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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 22:15

La verrière du Christ, de saint Louis et de trois saintes ( vers 1510-1515) offerte par l'archevêque Georges d'Amboise ou baie 14 de l'ancienne collégiale du Grand- Andely des  Andelys.

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Voir aussi :

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PRÉSENTATION.

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"La ville des Andelys est située à environ 32 kilomètres au sud-est de Rouen, sur la rive droite de la Seine, au pied de la falaise calcaire abrupte de la rive concave d’un méandre. Au Moyen Âge, elle est séparée de la rive du fleuve par une zone marécageuse, le Vivier, qui ne commence à se combler qu’à partir du XVe siècle. À cet endroit, la Seine, plus étroite, est d’un franchissement relativement aisé en doublant la pointe de l’île des Trois Rois. Les Andelys sont un ancien vicus gallo-romain installé non loin de la grande voie de Lutèce à Lillebonne et des axes vers Évreux et Lisieux. Clotilde, femme de Clovis, aurait fondé vers 500-525, aux Andelys, un monastère de femmes dédié à la Vierge et l’existence d’une chapelle Sainte-Clotilde dans l’église Notre-Dame plaide pour l’implantation de l’église collégiale après la destruction du monastère par les Normands vers la fin du IXe siècle, sur le site du monastère. Enfin, le site des Andelys aurait accueilli un des palais mérovingiens de la basse Seine, qualifié de vieux palais (vetus palatium) au VIIe siècle, mais aucune preuve archéologique ne permet de le localiser." Marie Casset, 2007, Le manoir des archevêques de Rouen aux Andelys p. 225-234, in Les évêques aux champs, © Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2007https://books.openedition.org/purh/7143?lang=fr

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"La ville des Andelys, chef-lieu de l'une des principales subdivisions du bailliage de Gisors, était un important pôle d'activité grâce à son port sur la Seine qui alimentait l'arrière-pays. Les contacts étaient constants entre les deux villes administrés par une même bourgeoisie enrichie par l'exercice des offices publics et sensibilisée aux nouveautés artistiques. La reprise de l'activité architecturale s'est faite dans un contexte politique et économique similaire de celui qui présida à la reconstruction de l'église de Gisors.

L'église collégiale Notre-Dame en offre aujourd'hui le principal témoin, dont la place dans la diffusion des formes reste difficile à apprécier faute de chronologie bien précise. Linda Elaine Neagley a récemment proposé de dater les campagnes flamboyantes initiales, situées par cet auteur dans le chœur et la croisée du transept de la première moitié du XVe, en y identifiant les prototypes de tracés et de modénatures adoptés dès les années 1430 sur le chantier de Saint-Maclou de Rouen. Cette chronologie relative nous semble difficile à admettre au vu des rares repères historiques fiables qui invitent à rajeunir sensiblement les travaux de l'église des Andelys : réalisation des stalles du chœur autour de 1505-1506 et mise en place des vitraux de l'époque flamboyante à partir de la décennie 1500." Étienne Hamon , 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages

https://books.google.fr/books?id=QrXmxuOPH5MC&dq=portail+sud++%22grand-andely%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

 

Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame (in Gatouillat 2001)

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant, et nous  gardons du début du XVIe siècle la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : v. 1510-1515 . armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise 

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

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Description.

Cette verrière qui éclaire le portail du bras sud du transept en en formant le tympan  mesure seulement 2,50 m de haut pour 2,70 m de large et se divise en 2 lancettes trilobées et un tympan à 2 soufflets et 2 écoinçons. Ce portail, dit "de la cour de l'archevêque de Rouen", donnait accès au manoir épiscopal, comme le rappelle les armoiries de Georges II d'Amboise du soufflet droit.

Elle a été restaurée en 1865 par Duhamel-Marette et en 1987 par Jean-Pierre Tisserand.

Le thème en est la sainte  royauté. Dans des niches centrales à fronton triangulaire, devant un drap d'honneur damassé, un saint roi et une sainte reine (ou la Vierge) forment à gauche et à droite deux figures principales, et ce couple royal est entouré, dans des niches plus petites, du Christ Sauveur et d'un saint évêque autour du roi, ou de sainte Hélène et de sainte Marguerite autour de la reine.

 


 

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LES LANCETTES.

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Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les lancettes  gauches :

Lancette A : le Christ Sauveur.

nimbe crucifère, geste de bénédiction, tunique pourpre et globus cruciger le caractérisent.

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Lancette B : saint Louis (?).

Tête restituée.

Ce saint porte les insignes régaliens et  le collier de l'Ordre de Saint-Michel. C'est sans doute une figure allégorique et non historique, car aucun roi portant ce collier n'accéda à la sainteté.

On remarquera que le collier est celui à lacs d'amour, c'est à dire celui qui fut en vigueur depuis la création de l'Ordre en 1469 jusqu'à 1516, date à laquelle François Ier fit remplacer les 23 lacs par autant de doubles cordelières en mémoire de saint François : voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2017/11/la-baie-0-de-la-chapelle-du-penity-a-locronan.html

Remarquez aussi les chaussures Renaissance, élargies en patte d'ours.

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Lancette C : un saint évêque.

Saint Rémi ?

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Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les lancettes de droites.

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Lancette D : sainte Hélène (attribut : la Sainte Croix).

Lancette E : une "sainte reine non identifiée (sainte Clotilde ?)

C'est l'interprétation des auteurs de Vitraux de Haute-Normandie, mais pourquoi ne pas y voir la Vierge couronnée ?

Lancette F : sainte Marguerite d'Antioche issant du dragon grâce à son crucifix.

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Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LE TYMPAN.

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Dans les écoinçons  et le compartiment supérieur des soufflets, des anges musiciens jouent de la trompette, de la harpe, du luth ou de la  viole à archet.

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Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les compartiments inférieurs des soufflets forment un ensemble héraldique.

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Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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A gauche, les armoiries de France, couronnées,  d'azur aux trois lys d'or sont entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel et présentés par deux cerfs ailés ou cerfs volants. Ce support  (les "tenants") fut d'abord adopté par Charles VI, contre la coutume de ses prédécesseurs qui avaient des anges, puis Charles VII, Louis XI et Charles VIII ( 1483-1498) , conservèrent les cerfs ailés. Louis XII prit comme tenant des porcs-épics et François Ier des salamandres ... (Viollet-le Duc) .

Si on se fie à ses éléments, la datation d'une tel ensemble s'échelonne entre 1469 et 1516 (collier) mais avant 1498 (mort de Charles VIII) : donc de 1469 à 1498.

Sources : 

http://mairiepussay.fr/pages_textes/village/enigme/blason/texte_blason.html

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8090

Viollet-le-Duc, Architecture...

 

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Armoiries de Charles VIII

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À droite, les armoiries sont celles d'un archevêque (mais non d'un cardinal) de la famille d'Amboise, palé d'or et de gueules.Les auteurs de Vitraux de Haute-Normandie y voient celles de Georges II d'Amboise, archevêque de Rouen le 8 août 1511, mais qui reçut son pallium le 9 mars 1514. Il Il devint  cardinal le 16 décembre 1545. Le créneau de datation de cet ensemble serait donc celui de 1514-1545. Mais il ne correspond pas au créneau des armoiries royales.

J'ignore quelles sont les raisons justifiant d'y voir les armoiries archiépiscopales de son oncle Georges  d'Amboise, dont E. Hamon a signalé son mécénat aux Andelys (réalisation des stalles du chœur autour de 1505-1506). C'est un familier de Charles VIII, et c'est à la suite des pressions du roi qu' il est élu archevêque le 21 août 1493 à Rouen par le chapitre, puis confirmé le 21 avril 1494. Il fut  créé cardinal le 17 septembre 1498 .

Il fit réaliser d'importants travaux sur le château de Gaillon, propriété et résidence d'été de l'archevêché de Rouen, et contribue à transformer le site en un château Renaissance complet (logis et jardins) : il est l'un des introducteurs de la Renaissance artistique non seulement en Normandie, mais en France.

Cette hypothèse conduit au créneau de datation de 1494-1498, parfaitement cohérent avec le créneau des armes royales. Mais qui rajeunirait d'une quinzaine d'années ce vitrail, ... à moins de considérer que la verrière fut réalisée en retard par rapport à la commande.

Les armes du cardinal d'Amboise sont surmontées par le chapeau cardinalice : 

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Armes du cardinal d'Amboise (Matthieu Chaine, Wikipédia)

 

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Le portail méridional , dit "de la cour de l'archevêque de Rouen", qui donnait accès au manoir épiscopal, est surmonté de la rose.

 

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Le portail méridional, gravure in Brossard de Ruville.

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SOURCES ET LIENS.

BROSSARD DE RUVILLE, 1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances,Volume 1, Delcroix, 987 pages, page 435.

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+longuemare+d%27azur&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 22:16

La verrière de la Vierge entourée de saints par Arnoult de Nimègue  vers 1500-1510 en baie 16 de l' ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely,  Les Andelys (Eure).

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Voir aussi :

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PRÉSENTATION.

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Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant des xve et xvie siècles, et nous en gardons la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : XVIIe

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

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Description.

Cette baie mesure 4,50 m de haut et 4,20 m de large et se compose de 5 lancettes trilobées et un tympan à 3 soufflets et 18 mouchettes.

Cette verrière où la Vierge à l'Enfant est entourée de 4 saints a été offerte vers 1500-1510 par Henri Le Pelletier de Longuemare, lieutenant de la vicomté de Gisors et sa femme Geneviève Jubert du Thil. Elle a été réalisée à Rouen par Arnoult de Nimègue. Plus petite que la verrière actuelle, elle réunissait les figures de la Vierge, de saint Jean-Baptiste et du saint archevêque qui occupent les 2ème, 3ème et 4ème lancettes actuelles, vénérés par les donateurs.

À l'initiative des donateurs ou de leurs enfants, elle a ensuite été adaptée à une baie nouvelle lors de la construction des chapelles du bas-coté sud de la nef vers 1540, et a été complétée par le peintre-verrier de Gisors Romain Buron, également responsable de la baie 18.

Elle a été assez restaurée, en particulier par Didron en 1865-1866 

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Lancette A : Saint Sébastien / donateur et ses fils

Lancette B : Saint Jean-Baptiste 

Lancette C : Vierge à l'Enfant

Lancette D : Saint archevêque.

lancette E : sainte Marie-Madeleine / donatrice et ses filles

 

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"Chaque saint est entre deux pilastres, ornés d'arabesques en camaïeu et supportant une arcade avec couronnement de même, ayant ce dernier sur ses rampants, tantôt des colombes au bizarre plumage et tantôt des anges nus, gros, gras et joufflus. Dans le tympan de chaque fronton, les armoiries des donateurs ont été reproduites tour à tour. Les compartiments du réseau sont occupés par des anges en adoration, vêtus d'une longue tunique blanche, ourlée de galon d'or, et portant des ailes différentes par la couleur. Au sommet de l'ogive domine l'ternel, sous la figure d'un vieillard, semblable à peu près à toutes celles dont nous avons parlé précédemment. La grande arcade de la fenêtre se termine extérieurement par un galbe, ou fronton d'ornement ajouré, traversant un balustre placé au bord de la plate-forme qui couvre ce coté des collatéraux et des chapelles et couronné par la statuette d'un saint*." (Brossard de Ruville)

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LES CINQ  LANCETTES.

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"La chapelle, située à l'angle inférieur du croisillon a été construite sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, par un le Pelletier de Longuemare,pour être le lieu de sa sépulture et de celle de ses descendants. Le fait est que, depuis Jehan le Pelletier, sieur de Longuemare, lieutenant du bailli de Gisors, qui vivait entre l'année 1497 et l'année 1540, jusqu'à Anne-Françoise Lejay, veuve de messire Henri-Jean-Baptiste le Pelletier, écuyer, sieur du Val Dailli, qui y fut inhumée le 18 juin 1737, les actes mortuaires de l'église Notre-Dame font foi que les membres de cette famille y reposent presque tous. Cette chapelle est remarquable par les vitraux peints qui décorent sa fenêtre. Celle-ci est divisée en 5 baies et chaque baie contient l'image d'un saint. " (Bossard de Ruville)

 

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LES DONATEURS (par Arnoult de Nimègue, 1500-1510).

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Henri Le Pelletier de Longuemare et ses trois fils.

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"Au-dessous du saint, est représenté Henri le Pelletier, à genoux, les mains jointes, la bourse pendue à la ceinture, devant un prie-Dieu, portant son livre d'Heures et orné de ses armoiries, qui sont : d'azur, à la face d'argent, chargée de 3 coquilles de sable (*). Derrière lui ses trois fils, dans la même attitude. Ces 4 personnages sont revêtus d'une espace de simare rouge, à larges manches, différente seulement pour le père, en ce qu'elle a des parements en fourrure." Brossard de Ruville)

(*) De la Galisonnière, Recherche de la noblesse de la généralité de Rouen, mi. in-fol., suppl. fr.,n»283. p. 163 Bibliot. Richelieu.

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Armoiries des seigneurs de Longuemare

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L'homme porte un anneau d'or à l'index droit.

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Données généalogiques : 

 Robert II Le Pelletier seigneur de Bonnemare († après 1481) qui fut anobli en 1468, et Gillette Michel son épouse acquirent le fief de Bonnemare à Farceaux avant 1475, et furent les ancêtres des Le Pelletier de Longuemare.  Robert  est le père de Henri Le Pelletier de Longuemare, qui épousa Geneviève Jubert du Thil , et qui est représenté ici avec son épouse. 

--Leur fils Jean Le Pelletier de Longuemare seigneur de Bonnemare épousa Anne de Mornay, d'où Jacques Le Pelletier de Longuemare.

--Leur fille Geneviève épousa Jean de Feuguerolles (1540-1595).

https://gw.geneanet.org/skrebs1?lang=en&n=le+pelletier+de+longuemare&oc=1&p=henri

L'historien de l'église de Gisors Étienne Hamon donne des indications complémentaires et mentionne :

  • Henri Le Pelletier de Longuemare, documenté 1493-1516, lieutenant du vicomte de Gisors, écuyer, seigneur de Bonnemare dans la châtellenid des Andelys, dont la qualité de "noble homme" trahissait l'extraction roturière. C'est lui qui figure sur le vitrail des Andelys. Il adhera à la confrérie de l'Assomption de Gisors en 1505-1506, date autour de laquelle il offrit cette baie 16 avec son épouse Geneviève Jubert, fille de Guillaume II Jubert, lieutenant général du bailli de Gisors.
  • Jean Le Pelletier de Longuemare, décédé en 1525, lieutenant du bailli de Gisors, et trésorier de l'église de Gisors.
  • Henri Le Pelletier de Longuemare, décédé en 1559-1566, lieutenant du bailli de Gisors, écuyer, licencié es-lois, donateur à la confrérie Saint-Louis de Gisors en 1561 

Voir aussi Histoire de la ville des Andelys vol. 2 page 456 et suiv.:

  • Jean Le Pelletier, procureur du roi près le baillage de Gisors, mention en 1543
  • Louis Le Pelletier

https://books.google.fr/books?id=IUIbAAAAYAAJ&pg=PA459&dq=vicomt%C3%A9+des+Andelys+%22le+pelletier%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiy3ZmDtqzgAhVMzhoKHRaTBEAQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22le%20pelletier%22&f=false.

Précisions sur le titre de lieutenant du vicomte dans le Grand-bailliage de Gisors :

a) Selon Etienne Hamon :

Depuis le XVe siècle, le bailli avait un lieutenant général à Gisors et des lieutenant particuliers aux Andelys et à Lyons. Ces offices comme ceux d'avocat et de procureur du roi au baillage se transmettaient au sein de quelques familles de la petite noblesse comme les Le Lanternier, Le Pelletier ou du Vieu. Elles prirent une part active à la vie paroissiale.

Le bailliage était subdivisé en quatre prévôtés , celle des Andelys, de Gisors, de Lyons et de Vernon. Cette circonscription financière s'effaça devant la vicomté et dès le second quart du XIVe siècle, le prévôt n'était qu'un auxiliaire du vicomte (vicomté des Andelys, de Gisors, de Lyons (La Forêt) et de Vernon).

b) Selon Wikipédia :

À la tête d'une vicomté normande se trouvait un officier nommé portant le titre de vicomte (ou parfois, au chef-lieu de certains bailliage, celui de lieutenant général du bailli.)

  • le vicomte représentait le bailli, qui lui-même représentait le roi. Lors d'assises ou de plaids, il jugeait les cas qui échappaient aux justices seigneuriales de son ressort ou qui ne relevaient ni des jugements en première instance aux bailliages, ni des cas royaux.

  • le lieutenant général du vicomte remplaçait le vicomte en lieux, places et fonctions, en cas d'absence ou de nécessité. En revanche, un lieutenant particulier dans une ou plusieurs vicomtés représentait directement le bailli dont elles dépendaient, pour des jugements relevant de sa juridiction.

  • le garde du scel des obligations de la vicomté

  • le receveur du domaine de la vicomté était chargé de la trésorerie du domaine royal : recettes et dépenses, paiement des gages des officiers

  • les sergents fieffés, officiers souvent héréditaires placés à la tête des sergenteries, subdivisions des vicomtés

  • les tabellions ou tabellions jurés étaient des notaires chargés de la transcription des actes ayant valeur légale, notamment la rédaction des quittances de gages ; au cours du xive siècle, ils rédigèrent peu à peu en leur nom les actes de la vicomté, hors les décisions de justice et de police, en lieu et place des vicomtes. Ils étaient en outre habilités à vidimer les actes officiels

 

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Geneviève Jubert du Thil et ses filles.

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Au-dessous de la sainte est représentée Geneviève Jubert du Thil, femme de Henri le Pelletier. Cette dame est à genoux, les mains jointes, devant un prie-Dieu, sur lequel est posé son missel ouvert et sont peintes ses armoiries de la manière que voici : parti d'azur à la face d'argent, chargée de deux coquilles de sable, dont une finissant à senestre, qui est le Pelletier de Longuemare, et parti écartelé au 2 d'azur à la croix alaisée d'or et au 4 d'azur à 5 fers de pique d'argent, 3 et 2, qui est Jubert du Thil. Elle est suivie de ses deux filles. Ces trois personnes sont vêtues d'une longue robe rouge, à larges manches, à revers blancs pour les deux dernières, et coiffées d'une espèce de serre-tête, semblable à celui que portait Anne de Bretagne." (Brossard de Ruville)

La couleur rouge des robes de l'ensemble de cette famille est sans doute une couleur somptuaire, propre au rang de l'officier du vicomté, car on la retrouve dans d'autres panneaux de donateurs de l'Eure. La coiffe de la femme est plus élaborée que celle d'Anne de Bretagne. Le décolleté carré laisse voir sur deux chemises fines deux colliers en or. Les manches fourrées très larges se voient aussi en baie 18, dans le portrait de Robyne Duboys, par Romain Buron en 1540.

Notez les pièces montées en chef-d'œuvre dans les armoiries. La tête et les mains de la fille aînée ont été restituées, la tête de la mère est très dégradée.

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La famille Jubert est une famille de parlementaires normands.

La famille Jubert est originaire de Bizy ou encore Blaru, limitrophes de Vernon, dont témoigne, entre autres, Louis-Guillaume Jubert de Bouville.

Elle porte les armoiries "écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix alaisée d'or, au 2 et 3 d'azur à 5 fers de pique d'argent, posés 3 et 2"

Membres notables de la famille

  • Guillaume III Jubert († 1543), seigneur de Vesly et de Gueutteville, conseiller à l'Échiquier de Normandie puis au Parlement de Normandie jusqu'en 1540. Il épouse Marie de Civille. Riche, son revenu annuel s'élève à 13 500 livres tournois et sa fortune à sa mort à environ 201 350 livres tournois. Il octroie un prêt de 1 200 livres tournois en 1529 à son neveu Claude Le Roux pour la construction du château de Tilly.

  • Jeanne Jubert, fille de Guillaume Jubert, seigneur de Vesly, lieutenant général du bailli de Gisors épouse en 1486 Guillaume II Le Roux († 1520), conseiller à l'Échiquier (1499) puis au Parlement de Normandie, seigneur de Becdal, Acquigny, Saint-Aubin-d'Ecrosville et Bourgtheroulde. Il sera l'auteur de l'hôtel de Bourgtheroulde à Rouen.

  • Henri I Jubert (1488-1552), seigneur de La Grippière, lieutenant général de l'amirauté de Rouen, président de la Cour des Aides de Rouen (1543). Il est chargé en novembre 1549 avec Philibert Delorme et Louis Pétremol, président du Parlement de Normandie, de désarmer les galères rassemblées à Rouen. Il achète en 1522 l'ancien « hôtel du Paon » qu'il démolit pour construire l'hôtel Jubert de Brécourt à Rouen.

  • Henri II Jubert († 1614), seigneur de Brécourt. Il fait construire le château de Brécourt après être devenu gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Henri III (1577). Sa construction jusqu'en 1580 semble avoir été fortement inspirée des recueils de Du Cerceau.

Parmi ces membres, remarquons Jeanne Jubert, et son mari Guillame Le Roux, donateurs d'un vitrail à Louviers. Voir mon article http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-de-saint-claude-de-l-eglise-de-louviers.html

Les généalogistes mentionnent, pour l'ascendance de Geneviève Jubert, :

  • Guillaume III JUBERT du THIL, décédé en 1450, mariée en 1406 avec Catherine Le BRUMENT, d'où
  • Guillaume IV JUBERT du THIL et sa femme Catherine DANIEL, décédée en 1514 , d'où
  •  Geneviève JUBERT du THIL 1478-  épouse de  Henri Le PELLETIER de LONGUEMARE, Seigneur de Grainville †1586 

 

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En 1500, "Damoiselle Geneviève Jubert femme de M. Henri Le Pelletier" fit don à l'église d'une cloche (le bourdon de la tour sud) qu'elle baptisa  CROHEVLT, ancien nom ou variante locale (mentionnée sur la baie 24) de sainte Clotilde.

