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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 11:24

 Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église Saint-Etienne de Beauvais.

 

Voir dans ce blog lavieb-aile des articles consacrés aux Arbres de Jessé de Bretagne:  

Les sculptures :

Et les vitraux : 

Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

 

 

                         arbre-de-jesse 5653c

 


 Situé au fond du déambulatoire, près de la chapelle St Claude, ce chef d'œuvre d'Engrand Le Prince datant de 1522-1525 est sans-doute le vitrail de l'Arbre de Jessé le plus réputé, à l'égal de la réputation de son auteur, considéré comme le Michel Ange ou le Raphaël de la peinture sur verre.

Haute de 6,60m sur 3,25m de large, formée de trois lancettes ogivales divisées chacune en six panneaux, et d'un tympan de cinq mouchettes et dix écoinçons, la verrière a été amputée de son registre inférieur en 1794 par les révolutionnaires qui ont percé une porte juste au-dessous pour faciliter le stockage du grain. On peut imaginer que ce registre accueillait deux donateurs en prière, et, au centre, le début du dais monumental de Jessé.

Elle ne compte,autour de Jessé assis,  que huit rois de Judas (au lieu du nombre traditionnel de douze), parmi lesquels deux sont identifiés avec certitude, David par sa harpe, et Roboam par une inscription. L'arbre se divise précocément en deux branches, qui montent parallèlement en se ramifiant latéralement, et dont une seule, celle de gauche, atteint le tympan et s'épanouit en une fleur de lys. Au cœur de celle-ci siège Marie tenant son fils, au centre d'une mandorle de rayons d'or. Deux prophètes (traditionnelement Isaïe et Jérémie) la désigne, pour indiquer qu'elle est la réalisation de leurs prophéties. 

Bien que nous ayons affaire à une baie unifiée qui n'est pas découpée en médaillons ou en scènes, je décrirai trois registres.

 

 

 

I. Registre inférieur. 

 

 

arbre-de-jesse 5655c

 

Premier roi de Juda :  "François Ier".

Chaque commentateur mentionne qu'il s'agit ici d'un portrait de François Ier, mais j'ignore sur quelle autorité* s'appuient ces affirmations. Aucun attribut ne permet une identification ; la coiffure de ce roi est encore pré-Renaissance ; il ne porte pas de barbe, pas de collier d'un Ordre, et cela peut être un portrait-type d'un roi vêtu d'une cape ou d'un manteau rouge moucheté de blanc (verre rouge gravé) doublé d'hermine, sur un pourpoint de soie blanche et or aux crevés des manches et de la poitrine. Il porte le sceptre, et une paire de gants en main gauche. Il n'est guère éloigné par exemple, du portrait que trace Rabelais de Gargantua (1533-1535) chapitre VI , avec sa chemise de toile (celle du roi de Juda est froncée autour d'une encolure rectangulaire), son pourpoint de satin blanc, ses chausses d'estamet blanc, "déchiquetées en forme de colonne striées et crénelées", d'où émerge par les orifices une étoffe de damas bleu, sa broderie de canetille aux plaisants entrelacs d'orfèvrerie garnis de fins diamants, fins rubis, fines turquoises, fines émeraudes , son saye de velours bleu, sa ceinture de serge de soie, et son bonnet de velours orné d'un médaillon. Bref, Engrand Leprince donne ici, comme Rabelais d'ailleurs, le portrait d'un seigneur de son temps.

Je place ici les portraits de François Ier en 1515  (barbu depuis sa blessure de 1521) puis en ? et de Charles Quint

* Il s'agit selon Jean Lafond de Stanislas de Saint-Germain, qui reconnaît en 1843 dans ce vitrail Saint-Louis, Louis XII et François Ier : c'est aussi ce qu'indique Louis Graves, 1855 Précis statistique sur le canton de Beauvais, p. 177 cité par Jules Corblet en 1860. D'autres y ont découvert Henri II. Jean Lafond, qui cite en 1963 ces identifications avec ironie, trouve néanmoins que la ressemblance avec François Ier est ici incontestable, que celle avec Charles Quint est (panneau de droite) "assurément moins assuré", mais il ne relève pas les incohérences que je pointe. Dans la suite de son texte, et notamment dans la discussion de datation, il entérine ce "Charles Quint".

 

        

  On s'arretera plutôt à remarquer le verre rouge gravé du manteau royal. qui relève d'une toute autre technique que l'hermine de la doublure : pour cette dernière, on se contente de peindre les mouchetures sur un verre blanc à l'aide d'une grisaille bien dense appliquée sur la face intérieure. Il faut savoir qu'un verre rouge est toujours un verre doublé où la vitre rouge très fine est doublée d'un verre blanc qui le renforce (un verre rouge de même épaisseur qu'un verre bleu ou vert serait si foncé qu'il parraitrait noir). En gravant, c'est à dire en ôtant par endroit le verre rouge du verre double, on obtient une tache blanche, qui peut être arrondie, rectangulaire (ici) ou linéaire. On peut graver à la roue (XIIIe siècle ou plutôt début XIVe) ou aujourd'hui à la pointe de diamant, ou bien à l'acide. La gravure, devenue réellement courante au XVe siècle, était réalisée à l'aide d'une molette montée sur un tour, à l'aide d'un mélange abrasif d'émeri eau, ou huile (R. Barrié).

 

                        arbre-de-jesse 5657c

 

      Au centre l'ancêtre Jessé est assoupi, assis sur un siège monumental encadré de colonnes antiques supportant un dais scintillant d'or et décoré de personnages nus : deux chevauchent des dauphins, deux autres des chevaux-dragons. Au centre, un buste (féminin ?) tenant semble-t-il une croix. Tout ce décor sert de démonstration à l'art éblouissant qui fait la réputation de la famille Le Prince, celui de l'emploi du jaune d'argent décliné en teintes presque brunes, or, ou jaune clair dans une étude des reflets et des modelés des sphères, cylindres et volumes complexes.

La manche de Jessé est faite d'un verre rouge gravé.

L'arbre prend naissance de la poitrine de Jessé, s'échappe des pans croisés du manteau d'or et se divise immédiatement, sous le menton barbu, en ses deux branches maîtresses.

La niche architecturée.

Le motif central du fronton, le médaillon gauche et une partie du balustre doré qui le supporte sont modernes.

"Engrand aimait les architecturesnmétalliques dont les peintres des Pays-Bas ont sans-doute pris l'idée dans les chefs-d'œuvre de la dinanderie. Seul il a su leur donner toute leur valeur, par le plus simple des moyens. Il s'était avisé que pour tirer du jaune d'argent l'effet le plus saisissant, il suffisait de n'en point mettre partut et de laisser le verre nu par endroit de la principale lumière. C'est ainsi que brillent les balustres et les ornements du trône d'or où Jessé est endormi, et, dans tout le vitrail, les sceptres et les couronnes" (Jean Lafond p. 124)

.

 

                      arbre-de-jesse 5659c

 

 3. Deuxième Roi de Juda : "Charles Quint".

   Pour ma part, s'il faut vraiment attribuer un nom à ce roi, je l'identifiera à François Ier sur le seul argument du  Collier de l'Ordre de Saint-Michel avec ses coquilles Saint-Jacques. Encore cet argument paraît-il bien faible. Il s'agit d'un "collier d'or fait de coquilles lassées, l'une avec l'autre, d'un double las" auquel était suspendu un médaillon représentant l'archange terrassant le dragon. Or l'article Wikipédia décrit deux types de collier, le premier collier créé par Louis XI et porté par Louis XII  représentant les « doubles las » comme des aiguillettes formant des double-nœuds, et le second promut par  François Ier dès son accession au trône et  alternant les coquilles avec une double cordelière. (voir les illustrations des deux types sur Wikipédia). Or, ici, il s'agit d'un collier du premier type (mais sans médaillon pendentif), aux las en doubles nœuds. Certainement pas porté par Charles Quint, mais pas non plus par François Ier.

Ce roi tient un sceptre à droite, et un livre à gauche.

