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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 18:01

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec.

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Voir, du même sculpteur :

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Et du Maître de Brasparts, qui s'en rapproche :

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Sur les Credo apostoliques :

 

 

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Situation.

Elle correspond, à 125 m. d'altitude, à la source d'un ruisseau qui se dirige vers l'ouest pour se jeter dans le Steir.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.065465&y=48.077798&z=16&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

Les cartes de Cassini et d'Etat-Major montrent mieux ce relief et ces rapports avec l'hydrographie.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.080032&y=48.083815&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap

 

Toponymie : Kilinenn

A. Deshayes renvoie, pour Quilinen, à Quelenen :  correspondant au gaulois Celynen, sans doute dérivé de Celyn, "houx" en gallois. Il indique la graphie Quillynen en 1540. Pour l'auteur de l'article Wikipedia "Selon une légende apocryphe, le nom Quilinen proviendrait de "Ki (chien en breton) ar linen (ligne en breton)" car un chien aurait déplacé une ligne tracée au sol pour dessiner le plan de la future chapelle. Bernard Tanguy, dans son "Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère" écrit que le nom "Quillinen" correspond à celui du saint gallois Celynin, honoré à Llanpumsaint, dans le Carmarthenshire, également honoré à Saint-Quilinan-Bihan, à Louargat (Côtes-d'Armor)."

Matériau.

Le calvaire est entièrement en granite (leucogranite sous réserve).

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Datation.

Elle est incertaine. La chapelle elle-même est attestée dans les sources dès 1495 mais elle porte les armoiries épiscopales et la devise  de  Jean de Lespervez, évêque de Quimper de 1451 à 1472.

Y.-P. Castel donnait, en 1980, pour le calvaire la date du début du XVIe (Atlas), mais s'est prononcé ensuite pour une datation plus précoce "au milieu du XVe siècle"...,  "vers 1450" (Vidéo RCF. Rivages), en se basant sur l'absence de l'emploi du kersanton, alors que ce matériau est présent, associé au granite, à Tronoën (1450-1470). Cette hypothèse est reprise par D. Kernaleguen, qui en juillet 2019 (après la restauration du calvaire achevée en janvier 2019, et les recherches qu'elle engendra) indique une datation vers 1450.

 E. Le Seac'h donne la date vers 1500 pour les quatre calvaires du Maître de Quilinen (Quilinen, Motreff, Mellac et Saint-Hernin). Quelque soit la date adoptée, l'unité stylistique de ces quatre œuvres est indiscutable et suppose qu'elles se rassemblent dans un créneau temporel étroit.

Ces caractéristiques stylistiques très fortes de ces  calvaires peuvent-elles suggérer des datations ?

a) les anges hématophores . On les trouve dès 1450-1470 sur le calvaire de Tronoën.  Y.-P. Castel  qui en dénombre une quarantaine d'exemple entre le XVe et le XVIe siècles y voit l'influence des Franciscains par le culte des stigmates de saint François et de la prédication des frères mineurs centrés sur la croix. Or l'établissement des Recollets en Finistère date de 1458 (couvent de Cuburien à Saint-Martin des Champs) et de 1507 (Notre-Dame-des-Anges à Landéda). Mais la dévotion au sang du Christ s'écoulant des plaies dans le milieu monastique médiéval est bien plus ancien, comme le montre la Crucifixion de Giotto peinte en 1320, ou celle des fresques de l'Arena de Padoue (1303-1306), où des anges recueillent le sang en voletant. Voir mes commentaires sur le Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol (vers 1400). 

Une enluminure de la Somme du roi datant de 1464, montre Isabelle Stuart, duchesse de Bretagne,  agenouillée avec ses filles devant la Vierge de pitié, à laquelle elle est présentée par saint François : elle reçoit l'onction du sang des plaies du Christ, car sa poitrine est sur le trajet des lignes rouges sui réunissent un séraphin crucifix, et les stigmates du saint.

https://www.lavieb-aile.com/2020/11/devotion-franciscaine-aux-plaies-du-christ-a-la-cour-ducale-de-bretagne-au-xve-siecle-l-exemple-d-isabelle-stuart.html

C'est ce culte qui s'exprime par le fameuse oraison Anima Christi ...Sanguis Christi inebria me, Aqua lateris Christi lava me, attesté depuis le XIVe siècle dans de nombreux Livres d'Heures pour sa récitation à l'elevacion du corps Nostre Seigneur. Un exemple breton est trouvé dans le Livre d'Heures de Madeuc de Guémadeuc, vers 1500 (J. L. Deuffic, Le livre enluminé en Bretagne), juste après l'enluminure de la Messe de saint Grégoire (f. 121), représentant le miracle par lequel un jet de sang jaillit du flanc du Christ peint sur le retable et remplit le calice posé sur l'autel. (voir un exemple ici)

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b) les livres-ceintures ou livres-aumônières de saint Jean et de saint Barthélémy. Ils sont utilisés au XVe siècle avant leur déclin au XVIe.

c) les détails des costumes. Ce sont eux qui ont permis d'affiner la datation du calvaire de Tronoën. Mais ici, hormis le costume des marmousets qui pourrait nous éclairer, mais ici, nous n'avons ni soldats, ni bourreaux ni personnage civil en costume d'époque.

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C'est, dans tous les cas, l'un des premiers calvaires de Bretagne.

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Dimension.

Hauteur : 6,50 mètres.

 Côtés du triangle de base : 5 mètres.

 

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Numérologie ternaire ou binaire.

Base triangulaire dans laquelle s'inscrivent deux triangles formant une étoile à six branches.

Trois fûts : le fût central et ceux des deux gibets.

Trois sections successives pour le fût central : carrée (4 = terre), octogonale (8 = transition) et ronde (1 =ciel).

Deux groupes successifs  de trois marmousets avec leur trois écus.

Trois fois quatre apôtres au premier étage

Trois saints personnages au troisième étage

Trois saints personnages au quatrième étage.

Mais au sommet deux faces de la Rédemption : Mort et Résurrection.

Coiffées par une unique banderole pliée.

 

 

 

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La typologie et la succession chronologique des calvaires de Basse-Bretagne aux XVe-XVIIe siècles.

On nomme calvaire les croix qui adjoignent au Christ crucifié  la Vierge et saint Jean, ou bien les deux larrons.

On peut distinguer les petits et les grands calvaires.

Parmi les 15 grands calvaires bretons,  il est classique de distinguer  7 calvaires monumentaux (Tronoën, Pleyben, Plougonven, Saint-Thégonnec, Plougastel-Daoulas, et Guimiliau,  tous en Finistère, ainsi que Guéhenno en Morbihan). Les autres grands calvaires sont selon Y.-P. Castel p.113  ceux de Kerbreudeur à Saint-Hernin,  de Quilinen, de Cléden-Poher, de Lanrivain, de Saint-Venec à Briec, de Kergrist-Moëlou, et enfin de  Senven-Lehart. 

Le seul Finistère compte près de 3300 croix et calvaires (Atlas) et leur décompte chronologique n'est pas disponible. Les premières datations fiables sont celles d'une croix du cimetière de Scaer en 1400 et d'un petit calvaire de Saint-Gilles en 1409. Y.-P. Castel signale " Les inscriptions du XVe siècle, ne sont guère plus nombreuses. Dater les sculptures de ce siècle se fera par l'analyse des styles. Ainsi se reconnaissent les croix en granit dites du Maître de Tronoën naguère appelé atelier de Scaër. Au XVe siècle se rattachent aussi un certain nombre de sculptures dues à l'atelier du Folgoët, dont les croix se reconnaissent aux fleurons feuillagés parfois assortis d'un dais sommital. Au début du XVIe siècle, éclot la formule du petit calvaire classique, avec ses fleurons-boules, ses statues géminées, ses inscriptions nombreuses, 143 croix et calvaires datés pour le seul Finistère, un chiffre qui augmente légèrement pour le XVIIe siècle avec 156 dates. La chute du XVIIIe siècle, avec 53 croix datées en Finistère, n'en est que plus spectaculaire. "

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Néanmoins,  en s'appuyant sur les travaux de Castel (1997) et  Le Seac'h (2014),  la production de calvaires des XVe au XVIIe siècle en Basse-Bretagne peut être tracée à très gros traits ainsi  :

 

— Les calvaires de l'atelier ducal du Folgoët (1423-1509) : Chapelle de Rumengol (kersantite, 1433-1157) ; Le Folgoët (kersantite, v. 1443), Plomodiern (kersantite, v.1433-1457).

— Les calvaires sous l'influence de l'atelier du Folgoët : église d'Argol (kersantite), église Notre-Dame de Châteaulin (kersantite entre 1450 et 1500), Plougoulm (kersantite, XVe), cimetière de Sibiril (kersantite, XVe).

— Le calvaire de Tronoën (granite, rare kersantite) (vers 1450-1470) et les calvaires du Maître de Tronoën dont Kerbreudeur à Saint-Hernin, Béron et Le Moustoir à Châteauneuf-du-Faou, Le Moustoir (22), Croas-an-Teurec à Saint-Goazec ; Les calvaires du suiveur du Maître de Tronoën (XVe) à Guengat, Croas-Guernévez à Quéménéven, église de Quéménéven, et Langonnet (56)

— Les  4 calvaires du Maître de Quilinen (v.1500) à Quilinen en Landrévarzec (granite), Motreff (granite), Mellac (granite et grès arkosique), Saint-Hernin (grès arkosique) ainsi que la croix de Lothey.

— Les 5 calvaires à maces (massif d'implantation)  triangulaires outre celui de Quilinen : à Saint-Vénec en Briec,  Kergoat à Quéménéven (fin XV-déb. XVIe),  Trois-Fontaines à Gouezec et Confort-Meilars.

— Les 3 calvaires, très inspirés de ceux du Maître de Quilinen, mais utilisant le kersanton, du Maître de Braparts vers 1490-1520) à Brasparts, Loqueffret et Croas Keranguen à Plouénan.

— Calvaire de Saint-Maudez à Edern (XVe)

— Les calvaires du Maître de Laz (v.1527) à Briec, Laz, et Saint-Hernin.

— Les calvaires (kersantite) de l'atelier Prigent de Landerneau (1527-1577), dont Pleyben et Plougonven.

— Les calvaires du Maître de Lanrivain (V. 1548)

— Les 3 calvaires du Maître du Moustoir (v.1550)

— Calvaire de la chapelle N.-D. du Traon à Plouguerneau (1511)

— Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lan (1537), et de Lesquelen à Plabennec 

— Calvaire de Camaret  (1538)

— Calvaire de la chapelle Saint-Eloy de Plouarzel (v.1548)

— Calvaire de Guéhénno (1550)

— Calvaire du cimetière d'Ergué-Gabéric (1553)

— Calvaire de la chapelle de Kerdévot en Ergué-Gabéric (XVIe)

— Calvaire de Kergrist-Moëlou (1578)

— Calvaires de Rungléo à Logonna-Daoulas (v.1578) et de Le Tréhou.

— Les calvaires du Maître de Saint-Thégonnec (1550-1610)

— Les calvaires de l'atelier du Maître de Guimiliau (1575-1589)

— Les calvaires (kersantite) du Maître de Plougastel (1570-1621)

— Les calvaires  (kersantite) de l'atelier landernéen de Roland Doré (1618-1663) dont  Senven-Léhart, vers 1630.

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L'essentiel est d'abord de  visualiser l'emploi de trois matériaux, la kersantite majoritairement autour de la rade de Brest et de la vallée de l'Elorn (Landerneau), le granite et leucogranite ailleurs et notamment en Cornouaille, et le grès arkosique limité au bassin de l'Aulne en amont de Châteaulin.

Puis, pour situer le calvaire de Quilinen, de remarquer que sa datation estimée le place parmi les premiers tandis que sa taille incite à le comparer à celui de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon.

Nous le plaçons à l'intersection de trois sous-ensembles :

-chronologique : 2ème moitié XVe.

-stylistique : "maître de Quilinen"

-conceptuel : maces triangulaires.

 

 

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VUE GÉNÉRALE.

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La composition est marquée par une réduction de taille des statues en allant vers le haut : les apôtres sont plus grands que le Crucifié.

Un banc fait la transition entre le soubassement et le massif.

Deux triangles sont superposés, le premier plus large que le second, et  leurs sommets sont opposés les uns aux autres pour former une étoile. 

Le point de vue sur la face principale et occidentale, celle qui est privilégiée dans un calvaire car le Christ en croix y apparaît, est occupée par un arbre volumineux. La face opposée, celle du Christ ressuscité, est visible depuis la route par laquelle arrive le visiteur. Mais la structure en étoile brouille cette vision bipolaire, et pour observer le monument, il faut tourner pour se présenter successivement sur l'une des six faces du double triangle. Et pour constater que les pointes des triangles, qui s'avancent telles des proues, sont souvent de meilleurs points d'observation que ces faces.

Ces déambulations nous font sentir physiquement que ce calvaire est animé d'un dynamisme remarquable.

 

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Commençons par le coté ouest, devant la base du premier triangle. Nous avons devant nous quatre apôtres du Credo (Pierre et André à droite), plus haut la Déploration, un peu décentrée, et plus haut encore deux groupes de saintes femmes et enfin le Christ en croix,  orientés vers notre droite.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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À la pointe nord-ouest du triangle inférieur du monument.

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Aucun personnage n'est orienté sur cet axe, mais il prend la croix en enfilade, et le visage du Christ est tourné vers nous.

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Le calvaire de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec.

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Le coté nord-est du triangle inférieur.

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De ce point-de-vue, quatre apôtres nous font face, ainsi que la Vierge à l'Enfant.

 

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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À la pointe est du triangle inférieur du monument.

Nous faisons face désormais, au sommet du calvaire, au Ressuscité. La règle qui veut que la Résurrection soit tournée vers l'Orient, signe de lever du soleil et du renouveau, est respectée.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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La base sud-est du triangle inférieur, le long de la route.

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Nous nous trouvons devant quatre apôtres, dont Jacques le Majeur à gauche et Jacques le Mineur à droite. Notre regard, qui suit l'axe de la pointe du triangle supérieur, prend la croix en enfilade.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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À la pointe sud du triangle inférieur du monument.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Sur le plan strictement descriptif, nous avons un calvaire à 47 personnages (en incluant anges et marmousets) disposés selon la succession horizontale suivante :

1er étage ou double triangle inférieur : les 12 Apôtres (sur 2 niveaux) sur 12 "marmousets" ou "cariatides",

2ème étage ou Triangle supérieur : la Déploration à 4 personnages,

— Fût central à section carrée, puis octogonale, interrompue par une danse de 3 marmousets tenant des écus et formant console pour les statues du 1er étage.

3ème étage : Fût central à section ronde, entouré de trois statues féminines en ronde-bosse de la Vierge à l'Enfant, de Marie Jacobé et Marie Salomé.

4ème étage : après  une nouvelle danse de 3 marmousets tenant des écus et formant console sur le fût cylindrique, trois nouvelles statues, celle de la Vierge et  saint Jean  (face à l'ouest) et de Marie-Madeleine (face à l'est).

5ème étage séparé du précédent par un disque évasé ; le fût forme la croix du Christ crucifié, tourné vers l'ouest, entouré de 2 anges recueillant son sang, tandis que le Christ ressuscité montre la plaie du flanc du coté est. Les deux statues sont taillées en haut-relief dans le même bloc qui forme le fût.

De chaque coté et ne dépassant pas le niveau du 3ème étage, les croix du Bon et du Mauvais Larron avec deux marmousets à leur base.

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Par rapport au calvaire de Motreff,  dont la disposition ascensionnelle et à étage est proche, nous trouvons un élément absent (saint Michel terrassant le démon), mais un développement considérable puisque nous passons de 16 personnages à 47 , avec l'introduction des 3 Marie du 3ème étage, et surtout des 12 apôtres avec leurs marmousets-consoles, sur un large soubassement en étoile.

En outre, une différence mineure mais loin d'être minime est la présence, autour des apôtres, de nombreux banderoles, dont les inscriptions, aujourd'hui perdues, ne peuvent être sous-estimées.

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Pour expliquer ce changement et cette ampleur du programme,  l'hypothèse pourrait se discuter que les calvaires de Mellac et de Motreff (qui partagent avec celui-ci tant d'éléments stylistiques qu'ils sont attribués au même sculpteur) aient précédé celui de Quilinen qui en est l'aboutissement spectaculaire.

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Je pose aussi l'hypothèse d'un changement d'orientation théologique. Les deux premiers étaient consacrés à la Passion et incitaient les fidèles à la compassion et à la conversion du cœur devant les souffrances du Christ, à la participation émotionnelle avec le chagrin de Marie, Jean et Marie-Madeleine, et à une méditation mystique sur le sang versé pour la Rédemption de l'Humanité. Des thèmes très présents, on l'a vu, dans la tradition monastique médiévale.

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La nouveauté principale, l'introduction des 12 Apôtres, incite à voir ce calvaire comme un Credo Apostolique, c'est à dire l'énonciation des 12 articles du Symbole des Apôtres exposant les vérités de la Foi et le résumé de l'Histoire du Salut. Si on en doutait, (puisque les 12 articles, attribués chacun à un apôtre, sont effacés), on se reportera aux autres grands calvaires triangulaires, et notamment à celui de Saint-Vénec, dont les statues portent sculptés sur des phylactères les articles en question (les autres calvaires triangulaires sont ceux de Trois-Fontaines en Gouezec, aux 12 niches désormais vides, et de Confort-Meilars, où les statues des apôtres aux phylactères ont été transférés sur la façade occidentale de l'église).

"Calvaires aux apôtres et. .. non point apôtres au calvaire, car sur la colline du Golgotha, Jean fut le seul des Douze à braver le cordon des soldats et des gardes. L'envoi en mission des apôtres et leur martyre leur donneront le droit de figurer sur les calvaires. L'Esprit de Pentecôte balayant les peurs, la tradition les montre portant chacun au Monde un des articles du symbole des Apôtres, le condensé de la foi chrétienne. Carhaix, Plouhinec, Melrand, accrochent ainsi douze masques le long de leurs fûts. Pléchâtel accorde aux apôtres une figuration en pied dans douze niches ogivales soulignées du nom qui les désigne sans erreur. À Quilinen, leur taille grandit et Saint-Vennec grave sur chaque phylactère un article du Symbole. Ailleurs, la mace architecturale réserve douze niches, souvent vides comme à Kerdévot, en Ergué-Gabéric, à Trois-Fontaines en Gouézec [et Confort-Meilars]." (Castel 1997 p.161)

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Cette hypothèse interprétative fondée sur le Credo  permet d'expliquer la présence du 3ème étage où la Nativité (Vierge à l'Enfant) introduit le dogme de l'Incarnation (et la conviction, qui n'est pas encore un dogme, de la Virginité et de l'Immaculée Conception).

Elle permet aussi, et ce n'est pas accessoire, de donner enfin une explication convenable à la disposition en double triangle en y voyant la métaphore de l'envoi vers l'Apostolat. Il faut "raconter" ce calvaire en débutant par l'Incarnation et l'Immaculée-Conception —j'y reviendrai—, en poursuivant par la Crucifixion et la Mort (Déploration), puis par la Résurrection et par Marie-Madeleine, premier témoin de celle-ci, avant de redescendre à ce qui correspond à la Pentecôte ou au temps, terrestre, de l'Église, c'est à dire à la mission confiée aux 11 apôtres par Jésus lors de son apparition : "Allez, faites de toutes les nations des disciples" (Mt 28:19) ou "Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création" (Mc 16:15) ou "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie" (Jn 20:21). Donc une lecture non plus ascensionnelle, mais de haut en bas. (Ou "ascensionnelle" par rapport à l'Ascension, qui suit l'envoi des apôtres dans Luc 24:49-51)

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La disposition des 12 apôtres sur les axes radiants de l'étoile dont le Christ incarné, mort et ressuscité est le pilier central correspond donc à l'Envoi et à l'éclatement universel du ministère apostolique, dans une inversion du concept précédent : la méditation centrifuge sur le sang versé s'inverse dans un élan centripète vers le Monde. Je prends ainsi, — sans le vouloir !—, le contre-pied de l'opinion d'Henri Quéfellec lorsqu'il écrivait : "Avec une extraordinaire puissance, il met l'accent sur la verticalité, sur le détachement d'avec le monde".

Toute croix est un omphalos, un axis mundi , un arbre-monde (et la croix du Golgotha est depuis sainte Hélène rapprochée de l'Arbre de la Connaissance) qui centre un enclos paroissial — ou le territoire d'une  communauté dans le sens du rassemblement, et lui fournit le but d'une visée commune ; mais ces calvaires stellaires et apostoliques complètent cette fonction par une incitation au départ, à l'extériorisation vers le Monde et les Autres, et — pour l'Église — à l'apostolat et l'évangélisation : un changement de paradigme qui n'eut pas de suite, mais qui s'illustre encore en constatant que toutes les statues des Apôtres, et celles des saints personnages, sont tournés vers l'extérieur selon des axes radiants (alors que les Apôtres auraient pu être tournés vers la Croix et contempler le Christ). 

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Un peu plus tard, dans de très nombreuses églises et chapelles bretonnes, les 12 statues des Apôtres portant leur article du Credo seront placées à l'entrée du sanctuaire, de part et d'autre du porche sud, comme un parcours transitionnel avant le bénitier, l'affirmation des articles de la Foi et le signe de croix allant de paire pour les fidèles.

 

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Voir ici sur ce thème du Credo apostolique, parmi beaucoup d'autres, ces articles.

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Pour présenter ma vision du calvaire de Quilinen, je le décrirai en débutant par le 3ème étage de l'Incarnation et je terminerai par l'envoi des Douze.

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LE TROISIÈME ÉTAGE : LA VIERGE À L'ENFANT ET SES DEUX "SOEURS".

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Ce troisième étage réunit, sur les consoles formées par les têtes des marmousets, trois femmes dont la Vierge à l'Enfant. Il s'agit des "Trois Marie", selon un thème médiéval associant les  Saintes Femmes des textes évangéliques et la légende de la Sainte Parenté (Légende Dorée de Jacques de Voragine, XIIIe siècle). Selon celle-ci, sainte Anne serait non seulement la mère de Marie (la Vierge), mais aussi de Marie Jacobé et de Marie Salomé.

La Vierge Marie serait née miraculeusement de la rencontre sous la Porte Dorée de Jérusalem d'Anne et de son mari Joachim, un couple frappé de stérilité ; cette conception par un baiser ou une étreinte permet à la Vierge d'échapper au Péché originel, c'est l'Immaculée-Conception, proposée par les Pères de l'Église, très en vogue au Moyen-Âge notamment par les Franciscains et à Rouen, mais combattue, avant de devenir un dogme en 1854.

Marie Jacobé serait née du deuxième mariage de sainte Anne avec Cléophas. Elle aurait épousé Alphée et aurait donné naissance à trois apôtres Jacques le Mineur, Simon et Jude, ainsi qu'à Joseph le Juste.

Marie Salomé serait née du troisième mariage de sainte Anne avec un homme nommé aussi Salomé. Elle serait la femme de Zébédée et la mère des deux apôtres Jacques le Majeur et Jean, qualifiés dans l'évangile de "fils de Zébédée".

Les Saintes Femmes des évangiles sont Marie de Magdala (assimilée à Marie-Madeleine), Marie mère de Joset et de Jacques ou Marie femme de Cophas (assimilée à  Marie Jacobé) et Salomé (assimilée à Marie Salomé) : elles sont présentes au Golgotha lors de la mort du Christ (Mc 15:40 et 15:47 : Jn 19:25) :

 

  • Mc 15,40 : « Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, parmi elles Marie de Magdala, et Marie, mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé… »

  • Mc 15,47 : « Or Marie de Magdala, et Marie, mère de Joset regardaient où on l’avait mis.»

  • Jn 19,25 : « Près de la croix se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. »

Elles sont également présentes (ou Marie de Magdala seule) au Sépulcre pour embaumer le corps du Christ, et un ange leur annonce, devant le tombeau vide, la Résurrection :

  • Mt 28,1 : « Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. »

  • Mc 16,1 : « Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus. »

  • Lc 24,10 : « Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. »

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Le terme de "Trois Marie" peut certes désigner Marie-Madeleine, Marie Salomé et Marie Jacobé, souvent représentées devant la Vierge à l'Enfant. Mais il réunit aussi (de façon non exclusive)  les "trois sœurs de noble lignage" que sont la Vierge, Marie Salomé et Marie Jacobé.

Le thème des Trois Marie est attesté à Gouezec aux Trois-Fontaines (l'une des fontaines porte le nom de fontaine des Trois Marie). 

Le vitrail de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, daté de 1550, est consacré à la Sainte Parenté.

Une gwerz des Trois Marie est collecté par Luzel à Pluzunet en 1867 :

https://fr.wikisource.org/wiki/Chants_populaires_de_la_Basse-Bretagne/Les_trois_Marie

Des chapelles leur sont consacrées à Vitré, Bécherel ou Montsûrs.

Le culte est aussi attesté autour de Rouen au XVe et XVIe siècle (y compris sous la forme d'un Arbre de Parenté analogue aux Arbres de Jessé), ou à Bruges vers 1500 :

Ici, à Quilinen, Marie-Madeleine est placée au 2ème  étage sous le Christ ressuscité ; il semble peu logique de la reconnaître aussi dans ce groupe.

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Un emplacement charnière.

Les trois filles de sainte Anne témoignent de la maternité et de la nativité : elles débutent l'histoire de la Vie de Jésus. Les trois femmes sont présentes au pied de la Croix, puis au Sépulcre : elles sont liées aux deux scènes du 4ème et 5ème étage, la Mort et la Résurrection, ainsi qu'au 2ème étage, la Déploration.

Mais Marie Salomé et Marie Jacobé, comme mères de 5 des 12 apôtres, sont reliées aussi au premier étage, l'envoi des Apôtres.

Toutes les deux font un geste de la main droite désignant l'espace qui les sépare. 

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LA VIERGE À L'ENFANT : L'INCARNATION.

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Elle fait face à l'est, au premier étage du fût. Elle est couronnée et voilée, et porte l'Enfant sur son bras droit. Ce dernier est nu, et tient une boule dans la main droite.

Le voile est en réalité le manteau, et celui-ci descend verticalement du coté gauche, tandis que le pan droit fait retour vers le coté gauche de la taille, où il est vraisemblablement attaché par une agrafe, avant de tomber en tablier par une cascade de plis obliques.

