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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 16:40

La baie 7 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen ou Verrière de saint Antoine de Padoue (1520-1530).

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Voir :

  Liste des 304 articles de ce blog décrivant les vitraux.

Voir sur les vitraux de Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen :

 

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Voir aussi  sur Rouen :

sur les vitraux de  cathédrale de Rouen :

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Et encore à Rouen 

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PRÉSENTATION.

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Le décor de cette baie en arc brisé de 6,70 m. de haut et 3,50 m. de large est consacré, sur quatre registres, aux miracles attribués à saint Antoine de Padoue. L'ensemble est peint en grisaille et jaune d'argent, à l'exception des sols et des ciels.

Elle a été restaurée notamment en 1873 grâce aux dons de l'abbé Duménil, curé de Saint-Vincent, par l'atelier Duhamel-Marette.

Dans l'église Saint-Vincent, elle occupait la baie 5, du côté nord.

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Plan annoté des vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent.

 

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Aujourd'hui, elle est installée à la droite du pan coupé orienté vers l'est, dont elle occupe toute la hauteur, à côté des verrières 5 et 6.

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photo wikipédia

 

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La baie 7 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen.
La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le sujet en est original, et on peut se demander pourquoi les rouennais de Saint-Vincent ont invoqué la figure du saint franciscain de Padoue.

Alexandra Blaise propose trois explications.

1. Saint-Antoine de Padoue est considéré comme le patron des marins , des navigateurs, et des naufragés. Un miracle des poissons le fait souvent représenter  avec cet attribut. Les marchands et armateurs du port de Rouen ont pu être sensibles à ce patronage, tout comme celui de saint Nicolas ou de saint Pierre . Plusieurs navires sont figurés en arrière-plan de ce vitrail.

"Les hommes dont la profession était liée à la mer constituaient une part majoritaire des habitants ou visiteurs occasionnels de la paroisse. Cela influença notablement l’iconographie des vitraux : on a pu ainsi y repérer deux saints patrons des marins – saint Antoine de Padoue (baie 7) et saint Nicolas (baie 8) à qui la chapelle nord était dédiée –, deux saints ayant un lien avec la mer – saint Pierre (baie 1), qui était pêcheur, et probablement saint Claude (baie 8) qui avait sauvé un voyageur de la noyade –, et enfin, de façon inhabituelle, une accumulation de scènes en rapport avec l’eau et les bateaux (baies 1, 7, 13)."

2. Saint Antoine illustre le thème, franciscain, de la charité, déjà central dans la baie voisine, celle des Œuvres de Miséricordes :

 

"Dans la chapelle nord du chœur de Saint-Vincent, deux verrières – la verrière des Œuvres de miséricorde (baie 7) et la verrière consacrée à la vie de saint Antoine de Padoue (baie 5) – développent le thème de la charité, auquel les paroissiens fortunés devaient être sensibles. Ces marchands qui accumulaient beaucoup de richesses n’étaient pas dans les meilleures dispositions pour espérer le salut. La charité était une des vertus qu’ils devaient donc s’imposer et c’est pourquoi ils faisaient de nombreux dons à leurs paroisses. La Découverte du cœur de l’usurier dans sa cassette, scène de la vie de saint Antoine de Padoue placée immédiatement à droite de la verrière des Œuvres de miséricorde, aborde précisément ce sujet : saint Antoine prône la supériorité de la richesse chrétienne sur la richesse matérielle, qui écarte toute possibilité de salut. Il est probable que la légende de ce saint, mort au début du XIIIe siècle, peu populaire dans le milieu du nord de la France et à Rouen, qui lui préférait des saints anciens et traditionnels, a été choisie en partie pour cette scène qui s’accordait parfaitement avec le thème de la verrière voisine. D’une manière générale, les qualités du saint semblaient particulièrement convenir à cette population de marchands enrichis, qui essayaient de prendre modèle sur les vertus de ce prédicateur défendant pauvreté et humilité."

"...Les autres légendes hagiographiques représentés dans les vitraux de saint-Vincent celles de saint Antoine de Padoue (baie 5), de sainte Anne (baie 8) et de saint Pierre (baie 11), ne sont pas le reflet de dévotions personnelles de leurs commanditaires mais entrent toutes trois dans des thématiques développées semble-il par la fabrique, et sur lesquelles nous reviendrons dans notre troisième partie : le thème de la charité complété par celui de l’Immaculée Conception dans une chapelle entièrement dédiée à sainte Anne, et enfin de la défense de l’Église romaine, symbolisée par saint Pierre, face à la montée des idées luthériennes. L’intention était bel et bien de traduire des idées chères à la fabrique et aux paroissiens de Saint-Vincent. Les fidèles ayant financé les œuvres se sont donc adaptés aux thématiques que l’ensemble de la fabrique souhaitait représenter."

 

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3. On peut penser à l'influence de l'abbé Antoine Bohier, même si c'est à l'église Saint-Ouen qu'il voua une verrière à son saint patron :

"L’abbé Antoine Bohier (1492-1515), proche de Georges d’Amboise, poursuivit après l’abbé Guillaume d’Estouteville l’ambitieux chantier de Saint-Ouen. S’il ne put le mener à son terme, il fit avancer les travaux de la nef et l’enrichit de remarquables verrières dans les bas-côtés (vers 1508). Antoine Bohier commence par faire représenter la légende de son saint patron, saint Antoine de Padoue, dans la première baie du côté sud (baie 23)"

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Registre inférieur : Miracle de la mule qui s'agenouille devant l'hostie. Deux donatrices agenouillées.

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Une mule s'agenouille devant le Saint-Sacrement tenu par saint Antoine. À l'arrière-plan, une nef à deux mâts, semblable aux navires marchands qui fréquentent le port de Rouen, et une architecture qui évoque celles des Le Prince. La partie haute est un verre bleu, teinté de jaune par endroit. Le Querrière a remarqué que l'animal tenait plus de l'âne que de la mule. Dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne f.187v, c'est un cheval.

À gauche, l'hérétique, accompagné d'un témoin et d'un soldat portant une hallebarde, perd son pari, car sa mule se prosterne. Le navire au fond laisse imaginer qu'il s'agit d'un armateur. Selon l'hagiographie, la scène se déroule à Toulouse.

À droite a lieu la scène, souvent représenté sur les vitraux, de la procession du Saint-Sacrement : le prêtre (ici saint Antoine) porte l'étole, et un assistant tient un flambeau. Un couple suit les deux moines.

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https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl020104459

"Antoine disputait un jour sur la présence de Jésus dans l’Eucharistie avec un hérétique. Ce dernier lui lança un défi de prouver, par un miracle, que dans l’hostie consacrée est présent le vrai corps du Christ, et lui promit, s’il y parvenait, de se convertir à la foi catholique.

L'hérétique lui dit : « J’enfermerai ma mule pendant plusieurs jours dans mon étable, sans lui donner à manger. Je l’amènerai ensuite sur la place devant tout le monde en lui présentant du fourrage. Pendant ce temps, tu placeras l’hostie devant la mule. Si l'animal s’agenouille devant l’hostie en négligeant le fourrage, je me convertirai. »

Le jour fixé, le Saint montre l’hostie à la mule en disant :

«En vertu et au nom du Créateur que moi, bien qu’indigne, je tiens entre mes mains, je te dis, animal, et je t'ordonne de t'approcher avec humilité et de Lui prêter la vénération qui Lui est due ».

Dès qu’Antoine eut prononcé ces mots, la mule, négligeant le fourrage, baissa la tête, s'approcha de lui et s'agenouilla devant le sacrement du corps du Christ." https://www.santantonio.org/fr/content/la-mule

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La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Deuxième registre : découverte du cœur de l'usurier dans une cassette.

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Sur une place entourée d'arcades, saint Antoine lit un texte (office des Morts ?) devant une chaire face à la foule des proches. Le lieu évoque l'Aître Saint-Maclou, où les morts étaient enterrés dans la cour après la bénédiction. Mais saint Antoine refuse cette bénédiction, car il a la conviction, miraculeuse, que le cœur du cadavre a été ôté. 

En bas à gauche, un médecin (riche manteau, chapeau lié à son titre) vient procéder à l'autopsie, il lève le bras vers saint Antoine, sans doute pour confirmer qu'effectivement le cœur est absent du thorax. (on voit vaguement le cadavre allongé sur la pierre avec le ventre ouvert, et les organes apparents.)

En bas à droite, un homme découvre le cœur : il était placé dans la cassette (proche d'un reliquaire) remplie d'or !

Le cœur rouge est monté en chef-d'œuvre. Un cartouche porte les initiales SA sur le pilier de la maison.

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"Dans une ville, en Toscane, toute la famille est réunie pour les funérailles solennelles d’un homme très riche. Antoine est présent, ainsi que de nombreux parents et amis, lorsque, troublé intérieurement, il s’écrie : «  Ce mort ne doit pas être enterré dans un lieu béni, car son corps est sans le cœur.».

Tous les présents sont bouleversés et un débat animé s’engage entre eux. À la fin, on appelle des médecins qui ouvrent la poitrine du défunt, et, effectivement, son cœur n’est pas dans son thorax.  On le retrouvera, peu après dans le coffre-fort où l’homme riche conservait son argent."https://www.santantonio.org/fr/content/le-c%C5%93ur-de-l%E2%80%99avare

 

 

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La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Troisième registre : la guérison de la jambe coupée.

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"Un jeune homme de Padoue, nommé Leonardo, avait avoué en confession d’avoir donné un violent coup de pied à sa propre mère. Antoine l’avait admonesté sévèrement en lui disant :

« Le pied qui frappe la mère ou le père mérite d'être coupé à l'instant ».

Pris de remord, le jeune homme, aussitôt retourné chez lui, se trancha le pied qui avait frappé sa mère. La nouvelle se diffusa dans toute la ville et parvint aux oreilles d’Antoine. Le saint se rendit alors chez le jeune homme et, après s’être recueilli en prière, rattacha le pied et fit sur le jeune homme un grand signe de croix.

Le jeune homme se leva aussitôt tout  joyeux, et en marchant et en sautillant, il louait Dieu et rendait grâces à saint Antoine." https://www.santantonio.org/fr/content/le-pied-rattach%C3%A9

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À gauche, saint Antoine est en train de prêcher en disant SI OCULUS TU EST TUA SCANLALIZAT TE

Cette inscription cite l'évangile de Matthieu Mt 5:29-30:  Si oculus tuus dexter scandalizat te, erue eum Et si dextra manus tua scandalizat te, abscide eam ("si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache le [...] et si  ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe la") .

Parmi l'assistance, un jeune homme est endormi ou songeur au pied de la chaire. D'autres lisent, tandis qu'un mouvement se fait parmi la foule.

Sur une tour de l'arrière-plan une lettre P est inscrite.

 

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La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le jeune homme, rentré chez lui (deux inscriptions-signatures SA sur les piliers) se coupe la jambe ... gauche. 

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La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Alerté, saint Antoine replace miraculeusement la jambe victime de cet excès de zèle.

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La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Quatrième registre : la mort de saint Antoine.

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Cartouche aux initiales SA  suspendu au dessus du lit.

Trois enfants appellent des soldats en criant (phylactères)

SANCTVS EST MORTVS

 SANCTVS EST MORTVS 

SANCTVS ANTHEON (pour Sanctus Antonius ?)

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"L’épuisement dû à son intense travail du Carême l’obligea à accorder un temps de repos à un physique déjà éprouvé. Après Pâques, il accepta de se retirer avec quelques confrères dans la communauté de Camposampiero, à une vingtaine de kilomètres au nord de Padoue. Un certain comte Tiso, ami des Frères, lui construisit une hutte sur un grand noyer, au milieu de ses champs, où il puisse se consacrer à la prière, à la méditation et à quelques entretiens avec les gens de la campagne. C’est pendant ce séjour, qu’il eut la visite de Jésus Enfant, comme en témoignera le comte Tiso lui-même.

Le 13 juin 1231, un vendredi, au cours du repas, il est pris de malaise. Se sentant proche de la mort, il demande à être transporté dans sa communauté de Padoue. Déposé sur un char à bœufs, il est transporté à Padoue, mais les Frères le prient de s’arrêter dans le petit couvent de l’Arcella, aux faubourgs de la ville. C’est là que, murmurant ces paroles : « Je vois mon Seigneur », il meurt à l’âge d’environ 36 ans.

Quelques jours après, le mardi 17 juin, par des funérailles présidées par l’évêque et avec un grand concours de peuple, il est transporté solennellement à l’église Mère du Seigneur, et déposé en terre, dans un cercueil en bois, comme on le retrouvera plus tard, au cours de la reconnaissance canonique présidée par saint Bonaventure.

La multiplication des guérisons sur sa tombe et la dévotion des habitants de Padoue et de toute la région amenèrent le pape Grégoire IX à procéder à sa canonisation, le 30 mai 1232, fait unique dans l’histoire de la sainteté, 11 mois seulement après sa mort.

En 1946, le pape Pie XII proclamait saint Antoine de Padoue « Docteur de l’Église Universelle », au titre de Docteur évangélique." https://www.santantonio.org/fr/content/1231-la-mort

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La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 7 (vers 1520-1530) ou Vie de saint Antoine de Padoue de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc à Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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SOURCES ET LIENS.

 

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— BLAISE (Alexandra), Le représentations hagiographiques à Rouen à la fin du Moyen Age (vers 1280-vers 1530), Thèse d'histoire de l'art Paris IV sous la dir. de Fabienne Joubert.

 

 

BAUDRY (Paul), 1875, L'Église paroissiale de Saint-Vincent de Rouen, par Paul Baudry. Description des vitraux (1875) pages 60-64.

 

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,  Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 405.

— DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)

— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.

— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché",  Bull. AMR, 1958-1970, p. 154.

— LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 67-68.

LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux,  Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page  363.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=FNYwAQAAIAAJ&dq=bas-reliefs+de+la+%22rue+de+l%27Ecureuil%22+rouen&q=Anne#v=snippet&q=Anne&f=false

— PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.

— PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 71-73

— PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.

— RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Presses universitaires de Rennes, coll. Corpus Vitrearum .

RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.

— TANGUY (Jacques) 2003. Rouen-histoire.com

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/fenetre_08.htm

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Renaissance Inscriptions
17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 17:36

La verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste (Engrand Le Prince 1525-1526), baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen provenant de l'église Saint-Vincent.

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Voir :

  Liste des 304 articles de ce blog décrivant les vitraux.

Voir sur les vitraux de Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen :

 

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Voir aussi  sur Rouen :

—sur les vitraux de  cathédrale de Rouen :

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Et encore

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Voir sur l'atelier des verriers  Le Prince de Beauvais :

 À la cathédrale de Beauvais :

En l'église Saint-Etienne de Beauvais :

Ailleurs en Haute Normandie :

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Voir sur l'iconographie de la vie de saint Jean-Baptiste sur les vitraux du XVIe siècle :

—Par Jean d'Ypres, alias "maître de la vie de saint Jean-Baptiste" en 1500-1510 :

—Par Mausse Heurtault : copie de cette verrière de Saint-Vincent de Rouen.

 

—Par un atelier breton :

 

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PRÉSENTATION.

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Cette baie à 4 lancettes trilobées et un tympan à 6 soufflets et 6 mouchettes est la 5ème en partant de la gauche. C'est la première, et la plus large, du pan court orienté vers l'est et qui comporte 4 baies, dans cet angle où est situé l'autel.

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Article Wikipédia, photo Chabe01 sous licence CC BY-SA 4.0

 

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Elle mesure 6,65 m. de haut et 3,24 m. de large et le décor de ses lancettes est organisé en deux registres de deux épisodes, le registre supérieur consacré à la prédication de Jean-Baptiste puis au Baptême du Christ, et le registre inférieur consacré à la mort du saint. Le tympan illustre la naissance et l'enfance de Jean-Baptiste.

L'auteur en est Engrand Le Prince, comme l'indique les initiales portées au tympan et sur les deux scènes du registre inférieur, et les dates de 1525-1526 sont inscrites dans le décor de la danse de Salomé.

Ce maître-verrier, membre le plus illustre de l'atelier Le Prince de Beauvais a également réalisé la baie 3 ou vitrail des Chars entre 1522 et 1524, et  la baie 6 ou verrière des œuvres de Miséricorde vers 1525. "Leurs œuvres témoignent d'une virtuosité incomparable dont les qualités ne sont plus à démontrer : dynamisme des compositions, éclat et subtilité des couleurs, raffinement dans  la technique de peinture et surtout maîtrise incomparable du jaune d'argent ; le peintre-verrier obtient  le modelé par contraste des différentes valeurs du jaune d'argent, allant du citron à l'orangé, et le verre nu laissant à la lumière toute son intensité. Damas et dinanderies sont également traités par l'emploi exclusif du jaune d'argent sans trait préalable cernant les contours." (Callias-Bey p. 402)

Ce blog consacre plusieurs articles à cet atelier.

 

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

 

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Cliquez sur les images.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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Les deux lancettes de gauche : la prédication  de saint Jean-Baptiste.

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La prédication de saint Jean a lieu dans une forêt peuplée d'animaux et d'oiseaux.

Saint Jean parle depuis une "chaire" édifiée entre deux arbres par des branches entrecroisées en palissade. Barbe et cheveux longs, il est nimbé, et vêtu de sa peau de chameau (jaune) et d'un grand manteau rouge dont le pan s'envole au vent. Ses pieds sont nus, l'un cavalièrement posé sur la fourche du tronc. Il trace avec le pouce et l'index le geste de l'argumentation oratoire.

On voit à ses pieds des fleurs bleues, jaunes et rouges, un lapin, un cerf, et un lion. Ce lion reproduit celui de la gravure de Dürer "saint Jérôme dans sa cellule".

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Discussion iconographique.

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Le thème de la "prédication" (ou "sermon") de saint Jean-Baptiste trouve sa source dans les évangiles, notamment en Matthieu III : 1-12 :

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"En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu'il dit: C'est ici la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.

"Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

"Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point."

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L'évangile de Marc 1:2-8 est comparable :

"Selon ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète: Voici, j'envoie devant toi mon messager, qui préparera ton chemin; c'est la voix de celui qui crie dans le désert: préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.

Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Il prêchait, disant: Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. Moi, je vous ai baptisés d'eau; lui, il vous baptisera du Saint Esprit.

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— Le désert de Judée (deserto Judacaea) est un lieu montagneux entre Jérusalem et la Mer Morte et le Jourdain, fleuve qu'il surplombe dans sa pointe nord. Le séjour de Jean-Baptiste dans "les déserts" est également indiqué par Luc 1:80, mais ce séjour précède le temps où le saint "se présente devant Israël". 

Le terme grec est ἐρῆμος , eremos et il revient mainte fois dans les évangiles (à propos de Jean-Baptiste mais aussi de Jésus), dans les Actes, les Epîtres et l'Apocalypse.

 Le paysage de forêt représenté par Engrand Le Prince, puis d'autres peintres, relève de la tradition iconographique dans laquelle  le "désert" est un lieu inhabité et sauvage voué à la solitude. Ce rapport entre la forêt et l'adjectif "sauvage" existe dans l'étymologie reliant "sauvage", salvaticus, silvaticus , et silva, "forêt". C'est la justification de la présence des bêtes sauvages, le cerf, le lion, voire le lapin s'il s'agit d'un lièvre, et des oiseaux.

Jean 1:28 situe l'endroit où Jean baptisait les Juifs à "Béthanie au delà du Jourdain", assimilé par certains à Bathanée, ou Ectabane. En Jean 1:23, le saint se désigne ainsi : "je suis la voix qui crie dans le désert".

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— La tenue vestimentaire de Jean-Baptiste est précisée dans le texte : un vêtement en poils de chameau et une ceinture de cuir. Le peintre a bien montré une sorte de peau de chameau (c'est une vieille tradition de l'art occidental où les pattes ou la tête sont parfois détaillées), mais il l'a largement recouvert d'un glorieux manteau rouge qui n'est pas fidèle au texte évangélique.  Est-ce une façon de présenter Jean-Baptiste comme le Précurseur du Christ, celui-ci étant traditionnellement figuré nu sous le manteau rouge de la Résurrection ?

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— De quel prêche s'agit-il ? Les textes nous proposent plusieurs thèmes :

  • Celui de l'annonce d'un Seigneur, où Jean réalise la prophétie d'Esaïe 40:3
  • Celui de l'appel au repentir, "car le royaume des cieux est proche", et au baptême de repentance par immersion dans le Jourdain
  • Celui qui critique durement les pharisiens et sadducéens.