 

                       arbre-de-jesse 5660c

 

 

Jean Lafond note que "pour réaliser la tête du jeune empereur [Charles Quint], l'artiste a pu s'inspirer d'un bois gravé par Hans Weiditz de Strasbourg dans un portrait de 1518". La confrontation avec la gravure en question est assez convaincante ; mais la différence des colliers l'est également. Les points communs sont la coupe de cheveu, le bonnet évasé, le manteau damassé aux crevés abondants,  la doublure d'hermine (pour le premier panneau) ;  

arbre-de-jesse 5687cc

 

Je m'intéresserai d'abord, sur l'image qui suit, à l'inscription que porte la pièce en demi-cercle située sous la ceinture. On lit AVEDRA TIA--. Confrontée à la liste des rois de la Généalogie de Jésus, elle ne correspond à aucun nom : David - Salomon - Roboam - Abia - Asa - Josaphat - Joram -Ozias - Joatham - Achaz - Ézéchias - Manassé - Amon - Josias - Jeconiah -

Il ne s'agit pas non plus de la devise de l'Ordre de Saint-Michel, qui est Immensi tremor oceani.

Une leçon AVE MARIA trahirait le texte actuel, car le -d- et incontestable ; il faudrait miser sur l'infidélité d'une restauration ultérieure. 

 

J. Lafond remarque que Engrand Le Prince "appliquait le jaune d'argent sur les verres de toutes les couleurs [et pas seulement sur du verre blanc] non pour obtenir un ton local, comme chacun pouvait le faire depuis le quatorzième siècle, mais afin de corser le modelé et de produire un effet pictural. Dans l'arbre de Jessé, on peut citer seulement  la touche jaune jeté sur la ceinture bleu clair de Charles Quint [sic]. On peut admirer ici d'abord le motif au jaune d'argent, sulfure d’argent qui est mis à l’envers du vitrail et qui est cuit pour donner cet éclat extraordinaire, sur le pourpoint dont il dessine le damas. On peut aussi en suivre la subtilité sur les torsades du sceptre dans la complexité des jeux de reflets, ou sur les "valves rainurées d'une coquille de Saint-Jacques", pour citer Proust. Et, enfin, s'attarder sur ce nœud de ceinture bleue . Celle-ci possède peut-être un rôle héraldique, comme la ceinture Espérance (bleue) des ducs de Bourbon. 

 

arbre-de-jesse 5689c

 

      Deuxième registre.

 

arbre-de-jesse 5661c

 

 4. Roi Abia.

"le peintre l'a réalisé son manteau en "enlevant", sur une mince couche de grisaille, des motifs qu'il a teints ensuite au jaune d'argent, sans les cerner d'un trait noir, comme on le fait d'ordinaire". (J. Lafond) 

5. Roi Salomon.

 Le tabard du roi reçoit des motifs de rinceaux, de dauphins et de petits génies, qui sont peints au jaune d'argent sur le blanc obtenu par gravure du verre rouge plaqué. 

6. Roi Roboam : "Engrand Leprince".


C'est l'abbé Barraud (1855) qui a proposé de voir dans le visage de ce roi l'autoportrait d'Engrand Le Prince, et, depuis, chacun se plaît à reprendre cette aimable suggestion, Jean Lafond soulignant que plusieurs artistes contemporains d'Engrand se sont aussi représentés dans leurs compositions. Je garderai une certaine réserve, ignorant sur quel argument sérieux se fonde cette hypothèse. 

  Par contre, les lettres blanches ENGR. sont plus convaincantes. Le prénom du maître-verrier est ENGUERRAND,  mais c'est sous la forme Engrand qu'il est traditionnellement désigné à Beauvais, et qu'il signait. Selon Jean Lafond, "quelques articles de comptes se rapportent à Jean et à Nicolas mais d'Engrand nous savons seulement, par une épitaphe relevée au XVIIIe siècle, qu'il était né à Beauvais et qu'il y est mort le jour des Rameaux 1531. [...] Lui disparu, l'atelier continua pendant quelques temps à produire des œuvres du même style et de la même technique, mais on n'y voyait pas briller la même flamme. Les auteurs modernes veulent qu'Engrand soit le père de Jean et de Nicolas. Les documents publiés par le docteur Leblond indiqueraient plutôt que Jean et Engrand étaient à peu près contemporains. Peut-être étaient-ils frères, et Nicolas le fils de l'un d'eux. De même, la filiation de Pierre Le Prince reste obscure pour nous" (Lafond, 1963).

