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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 12:20

L'arc de triomphe (1587, granite de Plounéour-Ménez et 1589, kersanton) de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Son Annonciation et son inscription en vers bretons.

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Sur cet enclos paroissial de Saint-Thégonnec, voir :

 

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PRÉSENTATION.

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Avant de partir pour Saint-Thégonnec, j'avais relu les bons auteurs.

— "Quatre grosses piles ornées de volutes ou consoles renversées que surmontent des lanternons à la fois trapus et  élégants. Les deux piles du milieu sont reliées par une arcade au-dessus de laquelle règne une galerie d’arcatures séparées par des pilastres à gaines et terminées par des frontons. À la hauteur de la galerie est la représentation du mystère de l’Annonciation ; d’un côté la Vierge agenouillée sur un prie-Dieu, de l’autre, l’archange Gabriel. Plus bas, dans la frise cette inscription : ITRON : MARIA . VIR . SICOVR NI . O . PET : HUANTEC. DON. RECOUR HUI.EN.QUENTAF. ADVOCADES EVIT. PECHER. HA. PECHE RES. - 1587. "Dame Marie de Vrai-Secours Nous vous prions ardemment de nous venir en aide. Vous êtes première avocate Pour pécheur et pécheresse"." (J.M. Abgrall 1904 , Architecture bretonne, p. 107.)

 

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Inscriptions gravées : Saint-Thégonnec J.M. Abgrall Congrès arch. France 1898 et Bull. SAF 1916 :

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— "L'arc triomphal, décoré de lanternons se compose de quatre pilastres formant trois ouvertures; la principale est surmontée de niches à frontons dont l'une contient la statuette du saint patron de la paroisse. Dans la frise centrale, on lit ce quatrain rimé, en moyen-breton, avec rimes internes, et la date 1587 : ITROVN MARIA. GVIR : SICOVR NI : HO. PET : CHV ANTEC : DON RECOVR HVI. EN : QVENTAF ADVOCADES EVIT : PECHER : HA : PECHERES. " (L. Le Guennec, Morlaix et sa région)

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"L'année qui précède l'entrée du duc de Merceur dans la Ligue contre Henri de Navarre, en 1587, la Porte Monumentale rompt définitivement avec les styles anciens : niches à coquilles, frontons triangulaires ou cintrés, volutes, lanternons à dômes, belles moulurations apportent à Saint-Thégonnec un esprit nouveau qui sera bridé un moment par les désordres de la Ligue. Mais après la pacification due à l'Edit de Nantes et à l'arrestation de brigands trop célèbres tels que Fontenelle, l'élan constructeur reprend. Les paysans de la région qui avaient pris prétexte des temps troublés pour faire justice de leurs griefs contre les nobles n'auront qu'un désir, bâtir leurs églises dans le style des châteaux." (Y.-P. Castel)

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— "Un élève du Maître de Guimiliau (1589). À frais nouveaux, la présente enquête commence du coté de la porte monumentale de l'enclos, dominée dans le ciel du fronton triangulaire par le Père Éternel. La date du monument, 1587, s'inscrit entre les cerfs de la légende de saint Thégonnec. Celui de gauche traîne une sorte de charrette. Une hache énigmatique se dresse près de celui de droite. L'inscription lapidaire entremêle selon l'usage breton assonances intérieures, rythmes et rimes : I[N]TRON. MARIA : GVIR SICOUR NI : HO : PET : HVANTEC : DON : RECO[VR] HVI ENQVE[NT]AF. ADVOCAD ES EVIT . PECHER : HA PECHERES. "Notre-Dame du Vrai-Secours , de tout cœur nous recourons à vous, la première avocate du péché et de la pécheresse".

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"À l'étage, on remarque peu l'Annonciation, l'ange Gabriel et la Vierge se faisant face de part et d'autre des niches centrales vides. Le groupe en pierre de kersanton ouvre la série statuaire de l'enclos. La date 1589, inédite à ce jour, gravée sur le pupitre de Marie, permet d'attribuer l'œuvre à l'atelier du Maître de Guimiliau, l'auteur du célèbre calvaire. Le Maître y travailla de 1581 à 1588, à en croire les dates gravées sur celui-ci. L'Annonciation de Guimiliau et celle de Saint-Thégonnec sont indubitablement de la même main. Les prie-Dieu sont identiques, les vases de fleurs ont les mêmes anses à large volutes, les panses sont ornées de canaux et de godrons similaires, les bouquets, dans leur stylisation, se ressemblent. Le traitement des visages ne laisse, lui non plus, aucun doute sur l'étroite parenté des deux groupes. Celui de Saint-Thégonnec, précisément daté avons-nous dit, de 1589, vient ainsi éclairer l'histoire du calvaire de Saint-Thégonnec et réfuter l'idée d'une réfection moderne importante avancée par différents auteurs, dont R. Couffon suivi par V.-H. Debidour." (Castel in Roudaut p. 81-83)

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"La porte triomphale — ou arc de triomphe —, à l’entrée de l’enclos, est un édifice de style Renaissance en granite de Plounéour-Ménez réalisé dans l’atelier du château de Kerjean entre 1587 et 1589. Elle est composée de quatre piliers massifs surmontés de lanternes cubiques et de lanternons. Deux échaliers relient les piliers extérieurs et l’entrée centrale est faite d’un arc en plein cintre fermé à l’époque par une grille. L’arc est orné de trois statues en Kersanton : à droite Notre-Dame du Vrai Secours, à gauche l’archange Gabriel et au centre Dieu le père entouré de deux canons.  L'arc de triomphe est classé monument historique depuis 1914. Le mur de cimetière attenant est, quant à lui, classé en 1928." (Wikipedia)

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"L'arc de triomphe date de 1587 et se compose d'une grande arcade entre deux pylônes. C'est l'un des premiers ouvrages de ce type destiné à donner une entrée monumentale au cimetière." (Base Mérimée)

 

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J'arrive donc un bon matin en me frottant les mains, car j'ai au menu une inscription lapidaire (moi qui adore ça), une Annonciation (que je pourrais comparer à celles que j'ai photographiées dans la même situation de chaque coté d'une porte monumentale ou d'un porche), et l'arc de triomphe lui-même, avec, là encore, des perspectives de comparaison stylistiques avec les mêmes monuments des enclos voisins.

Mais une visite touristique, vous savez ce que c'est, dépend beaucoup de l'heure, de la lumière, de l'humeur du visiteur et de l'éveil variable de son regard. Saurai-je voir ? Le soleil, l'ombre ou la pluie voudront-ils me montrer ce que recèlent les pierres ?

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Enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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On lit souvent que les portes monumentales de nos enclos sont nommées en breton (à Sizun) Porz ar maro, "Porte de la mort", car elles marquent l'entrée du cimetière, mais avant d'en attribuer la présence  à je ne sais quel atavisme bas-breton, ou quelque réminiscence celte peut-être, on se souviendra que les architectes de la Renaissance, soucieux de s'inspirer des arcs de triomphe antique pour marquer l'entrée de leurs villes ou des châteaux, après que les peintres italiens comme Botticelli ou Mantegna aient réalisé des structures provisoires pour célébrer les entrées triomphales des princes et prélats dans leurs villes, ont créé de tels monuments, ou en ont proposé les modèles dans leurs traités. Les exemples sont nombreux. Philibert De L'Orme s'inspira de l'arc de triomphe de Septime Sévère pour le tombeau de François Ier et Claude de France à Saint-Denis (1558). Ou pour l'entrée du château d'Anet.

 

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Voici comment Yves Pauwels présente le Quinque et viginti exempla arcum ("25 exemples d'arcs") publié par Androuet du Cerceau en 1549 :

 

"Ce recueil de gravures compte parmi les publications les plus précoces de Jacques Androuet du Cerceau. Il a été composé dans le contexte de l’avènement de Henri II et des nombreuses entrées solennelles que le nouveau roi allait faire dans ses villes. Lyon avait donné l’exemple en 1548, et, en 1549, l’année même de la parution de l’ouvrage, c’est Paris qui offrait au jeune monarque une mémorable cérémonie. Les arcs de triomphe devenus indispensables au décorum de ces fêtes, il était plus qu’opportun d’en proposer des modèles. L’ouvrage donc se présente comme une anthologie d’exempla, variations sur le thème de l’arc de triomphe. De ce point de vue, il revêt une importance considérable, que peu d’historiens de l’art ont remarquée. En effet, en 1549, l’arc de triomphe vient à peine de faire son apparition dans l’architecture française. Le frontispice de l’aile principale d’Anet est encore en chantier, de même que les avant-corps de la cour du Louvre; ceux d’Écouen sont, au mieux, à l’état de projet. Mais de superbes exemples, sans doute dessinés par Serlio, avaient embelli les rues de Lyon en 1548, lors de l’entrée de Henri II. Et l’année même de la parution du recueil d’Androuet du Cerceau, Jean Martin et Jean Goujon préparaient pour les fêtes parisiennes plusieurs arcs inspirés de modèles serliens. L’arc à l’antique, par ses référents symboliques, historiques et culturels, était ainsi consacré comme le lieu commun par excellence d’une nouvelle architecture qui aspire au plus haut niveau de l’expression, celui du sublime. Or, 1549 est aussi l’année de la publication de la Défense et Illustration de la langue française par Joachim du Bellay ; celle du premier livre des Odes de Ronsard est imminente. La consécration du thème architectural va de pair avec celle d’une nouvelle poésie, celle de la Pléiade, dont l’ambition est la même : élever la littérature française au niveau du grand style, celui des odes ou de l’épopée. Avec une grande perspicacité, du Cerceau a senti l’évolution de l’art de bâtir, et son petit recueil s’inscrit parfaitement dans le grand mouvement de renouvellement qui bouleverse l’architecture française dans les années cruciales de l’avènement de Henri II." (Y. Pauwels 2007)

Dans cet ouvrage, après les arcs romains (arcs de Titus, de Septime-Sévère, de Constantin), et les arcs italiens (arcs d’Ancône, de Vérone, de Bénévent, de Pola, de Suse, de Ravenne), viennent les arcs « inventés » par du Cerceau, une suite de modèles classés selon la succession des ordres, trois doriques, deux ioniques, huit corinthiens, un « sus l’ordre corinthe » et deux de l’ordre salomonique. 

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Mais chacun de ces modèles voit son "ordre" déterminé par les caractères de ses colonnes, or, l'arc de triomphe que j'ai sous les yeux à Saint-Thégonnec ne présente aucune colonne. Seules deux consoles, de part et d'autre de l'arcature, sont cannelées comme des triglyphes doriques. La face nord est encore plus dépouillée.

 

"À la même époque, en 1587, s'élève à Saint-Thégonnec un arc très différent des précédents. Ici, quatre piliers de grande épaisseur sont amortis par de puissantes volutes en consoles renversées et couronnées de doubles lanternons. Ils déterminent trois passages, dont ceux des extrémités fermés par des échaliers, tandis qu'entre les deux piles centrales, formant l'entrée principale, est bandée une arcade à claveaux rustiques. Celle-ci supporte un attique décoré de quatre niches ornées de la coquille de Kerjean et séparées par des pilastres. Trois frontons surmontés, comme des lanternons, de nombreuses boules godronnées, le couronnent. De part et d'autre, ainsi qu'à La Martyre, se voit le groupe de l'Annonciation. L'ensemble, extrêmement lourd et d'une ornementation compliquée, ne manque cependant pas d'originalité et a probablement servi d'inspiration à l'entrée de Plounéour-Ménez où toute décoration a été bannie, exceptée les niches ornées de la coquille si particulière à Kerjean, et, plus tard mais très simplifiée et sans arcades, à celles de Bodilis et de Plouzévédé (1771).» (R. Couffon 1948)

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Pourtant, à Sizun,  quatre colonnes corinthiennes séparent les trois arcades de la porte monumentale (vers 1588) .

"À Sizun vers 1588 l'arc de Sizun également de style classique, est composé de trois arcades, en plein cintre et à claveaux rustiques, séparées par des colonnes corinthiennes. Celles-ci supportent un entablement correspondant à la coursière, qui subsiste et a conservé sont autel et son petit calvaire.. L'ensemble, bien qu'un peu lourd et de proportions moins bonnes que l'arc de Berven, ne manque cependant pas de caractère monumental et est le meilleur spécimen des portails complets de style classique subsistants en Léon." (R. Couffon)

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Arc de triomphe de Sizun photo yfernyen wikipedia

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L'arc de triomphe de Lampaul-Guimiliau, avec sa seule arcade, dispose aussi de deux colonnes corinthiennes.

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Arc de triomphe de Lampaul-Guimiliau (1668). Photo lavieb-aile.

 

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On comparera encore cette porte monumentale de Saint-Thégonnec avec l'entrée du château de Kerjean en Saint-Vougay, avec ses deux arches inégales et sa galerie couverte reliant la chapelle et la chambre des archives. Les deux portes (cochère et piétonne) sont flanquées de trois pilastres doriques cannelées, reposant sur des bases en saillie.

 

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Entrée du château de Kerjean (vers 1571). Photo lavieb-aile.

 

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L'arcade principale de la porte (1652) de l'enclos  d'Argol, en Presqu'île de Crozon, est également encadrée par deux pilastres cannelés

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Arc de triomphe d'Argol. Photo lavieb-aile.

 

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À la chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé, l'arc de triomphe a été réalisé entre 1575 et 1580 par l'atelier de Kerjean. Trois larges arcades en plein cintre, séparées par des colonnes corinthiennes, supportent une plateforme dont le couronnement n'a pas été achevé ou a été détruit.

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Arc de triomphe de N.-. de Berven. Photo Wikipedia.

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L'arc de Guimiliau, très modeste, est une large porte à arcade, surmontée d'un fronton courbe : une Vierge à l'Enfant le domine, entourée des deux cavaliers provenant d'un calvaire. Il est attribué (Le Seac'h) au Maître de Saint-Thégonnec, auteur du calvaire éponyme en 1610. Il est dépourvu de colonnes.

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Arc de triomphe de Guimiliau. Photo lavieb-aile.

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Très simple, sans colonne, mais à trois arches est l'arc de triomphe de Plounéour-Ménez.

 

 

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Porte d'entrée de Plounéour-Ménez. Photo Wikipedia.

 

 

 

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Enfin, l'arc d'entrée de La Martyre n'est citée que pour mémoire, puisque ce monument du début du XVIe siècle (v. 1520) est de style gothique flamboyant. 

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Après ce tour d'horizon comparatif, reprenons notre visite. Remarquons par exemple six niches à coquilles dépourvues de statues, mais aussi les canons qui font office de gargouilles, et qui sont plus habituels au sommet des tours de nos clochers.

 

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Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Dans la niche centrale, Dieu le Père tient l'orbe. Kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589.

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Dieu le Père coiffé de la  tiare, barbu, vêtu de la chape sur une tunique plissé, bénit le globe, bien installé sur son nuage.

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Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Porte monumentale de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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L'Ange de l'Annonciation. Kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589.

 

"La présence d'un groupe de l'Annonciation sur l'arc de triomphe est-elle symbolique ? Il est difficile de se prononcer à ce sujet, La Martyre étant dédiée à Notre-Dame et Saint-Thégonnec à Notre-Dame-du Vrai-Secours. Cependant, le fait que ce groupe surmonte certains porches, tels ceux de Pleyben, dont l'église est dédiée à Saint-Germain, ou de Bodilis, et que sur d'autres, tels que Landivisiau, où il n'y a pas d'arc de triomphe, on trouve l'invocation Memento Mei Mater Dei Pax Vobis parait en faveur d'un symbole. On sait que les prières de l'Annonciation sont une invocation à Dieu qui s'est incarnée dans le sein de la sainte Vierge  : Omnipotens sempiterne Deus, qui terrenis corporibus verbi tui veritatem per venerabilem  Mariam conjungui voluisti, petimus immensam clementiam tuam ut quod in ejus veneratione deposcimus, te propiciante, mereamur consequi." (R. Couffon)

 

"Saint-Thégonnec s'offre le luxe de deux Annonciations. La première est à l'entrée de l'enclos sur la corniche de la porte monumentale. La date de 1589, inscrite au bas du pupitre de la Vierge, de même que le style quelque peu fruste de la sculpture indiquent que l'oeuvre, qui fut commandée au temps du fabrique F. Mazé, est de la main de l'émule anonyme du Maître de Guimiliau." (Y.-P. Castel 2001)

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Les deux personnages de l'Annonciation sont installés un peu à l'étroit entre deux piliers cannelés, comme s'ils n'occupaient pas leur place initiale. 

Nous parvenons mal à lire l'inscription du socle : F : MAZE. Elle a été relevée par Y.-P. Castel .

Ce possible François Mazé était un donateur (ou le fabricien), et il appartenait peut-être à la même famille que Jean Mazé qui, avec son épouse Jeanne Inizan, ont offert la statue de saint Jean sculptée en 1625 pour la niche gauche du porche.

La date de 1585 est trop précoce pour trouver mention de ce François Mazé dans les registres paroissiaux. À défaut, voici une Françoise Mazé née vers 1585 à Saint-Thégonnec.

L'archange Gabriel, qui fléchit le genou en signe de salutation,  est vêtu d'une tunique plissée bouffante au dessus d'un cordon dissimulé. Sur cette tunique s'entrecroisent deux bandes dont je ne comprends pas l'utilité. La main droite (qui faisait le geste de salutation) est brisée, tandis que la main gauche tient le bâton ou rouleau sur lequel s'enroule un phylactère. Nous devinons son texte : AVE GRATIA PLENA.

Le visage, encadré par une chevelure frisée en boules (comme au bon vieux temps des anges du Maître du Folgoët au XVe siècle), est peu expressif, avec son front lisse, sa petite bouche triste, et ses yeux éteints. Ceux-ci, en amande, sont ourlés d'une paupière, signe qui distingue l'Émule du Maître de Guimiliau.

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Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de l'Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589).

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Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, 1589), porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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COMPARATIF DES ANNONCIATIONS.

On remarquera que ces Annonciations sont souvent placées, comme ici à Saint-Thégonnec, sous un Père Éternel (Rumengol, calvaire de Pleyben, etc.).

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Annonciation du calvaire de Tronoën vers 1450.

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Annonciation du calvaire de Tronoën (v. 1450). Photo lavieb-aile.

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Le Faou, Porche de Rumengol.

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Annonciation du porche de Rumengol. Photo lavieb-aile.

 

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Landrévarzec, chapelle de Quilinen, tympan du porche.

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Annonciation de la chapelle de Quilinen, calcaire polychrome. Photo lavieb-aile.

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Groupe de La Martyre : les statues sont posées de chaque coté de l'arc triomphal.

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Ange de l'Annonciation (kersanton), arc de triomphe de La Martyre. Photo lavieb-aile.

 

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Vierge de l'Annonciation (kersanton)), arc de triomphe de La Martyre. Photo lavieb-aile.

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Pencran, contre un pilier à l'intérieur de l'église.

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Annonciation, Pencran. Photo lavieb-aile.

 

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Pleyben, porche sud, kersanton, atelier des Prigent vers 1555.

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Ange Gabriel, Porche de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Vierge de l'Annonciation, porche de Pleyben. Photo lavieb-aile.

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Calvaire de Pleyben (kersanton, Prigent, 1555).

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Annonciation du calvaire (Prigent, 1555) de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation du calvaire de Plougonven, Prigent 1554.

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Annonciation (kersanton, Prigent, 1554) du calvaire de Plougonven. Photo lavieb-aile.

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Annonciation du calvaire de Plougastel, Maître de Plougastel, 1602-1604.

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/la-fin-d-une-epidemie-le-calvaire-monumental-de-plougastel.html

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Groupe de Bodilis, dans les niches du grand porche sud de Bodilis. Ange Gabriel :Maître de Plougastel, vers 1610. Vierge : Roland Doré.

 

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Ange de l'Annonciation (kersanton, Maître de Plougastel, vers 1610), porche de Bodilis. Photo lavieb-aile.

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Vierge de l'Annonciation (kersanton, Roland Doré), porche de Bodilis. Photographie lavieb-aile.

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A Bodilis, Roland Doré a sculpté à part le vase fleuri enrubanné des paroles de la Vierge : Ecce ancilla Domini [fiat mihi secun]dum verbum tuum.

 

Annonciation (kersanton, Roland Doré) du porche de Bodilis. Photo lavieb-aile.

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Porche de Saint-Thégonnec, Roland Doré, vers 1625-1630.

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Ange Gabriel (kersanton, Roland Doré, v. 1625-1630), porche de Saint-Thégonnec. Photo lavieb-aile.

 

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Vierge de l'Annonciation (kersanton, Roland Doré, v. 1625-1630). Photo lavieb-aile.

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L'inscription en breton. Granite de Plounéour-Ménez, 1587.

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Elle est de lecture ingrate, car elle est gravée sur le granite (et non sculptée en réserve sur le kersanton mieux résistant à l'altération), et qu'elle est répartie sur trois blocs de pierre en situation orthogonale, ce qui ne permet pas le meilleur éclairage, à jour frisant.

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1. Sous l'ange Gabriel :

ITRON MARIAG

VIR SICOVRNI : H

Nota bene : la lettre H a échappé à de nombreux auteurs, elle se poursuit sur le deuxième blog (HO).

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Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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2. Sur l'entablement.

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O : PET : HVANT/EC : DON ; RECO[VR]/  [-] /  HVI : EN : QVE[NT]AF : ADVOCAD 

 

(je n'ai pu vérifier l'exactitude de la ponctuation par les deux-points) .

 

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Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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a) du coté gauche :

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 O : PET : HVANT

EC : DON : RECO

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Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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b) Du coté droit :

 

VR HVI : EN : QVE

NTAF : ADVOCAD

La lecture de la partie gauche est fondée sur les témoignages du chanoine Abgrall, car je ne la déchiffre pas, sous l'éclairage de mon cliché.

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Y.-P. Castel a lu

HVI ENQVE

AF ADVOCAD 

et restitue les lettres manquantes : RECO // [VR] HVI ENQVE[ENT]AF ADVOCAD/ES EVIT

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Le relevé d'Abgrall publié par F. Loth puis E. Ernault (cf. Infra)  semble très précis, mais comporte plusieurs erreurs ou lacunes. 

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Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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c) Au centre : La date de 1587 entourée du chariot et du cerf de saint Thégonnec.

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1587 : §-  (il reste à déchiffrer les deux signes qui suivent le deux-points, là où Castel parle d'une sorte de hache).

La légende du cerf de saint Thégonnec est rapportée par Quiniou ; on retrouve le motif du chariot rempli de pierres pour la construction de l'église sous la statue du saint patron de la paroisse, en haut du porche sud, ainsi que sur la niche à volet de l'intérieur de l'église, bas-coté nord.

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Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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3. Sous la Vierge.

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ES EVIT : PECH

ER : HA : PECHEREZ

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Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Inscription, (granite de Plounéour-Ménez, 1587), de la porte monumentale de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Au total, cette inscription se lit ainsi : Itron Maria gvir sicovr ni ho pet hvantec don recovr hvi en quentaf advocates evit pecher ha pecherez.

qui est transcrite ainsi pour souligner la  versification:

Itron Maria gvir sicour

ni ho pet huantec don recour

hui en quentaf advocatez

evit pecher ha pecherez

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"Dame Marie de Vrai-Secours

De tout cœur à vous nous avons recours.

Vous êtes première avocate

Du pécheur et de la pécheresse"

 

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Qui est "Dame Marie de Vrai-Secours ?"

Sainte Marie du Vrai Secours, ou Notre-Dame du Vrai-Secours,  est invoquée ou vénérée à diverses lieux et sous des vocables ou tournures bretonnes proches, telles que Itron Varia wir sikour, , Itron Varia 'wir Zikour, Itron Varia vir Zicour, etc.

Dans le Finistère.