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Le peintre a placé devant le prédicateur huit auditeurs, dont un moine, des hommes et femmes en costume François Ier. Les deux hommes (dont un riche seigneur en bonnet à plume) discutent avec des gestes expressifs, les femmes ont amené des livres. Nous ne pouvons deviner quel thème du prêche est illustré ici, et cela semble plutôt une transposition d'une prédication contemporaine portant sur les sujets épineux de théologie qui vont conduire à la Réforme.

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Quand et comment ce sujet de la prédication de Jean-Baptiste a-t-il été illustré?

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Si j'interroge Wikipédia, je suis conduit à un tableau peint par Pieter Bruegel l'Ancien en 1566.  Le commentaire mentionne que

"Ce n'est qu'à partir du xvie siècle que saint Jean-Baptiste est figuré en prédicateur. Il se tient ici loin à l'arrière plan, mais l'attention dont il fait l'objet et la tribune que lui offre la nature pour prêcher suffisent à le mettre en évidence. De la main gauche, il semble annoncer l'importance de Jésus qui se tient légèrement à l'écart. Jean est ainsi représenté à la fois en prédicateur ambulant, maître de Jésus, et prophète annonçant la venue du Messie. La foule s'est réunie sur la lisière d'une épaisse forêt pour entendre la parole de l'ascète, qui apparaît au fond."

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Pr%C3%A9dication_de_saint_Jean-Baptiste

On trouve aussi un tableau de 1560 de Véronèse.

Lucas Cranach le jeune peint une Prédication en 1549 : dans une forêt, saint Jean juché sur la souche d'un tronc  parle derrière une branche formant balustrade, comme à Rouen, mais le public est très différent, fait de soldats et de notables arrogants et dubitatifs. Le contraste entre le dénuement du saint et la richesse et la puissance des bourgeois et de la troupe est accentué.

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Lucas Cranach le Jeune, la Prédication de saint Jean-Baptiste, 1549

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Mais d'autres recherches me montrent que le thème est représenté déjà par Masolino au baptistère de Castiglione Olonna en 1435.

 

Jost Haller, vers 1445 représente la scène sur un retable de l’église de la commanderie des Chevaliers de Saint-Jean de Bergheim ou Tempelhof  (aujourd'hui au musée Unterlinden de Colmar). La scène se déroule aussi dans une forêt, devant un public de villageoises et villageois, mais Jean désigne clairement du doigt le Christ, qui est figuré au centre.

Un autre retable conservé au musée Unterlinden de Colmar date de 1526, le Retable de saint Jean-Baptiste, école du Danube, origine Allemagne du sud . La scène se passe dans un paysage désertique, mais, comme dans la verrière d'Engrand Le Prince, Jean prêche derrière une balustrade de branches assemblées. "Ces panneaux retracent les principaux épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste, la Prédication, le Baptême du Christ, la confrontation à Hérode et Hérodiade, la Décollation, et Salomé présentant sa tête à Hérodiade. Ces cinq éléments sont surmontés d’un panneau représentant Dieu le Père. Le retable ainsi constitué, hors de son cadre d’origine, semble complet. L’artiste s’est inspiré de gravures sur bois pour deux compositions, une oeuvre de Dürer (1511) dans « Salomé présentant la tête de saint Jean-Baptiste» et d’Altdorfer (1512) pour la « Décollation ». Ces influences suffisent à rattacher cette oeuvre au courant stylistique qualifié d’Ecole du Danube auquel ont participé Cranach, Hans Baldung Grien, Dürer et Altdorfer. Dans les années 1510-1530, ces artistes de la région du Danube ont cherché à traduire émotions et sentiments, non par la seule présence humaine, mais en l’insérant dans une nature dont la représentation – formes, couleurs, lumières – participe aussi à l’évocation d’états d’âme."

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Le peintre flamand Joachim Patenier (1483-1524) réalisa aussi un Paysage avec prédication de saint Jean-Baptiste, qui mérite notre intérêt car Patenier est un ami de Dürer. Or les vitraux d'Engrand Le Prince comporte plusieurs motifs inspirés de Dürer, à Beauvais comme à Rouen.

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Enfin, il me paraît intéressant de mentionner, pour la proximité de temps  avec notre vitrail, et la proximité de lieu, la tenture réalisée en 1516 pour l’église Saint-Jean-Baptiste d’Angers et actuellement conservée à la cathédrale d'Angers. 

 

Cette tenture a été commandée au maître lissier Guillaume de Rasse en 1516 pour Jean Hector, recteur de l’église Saint-Jean-Baptiste d’Angers. Les cartons en sont attribués à Gauthier de Campes. Elle devait comporter à l’origine 7 tapisseries mais seules 4 sont actuellement connues. Deux épisodes y sont juxtaposés, séparés par des pilastres ornés de très beaux motifs de grotesques . La Burrell collection de Glasgow conserve Saint Jean-Baptiste s’adressant à la foule, aux publicains et aux soldats. L’Annonce à Zacharie et La Visitation est probablement la seule pièce complète.

Saint Jean-Baptiste devant les Prêtres et les Lévites a été achetée par l'Etat en 2015 pour rejoindre le trésor de la cathédrale.

On y lit les mots : Misericorde/ de l'agniau de cõcorde / et verite joie par le pur lan---

et le cartouche indique Ego sum vox clamantis in deserto

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angers_(49)_Cath%C3%A9drale_Saint-Maurice_-_Int%C3%A9rieur_-_Tapisserie_de_Saint-Jean-Baptiste_-_03.jpg

https://www.editions303.com/wp-content/uploads/2017/05/CP_Jean-le-Baptiste.pdf

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03018724/document

https://fr.calameo.com/read/0067094419722a40f2f92

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Sur la tapisserie conservée à Glasgow, et qui est aussi une "prédication", Jean-Baptiste a le geste d' argumentation avec l'index droit posé sur le pouce gauche, comme sur le vitrail de  Rouen.

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Saint Jean-Baptiste s’adressant à la foule, aux publicains et aux soldats. Copie d'écran Burrel collection, Glasgow.

 

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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Détail dans le volume VI du Corpus vitrearum , qui montre la précision de la peinture, dont je n'ai pu rendre compte avec mes photos.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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Les deux lancettes de droite : le Baptême de Jésus dans le Jourdain.

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La tête et la partie inférieur du corps du Christ ont été restaurées vers le milieu du XVIe siècle. La tête de Dieu et peut-être celle de Jean-Baptiste ont été restaurées.

Inscription HIC EST FILIUS MEUS DILLECT9 IN QUO MICHI BENE [COMPLACUI]

C'est une citation de Matthieu 3:17 : "Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection." Le verset précédent dit : "Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui."

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Deux anges tiennent la tunique du Christ.  Un homme nu se prépare à être baptisé, un autre sort du fleuve et s'essuie les pieds,  un couple arrive, portant un enfant.

Dans le fond, un château, de style plus rhénan que normand.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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À gauche : la décollation de Jean-Baptiste ; sa tête est remise à Salomé sur un plat.

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La tête de Salomé et celle des suivantes ont été  restaurées.

Les manches à crevés de Salomé donnent un technique de gravure sur verre rouge.

Les jambes des bourreaux sont toujours nues, et leur chemise ne doit pas entraver leur geste technique. Un assistant tient une épée (de rechange ?), pointe vers le haut.

Le spectacle d'une décollation est toujours très couru, et on voit deux couples de spectateur accoudés à leur fenêtre pour en profiter.

 

La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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Au dessus de la porte d'où provient Salomé, on lit les initiales LP correspond à la signature de Le Prince.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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Aux pieds de Salomé bondit son petit chien blanc. Cet animal de compagnie, presque toujours blanc, est très fréquemment associé, sur les vitraux du XVIe siècle, à la représentation des cours seigneuriales.

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Un ange tourne vers lui un écu portant, non des armoiries, mais les initiales MP reliées par un lacs d'amour. Les auteurs du Corpus vitrearum rapportent (avec un point d'interrogation) l'hypothèse d'y voir les initiales de Marion Le Pilleur. En effet cette famille possédait sa tombe dans l'église Saint-Vincent :

Dans la ligne du milieu de la nef, [...].

Au-dessus , beau fragment de la pierre tumulaire de Jehan Le Pilleur, marchand et bourgeois de Rouen, et de sa femme, tous deux sous de très riches dais gothiques. Il n'y a plus que la moitié de cette pierre colossale, autour de laquelle on lit, en caractères gothiques : "Cy gissent honorable home Jehan Le Pilleur marchant et bourgois de Rouen"..... Le reste illisible ou tronqué.

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Mais le lacs d'amour réunit souvent les initiales des prénoms d'un couple (ici à Champeaux). Jacques Le Lieur les utilise aussi comme rébus de son nom dans ses manuscrits.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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À droite : Danse de Salomé devant Hérode, et Hérode et Hérodiate attablés.

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Le bras gauche d'Hérodiate  a été restauré, et une pièce de damas a été utilisé en bouche-trou dans son costume.

La danse de Salomé, signalée manquante par La Quérière en 1844, a été réalisée en 1869 pour remplacer des bouche-trous. Le sujet d'origine était Salomé présentant le chef de saint Jean-Baptiste à Hérode et Hérodiate, comme sur la copie de cette verrière exécutée en 1535 par Mausse Heurtault pour l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer.

On retrouve les petits chiens blancs (ou un chat blanc).

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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Détail dans le volume VI du Corpus vitrearum page 404 : le roi Hérode.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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Détail de l'architecture avec l'inscription de la date 152 [5].

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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L'ensemble de la verrière a été restauré et complété en 1869 par Duhamel-Marette grâce aux dons de "Mrs et Melle Dutuit" (inscription en bas à gauche).

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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LE TYMPAN.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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1°) Soufflet supérieur et du centre gauche : annonce de l'ange (en haut) de la naissance de Jean-Baptiste à son père  Zacharie agenouillé devant l'autel.

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Inscription ZACHARIE sur l'autel.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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2°) Visitation (soufflet droit) : rencontre d'Elisabeth, alors enceinte de Jean-Baptiste, avec Marie (nimbée) enceinte de Jésus, cousin de Jean-Baptiste.

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Fond architecturé.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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3°) Départ de la maison paternelle : soufflet inférieur gauche.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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4°) Jean-Baptiste Précurseur désignant le Christ comme Agneau de Dieu. Soufflets médian et droit.

Jean-Baptiste, assis dans un paysage forestier désigne à des disciples (un couple, un enfant et un homme) un agneau portant l'étendard de la croix sous l' inscription Agnus Dei.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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5°) Les mouchettes peintes en grisaille et jaune d'argent : motifs décoratifs Renaissance à rinceaux, médaillons à l'antique et cartouches. Deux anges  tiennent des cartouches aux initiales LP (Le Prince).

"LP" est la lecture des auteurs du Corpus vitrearum. Je lis pour ma part les initiales "ALP" avec certitude. La forme Angrand Le Prince pour Engrand ou Enguerrand Le Prince est attestée, notamment en signature ALP d'une baie de Saint-Etienne de Beauvais.

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La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.
La baie 5 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen : la Vie de saint Jean-Baptiste.

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SOURCES ET LIENS.

 

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BAUDRY (Paul), 1875, L'Église paroissiale de Saint-Vincent de Rouen, par Paul Baudry. Description des vitraux (1875) pages 60-64.

— BLONDEAU (Caroline), "L'escu de voirre", le vitrail à Rouen 1450-1530

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,  Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495

— DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)

— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.

— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché",  Bull. AMR, 1958-1970, p. 154.

— LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 67-68.

LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux,  Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page 131 et  359.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=FNYwAQAAIAAJ&dq=bas-reliefs+de+la+%22rue+de+l%27Ecureuil%22+rouen&q=Anne#v=snippet&q=Anne&f=false

— PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.

— PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 71-73

— PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.

— RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Presses universitaires de Rennes, coll. Corpus Vitrearum .

RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.

— TANGUY (Jacques) 2003. Rouen-histoire.com

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/fenetre_04.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Renaissance
11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 17:19

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, provenant de l'église Saint-Vincent.

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Voir :  Liste des 304 articles de ce blog décrivant les vitraux.

Voir sur les vitraux de Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen :

 

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Voir aussi  sur les vitraux de  cathédrale de Rouen :

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Et encore

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PRÉSENTATION.

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Liste et disposition des vitraux de l'église.

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  1. Verrière de la Vie de saint Pierre,  atelier rouennais, 1520-1530, don des Boyvin, seigneurs de Bonnetot . Provient de la baie 11 de Saint-Vincent, au nord. 

  2. Verrière de Sainte Anne, 1520-1530, œuvre de Jean (?) Le Vieil  et probablement offerte par la confrérie de Compostelle ; Provient de la baie n°8 de Saint-Vincent, au Sud.

  3. Verrière du Triomphe de la Vierge ou vitrail des Chars, commandée en 1515 et réalisée vers 1522, œuvre de Jean et Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°10 de Saint-Vincent, au Sud

  4. Verrière de la Parenté de sainte Anne, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°6 de Saint-Vincent, au Sud.

  5. Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, réalisée en 1525-1526, œuvre d'Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°13 de Saint-Vincent, au Nord.

  6. Verrière des Œuvres de Miséricorde, réalisée en 1520-1530, œuvre d'Engrand et peut-être de Jean Le Prince ; Provient de la baie n°7 de Saint-Vincent, au Nord

  7. Verrière de Saint Antoine de Padoue, atelier rouennais,  1520-1530, seule verrière uniquement en grisaille et jaune d'argent ; Provient de la baie n°5 de Saint-Vincent, au Nord

  8. Verrière des  six Saints, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°9 de Saint-Vincent, au Nord

  9. Verrière de l'Enfance et de la Vie publique du Christ, atelier rouennais,  1520-1530, don des Le Roux de Bourgtheroulde ; Provient de la baie n°3 de Saint-Vincent, au Nord.

  10. Verrière de la Passion, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°1 de Saint-Vincent, au Nord.

  11. Verrière de la Crucifixion, atelier rouennais, 1520-1530, ancienne verrière axiale ou baie 0 de l'église Saint-Vincent ;

  12. Verrière de la Vie glorieuse du Christ, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°2 de Saint-Vincent, au Sud

  13. Verrière du martyre de saint Vincent, atelier rouennais, 1520-1530, don des Le Roux, seigneurs de l'Esprevier. Provient de la baie n°4 de Saint-Vincent, au Sud.

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Localisation de la baie   de l'église Saint-Vincent.

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La baie actuelle provient de la baie 6 du chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen, qui a été bombardée en 1944 et détruite, alors que ses vitraux avaient été mis à l'abri. Sa chapelle sainte Anne, au sud, fut achevée en 1519. Cette baie était voisine de la baie 8, consacrée à la vie de sainte Anne et de la jeune Marie, remontée en baie 3 à Sainte-Jeanne-d'Arc.

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Cette baie de 6,60 m. de haut et 1,84 m. de large comporte 3 lancettes trilobées et un tympan à 3 soufflets et 4 écoinçons. Les lancettes sont divisées en quatre registres, et leur décor est consacré à un Arbre  de sainte Anne, par analogie à l'Arbre de Jessé : il présente la Parenté de la Vierge, tradition rapportée par la Légende Dorée  selon laquelle Anne eut comme enfants,  outre Marie par son mariage avec Joachim, deux autres filles, Marie Salomé dont le père est ... Salomé,  et Marie Jacobé dont le père est Cléophas. Aussi la verrière porte-t-elle parfois le nom de vitrail des Trois Marie. Chacune est elle-même représentée avec son ou ses enfants  Jésus pour Marie, Jacques le Majeur et Jean l'évangéliste pour Marie Salomé, et les trois apôtres Jacques le Mineur, Simon et Jude, ainsi que Juste, pour Marie Jacobé.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Parent%C3%A9

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Le thème, généalogique,  de l'Arbre de Jessé est illustré à Rouen en sculpture sur le portail principal de la cathédrale, et en vitrail à Saint-Godard (1506) . Mais aussi à Bourg-Achard. Mais l'église Saint-Vincent elle-même possédait un vitrage de l'Arbre de Jessé, dont nous connaissons l'existence par sa restauration en 1536-1537 par Nicolas Gouillet, qui la complète alors, peut-être pour l'ajuster au tympan du nouveau portail sud.

Le thème de la Parenté de la Vierge est également répandu en ce début du XVIe siècle. Il était déjà représenté sur la baie 5 de Saint-Maclou de Rouen en 1440-1450. On le trouve aussi à Louviers sur la baie 18, réalisé par Arnoult de Nimègue en 1510-1515. Ce thème est relié aux réflexions, très actives alors à Rouen, sur l'Immaculée conception de Marie, et ses rapports avec l'Arbre de Jessé.

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Cette verrière est très bien conservée. Elle a été restaurée en 1870 (inscription lue par Baudry en 1875) grâce aux dons d'Hedwige Duménil. En effet, de 1869 à 1875,   l'abbé Pierre-Isidore  Duménil, finance, avec sa sœur Hedwige, la fabrique présidé par Niel et de nombreux paroissiens la restauration de plusieurs verrières par l'atelier Duhamel-Marette, Nicolas Cochois, verrier des Andelys, se chargeant de leur dépose et de leur repose. C'est alors que la baie 17, celle de l'Arbre de Jessé, est déplacé en baie 113.

En 1843, La Querrière (p. 308) signale qu'à Saint-Vincent, elle était en partie cachée par le retable de la chapelle.

 

 

 

 

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR : LES DONATEURS. LA RENCONTRE DE LA PORTE DORÉE.

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À gauche : le donateur et ses trois fils.

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Nous n'avons pas l'identité de ce donateur, sans doute un riche marchand drapier ou un échevin de Rouen. Nous ne trouvons aucun indice, ni inscription, ni armoiries ; sous le manteau bleu, une pièce de verre noir porte des traces blanches qui restent énigmatiques. D'autre part, il ne semble pas que les archives aient livré quelque information.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Au centre : la rencontre entre Anne et Joachim à la Porte Dorée de Jérusalem.

Cette scène est cruciale puisque selon la tradition, c'est par cette chaste rencontre, et de l'étreinte des époux, que fut conçue la Vierge Marie. Le rendez-vous a été fixé par un ange qui est apparu  à Joachim, retiré dans les montagnes pour faire pâturer ses troupeaux après avoir vu son offrande refuser au Temple en raison de la stérilité du couple, et Anne, restée seule à Jérusalem et portant déjà la guimpe des veuves.

La Porte, avec ses médaillons à l'antique et ses bas-reliefs, témoigne de l'influence de la Première Renaissance, introduite à Gaillon par les cardinaux Georges I et Georges II d'Amboise.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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À droite : la donatrice et ses six filles.

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La donatrice est agenouillée face à la scène centrale, elle est vêtue d'un riche manteau bleu aux larges manches fourrées, et elle porte une petite coiffe noire. Ses filles ont des robes de couleur plus vives, mais aux mêmes larges manches à fourrure blanche. L'une porte un chapelet à sa ceinture.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE DEUXIÈME REGISTRE : LES TROIS MARIE .

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À partir de ce registre, des branches d'un arbre (dont il est plaisant mais non vérifié d'imaginer qu'il s'enracine et s'élève de la Porte dorée elle-même) servent de support aux personnages de la Parenté de la Vierge, par un parallèle avec l'Arbre de Jessé.

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Au centre , Éducation de la Vierge par sainte Anne.

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La mère et sa fille sont luxueusement vêtues. 

Anne porte une robe bleu-mauve à manches fourrées,  serrée par une ceinture nouée, et un manteau rouge à revers or, à galon perlé. Le damassé de la robe est réalisé par pochoir sur un motif floral que je retrouve dans les œuvres de Le Prince.

La jeune Marie, aux cheveux longs et dénoués, porte une robe à décolleté carré souligné de perles, en étoffe d'or et un manteau doré dont le damassé est peint (et non plus appliqué au pochoir).

Le livre voit sa reliure doté d'une couverte bleu clair à glands verts.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le livre porte l'inscription :

sur la page de gauche :

O SALVTAR

I SOSTIAQV

SFLI.PAN DI

OSTIVM B

Il s'agit de l'hymne, réservée à l'élévation, composée par Thomas d'Aquin, et chantée depuis le XVe siècle sous l'influence de l'école franco-flamande  O salutaris hostia quae cœli pandis ostium. Bella premunt hostilia ; da robur, fer auxilium, "Ô réconfortante hostie, qui nous ouvres les portes du ciel, les armées du ciel nous poursuivent, donne-nous la force, porte-nous secours."

https://fr.wikipedia.org/wiki/O_salutaris_Hostia

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Sur l'autre page :

 

AVE GRATI

 PLENA DOM

INVSTECO

GLORIA .

