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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 10:12

Le calvaire (granite et kersantite, 1581-1588, Maître de Guimiliau  ; Maître de Saint-Thégonnec ) de l'enclos paroissial de Guimiliau. II. Résurrection et apparition aux pèlerins d'Emmaüs. La croix  et son croisillon (Yan Larhantec XXe siècle).

Voir sur ce calvaire :

 

 

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Voir sur Guimiliau :

 

 

 

 

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III. LES SCÈNES DE LA PLATE-FORME (SUITE) .

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Sur le registre supérieur de  la face Ouest, au centre,  la Résurrection.

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Le Christ victorieux est debout sur son tombeau, vêtu d'un pagne et du manteau à fermail losangique; il tient la hampe de l'étendard de la Résurrection, aujourd'hui brisé. Il émerge d'un monceau informe constitué des corps des soldats endormis dans des pauses extravagantes (comme sous l'effet d'un sortilège), de leurs casques de leurs boucliers , épées, hallebardes et attirails.

À sa droite, derrière un tronçon de croix écoté, un soldat se dresse, comme halluciné, la main sur le pommeau de l'épée, la rondache à masque léonin protégeant son coté gauche, et nous pouvons détailler son costume, en commençant par un chapeau rond à haute forme et à larges bords (rappelant celui porté par Henri IV sur ses portraits). Le col rabattu, le pourpoint à boutons ronds et à manches larges et à crevés, la ceinture tressée, les hauts de chausses à gros plis, les guêtres ou bottes à revers sont des éléments précieux pour l'histoire du costume Henri III.

Adossé contre sa jambe, un autre soldat au costume assez similaire dort, la tête renversée ; il tient une flasque de vin décorée d'une marguerite à quatre pétales : ainsi pourrait s'expliquer la torpeur de la troupe chargée de veiller sur le tombeau...

De l'autre coté, à notre gauche, un autre groupe fait symétrie avec celui que nous venons de décrire. L'un des hommes est debout, le tronc en arrière, comme s'il regardait avec stupeur l'impensable, la résurrection du condamné, dont le corps se dresse bien vivant devant lui. C'est l'équivalent de la scène plus classique de l'éblouissement, celle des gravures et vitraux, où les soldats protègent leurs yeux d'une main placée en visière.

Il est casqué, comme son compagnon qui est assis devant ses jambes, et qui porte l'armure complète.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.


 

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Sur le registre supérieur de  la face Est, à droite,  les Pèlerins d'Emmaüs.

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D'après E. Le Seac'h, Guimiliau est le seul calvaire à représenter la Marche vers Emmaüs.

Elle y décrit le Christ ressuscité, portant un chapeau à bords relevés. 

Malgré tout mon désir de lui donner raison — car François Boespflug, qui les a recensées, a souligné la rareté de ces représentations du Christ pèlerin coiffé d'un chapeau  —, la fréquence sur ce calvaire des nimbes larges très faciles à confondre avec un couvre-chef m'impose la prudence : jusqu'à preuve du contraire, le Christ est ici porteur de l'auréole, comme au Tombeau par exemple.

Il bénit de sa main droite, mais sa main gauche est dissimulée par sa manche, et par un repli d'étoffe suspendu par un cordon (l'ourlet de l'encolure ?).

Les deux pèlerins, qui se ressemblent, sont coiffés du bonnet carré et portent leur baluchon sur l'épaule gauche, au dessus de leur manteau.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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IV. LE CALVAIRE À UN CROISILLON. LA VIERGE ET SAINT JEAN, SAINT YVES ET SAINT PIERRE.

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"La croix est dressée au milieu de la plate-forme. De chaque coté de Notre-Seigneur, sur les croisillons, sont la sainte Vierge et saint Jean et; adossés derrière, saint Pierre et saint Yves. N'y avait-il pas autrefois double croisillon, pour supporter les deux cavaliers que l'on voit maintenant sur le petit arc de triomphe qui fait entrée du cimetière ? et de plus, les croix des deux larrons n'ont elles pas existé ? On pourrait croire que pendant la Révolution les trois croix auraient été renversées, et qu'on n'aurait fait qu'une restauration partielle." (Abgrall, 1906)

"La tête de croix en kersanton, brisée par une tempête en 1902, a été refaite par Yan Larhantec. Il a remplacé la console décorée d'un ostensoir et de chandeliers et sculpté le Crucifié accompagné  de quatre anges recueillant le sang des mains et des pieds. La Vierge géminée à Pierre, et Jean géminé à Yves sont du Maître de Saint-Thégonnec (1550-1610). Le fût sculpté d'écots est en granite. Il manque peut-être un croisillon à la croix, les deux cavaliers placés sur l'arc d'entrée de l'enclos pouvaient primitivement en faire partie. Il n'y a pas non plus de croix des larrons. " ... "Le Maître de Saint-Thégonnec avait dû réaliser aussi le crucifix, avec la Vierge à l'Enfant située sur l'arc de triomphe." (Le Seac'h)

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1°) LA FACE OCCIDENTALE.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.


 


 


 

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a) Le Crucifié et les anges hématophores (kersanton, Yann Larhantec, après 1902).

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Yann Larhantec est né à Plougonven en 1829 et décédé en 1913 à Landerneau. Malgré son absence de formation en sculpture, il est remarqué par le recteur de Plougonven qui le fait travailler sur l'église, puis sur le calvaire de Keralivet. Il installe ensuite son atelier de taille du kersanton à Morlaix puis à Landerneau, et réalise des sculptures à Morlaix, Saint-Thégonnec, Plouigneau, Sein, Ouessant, dans les Côtes d'Armor et jusqu'en Normandie. L'article Wikipedia signale 134 chantiers de son atelier qui comptait, vers 1890 plus de 20 ouvriers. Son style se reconnaît entre autre aux bras courts de ses Christ, 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Larc%27hantec

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22Larhantec%22

https://hyperleap.com/topic/Yann_Larhantec?page=2

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Le Christ et les anges recueillant de chaque coté le sang des plaies dans un calice est parfaitement dans la tradition des ateliers de sculpture de Landerneau (Prigent ou Roland Doré), bien que l'ange de droite ne recueille pas, ici, le sang issu du flanc.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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b) La Vierge (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Le Maître de Saint-Thégonnec a réalisé le calvaire de cet enclos en 1610 :

 

 

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Selon Le Seac'h, "son style est caractérisé par la moue triste qu'il donne à ses personnages, et qui exprime un profond désarroi par rapport à la destinée tragique du Christ".

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À Saint-Thégonnec, le croisillon inférieur comporte, comme à Guimiliau, la Vierge géminée à Pierre, et Jean géminé à Yves. Pourtant, je peine à reconnaitre le style du Maître de Saint-Thégonnec dans les personnages homologues de Guimiliau, et je ne retrouve pas ici les traits nerveux, affutés que j'ai photographié à Saint-Thégonnec, ou la finition soigneuse de la pierre. Les postures, les accessoires sont différents, et on ne remarque pas à Guimiliau les larmes en pétales de marguerite témoignant de leur chagrin. Je recherche en vain un détail significatif qui soit commun aux deux réalisations.

Ici, la Vierge est  engoncée sous son manteau, les mains croisées sur la poitrine ; le visage est court, sa partie inférieure rond. Les yeux globuleux mais aux paupières sculptées donne une expression lourde voire absente.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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c) Saint Jean (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Il tient son évangile sous le bras gauche, pose une main sur la poitrine et semble nous toiser. Il n'a pas l'élégance inspirée de celui de Saint-Thégonnec.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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2°) LA FACE ORIENTALE.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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a) Saint Yves (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Saint Yves est représenté quatre fois à Guimiliau : sur le calvaire, sur un bas-relief du porche, sur le retable de Saint-Joseph, et dans le chœur. A À chaque fois dans une situation différente.

Sur ce croisillon, il porte la cotte talaire, un surplis plissé,  et un camail à capuche ; cette dernière recouvre le bonnet carré. 

Il ne tient pas, comme à Saint-Thégonnec, le sac  de transport de son livre de droit, mais reste dans son rôle de juge (official) ou d'avocat puisqu'il tient dans la main gauche, un rouleau de papier évoquant un placet -pièce du dossier de la défense- ou le texte de sa plaidoirie. 

Surtout, ses doigts réunis forment le geste de l'argumentation oratoire et juridique. Les lichens, la distance et l'angle de vue en contre-plongée ne permettent pas de le détailler, mais néanmoins ce geste diffère des représentations que j'ai pu réunir, et où l'index est posé sur le pouce. Il me semble que les deux index sont réunis pulpe contre pulpe.

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—Saint Yves à Guimiliau :

 

 

 

— Saint Yves et le geste de l'argumentation, etc. :

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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b) Saint Pierre (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Là encore, les lichens camouflent la statue. Le saint tient la clef qui est son attribut du coté gauche : c'est une clef à anneau losangique terminé par une boule ; mais est-ce un livre qu'il tient de la main droite ?

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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c) Le nœud du croisillon (kersanton, Yan Larhantec, après 1902).

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 


 

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SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), 1980, "Guimiliau" n° 666 . "Guimiliau, église, le Grand Calvaire", Atlas des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/guimiliau.html

"Calvaire en granite et kersanton, daté de 1581-1588.

Soubassement de plan octogonal avec ailes percées d’arcades, avant-corps, table d’offrande encadrée de colonnes cannelées, escalier d’accès à la plate-forme.

Les scènes de la vie de Jésus se déploient sur la frise et à l’étage, dans un ordre non chronologique. De gauche à droite, en commençant par la face occidentale:

Entrée de Jésus à Jérusalem, Cène, , Agonie, Arrestation,. Sur la plate-forme: Vierge de Pitié, Madeleine, Résurrection, Enfer, Descente de Jésus aux limbes, Véronique, Baptême de Jésus, Portement de croix, Scène d’outrages, Mise au tombeau, Disciples d’Emmaüs, Pilate se lave les mains, Scène de dérision, Flagellation, Couronnement d’épines, personnage isolé.

Croix centrale sur fût rond, écots, croisillon, statues géminées: Vierge-Pierre, Jean-Yves, crucifix et anges recueillant le Sang.

Vestiges de l’ancienne croix placés sur l’arc de l’entrée d’enclos: cavaliers, Vierge à l’Enfant.

Mis à part le travail évident du restaurateur dans la croix centrale, on distingue plusieurs mains dans l’exécution, reconnaissables à la manière de traiter les yeux, globuleux ou figurés avec les paupières. Une tête d’apôtre du porche a pris place sur les épaules d’un personnage de la Mise au tombeau.

Une inscription en partie détruite sur l’architrave de la niche occidentale pourrait apporter une précision sur l’auteur de cette oeuvre magistrale débordante de vie: AD GLORIAM DOMINI 1581 CRUX: CNO: FACTA: FUI (T). La croix fut faite à la gloire du Seigneur par Stefan (?)" [YPC 1980]

— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

 

"Passons maintenant . encore à l'extérieur pour étudier le poème de pierre taillé par le ciseaux de nos ancêtres. · La disposition générale de ce calvaire consiste dans un massif carré, accosté à ses angles de quatre ailes en gros contreforts percés d'étroites arcades, entaillant les angles et réduisant la partie inférieure de ce carré à la forme octogonale. Au-dessus règne la première série des représentations, et la seconde se trouve sur la plateforme . Ces arcades, ces contreforts, les corniches aux vigoureuses moulures, les groupes de personnages se détachant sur les parois du monument ou se profilant sur le ciel, donnent à l'ensemble un mouvement et un relief étranges. Joignez à cela l'originalité des costumes, la vie des physionomies et des figures, la nervosité et la désinvolture de certaines attitudes et vous' admettrez que ce calvaire de Guimiliau est le plus remarquable des calvaires bretons, le plus curieux, le plus intéressant, le plus instructif à étudier. Il n'a pas la correctioi1 un peu raide et froide de ceux de Pleyben et de Plougastel, mais il traduit mieux l'esprit et les mœurs de l'époque ou il a été construit. Dans les bourreaux qui entourent Notre-Seigneur aux différentes scènes de la Passion, ne reconnaît-on pas réellement la soldatesque du temps de Henri III, les soudards brutaux, fanfarons, joyeux viveurs, prenant part à une scène carnavalesque, et menant avec leurs tambours et leurs olifants, un véritable charivari. Sur la paroi Ouest, encadré entre deux colonnes cannelées, est un petit autel surmonté de la statue de saint Pol de Léon. Les colonnes portent une frise sur laquelle on lit cette inscription et cette date : AD. GLORTAM. DO:\HNI. 1581. CRUX EGO. FACTA. FUI. A la gloire du Seigneur, j'ai été érigé. Comparons cette date avec celle des autres calvaires de premier ordre : Celui de Tronoën doit être des dernières années du xve siècle. - Plougonven est de 1554. - Plougastel-Daoulas, 1602. - St-Thégonnec, 1610. - Pleyben, 1650.

Sur la façade de chacun des contreforts est assis un des quatre évangélistes, écrivant dans un livre posé sur un pupître : quelques-uns sont coiffés de la barrette  bonnet de docteur, en qualité de narrateurs de la vie .et. de la Passion du Sauveur, dont les scènes vont se dérouler sous nos yeux. En effet, ce n'est pas seulement le drame de sa Passion et de ses souffrances mais aussi de nombreux épisodes de son enfance et de sa vie,  nagter a figuré ici pour en faire comme un abrégé de l'Evangile.  Ces scènes sont un peu bouleversées et rangées dans un ordre irrégulier ; je les cite en les rétablissant dans l' ordre naturel et historique :

 1: - Annonciation. 2. - Visitation. . 3.- Nativité de l'Enfant-Jésus. --Les anges et les bergers l' entourent pour l'adorer et lui offrir leurs hommages. 4. - Adoration de Rois mages . A la base de ce groupe est la date de 1588. 5.  Présentation au temple. 6. Fuite en Egypte. 7.  Baptême de Notre-Seigneur par Saint Jean. 8. -Entrée à Jérusalem. . 9. - Dernière scène. 10. - Lavement des pieds. 11.- Prière et agonie au Jardin des Oliviers. 12. --Trahison de Judas. 13. - Saint Pierre coupe l'oreille de Malcus. 14. --Flagellation, Notre-Seigneur attaché à la colonne. 15. - Couronnement d'épines. --27- 16. -Notre-Seigneur couronné d'épines, lié par des cordes et tenu par des bourreaux, est moqué et conspué: 17. Notre-Seigneur, les yeux bandés, est outragé par la valetaille. 18. - Notre-Seigneur condamné à mort. - Pilate se lave les mains ; il est assis dans un fauteuil à dais et à dosseret. A ses pieds est un chien. 19 - Portement de Croix. - Notre-Seigneur est entouré de soldats dont les uns battent du tambour, les autres sonnent 'du cor et de l'olifant, d'autres le tirent ou le poussent ; c'est une scène extraordinairement mouvementée, et en même temps très intéressante comme étude des costumes militaires de cette époque. 20. - La Véronique tenant le voile de la Sainte~ Face.

21. - Cruxifiement. - La croix est dressée au milieu de la plate-forme. De chaque coté de Notre-Seigneur, sur les croisillons, sont la sainte Vierge et saint Jean et; adossés derrière, saint Pierre et saint Yves. N'y avait-il pas autrefois double croisillon, pour supporter les deux cavaliers que l'on voit maintenant sur le petit arc de triomphe qui fait entrée du cimetière ? et de plus, .les croix des deux larrons n'ont elles pas existé ? On pourrait croire que pendant la Révolution les trois croix auraient été renversées, et qu'on n'aurait fait qu'une restauration partielle.

22. - Descente de Notre-Seigneur aux limbes, ou plutôt aux enfers, car c'est bien la figuration de l'enfer que cette gueule monstrueuse remplie de flammes, au milieu desquelles. sont des damnés, .et dans laquelle ties démons poussent et entraînent Catell Golfe!, fille damnée qui revint après sa mort pour dire son malheur irréparable et dont l'histoire fut chantée au long dans la complainte du Guerz de cette époque. Ce tableau n'est pas complet, ou a été bouleversé, car à quelque distance on' voit Adam et Eve qui accourent au devant de Notre-Seigneur venant pour leur annoncer leur délivrance.  23. Descente de croix. ~il. ~-Mise au tombeau.- Autour du corps inanimé du S:amreur sont la sainte Vierge et le& trois Marie, Joseph d'Arimathie, Nicodème et Gamaliel, tenant la couronne d'épines. Un autre personnage en chapeau et deux en barrettes assistent à cette scène. 25. - Résurrection. - Notre-Seigneur plein de vie et de force sort du tombeau ; les gardés sont renversés à terre ; cependant deux d'entre eux restent debout et regardent Notre-Seigneur avec un mélange d'étonnement et d'effronterie .

 Autrefois tous les personnages de ce calvaire étaient couverts de grandes plaques de lichen blanc qui faisaient des tâches singulières contrariant les plis des draperies et des costumes, dénaturant les physionomies si expressives des figures. Un honorable et érudit voisin, ami dévoué de notre art breton, s'est intéressé à ce monument, a replacé et consolidé quelques personnages, puis a tout lavé et brossé ; et si le pittoresque ou la dénaturation chère à quelques archéologues y a perdu, la lecture des scènes si vivantes et si variées y a beaucoup gagné.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

 

 — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

POTIER DE COURCY (Pol), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo: itinéraire historique et descriptif; L. Hachette et Cie, page 283

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=guengat+kergorlay+guimiliau&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 



 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Kersanton
18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 14:53

Le calvaire (granite et kersantite, 1581-1588, Maître de Guimiliau  ; Maître de Saint-Thégonnec ; XVIIe siècle Roland Doré ; Yan Larhantec XXe siècle) de l'enclos paroissial de Guimiliau. I, les scènes de l'Enfance et la Vie Publique du Christ ; sa Passion.

