Commandée à Jehan Le Texier dit Jehan de Beauce vers 1510 , la clôture de chœur dit "tour du chœur" de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, est une œuvre réalisée en pierre entre 1521 et 1535, se dressant à plus de 6 m de hauteur sur une longueur d'environ cent mètres, ayant pour objet d’isoler le choeur liturgique auquel les laïcs n’avaient pas accès. À la mort de Jehan de Beauce en 1529, le chœur est clos, et Mathurin Delaborde prend le relais comme maître d'œuvre, avant d'être nommé en 1531 maître des maçons de la ville et de ses environs.
Formant la transition entre l'art gothique (pour les 2 premières travées) et le style de la Première Renaissance française, cette clôture de chœur de style Louis XII est classée, en totalité et pour chacune de ses parties, au titre des objets monuments historiques depuis 1862.
Au dessus d'un soubassement à médaillons, précédemment décrit ici, une claire-voie communiquait jadis avec le chœur. Elle est surmontée de niches où se déroulent les scènes de la Vie de Marie et de Jésus : ces scènes font l'objet de descriptions détaillées, alors que les bas-reliefs sont moins décrits.
Toute l'ornementation en bas-relief du soubassement et des claire-voies porte dans des cartouches les dates de 1521, 1525, 1526 et 1529, ce qui indique qu'elle est postérieure à celle du pavillon de l'Horloge du même Jehan de Beaune, de 1520 ; mais elle relève comme elle du style Première Renaissance d'influence italienne, influence ramenée des campagnes de Louis XII et de François Ier.
Ce décor italianisant témoigne de la pénétration en France de l'influence de la Renaissance italienne, comme déjà en Normandie au château de Gaillon ou à Rouen sous l'influence du cardinal Georges d'Amboise vers 1509, ou à Dol-de-Bretagne sous celle de l'évêque James en 1507 et encore sur l'escalier de l'aile Longueville du château de Châteaudun en 1518 (à 50 kms au sud de Chartres), commandé par Jean de Longueville alors archevêque de Toulouse.
Un peu plus tard en 1528, sera réalisée avec le même décor la clôture de chœur de l'abbaye de la Trinité de Vendôme , qui complète le jubé et le tombeau livré par Jean Juste en 1530.
Pour jouer au jeu iconographique des comparaisons et recherches d'influences, je propose d'examiner la frise supérieure de la claire-voie de la sixième travée, sous l'actuelle Transfiguration sculptée en 1611 par Thomas Boudin .
Cette frise appartient à l'encadrement des lancettes de la claire-voie, qui comporte trois parties : a) une frise de guirlandes de fruits dans des spires enrubannées, où se nichent des amours, des oiseaux et des escargots ; b) un alignement de coquilles suspendues à des anneaux ; et c) le bas-relief à rinceaux.
On y trouve, affrontés souvent autour de candélabres :
— comme ailleurs, des oiseaux picorant les fruits de cornes d'abondances ; des aigles aux ailes éployées
— des chimères à tête de cheval et à corps ailé, ou feuillagé, qualifiés de "chevaux marins".
— des amours ailés, en équilibre,
— des têtes d'angelots, ailés
—des putti au buste greffés sur des prolongements feuillagés, parfois tirant à l'arc, parfois musiciens (trompes, traverso)
— un faune ou hybride à tête barbue, assis de face sur un vase, ses jambes velues écartées.
Tout ce répertoire, qui se retrouve sur les monuments qui précède ce Tour de chœur, notamment à Châteaudun, et est largement repris et amplifié sur toutes les surfaces disponibles des soubassements et de la claire-voie des travées, mais sans répétition et avec au contraire une grâce dans les variations et avec une imagination constante, formant le plus beau des ensembles ornemental de la Première Renaissance en France. On y trouvera avec une inépuisable luxuriance parmi les rinceaux et candélabres, les rubans et les guirlandes, des naïades et des satyres, des animaux fabuleux, des dauphins et des oiseaux, des petits musiciens ou des instruments noués par paires, des masques et des médaillons, des trophées d'armes ou des armes (arquebuse, arcs et carquois) et des gibecières, des tournebroches, des forces de tonte, des suspensions de vases ou burettes liturgiques, des Gants de saint Béthaire, etc., etc. et, ici ou là, la Chemise de la Vierge, relique principale de la cathédrale.
Cet article souhaite donné un avant-goût de cette richesse.
Ce Tour de chœur a été remarquablement restauré récemment.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
—ensemble des 36 bas-reliefs du soubassement du Tour du choeur : scènes de l'Ancien Testament, travaux d'Hercule, scènes mythologiques et personnages à l'antique Notice IM28000456
"Les candélabres qui ornent la claire-voie du Tour de chœur de Chartres sont inspirés des candélabres gravés par Giovanni Antonio da Brescia (ca. 1505-1507). Ils n’ont toutefois pas été copiés tels quels mais enrichis de différents motifs, tirés de gravures de Nicoletto da Modena (ca. 1507), comme les têtes de bovidés affrontées et l’ange tenant une guirlande de fleurs, ou de médailles comme le Cupidon endormi de Fra Antonio da Brescia (ca. 1500).
Dans la région, cette dernière a aussi été sculptée dans le décor de la clôture de chœur de la Trinité de Vendôme (ca. 1525) et atteste l’échange de modèles entre ces deux chantiers. En outre, le portrait de Jules César a inspiré un portrait sculpté sur la jouée d’une des stalles de la collégiale Notre-Dame de Montrésor (ca. 1530). La diffusion des formes du Tour de chœur s’observe jusqu’à Limoges, où deux hybrides adossés sont sculptés dans le décor du jubé de la cathédrale Saint-Étienne (ca. 1530)."
—BEUVIER (Jean), L'ornementation, in La restauration du tour de choeur - Cathédrale Notre-Dame de Chartres (28) Collection "Patrimoines en région Centre-Val de Loire" Patrimoine restauré n°29, juin 2022, 86 p.
— JOUANNEAUX (Françoise), 2000, Le tour du choeur de la cathédrale de Chartres, Orléans, Direction de l'Inventaire du patrimoine et Françoise Jouanneaux (Rédactrice),(photogr. Robert Malnoury), AREP-Centre, coll. « Images du patrimoine » (no 204), 2000, 63 p., ill. en noir et en coul.,
— ROSER Répertoire de l'Ornement Sculpté des Édifices de la Renaissance 2019
"Les descendants de Jean Dunois, les seigneurs de Longueville, complètent le château construit par Jean de Dunois en ajoutant une aile au nord, côté Loir, entre 1509 et 1518. Commencée par François Ier de Longueville et son épouse Agnès de Savoie, pour les soubassements, elle fut élevée par ses petit-fils. La façade sur cour de l’aile Longueville contraste par la richesse de son décor avec la sobriété de la construction du xve siècle et constitue l’un des premiers témoignages de l’influence italienne à l’extrémité Nord du Val de Loire. La verticalité marquée par les hautes toitures conservent à l’édifice un caractère médiéval tandis que la relative symétrie de la composition et le répertoire ornemental de la cage d’escalier annoncent la Renaissance. Comme sur le mur de l’aile Dunois, un soubassement mouluré marquent les horizontales. De grandes croisées à double traverse ouvrent largement la façade. Leurs montants se prolongent en guirlandes de feuillage sur les linteaux, dont les culots sculptés et les trilobes rappellent les ornements de l’aile Louis xii de Blois. Une balustrade ajourée surmonte une corniche : ce motif décoratif évoque la Renaissance. Les deux niveaux de combles éclairés par des lucarnes à double fenêtres superposées, aujourd’hui disparues, amplifiaient encore la verticalité de l’ensemble." (Centre des monuments nationaux)
Les parties hautes, lucarnes et garde-corps, très endommagés, furent démolis en 1770, dont une restitution partielle a été réalisée au XXe siècle.
Aile de Longueville, château de Châteaudun, relevé de H.L. Dériré Devrez en 1879. Archives-map
L'aile Longueville du château de Châteaudun (4) est réputée pour ses deux escaliers (6 et 7 sur l'aquarelle de Devrez).
Celui de gauche, de style flamboyant, daté vers 1470, insére un escalier en vis à l'intérieur du bâtiment. De larges paliers, permettant de voir et d'être vu, s'intercalent entre la vis et la façade largement ajourée. Celle-ci porte un décor de motifs flamboyant jusqu'au sommet des lucarnes, ornées d'immenses fleurs de lys, rappelant que Dunois, bien que bâtard, est fils de Louis d'Orléans, frère de Charles VI.
Escalier flamboyant (1470) de l'aile de Longueville.
Celui de droite de style Renaissance dont l'ouverture des baies forme loggia, est orné de motifs italianisants. C'est celui qui motive ma visite.
En effet, ce décor italianisant témoigne de la pénétration à Châteaudun de l'influence de la Renaissance italienne, comme déjà en Normandie au château de Gaillon ou à Rouen sous l'influence du cardinal d'Amboise vers 1509, ou à Dol-de-Bretagne sous celle de l'évêque James en 1507.
Le décor de cet escalier a pu inspirer , à la cathédrale de Chartres, celui de la Tour d l'Horloge (1520) et du Tour de chœur (1527-1529), deux chantiers dirigés par le même architecte Jehan Le Texier, dit de Beauce.
À la même époque, en 1528, est réalisée avec le même décor la clôture de chœur de l'abbaye de la Trinité de Vendôme , qui complète le jubé et le tombeau livré par Jean Juste en 1530.
Je vais donc visiter cet escalier en portant tout mon intérêt sur ces décors, souvent en bas-reliefs.
Description générale
"Comme pour la demeure de Dunois, l’escalier est l’élément décoratif majeur de l’aile nord. Cet escalier est plus monumental que celui de l’aile Dunois mais sa conception est identique : une vis en œuvre précédée de paliers formant loggia, ici surmontée d’une salle haute accessible par un petit escalier en vis dans une tourelle en encorbellement. L’ensemble est coiffé d’une haute toiture en pavillon. Des contreforts à niches surmontés de dais cantonnent les deux travées et portent un riche décor flamboyant. De grandes baies couvertes d’arcs surbaissés laissent pénétrer le regard vers les paliers dont les balustrades italianisantes annoncent le décor intérieur." (Centre des monuments nationaux)
Les commanditaires de l'escalier Renaissance : la famille de François de Longueville et Françoise d'Alençon ? Le cardinal de Longueville ? Louis d'Orléans-Longueville (1510-1537), duc de Longueville?
Petit-fils du comte Jean de Dunois, fils de François Ier d'Orléans-Longueville et d'Agnès de Savoie , François II de Longueville (1478-1513) hérite des titres de son père à sa mort en 1491.
On notera qu'il accompagna le roi Charles VIII à la conquête du royaume de Naples et qu'il suivra ensuite le roi Louis XII en Italie en 1502.
Il obtint la charge de grand chambellan de France (1504–1512) et de gouverneur de Guyenne. Il épousa le 6 avril 1505 Françoise d'Alençon (1490-1550). Ils eurent deux enfants, morts prématurément :
En mai de cette même année 1505, François fut élevé duc de Longueville par le roi Louis XII lorsque la terre de Longueville fut érigée en duché.
À son décès en février 1513, François II d’Orléans fut inhumé dans la basilique Notre-Dame de Cléry-Saint-André, comme l'avait été avant lui le roi Louis XI en 1483. Françoise d'Alençon (qui devait survivre 37 années à François de Longueville) se remaria avec Charles IV de Bourbon, duc de Vendôme.
Jean de Longueville intervient en 1518 ou en 1516-1518.
Jean d'Orléans-Longueville (né à Parthenay en 1484 et mort à Tarascon le 24 septembre 1533) est le troisième fils de François 1er d'Orléans, comte de Dunois et duc de Longueville. Élu archevêque de Toulouse en 1503 et nommé évêque d'Orléans en 1521, il est crée cardinal en 1533. Il fit construire pà l'ouest de la demeure de Jean de Dunois un logis seigneurial à Beaugency (Loiret) entre 1518 et 1524, y faisant construire des voûtes dans l’escalier en vis du château. Ses armoiries, dans une couronne de houx et soutenues par deux béliers (emblème des Longueville), accompagnées de celles de son père François et de son frère Louis, sont sculptées sur la façade de l'Hôtel de ville de Beaugency, et peintes sur le cabinet de la tourelle du logis seigneurial de Dunois.
Or, on remarque sur le décor de la loggia du deuxième palier deux blasons dans des guirlandes, avec des armes à trois lys , traversées en pal par une croix d'archevêque. On les retrouvera sur le plafond à caisson à l'intérieur de cette loggia.
Effectivement; P.G. Girault écrit : "Les ornements du faîtage furent posés en 1518 sous le contrôle du cardinal d'Orléans, Jean de Longueville, alors archevêque de Toulouse "
Précision :
"L’art de la première Renaissance qui s’épanouit sur la façade de l’hôtel de ville [de Beaugency, achevé avant 1526] ne peut s’expliquer sans son apparition une dizaine d’années auparavant à l’hôtel-Dieu et sa poursuite sur le logis de Jean d’Orléans-Longueville au château peu après. Ainsi, un acte notarié du 25 janvier 1515 (n. st.) nous informe que Pierre Gadier et Olivier Chollet, maîtres maçons et tailleurs de pierre qui avaient travaillé sur le prestigieux chantier du château de Châteaudun, propriété principale des Orléans-Longueville, devaient édifier un escalier en vis sur la façade du bâtiment principal
Peu avant 1516, Jean d’Orléans fit encore appel à Pierre Gadier pour agrandir la cave de son futur logis en face de celui de Dunois son aïeul [à Beaugency]. Mais, entre 1513 et 1516, ses deux frères aînés, Louis le premier du nom de la lignée et François II, disparurent. Peu avant sa mort, Louis avait été fait prisonnier par les Anglais et libéré contre une forte rançon, tandis que la fille de François II décédait à son tour en bas âge. Jean arrêta alors les travaux de Beaugency durant deux années pour aider Jeanne de Hochberg, sa belle-sœur, mère de quatre enfants en bas âge [épouse de Louis Ier, comte puis duc de Longueville, gouverneur de Provence ], à régler une succession complexe et achever l’aile Longueville à Châteaudun. Les travaux du logis reprirent ensuite à Beaugency en 1518 avec deux nouveaux maîtres maçons et tailleurs de pierre orléanais, Pierre Chausse et Pierre Biard, et se prolongèrent jusqu’à la fin de 1520. " (https://books.openedition.org/pufr/8313#anchor-completeplanhttps://books.openedition.org/pufr/8313#anchor-completeplan)
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Les deux guirlandes armoriées de Jean de Longueville, alors archevêque de Toulouse (1518).
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Ma visite (attention, j'irais lentement et m'arrêterais souvent!)
Sitôt parvenu près de l'entrée, je cherche les motifs sculptés.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La frise à tige de chêne tenu d'un côté par un monstre à bonnet de fou et de l'autre par une chimère à cornes de bélier est encore de style XVe siècle (j'en ai vu en quantité sur les porches bretons).
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Ah, voilà !
Sur un chapiteau, deux putti chevauchant des feuilles encadrent un premier rinceau, charmant, surmonté par deux dauphins affrontés et centré par un personnage les pieds posés sur la tête d'autres dauphins. Là, c'est un enfant nu, ici un garçon portant une tunique plissée et courte. Puis voici un angelot et des cornes d'abondance. Ça, y est, je suis à pied d'œuvre!
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
En levant la tête; je vois au plafond quatre panneaux. Deux, aux extrémités, portent des rayons lumineux, que l'on retrouvent à l'identique peints au logis seigneurial de Beaugency dans un décor emblématique et héraldique de Jean de Longueville et de sa famille. L'autre un bouquet de feuilles de houx autour d'un bouton. Le troisième est un cuir en losange enrubanné dans un cercle de feuilles de houx (emblème des Longueville). Ils sont encadrés de banderoles en spire autour de grappes de fruits ronds.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
En entrant dans l'escalier par l'une des deux arches à galeries, un panneau "suite de la visite" dirige le visiteur, qui s'apprétait à gravir les marches, à pousser une porte. Mais avant de l'ouvrir, il est amené à en admirer son linteau, bel exemple de bas-reliefs Renaissance.
Il débute par un médaillon de profil d'un homme aux cheveux bouclés ceints par un ruban, inspiré d'un chef de guerre florentin ou d'un empereur romain. Au centre un masque de face, crachant les rinceaux, dans une guirlande est entouré des rinceaux animés par des chérubins et des putti tenant une ligne d'olives.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Un autre linteau lui répond en symétrie à droite, avec un médaillon féminin. Le motif est beaucoup plus simple et répétitif.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée Renaissance.
Cette porte de droite donne accès à une salle dotée d'une cheminée très riche en décor Première Renaissance, tant sur ses montants que sur toutes les faces du linteau.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Le blason
Au centre, un blason mi-parti est entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel et surmonté d'une couronne ducale. Les armes de l'époux, à gauche, sont celles des Longueville, car on voit encore le lambel, et la bande. Le collier est celui à la cordelière (et non aux aiguillettes, deveni caduc en 1515) mais les coquilles saint-Jacques ont été bûchées.