Le visage incliné sur la droite mais légèrement tourné à gauche fait une moue triste ou dubitative, comme pour témoigner de sa connaissance du destin tracé pour son Fils. Ainsi, elle annonce déjà le niveau supérieur : la Passion.

Elle renvoie au troisième article du Credo : "il est né de la Vierge Marie".

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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MARIE JACOBÉ ?

Rien n'indique qui est Jacobé et qui est Salomé : désignons arbitrairement celle de droite comme Jacobé.

Autre hypothèse, qui est séduisante : ce serait la Vierge Marie avec ses cheveux non voilés (comme celle de l'Annonciation) et sa voisine, qui est voilée,  serait sa mère sainte Anne (dans son geste typique de la Porte Dorée). Nous restons encore dans la représentation d'une Sainte Parenté.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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MARIE SALOMÉ ?

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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CINQUIÈME ÉTAGE, COTÉ OUEST. LE CHRIST CRUCIFIÉ.

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Le Crucifié a la tête penchée vers la droite (le coté où se trouve sa Mère) mais il est aussi tourné vers ce coté, par une rotation de la jambe gauche qui avance l'hémi-bassin gauche, et se poursuit au niveau de l'abdomen (comme en témoigne la position du nombril), du thorax (par l'épaule qui est plus haute et antérieure de ce coté), et de la tête, très fortement tournée.

Les bras sont fins, les jambes sont longues et effilées, se confondant avec le fût,  avec des cuisses presque malingres. Au contraire, le ventre est rond, dilaté, et projeté en avant par la cambrure.

Les trous des plaies des mains traversent entièrement la branche de la croix, et se retrouvent visibles sur le coté opposé. Les extrémités de la croix sont aplaties et convexes en forme d'écu.

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"Les bras de la croix ronds se terminent par des fleurons en forme d’écus qui à l’origine devaient porter des armoiries peintes. On s’étonnera peut-être de voir au revers de la potence horizontale deux trous qui témoignent sans doute de quelque remontage. Le Christ est serein. Pagne serré bien médiéval, il étend les bras. Quant aux anges « hématophores » ainsi nommés parce qu’ils recueillent le sang dans des calices, celui de gauche aux deux coupes tend l’une vers la plaie du côté. Au somment de la croix, le titulus porte les lettres INRI, (initiales du motif de condamnation imposé par Pilate qui déclara devant les objecteurs : « ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ! » (Jésus Nazaréen Roi des Juifs) (Jean, 19, 22). Les caractères gothiques sont en relief sur une large banderole flottante. Celle-ci se rabat sur l’arrière de la branche haute de la croix, un mouvement relativement rare qui est à ajouter aux particularités relevées sur le calvaire de Quilinen. (Lubin et Castel)

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Le titulus.

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Il est remarquable par sa forme, qui n'est pas celle d'un écriteau placardé au sommet, mais  d'une banderole, repliée quatre fois puisqu'elle débute derrière la tête du Crucifié, se plie alors pour présenter les quatre lettres INRI en masquant le haut du fût, se plie à nouveau pour contourner le sommet et revenir du coté opposé où elle se replie une dernière fois derrière la tête du Christ ressuscité. Elle masque, de ce fait, la branche haute de la croix, et celle-ci adopte la forme d'un T, coiffé de ce voile.

Cette forme très originale se retrouve à Motreff et Mellac, ainsi qu'à Brasparts. Elle évoque un linge liturgique (le pale placé au dessus du calice de l'Eucharistie ?), ou encore ces étoffes de respect et d'honneur par lesquelles les anges portent les instruments de la Passion. Son trajet reliant la tête du Crucifié et celle du Ressuscité lui confère la valeur d'un discours théologique. Mais sa largeur et sa taille lui donne le statut d'un oriflamme, l'allure glorieuse d'un drapeau kérygmatique.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Les anges aux calices (anges hématophores).

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Ils sont vêtus d'une longue tunique dont la partie basse bouillonne en s'ancrant au fût de la croix, tandis que leur corps est stylisé en arc de cercle pour rejoindre, à l'extrémité de la traverse, la plaie de chaque main du Crucifié. L'ange de droite tend aussi un calice vers le flanc droit.

La croix avec ses deux traverses, son support,  le Crucifié, le Ressuscité, et les deux anges sont taillés dans un seul blog de granite, et on imagine la taille du monolithe initial, et la délicate tâche effectuée par le sculpteur.

Ils forment avec la croix une forme quasi graphique, comme la lettre grecque Psi, barrée.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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QUATRIÈME ÉTAGE : LA VIERGE ET SAINT JEAN (AU PIED DE LA CROIX).

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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La Vierge au pied de la Croix porte comme c'est l'usage le voile et la guimpe ; elle croise ses bras devant la poitrine en signe d'affliction. La bouche est concave.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

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La statue a perdu sa tête, mais nous pouvons l'imaginer en nous basant sur les statues homologues de Motreff et de Mellac. Comme sur ces deux calvaires, Jean porte le Livre dont il est le rédacteur (l'Évangile selon saint Jean) dans un étui qui se resserre en boule, permettant de le tenir dans une main. La ferrure de la reliure est nettement visible.

Ce "livre-ceinture" appartient au vocabulaire stylistique du Maître de Quilinen ; nous le retrouvons sur la statue de Jean comme apôtre, et aussi sur celle de l'apôtre Barthélémy.

Je renvoie à mon article sur le calvaire de Mellac pour l'étude de ce livre-ceinture.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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DEUXIÈME ÉTAGE, COTÉ OUEST. LA DÉPLORATION À QUATRE PERSONNAGES.

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Voir la Déploration plus tardive (deuxième quart du XVIe siècle) et en bois polychrome de la chapelle de Quilinen.

C'est ici une Déploration à quatre personnages que nous pouvons comparer à celles de Mellac de Motreff et de Brasparts.

Nous constatons d'abord qu'elle n'est pas orientée dans l'axe du crucifix, mais vers sa droite, dans l'axe de la pointe du triangle supérieur  ; et que les personnages sont inclinés vers ce coté. 

Nous voyons aussi que ces personnages sont debout, ou plutôt qu'ils le semblent, car la Vierge est peut-être à demi-assise sur un bloc qui est visible en se plaçant derrière le groupe (et qui peut n'être que sa robe) C'est également le cas à Mellac et Motreff et encore d'avantage à Brasparts, tandis que dans la majorité des Vierges de Pitié et Déploration du Finistère, la Vierge est assise ou agenouillée.

De ce fait, la Mère ne porte pas son Fils sur son genou fléchi, il n'est tenu (ou retenu d'une chute annoncée) que par Jean, qui tient le bras droit, par la main sans force de Marie, placée sous l'aisselle, et par Marie-Madeleine, qui tient le bras gauche. Le déséquilibre qui contraste avec la position hiératique et figée crée un effet poignant, car le Christ en chancelant ébranle le spectateur, même à son insu.

Le corps du Christ est efflanqué, le thorax aplati, les épaules rentrées, les bras décharnés, et nous retrouvons le ventre dilaté du Crucifié. La tête tombe sur le coté, et n'est qu'à peine retenue par l'avant-bras de Jean. Le visage n'est pas arrondi, à la différence de la plupart des visages de ce sculpteur, et une barbe pointue accentue cela. Les cheveux forment d'épaisses mèches devant les épaules. L'impression générale est celle d'un effondrement.

Jean, aux traits et à la chevelure nattée féminine, regarde ailleurs, en direction de Marie. 

La Vierge a, comme il se doit, la tête couverte d'un voile qui descend au dessus des reins. L'érosion du granite m'incite à être prudent dans la description de ses traits.

Marie-Madeleine a les cheveux libres, et l'image prise de l'arrière en montre la longueur. Son pot d'aromates, qui l'identifie, est bien là, aux pieds du Christ. Son élégance vestimentaire ne s'évalue bien, aujourd'hui, que par la dentelle de ses poignets.

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" Saint Jean et Marie Madeleine encadrent la Vierge qui vient de recevoir le corps du Christ descendu de la croix. Elle  s’appuie à un bloc de pierre qui se voit pour qui observe le groupe sur l’arrière entre le fût de la croix et la statue de saint Thomas. La Vierge des douleurs soutient de la main droite le corps de son divin Fils. Jean de son côté saisit de manière ferme le bras de Jésus, un geste assez peu courant dans ce genre de représentation. Quant au Christ lui-même son corps se raidit tendu tel un arc, comme si Jean et la Vierge ne se résolvaient pas à le montrer abandonné, vraiment mort, désarticulé, comme on peut le voir dans tant d’autres pietà. On admirera au passage la délicatesse des plis de la tunique de la Vierge qui se déploient en motif étoilé à l’arrière du buste du Christ." (Lubin et Castel)

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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CINQUIÈME ÉTAGE, COTÉ EST. LE CHRIST RESSUSCITÉ MONTRANT SA PLAIE.

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Dans la logique d'une structure en spirale, échappant à la symétrie binaire et frontale, le Christ est tourné vers la droite, dès la position des pieds. Il lève le coude pour désigner de la main ouverte la plaie du coté droit. L'artiste utilise ainsi la face postérieure de l'ange de la Croix pour y sculpter l'avant-bras, puisque je rappelle que les deux Christ, la croix et les anges sont taillés dans un bloc monolithique. Le geste de bénédiction, et d'ostentation de la plaie, par la main gauche, et le visage, accentuent la rotation vers la droite. Le visage est très humain, et la bouche, quoique concave, semble sourire. Le Ressuscité porte, sous un ventre dilaté,  un pagne dont les pans et les plis se croisent au centre. Le manteau couvre l'avant des épaules et retombe jusqu'à mi-jambe. Le corps est étiré en hauteur et les jambes sont fines.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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QUATRIÈME ÉTAGE, FACE EST : MARIE-MADELEINE.

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(rappel : on trouve à l'ouest Marie et Jean au pied de la Croix)

Elle tient de la main droite le flacon d'aromate (cylindrique et à couvercle à boule) et place sa main gauche paume en avant, comme Marie Salomé précédemment. Ce geste et sa posture générale n'est pas celle de Marie-Madeleine au pied de la Croix (où elle est éplorée, les yeux levés, et où elle tord ses mains en signe de chagrin). C'est pourquoi je la place, dans ma description, après la Résurrection, et je suis convaincu que c'est délibérément que l'artiste l'a placé du coté oriental. Son geste paume en avant est celui de l'émerveillement face au Tombeau vide (comme pour Marie Salomé). On sait que Marie-Madeleine est, dans les évangiles, le Premier Témoin de la Résurrection, lors de la scène de la rencontre avec Jésus qui lui apparaît en jardinier, puis lui dit noli me tangere, "ne me touche pas". Indirectement, la paume en avant reflète cette exigence de réserve et de recul propre à cette scène.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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LES LARRONS SUR LEUR GIBET.

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Les larrons, les bras passés au dessus des potences en tau et les poignets et la cheville droite liés en arrière par des cordes, se tordent dans les affres de l'agonie. Comme dans les enluminures du début du XVe siècle, comme à Motreff et Mellac, et comme cela sera souvent repris sur les calvaires bretons postérieurs,  la jambe gauche est fortement fléchie pour témoigner du verset de l'évangile de Jean chap.19 mentionnant que Pilate ordonna qu'ils eurent les jambes brisées afin de provoquer leur mort : "Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l'autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes.". En effet, les suppliciés, ne pouvant s'appuyer sur leur jambes pour respirer, meurent par suffocation.

La jambe droite et les deux bras sont liées au gibet par un cordage dont le nœud parfois gancè est soigneusement détaillé.

Ils ont le crâne rasé ; ils portent une culotte à rabat formant braguette. Le Bon Larron regarde Jésus, le Mauvais s'en détourne. Il est plus contorsionné, le dos en hyperextension  ou opisthotonos.

 

On les trouve également, avec quelques différences, à Saint-Hernin et à Mellac tandis que le calvaire de Motreff ne montre plus que la base des gibets mais non les personnages.

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"Dans leur position acrobatique, le traitement du mouvement des larrons, malheureux condamnés décharnés, témoigne de l’audace de l’ « imagier ». Son habileté se joue du granite avec une virtuosité incomparable. Les corps des suppliciés se tordent, renversés par-dessus la potence du gibet, les mains liées derrière le dos. Dans le travail du sculpteur il y a aussi de la finesse. Il suffit de suivre le jeu de la cordelette au pied du mauvais larron. Elle vient avec un nœud de cabestan bien observé s’enrouler sur le gibet, et l’on voit son extrémité s’enfiler sous la boucle qui maintient le pied serré contre le fût. Quant à la cordelette de la jambe qui libérée par la douleur, se replie sur elle-même on en voit pendre les brins finement sculptés." (Lubin et Castel)

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Le Bon Larron.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec.
Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Le Mauvais Larron.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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LES "MARMOUSETS" ET LES ANGES DES DEUX NOEUDS DES FÛTS.

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Le fût est d'abord octogonal, sur deux mètres environ, puis il devient cylindrique et un premier nœud marque ce changement. Trois personnages y forment les supports des trois statues que j'ai nommé ici "les Trois Marie". Dans cette fonction d'atlantes, ce sont des petits messieurs au ventre proéminent, coiffés et vêtus comme des écuyers, et qui forment une ronde en se prenant par le poignet, les bras dressés.   Le père Castel, qui leur trouve une allure grotesque, les qualifie du terme de "marmousets", que je reprends puisqu'il est consacré. On les retrouve en leitmotiv sur les autres réalisations du Maître de Quilinen et de son successeur le Maître de Brasparts.

Un deuxième trio supporte plus haut, les statues de la Vierge, de Jean et de Marie-Madeleine. Ils sont bien différents, et leur tunique plissée sans ouverture d'encolure, ou leur sveltesse  évoque la représentation habituelle des anges, quoiqu'ils soient aptères. Ils nous présentent des écus, muets mais qui devaient être peints. 

Plus haut encore, le fût s'affine, après une virole tulipée, pour devenir la croix du Christ.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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1. Les marmousets du premier étage.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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1. Les anges du deuxième étage.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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LES DOUZE APÔTRES, UN CREDO APOSTOLIQUE. PRÉSENTATION.

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L'association des douze apôtres, placés dans un ordre canonique, avec des phylactères portés par les saints eux-mêmes dans au moins cinq cas, ou par les anges qui leur servent de supports, impose de voir ici un Credo apostolique, représentation assez réglée, depuis Saint Augustin dans les textes et depuis le XIIIe siècle en iconographie, d'une attribution à chacun des douze apôtres de l'un des douze articles du Credo, ou Symbole des Apôtres.

Les douze articles  se suivent dans un ordre immuable. L'attribution des articles est codifiée, mais on observe quelques variantes. Par contre, l'identification des apôtres par leur attribut (la clef de Pierre, la croix de saint André), quoique qu'elle soit constante pour les personnages princeps, est plus souple. L'un des documents de référence est la figure des Calendriers des bergers, accompagnée du texte du Credo. Mais ces Calendriers ou Compost ont été imprimés (et très diffusés) de 1491  à  1589 à Paris, Genève, Lyon, Rouen et Troyes, non sans des variations, voire des confusions. Auparavant, il faut rechercher les références par exemple dans les images classificatrices du Verger de Soulas BnF 9220, du XIIIe siècle, ou dans le Bréviaire de Belleville (1323-1326).

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Ce qui m'importe de souligner,  c'est que, si nous admettons la date de 1450 pour ce calvaire, il s'agit d'une présentation précoce de  ce thème iconographique en Bretagne dans la statuaire  avant qu'elle ne devienne presque la règle à partir du début du XVIe siècle et jusqu'au XVIIe siècle, mais en désertant les calvaires et en se transférant aux porches des sanctuaires. Quilinen pourrait être un essai, qui a été réajusté vers les porches : on passe alors d'une circumambulation à un passage entre deux rangs.

Certes, il existe d'autres calvaires à Credo apostolique : celui de Saint-Vénec en Briec, et celui de Confort-Meilars. Mais le premier possède des points communs avec Quilinen (son soubassement en étoile ; l'appartenance à la même paroisse initiale).

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Le Credo apostolique, un ars memoriae.

On regarde ces successions d'apôtres et leurs banderoles de manière différente si on comprend qu'il répond à un souci de faire réciter au fidèle, mais surtout de lui faire mémoriser et ressentir les douze articles, fondement de la Foi.

En effet, au début de la Renaissance, les théologiens et humanistes re-découvrent les techniques de mémorisations exposées, pour servir à la Rhétorique, attribués à Simonide de Céos,  dans les écrits de Cicéron, de Quintilien ou de la Rhétorique à Herennius. Il s'agit de créer des lieux ou palais de mémoire, "loci", divisés en sites que la vue retient facilement, et que l'orateur associe aux parties successives de son argumentation. Lorsqu'il doit l'exposer, il  parcourt mentalement ce monument, et revoit les images des endroits  où il a placé ses arguments. Pour cela, il faut certes un lieu, mais aussi une déambulation. Daniel Arasse, traducteur de l'ouvrage fondamental de Frances Yates, The Art of Memory (1966) a fait connaître l'importance de cette technique en peinture, non seulement comme aide-mémoire, mais pour convaincre et émouvoir. Il n'est pas indifférent à notre réflexion qu'il nous donne en exemple la Cène de Léonard de Vinci, avec ses apôtres.

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Ici, la déambulation inscrit l'image des statues dans le corps et l'esprit ( c'est cette association des stimuli kinesthésiques, voire intéroceptifs, des émotions visuelles et d'une narration  qui en permet l'ancrage, tandis que les jeunes visages et les gestes insistant des anges désignant le texte (hélas effacé aujourd'hui) des banderoles y associe les fondements de la foi en "formulettes" mnésiques.

La formule vers lequel la sculpture va évoluer, celle du franchissement d'un seuil, entre les deux rangs de six apôtres des porches, chacun des personnages, et donc des arguments, occupant une niche, a du s'avérer plus puissante encore, et cela me paraît être le cas.

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LES 12 APÔTRES.

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Ils sont disposés, par deux (les apôtres sont alors adossés) à  chaque pointe du triangle inférieur, et, par statue individuelle plus haute, sur les cotés de ce triangle.

En tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre :

Saint Pierre, en hauteur sur la droite du coté Ouest

Saint André et Saint Jacques le Majeur, adossés à la pointe Sud-Ouest.

Saint Jean puis saint Matthieu, en hauteur sur le coté Sud-ouest.

Saint Jacques le Mineur et saint Philippe, adossés à la pointe Est.

Saint Barthélémy et saint Thomas, en hauteur sur le coté Nord-est

Saint Simon et saint Jude, adossés à la pointe Nord-ouest

Saint Mathias, en hauteur sur la droite du coté Ouest.

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Note. Seuls les saints Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean, Jacques le Mineur, Philippe,  et Barthélémy, sont identifiés avec certitude, et Thomas et Simon avec une bonne probabilité.

 

 

 

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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1. Saint Pierre.

Premier article du Symbole des Apôtres : Credo in Deum patrem omnipotentem, creatorem cœli et terrae. "Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre"

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Il tient dans la main droite et contre son épaule une grosse clé dont l'anneau est losangique et le panneton savamment dentelé. Le livre (qui renvoie au Livre des Apôtres) est tenu fermé de la main gauche, tranche vers le haut.

La barbe, caractéristique du style du Maître, est, comme la chevelure, faite de boules serrées. Une autre caractéristique tient à la forme des sourcils, deux arcs très développés formant un auvent sous lequel les yeux paraissent creusés dans les orbites. Le nez des apôtres est large, épaté ; les lèvres dont les commissures sont légèrement tombantes, sont plus ou moins visibles.

Pierre est vêtu d'une robe et d'un manteau descendant si bas que les pieds (nus en principe) ne sont pas visibles. La robe est fermée par un bouton rond devant la poitrine, tandis que la fente de la manche est fermée par deux boutons ronds. Le manteau, qui ne couvre que  l'épaule gauche, revient en large pan d'où émerge le poignet gauche.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Le marmouset ressemble à ceux du fût du calvaire, avec son visage très rond, ses cheveux en masses latérales, sa fonction de console, son torse dilaté et ses bras écartés. Il maintient une banderole repliée sur elle-même, et semblable à celle du titulus. Aucune inscription n'y est portée, mais il est vraisemblable qu'un texte y était peint. Mon hypothèse est qu'il s'agissait du premier article du Credo, en français ou en latin.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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2. Saint André.

Deuxième article : Et in Jesum Christum, Filium ejus. "Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur"

 

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Il tient ferme à deux mains la croix en X à la croisée de laquelle pend une pièce d’étoffe (le pan de son manteau, ou plutôt la banderole portant jadis l'article du Credo).

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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André est placé dos à dos  avec saint Jacques le Majeur.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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La face sud-est et ses quatre apôtres.

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3. Saint Jacques le Majeur.

Troisième article : Qui conceptus est de Spiritu Sancto, creatus ex Maria Virgine. "Qui a été conçu du Saint-Esprit,  est né de la Vierge Marie "

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Il tient des deux mains son livre ouvert, ce qui l'oblige à serrer son bâton (le fameux bourdon des pèlerins de Compostelle) entre poignet et poitrine. Un autre de ses attributs est la besace, suspendue à la ceinture et timbrée de la coquille Saint-Jacques.

 

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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4. Saint Jean et sa coupe de poison.

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C'est bien à Jean qu'est confié le quatrième article :  Passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus et sepultus est. " A souffert sous Ponce Pilate,  a été crucifié,  est mort,  a été enseveli."

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On l'identifie d'une part  car c'est le seul des apôtres à être imberbe, et d'autre part car il tient en main gauche une coupe rappelant qu'il montra ses pouvoirs en buvant, sans en souffrir, le poison que lui tendait Aristodème, grand prêtre du temple d'Artémis à Éphèse (Matthieu 20:20-24 et Marc XVI :17-18) .

La console qui soutient saint Jean est faite d’un petit personnage, le poing gauche à la hanche l’index droit montrant sur une large banderole aux souples replis, un texte lisible avant que le calvaire ne perde sa polychromie.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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5. Saint Matthieu.

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Traditionnellement, c'est Thomas qui occupe la  cinquième place, correspondant à l'article : Descendit ad inferna. Tertia die resurrexit a mortuis. Thomas porte comme attribut l'équerre, ou (sur les Calendriers des bergers) la lance. La statue du saint que nous voyons en cinquième place ne peut pas être identifiée, en l'absence de tout attribut. D'autre part, elle peut avoir été placée ici lors d'une restauration. J'ai suivi l'identification du père Castel :

 "N°5. Saint Matthieu se distingue par le livre de son évangile et un phylactère tombant droit sur lequel jadis s’inscrivait peint quelque verset du Symbole des Apôtres." (Lubin et Castel)

Mais le livre n'est pas un attribut spécifique de Matthieu, puisque presque tous les apôtres en portent un. 

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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6. Saint Jacques le Mineur et son bâton de foulon.

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Le sixième article, propre à Jacques le Mineur, est:  Ascendit ad cœlos, sedet ad dexteram patris omnipotentis. L'apôtre occupe sa place canonique.

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L'apôtre se reconnaît à son bâton de foulon, dont l'extrémité dilatée est caractéristique. Une banderole verticale descend sur la ligne médiane.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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La face nord-est et ses quatre apôtres.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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7. Saint Philippe tenant sa croix à longue hampe.

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L'article n°7 du Credo, propre à Philippe, est : Inde venturus est judicare vivos et mortuos.

Castel lui attribue  le 8ème rang. Mais une restauration a été postérieure à sa description et a modifié l'ordonnancement :

"8. Saint Philippe se tient au dos de saint Jacques, livre fermé en main droite, croix à longue haste dans l’autre. Parmi les douze apôtres du calvaire c’est le seul doté d’une coiffure. Une sorte de bonnet de toile, enserrant la tête ajustement médiéval que les personnes de qualité portaient sous un large chaperon. L’association sur notre calvaire de saint Philippe et de saint Jacques le Mineur est loin d’être fortuite. Ils sont tous deux fêtés aujourd’hui le 3 mai, alors qu’auparavant leur était réservé le 1er jour de mai. Ce léger déplacement dans le calendrier fut décrété en 1955, lorsque Pie XII déclara saint Joseph patron des Travailleurs, tenant à associer la commémoration religieuse chrétienne de la manifestation civile du fameux Premier Mai." (Lubin et Castel)

 

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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8. Saint Barthélémy et son couteau à dépecer.

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À Barthélémy est confié le huitième article :  Credo in Spiritum Sanctum. "Je crois en l'Esprit Saint".

L'un des éléments remarquables est le "livre ceinture", déjà commenté à propos de saint Jean. La ferrure (avec un cabochon losangique) et les nerfs du dos sont bien visibles, ce qui montre que nous n'avons pas affaire à un sac de transport (qui masquerait ces détails), mais à une étoffe de préhension intégrée à la partie haute de la reliure.

 

 

"9. Saint Barthélemy bénéficie d’une statue indépendante. Il tient en main droite le coutelas qui servit à le dépouiller de sa peau lors de son martyre. Il porte aussi un long phylactère. Le revers de sa statue, non affiné est laissé comme on dit, sous le coup de l’outil." (Lubin et Castel)

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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9. Thomas et son équerre.

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Si on identifie, par l'équerre, l'apôtre Thomas, il devrait occuper la cinquième place et présenter le cinquième article : Descendit ad inferna. Tertia die resurrexit a mortuis. "Le troisième jour,  est ressuscité des morts ." 

Au contraire, nous devrions trouver ici Matthieu (identifié parfois par une balance et parfois, comme dans le Calendrier des bergers, par une hache. C'est lui qui présente le neuvième article Sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem, "[je crois] à la Sainte Église catholique, à la communion des saints".

 

 

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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10. Saint Simon et sa scie.

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Simon est ici à sa place, la dixième, correspondant à l'article  Remissionem peccatorum. "À la rémission des péchés"

 Saint Simon, tient en main gauche un livre ouvert. Sa droite s’appuie sur une scie qui compte une dizaine de dents. Cette scie rappelle que Simon au jour de son martyre fut scié, fermement serré entre deux lourdes planches.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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11. Saint Jude et sa hallebarde.

 Saint Jude Thaddée est également )à sa place traditionnelle correspondant au onzième article  Carnis resurrectionem, "À la résurrection de la chair".