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Voir sur Guimiliau :

 

 

 

 

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—Du Maître de Guimiliau, voir :

 

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. IX. Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau) de 1575.

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Situation et composition.

Alors que l'église est orientée légèrement sur l'axe sud-ouest/ nord-est, le calvaire placé, sur le placître de l'enclos, face à la dernière lucarne, et aux coupoles de la sacristie, est tourné presque vers l'ouest géographique, afin que le Christ en croix, fasse face, symboliquement,  à l'occident, lieu de la disparition du soleil avant sa réapparition à l'Est.

C'est l'un des sept calvaires monumentaux de Bretagne , avec notamment Tronoën (v.1450), Plougonven (1554) et Pleyben (1555)  puis Plougastel (1602-1604), et enfin Saint-Thégonnec (1610). C'est à dire que son soubassement est large et que le décor y déroule, organisés en deux registres, les 25 scènes de la Vie de Jésus, de la Passion, la Crucifixion et la Résurrection, soit 150 personnages au total, ou 200 en comptant les animaux et monstres.

Au sommet, le croisillon abrite le Calvaire (la Vierge et Jean entourant le Crucifié), et du coté oriental saint Pierre, mais aussi Yves, le saint breton.

La forme du soubassement doit être saisie, par une vue d'avion qui échappe au visiteur, comme un carré dont les angles s'étendent en ailettes (ou contreforts), percées d'arcades autorisant la déambulation. Nous aurons donc à décrire les  quatre cotés, et aussi les  ailes qui présentent au fidèle les quatre évangélistes.

Une réflexion théologique s'affirme donc, dans la symbolique des chiffres et celle des formes, par cette seule architecture : l'histoire du Salut (Incarnation et Rédemption) trouve sa base dans les quatre évangiles, tandis que la Croix en forme le sommet. Les quatre arcades partagent avec les portes des tétrapyles la symbolique du croisement des axes soulignant l'importance du point de croisement, pilier du monde ou axis mundi, associé à la Croix du Christ.

La même forme octogonale à  quatre ailes reprend celle du calvaire de Plougastel, et peut se retrouver  sur celui de  Pleyben, alors qu'à Plougonven le soubassement est un massif octogonal sans ailes ni arcades, et qu'il est rectangulaire à Saint-Thégonnec. Comme à Plougastel, les quatre ailes présentent les statues des quatre évangélistes rédigeant leur évangile.

 


 

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Voir : 

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On remarquera que ces quatre ailes confèrent à l'ensemble un dynamisme comparable à celui d'une hélice, et que les scènes de la Vie de Jésus y progressent presque en spirale ascensionnelle. Mais cet effet n'atteint pas la force exceptionnelle de la structure en étoile à six branches du calvaire de Quilinen à Landrévarzec.

L'édifice comporte un escalier (au nord-ouest) qui permettait l'accès à la plate-forme, laquelle pouvait donc servir de chaire.

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Attribution et restauration (d'après E. Le Seac'h).

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a) Le Maître de Guimiliau.

Le calvaire de Guimiliau est attribué à un maître éponyme, à qui on attribue aussi les petits calvaires de Saint-Herbot à Plonévez-Porzay et de Mespaul, ainsi que la statue de Sainte Nonne à Dirinon. Il se reconnaît aux yeux globuleux de ses personnages, dépourvus de paupières.

b) Un émule du Maître de Guimiliau, au style moins adroit, a sculpté vers 1589 cinq scènes : L'Annonciation (haut-relief, registre inférieur), la Visitation, la Présentation au Temple, et l'Entrée à Jérusalem (moyen-reliefs, registre inférieur) et le Christ aux outrages (ronde-bosse, sur la plate-forme). On lui attribue aussi trois des quatre évangélistes, la Déploration, et la statue de saint Pol de Léon. "Il traite avec moins d'aisance les drapés des vêtements mais donne à ses personnages des paupières qui rejoignent le courant naturaliste de la Renaissance". (Le Seac'h).

Le Maître et son émule manient la caricature et le mouvement avec une touche de vivacité et d'éclat que n'ont pas leurs contemporains. Le style mêle la tradition médiévale (petites saynettes des pièdroits de la porte du manoir de Trébodennic) aux costumes Henri II et à des décors dans l'esprit de la Renaissance. 

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c) le Maître de Saint-Thégonnec (1550-1610) a sculpté les personnages géminés du croisillon du calvaire.

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d) Roland Doré a refait la tête de Gamaliel (Mise au Tombeau) au milieu du XVIIe siècle.

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e) Restauration de 1881.

Abgrall écrivait en 1906 :

"Autrefois tous les personnages de ce calvaire étaient couverts de grandes plaques de lichen blanc qui faisaient des tâches singulières contrariant les plis des draperies et des costumes, dénaturant les physionomies si expressives des figures. Un honorable et érudit voisin, ami dévoué de· notre art breton, s'est intéressé à ce monument, a replacé et consolidé quelques personnages, puis a tout lavé et brossé ; et si le pittoresque ou la dénaturation chère à quelques archéologues y a perdu, la lecture des scènes si vivantes et si variées y a beaucoup gagné."

Le Seac'h date cette restauration de 1881 "comme l'indique la date gravée sur le revers de la scène de Résurrection, confirmée par un test électromagnétique en 1998 qui a détecté des goujons de métal sur le calvaire".

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f) Yan Larhantec (décédé en 1913).

La tête de la croix en kersanton, bisée lors d'une tempête en 1902, a été refaite par Yan Larhantec, de Landerneau. Il a remplacé la console décorée d'un ostensoir et de chandeliers et a sculpté le Crucifié accompagné de quatre anges recueillant le sang des plaies.

g) L'atelier de Pierre Floch a  nettoyé une nouvelle fois le calvaire de ses lichens en 2009.

h) Des croix des Larrons ?

On s'étonne de leur absence, et on parie sur leur disparition à une date inconnue.

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L'enclos paroissial de Guimiliau.

L'enclos paroissial de Guimiliau.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.
Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.

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FAIRE LE TOUR.

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Coté Ouest.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté Nord.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté Est.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté Sud.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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POINT DE DÉPART : LE SOUBASSEMENT DU COTÉ OUEST.  L'INSCRIPTION DE 1581 ; LA NICHE DE SAINT POL.

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Ce calvaire possède, manifestement, un coté principal, celui de l'ouest, où une table d'offrande sous la statue en kersanton de saint Pol Aurélien (patron du diocèse du Léon) est encadrée de deux colonnes cannelées. La statue du saint n'est pas du Maître de Guimiliau, mais de son Émule.

Ces colonnes supportent un portique dont le fronton porte une inscription.

On retrouve cette disposition sur le calvaire de Plougastel, qui lui est postérieur de plus de 20 ans (ou de 10 ans pour les réalisations de l'Émule).

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La statue de saint Pol de Léon (kersanton, mule du maître de Guimiliau, après 1589).

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Vêtu en évêque il bénit de la main droite et tient selon Le Seac'h un bâton en tau. J'ignore les éléments de son identification, et je suis passé trop vite devant lui.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'inscription de la frise de l'architrave de l'autel.
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Elles est sculptée sur le granite en creux en lettres gothiques (textura) dont les fûts rectilignes, parallèles et serrés ne facilitent pas la lecture. La transcription est incertaine.  Les auteurs ont lu :

AD GLORIAM DOMINI : 1581 . CRUX EGO : FACTA : FUI[T]

"À la gloire du Seigneur. 1581. [Cette] croix fut faite [par moi ?] ou Moi, croix, fut faite".

Pour Castel, "Une inscription en partie détruite sur l’architrave de la niche occidentale pourrait apporter une précision sur l’auteur de cette uvre magistrale débordante de vie: AD GLORIAM DOMINI 1581 CRUX: CNO: FACTA: FUI (T). La croix fut faite à la gloire du Seigneur par Stefan (?) [YPC 1980]"

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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II. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES DES AILES.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.

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Saint Jean et son aigle (kersanton,  Maître de Guimiliau, 1581-1588).

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Jean est assis sur une cathèdre à dais décoré de masques, volutes et palmettes Renaissance. Il est tourné vers sa gauche (donc vers l'ouest) et rédige d'un calame assuré son Evangile, donc le codex  est ouvert sur l'accoudoir. Il est imberbe, en tant que Jean, et pieds nus en tant qu'apôtre. Il porte sur ses cheveux longs et bouclés un large nimbe, qui lui forme une sorte de chapeau. Jean est vêtu d'une robe dont les manches s'enrichissent de franges en créneaux. La tenue du crayon (calame) est particulière, car il passe entre l'index et les autres doigts longs.

À sa gauche, mais taillé dans un bloc de kersantite séparé, son aigle (l'une des quatre figures du Tétramorphe des évangélistes), ailes éployées, est posé sur une console sculptée de volutes.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Saint Marc et son lion (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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L'évangéliste est assis à son pupitre, en train d'écrire, tandis que son lion emblématique tient dans sa gueule le plumier et l'encrier (et non un encensoir comme l'écrit Le Seac'h !).

Il est vêtu d'une robe dont la partie thoracique est fermée par des boutons ronds autour d'un bourrelet frontal, tandis que des plis en arête de poisson se disposent autour de cet axe. Cette manière de faire se retrouvera employée pour d'autres personnages.

Il porte la barbe et est coiffé du bonnet carré des docteurs. 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Saint Matthieu et son ange (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Matthieu porte la même barbe, le même bonnet carré et la même robe que Marc, mais celle-ci est recouverte d'un manteau. Comme Marc, il est assis à son pupitre et rédige son évangile, tandis que son attribut, l'ange, tient le plumier et l'encrier. 

Mais le pupitre est décoré d'une curieuse figure, évoquant les grotesques de la Renaissance, et dont le masque est soutenu par deux bras contournant le support. Il porte sur sa tête une volute.

De même, l'ange est posé sur une console représentant une femme aux bras repliés sur les cotés,  que nous pouvons voir comme une figure de la Démone.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le gros plan sur le visage permet de détailler les caractères qui distinguent l'Émule du Maître, avec ces yeux aux paupières ourlées, ou la barbe aux mèches moins peignées, et les cheveux tirés en arrière.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Saint Luc et son taureau (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Toute la moitié supérieure est identique à la statue précédente, mais le taureau, assez maladroitement rendu, prend place à droite du siège. Le pupitre est soutenu par un atlante nu, jambes croisées, et portant une corbeille ("canéphore"), un bel exemple des supports anthropomorphes apparus à la fin du XVIe siècle dans le Léon sous l'influence des recueils des architectes et sculpteurs de la Seconde Renaissance, et qu'on retrouve sous le porche de Guimiliau en 1606.

https://www.lavieb-aile.com/2021/01/les-termes-cariatide-et-atlante-de-guimiliau.html

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Un autre atlante est sculpté sur le coté gauche du siège, avec ses bras réduits à des tronçons en volute. L'histoire familiale ne dit pas si mon grand-père Paul Sourdat s'en est inspiré dans sa fameuse — et alors contestée — description de l'amputation en saucisson développée sur les ambulances d'arrière des tranchées de 14-18, et dont l'intérêt est aujourd'hui reconnu en milieu précaire....!

Ces moignons en volutes et les jambes entortillées viennent des ouvrages d'Androuet du Cerceau et se retrouvent dans d'autres sculptures du Léon à la même époque.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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III. LE REGISTRE INFÉRIEUR : L'ENFANCE ET LA VIE PUBLIQUE DU CHRIST. LE REGISTRE SUPÉRIEUR : LA VIE PUBLIQUE ET LA PASSION DU CHRIST.

 

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Les scènes sont présentées ici dans l'ordre chronologique de la narration, un choix déjà fait par le chanoine Abgrall, ... mais qui, sur place, nécessite de faire plus de sept fois le tour du monument.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.

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Sur le registre inférieur de la face sud, coté droit : l'Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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E. Le Seac'h, reprenant l'analyse d'Y.-P. Castel en 1998,  consacre un paragraphe de son chapitre sur l'Émule du Maître de Guimiliau aux Annonciations de Guimiliau (s.d.) et de Saint-Thégonnec (1589 par inscription), en soulignant leur similitude.

Voir :

L'arc de triomphe (1587, granite de Plounéour-Ménez et 1589, kersanton) de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Son Annonciation et son inscription en vers bretons.

L'abbé Castel avait écrit :

"L'Annonciation de Guimiliau et celle de Saint-Thégonnec sont indubitablement de la même main. Les prie-Dieu sont identiques, les vases de fleurs ont les mêmes anses à large volutes, les panses sont ornées de canaux et de godrons similaires, les bouquets, dans leur stylisation, se ressemblent. Le traitement des visages ne laisse, lui non plus, aucun doute sur l'étroite parenté des deux groupes." CASTEL (Y.P.) in  ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p.

 

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E. Le Seac'h décrit une scène en haut-relief, à l'exception des têtes de l'ange et de Dieu et des accessoires (partie supérieure du bâton, étoile), en écrivant :

"Gabriel brandit un bâton fleuri en marguerite à huit pétales où s'enroule un phylactère portant l'inscription AV[E] MAR[IA]. La Vierge est assise devant le prie-Dieu en forme de pilastre. Au milieu, un vase de feuillages symbolise les lys de la fécondité. Au dessus, Dieu le Père apparaît en buste, bénissant d'une main, le globe terrestre dans l'autre. De l'étoile à treize rayons au dessus de la Vierge jaillit un volatile, le Saint-Esprit dont la tête est brisée. La Vierge Marie et l'archange Gabriel  ont un visage anguleux, pointu, au sillon naso-génien très creusé. Le drapé particulier des robes, partant en diagonale est caractéristique de l'Émule. Les mêmes visages tristes et sérieux se retrouvent dans la scène de la Visitation."

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Je n'ai plus rien à ajouter, sauf pour faire remarquer le peigné de la barbe de Dieu, bien représentative de l'atelier de Guimiliau.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face sud, coté gauche : la Visitation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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La Vierge (tête nue) salue sa cousine Elisabeth (voile et guimpe) en lui posant la main sur l'épaule et selon l'évangile, à cet instant l'enfant porté par Elisabeth, le futur saint Jean-Baptiste, "trésaille". La scène se déroule chez Zacharie, époux d'Elisabeth, qui est représenté à droite, appuyé sur sa canne ; il est muet depuis l'annonce par un ange de la grossesse de sa femme. La troisième femme, la main sur la poitrine pourrait être sainte Anne, mais celle-ci porte habituellement la guimpe, ou bien une servante.

"On retrouve les mêmes drapés tout en courbe [que dans l'Annonciation] avec en plus un travail sur les différentes couches de vêtements qui ne semblent plus être traités en superposition mais en creux." (E. Le Seac'h)

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Est : La Nativité (kersanton,  Maître de Guimiliau, 1581-1588).

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L'Enfant est allongé nu sur un linge tenu par un ange et par la Vierge. Saint Joseph est représenté derrière celle-ci, appuyé sur sa canne, et absorbé dans ses pensées. Le quatrième personnage pourrait être, comme le suggère E. Le Seac'h, "Zélomie, l'accoucheuse qui confirma la naissance virginale de Jésus" ; ou l'une des autres sages-femmes apocryphes, Salomé, ou sainte Anastaise.

Voir ma discussion:

https://www.lavieb-aile.com/article-vierges-couchees-et-livres-d-heures-de-rennes-suite-113133129.html

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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 La Nativité : l'âne et le bœuf ; un ange et deux bergers (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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L'âne et le bœuf sont traités en raccourci et agenouillés. Derrière leur tête, un ange présente l'Enfant aux deux bergers, et le premier s'agenouille. Un tonnelet est accroché à sa ceinture.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Est, coté aile gauche : l'Adoration des Rois Mages. La date de 1588. (kersanton,  Maître de Guimiliau).

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À l'angle sud-est, la Vierge est assise sur une cathèdre et élève son Fils, nu, pour le présenter aux visiteurs. La Mère et le Fils sont nimbés ; le nimbe de Jésus est marqué de rayons. Le genou droit de Marie est croisé sur son genou gauche. Ses cheveux sont retenus en deux nattes par un lacet ou ruban.

À l'arrière, Joseph, coiffé d'un chapeau rond s'appuie sur sa canne, toujours un peu mis à l'écart de ce qui se passe, par sa posture et son regard. Il semble en tenue de marche, comme sur le départ.

Le chronogramme 1588 est sculpté en réserve dans un cartouche sur le bloc supportant Marie.

On remarquera que cette date correspond à l'assassinat du duc de Guise, et au début de la Guerre de la Ligue en Bretagne.

http://www.utl-morlaix.org/2015/03/12/la-guerre-de-la-ligue-en-bretagne-1588-1598/

J'appliquerai volontiers cette date à l'ensemble des sculptures du Maître, réservant celle de 1581 à l'inscription  de la face est.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Les trois rois sont taillés dans le même bloc, le plus âgé étant agenouillé et sa couronne, exagérément large, placée devant lui. Il présente à l'Enfant par l'intermédiaire d'un linge son offrande, un calice rempli d'or (mais celui-ci est caché par le grand couvercle). Il est vêtu d'une tunique courte, recouverte d'une collerette, de hauts de chausses, de guêtres et de chaussures à bouts ronds ; son épée, large et recourbée comme un cimeterre, est à son flanc gauche.

