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des arceaux entrecroisés.

Terme n°2. Homme barbu, bras croisés devant le ventre, pagne feuillagé (acanthe) et pilier cannelé.

Terme n°3. Cariatide soutenant la volute du chapiteau de la main droite, la main gauche retenant les plis d'une jupe courte.  Un fleuron à cinq pétales sur la poitrine. Jambes nues.

Terme n°4. Atlante en homme sauvage (longue barbe, longs cheveux torsadés, pelage méché sur le corps).

Terme n°5. Femme (?) aux bras croisés sous la poitrine ; pagne au dessus d'un fût cannelé.

Terme n°6. Homme barbu et moustachu portant un pagne feuillagé (acanthe), dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des rubans en X.

Terme n°7. Cariatide bras croisés sous la poitrine, coiffée de longues et épaisses  nattes qui se croisent sous le menton et semblent se prolonger autour des bras. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux

Terme n°8. Atlante, souriant, peut-être coiffé d'un bonnet ou turban,  bras croisés devant la poitrine, vêtu d'un pagne plissé. Jambes croisées.

Terme n°9. Association 1) d'une tête aux traits épais et grossiers, coiffée de palmettes et 2) de volutes en "S" s'achevant par des pattes griffues.

Terme n°10. Cariatide soutenant des deux mains les volutes du chapiteau. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux. Jambes croisées.

Terme n°11. Couple nu s'étreignant et s'embrassant, les parties inférieures de leur corps étant remplacés par des formes de serpent, enlacées en tresse. L'homme est barbu ; les fronts sont séparés par une fleur à quatre pétales.

Terme n°12. Atlante barbu, mains jointes devant la poitrine, vêtu d'une tunique matelassée et d'une culotte bouffante, de chausses et de chaussures. Coiffure à préciser.

Terme n°13. Cariatide, nue, souriante, portant un collier à gros grains soutenant une croix. Sur le ventre, une fleur et ses pétales épineux. Ses bras se dirigent vers le pubis, et elle semble chevaucher un oiseau de type aigle qui masque ses jambes.

Terme n°14. Cariatide coiffée d'une coiffe à deux cornes. Elle est vêtue d'une robe plissée qu'elle maintient par le bras gauche. Le bras droit n'est pas visible. Les jambes sont nues sous les genoux.

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Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Le décor intérieur (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit,  Terme n°1. Femme (?) à jupe feuillagée (acanthe) dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des arceaux entrecroisés.

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On notera la forme bilobée du visage (une boule mentonnière greffée sur la boule plus grosse de la tête), qui va se retrouver si fréquemment ensuite qu'elle devient un véritable trait stylistique du sculpteur.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°2. Homme barbu, bras croisés devant le ventre, pagne feuillagé (acanthe) et pilier cannelé.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°3. Cariatide soutenant la volute du chapiteau de la main droite, la main gauche retenant les plis d'une jupe courte.  Un fleuron à cinq pétales sur la poitrine. Jambes nues.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit,  Terme n°4. Atlante en homme sauvage (longue barbe, longs cheveux torsadés, pelage méché sur le corps).

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°5. Femme (?) aux bras croisés sous la poitrine ; pagne au dessus d'un fût cannelé.

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Les modèles de termes dont le pilier est cannelé sont rares. Je retiens :

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Vredeman de Vries, [1565], Caryatidum...pl.I (détail).

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°6. Homme barbu et moustachu portant un pagne feuillagé (acanthe), dont les bras sont remplacés par des volutes et les jambes par des rubans en X.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°7. Cariatide bras croisés sous la poitrine, coiffée de longues et épaisses  nattes qui se croisent sous le menton et semblent se prolonger autour des bras. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, Terme n°8. Atlante, souriant, peut-être coiffé d'un bonnet ou turban,  bras croisés devant la poitrine, vêtu d'un pagne plissé. Jambes croisées.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°9. Association 1) d'une tête aux traits épais et grossiers, coiffée de palmettes et 2) de volutes en "S" s'achevant par des pattes griffues.

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Recherche de modèle :

Termes et cariatides, Androuet du Cerceau vers 1550

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°10. Cariatide soutenant des deux mains les volutes du chapiteau. Robe plissée s'arrêtant au dessus des genoux. Jambes croisées.

 

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°11. Couple nu s'étreignant et s'embrassant, les parties inférieures de leur corps étant remplacés par des formes de serpent, enlacées en tresse. L'homme est barbu ; les fronts sont séparés par une fleur à quatre pétales.

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Recherche de modèle.

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Androuet du Cerceau, modèle de cheminée n°XIV, Second Livre d'architecture, 1561.

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Androuet du Cerceau, modèle de cheminée n° XIV, Second Livre d'architecture, 1561

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Vredeman de Vries [1565], Caryatidum ... planche 16 (détail)

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On peut aussi remarquer la double figure anthropomorphe de l'arrière-plan du tableau de Peter Paul Rubens, Deborah Kip, épouse de Sir Balthasar Gerbier, et ses enfants, peint en 1629-30. La scène se déroule sous un portique qui s’appuie sur un soutien géminé formé des femmes nues dont le torse se transforme en un serpent selon le motif préfiguré par Jacques Androuet Du Cerceau.

https://www.meisterdrucke.fr/fine-art-prints/Peter-Paul-Rubens/121098/Deborah-Kip,-%C3%A9pouse-de-Sir-Balthasar-Gerbier-et-ses-enfants,-vers-1629-30.html

 

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°12. Atlante barbu, mains jointes devant la poitrine, vêtu d'une tunique matelassée et d'une culotte bouffante, de chausses et de chaussures. Coiffure à préciser.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°13. Cariatide, nue, souriante, portant un collier à gros grains soutenant une croix. Sur le ventre, une fleur et ses pétales épineux. Ses bras se dirigent vers le pubis, et elle semble chevaucher un oiseau de type aigle qui masque ses jambes.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, Terme n°14. Cariatide coiffée d'une coiffe à deux cornes. Elle est vêtue d'une robe plissée qu'elle maintient par le bras gauche. Le bras droit n'est pas visible. Les jambes sont nues sous les genoux.

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Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les Termes ou cariatides (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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II. LES PANNEAUX SCULPTÉS.

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Les 12 panneaux sont tous des cartouches, du type de ceux apparus en 1539 à la Galerie François Ier pour les stucs de Rosso Fiorentino et les boiseries de François de Carpi, et imitant les peaux de veau ou d'agneau des tanneurs, d'où leur dénomination de "cuirs découpés à enroulement". Des masques humains ou animaux occupent le centre de ces cuirs, à moins que ce soit des emblèmes ou des castels.

  Mais les artistes qui reprennent ce modèle s'affranchissent du modèle anatomique (avec les amorces des quatre pattes), faufilent des rubans dans des trous à l'emporte-pièce, multiplient les inventions, jusqu'à représenter des lames d'allure métallique évoquant alors plutôt des ouvrages de ferronnerie. De même, les volutes et courbes tracées au "perroquet" laissent parfois la place à des entrelacs géométriques.

Comme pour les Termes et cariatides, les modèles se diffusent vite dans les recueils de gravure , comme, une fois encore, ceux d'Androuet du Cerceau au milieu du XVIe siècle, ou ceux de Vredeman de Vries. Et on les retrouve sur les monuments, comme le cartouche armorié du château d'Anet.

En Finistère, on les comparera à ceux du château de Kerjean (cartouche armorié) et des sablières de sa chapelle. Ou au cartouche armorié du château de Maillé. Ou à l'ensemble des sablières de l'atelier du Maître de Pleyben (et de Kerjean). Voir la liste de mes articles supra.

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Panneau sculpté n°1 (au dessus du bénitier). Cartouche à cuir découpé à enroulement centré sur un masque féminin.

Panneau sculpté n° 2. Cartouche complexe, à cuir découpé et enroulé, vase, et volutes, portant en partie haute un masque féminin à la chevelure aux nattes torsadées, à la coiffure en palmettes, sur un bandeau de linge noué sur les tempes et voile sous le menton comme une guimpe.

Panneau sculpté n°3. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque féminin proche du précédent (palmette, bandeau, guimpe).

Panneau sculpté n° 4. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

Panneau sculpté n°5. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par une tresse à deux brins formant un fuseau vertical.

Panneau sculpté n°6. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

Panneau sculpté n°7. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

Panneau sculpté n°8. Cartouche en cuir découpé à enroulement comportant un homme debout tenant les extrémités des volutes.

Panneau sculpté n°9. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

Panneau sculpté n°10. Cartouche en cuir découpé à enroulement, et ferronnerie à entrelacs géométriques, centrés par un masque léonin.

Panneau sculpté n°11. Cartouche en ferronnerie centré par un masque léonin et deux masques humains masculin et féminin.

Panneau sculpté n°12. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin. . Au dessus, masque anthropomorphe crachant des feuillages. Au dessous, masque anthropomorphe entouré de feuilles/ailes.

 

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Coté droit, panneau sculpté n°1 (au dessus du bénitier). Cartouche à cuir découpé à enroulement centré sur un masque féminin.

 

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n° 2. Cartouche complexe, à cuir découpé et enroulé, vase, et volutes, portant en partie haute un masque féminin à la chevelure aux nattes torsadées, à la coiffure en palmettes, sur un bandeau de linge noué sur les tempes et voile sous le menton comme une guimpe.

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Ce type de masque se retrouve, sous de multiples variations, sur les gravures des ornemanistes, sur les enluminures du Maître de Henri II vers 1545-1547 ou sur le jubé de La Roche-Maurice (fin XVIe), ou sur le cartouche armorié du portail du château de Kerjean (v. 1570), ou, tout simplement, sur les sablières de Bodilis.

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Recueil des rois de France BnF fr. 2848

 

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Recueil des rois de France BnF fr 2848 f.90r

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Livre d'Heures dit de Henri II BnF lat.

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Vredeman de Vries

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n°3. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque féminin proche du précédent (palmette, bandeau, guimpe, ...).

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n° 4. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n°5. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par une tresse à deux brins formant un fuseau vertical.

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Ce fuseau a-t-il un rapport avec celui des tisserands, qui assurent la richesse du Léon ?

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté droit, panneau sculpté n°6. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°7. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°8. Cartouche en cuir découpé à enroulement comportant un homme debout tenant les extrémités des volutes.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°9. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin au dessus d'un vase ou calice.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°10. Cartouche en cuir découpé à enroulement, et ferronnerie à entrelacs géométriques, centrés par un masque léonin.

 

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°11. Cartouche en ferronnerie centré par un masque léonin et deux masques humains masculin et féminin.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté gauche, panneau sculpté n°12. Cartouche en cuir découpé à enroulement centré par un masque léonin. . Au dessus, masque anthropomorphe crachant des feuillages. Au dessous, masque anthropomorphe entouré de feuilles/ailes.

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Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les cartouches (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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III. LA FRISE.

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Je ne la détaillerai pas mais je montrerai quelques figures.

On y trouve des masques léonins, ou de moutons, ou d'homme coiffé d'un chapeau rond, d'homme barbu, deux exemples de la femme au bandeau noué et à la guimpe déjà décrit, d'un anthropomorphe crachant des feuillages,  parmi des rubans en volutes ou motif géométrique et des  feuillages. Ou encore deux lions entourant une fleur.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Femme coiffée d'un bandeau noué en rosette sur les tempes et portant un linge formant guimpe.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

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Femme coiffée de palmettes et d'un bandeau noué en rosette sur les tempes et portant un linge formant guimpe.

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La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

La frise (granite, 1570-1601) sous les niches des Apôtres du porche sud de Bodilis. Photographie lavieb-aile 2021.

Les termes et cartouches du porche de Bodilis.
Les termes et cartouches du porche de Bodilis.
Les termes et cartouches du porche de Bodilis.

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CONCLUSION.

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Si on admet l'hypothèse proposée par Couffon d'un atelier de sculpteurs  de Kerjean, appelé par les Barbier pour bâtir et décorer leur château vers 1570 et jusque 1595 peut-être, et qui aurait rayonné dans le Léon (et la Cornouaille) pour diffuser le style de l'École de Fontainebleau (1539) et celui de la Seconde Renaissance Française (après 1540) en Basse-Bretagne, et notamment, après Lanhouarneau en 1582,  à Bodilis, nous pouvons constater que les réalisations de cet atelier, sur le  porche intérieur, sont parfaitement influencées par les constructions architecturales de ce style et par les recueils d'architecture et d'ornementation qui le diffusent. Si le matériau (le granite) est local, il est difficile de trouver ici une particularité régionale Mais cela n'exclut pas des traits stylistiques propres aux sculpteurs de Kerjean, et des travaux ultérieurs de comparaison des différents sites sauront peut-être les mettre en évidence (je ne note pour la part que ces visages bilobés à mentons en boule, une particularité que j'ai aussi remarquée, en sculpture sur bois, sur les sablières et blochets d'un hypothétique Maître de Saint-Nic vers 1640-1670).

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Une fois de plus, — comme en Haute-Bretagne à l'égard de la Première Renaissance à Dol, La Guerche et Champeaux, — la preuve est faite de la réactivité des Bretons, et de leur ouverture rapide aux nouveautés stylistiques de la Cour de François Ier et  de Henri II. À la pointe du Finistère, les monuments architecturaux sont vraiment "à la page" !

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SOURCES ET LIENS.

 

—BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHE"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

— COUFFON, (René) 1948. L'architecture classique au Pays de Léon. Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. .

"Porche sud de Bodilis : À l'intérieur court un frise beaucoup plus importante que celle des porches précédents [Pleyben, Saint-Thégonnec] et comportant en fort relief, une série de cartouches séparés par d'étranges cariatides. Est-ce là simple fantaisie de l'artiste ou en a t-il copié les divers motifs ? Il semble bien qu'il faille opter pour la seconde hypothèse. L'une des cariatides, par exemple, représente un homme et une femme à corps de serpents enlacés attire tout particulièrement l'attention. Or, un motif identique décore précisément un modèle de cheminée de l'Architecture d'Androuet du Cerceau, traité que possédait forcément l'atelier de Kerjean. L'illustre architecte paraît, lui-même, avoir interprété quelque statue antique d'Isis et de Sérapis dont il a supprimé les coiffures emblèmes. Le musée égyptien de Berlin, entre autres, conserve un tel groupe dont la tête du dieu, barbue, ressemble à celle de Bodilis." (Couffon, L'architecture classique au pays de Léon p. 47)

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f463f1d171ef5.47213123/1948_02.pdf

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— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299. [Cette auteure ne s'étend pas sur un possible Atelier de Kerjean, et, au porche sud de Bodilis, décrit surtout les sculptures en kersantite du Maître de Plougastel et de Roland Doré]

— CHAURIS (Louis), 2006, « Éclairage lithologique sur l’église de Lanhouarneau (Finistère) : XIVe-XVIe-XVIIIe siècles », Revue archéologique de l'Ouest [En ligne], 23 | 2006, mis en ligne le 30 décembre 2008, consulté le 13 janvier 2021. URL : http://journals.openedition.org/rao/156 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rao.156

 

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OUVRAGES DE RÉFÉRENCE.

BASE DE DONNÉES "ORNEMENTS ANTHROPOMORPHES"

http://www.fr-ornement.com/fr/anthropomorphe?page=8

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1542-1545, Compartiments, ou  Grands cartouches de Fontainebleau. Deux séries de 10 planches.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1807-compartiments-de-fontainebleau-de-grand-format?offset=7

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1548-1549, Cartouches, 12 planches gravées sur cuivre.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/1802-cartouches?offset=3

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1559 Livre d’architectvre de Jaques Androvet du Cerceau, contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous differens : pour instruire ceux qui desirent bastir, soient de petit, moyen, ou grand estat. Auec declaration des membres & commoditez, & nombre des toises, que contient chacun bastiment, dont l’eleuation des faces est figurée sur chacun plan..., Paris, s.n., 1559.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_Masson647.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Second Livre d’architecture, par Iaqves Androvet Du Cerceau. Contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fonteines, puis et pavillons, pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous edifices. Avec les desseins de dix sepultures toutes differentes, Paris, André Wechel, 1561.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1582, Livre d’architecture de Jaques Androuet Du Cerceau, auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs ; mesmes en aucuns d’iceux sont desseignez les bassez courts... aussi les jardinages et vergiers..., Paris, pour Iaques Androuet du Cerceau, 1582. de l’Orme (Philibert), Le Premier tome de l’architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp?param=

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), 1549, Quinque et viginti exempla arcum

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1475.asp?param=

— DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Frederic Morel

 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_Les1653.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Les1653Index.asp

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

— DELORME (Philibert), 1561  Les Nouvelles Inventions pour bien bastir et a petits frais

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/Masson643Index.asp

 

— FROMMEL (Sabine), 2018 Supports anthropomorphes peints de la Renaissance italienne, in Frommel, Sabine – Leuschner, Eckhard – Droguet, Vincent – Kirchner, Thomas (dir.) Construire avec le corps humain/ Bauen mit dem menschlichen Korper. Les ordres anthropomorphes et leurs avatars dans l'art europèen de l'antiquité à la fin du XVIe siècle/ Antropomorphe Stùtzen von der Antike bis zur Gegenwart,  Campisano Editore 2 volumes pp 618, 40 ill. 

 

https://www.academia.edu/36821730/Supports_anthropomorphes_peints_de_la_Renaissance_italienne_in_Frommel_Sabine_Leuschner_Eckhard_Droguet_Vincent_Kirchner_Thomas_dir_Construire_avec_le_corps_humain_Bauen_mit_dem_menschlichen_K%C3%B6rper_Co_%C3%A9dition_Picard_Campisano_Paris_Roma_2018_?email_work_card=view-paper

MAITRE DE HENRI II (membre du Groupe de Noël Bellemare) Heures dites de Henri II BnF Latin 1429

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447767x/f81.item#

MAITRE DE HENRI II 1546-1547 (offert à Charles IX en 1566), Jean du Tillet Recueil des rois de France BnF fr.2848

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516158/f189.item#

https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc492956

SAMBIN ( Hugues), 1572 Oeuvre de la diversité des termes dont on use en architecture reduict en ordre : par Maistre Hugues Sambin, demeurant à Dijon, publié à Lyon par Jean Marcorelle ou par Jean Durant.  Bibliothèque municipale de Lyon, Rés 126685.

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/36089-oeuvre-de-la-diversite-des-termes-dont-on-use-en-architecture-reduit-en-ordre-par-maitre-hugues-sambin?offset=1

 

SERLIO (Sebastiano ), 1551 Liure extraordinaire de architecture, de Sebastien Serlio, architecte du roy treschrestien. Auquel sont demonstrees trente Portes Rustiques meslees de diuers ordres. Et vingt autres d’oeuvre delicate en diverses especes, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_LES1745.asp?param=

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/32769-extraordinario-libro-di-architettura-di-sebastiano-serlio-livre-extraodinaire-de-architecture-de-sebastien-serlio

SERLIO (Sebastiano ), 1540 Il terzo libro ... Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Serlio1540.asp?param=

https://archive.org/details/ilterzolibronelq00serl

SERLIO (Sebastiano ), 1537 Regole generali di architectura, quatrième livre, Venise F. Marcolini

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/B272296201_A101Index.asp

SERLIO (Sebastiano ), 1547, Livre V, Paris

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R1476.asp?param=

 

VIGNOLE 1562, La Règle des cinq ordres d'architecture

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6327303x/f11.planchecontact.r=delagardette.langEN

VITRUVE 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/ENSBA_01665A0013.asp

VITRUVE, 1511, De architectura M. Vitruvius per Jocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula, traduit par Fra Giovanni Giocondo en 1511 à Venise chez G. da Tridentino avec 136 gravures sur bois 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/CESR_2994.asp?param=

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_2994Index.asp

VITRUVE, 1513,  De architectura, traduit par Giovanni Giocondo

https://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=/mpiwg/online/permanent/library/488D7ND1/pageimg&start=11&viewMode=images&pn=17&mode=imagepath

 

VREDEMAN DE VRIES (Hans) [1565]  Caryatidum (vulgus termas vocat) sive Athlantidum multiformium ad quemlibet architecture. Anvers

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/36809/?offset=#page=43&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Sculpture Chapelles bretonnes.
12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 12:19

L'atlante et la cariatide  ( 1571-1595) du château de Kerjean en Saint-Vougay. La Seconde Renaissance  dans le Léon.

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Je continue à colliger une documentation iconographique susceptible de servir de base de comparaison avec les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne (ou aux autres réalisations en France). 

 

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. Voir sur l'art des grotesques de la Renaissance :

 

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Voir sur  l'art des grotesques de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :