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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 15:05

Les vitraux civils (XVIe et XVIIe siècles) de l'ancien hôtel de ville (Musée historique) de Mulhouse et les armoiries de ses bourgmestres.

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Voir :

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PRÉSENTATION.

Le premier hôtel de ville construit en 1431 fut détruit par un incendie en 1551 et reconstruit en 1552 par Michel Lynthumer, architecte bâlois, sur les mêmes fondations ; un deuxième bâtiment fut construit à l'arrière en 1510 pour abriter la cave dîmière et les archives de la ville, ainsi que les bureaux du greffier syndic (chancellerie) ; transformations intérieures au cours du 19e siècle (escalier du 1er au 2e étage) ; tout en conservant la salle du conseil, les services municipaux quittent ce bâtiment en 1958 et le musée historique y est ouvert en 1969 ; une galerie reliant les 2 bâtiments à été reconstruite en 1637 et surélevée en 1778.

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-plan-de-mulhouse/92b2d1b9-9be6-4572-9e78-5e2b132d2905

Données historiques : le lien avec la Confédération Suisse.

En 1342, Mulhouse s'était alliée à six villes impériales d'Alsace, ligue qui s'était étendue et avait constitué en 1354 la Décapole. Cette protection étant peu efficace pour se défendre contre les prétentions des Habsbourg, Mulhouse se tourna vers la Confédération, conclut une alliance défensive de vingt-cinq ans en 1466 avec Berne et Soleure, quoique
Mulhouse fût entièrement entourée par les possessions de l'Autriche ennemie. elle reçut une garni-
son suisse, et, en 1468, douze mille confédérés se réunirent dans les plaines de l'Alsace, pour défendre
Mulhouse contre une armée autrichienne, qui se dispersa bientôt.  Cet appui protégea donc la ville lors de la guerre des Six Deniers (Sechs-Plappert-Krieg, 1466) et de la guerre de Mulhouse ou du Sundgau (1466-1469), qui l'opposèrent aux nobles des alentours.

En 1515, elle quitte la Décapole pour conclure une alliance avec les Cantons de la Confédération suisses. La cité devenant par conséquent une république libre et indépendante sans aucun lien politique avec le reste de l'Alsace, son destin allait rester distinct de celui de la région pendant plusieurs siècles. Parce qu’elle était alliée à la Confédération Suisse, Mulhouse fut épargnée par les conflits environnants, tels la Guerre de Trente Ans, qui frappa violemment la région. Mulhouse servit alors de refuge aux habitants des alentours. (Wikipedia).

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Des vitraux peints à l'émail ; le rapport avec les vitraux suisses.

Tous les vitraux sont postérieurs à cette date de 1515 (sauf celui de 1512). Il est intéressant de les comparer aux "vitraux suisses" et notamment à la belle collection du Louvre et celle de Cluny.

Caractères des vitraux de l'Hôtel de ville.

Ce sont des vitraux civils, et nous gardons peu d'exemple d'une pratique jadis répandue (Galerie de Psyché à Chantilly ; Le Clos Lucé ; Palais Jacques Cœur), sauf, précisément, en Alsace.

Leurs dimensions, qui sont petites,  sont accordées à des vitrages de fenêtres (et non des fenêtres entières), soit environ 60 cm de haut sur 50 cm de large.

Ce sont des vitraux de donation, où les donateurs sont principalement les bourgmestres et membres du Conseil siégeant  dans la Salle du conseil de l'Hôtel de ville. La part donnée à l'héraldique est importante, tout comme celle donnée aux inscriptions et chronogrammes. Les armoiries sont soit celles des donateurs, soit celles des villes alliées. Les fonds sont damassés, y compris ceux des armoiries.

Ils ont un fort intérêt historique, ou du moins l'Histoire y est fortement présente, soit que la verrière célèbre ou rappelle des événements fondateurs, soit qu'elle reproduise un précieux plan de la ville, soit qu'elle garde la mémoire d'un notable.

La précision et la minutie incitent à les regarder "à la loupe" car c'est la peinture sur verre qui l'emporte sur l'assemblage de verres colorés.

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Mes difficultés de documentation.

Lors de ma visite du Musée en 2016, aucun cartel n'attirait l'attention du visiteur sur ces vitraux, et a fortiori, aucune description n'en était proposée. Je n'ai pu avoir accès (il n'est pas en ligne) à la description de l'Hôtel de ville par Shoenhaupf et Meininger (1892) ; je ne possédai pas le volume du Corpus vitrearum consacré aux vitraux d'Alsace et de Lorraine (1994), mon interrogation des moteurs de recherche fut peu fructueuse. Je me suis donc lancé dans une description personnelle des vitraux, et, arrivé presque à son terme, j'ai découvert LE site nécessaire, celui de l'Inventaire Général en Alsace avec les notices de Françoise Gatouillat, Brunoi Decrock et Marie-Philippe Scheurer.

J'en ai fait mon miel, comme on l'imagine, pour combler mes lacunes, mais cet article reste néanmoins un travail personnel ... dont j'assume les imperfections.

 

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Liste des 15 verrières présentées.

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Hommage à roi Henri IV par les bourgmestres de 1623. 

Blason aux armes de l'empire germanique.

Vitrail de 1571. Saint Ours et saint Victor patrons de la ville de Soleure en Suisse.

Blason de la ville de Mulhouse présenté par deux anges.

Plan de Mulhouse offert par les bourgmestres en 1666.

Blason de Jérémie Rüssler "Herr Jeremias Rüssler des Raths und Sekelmeister zum Müllhausen".

Armoiries de la ville de Bâle.

La fondation légendaire  de la ville de Berne. 1512.

Verrière héraldique de "Heinrich Rilsler Burgermeister zum Mülhausen anno 1639".

Verrière héraldique de "Jacob Heinrich Petri Burgermeister zuo Mülhausen IV anno 1639".

Verrière héraldique de trois notables en 1599.

Calvaire avec les  armoiries de Hans Geiss et inscription datée de 1603.

Verrière aux armes de Hans Geiser.

Panneau aux armes de Haussmaser, meunier, et de son cousin Wanermacher, bourgeois de Thun (Suisse) daté de 1650.

Panneau aux armes de Hans Hartmann, bourgmestre de Mulhouse, daté de 1585.

 

 

 

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Hommage à roi Henri IV par les bourgmestres de 1623. 

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Ce panneau commémoratif  a été exécuté par un maître verrier H.F en 1615 (monogramme et date inscrite), et offert par les bourgmestres de Mulhouse, Caspar Dollfus, Jacob Ziegler, et  Jean Ulrich Schlumberger et le greffier Jacob Henri Pétri, en 1623 ; la représentation s'inspire de deux gravures de Léonard Gaultier et de Johann van Halbeeck.

Cette verrière en verre transparent, coloré, peint à la grisaille sur verre, au jaune d'argent, et à l' émail sur verre  mesure 68 cm de haut sur 52 cm de casse ; les verres brisés sont réparés par des plombs de casse.

 

L'inscription dédicatoire de trois bourgmestres de Mulhouse et du greffier au roi Henri IV est suivie au registre inférieur par les  armoiries des bourgmestres et du greffier. Elle fait l'èloge de Henri IV et mentionne son décès le 14 mai 1610 " à 57 ans 4 mois et 21 jours". Le texte mentionne aussi Nicolas Hofer, probablement de la famille de Jean et Mathias Hofer mais que je n'identifie pas sous ce prénom Nicolas.

Transcription partielle :

Hic cum omnium Europae principim oculos in se confectos haberet consilia vero et cogitationes omnes ad Christiani orbis commoda provehenda dirigeret, neanteactae vita gloriam novis laudibus victorius triomphis domi forisque accumularet ad IV non, maii anno sal. MDCX aetatis suaae LVII mense IV die XXI animo et armis  ...

HEU GALLIA indignissime in perfectus dehinc vero aeternum victurus HANC APUD CONFOEDERATOS MYLHUSINOS

immortalitatis memoriam B.M. MERUIT. Casparo Dolfussio IV Jacobo Zieglero Petri cons : F . VIII Jan Huldico Schlumperger H. consulibus Nicola Hofero aedile Jacobus Eric Petraeus Cancellarius. P.C.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason de Caspar Dollfus.

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Armoiries : d’azur à la croisette d’argent, accompagnée en chef, à dextre et à senestre, d’une étoile d’or, en pointe un pied humain de carnation, le tout soutenu d’un mont à trois coupeaux de sinople.

Cimier : un buste de Maure, sans bras, tortillé d’azur et d’or, vêtu d’azur et chargé d’une croisette d’argent.

Lambrequins : d’azur et d’or.

http://www.crdp-strasbourg.fr/data/albums/dollfus/index.php?img=4&parent=43

 

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason de Jacob Ziegler.

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"Jacques Ziegler fut bourgmestre de Mulhouse de 1611 à 1626, comme son père qui occupa ce poste de 1578 à 1596. Ce furent les derniers de leur lignée. Leurs armes se blasonnent ainsi selon E . Meininger  : De gueules à une forme à tuiles croisetée de deux roses d'argent à tige de sinople dans une couronne de lauriers de sinople, garnie de quatre roses d'argent et posée sur trois coupeaux de sinople. Cimier: la forme à tuiles de l'écu au milieu d'un vol coupé de gueules et d'argent alternant . Lambrequins: un manteau de gueules doublé d'argent et bordé d'or." (E. Meininger)

La forme à tuiles indiquerait que l'ancêtre exerçait la profession de tuilier.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason de Johan Ulrich Schumberger.

Jean Ulrich SCHLUMBERGER est né à Mulhouse le 24 juin 1555 et y est décédé le 5 décembre 1635. Il exerçait la profession de tanneur, et devint bourgmestre de sa ville. Son père, tanneur également, portait le prénom de Claus et était né à Setzingen. Jean Ulrich épousa Rosina Biegeisen en 1583 puis Barbara Zurcher  en 1603. De Rosina naîtra un autre Jean Ulrich, père lui-même d'un Jean Ulrich, etc..

"Schlumberger (branche aînée). Famille originaire de Setzingen, près d'Ulm, où des documents authentiques la mentionnent dès 141 8. Vers le milieu du xvi e siècle, plusieurs membres de cette lignée se sont fixés à Mulhouse, mais deux branches seulement ont poursuivi leur descendance, jusqu'à nos jours. Celle qui parait être l' aînée, remonte à Nicolas Schlumberger qui se fixa à Mulhouse en 1545, année où il lut reçu à la tribu des Bouchers. L'inscription y relative mentionne qu'il paya un schilling pour la peinture de ses armes sur le tableau de la tribu. Il mourut en 1557 . Dans un document traitant de sa succession, il est question d'un bahut lequel étaient sculptés les blasons du défunt et de femme, Catherine Eck.

Son fils unique, Jean Ulric, fut bourgmestre de 1620 à 1636. On conserve de lui, dans la famille, un gaufrier à ses armes et à celles de sa femme, Rosine Biegeisen, daté de 1608.

Au Musée Saint-Jean existe la pierre tombale du fils de ce dernier, s'appelant aussi Jean-Ulrich, mort en 1661 sur laquelle se trouvent également son blason et celui de sa femme, Anna Bürlin.

Ces trois Schlumberger étaient tanneurs de leur profession. Les armoiries du gaufrier et de la pierre tombale y font allusion et se blasonnent ainsi: En pointe trois coupeaux surmontés de trois étoiles a six rais, placées 1 et 2, au-dessus desquelles est posé un peloir sommé d'une croix. Cimier : un lion issant.

La croix fait peut-être allusion au fait que plusieurs ancêtres directs des intéresses occupaient la charge de bailli de l'ordre Teutonique à Setzingen.

Pétri, en créant son tableau des bourgmestres, a supprimé, avec raison, le peloir comme accessoire individuel. Le blason ainsi modifié, devenu officiel pour ses descendants, est le suivant : D'azur à trois étoiles à six rais d'or, 1 et 2, accompagnées en chef d'une croisette de même (et en pointe d'un mont de trois coupeaux?). Cimier: un lion à queue fourchue issant d'or, armé et lampassé de gueules. Lambrequins : d'azur et d'or.

https://archive.org/details/lesanciennesarmo00mein/page/56/mode/2up?q=schlumberger

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason de Jacob Heinrich Petri,   Reichenfelz.

Il fut bourgmestre de 1633 à 1660. Il est l'auteur d'une histoire de Mulhouse, Mülhauser historien bis 1622 von Jacob Heinrich Petri.

"Jacques Heinrich Petri était originaire de Bâle et fut appelé, en 1620, au poste de greffier-syndic de Mulhouse, en remplacement de Jean-Georges Zichle, également Bâlois, décédé en mars de la même année. Pétri était un élève de Wurstisen, l'historien bâlois, et contracta chez lui le goût de l'histoire, de la généalogie et de l'art héraldique. La généalogie surtout l'attirait, et l'on possède de lui toute une série d'études de ce genre qu'il inséra dans sa première rédaction de la chronique de Mulhouse, datant de 1626, et pour laquelle il obtint du magistrat une récompense consistant en un gobelet en vermeil, pesant environ 30 onces, aux armes de la ville. Il rédigea également une Histoire de la famille des nobles Zu Rhein*, la Généalogie de la famille Lœscher et d'autres.

En 1633, Jacques Henric-Pétri fut nommé bourgmestre de Mulhouse, grâce à son mariage avec la fille du bourgmestre Jacques Ziegler (plus tard il s'allia à la vieille lignée des bourgmestres Hartmann), et, dés lors, il reprit en sous-œuvre l'histoire de la ville, qu'il compléta considérablement. Cette seconde rédaction date de 1640. Elle lui valut un nouveau don d'honneur consistant, cette fois, en un gobelet d'or.

Il était le fils de Jacques-Heinri Petri, juriste distingué de Bâle décédé de 1663" (E. Meininger)

Mulhouse connut durant la seconde moitié du XVIe siècle un bel essor: acquisition de territoires, reconstruction en 1552 de l'hôtel de ville de 1431, ravagé par un incendie en 1551, édification des "poêles" des tribus, c'est-à-dire des salles à boire des corporations (Zunftstube). La cité était alors servie par de grands commis de Bâle, Jean-Georges Zichle, Théobald Lauterburg, Jean-Henri Wild, André Gissler et, au XVIIe siècle, par Jacob Petri, ami de Johann Rudolf Wettstein, le bourgmestre de Bâle à qui Mulhouse dut son sort privilégié lors du traité de Westphalie: contrairement au reste de l'Alsace devenue française, la ville resta indépendante.

Je ne trouve pas le blasonnement de ces armoiries. Un bras sortant de nuées frappe avec un marteau sur une enclume faite de trois rochers, tandis qu'un visage de profil, émergeant aussi de nuées, souffle des  flammes. Le cimier reprend l'image d'un bras tenant un marteau de forgeron.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason aux armes de l'empire germanique.

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Panneau  de 80 cm de haut et 52 cm de large en verre transparent, verre coloré, peint à la grisaille et à l'émail sur verre, aux armes de l'empire, très restauré en 1887 et conservant peu de pièces anciennes du 16e siècle. L' écu est d'or à un aigle de sable à 2 têtes couronnées, aux ailes éployées.

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-armoiries-de-l-empire-germanique/72d91966-dcf1-46e7-9f7c-3a7baacfdeb3

 

"Mulhouse ville d’EmpireC’est le traité passé, en novembre 1308, entre l’évêque de Strasbourg et Henri VII élu par les princes-électeurs d’Allemagne, qui fait de Mulhouse une ville relevant immédiatement de l’Empire germanique. La cité a l’obligation de prêter serment de fidélité et de verser le tribut d’Empire (ou « Reichsteuer »). En 1354, elle devient membre de l’alliance conclue entre les dix villes impériales d’Alsace, la Décapole."  https://books.openedition.org/pumi/34731

 

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Vitrail de 1571. Saint Ours et saint Victor patrons de la ville de Soleure en Suisse.

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Ce panneau aux armes de la ville de Soleure et de l'Empire, exécuté en 1571 mesure 65 cm de haut et 52 cm de large. C'est une verrière en verres transparents, ou colorés peints à l'émail sur verre,ou à la grisaille avec emploi de verre roue gravé (bannière helvétique) . Le registre supérieur aligne les 20 armoiries des villes du canton de Soleure. Le registre principal montre saint Ursus et saint Victor qui sont les protecteurs de la ville de Soleure en Suisse (la cathédrale de la ville leur est dédiée). Un cartouche inférieur porte une inscription relative à la ville de Soleure et à l'Empire : SOLOTHURN DER ALLTE STUHE ZU ALBRAHAMS ZÜFF SEIN URFPRUNG NAM ALS NINUS DER ERST -----ARCH ---VIE UNS DIE BÜCHER ZÜGEND ZIVAR. SCHRIER IN S-RIEN NEM ZU FÜN SY SVELL ALLZEIT –SCHWESTER S¨YN, 1571.

Saint Ursus tient la bannière Suisse rouge à croix , et saint Victor celle de Soleure, rouge et blanche.

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-armoiries-de-la-ville-de-soleure-et-de-l-empire/cccd9b9a-3e7e-46f9-a765-fb097d0c35a9

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Ursus de Soleure était un chrétien romain du IIIe siècle vénéré comme un saint . Il est le patron de la cathédrale catholique romaine de Soleure , en Suisse , où se trouve son corps. Il a été associé très tôt à la Légion thébaine et à Victor de Soleure , par exemple dans le martyrologe romain . La Vie d'Ursus a été écrite par Saint Eucherius de Lyon au 5ème siècle; il raconte qu'Ursus a été torturé et décapité sous l'empereur Maximien et le gouverneur Hyrtacus pour avoir refusé d'adorer des idoles vers 286. 

The St. Ursus Cathedral (Cathedral of St. Ursus) or Solothurn Cathedral is the cathedral of the ... External links[edit]. Media related to Cathedral Saint Ursus at Wikimedia Commons ..

 

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Ursus, barbu,  porte une armure complète et un casque à plumet blanc, avec une chaîne d'or auquel est suspendu un crucifix. Les solerets sont de type "pied d'ours".

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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 Victor à la longue barbe blanche, est protégé par une cuirasse. On le comparera à cette gravure de Hans Manuel représentant un mercenaire suisse en 1547. On retrouve les taillades des chausses , et les manches lacées avec des aiguillettes, ou la braguette avantageuse.

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Hans Rudolf Manuel, Mercenaire suisse, 1547, gravure sur bois, Historisches Museum Bern copyright

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Fenêtre de l'étage du Musée (Bâtiment antérieur, salle du conseil ) : deux verrières.

 

 

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason de la ville de Mulhouse présenté par deux anges.

 

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Ce panneau de la 1ère moitié du 15e siècle, de 56,5 cm de haut  et 52 cm de large a été  très restauré : l' écu d'argent à la roue de moulin [à huit aubes de gueules] sur fond bleu damassé, les pièces du fond et de l'encadrement ont été  remplacés en 1887 (verre gravé pour l'écu). 

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-armoiries-de-la-ville-de-mulhouse/4eb79283-677c-460a-8590-ae52050b4dae

Ce sont des armes parlantes puisque Mülhausen signifie "maisons du moulin".

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Plan de Mulhouse offert par les bourgmestres en 1666.

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Ce panneau de 60,5 cm de haut et 43 cm de large  reproduit le plan de la ville dressé par Mathieu Merian, daté 1666 ; commandité par les trois bourgmestres, Abraham Heinrich Petri, Jeremias Rissler, Isaac Zuber.  