Derrière lui, les deux autres rois sont également barbus mais avec une barbe plus courte pour indiquer la différence d'âge. Le premier s'apprête à ôter sa couronne, placée sur un turban pour souligner l'origine orientale.

E. Le Seac'h décrit les  récipients comme "des pots à tourelles moulurées et un pot à dragées godronné dans l'esprit de la Renaissance".

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Nord, coté aile gauche : la Présentation au Temple (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Les auteurs désignent cette scène sous le qualificatif de "Circoncision", mais c'est à mon sens une erreur et la présence d'un personnage (servante ?) tenant le panier aux trois colombes en est la preuve : il s'agit de la Présentation de Jésus au Temple, décrit dans Luc 2:21-40. L'Enfant n'est pas allongé, mais tenu debout et donc "présenté", et aucun couteau, aucun geste de circoncision ne sont figurés.

Le mobilier est une table recouverte d'un drap plissé, dont le piètement s'orne d'un masque anthropomorphe mais à oreilles d'âne, et d'un siège, sur le dossier duquel est sculpté un nouvel exemple de terme ou support anthropomorphe, sous un chapiteau ionique, et avec le bas du corps remplacé par une base pyramidale. Je renvoie aux réflexions développées à propos du siège de saint Luc.

Le grand-prêtre du Temple est assis, et tient le bras et le bassin de l'Enfant : c'est lui qui le présente. Derrière celui-ci, trois hommes dont deux barbus tendent un linge, en guise de drap d'honneur. Le Seac'h y voit trois prêtres, l'un tenant un rouleau, celui du milieu ouvrant le linge et le troisième serrant contre sa poitrine un livre. Mais ils semblent des laïcs, et le premier pourrait être Joseph. Seul Syméon n'est pas représenté.

La Vierge est agenouillée à l'autel, mains jointes. Le sculpteur a repris ici le motif du bandeau occipital retenant les cheveux en passant derrière la nuque, et dont je m'attache à montrer la fréquence dans le Finistère dans les représentations de Marie, ou de Marie-Madeleine dans de nombreux ateliers.

Son visage est d'un ovale allongé, les paupières sont tracées, la bouche est courte et concave, le menton avancé, "en galoche".

Enfin, la servante, aux cheveux couverts par une coiffe ronde, et dont la robe est serrée par une ceinture à boucle large, place la main gauche sur la poitrine ; elle tient par son anse un panier, d'où émergent trois têtes correspondant, maladroitement, aux couples de colombes ou tourterelles citées par l'évangile de Luc. Le Seac'h n'a pas identifié ce détail, et voit là un vase à godrons tenu par un valet.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Est, coté aile droite : la Fuite en Égypte (kersanton, Maître de Guimiliau, vers 1588).

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Marie, assise en amazone sur l'âne, tient l'Enfant-Jésus, retenant d'une main sûre son pied droit. Elle porte une robe et un manteau qui la voile. L'Enfant est vêtu d'une tunique longue, il tient un fruit dans la main gauche.

L'âne est représenté de manière identique dans l'Entrée à Jérusalem

Taillé dans un bloc à part, Joseph est  représenté, de face mais la jambe en avant. Il est vêtu d'un pourpoint orné d'un col rabattu, d'une cape fermée par une agrafe à pétales de marguerite et de bottes à rabat. Il est coiffé d'un grand chapeau rond à bord incurvé. Il tient la corde qui guide l'âne.  Le bissac  et le bâton de marche rappellent que le couple part pour un long voyage.

La tête de Joseph est magnifique de noblesse, et tire toute sa force de sa barbe évasée comme une coquille cannelée.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.
Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de la face sud, à gauche : le Baptême du Christ (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Un ange, nimbé, tient la tunique de Jésus, lequel est plongé jusqu'au genou dans le Jourdain ; Jean-Baptiste, vêtu de sa célèbre peau de chameau, le baptise (mais le bras droit est brisé), tandis qu'il tient par le bras gauche un livre.

Là encore, la tête du Baptiste, barbue et chevelue, est magnifique.

Un détail est insolite par rapport à l'iconographie, c'est celui du petit chien s'agrippant à la jambe de Jean. Mais en écrivant cela, je me dis : et si c'était un agneau ? Là, ce serait une riche idée !

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face ouest, à gauche : l'Entrée à Jérusalem (kersanton,  Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Jésus est assis sur son ânon (ou son ânesse, le texte évangélique de Matthieu mentionne les deux) devant trois des apôtres (Jean, imberbe, et par exemple Pierre et son frère André) et ses disciples (une femme, disons Marie-Madeleine). La foule rassemblée devant les murailles et la porte de Jérusalem l'accueillent en déroulant leurs manteaux devant son chemin. 

La tête de l'ânon est délicieusement sculptée, avec ses immenses oreilles dressées. celles-ci se prolongent par le tronc d'un arbre, qui offre à la foule ses rameaux, rappelant les rameaux de palmier par lesquels les habitants acclament la venue de Jésus.

Les yeux aux paupières bien tracées permettent d'attribuer  ce travail à l'Émule.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face sud, au centre : le Lavement des pieds des Apôtres (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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La scène est découpée en trois groupes.

Comptons. Un deux trois quatre, etc., les apôtres sont au nombre de onze. Pourtant, il est implicite dans le texte évangélique que Judas était présent.

Au premier plan, à gauche, un apôtre assis se rechausse ou se déchausse. Puis vient le Christ, à genoux, manches retroussées, qui lave les pieds de saint Pierre, qui renverse le torse pour signifier son refus ("Tu ne me laveras pas les pieds, non, jamais !". Puis vient un troisième apôtre, qui est assis à droite. Je ne parviens pas à voir une bourse à sa ceinture, mais il est dans l'ombre.

En arrière plan, les autres apôtres sont attablés (on voit un verre, un plat et une cruche). À droite, les mains croisées sur la poitrine, Jean se reconnaît car il est imberbe.

"Dans cette scène, on retrouve le même mouvement dans les étoffes que pour le voile de la Vierge de la Nativité ou de l'Adoration des Mages. Les courbes des tissus et des robes relevées pour échapper au éclaboussures contribuent à donner une impression de joyeux désordre contrebalancé par les lignes verticales des autres tuniques qui rappellent la gravité de la scène. Les personnages ne sont pas alignés comme à Plougastel-Daoulas : les Apôtres sont pour la plupart debout et tiennent des cruches ou des linges pour essuyer leurs pieds. Leurs bouches entrouvertes disent la consternation et l'incompréhension du geste de Jésus." (Le Seac'h p. 273)

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face ouest, à droite : la Cène (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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La scène occupe deux blocs de kersanton, rapprochés par la tranche.

Douze apôtres sont réunis autour de la table, et Judas se reconnaît à la bourse qu'il tient. Jean, imberbe, est à la droite de Jésus, qui est nimbé. Au premier plan, un serviteur, barbu, et pieds-nus comme les apôtres, apporte une corbeille de pains et une cruche de vin.

Sur la table , on voit des miches de pain, des gobelets en forme de calice, tandis que le plat contenant l'agneau pascal est placé devant Jésus.

Les traits des apôtres sont semblables (avec une petite différence de longueur des barbes), mais leur posture diffère légèrement, ils discutent entre eux par paires, la bouche entrouverte : seul Jean et le Christ semblent concentrés, ce dernier approchant la main vers le plat contenant l'agneau. L'instant représenté est donc celui de l'institution de l'Eucharistie, et non — comme dans la Cène de Léonard de Vinci —  celui où le Christ dit "en vérité je vous le dit l'un de vous me livrera" alors que Judas approche la main du plat, et que les autres apôtres protestent.

Parmi les robes, assez identiques, certaines ont des manches courtes et crénelées, d'autres se distinguent par l'encolure.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face nord, à droite : L'Agonie de Jésus au Mont des Oliviers, les trois disciples Pierre, Jacques et Jean s'étant endormis (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Le sculpteur n'a disposé que de peu de place pour figurer cette scène, dans laquelle Pierre, Jean et son frère Jacques ne sont pas parvenus à rester éveillés pour soutenir Jésus, qui, au Jardin des Oliviers, prie son Père et accepte sa Passion. C'est  l'Agonie à Gethsémani où la sueur de sang (hémathidrose) témoigne de sa profonde angoisse.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face nord, à droite : Pierre frappant Malchus, le serviteur du Grand prêtre (Caïphe). Kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588.

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On penserait volontiers à un sacrifice ou à un assassinat, si le contexte ne nous aidait pas à voir Pierre levant son glaive et tranchant l'oreille de Malchus. Le Seac'h a vu, mieux que moi, que l'oreille était visible sur l'épaule gauche du serviteur, qui tombe à la renverse. Une lanterne, à notre droite, rappelle que l'arrestation de Jésus se déroule la nuit.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face nord, au centre : l'Arrestation de Jésus en présence de Judas tenant la bourse aux trente deniers, salaire de sa trahison (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Cette belle scène est répartie sur deux blocs, isolant ainsi Judas tenant sa bourse. Jésus est saisi par trois soldats (ou quatre si on compte les jambes).

Jésus a le même manteau et la même robe que lors de la Cène. Les soldats offrent un bel exemple du talent du sculpteur pour souligner la truculence des personnages, qui sont vêtus de costumes Henri III. Comme je l'avais souligné dans ma description du calvaire de Plougastel, il est important de se souvenir  de la pratique, par les habitants, des mises en scènes de la Passion, comme en témoigne les Mystères en langue bretonne édités en pleine Renaissance puis à l'époque baroque (1530, 1609, 1622).

L'un porte un bonnet à plume généreuse et faisant panache (ce serait l'officier), les deux autres sans doute des casques . Les moustaches se distinguent de celles du Christ et des apôtres, qui sont en V inversé, car elles frisent et sont horizontales. 

Les tuniques sont courtes, marquées par cette ligne médiane bombante qui peut évoquer celle des cuirasses. Les chausses sont bouffantes, et à crevés formant des hachures ou des godrons.

Les visages sculptés par le Maître de Guimiliau ne sont pas différenciés, qu'on ait affaire à un saint personnage, à un pharisien ou à un bourreau, les traits ne sont pas marqués, les grimaces et expressions sont absentes, les yeux globuleux n'indiquent pas les regards. Par contre, la gestuelle compense cette inexpressivité, notamment par la chorégraphie des fentes des jambes des soldats et par l'entrecroisement des bras.

Les chaussures sont toutes les mêmes sur tout ce calvaire, avec une semelle épaisse et bien délimité, ainsi que le contrefort et le quartier (la partie arrière autour du talon), tandis que l'avant, à bout rond, est moins précis.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

 

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Sur le registre supérieur de la face nord,  la comparution devant Pilate et le lavement des mains (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

 

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À gauche, Pilate est assis sous un dais et se lave les mains dans l e bassin présenté par un serviteur ou soldat qui y verse l'eau d'une cruche. On remarquera le petit chien, si fréquemment représenté auprès de Pilate sur les enluminures et gravures, ou sur les maîtresses-vitres finistérienne qu'il en est presque un attribut (c'est un chien blanc lorsque la couleur est visible). On connaît l'attachements des princes de la Renaissance pour la présence de ces animaux de compagnie dans leur palais.

On remarquera aussi la tenue vestimentaire de Pilate, qui n'est pas celle d'un gouverneur romain, mais d'un grand-prêtre hébraïque dans les conventions iconographiques du XVIe siècle : chapeau conique et turban, très longue barbe, longs cheveux, glands de passementerie au bout des manches. Nous pourrions confondre avec Caïphe, si le lavement des mains n'identifiant pas l'homme sans ambiguïté.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Derrière le trône de Pilate, se trouvent deux personnages tenant des rouleaux. L'un est coiffé d'un turban, l'autre du bonnet carré : ce sont des pharisiens, des docteurs de la Loi hébraïque, des membres du Sanhédrin. Ils valident, ou ordonnent, les scènes d'outrages et de dérisions ainsi que la condamnation du Christ.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  la face nord, coté droit,  la Flagellation (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Elle est traitée en trois blocs distincts

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Le Christ est lié à une colonne au chapiteau corinthien. Un soldat, harassé par sa tache, se repose à ses pieds, le faisceau de verges. Nous retrouvons le bonnet porté de travers, les manches relevées, les crevés et les bottes à rabats qui caractérisent les bourreaux.

Les trois autres bourreaux tiennent les verges et s'apprêtent à frapper. Leur costume suscite notre intérêt. J'ignore si les coiffures coniques de deux d'entre eux, et le camail festonné et à glands de l'autre, tendent à les désigner comme Juifs.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  l'angle nord-ouest, le couronnement d'épines (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

 

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Le Christ est assis, les mains liées devant lui, l'air résigné et patient. Deux bourreaux enfoncent avec deux bâtons avec force la couronne afin que les épines pénètrent le cuir chevelu. Là encore, bien qu'on devine un rictus par la bouche tordue d'un bourreau, ce sont les postures qui expriment la vivacité et la cruauté des soldats.

À gauche, deux autres soldats tiennent un bâton sur lequel ils poussent, la position des mains étant inversée. L'un des deux tire la langue au condamné. J'y verrais volontiers une composante du Couronnement d'épines, surtout si nous nous référons aux scènes analogues des vitraux, où les quatre soldats s'activent sur deux perches formant une croix.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur  : le Christ aux outrages (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

 

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Le Christ est assis, les mains liées devant lui, et revêtu d'une tunique longue, à un ou deux boutons devant la poitrine. Il ne tient pas le roseau de la dérision. Ses yeux sont bandés par un voile assez large. Ses traits évoquent sa patience courageuse face aux sévices. 

Parmi les quatre bourreaux, l'un porte une épée, c'est un officier. Il est vêtu d'une tunique courte dotée d'une ceinture et frangée en V au bord inférieur, de hauts de chausses bouffants ( à plis horizontaux), et de chaussures assez remarquables. Il est coiffé d'un béret et ses cheveux sont mi-longs, atteignant la base des épaules.

Deux autres bourreaux tiennent des gourdins, tandis que le troisième me semble nouer le bandeau. Leur tenue est proche de celle de l'officier, mais leur coiffure, au moins pour deux d'entre eux, évoque une capuche (ou un chaperon).

Les yeux sont "en noyau de datte" et circonscrit par le trait qui forme les paupières, c'est la caractéristique de l'Émule.

Les traits des bourreaux sont vultueux, les arcades sourcilières épaisses, les lèvres protruses et grosses, mentons saillants voire même bilobé dans un cas.

La barbe et la moustache en colombin est peignée régulièrement, comme c'est la règle chez le Maître et son élève.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  l'angle sud-est,  le cavalier tenant une banderole : début du  Portement de croix ? Kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588.

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Abgrall ou Le Seac'h considèrent que ce cavalier  qui déroule des deux mains une banderole est à la tête de la procession du Portement de croix sur les pentes du Golgotha. 

Cette banderole portait vraisemblablement une inscription peinte qui permettait d'identifier le personnage. Nous pouvons remarquer sa barbe particulièrement longue (ce qui exclut un officier romain) et surtout son chapeau hébraïque (large et conique) doté de deux franges rituelles à glands, qui tombent sur un scapulaire. Les cheveux sont longs, et forment deux mèches épaisses et qui semblent sales.  C'est, dans le code iconographique en vigueur, un pharisien du Sanhédrin, et sans doute même le "souverain sacrificateur", Caïphe. Portait-il le texte de l'accusation, celui du titulus de la croix, "Jésus de Nazareth, [celui qui se prétend] roi des Juifs" ?

En s'attardant à détailler l'harnachement du cheval, les fleurons du mors, et le type des étriers, puis à les comparer aux mêmes détails sur les Calvaires bretons et les Passions des maîtresses-vitres finistériennes, nous ferions des découvertes fructueuses.

La barbe est remarquable. Elle est typique de l'atelier de Guimiliau, et on en  retrouve d'autres exemples sur le calvaire de Saint-Herbot.

 

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'écuyer de Caïphe, tenant une fleur. 

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Il porte un chapeau conique, "juif", mais il porte la tunique courte à ceinture, les haut de chausses plissés, les chaussures des soldats et il faut peut-être y voir l'écuyer de Caïphe. Il a perdu l'accessoire de sa main gauche, tandis que la main droite tient entre index et majeur d'une part, annulaire et auriculaire d'autre part, une tige évasée en fleur à six pétales.

Le plastron de son pourpoint, doté de boutons et d'un renfort sternal, est plissé de traits obliques et remonte en bourrelet épais autour du cou.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  la face Sud, au centre,  le Portement de croix (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Au centre, et dans l'axe de la croix du calvaire, Jésus est agenouillé : ses genoux ont fléchis sous le poids de la croix qu'il porte. Juste derrière, Simon de Cyrène apporte son aide.

Dans la procession guidée par le cavalier et son écuyer, deux musiciens viennent en tête. L'un  frappe avec deux baguettes épaisses et dilatées à l'extrémité  sur un long tambour. Nous voyons bien la corde de tension entrelacée sur des cercles et traversant en diagonale la peau pour former le timbre.

Le joueur forme avec son compère une belle paire, presque spéculaire, ils se regardent comme s'ils étaient pris par le même rythme et le même élan, mais pourtant, le deuxième joueur se contente de tenir un long bâton servant peut-être d'appui au tambour.

L'iconographie est difficile à rassembler, car je trouve surtout les images de tambour d'ordonnance de caisse plus courte, inscrite dans un carré.

Sur la travée VIII du tour de chœur de la cathédrale de Chartres,  un tambour de forme allongé est sculpté, autour de la date de 1527, au centre de l'entrecroisement de deux flutes.

L'Orchésographie (1589) de Thoinot Arbeau, alias Jehan Tabourot , chanoine de Langres, montre un exemple de militaire battant son tambour avec la notification d'une marche de régiment : l'instrument est différent de celui de Guimiliau, mais le costume est à remarquer, avec ses crevés. 

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Voir ici un haut-tambour de 1789 (Anjou).

Deux exemples de tambour de 1636, dans le dictionnaire de Jacquot.

Les exemples de tambour aussi haut et long que celui-ci correspondent plutôt aux tambours ou tambourins de Provence, et rejoignent parfois ceux des galoubets, frappés en même temps que le joueur souffle dans un fifre.

 

 

 

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.
Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un joueur de trompe .

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Deux soldats autour de Simon de Cyrène qui aide le Christ à porter sa croix.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le Christ chutant sous le poids de sa croix.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un soldat frappant le Christ, puis un joueur de trompe. Un soldat assis à terre.

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Je ne comprends pas tout dans ce bloc : je vois un fragment de croix écoté (la traverse ??), retenu par une barre en T ;  les hommes ont l'air d'être embarqués dans un véhicule ; le soldat qui tient la corde lève un objet, peut-être un fouet mais bien bizarre et qui retombe sur sa tête.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  l'aile sud-ouest, Véronique et son voile (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

 

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La sainte est coiffée d'un turban ; elle se renverse légèrement en arrière pour présenter son voile, sur lequel, on le sait, s'est miraculeusement imprimé le visage martyrisé du Christ.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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AU CENTRE : LA CRUCIFIXION (LE CALVAIRE) : VOIR PARTIE IV.

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Nous reprenons la description dans l'ordre narratif, après la Crucifixion.

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Sur le registre supérieur de  la face Ouest, à gauche, la Déploration (Pietà). Bloc monolithique à quatre personnages, kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588). À gauche Marie-Madeleine, bloc distinct. En arrière, un personnage : Jean ?

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Cette Déploration est très différente de celle de Saint-Herbot, attribuée au Maître de Guimiliau. Elle est à mes yeux bien plus belle, dépouillée et tragique. La Vierge est tient son fils sur son genou droit, l'autre étant posé à terre. Le corps du Christ forme une ligne brisée en six morceaux, la tête/le thorax (en arc)/le ventre/les cuisses/les jambes/les pieds. Auquel s'ajoutent le bras droit, qui pend vertical, inerte, la paume percée ; et le bras gauche, horizontal et soutenu par la Mère.

Tout cela est d'un kersanton très sombre, presque volcanique, brûlé, malgré des teintes verdâtres (micro-organismes)et rougeâtres (idem, ou ocre témoignant vaguement d'une polychromie ?).

Tous les drapés sont verticaux, austères, graves.

Deux personnages ont les têtes brisées. J'imaginerai volontiers que celui qui est à la fois à la tête du Christ et à la droite de Marie est saint Jean (la statue plus en arrière étant rapportée mais n'appartenant pas initialement à ce groupe). En effet, c'est ce personnage qui soutient la tête du Crucifié, et ce rôle est celui de Jean dans les Déplorations, plus souvent, notamment dans cette composition que celui de Joseph d'Arimathie.

À gauche de Marie,  on pense d'abord à une sainte femme. Mais si on regarde attentivement, on voit que c personnage tient dans sa main gauche un flacon, comparable au pot d'aromates de Marie-Madeleine.

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Je propose donc de voir une Déploration avec Jean et Marie-Madeleine entourant la Vierge. Un bloc auquel aurait été ajouté, après la perte des têtes de Jean et Marie-Madeleine, leurs statues isolées, provenant d'un autre emplacement, par exemple au pied de la croix comme sur d'autres calvaires monumentaux.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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a) La Vierge, entourée de deux personnages aux têtes manquantes,  et le Christ.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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b) Marie-Madeleine.

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Elle est agenouillée, main droite sur la poitrine et main gauche levée, paume de face, en signe de vif émoi. Son manteau est tombé autour d'elle, dégageant la robe aux manches bouffantes, et aux poignets à crevés. 

Elle est coiffée d'un large chapeau (ou bien est-elle nimbée) d'où sortent quelques boucles. Nous ne voyons pas ses cheveux pendre devant ses épaules, comme c'est ailleurs la règle. Et je n'ai pas trouvé son pot d'aromates.

À ces détails près, c'est exactement la Marie-Madeleine au pied de la croix de la tradition des sculpteurs de Landerneau depuis les Prigent, et le détail du manteau formant une vague ou corolle autour d'elle ou derrière elle est l'indice très sûr d'une filiation stylistique. 

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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c) Saint Jean ?.

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Ce personnage aux pieds nus, portant la robe fendue sur le devant par une ouverture fermée par deux boutons, est a priori un apôtre. Mais il est imberbe, ce qui nous conduit à identifier saint Jean, malgré une coiffure bien féminin.

Pourtant, le geste des deux mains réunies devant l'abdomen est insolite : c'est un geste d'énonciation, d'énumération des arguments, qui est inédit dans l'iconographie de Jean.

Ce geste est fréquent parmi les prophètes vétérotestamentaires (hypothèse exclue, ces derniers sont barbus) et dans les représentations de saint Yves, comme au sommet du calvaire. Mais la robe et les pieds nus s'opposent à cette solution.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  la face Est, au centre,  la Mise au Tombeau (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Huit personnages sont penchés au dessus du tombeau, ou plus justement au dessus de la table, nappée d'un linge, où le corps du Crucifié a été déposé.

Ce sont de gauche à droite Joseph d'Arimathie, qui soutient la tête, Marie, Mère de Jésus, puis les Trois Marie, dont Marie-Madeleine tenant les aromates. Viennent ensuite Gamaliel, saint Jean (nimbé) et enfin Nicodème, soutenant les pieds.

La tête du Christ mort est nimbée, d'une de ces auréoles larges qui en abusent pour des chapeaux, et qu'on retrouvent plusieurs fois sur ce calvaire.

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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a) Joseph d'Arimathie.

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Comme c'est l'usage, il est coiffé d'un chapeau conique à turban et fanons, doté de cheveux tressés et d'une longue barbe, et vêtu d'un costume "Juif" (camail à pointes, bouffant des manches à franges).

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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b). La Vierge.

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Elle est coiffée du voile qui se prolonge par son manteau, et porte la guimpe. Ses bras sont croisés devant la poitrine.

Pour une fois, le visage est très expressif, et il semble que la Mère sanglote ; le nez est plus fin et pointu qu'ailleurs, un bourrelet fait pont entre les deux sourcils, le philtrum est creusé, le modelé des pommettes et du menton est accentué.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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c). Marie-Madeleine et deux saintes femmes ( soit : les trois Marie, Marie Salomé, Marie Jacobé — ou Cléophas— et Marie-Madeleine).

 

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Marie-Madeleine porte une coiffe rappelant celle d'Anne de Bretagne, et, au dessus le large nimbe. Inutile de souligner l'élégance raffinée de sa tenue, c'est son marqueur identitaire, avec son pot d'aromates.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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d) Gamaliel . Tête : réemploi d'une sculpture par Roland Doré vers 1620-1660.

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Pour paraphraser l'incipit de Moby Dick "Appelez-le Gamaliel", celui qui apparaît dans certaines Mises au Tombeau avec son fils Abibon, 

https://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-mise-au-tombeau-de-l-abbatiale-sainte-croix-de-quimperle.html

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Mais il faudrait pouvoir accéder à la plate-forme, le contourner, chercher les indices, tenter d'expliquer ce fleuron sur la poitrine, car nous ne pouvons nous fonder sur la tête actuelle : ses pupilles creusées sur des yeux en losange la font attribuer à Roland Doré, mais c'est un réemploi. Venant probablement d'un apôtre, et ce serait un saint Jacques que ...

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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e). Saint Jean.

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Pourquoi saint Jean ? Parce qu'il est nimbé de l'auréole plat à barbe caractéristique, comme le Christ et Marie-Madeleine, et qu'il est imberbe.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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f) Nicodème, tenant la couronne d'épines.

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Là encore, le chapeau conique indique qu'il s'agit d'un pharisien, et, à cet emplacement, cela ne peut être que Nicodème.

Comme dans d'autres Déplorations (Quilinen, Locronan), il porte, par l'intermédiaire d'un drap, la Couronne d'épines, bien que ce soit ici une couronne sans épines mais à joaillerie.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La descente aux Enfers ; le Christ et Adam et Ève en tête des  élus sortant des limbes ou des damnés chassés par les démons de la gueule de Léviathan (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Sur l'angle sud-ouest, le Christ ressuscité est vêtu du manteau rouge et il tient la hampe de son étendard de la victoire sur la Mort.  Entre le Vendredi Saint, jour de sa Mort, et le dimanche de Pâques, date de sa résurrection le troisième jour, il est, comme l'affirme le Credo, descendu aux Enfers. Il y a libéré les âmes des justes enfermé dans le Limbes patrum, ou limbe des patriarches. Fidèle à l'iconographie, le sculpteur mont la sortie d'Adam (presque debout, remerciant le Christ mains jointes) et d'Ève (plus petite, accroupie, tête brisée).

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Juste à coté, la gueule du Léviathan, personnification ou "poissonnification" des forces du Mal, crache les âmes des damnés, que des démons saisissent de leur fourche. Il y a à terre un monstre, aux pattes de lion, à l'échine de dragon et à la longue queue, et dont la face vaguement humaine (très peu pour moi !) grimace tandis qu'une femme nue à la poitrine provoquante lui est amenée, bien contre son gré, par deux diables. Les guides aiment, pour terroriser les paroissiens, la désigner comme étant Katell  Gollet "qui n'avait pas avoué ses péchés en confession".

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), 1980, "Guimiliau" n° 666 . "Guimiliau, église, le Grand Calvaire", Atlas des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/guimiliau.html

Calvaire en granite et kersanton, daté de 1581-1588.

Soubassement de plan octogonal avec ailes percées d’arcades, avant-corps, table d’offrande encadrée de colonnes cannelées, escalier d’accès à la plate-forme.

Les scènes de la vie de Jésus se déploient sur la frise et à l’étage, dans un ordre non chronologique. De gauche à droite, en commençant par la face occidentale:

Entrée de Jésus à Jérusalem, Cène, , Agonie, Arrestation,. Sur la plate-forme: Vierge de Pitié, Madeleine, Résurrection, Enfer, Descente de Jésus aux limbes, Véronique, Baptême de Jésus, Portement de croix, Scène d’outrages, Mise au tombeau, Disciples d’Emmaüs, Pilate se lave les mains, Scène de dérision, Flagellation, Couronnement d’épines, personnage isolé.


 

Croix centrale sur fût rond, écots, croisillon, statues géminées: Vierge-Pierre, Jean-Yves, crucifix et anges recueillant le Sang.

Vestiges de l’ancienne croix placés sur l’arc de l’entrée d’enclos: cavaliers, Vierge à l’Enfant.

Mis à part le travail évident du restaurateur dans la croix centrale, on distingue plusieurs mains dans l’exécution, reconnaissables à la manière de traiter les yeux, globuleux ou figurés avec les paupières. Une tête d’apôtre du porche a pris place sur les épaules d’un personnage de la Mise au tombeau.

Une inscription en partie détruite sur l’architrave de la niche occidentale pourrait apporter une précision sur l’auteur de cette oeuvre magistrale débordante de vie: AD GLORIAM DOMINI 1581 CRUX: CNO: FACTA: FUI (T). La croix fut faite à la gloire du Seigneur par Stefan (?) [YPC 1980]

— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) , 1902, "Les croix et les calvaires du Finistère" Bulletin Monumental  Année 1902  66  pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

 — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

POTIER DE COURCY (Pol), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo: itinéraire historique et descriptif; L. Hachette et Cie, page 283

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=guengat+kergorlay+guimiliau&hl=fr&source=gbs_navlinks_s


—HYPERLAPS (dossier photo et légendes en anglais)

https://hyperleap.com/topic/Calvary_at_Guimiliau


 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Calvaires
27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 08:12

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. IX. Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau) de 1575.

 

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Voir sur la chapelle de Saint-Herbot :

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PRÉSENTATION.

Ce calvaire a été érigé sur le placître au sud de la chapelle lors du gouvernement de Mathieu Cravec, qui fut prêtre-gouverneur de la fabrique de Saint-Herbot de 1575 à 1595, comme en témoigne l'inscription portée sur le pourtour de la base octogonale, en débutant la lecture par le coté nord tourné vers l'église :

CEST CROIX FVT FAICTE N LAN 1575 M[AISTRE] MATHIEV CRAVEC PG [PRETRE GOVVERNEVR] … XXV. (relevé par Castel et Ducouret).

Les dernières lettres sont lues (atlas) NHMNVIXXV, mais restent incomprises.

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Il a été décrit par René Couffon en 1953, par Yves-Pascal Castel en 1980, par Jean-Jacques Rioult en 2009, et enfin par Emmanuelle Le Seac'h en 2014. Cette auteure consacre deux pages entières à sa description, et en attribue la réalisation à l'atelier du Maître de Guimiliau, lequel exécuta ensuite le grand calvaire de Guimiliau entre 1581 et 1588.

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Stylistique.

Le style du Maître de Guimiliau est ici à ses début ; il donne à ses personnages des yeux globuleux, plus ou moins en amande, avec un double contour formant les paupières inférieures qui  disparaitra à Guimiliau, mais qui sera repris par l'émule du Maître vers 1589. Ces yeux de batracien disgracieux ressemblent parfois à des olives dénoyautées, parfois à des pruneaux fendus.

Les visages et les attitudes frisent la caricature et même les personnages sacrés ne brillent pas par leur beauté, car les traits sont grossiers, les nez tous identiques sont d'épaisses pyramides, le tiers médian du visage est élargi par des pommettes accentuées. Si aucun des saints personnages n'est gracieux, les diables sont carrément horribles avec des traits vultueux et gonflés de bourrelets et des rictus ad hoc.

Une autre caractéristique est l'allure longiligne excessive de Marie et de Jean au calvaire, ou des larrons, ou du visage du Christ en croix.

Bien que les décors de la Seconde Renaissance, très présents sur la clôture de chœur pourtant contemporaine (vers 1570-1580), soit absents, (et que la truculence des diableries relève plutôt de la tradition médiévale), le contexte contemporain, celui de la transition Charles IX/Henri III, s'affirme par les crevés des  culottes des larrons, dont la braguette est accentuée. Mais cet indice est faible, alors qu'il s'exprime largement sur le calvaire de Guimiliau dans la tenue et les chapeaux des soldats et bourreaux, ici absents.

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Composition et thématique.

Si on examine la seule face principale, ce sont vingt personnages qui se présentent, rendant l'analyse de la composition laborieuse.

L'habituel croisillon est remplacé par une plateforme à quatre consoles, supportant les gibets sur ses côtés, et Marie et Jean en son centre. Cette plateforme délimite deux étages.

Sur l'étage supérieur, et principal, il faut d'abord isoler la Croix portant le Christ entourée de Marie et de Jean, des deux gibets où sont liés les larrons. Puis on repère les cinq anges autour  du Christ, quatre recueillant le sang des plaies des mains et des pieds, et un voletant et priant au dessus du titulus INRI.

À l'étage inférieur, le Christ ressuscité, assis sur un arc-en-ciel, les pieds sur le globe du Monde,  écarte les bras, entouré par deux anges qui le vénèrent : c'est le Christ du Jugement dernier, qui figurait aussi sur les calvaires de Châteaulin et d'Argol au XVe siècle.

Enfin,  les consoles sont supportées par trois anges, et un diable sous la console du Mauvais Larron.

L'association d'un Calvaire en haut et d'un Jugement dernier ou Parousie en bas forme un discours théologique sur la Rédemption, et ce discours serait, selon les auteurs, renforcé par le seul personnage qui n'a pas encore été décrit, l'homme presque nu (il porte un pagne) placé sur l'axe vertical reliant ces deux scènes, entre les anges hématophores : il représenterait l'humanité sauvée, ou un "Adam régénéré" (Castel). Mais ne peut-on y voir un Christ aux liens (très habituel sur les calvaires) , un Christ à la colonne attaché contre le fût ?

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La face tournée vers l'est associe de haut en bas saint Herbot, patron de la chapelle et protecteur des bêtes à corne, puis une Déploration à quatre personnages (alias "vierge de Pitié" voire Pietà chez nombre d'auteurs), puis Véronique portant le voile.

Il nous reste à reprendre, compléter et illustrer cela.

 

 

 

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Le visiteur aborde le calvaire par le sud-ouest, derrière l'enceinte du placître, munie de ses échaliers. Deux clichés anciens de F. Dagorn ici :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319662900657v/7e83a5ac-42a9-4f21-bde4-76d5d675fc6b

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319662900655v/1382a3b5-1e1d-460e-beb6-0845f0a207d1

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Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Cette vue qui nous accueille permet de constater que deux colonnes sont placées entre la croix et les gibets. Ils servent de supports aux deux anges qui recueillent le sang du Christ. Ce détail n'est plus visible quand nous nous trouverons de face, mais nous le remarquerons encore sur la vue orientale.

Dans des calvaires antérieurs (ceux des Prigent), beaucoup d'anges hématophores (portant les calices) sont placés en diagonale entre le fût et les bras, parfois par scellement. L'utilisation de ces colonnes est parfaitement originale, et montre comment ce "Maître de Guimiliau" se démarque des autres ateliers, landernéens notamment, avec  liberté et créativité.

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L'autre détail qui se remarque bien dans cette vue de trois-quarts, c'est le losange des deux anges supérieurs, qui volent mains jointes avec leurs ailes en faux très acérée. 

En effet, ces anges se livrent à un exercice de voltige puisque leurs pieds reposent sur une sphère tandis que la pointe de chacune de leurs ailes y maintient une tête humaine moustachue. Il faudrait savoir comprendre le message que ce logo nous adresse.

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Remarquez aussi la croix écotée, soulignant que la croix du Rédempteur est un arbre, avec toute la symbolique chrétienne que les Pères de l'Église et sainte Hélène ont su développer. Et l'extrémité savamment feuillagée de la traverse (les "fleurons") peuvent participer de la même mystique de l'Arbre.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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LA FACE OCCIDENTALE. 

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Nous voici à pied d'œuvre, tentant de dévider le fil conducteur.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Crucifié.

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Sur le corps longiligne du  Christ, le pagne est animé d'un mouvement de plis tourbillonnant qui crée une sorte de vortex central, renforcé par le tracé dynamique des côtes thoraciques et des échelons du sternum, des lignes de la musculature étirée des bras, de la torsion des pieds et, bien-sûr, du dessin du visage.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le goût du sculpteur pour la "ligne claire" du graphisme, au détriment de la vraisemblance et de l'effet de réel, s'affirme dans son rendu de la moustache et de la barbe sous forme de lignes rayonnantes achevées par des petites boucles. 

Cela m'a évoqué, mais je ne suis pas docteur, l'art roman, dans ses sculptures mais aussi dans ses vitraux  où la grisaille est "enlevée" du bout du pinceau avec un sens maitrisé du contraste.

Et finalement, malgré les yeux de crapaud et le gros nez pataud, j'ai fini par ressentir la spiritualité qui se dégageait de ce visage ; ce qui devait être après tout le but de l'artiste.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Les anges tenant les calices.

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L'ange "hématophore" (mais oui, j'aime le charme désuet des vocabulaires spécialisés) placé à la droite du Christ tient deux calices, l'un recueillant le sang de la paume et l'autre celui du flanc droit. 

Son collègue n'a bien-sûr qu'un seul calice, sous la paume gauche. Du coup, il place la main droite sur la poitrine, comme tout servant d'autel ou acolyte lors de l'Eucharistie. Les anges portent la tenue de ces enfants de chœur, avec la tunique plissée et bouffant sous l'effet du cordon, et l'amict, ou col formant plusieurs plis circulaires. Et on pourrait presque dire que les cheveux bouclés sur le côté et le front dégagé par la raie médiane fait partie, du moins dans l'iconographie, de cette tenue d'enfants sages.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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La Vierge au calvaire.

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Elle est voilée et porte la guimpe, un manteau et une robe (serrée par une ceinture) qui descend jusqu'aux pieds. Ses mains sont croisées devant la poitrine.

Tout cela est très habituel. Mais ce qui l'est moins, c'est le corps longiligne, et les mouvements des pans du manteau en vagues de volutes s'imitant en miroir. 

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Saint Jean au calvaire.

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La tête semble refaite. Jean tient son livre (évangile), et sa main droite est posée sur la poitrine. Mêmes remarques que pour la Vierge.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Bon Larron.

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Il a presque la tête du Christ, sauf les égards qu'on doit au Sauveur. Mais les épaisses arcades sourcilières, les pommettes qui tombent en bajoues et n'ont plus rien d'une pomme, les plis naso-géniens profonds comme des ornières nous le rappellent : bon, certes, mais néanmoins larron.

Il porte la culotte à crevés et à rabat triangulaire faisant office de braguette, qu'on trouve chez nous sur les calvaires et les Crucifixions des maîtresse-vitres du XVIe siècle. Ses bras sont liés en arrière sur la traverse en T du gibet, mais ses deux pieds sont libres, comme le confirmera la vue de la face orientale. Les jambes ne sont pas brisées.

Encore un point par lequel on s'écarte de l'iconographie en vigueur : ses yeux sont baissés, et il ne regarde pas le Christ. Mais n'a-t-il pas un bon sourire ? 

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Mauvais Larron.

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Il détourne franchement la tête, et tire la langue comme un vilain. Ses bras sont liés, mais aussi sa jambe gauche, et un diablotin plus hideux encore que lui est à genoux et le tire par cette corde vers les Enfers. Une petite tête apparaît entre les cuisses de ce diable : l'une de ses victimes ? Nous allons voir qu'il s'agit, hélas, de son sexe lubrique.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Démon.

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Sous la console de ce méchant Larron, le Diable aux ailes de chiroptère fait tout pour nous effrayer et se croit sur un Train fantôme : il a les deux cornes vrillées, les deux oreilles pointues, le visage balafré et vultueux,  la langue protruse, il est nu comme un ver, mais un ver laid et velu, son sexe est céphalisé comme celui du diablotin précédent, et il porte sur les épaules les fourches  destinées à se saisir des Damnés. Tremblez, mortels !

E. Le Seac'h fait remarquer que "sur ses yeux ronds ont été rajoutés de petites prunelles, l'une en forme de losange et l'autre cylindrique".

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Christ aux liens et les anges hématophores.

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Le Christ aux liens : je choisis cette interprétation car rien ne saurait justifier qu'Adam, ou l'Humain, soit en pagne les bras dans le dos. Il résume métonymiquement la Passion. C'est donc en toute logique que les anges placent sur sa tête le calice de son Sacrifice.

 

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le registre inférieur : la Parousie.

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J'en rappelle la description : le Christ bras écartés montrant ses stigmates est assis sur l'arc-en-ciel, les pieds posés sur la sphère du Monde tandis que deux anges de profil le vénèrent, jambes à demi-fléchies.

Voir :

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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LA FACE ORIENTALE. 

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Au sommet, l'ange descendant en piqué sur terre a les mains écartées (et non jointes comme l'ange occidental).

 

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Saint Herbot.

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Saint Herbot est représenté en ermite à longue barbe soigneusement peignée, tenant le bâton ou bourdon, et désignant de deux doigts  un livre ouvert. Il porte la cuculle et un camail au dessus de la bure. Ce sont les caractéristiques des cinq autres statues du saint patron, sur les porches sud et ouest, sur la tribune du coté nef et du coté chœur, et sur le "gisant" du chœur.

Mais là encore, le corps exagérément long et les flots tumultueux des plis signent le style de l'artiste.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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La Déploration à quatre personnages.

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Alors que les calvaires bretons non monumentaux comportent souvent une Vierge de Pitié (deux personnages, la Vierge et le Christ) au centre du croisillon, les calvaires de  taille et de composition plus importantes incluant de nombreux personnages dans une disposition plus théâtrale proposent plutôt au spectateur une Déploration, à quatre personnages ou d'avantage. Déjà à Tronoën vers 1470 le sculpteur accompagne la Vierge de deux anges de tendresse à ses cotés. Cela se comprend parfaitement sur le plan spatial. Ce blog ne propose qu'une recension bien incomplète de ces Déplorations des grands calvaires et ne pose cette idée que comme hypothèse. À Guimiliau, le Maître a choisi de faire figurer une Mise au Tombeau à neuf personnages, comme les Prigent l'ont fait à Pleyben (1555) et à Plougonven (1554) puis le Maître de Plougastel sur son calvaire de 1602-1604. Les Déplorations se placent donc, par leur volume spatial et leur nombre de personnages, entre les Vierges de pitié des calvaires à croisillons, et les Mises au Tombeau des 7 calvaires monumentaux.

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Voir :
 

 

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Une fois de plus, le corps du Christ est tout en longueur, contrastant avec la faible hauteur donnée à la Vierge agenouillée.

Le Christ, au lieu de former une ligne brisée comme sur de nombreuses œuvres, s'aligne sur une horizontale qui n'est qu'atténuée par l'inclinaison de la tête et la flexion des genoux. Les bras sont allongés le long du corps. Nous retrouvons l'intérêt du sculpteur pour le graphisme dans les lignes parallèles de la barbe, le rendu de la musculature des bras et dans le "vortex" du pagne. La barbe convexe est identique à celle de saint Herbot.

La tête est soutenue (à peine) par saint Jean, le tronc et la main gauche par la Vierge, et les pieds s'appuient sur les genoux de Marie-Madeleine.

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La Vierge est agenouillée, ou semble plutôt assise sur ses talons tant son corps est ramassé. Les genoux enveloppés par le manteau prêtent à confusion, et E. Le Seac'h y a vu la forme d'un petit animal "peut-être un chien léchant la main de Jésus".

Son voile dessine des plis géométriques au dessus de son front, et la guimpe rayonne en plis tuyautés comme une fraise. Le sculpteur ne fait aucune concession à ses marques de fabrique et reprend pour elle les yeux en boule et le nez en poire de manière presque accentuée.

L'ensemble n'est pas en ronde-bosse, mais pour ses deux-tiers, en relief sur un fond rectangulaire.

Saint Jean, à gauche, essuie de son mouchoir ses larmes : voici l'évolution du thème des larmes bien visible des calvaires de l'atelier Prigent  un demi-siècle auparavant. Mais les trois boutons passant à travers des languettes est dans la tradition des ateliers landernéens, même si le sculpteur s'attache à accentuer les traits de tension de l'étoffe pour dynamiser son dessin.

Sainte Marie-Madeleine tient son flacon d'aromates dont elle couvre le couvercle ; c'est un pot à pharmacie creusé de godrons.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le registre inférieur : sainte Véronique et son voile. Les anges portant les instruments de la Passion.

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Alors que le calvaire de Guimiliau comporte une magnifique statue de Sainte Véronique, nous n'avons ici qu'un bas-relief assez pâle, même si ma photo ne lui rend pas service.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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L'ange présentant la couronne d'épines.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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 — CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère. Calvaire n° 1641.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plonevez_du_faou.html

"Plonévez-du-Faou n°1641. Saint-Herbot no 1, granite et kersantite,  7 mètres de haut. 1575. Trois degrés de plan octogonal. Socle carré d’arcatures en plein cintre: CESTE CROIX FVT FAICT EN L AN 1575 M. MATHIEV. CRAVEC PG (prêtre gouverneur) N H MNVIXXV (?). Fût à écots. Croisillon de plan complexe orné, anges, démons, Christ de l’Apocalypse avec les élus. Gibets des larrons, ange et démon aux pieds, statues: Vierge, Jean. Croix centrale fleuronnée, crucifix, anges au calice, ceux du pied posant leur coupe sur la tête de l’Adam régénéré, les autres, juchés sur des colonnes. Au sommet, anges adossés, les pointes de leurs ailes mordues par des masques. Au revers, Vierge de Pitié. Le programme iconographique établi sur la théologie de la Rédemption s’allie avec la liberté d’expression que s’accorde le sculpteur, jusqu’au seuil d’une dérision transfigurée en hiératisme." [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal),  DUCOURET, 1966, 1972 et 1986, Dossier IA00005154 Inventaire général, région Bretagne

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005154_01.pdf

 

— CASTEL (Yves-Pascal), NOVELO, 1967, Notice site POP.culture.gouv. et dossier IA00005155 de l'Inventaire.

Remarque : les notices mélangent les photos et les données sur le calvaire de Saint-Herbot avec celui du cimetière de Plonévez-du-Faou (atlas n°1682), daté de 1552.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00005155

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-saint-herbot-plonevez-du-faou/e902bb3d-7d28-468a-a8ec-0fbf9fbe8159

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005155_01.pdf

 

— CHAUSSEPIED (Charles),1914, Notice sur la chapelle de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou,  Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XLI pages 128-139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207714b/f191.image

— COUFFON (René), 1953,  L'église de Saint-Herbot. In: Bulletin Monumental, tome 111, n°1, année 1953. pp. 37-50

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_1_3732

"Croix-calvaire. — Sur la place de l'église se dresse l'une des plus intéressantes croix-calvaires du Finistère ; elle est datée de 1571. Un massif à trois gradins orné d'une plinthe bien moulurée sert de support au fût monolithe en granit figurant un tronc écoté. La base du fût est ornée de deux séries de niches superposées, sans doute destinées à recevoir les statues des apôtres, et son sommet porte une élégante  console formant nœud et décorée, sur sa face principale, du Christ-Juge en bas-relief et, au revers, du voile de la Véronique entouré d'angelots. De cette console émergent les trois croix du Sauveur et des deux larrons, ainsi que deux petites colonnettes intermédiaires servant de socles à la sainte Vierge et à saint Jean l'Évangéliste. Des angelots recueillent le sang du Sauveur et entourent la croix du bon larron, tandis que des démons veillent sur celle du mauvais. Au revers de la croix se trouve, suivant l'usage, la statue du saint patron, saint Herbot ; elle surmonte ici une Pieta encadrée de deux angelots."

 

 

— COUFFON (René), 1959, Notice de Plonévez-du-Faou, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

 

LECLERC ( Guy), 1973  "l'église de Saint-Herbot", L'écho de Saint-Louis Châteaulin. Bulletin de l'école secondaire privée Saint-Louis. Cité par Le Seac'h, non consulté.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, PUR éditions. pages 275-277et 367.

— MONUMENTS HISTORIQUES.

http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/herbot/herbot.html

— PEYRON (chanoine), 1910, Notice, Bull. SAF page 164-167

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1910_0216_0242.html

— PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

— RIOULT (Jean-Jacques), CASTEL (Yves-Pascal), BONNET (Philippe), DUCOURET, 2010, Chapelle Saint-Herbot (Plonévez-du-Faou),  Inventaire général, région Bretagne

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-plonevez-du-faou/7310520a-35ca-4784-91b8-578f98ea65d6

—   BONNET (Philippe), RIOULT (Jean-Jacques), 2010,  « Saint-Herbot. Chapelle Saint-Herbot », dans Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique », 2010, 485 p.

—  RIOULT (Jean-Jacques), 2009, « Plonévez-du-Faou, chapelle Saint-Herbot », Congrès archéologique de France « Finistère 2007 »,‎ 2009, p. 207. 

"À la même époque fut érigée, dans l'enclos d'un placitre sud de la chapelle, une étonnante croix formant calvaire qui porte la date de 1575. Au sommet du fût écoté, en granit, la scène du calvaire sculptée en kersantite rassemble sans lourdeur vingt statues sur une plate-forme monolithique évidée dans ses angles et qui semble soutenue par des anges tenant les emblèmes de la Passion. Au revers de la croix, la représentation de saint Herbot au dessus d'une Vierge de Pitié rappelle une disposition fréquente sur les anciennes croix de procession."

 

 

— WIKIPEDIA 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-Herbot_de_Saint-Herbot

https://en.wikipedia.org/wiki/Saint-Herbot_Parish_close

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Renaissance Kersanton
9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 15:19

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin.

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1. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

2 Sur les Mises au tombeau et les Déplorations du Finistère :

 

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L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère,  les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).

Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles  qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.

Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.

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Les Vierges de Pitié et les Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533 (3 larmes)

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

 

Vierges de pitié du Maître de Plougastel (1570-1621)

-Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven atlas n°914. Vierge décapitée.

-Loc-Eguiner Saint-Thégonner, calvaire du cimetière atlas n°1171

-Plougastel, calvaire du cimetière atlas n° 1910

-Plougastel, chapelle Sainte-Christine atlas n° 1919

-Primelin, Saint-Tugen, éléments du calvaire atlas n° 2571.

Vierges de pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663)

-Brennilis, calvaire

-Cast, calvaire de l'église.

-Châteaulin, Saint-Idunet

-Châteaulin, presbytère

-Dinéault, calvaire

-Irvillac, calvaire de Coatnan

-Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

-Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

-Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

-Plourin-les-Morlaix, vestiges calvaire

-Rosnoën, calvaire 1648,

-Saint-Servais, calvaire église,

-Seven-Léhart, calvaire ,

-Trézivédé, calvaire

 

Voir aussi

-Saint-Urbain, Calvaire de la chapelle de Trévarn

-Saint-Urbain, Calvaire de Quinquis

-Le Drennec, calvaire de l'église

-Locmélar,

-Telgruc, église

-Bourg-Blanc, devant l'église

etc.

 

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF.

 

 

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PRÉSENTATION.

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On ne trouve pas de description de cette Déploration à quatre personnages, et on ne trouvera les brèves mentions de cette belle œuvre de Roland Doré que sous la désignation de "pietà". L'une de ces mentions se trouve dans le "Catalogue raisonné de Roland Doré" par E. Le Seac'h dans son ouvrage de 2014.

Elle provient vraisemblablement d'un calvaire des environs, occupant comme ailleurs le pied de la croix, sur le socle.

So forme générale est un peu celle d'une maison, soit un carré (Jean et Madeleine autour du Christ traçant la diagonale) coiffé d'un triangle, dont la Vierge est le sommet.

Mais de profil, les trois personnages du lamento sont penchés vers l'avant, et notamment la Mère dont le visage voilé et portant la guimpe semble tendu par la supplication des  deux mains jointes.

Même si Jean semble baisser les yeux vers le Christ, tous les trois nous font face, et nous font participer à leur chagrin dont il nous font les témoins.

