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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 22:48
Petite Passion, 4 couples de donateurs et Jugement Dernier, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Petite Passion, 4 couples de donateurs et Jugement Dernier, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Introduction.

 

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      Si l'église a été édifiée avant 1450, elle a été agrandie vers 1500, et c'est à cette époque qu'elle a reçu ses vitraux actuels ; mais leur disposition d'origine a été bouleversée lors d'une restauration, sans-doute celle effectuée entre 1840 et 1845 par Michel Cassaigne sur ce qui était en 1839  quatre vitraux. Aux vitraux d'origine ont été alors joints six panneaux d'un Jugement Dernier des années 1520, d'origine extérieure, mais vraisemblablement réalisé par l'atelier de Quimper (Le Sodec ? ) auteur des vitraux de Plogonnec, Ergué-Gabéric, etc

 La Baie 4 du bas-coté sud: Passion, Jugement Dernier  et 4 couples de donateurs (v.1500 et v.1525).

Cette baie de 4,20 m de haut et 2,35 m de large comprend 4 lancettes trilobées et un tympan à 9 ajours. Les panneaux ont perdu depuis longtemps leur ordre initial, et la Passion et les donateurs proviennent peut-être "de la maîtresse-vitre qui a précédé l'actuelle" (Gatouillat 2005) vers 1500, alors que d'autres panneaux viennent d'un Jugement Dernier des années 1525, extérieur à Guengat. Cette baie 4 a été restaurée en 1840, puis en 1987 par le maître-verrier Jean-Pierre Le Bihan de Quimper. On y discerne 3 registres horizontaux. Je les décrirai à partir du registre inférieur.

Elle a été examinée et décrite pour la première fois par H. Divérrès dans le Bulletin de la SAF en 1891. Il décrit 12 médaillons, dont les quatre derniers (ceux du registre inférieur), "très mutilés". Il y signale la présence dans les robes de deux donatrices "du griffon de saint Alouarn". 

  Ces vitraux sont classés MH depuis 1902.

 

Mon but en reprenant ma présentation de cette verrière est de mettre en valeur les verres roses plaqués similaires à ceux que j'avais admiré à Locronan dans la maîtresse-vitre de 1476-1479 ou dans la baie 0 de la chapelle du Pénity de Locronan, datant de 1500 environ. Mais puisque nous avons ici une juxtaposition d'une Passion et donateurs, vers 1500, avec verres roses, et d'un Jugement Dernier, vers 1525, avec carnations peint en sanguine, cela permet de voir dans le même coup le passage, au premier quart du XVIe siècle, d'une technique de représentation des carnations à une autre, ce qui devient encore plus intéressant. 

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Une mise en bouche :  la lecture de Roger Barrié 1979.

"Le nombre élevé de vitraux anciens autour de Locronan permet de suivre, pendant un peu plus d'un siècle, de la fin du XVe à 1600 environ, l'histoire de la peinture sur verre dominée par une double conquête, celle du chatoiement coloré et celle de l'esthétique de la Renaissance. 

a) "Le vitrail de tradition gothique est représenté par des témoignages de styles divergents. [Credo de Kergoat, Jugement Dernier du tympan du Juch ou celui de Pouldavid]. C'est surtout à Guengat que l'équilibre entre la qualité du dessin et la montée progressive de la couleur se réalise, comme en témoignent le saint Michel dans le vitrail de la Vierge [baie 2, vers 1500], ou, un peu plus tard, la sainte à l'allure botticellesque, présentant un seigneur du Juch [sic] et sa dame au registre supérieur de la Petite Passion. L'artiste fait appel à des verres de couleur pour les vêtements et les fonds, aux verres teintés de rose pour les visages, et tente de rendre par des lavis, aussitôt dégradés à la brosse, les méplats du visage de l'archange ; à cela, qui révèle un sens nouveau du vitrail, s'ajoute le délicieux pied d'Ancolie devant saint Jean [Baptiste, baie 2], dessiné au trait de grisaille et colorié à la teinture au jaune d'argent posée, pour obtenir le vert, sur un verre bleu teinté dans la masse. Les encadrements, surtout ceux du vitrail de la Vierge, sont nettement flamboyants avec cette exubérance qui caractérise le gothique germanique."

b) "L'émergence de la couleur et la plastique des formes obsèdent, dans le vitrail comme ailleurs, les créateurs à l'aube de la Renaissance qui se manifeste au chœur de Plogonnec vers 1520. [...] Les verres de couleur, très nombreux, sont d'une tonalité chaude et puissante ; les pièces incolores, réservées aux visages dessinés à la grisaille, sont colorés à la sanguine dont les lavis ou les très fines hachures indiquent le modelé des chairs."

