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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 14:32

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre et le retable nord (XVIIe siècle ; XIXe siècle) de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain.

 

 

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Voir sur Saint-Urbain :

 

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— Voir  sur les groupes de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre :

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PRÉSENTATION.

La chapelle de Trévarn est dédiée à Notre Dame. Ancienne église tréviale de Dirinon jusqu'en 1792, puis rattachée à Saint-Urbain, elle était au XVIIIe siècle sous le vocable de Notre-Dame de Pitié.

En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, elle date de la fin du XVIIe siècle et des débuts du XVIIIe siècle (1682-1701) mais son mobilier fut complété jusqu'à la fin du XVIIIe.

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LE RETABLE NORD.

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C'est un ensemble composite du XVIIIe et XIXe siècle rassemblant autour d'un élément central jadis dédié à Notre-Dame du- Rosaire  divers statues ou groupes d'origine extérieure et inconnue.

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Une partie centrale forme un rectangle entouré de treize médaillons consacrés aux mystères (joyeux, douloureux et glorieux) du Rosaire. Ces mystères étant toujours au ombre de quinze, il en manque donc deux.

Le panneau central  a peut-être été occupé par la Remise du Rosaire à saint Dominique Guzman et sainte Catherine de Sienne, comme partout ailleurs, mais ce sujet a été remplacé par une peinture sur bois représentant l'Enfant Jésus en Sauveur du Monde, debout sur le globe sous la bénédiction de Dieu le Père et entouré d'anges portant la colonne et la croix des Instruments de la Passion.

Sous ce panneau, un autre porte une inscription peinte en breton  datant du XIXe siècle : 

Ra zeuio en hano Jesus / Peb glin da staouet en ÂÂ / var an Douar ac en ifern / a ra zeui peb Teod da anzao / penaus on autrou Jesus Christ / a so asezet e gloar Doue an Tad 

« Qu’en vienne, au nom de Jésus, / chaque genou à plier, au ciel, / sur la terre et en enfer, / et qu’en vienne chaque langue à reconnaître / comment Notre Seigneur Jésus-Christ / est assis dans la gloire de Dieu le Père »

De part et d’autre, des niches encadrées de colonnes torses à pampres abritent, à gauche un groupe de sainte Anne (ou Elisabeth ?) et de la Vierge à l’Enfant, à droite un groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (groupe qui, à l’origine, ne figurait probablement pas dans ce retable, puisqu’on peut lire sous la niche le nom de Joseph) ; chacune de ces niches est elle-même surmontée d’une niche plus petite servant de cadre à des statuettes d’évêques non identifiés. (d'après T. Daniel)

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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

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LE GROUPE DE SAINT YVES ENTRE LE RICHE ET LE PAUVRE. BOIS POLYCHROME, 1ERE MOITIÉ XVIIe SIÈCLE.

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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

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Saint Yves, au centre et placé sur une estrade qui le surélève, porte sur la tête la barrette des recteurs (il a été recteur de Louannec les onze dernières années de sa vie) et il est vêtu d'une cotte talaire (qui descend jusqu'aux talons, mais laisse voir ses solides chaussures ) de couleur noire, d'un surplis blanc et d'un camail noir  qui couvre ses épaules. Autrement dit, il n'est pas représenté en juriste, conforme à ses fonctions d'official du diocèse de Tréguier, juge des affaires relevant des compétences religieuses. Néanmoins, il écarte les bras, jambe droite avancée, dans un geste d'éloquence judiciaire. Il n'est tourné ni vers le Riche, ni vers le Pauvre.

Saint Yves, —comme les médecins anargyres Côme et Damien qui soignaient gratuitement —, exerce la justice en toute indifférence des sommes qu'on lui propose : il juge "en droit". 

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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

 

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Le Pauvre.

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À sa droite, le Pauvre est pieds nus, tête nue, vêtu d'un sarrau jaune ouvert devant les cuisses (pour faciliter les travaux des champs) et serré par une ceinture. Il ne porte ni braies (bragou), ni guêtres (huseaux), c'est donc la version minimale du costume paysan.

Mais à l'inverse, l'artiste n'a pas versé dans le misérabilisme et n'a montré ni empiècement ni déchirures et pas d'avantage de blessure, d'amputation, de déformation des membres, d'orthèses ou de cannes, à l'inverse de divers groupes analogues.

Il porte sur le bras gauche un bissac dont le fond est moulé sur des objets arrondis. Il s'agit très vraisemblablement des pièces de son procès. La rhétorique est la suivante : le Pauvre s'épuise à défendre la justesse de sa cause par de nombreux écrits (dont la rédaction par des officiers et auxiliaires le ruine), tandis que le Riche se contente de tendre au juge une simple pièce d'or, et gagne le procès. 