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Mulhusium Alsatiae - Mühlhausen est une gravure à l'eau-forte de Mathieu Merian l'ancien (Bâle 1593 - Bad Schwalbach 1650) représentant une vue en plan de la ville de Mulhouse (Haut-Rhin), entourée de ses remparts, dans la première moitié du XVIIème siècle. Né à Bâle en 1593, Mathieu Merian l’ancien fut un graveur de renommée européenne spécialisé dans les paysages et les vues topographiques. La "Topographia Germaniae" et la "Topographia Helvetiae" sont les deux œuvres maîtresses de ce graveur qui possédait sa propre maison d’édition à Francfort-sur-le-Main. Celles-ci parurent en 16 volumes de 1642 à 1654 et furent achevées par ses deux fils après sa mort à Bad Schwalbach en 1650. C'est en 1640 que Merian demanda à la municipalité de Mulhouse de lui fournir un plan de la ville pour servir de base à son ouvrage topographique qui devait inclure les principales villes de Suisse et d’Allemagne. Le plan qui existait n'étant pas assez précis, la ville demanda donc au peintre Hans Ulrich Loescher d'en réaliser un autre qui soit à la hauteur des exigences topographiques de Merian. Ce nouveau plan fut gravé et publié par Mathieu Merian en 1642 dans "Topographia Helvetiae". (Bellefrance.fr)

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Mulhusium Alsatiae - Mühlhausen, Mathieu Merian 1640.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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"La situation de Mulhouse sur l’Ill renvoie au rôle fondamental de l’eau dans la naissance d’un noyau urbain. L’Ill descend du Jura vers la plaine d’Alsace ; elle est officiellement utilisée par la cité, comme moyen de défense, dès le début du xve siècle : en déviant le cours d’eau de part et d’autre des remparts de la ville, les Mulhousiens l’encerclent d’un triple réseau de fossés. Ils vont permettre, par la même occasion, l’installation de moulins, foulons, scierie et aiguiserie, présents sur le plan gravé par Matheus Mérian en 1642. Traversant la cité, deux ruisseaux dits « Stadtbächlein » alimentés par les eaux des fossés, sont utilisés par les artisans en particulier les tanneurs. La ville a subi de nombreuses crues de l’Ill, son sol gorgé d’eau alimente de nombreux puits et fontaines.https://books.openedition.org/pumi/34731

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Le cartouche central indique : "Die löblihe statt Mülhausen im Elsäs anno 1666".

Elsaß qui a donné Alsace, associe El- (Ell désignant la rivière Ill) et saß qui viendrait du verbe sitzen (se trouver, être assis).

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Le registre supérieur réunit les trois blasons des trois notables Petri, Risler et Züber.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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"Herr Adam Heinrich Petri der Zeit statt schreiber zu Mulhausen . 1666."

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Adam Heinric Petri (1639-1675) est le fils de Jacob Heinrich Petri, greffier en 1620 puis bourgmestre de 1633 à 1660. Il a été greffier de la ville. Il épousa Barbara Engelmann.

Les armoiries sont très semblables à celles, déjà présentées, de son père.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason de Jérémie Rüssler "Herr Jeremias Rüssler des Raths und Sekelmeister zum Müllhausen".

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"Des raths" signifie qu'il est membre du Conseil, et "Sekelmeister qu'il était trésorier. Le Conseil était formé des trois bourgmestres, des  neuf conseillers, de six zunftmestres et de zunftmestres anciens. 

Armoiries : De gueules à une fleur-de-lis d'argent. Cimier : la fleur-de-lis d'argent entre deux proboscides d'argent. Lambrequins de sable et d'argent.

On retrouve ces armoiries sur le dessin d'un projet de vitrail de 1642 donnant les armoiries des chefs de la tribu des Agriculteurs. E. Meininger donne la reproduction de ce dessin dans sa planche XIV. Le blason qui nous intéresse porte dans cette planche la mention Hr Hanss Riszler, des Raths.

Et nous retrouverons cet écu plus bas à propos de Heinrich Risler.

https://archive.org/details/lesanciennesarmo00mein/page/80/mode/2up

Jérémie RISLER est né le 5 septembre 1616 à Mulhouse, et y est décédé le 6 février 1685.

 

http://www.koechlin.net/index.php/fr/genealogie-koechlin/genealogie-actuelle/koechlin-genealogie-recherche/jt-0-a-1/1!I5751

"Famille d’artisans, de tanneurs et de pasteurs d’origine suisse et de la région de Montbéliard, venue à Mulhouse, fuyant les mesures à l’encontre des protestants. Leur rôle dans les tribus des métiers leur permet d’accéder aux premiers rangs de la cité. Composée par la suite d’apothicaires et de médecins, elle comportera des commerçants de tissus et des fabricants de textile. Le dynamisme familial par des liens matrimoniaux noués avec d’autres manufacturiers, leur permet de devenir promoteurs de l’industrialisation en Alsace du Sud. Un descendant, Georges-AIphonse Risler, est le fondateur d'une filature à Cernay ; un autre, Georges Risler fut promoteur de l’habitat social.

La famille est arrivée au XVIe siècle à Mulhouse, petite république indépendante, pour fuir les mesures de l’évêque de Bâle, Melchior de Lichtenfels à l’encontre des calvinistes. Les membres de la famille modifient leur nom de Rossel en Risler. Catherine, l’une des filles de Henri Risler (1589-1643), épouse en 1604 Gaspard Dollfus (1570-1634), bourgmestre. de Mulhouse, venu de Rheinfelden et installé comme forgeron et coutelier. Son cousin Jean Risler (1597-1665) lui succède de 1656 à 1665. Jérémie Risler sera bourgmestre de 1666 à 1685, Jean Risler (1630-1710) de 1685 à 1695, Nicolas Risler (1640-1710) apothicaire de 1760 à 1778. Huit Risler figurent sur le tableau armorié des bourgmestres de Mulhouse."  http://www.memoire-mulhousienne.fr/files/downloads/risler-famille.pdf

En 1642, Henri Risler était bourgmestre, Jean Risler était conseiller, et Daniel sexvir de la tribu des Agriculteurs.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Blason de Isaac Züber : "Herr Isaac Züber dess Raths und Se-elmeister der Statt Müllhausen".

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Armoiries de la ville de Bâle.

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Ce panneau de la 1ère moitié du 16e siècle, restauré en 1887 par Kuhn, mesure 63,5 cm de haut et 52 cm de large. Il porte les armoiries d'argent à la crosse stylisée de sable de la ville de Bâle, présenté par deux basilics aux queues nouées.

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-armoiries-de-la-ville-de-bale/e7736be7-0cfd-4f3f-a904-e9349f5ecea9

 

La crosse rappelle que Bâle était une ville épiscopale ; mais la crosse devint noire à la Réforme.

"L'introduction du basilic, monstre fabuleux mi-coq, mi-serpent, parmi les tenants héraldiques utilisés sur les blasons de Bâle, comme l'ange, le lion, l'homme sauvage, est due à la prolifération vers la fin du Moyen Age de légendes sur la fondation de la ville, où il était question de cet animal. L'artiste de Bâle, non connu, qui a créé ce vitrail, a réussi à représenter ces monstres de façon frappante. On craignait leur regard mortel et le venin sorti de leur bec. Les basilics, tout comme l'écusson de la ville, soutiennent la bannière d'honneur octroyée en 1512 à chaque membre de la Confédération par le pape Jules II en signe de gratitude pour leur conquête de Pavie. La bannière de Jules frangée d'or porte en haut dans le coin gauche une représentation de l'Annonciation. Les personnages et animaux représentés sur les écoinçons se réfèrent à la légende de la fondation de Bâle: un homme armé tend un miroir au basilic afin que le monstre succombe à son propre regard meurtrier." https://www.hmb.ch/fr/musees/objets-de-la-collection/vue-simple/s/vitrail-des-armoiries-de-la-ville-de-bale/

Le basilic tire son nom du grec ancien basiliscon "petit roi", ce qui n'est pas sans rapport avec le nom Basilea utilisé par Ammian Marcellin pour désigner Bâle.

Les couleurs des verres sont très belles, le corps des animaux est un bleu clair, partiellement gravé, puis peint au jaune pour obtenir par endroit du verre. Les pustules sont sans doute gravées à la molette. Fond violet damassé.

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On comparera cette verrière à celle du musée historique de Bâle :

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Musée historique de Bâle.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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La fondation légendaire  de la ville de Berne. 1512.

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Ce panneau rectangulaire de 63 cm de haut sur 45 cm de large en verres colorés et verres transparents,  peints à la grisaille  représente la fondation légendaire de Berne (Suisse), avec Berthold V de Zaehringen au pied de l'ours emblématique de la ville, un tronc issant de sa poitrine, exactement comme Jessé dans les Arbres de la généalogie du Christ. Mais à la place des rois de Juda, les branches portent ici  les armoiries des villes et bailliages du canton de Berne. Près du duc sont figurées non pas les armoiries de la maison de Zähringen d'or à l'aigle éployée de gueules, mais celles de gueules au lion d'or.

Il aurait nommé la ville en 1191  d'après le nom de l'ours (Bär en allemand) qu'il aurait tué dans les forêts voisines. C'est cet ours qui est figuré, tenant une hallebarde en main droite et entourant le tronc de l'Arbre, comme s'il était co-fondateur de la ville. En contre-point, à droite, c'est la ville qui est peinte avec ses remparts et ses tours. Le fondateur est entouré d'un ruisseau, en rappel du ménadre de l'Aar où est installé la ville.

 

Les armoiries de Berne sont les premières à droite et à gauche : De gueules à la bande d'or chargée d'un ours passant de sable [armé, lampassé et vilené de gueules].

De nombreuses armoiries sont en verre rouge doublé et gravé (dont la couleur est poncé à l'émeri ou à la molette, le verre blanc étant éventuellement peint au jaune d'argent).

 

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription.

Elle fait, sur deux lignes, le tour du faux cadre en plein cintre et débute par HERZOG BERCKDALD VON ZERINGEN. Elle s'achève par la date de 1512.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Monogramme HF de Hans Funk, peintre-verrier.

Le monogramme HF placé tout en bas est interprété comme celui de Hans Funk, de Munich.

"vers 1470 à Zurich, fin 1539 à Zurich, de Zurich. Fils de Hans, vitrier et peintre sur verre. Frère d'Ulrich . ​1) Madlen Gasser, 2) Anna Lustorfer. Peintre sur verre établi à Berne vers 1500, grand sautier dès 1512, membre du Grand Conseil dès 1519, Funk fut banni de la ville en 1539 pour avoir tué un confrère. Son œuvre, influencée par Nicolas Manuel, atteste qu'il fut l'un des premiers peintres sur verre suisses de son époque. Il employait vraisemblablement plusieurs collaborateurs et comptait parmi sa clientèle les conseils de Berne, de Fribourg et de Bâle, des dignitaires ecclésiastiques, ainsi que des familles patriciennes de Suisse et de l'étranger. Plusieurs de ses vitraux existent encore, dont celui de Berne à l'hôtel de ville de Mulhouse (1512), ceux de l'abbaye de Wettingen (1522) et des vitraux héraldiques à l'hôtel de ville de Lausanne (vers 1528). "Dictionnaire historique de la Suisse

https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/018308/2018-01-11/

 

 

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Verrière héraldique de "Heinrich Rilsler Burgermeister zum Mülhausen anno 1639".

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Ce sont les mêmes armoiries déjà présentes sur le blason de Jérémie Risler sur la carte de 1666.

Heinrich Risler fut effectivement bourgmestre de 1634 à 1643.

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Heinrich RISLER le jeune est né le 10 août 1589 à Mulhouse. Il est décédé le 15 novembre 1643 à Mulhouse d'apoplexie. Heinrich a épousé Catharina HARTMANN le 20 juillet 1612 à Mulhouse.
Heinrich était mercier, drapier à Mulhouse. Il était admis à la tribu des Tailleurs le 23 août 1612 à Mulhouse. Il était admis à la tribu des Vignerons le 24 janvier 1613 à Mulhouse. Il était reçu arbalétrier en 1617 à Mulhouse. Il était admis à la tribu des Bouchers le 5 février 1617 à Mulhouse. Il y était zunftmestre en 1625 , conseiller en 1626 et bourgmestre entre 1634 - 1643 .

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Dans une composition marquée par la Renaissance italienne, les armoiries sont placées dans une architecture factice ménageant deux niches  pour deux vertus cardinales, la Justice et la Prudence. Ces niches reposent sur des consoles décorées de scènes mythologiques ou romaines d'une finesse d'exécution remarquable.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Verrière héraldique de "Jacob Heinrich Petri Burgermeister zuo Mülhausen IV anno 1639".

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Ce panneau est de la même veine que le précédent, et est placé sur la même fenêtre. Les armoiries déjà examinées de Jacob Heinrich Petri sont encadrées par les vertus de la Justice et de la Charité (une des trois  vertus théologales). En bas à gauche Moïse brise les tables de la Loi. Puis le Bon Samaritain et le Jugement de Salomon.

Ce panneau de 57 cm sur 46cm  aux armes du bourgmestre de Mulhouse Jacob Heinrich Petri, daté de 1639 est attribué à Jean Zetter, peintre verrier de Mulhouse qui travailla pour l'hôtel de ville à cette date ; il pourrait appartenir au mobilier d'origine. Il est peint à l'émail. Très bonne conservation. Quelques plombs de casse. 

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-no2/eff84c4f-a75e-414e-9d29-a1043eb2578f

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Verrière héraldique de trois notables de Mulhouse en 1599.

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 Bâtiment antérieur deuxième étage : verrières pièce nord, côté ouest. Panneau de 47 cm su 43 cm.

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-no3/b18b5aa6-dd69-4a41-b876-cd52190a1133

Il y a trois blasons correspondant à trois inscriptions. L'ensemble est présenté par deux lansquenets aux chausses mi-parti et porteurs de hallebarde.

-L'inscription indique en haut SIMON ANDREAS GRÜNEUS DES RATHS ZU MILHAUSEN 1599, inscription qui correspond au blason d'azur au pal d'or chargé d'un serpent ondoyant en pal du premier. Le cimier porte  en pal deux serpents s adossés les queues entrelacées.

-L'inscription en bas à gauche indique CLAUS HOFFER DIESER ZEIT SCHAFFNERIM BFRUNDKAUSZ ZU MILHAUSEN. 1599.  Claus, ou Niclaus, correspond à Nicolas. Le blason a été décrit par Meininger. "Celles de Nicolas Hofer, qui devint bourgmestre en 1626, n'y sont pas celles que lui attribue, en 1642, Pétri, son successeur direct dans cette charge, en 1633. Ce sont encore les anciennes, dans leur forme primitive, portant : Trois coupeaux de sinople, celui du milieu sommé d'un 4 contourné et croiseté de sable. Cimier : un buste d'homme issant, habillé d'or et de sable, au bonnet albanais d'or retroussé de sable, tenant dans chaque main des roses de gueules tigées et feuillées de sinople. Lambrequins : de sable et d'or. Le nouveau blason de Nicolas Hofer est : Parti d'argent et de gueules, à un homme d'armes revêtu de son armure et coiffé d'un heaume, ayant un manteau de gueules jeté sur l'épaule dextre et dans la main dextre une massue d'or."

-L'inscription en bas à droite indique CASPAR BURCKHARDT DEISER ZEIT SCHAFFNER IM SPITAL ZU MILHAUSEN. Les armoiries montrent une tour dont l'entrée est munie de herse, sommée d'une étoile, sur fond bleu et jaune. Le cimier reprend la tour sommée d'une étoile

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E. Meininger décrit un dessin préparatoire :

"Il existe au Musée un dessin à la plume d'un vitrail de 1599, dû à Josse Murer, de Zurich, sur lequel figurent trois armoiries : Simon-André Grynaeus, conseiller, Nicolas Hofer, économe de l'hospice, et Gaspard Burckhardt, économe de l'hôpital."

Nous apprenons ainsi le nom de l'auteur du vitrail, Josse Maurer, d'une famille de peintres-verriers de Zurich (Josias, Christophe et Josias junior).  Il faudrait peut-être rechercher leur monogramme, mais je ne découvre que la mention "Louis Herion, Zürich", qui a créé de toute pièce cette verrière sur le dessin de Josse Murer. En effet, "le comité du Musée historique avait demandé en 1911 au maître verrier Louis Hérion de Zürich de préparer un devis pour l'exécution d'un vitrail d'après un carton de 1599 appartenant au musée ; le maître verrier l'a exécuté sans attendre la commande définitive" 

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http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr4219866801952xa/20f14057-57d6-4a7a-be1e-b326bee86c4c

1°) Simon Andreas Grynaeus est le fils du pasteur  Theophilius Grynaeus (1534-1583). Il est né en 1565, s'est marié en 1589  avec Barbara Schoen (1566-1591), puis avec Chrischona Finck, puis  avec Catharina Hartmann (1586-1629). Il est décédé de la peste vers 1611.

Il a été conseiller de Mulhouse, comme nous le voyons, en 1599.

2°) Nicolas Hofer

Les généalogistes indiquent un Claus Hofer 1566-1633 qui fut "hôtelier du Cerf". Il épousa en 1588 Anne TILGER (1564-1615) et en 1615 Vérène FRIES (ca 1560-1643).  https://gw.geneanet.org/seb2067?n=hofer&oc=&p=claus

Il fut bourgmestre de 1626 à 1630. Ernest Meininger reproduit ses armoiries dans sa planche II .

3°) Caspar Burckhardt

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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L'encadrement architectural représente l'entrée d'un palais dont les marches d'accès sont  gardées par les deux lansquenets, tandis que des colonnades cannelées forment la base d'une voûte aux volutes généreuses. L'architrave est décorée de deux panneaux. 

En haut à gauche, l'inscription Horatius Cocles nous permet d'identifier le héros légendaire romain Horace Coclès (le borgne) franchissant à cheval un brasier. Il est donné en exemple de bravoure pour avoir défendu le pont Sublicius donnant accès à Rome contre les étrusques du roi Porsenna.

En haut à droite, c'est Mucius Scaevola "le gaucher", autre héros romain de la même guerre contre Porsenna, qui se fait brûler la main dans le camp étrusque.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire avec les  armoiries de Hans Geiss et inscription datée de 1603.

 

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http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-vitrail-suisse-no9/79bca9f6-fba5-472d-9b91-79b244ec5a88

Ce vitrail suisse mesure 38 cm sur 27 ; il est peint à l'émail. Un calvaire est peint dans un encadrement architectural  où le niches sont occupées par des putti sonnant dans une trompe. Le registre supérieur montre entre deux masques de profil une Nativité et une Annonce aux bergers.

Dans le registre inférieur centré par des armoiries, un homme est agenouillé, à gauche, tandis que le texte de sa prière est inscrit dans le cartouche de droite.

L'identification des armoiries de gueules et d'argent sur des coupeaux de sinople, et dont le cimier est un personnage vêtu de jaune tenant deux serpents, est Hans Geiss.

Ma tentative de déchiffrement du texte est bien sûr absurde mais montre le découpage par des numéros, comme des versets : Die sibi 1–ort Christi IHS Vatter der zwei jne dan Sie voissenvhe muss sie thii 2 warlich sag ich dir heie roirstu Bei mir sum rendeisz sein 3 zweig sie dem muter sondzu Johanem semen je noe sibe dem Sohn 4mein o mein soll waru halfu mein versonen 5 stich diritet 6 evift du caro 7 Vatter in demeherif sefic ich memen seiset . Hardtz tem met 9 zpies--

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La verrière est en mauvais état : aucune pièce n'est remplacée, les verres fendus et plombs de casse affectent la scène centrale (le commanditaire) ; et la peinture est  altérée.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Verrière aux armes de Hans Geiser.

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-vitrail-suisse-no8/757b1935-70a5-42af-ad51-ece4b626cf5d

Ce panneau rassemble des fragments du 17e siècle, et une cive armoriée moderne en partie supérieure (copie d'un type répandu au 17e siècle) ainsi qu'un verre incolore de complément moderne. Il mesure 33 cm sur 35.

Du coté droit, une inscription énonce : Hans geiser des grichts zü Langenthal und Maria Risser  sin Liebegman.

Langenthal est une commune suisse du canton de Berne. Les généalogistes décrivent bien un ou plusieurs Hans GEISER, mais dont l'épouse n'est pas Maria RISSER.

L'inscription domine un écu de gueules à trois coupeaux de sinoples et au bouc dressé.

Le registre inférieur montre une femme offrant à boire à un cavalier. La femme au tablier blanc et bleu tient une miche de main contre elle. A sa ceinture sont attachés une gourde et un couteau. L'homme, dans une guirlande (ou chapeau de triomphe), porte un uniforme. Le fond est damassé.

Plus à gauche, une femme lève un verre et tient un broc.

En haut à gauche, un cavalier chasse, fusil à la main, tandis que trois sangliers le dominent.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Verrière aux armes de Haussmaser, meunier, et de son cousin Wanermacher, bourgeois de Thun (Suisse) daté de 1650.

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http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-vitrail-suisse-no16/cf9a8f8a-4243-4d4a-85d3-9c8ac9a96225

Ce vitrail suisse peint à l'émail sur verre est un panneau de 27 cm sur 18, ou, avec encadrement de verres modernes, de 36 cm sur 25. Il a été remonté dans une fenêtre du coté est, à gauche, dans les combles du bâtiment de la chancellerie.