François Ier de Longueville, fils héritier de Jean de Dunois, hérite du blason de son père d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel d'argent et d'une barre d'argent brochant sur le tout . "Mais contrairement à ce dernier, il n’est pas un fils illégitime. Il peut donc inverser la barre qui devient une bande. Son blason se lit donc ainsi : d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel d'argent et d'une bande d'argent brochant sur le tout ."
Source: château de Blandy
Si on tient compte du décor du logis seigneurial de Beaugency, où le collier de Saint-Michel entoure les armes de François II de Longueville et de Louis Ier de Longueville, on peut hésiter entre les deux frères. François II est duc de Longueville depuis 1505 (mais porte la couronne comtale à Beaugency), Louis lui succède à ce titre après la mort de François en 1515.
"Beaugency :
"A l'ouest se sont les armes de François II, aîné de la famille, dont l'écu est surmonté d'une couronne comtale et d'un heaume à lambrequin tourné à dextre amorti d'un cimier effacé qui devait représenter un bélier, animal emblématique des chefs de famille des Orléans-Longueville depuis Dunois. Deux aigles forment supports et des branches de houx sont visibles sous les armoiries. Au nord, nous avons les armes de Louis I et au sud celles de leur mère. Les écus de François et de Louis sont entourés de l'ordre de Saint-Michel et ceux de Louis, Jean et Agnès d'une couronne de houx. Celui de cette dernière est en outre entouré de la cordelière de Savoie à noeuds en 8. Les armoiries des trois frères sont identiques : d'azur à trois fleurs de lys posées deux et un, au lambel d'argent et au bâton en bande de même." (Palissy 45001026)
Les armes de l'épouse, si on parie sur Louis Ier, seraient celles de son épouse Jeanne de Hochberg. Mais ce que l'on devine des armes en 2 ne correspond pas exactement :
Armoiries mi parti en 1 de Longueville et en 2 de Jeanne de Hochberg, duchesse de Longueville. Тѳм277 - Elements by Sodacan — Travail personnel
Je conserve l'hypothèse de voir ici les armes mi-parti de Louis de Longueville et de Jeanne de Hochberg.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Le décor.
Parmi les rinceaux — auxquels il va falloir s'habituer, car ils sont constants—, et les candélabres — autre motif incontournable— , on se plait à découvrir des oiseaux picorants, des putti triomphants, et toute une gamme de fruits, de grappes, d'épillets, ou de fleurs.
En se baissant, on voit que ces rinceaux se poursuivent à la partie inférieure, avec des bucranes .
Les montants sont tout aussi sculptés.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La cheminée de la salle (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Sortons de cette salle et préparons-nous à emprunter le fameux escalier de Longueville, que nous avons déjà entrevu.
Nous pouvons examiner les coupes relevées en 1878 par Devrez, mais sans oublier qu'il s'agit d'un projet de restauration qui n'a pas été réalisé.
Désiré Devrez (1824-1896), est cité dans une note administrative de 1898 parmi les grands architectes diocésains disparus, aux côtés de E. Viollet-le-Duc, P. Abadie, V. Ruprich-Robert et E. Boeswillwald . Entré à l'École des beaux-arts en 1844, il fut architecte diocésain d'Orléans (1857), puis de Meaux (1874) et enfin de Paris (1886). Attaché à la commission des Monuments historiques en 1866, il fut nommé architecte de la ville de Paris en 1871. Il présenta en 1885 onze relevés après la restauration menée en 1866 par Frédéric Debacq pour le compte du duc Théodore de Luynes, propriétaire du château. Les baies du grand escalier furent réouvertes et les meneaux des croisées de l'aile furent rétablies. Il proposa un projet de restauration de la façade de Longueville touchée par les bombardements prussiens de 1870, mais celui-ci ne fut pas exécuté. Un autre architecte, Abel Boudier, a proposé de son côté un projet de restauration en 1888.
Les rapprochements entre l'aile de Longueville et les châteaux de Blois, d'Ambroise et de Gaillon ont été soulignés par différents auteurs. P.G Girault souligne des rapprochements avec le château du Verger en Anjou, ou la tour nord de la cathédrale de Bourges avant de suggérer l'intervention à Châteaudun de l'architecte Colin Biart.
Le couronnement du grand escalier a été restauré à la fin du XXe siècle : on lira à ce propos l'article de P.G. Girault.
Quoiqu'il en soit, je n'ai pas trouvé d'informations laissant penser que les bas-reliefs Renaissance que je documente ici par ces clichés ne soient pas des œuvres originales.
relevé de Désiré Devrez 1878.
L'escalier : première volée, du rez-de-chaussée vers le premier étage.
Escalier de l'aile de Longueville, rez-de-chaussée, relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.
"C’est le décor intérieur de la cage qui introduit à la Renaissance : le noyau de calcaire blanc est décoré de candélabres.
Des colonnes couronnées de chapiteaux aux décors variés ornent les murs de la cage. Des caissons de pierre rythment les plafonds plats des paliers. Les linteaux des portes sont sculptés de motifs italianisants, cantonnés de médaillons. La qualité du décor sculpté n’est pas toujours égale, mais les sculpteurs locaux n’ont pas hésité à exécuter des décors à la variété débridée. On remarque des personnages anthropomorphes tels que sirènes ou hommes-poissons, des putti parfois ailés jouant de la trompette ou sortant de cornes d’abondance, au détour d’un chapiteau on identifie une silhouette casquée vêtue d’un drapé à l’antique, et même un enfant portant un bonnet d’âne." (Centre des monuments nationaux)
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Une colonne engagée et son chapiteau.
Deux jeunes hommes sont accroupis autour du candélabre. L'un d'eux porte le costume des fous (très diffusé au XVe siècle), avec une cagoule à longues oreilles coiffé d'un grelot.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Autre colonne engagée et son chapiteau. Deux oiseaux à ailes rabattus contre le corps.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Le pilier central.
À partir de la deuxième marche, une colonne centrale, sculptée d'une moulure en guise de rampe, est rythmée par un jeu de nervures et de niches trilobées. Ce sont elles qui reçoivent le décor en bas-relief à rinceaux et candélabres, jusqu'au palier. Là encore s'ébattent les dauphins, les oiseaux, ou des enfants tenant les fleurs des tiges. Certains sont coiffés d'un casques et vêtus d'une tunique.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La première galerie.
C'est à ce niveau que le plafond est sculpté des emblèmes de la famille de Longueville témoignant de l'influence de Jean, archevêque de Toulouse (puis cardinal).
Cette loggia offre de jolies vues sur la cour, sur la grosse tour et sur la Sainte-Chapelle de Dunois.
L'escalier ne s'interrompt pas, et sa frise extérieure se poursuit, interrompue de colonnes suspendues à chapiteaux.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Violet-le-Duc donne une figure de l'escalier de Châteaudun dans son Dictionnaire raisonné, article Escalier :
"Il existe une disposition d’escalier absolument semblable à celle-ci dans le château de Châteaudun. Mais dans la vis de Châteaudun les trompes d’angle arrivent du carré à l’octogone, et des culs-de-lampes posés aux angles de l’octogone portent la corniche spirale, dont la projection horizontale étant un cercle parfait soutient les bouts des marches.
Une vue prise à la hauteur de la première révolution de l’escalier de Châteaudun, figure 17, là où cette révolution coupe le portique du rez-de-chaussée dans sa hauteur, fait saisir l’arrangement des trompes, des culs-de-lampes, de la corniche en spirale et des marches délardées en dessous. Cet arrangement est d’ailleurs représenté en projection horizontale dans le plan (18).
Violet-le-duc, Dictionnaire, fig.18
Les trompes de la vis de Châteaudun sont appareillées ; ce sont des plates-bandes légèrement inclinées vers l’angle ; cet escalier était d’un assez grand diamètre pour exiger cet appareil."
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Escalier, fig 17.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Sur le pilier, deux oiseaux picorent le cœur des fleurs des rinceaux. Sur le candélabre, deux garçons jouent avec , ou soufflent dans, des instruments ou outils dilatés à l'extrémité.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Le premier étage.
Escalier de l'aile de Longueville, premier étage, relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.
L'escalier vers le deuxième étage.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La porte vers la droite (corps principal de l'aile), et son linteau.
Le linteau débute, à gauche, par un candélabre au dessus d'une tête ailée d'ange. L'absence de panneau symétrique à droite s'explique par le fait que ce linteau trouve son complément sur la porte opposée.
Deux oiseaux, une patte dressée, et se répondant par symétrie, viennent picorer des friandises (graines ou fruits) dans une coupe qui leur est présentée.
Les deux chimères qui leur proposent ces coupes sont placées de part et d'autre d'un vase contenant des fleurs (tulipes).
À droite, la chimère a un buste féminin, avec une tête gracieuse aux cheveux longs dénoués. Ce buste se greffe sur un corps de bouc (sabots, touffe de poils) doté d'une queue qui pourrait être celle d'un coq. C'est une faunesse (à peine cornue).
À gauche, c'est le même assemblage, mais avec un buste masculin barbu et cornu : c'est un faune.
Au total : faune et faunesse offrant des mets à deux oiseaux.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Le plafond et ses panneaux armoriés.
On y remarque dans un cuir au centre d'une guirlande les armoiries de Jean de Longueville avec, en pal, la croix d'archevêque (donc datable de 1503 à 1521). Le lambel et la bande sont bien conservés.
Les armoiries en losange de l'autre caisson sont celles d'une femme, dans une couronne de roses et entrelacées de rubans. On y distingue des lignes qui devraient peut-être permettre une identification avec un éclairage approprié.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
L'escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Autre ensemble : un cuir, sans motif apparent.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La porte vers la gauche, et son linteau.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
À droite : un trophée d'armes.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Au centre : deux oiseaux à crète, plumage et queue feuillagés, picorant des fruits dans une vasque contenant des épis de blés et des épillets.
Dans l'écoinçon supérieur droit : oiseau se lissant l'aile.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Reprenons la montée de notre escalier vers le deuxième étage. L'escalier est couronné par une voûte octogonale à huit voûtains.
L'escalier de Longueville, deuxième étage. Relevé Désiré Devrez v.1878. Médiathèque du patrimoine.
Fin de l'escalier :
relevé de Désiré Devrez 1878.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
Le dernier étage n'est pas accessible au visiteur.
Escalier Renaissance (1518) du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
— BONTEMPS (Daniel), 2017 L’hôtel de ville de Beaugency au début du XVIe siècle, in Hôtel de ville, Presses universitaires François-Rabelais p. 177-178
—CHÂTENET (Monique), 1970, La château de Châteaudun, mémoire de maîtrise, 1970, non consulté
— GIRAULT (Pierre-Gilles), 1998, "Le couronnement du grand escalier du château de Châteaudun. À propos d'une restauration récente" In: Bulletin Monumental, tome 156, n°4, année 1998. pp. 355-367;
—HABLOT (Laurent),2016 , « L'héraldique au service de l'histoire. Les armoiries des bâtards à la fin du Moyen Âge, études de cas », dans Carole Avignon (dir.), Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2016, 560 p.
https://books.openedition.org/pur/44762?lang=fr
—ROSER (base), Jean Beuvier, 2019, Ornementation de l'aile Longueville du château de Châteaudun
La baie n°5 de la chapelle St-Piat de la cathédrale de Chartres, un vitrail composite : les quatre Arts libéraux (Jehan Périer, 1415) et une Vierge à l'Enfant au chanoine donateur (Jacques le Tonnelier vers 1520).
Situé à l'est du chevet de la cathédrale de Chartres, la chapelle Saint-Piat est une salle capitulaire de quatre travées voûtées d’ogives datant de 1323-1350 et qui fut dotée d' une chapelle pour y placer la châsse de saint Piat, évêque de Tournai. Cette chapelle était desservie par un collège de douze chanoines, distincts des chanoines de la cathédrale. Parée d’un magnifique ensemble de verrières anciennes , elle a été, des années 1970 au début des années 2000, l’écrin réunissant les œuvres précieuses et rares qui constituent le trésor connu depuis 1323. Ce trésor a rouvert en 2024, après 23 ans de fermeture et 7 ans de travaux. Datées pour les plus anciennes d’entre elles du milieu du XIVe siècle, les verrières ont été restaurées et ont bénéficié de la pose de verrières de doublage pour assurer leur protection et leur parfaite conservation.
La baie 5 (directement à gauche en entrant) est datée, selon ces sources, de la fin du 14e siècle et fut complétée au début du 16e siècle. Elle fut restaurée en 2017 par Claire Babet.
La baie 5, comme la baie 6, n'a pas été bâtie pendant la même campagne de travaux que les autres. "La travée à laquelle elles appartiennent a été ajoutée à l'édifice quelques années après sa construction, entre 1350 et 1358. Elles durent être vitrées aussitôt, au moins provisoirement, mais elles semblent n'avoir rien
conservé en fait de vitraux de cette époque. Tous les panneaux ou fragments qui s'y trouvent, ceux du moins qui ne viennent pas d'ailleurs, ne paraissent pas remonter plus haut que le XVe siècle." (Y. Delaporte)
Cette baie à 4 lancettes trilobées et un tympan à 3 roses quadrilobées et écoinçons accueille sur les 2 lancettes centrales une Vierge à l'Enfant vénérée par un donateur ; la partie basse des 4 lancettes est occupée par 4 panneaux consacrés aux Arts libéraux. Le reste des lancettes est occupée par une vitrerie losangée avec des bordures bleues à couronnes et fleurs de lys couleur or. Deux des roses du tympan sont dédiées à Marie, la rose supérieure à Jean-Baptiste.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
DESCRIPTION DES LANCETTES
I. LE REGISTRE INFÉRIEUR : Quatre Arts Libéraux. Dialectica, Arithmetica, Rhetorica, Geometrica. Jehan Périer, 1415, ancienne librairie
5 panneaux de 31 cm sur 21 cm. Cadre jaune complété par Lorin en 1920
C. Lautier décrivait en 1998 un cinquième panneau de même dimension, un personnage assis sur une cathèdre et replacé dans le grand triangle d'écoinçon du centre du tympan, où on le retrouve effectivement, portant un phylactère.
À la Géométrie, l'Arithmétique, la Dialectique, et la Rhétorique, s'ajoutait jadis la Musique, Musica (panneau relevé par Ferdinand de Lasteyrie et disparu au XIXe siècle, qui comportait une harpe et l'inscription sonus citharizantium), pour former les arts libéraux . Selon Y. Delaporte, deux noms manquent à cette liste pour qu'elle concorde avec celle des connaissances appartenant au Trivium et au Quadrivium : ceux de la Grammaire et de l'Astronomie, dont les figures, sans aucun doute, ont fait partie de la même suite. Par contre, il existe, dans la même fenêtre deux fragments semblant avoir fait partie du même ensemble, qui aurait ainsi possédé l'image d'autres personnifications ou allégories (les Vertus et les Vices).
Claudine Lautier a révélé que ces panneaux faisaient partie de l'ancienne bibliothèque capitulaire, dite "librairie" qui était parallèle au côté sud de la chapelle Saint-Piat. Sa construction décidée en 1411 fut achevée en 1415, et les comptes de 1415 ont enregistré le versement de sommes à Jehan Perier pour les verrières de la librairie.
Présentation des Arts libéraux à Chartres.
Les Arts libéraux, hérités de l’Antiquité, étaient enseignés par les ecclésiastiques, notamment dans les écoles des cathédrales.
Ils se divisent en deux degrés : le trivium et le quadrivium.
Le trivium, ( les trois voies ou matières d'études ), concerne le « pouvoir de la langue ». Il se divise en : grammaire ; dialectique ; et rhétorique.
Le quadrivium, (les quatre voies au-delà du trivium), se rapporte au « pouvoir des nombres ». Il se compose de : l'arithmétique ; la musique ; la géométrie ; l'astronomie.
L'École de la cathédrale de Chartres connaît sa renommée à partir du XIe siècle grâce à son fondateur Fulbert de Chartres.On venait y étudier de partout en Europe, avant la création des universités. Elle atteint son apogée au XIIe siècle, sous l’impulsion de plusieurs philosophes et théologiens, auteurs d’études philosophiques savantes basées sur Platon, menées principalement par Yves de Chartres, Bernard de Chartres, Gilbert de La Porrée, Thierry de Chartres, Guillaume de Conches, Jean de Salisbury (qui avait étudié à Chartres) et Bernard Silvestre.