"Quelle qu'ait été l'habileté des meilleurs ouvriers de l'époque [du XIXe, dans l'hypothèse d'une restauration], aucun d'entre eux n'aurait été capable d'exécuter la tête de Roboam avec l'incroyable liberté dont a fait preuve Engrand Le Prince. L'artiste s'est servi de la grisaille noire pour le "trait", si l'on peut appeler ainsi les quelques touches nerveuses qui indiquent les yeux et les narines, la bouche et les oreilles, et pour le modelé fait de fines hachures jetées au pinceau puis "enlevées" à la pointe. Pour les lèvres, la barbe et les cheveux, il a eu recours à la sangine, d'ou le petit bois et la plume d'oie ont fait jaillir des "lumières" qui donnent au visage une vie frémissante. Enfin, il a appliqué sur la face externe du verrre, derrière les cheveux et la barbe, une teinte supplémentaire de sanguine." (J. Lafond).


 

arbre-de-jesse 5667ccc

Là encore, on remarque la présence des coquilles saint-Jacques. Remarquez aussi le sceptre, qui s'évase pour donner naissance à des fleurs. 

 

arbre-de-jesse 5686c

 

 

Troisième registre.

7. Roi de Juda.

arbre-de-jesse 5669c

 

 

8. Roi David.

cf. iage infra. 

9. Roi de Juda

 " Je reconnaîtrais partout un vitrail d'Engrand Le Prince à la liberté du dessin, à l'indication large des modelés, aux touches légères de jaune d'argent qui brillent comme l'or dans la lumière des étoffes blanches, aux oppositions justes des tons les plus éclatants."écrivait Lucien Magne. Jean Lafond commentait : "Les lingeries blanches dont parle Lucien Magne sont en effet extraordinaires. Voyez ici les écharpes qui s'envolent d'un turban. Nonb seulement elles sont modelées avec une souplesse sans égale, mais elles sont réchauffées par de larges taches dorées posées sur les lumières. Des peintres de grisaille employaient déjà ce procédé, semble-til, aux miniatures flamandes en camaïeu, mais pas avec cette audace heureuse".

.

arbre-de-jesse 5684c

 

 

 

      Quatrième registre.

10 et 11 : Deux rois de Juda dans les têtes de lancettes latérales.

Tous les deux portent le collier de l'Ordre de Saint-Michel.

 

arbre-de-jesse 5662c    

   

 

  Tympan

 

12. Prophète.

13. Prophète.

14. Vierge à l'Enfant.

15. Ange musicien.

16. Ange buccinateur.

arbre-de-jesse 5692c

 

     

 

Annexe : Les Leprince,  famille de peintres verriers

Un mélange de copié-collé : 

"L'ensemble des vitraux de la cathédrale de Beauvais a été réalisé par les maîtres de l'époque : la dynastie des le Prince, maîtres-verriers fondateurs de ce qu'on a appelé «l'école de Beauvais». Pendant près de trente ans, leur art a rayonné en Beauvaisis, en Ile-de-France et en Normandie. Le plus célèbre d'entre eux, Engrand le Prince, l'auteur de l'Arbre de Jessé de Saint-Étienne, est considéré comme le plus grand maître-verrier de tous les temps. Par sa technique et la qualité de son art, il a été comparé à Raphaël et à Léonard de Vinci.

L'église Saint-Étienne avait de la chance : les le Prince étaient membres de la paroisse et leur atelier, tout proche! La grande verrière du chœur - actuellement en verre blanc - était vraisemblablement couverte de vitraux historiés, dont la célèbre «Passion» attribuée à Engrand. Plus que les saccages de la Révolution, c'est, pour les historiens, l'ouragan de 1702 qui est responsable de la destruction de la plupart des verrières des fenêtres hautes du chœur. Lors des deux guerres mondiales, les vitraux les plus importants ont été descendus et mis à l'abri. Ceux qui étaient restés en place ont été détruits par les bombardements et par l'incendie de juin 1940 qui a anéanti le quartier médiéval de Beauvais."

«Ce qui fait la valeur de ce vitrail qu'on peut dater des environs de 1522, c'est la technique et le style d'Engrand le Prince : la vigueur et la liberté de son dessin, pratiquant par des touches nerveuses de grisailles brunes pour les traits des visages, de fines hachures pour leur modelé ; la splendeur des coloris, ce fond bleu "tour à tour clair et sombre qui paraît palpiter" ; l'emploi du jaune d'argent, dont Engrand joue en virtuose pour réchauffer les étoffes blanches et enrichir la beauté des manteaux royaux, leur donner des effets et une intensité incomparables. (...) Ainsi, dans ce vitrail, tout indique la main d'un grand Maître.» Philippe Bonnet-Laborderie dans«L'église Saint-Étienne de Beauvais " 

"l'usage particulièrement brillant du jaune d'argent par le maître-verrier, technique lui permettant d'ombrer de reflets la lumière des visages. On notera également une très impressionnante stylisation des systèmes pileux des personnages masculins ainsi que l'expression forte des émotions obtenue par l'artiste." "Il use en virtuose, un virtuose avec une virtuosité exceptionnelle du jaune d’argent. Et c’est ainsi qu’il arrive à donner de l’éclat aux chairs, de l’éclat aux vêtements. C’est lui qui, le premier, a réussi à donner par exemple aux couronnes, aux crosses d’évêques etc. , il a su donner des reflets en utilisant ce jaune d’argent. Le jaune d’argent a été utilisé à partir du XIVe siècle. Mais véritablement, les maîtres du jaune d’argent, c’est l’école des maîtres verriers du Beauvaisis, de Beauvais, et en particulier Engrand Leprince. 

 

    "Dynastie de peintres verriers de Beauvais. Parmi les Le Prince, le plus ancien nom connu par les archives est celui de Lorin (1491), qui travailla pour l'église Saint-Martin aujourd'hui détruite, mais dont aucune œuvre n'est conservée. Viennent ensuite Jean, Engrand, Nicolas et Pierre connus à la fois par les textes et par des œuvres ; mais nous ignorons le lien de parenté qui les unit. Le plus génial fut Engrand (mort en 1531), dont L. Magne (L'Œuvre des peintres verriers français, 1888) a si bien défini la manière : « Je reconnaîtrais partout un vitrail d'Engrand Le Prince à la liberté du dessin, à l'indication large des modelés, aux touches légères de jaune d'argent qui brillent comme l'or dans la lumière des étoffes blanches, aux oppositions justes des tons les plus éclatants. » Ces qualités se manifestent dans L'Arbre de Jessé et dans les vitraux de la chapelle de la Vierge à Saint-Étienne de Beauvais (env. 1520-1525), ainsi que dans la verrière de Louis de Roncherolles à la cathédrale (1522) et dans la Vie de saint Jean-Baptiste de Saint-Vincent de Rouen. Pour cette dernière église, il signa avec Jean Le Prince le célèbre Triomphe de la Vierge dit Vitrail des chars (env. 1520), où la part de chaque artiste est difficile à cerner. En effet, le style et surtout la technique (en particulier, l'emploi du jaune d'argent) des différents membres de la famille sont si voisins que, sans la signature, il est souvent difficile de les distinguer avec certitude. Des œuvres de Jean, connu entre 1496 et 1537, sont encore conservées au transept de la cathédrale de Beauvais ; de Nicolas, connu entre 1527 et 1555, à Saint-Étienne de Beauvais, à Gisors, à Marissel, à Louviers ; de Pierre à Saint-Étienne de Beauvais (env. 1530). L'influence des Le Prince se fait sentir dans la peinture sur verre d'Île-de-France et de Normandie jusqu'au milieu duXVIe siècle. "

 Françoise PERROT, « LE PRINCE LES  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-le-prince/

 

Atelier Le Prince 1491-155 :

  • Certains vitraux de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, Engrand.

  • Certains vitraux de l'église Saint-Étienne de Beauvais, dont l'Arbre de Jessé, Engrand.

  • Metz, Musée, atelier familial.

  • Vitrail de Charles Villiers de l'Isle-Adam de la Collégiale Saint-Martin de Montmorency, Engrand, monogrammé E. L. P.