Je donne de l'inscription supérieur la lecture suivante :

"Man sagt  mir vil von  Sonn und mond, vom lowen und vom Scorpion. So will ich doch von den Zeichen die Jungfraun mir allein gefallen."

Elle a été traduite ainsi : ON ME PARLE DE LA LUNE, DU SOLEIL, DU LION ET DU SCORPION... SEUL LE SIGNE DE LA VIERGE SAURAIT ME PLAIRE.

Puis vient une chasse au cerf, en grisaille et jaune d'argent.

La scène principale est consacrée à un astronome, tenant une sphère armillaire et qui est interrogé par un homme ; lequel (son père ? son prétendant ?) désigne de la main une jeune femme, qui tient un feuillet (ou un gant). L'inscription supérieure est donc à attribuer à cette jeune femme.

Au registre inférieur, nous trouvons deux blasons, d'azur à la roue de moulin d'or, et d'azur à trois outils d'or.

L'inscription partiellement effacé les attribue au meunier  Haussmaser  (ou Hautsraser) der muller et à son collègue Wanermacher , Burcken---- 

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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Panneau aux armes de Hans Hartmann, bourgmestre de Mulhouse, daté de 1585.

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Nous retrouvons le motif central d'une femme offrant à boire (dans une haute chope) à un lansquenet qui tient une hallebarde, et nous retrouvons les caractéristiques de la tenue de ses soldats suisses, avec les couleurs dépareillées des manches et des jambes, les aiguillettes à gland resserrant la taille, ou le bonnet à plumes. Le costume de la femme qui semble 'un rang élevé, est tout aussi intéressant. Un petit sac et une trousse d'accessoires (ou de clefs ?) est suspendu à sa taille par une longue chaîne. C'est elle qui a accès au cellier.

Le décor architectural est Renaissance, avec les masques et ses cuirs à enroulement, cuir qui se retrouve sur le cartouche inférieur. La date de 1585 les rend parfaitement contemporains de ceux qui ornent la chapelle du château de Kerjean en Bretagne, et témoigne de l'influence des ornemanistes de l'école de Fontainebleau.

Le blason de gueules au triangle d'azur chargé d'une fleur-de-lis d'or (ou, d'azur à une fleur-de-lis d'or chappé-ployé de gueules)  porte les armes de Hans Hartmann, bourgmestre de 1585 à 1602. Voir la planche II de E. Meininger.

Le registre supérieur montre, sur un verre transparent peint à la grisaille et sanguine, un cavalier et un paysan conduisant un troupeau de porcs.

L'inscription est celle-ci HANS HARTMANN VON MULLHAUSEN BURGMEISTER 1585.

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Ce panneau de 42 cm sur 29 cm en verre transparent et verre coloré (verre rouge gravé) est en très bon état de conservation . Il est placé dans une fenêtre du coté est, à gauche, dans les combles du bâtiment de la chancellerie

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-heraldique-vitrail-suisse-no11/97f20f71-6997-4fb6-a7da-5b7ea83a8c94

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Vitraux du Musée historique de Mulhouse. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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BERNIER (Isabelle),2008, Mulhouse à l’aube du xviiie siècle p. 129-39, in Négoge et industrie à Mulhouse, © Presses universitaires du Midi, Toulouse 2008

https://books.openedition.org/pumi/34666

https://hal-mnhn.archives-ouvertes.fr/tel-01102781/document

—LISTE DES BOURGMESTRES

http://www.republique-de-mulhouse.net/bourgmestres.htm

— POP-CULTURE.GOUV

Inventaire général 1992 - Scheurer Marie-Philippe, Gatouillat Françoise, Decrock Bruno

L'INVENTAIRE DU PATRIMOINE EN ALSACE

http://inventaire-strasbourg.grandest.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=verri%C3%A8re+h%C3%A9raldique&type=

 

— HÉROLD (Michel), GATOUILAT ( ‎Françoise ), 1994, Les vitraux de Lorraine et d'Alsace. Éditions du Centre national de la Recherche scientifique, 1994 - 328 pages

— MEININGER (Ernest), 1911, Les anciennes armoiries bourgeoises de Mulhouse 

https://archive.org/details/lesanciennesarmo00mein

 

 

 

— SCHOENHAUPF (Louis), Meininger Ernest, 1892, L'Hôtel de ville de Mulhouse.

 

— WARTMANN (Wilhem.), 1908, Les Vitraux Suisses au Musée du Louvre. Catalogue critique et raisonné précédé d'une Introduction historique.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64675066.texteImage

Dans sa traduction singulièrement amplifiée de la Pantagrueline Prognostication, Fischart, l'imitateur ingénieux de Rabelais, prédit, pour l'an de grâce 1574, une abondance d'eau à Venise, à Strasbourg, à Constance, à Reichenau et à Lindau, une abondance de pommes de pins dans la Forêt-Noire, de lions en Libye, de crocodiles dans le Nil, de neiges sur les Alpes, de chouettes à Athènes, de marbres à Gênes, de baleines dans la mer arctique, de flatteurs dans les cours, de marchands à Anvers, à Lyon, à Nuremberg et à Venise, de craie en Champagne, de « junkers» en Allemagne, d'évêques en Italie, et de vitraux peints et de peintres-verriers en Suisse (Joh. FISCHART, Aller Praktik Grossmutter, réimpression de la rédaction de 1574 (d'après l'édition de 1623),  ).

 

A partir de 1550, on rencontre les premiers « émaux », soit les couleurs vitrifiables, le bleu d'abord, puis le violet, et, seulement après 1600, le vert. En même temps que l'émail bleu, apparaît la grisaille brun clair et la grisaille rouge, employées pour les carnations, pour les cheveux et dans
les paysages. Pendant longtemps, on ne fit de ces nouvelles ressources qu'un usage très modéré. On
n'employait qu'un émail bleu très pur, d'une intensité à peine inférieure à celle du bleu doublé, et
cela surtout pour de petites surfaces aux contours compliqués, trop difficiles à obtenir avec l'ancienne méthode. Les peintres-verriers suisses continuaient en général à se servir des tons vifs et vigoureux des verres teints dans la masse, à une époque où, ailleurs, on était déjà sur le point d'abandonner les émaux pour ne travailler plus qu'avec la grisaille et le jaune d'argent. Lorsqu'au XVIIe siècle l'émail vert commençait à remplacer plus souvent le vert résultant de la combinaison du jaune d'argent et du bleu, ce ne fut un événement ni très important, ni désastreux pour la qualité des vitraux.


 

Le peintre-verrier français emploie, même pour les sujets de dimensions moyennes et restreintes, la technique en usage pour les grands panneaux. Les chairs, le modelé et les fonds, présentent tous une surface grenée, obtenue par le « frappage » au moyen de la brosse, de l'ébouriffoir ou du putois, tandis que dans les vitraux suisses on ne trouve que des teintes unies, étendues sur le verre au moyen du blaireau.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 19:42

Les vitraux de l'église Saint-Thurien à Plogonnec : la baie 5 (1520-1525) d'Alain de Guengat présenté à Saint Sébastien.

 

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Cet article  reprend celui du 10 décembre 2015, avec un texte identique mais des  photographies de meilleure qualité de février 2020. Des gros plans sur les visages montrent comment le verre blanc est dessiné  à la grisaille et coloré à la sanguine dont les lavis ou les très fines hachures  indiquent le modelé des chairs.

 

 

Cet article fait partie, dans ce blog, de l'ensemble des Vitraux de l'église St-Thurien de Plogonnec :

 

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Voir aussi ma liste de tous mes articles sur les vitraux.

 

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Voir encore, sur l'église et les chapelles de Plogonnec :


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  L'église de Plogonnec est riche de cinq verrières du XVIe siècle, celles de la Passion (maîtresse-vitre) au centre, de la Transfiguration au nord, du Jugement dernier à droite de l'autel, de la Résurrection et de Saint Sébastien au sud, attribué à l'atelier quimpérois des Le Sodec.

 

1. Le culte de Saint Sébastien.

La première question que je me pose est celle de l'origine du thème iconographique : pourquoi un vitrail voué à Saint-Sébastien ? La réponse la plus évidente est d'y voir un lien avec les épidémies de peste qu'a connu la Bretagne du XIV au XVIIIe siècle (1348 à 1758), Saint Sébastien étant invoqué contre cette maladie ce qui explique la constance de son culte et de la présence de sa statue dans les églises et chapelles. Mais l'existence de Confréries de Saint-Sébastien en France me pousse à m'interroger : ce vitrail est-il lié, ici,  à une telle confrérie ? Et qu'entend-on sous ce nom?

  Le nom Sébastien est issu du grec sebastos, "honoré, glorieux" issu de sebas, "respect, adoration due aux dieux". C'est, en ce sens, un qualificatif des empereurs romains, Sebastos devenant la traduction d'Auguste. Sebastokrator "celui qui a le pouvoir d'Auguste" est un titre impérial byzantin. Cette étymologie souligne l' image de puissance et de gloire attachée à l'Athleta Christi qu'est Saint Sébastien.

  Sébastien était un officier romain originaire de Narbonne à la fin du IIIe siècle. Remarqué par l'empereur Dioclétien qui le nomma capitaine de cette unité d'élite qu'était la garde prétorienne, il fut chargé de diriger la persécution des chrétiens à Rome, jusqu'à ce que Dioclétien découvre que Sébastien était lui-même de foi chrétienne et qu'il ordonne qu'on l'exécute par sagittation, en le transperçant de flèches. Il échappa miraculeusement à ce premier supplice, mais Dioclétien le fit rouer de coup et fit jeter son corps dans les égouts de Rome.

 

  a) Les Sociétés d'Archers.

   Dans le Nord et en Picardie, les Confréries de Saint-Sébastien sont des sociétés d'archers, ou des sociétés de tir, à mi-chemin entre une confrérie professionnelle, une compagnie de milice et une association sportive. Elles connaissent trois temps-forts : le Bouquet qui rassemble plusieurs (dizaines de) sociétés et se termine par un Bal, le Tir du Roi ou abat-oiseau, et la Saint-Sébastien le 20 janvier, où un archer est élu  Saint-Sébastien de l'année. 

   En 825, Hilduin, évêque de Soissons, fit venir les reliques de Saint Sébastien en l'abbaye royale de cette ville et créa un corps de milice pour en assurer la garde, l'Ordre de saint-Sébastien, dont l'Abbé de saint-Médard lés Soissons était le Grand Maître.

       Dans l'incipit de Sylvie, Gérard de Nerval décrit le narrateur lisant cette annonce dans le journal : "Fête du Bouquet provincial. Demain, les archers de Senlis doivent rendre le Bouquet à ceux de Loisy." Et cela déclenche l'irruption des souvenirs de fêtes, de défilés de chevaliers d'arc, et des jeunes filles...mais pas du tout de souvenirs de pèlerinage ou de dévotion.

 

b) Les Confréries de paroisse.

  C'est surtout à Paris, dans le Nord et en Normandie qu'elles se sont développées, dans le Calvados, l'Eure... sous divers noms dont celui, récent,de Confréries de charité.Leurs membres se nommaient alors "charitons". Malgré leur nom, elles se consacraient moins aux œuvres de charité, assistance aux malades, distribution de nourritures et de biens aux pauvres, qu'à assurer à leurs membres , ou aux nécessiteux une sépulture chrétienne, et il est difficile de discerner sous leur nom de Confrérie celles qui se vouent à la prière ou au culte d'un saint (nommons-les confréries de dévotion), celles qui se consacrent à la charité (disons : confréries d'assistance), celles qui se vouent aux trépassés (les confréries funéraires), et aussi, intriquées ou dissimulées derrière elles, les confréries professionnelles d'assistance et de secours mutuel : ce sont elles que la loi du 18 août 1776 voulut supprimer pour leur proximité avec les corporations. 

   Les confréries funéraires.

  Elles se préoccupent d'assurer à chaque chrétien ou chaque être une sépulture décente et conforme aux rites. Ce souci d'assurer l'inhumation se comprend si on se rappelle l'importance attribué dans l'Église à l'intégrité du corps avant et après le décès :  l'Ancien Testament soulignait déjà que l'inhumation était la manière convenable d'honorer le défunt, et qu'en priver un être est une infamie. ( Cela est retrouvé aussi dans le monde grec et la lecture d'Antigone de Sophocle suffirait à l'illustrer) Voir I Sam 17, 44-46 ; I Rois 14, 11 et 16,4 ; II Rois 9,10. La pratique de la crémation par les habitants du pays de Canaan est dénoncée par les prophètes comme un acte impie. Dans la religion chrétienne, la théologie de l'Incarnation et la foi en la résurrection de la chair renforce l'importance donnée au respect de l'intégrité du corps, mais transforme aussi  la mort en une célébration d'un passage, d'une Pâques vers le monde céleste. 

   Il importe à tout chrétien du Moyen-Age de parvenir au terme de sa vie sans avoir commis de péchés trop lourds, de s'assurer du bénéfice des derniers sacrements, d'être enterrer en terre chrétienne et 'ad sanctos", ( près du saint éponyme de la paroisse ou de ses reliques) dans l'église puis, en Bretagne dans le périmètre de l'enclos paroissial et selon les rites en vigueur, de bénéficier de prières et de messes dites à l'intention de son âme, enfin et surtout de ne pas être damné, et de séjourner aussi peu que possible en purgatoire.

  Les confréries vont  1) d'une part assurer le rôle de nos pompes funèbres (préparation du cadavre et acheminement du défunt vers le cimetière), avec les risques de contagiosité  que cela présente en période d'épidémie, 2) jouer le rôle d'une caisse de prévoyance-décès, mais aussi 3) remplir celui  d'officier du culte en dehors de l'administration des sacrements : ces différents rôles les rendent indispensables dans une paroisse, mais engendrent aussi des conflits avec le recteur ou la Fabrique paroissial...surtout lorsque les "frères" se livrent (on assure que c'est fréquent) à des excès de boisson, ou qu'ils empiètent sur les prérogatives du clergé.

  -1er rôle : En période d'épidémie et notamment lors de foyers de peste, l'angoisse est majeure, si on succombe à l'infection, de voir son cadavre délaissé tant les morts sont nombreux et tant les rescapés se protègent et évitent les risques de contagion : appartenir à une confrérie de Saint-Sébastien est  une assurance contre cela.

  -2éme rôle : les frères et sœurs de la confrérie se doivent assistance, et bénéficient pour leurs obsèques  de la présence des autres membres et du matériel funéraire.

 - 3ème rôle : Des indulgences, grâces et privilèges sont accordées à certaines confréries, et à certaines pratiques (récitation de prière, présence aux pardons et pèlerinages, etc...). Le défunt va bénéficier de l'ensemble des rites, dont aucun n'est superflu :

- le cortège qui le mène de son domicile à l'église n'est pas un simple transport de corps, mais une procession préfigurant le parcours vers les cieux. C'est aussi une "garde du corps", une protection de l'âme contre les mauvais esprits qui peuvent la ravir. Il suffit de songer au vitrail de la Passion à La Roche-Maurice, où on voit le démon ravir l'âme du mauvais larron au moment où, précisément, celui-ci "rend l'âme" pour imaginer ce que peuvent redouter les agonisants et pour penser que, dans l'esprit médiéval, la fin de vie est le moment de tous les dangers, le "quitte-ou double" où tout se joue pour la vie éternelle, et le dernier grand combat contre les forces du mal .Les cantiques, le psaume Miserere ; l'antienne aperite mihi portas iustitiae, l'antienne in paradisio à l'entrée dans l'église le cantique Nunc dimittis sont autant de garanties déployées contre les dangers. La croix, les bannières, l'encens, l'eau bénite, la lumière des cierges, ou les cloches du glas , mais aussi le "drap" mortuaire participent à ces mesures de protection de l'âme pendant la période de transition et de passage entre le monde des vivants et celui des trépassés, la tombe étant une Terre Promise. 

  On comprend alors que chaque confrérie funéraire dispose de son propre arsenal : bannière de confrérie, croix de procession, drap mortuaire.

Les confréries funéraires s'engagent aussi à faire dire une messe pour le défunt (dont le nom est mentionné aussi dans le memento des morts de la messe dominicale), et une messe votive annuelle.

 

   Tout cela me renseigne, mais je lis aussi que les confréries de charitons ne sont pas attestées en Bretagne : l'existence des confréries y est pourtant parfaitement établie, mais pour  quels rôles ?

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c) la Confrérie de Saint-Sébastien à Plogonnec.

  J'emprunte les éléments qui vont suivre à un article de Roger Barrié intitulé "Mobilier cultuel et décor intérieur dans l'église de Basse-Bretagne au XVIIème et XVIIIème siècle", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1983, vol. 90 n°90-2 pp. 377-386.

- L'ensemble des verrières (dont le vitrail dédié à Saint-Sébastien) ont été construites entre 1520 et 1540.

- Une Confrérie de Saint-Sébastien disposait d'un autel contre un mur aveugle au nord du transept. La dévotion à Saint-Sébastien s'accentue après "l'épidémie de 1633", épidémie sur laquelle je dois me renseigner. En effet, l'offrande annuelle à Saint-Sébastien qui était auparavant de 20 à 25 sols sous forme de chanvre à tisser, passe brusquement à 90 livres, soit sauf erreur 1800 sols (La livre tournois valant 20 sous).

-En 1638 est institué le grand pardon de Saint-Sébastien.

- En 1723, c'est la chapelle Nord-Est qui est dédiée au saint guérisseur de la peste, avec sa statue sur l'autel, un tableau le représentant, et on lui adjoint une représentation (statue ? tableau ? ) de Saint Roch, également grand guérisseur de la peste. "Ainsi le chevet du collatéral nord constituait un lieu de recours contre les épidémies, par le moyen de la dévotion  envers les saints guérisseurs".

Voilà donc établi sur des preuves historiques qu'à Plogonnec, comme sans-doute ailleurs en Bretagne, la confrérie de Saint-Sébastien est en relation avec l'épidémie de peste. Il resterait à savoir si c'est une confrérie d'intercession et de dévotion, se donnant comme obligation le culte du Saint par les prières, les offices,les cierges, les offrandes, les images de représentation ou les processions, ou bien s'il s'agit d'une confrérie funéraire réagissant à la pénurie de moyens d'inhumation lors des épidémies.

  Une confrérie peut disposer ou commanditer la construction d'une chapelle ou d'un autel, d'une statue, d'un tableau, d'un vitrail, d'une bannière, d'une croix, d'un drap mortuaire ou d'autres biens. Les premiers éléments sont authentifiés à Plogonnec, même si le vitrail n'a pas été commandité par la confrérie, mais par des donateurs membres de la noblesse. Mais parmi les bannières conservées dans l'église, et parmi les 80 bannières que j'ai pu inventorier en Finistère, aucune n'est consacrée à Saint-Sébastien, dont le culte s'est sans-doute éteint avec l'épidémie de peste au profit de nouveaux cultes du XIXème siècle et de nouvelles confréries : Sacré-Cœur, Sainte Thérèse de Lisieux omniprésente, Sainte-Famille, Notre-dame de Pitié, etc...

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 II.  le vitrail de saint-Sébastien : vue d'ensemble .

 Il se compose de trois lancettes et d'un soufflet de trois mouchettes.

Je dénombre treize panneaux ; la couleur rouge du fond crée une unité d'ensemble, structurée par trois bandes architecturales traitées en grisaille. Dans le registre inférieur, une tenture rouge à bordure jaune réunit les trois groupes de personnages, qui se logent sous les trois arcades. Au registre supérieur, on retrouve les trois arcades isolant trois scènes de Nativités.

  Cette belle unité est le fruit du talent de restaurateur de l'atelier Jean-Pierre Le Bihan, et cache la disparité de fragments incomplets provenant soit des autres verrières de l'église, soit de la chapelle saint-Théleau, la dépose des vitres durant la guerre et les restaurations précédentes ayant brouillé les pistes : tout cela étant expliqué dans le blog du restaurateur :

http://lebihanvitraux.over-blog.fr/article-10509681.html

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-17041825.html

  En 1867, Adolphe Joanne dans son Itinéraire de la France décrivait le panneau du donateur comme appartenant au vitrail de la Passion, et celui de la donatrice au dessus d'un autel de st Maudez dans une niche décrivant sa vie. Je ne me hâte donc pas d'y voir les donateurs d'un vitrail de St Sébastien : un don par une confrérie reste peut-être possible.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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III. Le registre inférieur :

  On identifie Saint-Sébastien dans sa posture typique d'éphèbe martyrisé à la belle indifférence, et un couple de donateurs présentés au Saint par leurs intercesseurs. Je décris le vitrail du bas vers le haut et de gauche à droite en nommant les lancettes A, B, C et les panneaux de 1 à 4 ou 5.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Panneaux A1, A2 et A3 : Saint Allan présentant Alain de Guengat :

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   Le panneau inférieur A1 est moderne ; les deux panneaux A2 et A3 mesureraient 49 x 50 cm et 46 x 50 cm.