 

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La lancette A : saint Sébastien (Romain Buron v.1540).

Buste restauré.

La tête de lancette est attribuée à Arnoult de Nimègue. L'encadrement d'architecture porte un couronnement à décor d'oiseaux de style oriental et de dauphins affrontés d'inspiration italienne.

On trouve en ligne un cliché Wikipédia : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:AndelysStS%C3%A9bastien.jpg

 

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"La 1ère nous montre saint Sébastien, nu, la bouche close par un instrument en fer, les bras et les jambes percés de 6 flèches, et lié, au moyen de cordes, à un arbre dont on ne voit que le pied , le veluin autour des reins, et le nimbe d'azur planant. " (Brossard de Ruville).

 

 

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La lancette B : Jean-Baptiste.

"Dans la 2ème baie figure saint Jean-Baptiste: chevelure et barbe blanches, bras et jambes nus, le reste du corps couvert d'une peau de bête, liée autour des reins par un cordon, et d'un manteau rouge, doublé et bordé de jaune. Il tient de la main gauche un long bâton, se terminant par une croix byzantine; nimbe d'or planant."

Éléments d'un saint Jean-Baptiste  par Arnoult de Nimègue , mais la tête du saint (?), l'agneau et d'autres pièces ont été refaites vers  1540.

L'encadrement d'architecture laisse apparaître dans le couronnement, entre deux amours ailés, les armoiries des Longuemare (vers 1540). Nous retrouvons la fasces aux coquilles de sable dans le soubassement .

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Lancette C : La Vierge à l'Enfant (Arnoult de Nimègue, vers 1500-1510).

"Dans la 3ème baie est représentée la sainte Vierge, portant l'Enfant-Jésus, nu, tenant la boule du monde surmontée d'une croix. La Vierge a les cheveux d'or, longs, bouclés, le front ceint d'une couronne d'or à fleurons, le nimbe aussi d'or planant; porte une robe rouge, traînante, avec gorgerette couverte de pierreries et poignets en hermine, un manteau jaune, damassé, bordé de bleu. "

Encadrement architectural de même style qu'en lancette B, mais avec les armoiries de la donatrice dans le couronnement (verre gravé), et la fasce aux coquilles de sable au soubassement.

La Vierge à l'Enfant, par Arnoult de Nimègue, est réalisée d'après le carton à grandeur utilisé aussi vers 1508-1510 pour Sainte-Foy de Conches. Je peux évoquer aussi la baie 28 de Louviers, réalisée vers 1510-1515 par le même verrier flamand.

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-des-trois-marie-ou-de-la-parente-de-la-vierge-de-l-eglise-de-louviers.html

Elle est nimbée et couronnée, vêtue d'un surcot rouge aux manches fourrées d'hermine, recouvert d'un manteau de damas doré à parement bleu . Elle tend à son fils une fleur (pissenlit ?) ou une plume.

Enfant-Jésus refait vers 1540 ; tête de la Vierge très dégradée.

 

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Lancette D. Un archevêque.

"La 4e baie contient l'image d'un évêque, ayant le nimbe d'azur entourant, bi-cerclé, la barbe rase, la mitre richement ornée, une chape rouge, bordée de galon en fil d'or. Il bénit d'une main et tient une croix pontificale de l'autre."

Quel est cet archevêque ? Saint Romain ? Saint Nicolas ? Aucun indice ne permet de le dire.

Peinture du visage très effacée.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Lancette E : sainte Marie-Madeleine (Romain Buron, vers 1540).

Encadrement architectural de même type qu'en lancette A. 

"Dans la 5ème baie figure sainte Madeleine : nimbe rouge planant, longue chevelure d'or, robe rouge traînante, avec manches à crevés et longs poignets en orfroi, manteau blanc, doublé de bleu et emborduré d'un riche galon d'or ; tenant un vase orné d'un rinceau et du nom de MADALENA." (Brossard de Ruville)

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LE TYMPAN.

 

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Nous y comptons 12 anges adorateurs, 8 séraphins bleus et rouges,  (cartons retournés en symétrie), et Dieu le Père sous la colombe dans l'ajour supérieur.

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Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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— BROSSARD DE RUVILLE, 1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances, Volume 1, Delcroix, 987 pages, page 435.

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+longuemare+d%27azur&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 21:32

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhina dubia,(Vander Linden, 1825), "la Leucorrhine douteuse".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

Résumé :

—  Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

dubia (Vander Linden, 1825) : de l'adjectif latin dubius, "douteux, incertain" mais aussi "indécis, hésitant", comme si l'épithète qualifiait moins l'espèce qu'elle ne témoignait de la perplexité de l'entomologiste face à un spécimen globalement semblable à la rubicundia de Linné, mais de taille inférieure.  Par cette particularité, cette épithète appartient au groupe des qualificatifs "taxonomiques" comme affinis (du même auteur),  simillimus (Selys, 1850) ou mixta (Latreille, 1805).

Noms en français : 1°) "La Libellule douteuse", Sélys, 1850,  traduction du protonyme  Libellula dubia ; 2°) "La Leucorrhine douteuse", P.-A. Robert, 1958, adopté par tous depuis lors.

Noms en d'autres langues :

-en allemand : Die Kleine Moosjungfer , la Petite Leucorrhine.

- en espagnol : El "darter" cara-blanca , traduction du nom suivant.

- en anglais :

a) The White-faced darter :  Le "Darter [( Flèche), nom commun de tous les Sympétrums] à face blanche" , car cette espèce est aussi petite que Sympetrum danae, qui est fin et noir également, mais dont la face est jaune. 

b)  the Small whiteface , la Petite Leucorrhine.

- en néerlandais : De venwitsnuitlibel  = le museau blanc = la Leucorrhine. Le nom n'est pas spécifique, mais générique.

- en frison :  Lytse glêzewasker, Lytse wytsnüt : Lytse signifie "petit" : "la petite face blanche"

- en suédois : Myrtrollslända ou mindre kärrtrollslända, "petite kärrtrollslända"

 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE LEUCORRHINIA (BRITTINGER, 1850).

 

Voir dans ce blog :

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html


 


 

 

 

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NOM D'ESPÈCE L. DUBIA (VANDER LINDEN, 1825).

[Libellula dubia], Vander Linden 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Page 1 n°XI

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

Description originale.

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XI. LIBELLULA DUBIA.

Nigra, thorace fasciis , abdomine maculis dorsalibus, flavis; alis albis macula marginali subquadrata , fusca ; posticis macula triangulari baseos, nigra.

Lib. rubicunda ? Lin. Syst. Nat. I, 902, 4. Fn. Suec. 1462. Gmel. 1, 2620, 4. Vill. Ent. Lin. III. 4, 4.

Mas. Caput viride, margine postico, et macula triangulari ante oculos nigris. Oculi fusci, subtùs virescentes. Thorax nigro-æneus, suprà strigis duabus longitudinalibus interruptis, maculisque lateralibus, duabus majoribus, et quatuor aut quinque minoribus, flavis. Scutellum flavum. Abdomen nigrum : primum segmentum margine postico; 2. fasciis duabus et macula utrinque ; 3. 4. 5. 6. 7. macula dorsali, luteis. Appendices anales nigrae, superiores duobus ultimis segmentis abdominis conjunctis paulò breviores; inferior his dimidio brevior. Pedes nigri. Alæ albæ , callis luteis , macula marginali subquadrata fusca, membranula accessoria alba ; anticæ puncto, posticæ puncto et macula triangulari baseos nigris.

Long. 13—14. lin. Extens. alar. 26. lin.

Feminam non vidi.

Habitat in Belgio : in pago Gheel, a D° Robyns semel capta, æstate.

Obs. Haec species forsitan vera L. rubicunda Linnæi est, cujus descriptio illi satis convenit : sed nimia ejus brevitas judicium certum ferre non sinit

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— Traduction de la diagnose : [Libellule] noire, thorax fasciée, abdomen portant des marques jaunes sur la partie dorsale, ailes blanches aux marques marginales presque carrées et brunes ; tache noire triangulaire à la base des ailes postérieures.

— Traduction de la note : "observation : cette espèce est peut-être une vraie Libellula rubicunda de Linné, dont la description convient assez bien. Mais sa brièveté excessive ne permet pas d'en juger avec certitude.

C'est donc la petite taille de son spécimen qui incite Vander Linden à ne pas l'assimiler à rubicundia sans précaution. Je remarque que l'auteur ne constate nulle part  l'existence de la couleur rouge, et décrit des marques jaunes sur l'abdomen : il devait s'agir d'un mâle immature.

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RÉCEPTION.

a) Sélys, en 1840, dans sa Monographie des Libellulidées d'Europe page 58, ne fut pas convaincu par la distinction apportée par Vander Linder et estima qu'il fallait considérer sa L; dubia comme une L. rubicunda :

"La plupart des auteurs n'ont pas reconnu la Libellula rubicunda de Linné, dont la diagnose est cependant si simple et si juste. [...]. Vander Linden, le premier, a cité avec doute la Rubicunda de Linné pour synonyme de sa Dubia. Mais c'est M. Stephens qui a rétabli à bon droit la nomenclature du grand naturaliste suédois. [...] : Vander Linden la nomme Dubia, sur le seul individu pris en Belgique près d'Anvers, par M. Robyns. [...]. Comme la Rubiconde est la seule espèce européenne, à abdomen étroit, qui porte une tache noirâtre basale sur les ailes, il est impossible de la confondre avec aucune autre."

b) Sélys, en 1850, dans sa Revue des Odonates page 50, redresse son jugement et décrit la dubia comme une espèce distincte : 

 

"Lorsque j’ai publié ma Monographie je n’avais pas encore vu la pectoralis ni la rubicunda; c’est de là que provient la confusion que j’ai laissé subsister.

La dubia , par ses appendices noirs et son 7e segment taché, ne pourrait être confondue qu'avec la pectoralis ou la rubicunda. Elle diffère de la première par le caractère indiqué à l’article de cette espèce. Elle est plus difficile à distinguer de la rubicunda ,- le moyen le plus certain est l'examen des parties génitales du 2° segment pour le mâle, et des valvules vulvaires pour la femelle.

Désirant toutefois indiquer d'autres caractères diagnostics, je dirai qu’elle a toujours deux petites taches bien marquées à la base des ailes supérieures , et que celle qui est près de la membranule est très-notable. Les femelles sont plus faciles à confondre ; mais celle de la rubicunda a une seule virgule à la base de ces mêmes ailes supérieures, et cette virgule entre la 4e et la 5e nervure n’a pas de prolongement en dessous près la membranule ; enfin dans les deux sexes de la dubia la partie basale noire du 2° segment est interrompue au milieu, ce qui n’a pas lieu dans les autres espèces."

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE DUBIA.

De l'adjectif latin dubius, "douteux, incertain" mais aussi "indécis, hésitant", comme si l'épithète qualifiait moins l'espèce qu'elle ne témoignait de la perplexité de l'entomologiste face à un spécimen globalement semblable à la rubicundia de Linné, mais de taille inférieure.  Par cette particularité, cette épithète appartient au groupe des qualificatifs "taxonomiques" comme affinis (du même auteur),  simillimus (Selys, 1850) ou mixta (Latreille, 1805).

Gaffiot  : https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=dubius

Cette épithète est un rappel historique d'une hésitation taxonomique ou d'une position d'attente de la validation par d'autres entomologistes : elle a perdu sa justification lorsque ceux-ci ont confirmé la spécificité de dubia, mais le nom lui est resté car un zoonyme est une identité, et non une description exacte.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

non traitée.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. dubius, -a, -um = doubtful, uncertain, in reference to Vander Linden's doubt whether or not this species was the same as Linnaeus' L. rubicunda".

La meilleure interprétation à mon goût.


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"- dubius, a, um = incerto. Per la dubbia identificazione dalle congeneri pectoralis e rubiconda . "

 

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traité

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"dubia = twijfelachtig "

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LES NOMS DE L. DUBIA EN FRANÇAIS.

 

1°) La Libellule douteuse, Sélys, 1850.

Revue des Odonates page 50.

Par ce choix de traduction, Sélys attribue à la libellule le qualificatif de "douteuse", adjectif toujours un peu douteux précisément en français (une personne douteuse, une plaisanterie douteuse), au lieu de suggérer que c'est sa détermination qui est souvent incertaine. Mais avait-il d'autres choix puisqu'il donnait systématiquement une traduction littérale du nom scientifique ?

 

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2°) La Leucorrhine douteuse", P.-A. Robert, 1958.

 ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages, page 311.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=douteuse

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LES NOMS DE L. DUBIA  EN D'AUTRES LANGUES.

C'est la petite taille de cette Leucorrhine qui est rappelée aux amateurs de nombreux pays. Plus astucieux que de répéter le nom scientifique, non ?

-en allemand : Die Kleine Moosjungfer , la Petite Leucorrhine.

- en espagnol : El "darter" cara-blanca , traduction du nom suivant.

- en anglais :

a) The White-faced darter :  Le "Darter" [( Flèche), nom des Sympétrums] à face blanche , car cette espèce est aussi petite que Sympetrum danae, qui est fin et noir également, mais dont la face est jaune. 

b)  the Small whiteface , la Petite Leucorrhine

- en néerlandais : De venwitsnuitlibel  = le museau blanc = la Leucorrhine. Le nom n'est pas spécifique, mais générique.

- en frison :  Lytse glêzewasker, Lytse wytsnüt : Lytse signifie "petit" : "la petite face blanche"

- en suédois : Myrtrollslända ou mindre kärrtrollslända, "petite kärrtrollslända"

- en breton : fas-gwenn bihan (en attente de validation pour KAG) : la petite Leucorrhine ("face blanche")

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SOURCES ET LIENS.

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 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

— VANDER LINDEN 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Page 1 n°XI

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 21:30

La Verrière de l'Annonciation et du Pacte de Théophile (Romain Buron ?, 1540) en  baie 18  de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely, Les Andelys (Eure).

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Voir aussi :

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PRÉSENTATION.

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Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant des xve et xvie siècles, et nous en gardons la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : XVIIe

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

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La baie 18.

 

Elle éclaire la 4ème chapelle sud. Haute de 4,50 m et large de 4,30 m, elle a été offerte en 1540 par Robine Duboys des Andelys, veuve de Robinet le Coq et de Jehan Soudart et elle est attribuée à Romain Buron, peintre-verrier de Gisors actif entre 1535 et 1575 (Gisors, Conches et Les Andelys) et qui est le principal disciple d'Engrand Le Prince et de son atelier de Beauvais.

La baie 10 lui est attribuée.

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BXYJ1

Romain Buron a signé la baie 106 de cette collégiale (fenêtre haute coté sud), et les baies 102 et 104 lui sont également attribuées, formant la série du Credo apostolique et évaluées vers 1540-1560.

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BN10W

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06B0ULX

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06B016W

Ses 5 lancettes et son tympan à 5 ajours sont consacrés à la Vierge avec l'Annonciation en lancettes A et B , l'Assomption en lancette C et le pacte de Théophile en lancettes  D  et E,   puis au tympan ​​​​  la Visitationla Trinité , et la Fuite en Égypte .

Elle a été très restituée par Didron en 1886.

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LES LANCETTES.

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Lancette A et B : l'Annonciation.

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Tête de la Vierge restaurée.

La chambre est vue de face, les lignes de perspective convergeant (plus ou moins) au centre sur la ligne rejoignant leurs yeux. L'ange vient de la droite, traçant une bénédiction. La Vierge est assise devant son prie-dieu, où est placé son livre, tandis que le lit, tendu de bleu,  est en arrière-plan. 

Inscriptions :

AVE GRATIA PLENA DNS TECUM (phylactère)

 ISS ------GABRIEL (sur le linteau rose) 

SECU / DON / MA : MISER / PA (sur le livre)

Remarquez :

-Le sol ponctué de tirets, selon un procédé cher a l'atelier de Beauvais.

- La robe blanche ornée (au pochoir ?) de rinceaux au jaune d'argent.

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Lancette C : Assomption de la Vierge (et donateurs).

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Panneau très restitué par Didron, notamment la tête de Marie.

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Base de la lancette C : les donateurs.

Inscription : 

ROBINE .VEUVE DE. ROBI[N]ET.LE.COQ

ET . DE . IHA[N] SOUDART .

A DON[N]E . CESTE VITRE. PRIEZ

DIEU . QUI . LUY . FASSE . MERCI

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Devant un drap d'honneur vert damassé, trois personnages sont agenouillés tournes vers la gauche : un homme, un  homme plus jeune et une femme portant une imposante coiffe de veuve noire à longs voiles. Son rang se remarque aux très belles fourrures de ses manches.

 

Voir : Alexandra Zvereva, L’éloquence du deuil : portraits de Louise de Savoie

https://books.openedition.org/pufr/8355?lang=fr

Les auteurs de Vitraux de Haute-Normandie s'interrogent sur le lien entre ces donateurs et cette verrière, et signalent que l'inscription a été en partie restaurée : est-ce là un "bouche-trou" ? En tout cas, il y a une cohérence entre l'inscription, et la peinture de cette jeune veuve précédée de ses deux maris. Ils mentionnent "Robine Duboys (?)" D'autre part,  les Archives départementales de l'Eure antérieures à  1790 signalent page 144 une "donation par Robine du Boys, veuve de Robinet Lecoq et de Jean Soudart, à la fabrique d'Andely, de 10 acres 50 perches de terre sises dans les paroisses de La Lande et de Neuville-sous-Farceaux, à la charge de faire dire deux messes le mardi et le vendredi de chaque semaine (1540).  La concordance des noms de de la date de donation avec celle du vitrail semble suffisante pour estimer que Robine du Boys est bien la donatrice de cette verrière. Neuville -sous-Farceaux (auj. Farceaux) se trouve dans l'arrondissement des Andelys

Je retrouve, à Vernon,  Jean Soudart l’aîné, garde du sceau en 1479, et Jean Soudart le jeune, garde du sceau en 1496. Cela semble d'un intérêt modeste.

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"

 

 

 

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Lancettes  D et E : le Pacte de Théophile avec le Diable annulé par la Vierge.

 

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Gatouillat 2001 remarque que Satan est emprunté à la gravure sur cuivre de Dürer Le cavalier, la mort et le diable, cat. Bartsch 98.

Mais il faut aussi le mettre en relation avec les diables peints par l'atelier  Le Prince à Beauvais et notamment celui de la baie ou Vie de saint Claude en baie 9 :

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/les-vitraux-anciens-de-l-eglise-saint-etienne-de-beauvais-i-la-baie-n-9-saint-claude.html

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Baie 9, église Saint-Etienne de Beauvais, photographie lavieb-aile

 

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ou celui du Jugement Dernier (1522) d'Engrand Le Prince :

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/les-vitraux-anciens-de-l-eglise-saint-etienne-de-beauvais-baie-n-6-le-jugement-dernier.html

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Surtout peut-être, il faut faire le rapprochement avec  la verrière de la Légende de Théophile, peinte vers 1530 par Nicolas Le Prince pour la baie n°21  de Louviers :

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-de-la-legende-de-theophile-de-l-eglise-de-louviers.html

Je renvoie à cet article pour une étude détaillée de la Légende de Théophile. 

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Théophile,  qui, après avoir perdu son poste d'économe auprès d'un évêque,  a signé avec Satan un pacte lui vendant son âme pour recouvrer son emploi, a, par remords,  prié depuis lors  la Vierge avec tant d'assiduité qu'il se retrouve ici, encore tenu solidement ficelé par le Diable, devant Notre-Dame. Il est agenouillé, il joint les mains et la supplie encore. Satan, sarcastique, savoure sa puissance en brandissant le parchemin, un acte authentique et dûment paraphé ! Mais face à la Mère tenant son Fils qu'elle allaite, et l'intensité de la foi du pécheur, il devra reconnaître son infériorité, et rendre à Théophile la liberté de son âme.

Remarquez la date de 1540 sur l'architrave, les architectures sur verre bleu (typiques  du style de l'atelier des Le Prince), les trois putti en discussion, le sol ponctué, et surtout peut-être la tête et le corps du diable, qui offrent toute une modulation des nuances de rouges et des roses d'une maîtrise rare.

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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LE TYMPAN.

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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1°) Ajours latéraux : anges portant des phylactères (cartons retournés):

ASSUMPTA EST MARIA

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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2°) La Visitation.

Vierge et fonds très restitués.

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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La Trinité.

Elle est placée juste à la verticale de l'Assomption du panneau C avec laquelle elle forme un ensemble. La tête du Christ et le Saint-Esprit relève d'une restauration récente, celle de Dieu le Père d'une restauration ancienne.

Inscription AVE REGINA COELORUM AVE.

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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Ajour droit : la Fuite en Égypte.

d'après la gravure de Dürer  cat. Barttsch 89.

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Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

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— Dossier photo RMN:

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BN8YU

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BNM4K

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BN6OD

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BNVQO

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/romain-buron_eglise-paroissiale-notre-dame-les-andelys-nef-cote-sud-fenetre-haute-vitrail-detail_1540

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 13:34

La chapelle Sainte-Barbe de Ploéven. Son calvaire (1585), son vitrail (XVIe), sa statuaire, son Pardon.

Complété le 10 juin 2019.

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Voir sur Ploéven :

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Sur sainte Barbe :

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Sur les pardons, voir :

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

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PRÉSENTATION.