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 I. REGISTRE INFÉRIEUR.

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Registre inférieur, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Registre inférieur, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau A1 : Anges en adoration (1525).

 

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Ces quatre anges, les mains jointes autour d' un cinquième, qui sonne de la trompette, nous donnent l'occasion d'admirer le premier exemple de l'emploi de  verres roses  cuivrés.  Mais on peut penser qu'ils doivent leur couleur à l'emploi d'une cémentation, la sanguine (ou Jean Cousin) à base d'hématite Fe2O3 . On constate que la couleur est accentuée  autour de la bouche et des narines, sur les sourcils et le long de l'arête du nez, ou encore le long des bords des doigts par de fines lignes orangées, tandis que le jaune d'argent adopte une teinte jaune d'or ou jaune-orangé selon les endroits.

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ils appartiennent au Jugement Dernier, comme le panneau C1 de la baie 1, avec lequel il forme un tout :

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Revenons à la baie 4  pour les détails : Cliquez pour agrandir.

 

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ces clichés détaillés permettent aussi d'apprécier le patient travail de restauration qui a consisté à ôter les plombs de casse pour coller bout à bout les verres cassés. Nous ne voyons plus que la ligne claire du raccord, mais nous évaluons (ange buccinateur) le nombre de petits fragments qui ont été ainsi collés. Avant cette restauration, le verre devait ressembler à une toile d'araignée d'épais plombs rompant toute la lisibilité de la peinture.

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le tracé des yeux nécessite pas moins de six lignes de grisaille pour le sourcil et les deux paupières ;  l'iris,  souligné par un cercle noir, associe un croissant blanc et un grain noir, fendu par un triangle clair. La caroncule lacrymale, loin d'être omise, est épaisse et parfois fendu d'un trait.

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau B1 : 4 Apôtres et 6 nimbes (1525).

Deux apôtres sont au premier plan :  saint Paul (épée) et  saint Barthélémy (coutelas).

Les mêmes caractères stylistiques de rendu des visages notés pour les anges se retrouvent ici.

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Quatre Apôtres du  Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Quatre Apôtres du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ce panneau du Jugement Dernier complète le panneau A1 de la baie  1 montrant 4 apôtres dont saint Pierre et saint Jean :

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Quatre Apôtres du  Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Quatre Apôtres du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Trois Apôtres du  Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Trois Apôtres du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau C1 : Saint. (vers 1525).

 

Un saint, à genoux, vêtu d'une peau de bête, est tourné, mains jointes, vers le Christ du Jugement Dernier qui devait figurer au centre de l'ancien vitrail. Il est  entouré de nuées et surmonté d'un arc-en-ciel. On y a vu Noé ou le prophète Elie, mais je propose d'y reconnaître  saint Jean-Baptiste vêtu de sa peau de chameau.

C'est là encore un très bel exemple de carnations en verre  cuivré,  peint de sanguine et de grisaille, au visage illuminé par le jaune d'argent du nimbe,  et aux lèvres rehaussées en rose plus intense. 

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Saint Jean-Baptiste,  "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Jean-Baptiste, "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Jean-Baptiste,  "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Jean-Baptiste, "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Là encore, un dosage subtil de l'intensité de la sanguine permet de souligner les lèvres, les joues, les narines et le cou.

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Saint Jean-Baptiste,  "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Jean-Baptiste, "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Panneau D1 : saint Michel et couple de donateurs.

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 Saint Michel, tourné vers la gauche, présente un seigneur donateur et une dame. Le seigneur est vêtu d'une cotte d'hermine au chef endenché de sable [endenché = denché = en dent de scie] . Il est en armure de chevalier, l'épée à poignée rouge au coté. Les armoiries correspondraient à la famille de Kérigny de Kerdrein selon le site www.guengat.com. :

 "Dans l'église de Guengat, sur un vitrail du bas-côté sud, est représenté saint Michel présentant un seigneur et une dame. Le seigneur est vêtu d'une cotte armoriée d'hermines endenchées de sable et fait partie de la famille Kerigny de Kerdrein.  Ce doit être Maurice de Kerigny, écuyer, seigneur de Kerdrein, et sa femme Jeanne de Roscerf. Ces derniers n'eurent qu'une fille, qui épousa Jean De Kerharo , dernier du nom."

On trouve effectivement dans le Nobiliaire de Potier de Courcy :

 Kerdrein (de) , Sr dudit lieu , — de Kerbiriou , — de Trébéron. R. 1426, 1536. M[ontre] 1562. Paroisse de Crozon, évêché de Cornouailles. D'hermines au chef endenché de sable.   