-Elle est sans doute assimilable à Notre-Dame du Bon Secours, qui était vénérée à la chapelle de Pont-Christ. Cette chapelle étant tombée en ruine, la statue est conservée en l'église de La Roche-Maurice.

https://www.lavieb-aile.com/2017/09/le-retable-de-notre-dame-du-bon-secours-eglise-de-la-roche-maurice-29.html

-On sait qu'en 1518, Tanguy du Chastel avait fondé à Landunvez, au bourg de Kersent,  la collégiale Itron-Varia-Vir-Zikour, desservie par 6 chanoines. 

 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/76512f46e94362f54f58a48512632e86.pdf

Abbé J.M. Gueguen, Landunvez en 1685,  BDHA 1924

- À Pleyben, existe la chapelle Notre-Dame-de-Vrai-Secours à Guenily

https://www.lavieb-aile.com/2019/08/la-chapelle-de-guenily-en-pleyben.html

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-vrai-secours/a3d69028-8bf1-4168-b0f6-0611b06da852

-À Ploéven, la chapelle Saint-Nicodème renferme une statue en bois du XVIIe siècle de Itron Varia a Sikour.

https://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-xii-chapelle-saint-nicodeme-les-statues-de-la-vierge-et-de-saint-nicodeme.html

 

Chapelle Notre Dame de Bon Secours Quéven Chapel Itron-Varia Gwir-Sikour Kewenn vallée du Scorff

https://www.queven.com/wp-content/uploads/2018/11/2_ND_de_Bon_secours_Queven.pdf

Saint-Nicodème à Ploéven

 

https://books.google.fr/books?id=iL9HAQAAMAAJ&pg=PA242&lpg=PA242&dq=%22Varia+gwir+sikour%22&source=bl&ots=KNgH9cpscL&sig=ACfU3U24mOOIOq7TZii13BVxOGE3bt7nCw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj_ydn2ufnuAhX14uAKHXF0D384FBDoATAHegQICBAD#v=onepage&q=%22Varia%20gwir%20sikour%22&f=false

- À Pont-L'Abbé, le retable de la chapelle Saint-Jacques de l'église Notre-Dame des Carmes lui est dédiée avec l'inscription Itron Varia gwir Zicour pedit evidomp.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:074_Notre-Dame_des_Carmes_Autel_et_retable_de_la_chapelle_Saint-Jacques.JPG

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Côtes d'Armor.

On trouve là le célèbre pardon Itron Varia Gwir Sikour de la basilique de Guingamp, institué en 1650.

À  Plounez en Paimpol a lieu également un pardon qui lui est dédié.

https://saint-brieuc.maville.com/actu/actudet_-paimpol.-pardon-de-plounez-la-procession-en-video_5-3241251_actu.Htm

Dans les autres départements, l'enquête pourrait être plus approfondie, je ne citerai que la chapelle Notre-Dame de-Vrai-Secours de  Plouay (56), datant de la 1ère moitié du  XVIe, la chapelle Notre-Dame de Bon Secours (Itron Varia Gwir-Sikour de Quéven (vallée du Scorff), et la statue de l'église de Pluviner.

http://www.pluvigner.fr/eglise-paroissiale-saint-guigner/

https://www.queven.com/wp-content/uploads/2018/11/2_ND_de_Bon_secours_Queven.pdf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-vrai-secours/c87a19d4-b466-4646-9762-dbc022fa4a09

 

Voir plus largement:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame-de-Bon-Secours

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Étude linguistique.

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1°) Cette inscription a été étudiée par Emile Ernault dans L'ancien vers breton, exposé sommaire, H. Champion 1912, dans son paragraphe 36.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_163/LAncien_Vers_Breton__.pdf

 

Ernault §36.

« Mais il y a aussi des quatrains sur 2 rimes plates, où toutes les rimes internes sont indépendantes. Telle est l'inscription de Saint-Thégonnec, datée de 1587, en caractères épigraphiques. Tous les u sont écrits v, et la plupart des mots séparés par deux points.

M. Loth l'a transcrit et traduit ainsi (Annales de Bretagne, XI, 272) :

Itron Maria vir sicour

Ni o pet huantec don recour

Hui en quentaff advocades

Evit pecher ha pecheres.

« Madame Marie de vrai secours, nous vous prions ardemment de nous secourir, vous en premier avocate pour pécheur et pécheresse ».

Mais la rime et la grammaire exigent qu'on coupe les syllabes MARIA :

Itron Mari a a vir si-cour.

Vir ou wir est une mutation de guir amenée par la préposition a, et notée exceptionnellement ; cf. la rime de maru mort (marv ou marw) à mar gwenn si blanc (marv-enn ou mar w-enn), Mirouer, 316.Ilest très probable aussi que le 3ème vers veut dire : "Vous êtes la première avocate". Voir Rev. Celt. XVIII, 310-312 et plus loin §38."

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E. Ernault écrit effectivement dans son §38 un passage qui nous concerne:

"Les Heures (*) ont plusieurs vers de 9 syllabes, par exemple p. 45 :

Huy so en pep stat ad-uocad-ez

Eguit pep pechezr ha pechezrez

"Vous êtes de toute façon avocate pour tout pécheur et toute pécheresse."

Le premier vers peut n'avoir que 8 syllabes à cause de la rencontre des voyelles dans so en. C'est une variante, mieux rimée, de l'inscription du §36. Il y en a encore une,  page 170  du  Doctrinal (**)

Da pep pec'hezr ha pec'hezres

Ezeo haznad Advocates

"À chaque pécheur et pécheresse, elle est, comme on sait, avocate"

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(*) Les Heures bretonnes à l'usage de Quimper de Gilles de Kerampuil, v.1535 ?, curé de Cléden-Poher et chanoine de Carhaix, auteur du premier catéchisme en breton publié à Paris en 1576. Publiées selon Ernault à Calcutta par Whitley Stockes avec un glossaire et une traduction sous le titre Middle-Breton Hours en 1876.

(**)Le Doctrinal ar christenien est un recueil de cantiques publié par Malassis à Brest en 1688. (Selon J.-F. Courouau, les approbations datées de 1645 et 1646 peuvent faire penser à une édition antérieure réalisée dans l'atelier de Georges Allienne à Morlaix)

 

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2°) Emile Ernault me met sur la piste de l'article de M. Loth en 1896, Annales de Bretagne XII p.271-272, L'inscription bretonne de Saint-Thégonnec.

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"M. Pol de Courcy dans son volume De Rennes à Brest, p. 282, a lu et traduit ainsi qu'il suit l'inscription bretonne qui se trouve sur l'arc de triomphe à l'entrée du cimetière de Saint-

Thégonnec :

Itron Maria a guir sicour, ni o ped

C'huantec da récéo or hégen guenta

Advocates evit péc'her a péc'hérés

 

« Madame Marie de Bon-Secours, nous vous prions avec ardeur de recevoir notre premier bœuf , avocate pour le pécheur et la pécheresse. »

 

Ce don d'un bœuf et surtout d'un premier bœuf à la Vierge était passablement étrange, sans parler du breton qui ne pouvait être du XVIe siècle, époque de l'inscription. M. l'abbé Abgrall, l'archéologue bien connu, qui, comme il me l'écrit, s'était souvent demandé ce que le premier bœuf avait à faire dans cette histoire, passant dernièrement à Saint-Thégonnec, a voulu en avoir le cœur net. Voici la copie qu'il a bien voulu m'adresser de l'inscription telle qu'elle se trouve disposée :

Itron maria vir sicour

Ni o pet huantec don recour

Hui en quentaf advocades

Evit pecher ha pecheres.

 

« Dame Marie de vrai secour,

Nous vous prions ardemment (1) de nous secourir

Vous en premier avocate

Pour pécheur et pécheresse. »

 

Recour est employé en moyen-breton dans le sens de sauver et guérir. C'est un substantif en même temps qu'un verbe.

En quentaff est également très connu en moyen-breton.

Bon nombre d'inscriptions bretonnes ont été mal lues, et, par conséquent, mal comprises. Personne ne serait plus capable que M. I'abbé Abgrall de les reviser.

(1) Huantec, écrit aujourd'hui à la léonarde, c'hoantec signifie proprement avec envie, avec zèle : c'hoantec er grinn, je le ferai avec grand plaisir."

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3°) On peut lire aussi l'article d'Emile Ernault "La particule bretonne en, ent, ez" dans la Revue Celtique de 1870 page 308-314 :

https://archive.org/details/revueceltique18pari/page/310/mode/2up

Je le transcris ici, comme pour les deux articles précédents, depuis la publication originale (ceux qui se sont livrés à ce genre d'exercice savent son ingratitude monacale et le temps qu'on y consacre ; ou aux risques qui y sont pris de laisser passer une erreur). Cela a le mérite de montrer comment nos ancêtres sont su être attentifs à la valeur documentaire de l'inscription de Saint-Thégonnec :

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"LA PARTICULE BRETONNE EN, ENT, EZ

I . Dans son livre De Rennes à Brest, M. Pol de Courcy avait publié et traduit ainsi l'inscription bretonne qui se trouve sur un arc de triomphe daté de 1587, à l'entrée du cimetière de Saint-Thégonnec (arrondissement de Morlaix, Finistère) :

Itron Maria a guir sicour, ni o ped,

C'huantec da récèo or hegen guenta

Advocates evit pec'her a pèc'hèrés.

« Madame Marie de Bon-Secours, nous vous prions avec ardeur de recevoir notre premier bœuf, avocate pour le pécheur et la pécheresse. »

M. l'abbé Abgrall s'était souvent demandé ce que venait faire là ce « premier bœuf », qui n'est guère, en effet, moins fantastique que les « loups-garous » de l'inscription de Bon-Repos (voir Mélusine, III, 92, 93 ; Revue Celtique, VII, 278, 279; IX, 289; Annales de Bretagne, II, 259, 260).

Pour tirer la chose au clair, le savant archéologue breton a pris le bon parti de voir l'inscription de Saint-Thégonnec, et d'en envoyer une copie à M. Loth, qui vient d'en publier dans les Annales de Bretagne, XII, 271, 272, un fac-similé suivi d'une transcription courante et d'une traduction ; voici ces deux dernières :

Itron maria vir sicour

Ni o pet huantec don recour

Hui en quentaff advocades

Evit pecher ha pecheres.

« Dame Marie de vrai secours — nous vous prions ardemment de nous secourir — vous en premier avocate — pour pécheur et pécheresse. »

Les changements opérés par la transcription ont consisté à substituer l' u voyelle au v épigraphique dans sicour, huantec, recour, hui, quentaf, et à séparer les deux mots hui et en, entre lesquels le signe  : a été omis.

Ces changements sont justifiés, mais insuffisants. Si la langue exige qu'on coupe hvi : en, la versification ne demande pas moins impérieusement la leçon mari : a, ce qui donne au premier vers

Itron Mari a vir sicour avec rime intérieure régulière (Mari, si-cour).

Nous avons ici un nouvel exemple d'adoucissement noté dans l'écriture après la préposition a, contrairement à l'usage le plus général en moyen-breton (cf. Dict. étym., v. a 2).

Au 2ème vers, huantec est une nouvelle forme graphique de hoantec, désireux, ardent, les mots de cette famille sont écrits ainsi en moyen breton, sauf houantaat, désirer, houanta, il désire, dans les Middle-Breton Hours, 14, 15.

Au vers 3, la rime intérieure est constituée par deux syllabes du même mot, ad-vocad-es ; disposition relativement rare, cf. mon édition de Sainte-Barbe, p. vii; Rev. Celt., XIII, 233,237.

2. Le sens de ce 3ème vers me paraît être: « C'est vous la première avocate. » La forme en, combinaison de eu, e, c'est, avec an, le, la, les, est connue en breton moyen, on en trouvera trois exemples empruntés à trois sources distinctes, et un autre de la variante enn ,Dict. Etym., v. eu.

M. Loth dit que en quentaff « en premier » est « très connu en moyen-breton », ce qui me semble au moins exagéré. Je n'en ai noté aucun exemple. L'adverbe de quentaff était da quentaff, usité encore de nos jours : léon. da geñta, tréc. de géntañ, van. de getañ ; tandis que l'expression en quentaff n'a donné lieu à aucune forme moderne à moi connue. Je ne vois pas non plus qu'on ait jamais écrit * en eil comme en gall. yn ail, secondement; aujourd'hui on dit d'an cil, van. d'en eil.

Je ne nie pas la possibilité d'une locution adverbiale * en quentaff = gall. yn gyntaf; mais, jusqu'à ce qu'on en ait cité un exemple moins contestable, son existence me paraîtra douteuse. Comment une telle formule, qui fournissait aux poètes la précieuse ressource de deux rimes intérieures des plus commodes, en en ou ent, n'a-t-elle pas été plus souvent utilisée par eux, qui ont maintes fois mis da quentaff au bout de leurs vers ?

Ils avaient, en effet, pour la particule adverbiale, le choix entre les trois formes de même origine en, ent et ez (Gloss. moyen-bret., 2* éd., v. en 6).

3. Ce dernier point n'est pas admis par M. Loth, qui assimile ez au gallois ys, « il est », Chrestom. bret., 479 ; Rev. Celt., VIII, 16; XVII, 440, et même à ce dernier endroit l'écrit en conséquence es.

Je n'ai nulle part noté, ni vu noter avec référence cette variante *es, qui pourtant, si le mot est le v.-bret. is, devrait être, non l'exception, mais la règle.

Au point de vue du sens, le rapport signalé entre ez et le gallois ys n'a rien de convaincant, cf. Rev. Celt., XI, 356; des deux phrases galloises citées par M. Loth, il n'y en a qu'une où ys puisse être rendu en breton par ez, mais c'est une conséquence de la synonymie de deux expressions grammaticalement différentes: « oui, c'est vrai », et « oui, vraiment ». L'accord serait autrement étrange, s'il était fortuit, entre ez, particule ayant la propriété de changer un adjectif en adverbe, et ent, en, qui a exactement le même emploi ; cf. ent effn et ez effn, « directement »; enta et eza, « donc »; aujourd'hui en berr, em-berr et e-verr, « bientôt », etc.

Cette particule était en vieux-bret. int; c'est un cas de l'article, cf. Rev. Celt., II, 213 ; XV, 105, 106.

4. Quant au côté phonétique de la question, j'ai eu occasion d'en parler Rev. Celt., IX, 382; Zeitschrift für celtische Philologie, I, 42, 46; mais il n'est pas inutile d'y revenir.

Le breton conserve généralement devant t un ancien n, souvent nasalisé aujourd'hui. Pourtant cet n peut aussi tomber.

Dans les exemples cités Rev. Celt., XVI, 189, le son qui suivait nt est une voyelle; en voici où c'est r ou l ; moy.-bret. entre, et etre , auj. entre, et re; entroniez, « seigneurie », et ytron, « dame, maîtresse », léon. iñtroun et itroun, Grég., van. intron, l'A.; hetledan, « plantain », auj. hedkdan, vieux-bret. Haentletan = « voie large », comme en allemand Wegebreit, Gramm. Celtica, 2e éd., 1076, Zeitschr. f. celt. Philol., I, 19, 23.

En gallois ntr subsiste dans entraw, « maître, professeur », mais peut-être à la faveur d'une étymologie populaire d'après en +traw, cf. la décomposition de alltraw, « parrain », en all + traw, par M. S. Evans.

D'ordinaire, en cette langue, ntr donne thr : vieux-gall. ithr, entre ; mod. athraw, « maître, professeur. » M. Loth, Rev. Celt., XVII, 437, parait séparer ce mot de alltraw, qui répond au breton autrou, « maître », au XIIe siècle altro (Annales de Bret., VII, 243). Cependant il est bien difficile de ne pas identifier le moyen-breton Entroniez à son équivalent autroniez, et de ne pas voir dans iñtroun une formation voisine du vieux-breton eltroguen, « belle-mère », gall. elltreiwen, cornique altruan, avec le même changement phonétique que dans guëntle de guëltle, « grands ciseaux », Grégoire. La racine al, « nourrir, élever », permet de rendre compte des divers sens de ces mots. Le rapport d' athraw à alltraw rappelle celui du cornique kethel, « couteau », bret. moy. contell, auj. koñtel, du bas-lat. cuntellus, au cornique collel, gall. cyllell, de cultellus ; cf. en grec ----- etc. [1]

[I ]. On peut voir, sur athraw et intron, des explications différentes, Rev. Celt., XVIII, 239.

Un troisième traitement gallois de ntr consiste à faire disparaître le t: canrif, « siècle », de *cant-rim; canre, « suite, cortège », de *cant-reg, « à côté de » cathrain, « pousser, stimuler » (bret. moy. quantren, « fureur, » voir Gloss. moy.-bret., 2e éd., v. dazre), comme henllydan, « plantain », canlyn, canllyn, « suivre », en regard de cathl, mélodie = *cantlon, Rev. Celt., XVII, 443. Mais sans doute cette prononciation nr est due à l'influence analogique d'autres formes phonétiquement plus régulières, comme le simple can, gan, avec (bret.. gant').

Je crois qu'il en est de même du rapport des expressions ent effn et ezeffn en moy.-bret. La première est seule conforme à la phonétique ; l'autre est imitée de cas où ent, suivi de certaines consonnes, est devenu *elt, *eth, selon la règle qui a prévalu en gallois devant r et l.

5. Un autre mot où l'accord des deux langues sur ce point est difficile à nier est le bret. moy. et mod. ez dans ton = gall. yth, v.-irl. it_, de *in-t- ; ces formes se sont généralisées, même devant les voyelles.

On peut expliquer le bret. libour « petit lieu, poisson de mer », en haut Léon, D. Le Pelletier; m., en haut breton petit-lieu, espèce de merlan. Le Gonidec, comme une forme moderne de *libouzr, variante de *libountr = libontr « petit poisson de mer long de 5 ou 6 pouces, de la figure que l'on donne communément au dauphin, ou approchante », en bas Léon, appelé ailleurs touççec ar-môr, crapaud de la mer, Pel., liboñtr, m., Gon.

Le bret. moy. squezrenn, « éclat de bois », est parent du gall. moy. yskithyr, « dent, défense », qui est rapproché, avec doute, du lat. spinther, Z², 157. Ce dernier doit être tout différent; squezr- pourrait cependant venir de *squentr-, variante du bret. mod. skeltr, « éclat » (de bois, de pierre), skiltr, « éclat » (de la voix, des couleurs), etc. Mais ce n'est pas la seule explication possible; voir Gloss. moy. -bret, 2e éd., v. squezrenn, scoultr. »

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4°) Je remarque pour ma part qu' Émile Ernault,  linguiste et philologue de Saint-Brieuc, ne mentionne que la forme quentaff . Or Abgrall a relevé "QVENTAF". Mais le début du mot est peu lisible aujourd'hui, et F. Quiniou a lu la forme QUENTEF. Cette lecture de Quiniou a été reprise (mais sans doute pas vérifiée) par R. Couffon, par André Mussat en 1995 et par Michel Maury en 1997.

Il serait intéressant de vérifier cette graphie, car  quentef  serait alors une forme non attestée ailleurs de quentaf "premier, première", —qui est elle-même, on l'a vu,  une forme ancienne de  Gentan, Kentan, Ch'entan (Le Gonidec 1847 ; Favereau 2015) — .

Si on admet la graphie quentaf, il faut remarquer qu'elle se retrouve dans le Mirouer de la mort publié par Ernault en 1914,  et dans le Burzud braz Jezuz publié par La Villemarqué sous le titre "Le grand mystère de Jésus-Christ" en 1865. On le trouve encore, dès le titre, dans la "Vie de saint Gwénolé, premier abbé de Landévennec", An Buhez sant Gwenolé Abat quentaf [kentaf] eus a Lantevennec, rédigé à peu près en même temps que le Mirouer (Y. Le Berre) et publié par Ernault en 1932. Ou bien dans la "Vie de Sainte Nonne" Buhez santez Nonn, et dans la Vie de sainte Barbe Buhez Sante Barba (1557).

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Mais auparavant, elle se trouve dans le Catholicon : Qu~etaff [Quentaff], "premier". Or le Catholicon, premier dictionnaire trilingue breton-français-latin a été rédigé par Jehan Lagadeuc en 1464. Ce dernier était prêtre de la paroisse de Plougonven et serait né soit à Plougonven soit à Morlaix. 

http://www.catholicon.net/catholicon/catholicon-kemper/catholicon170.htm

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9067008f/f1.item

On retrouve le terme quentaff dans l'édition du Catholicon d'Yvon Quilleveré de 1521 :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122841f/f261.item

 

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Le Mirouer de la mort (1519-1575) est un poème en langue bretonne de 3602 vers de préparation à la mort. Son original supposé (dont le manuscrit n'est pas conservé) a été écrit par "Maestre Iehan an Archer Coz" de Plougonven. Il a été publié en 1575 au couvent de Saint- François de Cuburien à Morlaix.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6528263n

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6528263n/f305.item.r=quentaf

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1932_num_40_1_1687

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Le Grand mystère de Jésus-Christ est un drame breton. Voir La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530 publiées par Yves Le Berre d'après l'édition d'Eozen Quilliveré (BnF RES. Yn.11), CRBC, 2011. Eozen ou Yves Quillivéré est l'éditeur du Catholicon de 1521. L'édition de 1622 de cette Passion a été publiée par Georges Allienne de Morlaix, et corrigée par Tanguy Guéguen, prêtre et organiste natif du Léon.

Le terme quentaf y est présent 44 fois

https://books.google.fr/books?id=VfQIAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

https://archive.org/stream/legrandmystrede01villgoog/legrandmystrede01villgoog_djvu.txt

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An Buhez sant Gwenolé

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/333e8af0159ca3bd1483ac6f51bdea5a.pdf

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/pdf_2015_10_01/lancien_mystere_de_saint_gwenole__emile_ernault_.pdf

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1932_num_40_1_1687

Le Buhez Santez Nonn

https://books.google.fr/books/about/Buhez_santez_Nonn_ou_Vie_de_sainte_Nonne.html?hl=es&id=w6wOAAAAQAAJ&redir_esc=y

On trouve les 2 formes quentaf et quentaff.

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Le Buhez Sante Barba.

La première version en breton du Mystère de sainte Barbe a été imprimée à Paris en 1557  pour Bernard de Léau habitant à Morlaix. Une édition de 1608 a été publiée à Saint-Malo, puis a été publiée une édition de 1647. Yves Le Berre en a donné une traduction annotée (CRBC 2018).

La recherche par mots trouve 94 fois "quentaff".

https://archive.org/stream/LeMystreDeSainte-barbe/breton_barbe_mystere_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k736792/f10.item

https://www.brezhoneg.org/fr/livres/buhez-sante-barba-vie-de-sainte-barbe-de-1608

On trouve aussi la forme aduocades, "avocate".

https://books.google.fr/books/about/Buhez_santez_Nonn_ou_Vie_de_sainte_Nonne.html?hl=es&id=w6wOAAAAQAAJ&redir_esc=y

Dans l'Eloge funèbre de Nicolas Claude Fabri de Péreisc rédigé en moyen-breton tardif (1638) et , la forme quentaff est mutée en quenta

https://www.persee.fr/docAsPDF/ecelt_0373-1928_1979_num_16_1_1629.pdf

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Bien que cette recherche n'ait été que survolée, nous voyons que l'inscription versifiée bretonne de Saint-Thégonnec, précisément datée de 1587, utilise des formes qui se retrouvent dans d'autres poèmes bretons contemporains de celle-ci, et parfois rédigés dans le Léon, comme le Mirouer rédigé à Plougonven (20 km de Saint-Thégonnec) et publié à Morlaix (12 km de Saint-Thégonnec). Maps.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1914, Architecture bretonne. Etude des monuments du diocèse de Quimper, A. de Kerangal Quimper.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f20eb990fd763d232327db92aeeb6869.pdf

ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 99.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f160.item.zoom

ABGRALL (Jean-Marie) 1898, "Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère", par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 157. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f224.item

CASTEL ( Yves-Pascal), 1956, Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

CASTEL ( Yves-Pascal), 2001,  Les anges dans les églises, Revue Minihy-Levenez n° 71-72, reproduit dans Patrimoine du Finistère.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_anges.html

COUFFON (René), 1948, "l'architecture classique au pays de Léon, l'atelier de l'Elorn, l'atelier de Kerjean",  Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

De part et d'autre, ainsi qu'à La Martyre, se voit le groupe de l'Annonciation. Inscription bretonne sur la frise : " ITRON : MARIA : VIR : SICOUR / NI : O : PET : HUANTEC : DON : RECOUR :/HUI : EN : QUENTEF : ADVOCADES/EVIT : PECHER : HA : PECHEREZ/1587. " (Dame Marie du Vrai Secours, nous vous prions ardemment de nous secourir, vous la première avocate pour pécheur et pécheresse.)

https://www.shabretagne.com/document/article/2612/de-l-honneur-et-des-epices.php

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

QUINIOU (François), 1929, “Saint-Thégonnec : une paroisse bretonne sous la Révolution,” Presses libérales, Brest, 232 p.