 

 Il exhibe dans sa main droite la hallebarde, l’instrument de son supplice.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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12. Saint Mathias.

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C'est toujours lui qui termine le Credo, avec l'article  Vitam eternam. "[et à] la Vie éternelle [Amen]".

Mais comment l'identifier avec certitude ? Il tient la hampe d'un objet que je présume être une hampe (nous voyons la base du fer).

L'attribut de Mathias est habituellement la hallebarde ...

 

 

 

 

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Les anges aux phylactères servant de culots aux apôtres.

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Nous avons vu que nous devons distinguer deux types de statues d'apôtres : celles qui sont placées, par paires, à la pointe du triangle inférieur (André et Jacques le Majeur, Jacques le Mineur et Philippe, et Simon et Jude), sont plus basses. Les autres sont placées contre le massif rectangulaire.

Je leur applique la même numérotation que les titulaires.

Chacune de ces statues est posée sur la tête d' anges, mais du fait de leur disposition, il faut y distinguer là encore six qui sont taillés dans les pierres en pente du triangle, et  six qui desservent les statues plus hautes et indépendantes, et qui s'appuient sur le massif vertical du rectangle. J'indique leur numéro en chiffres romain pour le premier groupe, et en chiffre latin pour les autres.

Tous, sauf quatre, présentent des phylactères en en désignant le texte (peint et actuellement effacé) d'un index péremptoire.

Les quatre qui s'en dispensent appartiennent au premier groupe, ce sont ceux de André (II) et Jacques le Majeur (III),  Simon (X) et Jude (XI).  Ce sont des personnages en bustes, portant des aubes plissées à capuches rabattus sur la tête, et qui lèvent les deux bras pour soutenir, comme des atlantes, leur statue.

Comme ils occupent les pointes des triangles, ils forment des duos.

Au total, nous avons un ensemble de 8 phylactères, qui portaient certainement un texte peint au vu de l'insistance des anges à le désigner. Il faut y ajouter un phylactère qui ceinture le chanfrein du triangle supérieur. Et bien-sûr  les  banderoles de cinq apôtres. Le nombre total (13 ou 14) est trop élevé pour correspondre uniquement aux articles du Credo, mais cela ne me semble pas remettre en cause mon hypothèse.

Par contre, il faut — c'est évident — aller au delà d'un édifice simplement mnémotechnique et évaluer comment ces textes entrainent le fidèle à une pratique cultuelle dynamique, une procession alliant la récitation, incorporation ou manducation des paroles liturgiques et l'imprégnation émotionnelle de la participation aux souffrances de la Passion. Si on considère que tout le calvaire est pris dans ce mouvement, dans cette aspiration ascensionnelle ou cet élan spirituel, et si, comme il faut le faire, on en place le culte dans une dimension collective, on voit comme il donne une autre dimension (alors inédite) à la devotio moderna propagée par les chartreux, la lecture méditative, l'oraison et la contemplation individuelle des moines devant le Crucifix et les Plaies du Christ ou la lecture des Livre d'Heures. 

Il faudrait pouvoir y ajouter toute la liturgie chantée, l'éclairage (cierges, flambeaux), et bien-entendu la polychromie pour évaluer la puissance cultuelle d'un tel monument.

 

 

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Voici II et III ensemble, puis II, et III.

 

 

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile.

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Et voici X (sous Simon) et IX (sous Jude).

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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Bien qu'ils occupent la même position inclinée et inconfortable, VI (subalterne de Jacques le Mineur) et VII (celui de Philippe) s'entendent comme larrons en foire pour renoncer à se redresser, comme leurs collègues, et pour s'allonger sur la dalle tout en croisant leurs bras. 

Mais c'est pour la bonne cause :  car la couverture dont ils semblent enveloppés est un phylactère, dont ils pointent le texte de leur doigt.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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Les anges à phylactères de la rangée supérieure.

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On peut les considérer par couples de part et d'autres des pointes du triangle supérieur. Chacun maintient l'extrémité repliée du phylactère contre son torse, et déploie largement l'autre extrémité avec sa main droite, en se tournant vers elle. Mais ils écartent les bras en levant les coudes, comme les marmousets du premier étage. Leur chevelure est bouclée, mais ramassée en boules latérales. Leur visage et rond et joufflu, plus encore que ceux des autres marmousets ou de tous les personnages taillés par ce sculpteur.

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Voici par exemple, vue de l'ouest, le couple 12 (Mathias) et 1 (Pierre).

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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Le n°12.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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Le n°1.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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Le couple 4 (Jean) et 5 (Matthieu).

Ils portent des chapeaux, à bords évasés. Ils sont franchement tournés vers la droite.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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Le couple 8 (Barthélémy) et 9 (Thomas).

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Le n°8 porte une coiffe évasée. Notre n° 9, aux cheveux en boule,  fait exception, en tenant son texte de la main gauche.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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N°8.

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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N°9

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Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)  de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

Le calvaire (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen) de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. Photographie lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

 

—ABGRALL (Chanoine J.M.), 1914, Excursion archéologique du 10 mai 1914. Compte rendu, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère  tome 41 - Pages 211 à 237.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1914_0283_0309.html

"Le monument que nous avons sous les yeux est d'un intérêt tout particulier; on peut le classer comme le premier et le plus harmonieux des calvaires de second ordre; on ne peut rien imaginer de plus heureux comme groupement de person­nages et comme silhouette originale. La base est composée de deux massifs triangulaires se superposant et se compénétrant,
les angles du second correspondant au milieu des côtés du massif inférieur; et tout autour de la deuxième base, sur des culs-de-lampe en cariatides, les apôtres sont diversement étagés, pour donner plus de mouvement à l'ensemble. La plupart des cariatides tiennent de longues banderolles qui courent con­tre les parois du socle et qui ont pu recevoir autrefois des ins­criptions en couleur, mais ne portant pas de traces de gravure.
Au pied de la croix, par devant, est Notre-Dame de Pitié, tenant le corps de son fils et accompagnée  d'une des Saintes­ Femmes; plus haut, à deux niveaux différents, deux autres Saintes-Femmes et l'apôtre saint Jean. Au dos de la croix on voit la Sainte-Vierge tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras, plus haut la Madeleine tenant un vase d'aromates, et au sommet, derrière le crucifix, Notre-Seigneur ressuscité. Les larrons, surtout celui de gauche, se tordent dans des convulsions étranges, et il y a peu de sculpteurs modernes qui auraient assez de hardiesse et d'habileté pour traiter et mouvementer les corps humains comme l'a fait le vieil imagier du XVIe siècle. Les traces de peinture conservées sur les statues, demeurées surtout plus visibles dans les replis de leurs draperies, indiquent que primitivement tout ce calvaire était peint et doré: Qu'on ne se récrie pas à cette idée. Ce n'était point un exemple isolé. Au Moyen-âge comme au temps de la vieille Grèce classique, on a aimé l'architecture polychrome.
Les temples en marbre de la Grèce étaient rehaussés d'une décoration colorée. Au XIIIe siècle, la façade de N-D. de Paris était en grande partie dorée et peinte, et pour ce qui est  de notre pays, nous retrouvons les témoins de rehauts de pein­ture et de dorure aux porches de Lampaul-Guimiliau et de Rumengol, et au portail de l'évêque Alain à l'église du Fol­goët, sans compter une foule d'autres croix ou statues extérieures."

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/landrevarzec.html

1017. Quilinen, g. 6,50 m. Début XVIè s. Massif architecturé de plan triangulaire, le sommet pyramidant, statues des douze apôtres en ronde bosse, une Vierge de Pitié. Gibets des larrons. Fût central, marmousets, Jean et la Vierge, au sommet, sainte femme, saint au livre, Marie-Madeleine. Croix, fleurons carrés, crucifix, anges aux calices, Christ ressuscité. Oeuvre exceptionnelle. [YPC 1980]

—CASTEL (Yves-Pascal), 1997,  En Bretagne croix et calvaires ... Kroaziou ha kalvariou or bro, édition bilingue Minihi Levenez, Saint-Thonan.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), LUBIN (Joël) 2013 Patrimoine du Finistère, Landrévarzec.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_landrevarzec_quilinen.html

— CASTEL (Yves-Pascal), LUBIN (Joël) 2014, Landrévarzec. La chapelle Notre-Dame de Quilinen, Bull. Société archéologique du Finistère 133-154 ; 4

 

— CASTEL (Yves-Pascal), GARGAM (Y.), LUBIN (Joël), 2014, "Landrevarzec, le grand calvaire de Quilinen", vidéo de 20 minutes à partir de deux émissions sur RCF Rivages.

— FAVÉ (A), 1898, Un procès-verbal des prééminences à Landrévarzec et à Quilinen (1648), Bull. Société archéologique du Finistère , 14-29.

— KERNALEGUEN (Daniel), 2019, visite guidée

https://www.dailymotion.com/video/x7l6lyc

 

— MALO-RENAULT (Emile) 1907, L'art chez les Bas-Bretons, Le tour de France, tome troisième, 1907, n°40, p. 259-276 :

« Sur l'angle du mur bas, entourant le velours vert d'un carré d'herbe, [le calvaire de Quilinen ] dresse deux massifs triangulaires superposés aux plans inclinés desquels grimpent les statues des apôtres. Pierre, plus grand que les autres de toute sa tête, pour marque de son autorité, porte sur l‘épaule droite une clé géante ; André tient devant lui sa croix en X, les autres disciples dans le même mouvement  ascensionnel se groupent avec la Mère  Douloureuse et les saintes femmes autour des trois croix : tandis que courbés en arc sur le thau de leur supplice, les deux larrons sont dominés de très haut par le Maître.  Mais où le mysticisme triomphe,  c’est dans l’arrangement  des croix. En effet, si en sortant de la chapelle on regarde le calvaire, il est impossible d’apercevoir la croix du mauvais larron, elle disparaît totalement derrière la croix du Christ. Le génie de l’imagier s’est attaché à empêcher ainsi  la vision du réprouvé. Ceux qu’on nomme les Grands Calvaires : Tronoën, Plougonven, Guimiliau, Plougastel etc…nul de ces groupements, de ces grouillements de statuettes dans le Léon ou , ne vaut l’élégance hardie, l’ordonnance rationnelle du calvaire de Quilinen. Et ne faut-il pas noter à part, la grâce, flamande un peu, de la Vierge à l’Enfant appuyée au revers de la croix , la noblesse d’attitude de certains apôtres et le charme fin des petites figures à demi effacées qui leur servent de support, l’intensité de torture  qu’expriment les larrons ? Certes on ne trouvera point ici la souplesse  et la science sûre des imagiers de ou de l’Ile de France. Mais comme le sentiment remplace tout cela et comme celui qui regarde, sans mesquinerie d’analyse, se sent vite empoigné par la beauté de l’œuvre ! »

(in Charles le Goffic, 1921  L'âme bretonne édition 2017 page 113)

https://books.google.fr/books?id=B4KrDgAAQBAJ&dq=%22Mais+o%C3%B9+le+mysticisme+triomphe,+c%E2%80%99est+dans+l%E2%80%99arrangement+des+croix.%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

—MAUGUIN (M.) ) 2016, Les armoiries de la chapelle de Quilinen, alias Kilinenn, en Landrévarzec, Bull. Société archéologique du Finistère , 203-219.

 

 

— (calvaire de Quilinen) 1893, Bull. Société archéologique du Finistère 128

 

—SITE DE LA COMMUNE

http://www.landrevarzec.fr/spip.php?article25

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A PROPOS DU CREDO APOSTOLIQUE :

 

 

 

— LAFEUILLE (Jérôme), 2020... Un nouveau regard sur le jubé de Kerfons, ARSSAT n°4

— LAFEUILLE (Jérôme), Le Calendrier des bergers modèle du Jubé de Notre-Dame de Kerfons. Son interprétation à la limière du Symbole des apôtres / in Société d'émulation des Côtes d'Armor. Bulletins et mémoires ; Histoire et Archéologie, Vo 148, Septembre 2020 (01/09/2020)

— MÂLE (Emile) Le Credo des apôtres in L'art religieux à la fin du Moyen-Âge en France  page 246-296

https://archive.org/stream/lartreligieuxdel00mluoft#page/250/mode/2up/search/credo

— PSAUTIER DE JEAN DE BERRY, Bnf fr. 13091, 1380-1400. Enluminures d'André Beauneveu.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f16.image.zoom

— GRAND CALENDRIER DES BERGERS

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k84894z/f88.item

— GRANDES HEURES DE JEAN DE BERRY  ou Horae ad usum Parisiensem , 1400-1410

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b520004510/f11.item

— BREVIAIRE DE BELLEVILLE : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum, dit Bréviaire de Belleville. Bréviaire de Belleville, vol. I (partie hiver), 1323-1326

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451634m/f13.image

— GAY (Françoise) 1993, Le choix des textes des prophètes face aux apôtres au Credo", in Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

— HASENORH (Geneviève), 1993 "Le Credo apostolique dans la littérature française du Moyen-Âge", Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

— LACROIX (Pierre) , Renon, Andrée,  Mary, Marie-Claude, Vergnolle, Éliane [Publ.] Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon (1993).Sommaire en ligne 

— RENON F, relevé du Credo du chœur de la cathédrale de Cambray en 1404 Revue de l'art chrétien: recueil mensuel d'archéologie religieuse, Volume 8 Arras ; Paris 1864 page 262.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. Sculpture Credo des apôtres
10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 17:43

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts.

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Voir :

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PRÉSENTATION.

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Le calvaire est placé au centre approximatif du placître, devant le porche sud (plus tardif, datant de 1589) et l'ossuaire (plus tardif également, vers 1550). En le datant vers 1500, c'est le monument le plus ancien de l'enclos, puisque la partie la plus ancienne de l'église, son porche ouest, date de 1551.

«  Au maître de Quilinen, [auteur du calvaire éponyme] on attribuera Motreff, modeste, Mellac, fortement charpenté et Saint-Hernin, rafistolé comme on a pu.

Proche de Quilinen dans le temps, moins remarquée, la manière du Maître de Brasparts, sonne plus "breton" aux yeux des amateurs, comme si la manière des autres l'était moins. Sans doute issus du ciseau du maître de Brasparts, les calvaires de Loqueffret, de Plouénan, timbré des armoiries des Kersauzon et des Keranguen, et de Vesly, dans l'Eure, étonnant sous le ciel normand, où il a été transporté il y a seulement quelques décennies. » (Castel 1980 page 125)

 

 Selon Emmanuelle Le Seac'h, qui reprend dans sa thèse les dénominations et attributions d'Yves-Pascal Castel,  le Maître de Brasparts est un sculpteur au style médiéval affirmé,  dans la veine du Maître de Quilinen (fin XVe-début XVIe). Ce dernier, aurait réalisé, vers 1500 ,  outre le calvaire à composition ascensionnelle de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec [1450 pour Castel], ceux de Motreff et de Mellac, et les larrons de celui de Saint-Hernin. Ainsi qu'une sculpture de saint Pierre à Briec-de-l'Odet, et la croix en granite du Vieux-Bourg de Lothey.

Le Maître de Brasparts aurait réalisé, lui,  outre le calvaire éponyme, ceux de Loqueffret et de Plouénan. 

Les points communs aux deux maîtres sont nombreux et convaincants. Le Maître de Brasparts privilégie également une élévation ascensionnelle avec un point de convergence se dirigeant vers le sommet de la croix, et la Crucifixion, par une sorte de démonstration théologique en image. Il reprend sous son ciseau les "marmousets" (Castel nomme ainsi les personnages vêtus en écuyer et tenant des écus au nœud du fût), si caractéristiques du Maître de Quilinen. La Déploration, le saint Michel terrassant le dragon, les larrons sur leur gibet distinctif, ou le titulus qui adopte la forme d'une bande d'étoffe repliée en M, sont des "marqueurs" iconographiques communs aux deux ateliers. Et on y retrouve aussi le Christ ressuscité montrant sa plaie, et les anges au calice. La hauteur est presque la même, 6,50 mètres à Quilinen, et 6 mètres à Brasparts. Aussi la proximité

Mais le calvaire de Quilinen serait plus ancien (Castel le date vers 1450) et il est en granite. Sa base en étoile et sa composition en spirale accueillent 47 personnages. Le calvaire de Brasparts  — qui a perdu la Vierge et Jean qui occupaient la console— ne compte que neuf personnages. Sa base est, plus banalement, rectangulaire. L'un des larrons a été remplacé par un Christ aux liens.

À Brasparts, le granite a servi pour construire le socle et l'emmarchement : le calvaire est posé sur un massif carré doté d'une table d'offrande à l'ouest, et de bénitiers sur les faces sud et nord : ce massif s'affine par des chanfreins en un socle, auquel s'intègre une Déploration (souvent désignée comme Vierge de Pitié ou Pietà). Les trois fûts sont implantés sur ce socle, de forme polygonale puis cylindrique ; le fût central, plus haut, est celui qui porte la croix.

 

 

Voir : 

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Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

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LA DÉPLORATION À QUATRE PERSONNAGES.

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Ce groupe rassemble autour de la Vierge et de son Fils une sainte femme, et — à mon avis — Marie-Madeleine identifiée par le pot d'aromates posé à ses pieds. C'est l'une des rares Déplorations où les personnages sont debout autour du Christ, comme trois colonnes de taille presque identiques barrées par la diagonale oblique vers le bas et la droite, du Fils descendu de la croix.

"La pietà reflète dans une raideur stoïque la douleur de la perte d'un être cher. Les trois Marie soutiennent le Christ juste après sa Descente de la croix. Entourant la Vierge, on trouve ainsi Marie Cléophas, mère de Jacques l Mineur à gauche, et Marie Salomé mère de Jacques le Majeur à droite. Toute la composition est axée sur la verticalité  et la rigueur et accentuée par l'arc de cercle que forment le corps du Christ et son bras inanimé. Au centre, la Vierge pose la main gauche sur la hanche de son fils. Son voile est rabattu sur les côtés  en forme de cornette identique à celle du Maître de Tronoën a attribué à ses représentations de la Vierge. Les deux femmes qui l'entourent portent le même voile qui leur recouvre aussi les cheveux. Les pieds dépassent à peine les robes qui forment des plis en volutes.

La femme qui est à droite de Marie est la seule à saisir le corps des deux mains au niveau du bras droit. À gauche, la sainte Femme est enveloppée dans son voile qui forme un drapé  arrondi harmonieux. Les femmes aux visages rectangulaires et stoïques expriment à travers le sérieux de leur expression toute la rudesse "montagnarde" et venteuse de la région. La douleur des femmes s'exprime par la forme étirée des paupières et le philtrum bien visible. Le sculpteur a placé une ride horizontale appelée ride du lion sur le front pour vieillir leur visage.

Les jambes du Christ sont raides; la cuisse fine et l'arête des tibias donnent une forme triangulaire au bas des jambes. Ses pieds et ses mains sont larges tout comme ceux de la Vierge et de ses parentes, les doigts bien alignés, le pouce de la main droite collée à la paume. Sa tête penche vers le sol, suivant la ligne donnée par sa main. Il porte les cheveux très longs qui retombent sur la poitrine et une couronne ainsi qu'une barbe aux motifs en œillets. Le nez est pointu. Un léger rictus, que l'on retrouve sur tous les personnages marque le visage ; les commissures des lèvres sont légèrement tombantes." (Le Seac'h)

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René Couffon rapproche ce groupe de la Déploration de Nizon, près de Pont-Aven, bien connu pour figurer sur le Christ vert de Gauguin. La datation serait du XVe, mais l'Atlas des croix et calvaires ne la précise pas.

 

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Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Brasparts.
Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

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SAINT MICHEL TERRASSANT LE DRAGON.

 

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"Adossé au bas du fût, saint Michel terrasse le dragon. Une lance aiguisée pénètre dans la gueule béante de la bête gisant à ses pieds, les pattes arrière levées accrochées à sa jambe. On retrouve ici la représentation coutumière de l'animal fabuleux similaire à celles des crossettes et gargouilles. Les pattes sont griffues, les oreilles pointues et la gueule est entièrement recouverte de dents, même dans le fond des mâchoires, sans souci de réalisme. Le corps maigre est efflanqué est plissé tout comme la tête. Saint Michel porte une petite rondache à la main gauche. Il est chaussé de solerets aux articulations imitant le métal soigneusement sculptées. Le saint est tête nue, les cheveux se partageant en mèches à l'extrémité arrondie.

Il est présenté de la même manière qu'à Mellac et ensuite à Saint-Hernin et Plourac'h." (Le Seac'h p. 245)

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Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

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LA CONSOLE  ET SES TROIS MARMOUSETS.

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J'ai déjà exprimé mon petit désaccord avec le choix du terme de "marmouset", que le CNRTL définit comme une figure grotesque décorant un culot, un support. Les personnages masculins réduits à leur buste occupent certes un support, celui de la console, mais n'ont rien de particulièrement grotesques. Le qualificatif est toujours dépréciatif, et seul le nez épaté d'un des trois écuyers (c'est là mon terme), et les ventres proéminents pourraient le justifier.

Leur visage et leur coiffure, leur tunique, leur façon de se tenir les bras entrecroisés comme dans une ronde, ou de saisir entre pouce et les doigts longs leur écu, se retrouve à Quilinen, à Motreff et à Saint-Hernin .  Ainsi que sur le calvaire d'Ergué-Armel à Quimper.

La console permettait d'accueillir trois personnages. On pense à la Vierge et à Jean, comme à Motreff, à Mellac.  Et peut-être, pour la troisième place, au Christ aux liens replacé sur le troisième fût, mais qui n'est pas de l'atelier.

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"Trois marmousets se tiennent les bras entrelacés, portant des blasons aujourd'hui muets. Ils sont vêtus de chemises boutonnées serrées sur le haut du vêtement, une large échancrure faisant bailler le tissu au niveau du ventre, avec un col large et pointu. Ils portent une coiffure identique à celle de saint Michel. Les marques des ciseaux des sculpteurs sont encore visibles ; les chevelures ne sont pas lissées. Les visages sont similaires à ceux des personnages de la pietà et de Michel. Les paupières sont étirées sur les côtés, les pommettes rondes et le sillon naso-génien creusé. Les bouches sont plus marquées que pour la pietà ou Michel et les têtes plus grosses." (Le Seac'h)

 

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Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Brasparts.
Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

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LE CHRIST EN CROIX.

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"La Crucifixion présente un Christ très raide, presqu'à la verticale. Son pagne est croisé sur le devant avec les pans de tissu tombant au milieu. La tête est similaire à celle du Christ de la pietà". (Le Seac'h)

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Deux anges, dont les tuniques longues forment un demi cercle de chaque côté de la croix, recueillent le sang des plaies des mains dans des calices, aujourd'hui brisés. Celui placé à la droite du Christ recueille aussi, dans un calice bien préservé, le sang (ou plutôt l'eau) s'écoulant de la plaie causée, au flanc droit, par la lance de Longin.

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Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

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LE CHRIST RESSUSCITÉ.

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"Un Christ ressuscité,  au visage semblable à celui de la Crucifixion, montre de la main droite sa plaie de côté et lève la paume gauche. Il porte un collier de barbe formé d'œillets, identique à celui qu'arborait le mauvais larron. La bouche est plus tombante, comme celle des saintes Femmes de la pietà tout comme le nez rond et écrasé." (Le Seac'h)

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Cliché Bernard Bègne, Inventaire, IVR53_20082900083NUCA

 

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Face est, détail du Christ, cliché Bernard Bègne, Inventaire.

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LE CHRIST AUX LIENS (ECCE HOMO).

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"Sur le fût gauche du calvaire, un Christ, qui n'est pas de la même main que le reste de l'œuvre, est attaché à une colonne pour la Flagellation. Les poings liés sur le devant, il tient une palme dans sa main gauche. Son visage est très différent de ceux du Maître de Brasparts. Les yeux ont l'iris creusé, les paupières sont étirées dans les angles et la bouche est entrouverte. Un manteau maintenu par une agrafe lui couvre les épaules." (Le Seac'h)

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Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

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LES LARRONS.

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Le mauvais larron, vêtu d'un pagne à la braguette accentuée,  est renversé en arrière sur son gibet en T, dans une posture extrême puisque ses bras violemment écartés sont liés au fût.  La jambe gauche est liée par une corde, tandis que l'autre, brisée au dessus du genoux, devait être fléchie, comme à Saint-Hernin pour témoigner du texte évangélique de Jean 19:31-32 où Pilate ordonne qu'on brise les jambes des larrons pour achever leur agonie.

Le visage est difficile à observer. Le Seac'h indique que la chevelure est constituée des mêmes "œillets" que la barbe du Christ de la Déploration.

 

Le cliché de Bernard Bègne est excellent. On constatera, depuis,  la progression de croissance des lichens qui dégrade la sculpture.

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Cliché Bernard Bègne Inventaire. IVR53_20082900052NUCA

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Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts) de l'enclos paroissial de Brasparts. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie), 1904, ABGRALL, " Brasparts." Notices des paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Dans : Bulletin de la commission diocésaine d´architecture et d´archéologie, vol. I, 1904, p. 269-310. 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a9bcd85954569ead5bea76e10871c65e.pdf

BRETANIA 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/enclos-paroissial-et-eglise-notre-dame-et-saint-tugen-brasparts/1a009404-b5ab-4141-aedd-1f76c635168e

 

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/brasparts.html

1 schéma, 10 photos de G. Lemoigne.

"Brasparts, église, g. k. 6 m. Début XVIe s. Base rectangulaire avec banc. Table d’offrande, appuyée au massif, bénitiers latéraux. Groupe de N.-D. de Pitié, aux trois femmes. Socle cubique, trois croix. Fût central, saint Michel en armure terrassant le dragon, console à trois marmousets, écus muets. Noeud tronconique. Croix à branches rondes, crucifix, anges recueillant le Sang, titulus, banderole volante à caractères gothiques, Christ ressuscité montrant sa plaie. Fût de droite: mauvais larron. Fût de gauche: statue du Christ attendant le supplice." [YPC 1980]

CASTEL (Yves-Pascal), Les pietà du Finistère.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

 

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  "Brasparts", Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/2508776b54549a17f3c01de1b578a15c.pdf

 

DOUARD (Christel) 2008, dossiers IA29003243 et IA29003235 de l'Inventaire

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-basparts/73f9dcb1-6153-45b7-a720-5532e87dffd2

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/les-croix-monumentales-et-calvaires-sur-la-commune-de-brasparts/49fc26c6-8ad1-40fa-afac-d96a3ecf2d76


 

Le calvaire semble dater globalement du début du 16e siècle. Il a été remanié à plusieurs reprises (remontages, déplacements ou pertes d'éléments).

Le calvaire de Brasparts est difficile à appréhender à cause de remaniements successifs et de probables assemblages de parties sculptées ne provenant peut-être pas toutes de l'oeuvre initiale. Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour savoir si les parties sculptées proviennent d'un seul atelier. La représentation de saint Michel terrassant le dragon est en rapport avec la chapelle éponyme (aujourd'hui en Saint-Rivoal). Remarquables et oeuvres d'un ou de plusieurs artistes confirmés, les parties sculptées, et plus particulièrement la scène associant l'iconographie de la Descente de croix, de la Vierge de Pitié et de saint Michel, se comparent, entre autres, aux calvaires de Saint-Hernin, de Nizon (Pont-Aven), de Mellac ou de Quilinen (Landrévarzec).  

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— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes, pages 244 à 245.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f468824166f13.80641366/2015_30.pdf

— STANY-GAUTHIER (Joseph), 1950, Les calvaires bretons.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. Sculpture Déplorations
20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 10:12

Le calvaire (granite et kersantite, 1581-1588, Maître de Guimiliau  ; Maître de Saint-Thégonnec ) de l'enclos paroissial de Guimiliau. II. Résurrection et apparition aux pèlerins d'Emmaüs. La croix  et son croisillon (Yan Larhantec XXe siècle).

Voir sur ce calvaire :

 

 

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Voir sur Guimiliau :

 

 

 

 

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III. LES SCÈNES DE LA PLATE-FORME (SUITE) .

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Sur le registre supérieur de  la face Ouest, au centre,  la Résurrection.

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Le Christ victorieux est debout sur son tombeau, vêtu d'un pagne et du manteau à fermail losangique; il tient la hampe de l'étendard de la Résurrection, aujourd'hui brisé. Il émerge d'un monceau informe constitué des corps des soldats endormis dans des pauses extravagantes (comme sous l'effet d'un sortilège), de leurs casques de leurs boucliers , épées, hallebardes et attirails.

À sa droite, derrière un tronçon de croix écoté, un soldat se dresse, comme halluciné, la main sur le pommeau de l'épée, la rondache à masque léonin protégeant son coté gauche, et nous pouvons détailler son costume, en commençant par un chapeau rond à haute forme et à larges bords (rappelant celui porté par Henri IV sur ses portraits). Le col rabattu, le pourpoint à boutons ronds et à manches larges et à crevés, la ceinture tressée, les hauts de chausses à gros plis, les guêtres ou bottes à revers sont des éléments précieux pour l'histoire du costume Henri III.

Adossé contre sa jambe, un autre soldat au costume assez similaire dort, la tête renversée ; il tient une flasque de vin décorée d'une marguerite à quatre pétales : ainsi pourrait s'expliquer la torpeur de la troupe chargée de veiller sur le tombeau...

De l'autre coté, à notre gauche, un autre groupe fait symétrie avec celui que nous venons de décrire. L'un des hommes est debout, le tronc en arrière, comme s'il regardait avec stupeur l'impensable, la résurrection du condamné, dont le corps se dresse bien vivant devant lui. C'est l'équivalent de la scène plus classique de l'éblouissement, celle des gravures et vitraux, où les soldats protègent leurs yeux d'une main placée en visière.

Il est casqué, comme son compagnon qui est assis devant ses jambes, et qui porte l'armure complète.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.


 

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Sur le registre supérieur de  la face Est, à droite,  les Pèlerins d'Emmaüs.

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D'après E. Le Seac'h, Guimiliau est le seul calvaire à représenter la Marche vers Emmaüs.

Elle y décrit le Christ ressuscité, portant un chapeau à bords relevés. 

Malgré tout mon désir de lui donner raison — car François Boespflug, qui les a recensées, a souligné la rareté de ces représentations du Christ pèlerin coiffé d'un chapeau  —, la fréquence sur ce calvaire des nimbes larges très faciles à confondre avec un couvre-chef m'impose la prudence : jusqu'à preuve du contraire, le Christ est ici porteur de l'auréole, comme au Tombeau par exemple.

Il bénit de sa main droite, mais sa main gauche est dissimulée par sa manche, et par un repli d'étoffe suspendu par un cordon (l'ourlet de l'encolure ?).

Les deux pèlerins, qui se ressemblent, sont coiffés du bonnet carré et portent leur baluchon sur l'épaule gauche, au dessus de leur manteau.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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IV. LE CALVAIRE À UN CROISILLON. LA VIERGE ET SAINT JEAN, SAINT YVES ET SAINT PIERRE.

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"La croix est dressée au milieu de la plate-forme. De chaque coté de Notre-Seigneur, sur les croisillons, sont la sainte Vierge et saint Jean et; adossés derrière, saint Pierre et saint Yves. N'y avait-il pas autrefois double croisillon, pour supporter les deux cavaliers que l'on voit maintenant sur le petit arc de triomphe qui fait entrée du cimetière ? et de plus, les croix des deux larrons n'ont elles pas existé ? On pourrait croire que pendant la Révolution les trois croix auraient été renversées, et qu'on n'aurait fait qu'une restauration partielle." (Abgrall, 1906)

"La tête de croix en kersanton, brisée par une tempête en 1902, a été refaite par Yan Larhantec. Il a remplacé la console décorée d'un ostensoir et de chandeliers et sculpté le Crucifié accompagné  de quatre anges recueillant le sang des mains et des pieds. La Vierge géminée à Pierre, et Jean géminé à Yves sont du Maître de Saint-Thégonnec (1550-1610). Le fût sculpté d'écots est en granite. Il manque peut-être un croisillon à la croix, les deux cavaliers placés sur l'arc d'entrée de l'enclos pouvaient primitivement en faire partie. Il n'y a pas non plus de croix des larrons. " ... "Le Maître de Saint-Thégonnec avait dû réaliser aussi le crucifix, avec la Vierge à l'Enfant située sur l'arc de triomphe." (Le Seac'h)

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1°) LA FACE OCCIDENTALE.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.


 


 


 

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a) Le Crucifié et les anges hématophores (kersanton, Yann Larhantec, après 1902).

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Yann Larhantec est né à Plougonven en 1829 et décédé en 1913 à Landerneau. Malgré son absence de formation en sculpture, il est remarqué par le recteur de Plougonven qui le fait travailler sur l'église, puis sur le calvaire de Keralivet. Il installe ensuite son atelier de taille du kersanton à Morlaix puis à Landerneau, et réalise des sculptures à Morlaix, Saint-Thégonnec, Plouigneau, Sein, Ouessant, dans les Côtes d'Armor et jusqu'en Normandie. L'article Wikipedia signale 134 chantiers de son atelier qui comptait, vers 1890 plus de 20 ouvriers. Son style se reconnaît entre autre aux bras courts de ses Christ, 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Larc%27hantec

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22Larhantec%22

https://hyperleap.com/topic/Yann_Larhantec?page=2

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Le Christ et les anges recueillant de chaque coté le sang des plaies dans un calice est parfaitement dans la tradition des ateliers de sculpture de Landerneau (Prigent ou Roland Doré), bien que l'ange de droite ne recueille pas, ici, le sang issu du flanc.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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b) La Vierge (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Le Maître de Saint-Thégonnec a réalisé le calvaire de cet enclos en 1610 :

 

 

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Selon Le Seac'h, "son style est caractérisé par la moue triste qu'il donne à ses personnages, et qui exprime un profond désarroi par rapport à la destinée tragique du Christ".

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À Saint-Thégonnec, le croisillon inférieur comporte, comme à Guimiliau, la Vierge géminée à Pierre, et Jean géminé à Yves. Pourtant, je peine à reconnaitre le style du Maître de Saint-Thégonnec dans les personnages homologues de Guimiliau, et je ne retrouve pas ici les traits nerveux, affutés que j'ai photographié à Saint-Thégonnec, ou la finition soigneuse de la pierre. Les postures, les accessoires sont différents, et on ne remarque pas à Guimiliau les larmes en pétales de marguerite témoignant de leur chagrin. Je recherche en vain un détail significatif qui soit commun aux deux réalisations.

Ici, la Vierge est  engoncée sous son manteau, les mains croisées sur la poitrine ; le visage est court, sa partie inférieure rond. Les yeux globuleux mais aux paupières sculptées donne une expression lourde voire absente.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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c) Saint Jean (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Il tient son évangile sous le bras gauche, pose une main sur la poitrine et semble nous toiser. Il n'a pas l'élégance inspirée de celui de Saint-Thégonnec.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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2°) LA FACE ORIENTALE.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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a) Saint Yves (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Saint Yves est représenté quatre fois à Guimiliau : sur le calvaire, sur un bas-relief du porche, sur le retable de Saint-Joseph, et dans le chœur. A À chaque fois dans une situation différente.

Sur ce croisillon, il porte la cotte talaire, un surplis plissé,  et un camail à capuche ; cette dernière recouvre le bonnet carré. 

Il ne tient pas, comme à Saint-Thégonnec, le sac  de transport de son livre de droit, mais reste dans son rôle de juge (official) ou d'avocat puisqu'il tient dans la main gauche, un rouleau de papier évoquant un placet -pièce du dossier de la défense- ou le texte de sa plaidoirie. 

Surtout, ses doigts réunis forment le geste de l'argumentation oratoire et juridique. Les lichens, la distance et l'angle de vue en contre-plongée ne permettent pas de le détailler, mais néanmoins ce geste diffère des représentations que j'ai pu réunir, et où l'index est posé sur le pouce. Il me semble que les deux index sont réunis pulpe contre pulpe.

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—Saint Yves à Guimiliau :

 

 

 

— Saint Yves et le geste de l'argumentation, etc. :

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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b) Saint Pierre (Maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610).

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Là encore, les lichens camouflent la statue. Le saint tient la clef qui est son attribut du coté gauche : c'est une clef à anneau losangique terminé par une boule ; mais est-ce un livre qu'il tient de la main droite ?

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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c) Le nœud du croisillon (kersanton, Yan Larhantec, après 1902).

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 


 

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SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), 1980, "Guimiliau" n° 666 . "Guimiliau, église, le Grand Calvaire", Atlas des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/guimiliau.html

"Calvaire en granite et kersanton, daté de 1581-1588.

Soubassement de plan octogonal avec ailes percées d’arcades, avant-corps, table d’offrande encadrée de colonnes cannelées, escalier d’accès à la plate-forme.

Les scènes de la vie de Jésus se déploient sur la frise et à l’étage, dans un ordre non chronologique. De gauche à droite, en commençant par la face occidentale:

Entrée de Jésus à Jérusalem, Cène, , Agonie, Arrestation,. Sur la plate-forme: Vierge de Pitié, Madeleine, Résurrection, Enfer, Descente de Jésus aux limbes, Véronique, Baptême de Jésus, Portement de croix, Scène d’outrages, Mise au tombeau, Disciples d’Emmaüs, Pilate se lave les mains, Scène de dérision, Flagellation, Couronnement d’épines, personnage isolé.

Croix centrale sur fût rond, écots, croisillon, statues géminées: Vierge-Pierre, Jean-Yves, crucifix et anges recueillant le Sang.

Vestiges de l’ancienne croix placés sur l’arc de l’entrée d’enclos: cavaliers, Vierge à l’Enfant.

Mis à part le travail évident du restaurateur dans la croix centrale, on distingue plusieurs mains dans l’exécution, reconnaissables à la manière de traiter les yeux, globuleux ou figurés avec les paupières. Une tête d’apôtre du porche a pris place sur les épaules d’un personnage de la Mise au tombeau.

Une inscription en partie détruite sur l’architrave de la niche occidentale pourrait apporter une précision sur l’auteur de cette oeuvre magistrale débordante de vie: AD GLORIAM DOMINI 1581 CRUX: CNO: FACTA: FUI (T). La croix fut faite à la gloire du Seigneur par Stefan (?)" [YPC 1980]

— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

 

"Passons maintenant . encore à l'extérieur pour étudier le poème de pierre taillé par le ciseaux de nos ancêtres. · La disposition générale de ce calvaire consiste dans un massif carré, accosté à ses angles de quatre ailes en gros contreforts percés d'étroites arcades, entaillant les angles et réduisant la partie inférieure de ce carré à la forme octogonale. Au-dessus règne la première série des représentations, et la seconde se trouve sur la plateforme . Ces arcades, ces contreforts, les corniches aux vigoureuses moulures, les groupes de personnages se détachant sur les parois du monument ou se profilant sur le ciel, donnent à l'ensemble un mouvement et un relief étranges. Joignez à cela l'originalité des costumes, la vie des physionomies et des figures, la nervosité et la désinvolture de certaines attitudes et vous' admettrez que ce calvaire de Guimiliau est le plus remarquable des calvaires bretons, le plus curieux, le plus intéressant, le plus instructif à étudier. Il n'a pas la correctioi1 un peu raide et froide de ceux de Pleyben et de Plougastel, mais il traduit mieux l'esprit et les mœurs de l'époque ou il a été construit. Dans les bourreaux qui entourent Notre-Seigneur aux différentes scènes de la Passion, ne reconnaît-on pas réellement la soldatesque du temps de Henri III, les soudards brutaux, fanfarons, joyeux viveurs, prenant part à une scène carnavalesque, et menant avec leurs tambours et leurs olifants, un véritable charivari. Sur la paroi Ouest, encadré entre deux colonnes cannelées, est un petit autel surmonté de la statue de saint Pol de Léon. Les colonnes portent une frise sur laquelle on lit cette inscription et cette date : AD. GLORTAM. DO:\HNI. 1581. CRUX EGO. FACTA. FUI. A la gloire du Seigneur, j'ai été érigé. Comparons cette date avec celle des autres calvaires de premier ordre : Celui de Tronoën doit être des dernières années du xve siècle. - Plougonven est de 1554. - Plougastel-Daoulas, 1602. - St-Thégonnec, 1610. - Pleyben, 1650.

Sur la façade de chacun des contreforts est assis un des quatre évangélistes, écrivant dans un livre posé sur un pupître : quelques-uns sont coiffés de la barrette  bonnet de docteur, en qualité de narrateurs de la vie .et. de la Passion du Sauveur, dont les scènes vont se dérouler sous nos yeux. En effet, ce n'est pas seulement le drame de sa Passion et de ses souffrances mais aussi de nombreux épisodes de son enfance et de sa vie,  nagter a figuré ici pour en faire comme un abrégé de l'Evangile.  Ces scènes sont un peu bouleversées et rangées dans un ordre irrégulier ; je les cite en les rétablissant dans l' ordre naturel et historique :

 1: - Annonciation. 2. - Visitation. . 3.- Nativité de l'Enfant-Jésus. --Les anges et les bergers l' entourent pour l'adorer et lui offrir leurs hommages. 4. - Adoration de Rois mages . A la base de ce groupe est la date de 1588. 5.  Présentation au temple. 6. Fuite en Egypte. 7.  Baptême de Notre-Seigneur par Saint Jean. 8. -Entrée à Jérusalem. . 9. - Dernière scène. 10. - Lavement des pieds. 11.- Prière et agonie au Jardin des Oliviers. 12. --Trahison de Judas. 13. - Saint Pierre coupe l'oreille de Malcus. 14. --Flagellation, Notre-Seigneur attaché à la colonne. 15. - Couronnement d'épines. --27- 16. -Notre-Seigneur couronné d'épines, lié par des cordes et tenu par des bourreaux, est moqué et conspué: 17. Notre-Seigneur, les yeux bandés, est outragé par la valetaille. 18. - Notre-Seigneur condamné à mort. - Pilate se lave les mains ; il est assis dans un fauteuil à dais et à dosseret. A ses pieds est un chien. 19 - Portement de Croix. - Notre-Seigneur est entouré de soldats dont les uns battent du tambour, les autres sonnent 'du cor et de l'olifant, d'autres le tirent ou le poussent ; c'est une scène extraordinairement mouvementée, et en même temps très intéressante comme étude des costumes militaires de cette époque. 20. - La Véronique tenant le voile de la Sainte~ Face.

21. - Cruxifiement. - La croix est dressée au milieu de la plate-forme. De chaque coté de Notre-Seigneur, sur les croisillons, sont la sainte Vierge et saint Jean et; adossés derrière, saint Pierre et saint Yves. N'y avait-il pas autrefois double croisillon, pour supporter les deux cavaliers que l'on voit maintenant sur le petit arc de triomphe qui fait entrée du cimetière ? et de plus, .les croix des deux larrons n'ont elles pas existé ? On pourrait croire que pendant la Révolution les trois croix auraient été renversées, et qu'on n'aurait fait qu'une restauration partielle.

22. - Descente de Notre-Seigneur aux limbes, ou plutôt aux enfers, car c'est bien la figuration de l'enfer que cette gueule monstrueuse remplie de flammes, au milieu desquelles. sont des damnés, .et dans laquelle ties démons poussent et entraînent Catell Golfe!, fille damnée qui revint après sa mort pour dire son malheur irréparable et dont l'histoire fut chantée au long dans la complainte du Guerz de cette époque. Ce tableau n'est pas complet, ou a été bouleversé, car à quelque distance on' voit Adam et Eve qui accourent au devant de Notre-Seigneur venant pour leur annoncer leur délivrance.  23. Descente de croix. ~il. ~-Mise au tombeau.- Autour du corps inanimé du S:amreur sont la sainte Vierge et le& trois Marie, Joseph d'Arimathie, Nicodème et Gamaliel, tenant la couronne d'épines. Un autre personnage en chapeau et deux en barrettes assistent à cette scène. 25. - Résurrection. - Notre-Seigneur plein de vie et de force sort du tombeau ; les gardés sont renversés à terre ; cependant deux d'entre eux restent debout et regardent Notre-Seigneur avec un mélange d'étonnement et d'effronterie .

 Autrefois tous les personnages de ce calvaire étaient couverts de grandes plaques de lichen blanc qui faisaient des tâches singulières contrariant les plis des draperies et des costumes, dénaturant les physionomies si expressives des figures. Un honorable et érudit voisin, ami dévoué de notre art breton, s'est intéressé à ce monument, a replacé et consolidé quelques personnages, puis a tout lavé et brossé ; et si le pittoresque ou la dénaturation chère à quelques archéologues y a perdu, la lecture des scènes si vivantes et si variées y a beaucoup gagné.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

 

 — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

POTIER DE COURCY (Pol), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo: itinéraire historique et descriptif; L. Hachette et Cie, page 283

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=guengat+kergorlay+guimiliau&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 



 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Kersanton
18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 14:53

Le calvaire (granite et kersantite, 1581-1588, Maître de Guimiliau  ; Maître de Saint-Thégonnec ; XVIIe siècle Roland Doré ; Yan Larhantec XXe siècle) de l'enclos paroissial de Guimiliau. I, les scènes de l'Enfance et la Vie Publique du Christ ; sa Passion.

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Voir sur Guimiliau :

 

 

 

 

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—Du Maître de Guimiliau, voir :

 

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. IX. Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau) de 1575.

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Situation et composition.

Alors que l'église est orientée légèrement sur l'axe sud-ouest/ nord-est, le calvaire placé, sur le placître de l'enclos, face à la dernière lucarne, et aux coupoles de la sacristie, est tourné presque vers l'ouest géographique, afin que le Christ en croix, fasse face, symboliquement,  à l'occident, lieu de la disparition du soleil avant sa réapparition à l'Est.

C'est l'un des sept calvaires monumentaux de Bretagne , avec notamment Tronoën (v.1450), Plougonven (1554) et Pleyben (1555)  puis Plougastel (1602-1604), et enfin Saint-Thégonnec (1610). C'est à dire que son soubassement est large et que le décor y déroule, organisés en deux registres, les 25 scènes de la Vie de Jésus, de la Passion, la Crucifixion et la Résurrection, soit 150 personnages au total, ou 200 en comptant les animaux et monstres.

Au sommet, le croisillon abrite le Calvaire (la Vierge et Jean entourant le Crucifié), et du coté oriental saint Pierre, mais aussi Yves, le saint breton.

La forme du soubassement doit être saisie, par une vue d'avion qui échappe au visiteur, comme un carré dont les angles s'étendent en ailettes (ou contreforts), percées d'arcades autorisant la déambulation. Nous aurons donc à décrire les  quatre cotés, et aussi les  ailes qui présentent au fidèle les quatre évangélistes.

Une réflexion théologique s'affirme donc, dans la symbolique des chiffres et celle des formes, par cette seule architecture : l'histoire du Salut (Incarnation et Rédemption) trouve sa base dans les quatre évangiles, tandis que la Croix en forme le sommet. Les quatre arcades partagent avec les portes des tétrapyles la symbolique du croisement des axes soulignant l'importance du point de croisement, pilier du monde ou axis mundi, associé à la Croix du Christ.

La même forme octogonale à  quatre ailes reprend celle du calvaire de Plougastel, et peut se retrouver  sur celui de  Pleyben, alors qu'à Plougonven le soubassement est un massif octogonal sans ailes ni arcades, et qu'il est rectangulaire à Saint-Thégonnec. Comme à Plougastel, les quatre ailes présentent les statues des quatre évangélistes rédigeant leur évangile.

 


 

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Voir : 

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On remarquera que ces quatre ailes confèrent à l'ensemble un dynamisme comparable à celui d'une hélice, et que les scènes de la Vie de Jésus y progressent presque en spirale ascensionnelle. Mais cet effet n'atteint pas la force exceptionnelle de la structure en étoile à six branches du calvaire de Quilinen à Landrévarzec.

L'édifice comporte un escalier (au nord-ouest) qui permettait l'accès à la plate-forme, laquelle pouvait donc servir de chaire.

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Attribution et restauration (d'après E. Le Seac'h).

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a) Le Maître de Guimiliau.

Le calvaire de Guimiliau est attribué à un maître éponyme, à qui on attribue aussi les petits calvaires de Saint-Herbot à Plonévez-Porzay et de Mespaul, ainsi que la statue de Sainte Nonne à Dirinon. Il se reconnaît aux yeux globuleux de ses personnages, dépourvus de paupières.

b) Un émule du Maître de Guimiliau, au style moins adroit, a sculpté vers 1589 cinq scènes : L'Annonciation (haut-relief, registre inférieur), la Visitation, la Présentation au Temple, et l'Entrée à Jérusalem (moyen-reliefs, registre inférieur) et le Christ aux outrages (ronde-bosse, sur la plate-forme). On lui attribue aussi trois des quatre évangélistes, la Déploration, et la statue de saint Pol de Léon. "Il traite avec moins d'aisance les drapés des vêtements mais donne à ses personnages des paupières qui rejoignent le courant naturaliste de la Renaissance". (Le Seac'h).

Le Maître et son émule manient la caricature et le mouvement avec une touche de vivacité et d'éclat que n'ont pas leurs contemporains. Le style mêle la tradition médiévale (petites saynettes des pièdroits de la porte du manoir de Trébodennic) aux costumes Henri II et à des décors dans l'esprit de la Renaissance. 

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c) le Maître de Saint-Thégonnec (1550-1610) a sculpté les personnages géminés du croisillon du calvaire.

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d) Roland Doré a refait la tête de Gamaliel (Mise au Tombeau) au milieu du XVIIe siècle.

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e) Restauration de 1881.

Abgrall écrivait en 1906 :

"Autrefois tous les personnages de ce calvaire étaient couverts de grandes plaques de lichen blanc qui faisaient des tâches singulières contrariant les plis des draperies et des costumes, dénaturant les physionomies si expressives des figures. Un honorable et érudit voisin, ami dévoué de· notre art breton, s'est intéressé à ce monument, a replacé et consolidé quelques personnages, puis a tout lavé et brossé ; et si le pittoresque ou la dénaturation chère à quelques archéologues y a perdu, la lecture des scènes si vivantes et si variées y a beaucoup gagné."

Le Seac'h date cette restauration de 1881 "comme l'indique la date gravée sur le revers de la scène de Résurrection, confirmée par un test électromagnétique en 1998 qui a détecté des goujons de métal sur le calvaire".

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f) Yan Larhantec (décédé en 1913).

La tête de la croix en kersanton, bisée lors d'une tempête en 1902, a été refaite par Yan Larhantec, de Landerneau. Il a remplacé la console décorée d'un ostensoir et de chandeliers et a sculpté le Crucifié accompagné de quatre anges recueillant le sang des plaies.

g) L'atelier de Pierre Floch a  nettoyé une nouvelle fois le calvaire de ses lichens en 2009.

h) Des croix des Larrons ?

On s'étonne de leur absence, et on parie sur leur disparition à une date inconnue.

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L'enclos paroissial de Guimiliau.

L'enclos paroissial de Guimiliau.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.
Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.

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FAIRE LE TOUR.

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Coté Ouest.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté Nord.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté Est.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Coté Sud.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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POINT DE DÉPART : LE SOUBASSEMENT DU COTÉ OUEST.  L'INSCRIPTION DE 1581 ; LA NICHE DE SAINT POL.

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Ce calvaire possède, manifestement, un coté principal, celui de l'ouest, où une table d'offrande sous la statue en kersanton de saint Pol Aurélien (patron du diocèse du Léon) est encadrée de deux colonnes cannelées. La statue du saint n'est pas du Maître de Guimiliau, mais de son Émule.

Ces colonnes supportent un portique dont le fronton porte une inscription.

On retrouve cette disposition sur le calvaire de Plougastel, qui lui est postérieur de plus de 20 ans (ou de 10 ans pour les réalisations de l'Émule).

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La statue de saint Pol de Léon (kersanton, mule du maître de Guimiliau, après 1589).

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Vêtu en évêque il bénit de la main droite et tient selon Le Seac'h un bâton en tau. J'ignore les éléments de son identification, et je suis passé trop vite devant lui.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'inscription de la frise de l'architrave de l'autel.
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Elles est sculptée sur le granite en creux en lettres gothiques (textura) dont les fûts rectilignes, parallèles et serrés ne facilitent pas la lecture. La transcription est incertaine.  Les auteurs ont lu :

AD GLORIAM DOMINI : 1581 . CRUX EGO : FACTA : FUI[T]

"À la gloire du Seigneur. 1581. [Cette] croix fut faite [par moi ?] ou Moi, croix, fut faite".