INIEX ET

TE RARA

 

Les premières lignes correspondent à : Ave gratia plena Dominus tecum Gloria, la suite est plus ardue à comprendre.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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À gauche, Marie Salomé.

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Malgré l'inscription en verre rouge gravé (qui a été intervertie) qui indique MARIE JACOBÉ , il s'agit ici de Marie Salomé, épouse de Zébédée, puisque ses deux fils Jean et Jacques sont figurés au dessus d'elle.

Elle tient un livre ouvert.

Elle est coiffée d'un turban en linge blanc orné d'un cabochon d'or, noué sous le menton.

Son manteau vert reprend le motif floral au pochoir déjà utilisé pour sainte Anne.

Au dessous du galon (restauré ?) de ce manteau, la robe dorée porte un damassé d'acanthes peint en grisaille.

 

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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À droite, Marie Jacobé.

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L'inscription en verre rouge gravé porte les mots MARIE SALLE, pour Marie Salomé, puisqu'il y a eu interversion des noms.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE TROISIÈME REGISTRE : LES FILS DES TROIS MARIE.

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Au centre, la Vierge à l'Enfant.

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Elle est couronnée et nimbée tandis que l'Enfant porte le nimbe crucifère.

Le visage de Marie est tournée vers sa gauche, mais les regards de la mère et de l'enfant ne se croisent pas, car ce dernier regarde la poire que tient Marie et vers lequel il tend la main.

Le manteau doré est damassé d'un motif à rinceaux et fleurons complexes. Le galon est perlé.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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À gauche, Jacques le Majeur.

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On peut l'identifier, malgré l'absence de barbe (pour montrer que ces fils  sont encore des enfants), par deux de ses attributs : son bourdon, et son chapeau de pèlerin de Compostelle rabattu derrière la nuque.

La robe damassée porte un motif où les tiges des rinceaux transpercent les fleurons.

Il désigne par son index son "demi-frère", l'Enfant-Jésus porté par la Vierge.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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À droite : l'apôtre Simon avec son épée, et Joseph le Juste avec sa hache.

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La hache est marquée de la lettre P, sans autre signification que celle de figurer une marque d'armurier.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE QUATRIÈME REGISTRE : LES FILS DES TROIS MARIE (SUITE).

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Au centre, Jésus portant sa croix.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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À gauche : saint Jean l'Évangéliste.

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Le saint bénit la coupe de poison d'où s'élèvent des serpents. Le calice porte les lettres ANVTR, ornementales et dépourvues de signification.

Le manteau blanc à revers rouge porte les traces d'un damassé floral  au pochoir, dont la grisaille s'est beaucoup effacée.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le galon porte des lettres simulant une inscription :

RVNA / OA/NVEIS/ RBLTAQ /LV/MRDQ3DQ

DAMI:VRBVQEOPG : GDVL

NR

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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À droite : saint Jacques le Mineur et saint Jude.

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Saint Jacques tient son attribut, le bâton à foulon. Il porte une robe dorée damassée de rinceaux peints déjà observés sur saint Jacques le Majeur.

Saint Jude tient la croix processionnelle. Sa robe est blanche à revers verts et galons or, damassée de rinceaux peints dont le motif était celui de la robe dorée d'Anne..

Les galons portent des lettres :

HARNOQO/RVEC  et de l'autre côté RA

BLVDRE / OkGQTEDHCPRNVI et de l'autre côté : ANBI/N/E

Les galons de la robe rouge lie-de-vin portent les lettres :

B-----ARDOV et de l'autre côté OVRTCEOAM/OPVNG

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE TYMPAN.

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Dans les soufflets, des anges musiciens à ailes colorées jouent de la harpe, du hautbois ou de la viole à archet (à trois cordes, peut-être quatre). La tête du harpiste a été remplacée vers 1540 par un bouche-trou.

Les écoinçons accueillent quatre séraphins, par inversion  en miroir des cartons.

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La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La verrière de l'Arbre de sainte Anne ( atelier rouennais, 1520-1530) ou  baie 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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—BAUDRY (Paul), 1875, L'Église paroissiale de Saint-Vincent de Rouen, par Paul Baudry. Description des vitraux (1875) pages 60-64.

BLONDEAU (Caroline), "L'escu de voirre", le vitrail à Rouen 1450-1530

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,  Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495

— DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)

— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.

— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché",  Bull. AMR, 1958-1970, p. 154.

— LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 67-68.

LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux,  Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page 359.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=FNYwAQAAIAAJ&dq=bas-reliefs+de+la+%22rue+de+l%27Ecureuil%22+rouen&q=Anne#v=snippet&q=Anne&f=false

— PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.

— PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 71-73

— PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.

— RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Presses universitaires de Rennes, coll. Corpus Vitrearum .

RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.

TANGUY (Jacques) 2003. Rouen-histoire.com

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/fenetre_04.htm

Divers

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Sainte-Jeanne-d-Arc.htm

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Renaissance
30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 09:13

Les vitraux de la cathédrale de Rouen IX. Les baies axiales hautes 100 à 102. vers 1430, 2ème moitié du XIXe s. et 1956.

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Voir :  Liste des 304 articles de ce blog décrivant les vitraux.

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Voir aussi  sur la cathédrale de Rouen :

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Voir sur Rouen :

 

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PRÉSENTATION

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La cathédrale possède 52 fenêtres dont environ 14 du XIIIe siècle, 6 du XIVe siècle, 22 du XVe siècle, 7 du XVIe siècle, 9 du XXe siècle.

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XIIIe siècle

Baies n° 9 et n°11 Verrière de la vie de saint Joseph vers 1220-1230

Baie n°10 Verrière de la Passion vers 1220-1230

Baie n° 12 Verrière du Bon Samaritain vers 1220-1230

Baie n°13 Verrière composite avec fragments des Sept Dormants d'Éphèse et de saint Pierre vers 1204

Baie n°14 Verrière composite : vie des saints Pierre et Paul, martyre des saints André et Barthélémy vers 1220-1230 et 1er quart XIVe

Baie n°23 Verrière de la vie de saint Julien l'hospitalier vers 1220-1230

Baie n°27 vers 1230

Baie n°29 vers 1230

Baie n°31, vers 1230

Baie n°39, Verrière de saint Vincent et saint Laurent XIIIe siècle

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie 121, Rose des Libraires, vers 1280

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XIVe siècle

Baie n° 3, Chapelle de la Vierge Verrière composite avec écus de Guillaume de Flavacourt vers 1310

Baie n° 5, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Ouen, Ansbert, Godard et Filleul vers 1310.

Baie n° 6, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Romain, Évode, Victrice et Innocent vers 1310

Baie n° 7, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Marcellin, Maurice, Silvestre et Eusèbe vers1310

Baie n° 8, Chapelle de la Vierge. Verrière du martyre de saint Prétextat et saints Maurille, Rémy et Hugues vers 1310

Baie n°36 : Vitrail de la Pentecôte offert par Jean de Nonancourt. 1340-1350

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XVe siècle.

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Baie n° 1, Chapelle de la Vierge. Verrière de l'Annonciation, saints Michel et Jacques le Majeur. Guillaume Barbe vers 1470

Baie n° 2, Chapelle de la Vierge. Verrière des saintes Catherine, Madeleine, saints Pierre et Jean-Baptiste . Guillaume Barbe vers 1470

Bain n° 32 :Vitrail des Saint-Innocents Guillaume Le Fève et Confrérie des saints Innocents 1449-1450


Baie n°41 , Verrière des saints Claire, évêque, Madeleine et Éducation de la Vierge, 1465, Guillaume Barbe

Baie n°43 Verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'Enfant 1468-1469 Guillaume Barbe

baie n°44 Verrière composite : Vierge à l'Enfant couronnée, saints Simon, Nicolas et sainte Catherine 1466-1467.

Baie n°47 Verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°49 Verrière des saints Michel, Julien, Guillaume et Geneviève 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie n°55 : Vitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien 1468-1469 Guillaume Barbe

Baies 100, 101 et 102, fenêtres hautes du chœur vers 1430

Baie 105, Saint Pierre. 1433
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XVIe siècle

Baie n°28 Vie de Saint-Romain, Jean Barbe ? 1511-1512 et 1521
Baie n° 30 Panégyrique de Saint-Romain, 1521

Baie n° 34, Vie de saint Jean-Baptiste, 1499

Baie n°54 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Pierre et André), le Christ et saint Pierre marchent sur les flots vers 1500

Baie n°56 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Jacques le Majeur et Jean l'Évangéliste), l'Ascension vers 1500

Baie n°58 Verrière de l'Incrédulité de saint Thomas vers 1500

Baie n°62 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Paul et Jude), le Christ et les pèlerins d'Emmaüs vers 1500

XXe siècle

Vitraux des Chapelles de la nef
Chapelle Ste Jeanne d'Arc

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Toutes les informations techniques proviennent du volume VI du Corpus Vitrearum et de Blondeau 2014.

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PRÉSENTATION DES BAIES.

 

D'après Markus Schlicht.

En pleine Guerre de Cent ans, quelques mois seulement avant l’ouverture du procès de Jeanne d’Arc en 1431, auquel nombre de chanoines devaient participer en tant qu’assesseurs, le chapitre cathédral rouennais entama, en 1430, une nouvelle campagne de travaux visant à moderniser son église. « Pour enrichir et ennoblir et plus enluminer le cueur de l’église de Rouen », comme ils le formulèrent eux-mêmes, les chanoines commandèrent alors au maître d’œuvre Jenson Salvart des plans pour la réfection des fenêtres hautes du chevet. Projetés dès 1429 au plus tard, les travaux, menés rapidement, se terminèrent en 1433 par la mise en place des dernières verrières .

En effet, en 1429, une délégation de huit chanoines et trois maîtres maçons visita la cathédrale «pro reperiendo modum clarifficandi chorum dicte ecclesie» (Compte de la fabrique, Arch. dép. Seine-Maritime G 2487, registre non folioté, chapitre des Misie communes du terme de la Nativité Saint-Jean-Baptiste, cité ici d’après la transcription par G. Ritter 1926). Les trois verrières orientales du polygone (100, 101 et 102), réalisées par les maîtres verriers rouennais Etienne Guiot et Guillaume de Grainville d’après des « cartons » sur toile et sur sol plâtré dessinés par le peintre Lyonnet [ou Leonnet] de Montigny, furent installées dès 1430. Suivent quatre verrières, à savoir les deux dernières du polygone (103 et 104) et celles des deux travées droites orientales (105 à 112), payées en 1431 au peintre verrier Louis Le Doyen. Guillaume de Granville et Jean de Senlis – ce dernier se taillant la part du lion – réalisent en 1432 les autres vitres des travées droites, à l’exception de la dernière grande baie méridionale («ultimam magnam formam chori denovo clarificatam versus aquam Sequane »), elle achevée en 1433. Cf. les extraits des Comptes de la fabrique Arch. dép. Seine-Maritime, G 2487, G 2489 et G 2490 transcrits par RITTER, 1926, p. 28-29.

Aujourd’hui, seuls les trois personnages de la Crucifixion (le Christ est refait) ainsi que le saint Pierre de la baie orientale du côté nord subsistent. En contradiction avec les sources évoquées ci-dessus, Françoise Perrot a affirmé que seuls ces quatre personnages avaient été réalisés (F. PERROT, Le vitrail à Rouen, Rouen, 1972, p. 26). A.-M. CARMENT-LANFRY, La cathédrale Notre-Dame de Rouen, Rouen, 1977, p. 122, et plus récemment M. CALLIAS-BEY et al., Les vitraux de Haute-Normandie (Corpus Vitrearum Medii Aevi , France, Recensement,vol. 6 ), Paris, 2001, p. 335 (notice « Rouen » de la même auteure) ont repris à leur compte cette conviction.

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D'après Callias-Bey p. 335.

Les successeurs du verrier Robert de Grainville (verrier dont le nom apparait  en 1406-1407 et en 1415-1415) tiennent l'échoppe L'escu de voirre" jusqu'en 1430.

"Plusieurs verriers furent pressentis pour vitrer les nouvelles larges baies à remplage flamboyant  : Étienne Guiot et Guillaume de Grainville exécutèrent entre le 24 juin et le 29 septembre 1430 "un Crucifix, Notre-Dame et Saint-Jean-en-la-Passion" ainsi que les vitreries des trois baies d'axe, d'après des "patrons peints en toile" entre les 16 avril et 24 juin par le peintre Léonnet de Montigny."

 

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D'après F. Buckhard.

"Entre 1430 et 1433 on voit acheter des pierres à tailler pour « clarifficare » au-dessus du choeur (entendons : ouvrir des verrières), d'après « certain portrait en parchemin » fait par Jean Salvant et Jean Roussel. On consulte des ouvriers du Bec-Hellouin sur ces plans. On donne 4 livres 5 sous à Lyonnet de Montigny, peintre, pour « deux fois pourtraire sur plâtre et sur toile » en la salle de l'œuvre, le Christ, Notre-Dame et saint Jean : ce sont les cartons des vitraux, et on sait même que les aunes de toile nécessaires ont coûté 30 sous. On achète 23 sommes et demie de verre à un verrier de Foucarmont. 8 On mentionne même le don par le chapitre d'un « capuce » à la femme du verrier. (ADG 2491)"

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DESCRIPTION.

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Les trois baies  ont chacune trois lancettes, et au tympan un quadrilobe, deux trilobes, deux mouchettes et écoinçons. Elles mesurent 6,65 m. de haut et 2,58 m. de large. Elles composent un Calvaire avec un grand personnage dans la lancette centrale de chaque baie, d'après un carton de Lyonnet de Montigny exécuté par Etienne Guiot et Guillaume de Grainville. Elles ont été restaurées par Jean-Jacques Gruber en 1956.

 

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Les baies 100 à 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les baies 100 à 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les baies 100 à 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les baies 100 à 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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La baie 100 : le Christ en croix (1864-1884 ; 1956).

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À l'exception de l'inscription INRI, tout a été refait entre 1864 et 1884. La lune et le soleil figurent dans les têtes de lancettes latérales. Complément de vitrerie losangée avec au centre un soleil en jaune d'argent, par Jean-Jacques Gruber en 1956. Bordures : rinceaux de feuilles.

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La baie 100 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 100 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 100 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 100 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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La baie 101 : la Vierge au calvaire.

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Notez le verre rouge gravé du nimbe.

Complément de vitrerie losangée avec au centre un soleil en jaune d'argent, par Jean-Jacques Gruber en 1956. Bordures : rinceaux de feuilles.

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La baie 101 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 101 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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La baie 102 : saint Jean au calvaire.

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Complément de vitrerie losangée par Jean-Jacques Gruber en 1956, mais le  soleil en jaune d'argent du centre est ancien. Bordures : rinceaux de feuilles.

J'admire, comme dans la baie précédente, la finesse de l'inscription, en verre de couleur et non peinte en grisaille, et j'imagine la délicate et virtuose  opération de découpe des verres qu'elle suppose.

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La baie 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 102 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

 

 

SOURCES ET LIENS.

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— BLONDEAU (Caroline), 2014, Le vitrail à Rouen 1450-1530, "L"ecu de voirre". Corpus Vitrearum, Presses universitaires de Rennes.

— BURCKARD (François), 1987, Les cent clochers de la ville.

https://www.index-precis.academie1744-rouen.fr/upload/bpt6k97358776.pdf

 

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,   Les vitraux de Haute-Normandie - Corpus vitrearum, Paris, CNRS éditions / Éditions du Patrimoine, coll. « Recensement des vitraux anciens de la France - volume VI », 2001, 495 p. (ISBN 2-271-05548-2 et 2-85822-314-9), p. 332-353.

 

— CALLIAS-BEY (Martine), 1997, « À l'« Escu de voirre »: un atelier rouennais de la peinture sur verre au XVe et XVIe siècles », Bulletin monumental, t.155-III, 1997, p. 237-242

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1997_num_155_3_917000

 

— SCHLICHT (Markus), 2013, « Architecte, commande, style, modèle. Quelques remarques sur la réfection des fenêtres hautes du chevet de la cathédrale de Rouen (1429-1433) » , in : C. Blondeau et al. (textes réunis par), Ars auro gemmisque prior. Mélanges en hommage à Jean-Pierre Caillet, Zagreb – Motovun

https://www.academia.edu/22616848/Full_text_Architecte_commande_style_mod%C3%A8le_Quelques_remarques_sur_la_r%C3%A9fection_des_fen%C3%AAtres_hautes_du_chevet_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen_1429_1433_

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— RITTER (Georges), 1926, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles. Reproductions en héliotypie, publiées avec une introduction historique et des notices iconographiques. Non consulté. Les vitraux de la cathédrale de Rouen, Cognac,  p. 28.

 —www.patrimoine-histoire.fr

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Cathedrale-Notre-Dame2.htm

 —PAINTON COWEN THE ONLY MEDIEVAL STAINED GLASSPHOTOGRAPHY

https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w100.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Baie_58_-_cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Rouen?uselang=fr

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 09:00

Liste des 308 articles de ce blog décrivant les vitraux.

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mise à jour : mai 2022.

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AMIENS.

ANGERS.

BEAUVAIS.

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BÉHUARD

 

 

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BOURGES.

CHANTILLY.

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CHARTRES.

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ECOUEN.

 

 

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LE MANS

.

MOULINS

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MULHOUSE

 

 

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NOGENT-LE-ROI. (EURE-ET-LOIR)

 

 

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SAINT-DENIS.

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SÉES

 

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SENS.

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SÉVILLE.

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STRASBOURG .

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TOURS.

 

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VENDÔME.

 

 

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— NORMANDIE : EURE.

 

ÉVREUX

 

 

 

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BOURG-ACHARD

CONCHES.

GISORS.

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LOUVIERS.

 

 

 

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PONT-AUDEMER.

 

ROUEN.

Cathédrale

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Sainte-Jeanne-d'Arc

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— NORMANDIE : MANCHE.

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MARC CHAGALL.

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EN BRETAGNE.

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— FINISTÉRE.

 

QUIMPER.

1. CATHÉDRALE : vers 1417 et vers 1496.

2. KERFEUNTEUN.

3. TY-MAMM-DOUÉ.

 

4. SAINT-MATHIEU

 

.5. EVÊCHÉ.

 

 

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FINISTÈRE.

D = donateurs

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— CÔTES D'ARMOR (22).  

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La verrière de saint Nicolas de Tolentino et de saint Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, par Olivier Le Coq et Jehan Le Lavanant),  baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic.

La verrière de la Vie de la Vierge de la maîtresse-vitre (Le Coq et Lavenant, 1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour  à Lantic.

La verrière du "Pèlerinage des marins  à Notre-Dame-de-la-Cour " (Champigneulle 1895-1902), en la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour de Lantic (22). 

Les armoiries de Salomon de Kergoanac au tympan de la maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic (22). 21/02/2020

L'Arbre de Jessé de la baie 4 (1530-1540). 

Les vitraux de l'église de Moncontour. I. La baie 7 : la verrière de la vie de saint Yves (1537).

Les vitraux de l'église de Moncontour. II. La baie 5 de la Vie de sainte Barbe (1538).

Les vitraux de Moncontour. III. La maîtresse-vitre (vers 1538) de l'Enfance du Christ.

Les vitraux de Moncontour. IV. La verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste.

Les vitraux de Moncontour. V. la verrière de la Vie de saint Mathurin (vers 1500-1525).

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église de Moncontour.

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— MORBIHAN (56).

 

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— ILLE-ET-VILAINE

 

CHAMPEAUX :

 

LA GUERCHE-DE-BRETAGNE

 

 

 

 

 

LES IFFS

LOUVIGNÉ-DE-BAIS

MOULINS

VITRÉ

 

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PAR THÈMES.

ARBRE DE JESSÉ 

En Bretagne, selon l'ordre chronologique:

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

 

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LES 29 PASSIONS FINISTÉRIENNES.

 Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

 

et dans le Morbihan :

 

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On attribue aussi à l'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 11:41

Les vitraux de la cathédrale de Rouen. VIII. Les baies 55 et 58.

La baie 55 : Vitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien (1468-1469 Guillaume Barbe)

La baie n°58 Verrière de l'Incrédulité de saint Thomas (vers 1500)

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Voir :  Liste des 304 articles de ce blog décrivant les vitraux.

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Voir aussi  sur la cathédrale de Rouen :

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Voir sur Rouen :

 

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PRÉSENTATION

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La cathédrale possède 52 fenêtres dont environ 14 du XIIIe siècle, 6 du XIVe siècle, 22 du XVe siècle, 7 du XVIe siècle, 9 du XXe siècle.

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XIIIe siècle

Baies n° 9 et n°11 Verrière de la vie de saint Joseph vers 1220-1230

Baie n°10 Verrière de la Passion vers 1220-1230

Baie n° 12 Verrière du Bon Samaritain vers 1220-1230

Baie n°13 Verrière composite avec fragments des Sept Dormants d'Éphèse et de saint Pierre vers 1204

Baie n°14 Verrière composite : vie des saints Pierre et Paul, martyre des saints André et Barthélémy vers 1220-1230 et 1er quart XIVe

Baie n°23 Verrière de la vie de saint Julien l'hospitalier vers 1220-1230

Baie n°27 vers 1230

Baie n°29 vers 1230

Baie n°31, vers 1230

Baie n°39, Verrière de saint Vincent et saint Laurent XIIIe siècle

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie 121, Rose des Libraires, vers 1280

XIVe siècle

Baie n° 3, Chapelle de la Vierge Verrière composite avec écus de Guillaume de Flavacourt vers 1310

Baie n° 5, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Ouen, Ansbert, Godard et Filleul vers 1310.

Baie n° 6, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Romain, Évode, Victrice et Innocent vers 1310

Baie n° 7, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Marcellin, Maurice, Silvestre et Eusèbe vers1310

Baie n° 8, Chapelle de la Vierge. Verrière du martyre de saint Prétextat et saints Maurille, Rémy et Hugues vers 1310

Baie n°36 : Vitrail de la Pentecôte offert par Jean de Nonancourt. 1340-1350

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XVe siècle.

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Baie n° 1, Chapelle de la Vierge. Verrière de l'Annonciation, saints Michel et Jacques le Majeur. Guillaume Barbe vers 1470

Baie n° 2, Chapelle de la Vierge. Verrière des saintes Catherine, Madeleine, saints Pierre et Jean-Baptiste . Guillaume Barbe vers 1470

Bain n° 32 :Vitrail des Saint-Innocents Guillaume Le Fève et Confrérie des saints Innocents 1449-1450


Baie n°41 , Verrière des saints Claire, évêque, Madeleine et Éducation de la Vierge, 1465, Guillaume Barbe

Baie n°43 Verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'Enfant 1468-1469 Guillaume Barbe

baie n°44 Verrière composite : Vierge à l'Enfant couronnée, saints Simon, Nicolas et sainte Catherine 1466-1467.

Baie n°47 Verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°49 Verrière des saints Michel, Julien, Guillaume et Geneviève 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie n°55 : Vitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien 1468-1469 Guillaume Barbe

Baies 100, 101 et 102, fenêtres hautes du chœur vers 1430

Baie 105, Saint Pierre. 1433
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XVIe siècle

Baie n°28 Vie de Saint-Romain, Jean Barbe ? 1511-1512 et 1521
Baie n° 30 Panégyrique de Saint-Romain, 1521

Baie n° 34, Vie de saint Jean-Baptiste, 1499

Baie n°54 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Pierre et André), le Christ et saint Pierre marchent sur les flots vers 1500

Baie n°56 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Jacques le Majeur et Jean l'Évangéliste), l'Ascension vers 1500

Baie n°58 Verrière de l'Incrédulité de saint Thomas vers 1500

Baie n°62 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Paul et Jude), le Christ et les pèlerins d'Emmaüs vers 1500

XXe siècle

Vitraux des Chapelles de la nef
Chapelle Ste Jeanne d'Arc

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Sur Guillaume Barbe, voir article sur la baie 41.

 

Toutes les informations techniques proviennent du volume VI du Corpus Vitrearum et de Blondeau 2014.

 

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LA BAIE 55 de la chapelle Sainte-Agathe. Saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe, saint Sébastien par Guillaume Barbe, 1468-1469.

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Cette baie de la première travée du collatéral nord se compose  de 4 lancettes et, au tympan, une rose pentalobée et deux  trilobes,  et mesure 11,45 m. de haut et 5,64 m. de large. C'est, comme les baies 41, 43; 44 , 47 et 49 des chapelles du bas-côtés nord,  une verrière mixte avec quatre grands personnages  en bandeau de 1468-1469 dans une vitrerie losangée créée par Gaudin en 1960.

Les quatre personnages sont saint Victor, la Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien, chacun debout sur un socle portant les inscriptions nominatives.

 

En effet, Caroline Blondeau indique qu' au début de l'année 1468, Guillaume Barbe dut garnir de vitres les fenêtres de la chapelle Sainte-Agathe : il est chargé d'y placer une vitrerie blanche à bordures peintes et fermaillets de couleurs, sans aucun personnage. La superficie à vitrée, 324 pieds laisse penser qu'il garnit l'intégralité de la baie de cette manière.

"Audit Barbe voirrier, pour avoir ouvré de son mestier en plusieurs lieux en ladite chapelle, cest assavoir en la chapelle Saincte Agathe a une fourme de voirre neuf blanc avecque les bordeures et fermaillés de voirre de couleurs, content IIIC XXIIII piès à XV d le piè, vallen XX IV s. " (ADSM G2503 f° 123v°)

Quelques mois plus tard, ce même artiste reçoit  15 l pour insérer quatre images dans la fenêtre de cette chapelle :

"A Guillaume Barbe voirrier, pour avoir ouvré de son mestier en une voirrière assise en la chapelle Saincte Agathe et y avoir fait IIII ymages , c’est assavoir Notre-Dame, sainte Agathe, saint Sébastien et saint Victor , pour ce paié a luy par quictance le VIIIè jour d'aoust au temps de ce present compte XV l. (  ADSM G 2505, Comptes de la fabrique de la Saint-Michel 1468 à la Saint-Michel 1469, , chapitre de la verrerie, publié dans Ritter 1926, p. 73, pièce justificative 13, p. 31.)

 

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La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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1. Saint Victor.

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La tête du saint est quasiment effacé tout comme le damas bleu devant lequel il se tient, où la grisaille est totalement détachée du verre. De nombreux bouche-trous viennent compléter les parties manquantes notamment au niveau de son armure.

Il tient un étendard et une trompe de chasse.

 De nombreux saints portent ce nom, dont Victor de Marseille, Victor d’Agaune ou Victor de Milan, tous soldats. La verrière représente l’un d’entre eux ou bien montre le type du saint Victor soldat. (A. Blaise)

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La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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2. La Vierge à l'Enfant.

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La Vierge offre à son Fils une fleur (un œillet ?). 

La baie est  en grande partie remaniée, surtout au niveau du visages : celui de Marie est remplacée par un fragment du XVIIe siècle et celui du Christ par un bouche-trou du XVIe siècle.

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La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Sainte Agathe.

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Tête et partie du buste de la sainte refaite. Le visage du bourreau est saisissant de laideur et de cruauté

Voici les clichés de "Giogo" sur Wikipédia :

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Giogo travail personnel sur Wikipédia

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Travail personnel Giogo sur Wikipédia

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La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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4. Saint Sébastien.

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La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le visage du saint, bien que défiguré par deux plombs de casse, est l'une des pièces les mieux conservées de cette baie. La grisaille est bien conservée et laisse deviner la finesse d'exécution, voire les larges coups de pinceaux en demi-cercle des pommettes. (C. Blondeau)

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La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Un blason à armoiries mi-parti est visible du coté gauche : c'est un assemblage factice de fragments, seule la moitié dextre est valide : une croix pattée de sable à cinq coquilles d'or, sur fond d'argent à trois merlettes. 

Elles n'ont pas été identifiées et semble avoir été ajoutée postérieurement.

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détail du cliché par Giogo Wikipédia

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La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 55 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LA BAIE 58. Chapelle Saint-Etienne. L'incrédulité de saint Thomas (vers 1500).

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Cette baie  d'une chapelle du bas-côté sud se compose de deux lancettes et, au tympan, deux mouchettes et deux  soufflets,  et mesure 5 m. de haut et 1,90  m. de large. 

Elle est remarquable par ses prouesses techniques : verres rouges gravés, montages en chef-d'œuvre, inscriptions sur les galons, et gemmes du galon du manteau du Christ.

— Un verre rouge gravé est un verre qui est doublé (un fin verre rouge contre un verre blanc) ou un verre plaqué, constitué lors du soufflage de couches continues en trempant la première paraison dans une autre couleur (Flavie Vincent-Petit). Pour le graver, on érode la couche supérieure du verre, rouge, plus mince, pour laisser apparaître la couche blanche. Cette gravure peut être manuelle, ou mécanique.

Exemple : nimbe crucifère du Christ, col et galon de saint Jean.

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Travail personnel Giogo modifié.

 

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— Un montage en chef-d'œuvre est le sertissage d'une pièce de verre, en générale ronde, au sein d'une autre pièce, toute la difficulté tenant dans la coupe du verre, comme à l'emporte-pièce, alors que la tendance du verre est de filer. Lorsque la découpe est faite, on y insère la pièce grâce à un plomb.

Exemple : les (faux ?) gemmes de la bordure du manteau, pièces de couleur bleue, verte ou rouge sur une pièce jaune. De nombreux gemmes sont carrés.

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Travail personnel Giogo modifié

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— Les auteurs du Corpus Vitrearum signale l'existence de gemmes, ce qui suppose non pas un montage en chef-d'œuvre, mais le collage par cuisson d'une pièce de verre colorée, sur la pièce support ; elle est ensuite entourée d'un trait de grisaille. Je ne suis pas assez qualifié pour déceler ces gemmes. Et seul un examen attentif sur place pourrait alors dire si ils sont d'origine, ou apportés par une restauration. Or, ces auteurs précisent que "les vêtements et le sol ont été restaurés."

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Quant au motif, on le connaît, il illustre Jean 20:24-31 : Thomas, absent lors de l'Apparition du Christ ressuscité, est incité par Jésus à placer son doigt dans la plaie du flanc. 

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Travail personnel Giogo

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Travail personnel Giogo sur Wikipédia

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La baie 58 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 58 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BLONDEAU (Caroline), 2014, Le vitrail à Rouen 1450-1530, "L"ecu de voirre". Corpus Vitrearum, Presses universitaires de Rennes.

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,   Les vitraux de Haute-Normandie - Corpus vitrearum, Paris, CNRS éditions / Éditions du Patrimoine, coll. « Recensement des vitraux anciens de la France - volume VI », 2001, 495 p. (ISBN 2-271-05548-2 et 2-85822-314-9), p. 332-353.

 

— CALLIAS-BEY (Martine), 1997, « À l'« Escu de voirre »: un atelier rouennais de la peinture sur verre au XVe et XVIe siècles », Bulletin monumental, t.155-III, 1997, p. 237-242

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1997_num_155_3_917000

— LE MAHO, Jacques ; CARMENT-LANFRY, Anne-Marie. "Les chapelles des collatéraux", in La Cathédrale Notre-Dame de Rouen. Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010 (généré le 24 mars 2022). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/3779>. ISBN : 9791024010670.

https://books.openedition.org/purh/3800

— SCHLICHT (Markus), 2013, « Architecte, commande, style, modèle. Quelques remarques sur la réfection des fenêtres hautes du chevet de la cathédrale de Rouen (1429-1433) »

https://www.academia.edu/22616848/Full_text_Architecte_commande_style_mod%C3%A8le_Quelques_remarques_sur_la_r%C3%A9fection_des_fen%C3%AAtres_hautes_du_chevet_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen_1429_1433_

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Non consultés :

Martine Callias Bey, Rouen, Cathédrale Notre-Dame, Les verrières, Itinéraires de patrimoine no 25, Rouen, 1993.

Anne-Marie Carment-Lanfry, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Connaître Rouen, Rouen, 1977.

Louis Grodecki, Les Vitraux, dans n° spécial des Monuments historiques de la France, 1956, 2, p. 101-110.

Jean Lafond, « Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300 », Bulletin monumental., t. 111, p. 317-358.

Jean Lafond, Le Commerce des vitraux étrangers anciens en Angleterre, au xviiie et au xixe siècles, RSSHN, 1960, p. 5-15.

 Eustache-Hyacinthe Langlois, Mémoire sur la peinture sur verre, Rouen, 1823.

Eustache-Hyacinthe Langlois, Essai sur la peinture sur verre, Rouen, 1832.

 Yves Lescroart, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Cathédrales de France », 2000, 96 p., p. 66-77

Armand Loisel et Jean Lafond, La Cathédrale de Rouen, Paris, 1924.

Monum, Les Vitraux de Haute-Normandie, éd. du patrimoine, Paris, 2001.

Françoise Perrot, Le vitrail à Rouen, Connaître Rouen, t. II, Rouen 1972.

Alfred Rudolf et Eugène Levasseur, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, Rouen, s.d.

— RITTER (Georges), 1926, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles. Reproductions en héliotypie, publiées avec une introduction historique et des notices iconographiques. Non consulté.

 

 —www.patrimoine-histoire.fr

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Cathedrale-Notre-Dame2.htm

 —PAINTON COWEN THE ONLY MEDIEVAL STAINED GLASSPHOTOGRAPHY

https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w55.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Baie_58_-_cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Rouen?uselang=fr

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 20:17

Les vitraux de la cathédrale de Rouen VII. La baie 53 de la chapelle Saint-Jean-de-la-nef.  « Belles Verrières » vers 1200 et 1210, 1220-1230 et scènes de la vie de Jean-Baptiste (décollation) et de Marie-Madeleine (Guillaume Barbe 1468-1469).

 

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Voir :

 

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Voir aussi  sur la cathédrale de Rouen :

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Voir sur Rouen :

 

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PRÉSENTATION

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La cathédrale possède 52 fenêtres dont environ 14 du XIIIe siècle, 6 du XIVe siècle, 22 du XVe siècle, 7 du XVIe siècle, 9 du XXe siècle.

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XIIIe siècle

 

Baies n° 9 et n°11 Verrière de la vie de saint Joseph vers 1220-1230

Baie n°10 Verrière de la Passion vers 1220-1230

Baie n° 12 Verrière du Bon Samaritain vers 1220-1230

Baie n°13 Verrière composite avec fragments des Sept Dormants d'Éphèse et de saint Pierre vers 1204

Baie n°14 Verrière composite : vie des saints Pierre et Paul, martyre des saints André et Barthélémy vers 1220-1230 et 1er quart XIVe

Baie n°23 Verrière de la vie de saint Julien l'hospitalier vers 1220-1230

Baie n°27 vers 1230

Baie n°29 vers 1230

Baie n°31, vers 1230

Baie n°39, Verrière de saint Vincent et saint Laurent XIIIe siècle

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie 121, Rose des Libraires, vers 1280


 

 

XIVe siècle

Baie n° 3, Chapelle de la Vierge Verrière composite avec écus de Guillaume de Flavacourt vers 1310

Baie n° 5, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Ouen, Ansbert, Godard et Filleul vers 1310.

Baie n° 6, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Romain, Évode, Victrice et Innocent vers 1310

Baie n° 7, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Marcellin, Maurice, Silvestre et Eusèbe vers1310

Baie n° 8, Chapelle de la Vierge. Verrière du martyre de saint Prétextat et saints Maurille, Rémy et Hugues vers 1310

Baie n°36 : Vitrail de la Pentecôte offert par Jean de Nonancourt. 1340-1350

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XVe siècle.

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Baie n° 1, Chapelle de la Vierge. Verrière de l'Annonciation, saints Michel et Jacques le Majeur. Guillaume Barbe vers 1470

Baie n° 2, Chapelle de la Vierge. Verrière des saintes Catherine, Madeleine, saints Pierre et Jean-Baptiste . Guillaume Barbe vers 1470

Bain n° 32 :Vitrail des Saint-Innocents Guillaume Le Fève et Confrérie des saints Innocents 1449-1450


Baie n°41 , Verrière des saints Claire, évêque, Madeleine et Éducation de la Vierge, 1465, Guillaume Barbe

Baie n°43 Verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'Enfant 1468-1469 Guillaume Barbe

baie n°44 Verrière composite : Vierge à l'Enfant couronnée, saints Simon, Nicolas et sainte Catherine 1466-1467.

Baie n°47 Verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°49 Verrière des saints Michel, Julien, Guillaume et Geneviève 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie n°55 : Vitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien 1468-1469 Guillaume Barbe

Baies 100, 101 et 102, fenêtres hautes du chœur vers 1430

Baie 105, Saint Pierre. 1433
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XVIe siècle

Baie n°28 Vie de Saint-Romain, Jean Barbe ? 1511-1512 et 1521
Baie n° 30 Panégyrique de Saint-Romain, 1521

Baie n° 34, Vie de saint Jean-Baptiste, 1499

Baie n°54 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Pierre et André), le Christ et saint Pierre marchent sur les flots vers 1500

Baie n°56 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Jacques le Majeur et Jean l'Évangéliste), l'Ascension vers 1500

Baie n°58 Verrière de l'Incrédulité de saint Thomas vers 1500

Baie n°62 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Paul et Jude), le Christ et les pèlerins d'Emmaüs vers 1500

XXe siècle

Vitraux des Chapelles de la nef
Chapelle Ste Jeanne d'Arc

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Sur Guillaume Barbe, voir article sur la baie 41.

 

Toutes les informations techniques proviennent du volume VI du Corpus Vitrearum et de Blondeau 2014.

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La chapelle Saint-Jean-de-la Nef, côté nord de la nef.

Elle était le siège des confréries de Saint-Jean-le-Décollé et de Sainte-Madeleine,  saints qui inspirent le registre inférieur de 1460 : Décollation du Précurseur, repas de Jésus chez Simon, les saintes Femmes au tombeau et le « Noli me tangere » ou apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine.

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"Le vitrail est consacré essentiellement à la vie de saint Jean-Baptiste dont on reconnaît aisément les principaux épisodes – circoncision, Ecce Agnus Dei, prédication, le saint dans sa prison, Salomé demandant la tête du Baptiste, décollation –, mais on trouve également des scènes illustrant la légende de sainte Catherine ou de saint Nicolas. Certains panneaux représentent des ouvriers au travail : un charpentier, des constructeurs d’églises et des mégissiers ; ce sont les signatures des corporations qui ont offert les vitraux au début du XIIIe siècle, tandis que, dans le dernier médaillon en bas, à droite, une femme agenouillée présentant une fenêtre à quatre lancettes, figure la donatrice qui a payé de ses deniers la transformation de la baie après 1270.

Les panneaux du XVe siècle illustrent la vie des saints vénérés par les confréries dont la chapelle était le siège, saint Jean-le-Décollé et sainte Madeleine

Ce sont de belles et grandes compositions aux couleurs claires, où les personnages se meuvent librement sur un fond de ciel et de paysage, sans toutefois oser sortir du cadre imposé par les divisions de la fenêtre. Si la perspective n’y est pas encore parfaite, ces scènes légendaires annoncent déjà cependant le vitrail-tableau qui triomphera au siècle suivant." (J. Le Maho)

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. SCÉNES DE LA VIE DE SAINT JEAN-BAPTISTE ET DE SAINTE MADELEINE. GUILLAUME BARBE VERS 1469, RESTAURÉ AU XVIIe SIÈCLE ET 1960. NOMBREUX BOUCHE-TROUS.

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Soubassement : vitrerie décorative par Gaudin en 1960.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Lancettes A et B.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LANCETTE A. DÉCOLLATION DE JEAN-BAPTISTE ET PRÉSENTATION DE SON CHEF PAR SALOMÉ.

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C'est un peu une macédoine de bouche-trous, une boite de puzzle répandue, mais où nous finissons par retrouver nos petits.

 

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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En partie basse, un bourreau de bric et de broc (tête couronnée), le sabre en main gauche, dépose la tête très barbue du saint dans un plat que tient l'envoûtante Salomé, qui porte le même surcot bleu frappé d'une étoile et la même robe rouge que dans la scène suivante.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Et on distingue en partie haute à droite la dite  Salomé aux cheveux blonds retenus par un diadème, qui présente la tête nimbée de Jean-Baptiste au roi Hérode et à la reine Hérodiade, tous deux  couronnés. Hérodiade porte un surcot damassé.