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/3696

ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p.

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/saint-thegonnec-enclos-paroissial-de-saint-thegonnec/

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Wikipedia Liste des œuvres du Maître de Guimiliau

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Guimiliau

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Inscriptions Sculpture
27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 16:32

 

Les termes gainés  (cariatide et atlante)  du porche sud (1584-1588) de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Atelier du château de Kerjean, kersanton.

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Je continue à colliger une documentation iconographique sur les œuvres de la Première et Seconde Renaissance en Bretagne, inspirées  de l'art à la grotesque, et de l'École de Fontainebleau, et je m'intéresse maintenant aux Termes, Cariatides et Atlantes que les architectes et sculpteurs bretons ont créés en Finistère à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. On les attribue, pour les premières réalisations, à l'atelier qui a travaillé à l'édification du château de Kerjean en Saint-Vougay vers 1570, et qui a introduit dans le Léon les nouveautés stylistiques de la Seconde Renaissance de l'École de Fontainebleau (1539) diffusés par des recueils comme ceux de Sebastiano Serlio (1537) et d'Androuet du Cerceau (vers 1550).

Le couple de termes masculin et féminin de l'entrée du château de Kerjean est repris au fronton du porche sud de Lanhouarneau en 1588 (granite). Ce fronton sert de modèle qui se retrouve, au fond du porche de Saint-Thégonnec en 1599 (kersanton),  au fronton du porche sud de  Saint-Houardon de Landerneau en 1604 (kersanton), au fond du porche de Guimiliau vers 1606, puis au fronton de la porte de l'ossuaire de La Martyre en 1619 (kersanton), et de l'ossuaire de Saint-Thégonnec en 1676 (kersanton). Dans ces six cas, les deux termes encadrent une niche accueillant une statue d'un saint ou d'une sainte, et ils sont épaulés par deux volutes latérales.

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Ce sont des "termes" car leur piètement est en forme de bornes, mais aussi des "cariatides" et "atlantes" (voire des "télamons"), car ils supportent sur leur tête, par un chapiteau ionique, un entablement. Face à ce flottement sémantique, il vaudrait mieux désigner ces figures comme des "supports anthropomorphes". J'ai choisi de rester simple, au prix de l'incorrection.

On retrouve aussi cet ornement, décliné avec beaucoup d'imagination, en granite à l'intérieur du porche de Bodilis (1570-1601), ou sur la façade de l'ossuaire de Sizun (1585), en kersanton sur un bénitier de Guimiliau (v.1606) et, en sculpture sur bois, sur les jubés et clôtures de chœur de La Roche-Maurice,  et de la chapelle Saint-Nicolas en Priziac.


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Sur les Termes, cariatides et atlantes :

-Sculpture en pierre :

-Sculpture en bois :

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Voir sur l'art  de la Renaissance :

 

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.Voir sur  l'art  de la Renaissance en Bretagne par ordre chronologique :


 

 

PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

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On commencera par noter la proximité de Lanhouarneau avec le château de Kerjean (Saint-Vougay), à 8 km à l'est.

"En forme de croix latine, l'église comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, un transept et un chœur accosté de deux chapelles et terminé par un chevet à trois pans. En dehors du clocher du XIVe siècle, l'édifice est en partie de la fin du XVIe siècle, en partie de la fin du XVIIIe siècle.

Le porche du midi , voûté sur croisée d'ogives avec liernes, porte la date de 1582 sur le contrefort est et l'inscription suivante dans l'entablement de l'arcade extérieure : "IEAN. TOVLLEC (?). Y. BERTHOV. ET. J. MESGVEN. PROCVREVRS (?)." Ce porche a une importance capitale pour l'histoire de l'art breton, car il présente une innovation totale dans la décoration des porches, aucun élément gothique n'y figurant plus et le style classique y apparaissent totalement pour la première fois. Dû sans nul doute à l'atelier de Kerjean, sa disposition et ses principaux ornements ont été reproduits dans de très nombreux monuments de la vallée de l'Elorn.

Le sommet du gable est décoré d'un écu martelé portant les armes mi-parti Maillé et Carman, armes de François de Maillé et de sa femme Claude de Carman, héritière de ses frères après leur fin tragique en 1584. C'est donc peu après cette dernière date que le porche semble avoir été achevé.

Les niches à coquille abritent encore les statues des douze Apôtres (kersanton) ; dans le soubassement, cartouches à têtes grimaçantes et grotesques comme à Bodilis. L'une des liernes porte sur ses deux faces l'inscription : "H. N. GAL... FAB. NOBLE. E. VEN. P. SR. M. G. ESQVZ... RECT. /M. E. GARS. CVRE. 1582. F. RICHART. FAB.". Au-dessus de l'arc surbaissé de la porte intérieure, statue en kersanton du Christ Sauveur du monde. Au pignon du porche, dans une niche à cariatides gaînées, statue de sainte à longues tresses, un enfant à ses pieds [sic]." (René Couffon)

Marie-Dominique Menant donne une lecture plus complète de l'inscription de l'intérieur   gravée sur les liernes du porche : M. E. BARS. CURE. 1582. F. RICHART. FAB. H. NOAL. FAB. NOB. ET. VEN. PER. M. G... REC sur la croisée d'ogives.  Je la discuterai à mon tour infra.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Cartel in situ. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Cartel in situ. Photographie lavieb-aile.

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LE FRONTON DU PORCHE.

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Au dessus de l'entablement du porche, le tympan est centré par une niche à coquille dont le plein cintre vient s'inscrire sous un fronton triangulaire supporté par deux colonnes à supports anthropomorphes. Deux volutes forment les arcs-boutants de cet ensemble central.

Dans le tympan, un blason, martelé à la Révolution, aux armes des familles Maillé et Carman permet de faire remonter aux environs de 1584 la fin de la construction du porche (cf. Couffon et Bouricquen).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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La statue de la niche : une sainte (Marie-Madeleine) et un donateur (kersanton, 1588).

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On a vu que René Couffon décrit une "statue de sainte à longues tresses, un enfant à ses pieds". Effectivement, l'identité de la sainte ne peut être précisée facilement. Par contre, il me semble peu discutable que c'est un donateur (tête refaite en pierre ou ciment pierre) qui est agenouillé à ses pieds, les mains jointes autour d'un phylactère qui monte verticalement jusqu'aux nattes de la sainte. Ce donateur est un chanoine, car il est vêtu d'une chape à capuchon rabattu.

La femme (dont la tête est brisée) est tête nue, sans voile, ni bandeau, ni nimbe ni couronne, mais sa chevelure est remarquable car elle forme deux nattes méchées qui se réunissent devant la poitrine et descendent jusqu'au ventre. Ces nattes sont si remarquables qu'elles semblent être un attribut d'identification. Mais vers quelle sainte ? 

L'autre attribut est le flacon qu'elle tient, par l'intermédiaire d'un pli de son manteau, dans la main gauche.

Je ne vois qu'une solution de cette devinette, et seule sainte Marie-Madeleine me semble correspondre à cette définition d'une chevelure longue et non couverte, et du flacon d'aromates présenté lors de la Mise au Tombeau, ou du lundi de Pâques, pour l'embaumement du corps du Christ.

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Pour en revenir au donateur, de qui peut-il s'agir ?

Serait-ce le recteur de la paroisse, ce "noble et vénérable personne M. G. R[ecteur] " de l'inscription de 1582 sous le porche ? L'absence de son nom interrompt les tentatives de recherche.

J.M. Abgrall nous indique le nom du recteur de 1585, un certain Guillaume Dall. Pas mieux.

Serait-ce un membre de la famille de Carman, dont les armes figuraient sur un blason du porche avec la date de 1584 ? Ce serait ma meilleure hypothèse. Une verrière de l'église de Plonévez-Lochrist montrait Jean de  Carman, "chanoine de Léon" en donateur présenté par Jean-Baptiste devant une Descente de Croix.

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319852900781za/9eae3a3f-faad-4b3c-a424-a62e2538c112

Ce chanoine devint évêque de Saint-Pol-de-Léon, et sa dépouille y repose sur une dalle à son effigie, mais dans l'église de Plonévez-Lochrist, la chapelle Saint-Sébastien renferme dans un enfeu la tombe qu'il s'était destiné.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cenotaphe-de-monseigneur-jean-de-carman-encastre-dans-un-enfeu-eglise-paroissiale-saint-pierre-plounevez-lochrist/f79cc30e-0846-4b12-9c2b-fe26744da00c

Mais hélas pour la validité de ma suggestion, cet évêque  intronisé en 1503 est décédé en 1514.

L'énigme du donateur reste donc à résoudre.

 

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Le terme masculin, ou "atlante". (Atelier de Kerjean, leucogranite à muscovite de Berven, 1588).


"Géologiquement, l’intrusion du granite à tourmaline de Sainte-Catherine a été précédée, en plusieurs points et en particulier aux environs de Berven, par la mise en place d’un granite clair, blanchâtre, à grain fin-moyen, caractérisé par la présence fréquente de muscovite (mica blanc) et le développement aléatoire, mais toujours en faible proportion, de tourmaline. Si cette roche est loin d’avoir la beauté et surtout l’originalité des divers faciès du massif de Sainte-Catherine, elle est cependant susceptible de fournir des pierres de taille parfois de fortes dimensions. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce qu’elle ait été recherchée pour l’église de Lanhouarneau, fréquemment en association avec le faciès (b) de Sainte-Catherine, extrait dans les mêmes secteurs. Sa mise en œuvre remonte certainement au xvie siècle, comme l’atteste sa présence dans le chevet et dans le porche méridional où elle forme les deux belles colonnes cannelées monolithes dressées de part et d’autre de la partie externe de l’accès. Elle a été également utilisée en remploi (au xviiie siècle), avec le granite de Sainte-Catherine, dans le transept sud, dans l’élévation méridionale… La même roche a été aussi mise en œuvre au niveau de la plate-forme du clocher (balustrade, colonne, base de la flèche…) sans que l’on puisse toutefois préciser ici la date de son utilisation, du fait des restaurations subies par ledit clocher. "(L. Chauris 2006)

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Ces deux supports anthropomorphes sont beaucoup plus grossiers (ou bien moins conservés du fait de leur matériau moins fin et inaltérable que le kersanton) que ceux à qui ils serviront de modèles ;  ils ont les bras croisés devant la poitrine et la transition avec le pilier se fait par un pagne feuillagé (acanthe) suspendu à une volute ionique. Ils supportent l'entablement par un chapiteau ionique.

L'homme est remarquable par ses grands yeux et sa moustache.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Le terme féminin, ou "cariatide". (Atelier de Kerjean, Leucogranite à muscovite de Berven, 1588).

 

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Cette cariatide est nue et sa belle poitrine souligne sa grâce, plus que son visage qui nous échappe sous l'effet de l'altération de la pierre. Sa coiffure forme deux boucles qui la coiffe comme des oreilles de Mickey.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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LE PORCHE EXTÉRIEUR.

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L'entrée en plein cintre sculpté, soutenu par des colonnes à tambour, est accostée de deux colonnes corinthiennes cannelées, conforme aux modèles de Philibert Delorme adoptés au château de Kerjean. Le pignon et les contreforts d'angles s'amortissent en lanternons.

La corniche à large moulure porte l'inscription : Mre: JEAN: TOVLLEC Rr: Y: BERTHOV : ET : J : MESGVEN : PROCVREVRS 1765, témoignant d'une restauration ou modification assez sérieuse à cette date. En effet, "en octobre 1760, l'architecte Guillaume Balcon est appelé pour étudier la réédification de l'église. Le sieur de Keramoal-Lucas, expert blasonneur, l'accompagne. Le transept et la nef sont repris à partir de 1766 : linteau daté, ajout d'une voûte basse en berceau dans le clocher et transformation du portail occidental. Le remontage du porche sud est effectué après numérotation peinte en rouge des pierres" . (M. Menant)

—Jean TOULLEC (1707-1777) a été recteur de 1748 à 1777. 

https://gw.geneanet.org/gaelliou?n=toullec&oc=&p=jean

 

—Yves BERTHOU (10 février 1719-31 juillet 1783), cultivateur, est qualifié d'Honorable Marchand, demeurant au Manoir du Ferz à Lanhouarneau. Il a été capitaine de la paroisse (équivalent de "procureur" je pense). Il a épousé vers 1739 Françoise Yvonne LE GUEN. Dans sa fratrie figure Hamon Berthou curé de Lanhouarneau.

https://gw.geneanet.org/flcharlet?lang=fr&iz=3045&p=yves&n=berthou&oc=6

Son ancêtre Jean Berthou avait fait construire le manoir du Fers en 1660 et y avait fait graver ses initiales avec celles de son épouse.

"Le Fers", à Lanhouarneau, apparaît sur Google Maps comme une, ou plutôt deux ou trois grosses exploitations d'élevage agricole. Existe-t-il encore des bâtiments anciens ? La notice de l'Inventaire décrit Le Fers Vras, en grès et granite, datant vers 1900.Il y a Le Fers, Le Fers Vras, Le Fers Bian et Le Fers Kerhilliguy. Le lieu-dit est mentionné sur la carte de Cassini, comme Tréfalégan.

Yves Berthou est marchand de toile : lorsqu'en 1785, à l’occasion de l’inventaire après décès du plieur de toile Ollivier Péton, de Landerneau, on découvre dans son grenier une boîte « contenant cinquante sceaux en bois gravés du nom et de la marque particulière de chaque fabriquant », deux noms de marchands sont de Lanhouarneau : le sien et celui de F. Nicolas.

Un post du forum CGF est consacré aux BERTHOU de Lanhouarneau.

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?f=1&t=31255&sid=2ac4d95

On lit, dans les Antiquités de Bretagne (1832) de Fréminville : "En entrant dans l'église , à main droite, contre la muraille , est la pierre tombale de Jean Berthou. Son nom y est écrit en grosses lettres, mais sans aucune autre espèce d'épitaphe".

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— Jean MESGUEN, cultivateur,  est né le 7 octobre 1751 au manoir de Tréfalégan, où il décéda le 29 avril 1806.  Il avait épousé en 1785 Catherine BARS.

Un homonyme, cultivateur sachant signer, qualifié d'Honorable Homme, est né vers 1716 au manoir de Tréfalégan où il est décédé le 2 mai 1803. Il avait épousé en 1747 Honorable Femme Marie KEROUANTON.

Le manoir de Tréfalégan, à 800 m au nord-est de l'église, avait appartenu à Sébastien de Rosmadec puis à la famille Thépault dont il porte les armoiries.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/manoir-puis-ferme-aujourd-hui-maison-trefalegan-lanhouarneau/7ce401b0-600a-41f3-8e14-260fcdd79068

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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L'entablement est soutenu par deux colonnes cannelées,  rudentées au tiers inférieur et baguées, en leucogranite à muscovite de Berven (L. Chauris) mais dont le chapiteau corinthien est en kersanton.

 

Près de ces chapiteaux, des anges présentent des cartouches en cuir découpé à enroulement, centrés par des masques anthropomorphes entourés d'un collier de perles de gros diamètre : l'influence du style bellifontain introduit au château de Kerjean est patent.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Les soubassements des contreforts, en granite de Sainte-Catherine, sont sculptés de masques (mi-humains mi-léonins) dans un encadrement rectangulaire de palmes.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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Cet intérieur a été reproduit en 1614 par Jean Bouricquen. Si  son dessin est peu fidèle dans sa représentation du porche sud, il propose un intérieur coloré : les statues des apôtres et les arabesques le long des parois, la statue du Christ bénissant et les voûtes du couvrement sont polychromes ; les dessins des voûtes semblent représenter des anges.

Le bénitier à godrons, la frise et le soubassement des statues et colonnettes sont en granite de Sainte-Catherine facies b (L. Chauris).

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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La statue du Christ Sauveur (kersantite) dans la niche centrale.

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Comme sous le porche de Dirinon ou celui de Bodilis, le Christ, jambe gauche en avant, bénit de la main droite (brisée) le globe terrestre ou orbe tenu de la main gauche (brisée).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription.

Elle est gravée, d'une main maladroite, sur les liernes du porche sur la croisée d'ogives. Marie-Dominique Menant a relevé :

M. E. BARS. CURE. 1582. F. RICHART. FAB. H. NOAL. FAB. NOB. ET. VEN. PER. M. G... REC
 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Je propose de lire :

1°)

M : E : BARS : CVRE. 1588 /

Soit "Messire E. BARS curé en 1588".

La famille BARS est attestée sur la paroisse à cette date (on sait que les curés sont recrutés localement) : voir infra.

https://gw.geneanet.org/flcharlet?lang=fr&iz=3045&p=alain&n=bars+le+bars+barz+le+barz&oc=5

Ce changement de date créerait une rupture avec tous les auteurs datant ce porche de 1582 ou 1584 (d'après les armoiries de Carman-Maillé). Ma lecture, cliché à l'appui, semble assez fondée.

Nous savons par les archives qu'un Jean BARZ était fabricien de la paroisse en 1553, date à laquelle il a commandité avec Hervé Calvez la réalisation de la croix de Croas ar C'hor par l'atelier Prigent de Landerneau. 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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2°)

F : RICHART : FAB. 

 F[rançois?] RICHART Fabricien.

Les généalogistes signalent François RICHART, cultivateur, né vers 1570 à Goasven, Lanhouarneau et décédé au même lieu vers 1638, marié vers 1590 à Marie GRALL. 

On remarque que sa sœur Barbe a épousé Alain BARS.

https://gw.geneanet.org/fernandl?n=richart&oc=&p=francois

Le village de Goasven se trouve à l'est de la paroisse.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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3°)

H : MOAL : FAB.

Soit "H. Moal, fabricien".

Les paroisses élisent chaque année deux fabriciens : voici donc le second.

Je propose de reconnaître ici Hervé MOALIC, né vers 1580 à Plounéventer (pour l'instant, ça ne colle pas), mais marié vers 1610 à Lanhouarneau avec Plesoue BARS, fille d'Alain BARS et de Barbe RICHART (décédée en 1636) mentionnés supra. 

https://gw.geneanet.org/flcharlet?n=moalic&oc=1&p=herve

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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4°)

NOB : E : VEN : PER : M : --- REC 

Soit "Noble et vénérable personne messire --- recteur".

Je ne parviens pas à un meilleur résultat, et le nom de ce recteur nous échappe encore. Mais résisterait-il à de nouvelles tentatives et à des éclairages différents ?

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Les douze apôtres du Credo apostolique (kersanton).

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Ces apôtres, pieds nus et tenant le livre qui les caractérisent tous, tiennent chacun le phylactère où était jadis peint l'article du Credo qui leur est attribué. Ils sont vêtus du manteau et de la robe dont la fente pectorale est fermée par des boutonnières à languettes en S, caractéristique des ateliers de kersanton de Landerneau (atelier Prigent, puis Maître de Plougastel, puis Roland Doré puis Jean Bescont).

Toutes les têtes ont été refixées au ciment, quelques mains, doigts ou attributs ont disparu.

Attribution.

Ces statues ne sont pas attribuées par Emmanuelle Le Seac'h dans son Catalogue des ateliers de sculpture de Basse-Bretagne  du XVe au XVIIe siècle, mais cette auteure ne semble pas s'être attardée à Lanhouarneau. Si on les estime contemporaine du porche, donc en 1588, elles correspondent à la période d'activité du Maître de Plougastel (1570-1621), très actif dans le Léon et auteur par exemple avec son atelier du Christ Sauveur de Bodilis, ou des termes gainés de Saint-Thégonnec. Mais on ne connait de  cet atelier que les séries d'apôtres placés à l'extérieur des églises de Confort-Meilars et de Saint-Tugen en Primelin, ou le saint Pierre de Plogoff. On pourra les comparer ici :

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On y retrouve la manière de traiter les visages, et certains traits, comme le livre coincé sous l'aisselle, la ceinture serrant quelques robes, la façon de caractériser saint Matthieu par sa balance, etc. Je propose donc cette hypothèse.
 

 

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre et sa clef (brisée).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Apôtre non déterminé. Saint Thomas ?

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques le Majeur, son chapeau frappé de la coquille et son bourdon.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean tenant la coupe de poison.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Philippe avec sa croix (brisée) à longue hampe.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques le Mineur avec son bâton de foulon (brisé).

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Les six apôtres du coté ouest.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint non déterminé. Saint Matthias tenant sa lance ?

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Comparer avec :

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Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Matthieu tenant la balance du publicain.

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Comparer à :

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L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint non déterminé. Barthélémy et son coutelas à dépecer ?

 

 

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint non déterminé. Saint Jude tenant son épée ?

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Comparer à :

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L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint André et sa croix en X.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Simon et sa scie.

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Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Hervé de Lanhouarneau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— AGRALL (Jean-Marie), 1918, Notice sur Lanhouarneau, BDHA, Kerangall, Quimper.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/398

— BOURICQUEN, Jan. Bref estat es preminences du marquis de Kerman et conte de Seszploe de mesme quelles sont es eglisses covent et chapelles tant en pierre boys viltres que lisières en Leon. Visite recuilli es ce presant livre faict pour hault et puissant mesire Charles de Maillé chevalier de l'Ordre du roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre, seigneur marcquis de Kerman conte de Seizploue, baron de la Forest, [etc], par son peintre et vistrier humble et fidel serviteur Jan Bouricquen en 1614.

 

— CHAURIS (Louis), 2006, « Éclairage lithologique sur l’église de Lanhouarneau (Finistère) : XIVe-XVIe-XVIIIe siècles », Revue archéologique de l'Ouest, 23 | 2006, 117-149.

https://journals.openedition.org/rao/156

— COUFFON (René) Le BARS (Alfred), 1988, Lanhouarneau, in Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 552 p.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/708d6fe21ec665e814c611e6c521e395.pdf

 

 COUFFON (René) 1948. L'architecture classique au Pays de Léon. Mémoires de la Société d'Histoire et d’Archéologie de Bretagne. 1948, 28.

 

— KEROUANTON (abbé Yves), 1986, Dans le passé de Lanhouarneau, 255 pages. Non consulté.

— MENANT (Marie-Dominique), 1987, L'église de Lanhouarneau, Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-herve-lanhouarneau/4093c692-080a-4c5d-b945-697dc32b0423

 

— MENANT (Marie-Dominique), 1987, Ensemble de douze statues : Les Apôtres, église Saint-Hervé (Lanhouarneau)

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-douze-statues-les-apotres-eglise-saint-herve-lanhouarneau/8a5def98-8856-41c4-a7c0-db1a98198f4d

 

 

 

— MUSSAT (André),  La Renaissance en Bretagne.

— Le patrimoine des communes du Finistère. Paris : Flohic, éditions, 1998. (Le patrimoine des communes de France).

p. 1011-1012. Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

 

https://amf29.asso.fr/wp-content/uploads/2015/11/lanhouarneau-patrimoine-historique.pdf

 

— LE GUENNEC (Louis),1932, « Prééminences de la famille de Carman », Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 44, 1932, p. 98-137.