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La chapelle Sainte-Barbe fut construite, selon la tradition, par des moines habitant près du village du Rest, dans un endroit appelé Karhent-Rhun-Lann (*) .

(*) le  chemin charretier - de l'ermitage - de la colline.

Située sur les confins des paroisses de Ploéven et de Cast, elle s'élève sur une pente boisée et domine un vallon où court un gros ruisseau, près d'un verger. Non loin de là, s'élève un monument de l'âge de fer, un lec'h cannelé, la "Quenouille de Sainte-Barbe", et on dit qu'elle a servi de pilori seigneurial.

 

Ces moines venus d'Outre-Manche s'installaient souvent dans une forêt, près d'une source ou d'un cours d'eau, et les chapelles bretonnes sont à étudier selon le réseau hydrographique (comme à Saint-Nic pour les chapelles St-Jean et St-Côme). Ici, le cours d'eau naît à 100 m d'altitude sur les flancs d'une colline (lieu-dit Barvodel) , où les toponymes sont Le Rest, Pennahoat, Kerhent , Kerouanec et Kerverdraich . Un oppidum a occupé jadis cette colline. 

Ce ruisseau se jette au nord dans la Rivière de Kerharo [ Kerc'harw"le village du cerf"] l'une des deux principales rivières du Porzay, qui rejoint la baie de Douarnenez au nord de Sainte-Anne-La-Palud, au marais de Kervigen.

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DESCRIPTION.

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Composée d'une nef et d'un chœur avec deux chapelles latérales formant  un  tau, cette chapelle date du XVIe siècle.

INSCRIPTIONS LAPIDAIRES DE LA SACRISTIE.

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La sacristie est plus tardive (1736) et porte les inscriptions suivantes :

— sur la face orientale, au dessus de la fenêtre, en quatre blocs de pierre :

a) premier bloc 

M. IAN. FL

CHLAY. P

b) deuxième bloc

 LAN.

1736 

 

 

 

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

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c) Au dessus de la première fenêtre , troisième bloc : 

V. E. D. M. I. MAHEO. RECTEVR

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

d) quatrième bloc :

I~H S 

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Soit au total :

 

"Jean Flochlay, p[rêtre] l'an 1736 . Vénérable et Discret Messire Ian Mahéo, recteur. IHS "

- Jean [Le ] Flochlay : nombreux exemples sur la généalogie de Hamet, dont "1708-1789, Ploéven" : https://gw.geneanet.org/hamety?lang=fr&v=LE+FLOCHLAY&m=N

On peut s'intéresser à Barbe Floc'hlay, née à Ploéven en 1668, , d'une part pour remarquer son prénom, mais aussi pour noter qu'à son décès en 1724, l'un de ses témoins est Ian Bourveau, que nous retrouvons comme fabricien en 1735 (nom sur le clocher et sur la cloche).

On ne peut  assimiler ce Ian Floc'hlay à celui qui apparaît sur la généalogie de Guy Le Reste comme fils de Thomas et petit-fils de Louis, "lieutenant de paroisse", car il  est né en 1724 

- Jean Mahéo a été recteur de Ploéven  de 1732 à 1736. Son nom est inscrit également sur la cloche de l'église paroissiale fondue en 1735, et sur la sacristie de la chapelle Saint-Nicodème qu'il fit réparer. Son curé nommé d'office se nommait Joseph COLVEZ jusqu'en mars 1741.

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I~H S, avec le tilde abréviatif sur le H, correspond à JESUS. Les deux personnages sont des ecclésiastiques. Le recteur était assisté par un prêtre (ou "curé", ou "vicaire").

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La sacristie de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La sacristie de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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La sacristie de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La sacristie de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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— Au dessus de la  fenêtre de l'élévation sud : 

F. P. GABRIEL. BOSENN/EC  [remarquez les N rétrogrades) 

Y. CADIOV. F.

F[AIT] P[AR ] Gabriel Bosennec, Y[ves] Cadiou Fabricien[s]."

 

-Gabriel  Bosennec : peut-être Gabriel le Bossennec, né à Ploéven vers 1685 et décédé au Varc'h à Ploeven, le 4 décembre 1756. Voir le moulin "Le Varch" sur la carte E-M.

-Yves Cadiou, né vers 1675, est le beau-père du précédent puisque sa fille Marguerite (Ploéven v.1697-Le Varc'h, Ploéven, 10 juin 1747) a épousé Gabriel Le Bossennec, dont six enfants. Arbre généalogique de Guy Le Reste. Il est né à Plonévez-Porzay vers 1670 et décédé au Varc'h en 1757. 

Donc, l'une des fenêtres porte le nom des prêtres, et l'autre ceux des fabriciens en titre pour l'année 1736.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile.

La sacristie de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La sacristie de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Le clocher ajouré, à pinacles et gables aveugles, s'élève relativement haut au dessus du toit.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Le mur clocher  occidental est percé d'une porte fortement ébrasée , avec un arc en  accolade et encadrée de deux colonnes en nid d'abeilles qui devaient servir de supports à des statues aujourd'hui disparues. Le fleuron de l'accolade est surmonté d'armoiries martelées.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Sa crossette :

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Une inscription est portée sur le coté sud.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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LA CLOCHE.

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Inscription visible à l'ouest :

DON DE LA PAROISSE. --- .. NOM DE ANNE

SEBASTIENNE ONT ETE PARRAIN ---- BILLON

CHARLES LORIT FONDEUR A  QUIMPER

 

 

Inscription visible à l'est :

CLOCHE A ETE BENIE EN L'AN 1900 ELLE P---

MARRAINE ANNE MARC'HADOUR. --SEBASTIEN-- 

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R. OLIVIER  RECTEUR

Soit : Cette cloche a été bénie en l'an 1900. Elle p--don de la paroisse --- nom de Anne-Sébastienne . Ont été parrain Sébastien Billon et marraine Anne March'adour . R. Olivier recteur, Charles Lorit fondeur à Brest.

Charles Lorit était fondeur rue de Brest à Quimper et a fait la cloche de la chapelle Seznec de Plogonnec.

Le recteur ne figure pas dans la liste  des Recteurs de Ploéven après la Révolution proposée par H. Pérénnès en 1940 (BDHA) qui donne Pierre-Marie Souêtre de 1888 à 1908. En réalité, Souêtre fut recteur de 1888 à 1893,  et OLLIVIER (Henri-Victor selon le panneau affiché dans l'église de Ploéven) lui succéda de 1893 à 1908. Il est indiqué ceci : "A fait cimenter la tour de Ste-Barbe. Protestation énergique du Conseil de fabrique relative à l'inventaire des biens de l'Église en 1906." Jean Guennec pris sa suite.

On trouve dans la nécrologie de la  Semaine religieuse de Quimper et Léon de 1912   le nom d'Ernest OLLIVIER pour la période 1888-1908 :

"Nous avons également le regret d'apprendre la mort de M. Ollivier, ancien recteur de Ploéven, décédé subitement, à Saint‐François de Morlaix, le 18 Décembre. Né à Landerneau le 20 Août 1848, M. Ernest‐Marie Ollivier fut ordonné le 10 Août 1873; nommé vicaire à Plouarzel le 25 Novembre 1875 ; à Mespaul le 27 Septembre 1874 ; à Lannilis le 10 Mai 1877 ; à Sizun le 16 Août 1880 ; aumônier de la prison à Landerneau le 25 Août 1880 ; recteur de Ploéven le 4 Août 1893. En Septembre 1908, il dut démissionner pour cause de santé.   R I. P. " Semaine Religieuse de Quimper et Léon, 27/12

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6de277b54964114e9635f73c98b27e56.pdf

 

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D'après André Brusq 2004, la marraine est JEANNE NICOLAS (ce qui ne se vérifie pas) et le parrain est son époux SEBASTIEN BILLON, du Cosquer. La cloche fur fondue sur place.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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LE CALVAIRE (1585).

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Il est décrit ainsi dans l'Atlas en ligne des croix et calvaires du Finistère :

"Calvaire en granit et pierre de kersanton haut de 6 mètres, à trois degrés et corniche, socle cubique et fût à pans, Fût à pans, croisillon à culots, écu au dragon.  1585 - 1588. Groupe de N.-D. de Pitié avec Jean et Madeleine. statues géminées: Vierge-évêque, Barbe-Jean. Partie de fût: sainte Face, au revers ange avec les clous. Croix, fleurons-boules godronnés, crucifix, anges aux calices latéraux." [YPC 1980]

L'auteur n'explique pas où il a trouvé ces dates de 1585 ou 1588.

Si, comme l'indique Castel, les statues géminées (deux personnages dos à dos dans le même bloc) sont Vierge/évêque et Barbe/Jean, alors elles n'ont pas été orientées correctement lors d'un remontage, car sur la face orientée vers l'ouest, le Christ en croix doit être entouré de Marie à sa droite (c'est bien le cas), et de Jean à sa gauche (il se retrouve aujourd'hui tourné vers l'est, au dos de sainte  Barbe). Mais je vois plutôt, derrière Barbe, Marie-Madeleine.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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La face orientale.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean ?? ou Marie-Madeleine.

Ce personnage tient dans sa main gauche un objet cylindrique qui n'a pas de sens s'il s'agit de saint Jean, tandis qu'il s'identifie comme un flacon d'aromate dans l'hypothèse Marie-Madeleine. D'ailleurs, la vue de 3/4 montre les cheveux longs partant dans le dos. Hélas, les pieds sont nus, comme ceux d'un apôtre.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Saint Méen, abbé. 

Mitre, crosse, bénissant. Dalmatique et surplis.

Il paraît logique de voir dans ce saint évêque saint Méen, patron de la paroisse : il ne fut pas évêque, mais abbé de son abbaye Saint Jean en Gael, près de Vannes, au milieu du VIe siècle. Voir sa statue en pierre dans le chœur de l'église Saint-Méen de Ploéven. La crosse n'est pas tournée vers l'extérieur.

La main droite trace une bénédiction.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Ange aux instruments de la Passion (fouet et clous).

Le fouet (flagellum) est brisé. Le calvaire du bourg porte le même motif.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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La face occidentale.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Dessin d'Yves-Pascal Castel :

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Ange recueillant le sang dans un calice (" hématophore").

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Anges recueillant le sang dans un calice.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Ange recueillant le sang dans un calice.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge au pied de la Croix.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Barbe.

Attributs : le livre et la tour.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Voile de la Sainte Face tenu par un marmouset.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

Calvaire de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven. Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Blason armoiries au dragon volant des Gentil de Barvedel .

 

Ces armoiries qui se blasonnent d'azur au dragon d'or lampassé de gueules sont celles de la famille Le Gentil, seigneurs de Barvedel et de Pontlez, qui se réclament prééminenciers de l'église paroissiale (où se voient encore leurs armes) et de cette chapelle. 

Gentil (le),_sr de Barvédet, par. de Ploëven, — du Pontlez et de Kercaradec, par. de Quéménévon, — de Coëtninon, par. de Plomodiern, — de Kerléven, par. de Ouimerc’h, — de Rosmorduc, par. de Logonna, -- de Penanvern, — de Quélern, par. de Crozon, — des Rochers, — de Pencran, — de Kerougant. — duTromeur, — de la Barbinais et marquis de Paroy, en Brie en 1754.

Anc ext., réf. 1668, huit gen., et maint, par les commissaires en 1699 ; réf. et montres de 1426 à 1536, par. de Ploëven-Porzay, Quéménéven et Plomodiern, év. de Cornouaille.

 D’azur au serpent volant d’or. Devise : Spargit undèquague venenum et Suisnititur alis.

Jean, au nombre des députés pour aller à la rencontre de Jeanne deNavarre, femme du duc Jean IV en 1386 ; Jean, vivant en 1460, épouse Louisede Tréanna ; Anne, fille d’honneur de la reine Anne, reçoit de cette princesse en1507, 2000 livres, en faveur de son mariage avec Charles d’O, sr de Maillebois, chambellan et gouverneur de Caen.

Jean, bailli de Quimper, épouse en 1509 Marie de Tréouret ; un chevalier dejustice de l’ordre de Saint-Lazare en 1728 ; un colonel, membre de la commission scientifique d’Égypte, élevé sous la Restauration à la dignité debaron.

La branche de Quèlern éteinte en 1843 ; la branche de Paroy éteinte en1882 ; une famille de même nom et armes maintenue en Normandie en 1666. Potier de Courcy "Gentil".

https://www.wikiwand.com/fr/Armorial_des_familles_de_Bretagne

 


 

Le manoir de Barvédel est situé en hauteur de la  route de Ploéven à Cast, près de la chapelle Sainte-Barbe.  Une route mène aujourd'hui à une propriété privée conservant de belles ouvertures anciennes.  Il est parfaitement visible sur la carte de Cassini ("Barvedet") et sur la carte d'Etat-Major ou il est colorisé en jaune:

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.183997&y=48.149509&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=doubleMap .

Des fouilles y ont remarqué une enceinte rectangulaire qui témoigne d'une fortification médiévale. "Le site fossoyé de Barvedel est un cas encore plus convaincant puisque des vestiges sont assez bien conservés, à proximité des bâtiments du manoir tout à fait reconnaissables (SAF 2006). Un habitat aristocratique y est attesté en 1509.

J'ai longuement présenté la famille Le Gentil dans mon article sur la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle en Quillidoaré, et la légende du marquis de  Pontlez :

http://www.lavieb-aile.com/article-vi-98409859.html

On trouve aussi ce texte : 

Guy Autret, s. de Missirien, auteur d’une généalogie de la famille le Gentil (Original. — Bibl. Nat. — Cab. des Titres, Fr. 31.040), écrivait, en 1636, « Le nom de Gentil a esté de tout temps celui des seigneurs de Barvédel, en l’évêché de Cornouaille, paroisse de Ploeven, de l’église parochiale de la quelle, ils sont fondateurs. La dicte terre de Barvédel est soubs la juridiction royale de Chateaulin. Le plus antien du quel je trouve memoere dans les actes est d’un Hervé le Gentil [Note : Portant pour armes d’azur à un dragon volant d’or] mentioné en un acte de l’an 1334. Il fut père de Yvon le Gentil. — Yvon le Gentil, s. de Barvédel, passe une transaction aveq un Jan Thomas et autres, le 20 Avril après Paques 1350. — Yvon le Gentil, fils d'Yvon, fait une fondation à l'abaye de Landevennec et y donne un boesseau de froment de rente en l’an 1381. Il fut père de Jan le Gentil. — Jan le Gentil, s. de Barvédel, come exécuteur du testament de feu Yvon, confirme ce que son dit père avoit doné à l’abbé et religieux de Landévennec, par acte de l’an 1404, etc... ». Ce Jan le Gentil, s. de Barvédel, s’était enrôle dans la compagnie de Bertrand du Guesclin et prit part à toutes les campagnes du Connétable. Il se retira ensuite à Cuzon où il avait épousé Anne de Coëtbilly. Son fils, Jan le Gentil, y résidait encore lors de la réformation de 1426 et y figure au rang des nobles. Il n’avait qu’un métayer à Barvédel. Ses descendants conservèrent Barvédel jusqu’en 1571, année de la mort, sans postérité, de Louis le Gentil, sieur de Pontlez et de Barvédel. Cette dernière seigneurie devint alors, par héritage, la propriété de la famille de Hirgarz, qui la transmit, à son tour, à la maison du Chastel. Messire Alain du Chastel, chevalier, seigneur du Rusquec, de Pontlez, de Barvédel, etc., fournit aveu au Roi, le 6 Avril 1715 (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B. 1152) pour le manoir et ses dépendances de Barvédel :

« Item appartient audit seigneur les droits de premier preminancier, soubz Sa Majesté, en l’église paroissialle dudit Ploeven, à cause de ses terres et seigneurie de Barvédel situées en ladite paroisse, et, en cette qualité a droit d’avoir ses ecussons en la rose et autres lieux plus éminents de la vitre principalle de ladite eglise et dans la première chapelle d’icelle, du costé du septentrion, droit d’escabeau clos et à queue armoyé, d’une tombe eslevée devant icelluy et portant lesdits ecussons : D’azur et un serpent volant d’or, par representation du nom et tige principal des Gentils, comme dessendu de Marguerite le Gentil, dame en son vivant de Hirgarz, bisayeule de la deffunte dame Anne de Hirgarz. Outre les autres ecussons escartellez et chargez d’aliances de ladite maison de Barvédel étants dans la dite eglise. Et a de plus, en cette qualité, droit de prendre, et lever, par chacun an, la somme de dix-huit deniers monnoye sur les droits censaux de la dite église, sçavoir six deniers le jour et feste de Saint Men, patron d’icelle, six deniers le jour et feste de la Toussaint, et six deniers le jour et feste de Noël. — Item déclare etre fondateur de la chapelle nommée Sainte Barbe, située aux issues de la maison et seigneurie de Barvédel et bâtie dans le fond d’icelle. Aucun autre que lui n’y avoir droit, ny marque honorifique » 

(M. le comte de Rosmorduc. Source Infobretagne).

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Le blason est un peu différent de celui qui est proposé sur Wikipédia, et notamment sa queue pointe vers le haut, tandis que l'aile n'est pas représentée.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Déploration : Vierge et Christ, Jean et Marie-Madeleine.

Sur le socle du calvaire se trouve une déploration à quatre personnages, en kersanton. On la comparera avec intérêt à celle de l'église, datée de 1547, ou aux deux pietà de l'église. 

La construction générale est en double cloche, puisque la Vierge encadrée de Jean et Madeleine forment une courbe en U inversé tout comme le corps du Christ.

Marie-Madeleine, qui a posé son flacon d'onguent à ses pieds,  tient dans sa main un étui ou un objet autre : le voile avec lequel elle sêche ses larmes ?

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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La Vierge.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Marie-Madeleine est identifiée par son vase d'onguent posé à ses pieds, et par son élégance. Notez le fameux bandeau plissé derrière la nuque, que je surnomme "chouchou".

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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Saint Jean.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven . Photographie lavieb-aile 8 juin 2019.

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L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Le vitrail de la fenêtre axiale date du XVIe siècle et représente en un seul tableau  la  Crucifixion du Christ entre les deux larrons. L'âme du bon larron est conduite au ciel par un ange, celle du mauvais larron, aux enfers par un diable. Marie est soutenue par les saintes femmes, Marie-Madeleine est au pied de la croix. Parmi les cavaliers, les grands prêtres, et Longin donnant de sa lance le coup sur le flanc droit. Le Centenier s'écriant vere filius dei erat iste, un soldat ébloui se protégeant les yeux, etc.   La vitre à dominantes bleu et jaune à l'argent a un aspect naïf voir grossier étonnant.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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L'autel et son retable (XVIIe).

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À gauche, "coté de l'Évangile", la Vierge à l'Enfant.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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À droite, sainte Barbe, patronne de la chapelle.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Saint Olivier.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Agnès, qui a perdu son cierge.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Poutre de Gloire.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Barbe, statue de procession.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Barbe, version sulpicienne.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Saint Meen.

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La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

La chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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LE PARDON DE LA CHAPELLE SAINTE-BARBE (30 juin 2018).

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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Chacun chantait le KANTIK DA ZANTEZ BARBA :

 

 

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Ar Zantera-ma zo penherez

Leuna vadou, leun a zanvez

Mez he zad'a zo eur paën

Ene bour braz da gristenien.

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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En he balez an idolou

A rezeve kalz enoriou

Mez gant Doue sklerijennet

Baba d'ezo n'e zaonje ket

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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En despet d'he zad kounahet

Ar verc'h yaouank zo badezet

Tridal e ra en he frizon

Seder hag eurus he c'halon

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Diskar a ra an idolou

Ho bruzuna a gant he boutoura

Vezoc'h dre holl distrujet

Ha ganr holl dud disprijinet

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Santez Barba dirak Doue

Bezit sonj eus ha pugale

Diouz ar gurun hon dioualit

Diouz an tan, ar maro subit.

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♫ ♪♪♫  Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♫ ♪♪♫ 

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♫ ♪♪♫  Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♫ ♪♪♫ 

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♫ ♪♪♫  Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♫ ♪♪♫ 

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Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

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Santez Barba dirak Doue

Bezit sonj eus ha pugale

Diouz ar gurun hon dioualit

Diouz an tan, ar maro subit.

♪♪ Meulomp holl gant Joa,

Meulomp Santez Barba ! ♪♪

 

Trad : ???

Sainte Barbe devant Dieu

Souviens-toi de tes enfants

Du tonnerre prends garde (préserve les) 

Du feu [foudre] et de la mort subite 

Louons tous avec joie

Louons sainte Barbe

 

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Voir : https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/95c95f9fb9d1dbe74371ade634a808b9.pdf

 

 

 

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

Pardon de la chapelle Sainte-Barbe à Ploéven le 30 juin 2018. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie) 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42.

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f135.item

 

— ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f208.image

— LINTEAUX-DE-FRANCE : 58 inscriptions lapidaires de Ploéven

http://www.linteaux-de-france.com/show_cat_carte.php?vraicle=Plo%E9ven

— COUFFON ( René), LE BARS ( Alfred), 1988, Notice de Ploéven, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

 

"En forme de tau, elle date du XVIe siècle, à l'exception de la sacristie qui, plus récente, porte l'inscription :

"M. IAN. FLOHLAY. LAN. 1736 / V. E. D. M. I. MAHEO. RECTEVR /F. P. GABRIEL. BOSENNEC / Y. CADIOV. F."

Porte ouest à accolade encadrée de deux colonnes en nid d'abeilles et porte sud en anse de panier avec piédroits prismatiques.

Mobilier : Maître-autel à retable avec niches aux ailes, XVIIe siècle.