  Sous une arcade en grisaille rehaussée de jaune d'argent, et un dôme de couleur bleue, Saint Allan (version bretonne de Saint Alain) est vêtu en évêque nimbé,  avec mitre à orfrois, chasuble verte doublée de violet et ourlée d'un large galon d'or, grande pièce de broderie en Y devant la poitrine,  gants gris, crosse épiscopale, et au bras gauche la manipule de soie dorée. L'anneau épiscopal n'est pas visible

  Derrière lui, une tenture rouge damassée porte l'inscription  :  S : ALLAN, en lettres gothiques minuscules dont le n est ornée d'une hampe lui conférant l'allure d'un y.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Saint Allan "présente" par un geste de la main sur l'épaule le donateur du vitrail. Il porte un surcot bleu sur lequel des mains blanches présentent leur paume. On s'interroge, on croit à une erreur, si on ne pense pas à les traduire en termes d'héraldique. Un fond bleu et trois paumes blanches, le chevalier porte " d'azur aux trois mains dextres appaumées d'argent en pal" , "en pal" signifiant "placées verticalement". 

  Ce sont les armoiries de la famille des de Guengat, dont la devise est" Trésor" et "Leal à ma foy". Le château de Guengat, mentionné depuis 1203 mais dont il subsiste des éléments au sein d'une ferme moderne, est situé au Nord de la commune de  Guengat, à la limite de  Plogonnec, sur une butte située à 143 mètres d'altitude. Il fut assiégé et pris par les Quimpérois en 1591, pendant la Ligue, après que Jacques II ait pris parti pour Henri IV. Il fut récompensé de son choix en étant nommé chevalier de l'ordre de Saint Michel en 1602. 

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  Ils possédaient une chapelle à la cathédrale de Quimper, et leurs armes sur deux portails de la cathédrale. Au XVème siècle, Jehan de Guengat fut chambellan et conseiller du duc Jean V.

   Le personnage qui figure ici est (comme nous le souffle son intercesseur), Alain de Guengat, vice-amiral de Bretagne. ( Il existe différentes Amirautés en Bretagne, dont l'Amirauté de Quimper ou de Cornouaille, dirigées par un Amiral de Bretagne secondé par des Vice-Amiraux). A ce titre, disposant en 1527 de lettres de marque du roi, il fit la guerre aux Portugais qui avaient pillé les côtes de France en l'absence du roi, et mena sa mission "avec un tel succès que le roi du Portugal versa une rançon". ( Prosper Levot, 1864) . Auparavant, il avait, comme maître d'hôtel du roi, accompagné François Ier en Italie :il y fut prisonnier avec son souverain à Pavie (24 février 1525) et partagea sa captivité de deux années à Madrid. En reconnaissance, François Ier le nommé capitaine de Brest.

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  En 1521, pour cacher une cicatrice de brûlure qu'il avait reçu en jouant à attaquer l'hôtel du Comte de Saint-Paul  à Romorantin, François Ier s'était laissé couper les cheveux et pousser la barbe, inaugurant ainsi une mode qui dura jusqu'à Louis XIII. Mais ici, Alain de Guengat est imberbe, et il est coiffé à la mode du XVème siècle, cheveux taillés en avant et longs en arrière avec une raie médiane. sa tenue vestimentaire ne semble pas non plus à la mode, elle est loin du costume de François Ier par Clouet , point ici de belles étoffes, de crevés, certes le col est court , et peut-être orné d'un ruché mais l'armure complète lisse, nos travaillée et le surcot simple n'évoquent pas les fastes de la Renaissance. Du vitrail originel, nous n'avons que les cubitières avec leurs oreillons arrondis qui pourraient aider à la datation,  et les brassards d'avant-bras. La cubitière n'est pas pointue, comme au XVème siècle.

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DSCN1065c.jpg

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   Le panneau A1 serait, si j'ai tout compris, de Jean-Pierre Le Bihan qui aurait reconstitué la position agenouillée devant un prie-Dieu, les autres pièces de l'armure, le sol en le traitant en mosaïque monochrome comme celui du panneau voisin,  et la frise .

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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 Panneaux B1 et B2 : Saint Sébastien.

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  Il se tient adossé à la colonne qui symbolise le Christ, les mains liées derrière cette colonne de la couleur verte qui est au Moyen-Âge,celle de la croix, et du Christ après la crucifixion. Il se tient sous le dais bleu à godrons reposant sur les deux culées et surmonté d'une niche semi-circulaire a clef de voûte sculpté en bouquet floral, que nous avons observé dans la lancette A, et nous retrouvons aussi la tenture rouge. Il est coiffé comme l'est Alain de Guengat, cheveux longs,mais le front dégagé par une franche ou une raie médiane.

On sait que Saint-Sébastien est le seul saint, et avec le Christ la seule figure religieuse représentée nue, ou dénudée. Les artistes renouent alors avec les bustes antiques et avec les statues d'Apollon, décrivent avec complaisance un bel Éphèbe, voire parfois un bellâtre efféminé, mettent en valeur la musculature, soignent la pose et retrouvent le contraposto, cette attitude de la statuaire grecque où l'athlète s'appuie sur une jambe fermement tendue alors que l'autre, fléchie, libre, amorce un mouvement de rotation qui entraîne déjà avec lui le bassin et le tronc. Et ce contraposto confère au héros un charme trouble fait de nonchalance maniérée.

On compte ici sept flèches, profondément et outrageusement enfoncées, avec la détermination d'un sorcier pratiquant un envoûtement. Souvent, seules cinq flèches sont représentées, correspondant aux cinq plaies du Christ, mais le chiffre sept est riche de signification également. L'invraisemblance des deux flèches qui transpercent les deux jambes en même temps n'est pas gênante, tant il est évident que nous sommes placés ici très loin de la réalité, dans un plan métaphorique que nous comprenons parfaitement.

  C'est le drapé transparent et déchiré qui me fascine, avec cet effet de déshabillé ou de "tee shirt mouillé" étonnamment audacieux . S'il est, pour un peintre, une belle prouesse technique, cela doit être aussi un bel exploit pour un maître-verrier. Cacher en laissant voir, évoquer la violence faite au corps par la meurtrissure de l'étoffe, jouer de l'ambiguïté des plis, des fentes, ou des brèches , choisir une mousseline pour sa fragilité et pour sa manière de couvrir las chairs comme une caresse , qu'en penserait Gaétan Gatian de Clérambault?

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  Le socle en verre blanc traité en grisaille et jaune d'argent prolonge celui des panneaux A1 et C1 en alternant des colonnes cannelées au chapiteau centré par une rosette, avec des médaillons représentant de gras Amours au carquois bien remplis et aux cheveux paille hérissés comme des flammes, qui bandent leur arc. Seul sans-doute le hasard des reconstitutions de fragments vient placer ces petits archers sous l'effigie de leur saint patron.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Panneaux C1 et C2 : Sainte Marie-Madeleine présentant Marie Tromelin de Guengat :

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   S'il fallait désigner une homologue féminine à saint Sébastien, Sainte Marie-Madeleine serait une candidate à ne pas écarter, tant l'ancienne pécheresse est souvent figurée en Vénus repentie, tant les artistes se sont plus à la vêtir de peaux de bêtes ou de sa seule chevelure pour dévoiler ses formes, et tant Marie de Magdala devient, par son passé de courtisane et  sa proximité tendre avec le Christ à qui elle s'adressait en le nommant affectueusement Rabbi, une figure de la féminité et de la séduction : le renoncement à l'érotisme dans la pénitence et l'ascèse possède ses charmes secrets. 

   Mais ici, point de mélancolie évanescente (ce n'est pas encore l'age baroque), point de longs cheveux blonds ou roux à l'animalité sauvage (ce sera au XVIIIe), point de pose extatique au pied d'une croix ou d'une déposition, mais une sainte anonyme dont seul le vase de parfums nous révèle l'identité. Sans celui-ci, nous ne l'aurions pas reconnue derrière son déguisement de mère-la-pudeur tirée à quatre épingles, pas un cheveu qui ne soit soumis à la stricte discipline d'une guimpe austère, le regard triste, la mine rébarbative,  pâle frileuse abritée dans une grande cape verte.

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  Elle porte un surcot  de couleur or, damassé, à manches courtes au dessus  d'une robe bleu-sombre à motifs losangiques et à manches blanches à gigot. on voit le nœud d'une ceinture couleur  fuchsia. De la main gauche, elle place, sans vraiment le tenir, dans le dos de la donatrice un livre à fermoir curieusement entièrement bleu.

  Son grand manteau fait un pli curieux pour se placer dans le dos de la donatrice.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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La donatrice est agenouillée à son prie-Dieu, les mains jointes sur un missel. On remarque trois bagues, l'une sur la première phalange de l'annulaire, les deux autres sur la deuxième phalange de l'index et de l'auriculaire de la main gauche, la main droite échappant à notre curiosité. Au Moyen-Âge, lorsqu'un fiancé offrait une bague et que celle-ci restait bloquée à la deuxième phalange, ces dames y voyaient un signe que, en son ménage, la fiancée porterait la culotte. Mais il faut chercher ailleurs l'explication de ce détail. A l'époque gallo-romaine, les bagues se portaient à la phalangine ou P2. L'examen du célèbre tableau La Fornarina de Raphaël montre que la "fille du boulanger" porte un anneau d'or sur la deuxième phalange de l'annulaire, et un commentaire dans le Nouvel Observateur indique que c'était alors la mode de porter ainsi les alliances, et rappelle aussi cette croyance de la période Renaissance en l'existence d'une veine qui partait de l'annulaire pour se rendre au cœur. Les veuves portaient parfois une alliance de veuvage, et sur un portrait de Bernard Van Orley (1493-1542) Marguerite d'Autriche se trouve représentée avec un anneau émaillé de noir au second doigt de la main gauche. Je ne remarque aucun chaton, ce sont des anneaux simples dits à tige ou à simple jonc, à demi-roont c'est à dire plat dans sa partie interne et rond dans sa partie externe, lisse sans ornementation de filets ou de feuillage, sans niellure ni émail, sans monogramme ni inscription ; ils peuvent être en cuivre, en bronze, mais je gage qu'ils sont en or. Je vais m'en tenir à l'hypothèse suivante : les deux bagues  de phalangines sont des alliances de veuvage, la bague de la phalange de l'annulaire est l'alliance en rapport avec le mariage valide à la date du portrait.

  

Elle est coiffée d'un chaperon de velours noir à la bordure brodée d'or et ornée de perles. Ce chaperon semble fixé à une coiffe, un petit béguin de soie qui recouvre les cheveux tirés en arrière pour dégager le front. Un voilage recouvre le visage.

  Elle porte une chemise fine qu'on entrevoit à l'encolure, laquelle est arrondie, prés du cou, sans ornement, et aux poignets où elle s'orne de dentelle. Puis nous voyons un vêtement blanc au décolleté à peine marqué, arrondi et non carré selon la mode italienne récente, vêtement qui descend assez bas  et dont je ne sais dire s'il s'agit de la cotte (ou corset) ou de la robe. Des rangées de boutons dorés s'alignent sur le devant, sans paraître en assurer la fermeture. Au dessus, une très belle robe lie-de-vin très ouverte se pare de revers mauves et fait apparaître sa doublure de soie d'or par les grandes manches retroussées et pendantes. Les avant-bras sont couverts par une belle étoffe rouge représentant peut-être des manches attachées au coude. L'ensemble est luxueux mais reste, pour un néophyte, en dehors de la mode italienne du début du XVIe siècle.

  Outre les bagues, le seul bijou est une chaîne (d'argent) en collier.

  Répondant au chien qui bondit sur les armoiries, deux lévriers sont couchés au pied de leur maîtresse, dans des poses bien naturelles. 

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      Il s'agit de Marie de Tromelin, dame de Livinot et de Botbodern en Elliant, épouse en troisième noce d'Alain de Guengat qu'elle épousa en 1521 après un mariage avec N.du Perrier, sieur de Coatauton puis avec Fiacre de Trogoff. Elle est la fille de Jean de Tromelin (décédé en 1500) et d'Isabelle de Kervastard . Elle eut trois enfants d'Alain de Guengat : Jacques, René (décédé en 1587) et Claudine. Elle est décédée le 18 décembre 1547. Il ne faut pas la confondre avec Marie de Tromelin, dame du Bourouguel, veuve de Claude de Penmarc'h et épouse en 1588 d'Anne de Sansay, sans descendance.

  Elle porte, sans que l'on puisse affirmer que c'est une partie de son costume ou un élément surajouté, les armoiries des Guengat et des Tromelin en écartelé :  Guengat porte, nous l'avons vu, "d'azur aux trois mains dextres appaumées d'argent en pal", et Tromelin porte " d'azur au levrier passant d'argent". Ce blason est surmonté d'un autre, "d'argent à trois chevrons de sable", qui est Kervastar, seigneur de Kerengar en Elliant. Ces deux dernières armoiries se trouvent sur le tympan de la maîtresse-vitre de la chapelle de Kerdévot (Ergué-Gaberic), et les deux premières (Guengat-Tromelin) dans l'oculus de la même verrière.

  il ne faut pas confondre ces Tromelin issus de Mahalon (près de Pont-Croix en Cornouaille) avec les Tromelin du Léon, qui portent d"argent à 2 fasces de sable.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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      Il est consacré à une scène d'Adoration des mages que Jean-Pierre le Bihan intitule "fragments d'adoration des mages et d'un prophète".

  Tel qu'il se présente au visiteur contemporain, abstraction faite du travail de restauration à partir de "fragments", il forme une belle unité tant architecturale avec les trois loges en arcade surmontées de pots à feu que par la couleur rouge du ciel.

On lira dans mon article sur les verrières de Notre-Dame du Crann en Spézet les rapprochements qui s'imposent  entre  la baie 3, datant de 1546, et traitant d'une Adoration des Mages et des Bergers, et ce registre supérieur de Plogonnec.

http://www.lavieb-aile.com/2016/06/les-vitraux-de-notre-dame-du-crann-a-spezet-l-adoration-des-mages-et-des-bergers.html

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Panneau A4 : La Vierge à l'enfant :

 

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  La Vierge, la tête couverte d'un voile,vêtue comme il se doit d'un grand manteau bleu, au dessus d'une robe violette, tient l'Enfant-Jésus qui puise de la main droite dans une boite en or au couvercle évasé. J'y voyais une bonbonnière, mais vous seriez plus avisés peut-être d'y voir le précieux cadeau que le premier Roi Mage, qui s'est éclipsé, lui a offert  : de l'or, si c'est Melchior, ou de la myrrhe, si c'est Balthazar.

  Le galon du manteau porte une inscription, qui appartient au panneau A1 : l'aviez-vous remarquez ? En vous y reportant, vous déchiffrerez : VEORE.AV/SAMERORO  J'attends vos interprétations, mais la plupart du temps sur ces vitraux quimpérois de l'atelier Le Sodec, les inscriptions sont des séquences aléatoires de lettres à visée décoratives..

  Je remarque aussi la belle étoile des bergers, qui incite à ne pas voir une simple Vierge à l'Enfant, mais à l'inclure dans une Nativité.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Panneau B3 : fragment de Nativité, Roi mage.

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  Il met en scène un des trois Rois mages portant un récipient en or et argent doté d'un couvercle. Classiquement, le roi mage à barbe blanche, c'est  Melchior, qui offre l'or. Il est bien beau, avec sa barbe bien taillée, son collier d'or, sa robe rouge au camail bleu et son manteau vert. Mais les deux gamins qui se sont hissés sur le mur de la crèche lui volent la vedette, tant ils sont mignons. Ce sont des bergers, puisque l'un tient sa houlette.

   L'ange de nativité semblerait appartenir à ces pastoureaux stupéfaits si ses ailes vertes et le nuage bleu qui lui sert de tapis volant ne nous informaient qu'il appartient aux légions de séraphins messagers et autres chérubins. L'étole qui se croise sur son aube est décorée de croix et de losanges.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Panneau C3 : Fragment de Nativité : Roi Mage :

 

 

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C'est pour moi une scène analogue au panneau B3, avec un roi à grise mine (la sanguine a du s'effacer) et à la drôle de couronne de guingois. Il porte le même collier que le mage précédent, une robe rouge, un camail vert sur un vêtement richement ornè de broderies d'or. Sur le bord de ce dernier se lisent les lettres ORAPRON à droite (ora pro nobis, "priez pour nous") et VER à gauche.

  Un autre berger blond encapuchonné est le "ravi" de nos crèches de santon, avec ses bras levés en signe d'émerveillement et son sourire d'extase.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Le soubassement.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

Baie 5 de l'église de Plogonnec. Photographie lavieb-aile février 2020.

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LE TYMPAN

 

par Le Bihan.

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SOURCES ET LIENS.

 

 — BARRIÉ (Roger)  Etude sur le vitrail en Cornouaille au 16e siècle : Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper / ; sous la direction d' André Mussat, 1979  Thèse de 3e cycle : Art et archéologie : Rennes 2 : 1979. Bibliogr. f. 9-32. 4 annexes (vol. 2)

— GATOUILLAT (Françoise) HEROLD (Michel), Les Vitraux de Bretagne, Corpus vitrearum France recensement VII, Presses Universitaires de Rennes : Rennes 2005 pages 157-159.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), blog

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-17041825.html

— LE BIHAN (Antoine), blog 21 mai 2007.

http://lebihanvitraux.over-blog.fr/article-10509681.html


 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 22:19

Verrière recomposée des anciens vitraux de la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune exposée dans le Musée.

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Voir sur Beaune :

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L'intérêt.

Cet ensemble qualifié de "macédoine" réuni des fragments des anciens vitraux de la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune et de fragments provenant du legs Humbert. Une inscription précise que la mise en plomb a été assurée par "messires Defrance et C. Chenot de Dijon en 1912". Ceux-ci ont travaillé ensemble comme peintres-verriers en Côte d'Or (exemple)

 

Le défaut de cette recomposition est de mélanger des œuvres disparates sans connaître leur provenance exacte, les ensembles qu'ils formaient entre eux, et, surtout, la part de "restitution" à laquelle il a pu être procédé.

L'avantage est évident néanmoins, qui est de sauvegarder des pièces précieuses, et assez homogènes malgré tout puisqu'on y trouve une majorité de vitraux en verre blanc, peint à la grisaille et au jaune d'argent, voire à la sanguine, sur des thèmes principalement religieux puisque beaucoup provenaient de la chapelle : Nativité de la Vierge, Annonciation, calvaire, Vierge à l'Enfant, sainte Madeleine, saint Michel, saint Christophe. Deux scènes historiques non identifiées proviennent peut-être du fonds Humbert.

L'intérêt est également grand pour les amateurs d'ensembles emblématiques, puisqu'on y reconnaît la devise et les emblèmes du chancelier  Nicolas Rolin et de son épouse (fondateurs de l'Hôtel-Dieu), associées à un autre ensemble qui pose une énigme excitante.

Les dimensions  en sont :H = 180 ; la = 143,5 (dimensions totales) ; Christ en croix : d = 17.7 ; saint Christophe : d = 20.5 ; sainte Madeleine : d = 17.5 ; saint Michel : d = 10.8 ; Annonciation : d = 20 et 19.1 ; scène avec pape : d = 22.3 ; scène avec empereur : d = 21.8 ; Vierge à l'Enfant assise : h = 17.2 ; naissance de la Vierge : h = 23.7, la = 19.3

 

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Vue d'ensemble.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Partie supérieure.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Tympan de l'ogive : visage de sainte (?) au bandeau.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant, couronnée, nimbée, assise sur une cathèdre.

Blason à bordure rouge, fond bleu, figures en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc.

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint Christophe traversant le gué en portant le Christ enfant.

Médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire ; monogramme H A (?)

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Calvaire sur un médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent. Inscription A*NUS * DEI * QUI  * TOLIS * PECATA * MONDI * --RE NOBIS.

Monogramme en grisaille H et A (ou B et A) ornées de filigrane.

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint Michel terrassant le dragon.

médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent.

Deux visages : a priori portrait de personnages historiques (donateurs)  en  verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent et (à droite, sanguine).

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Scène romanesque ou légendaire : un chevalier furieux frappe de son épée une ceinture et un fourreau portant l'inscription CO-TA MORI devant un pape offusqué et un paysan qui a lâché sa bêche.

Selon Pop-culture, "ce pourrait être une allégorie de la guerre avec au centre un seigneur guerroyant, à gauche le pape le désapprouvant et à droite un paysan effrayé ".

Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième scène romanesque ou légendaire : un chevalier ayant ôté sa cuirasse et son casque se transperce de son épée devant le pape et un autre chevalier.

Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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La Nativité de la Vierge.

Anne, la Vierge enfant, une servante  et Joachim.

Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Bordure de gauche : la devise SANS DEPARTIR sur une banderole entourant une tige à feuilles de saule  avec ses racines. raccordé dans le carreau supérieur avec une tête de chardon

En dessous : trois chardons et leurs feuilles découpes. Putto tenant une S. Putto tenant un sautoir engrêlé.

La devise SANS DEPARTIR fait l'objet d'une notice de la base DEVISE et attribuée à Louis de Beauvau, 1409 †1462 Capitaine d’Angers, gouverneur de Lorraine, sénéchal d’Anjou (1445 et 1448), grand sénéchal de Provence. Seigneur de Beauvau, de Sermaise et de la Roche-sur-Yon, fils de Pierre de Beauvau et de Jeanne de Craon, Epoux 1) en 1427, Marguerite de Chambley  2) en 1440, Jeanne de Baudricourt  3) Anne de Culant

https://devise.saprat.fr/embleme/gaffes#footnote-7

On la trouve enrubannant des gaffes crochetées en marge du Diurnale Franciscanum peint pour Louis de Beauvau vers 1455 : Bnf NAL 3195.

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BnF NAL 3195

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Elle est associée à ses armoiries Ecartelé au 1 et 4 d’argent à quatre lionceaux de gueules (Beauvau), au 2 et 3 losangé d’or et de gueules (Craon), surmontant la belle  LOS EN CROISSANT qui est la devise de l'Ordre du Croissant dont il était chevalier.

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Gallica Diurnal franciscanum BnF NAL 3195 f.69v

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8452809j/f119.image

 

La BnF le présente ainsi : Louis de Beauvau (Paris 1418-Rome 1462) entre 1430 et 1470. Ce personnage est décrit comme Poète. - Capitaine de la ville d'Angers, sénéchal d'Anjou. - L'adaptation du "Filostrato" de Boccace est incertaine entre Pierre de Beauvau, son fils Louis de Beauvau ou un cousin, Jean de Beauvau. On lui attribue le Roman de Troyle et Criseida (vers 1453-1455), adaptation "par Beauvau, seneschal d'Anjou" du  "Filostrato" de Boccace (attribution  incertaine entre Pierre de Beauvau, son fils Louis de Beauvau ou un cousin, Jean de Beauvau, 1380-1435). La devise déclarerait son titulaire serviteur sans départir de René d'Anjou.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Beauvau

https://www.arlima.net/il/louis_de_beauvau.html

L'explicit du Romant de Troïlus (conservé dans 14 manuscrits) est : "que en le lisant vueillent avoir aucune compassion du tourment et du martire que amours jusques ycy me ont fait endurer, et je mettray cueur, corps et pensee a les servir loyaulment jusques a la mort et sans departir. Amen. Explicit le romant de Troïlus. Deo dicamus gratias."

La devise se retrouve dans le premier feuillet, en guise de dédicace  : "Sans despartir tant que seray en vie a vous, mes dames, me suis entier donné …angl personne ay mon cœur et pensée ente se et voulente pour parvenir aponoi acquerir la grace de bons contes et entre – principallement endont laquelle sans m-- mespriser fut par mes yeulx et…  [mains romans et mains livres entre lesquelz en ..]." BnF fr.1501

L'explicit du Romant de Troïlus (conservé dans 14 manuscrits) est : "que en le lisant vueillent avoir aucune compassion du tourment et du martire que amours jusques ycy me ont fait endurer, et je mettray cueur, corps et pensee a les servir loyaulment jusques a la mort et sans departir. Amen. Explicit le romant de Troylle. ."

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Gallica. Bnf 1501 f.1

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Explicit du Romant de Troyle BnF fr. 1501 Gallica

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Bordure de droite, en haut  : devise SEULE * (Seule étoile) sur une banderole entourant une tige à feuilles lobées, munie de ses racines et produisant une fleur à deux pétales et trois étamines. Emblème de Nicolas Rolin.

Bordure de droite, en bas : reprise de la devise SANS DEPARTIR et de sa plante : motif à 5 points en quinconce.

Bordure inférieure : putti aux armoiries d'or au sautoir engrêlé ou portant le mot JATENS.

 

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Devise et emblèmes du chancelier Rolin.

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On la trouve un peu partout à l'Hôtel-Dieu de Beaune, sur les tentures, les pavements.

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On la trouve sur un pavement de quatre carreaux de terre cuite vernissée polychrome  de 1451 du tuilier Denis Le Geot de l'atelier d'Aubigny-en-Plaine  (également responsable de la toiture à tuile vernissée des Hospices)  sur un quatre estampes sculptées sur bois du tailleur d'images Jehannin Fouquerel (commande sur les comptes de Jehannot Bar) en 1448. La devise, sur quatre carreaux, se compose d'un centre où sont apposées les initiales G et N enlacées figurant les époux Guigone de Salins et Nicolas Rolin. De ce motif émerge un arbuste, avec ses racines et ses branches donnant des feuilles lobées interprétées comme celles du chêne, symbole de fidélité et de pérennité de leur mariage. L'encadrement circulaire reprend la devise SEULE * (seule étoile) soulignant en un sens galant la fidélité et l'amour que Nicolas porte à Guigone.

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Voir MAERTEN (Michel)

http://www.cecab-chateaux-bourgogne.fr/Documents/Articles/Maerten%20-%20Les%20carreaux%20Nicolas%20Rolin.pdf

Pavement , musée Rolin d'Autun. Photographie lavieb-aile.

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Elle est reprise partiellement par le cardinal Jean Rolin, par exemple sur les deux coins supérieurs du cadre de la Nativité de Jean Hey exposée au Musée Rolin d'Autun : la devise change (Deum Time, "crains Dieu") mais l'arbuste est le même.

 

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Nativité par Jean Hey. Musée Rolin, Autun. Photographie lavieb-aile.

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Le cardinal Jean Rolin la reprend dans le Livre des Trois-Marie BnF français 24311 (c'est la même plante aux étamines dressées) avec la devise ED NEIB RE MA, interprètée comme DE BIEN AIMER.

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Livre des Trois Marie

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Médaillon de l'Annonciation

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Médaillon de l'Annonciation ; visage d'un chantre et d'un clerc.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 21:55

Les vitraux (fin du XVIe siècle début XVIIe) de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude : la Vie de saint Louis.

 

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voir aussi :

 

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Mon projet était d'étudier comment s'établissent les rapports entre enluminures et peinture sur verre, à partir de l'assertion donnant comme source de ce cycle de la Vie de Saint Louis à Champigny-sur-Veude le manuscrit Le Livre des faiz monseigneur. Le BnF fr 2829 daterait de 1480-1485 et a été enluminé par un artiste nommé, par François Avril, précisément à partir de ce manuscrit,  Maître du cardinal de Bourbon et actif à Paris entre 1470 et 1500. 

On doit cette hypothèse à Eugène Pépin en 1928, elle fut présentée ensuite (1975) par  Alain Erlande-Brandenburg et reprise (tempérée de l'adjectif "vraisemblablement") par Louis Grodecki.

Pourtant, la confrontation entre les enluminures et les vitraux m'a vite montré que la relation entre les deux œuvres était lointaine. Le maître-verrier avait peut-être puisé dans la bibliothèque des Bourbons (si tant-est que ce manuscrit s'y trouvait) pour y trouver la documentation des dix tableaux historiques et hagiographiques qu'il devait peintre, il s'était peut-être inspiré de certaines compositions pour les scènes de prestige ou d'expédition navale, mais il n'avait pas trouvé son modèle dans ce manuscrit enluminé un peu plus ou un peu moins d'un siècle auparavant.

J'étais donc déçu, d'autant que je ne ressentais pas pour ces vitraux l'enthousiasme de l'équipe du Corpus vitrearum. Peut-être étais-je trop attaché aux beautés des verrières bretonnes du XVIe siècle ? J'étais gêné par le sentiment de me trouver devant un panégyrique pompeux du XIXe siècle, où l'influence du restaurateur principal, l'atelier Lobin de Tours se fait excessivement sentir. Ces verrières dataient-elles réellement de 1550-1560 comme l'affirmait L. Grodecki ?

Je trouvais en ligne un bref extrait d'un article de 2013 de Laurence Rivale, qui semblait aller dans le même sens. Hélas, les conditions ne me permettaient pas la communication de cet article.

En définitive, je n'ai pas été beaucoup plus loin dans mon projet que de mettre en ligne pour les amateurs la documentation photographique des dix tableaux, accompagnée en parallèle de quelques miniatures  du Livre des faiz.

Finalement, je me suis passionné d'avantage pour cet ouvrage, ces enluminures et leur auteur.

 

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PRÉSENTATION DE LA CHAPELLE ET DE SES VITRAUX.

 

 La chapelle fut commencée par Louis de Bourbon-Vendôme et Louise de Bourbon-Montpensier vers 1508 mais la nef ne fut achevée par son fils Louis III de Montpensier qu'en 1543-1546 (chronogramme) , suivie de la pose des vitraux offerts, sans doute pour son mariage en 1538,  par le cardinal de Longwy, oncle de son épouse Jacqueline de Longwy. Ces vitraux ne furent achevés que longtemps après leur donation, La chapelle reçut ses vitraux dans la seconde moitié du XVIe siècle, puisqu'en baie 9 le cardinal de Bourbon  est qualifié d'évêque de Langres (il occupa cette fonction de 1555 à 1561) et puisque l'on voit en baie 10 Henri de Bourbon et Henriette de Joyeuse, qui se marièrent en 1597. Nous savons d'un contrat notarié d'Henri de Bourbon qu'en 1607 deux peintres-verriers de Chinon, René Grézil et Arnoul Ferrant  furent chargés de leur entretien. Je cite cette pièce car il s'agit d'un réel contrat de maintenance, pour les verrières anciennes ou nouvellement faites, qui pourrait suggérer qu'il a été signé rapidement après la pose des vitraux les plus récents :

 

"En date du 23 juin 1607, contrat notarié entre deux « maistres peintres vittriers » de Chinon. René Grézil et Arnoul Ferrant, d'une part, et Mgr Henri de Bourbon, seigneur du lieu, « pour l'entretien de toutes les vittres du dict château de Champigny, tant vieil que nouvellement faict, de la basse court à la Sainte-Chapelle, de fournir par eux de verre et plomb nécessaires aux entretiens, en sorte qu'il n'advienne aucune démolitions aux dictes vittres, sans être promptement et à l'instant réparé, sauf touttes fois que où il arriverait de grands vents et tonnerre qui fissent dégast de plus de demy panneau d'icelles, tant de la dicte chapelle que logys ci-dessus, ce ne sera aux dépens des dicts vittriers de les remettre, ains à Monseigneur, qui leur a promys par chascun pied de verre la somme de 4 solz de verre blanc, et quant au verre d'appareil, leur sera payé à l'estimation qui en sera faicte par les officiers de ce lieu outre la somme de 60 livres et doibvent être fournis d'une chambre pour  travailler en ce lieu et de boys nécessaire à fondre le plomb et le chauffage de leurs fours" ( Ottin p.6)

 

Un ouragan endommagea les verrières en 1711. Elles sont en partie descellées pendant la Révolution. En 1793, monsieur de Quinson rachète la chapelle et les vitraux et les fait remettre en place mais avec des erreurs de montage. Les vitraux sont restaurés en 1864 par Lucien-Léopold Lobin (Tours) qui corrige les erreurs de montage. Les vitraux sont déposés en 1940, à nouveau restaurés par Jean-Jacques Gruber puis reposés. En 1974-1975, l'atelier Durand procède sur place à des repiquages de quelques pièces brisées sur les tympans.

 

 

"L’édifice est orné de onze verrières, hautes de plus de 8 mètres et larges de 3,50 m. La profondeur des bleus, le velouté des rouges et des bruns, ou encore la lumière des ors, qui ornent les vêtements, font la réputation de ces vitraux .

"Ces vitraux remarquablement bien conservés ont la réputation bien méritée d’être les plus beaux vitraux Renaissance de France. Ils sont divisés en trois registres superposés. Dans le soubassement sont représentés les descendants de Saint Louis. Tous ces personnages sont agenouillés sur un prie-Dieu qui porte leurs armes, et leur nom est inscrit dans un cartouche de verre blanc. Ils sont tournés en direction de la verrière centrale, qui représente la Crucifixion ainsi que le couple fondateur, Saint Louis et son épouse Marguerite de Provence. Cette disposition forme comme une procession, elle est une mise en scène ostentatoire qui permet à la famille de Bourbon-Montpensier d’affirmer sa puissance et de rappeler que Saint Louis, leur ancêtre, leur a transmis une parcelle de son sang royal. Dans les deux autres registres, une scène unique occupe toute la baie. Elle n’est pas constituée de multiples épisodes juxtaposés et superposés comme dans les vitraux du Moyen-Âge, mais constitue un véritable tableau qui ne tient pas compte des meneaux de pierre. Le registre central, le plus important, est une évocation de la vie de Saint Louis, depuis son sacre à Reims le 29 novembre 1226 jusqu’à sa mort à Tunis le 25 août 1270. Le roi est mis en parallèle avec le Christ, dont la Passion est représentée dans le tympan. La lecture des verrières se fait du bas vers le haut, des Bourbons vers le Christ." (Marie-Pierre Terrien)

 

"Un important corpus de biographies de Louis IX a été produit par les hagiographes à la fin du XIIIe siècle, afin de le glorifier en vue de sa canonisation. S’intéressant davantage au saint qu’au souverain, elles ont véhiculé le portrait d’un roi mythique. Trois images principales, qui veulent souligner sa piété, s’en dégagent : un roi héritier des rois de l’Ancien Testament, un roi très chrétien qui pratique la charité et un roi guerrier qui part en croisade sur les pas du Christ. Les images de Saint Louis, proposées dans les verrières de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude concordent avec ce portrait idéalisé du souverain. Le cardinal de Givry, qui a offert les vitraux, a joué un rôle fondamental dans la réalisation de ce programme iconographique très abouti. Homme d’Église, mais aussi grand mécène, il était au contact des humanistes de son temps. Enrichis par les sources de la Renaissance, les vitraux de Champigny-sur-Veude véhiculent un message qui vise également à célébrer Louis Ier de Bourbon, dont les hauts faits répètent ceux de son ancêtre, le roi Très saint. Ils rappellent à la fois son courage quand il part faire les guerres d’Italie et sa ferveur religieuse quand il lègue des reliques de la Passion à la collégiale." (Marie-Pierre Terrien)

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Vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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LE MANUSCRIT ENLUMINÉ LE LIVRE DES FAIZ MONSEIGNEUR SAINT LOYS BnF FR.2829. 

 

 "Il s'agit d'une compilation des épisodes de la vie de Louis IX et des miracles ayant eu lieu après sa mort sur son tombeau, écrite par un auteur anonyme. Elle a été commandée par Charles II de Bourbon, cardinal et archevêque de Lyon vers 1480-1482, qui y trouve l'occasion de glorifier son ancêtre. L'ouvrage était destiné à l'une des femmes de son frère, le duc Jean II de Bourbon, qui, d'après la date du manuscrit et certains indices héraldiques, pourrait être Jeanne de France (1435-1482). Il s'agit de l'ouvrage le plus ambitieux enluminé par le maître anonyme et celui qui lui a donné son nom de convention. Tous les chapitres de l'ouvrage sont enluminés : le prologue (miniature de dédicace), les 41 chapitres de la vie du roi (f.7-f.83) puis les 75 miracles du saint (f.84-115v), un chapitre sur sa canonisation et une conclusion soit 122 miniatures au total dont 48 en pleine page. Le maître développe ici un programme iconographique original tout en restant très proche du texte.  Saint Louis y est représenté d'une manière différente en fonction de ses différents rôles, selon qu'il incarne le monarque, mais aussi l'époux, le père ou encore une figure christique ." (Elliot Adam)

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Etude du manuscrit.

 

La reliure de maroquin rouge aux armes et symbole royaux (collier de l'Ordre du Saint-Esprit) date de la fin du XVIIe-début du XVIIIe siècle.

La notice de la Bnf n'indique pas ses propriétaires, mais le manuscrit fut donné en 1488 par Anne de Beaujeu à son frère Charles VIII.

Il s'ouvre en page 2v par une enluminure pleine page du blason de France d'azur aux trois fleurs de lys d'or, couronné et entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel modèle antérieur à 1516, avec en haut la devise PLUS QUAUTRE et en bas  la mention KAROLUS . OCTAUS . Il faut lire le S final comme le signe abréviatif en exposant 9 de -us latin. Soit, ici, après un U qui a valeur d'un V, OCTAVUS

La bordure est un carroyage bicolore, gris et or, les 26 carrés portant un S gothique. 

La devise se trouve répétée en abyme dans les quatre traits droits du S de PLUS.

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BnF fr 2829 Le Livre des faiz folio 2v. Droits Gallica

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On trouve ce frontispice dans les manuscrits Bnf fr. 823 et 5054, mais la devise PLUS QUAUTRE y est absente.

a) Le BnF français 823, à la même reliure de la Bibliothèque royale que le Livre des faiz, contient les Pèlerinages de Digulleville ; il  date de 1393. Le folio Av, enluminé secondairement,  montre le même complexe emblématique et héraldique ( différence : carreaux bleu-gris et or ; fond damassé rouge et or ; inscription KAROLUS OCTAVUS)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10462501n/f10.image

 

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BnF français 823 folio Av . Droits Gallica.

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b) Le BnF français 5054 contient les Vigiles de Charles VII de Martial d'Auvergne ; c'est un manuscrit daté vers 1484, copié à Chaillot, enluminé à Paris par deux artistes du cercle de François Le Barbier fils. Sa reliure de maroquin rouge aux armes et symbole royaux est semblable à  celle des ouvrages précédents. Le frontispice a été ajouté par Jean Bourdichon, il est identique au précédent .

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BnF français 5054 Bv. Droits Gallica

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Analyse des emblèmes du frontispice du Livre des faiz.

Nous sommes donc dans un ensemble emblématique associant des couleurs (gris et or), un sigle (le S), une devise ou mot (PLUS QUAUTRE), l'identité KAROLUS . OCTAVUS, et un blason. 

KAROLUS OCTAVUS désigne bien-sûr Charles VIII. 

Les couleurs.

Le jaune et le gris sont les couleurs de Charles VIII et d'Anne de Bretagne à Amboise , et sont dédiés aux chambres du roi et de la reine, alors situées dans le logis dit de Louis XI. Dans les minutes de l’hôtel d’Anne de Bretagne où ces chambres sont répertoriées, elles sont dites « a la devise du seigneur », sans autre précision comme s’il existait une correspondance évidente entre le roi et les couleurs qui le représentent. À la suite des chambres, sont d’ailleurs énumérées : Sept pieces de satin gris et jaulne qui servent au retraict et garde robe dudit seigneur de pareil blason comme les dessusdites." (L. Gaugain)

Avant le départ du roi pour Naples en 1494, la description de sa tenue de chasse conjugue les mêmes coloris. On pourrait donc penser que Charles VIII a porté pour couleurs le jaune et le gris avant l’expédition d’Italie. On sait en revanche qu’à la bataille de Fornoue, le 6 juillet 1495, Charles VIII portait pour couleurs le violet et le blanc, qui l’avaient mené à la victoire.

 

Le S fermé.

  Ce S fermé, un S gothique barré d'un trait en diagonale, désigne la « fermesssa » ou « fermesse », c'est à dire la fidélité politique ou amoureuse voire religieuse. 