Aujourd'hui, le Pauvre, monsieur Casauce,  sera défendu par l'Aide juridictionnelle, mais gagnerait-il face au brillant et influent avocat d'affaire largement rétribué ?

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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

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Le Riche.

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Ce dernier, et c'est la loi du genre, est haut en couleurs, fort pittoresque, et attire nos regards. Nous admirons son couvre-chef et son volumineux bijou central, sa perruque bouclée et poudrée, sa moustache Louis XIII, son pourpoint rouge (ne porte pas cette couleur qui veut) à large col blanc rabattu et à parements bleus, fermée par devant par une série de petits boutons ronds, ses hauts-de-chausse cramoisis, ses bas noués par un ruban bleu, et ses chaussures vernis et à tige.

Sa posture ne témoigne pas de l'éloquence judiciaire, mais de l'éloquence financière : la main gauche sur son aumônière bien mal nommée, mais bien pleine et bien ornée de glands de passementerie, et les doigts de la main droite tendant au juge un louis d'or, aujourd'hui perdu.

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Les colonnes.

Elles sont ornées de rinceaux de vigne, symbole eucharistique, et dont les oiseaux viennent picorer les grappes.

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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.

Photo Brigitte Thibault 4 juillet 2021.

Photo Brigitte Thibault 4 juillet 2021.

Photo Brigitte Thibault 4 juillet 2021.

Photo Brigitte Thibault 4 juillet 2021.

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Remarque.

Si nous nous basons sur la moustache, la perruque et le vêtement du Riche, nous datons le groupe d'Yves et les Plaideurs du règne de Louis XIII, soit avant 1643. Ce qui suppose qu'il soit antérieur à la chapelle actuelle, dont la construction a débuté vers 1682 (date inscrite sur le clocher). Mais tout indique que l'édifice actuelle était précédé d'autres sanctuaires.

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SOURCES ET LIENS.

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— AVRIL (Yves), DE CHARNACÉ (Suzanne), 2021, Saint Yves en images. Ed. Hugues de Chivré.

 

 

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Saint-Urbain

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/185205eb407bd5b842b7d8155b41425a.pdf

 

 — DANIEL (Tanguy), 2003, La sauvegarde de l'art français , cahier · Numéro 16 - Page 161

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/saint-urbain-chapelle-notre-dame/

"La commune de Saint-Urbain, située à quelques kilomètres au sud de Landerneau, a été constituée, lors de la Révolution, par la réunion de deux trèves détachées de la paroisse de Dirinon et devenues communes en 1790 : la trève de Saint-Urbain et la trève de Trévarn. En 1792, la commune de Trévarn fut rattachée à Saint-Urbain. Après le Concordat, Saint-Urbain devint paroisse, Trévarn n’étant plus que simple chapelle, dédiée à Notre-Dame.

C’est son statut d’ancienne église tréviale qui explique sans doute l’importance de cette dernière. L’existence d’une église en ce lieu est attestée depuis le Moyen Âge : en 1219 est mentionnée là une ecclesia sancti Baharni (nom de saint obscur) ; en 1324, le village portait le nom de Treffbarn. Ultérieurement, l’église fut dédiée à Notre-Dame-de-Pitié. Aujourd’hui, le placitre est entouré d’un mur d’enclos que l’on franchit par une ouverture encadrée de deux piliers supportant les statues en kersanton de saint Sébastien et de l’ermite saint Antoine. Un calvaire du XVIe s. porte une représentation du Christ aux Liens, une autre du Christ en Croix, le groupe d’une Pietà et, sur les extrémités de la traverse, deux saints dont saint Pierre. Les têtes du Christ en Croix et d’une sainte Femme, dont le style diffère de celui des autres, portent la marque de l’atelier du sculpteur landernéen Roland Doré (première moitié du XVIIe siècle). Hors de l’enclos, une fontaine de dévotion est l’indice, très vraisemblablement, de l’origine ancienne du lieu de culte.

L’église, en pierre de Logonna aux chaudes couleurs, a été construite à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe s. (plusieurs inscriptions portent les dates de 1666, 1683, 1700, 1701, 1719), selon un plan simple de croix latine, avec une abside à pans coupés. La façade occidentale est très dépouillée : un grand mur-pignon dans lequel s’ouvre un portail en plein cintre avec entablement en faible saillie, reposant sur deux colonnes en kersanton, le tout surmonté d’un clocher à une seule galerie, deux chambres de cloches et une courte flèche. Du côté sud, le transept fait une énorme saillie sur le mur gouttereau : de façon inhabituelle, il est percé d’une grande fenêtre et d’une porte en plein cintre datée 1700, (dont l’agrafe représente un angelot) ; elle est flanquée de deux pilastres ; son fronton cintré abrite une statuette de la Vierge. Une porte identique s’ouvre sur la nef, mais l’agrafe est ici constituée d’une simple volute. Une petite sacristie d’angle a été construite entre le bras sud du transept et le chevet.

Les travaux récents n’ont pas encore permis la remise en place de la totalité du mobilier. Le maître-autel en tombeau galbé n’est plus surmonté du retable qui datait de 1781 ; le groupe de la Pietà à quatre personnages, en bois polychrome (XVIIe s.), ainsi qu’une statue de saint Étienne, revêtu de sa dalmatique de diacre, tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre les pierres de sa lapidation, reposent sur le plancher du chœur.

La chaire à prêcher a été démontée, et une partie de ses éléments sont remisés dans le bras nord du transept, où un autel est surmonté d’un grand retable du Rosaire, en bois polychrome : dans le corps central, le tableau qui représentait l’Enfant Jésus debout sur le globe du monde, a disparu – il avait lui-même succédé à une représentation du groupe du Rosaire -, mais subsistent treize médaillons sur les quinze traditionnels, et une longue inscription en breton, datant du xixe siècle : Ra zeuio en hano Jesus / Peb glin da staouet en ÂÂ / var an Douar ac en ifern / a ra zeui peb Teod da anzao / penaus on autrou Jesus Christ / a so asezet e gloar Doue an Tad (« Qu’en vienne, au nom de Jésus, / chaque genou à plier, au ciel, / sur la terre et en enfer, / et qu’en vienne chaque langue à reconnaître / comment Notre Seigneur Jésus-Christ / est assis dans la gloire de Dieu le Père ») ; de part et d’autre, des niches encadrées de colonnes torses à pampres abritent, à gauche un groupe de sainte Anne et de la Vierge portant l’Enfant Jésus, à droite un groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (groupe qui, à l’origine, ne figurait probablement pas dans ce retable, puisqu’on peut lire sous la niche le nom de Joseph) ; chacune de ces niches est elle-même surmontée d’une niche plus petite servant de cadre à des statuettes d’évêques non identifiés.

Le reste de la statuaire, dans le transept, comprend un panneau de bois polychrome représentant l’Ascension, une statue de la Vierge tenant un livre ouvert sur les genoux de l’Enfant qu’elle porte sur le bras gauche (c’est Notre-Dame de Trévarn), et la statue d’un saint non identifié.

Au fond de la nef, près de la porte occidentale, deux bénitiers en pierre : l’un, en forme de vasque ovale décorée d’un angelot et d’un écusson martelé, porte la date de 1666, un autre, de forme cylindrique, celle de 1776 ; une pierre tombale en ardoise remonte à 1719.

D’importants travaux de restauration ont été entrepris au cours de la dernière décennie. Entre 1992 et 1996, avec l’aide d’une association locale, la commune a fait procéder à des interventions sur le clocher et la nef. À cette occasion, de graves désordres sont apparus dans la charpente, et un échafaudage de soutien fut placé dans le chœur ; par la suite, la charpente a été entièrement reprise, en gardant le maximum d’éléments d’origine ; arbalétriers, entraits, voliges, couverture d’ardoises ont été changés.

La Sauvegarde de l’Art français a participé au financement de ces travaux pour une somme de 24 392 € qui ont été versés en 2001. "T. D.

 

LE GUENNEC (Louis), 1981,  Le Finistère monumental, t. III. Brest et sa région, Quimper, 1981, p. 562-564.

— POL DE COURCY signale à Trévarn la présence d'une roue de la fortune comme à Confort

— POP-CULTURE. PA29000036 (2000-2001)

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/AP12R01767

"L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée au 12e siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice présente un plan en croix latine avec transept saillant et chevet à trois pans. Sur le bras sud du transept se trouve une petite sacristie de plan carré, greffée à l'est. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures. Les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. Dans le placître, côté sud, se trouve un calvaire à personnages restauré partiellement par le sculpteur Landernéen Roland Doré vers 1630."

 

 

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Saint Yves
27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 19:07

Saint Yves en l'église de Guimiliau : deux statues en ronde-bosse. Entre le Riche et le Pauvre (bois polychrome, XVIIe siècle,  retable de Saint- Joseph, chapelle sud). Et en official de Tréguier (bois polychrome, 2ème moitié XVIIe siècle, par le sculpteur Antoine, 1er pilier nord du chœur).

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 Cet article fait suite à :

 

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— Voir  sur les groupes de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre :

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— Et aussi Saint Yves et le geste de l'argumentation, etc. :

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I. SAINT YVES ENTRE LE RICHE ET LE PAUVRE (BOIS POLYCHROME, XVIIe SIÈCLE), RETABLE DE SAINT-JOSEPH, CHAPELLE SUD.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001213

Sur l'autel du croisillon sud, le retable de Saint-Joseph montre en haut saint Laurent, dans le registre principal saint Joseph tenant la main à l'Enfant Jésus  entre la Vierge et sainte Anne, et en bas, entourant saint Yves, saint François d'Assise et saint Hervé accompagné de son guide Guicharan et de son loup. 

Ce retable a été restauré par Christian Karoutzos (Arts et Bâtiment) en 1991.

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Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Saint Yves, au centre, est plus grand que les deux plaideurs, et il est rehaussé par son support plus épais. Il écarte les bras, comme saisi en pleine plaidoirie et avance avec assurance le pied gauche. Sa tête est tournée sur la droite, et son regard semble fixer quelque auditoire.

Le sculpteur, sans souci d'anachronisme, lui a donner la perruque, la moustache Louis XIII et l'habit de la première moitié du XVIIe siècle. Il est coiffé du bonnet carré (ou barrette) de son rang de docteur en droit et est vêtu d'un manteau noir doublé de satin blanc, au revers dorés, et aux manches spectaculairement larges : À lui les effets de manche!

Sous ce manteau, la soutane blanche égrène ses boutons ronds cousus par groupe de trois. La rigueur du  collaro est contredite par la richesse de la sorte de lavallière à glands de passementerie nouée sous le cou, par la ceinture dorée, et par le repli brodé d'or du manteau, qui précède les manches molletonnées.

Saint Yves tient en main deux sacs à procès, qui contiennent les dépositions et requêtes des deux parties.

Au total, il affiche l'aisance et la superbe des orateurs ou prédicateurs à succès, et rien n'indique qu'il porte une attention particulière au Pauvre, ni qu'il refuse l'argent que le Riche lui tend. On peut imaginer (et on le trouve ailleurs) une meilleure illustration de l'intégrité morale et du sens d'une justice attentive à ceux qui n'ont pas les moyens de défendre financièrement  leur cause, qui ont fait la sainteté d'Yves de Kermartin.

 

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Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le Riche porte également la perruque et le costume Louis XIII. Son chapeau placé sous le bras droit est d'un rouge éclatant, que seuls les puissants peuvent s'autoriser à afficher. L'attache de ses bas blancs s'orne d'un pompon de même couleur, et nous retrouvons ce vermillon sur la languette de ses chaussures. Ses hauts de chausse sont larges et bouffantes. Le justaucorps, aux longues basques montre une option de boutonnage assez recherché.

Il présente au magistrat un sac rempli d'espèces sonnantes et trébuchantes.

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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le Pauvre.

C'est bien le pauvre hère : il est pieds nus, et doit s'appuyer sur une canne, ou plutôt sur un méchant bout de bois. Sa tunique est de couleur brun-noir. Ses jambes sont couvertes, sous les braies, par des houseaux. Il porte un bissac sur l'épaule gauche.

La manière dont il tient son chapeau est une marque de déférence.

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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, Retable de saint Joseph, église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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II. SAINT YVES EN OFFICIAL DU DIOCÈSE DE TRÉGUIER.

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https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001479

H = 180 ; la = 75 ; pr = 40

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Rappel.

"Saint Yves est un savant et un lettré. Il donne douze ans de sa vie à l'étude des lettres, du droit, de la théologie, dans les célèbres universités de Paris et d'Orléans. Après quoi il passe vingt ans dans les grandes magistratures ecclésiastiques, et pendant tout ce temps, comme l'usage d'alors l'y autorise, il ne cesse de plaider avec éclat devant tous les tribunaux autres que le sien — pour les pauvres et gratis, sans doute, mais il n'en a que plus de clients. — Il ne cesse point non plus, pendant tout ce temps, d'éclaircir, d'approfondir la science du droit, prenant même la nuit pour oreiller ses livres de jurisprudence. Comme avocat et comme official il va suivre ses causes et ses sentences aux juridictions d'appel, à Tours à Paris. Aussi son action, sa renommée de grand jurisconsulte ne se borne point à la Bretagne, elle court toute la France." (Arthur de la Borderie)

De 1280 à 1284. Séjour d'Yves à Rennes comme official de l'archidiacre Maurice. En 1281, Il suit l'enseignement théologique des Cordeliers de Rennes et conçoit le premier dessein de sa vie ascétique.  Puis en 1284 . Yves Hélory   quitte Rennes, et est nommé vicaire judiciaire (official) c'est-à-dire « juge ecclésiastique » du diocèse de Tréguier par l'évêque Alain de Bruc .

En 1290, il commence ses prédications.

C'est en 1292 qu'il adopte son costume de bure blanche et embrasse les hautes pratiques de l'ascétisme. Il laisse la cure de Trédrez pour celle de Louannec, qu'il occupe jusqu'à sa mort. En 1293, il fonde la chapelle de Notre Dame de Ker Martin, et en 1297 Il confirme et complète cette fondation. Il résigne les fonctions d'official de l'église de Tréguier en 1298 ; il meurt le 19 mai 1303.

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La posture.

La "gestuelle oratoire" (Castel) n'est pas celle, souvent rencontrée en statuaire sur pierre (kersanton) au XVIe siècle, de l'argumentation — index contre le pouce opposé — mais celle, plus fastueuse, de l'éloquence, la jambe gauche avancée, pied en rotation externe (allumant le fanal rouge de la languette de la chaussure), la tête haute et tournée vers la droite, les bras écartés. La main droite, paume vers le haut, présente une pièce du procès tandis que la gauche souligne le discours par un mouvement, sans doute circulaire, de la barrette orientée avec sa face rouge vermillon et son pompon tournés vers les auditeurs.

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Le costume.

Les épaules sont couvertes d'un chaud et douillet camail en fourrure frappé d'hermines. Le manteau noir brille des dorures de ses revers et de sa doublure de satin blanc. La soutane noire (qui a inspiré la robe des avocats) décline sa rangée de 33 boutons (on en compte 27, les autres étant cachés), en relation avec le nombre des années terrestres du Christ. Mais ces boutons au lieu d'être noirs, sont dorés comme des pièces de monnaie. Dorée également est la ceinture, dont le nœud laisse pendre de longues et voyantes extrémités. Que de richesses !

La barrette, ou bonnet carré indique le rang de docteur (en droit)

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Cette posture et ce costume tendent certainement à se rapprocher du modèle ecclésiastique ou juridique de l'éloquence nourri de rhétorique sous Mazarin. Et, en s'en rapprochant, elle s'éloigne de la sainteté d'Yves Hélory, soucieux bien au contraire d'humilité, de modestie, de pauvreté et de proximité avec les petits éloignés du pouvoir. 

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Saint Yves en Official de Tréguier, chœur de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves en Official de Tréguier, chœur de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves en Official de Tréguier, chœur de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Yves en Official de Tréguier, chœur de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), Saint Yves et ses statues, in Saint Yves et les Bretons, Culte, images, mémoire (1303-2003), Jean-Christophe Cassard et Georges Provost (dir.) Presses universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22388?lang=fr

—CHARVET (Jean-Louis), Biographie de saint Yves.

https://ledroitcriminel.fr/dictionnaire/noms_propres/biographies/saint_yves.htm

— HAMOURY (Maud), Saint Yves dans la peinture aux XVIIe et XVIIIe siècles en Bretagne, in Saint Yves et les Bretons, Culte, images, mémoire (1303-2003), Jean-Christophe Cassard et Georges Provost (dir.) Presses universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22409

— LA BORDERIE (Arthur de)

http://www.infobretagne.com/vie-saint-yves.htm

— MONTAROU (Virginie) Saint Yves entre le riche et le pauvre, in Saint Yves et les Bretons, Culte, images, mémoire (1303-2003), Jean-Christophe Cassard et Georges Provost (dir.) Presses universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22412

 MONTAROU,Saint Yves entre le riche et le pauvre : évolution de sa représentation iconographique en Bretagne aux xvie et xviie siècles, mémoire de maîtrise d’histoire (G. Provost, dir.), université Rennes 2, 1998.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Saint Yves Chapelles bretonnes.
23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 22:30

Le porche de Guimiliau. Saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, , traces de polychromie, 1606, Valet du Maître de Plougastel).

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Voir  sur les groupes de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre :

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Et aussi Saint Yves et le geste de l'argumentation, etc. :

 

 

 

 

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INTRODUCTION.

 

Dans l'enclos paroissial  Saint-Milau de Giumiliau, deux éléments sont bien connus pour témoigner de la réalité du culte de saint Yves de Kermartin : une statue, géminée avec Jean, du saint sur le calvaire (1581-1588) ; et le groupe du saint entre le Riche et le Pauvre sur le retable de Saint-Joseph (XVIIe siècle).

Mais un troisième éléments est plus confidentiel, c'est  le panneau de kersanton en bas-relief qui inaugure, à l'ouest,  la frise intérieur du porche, juste avant une scène plus fameuse de la Création d'Ève. 

René Couffon (et avec lui de nombreux auteurs) passe la scène sous silence.

a) Dans sa description de 1883 (reprise en 1912 et 1924) le chanoine Abgrall décrit ce panneau, mais n'identifie pas le saint :

"Dans la même frise du côté gau­che en entrant, il faut noter deux scènes singulières sculptées en bas-relief: d'abord un petit personnage presque en ronde-bosse, portant une aumusse et une tunique couvertes d'hermines ; puis deux personnages à genoux ou estropiés: l'un crie et est surmonté d'une tête cornue et à longues oreilles, la femme prie et porte un chapelet; ensuite un estropié n'ayant qu'une jambe, marchant à l'aide de béquilles; enfin une sorte de Père-Eternel, les mains levées ."

b) Il est par contre bien identifié par Victor-Henry Debidour en 1953, mais ce dernier ne décrit que partiellement la scène :

"Il [Saint Yves] se fait plus petit encore sous le porche de Guimiliau , sous les apôtres , pour protéger une bonne femme à genoux qui dit son chapelet et un éclopé."

 

c) Emmanuelle Le Seac'h la décrit ainsi :

"Sur le bas-relief mitoyen [ de la Création d'Ève], un homme [sic] à genoux égrène son chapelet accompagné d'un personnage agité. Celui-ci, qui s'arrache les cheveux, est surmonté d'une tête cornue. Un estropié s'appuie sur ses béquilles. Un dernier personnage lève les bras au ciel. Les quatre compères reçoivent la bénédiction de saint Yves vêtu d'une chasuble à capuchon rabattu. Des hermines sont plaquées sur le camail et sur le bas du surcot. " (p. 196-197).

Je ne peux prétendre avoir lu tous les auteurs, mais je ne parviens pas à trouver d'autres descriptions que ces trois là. Yves-Pascal Castel, dans son article Saint Yves et ses statues, identifie bien ici saint Yves par les hermines de son camail, mais ne décrit pas la scène.

Pourtant, il me paraît clair que saint Yves, dont on ne peut dire s'il est à genoux ou si le bas du corps est tronqué, est tourné vers le personnage à sa gauche vers lequel il tend une main. La main droite est brisée, mais nous pouvons supposer un geste de bénédiction.

Il me paraît également clair que le deuxième personnage est une femme, vêtue d'une tunique longue, qui est tombée à demi à terre et qui s'arrache les cheveux, tous en criant avec la bouche ouverte en "o".

Il est non moins indiscutable que la "tête cornue à longues oreilles" est celle d'un démon, qui s'échappe du crâne de la malheureuse comme dans toutes les scènes d'expulsion du diable sous l'effet d'un exorcisme, ou du moins de la guérison miraculeuse d'un ou une possédée.

Il faut donc conclure ici à une représentation de saint Yves guérissant une possédée en pleine crise de convulsion.

Or, je ne trouve aucun autre exemple de cette scène, ni en iconographie (laquelle est consacrée en majorité au saint rendant la justice, le plus souvent entre le Riche et le Pauvre), ni dans les textes, et notamment pas dans la Vie de saint Yves d'Albert Le Grand, qui énumère les 29 miracles de sa canonisation. L'abbé France fait mention d'un possédé, du nom d'Alain de Tresleveur, mais le récit de sa guérison ne correspond pas  à la scène ici représentée.

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Il ne me reste plus qu'à soumettre cette hypothèse à mes lecteurs et à les supplier de me faire connaître leur point de vue.

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Datation .

Sur cette frise, le troisième panneau ouest porte la date de 1606. Celle-ci détermine forcément, au minimum, toute la frise ouest.

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Attribution.

Emmanuelle Le Seac'h attribue à l'atelier landernéen du Maître de Plougastel (1570-1621) le porche sud, ou du moins une partie des piédroits et toutes les voussures de l'arcade extérieure ; les 14 masques des contreforts ; et à l'intérieur le bénitier, les termes gainés et deux apôtres Pierre et Jean, le tout en kersanton.

Elle attribue à son assistant, qu'elle nomme "le Valet du Maître de Plougastel", et pour ce porche sud, quatre scènes de l'arcature du porche, tous les bas-reliefs de la frise intérieure, et deux chapiteaux de la porte d'entrée. En kersanton également.

 

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Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le troisième personnage est, à mon sens, la mère de la jeune fille : agenouillée, mains jointes, le chapelet à la ceinture, elle prie, et montre sa confiance dans les pouvoirs du saint.

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Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le quatrième personnage est un "estropié", amputé de la jambe gauche sous le genou, et qui se déplace entre deux béquilles. Il est barbu, et vêtu comme un paysan, d'un chemise, d'une cotte à manches courtes (plissée à la taille au dessus d'une ceinture), de braies et de guêtres. Les détails de la coiffure peuvent correspondre à un béret.

Demande-t-il au saint une improbable guérison, ou plutôt l'assistance pour se nourrir et se vêtir ?

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Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le dernier personnage, barbu et les cheveux longs dressés en épi sur la tête ou encadrant le visage , n'est certainement pas " le Père-Eternel" qu'y voyait Abgrall. Il est maigre,  torse nu et ne porte qu'un pagne. Il est agenouillé et lève les deux mains, dont il nous présente les paumes.

J'y verrais un "ravi", un pauvre émerveillé par le miracle auquel il assiste. On ne peut exclure un Christ montrant les plaies de ses mains, mais cela n'a aucune cohérence avec le reste du panneau.

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Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Panneau de saint Yves exorciste et thaumaturge (kersanton, 1606) du porche de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

"La corniche qui soutient ces statues est couverte de fines sculptures dans les intervalles qui séparent les modillons. Ces modillons eux-mêmes sont ornés de représentations variées. Sous cette corniche est une frise où l'on remarque des têtes saillantes ayant un caractère étrange. On croit y reconnaître la personnification des différents vices : orgueil, jalousie, avarice, colère, moquerie, vanité ou coquetterie accompagnée d'un paon.

Dans la même frise, du côté gauche en entrant, il faut noter deux scènes singulières sculptées en bas-relief : d'abord, un petit personnage presque en ronde-bosse, portant une aumusse et une tunique couvertes d'hermines ; puis, deux personnages à genoux ou estropiés : l'un crie et est surmonté d'une tête cornue et à longues oreilles, la femme prie et porte un chapelet ; ensuite, un estropié n'ayant qu'une jambe, marchant à l'aide de béquilles; enfin, une sorte de Père-Eternel, les mains levées.

La seconde scène représente le Seigneur créant Eve, qui sort du côté d'Adam endormi. Tout autour, se voient les animaux de la création. Dans le panneau suivant, on lit la date de 1606. Enfin, au côté opposé, dans le dernier panneau, près de la porte, se trouve saint Jean baptisant Notre Seigneur. Au fond du porche, deux portes séparées par un trumeau donnent accès dans l'église. Sous les chapiteaux des chambranles, on voit d'un côté deux personnages nus, représentant les pécheurs retenus captifs par un lion qui figure le démon ; de l'autre, deux hommes sont liés ou semblent lutter ; leurs jambes sont couvertes de poils épais et sont terminés par des sabots fourchus. Les arcs des portes sont divisés par des claveaux saillants et par une clef sculptée. Au trumeau est adossé un joli bénitier porté sur une colonnette cannelée. Au-dessus du bénitier, un ange à genoux tient deux goupillons; il est surmonté d'un dais orné de pilastres, gaines, cariatides, petites niches, etc... Dans les côtés, deux colonnes à tambours cannelés, bagues sculptées et chapiteaux ioniques, supportent l'entablement, et dans le tympan, une niche, accostée de deux gaines et cariatides, renferme une statue de Notre Seigneur bénissant, revêtu dune robe longue aux plis raides et serrés presque analogues à ceux des statues romanes de Chartres et d'Angers. Le porche est couvert d'une voûte découpée par de belles nervures, qui forment au milieu un pendentif assez remarquable."

— ALBERT LE GRAND La vie des saints de la Bretagne Armorique 1901 (pp. 163-191).

https://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_de_saint_Yves

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2004,   "Saint Yves et ses statues", in Saint Yves et les Bretons, culte, images, mémoire, (1303-2003) sous la direction de Georges Provost, Presses Universitaires de Rennes.

https://books.openedition.org/pur/22411?lang=fr

"On signalera, revendication d’une appartenance bretonne, les hermines héraldiques brodées sur le surcot du bas-relief dans le porche de Saint-Houardon à Landerneau, celles qui se devinent dans les plis de la tunique à la porte d’entrée de Bodilis, et telles autres sur le camail au porche de Guimiliau, des œuvres qui datent toutes du xviie siècle."