— LE GUENNEC (Louis), "Lanhouarneau", in Morlaix et sa région. Quimper 1979

 

"-Lan Hoarneu, vers 1330; (Terre d'Huvarné, ou de saint Hervé). Ce fils d'Harvian et de Rivanone, sœur de saint Rivoaré, naquit vers 520 au manoir de Lanrioull, en Plouzévédé. Hervé, qui était aveugle de naissance, passa la plus grande partie de sa vie à Lanhouarneau, et y mourut. II fonda un monastère en ce lieu sur une révélation du ciel qui lui commanda de s'y fixer. Le champ appartenait à un paysan nommé Ioncour et celui-ci, sans refuser de le donner au saint, lui demanda d'attendre jusqu'à la moisson, afin de pouvoir récolter son blé. Hervé promit au paysan qu'il n'y perdrait rien; le blé fut coupé en herbe, engrangé, et l'août venu, il se trouva très mûr tout en fournissant le double en grains. Dans une crypte de l'église, on voyait jadis, dit Kerdanet, la tombe du saint aveugle sculptée par le « tailleur d'imaiges » Coyé. Ce mausolée n'existe plus, mais le trésor conserve une relique de saint Hervé contenue dans un bras de bois revêtu d'argent.

L'église est surmontée d'une massive tour gothique à balustrade en quatrefeuilles, elle offre tous les caractères du XIIIe siècle, et se termine par une flèche ajourée d'étoiles et de rosaces que flanquent quatre épais clochetons.

Sur le porche latéral sud, belle œuvre de la Renaissance bretonne, on lit la date de 1582. L'entrée en plein cintre sculpté, soutenu par des colonnes à tambour, est accostée de deux colonnes corinthiennes cannelées. La corniche à large moulure porte l'inscription : Mre: JEAN: TOVLLEC Rr: Y: BERTHOV : ET : J : MESGVEN : PROCVREVRS 1765. Le pignon et les contreforts d'angles s'amortissent en lanternons.

A l'intérieur du porche, des niches à coquille, séparées par des colonnes d'ordre ionique, abritent les statues des douze Apôtres; le soubassement est divisé en panneaux offrant des têtes grimaçantes et grotesques, comme à Guimiliau et Bodilis. Au-dessus de la porte du fond, est une statue de Notre-Seigneur.

 

L'église en partie du XVIe siècle, remaniée au XVIIIe siècle, a une nef très élevée et un transept. L'abside est percée de trois hautes fenêtres garnies de forts beaux vitraux modernes, représentant des scènes du Nouveau Testament, fabriqués en 1868 à Lanhouarneau même, par H. Laurans, dont l'atelier existait encore à la fin du siècle dernier. On s'étonne de trouver là ces belles verrières qui, pour la richesse et l'harmonie du coloris, peuvent rivaliser avec les meilleures productions du xvre siècle.

 

A l'angle sud-ouest du cimetière contre lequel est un lech octogone, il y a un ossuaire de la Renaissance, dont la façade est décorée de colonnes ioniques. Dans cet ossuaire, aujourd'hui transformé en chapelle, on remarque un très joli bénitier en granit, aussi de la Renaissance, où la fantaisie de l'artiste a représenté un diablotin furieux d'être obligé de porter la cuve du bénitier. Une pierre tombale aujourd'hui déposée au musée de Kerjean fut découverte en relevant les dalles du chœur. Elle porte l'effigie mutilée d'un chevalier que le lion héraldique sculpté sur son corselet fait reconnaître pour un seigneur de Coatmerret du nom de Launay. On trouva en même temps, paraît-il, une autre dalle chargée d'une effigie d'ecclésiastique, que les ouvriers auraient détruite sous l'œil indifférent du recteur. Au sud du bourg le manoir ruiné de Coatmerret, posé sur la crête d'un ravin abrupt, fut jadis une importante seigneurie avec haute justice. Le grand portail gothique de l'entrée et les ruines de l'édifice principal qui n'offrent plus que quelques pans de murs indiquent le xve siècle. A l'entrée de l'avenue gisent, près d'une fontaine, les débris d'une belle croix armoriée de deux écussons, l'un chargé d'un lion, l'autre mi-parti d'un lion et d'un coupé d'un lion et d'un burelé de dix pièces. Ce sont les armes de Guillaume de Launay, seigneur de Coatmerret en 1460, et de sa femme Marguerite de Lesquélen, de la maison de Penfeunteniou. Leur petite-fille et héritière Louise de Launay, dame de Coatmerret, épousa en 1520 Rolland de Kersauson, seigneur dudit lieu."

— TOSCER, (G.),1916 Le Finistère pittoresque. Brest : A. Kaigre, . p. 510-511

— WAQUET, (Henri) 1960. L'art breton. Grenoble : Arthaud. Tome II, La Renaissance. p. 42, 117,  110, 113, 143.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance Inscriptions Chapelles bretonnes.
18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 15:17

Le tombeau (1554) de Claude d'Espinay en la chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux (35).

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Voir sur cette église : 

 

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PRÉSENTATION.

Je m'inspire largement, et  je recopierai même souvent textuellement, l'ouvrage de Henri Busson consacré en 1922  à Charles d'Espinay . Mais André Mussat a publié en 1995 une belle description, citée par l'article Wikipédia consacré à la Collégiale. (Sources et liens).

Claude d'Espinay, dont le tombeau est présenté ici, était la fille, née en 1534,  de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine, et par eux issue d'une race artiste, fine et batailleuse. La maison d'Espinay était, au milieu du XVIe siècle, l'une des plus puissantes de Haute-Bretagne. Elle avait donné à la province et à l'Église de nombreux grands Maîtres et chambellans des ducs de Bretagne, de nombreux abbés et abbesses, cinq évêques et un cardinal. Jacques d'Espinay fut évêque de Saint-Malo en 1449, de Rennes en 1450. Il mourut à Champeaux en 1482. Son neveu André fut archevêque d'Arles, de Bordeaux, de Lyon, Primat des Gaules et cardinal en 1489. Son frère Robert fut évêque de Nantes en 1491, son autre frère Jean évêque de Nantes en 1493.

Guy III d'Espinay, orphelin de bonne heure, fut élevé au château de Vitré dans la noble maison du comte GUY XVI de Laval. Les deux familles étaient très amies. Guy III grandit dans un milieu courtois, luxueux, artiste et savant ; il devint un gentilhomme accompli, formé par des écuyers aux armes et à la chasse, formé aux lettres et aux arts dans l'influence grandissante de l'humanisme venu d'Italie.

Le 17 septembre 1528, Guy III épousa Louise de Goulaine, d'une des plus puissantes et des plus anciennes familles de Bretagne. Le couple, qui éprouvait pour l'art nouveau de la Renaissance un véritable engouement, s'attacha à embellir l'église de Champeaux de vitraux, d'un jubé, et vers 1530 de stalles, dont chaque dossier supérieur, chaque miséricorde étant sculptés avec goût et imagination .

Il va sans dire que Guy III et Louise de Goulaine donnèrent à leurs enfants la meilleure éducation et la meilleure situation.

-En 1549, Jean II, l'aîné, épousa Marguerite de Scepeaux, fille du maréchal de Vieilleville, comtesse de Duretal. Il fut marquis d'Espinay, et mourut en 1591. Il continua la lignée.

-Un frère Louis fut commendataire de l'abbaye Notre-Dame-du-Tronchet de 1558 à 1567 avant de se marier et de devenir seigneur d'Yviniac.  Il mourut en 1600.

-Charles d'Espinay naquit vers 1531 (?) au château d'Espinay en Champeaux, près de Vitré. Il était le troisième fils du couple. Il étudia les belles lettres et les auteurs italiens comme Pétraque et Bembo, avant d'écrire ses Sonnets amoureux (1559, réed. 1560) qu'il fit imprimer chez Etienne à Paris (BnF Res. Ye 371). Le recueil est précédé de sonnets de Pierre de Ronsard, de Rémi Belleau, Cl. de Buttet Savoisien, G. des Autels et  Plessis Bérard, ce qui témoigne des amitiés liés avec le cercle de la Pléiade. Le thème des Amours et la dédicace A Sa Dame en dit long sur les préoccupations de l'ecclésiastique. En novembre 1558, à 27 ans, il prêta serment de fidélité pour trois bénéfices, ceux de prieur de Saint-Exupère du Gahard, de Saint-Jacques de Bécherel et d'abbé commendataire de l'abbaye Saint-Gildas-des-Bois, avant d'être nommé évêque de Dol en 1560 et pourvu en commende de l'abbaye Notre-Dame-du-Tronchet. Pendant la Ligue, il prit le parti catholique du duc de Merceur.

-Philippa ou Philippine d'Espinay, née vers 1532, fut abbesse de Saint-Georges de Rennes en 1572 et décéda en 1582.

-Claude est née vers 1534 selon son épitaphe qui lui donne 20 ans à son décès en 1554.

-Antoine, sieur de Broons, a été page de Henri II puis capitaine de Dol pour la Ligue ; il épousa en 1566 Renée Hérisson. Il mourut en 1591.

-Renée épousa Philippe de Roncherolles baron de Hugueville,

-Anne épousa Guy du Parc baron d'Ingrandes.

(généalogie pfdavet https://gw.geneanet.org/pfdavet?lang=fr&n=d+espinay&oc=0&p=guy+iii+d+espinay+de+broon).

Pendant que Charles d'Épinay composait ses premiers vers, il perdit sa sœur Claude, âgée de 20 ans. Il l'avait particulièrement aimée. Elle était sa cadette, artiste et musicienne. Son frère lui fit élever un tombeau dans la chapelle Sainte-Barbe, au sud du chœur, là ou reposait déjà Guy I et Guy II, [sans doute en faisant appel à Jean de l'Épine, architecte qui avait conçu le tombeau de ses parents à Champeaux]. 

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DESCRIPTION.

C'est plutôt une stèle funéraire à la façon antique. Ce chef-d'œuvre de grâce et de goût mesure 4,30 m de haut et 1, 20 de large et se compose de trois parties. Le bas ressemble à une cheminée de marbre très ornée. On y a superposé une sorte de corniche qui soutient et encadre l'inscription funéraire : c'est la partie centrale. Au dessus sont couchés deux lions qui supportent une pyramide tronquée. Sur la face antérieure de cette pyramide se dessine en relief un miroir entouré d'une couronne. Au dessus du miroir, un génie ailé se tient debout, les ailes déployées, portant de la main droite un flambeau et tenant dans la gauche une branche de laurier. L'ensemble, malgré de graves mutilations, est d'une fraîcheur, d'une harmonie et d'une grâce toutes attiques : digne et léger tombeau élevé aux mânes d'une jeune fille aimée des Muses . (d'après Busson)

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le médaillon dans un cuir découpé à enroulement semble prévu pour recevoir un motif, une inscription ou une date, mais aucune trace n'est visible.

Une sculpture a été bûchée, mais il est impossible de deviner s'il s'agissait d'armoiries (??) ou d'initiales.

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'épitaphe.

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L'inscription, très abimée sous la Révolution, s'inscrit dans un cartouche à cuir à enroulement frappé de coquilles. Elle  a été relevée par Guillotin de Corson :

D.D. Castitat et

memor

Claudiae Spinaiae virgin. Generosiss. Pulcerr.

Eruditiss. Guidonis Spinai et Lodoicae Goulinae

nobiliss. Ex antiquis. Famil. Parentum filiae ;

quae et ad musas nata et a musis, ut creditur,

educata, sic artis musicae caeterarumq. Bon. Art.

Commendationi alteram Minervae castitatem et

futuram de suo ingenio memoriam addidit et castiss.

Ut et memoria digniss. Ut et ex musis una propemodum

habeatur ; quae sic denique inter suos vixit, quoe

sic deniq. Ann. MDXXXXXIIII, et ætatis suæ

XX, inter suorum amplexus vita functa est,

ut et opt. et feliciss, virginem vivere et mori decuit,

Carolus Spinaius D. Gildas. abbas, frater sorori,

pius piæ, plusquam volgaris amicitiæ ergo et. In

vestram, o'd. d. castitas et memoria, gloriam,

non sine lacrimis et votis perenn.

 

 

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Le texte est traduit par Henri Busson :

À la vertu et à la mémoire de Claude d'Espinay, fille très noble, très belle, très savante de Guy d'Espinay et de Louise de Goulaine qui, née pour les muses et formée, semble-t-il, par les muses joignit au talent de la musique et des beaux arts une chasteté pareille à celle de Minerve et un esprit qui lui permettait la gloire ; qu'il faut tenir pour très chaste, pour très glorieuse et presque pour l'une des muses ; qui enfin vécut au milieu des siens et mourut dans leurs bras l'an 1554 dans la vingtième année de son âge, de la vie et de la mort qui conviennent à une vierge très bonne et très heureuse.

Charles d'Espinay, abbé de Saint-Gildas, en témoignage de piété fraternelle pour une sœur aimante, en signe d'amitié extraordinaire et en hommage à votre gloire, ô vertu et mémoire de sa sœur, a dédié [ce tombeau] avec ses larmes et ses regrets éternels.

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Ce monument est le seul témoin de l'existence de cette jeune fille, dont nous ignorons  les productions artistiques .

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le monument a été restauré entre 2014 et 2018. Voici son aspect lors de ma visite en 2013 :

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

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SOURCES ET LIENS.

BUSSON (Henri), 1922, Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591): Thèse complémentaire, présentée pour le Doctorat ès lettres, à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Champion ed, Paris. 246 pages

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3380739s

https://books.google.fr/books?id=NX3VDwAAQBAJ&pg=PT31&lpg=PT31&dq=%22tellus+styx%22&source=bl&ots=RzqKwKQm30&sig=ACfU3U1sfHNtevj6Vdd1wooHxy8GUEx57A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj4oqDjle7rAhVJ8uAKHeIKCjwQ6AEwAXoECAMQAQ#v=onepage&q=%22tellus%20styx%22&f=false

 

BUSSON (Henri), 1922, "Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591)", Mémoires de la SHAB pages 1-203.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

LEVRON (Jacques), 1939, « Le tombeau de Champeaux », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t.XIV, p. 87-92.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65611407/f131.image


— LEVRON (Jacques), 1940, Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine), Bulletin monumental tome 99 n°1 pages 85-98

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1940_num_99_1_9755

 

— MUSSAT (  André), 1995, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Éditions Ouest-France, 380 p.

 

"Il s'agit d'un monument complexe où un demi-sarcophage reposant sur une haute structure architecturée en forme de cheminée (linteau, orné de griffes de félins et d'un écu martelé, porté par des pilastres composites) sert de base à un cartouche orné d'une longue inscription poétique rédigée par le prélat, que somme un obélisque soutenu par deux lions. Ce dernier est décoré de cornes d'abondance, d'un cadre ovale, et d'une victoire ailée portant un flambeau et une branche de laurier." (Wikipedia)

RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

GUINNEBAULT (Yves),Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=YbESi-0hrg4

— WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

"Situé dans la chapelle Sainte-Barbe, le mausolée de Claude d'Espinay, fille de Guy III et Louise de Goulaine morte à l'âge de 21 ans en 1554, a été classé le 12 août 1902. Il s'agit d'une œuvre de la Renaissance attribuée à Jean de L'Espine et exécutée vers 1555-1560. Le commanditaire est Charles d'Espinay, frère de la défunte, poète dans la mouvance de la Pléiade qui fut évêque de Dol de 1558 à 1591. Réalisé en marbre et calcaire, ce tombeau mesure 4,30 m de haut pour 1,20 m de large.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Monument funéraire Renaissance Inscriptions
17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 15:30

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35).

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Voir aussi sur cette église :

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Voir :

 

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Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

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PRÉSENTATION.

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La fondation de la collégiale et le mécénat des seigneurs d'Épinay.

Simon d'Espinay avait obtenu en 1414 du duc Jean V l'autorisation de reconstruire l'église, une ancienne maladrerie (et donc dédiée à Marie-Madeleine) située près de son manoir de la Rivière en Champeaux. L'édifice devint alors (et jusqu'au XVIIe siècle)  la nécropole de sa famille. Vers 1432, son fils Robert d´Espinay, grand maître de Bretagne et chambellan du duc Jean V, obtient du pape la création à Champeaux d´une collégiale, dont les statuts définitifs ne sont approuvés qu´en 1484, avec un collège de  cinq (ou six) chanoines tenus à résidence au cloître, tout comme les chapelains, les employés au chœur, les enfants de la psallette.

Les six chanoines sont aussi recteurs de six églises paroissiales, dont les revenus s'ajoutent à ceux de la collégiale. En 1548, Carloix décrit un maître de chapelle, de nombreux chantres, huit enfants de chœur, une très bonne musique. 

Robert Ier d'Espinay y fut inhumé en 1439 ;  Jacques, évêque de Rennes, en 1482 ; Guy Ier, qui fit construire la chapelle Saint-Julien, en 1518, Guy II en 1522, avec sa femme Françoise de Villebranche.

L'édifice bénéficia ensuite des fondations successives des membres de la famille d'Épinay. Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, mariés en 1528, y exercèrent un mécénat actif, et y offrirent les stalles (vers 1530) et les vitraux (1539-1541) de la maîtresse-vitre  et de la chapelle Sainte-Barbe.

 En 1542, ce seigneur et cette dame fondèrent à Champeaux douze obits (service religieux pour la paix de leur âme) par an .

Guy III d'Espinay mourut le 2 août 1551 et fut inhumé à droite du maître-autel. Sa veuve (qui  mourut le 8 février 1567 et fut inhumée près de son époux) fit construire sur sa tombe le monument funéraire par  Jean de Lespine.  "Ce Jean de Lespine est célèbre. Il est à juste titre considéré comme le plus grand des architectes angevins de la Renaissance. On lui doit, parmi bien d'autres travaux, le délicieux logis Pincé d'Angers, achevé vers 1530, la tour centrale de la cathédrale. d'Angers, celle de la Trinité, etc. Lespine fut pendant plus de trente années l'architecte de la ville d'Angers." Il dirige aussi en 1539 la construction d'un escalier à double volée et plafond à caisson du château de Serrant. Son épitaphe en 1576 aux Carmes d'Angers comporte ces deux vers : "Tu as élabouré temples et sépultures, Logis des ossements des nobles créatures".

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Le contrat :

Le contrat entre  "Jehan de Lespine, maistre maczon" et l'abbé Jean du Mas représentant Louise de Goulaine date du 7 novembre 1552. Il stipule que le matériau en sera, outre le marbre noir,  la "pierre de Rajace" (ou Rapasse, ou Rajasse, lieu-dit au nord de Champigny-sur-Veude), une pierre blanche, plus dure que le tuffeau,  et de beau grain, fort estimée des sculpteurs. Elle avait été employée en 1431, par Jean Poncet pour le tombeau de l'abbé Jean du Bellay à Saint-Florent-es-Saumur, et, avant 1453, pour le tombeau du roi René et Isabelle de Lorraine en la cathédrale d'Angers.

http://dune.univ-angers.fr/fichiers/14002177/2019HMHCP11361/fichier/11361F.pdf

https://saumur-jadis.pagesperso-orange.fr/methode/materiau.htm

 

Le prix fixé est de 1380 livres tournois.

 

"c'est assavoir que edIt de Lespine a promys et demeure tenu faire et construiree à ses coustz, mises et despens en l'église de Champeaulx près ledict lieu de la Rivière d'Espinay, diocese de Rennes, en l'endroict ouquel ledict deffunct est ensépulturé. une sépulture dudict deffunct et de ladicte damoyselle par la forme qui s'ensuyt :

scavoir est faire deux prians et deux gisans lesquelx seront faictz de pierre de Rajace l'un pour la figure dudict deffunct et l'autre pour la figure de ladicte damoyselle et lesquelx prians et gisans seront estoffez de blanc polyz en manière de beau marbre et les esperons du priant de cuyvre doré.

Lesdicts gisans seront nuds et posez sur une table de Rajace dont le davant sera faict de marbre noir en sorte qu'il semblera à l'œil que toute ladicte table soit de marbre. Et les deux prians seront poséz dessus une table de marbre noir qui aura quatre piedz et demy de long pour le moins et deux piedz quatre doiz de large, et pour ce que ladicte table se monstreroit ung peu trop courte, sera allongée par les boutz de marbre jaspe ou de marbre noir. Et seront faictz troys termes en forme de monts qui seront faictz de pierres, madriers ou d'alebastre.

Item les columnes qui seront aux deux coustez seront faictes de marbre, scavoir l'une de blanc et l'autre de noir; les embasses et chapiteaulx de pierre de Rajace mys en couleur de marbre.

Item l'epitaphe de l'admortissement de ladicte sepulture sera faict de marbre noir et les mouleüres
d'alentour de Rajace. La mort tenante ledit epitaphe sera de pierre de Rajace à  blanc poly mys en couleur de marbre blanc. Item au derriere et coustez des deux prians sera faict ung compartiment et deux epitaphes en tables de cuyvre qui seront assis aux deux boutz du dessus de ladicte sepulture, l'un pour ledict deffunct et l'autre pour ladicte damoyselle chacun de grandeur de deux piedz de long et ung pied et demy de large.

Item sera faict une voulte au dessus des deux prians, laquelle sera faicte de pierre de Rajace à compartiemens et parcquets et armaries dudict deffunct et tout le sourples de ladicte sepulture sera de pierre de Rajace. Et le tout selon les protraictz sur ce faictz et signés des signs manuelz dudict Reverend  dudict Lespine qui sont en nombre troys, l'un du principal corps de ladicte sepulture, l'aultre de la voulte et l'autre du compartiement, lesquelx protraictz sont demeurez audict de Lespine à la charge de les représenter touleffois et quantes que mestier sera.

Et fournira ledit de Lespine de toutes matières et fera fere les estoffes et Painctures ou y aura, filletz d'or aux endroictz mercquetz de jaulne par lesdicts portraictz, lesquelles matières, ledit de Lespine rendra au port de Segré et dudict port de Segré, ladicte damoyselle les fera mener et charger à ses despens jusques à la place de ladicte sepulture, le plus tost que fere ce pourra après que ledict de Lespine les aura rendues audict lieu de Segré; et rendra ledict de Lespine ladicte sépulture faicte et parfaicte bien et deüment dedans la fin-aoust prouchain venant."

 

 

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Henri Busson attribue le texte des épitaphes et inscriptions au cardinal Charles d'Espinay (1531-1591) fils de Guy III d'Espinay, disciple de Ronsard et auteur en 1559 de Sonnets amoureux. Mais en 1552, il était au début de sa carrière.

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Description.

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Le tombeau de Guy d'Espinay, en pierre blanche rehaussée de marbres de couleur, se composait  donc de deux enfeus superposés, l'un pour les gisants, l'autre pour les orants, selon le plan mis à la mode par les Italiens à Saint-Denis pour le mausolée de Louis XII.  Les priants agenouillés des défunts revêtus de leurs plus beaux atours et situés dans la niche supérieure ont disparu à la Révolution. Les corps décharnés des gisants ou transis sont répartis aujourd'hui entre les deux niches du tombeau ; celui de Louise de Goulaine dans la niche supérieure, celui de Guy d'Epinay dans la niche inférieure.

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Il est impossible de ne pas penser au célèbre Transi de René de Chalon, Prince d'Orange, réalisé par le sculpteur lorrain Ligier Richier en pierre calcaire en ... 1545-1547. Le défunt (décédé à 25 ans) est représenté sous ses armoiries comme un corps décomposé, écorché, debout, la main droite sur un écu posé sur la poitrine et la main gauche levée, brandissant son cœur vers le ciel. On peut voir ce geste comme le souhait d'accéder, par la gloire de sa mort et par celle de son nom, à l'immortalité en sauvant son cœur et son blason de la décomposition.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Transi_de_Ren%C3%A9_de_Chalon

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Les deux gisants , photo in Henri Busson 1922.