Voir aussi : https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-A-whole.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LANCETTE B. LE REPAS CHEZ SIMON.

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Ce que nous voyons, c'est le Christ (nimbe crucifère) à table face à deux apôtres, servi par deux domestiques, tandis qu'un visage féminin nimbé de vert le salue d'un geste réciproque, main sur la poitrine.

C'est le thème général (la vie de Marie-Madeleine) qui permet d'y reconnaître le Repas chez Simon (Corpus Vitrearum) et non la Cène à Emmaüs, comme le propose Painton Cowen.

https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-B-whole.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LANCETTE C. LES SAINTES FEMMES AU TOMBEAU AU LUNDI DE PÂQUES.

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Sur un arrière-plan des murailles de Jérusalem, les trois femmes sont entrées au jardin où se trouve le tombeau. L'ange vêtu de blanc et tenant le bâton fleurdelisé du messager divin, leu apparaît.

Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le sépulcre. Et voici, il y eut un grand tremblement de terre; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s'assit dessus. Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige. Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. Mais l'ange prit la parole, et dit aux femmes: Pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n'est point ici; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez. Voici, je vous l'ai dit." Matthieu 28:1-7.

Marie-Madeleine se reconnaît, au premier-plan, à es cheveux blonds dénoués. Elle tient un flacon d'aromates portant deux mots, le premier ressemblant à MYRRHA.

 

 

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LANCETTE D. APPARITION DU CHRIST RESSUSCITÉ À MARIE-MADELEINE. "NOLI ME TANGERE".

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Là encore, la scène est recomposée à partir de débris, et il est tout à fait en dehors des codes iconographiques que Marie-Madeleine tiennent, dans cette scène, un flacon d'aromates. On lit sur ce dernier des lettres dont les premières semblent dépourvues de sens, NEM/DOMD avant la séquence AVE MADLENA.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR. SCÉNES DE LA VIE DE SAINT NICOLAS (I vers 1200-1210 ; II vers 1240) ET SAINTE CATHERINE (1200-1210) , SAINT JEAN-BAPTISTE (1200-1210) ET SAINT ÉTIENNE (1200-1210). RESTAURÉ PAR GAUDIN 1960.

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Bordures : (vers 1270) : doubles rinceaux à feuilles retournées, bâtons brisés, fleurs de lys (restauré), perlés.

Tympan et tête de lancettes : vitrerie décorative par Gaudin en 1960.

Panneaux anciens présentés dans des quarts de cercle, des quarts de quadrilobe, et des carrés.

Vie de saint Étienne :Fonds à treillis courbe et compartiments fleuronnés.

LANCETTE A DE HAUT EN BAS.

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A1. Vie de saint Étienne (vers 1200-1210). Un bourreau de saint Étienne confie son manteau à Saul.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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A2. Vie de sainte Catherine (vers 1200-1210). Décollation de Catherine ou de l'impératrice.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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A3.  Vie de sainte Catherine (vers 1200-1210). La roue préparée pour le supplice de sainte Catherine déchiquette ses bourreaux.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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A4. Vie de sainte Catherine (vers 1200-1210). L'empereur Maxence fait venir les philosophes pour confondre Catherine.

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A5. Messe de saint Sever (?).

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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A6.  Vie de sainte Catherine (vers 1200-1210). L'impératrice accompagnée de Porphyre va visiter  Catherine en prison.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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A7. Vie de saint Nicolas. Saint Nicolas ressuscite les trois clercs.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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A8.  Vie de sainte Catherine (vers 1200-1210).  Décollation de Porphyre converti.

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LANCETTE B DE HAUT EN BAS.

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B1.Un charpentier au travail, provenant de la verrière de saint Étienne.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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B2. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210). Départ de Jean-Baptiste au désert.

Inscription. AL NOS

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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B3. Vocation des apôtres ?

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B4.Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210). Salomé demande à Hérode la tête du Précurseur.

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B5. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210).Jean-Baptiste dans la scène de l'Agnus Dei.

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B6. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210).Jésus avec trois disciples de Jean-Baptiste.

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B7. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210). Décollation du saint.

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B8.Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210). Jean-Baptiste en prison envoie ses disciples au Christ.

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Inscription S9 : IOHANES

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LANCETTE C DE HAUT EN BAS.

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C1.Vie de saint Étienne (vers 1200-1210). Saint Étienne se défend contre ses accusateurs.

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https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-24.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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C2. Maçons ou bâtisseurs construisant une église.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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C3. Maçons ou bâtisseurs construisant une église.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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C4. Vie de saint Nicolas II (vers 1240). Le boucher aidé de sa femme allonge les corps des clercs dans le saloir.

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https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-21.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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C5. Vie de saint Nicolas II (vers 1240).  Les trois jeunes clercs viennent frapper chez le boucher

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https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-20.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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C56. Mort d'un évêque. Saint Martin ? Vers 1200-1210.

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Présence d'un diable rouge levant les bras au pied du lit.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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C7. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210). Un groupe d'auditeur dans le désert.

 

 

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Inscription POPVLVS. ("le peuple)

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

 

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C8. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210).  Circoncision de Jean-Baptiste.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LANCETTE D DE HAUT EN BAS.

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D1. Vie de saint Étienne (vers 1200-1210). Prédication de saint Étienne .

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Voir mieux ici : https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-32.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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D2. Saint Sever II (d'Avranches) tiré de la solitude de son oratoire . Vers 1220-1230.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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D3. Vie de saint Étienne (vers 1200-1210). Les Juifs accusent Étienne .

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Fragment de la bordure d'origine à bâtons brisés entrelacés d'un rinceau à longues feuilles.

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https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-30.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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D4. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210). Huit auditeurs de Jean-Baptiste dans la scène de l'Agnus Dei. À relier à B5 que ce panneau complète.

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https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53-29.htm

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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D5. Scène de la vie de saint Jean l'Evangéliste (vers 1240?) .

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Fond à treillis oblique formant des écailles et des compartiments fleuronnés.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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D6. Vie de Jean-Baptiste (vers 1200-1210). Première prédication de Jean-Baptiste.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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D7. Deux ouvriers mégissiers donateurs (carton retourné, vers 1200-1210).

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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D8.La donatrice offrant une verrière sur fond de damiers. Vers 1270.

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La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 53 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BLONDEAU (Caroline), 2014, Le vitrail à Rouen 1450-1530, "L"ecu de voirre". Corpus Vitrearum, Presses universitaires de Rennes.

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,   Les vitraux de Haute-Normandie - Corpus vitrearum, Paris, CNRS éditions / Éditions du Patrimoine, coll. « Recensement des vitraux anciens de la France - volume VI », 2001, 495 p. (ISBN 2-271-05548-2 et 2-85822-314-9), p. 332-353.

 

— CALLIAS-BEY (Martine), 1997, « À l'« Escu de voirre »: un atelier rouennais de la peinture sur verre au XVe et XVIe siècles », Bulletin monumental, t.155-III, 1997, p. 237-242

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1997_num_155_3_917000

COTHREN (Michael), 1986, The Seven Sleepers and the Seven Kneelers: Prolegomena to a Study of the "Belles Verrières" of the Cathedral of Rouen, The university of chicago press journals vol. 25 n°2

https://www.journals.uchicago.edu/doi/epdfplus/10.2307/766982

 

FLICKR

https://www.flickr.com/photos/morio60/32437009066/in/photostream/

 

— GOUPY (Axelle), 2019, Un miroir de la mission canoniale et épiscopale au XIIIe siècle. Les vitraux légendaires du chœur de la cathédrale de Rouen, thèse préparée sous la direction de Philippe Plagnieux, professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’École des chartes, et de Karine Boulanger, ingénieure d’études au CNRS et membre du Centre André Chastel.

https://chartes.hypotheses.org/6640

https://www.chartes.psl.eu/fr/positions-these/vitraux-legendaires-du-choeur-cathedrale-rouen-1225-1230

— LE MAHO, Jacques ; CARMENT-LANFRY, Anne-Marie. "Les chapelles des collatéraux", in La Cathédrale Notre-Dame de Rouen. Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010 (généré le 24 mars 2022). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/3779>. ISBN : 9791024010670.

https://books.openedition.org/purh/3800

PERROT (Françoise), 1990 A propos des « belles verrières » de la cathédrale de Rouen [compte-rendu] Bulletin Monumental  Année 1990  148-2  pp. 213-214

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1990_num_148_2_4309

 

— SCHLICHT (Markus), 2013, « Architecte, commande, style, modèle. Quelques remarques sur la réfection des fenêtres hautes du chevet de la cathédrale de Rouen (1429-1433) »

https://www.academia.edu/22616848/Full_text_Architecte_commande_style_mod%C3%A8le_Quelques_remarques_sur_la_r%C3%A9fection_des_fen%C3%AAtres_hautes_du_chevet_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen_1429_1433_

— TANGUY (Jacques)

http://www.rouen-histoire.com/Vitraux/Belles_Verrieres/Belles_Verrieres.htm

http://www.rouen-histoire.com/Vitraux/Belles_Verrieres/Belles_Verr.htm

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Non consultés :

Martine Callias Bey, Rouen, Cathédrale Notre-Dame, Les verrières, Itinéraires de patrimoine no 25, Rouen, 1993.

Anne-Marie Carment-Lanfry, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Connaître Rouen, Rouen, 1977.

Louis Grodecki, Les Vitraux, dans n° spécial des Monuments historiques de la France, 1956, 2, p. 101-110.

Jean Lafond, « Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300 », Bulletin monumental., t. 111, p. 317-358.

Jean Lafond, Le Commerce des vitraux étrangers anciens en Angleterre, au xviiie et au xixe siècles, RSSHN, 1960, p. 5-15.

 Eustache-Hyacinthe Langlois, Mémoire sur la peinture sur verre, Rouen, 1823.

Eustache-Hyacinthe Langlois, Essai sur la peinture sur verre, Rouen, 1832.

 Yves Lescroart, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Cathédrales de France », 2000, 96 p., p. 66-77

Armand Loisel et Jean Lafond, La Cathédrale de Rouen, Paris, 1924.

Monum, Les Vitraux de Haute-Normandie, éd. du patrimoine, Paris, 2001.

Françoise Perrot, Le vitrail à Rouen, Connaître Rouen, t. II, Rouen 1972.

Alfred Rudolf et Eugène Levasseur, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, Rouen, s.d.

— RITTER (Georges), 1926, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles. Reproductions en héliotypie, publiées avec une introduction historique et des notices iconographiques. Non consulté.

 

 —www.patrimoine-histoire.fr

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Cathedrale-Notre-Dame2.htm

 —PAINTON COWEN THE ONLY MEDIEVAL STAINED GLASSPHOTOGRAPHY

https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w53.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Baie_53_-_chapelle_Saint-Jean-de-la-Nef,_cath%C3%A9drale_de_Rouen.jpg

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 10:54

Les vitraux de la cathédrale de Rouen VI. La baie 51. Chapelle Saint-Sever, Verrière composite : « Belles Verrières » vers 1200-1210 et 1220-1230 et  Passion du Christ (  Guillaume Barbe, 1468-1469).

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Voir :

 

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Voir aussi  sur la cathédrale de Rouen :

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Voir sur Rouen :

 

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PRÉSENTATION

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La cathédrale possède 52 fenêtres dont environ 14 du XIIIe siècle, 6 du XIVe siècle, 22 du XVe siècle, 7 du XVIe siècle, 9 du XXe siècle.

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XIIIe siècle

 

Baies n° 9 et n°11 Verrière de la vie de saint Joseph vers 1220-1230

Baie n°10 Verrière de la Passion vers 1220-1230

Baie n° 12 Verrière du Bon Samaritain vers 1220-1230

Baie n°13 Verrière composite avec fragments des Sept Dormants d'Éphèse et de saint Pierre vers 1204

Baie n°14 Verrière composite : vie des saints Pierre et Paul, martyre des saints André et Barthélémy vers 1220-1230 et 1er quart XIVe

Baie n°23 Verrière de la vie de saint Julien l'hospitalier vers 1220-1230

Baie n°27 vers 1230

Baie n°29 vers 1230

Baie n°31, vers 1230

Baie n°39, Verrière de saint Vincent et saint Laurent XIIIe siècle

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie 121, Rose des Libraires, vers 1280


 

 

XIVe siècle

Baie n° 3, Chapelle de la Vierge Verrière composite avec écus de Guillaume de Flavacourt vers 1310

Baie n° 5, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Ouen, Ansbert, Godard et Filleul vers 1310.

Baie n° 6, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Romain, Évode, Victrice et Innocent vers 1310

Baie n° 7, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Marcellin, Maurice, Silvestre et Eusèbe vers1310

Baie n° 8, Chapelle de la Vierge. Verrière du martyre de saint Prétextat et saints Maurille, Rémy et Hugues vers 1310

Baie n°36 : Vitrail de la Pentecôte offert par Jean de Nonancourt. 1340-1350

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XVe siècle.

Pour J. Le Maho "Les panneaux du XVe siècle illustrent la vie des saints vénérés par les confréries dont la chapelle était le siège, saint Jean-le-Décollé et sainte Madeleine (Décollation du Précurseur et présentation du chef de saint Jean-Baptiste, repas de Jésus chez Simon, les saintes Femmes au tombeau et le « Noli me tangere » ou apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine). Ce sont de belles et grandes compositions aux couleurs claires, où les personnages se meuvent librement sur un fond de ciel et de paysage, sans toutefois oser sortir du cadre imposé par les divisions de la fenêtre. Si la perspective n’y est pas encore parfaite, ces scènes légendaires annoncent déjà cependant le vitrail-tableau qui triomphera au siècle suivant."

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Baie n° 1, Chapelle de la Vierge. Verrière de l'Annonciation, saints Michel et Jacques le Majeur. Guillaume Barbe vers 1470

Baie n° 2, Chapelle de la Vierge. Verrière des saintes Catherine, Madeleine, saints Pierre et Jean-Baptiste . Guillaume Barbe vers 1470

Bain n° 32 :Vitrail des Saint-Innocents Guillaume Le Fève et Confrérie des saints Innocents 1449-1450


Baie n°41 , Verrière des saints Claire, évêque, Madeleine et Éducation de la Vierge, 1465, Guillaume Barbe

Baie n°43 Verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'Enfant 1468-1469 Guillaume Barbe

baie n°44 Verrière composite : Vierge à l'Enfant couronnée, saints Simon, Nicolas et sainte Catherine 1466-1467.

Baie n°47 Verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°49 Verrière des saints Michel, Julien, Guillaume et Geneviève 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie n°55 : Vitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien 1468-1469 Guillaume Barbe

Baies 100, 101 et 102, fenêtres hautes du chœur vers 1430

Baie 105, Saint Pierre. 1433
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XVIe siècle

Baie n°28 Vie de Saint-Romain, Jean Barbe ? 1511-1512 et 1521
Baie n° 30 Panégyrique de Saint-Romain, 1521

Baie n° 34, Vie de saint Jean-Baptiste, 1499

Baie n°54 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Pierre et André), le Christ et saint Pierre marchent sur les flots vers 1500

Baie n°56 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Jacques le Majeur et Jean l'Évangéliste), l'Ascension vers 1500

Baie n°58 Verrière de l'Incrédulité de saint Thomas vers 1500

Baie n°62 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Paul et Jude), le Christ et les pèlerins d'Emmaüs vers 1500

XXe siècle

Vitraux des Chapelles de la nef
Chapelle Ste Jeanne d'Arc

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Sur Guillaume Barbe, voir article précédent.

Toutes les informations techniques proviennent du volume VI du Corpus Vitrearum et de Blondeau 2014.

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La baie 51. Chapelle Saint-Sever, Verrière composite, l'une des deux "Belles Verrières" avec réemploi en désordre vers 1270 de panneaux provenant des premiers bas-côtés de la cathédrale vers 1200-1210 et 1220-1230.

Complétée au registre inférieur par quatre scènes de la Passion du Christ (Portement de Croix, Calvaire, Descente de Croix, Vierge de Pitié), par Guillaume Barbe, 1470. Restauration en 1960 par Gauvin.

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Cette baie de 4 lancettes organisées en 9 registres, 1 rose pentalobée et 2 trilobes au tympan mesure 11,50 m. de haut et 3,40 m. de large. Avec la baie 53,  elle a été qualifiée depuis le XIVe siècle de "Belle Verrière" car elle contient, dans ses 8 registres supérieurs, des panneaux provenant des premiers bas-côtés de la cathédrale, datant de 1200-1210 et 1220-1230. 

Les verrières les plus précoces (1200-1204), , peu après l'incendie qui ravagea une bonne partie de la cathédrale pendant la nuit de Pâques de l'an 1200, honoraient les saints dont la cathédrale possédait les reliques, et le chapitre, qui avait autorité sur les programmes vitrés, fit illustrer les légendes des saints Jean-Baptiste, Catherine, Nicolas, Étienne et Martin, mais aussi celle des Sept Dormants d'Éphèse, témoignant d'une influence anglaise (Cothren). 

Un autre groupe de verrières créées dans les années 1220-1240 illustraient les vies des deux saints Sever d'Avranches et de Ravennes, la vie de Job, d'un groupe d'apôtres, de saint Julien (baie 23), de la Passion (baie 10), de la parabole du Bon Samaritain (baie 12), de saint Pierre et Paul, et de saint Vincent.

En effet,  vers 1270, on supprima les fenêtres des collatéraux afin d'élever à la demande des confréries des chapelles latérales entre les contreforts, dont cette chapelle Saint-Sever. Il fallut alors regrouper et adapter les panneaux de vitraux aux dimensions des quatre lancettes des nouvelles verrières, en mutilant encadrements et jeux de fonds, et en adaptant de nouvelles bordures.

Dans la baie 53, les donateurs du début du XIIe siècle y sont représentés : ce sont des ouvriers maçons , des charpentiers ou des mégissiers, et, une donatrice offrant la verrière "recomposée" de 1270. Ailleurs, ce seront des tondeurs de draps, des poissonniers, des marchands de blé, et des tailleurs de pierres.

 

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La chapelle Saint-Sever porte le nom du quatrième archevêque de Rouen connu, au IVe siècle, après saint Nicaise, saint Mellon et saint Avitien.

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Saint Sever (Severus)  325-341, a été délibérément confondu (*) par le clergé de Rouen avec ses homonymes saint Sever d'Avranches, décédé en 570 et saint Sever de Ravenne, décédé en 346.

(*)  "Il semble donc que l’archevêque et le chapitre n’aient pas hésité à entretenir la confusion sur l’identité du saint afin de bénéficier d’une relique supplémentaire d’un saint local." (A. Blaise)

La ville accueillit en 990 les reliques de Sever d'Avranches, et c'est en son honneur que fut nommé l'ancien faubourg de Rouen devenu le quartier Saint-Sever, et l'église Saint-Sever de Rouen qui abrita ces reliques.

Une châsse de Saint Sever d'Avranches fut édifiée dans la cathédrale, entre 1189 et 1199 pour ses parties les plus anciennes, grâce aux dons d'un chanoine, Drogon de Trubleville. C'est celle qui subsiste, largement remaniée, dans les collections du Musée des Antiquités de la Seine-Maritime.

Saint Sever de Rouen est célébré le 1er novembre, saint Sever de Ravenne et saint Sever d'Avranches le 1er février.

Comme on ignore tout de la Vie de saint Sever de Rouen, les panneaux de cette verrière illustrent les épisodes marquants de ses homonymes d'Avranches et de Ravenne.

