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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 16:29

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idunet de Trégourez.

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Voir :

 

 

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PRÉSENTATION.

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L'église et les éléments de datation.

L'église paroissiale Saint-Idunet, dédiée à saint Idunet,  est en forme de croix latine. Sa  nef obscure à cinq travées avec bas-côté, complétée par un transept et un chevet rectangulaire, daterait des alentours de 1520, quoique ses sablières sous la charpente lambrissée portent le chronogramme 1544. Le porche latéral sud dont le toit est en forme de carène renversée date de 1687 et porte l'inscription "P. Bourchis cu(ré) 1687. F. Peronic. Fab. Gr. Peronic. Fab. Noble et discret Mi Michel de Kerguen R. Il Blanche". La sacristie date de 1675 et porte l'inscription "D. Mauricius. Gueguen. R. 1675 - M. P. Le Bourchis C. Mi. Le Bourchis P. M. G. Perennec. Cl. Le Gallou. Fa. Y. Le Cor. G. Queinnec F. A. Talidec Ma.".

Le clocher, dont les cloches datent de 1602 et de 1646, a été remonté et restauré vers la fin du 17e siècle, et la tour, à une galerie, porte la date de 1709.

La sacristie date de 1675 et porte l'inscription "D. Mauricius. Gueguen. R. 1675 - M. P. Le Bourchis C. Mi. Le Bourchis P. M. G. Perennec. Cl. Le Gallou. Fa. Y. Le Cor. G. Queinnec F. A. Talidec Ma.".

A l'intérieur, sur la maîtresse-vitre, ont été remontés d'importants fragments d'un vitrail de la Passion et d'un autre du Jugement Dernier, qui remontent aux alentours de 1550 .

 L'église abrite les statues de la Vierge-Mère, saint Idunet (datée de 1562), saint Hervé en pierre, saint Michel, saint Herbot, une Pietà et le Baptême de Notre-Seigneur (en pierre et datée de 1563). 

 

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Description.

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La baie n°2, celle du bas-côté sud, mesure 1,70 m de haut et 1,20 m. de large et comporte 2 lancettes et un tympan à un oculus et 2 écoinçons. 

F. Gatouillat et M. Hérold  datent le vitrail du troisième quart du XVIe siècle (et même "de 1570"), il serait donc plus tardif d'un quart de siècle que les deux verrières regroupées dans la baie n°0 

Dans le tympan, l'oculus présente les armes des Quenquis (ou du Plessis) de la Villeneuve.

Les lancettes montrent à gauche saint Sébastien attaché à une colonne, et à droite deux de ses soldats le visant de leurs flèches.

 

 

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Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le saint est lié par les mains, à une colonne (symbole du Christ) ; il est transpercé de huit flèches. Son visage est enlaidi par une bouche concave qui montre les dents dans une grimace qui témoigne peut-être de la douleur ressentie. Sous le pagne aux plis croisés, les jambes laissent imaginer, soit (jambe arrière) un fléchissement témoignant de la faiblesse du supplicié, soit au contraire un geste résolu d'avancée ou de défi face aux bourreaux.

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Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le cliché de détail montre la technique de peinture : usage du jaune d'argent plus ou moins concentré des cheveux où les traits en enlevé forment des mèches sur le fond de grisaille ; traits noirs pour les contours, et modulation des volumes par des ombrages et de la sanguine ; hachures.

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Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

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Les deux archers sont parfaitement réussis et le dynamisme de l'effort exercé sur les arcs laisse imaginer la violence de la frappe des flèches. Les manches relevés et les chausses moulantes sont retrouvés, en stéréotype, sur les portraits des bourreaux de la Passion ; les braguettes et les hauts-de-chausse à crevés rappellent aussi ceux des Larrons des calvaires. Les visages sont grimaçants mais sans excès. Le dépareillement de la couleur des chaussures par rapport à celle des chausses relève de la préoccupation d'apparenter les soldats aux lansquenets ( à la tenue mi-parti) contemporains, soucieux d'afficher la voyante et provoquante marginalité de leur groupe. Tout comme les bonnets à plumets. 

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Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

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Iconographie.

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Les représentations  de saint Sébastien, abondantes dans l'art européen de la Renaissance, sont assez fréquentes en Bretagne, en raison de son invocation contre la peste au même titre que saint Roch. Ce sont essentiellement des statues qui ont été conservées, où le saint est figuré lié à une colonne et transpercé de flèches, mais sans ses archers.

Il apparaît, en sculpture durant le XVIe siècle ou début du XVIIe, entre ses archers devenus ses bourreaux, à la chapelle Saint-Sébastien du Faouët (bois, sablière, v. 1608), à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët (pierre, retable), en bas-relief sur l'arc de triomphe de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (pierre) ou sur le calvaire de la même chapelle. Dans ces trois cas, le saint est placé au centre entre les deux archers.

Enfin, parmi les vitraux de la même époque, les représentations qui ont été conservées sont très rares en Bretagne. Le saint est figuré isolé à Plogonnec, mais les archers sont figurés sur le soubassement. 

En l'église Saint-Gall de Langast, un vitrail du XVIe siècle montre le saint de face, à droite, visé par deux archers de profil à gauche. 

La chapelle Saint-Sébastien de Briec conservait, jusqu'au début du XIXe siècle, une verrière de saint Sébastien datant de 1575.

Hors Bretagne, on peut citer, toujours pour le XVIe-début XVIIe, les verrières  Saint Georges à Chevrières, la baie 55 de la cathédrale de Rouen, la baie n°7 datée de 1557 du Martyre de saint Sébastien de Triel, les vitres de l'église Saint-Pierre d'Auxerre (datée de 1624) ou de Saint-Gervais-et-saint-Protais de Gisors.

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En Bretagne, sur ce blog :

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Voir aussi la niche à volets  de Saint Sébastien entre quatre archers de la chapelle Saint-Sébastien de Guernilis à Briec.

La verrière de saint Sébastien à l'église Saint-Gall de Langast (22)

Ailleurs, autres liens :

  • http://eglisesduconfluent.fr/Pages/Pe-Sebastien.php
  • http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/StSebastien_3.php
  • Schongauer

—LEANDRI (Marie-Pierre), 1997,Représentations provençales et piémontaises de la vie de saint Sébastien : procédés narratifs et sources textuelles Mélanges de l'école française de Rome  Année 1997  109-2  pp. 569-601

https://www.persee.fr/doc/mefr_1123-9883_1997_num_109_2_3587

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Parmi toutes ces représentations bretonnes ou européennes, le vitrail de Trégourez est remarquable par sa singularité.

Il s'éloigne d'une part, par son style, des productions de l'atelier quimpérois dit de Le Sodec, alors fortement  implanté en Finistère. Et il diffère du style des deux verrières réunies dans la maîtresse-vitre.

Ce qui me frappe, c'est le dynamisme de la composition, et la clarté de lecture de la scène.

Le dynamisme, évident dans la posture des deux archers mais qui est plus évident encore si on la compare aux autres sculptures et peintures, est tout à fait notable sur la lancette de gauche, où Sébastien, loin d'être statique et impassible comme il l'est ailleurs,  semble saisi en plein mouvement ou en pleine foulée. Ce "mouvement", certes entravé, est réel. Et le visage ne montre pas du tout la sainte indifférence de l'athlète du Christ endurant ailleurs, non sans une certaine jouissance, et en tout cas une patience exemplaire, son mal. Tout au contraire, le saint grimace, montre les dents, et tend la tête vers ses bourreaux.

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Sans pouvoir justifier mon sentiment, le vitrail m'évoque une influence rhénane. Je retrouve l'élan de la composition du vitrail dans la peinture et les gravures du strasbourgeois Hans Haldung (1484-1545) et notamment dans son Martyre de saint Sébastien de 1507, élément central d'un tryptique conservé à Nuremberg.

Ou bien dans le retable d'un de ses disciples à Strasbourg en 1510, le Maître du Diptyque de saint Sébastien, conservé à la Gemäldegalerie de Berlin.

Dans les deux cas, Sébastien est placé à gauche (mais il est plus stoïque et détaché qu'à Trégourez), tandis que les archers en profil dédoublé ont la même posture, jambe en avant, et le même costume à chausses moulantes et à crevés, que sur notre vitrail.

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Hans Baldung 1507.

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Photo Flickr J.L. Mazières : Maitre du Diptyque du Saint Sébastien. Actif dans l'entourage de Hans Baldung Grien à Strasbourg vers 1510. Le martyr de St Sébastien. Berlin Gemäldegalerie.

 

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La statue de saint Sébastien dans l'église de Trégourez.

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Cette statue en bois polychrome s'écarte des modèles habituels du XVIe siècle représentant un bel éphèbe, un athleta Christi triomphant par sa  belle et sainte indifférence des blessures qui lui sont infligées : changement de siècle et de valeurs théologiques. Ici, le corps s'infléchit et les genoux se plient tandis que la tête, barbue comme celle du Christ, se penche sous l'arche du bras. 

Voir  en comparaison :

 

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LE TYMPAN.

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Un chapeau de triomphe avec emploi de sanguine en ton local contient un écu aux armes d'or à cinq macles de sable posées 3 et 2 qui seraient celles des Plessix de la Villeneuve. 

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La famille de Plessis à Trégourez.

Les « plessis », en breton kenkis, sont d'anciennes propriétés entourées de branches entrelacées délimitant une maison ou même toute une propriété, voire une forêt entière. Souvent, et c'est  le cas pour Laz, ces propriétés sont devenues des manoirs.

Dès le XIe siècle, Trégourez forme une paroisse de l'évêché de Cornouaille, englobant alors les hameaux de Gulvain et Lannarnec, qui dépendent désormais de la commune d'Edern. Les seigneuries de La Villeneuve, Crec'hanveil et Kerguiridic en Trégourez dépendaient de la baronnie de Laz, avant d'être rattachée par la suite au marquisat de La Roche-Helgomarc'h.

Le lieu-dit Plessis se trouve au nord-est de Trégourez et au sud-est de Laz.

Le manoir du Quenquis est attesté à Laz en 1426 et 1536, puis on trouve la forme Plessis en 1691, Manoir du Plessis x en 1700,et 1706, PLessis en 1723, Plessix en 1840, Le Plessis en 1846, Le Plessis en 1909.

 

Les Plessis (en breton Quinquis) représentent la noblesse de Trégourez à la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481, tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre. Tous les nobles devaient participer à cette revue militaire, munis de l'équipement en rapport avec leur fortune : Hervé du Quinquis, archer en brigandine, était présent tout comme Guillaume de Kerguz, également archer en brigandine.

 

À la Réformation de 1536 en Cornouaille ce sont, pour Trégourez,  Ollivier du Plessix, sieur de Villeneuve. Ollivier de Kerguz, Sieur dudit lieu,  Jean Bodineau, Sieur de Kerfollozon de la Motte.

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles  tenue à Quimper les 15 et 16 mai  1562 , on trouve pour représenter Trégourez  : Barthelemy le Quinquis, "présent, sous l'esdict" ; Louis de Kersulien, "sous l'esdict" ; et Charles le Corre, default.

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Liens.

https://www.tudchentil.org/IMG/pdf/reformation_de_1536_en_cornouaille_v2.2.pdf

https://man8rove.com/fr/blason/p5hw6r31-plessix

http://www.cgh-poher.org/telechargement/kaier46/10-LIEUX-DITS%20DE%20LAZ.pdf

https://man8rove.com/fr/blason/6sqi5gp-kergus-alias-kerguz

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Ces armes des Plessis s'observent aussi sur une vitre de la chapelle Notre-Dame de Ponthouar, au sud-ouest de Trégourez, sur la route allant vers Quimper. Sur le tympan de la baie n°1, datée (Gatouillat et Hérold) de la fin du XVe, l'écu d'or à cinq macles de sable des Quenquis/Plessis occupe l'ajour supérieur, tandis que l' ajour inférieur porte les armes de Quenquis en  mi-parti avec des armes au sanglier de sable.

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/tregourez-chapelle-de-ponthouar/

Dans la même chapelle se retrouvent en baie 4 (fin XVe ou début XVIe) les armes d'azur à la croix pattée alésée d'argent de la famille de Kerguz. Vers 1500, Yvon de Kerguz, époux de Catherine de Tréanna (d'argent à la macle d'azur.), offre ce vitrail à la chapelle Notre-Dame-de-Ponthouar. 

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 Marie de Kerguz , fille de Guillaume, écuyer avait épousé Pierre du Plessix, écuyer, seigneur du Plessix et  de La Villeneuve.

"La famille de Kerguz, seigneur du dit-lieu de Kerguz, est présente aux réformations et montres de l'évêché de Cornouaille entre 1426 et 1562. Pierre de Kerguz fut abbé de l'abbaye sainte-Croix de Quimperlé entre 1500 et 1520. Deux nobles, Guillaume de Kerguz et Hervé du Quinquis, tous deux archers en brigandine, sont cités à la montre de l'évêché de Cornouaille de 1481 et trois (Barthélémy Le Quinquis, Louis de Kersulien, Charles Le Corre) à celle de 1562."

"Dans la chapelle ND de Ponthouar  la baie 4, notamment, outre les blasons de Kerguz, de Tréanna et de Kergoët, présente encore une Transfiguration remontant au quatrième quart du XVe s., tandis qu’une sainte Véronique subsiste dans la baie 6 et une Annonciation dans la baie 8, ces deux dernières datant vraisemblablement de la fin du XVe s. ou du début du XVIe ."

"...les armoiries de la verrière sont celles d’Yvon (ou Even) de Kerguz et de Catherine de Tréanna (qui vivaient au milieu du XVe s.), celles de leur petit-fils, Olivier de Kerguz (docteur en droit, qui vivait dans le premier quart du XVIe s.), ainsi que celles de sa femme Jeanne de Kergoët, dame de Kerstang."

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Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

Le martyre de saint Sébastien, vitrail vers 1570 de l'église Saint-Idouet de Trégourez. Photographie lavieb-aile 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1901, BDHA page 151 : statistique monumentale des vitraux peints.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/9dfa6dac00e1a2ee864f8c28b17defea.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1914, Architecture bretonne. Etude des monuments du diocèse de Quimper, A. de Kerangal Quimper, page 343-344.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f20eb990fd763d232327db92aeeb6869.pdf

"Saint-Goazec.- Avant que l'église eût été reconstruite, la maîtresse-vitre renfermait un vitrail remarquable qui a été divisé pour être réparti dans !,es trois fenêtres absidales de la nouvelle église. Voici quelle en était la cornposition : 1. - Entrée à Jérusalem ; 2. - Cène; 3. - Prière au . jardin; 4. - Baiser de Judas; 5. Pilate se lavant les mains; 6. - Portement de croix ; 7. - Crucifiement i. 8. - Résurrection. Dans les 15 compartiments du tympan, anges condui~ sant les âmes des justes, démons emportant les âmes des réprouvés, anges et Saints, armoiries."

— ABGRALL (Jean-Marie), 190-, Notice sur Laz, BDHA

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3f8d293143dbd7d909bb80295eb3545b.pdf

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Trégourez, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/11f67d5b790259d5e88147762dfe6e34.pdf

— COUFFON (René), 1945, La peinture sur verre en Bretagne, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne (SHAB) pages 27 à 64.

https://www.shabretagne.com/document/article/2531/La-peinture-sur-verre-en-Bretagne-Origine-de-quelques-verrieres-du-XVIe-siecle

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 183

— INFOBRETAGNE

http://www.infobretagne.com/tregourez.htm

— INVENTAIRE GENERAL 1966

https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/9a06828e-20a5-40a7-92c1-b8d45ff5397d

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090462

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/APMH0244707

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Saint Sébastien Chapelles bretonnes Héraldique
15 décembre 2022 4 15 /12 /décembre /2022 17:07

La maîtresse-vitre (Grande Crucifixion, Le Sodec, v. 1550) de l'église Saint-Cornely de Tourc'h.

 

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 Voir les 29 Passions des verrières du Finistère au XVIe siècle  dont beaucoup  sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

et dans le Morbihan :

 

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 pour commpléter l'une des lacunes On attribue aussi à l'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

Voir enfin :

Liste des 308 articles de mon blog décrivant des vitraux 

 

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PRÉSENTATION.

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Parmi ces Passions finistériennes, on peut distinguer les verrières comportant  des scènes de la Vie du Christ dont la Passion, ou bien des scènes successives de la Passion seule, ou bien de Grandes Crucifixions  occupant toute la vitre. La maîtresse-vitre de Tourc'h appartient au troisième groupe..

On peut aussi classer ces Crucifixions en deux catégories : celles où le ciel est rouge (Guimiliau, Guengat,.), et celles, comme ici, où le ciel est bleu.

Cette verrière est attribuée au meilleur atelier quimpérois de l'époque, peut-être celui de Gilles Le Sodec, dont certains croient déchiffrer la signature sur l'Arbre de Jessé de Kerfeunteun à Quimper. Quoiqu'il en soit de ces déchiffrages périlleux, et de la maigreur des renseignements sur une famille de peintres verriers  Le Sodec, ce nom sert de nom de convention pour désigner un atelier aux caractéristiques stylistiques  qui sont, elles, indiscutables. Et dont les cartons sont repris en de nombreux sites.

Ainsi, les cartons à grandeur d'exécution de La Roche-Maurice et de La Martyre sont repris à Tourc'h, à peine adaptés.

Et la composition de cette verrière a été rapprochée de celle de la maîtresse-vitre de Saint-Mathieu de Quimper. Elle a d'ailleurs servi de modèle en 1896 pour compléter une des lacunes que comportait cette dernière.

On retrouve à Tourc'h notamment les trois larmes sous les paupières de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine éplorés. Les visages sont remarquablement peints, et je m'attarderai à les présenter en détail. On n'y trouve pas par contre les lettres peintes en pseudo inscriptions sur les galons et harnachement, pourtant très caractéristiques. Les verres gravés rouges ne manquent pas.

 

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"Le chœur de cette église construite au XVe siècle s'ornait de trois verrières du siècle suivant. Seule est aujourd'hui  conservée intégralement la grande Crucifixion de l'axe, datée de 1550 ou des années suivantes (le chronogramme portée sur l'œuvre est amputé de son dernier chiffre). Les deux autres n'ont plus que des écus armoriés dans la partie supérieure. " (F. Gatouillat et M. Hérold)

 

 

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DESCRIPTION.

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Cette baie à trois lancettes et un tympan à 3 ajours et 2 écoinçons mesure 3,50 m. de haut et 2 mètres de large. Sur un soubassement à trois socles convexes ornés de médaillons, les trois lancettes montrent la Crucifixion, avec le Christ au centre, et les deux larrons de chaque côté.

Mais la partie inférieure de chaque lancette est consacrée à peindre quatre soldats se disputant violemment la tunique sans couture du Christ. Je décrirai ce registre à part.

 

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La baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

La baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

La baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

La baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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LA LANCETTE A. Le Bon Larron ; la pâmoison de la Vierge.

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Panneaux intacts.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Bon Larron dont l'âme est emportée par un ange vers les cieux.

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Dismas, le Bon Larron, est vêtu (comme sur les calvaires de pierre de la même époque) de vêtements contemporains, à crevés sur le gilet (vert) et les hauts de chausses (rouges, à forte braguette), au dessus d'une chemise blanche plissée à dentelle (gorge et poignets). Il est barbu, et ses cheveux longs flottent au vent.

Il ne regarde pas le Christ, mais sa tête retombe sur le côté, et ses yeux partent vers le haut, pour signifier qu'il est mort : les soldats lui ont brisé les jambes pour achever son supplice. La bouche entrouverte a laissé échapper le dernier soupir. La représentation de l'âme emportée vers le Salut est donc cohérente.

Sur un verre peint en sanguine pâle, les traits sont peints à la grisaille, soulignés par des hachures (cou), et les volutes des cheveux et de la barbe sont accentués par la technique de l'enlevé du bout du manche du pinceau (ou d'un autre outil).

L'ange et l'âme figurée comme un petit personnage nu mains croisées sont finement rendus, principalement en verre blanc enrichis de jaune d'argent.

Le ciel en verre bleu est animé de grisailles et d'arcs de cercles en enlevé. Sur ce ciel se détachent les lances des soldats — les hasta plutôt que les pilum qui sont des javelots — dont le fer est emmanché sur la hampe de frêne par une virole couverte d'une passementerie colorée. 

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Les cavaliers et soldats romains.

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Le cavalier de gauche est peut-être un officier, ou plutôt un notable à la barbe vénérable. Son chapeau jaune foncé à oreillettes peut laisser penser qu'il s'agit d'un membre du Sanhédrin.

À droite, le cavalier en armure porte un casque à plumet rouge  dont le "hublot" rectangulaire est caractéristique de ces verrières quimpéroises.

Les vues de détail des visages et du cheval montrent la qualité de ces peintures : les cils, les paupières sont rendus par de nombreux traits. Les modelés sont soulignés tant par les nuances de la couleur que par les traits de grisaille et d'enlevé ou que par les hachures. Le relief et les reflets des accessoires métalliques de l'harnachement (les phalères) sont indiqués par des modulations précises du jaune d'argent.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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La Vierge soutenue par saint Jean et une sainte femme (Marie-Madeleine probablement).

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Au pied de la croix où son fils se meurt, Marie s'effondre, ses genoux fléchissent et, quoiqu'elle élève ses mains jointes,  sa tête se baisse. Elle porte le manteau bleu habituel, une robe lie de vin, et un voile blanc ourlé. Le nimbe radié est rouge.

Jean, qui regarde encore le Sauveur, tend les bras pour la soutenir. Robe verte et manteau rouge.

Marie-Madeleine (que j'identifie par son turban orientalisant et l'agrafe d'or témoin de son élégance) la soutient également et pose sur elle un regard rempli de compassion.

Le damas des robes est remplacé par un réseau "en pièces de puzzle" (ou "en ocelle" pour Gatouillat et Hérold).

L'ensemble de la composition forme une voûte.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Je vais maintenant observer attentivement les visages. D'une part, comme précédemment, pour admirer, malgré l'altération des verres,  la maîtrise du peintre. Mais aussi pour vérifier la présence des trois larmes blanches (en enlevé) sous la paupière de chaque personnage, puisque ce détail est très souvent retrouvé dans les Crucifixions quimpéroises, en écho aux larmes que les sculpteurs sur pierre de kersanton (atelier Prigent de Landerneau) placent à la même époque sur les mêmes personnages de leurs calvaires.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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C'est sous l'œil gauche que se remarque le filet blanc de la larme, et l'ampoule finale. Je retrouve aussi ce détail déjà remarqué sur les autres verrière : la pointe de blanc du coin de l'œil, témoignant d'une larme qui se prépare.

La bouche est entrouverte, comme sur un instantanée d'une parole ou d'une exclamation prononcée. L'émotion est patente.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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C'est sur le visage de la Vierge que les larmes sont le plus facilement observables. Trois sous l'œil droit, et au moins une sous l'œil gauche.

Les modelés sont rendus par un subtil emploi d'une sanguine plus sombre, sur la paupière supérieure, sur l'aile du nez, la lèvre ou la joue gauche.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette A de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Les larmes sont là également sur le visage de Marie-Madeleine. La grisaille noire trace les cils, l'iris et sa pupille, les rides des yeux, le nez, le philtrum et les lèvres.

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Lancette A de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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LA LANCETTE B. Le Christ en croix ; Marie-Madeleine au pied de la Croix.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette B de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Christ en croix.

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Il est représenté après sa mort, au moment où Longin transperce le flanc droit de sa lance et en libère l"aqua lateris" des cantiques (Anima Christi).

Sous le nimbe rouge à croix jaune (verre gravé), la tête, ensanglantée par les épines de la couronne, retombe sur la droite.

Le peintre insiste sur la réalité des écoulements des plaies.

De chaque côté, les oriflammes des soldats romains.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette B de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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L'écoulement du sang. Longin transperce le flanc du Christ. Un cavalier romain en armure (le Bon Centenier ?) .

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Longin est, comme c'est souvent le cas, représenté comme un dignitaire Juif. 

Son cheval est harnaché d'or ; on retrouve les mors à branches en S habituels à cet atelier. Des grelots sont fixés sur les lanières.

Ces grelots sont attestés sur l'harnachement des chevaux en parade, pour leur effet visuel mais surtout pour que leur son crée un effet, "joyeux ou rauque", de tumulte.

Ils étaient aussi porté par les nobles sur leur costume (ce sont alors des "branlants"), ou par les participants des carnavals et charivari, et sur les bonnets des fous. Voir Olivier Thuaudet  p.919

 

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La maîtresse-vitre de l'église de Tourc'h.
La maîtresse-vitre de l'église de Tourc'h.

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Le cheval de Longin et ses grelots.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette B de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Cet officier en armure porte un collier en or. Sa monture est tenu par son écuyer, à bonnet rouge.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette B de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette B de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Marie-Madeleine est agenouillée, en larmes, mains écartées, devant le sang qui s'écoule des pieds du Christ le long de la croix.

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Son manteau rouge est rejeté en arrière de ses épaules; ses cheveux blonds s'échappent du bonnet de sa coiffe. Cette coiffe à trois rangs de perle et ses boucles d'oreille témoignent de son élégance, tout comme la fine chemise plissée ourlée d'or.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette B de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le sang qui ruisselle sur la croix devant les yeux de la sainte.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Les larmes et les yeux noyés de pleurs.

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Lancette B de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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LA LANCETTE C : LE MAUVAIS LARRON ; LES QUATRE CAVALIERS.

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Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Mauvais Larron  aux jambes brisées, et son âme emportée par un diable.

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En grisaille sur le verre bleu, des éléments architecturaux (clochers) signalent la ville de Jérusalem en arrière plan. 

Ces vues sont plus rares dans l'atelier de Quimper que dans les verrières d'Engrand Le Prince, de Beauvais, actif en Normandie.

On remarquera aussi les nuages , déjà présents en lancette A, et qui sont mis en plombs.

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Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Les quatre cavaliers : des notables Juifs ou des officiers romains ?

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Le notable de gauche porte une mitre frappée d'un croissant d'or. Cette coiffure le désigne sans doute comme le grand prêtre, portant le turban ou Mitznefet et sa lame d'or ou Nezer. Son cheval est tenu par un écuyer.

Le notable de droite porte un turban rouge, mais associé à une cuirasse.

Celui qui, de trois-quarts, monte un cheval blanc (tous les chevaux de ces vitraux sont blancs) est sans doute également un Juif, car ses manches sont frangées. Il porte une boucle d'oreille.

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Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Lancette C de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette C de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Troisième cavalier.

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Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Quatrième cavalier.

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Le quatrième cavalier est vu de dos, et nous voyons seulement la croupe du cheval, le manteau à ceinture en étoffe dorée, et le bonnet, anodin si on ne le rencontrait pas, identique, sur les autres verrières de l'atelier.

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Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette C de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette C de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le chien.

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Il est presque constant dans ces Crucifixions, rappelant que les nobles de la Renaissance se faisaient accompagner de leur animal domestique, très souvent un chien blanc.

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Lancette C de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Lancette C de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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LE  REGISTRE INFÉRIEUR : LES SOLDATS SE DISPUTANT LA TUNIQUE DU CHRIST.

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Les trois Evangiles synoptiques mentionnent brièvement le partage des vêtements de Jésus, immédiatement après la crucifixion (Matt. 27 : 35 ; Marc 15 : 24 ; Luc 23 : 34b). Mais Jean décrit avec plus de précision cette scène :« Les soldats, quand ils eurent crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ! Or la tunique était sans couture, tissée tout d’une pièce depuis le haut. Ils dirent donc entre eux : Ne la déchirons pas, mais tirons au sort pour savoir à qui elle sera - afin que soit accomplie l’Ecriture : « Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et sur ma robe ils ont jeté le sort ». Les soldats donc firent ces choses » (Jean 19 : 23-24 )  

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Cette scène de Tourc'h est également traitée, tout aussi violente, mais sur une seule lancette, à Guengat (Le Sodec, v. 1550),  Guimiliau (Le Sodec, v. 1550), Gouezec (Le Sodec v. 1550-1575).

Elle est traitée à Pleyben, mais sur un panneau du XIXe siècle, où les soldats jouent aux dès.

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Ici, comme à Guengat, Guimiliau et Gouézec, un soldat lève son épée vers un autre, qu'il tient par les cheveux et qu'il maintient au sol, tandis qu'à droite un troisième tire vers lui la tunique. Mais à Tourc'h, les cartons des paroisses précédentes  ne sont pas repris, les visages sont différents, et un quatrième soldat, à gauche, participe à l'échauffourée en commençant à tirer son épée.

La tunique est bleu-pourpre. Les soldats sont vêtus comme des seigneurs de la Renaissance, avec d'épaisses tuniques à crevés, des hauts de chausse à forte braguette et crevés, au dessus de pièces d'armures (aux avant-bras) et coiffés de bonnet à plumes.

Les visages sont magnifiquement peints.

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Registre inférieur de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Registre inférieur de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Registre inférieur de  la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Registre inférieur de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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LE TYMPAN ARMORI.

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Dans l'ajour supérieur, le triangle rouge de Jéhovah portant le tétragramme date sans doute vers 1850

Les ajours latéraux portent des chapeaux de triomphe, liés par des cuirs ornés de masques de profils humains, traités en sanguine et jaune d'argent sur verre blanc. Ils sont présentés par deux anges ou putti : celui de gauche a été restauré, tandis qu'il ne reste de celui de droite qu'une grosse tête interpolée sur une paire d'ailes parmi des nuages.

Le putti de gauche, au visage rustre et qui tient un linge dans la main, est remarquable par sa collerette et son couvre-chef feuillagés.

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Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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Héraldique.

 

L'écu du côté gauche est un écartelé en 1  d'argent à trois molettes de gueules  (Kerminihy), en 2  d’argent au chêne arraché et tigé de sinople, englanté d’or, au franc quartier aussi d’argent, chargé de deux haches d’armes, adossées et posées en palle, de gueule, (Plessis-Nizon), en 3 parti du Plessis-Nizon et de gueules aux trois croissant d'argent (Kerflous), et en 4 d'or à la croix de gueules (?).

Les molettes du premier quartier font appel à la technique du verre gravé.

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 Les seigneurs de Kerminihy.

 "A la sortie de Rosporden, Kerminy se signale sur la route de Tourc’h par son bois de haute futaie. [...] Cette terre, jadis dans la paroisse d’Elliant, dont Rosporden était une trêve, fut érigée en seigneurie, avec droit de justice, moyenne et basse, rendue en audience le jeudi. Les documents nous révèlent, à partir de 1379, l’existence d’un seigneur de Kerminihy (Kaermenec’hy), Alain, écuyer dans la garnison du château de Cong (Concarneau) et l’on note ses descendants en 1426, 1444, 1481: Guézennec, Raoul, Henry. Quant a l’importance de leur fief, signalons qu’il tient sur vingt-six villages des paroisses d’Elliant et de Tourc’h principalement. Les armes de ces Kerminihy, inscrites dans les églises et chapelles de Tourc’h, de Rosporden..., sont "d’argent à trois mollettes de gueules" et leur devise: "Vive Dieu".
Le nom s’éteint avec Françoise qui, sur la fin du XVe siècle, épouse Alain du Plessis, sieur de Missirien, et les représentants de cette famille, héritiers directs ou collatéraux, conservent la seigneurie de Kerminihy tout au long du XVIe siècle: Laurent, époux de Blaisine Richard, Rolland, Jehan et Pierre. Celui-ci, époux de Barbe Toulanlan, habite en 1599 le manoir. Ils ont deux filles. L’aînée s’unit a René de La Marche, la cadette à Claude Autret et de ce mariage naît Guy Autret de Missirien, généalogiste et hagiographe. Pierre du Plessis meurt vers 1608, laissant Kerminihy à sa petite-fille Renée de La Marche qui, deux ans plus tard, contracte mariage avec Auffray du Chastel, fils de Francois du Chastel, Marquis de Mesle, seigneur de Chateaugal et de Landeleau, fort riche et opulent." 

"La branche de Missirien est connue à Kerfeunteun, à partir de Pierre du Plessis demeurant à Missirien en 1444.

En 1481, Jehan du Plessis est représenté par Guillaume, son fils, dans la montre de cette même paroisse. 

-Alain du Plessis, sr. de Missirien, n’est connu que par le fait de son mariage avec Françoise, héritière de Kerminihy, constaté par une généalogie manuscrite conservée à la Bibliothèque nationale. Cette pièce a été dressée très probablement par d'Hozier, en vue d’établir les quartiers de noblesse de son ami et correspondant Guy Autret.

-Laurent du Plessis. — Laurent, fils des précédents, sr. de Missirien et de Kerminihy, épousa Blaisine Richard. Ils eurent plusieurs fils, dont Henri qui continua la descendance, mais qui semble comme cadet n’avoir possédé aucune des terres de son père.

-Rolland du Plessis. — La Réformation des monstres de l’évêché de Cornouaille, faite en 1536, nous donne les trois noms suivants : Lorans du Plessis sr. de Missylien, en Kerfeunten, Rolland du Plessis, sr. de Lantron (?) de Kerminihy, de Penbua (Penbuel), en Rosporden et du manoir de Kervynedel (Kervidal), en Tourc'h et Louis du Plessis, sr. de Kerfors, en Ergué-Gabéric.

-Laurent du Plessis. — Quatre ans plus tard, un aveu de 1540 indique Laurent du Plessis comme seigneur de la terre de Kerminihy. Il avait donc hérité de son frère Rolland, mort sans laisser d’héritiers directs. D’après cet aveu, la superficie de la terre n’aurait pas été sensiblement modifiée depuis 50 ans ; il y a seulement une nouvelle acquisition, Scoulintin (?), en Erguel-Arffel (Armel).

[En 1542, Lorans du Plessis, époux de Marie de Coëtanezre (?), sieur de Kermihihy et de Messuryen, rend aveu pour le manoir et la métairie noble de Messuryen , maisons, bois, taillis, parcs, clôtures, feniers, frostages, issues et appartenances.]

-Jehan du Plessis. — Jehan, fils ou neveu des deux précédents, mais en tous cas petit-fils de Laurent du Plessis et de Blaisine Richard, figure dans les termes suivants dans la monstre générale de l’évêché de Cornouaille, de mai 1562 : « Jehan de Kerminihy dit faire arquebusier à cheval ». Il mourut vers 1568, d'après un aveu de son cousin germain, Pierre du Plessis, qui suit.

-Pierre du Plessis. — Cet aveu du 15 janvier 1576 nous apprend que Pierre du Plessis, fils d'Henry du Plessis et de Marie de Coetanezre [Note : Coetanezre, ancienne famille de Cornouaille, dont la branche de Lezergué s’est fondue au XVIème siècle dans Autret (armes de gueules aux trois épées d’argent la pointe en bas, placées en bande)] également petit-fils de Laurent du Plessis et de Blaisine Richard, avait hérité de son cousin-germain, Jehan du Plessis, mort depuis environ huit ans." (Source Château de Kerminy et M. du Villiers du Terrage)

 

La branche du Plessis-Nizon s’est fondue en 1690 en Feydeau et elle est aujourd’hui représentée par les Hersart de la Villemarqué, du Plessis-Nizon. Voir : Les vitraux armoriés de la chapelle de Trémalo à Pont-Aven.

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Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

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À droite : les armes d'un du Plessis, seigneur de Kerfors .

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Selon Gatouillat et Hérold, "les armes qui figurent dans les trois baies 0, 1  et 2, d'argent au huchet d'azur, ont été identifiées comme celles de Laurent du Plessis-Nizon, seigneur de Kervidal et de Kerminihy de 1540 à 1562." 

Selon Potier de Courcy :

PLESSIX (DU), en breton QUENQUIS (DU), sr dudit lieu, par. de Nizon, - de Missirien, par, de Kerfeunteun, - de Kerfrez , par. d’Ergué-Gabéric, - de Kerminihy et de Penbuel, par. d’Elliant, - de Kervidal, par. de Tourc’h.

Anc. ext., réf. 1669, huit gén., réf. et montres de 1426 à 1562. dites par., év. de Cornouaille.

D’argent au chêne de sinople englanté d’or ; au franc canton de gueules, chargé de deux haches d’armes adossées d’argent en pal. Yves, vivant en 1427, épouse Marie de la Villeblanche. La branche aînée fondue en 1690 dans Feydeau, puis Hersart ; la branche de Missirien fondue dans Autret ; la dernière branche fondue dans la Marche. Le s r de Kerhouaz, paroisse de Lesbin-Pontscorff, débouté à la Réformation de 1671.

 

Les armes représentées ici, d’argent au greslier d’azur, enguiché et lié de même, sont les  armes de Kerfors en Ergué-Gabéric.

— Kerfors (de) sr dudit lieu. par. d’Ergué-Gaberic, — de Kerderff, par de Gouëzec. Réf. et montres de 1481 à 1562, par. d’Ergué, Saint-Mathieu de Quimper et Gouëzec, év. de Cornouaille. D’argent au greslier d’azur, enguiché et lié de même.

 

Le toponyme Kerfors est assimilé à Kerfers ou Kerferz (Tudchentil note 6). Ainsi ces armes peuvent pas directement correspondre  à celles de Louis du Plessis, lui qui apparaît, pour cette paroisse, sur la Réformation des monstres de l'évêché de Cornouaille de 1536 comme seigneur de Kerferz en Ergué-Gabéric, ou bien plutôt (au vu de la datation estimée duvitrail) à son fils Laurent. (Tudchentil). En 1536, est présent également Charles, sr de Kerfors [alias Kerfres] : Charles succéda à son père Canevet en 1493 (ADLA, B 2012/4). Charles décède vers 1537 et son fils Pierre de Kerfors rendit aveu le 23 mars 1539 (ADLA, B 2012/4).

"La famille du Plessix-Nizon, parfois mentionnée sous son nom breton Quinquis. , également seigneurs de Kerminy en Rosporden. Le manoir se nomme Kerfrez. Laurent du Plessix avait succédé à son père vers 1522 (ADF, 1 G 54/6) et mentionne Kerfrez lors de son aveu de 1540 pour Kerminy (ADLA, B 1235 et ADF, A 85, fol. 525). Voir également Villiers du Terrage (Vicomte de), Une seigneurie en Basse-Bretagne : Histoire de la terre et des seigneurs de Kerminihy, (1370-1790), Imprimerie R. Dangin, Baugé, 1904 [Qui reprend un article du même auteur intitulé « Essais sur la seigneurie de Kerminihy, en Rosporden », dans BSAF, t. XXX, 1903, p. 276-391]. " (Tudchentil)

 

 

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Voir la discussion de Villiers du Terrage :

 
 

"Antérieurement à 1600 je n'ai pu trouver aucun document relatif à la famille dont les armes figurent au sommet de
droite du grand vitrail de Tourc'h. Ces armes, d'argent au grêlier d'azur, répétées trois fois dans le chœur de l'église sont bien certainement celles du seigneur de Coatheloret. D'après le dictionnaire de M. Pol de Courcy, elles ne peuvent être attribuées qu'à deux familles, toutes deux de la Cor­nouaille, mais avec une légère différence dans la couleur du cordon, Le grêlier est pour les Kergrus, lié de gueules, et pour les Kerfors, lié de même, c'est-à-dire d'azur, ce qui tranche la question en faveur de cette dernière famille."

http://www.arkaevraz.net/wiki/index.php?title=Le_blason_au_greslier_d%27azur_des_chevaliers_de_Kerfors_et_la_Chanson_de_Roland

http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=Les_Kerfors%2C_dudit_lieu%2C_nobles_du_15e_au_17e_si%C3%A8cle

 

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

Tympan de la baie axiale (Le Sodec, v. 1550) de l'église de Tourc'h. Photographie lavieb-aile 2022.

 

 

ANNEXE. JEAN-PIEERE LE BIHAN : une famille de peintres vitriers cornouaillais au XVIe siècle.

 

 En 1978, Roger Barrié, dans sa thèse sur le Vitrail en Cornouaille, signale l’existence au XVIe siècle d’une famille ou  " dynastie de peintres verriers Quimpérois "

 

Dans le vitrail sur l’Arbre de Jessé (vers 1520-25) de l’église de la Sainte-Trinité de Kerfeunteun, en Quimper, il découvre dans les inscriptions, enrichissant les vêtements, les prénoms et le nom de trois Le Sodec :Olivier  [. Kerfeunteun, Arbre de Jessé :OLIERAN. Plogonnec, église Saint-Thurien, Passion, OL. SODEG. Transfiguration, néant.], Laurent [ Kerfeunteun 1514-1525  LORE..... SODE R..A.... SUDEC AL LORE...MEAD MEAPERIESET OS MOMANN LORAS AN SODEC LOR SODECOD. Plogonnec, église Saint-Thurien, Transfiguration LON REANS LORAS AN SODEC .rien trouvé dans la Passion], et Robin [ Kerfeunteun, Arbre de Jessé :ROBIIMMO. Plogonnec , église Saint-Thurien. : OVO ROBIN SOVO]. De même, à l’église Saint-Théleau de Plogonnec, il lit ces deux derniers prénoms dans le vitrail de la Transfiguration et celui d’Olivier dans la Passion de la baie du chevet.

Il signale à la même page qu’un Laurent Le Sodec est, en 1514, l’auteur des inscriptions qui ornaient les murs de l’ossuaire de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.[Laurent peint les lettres gravées sur la façade de l’ossuaire pour les faire ressortir. Item solvit laurencio Sodec pro .. et pictura impressa in scripturis parietis domus reliquiarum. Monographie de la cathédrale de Quimper, R.F. Le Men, p. 225 et 226].  Il rappelle de plus qu’un Gilles Le Sodec  signe à Braspart un marché en 1543 pour la fabrication d’un vitrail dont le sujet est le Credo des Apôtres. Vitrail malheureusement disparu probablement lors de l’agrandissement du choeur au XVIIIe siècle. :

 Gilles, 1539-1550, Braspart 1543, ne signe nulle part

Marché de Brasparts, 29, 60 l et 2 écus d'or.Acte notarié du 15 novembre, ref Peyron 1897, Abgrall 1945, p 35 et 36 BSAF. RBT.p.154, ref Terrage 1895

Le vingt cinquième jour de novembre l'an mil cinq cents quarante et troys, nobles hommmes Charles de la Marche,Sr su dit lieu et de Bodriec,d'une aprt, ei GilesLe Sodec, peintre et vitrier, de Quimper Corentin, d'aultre part, lesquels et chacun d'eulx ont fait marché et accord ensemble et par forme que le dit Le Sodec a promis et doibt faire et construire une vitre en l'église parrochiale de Braspers, devers le midy, en laquelle y aura mis et peint les douze appostles tennant chacun un rollet contenant les articles du Credo et aussy y sera le nom de chacun appostle avecques en haut d'icelle vitre les armes du dit Sr de Bodriec. Est le dit marché fait pour le prix et la somme de soixante livres monnaie et deux escuts d'or a le souleill; en outre d'être payé par le dit Sr de Bodriec au dit Le Sodec acceptant, scavoir : la moitié à la foare de Saint-Corentin prochain venant et l'aultre moitié au prochain sabmedi de la Chandeleur prochaine, d'illesques en suivant et oultre ce que sera le bon plaisir dudit Sr bailleur. Ordonner audit Le Sodec,après l'accomplissement de ladite vitre, laquelle vitre ledit Le Sodec trouvera preste dedans la feste de Nre dame en my mars prochain venant, gréé et jure par la court du Fou o toute renonciation, liaison, serment, soubmission et prorogation de juridiction, comdamnation, etc. En maire forme de contrat et sauff forme en la maison de Alain Heart, l' un des notaires et taballions, cy souscrits les jours, an que dessus. Heart AS la Somme de 60 livres monnaie et 2 écus d'or au soleil; ces deux écus d'or valent 90 sous, ou 4 livres 10 sous, soit un prix pour le vitrail de 64 livres 10 sous. Une seconde convention partage la dépense de moitié avec un Louys Ansquer, en échange pour ce dernier d'y apposer ses armoiries au dessous de celles de la Marche.

 

Dans cette même thèse, il note la présence d’un Le Sodec à Nantes " réparant en 1480 la vitre de Saint-Nicolas " et pense que cela " pourrait indiquer la provenance de cet atelier familial "

Il avance et peut-être avec raison qu’ " on accorderait volontiers les vitraux de Saint-Théleau ou le Jugement Dernier de Trégourez à Gilles vers 1550. "

 

Mais tout d’abord, revenons à cette ancêtre que fut ce Le Sodec de Nantes, si l’on penche dans le sens de Roger Barrié. Dans son fichier, Bourde de la Rogerie donne un " Le Soudet ou Soudec Bertrand, verrier, 1479, 1483, Nantes, 44 église Saint-Nicolas, réparations vitraux . 1486, prend le titre de vitrier du duc en vertu de lettres patentes de François II. " Il semble bien qu’il s’agisse chez ces deux historiens de la même personne.. Ce Bertrand est aussi signalé comme terminant en 1486 un vitrail pour l’église Saint-Similien toujours à Nantes. - Couffon René, MSHAB, Tome XXV – 1945, p. 43.

Quant à ce Laurent Le Sodec, de l’ossuaire de la Cathédrale, il est peut-être celui qui dans le premier quart du XVIe siècle, 1514-1525 ; signe l’Arbre de Jessé de Kerfeunteun. Est-ce encore lui, ou alors un fils du même prénom, dont le prénom apparaît avant 1539 dans la Transfiguration de Plogonnec. ? Quant aux initiales L.S8 de la Roche-Maurice, 1539, elles sont peut-être les siennes ou alors celles d’un membre de cette famille de peintres vitriers.

A Plogonnec, dans la Passion et à Kerfeunteun, dans l’Arbre de Jessé, on trouve deux autres prénoms qui peuvent porter à suspicion. Tout d’abord, il s’agit d’un Ramon ou R’hamon, relevé dans deux des quatre verrières XVIe de ces deux édifices. Il y a des chances qu’à Kerfeunteun, ce prénom ou nom correspond à celui du roi Amon de l’Arbre de Jessé. Mais pour Plogonnec le Ramon pose question.

Nous avons aussi trouvé le prénom Eve, présent dans le panneau de la Vierge à l’Enfant de la Passion de Plogonnec, et aussi à Kerfeunteun sur le saint Jean de l’Arbre de Jessé.

Quant à la filiation de tous ces prénoms, il est difficile de la définir. Nous n’avons que deux dates attestées et certaines : 1514, pour Laurent et 1543 pour Gilles. Les autres productions ne sont pas datées et ne nous permettent pas, malgré les estimations, de savoir s’ils sont tous des frères, ou l’un deux, Laurent : le père.

On peut encore citer en 1580, une Marie le Sodec que Le Men 10 donne comme ayant été enterrée dans la cathédrale et que d’autres disent épouse de peintre vitrier.

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Inventaire de leurs possibles autres oeuvres

Les études pour restaurations suivies ou pas d’interventions que nous avons été amenés à faire sur diverses verrières XVIe cornouaillaises et les comparaisons, qui en ont d’écoulées, aidées par des cartons semblables, nous ont permis, tout d’abord, de découvrir dans certaines œuvres la paternité possible d’un atelier Le Sodec.

Le relevé des inscriptions peut nous conforter dans la voie d’un inventaire plus complet de leurs œuvres. Une autre spécificité de cet atelier est une façon particulière d’appréhender à partir d’une certaine époque certains muscles comme celui au-dessus des sourcils ou les veines et muscles des dessus des pieds et des mains.

Tout d’abord, nous pensons que les œuvres les plus certaines, pour le moment, en dehors de celles signalées plus haut par Roger Barrié, sont :

—Les Passions des chapelles Sainte-Barbe et Saint-Fiacre du Faouët, 1516 dont certains cartons sont identiques à la Passion de l’église Saint-Nicaise de Saint-Nic. De plus cette dernière possède une Résurrection semblable à celle de l’église de Saint-Thuriau dans le Morbihan.

—Toujours à Sainte Barbe du Faouët, nous pensons à la Transfiguration, très proche de carton de Plogonnec, ce que signale Roger Barrié, tout en indiquant pour cette première une date plus avancée. La restauration de cette dernière nous a conforté dans ce choix.

—La Passion incomplète de l’église Saint-Ouen de Quéménéven, est une sœur jumelle, pour la partie Crucifixion, à beaucoup d’autres. C’est le même carton qui sert à Gouézec, Tréguennec et Guengat, avec des translations de quelques centimètres, voir parfois quelques millimètres, et cela pour certains personnages telles la Marie-Madeleine ou la Vierge en Pâmoison, ou même le chien. Pour les scènes de la Passion qui emplissent la partie inférieure, on peut relever le doublé de la même scène, celle où saint Pierre coupe l’oreille du Grand Prêtre. Elle est le témoin d’une seconde verrière du même atelier ayant peut être existé dans une des deux chapelles, qui ont été utilisées pour reconstruire l’église du bourg.

—Les restes de la Passion de l’église Saint-Salomon de La Martyre, 1535, où Couffon voit sur le galon de la manche de Joseph d’Arimathie le monogramme L.S.

—La Piéta de la chapelle Notre-Dame de Lanneleg en Pleyben, identique à Clohars-Fouesnant et sortant du même carton. Pour Lanneleg, si l’on retient les armoiries du recteur de Pleyben, Rolland de Berrien, on peut proposer une date plus proche de la fin XVe, Ce même recteur commandant un vitrail pour l’église de Brennilis juste après 1485. Ce qui ramènerait la présence de l’atelier des Le Sodec plus prêt du tout début XVIe.

—Le martyr de Saint-Sébastien de l’église Saint-Idunet de Trégourez, proche de 1550, le Jugement Dernier de Notre-Dame de Kergoat en Quéménéven, dont le même sujet, avec des cartons proches se retrouve dans différents édifices comme Guengat, baie 4, avec malheureusement plus que quelques éléments, Plogonnec, baie 2 , et à la chapelle Saint-Sébastien de Garnilis en Briec (1561). Pour la datation de ce Jugement Dernier de Kergoat, on peut proposer la datation de 1566 si l'on admet que le donateur est bien Henri de Quoëtsquiriou, recteur de cette paroisse à cette date. Il ne faut pas négliger que l’apport de ce chanoine dans ce vitrail peut être postérieur, comme le blason du prie-Dieu.

On peut continuer d’attribuer  à cet atelier

—La Passion de l’église de Lanvénégen où Roger Barrié  note des correspondances de cartons avec Ergué-Gabéric et Plogonnec

—La Passion de l’église Saint-Guinal d’Ergué Gabéric, qui est inspirée ou vice versa pour certains panneaux de Guengat Vers 1539,

—A l’église de Brasparts, où nous avons vu que Gilles Le Sodec est l’auteur d’un Credo des Apôtres, qui a disparu, il reste quelques panneaux d’une Passion déplacée au XVIIe ou XVIIIe siècle. Passion qui est bien de cet atelier et que l’on peut dater d’avant 1543 ou de 1566 15

—En Briec, la Dormition de la chapelle du Kreisker et la Passion disparue de la chapelle Saint-Sébastien de Garnilis.

—Les quelques panneaux de Saint-Nonna en Penmarch identiques à la baie 1 de Saint-Fiacre de Guengat, que signale Roger Barrie.

—Les Passion des églises Saint-Pierre de Gouézec et de Saint-Fiacre de Guengat qui ont des cartons semblables .

—Le Couronnement de la Vierge de l’église Saint-Divy en Saint-Divy,.

Les Passions des église Saint-Mathieu de Quimper et Saint-Cornély de Tourch, aux cartons identiques.. Celle de Pleyben, plus tardives vers 1570

On peut y ajouter, malgré l’hypothèse de Couffon voyant dans les lettres P et S la signature du verrier Quimpérois pierre Sortez, la Passion de l’église Saint-Paban de Lababan en Pouldreuzic,.1573.

Et dans l’ancienne Cornouaille : le Credo des Apôtres de Mael-Pestivien, 22,

 Les inscriptions, témoins de la paternité des le Sodec.

Au XVIe siècle, les peintres vitriers bretons ornent d’inscriptions les galons des vêtements des personnages et les phylactères de leurs vitraux.

Il s’agit, dans certaines verrières, d’une abondance de suites de consonnes et de voyelles, qui est venue probablement des Flandres avec la Renaissance et même antérieurement. Ces inscriptions sont dans la grande majorité des cas, d’une impossible compréhension et dont les auteurs gardent le secret.

Cependant, il est possible, ici et là, de relever des brides de psaumes, parfois très concis, amputés de lettres et même orthographiés phonétiquement. Très rapidement, par manque de place, ces inscriptions sont abrégées. Ainsi le N et le M se voient dédoublés et enlevés. Un tilde placé au-dessus, avertit cette suppression, qui peu à peu, dans le temps, disparaît.

La lecture peut être encore plus malaisée car elle est souvent un mélange de latin, de français et même de breton.

Parmi les inscriptions que nous ont laissés ces le Sodec, on peut être intrigué par certains assemblages de lettres qui reviennent comme un leitmotiv. Il y a entre autre un assemblage de trois lettres, deux consonnes et une voyelle, souvent incluses dans d’autres lettres qui, à Plogonnec, se répètent trois fois dans la Transfiguration et deux fois dans la Passion . Il s’agit de l’ensemble SVO.

Ce SVO 16 on le retrouve une fois à l’église Saint-Pierre de Gouézec dans la Passion et quatre fois à Guengat, aussi dans une Passion, celle du Chevet. Ces deux verrières sont très proches, leurs cartons identiques pour ne pas dire unique, elles sont de la même époque. Ce sigle SVO n’est qu’une preuve de plus sur la paternité de l’atelier Le Sodec sur ces deux Passions.

De plus, si l’on étudie les assemblages de lettres de la Passion de Guengat, un second sigle apparaît, formé des deux premières consonnes SV et où le O est devenu E. Ce SVE y est répété cinq fois. A Gouézec, où les inscriptions sont moins nombreuses, on le retrouve une fois.

Ce SVE décore le cheval de Nicodème dans la Passion de l’église Saint-Mathieu de Quimper. Il y est précédé de NO.

Ces SVO et SVE, après avoir examinées 24 verrières du XVIe siècle, nous ne les retrouvons nulle part ailleurs. Certes ces trois lettres ont pu nous échapper, ou ont disparu lors de possibles restaurations. Mais cela ne peut que nous pousser vers une confirmation de la paternité des Le Sodec pour les Passions des églises de Guengat, Gouézec et Saint Mathieu de Quimper.

 Avec d’autres sigles, tels que VOE, peut-on leur attribuer les Passions des églises d’Ergué-Gabéric et de la Martyre, ce groupe de trois lettres se trouvant aussi à Plogonnec ? Ergué-Gabéric offre de plus une double combinaison dans SVOE: SVO ET VOE .

Pour terminer, il reste une question qui se pose : pourquoi ont-ils été si bavards sur leur paternité à Plogonnec et Kerfeunteun, et pourquoi pas ailleurs ? Pourquoi cette exubérance de suite de lettres et de consommes ici et là, et pourquoi pas ailleurs ? Je ne trouve pas de réponse Ce décor donnait-il droit à une plus value ?

 

 NOTES

 

8. - La Roche-Maurice, Eglise Saint-Yves, le défenseur du pauvre, non paginé, imprimerie Lescuyer Lyon. " " EN LAN MIL VCCXXXIX / FUT FET CETTE VITRE. ET / ESTOET DE FABRICQUE POR / LORS ALLEN. L.S. " René Couffon dans le MSHAB de 1945 pense que ces initiales sont celles de Laurent Sodec. En 1959 dans le Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et de Léon, il donne la paternité de la Passion de La Martyre à Jost de Negkaer.. Cela est de nouveau repris en 1988 dans le Nouveau Répertoire des Eglises et Chapelles. En réalité cette inscription cette inscription est introuvable ainsi que l’a constaté l’abbé jean Feuntreun ( le Télégramme de Brest, Février 1972) Roger Barrie a confirmé cette absence par un examen sur échafaudage ; il avance l’hypothèse soit d’une mauvaise lecture par Couffon qui, fasciné à juste titre par le rapprochement avec les gravures, aurait interprété des salissures, soit d’une restauration insouciante qui aurait fait disparaître l’inscription lors de la repose e après guerre, ce qui paraît plus qu’étonnant.

 

Inclure des initiales est une chose assez fréquente chez les verriers. A Rouen les frères Le Prince signant I L P¨ pour Jean, E L P pour Engrand, ou encore, plus près de chez nous, en plus des Le Sodec, VI. DI pour Vincent Desportes. Mais personne n'est à l'abri de l'erreur. Pour Notre Dame de Confort, en Meilars, monsieur René Couffon donnait De Loubes, comme auteur de l'Arbre de Jessé. Une restauration postérieure révéla Raimondi Lombes. Il nous livre aussi l’hypothèse de voir dans la Passion de Lababan les initiales du verrier Pierre Sortès ou Sortex dans NOPS MRZ PS. Tout cela est bien tentant

9. - EVE Kerfeunteun, Arbre de Jessé,EVE GRADORAP Plogonnec, église Saint-Thurien, Passion, VRA EVE MSOENR Le EVE ici est suivi après un M de SOE, possible abréviation de Le Sodec. Le Moyen Age a souvent comparé Marie à Eve. Il suffit de rappeler que le nom Eva retourné par l’ange lors de l’Annonciation s’est changé en Ave.

10. – Le Men, déjà cité, p. 119

11. - Dans sa thèse, Roger Barrié, se penchant sur les verrières de Plogonnec, relève que Joos Van Clève, dans ses Adorations des Mages, cela vers 1515, fait porter des inscriptions sur les galons des vêtements.

Pour ma part, j’ai relevé, au Musée de Cluny, des inscriptions sur les galons des vêtements des personnages d’une Crucifixion d’un retable du début XIVe. Ce retable était donné comme provenant de Sauvagnat, Puy-de-Dôme et son code CP3413.Un autre retable, dans le même musée, dont le sujet est la Messe de saint Grégoire, daté de 1513, porte des textes lui aussi sur les galons de ses vêtements. Il est donné comme provenant d’Anvers.

12. - Dans les œuvres de cet atelier le Sodec, certains visages d’hommes, très proches d’une réalité plutôt sévère, que ce soit les soldats casqués, ou le Christ, portent souvent le muscle au-dessus des sourcils d’une façon très protubérante et très marquée que nous avions appelé dans le temps "à la banane". Cette façon d’exprimer ce caractère, nous ne l’avons trouvée qu’une seule fois en dehors de la Bretagne. Il s’agit d’une Fuite en Egypte de 1545 de l’Ecole Troyenne où saint Joseph porte les mêmes sourcils protubérants. Ce procédé graphique était-il par la suite une mode attribuable à plusieurs ateliers finistériens? C’est très possible. Surtout à l’approche de la fin du siècle En plus des verrières déjà cité plus haut comme la Roche-Maurice 1939, on retrouve cette spécificité entre autres à : Braspart dans la Passion, à Notre-Dame de Confort en Meilars, dans l’Atelier de Nazareth, au Croisty, dans la vie de saint Jean-Baptiste, dans les Passions de : Gouézec, à la chapelle Notre-Dame de Tréguron , de Guimiliau, de Lannédern, de Melgven, de Ploudiry, de Pont Croix, de Notre Dame de Cuburien en Saint-Martin des Champs de Tourch. .

Quant à la façon particulière d’appréhender les veines et muscles des dessus des pieds et des mains, l’un des exemples peut-être l’église paroissiale de Gouézec pour les muscles du cou et des pieds. le graphisme losangé des veines des mains et des pieds. Ce procédé se retrouve à Peumerit et jusqu'à Maël Pestivien.

13. – JP. Le Bihan, BSAF 1989, tome CXVII, la Verrière de l’église Saint-Pierre de Gouézec. Et BSAF1991, tome CXX, la maîtresse-vitre de l’église Saint-Pierre de Ploudiry.

14. – R.Barrié, déjà cité p. 41 et suivantes.

15.- Pour donner à cette Passion une date qui tienne la route, nous pouvons nous pencher sur les Passions finistériennes. Leurs dates offrent 1510 pour Plogonnec, 1539,La Roche Maurice, idem Penmarc’h et plus tardivement, 1556 pour Saint Herbot , vers 1570 pour Pleyben, et 1573 pour celle de Notre-Dame du Crann en Spézet. Que choisir ? Avant 1543, date du marché d’une verrière dont le sujet, Credo des Apôtres, ne pouvait qu’être placé du côté sud, côté du Nouveau Testament, une Passion étant naturellement au chevet, ou 1566 , date gravée sur la pierre d’appui de la baie présentant actuellement cette Passion. Possible pierre de la baie du chevet réutilisée. Nous pensons qu’il vaut mieux s’en tenir à la seconde date.

16.

  • - Guengat: Passion SVORMOSCO, SVORN, SVOE, Gouezec: Passion SVOE IOSVECM
  • Plogonnec, église Saint-Thurien, Transfiguration: ASOSVO, SVOTRAVEL, SERMOSVO

  • Plogonnec, église Saint-Thurien, Passion: SVO, SVORN, SVE.

  • Guengat, Passion: SVEMCV, SVE, SVE, SVEMCUS, SVEIOSEI, IOSVEC, SOVO,

  • Quimper, Saint-Mathieu, Passion. NOSVE

  • Ergué-Gabéric, église, Passion, SVOEANRE

 

Jean Pierre le Bihan

 

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1901, BDHA page 293

https://archive.org/stream/bulletindiocsai02arcgoog/bulletindiocsai02arcgoog_djvu.txt

— BARRIÉ (Roger), 1978, "Etude sur le vitrail en Cornouaille au 16e siècle, Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper" ; sous la direction d' André Mussat / [S.l.] : [s.n.] ,  Thèse, Université de Haute Bretagne, Rennes. 

— BARRIÉ (Roger), 1977, "Un atelier de peinture sur verre en Cornouaille vers 1535", in Le vitrail breton. Arts de l'Ouest, numéro 3 (Centre de recherches sur les arts anciens et modernes de l'Ouest de la France, U. E. R. des arts, Université de Haute-Bretagne, Rennes)

— BARRIÉ (Roger), 1976 Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_...

— BARRIÉ (Roger), 1989, "Le vitrail breton et les Flandres" in  Edité par Musée Départemental Breton

—COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Tourc'h, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7f1048f2b8448640499c5b61ad63de14.pdf

"Vitraux : Maîtresse vitre de la Crucifixion, du XVIe siècle (C.), suivant le carton de Jost de Negker [sic!!!], du même atelier que la verrière de Saint-Mathieu de Quimper.

- Couronnement de la Vierge (atelier Fournier, 1946) et quatre petites fenêtres de Pierre Toulhoat, 1954."

— COUFFON (René), 1945, La peinture sur verre en Bretagne, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne (SHAB) pages 27 à 64.

https://www.shabretagne.com/document/article/2531/La-peinture-sur-verre-en-Bretagne-Origine-de-quelques-verrieres-du-XVIe-siecle

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 183.

 

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Une famille de peintres vitriers en Cornouaille  [Le Sodec].

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3062028.html

— VILLIERS DU TERRAGE (E. de), 1893, Note sur la paroisse de Tourc'h, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 355-370, ill.

Vitrail. La maîtresse vitre de l'église paroissiale présente à sa partie supérieure trois sommets contenant des armoiries dont il sera question pIus loin.
La partie principale, bien que divisée elle-même par deux meneaux en trois parties ayant chacune 51 et 5? centimètres de largeur, représente dans son ensemble un sujet unique, le crucifiement de Notre-Seigneur. C'est ce même sujet qui est identiquement reproduit dans les trois parties centrales du vitrail de Saint-Mathieu qui en contient cinq. Aussi pour la décrire ne puis-je mieux faire que d'emprunter les termes dont s'est servi M. l'abbé Abgrall dans sa notice sur le vitrail de Saint-Mathieu (1). « Notre-Seigneur en croix, saint Longin à cheval lui perce le côté de sa lance; la Made­leine au pied de la croix. Sous le larron de droite on voit la Vierge éplorée, soutenue par saint Jean et par une sainte femme; à l'arrière plan deux juifs debout puis un soldat casqué et un pharisien à cheval. Sous le larron de gauche, un centurion au costume très riche monté sur un magnifique cheval, et au second plan un prince les prêtres  et un pharisien aussi à cheval. Le bon larron rend le denier soupir, et son âme, sous la forme d'un petit enfant nu,« est portée au ciel par un ange, tandis que celle du mauvais larron est emportée par un démon hideux. » Il faut ajouter que ce dernier vitrail présente de nombreuses lacunes: toute la partie inférieure n'existe plus, tandis qu'à Tourc'h l'ensemble de la composition est fort heureusement complété par plusieurs groupes de soldats se disputant les vêtements de Notre-Seigneur. Tous ces per­sonnages portent de riches costumes du 16 siècle aux bril­lantes couleurs.
Le vitrail est d'un bon style et intéressant à plusieurs points de vue. Il est en assez bon état, mais, pour en assurer la conservation, il serait indispensable d'exécuter quelques travaux urgents de consolidation que les ressources minimes de la fabrique ne lui permettraient pas d'entreprendre. La restauration du vitrail de Saint-Mathieu, qui se fera pro­chainement; ce serait une occasion favorable, si la Société pou­vait obtenir pour la paroisse de Tourc'h, ou lui accorder, elle-même, la subvention nécessaire.
Le vitrail ne présente pas de lacunes: quelques panneaux sembleraient, à première vue, être en verre blanc, mais, en les regardant avec attention, on trouve partout des traces de la composition primitive. La photographie l'indique très nettement. Il y a seulement une décoloration partielle qui a malheureusement atteint la partie basse du panneau de droite où une date se trouvait inscrite. On lit sans peine l'an, et avec une difficulté croissante un t', UI1 5 et un deuxième 5, ce qui ferait remonter le vitrail aux environs de l'année 

Cette date est du reste parfaitement d'accord avec le style du vitrail, et elle se trouve vérifiée par les indications conte­nues dans les soufflets où se voient les armes des deux seigneuries qui se partageaient le territoire de la paroisse de Tourc'h, c'est-à-dire, Kerminihy, paroisse d'Elliant, mainte­nant Rosporden, et Coatheloret, paroisse de Tourc'h.
Toutes deux relevaient directement des ducs de Bretagne, et plus tard des rois de France, dont les fleurs de lys devaient probablement figurer en supériorité dans le premier soumet.
Cette circonstance a pu en provoquer la destruction en 1703.
A cette place on voit maintenant une gloire analogue à cene qui existe à la grande vitre de l'église de Rosporden et qui date du commencement de nottre siècle.
Le soumet de gauche contient les armes suivantes. Ecartelé: au premier, d'argent à trois molettes de gueules (Ker­minihy) ; au deuxième, au chêne de sinople enqlanté d'or au franc canton de gueules chargé de deux haches d'armes d'argent  adossées (Plessis-Nizon); au troisième, parti de Plessis-Nizan et de gueules aux trois croissants d' argent (Kerflous) ; au quatrième, d'argent à la croix de sable (?) .
Je. n'ai pas trouvé l'explication de ce quatrième quartier, mais les trois premiers suffisent pour reconnaître les armes de Laurent du Plessis qui possédait la seigneurie de Kermi­nihy entre 1540 et 1562, Ces armes sont décrites dans les aveux de cette seigneurie, qui, à propos de la paroisse de Tourc'h, revendiquait entre plusieurs autres droits, celui d'avoir un écusson en la maitresse vitre du côté de l'Evangile, qui est d'argent à trois molettes de gueules, écartelées (sic) et contre écartelées des armes du Plessis et de Kerflous qui sont maisons alliées du Kerminihy » (1)
Au sommet de forme est caractéristique du 16e siècle. Les armes d'argent au grêlier d'azur figurent également aux soufflets supérieurs
li) La famille du Plessis-Nizon est représentée clans noLre Société pal' son pl'ésident. La famille de Kerflous, ramage cie Tl'émi ll ec, s'est fondue dans Billoarl de Tl'émillec et de Ken3ségan, famille dont un membre, le dernier gouverneur de la Louisiane est bien connu sous le nom du chevalier de Kerlérec, des deux petites fenêtres latérales du chœur, qui n'ont con­servé que ces fragments de leurs anciens vitraux, Ces armes doivent être celles de la famille à qui appartenait vers 1550 la seigneurie de Coatheloret, mais sur ce' point je n'ai pu recueillir aucun renseignement,

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Renaissance. Chapelles bretonnes Héraldique
31 octobre 2022 1 31 /10 /octobre /2022 15:45

Les deux Vierges de Pitié (kersantite, v. 1555) de l'arc de triomphe (1725) de l'église de Pleyben.

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1°) Voir sur l'église de Pleyben :

 

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2°) Voir sur les Pietà ou Vierges de Pitié du Finistère :

et hors blog: 

 

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PRÉSENTATION.

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À l'entrée ouest de l'enclos paroissial, à gauche de l'ossuaire, l'arc de triomphe ou "porte triomphale" est une porte monumentale datée de 1725. Elle est surnommée  en breton porz ar maro "porte de la mort" car c'est par elle que pénétrait le cortège funéraire, pour accéder au cimetière  : elle s'intègre au  mur de l'enclos entourant le cimetière.

L'arc monumental est en plein cintre surmontée d'un fronton courbe avec une niche sur chacune de ses faces. Sur la face est, on peut admirer une Vierge de Pitié ou Pietà encadrée de deux anges, et sur la face ouest, une sainte Trinité dont la colombe du saint Esprit a disparu (plus exactement, elle se retrouve de l'autre côté, indice précieux de la recomposition).

L'arc est surmonté d´une croix qui présente sur sa face est, un Christ en croix, et sur sa face ouest, une Vierge de Pitié.

Cet arc  Triomphal"  porte une inscription datée :  "Nouel Favennec Fabrique 1725". Mais la date indiquée est celle d'une reconstruction, ou d'une recomposition, incluant des éléments du XVIe siècle, ce qui explique la présence de deux Pietà sur le même édifice. On rapprochera cette date de celle de la restauration de l'ossuaire ou chapelle funéraire en 1733.

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Si l'objet principal de mon article est l'étude comparative de ces Vierges de Pitié avec celles des sculpteurs de kersanton de Landerneau, l'examen des autres éléments sculptés réserve de passionnantes surprises.

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I. LA PORTE MONUMENTALE, CÔTÉ OUEST, VUE DE L'EXTERIEUR. LA VIERGE DE PITIÉ AUX TROIS LARMES.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription de 1725.

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Je lis :

H : NO/VEL-FAVENN

EC. FAB/RIQVE 1725 (avec une hésitation avec 1705)

Soit : "Honorable Nouel Favennec, fabrique (fabricien) pour l'année 1725".

Il s'agit vraisemblablement de Noël FAVENNEC, né le 7 juillet 1668 à Kermenguy, Pleyben (le prénom de l'acte de baptême est "Nouel"), fils de , et décédé le 8 décembre 1735 à l'âge de 67 ans.

Kermenguy (graphie de la carte de Cassini  à la fin de l'Ancien Régime) devient Kerminguy sur la carte d'Etat-Major puis aujourd'hui Kervingui, à 1 km au nord du bourg. Il est amusant de constater que la carte Maps indique pour ce lieu "Favennec Sabrina, fermé temporairement."

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https://gw.geneanet.org/mcharoupis?n=favennec&oc=&p=noel

Noël Favennec est le fils de Guillaume (1642-1714) et de Marie Goff (1643-1696). Il a comme parrain son oncle le prêtre Nouel Favennec, décédé en 1716 . Il épousa Marie GUILLOU en 1685. Leur fils Germain est né en 1703.

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 Il appartient à une famille dont les membres sont très souvent cités sur les inscriptions de  Pleyben, soit comme fabriciens, soit comme prêtres (Hierosme Le Favennec en 1595, Nouel Favennec  entre 1695 et 1724), soit comme architectes et maçons ( maîtres François et son frère Germain Favennec,  tous deux de Pleyben en 1718, reconstruisirent le croisillon sud du transept , puis Paul), soit comme habitants. Un François Favennec demeurait à Lelesguen. Le nom de la famille FAVENNEC apparaît souvent dans les inscriptions lapidaires de l'église ( l'inscription du pignon Sud énonce "JAN FAVENNEC GRAND FABRICE 1718") et de la chapelle Saint-Laurent  ("FAIT FAIRE PAR I. FAVENNEC F[abricien]. 1731.").  En 1694, la partie haute du clocher de l'église, frappée par la foudre s'écroula sur le croisillon sud, qui fut reconstruit par François et Germain Favennec.

Le calvaire du XVIe siècle de  Garsaliou (Atlas n° 1465)  porte une inscription avec le nom FAVENNEC, et un écu au calice identifiant ici un prêtre .

 

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Note : remarquez la colombe du Saint-Esprit de la clef de voûte de la porte. Elle n'a ici aucun sens, mais provient vraisemblablement de la Trinité souffrante de la niche intérieur. L'Arc actuel a dû succéder à un arc d'entrée antérieur dont les éléments ont été réemployés.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Le buste d'ange (kersanton, v.1725 ?)

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Il répond à une tête ailée identique du côté intérieur, et il est semblable à de nombreux autres angelots de l'église. Il  une chevelure très abondamment frisée, et un amict à deux replis au dessus d'une collerette. Les pupilles sont creusées (comme le fait aussi Roland Doré)

Une analyse pétrographique des différents faciès de kersantite permettrait peut-être de remettre de l'ordre dans ce puzzle.

Ma proposition de datation tient compte du fait qu'un ange identique se retrouve, non seulement sur le côté est de cette porte, mais aussi sur la sacristie (1680-1690).

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de Pitié du côté ouest. Prigent ?, kersantite, XVIe siècle.

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Elle occupe une niche à coquille pas parfaitement adaptée à son volume. 

Elle est assise et tient le corps de son Fils sur ses genoux et soutient la tête de la main droite et le bras gauche de la main gauche. Les jambes du Christ se croisent; une jambe a été refaite.

Comme c'est très souvent le cas, le corps forme une diagonale et le bras droit, vertical, contraste avec le bras gauche horizontal.

Le corps de Marie est droit, hiératique, et ses traits sont figés.

Le détail émouvant est de retrouver ici les trois larmes si souvent rencontrées dans les Pietà de Bastien et Henri Prigent. Ces sculpteurs de Landerneau réalisèrent en kersanton le calvaire monumental en 1555, ainsi que la statue de saint Germain, et les deux personnages de l'Annonciation du porche sud. À la chapelle Saint-Laurent de Pleyben, ils sont l'auteur du calvaire (avec les trois larmes sous les paupières de Marie et de Jean).

Un autre élément stylistique des Prigent est le voile épais formant des plis cassés au dessus et autour du visage.

Néanmoins, dans son catalogue raisonné des sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne, E. Le Seac'h ne s'est pas prononcée sur l'attribution de ces deux Vierges de Pitié de l'arc triomphal, qu'elle ne mentionne pas.

La kersantite est d'un faciès assez médiocre, gris clair, de grain fin mais ponctué d'éléments minéraux altérés qui laissent par leur départ une miliaire de trous. Cela se retrouve sur la Trinité souffrance de la niche opposée.

Un deuxième article présentera la Vierge de Pitié sculptée par les Prigent pour le calvaire monumental.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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II. LA PORTE MONUMENTALE VUE DE L'EXTERIEUR : LE CALVAIRE. SAINT SEBASTIEN (?) ET SAINT GERMAIN-L'AUXERROIS.

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Au dessus du fronton, un calvaire d'1,20  m de haut, daté du XVe siècle par Yves-Pascal Castel,  a été placé ici par ré-emploi. La Vierge et Jean, placé de profil, sont agenouillés au pied de la croix.

Les deux personnages appartiennent au même bloc de kersanton, tout comme la Vierge de Pitié de l'Est et les deux saints des côtés.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Saint Sébastien.

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Le saint protecteur de la peste était particulièrement honoré à Pleyben, puisqu'il figure, sous saint Laurent, sur la bordure gauche de la chape de la statue de Saint Germain placée au dessus du porche sud.

On le reconnait à sa posture, les bras noués dans le dos à une colonne, à son pagne, à sa carrure athlétique, mais ici, aucune flèche, — ou aucun  orifice de flèche— n'est visible. Son pied droit est, curieusement, posé sur une sphère, tandis qu'une tête joufflue voisine son pied gauche.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Saint Germain l'Auxerrois.

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C'est du moins un saint évêque, mitré, bénissant et tenant la crosse, qu'on assimile de manière logique au saint patron de l'église. Les chaussures (ou pantoufles) sont à bout pointues.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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III. LA PORTE MONUMENTALE VUE DE L'INTÉRIEUR : LE TRÔNE DE GRÂCE DU FRONTON.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%B4ne_de_gr%C3%A2ce#:~:text=Le%20Tr%C3%B4ne%20de%20gr%C3%A2ce%20est,verticale%20de%20la%20Sainte%20Trinit%C3%A9.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Le buste d'ange identique à celui du côté ouest.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Le Trône de grâce (ou Trinité souffrante).

On désigne ainsi la représentation de Dieu le Père assis sur une cathèdre et tenant entre ses genoux son Fils crucifié. Il manque ici la colombe (parfois sculptée entre la bouche du Père et la tête du Fils). Mais nous l'avons vue sur le côté ouest.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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III. LA PORTE MONUMENTALE VUE DE L'INTÉRIEUR : LA VIERGE DE PITIÉ DU CALVAIRE, ET SES ANGES DE TENDRESSE.

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La Vierge assise est encadrée par deux anges debout, de trois quart, dont l'un soutient la tête du Christ tandis que l'autre pose tendrement la main sur son genou.

Ce thème se retrouve sur le calvaire de la chapelle de Lanridec à Pleyben, mais avec un seul ange.

Ces anges entourant la Vierge de Pitié trouvent leur origine dans les quatorze pietà du Maître du calvaire de Tronoën (Saint-Jean-Trolimon, en Cornouaille) vers 1470. Sur ce calvaire, deux anges aptères soulèvent le voile de Marie dans un geste de tendresse qui a conduit Emmanuelle Le Seac'h à les qualifier d'anges de douceur. Ces 14 pietà du XVe siècle  sont en granite.

Sept autres Pietà également recensées par Le Seac'h  reprennent ce motif des anges autour de la Vierge et du Fils, cette fois-ci au XVIe siècle. Cinq se trouvent en Finistère, et j'ai décrit dans ce blog celle de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou (en calcaire polychrome), ou celle de l'église Saint-Sauveur du Faou (à 3 anges et en granite polychrome). Aucune des sept  n'est en kersanton.

 

L'inventaire de ces anges apportant leur aide et leur tendresse à la scène de la Vierge de Pitié n'est pas clos ; on peut citer ainsi le calvaire de Plovan, non loin de Saint-Jean-Trolimon. (Atlas Plovan 2449), et sa Pietà de kersanton.

 

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Un gros plan permet de s'assurer de l'absence de larmes sur ce visage.

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Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe ouest de l'enclos de Pleyben. Photographie lavieb-aile.

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Note.

L'Atlas des croix et calvaires du Finistère signale également une autre Vierge de Pitié sur la commune de Pleyben, sur le calvaire de  Le Drevers, datant du XVIè siècle (atlas n°1463)

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, L'Architecture bretonne, Quimper, de Kerangal éditeur

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f20eb990fd763d232327db92aeeb6869.pdf

" A quelque distance de cet ossuaire, une porte monumentale ou une sorte d'arc-de-triomphe formait l'entrée du cimetière. Sur la face Ouest, une niche abrite la statue de N.-D. de Pitié, et le fronton courbe qui en forme le couronnement est surmonté d'un Christ en croix accosté des statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean. Une inscription donne la date de ce petit monument : NOVEL. FA VENNEC. FABRIQVE. 1725."

 

—ABGRALL (Jean-Marie),  et Le Coz Y., 1908 “Pleyben : église, ossuaire, calvaire,” A. de Kerangal, Quimper, 31 pages

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a0a5651f868070445ed8e54fb7eecff8.pdf

—CASTEL (Yves-Pascal), Les pietà du Finistère

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

 

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/pleyben.html

"1476. Pleyben, enclos no 1, sur la porte de l’ouest. k. 1,20 m. XVè s. Croix à fleurons carrés, crucifix, Vierge et Jean agenouillés au pied de la croix. Au revers, groupe de N.-D. de Pitié, sur les côtés, saint Germain et saint Sébastien."

CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.( Revue bilingue breton-français  Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001)

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Pleyben, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p. 

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLEYBEN.pdf

 

—— COUFFON R., 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

"Arc de triomphe, dit "Porz-ar-Maro" : il porte l'inscription : "H. NOVEL. FAVENN/EC. FABRIQVE. 1725." Sur la face ouest du fronton cintré, dans une niche, statue en pierre d'une Pietà encadrée de deux anges aptères. Sur le sommet du fronton, groupe de la Crucifixion."

DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, Plihon, pages 118-130

DEBIDOUR (Victor-Henri), Croix et calvaires de Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_149/Croix_et_Calvaires_de_Bretagne__.pdf

DEBIDOUR (Victor-Henri), La Vierge en Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_146/La_Vierge_en_Bretagne__.pdf

 

 

LECLERC (Guy), 2007, Pleyben, son enclos et ses chapelles, éditions Jean-Paul Guisserot, 31 pages pages 18 et 19.

https://books.google.fr/books?id=hWctwxQfyhgC&pg=PA18&lpg=PA18&dq=sibylles+pleyben&source=bl&ots=kzc-VMkVBx&sig=29B6LVXN1nHu2s5hEpHEt3en1vA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiI596WxpfVAhXH2xoKHQ5WDd4Q6AEIQjAF#v=onepage&q=sibylles%20pleyben&f=false

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne. Les ateliers  du XVe au XVIIe siècle, PUR éditions, page 193.

MONUMENTUM http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/pleyben/pleyben.html

Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Enclos_paroissial_de_Pleyben

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17 octobre 2022 1 17 /10 /octobre /2022 13:11

 

 

Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.

 

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—Sur Plouézoc'h, voir :

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PRÉSENTATION.

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Saint Mélar est le fils de saint Miliau, roi  de Cornouailles (future Bretagne d'Armorique) et de la reine celte Awrilia ou Aurélia fille de Winnoc,  roi de Domnomée (aujourd'hui pays de Léon et de Tréguier). 

Miliau a un petit frère, Riwod, qui voudrait être roi à la place du roi : ce dernier lui coupe la tête. À Ploumiliau, ou sur un retable de Guimiliau, on voit la statue de saint Miliau portant sa tête coupée : c'est un saint "céphalophore".

Le petit Mélar a alors sept ans ; en tant que prince, il menace le pouvoir de son oncle, lequel envoie un de ses hommes pour le tuer ; mais ceux-ci, face à la douceur de la reine, y renoncent. D'autres soldats sont envoyés, qui coupent la main droite de Mélar (pour qu'il ne puisse plus tenir une épée) et son pied gauche (pour qu'il ne puisse monter à cheval). Mais miraculeusement, il bénéficia d'une main d'argent et d'un pied d'airain, capables de se mouvoir. Sous la protection de l’évêque de Cornouailles, il  reçoit du comte Kerialtan l’éducation qui sied à un prince.

Toujours poursuivi par Rivod, Mélar se réfugie en Domnomée, entre Plouézoc'h et Lanmeur. Mais c'est là que Kerialtan et son fils Justin le rejoigne ; lors d'un repas, Justin tranche la tête de Mélar et la met dans un sac pour la ramener à Rivod. 

"Après le trépas du jeune saint, son meurtrier porta la tête de la victime en Cornouaille où l'évêque de Quimper la fit mettre comme relique dans sa cathédrale. « Mais les habitants de la Domnonée ne cessant de la réclamer, on finit par convenir que Cornouaillais et Domnonéens, nu pieds, se rendraient sur la montagne d'Arez (Monts d'Arrée), à la limite des deux provinces, les uns avec le corps, les autres avec la tête, afin de mettre en face ces deux parties vénérables (....). À la vue de tous, la tête se mit en mouvement d'elle-même et alla rejoindre le corps ».

Mélar  devint pour le coup un autre saint céphalophore.

"Son oncle, le prince Conomor, fit alors embaumer le corps de saint Mélar et le conduisit près de ses ancêtres à Léxobie (non loin de Lannion). Malgré toutes les tentatives pour les faire aller au bon endroit les chevaux tirant le char funéraire se dirigèrent vers Lanmeur. Sur la grande place le chariot se brisa, dans l'impossibilité de déplacer le défunt, on dit que Dieu aurait décidé qu'il serait inhumé en ces lieux. Saint Samson, évêque de Dol, le fit donc inhumer à l'endroit même de l'incident.

Les moines de Saint Samson édifièrent un monument dédié à Mélar : la crypte de l'église Saint-Mélar de Lanmeur." (Wikipédia)

 

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Mais cet article n'est pas consacré aux légendes, mais à la réalité de deux statues, qu'il faut examiner avec soin.

 

 

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I. La statue de saint Mélar dans l'église de Plouezoc'h.

 

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La statue du saint montre clairement la main et le pied coupés, et les articles prothétiques clairement séparés, qui du poignet, qui de la cheville, la main pendante et inerte, et le pied tors, tourné vers l'intérieur, et donc peu fonctionnel.

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Les vêtements et la coiffure sont empruntés aux statues de saint Yves (très vénéré ici) : bonnet de docteur, camail rouge, cotte talaire noire au dessus des solides chaussures rouges.

Le sculpteur a même emprunté à Yves Hélory le "livre de ceinture" :

https://www.lavieb-aile.com/2022/08/trois-statues-de-saint-yves-a-la-chapelle-de-kerfons-en-ploubezre-le-livre-de-ceinture-et-le-geste-d-argumentation-juridique.html

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Ici, il est suspendu au poignet droit, et si les lanières de fixation sont visibles, la boule de retenue est cachée.

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Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.

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1. La tête coupée.

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Saint Mélar appartient aux saints céphalophores, comme saint Denis, et en Bretagne, saint Trémeur ou saint Miliau, sainte Noyale et sainte Tréphine, ou encore saint Gohard, et sainte Haude.

Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.

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2. La main droite coupée. Le livre-ceinture.

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Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.

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3. Le pied gauche coupé.

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Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.

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II. La statue de saint Mélar dans l'église de Lanmeur.

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Elle est bien différente, puisque Mélar garde solidement la tête sur les épaules.

Le modèle est celui d'un saint Louis adapté  aux emblèmes bretons, avec un camail d'hermine, des robes d'or, une chape à fleurons d'or, une couronne et un sceptre. Le pied gauche ne diffère en rien du droit, mais Mélar tient dans sa main d'argent la main de chair, tranchée.

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Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.
Les statues de saint Mélar dans les églises de Plouezoc'h et de Lanmeur.

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SOURCES ET LIENS.

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Cartel proposé aux visiteurs de l'église de Plouezoc'h.

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ABGRALL (Jean-Marie) 1918, Notice sur Lanmeur, Bulletin diocésain d’histoire et d’architecture 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/b75728d8f75abed64d2cf70a1e92f324.pdf

 

"lorsque saint Mélar fut décapité par ordre de Rivod, en une maison dont on montre encore l'emplacement, dans la ville de Lanmeur, il fut enseveli dans l'oratoire de Kerfeunteun, et devint, dès lors, le patron de la paroisse. La vie de saint Mélar le fait pourtant mourir assassiné dans le château de Beuzit ou de la Boissière, non loin de Lanmeur. Toujours est-il que ses reliques furent déposées dans un cercueil en pierre, dont on voyait encore des fragments, à la fin du XVIIIe siècle. Les reliques furent exhumées, pour les sauver des Saxons, à la fin du IXe siècle, et dispersées à Paris, à Orléans et à Meaux.

[...]

Le monument le plus ancien de Lanmeur et de tout le diocèse est la crypte de saint Mélar, édifiée immédiatement après la mort violente de ce jeune prince, et destinée à recevoir ses restes précieux, qui furent vénérés dès lors comme ceux d'un martyr. Cet événement arriva, d'après M. de la Borderie, vers l'année 544, et les caractères de cette crypte semblent, en effet, la faire remonter à cette époque lointaine. Elle affecte les dimensions et les dispositions des Confessions ou Marigna des premiers siècles de l'Eglise, mesurant 8 m. 18 de longueur, 5 m. O7 de largeur, divisée en trois petites nefs par deux rangs de quatre colonnes qui sont hautes seulement de 1 m. 30 et soutiennent des arcades surbaissées et des voutes en calotte informe dont la hauteur ne dépasse pas 1 m. 97. Six de ces colonnes monolithes ont O m. 40 de diamètre, deux autres, plus épaisses, mesurent O m. 60 et sont couvertes, jusqu'à la moitié de Ieur hauteur, d'une sculpture barbare et primitive qui semble représenter des tiges et des branches végétales avec insertions, mais où M. Ernest Bosc, architecte, déclare avoir reconnu le Linga, symbole mystérieux venant de l'Inde. Il est à croire que le tombeau du jeune Saint était placé entre ces deux piliers ornementés, et ce qui porte à cette conclusion ce sont les quatre fenestelles latérales percées vers cet endroit, ouvertures par lesquelles le peuple pouvait voir de l'extérieur et vénérer le tombeau, car cette crypte était primitivement dégagée dans une partie de sa hauteur et n'a été complètement enfoncée en terre que postérieurement, lorsqu'on a exhaussé le sol et le pavé des bas-côtés de l'église. Cette crypte a dû être surmontée d'une église bâtie à la même époque, mais qui a été détruite par les Normands ; il en subsistait cependant quatre grosses piles, avec leurs arcades, dans l'église dépourvue de style qui, dans le cours de 1904-1905, a été remplacée par l'édifice actuel. On pouvait aussi remarquer, à l'abside de ce bâtiment disparu, deux ou trois contreforts romans, probablement du XIIe siècle, comme au bas du collatéral Midi, une porte offrant des chapiteaux et des voussures d'une sculpture fine et curieuse."

BOURGÉS (André-Yves)  "Mélar prince de breton" édition Skol Vreizh 

BOURGÉS (André-Yves), 1996,  "Le dossier hagiographique de Saint Melar, prince et martyr, en Bretagne armoricaine (VIe siècle ?)". In: École pratique des hautes études. 4e section, sciences historiques et philologiques. Livret 12. 1996-1997. 1998. pp. 263-265;

https://doi.org/10.3406/ephe.1998.10767 https://www.persee.fr/doc/ephe_0000-0001_1996_num_12_1_10767

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Plouezoc'h, Nouveau répertoire des églises du diocèse de Quimper et Léon.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/266fa1c809751eb71efa70b653415c0f.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Lanmeur, Nouveau répertoire des églises du diocèse de Quimper et Léon.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a1686cc048971b00b88d51f885646c6d.pdf

 

"Statues anciennes en bois polychrome : Christ en croix, XVe-XVIe siècle, Vierge Mère debout sur une console ornée de têtes d'anges, XVIIIe siècle, saint Mélar tenant sa main coupée, XVIIe siècle, autre saint Mélar (crypte)"

"Fonts baptismaux : cuve octogonale de granite, décor de mascarons, XVIe siècle".

GREMONT (D.B) 1973, "Recherches sur Saint Mélar , mélor ou Méloir"  Bulletin de la société archéologique du Finistère Tome CI 1973

—  LA MONNERAYE (C. De ) , 1849, Essai sur l’histoire de l’architecture religieuse en Bretagne pendant la durée des XIème et XIIème siècles  Bulletin de la société archéologique de Finistère Tome I 

LE BRAZ (Anatole) Les sociétés Bretonnes d’après la tradition populaire Annales de Bretagne tome X 1894-1895

LE GRAND (Albert), 1636,   La vie des saints de la Bretagne Armoricaine par Première édition Morlaix 1636

— LE GUENNEC (Louis), 1906, "Excursion dans la commune de Plouézoc'h" (B.S.A.F. 1906).

— LE GUENNEC (Louis), "Monographie de Lanmeur"

— Monumentum, Plouezoc'h.

https://monumentum.fr/eglise-saint-etienne-pa00090229.html

WIKIPEDIA

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:316_Plouezoc%27h_saint_M%C3%A9lar.jpg

Plouezoc'h : chapelle du Mouster, statue de saint Mélar (bois polychrome). Fils de saint Millau, son oncle Rivod lui fit couper la main droite et le pied gauche afin qu'il ne puisse plus monter à cheval ni tenir l'épée, puis il fut décapité Les fidèles l'invoquent contre les rhumatismes.

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Chapelles bretonnes
7 octobre 2022 5 07 /10 /octobre /2022 09:46

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h.

 

 

 

 

 

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Sur les fonts baptismaux :

 

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PRÉSENTATION

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Définition générale.

Fonts baptismaux : cuve qui sert à recevoir l'eau du baptême.

Les fonts baptismaux furent d'abord des cuves larges et profondes, enfoncées dans le sol pour le baptême par immersion. Vers le XIe s., l'usage de baptiser les enfants par infusion prévalut ; ils furent alors placés sur des supports de formes variées. La bénédiction des fonts au cours de la veillée pascale est plus exactement une bénédiction de l'eau baptismale.

Les actes de baptême devinrent obligatoire par l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 qui institua l'état-civil religieux : les actes signés par les parents, parrain et marraine permirent le recensement de la population.

Les fonts étaient placés à l'ouest, et souvent, comme ici, dans la première chapelle.

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Description.

Dans la chapelle sud-ouest de l'église, ces fonts baptismaux à cuve octogonale en granite de  90 cm de haut et 130 cm de large se remarque par les  sept mascarons de ses faces, chacun  séparé par des épis de blé ou des grains empilés. Ils sont classés à titre d'objet depuis le 30 décembre 1930.

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Une série de huit fonts à mascarons de la région de Morlaix au XVIe siècle.

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Ces fonts de Plouezoc'h appartiennent, par leurs mascarons et leur décor végétal, à un groupe stylistique (ou plutôt thématique) de sept autres fonts de la région de Morlaix, groupe étudié par Emmanuelle Le Seach, autrice d'une thèse sur la sculpture sur pierre  en Basse-Bretagne, dans un article de 2004.

Elle a choisi comme prototype de cette série ceux de Plougasnou les motifs floraux sont omniprésents   : grains de raisins, boutons de rose, feuilles de lierre ou de chou, de hêtre, de chêne séparant les 5 mascarons et les 2 écus, feuilles de marronnier ou de feuillage inconnu séparant les 6 masques du bras de vidange. Les mascarons sont marqués par les yeux tirés en amande, au contour tracé en méplat. Les visages sont pointus avec un front rétréci. Le tout donne un air oriental aux masques. Les lèvres sont dessinées avec une légère ouverture, les nez sont droits et épatés. Les coiffures varient d'un masque à l'autre : mitre, couettes soulignées d'une calotte, frange monacale lisse ou à mèches. L'un des masques esquisse un sourire énigmatique, et un autre tire la langue.

Les huit fonts diffèrent par le nombre des masques : ce sont ceux de   Plougasnou (11 masques dont 5 sur la piscine et 6 sur le bras de vidange), Saint-Jean-du-Doigt (28 masques dont 20 sur la piscine), Plourin-Lès-Morlaix (7),  Plouezoc'h (7), Plouégat-Guérand (7), Plougonven (7), Guimaëc (3) et Morlaix-Ploujean (1). Ceux de Plougasnou portaient selon Abgrall une inscription A MA VIE. A MA VIE. J. ALBI FECIT ISTVM, mais le nom J. Albus, transcription possible d'un Jean Le Guen, qui peut indiquer le nom du sculpteur avec la formule x fecit, "m'a fait", pourrait aussi être le patronyme du commanditaire ou fabricien (mais on aurait alors la précision F. ou FAB). 

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Datation.

 

Les 8 fonts de la série sont datés par estimation de la fin du XVe ou début du XVIe : "la forme et le modelé des visages sont traités de manière simple et schématique qui se rapprochent d'une technique de sculpture de l'époque romane caractérisée par son dépouillement, des traits justes et économes dans la ligne pour un rendu précis et sans fioritures. On est malgré tout bien ici en présence de sculptures médiévales comme on en rencontre énormément dans le Finistère servant d'ornementations décoratives dans les chœurs, l'appareillage des murs, sur les consoles à l'intérieur des églises et des chapelles mais aussi à l'extérieur, sur les crossettes, les gargouilles, les fleurons à personnages, les acrotères..." (Le Seac'h)

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Six sculpteurs différents.

Pour E. Le Seac'h, les six sculpteurs ont un style différents, même si celui de Saint-Jean-du-Doigt est le plus doué, suivi de celui de Plourin-lès-Morlaix pour sa maîtrise des chapeaux, alors que ceux de Plouégat-Guérand et Plouezoc'h, les deux "naïfs" viennent en queue de peloton et que celui de Plougasnou, "l'oriental" à cause des yeux de ses masques, se place au milieu.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Liste :

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Masque n°1 : Homme à cheveux courts en torsade .

 

Masque n°2 : Homme à cheveux courts en torsade .

 

Masque n°3 : Homme à cheveux courts en torsade et à menton à fossette.

 

Masque n°4 : personnage à face de lune, à cagoule plissée.

 

Masque n°5 : femme portant une coiffe carrée.

 

Masque n°6 : homme à cheveux torsadés (ou femme à coiffe plissée?).

 

Masque n°7 : femme portant une coiffe.

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Masque n°1 : Homme à cheveux courts en torsade.

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Les cheveux sont stylisés en torsades formant une couronne radiante. La bouche est très petite.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Masque n°2 : Homme à cheveux courts en torsade .

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Masque assez identique au premier. Les yeux ne sont pas à la même hauteur, et conservent, comme la bouche, des traces de polychromie ocre rouge.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Masque n°3 : Homme à cheveux courts en torsade, et à menton à fossette.

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Le visage est d'un ovale longiligne qui se retrouvera dans le masque féminin n°5.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Masque n°4 : personnage à face de lune .

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E. Le Seac'h le décrit comme un "masque à la cagoule plissée". Le style naïf, presque primitif, est patent.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Masque n°5 : femme portant une coiffe à bords droits.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Masque n°6 : homme à cheveux torsadés (ou femme à coiffe plissée?).

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Masque n°7 : femme portant une coiffe.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Décor floral du fût de la piscine.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Vue supérieure : la cuve octogonale, et le système de fixation du couvercle.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

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Vue supérieure : la piscine, hexagonale, et son orifice de vidange.

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Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

Les fonts baptismaux (granite, traces de polychromie, XVIe siècle) de l'église Saint-Étienne de Plouezoc'h. Photographie lavieb-aile oct. 2022.

 

 

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DOSSIER COMPLÉMENTAIRE SUR LA SÉRIE THÉMATIQUE.

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Liens :

—Plouégat-Guérand : Ces fonts conservent leur cuve intérieure en plomb et leur couvercle en bois.

 https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29000707.

 

—Plouégat-Guérand :

https://www.letelegramme.fr/finistere/plouegat-guerand/une-tres-ancienne-armoire-eucharistique-retrouvee-dans-l-eglise-saint-agapit-a-plouegat-guerand-12-05-2022-13024138.php

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Les photos et l'illustration de l'article d'E. Le Seac'h.

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Photos complémentaires : Plougasnou :

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Fonts baptismaux de Plougasnou. Photographie lavieb-aile 2012.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Plouezoc'h, Nouveau répertoire des églises du diocèse de Quimper et Léon.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/266fa1c809751eb71efa70b653415c0f.pdf

"Fonts baptismaux : cuve octogonale de granite, décor de mascarons, XVIe siècle".

— LE GUENNEC (Louis), 1906,Excursion dans la commune de Plouézoc'h (B.S.A.F. 1906).

 

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2004, "Un art original : les fonts baptismaux sculptés du Trégor finistérien autour de 1500",  Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 109-118.

Résumé :
"Les églises du Trégor fïnistérien possèdent six fonts baptismaux sculptés. Ils présentent une constante dans le décor, unique dans le Finistère : soixante-trois masques, sculptés vers 1500 attendent le visiteur. Même si les fonts baptismaux ne sont pas signés - comme c'est le cas de la majeure partie de la statuaire de l'époque - il ressort de l'étude que six mains différentes peuvent être distinguées, les styles variant du naïf au méditatif, de l'orientaliste au chapelier, jusqu'à la maîtrise parfaite. Ils permettent de découvrir un art original sur du mobilier caché dans l'obscurité des églises.
Sur la cuve baptismale de l'église de Plougasnou, est inscrite le nom du maître de l'œuvre "J : albi fecit istu(m)" et la devise des Montfort "A ma vie".  L’hermine de Bretagne, le lys de France, et une autre feuille, avoisinent ce texte. Serait-ce un don de la reine ou un hommage des habitants de Plougasnou à leur souveraine?"

 

— Monumentum

https://monumentum.fr/eglise-saint-etienne-pa00090229.html

 

— Ouest-France

https://www.ouest-france.fr/bretagne/plouezoch-29252/des-panneaux-explicatifs-dans-leglise-st-etienne-88b63976-1639-4ab8-9d1e-a72e9508648d

— POP culture

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004007

—Wikipedia

https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Plouezoc%27h_(29)_%C3%89glise_Saint-%C3%89tienne_-_Int%C3%A9rieur_12.jpg

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculptures Fonts baptismaux. Chapelles bretonnes
2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 11:21
Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES DEUX NICHES À VOLETS DU CHOEUR.

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LA VIERGE À L'ENFANT (Bois polychrome, XVIIe siècle, hauteur 1,30 m.).

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005170

Remarquez le bandeau occipital, caractéristique de la statuaire mariale finistérienne. La statue a été repeinte assez grossièrement ; la statue de l'Enfant, qui tient un livre, est brisé à plusieurs endroits. La Vierge tient une pomme de pin (?).

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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SAINT PABAN (Bois polychrome, XVIIe siècle, hauteur 1,05 m.)

 https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005171

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Le saint patron de l'église est représenté tenant un livre dans la main gauche, faisant un geste d'éloquence du bras droit. Il est vêtu d'une soutane ou cotte talaire noire avec son rabat noir à bordure blanche, d'un surplis, et d'une chape. Il porte l'étole.

Son nom, qui a donné le toponyme Lababan, anciennement Lanbaban,  est la forme tendre et affectueuse ("hypochoristique") propre à saint Tugdual, au même titre que "Pabu" (en vieux breton "père", voire "pape"), qu'on retrouve à Trébabu (anciennement Lanpapbu) près du Conquet, à la chapelle de Lambabu en Plouhinec, à la chapelle de Saint-Tugduale Kerbabu de Plounévez-Moëdec, etc.

Voir Bernard Tanguy 1986 :

http://tudy.chez-alice.fr/Article_Tanguy.pdf

 

 

 

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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STATUE DE SAINT YVES (Bois polychrome, XVIIe siècle, hauteur 1,38 m.).

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https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005173

Inscription :

FAIT : FAIRE : PAR : Me : Y : JOLIVET

Fait faire par messire Y[ves] Jolivet

Il est représenté avec une moustache Louis XIII et vêtu de la cotte talaire noire au rabat identique à celui de saint Paban, du surplis, d'un camail noir. Il fait, en symétrie de saint Paban, un geste d'éloquence du bras gauche, et tient un rouleau de papier en main droite, évoquant ses fonctions d'official de Tréguier, et d'avocat.

Yves Jolivet n'est pas le sculpteur (comme indiqué sur POPculture) et la formule "fait faire par" désigne le commanditaire. En outre le titre de Messire est réservé, dans ces inscriptions, au prêtre de la paroisse, son curé.

La base Geneanet signale un Yves Jolivet né vers 1660 et décédé en 1710 à Kereben,Pouldreuzic.

https://gw.geneanet.org/titoune29?n=jolivet&oc=&p=yves

Le patronyme Jolivet est attesté à Landudec ( à 6 km au nord de Pouldreuzic) et à la commune voisine, Plogastel-Saint-Germain. Un Yves Jolivet, laboureur, né en 1620, marié en 1658, est attesté à Landudec.

https://gw.geneanet.org/audreyeva1?n=jolivet&oc=&p=yves.

Geneanet signale d'autres Yves Jolivet à Landudec, mais pas de prêtres.

Yves Jolivet ne figure pas dans la liste, incomplète,  des curés de Lababan entre 1529 et 1790 donnée par le chanoine Abgrall page 275.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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ÉLÉMENTS HÉRALDIQUES.

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Blason en bannière présenté par des tenants un genou à terre.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Bas-côté nord.

On discerne dans les quartiers une tour, et un lion.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES BANNIÈRES DE PROCESSION.

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Saint Paban en évêque (mitre et crosse) mais avec les emblèmes papaux brodés en dessous.

XXe siècle ; velours violet et fils d'or, lambrequins arrondis, cannetilles.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Vierge de l'Immaculée Conception, les pieds sur un croissant de lune et foulant le serpent.

Inscription KALONN DINAMM MARI PEDIT EVIDOMP. ("Cœur immaculé de Marie, priez pour nous")

Monogramme marial AM.

Le style évoque celui de Seiz Breur (après 1923).

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Bannière de saint Alain ou Alar.

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Inscription ST ALAR PEDIT EVIDOMP.

Velours vert, broderie de rinceaux fleuris et cornes d'abondance.

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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Bannière de sainte Thérèse

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Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

Église de Lababan en Pouldreuzic. Photographie lavieb-aile 2022.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et PEYRON ( Chanoine ) , 1915,  "Notice sur Lababan" Bulletin diocésain d'histoire et, Bull. Diocésain d'histoire et d'archéologie BDHA, pages 34 et suivantes.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7985bcf61d3df7aee5988d08dd5558ee.pdf

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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Pouldreuzic, in Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/94d03f33184b2275aa89e7bcad064c8c.pdf

« Vitraux de Pierre Toulhoat, dont une Adoration des mages dans le transept nord. » 

— POPCULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00005699

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes Sculptures Bannières. Héraldique
28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 16:16

La Crucifixion de 1573 de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Paban de Lababan à Pouldreuzic.

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Voir les 29 Passions des verrières du Finistère au XVIe siècle  dont beaucoup  sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

et dans le Morbihan :

 

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On attribue aussi à l'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

Et enfin :

Liste des 308 articles de mon blog décrivant des vitraux 

 

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PRÉSENTATION.

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"Le chevet de cette église de la fin du XIIIe siècle a été rebâtie au XVIe siècle. Sa maîtresse-vitre de la Passion datée de 1573 présente un écho lointain des verrières du groupe qui s'articule autour de celle  de La Roche-Maurice, en particulier celle du Juch." (Gatouillat et Hérold)

 

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Parmi les Passions finistériennes il faut distinguer les verrières comportant  des scènes de la Vie du Christ dont la Passion, ou bien des scènes successives de la Passion, ou bien de Grandes Crucifixions  occupant toute la vitre. La maîtresse-vitre de Lababan appartient à ces dernières.

On la comparera donc avec intérêt aux verrières de La Roche-Maurice, La Martyre  et Tourc'h — et Saint-Mathieu de Quimper qui en est la copie—, mais surtout avec celles du Juch, de Guengat, Guimiliau, Gouezec,  Quéménéven et Ploudiry. Tous ces vitraux sont attribués à l'atelier Le Sodec de Quimper. Ils ont, outre cette composition, et leur proximité géographique,  des points communs temporels (entre 1535 et 1560 environ) et stylistiques. 

On notera en particulier   la fréquence des inscriptions de lettres, souvent dépourvues de sens, sur les galons des vêtements et les harnachements, et d'autre part, la représentation de larmes sous les yeux de Marie, Jean et Marie-Madeleine au pied du calvaire.

A Lababan, "lointain écho" de ce dernier groupe, la composition est semblable, les personnages sont le mêmes, avec les mêmes postures, et on retrouve, au même endroit (harnachement du cavalier à l'extrême droite) les mêmes inscriptions à lettres aléatoires. Les chevaux si caractéristiques de cet atelier y sont très semblables, tout comme les détails de l'harnachement. La peinture des visages y est remarquable, et de nombreuses photos de détail tenteront de le démontrer. Des verres rouges gravés sont employés, témoin de la maîtrise technique du verrier.

Mais je remarque que les larmes si spécifiques de plusieurs Passions du groupe de référence sous les paupières de la Vierge, de Jean et de Marie-Madeleine y sont absentes. D'autre part, le visage de Marie-Madeleine au pied de la Croix s'écarte, par des yeux très effilés, des cartons souvent repris des Passions antérieures.

On peut aussi classer ces Crucifixions en deux catégories : celles où le ciel est rouge, et celles, comme ici, où le ciel est bleu.

 

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Description.

Cette baie axiale à trois lancettes et un tympan à 6 ajours mesure 3,30 m. de haut et 2,20 m. de large. Les lancettes sont consacrées à une grande Crucifixion , assez bien conservée bien que la partie inférieure d la lancette centrale (lancette B) soit moderne. Des compléments ont été ajoutés en bas des lancettes B et C en 1934.

"L'œuvre était, au début du XXe siècle, mutilée dans sa partie inférieure. En 1934, grâce au mécénat de l'industriel local Corentin Hénaff, elle fut restaurée et complétée par l'atelier Gaudin pour figurer à l'exposition La Passion du Christ dans l'art français, organisée à Paris la même année.

Mis à l'abri en 1942, ce vitrail subit une autre restauration en 1947 chez Jean-Jacques Gruber, qui l'a reposé en 1950 : la plus récente, due à Michael Messonnet, date de 2000." (Gatouillat et Hérold)

L'intervention de Michael Messonnet (formé aux ateliers HSM à Quintin) se remarque par la suppression des plombs de casse grâce à un collage bout à bout des fragments brisés.

Au tympan, l'atelier Gaudin a représenté les instruments de la Passion.

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On peut discerner une composition à trois étages. En haut, le ciel bleu sert de fond aux trois croix, chacune entourée de lances, (ou d'une hallebarde, d'une oriflamme et de l'éponge de vinaigre), et où se détachent les corps, en verre blanc, des suppliciés.

Au milieu, la troupe des soldats, en verre bleu clair, des chevaliers, en verre coloré, et des chevaux, en verre blanc.

En bas, les quatre saints personnages éplorés, dont les visages en verre blanc contrastent avec les vêtements de couleur vive.

Tous ces verres, blancs, bleu clairs, et de couleurs vives, sont peints à la grisaille, rehaussée au jaune d'argent et à la sanguine.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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LA LANCETTE A (première à gauche).

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le bon larron entouré de cavaliers. Un ange emporte son âme au Paradis.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Technique.

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La chevelure et la ceinture de l'ange sont peints au jaune d'argent, de densité plus ou moins soutenue.

Les traits du visage du larron sont dessinés à la grisaille concentrée et noire, d'un pinceau plein d'élan et de souplesse. Les nuances sont apportés par des aplats de grisaille diluée, et (rides) par des traits à la sanguine. La grisaille de la  chevelure et de la barbe est animée par des mèches en "enlevé" par le manche du pinceau ou un autre outil. Le peintre n'a pas recours aux modelés par hachure.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Un verre bleu clair (rehaussé au jaune) rend compte des reflets métalliques de l'armure et du casque de ce soldat romain, mais le visage est aussi englobé dans cette teinte.

Les chevaux de l'atelier quimpérois ont toujours une allure bien reconnaissable, avec leur harnachement et leurs mors à balancier crénelé.

Le reflet cornéen des yeux des personnages et des chevaux est punctiforme, à peine marqué.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Ce cavalier vue de dos, en verre bleu clair, contraste avec la croupe de sa monture, en verre blanc circonscrit par un plomb circulaire faisant écho aux cercles de la cuirasse et de la rondache. Ces portraits de chevaux, et notamment cette vue de dos, évoque les travaux et dessins d'après nature de Pisanello, ainsi que son Saint-Georges et la Princesse (1433-1438) et la Bataille de San Romano (v.1440) de Paolo Ucello.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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La Vierge soutenue par  Jean et une sainte femme.