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Il mesure 6,60 m de hauteur,  3,30 m dans sa plus grande largeur et 1,60 m de profondeur, mais les deux enfeus sont fort inégaux. Tandis que l'inférieur, formant soubassement, est bas et sombre, comme il convient à un sépulcre destiné à recevoir l'image des cadavres, celui d'en haut, arrondi en plein cintre inscrit dans un portique dorique à deux colonnes, atteint plus de deux mètres et s'ouvre largement à la lumière près du beau vitrail du chevet. Le tout est couronné par un large fronton semi-circulaire.

Le fond et le plafond en sont ornés d'arabesques fort gracieuses et d'un écusson portant la date : 1553. Sur les cotés de la niche inférieure l'artiste a disposé deux pilastres ornés à l'italienne d'un trophée suspendu à une tête de griffon ; au dessus, encadrant l'arc triomphal, s'élèvent deux colonnes de marbre rose. L'ensemble du monument est semé de fleurs, d'oiseaux, de fruits et les moulures en sont rehaussées d'or. Des cartouches portent les lettres G et L, initiales des deux défunts.

Le tombeau de la fille des défunts, Claude d´Epinay, est placé dans la chapelle Sainte-Barbe, juste de l'autre coté du mur. Il est plus petit mais témoigne tout autant de cet art raffiné de cour, empreint de modèles antiquisants et de l´esprit nouveau de la Renaissance.

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Un tombeau sans référence chrétienne, une rupture dans l'art funéraire.

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On remarquera l'absence complète de tout signe ou de toute inscription en rapport avec la religion chrétienne, et plus généralement avec quelque religion, sur ce tombeau. Pourtant, la famille d'Espinay compte de nombreux prélats, des abbés des abbesses . Il faut voir là la façon de faire de l'époque en matière de monument funéraire.

L'artiste a substitué des statues de cadavres aux gisants qui ornaient les anciens tombeaux, la tête entourée d'anges, pieusement couchés dans leurs armures (ou leurs atours, pour les dames), les yeux ouverts tournés vers le ciel , les pieds sur des animaux emblématiques (lions ou moins souvent chiens). Mais ici les deux cadavres sont absolument nus ; ils ont les yeux fermés, et rien ne rappelle plus ni l'espoir chrétien de la résurrection.

Les statues des Apôtres, ou des saints, qui se suivaient dans des niches du soubassement, ont disparu, alors qu'on les trouve encore dans les tombeaux d'Artus, de Claude Gouffier en leur collégiale Saint-Maurice dOiron vers 1518 et 1559. Dans le tombeau de Guillaume Gouffier de Bonnivet, l'amiral de France est en armure, dans la disposition traditionnelle du gisant, mais son tombeau de marbre noir porte des médaillons blancs à ourobouros et, au centre, l'emblème à ancre et dauphin avec la devise festina lente, empruntée à l'imprimeur vénitien Alde Manuce. 

Cette sépulture de Champeaux est, dans son aspect, proprement "païenne" (H. Busson), mais plutôt pour adopter la tendance esthétique et humaniste de leur milieu de la cour royale du Val de Loire que par détachement de la Foi et pratique chrétienne, puisque les deux époux  veillèrent, par donation,  à ce que premier dimanche de chaque mois on chante la messe et un Libera à leur intention, alors que la veille, on chantait les vêpres, un nocturne et les laudes des morts, ou que le 2 août et le 8 février, la messe d'anniversaire remplaçait l'office du 1er dimanche de ces mois (Arch. Ille-et-Vilaine G.449 f°25 cité par Busson).

 

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Une restauration récente.

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Ma première visite de la collégiale date de 2013. C'est l'année suivante que les travaux de rénovation intérieure ont démarrés, ils se sont poursuivis jusqu'en 2018.

Je montrerai en fin d'article quelques photographies de l'état avant restauration.

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Mon  but est de contribuer à rendre disponible, en ligne, les clichés photographiques récents, afin de documenter les recherches d'iconographie sur la sculpture de la Renaissance en Bretagne.

Voir notamment ici la chapelle du château de Kerjean (29) vers 1580, et les sablières de l'atelier du Maître de Pleyben présentant des cuirs à enroulement, ou les panneaux de la tribune d'Esquibien et de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le fronton.

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Au centre du fronton cintré trône la Mort, sous la forme d'un homme décharné émergeant en buste d'une plaque noire . Sa tête aux  longs cheveux est au centre d'un médaillon orné de rayons blancs .

L'ensemble, peint en noir, blanc et or, est une composition parfaitement Renaissance, avec volutes, pots à feu, frise grecque, masques léonins tenant dans leur gueule une linge, coquilles, guirlandes, et, en bas, un ange dans un cuir à enroulement. C'est là tout le vocabulaire issu de l'école de Fontainebleau après la décoration en stuc de la Galerie François Ier (1534-1539) par les décorateurs italiens comme le Rosso et le Primatice.

Mais le rapport avec le cénotaphe de Thomas James en sa cathédrale de Dol-de-Bretagne (premier monument Renaissance en Bretagne), réalisé par les  sculpteurs italiens Betti (surnommés les Juste) vers 1509, doit être remarqué. [Charles d'Espinay, fils des défunts, a été évêque de Dol, mais seulement à partir de 1560. Il y sera inhumé.]

Longtemps, le monument funéraire de Champeau fut attribué — notamment par Henri Busson — à l'atelier des Juste à Tours, et notamment à Jean Juste II (1510-1577), malgré les réserves faites par Henri Bourde de la Rogerie. On sait que Jean Juste Ier (1485-1549) a sculpté le tombeau de Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, à Ancenis, celui de Thomas Bohier dans l'église Saint-Saturnin de Tours, de l'abbé Louis de Crévent à Vendôme, et d'Artus Gouffier (mort  en 1519) et/ou Claude Gouffier (mort en 1570) à la collégiale Saint-Maurice du château d'Oiron (Deux-Sèvres). Mais cette attribution des tombeaux de Champeaux est désormais réfutée : cela n'interdit pas les comparaisons.

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L'inscription. La Mort victorieuse de l'amour terrestre.

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Presque au sommet du monument, qui garnit toute la muraille à droite de l'autel, est gravée en lettres d'or sur fond noir  l'inscription suivante en vers latins : 

 

Mors in utriusque mortem :

Non cedat tellus, styx, aer, pontus, amori,

 Tellus, styx, aer, cedet et unda mihi ;

Cedat et ipse puer Quidvis [Quidnis] mihi, si quid amori.

Mundus habet ; mundus nam domo quidquid habet.

Quos nunc funereo junxi sub marmore quondam

Junxit amor ; vici ; sic quoque victus amor.

At quis amor ? Mortalis amor, qui numina divi

Emeritus erat ; vicit at alter amor.

Sic mors, verus amor, coelum concessit utrique,

Vitam, nectar, opes, morte, siti, spoliis.

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H. Busson propose la traduction suivante (je remanie à peine le début): 

"La Mort, à chacun des défunts :

"La terre, les enfers, l'air, l'océan ne sont pas soumis à l'amour ; la terre, les enfers, l'air, la mer me sont soumis à moi. Cède toi-même aussi à ma puissance, Enfant de Vénus, si tu commandes aux éléments. Le monde te possède ; or, je détruis tout ce qui est en ce monde. Ceux-là que j'ai réunis sous ce marbre, autrefois l'amour les unit.

Je suis donc victorieuse et l'amour est vaincu. Mais quel amour ?

L'amour mortel qui avait acquis un pouvoir divin ; mais il est vainqueur, l'autre amour.

Ainsi, la mort, véritable amour, leur a donné le ciel à tous deux,  la vie, l'ambroisie, l'abondance, par la mort, par la soif, par la privation. "

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Cette curieuse épitaphe est significative de ce temps  où, comme l'écrit H. Busson, "Platon avait remplacé l'Évangile pour les érudits" : elle est toute entière construite sur l'opposition entre l'amour mortel générateur, et l'amour immortel , et renvoie au dialogue de Pausanias et Socrate dans Banquet de Platon (VIII-IX)  où la prêtresse Diotime initie Socrate à l'élévation de  l'âme de la vision des beautés charnelles à celles de l'esprit, puis à cette « beauté immuable, éternelle, dont participe tout ce qui est beau sans rien enlever ni ajouter à sa perfection » ( Banquet chap. XXIX) . L'amour de la Beauté mène ainsi à l'immortalité. Plus loin, Pausanias répond à Phèdre qu'il faut distinguer deux Amours, Amour céleste et Amour populaire,  et deux Vénus (dans la mythologie, Vénus est mère d'Eros/Cupidon/Amour], la Vénus-Uranie qui est fille du Ciel et Vénus populaire. "La conclusion est donc qu'il est beau d'aimer pour la vertu. Cet amour est celui de la Vénus céleste, céleste lui-même, utile aux particuliers et aux états , et digne de leur principale étude , puisqu'il oblige l'amant et l'aimé de veiller sur eux-mêmes, et d'avoir soin de se rendre mutuellement vertueux. Tous les autres amours appartiennent à la Vénus populaire."

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L'épitaphe relève plutôt de la lecture qui se fit à la Renaissance du Banquet de Platon, et notamment de celle du futur cardinal Bembo, dans ses Gli Asolani  entre 1497 et 1502. Une traduction française, sous le titre « Les Azolains - De la nature de l'amour », avait été publiée par l'humaniste Jean Martin en 1545 chez Michel de Vascolan et rééditée en 1553. Dans son Livre III sous-titré Lavinello , le héros soutient la théorie de la l'amour platonique, défini comme la contemplation de la beauté idéale présente dans les choses terrestres.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k710955.image

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In fine, cette inscription peut se lire comme une qualification du mécénat artistique des seigneurs d'Espinay en leur collégiale de Champeaux :  si la finalité de l'amour terrestre est "la génération dans la beauté" , l'amant initié aspire à se survivre dans sa postérité et veut obtenir par la commande artistique un accès vers l'immortalité.  C'est aussi la base des Amours de Ronsard, qui par le biais de la description de la beauté (périssable) de l'aimée, cherche la gloire pérenne.

 Le dernier vers relève parfaitement des jeux d'oxymore des SonnetsLa mort est le vrai Amour, elle procure la Vie (de la Gloire), comme la Soif procure l'ambroisie, boisson des dieux de l'Olympe, et la privation (donc le Désir) procure l'opulence .

Sic mors, verus amor, coelum concessit utrique,

Vitam, nectar, opes, morte, siti, spoliis

De même, Ronsard avait exprimé dans ses Odes (ode VIII où l'Usure du temps s'adresse au poète), comment l'œuvre artistique était, mieux encore qu'un tombeau, capable de perpétuer un grand nom :

Ne pilier, ne terme dorique,

D'histoires vieilles décoré,

Ne marbre tiré de l'Afrique

En colonnes élabouré,

Ne fer animé sur l'enclume

Ne feront vivre ton renom,

Comme la pointe de ma plume

Pourra perpétuer ton nom. 

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'enfeu supérieur.

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Un arc en plein cintre posé sur deux pilastres soutient un architrave de style dorique avec alternance en frise de triglyphes et de métopes sculptés de trophées d'armes : la référence à l'antique est patente.

Les trophées associent boucliers et carquois, cuirasses, lances et flèches, soulignant le rôle militaire de la noblesse bretonne, le titre de chevalier du défunt, et les expéditions récentes en Italie. Guy d'Espinay était un grand historien de son temps, et son fils Jean lisait des ouvrages de science de la guerre (S. Joubert).

Un panneau associe à une cuirasse deux boucliers au décor comique et fantasque de deux masques, l'un riant et l'autre triste.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le fond et son inscription.

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Le fond noir comporte un savant entrelacs blanc dont l'ovale central renferme un cartouche posé sur un cuir à enroulement.

On y lit l'inscription :

FAMA . MORTALIBVS 

VNA . SUPERSTES

Fama, ae est le renom, la réputation, la célébrité ou la gloire.  Solen Joubert propose la traduction "Aux mortels  ne survit que la Renommée ". Mais cette gloire posthume n'est pas accessible aux simples mortels,  et le Renom suppose au préalable un Nom, et des Armes.  Pour les nobles mécènes, l'importance donnée à la gloire posthume est cruciale.

Henri Busson remarque les mots Fama superstes ("la Renommée qui survit") dans une Ode d'Horace, ou dans les Tristes d'Ovide (III, VII, 50), ou sur l'épitaphe de l'évêque de Dol Thomas Le Roy en la cathédrale de Nantes (BnF lat. 17025 f°50). Alain Croix, sans donner de traduction, trouve que cette inscription dénote l'idée majeure du monument : servir la renommée, la gloire du nom, dans un macabre précieux, élitiste et totalement coupé des réalités et d'une préoccupation de la mort.

L'importance donnée à la Gloire militaire se manifeste dans le décor guerrier du monument.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le plafond de l'enfeu supérieur, ses armoiries et ses inscriptions.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les armoiries.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le blason associe les armoiries de Guy d'Espinay à gauche (on note des traces des couleurs d'origine) et celles de Louise de Goulaine à droite.

Les armoiries de la famille d'Espinay : D’argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d’or :

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Ce fichier est dérivé de :  Armoiries de Mirwart.svg:Cette image vectorielle non W3C-spécifiée a été créée avec Inkscape., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26791876

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Les armoiries de Goulaine  Mi parti d'Angleterre et de France (mi-parti de gueules à trois léopards d'or passant l'un sur l'autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or :

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Armoiries de la famille de Goulaine, Wikipedia, travail personnel de Jimmy44

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La date de 1553 figure dans un cartouche à cuir à enroulement sous la forme 1.S.S.3.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les chiffres (initiales) des époux Guy et Louise figurent dans un cartouche à cuir à enroulement, réunis par un lac d'amour.

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Ces initiales entrelacées rappellent celles de Louis III de Montpensier et de Jacquette de Longwy, dans la nef de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude, réalisée entre 1538 et 1561. Souvenons-nous que Louise de Goulaine exigea pour le monument funéraire la pierre de Rajace, extraite à proximité de Champigny-sur-Veude.

Ces initiales au lacs d'amour se trouve aussi sur un coté de la maîtresse-vitre.

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Baie 0 de Champeaux, vers 1540. Photo lavieb-aile août 2020.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les cotés de l'enfeu et ses armoiries.

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À droite, les armoiries bûchées de Guy d'Espinay avec casque et lambrequins.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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À gauche, dans un panneau de fond noir, un angelot présente un blason losangique (et donc féminin) les armoiries mi parti d'Espinay et de Goulaine, qui ont été bûchées mais dont les couleurs persistantes permettent l'attribution.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'enfeu inférieur.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Deux personnages en buste sur colonne (télamons) représentent les défunts décharnés se mettant debout. Voir les photos du site POP https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/IVR53_19843500519V

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les pilastres.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Guirlandes de fruits, têtes de bélier, oiseau (aigle ?). Le cartouche porte la date de 1553, peinte et non gravée.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Ce très bel ensemble de cuirs découpés à enroulement en lanières cloutées parmi des fruits s'orne d'une tête féminine. On y trouve le motif de linges passant par des orifices circulaires des cuirs, comme au château de Kerjean (entre autre).

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'état  avant la restauration de 2014-2018.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

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SOURCES ET LIENS.

—BUSSON (Henri), 1922, Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591): Thèse complémentaire, présentée pour le Doctorat ès lettres, à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Champion ed, Paris. 246 pages

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3380739s

https://books.google.fr/books?id=NX3VDwAAQBAJ&pg=PT31&lpg=PT31&dq=%22tellus+styx%22&source=bl&ots=RzqKwKQm30&sig=ACfU3U1sfHNtevj6Vdd1wooHxy8GUEx57A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj4oqDjle7rAhVJ8uAKHeIKCjwQ6AEwAXoECAMQAQ#v=onepage&q=%22tellus%20styx%22&f=false

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

—BUSSON (Henri), 1922, "Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591)", Mémoires de la SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

— ESPINAY (Charles d'), 1559, - Sonets amoureux / par C.D.B. [Charles d'Espinay. Breton], 1559

— ESPINAY (Charles d'), 1560  Les Sonets amoureux : Les sonets / de Charles d'Espinay, Breton, reveus et augmentez par l'autheur, de l'imprimerie de Robert Estienne, 1560 .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70650m.image

—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

— HEURES A L'USAGE DE RENNES Horae ad usum Redonensem Mazarine ms 0506, 141 folios. Le manuscrit porte les armoiries de Richard d'Espinay au folio 13.

https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&reproductionId=14099&VUE_ID=1373802&panier=false&carouselThere=false&nbVignettes=tout&page=1&angle=0&zoom=&tailleReelle=

https://portail.biblissima.fr/fr/ark:/43093/mdata1b17160092233d2f86f48948aebacf534fb0f7f7

Enluminures :

https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?reproductionId=14099

— JOUBERT (Solen), 2003, "Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance." SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

 

Guy III d'Espinay fut élevé à la cour des Laval à Vitré, très réceptive aux nouveautés de la Renaissance. En 1526, il fut présenté à François Ier de retour de sa captivité de Pavie, au moment même où le roi donnait une nouvelle impulsion à l'humanisme et à l'influence artistique italienne en France.

— LEVRON (Jacques), 1939, « Le tombeau de Champeaux », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t.XIV, p. 87-92.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65611407/f131.image


— LEVRON (Jacques), 1940, "Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine)", Bulletin monumental tome 99 n°1 pages 85-98

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1940_num_99_1_9755

— MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux" Bulletin Monumental  Année 1925  84  pp. 253-282.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Chaêaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-cha.mpeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

—GUINNEBAULT (Yves),Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=YbESi-0hrg4

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance Inscriptions Héraldique
19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 10:17

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I. LE PORCHE OUEST (XVIe siècle).

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L'entrée ouest présente les mêmes caractéristiques architecturales  qu'à Plouhinec (1572), Confort, Saint-Tugen en Primelin , Cléden-Cap-Sizun (v. 1561) et Plogoff (1547), avec deux contreforts et une porte en anse de panier surmonté d' un arc ogival, contre-courbe et faux gable reposant sur des culots.

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À Plogoff et à Saint-Tugen, on trouve, à l'extrémité des lignes du triangle du gable croisant la ligne verticale des pilastres,  deux personnages en demi-relief , soit un ange à gauche, et un "page" ou jeune écuyer à droite, portant des inscriptions AVE MARIA et PAX VOBIS.   

Ici, à Esquibien, ce sont les mêmes personnages, dans la même situation, mais l'ange tient un blason ou un panneau rectangulaire aux motifs effacés, tandis que le texte du phylactère de l'écuyer n'est plus lisible.

 

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LE CLOCHER.

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Le clocher, d'une grande élégance, ne porte pas de galerie ; à la base de la flèche, tympans ajourés et pinacles ; tourelle d'escalier octogonale contre la face nord 

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La tourelle octogonale d'accès à la chambre des cloches.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La tourelle du clocher porte une inscription et la date de 166-.

--- GVILLOV 166-.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Les gargouilles cantonnant  la chambre des cloches.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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II. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE.

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Si le porche ouest et le chevet datent de la seconde moitié du XVIe siècle, les inscriptions qui sont portées sur le porche sud   témoignent de travaux de remaniements importants au XVIIe siècle. La construction du porche sud  a du débuter  en 1581, puis s'est poursuivie  entre 1611 et 1628 ; le pignon de la baie sud qui suit le porche vers l'est a été construit ou plutôt modifié en 1662.  

Les inscriptions mentionnent ici le nom des fabriciens en tant que maîtres d'ouvrage, et jamais le nom des recteurs  (qui sont alors en 1572-1580 : .... Sergent.; en 1597-1624 : Yves de Rospiec ; et en 1627 : F. Ronsin). Ce qui contraste avec la cure de Jean Le Bis, recteur d'Esquibien de 1633 à 1669, et qui inscrivit trois fois son nom sur la chapelle Sainte-Brigitte et sa fontaine, et sur un calvaire. Ou,  un siècle plus tard, avec celle du recteur Gobert, qui inscrivit au chevet, sur l'élévation est l'inscription M GOBERT RECTEVR 177(?) témoignant du changement des usages en matière d'inscription lapidaire. (photo ici)

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Le rapprochement des inscriptions avec les données généalogiques permet de donner, sinon un visage humain, du moins une réalité à ces noms de paroissiens, souvent les plus aisés et toujours les plus honorables de leur paroisse dans le milieu des cultivateurs, marchands et armateurs. Parfois, il est possible de préciser le hameau où ils vivent, et, plus rarement (et non ici) leur profession. C'est la raison de cette étude.

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1.Intérieur du porche sud (derrière la porte à droite). 1581.

 

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La seule inscription datant de la construction de la seconde moitié du XVIe siècle se trouve à l'intérieur de l'église, sur le mur gauche formant pilier de la porte d'entrée sud. On y lit en effet :

 

"I. PARIS. F. L. 1581."

Soit "I ou J. PARIS, Fabricien l'an 1581". (le dernier chiffre ressemble à un L et est amputé par l'arête du bloc).

Seule mention généalogique sur geneanet : Marie-Marguerite PARIS, née à Esquibien en 1608 .

https://gw.geneanet.org/sali73003?n=paris&oc=&p=marie+marguerite

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

 

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Porche sud : Inscription Y. Gonidec 1612.

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Le porche sud porte plusieurs dates sur sa façade et son contrefort, renvoyant toutes au début du XVIIe siècle, entre 1612 et 1628 : il a donc fallu 16 ans pour le réaliser.

 Contrefort gauche de l'entrée du porche sud.

"Y. GONIDEC. F. 1612"

Soit "Y[ves] GONIDEC fabricien [l'an] 1612".

Les généalogistes décrivent un Yves GONIDEC ou GONIDOU, né le 12 avril 1566 à Esquibien, fis de Yves GONIDEC ca.1536 et de Catherine CLOAREC, et qui épousa Adelice PENNARUN, dont 5 enfants nés entre 1608 et 1620.

https://gw.geneanet.org/lizennwenn?n=gonidec&oc=2&p=yves

https://gw.geneanet.org/rtiec1?n=gonidec&oc=&p=yves

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Porche sud : chronogramme isolé F :1617.

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fragment d'une inscription indiquant le nom du fabricien de l'année 1617.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Fronton du porche sud : Inscription de 1618.

 

H. IOVRDEN

FVT : F1618.

Soit "H. Jourden fut fabricien l'an 1618."

Il peut s'agir d'Hervé JOURDAIN né le 3 février 1561 de Vingalon Jourdain et d'Adelice PRIOL.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Pignon de la première baie sud après le porche : Simon Guillou 1662.

On peut voir l'inscription :

SIMON GUILLOU FAB. 1662.

soit "Simon Guillou, fabricien [l'an] 1662"

Il peut s'agir de Simon Le GUILLOU, né à Esquibien, et qui épousa le 18 septembre 1661 à Plozévet Marguerite Le Borgne, née à Plozévet.

https://gw.geneanet.org/everest29?n=le+guillou&oc=&p=simon .

 

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sommet du fronton du porche sud : 1628.

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M. BRIGNOV .F ; 1628.

soit "M BRIGNOU fabricien [l'an ] 1628".

Il pourrait s'agir de Martin BRIGNOU, né le 30 mai 1576 à Esquibien de Paul Brignou et Marie Gouzarc'h.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=brignou&oc=3&p=martin

Ou de Martin BRIGNOU, né le 14 septembre 1578 à Brenellec, Esquibien de Rodolphe Brignou et Marguerite Cagean.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=brignou&oc=2&p=martin

https://gw.geneanet.org/abenard1?n=brignou&oc=&p=martin (armoiries).

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LE PORCHE SUD ET SES POISSONS.