"Certains saints particulièrement célébrés dans la liturgie de la cathédrale. Dom Pommeraye, comme Ch. de Beaurepaire, insistent particulièrement sur la fête de saint Sever – pris pour l’évêque d’Avranches, mais dont les reliques conservées étaient celles de l’évêque de Ravenne – pour laquelle la commémoration était visiblement très importante : sermon, procession, prédication, exposition des reliques aux fidèles. En 1290 et 1298 furent réalisés un buste et un bras reliquaire pour les reliques du saint. Or, une seule verrière représente l’évêque. Cependant, intégrée dans une série illustrant la lignée épiscopale, elle figurait non pas l’évêque de Ravenne mais celui d’Avranches. L’importance de la commémoration faite au saint n’était donc pas traduite par l’image. Il semble qu’à l’inverse, la mise en valeur de certaines reliques soit, en réalité, liée à la conception iconographique de programme de grande envergure. Ainsi, lorsque la chapelle de la Vierge, nouvellement reconstruite au début du XIVe siècle, est ornée de vitraux de saints archevêques, le chapitre et l’archevêque n’hésitent pas à mettre en valeur le culte de saint Sever, évêque de Ravenne, dans le but de le faire passer pour l’évêque de Rouen, présent dans la lignée épiscopale sainte. Le culte des reliques ne semble donc pas à l’origine de la conception de programmes iconographiques, surtout lorsqu’il s’agit d’une iconographie eschatologique, mais plutôt la conséquence." (A. Blaise)

 

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La baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. QUATRE SCÈNES DE LA PASSION DU CHRIST, GUILLAUME BARBE 1468-1469.

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Le bas des baies 51 et 53 n'était pas vitré, le cloître canonial projeté au nord de la Cathédrale mais jamais construit ayant fait réserver cette partie, qui ne sera complétée qu'au XVe siècle. 

 

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Les trois premières lancettes A, B et C.

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Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Portement de Croix.

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Très restauré ; auréole de la Vierge et tête du Christ refaite.

Le Christ porte sa croix entre deux soldats, qui le frappent d'un bâton ou le pressent à l'aide de la corde qui le lie. On admirera la composition en Z, ligne brisée dramatique, ou  les détails d'armures aux pièces de métal damasquinées et aux étoffes damassées, ou encore les visages pleins d'expression.

Les spectateurs affligés sont la Vierge, saint Jean, et une Sainte Femme.

 

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Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le Calvaire.

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Le Christ en Croix est entouré à sa droite de la Vierge, mais jointes tendues vers son Fils mais qui est soutenu par les bras d'un personnage en vert qu'on ne voit pas, à moins que ces mains soient celles de Jean (en fait remplacé par un donateur) , qui, nimbé et  vêtu de rouge, est placé juste au dessus. Puis vient une Sainte Femme (Marie-Madeleine ?), se tordant les mains de douleur.

À la gauche du Christ, nous voyons un soldat, sans doute un officier portant un turban.

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Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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La Descente de Croix.

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La scène a été entièrement refaite, sauf deux têtes.

Jean soutient par les aisselles Jésus détaché de la Croix, et le guide vers les bras de Marie. 

Les deux assistants sont Nicodème, et Joseph d'Arimathie. Joseph est sans doute celui qui tient les pieds du Christ, bien que cette place est classiquement celle de Nicodème. Il est barbu, porte un couvre-chef à oreillettes, un manteau rouge fourré d'hermines, une tunique verte et des chausses violet : c'est un mélange entre le costume contemporain, Henri II, et celui qui permet aux spectateurs d'identifier un Pharisien membre du Sanhédrin. De même, le bonnet pointu de Nicodème et les franges du manteau rouge bordeaux indique la judéité du personnage.

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Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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La Déploration.

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La scène a été entièrement refaite, sauf la tête et le buste du Christ, les deux anges et les mains des personnages.

Le terme de "pietà" est impropre, autant que celui de Vierge de pitié, et il faut parler ici de déploration, puisque Marie, assise sur une cathèdre et tenant le corps de son Fils, est accompagnée de Jean et de Marie-Madeleine placés derrière le dossier. Deux anges volent autour de la Croix et de l'échelle et compatissent à la scène.

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Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le registre inférieur (Guillaume Barbe 1468-1469) de la baie 51 de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les vitraux de la cathédrale de Rouen VI. La baie 51.

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LES REGISTRES SUPÉRIEURS. LÉGENDES DE SAINT NICOLAS, SAINT SEVER ÉVÊQUE DE RAVENNE, SAINT SEVER ÉVÊQUE D'AVRANCHES ET DE SAINTE CATHERINE.

Les 8 registres supérieurs appartiennent aux vitraux les plus anciens de la cathédrale, et aussi de Normandie, si on excepte les fragments carolingiens (environ 200 fragments de verre de couleur verdâtre) découverts par Jacques Le Maho à proximité du flanc sud de la cathédrale. Ils datent en effet de 1200-1210, ou de 1220-1230. 

 

Rappel :

vitraux de Saint-Denis : 1144.

Belle Verrière de Chartes : 1180 et 1214-1220.

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Description : voir https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w51.htm

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Les lancettes sont désignées par les lettres A, B, C, et D de gauche à droite.

Les panneaux sont désignées par les lettres 1 à 8 pour chaque lancette de haut  en bas.

—La lancette A est consacrée à saint Nicolas avec 7 panneaux sur 8, le  premier (A1) étant consacré à sainte Catherine.

—La lancette B  est consacrée à saint Sever de Ravenne et saint Sever d' Avranches (sauf un montrant les enfants de Job).

—La lancette C mélange des scènes de la vie de sainte Catherine et de saint Sever de Ravenne.

—La lancette D contient 7 scènes de la vie de Sever de Ravenne  (et 1 de Job).

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NOTE. Mes photos n'étant pas fameuses, j'ai placé ici les excellents clichés du site The online stained glass photographic archiv  de Painton Cowen (que j'ai éclaircies).

 

 

 

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Photographie lavieb-aile 2020.

Photographie lavieb-aile 2020.

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La lancette A. 

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La Vie de saint Nicolas de Bari date de 1200-1210. Elle était à l'origine disposée dans une succession de grands et de petits cercles.

Voir la Légende dorée (1266) de Jacques de Voragine, bien qu'elle soit postérieure à ces panneaux  : https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_dor%C3%A9e/Saint_Nicolas

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Photographie lavieb-aile 2020.

Photographie lavieb-aile 2020.

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Panneau A1 : la Légende de sainte Catherine (1200-1210).

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Deux têtes refaites.

Un  personnages à chapeau conique (Juif ?) vénère une statue posée sur un piédestal, celle d'une femme nue (Vénus ?) tandis que deux autres élèvent ou portent à leur bouche une trompe, peut-être pour célébrer la déesse. Prédominance de vêtements verts ou saumon sur le fond bleu. On devine que la scène était au centre d'un quadrilobe. Bordures de carreaux ornés de fleurs stylisées.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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Panneau A2 : légende de saint Nicolas.1200-1210. Naissance de saint Nicolas .

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La mère de Nicolas est figurée, comme dans de nombreuses scènes de la Nativité, de la naissance de Marie ou de Jean-Baptiste, à demi-allongée  sur son lit d'accouchée, tandis qu'une assistante (sage-femme, ou servante) tient l'enfant emmailloté. Au centre, un trépied sous un auvent à colonnes figure sans doute le berceau, que la mère désigne de la main.

Prédominance de divers rouges, les verts sont plus rare, le fond est bleu.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau A3 : légende de saint Nicolas.1200-1210. Saint Nicolas, à la naissance, refuse le sein de sa mère, par ascèse, sous le regard de son père Epiphane .

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_de_Myre#/media/Fichier:Fasting_Saint_Nicholas_child_-_detail.jpg

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Le jour même de sa naissance, Nicolas, comme on le baignait, se dressa et se tint debout dans la baignoire ; et, durant toute son enfance il ne prenait le sein que deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi."

Inscription, peu lisible, en enlevé sur fond de grisaille.

 

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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Panneau A4 : légende de saint Nicolas.1200-1210. Le Juif, ayant été volé, fouette la statue du saint. (Cette scène suit celle du panneau A8)

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Tête refaite. Tête de la statue en réemploi, nombreux bouche-trous. Je remarque la fréquence des vêtements associant le rouge et le vert ; le choix est rendu restreint par le fond qui est, constamment, bleu.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau A5 : légende de saint Nicolas.1200-1210. Un boucher accueille trois clercs en voyage.

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Le premier clerc est tonsuré et s'appuie sur un bâton, attribut des marcheurs et des pèlerins. Il porte une besace, bleue, en bandoulière.

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Panneau A6 : légende de saint Nicolas.1200-1210. Le boucher frappe les trois jeunes endormis qu'il a accueilli et les tue.

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Comme sur le panneau précédent, le boucher est coiffé d'un bonnet, et le fond est rythmé par une succession d'arcades. Il frappe les clercs  avec sa hache. Je ne sais interpréter la pièce de verre rouge-orangé à l'arrière de la nuque, et qui est peut-être un réemploi.

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Panneau A7 : légende de saint Nicolas 1200-1210. Saint Nicolas est consacré évêque de Myre par deux évêques dont l'un lit les oraisons d'intronisation et l'autre trace l'onction sur la tête mitrée de Nicolas.

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Fragment d'inscription SCS : NICO.

Fragment de la bordure d'origine à bouquets de feuilles.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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Panneau A8 : légende de saint Nicolas 1200-1210. Un Juif place son trésor sous la protection du saint.

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Dans une mise en abîme, le saint est représenté sous la forme de sa statue, placée devant un drap d'honneur vert damassé de rinceaux (technique de l'enlevé sur grisaille), dans une niche cintrée et posée sur un piédestal.  L'ensemble est posé sur une colonne à chapiteau corinthien.

Le Juif (barbe, bonnet conique rouge) est penché sur son coffre, mains jointes.

On voit la portion du cercle qui, initialement, réunissait plusieurs scènes.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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La lancette B. 

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Bordure : castilles et fleurs de lys (en référence à saint Louis et Blanche de Castille).

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Les vitraux de la cathédrale de Rouen VI. La baie 51.

 

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Panneau B1 : Vie de saint Sever évêque d'Avranches.1220-1230. Saint Sever reçoit un messager qui lui annonce qu'il est élu évêque. Il tient en main un phylactère.

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Voir :

Paul Baudry, Histoire de saint Sever, évêque d'Avranches, et des églises qui ont été érigées en son honneur dans la ville de Rouen, E. Cagnard, 1860, 32 p. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5787750c/f2.item.zoom

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau B2 : Les enfants de Job s'enfuient. 1220-1230.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau B3 : Vie de saint Sever évêque d'Avranches.1220-1230. Le nouvel évêque prêche depuis une chaire à son peuple.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau B4 : Vie de saint Sever évêque d'Avranches.1220-1230. Saint Sever nourrit les pauvres en leur distribuant des pains.

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Inscription. S~CS : SEVERVS.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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Panneau B5 : Vie de saint Sever évêque d'Avranches.1220-1230. Saint Sever distribue des vêtements aux pauvres. La main de Dieu sort des nuées.

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Inscription. S : SEVERVS. Vitrail très remanié.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau B6 : Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever est transporté dans l'église de Modène.

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Inscription. SAN : SEVERVS. Tête restaurée.

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Saint Sever de Ravenne est le premier évêque de Ravenne dont l'existence est documentée. Saint par l'Église catholique, son culte est répandu en Allemagne. Sa participation au concile de Sardique (342/343) est historiquement attestée.

À sa mort, il est enseveli à Classe. En 836, ses restes mortels sont transférés par l'archevêque Otgar de Mayence à Mayence, et finalement à Erfurt dans l'église qui y porte aujourd'hui son nom. Sa dépouille mortelle est placée dans un sarcophage monumental.

 

 

Vita sancti Severi episcopi Ravennatis (Biblioteca Hagiographica Latina ms. 7680)

https://archive.org/details/4attiememoriedepu01depuuoft/page/331/mode/1up?view=theater

Francesco Lanzoni, S. Severo vescovo di Ravenna (342-3) nella storia e nella leggenda, in «Atti e memorie della R. Deputazione di storia patria per le province di Romagna», serie IV, vol. I., Bologna 1911, pp. 325-396

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau B7 : Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Mort de saint Géminien (saint Sever) dans  l'église de Modène.

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Un jour qu'il célébrait la messe , il parut s'endormir : il déclara qu'il avait été ravi en esprit et transporté à Modène pour assister aux funérailles de l'évêque saint Géminien qui venait de mourir . Le même épisode est rapporté à propos de saint Ambroise transporté au chevet de saint Martin de Tours.

Deux têtes restaurées.

Sur saint Geminien, évêque de Modène au IVe siècle (San Giminiano), voir :

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9minien_de_Mod%C3%A8ne

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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La lancette C. 

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bordure : triangles avec palmettes et triangles de couleur.

 

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Panneau C1 : Saint Pierre et quatre autres apôtres.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau C2 : Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever avec sa femme et sa fille.

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Saint Sever de Ravenne était  tisserand : son épouse tient la quenouille, bâton court glissé à la ceinture et où se trouvent les fibres (laine, lin, chanvre,..) à filer, et qui y sont maintenues groupées par un ruban. Le fil

Elle a lâché le fil qui pend, enroulé sur le fuseau dont la fusaïole est masquée. En effet, elle tend la main vers la poitrine de son mari, comme pour l'enjoindre à partir.

Il s'empresse d'obéir, s'est déjà coiffé d'une cale de toile attachée sous le menton par une sangle, et est en train d'enfiler ses chausses.

Quant à sa fille, elle est coiffée d'une touaille, forme sommaire du touret avec sa barbette passant sous le menton, et la masse arrière des cheveux rassemblés par une résille.  C'est la coiffure des artisanes. Comparer avec la bouchère de la Légende de saint Nicolas de Saint-Julien-du-Sault, XIIIe siècle.

Pour J. Le Maho, Sever se prépare à se rendre à l'élection d'un nouvel évêque : le panneau précède alors le panneau D6.

 

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau C3. Vie de sainte Catherine (1200-1210). Sainte Catherine menée au supplice.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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Panneau C4. Vie de sainte Catherine (1200-1210). Fragments avec une tête de Sainte Catherine . 

 

 

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau C5 . Vie de sainte Catherine (1200-1210). Les sages se concertent pour condamner sainte Catherine.

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copyright PAINTON COWEN : THE ONLY MEDIEVAL STAINED GLASSPHOTOGRAPHY

 

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Panneau C6. Vie de sainte Catherine (1200-1210). Catherine menée à son martyre.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau C7. Vie de sainte Catherine (1200-1210). Les sages devant l'empereur Maxence.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau C8. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever enterre Vincentia.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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La lancette D. 

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Bordure : castilles et fleurs de lys. Triangles avec palmettes et triangles de couleur.

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Panneau D1. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever apprenant qu'il va mourir, s'étend entre sa femme et sa fille dans leur cercueil.

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Sa femme et sa fille étant mortes  avant lui, saint Sever fit ouvrir leur tombeau et leu demanda de lui faire place entre elles. Aussitôt, leurs squelettes s'écartèrent. Alors il se coucha vivant dans la tombe familiale et, ayant fait le signe de la croix, s'endormit du sommeil de la mort.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau D2. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever enterre son frère.

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Ce frère porte la mitre. Je n'ai pu trouver de quel frère évêque ou abbé il s'agit.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau D3. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever enterre sa femme et sa fille ou : enterre sa fille au côté de sa femme).

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau D4. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever semble tombé endormi pendant les funérailles de saint Germinien à Modène.

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Un jour qu'il célébrait la messe , il parut s'endormir : il déclara qu'il avait été ravi en esprit et transporté à Modène pour assister aux funérailles de l'évêque saint Géminien qui venait de mourir .

Les assistants tentent en vain de le réveiller.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau D5. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever se prosternant devant l'autel .

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Inscription S9 : SEVERVS.

Si nous souhaitons placer ce panneau dans la séquence narrative de l'hagiographie, nous pouvons penser qu'il précède le panneau D3 : saint Sever, ayant eu le préssentiment de sa fin prochaine,  célèbre lui-même sa messe mortuaire, comme le mentionne sa Légende, avant de rejoindre sa femme et sa fille dans la tombe. Un assistant tient un livre liturgique et un cierge.

 

 

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau D6. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Lors de l'élection d'un nouvel évêque, une colombe se pose sur la tête de saint Sever pour le désigner comme évêque.

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Un jour que Sever était à l'église pour assister à l'élection du nouvel évêque, une colombe vient se poser sur sa tête. C'est ainsi qu'il devint évêque de Ravenne où on l'appela vescovo colombino .

Ce mode d'élection était coutumier à Ravenne, douze évêques de la ville auraient été désignés de cette façon et ont été surnommés Colombini.

La façon dont l'artiste a symboliser cette élection par le passage d'une porte, la jambe et le bras droits encore figurés de l'autre côté de l'huis, est remarquable et pleine d'esprit.

 

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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Panneau D7. Vie de saint Sever évêque de Ravenne.1220-1230. Saint Sever tissant avec son épouse.

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Inscription S9 : SEVERUS.

Saint Sever était, avant d'être le perchoir de la colombe,  un pauvre tisserand qui vivait avec sa femme sainte Vincentia et sa fille sainte Innocentia. Il renonça ensuite à la vie maritale pour se consacrer à l'Église, sa mystique épouse.

Les deux attributs de la statuaire de saint Sever de Ravenne  sont la navette de tisserand, et la colombe.

 

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

 

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Panneau D8. Scène de la vie de Job (vers 1220-1230). Job assis sur son fumier.

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J'admire le travail qui rend, par des blaireautage ou des enlevés et des traits au pinceau fin sur la sanguine,  la musculature, les reliefs anatomiques, la barbe et la chevelure de Job.

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copyright Painton Cowen : the only medieval stained glass photography.

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SOURCES ET LIENS.

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— BLONDEAU (Caroline), 2014, Le vitrail à Rouen 1450-1530, "L"ecu de voirre". Corpus Vitrearum, Presses universitaires de Rennes.

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,   Les vitraux de Haute-Normandie - Corpus vitrearum, Paris, CNRS éditions / Éditions du Patrimoine, coll. « Recensement des vitraux anciens de la France - volume VI », 2001, 495 p. (ISBN 2-271-05548-2 et 2-85822-314-9), p. 332-353.

 

— CALLIAS-BEY (Martine), 1997, « À l'« Escu de voirre »: un atelier rouennais de la peinture sur verre au XVe et XVIe siècles », Bulletin monumental, t.155-III, 1997, p. 237-242

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1997_num_155_3_917000

COTHREN (Michael), 1986, The Seven Sleepers and the Seven Kneelers: Prolegomena to a Study of the "Belles Verrières" of the Cathedral of Rouen, The university of chicago press journals vol. 25 n°2

 

— FLICKR

https://www.flickr.com/photos/morio60/32437009066/in/photostream/

 

— GOUPY (Axelle), 2019, Un miroir de la mission canoniale et épiscopale au XIIIe siècle. Les vitraux légendaires du chœur de la cathédrale de Rouen, thèse préparée sous la direction de Philippe Plagnieux, professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’École des chartes, et de Karine Boulanger, ingénieure d’études au CNRS et membre du Centre André Chastel.

https://chartes.hypotheses.org/6640

https://www.chartes.psl.eu/fr/positions-these/vitraux-legendaires-du-choeur-cathedrale-rouen-1225-1230

— LE MAHO, Jacques ; CARMENT-LANFRY, Anne-Marie. "Les chapelles des collatéraux", in La Cathédrale Notre-Dame de Rouen. Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010 (généré le 24 mars 2022). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/3779>. ISBN : 9791024010670.

https://books.openedition.org/purh/3800

 —PAINTON COWEN : THE ONLY MEDIEVAL STAINED GLASSPHOTOGRAPHY

https://www.therosewindow.com/pilot/Rouen/w51.htm

 

PERROT (Françoise), 1990 A propos des « belles verrières » de la cathédrale de Rouen [compte-rendu] Bulletin Monumental  Année 1990  148-2  pp. 213-214

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1990_num_148_2_4309

 

— SCHLICHT (Markus), 2013, « Architecte, commande, style, modèle. Quelques remarques sur la réfection des fenêtres hautes du chevet de la cathédrale de Rouen (1429-1433) »

https://www.academia.edu/22616848/Full_text_Architecte_commande_style_mod%C3%A8le_Quelques_remarques_sur_la_r%C3%A9fection_des_fen%C3%AAtres_hautes_du_chevet_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen_1429_1433_

— TANGUY (Jacques)

http://www.rouen-histoire.com/Vitraux/Belles_Verrieres/Belles_Verrieres.htm

http://www.rouen-histoire.com/Vitraux/Belles_Verrieres/Belles_Verr.htm

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Non consultés :

Martine Callias Bey, Rouen, Cathédrale Notre-Dame, Les verrières, Itinéraires de patrimoine no 25, Rouen, 1993.

Anne-Marie Carment-Lanfry, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Connaître Rouen, Rouen, 1977.

Louis Grodecki, Les Vitraux, dans n° spécial des Monuments historiques de la France, 1956, 2, p. 101-110.

Jean Lafond, « Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300 », Bulletin monumental., t. 111, p. 317-358.

Jean Lafond, Le Commerce des vitraux étrangers anciens en Angleterre, au xviiie et au xixe siècles, RSSHN, 1960, p. 5-15.

 Eustache-Hyacinthe Langlois, Mémoire sur la peinture sur verre, Rouen, 1823.

 Yves Lescroart, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Cathédrales de France », 2000, 96 p., p. 66-77

Armand Loisel et Jean Lafond, La Cathédrale de Rouen, Paris, 1924.

Monum, Les Vitraux de Haute-Normandie, éd. du patrimoine, Paris, 2001.

Françoise Perrot, Le vitrail à Rouen, Connaître Rouen, t. II, Rouen 1972.

Alfred Rudolf et Eugène Levasseur, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, Rouen, s.d.

— RITTER (Georges), 1926, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles. Reproductions en héliotypie, publiées avec une introduction historique et des notices iconographiques. Non consulté.

 

 —www.patrimoine-histoire.fr

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Cathedrale-Notre-Dame2.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 11:15

Les vitraux de la cathédrale de Rouen. V.

La baie 47 (chapelle Saint-Éloi, verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas, Guillaume Barbe, 1470).

La baie 49 (chapelle Saint-Julien verrière des saints Michel, Julien et Guillaume, et de sainte Geneviève, Guillaume Barbe, 1468-1469)

 

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Voir :

 

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Voir aussi  sur la cathédrale de Rouen :

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Voir sur Rouen :

 

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PRÉSENTATION

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La cathédrale possède 52 fenêtres dont environ 14 du XIIIe siècle, 6 du XIVe siècle, 22 du XVe siècle, 7 du XVIe siècle, 9 du XXe siècle.

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XIIIe siècle

 

Baies n° 9 et n°11 Verrière de la vie de saint Joseph vers 1220-1230

Baie n°10 Verrière de la Passion vers 1220-1230

Baie n° 12 Verrière du Bon Samaritain vers 1220-1230

Baie n°13 Verrière composite avec fragments des Sept Dormants d'Éphèse et de saint Pierre vers 1204

Baie n°14 Verrière composite : vie des saints Pierre et Paul, martyre des saints André et Barthélémy vers 1220-1230 et 1er quart XIVe

Baie n°23 Verrière de la vie de saint Julien l'hospitalier vers 1220-1230

Baie n°27 vers 1230

Baie n°29 vers 1230

Baie n°31, vers 1230

Baie n°39, Verrière de saint Vincent et saint Laurent XIIIe siècle

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469

Baie 121, Rose des Libraires, vers 1280


 

 

XIVe siècle

Baie n° 3, Chapelle de la Vierge Verrière composite avec écus de Guillaume de Flavacourt vers 1310

Baie n° 5, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Ouen, Ansbert, Godard et Filleul vers 1310.

Baie n° 6, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Romain, Évode, Victrice et Innocent vers 1310

Baie n° 7, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Marcellin, Maurice, Silvestre et Eusèbe vers1310

Baie n° 8, Chapelle de la Vierge. Verrière du martyre de saint Prétextat et saints Maurille, Rémy et Hugues vers 1310

Baie n°36 : Vitrail de la Pentecôte offert par Jean de Nonancourt. 1340-1350

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XVe siècle.

Pour J. Le Maho "Les panneaux du XVe siècle illustrent la vie des saints vénérés par les confréries dont la chapelle était le siège, saint Jean-le-Décollé et sainte Madeleine (Décollation du Précurseur et présentation du chef de saint Jean-Baptiste, repas de Jésus chez Simon, les saintes Femmes au tombeau et le « Noli me tangere » ou apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine). Ce sont de belles et grandes compositions aux couleurs claires, où les personnages se meuvent librement sur un fond de ciel et de paysage, sans toutefois oser sortir du cadre imposé par les divisions de la fenêtre. Si la perspective n’y est pas encore parfaite, ces scènes légendaires annoncent déjà cependant le vitrail-tableau qui triomphera au siècle suivant."

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Baie n° 1, Chapelle de la Vierge. Verrière de l'Annonciation, saints Michel et Jacques le Majeur. Guillaume Barbe vers 1470

Baie n° 2, Chapelle de la Vierge. Verrière des saintes Catherine, Madeleine, saints Pierre et Jean-Baptiste . Guillaume Barbe vers 1470

Bain n° 32 :Vitrail des Saint-Innocents Guillaume Le Fève et Confrérie des saints Innocents 1449-1450


Baie n°41 , Verrière des saints Claire, évêque, Madeleine et Éducation de la Vierge, 1465, Guillaume Barbe

Baie n°43 Verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'Enfant 1468-1469 Guillaume Barbe

baie n°44 Verrière composite : Vierge à l'Enfant couronnée, saints Simon, Nicolas et sainte Catherine 1466-1467.

Baie n°47 Verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°49 Verrière des saints Michel, Julien, Guillaume et Geneviève 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°55 : Vitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien 1468-1469 Guillaume Barbe

Baies 100, 101 et 102, fenêtres hautes du chœur vers 1430

Baie 105, Saint Pierre. 1433
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XVIe siècle

Baie n°28 Vie de Saint-Romain, Jean Barbe ? 1511-1512 et 1521
Baie n° 30 Panégyrique de Saint-Romain, 1521

Baie n° 34, Vie de saint Jean-Baptiste, 1499

Baie n°54 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Pierre et André), le Christ et saint Pierre marchent sur les flots vers 1500

Baie n°56 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Jacques le Majeur et Jean l'Évangéliste), l'Ascension vers 1500

Baie n°58 Verrière de l'Incrédulité de saint Thomas vers 1500

Baie n°62 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Paul et Jude), le Christ et les pèlerins d'Emmaüs vers 1500

XXe siècle

Vitraux des Chapelles de la nef
Chapelle Ste Jeanne d'Arc

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Sur Guillaume Barbe, voir article précédent.

Toutes les informations techniques proviennent du volume VI du Corpus Vitrearum et de Blondeau 2014.

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La baie 47 (chapelle Saint-Éloi, verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas, Guillaume Barbe, 1470).

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Cette baie de 4 lancettes, 1 quadrilobe et 2 trilobes au tympan mesure 11,45 m. de haut et 3,56 m. de large. C'est comme les précédentes une verrière mixte avec 4 grands personnages en bandeau (Guillaume Barbe, 1470), sur un complément de vitrerie losangée y compris dans le tympan par Gaudin en 1960.

Comme c'est la règle, on trouve en premier parmi les 4 saints de la chapelle Saint-Éloi (peut-être liée à une confrérie de maréchaux ou d'orfèvre, je ne parviens pas à le vérifier) son saint patron. Les saint Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas font partie des saints majeurs des dévotions du XVe et XVIe siècle, et figurent dans tous les livres d'heures. 

"La verrière de cette  chapelle n'est pas mentionnée dans les comptes du chapitre, impliquant l'intervention d'un commanditaire privé. Celui-ci est certainement le chanoine qui figure comme donateur devant saint Laurent.

Aucun document  ne désigne cette œuvre comme étant de la main de Guillaume Barbe, en revanche certains visages paraissent familiers : celui de saint Jean-Baptiste, peint avec un fort modelé, est similaire à celui du bourreau de sainte Agathe (baie 55), du Christ ressuscité et de saint Sébastien (baie 53). "(C. Blondeau)

On aimerait connaître la raison du choix de chaque représentation de saint. Alexandra Blaise écrit :

"Simon de Paris fonda une chapellenie en l’honneur de sainte Catherine dans la chapelle du même nom de la cathédrale. La représentation de saint Simon qui s’y trouve est accompagnée d’un donateur qui pourrait bien être le fondateur (baie 44). Réalisée vers 1519, elle est actuellement conservée au musée de la Renaissance d’Écouen. Nous retrouvons le même cas de figure pour Guillaume Capet, chanoine, qui fonda une chapellenie en l’honneur de saint Guillaume dans la chapelle du même nom, qui se voit orner de la représentation du saint (baie 49). Mais il semble plus probable, étant donné le nombre restreint de ces exemples, que les fondateurs et donateurs se soient la plupart du temps adaptés au programme préétabli en fonction des dédicaces. Dans toutes ces commandes, le saint éponyme est toujours accompagné d’autres saints représentatifs de l’histoire personnelle du commanditaire, de sa dévotion, ou reflétant des choix relatifs aux préoccupations iconographiques propres à l’église." (A. Blaise)

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

D'après cliché Giogo Wikipedia modifié.

D'après cliché Giogo Wikipedia modifié.

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Saint Éloi, évêque de Noyon.

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Le seul attribut permettant l'identification est le marteau ; mais est-ce celui du maréchal-ferrant ou celui de l'orfèvre ?

Saint Ouen, évêque de Rouen, avait rédigé une Vie de saint Éloi, évêque de Noyon et de Tournai, douze ans après la mort de ce dernier.

 Quelques bouche-trous en partie basse, plombs de casse sur le manteau bleu

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Un motif à crosses crénelées.

Le motif du fonds damassé facile à reconnaître va se retrouver plusieurs fois sur ces deux baies, et il figurait déjà derrière la Vierge à l'Enfant de la baie 43. Une forme géométrique centrale, un trapèze chantourné où est appendu un losange à crochets, sert de tête à deux cornes en spirale, ou crosses, aux bords crénelées.

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint  Laurent tenant son grill et présentant un chanoine donateur.

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Tête de Laurent en bouche-trous. Tête du donateur restauré (saint Laurent est rarement figuré barbu), étonnante double auréole,  très nombreux bouche-trous.

Il est difficile de décrire l'habit du chanoine, tant sa tenue de chœur est transformée en une mosaïque de pièces récupérées ou modernes.

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le fonds damassé. Motif à crosses crénelées.

Les crosses ornent une figure plus vaste à corps chantourné, globalement en losange.

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

 

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Saint Jean-Baptiste.

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"Fortement individualisé, le visage du saint est marqué par des accents forts de grisaille, creusant les joues émaciées, rehaussant les pommettes et assombrissant les cernes sous les yeux. Sa barbe est scindée en deux extrémités séparés par une fossette très marquée, assez courante dans les visages peints par Guillaume Barbe. Le traitement des sourcils relevés en un air soucieux ainsi que celui des cheveux, où les mèches sont séparés par un trait épais de grisaille, les individualisant à la manière des statues romaines est tout à fait particulier ici. Enfin le saint est doté d'un faciès reconnaissable : grand nez, barbe courte divisée en deux, pommettes saillantes et grandes oreilles  dépassant de sa chevelure. Si le programme hagiographique n'a pas donné l'occasion à Guillaume Barbe de remployer son carton, en revanche celui de Caudebec-en-Caux  .le lui permet. " (C. Blondeau). Il s'agit de la baie 14 de l'église Notre-Dame de Caudebec-en-Caux, Guillaume Barbe, 1460-1470, avec un carton inversé.

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On sourira de remarquer que les jambes ont été remontées à l'envers.

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le fonds damassé reprend le motif n°1 (selon la typologie de C. Blondeau), déjà observé sur la baie 43 derrière sainte Marie-Madeleine, et qui se retrouverait aussi baie 49. Je peux le décrire rapidement comme une fleur centrale encadrée par les spires de deux palmettes très chantournées. 

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Motif n°1. Fonds damassé utilisé par l'atelier de L'Ecu de verre, relevé par Caroline Blondeau.

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint Nicolas / La Gargouille de saint Romain.

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C'est encore une baie que nous pouvons regarder avec humour, puisque le personnage, saint Nicolas en évêque ressuscitant l'un des ecclésiastiques mis au saloir par le cupide boucher, a été remonté au dessus d'un dragon qui n'a rien à faire dans cette histoire.

Ce serait le fragment d'une verrière consacrée à saint Romain (en plus des baies 6, 28 et 30), et le dragon porta alors, selon sa Vita, le nom de "Gargouille".

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Sur le verre bleu, un nouveau motif damassé, nommé "ananas".

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La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 47 (1470, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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La baie 49 (chapelle Saint-Julien verrière des saints Michel, Julien et Guillaume, et de sainte Geneviève, Guillaume Barbe, 1468-1469)

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Cette baie de 4 lancettes, 1 quadrilobe et 2 trilobes au tympan mesure 11,30 m. de haut et 3,65 m. de large. C'est comme les précédentes une verrière mixte avec 4 grands personnages en bandeau debout sur des socles (Guillaume Barbe, 1468-1469), sur un complément de vitrerie losangé y compris dans le tympan par Gaudin en 1960.

 

Il s'agit d'un vitrail très abîmé, largement complété de bouche-trous.

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La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint Michel terrassant le dragon.

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Visage du saint restauré (selon Corpus) ou d'origine (selon Blondeau. Dragon restauré (Corpus).

Le saint nimbé de rouge, vêtu de sa cuirasse , terrasse le dragon par sa lance appuyée sur le sommet du crâne de la bête. Il est enveloppé d'un ample drapé aux agencements savants de plis cassés. Son visage lunaire présenté de trois-quarts est très modelé notamment par de forts ajouts de grisaille autour des yeux  et ses cheveux blonds sont retenus par un bandeau parsemé de cabochons. 

Caroline Blondeau rapproche ce panneau du saint Michel des Heures à l'usage de Rouen du Maître de l'échevinage de Rouen, pourtant plus tardif, vers 1480. Chester Beatty Library de Dublin W89 f°90v. Et elle indique que le Maître de l'échevinage a réutilisé une miniature de Liévin van Lathem.

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La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint Julien, évêque du Mans.

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Nombreux bouche-trous. Le saint est mitré, il tient une croix dans la main droite.

Le fonds damassé rouge est difficile à examiner, mais on voit des crosses crénelées comme derrière le saint Laurent de la baie 43.

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La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint Guillaume, évêque de Bourges.

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Le saint est représenté en évêque avec mitre, crosse et chasuble, chirothèques et anneau d'or.

Carton identique pour cette figure et celle de saint Julien. Nombreux bouche-trous. Fonds damassé vert à rinceaux. Verre bleu teinté de jaune pour l'étole.

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La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Sainte Geneviève.

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Tête restaurée. Nombreux bouche-trous. L'attribut de la sainte est le cierge, symbole de sa foi qui ne s'éteint pas.

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La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

La baie 49 (1468-1469, Guillaume Barbe) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Lorsqu'on connaît la truculente iconographie de sainte Geneviève, on recherche le diablotin muni d'un soufflet qui tente d'éteindre le cierge, tandis qu'un ange veille à le ré-allumer. 

Et ici, ... on le trouve, avec son petit soufflet ! Mais l'ange s'est absenté. Les anges ont-ils leurs petits besoins ?

Sainte Geneviève de Paris (en latin Genovefa), vierge du VIe siècle, patronne de Paris et du diocèse de Nanterre, est représentée en religieuse et tenant un cierge.

Elle tient le cierge de la Foi, dont la flamme résiste miraculeusement aux tentatives d'un diable qui tente de l'éteindre avec un soufflet tandis qu'un ange le rallume. Ce motif se retrouve presque constamment associé à la représentation de la sainte.

Voir la discussion et l'iconographie de la sainte dans mon article sur la niche à volets de l'église de Brennilis avec la photo de sainte de l'église de Saint-Suliau à Sizun :

Notre-Dame de Breac-Ellis en l'église de Brennilis, une Vierge à la Démone.

 

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Les vitraux de la cathédrale de Rouen. V. Les baies 47 et 49.

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SOURCES ET LIENS.

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BLONDEAU (Caroline), 2014, Le vitrail à Rouen 1450-1530, "L"ecu de voirre". Corpus Vitrearum, Presses universitaires de Rennes.

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,   Les vitraux de Haute-Normandie - Corpus vitrearum, Paris, CNRS éditions / Éditions du Patrimoine, coll. « Recensement des vitraux anciens de la France - volume VI », 2001, 495 p. (ISBN 2-271-05548-2 et 2-85822-314-9), p. 332-353.

 

— CALLIAS-BEY (Martine), 1997, « À l'« Escu de voirre »: un atelier rouennais de la peinture sur verre au XVe et XVIe siècles », Bulletin monumental, t.155-III, 1997, p. 237-242

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1997_num_155_3_917000

— GOUPY (Axelle), 2019, Un miroir de la mission canoniale et épiscopale au XIIIe siècle. Les vitraux légendaires du chœur de la cathédrale de Rouen, thèse préparée sous la direction de Philippe Plagnieux, professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’École des chartes, et de Karine Boulanger, ingénieure d’études au CNRS et membre du Centre André Chastel.

https://chartes.hypotheses.org/6640

https://www.chartes.psl.eu/fr/positions-these/vitraux-legendaires-du-choeur-cathedrale-rouen-1225-1230

— LE MAHO, Jacques ; CARMENT-LANFRY, Anne-Marie. "Les chapelles des collatéraux", in La Cathédrale Notre-Dame de Rouen. Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010 (généré le 24 mars 2022). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/3779>. ISBN : 9791024010670.

https://books.openedition.org/purh/3800

— SCHLICHT (Markus), 2013, « Architecte, commande, style, modèle. Quelques remarques sur la réfection des fenêtres hautes du chevet de la cathédrale de Rouen (1429-1433) »

https://www.academia.edu/22616848/Full_text_Architecte_commande_style_mod%C3%A8le_Quelques_remarques_sur_la_r%C3%A9fection_des_fen%C3%AAtres_hautes_du_chevet_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen_1429_1433_

— TANGUY (Jacques)

http://www.rouen-histoire.com/Vitraux/Transept_S/Fen36.htm

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Non consultés :

Martine Callias Bey, Rouen, Cathédrale Notre-Dame, Les verrières, Itinéraires de patrimoine no 25, Rouen, 1993.

Anne-Marie Carment-Lanfry, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Connaître Rouen, Rouen, 1977.

Louis Grodecki, Les Vitraux, dans n° spécial des Monuments historiques de la France, 1956, 2, p. 101-110.

Jean Lafond, « Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300 », Bulletin monumental., t. 111, p. 317-358.

Jean Lafond, Le Commerce des vitraux étrangers anciens en Angleterre, au xviiie et au xixe siècles, RSSHN, 1960, p. 5-15.

 

Eustache-Hyacinthe Langlois, Mémoire sur la peinture sur verre, Rouen, 1823.

Eustache-Hyacinthe Langlois, Essai sur la peinture sur verre, Rouen, 1832.

 Yves Lescroart, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Cathédrales de France », 2000, 96 p., p. 66-77

Armand Loisel et Jean Lafond, La Cathédrale de Rouen, Paris, 1924.

Monum, Les Vitraux de Haute-Normandie, éd. du patrimoine, Paris, 2001.

Françoise Perrot, Le vitrail à Rouen, Connaître Rouen, t. II, Rouen 1972.

— RITTER (Georges), 1926, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles. Reproductions en héliotypie, publiées avec une introduction historique et des notices iconographiques. Non consulté.

Alfred Rudolf et Eugène Levasseur, Les Vitraux de la cathédrale de Rouen, Rouen, s.d.

 

 

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Rouen

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 12:39

Les vitraux de la cathédrale de Rouen IV. La baie 41 (chapelle Sainte-Anne, verrière des saints Claire,  Guillaume Barbe 1465). La baie 43 (chapelle Saint-Nicolas, verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas, et de la Vierge à l'Enfant, Guillaume Barbe 1466).

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Voir :

 

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Voir aussi  sur la cathédrale de Rouen :

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Voir sur Rouen :

 

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PRÉSENTATION

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La cathédrale possède 52 fenêtres dont environ 14 du XIIIe siècle, 6 du XIVe siècle, 22 du XVe siècle, 7 du XVIe siècle, 9 du XXe siècle.

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XIIIe siècle

 

Baies n° 9 et n°11 Verrière de la vie de saint Joseph vers 1220-1230

Baie n°10 Verrière de la Passion vers 1220-1230

Baie n° 12 Verrière du Bon Samaritain vers 1220-1230

Baie n°13 Verrière composite avec fragments des Sept Dormants d'Éphèse et de saint Pierre vers 1204

Baie n°14 Verrière composite : vie des saints Pierre et Paul, martyre des saints André et Barthélémy vers 1220-1230 et 1er quart XIVe

Baie n°23 Verrière de la vie de saint Julien l'hospitalier vers 1220-1230

Baie n°27 vers 1230

Baie n°29 vers 1230

Baie n°31, vers 1230

Baie n°39, Verrière de saint Vincent et saint Laurent XIIIe siècle

Baie n°53, Verrière composite : « Belles Verrières » et Noli me tangere vers 1200 et 1210, 1220-1230 et 1468-1469 (Guillaume Barbe)

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469

Baie 121, Rose des Libraires, vers 1280


 

 

XIVe siècle

Baie n° 3, Chapelle de la Vierge Verrière composite avec écus de Guillaume de Flavacourt vers 1310

Baie n° 5, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Ouen, Ansbert, Godard et Filleul vers 1310.

Baie n° 6, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Romain, Évode, Victrice et Innocent vers 1310

Baie n° 7, Chapelle de la Vierge. Verrière des saints Marcellin, Maurice, Silvestre et Eusèbe vers1310

Baie n° 8, Chapelle de la Vierge. Verrière du martyre de saint Prétextat et saints Maurille, Rémy et Hugues vers 1310

Baie n°36 : Vitrail de la Pentecôte offert par Jean de Nonancourt. 1340-1350

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XVe siècle.

Pour J. Le Maho "Les panneaux du XVe siècle illustrent la vie des saints vénérés par les confréries dont la chapelle était le siège, saint Jean-le-Décollé et sainte Madeleine (Décollation du Précurseur et présentation du chef de saint Jean-Baptiste, repas de Jésus chez Simon, les saintes Femmes au tombeau et le « Noli me tangere » ou apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine). Ce sont de belles et grandes compositions aux couleurs claires, où les personnages se meuvent librement sur un fond de ciel et de paysage, sans toutefois oser sortir du cadre imposé par les divisions de la fenêtre. Si la perspective n’y est pas encore parfaite, ces scènes légendaires annoncent déjà cependant le vitrail-tableau qui triomphera au siècle suivant."

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Baie n° 1, Chapelle de la Vierge. Verrière de l'Annonciation, saints Michel et Jacques le Majeur. Guillaume Barbe vers 1470

Baie n° 2, Chapelle de la Vierge. Verrière des saintes Catherine, Madeleine, saints Pierre et Jean-Baptiste . Guillaume Barbe vers 1470

Bain n° 32 :Vitrail des Saint-Innocents Guillaume Le Fève et Confrérie des saints Innocents 1449-1450


Baie n°41 , Verrière des saints Claire, évêque, Madeleine et Éducation de la Vierge, 1465, Guillaume Barbe

Baie n°43 Verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'Enfant 1468-1469 Guillaume Barbe

baie n°44 Verrière composite : Vierge à l'Enfant couronnée, saints Simon, Nicolas et sainte Catherine 1466-1467.

Baie n°47 Verrière des saints Éloi, Laurent, Jean-Baptiste et Nicolas 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°49 Verrière des saints Michel, Julien, Guillaume et Geneviève 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°51 Verrière composite : « Belles Verrières » et la Passion du Christ vers 1200-1210, 1220-1230 et 1468-1469 Guillaume Barbe

Baie n°55 : Vitrail de saint Victor, Vierge à l'Enfant, sainte Agathe et saint Sébastien 1468-1469 Guillaume Barbe

Baies 100, 101 et 102, fenêtres hautes du choeur vers 1430

Baie 105, Saint Pierre. 1433
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XVIe siècle

Baie n°28 Vie de Saint-Romain, Jean Barbe ? 1511-1512 et 1521
Baie n° 30 Panégyrique de Saint-Romain, 1521

Baie n° 34, Vie de saint Jean-Baptiste, 1499

Baie n°54 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Pierre et André), le Christ et saint Pierre marchent sur les flots vers 1500

Baie n°56 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Jacques le Majeur et Jean l'Évangéliste), l'Ascension vers 1500

Baie n°58 Verrière de l'Incrédulité de saint Thomas vers 1500

Baie n°62 Verrière des apôtres du Credo apostolique (saints Paul et Jude), le Christ et les pèlerins d'Emmaüs vers 1500
 

 

XXe siècle

Vitraux des Chapelles de la nef
Chapelle Ste Jeanne d'Arc

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Toutes les informations techniques proviennent du volume VI du Corpus Vitrearum et de Blondeau 2014.

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LE PEINTRE VERRIER GUILLAUME BARBE.

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Depuis les travaux de Martine Callias-Bey en 1997 et de Caroline Blondeau en 2014, l'atelier des peintres-verriers de la famille Barbe, installé à l'enseigne de l'Écu de verre (A l'Escu de voirre) rue Saint-Romain qui longe la cathédrale au nord dans la paroisse Saint-Nicolas-le-Painteur, est parfaitement connu. Les archives particulièrement riches et détaillées ont permis de suivre cette famille.

 Guillaume Barbe, fils cadet de Jean, entre comme apprenti à l'atelier fondé par Guillaume Andry, puis, devenu maître-verrier de la cathédrale, il prend sa succession à la direction de l'escu de voirre vers 1456, et jusqu'en 1488.

Les fenêtres des bas-côtés de la cathédrale, datant du début XIIIe siècle, ont été détruites lorsque les confréries ont souhaité établir des chapelles entre les contreforts : de nouvelles baies à quatre lancettes ont alors été érigées, au XIIIe siècle.

Mais en 1461, lorsque les maîtres de la fabrique visitent et inspectent les fenêtres de la nef en compagnie de peintres verriers "pour voir et scavoir quelle reparation povoir faire", ils décident d'en renouveler les vitraux, sans doute en raison de la vétusté des vitraux existant. Ils confient à Guillaume Barbe la réfection des baies des bas-côtés de la nef et d'une partie du chœur.

C'est un chantier énorme : le plan suivant montre que ce sont dix-sept chapelles qu'il s'agit de vitrer, soit  soixante-huit lancettes, sans compter le chœur ! Dès 1463, les fenêtres de la chapelle Saint-Eustache, baie 52, commencent à être garnies de verrières historiées.

Aujourd'hui, ces baies sont celles numérotées 41, 43, 47, 49, 51, 53 et 55, puisque les vitraux du bas-côté sud ont été remplacés au XVIIe et XVIIIe siècle pour faire entrer la lumière . Seule la baie 44, dans  la chapelle Sainte-Catherine, conserve des verres de Guillaume Barbe à côté d'œuvres modernes.

 

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Plan des chapelles ouvertes dans les collatéraux à la fin du XIIIe siècle.

 

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En 1464, son fils Guillaume Barbe le jeune aidera son père comme valet. 

En 1488, Guillaume Barbe l'ancien transmet l'Écu de verre à son fils puîné Jehan et se retire en son village natal, Grainville-sur-Fleury ; il meurt entre 1500 et 1513.

Sa petite-fille Jeanne épouse vers 1525 un apprenti verrier, Olivier Tardif, qui reprend en 1533 la succession de Jehan.

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Autres réalisations de Guillaume Barbe.

Guillaume Barbe répare, remplace et complète les verrières de la chapelle de la Vierge en 1462-1463, du déambulatoire et ses chapelles, la rose de la Calende en 1465-1466 et au bas des « Belles-Verrières » en 1468-1469.

Sans pouvoir lui être attribué avec certitude, son style a été reconnu sur des vitraux présents dans les églises rouennaises Saint-Vincent, Saint-Patrice, Saint-Maclou, Saint-Ouen, Notre-Dame de Caudebec-en-Caux, Saint-Étienne d'Elbeuf, Berville-sur-Seine, Pont-Audemer, Vatteville-la-Rue, Louviers, la chapelle du château d'Ételan.

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Un grand atelier.

"On peut se demander si Guillaume Barbe ,n'était pas une sorte d'entrepreneur ou le maître d'un très grand atelier réunissant de nombreux compagnons, ou encore s'il n'était pas à la tête d'une association de peintres verriers." (Callias-Bey)

Provenance du verre.

Ses sources d'approvisionnements en verre sont connus. Il se fournissait en « plats de verre » chez Jean Cotelle à Eu dans les années 1460-1465, en « sommes de gros voirre rouge » chez Germain Turgis à Rouen en 1462-1463, puis chez Jean de Dogny en 1467-1468 et chez Guillaume Vassal à Fry pour les années 1484-1485.

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Caractères stylistiques.

"Les œuvres de Guillaume Barbe relèvent d'un style brillant et monumental; l'élégance des attitudes et proportions allongées des « ymages » évoquent la statuaire, que ce soit dans la peinture des figures de saints isolées ou dans celle des scènes légendaires, celles-ci ayant pour la plupart disparu.

Sa palette s'équilibre de couleurs chatoyantes, d'une part, telles qu'un vert anglais, un bleu outremer, un bleu pâle, un jaune d'or, un rouge lie de vin et un violet et les nombreux verres incolores particulièrement fins et transparents, d'autre part, affichant une préférence pour l'harmonie vert, bleu, jaune et rouge foncé, il module ce contraste en fonction de l'éclairage de l'édifice sans négliger l'apport d'une lumière supplémentaire qu'offre l'emploi généreux du jaune d'argent réservé aux cheveux, aux galons à cabochons des vêtements, orfrois, mitres et accessoires, aux décors architectoniques aux ornements des armures, aux motifs de damas exécutés à l'aide de nombreux pochoirs assez sophistiqués et aux motifs des bordures.

Un emploi subtil de la grisaille aboutit à un modelé très délicat des visages, grâce à des lavis progressifs peu chargés de matière, éclairés d'enlevés précis réalisés à l'aiguille ou plus largement au petit blaireau ; les ombres sont accusées par des hachures parallèles posées au petit gris. Ce travail minutieux donne beaucoup de relief à des visages qui présentent, de manière constante, des bouches très dessinées et charnues, des globes oculaires proéminents logés dans des cavités profondes et soulignées par des paupières inférieures lourdes, le dessin des sourcils accentuant volontiers l'expression de désarroi de certains personnages.

Paradoxalement, ce maître habile ne recourt que rarement à des pratiques sophistiquées comme la gravure des verres ou le montage des verres en chef-d'œuvre.

Influences

Toutes ces observations évoquent la manière du Maître de l'Échevinage de Rouen, illustrateur dans les années 1460-1480 de nombreux manuscrits des conseillers de la ville de Rouen dont la plupart sont maintenant conservés à la Bibliothèque nationale de France à Paris. On peut établir notamment un rapprochement certain entre la Nativité du manuscrit de la Cité de Dieu peint vers 1470 et la même scène exécutée à la même date pour une baie de Saint-Vincent de Rouen par Guillaume Barbe. (*)

Ces points communs ne doivent pas faire oublier néanmoins la variété des manières observées dans ces œuvres." (Callias-Bey)

(*) Mais pour C. Blondeau, "l'enluminure locale, si elle comporte de nombreux points communs avec le vitrail, n'offre pas de rapport précis avec nos vitraux".

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Un répertoire de personnages.

Le parti-pris des chanoines  commanditaires est celui de personnages en pied, devant des tentures, sous des dais architecturés., modalité la plus courante en cette fin de XVe siècle. Le peintre verrier, reproduisant fréquemment les mêmes sujets, se constitue un matériel d'atelier et reprend pour certains de ces sujets des cartons. C. Blondeau a pu le démontrer pour certains évêques, pour Jean-Baptiste, le Christ, et même pour des compositions entières, comme une descente de croix.

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Un répertoire de tentures damassés.

La variété des motifs de damas est l'un des aspects qui rend passionnant l'examen détaillé des vitraux. Ici, nous ne trouvons pas, comme à Évreux et Quimper, des oiseaux fantastiques affrontés d'influence orientale, mais l'atelier de Guillaume Barbe reprend différents cartons qu'il utilise pour les tentures d'honneur, les vêtements et les tuniques. C. Blondeau  a identifié trois motifs parmi ceux qu'il est possible de relever malgré l'usure de la grisaille.

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Le motif n°1.

"Ce motif le plus présent à la cathédrale de Rouen comme dans les autres vitraux de Guillaume Barbe est d'inspiration végétale, comme la majorité d'entre eux d'ailleurs. Il se compose d'une fleur en forme de cœur surmontée d'une sorte de boule, encadrée  une première fois par un feuillage à la découpe savante et une seconde fois par une autre rangée de feuilles dessinant des arabesques. L'ensemble donne une composition très complexe et quasiment symétrique" (C. Blondeau p. 119)

Voir infra baie 43 derrière Marie-Madeleine.

 

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Caroline Blondeau page 118 figure 64 : motif de damas n°1.

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Le motif n°2.

"Le motif n°2 est beaucoup plus difficile à cerner dans son intégralité. Il s('agit d'un thème végétal de forme losangé, composé d'un entrecroisement de branches à l'intérieur desquelles se développe un décor de feuilles crénelées qui forment des volutes. Au centre de cet entremêlement, descend une petite feuille isolée en forme de triangle et qui n'est par reliée au reste du branchage. Ce motif ornemental est présent sur deux des verrières de la cathédrale : deux fois en baie 47 et une seule en baie 49. (C. Blondeau p. 119)

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Caroline Blondeau page 120 figure 66 : motif de damas n°2.

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Le motif n°3.

Le troisième motif n'est utilisé qu'une fois, sur la baie n°41 (infra) derrière sainte Claire. "Plus fragmentaires que les autres, ses contours sont plus difficiles à discerner.  D'inspiration végétale, il est constitué d'un enchevêtrement savant de feuilles crénelées entourant une partie reconnaissable et facilement identifiable : il s'agit d'une sorte de fleur ronde au cœur évoqué d'un trait noir de grisailles, et d'où partent des rinceaux se terminant en volutes et le tout peint de manière très stylisé, d'un seul trait. cette composition, dont l'organisation est très similaire au deuxième motif, est très complexe et joue également sur la répétition du dessin." (C. Blondeau p. 120)

Caroline Blondeau page 120 figure 68 : motif de damas n°3.

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Voir (onglet "rechercher") mes articles sur les vitraux des cathédrales de Chartres, Bourges, Évreux, Le Mans et Quimper étudiant leurs fonds damassés, parmi lesquels :

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La baie 41 (nef côté nord). Chapelle Sainte-Anne. Verrière des saintes. Sainte Claire, Madeleine et  Anne éducatrice, et d'un saint évêque à donateur, par Guillaume Barbe 1465. Jean Gaudin 1960.

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La baie de 4 lancettes située à l'extrémité du bas-côté nord mesure 11,30 m. de haut et 3,20 m. de large. C'est une verrière mixte à deux parties, l'une historiée de 4 personnages en bandeau, réalisée par Guillaume Barbe, l'autre à vitrerie à losanges ornée de bordures et fermaillets y compris dans le tympan, crée en 1960 par Gaudin. 

Les figures  prennent place sous un encadrement architecturé à deux étages, très restauré.

Elle n'a pas été déplacée, elle a été restaurée au XIXe siècle, a été démontée et mise à l'abri au cours des deux guerres mondiales.

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La verrière a été commandée par la fabrique, et payée une fois terminée le 20 septembre 1465 : "Dés mars, un échafaudage est monté dans la chapelle par le maçon Lecoq. Commencent alors les travaux de blanchiment de la voûte, et la pose d'un carrelage rouge, toujours par Lecoq. En mai, Pierre Desuaulx, plombier, travaille à la soudure du vitrail. En août, le "chauchonnier" Lizurier blanchit de chaux le pilier extérieur se trouvant devant la verrière de la chapelle. 

Pour C. Blondeau, "la richesse et la préciosité des vêtements et le peu de modelé des visages en font une )œuvre à part dans le programme des bas-côtés." (p. 77)

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Une pièce des archives ADSM G2500bis f° 86v cite le nom du verrier  et indique la somme qui lui a été versée :

"Audit Barbe voirrier, pour avoir ouvré son mestier en la chapelle Saincte Anne de la dite eglise. Cest assavoir en icelle chapelle a une fourme de voirre neuf de couleurs ou il y a quatre jours, laquelle est bordée et a chaque pennel au parmi a ung fermaillés de voirre de couleurs et quatre ymages bas en ladite fourme, et aussi pour avoir paint et recuis toutes les bordeures et fermaillés de la dite fourme comme plus a plein est desclaré en ces parties et quittance, montans en somme totale XXXV l pour ce payé a luy par quictance le XXe jour du moys de septembre la somme de XXXV l". (cité par C. Blondeau)

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Si on compare cette baie à la baie 43, on remarque malgré la communauté de styles et de damas une différence notable : la baie 43 ne comporte aucune inscription.

Notice 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM76003006

Photos Wikipedia :

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Baie_41_-_cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Rouen?uselang=fr

 

 

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Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Sainte Claire d'Assise.

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La sainte franciscaine fondatrice de l'Ordre des Pauvres Dames est représentée en abbesse (livre, crosse), sans autre attribut permettant de l'identifier. La cosse est tenue par l'intermédiaire d'un sudarium. La sainte est voilée, porte la guimpe, et son habit de bure ne montre pas de cordelière. Curieusement, une robe bleue et rouge à bordure dorée dépasse sous la bure.

Il faut éclaircir l'image pour voir que le nimbe porte une inscription. Hélas, je ne parviens pas à la déchiffrer, ni à en trouver le relevé. Peut-être (ici) MATER DNI MEATE ---IA DMINO DOULO ?

Le fond damassé rose ("somptueux damas violet" selon C. Blondeau) porte un décor à rosaces à bords crénelés, et d'entrelacs.

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Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Un saint évêque et un chanoine donateur.

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Il est impossible d'identifier l'évêque. Sa chape à fermail carré porte une bordure à lettres pseudo-coufiques simulant une inscription.

Le donateur est un chanoine, comme l'indique l'aumusse portée sur l'avant-bras droit sur un surplis blanc et une robe rouge. Cette tenue de chœur est celle de tous les chanoines donateurs de la cathédrale, la couleur de la robe (ou de parements) étant parfois aussi bleue.

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Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Sainte Marie-Madeleine.

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Elle s'identifie par son attribut, le flacon d'aromates, par ses cheveux longs, blonds et dénoués seulement retenus au front par un diadème perlé, et par son élégance.

Elle est vêtue d'une robe pourpre (serrée par une large ceinture bleue) et d'un manteau vert doublé d'hermines et à bordures orfrayées.

Le fonds damassé est de couleur or, à entrelacs feuillagés.

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Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Sainte Anne éducatrice.

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Le nimbe porte une inscription en lettres gothiques SANCTA ANNA -MA-- EU - P[E]R ONNOUR ???

La bordure du manteau est brodée de lettres parmi lesquelles ont reconnait DEI, MARI- et deux fois ANNA.

La Vierge, nimbée de rouge, porte le  surcot d'hermines propre alors aux princesses au dessus d'une robe à corsage d'or et jupe rouge doublée d'hermines. Elle pose l'index sur le livre que lui tend sa mère.

Le drap d'honneur vert est uni, mais sa bordure dorée porte aussi une inscription.

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Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 41 (Guillaume Barbe, 1466) de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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La baie 43 (nef côté nord). Chapelle Saint-Nicolas. Verrière des saints Marguerite, Madeleine, Nicolas et Vierge à l'enfant. Guillaume Barbe 1465-1470. Jean Gaudin 1960.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Baie_43_-_cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Rouen?uselang=fr

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La baie de 4 lancettes et 3 trilobes au tympan  mesure 11 m. de haut et 3,30 m. de large. C'est une verrière mixte à deux parties, l'une historiée de 4 personnages en bandeau, réalisée par Guillaume Barbe, l'autre à vitrerie à losanges ornée de bordures et fermaillets y compris dans le tympan, créée en 1960 par Gaudin. 

Elle occupe l'avant -dernière fenêtre du bas-côté nord.

Le Corpus Vitrearum signale un bon état de conservation, mais la Vierge à l'Enfant, 2 des 3 enfants auprès de saint Nicolas ainsi que son manteau, et les fonds damassés sont restaurés.

Elle n'a pas été déplacée, elle a été démontée et mise à l'abri au cours des deux guerres mondiales.

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Le peintre-verrier Guillaume Barbe en a été payée le 20 août 1466 :

"Item en la chapelle St Nicoalas, a une fourme de voirre neuf ou il y a III ymages bas et a chaque pennel ung fermaillet et contientt icelle fourme IIICXLIII piès de voirre, et pour avoir paint et recuit les bordeures et fermailets de plusieurs fourmes et pour la façon de III ymages et pour faire tout ensemble". 

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D'après Giogo, Wikimedia Commons, modifié.

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D'après Giogo, Wikimedia Commons, modifié.

 

 

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Sainte Marguerite issant du dragon.

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