  • Trois vitraux de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, jadis dans le chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen (détruite en 1944), Engrand et Jean.

  • Des vitraux à l'église Notre-Dame de Louviers.

 

"L’une des caractéristiques de l’art d’Engrand est cette liberté : de touche, de composition: les personnages n’étant pas asservis par un cadre architectural strict mais évoluent sans contrainte dans la verrière, et cette virtuosité technique dans l’emploi des verres : aux couleurs éclatantes, les drapés s’envolent, animés par des ajouts subtils degrisaille et une grande maîtrise de la coupe du verre.

L’église Saint-Etienne conserve de nombreuses autres oeuvres du peintre verrier : un Jugement Dernier : Une déploration sur le corps du Christ, dont cette Marie-Madeleine fait partie : vêtue d’une robe aux manches à crevées et parée de multiples atours, elle semble tout droit sortie du XVIe siècle, représentée devant une architecture fortifiée qui a plus à voir avec les châteaux forts du Moyen Âge que des coupoles de Jérusalem. le vitrail de l’enfance de saint Etienne et de la fontaine de vie, avec la teinte magnifique de la tunique du diacre : Ses parents laissèrent eux-aussi leur trace, notamment avec le fameux vitrail de la Santa Casa de Lorette, la légende de saint Claude ou encore la vocation de saint Pierre."

"La cathédrale possède également une verrière d’Engrand, mais sa production ne se limita pas à la seule ville de Beauvais. L’Oise, le Vexin français ou encore la Normandie conservent en nombre d’autres chefs-d’oeuvre : à Aumale, Ménerval, Infreville, Gisors, Louviers et Rouen. Grâce à la commande de beauvaisiens implantés dans la capitale normande, Engrand le Prince et son atelier réalisèrent une dizaine de vitraux pour l’ancienne église Saint-Vincent. Si cet édifice est aujourd’hui complètement détruit, les verrières sont remontées dans l’église moderne Sainte-Jeanne-d’Arc, dont l’architecture a été pensée pour servir d’écrin à ces magnifiques vitraux! Véritables manifestes du renouveau antique, ces oeuvres ont marqué à tel point les rouennais que l’atelier beauvaisien fit des émules en Normandie jusqu’à la fin du XVIe siècle. Quelques fragments sont également conservés au Musée de la Renaissance à Ecouen, et au Musée de Philadelphie, provenant en majeure partie d’une verrière exécutée pour la cathédrale de Rouen."  

Sources et liens.

—  http://www.cathedrale-beauvais.fr/etienne/description/vitraux/jesse.htm

 —  http://professor-moriarty.com/info/fr/sec/vitraux/p%C3%A9riode-avant-19%C3%A8me-si%C3%A8cle/beauvais-france-arbre-jess%C3%A9-saint-%C3%A9tienne-beauvais

 —  http://fresques.ina.fr/picardie/impression/fiche-media/Picard00731/l-art-du-vitrail-dans-les-cathedrales-de-picardie.html

—  http://onditmedievalpasmoyenageux.fr/engrand-le-prince-peintre-verrier-de-beauvais/

 

LAFOND (Jean)  1963 L'arbre de Jessé d'Engrand Le Prince à Saint-Etienne de Beauvais   - [S. l.] : [s. n.], 1963. - Ill. noir et blanc in : Cahiers de la Céramique, du verre et des Arts du feu, n° 30, 1963, p. 117-127

Atelier Le Prince 1491-155 :

  • Certains vitraux de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, Engrand.

  • Certains vitraux de l'église Saint-Étienne de Beauvais, dont l'Arbre de Jessé, Engrand.

  • Metz, Musée, atelier familial.

  • Vitrail de Charles Villiers de l'Isle-Adam de la Collégiale Saint-Martin de Montmorency, Engrand, monogrammé E. L. P.

  • Trois vitraux de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, jadis dans le chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen (détruite en 1944), Engrand et Jean.

  • Des vitraux à l'église Notre-Dame de Louviers.

lavieb-aile droits réservés

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Arbre de Jessé.
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commentaires

PLV 07/04/2015 00:41

Magnifique vitrail !
Et belle explication.
Merci.

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  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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