Pour Castel, "Une inscription en partie détruite sur l’architrave de la niche occidentale pourrait apporter une précision sur l’auteur de cette uvre magistrale débordante de vie: AD GLORIAM DOMINI 1581 CRUX: CNO: FACTA: FUI (T). La croix fut faite à la gloire du Seigneur par Stefan (?) [YPC 1980]"

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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II. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES DES AILES.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.

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Saint Jean et son aigle (kersanton,  Maître de Guimiliau, 1581-1588).

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Jean est assis sur une cathèdre à dais décoré de masques, volutes et palmettes Renaissance. Il est tourné vers sa gauche (donc vers l'ouest) et rédige d'un calame assuré son Evangile, donc le codex  est ouvert sur l'accoudoir. Il est imberbe, en tant que Jean, et pieds nus en tant qu'apôtre. Il porte sur ses cheveux longs et bouclés un large nimbe, qui lui forme une sorte de chapeau. Jean est vêtu d'une robe dont les manches s'enrichissent de franges en créneaux. La tenue du crayon (calame) est particulière, car il passe entre l'index et les autres doigts longs.

À sa gauche, mais taillé dans un bloc de kersantite séparé, son aigle (l'une des quatre figures du Tétramorphe des évangélistes), ailes éployées, est posé sur une console sculptée de volutes.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Saint Marc et son lion (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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L'évangéliste est assis à son pupitre, en train d'écrire, tandis que son lion emblématique tient dans sa gueule le plumier et l'encrier (et non un encensoir comme l'écrit Le Seac'h !).

Il est vêtu d'une robe dont la partie thoracique est fermée par des boutons ronds autour d'un bourrelet frontal, tandis que des plis en arête de poisson se disposent autour de cet axe. Cette manière de faire se retrouvera employée pour d'autres personnages.

Il porte la barbe et est coiffé du bonnet carré des docteurs. 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Saint Matthieu et son ange (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Matthieu porte la même barbe, le même bonnet carré et la même robe que Marc, mais celle-ci est recouverte d'un manteau. Comme Marc, il est assis à son pupitre et rédige son évangile, tandis que son attribut, l'ange, tient le plumier et l'encrier. 

Mais le pupitre est décoré d'une curieuse figure, évoquant les grotesques de la Renaissance, et dont le masque est soutenu par deux bras contournant le support. Il porte sur sa tête une volute.

De même, l'ange est posé sur une console représentant une femme aux bras repliés sur les cotés,  que nous pouvons voir comme une figure de la Démone.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le gros plan sur le visage permet de détailler les caractères qui distinguent l'Émule du Maître, avec ces yeux aux paupières ourlées, ou la barbe aux mèches moins peignées, et les cheveux tirés en arrière.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Saint Luc et son taureau (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Toute la moitié supérieure est identique à la statue précédente, mais le taureau, assez maladroitement rendu, prend place à droite du siège. Le pupitre est soutenu par un atlante nu, jambes croisées, et portant une corbeille ("canéphore"), un bel exemple des supports anthropomorphes apparus à la fin du XVIe siècle dans le Léon sous l'influence des recueils des architectes et sculpteurs de la Seconde Renaissance, et qu'on retrouve sous le porche de Guimiliau en 1606.

https://www.lavieb-aile.com/2021/01/les-termes-cariatide-et-atlante-de-guimiliau.html

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Un autre atlante est sculpté sur le coté gauche du siège, avec ses bras réduits à des tronçons en volute. L'histoire familiale ne dit pas si mon grand-père Paul Sourdat s'en est inspiré dans sa fameuse — et alors contestée — description de l'amputation en saucisson développée sur les ambulances d'arrière des tranchées de 14-18, et dont l'intérêt est aujourd'hui reconnu en milieu précaire....!

Ces moignons en volutes et les jambes entortillées viennent des ouvrages d'Androuet du Cerceau et se retrouvent dans d'autres sculptures du Léon à la même époque.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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III. LE REGISTRE INFÉRIEUR : L'ENFANCE ET LA VIE PUBLIQUE DU CHRIST. LE REGISTRE SUPÉRIEUR : LA VIE PUBLIQUE ET LA PASSION DU CHRIST.

 

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Les scènes sont présentées ici dans l'ordre chronologique de la narration, un choix déjà fait par le chanoine Abgrall, ... mais qui, sur place, nécessite de faire plus de sept fois le tour du monument.

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Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.

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Sur le registre inférieur de la face sud, coté droit : l'Annonciation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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E. Le Seac'h, reprenant l'analyse d'Y.-P. Castel en 1998,  consacre un paragraphe de son chapitre sur l'Émule du Maître de Guimiliau aux Annonciations de Guimiliau (s.d.) et de Saint-Thégonnec (1589 par inscription), en soulignant leur similitude.

Voir :

L'arc de triomphe (1587, granite de Plounéour-Ménez et 1589, kersanton) de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Son Annonciation et son inscription en vers bretons.

L'abbé Castel avait écrit :

"L'Annonciation de Guimiliau et celle de Saint-Thégonnec sont indubitablement de la même main. Les prie-Dieu sont identiques, les vases de fleurs ont les mêmes anses à large volutes, les panses sont ornées de canaux et de godrons similaires, les bouquets, dans leur stylisation, se ressemblent. Le traitement des visages ne laisse, lui non plus, aucun doute sur l'étroite parenté des deux groupes." CASTEL (Y.P.) in  ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p.

 

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E. Le Seac'h décrit une scène en haut-relief, à l'exception des têtes de l'ange et de Dieu et des accessoires (partie supérieure du bâton, étoile), en écrivant :

"Gabriel brandit un bâton fleuri en marguerite à huit pétales où s'enroule un phylactère portant l'inscription AV[E] MAR[IA]. La Vierge est assise devant le prie-Dieu en forme de pilastre. Au milieu, un vase de feuillages symbolise les lys de la fécondité. Au dessus, Dieu le Père apparaît en buste, bénissant d'une main, le globe terrestre dans l'autre. De l'étoile à treize rayons au dessus de la Vierge jaillit un volatile, le Saint-Esprit dont la tête est brisée. La Vierge Marie et l'archange Gabriel  ont un visage anguleux, pointu, au sillon naso-génien très creusé. Le drapé particulier des robes, partant en diagonale est caractéristique de l'Émule. Les mêmes visages tristes et sérieux se retrouvent dans la scène de la Visitation."

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Je n'ai plus rien à ajouter, sauf pour faire remarquer le peigné de la barbe de Dieu, bien représentative de l'atelier de Guimiliau.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face sud, coté gauche : la Visitation (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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La Vierge (tête nue) salue sa cousine Elisabeth (voile et guimpe) en lui posant la main sur l'épaule et selon l'évangile, à cet instant l'enfant porté par Elisabeth, le futur saint Jean-Baptiste, "trésaille". La scène se déroule chez Zacharie, époux d'Elisabeth, qui est représenté à droite, appuyé sur sa canne ; il est muet depuis l'annonce par un ange de la grossesse de sa femme. La troisième femme, la main sur la poitrine pourrait être sainte Anne, mais celle-ci porte habituellement la guimpe, ou bien une servante.

"On retrouve les mêmes drapés tout en courbe [que dans l'Annonciation] avec en plus un travail sur les différentes couches de vêtements qui ne semblent plus être traités en superposition mais en creux." (E. Le Seac'h)

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Est : La Nativité (kersanton,  Maître de Guimiliau, 1581-1588).

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L'Enfant est allongé nu sur un linge tenu par un ange et par la Vierge. Saint Joseph est représenté derrière celle-ci, appuyé sur sa canne, et absorbé dans ses pensées. Le quatrième personnage pourrait être, comme le suggère E. Le Seac'h, "Zélomie, l'accoucheuse qui confirma la naissance virginale de Jésus" ; ou l'une des autres sages-femmes apocryphes, Salomé, ou sainte Anastaise.

Voir ma discussion:

https://www.lavieb-aile.com/article-vierges-couchees-et-livres-d-heures-de-rennes-suite-113133129.html

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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 La Nativité : l'âne et le bœuf ; un ange et deux bergers (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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L'âne et le bœuf sont traités en raccourci et agenouillés. Derrière leur tête, un ange présente l'Enfant aux deux bergers, et le premier s'agenouille. Un tonnelet est accroché à sa ceinture.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Est, coté aile gauche : l'Adoration des Rois Mages. La date de 1588. (kersanton,  Maître de Guimiliau).

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À l'angle sud-est, la Vierge est assise sur une cathèdre et élève son Fils, nu, pour le présenter aux visiteurs. La Mère et le Fils sont nimbés ; le nimbe de Jésus est marqué de rayons. Le genou droit de Marie est croisé sur son genou gauche. Ses cheveux sont retenus en deux nattes par un lacet ou ruban.

À l'arrière, Joseph, coiffé d'un chapeau rond s'appuie sur sa canne, toujours un peu mis à l'écart de ce qui se passe, par sa posture et son regard. Il semble en tenue de marche, comme sur le départ.

Le chronogramme 1588 est sculpté en réserve dans un cartouche sur le bloc supportant Marie.

On remarquera que cette date correspond à l'assassinat du duc de Guise, et au début de la Guerre de la Ligue en Bretagne.

http://www.utl-morlaix.org/2015/03/12/la-guerre-de-la-ligue-en-bretagne-1588-1598/

J'appliquerai volontiers cette date à l'ensemble des sculptures du Maître, réservant celle de 1581 à l'inscription  de la face est.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Les trois rois sont taillés dans le même bloc, le plus âgé étant agenouillé et sa couronne, exagérément large, placée devant lui. Il présente à l'Enfant par l'intermédiaire d'un linge son offrande, un calice rempli d'or (mais celui-ci est caché par le grand couvercle). Il est vêtu d'une tunique courte, recouverte d'une collerette, de hauts de chausses, de guêtres et de chaussures à bouts ronds ; son épée, large et recourbée comme un cimeterre, est à son flanc gauche.

Derrière lui, les deux autres rois sont également barbus mais avec une barbe plus courte pour indiquer la différence d'âge. Le premier s'apprête à ôter sa couronne, placée sur un turban pour souligner l'origine orientale.

E. Le Seac'h décrit les  récipients comme "des pots à tourelles moulurées et un pot à dragées godronné dans l'esprit de la Renaissance".

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Nord, coté aile gauche : la Présentation au Temple (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Les auteurs désignent cette scène sous le qualificatif de "Circoncision", mais c'est à mon sens une erreur et la présence d'un personnage (servante ?) tenant le panier aux trois colombes en est la preuve : il s'agit de la Présentation de Jésus au Temple, décrit dans Luc 2:21-40. L'Enfant n'est pas allongé, mais tenu debout et donc "présenté", et aucun couteau, aucun geste de circoncision ne sont figurés.

Le mobilier est une table recouverte d'un drap plissé, dont le piètement s'orne d'un masque anthropomorphe mais à oreilles d'âne, et d'un siège, sur le dossier duquel est sculpté un nouvel exemple de terme ou support anthropomorphe, sous un chapiteau ionique, et avec le bas du corps remplacé par une base pyramidale. Je renvoie aux réflexions développées à propos du siège de saint Luc.

Le grand-prêtre du Temple est assis, et tient le bras et le bassin de l'Enfant : c'est lui qui le présente. Derrière celui-ci, trois hommes dont deux barbus tendent un linge, en guise de drap d'honneur. Le Seac'h y voit trois prêtres, l'un tenant un rouleau, celui du milieu ouvrant le linge et le troisième serrant contre sa poitrine un livre. Mais ils semblent des laïcs, et le premier pourrait être Joseph. Seul Syméon n'est pas représenté.

La Vierge est agenouillée à l'autel, mains jointes. Le sculpteur a repris ici le motif du bandeau occipital retenant les cheveux en passant derrière la nuque, et dont je m'attache à montrer la fréquence dans le Finistère dans les représentations de Marie, ou de Marie-Madeleine dans de nombreux ateliers.

Son visage est d'un ovale allongé, les paupières sont tracées, la bouche est courte et concave, le menton avancé, "en galoche".

Enfin, la servante, aux cheveux couverts par une coiffe ronde, et dont la robe est serrée par une ceinture à boucle large, place la main gauche sur la poitrine ; elle tient par son anse un panier, d'où émergent trois têtes correspondant, maladroitement, aux couples de colombes ou tourterelles citées par l'évangile de Luc. Le Seac'h n'a pas identifié ce détail, et voit là un vase à godrons tenu par un valet.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face Est, coté aile droite : la Fuite en Égypte (kersanton, Maître de Guimiliau, vers 1588).

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Marie, assise en amazone sur l'âne, tient l'Enfant-Jésus, retenant d'une main sûre son pied droit. Elle porte une robe et un manteau qui la voile. L'Enfant est vêtu d'une tunique longue, il tient un fruit dans la main gauche.

L'âne est représenté de manière identique dans l'Entrée à Jérusalem

Taillé dans un bloc à part, Joseph est  représenté, de face mais la jambe en avant. Il est vêtu d'un pourpoint orné d'un col rabattu, d'une cape fermée par une agrafe à pétales de marguerite et de bottes à rabat. Il est coiffé d'un grand chapeau rond à bord incurvé. Il tient la corde qui guide l'âne.  Le bissac  et le bâton de marche rappellent que le couple part pour un long voyage.

La tête de Joseph est magnifique de noblesse, et tire toute sa force de sa barbe évasée comme une coquille cannelée.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.
Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de la face sud, à gauche : le Baptême du Christ (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Un ange, nimbé, tient la tunique de Jésus, lequel est plongé jusqu'au genou dans le Jourdain ; Jean-Baptiste, vêtu de sa célèbre peau de chameau, le baptise (mais le bras droit est brisé), tandis qu'il tient par le bras gauche un livre.

Là encore, la tête du Baptiste, barbue et chevelue, est magnifique.

Un détail est insolite par rapport à l'iconographie, c'est celui du petit chien s'agrippant à la jambe de Jean. Mais en écrivant cela, je me dis : et si c'était un agneau ? Là, ce serait une riche idée !

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face ouest, à gauche : l'Entrée à Jérusalem (kersanton,  Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

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Jésus est assis sur son ânon (ou son ânesse, le texte évangélique de Matthieu mentionne les deux) devant trois des apôtres (Jean, imberbe, et par exemple Pierre et son frère André) et ses disciples (une femme, disons Marie-Madeleine). La foule rassemblée devant les murailles et la porte de Jérusalem l'accueillent en déroulant leurs manteaux devant son chemin. 

La tête de l'ânon est délicieusement sculptée, avec ses immenses oreilles dressées. celles-ci se prolongent par le tronc d'un arbre, qui offre à la foule ses rameaux, rappelant les rameaux de palmier par lesquels les habitants acclament la venue de Jésus.

Les yeux aux paupières bien tracées permettent d'attribuer  ce travail à l'Émule.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face sud, au centre : le Lavement des pieds des Apôtres (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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La scène est découpée en trois groupes.

Comptons. Un deux trois quatre, etc., les apôtres sont au nombre de onze. Pourtant, il est implicite dans le texte évangélique que Judas était présent.

Au premier plan, à gauche, un apôtre assis se rechausse ou se déchausse. Puis vient le Christ, à genoux, manches retroussées, qui lave les pieds de saint Pierre, qui renverse le torse pour signifier son refus ("Tu ne me laveras pas les pieds, non, jamais !". Puis vient un troisième apôtre, qui est assis à droite. Je ne parviens pas à voir une bourse à sa ceinture, mais il est dans l'ombre.

En arrière plan, les autres apôtres sont attablés (on voit un verre, un plat et une cruche). À droite, les mains croisées sur la poitrine, Jean se reconnaît car il est imberbe.

"Dans cette scène, on retrouve le même mouvement dans les étoffes que pour le voile de la Vierge de la Nativité ou de l'Adoration des Mages. Les courbes des tissus et des robes relevées pour échapper au éclaboussures contribuent à donner une impression de joyeux désordre contrebalancé par les lignes verticales des autres tuniques qui rappellent la gravité de la scène. Les personnages ne sont pas alignés comme à Plougastel-Daoulas : les Apôtres sont pour la plupart debout et tiennent des cruches ou des linges pour essuyer leurs pieds. Leurs bouches entrouvertes disent la consternation et l'incompréhension du geste de Jésus." (Le Seac'h p. 273)

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face ouest, à droite : la Cène (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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La scène occupe deux blocs de kersanton, rapprochés par la tranche.

Douze apôtres sont réunis autour de la table, et Judas se reconnaît à la bourse qu'il tient. Jean, imberbe, est à la droite de Jésus, qui est nimbé. Au premier plan, un serviteur, barbu, et pieds-nus comme les apôtres, apporte une corbeille de pains et une cruche de vin.

Sur la table , on voit des miches de pain, des gobelets en forme de calice, tandis que le plat contenant l'agneau pascal est placé devant Jésus.

Les traits des apôtres sont semblables (avec une petite différence de longueur des barbes), mais leur posture diffère légèrement, ils discutent entre eux par paires, la bouche entrouverte : seul Jean et le Christ semblent concentrés, ce dernier approchant la main vers le plat contenant l'agneau. L'instant représenté est donc celui de l'institution de l'Eucharistie, et non — comme dans la Cène de Léonard de Vinci —  celui où le Christ dit "en vérité je vous le dit l'un de vous me livrera" alors que Judas approche la main du plat, et que les autres apôtres protestent.

Parmi les robes, assez identiques, certaines ont des manches courtes et crénelées, d'autres se distinguent par l'encolure.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face nord, à droite : L'Agonie de Jésus au Mont des Oliviers, les trois disciples Pierre, Jacques et Jean s'étant endormis (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Le sculpteur n'a disposé que de peu de place pour figurer cette scène, dans laquelle Pierre, Jean et son frère Jacques ne sont pas parvenus à rester éveillés pour soutenir Jésus, qui, au Jardin des Oliviers, prie son Père et accepte sa Passion. C'est  l'Agonie à Gethsémani où la sueur de sang (hémathidrose) témoigne de sa profonde angoisse.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face nord, à droite : Pierre frappant Malchus, le serviteur du Grand prêtre (Caïphe). Kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588.

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On penserait volontiers à un sacrifice ou à un assassinat, si le contexte ne nous aidait pas à voir Pierre levant son glaive et tranchant l'oreille de Malchus. Le Seac'h a vu, mieux que moi, que l'oreille était visible sur l'épaule gauche du serviteur, qui tombe à la renverse. Une lanterne, à notre droite, rappelle que l'arrestation de Jésus se déroule la nuit.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre inférieur de la face nord, au centre : l'Arrestation de Jésus en présence de Judas tenant la bourse aux trente deniers, salaire de sa trahison (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Cette belle scène est répartie sur deux blocs, isolant ainsi Judas tenant sa bourse. Jésus est saisi par trois soldats (ou quatre si on compte les jambes).

Jésus a le même manteau et la même robe que lors de la Cène. Les soldats offrent un bel exemple du talent du sculpteur pour souligner la truculence des personnages, qui sont vêtus de costumes Henri III. Comme je l'avais souligné dans ma description du calvaire de Plougastel, il est important de se souvenir  de la pratique, par les habitants, des mises en scènes de la Passion, comme en témoigne les Mystères en langue bretonne édités en pleine Renaissance puis à l'époque baroque (1530, 1609, 1622).

L'un porte un bonnet à plume généreuse et faisant panache (ce serait l'officier), les deux autres sans doute des casques . Les moustaches se distinguent de celles du Christ et des apôtres, qui sont en V inversé, car elles frisent et sont horizontales. 

Les tuniques sont courtes, marquées par cette ligne médiane bombante qui peut évoquer celle des cuirasses. Les chausses sont bouffantes, et à crevés formant des hachures ou des godrons.

Les visages sculptés par le Maître de Guimiliau ne sont pas différenciés, qu'on ait affaire à un saint personnage, à un pharisien ou à un bourreau, les traits ne sont pas marqués, les grimaces et expressions sont absentes, les yeux globuleux n'indiquent pas les regards. Par contre, la gestuelle compense cette inexpressivité, notamment par la chorégraphie des fentes des jambes des soldats et par l'entrecroisement des bras.

Les chaussures sont toutes les mêmes sur tout ce calvaire, avec une semelle épaisse et bien délimité, ainsi que le contrefort et le quartier (la partie arrière autour du talon), tandis que l'avant, à bout rond, est moins précis.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

 

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Sur le registre supérieur de la face nord,  la comparution devant Pilate et le lavement des mains (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

 

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À gauche, Pilate est assis sous un dais et se lave les mains dans l e bassin présenté par un serviteur ou soldat qui y verse l'eau d'une cruche. On remarquera le petit chien, si fréquemment représenté auprès de Pilate sur les enluminures et gravures, ou sur les maîtresses-vitres finistérienne qu'il en est presque un attribut (c'est un chien blanc lorsque la couleur est visible). On connaît l'attachements des princes de la Renaissance pour la présence de ces animaux de compagnie dans leur palais.

On remarquera aussi la tenue vestimentaire de Pilate, qui n'est pas celle d'un gouverneur romain, mais d'un grand-prêtre hébraïque dans les conventions iconographiques du XVIe siècle : chapeau conique et turban, très longue barbe, longs cheveux, glands de passementerie au bout des manches. Nous pourrions confondre avec Caïphe, si le lavement des mains n'identifiant pas l'homme sans ambiguïté.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Derrière le trône de Pilate, se trouvent deux personnages tenant des rouleaux. L'un est coiffé d'un turban, l'autre du bonnet carré : ce sont des pharisiens, des docteurs de la Loi hébraïque, des membres du Sanhédrin. Ils valident, ou ordonnent, les scènes d'outrages et de dérisions ainsi que la condamnation du Christ.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  la face nord, coté droit,  la Flagellation (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Elle est traitée en trois blocs distincts

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Le Christ est lié à une colonne au chapiteau corinthien. Un soldat, harassé par sa tache, se repose à ses pieds, le faisceau de verges. Nous retrouvons le bonnet porté de travers, les manches relevées, les crevés et les bottes à rabats qui caractérisent les bourreaux.

Les trois autres bourreaux tiennent les verges et s'apprêtent à frapper. Leur costume suscite notre intérêt. J'ignore si les coiffures coniques de deux d'entre eux, et le camail festonné et à glands de l'autre, tendent à les désigner comme Juifs.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  l'angle nord-ouest, le couronnement d'épines (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

 

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Le Christ est assis, les mains liées devant lui, l'air résigné et patient. Deux bourreaux enfoncent avec deux bâtons avec force la couronne afin que les épines pénètrent le cuir chevelu. Là encore, bien qu'on devine un rictus par la bouche tordue d'un bourreau, ce sont les postures qui expriment la vivacité et la cruauté des soldats.

À gauche, deux autres soldats tiennent un bâton sur lequel ils poussent, la position des mains étant inversée. L'un des deux tire la langue au condamné. J'y verrais volontiers une composante du Couronnement d'épines, surtout si nous nous référons aux scènes analogues des vitraux, où les quatre soldats s'activent sur deux perches formant une croix.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur  : le Christ aux outrages (kersanton, Émule du Maître de Guimiliau, après 1589).

 

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Le Christ est assis, les mains liées devant lui, et revêtu d'une tunique longue, à un ou deux boutons devant la poitrine. Il ne tient pas le roseau de la dérision. Ses yeux sont bandés par un voile assez large. Ses traits évoquent sa patience courageuse face aux sévices. 

Parmi les quatre bourreaux, l'un porte une épée, c'est un officier. Il est vêtu d'une tunique courte dotée d'une ceinture et frangée en V au bord inférieur, de hauts de chausses bouffants ( à plis horizontaux), et de chaussures assez remarquables. Il est coiffé d'un béret et ses cheveux sont mi-longs, atteignant la base des épaules.

Deux autres bourreaux tiennent des gourdins, tandis que le troisième me semble nouer le bandeau. Leur tenue est proche de celle de l'officier, mais leur coiffure, au moins pour deux d'entre eux, évoque une capuche (ou un chaperon).

Les yeux sont "en noyau de datte" et circonscrit par le trait qui forme les paupières, c'est la caractéristique de l'Émule.

Les traits des bourreaux sont vultueux, les arcades sourcilières épaisses, les lèvres protruses et grosses, mentons saillants voire même bilobé dans un cas.

La barbe et la moustache en colombin est peignée régulièrement, comme c'est la règle chez le Maître et son élève.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  l'angle sud-est,  le cavalier tenant une banderole : début du  Portement de croix ? Kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588.

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Abgrall ou Le Seac'h considèrent que ce cavalier  qui déroule des deux mains une banderole est à la tête de la procession du Portement de croix sur les pentes du Golgotha. 

Cette banderole portait vraisemblablement une inscription peinte qui permettait d'identifier le personnage. Nous pouvons remarquer sa barbe particulièrement longue (ce qui exclut un officier romain) et surtout son chapeau hébraïque (large et conique) doté de deux franges rituelles à glands, qui tombent sur un scapulaire. Les cheveux sont longs, et forment deux mèches épaisses et qui semblent sales.  C'est, dans le code iconographique en vigueur, un pharisien du Sanhédrin, et sans doute même le "souverain sacrificateur", Caïphe. Portait-il le texte de l'accusation, celui du titulus de la croix, "Jésus de Nazareth, [celui qui se prétend] roi des Juifs" ?

En s'attardant à détailler l'harnachement du cheval, les fleurons du mors, et le type des étriers, puis à les comparer aux mêmes détails sur les Calvaires bretons et les Passions des maîtresses-vitres finistériennes, nous ferions des découvertes fructueuses.

La barbe est remarquable. Elle est typique de l'atelier de Guimiliau, et on en  retrouve d'autres exemples sur le calvaire de Saint-Herbot.

 

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'écuyer de Caïphe, tenant une fleur. 

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Il porte un chapeau conique, "juif", mais il porte la tunique courte à ceinture, les haut de chausses plissés, les chaussures des soldats et il faut peut-être y voir l'écuyer de Caïphe. Il a perdu l'accessoire de sa main gauche, tandis que la main droite tient entre index et majeur d'une part, annulaire et auriculaire d'autre part, une tige évasée en fleur à six pétales.

Le plastron de son pourpoint, doté de boutons et d'un renfort sternal, est plissé de traits obliques et remonte en bourrelet épais autour du cou.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  la face Sud, au centre,  le Portement de croix (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Au centre, et dans l'axe de la croix du calvaire, Jésus est agenouillé : ses genoux ont fléchis sous le poids de la croix qu'il porte. Juste derrière, Simon de Cyrène apporte son aide.

Dans la procession guidée par le cavalier et son écuyer, deux musiciens viennent en tête. L'un  frappe avec deux baguettes épaisses et dilatées à l'extrémité  sur un long tambour. Nous voyons bien la corde de tension entrelacée sur des cercles et traversant en diagonale la peau pour former le timbre.

Le joueur forme avec son compère une belle paire, presque spéculaire, ils se regardent comme s'ils étaient pris par le même rythme et le même élan, mais pourtant, le deuxième joueur se contente de tenir un long bâton servant peut-être d'appui au tambour.

L'iconographie est difficile à rassembler, car je trouve surtout les images de tambour d'ordonnance de caisse plus courte, inscrite dans un carré.

Sur la travée VIII du tour de chœur de la cathédrale de Chartres,  un tambour de forme allongé est sculpté, autour de la date de 1527, au centre de l'entrecroisement de deux flutes.

L'Orchésographie (1589) de Thoinot Arbeau, alias Jehan Tabourot , chanoine de Langres, montre un exemple de militaire battant son tambour avec la notification d'une marche de régiment : l'instrument est différent de celui de Guimiliau, mais le costume est à remarquer, avec ses crevés. 

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Voir ici un haut-tambour de 1789 (Anjou).

Deux exemples de tambour de 1636, dans le dictionnaire de Jacquot.

Les exemples de tambour aussi haut et long que celui-ci correspondent plutôt aux tambours ou tambourins de Provence, et rejoignent parfois ceux des galoubets, frappés en même temps que le joueur souffle dans un fifre.

 

 

 

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.
Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un joueur de trompe .

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Deux soldats autour de Simon de Cyrène qui aide le Christ à porter sa croix.

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Le Christ chutant sous le poids de sa croix.

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Un soldat frappant le Christ, puis un joueur de trompe. Un soldat assis à terre.

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Je ne comprends pas tout dans ce bloc : je vois un fragment de croix écoté (la traverse ??), retenu par une barre en T ;  les hommes ont l'air d'être embarqués dans un véhicule ; le soldat qui tient la corde lève un objet, peut-être un fouet mais bien bizarre et qui retombe sur sa tête.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  l'aile sud-ouest, Véronique et son voile (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

 

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La sainte est coiffée d'un turban ; elle se renverse légèrement en arrière pour présenter son voile, sur lequel, on le sait, s'est miraculeusement imprimé le visage martyrisé du Christ.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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AU CENTRE : LA CRUCIFIXION (LE CALVAIRE) : VOIR PARTIE IV.

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Nous reprenons la description dans l'ordre narratif, après la Crucifixion.

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Sur le registre supérieur de  la face Ouest, à gauche, la Déploration (Pietà). Bloc monolithique à quatre personnages, kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588). À gauche Marie-Madeleine, bloc distinct. En arrière, un personnage : Jean ?

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Cette Déploration est très différente de celle de Saint-Herbot, attribuée au Maître de Guimiliau. Elle est à mes yeux bien plus belle, dépouillée et tragique. La Vierge est tient son fils sur son genou droit, l'autre étant posé à terre. Le corps du Christ forme une ligne brisée en six morceaux, la tête/le thorax (en arc)/le ventre/les cuisses/les jambes/les pieds. Auquel s'ajoutent le bras droit, qui pend vertical, inerte, la paume percée ; et le bras gauche, horizontal et soutenu par la Mère.

Tout cela est d'un kersanton très sombre, presque volcanique, brûlé, malgré des teintes verdâtres (micro-organismes)et rougeâtres (idem, ou ocre témoignant vaguement d'une polychromie ?).

Tous les drapés sont verticaux, austères, graves.

Deux personnages ont les têtes brisées. J'imaginerai volontiers que celui qui est à la fois à la tête du Christ et à la droite de Marie est saint Jean (la statue plus en arrière étant rapportée mais n'appartenant pas initialement à ce groupe). En effet, c'est ce personnage qui soutient la tête du Crucifié, et ce rôle est celui de Jean dans les Déplorations, plus souvent, notamment dans cette composition que celui de Joseph d'Arimathie.

À gauche de Marie,  on pense d'abord à une sainte femme. Mais si on regarde attentivement, on voit que c personnage tient dans sa main gauche un flacon, comparable au pot d'aromates de Marie-Madeleine.

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Je propose donc de voir une Déploration avec Jean et Marie-Madeleine entourant la Vierge. Un bloc auquel aurait été ajouté, après la perte des têtes de Jean et Marie-Madeleine, leurs statues isolées, provenant d'un autre emplacement, par exemple au pied de la croix comme sur d'autres calvaires monumentaux.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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a) La Vierge, entourée de deux personnages aux têtes manquantes,  et le Christ.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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b) Marie-Madeleine.

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Elle est agenouillée, main droite sur la poitrine et main gauche levée, paume de face, en signe de vif émoi. Son manteau est tombé autour d'elle, dégageant la robe aux manches bouffantes, et aux poignets à crevés. 

Elle est coiffée d'un large chapeau (ou bien est-elle nimbée) d'où sortent quelques boucles. Nous ne voyons pas ses cheveux pendre devant ses épaules, comme c'est ailleurs la règle. Et je n'ai pas trouvé son pot d'aromates.

À ces détails près, c'est exactement la Marie-Madeleine au pied de la croix de la tradition des sculpteurs de Landerneau depuis les Prigent, et le détail du manteau formant une vague ou corolle autour d'elle ou derrière elle est l'indice très sûr d'une filiation stylistique. 

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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c) Saint Jean ?.

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Ce personnage aux pieds nus, portant la robe fendue sur le devant par une ouverture fermée par deux boutons, est a priori un apôtre. Mais il est imberbe, ce qui nous conduit à identifier saint Jean, malgré une coiffure bien féminin.

Pourtant, le geste des deux mains réunies devant l'abdomen est insolite : c'est un geste d'énonciation, d'énumération des arguments, qui est inédit dans l'iconographie de Jean.

Ce geste est fréquent parmi les prophètes vétérotestamentaires (hypothèse exclue, ces derniers sont barbus) et dans les représentations de saint Yves, comme au sommet du calvaire. Mais la robe et les pieds nus s'opposent à cette solution.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sur le registre supérieur de  la face Est, au centre,  la Mise au Tombeau (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Huit personnages sont penchés au dessus du tombeau, ou plus justement au dessus de la table, nappée d'un linge, où le corps du Crucifié a été déposé.

Ce sont de gauche à droite Joseph d'Arimathie, qui soutient la tête, Marie, Mère de Jésus, puis les Trois Marie, dont Marie-Madeleine tenant les aromates. Viennent ensuite Gamaliel, saint Jean (nimbé) et enfin Nicodème, soutenant les pieds.

La tête du Christ mort est nimbée, d'une de ces auréoles larges qui en abusent pour des chapeaux, et qu'on retrouvent plusieurs fois sur ce calvaire.

 

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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a) Joseph d'Arimathie.

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Comme c'est l'usage, il est coiffé d'un chapeau conique à turban et fanons, doté de cheveux tressés et d'une longue barbe, et vêtu d'un costume "Juif" (camail à pointes, bouffant des manches à franges).

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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b). La Vierge.

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Elle est coiffée du voile qui se prolonge par son manteau, et porte la guimpe. Ses bras sont croisés devant la poitrine.

Pour une fois, le visage est très expressif, et il semble que la Mère sanglote ; le nez est plus fin et pointu qu'ailleurs, un bourrelet fait pont entre les deux sourcils, le philtrum est creusé, le modelé des pommettes et du menton est accentué.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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c). Marie-Madeleine et deux saintes femmes ( soit : les trois Marie, Marie Salomé, Marie Jacobé — ou Cléophas— et Marie-Madeleine).

 

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Marie-Madeleine porte une coiffe rappelant celle d'Anne de Bretagne, et, au dessus le large nimbe. Inutile de souligner l'élégance raffinée de sa tenue, c'est son marqueur identitaire, avec son pot d'aromates.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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d) Gamaliel . Tête : réemploi d'une sculpture par Roland Doré vers 1620-1660.

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Pour paraphraser l'incipit de Moby Dick "Appelez-le Gamaliel", celui qui apparaît dans certaines Mises au Tombeau avec son fils Abibon, 

https://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-mise-au-tombeau-de-l-abbatiale-sainte-croix-de-quimperle.html

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Mais il faudrait pouvoir accéder à la plate-forme, le contourner, chercher les indices, tenter d'expliquer ce fleuron sur la poitrine, car nous ne pouvons nous fonder sur la tête actuelle : ses pupilles creusées sur des yeux en losange la font attribuer à Roland Doré, mais c'est un réemploi. Venant probablement d'un apôtre, et ce serait un saint Jacques que ...

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Calvaire (kersanton)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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e). Saint Jean.

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Pourquoi saint Jean ? Parce qu'il est nimbé de l'auréole plat à barbe caractéristique, comme le Christ et Marie-Madeleine, et qu'il est imberbe.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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f) Nicodème, tenant la couronne d'épines.

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Là encore, le chapeau conique indique qu'il s'agit d'un pharisien, et, à cet emplacement, cela ne peut être que Nicodème.

Comme dans d'autres Déplorations (Quilinen, Locronan), il porte, par l'intermédiaire d'un drap, la Couronne d'épines, bien que ce soit ici une couronne sans épines mais à joaillerie.

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La descente aux Enfers ; le Christ et Adam et Ève en tête des  élus sortant des limbes ou des damnés chassés par les démons de la gueule de Léviathan (kersanton,  Maître de Guimiliau, v. 1588).

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Sur l'angle sud-ouest, le Christ ressuscité est vêtu du manteau rouge et il tient la hampe de son étendard de la victoire sur la Mort.  Entre le Vendredi Saint, jour de sa Mort, et le dimanche de Pâques, date de sa résurrection le troisième jour, il est, comme l'affirme le Credo, descendu aux Enfers. Il y a libéré les âmes des justes enfermé dans le Limbes patrum, ou limbe des patriarches. Fidèle à l'iconographie, le sculpteur mont la sortie d'Adam (presque debout, remerciant le Christ mains jointes) et d'Ève (plus petite, accroupie, tête brisée).

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Juste à coté, la gueule du Léviathan, personnification ou "poissonnification" des forces du Mal, crache les âmes des damnés, que des démons saisissent de leur fourche. Il y a à terre un monstre, aux pattes de lion, à l'échine de dragon et à la longue queue, et dont la face vaguement humaine (très peu pour moi !) grimace tandis qu'une femme nue à la poitrine provoquante lui est amenée, bien contre son gré, par deux diables. Les guides aiment, pour terroriser les paroissiens, la désigner comme étant Katell  Gollet "qui n'avait pas avoué ses péchés en confession".

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Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588)  de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire (kersanton, 1581-1588) de l'enclos paroissial de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), 1980, "Guimiliau" n° 666 . "Guimiliau, église, le Grand Calvaire", Atlas des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/guimiliau.html

Calvaire en granite et kersanton, daté de 1581-1588.

Soubassement de plan octogonal avec ailes percées d’arcades, avant-corps, table d’offrande encadrée de colonnes cannelées, escalier d’accès à la plate-forme.

Les scènes de la vie de Jésus se déploient sur la frise et à l’étage, dans un ordre non chronologique. De gauche à droite, en commençant par la face occidentale:

Entrée de Jésus à Jérusalem, Cène, , Agonie, Arrestation,. Sur la plate-forme: Vierge de Pitié, Madeleine, Résurrection, Enfer, Descente de Jésus aux limbes, Véronique, Baptême de Jésus, Portement de croix, Scène d’outrages, Mise au tombeau, Disciples d’Emmaüs, Pilate se lave les mains, Scène de dérision, Flagellation, Couronnement d’épines, personnage isolé.


 

Croix centrale sur fût rond, écots, croisillon, statues géminées: Vierge-Pierre, Jean-Yves, crucifix et anges recueillant le Sang.

Vestiges de l’ancienne croix placés sur l’arc de l’entrée d’enclos: cavaliers, Vierge à l’Enfant.

Mis à part le travail évident du restaurateur dans la croix centrale, on distingue plusieurs mains dans l’exécution, reconnaissables à la manière de traiter les yeux, globuleux ou figurés avec les paupières. Une tête d’apôtre du porche a pris place sur les épaules d’un personnage de la Mise au tombeau.

Une inscription en partie détruite sur l’architrave de la niche occidentale pourrait apporter une précision sur l’auteur de cette oeuvre magistrale débordante de vie: AD GLORIAM DOMINI 1581 CRUX: CNO: FACTA: FUI (T). La croix fut faite à la gloire du Seigneur par Stefan (?) [YPC 1980]

— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notice sur Guimiliau, BDHA

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) 1924,  L'église de Guimiliau, porche, calvaire, ossuaire,  (Brest 1906, Morlaix, 1924 et 1935)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4c94b42ee1cf842a818f30319dac78c2.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) , 1902, "Les croix et les calvaires du Finistère" Bulletin Monumental  Année 1902  66  pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

 — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau,  Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/c5585b77d35c16ac2fe4dc3004e36d8f.pdf

LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268

—  LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. 

POTIER DE COURCY (Pol), 1864, De Rennes à Brest et à Saint-Malo: itinéraire historique et descriptif; L. Hachette et Cie, page 283

https://books.google.fr/books?id=3ueE6p-q1AYC&dq=guengat+kergorlay+guimiliau&hl=fr&source=gbs_navlinks_s


—HYPERLAPS (dossier photo et légendes en anglais)

https://hyperleap.com/topic/Calvary_at_Guimiliau


 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Calvaires
27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 08:12

L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. IX. Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau) de 1575.

 

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Voir sur la chapelle de Saint-Herbot :

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PRÉSENTATION.

Ce calvaire a été érigé sur le placître au sud de la chapelle lors du gouvernement de Mathieu Cravec, qui fut prêtre-gouverneur de la fabrique de Saint-Herbot de 1575 à 1595, comme en témoigne l'inscription portée sur le pourtour de la base octogonale, en débutant la lecture par le coté nord tourné vers l'église :

CEST CROIX FVT FAICTE N LAN 1575 M[AISTRE] MATHIEV CRAVEC PG [PRETRE GOVVERNEVR] … XXV. (relevé par Castel et Ducouret).

Les dernières lettres sont lues (atlas) NHMNVIXXV, mais restent incomprises.

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Il a été décrit par René Couffon en 1953, par Yves-Pascal Castel en 1980, par Jean-Jacques Rioult en 2009, et enfin par Emmanuelle Le Seac'h en 2014. Cette auteure consacre deux pages entières à sa description, et en attribue la réalisation à l'atelier du Maître de Guimiliau, lequel exécuta ensuite le grand calvaire de Guimiliau entre 1581 et 1588.

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Stylistique.

Le style du Maître de Guimiliau est ici à ses début ; il donne à ses personnages des yeux globuleux, plus ou moins en amande, avec un double contour formant les paupières inférieures qui  disparaitra à Guimiliau, mais qui sera repris par l'émule du Maître vers 1589. Ces yeux de batracien disgracieux ressemblent parfois à des olives dénoyautées, parfois à des pruneaux fendus.

Les visages et les attitudes frisent la caricature et même les personnages sacrés ne brillent pas par leur beauté, car les traits sont grossiers, les nez tous identiques sont d'épaisses pyramides, le tiers médian du visage est élargi par des pommettes accentuées. Si aucun des saints personnages n'est gracieux, les diables sont carrément horribles avec des traits vultueux et gonflés de bourrelets et des rictus ad hoc.

Une autre caractéristique est l'allure longiligne excessive de Marie et de Jean au calvaire, ou des larrons, ou du visage du Christ en croix.

Bien que les décors de la Seconde Renaissance, très présents sur la clôture de chœur pourtant contemporaine (vers 1570-1580), soit absents, (et que la truculence des diableries relève plutôt de la tradition médiévale), le contexte contemporain, celui de la transition Charles IX/Henri III, s'affirme par les crevés des  culottes des larrons, dont la braguette est accentuée. Mais cet indice est faible, alors qu'il s'exprime largement sur le calvaire de Guimiliau dans la tenue et les chapeaux des soldats et bourreaux, ici absents.

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Composition et thématique.

Si on examine la seule face principale, ce sont vingt personnages qui se présentent, rendant l'analyse de la composition laborieuse.

L'habituel croisillon est remplacé par une plateforme à quatre consoles, supportant les gibets sur ses côtés, et Marie et Jean en son centre. Cette plateforme délimite deux étages.

Sur l'étage supérieur, et principal, il faut d'abord isoler la Croix portant le Christ entourée de Marie et de Jean, des deux gibets où sont liés les larrons. Puis on repère les cinq anges autour  du Christ, quatre recueillant le sang des plaies des mains et des pieds, et un voletant et priant au dessus du titulus INRI.

À l'étage inférieur, le Christ ressuscité, assis sur un arc-en-ciel, les pieds sur le globe du Monde,  écarte les bras, entouré par deux anges qui le vénèrent : c'est le Christ du Jugement dernier, qui figurait aussi sur les calvaires de Châteaulin et d'Argol au XVe siècle.

Enfin,  les consoles sont supportées par trois anges, et un diable sous la console du Mauvais Larron.

L'association d'un Calvaire en haut et d'un Jugement dernier ou Parousie en bas forme un discours théologique sur la Rédemption, et ce discours serait, selon les auteurs, renforcé par le seul personnage qui n'a pas encore été décrit, l'homme presque nu (il porte un pagne) placé sur l'axe vertical reliant ces deux scènes, entre les anges hématophores : il représenterait l'humanité sauvée, ou un "Adam régénéré" (Castel). Mais ne peut-on y voir un Christ aux liens (très habituel sur les calvaires) , un Christ à la colonne attaché contre le fût ?

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La face tournée vers l'est associe de haut en bas saint Herbot, patron de la chapelle et protecteur des bêtes à corne, puis une Déploration à quatre personnages (alias "vierge de Pitié" voire Pietà chez nombre d'auteurs), puis Véronique portant le voile.

Il nous reste à reprendre, compléter et illustrer cela.

 

 

 

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Le visiteur aborde le calvaire par le sud-ouest, derrière l'enceinte du placître, munie de ses échaliers. Deux clichés anciens de F. Dagorn ici :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319662900657v/7e83a5ac-42a9-4f21-bde4-76d5d675fc6b

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319662900655v/1382a3b5-1e1d-460e-beb6-0845f0a207d1

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Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (granite et kersantite, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Cette vue qui nous accueille permet de constater que deux colonnes sont placées entre la croix et les gibets. Ils servent de supports aux deux anges qui recueillent le sang du Christ. Ce détail n'est plus visible quand nous nous trouverons de face, mais nous le remarquerons encore sur la vue orientale.

Dans des calvaires antérieurs (ceux des Prigent), beaucoup d'anges hématophores (portant les calices) sont placés en diagonale entre le fût et les bras, parfois par scellement. L'utilisation de ces colonnes est parfaitement originale, et montre comment ce "Maître de Guimiliau" se démarque des autres ateliers, landernéens notamment, avec  liberté et créativité.

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L'autre détail qui se remarque bien dans cette vue de trois-quarts, c'est le losange des deux anges supérieurs, qui volent mains jointes avec leurs ailes en faux très acérée. 

En effet, ces anges se livrent à un exercice de voltige puisque leurs pieds reposent sur une sphère tandis que la pointe de chacune de leurs ailes y maintient une tête humaine moustachue. Il faudrait savoir comprendre le message que ce logo nous adresse.

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Remarquez aussi la croix écotée, soulignant que la croix du Rédempteur est un arbre, avec toute la symbolique chrétienne que les Pères de l'Église et sainte Hélène ont su développer. Et l'extrémité savamment feuillagée de la traverse (les "fleurons") peuvent participer de la même mystique de l'Arbre.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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LA FACE OCCIDENTALE. 

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Nous voici à pied d'œuvre, tentant de dévider le fil conducteur.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Crucifié.

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Sur le corps longiligne du  Christ, le pagne est animé d'un mouvement de plis tourbillonnant qui crée une sorte de vortex central, renforcé par le tracé dynamique des côtes thoraciques et des échelons du sternum, des lignes de la musculature étirée des bras, de la torsion des pieds et, bien-sûr, du dessin du visage.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le goût du sculpteur pour la "ligne claire" du graphisme, au détriment de la vraisemblance et de l'effet de réel, s'affirme dans son rendu de la moustache et de la barbe sous forme de lignes rayonnantes achevées par des petites boucles. 

Cela m'a évoqué, mais je ne suis pas docteur, l'art roman, dans ses sculptures mais aussi dans ses vitraux  où la grisaille est "enlevée" du bout du pinceau avec un sens maitrisé du contraste.

Et finalement, malgré les yeux de crapaud et le gros nez pataud, j'ai fini par ressentir la spiritualité qui se dégageait de ce visage ; ce qui devait être après tout le but de l'artiste.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Les anges tenant les calices.

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L'ange "hématophore" (mais oui, j'aime le charme désuet des vocabulaires spécialisés) placé à la droite du Christ tient deux calices, l'un recueillant le sang de la paume et l'autre celui du flanc droit. 

Son collègue n'a bien-sûr qu'un seul calice, sous la paume gauche. Du coup, il place la main droite sur la poitrine, comme tout servant d'autel ou acolyte lors de l'Eucharistie. Les anges portent la tenue de ces enfants de chœur, avec la tunique plissée et bouffant sous l'effet du cordon, et l'amict, ou col formant plusieurs plis circulaires. Et on pourrait presque dire que les cheveux bouclés sur le côté et le front dégagé par la raie médiane fait partie, du moins dans l'iconographie, de cette tenue d'enfants sages.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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La Vierge au calvaire.

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Elle est voilée et porte la guimpe, un manteau et une robe (serrée par une ceinture) qui descend jusqu'aux pieds. Ses mains sont croisées devant la poitrine.

Tout cela est très habituel. Mais ce qui l'est moins, c'est le corps longiligne, et les mouvements des pans du manteau en vagues de volutes s'imitant en miroir. 

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Saint Jean au calvaire.

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La tête semble refaite. Jean tient son livre (évangile), et sa main droite est posée sur la poitrine. Mêmes remarques que pour la Vierge.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Bon Larron.

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Il a presque la tête du Christ, sauf les égards qu'on doit au Sauveur. Mais les épaisses arcades sourcilières, les pommettes qui tombent en bajoues et n'ont plus rien d'une pomme, les plis naso-géniens profonds comme des ornières nous le rappellent : bon, certes, mais néanmoins larron.

Il porte la culotte à crevés et à rabat triangulaire faisant office de braguette, qu'on trouve chez nous sur les calvaires et les Crucifixions des maîtresse-vitres du XVIe siècle. Ses bras sont liés en arrière sur la traverse en T du gibet, mais ses deux pieds sont libres, comme le confirmera la vue de la face orientale. Les jambes ne sont pas brisées.

Encore un point par lequel on s'écarte de l'iconographie en vigueur : ses yeux sont baissés, et il ne regarde pas le Christ. Mais n'a-t-il pas un bon sourire ? 

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Mauvais Larron.

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Il détourne franchement la tête, et tire la langue comme un vilain. Ses bras sont liés, mais aussi sa jambe gauche, et un diablotin plus hideux encore que lui est à genoux et le tire par cette corde vers les Enfers. Une petite tête apparaît entre les cuisses de ce diable : l'une de ses victimes ? Nous allons voir qu'il s'agit, hélas, de son sexe lubrique.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Démon.

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Sous la console de ce méchant Larron, le Diable aux ailes de chiroptère fait tout pour nous effrayer et se croit sur un Train fantôme : il a les deux cornes vrillées, les deux oreilles pointues, le visage balafré et vultueux,  la langue protruse, il est nu comme un ver, mais un ver laid et velu, son sexe est céphalisé comme celui du diablotin précédent, et il porte sur les épaules les fourches  destinées à se saisir des Damnés. Tremblez, mortels !

E. Le Seac'h fait remarquer que "sur ses yeux ronds ont été rajoutés de petites prunelles, l'une en forme de losange et l'autre cylindrique".

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le Christ aux liens et les anges hématophores.

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Le Christ aux liens : je choisis cette interprétation car rien ne saurait justifier qu'Adam, ou l'Humain, soit en pagne les bras dans le dos. Il résume métonymiquement la Passion. C'est donc en toute logique que les anges placent sur sa tête le calice de son Sacrifice.

 

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le registre inférieur : la Parousie.

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J'en rappelle la description : le Christ bras écartés montrant ses stigmates est assis sur l'arc-en-ciel, les pieds posés sur la sphère du Monde tandis que deux anges de profil le vénèrent, jambes à demi-fléchies.

Voir :

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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LA FACE ORIENTALE. 

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Au sommet, l'ange descendant en piqué sur terre a les mains écartées (et non jointes comme l'ange occidental).

 

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Saint Herbot.

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Saint Herbot est représenté en ermite à longue barbe soigneusement peignée, tenant le bâton ou bourdon, et désignant de deux doigts  un livre ouvert. Il porte la cuculle et un camail au dessus de la bure. Ce sont les caractéristiques des cinq autres statues du saint patron, sur les porches sud et ouest, sur la tribune du coté nef et du coté chœur, et sur le "gisant" du chœur.

Mais là encore, le corps exagérément long et les flots tumultueux des plis signent le style de l'artiste.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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La Déploration à quatre personnages.

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Alors que les calvaires bretons non monumentaux comportent souvent une Vierge de Pitié (deux personnages, la Vierge et le Christ) au centre du croisillon, les calvaires de  taille et de composition plus importantes incluant de nombreux personnages dans une disposition plus théâtrale proposent plutôt au spectateur une Déploration, à quatre personnages ou d'avantage. Déjà à Tronoën vers 1470 le sculpteur accompagne la Vierge de deux anges de tendresse à ses cotés. Cela se comprend parfaitement sur le plan spatial. Ce blog ne propose qu'une recension bien incomplète de ces Déplorations des grands calvaires et ne pose cette idée que comme hypothèse. À Guimiliau, le Maître a choisi de faire figurer une Mise au Tombeau à neuf personnages, comme les Prigent l'ont fait à Pleyben (1555) et à Plougonven (1554) puis le Maître de Plougastel sur son calvaire de 1602-1604. Les Déplorations se placent donc, par leur volume spatial et leur nombre de personnages, entre les Vierges de pitié des calvaires à croisillons, et les Mises au Tombeau des 7 calvaires monumentaux.