Ce qui retint le plus l’école chartraine ce furent les thèses pythagoriciennes de Platon, et les Chartrains vont ainsi s’emparer des arts libéraux, puisque les sciences du Quadrivium sont déjà connues des pythagoriciens. C’est sur ce fond que les sculpteurs illustreront, sous forme d'allégories féminines et d'auteurs latins, les arts libéraux dans les voussures du tympan du portail de droite de la façade (l'une des portes du portail royal), lors de la première reconstruction de la cathédrale de Chartres vers 1145-1155. Mais les représentations (féminines) des Arts Libéraux, sont disposées autour de la Vierge trônant, affirmant ainsi l’assujétissement de la Connaissance à la Foi.
Iconographie des allégories des sept arts libéraux.
Voir le travail de Georges Fleury. Les Arts libéraux sont décrits, avec divers attributs non spécifiques, par Martianus Capella (De Nuptiis Philologiae et Mercurii) au Ve siècle ou par Alain de Lille au XIIe siècle, et représentés dans des enluminures, notamment dans l'Hortus Déliciarum, composé au XIIe siècle par Herrade de Landsberg. Selon E. Mâle, les sept arts sont sculptés non seulement à Chartres, mais à Auxerre, Rouen, Soissons, Laon, Sens ou Clermont ou de Fribourg.
On retrouve ainsi, pour la Dialectique, qui tient habituellement un serpent, la tête de dragon ou de "chien" (portail de Chartres, Hortus Deliciarum) qui devient, sur les vitraux de Chartres et la fresque du Puy, un couple de "lézards" se mordant réciproquement. De même, le compas de la Géométrie des vitraux de Chartres se retrouve dans la figure de l'Hortus Deliciarum, ou à l'abbatiale de Déols.
Une bordure royale.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
1. Dialetica, la Dialectique.
Dans une pose très hanchée, la Dialectique- Dialectica, tient deux dragons ou lézards ou basilics qui luttent entre eux, se mordant symétriquement le cou, sans espoir que l'un triomphe sur l'autre, symbole des argumentations subtiles de l'École médiévale.
Sa robe, très ajustée à la taille, et à l'encollure rectangulaire, est ornée d'un galon d'or orné de fleurettes, tout comme son manteau, posé sur ses épaules et dont le pan droit est accroché au poignet par une troussière. L'extrémité d'une chaussure pointue dorée sort sous la robe.
Son visage carré et peu amène est encadré d'une chevelure blonde retombant sur les épaules.
Elle se détache sur une tenture damassée verte.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Arithmetica, l'Arithmétique.
L'Arithmétique (ARI[THM]E[TI]C[A] se détache sur un drap rouge ornée de fleurs d'églantine doubles et de cages à mouches. Son manteau blanc à fleurs liées d'or cache presque entièrement sa robe, dont seul le décolleté rectangulaire est visible. Le front haut de son profil fin est encadré opar les rouleuax de sa chevelure blonde, retenue par un bandeau perlé. Elle écrit sur une tablette posée devant elle. La lecture des mots et des chiffres tracés sur cette tablette est assez difficile mais on arrive à lire presque entièrement l'inscription de la tablette.
Y. Delaporte, BnF gallica
Il y a d'abord un distique : Hic algorismus presens ars dicitur, inquam,
Talibus Indorum fruitur bis quinque figuris
« L'art ici représenté est l'Algorisme; il fait usage de ces dix signes empruntés aux Indiens. »
Mais le mot algorismus n'est guère reconnaissable.
Les signes de numération, en chiffres arabes sont tracés au-dessous des deux vers latins. On les lit de droite à gauche, sur une première ligne, de 1 à 9; une deuxième ligne renferme les suivants : 1, 0 2, 3, 4. Le zéro, suivant l'usage du moyen âge, est barré à la manière du 0 grec.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Rethorica, la Rhétorique.
"A droite, la Rhétorique — Rethorica (sic) — écrit d'une main, et de l'autre fait un geste oratoire . Sa pose rappelle celle de l'Arithmétique, mais elle regarde du côté opposé. Son profil se détache sur le fond bleu sombre du panneau. Le livre sur lequel elle écrit contient une inscription qui, cachée en grande partie par sa main, serait inintelligible si la comparaison avec une fresque à peu près contemporaine n'en rendait la lecture certaine. Cette fresque se trouve dans la salle capitulaire du Puy ; la Rhétorique y est accompagnée du vers suivant : Est michi dicendi ratio cum flore loquendi
« J'enseigne par mes discours à parler un langage fleuri. »
C'est bien ainsi qu'il faut compléter l'inscription du vitrail de Saint-Piat, dont les premiers et les derniers mots sont parfaitement lisibles." (Y. Delaporte)
Se détachant sur une tenture bleue damassée de longues fleurs, la dame se présente de trois-quart, jambe droite en avant, car elle se tourne vers le pupitre où est posé un cahier afin d'y écrire sa déclaration, tout en comptant sur les doigts de sa main gauche en repliant l'annulaire vers le pouce, selon le procédé du comput digital de l'argumentatio.
Ses cheveux ondulés sont coiffés d'un fin diadème de perles réunies en fleurs. Son manteau est broché de fleurettes dorées, et le pan droit fait retour pour s'attacher sous le poignet gauche. Le sol est également fleuri. Nul doute que ces éléments floraux illustrent son art de "parler un langage fleuri" grâce aux figures de rhétorique.
Le fait que la même formule versifiée se retrouve à Chartres dans le premier quart du XVe siècle et au Puy-en-Velay au dernier quart du même siècle (entre 1482 et 1492) montre, comme le souligne C. Lautier, la permanence de la tradition iconographique.
On retrouve ce vers inclus dans un ensemble de 9 vers dans les manuscrits médiévaux de Helmstedt Die Helmstedter Handschfriten: Codex guelf. 501 Helmst. bis 1000 Helmst Volume 2 , Herzog August Bibliothek 29) f. 151.
Arbor artium liberarium necnon scientiarum.
Daneben stehen die Verse:
Me pueris primum tradidit natura ministrum, ,
Frustra doctores sine coluere sorores, Est michi dicendi ratio cum flore loquendi,
Explico per numerum que sit proportio rerum,
Rerum mensuras et earum signo figuras,
Invenire vocum per me modulamina vocum,
Astra viasque poli varias michi vendico soli.
"La nature m'a d'abord donné le don d'être ministre auprès des enfants,
En vain les enseignants vénèrent-ils les sœurs sans vénération,
J'ai une façon de parler avec une éloquence raffinée,
J'explique par les nombres la proportion des choses,
Les mesures des choses et leurs figures par les signes,
Je trouve en moi les mélodies des mots,
Je m'approprie les étoiles et les diverses trajectoires du ciel."
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Geometria, la Géométrie.
"Dans la partie gauche de la fenêtre, au centre du quatrefeuille, la figure de la Géométrie — Geometria — se détache sur un fond rose. Elle tient d'une main une équerre, de l'autre un grand compas au moyen duquel elle semble tracer des figures sur le sol."
"La Géométrie se tient devant une tenture mauve damassée de palmettes disposées en quinconces sur un fond de cages à mouches. Vêtue d'un manteau galonné d'or qui s'évase en corolle sur ses pieds, elle manie au sol un grand compas de la main droite et tient une équerre jaune de la main, tout en comptant sur ses doigts" (C. Lautier)
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
" Telles sont aujourd'hui les quatre seules figures auxquelles on puisse attribuer avec certitude le nom d'un art libéral. Une cinquième existait autrefois; elle se trouvait probablement dans la partie gauche du quatrefeuille, actuellement close d'un verre blanc barbouillé de peinture.
Ce panneau a disparu, dit-on, il y a un peu plus de vingt ans |vers 1900]. Par bonheur, il en existe une assez bonne reproduction en couleur, de la grandeur de l'original, dans l'Histoire de la Peinture sur verre, de F. de Lasteyrie. La Musique —Musica — était représentée sous la forme d'une femme drapée de longs vêtements et jouant de la harpe. A sa gauche, était une inscription où le texte était accompagné de notes de musique; on y lisait : Sonus cytharizantium. Le fond était bleu, avec une décoration de fleurs de lis inscrites dans les losanges d'un treillage. (Y. Delaporte)
II. LE REGISTRE PRINCIPAL : Vierge à l'Enfant au chanoine donateur.
Les deux personnages sont placés dans une architecture Renaissance à arcades vitrées, et devant des tentures damassées, verte et rouge. Les pilastres et la niche à coquille sont surmontés d'angelots, dont des anges musiciens.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Le chanoine et l'oraison du phylactère.
Le chanoine est agenouillé en posture de donateur devant son prie-dieu où est ouvert son livre de prières. Il est âgé, ses cheveux sont blanc et ses mains noueuses.
Il porte l'habit de chœur des chanoines, avec l'aumusse de fourrure, le surplis blanc et la robe rouge. Un anneau d'or est passé à son index droit.
Devant lui, pour exprimer l'idée de paroles sortant de sa bouche, un phylactèe porte l'inscription, encadrée du deux-points : V----- toy : suis : pret~edãt : --couers : ton filz grace: attendent.
Cette inscription a été comprise ainsi : "Vierge de toi suis (le) prétentant. Secours ton fils grâces attendent."
(*)Prétendant : "Homme qui aspire à la main ou aux faveurs d'une femme." (CNRTL)
Cette partie centrale de la baie a été décrite par Maurice Jusselin en 1925 et en 1936 :
"On admire depuis quelques mois dans la première fenêtre de gauche de la chapelle Saint-Piat nouvellement restaurée deux panneaux conçus dans le style en honneur au temps de Louis XII (1498-1515). Longtemps égarés dans la première forme de la grande verrière de la chapelle Vendôme, ces morceaux ont retrouvé leur emplacement d'origine, grâce aux études de MM. d'Armancourtl et Yves Delaporte. Ils représentent, sous un ornement très riche en forme de dais, un chanoine de Chartres revêtu de la soutane rouge et du surplis, portant l'aumusse, à genoux devant un oratoire et adressant à la Vierge avec l'Enfant, figurée vis-à-vis, la charmante prière : V[ierge de. toy suis prete[dan]t [Secou]ers ton filz grace attendent. Nous eûmes déjà l'occasion de parler de ces panneaux dans le Bulletin monumental et nous leur assignâmes une date très voisine de celle de la construction d'un petit jubé à Saint-Piat, en 1517. « Ce beau travail »— l'expression est de M. le chanoine Delaporte, bon juge en la matière —, doit être attribué à Maugarnier le Tonnelier, ainsi qu'une grisaille fermant la première fenêtre de droite de cette même chapelle Saint-Piat et la bordure d'une verrière du croisillon sud de la cathédrale, ornée, comme celle de la grisaille précitée, d'une alternance de fleurs de lys et de couronnes. « Jacquet Tonnelier, dit Maugarnier », car il est cité sous cette forme aussi bien que sous celle de Maugarnier Tonnelier, vivait encore le 25 juin 1526, mais était mort avant le 12 septembre 1528 puisque sa veuve, Simone, et ses enfants, louent ce jour-là, à un vigneron de la paroisse Saint-Barthélémy un bien familial consistant en un quartier de vignes au clos « Feré1 » sur le chemin de Chartres à Oysème."
En 1925, Maurice Jusselin avait justifié par des documents d'archives le fait que les chanoines de Chartres portaient sous le surplis blanc une soutane ou robe rouge lors des fêtes solennelles. Il ajoutait : " S'il fallait mettre un nom sur ce portrait, le plus vraisemblable serait celui du chanoine Laurent Pommeraye, mort entre le 24 juillet et le 28 août 1522. II fait une fondation à Saint-Piat le 14 février 1519 et la confirme
le 18 juin 1521 . Son frère Nicole était chanoine de Saint-Piat et fit lui-même une fondation le 29 octobre 1522."
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La Vierge est assise sur une cathèdre, tenant sur la cuisse droite son fils qui ouvre ses bras au donateur. Les rayons d'or au dessus de la couronne relèvent de la technique du verre rouge gravé.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
DESCRIPTION DU TYMPAN
1. La rose quadrilobée du sommet : Jean-Baptiste vénéré par deux anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose quadrilobée de gauche : la Vierge allaitant, vénérée par quatre anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Les qutre anges présentent des phylactères où s'inscrit le texte suivant qui a été lu ainsi :
O gloriosa femina (ange du haut) Excelsa supra sydera,
Qui te creavit provide
Lactans sacrato ubere. ? Je lis LANCTARS, voire LANCTANS
O femme de nom glorieux !
Et plus haute que tous les Cieux !
A celui-là qui t'a creée,
Tu tends ta mammelle sacrée.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
L'écoinçon au dessus du quadrilobe : Dieu le Père.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose quadrilobée de droite : Vierge (XIXe) vénérée par quatre anges.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
L'écoinçon au dessus de la couronne : le Christ couronné d'épines.
Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.
J'ai omis de photographier correctement le panneau entre les roses. Il complétait les figures des arts libéraux. Ce personnage barbu et nimbé, assis sur une cathèdre a un phylactère portant l'inscription Divinis servio prudentes---exercet.
Pourrait-il s'agir de saint Augustin, qui conduisait les sept arts libéraux sur une tapisserie de 1380 appartenant à Charles V ?
SOURCES ET LIENS
—Cely (Alejandro), 2020, Les Arts libéraux du Puy-en-Velay : une œuvre de Pedro Berruguete ?
—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323
— DELAPORTE (chanoine Yves.) (1915 - 1922) - Les vitraux de la Chapelle Saint-Piat Mémoires de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir vol. 15 (1915/22) p. 33-58
— FLEURY (Georges) Allégorie des arts libéraux. Académie de Touraine.
http://academie-de-touraine.com/gerard-fleury-allegories-des-arts-liberaux/#sdfootnote15anc—LAUTIER (Claudine), 1998, Les Arts libéraux de la "librairie" capitulaire de Chartres, Gesta Vol. 37, No. 2, Essays on Stained Glass in Memory of Jane Hayward (1918-1994), pp. 211-216 (6 pages), edité par The University of Chicago Press
https://www.jstor.org/stable/767261
— JUSSELIN (Maurice), 1936, "Les peintres-verriers à Chartres au XVIe siècle", Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, Volumes 16 à 17 page 170.
—MASSON, (André), 1958 « Les arts libéraux du Puy et la décoration des bibliothèques à la fin du Moyen Âge » Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 102-2 pp. 150-170
"La salle capitulaire qui remonte à 1323 existe encore, elle est surmontée d'une chapelle, à laquelle on accède par un escalier construit en 1358, la chapelle Saint-Piat. L'édifice est flanqué de deux tours rondes utilisées par les chanoines comme prison et comme dépôt d'archives. Parallèlement à la chapelle Saint-Piat, et dans la prolongation de la dernière chapelle dans l'axe du bas-côté sud, les chanoines avaient construit au xive siècle une salle connue sous le nom de Prétoire, où ils exerçaient leurs droits de justice. C'est au-dessus de cette dernière salle que, par délibération capitulaire du 7 août 1411, il fut décidé de construire la bibliothèque super domum Pretorii in quo consueverunt teneri pladta coram offlciale capituli.
La bibliothèque, située par conséquent au premier étage, mesurait environ 13 mètres sur 6 et était éclairée par dix fenêtres, cinq de chaque côté. Les comptes de l'OEuvre de 1414 et 1415 parlent « des armoires, des verrières, des serrures et surtout des chaînes avec lesquelles on attachait les livres de peur qu'ils ne fussent dérobés.Un plan du XVe siècle conserve la trace des dispositions intérieures, qui furent modifiées lors de l'agrandissement en 1730, date à laquelle furent percées de nouvelles fenêtres et où furent démontés sans doute les vitraux réutilisés dans la chapelle Saint-Piat. Ce sont des petits panneaux de verre, mesurant seulement 31 sur 21 centimètres, en grisaille rehaussé de jaune, se détachant sur un fond damassé. Avant leur remise en plomb, qui date de 1915, ils avaient été disposés sans ordre, manifestement pour boucher les trous, l'un d'eux étant même placé à l'envers, le côté peint vers le dehors."
Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots. Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.
Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.
En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre.
Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.
Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.
Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et le peintre Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnèrent une planche entière d'illustrations. Néanmoins, Amédée Aufauvre, journaliste, historien polygraphe et rédacteur en chef du journal » Le Propagateur » se déclare choqué par la licence des saynètes, lui, qui pourtant, "Dieu merci, ne fait pas de pruderie" : y'a de l'abus !
"On reste confondu de la hardiesse des contrastes que les sujets offrent entre eux. La fantaisie du sculpteur a passé du profane au sacré, avec une liberté du ciseau que rien ne saurait justifier. On
comprend les grotesques de la rue, les sculptures hardies que les artistes du XVI e siècle imposaient aux sablières, aux brasseaux, aux bouts de poutres, aux façades. La liberté des mœurs et le choc des opinions religieuses devaient trouver alors au dehors, des caricaturistes à la hauteur de toutes les fantaisies de l’époque; mais dans une église, au chœur d’une collégiale, sur les sièges mêmes des prêtres, de pareilles singularités sont inexplicables. Dieu merci, nous ne faisons pas de pruderie ; nous savons que les arts ont des droits à une large indépendance et qu’il faut accorder aux caprices une très-grande latitude. Cependant, à Champeaux, la licence a dépassé les limites extrêmes de la mode, de l’habitude et de l’influence des usages. L'église n’a pas inspiré au sculpteur plus de circonspection que le plus profane des édifices : on en va juger par le simple énoncé des sujets et par le pêle-mêle qui les caractérise.