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« Les nombreuses églises et chapelles disséminées le long des côtes [du Cap Sizun] furent justement construites en ce 16e siècle qui vit fleurir intensément l’industrie des pêcheries, des sécheries et de la navigation. Pour bien marquer la part qui leur revenait dans ces bâtisses élevées de leurs deniers, les marins firent sculpter sur les tympans des portails et des porches des bateaux avec leur mât et leurs équipages navigant au milieu des poissons et des oiseaux de mer. » (Daniel Bernard)

On peut s'étonner de ne pas trouver sur les murs de l'église d'Esquibien les poissons et les barques de pêche ou de commerce qui sont si fréquentes dans le voisinage. Mais les poissons sont bien là, à l'intérieur du porche sud. Quand aux navires, ils sont sculptés sur les panneaux en bois de l'ancien jubé, reconverti en tribune, ce qui fera l'objet d'un autre article.

Je rappelle mes précédents articles sur ces bas-reliefs marins :

 

liste qui sera à compléter par :

-Le porche de la tour carrée de Saint-Guénolé. (à paraître)

l'église de Plouhinec (ex Poulgoazec) 

-la chapelle Saint-Julien de Poulgoazec

-Chapelle Saint-Yves (moitié du XVIIe) de Plogoff .

-Chapelle Saint-Trémeur, (façade, deux barques)

-église de Goulien barque de pêche à 3 marins.

-église Saint Codoan de Poullan-sur-mer

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Voir aussi dans la même région du Cap Sizun mes articles sur  les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières :

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Revenons au porche sud d'Esquibien. 

Il s'ouvre, entre deux contreforts, par un arc en plein cintre aux piédroits ornés de chapiteaux  et aux moulures non sculptés. Deux  pinacles à crochets ont été disposés sur les cotés, deux autres couronnent les contreforts.

Le fronton est délimité par une corniche, vide. Au total, nous avons là un ensemble simple, sans ornementation sculptée que les inscriptions déjà décrites.

À l'intérieur, la voûte, en forme de coupole, est recoupée de huit nervures, arcs-ogives et liernes. 

Les deux étroites portes jumelles en plein cintre sont séparées par un trumeau doté d'un bénitier à godrons. Le fronton reçoit une petite statue de la Vierge.

Les murs ouest et est sont dotés d'un banc au dessus duquel court une frise de cartouches rectangulaires. Quelques-uns contiennent un poisson, d'autres  contiennent une forme oblongue centrée par un rectangle, que j'interprète comme une navette de tisserand, et d'autres encore sont laissés à l'état brut.

Des croix sur socle en  triangle et rectangle sont grossièrement gravées sur la paroi, comme par graffiti. Alain Perrot me signale qu'il s'agit de trois "graffiti  jacquet", gravés par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle pour attester de leur passage. Il en a observé également trois sous le porche de l'église de Goulien, une sur le mur sud de l'enclos de Saint-Tugen, et deux à Plogoff. On sait que la croix de la chapelle Saint-They, à la Pointe du Van, porte une statue géminée avec saint Jacques le Majeur coté ouest.

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Croix Jacquille d'Esquibien, photo et Copyright Alain Perrot.

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Croix Jacquille d'Esquibien, photo et Copyright Alain Perrot.

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Croix Jacquille d'Esquibien, photo et Copyright Alain Perrot.

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Intrigué, j'en ai retrouvé le témoignage à Saint-Martin de Louzach (Charente) ; ces graffiti, qualifiés de "croix jacquille", ont été relevés par le GRAH, groupe de recherche archéologique et historique, dans un article qui en souligne la valeur patrimoniale :

http://www.graht.fr/print.php?sid=86&archive=0

https://www.sudouest.fr/2014/08/25/les-graffitis-de-l-eglise-racontent-l-histoire-1650611-1196.php

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LINTEAU D'UNE MAISON EN FACE DE L'EGLISE.

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CATHERINE 

DES QUATREVEAUX

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Il s'agit probablement de Marie-Catherine des QUATREVAUX, née en 1803 à Esquibien. Elle épousa le 29 janvier 1825 à Esquibien Guillaume Grégoire KERLOC'H (1798-Réuniou Esquibien 1872), dont une fille, Marie Catherine Kerloc'h (Primelin 1827-Primelin 1879).

Son père Antoine des Quatrevaux  (né en 1775  à Quévreville-la-Poterie en Seine-Maritime, était militaire ; il épousa  à Audierne Marie Michelle LOUARN (née en 1776 à Audierne.

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https://gw.geneanet.org/jargor?n=de+quatrevaux&oc=&p=marie+catherine

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Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1909, Notice sur Esquibien, BDHA, Quimper.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1099887/f85.image.r=Esquibien

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Esquibien, Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a92259a04835f9c68053071304829681.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

ESQUIBIEN Paroisse de l'ancien diocèse de Cornouaille maintenue lors du Concordat.

EGLISE SAINT-ONNEAU (I.S.)

Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un choeur peu profond à chevet polygonal. Deux chapelles en ailes forment un faux transept au droit de la sixième travée qui est plus large ; celle du sud est partagée en deux par deux arcades et une architrave. Elle date de la seconde moitié du XVIe siècle et a été remaniée au XVIIe siècle.

Le chevet a son fenestrage du XVIe siècle et, près du porche, à l'intérieur, on lit l'inscription : "I. PARIS. F. L. 1581."

La façade ouest est de la même famille que Plouhinec, Confort, Saint-Tugen, Cléden et Plogoff, avec sa porte en anse de panier sous un arc ogival, contre-courbe et faux gable reposant sur des culots.

Le clocher, d'une grande élégance, ne porte pas de galerie ; à la base de la flèche, tympans ajourés et pinacles ; tourelle d'escalier octogonale contre la face nord (n.b. : le plan de J. Bigot a été inversé, la tourelle est du côté nord, p.97).

Le porche sud, voûté sur arcs ogives très bombés avec liernes longitudinale et transversale, porte des inscriptions : "LAN. 1611" sur le contrefort de gauche, à côté : "Y. GONIDEC. F. 1612", - "H. IOVDREN. FVT. F. 1618" - "M. BRIGNON. F. 1628" - "F. 1717" sur le pignon.

A l'arcade extérieure, l'arc en plein cintre à clé en console repose sur des chapiteaux. Au-dessus de l'une des fenêtres du midi, inscription : "SIMON. GVILLOV. FAB. 1662" Et au chevet : "I. FLOCH".

 

 

 

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, L'église paroissiale d'Esquibien (Esquibien fusionnée en 2016 avec Audierne). Notice de l'Inventaire Général IA00006375

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

—Wikipedia : Eglise Saint-Onneau à Esquibien

 

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-saint-onneau-pa00089924.html pop.culture.gouv :

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Inscriptions
17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 11:19

La chapelle Sainte-Brigitte à Landugentel en Esquibien. Sa fontaine, ses inscriptions lapidaires, ses panneaux sculptés Renaissance, etc.

 

 

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Voir sur Esquibien :

 


Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

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PRÉSENTATION.

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Par l'Inventaire général :

 

"Dans le bulletin de la société archéologique du Finistère de 1899, Hyacinthe Le Carguet affirme que la chapelle Sainte-Brigitte « se trouvait autrefois à Lanuign en Beuzec-Cap-Sizun et fut transportée, en 1651, à Traon-Lannugentel, en Esquibien ». La date de 1651 se trouve en effet inscrite au-dessus d’une porte sur la façade sud de l’édifice, accompagnée du nom de IAN LE BIS (recteur d’Esquibien entre 1633 et 1669). On retrouve ce nom sur la fontaine voisine ainsi que sur le croisillon du calvaire associé à la chapelle Sainte-Edwett au village de Landrevet.

D’autres inscriptions datées de l’époque de l’implantation de la chapelle à cet endroit sont visibles sur le bâtiment et à proximité : P CORNOV F : 1651 sur le pignon ouest, à droite de la porte, V : P : M : IEAN / LE BIS : RECTEVR : 1654 et MARTIN : LE : PEVOCH : FAB : LAN : 1654 sur la fontaine située à une vingtaine de mètres au nord-ouest de la chapelle, IVON : MENS : FA : LAN : 1671 sur une dalle funéraire intégrée au sol de l’édifice.

Une restauration importante a probablement eu lieu au 18e siècle comme l’indiquent les autres inscriptions relevées sur le bâtiment : H : H : G : GRIFFOVN / FABRI 1754 (à droite de la porte principale sud), PP l 7(?) / LE : Sr : KOVARNE / FAB, et MAVRICE : CALONEC (sur le clocher).

L’édifice est aujourd’hui en bon état à la suite de deux récentes restaurations (1999 et 2004). Ouverte en période estivale, elle accueille depuis plusieurs années une exposition sur les pardons en Cap-Sizun."

 

"Description : Nichée dans un vallon arboré au sud du village de Landugentel, la chapelle Sainte-Brigitte est un petit édifice en pierres de taille d’une grande simplicité.

De plan rectangulaire avec chevet polygonal, elle porte sur son pignon ouest un clocheton de style classique présentant dans sa partie haute de petites têtes sculptées. Elle arbore deux portes principales, l’une à l’ouest et l’autre au sud, toutes deux en plein cintre avec des pilastres et deux chapiteaux à décor géométrique. Une troisième, en anse de panier et arc mouluré en accolade, se trouve également au sud.

L’éclairage est assuré par deux fenêtres en plein cintre percées dans le chevet ainsi que par deux œils-de-bœuf percés dans la façade sud.

A ses abords se trouve une fontaine en pierres de taille très soignée avec bassin rectangulaire et ouverture en plein cintre. Celle-ci fait l’objet d’un dossier complet.

Plus au nord, vers le centre du village de Landugentel, se trouve une croix monumentale en granite d’environ cinq mètres de haut. Elle trône dans un petit enclos entouré d’un muretin et porte sur son nœud carré l’inscription : STANGUEN-NEC RECTEUR 1869. Son croisillon orienté nord-sud présente, côté avers, un Christ en croix et côté revers une Vierge à l’Enfant." (Ducouret et Serre 1983)

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Par Sauvegarde de l'Art Français :

"La chapelle Sainte-Brigitte est située à Landuguen tel, hameau à 2,5  km au nord-est du bourg  d’Esquibien.  Elle  aurait  été  à l’origine construite à 2 km plus au nord, à Lannuign, en Beuzec-Cap-Sizun, et déplacée sur le site actuel en 1651.

Deux inscriptions portent cette date, l’une au-dessus de la porte sud (V : P : M : IAN : LE / BIS : RECTEVR 1651), l’autre sur le mur ouest, à droite de la porte (P CORNOV F : 16 / 51).

À une vingtaine de mètres au nord-ouest de la chapelle, une fontaine architecturée porte aussi deux inscriptions tendant à rapporter à la même époque l’implantation de la chapelle en ce lieu : V : P : M : IEAN / LE BIS : RECTEVR : 1654, et MARTIN : LE : PEVOCH : FAB : LAN : 1654.

Une restauration fut probablement entreprise au XVIIIe s., comme en témoignent des inscriptions: H : H : G : GRIFFOVN / FABRI 1754 (à droite de la porte principale sud), PP l 7[illisible] / LE : Sr : KOVARNE / FAB, et MAVRICE : CALONEC (sur le clocher).

L’édifice est d’une grande simplicité : le plan est rectangulaire, avec un chevet à trois pans. Le mur occidental porte un clocheton de style classique. Les deux portes principales, à l’ouest et au sud, sont en plein cintre, avec des pilastres et deux chapiteaux à décor géométrique, la porte ouest étant surmontée d’un faux fronton triangulaire. Une troisième porte à linteau en accolade s’ouvre sur le mur sud. Un faible éclairage intérieur est assuré par deux petites fenêtres dans le chevet et deux œils-de-bœuf au sud.

Lors de la deuxième campagne de travaux, le mobilier a été déposé et mis en sécurité : le décor du chœur avec ses boiseries, l’autel et le retable (XVIIe s.) et cinq statues en bois polychrome dont deux de sainte Brigitte.

La statue de la fontaine est aussi une sainte Brigitte. La sainte honoré e en ces lieux est l’abbesse de Kildare, en Irlande, et non la sainte suédoise. En 1998, la Sauvegarde de l’Art français a accordé 90 000 F pour les maçonneries du clocher, le drainage et la réponse en sous-œuvre, la charpente et la couverture en ardoises." (Fondation Sauvegarde art français)

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Par Couffon :

"CHAPELLE SAINTE-BRIGITTE Jadis à Lannuign en Beuzec-Cap-Sizun, elle fut transportée en 1651 à Traon-Landugentel. C'est un édifice de plan rectangulaire à chevet polygonal et porte ouest de style classique. La longère sud porte deux inscriptions : "V. P.K M. IAN. LE BIS. RECTEVR. 1651" au-dessus de la porte, et "H. H. G. GRIFFOVN. FABRI. 1754" à droite de la même porte. Mobilier : Au maître-autel, retable à colonnes torsadées ; dans le fronton brisé, représentation en bas-relief de sainte Brigitte. Le tableau de la sainte en prière a disparu. Poutre de gloire portant le groupe de la Crucifixion ; au pied de la croix, moniale en prière. Deux statues en bois polychrome de sainte Brigitte. * Fontaine avec bassin rectangulaire, deux colonnettes en nid d'abeilles encadrent la niche. Deux inscriptions : "V. P. M. IAN. LE. BIS. RECTEVR. 1654" sur le fronton, et "MARTIN. LE. PEVOCH. FAB. LAN. 1654" sur l'un des versants de la toiture. (R. Couffon 1988)

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Par Abgrall : "les jeunes mères viennent invoquer sainte Brigitte pour avoir un  lait abondant pour leur nourrisson."

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J'ai visité cette chapelle lors de l'excursion de la SAF en 2016, guidée par madame Andrée Chapalain, présidente de l'Association Culture et Patrimoine d'Esquibien. Mes photos veulent rendre compte de la richesse du patrimoine d'inscription lapidaire d'une part, et des panneaux Renaissance de l'autel, mais aussi de tout ce qui a retenu mon attention.

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Toponymie .
 

(Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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1°) Landugentel 

Formes anciennes attestées :

  • 1540 : Lannuguentel

  •  1541 : Laniguentel

  • 1573 : Languyntel

  • 1624 : Lanuguentel

  •  1752 : Landuguentel

  • 1815 : Landuguentel

  • 1836 : Landugantel

 

 Variantes orthographiques recensées actuellement : (Landugentel ; Landuguentel ; Landuquentel)

 Autres informations sur le sens du toponyme : Lann (pour le sens voir à Landreved -*-) précède ici un élément noté -uguentel en 1540. Ce terme pourrait contenir la racine ugent, vingt, à moins qu'il ne s'agisse en fait d'un élément - gentel, forme lénifiée à l'initiale de Kentel, leçon et par extension bon conseil. Le rajout de la consonne "d" entre Lann- et -ugentel, sans doute pour faciliter la prononciation, est relativement récent dans l'histoire du nom (milieu XVIIIe siècle). Cette consonne n'est pas étymologique.

 

-*-Landreved  :Nom de hameau qui se compose en première position du terme Lann, qui recouvrent deux réalités différentes : un lieu sacré, une fondation remontant au haut Moyen Age, sur laquelle un moine venu d'outre-Manche a établi un ermitage, un établissement religieux ; la deuxième acception est "lande", terrain pauvre où pousse notamment l'ajonc (qui se dit Lann en breton), toutefois d'une très grande utilité autrefois (en raison de l'exploitation de cette plante pour l'alimentation des chevaux). Le sens du Lann qui nous intéresse ici sera plutôt religieux." (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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2°) Chapel Santez Berc'hed

 Formes anciennes attestées :  1836 : Chapelle Sainte-Brigitte

 Variantes orthographiques recensées actuellement : (Chapelle Sainte Brigitte)

 "Autres informations sur le sens du toponyme : Cette chapelle, chapel en breton, se situe au village de Landugentel (pour le sens voir à cette entrée) elle se trouvait autrefois près du village de Lannuign en Beuzec et fut transférée à Esquibien en 1651. Santez veut dire sainte et Berc'hed, correspond à la forme française "Brigitte", protectrice de l'Irlande, qui fut abbesse du monastère de Kildare au VIe siècle, et dont le culte est relativement répandu en Bretagne. Sur Beuzec-Cap-Sizun les bretonnants prononcent Santez Berc'hed avec un B à l'initiale mais sur la commune d'Esquibien nous avons collecté, deux autres prononciations, Berc'hed mis à part, [santez verc'hed] avec mutation par lénition de B en V et [santez perc'hed] par renforcement de B en P. C'est sous dernière forme que l'on retrouve le nom dans Loperc'hed, commune du Finistère, mais également sous la plume de H. Le Carguet dans un article sur les saints du Cap-Sizun publié dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère en 1899. Dans le doute sur la forme légitime nous conserverons la forme classique du nom qui de surcroît est celle la plus utilisée." (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES DE LA PORTE SUD.

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Les élévations de la chapelle sont en pierres de taille d'un granite clair, ou leucogranite encore nommé "granulite" : c'est celui qui est largement utilisé pour les bâtiments d'Esquibien (ou, plus largement, du Cap Sizun). Il pourrait être d'extraction locale, et les géologues soulignent sa clarté liée à sa richesse en muscovite :

"Leucogranite à muscovite et biotite de la pointe du Raz—Quimper. Le granite de la pointe du Raz—Quimper représente l'extrémité occidentale de la bande granitique de la pointe du Raz—Nantes (J. Cogné, 1957); il apparaît dès la pointe du Raz, constitue l'armature méridionale du Cap-Sizun (Plogoff, Primelin, Esquibien) avant de s'enfoncer dans l'intérieur des terres à partir de Plouhinec, en formant un vaste plateau qui occupe le centre de la feuille (Plouhinec, Plozévet, Landudec). En dehors des anciennes carrières au Nord-Ouest de Plouhinec et au voisinage de Plozévet, ce sont des affleurements en bordure de Goyen (Guiler, Mahalon, Audierne) et sur la côte entre l'anse du Cabestan et la plage de Guendrez qui sont les plus accessibles. Il s'agit d'un granité clair beaucoup plus riche en muscovite qu'en biotite et à grain millimétrique. Ces caractères sont assez constants, dans l'ensemble du massif ." (carte géologique)

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La porte en plein cintre voit ses piédroits ornés de petits chapiteaux à croisillons.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription au dessus de la porte. 1651.

Elle occupe un double cartouche à réglure par moulure et les lettres (en réserve et non gravées, comme c'est  la règle) sont en belles majuscules à empattement, avec  une I est perlée, et deux lettres conjointes VR. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points, en forme de losanges.

Les chiffres de la date sont particulièrement élégants.

On lit :

V : P : M : IAN : LE

BIS : RECTEVR / 1651 .

soit "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis, recteur l'année 1651" .

La formule nobiliaire VPM plutôt que VDM (vénérable et discret) n'est pas courante.

Jean Le Bis a été recteur d'Esquibien de 1633 à 1669. Il a également inscrit son nom sur la fontaine, et sur le calvaire Sainte-Edwett près de Landrevet.

 

Le nom Le Bis est attesté à Goulien au XVIIe siècle.

 

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription à droite de la porte.  1754.

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L'inscription "H. H. G. GRIFFOVN. FABRI. 1754" prolonge et complète plus d'un siècle plus tard l'inscription précédente à droite de la porte, témoignant d'une probable restauration au XVIIIe siècle.

Elle s'inscrit en majuscules avec des losanges entre les mots.

Il faut lire "Honorable Homme G. GRIFFOUN, fabricien en 1754". 

Il faut selon toute vraisemblance identifier ce personnage avec Guillaume (LE) GRIFFON, né le 16 mai 1692 à Keréyoc'h 'Esquibien) et décédé le 5 février 1779 ... à Landuguentel.

Il avait épousé le 13 février 1719 Marguerite PELLAE (Kersigneau Plouhinec 1698-Landuguentel 1766), dont onze enfants  entre 1720 et 1742-1743. Ses 4 fils Jean, Guillaume, René et Alain étaient témoins à son décès.

Mais il peut aussi s'agir de son fils Guillaume LE GRIFFON, né le 25 mai 1729 à Esquibien, décédé le 26 novembre 1779 à Kervréac'h (Audierne). Il avait épousé le 28 août 1758 Marie CARADEC (1724-1779), dont 4 filles de 1759 à 1766 : seule la dernière, Thérèse, est né à Landuguentel.

En 1754, il était célibataire et âgé de 25 ans. Je pense que son père, âgé alors de 62 ans, est un meilleur candidat pour notre fabricien. Le qualificatif Honorable Homme laisse supposer qu'il était marchand .

 

https://gw.geneanet.org/mlappart?n=griffon&oc=1&p=guillaume

https://gw.geneanet.org/mlappart?lang=fr&pz=martine&nz=lappart&p=guillaume&n=le+griffon

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription de l'angle du mur ouest à droite de la porte, 1651.

P CORNOV F : 16 / 51

Soit "P. CORNOU Fabricien en 1651".

Un Pierre CORNOU est né le 26 février 1637 à Audierne et décédé le 20 avril 1691 à Esquibien. Il avait épousé Marie KERISIT le 17 février 1670.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=cornou&oc=2&p=pierre

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LE CLOCHER ET LA CLOCHE.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscriptions de la chambre de la cloche :

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1°) Dans un cartouche à moulure, en lettres capitales, :

LE : Sr : KOVARNE / FAB

Soit : "Le sieur Kouarne, fabricien"

Nous pouvons supposer qu'il s'agit de Le SCOUARNEC. Le nom est attesté à Esquibien

https://gw.geneanet.org/cricroc?n=le+scouarnec&oc=&p=jean+marie

2°) Au dessus, en couronnement de la chambre des cloches  :

M. MAVRICE : CALONEC  / RR 17--

S'il faut lire Le Calonnec, le nom n'est pas attesté en Cap Sizun.

Il s'agit, selon une mention manuscrite de la Notice du BDHA, de Maurice ou Marc Le CALONNEC recteur d'Esquibien de 1704 à 1711.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La cloche.

Elle a été faite par la fonderie Ferrand de Vannes (sur laquelle je n'ai pas de renseignements). Le médaillon représente une sainte (la Vierge) piétinant des serpents.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LA FONTAINE de 1654.

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"La fontaine Sainte-Brigitte a été bâtie en 1654, soit trois ans après le déplacement de la chapelle qui lui est associée à son emplacement actuel. On trouve cette date portée à trois reprises sur l’édicule : sur le pignon sud, le pan est du toit et le côté sud-est du bassin.

On doit sa construction à IAN LE BIS (recteur d’Esquibien entre 1633 et 1669) dont le nom, accompagné d’un calice en saillie, surplombe l’ouverture et apparaît également sur le mur sud de la chapelle. Le second nom présent sur l’édicule est porté sur le pan est du toit : MARTIN : LE : PEVOCH : FAB.

Notons qu’au moment sa construction, une stèle gauloise christianisée a été intégrée à l’angle sud-ouest de son bassin.

Elle est aujourd’hui bien entretenue et régulièrement fleurie." (Fabien Serre 2019)

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Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription du fronton, coté sud. 1654.

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L'inscription est disposée autour d'un calice, comme emblème ecclésiastique.

V : P : M : IAN : LE

BIS : RECTEVR / 1654

soit "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis, recteur, l'an 1654".

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Je n'ai pas photographié l'autre inscription : MARTIN : LE : PEVOCH : FAB.

soit "Martin Le Peuoch fabricien"

Les généalogistes signalent Martin Le PEOC'H, né à Kersorn (Esquibien) vers 1714 et décédé le 15 mars 1679 à Esquibien. Il avait épousé Marie GOURRET, dont 5 enfants nés entre 1637 et 1648 à Audierne.

Kersorn n'est guère éloigné de la chapelle.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=peoch+le&oc=&p=martin

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=peoch+le&oc=&p=martin

Le mariage de sa fille Marie à Primelin avec l'honorable homme René Bourdon en présence d'Yves du Ménez, seigneur de Lezurec, montre que Martin Le Peoc'h occupait une belle situation sociale;

https://gw.geneanet.org/mjcoat?lang=fr&pz=olivier&nz=coat&p=marie&n=peoch+le&oc=1782

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Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE.

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L'autel.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La statue de sainte Brigitte, son livre et son mouton.