Un lieu-dit Kerdrein se trouve aujourd'hui sur la commune de Telgruc, en presuq'île de Crozon, mais aussi à Guengat.

Quant au patronyme Kerigny, il pourrait être  assimilable aux formes Kerriguy et Kerlegui.

À la monstre de 1481 de l'évêché de Cornouailles, parmi les nobles de Guengat après Guyomarc'h de Guengat, homme d'armes à trois chevaux pour la selle,   Morice de Kerlegui, archer en brigandine, est signalé représenté par deux autres archers, Michel Le Roz et Pierre Guillaume, "que ledict Kerlégui a fait comparaitre pour lui, parce qu'il était indisposé". (Fréminville, II, 342

  Les armoiries de la donatrice sont  parti d'hermine au chef endeuché de sable, armes de son mari,  et de gueules à annelets d'argent. Elle est vêtue d'hermine, avec un manteau bleu à revers d'hermine sur les manches et l'encolure. Sa coiffure est composée d'un voile bleu et d'un bonnet. Collier à maillons de cercles d'or avec pendentif à quatre perles et quatre gouttes d'or.

Les armes de gueules à 6 annelets d'argent sont bien  celles de la famille de Rocerf ou Roscerf 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

http://www.infobretagne.com/landrevarzec.htm

Voir Congrès archéologique de France 1957 vol. 115, "Cornouaille" page 19 .

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Discussion héraldique :

Le 13 septembre 2014, Jean-Luc Deuffic a publié sur le forum Noblesse bretonne le message suivant :

https://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Noblesse-Bretonne/conversations/messages/36820

 L'ouvrage "Les vitraux de Bretagne" (Corpus vitrearum), Rennes, PUR, 2005, p. 133-134, au sujet des vitraux de l'église Saint-Fiacre de Guengat, précise que les armes, "d'hermines au chef endenché de sable", ne sont pas identifiés (sic), ni leurs alliances à l'exception des armes de KERIGNY (références aux travaux du chanoine Pérennès, 1941). Effectivement, dans la baie 3 [sic]  est représenté un couple protégé par saint Michel, l'homme portant les armoiries citées et l'épouse "de gueules aux annelets d'argent".

 Dans d'autres panneaux KERIGNY porte D'azur au lion rampant d'or, couronné et lampassé d'argent, leurs armes traditionnelles..Depuis les travaux de Pérennès on admet que ce couple représente Maurice de KERIGNY, sr de Kerdrein, et Jeanne du Roscerf, sa femme., mais le Corpus Vitrearum ne s'aventure pas sur cette identification ...ROSCERF (DE) porte bien De gueules a six annelets d'argent, 3. 2. 1. Les armes D'hermines au chef endenché de sable sont celles des : KERDREIN (DE) : Sieur de Kerdrein, de Kerbériou et de Trébéron à Crozon. Réf. et montres de 1426 à 1562 à Crozon. Concernant KERIGNY, De Courcy donne :Kerigny (de), sr. de Kervrac'h, paroisse de Guengat, et de Kerdrein. Réformes et montres de 1426 à 1481, dite paroisse, évêché de Cornouailles. Blason : D'azur, au lion d'or. Famille fondue dans Tivarlen, qui elle-même dans Rosmadec et de Ploeuc. René de Kersauson épousa, en 1492, Catherine de Kerigny, fille de Maurice, sr. de Kerigny et de Kerdrein, et de Jeanne de Rosserf. Catherine de Kerigny dut mourir en 1503, car cinq ans après, en 1508, René de Kersauson épousa, par contrat du 29 octobre, Jeanne de Lézivy, veuve de Pierre de la Lande. Il y a bien une terre de KERDREIN en Guengat...Trouvé, sans réf. de source précise : « Les seigneurs de KERDREIN, maintenu noble en 1669, ont donné Michel qui, en 1483, équipa un navire et arma cent vingt hommes pour secourir le duc assiégé dans Nantes"...(Mém. Ste généalogique canadienne-française, 10/11, 1959, p. 162. Peut-être donc celui présenté sur le vitrail de Guengat par saint Michel ?