Les appartements du couple royal à Amboise étaient décorés d'une tenture de satin jaune et gris garnie de grands S de velours noirs à cordelières : "on retrouve ces couleurs au logis des Sept Vertus, en 1498 – comme nous allons le voir. Lors de la fête donnée en l’honneur de Philippe d’Autriche et Jeanne de Castille à Blois en 1501, la chambre de la dame d’honneur de l’archiduchesse, Madame de Halluyin, est précisément ornée de ces parures jaunes et grises, dont les embrasses de rideaux sont de grands « S » de velours noirs « noués en façon d’une cordelière », venues du logis dit de Louis XI ; que les minutes de l’hôtel d’Anne de Bretagne signalent en effet, dans la marge, en récolement, envoyées à Blois"

Les mêmes couleurs se retrouvent sur les tapisseries  qui furent achetées en 1493-1494 pour orner les appartements de Charles VIII et Anne de Bretagne au logis du donjon, c’est-à-dire dans la partie occidentale du château. On y reconnait les tons jaunes et gris dans lesquels avaient été réalisées les chambres des époux royaux ainsi que, timbrées de S et de cordelière ducale, les embrases de velours noirs qui tenaient les rideaux.  "Tappicerie de damas sathiné gris et jaulne faictes a la devise dudit seigneur et rapportees par SSS entrelassees: Huit pieces de tappicerie de damas gris et jaulne obscur ou esdites pieces sont rapportees grandes SS de veloux noir et une cordeliere a travers S, lesquelles pieces servent pour la chambre dudit seigneur et en icelles est comprins le ciel. Trois rideaulx de taffetas gris et jaulne. Sept pieces de satin gris et jaulne qui servent au retraict et garde-robe dudit seigneur de pareil blason comme les dessusdites. Quatre pieces de satin gris et jaulnes servantes a l’oratoire dudit seigneur a SS. Huit pieces de tapicerie de damas gris et jaulne comprins le ciel a SS de veloux noir et une cordelliere a travers lesquelles servent pour la chambre de la royne. Trois rideaulx pour ladite chambre dont en y a deux de damas gris et jaulne et ung rideau de taffetas."

Le S fermé est présent, entre deux soleils  sur les guides du cheval de Saint Hubert sur le linteau de la chapelle royale d'Amboise.

http://www.lavieb-aile.com/2015/08/le-linteau-du-portail-de-la-chapelle-saint-hubert-du-chateau-d-amboise.html

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photo lavieb-aile

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Un soleil portant un S fermé est visible au folio 4 du Livre des quatre dames BNF fr fr. 2235.

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BnF fr 2235 folio 4v. Droits Gallica

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Le S fermé avec le mot PLUS QUAUTRE est placé au centre d'un soleil sur la tapisserie La destruction de Troie, datant du troisième quart du XVe siècle. (Victoria and Albert Museum)

https://www.vam.ac.uk/articles/the-war-of-troy-tapestry

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1973_num_131_2_6929

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Le mot PLUS QUAUTRE.
J'ai déjà signalé qu'il est présent en haut à gauche et répété deux fois sur la tapisserie La Destruction de Troie, où Charles VIII l'a fait placer lorsqu'il en fut propriétaire.

Selon V. Terrasson de Fougères " Parmi les motto ou courtes sentences adoptées par le roi, Yvonne Labande-Mailfert cite à partir de 1492 « Plus quaultre » (sic) que porteront certains de ses pensionnaires sur leurs journades lors de l'entrée à Florence, cette devise succède aux devises plus légères de sa jeunesse telle que « A mon atante » et « J'ayme tant fort une ».

Le roi l'a inscrite de sa propre main, avec sa signature, sur un manuscrit exécuté pour Charles-Orland, son fils aîné (1492-1495). Il s'agit de « L'Ystoire du tres sainct Charlesmayne»  BnF, Fr. 4970, au folio 47 . La devise met en valeur le S de PLUS, et ce S se retrouve dans le C de CHARLES.

 

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On la signale aussi sur des Très Petites Heures du roi, un manuscrit mis en vente  en 2000.

https://www.lotsearch.net/lot/petites-heures-of-charles-viii-use-of-paris-in-latin-illuminated-46569319

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Source Christie's

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J'ai mené assez loin cette digression pour mon seul plaisir ; mais on peut en conclure que le manuscrit du Livre des faiz n'était pas accessible comme modèle pour un peintre-verrier à partir de 1488, date à laquelle il rentra dans la bibliothèque royale. 

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Le folio 3v.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f9.item.zoom

Le texte y est placé dans un cartouche inséré au tiers médian de la page, délimitant ainsi deux registres. 

 Au registre supérieur, l'auteur offre son  manuscrit à un cardinal, dans une riche chambre d'apparat et en présence d'une foule de courtisans, dont un noble portant un faucon dont le capuchon est ôté. Les coiffures sont soit le bonnet florentin, soit le chaperon. On peut en étudier la technique stylistique , avec l'usage de hachures à l'or liquide notamment sur les fonds bleus et rouges, soit de dessins comme le damassé des étoffes du lit,  selon l'art du camaïeu d'or. En haut, une inscription ONCE (?) LE ROY. Sur des aumônières, quelques monogrammes.  Dans l'encadrement architecturé, je remarque la clef de voûte pendante  ornée de deux anges présentant  les armoiries royales, et sur les culots de départ des nervures, une statue de saint Louis et une autre de Charlemagne. Les deux bâtons croisés sous le galero sont pour moi énigmatiques.

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Le texte donne le Prologue : ICY COMMANCE LE PROLOGUE SUR LE LIVRE DES FAIZ MONSEIGNEUR SAINT LOYS JADYS ROY DE FRANCE. Jehan arcedyacre de Salesbery docteur bien renomme en son ne prologue de son livre intitulé Policraticon par forme question interrogatoyre dit et demande qui est celuy qui pourroit congnoistre et savoir les fais des alixandres les fais des cesars empereurs romains qui se esmerveilloit...[des stoiques et des peripathetiques qui furent deux sectes de philozophes anciens]

Le Policraticus  est un livre de philosophie morale et politique écrit par Jean de Salisbury vers 1159 et abordant la question de la responsabilité des rois et leur relation à leurs sujets.

Dans cet encart, les armes des Bourbon, et, au centre l'emblème de l'épée flamboyante.

Le registre inférieur se déroule, selon l'inscription, à MOULINS EN BOURBONNOIS. Elle est divisée en deux par une tour portant les armes des Bourbons tenues par deux ours. À gauche, le duc de Bourbon (collier de Saint-Michel) entouré de ses conseillers, sous son blason, est désigné par DE BOURBON, précédé d'un prénom ou d'un titre en latin. C'est a priori le duc Jean II (1426-1488). À droite, le cardinal est identifié par l'inscription KAROLUS. C'est le cardinal Charles de Bourbon (Moulins, 1433-Lyon, 1488) qui fut archevêque de Lyon (1480-1482) et évêque de Clermont (1476-1488). Il présente ou offre le manuscrit à reliure cramoisi à une femme de noble condition, qu'on assimile à la duchesse de Bourbon. Le duc Jean II a eu trois épouses, mais les emblèmes et armes royales incitent à y voir Jeanne de France, fille de Charles VII, d'autant que sa robe est d'azur aux fleurs de lys d'or..

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folio 3v

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LES DIX REGISTRES MOYENS DES VITRAUX DE LA SAINTE-CHAPELLE DE CHAMPIGNY: VIE ET MORT DE SAINT LOUIS.

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On en trouve une description précoce dans De Chergé, 1838.

 

 

 

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Du coté nord :

1. Le sacre de saint Louis.

2. L'éducation de saint Louis

3. La translation des reliques à la Sainte-Chapelle de Paris.

4. Piété et charité de saint Louis.

5. Saint Louis fait vœu de croisade en Terre sainte.

Du coté sud :

6. Embarquement de saint Louis à Aigues-Mortes.

7. La prise de Damiette par les Croisés.

8. La bataille de la Mansourah ; saint Louis set fait prisonnier.

9.  Retour de la première croisade de saint Louis.

10. La mort de saint Louis.

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1. Le sacre de saint Louis.

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Il s'agit de la baie 9.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOVYS EN LAAGE DE TREIZE ANS FUT SACRE EN LEGLISE DE REINS PAR LEVESQVE DE SOISSONS LE SIEGE ARCHIEPISCOPAL DE REINS VACANT PRESENS LES PERS ET PRINCES DE FRANCE .

La scène a été très restaurée au XIXe et XXe siècle.

À droite, l'évêque et les dignitaires ecclésiastiques ; à gauche, neuf "barons", barbus, couronnés, arborant le collier de l'Ordre de Saint-Michel, portent les insignes régaliens et de chevalerie : épée, casque, couronne et étendard (de gueules à la croix d'argent, celui des Hospitaliers). Le baron de gauche porte des collants rouges, une tunique d'or damassée, et un manteau court, bleu, et fourré.

Louis IX fut sacré en la cathédrale de Reims le 29 novembre 1226 par Jacques de Bazoches évêque de Soissons, mais il avait été adoubé chevalier lors d'une étape à Soissons quelques jours auparavant. Les grands seigneurs et les prélats étaient absents. 

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L'enluminure du Livre des faiz monseigneur, folio 7r, est différente dans sa composition et dans ses costumes, mais la cérémonie est identique ; les barons tiennent des lances, les éperons, l'épée et l'oriflamme (d'azur semé de fleurs de lys). Les prélats mitrés remettent la couronne, le sceptre, la ceinture bleue, la tunique d'azur fleurdelisée, et un reliquaire. Un retable de la Vierge entre saint Pierre et saint Paul, et un drap d'honneur damassé, sont peints en camaïeu d'or sur fond brun.

 

 

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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2. L'éducation de saint Louis durant la régence de Blanche de Castille.

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COMMENT APRES LE SACRE ET COURONNEMENT DV ROY SAINT LOVIS LA ROYNE BLANCHE DE CASTILLE SA MERE LE BAILLA A GOVVERNER ET INSTRUIRE A JEAN VERTV[EVX] ASSAVOIR QUANT AVX CHOSES SPRIRITVELLES AVX FRERES PRESCHEVRS ET MINEVRS ET LES CHOSES TEMPORELLES GOVVERNANT PAR LE CONSEIL DES SAGES CHEVALIERS ET BARONS DE FRANCE.

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Dans le Livre des faiz, cet épisode correspond au texte du folio 8r ""… et demeura toujours sous la garde et tutelle de la dite reine sa mère qui le fit introduire et enseigner par nobles et grands clercs tant des prêcheurs comme des cordeliers et tellement le conduisit en bonnes manières et singulièrement à pitié et compassion des pauvres que dès son jeune âge il leur donnait tout ce qu'il pouvait avoir pour l'amour et honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ."

 mais il n'est pas illustré :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f19.item.zoom

 

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Dans la partie supérieure du vitrail, une scène de genre est basée sur la préparation d'une chasse au faucon, observée depuis les fenêtres du palais par les courtisans.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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3. La translation des reliques à la Sainte-Chapelle de Paris.

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Restauré. Verre gravé.

 

 

COMMENT LE ROY LOVIS FIST EDIFFIER LA SAINCTE CHAPPELLE DV PALAIS A PARIS ET Y FIST APPORTER REVEMMENTE PROCESSION LUY ET SES FRERES Y ESTANS NVES TESTES ET NVDSZ PIEDZ LA SAINCTE COVRONNE LA VRAYE CROIX LESPONGE LE FER DE LA LANCE ET AVLTRES RELIQVES QVIL RECOVVRA DE LEMPEREUR DE CONSTANTINOBLE ET DES PHENICIENS

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La procession n'est pas très différence de celles représentées sur les vitraux de Pont-Audemer , de  Louviers ou des Andelys vers 1515 : en tête le porteur d'une croix, puis les prélats, l'évêque tenant la relique de la Sainte-Epine, puis saint Louis et ses frères (sans barbes) pieds et jambes nus (pas de chausses) , tenant des cierges. Nous retrouvons les manteaux courts à taillades sur des tuniques damassées, et les colliers de Saint-Michel.

 http://www.lavieb-aile.com/2018/12/la-verriere-de-la-vie-de-saint-ouen-en-l-eglise-de-pont-audemer.html

 

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L'enluminure 17r du Livre des faiz est différente, puisque le roi tient la couronne d'épines.

folio 17r

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Détail: le verre rouge gravé de la chape de l'évêque.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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4. Piété et charité de saint Louis.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOYS PRENNOIT DISCIPLINE PAR LES MAINS DE SON CONFESSEVR PORTOIT LA HAIRE SVR SON CORPS MENGEOIT LE DEMEVRANT DE CE QVI ESTOIT DESSERVI DE DEVANT LES POVRES LEVR LAVOIT LES PIES ET LES NOVRISSOIT LUY MEME DE SES MAINS DONNOIT A MENGER A VNG POVRE RELIGIEVX MALADE ET PARALYTIQVE EN LABBAYE DE ROYAVMONT LABBE CE VOYANT PLORANT DE RAVISSEMENT 

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folio 13v

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folio 13v

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Le registre supérieur.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Le registre inférieur.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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5. Saint Louis fait vœu de croisade en Terre sainte.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOYS ESTANT GRIEFVEMENT MALADE AVEC SES TROIS FRERES ET PLVSIEVRS AVTRES PRINCES DV ROYAVME FIRENT VEV DALLER OVTRE LA MER POVR GVERROER AVX INFIDELLES POVR METTRE LA TERRE SAINCTE AVX CHRETIENS .

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Voir Livre des faiz folio 19v  Comment le roy fut malade a Pontoyse.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f42.item.zoom

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Voir Livre des faiz folio 23r Comment le roy saint Loys print son chemin pour aler oultremer come il lavoit voué. Chapitre xv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f49.item.zoom

 

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Notez le verre rouge gravé et peint au jaune d'argent (tunique d'un courtisan) ou seulement meulé (couverture du lit du roi), et la présence de pièces montées en chef-d'œuvre (pierre précieuse de la mitre en verre bleu).

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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6. Embarquement de saint Louis à Aigues-Mortes. Victoire à Damiette.

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LE ROY LOYS SEMBARQVE AVECQVES LA REYNE MARGVERITE A AIGVES MORTES LE 25 AOUT 1248

LE MAITRE DE LA NEF SECRIA A SES GENS VOTRE BESOGNE EST PRETE SOMMES NOUS A POINT

LES SARRAZINS SE VOYANT BATUZ DEVANT DAMIETTE MIRENT LE FEV EN LA CITE .

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Rappel :  Embarquement à Aigues-Mortes et hivernage à Chypre. Prise de Damiette en Egypte.

Dès 1247, Louis IX envoie à Chypre une équipe de fournisseurs chargés d’organiser l’intendance et le ravitaillement de la future expédition. Afin de disposer d’un port situé sur le domaine royal, Louis IX ordonne la construction du port d'Aigues-Mortes. C’est de ce port qu’il embarque le 25 août 1248, avec une grande partie de la noblesse française. La flotte débarque à Limassol le 17 septembre 1248 où elle est reçue par le roi Henri Ier et s’apprête à hiverner dans l’île. Cet hivernage va permettre aux chefs de la croisade de préparer leur stratégie en vue de cette expédition.

Le 5 juin 1249, les croisés débarquent en Egypte sous les charges successives des soldats musulmans, et réussissent à mettre le pied sur le rivage, puis à repousser l’armée ayyoubide. Fakhr al-Din décide d’abandonner la plage. Il se replie sur Damiette, mais n’ose pas y rester et se réfugie à Ashmûn-Tannâh, plus au sud. Pris de panique, les habitants de Damiette évacuent leur ville pour fuir dans le delta du Nil. Avec prudence car ils craignent un piège, le 6 juin, les croisés peuvent entrer dans Damiette, et s’en emparer.

L’armée se met alors à attendre l’arrivée du reste de la flotte, dispersée par la tempête. Lorsqu’elle est enfin réunie, il est trop tard pour marcher sur Mansourah et Le Caire. En effet, la crue du Nil a commencé et les croisés doivent attendre qu'elle se termine en octobre 1249. (Wikipedia)

 

Voir Livre des faiz folio 34v : Comment le roy print port a Damete chapitre XXIIII . Le roi, en armure, et un cardinal sont sur le château-avant d'une nef, sous les bannières de la Crucifixion, de saint Denis et de saint Michel.

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f72.item

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Sur le vitrail, le roi est déjà à terre, accompagné de la reine, en avant de ses troupes.

Les têtes du panneau central datent du XIXe siècle.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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7. La prise de Damiette par les Croisés.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOYS VENANT DE CHIPRE ESTANT DEVANT DAMIETTE EN EGYPTE SAVOIT EN LA MER COVRVT SVS LE SOVLDAN ESTANT MORT DE CONGNOISSANT SARRASINS SE SAVERENT MIRENT LE FEV EN LA CITE . CE QVE VOIANT LE ROT Y ENTRA AVEC LE LEGAT DV PAPE EN CHANTANT TE DEVM .

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Voir Livre des faiz folio 36v Comment le roy print le lendemain quil fut arrivé la cite de Damiete

(enluminure) et 37r +37v  (texte). Sur l'enluminure, le roi est représenté 2 fois : à bord, puis à cheval. Notez l'harnachement en camaïeu d'or sur fond rouge, de même que l'oriflamme de Saint-George en haut à gauche.

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Le folio 38v illustre Comment le roy saint Louis et tout l'ost partit de Damiete honorablement et par grande ordonnance. Chapitre XXVI. Le roi a été averti "que le soudan et toute la compaignie de multitude de paiens était venu en ung lieu appelé la Mastore".

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f80.item.zoom

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Le vitrail associe plusieurs registres : l'arrivée de saint Louis et de  ses navires ; un combat à terre, la traversée d'un pont et l'entrée dans Damiette ; une procession. 

Les verres rouges des rondaches sont gravés pour représenter la croix blanche.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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8. La bataille de la Mansourah ; saint Louis prisonnier.

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COMMENT LE ROY S LOYS FIT PLVSIEVRS BATAILLES CONTRE LES SARAZINS DEVANT LA VILLE DE LA MASSERE QVIL TENOIT ASSIEGEE QVIL EUT VICTOIRE MAIS DVRANT LE SIEGE VNE PESTILENCE SE MIST DEDANS LOST DES CHRETIENS A LEVR FAILLIRENT TOVS VIVRES LE COGNOISSANS LES SARAZINS ASSALIRENT LE ROY ET SON ARMEE QUI VAILLAMENT SE DEFENDIT MAIS FINALEMENT FVT PRIS PRISONIER EN VNE PETITE VILLE DENOMMEE CAZEL OU IL SEST RETIRE.

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La ville de "Massere" correspond à Mansourah, nommée aussi dans les Grandes Chroniques  La Maçoure ou la Mascurre, et, dans le Livre des faiz, Maslore..   

 Joinville mentionne le cazel de Minieh, mais cazel, ou  quasel, kasel signifie "bourg" de même que "minieh". Louis IX a été fait prisonnier dans un village proche de Fariksur, cité proche de Damiette, puis a été retenu en détention dans la demeure, Dâr Ibn Luqmân, du cadi de Mansourah.

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Dans le Livre des faiz, la scène est décrite au folio 41v : Comment le roy saint Loys en cuidant retorner a Damiete fut print. XXVIIe chapitre.  Après cette deconfiture ainsi faicte fuxles sarrazins ne demoura guere apres que le filz du soudan mort vint des parties d'orient et arriva a la maslore et le receurent les egyptiens a grande reverence et honneur comme leur ...etc

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En comparaison, le vitrail malgré au premier plan, la charge de la cavalerie des Infidèles, au sabre, contre les chevaliers français, me semble moins éloquente. Et encore une fois, je suis très loin d'y trouver la même satisfaction esthétique ou la même maîtrise de peinture. Ne parlons pas de la minutie de chaque détail, c'est le propre des miniatures.

 

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Le vitrail : notez l'emploi de verre rouge gravé.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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9.  Retour de la première croisade de saint Louis.

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COMMENT LE ROY FIT PLVSIEVRS BELLES ORDONNANCES APRES SA DELIVRANCE ET AVOIR FAIT EN LA TERRE SAINCTE BONNES REPARATIONS DES PRELATZ ET CHEVALIERS VINCT AVEC LA REYNE ET SES PRINCES PAR LE MONT CARMEL OV DEMEVRAIENT DES CARMES QVIL AMENA AVEC LUY EN SA COMPAGNIE DE QVOY IL FVT SI HEVREVX ET SI GRAND CONTENTEMENT QVIL FONDA DES INSTITVTIONS DE CARMES EN SA VILLE DE PARIS LA REYNE BLANCHE AYANT DECEDE LE ROY SEMBARQVANT DEVXIESME FOIS ET ARIVA DOVLTRE MER EN LANEE 1254 EN FRANCE

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Rappel : La septième croisade est la première des deux croisades entreprises sous la direction du roi Louis IX. Décidée par le roi en 1244, elle quitte le royaume de France en 1248 et aborde l’Égypte en 1249. Vaincue par les maladies, l’armée ne retrouve sa liberté qu’en 1250, et le roi de France passe les quatre années suivantes à mettre le royaume de Jérusalem en état de se défendre contre les Mamelouks. La croisade prend fin en 1254, avec le retour du roi en France après la mort de sa mère Blanche de Castille, qui assurait la régence du royaume pendant son absence.