Statues en bois polychrome : Christ en croix, Vierge à l'Enfant, Vierge et saint Jean provenant d'une poutre de gloire, saint Méen, sainte Barbe, enfin sainte Agnès et saint Olivier dans les présentoirs du maître-autel.

Vitrail de la fenêtre axiale, XVIe siècle (C.) : la Crucifixion du Christ entre les deux larrons. Vitre à dominantes bleu et jaune à l'argent.

 Sur le placître, calvaire du XVIe siècle : statues géminées sur les consoles, Voile de Véronique, groupe de la Pietà sur le socle.

Fontaine à fronton sans voûte et à piscine ovale ; la statue a disparu.

Stèle de l'Age du Fer dite le Fuseau ou la Quenouille de sainte Barbe."

— PÉRÉNNÈs (Henri), 1940, Notice sur Ploéven, B.D.H.A. 

— J.-M. Abgrall : Peintures dans l'église de Ploéven (B.S.A.F. 1886) -

— DILASSER (Maurice), 1979, Locronan et sa région (Paris, 1979) , page 622.

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Calvaires Vitraux
3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 18:29

La verrière de sainte Clotilde en baie 26 (vers 1575-1600) de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely à Les Andelys.

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Voir aussi :

La verrière de sainte Clotilde (vers 1540) en baie 24 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely,  Les Andelys (Eure).

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PRÉSENTATION.

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Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant des xve et xvie siècles, et nous en gardons la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

 

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction de l'ensemble des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

 

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : XVIIe

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

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La baie 26.

 

Elle éclaire la 1ère chapelle sud. Haute de 4,20 m et large de 4,25 m, cette verrière de la vie de sainte Clotilde est composée de 4 lancettes cintrées  et d'un tympan à 4 ajours droits. Elle a été offerte par Alexandre La Vache, seigneur de Radeval et son épouse Marguerite Hallé d'Orgevil, identifiés par leurs armoiries.

Cette verrière a été très restituée, particulièrement les panneaux inférieurs des lancettes et le tympan, par Édouard Didron en 1886.

Le récit de la vie de sainte Clotilde poursuit ici les scènes représentées en baie 24.

J'associerai les descriptions du Recensement VI (2001) avec celle de Brossard de Ruville datant de 1863.

 

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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LE TYMPAN.

Lors de ma visite, il était protégé par un filet.

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A gauche, sainte Clotilde en prière devant un crucifix fait vœu de convertir son mari.

Inscription :

LA SAINCTE A ROHEULT EN SECRET FAIT PRIERE

DE SON MARY CLOVIS FAIT CONNAISSANCE

SEVL VRAY DIEU ET PERE DE LVMIERE

Ev -N- ------------DELAISSANT DE YDOLE ADORANCE

"

 

"1er écoinçon de l'ogive. Dans un oratoire et devant un prie-Dieu en forme d'autel, portant un livre ouvert et surmonté d'un crucifix, sainte Clotilde, en compagnie de deux de ses suivantes, prie en secret le Seigneur de convertir son mari. Fragment d'inscription : SAINCTE CROHEVLT. EN SECERT. FAIT DE ---MARY . CLOVIS AIT --- COG. – DVN SEVL –VRAY DIEV . ET . PERE DE --- EN DELAISSANT . DE YDOLES LA.

FAIT... DE... MARY. CLOVIS AIT. . COG.. DVN SEVL. VRAY D1EV. ET. PERE DE... EN DELAISSANT. DE. YDOLESLA..." (Brossard de Ruville) 

Le nom de CROHEVLT se retrouve également attesté sur l'inscription de la cloche de la tour sud, offerte en 1500 par Geneviève Jubert. Il s'agit d'une altération ou forme locale de CLOTILDE, attestée aussi dans quelques anciennes chroniques selon Brossard de Ruville (vol.2 page 424). Voir mon article sur la baie 16.

 

 

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Deuxième ajour :  Clovis de retour de guerre est touché par la grâce.

Inscription :

LE ROY CLOVIS REVIENT DE GERRE VAINQVEUR

GRACE LE TOUCHE IL VOIT CROYE VN DIEV DE GLOIRE

N HESITANT PLVS POVR LUY SERVIR DE COEUR

AVEC ESPERANCE DUN NEAVRE VICTOIRE

 "2e compartiment: « Sainte Clotilde explique à Clovis les mystères de la religion chrétienne. » Clovis est couvert d'une riche armure et d'un surtout rouge, et porte un grand collier sur la poitrine ; sainte Clotilde est vêtue d'une robe rouge, d'un pardessus bleu et a les cheveux ornés à la mode des dames du temps de Henri II. L'instruction se fait dans la campagne, en présence de personnages des deux sexes. Les trois personnes divines apparaissent dans le haut du tableau. Fragment d'inscription:... INT DE GVERRE VAINCEVR – IT CROYE VN DIEV DE GLOIRE [TOVJ]OVR JVX SERVIR DE COEVR... INE AVRE... ES VICTOIRE. "(Brossard de Ruville) 

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Troisième ajour : la bataille de Tolbiac.

Très restauré.

Inscription :

A TOLBIAC CLOVIS ENGAGE LE COMBAT

PRES DE MOURIR IL INVOQUE SON IDOLE

QUI NE PEUT ENTENDRE LA VOIX DV SOLDAT

VERS LE DIEV DE CLOTILDE ALORS SA PENSEE VOLE.

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"3e compartiment: Bataille de Tolbiac. » Dans une campagne très-accidentée, deux armées se ruentl'une contre l'autre. Sur le premier plan, un chevalier, la visière baissée, porte un coup de lance à un autre chevalier. Ce vitrail est très-endommagé." (Ruville, 1863)

 

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À droite : sainte Clotilde instruit Clovis dans la foi chrétienne, par Didron.

Inscription :

SAICTE CLOTILDE ET SAINCT REMY DEVANT DIEV

DINSTRVIRE DANS LA FOY CLOVIS FONT SERMENT

ILS VEVLENT AU ROY FAIRE QUITTER UN FAUX DIEV

CLOVIS A PROMIS SON BAPTESME VRAIMENT.

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"4' écoinçon: Sujet presque disparu. Fragment d'inscription: SAINTE ET...REMY. DINST... FOY. L. FONT... P... LEVRS. Q... IL. RON... PROMIS... [BA]PTESME." (Brossard de Ruville)

 

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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LES LANCETTES.

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Lancette A, à gauche. Baptême de Clovis.

Baptême de Clovis (tête restituée) par saint Rémi, la colombe du Saint-Esprit tenant le blason royal apporte la Sainte Ampoule.

Inscription :

PAR SAINCT REMY CLOVIS FVT BAPTISE

ACCOMPAGNE DE GENTZ A GRANDE FOY

LE SAINT ESPRICT ENT. COVLOMB ------------

FVT POVRTANT TR[OI]S FLEVRS DE LIS ET LA[MPOVLE]

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" baie inférieure: « Baptême de Clovis. » Temple avec ouverture sur la campagne ; Clovis richement vêtu, à genoux devant saint Remi qui lui verse de l'eau sur la tête, à l'aide d'une écuelle. La cuve baptismale est ronde, embordurée d'une guirlande et élevée au-dessus d'une estrade de même forme, à plusieurs gradins. En face est un autel portant un ciboire, un gobelet et un petit cadre. Quatre enfants de chœur, ayant dans les mains différents objets propres au culte, se tiennent derrière l'évêque et le roi: après eux viennent les dignitaires, ensuite la foule. Dans une vaste auréole apparaît le Saint Esprit, sous la forme d'une colombe, tenant la sainte ampoule avec son bec et l'écu fleurdelisé de Fiance avec ses pattes Inscription: PAR SAINCT REMY CLOV1S. FVT. BAPTISE ACOMPAGNE DE GENTZ A GRANDE FOVLE LE SAîNCT ESPRIT ENT. ..C0VLOMBE FV. PORTANT TROIS FLEVRS DE LIS ET LAMPOVLE. "(Brossard de Ruville)

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Lancette B. Clovis et Clotilde faisant l'aumône.

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Inscription :

COM[M]ENT LA ROYNE MESNE A DIEV SON ESPOUX

PAR DES AVMOSNES A GENTZ NECESSITEVX

LVI ENSEIGNE QVE LE DON EST TRES DOVX

DE FAIRE CHARITE POUR QVI EST HEVREVX

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"2e baie: « Clovis et sainte Clotilde, placés sur le perron du palais et entourés d'une nombreuse assistance, font distribuer des aumônes aux pauvres et aux infirmes par le majordome. » Clovis est coiffé d'un turban ou chaperon, est vêtu d'une tunique bleue, d'un manteau rouge ressemblant à une chasuble, porte sur les épaules une pèlerine en fourrure , ornée d'une chaîne d'or, et tient d'une main le sceptre royal. Sainte Clotilde a la couronne sur la tête, porte une robe rouge avec bas corsage, contenant une guimpe plissée et s'élevant jusqu'au dessous du menton; un manteau bleu complète son vêtement. Dans un des coins du tableau une autre scène a été reproduite: c'est le convoi des restes mortels de sainte Clotilde, de Tours à Paris. Le cercueil est recouvert d'un large drap mortuaire, est haut placé sur une civière et porté par deux chevaux que montent des écuyers. Il est précédé de moines en robe grise, côtoyé par une confrérie d'hommes portant des torches armoriées comme le poêle, et suivi d'une grande foule de peuple. " (Brossard de Ruville)

 

 

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Lancette B, partie inférieure : un couple de donateurs.

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"Dans le panneau inférieur, un personnage, jeune encore, barbe rase, portant une robe violette , la face tournée vers l'autel, est à genoux devant un prie-Dieu; une femme, dans la même attitude, vêtue d'une longue robe, le relevé des manches en fourrure, vient après lui. Les écussons de ces deux donateurs ayant été probablement enlevés ou mutilés, il nous est impossible de savoir leur nom." (Brossard de Ruville)

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Lancette C : Clotilde devant le chantier de son église.

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INSCRIPTION :

DANS LE VAL DV GAMBON CLOTILDE BASTIT

A LA GLOIRE DE DIEV VNE MOVLT BELLE EGLISE

PAR RECONNAISSANCE DV BAPTESME QVE FIST

DV ROY CLOVIS LE SAINT EVESQVE ADVISE

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"3e baie: « Sainte Clotilde, accompagnée de sa dame d'atour, en présence de l'architecte et des ouvriers, visite l'église qu'elle fait construire au bourg d'Andeli. » Dans la vallée du Gambon, près d'un groupe d'habitations, l'édifice est élevé déjà jusqu'à la toiture. On n'en voit que l'abside, qui forme cinq pans à deux étages et est percé sur chaque face de deux fenêtres cintrées se superposant. Sainte Clotilde porte une robe traînante, une écharpe alaisée en guise de ceinture, une couronne sur la tête et un voile flottant dans les cheveux. L'architecte est vêtu d'un maillot, d'une veste serrée ou justaucorps. Il tient dans la main droite un énorme compas, et dans la main gauche une toque qu'il appuie sur la hanche. Une dague pend à sa ceinture." (Brossard de Ruville)

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Lancette C, partie inférieur : les donateurs.

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Les armoiries du donateur comportent, en chef les armes d'azur à la vache d'or propres à la famille La Vache, et en dessous, trois meules d'or et trois croix potencées  blanches sur fond noir. 

"Au-dessous de ce sujet, mais sans aucune séparation, figurent quatre personnages à genoux, en prière, se succédant l'un l'autre. Le premier est barbu, vêtu d'un pardessous rouge et d'une robe violette, traînante, ayant des demi-manches et un collet avec fourrure. Sur le côté de son prie-Dieu est un écusson qui porte: de sable à 3 croisettes au pied fiché d'argent, 2 et 1, et 3 gerbes d'or, liens de gueules, 2 et 1, au chef cousu d'azur, chargé d'une vache passante de gueules. Ce sont les armes d'Alexandre de la Vache, écuyer, Sr du Saussai, conseiller au parlement de Rouen. Après lui vient un jeune garçon, qui est son fils, vêtu d'une veste bleue; puis une dame, portant un voile jeté en arrière , un pardessous avec manches parsemées de crevés, une robe longue, avec manches en épaulette, et une guimpe couvrant la poitrine et le cou. Sur le côté de son prie-Dieu est un écusson qui porte: parti des armoiries de la Vache du Saussai et parti d'azur à la face d'argent, chargée d'une coquille de sable et accompagnée de deux étoiles d'or, 1 en chef et 1 en pointe finissant à senestre. Celles-ci appartiennent à Marguerite Hallé d'Orgeville, épouse dudit Alexandre de la Vache. Sa fille, vêtue comme elle, mais sans voile, lui fait suite." (Brossard de Ruville)

Remarque.

1°) l'identification proposée par Brossard de Ruville est problématique, car Alexandre de la Vache et son épouse ont vécu un siècle après ce vitrail :

"Alexandre La Vache, né à Rouen en décembre 1637, épousa vers 1680 Marguerite Hallé, dame et patronne de Cléry, fille de Gilles, sr d'Orgeville, conseiller au parlement de Rouen en 1659, et de Cécile-Françoise Groulart. Il mourut après 1696 et avant 1700 sans avoir eu d'enfant de ce mariage, et sa veuve se remaria avec François de Palme-Carille, sr. De Feugerolles, maître des comptes à Rouen en 1694". (H. de Frondeville)

Ce couple n'eut pas d'enfants, alors que celui du vitrail en a trois. Brossard de Ruville renvoie, en bas de page, à un article sur cette famille dans son tome 2 .

Si la lecture héraldique est exacte, les armoiries seraient ajoutées plus tard, ce que l'examen des verres pourraient peut-être affirmer.

Les armes de la famille La Vache sont bien d'azur à la vache d'or.

2°) Les auteurs de Vitraux de Haute-Normandie" font d'Alexandre La Vache un '"sieur de Radeval". Le fief de Radeval, aux Andelys était possédé par les Picart, (Jean Le Picart ayant fait construire le manoir dans le 1er quart du XVIe siècle), puis en 1619 par le maréchal de Bassompierre, puis à la famille Vache du Saussaie qui la détenait en 1760. 

Voir Radeval in Brossard de Ruville page 470 :

https://books.google.fr/books?id=IUIbAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=Alexandre%20de%20la%20Vache&f=false

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Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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Lancette D. Le miracle des Andelys.

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Panneaux très restitués.

Inscription :

POVR LES OVVRIERS QVI BASTIRENT LESGLISE

CLOTILDE REFIST LA MERVEILLE DE CANA

DV SEIGNEVR DIEV GRANDE FAVEVR FUST MISE

A LEAV DANDELI LE GOVST DV VIN DONNA ;

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"4* baie: « Sainte Clotilde versant elle-même à boire aux ouvriers de l'eau de la fontaine miraculeuse. « Sainte Clotilde, vêtue à peu près de même que dans le vitrail précédent, accompagnée de sa camériste, tient une pinte dans la main. Les maçons, le bourgeron au dos et le tablier autour des reins, boivent à même des écuelles. Un écusson d'azur aux 3 fleurs de lis d'or et à un cotice de même, traversant et non brisant, est placé au milieu de cette scène ; nous ignorons pourquoi. Le paysage est bouleversé : on distingue à peine la tour carrée d'une église. Ce sujet est renfermé dans un seul panneau, au 'milieu de la verrière. Le panneau inférieur est en verres blancs; le supérieur contient deux personnages, debout, conversant entre eux; l'un est un homme, coiffé d'un chaperon, vêtu d'une tunique verte, d'un manteau rouge et d'une pèlerine réticulée; l'autre une femme, ayant une chevelure d'or flottante, portant une longue robe blanche, avec des manches étroites, divisées par des crevés et des bracelets en or s'alternant, la jupe et le corsage richement ornés de passements aussi d'or. Ces figures semblent étrangères à la verrière. Au sommet de l'ogive, dans une auréole entourée de nuages, apparaissent deux anges, se faisant face et tenant une palme dans la main." (Brossard de Ruville)

 

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de sainte Clotilde en baie 26, Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

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SOURCES ET LIENS.

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— BROSSARD DE RUVILLE,  1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances, Volume 1, Delcroix, 1863 - 987 pages, pages 446-448

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+dazur+%C3%A0+la+vache+dor+++vache+radeval&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BROSSARD DE RUVILLE,  1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances, Volume 2, Delcroix, 1864

https://books.google.fr/books?id=IUIbAAAAYAAJ&dq=vicomt%C3%A9+des+Andelys+%22le+pelletier%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

A propos de sainte Clotilde :

— COUTIL (Léon), 1909, Le culte de sainte Clotilde aux Andelys et en Normandie, Hérissey, Evreux, 54 p. Extrait du Recueil des Travaux de la Société Libre de l'Eure t. VI, 1908.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63160499/f101.item.r=clotilde.texteImage

— GAGUIN (Robert), 1500,   Compendium de origine et gestis francorum Livre I folio V

https://books.google.fr/books?id=DeQ9AAAAcAAJ&pg=PP8&dq=%22crotildis%22+chilperic&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjt7em9ipvgAhUlgHMKHdWnDvgQ6AEIXTAI#v=onepage&q=%22crotildis%22%20&f=false

— GUERIN (abbé Paul), 1885, Les petits Bollandistes vies des saints de l'Ancien et du Nouveau ..., Volume 6, 3 juin page 422

Recueil des travaux de la Société Libre d 'Agriculture, Sciences , Arts et Belles -Lettres de L'Eure , 1908

 

https://archive.org/details/recueildestrava16leugoog/page/n369

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 11:45

La verrière de sainte Clotilde (vers 1540) en baie 24 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely,  Les Andelys (Eure).

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PRÉSENTATION.

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Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant des xve et xvie siècles, et nous en gardons la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

 

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction de l'ensemble des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

 

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : XVIIe

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

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La baie 24.

 

Elle éclaire la 2ème chapelle sud. Haute de 4,15 m et large de 4,10 m, cette verrière de la vie de sainte Clotilde est composée de 4 formes rectangulaires et d'un tympan à 4 ajours droits.

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Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Le culte de sainte Clotilde.

 

Le culte de la sainte reine s’est surtout établi et répandu en Normandie à partir des Andelys où Clotilde avait fondé un monastère de filles et une église.  C'est le premier monastère qu’elle fit bâtir en 511  en France, après la mort de Clovis, avant même celui qu’elle fit édifier à Chelles, ou la basilique Saint-Germain d'Auxerre. Un miracle réalisé à l’occasion de la construction de ce dernier édifice fut à l’origine d’un important pèlerinage le 3 juin  : à la prière de Clotilde une source dont l’eau avait le goût du vin, aurait jailli pour abreuver les ouvriers assoiffés et stimuler leur ardeur pendant le cours des travaux. À leur terme, la fontaine cessa de sourdre du vin, mais garda des vertus curatives miraculeuses  . 

Les premières  sources scripturaires de la Vie de sainte Clotilde sont triples : l'Historia Francorum, de  Grégoire de Tours, livre II, paragraphe XXVIII, suivie du  Liber historiæ Francorum rédigée vers 727 probablement par un moine de Saint-Denis, et de la Chronique de Frédégaire BnF lat. 10910 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10511002k  .  

La verrière 24 est consacrée au début de la vie de la sainte, centrée sur le meurtre de son père Childeric par son frère, et sur l'épisode des fiançailles.

Selon Grégoire de Tours, "Gondioc avait été roi des Burgondes […]. Il avait eu quatre fils : Gondebaud, Godégisèle, Chilpéric et Gondemar. Gondebaud égorgea Chilpéric son frère et noya la femme de celui-ci en lui attachant une pierre au cou. Il condamna à l'exil ses deux filles ; l'aînée, qui prit l'habit, s'appelait Croma, la plus jeune Clotilde. Or, comme Clovis envoie souvent des ambassades en Bourgogne, la jeune Clotilde est aperçue par ses ambassadeurs. Comme ils l'avaient trouvée élégante et sage et qu'ils avaient su qu'elle était de famille royale, ils l'annoncèrent au roi Clovis. Sans tarder, celui-ci envoie à Gondebaud une ambassade pour la demander en mariage. Ce dernier n'osant pas opposer un refus la remit aux ambassadeurs, et ceux-ci, amenant la jeune fille, la présentant au plus vite au roi. Quand il l'eut vue, le roi fut rempli d'une grande joie et il se l'associa par le mariage, alors qu'il avait déjà d'une concubine un fils nommé Thierry.  »

D’après le Liber Historiæ, Clovis, entendant parler de la beauté de Clotilde, envoya Aurélien la demander en mariage. Or, Clotilde était chrétienne. Un dimanche qu’elle allait à la messe, Aurélien, s’étant déguisé en pauvre, s’assit au milieu des mendiants qui formaient la clientèle du lieu saint, après avoir laissé ses propres habits aux mains de ses compagnons dans la forêt. Après la messe, Clotilde, selon son habitude, se mit à distribuer des aumônes. Arrivée à Aurélien, elle lui mit dans la main une pièce d’or. Lui, il baisa la main de la princesse et la tira par le bas de sa robe. Rentrée dans sa chambre, elle fit appeler l’étranger qui lui avait donné ce signe. Aurélien prit en main l’anneau de Clovis, et déposa derrière la porte de la chambre de Clotilde sa besace, dans laquelle il avait les ornements des fiançailles.

Dites-moi, jeune homme, lui dit Clotilde, pourquoi feignez-vous d’être pauvre, et pourquoi m’avez-vous tirée par le bas de ma robe ?

— Votre serviteur, répondit Aurélien, désire vous parler en secret.

— Eh bien, parlez.

— Mon seigneur Clovis, roi des Francs, m’a envoyé vers vous, parce qu’il désire vous avoir pour reine. Voici son anneau et ses autres ornements royaux.

En disant ces mots, il chercha de l’œil la besace derrière la porte de la chambre, mais il ne la trouva plus, et il fut saisi d’affliction ; Elle s’associa avec intérêt à sa recherche, et dit : Qui a enlevé sa besace à ce pauvre ?

Enfin, on retrouva la besace, et, en secret, Aurélien remit à Clotilde les ornements de fiançailles. Pour l’anneau de Clovis, elle le déposa dans le trésor de son oncle. Saluez de ma part Clovis, ajouta-t-elle. Il n’est pas permis à une chrétienne d’épouser un païen. Veillez à ce que personne n’apprenne rien de ceci. Qu’il en soit comme l’ordonnera Dieu, mon Seigneur, que je confesse devant tout le monde. Pour vous, allez en paix. Aurélien revint et rapporta toutes ces choses à son maître.

L’année suivante, Clovis envoya son ambassadeur Aurélien demander à Gondebaud sa fiancée Clotilde. Apprenant cela, Gondebaud fut effrayé, et dit : Il faut que tous mes conseillers et mes amis burgondes sachent quelle querelle me cherche Clovis, qui n’a jamais vu ma nièce. Pour toi, dit-il à Aurélien, tu es venu ici pour espionner ce qui se passe chez nous. Retourne dire à ton maître qu’il ment en pure perte lorsqu’il parle de ma nièce comme de sa fiancée.

Aurélien répondit avec fermeté :

Voici ce que vous mande mon seigneur le roi Clovis.

Si vous voulez lui donner sa fiancée, assignez-lui un endroit où il puisse venir la prendre ; sinon, il viendra s’expliquer avec vous à la tête de son armée.

— Qu’il vienne où il lui plaira, répondit Gondebaud ; moi aussi, je me mettrai à la tête des Burgondes ; il sera victime de la ruine qu’il a causée à d’autres, et le sang qu’il a versé en abondance sera vengé.

L’entendant parler ainsi, les Burgondes, ses conseillers, craignant la colère de Clovis et de ses Francs, dirent à leur roi : Que le roi s’informe auprès de ses serviteurs et de ses chambellans, si, par un tour d’adresse, les envoyés de Clovis n’ont pas introduit des cadeaux de fiançailles ; il faut éviter qu’il y ait un prétexte contre vous et votre peuple, car la malice de Clovis est trop furieuse.

Tel fut le conseil que, selon la coutume, les Burgondes donnèrent à leur roi. On fit la recherche qu’ils demandaient, et l’on trouva dans le trésor royal l’anneau de Clovis, avec son image et son inscription. Alors Gondebaud, affligé, interrogea la princesse.

Je sais, seigneur mon roi, répondit-elle, qu’il y a quelques années les envoyés de Clovis nous ont apporté divers cadeaux en or ; à moi, votre servante, ils ont remis en main un petit anneau, que j’ai déposé dans vos trésors.

— Vous avez agi à la légère et sans réflexion, répondit Gondebaud.

Et, indigné mais malgré lui, il la remit à Aurélien. Celui-ci la reçut avec grande joie, et, avec ses compagnons, il la conduisit auprès de Clovis à Soissons en France. Clovis, plein de joie, en fit sa femme." [Source ici]

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Une source scripturaire plus contemporaine de ce vitrail est le Compendium de Robert Gaguin, publié en 1500 ; La graphie CROTILDIS (qui figure dans les inscriptions de la baie 24) y est attestée.

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Les sources iconographiques sont rares, surtout concernant les fiançailles de Clotilde, mais nous trouvons dans les Chroniques de Saint-Denis BnF Fr. 2597 folio 2 datant du 1er quart du XVe siècle  un dessin à la plume  de la rencontre d'Aurélien et de Clotilde. 

 

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Par ailleurs, la  baie 21 (Romain Buron, vers 1530-1540) de la collégiale de Gisors est également consacrée à sainte Clotilde. Voir mon article sur ce vitrail.

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LE TYMPAN.

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Il est actuellement voilé par un filet de protection.

a) Son ajour gauche montre le meurtre de Childeric, père de Clotilde, par son oncle Gondebaud.

Inscription : 

--UE GU[N]DEBAULT TUA CRUELLEMENT

CHILPERIC SON FRERE PERE DE CLOTILDIS

b) Sur le 2ème ajour, Gondebaud envoie Clotilde en exil. (très restauré).

inscription :

GOADEBAULT COMMANDA QUE FUT ENNEME EN EXIL LA SAINCTE ET ENFERMEE AU

MONASTERE AVEC AULTRES ENFANTS DE SON FRERE CHILPERIC

c) Gondebaud fait jeter la femme de son frère Childeric dans le Rhône. Presque entièrement refait.

Inscription : 

 

COMMENT GONDEBAULT LE CRUEL FIST IETER DANS LE RHONE

LA FAMME DE SON FRERE LE ROY CHILPERIC

d) Gondebaud envoie en exil la sœur de Clotilde (très restauré).

Inscription :

SEUR DE CROTILDIS
EN EXIL PAR GUNDEBAULT P--

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Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LES LANCETTES.

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Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Lancette A. Clovis remet à Aurelianus un anneau et l'envoie comme ambassadeur auprès de Clotilde.

Inscription :

A CLOTILDIS NIECE DE GOUDEBAULT CLOVIS ENVOYE AMBASSADEUR LUI

MONSTRANT MOULT CONFIANCE EN SA FOY IL BAILLIST SON ANNEAU A AURELIAN

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Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Lancette B. 

Au 2ème plan, Aurelianus remet en secret l'anneau de Clovis à Clotilde, qui lui donne une acceptation écrite pour son mariage avec Clovis.

Au 1er plan, Aurelianus reçoit l'aumône de Clotilde (tête restaurée) parmi les pauvres et estropiés.

Inscription :

EN SECRET VESTU COMME PAUVRE HOMME AURELIANUS VIENT [COMPIE] SON MESSAGE

ET RECEVANT AUMOSNE IL DONNE LANNEAU ENVOYE PAR LE ROY A CLOTILDIS

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Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Lancette C. Gaudebaud remet Clotilde à Aurélianus, qui la conduira à Clotilde.

Inscription :

 

COMMENT LE ROY GOUDEBAULT CLOTILDIS FUT DELIVREE A AURELIANUS

AMBASSADEUR POUR ESTRE A SON MAISTRE CLOVIS DONNEE A FAMME ;

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Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Lancette D. Adieu de Clotilde à Gondebaud.

Inscription: 

COMMENT CLOTILDIS APRES AVOIR DIST ADIEU A SON ONCLE GONDEBAULT FUST

AMENEE [FIA --] CLOVIS PAR AURELIANUS AMBASSADEUR .

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Dans la moitié basse, figurent devant un drap d'honneur damassé trois donateurs : un homme et deux femmes non identifiés.

Gatouillat et col. parlent d'un clerc, sans doute en raison d'une apparence de tonsure plutôt due à un artefact car la riche robe dont l'étoffe damassée bleue se retrouve en pan au bras de la femme, s'accorde plus avec un jeune seigneur ou bourgeois.

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Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de sainte Clotilde, baie 24 (vers 1540), Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

A propos de sainte Clotilde :

— COUTIL (Léon), 1909, Le culte de sainte Clotilde aux Andelys et en Normandie, Hérissey, Evreux, 54 p. Extrait du Recueil des Travaux de la Société Libre de l'Eure t. VI, 1908.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63160499/f101.item.r=clotilde.texteImage

— GAGUIN (Robert), 1500,   Compendium de origine et gestis francorum Livre I folio V

https://books.google.fr/books?id=DeQ9AAAAcAAJ&pg=PP8&dq=%22crotildis%22+chilperic&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjt7em9ipvgAhUlgHMKHdWnDvgQ6AEIXTAI#v=onepage&q=%22crotildis%22%20&f=false

— GUERIN (abbé Paul), 1885, Les petits Bollandistes vies des saints de l'Ancien et du Nouveau ..., Volume 6, 3 juin page 422

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De Jean Le-Maire de Belges 1540, Les illustrations de Gaulle et singularitez de Troye …, Sergent, page 72

https://books.google.fr/books?id=f8tTAAAAcAAJ&dq=+CHILDERIC+SON+FRERE+PERE+DE+gundebault&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 12:29

La verrière de saint Pierre, saint Yves et sainte Barbe (milieu du XVe siècle), baie 6 de l'église Saint-Ouen de  Pont-Audemer.

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Voir :

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Voir : Tous mes articles sur les vitraux.

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PRÉSENTATION.

La baie 6, haute de 4,50 m et large de 2,10 m, occupe le coté sud de l'église, et se compose de 3 lancettes trilobées et d'un tympan à 3 quadrilobes et 4 écoinçons. Sa verrière fut transférée vers 1845 dans l'axe du chœur et fut rognée, avant de reprendre sa place après 1945 et d'être alors complétée.

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Cliquez sur l'image pour le diaporama.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE SOUBASSEMENT.

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Le soubassement d'origine, avec ses donateurs et ses inscriptions,a été supprimé en 1845. Le tableau actuel où la Vierge couronnée donne le sein à l'Enfant entre deux anges, a été créé par Max Engrand en 1945.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LES LANCETTES .

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Trois saints debout sont figurés dans des niches architecturées devant des draps d'honneur damassés. Les dais ont été remaniés.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Saint Pierre.

Panneau inférieur restitué.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Saint Yves.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Sainte Barbe.

"Restituée ainsi que le fond : interpolation d'une tête de sainte couronnée, du milieu du XVe s. d'échelle plus réduite que celle du personnage, ajustée avec des fragments divers, dont certains placés à l'envers" (Gatouillat).

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE TYMPAN.

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Anges musiciens et séraphins dans les 2 quadrilobes gauche, ange musicien et ange orant dans le quadrilobe droit.

Anges avec phylactère (restaurés au XIXe) dans les écoinçons.

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Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière des saints Pierre et Yves et de sainte Barbe, baie 6 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

Sources principales :

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Saint-Ouen in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, page 32.

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, Notice sur les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Rouen, Péron, page 59.

En complément :

 

— MONTIER, (Armand), 1895, Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109 (simple mention de la baie). page 106

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f142.item

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
29 janvier 2019 2 29 /01 /janvier /2019 16:13

La verrière de la Rédemption (1556) ou baie 7 de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer.

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Voir :

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Voir : Tous mes articles sur les vitraux.

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PRÉSENTATION.

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La reconstruction de l'église Saint-Ouen avait été décidée sous Louis XII en 1480, et commença par la façade occidentale. Puis les travaux se poursuivirent avec les sept travées de la nef, qui est raccordée en 1514 au chœur roman, tandis que les bas-cotés, avec leurs 12 chapelles latérales, sont édifiés sous François Ier jusqu'en 1535, et dotés progressivement de vitraux à partir de 1514 environ, et jusqu'en 1556 grâce aux dons des confréries (du Saint-Sacrement en baie 18 et 20), aux corporations (des boulangers en baie 13, des peintres  en baie 10), des familles de notables (baies 7, 8, 10, 12, 16, 17) ou du clergé (abbaye de Saint-Ouen de Rouen en baie 14, chapelain en baie 15). 


 

Les six chapelles du coté nord, principalement dédiées à des saints,  se succèdent ainsi d'ouest en est (vers le chœur) :

  • 1ère chapelle : baie 17 (1475 ; v.1530 ; 1551) : saints Mathurin, Sébastien, Jacques le Majeur et Jean-Baptiste.

  • 2ème chapelle : baie 15 (v.1530 ; XVIIe ; XIXe) : Apparition du Christ aux 12 Apôtres.

  • 3ème chapelle : baie 13 (1536) : Saint Honoré.

  • 4ème chapelle :  baie 11  (v.1540 . V; 1556 . 1952) : saint Vincent.

  • 5ème chapelle :  baie 9 : (v. 1556 ; 1952) : saint Nicolas.

  • 6ème chapelle : baie 7 (1556) : Histoire du Salut.

La baie 7 éclaire donc la 6ème chapelle, elle mesure 5 m de haut et 3 m de large. Ses 4 lancettes en plein cintre et son tympan à 13 ajours sont consacrés à la Rédemption ou Histoire du Salut, dans une grande composition résumant l'Histoire Sainte au rythme de grandes inscriptions. 

Thématique : l'Alliance.

 

Tympan : Dieu le Père.

Registre supérieur : Avant la Grâce (la Rédemption par le Christ)

"Devant la Loy" : Adam et Ève, Noé, Abraham.

"Soubz la Loy" : Moïse, Tobie, Samson, David, etc.

Registre inférieur : "Soubz (depuis) la Grace" :

La Vierge, les Évangélistes, les Élus

Saints Pierre et Paul et l'Église

En bas à droite :  une famille de donateurs implorant saint Nicolas. 

Le découpage en 4 cartouches AVANT LA GRACE, DEVANT LA LOY, SOUBZ LA LOY et SOUBZ LA GRACE se réfère à l'Épître aux Romains de Saint Paul "Car le péché ne dominera pas sur vous, vous n' êtes  pas sous la loi, mais sous la grâce" (Ro :6:14). Pour l'apôtre Paul, ou pour les théologiens chrétiens qui suivent saint Augustin, l'humanité  après la faute d'Adam est frappée du Péché originel, mais rachetée par la mort du Christ qui, par son sacrifice, obtient le Pardon (= la grâce). La période Avant la Grâce est celle allant d'Adam au Christ (narrée dans l'Ancien Testament), et celle Sous la Grâce est celle de l'Église universelle depuis la Résurrection. La période de l'Ancien Testament est  divisée par l'événement de la remise à Moïse des tables de la Loi ("les dix commandements") par Yahvé sur le mont Sinaï. 

Cette Histoire est une succession d'alliances faites au peuple d'Israël  culminant pour les chrétiens avec le Christ dans la Seconde Alliance qui est universelle.

—"Devant la Loy" correspond à la Genèse avec la Création, la faute d'Adam, le meurtre d'Abel par Caïn et un récit de la violence et de la corruption parmi les hommes, justifiant la destruction de l'humanité par le Déluge. Noé et les siens survivent et reçoivent de Dieu la première alliance placée sous le signe de l'arc-en-ciel  . 

Le pays de Canaan est ensuite promis à Abraham avec une nouvelle alliance (dont le signe est la circoncision), réaffirmée après le sacrifice par Abraham de son fils Isaac dans une promesse de fécondité et de prospérité . 

— La remise du Décalogue à Moïse est décrite dans le livre de l'Exode. Moïse reçoit la plus importante réactualisation de l'alliance entre Yahvé et Israël ; 

— "Sous la Loi" correspond à l'ensemble des livres après l'Exode, notamment les livres historiques dont les Rois, et les livres prophétiques. Lors de la destruction des royaumes d'Israël et de Juda, et la destruction du temple de Jérusalem, le prophète Jérémie est chargé de rappeler l'alliance conclue. Parmi les rois, les prophètes et les héros, un certain nombre ont été considérés, dans une démarche typologique (Bible des Pauvres par ex.), comme des préfigures du Christ. 

— "Sous la Grâce" reprend  l'Épître aux Hébreux (jadis attribuée à saint Paul), qui est citée dans les cartouches secondaires.

 

 "C'est l'histoire religieuse de l'humanité répartie en trois périodes, comme dans la Cité de Dieu de saint Augustin. Des cartouches portant des inscriptions Devant la Loy, Soubz la Loy, Soubz la Grace désignent trois grands groupes de figures et huit textes bibliques, pareillement encadrés, éclairent le sujet." (Lafond)

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Datation :

1556, selon une inscription lue en 1853 et  encore visible sur les clichés Durand de 1888 avant la restauration par l'atelier Duhamel-Marette. 

C'est la même datation que la baie 13 de saint Nicolas.

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Auteur :

Elle est attribuée au même atelier anonyme que la baie 13 de saint Nicolas. On y retrouve la même construction des visages, les mêmes détails de costume et particulièrement des coiffures, le même traitement des feuillages, etc.

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Stylistique.

"...assez faible proportion de verres de couleur, dessin d'esprit maniériste, extrêmement soigné et précis, travaillé à la grisaille et au jaune d'argent" (Riviale)

"...désigné comme le dernier sur le plan de la chronologie, tandis qu'il est assurément le premier sur le rapport de la célébrité. Sa renommée n'est certes pas usurpée car on y trouve à la fois une composition d'un intérêt exceptionnel pour l'iconographie chrétienne et une manifestation éclatante de l'École de Fontainebleau dans le domaine du vitrail." (Lafond)

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE TYMPAN.

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Soufflet central.

Dans le soufflet central, entouré de chérubins, Dieu le Père figure sur un trône de marbre devant un arc en ciel, symbole depuis Noé de l'Alliance, entre la divinité et son peuple et du pardon accordé après le Déluge. Dieu tient le glaive, symbole dans l'Apocalypse Ac 1:16 de la parole divine tranchante et pénétrante.  Et Il tient aussi un faisceau de flèches dont le carquois est posé à ses pieds , évoquant moins la foudre de Jupiter que la puissance divine comme Dieu vengeur et sacrificateur.

Un cartouche supérieur affiche :

FERAY P ---

P INIQUITES ANS

SO --- CE LEURS PECHES

On y reconnait malgré les lacunes un verset de Jérémie cité dans l'épître aux Hébreux He 10:16-17 : " Voici l'alliance que je ferai avec eux,  après ces jours-là, dit le Seigneur: Je mettrai mes lois dans leurs coeurs, Et je les écrirai dans leur esprit, il ajoute:  Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités."

https://www.biblegateway.com/passage/?search=H%C3%A9breux+10&version=LSG

 

"

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Mouchette de gauche.

Dans la mouchette de gauche, sous un ange jouant de la viole (viola da bracchio à 4 cordes), un cartouche porte le commentaire "JENYURERAY MES SAYETTES DE SANG, ET MON GLAIVE DÉVORERA LA CHAIR". C'est une citation de Deutéronome 32:42 dans un chapitre où Yahvé s'affirme juge et vengeur, mais vengeur des ennemis de son peuple.

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Deut%C3%A9ronome+32&version=LSG

Ce n'est pas la version de Lefèvre d'Etaples (1530), qui écrit "je enivrurerai [?] mes flèches de sang : et mon espee dévorera les chairs".

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54287d/f199.item

Ni la version d'Olivetan  qui écrit : "ie ferai telle vengeance de mes auersaires, ie payerai tellement mes haineux, que ie enyurerai mes fleches de sang, e paitrai mon épée de chair."

Ni celle de Louvain (1550): "J'enyverai mes flesches de sang et mon espée dévorera les chairs"

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53708d/f165.item

Je ne retrouve pas la source  de ces "sayettes de sang".

Quoiqu'il en soit, ce coté gauche montre l'alliance vétéro-testamentaire de Dieu avec son peuple, un dieu prenant sa défense en combattant ses ennemis.

 

Mouchette de droite.

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LE SANG DE JESUCHRIST QUI

PAR LE SAINT ESPRIT S'EST OFFERT

A DIEU , PURGERA NOS CONSCIENCES DE TOUS PECHES ch 2:6

Cette inscription est une citation de l'épître aux Hébreux He 9:14  "combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant!" 

Ce verset qui est traduit par Lefèvre d'Etaples ainsi : "Le sang de Christ qui par le sainct esperit sest offert a dieu soy mesme sans macule combien plus fort nettoyera il nostre conscience des œuvres mortes pour servir a dieu vivant."

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54287d/f1042.image

Il s'agit d'un extrait du passage suivant :

11 Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire, qui n'est pas de cette création;

12 et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle.

13 Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair,

14 combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant!

15 Et c'est pour cela qu'il est le médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis.

16 Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée.

Saint Paul 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89p%C3%AEtre_aux_H%C3%A9breux#R%C3%A9sum%C3%A9_de_la_pr%C3%A9dication

 

Mouchettes inférieures :

Nous y trouvons un ange chanteur, cinq anges   jouant du luth,  du triangle à anneaux, de la chalémie, de la trompette et de la viole à bras, et des chérubins .

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Lancette A (à gauche). Noé et Abraham.

 

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Devant les siens, Noé est peint au dessus de son arche et de la colombe, et levant les bras sous l'arc en ciel de   l'Alliance surmontée du  rameau d'olivier.

En bas, dans une préfiguration du sacrifice du Christ,  Abraham mène Isaac au bûcher.


 

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Lancette B. Adam et Ève, Caïn et Abel, et Melchisédech.

Inscription :

Cartouche supérieur

JESUS CHRIST SOUVERAIN EVESQUE DES BIENS A VENIR QUAND IL EST VENU POUR UN PLUS GRAND ET PLUS PARFAIT TABERNACLE, NON POINT FAICT DE LA MAIN, C'EST A DIRE NON POINT DE CESTE CREATION, ET NON POINT PAR LE SANG DES BOUCS ET DES VEAUX, MAIS PAR SON PROPRE SANG EST ENTRÉ UNE FOIS ÈS LIEUX SAINCTS AYANT TROUVÉ REDEMPTION ÉTERNELLE. (Hébreux He :11-13)

Ce cartouche était autrefois placé dans la tête de la première lancette (photographies Durand 1888).

Juste en dessous :

OYEZ SEIGNEUR DIEU ET SOYEZ APPAISE, FAICTES ET NE DEMEUREZ PAS POUR VOUS MESMES MON DIEU CAR VOSTRE NOM EST INVOQUE . DANIEL 9

Cartouche :

DEVANT LA LOY.

 à interpréter comme "Avant la Loi" (les Tables remises à Moïse).

Tout en bas :

DEVANT LA GRACE

 

"Seigneur, écoute! Seigneur, pardonne! Seigneur, sois attentif! agis et ne tarde pas, par amour pour toi, ô mon Dieu! Car ton nom est invoqué sur ta ville et sur ton peuple." Daniel 9:19 

Adam et Ève se tiennent agenouillés, asservis par le travail des champs et la douleur de l'enfantement.

Caïn se reconnaît à sa massue et Abel à l'agneau.

Le grand prêtre Melchisédech, autre préfigure de Jésus dans Hébreux 9 et dans le Psaume 100, est reconnaissable au pain fixé sur un bâton en offrande à Yahvé, et au croissant de lune (la lame ou Nezer ) sur  sa coiffe. 

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La Nouvelle Alliance : le Christ.

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Il figure comme sur la croix (seulement vêtu du perizonium et coiffé de la couronne d'épines, les pieds marqués des stigmates), à genoux, tenant un goupillon, mais la croix avec son titulus INRI gît à terre à coté des rappels de la Passion comme les trente deniers, la colonne de flagellation, le fouet et les verges, le vase de vinaigre ou les dés de la tunique tirée au sort. Il se redresse vers la colombe du Saint-Esprit.

Un cartouche explique la présence du goupillon : IL ARROUSERA MAINTES GENS.  ISAIE 3.

La citation vient d'Isaïe 52:15 "Il arrosera beaucoup de nations".

 

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La lancette C. Moïse tenant les tables de la Loi ; Aaron portant l'éphod, et un autre grand prêtre.

La tête de Moïse est rayonnante, depuis son face à face avec Yavhé au Sinaï ; il est vêtu d'une longue robe jaune rayée de blanc au dessus d'un autre vêtement dont se voient les manches blanches. Sa tunique, d'un violet bleu, doublé de rouge, se rattache sur le coté avec un bouton d'or.

Aaron porte une robe de lin fin, plissée autour du cou, puis une seconde robe d'un vert foncé bordée par le bas d'un galon jaune, et garnie tout autour de petites clochettes d'or.

 

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Lancette D. Rois et Prophètes.

David et sa harpe ; Salomon et un sceau cabalistique ; Samson, le lion et les deux colonnes du palais à Gaza ; Gédéon et sa toison ; Tobie et son poisson Elie nourrit par un corbeau. Isaïe aux lèvres purifiées par le feu (Is.6 :5-7: Alors je dis: Malheur à moi! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l'Éternel des armées. Mais l'un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une pierre ardente, qu'il avait prise sur l'autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche, et dit: Ceci a touché tes lèvres; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié.".

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SI AUCUN A PÉCHÉ NOUS AVONS UN ADVOCAT

ENVERS LE PÈRE, JESUSCHRIST LE JUSTE  ET EN CELUI EST

L'APPOINCTEMENT POUR NOS PECHÉZ. ET NON

SEULLEMENT POUR LES NOSTRES, MAIS AUSSI

POUR CEULZ DE TOUT LE MONDE. I JO'H' Z

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

La verrière de la Rédemption de Pont-Audemer.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR : SOUS LA GRÂCE.

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— Inscription dans le cartouche supérieur : SOUBZ LA GRACE.

— Inscription la plus basse : D. Philippe Lemaître avait déchiffré le texte suivant qu'elle avait supposé venir d'une épître à Timothée:

 

UN -------DU ---HO[M] ----NCT STAME[N]T ET ------------CEST DONC SOYMESM -----OI SON PEUPLE ~I. TIMO 5 2.

1556

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— Inscriptions de la lancette A : S : MATHIEV à coté de l'évangéliste Matthieu, d'un visage (ange ?)  et du lion de saint Marc, et  S : JEHAN devant le portrait des trois évangélistes et au dessus d'un aigle.

— Inscription de la lancette B  (en bas ) :

SEIGNEUR TU ES DIGNE DE PRE[N]DRE LE LIVRE  ET D'OUVRIR LES SCEAUX  CAR TU AS ESTÉ OCCY ET NOUS A RACHETÉ A DIEU PAR TON SANG.

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— Inscription de la lancette C  (en bas ) :

DE TOUTE LIGNÉE ET LA[N]GUE, ET PEUPLE ET NATION NOUS A FAIT  A NOSTRE DIEU ROYS ET PREBST – S ET REGNERONT SUR TERRE .  APC. 5

Nous reconnaissons dans ces deux inscriptions les versets suivants :

 

Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant: "Tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation". Tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre." .Ap 5:9

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Apocalypse+5&version=LSG

Mais leur formulation est proche de la traduction biblique de Lefèvre d'Etaples en 1524.

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Lancette B : la Vierge, ou plutôt une femme portant la tiare,  figure allégorique de l'Église . 

A droite, dans les lancettes C et D, saint Jean-Baptiste désigne l'Agneau de son index ; saint Pierre (clés) et Paul (épée et livre), puis saint André (croix en X), saint Luc et son taureau (S : LVC sur le phylactère) , saint Marc (S : MARC) et un ange [sic], saint Étienne  et d'autres saints.

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Verrière de la Rédemption,  baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption, baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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En bas à droite, saint Nicolas en évêque devant les trois enfants sortant du saloir.

Le couple de donateurs accompagné de deux enfants contraste avec les autres donateurs de l'église, car l'homme est pieds nus, bras nus, et pauvrement vêtu. Une chaîne pend depuis ses poignets vers le sol.

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Verrière de la Rédemption baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Rédemption baie 7 (1556), église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Sources principales :

RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie entre Renaissance et Réforme (1517-1596) Presses universitaires de Rennes, 2007 - 429 pages, pages 317-324. 

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Saint-Ouen in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969

En complément :

— MICHELIN (Bernard ) 2005, Docteur Vétérinaire « Pont-Audemer, une petite ville de Normandie à la Renaissance (1477-1551) », Thèse pour obtenir le grade de Docteur de l'Université de Paris IV -Sorbonne, Discipline : Histoire présentée et soutenue publiquement le 15 septembre 2005 

https://dokodoc.com/tome-iii-documents-originaux.html

— MONTIER, (Armand), 1895, Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109 (simple mention de la baie). page 106

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f142.item

 

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, Notice sur les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Rouen, Péron

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

— RENAUD (Edmond, abbé). 1885, Rouen. Église Saint-Vincent, monographie descriptive et archéologique par l'abbé Edmond Renaud, curé de Saint-Jean d'Elbeuf, ancien curé de Saint-Vincent ; illustrations et photogravures de Marguery, chez Charles Métérie, libraire à Rouen, 11 rue Jeanne-d'Arc, 1885. (non consulté, cité par Riviale)

 

— SHERILL (Charles Hitchcock), 1908, Stained Glass Tours in France, NEW YORK: JOHN LANE COMPANY, MCMVIII

LONDON: JOHN LANE, THE BODLEY HEAD pages 242-243

http://www.gutenberg.org/files/34772/34772-h/34772-h.htm

Liens vers les Bibles du XVIe siècle :

 

La Bible nouvellement translatée, par Sébastian Chateillon (Sébastien Castellion) (1555) : textes & études

• La Saincte Bible nouvellement translatée de latin en françois, selon l'édition latine, dernièrement imprimée à Louvain, reveue, corrigée & approuvée par gens sçavants, appelée Bible de Louvain (1550)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53708d

• La Bible en la quelle sont contenus tous les livres canoniques, de la sainte escripture, tant du Vieil et du Nouveau Testament, et pareillement les Apocryphes (1540) seconde édition de la Bible traduite par Olivétan

https://books.google.fr/books?id=cENbAAAAcAAJ&printsec=frontcover

• La Bible qui est toute la saincte escriture en laquelle sont contenus, le Vieil Testament et le Nouveau, translatez en Francoys, par Olivétan (1535)

https://books.google.fr/books?id=D6tSAAAAcAAJ&printsec=frontcover#v=onepage&q&f=false

• La Saincte Bible en françoys, translatée selon la pure et entière traduction de Sainct Hierome, conferée et entièrement revisitée selon les plus anciens et plus correctz exemplaires… Bible de Lefèvre d'Étaples (1530) première Bible éditée en français

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54287d.image.f2

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 18:10

La verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste ou baie 8 (Mausse Heurtault, 1535), offert par Jean et Michel de Genouville, en l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer.

 

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Voir :

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Voir : Tous mes articles sur les vitraux.

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PRÉSENTATION.

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La reconstruction de l'église Saint-Ouen avait été décidée sous Louis XII en 1480, et commença par la façade occidentale. Puis les travaux se poursuivirent avec les sept travées de la nef, qui est raccordée en 1514 au chœur roman, tandis que les bas-cotés, avec leurs 12 chapelles latérales, sont édifiés sous François Ier jusqu'en 1535, et dotés progressivement de vitraux à partir de 1514 environ, et jusqu'en 1556 grâce aux dons des confréries (du Saint-Sacrement en baie 18 et 20), aux corporations (des boulangers en baie 13, des peintres  en baie 10), des familles de notables (baies 7, 8, 10, 12, 16, 17) ou du clergé (abbaye de Saint-Ouen de Rouen en baie 14, chapelain en baie 15). 


 

Les six chapelles du coté sud,  se succèdent ainsi d'ouest en est (vers le chœur) :

  • 1ère chapelle : baies 20 et 18  (vers 1515) : Miracles de l'Eucharistie (20), vie de saint Ouen (18) et procession de la confrérie du Saint-Sacrement (18 et 20), commanditaire.

  • 2ème chapelle : baie 16 (1516) Annonciation et Mise au tombeau offerte par le conseiller Guillaume Tesson et Jeanne Myre.

  • 3ème chapelle : baie 14 (vers 1515-1520) : saints Pierre et Paul offerte par l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen.

  • 4ème chapelle :  baie 12  (1519) : saints Eustache, Jean, Nicolas et Mathurin offerte par 2 familles.

  • 5ème chapelle :  baie 10 (v. 1535) : Dormition de la Vierge offerte par une famille.

  • 6ème chapelle : baie 8 (1535) : Vie de saint Jean-Baptiste, peinte par Mausse Heurtault et offerte par Jean et Michel de Génouville, marchands.

La baie 8 éclaire donc la 6ème chapelle sud et date de 1535. Elle mesure 4,90 m de haut et 2,90 m de large et comporte 4 lancettes en plein cintre et un tympan à 11 ajours.  

 

"En 1535, un peintre verrier rouennais, Mausse Heurtault, s'engageait envers les « bourgeois  et marchands » Jean et Michel de Genouville à exécuter pour Saint-Ouen de Pont-Audemer, la copie « de aussi bonnes pièces, matières et pourtraicts » , d'un vitrail de Saint-Vincent de Rouen représentant la Vie de saint Jean-Baptiste. Le contrat commandait néanmoins, pour le tympan, « une Penthecouste où seront figurez Dieu, le Saint Esprit , Notre-Dame et les Apostres ». Le prix était fixé à 70 livres tournois.

Par un heureux hasard, l'original et la copie sont parvenus jusqu'à nous . Le vitrail de Saint-Vincent de Rouen est signé des initiales d'Engrand Le Prince, « chef de l'école » de Beauvais et porte les dates de 1525 et 1526. De ces quatre tableaux, deux sont répétés à Pont-Audemer sans variantes importantes : la Prédication et la Décollation de saint Jean-Baptiste. Pour le Baptême du Christ, Heurtault s'est écarté de son modèle pour s'inspirer d'une estampe de Lucas de Leyde. La quatrième panneau représente Salomé portant à sa mère le chef de Jean-Baptiste, tandis qu'à Rouen Salomé danse devant Hérode et Hérodiade. La différence est d'importance, mais j'ai montré qu'elle datait seulement de la restauration subie en 1869 par le chef-d'œuvre d'Engrand Le Prince." (Jean Lafond) 
 

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a) Le peintre-verrier Mausse Heurtault.

Il faut peut-être lire "Maure Heurtault", attesté dans les Archives départementales (*) : "à Maure Heurtault, pour avoir refait les vitres de l'église, 115 sous", mais je trouve aussi le prénom "Mauffes", attesté à Pont-Audemer en 1495 (Mauffes de Mainonval). https://books.openedition.org/purh/5066?lang=fr

(*) Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Seine-Inférieure: Archives ecclésiastiques Série G, Volumes 5 à 6 1892 , évêché de Rouen page 275.

Ce peintre était intervenu en 1531 pour réparer les vitres du chœur de Saint-Vincent de Rouen  : c'est dire qu'il connaissait bien le modèle rouennais.

"Le choeur de S.-Vincent fut complètement achevé dans  le courant de l'année 1531. Le 26 juillet de cette année, 
Mgr de Verience, suffragant de l'archevêque Georges  d'Amboise, en fit la dédicace. La même année, Mausse Hertault, peintre verrier, répara toutes les verrières de l'église et la lanterne, et le  hucher Martin Guillebert fut chargé de la façon des bancs du choeur."  Bull. Comm. Antic. Seine-inf. 1888 p. 126  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5720994d/f20.item.texteImage

"A Mausse Hertault, verrier, pour la refachon de toutes les verrières, 10 livres 5 sous". (Arch. dép. série G vol. 5-6 p. 157)

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b) le modèle : la Vie de saint Jean-Baptiste de l'église Saint-Vincent de Rouen, réalisé en 1525-1526 par Engrand Le Prince.

Cette verrière porte les dates de 1525-1526 inscrites dans le décor de la danse de Salomé , et les initiales LP de l'atelier des Le Prince à Beauvais. Elle a été remontée,  après la destruction de Saint-Vincent lors des bombardements de 1944, dans l'église Sainte-Jeanne d'Arc, dans la baie 5, l'une des verrières basses du chœur .

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c) les donateurs, Michel et Jean de Genouville.

Fils de Jacques de Genouville, ils appartiennent à une famille de marchands-drapiers de Pont-Audemer et ont occupé les postes de conseillers de la ville. En 1529  Jehan de Genouville l'aîné avait été élu "procureur" (maire)  de la ville.

Cf. Annexe.

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d) le programme iconographique :

 

- Registre inférieur :

La Décollation de saint Jean-Baptiste.

Salomé présentant la tête du saint à Hérode et Hérodiade.

- Registre supérieur :

Prêche de saint Jean-Baptiste au désert.

Baptême du Christ.

- Tympan.

La Pentecôte.

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Le thème de la vie de saint Jean-Baptiste a été traité au début du  XVIe siècle, notamment  par un atelier rouennais qui lui doit son nom de convention : le "Maître de la vie de saint Jean-Baptiste" . En voici quelques exemples :

— Paris , verrières nord de Saint-Merry,  (vers 1500). Maître de la vie de saint Jean-Baptiste

— Bourg-Achard (Eure), baie 2 vers 1500. Maître de la vie de saint Jean-Baptiste

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/le-vitrail-de-la-vie-de-saint-jean-baptiste-vers-1500-1510-en-l-eglise-saint-lo-de-bourg-achard.html

— Rouen, église Saint-Romain, baie 112 (vers 1500). Maître de la vie de saint Jean-Baptiste

— Rouen, église Saint-Vincent, Engrand Le Prince.

— Louviers, baie 26 (vers 1500-1510), offert par les tanneurs de Louviers. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-du-bapteme-du-christ-et-de-la-procession-des-drapiers-de-l-eglise-de-louviers.html

— Conches, baie 20 (vers 1500-1510). 

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/les-vitraux-de-conches-la-vie-de-saint-jean-baptiste-ou-baie-20.html

— Beauvais, église Saint-Etienne (vers 1550), anonyme

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/les-vitraux-anciens-de-l-eglise-saint-etienne-de-beauvais-iv.html

 

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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1°) Lancettes A et B : Décollation de saint Jean-Baptiste.

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Inscription : MICHEL DE --AUVILLE [ou GENOUVILLE]  / JEHAN.

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Le panneau inférieur gauche avait disparu avant 1853, il a été restitué après 1888. Le reste est bien conservé.

Le bourreau, en cuirasse et culotte courte, jambes nues et pièces d'armures sur les jambes et les bras, se tient au dessus du buste décollé du saint. Un couple assiste à la scène des fenêtres d'étage de la prison.

Son voisin, un soldat aux chausses bicolore, brandit la tête de Jean-Baptiste et la présente à Salomé.

Celle-ci, en robe rouge fourrée, tend le plat pour la recevoir. Un chien blanc la regarde, tandis que ses servantes la suivent.

Derrière elle, deux nobles échangent un regard.

Le paysage en grisaille sur verre bleu est caractéristique de l'atelier de Beauvais, et on y retrouve la tour aux superpositions de tambours à piliers dégressifs. À droite, les balustrades rectangulaires à balustres accueillent des spectatrices.

Verre rouge gravé : crevés de la manche de Salomé.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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2) lancettes C et D : Salomé présente la tête de Jean-Baptiste à sa mère Hérodiade  ; le festin d'Hérode.

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Inscription : DE GENOUVILLE - ILZ DE JACQUES. ---DÕNES

Pour l'ensemble les 4 lancettes, D. Philippe-Lemaître a relevé en 1853 : 

----------------------------------MICHEL DE GENOUILLE ---

ILZ DE JACQUES------------OCGEN-----------UNT DOÑER

---------------------TRESN

---------------------------------------------------------

 

 

Deux panneaux supérieurs (dont le visage du jeune homme) ont été refaits en 1938 par Jean-Jacques Gruber, tandis que les quatre panneaux inférieurs sont bien conservés.

 

On se souvient que, dans les évangiles de Matthieu et de Marc, Jean-Baptiste reproche à Hérode [Antipas] son mariage avec Hérodiate ; mais nous pouvons nous rafraîchir la mémoire :

 Le roi Hérode entendit parler de Jésus, car son nom était devenu célèbre. Il disait: «Jean-Baptiste est ressuscité, et c'est pour cela qu'il a le pouvoir de faire des miracles.»  D'autres disaient: «C'est Elie.» Et d'autres disaient: «C'est un prophète comme l'un de nos prophètes.» Mais Hérode, en apprenant cela, disait: «Ce Jean que j'ai fait décapiter, c'est lui, il est ressuscité.»

En effet, Hérode lui-même avait fait arrêter Jean et l'avait fait enchaîner en prison à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe, qu'il avait épousée,  car Jean lui disait: «Il ne t'est pas permis d'avoir pour femme l'épouse de ton frère.»  Furieuse contre Jean, Hérodiade voulait le faire mourir, mais elle ne le pouvait pas,  car Hérode redoutait Jean, sachant que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait. Après l'avoir entendu, il était souvent perplexe, et c'était avec plaisir qu'il l'écoutait.

  Cependant, un jour propice arriva lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux personnalités de la Galilée.  La fille d'Hérodiade entra dans la salle, elle dansa et plut à Hérode et à ses invités. Le roi dit à la jeune fille: «Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai.»  Il ajouta avec serment: «Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'était la moitié de mon royaume.»  Elle sortit et dit à sa mère: «Que demanderai-je?» Sa mère répondit: «La tête de Jean-Baptiste.» Elle s'empressa aussitôt de rentrer vers le roi et lui fit cette demande: «Je veux que tu me donnes à l'instant, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste.»  Le roi fut attristé, mais, à cause de ses serments et des invités, il ne voulut pas refuser.  Il envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d'apporter la tête de Jean-Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille et la jeune fille la donna à sa mère.  Quand les disciples de Jean apprirent cette nouvelle, ils vinrent prendre son corps et le mirent dans un tombeau. (Mc 6:14-26)

Le carton de Salomé dans la scène précédente a été retourné, tandis que son plateau a été doté de la tête du saint. La jeune fille s'avance vers le palais de son beau-père. Celui-ci est assis avec son épouse devant un drap d'honneur rouge, derrière une table figurée en diagonale. Un conseiller vêtu de vert grimace auprès d'Hérodiade.

Le sol est traité comme dans les autres vitraux de l'atelier de Beauvais (Louviers, Gisors en 1526, ) par des tirets répétés.

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/le-vitrail-de-saint-claude-1526-de-l-eglise-de-gisors.html

  Verre rouge gravé : crevés de la manche de Salomé.

Comparez avec Lucas Cranach, Salomé :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Salom%C3%A9_avec_la_t%C3%AAte_de_Saint_Jean-Baptiste._Lucas_Cranach.jpg

 

 

 

La verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste de Pont-Audemer.

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Dans l'angle inférieur, un écu à trois quenouilles (ou épis, ou fuseaux) entrecroisés et trois merlettes porte la devise VANITAS E[S]T OMNIA, à comprendre comme "omnia est vanitas", "Tout est vanité". Les quenouilles sont-elles des armes parlantes des "Genouville" ou Genouille ?

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La verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste de Pont-Audemer.
La verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste de Pont-Audemer.
Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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3°) Lancettes A et B : Saint Jean-Baptiste prêchant au désert.

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L'œuvre d'Engrand Le Prince à Rouen est le croisement de plusieurs modèles, d'origine allemande ou anversoise. La composition de cette scène a très probablement été élaborée à partir de la xylographie de la Prédication de Lucas Cranach, datée de 1516.

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/623817

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Prédication de Jean-Baptiste au désert, Lucas Cranac'h, 1516. Met. Museum.

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"On observe dans les deux cas la même répartition selon la diagonale, des auditeurs et du prédicateur, la même importance donnée à l'évocation de  la forêt, au feuillage des arbres, aux fleurs enfin, ainsi  qu'à la présence d'animaux. On retrouve le même geste de la main droite de Jean et la même posture de figure accroupie au premier plan " (L. Rivale p. 91)

 

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Le modèle de Saint-Vincent à Rouen est celui-ci :

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Vie de saint Jean Baptiste, (Engrand Le PRINCE, Beauvais, 1525-1526); église Sainte Jeanne d'Arc à Rouen. Site patrimoine et histoire

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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4°) Le Baptême du Christ par Jean-Baptiste.

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Peu restauré ; plombs de casse.

Verre ropuge gravé : chapeau du personnage en arrière-plan.

La scène est sans rapport avec le modèle rouennais : d'après Lafond, pour le Baptême du Christ, Heurtault s'est écarté de son modèle pour s'inspirer d'une estampe de Lucas de Leyde. La posture du Christ diffère du modèle rouennais, et, penché en avant, il se tient les bras croisés sur la poitrine et bien plus proche de Jean-Baptiste si bien que le baptême lui-même n'occupe plus qu'une lancette. Toute la lancette D est réservée aux autres catéchumènes, avec, au premier plan, un homme qui se déchausse.

Voir Le Baptême du Christ de Lucas de Leyde. ou idem, Bartsch 40, vers 1510.

 

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Le Baptême du Christ de l'église saint-Vincent de Rouen par Engrand Le Prince.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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LE TYMPAN.

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Il représente la Pentecôte, avec dans l'ajour supérieur, la Trinité dominant la Vierge assise dans une cathèdre (panneau restauré dans la partie supérieure), les apôtres et disciples touchés par les langues de feu  dans les 4 ajours voisins. Deux anges (ou femmes à langue de feu) sont en adoration dans les mouchettes inférieures.

Dans les ajours latéraux, des anges portent les Instruments de la Passion. Dans les écoinçons inférieurs, 2 médaillons à l'antique et des motifs ornementaux.

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Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la vie de saint Jean-Baptiste (Mausse Heurtault, 1535) ou baie 8, église Saint-Ouen de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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ANNEXE : LES DONATEURS,  LA FAMILLE DE GENOUVILLE.

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Selon D. Philippe-Lemaître, "Nous trouvons, dans les registres de la fabrique de Saint-Ouen, qu'il est souvent question des Genouville, tantôt comme faisant partie des principaux paroissiens appelés à prendre part aux délibérations touchant les affaires du trésor, tantôt comme questeurs pour le pain bénit, tantôt comme propriétaires." 

Trois Genouville au moins (Michel, Jehan, Noël) , ont figurés parmi les 3 conseillers en poste à Pont-Audemer, et Jehan occupa le poste plus élevé encore de procureur de la ville en 1529.

Rappel : Pont-Audemer  est alors dirigée ou gérée par 1 procureur, 3 receveurs et 4 conseillers. Explications :

"L’existence d’une ville médiévale se traduit par l’exercice de ses institutions. En effet, les sources révèlent l’activité de diverses institutions locales et informent de manière inégale sur leurs compétences. Le procureur des habitants et le receveur sont les incarnations véritables de la ville. Secondés par des échevins [ou conseillers] au nombre de deux ou trois, ils sont appuyés, et surtout désignés, par la communauté des habitants réunie occasionnellement en assemblée, plénière ou restreinte.

 Par le terme de procureur est désigné à Pont-Audemer, à Harfleur (et aussi Évreux, Louviers, Neufchâtel) l’homme qui incarne les intérêts de la ville face au roi et à l’administration royale. Il est le principal responsable auquel les élites politiques, administratives ou militaires peuvent s’adresser. Il exerce une fonction de maire ; le terme n’est cependant pas utilisé.  Un acte de 1529-1530 décrit brièvement la désignation du procureur de Pont-Audemer et précise la nature de ses fonctions : sa tâche consiste principalement à représenter sa ville en justice (« à pléder »), à être le « messager » des habitants devant toutes sortes de cours de justice.. Le procureur des habitants de Pont-Audemer connaît probablement tout des affaires de la ville, car il est l’homme de confiance du conseil municipal.

Le receveur : À Pont-Audemer, entre 1465 et 1500 la ville ne connaît que trois receveurs : Guillaume Fortin, Jehan Auberée, Jehan Pinchon ; pour la première moitié du XVIe siècle, on relève quatre noms : Jehan Lenfant, Jehan Le Villain, Nicolas de Bailleul, Anthoine Le Carbonnier. 

Dans toutes les villes [normandes] existent des échevins, appelés « élus » et « gouverneurs » à Harfleur et Neufchâtel, « conseillers » à Pont-Audemer . À Pont-Audemer, les quatre « conseillers » sont élus pour trois ans . " ( Bruno Sintic Petites villes de Normandie, https://books.openedition.org/purh/5050

Les archives civiles mentionnent successivement :

1465 : Binet de Genouville

 17 octobre 1475, quittance : Binet de Genouville, Michel de Genouville , Colin de Genouville, Jaquet de Genouville

1478 : la veuve de Jehan de Genouville, Jehanne de Bichais, vend sa maison sise au 20 et 22 de la Rue haute des Tanneurs, à l'enseigne de la Corne de Vaque. 

1487 et 1488, puis 1490 :  Michel de Genouville, conseiller, drapier et bourgeois demeurant à Pont-Audemer est dit  « bourgois et drapier », il vend 8 aunes de drap violet en 1487.

1492 : Michel de Genouville offre un chapon pour l'entrée du duc d'Orléans dans Pont-Audemer.

1511 puis 1524 : actes signés "de Genouville"

1512 : Jehan de Genouville, conseiller de Pont-Audemer

1515 ; 1521 : Noël de Genouville, bourgeois et conseiller de la ville

1529 : Jehan de Genouville l'aîné est élu procureur de la ville (en présence des bourgeois réunis, parmi lesquels Jehan le jeune de Genouville, Nicolas et Jacques de Genouville) .

1550-1552 : Jehan de Genouville est receveur de l'abbaye de Montivilliers située au nord-est du Havre  (ses comptes figurent dans les archives de celles-ci).

1554 : Jean de Genouville est élu (receveur ?) de l'abbaye de Montivilliers. mentionné ailleurs curé de Saint-Sauveur" .

http://hpvexin.free.fr/content/activites/archivistique/ADSM-SerieG-4821-6220%20(Texte).pdf

1593, Jean de Genouville, licencié en droit canon, doyen et juge ordinaire de  de l’exemption de Montivilliers,

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DIVERS DOCUMENTS (in SINTIC et in MICHELIN)

date ? : "Jean de Genouville, sieur de la Poterie, fils de feu Michel, avocat à Pont-Audemer."

"Aveux aux seigneurs de la Poterie, les enfants mineurs de Michel de Genouville (1561), Robert de Genouville. auditeur en la Chambre des Comptes de Normandie (1607-1622)", 

 

 


 

 

3 – Désignation du procureur des habitants de Pont-Audemer, 1529

10AMPA, CRV, 1529-1530, fos 38-41

11À tous ceux qui ces présentes lettres verront ou orront, Guillaume Dumont garde du seel de la vicomté du Pont Autou et du Pont Audemer salut. Savoir faisons que ce jourd’huy cinquième jour de juillet mil cinq cent trente par Jehan Dumont et Guillaume Tonnel tabellions royaux jurés en siège de dudit Pont Audemer nous a esté temoigné et relaté par leur sermens ausquelz nous adjuxtons foy avons veu tenu et leu mot après autre une lettre escripte en parchemin saine et entière en seing seel et escripture, Desquelles la teneur ensuit :

12À tous ceulx qui ces présentes lettres verront ou orront, Jehan Ernoult escuier licencié en loix lieutenant en la vicomté du Pont Autou et Pont Audemer de noble et puissant seigneur Monsieur le bailly de Rouen salut. Savoir faisons que aujourduy vingt neuviesme jour d’aoust mil cinq cens vingt neuf en la cohue et prétoire du roi notre sire au Pont Audemer se sont comparus par devant nous maistre Jehan Beuzelin, maistre Jehan Percepié, Michel Tirel, Jehan Tirel, Sébastien le Carbonnier, Jehan Dumont, Maistre Jehan Desgeneteys, Jehan de Genouville le jeune, Jaques de Genouville, Guillaume Piédelièvre, Germain de L’espine, Robert Baudry, Ambroise Baudry, Loys Cauvyn, Guillaume Droué, Mahiet Duval, Pierre de la Barre, Jaques Coquembeque, Pierre Ysaac, Michel Courant, Guillaume Durant, Jehan Le Roy, Nicolas Degenouville, Olivier Lebeuf, Jehan Marie, Laurens le Maistre, Jehan Legras, Colin le Metays, maistre Jehan Dumont, Michel Dumont, Greffin le Barbier, Richard Hacoul, Richard Lemercier et Pierre Baynel, tous bourgois manans et habitans en la ville dudit Pont Audemer, Lesquels tant pour eux que pour les autres manans et habitans dudit Pont Audemer fisrent, nommèrent, constituèrent et establirent leur procureur général et certain messager especial cestassavoir Jehan de Genouville lainsné, bourgois dudit Pont Audemer et à icelui portant ces présentes donnèrent plain pouvoir puissance et auctorité de fonder, pour eulx, en toutes caulses querelles besognes négoces et affaire qu’ils ont et entendent avoir meuz et a mouvoir, tant en demandant comme en défendant, vers et à l’encontre de toutes personnes leurs parties adverses, donnant et octroyant lesdits constituans audit Genouville leur procureur portant cesdites présentes par soy et pour le tout plain pouvoir de eulx représenter, excuser, exomer en court, jugemens et dehors leurs causes et droits garder, soustenir et defendre en toutes courts et pardevant tous juges ou commissaires, tant en court d’église que séculière, de quelque povoir et auctorité qu’ils usent ou soient fondés, pléder plet ou ples mettre ou asseoir opposicions, faire toutes mainières de clameurs, tous adjournemens, arrestz, executions, délivrances de namps, eulx opposer en tous cas, prendre tous briefs, doléance et clameurs, le tout soustenir, conduire et mener a fyn ou y renoncer, si mestier est. Et généralement de faire en toutes choses touchans le fait stille et ordinaire de pléder ainsi que procureur deument constitué et établi peut et doit faire, et que lesdits constituans feroient et faire pourroient si présens y estoient en leurs personnes, Mesmes de substituer pour luy et en nom desdits habitans procureurs et substitus qui aient un tel et semblable povoir de procurer et besogner pour lesdits habitans, quant à ce que dessus est dit, comme a et aura [?] ledit Degenouville par ceste présence si présent en personne y estoit. Promettans lesdits constituans de leur bonne foy et sur obligations de tous leurs biens meubles et héritages présents et avenir, tous avoir agréable et establi tout ce que par ledit Degenouville leur procureur portant cesdites présentes sera fait, dit, plaidé, procuré et besogné es choses dessusdites circonstances et déppendances, Et en paier l’amende et jugie si mestier est et ils en enchieent en tesmoing desquelles choses avons seellé ces présentes de notre seel dont usons audit office […].

 

 

Acte de nomination par l'abbesse de François Simon aux fonctions de curé de la paroisse (1678), testaments de Jeanne Montier, femme de Philippe Legendre, bourgeois de Montivilliers (1610), de Guillaume Blanchet, de Montivilliers (1606), résignation de la cure par Jacques Dufour et nomination par l'abbesse de Jean de Genouville (1554),

Comptes de Jehan de Genouville, receveur, 1550-1552 archives de l'abbaye de Montivilliers

http://www.archivesdepartementales76.net/instruments_recherche/FRAD076_IR_H_054H_Montivilliers.pdf

 

 

 

:

MICHELIN (Bernard ) 2005, Docteur Vétérinaire « Pont-Audemer, une petite ville de Normandie à la Renaissance (1477-1551) », Thèse pour obtenir le grade de Docteur de l'Université de Paris IV -Sorbonne, Discipline : Histoire présentée et soutenue publiquement le 15 septembre 2005 

https://dokodoc.com/tome-iii-documents-originaux.html

 

Le livre de comptes pour l’année 1487-1488 Original pour la ville Page 1. Le compte de Jehan Pinchon, receveur des deniers des aides ordonnez par le Roy notre sire estre cueilliz et levez en la ville du Pontaudemer, p

Sic, pour menuisier
32. - A esté paié par ledit receveur la somme de 107 s. 6 d., pour 7 unzes 6 et ung quart de unze, de fil de soye blanche et vermeille pour faire la frange dudit poelle, du prix de 12 s. 6 d. le onche et pour la fachon d’icelui, comme par ledit roulle rendu cy dessus en la partie precedente appert, pour ce : 107 s. 6 d. 33. - A esté paié par icelui receveur la somme de 36 s. 8 d. pour la façon du coffre de bois dudit poelle, pour les bastons et feraille d’icelui, et pour avoir paint lesdits coffre et bastons comme par ledit roulle cy dessus rendu appert, pour ce : 36 s. 8 d. 34. - A Jacques Lepelletier, bourgoys et marchant demourant a Rouen, a esté paié par ledit receveur la somme de 140 l. 19 s. 3 d., pour la valleur page 19 d’un marc d’or, de lui prins et achecté par l’ordonnance des officiers et conseillers de ladite ville, pour faire une tasse d’or pour donner au Roy notre dit seigneur, a son entree et joyeulx advenement en ladite ville, auquel marc d’or fut mis et emploié 41 ducas 7 du prix de 42 s. 6 d. et 19 escus 8 et demy d’or, du prix de 36 s. 6 d. piece ; dont pour icelui marc ou valleur d’icelui, Jacques Lenffant et Michel de Genouville s’estoient obligez audit Lepelletier de ladite somme de 140 l. 19 s. 3 d., comme il appert par le brevet et obligacion desdits Lenffant et Genouville rendu comme quictance par ledit Lepelletier et qu’il contenu oudit roulle cy devant rendu et pour ce : 140 l. 19 s. 3 d. 35. - A Jehan Ribault, orfevre et bourgois dudit lieu de Rouen, a esté paié par ledit receveur la somme de 9 l. 7 s. 6 d., c’estassavoir 9 l.,pour la façon d’icelle tasse d’or, par marché fait avec ledit Jehan Ribault, et 7 s. 6 d., pour le vin donné aux facteurs et ouvriers d’icelle tasse et l’advancement d’icelle, ainsi qu’il appert par ledit roulle cy devant rendu, pour ce : 9 l. 7 s. 6 d. 36. - A Samxon Fortin, bourgoys et tavernier audit ontaudemer, pour l’achat de deux poinchons de vin cleret 9 , choisis par l'un des maistres d’ostel du Roy notre sire, et presentés audit seigneur avec ung autre muy de vin vieil pris en l’ostel de Cardin Piedelievre en ladite entree, comme il appert par ledit roulle et quictance dudit Fortin desdits deux poinchons, pour ce : 28 l. 37. - Au maistre d’ostel du Roy notre sire, a esté paié par ledit receveur la somme de 18 l., pour la valleur d’un muy de vin vieil 10 par lui prins et choisi en l’ostel dudit Cardin Piedelievre et presenté audit Seigneur avec lesdits deux poinchons de vin cleret en ladite entree ; duquel muy n’a esté aucune chose prins ou beu, ressue 17 potz ; et pour l’outre plus a esté paié ladite somme de 18 livres, comme il appert par certiffication escripte oudit roulle cy devant rendu, pour ce : 18 l. Page 20. 38. - A Cardin Piedelievre, bourgoys et tavernier audit Pontaudemer, a esté payé par ledit receveur la somme de 62 s. 4 d. pour le nombre de 17 potz de vin viel 11 prins par les maistres d’ostelz du Roy notre seigneur, en ung muy de vin vieil qui prins et choisi avoit esté en son chellier et presenté avec deux autres poinchons de vin cleret en ladite entree, ainsi que en la partie precedente est faicte mencion ; qui vallent, au prix de quatre unzains le pot, ladite somme de 62 s. 4 d., par lequel prix chacun pot dudit muy a esté vendu a detail par ledit Piedelievre, comme par ledit roulle cy devant rendu appert, pour ce : 62 s. 4 d. 39. - A Jacques Lenffant, bourgoys dudit Pontaudemer, a esté payé par ledit receveur la somme de 96 l., pour la vendue et livree de 12 aulnes d’escarlate de luy achetez par la
somme de 8 l. chacune aulne 12 ; et icelles presentez et donnez a Madame de Beaugieu, pour et afin d’avoir les affaires de ladite ville en bonne recommandacion, comme il appert par ledit roulle cy devant rendu, et mesme par descharge de ladite somme escripte le 10e jour de decembre oudit an 1487, semblablement cy rendu avec la quictance dudit Lenffant pour ce : 96 l. 40. - A Michiel de Genouville et Henry Potier, bourgoys et drappiers demourant audit Pontaudemer, a esté payé par ledit receveur la somme de 22 l. 18 s. 9 d., pour la vendue et livree par eulx faicte a Jehan Auberee, Melaigne Dumont, Guillaume Costelley et Guillaume Guennyer de huit aulnes, trois cartes de drap viollet pour faire a chacun des dessus dits une robe de livree, a eulx ordonnee leur estre baillee et delivree par la deliberacion des officiers, conseillers et plusieurs bourgoys de ladite ville pour porter le poelle sur le Roy notre dit Seigneur en ladite entree ; ainsi que deliberé et ordonné avoit esté et qu’il appertpar ledit roulle cy devant rendu et mesme par mandement et descharge des officiers et conseillers de ladite ville escripte le 11e jour de novembre oudit an 1487, semblablement cy rendu, avec le recongnoissance desdits Auberee et aultres Costelley et Guennyer escripte soubz leurs saings manuelz ledit 11e jour de novembre oudit [an] 1487, pour ce : 22 l. 18 s. 9 d. Page 21. 41. - A esté paié par ledit receveur aux heraulx d’armes du Roy notre dit Seigneur, 2 ducas d’or4 du prix de 4 l. 5 s., pour leur droiz de ladite entree ; comme il appert par la certiffication desdits officiers et conseillers escripte oudit roulle de parchemyn cy devant rendu, pour ce : 4 l. 5 s. 42. - Aux trompetes d’icelui seigneur, a esté pareillement paié par ledit receveur deux écus d’or 13 du prix de 72 s., pour avoir sonné de leurs trompetes a ladite entree et venue dudit seigneur en ladite ville, ainsi que par ledit roulle cy devant rendu appert, pour ce : 72 s 43. - Aux portiers de la porte de l’ostel dudit seigneur, a esté paié par ledit receveur la somme de 72 s., en deux escus d’or 10, a eulx presentez et donnez par l’ordonnance des officiers et conseillers de ladite ville en ladite entree, lors que les bourgoys de ladite ville allerent devers ledit seigneur pour lui faire la reverence et la recommandacion des affaires de ladite ville, ainsi qu’il contenu oudit roulle cy devant rendu, pour ce : 72 s 44. - Aux fouriers d’icelui seigneur, a esté paié par ledit receveur, par l’ordonnance que dessus, la somme de 10 l., afin d’avoir les logis des conseillers et habitans de ladite ville en bonne recommandation en ladite entree ; comme par ledit roulle cy devant rendu appert, pour ce : 10 l. 45. - Aux huyssiers de salle dudit seigneur, a esté paié par ledit receveur, la somme de 67 s., en ung escu d’or et 8 oboles de 32 s. 14 ; laquelle somme leur a esté ordonne estre paiee en ladite entree ; ainsi que par ledit roulle cy devant rendu appert, pour ce : 67 s. 46. - A Jacques Menert, huissier de chambre d’icelui seigneur, a esté paié par ledit receveur ung escu d’or du prix de 35 s. 15 , a lui ordonné ainsi que dessus est dit, pour avoir conduit les bourgoys de ladite ville en la chambre dudit seigneur pour lui faire la recommandacion et les presens a luy ordonnez estre fait en ladite entree, comme il est contenu oudit roulle cy devant rendu, pour ce : 35 s. 

« Michel Pillon et Michel de Genouville, conseillers d’icelle, » 1487

 Jacques Lenffant et Michel de Genouville s’estoient obligez audit Lepelletier de ladite somme de 140 l. 19 s. 3 d., comme il appert par le brevet et obligacion desdits Lenffant et Genouville 

 A Michiel de Genouville et Henry Potier, bourgoys et drappiers demourant audit Pontaudemer, « 

«  en la presence de Jehan Percepie, procureur, Michel de Genouville et Guillaume Maugard, conseillers de ladicte ville,  « 

« Item luy est deu par la fin et estat desdits aides de l’annee commençant le 1er jours de may 1483 et aultres comptes precedens, jouxte l’estat de ce, a la somme de 499 l. 18 s. 9 d. Et il doibt par la fin du compte de cinq moys commençans le premier jour de may 1485 19 l. 18 s. 3 d. Item plus, par la fin du compte de l’annee commençant le premier jour d’octobre oudit an 1485 51 l. 17 s. 2 d. Item, par la fin du compte de l’annee commençant le premier jour d’octobre 1486, la somme de 120 l. 11 s. 7 d. Somme de ce qu’il doibt 212 l. 7 s. Ainsi demeure que est deu audit receveur la somme de 323 l. 17 s. 5 d.

[Contrôle du livre] Ce present compte avec les trois precedens, dont la presentacion, examen et audicion avoit esté fait des l’annee 1490 en la presence des officiers du Roy notre sire audit Pontaudemer, des conseillers procureureurs (sic) et plusieurs des bourgois et habitans de ladite ville et page 41 d’iceulx comptes differé par plusieurs journees pour aucunes causes, ont esté derechef veuz, visitez, clos et affinez par nous, Pierre Cardonel, lieutenant audit Pontaudemer de Monseigneur le bailli de Rouen et en la presence de Guillaume Bastart d’Albon, lieutenant de Monseigneur de Saint André, cappitaine et commissaire de la fortifficacion de ladicte ville, Jehan Le Bienvenu, advocat du Roy notre dit sire en icelle viconté, Robert Lefort, substitut illec du procureur dudit Seigneur, Jehan Ernoult, lieutenant commis dudit viconte et receveur du domaine d’icelle viconté, Guillaume Guennyer, advocat dudit seigneur, en l’absence dudit Jehan Le Bienvenu, Michel de Genouville, Jehan Auberee, Sanxon Fortin, conseillers de ladite ville, Jehan Percepie, Melaigne Dumont, procureurs des bourgois et habitans d’icelle ville, Jehan Defreuille, Rogier Courveyer, Guillaume Douville et plusieurs autres bourgois et habitans de ladite ville, pour ce assemblez en l’ostel commun d’icelle ville, le samedi 25e jour d’avril aprés Pasques, l’an 1495, continués de plusieurs autres livres, avoir clos, acquiz et descharges d’iceulx comptes, baillé audit Jehan Percepié, procureur desdits habitans, pour les mectre avec les autres lectres et escriptures de ladite ville. [5 signatures : Cardonel, de Genouville, Defreuille et 2 illisibles. « 


«  Le livre de Isabeau Fortin pour l’année 1520-1521 Page 1. Le compte d’Ysabeau Fortin et Nicollas de Bailleul, soubzsignez, filz d’elle et de Nicollas de Bailleul, en son vivant recepveur des deniers des aides ordonnez par le Roy nostre sire aux bourgois et habitans du Pontaudemer, cueilliz et levez selon les octroys sur ce faiz et donnez par ledit seigneur pour estre convertis et employez en la fortifficacion et affaires communs de ladite ville, ainsi qu’il est dit es comptes precedens des receptes et depenses faicte (sic) par iceluy deffunct recepveur des deniers desdits aides, pour ung an commenchant le premier jour d’octobre 1520 et finissant le derrain jour de septembre 1521; et mesme de la recepte qu’il a faicte pour ledit temps de 20 deniers pour chacun mynot de sel vendu au guarnier a sel dudit Pontaudemer ; et aussi de la recepte du fournissement dudit guarnier a sel. Noble et puissant seigneur Monseigneur de La Barre, seigneur du lieu, bailly de Rouen Noble et puissant seigneur Monseigneur Guillaume Goueffier, sieur de Bonyvet, admiral de France, capitaine dudit Pontaudemer Page 2. Guillaume de Rouffiat, escuier, son lieutenant audit Pontaudemer ; Jean Dumont, Jacques Defreuille, Pierres Dugoullet, et Noël de Genouville, conseilliers de ladite ville. »

«  De Jacques de Genouville, pour la ferme de l’aide de la drapperie, a prendre sur chacune aulne de drap du labour de ladite ville vendue 20 s. et de l’aultre labour, 2 d. et au dessoubz (sic). Et sur chacun grant drap fait et labouré en ladite ville et porté hors icelle sans estre vendu, 5 s. ; et sur chacun demy drap : 2 s. 6 d. ; adjugee pour ledit temps audit de Genouville au prix de 66 l. ; » (1520-1521)

« Despence de ce present compte Deniers payez pour la fortifficacion de ceste ville du Pontaudemer A esté payé a Robert Godeffroy, par vertu du mandement et descharge de noble homme Guillaume de Rouffiat, lieutenant de monseigneur, monseigneur l’admiral de France, capitaine dudit Pontaudemer, signé de luy et de Jacques Defreuille, Jehan Dumont, Pierres Dugoullet et Noël de Genouville, conseilliers de ladite ville, dabtee du 17e d’avril aprez Pasques

« et Noël de Genouville, conseilliers, le 16e de may 1521 «  la somme de 100 livres « 

«  l'annee commencee en octobre 1549, pour les fermes de l'ayde du vin vendu en detail aux faulxbourgs de ladite ville, adjugee a Jean Marie, ciudier, a 230 livres pour l’an dudit compte ; pour la ferme de l’ayde du vin vendu en detail en ladite ville, adjugee audit Marie a 200 livres ; pour la ferme de l'ayde des menus boires desdits faulxbourgs, adjugee audit Marie a 140 livres tournois ; pour la ferme de l’ayde de la biere vendue ausdits faulxbourz, adjugee audit Marie a 12 livres ; pour la ferme de 2 d. sur chacun pot de vin vendu ausdits faulxbourgz, adjugee audit Marie a la somme de 100 l. ; pour la ferme de 2 d. sur chacun pot de vin vendu en ladite ville, adjugee audit Marie a la somme de 100 livres ; et pour la somme de l’ayde de la biere, vendue en ladite ville, adjugee a Jehan Geoffrin page 78. a la somme de 100 l., le tout pour ladite annee commencee en octobre 1549, revenant toutes lesdites sommes a ladite somme de 815 l. 6 s. 8 d., dont ledit recepveur et lesdits encherisseurs avaoient esté deschargez par le compte precedent et pour les causes a plain contenues en icelle, de la somme de 245 l. 6 s. 8 d. ; et par ce estoit ledit recepveur demeuré chargé de la somme de 570 l., dont il avait tenu compte par le compte precedent, neanmoingz qu’il n’en eust reçu ny peu recepvoir des vendans et subgectz ausdits aydes, que la somme de 192 l. 5 s. 8 d. ; sçavoir est : de Cardin Duval, la somme de 88 s. ; par composition faicte auquel ledit Duval par les conseilliers et officiers de ladite ville ; de Nicollas Quicterey, par composition faicte par lesdits conseilliers et officiers, la somme de 4 l. ; et de la veufve Marguerin Le Myevre ; par semblable composition que dessus, la somme de 6 l. ; de la veufve Jehan Valleton, par composition comme dessus faicte par lesdits conseilliers et officiers, la somme de 8 l. ; de Guillaume Savyn, 12 l. 10 s. ; de Guillaume Levasseur, 10 l. ; de Jehan le Cuestier, 40 s. ; de Guillaume Carcey, 18 l. ; de Guillaume LeMaistre, 100 s. ; de Jehan Lorey, 7 l. 14 s. ; de page 79 Jacques Mallefrain, 19 l. 13 s. 4 d. ; de Jehan Degenouville, 6 l. 10 s. ; de David Pecqueult, 13 l. 14 s

«  1488, 10 août. – Pont-Audemer Ordonnance du corps de ville (5 signatures) ordonnant une procession générale et des feux de joie, à l’occasion de la victoire de Charles VIII à Saint-Aubin-du-Cormier. A - Original, R2, lc88, p. 30, papier, 13 x 11 cm.
Intérêt historique 1 – Ce document est un exemple type d’une ordonnance du corps de ville. 2 – L’ordonnance est l’un des rares documents évoquant un événement extérieur à la ville, de portée nationale. 3 – L’ordonnance est signée par 5 notables : Ernoult, lieutenant du vicomte (officier du roi), Pillon, probablement le grenetier (officier du roi), Percepié, procureur des habitants (officier de la ville), de Genouville, l’un des 4 conseillers de la ville, et un inconnu. « 

 « 1492, 5 août. – Pont-Audemer Justificatif comptable de dépenses de cadeaux de bouche, présentés lors de l’entrée dans la ville du duc d’Orléans, lieutenant général et gouverneur pour le roi. A – Original, R3, lc94, p. 37, papier 20 x 21 cm.

"Ensuit par desclairacion plusieurs parties de viandes achectez et paiez par Jehan Pinchon, receveur des deniers des aides de ceste ville du Pontaudemer, par l’advis et commandement des officiers du Roy notre sire audit Pontaudemer, des conseillers et plusieurs bourgois et habitans de ladite ville ; et icelles presentez avec autres viandes, vin et ypocras a tres hault et tres puissant prince, Monseigneur le duc d’Orleans, lieutenant general et gouverneur pour le Roy notre dit sire en Normandie, le dimence cinquiesme jour C XX d’aoust l’an mil IIII IIII et douze. Premierement De Jean Auberee, pour ung paon et trois chappons gras de lui achectez par Jehan Percepié, procureur, et Michel Pillon conseiller avec ledit receveur, par De Ollivier Brunet, de lui achecté ung autre paon, par De Guillaume Fortin, deux chappons gras de De maistre Guillaume Voisin, ung chappon de De Michel de Genouville, deux autres chappons de De Guieffray Aulbin, deux autres chappons de De Guillaume Marne, deux autres chappons de Item, pour ung peunier d’oublies faiz au chucre, presentez avec deux potz d’ipocras Somme 107 s. 6 d. Notes Peunier, pour panier. Oublies : sorte de patisserie. Chucre, pour sucre. C’est probablement une denrée rare et chère. Pot : 0,75 l. environ. Ipocras, pour hypocras : vin sucré (miel), aromatisé (cannelle). La somme est exacte. « 

 

«  1511, 15 mai. – Pont-Audemer Requête des Cordeliers 1 demandant une aide pour remettre en état l’horloge de leur couvent. A – Original, R4, lc10, p. 23, papier, 21 x 15 cm.

"A Messieurs les officiers et conseilliers de la ville du Pontheaudemer. Supplient humblement les povres religieux de l'ordre des freres mineurs, gardian et les freres de vostre couvent de ceste ville du Pontheaudemer, que, pour l'honneur de Dieu et de sa tres benoiste Mere, il vous plaise, de vostre grace speciale, deputer aulcune aumosne pour soubvenir a la necessité en laquelle ilz sont de present pour le payement de leur horloge, laquelle pourra servir non seulement au dessusdit couvent, mais aussy aux habitans de ceste ville ; et lesdits supplians prieront Notre Seigneur pour vostre bonne disposicion et des dessusdits habitans.
[Ordonnance des conseillers] Veue la requeste dont cy dessus est faicte mencion, pour l’onneur de Dieu, notre createur et aussy que ladite requeste touche le bien et honneur de ladite ville ; a esté par nous ordonné que Jehan Le Villain, receveur des deniers des aides de ladite ville baillera des deniers de sa dite recepte a maistres Pierre Lenffant, prebstre, curé du Teillement, la somme de sept livres et dix solz tournois pour aider a paier ladite horloge, dont cy dessus est faite mencion. Et en.rapportant ces presentes et quictance dudit Lenffant prebstre, icelle somme de VII livres X solz seront allouez audit recepveur en la despense de ses comptes par tout ou il appartiendra des dits aides. Pontaudemer, le samedy Xe jour de may, l’an mil cinq cens et unze. [Plusieurs signatures dont] De Genouville Bugnot ? Ernoult, Lenffant « 

 

« 1512, 25 février. – Pont-Audemer Mandement de Jean Ernoult, lieutenant général du bailli de Rouen, commissionnant Jean de Bailleul, à l’office de receveur des deniers, après sa réélection par une assemblée générale des habitants, à la recommandation de Florimond Robertet 1, trésorier de Normandie. B – Vidimus, R4, lc11, p. 1. Intérêt historique 1 - Jean de Bailleul est nommé receveur des deniers par le lieutenant du bailli, après avoir été élu à cette charge par les habitants réunis en assemblée générale. 2 – Election et nomination interviennent après la lecture des lettres de recommandation du chancellier, de Florimond Robertet, trésorier de France, et de l’évêque-comte de Lisieux. L’assemblée considère qu’elle doit obéir. 3 - Le document liste les officiers du roi, les conseillers et 55 bourgeois.

Coppie. A tous ceulx qui ces lectres verront. Jehan Ernoult, escuier, l’aisné, lieutenant en la viconté du Pontautou et Pontaudemer de noble et puissant seigneur, Monseigneur le Bailly de Rouen, salut. Sçavoir faisons que ce jourd’uy mercredi vingt cinquiesme jour de fevrier l’an mil cinq cent et unze, en l'hostel commun de la ville dudit Pontaudemer, devant nous, lieutenant dessus nommé, en presences de h onnorables hommes Messeigneurs Jehan Martel chevallier, lieutenant de hault et puissant seigneur, Monseigneur de Boisy, cappitaine de ceste dicte ville, Richard Bodin, lieutenant general du viconte dudict Pontaudemer, Jehan De freuille, advocat du Roy notre sire en ladicte viconté, Loys Lefevre, procureur substitud en icelle du procureur d’icelluy Seigneur en dict bailliaige,
Guillaume Doguet, Jehan de Genouville, Richard Percepié et Guillaume Lenffant, conseillers d’icelle ville, Melaigne Dumont, procureur general de la communauté d’icelle, pour luy et fondans pour les autres absens, Jehan Le Villain, recepveur des deniers communs d’icelle viconté, Hesbert Neel, Julien Fortin, sieur Jehan de Bailleul, Jacques Le Myre, Guillaume Guenier, escuier, maistre Jehan Ernoult, Guillaume Le Myre, Jacques Defreuille, Pierre le Georgelier, Roger le Mesteier Jehan Gombault, Guillaume le Bienvenu, escuier, Jehan Dumont, Gilles Beuzelin, Raoullin Martin, maistre Jehan Percepié, Michel Thirel, Guillaume Tesson, Pierre Rouxel, Pierre Du Fay, Nicolas du Fay,

Jehan Piedelievre, Robert du Mont, Julien Georgellier, Cardet Le Roy, Jehan Vadequas, Jehan Martel, Guillaume Douville, Jehan Varines, Pierre Dugoullet, Guillaume Houzey Voir page suivante. 1 « 

 

«  1515, mars 13. – Pont-Audemer Mandement de Jean Ernoult, lieutenant général du bailli de Rouen, nommant à nouveau Jean de Bailleul à l’office de receveur des deniers, après sa réélection par une assemblée générale des habitants. B – Vidimus, R5, lc14, pp. 1-2.

Intérêt historique 1 – Jean de Bailleul avait déjà été réélu. Voir 54. 2 - Il est à nouveau réélu en assemblée générale et commis par le lieutenant du bailli. 3 - Le document liste les officiers du roi, 2 conseillers et 36 bourgeois. 4 - Les raisons pour lesquelles Nicolas de Bailleul est réélu sont particulièrement expliquées. . Cadre chronologique 1511, été. 1512, 25 février. 54. 1515, 13 mars. 68.

Première nomination de N. de Bailleul à cette charge. Réélection de N. de Bailleul. Réélection pour 3 nouvelles années.

A tous ceux qui ces lectres verront Jehan Ernoult, escuier, lieutenant en la viconté du Pontautou et Pontaudemer de noble et puissant seigneur, Monseigneur le baron de Montpipeau, conseillier, chambellan du Roi notre Sire et son bailly de Rouen, salut. Savoir faisons que ce jour d’uy mardy traiziesme de mars, l’an mil cinq cens et quatorze, en l’ostel commun de ceste ville du Pontaudemer, devant nous, dessus nommé, és presences de honorables hommes Nicollas Enault, escuier, sieur de la Carriere, lieutenant de hault et puissant seigneur, Monseigneur de Boisy , cappitaine de ceste dicte ville, Jehan Defreuille,advocat du notre sire Roy en ceste viconté, Loys Lefevre, substitud en icelle du procureur general du Roy oudit bailliage, Richard Loutrel et Noël de Genouville, bourgoys et conseilliers de ladicte ville, (Noms de 36 bourgeois et habitants) et Richard Percepié, greffier de mondit Seigneur le bailly , tous bourgoys, manans et habitans en ladite ville du Pontaudemer, assemblez pour nommer et eslire ung receveur des deniers ordonnez tant pour la fortiffication de ladite ville que des deniers communs d’icelle, pour troys ans, commençant le premier 

«  1516, mars 24. – Pont-Audemer Requête de Marc Dufour, carme de la ville, étudiant en théologie à l’université de Caen, pour demander une aide pour la ‘’fête’’ de sa thèse. A – Original, R5, lc15, p. 35, papier, 20 x 29 cm.

A mes tres honorez Sieurs, Messieurs les officiers, conseilliers, bourgoys et habitans du Pontaudemer. Supplye humblement votre humble et povre orateur, frere Marc Dufour, religieux de l'ordre de Notre Dame du Carmel, comme il soit ainsy que luy et ses predecesseurs soient de toute ancienneté de ceste ville du Pontaudemer et que, passez sont vingt ans, il a esté tousjours estudiant en l'université de Caen et tellement qu'il est prest de passer et faire sa feste de theologie ; quelle chose il ne sçauroit faire ne accomplir sans l'aide et omosne de vous, mes dits Sieurs et aultrez gens de bien ; pour ce, il vous plaise en l'honneur de Dieu, notre Createur et de sa tres sacree mere, subvenir au pouvre religieux ; et il sera a jamaiz tenu prier Dieu pour vous et acomplir vos nobles commandemens. [Ordre de paiement des officiers et conseillers de la ville] Veu la requeste presentee par ledit Dufour, religieux, qui est natif de ceste ville du Pontaudemer, dont decleracion est faicte cy dessus ; a esté ordonné et deliberé par les officiers du Roy notre sire, conseilliers et commis des bourgoys et habitans dudit Pontaudemer que Nicolas de Bailleul, receveur des deniers des aides de ceste dite ville, present, baillera et detauxera des deniers de sa dite recepte, audit Dufour, religieux, la somme de quinze livres tournois pour luy aider a faire sa feste de theologie ; et en rapportant ces presentes et quictance dudit religieux, les dites XV livres tournois seront rabatus audit receveur en l’endroit de ses comptes partout ou il appartendra. Fait ce lundi XXIIII° jour de mars après Pasquez mil cinq cens saize. [Nombreuses signatures et paraphes] Arnoult Defreuille Dumont Bodin. Signature de Genouville, Dugoullet, Defreuille

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SOURCES ET LIENS.

Sources principales :

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Saint-Ouen in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969

En complément :

— MICHELIN (Bernard ) 2005, Docteur Vétérinaire « Pont-Audemer, une petite ville de Normandie à la Renaissance (1477-1551) », Thèse pour obtenir le grade de Docteur de l'Université de Paris IV -Sorbonne, Discipline : Histoire présentée et soutenue publiquement le 15 septembre 2005 

https://dokodoc.com/tome-iii-documents-originaux.html

— MONTIER, (Armand), 1895, Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109 (simple mention de la baie). page 106

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f142.item

PERROT (Françoise), 1973  Les vitraux de Saint-Vincent de Rouen In: Bulletin Monumental, tome 131, n°1, année 1973. pp. 62-63; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1973_num_131_1_6961

 

"Les vitraux de Saint- Vincent de Rouen.

II ne reste plus de l'église Saint- Vincent de Rouen, brûlée pendant les bombardements de mai 1944, puis démolie après la guerre, que les vitraux déposés en 1939 par l'administration des Monuments historiques. La vitrerie de la nef, qui date des xve et xvie siècles et dont certaines pièces viennent d'églises fermées à la Révolution, est en cours de remontage dans différents autres édifices rouennais. Les treize verrières du chœur, au contraire, forment un ensemble magnifique, homogène, du premier tiers du xvie siècle, qu'il importe de ne pas disperser  [...] Deux grands ateliers ont exécuté cet ensemble : celui des Le Prince de Beauvais et un atelier rouennais, héritier direct d'Arnoult de Nimègue.

Engrand Le Prince a signé seul la Vie de saint Jean-Baptiste et avec Jean Le Prince le vitrail des Chars (dont la date de 1515 est celle de la commande ainsi que l'explique l'auteur en appendice) et les Œuvres de Miséricorde. Par l'harmonie brillante des couleurs, la liberté du dessin et l'emploi virtuose du jaune d'argent, ces verrières comptent parmi les meilleures productions du célèbre atelier de Beauvais.

A l'exemple de leur maître, les élèves rouennais d'Arnoult de Nimègue se distinguent par le raffinement du modelé à la sanguine. Les types de composition, la variété du décor et certains détails techniques permettent à M. Lafond de reconnaître dans cet atelier trois peintres principaux qui se sont partagé l'exécution des autres verrières. Ces artistes n'échappent d'ailleurs pas à l'influence des Le Prince et la fusion des deux grands courants stylistiques se réalise dans la Vie de saint Pierre qui inaugure véritablement une manière nouvelle.

Les vitraux du chœur de Saint- Vincent ont joué dans l'histoire du vitrail normand un rôle capital. Deux d'entre eux ont été fidèlement copiés : la Vie de saint Jean-Baptiste pour Saint-Ouen de Pont-Audemer, par Mausse Heurtault en 1535 ; le vitrail des Chars pour Saint-Nicolas de Rouen vers le milieu du siècle. La manière des élèves d'Arnoult de Nimègue se voit à travers toute la Normandie, tant à Rouen qu'à Saint-Jean et à Saint-Étienne d'Elbeuf, à Ancourt, à Duclair, etc. Enfin, le « style nouveau » de la Vie de saint Pierre « marque un tournant dans l'histoire du vitrail rouennais » : il dominera la production jusqu'au milieu du siècle. On attend avec impatience le remontage complet de cette vitrerie, qui rendra à la ville de Rouen l'un de ses plus extraordinaires trésors d'art. — Jean Lafond, Les vitraux de Saint-Vincent de Rouen et l'aménagement du Vieux-Marché, dans Les Amis des Monuments rouennais. Bulletin, 1958-1970 (Rouen, 1972), p. 147-168, pi. 10-16."

 

les vitraux du chœur de Saint-Vincent (13 verrières du xvie siècle, réalisées en 1520-1530) qui avaient été mises à l'abri par le Service des Monuments historiques en 1939 ont été pour la plus grande partie enchâssées dans les grandes fenêtres du mur nord de la moderne église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, construite pour remplacer l’église Saint-Vincent comme église paroissiale, et dont les travaux se sont achevés en 1979

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, Notice sur les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Rouen, Péron

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

— RENAUD (Edmond, abbé). 1885, Rouen. Église Saint-Vincent, monographie descriptive et archéologique par l'abbé Edmond Renaud, curé de Saint-Jean d'Elbeuf, ancien curé de Saint-Vincent ; illustrations et photogravures de Marguery, chez Charles Métérie, libraire à Rouen, 11 rue Jeanne-d'Arc, 1885. (non consulté, cité par Riviale)

— RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie entre renaissance et réforme (1517-1596) Presses universitaires de Rennes, 2007 - 429 pages, page 92

 

Bulletins de la Société des antiquaires de Picardie

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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