— DEBIDOUR (Victor-Henry), 1953, La sculpture bretonne: étude d'iconographie religieuse populaire, Plihon, 1953 - 245 pages, page 208.

 

Saint Yves est couramment placé au rang des saints les plus honorés : par exemple, en pendant de saint Pierre sur les croix. (Notre-Dame de Lorette en Irvillac, Sainte-Marie du Ménez-Hom. Il est encore à la place d'honneur à la croix de Commana, du Port-Blanc, à Saint-Adrien de Plougastel, à Guimiliau, etc.).

Il se loge discrètement aux piedroits des porches, reconnaissable à son collet d'hermines, délicat insigne à la fois de sa justification et de sa province. On l'y trouve à Landivisiau, Bodilis, Kergris-Mëlou, où il est même flanqué, dans les deux gorges voisines du piedroits, des deux plaideurs, au porche ouets.

Il se fait plus petit encore sous le porche de Guimiliau , sous les apôtres , pour protéger une bonne femme à genoux qui dit son chapelet et un éclopé."

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre sur les Calvaires de Plougonven, de Kergrist-Moëlou, de Pestivien, de Lanrivain. Ou sur la façade de Notre-Dame du Folgoët. Au Cloître-Pleyben.

Niches ou retables : Dinéault, Saint-Herbot, Gouézec, Minihy-Tréguier, Saint-Vénnec, à la Trinité de Melgven, Locmélard en Plounéventer, Tréguier, Evéché de Quimper, Pleybn, Tréguennec, Trémarec, Huelgoat, Sainte-Avoye.Plonéis, Saint-Thois.

Vitraux : Moncontour

—FRANCE (Abbé), 1893, Vie de saint Yves

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint_Yves/II

 

"Un jour, dit Yves L’Hauspice ou L’Hostis, j’entendis parler de quelqu’un qui était possédé du démon. Je l’amenai au recteur de Louannec, et il me suivit sans difficulté. Yves l’interrogea et lui demanda si c’était vrai que le diable le possédait. — Oui, répondit ce malheureux, et très souvent il me tourmente en me faisant entendre sa voix. — Commencez, lui dit le saint, par confesser tous vos péchés. — Après sa confession, continue le témoin, interrogé de nouveau, il répondit : Je sens la présence du démon, il me menace de toutes sortes de tourments et me demande pourquoi je l’ai conduit ici, promettant de me faire bien expier ma faute, la nuit prochaine. — Il en a menti, dit le saint ; vous resterez ici, vous mangerez et dormirez chez moi, et l’on verra si le démon ose encore vous attaquer. »

Ce malheureux prit donc l’hospitalité chez le bon recteur ; Yves bénit le lit où il le fit coucher et veilla toute la nuit dans l’étude et la prière. Le possédé dormit très bien, ce qui ne lui était pas arrivé depuis trois ans, et se trouva complètement guéri. — «  Rendez grâce à Dieu, dit le saint prêtre, et de mon côté j’en ferai autant. Retournez ensuite chez vous, aimez à entendre la messe et les sermons et faites l’aumône autant que vous le pourrez. Priez Dieu et observez ses commandements, afin que le démon n’ait plus recours sur vous. »

Ce possédé s’appelait Alain de Tresleveur, du diocèse de Tréguier. Plusieurs témoins ont attesté ce prodige, entre autres Hamon Le Flem, reclus de la paroisse de Louannec, et Guillaume, le propre fils du possédé, qui entre dans les détails les plus affreux sur les souffrances que son père endurait de la part du démon. Cette guérison ne fut pas sans doute la seule opérée par le saint prêtre, mais c’est celle dont les circonstances ont été relatées avec le plus de développements par un témoin oculaire."

— LE GUILLOU (J-P.) 1989, "Saint Yves : ceux qui l'ont connu témoignent, ceux qu'il a guéris racontent (enquête de canonisation)", Henry, Pédernec. Non consulté

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

—  NANTEUIL (Alfred DE LA BARRE DE ), 1914,   Guimiliau (S.F.A. - C.A. 1914) Non consulté.

PRIGENT (Christiane) 1986, Guimiliau (Châteaulin, 1986). Non consulté.

ROYER (E.)1979 : Guimiliau (Rennes, 1979) . Non consulté.

TUGORES (M.M.) 1979 : Eglise Saint-Miliau, la tribune des orgues (B.S.A.F. 1979) Non consulté.

WAQUET (H.), 1952, Guimiliau (Châteaulin, 1952) - Guimiliau (Châteaulin, 1977) - Non consulté.

 

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