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Le Livre des faiz consacre une belle page (folio 43r) à la comparution de saint Louis prisonnier devant le Sultan.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f89.item.zoom

Le folio 47v dépenint le départ du roi et de la reine de Damiette vers Acre.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f98.item.zoom

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Le folio 49v montre le séjour à Acre durant 5 ans, et le roi soignant ou enterrant les chevaliers victimes de l'épidémie, tandis qu'un évêque et un cardinal se bouchent le nez.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f102.item.zoom

Le folio 51v illustre les événements qui surviennent en France pendant que le roi est en Syrie. Et le folio 53v du retour en France des deux frères du roi.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f106.item.zoom

La scène du retour du roi en France, sujet de ce vitrail, est illustré au folio 55r. Sa partie supérieure est consacrée à la mort de Blanche de Castille.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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10. La deuxième croisade du roi ;  mort de saint Louis (25 août 1270).

 

 

COMMENT LE ROY SAINCT LOYS ACCOMPAGNE DE PHILIPPE SON FILZ AISNE QVI FVT ROY DE FRANCE DAVTRE PRINCES MIST SON CAMP DEVANT LA CITE DE TVNES QVIL TINT LONTEMPS ASSIEGEE ET Y FVT PLVSIEVRS BATAILLES CONTRE LES SARAZINS ET DVRANT CE TEMPS LUY VINT VNE GRIEFVE MALADIE LAQVELLE IL DECEDA --- SON CORPS REPOSA EN FRANCE SEPVLTVRE EN LEGLISE DE SAINT DENIS DE FRANCE OV IL SOPERA DEPVIS LE TEMPS PLVSIEVRS SIGNES ET MIRACLES .

 

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Rappel.

"Urbain IV appelle à une huitième croisade. Les croisés partent de 1265 à 1272. Ils consacrent leurs efforts à aider les Francs d'Acre à défendre leurs dernières places. Pour Louis IX, cette huitième croisade est un pèlerinage expiatoire. Il se dirige vers Tunis car il espère convertir au christianisme l'émir hafside al-Mustansir et, peut-être, faire de la Tunisie une base d'attaque vers l'Égypte mamelouke qui contrôle alors la Terre sainte. Il apparaît très vite que l'émir n'a aucune intention de se convertir. La dysenterie (ou le typhus) fait des ravages dans les troupes. Louis IX, touché à son tour, meurt, le 25 août 1270 à Carthage." (Wikipedia)

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Le siège de Tunis n'est pas représenté dans le Livre des faitz. Le roi est montré malade sur une vignette du folio 78v. Le folio 82r montre le retour de la dépouille du roi à Paris, menée par son fils Philippe.

 

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Sur le vitrail, la tête de saint Louis date du XIXe siècle.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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— ADAM (Elliot), 2016, Le camaïeu d'or dans l'enluminure en France au XVe siècle. Une technique de réduction du coloris, mémoire de Master 2 Université Paris-Sorbonne.

https://www.academia.edu/28406636/Le_cama%C3%AFeu_dor_dans_lenluminure_en_France_au_XVe_si%C3%A8cle._Une_technique_de_r%C3%A9duction_du_coloris

 

 

— BREJON DE LA VERGNÉE (Jacques), 1978, "L'emblématique d'Anne de Bretagne d'après les manuscrits à peinture (XV-XVIe siècles)", Société archéologique de Bretagne pages 83-95.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/522a692da8aab9.35279840/1978_04.pdf

— DE CHERGE (Ch.), 1838, Le château et la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude (Indre-et-Loir),  Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers, Volumes 3 à 4 Société des Antiquaires de L'Ouest

https://books.google.fr/books?id=4WoDAAAAYAAJ&dq=%22saint+Louis%22+MASSERE&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— ERLANDE-BRANDEBURG (Alain) 1975, "Eugène Pépin. Champigny-sur-Veude et Richelieu (coll. « Petites monographies des grands édifices de la France », n° 93)  [compte-rendu]" Bulletin Monumental  Année 1975  133-1  pp. 99-100

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1975_num_133_1_5454_t1_0099_0000_4

«  Commencée peu après 1507 par Louis Ier de Bourbon, elle est vraisemblablement terminée par Louis II, vers 1543. Outre son décor architectonique et ce qui subsiste de son mobilier, elle est pourvue de onze verrières qui en font toute la réputation. Au centre se trouve la Crucifixion sous laquelle on reconnaît saint Louis, patron de la chapelle, et Marguerite de Provence, son épouse. Les dix autres vitraux sont divisés en trois registres avec à la partie supérieure des scènes religieuses, au centre des grandes compositions qui ont trait à la vie de saint Louis et à la partie inférieure les portraits des ancêtres des constructeurs de la chapelle. On a cru pouvoir distinguer deux séries, mais M. Pépin, frappé par l'unité stylistique qui se dégage de cet ensemble, pense que les cartons de ces onze vitraux sont l'œuvre d'un seul artiste. Ce dernier serait d'ailleurs d'origine bourbonnaise. Le fameux manuscrit du Livre des faiz monseigneur saint Louis, exécuté à la demande du cardinal de Bourbon, entre 1476 et 1481, a d'ailleurs servi de thème d'inspiration iconographique « 

GAUGAIN (Lucie), 2014, Le château de Charles VIII, in Amboise, un château dans la ville Presses universitaires François-Rabelais, 2014 pages 95-206.

https://books.openedition.org/pufr/8132?lang=fr

 

— GRODECKI (Louis ) Martine Callias Bey, Françoise Perrot, 1981, Les Vitraux du Centre et des Pays de la Loire, p. 103-108, Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique (collection Corpus vitrearum - Recensement II), Paris,p. 103-108

— OTTIN (Louis), 1896, Le vitrail; son histoire, ses manifestations à travers les âges et les peuples, H. Laurens, Paris, page 6

https://archive.org/details/levitrailsonhist00otti/page/6/mode/2up/search/champigny

 

— PÉPIN (Eugène), 1928, "Champigny-sur-Veude et Richelieu", Henri Laurens, Paris, page 13-20.

—  RIVALE (Laurence), 2003, "Les vitraux de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude (Indre-et-Loire)" Congrès archéologique de France , Touraine, vol. 1555 partie 1997, Picard et fils, page 67

"Si donc le cartonnier, ou le peintre-verrier, de Champigny eut le Iivre des faiz Monseigneur saint Louis sous les yeux, ce ne fut qu'à titre de référence, d'aide-mémoire ou d'inspiration, tous procédés qui ne correspondent pas à ce qu'on sait de la façon de faire dans les ateliers du XVIe siècle"

TERRASSON DE FOUGÉRES (Vincent), 2001, La Royauté idéale. Images des rois Charles VIII et Louis XII à travers le spectacle des entrées royales et des guerres d'Italie (1497-1515). Thèse 1997-2001

 

TERRIEN (Marie-Pierre) 2017, La Sainte Chapelle de Champigny-sur-Veude Le programme iconographique des vitraux (première partie) 

https://www.institut-jacquescartier.fr/2017/01/la-sainte-chapelle-de-champigny-sur-veude-le-programme-iconographique-des-vitraux-premiere-partie-par-marie-pierre-terrien/

—TERRIEN (Marie-Pierre) 1997,  Images de Saint Louis dans les vitraux de Champigny-sur-Veude, Pays et terroirs, 1997

— TERRIEN (Marie-Pierre) 2010, « La Sainte Chapelle de Champigny-sur-Veude et le rôle du cardinal de Givry », Les chapelles royales. De la gloire de Dieu à la gloire du prince, Actes du colloque de Lunéville (18-20 novembre 2010), CTHS, 2015, p. 37-47.

https://iesr.hypotheses.org/1441

— TERRIEN (Marie-Pierre)

https://mariepierre-terrien.com/index.php/la-sainte-chapelle-de-champigny/ .

— TERRIEN (Marie-Pierre) 2007, Images de Saint Louis dans les vitraux de Champigny-sur-Veude, Cholet, Pays et Terroirs, 2007.

— TERRIEN (Marie-Pierre) 2015, « La Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude et le rôle du cardinal de Givry », in : Les chapelles royales. De la gloire de Dieu à la gloire du prince, Actes du colloque de Lunéville, CTHS, 2015,  p. 37- 47.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 10:57

La Crucifixion et 3 autres scènes d'une Passion (3ème quart du XVIe siècle) de la maîtresse-vitre de l'église de Ploudiry.

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Voir aussi sur Ploudiry :

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PRÉSENTATION : LES 28 PASSIONS FINISTÉRIENNES.

À la fin du XVe et surtout au XVIe siècle, les paroisses du Finistère choisirent, pour leurs églises qui, souvent, étaient en pleine reconstruction, une baie d'axiale consacrée à la Passion du Christ. On en estime le nombre à une cinquantaine, dont 27 sont conservées, complètes ou par vestiges.  Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper et partagent des caractères stylistiques communs, ou parfois même des cartons identiques. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie .

Dans les verrières les plus anciennes,  les lancettes sont découpées par registres en une douzaine de scènes successives de la Passion (Locronan, 18 scènes ; Lanvénégen ; Ergué-Gabéric; Braspart) . Cette répartition en damier ne sera pas abandonnée.

D'autres, plus tardivement au milieu du XVIe siècle, placent la Crucifixion dans un grand tableau central de 3 lancettes, tandis que les épisodes qui la précèdent (Cène, Lavement des pieds, Agonie, Arrestation, Comparutions, Flagellation, Couronnement d'épines,) ou la suivent (Déposition, Mise au Tombeau, Sortie du Tombeau) sont de nombre réduit, et repoussés en position périphérique.  C'est le cas à Saint-Mathieu de Quimper dès 1535, puis à La Roche-Maurice (1539), La Martyre (1540) et Ploudiry (ces trois églises voisines appartenant alors à la même paroisse de Ploudiry) ou à Tourc'h. C'est aussi le cas à Gouezec  (v. 1550) où trois lancettes entières montrent la Crucifixion et une la Déposition, et à Guengat (1550) avec trois lancettes pour la Crucifixion, une pour la Passion préalable, une pour la Déposition et une pour la Résurrection.

Enfin, d'autres paroisses choisissent de consacrer toute la verrière à la Crucifixion.

Dans ce groupe à grande Crucifixion centrale, certaines ressemblances montrent la reprise des mêmes cartons. C'est le cas pour Ploudiry et ses trèves de La Roche-Maurice et de La Martyre (*). Un quart de siècle plus tard, ces poncifs sont repris à l'église Saint-Ouen de Quéménéven, en nord de Cornouaille. C'est ce regroupement, ce sont ces comparaisons iconographiques et cette compréhension d'une évolution dans la composition de l'espace et de la structuration du récit de la Passion  qui rendent la découverte d'une nouvelle verrière si passionnante malgré la répétition des séquences.

(*) Une autre trève, Tréflévénez, possède les restes d'une maîtresse-vitre de la Passion de 1560-1570, mais ne provenant pas de l'atelier quimpérois.

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et dans le Morbihan :

 

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On attribue aussi à l 'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

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DESCRIPTION.

La baie 0, en un simple arc brisé, mesure 2,60 m de haut et 1,60 m de large et son décor s'organise en deux registres. La partie la plus basse est cachée par le dais du retable d'autel.

Cette Crucifixion est le reste d'une grande Passion du 3ème quart du XVIe siècle, postérieure à celle de La Martyre (v. 1540) et celle de la Roche-Maurice (1539). Elle résulte du remontage des panneaux de l'ancienne maîtresse-vitre de la Passion lorsque le chevet et le collatéral sud furent reconstruits en 1700. Par contre, lorsque l'église actuelle fut construite sur les plans de l'architecte Le Bigot entre 1854 et 1856, en conservant l'abside et le porche de l'ancien édifice, les baies latérales furent supprimées, mais la baie 0 est demeurée.

Elle bénéficia d'une importante restauration au XIXe siècle, puis en 1923 et 1934 par Labouret, puis en 1990 par Jean-Pierre Le Bihan de Quimper. Les deux scènes latérales du registre inférieur ont été interverties lors de l'une de ces interventions.

Louis le Guennec y signalait l'effigie d'un seigneur de Rohan du XVIe siècle (comme à La Martyre où il s'agit de René Ier de Rohan).

En résumé, ce que nous voyons ne reflète pas fidèlement l'aspect de la maîtresse-vitre initiale, ce qui tempère la valeur des comparaisons avec les autres verrières, elles-mêmes souvent recomposées.

Selon Le Bihan 1991, la date de 1567 figurait sur l'une des vitres. Il cite en référence Cyrille Pennec et son "Dévot Pèlerinage du Folgoët", mais l'examen de cette source ne confirme pas cette donnée. Par contre, Miorcec de   Kerdanet, éditeur de ce dernier ouvrage, signale la date de 1567 dans la paroisse de Ploudiry, mais sur l'une des verrières de La Martyre, alors une trève de Ploudiry , "au dessous du Père Eternel", dans son édition annote de la Vie des saints d'Albert le Grand.

Jean-Pierre Le Bihan ne reprend pas cette information dans les articles des années 2010 de son blog consacrée à cette Crucifixion de Ploudiry, mais l'estime postérieure à celles La Martyre et de la Roche-Maurice, donc postérieure à 1540.

Je ne  valide donc pas cette date de 1567 et je m'en tiens à l'estimation de Gatouillat et Hérold : "Troisième tiers du XVIe siècle".

En 1957, Léa et Job Guével réalisèrent les verrières des baies latérales 1 et 2.

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VUE GÉNÉRALE.

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On remarquera :

— sur le plan stylistique, l'emploi de verres rouges (et bleus) doublés et gravés à l'outil. La vue des remparts de Jérusalem, en grisaille sur verre bleu. Le motif du damassé à quatre couronnes autour d'un point, leitmotiv de l'atelier Le Sodec tout autant que les chevaux hilares. L'absence d'inscriptions sur les galons des vêtements.

Le verre gravé relie cette verrière à d'autres dans le Léon (auquel s'ajoute Pont-Croix en Cornouaille) : "Ce groupe serait donc composé de : Cuburien, La Roche-Maurice, Ploudiry, La Martyre (Jessé), Pont-Croix et de Lannédern." (R. Barrié).

— sur le plan documentaire, les vêtements des larrons à crevés ou taillades, comme à La Roche-Maurice, relevant d'une mode en usage sous François Ier voire Henri II.

— sur le plan technique, le travail du verrier Le Bihan, qui a remplacé les plombs de casse par un collage bout à bout des verres brisés.

Je procéderai à plusieurs comparaisons avec le groupe St-Mathieu de Quimper/La Roche-Maurice/La Martyre/Quéménéven, mais je laisserai le lecteur prolonger cette démarche grâce à ces liens :

 

http://www.lavieb-aile.com/2020/03/la-maitresse-vitre-de-saint-mathieu-a-quimper.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/09/la-maitresse-vitre-de-l-eglise-saint-yves-de-la-roche-maurice.html

http://www.lavieb-aile.com/2016/12/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre-vii.les-vitraux-du-choeur.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre-vii-les-vitraux-du-choeur.la-baie-0.html

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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LA GRANDE CRUCIFIXION SUR TROIS LANCETTES. 18 PERSONNAGES, 5 CHEVAUX ET 1 CHIEN.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX ENTRE LES LARRONS.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ en croix.

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Verre rouge gravé pour le nimbe.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Comparaison :

Par rapport à La Roche-Maurice et La Martyre, je remarque la disparition des plaies de la Flagellation sur le torse, sans doute par suite des restaurations, et le pâlissement de l'écoulement du sang le long des avant-bras, tandis que celui des pieds le long de la croix a complètement disparu. Le casque à ouverture en hublot des soldats, si particulier, n'est plus apparent. L'encadrement par les deux chevaux, les étendards et la lance de Longin se retrouve, sauf le jeu des diagonales en croix du coté droit. À Quéménéven, le schéma est conservé malgré quelques différences.

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La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Passion, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Passion (3ème quart XVIe) de l'église Saint-Ouen de Quéménéven. Photo lavieb-aile.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Le Bon Larron, dont l'âme est emportée par un ange vers les Cieux.

Tête et ange restaurés.

La comparaison avec les verrières de Saint-Mathieu (1896, qui serait une copie de Tourc'h 1550), de La Roche-Maurice est de celle de La Martyre est éloquente : les couleurs des vêtements ou leurs taillades ainsi que la posture jambe fléchie sont reprises à l'identique. Malgré l'importance de la restauration, on retrouve à Quéménéven la culotte verte à taillade, et la jambe gauche brisée par les soldats.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le bon larron, lancette A, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Passion (3ème quart XVIe) de l'église de Quéménéven. Photo lavieb-aile.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Le Mauvais Larron, dont l'âme est emportée par un démon gris.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Comparaisons :

 

Le Mauvais Larron, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le mauvais larron, lancette C, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Passion (3ème quart XVIe) de l'église de Quéménéven. Photo lavieb-aile.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Le verre rouge gravé à la molette en lignes et olives , repeintes au jaune d'argent, de la culotte du larron.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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LES CAVALIERS ; LA VIERGE ENTOURÉE DE JEAN ET DES SAINTES FEMMES; MARIE-MADELEINE.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Marie éplorée soutenue par Jean et une sainte femme.

Les silhouettes élancées, les traits des visages et les plis cassés des voiles semblent sortir d'un dessin à la pierre noire ou d'une gravure  rhénane.

Motif en fleur ou étoile à 4 couronnes du damassé.

Beau tapis de fleurs, peint au jaune d'argent sur verre bleu (gravé ? non signalé par Roger Barrié).

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Longin transperçant de sa lance le flanc du Christ.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.

C'est presque le point crucial de la Crucifixion, puisque Marie-Madeleine, bras écartés paumes vers le haut en extase douloureuse devant le sang qui s'écoule le long de la croix est celle qui est proposée comme modèle de participation mystique aux souffrances du Rédempteur à chaque fidèle. 

Sa robe rouge est remarquable par le verre rouge gravé des petits quadrilobes habituels qui sont  peints au jaune d'argent. 

"La coloration jaune des gravures est obtenue par l'application locale, à l'extérieur, de sulfure d'argent qui pénètre le verre à la cuisson ; mais les exemples ne manquent pas où cette teinture n'a pas pris. Le jaune d'argent possède un rayonnement qui respecte les limites de l'écran rouge qui le circonscrit : ainsi l'effet somptueux gagne en netteté. A la dextérité du graveur s'ajoute un maniement habile du jaune d'argent." (R. Barrié)

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Le Centenier converti.

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Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Grande Crucifixion. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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1. L'Agonie du Christ au Mont des Oliviers. Panneau A1.

Nimbe en verre rouge gravé. Têtes du Christ et de l'apôtre de gauche restaurées.

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Agonie de Jésus. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Agonie de Jésus. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Agonie de Jésus. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Agonie de Jésus. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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2. La Cène. Panneau B1.

Le moment représenté est celui où Jésus désigne Judas comme devant bientôt le trahir :   c'est celui à qui il va donner à manger. Jésus se tourne vers Pierre pour lui parler à voix basse tandis qu'il tend un morceau de pain vers la bouche de Judas. Saint Jean, allongé contre Jésus, a tendu le bras vers le plat contenant l'agneau de la fête de pâques

Très restauré à gauche (les verres les plus blancs).

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La Cène. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

La Cène. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

La Cène. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

La Cène. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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Comparaison.

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La Cène, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Fragment de Cène, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Passion de l'église de Quéménéven. Photo lavieb-aile.

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La Cène. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

La Cène. Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Baie 0 (vers 1550-1575) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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LA REMISE DES CLEFS À SAINT PIERRE EN BAIE 1 PAR LÉA ET JOB GUÉVEL  EN 1957.

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Ces verrières me permettent de découvrir cet atelier de Pont-Aven grâce à un article du Télégramme de 2014. Job Guével était Léonard d'origine.