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La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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Le visage de Marie est parfaitement représentatif du style de Roland Doré, avec le contour des yeux en losange souligné de deux traits, les iris en drupe (comme deux cerises) et les pupilles creusées, avec le nez dont le dorsum fin, aux bords parallèles s'élargit tardivement pour former le lobule aux deux  ails narinaires en bulbes, et, entre le philtrum et un petit menton pointu, la bouche courte et concave.

Elle est, comme pour la plupart des Vierges de Pitié finistériennes, en position de chevalier servant, genou droit fléchit supportant le dos du Fils, et genou gauche posé à terre.

La position du Fils est également la plis habituelle, avec le bras droit tombant en verticale, et bras gauche horizontal le long du corps. Les marques des clous sont ainsi visibles.

Mais le corps est ici soutenu par les deux fidèles disciples, Jean soutenant la tête et le bras gauche, et Marie-Madeleine placée près des pieds, et présentant le vase d'aromates.

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La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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Les cheveux de Marie-Madeleine sont retenus par le fameux bandeau occipital, qui passe derrière la nuque, et dont je me plais à souligner la fréquence au XVIe siècle, mais aussi au XVIIe siècle dans la sculpture bretonne.

Le visage de la sainte possède cette rondeur des joues et ce demi-sourire des lèvres, aux commissures creusées en fossettes, qui sont l'une des caractéristiques du sculpteur. Cela lui confère une sérénité énigmatique.

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La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La Déploration (kersanton, Roland Doré, milieu XVIIe siècle)  de l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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La plaque de fondation de l'ancien prieuré, en 1589.

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Maps. Rue Fenigan, Place du Prieuré, juste devant l'entrée de l'église dans le mur du parking.

 

L'inscription de fondation de la maison prieurale occupe la partie postérieure d'un bloc grossièrement trapézoïdal à l'arrière d'un lion présentant un écu, aux armes martelées.

Cette disposition évoque une position à la jonction d'un mur et d'une toiture, car  le lion rappelle fortement les lions de crossette , à la crinière bouclée, à la gueule de bon toutou, et surtout à la queue passant entre les pattes postérieures, revenant sur le dos, avant de s'élever en boucle autour du fouet, semblable à une fleur. Guy Leclerc a retrouvé un relevé d'armoiries de 1680, nous informant que cette inscription occupait le pignon du prieuré : ma remarque la localise plus précisément sur ce pignon.

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Elle est taillée en réserve en lettres majuscules perlées dans une disposition complexe des cartouches dont le principal, de forme carrée, fait saillie, et où les chiffres de la date sont de hauteur double des lettres.

M : IO : LÃS

VLIENPRI          1589

E /VR : CHÃVLIN

 

On la lit ainsi, en résolvant les tildes :  " Messire Louis Lansulien prieur de Châteaulin en 1589". Ce prieur, qui a construit la maison prieurale qui s'élevait ici, sur la Place du Prieuré, avait été nommé abbé de Landevennec en dépit des règlements. Ce Louis Lansulien fait partie des quelques moines de Landévennec qui y résident encore en 1597, avec Jean Mathézou (autre prieur de Châteaulin), Olivier et Pierre Le Beuzit, Pierre Le Gouez et Guillaume du Louet.

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 La crossette avec inscription de fondation (kersanton, 1589) de l'ancien prieuré de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

La crossette avec inscription de fondation (kersanton, 1589) de l'ancien prieuré de Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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Visible depuis le parking : fragment de calvaire.

On ne le trouve pas dans l'Atlas des croix et calvaires :

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/chateaulin.html

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Fragmant de calvaire, place du Prieuré,  Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

Fragmant de calvaire, place du Prieuré, Châteaulin. Photographie lavieb-aile août 2021.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL, 1917,  Notice extraite du Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3d4ddc200b55b91a631b1dee087ef917.pdf

 

—CASTEL (Yves-Pascal), Les Pietà du Finistère - Patrimoine du Finistère

http://patrimoine.du-finistere.org › art2 › ypc_pieta

"Et puis, n'oublions pas, dans l'église Saint-Idunet de Châteaulin, la Pietà à quatre personnages de Roland Doré. "

 

— COUFFON (René), Alfred Le Bars, 1988,  Notice sur Châteaulin, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 551 p. 

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/CHATEAUL.pdf

CHATEAULIN Ancien prieuré de l'abbaye de Landévennec et paroisse de l'ancien diocèse de Cornouaille maintenue au Concordat. EGLISE SAINT-IDUNET L'édifice actuel, construit sur les plans de l'architecte Joseph Bigot en 1868-1869, comprend un clocher semi-encastré, une nef avec bas-côtés de cinq travées et un choeur polygonal avec déambulatoire.

  Statues en pierre : Pietà d'un ancien calvaire, style R. Doré ;

 

— LECLERC (Guy),  2009

 

La maison prieurale du prieuré de saint Idunet, devenue bien national en novembre 1789, fut achetée par monsieur Blondin, ancien fermier du prieuré. Cette maison se trouvait près de l’endroit où se voit, à l’angle nord-ouest du mur du parking Saint-Idunet, la sculpture d’un lion tenant un écusson avec en arrière une inscription indiquant la date de 1589 et le nom du prieur de l’époque : Louis Lansulien. Le prieuré qui relevait de l’abbaye bénédictine de Landévennec avait été établi à la fin du XIe siècle ou tout au début du XIIe siècle.

En 1824, la Commune acheta la maison prieurale à M. Bois qui l’avait acquise et elle y installa le clergé. Elle récupéra l’ancien presbytère de la Place du Marché.

https://www.chateaulin.fr/de/node/171

— LE GRAND (Albert) La Vie des Saints , Catalogue des Abbés de Landévennec

« Louys Lansulien neveu de Bernard deceda le 2 Mars 1602 Ces deux derniers n’avoient que les noms d’Abbez, d’autant qu’en effet René du Mescoüez, Seigneur de Kmoalec frère de Trillus du Mescoüez, Marquis de la Roche, jouissoit des fruits de l’Abbaye,  & eust continué sa possession injuste, si Jean Briand ne s’en fut fait pourvoir

— OUEST-FRANCE 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/chateaulin-29150/chateaulin-le-lion-qui-parle-des-saints-idunet-et-guenole-6226860
 

— Frère Grégoire Ollivier, frère Marc SIMON, Les abbés de Landévennec : Bul. SAF 1982 page 194 : LANSULIEN (Louis), abbé de Landévennec, XVI' siècle.

— Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Idunet_de_Ch%C3%A2teaulin

Près du retable est placée une belle pietà sculptée dans le granit.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Roland Doré Kersanton Vierge de Pitié
5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 21:29

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau.

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Voir sur l'art tumulaire hors Bretagne:

 

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Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

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PRÉSENTATION.

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Bien que je n'ai pas décrit, tant s'en faut, tous les monuments funéraires nobiliaires de Bretagne aux XVe-XVIIe siècle, la liste des liens donnée supra donne une idée de ceux que nous avons conservés. J'omets les tombes ducales, bien étudiées ailleurs.

Roland Doré a produit dans son atelier de taille du kersanton à Landerneau neuf gisants pour une clientèle de grands nobles comme les Barbier, Bois-Boissel, Bréhant, de la Noé, Bervet,  ou du Chastel. On ajoutera à ceux que j'ai décrits les gisants de Thébault de Tahouarn en l'église de Plérin, de Gilles de la Noë au château de Keranroux à Ploujean, et celui d'Auffray du Chastel, que voici.

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Après Emmanuelle Le Seac'h en 2014, Jean Guichoux en a donné en 2016 une description et une analyse complète pour Kaier ar Poher. Je me contente donc de donner ici mes images.

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Le gisant mesure (Le Seac'h) 1,73 m de long, 63 centimètres de large et 36 centimètres de hauteur. Le lion mesure 58 centimètres de long, 28 centimètres de large et 23 centimètres de haut. Le tombeau mesure 2,34 mètres de long, 1, 04 mètre de large et 93 centimètres de hauteur.

 

Le gisant d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau.

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Je propose d'examiner le gisant et le bâti sur lequel il repose face par face, avec les quatre écussons de kersanton désormais apposés sur ce bâti. En tournant dans le sens horaire.

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Le chevalier de Fréminville le décrit ainsi dans ses Antiquités du Finistère, tome 2 :

 

"C'est encore un modèle curieux du costume militaire du commencement du règne de Louis XIII , époque à laquelle il fut sculpté. François du Châtel (sic) , marquis de Mesle et seigneur de Châteaugal , est ici représenté armé de toutes pièces , à l 'exception de la tête , qui est découverte. Son armure est tout à fait analogue à celle de Sébastien Barbier, sieur de Kernaou, que nous avons décrite à la 1ère partie, page 104, sur la statue de ce seigneur, datant à peu près de la même époque. François (sic) du Châtel a , selon l'usage de son temps, les cheveux coupés assez courts sur le front , mais fort longs sur les deux côtés de la tête , où ils forment une multitude de grosses boucles réunies en touffes. II porte des moustaches relevées et une impériale sous la lèvre inférieure. II a une fraise plissée autour du cou , et son épée est suspendue par une bandoulière à son côté gauche. La garde en est recouverte par un grand écusson , où l'on remarque les armes pleines de l'illustre maison des du Châtel en Léonnais , dont était issu le marquis de Mesle."

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E. Le Seac'h :

"Le gisant d'Auffray du Chastel est identique aux autres réalisés par le sculpteur [Roland Doré] : allongé, mains jointes, et vêtu de la même armure au col à plis empesés, il porte à son bras gauche l'écusson des Du Chastel, "fascé d'or et de gueules de six pièces", qui cache la garde d'une longue épée dont la lame descend jusqu'aux solerets. Ses pieds reposent sur un lion. Une banderole en breton se déploie sur le dos de la bête et donne la devise des Du Chastel e, breton : MAR : CAR : DOE, "S'il plait à Dieu". 

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Armoiries  Du Chastel de Châteaugal. De gueules à trois châteaux d’or, deux et un.

 

Collier de l'Ordre de Saint-Michel. Couronne de marquis. Devise : DIEV :  POVRVOIRA.  Cette devise n'est attestée ou relevée nulle part sous sa forme française, mais celle des de Goësbriand est "Dieu y pourvoira". 

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Voir le Nobiliaire de Potier de Courcy :

 

Chateaugal (de) sr dudit lieu et du Granec, par. de Landeleau, év. de Cornouaille. De gueules à trois châteaux d'or.

Jeanne, abbesse de la Joie en 1370, † 1390.

La branche aînée fondue en 1312 dans les Kermellec qui adoptèrent les armes de Châteaugal, en retenant le nom de Kermellec, d’où la seigneurie de Châteaugal a passé par alliance en 1433 aux du Chastel-Mezle.

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Au pied du gisant, le lion portant sur une banderole la devise MAR : CAR : DOE,  "Sil plait à Dieu", forme bretonne équivalente de  DIEV POVRVOIRA.

Selon Kerbiriou, "Depuis 1438, la seigneurie de Châteaugal était passée par alliance à cette branche de Mezle, dont la devise était : Da vad e teui et Mar car Doue. "

Dans le culturezine d'Hervé Torchet la devise est celle de Tanneguy II du Chastel en 1449 : "Devise “ marc car doué ” ( s’il plait à Dieu ) sur son écu , “ da vad  è  tevy ” ( tu n’as qu’a venir) sur sa bannière, cri de guerre de sa maison, Tanneguy II du Chastel  1449". Mais avec une erreur de transcription sur "marc" au lieu de "mar".

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=480

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Note : j'ai eu, sur place, un doute sur le matériau dont sont sculptés les pieds et le lion du gisant. Si ceux-ci sont visibles sur la carte postale Vilard publiée par J. Guichoux, je me suis demandé s'il ne s'agissait pas d'une très habile reconstitution par P. Le Floch.

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Armoiries Du Chastel en alliance avec Ploeuc d'hermines à trois chevrons de gueules et Kermellec vairé d'argent et de gueules à la bordure engreslée d'azur.

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Mariage de Henri du Chastel, seigneur de Mezle et de Isabeau de Kermellec, dame de Châteaugal et fille de Jehan, vers 1420.

https://man8rove.com/fr/blason/smwz2d8-kermellec

Potier de Courcy, Nobiliaire :

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Potier_de_Courcy_-_Nobiliaire_et_armorial_de_Bretagne,_1890,_tome_2.djvu/116

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Armoiries avec Kermellec et Chastel de Châteaugal en alliance Languenoez fascé ondées d'or et d'azur de six pièces ; au chef de gueules.

Jehan de Kermellec, seigneur de Châteaugal, chambellan du duc, époux de Béatrice de Languenoez, dame de Châteaugal et demoiselle de la duchesse en 1426.

https://www.repertoire-breton.org/armorial-leborgne/page/167

https://www.tudchentil.org/spip.php?article687

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Blason placé en tête.

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Armoiries Du Chastel en alliance avec de Mezle (trois mains appaumées herminées).

 

Le mariage de Tanguy du Chastel et de Gabrielle de Mezle est daté vers 1350.

https://man8rove.com/fr/profile/ns97jede-henri-du-chastel

 

Les hermines des paumes sont bien présentes, mais j'aurai pu mieux en rendre compte par un éclairage rasant si j'avais été plus attentif. Voir sur ce détail :

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Pennon%20Quilbignon%20de%20Coatenes.pdf

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Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.+

Le gisant (kersanton, 1638, Roland Doré) d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.+

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SOURCES ET LIENS.

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— ARMMA

https://armma.saprat.fr/?s=chastel

— FRÉMINVILLE (Chevalier de), 1835, Antiquités du Finistère, Brest page 200.

http://grandterrier.net/wiki/images/3/34/Fr%C3%A9minvilleAntiquit%C3%A9sBretagneFinist%C3%A8reV2.pdf

— Catalogue du musée archéologique et du musée des anciens costumes bretons de la ville de Quimper, 1885 page 95.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6527276z/texteBrut

— GUICHOUX (Jean), mars 2016, "L'église de Landeleau et l'étonnante histoire de la tombe d'Auffray du Chastel"; Kaier ar Poher n°42 pages 47 à 58.

http://www.plouye-poher.fr/ressources/files/rub/pdf/66.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, La sculpture sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, pages 225-226.

— KERBIRIOU (L.), les seigneurs de Landeleau

http://www.infobretagne.com/landeleau-seigneurs.htm.

—WAQUET Henri), 1926, La statue tombale de'Auffray du 

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/r-1885-31-2-lio-fa9bb

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Published by jean-yves cordier - dans Roland Doré Sculpture Kersanton Héraldique Gisants
3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 12:55

Quelques sculptures de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. La Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe). L'autel (kersanton, 1512). Le retable (Yves Le Guern, recteur, 1682). Etc.

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Voir sur cette chapelle :

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Quelques sculptures de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec.

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La Vierge à l'Enfant (kersanton,  Roland Doré 1618-1663), niche  sud du clocher-porche de 1580.

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On peut la comparer à celles de l'église de Rosnoën, ou de Plougourvest, ou de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal, On constate alors que cette Vierge de Locmaria-Lann est plus petite, moins élancée, que son visage, tout comme celui du Fils, est plus rond, et que ces caractères lui confèrent un aspect simple voire naïf.

Elle est couronnée et la chevelure tombe librement sur les épaules. Elle est vêtue d'une robe, ajustée au dessus de la ceinture et plissée au dessous, et d'un manteau très ouvert.

L'Enfant est assis sur l'avant-bras gauche, bénissant de la main droite l'assistance tandis que la main gauche est posée sur la poitrine. Il porte une tunique longue et plissée

Les traits stylistiques de Roland Doré sont les sourires aux commissures creusées en fossette et au philtrum marqué , et les  yeux aux paupières soigneusement ourlées ; mais dont les pupilles ne sont ici pas creusées.

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Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, XVIIe s.) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Les dais en kersanton des contreforts du porche.

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Porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Ces dais de 1580 sont marqués par le style Renaissance qui a fait son apparition, très peu de temps auparavant, au château de Kerjean, mais qui a été introduit en Bretagne par la famille de Goulaine soit à Champeaux, soit à Notre-Dame-de-Kerfons à Ploubezre, soit au château de Maillé. Dans ce château Maurice de Carman et Jeanne de Goulaine y placent leurs armoiries vers 1570 dans un cartouche à cuir découpé caractéristique de ce style. On remarque les liens unissant Maurice de Carman avec la famille plaçan, à Plabennec, ses armoiries sur le calvaire de 1527 et dans la nef de la chapelle.

Ici, le cuir découpé à enroulement est orné d'un masque crachant des rinceaux, et il est entouré de deux anges sonnant de la trompe.

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Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Un autre dais est plus abîmé mais on y reconnaît deux anges autour d'un vase.

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Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Dais (kersanton) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ Sauveur, fronton intérieur du porche (kersanton polychrome, Roland Doré ??).

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Voir ses homologues, entre autre, à l'intérieur des porches des églises de Bodilis, Guimiliau, Hôpital-Camfrout, Plestin-les-Grèves, Plougourvest, Rosnoën, Le Tréhou, tous attribués à Roland Doré par E. Le Seac'h, et dominant les apôtres disposés latéralement (ou les niches prévues pour les accueillir). C'est  ce rapprochement qui me permet de proposer l'attribution à Roland Doré de cette statue.

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Christ sauveur (kersanton polychrome, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Christ sauveur (kersanton polychrome, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré ?, XVIIe s. ?) du porche de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le maître-autel (kersanton, 1512, signature Yves an Du).

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"Le maître-autel, en kersanton, mesure 3 mètres 50 de longueur. Il est gothique et décoré de [12] panneaux finement ouvragés. Au-dessus règne une belle frise de feuillages découpes et évidés. Dans les panneaux du centre on aperçoit deux angelots : l'un tient un écusson chargé d'un calice et une banderole portant, en caractères gothiques, l'inscription suivante : Yves an Du lan mil cincq centz xII. Le second porte une banderole qui offre aussi une dizaine de caractères gothiques très distincts."

Je rapproche, toutes proportions gardées,  cet autel de l'autel des anges du Folgoët réalisé vers 1445.

L'autel est taillé dans une seule pièce de kersantite de 3,10 m de long. La face principale est divisée en huit niches ogivales trilobées à crochets et fleuron. Seules les deux lancettes centrales sont habitées, par deux anges. 

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Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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L'ange de droite présente un  écusson meublé d'un calice et entouré d'un phylactère. Je pense y lire :

Y LE / GALL Y

Avec un doute sur les deux Y. Je préférerai  que le deuxième soit un P ..

Le patronyme Le Gall est attesté à Plabennec vers 1545. Le calice laisse supposer que le donataire, un certain Yves Le Gall, était un prêtre.

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Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le deuxième ange porte son phylactère entre les deux mains, mais la banderole en fait le tour.

Sur la partie verticale droite, je lit : LAN

Sur la partie diagonale, je lis, en écriture gothique textura dont les mots ne sont pas séparés :

MLCINCQCENTZXII

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Au total, j'obtiens : Y. LE GALL P / LAN M[I]L CINCQ CENTZ XII,

Soit "Yves Le Gall  prêtre l'an 1512".

Le calvaire de la chapelle date de 1527.

Je propose donc de reconsidérer la lecture initiale, reproduite par tous les auteurs depuis 1938.

 

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Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Maître-autel (kersanton, 1512) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le retable de l'autel (bois polychrome et doré, détail des inscriptions).

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Première inscription coté nord :

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:I:LE GUEN

R : DE : & :

 

Le sigle & tente de traduire le sigle intermédiaire entre un S, un P et une esperluette.

J'interprète l'inscription ainsi : "Y[ves] LE GUEN RECTEUR DE PLABENNEC".

Yves LE GUEN est attesté comme recteur de Plabennec en 1676 et 1680 (témoin de mariage) ou en 1675, 1676, 1677 et 1678 comme parrain

https://gw.geneanet.org/sjoliff?n=le+guen&oc=&p=yves

https://gw.geneanet.org/catdrev?n=le+guen&oc=1&p=yves

https://gw.geneanet.org/mguezennec?n=le+guen&oc=&p=yves

https://gw.geneanet.org/jestinfem47?n=le+guen&oc=&p=yves

https://gw.geneanet.org/gsk3?n=le+guen&oc=2&p=yves

Il figure aussi, avec la date de 1682, dans la Liste des recteurs de Plabennec avant la Révolution dressée par H. Pérennès (1938).

Voici la description et la lecture faite par H. Pérennès : 

"Le retable de l'autel, en bois sculpté, porte des têtes d anges et deux oiseaux. Quant au tabernacle, il es double : la partie inférieure offre un ostensoir, tandis que le tabernacle supérieur présente le Christ crucifié, avec la Vierge et Saint Jean, encadré de deux vertus supportant des guirlandes de fleurs. Plus loin figurent deux autres vertus dans les mêmes conditions. A gauche et à droite du tabernacle s'étale cette inscription : Y : LE GUEN R : DE L : L'AN 1682."

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Retable (bois doré et polychrome, 1682)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Retable (bois doré et polychrome, 1682) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription coté sud, lettres en réserve  sur un cartouche doré sur deux lignes séparées par une réglure :

LAN

1682.

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Retable (bois doré et polychrome, 1682)  de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Retable (bois doré et polychrome, 1682) de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries des arcs nord de la nef.

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A l’intérieur c’est une nef et deux bas-côtés à cinq travées au Nord, à quatre au Midi, toutes en gothique du XVIème siècle. Comme parquet, c’est le sol de terre battue ; des bancs apparaissent à la base des piliers.

A la clef de voûte de la première arcade à gauche on voit le blason des Carman-Lesquelen, mutilé, mais encore lisible.

La troisième arcade présente un écusson armorié portant une fasce de 3 quintefeuilles et surmontée d’un lambel.

La porte du bas de la nef est surmontée d’un écusson fascé de 6 pièces (du Chastel ?)." (H. Pérennès)

 

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Nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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L'écartelé Lesquelen-Carman.

 En 1 et 4, d'azur à la tour d'argent portée par une roue de même (famille de Lesquelen). En 2 et 3 d'or au lion d'azur  (famille de Carman.

 

"Ce sont les Kerman-Lesquelen qui y avaient fait placer la verrière du chevet. On y voyait un groupe de N.-D. de Pitié, entouré des effigies de Tanguy de Kerman et de Louise de la Forest. Celle-ci est présentée par l'apôtre Saint Jean qui tient une coupe, son mari par Saint Goulven, en évêque. Au-dessous on lit : Sancte Golvine ora pro nobis. Au quatrième panneau figurent Saint Pierre avec sa clef, Saint Paul avec son épée, et le roi Saint-Louis rendant la justice assis, en grand manteau d’hermines semé de fleurs de lys d'or, et en chaperon rouge... Au-dessous : 1508 — S Louys. Les armes des Rohan, avec le collier de l'Ordre et la devise A plus brillent au sommet de la fenêtre, et onze écus de Kerman et alliances — entre autres Pestivien (?) Coëtmen et du Perrier — occupent les jours du remplage. Dans le quadrilobe d’une petite fenêtre latérale apparaît le lion de Léon (L. Le Guennec, Prééminences de la famille De Maillé-Kerman..., p. 22)." (H. Pérennès)

"Voir la discussion ici :

https://www.lavieb-aile.com/2020/05/le-calvaire-de-locmaria-lann-a-plabennec.html

et ici par Michel Mauguin :

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/sonj/Lezhisto.htm

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L'origine de la tour posée sur une roue est racontée ici :

"Écartelé aux cases 1 et 4 de couleur Azur (bleu) à la tour sommée de trois tourillons d’Argent, le tout porté sur une demi-roue, de même aux cases 2 et 3 de couleurs d’Or, un lion Azur. Un chef de cinq hermines, noires sur fond blanc. Au-dessus du chef, la couronne Or, support de sinople (vert) feuilles d’acanthe romane formant l’encadrement de l’écu.
Ce blason, qui est désormais celui de Plabennec, est l’illustration d’un fait d’armes qui se passa au cours de la vie de saint Thénénan ou Tinodorus vers l’an 630. Les Danois qui avaient débarqué dans le Léon, mettaient le pays à feu et à sang. L’alarme fut donnée à Ploubennec. Les barbares détruisirent l’église dont on voit encore une partie des ruines. Saint Thénénan et certains habitants gardaient les trésors du pays dans la tour de la « motte féo­dale » quand les barbares les attaquèrent. N’ayant pas eu le temps de fermer la porte, le saint boucha d’une demi-roue de charrette qu’il trouva près de lui. Ils allaient succomber lorsqu’ils furent sauvés par une armée alertée et apparut au sommet de la tour un beau cavalier armé de blanc et monté sur un coursier blanc également. Les Danois battirent aussitôt en retraite pour embarquer vers l'’Élorn. Pour glorifier ce fait d’arme, le seigneur de Kermorvan mit en son blason le lion du Léon, la tour et la demi-roue de charrette."

https://www.ville-plabennec.fr/decouvrir/histoire-et-patrimoine/

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Nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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L'écusson armorié portant une fasce de 3 quintefeuilles et surmontée d’un lambel.

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Nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Anne éducatrice (la statue de la Vierge est perdue) ou Anne trinitaire (les statues de Marie et de son Fils sont absentes). Pierre polychrome, XVIe siècle.

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Sainte Anne trinitaire ou éducatrice, nef   de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne trinitaire ou éducatrice, nef de la chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ.

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Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

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Vierge au calvaire, mains jointes. Kersanton, XVIe s.

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Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

Chapelle de Locmaria-Lann. Photographie lavieb-aile.

 

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SOURCES ET LIENS.

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COUFFON (René), 1988, Nouveau répertoire ...

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/929d131ccf0e85c0f4d63b4794d6d5e9.pdf

Mobilier :

Maître-autel en kersanton, de 3,5 m. de longueur (C.). Le devant est orné de panneaux finement sculptés et d'une frise de feuillages découpés et évidés. Un ange tient une banderole portant l'inscription en caractères gothiques : "YVES. AN. DU. LAN. MIL. CINCQ. CENTS. XII."

Retable en bois sculpté avec deux tabernacles superposés ; inscription : "Y. LE GVEN. R. DE. LAN. 1682."

Statues anciennes : Crucifix, Vierge Mère dite Notre Dame de Locmaria, XVIIè siècle, saint Joseph, sainte Anne seule, et celles en bois autrefois dans le porche.

Deux bénitiers en pierre ; l'un d'eux porte l'inscription : ".P G. 1604" - Bénitier portatif de bronze : "NOSTRE DAME DE LANDE DE LOCMARIA."

DANIEL (Tanguy), Chapelle de Locmaria-Lann

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/plabennec-chapelle-de-locmaria-lann/

— PÉRENNÈS, (Henri), 1938  "Notices sur les paroisses : Plabennec" in Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Vol. 37,  (1938), p.167-179, 193-213.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Roland Doré Chapelles bretonnes. Héraldique
2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 10:38

La Vierge à l'Enfant (kersanton, XVIe siècle ?) au dessus du porche sud de l'église de Crozon.

 

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Cette statue occupe la niche à dais dominant le porche sud de l'église Saint-Pierre de Crozon. Elle s'écarte des Vierges de Roland Doré (chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec ou chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal, par exemple) et sous la couronne fleuronnée, le visage est plus rustre et peu amène. L'Enfant est tenu sur le bras droit. La main gauche retient vers la taille le pan du manteau, dont les plis épais tombent en éventail.

Le hiératisme des personnages peut évoquer le style du Maître de Plougastel (1570-1621), et à la chapelle Saint-Adrien de Plougastel, la Vierge à l'Enfant qui lui est attribuée par E. Le Seac'h porte également son Fils sur le bras droit.

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Église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, XVIe-XVIIe siècle) de l'église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, XVIe-XVIIe siècle) de l'église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, XVIe-XVIIe siècle) de l'église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, XVIe-XVIIe siècle) de l'église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, XVIe-XVIIe siècle) de l'église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant (kersanton, XVIe-XVIIe siècle) de l'église Saint-Pierre de Crozon. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-pierre/d77c6ef9-5f66-423d-8a14-cfeef76de856

— COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/93e1da38d77f57929b3e10b8b4f07a76.pdf

"Le porche latéral sud datant du début du XVIè siècle a été remployé : l'arcade est en tiers-point sous une accolade à fleuron et crochets. Dans une niche à dais du tympan, Vierge Mère en kersanton."

—LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne. Les atelires  du XVe au XVIIe siècle, PUR éditions, page 193.

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Published by jean-yves cordier - dans Kersanton Sculpture Maître de Plougastel
29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 21:22

Le calvaire (kersanton,1893), et les fragments de calvaire (kersanton, 1648, Roland Doré) intégrés au Monument aux morts,  de l'église de Rosnoën.

 

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Voir sur Rosnoën :

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2. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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PRÉSENTATION.

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L'église de Rosnoën porte à l'extérieur deux inscriptions lapidaires de fondation en caractères gothiques portant les dates de 1562 et de 1604 et le nom des fabriciens.

À l'intérieur, deux autres plaques plus tardives sont en caractères romains en lettres capitales. L'une porte le nom du recteur de Rosnoën  Jean Boulart et la date de 1674, l'autre porte le nom d'un autre recteur plus tardif, François Luguern, décédé en 1732. Ceci a déjà été présenté ici.

Église de Rosnoën et ses inscriptions lapidaires : tilde, N rétrograde, et esperluettes!

La sacristie porte la date de 1722.

Le calvaire visible actuellement a été construit en 1648 et porte le nom du recteur Maturin La Baron .

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Description.

 

Ce calvaire porte sur sa base les noms des commanditaires, prêtres et fabriciens, et la date de 1648. Il figure à son emplacement d'origine sur un plan de 1878. Ce calvaire a été remonté à une cinquantaine de mètres à l'ouest de son emplacement d'origine. Lors du déplacement et de la restauration intervenus en 1895, on remplace des statues géminées exécutées en 1648 par le sculpteur Roland Doré par des copies ; les originaux ont été remployés dans le monument aux Morts de la commune. La statue de la Vierge à l'Enfant, également l'œuvre de Doré, est placée dans une niche de l'élévation ouest de l'église.

Je ne parviens à connaître ni la raison de ce remplacement des statues, ni l'auteur des copies, de facture tout à fait honorable.

Le nouveau calvaire perd d'une part son orientation correcte (le crucifix fait désormais face à l'est, au lieu d'être symboliquement tourné vers le couchant), mais aussi sa cohérence, puis ce Christ en croix n'est plus encadré au pied de la croix par Marie et par Jean (ils sont remplacés par saint Pierre et saint Paul). 

Les inscriptions du socle, fort précieuses sur le plan historique, et la base des statues de Roland Doré, sont partiellement dissimulées aujourd'hui par des potées de géranium.

 

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La quittance du 25 août 1649 de Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne, pour Ollivier Camus, fabrique, pour le calvaire de l'église de Rosnoën est conservée aux Archives départementales du Finistère (234G2, comptes de fabriques de Rosnoën, f°140 r°).

"Je soubsigné Rolland Dorée, sculpteur du Roy en Bretaigne cognois avoir receu de Ollivier Camus fabrique esté en l église parochiale de Rosnohen la somme soixante cinq livres moins (?) deux souls en parpayement de quatre cents cinquante [livres] ? dix livres à moy deubs pour la construction d'une novelle croix par moy faitte à l'yssue du bourg parochial dudist Rosnohen ; dont quitte tant le dist Camus que les précédants fabriq(ue) : les deniers desquels j'avois receu avant l'année dudist Camus en fabriq(ue) et dist ledist Camus comme je cognois avoir touché par ses mains la somme de cent soixante livres t(ournoi)s qi il debvoit par accord et acte raporté par noble Charles Robin notaire que ladiste somme soit à décompter et déclarer a (illisible) pour debvoir par le compte cydevant à Guill(aume) Bihan et Charles Crenen à p(rese)nt fabriques à la diste église le diste Bihan présent en tesmoign de quoy soubs mon segin (seing) le quitte généralement et enthierement [jusqu'] à ce jour ; faist le vingt et cinquiesme jour d'aoust  mil six cents quarante et neuff le dist Bihan ne sachant signer a priè m(ess)ire Guill(aume) Camus de signer à sa requête."

L'acte est signé R le doré d'une écriture cursive nette et soignée.

Voir ici l'article de Y.-P. Castel page 18.

 

Nous apprenons que ce calvaire de 1648 en remplace un autre, et qu'il est placé à la sortie du bourg. La somme de  460 livres est à comparer à celle de 198 livres déboursée par les commanditaires à Roland Doré pour la tombe de Jacques Barbier dans un acte du 23 février 1638.

Le nom du fabrique pour 1648, Olivier Camus, se retrouve inscrit sur le socle, comme celui de messire  Guillaume Camus, curé de Rosnoën. Ses successeurs pour 1649 sont Guillaume Bihan et Charles Crenen. Mais il faut lire "Charles CREVEN", un nom propre bien attesté à Rosnoën. Charles Creven et Françoise Mallegol se sont mariés en 1630,  et ont eu notamment un fils Jean Creven, prêtre, cité sur la plaque d'inscription de l'intérieur de l'église.

 

 

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I. LE CALVAIRE DE 1648/1895.

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Il est placé devant la mairie et il atteint 6 mètres de haut .

L'emmarchement et le soubassement sont en microdiorite quartzique ("pierre de Logonna"). Quatre degrés à moulurations portent un soubassement à niches vides.

Le socle cubique en kersantite porte des inscriptions sur trois de ses faces, elles seront étudiées infra. Le fût à pans y est érigé. Le calvaire est en kersantite.

Le croisillon porte des statues géminées. On identifie sur la face ouest : un saint évêque, une Vierge à l'Enfant au centre, et encore un saint évêque. Et sur la face est  saint Pierre, puis au centre l'inscription RESTAUREE 1893, puis saint Paul tenant l'épée. Plus haut,   le Christ en croix. 

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Au centre : le Crucifié.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Sur le croisillon à notre gauche : saint Pierre.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Sur le croisillon à notre droite : saint Paul tenant l'épée de sa décollation.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OUEST.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Au centre : la Vierge à l'Enfant.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le saint évêque de gauche.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le saint évêque à notre droite.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le socle et ses inscriptions.

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Base du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Base du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du coté est :

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MIRE : MATVRIN : /LE : BARON : RECTEVR 

Soit "messire Maturin Le Baron, recteur".

Cette  inscription est en réserve (en relief), les autres sont en creux.

Les auteurs y ont lu la date de 1648 que je n'ai pas trouvée.

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-Ce recteur est attesté en 1647 ("recteur de Rosnohen") comme parrain de Louise de Kersulguen, fille de François, et de Louise Menez. :

https://de.geneanet.org/archives/releves/publi/publication/jlm/r14kersulguen.html

-La même année, il fait inscrire son nom sur le clocher de Saint-Sauveur du Faou, alors en construction :

"VENERABLE : PERSONNE : MISSIRE : MATTVRIN : LE : BARON : RECTEVR. FINIS CORONAVIT OPVS/ . NOBLE JACQVE DEN GV  /1647".

Les inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).

-Les archives mentionnent le 11 juillet 1649 la fondation par ses parents  : "Maître Jacques Le Baron et Yvonne Le Dérédec, sa femme, fondent 3 livres 4 sols, pour jouir de la tombe où fut enterré Missire Mathurin Le Baron, leur fils, recteur de Rosnoën. " Les généalogistes signalent le couple Jacques Le Baron (v. 1595-1650) x Jeanne le Dérédec (Rosnoën 1595 -) et leurs sept enfants.

https://gw.geneanet.org/bernardc?n=baron&oc=&p=jacques

Armoiries : https://gw.geneanet.org/skrebs1?n=le+baron&oc=&p=jacques

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Le calvaire de l'église de Rosnoën.

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L'inscription du coté sud. 

 

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MIRE : GVILLE : CAMVS/CVRE : O : CAMVS : FABRIQ .

soir Messire Guillaume Camus curé [et] Olivier Camus fabrique".

Un Guillaume Le Camus a été parrain en 1657 de Corentin Hamon, et en 1664 de François Hamon.

Messire Guillaume Camus signe à la place du fabricien Le Bihan la quittance d'août 1649.

Olivier Camus est le fabricien qui a traité avec Roland Doré le règlement du calvaire, en 1648.

https://gw.geneanet.org/aconestabile?lang=en&pz=francoise+marie+corentine&nz=feunteun&p=corentin&n=hamon

Photo Glemoigne 2009 in Atlas

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Socle (kersanton,  1648) du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Socle (kersanton, 1648) du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du coté ouest.

 

 MIRE : N : MORVAN : P/E : CVRE 

soit "Messire N. Morvan prêtre, curé."

Un Nicollas Morvan, prêtre,  est cité  dans un acte de Rosnoën du 9 mars 1680

https://www.geneanet.org/archives/registres/view/24570/269

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Socle (kersanton,  1648) du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Socle (kersanton, 1648) du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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II. LES STATUES DE ROLAND DORÉ (FRAGMENTS DU CALVAIRE de 1648) REMONTÉS AUTOUR DU MONUMENT AUX MORTS.

 

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La Vierge au calvaire.

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Chacune de ces statues illustre de façon exemplaire l'expressivité du sculpteur landernéen.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean au pied du calvaire (géminé avec Barthélémy).

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La statue de saint Jean d'un calvaire de Roland Doré est toujours l'une des plus remarquables ; mais hélas celle-ci a été abîmée au niveau de l'œil et de la tempe gauche. Nous retrouvons la chevelure bouclée triangulaire en perruque, l'ovale longiligne du visage, les narines larges,  la bouche aux commissures évasées, les deux mains croisées sur la poitrine, le pan du manteau unique qui retombe sous l'avant-bras gauche, déjà détaillés à Croaz-Moudennou

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Saint Barthélémy (au dos de Jean).

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Cet apôtre se reconnaît par le couteau qu'il tient contre lui : ce fut l'instrument de son supplice puisqu'il fut dépecé.

Sa présence est rare sur un calvaire.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Un saint évêque (au dos de la Vierge).

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C'est cet évêque qui a servi de modèle aux deux évêques du calvaire de 1895, mais ici il porte une croix, et non une crosse.

Sa mitre évasée évoque le bonnet carré des docteurs et recteurs, et cela se retrouve souvent chez Roland Doré ; on le retrouvera chez saint Audoën infra.

Le visage est en ovale allongé.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de Pitié.

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Liste des Vierges de Pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663) :

Brennilis, calvaire (1625). Déploration.

Cast, calvaire de l'église  1660

Châteaulin, Saint-Idunet

Châteaulin, presbytère

Dinéault, calvaire

Irvillac, calvaire de Coatnan

Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

Plourin-les-Morlaix, vestiges du calvaire

Rosnoën, calvaire 1648

Saint-Servais, calvaire église,

Seven-Léhart, calvaire ,

Trézivédé, calvaire

Elle se distingue des nombreuses Vierge de Pitié (pietà) du Finistère, car le corps du Christ est orienté tête à la gauche de la Vierge. L'inclinaison de la tête et du haut du buste de la Mère vers la gauche rompt avec l'habituelle composition parfaitement triangulaire des Prigent et rend la Vierge plus présente.

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Le dos du groupe est creusé, ce qui montre bien comment il se moulait sur le fût du calvaire.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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Saint Audoën, patron de la paroisse.

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Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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LA VIERGE À L'ENFANT DE ROLAND DORÉ DU CALVAIRE DE  1648  REMONTÉE AU PORCHE OUEST.

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Le visage à l'ovale allongé, les yeux aux pupilles creusées, le nez en  tour Effel (triangulaire à base élargie), la bouche aux commissures creusées montrent que nous avons affaire à une œuvre de Roland Doré. 

Cette Vierge à l'Enfant très élancée ressemble à celle du porche sud de l'église de Plougourvest, mais cette dernière ne présente pas, comme ici, un fruit à son fils.

Au contraire, celle de la chapelle de Saint-Sébastien en Saint-Ségal présente un fruit, probablement une poire.

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Vierge à l'Enfant  (kersanton, Roland Doré, v. 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, v. 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant  (kersanton, Roland Doré, v. 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, v. 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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LE CHRIST SAUVEUR (KERSANTON,  ROLAND DORÉ, v. 1648) DU PORCHE SUD.

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Inscription IESVS.

Le Christ, jambe gauche légèrement avancée,  bénit de la main droite le monde qu'il tient dans la main gauche.

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Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

 

 https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a155cffa8f166b91ad6007528b055ff5.pdf

— DOUARD Christel, TOSCER (Catherine), 1995

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-audoen-rosnoen/ad95845c-9dcc-4f09-a114-f7c26d750b02

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-bourg-rosnoen/4acc96c3-3ed9-48bb-b0f7-7709565619b7

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. PUR éditions.

 

— Infobretagne

http://www.infobretagne.com/rosnoen.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Sculpture Roland Doré Vierge de Pitié
23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 17:09

Le calvaire (kersanton, 1681) de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau et sa Vierge de Pitié ( kersanton, vers 1550, atelier Prigent).

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Sur Landerneau, voir notamment :

 

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PRÉSENTATION.

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Ce calvaire est digne d'intérêt, notamment en raison de sa Vierge de Pitié qu'Emmanuelle Le Seac'h a attribuée à l'atelier Prigent dans son Catalogue raisonné de 2014. Mais je suis passé très souvent par cette rue (tronçon de la D712 par laquelle, longeant l'Élorn,  on va ou on revient de La Roche-Maurice et Landivisiau) sans le remarquer. Il se situe entre le n°78 et le n°80 de la rue, à la sortie de Landerneau, avant le premier pont de chemin de fer, en amont de l'École Marie-Curie, dans un petit enclos fleuri d'hortensias.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.243264&y=48.455026&z=20&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

Il est difficile pour moi de savoir s'il a été déplacé d'un autre emplacement, car il ne figure pas sur les cartes comme celle d'Etat-Major et de Cassini. En tout cas, cette route n'était pas employée par les voyageurs, sous l'Ancien Régime et jusqu'au premier quart du XIXe siècle, car la route vers Landivisiau (Grande route de Morlaix) passait alors au sud de l'Élorn (Cadastre 1827).

Sur le cadastre 1827, la parcelle 229 porte la mention "Signal Vierge", et sur le carrefour, le symbole d'une croix. Est-ce un indice ? 

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https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/P/03P/3P104/FRAD029_3P104_01_04.jpg

Mais tout laisse à penser qu'il  fut déplacé. À commencer par le fait qu'il n'est pas orienté (face principale portant le Crucifix tournée vers l'occident), sauf par l'alignement urbain. Puis, par le fait qu'il est composite, une Pietà du XVIe siècle posée au pied d'un calvaire du XVIIe. Enfin,  cet encadrement par des palmiers évoque la décision d'un décideur de l'embellissement urbain du début du XXe siècle.

Cette situation me contrarie, car la Vierge de Pitié qui m'intéresse est tournée vers le nord-ouest, sous le Crucifix, et elle est restée dans l'ombre du contre-jour lors de mes différentes visites. Aurai-je dû me présenter au couchant d'une belle journée d'été ?

De même, le saint Pierre de la face tournée vers le sud-est reste à l'ombre partielle de son palmier ...

Néanmoins, j'ai obtenu la réponse à ma question principale. Cette Vierge de Pitié de l'atelier Prigent présente-t-elle les trois larmes si caractéristiques de celui-ci ? La réponse est oui, sans atermoiement. Et les photos, insatisfaisantes sur le plan artistique, montre clairement les autres détails stylistiques.

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I. LA VIERGE DE PITIÉ (kersanton, vers 1527-1570, atelier Prigent de Landerneau).

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Introduction.

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L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère,  les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).

Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles  qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.

Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.

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Les Vierges de Pitié et aux Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533 (3 larmes)

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

 

et à discuter :

-Bourg-Blanc, Saint-Urfold (3 larmes, selon Castel)

Vierges de pitié du Maître de Plougastel (1570-1621)

-Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven atlas n°914. Vierge décapitée.

-Loc-Eguiner Saint-Thégonner, calvaire du cimetière atlas n°1171

-Plougastel, calvaire du cimetière atlas n° 1910

-Plougastel, chapelle Sainte-Christine atlas n° 1919

-Primelin, Saint-Tugen, éléments du calvaire atlas n° 2571.

Vierges de pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663)

-Brennilis, calvaire

-Cast, calvaire de l'église.

-Châteaulin, Saint-Idunet

-Châteaulin, presbytère

-Dinéault, calvaire

-Irvillac, calvaire de Coatnan

-Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

-Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

-Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

-Plourin-les-Morlaix, vestiges calvaire

-Rosnoën, calvaire 1648, 

-Saint-Servais, calvaire église,

-Seven-Léhart, calvaire ,

-Trézivédé, calvaire

 

Voir aussi

-Saint-Urbain, Calvaire de la chapelle de Trévarn

-Saint-Urbain, Calvaire de Quinquis

-Le Drennec, calvaire de l'église

-Locmélar,

-Telgruc, église

-Bourg-Blanc, devant l'église

 

-etc.

 

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF.

J'en ai présenté un certain nombre dans ce blog.

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Description.

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Selon le schéma adopté par les Prigent, la Vierge est en chevalier servant, le genou droit fléchi soutenant le dos du Fils, et le genou gauche posé à terre. Sa main droite soutient le dos, et sa main gauche soulève celle de son fils. Sa tête est recouverte par le grand manteau qui l'enveloppe en formant une pyramide.

Cette forme triangulaire est barrée par le corps du Christ, lequel est comme disloqué en ligne brisée à cinq segments. Les bras le brisent plus encore puisque le bras droit tombe verticalement, le coude fléchi et la main demi-fermée paume vers le haut, alors que le gauche est horizontal, droit jusqu'à la main paume vers le haut.

Il y a donc un contraste entre la pyramide "monolithique" maternel, exprimant l'effondrement par le deuil, et la dislocation du Christ défunt, témoin de sa crucifixion.

Le regard se porte naturellement vers le visage de la Mère, encadré par le voile empesé et aux plis cassés et par la guimpe. Ce visage est sévère mais peu expressif, comme figé par le chagrin, et c'est toute la valeur des trois larmes aux longs filets sous chaque paupière d'exprimer, en épanchement venant du cœur et impossible à retenir, la douleur d'une mère recevant le corps de son enfant.

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Le corps du Fils s'abandonne au gré des appuis qu'il reçoit, sa nudité bien charpentée n'étant couverte que par un pagne, dont un pan ressort du coté droit. Les plaies sont peu visibles, sauf sur le pied . Les jambes restent parallèles et les pieds ne sont pas croisés.

Du  visage au nez fort et aux yeux clos, nous remarquons surtout la moustache qui nait des coins des narines et trace un V inversé en deux virgules bouclées. La bouche est entrouverte sur une rangée de dents. La barbe aligne des mèches peignées, à peine bouclées. Les cheveux longs forment un triangle avec deux longues mèches peignées se dirigeant vers les épaules.

La statue montre plusieurs fissures, correspondant ou non à des lignes de faille sur le bloc de kersantite.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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Autour du Crucifix, la statue de la Vierge et de Jean.

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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II. SAINTE MARIE-MADELEINE ET SAINT PIERRE (kersanton, 1681).

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Je n'ai pu lire la date de 1681 signalée par Y.-P. Castel. Mais elle indique une réalisation plus tardive que les productions des grands ateliers de sculpture du kersanton, venu de ses sites d'extraction en Rade de Brest et achelminés à Landerneau, puisque l'atelier de Roland Doré s'achève en 1663. Parmi les "Petits Maîtres" dénombrés par E. Le Seac'h, seul Jean Le Bescont (vers 1664-1682) serait à envisager. 

On remarque dans ces statues de belle facture un élément stylistique particulier, les yeux en drupes saillantes, mais dont les pupilles ne sont pas creusées, comme le faisait Roland Doré.

Marie-Madeleine s'identifie par ses cheveux longs et défaits et son flacon d'aromates, et Pierre par ses pieds nus, sa barbe et sa clef, tandis que son fameux toupet frontal est omis.

 

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Landerneau, n° 998.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/landerneau.html

998. Landerneau, rue de La Tour-d’Auvergne, Croix-de-la-Vierge, g. k. 1. 6 m. XVIè s. 1681. Petit enclos fleuri. Base à larges pans. Socle cubique, griffes, Vierge de Pitié. Fût, croisillon, date 1681, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre, fleurons-boules godronnés, crucifix. [YPC 1980]

 

— CASTEL (Yves-Pascal), Les pietà du Finistère,

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Calvaires Prigent Vierges de Pitié.
14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 15:02

La Vierge de Pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer.

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Voir sur l'église Saint-Rémy de Camaret :

Voir aussi sur Camaret :

Voir sur Camaret-sur-mer, coté mer :

 

 

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PRÉSENTATION.

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L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère,  les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).

Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles  qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.

Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.

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Les Vierges de Pitié et les Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

 

Vierges de pitié du Maître de Plougastel (1570-1621)

-Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven atlas n°914. Vierge décapitée.

-Loc-Eguiner Saint-Thégonner, calvaire du cimetière atlas n°1171

-Plougastel, calvaire du cimetière atlas n° 1910

-Plougastel, chapelle Sainte-Christine atlas n° 1919

-Primelin, Saint-Tugen, éléments du calvaire atlas n° 2571.

Vierges de pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663)

-Brennilis, calvaire

-Cast, calvaire de l'église.

-Châteaulin, Saint-Idunet

-Châteaulin, presbytère

-Dinéault, calvaire

-Irvillac, calvaire de Coatnan

-Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

-Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

-Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

-Plourin-les-Morlaix, vestiges calvaire

-Rosnoën, calvaire 1648,

-Saint-Servais, calvaire église,

-Seven-Léhart, calvaire ,

-Trézivédé, calvaire

 

Voir aussi

-Saint-Urbain, Calvaire de la chapelle de Trévarn

-Saint-Urbain, Calvaire de Quinquis

-Le Drennec, calvaire de l'église

-Locmélar,

-Telgruc, église

-Bourg-Blanc, devant l'église

etc.

 

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF.

J'en ai présenté un certain nombre dans ce blog.

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Pourtant, parmi toutes ces sculptures de kersanton, très rares sont celles qui ont gardé leur polychromie. C'est dire tout l'intérêt de la Vierge de pitié de l'église de Camaret. 

Cette église datant de 1930, il est probable que les statues qui y sont regroupées proviennent soit de l'ancienne église (elle-même datant du XVIIIe en reconstruction d'un édifice antérieure), soit, pour le cas de notre pietà, d'un calvaire, comme par exemple celui de 1538  qui jouxte l'église et qui a perdu ses personnages. En 1908, Abgrall ne donne qu'une description très succincte de l'église et ne mentionne pas cette Vierge. En 1980, Couffon la signale dans sa Notice en la datant du XVIe siècle.

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La composition est celle adoptée par les ateliers landernéens, où le triangle maternel est barré par la diagonale du corps du Fils, elle-même en ligne brisée où les deux bras, l'un vertical et l'autre horizontal, participe à une croix schématique.

Elle pourrait évoquer celle de l'atelier Prigent, et, alors, nous sommes amenés à y rechercher les trois larmes que Bastien et Henry Prigent sculpte volontiers sous les paupières de Marie. Cette recherche est ici restée vaine, même si les couches de peinture peuvent dissimuler ce que la pierre nue dévoile mieux. Deux reliefs en forme de goutte sont en effet visibles.

Les couleurs choisies sont celles qui sont attendues : bleu à galon d'or pour le manteau, blanc pour la robe, rouge pour le pagne.

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Transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.

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SOURCES ET LIENS.
 

ABGRALL, Jean-Marie, PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1908, vol. 2, p. 3-15.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2020/12/camaret.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), Les pietà du Finistère,

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

 

COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988, p. 46-47.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/CAMARET.pdf

 

LOZAC'HMEUR Pierre. Camaret, son histoire, ses monuments religieux. Brest : ICA (paroisse et recteur de Camaret), 1989.

 

—LE DEUNF Les pietà de Basse-Bretagne

—Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Piet%C3%A0_de_Plougras

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Published by jean-yves cordier - dans Kersanton Sculpture Camaret Vierges de Pitié

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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