Le 11 septembre 2014 Jean-Luc Deuffic écrit :

 L'ancienne généalogie des ROSCERF des Blancs Manteaux (Paris, BnF Fr. 22351) [ en ligne ] donne pourtant :

Jeanne de Roscerf fille d’Olivier II esp. Morice de Kerrigui en Irvillac pres Daoulas dont =

8 Jeanne de Kerrigui femme de Jean de K/charo, dont

 9 Françoise de K/charo femme de Charles de Guer sr de la Portenouve  

 Hervé Torchet note d'après Quimper, ADF, 2G 220 : 23 décembre 1477 : « Noble écuyer Morice de Kerriguy, seigneur dudit lieu, Guillaume David, chanoine de Cornouaille, maison autrefois à Henri de la Bruière, joignant la rue Verdellet joignant maison a maitre Guillaume David, jardin a maitre Guillaume le Bécam, recteur de Treoultré » 

 Notez la présence de Bruière famille alliée aux KERIGNY ...

 La généalogie des Blanc Manteaux est-elle dans l'erreur ?

En résumé : est-ce que Jeanne de Roscerf est femme de Maurice de Kerrigui (Irvillac) ou de Maurice de Kerigny (Guengat) ? JLD


Réponse d'Hervé Torchet le 12 sept. 2014 : : 

"Oh je ne crois pas qu'il s'agisse de deux familles différentes. Si l'on regarde la notice que j'ai donnée pour la Montre de 1481, on mesure bien l'articulation : Daniel de Kerriguy, époux de Constance de Coetanezre, fit exempter un métayer au manoir de Kertourch en Plomelin en avril 1444 et un autre, nommé Hervé Kerrigui, au manoir de Kerrigui en Irvillac en mai 1444. Il mourut en mars 1449 et son fils Morice présenta son rachat au receveur ducal de Quimper, notamment pour le manoir de Kerdrein en Guengat .

Katherine Kerriguy était épouse d’Yvon Buzic en avril 1469.

"Morice, seigneur de Kerriguy, a fait des fondations à la cathédrale en septembre 1472  et décembre 1477. Il au paru a sujet d’une maison à Quimper en décembre 1477. Il obtiendra maintenue sur des vitres, tombes et armoiries dans l’église paroissiale de Guengat en juin 1482. Il a épousé Jehanne de Roscerff et en a une fille Jehanne, mariée avec Jehan de Kerharo. Il périra en 1498 et Charles de Guer et Françoise de Kerharo, seigneur et dame entre autres de Kerriguy présenteront son rachat au receveur ducal de Quimper, notamment pour le manoir de Kerdrein en Guengat.

"La superposition chronologique des prénoms des personnages successifs est trop parfaite pour qu'il s'agisse d'une coïncidence. Je serais donc surpris qu'il existe suffisamment d'indices pour proposer l'existence de deux lignages distincts, mais si je me trompe je le reconnaîtrai, ce qui, encore une fois, me semble improbable." Hervé Torchet.

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Saint Michel et un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Michel et un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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On remarquera que le visage de saint Michel est sans-doute la reprise d'un fragment du Jugement Dernier (le visage d'un ange), puisqu'on y retrouve la couleur cuivrée de la sanguine, les rehauts de lignes orange (sourcils)  et  les traits stylistiques précédents, qui vont contraster avec ceux des verres des années 1500 de la Passion.

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L'archange saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

L'archange saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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REGISTRE MÉDIAN : LA PETITE PASSION (1)

Roger Barrié a nommé les cinq panneaux de ces registres "Petite Passion" en clin d'œil à celle de Dürer, et pour la différencier de la Passion de la maîtresse-vitre.

Registre moyen (et supérieur) de la baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Registre moyen (et supérieur) de la baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau A2 : Baiser de Judas (vers 1500).

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Baiser de Judas, Passion  (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion  (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les différences de styles entre ces verres des années 1500 et ceux du Jugement Dernier de ca 1525 sont patents. Les carnations sont faites d'un verre uniformément rose, 

 

Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion  (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Malchus, serviteur de Caïphe, est terrassé après avoir eu l'oreille  tranchée par saint Pierre ; Jésus la remet miraculeusement en place.

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Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau B2 : sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs.

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 Sainte Marie-Madeleine, présentant un seigneur et une dame, portant d'azur au lion rampant d'or, couronné et lampassé d'argent. Ce sont les armes de Kerriguy (ou Kerigny), Sr. de Kervrac'h. 

Les armoiries de la donatrice sont, dans la moitié antérieure de la jupe, celle de son époux (d'azur au lion rampant d'or) ; pour la partie postérieure, soit on considère (Corpus Vitrearum) qu'elles ont été remplacées par du verre rouge, soit on les décrit de gueules à losanges d'argent . Pour les losanges d'argent de la famille De Bruyère,  voir panneau D2.

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 Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le donateur. 

Notez :

— l'inscription NEOA   en lettres majuscules gothiques perlées sur la manche de la sainte.

— le verre rose du visage et des mains.

— L'absence de barbe, la frange divisant les cheveux qui tombent en boucles couvrant la moitié de l'oreille et toute la nuque ; la fraise blanche très courte. Les sourcils sont "suturés" de traits transversaux, procédé qui se retrouve régulièrement et qui est propre au "Maître de la Petite Passion de Guengat". La paupière inférieure est faite par un double trait. L'œil lui-même est grand ouvert, avec le globe de l'iris presque complet et la pupille noire cernée d'un croissant clair.   La courbe de la lèvre inférieure est soulignée par des traits convexes en enlevage sur la grisaille. Le nez est fort et triangulaire au dessus d'un philtrum accentué. 

— Les cubitières pointues, à ailerons ou oreillons (fin XVe), et la charnière du canon d'avant-bras. Les solerets sont encore fins et pointus, "à la poulaine" (1300-1490) alors que leur élargissement en pied d'ours survient en 1500-1530. Les éperons à molette seraient apparus au milieu du XIVe. Le casque est posé devant le genou droit, mais sera mieux visible sur le donateur suivant. L'épée, très longue,  est portée (comme toujours) au coté gauche.

—La donatrice :  Les colliers en chaîne d'or étaient alors très à la mode. Le décolleté du surcot est rectangulaire, alors que celui de la tunique de la sainte est rond. La dame porte une chemise fine formant un V très effilé. Le surcot est fourré d'hermine chez les deux donatrices, alors que ceux des deux saintes Catherine et Barbe sont également mouchetés, mais enrichis d'une ligne centrale de boutons dorés, comme si cela marquait une différence de statut. 

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 Le donateur (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Le donateur (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau C2. Sainte Catherine présentant un couple de donateurs.

 

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Sainte Catherine, présentant un seigneur et une dame. La cotte du seigneur est armoriée d'hermines au chef endenché de sable. Le Corpus Vitrearum signale " jupe de la donatrice refaite avec emploi d'émail bleu; panneau complété, autrefois fragmentaire et élargi d'un fond de losanges".

Cette sainte Catherine est proche de celle qui figure sur la verrière principale de la chapelle du Pénity de Locronan, datée du tout début du XVIe siècle, et donc contemporaine de ces panneaux. On y reconnait la chape bleue, la robe rouge, et surtout cette pièce d'habillement blanche qui couvre le centre de la poitrine et de l'abdomen avant de s'évaser en deux lanières qui partent dans le dos : le "surcot ouvert" sur lequel je me suis longuement attardé dans mon article sur cette baie du Pénity. Bref rappel : Cet accessoire est représenté par les fils de Jean Colombe dans l'Histoire de la destruction de Troye de Guiddo delle Colonne, datant de la même période vers 1500 : porté par la reine Hélène  BnF NAF 24920 folio 11r et folio 12r, folio 27r, et surtout porté par Polyxène au folio 27vMais on en trouve aussi une illustration un siècle auparavant,  sur Marguerite de Rohan, épouse d'Olivier de Clisson, sur le cénotaphe du couple à Josselin.

Le visage de la sainte et celui de la donatrice sont peints sur un verre blanc, à la différence du visage du donateur. On retrouve sur ce dernier les traits stylistiques détaillés sur le donateur précédent. 

Pour les losanges d'argent de la famille De Bruyère,  voir panneau D2.

 

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau D2. sainte Barbe présentant un couple de donateurs.

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  Sainte Barbe présente un seigneur et une dame. Le seigneur porte une cotte de gueules à trois losanges d'argent, 2 et 1. La dame a une robe d'azur au lion rampant d'or, couronné et lampassé d'argent.

Selon le site www.guengat.com, " Une charte du 8/X/1434 mentionne Henri DE BRUÈRE  qui blasonne 3 losanges accompagnés en chef d'un lambel à trois pendants."

Ceci nous démontre donc l'alliance d'un de Bruière avec les Kerriguy

DE BRUYÈRE avec les KERIGNY.

Voir le culturezine d'Hervé Torchet La Bruyère Hervé Torchet note d'après Quimper, ADF, 2G 220 : 23 décembre 1477 : « Noble écuyer Morice de Kerriguy, seigneur dudit lieu, Guillaume David, chanoine de Cornouaille, maison autrefois à Henri de la Bruière, joignant la rue Verdellet joignant maison a maitre Guillaume David, jardin a maitre Guillaume le Bécam, recteur de Treoultré ». 

Selon Pol de Courcy :

 

Bruyère (de la) ou Bruczec, sr du Rest, par. de Riec, — de Kerlouc’h, par. De Plomelin, — de Penalan, par. de Lanvern — de Menguen, par. de Beuzec-Conq.

 Réf. et montres de 1426 à 1536, dites par., év. de Cornouaille.

 Porte trois losanges (Sceau 1437, mss. Gaignières).

 Eon, receveur de Conq-Foueznant et Rosporden en 1410.

 

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Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Barbe, les cheveux blonds ornés d'un médaillon, vêtue d'un manteau vert sur un surcot ouvert et un surcot clos lie-de-vin, tient son attribut, la tour à trois fenêtres indiquant sa foi dans la sainte Trinité. Seul le visage de l'homme est en verre rose. 

 

Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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REGISTRE SUPÉRIEUR : PETITE PASSION (2).

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La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau A3 : Comparution du Christ devant Caïphe.

Niche à voûte rouge et bandeau violet (inscription ??), tenture  damassée jaune à motif floral. Caïphe se tient à gauche devant son conseiller, et reçoit en comparution Jésus aux poignets liés, conduit par trois gardes. Les six visages sont en verre rose.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Caïphe est vêtu d'un manteau rouge fourré d'hermine et frangé aux manches, pour indiquer qu'il est le grand prêtre juif. Pour la même raison, il est coiffé d'un bonnet conique, dont la base en turban bleu souligne que la scène se passe en "Orient". Ce bonnet est en verre rouge plaqué gravé, c'est à dire que la couche rouge est ponctuellement poncée à la molette pour ne laisser que le verre blanc. Ce détail semble avoir échappé au recensement effectué par Roger Barrié en 1976. Le verre rouge du manteau est gravé également pour faire les deux boutons.

L'artiste a repris pour ses trois gardes  le carton des donateurs, vus de trois-quart avec le nez triangulaire, les lèvres charnues, les sourcils "épineux", les cheveux mi-longs bouclés et la frange, les paupières épaisses, etc. Les hauts de chausse moulants, les tuniques courtes serrées par une ceinture, ou les couleurs acidulées appartiennent au registre habituel de représentation / stigmatisation des bourreaux, de même que la découpe en créneaux triangulaire d'une des tuniques. 

 

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau B3 : Le Christ et la colonne de flagellation.

Sur ce panneau, toutes les carnations sont en verre rose.

Le dais architecturé étend  une voûte verte au dessus des protagonistes, qui se détachent sur une tenture rouge.

Inscription.

Sur le galon doré de cette tenture se lisent des lettres dont le sens ne peut être déchiffré, d'autant que la barlotière passe devant. Je lis : --AMI / OIEFV-. Des inscriptions occuperont cet emplacement dans de nombreuses verrières finistériennes du XVIe siècle, notamment dans les créations de l'atelier Le Sodec. Un certain rapprochement pourrait être suggéré avec les enluminures du peintre de Bourges Jean Colombe et de ses enfants François et Philibert, qui signaient leurs travaux de l'anagramme MOLBECO (Romuléon BnF fr 364 A folio 183v) ou de l'allusion à la colombe du Saint-Esprit OMNIS SPIRITUS, ou OMNIS SPIRITUS LAUDET DOMINUM (Fleur des Hystoires BnF fr.53 folio 121v), ou de protestation contre les aléas du paiement (TEMPS PERDU POUR COLOMBE), etc. ou bien TOUS FOUS, NOS YEUX (folio 191v), SOMEG (folio 199v), ENSTUEP (folio 204r), etc; etc., avec une préférence pour localiser ces inscriptions sur les bordures des tentes. On voit combien ce riche sujet, assez bien exploré pour les enluminures, pourrait l'être pour les vitraux, afin de dégager des relations réciproques des deux arts ou préciser des ateliers de verriers.  

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le personnage de gauche est représenté comme un Juif avec une barbe longue, un manteau aux manches frangées, et un chapeau rouge conique (verre rouge gravé). Il peut être considéré comme Caïphe, dont il reprend la tenue vestimentaire de la scène précédente.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau C3 : Christ en croix.

Tête du Christ restaurée. Le Bon Larron ("Saint Dismas") a les yeux bandés, mais sa tête est tournée vers le ciel alors que celle du Mauvais Larron ("Gesmas") pend vers le sol.

 

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le visage du Christ (refait ?), en verre blanc, contraste avec les carnations du corps, en verre rose plaqué.

 

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Vierge voilée, mains jointes semble d'une main différente de saint Jean, avec des traits noirs épais et denses, des plis du voile complexes et ombrés, évoquant l'art de la gravure.

 

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Mauvais Larron.