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La sainte de Kildare est représentée en habit monastique, tenant un livre, et avec un animal à ses pieds. Je l'identifie pour un mouton, en raison de la croyance en son pouvoir d'accorder à ceux qui la prie un cheptel d'ovins. Elle tenait sans doute le crosse d'abbesse dans la main droite.

On lit dans le Cogitosus :

"Je détaille ici un autre épisode qui prouve sa sainteté; épisode dans lequel ce que sa main fit, correspondait à la qualité de son esprit virginal pur. Elle faisait paître ses moutons sur une pelouse herbeuse de la plaine, quand elle fut inondée par une pluie torrentielle ; elle rentra chez elle avec des vêtements mouillés. Le soleil brillant au travers d’une ouverture dans le bâtiment, jeta un faisceau à l'intérieur qui, lors d’un coup d'œil distrait, lui sembla être une solive en bois massif, installée en travers de la maison. Elle posa son manteau humide dessus comme si elle était bien solide, et le manteau fut suspendu en toute sécurité au rayon de soleil immatériel. Lorsque les habitants de la maison furent frappés par ce grand miracle parmi les voisins, ils exaltèrent l’incomparable Brigitte de dignes louanges.

Et l’œuvre suivant ne doit pas être passé sous silence.

Sainte Brigitte était dans les champs avec des moutons en pâturage, occupée par ses travaux champêtres, quand un certain jeune méchant, qui connaissait sa réputation de donner ses biens aux pauvres, vola habilement et sournoisement puis emporta sept moutons durant une journée, et les dissimula. Mais vers le soir, quand le troupeau fut reconduit comme d'habitude à la bergerie, on les compta avec le plus grand soin trois ou quatre fois, et merveille à raconter, le nombre fut estimé exact et complet, sans pertes. Ceux qui savaient, furent submergés par la bonté de Dieu rendue évidente pour la jeune fille, et ils rendirent les sept moutons au troupeau. Mais le nombre de bêtes du troupeau n’augmenta ni ne diminua, il retrouva exactement sa quantité d'origine."  http://remacle.org/bloodwolf/eglise/cogitosus/brigitte.htm

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'autel et son retable sont posés sur un tour d'autel composé de huit panneaux rectangulaires d'un style et d'une composition homogènes, tous centrés par un médaillon, et tous ornés d'un décor Renaissance. Les couleurs bleu, rouge, vert-pâle ou crème sont ternes ou atténuées et contrastent avec le retable.

Cette homogénéité s'explique lorsque l'on apprend (A. Chapalain) que ces panneaux proviennent de l'ancien jubé paroissial. Celui-ci fut démonté après le Concile de Trente, et les panneaux furent ré-employés dans l'église pour une tribune de fond de nef, et pour cet autel.

Leur facture les datent vers 1550 (c'est à cette date, selon Debidour, que les jubés introduisirent le vocabulaire Renaissance dans leur décor), tandis que le Concile de Trente s'est achevé en 1563.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'inscription du cartouche. L'énigme du nom du fabricien.

Alors que la tribune de l'église ne comporte aucune inscription (malgré deux cartouches muets au dessus des navires), nous avons ici un cartouche, imitant un rouleau aux extrémités enroulés en cornets (comme ceux de l'église) qui porte une inscription gravée. Hélas, la partie haute est partiellement masquée par une baguette ajoutée en encadrement. 

La fin de l'inscription indique que nous avons affaire au nom du fabricien : F/ABRIC.

La deuxième  ligne se lit ENIQV : (ou ENIOV:)

L'exemple du mot "fabric" montre que le sculpteur n'hésite pas à couper les mots. 

La première ligne résiste à mes tentatives. 

Au total, j'ai pensé à LE NIOU, mais ce nom n'est pas attesté à Esquibien. DENIOU, PENIOU, RENIOU, GUENIOU ?

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Introduction : la Renaissance en Bretagne.

L'art ornemental de la Renaissance, d'origine italienne, est apparu très précocement en Bretagne, dès 1507, à Dol-de-Bretagne pour le Cénotaphe de l'évêque Thomas James sculpté par Jean Juste.

On y trouve déjà, en bas-relief, les dauphins, les putti, les mascarons, les lions et les dragons à corps végétalisés, les vases, les grotesques et les faunes, les bucranes, les rinceaux extravagants et les rubans ou linges suspendus, les coquilles, les figures accouplées par le cou ou la queue par un anneau, les cornucopia, les cartouches rectangulaires inspirés des ruines romaines, et, bien-sûr, les médaillons. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/08/le-cenotaphe-de-thomas-james-dans-l-ancienne-cathedrale-de-dol-par-jean-juste-et-1507.html

Tout semble organiser pour dissoudre les frontières entre terrestre et aérien, entre l'humain et l'animal, entre espèces animales, qui sont hybridées, et entre animal et végétal, puisqu'on ne n'y trouve aucune figure qui ne mêle pas ces différents genres. D'où naît une confusion illusionniste  enivrante, entretenue ou accentuée par les volutes de tous genres (tiges, queues, étoffes) qui tournoient autour des figures. La référence à l'antique, et le rôle de modèle des décors découverts à la fin du XVe siècle dans la Domus Aurea, y est évident. Or, la date de 1507 est fort précoce pour l'expression de cet art grotesque en France (et même en Italie, les Loggias du Vatican sont plus tardives, entre 1516 et 1519).

L'art de la Renaissance s'exprima un peu plus tard sous l'influence de François Ier libéré des prisons de Charles Quint à Fontainebleau, par les peintures, panneaux de bas-relief en bois et encadrements en stuc déterminant l'art ornemental bellifontain vers 1530.

La Première Renaissance bretonne débute réellement vers 1560. La chapelle Sainte-Yves de Kerfons en relève (1553-1559), tout comme le tombeau de Guy III d'Espinay, conçu par l'angevin Jean de l'Espine en 1552-1553. Le château de Kerjean en Saint-Vougay (1550-1580) en donne une magistrale expression, tant pour l'architecture que pour la sculpture sur bois des sablières (v.1580)

L'influence des ornemanistes bellifontains est précisément évidente dans les sablières de Kerjean, attribuées au Maître de Pleyben actif, à Pleyben, Plomodiern Saint-Divy, entre 1560 et 1580, et cette influence se reconnaît notamment par les cuirs à enroulement des cartouches.

Un autre sculpteur de sablières, que j'ai nommé Maître de Plomodiern (S. Duhem le nomme Brellivet), a multiplié les éléments Renaissance particulièrement par les figures hybrides et dragons végétalisés, à Plomodiern, et à Saint-Nic, mais aussi — ce qui nous concerne d'avantage ici — dans le Cap Sizun à Pont-Croix à la chapelle Saint-Tugen de Primelin ou à la Chapelle Saint-Trémeur de Beuzec-Cap-Sizun. Il est actif entre 1544 et 1564 environ.

Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

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Enfin, les sablières de l'église d'Esquibien n'échappent pas à cette influence de l'art de la Renaisssance.

 

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Les panneaux de gauche (mauve et vert céladon).

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— Panneau 1 : médaillons à motif floral ou à étoffe plissée en éventail, losanges à masques aux cheveux et barbes végétalisés.

— Panneau 2 : dauphins affrontés à corps végétalisés en volutes ; coquille dans un temple stylisé ; mascarons barbus à corps végétalisés, affrontés; rinceaux ; médaillon central bûché, repeint en bleu cobalt.

— Panneau 3 : rinceaux affrontés ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; paire de dauphins affrontés à corps végétalisés, autour d'une vasque et de tiges.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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— Panneau 4 : 2  losanges à masques aux cheveux et barbes végétalisés, médaillon central bûché repeint en bleu cobalt, 2 couples de dauphins à corps végétalisés et queue enrubannée. Notez le cadre des losanges orné d'encoches en I I . I I . par marques de gouges droites et de trous de foret, comme dans les sablières du Maître de Plomodiern.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Panneaux à droite de l'autre coté de l'autel.

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— Panneau 5 (rouge brique et vert) : masque crachant des feuillages dans une architecture antique à arc en plein cintre ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; rinceaux affrontés.

— Panneau 6 (bleu pâle et vert) : rinceaux ; cartouche en feuille à bords enroulés et inscription ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt.

— Panneau 7 (blanc crème et vert) : couple de dauphins séparé par un fleuron ; coquille dans un arc en plein cintre ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; mascarons de profil, affrontés autour d'une tige, et à corps végétalisé.

— Panneau 8 : (mauve pâle et vert) : demi-médaillon à plissé rayonnant ; losange à mascaron ; médaillon intact, à mascaron de face ;  losange à mascaron  ;  demi-médaillon à plissé rayonnant.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Discussion sur les médaillons.

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Il reste à s'interroger, avec André Chapalain, sur le contenu des médaillons qui ont été bûchés (ôtés à coup de ciseau à bois). Il persiste sur certains d'entre eux les traces d'implantation qui ne remplissent qu'une partie du cercle, comme le ferait un élément en haut relief ou demi-relief, tandis qu'un élément en bas-relief (comme les mascarons du panneau 8) laisseraient une surface bûchée se confondant avec le médaillon.

Les éléments sculptés en haut relief des médaillons sont le plus souvent, en Italie comme en Bretagne, des têtes d'hommes et de femme; Ce sont ces visages, en costumes Renaissance, qu'on voit sur les dais des bénitiers en kersanton des trumeaux des porches de La Roche-Maurice vers 1530-1550 ou de Landivisiau,

Bénitier du portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

 

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Mais pour quelle raison les têtes des médaillons d'Esquibien ont-ils été si soigneusement bûchés ? Il est probable que cela ait eu lieu lors de la Révolution. Il y a 12 panneaux sur la tribune d'Esquibien, 8 panneaux à Sainte-Brigitte, et 6 autres n'ont pas été ré-employés. Ce chiffre total de 26 panneaux s'oppose à l'hypothèse de portraits ou de blasons nobiliaires ou de personnalités connues (armateurs et marchands). S'il s'agissait de saintes figures (apôtres et prophètes), pourquoi auraient-ils, plus qu'ailleurs, provoqué la rage iconoclaste? S'agissait-il de figures offensantes pour la pudeur ou la bienséance ? 

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La poutre de gloire.

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Outre le Crucifié , la Vierge et saint Jean, il est émouvant de trouver au pied de la Croix sainte Marie-Madeleine agenouillé, avec son manteau rejeté sur les pieds en un vaste plissé. Émouvant, car c'est exactement la reprise des calvaires du Finistère sculptés en kersanton par les ateliers de Landerneau (Bastien Prigent à Pencran Saint-Ségal, Ste-Marie-du-Ménez-Hom et Lopérec puis Roland Doré, à Ste-Anne la Palud par exemple.

D'autant que le calvaire de Sainte-Anne-la-Palud est daté de 1642.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les blochets et leur inscription.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'inscription du blochet sud : 

V:P : M : I : BIS 1652.

 

Soit, pour la 3ème fois, "Vénérable et Puissant Messire I. Bis 1652" donc "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis 1652".  

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PEYRON (Paul) 1909, Notice sur Esquibien, BDHA page 88

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f096b4a373bfb45f5ec65f9f1a363fcf.pdf

— CHAPALAIN (Andrée), 205, "La tribune de l'église Saint-Onneau", Reuz en Esquibien, bulletin n°13 de l'Association Culture et Patrimoine pages 10-13.

—COUFFON, (René), LE BARS, (Alfred), 1988, Notice sur Esquibien. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

—LE CARGUET (Hyacinte) 1899 « Les chapelles du Cap Sizun. Les saints et les migrations insulaires », Bull. SAF t. XXVI, 1899.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1899_0128_0142.html

— MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

— PERENNES (Chanoine Henri), Esquibien, 1940, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon dans, Bulletin de la Commission diocésaine d'histoire et d'archéologie de Quimper. 1940 Archives diocésaines de Quimper

— SAUVEGARDE DE L'ART FRANÇAIS

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/esquibien-chapelle-sainte-brigitte-de-landuguentel/

— SERRE (Fabien), 2019, La fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte, notice de l'Inventaire IA29132241.

Base patrimoine.bzh/ GERTRUDE

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/fontaine-sainte-brigitte-landugentel-esquibien-fusionne-en-audierne-en-2016/4e01571b-c11a-4305-b190-aef1fa5bc188

— DUCOURET (Jean-Claude), SERRE (Fabien), la chapelle Sainte-Brigitte

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-sainte-brigitte-landuguentel-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/d30c2bb2-c7c8-46a3-a75a-61e93d4c38d9

idem, annexe de 1978 :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006373_01.pdf

— AUTRES NOTICES DE L'INVENTAIRE GENERAL :

L'église paroissiale d'Esquibien

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

Les croix d'Esquibien

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/les-croix-monumentales-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/9f709254-5bd3-419f-a0b5-3f6b874d1889

Calvaire Sainte-Edwett

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-sainte-edwett-pres-de-landrevet-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/4a817000-9485-4d46-bc4e-00d8302de810

Calvaire Sainte-Edwett, près de Landrevet (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale dite croix neuve (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, Trévenoen (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Keraudierne (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kerboul (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kerhuon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kervéoc (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Les écarts d'Esquibien

Ecart, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kerandraon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kergadou (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kerhuon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Pors Feunteun (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Trobey (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Tromao (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison puis dépendance, Kervreac'h (Audierne)

Maison, Brignéoc'h (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Keridreuff (Audierne)

Maison, Landrévet (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Le Créac'h (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Lervily (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Cosquer Bihan (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Kerivoas (Audierne)

Écart, Pors Feunteun (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Tromao (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)


 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/croix-monumentale-trevenoen-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/df918a4a-e0ff-48fc-bbc3-c43c574c541f

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ecart-cosquer-bihan-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/0e3341f1-4dc9-4d3d-8a78-17292fb5681f

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/maison-le-creac-h-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/6c0204b9-dbcf-4a8c-b966-3aa4e9c5d6c0

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ecart-tromao-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/c1ea5308-7ccb-497c-b21d-04dbfb0b541f

— TOSCER 1985 et TUGORES 1978,

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA29132241_01.pdf

— Carte géologique de la France : Pont-Croix.

http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0345N.pdf

Etude normative des toponymes. Esquibien. (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

https://p1.storage.canalblog.com/25/87/986343/118848816.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculpture Renaissance Inscriptions
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 20:50
Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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8 rue des Écoles : encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en anse de panier à accolade, chronogramme 1646, piédroits chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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[12] rue des Écoles. élévation en moellon, ouvertures en pierre de taille (microdiorite quartzique). Porte en anse de panier à linteau souligné d'un bandeau. Bords chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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En passant : 7 rue des Écoles. Prix spécial pour la pancarte "chien gentil".

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DU FORT.

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Le 1 (?) rue du Fort : encadrement de porte en kersantite, porte cintrée à claveau, chronogramme 1695.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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3 rue du Fort : encadrement de  fenêtre en microdiorite quartzique et kersantite. Bords chanfreinés ornés aux pieds d'une hermine ou animal à préciser.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DE LA GRÈVE.

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7 rue de la Grève. Encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en trois blocs en anse de panier à accolade. Piédroits chanfreinés ornés à la base d'hermines.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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13 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en microdiorite quartzique et kersantite , linteau droit chanfreiné,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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17 rue de la Grève. Encadrement de porte  en microdiorite quartzique  , linteau droit à accolade,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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19 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en  kersantite , linteau droit; mention spéciale pour les jardinières.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA GRAND'RUE.

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17 Grand'rue. Trois blocs gravés. Kersantite 1699 (?) ; granite 1956 ; monogramme TB. 

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Ma description est très loin d'être exhaustive, on la complétera par les photographies prises par Erwana L'Haridon, et surtout, on partira à son tour en visite pour faire ses propres trouvailles.

Dans la campagne, de belles découvertes sont à faire, avec les chronogrammes 1651 ; 1745 ; 1749 ; 1780 ; 1806 ; 1834 ; 1855 ; 1857 ; 1866 ; 1869 ; 1870 ; 1892 ; 1894 ; 1925, en suivant les indications d'Erwana l'Haridon..

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SOURCES ET LIENS.

L'HARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

L'HARIDON (Erwana), 2011, Les fermes et maisons des écarts de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-fermes-et-maisons-des-ecarts-de-lanveoc/f5fc487d-2ebe-426b-84ce-494984cee580

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:26
14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'inscription de la fenêtre du rez-de-chaussée, coté est. Kersantite, 1694.

Le bloc de kersantite est creusé d'un cartouche rectangulaire à deux demi-cercles aux extrémités et un aménagement pour la croix. Les lettres sont taillées en réserve en majuscules aux empattements élargis. Elles sont rehaussés par la peinture bleu-gris.

On y lit :

IHS.1694.MARI

Le monogramme IHS où le H est surmonté d'une croix est celui de IESUS ( précision sur Wikipedia).

Le monogramme MARI où le M, le A sont superposés et où le fût du M et celui du le R sont confondus  est l'une des formes de celui de MARIA, désignant Marie, la Mère de Jésus.

Ces deux monogrammes sont des indices sérieux pour penser qu'en 1694, cette maison était la demeure d'un prêtre (ou d'une religieuse). Ce ne peut être le recteur puisque Lanvéoc était une paroisse de Crozon jusqu'en 1862. L'ancienne chapelle Saint-Joseph, du XVIe siècle, a alors été remplacée par celle dédiée à sainte Anne en 1872. Elle renferme des statues de la Vierge à l'Enfant, de sainte Anne éducatrice ou de saint Joseph datant (comme notre inscription) du XVIIe siècle.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La date de 1694 n'est pas anodine puisque c'est celle de la Bataille de Camaret, qui vit la tentative de débarquement des forces anglaises sur la plage de Trez Rouz être repoussée par les troupes françaises dirigées par Vauban.

Lanvéoc est située sur la route royale de Nantes à Brest et c'est de son port que les voyageurs et les marchandises prenaient le bateau (une gabarre d'une douzaine de mètres) pour traverser la rade.

C'est donc par Lanvéoc que passèrent le 9 juillet 1686 (8 ans avant notre chronogramme) la délégation venue du royaume de Siam pour rencontrer Louis XIV à Versailles.

Cette situation sur un grand axe de communication a déterminé l'organisation en rue-village en T avec la succession d'une vingtaine de maisons dans la descente de la Grand'Rue (au XIXe Rue Nationale), venant buter sur un front de façades plus court donnant vers les chemins descendant vers le port (actuelle Rue de la Grève et Rue du Fort). C'est là que se trouvent encore des vestiges ou les pierres importées des maisons du XVI et XVIIe début XVIIIe, principalement sous la forme de baies en kersantite et microdiorite quartzique ("kersanton" et "pierre jaune de Logonna") dont on se plait à observer l' ornementation sculptée  : ici  une accolade, un chanfrein, une moulure, là les volutes et coeurs sur les linteaux, les griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroit. 

Le cadastre napoléonien de 1833 montre 12 maisons du coté ouest de la Grand'rue et autant du coté est, avec à l'arrière un courtil ou une dépendance. Le bourg comptait en 1786 350 habitants, des marins, pêcheurs, cultivateurs et artisans. Le chiffre passa à  328 habitants en 1830, , 394 en 1862 et 400 en 1871.

La chaussée étant empruntée par des cavaliers, des colonnes de troupes, des convois, des charrettes et des diligences, la voie principale du bourg est très large. Sa largeur répond aux normes des routes royales : 42 pieds de large, soit 13 mètres.

En 1786, Jean-Marie Bachelot de la Pylaie décrit les maisons de la grand'rue : "On y trouve une rue large, d'une certaine longueur, droite, bordée sans interruption de maisons couvertes en ardoise qui ont presque toutes un premier étage au dessus d'un rez-de-chaussée. On en remarque même qui ont une certaine apparence nobiliaire et paraissent remonter au 15e ou 16e siècle." 

Les enseignes visibles sur les  cartes postales confirment l'intuition que les commerces d'alimentation, auberges et tavernes devaient être nombreuses. (Boulangerie ; Buvette ; Leostic, on vend à boire et à manger : Au retour de Brest).

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Comparaison entre la carte d'Etat-Major 1820-1866 et la carte IGN actuelle.

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Les inscriptions lapidaires des maisons de Lanvéoc II. Les dates de 1694 et 1752 au 14 Grand'rue.

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L'inscription de la fenêtre médiane de l'étage. Kersantite 1752.

F : D : 1752 : A : B :

Les initiales ne peuvent être interprétées, mais la date de 1752 indique soit la construction d'un étage, soit une restauration de l'édifice et le percement d'une ouverture.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La porte et son encadrement de kersantite.

Le linteau en anse de panier est sculpté d'une accolade.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le propriétaire actuel : monsieur François Jestin.

Tandis que je prenais mes photos, le propriétaire (que j'assimile au nom indiqué sur la boite à lettres) est apparu, intrigué,  à la fenêtre. Nous avons discuté de cette inscription, puis il m'a signalé que la maison était jadis un magasin. "Attendez, je vous prends en photo". Il m'a quitté sur un "Bon, je retourne écrire", et son sourire fut comme le passage éphémère d'une amitié. Qu'il en soit remercié.

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Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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SOURCES ET LIENS.

— LHARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

— BDHA

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b798ad57b246d6b0cc6ec8e4596ca9fc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 21:22

Sur l'inscription lapidaire  Anne FOLGAR / LE BEULIN 1730 du bourg de Lanvéoc.

 

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Sur Lanvéoc, voir :

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Sur les inscriptions lapidaires de la Presqu'île de Crozon, voir :

Liste de mes 150 articles sur la presqu'île de Crozon.

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Sur la façade de l'actuel bar restaurant La Rade, à Lanvéoc, mais non sur sa façade principale,   1 rue de la Grève, orientée sud, mais sur celle de l'étroite rue du Fort, face à l'ouest. Elle n'a pas fait l'objet d'une description approfondie en ligne, mais d'un signalement et d'une photo dans le travail d'Erwana L'Haridon recensant le bâti du bourg pour l'Inventaire général. [J'ai eu accès plus tard à l'ouvrage de Marcel Burel Roscanvel d'un village à l'autre. qui y consacre ses pages 217-218.]

Dans ce travail, l'inscription est qualifiée de pierre de réemploi ; mais quelle curieuse idée de ré-employer une si belle pierre dans un emplacement adjacent. Et si, comme nous allons le voir, cette pièce appartient au patrimoine de mémoire de Roscanvel, que vient-elle faire ici ? Selon M. Burel, interrogeant le propriétaire du restaurant, c'était le linteau d'une des fenêtres de l'ancien établissement, détruit pendant la guerre de 39-45.

Malgré sa situation, elle est visible à tous les habitants de la commune, et à tous les visiteurs qui viennent admirer la place, centrée par son puits joliment fleuri. Comment son libellé a-t-il pu  susciter si peu d'intérêt ? Comment sa petite énigme n'a-t-elle pas excité d'avantage la curiosité?

Elle porte mention (certes en abrégé) d'un pilote vice-amiral. Ce titre est-il si connu, cette profession si banale pour nos contemporains ? Alors que tout au contraire, elle relève de cette ethnographie maritime, discipline jadis  en vogue grâce à Bernard Cadoret et son  équipe du Chasse-Marée, qui devrait veiller jalousement à ses trésors indiciaires.

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Description.

Ce bloc tout en longueur est sculpté dans la pierre jaune de Logonna ou microdiorite quartzique provenant de la rade de Brest, en face de Lanvéoc. C'est elle qu'on voit  utilisée à Lanvéoc, en mélange contrastée avec la kersantite de ton gris, pour les linteaux et entourages de portes et fenêtres du XVIIe et XVIIIe siècles, puisque le grès local ne se prête pas à la sculpture.

Ses caractères majuscules sont taillés en réserve sur deux lignes dans un cartouche dont les 4 bords nous assurent qu'elle est complète. Elle a bien résisté à l'altération, et sa lisibilité est bonne. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points.

