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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 16:02

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. V .La baie n°128 , verrière dite "aux oiseaux". Nef, troisième travée, mur sud.

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L'intention de cette série de mon blog est de replacer chaque œuvre dans un ensemble iconographique étudiant les variations et les reprises du thème de saint Christophe traversant le gué en portant le Christ enfant sur ses épaules. Et de faire apparaître l'importance de ce culte au XVe et XVIe siècle.

A Quimper, le but est de souligner combien ce culte avait une place prépondérante, et d'inciter à réfléchir à sa signification, qui dépasse de loin l'image de saint-pour-porte-clef-et-garagiste qu'on pourrait avoir.

Saint Christophe sur les vitraux de la cathédrale de Quimper :

Autres exemples iconographiques :

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Introduction.

Les vitraux de la cathédrale de Quimper comptaient 6 représentations de saint Christophe, dont 5 sont encore visibles actuellement. Le saint porteur de l'Enfant-Christ vient ainsi à la sixième position des saints personnages représentés, après le Christ (25 occurences), la Vierge (13), de saints évêques (10), Jean-Baptiste (10), saint Jean (7), saint Pierre (7). Il précède saint Michel ou saint Jacques, saint Paul et sainte Catherine, et même saint Corentin, le patron de Quimper, qui sont figurés 4 fois chacun.

Cette sixième place est inattendue, car le culte voué à Christophe ne semble pas avoir eu une telle importance. Le prénom de Christophe est rarement rencontré parmi les noms des seigneurs bretons. Nous devons reconsidérer nos a priori et prendre toute la mesure de l'honneur qui a été rendu à ce saint, notamment au  XVe siècle, lorsque la cathédrale fut vitrée. Ajoutons que, outre ces six verrières, saint Christophe disposait d'une chapelle à son nom, décrite par R-F. Le Men .

Les vitraux de la cathédrale de Quimper ont été considérablement restaurés, ou même reconstruits au XIXe et au XXe siècle. Nous devrons être vigilants pour distinguer les verres d'origine, et les restaurations.

Les six verrières sont les suivantes :

  • Baie 0100. Offerte par  Alain Le Maout, évêque de 1484 à 1493. Détruite peu après 1821, et donc non décrite ici. Elle était décrite ainsi par Aymar de Blois : : ".. au milieu un crucifix, à sa droite Notre-Dame, et à sa gauche saint Jean l’Évangéliste ; à droite de Notre-Dame, saint Pierre à gauche de saint Jean, saint Paul ; sous le crucifix, saint Corentin et son poisson à ses pieds ; à sa droite saint Cosme et à sa gauche saint Christophe. Deux effigies d’évêques à genoux, mitrés, tenant leurs crosses d’argent, revêtus de chapes bleues, et beaucoup plus grandes que celles des saints, se font face l’une à l’autre à droite et à gauche, et remplacent, avec leur prie-Dieu, l’espace depuis la hauteur du milieu des saints du deuxième rang, jusqu’aux ornements peints qui forment la base du vitrail. L’écusson que l’on voit sur les prie-Dieu, est le même pour les deux figures qui se ressemblent. Il est d’argent au chevron d’azur liseré d’or ; ce sont les armes d’Alain Le Mout ou Le Maout, évêque de l’an 1484 à 1493." . Cette composition montre combien saint Christophe tenait l'une des premières places parmi les saints vénérés à Quimper à la fin du XVe siècle. 

  • Baie 113 . Transept bras nord, coté est. Vitrail de Jean le Baillif. Fin XVe siècle et vers 1874.

  • Baie 114. Transept bras sud, coté est. Vitrail de Pratanras. Fin  XVe et vers 1870.

  • Baie 115. Transept, bras nord. Baie du Gloria. Fin XVe et 1873.

  • Baie  126. Nef 2ème travée sud. Vitrail de Kerguelenen.  Fin XVe et vers 1870.

  • Baie 128.  Nef 3ème travée sud. Verrière  dite "aux oiseaux. Fin XVe, vers 1870, et 1999.

Alors que les vitraux du chœur ont été posés sous l'épiscopat de Bertrand de Rosmadec, entre 1417 et 1419, les verrières de la nef et du transept furent posées entre 1495 et 1497, alors que l'évêque était Raoul le Moël (1493-1501). La Bretagne était alors gouvernée par Anne de Bretagne, peu après qu'elle soit devenue reine de France en épousant (1491) Charles VIII. La disposition générale des 20 fenêtres du transept et de la nef est proche de celle adoptée pour le chœur au début du XVe, avec des niches gothiques, des saints intercesseurs (debout) et des donateurs ou commanditaires (à genoux). Ceux-ci sont en majorité des chanoines du chapitre cathédrale. Ce dernier était composé au XVe siècle d'un Doyen qui était, de Droit, l'Abbé de l'Abbaye de Daoulas, Ordre de St Augustin, qui, lorsqu'il était présent, avait son siège dans le choeur, en face de celui de l'Evêque. De cinq autres Dignitaires, qui étaient le Grand Archidiacre ou de Cornouaille, le Grand Chantre, le Trésorier, l'Archidiacre de Poher, et le Théologal ; de douze Chanoines qui avaient des Paroisses à leur présentation, et du Bas Choeur. Outre les chanoines, les grandes familles nobles sont aussi représentées sous forme de couples, identifiés par leurs armoiries. Les armes des donateurs figurent dans les lancettes, dans les tympans, et parfois sur les voûtes.

Ces verrières occupent les fenêtres hautes de la cathédrale, ce qui ne les rend ni bien visibles, ni facilement photographiables, d'autant que, au sol, des chaises en rang serrés interdisent l'accès aux bras du transept.

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Les verrières contenant saint Christophe. la baie 128 est cerclée. D'après un plan par Chaussepied in notice diocèse.

Les verrières contenant saint Christophe. la baie 128 est cerclée. D'après un plan par Chaussepied in notice diocèse.

La nef est éclairée  en partie haute par dix baies dont huit datent des années 1494 à 1500. Du coté sud, deux baies voisines renferment un saint Christophe : elles portent les numéros 126 et 128.

  La baie n° 128 comporte cinq lancettes désignées par les lettres A à E,  et un tympan à 9 ajours, recrée vers 1872. Hauteur 7,50 m, largeur 4,00 m. Elle est entièrement moderne (Lusson, 1869-1874), sauf quelques pièces.

J'utilise dans ma description les publications de R-F. Le Men (1877) page 140,  Françoise Gatouillat, (2005 page 181,  et 2013), et Yves-Pascal Castel (Daniel, 2005) page 128.

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Historique : 

Les verrières de la nef ont été restaurées par l'atelier manceau d'Antoine Lusson fils (le restaurateur de la Sainte-Chapelle)  de 1869 à 1874.  Les verrières hautes de la cathédrale ont été déposées en 1942, et reposées entre 1950 et 1964 par l'atelier Gruber sans modification notable.  Les baies ont été restaurées en 1992-93 par l'atelier Jean-Pierre Le Bihan.

La première description disponible est celle d'Aymar de Blois p.32 qui la situe alors (vers 1820) "2e vitre de la nef, coté évangile". Ce document permet d'attesté que Lusson a refait les vitres, mais en a respecté les sujets :

1°) L'image de saint Jean-Baptiste.

2°) Saint Christophe

3°) Un chanoine présenté par un saint qu'on n'a pas su distinguer.

4°) Un seigneur dont la cotte d'armes est blanche chargée de 3 oiseaux d'or ou d'argent. Il parait que ce sont les armes de Clécunan ou de Kernechulan, 

5°) Sa femme habillée, moitié des armes de son mari et moitié des siennes qui sont d'azur au cornet ou petit cor de chasse entre 3 besants le tout d'argent".

–Description (après restauration par Lusson ) de René-François Le Men 1877 page 140 :

 N° 90. Troisième fenêtre (sud). Cinq panneaux.

1er Panneau. — Saint Jean-Baptiste. On l’a placé à tort dans le cinquième panneau.

2e Panneau. — Saint Christophe.

3e Panneau. — Un chanoine en chape, à genoux devant un prie-dieu et présenté par un saint qu’on n’a pu reconnaître. il y a sur les drapées du prie-dieu un écusson portant d’azur, à trois oiseaux d’argent.

4e Panneau. — Un chevalier à genoux vêtu d’une cotte d’armes d’azur chargée de trois oiseaux d’argent. Présenté par saint Vincent-Ferrier.

5e Panneau. -— Une Dame à genoux dont la robe d’azur porte trois oiseaux d’argent et un greslier aussi d’argent accompagné de trois besants de même. Elle est présentée par saint Jean-Baptiste Le peintre a supprimé le greslier et remplacé les besants d’argent par des besants d’or. Ce panneau qui devait être le cinquième, a été mis a tort le premier. 

–En 1892, l'abbé A. Thomas donne page 123 une description semblable. Couffon la suit également. Gatouillat et Hérold 2005 précisent les verres anciens : quelques fragments dans la chape de la 3ème lancette ; dais de la 4ème "du même type qu'en baie 124" .

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Baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

 

– Pascal-Yves Castel donne plusieurs renseignements complémentaires :

Il fait remarquer le sol carrelé d'un damier noir et blanc des lancettes a, c, d, e, et les dais très riches à trois étages, aux bases de forme triangulaire.

Il mentionne "un cartouche avec un texte encadré de damas : " Elie Maillard août 1870" (peintre ou cartonnier de chez Lusson ? Ses initiales E et M apparaissent dans d'autres baies."

L'inscription se trouve en réalité sur le livre posé devant le chanoine de la lancette C (voir photo infra). Je lis le mot ANNÉE plutôt que le mot août.  On trouve dans Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes une étude de tête par Alphonse Legros du "peintre Elie Maillard (qui se suicidera en 1887), in-4.". Et ailleurs (liste des peintres exposants au Salon de 1864)  la note suivante : " ELIE-MAILLARD (Auguste), né à Saint-Phal (Aube), élève de M. Lecoq, Rue de l'Est, 33"

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Signature d'Elie-Maillard année 1870, Lancette C, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Signature d'Elie-Maillard année 1870, Lancette C, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette A. Saint Jean-Baptiste présentant une donatrice.

Rappel : Selon R-F. Le Men, qui tient compte de la description d'Aymar de Blois en 1822, "Une Dame à genoux dont la robe d’azur porte trois oiseaux d’argent et un greslier aussi d’argent accompagné de trois besants de même. Elle est présentée par saint Jean-Baptiste Le peintre a supprimé le greslier et remplacé les besants d’argent par des besants d’or. Ce panneau qui devait être le cinquième, a été mis a tort le premier." Aymar de Blois avait décrit la lancette D avec son donateur , puis " 5°) Sa femme habillée, moitié des armes de son mari et moitié des siennes qui sont d'azur au cornet ou petit cor de chasse entre 3 besants le tout d'argent"."

Discussion sur l'identification.

Le problème est donc d'identifier d'une part le propriétaire des armoiries aux trois oiseaux d'argent, et d'autre part la famille de la donatrice, au grelier d'argent.

a) Pour le donateur, Aymar de Blois indique "il paraît que ce sont les armes de Clécunan ou Kernerchulan". Les Clécunan (paroisse d'irvilac) portent de sable à trois huppes d'argent, becquées de gueules. Potier de Courcy indique : Clécunan (de), sr dudit lieu, par. d'Irvillac, — de Keranhoat, par. de Loperhet. Réf. et montres de 1426 à 1536, par. d'Irvillac, év. de Cornouaille. De sable à trois huppes d'argent, becquées de gueules, comme Kerguern. Fondu dans Rosnyvinen."

 Si on veut bien prendre ces oiseaux pour des huppes, on peut déplorer ici que la couleur de l'écu soit d'azur, et non de sable. Les armoiries des Poulpiquet sont d'azur à trois palerons ou pies de mer d'argent, bequées et membrées de gueules. Elles sont illustrées par les armoiries épiscopales de Jean-Marie de Poulpiquet de Brescanvel, évêque de Quimper de 1823 à 1840. Voir aussi dans D'Hozier

 

 

Ce sont donc les armoiries de Poulpiquet qui sont le plus conformes à celles qui figurent sur le vitrail. Le fief de cette famille se trouve à Locmaria-Plouzané (29).

b) pour l'épouse et donatrice, aucune armoiries ne sont d'azur à un greslier  d’argent accompagné de trois besants de même. La formule la plus proche me semble être celle des Kermorial de KermorvanD'azur à un greslier d'argent, accompagné de trois fleurs de lis du même, 2 en chef et 1 en pointe :

KERMORIAL (DE), Sr dudit lieu, par. de Baye, de Kermorvan, par. de Cuzon, de Poulfos, de la Porte-Neuve, par. de Riec, de Kervéno.

Anc. ext., réf. 1669, six gén.; réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Baye, Saint-Colomban de Quimperlé et Querrien, év. de Cornouailles.

D'azur au greslier d'argent, accomp. de trois fleurs de lys de même. Devise : Sot ouc'h sot. (Sot contre sot.)

Thomas, vivant en 1481, père de Pierre, marié à Catherine Perrault; Jean, auteur de la branche de Kervéno, vivant en 1535, épouse Louise Louarnec; un lieutenant des maréchaux de France à Quimper en 1740.

La paroisse de Cuzon tient son nom d'un  plateau dominant la vallée de l'Odet, au nord-est de Quimper. Cuzon etait paroisse independante de Kerfeunteun jusqu'à la Révolution. . http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

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Description du vitrail.

Saint Jean-Baptiste est identifiable par son vêtement en poil de chameau et par l'agneau qu'il présente ici sur un livre rouge.

Son voisinage avec saint Christophe était déjà notée dans la baie 113, et les rapports entre les deux saints ont été discutés à propos de la baie 115. J'avais alors signalé que Jean-Baptiste est représenté sur 10 vitraux anciens de la cathédrale, au troisième rang après le Christ et la Vierge. 

La donatrice est représentée avec tout le faste que le XIXe siècle sait conférer dans ces pastiches d'œuvres médiévales. On notera l'étoffe pourpre qui recouvre le prie-dieu, car au centre du cartouche en écu dont elle est décorée se déchiffre à l'envers des lettres qui évoquent le nom du peintre Elie-Maillard.

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Baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B. Saint Christophe.

Bien qu'il soit impossible de savoir à quoi ressemblaient les verres anciens qu'Aymar de Blois a brièvement décrit, on peut penser que Lusson en a repris la disposition générale, car celle-ci est conforme au schéma traditionnel que j'ai eu a décrire constamment dans cette iconographie, et par lequel Christophe dont les jambes sont résoluement tournées vers la gauche, tournoie sur lui-même et lève son visage vers l'Enfant qu'il porte à califourchon. Ses jambes nues, l'eau du fleuve, et (cas unique sur les 5 vitraux étudiés à Quimper) la rive à atteindre sont représentées. Le saint est vêtu d'une tunique courte dorée et damassée, à revers verts, et d'un manteau rouge. En dessous, il porte un tricot rayé. Son visage est barbu et souriant. Le bandeau frontal n'a pas été peint.

Le bâton est dessiné en diagonale, parallèle à l'axe épaule droite / jambe gauche.

L'Enfant porte le nimbe crucifère, bénit et tient le globe, comme dans les 4 autres vitraux, mais pour la première fois, il se penche (légèrement) vers le saint et leurs regards se croisent. 

L'élément insolite est celui-ci : le saint, au lieu de maintenir le bâton, lève la main et tend l'index vers l'Enfant. Deux pièces de verre blanc aux rayures grises  partent de la face latérale de l'index et se dressent en V.

S'agit-il d'un oiseau ? Mais que vient-il faire là ?

Je pense que le verrier restaurateur a mal compris le dessin du XVe siècle et a tenté de s'en débrouillé. Il pouvait s'agir initialement :

--soit d'un feuillage s'élevant de l'extrémité du bâton pour témoigner de sa reverdie, comme dans de nombreux exemples.

--soit des extrémités du bandeau frontal nouées derrière la tête.

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Saint Christophe, lancette B, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Saint Christophe, lancette B, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Saint Christophe, lancette B, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Saint Christophe, lancette B, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C. Chanoine présenté par saint Jean (?).

Le saint n'a pas été identifié par nos prédecesseurs, mais trois indices plaident pour y voir saint Jean : son visage imberbe ; son allure d'éphèbe ; son livre (Jean est l'auteur de son évangile, mais aussi de l'Apocalypse). Ajoutons que le trio Jean-Baptiste + Jean l'Évangéliste + saint Christophe est déjà réuni baie 115. 

Le donateur est un chanoine, de la famille de Poulpiquet si on tient compte des armoiries du prie-dieu haut placé dans la hiérarchie ou la dignité puisqu'il porte une chape aux bordures historiées qui, à elle seule, vaut une fortune. Il serait passionnant de savoir si elle était déjà présente telle quelle sur le vitrail du XVe. 

Cette chape m'évoque celle d'un vitrail de l'église de Saint-Nic (29) ; le donateur est également présenté par saint Jean. J'avais envisagé l'hypothèse d'y voir Jean de Largez, abbé de Daoulas de 1502 à 1519, et, par ce titre, doyen du chapitre cathédrale (armoiries d'argent au lion de sable, armé, lampassé de gueules). Il administra le diocèse de Quimper de 1501 à 1518 à la place de l'évêque en titre, Claude de Rohan, simple d'esprit. Il mourut le 6 novembre 1533 et fut enterré en son abbaye, où sa plaque tombale se trouve toujours. 

La chape de ce vitrail est en damas d'or, bordée de soie blanche brodée au fil d'or traçant un décor de niches réservées à des pieux personnages : cinq sont visibles à gauche et un à droite, ce sont des saints (nimbes) et des évêques ou abbés (crosses et mitres).

Une chape aussi somptueuse est représentée en baie n°121, mais, là encore, l'identité de celui qui la porte est inconnue. Même observation pour la baie 129 (avec saint Pierre et saint Paul dans les niches). En baie 116, Geoffroy de Treanna porte une chape portant sur l'orfroi Ave Maria Gratia Plena .

Les armoiries aux trois oiseaux ont pu être placées sur le prie-dieu pour se conformer aux armes des lancettes A et D.

 

Baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C (détail), baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C (détail), baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette D. Donateur présenté par un saint.

Un saint tonsuré et tenant un livre , où on a pensé reconnaître le dominicain espagnol Vincent Ferrier (inhumé dans la cathédrale de Vannes), présente un jeune chevalier agenouillé en armure, et dont le tabard porte les armoiries d'azur à trois oiseaux d'argent que nous avons rapproché de celles de la famille de Poulpiquet. 

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Lancette D, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Le donateur, lancette D, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Le donateur, lancette D, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette E. Saint Jean-Baptiste.

 

Jean-Baptiste est représenté une nouvelle fois, ce qui signale encore l'importance de la vénération dont il était l'objet de la part des chanoines du chapitre de Quimper, et le lien étroit qui l'associe à saint Christophe. Vêtu de sa fameuse tunique en poil de chameau de pilis camelorum, il porte sur un coussin rouge l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. L'index droit, dirigé ici  vers l'Agneau, évoque immanquablement l'index peint par Léonard de Vinci en 1513 .

 

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Lancette E, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette E, baie n°128, troisième travée sud de la nef, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

 

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 SOURCES ET LIENS.

 

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

 

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820.  Registre de Boisbilly, Arch. Dioc. Quimper, 8 L1 . Le folio 25 concerne la baie 114.

AncreAncre A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan)

 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de Boisbilly, Arch. Dioc. Quimper, 8 L1 ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

 

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

— COUFFON . Bulletin SAF, t.LXXXIX. 1963, p.xcvii et suivantes. 

— COUFFON http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

— GALLET (Yves), Les ducs, l’argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) p. 103-116 http://books.openedition.org/pur/5315

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al.,La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203, 

 GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes.  Les baies n'y sont pas numérotées et distribuées en cinq lieux : Vitraux de la chapelle des fonts, vitraux de la Nef, vitraux du transept, vitraux du chœur, vitraux de la chapelle terminale. 

 

 

— LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

 

— LE BIHAN (J.-P.), J.-F. Villard (dir.), 2005,  Archéologie de Quimper. Matériaux pour servir l’histoire, t. 1 : De la chute de l’Empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper, 2005.

— LE BIHAN (J.-P.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2007,  Blog  

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-5674011.html

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.243-244,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, 170 pages,  p.123,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

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Published by jean-yves cordier - dans Saint Christophe.
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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

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