Les stalles datent du commencement delà Renaissance, époque de témérités de tout genre, dans les arts auxiliaires ou imitateurs par la caricature, de l’esprit de discussion et de ses ironies. Les écarts sont d’ailleurs innombrables quand une transformation artistique se produit, et c’est ce qui explique, jusqu’à un certain point, l’abus que nous signalons. Il se faisait alors une confusion étrange entre l’antique travesti et les sévérités du gothique : on mariait deux contrastes. Il n’est pas surprenant que les artistes d’un ordre inférieur aient outré les conséquences du nouveau système."
Elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.
Numérotation
Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.
Soit, ici :
Stalles SH sud hautes n°1 à 14
Stalles SB sud basses n° 15 à 27
Stalles NH nord hautes n° 28 à 41
Stalles NB nord basses n° 42 à 54.
La jouée nord-ouest : candélabre et rinceaux à deux profils anthropomorphes feuillagés et deux têtes d'oiseaux.
Miséricorde de la stalle n°28 : un faune armé d'un gourdin luttant contre un dragon.
A. Aufauvre y voit "un hercule luttant contre un monstre". Mais si on observe bien, on voit que le personnage, barbu, athlétique et quasi-nu hormis une collerette de poils, a des sabots de bouc, et que ses pattes sont velues. Les oreilles sont-elles longues et pointues ? On ne sait, elles sont cachées par la chevelure. Dans tous les cas, c'est là un beau face-à face. Le glissement entre le végétal, l'animal et l'humain, grand principe des métamorphoses de la Renaissance, s'observe peut-être aussi sur le gourdin, qui s'achève comme un os fémoral, à deux condyles.
Miséricorde de la stalle n°29 : Pélican nourrissant ses petits de son sang, en se blessant la poitrine.
On sait qu'il s'agit là d'une figure christique et un symbole eucharistique.
A. Aufauvre : "Pélican dans l'attitude qu'on lui donne prête pour nourrir ses petits."
Miséricorde de la stalle n°30 : homme assis, de face, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chapeau à larges bords, déroulant un phylactère.
Il n'a rien d'un chanoine, rien d'un prophète ou d'un apôtres (ces habitués des phylactères), et le texte de sa banderole est perdu.
A. Aufauvre : "un personnage déroulant une légende". C'est pas faux.
Le panneau intérieur du dais NW.
Miséricorde de la stalle n°31 : la Grappe de Canaan : deux hommes portant sur leurs épaules une perche où est suspendue une grappe de raisins disproportionnée à leur taille.
Les hommes portent la même tunique courte serrée par une ceinture, la même coiffure dont le rabat est relevé dans un cas, et protège les oreilles dans l'autre. Ils sont saisis dans l'allure de la marche, le pied levé pour le second, le corps penché en avant pour le premier.
A. Aufauvre : "la grappe de la Terre Promise, portée par deux hommes".
"Moïse les envoya pour explorer le pays de Canaan. Il leur dit : Montez ici, par le midi ; et vous monterez sur la montagne. Vous verrez le pays, ce qu’il est, et le peuple qui l’habite, s’il est fort ou faible, s’il est en petit ou en grand nombre ; ce qu’est le pays où il habite, s’il est bon ou mauvais; ce que sont les villes où il habite, si elles sont ouvertes ou fortifiées ; ce qu’est le terrain, s’il est gras ou maigre, s’il y a des arbres ou s’il n’y en a point. Ayez bon courage, et prenez des fruits du pays.
C’était le temps des premiers raisins. ...Ils arrivèrent jusqu’à la vallée d’Eschcol, où ils coupèrent une branche de vigne avec une grappe de raisin, qu’ils portèrent à deux au moyen d’une perche ; ils prirent aussi des grenades et des figues. On donna à ce lieu le nom de vallée d’Eschcol, à cause de la grappe que les enfants d’Israël y coupèrent. " (Nombres 13 :23-24)
"Bien qu'archaïque et dépassé depuis 1492, le monde triparti sert encore d'image du monde, en lien avec la partition du monde entre les trois fils de Noé. Rattaché au champ des symboles religieux par ses origines scripturaires , cette figure trine signifie que le monde ne cesse d'être à l'image de son créateur. Or c'est ce monde achevé avec la création ( Gen. 2 , 1 ) , qui est voué à la vanité des hommes , à la course du temps qui ronge tout et aux vices rongeurs . Rongé des rats , le monde a l'aspect d'un « fromage de Hollande » troué par les mulots qui l'attaquent . Le fromage est l'attribut du fou, et , comme dit le proverbe , « à fol fromage ». L'orbe réduit à l'état de fromage est sans doute l'une des premières transformations données à l'image du monde au début du XVI siècle . Vidé de sa substance , transparent entre les mains du Salvator mundi , il peut être traversé comme bulle de savon selon les auteurs des miséricordes de Bosward et de Walcourt , en Belgique . Il n'est plus qu'un signe plastique d'équivalence linguistique pour dire simplement « le monde ». (d'après Sylvie Bethmont-Gallerand : Le monde et le moine : essai de reconstitution et d’interprétation de l’iconographie des stalles de l’église de Gassicourt, Yvelines, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2005, Numéros 31 à 32 page 102.)
"Ce motif de la « boule aux rats » est apparu à la fin du Moyen Age, en marge du grand art religieux. Les sculptures de stalles en forment le principal réservoir mais de nombreux exemples subsistent dans les marginalia des livres pieux et sur le décor extérieur des églises du gothique tardif. Ce motif ne se livre à l’intelligence qu’à la suite d’un patient détour par chacun des éléments qui le composent. Si la source semble en être une unique expression proverbiale, ses nombreuses occurrences dans l’art doivent être étudiées en fonction de leurs contextes respectifs. Ainsi se dégagent les caractéristiques d’une imagerie modeste accompagnant les grandes expressions de la foi dans la période de la pré-Réforme; des images auxquelles est souvent attribué, faute de mieux, un caractère populaire. Pourtant les commanditaires et les lieux d’élection de ces boules aux rats les font plutôt participer à l’oraison savante qu’à la piété des simples. Une oraison dirigée vers la moralisation, qui englobe tous les aspects de la vie civile, les aléas de l’histoire contemporaine, comme les travers des contemporains clercs et paroissiens, au sein de motifs non dénués d’humour." Sylvie Bethmont-Gallerand, Le motif de la boule aux rats dans la sculpture et la peinture (XVe–XVIe siècles) Reinardus, Volume 14, Issue 1, Jan 2001, p. 39 - 54
Le globe triparti apparaissait déjà sur la miséricorde n°6 (sud, stalles hautes, Dieu tenant le monde devant Satan), n° 53 (stalles basses nord, Deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre) et apparaîtra dans ces stalles nord hautes dans les miséricordes n° 34 et 39. C'est en souligner l'importance, mais la même clef d'interprétation (Le monde trompeur ou corrompu) fonctionne difficilement pour les quatre scènes. Pour réunir ces cinq exemple, il faut se contenter d'y voir une image du monde créé par Dieu.
Miséricorde de la stalle n°33 : Renart prêchant aux poules.
Renart s'est installé en chaire et, dans un geste d'éloquence inspiré, il prêche la bonne parole aux poules (ou du moins à des volailles) prosternées ou fascinées. Ici, il n'a pourtant pas pris la peine de se déguiser en moine prêcheur. Et sa queue qui s'échappe des arcades de la chaire pourrait le trahir, si les dévotes étaient moins aveuglées par le beau parleur.
Le thème du renard prêchant aux poules est très ancien, déjà présent dans la Haute-Antiquité puisqu’il apparaît sur des papyrus égyptiens. Comme d’autres motifs, il connaît un véritable succès au Moyen Âge, aidé en cela par la littérature, via la diffusion des Fables d’Ésope et, plus tard, du Roman de Renart. Le thème de Renart le bestourné (Rutebeuf, 1261), Renart Contrefait (Clerc de Troyes, 1319-1342) est également très populaire et représenté à de nombreuses reprises sur différents supports, manuscrits ( Livre de Prières de Marie de Clèves, les Heures de Marie de Bourgogne, ou encore les Heures de Montbéron, manuscrit breton du XVe siècle, conservé à la BM de Nantes), sculpture en pierre (culots), ou en bois (sablières, jubé, miséricordes).
Sur les miséricordes, Renart prêchant est très présent, à Saint-Lucien, Beauvais (Oise), Saint-Claude (Jura), à Bletterans, (Jura) , Saint-Taurin d'Evreux (Eure) , à Walcourt, Louvain, à Hoogstraeten, en la Nativité Sainte-Marie de Kempen, Allemagne (vers 1500) à la cathédrale da Se da Funchal, Madère, à Etchingham, East Sussex , à la Cathédrale d’Ely ou à Beverley Minster (vers 1520), et à l'église Sainte Marie de Beverley, dans le Yorkshire (vers 1445).
Voir :
—Renart dans le sculpture en bois bretonne dans mes articles d'iconographie commentée :
—Dominique Chancel, 2015, Renart déguisé en moine, prêchant de volailles pour mieux les séduire. Une revue iconographique exhaustive à propos du château de l’Arthaudière à Saint-Bonnet-de-Chavagne en Isère.
—Sophie Duhem, 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle" Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Année 1998 Volume 105 Numéro 1 pp. 53-69
Miséricorde de la stalle n°34 : un docte viellard chûte sous le poids du Monde (globus cruciger) accablant ses reins.
Nouxs retrouvons le globe triparti marqué de la croix de la miséricorde n° 32. Mais cette image du Monde pèse sur le dos d'un viellard, coiffé du même bonnet à rabats adopté par les autres personnages de ces stalles, vêtu d'une robe longue, mais dont la dignité est contredite à la fois par ses pieds nus, et à la fois par sa posture de renversement, de chute. Est-ce Dieu portant sur son dos le poids du monde chargé de péché (D. Kraus) ? Un Docteur qui perd la boule devant le spectacle de Nef des Fous (S. Brant 1494) du monde ? Ou, comme le voyait Aufauvre, un acrobate jonglant avec un globe ?
Dans tous les cas, cette sphère du Monde semble porteuse, comme pour la Boule aux rats, d'une leçon de morale face à un déclin.
A. Aufauvre : "un Atlas burlesque marchant sur ses mains et portant un globe cerclé".
Miséricorde de la stalle n°35 : deux aigles présentant un blason.
C'est le seul blason de ces stalles, et on l'aurai attendu sur l'emplacement le plus honorifique, les stalles 38-39 ou 8-9. Il devait porter des armoiries, peut-être l'une de celles qui sont multiples sur les vitraux, peut-être celles d'un évêque de Paris. Mais les meubles héraldiques ont été bûchées.
A. Aufauvre : "écusson becqueté par deux oiseaux affrontés".
Miséricorde de la stalle n°36 : une femme marchant comme à l'aveuglette, devant une tortue dressée de profil sur ses pattes arrières. Au dessus, un objet (corde, bâton ?) est partiellement effacé.
A. Aufauvre : "deux femmes séparées par un personnage (aujour'hui brisé) qu'elles semblent se disputer".
Miséricorde de la stalle n°37 : homme allongé sur le côté et dormant, relevant sa robe sur son genou gauche.
Ivresse de Noé??
A. Aufauvre : "Un homme en robe dans l'attitude du sommeil".
Miséricorde de la stalle n°38 : un musicien coiffé d'une toque à plumet jouant de la chalemie devant un globe crucifère.
A. Aufauvre : un joueur de trompe, en tunique, coiffée d'une toque empanachée, en avant d'u globe crucifère"
Voir la Fiche n°85 NH11 de Musicastallis :
"Un page sonnant l'éveil à la terre chrétienne". L'instrument est assez proche de la chalemie représentée dans la miséricorde SH-12 du même ensemble [Job devant deux musiciens]. En l'absence de toute possibilité de voir les trous de jeu, l'aérophone peut être trompe ou chalemie. Le musicien, vêtu d'un costume et d'un béret à plume souvent attribués aux ménétriers, joue d'une longue trompe mutilée. Illustration du proverbe : "tromper le monde" ?
Scène(s) associée(s): L’association du globe terrestre et de la trompe symbolise le jugement dernier (voir fiche n°323) mais la stalle SH-07 "il faut être fou pour porter le monde" pourrait accréditer l’hypothèse du dicton "je trompe le monde chrétien"
Miséricorde de la stalle n°39 : Un riche couple encadrant un récipient à couvercle. La femme semble y jeter un objet (bûché), l'homme s'apprête à dégainer son poignard.
A. Aufauvre : "un couple autour d'une marmite".
Miséricorde de la stalle n°40 : un lion dévorant un loup (ou un chien).
A. Aufauvre : "un lion dévorant un quadrupède".
Miséricorde de la stalle n°41 : un homme (robe logue, bonnet à rabats) est assis à l'envers sur un quadrupède et tend l'index droit vers son arrière-train tout en lui soulevant la queue. L'animal a les antérieurs fléchis. Il pourrait s'agir d'un taureau.
A. Aufauvre : "un cavalier au rebours, sur une bête fantastique".
Panneau intérieur du dais. Rinceaux à têtes de poisson et de bélier.
Les culs-de-lampe du dais.
Chanoine priant.
Homme barbu déroulant un phylactère.
Ange tenant une lance (instrument de la Passion).
Femme richement vêtue tenant des binocles.
Ange tenant des verges (instrument de la Passion).
Femme tenant un objet cylindrique.
Ange déroulant un phylactère.
Les 7 panneaux à claire-voie en couronnement du dais.
Corbeille + faune
Corbeille + 2 angelots chevauchant des griffons.
Pentacle + corne d'abondance à visage anthropomorphe.
Candélabre et rinceaux à femme-feuille et tête de dauphins.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162.
Le Corpus des Miséricordes Médiévales (XIIIe-XXVIe siècles) se compose de cinq volumes. Les quatre premiers sont consacrés aux miséricordes et aux sculptures de stalles de chœur associées, dans des régions spécifiques d'Europe. Le cinquième volume comprend un index iconographique exhaustif des thèmes communs à différents pays, ainsi que des thèmes propres à chaque pays. Le premier volume de cette série, « Miséricordes Médiévales en France », recense environ 300 églises qui conservent des miséricordes gothiques ornées de figures sculptées et de récits inspirés des traditions orales (proverbes, contes populaires), mais aussi des annotations marginales de manuscrits, des chapiteaux romans, des bibles illustrées, des gravures, des cartes à jouer… Une vaste fresque de la vie médiévale – activités rurales, métiers urbains, relations conjugales, vie monastique – est présentée dans ces sculptures, sous les sièges des stalles, aux côtés des costumes d'époque, de l'architecture urbaine et collégiale, et des mécanismes. Des jeux de mots et des rébus s'entremêlent souvent à ces thèmes, créant des énigmes à la fois comiques et mystérieuses pour le regard du XXIe siècle. La perspective globale des miséricordes, généralement négligée dans les études sur l'art médiéval, est ici présentée comme une base multidisciplinaire pour de futures recherches menées par des sociologues, des historiens, des archéologues et d'autres médiévistes. Les volumes suivants traitent des miséricordes en Ibérie, en Flandre et dans le nord de l'Europe, ainsi qu'en Grande-Bretagne.
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.
Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots. Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.
Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.
En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre.
Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.
Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.
Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnérent une planche entière d'illustrations, elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.
A. Aufauvre 1858, Gallica BnF
Le répertoire du côté nord diffère de celui du côté sud, et ce n'est pas un hasard si Amédée Aufauvre choisit, parmi les 14 miséricordes figurées sur la planche (dessinée et lithographiée par Charles Pichot), 13 du côté nord, plus pittoresques, plus savoureuses : le caractère populaire et médiéval y est mieux représenté, avec d'avantage de références (parfois énigmatiques pour nous), aux fabliaux, sentences et proverbes et au monde du merveilleux et du fantastique. Est-ce que les chanoines (ou les invités) du côté nord était moins collet-montés que ceux de l'autre côté du lutrin ? Quelle était la moyenne d'âge des nordistes, leur revenu (c'est-à-dire le nombre de prébendes dont ils disposaient dans leur portefeuille), leurs titres nobiliaires, en comparaison des sudistes? Toute une étude sociologique nous manque...Notons néanmoins que les graffiti se retrouvent au nord, et non au sud.
Numérotation
Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.
Soit, ici :
Stalles hautes sud n°1 à 14
Stalles basses sud n° 15 à 27
Stalles hautes nord n° 28 à 41
Stalles basses nord n° 42 à 54.
Numérotation lavieb-aile des stalles nord.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La jouée est : deux chiens affrontés.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 42 (la dernière du côté est) : un Triton.
A. Aufauvre : "une syrène nue, les cheveux au vent".
On peut y voir une sirène, car dotée d'une queue de poisson au dessous du tronc (la réunion entre les deux parties étant ornée d'un collerette), mais sa poitrine peu marquée, son visage et même sa chevelure incitent à y voir un personnage masculin, et donc, comme le propose la base Palissy "un triton, desinit in piscem" (*). Il/Elle ouvre les bras largement, mais ses mains et poignets sont brisés.
Si on admet qu'il s'agisse de Triton, c'es alors un emprunt, non plus au répertoire merveilleux médiéval, mais à la mythologie greco-latine, comme pour Hercule.
(*) Au début de l'Art poétique, Horace compare une œuvre d'art sans unité à un beau buste de femme qui se terminerait en queue de poisson : Desinit in piscem mulier formosa superne (De sorte que le haut soit d'une femme aimable, et le bas représente un poisson effroyable). Se dit des choses dont la fin se termine en queue de poisson, ne réalisant pas les promesses du début.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 43 : trois visages dans la même capuche de fous aux oreilles d'âne.
Allusion à une expression qui serait perdue, " trois têtes de fou dans un même bonnet" ?
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main : animal fabuleux sortant d'une coquille et la dévorant.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 44 : un homme en robe ouverte, coiffé d'un bonnet, urine dans un van.
Un van est un tamis servant ... à vanner les céréales, "du latin vannus , ustensile servant à séparer le grain d'impuretés plus légères".
Il s'agit d'un calembour pour illustrer le proverbe "Petite pluie abat grand vent", il suffit (parfois) de peu de chose pour calmer une grande querelle.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Graffiti des dorsaux.
ALLAN (stalle 45)
Une autre inscription non relevée sur le dossier.
On notera que, selon Aufauvre, "Au bas-côté nord est une inscription consacrée à Nicolas Allan, chanoine de Champeaux, donateur de 460 livres au profit de l’Eglise paroissiale, à la charge de divers services. Le contrat date du 12 mai 1636."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
stalle 46 : graffiti effacés ou peu lisibles LANEE (?) 1697 -TAT
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalle 44 : graffiti non lisibles, lettres Q et N.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 45 : deux joueurs de volant.
comparer à la stalle n°17, côté sud.
Les deux joueurs, en tunique courte et chausses ajustées, sont coiffés d'un bonnet sur leurs cheveux mi-longs, ils se détachent sur un fond qui peut corresponbdre à un paysage champêtre (champs cultivés).
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main: homme assis, lisant ; tête (recouverte d'une capuche) au visage bûchée.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 46 : un homme ou enfant nu, monté sur un quadrupède, lui tire la queue alors qu'il tient les rènes.
A. Aufauvre : "un homme sur un chameau dont il tire la queue et la bride".
La miséricorde n°17, en vis à vis, montrait un singe monté sur un griffon, soit une scène assez proche, bien que l'animal n'ait pas, ici, de crinière, et soit harnaché.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main: figure fabuleuse aux formes globuleuses.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 47 : un enfant nu, monté sur un cheval, lève un ustensile à manche.
A. Aufauvre : "un cavalier nu armé d'une pelle.".
On peut discuter de l'animal (âne, mulet), de ses pattes (pas de sabots mais des sortes d'orteils), de sa pelle, et de l'usage qu'il en fait (frapper sa monture? participer à un jeu ?).
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La stalle s'interrompt pour permettre le passage vers les stalles hautes. Les deux jouées sont décorées d'une archère et d'un archer.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée est : un jeune athlète nu et crépu bandant un arc en dansant.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée opposée : une jeune femme presque nue, cheveux au vent, armée d'un arc et tenant une flèche. Elle esquisse une danse.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 48 : homme faisant cuire dans un chaudron un couple d'êtres grotesques et simiesques, dont un dragon ailé.
A. Aufauvre : "un homme regardant deux diables ailés, dans une chaudière".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main : un homme coiffé d'un chaperon, lèchant un fruit (?) ou vomissant dans une coupe (?).
A. Aufauvre : "homme vomissant dans un plat à barbe."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 49 : un diable (cornu, griffu, velu) tenant un bâton ou une planche ou une porte, tenu par la queue et suivi par une femme en robe longue et coiffe serrée sous le menton.
La queue a été bûchée.
Allusion à l'expression "tirer le diable par la queue".
A. Aufauvre : "un singe ou un démon fuyant armé d'un bâton, devant un homme qui défend un objet (aujourd'hui brisé).
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 50 : un homme faisant l'aumône à un infirme.
L'homme, un riche bourgeois vêtu d'un ample manteau (serré par une ceinture) et coiffé d'un bonnet, imberbe, cheveux mi-longs, pose une pièce dans la sébille d'un pauvre infirme, amputé au genou de la jambe gauche, appareillé d'un pilon, s'aidant d'une canne, et peut-être en outre aveugle car son visage barbu est tourné vers le ciel. De sa main gauche, le Riche referme son aumônière suspendue à sa ceinture.
A. Aufauvre : "un homme faisant l'aumône à un infirme."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 51 : sainte Catherine d'Alexandrie.
La sainte, vierge et martyre est couronnée et tient un livre et une épée. Elle est encadrée de deux moitiés d'une roue, allusion à l'épreuve de la roue à lames acérées, dont elle sortit vainqueur par le miracle du bris de cette roue, qui alla blessr les bourreaux.
Sainte Catherine est représentée plusieiurs fois sur les vitraux. Son culte était alors de première importance . Elle était vénérée par les filles à marier (les catherinettes du 25 novembre), par les femmes en général et surtout pour être protégé des périls mortels.
C'est la seule miséricorde à thème religieux de cette rangée.
A. Aufauvre : "une sainte Catherine".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Retour d'angle : deux figures faisant fonction d'appui-main.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Homme assis, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chaperon, écrivant sur un phylactère.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Enfant accroupi, l'index sur les lèvres.
Est-ce une figure du Silence, déjà rencontré, sinon dans les stalles canoniales, mais en milieu monastique (Brou ; Naples) ? mais l'index n'est pas posé verticalement. Ou une figure d'Harpocrate? Ou un homme se faisant vomir? etc.
Amédée Aufauvre : "homme qui s'ouvre la bouche et se gratte le pied".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main : animal fabuleux de type dragon à pattes feuillagé.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 52 : un cochon jouant de la cornemuse pour l'un de ses petits.
Cette miséricorde figure (bien sûr) dans l'encyclopédie de Jean-Luc Matte qui décrit ici le bourdon d'épaule, tandis que le hautbois et la partie supérieur du sac sont brisés.
Voir aussi la notice de la base Palissy (erronée, datation "du 11ème siècle") qui donne en légende "Une truie qui file ou joue de la cornemuse ou amusant son petit", à une photographie antérieure à 1896.
Le cochon (on ne voit pas les mamelles qui permettrait d'affirmer qu'il s'agit d'une truie) est assis sur ses pattes arrière. Le porcelet est assis sur un rocher et le regarde.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 53 : deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre.
On peut y voir (base Palissy) "le monde livré à la dispute des savants". Mais les deux hommes ne sont pas habillés comme des docteurs médiévaux, en robe longue fourrée et coiffés d'une barrette, au contraire, même si l'un est coiffé d'un bonnet, leur tunique courte, et la tenue "sportive" et désinvolte du second ne permet pas de voir là des savants.
Les gestes des bras montrent qu'ils s'envoient et se renvoient le globe.
A. Aufauvre : "Deux hommes s'envoyant le globe terrestre, comme un ballon".
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle 54 : deux hommes frappent avec des maillets un petit homme allongé sur une enclume.
Légende de la base Palissy : "entre le marteau et l'enclume".
La sculpture conserve pour moi un côté énigmatique.
Le "petit homme" est peut-être un enfant ; il est coiffé d'une capuche à oreilles, qui pourrait être un bonnet de fou, mais qui ressemble à la coiffure de l'homme barbu de gauche. La collerette de son habit peut aussi appartenir au costume du Fou.
Les deux hommes ont l'aspect et la posture des bourreaux, notamment cette façon de dégager la cuisse droite de tout vêtement pour ne pas entraver le mouvement du bras.
A. Aufauvre : "deux maréchaux frappant sur une enclume le personnage de la Folie."
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Stalles basses nord de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.
Les 54 stalles (chêne, 1522, Richard Falaise) de la collégiale de Champeaux en Seine et Marne, le côté sud. Ib, les 13 stalles basses. Miséricordes, appui-mains, jouées.
Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots. Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.
Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.
En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre.
Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.
Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.
Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858, elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet, en reprenant leur description dans le Bulletin monumental de 1925, en donna une planche entière d'illustrations. On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.
VUES GÉNÉRALES
Vue de la collégiale de Champeaux depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Numérotation adoptée.
Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.
Soit, ici :
Stalles hautes sud n°1 à 14
Stalles basses sud n° 15 à 27
Stalles hautes nord n° 28 à 41
Stalles basses nord n° 42 à 54.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut de la jouée sud-est : deux dragons affrontés.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°15 : combat de 2 enfants nus, l'un tenant un bouclier rond, l'autre un bouclier rectangulaire.
A. Aufauvre : "Deux enfants ayant chacun un bouclier; l’un d’eux tient un bâton".
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°16 : centaure tenant son épée à l'abri de son bouclier rond.
A. Aufauvre : "Un corps d’homme armé, sur des pattes de bipède".
La tête est coiffée d'une capuche, le torse est vêtu d'une tunique.
Ce type de bouclier rond avec bulbe central ou umbo déviant les coups se nomme à l'époque médiévale "bocle", il est utilisé pour l'escrime. Voir aussi "rondache" ou rouelle, et "targe"
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°17 : deux jeunes hommes jouant dans un bois, l'un s'apprête à frapper avec une batte ou raquette.
Les deux hommes se ressemblent, mais celui qui est armé de la raquette porte un chapeau.
A. Aufauvre : "Un jeune homme présentant ses fesses à un individu armé d’une batte".
Ce siège se trouve presque en face de la miséricorde 45, où deux hommes jouent au volant, armés de la même "batte". Ne peut-on imaginer qu'ici, l'un des joueurs n'a pas pu rattraper le volant, et qu'il parte à sa recherche?
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°18 : un semeur à la volée, un sac de grain près de lui.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°19 : un singe monté sur un griffon.
Un griffon est une créature légendaire qui a ici un bec d'aigle, des oreilles de cheval, un corps de lion dont il a la crinière, et des serres d'oiseau.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°20 : un homme propose une charge (bûche) à un paysan déjà lourdement chargé d'une hotte pleine de buches.
Il s'agit sans doute de l'illustration d'un proverbe.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée est de l'accès aux stalles hautes. Un médaillon d'un homme de profil, casqué, et décor de rubans Renaissance.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Jouée ouest de l'accès aux stalles hautes. Un médaillon d'un homme de profil, coiffé d'un chapeau, et décor Renaissance d'angelot et de rubans .
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°21 : un cavalier portant sur son épaule un lourd sac (grains? farine?).
La scène, relevant des proverbes, dictons et sentences, dénonce la stupidité de l'homme qui croit épargner sa monture en portant ainsi le sac, plutôt que de le poser sur l'encollure.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°22 : un singe à cheval sur un lion à tête de cheval.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main. animal hybride feuillagé.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°23 : un sagittaire.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°24 : un centaure tenant un bâton et se protégeant derrière son bouclier.
La partie humaine est celle d'un personnage barbu et coiffé d'une cagoule, elle se réunit à la partie équine par une collerette detouffes de poils. Le bouclier est de type bocle.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Angle des deux parties des stalles basses. Deux créatures hybrides.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Créature hybride à tête d'angelot, à corps sphérique, avec collerette feuillagée.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dragon ailé.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°25 : homme à faciès vultueux tournant le dos à un singe tenant une pelle.
A. Aufauvre : "Deux singes se battant à coup de pelle et de pierres et se tirant la queue".
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Appui-main.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°26 : deux chiens rongeant le même os.
Illustration d'un proverbe "deux chiens pour un seul os ne s'entendent pas", dénonçant la passion ou l'envie. Mais pour D. Krausz, l'artisan détourne le sens premier en sculptant un os si grand qu'il semble satisfaire les deux chiens.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°27 : Phénix renaissant des flammes
A. Aufauvre : Le phénix sur son bûcher.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La jouée ouest : candélabre Renaissance.
Les stalles basses sud de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.
"Les remarquables vitraux figurent parmi les réalisations artistiques notables des XVe siècle et XVIe siècle en région parisienne." (Wikipedia)
D'après l'inventaire des vitraux par le chanoine Martin Sonnet en 1653, soixante-douze panneaux de verre peints décoraient la collégiale et garnissaient quarante fenêtres parmi les cinquante-deux que compte la collégiale, le transept et les parties hautes du chœur, côté sud n'ayant jamais possédé que du verre blanc.
Outre saint Martin, patron de la collégiale, saint Nicolas était particulièrement invoqué. On trouve aussi une invocation à saint Victor, patron de l'abbaye qui avait des droits, à l 'origine, sur Champeaux.
"Des cinquante-deux fenêtres de la collégiale, une quarantaine étaient enluminées à l'époque de la Révolution. Aujourd'hui, moins d'une vingtaine conservent des débris plus ou moins complets, des fragments dont il est parfois impossible de deviner les motifs. La plupart de ces vitraux étaient de bonne facture. Quelques-uns dataient de la fin du XVe siècle, mais le plus grand nombre appartenaient au XVIe siècle, à l'époque de la Renaissance... Chaque verrière aurait coûté 4 à 5 livres. " (G. Leroy, 1896)
Les comptes ou Chartier du Chapitre de 1519 à 1528 conservés aux archives départementales de Seine-et-Marne, mentionnent les noms des verriers Nicolas Maçon de Melun, et Allain Courjon .
"Les vitraux de Champeaux n’ont plus aujourd’hui l’importance qu’ils avaient encore en 1790. Nul doute que des dévastations, et plus encore la négligence de la fabrique ancienne n’aient entraîné leur perte. Ils sont presque tous mutilés." (Amédée Aufauvre)
Nonobstant cet état de conservation lacunaire, certains comptent parmi les chefs-d'œuvre du gothique flamboyant finissant ou de la Renaissance. Leur style et leur technique les apparentent étroitement aux vitraux champenois. (Wikipedia)
Y sont représentés les chanoines donateurs, et les blasons des familles civiles qui ont participé au financement.
A. Aufauvre 1858, Gallica BnFcliché lavieb-aile 2025.
I. LES BAIES BASSES.
Plan de numérotation personnel (principe de numérotation du Corpus vitrearum).
Numérotation des baies basses de la collégiale de Champeaux
Les baies 1 et 2
Elles sont vitrées de verre blanc.
La baie 3. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre est. L'Arbre de Jessé.
Dans la lancette B, qui présentait jadis un saint Denis (*), seul est visible aujourd'hui le sommet d'une architecture avec deux lions portant chacun, accroché par des sangles à leur poitrine, un blason muet.
(*) et une scène de donation : "un "cavalier" [ou chevalier?] dans l'attitude de la prière, disant Jesu fili David miserere dei", la référence à David étant approprié au thème de Jessé. "À ses côtés cinq enfants, et derrière lui une femme priant accompagnée de six filles" (G. Leroy)
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : un Arbre de Jessé (fragment)
Il était jadis caché par un retable et A. Aufauvre ne l'a pas vu ; G. Leroy se contente d'en citer le sujet.
Jessé est absent, on ne peut que parier sur sa présence, plongé dans son songe, tandis qu'un arbre naît de sa poitrine. Mais on voit bien l'arbre au tronc vert, sur les branches duquel sont installés les 12 rois de Juda. Le bas de leur corps est escamoté au profit d'une collerette florale, qui leur donne naissance. Ils tiennent chacun leur sceptre et portent la couronne royale. seul est identifiable, par sa harpe, le roi David, mais c'est Salomon qui doit être à ses côtés.
Au sommet de l'arbre, Marie émerge d'un bouton rouge, elle est couronnée et tient l'Enfant.
Fond bleu azur. Bordure : couronnes et fleurs de lys.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose : une Crucifixion.
La rose accueille un Christ en croix, entre sa mère et saint Jean sur fond de remparts. Autour, les quatre animaux du Tétramorphe tenant le nom de l'un des 4 des évangélistes, et enfin saint Martin partageant son manteau et saint Nicolas bénissant les 3 clercs.
Les bordures sont de fleurs de lys fleuronnées rappelant celels des baies hautes.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Deux blasons montrent des armoiries épiscopales traversées par une crosse en pal.
D'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules. Ces armoiries se retrouvent dans les baies hautes baies 103 et 101. Le blason de droite est exact, celui de gauche est son image en miroir.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 4. Chapelle d'angle sud-est, fenêtre est. Saint Michel terrassant le dragon (fragment) et Jean l'évangéliste + chanoine donateur.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : l'archange saint Michel terrassant le dragon (fragment).