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Voir :
 

 

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Une fois de plus, le corps du Christ est tout en longueur, contrastant avec la faible hauteur donnée à la Vierge agenouillée.

Le Christ, au lieu de former une ligne brisée comme sur de nombreuses œuvres, s'aligne sur une horizontale qui n'est qu'atténuée par l'inclinaison de la tête et la flexion des genoux. Les bras sont allongés le long du corps. Nous retrouvons l'intérêt du sculpteur pour le graphisme dans les lignes parallèles de la barbe, le rendu de la musculature des bras et dans le "vortex" du pagne. La barbe convexe est identique à celle de saint Herbot.

La tête est soutenue (à peine) par saint Jean, le tronc et la main gauche par la Vierge, et les pieds s'appuient sur les genoux de Marie-Madeleine.

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La Vierge est agenouillée, ou semble plutôt assise sur ses talons tant son corps est ramassé. Les genoux enveloppés par le manteau prêtent à confusion, et E. Le Seac'h y a vu la forme d'un petit animal "peut-être un chien léchant la main de Jésus".

Son voile dessine des plis géométriques au dessus de son front, et la guimpe rayonne en plis tuyautés comme une fraise. Le sculpteur ne fait aucune concession à ses marques de fabrique et reprend pour elle les yeux en boule et le nez en poire de manière presque accentuée.

L'ensemble n'est pas en ronde-bosse, mais pour ses deux-tiers, en relief sur un fond rectangulaire.

Saint Jean, à gauche, essuie de son mouchoir ses larmes : voici l'évolution du thème des larmes bien visible des calvaires de l'atelier Prigent  un demi-siècle auparavant. Mais les trois boutons passant à travers des languettes est dans la tradition des ateliers landernéens, même si le sculpteur s'attache à accentuer les traits de tension de l'étoffe pour dynamiser son dessin.

Sainte Marie-Madeleine tient son flacon d'aromates dont elle couvre le couvercle ; c'est un pot à pharmacie creusé de godrons.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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Le registre inférieur : sainte Véronique et son voile. Les anges portant les instruments de la Passion.

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Alors que le calvaire de Guimiliau comporte une magnifique statue de Sainte Véronique, nous n'avons ici qu'un bas-relief assez pâle, même si ma photo ne lui rend pas service.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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L'ange présentant la couronne d'épines.

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Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

Le calvaire (kersanton, Maître de Guimiliau, 1575) de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile 4 août 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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 — CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère. Calvaire n° 1641.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plonevez_du_faou.html

"Plonévez-du-Faou n°1641. Saint-Herbot no 1, granite et kersantite,  7 mètres de haut. 1575. Trois degrés de plan octogonal. Socle carré d’arcatures en plein cintre: CESTE CROIX FVT FAICT EN L AN 1575 M. MATHIEV. CRAVEC PG (prêtre gouverneur) N H MNVIXXV (?). Fût à écots. Croisillon de plan complexe orné, anges, démons, Christ de l’Apocalypse avec les élus. Gibets des larrons, ange et démon aux pieds, statues: Vierge, Jean. Croix centrale fleuronnée, crucifix, anges au calice, ceux du pied posant leur coupe sur la tête de l’Adam régénéré, les autres, juchés sur des colonnes. Au sommet, anges adossés, les pointes de leurs ailes mordues par des masques. Au revers, Vierge de Pitié. Le programme iconographique établi sur la théologie de la Rédemption s’allie avec la liberté d’expression que s’accorde le sculpteur, jusqu’au seuil d’une dérision transfigurée en hiératisme." [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal),  DUCOURET, 1966, 1972 et 1986, Dossier IA00005154 Inventaire général, région Bretagne

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005154_01.pdf

 

— CASTEL (Yves-Pascal), NOVELO, 1967, Notice site POP.culture.gouv. et dossier IA00005155 de l'Inventaire.

Remarque : les notices mélangent les photos et les données sur le calvaire de Saint-Herbot avec celui du cimetière de Plonévez-du-Faou (atlas n°1682), daté de 1552.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00005155

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-saint-herbot-plonevez-du-faou/e902bb3d-7d28-468a-a8ec-0fbf9fbe8159

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005155_01.pdf

 

— CHAUSSEPIED (Charles),1914, Notice sur la chapelle de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou,  Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XLI pages 128-139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207714b/f191.image

— COUFFON (René), 1953,  L'église de Saint-Herbot. In: Bulletin Monumental, tome 111, n°1, année 1953. pp. 37-50

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_1_3732

"Croix-calvaire. — Sur la place de l'église se dresse l'une des plus intéressantes croix-calvaires du Finistère ; elle est datée de 1571. Un massif à trois gradins orné d'une plinthe bien moulurée sert de support au fût monolithe en granit figurant un tronc écoté. La base du fût est ornée de deux séries de niches superposées, sans doute destinées à recevoir les statues des apôtres, et son sommet porte une élégante  console formant nœud et décorée, sur sa face principale, du Christ-Juge en bas-relief et, au revers, du voile de la Véronique entouré d'angelots. De cette console émergent les trois croix du Sauveur et des deux larrons, ainsi que deux petites colonnettes intermédiaires servant de socles à la sainte Vierge et à saint Jean l'Évangéliste. Des angelots recueillent le sang du Sauveur et entourent la croix du bon larron, tandis que des démons veillent sur celle du mauvais. Au revers de la croix se trouve, suivant l'usage, la statue du saint patron, saint Herbot ; elle surmonte ici une Pieta encadrée de deux angelots."

 

 

— COUFFON (René), 1959, Notice de Plonévez-du-Faou, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

 

LECLERC ( Guy), 1973  "l'église de Saint-Herbot", L'écho de Saint-Louis Châteaulin. Bulletin de l'école secondaire privée Saint-Louis. Cité par Le Seac'h, non consulté.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, PUR éditions. pages 275-277et 367.

— MONUMENTS HISTORIQUES.

http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/herbot/herbot.html

— PEYRON (chanoine), 1910, Notice, Bull. SAF page 164-167

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1910_0216_0242.html

— PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

— RIOULT (Jean-Jacques), CASTEL (Yves-Pascal), BONNET (Philippe), DUCOURET, 2010, Chapelle Saint-Herbot (Plonévez-du-Faou),  Inventaire général, région Bretagne

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-herbot-plonevez-du-faou/7310520a-35ca-4784-91b8-578f98ea65d6

—   BONNET (Philippe), RIOULT (Jean-Jacques), 2010,  « Saint-Herbot. Chapelle Saint-Herbot », dans Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, coll. « Les Monuments de la France gothique », 2010, 485 p.

—  RIOULT (Jean-Jacques), 2009, « Plonévez-du-Faou, chapelle Saint-Herbot », Congrès archéologique de France « Finistère 2007 »,‎ 2009, p. 207. 

"À la même époque fut érigée, dans l'enclos d'un placitre sud de la chapelle, une étonnante croix formant calvaire qui porte la date de 1575. Au sommet du fût écoté, en granit, la scène du calvaire sculptée en kersantite rassemble sans lourdeur vingt statues sur une plate-forme monolithique évidée dans ses angles et qui semble soutenue par des anges tenant les emblèmes de la Passion. Au revers de la croix, la représentation de saint Herbot au dessus d'une Vierge de Pitié rappelle une disposition fréquente sur les anciennes croix de procession."

 

 

— WIKIPEDIA 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-Herbot_de_Saint-Herbot

https://en.wikipedia.org/wiki/Saint-Herbot_Parish_close

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Renaissance Kersanton
29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 21:22

Le calvaire (kersanton,1893), et les fragments de calvaire (kersanton, 1648, Roland Doré) intégrés au Monument aux morts,  de l'église de Rosnoën.

 

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Voir sur Rosnoën :

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2. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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PRÉSENTATION.

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L'église de Rosnoën porte à l'extérieur deux inscriptions lapidaires de fondation en caractères gothiques portant les dates de 1562 et de 1604 et le nom des fabriciens.

À l'intérieur, deux autres plaques plus tardives sont en caractères romains en lettres capitales. L'une porte le nom du recteur de Rosnoën  Jean Boulart et la date de 1674, l'autre porte le nom d'un autre recteur plus tardif, François Luguern, décédé en 1732. Ceci a déjà été présenté ici.

Église de Rosnoën et ses inscriptions lapidaires : tilde, N rétrograde, et esperluettes!

La sacristie porte la date de 1722.

Le calvaire visible actuellement a été construit en 1648 et porte le nom du recteur Maturin La Baron .

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Description.

 

Ce calvaire porte sur sa base les noms des commanditaires, prêtres et fabriciens, et la date de 1648. Il figure à son emplacement d'origine sur un plan de 1878. Ce calvaire a été remonté à une cinquantaine de mètres à l'ouest de son emplacement d'origine. Lors du déplacement et de la restauration intervenus en 1895, on remplace des statues géminées exécutées en 1648 par le sculpteur Roland Doré par des copies ; les originaux ont été remployés dans le monument aux Morts de la commune. La statue de la Vierge à l'Enfant, également l'œuvre de Doré, est placée dans une niche de l'élévation ouest de l'église.

Je ne parviens à connaître ni la raison de ce remplacement des statues, ni l'auteur des copies, de facture tout à fait honorable.

Le nouveau calvaire perd d'une part son orientation correcte (le crucifix fait désormais face à l'est, au lieu d'être symboliquement tourné vers le couchant), mais aussi sa cohérence, puis ce Christ en croix n'est plus encadré au pied de la croix par Marie et par Jean (ils sont remplacés par saint Pierre et saint Paul). 

Les inscriptions du socle, fort précieuses sur le plan historique, et la base des statues de Roland Doré, sont partiellement dissimulées aujourd'hui par des potées de géranium.

 

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La quittance du 25 août 1649 de Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne, pour Ollivier Camus, fabrique, pour le calvaire de l'église de Rosnoën est conservée aux Archives départementales du Finistère (234G2, comptes de fabriques de Rosnoën, f°140 r°).

"Je soubsigné Rolland Dorée, sculpteur du Roy en Bretaigne cognois avoir receu de Ollivier Camus fabrique esté en l église parochiale de Rosnohen la somme soixante cinq livres moins (?) deux souls en parpayement de quatre cents cinquante [livres] ? dix livres à moy deubs pour la construction d'une novelle croix par moy faitte à l'yssue du bourg parochial dudist Rosnohen ; dont quitte tant le dist Camus que les précédants fabriq(ue) : les deniers desquels j'avois receu avant l'année dudist Camus en fabriq(ue) et dist ledist Camus comme je cognois avoir touché par ses mains la somme de cent soixante livres t(ournoi)s qi il debvoit par accord et acte raporté par noble Charles Robin notaire que ladiste somme soit à décompter et déclarer a (illisible) pour debvoir par le compte cydevant à Guill(aume) Bihan et Charles Crenen à p(rese)nt fabriques à la diste église le diste Bihan présent en tesmoign de quoy soubs mon segin (seing) le quitte généralement et enthierement [jusqu'] à ce jour ; faist le vingt et cinquiesme jour d'aoust  mil six cents quarante et neuff le dist Bihan ne sachant signer a priè m(ess)ire Guill(aume) Camus de signer à sa requête."

L'acte est signé R le doré d'une écriture cursive nette et soignée.

Voir ici l'article de Y.-P. Castel page 18.

 

Nous apprenons que ce calvaire de 1648 en remplace un autre, et qu'il est placé à la sortie du bourg. La somme de  460 livres est à comparer à celle de 198 livres déboursée par les commanditaires à Roland Doré pour la tombe de Jacques Barbier dans un acte du 23 février 1638.

Le nom du fabrique pour 1648, Olivier Camus, se retrouve inscrit sur le socle, comme celui de messire  Guillaume Camus, curé de Rosnoën. Ses successeurs pour 1649 sont Guillaume Bihan et Charles Crenen. Mais il faut lire "Charles CREVEN", un nom propre bien attesté à Rosnoën. Charles Creven et Françoise Mallegol se sont mariés en 1630,  et ont eu notamment un fils Jean Creven, prêtre, cité sur la plaque d'inscription de l'intérieur de l'église.

 

 

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I. LE CALVAIRE DE 1648/1895.

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Il est placé devant la mairie et il atteint 6 mètres de haut .

L'emmarchement et le soubassement sont en microdiorite quartzique ("pierre de Logonna"). Quatre degrés à moulurations portent un soubassement à niches vides.

Le socle cubique en kersantite porte des inscriptions sur trois de ses faces, elles seront étudiées infra. Le fût à pans y est érigé. Le calvaire est en kersantite.

Le croisillon porte des statues géminées. On identifie sur la face ouest : un saint évêque, une Vierge à l'Enfant au centre, et encore un saint évêque. Et sur la face est  saint Pierre, puis au centre l'inscription RESTAUREE 1893, puis saint Paul tenant l'épée. Plus haut,   le Christ en croix. 

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Au centre : le Crucifié.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Sur le croisillon à notre gauche : saint Pierre.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Sur le croisillon à notre droite : saint Paul tenant l'épée de sa décollation.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OUEST.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Au centre : la Vierge à l'Enfant.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le saint évêque de gauche.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le saint évêque à notre droite.

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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Le socle et ses inscriptions.

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Base du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Base du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du coté est :

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MIRE : MATVRIN : /LE : BARON : RECTEVR 

Soit "messire Maturin Le Baron, recteur".

Cette  inscription est en réserve (en relief), les autres sont en creux.

Les auteurs y ont lu la date de 1648 que je n'ai pas trouvée.

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-Ce recteur est attesté en 1647 ("recteur de Rosnohen") comme parrain de Louise de Kersulguen, fille de François, et de Louise Menez. :

https://de.geneanet.org/archives/releves/publi/publication/jlm/r14kersulguen.html

-La même année, il fait inscrire son nom sur le clocher de Saint-Sauveur du Faou, alors en construction :

"VENERABLE : PERSONNE : MISSIRE : MATTVRIN : LE : BARON : RECTEVR. FINIS CORONAVIT OPVS/ . NOBLE JACQVE DEN GV  /1647".

Les inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).

-Les archives mentionnent le 11 juillet 1649 la fondation par ses parents  : "Maître Jacques Le Baron et Yvonne Le Dérédec, sa femme, fondent 3 livres 4 sols, pour jouir de la tombe où fut enterré Missire Mathurin Le Baron, leur fils, recteur de Rosnoën. " Les généalogistes signalent le couple Jacques Le Baron (v. 1595-1650) x Jeanne le Dérédec (Rosnoën 1595 -) et leurs sept enfants.

https://gw.geneanet.org/bernardc?n=baron&oc=&p=jacques

Armoiries : https://gw.geneanet.org/skrebs1?n=le+baron&oc=&p=jacques

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Le calvaire de l'église de Rosnoën.

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L'inscription du coté sud. 

 

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MIRE : GVILLE : CAMVS/CVRE : O : CAMVS : FABRIQ .

soir Messire Guillaume Camus curé [et] Olivier Camus fabrique".

Un Guillaume Le Camus a été parrain en 1657 de Corentin Hamon, et en 1664 de François Hamon.

Messire Guillaume Camus signe à la place du fabricien Le Bihan la quittance d'août 1649.

Olivier Camus est le fabricien qui a traité avec Roland Doré le règlement du calvaire, en 1648.

https://gw.geneanet.org/aconestabile?lang=en&pz=francoise+marie+corentine&nz=feunteun&p=corentin&n=hamon

Photo Glemoigne 2009 in Atlas

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Socle (kersanton,  1648) du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Socle (kersanton, 1648) du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du coté ouest.

 

 MIRE : N : MORVAN : P/E : CVRE 

soit "Messire N. Morvan prêtre, curé."

Un Nicollas Morvan, prêtre,  est cité  dans un acte de Rosnoën du 9 mars 1680

https://www.geneanet.org/archives/registres/view/24570/269

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Socle (kersanton,  1648) du calvaire  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Socle (kersanton, 1648) du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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II. LES STATUES DE ROLAND DORÉ (FRAGMENTS DU CALVAIRE de 1648) REMONTÉS AUTOUR DU MONUMENT AUX MORTS.

 

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La Vierge au calvaire.

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Chacune de ces statues illustre de façon exemplaire l'expressivité du sculpteur landernéen.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)   de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean au pied du calvaire (géminé avec Barthélémy).

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La statue de saint Jean d'un calvaire de Roland Doré est toujours l'une des plus remarquables ; mais hélas celle-ci a été abîmée au niveau de l'œil et de la tempe gauche. Nous retrouvons la chevelure bouclée triangulaire en perruque, l'ovale longiligne du visage, les narines larges,  la bouche aux commissures évasées, les deux mains croisées sur la poitrine, le pan du manteau unique qui retombe sous l'avant-bras gauche, déjà détaillés à Croaz-Moudennou

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts  de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Saint Barthélémy (au dos de Jean).

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Cet apôtre se reconnaît par le couteau qu'il tient contre lui : ce fut l'instrument de son supplice puisqu'il fut dépecé.

Sa présence est rare sur un calvaire.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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Un saint évêque (au dos de la Vierge).

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C'est cet évêque qui a servi de modèle aux deux évêques du calvaire de 1895, mais ici il porte une croix, et non une crosse.

Sa mitre évasée évoque le bonnet carré des docteurs et recteurs, et cela se retrouve souvent chez Roland Doré ; on le retrouvera chez saint Audoën infra.

Le visage est en ovale allongé.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de   Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de  Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de Pitié.

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Liste des Vierges de Pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663) :

Brennilis, calvaire (1625). Déploration.

Cast, calvaire de l'église  1660

Châteaulin, Saint-Idunet

Châteaulin, presbytère

Dinéault, calvaire

Irvillac, calvaire de Coatnan

Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

Plourin-les-Morlaix, vestiges du calvaire

Rosnoën, calvaire 1648

Saint-Servais, calvaire église,

Seven-Léhart, calvaire ,

Trézivédé, calvaire

Elle se distingue des nombreuses Vierge de Pitié (pietà) du Finistère, car le corps du Christ est orienté tête à la gauche de la Vierge. L'inclinaison de la tête et du haut du buste de la Mère vers la gauche rompt avec l'habituelle composition parfaitement triangulaire des Prigent et rend la Vierge plus présente.

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Le dos du groupe est creusé, ce qui montre bien comment il se moulait sur le fût du calvaire.

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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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Saint Audoën, patron de la paroisse.

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Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire  (kersanton, Roland Doré, 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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LA VIERGE À L'ENFANT DE ROLAND DORÉ DU CALVAIRE DE  1648  REMONTÉE AU PORCHE OUEST.

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Le visage à l'ovale allongé, les yeux aux pupilles creusées, le nez en  tour Effel (triangulaire à base élargie), la bouche aux commissures creusées montrent que nous avons affaire à une œuvre de Roland Doré. 

Cette Vierge à l'Enfant très élancée ressemble à celle du porche sud de l'église de Plougourvest, mais cette dernière ne présente pas, comme ici, un fruit à son fils.

Au contraire, celle de la chapelle de Saint-Sébastien en Saint-Ségal présente un fruit, probablement une poire.

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Vierge à l'Enfant  (kersanton, Roland Doré, v. 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, v. 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant  (kersanton, Roland Doré, v. 1648)  de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, v. 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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LE CHRIST SAUVEUR (KERSANTON,  ROLAND DORÉ, v. 1648) DU PORCHE SUD.

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Inscription IESVS.

Le Christ, jambe gauche légèrement avancée,  bénit de la main droite le monde qu'il tient dans la main gauche.

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Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

Christ sauveur (kersanton, Roland Doré, v. 1648) du porche de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

 

 https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a155cffa8f166b91ad6007528b055ff5.pdf

— DOUARD Christel, TOSCER (Catherine), 1995

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-audoen-rosnoen/ad95845c-9dcc-4f09-a114-f7c26d750b02

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-bourg-rosnoen/4acc96c3-3ed9-48bb-b0f7-7709565619b7

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. PUR éditions.

 

— Infobretagne

http://www.infobretagne.com/rosnoen.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Sculpture Roland Doré Vierge de Pitié
23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 17:09

Le calvaire (kersanton, 1681) de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau et sa Vierge de Pitié ( kersanton, vers 1550, atelier Prigent).

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Sur Landerneau, voir notamment :

 

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PRÉSENTATION.

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Ce calvaire est digne d'intérêt, notamment en raison de sa Vierge de Pitié qu'Emmanuelle Le Seac'h a attribuée à l'atelier Prigent dans son Catalogue raisonné de 2014. Mais je suis passé très souvent par cette rue (tronçon de la D712 par laquelle, longeant l'Élorn,  on va ou on revient de La Roche-Maurice et Landivisiau) sans le remarquer. Il se situe entre le n°78 et le n°80 de la rue, à la sortie de Landerneau, avant le premier pont de chemin de fer, en amont de l'École Marie-Curie, dans un petit enclos fleuri d'hortensias.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.243264&y=48.455026&z=20&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

Il est difficile pour moi de savoir s'il a été déplacé d'un autre emplacement, car il ne figure pas sur les cartes comme celle d'Etat-Major et de Cassini. En tout cas, cette route n'était pas employée par les voyageurs, sous l'Ancien Régime et jusqu'au premier quart du XIXe siècle, car la route vers Landivisiau (Grande route de Morlaix) passait alors au sud de l'Élorn (Cadastre 1827).

Sur le cadastre 1827, la parcelle 229 porte la mention "Signal Vierge", et sur le carrefour, le symbole d'une croix. Est-ce un indice ? 

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https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/P/03P/3P104/FRAD029_3P104_01_04.jpg

Mais tout laisse à penser qu'il  fut déplacé. À commencer par le fait qu'il n'est pas orienté (face principale portant le Crucifix tournée vers l'occident), sauf par l'alignement urbain. Puis, par le fait qu'il est composite, une Pietà du XVIe siècle posée au pied d'un calvaire du XVIIe. Enfin,  cet encadrement par des palmiers évoque la décision d'un décideur de l'embellissement urbain du début du XXe siècle.

Cette situation me contrarie, car la Vierge de Pitié qui m'intéresse est tournée vers le nord-ouest, sous le Crucifix, et elle est restée dans l'ombre du contre-jour lors de mes différentes visites. Aurai-je dû me présenter au couchant d'une belle journée d'été ?

De même, le saint Pierre de la face tournée vers le sud-est reste à l'ombre partielle de son palmier ...

Néanmoins, j'ai obtenu la réponse à ma question principale. Cette Vierge de Pitié de l'atelier Prigent présente-t-elle les trois larmes si caractéristiques de celui-ci ? La réponse est oui, sans atermoiement. Et les photos, insatisfaisantes sur le plan artistique, montre clairement les autres détails stylistiques.

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I. LA VIERGE DE PITIÉ (kersanton, vers 1527-1570, atelier Prigent de Landerneau).

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Introduction.

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L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère,  les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).

Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles  qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.

Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.

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Les Vierges de Pitié et aux Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533 (3 larmes)

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

 

et à discuter :

-Bourg-Blanc, Saint-Urfold (3 larmes, selon Castel)

Vierges de pitié du Maître de Plougastel (1570-1621)

-Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven atlas n°914. Vierge décapitée.

-Loc-Eguiner Saint-Thégonner, calvaire du cimetière atlas n°1171

-Plougastel, calvaire du cimetière atlas n° 1910

-Plougastel, chapelle Sainte-Christine atlas n° 1919

-Primelin, Saint-Tugen, éléments du calvaire atlas n° 2571.

Vierges de pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663)

-Brennilis, calvaire

-Cast, calvaire de l'église.

-Châteaulin, Saint-Idunet

-Châteaulin, presbytère

-Dinéault, calvaire

-Irvillac, calvaire de Coatnan

-Plonévez-du-Faou, Sainte-Anne-la-Palud, calvaire,

-Plougastel, Le Passage, calvaire 1622

-Plougastel, chapelle Saint-Claude, calvaire

-Plourin-les-Morlaix, vestiges calvaire

-Rosnoën, calvaire 1648, 

-Saint-Servais, calvaire église,

-Seven-Léhart, calvaire ,

-Trézivédé, calvaire

 

Voir aussi

-Saint-Urbain, Calvaire de la chapelle de Trévarn

-Saint-Urbain, Calvaire de Quinquis

-Le Drennec, calvaire de l'église

-Locmélar,

-Telgruc, église

-Bourg-Blanc, devant l'église

 

-etc.

 

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF.

J'en ai présenté un certain nombre dans ce blog.

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Description.

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Selon le schéma adopté par les Prigent, la Vierge est en chevalier servant, le genou droit fléchi soutenant le dos du Fils, et le genou gauche posé à terre. Sa main droite soutient le dos, et sa main gauche soulève celle de son fils. Sa tête est recouverte par le grand manteau qui l'enveloppe en formant une pyramide.

Cette forme triangulaire est barrée par le corps du Christ, lequel est comme disloqué en ligne brisée à cinq segments. Les bras le brisent plus encore puisque le bras droit tombe verticalement, le coude fléchi et la main demi-fermée paume vers le haut, alors que le gauche est horizontal, droit jusqu'à la main paume vers le haut.

Il y a donc un contraste entre la pyramide "monolithique" maternel, exprimant l'effondrement par le deuil, et la dislocation du Christ défunt, témoin de sa crucifixion.

Le regard se porte naturellement vers le visage de la Mère, encadré par le voile empesé et aux plis cassés et par la guimpe. Ce visage est sévère mais peu expressif, comme figé par le chagrin, et c'est toute la valeur des trois larmes aux longs filets sous chaque paupière d'exprimer, en épanchement venant du cœur et impossible à retenir, la douleur d'une mère recevant le corps de son enfant.

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Le corps du Fils s'abandonne au gré des appuis qu'il reçoit, sa nudité bien charpentée n'étant couverte que par un pagne, dont un pan ressort du coté droit. Les plaies sont peu visibles, sauf sur le pied . Les jambes restent parallèles et les pieds ne sont pas croisés.

Du  visage au nez fort et aux yeux clos, nous remarquons surtout la moustache qui nait des coins des narines et trace un V inversé en deux virgules bouclées. La bouche est entrouverte sur une rangée de dents. La barbe aligne des mèches peignées, à peine bouclées. Les cheveux longs forment un triangle avec deux longues mèches peignées se dirigeant vers les épaules.

