La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440) de l'église de Runan. Les gargouilles de la façade nord. Diverses sculptures.
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Voir sur Runan :
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I. LA CHAIRE EXTÉRIEURE ET LE CALVAIRE.
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Lorsqu'on arrive par la route devant l'enclos c'est la chaire-calvaire hexagonale du XVe siècle qui se présente à la vue devant la façade sud de l'église, à l'angle sud-ouest de l'ancien cimetière.
Il s'agit d'une chaire à prêcher extérieure, qui était utilisée par les prêtres lors des fêtes de Notre-Dame en raison de l’affluence des pèlerins, et dont l'ouverture jadis fermée par une porte se fait sur un pan, du côté nord. Cette ouverture en anse de panier est encadrée de chaque côté par des colonnettes, et l'écu de la famille de Kernechriou couronne l'arcade. Le prédicateur se trouvait dans la cuve hexagonale, derrière le parapet et sa corniche moulurée.
Un banc de pierre ceinture le monument.
Au centre de cette cuve s'élève la base, elle aussi hexagonale, du calvaire. Chacun de ses pans est couronné par une série de trois dais gothiques.
De la base jaillissent trois colonnes : sur les côtés, les croix latérales des deux larrons, et au centre, plus élevée, la croix du Christ. Au revers du crucifix est sculptée une Vierge de Pitié.
Cette composition peut peut-être évoquer, à une bien moindre ampleur, le Puit de Moïse de Champmol, datant de 1405.
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A la fin du 19e siècle, les trois croix qui le surmontaient ont été déposées et remplacées par une croix en fonte qui s'est brisée au milieu du 20e siècle. Les trois croix ont été alors replacées. La chaire-calvaire est classée depuis le 4 décembre 1951.
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La famille de Kernechriou.
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Les armoiries écartelées d'argent et de sable de la famille de Kernechriou sont présentes également sur la maîtresse-vitre de 1423, et sur la façade sud de 1437-1438. Le Barzic donne la graphie Crec'hriou (de creac'h "colline" et riou "roi").
Alain (v. 1380-après 1426 à Runan) est le père de Jean de Kernechriou seigneur de Lestrezec, né à Runan vers 1418 et décédé en 1496. Celui-ci [ou bien Raoul?] épousa Catherine de Botloy, d'où Rolland (ou Charles), sieur de Lestrezec et Raoul, seigneur de Kermarquer et de Kernechriou, décédé en 1524.
https://gw.geneanet.org/fviette?lang=fr&pz=enzo+francois&nz=viette&p=alain&n=de+kernechriou
https://gw.geneanet.org/quellec?lang=en&pz=phideline+augustine&nz=caron&p=raoul&n=de+kernechriou&oc=2
Un mandement de 1439 reproche à Rollant de Kernechriou, aîné de la famille, d'avoir placé ses armes sur la façade sud à la place de celles de Keramborgne. L'acte mentionne son frère Philippe, ou leur oncle Alain.
Ce Rollant pourrait-être le fils d'Olivier, qui fit une fondation pour deux messes en la cathédrale de Tréguier. Il y avait son gisant et sa tombe. (Infobretagne)
Les membres de cette famille étaient enterrés dans l'église, comme l'atteste l'acte de décès en 1584 de Guillaume de Kernechriou, seigneur de Keramapelou.
https://gw.geneanet.org/mariebedier?lang=fr&pz=leonel&nz=picard&p=guillaume&n=de+kernechriou&oc=1
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Les chaires extérieures de Bretagne ont été répertoriées par divers auteurs. La plus proche est celle de Pleubian. On a pu mettre leur fréquence en rapport avec l'importance donnée à la prédication des foules par Vincent Ferrier, fort soutenu par le duc Jean V. Si on considère que Vincent Ferrier est mort à Vannes en 1419, et que l'édification de la chaire est contemporaine des travaux de l'église vers 1420 puis vers 1437, cette remarque n'est pas dénuée d'intérêt.
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Vues générales.
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II. LES 4 GARGOUILLES DE LA FAÇADE NORD DE L'ÉGLISE.
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Je ne trouve pas d'informations sur leur datation. Ne sont-elles pas l'œuvre des restaurateurs de la fin du XIXe siècle ?
Ce ne sont pas stricto sensu des crossettes, mais faut-il parler ici de gargouilles, puisque des figures ont la bouche ouverte, alors que leur raccordement à l'évacuation des eaux pluviales n'est pas visible ? Et, si elles datent du XIXe siècle, ne pourrait-on en trouver les modèles ? En effet, elles sont parfaitement représentatives
Voir l'article de Viollet-le-Duc :
https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Gargouille
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1. Le buveur.
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Il est moustachu, coiffé d'un chapeau rond, et sa trogne est mémorable avec son menton en galoche. Il tient un verre à la main gauche et une bouteille à la main droite, et, la bouche ouverte, il semble vouloir nous offrir à boire.
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2. L'aigle.
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2. Le lion.
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4. le griffon s'appuyant sur un bâton.
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Consoles du porche ouest.
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Les fonts baptismaux.
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Le bénitier de 1769.
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Ce bénitier en granite du fond de la nef, au sud, devant la chapelle des fonts baptismaux est presque circulaire. Sur la cuve se lit une inscription en deux lignes :
https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Runan._B%C3%A9nitier_du_XVIIIe_si%C3%A8cle_de_l%27%C3%A9glise_Notre-Dame.JPG
[PRESE]NT : FT : PR : YVES DERRIENNIC
1769.
Transcription : "présent fait par Yves Derriennic"
Michel Lascaux y voit un fabricien, ce qui est vraisemblable.
Le patronyme DERRIENNIC (diminutif de "Derrien") est encore bien attesté à Runan aujourd'hui. La base Geneanet en retrouve la présence à Runan dès 1653, et signale au moins deux individus portant ce nom à Runan au milieu du XVIIIe siècle :
Yves Derriennic 1691-1773
https://gw.geneanet.org/bretagne7?n=derriennic&oc=&p=yves
Yves Derriennic 1701-1772
https://gw.geneanet.org/toullelan?n=derriennic&oc=2&p=yves
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Un document cité par l'abbé Louis Monnier indique que deux membres de cette famille furent fabriciens de Runan au XVIIIe siècle : Jean Derriennic Le Vieil en 1702 et Marc en 1720.
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« Nous, frère Victor Tambonneau, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de La Feuillée, Palacret, Pont-Melvez, et autres membres en dépendants, en conséquence, de notre ordonnance du huit juin dernier, rendu en notre cours de visite faite en l'église treffiale de Runan, ledit jour procédant à l'apurement des anciens reliquats de comptes, tant de la fabrice de ladite église, que des confréries y établies, après avoir vu les comptes de laditte fabrice, sçavoir : celui fourny en 1699 par Charles Ernault et Jean-Olivier-Henry, en 1702 par Jean Derriennic le Vieil et Bertrand Le Pennec. En 1703 par Jean Le Layec et Laurens Le Bouil, en 1704 par Yves Nicolas et Pierre Durand, et ainsy jusqu'à la présente année. Vu aussy les comptes-rendus pour la confrérie du Rosaire : en 1720 par Marc Derriennic ;
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La crédence et son masque.
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Les consoles de l'intérieur.
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La statue de saint Loup.
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SOURCES ET LIENS.
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—BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371
https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up
— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p.
— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc », 1950, p. 150-164.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f164.item.r=runan
— DE COURCY (Pol Potier), 1864 De Rennes à Brest et à Saint-Malo
—Infobretagne
http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm
— JOLLIVET (Benjamin-Philibert), 1855, Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes
http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php
"Dans le cimetière, assez mal entretenu, de Runan, le touriste visite avec admiration deux créations artistiques paraissant, l'une et l'autre, appartenir au quinzième siècle. C'est d'abord, au milieu d'une enceinte en maçonnerie formant balustrade, un superbe Calvaire dont la base a 6 pans et supporte trois croix d'inégales grandeurs. Ce monument, de même que l'église, était chargé d'armoiries et de riches sculptures ; mais le marteau des mauvais jours de notre révolution de 1789 a laissé là des témoignages nombreux de la fièvre de destruction qui fut un des traits caractéristiques de cette terrible époque."
— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.
http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf
— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 », 2017, p. 313-326.
— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, "Enclos paroissial Runan, dossier IA22132967, Inventaire général
http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/enclos-paroissial-runan/8e381268-0d09-4c2a-8e18-46c7d47c9bb7
—MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24, 1900, p. 132.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f389.item.r=runan
—MONUMENTUM
https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html
— PATRIMOINE
https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame
—Pop.culture
https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089576
— RIOULT (Jean-Jacques), 1986, Dossier IA00004056 inclus dans Enclos paroissial (Runan) réalisé en 1986 Inventaire général
http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-runan-ploezal/48881e13-452f-46e9-be4b-2afa9c261543
—ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.
http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf
—ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor, 1854.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item
— SPREV
http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/
— WIKIPEDIA
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan