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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 21:56

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. Baie n°12, Enfance de saint Étienne, et La Fontaine de Déité souveraine.

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Voir :

L'église Saint-Étienne :

La cathédrale :

Beauvais :

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Plan des vitraux du chœur (in Leblond et Lafond).

Plan des vitraux du chœur (in Leblond et Lafond).

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La baie n°12 est composite, associant un registre supérieur qui reçoit des vitraux anciens historiés par une bande de verre blanc légendée, et un registre inférieur qui simule, de loin, l'aspect général du précédent par des plages colorées. Haute de 6,40 m de haut et de 2,00 m de large, et située dans la chapelle Saint-Nicolas (autrefois Sainte-Catherine) au sud du chœur, elle est formée de 3 lancettes lancéolées et d'un tympan de 10 ajours, aux verres également anciens.. Mon attention se portera bien-sûr sur l'œuvre ancienne, datée de 1524 et attribuée grâce à un monogramme à Engrand (ou Enguerrand) Le Prince (voir introduction de l'article I de cette série).

 

La verrière a beaucoup souffert durant la Révolution, où l'église avait été utilisée comme grange à fourrage de 1793 à 1796.  Elle a alors perdu son registre supérieur, qui fut remplacé par du verre blanc lors d'une restauration dans le courant du XIXe siècle. Après un nettoyage et une remise en plomb  en 1907 par Delon, peintre-verrier, elle fut restaurée en 1950 par Jean-Jacques Gruber, et le registre inférieur fut placé en partie haute.

Ses trois lancettes sont consacrées à deux thèmes différents et, à priori, indépendants : la lancette A (première à gauche) et C (dernière, à droite) illustrent des scènes de l'enfance de saint Étienne, diacre et protomartyr. Au centre, la lancette B montre une Fontaine de Déité.

Je les présenterai d'abord telle que je les ai découvertes, avant d'exposer, en Discussion, les clefs d'interprétation suggérées par Louise Lefrançois-Pillion et Jean Lafond, et qui en font une œuvre passionnante.

Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Lancette A.

Elle n'est pas si facile à interpréter, d'autant que la légende est en bonne partie perdue et remplacée par des caractères factices. Je parviens à lire :

 

Dens ung desert ung hermite habitoit

D t un ers bras sainct estienne ---

Le dit sainct home es son petit hermitage*

Aimable doulx estoit et pai---hui- --- [paisible ?]

Des apostres recut le sacrement

Des [scienses avoit] ----abandammet [remply].

(*) : selon Jean Lafond, "ce dernier mot a été rétabli à faux par le restaurateur"

C'est peu, mais cela indique qu'il s'agit d'une scène de l'enfance de saint Étienne ; et la phrase "des apostres reçut le sacrement " s'applique selon toute logique au passage des Actes des Apôtres 6:6 :

"Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables.Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge.En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole ». Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche. On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains".

Observant le vitrail, on interprète alors mieux la scène où cinq personnages dont l'un aux épaules couvertes d'une étole se penchent vers un petit enfant nimbé placé au dessus d'un bassin faisant office de fonts baptismaux .

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Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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 La lancette montre l'ermite mentionné par l'inscription levant les bras et traçant de la main droite un signe de croix (conjuratoire) vers un diable rouge tenant un enfant dans ses bras. Et, à droite, la scène du "baptême". 

Je n'ai pas pu retrouver la source de ces épisodes de la vie de saint Étienne, qui ne sont pas relatés dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine. En 1514, Vittore Carpaccio a peint Le Baptème de Saint Etienne, c'est un petit indice dans cette enquête. Dans l'iconographie, les représentations concernent la lapidation de saint Étienne (++++) , l'invention de ses reliques, son corps défunt gardé par les animaux, la vision de saint Étienne,  ou "Étienne et les rabbins"; certaines enluminures montrent "l'institution des sept diacres" par les apôtres (Paris Bnf Fr. 302 fol.295v), ou "l'ordination de saint Étienne (Bnf Latin 792 fol.36). L'exploration des bases de données Enluminures et Mandragore ne retrouve rien de comparable à ces panneaux.

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Dens ung desert ung hermite habitoit

D tun ers bras sainct estienne ---

Le dit sainct home es son petit hermitage

Aimable voulx estoit et pai---hui- ---

Des apostres recut le sacrement

Des ----abondammen

Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette A, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE B.

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Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Là encore, l'inscription à demi effacée reste énigmatique. Elle semble expliquer l'acte de donation "l'an 1524" dans un contexte de famine, de disette par insuffisance des récoltes et chéreté de la vie, 

 

 

Jadis en monde ennuyeul /temps p~m--- xxxv ---de mortalite (ou : "mort dite")

En famine pareillement Car ---- mour Et semblablement sachent

Quan lan mil Vcxxiiii le ble --- pour verité la terre eust grande stérilité

----rut par accident de ---/ ceste chereté Auquel en say---variété

Ceste ve[rri] ere fut donée Et  --dict de la fontaine Marle-nt une voulenté saine

-el laua—use mise De Quine ---maneration

-eu-hon-auleur---

Jean Lafond a lu ensuite :

Ou est la nativité mise

De -------

-----pour son intention

Que pour remuneration

Que son benoist sauveur ih(esu)s

Luy

Que ses amys samblableme[n]t

 

En la fin ayent saulvement

 

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Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Le vitrail montre une fontaine, entourée de nombreux personnages, dont le plus remarquable est un jeune homme en manteau rouge et manches vertes, mains jointes. Ne s'agirait-il pas du donateur, en un habile jeu de mots entre son patronyme et la fontaine ? Trois femmes à coiffes et larges manches plissées me rendent également perplexes ; elles n'ont pas la posture de donatrices, mais elles consultent un ouvrage, l'une lisant sur l'épaule de l'autre. L'une d'elles tient une couronne, verte, bleue et rouge, semblable à celle avec laquelle, sur un autre vitrail, une femme se prépare à couronner un saint. Elles me font penser à trois fées.

Ce n'est que tardivement que je remarque, de l'autre coté de la margelle, une femme accoudée et mains jointes comme le donateur : la donatrice, bien-sûr, Jeanne de Bauldry, dame d'Ognon ! Entourée de ses six enfants ou petits enfants dont on distingue les têtes blondes.

 

Il resterait à identifier l'homme au chapeau rouge et manteau damassé d'or, qui montre à son interlocuteur en chapeau bleu les banderoles qui s'échappent de la vasque. 

 

Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Comme m'y invite l'homme au chapeau rouge, j'observe la fontaine (un chef-d'œuvre de jaune d'argent et de grisaille bien digne d'Engrand Le Prince) : un fût central à quatre pans supporte une première vasque d'où deux grotesques à ventre rebondi font jaillirent de leur poitrine un liquide rouge. Le fût se poursuit, orné d'une charmante femme tenant un miroir et un peigne et surmonté d'une colombe, puis vient une vasque principale aux flancs décorés de rinceaux et de personnages.

Les quatre banderoles se lisent ainsi :

Amis, descendons en la fontaine,

de la Deité souveraine,

La source vient pour vérité

De ses deux mains pieds et costé

Cette "déité souveraine"  désigne Dieu trinitaire, mais c'est le Christ crucifié qui est celui qui alimente la source, par les plaies de ses mains, de ses pieds et de son flanc droit.  Il s'agit donc d'une fontaine mystique où s'écoule le sang du Christ assimilé et même identifié par l'eucharistie au vin de l'office chrétien.

Le thème de la fontaine mystique est très ancien puisque, sous la forme du  thème du Pressoir Mystique  (en latin torculus Christi),  il trouve son origine dans l'évangile de Jean «  Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.» Jn 15:1. Une lecture typologique a trouvé des résonances avec des passages vétéro-testamentaires comme  Isaïe 63 mentionnant "les habits écarlates, le vêtement de fouleur au pressoir ", et avec le passage de l'Apocalypse « Le manteau qui l'enveloppe est trempé de sang ; et son nom ? Le Verbe de Dieu » (Ap 19, 13). Les Pères de l'Église Tertullien,saint Cyprien, saint Augustin, saint Grégoire puis Isidore de Séville ont développé cette image de la Passion comme Pressoir, les poètes latins comme Venance Fortunat  l'ont repris : « Entre tes bras s'enlace la vigne, d'où coule pour nous en abondance le doux vin qui a la rougeur du sang » (Poèmes II, 1).  La métaphore se répandit ensuite dans toute l'Europe, dans l'art pictural, associé au thème du Bain Mystique, dans le sang du Christ  : aspersion du Sang du Christ, Fontaine des vertus, Fontaine de grâce, Fontaine de vie.

On le trouve donc illustré partout, sur les chapiteaux de Vézelay, dans les enluminures, en peinture, etc... Je citerais d'une part le polyptique de  l'Agneau mystique des frères Van Eyck (Gand, 1432) et le Bain mystique de Jean Bellegambe à Lille (1510).

Dans un enrichissement de la métaphore, le sang divin qui, comme une source, nourrit, abreuve, irrigue l'humanité est assimilé au Verbe, et aux saintes Écritures, et les trois lectrices du vitrail illustrent sans-doute cette interprétation : en lisant le texte  sacré, elles boivent à la fontaine de Vie.

Mais ici, l'utilisation des termes "déité souveraine" signale une influence théologique particulière. La théologie de la Trinité de Thomas d'Acquin qui a repris, dans les écrits du Pseudo-Denys (Dionysius), la notion de Fontana deitas ou Fontaine de déité. Denys, (assimilé autrefois avec  Denys l'Aréopagite) l'emploie dans son ouvrage sur les Noms divins (de Divinis Nominis chapitre II, 5 et 7 : édition en ligne Philippe Remacle http://remacle.org/bloodwolf/eglise/denys/noms.htm)

V. Si les noms divins doivent s'appliquer avec distinction, ce n'est pas seulement lorsqu'il s'agit d'exprimer, comme j'ai fait plus haut, que les adorables personnes, dans leur parfaite union, conservent leur subsistance propre, mais aussi lorsqu'il faut marquer qu'en la génération éternelle toutes choses ne sont nullement réciproques. Ainsi, le Père seul est la source substantielle de la divinité ; et le Père n'est pas le Fils, et le Fils n'est pas le Père ; et la langue sainte attribue invariablement à chaque personne ses propriétés relatives. Voilà ce qu'il y a de commun et de distinct dans cette ineffable et indivisible nature.

VII. {...] Car nous ne connaissons les choses divines et ce que le ciel nous manifeste qu'autant que nous y participons; mais de dire ce qu'elles sont dans leur principe et dans leurs formes, c'est ce qui dépasse tout entendement, toute nature, toute science. Ainsi, lorsque nous nommons ce mystérieux océan de l'être, Dieu, vie, substance, lumière, ou Verbe, nous ne concevons autre chose que les grâces qui nous en viennent et par lesquelles la déification, l'existence . la vie ou la sagesse nous sont départies; mais pour lui, nous ne l'atteignons que par le repos complet des facultés de l'entendement, n'apercevant plus ni déification, ni vie, ni substance qui soutienne comparaison exacte avec celle cause première, suréminemment élevée par-dessus tout. Ainsi encore, nous avons appris des saintes Ecritures que le Père est la source de la divinité; que le Fils et l'Esprit sont, pour parler de la sorte, les fruits merveilleux de sa fécondité, et comme les fleurs et l'éclat de cette riche nature :  mais comment cela se fait-il, c'est ce qu'on ne peut ni dire, ni concevoir. (Rursus, quod Pater quidem est fontana Deitas, Filius autem et Spiritus Sanctus Deigenae deitatis (si ita oportet dicere) pullulationes divinae naturae, et sicut flores et supersubstantiala lumina, a sanctis eloquiis acceptimus.)

Dans une réflexion développée par les Pères de l'Église, Dieu a trois modes d'existence dans la même nature : le Père est la source ( ou la source de lumière, ou la plante, et le Fils et l'Esprit sont les fleuves, ou les rayons de lumière, ou les fleurs et les fruits : ils procèdent du Père.  Le Père est le premier principe, la puissance radicale, la fontaine de la Divinité,  le Verbe, qui est la raison, la lumière, la sagesse, la gloire, la splendeur du Père ; et l'Esprit-Saint, qui est le lien, l'amour infini entre les deux premières personnes" (in Martin Sabathé - 2011 ).

Dieu  décide de s'épandre dans la création. Dans ses rapports avec celle-ci, le Père , la première hypostase divine, Fons Deitatis, envoie vers elle le Fils et l'Esprit : .le Verbe (le Christ) est l'éternelle parole du Père, et la règle immuable de l'arrangement de l'univers. 

Le sujet peut être commenté à l'infini, mais ce qui importe ici, c'est de réaliser que la Fontaine peinte par Engrand Le Prince sur la baie n°12 n'est pas seulement une "Fontaine de Vie", comme on la trouve désigner ni une Fontaine eucharistique où le sang du Christ est visuellement assimilé à une source à laquelle les fidèles s'abreuvent, mais qu'elle se réfère à une théologie de la Trinité. Certes, la source qui alimente le bassin  vient pour vérité De ses deux mains pieds et costé,  mais la mention de la fontaine de la Deité souveraine, atteste qu'à ce thème du Pressoir Mystique vient se greffer une méditation trinitaire dont il serait passionnant de retrouver les traces dans les prédications, les pratiques dévotionnelles, l'iconographie du diocèse de Beauvais au début du XVIe siècle.

De même sans-doute, la banderole "Amis descendons" mérite réflexion, supposant par l'appellation Amis un groupe de laïcs engagés dans une démarche spirituelle propre, et dans l'injonction "descendons", là où on attendrait "buvons à", une volonté de se plonger dans l'Océan de l'Amour divin. 

En un mot, je m'interroge, sans disposer des capacités de répondre, sur l'influence de la mystique rhéno-flamande, et sur l'expression dans cette verrière d'une pratique dévotionnelle s'efforçant, par la participation affective avec les souffrances de la Passion, de parvenir à l'union de l'âme avec la Déité.

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Près de trente ans plus tard, en 1552, Jean Le Tellier fit don à l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche d'un vitrail le représentant avec son épouse au pied du Pressoir Mystique. La comparaison avec la baie n°10 de Beauvais est intéressante, d'autant plus que de nombreux vitraux de Conches ont été réalisés par l'atelier des Le Prince à Beauvais. 

Le vitrail du Pressoir Mystique, baie n°14 de l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche (Eure).

 

 

 

Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette B, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

 

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LANCETTE C. 

 

 

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Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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L'inscription est ici encore plus lacunaire :

Sainct etienne ---

Et le temps –

Et qui lui

Di-v ---

Dni –Dieu --

Jean Lafond a lu (1929) des vers de dix pieds:

 

 

Sainct Etienne ---

---estoit saulz detour

Et l'enne[mi] ---

---[i]ncontinent

Et qu------

Mue en sang deva[n]t luy en sata[n]

D---

Qui souffriroit passion

---[hu]mblement

Avis pr---

---dieu---pro[m]ptem[ent]

---

Elle permet de s'assurer qu'il s'agit d'un épisode légendaire de la vie de saint Étienne.

C'est, malgré l'absence de nimbe, certainement lui qui est représenté sous la forme d'un enfant ou d'un très jeune homme, en tenue de pèlerin (comme l'indique le bourdon, la pèlerine et le chapeau dans le dos), traçant en guise d'exorcisme un signe de bénédiction devant un diable toutes griffes dehors sur un berceau. La scène se passe dans une pièce fermée et voûtée.

 

Parmi les trois spectateurs, une femme lève les mains en signe d'émerveillement, alors qu'un homme  en manteau rouge semble plus dubitatif. Le troisième personnage semble être un enfant, peut-être l'occupant du berceau. Je ne sais pas encore que très bientôt, dans ma Discussion, je vais lire la solution.

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Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Le "monogramme" d'Engrand Le Prince.

Sur le dressoir de la pièce, la lettre E, suivie de traits, a été lue EN, et cela fut (et est toujours) considéré par L. Lefrançois-Pillion, Jean Lafond et l'ensemble des autorités qui les recopièrent, comme le monogramme, ou la signature d'Engrand Le Prince, au même titre que le ENGR de l'Arbre de Jessé de la baie 4, l'E.L.P. de Montmorency, ou le probable (?) Engrant de la verrière de Roncherolles de la cathédrale de Beauvais. 

Si non e vero, ...

 

 

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Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Lancette C, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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TYMPAN.

 Au tympan, deux autres scènes de l' enfance de saint Étienne, et son martyr. 

 

 

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Tympan, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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La lapidation de saint Étienne, qui, à genoux, reçoit le soutien de l'apparition dans les cieux ouverts de Dieu en sa forme trinitaire. Deux anges adorateurs encadrent la scène.

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Tympan, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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Deux personnes à table face à un enfant. Nous reconnaissons les personnages de la lancette C :  saint Étienne face à ses parents ? Mais que signifie le geste d'exclamation du père devant cette coupe, vers laquelle se penchent les trois autres personnes ?

Un jeune pèlerin dans lequel nous reconnaissons volontiers saint Étienne verse l'eau du baptême sur la tête d'un vieillard debout dans une cuve. Là encore, nous reconnaissons les deux femmes (la mère et sa servante).. Sur une architecture Renaissance, on lit MATER DEI MEMENTO MEI ("Mère de Dieu souviens-toi de moi" : cette formule est récitée en réponse à la fin de l'Ave Maria). 

De chaque côté, un panneau avec  des cornes d'abondance et des putti qui jouent ou tentent d'attraper des oiseaux. 

 

 

 

Tympan, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

Tympan, Baie n°12, chapelle Saint-Nicolas, église Saint-Étienne, photographie lavieb-aile.

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DISCUSSION.

I. LA FONTAINE DE DÉITÉ.

Le donateur, Pierre de la Fontaine.

Une inscription dans la chapelle Saint-Nicolas rappelle que ce vitrail  a été donné en 1524 par Pierre de la Fontaine à une époque de grave disette. Celle-ci n'a pas dû concerner directement ce donateur, dont la fortune était considérable. Son ancêtre, argentier du roi, se prénommait Étienne, —détail à considérer —, et  fut nommé en 1353 Maître Enquêteur des Eaux et Forêts de France pour tout le royaume. 

Notre donateur est le fils aîné de Jean de la Fontaine, pannetier du duc d'Orléans et capitaine de Crespy-en-Valois, et de Jeanne de la Rémonde, dame de Berthinval. Lui-même, écuyer, seigneur des Fontaines et de Berthinval, capitaine de Crécy, épousa le 28 janvier 1479  Jeanne de Baudry, dame d'Oignon, de Malgenestre, de Villers-Saint-Frambourg et de Villers le Bel, Il reçoit par ce mariage le château d'Oignon. Son fils aîné Jean hérita du titre de seigneur d'Ognon. Il deviendra capitaine des chasses royales de la forêt d'Halatte en 1533, gouverneur de Crépy et Pont, conseiller du roi et maître d'hôtel du roi. Son second fils, Pierre de la Fontaine fut chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, grand-prieur de France en 1563, général des galères de la religion en 1565 ;  il mourut  le 30 novembre 1572 âgé de 83 ans et fut enterré à Moysi-le-Temple près de la Ferté-Milon.

 

 

La famille La Fontaine d'ognon porte Bandé d'or et d'azur de six pièces, les bandes d'or échiquetés de gueules de trois traits.

Selon l'article Wikipédia sur la Forêt d'Halatte Pierre de la Fontaine fut chargé de la capitainerie royale d'Halatte, un poste considérable lorsqu'on connaît l'importance de la vènerie pour les rois de France :

 « À partir de François Ier, les rois de France résident au château de Chantilly pour chasser en Halatte. En effet, la capitainerie royale d'Halatte, juridiction spéciale chargée de conserver le gibier, couvre non seulement Halatte mais aussi les forêts de Chantilly, Carnelle et Ermenonville. D'abord confiée au début du XVIe siècle à Pierre de la Fontaine, seigneur d'Ognon, cette charge est attribuée à Anne de Montmorency en 1520. »

Les rois viennent chasser au château d'Ognon où Pierre de La Fontaine  reçoit Louis XII en 1510. En 1520, c'est Jean de La Fontaine (fils de Pierre) qui devient capitaine des chasses royales de la forêt d'Halatte en 1533 et  qui accueille à Ognon le nouveau roi François Ier en 1526, du temps que le château royal de Senlis est encore utilisé.  Son fils Artus de La Fontaine-Solare hérite de ces charges et conserve les faveurs de quatre rois successifs : Henri II, François II, Charles IX et Henri III,"(Wikipédia, article château d'Ognon)

On peut se demander quelle disettte a motivée le don de Pierre de la Fontaine à la chapelle Saint-Nicolas de l'église de Beauvais. 

Un rapprochement avec la verrière de Roncherolles à la cathédrale de Beauvais.

En  juin 1522, deux ans avant le don du seigneur d'Oignon, Pierre de la Roncherolles  fit don à la cathédrale pour la chapelle Sainte-Barbe d'un vitrail le représentant avec son épouse Françoise d'Halluin au pied d'un Calvaire, présentés par saint Louis et saint François. Le vitrail montre aussi saint Hubert, patron des chasseurs, et saint Christophe. Or, le vitrail porte sur l'auréole de saint François une inscription, difficile à déchiffrer, mais qui comporte le mot "famine" : : L'AN MIL VC XXII DURANT LA FAMINE CAGR... E... ANT MORT CESTE VERRIERE. Lors de mon étude de cette verrière, j'ai détaillé comment les épidémies, les famines, et la guerre étaient attestées dans le diocèse de Beauvais dans les années 1522-1524. J'ai aussi souligné les rapports de la famille Roncherolles/d'Halluin avec la chasse à travers le culte rendu à saint Hubert.

Je remarque donc la concommitance (1522 et 1524) de ces deux dons de vitraux en situation de grave disette dans la région de Beauvais, et le rapport des deux familles donatrices avec la vènerie. (1)

Cette disette est confirmée par une délibération du 19 avril 1524, d'autant plus précieuse que Pierre La Fontaine y est cité comme bourgeois communier présent , « en laquelle assemblée a esté dict, exposé et remonstré que le blé estoit fort cher en ceste ville, et se plaignoit le peuple disant que les boullengers ne cuisaient pain suffisant pour le substenter et nourrir et en contreux se plaignaient les dits boullengers »( Archives munic. de Beauvais, Reg. Delib. BB13, fol. 165r. ). L. Lefrançois-Pillion précise que "la disette durait depuis 1522, aggravée de la peste et des contributions de guerre ; la mine de blé valait le 9 mars 1524 22 sols au lieu de 13 ou 15."

 

(1) Je remarque après coup que L. Lefrançois-Pittion fait la même observation page 378 de son article.

 

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II. L'ENFANCE DE SAINT ÉTIENNE.

La clef d'interprétation de ce vitrail a été donnée par Louise Lefrançois-Pillion dans un article de 1910. Elle a découvert à Sienne au Musée Städel de Francfort les fragments d'un autel siennois du XIVe siècle représentant des scènes analogues à celles de Beauvais, et une note du catalogue en rapportait la source à la Vita fabulosa sancti Stephani protomartyris (ca 1000)  manuscrit est conservé au Mont Cassin. 

1°) La légende. 

 

 

D'après ce texte, une version légendaire "écrite dans un latin barbare et avec une maladresse et une incohérence extraordinaire" Étienne, fils du couple assez âgé et stérile composé par Antiochus et Perpetua,  fut enlevé à Jérusalem dès le jour de sa naissance par Satan, qui plaça dans son berceau un affreux petit démon de substitution tandis qu'il allait déposer l'enfant à la porte de l'évêque Julien. Celui-ci entendant les vagissements du nouveau-né, sortit de chez lui et découvrit l'enfant allaité par une biche blanche qui prenant la parole, lui recommanda d'adopter l'enfant. L'évêque  adopta l'enfant en le nommant Nathanael et l'a élevé comme son fils avant de l' ordonner diacre . Devenu adulte, Etienne retourna dans son premier foyer et expulsa, d'un signe de croix, le démon qui avait pris sa place. Ordonné diacre par les douze Apôtres. Mais ses prêches lui attirèrent rapidement la colère des rabbins. Arrêté il est condamné à mort pour blasphème et lapidé. 

Tout cela a été confirmé et précisé dans un article de Beaudouin de Gaiffier et Guy de Terarvent, "Voleur d'enfants, à propos de la naissance des saints Etienne, Laurent et Barthélémy,"   Barcelona (1936) ; puis in Homenatge a Rubió i Lluch. Barcelona: Institut d’Estudis Catalans, 1939: II, 33-58 ;  puis Études critiques d'hagiographie et d'iconologie publiées à l'occasion du 70e anniversaire de B. de Gaiffier, Bruxelles, Société des Bollandistes 1967.

http://www.icatm.net/bibliotecabalmes/sites/default/files/public/analecta/AST_12/AST_12_33.pdf

 En voici le résumé.  "Au temps de César Auguste, vivait en Galilée un couple, Antiochus et Perpétue, qui se signalait par son obéissance à la loi et toutes sortes de bonnes œuvres. Cependant il n'avait pas d'héritier, malgré ses prières. Aussi la joie de la famille fut-elle grande, lorsqu'on apprit que Perpétue avait conçu. Elle mit au monde un fils et un ange l'avertit de l'appeler Étienne. Comme, pour fêter cet événement, toute la maison se trouvait réunie à table, Satan, profitant des ténèbres, entra dans la demeure sous une apparence humaine et se glissa jusqu'à l'endroit où Etienne avait été imprudemment abandonné à lui-même. Il le prit et mit à sa place une créature infernale. Puis, l'emportant par dessus les mers, il le déposa dans le royaume de Troie, à la porte de l'évêque Julien. L'enfant se mit alors à pleurer. Lorsqu'il perçut ces vagissements, l'évêque ne voulut tout d'abord pas croire à leur réalité. Il suspecta quelque tour du démon. Mais, ayant ouvert la porte, il vit un nourrisson qu'allaitait une biche. Celle-ci luí dit simplement: "Julien, prends cet enfant que le Seigneur t'envoie." Et ainsi fut fait Julien confia le nouveau-né à une nourrice et luí donna le nom de Nathanaël. Le temps venu, il l'instruisit dans la loi de Moise. L'enfant crut en science, en prudence, en vertu et dès le plus jeune âge, il eut, en signe de la faveur divine, le don des miracles. Une nuit qu'il dormait, I'ange du Seigneur luí apparut et lui dit: "Lève-toi, va en Judée ou se trouve la demeure de ton père et convertís en joie la tristesse qui y est entrée, le jour oú Satan t'a remplacé dans ton berceau par l'un de ses semblables." Étienne fit connaitre à l'évêque cette vision. Ce n'est pas sans peine que Julien se sépara de celui qu'il appelait Nathanaël et bénit son entreprise. Etienne alors prit un navire et, sous la conduite de l'ange, parvint à la maison paternelle. A son approche le diable crie et s'agite. Mais Étienne: "Je t'ordonne de dire qui tu es!" Le démon le supplie de l'épargner, lui promet la. mort de ses ennemis. Pour toute réponse Etienne fait amener du feu. A cette vue Satan se met à mugir, à imiter la voix de divers animaux et au milieu d'un fracas épouvantable disparait, pour ne plus revenir. Étienne se fait reconnaitre de ses parents. Toute la famille se réjouit de le voir si beau et plein d'une si douce sagesse." 

 

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2°) L'iconographie. 

a) la prédelle d'un retable peint par Andrea Vanni pour l'église Saint-Etienne a Sienne 

On voit  le nourrisson auréolé, allaité par la biche ;  au panneau voisin figure la lapidation de saint Étienne.

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Étienne nourri par une biche, prédelle de l'église Saint-Étienne de Sienne.

Étienne nourri par une biche, prédelle de l'église Saint-Étienne de Sienne.

 

b) Musée Städel de Francfort-sur-le-Main.

Il s'agit d'un ensemble de sept panneaux  attribués à un peintre de l'école siennoise du milieu du XIVe siècle (ou à l'école lombarde) 

 Le premier d'entre eux représente la chambre d'une accouchée. Un homme s'entretient avec la jeune mère; une messagère apporte un panier de linge et la garde a commis l'imprudence d'aller à sa rencontre jusqu'à la porte. Le diable en profite pour voler le nourrisson, dont on remarquera l'auréole (fig. 1), et le remplacer par un cambion [Dans la littérature occulte, les cambions sont des rejetons diaboliques nés d'un transfert de semence par les incubes et les succubes] cornu. Le ravisseur apparaît une fois encore, emportant sa proie à tire d'ailes.

Au panneau 2, le nourrisson, laché par le diable, qui continue sa course, est tombé à la porte d'un couvent, ou une biche blanche l'allaite. L'abbé, qu'un moine prend a témoin de ce spectacle, en reste confondu. La curiosité, l'étonnement et déjà la réprobation se peignent sur les visages (fig. 2). 

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Le diable substitue un démon à Étienne nouveau-né, qu'il lâche devant la porte de saint Julien. Panneaux du Musée Städel.
Le diable substitue un démon à Étienne nouveau-né, qu'il lâche devant la porte de saint Julien. Panneaux du Musée Städel.

Le diable substitue un démon à Étienne nouveau-né, qu'il lâche devant la porte de saint Julien. Panneaux du Musée Städel.

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Des années ont passé. Le panneau 3 montre le saint, dans le monastère ou le diable l'a laissé choir jadis, recevant de l'abbé la bénédiction, avant son départ, qui attriste l'assistance (fig. 3).

Le panneau suivant (fig. 4) représente le saint devant les murs d'une ville, renversant les idoles qui surmontent l'une des portes. Un seul texte, celui que contient le manuscrit du Mont Cassin et dont il sera question plus bas, rapporte cet épisode (p. 37, col. I in fine de l'édition citée). Il nous apprend qu'il s'agit d'une ville où saint Etienne avait à prêcher l'évangile.

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Panneaux 3 et 4.
Panneaux 3 et 4.

Panneaux 3 et 4.

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Le cinquième panneau offre une scène double. D'une part le saint revient a la maison paternelle. Devant le cambion, dont l'inquiétude est extrême, son visage s'arme de sévérité. Ses parents n'en peuvent croire leurs yeux (fig. 5).

D'autre part on assiste à l'holocauste du cambion dans la cour de la demeure en présence des personnages de la scène voisine. Les panneaux suivants (fig. 6, 7) établissent sans aucun doute qu'il s'agit du protomartyr,  saint Étienne. On le voit en effet  prêchant dans la synagogue et lapidé par les Juifs aux portes de Jérusalem, selon la parole des Actes des Apôtres (VI, 9 et 10; VII, 57-59).

Panneau 6 et 7 du Musée de Städel.
Panneau 6 et 7 du Musée de Städel.

Panneau 6 et 7 du Musée de Städel.

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c)  Fresque de la cathédrale de Prato (Toscane).

http://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/peinture-15-16e-siecles/filippo-lippi.html

 

"L'histoire de saint Etienne sur la muraille d'en face a, dans la partie haute, encore plus souffert que celle de saint Jean. Les scènes que Fra Filippo a interprétées dans la première fresque sont tirées d'une légende apocryphe.  À la naissance de saint Etienne le diable est venu mettre un autre enfant dans son berceau et l'a emporté ; il l'a ensuite abandonné dans une campagne déserte au milieu des rochers; mais une biche s'est trouvée là, qui a nourri le petit Étienne; puis une femme charitable est passée qui l'a recueilli et l'a confié a un saint prêtre. Malgré la dégradation, on peut suivre l'histoire dans la fresque. Dans une alcôve, dont la frise est fort jolie, la jeune mère est nonchalamment étendue sur son lit ; elle regarde du coté du berceau sans se douter que cet enfant n'est plus le sien. D'autres femmes sont là, dont une arrive avec une corbeille sur la tête. Elles ne voient rien, mais un enfant, qui est peut-être un frère ainé d'Etienne, est assis derrière la nourrice, le visage tourné vers l'affreux ravisseur, et les mouvements de ses bras et de ses jambes indiquent sa frayeur. Ce que l'on distingue du diable nous fait voir la rapidité avec laquelle il fait la substitution. Son bras droit allongé pose le faux Étienne dans le berceau; son bras gauche serre contre sa poitrine l'enfant qu'il emporte et dont l'auréole nous révèle l'identité ; le buste incliné et le mouvement des jambes nous montrent combien ce grand voleur est agile. Dans la partie gauche de la fresque, la biche n'est plus qu'un animal un peu informe ; le visage de la jeune femme qui remet l'enfant au prêtre est dans une obscurité ou on ne distingue plus qu'une coiffure en forme de bonnet d'évêque et le haut d'une petite église avec son clocher."  (Urbain Mengin, Les deux Lippi, I, 1932, p.56)

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d) Le retable Granollers ( province de Barcelone, Espagne).

https://es.wikipedia.org/wiki/Retablo_de_San_Esteban_Protom%C3%A1rtir_(Granollers)

Actuellement au Musée d'art de Catalogne (Barcelone), il comporte  six scènes liées à saint Étienne, dont les deux premières nous concernent : Le retable de Granollers comporte deux panneaux ; nous y voyons successivement le petit Étienne d'abord enlevé dans son berceau par le diable, tandis que sa nourrice sommeille, puis déposé sur le seuil d'un monastère, où une biche est agenouillée pres de lui au grand émerveillement de l'abbé. 

— Naissance de St Etienne. L' Usurpation de St Etienne nouveau-né par le diable .

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Ancre — Saint Étienne abandonné devant la porte de l'évêque Julien / puis ordionné diacre.

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3°) Les manuscrits.

Deux manuscrits de la Vita sancti fabuleuse Stephani protomartyris sont conservés, donnant deux versions différentes :  le plus ancien et le plus fantaisiste est le manuscrit nº CXVII, de la Bibliothèque du Mont Cassin du onzième siècle. Il a été publié dans la Bibliotheca Casinensis (III. Florilegium, p. 36-38). Le second, ou Ms. 158 de la Marcienne, du XVe siècle, est conservé à la Bibliothèque Saint-Marc de   Venise. 

Louise Lefrançois-Pillion a publié le texte latin du manuscrit du Montecassino

Voici, proposé par le père de Gaiffier, celui du  texte de la bibliothèque Marcienne de Venise, manuscrit latín, 158, XIV /XVe siecle, fol. 327-328v. Cf. Joseph Valentinelli, Bibliotheca manuscripta ad S. Marci Venetiarum, t. Il (1869), p. 176-77. 

[Fol. 327, col. 2.] 13 Cum Cesar Augustus arcem teneret imperii et terra luda romano pareret imperio simulque legem mosaycam custodiret, in Chana Galilee exstitit quidam nomine Antiochus polens bonis operibus et diviciis multis plenus cum uxore sua nomine Perpetua. Hii sunt usque ad annos multos circa viginti quattuor vel XX conunorantes domino serviebant et se ipsos in omni iusticia irreprehensibiles conservabant· Cunque non haberent heredem, apud Dominum continuis orationibus petebant ut eis filium concedere dignaretur, nam verentes maledictionem legis oblationem offerre cum aliis templum sanctuarii intrare timehant, ne a contribulibus suis obprobrium paterentur. Ipsis autem sic diu orantibus permissum est per spiritum sanctum non sine tocius familie gaudio ut mulier in utero filium conciperet preoptatum. Apropinquante autem partus tempore cum mulier masculum peperisset una cum viro suo vidit angelum Dei sibi clara voce dicentem : "Parvulus hic natus Stephanus est vocandus." Et recte Stephanus [ tam] grece quam latine dicitur corona, sed hebraíce dicitur norma vel regula. Fuit enim corona, id est principium martirum in novo Testamento sicut Abel in Veteri; fuit autem norma id est exemplar pro Christo sanctis aliis paciendi. Cumque de prole nata tota domus gaudio repleretur nocturno tempore venit Sathan in figura hominis ceterisque escentibus et domum silenter introiens, ubi Stephanus erat, ad locum ubi iacebat impudenter accessit et tollens Stephanum in brachiis suis, loco eius, ut sic familiarn contristaret, ydolum in eius lectulo colocavit. Qui egrediens detullit ipsum per medium mare portans ipsum in Troianum regnum ante hostium pontificis Iuliani, ibique pannis involutum deposuit et recessit. Tune infans sic in terra positus cepit vocem flebilem et lacrimosam emittere. Cumque lulianus audisset vocero parvuli, dixit: " Fletus pueri est." Cui ministri sui respondentes dixerunt: "Non pater et domine, credendum est quod vox pueri sit, cum sit nox, sed fantasma potius inimicorum." Dumque sic tempus pertransiret, pontifex surnpno reficitur et ecce dominus cervam nimis candidam preparavit, que puero materno more lac ubere suo dedit ante hostium luliani. Cumque pontifex surrexxisset a sumpno fretum 2 cerve audivit, qui admirrans intra se, venit ad hostium ut videret quódnam esset. Et cum aperuisset hostium vidit cervam candidam nimis custodire viscera pueri vagientis. Tune timor et pavor irruit super eurn et dixit: "Deus eterne, qui absconditorum es cognitor et divina misteria revellas et manifestas [fol. 327v] in terra et per angelum tuum Noe nunciare voluisti, ut altare tibi hedificaret ac ut in eodem holocausta tibi offeret, manifesta nunc tua potenti virtute, ita ut si fantasma est illud quod video. vel cerno protinus fugiat atque discedat." Tune oratione finita aperta est lingua cerve et more humano loquebatur dicens : "Suscipe, Iuliane, parvulum nutriendum quem tibi misit Dominus te sibi preparaos in hoc loco." Ad hanc vocem sanctus pontifex exilaratus brachiis suis puerum de terra elevaos, benedixit Deum et dixit: "Deus meus, gratias tibi ago, quia dedisti mihi unum filium sine peccato." Tune hebrea nutrice inventa, eum sibi tradidit, cum summa cura et diligentia nutriendum, cui nomen imposuit Nathanael. Cumque ablactationis tempus advenisset, stetit coram luliano pontifice qui eum more paterno dilexit, instruxit atque in omni lege mosayca perdocuit. Crevit autem cito puer plenitudine temporis et cepit hebraicas literas scire. Aperuit autem ei Deus cor in omni mandato, lege et cultu divino. Eratque mirabilis scientia prudentia et omni legis observantia coram cunctis, in ipsa etiam puericia miracula in populo faciens atque signa. N octe vero quadam, eo dormiente, apparuit ei angelus Domin~ dicens ei : "Surge et vade in Iudeam, quia ibi est domus patris tui. Et pone gaudium in ea propter tristitiam magnam que in ea consistit. Nam ibi est figura Sathane, quam dyabolus in lectulo suo posuit, dum te de cunabulis ab inde portavit." Cum autem beatus Stephanus, qui et Nathanael nominabatur, verbum audisset solicitus venit ad Iulianum petens benedictionem ab eo. Cui pontifex ipse respondit : "Quo, fili, pergis? Prius expecta scire Domini voluntatem." Cui Stephanus, qui et Nathanael, visionem angelicam enarravit. Tune Iulianus tristis efectus, quia dimitere eum nollebat adiecit: "Post quam voluntas Dei est, fili, accede ad me et dabo tibi benedictionem." Cumque Stephanus, qui et Nathanael, reverenter accessisset, ait Iulianus cum gemitu: "Deus qui omnia nosti, qui benedictionem Abraham dedisti et dixisti : M:ultiplicabo semen tuum sicut stelas b celi, ita multiplicet gratiam et benedictionem, sapientiam et inteligentiam ut tandem simul ante conspectum divine maiestatis valeamus admitti." Et post haec intravit beatus Stephanus naviculam, et sic angelo duce pervenit in Galileam et demum usque in domum patris sui. Cumque in foribus patris sui stetisset, ecce fremitus demonis mirabilis excitatur de ydolo in tantum quod ad lamentum et fleturn . familia consurgeret universsa. Tune beatus Stephanus prostratus in terram se tota mente contulit ad orandum. Qua oratione finita, dixit cum ]acrimis patri suo et matri sue, eis ignorantibus quod filius suus esset: "Unde hec tristitia vestra venit, quae ínter vos esse videtur ?" Illi vero ignorantes quis esset, flentes dixerunt: "Dominum Deum pro filiorum semine precabamur et hanc nobis tristitiam contulit propter gaudium." At beatus Stephanus figuram sathanae intuens ait : "Aiuro te [fol. 327 v, col. 2] per Deum vivum et verum ut dicas nobis quis es." Cui demon ipse respondit: "N oli e me molestare et ego interficiam omnes inimicos tuos." Tune beatus Stephanus iussit ignem adduci coram se. Cumque ignis fuisset aportatus, cepit Sathanas ipse stridere et mugitus facere sicut thaurus et omnes voces facere vel emittere bestiarum. In quo quidem sonitu ac mugitu statuam ex toto contrivit nec ibídem ulterius apparuit. Tune beatus Stephanus dixit cum ingenti gaudio parentibus suis: "Ego sum filius vester, quem Sathanas tullit de lectulo vestro, se in eodem colocans loco mei." Ad quam vocem tota exultavit familia eius pulchritudinem intuentes ac in eo dulcedinem sapientie admirantes. Facto autem mane diei sequentis perrexit d vadens ubi iurisperiti congregabantur. Et Gamalielem doctorem inveniens cum discipulis suis cum eisdem de divine legis observantia conferrebat. Erat autem Saulus unus ex hiis, qui de lege cum Stephano disputabat, dolens et invidens multum quod Stephanum superare non poterat. Curo igitur per Iudeam et Galileam discureret disputando quadam die Philippus qui erat de Bethsayde eum reperiens dixit ei: "Ego et socii mei invenimus mesiam quern scripssit Moyses in lege et prophetis e, Yhesum filium Ioseph a Nazareth." Cui Stephanus, qui et Nathanael, responrfü: "A Nazareth potest aliquid boni esse ?" Dicit ei Philippus: "Veni et vide." Vidit Yhesus Nathanaelem venientern ad se et ait: "Ecce vere israelita, in quo dolus non est." Dicit ei Nathanael: " Unde me nosti ?" Respondit Yhesus et dixit ei: " Priusquam te Philippus vocaret cum esses sub ficu vi di te." Respondit N athanael: "Yhesu, Raby tu es filius Dei, tu es rex Israel." Respondit Yhesus et dicit ei: "Quia dixi tibi vidi te sub ficu credis, maius hiis videbis." Et dixit ei : "Amen, amen dico vobis videbitis celum apertum et angelos dei ascendentes et descendentes super filium hominis 3 ." Tune Stephanus, qui et Nathanael, ex legis scientia quam habebat et inspiratione divina tactus et instructus, legi Christi et fidei aquievit ac eius fidem in ludea et Galilea predicare cepit verbis et moribus. Adfuit sibi in sompniis angelus domini dicens : "Vade Stephane, predica in Assia verbum Dei, in Cilicia et Alexandria et Cinerensia, nam ibi ·doctor eris." Et ecce dum venisset ad portam civitatis, timor irruit super eum. Tune ille gemens et orans dixit: "Domine Deus omnipotens, qui dignatus es servis tuis concedere salutem, dignare me salvare in hac civitate ab omni hoste iniquo." Cumque introisset f civitatem vidit portantes hominem in ferettro mortuum et turbam civitatis plorantem super eum. Qui bus ait ipse: "Deponite eum." At illi deposuerunt illum. Et ille expansis manibus ad celum orabat dicens : "Domine Deus omnipotens in cuius g nomine cuneta resurgunt, qui ex nichilo cuneta creasti fac hominis istius animam ad corpus suum redire, ut isti infideles credant in te, Domine, quia tu es Deus meus et non est allius praeter te, Domine." Et cum hoc dixisset homini, resurrexit. Et cum resurrexisset [fol. 329] dixit ad beatum Stephanum: "O beatissime iuvenis, vidi te principem magnum coram domino Deo tuo et principem milicie sue. N am, tua oratione completa cito venientes angeli ad corpus meam animam attulerunt." Cumque post hoc predicare et disputare cepisset convertit quattuor civitates ad aulam Dei, id est Cirenensiam, Alexandriam, Ciliciam et Asiam, atendentes et videntes ·in eo prudentiam et mirabilia quae faciebat. Hic postmodum in ludeam revertes dum coram Anna et Cayfa Ierosolimis praedicaret nongentos viros convertit ad Christum, exceptis parvulis et mulieribus. Hic ex merito sue sanctitatis et prudentie post Christi passionem ah apostolis est in dyaconem ordinatus et ministrum ac in eodem modo pro fide Christi primus a ludeis extitit lapidatus -

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Retour à Beauvais.

Après avoir découvert cette Vie fabuleuse de saint Étienne et la manière dont elle a été illustrée, l'interprétation de la lancette C devient limpide : elle représente le diacre qui, de retour chez ses parents, chasse le démon qui occupait (depuis des années !) son berceau. On comprend l'ébahissement de la maman et l'ahurissement du papa. Imaginez que cela vous arrive ! Néanmoins, la posture du père semblait indiquer un autre contexte.

Par contre, la lancette A n'est pas éclaircie pour autant. Faut-il suspecter une variante dans laquelle Satan, emportant le petit Étienne dans ses bouges et envisageant d'ôter à Dieu ce serviteur, voit ses plans contrecarrés par la rencontre imprévue avec un ermite planqué dans un désert et qui l'oblige, par un signe de croix, à abandonner sa proie ? L'ermite était-il en réalité initialement l'évêque Julien, et l'inscription en légende serait-elle trompeuse, car écrite selon une compréhension erronée des cartons du peintre ?

De même, point de biche allaitante à Beauvais, et point non plus de scène de ravissement de nourrisson dans son berceau. Mais, comme le suggère L. Lefrançois-Pillion, ces scènes occupaient sans doute les panneaux détruits. 

La Vita fabulosa n'explique pas non plus les scènes mystérieuses du tympan. Jean Lafond voit dans la scène du baptême "Saint Étienne baptisant son père", ce qui est séduisant. Le tableau voisin, avec le père qui lève les bras au ciel devant son plat, reste inexpliqué. Peut-être un jour, une nouvelle madame Lefrançois-Pittion réunira-t-elle la somme de hasards et d'érudition nécessaire pour en dévoiler le mystère.

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Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais baie n° 6, Le Jugement Dernier 


 

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/les-vitraux-anciens-de-l-eglise-saint-etienne-de-beauvais-baie-n-6-le-jugement-dernier.html.

SOURCES ET LIENS.

— Tenture de saint Étienne au Musée de Cluny :

http://www.musee-moyenage.fr/collection/oeuvre/tenture-histoire-saint-etienne.html

— Famille de Pierre de la Fontaine :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d%27Ognon

https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_d%27Halatte

 Anselme (de Sainte Marie), 1733,  Histoire Généalogique Et Chronologique De La Maison Royale De France, Des .grands maistres des eaux-et-forêts de France Paris, page 848 

https://books.google.fr/books?id=ptpDAAAAcAAJ&dq=%22Pierre+de+la+Fontaine%22+ognon&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

— Les vitraux de l'église Saint-Etienne sur le site de l'Association Beauvais Cathédrale  ABC :

http://www.cathedrale-beauvais.fr/nouveausite/saintetienne/vitraux/vitrauxste.html

— Le site www.patrimoine-histoire :

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Beauvais/Beauvais-Saint-Etienne.htm

— Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-%C3%89tienne_de_Beauvais

—Site therosewindow

http://www.therosewindow.com/pilot/Beauvais-st-etienne/table.htm

 

— BARRAUD. - Descriptions des vitraux de l'église Saint-Etienne de Beauvais. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise, 1852-1855, II - 4, p. 537-598.

 

 — CALLIAS-BEY (Martine) , Véronique CHAUSSÉ , Françoise GATOUILLAT ,Michel HÉROLD, 2001, Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum ; Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Commission régionale Haute-Normandie. Nombreuses pages sur l'atelier Leprince, 48-49 etc.

— DANJOU (1847), Note sur les vitraux de l'église Saint-Étienne de Beauvais,  Société académique de l'Oise. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. 1847 (T1) page 62.

http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb32813221g/date1847

— DÉNOIX (Fanny Descampeaux Dénoix des Vergnes ) Beauvais ...Description matérielle : In-18, III-194 p. Édition : Beauvais : tous les libraires , 1868. 2e éd., page 125 et suivante.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65168165/f138.image

— HÉROLD (Michel), 1995, L'atelier des Leprince et la Normandie, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen , Rouen, musee des beaux-arts , 190 pages, p. 44-5

— LAFOND (Jean), 1943, Pratique de la peinture sur verre à l'usage des curieux suivi d'un essai sur le jaune d'argent et d'une note sur les plus anciens verres gravés [s. n.] (Rouen) 

— LEBLOND (Dr Victor),1921, L'art et les artistes en Île de France au XVIe siècle  d'après les minutes notariales  . Beauvais & Beauvaisis. Paris : E. Champion ; Beauvais : Imprimerie départementale de l'Oise, 1921. 352 p.-VII, VII pl. ; 25 cm.

— LEBLOND (Dr Victor) LAFOND (Jean) 1929, L'Eglise Saint-Etienne de Beauvais. / [Dr.] V[ictor] Le Blond. étude sur les vitraux par Jean Lafond.  Paris. 1929 38 grav. et 1 plan  pages 65-118.

— LEBLOND , 1924, Nicolas le Prince, verrier et tailleur d'images  : un artiste Beauvaisin au XVIe siècle / Dr Victor Leblond

— LEFRANCOIS-PILLION (Louise) 1910, "Le vitrail de la fontaine de vie et de la nativité de saint Étienne à l'église Saint-Étienne de Beauvais", Revue de l'Art ChrétienTome LX, Honoré Campion, Paris, Lille Desclée, de Brouwer et Cie. pages 367-378.

https://archive.org/stream/revuedelartchr60lilluoft#page/n419/mode/2up

 

 

— PERROT (Françoise), GRODECKI (Louis), 1978, Les vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais , Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France Centre national de la recherche scientifique, 1978 - 275 pages

— SAINT-GERMAIN (Stanislas de ), 1843, Notice historique et descriptive sur l'église Saint-Etienne de Beauvais page 61 et suivantes.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6517959k.r=%22saint-etienne%22

— VASSELIN (Martine), 2000, « Les donateurs de vitraux au XVIe siècle en France : leurs marques et leurs représentations », Rives nord-méditerranéennes [En ligne], 6 | 2000, mis en ligne le 10 mars 2011, consulté le 06 avril 2016. URL : http://rives.revues.org/61

 

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