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La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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A droite, deux personnages s'adressent la parole. L'un est représenté comme un Juif (barbe longue, robe, coiffure conique), mais il lève une main sentencieuse comme le Centenier s'exclamant Celui-ci était vraiment le Fils de Dieu. Son interlocuteur tient une lance, ce qui peut le désigner comme Longin. 

Verre rose plaqué pour les deux visages.

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La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau D3 : Résurrection. 

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Le Christ, revêtu le manteau rouge de la gloire de la Résurrection et tenant la croix de sa Victoire, trace une bénédiction. L'un des gardes, ébloui, se protège les yeux.

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La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le soldat en haut à droite, sur un verre faiblement rose,  est d'un carton analogue à celui des deux donateurs.

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La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le visage et la main du  soldat ébloui de gauche sont également taillés dans un verre rose. Le dessin de la tunique, aux plis cassés des manches et au boutonnage médian au dessus d'une ceinture jaune, semble tirer son modèle d'une gravure du Nord.

 

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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IV . LE TYMPAN.

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 Restauré en 1840 : deux anges jouant du luth (vers 1500) ; croix, échelle, deux écussons à hermines. oculus. 

 

Le tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Le tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les anges musiciens.

Ils jouent d'un instrument à corps piriforme et à trois cordes pincées, joué sans plectre : un luth.

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Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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— 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e296d04e82cd30c9fa97fe5d8508bc81.pdf

— BARRIÉ (Roger), 1976. Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44; doi : 10.3406/abpo.1976.2796 http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

— — BARRIÉ (Roger), 1979, Le vitrail, in Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région, ouvrage collectif sous la direction de Maurice Dilasser, recteur de Locronan, Nouvelle Librairie de France, pp. 551-561

— COUFFON Notice sur les paroisses,...

"Verrière du bas-côté sud : elle comprend quatre lancettes de trois panneaux, de provenance diverses. Plusieurs sont de très bonne facture. Une partie provient d'une Passion plus ancienne, peut-être de la maîtresse vitre primitive, du début du XVIè siècle. Quatre panneaux présentent des donateurs et des donatrices de la famille de Kerigny, de Kerdrein et de Bruère-Ducran assistés de saint Michel, sainte Marie-Madeleine, sainte Catherine et sainte Barbe. Au bas on retrouve des fragments du même jugement dernier que dans la fenêtre nord. "

"- Verrière de l'autel nord : posée dans un fenestrage rectangulaire, elle comporte trois lancettes de trois panneaux qui proviennent d'oeuvres diverses. Les panneaux inférieurs appartiennent à un Jugement dernier ; les panneaux centraux représentent des donateurs, présentés par les saints Michel, Pierre et Jean Baptiste ; les supérieurs, la Nativité, la Circoncision et le Baptême du Christ, sous des dais Renaissance. Les cinq Apôtres provenant du Jugement dernier sont d'excellente facture, d'ailleurs très particulière ; on retrouve notamment une oeuvre du même atelier dans un buste de saint Sébastien à Saint-Divy."

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/GUENGAT.pdf

—DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

— VASSELIN (Martine), « Les donateurs de vitraux au XVIe siècle en France : leurs marques et leurs représentations », Rives nord-méditerranéennes [En ligne], 6 | 2000, mis en ligne le 10 mars 2011, consulté le 20 novembre 2017. URL : http://rives.revues.org/61 ; DOI : 10.4000/rives.61

"Les progrès et innovations techniques introduites dans l’art du vitrail vers la fin du XVe siècle et durant le XVIe siècle vont d’ailleurs favoriser le développement des portraits de donateurs. L’usage de la peinture en camaïeu, notamment en dégradé de sanguine, permet un rendu très fin des visages et une véritable ressemblance physionomique, celui des verres gravés, des pochoirs, des émaux, des verres doublés, une restitution précise et limpide des étoffes, à motifs décoratifs ou armoriés, des bijoux, des accessoires du costume; le montage en chef-d’œuvre rend possible la mise en valeur des blasons d’armes sans plombs les recoupant; le remplacement de meneaux de pierre par des barres de métal et la substitution de la peinture au jaune d’argent ou avec d’autres couleurs fusibles et diffusant dans l’épaisseur de verres blancs, aux verres teintés dans la masse au préalable, découpés et mis en plomb, donne une luminosité et une lisibilité inédites aux verrières et autorise les compositions amples et continues, les effets de perspective et les figures à grande échelle disposées en profondeur dans une même scène ou un même cadre architectural. A la juxtaposition isolée et hiératique des personnages sous des dais gothiques succède une véritable mise en scène spatiale de groupes familiaux et de leurs saints patrons, dans un environnement mobilier (prie-Dieu, tentures), architectural (niches, portiques, balustrades) et emblématique (pièces d’armures ou accessoires des dignités ecclésiastiques, armoiries, colliers d’ordres chevaleresques, présentés dans des chapeaux de triomphe, des cartouches de cuirs enroulés, tenus par des anges ou des putti).