Mensuration : longueur 135 cm, hauteur 26,5 cm. Hauteur des lettres de la première ligne : 10 mm. De la deuxième ligne : 8 à 9 cm.

Le mur est enduit tout autour  d'un crépi de ciment, mais le chaînage d'angle laisse voir la pierre de Logonna, comme l'appareillage de la façade sud.

 

 

 1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Son texte est le suivant :

NH : LE : BEVLIN : PV : AMIRAL

DLLE : ANNE : FOLGAR : 1730

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Sa transcription en est : Noble Homme LE BEULIN Pilote Vice-amiral / Demoiselle Anne FOLGAR 1730.

L'une des  branches de la deuxième lettre V a été martelée, volontairement ou non.

Cette transcription s'appuie sur la copie, par un généalogiste consciencieux Poirrier78, de l'acte de mariage  de Jeanne Folgar avec Bernard LELIAS, précisément en 1730 :

Acte de mariage - Lélias Bernard - Folgar Jeanne - Roscanvel - 1730 - Copy - Le seisième janvier mil sept cent trente après les fiancailles faites en face d'église et les trois proclamations des bans sans opposition par trois dimanches consécutifs du futur mariage entre Maître Bernard Lelias fils de défunts Yves Lelias et Jeanne Anthoine de la paroisse de Camaret d'une part, et demoiselle Jeanne Folgar fille de défunts le sieur Pierre Folgar, et demoiselle Marie Lozeach de cette paroisse de Roscanvel de l'autre part, et vu le décret de mariage en faveur de la dite Janne Folgar par messieurs les juges de Crauzon en datte du trente unième octobre mil sept cent vingt et neuf. Les ayant publiquement interrogé de leur mutuel consentement par paroles de présent, je soussigné pretre recteur de Roscanvel les ay conjoints en mariage solemnellement en présence de noble homme Jan Lozeach Sieur de Trevarguen, de noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest, de Jan Folgar, de Jan Longen, de Charles Souben.

Signé : Bernard Lelias Janne Folgar Le Mignon Beulin pilote amiral Jean Lozeach Jean Rolland Jean Longen Charles Souben Jean Folgar Jean Souben Lélias

 

https://gw.geneanet.org/poirrier78?lang=fr&n=folgar&oc=1&p=jeanne

 Le mariage a été célébré le 16 janvier 1730 à l'église de Roscanvel par son recteur, et les témoins étaient Jean LOZEACH sieur de Trévarguen et oncle maternel de l'épouse, et noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest.

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1. Jeanne FOLGAR 1714-1754.

Jeanne FOLGAR est née à Roscanvel le 22 août 1714 de Pierre FOLGAR (Camaret avant 1689-Roscanvel entre 1714 et 1730) et Marie LOZEACH, demoiselle de Kerveguen (Roscanvel v.1683-Kervian, Roscanvel le 8 décembre 1747). Son grand-père Jean FOLGAR était un honorable marchand de Camaret. Son oncle maternel est, nous l'avons vu, Jean LOZEACH, sieur de Trévarguen à Roscanvel

Il est tentant de l'assimiler à "Anne FOLGAR".

Les deux lieux-dits (manoirs) de Trévarguen et de Kervian à Roscanvel sont séparés de 2 km.

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Voir  les fermes et écarts de Roscanvel.

 

2. Bernard LELIAS 1704-1768.

Bernard LELIAS est né le 10 octobre 1704 à Camaret, dans le quartier du Notic principalement habité par des pêcheurs, armateurs et marins, puisque les maisons donnaient sur la grève, des escaliers faisant office de cale à marée haute. C'est également au Notic qu'il est décédé, veuf, à 63 ans, le 16 février 1768. Son père Yves était ménager à Camaret, sa mère Jeanne ANTHOINE (1668-1728) est née et décédée à Camaret.

Il était capitaine du guet, c'est à dire chargé de la police municipale (ou, à l'époque, paroissiale). Voir à Landévennec la maison de Nicolas BUZARE, né vers 1642 à Trégarvan  et décédé le 9 février 1710 à Landévennec, qui était également Maistre, Capitaine de la paroisse de Landévennec, mais aussi Bourgeois, Sénéchal de la juridiction de Landévennec et Noble marchand. 

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N.B un homonyme, maître Bernard Lélias est  notaire de Crozon entre 1724 et 1744.

Le couple eut six enfants entre 1730 et 1747, dont Clotilde, qui épousa en 1764 à Camaret Jean-Marie PERON.

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3. Bernard LE BEULIN.

Selon la généalogie de Gilles Carichon  il est né en 1667 à Roscanvel de Jean Le BEULIN et de Marguerite HARVEL. Ses grands-parents paternels sont Hervé LE BEULIN, notaire de Crozon et du Poulmic en 1674, 1681   et Marie LE TREUT.

Les généalogistes signalent aussi Hervé LE BEULIN, né en 1667,  pilote, marié à Marie LE HOU en 1680.

Les familles LE BEULIN et HARVEL sont connues à Roscanvel, comme la famille TANIOU, pour appartenir au XVIIe siècle à ces familles possédant des manoirs ou riches demeures dans le bourg (Taniou en 1618, Le Beulin) et issues de ces patrons de barque, bateliers, canotiers ou chaloupiers principalement établis à Lanvernazal. Voir Lénaïg Laot, Inventaire général.

Les restes d'un manoir au Gouerest, qui aurait  appartenu à Bernard Le Beulin sont décrits par 2 sites en ligne :

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/roscanvel/manoirs-001.php

http://inventaire.eau-et-rivieres.org/media460

Mais les documents soutenant ces allégations ne sont pas fournies.

J'ai décrit les mentions épigraphiques témoignant de la prospérité de la famille HARVEL tant sur le clocher et le porche de l'église  paroissiale (1686) que sur leur manoir de Lodoën, portant les noms de Henri HARVEL et GUEGUENIAT en 1617 et 1622

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/l-eglise-de-roscanvel-son-epigraphie-ses-cloches-et-ses-vitraux.html

 

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Qu'est-ce qu'un pilote vice-amiral ?

Là encore, les renseignements doivent être piochés ici ou là .

La Marine de l'Ancien régime est divisé entre Grand Corps, (uniforme rouge), portant l'épée, et Petit Corps (ou Officiers Bleus). Parmi ceux-ci, qui sont depuis l'ordonnance de 1689  les Officiers de Port, on distingue les officiers de plumes (intendant, commissaires, écrivain) et les officiers mariniers : capitaine du port ses lieutenants et enseignes, Pilote Royal, pilote entretenus, Maître Canonnier, Canonniers entretenus, Maîtres d'équipage, Maîtres charpentiers, Maître mateur...

 Le pilote amiral  est, on le devine, le poste le plus élevé de cet emploi. Il n'est employé que dans les Ports de Brest, Rochefort et Toulon,, où c'est un important personnage chargé de la discipline, des cours d'Hydrographie suivis par les Garde-Marine et du Pavillon : car il dirige l'école d'Hydrographie. On est d'abord pilotin, puis  aide pilote ; second ; maitre pilote ; Officier Bleu ou auxiliaire ; puis maître pilote entretenu ; et enfin maître pilote vice amiral, comme ce Jean-Louis BELLON  qui exerça à Rochefort de 1779 à 1787, et fut promu sous-lieutenant de vaisseau en fin de carrière.  On cite François Azon , pilote vice-amiral sur les vaisseaux du roi à Rochefort, et ses états de services de 1720 à 1751. Ou Jean-Louis Calas, mort en 1771, pilote vice-amiral à Toulon, ou Jean-André Chauvet, à Rochefort entre 1741 et 1784. Ou Antoine Bernard, pilote  de 1724 à 1794 puis lieutenant de vaisseau.

Je trouve mention de grade suprême de "pilote réal" (distinct de "pilote royal"), premier pilote d'une escadre de galère.

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https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_053796&udId=c32ngw6q29q--tiklbozk0xb9&details=true&gotoArchivesNums=false&auSeinIR=true&fullText=le%20beulin

À Brest en 1725 (donc tout à fait dans le cadre de notre inscription), on distingue Boisouze Liard, le Premier pilote Amiral, Michot, Pilote Amiral, Toussaint Maupin, Pilote Vice-Amiral, Alexandre Maupin, Pilote entretenu, Aubin Poiré, Pilote entretenu, Sané, Pilote entretenu. Et ce dernier n'est autre que Noël Sané (1695-1762) deviendra pilote vice-amiral en 1758 : c'est le père de l'illustre architecte naval Jacques-Noël Sané (1740-1831), "l'un des plus brillants de l'âge de la voile, surnommé aussi le « Vauban de la marine ». Il est l'architecte de la quasi-totalité des vaisseaux de ligne construits en France de la Guerre d'Indépendance Américaine à la fin du Premier Empire." 

Toujours à Brest, Joseph Nielly (1708-) débuta comme mousse-pilotin en 1727, puis 14 ans plus tard premier pilote entretenu, pilote amiral en 1756, capitaine de flûte en 1763, et lorsqu'il mourut en 1780 avec le grade de capitaine de brûlot, il avait fait quarante campagnes sur les vaisseaux du roi.

On voit que cette fonction n'est pas celle d'un pilote côtier assurant les entrées de port, mais celle d'un pilote hauturier exigeant courage et habileté manœuvrière lors des combats.

https://vieillemarine.pagesperso-orange.fr/histoire/Port_et_arsenaux/Pages_finales/pageOrganigramme.htm

Par contre, je ne trouve aucune autre mention d'un pilote amiral de Brest du nom de Le BEULIN. Sans-doute faut-il consulter les archives de la Marine.

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Le Beulin, pilote vice-amiral, ou pilote amiral ?

Sur l'inscription, datée de 1730, il est clairement qualifié de Vice-amiral. Mais Jeanne FOLGAR est qualifiée de "demoiselle".

Sur l'acte de mariage du 16 janvier 1730, il est qualifié de pilote amiral.

Cela peut s'expliquer par les délais d'exécution de l'inscription, qui aurait été commandée quelque temps avant  (avant les fiançailles le 31 octobre 1729 ?).

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Bernard Le Beulin, apparenté à Jeanne FOLGAR ?

Notre pilote avait 63 ans lors du mariage. Il y est présent — comme témoin — au même titre que l'oncle de l'époux. Est-il apparenté, à un titre ou à un autre, avec la mariée ?

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Comment expliquer cette inscription.

Que vient faire à Lanvéoc cette inscription qui se réfère à des personnages connus à Roscanvel ?

Si nous supposons qu'elle était apposée sur un bâtiment civil (un manoir ?), comment expliquer la présence de ces deux noms ?

Le contrat de mariage de Jeanne FOLGAR spécifie bien que les parents de cette dernière étaient décédés. Bernard Le BEULIN jouait-il le rôle de tuteur ? Avait-il recueilli chez lui la demoiselle ? En avait-il fait son héritière par contrat ?

Autant d'interrogations qui ne peuvent être levées, mais qui peuvent inciter un internaute à faire un lien avec une pièce du puzzle dont il disposerait.

Exista-t-il une Anne FOLGAR distincte de Jeanne ? Je découvre tardivement que oui.

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4. Anne FOLGAR.

a) Jocelyn Person décrit dans sa généalogie cette Anne FOLGAR, née le 26 février 1702 à Crozon, décédée le 30 novembre 1741 à Crozon, fille d'Yves FOLGAR (1682-1764), officier marinier et de Louise CARN (v.1684-1711). Elle épousa Marc DERRIEN vers 1723 (date de naissance de son fils Gabriel). Le couple vit à Tremet (1735) puis "Kerlern" ou Quélern en 1735 . Marc Derrien, veuf, continue à vivre à Quélern, notamment en 1742 lors du décès de son fils Marc.

 

 

https://gw.geneanet.org/j438?lang=en&p=anne&n=folgar

b) Il existe une autre Anne FOLGAR, qui est sœur du tiers ordre de saint Dominique, et vit à Kergadiou. En juillet 1750, elle hérite de deux pièces de terre, Parc Cardinal et Leac'h Cardinal, près de l'étang de Kervian à Quéler, Roscanvern. Elle est la fille de Pierre FOLGAR, décédé vers 1719. Dont nous ne savons s'il s'agit du même Pierre FOLGAR père de Jeanne ( supra).

https://www.tybian.fr/31-11_cardinal/

https://www.tybian.fr/21-21_les-ascendants-de-jean-derrien/

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Remonter les chaînes ou réseaux généalogiques locaux de Roscanvel dépasse mes attributions, mais j'ai voulu montrer que les informations de cette inscription peuvent être croisées avec celles des généalogistes, ou avec d'autres sources, pour un enrichissement mutuel des connaissances.

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Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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ADDENDA. 

 

Je n'ai eu accès à l'ouvrage de Marcel Burel sur Roscanvel qu'une semaine après la rédaction initiale de cet article. Je découvris aux pages 217 et 218 les renseignements nécessaires. 

a) l'acte de baptême de Bernard Le BEULIN en 1667.

Je le transcris comme je peux d'après l'acte original:

"Ce jour 13ème octobre 1667 fut baptisé sur le en  fond baptismal de roscanvel bernard, fils naturel et légitime d'honorables gens Jean  le beulin et marguerite harvel par la nommination d'honorable ----lucas et marie le beulin le baptême fut -messire lucas teffany prêtre et curé dudit roscanvel --"

Il est donc le fils de Jean Le Beulin et de Marguerite Harvel. Selon M. Burel, Lucas et Marie Le Beulin sont les frère et sœur aînés du nouveau-né, de même que le notaire Hervé Le Beulin. Il serait né au manoir du Gouérest.

 

b) le mariage en 1703.

Selon M. Burel, le 15 octobre 1703, Bernard Le Beulin épouse à Camaret Anne Folgar, la fille de Jean Folgar, un honorable marchand qui habite le village de Ty ar Guern, mais qui est originaire de Roscanvel. Anne Folgar est née en 1684 au village de Gouerest à Roscanvel, elle est âgée de 19 ans. Les deux familles étant apparentées par un grand-père commun Le Treut, les futurs époux ont demandé une dispense de consanguinité.

c) la naissance des enfants du couple, tous nés à Roscanvel.

  • Marie, née en 1708
  • Clémence, née en 1710,
  • Anne, née en 1711,
  • Jeanne, née en 1713
  • Hervé Toussaint en 1716.

d)  Le déménagement  au Notic à Camaret vers 1722 .

e) la carrière de Bernard Le Beulin.

Il a obtenu son brevet de pilote le 17 août 1709.

Il était pilote entretenu en 1711

Il a été promu pilote vice-amiral en 1722 : "Sachant que le nommé Bernard LE BUSLIN a les qualités nécessaires pour bien s'acquitter, sa Majesté Louis retiens et ordonne pilote vice amiral pour en faire fonction sur les pavillons et autres vaisseaux de sa Majesté".

Il est décédé vraisemblablement en 1741 dans le naufrage du Bourbon au large d'Ouessant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourbon_(1719)

f) Les pilotes du port de Brest et Roscanvel

Le nombre de pilote en service à Brest était de 9 en 1679 et a été porté à 12 en 1709 pour tenir compte de l'accroissement du commerce maritime, notamment avec les colonies.

Il existe à Roscanvel une tradition de pilotes entretenus, comme en témoigne les noms dans les registres de Noël MARTIN et de Jean HARVEL, de Roscanvel.

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Tout cela ne dit pas pourquoi le  pilote vice amiral Le BEULIN et "demoiselle Anne FOLGAR" sont venus s'établirent à Lanvéoc en 1730.

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SOURCES ET LIENS.

— BUREL (Marcel), 2019, Roscanvel, d'un village à l'autre, ed. Les éditions buissonnières, Crozon.

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 14:46

Le calvaire (fin XVe ou début XVIe siècle) de l'église d'Argol. Pour les amateurs de lichens.

 

 

Voir :

 

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION. Un oeuvre du XVe siècle, de 1593, de 1617, de 1891 et 1909.

 

Ce calvaire en granite (socle) et kersanton de 4,50 m de haut est un ensemble composite ou plusieurs fois modifié. Sur une base maçonnée à corniche de trois degrés, où est encastrée une table d’offrande, un socle à pans porte sur ses quatre faces    l'inscription L’AN 1909 MISSION. L’AN 1891 MISSION. L’AN 1593 POSEE. L’AN 1891 RESTAUREE. Le fût octogonal, avec sa statue de saint Pierre en haut relief, serait du XIXe siècle. Sur le nœud ouest du croisillon se voient les armes de Jean Briant, abbé de Landévennec ( 1608-1632) qui témoignerait d'une autre époque encore, mais qui relève sans-doute d'une reconstitution de la fin du XIXe siècle. De l'autre coté, l'inscription date de 1617 :   "IAN GVELMALC, Y. GAL 1617". Le croisillon porte les statues géminées de la Vierge/Vierge, et de saint Jean/ ange du Jugement. Au centre coté ouest, le Crucifié sous un dais sur une  Croix fleuronnée. Au revers se trouve la partie la plus intéressante, avec au centre le  Christ ressuscité sur un arc en ciel présidant au Jugement dernier surmonté d'une banderole de lecture hasardeuse GARDE QUIL FERA SELON ESTANT / JUGERA. 

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L'attaque par les lichens est considérable et dénature les diverses parties de ce précieux témoin artistique : on peut en suivre les dégâts sur les cartes-postales et les photos prises en 2012 pour l'Inventaire. L'étude de l'inscription de la banderole en est pénalisée.

L'incurie à l'égard de cette œuvre est regrettable par le respect qui est dû à notre patrimoine, mais aussi car elle prive les visiteurs d'une satisfaction esthétique, et surtout car elle n'a pas encore livré tous ses secrets.

L'intérêt principal est de voir ici repris le même thème du Jugement dernier qui figure sur le coté oriental du calvaire de Châteaulin, à 20 km de là, datant du XVe siècle. On y trouve le même Christ au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montrant ses stigmates, assis sur l'arc en ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde, tandis qu'un ange souffle dans une trompe pour annoncer le Jugement. La banderole est plus complète à Châteaulin, mais nous retrouvons une partie commune, GARDE QUIL FERA SELON --JUGERA. 

J'ai discuté de ce motif iconographique dans mon article sur Châteaulin. Le texte reste opaque, mais rappelle les versets de Matthieu 7:1-2 Nolite judicare, ut non judicemini, in quo enim judicio judicaveritis, judicamini : et in qua mensura mensi fueritis, remetietur vobis. En gros, prends garde que tu seras jugé de la même façon que tu auras jugé.

C'est la comparaison avec Châteaulin qui me permet d'identifier l'ange sonnant de la trompe, identification qui a échappé à Yves-Pascal Castel et à Christel Douard. De même, la femme du coté droit ne peut être que la Vierge, dans son rôle d'intercession. Les autres personnages, ici manquant, sont les individus sortant de leur tombeau à l'appel de la trompette : ils permettent d'imaginer l'état initial avant les modifications successives.

Je fais donc avancer l'étude de ce calvaire, mais j'achoppe face aux inscriptions. Je passe le relais au suivant.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX.

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Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

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Le socle.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre sur le fût.  1891.

C. Douard suggère que le fût polygonal, et le haut relief de saint Pierre, datent "probablement du XIXe siècle" (et donc de la restauration de 1891 indiquée sur le socle). Un rapprochement s'impose alors avec le fût et le haut relief de saint Yves sur la place Saint-Yves de Plomodiern, datant de 1893 et qu'on attribue à Yan Larc'hantec, de Landerneau.

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Calvaire de 1893 de la place Saint-Yves de Plomodiern.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries du nœud.

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L'état de ce blason sur la carte postale (début XXe?), comparé à celui des mêmes blasons sur d'autres sites, incite à y voir une restitution datant vers 1891. Mais nous pouvons imaginer que ce blason a repris une figure comparable mais trop altérée.

Jean Briant, abbé de Landévennec de 1608 à 1630  portait d'azur (bleu) au pigeon portant dans son bec un rameau de sinople (vert). Avec la crosse en pal.

La façade de l'église ainsi que son arc de triomphe porte les armes d'autres abbés de Landévennec, ses successeurs les Tanguy, en affirmation de leurs droits sur cette paroisse.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

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Le Crucifix.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Crucifié sous un dais.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Elle a la tête  voilée par son manteau, et tient les mains croisées sous sa poitrine. Sa tête est fléchie vers sa gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

Il tient le livre de ses écrits, et garde la main droite sur la poitrine. Sa tête est légèrement levée et tournée vers sa droite. Les yeux sont des amandes recouverts par les paupières.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE ORIENTALE : LE CHRIST DU JUGEMENT DERNIER.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ du Jugement, au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montre ses stigmates, assis sur l'arc-en-ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde.

L'arc-en-ciel est particulier par sa forme de trapèze.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription :

[GA]RDE QUIL FERA SELÕ FE

JUGERA

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'ange sonnant de la trompe.

Cette trompe est brisée. L'ange est vêtu d'un manteau dont le pan fait retour sur le bras gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

Elle présente les paumes de ses mains à la façon de son Fils montrant ses stigmates. Cela m'embarrasse un peu. 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du croisillon.

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IANCVEVMALCY GAL 1617

Nous pouvons essayer Ian ou Jean GVEN et Yves GALL, mais en tordant un peu la réalité.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL, Jean-Marie. PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1904, vol. 1, p. 1-9.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fed8f088bb179f59656c3eefce913b48.pdf

"Elle porte cette date : LAN. 1593. A sa base est un petit autel en pierre, au-dessus duquel est une Notre-Dame-de Pitié, dont la robe et le manteau offrent des plis bien drapés. Deux anges debout soutiennent les bras de Notre Seigneur et deux autres plus petits, à genoux, recueillent le précieux sang coulant des plaies de ses mains. Sur les croisillons, de chaque côté de Notre-Seigneur en croix, sont les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean, auxquelles sont adossées deux Saintes Femmes, et au milieu, le Sauveur assis, triomphant."

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1980.

http://croix.du-finistere.org/commune/argol.html

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Eglises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/argol.pdf

"Dans le cimetière, croix dont le socle de granit porte la date de 1593, et le croisillon, en kersanton et timbré des armes de l'abbé Jean Briant, celle de 1617 ; elle a été restaurée en 1891. Statue de saint Pierre contre le fût."

DOUARD (Christel), LE LU ( Stéphanie), 2012, Calvaire (Argol), Dossier IA29005029 réalisé en 2012

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-argol/8ec861c2-6392-403d-bd43-6de18e724bad

 

h : 4,50 m

Œuvre hétérogène datant de plusieurs époques. Groupe de crucifixion, dais et phylactère avec inscription en lettres gothiques probablement début 16e siècle. Traverse datée 1617 portant les armoiries de Jean Brient, abbé de Landévennec (ouest) et le nom des fabriciens, peut-être Ian Guen et Marc Gall (est). Socle daté 1593 et 1891 (restauration). Fût (face ouest avec haut-relief figurant saint Pierre) probablement fin 19e siècle.

1593, porte la date
1617, porte la date
1891, porte la date

Base avec table d'offrande à l'ouest. Socle de 1593 remployée lors de la restauration de 1891. Fût monolithe en kersantite avec haut-relief figurant saint Pierre sur la face ouest. Statues géminées de la Vierge et de saint Jean (ouest), d'un apôtre ou saint Thomas (?) et d'une sainte femme (est). Dais gothique coiffant les statues géminées du Christ en croix (ouest) et du Christ ressuscité (est)

Il s'agit d'une oeuvre remaniée à plusieurs reprises. La lecture faite de l'inscription en lettres gothiques sur le phylactère (garde qu'il fera le roy estant jugera) demeure à être confirmée. Cette partie, la plus ancienne du calvaire, se distingue par sa structure encore médiévale dont le dais ouvragé et l'iconographie peu commune de la Résurrection du Christ. Il faudra sans doute rectifier la datation actuelle de cette oeuvre ; la date de 1593 qui figure sur la base semble correspondre à un remaniement et non à la création.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. héraldique Inscriptions

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