Bordure : couronne et rameau fleuri.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B : saint Jean rédigeant l'Apocalypse ; chanoine donateur (fragment).
Le phylactère indique JOH[AN]NES SEPTEM ECCLIIS CAM PETT, nous orientant vers le chapitre 7 de l'évangile de saint Jean. Celui-ci, de profil, nimbé, imberbe, lève les yeux pour recevoir l'inspiration divine. En arrière-plan, les remparts d'une ville, et des palmiers. On voyait encore en 1896 l'aigle de saint Jean tenant son écritoire, et les mots GRATIA ET PAX sur le phylactère (G. Leroy).
La consultation du texte de la Vulgate Je:7 n'a pas permis de déchiffrer eccliis cam pett, qui échappe aussi à une traduction à partir du latin.
Il s'agirait alors plutôt de Jean rédigeant sur l'île de Patmos le Livre de l'Apocalypse, renvoyant au passage où Jean entend une voix forte lui dictant "ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée. L'inscription du phylactère aurait été mal restaurée et renverrait à septem ecclesiam ou mieux à Ap 1:11 :Quod vides, scribe in libro: et mitte septem ecclesiis, quae sunt in Asia, Epheso, et Smyrnae, et Pergamo, et Thyatirae, et Sardis, et Philadelphiae, et Laodiciae.
Le tympan va confirmer cette hypothèse.
Au dessous, un chanoine mains jointes, en posture de donateur. Il était accompagné jusqu'en 1896 de ses armes d'azur à six besants d'or, au chef de même et d'une inscription ou devise LE MONDE ME PLAIST (G. Leroy)
Bordure : couronne et rameau fleuri.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Tympan : rose aux sept églises de l'Apocalypse ; anges thuriféraires.
Les sept églises d'Éphèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée sont peintes au jaune d'argent sur un tracé de grisaille.
Je corrige donc l'interprétation L. Michelin (1841) et de E. Liébert (1869), couramment reprise, qui voyait là "une allusion aux sept églises paroissiales qui formaient le doyenné de Champeaux. Ces sept églises sont représentées dans la rose. On sait qu'il s'agissait des paroisses de Notre-Dame de Champeaux, saint Jean-Baptiste d'Andrezel, Saint-Martin de La Chapelle-Gauthier, Saint-Merry de Saint-Merry-les-Vallées, Saint-Martin de Quiers, Saint-Louis de L'Etang-de-Vernouillet,et Sainte-Marie-Madeleine de Fouju .
Mais la rose est correctement interprétée sur le site églisesduconfluent.
Bien-sûr, les chanoines ont parfaitement pu établir un parallèle entre les sept églises de leur Doyenné et les sept églises d'Asie.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 5. Chapelle d'angle nord-est, fenêtre nord. Annonciation.
Les deux panneaux ont été restaurés, notamment les visages.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans la lancette A, un blason d'azur à la fasce d'argent et aux cinq losanges d'or, trois en chef et deux en pointe. Armes des donateurs de la baie 7.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 6. 5ème travée du collatéral sud. Résurrection des morts (rose) et Marie priant.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Rose : dans 3 lobes, résurrection des morts.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
écoinçon : un chevalier en donateur.
Ce chevalier en armure porte un tabard à ses armes, d'azur à la fasce d'argent et aux losanges d'or, correspondant au blason de la baie 7. Une inscription contient des lettres peu explicites.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans l'autre écoinçon, un forme fantôme (la donatrice ?) mains jointes libère le phylactère FAE ME SICUT UNVM DE MERCENARIIS TVIS, citation de Luc 15:9 "[je ne suis plus digne d'être appelé ton fils;] traite-moi comme l'un de tes mercenaires".
L'inscritpion en bande contient un fragment VNQVAM(?)
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 7. 5ème travée du collatéral nord. Épisodes de la Vie de Marie.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : Baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée. Présentation de Marie au Temple. Boutique de changeurs.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le baiser d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée de Jérusalem, baiser d'où découle la chaste conception de la Vierge.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Présentation de Marie au Temple, conduite par ses parents Anne et Joachim (à gauche).
Le grand prêtre s'apprête à l'accueillir. les murs du Temple sont ornés de trois gueules de lion en macarons. Deux femmes sont visibles, regardant par les fenêtres.
On sait que la Présentation de Marie n'est pas décrite dans les évangiles, mais qu'elle provient du Protoévangile de Jacques chapitre 6 à 10.
"Et l'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : « Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument» et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu. » Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple. Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : « Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël. » Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. Et ses parents descendirent, admirant et louant Dieu de ce que l'enfant ne s'était pas retournée vers eux."
L'artiste a bien placé Marie sur le troisième degré de l'escalier. Elle est résolument tournée vers le Temple, et ses parents peuvent être rassurés, elle ne se retournera pas.
À gauche, blason d'azur à la fasce d'argent, accompagnée de cinq losanges d'or, 3 en chef et 2 en pointe" , déjà observé en baie 5 et 6. Cette famille a joué un rôle important dans le financement des vitraux du début du XVIe siècle.
À droite, blason mi-parti associant en 1 le précédent et en 2, de gueules à 3 croissants d'or, 2 en chef, 1 en pointe. Il s'agit donc d'un blason désignant précisément un couple.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
L'atelier des changeurs.
Il est facile de décrire ici ce qu'on voit, mais plus difficile de l'expliquer, et je crois qu'aucun auteur ne s'y est risqué, au delà de cette proposition d'y voir "un atelier de changeurs". Pourquoi cette scène est-elle insérée dans cette Présentation de Marie au Temple ?
On voit une table dressée sur des tréteaux, et couverte d'une nappe brodée d'or. Si l'un des deux personnages, qui compte des pièces, pourrait être un Juif (bonnet conique), l'autre est un chanoine ou du moins un clerc (tonsure, surplis blanc), il tient une bourse. Sur la table se trouvent des piècesde monnaie, mais aussi des objets liturgiques, dont des bougeoirs et des objets de dévotion. Un donateur a-t-il voulu se faire figurer dans son rôle de trésorier ou de responsable des achats?
Existe-il un rapport avec les blasons?
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Détail de la bordure à couronne royale, fleur de lys et sarment.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B. La naissance de la Vierge. Le mariage de la Vierge.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La naissance de la Vierge.
Anne, la mère, est couchée dans son lit et reçoit d'une servante le brouet, un espèce de bouillon au lait et au sucre, son premier repas après l'accouchement.
Son mari Joachim est assis à son chevet, appuyé sur sa canne.
Deux femmes (une sage-femme et une servante?) prennent soin de l'enfant et lui donne son premier bain.
Un foyer en brique, en arrière-plan laisse penser que la pièce est bien chauffée.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le mariage de la Vierge.
La scène est classique, mais l'originalité est ici de représenter (mais comme dans l'huile de Raphaël, 1504), non seulement les deux époux Marie et Joseph devant le grand prêtre, mais aussi, la scène de l'élection de Joseph devant les autres prétendants. Ceuc-ci tiennent sur l'épaule la baguette, mais seule celle de Joseph a fleuri. En fait, la floraison de la baguette de Joseph n'est pas visible, son extrémité se fond dans la robe verte du prêtre.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le tympan
L'Annonciation dans les deux écoinçons.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La rose : la Vierge de l'Immaculée-Conception.
La Vierge à l'Enfant a les pieds posés sur un croissant de lune, et elle est placée au centre d'un mandorle jaune rayonnant, dans des nuées où volent en file des chérubins multicolores. C'est la Vierge de l'Apocalypse.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 9. 4ème travée nord du collatéral du choeur. Adoration des Mages.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A : les rois Gaspar et Balthazar.
Balthazar a traditionnellement la peau noire, ou les traits d'un maure ; il en a ici le cimeterre, et la boucle d'oreille. Il vient en dernier et offre la myrrhe. Il désigne de la main l'étoile qui les a guidés.
Ses manches a crevé incitent à dater ce vitrail du début du XVIe siècle. Il porte aussi une tunique courte (au dessus des genoux) et à revers d'hermines, et des chausses ajustées comme nos collants.
Des lettres sont inscrites sur le galon de son manteau jaune, lettres sans signification, comme c'est la tradition depuis le XVe siècle.
Gaspar est barbu, et il offre l'encens. Il est coiffé , comme Balthasar, d'un bonnet de velours rouge qui supporte la couronne. Il porte une aumônière, une collier de maillons d'or, et un lourd manteau doublé d'hermines.
Les deux rois évoluent dans un paysage de ruines antiques.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B
Le roi Melchior, le plus âgé, est agenouillé devant Marie et son Fils et présente à l'enfant la coupe d'or. Sa couronne est posée à terre.
On voit encore Joseph, l'âne et le bœuf, l' étable , lles murailles de Bethléem, et, dans le ciel, l'étoile à queue de comète.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Le tympan.
Dans la rose est représentée la Fuite en Égypte, et dans les lobes l'épisode de la chûte des idoles païennes, ou le miracle du champ de blé qui dissimule la Sainte Famille aux soldats d'Hérode, qui la recherche. On voit aussi deux scènes du Massacre des Innocents, et un soldat avertissant Hérode de la naissance de Jésus.
Deux anges adorateurs, en chape , sont agenouillés sur des petits nuages.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 10: travée du côté sud.
Seul le tympan a conservé ses vitraux. Les lancettes contenaient encore en 1896 les débris informes d'un Baptème du Christ par saint Jean , Dieu le Père et le Saint-Esprit, et sainte Barbe.
On y voit, entre deux anges thuriféraires des écoinçons, saint Nicolas bénissant les clercs dont l'un enjambe le baquet, mais aussi Adam de Ève d'abord réuni autour de l'arbre de la Tentation, puis expulsés du Paradis terrestre, tandis que l'ange, l'aigle, le taureau et le lion du Tétramorphe portent un phylactère portant le nom de l'évangéliste correspondant, Matthieu, Jean, Luc et Marc.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 11. 3ème travée nord du collatéral du choeur. Le Christ de la Parousie. Crucifixion.
Baie 11 de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : Le Christ Sauveur du Monde.
Ses pieds sont posés sur le globe du monde, il est assis sur l'arc-en-ciel de l'Alliance, il porte, sur son corps nu marqué par es stigmates, le manteau glorieux de sa victoire sur la Mort, et l'épée de la justice divine qui est dirigé vers sa joue se transforme, à droite, en un bouquet de fleurs de miséricorde. Les anges volent dans l'azur, soufflant dans les trompes de la Parousie et énonçant les paroles inscrites dans les phylactères disent : Surgite mortui venite ad Judicem Levez-vous les morts et venez au jugement.
Le phylactère In te dominum speravi non confundar in aeternum provenait jadis de la bouche des donateurs, au registre inférieurs.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B: la Crucifixion entre les larrons.
Le Christ en croix et les larrons (restaurés) se détachent sur le ciel bleu-nuit au dessus des remparts de Jérusalem.
À droite de la Croix, Marie, soutenue par Jean, une sainte femme, Marie-Madeleine les mains jointes et le regard tourné vers la Croix. Derrière eux, deux cavaliers, dont Longin qui vient de transpercer le flanc droit de Jésus de sa lance.
À gauche, dans une foule plus confuse avec insertion de pièces exogènes, un ou deux cavaliers et, remplacé par un visage barbu ahaut en couleurs, le Centenier s'esclamant "Celui-ci est vraiment le fils de Dieu".
En partie inférieure, deux soldats se disputent avec leur poignard la tunique qu'ils ont tiré aux dès.
Un chanoine (robe rouge sous le surplis, aumusse dont les six queues d'écureuil sont détaillées ) est en posture de donateur, agenouillé sur son prie-dieu à ses armes, un fascé d'azur et d'argent de six pièces.
G. Leroy indique, "dans les segments, à gauche, la lune et les étoiles. À droite, le soleil avec ces armes d'or, au sautoir engreslé de sable cantonné de quatre arbalètes de gueules. Jean et Nicolas Arbalète, frères, 1513. Ces personnages appartenaient à la famille des Arbalète, vicomtes de Melun en partie, seigneurs de la Borde, localité voisine de Champeaux."
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 11, le tympan.
Dans la rose, Dieu le Père, entouré de chérubins dans les lobes. Dans les écoinçons, la lune et le soleil.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 13. Deuxième collateral nord du chœur. Saint Nicolas ; saint Georges terrassant le dragon.
Cette baie a été offerte en 1508, (après le mariage de Louis XII et d'Anne de Bretagne en 1499, —ce qui explique la bordure de lys, de couronnes et d'hermines,—) par Nicolas Sauvaige, chanoine de Champeaux et procureur, mort le 15 septembre 1522 et inhumé dans la chapelle Saint-Nicolas, existant originellement dans la travée où se trouve la verrière.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A, à gauche : saint Nicolas et un chanoine donateur.
Dans une niche architecturée et devant une tenture damassée rouge, Saint Nicolas, en évêque, bénit les trois clercs qui sortent du baquet, miraculeusement ressuscité de leur salaison. À gauche, le chanoine Nicolas Sauvaige est agenouillé dans la posture du donateur, et porte l'aumusse des chanoines au bras droit. G. Leroy décrit un chanoine "vêtu d'une robe rouge", sous les armoiries d'azur, au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople".
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les armoiries (présentes dans les deux lancettes).
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B : saint Georges terrassant le dragon devant une bergère.
G. Leroy a vu dans la bergère en robe rouge accompagnée d'un agneau une sainte Agnès priant. C'est bien entendu une erreur, et l'iconographie s'attache à être fidèle à la Légende dorée, selon laquelle c'est la fille du roi qui sans l'intervention du saint chevalier, était condamnée à être dévorée par le dragon. On voit d'ailleurs, peint en grisaille, les remparts de la ville de Silène, en Lybie, du haut duquel le roi et la reine (couronnés et vêtus de manteau à larges manches fourrées) suivent le combat.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie 13 : le tympan et sa rose.
Le motif de la rose est perdu, G. Leroy le décrivait encore en 1896 comme le sacre d'un évêque ( a priori St Nicolas) assisté de 2 prélats et autres ecclésiastiques. Les 6 lobes ont été conservés, contenant des anges chantant un hymne au texte indiqué par leur phylactère : Sospitati dedit egros olei perfusio /Nicolaus naufragantium affuit presidio /revelatur a defunctis defunctus in bivio /baptizatur auro viso Judeus indicio/vas in mari mersum patri redditur cum filio /O quam probat sanctum dei faris augmentatio /
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Dans les écoinçons, les anges tiennent des phylactères : Auro per eum virginum tollitur infamia / atque patris earundem levatur inopia.
Il s'agit d'une "prose sur saint Nicolas" conservé dans le manuscrit BR ms 184 folio 51 verso du XIe siècle et publiée par Edélestand du Méril en 1843. Nommé également Séquence de Saint Nicolas (6 décembre) avec la mention : cette séquence du XIIe siècle est attribuée à Adam de St Victor (Patrol. t CXCVI p.1470)
Inutile d'insister sur la valeur de ces inscriptions.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 14.
La rose
La rose contenait Dieu le Père et saint Victor à cheval avec les paroles vicisti beate victor vicisti . Il ne reste que les anges aux phylactères : Vicit carnem. Vicit mundum. Vicit hostem furibundum. Fide vicit omnia.
Il s'agit d'un extrait de la Séquence de saint Victor : voir Sequencia de Sancto Victore Paris, B.N. lat. 15045, f. 84V-85V.
"On trouve que dès l'an 1124 cette collégiale étoit du nombre de celles dont cet évêque avoit accordé les annuels à l'abbaye de Saint-Victor; ce qui fut confirmé l'année suivante par Louis-le-Gros. Il semble que cette abbaye de Saint-Victor eût, environ l'an 1138 ou 1140, des vues pour obtenir totalement l'église de Champeaux et en faire une maison de chanoines réguliers." (L. Michelin)
Dans les écoinçons sont figurés en couple donateur une femme en robe rouge et coiffe, et un homme ayant devant lui trois pièces de monnaie, et un outils qui serait selon G. Le Roy propre aux tonnelliers.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 15. 1ère travée nord du collatéral du choeur. Donateur, Marie-Madeleine, évêque.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A : un chanoine donateur.
isolé sur la vitrerie losangée, un chanoine en posture de donateur, en robe rouge sous le surplis blanc, et portant l'aumusse canoniale. G. Leroy signale que le chanoine accompagnait jadis saint Nicolas, avec les lettres I.E inscrites dans un écusson .
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B: Marie-Madeleine ; un évêque.
sainte Marie-Madeleine portant le pot d'aromates, et un évêque bénissant
Bordure de fleurs de lys, de couronnes et d'hermines, donc datation du début du XVIe siècle.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Tympan de la baie 15.
Au centre de la rose, selon G. Leroy, "Charles VIII jeune, tenant la main de justice et vêtu d'un manteau fleurdelysé avec des hermines de Bretagne." On peut peut-être dire simplement que le manteau royal azur est fourré d'hermines au revers. Diamètre 0,48 m.
La base Palissy y voit saint Louis. Mais elle voyait dans le saint Georges de la baie 13 un saint Michel !
Tous les lobes sont fleurdelysés dans les bandes entrecroisées bleues avec une bordure circulaire rouge à fleurs de lys et hermines.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 21. 4ème travée nord du collatéral de la nef. Saint Michel, sainte Geneviève et chanoine donateur.
De cette lancette, il ne reste qu'un registre, se détachant sur la vitrerie losangée, et la bordure à couronnes et fleurs de lys. Et même dans ce registre, il manque le panneau central supérieur. On ne peut que présumer qu'il représentait la Vierge, dont on voit le manteau bleu, et vers qui les trois autres personnages sont tournés. Le fond est rouge, c'est un drap d'honneur damassé.
À gauche, saint Michel, en armure d'archange, terrasse le dragon et le menace de son épée, levée.
À droite, c'est sainte Geneviève tenant un livre ouvert, qu'on identifie à son cierge q'un diablotin tente d'éteindre avec son soufflet. Il manque, en contre-point, l'ange qui le rallume.
Sainte Geneviève présente le chanoine donateur qui est agenouillé à ses pieds. Ce qu'on voit de sa robe et de son col est noir, et non rouge. Il porte l'aumusse en fourrure de petit-gris (écureuil) dont les queues pendent à l'extrémité. Autant de queues, autant de peaux d'écureuil gris Sciurus vulgaris d'Europe du Nord, et autant de prestige pour le chanoine, dont l'aumusse répondait, ailleurs du moins , à des règles précises. L'usage du blanc de l'hermine était réservé aux fonctions plus élevées, mais on pouvait imposer l'utilisation pour l'aumusse des seules peaux grises du dos de l'animal (petit-gris) ou autoriser d'associer celles-ci en damier avec la peau du ventre blanc (vair). Nous avons vu en baie 11 un chanoine dont l'aumusse, plus large, était de six peaux.
Une inscription précise :
[MESTRE MICHIEL ] PAIEN, CHANOINE
[DE CHAMPEAUX], A FAIT FAIRE CEST
[VERRIÈRE DIEU] ET L'AME DE LIEU.
...que G. Leroy a lu ainsi : Messire Michiel Paien chanoine de Champeaux a fait faire ceste verrière Dieu ayt l'ame de luy".
Le chapitre de Champeaux était composé de 12 chanoines, puis de 24 jusqu'à la fin du XVIe siècle ; il était dirigé par un prévôt, et disposait d'enfants de chœur et d'un maître de musique.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 23. 3ème travée nord du collatéral de la nef. Messe de saint Martin.
La lancette ne conserve que 4 panneaux de vitraux, et sa bordure. Ces panneaux ont été très restaurés. La scène se passe dans une église. À gauche, quatre fidèles, dont une femme voilée. Au centre, un prêtre en chasuble célèbre l'eucharistie, au mome,nt de l'élévation de l'hostie, devant un enfant de chœur tenant un cierge. Le célébrant lève les yeux, et Dieu le Père lui apparaît dans des nuées, tandis qu'un ange lui remet une étole.
Sur le panneau de droite, un homme lève la main, comme s'il révélait cette scène à son auditoire. Rien ne permet de l'identifier, si ce n'est, détail significatif, un cœur rouge sur la poitrine.
Est-ce réellement, comme c'est admis, une "messe de saint Martin" , celle lors de laquelle le saint, qui, ayant donné ses vêtements à un pauvre et n'est que partiellement vêtu, voit son dénuement masqué, lors de l'élévation, par une boule de feu au dessus de sa tête symbolisant sa charité ?
Il ne peut s'agir d'une Messe de saint Grégoire, car ce serait le Christ de la Passion qui apparaîtrait.
Une Messe de saint Martin de Simone Martini, fresque de Saint-François à Assise datant de 1280, montre l'enfant de chœur et son cierge, et deux anges apportant une sorte d'étole, mais pas la vision de Dieu le Père.
G. Leroy indique cette inscription : "Messire Macé Comnaux et Louis Vierne, chanoine, ont donné ceste verrière"et ajoute que Macé Comnaux est mentionné comme chanoine de Champeaux dans un registre de 1491.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Un évêque.
Panneau isolé. Un évêque, peut-être saint Nicolas, tenant un livre, se détache sur une tenture damassée rouge.
Baies basses de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
LES BAIES HAUTES DU CHŒUR.
1°) Les 4 baies de l'abside, Description de gauche à droite :
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 103 : fragments.
Fragments d'un donateur dont on ne voit que le bas de la robe et le blason, aux armes déjà rencontrées en baie 3, d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 101 : fragments plus complets d'une Crucifixion du Christ entre Marie et Jean.
Les trois visages sont en pleurs.
Soubassements de niches architecturées.
On retrouve le blason épiscopal d'argent au chef d'azur chargé de trois étoiles en chef, et à la bande de sinople, chargé de 3 coquilles d'or, accompagné de 3 roses de gueules, a priori d'un évêque de Paris, comme en baie 3. Mais je n'ai pas retrouvé ces armes parmi celles des évêques et archevêques de Paris de 1439 à 1622.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 102 : fragments d'une Charité de saint Martin.
Saint Martin, à cheval, en armure, fend en deux son manteau. On ne voit du pauvre que le visage.
Soubassements de niches architecturées.
Blason : semé de France à la crosse d'or en pal . Ce sont les armes des archevêques de Paris .(La Chesnaye, "Saint-Cloud").
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie n° 104 : fragments d'un saint Nicolas ressuscitant les 3 clercs.
Il s'y trouvait aussi jadis un donateur agenouillé, et les mêmes armes qu'en baie 101 et 3.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 105 (au nord) : fragments d'un saint Denis portant sa tête coupée.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 107 (au nord) : fragments d'une sainte Catherine .
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 109 (au nord) : fragments d'une sainte Geneviève.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 111 (au nord) : fragments d'une sainte Barbe .
La sainte s'identifie à la palme de martyre, à son livre de théologie, et surtout à la tour aux trois fenêtres défendant le dogme de la Trinité.
Blason d'azur au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à senestre d'un gland et d'une feuille de chêne de sinople, à dextre d'un croissant de gueules et d'une feuille de chêne de sinople, comme en baie 13 lancette A.
Baies hautes de la collégiale de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS
—Vitraux , notice PM77000274, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—LEROY ( G. ), 1896, , « Vitraux de la collégiale Saint-Martin à Champeaux-en-Brie : restitués d'après d'anciens documents », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, Paris, p. 101-115 (ISSN 0071-8394,
— LIÉBERT (Eugène), 1869, "Vitrerie de l'église collégiale de Champeaux", Bulletin de la société archéologique, sciences, lettres et art de Melun vol. V page 247
Les 54 stalles (chêne, 1522, Richard Falaise) de la collégiale Saint-Martin de Champeaux (77). Ia. Les stalles hautes du côté sud. Miséricordes, appuis-mains, jouées, dais.
PRÉSENTATION.
"Dans les conclusions du chapitre pour l'année 1585, Richard Falaise, menuisier parisien, est dit avoir reçu 450 livres pour avoir fait en 1522 les chaires du chœur de la collégiale. Ces stalles sont au nombre de cinquante-quatre dont vingt-huit sont des stalles hautes. Les hauts-dossiers sont surmontés d'un dais en quart de cercle que couronne un large rinceau découpé à jour et qu'agrémentent de petits personnages mêlés à des arabesques variées où l'influence italienne se fait nettement sentir. Sous ce rinceau, des arcs en anse de panier se terminent par des clefs pendantes ornées de petites figurines, Anges portant des Instruments de la passion, Vertus, Prophètes, etc.
Les miséricordes sont toutes sculptées; quelques sujets sont tirés de l'histoire sacrée, d'autres illustrent des proverbes, quelques-uns enfin sont nés de la libre fantaisie de l'artiste et ne comportent pas d'interprétation .
La vulgarité de certaines scènes faillit causer la perte de ces stalles en 1883, Mgr de Juigné, archevêque de Paris, après une visite pastorale à Champeaux, ordonne aux chanoines changer le plus tôt qu'il sera possible les figures bizarres et singulières qui se trouvent dans les stalles (Archives de Seine-et-Marne, G. 187).Il n'en fut heureusement rien fait et les stalles sont encore intactes. En 1925, elles étaient encore défigurées par un affreux badigeon ocre." (J. Messelet 1925)
LES 14 HAUTES STALLES.
A. La jouée : rinceaux Renaissance à candélabre, couronne et poissons (dauphins) affrontés.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°1 : un donateur agenouillé devant saint Martin faisant l'aumône à un pauvre . On peut voir sans doute dans ce personnage le donateur de ces stalles se plaçant sous la protection du saint patron de la collégiale, célèbre par sa charité.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°2 : un évêque ou grand prêtre célébrant un mariage (ou : Mariage de la Vierge? Mariage de Job??) .
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Puis l'histoire de Job se déroule sur les miséricordes des douze stalles suivantes.
Miséricorde de la stalle n°3 : Job dans la prospérité, avec sa femme.
C'est l'interprétation admise, et je ne la conteste pas ; mais Job (si c'est lui) tient une bourse (suspendue au poignet); son index droit est brisé, mais on peut penser qu'il tenait une pièce de monnaie, pièce que la femme s'apprêterait à saisir, puisqu'elle tend la main.
Job, à la longue barbe (c'est un patriarche), porte un manteau de voyage, et un bonnet rond à visière et revers rabattu vers le haut.
La femme, en robe et manteau, est coiffée d'un turban.
Les deux coiffures indiquent aux spectateurs (les chanoines) que la scène se passe en Orient, indice pour comprendre qu'elle décrit une scène biblique.
Les murailles et tours crénelées sont celles des remparts des villes du XVe-XVIe siècle.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
La rangée principale des stalles hautes.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°4 : Job avec ses enfants.
Job, dont la robe est recouverte d'un camail couvrant les épaules, est sorti de la ville et répète, devant ses enfants , le geste de don d'une pièce de monnaie : il est généreux. Les deux enfants (ses fils, mais aussi bien des paysans de ses terres) tienennt leur chapeau dans la main, en signe de respect.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
L'appui-main : une chimère, hybride escargot/humain.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°5 : Job devant le métayer de ses troupeaux.
Job, en robe et cape, est assis, l'index gauche posé sur un parchemin posé sur sa cuisse. Devant lui, un homme (plus petit) qui le regarde, lui présente un taureau, tandis que des moutons sortent de l'étable.
"Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Et cet homme était le plus considérable de tous les fils de l’Orient." (Job 1)
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°6 : Dieu livre Job à Satan afin qu'il en éprouve la foi face aux épreuves.
Dieu apparaît dans les nuées, tenant le globe crucigère. Devant les remparts de la ville, Satan (visage vultueux, cheveux coiffés à la diable, queue entre les jambes, pieds crochus, portant une sorte de massue regarde vers le haut.
"L’Éternel dit à Satan : D’où viens-tu ? Et Satan répondit à l’Éternel : De parcourir la terre et de m’y promener.
L’Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. Et Satan répondit à l’Éternel : Est-ce d’une manière désintéressée que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? Tu as béni l’œuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudit en face.
L’Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre ; seulement, ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l’Éternel."
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°7 : Job prie devant sa maison (ou les murailles de sa ville) en flammes.
Job est à genoux, mains jointes, les yeux levés.
"Un jour que les fils et les filles de Job mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné, il arriva auprès de Job un messager qui dit : Les bœufs labouraient et les ânesses paissaient à côté d’eux ; des Sabéens se sont jetés dessus, les ont enlevés, et ont passé les serviteurs au fil de l’épée. Et je me suis échappé moi seul, pour t’en apporter la nouvelle. Il parlait encore, lorsqu’un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel, a embrasé les brebis et les serviteurs, et les a consumés. Et je me suis échappé moi seul, pour t’en apporter la nouvelle."
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°8 : un fils de Job est écrasé avec sa famille par l'écroulement de sa maison en flamme.
"Il parlait encore, lorsqu’un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné ; et voici, un grand vent est venu de l’autre côté du désert, et a frappé contre les quatre coins de la maison ; elle s’est écroulée sur les jeunes gens, et ils sont morts. Et je me suis échappé moi seul, pour t’en apporter la nouvelle."
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°9 : Job sur son fumier.
"Alors Job se leva, déchira son manteau, et se rasa la tête ; puis, se jetant par terre, il se prosterna, et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni ! En tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu."
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°10 : Job subit les réprimandes de son épouse.
Job, sur la paille, répond à sa femme, dans un geste rhétorique d'élocution. Son corps est couvert de pustules.
"Et Satan se retira de devant la face de l’Éternel. Puis il frappa Job d’un ulcère malin, depuis la plante du pied jusqu’au sommet de la tête.
Et Job prit un tesson pour se gratter et s’assit sur la cendre.
Sa femme lui dit : Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu, et meurs !
Mais Job lui répondit : Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! En tout cela Job ne pécha point par ses lèvres." (Job 2)
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Un appui-main.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°11 : Job reçoit la visite de ses amis et écoute leurs conseils.
"Trois amis de Job, Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Ils se concertèrent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler !
Ayant de loin porté les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent. Ils déchirèrent leurs manteaux, et ils jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête.
Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande."
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Un appui-main.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°12 : Job devant deux musiciens.
Job, toujours sur la paille de son fumier regarde deux misiciens qui, debout, lui joue une aubade. L'un joue de la chalémie à embouchure évasée, l'autre du tambourin (visible contre sa hanche). Si le joueur de tabourin est coiffé d'un bonnet à rabats, l'autre porte une sorte de foulard noué. À l'arrière, les remparts de la propriété ou de la ville.
Le geste de Job est-il un geste d'accueil, ou Job est-il offusqué?
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°13 : Job reste fidèle à Dieu, et Dieu lui promet sa récompense.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°14 : Job remercie Dieu de lui avoir rendu ses biens.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les dais des stalles hautes sud.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Clefs pendantes ornées de petites figurines : homme (chanoine?) tenant un marteau et une enclume, prophète et son phylactère.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Anges portant des Instruments de la Passion : échelle de la Déposition, colonne de la Flagellation, couronne d'épines.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Décor supérieur à claire-voie : Volutes et candélabre, oiseaux affrontés, fleurs, personnage féminin à corps feuillagé, pentacle dans une couronne de guirlande.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
Les stalles hautes, côté sud, de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS
— AUFAUVRE (Amédée) et Fichot(Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p.
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
—LEROY ( G. ), 1896, , « Vitraux de la collégiale Saint-Martin à Champeaux-en-Brie : restitués d'après d'anciens documents », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, Paris, p. 101-115 (ISSN 0071-8394,
Les peintures murales du XVe siècle de l'abbatiale de Walbourg (Bas-Rhin) : un Credo apostolique.
PRÉSENTATION.
Présentation générale.
En 1074 fut fondé par le comte de Montbéliard Thierry Ier un ermitage, pour deux moines Wibert et Mancius, près d'une source dédiée à sainte Walburge. Celle-ci, sainte du VIIIe siècle, était la fille de saint Richard, elle fut abbesse du couvent de Heidenheim en Franconie. Il ne reste rien de ce sanctuaire.
Une église fut élevée à partir de 1105 par la volonté de Frédéric, duc de Souabe et de Pierre, comte de Lutzelbourg et père de l'empereur Frédéric Barberousse. De cet édifice subsistent les parties inférieures des murs de la nef et deux piédroits sculptés (incomplets) d'une porte, au sud. En 1456, l'abbé Burckhard de Mullenheim fit reconstruire le chœur, surélever les murs de la nef, élever une tour entre chœur et nef, repercer des ouvertures dans le mur ouest de la nef et construire une chapelle dite des anges, actuelle sacristie, sous la direction de l'architecte Hans Boeblinger.
Trois vitraux de l'abside du chœur forment un cycle consacré à la Vie de la Vierge, à l'Enfance du Christ et à Jean-Baptiste. Datant de 1461, ils sont attribués à Pierre d'Andlau. Dans les baies 3 et 4 sont rassemblés aujourd'hui des éléments provenant de diverse verrières de l’église datant de la même époque.
En 1484 fut sculptée par Clément de Bade la custode remarquable du chœur .
Après une longue période de prospérité, l'abbatiale subit les destructions en 1525 causée par la Guerre des Paysans, et elle perdit alors son cloître. Vers 1545 le monastère fut incorporé au chapitre de Wissembourg.
En 1685, l'abbaye fut occupée par le Séminaire de Strasbourg, dirigé par des jésuites. A la Révolution, elle fut vendue à des particuliers et l'église fut offerte à la commune de Walbourg par Michel Pierre Saglio en 1805. Les vitraux du XVe siècle furent classés Mh en 1862 et l'église en 1898.
En 1945, l'église fut durement touchée par des bombardements aériens avec notamment la destruction des voûtes du chœur.
Dès 1949 et de 1969 à 1971 l'église fut restaurée, mettant à jour la partie romane de la nef dont les baies avaient été murées. Les baies hautes furent vitrées à cives en 1971 par Jacques Le Chevallier, lequel créa en 1983 9 verrières en composition colorée à grisaille pour les baies basses de la nef.
Le chœur gothique (1456, inscription lapidaire pilier gauche).
Le chœur est rectangulaire jusqu'à l'abside à trois pans éclairée des vitraux de 1461.
Le haut du chœur est porté par quatre voûtes d'ogives dont les clefs de voûte en grès portent successivement depuis l'Est l'Agneau pascal, le blason de Frédéric le Borgne duc de Souabe (1090-1147, qui reposait dans l'église avec ses deux épouses) d'or aux trois lions léopardés de sable , son heaume et son cimier timbré de plumes de paon, et enfin les armes à la crosse abbatiale en pal de l'abbé Burckhard de Mullenheim (abbé de 1430 à son décès en 1479), de gueules à la fleur à cinq pétales de sable boutonné d'or. On retrouve dans la sacristie les armes de l'abbé, et des armes non identifiées à 3 fleurons. Les mêmes armes se retrouvent sur la dalle funéraire jadis présente dans le chœur, et adossée aujourd'hui contre le mur de souténement ouest, ou encore sur la porte de la sacristie.
Les peintures murales à fresque.
Elles occupent le chœur et dateraient du XVe siècle. On lit que le peintre Hans Baldung Grien (1484-1545), qui, après avoir été compagnon de divers peintre Souabes, fut l'assistant d’Albrecht Dürer dans son atelier de Nuremberg de 1503 jusqu'en 1507, aurait été, comme graveur, l'auteur des esquisses, ce qui retarderait sans doute la datation vers le premier quart du XVIe siècle. Parmi ses figures d'apôtre, son Jude Thaddée date de 1538, son Barthélémy de 1516, son saint Jean, son saint Thomas, Jacques le Mineur de 1516-1519, saint Philippe, saint Simon etc
Les êintures sont classées M.H ; elles ont été endommagées pendant la Seconde Guerre.
Débutant par saint Pierre, les douze apôtres forment un Credo apostolique, car ils sont entourés d'un phylactère citant le verset du Credo qui leur est attribué par la tradition. Il faut partir de l'angle sud-est pour en suivre la succession, dans le sens horaire, puis traverser le chœur vers le nord pour y voir les 4 derniers apôtres. Vient alors, avant la custode, et en face de Pierre, saint Paul.
Dans l'abside, les angles séparant les pans, et les verrières, portent les représentations des quatre Pères et Docteurs de l'Église, les saints Grégoire, Augustin, Ambroise et Jérôme.
Croquis lavieb-aile
Le thème iconographique du Credo apostolique est largement exploré dans mon blog, soit en peinture murale, soit surtout en sculpture, en particulier en Bretagne sous les porches sud.
C'est une manière d'affirmer les fondements incontournables de la Foi chrétienne en couplant les douze articles avec les douze apôtres. Ici, l'association avec les figures des Pères de l'Église renforce cette affirmation des bases théologiques de la Foi, d'autant que les verrières illustrent les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption.
— Sur ce thème du Credo apostolique, voir ici dans l'ordre chronologique:
Si on compare mes images à celles de Marie-Philippe Scheurer, prises en 1999 pour l'Inventaire, on constate
que certaines inscriptions sont désormais moins lisibles.
Vues générales.
L'abside.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Le côté nord.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Le côté sud.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
LES DOUZE APÔTRES ET LEUR ARTICLE DU CREDO + SAINT PAUL.
Chaque apôtre se reconnait par son attribut, et/ou le nom inscrit en latin, par leur ordre dans la série, et par l'article qu'il présente.
Je donne l'article du Credo porté par le phylactère, déduit des fragments qu'on peut encore y lire, ou qu'on déchiffre sur les clichés plus anciens. L'attribution des articles aux apôtres est conforme à la tradition. Voir par exemple mes articles ici et ici .
1. Saint Pierre Sanctus [Petrus]
Il tient un livre ouvert, et une clé en main gauche. Il se reconnaît aussi à son crâne dégarni.
Inscription : Credo in Deum, Patrem omnipotentem, creatorem caeli et terrae
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Saint André. Sanctus Andreas.
On ne distingue pas son attribut, la croix en X.
Article : Et in Iesum Christum Filium eius unicum , Dominum nostrum.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Saint Jean
Attribut : le visage imberbe ; le calice de poison tenu de la main gauche et béni de la main droite
Article : Qui conceptus est de Spirituo Sancto natus est Maria Virgine
Saint Jean est plus souvent en 4ème position après Jacques le Majeur, et présente alors le quatrième article.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Saint Jacques le Majeur. Sanctus Jacobus maior
Attributs : la pèlerine, le bourdon, la besace (rouge) et le chapeau à larges bords timbré de la coquille.
Article : passus sub Pontio Pilato, crucifixius, mortuus et sepultus.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
5. Saint Thomas. Sanctus Thomas
Attribut : la lance. Un rouleau de parchemin.
Le 5ème article : descendit ad inferos, tertia die ressurrexit a mortuos.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Saint Jacques le Mineur. Sanctus Jacobus minor
Attribut : un instrument singulier, semblable à une grande clé formant un arc où une corde est tendue. D'habitude, Jacques le Mineur tient le bâton de foulon de son supplice, celui des fouleurs d'étoffe. Ici, il tient l'ensouple, ou pièce d'un métier à tisser, sur lequel on monte les fils de chaîne.
La peinture est plus compréhensible si on la compare avec une gravure de Hans Baldung Grien : c'est donc un argument important pour soutenir la thèse d'une influence du peintre-graveur souabe.
Hans Baldung Grien, 1519, gravure sur bois, National Gallery of Art Rosenwald collection
6 ème article : ascendit ad caelos ; sedet ad dexteram patris Dei Patris omnipotentis.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Saint Philippe. Sanctus Philippus.
Attribut : la croix à longue hampe.
7ème article : inde venturus est iudicare vivos et mortuos.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
8. Saint Barthélémy. Sanctus Bartholomeus
Il tient le coutelas de son supplice par écorchement.
8ème article : Credo in Spiritum Sanctum.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Du côté nord, en partant de l'ouest.
9. Saint Matthieu. Sanctus Mathaeus.
Il tient une lance à très longue lame.
9ème article : sanctam ecclesiam catholicam
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
10. Saint Simon. Sanctus Simon.
Il tient un livre placé dans un étu, un livre de ceinture, et une croix à ample traverse. Il est imberbe.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
11. Saint Jude Thaddée. Sanctus Judas Thaddeus.
Il est vu de profil, la main droite posant sur une table un petit instrument peut-être tranchant.
11ème article : carnis resurrectionem
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
12. Saint Mathias. Sanctus Mathias.
Vu de face, vêtu d'un manteau bleu, il tient une hache à large tranchant.
12eme et dernier article du Credo : vitam eternam. Amen.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
13. Saint Paul, le treizième apôtre. Sanctus Paulus
Il tient l'épée de sa décollation, et un livre.
Inscription : Ego enim sum mínimus Apostolórum, qui non sum dignus vocári Apóstolus, quóniam persecútus sum Ecclésiam Dei. (citation de l'épître aux Corinthiens 1:15 déchiffrée par l'abbé Staub en 1863) "car je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu" .
Abbé A. Straub, bulletin pour la société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace Berger-Levrault., 1863
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
LES QUATRE DOCTEURS DE L'ÉGLISE.
Les quatre docteurs de l’Eglise, de dimensions un peu plus grandes paraissent à J. Walter d’une autre main et offrant plus de mérite artistique. Chacun des phylactères qui se déroulent autour de ces images pré-
sente une inscription ayant rapport à l’Eucharistie.
A. Saint Grégoire.
Saint Grégoire porte la tiare ornée de trois couronnes et la croix à trois branches dont celle du milieu est la plus longue. Par une erreur assez curieuse à signaler, le peintre a oublié la colombe divine qui accompagne toujours ce père de l’Eglise dans les anciennes images, et l’a donnée ce symbole à Saint Augustin. Ce docteur est le mieux conservé quant à l’ensemble des contours. Comme Saint Ambroise dont la majestueuse figure se dessine près de lui, il tient d’une main un livre, de l’autre une crosse munie du sudarium.
Inscription : Ad firmandam plebis fidem panis Christi p.... est in temeratam carnemS. Gregorius doctor.
"Pour raffermir la foi du peuple le pain [est changé] en la chair du Christ véritable".
Comparer au cliché de 1999 :
Base Palissy cliché Marie Philippe Scheurer
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
B. Saint Augustin, évêque d'Hippone. S. Augustinus, doctor.
Inscription : Licet figura panis et vini videntur nil tamen aliud quam cara christi et sanguis post conversionem credenta est. Attribué à Ambroise par Thomas d'Aquin, Somme théologique 50547
"Quoique l'œil n'aperçoive que l'apparence du pain et du vin, après la consécration, la foi doit admettre autre chose sous ce voile que le corps et le sang de Jésus Christ".
Cliché avant 1934, in WalterCliché Marie-Philippe Scheurer 1999 Base Palissy
C. Saint Ambroise. S. Ambrosius doctor.
On ne voit plus de l'évêque de Milan que sa mitre, sa chape bleue, et un livre tenu en main gauche.
Citation : In singulis porcionibus christus dominus tot est, non per singulas minuitur sed integrum in singulis tenemus.
"Le Christ Seigneur est tout entier dans chaque parcelle de l'hostie, il ne perd rien par la fraction, dans chacune nous recevons le Sauveur tout entier.
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
D. Saint Jérôme.S. Jheronimus doctor.
Saint Jérôme est vêtu en cardinal, il tient une croix double.
Citation : Accedit verbum ab ore sacerdotis ad elementum et fit verum sacramentum. S. Jheronimus doctor.
"La parole de la bouche du prêtre touche l’élément qui accomplit le sacrement."
Peintures murales (XV-XVIe siècle) de l'église abbatiale de Walbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Clés de voûte datant de la construction du choeur et de la chapelle des anges, entre 1456 et 1465. Elles portent les armoiries de l'abbé Burckhard de Mullenheim, commanditaire et celles du premier bienfaiteur de l'abbaye, Frédéric duc de Souabe.
Armoiries : dans le choeur, armoiries de l'abbé Burckhard de Mullenheim (une rose et une crosse), armoiries de Frédéric, duc de Souabe (trois lions superposés) et son cimier aux plumes de paon. Dans la sacristie (ancienne chapelle des anges) armoiries de l'abbé de Mullenheim et armoiries non identifiées : trois roses, deux et une séparées par une fasce, non identifiées.
—LORENTZ (Philippe), 2006, "Les vitraux de l'abbatiale de Walbourg" Congrès archéologique de France 162e session 2004 : Strasbourg et Basse-Alsace. Edité par Paris : Derache, 2006 - 2004.
— STRAUB (abbé), 1860, "Les vitraux de l'abbatiale de Walbourg", Congrès archéologique de France, Volumes 26 à 27 p. 344
— Vitraux : Gatouillat Françoise ; Decrock Bruno IM67008562
Ces 3 grandes verrières de l'abside constituent un ensemble homogène et bien conservé de 63 panneaux demeurés à leur place d'origine ; elles sont dues à l'atelier connu depuis le début du 20e siècle sous le nom de Maître de Walbourg de 1461 ; elles illustrent en 56 scènes l'histoire de la Vierge et du Christ, complétée par la légende du précurseur ; ces cycles comportent des représentations rares (consultation des prêtres pour le Mariage de la Vierge, les soldats renversés par le Christ au Jardin des oliviers, visite des apôtres au Baptiste emprisonné) ; l'ensemble entoure la Crucifixion, de plus grande échelle ; les scènes sont juxtaposées sans bordures ni encadrement architectural ; les cartons utilisés sont repris très précisément, mais sans les damas, dans ce qui subsiste de la Vie de la Vierge et de la vie du Christ à Saint-Guillaume de Strasbourg (67) ; des dessins correspondant à des scènes des baies 0 et 2 sont conservés à la bibliothèque nationale de Madrid (Espagne) et au cabinet des estampes de Berlin (Allemagne), et des copies à la plume exécutées en 1476 d'après d'autres panneaux de la baie axiale appartiennent au cabinet des estampes de Cobourg (Allemagne).
Les peintures murales monumentales (XIVe siècle) du transept sud de l'abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Wissembourg. Le Credo apostolique, la Passion et le début des Œuvres de miséricordes.
"Les nombreuses peintures murales de l'église de Wissembourg, du 14e siècle et du 15e siècle, furent badigeonnées, à une époque indéterminée. De nombreuses peintures ont disparu.
Les peintures murales furent redécouvertes lors d'un nettoyage des murs, à partir de 1862, grâce au curé Jacques Schaffner et au professeur Jean Ohleyer, qui en dégagea lui-même un grand nombre.
Les peintures qui subsistent, à l'intérieur de l'église, ont été restaurées dans les années 60. Cette restauration a généralement comporté un nettoyage, la suppression des cernes du 19e siècle, le fixage des pigments, une injection de caséinate de chaux dans les parties soufflées, le rebouchage de tous les accidents d'enduit, une restauration picturale et le fixage de l'ensemble restauré."
Dans le transept sud, à côté de la peinture de saint Christophe, un cycle à trois registres est peint sur deux murs , ceux du sud et de l'ouest, consacrées à saint Pierre et aux apôtres, à la Vie et la Passion du Christ, et aux Oeuvres de Miséricorde.
Cet article se consacre à l'étude du mur sud. Le registre supérieur est consacré à un Credo apostolique (thème bien connu des lecteurs de ce blog), les deux registres, divisés en 20 panneaux comme une bande dessinée, dépeint la Vie publique à la Passion du Christ et au Jugement dernier, et pour les 4 derniers, les 4 premières Œuvres de Miséricordes. Celles-ci se poursuivront sur le mur adjacent, à l'ouest, autour d'une Crucifixion. Nous en décrirons les 32 panneaux.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Description.
I. Registre supérieur.
1 à 5 : le Credo apostolique.
Chaque apôtre, dans une niche architecturée, tient un phylactère présentatn l'article du Credo qui lui est imparti. Le premier est peut-être saint Jacques (avec son bourdon), le deuxième peut-être Philippe, les autres n'ont pas d'attribut permettant de les identifier, et le texte des phylactères n'est pas déchiffrable, du moins par moi. Ils sont tous nimbés, vêtus d'une robe longue, ils tiennent un livre (le Livre des Apôtres) et sont barbus, sauf saint Jean. Cet indice permet de penser que Jean est placé à droite du Christ (n°7).
6 : la mission de saint Pierre.
Saint Pierre, le co-patron de l'abbatiale, se tient à côté du Christ, qui est tourné vers lui, le regarde et lui remet les clefs le désignant comme chef de son Église. Matthieu 18 :18 : "Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. "
7 à 12 : le Credo apostolique, suite.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
II. Deuxième registre.
13 : Résurrection de Lazare.
14. Entrée de Jésus à Jérusalem sur un ânon.
15 : Cène (en haut) et Lavement des pieds des apôtres.
16 : Agonie de Jésus à Gethsémani en présence de Pierre, Jacques et Jean endormis.
17 . Arrestation de Jésus et Baiser de Judas.
18. Dérision ?
19. Comparution devant Pilate.
20 : Flagellation
21 : couronnement d'épines, et remise du roseau par dérision en guise de sceptre
22 : Portement de Croix.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
II. Registre inférieur.
À la fin du cycle de la Passion, de la Vie Glorieuse du Christ et de son retour à la Parousie, débute celui des Œuvres de miséricordes, avec 4 des 7 Œuvres de miséricordes corporelles. La série se poursuit ensuite sur le mur ouest.
23. Mise au Tombeau.
24. Marie-Madeleine devant le Tombeau vide; annonce par l'ange de la Ressurection ; Marie-Madeleine au jardin devant le Christ ressuscité, Noli me tangere
25. Le Christ aux Limbes libérant les âmes, dont Adam et Ève.
26. Apparition du Christ aux apôtres.
27. Pentecôte.
28. Jugement dernier. Le Christ est assis, les pieds sur un arc-en-ciel, sous les anges soufflant de la trompe, entre Dieu le Père et (?) Marie.
29. Œuvre de miséricorde corporelle : donner à manger aux affamés .
30 . Œuvre de miséricorde : donner à boire à ceux qui ont soif.
31 : Œuvre de miséricorde : vêtir ceux qui sont nus.
32 : Œuvre de miséricorde : accueillir les pèlerins .
On remarque que, sur les 4 œuvres de miséricorde, le Christ est représenté (nimbé et plus grand que les autres personnages) et placé derrière ou parmi les personnes recevant des soins ou des actions de miséricorde, rappelant le verset de Matthieu 15:40 " je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait".
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)