La statue montre plusieurs fissures, correspondant ou non à des lignes de faille sur le bloc de kersantite.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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Autour du Crucifix, la statue de la Vierge et de Jean.

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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II. SAINTE MARIE-MADELEINE ET SAINT PIERRE (kersanton, 1681).

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Je n'ai pu lire la date de 1681 signalée par Y.-P. Castel. Mais elle indique une réalisation plus tardive que les productions des grands ateliers de sculpture du kersanton, venu de ses sites d'extraction en Rade de Brest et achelminés à Landerneau, puisque l'atelier de Roland Doré s'achève en 1663. Parmi les "Petits Maîtres" dénombrés par E. Le Seac'h, seul Jean Le Bescont (vers 1664-1682) serait à envisager. 

On remarque dans ces statues de belle facture un élément stylistique particulier, les yeux en drupes saillantes, mais dont les pupilles ne sont pas creusées, comme le faisait Roland Doré.

Marie-Madeleine s'identifie par ses cheveux longs et défaits et son flacon d'aromates, et Pierre par ses pieds nus, sa barbe et sa clef, tandis que son fameux toupet frontal est omis.

 

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Landerneau, n° 998.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/landerneau.html

998. Landerneau, rue de La Tour-d’Auvergne, Croix-de-la-Vierge, g. k. 1. 6 m. XVIè s. 1681. Petit enclos fleuri. Base à larges pans. Socle cubique, griffes, Vierge de Pitié. Fût, croisillon, date 1681, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre, fleurons-boules godronnés, crucifix. [YPC 1980]

 

— CASTEL (Yves-Pascal), Les pietà du Finistère,

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Kersanton Calvaires Prigent Vierges de Pitié.
13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 14:36

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I: le calvaire de 1562 (kersanton, atelier Prigent).

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Voir sur Saint-Divy :

 

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— Voir  d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et hors blog: 

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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PRÉSENTATION.

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Quelque soit la saison ou l'heure à laquelle le visiteur se présente, il n'aura pas un point de vue spectaculaire du calvaire de l'entrée nord-est de l'enclos de Saint-Divy, trop abrité par le feuillage des chênes et châtaigniers qui le dominent. Et quelque soit le point de vue qu'il adopte, la Marie-Madeleine placée au pied de la croix ne sera sans doute pas aussi visible qu'il le faudrait. Ou bien l'une des trois croix (celle du calvaire et les deux gibets des larrons) restera dans l'ombre et pourrait lui échapper. C'est que ce calvaire n'occupe pas son emplacement initial.

En effet, cet ensemble de trois croix édifiées sur les pilastres de l’entrée est  a été déplacé pour permettre l’élargissement de la rue ouest au cours du XXe siècle, alors qu'il était placé à  l’entrée opposée, au nord-ouest du cimetière. En outre, on a cru bon de le désorienter, c'est-à-dire de tourner la face principale vers l'est, alors que la règle, et la symbolique de la mort, veut que le Christ en Croix soit tourné vers l'ouest, coté du coucher du soleil. Hélas, cette licence que se permette les décideurs est fréquente.

Si notre visiteur distingue les trois croix, et s'il constate sur la croix principale l'existence d'un croisillon convexe et à deux consoles, il classera ce monument dans la typologie des calvaires bas-bretons (sans croisillon, avec un seul, ou deux croisillons). Mais hélas, les consoles ont ici perdu les statues  (sans doute géminées) qu'elles portaient. 

La formule adoptée, à trois croix séparées et avec un seul croisillon se montre finalement assez originale, sauf pour les grands calvaires monumentaux  de Tronoën ou réalisés par les  Prigent à Pleyben en 1555. Un calvaire proche de celui-ci, celui de Pencran, dispose de deux croisillons.

L'autre critère permettant des regroupements, c'est la Marie-Madeleine au pied de la croix, son manteau retombant sur ses reins. On retrouve cette statue bien reconnaissable à Pencran, Lopérec, Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern, La Forest-Landerneau.

Emmanuelle Le Seac’h (Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne) a attribué ce calvaire à Henry Prigent, et on sait que l’atelier de Bastien et Henry Prigent a été actif à Landerneau de 1527 à 1577.

L'un des traits stylistiques de l'atelier Prigent repose sur les trois larmes s'écoulant des yeux de la Vierge et de Jean au calvaire (nous ne pouvons en juger ici puisque ces statues  sont absentes des croisillons), de la Vierge de Pitié et de Marie-Madeleine. Sur ces deux sculptures, les larmes sont absentes (ou indiscernables).

 

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Description.

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Sa première et principale description est celle d'Yves-Pascal Castel pour son Atlas des Croix et calvaires du Finistère sous le n° 2694 Saint-Divy entrée est. Elle a été rédigée en 1980.

Les trois croix érigées sur les pilastres de la porte forment un monument de 7 mètres de haut en granite (soubassement) et kersanton (fût et statues). Le fût central, rond comme ceux des larrons, porte des écots, et  Marie-Madeleine est agenouillée à son pied . Les culots de l'unique croisillon sont vides. Le nœud du croisillon porte coté principal la date de 1562 sous une inscription non déchiffrée, et  l'écu des Rohan dont une des neuf macles est martelée. La croix est à fleurons feuillagés, au dessus de la statue d'un saint évêque portant une croix, tandis qu'un Christ au lien et une Vierge de Pitié occupent le revers.

Les lichens en altèrent déjà la lecture.

Selon une tradition populaire tenace mais guère validée, le fût à écots témoignerait d'une épidémie de peste, par comparaison (guère crédible visuellement ici comme ailleurs) entre les écots et les bubons (abcès) de la peste bubonique. 

Mais si on ouvre les yeux sur la réalité, ce sont bien des amorces de branches écotées qui sont sculptés, avec des tranches de section bien nettes, faisant du fût un arbre taillé pour le supplice, et reprenant la réflexion théologique initiée par sainte Hélène et développée dans la Légende de la Vraie Croix. L'arbre de la Croix aurait poussé sur la tombe du vieil Adam à partir de l'Arbre de Vie, et le Christ crucifié s'y présente comme le Nouvel Adam. Les fûts de l'atelier Prigent portent ces écots par exemple sur la calvaire monumental de Plougonven (1554) et sur celui de Pleyben (1555)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vraie_Croix

 

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE PRINCIPALE. LE CHRIST ; SAINT DIVY ; INSCRIPTION DATÉE ; LA MADELEINE ÉPLORÉE.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ en croix.

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Au sommet de la croix, les lettres I.N.R.I du titulus sont de belle facture, perlées, aux hampes bifides, et s'inscrivent sur un phylactère aux extrémités élégamment torsadées.

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Le Christ, tête couronnée d'épines inclinée sur la droite, les yeux clos,  porte un pagne noué sur le coté gauche.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Saint Divy en évêque.

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Saint Divy, fils de sainte Nonne, est le patron de l'église paroissiale, église où sa vie est peinte sur les lambris, mais il très représenté aussi à Dirinon, où il donne aussi son nom à une chapelle et à une fontaine.

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Il est un peu rapide d'écrire qu'il est représenté en évêque, car malgré la mitre, les chirothèques, les pantoufles épiscopales et la chape, il tient une croix à trois extrémités pommées, plutôt qu'une crosse. Laissons cette subtilité aux spécialistes du saint, de son iconographie en Bretagne et Outre-Manche.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription datée de 1562.

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De cette inscription en caractères gothiques occupant le nœud du croisillon, seule la date, inscrite dans un cartouche en forme de parchemin aux extrémités enroulées en cornets, est parfaitement lisible : 1562.

L'inscription sculptée en réserve sur deux lignes dans des cartouches aux contours perlés n'a jamais été déchiffrée par les auteurs de référence, alors qu'elle semble accessible à une lecture pour peu qu'on s'en donnerait les moyens (accès rapproché ; éclairage adapté ; voire relevé par estampage comme le pratiquait ailleurs l'abbé Castel). 

Dans l'ombre des arbres, je débute ici une première tentative afin de stimuler les érudits et les édiles (en rouge les éléments certains) : 

P. LE GUERN

 LORS : DE

1562.

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Le site Geneanet ne mentionne le patronyme Le Guern  qu'à partir de 1672 à Saint-Divy (ou à Landerneau), mais cela témoigne peut-être des lacunes des actes paroissiaux. Néanmoins, cela incite à préciser mon incertaine lecture.

Une autre possibilité est de lire IORS, comme sur le socle de l'enclos portant l'inscription "LE PREMIER IOR DAOUEST L’AN MIL VCV, en belles lettres gothiques" (Castel, atlas n° 2693). Mais je ne parviens pas à intégrer cela dans l'emplacement disponible. Et le L est certain.

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Pour placer cette date de 1562 au sein de la production des Prigent (dont quelques œuvres sont datées), notons que la première date est celle du saint They de Plouguerneau (1527), puis   du bénitier de Tréflez (1545), suivie par celle  du calvaire de Plougonven (1554), de celui de Pleyben (1555), ou de Guisseny (1555), de la sainte Apolline de Pencran (1555), du porche de Landivisiau (1554-1565) et de celui de Guipavas (1563), de la croix de Kerabri en Lothey (1556), de la croix de Brondusval à Plouider (1562),  du moine cordelier d'Irvillac (1566), du calvaire de Guiclan (1577). (E. Le Seac'h)

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.

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Sainte Madeleine agenouillée au pied du fût.

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Ses modèles ou semblables  sont nombreux :

 

-Pelouse nord de l'église de Pencran (Prigent v.1553).

-Calvaire monumental de Pleyben (Prigent 1554)

-Calvaire monumental de Plougonven (Prigent 1555)

-Calvaire de Sainte-Marie du Ménez-Hom (Prigent vers 1550)

-Calvaire de l'église de Lopérec (Prigent ou "fayet", 1542 ou 1552)

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau  (Prigent vers 1555)

Calvaire du bourg de Saint-Ségal

-Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal

-chapelle Saint-Tugen en Primelin, contrefort sud-ouest.

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Les points communs (avec des exceptions à chaque fois) sont la posture agenouillée bras écartés, regard et tête levée ; les trois larmes ; le bandeau occipital ; la robe serrée par une ceinture nouée ; le manteau retombant en un éventail plissé derrière les reins ; le pot d'aromates.

Parfois (Plougonven), la sainte regarde vers le bas, et ouvre son flacon.

Ici, ces éléments sont présents, hormis les trois larmes. Le bandeau occipital, un large tissu de trois torons, vient entourer par des spires les longs cheveux devant la poitrine.  La robe est luxueuse, avec deux  manches ou fausses manches bouffantes, un épais plissé laissant deviner la préciosité de l'étoffe, et un revers de poignet en torsade. La ceinture, simple bande d'étoffe,  est nouée en rosette.

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Je prends plusieurs clichés du visage pour y rechercher les larmes, recherche difficile en raison de la prolifération des lichens. En outre, ces larmes ne sont parfois bien visibles  qu'à jour frisant. Mais je n'en vois pas la trace.

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L'ombre de la croix tourne comme l'aiguille d'un cadran autour de la sainte.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.
Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE SECONDAIRE. LE CHRIST AUX LIENS ; LA VIERGE DE PITIÉ ;  LES ARMES DES ROHAN.

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Le Christ aux liens.

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Comparer aux statues issus de l'atelier des Prigent (E. Le Seac'h) :

 

-Guisseny, calvaire n° 706

-Loc-Brévalaire, calvaire, atlas  n°1160.

-Saint-Servais, calvaire atlas n° 2821

-Le Tréhou calvaire atlas n° 3063

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de Pitié.

 

 

 

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Comparer aux Vierges de Pitié et aux Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):

-Brignogan, chapelle Pol, kersanton polychrome

-Dinéault, calvaire atlas n°408 (3 larmes)

-Le Folgoët, calvaire atlas n°520 (3 larmes).

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière haut, atlas n° 533

-La Forest-Landerneau, calvaire du cimetière bas, atlas n° 534

-Landerneau, calvaire rue de la Tour d'Auvergne, atlas n°998 (3 larmes).

-Lothey, calvaire de Kerabri atlas n°1260 (3 larmes)

-Plourin-Ploudalmézeau, Déploration,  sur la pelouse (3 larmes)

-Saint-Derrien, calvaire atlas n°2690

-Saint-Nic, intérieur église, Déploration polychrome (3 larmes).

Liste à laquelle j'ajoute :

--Plouvorn, cimetière. (3 larmes)

--Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)

--Crozon, Tal-ar-Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes).

Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF. Ou taper vierge de pitié  ou pietà sur l'onglet "rechercher", qui est là pour ça.

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La première chose que je dois dire, c'est que je suis venu ici, devant ce calvaire, pour chercher les larmes de la Vierge. Et que, comme pour Marie-Madeleine, je ne les ai pas trouvé, les larmes de Marie. Malgré le zoom, malgré l'éclaircissement du cliché cherchant à pénétrer l'obscurité du visage voilé.

Le visage est grave et beau, recueilli sur son intériorité plus que douloureux, les lèvres sont desserrées.

La Vierge est voilée dans son manteau, son corps formant une pyramide à base étroite, elle est en position de chevalier servant, le genou gauche posé à terre tandis que le genou droit soutient le dos du Fils, la main droite soulevant le flanc. Sa main gauche élève le bras gauche du Fils. Ainsi, le corps défunt du Christ forme une diagonale orientée vers le haut et la gauche, mais cette diagonale est brisée en quatre segments en M, et les deux bras, l'un vertical et l'autre horizontal, la traverse en croix. C'est le schéma le plus constamment adopté par l'atelier Prigent pour ses "pietà".

 

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Les armes des Rohan.

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Un autre calvaire des Prigent porte le blason armorié aux armes d'un seigneurs prééminenciers et/ou commanditaires, la croix de Saint-Sauveur à Kerlouan (Poulpry),  et hormis les calvaires, d'autres œuvres sont blasonnées, à Plourin-Ploudalmézeau, à la chapelle N.-D. de Traon de Plouguerneau. À La Forest-Landerneau, le calvaire du cimetière bas porte les armes de France et de Bretagne (hors atelier ?).

Les armes des Rohan comporte un nombre variable de macles (losanges évidés), le plus souvent neuf comme ici, posées 3, 3, 3, où le dernier a été martelé.

Les armes des  Rohan sont présentes à Landerneau (fondation du pont en 1510 et de l'hôpital Saint-Julien en 1521), ou, dans la vallée de l'Elorn, à La Martyre et sur le porche de La Roche-Maurice. On peut les trouver aussi à Sizun, sur l'ossuaire, ou, en Morbihan sur le château de Jean II à Josselin, ou à Quimper sur le palais épiscopal de Claude de Rohan son fils, ou à Daoulas, à Merléac, etc, etc.

Saint-Divy étant une ancienne trève de La Forest-Landerneau (sur l'Elorn juste en aval de Landerneau), ce sont celles de Landerneau qui sont les plus significatives. Mais en 1562, date de ce calvaire, ni Jean II, ni ses fils Jacques (1478-1527) et Claude (évêque de 1501 à 1540), ni sa fille  Anne (1485-1529) héritière du titre,. Après son mariage avec Pierre II de Rohan-Gié, leur fils René Ier de Rohan (1516-1552) donne naissance à Henri Ier qui devient le 19ème vicomte de Rohan et adhère au protestantisme.

Il est impossible, à défaut d'archives, de savoir si ces armoiries témoignent d'une donation et d'une commande pieuse de  Henri Ier de Rohan, alors qu'il ne fréquente pas le Léon mais le château de Blain, où il devient le protecteur du culte réformé comme à Josselin et Pontivy.

Pour ma part, j'y vois plutôt l'effet de la vigilance de ses lieutenants pour faire exercer ses droits, comme sur l'ossuaire de Sizun vers 1585.

Les armes figurent sur un calvaire de Camaret daté de 1538 (Atlas n° 175), ou  encore sur la Croix de Penmarc'h à La Roche-Maurice, daté de 1625.

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX LARRONS SUR LEUR GIBET.

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Conformément à l'iconographie des calvaires bas-bretons et des enluminures, l'une des jambes est liée au gibet, tandis que l'autre est pliée à 90° pour témoigner du texte évangélique dans lequel Pilate donne l'ordre aux soldats de briser les jambes des larrons pour mettre un terme à leur agonie (en leur ôtant l'appui nécessaire pour respirer).

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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=4&id_article=103

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_divy.html

 

 

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988,,Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, ,

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/5eb27adca1ceb10a93836495d298f812.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

—MOREAU  (Henri), 2011, photo https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Saint-Divy_Calvaire_1.jpg

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Sculpture Prigent
6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 13:24

Le calvaire (kersanton, anonyme , vers 1550 et Roland Doré vers 1630) de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain.

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Voir sur Saint-Urbain :

 

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2. Sur le sculpteur anonyme, voir :

 

 

3. Voir les œuvres de Roland Doré :

 

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Sur les calvaires de Dirinon, voir :

 


 


 

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PRÉSENTATION.

 

 

L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée dès le XIIe siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures : les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. 

Le toponyme, anciennement Treb Baharn,  puis Trevaharn,  qui avait en 1324 la forme Treffbarn  trouve là son explication : du breton  treff "trève" ou "habitat" et Barn, Baharn  nom de saint.

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L'ensemble cultuel, à savoir la chapelle en totalité, le calvaire, les murs de clôture et la fontaine de dévotion est inscrit MH par arrêté du 18 août 1998.

 

Ce calvaire occupe le coté sud du placître (l'enclos) de la chapelle de Trévarn. Mais il  est  antérieur à la chapelle actuelle, car le style des sculptures le date du XVIe siècle. Il a été restauré une première fois par Roland Doré —dont le style toute en finesse se reconnaît très bien sur le Christ en croix et sur une tête de Sainte Femme —, et une seconde fois en 1995, grâce à l'Association des Amis de Trévarn et du Patrimoine. À cette occasion, une étude a dû être menée par des experts, et sa lecture serait  passionnante, mais elle n'est accessible en ligne.

On peut remarquer, pour estimer la date de son érection, que, sur le territoire de la commune de Saint-Urbain, la croix en kersanton de Croas-Madec porte la date de 1570, que le calvaire en kersanton de l'église est daté de 1575, celui de Cleuz Braz celle de 1580 (ou, Atlas, 1518), tandis que celui du Quinquis porte sur son fût la date de 1543.

Mais puisque Trévarn était une trève de Dirinon, c'est à cette paroisse que nous devons nous intéresser : elle possède encore deux croix du Moyen-Âge, cinq croix du XVe siècle (Ty Croas, Cimetière, Bourg, le calvaire de Croas ar Vossen de La Grange,  et Kerniouarn), quatre croix du XVIe siècle (Kermélénec vers 1550, Kergavarec en 1595, Comenec et Trébéolin), et le calvaire de La Croix Rouge réalisé par Roland Doré vers 1640.

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Ce calvaire est décrit dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère par Yves-Pascal Castel en 1980, avec un beau dossier photo de G. Lemoine 2009 sous le n°2882 :

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_urbain.html

2882. Trévarn, chapelle, l. k. XVIè s., vers 1630. Trois degrés. Socle cubique. Fût rond, écots, Christ lié, console-masque. Croisillon, entrelacs, culots godronnés, statues géminées: Vierge-Paul Aurélien, Jean-Pierre, au revers, angelots nus tenant la couronne d’épines. Croix, fleurons-boules godronnés, crucifix, groupe de la Vierge de Pitié, une tête refaite par Doré. Croix disparue: Pouldour. [YPC 1980]

 

Mais  15 ans plus tard, et juste avant la restauration de 1995, Yves-Pascal Castel en donna une description et une analyse précieuse. Je me suis permis de l'annoter (en rouge) :

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"Comme tout enclos d'église, Trévarn, trève paroissiale ancienne de Dirinon avait sa croix. On a exhumé récemment le socle de schiste du monument qui précéda le calvaire actuel. On peut découvrir cette dalle derrière le tronc d'un gros chêne à l'ouest de l'enceinte : il porte en son centre une cavité de 25 cm sur 35 cm approximativement, et ces dimensions correspondent à l'embase rectangulaire du fût.

Celui-ci fut érigé vers 1550 par un atelier de pierre de kersanton héritier du style du grand atelier de Bastien et Henry Prigent qui élevèrent le grand calvaire de Plougonven. Ce même atelier des Prigent, actif de 1527 à 1577,  a sculpté le saint Antoine qui borne l'entrée dans l'enclos, du coté droit. Emmanuelle Le Seac'h a identifié (Les ateliers de sculpture sur pierre de Basse-Bretagne ...) trois "héritiers" des Prigent, dont l'un est actif à Pleyben en 1555, l'autre, désigné sous le nom pour moi douteux de "Fayet", actif de 1552 à 1563, et dont le  style se confond avec celui des Prigent et ne correspond pas à celui de l'anonyme de Trévarn, et enfin Jacques Mazé, actif à Plounéventer en ... 1679 !

À l'atelier Prigent a succédé (dans le temps et le lieu landernéen, et peut-être par compagnonnage) celui du Maitre de Plougastel, actif  de 1570 à 1620, et dont les calvaires se remarquent par les hiératisme sévère des personnages.

Ici, à Trévarn, tout comme à La Magdeleine de Briec-sur-Odet, nous pouvons retenir deux caractéristiques stylistiques assez faciles à reconnaître : les cheveux en boule de saint Jean, et des mains très malhabilement exécutées, en large palette digitée. On peut ajouter des drapés de Marie et Jean comparable entre les deux sites. Les éléments propres aux Prigent, les trois larmes des éplorés du Calvaire et des Déplorations, la forme en ovale des figures, la manière de disposer les cheveux avec un jour entre les mèches et l'épaule, les replis accentués des voiles "coqués" de la Vierge, sont absents.

 

Vu les boutons que porte le fût de Trévarn on se demande si l'érection du monument n'est pas consécutive à quelques recrudescence de la peste sur ces bords-ci de l'Elorn.

L'hypothèse qui attribue les écôts des fûts de calvaires bretons à des épidémies de peste en les comparant à des bubons, d'où leur surnom de croas ar vossen "croix de peste"  relève plutôt, de l'avis même de l'abbé Castel, de la légende ; une hypothèse plus sérieuse y voit le rappel que la croix s'apparente à l'Arbre de la Connaissance, pierre d'achoppement d'Adam et Ève qui rendit nécessaire la Rédemption.

En revanche, on est sûr qu'il subit une grave agression trois ou quatre décennies après sa création. En effet, vers 1630, l'atelier landernéen de Roland Doré est appelé pour le réparer.

Les nombreuses restaurations effectuées à cette même époque semblent devoir être mises en relation avec les dégâts occasionnés au cours des troubles de la Ligue. Roland Doré restaure vers 1630 le calvaire du Quinquis et réalise un Crucifié comparable à celui de Trévarn. Il réalise aussi le calvaire de La Croix Rouge à Dirinon.

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Un monument attachant.

Au travers de ses avatars, l'analyse fine du monument n'en demeure que plus intéressante. Sur un emmarchement à trois degrés le socle cubique porte un fût à écots sur lequel est représenté le Christ lié, un roseau à la main, évoquant la scène de la Passion appelée Dérision du Christ. Le relief pris dans le même bloc que le fût est soutenu par une console au large masque, pur ornement sans signification religieuse particulière.

La branche terminée par des culots à godrons est ornée d'entrelacs et sur le revers deux angelots nus présentent une large couronne d'épines. Les statues géminées, c'est-à-dire à double face, sont à gauche la Vierge à laquelle s'adosse saint Pol terrassant le dragon, et à droite saint Jean appuyé à un saint Pierre. Ce saint Pierre inhabituel n'est pas représenté en apôtre, mais en pape, coiffé de la tiare.

Au revers du crucifix, une Déposition de croix groupe autour de Notre-Dame-de-Pitié portant son fils mort, une sainte femme et une Marie-Madeleine.

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Restauré par Roland Doré vers 1630.

Le travail de restauration du calvaire par Roland Doré n'a pas été une petite affaire. Le sculpteur de Landerneau refait de neuf le Christ, ménageant des trous latéraux dans le pagne destinés à fixer les anges porteurs de calices pour recueillir le sang du crucifié. Cette manière de faire particulière à l'atelier de Roland Doré s'est révélée peu efficace car peu solide. Les anges sont un jour tombés. L'un d'eux a été placé dans la fontaine de dévotion au Nord de la chapelle. Un second a été retrouvé dans le bénitier de la chapelle.

Roland Doré a eu d'autres problèmes à régler. Conservant le corps primitif du saint Jean, il en retaille la tête qui était fort abîmée. [ en légende de la photo de cette statue : "Roland Doré a retravaillé la tête de l'apôtre, dans le bloc même de la précédente qui avait subi de légères mutilations"]. On le voit bien, le style de cette tête, quelque peu menue, ne correspond pas à celui du bas du personnage. Voir discussion infra. En revanche, la tête de la sainte femme à gauche de la pietà étant trop mutilée, Doré en sculpte une nouvelle sans trop se préoccuper du raccord visible sur l'arrière.

Les anciens étaient respectueux du plus humble vestige, le Christ, trop mutilé pour être conservé dans la restauration de 1630, se trouve aujourd'hui posé dans une niche à la façade de l'église paroissiale de Saint-Urbain.

Et l'on se sera peut-être étonné de rencontrer sur ce calvaire cornouaillais, la représentation de Paul Aurélien et non pas celle de saint Corentin. Nous sommes ici sur un territoire proche de Daoulas qui releva longtemps des comtes de Léon et la commune de Saint-Urbain possède un lieu-dit toujours nommé Kerbaol.

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Restauration de 1995.

La restauration actuelle entreprise grâce au journal « Le Pèlerin » va être de réalisation délicate. Le restaurateur de 1995 aura à résoudre des problèmes différents de ceux auxquels fut affronté Roland Doré il y a trois cent cinquante ans. Il s'agit certes avant tout de consolidation d'un monument en relatif bon état. Mais saura-t-on y replacer les anges qui recueillent le sang ? Aux responsables de réfléchir. 

L'équipe des restaurateurs bénévoles de Trévarn était composée de Jeanne Jézéquel, Marie-Louise Richard, Hélène Kernéis, Jean-Paul Kernéis conseiller municipal, et Francis Jézéquel