 

"Michel Guével sera l'invité de l'association des Amis du Musée de Pont-Aven, samedi 31 mai 2014. Il commentera l'oeuvre de son père, le maître verrier Job Guével, dans l'église de Nizon.

La conférence se déroulera dans ce lieu, qui abrite de magnifiques vitraux de cet artiste familier du paysage pontaveniste. Elle promet d'être d'autant plus intéressante que Michel a longtemps accompagné la démarche artistique de son père.

Chez les Guével, l'art du verre est une affaire de famille. Job Guével (1911-2000) est né à Pleyber-Christ dans une famille de négociants en vin. De vocation artistique précoce, il intègre l'École nationale des Beaux-Arts de Paris. Sa rencontre avec Léa Hette, issue d'une lignée de souffleurs de verre de Bohême, est déterminante. Il a réalisé de nombreuses oeuvres d'art sacré. On dénombre 300 vitraux de ce « sculpteur de lumière » en Bretagne. Les édifices de Pont-Aven et de Nizon n'ont pas été oubliés. Novateur dans la technique, le style et la recherche de la couleur, son travail introduit de la modernité dans un art resté un peu conventionnel.

Installés à Pont-Aven durant la Guerre, les Guével font bâtir en 1947 la maison-atelier aux hautes verrières, derrière le square Botrel.

Sur les pas de son père, Michel, maître verrier de talent, développe une oeuvre originale dans son atelier du moulin de Valmondois. Fidèle à la ville de sa jeunesse, il y a gardé un pied-à-terre et de nombreux amis.

Le rond-point Job Guével, nommé ainsi sur proposition des Amis du musée, sera officiellement inauguré ce même jour. Trois oeuvres de l'artiste, offertes à la ville, y sont dressées. Elles rappellent ainsi aux visiteurs qu'ils entrent dans la Cité des Arts."

Voir aussi https://www.ouest-france.fr/bretagne/pont-aven-29930/une-conference-consacree-aux-vitraux-de-job-guevel-2577869

 

Un autre article mentionne une installation à l'Haÿ-les-Roses, où il réalise les vitraux de l'église Saint-Léonard, et son décès dans cette ville en 2000.

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Baie 1 (1957) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Baie 1 (1957) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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LE COURONNEMENT DE LA VIERGE EN BAIE 2 PAR LÉA ET JOB GUÉVEL  EN 1957.

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Baie 2 (1957) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Baie 2 (1957) de l'église de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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BARRIÉ (Roger), "Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale" , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1976  83-1  pp. 35-44

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

COUFFON, 1945

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COUFFON, (René) LE BARS (Alfred), 1988, "Ploudiy", 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUDIRY.pdf

"Vitraux : maîtresse vitre provenant de l'ancienne église (C.). Elle comprend à la partie supérieure une grande Crucifixion inspirée de celle de La Martyre mais plus tardive et affaiblie (XVIIe siècle). On sent le calque, car il n'y a pas de modelé et le dessin du centurion est même très mauvais. L'artiste a de plus alourdi la composition en ajoutant des personnages et en supprimant à gauche des chevaux qui l'équilibraient. Au-dessous, Notre Seigneur au Jardin des Oliviers, la Cène, l'Arrestation. Dans les deux autres fenêtres du chevet, vitraux de Job Guével représentant l'Assomption et les Clés de saint Pierre. "

GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les Vitraux de Bretagne, Corpus vitrearum vol. VII, Presses Universitaires de Rennes, page 162.

FAVÉ (Abbé Antoine), 1899, Au retour d'une excursion (Landerneau-Châteaulin), Bulletin de la Société archéologique du Finistère 

 

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1991, La maîtresse-vitre de l'église Saint-Pierre de Ploudiry, Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 189 à 202.

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2008, Ploudiry, une Crucifixion du XVIe, blog du 28 février 2008

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-17156286.html

"PLOUDIRY Eglise Saint-Pierre.    Edifice reconstruit en 1856-1857.
« Dans le devis de la construction de l‘église actuelle en 1700, il était prévu que les vitraux de l’ancienne église seraient replacés dans la nouvelle. Les armoiries du duc de Rohan figuraient en première place dans quatre vitraux. Ceux de la famille de Bresal dans 4 vitraux au-dessous de celle de Rohan. La famille de Rosnivien ne se voyait que dans une fenêtre, d‘autres armoiries, non identifiées, figuraient dans les vitraux.» Commission extra-municipale des affaires culturelles de Ploudiry.
La verrière du chevet, qui est une Crucifixion, est le reste d’une grande Passion, postérieure à celles La Martyre et de la Roche-Maurice. Restaurée en 1990 par l'atelier Jean-Pierre Le Bihan de Quimper, photo avant restauration avec la résille de plombs de casse; Le Guennec, historien, 1878-1935, y signale le duc de Rohan en donateur.
En 1700, il y a 3 vitraux derrière le grand autel, et  le chanoineAbgrall, au début du XX° siècle,dans ses notes manuscrites, voit 2 fenêtres figuratives dont le Couronnement de la Vierge du côté de l’épître et Jésus remettant à saint Pierre les clefs, du côté de l’évangile.

Verrières probablement disparues entre le relevé d’Abgrall et la pose de vitraux neuf en 1957, par l'atelier Guèvel de Pont-Aven. ce dernier a quasiment repris les mêmes sujets, Assomption et Clés de saint Pierre.

-1677. Kerautret, maître peintre et vitrier, met des vitres aux lucarnes de l’église et accommode toutes les autres vitres.

-1690, Alain Bourriquen, sieur du Jardin, peintre vitrier, accommode les vitres pour 6 livres et 4 sols.

-1700, église rebâtie.

-1708-1712. Jacques de Kergrach, maître vitrier, fournit des vitrages. Est dit de Landerneau.

-1755, François Michelot, maître vitrier, 90 livres.

-1856-1857. reconstruction sous Bigot.

 

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2010, Des gravures repères de l'église de Ploudiry , article de blog du 10 février 2010.

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-des-gravures-reperes-de-caudan-sa-chapelle-et-ploudiry-son-eglise-44669961.html

"PLOUDIRY La Crucifixion du XVI° est beaucoup remaniée à la suite de nombreuses restaurations d'un même atelier et probablement d'un même peintre. Elle comprend quinze panneaux dont  trois panneaux du bas, A2,  A3  et A4 de la lancette de gauche, possèdent des gravures, une par panneau,un A pour 3 La
 La gravure de repère du panneau avec anges a deux gravures 1 rouge,  Le panneau  avec Jésus Christ a deux gravures 2 rouge. Le panneau avec Saint Jean a une gravure, 3rouge.
Une Crucifixion du XVI° qui est  très remaniée à la suite de nombreuses restaurations d’un même atelier et probablement d’un même peintre, comprenant 15 PANNEAUX dont les 3 supérieures ont le X et les 3 inférieurs proviennent d’une grande Passion
La première lancette de gauche a une gravure A2rouge sur le second panneau, ainsi que lsur les troisième A3 rouge et quatrième A4 rouge
La seconde lancette a une gravure sur B4 rouge le quatrième panneau
La troisième lancette a une gravure en C3 .rouge.
 Il s’agit ici d’un enlevé au bois sur le dépoli de la face extérieure, le verre n’étant plus protégé, la marque est plus visible étant plus attaquée.
Pour les panneaux A2 et A3 l’explication de l’utilité de la gravure a un sens. La lettre est seule au milieu du panneau de vitrail. Il s’agit ici d’une numérotation un peu semblable à aux  nôtres."

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2011, "Eglise Saint-Pierre ;1856-1857 Dossier Vitraux XV et XVIe Photos baies nef, sur papier dans dossier." Article du 3 avril 2011 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-ploudiry-70914249.html

 

« dans le devis de la construction de l‘église actuelle en 1700, il était prévu que les vitraux de l’ancienne église seraient replacés dans la nouvelle. Les armoiries du duc de Rohan figuraient en première place dans quatre vitraux. Ceux de la famille de Bresal dans 4 vitraux au-dessous de celle de Rohan La famille de Rosnivien ne se voyait que dans une fenêtre, d‘autres armoiries, non identifiées, figuraient dans les vitraux.» Commission extra-municipale des affaires culturelles de Ploudiry.  La verrière du chevet, une Crucifixion, est le reste d’une grande Passion, postérieure à celles La Martyre et de la Roche-Maurice que les vitraux de l’ancienne église seraient replacés dans la nouvelle.

Les armoiries du duc de Rohan figuraient en première place dans quatre vitraux. Ceux de la famille de Bresal dans 4 vitraux au-dessous de celle de Rohan La famille de Rosnivien ne se voyait que dans une fenêtre, d‘autres armoiries, non identifiées, figuraient dans les vitraux.» Commission extra-municipale des affaires culturelles de Ploudiry. La verrière du chevet, une Crucifixion, est le reste d’une grande Passion, postérieure à celles La Martyre et de la Roche-Maurice. Le Guennec y signale le duc de Rohan en donateur.

En 1700, il y a 3 vitraux derrière le grand autel, et Abgrall, dans ses notes manuscrites, voit 2 fenêtres figuratives dont le Couronnement de la Vierge du côté de l’épître et Jésus remettant à saint Pierre les clefs, du côté de l’évangile. Verrières probablement disparues entre le relevé d’Abgrall et la pose de vitraux neufs par Guével qui a quasiment repris les mêmes sujets, Assomption et Clés de saint Pierre.

-1677. Kerautret, maître peintre et vitrier, met des vitres aux lucarnes de l’église et accommode toutes les autres vitres.

-1690, Alain Bourriquen, sieur du Jardin, peintre vitrier, accommode les vitres pour 6 livres et 4 sols.

-1700, église rebâtie.

-1708-1712. Jacques de Kergrach, maître vitrier, fournit des vitrages. Est dit de Landerneau.

-1755, François Michelot, maître vitrier, 90 livres.

-1856-1857. reconstruction sous Bigot.

Abgrall, fonds Bibliothèque Quimper. Description de la baie du chevet et signale un Couronnement de la Vierge du côté de l’Epître et côté Evangile la remise des clés ."

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LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Des diverses poses de la Madeleine, article du 10 octobre 2006.

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-4114062.html

Les diverses poses des Marie-Madeleine au pied de la Croix, dans les  Passions et Crucifixions du XVI° siècle  en Bretagne.  Iconographie de Marie-Madeleine.
Elle porte la chevelure dénouée et flottante, à cause de sa vie déréglée et parce qu'elle essuya les pieds du Seigneur. Elle  se pare d'un  collier de perles, souvenir de sa vie mondaine .Les larmes, le vase de parfums, d'onguent, les cheveux libres depuis le XIVe siècle, sont le signe de la pécheresse et de l?amante. Elle est vêtue de beaux  et riches atours 

-Bieuzy les Eaux, 56,
  Eglise,           Vitrail milieu XVI°  Du côté droit de la Croix,  La main droite enserrant, par derrière, la Croix . La main gauche plus bas.A genoux Robe bleue à manches vertes. Manteau rouge à damas en enlevés jaunes. L'église offre plusieurs baies sur la vie de Marie Madeleine

-Douarnenez, 29 Chapelle Sainte-Hélène Vitrail fin XVI°  Entièrement à droite de la Croix A genoux Mains jointes à la hauteur des pieds du Christ
Genou gauche à terre et sur le devant. Robe bleue à manche Manteau rouge.Pas de nimbe, le Christ non plus.Cheveux pris par un foulard long sur le dos ;
-Le Faouët, 56 Chapelle Saint-Fiacre, Vitrail seconde moitié XVI°A droite de la Croix Penchée vers Marie en Pâmoison Robe rouge à damas. Foulard blanc
 Nimbe verticale jaune.
Cheveux libres mais serrés
-Gouézec ,29 Chapelle N.D de Tréguron, Vitrail seconde moitié XVI°
                    Du côté droit
                    Derrière la Croix.
                    Mains et bras écartés
                    Robe verte
                     Manteau rouge
                    Chemisier blanc
                    Pas de nimbe
               Cheveux longs dans le dos, en boucles sur                         visage
                    Coiffure avec rangée de perles.
                    Vase à parfum sur la droite
Guengat , 29 Eglise Saint-Fiacre    Vitrail 1571   
                    Du côté droit
                    Mains jointes
                    Bras enserrant la croix.
                    Robe verte avec manches
                    Manteau rouge.   
                    Foulard blanc.
                    Nimbe vertical jaune.
                    Cheveux serrés par  deux cordelettes
-Guimiliau, 29 Eglise Saint-Miliau, Vitrail seconde moitié  XVI°,
                     A droite, en arrière ;
                     Mains jointes et bras enserrant la Croix.
                      Genou
                    Robe bleu à manches vertes à crevés
                    Manteau rouge.
                    Collet blanc
                    Pas de bonnet
                    Nimbe
-Langast, 22     Eglise            Crucifixion seconde moitié XVI°,
                    Seule au pied de la Croix
                    Marie et Jean dans autres panneaux
                    Assis sur talons
                    Bras enserrant la Croix sous les pieds
                    Robe verte à manches rouges
                    Manteau rouge doublée bleu
                    Foulard serrée autour du cou
                    Cheveux en queue dans le dos.
              Nimbe rouge soucoupe à étoile et filet jaunes                     en gravure.

-Locarn. 22        Vitrail XVI° Eglise   très restauré
                    A gauche de la Croix
                    Vue de dos
                    Cheveux longs jusqu'a là ceinture
         Robe tons chauds, bas, larmes faites avec des  enlevés blancs                     sur rouge.

-La Martyre.29   Eglise Saint-Salomon, Vitrail 1535 ,
                      Derrière, visage à droite de face
                       Mains écartées, celle de droite touche la                            Croix.
                       Genou gauche relevé à droite
                       Robe bleu à crevés et poignets verts
                       Elément de tissus vert partant des                                     poignées le long de la Croix.
                        Chemisier blanc
                        Manteau rouge
                        Pas de nimbe
                        Coiffure bonnet à rangées de perles
                        Cheveux en mèches à droite et gauche du                         visage
                        Vase de parfum à droite.
-Plemet,56      
Eglise        Crucifixion. Ne reste que le haut.
                        A droite de la Croix.
                        Tête à hauteur des genoux du Christ
                        Main droite prenant la jambe droite du                             Christ
                        Main gauche prenant la croix à hauteur                             des   pieds
                        Robe jaune d?argent
                         Chemisier blanc
                        Foulard blanc sur cheveux   
Pleyben , 29          Eglise Saint-Germain Vitrail fin XVI° Très restauré
                A droite, au pied de la Croix.
                Les mains et les bras enlacent la Croix
                Bien au-dessous des pieds du Christ.
                Genou gauche relevé du côté gauche
                Robe jaune à manches et feston rouges
                Chemisier ou collet blanc
                Chevelure ondulée
                Pas de nimbe
                Vase à onguent du côté gauche.
           
Ploëven, 29.  Chapelle Sainte-Barbe Vitrail fin XVI°
                A genoux à droite, de profil
                Le visage levée vers le Christ
                Mains levés le long de la Croix
                Robe jaune, haut blanc
-Ploudiry.29    Eglise Saint-Pierre  Vitrail fin XVI°
Du côté droit, derrière la Croix.
Mains et bras écartés
Robe verte et bleu
 Manteau rouge avec damas en enlevés.
Nimbe jaune horizontal
Cheveux serré par turban
Vase de parfum, côté droit de la Croix
-Plouvorn Chapelle Saint-Trémeur    Vitrail XVI°   
            seule une tête de Marie-Madeleine
            Provenance église
            Visage tournée vers la droite
            Mèches à droite et à gauche du visage
            Bonnet blanc
-Pouldreuzic, Chapelle N.D. de Lababan. Vitrail 1573       
            Côté droit
            Main  et bras droit enserrant la Croix
            Main gauche accrochée à la Croix.
            Jambe gauche en avant ;
            Robe
            Manteau
            Bonnet à double rangée de perles
             Cheveux tombant dans le dos
             Pas de nimbe
Quéménéven        Eglise Saint-Ouen    Vitrail seconde moitié XVI°
            côté droit
            Mains jointes enserrant la Croix
            Robe bleue
            Décolleté et bustier jaune
            Manteau rouge
            Bonnet noir a deux rangées de perles et étoiles                 blanches
            Nimbe entourant la tête ;

-Quimper, musée Breton Passion Vitrail seconde moitié XVI°   
            Du côté droit, derrière
            Jambes écartées enserrant la Croix
            Mains et bras croisés sur la Croix.
            Genou droit relevé
            Robe verte avec manches et crevés
            Chemise blanche ;
            Manteau rouge.
            Collet blanc
            Pas de nimbe.
            Cheveux dans coiffe noire à filet de perles
            Vase à onguent à gauche

-La Roche-Maurice    Eglise Saint-Maurice Vitrail seconde moitié XVI°
            Visage de face levé vers le Christ  du côté droit
            Corps derrière
            Mains écartés et levés, la droite touchant la Croix
            Robe bleu violet à poignée vert
            Manteau rouge
            Pas de nimbe
            Deux mèches de cheveux à droite et à gauche duvisage serré par bonnet blanc à rangée de perles             et lacets
            Vase de parfum en bas à droite.
-Saint-Goazec.    Eglise Saint-Pierre    1573 Crucifixion
            A genoux, de profil prostrée du côté droit
            Genou gauche en avant du à position
            Mains jointes
            Tête penchée
            Robe bleu
            Manteau blanc à pois jaunes d?argent
            Cheveux au vent en boucles sur visage
            Nimbe entourant la tête.
            Pas de pot de parfum
-Saint-Nic Eglise Saint-Nicaise, seconde moitié du XVI°
  Vitrail très restauré
            Côté droit, affalée par terre
            Bras et mains enserrant la Croix.
            Robe bleu à crevés
            Manteau rouge
            Petit nimbe
            Cheveux roux longs, en mèches sur le corps.
-Spézet Eglise Saint-Pierre    Vitrail seconde moitié XVI°   
            A droite de la croix
            Fait pendant à Vierge en pâmoison
            A genoux
            Mains levées, hauteur mi-corps du Christ.
            Robe bleu à crevés
            Manteau rouge
            Cheveux dans le dos
            Nimbe horizontal.
- Pontivy, Eglise de Stival, 56    Crucifixion
            Devant la Croix, avachie
            Tête levée vers le Christ.
       
-Tourc'h. 29 Eglise Saint-Cornély Vitrail seconde moitié XVI°       

Derrière la Croix. Mains et bras écartés
Genou gauche levé
Robe bleu, manches à crevés blanc.
Manteau rouge
Bonnet à deux rangées de perles.
Nimbe jaune soucoupe.

-Tréflevénez.    Eglise Saint-Pierre  seconde moitié XVI°   
.   Vitrail très restauré. Affalé du côté droit derrière contre la Croix. Bras et main gauche enserrant la Croix et pendants . Genou droit levé.Robe rouge. Manteau.  Vase de parfum au pied  de la Croix.
           
-Tréguennec.29 Eglise Notre-Dame    Vitrail Très peu d?informations car vitrail très mal restauré. Par contre tête  dans baie 1 pouvant être celle de Marie-Madeleine. Cheveux longs non peignés Décolleté.

 

LE GUENNEC (Louis), 1981 Le Finistère monumental II, Brest et sa région. Ed. de la Société des Amis de Louis Le Guennec (Quimper), 591 p.  Louis Le Guennec (1878-1935) érudit finistérien  a publié de nombreux articles, réunis das les trois tomes du Finistère monumental par ses Amis. Page 493-494

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eacd0a2ed3929e4b775beec287004c84.pdf


 

— NDODUC

http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm1/eg_StPierre@Ploudiry.htm

—PENNEC (Cyrille) 1634, Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët. Edité en 1888 par Daniel Miorcec de Kerdanet chez J.-B. Lefournier (Brest).

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0a34d3c4989512e9f444662b79e57a7b.pdf

— MIORCEC DE KERDANET (Daniel-Louis), 1837,  La Vie des saints d'Albert le Grand annoté par ...

https://books.google.fr/books?id=YSvBi_0z3gsC&pg=PA505&lpg=PA505&dq=%221567%22+ploudiry&source=bl&ots=H2nmQl0aMI&sig=ACfU3U0hfjQz5LWD0qzFkeHJ966udXcDQQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjX8siJkffoAhV4A2MBHcbGAqoQ6AEwBHoECAsQLA#v=onepage&q=%221567%22%20ploudiry&f=false

 
 

 

 

 
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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 17:45