La représentation des donateurs en figures agenouillées ou debout n’est pas une nouveauté au XVIe siècle : des mécènes princiers ou des membres du haut clergé ont fait inclure leurs portraits dans des verrières dès le XVe siècle, comme les ducs de Bourbon à la cathédrale de Moulins, à la Sainte-Chapelle de Riom ou à Bourbon-L’Archambault, voire plus tôt. Il ne s’agit pas non plus d’une spécificité française, les pays allemands, suisses et flamands offrant des exemples similaires (la famille Adornes figure dans les verrières de l’église du Saint-Sépulcre de Bruges, pour se contenter d’un exemple). Il ne s’agit pas enfin d’un privilège réservé à une catégorie particulière de bienfaiteurs : les verrières montrent des laïcs et des clercs, des nobles et des roturiers, des hommes et des femmes, des adultes et des enfants, des « portraits » rétrospectifs et des effigies très vraisemblablement peintes au vif ou du moins d’après des dessins ou des peintures précis.

Les conventions de représentation favorisaient la vanité des donateurs : le positionnement hiérarchique des figures en raison de leur sainteté et de leur dignité ontologique voulait que les donateurs soient placés dans les registres inférieurs des baies; mais c’était là où ils étaient aussi le plus près des regards des spectateurs, les mieux à même d’être identifiés et de hanter leur mémoire. Les proportions hiérarchiques, les saints protecteurs de stature plus élevée que leurs protégés disparaissent assez vite. Les chefs de famille sont généralement placés à la droite des personnages saints; si les époux sont tournés dans la même direction, l’épouse est représentée derrière son époux. L’attitude quasi obligée des donateurs est la position agenouillée sur un prie-Dieu et l’angle de vue choisi le profil. Les portraits sont en pied quel que soit le rang social des personnages, alors que la majorité des portraits contemporains peints sur bois ou toile sont en buste, lorsqu’il ne s’agit pas des portraits d’apparat des souverains. La peinture sur verre tient ainsi compte de l’éloignement relatif du spectateur par rapport aux modèles, à la différence des tableaux conçus pour une vision rapprochée; en même temps, elle en souligne mieux l’image sociale, accordant plus de place aux vêtements que la peinture mobile, qui privilégie alors en France la physionomie et une certaine amorce de la psychologie. Les images féminines sont différentes de celles de la peinture, répudiant dans ce contexte la coquetterie, les sourires, les parures trop luxueuses ou sensuelles : si l’image masculine reste marquée par l’ambition sociale, sa contrepartie féminine se fait discrète et respectable. .... Les blasons d’armes sont presque systématiquement présents; ils sont comme épinglés sur le flanc des prie-Dieu, timbrent un soubassement architectural ou surmontent portraits et scènes en étant placés dans les têtes de lancettes ou dans les compartiments flexueux déterminés par les remplages gothiques flamboyants. Les compositions héraldiques peuvent se retrouver dans les vêtements eux-mêmes portés par les donateurs. Des pièces d’armures sont posées au pied des nobles d’épée, des chapeaux cardinalices devant les cardinaux mécènes."

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

"   Il y a des raisons de conjecturer que Guengat, quoique portant un nom qui était un nom d’homme, au pays de Galles, n’est pas une paroisse primitive, et qu’elle dépendit d’abord de la vaste paroisse de Plogonnec. Ainsi la 1e église n’aurait été qu’une chapelle de dévotion. Le château, aujourd’hui complètement ruiné, de la seigneurie de Guengat, s’élevait très près de la limite actuelle des 2 communes. Le seigneur comptait parmi les principaux de Cornouaille. L’un d’eux, Alain, chambellan du Roi, vice-amiral de Bretagne, capitaine de la ville et du château de Brest, combattait à Pavie au côté de François 1er ; et partagea sa captivité.
    A la fenêtre à 3 meneaux, du bras sud, du faux transept, se voient entremêlées des scènes de la vie du Christ, (divers saints), présentant des donateurs et donatrices, seigneurs et dames des familles de Kérigny, de Kerdrein, et de Bruère-Ducran. Malheureusement les incertitudes des généalogies de ces familles ne permettent pas de proposer fermement une date ; il faut s’en tenir à une approximation : environ l’an 1500."

— Sites divers :

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

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