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Les trois visages, nimbés, sont alignés sur le même niveau. La Vierge en manteau bleu et robe rouge à ceinture jaune, croise ses mains sur la poitrine, et ces mains blanches répondent à celles, sur l'épaule droite et sur les hanches, de Jean et de la sainte Femme. Celle-ci, qui essuie ses larmes, pourrait être Marie-Madeleine, car il est fréquent qu'elle apparaisse deux fois, autour de Marie, et au pied de la Croix, dans d'autres vitraux où son identité est assurée. 

Les photos de détail des visages permettent d'étudier la technique de cet artiste,  l'absence de reflet cornéen mais l'existence d'un cercle blanc péri-cornéen. Ces gros-plans m'ont permis aussi de m'assurer de l'absence de larmes, bien que sous la paupière que la sainte femme essuie, une tache blanche, mal discernable des artefacts de l'usure, soit présente.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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L'inscription de 1573 .

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EN L'AN 1573 FUT FAIT CESTE VITRE.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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LA LANCETTE B (au centre).

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Christ en croix.

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Le nimbe est en verre rouge gravé.

La partie supérieure du visage et sa couronne est restaurée.

L'éponge imbibé de vinaigre se trouve à droite.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Longin perçant de sa lance le flanc droit du Christ pour s'assurer de sa mort.

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Longin est représenté à la fois comme officier romain (armure des jambes), et à la fois comme un notable  (barbe fournie, cheveux longs, manteau fourré et doublé).

Les inscriptions dépourvues de sens indiquent :

N---

MRZP--

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Bon Centenier.

Le cavalier romain en armure qui est figuré en vis à vis de Longin et qui lève les yeux vers le Christ, la main en visière, pourrait être le Centenier converti, conformément aux deux cavaliers représentés sur les croisillons des calvaires bretons, ou sur les enluminures.

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La Crucifixion de la maîtresse-vitre de l'église de Lababan à Pouldreuzic.
La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Dans ces Crucifixions finistériennes, Marie-Madeleine est figurée constamment, agenouillée au pied de la Croix dont elle étreint le fût, élégamment vêtue et coiffée d'un bonnet perlé, alors que son manteau est rejeté derrière ses épaules et tombe au sol. Le même motif est fréquemment présent sur les calvaires contemporains, notamment ceux sculptés par l'atelier Prigent de Landerneau. 

Mais sur un grand nombre des verrières du groupe prototype, des larmes s'écoulent de ses yeux. D'autre part, à Lababan, l'artiste (ou un restaurateur ultérieur ?) a donné à la sainte un visage fort singulier, aux yeux asymétriques très effilés, aux narines peu gracieuses et avec une  bouche entrouverte très petite.

Des hachures accentuent les ombres du modelé, simples ou entrecroisées.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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LA LANCETTE C (à droite).

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le mauvais larron dont l'âme est emportée par un diable. Le gibet est entouré de cavaliers et soldats.

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Comme le bon larron, le mauvais larron est vêtu d'une culotte à taillades (fentes qui laissent voir la doublure), propre au style vestimentaire Henri II, bien qu'elle se retrouve déjà sous François Ier et, avec des fentes plus larges, sous Henri IV. Ce qui est particulier, c'est que ce motif, associé à la braguette volumineuse au rabat fixé par des lacets, est présent dans toutes les verrières de l'atelier quimpérois, dès le prototype (La Roche-Maurice en 1539) : il est repris tel quel sur les Grandes Crucifixions pendant 35 ans, plutôt que de s'adapter aux variations de la mode contemporaine.

Dans tous les cas les bras sont liés au dessus de la traverse du T du gibet, et les deux jambes sont liées séparément, afin d'indiquer qu'une des deux jambes a été brisée (et donc repliée à angle droit), comme l'indique le texte évangélique.

De même, il est de règle que le mauvais larron détourne le visage et le regard dans la direction opposée au Christ, signifiant ainsi son refus d'être sauvé : un démon s'empare de son âme vers l'Enfer.

Gatouillat et Hérold font remarquer que le verre employé pour ce démon est un verre "plaqué pourpre brun". Un verre plaqué associe un verre coloré, fin, et un verre transparent. Le verre rouge dans sa partie basse a été éclairci. Il a été gravé à la molette pour le rendre transparent au niveau des yeux et de la langue.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le cavalier de gauche .

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Le cavalier de gauche, qui tient une lance, n'est pas en armure et son turban vert à pompon rose, sa longue barbe et ses cheveux laissent imaginer qu'il s'agit d'un notable Juif.

Il tend la main gauche vers un deuxième cavalier qui porte une tenue vestimentaire analogue.

 

 

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le cavalier en bas à droite et les inscriptions. Le chronogramme 1573.

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Les inscriptions :

AMEN dans le dos du cavalier.

NOSPBR/NSRT sur l'harnachement.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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Un soldat.

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La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale (atelier quimpérois, 1573, Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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LE TYMPAN (1934). LES INSRUMENTS DE LA PASSION.

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La Crucifixion de la baie axiale, tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale, tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale,  tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale, tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale,  tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale, tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale ,  tympan (  Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale , tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale ,  tympan (  Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

La Crucifixion de la baie axiale , tympan ( Gaudin 1934, Gruber 1947, Messonnet 2000) de l'église de Lababan. Photographie lavieb-aile 2022.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et PEYRON ( Chanoine ) , 1915,  "Notice sur Lababan" Bulletin diocésain d'histoire et, Bull. Diocésain d'histoire et d'archéologie BDHA, pages 34 et suivantes.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7985bcf61d3df7aee5988d08dd5558ee.pdf

Paroisse succursale du canton de Plogastel-SaintGermain, conservée quelque temps après le Concordat comme commune, mais annexée bientôt, vers 1808, à la commune de Pouldreuzic. Le Patron est saint Paban, d'où le nom de la paroisse Lan-Paban. Paban ne serait autre que saint Pabu ou saint Tugdual.

EGLISE PAROISSIALE À un kilomètre et demi, Nord-Ouest du bourg de Pouldreuzic, est la petite église de Lababan, blottie et presque cachée sur la déclivité, Nord d'un profond vallon ; et elle est là depuis longtemps, dans son humilité, puisqu'elle date en grande partie de la deuxième moitié du XIIesiècle.

Au mur absidal de l'église de Lababan, est une fenêtre à trois baies enfermant un vitrail daté de 1573, lequel est un peu délabré. Il représente une crucifixion. La Madeleine est au pied de la croix ; saint Longin tient sa lance ; un autre soldat tient une pique surmontée de l'éponge imbibée de vinaigre. Autour de la croix, d'autres soldats, les bourreaux, officiers et pharisiens à cheval. — Dans une des baies latérales, on voit la Sainte Vierge en pâmoison (spasimo), entre saint Jean et une des Saintes-Femmes.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Pouldreuzic, in Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/94d03f33184b2275aa89e7bcad064c8c.pdf

— COUFFON (René), 1945, La peinture sur verre en Bretagne, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne (SHAB) pages 27 à 64.

https://www.shabretagne.com/document/article/2531/La-peinture-sur-verre-en-Bretagne-Origine-de-quelques-verrieres-du-XVIe-siecle

 

René Couffon est celui qui, en 1945, dans son article "La peinture sur verre en Bretagne. Origine de quelques verrières au XVIe siècle", a étudié et dénombré les Passions du Finistère où la Crucifixion occupe une superficie six fois plus importante que celle des autres scènes.

Il en décrit un premier groupe qualifié de prototype,  associant la maîtresse-vitre de La Martyre, choisit comme type, de La Roche-Maurice (1535), de Saint-Mathieu de Quimper et de Tourc'h. Auquel il ajoute les vitres aujourd'hui perdues, mais connues par description, de l'abbaye de Daoulas (vers 1530), et de Trémaouezan (v. 1555).

Ces vitraux sont aujourd'hui attribués à un atelier quimpérois, celui des Le Sodec,.

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À ce premier groupe René Couffon associe d'abord les vitres "aux costumes rajeunies" de Ploudiry, Le Juch et La Véronique à Bannalec [malgré sa date de 1622], puis celles de  Gouezec (1571), Guengat (1571), Lababan en Pouldreuzic (1573), Langolen (1575), Pleyben, et Tréflénevez (vers 1590).

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Depuis cet article de 1945, aucune étude critique et approfondie de cette trentaine de Crucifixions n'a été conduite, et aucun travail de synthèse sur l'atelier quimpérois  qu'on s'accorde à nommer Le Sodec n'a été publié.

L'ensemble des articles de ce blog souhaite y contribuer, mais chaque découverte d'un site pas encore visité, ou chacune des re-visites d'un site déjà étudié, montre combien il faut approfondir l'examen, et, a contrario, combien il faut se laisser saisir par l'enthousiasme admiratif.

 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 183.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Chapelles bretonnes Renaissance.
21 septembre 2022 3 21 /09 /septembre /2022 16:48

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Les bannières anciennes (début XXe) de Pouldreuzic.

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Voir :

 

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 LA BANNIÈRE LE MINOR (2017).

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Le bolduc ou certificat d'authenticité cousu au dos de la bannière .

 

"Cette bannière dédiée à la chapelle Notre-Dame de Penhors a été entièrement brodée à la main aux ateliers de (sic) Minor à Pont-L'Abbé par Jean-Michel Pérennec d'après un dessin de Jakez Derouet. Cette bannière a été réalisée à l'initiative du père Désiré Larnicol curé doyen, du père Joseph Poulhazan en charge de l'ensemble paroissial de Haute Bigoudénie et des équipes paroissiales du doyenné : Cap-Sizun-Douarnenez-Haute Bigoudénie.

-Sarl Le Minor : Gildas Le Minor.

-Le brodeur : Jean-Michel Pérennec.

-L'artiste : Jakez Derouet.

Mai 2017 "

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La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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Les informations complémentaires.

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1. Ouest-France.

"L’idée d’une nouvelle bannière est venue en 2015, lors du pardon qui se déroule chaque année le premier dimanche de septembre. « On a été inspiré par la bannière dédiée à Saint-Trémeur, au Guilvinec, poursuit Joseph Herry. Françoise Puget, de la commission art sacré du diocèse, nous a conseillé de choisir un graphiste plutôt qu’un peintre. D’où le choix de Jakez Derouet, de Plomelin ».Ce dernier s’est attaché à représenter Notre-Dame de Penhors au recto, et cinq chapelles de la Pointe du Raz à Notre-Dame de la Joie au verso, auxquelles s’ajoute la statue de Notre-Dame des Naufragés. « Je dessine d’abord à la main, avant de scanner et de retoucher. Ensuite, j’implante sur le fond », précise Jakez Derouet.

Après agrandissements, les dessins sont reportés sur le tissu par Jean-Michel Pérennec, le brodeur. « La bannière mesure un mètre de large sur 1,52 m de haut. Le support, épais, est composé de viscose à 90 % et de lin. Ainsi, il est protégé des mites », précise Gildas Le Minor, à la tête de l’entreprise.

L’année 2017 s’annonce chargée pour l’entreprise pont-l’abbiste. Plusieurs bannières sont d’ores et déjà en préparation : Plougastel-Daoulas, Saint-Brieuc, Nantes, Pont-Croix… « Ces ouvrages sont des créations à quatre mains, où le brodeur relaie l’artiste, tous les deux étant conscients de la valeur de l’œuvre issue de la complicité de leur travail », insiste Gildas Le Minor.

Des bannières, cette entreprise septuagénaire en a confectionné 45 depuis 1953. « La première, c’était une commande de la paroisse de Locronan, relate Gildas Le Minor. Le dessin avait été conçu par l’artiste Pierre Toulhoat ». De véritables œuvres signées d’illustres artistes tels André Bouler, Jos Le Corre, Jean Renault, Bruno Le Floch notamment. Une bannière coûte entre 7 000 et 8 000 € minimum, mais peut atteindre 15 000 à 20 000 € en fonction des motifs et broderies. Celle de Penhors revient à 16 000 €. " (Ouest-France 23-12-2016).

 

2. Le Télégramme.

"La chapelle de Notre-Dame de Penhors, retenue en tant que pardon du doyenné en 2011, change à ce moment-là d'envergure. Il faut un signe de rassemblement, une expression de la culture du territoire concerné : les ensembles paroissiaux de Haute Bigoudénie, du Cap-Sizun et de Douarnenez. Le « déclic » se fait en septembre 2015, lors de la procession aux bannières des trente paroisses du doyenné. Le brodeur Jean-Michel Pérennec, qui travaille chez Le Minor, défile avec la bannière de la chapelle Saint-Trémeur, située au Guilvinec. Joseph Herry et Pierre Cochou de l'ensemble paroissial du Haut Pays bigouden, conquis, constituent une équipe avec trois autres représentants des ensembles paroissiaux concernés, pour la création d'une nouvelle bannière. « L'ancienne date du début du XXe siècle ». Ils se mettent en contact avec la commission d'arts sacrés du diocèse, à Quimper, et aux termes de plusieurs réunions, leur choix se porte sur un graphiste, Jakez Derouet, qui a déjà réalisé - entre autres -, la bannière de la Madeleine, à Penmarc'h, en 2010 et de Saint-Trémeur, en 2013.

Cinq chapelles représentées

Ce dernier va voir chacune des chapelles sur place, prend des photos, quelques croquis au crayon, puis les « dessine à la maison ». S'ensuivent plusieurs ajustements entre le graphiste et les responsables de la nouvelle bannière de Penhors
, avant d'arriver à un résultat qui satisfait tout le monde. Sur le recto, apparaît une représentation de Notre-Dame de Penhors. Cinq chapelles sont représentées sur le verso, « de la Pointe du Raz à Notre-Dame de la Joie », ainsi que la statue Notre-Dame des Naufragés. « On a souhaité représenter la mer et la terre », explique Joseph Herry. « C'est une zone ventée, il y a des ondulations pour l'effet du vent, enchaîne Jakez Derouet, "Penhors" signifie l'extrémité des roseaux ». Un motif bigouden vient orner le bas de la bannière, recto comme verso. Les dimensions ? « Un mètre de large pour 1,52 m de haut ». Le graphisme de la bannière est terminé en octobre.

Direction les ateliers Le Minor

Le dessin, imprimé sur du papier-calque, échelle grandeur nature, avec toutes les nuances de couleurs, prend alors la direction des ateliers Le Minor, situés à Pont-l'Abbé, pour tomber entre les mains de Jean-Michel Pérennec, son brodeur attitré. Logique : Jakez Derouet a déjà conçu une dizaine de barrières avec la maison. Le brodeur est à l'ouvrage depuis le début du mois, installé près d'une fenêtre, au 1e r étage du magasin
. La bannière est réalisée sur une toile d'ameublement, composée de lin et de viscose, « pour résister aux mites et aux intempéries ». Jean-Michel Pérennec a déjà réalisé des piqûres au poncif sur chaque ligne du dessin par lesquelles passera la poudre de marquage. Après avoir faufilé l'ensemble, il attaque actuellement le travail de broderie, au fil de coton mat et coton perlé.
Le brodeur ne connaît pas encore la date de fin de l'ouvrage. Une chose est sûre : « La bannière sera prête pour le premier de dimanche de septembre, pour le pardon ». « Elle sera bénie à cette occasion », conclut Joseph Herry.

À savoir
Le coût global de la réalisation de la bannière se situe aux alentours de 16.000 €. Ceux qui le souhaitent peuvent faire un don. Paroisse de Plozévet au tél. 02.98.91.38.88. Le Télégramme 23-12-2016.

 

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3. La bannière lors du pardon de 2018 :

https://www.letelegramme.fr/finistere/pouldreuzic/n-d-de-penhors-le-pardon-ce-week-end-29-08-2018-12062964.php

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4. Le pardon.

 

Le Pardon de Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic fait partie des grands pardons du Finistère, et tombe la même date que le pardon du Folgoët. A chaque dimanche son pardon, et qu’après le pardon de Kergoat puis de Sainte Anne-la-Palud, les fidèles enchaîne avec ceux de Penhors ou Le Folgoët.

Per-Jakez Hélias évoque le pèlerinage de Penhors dans Le Cheval d’Orgueil :

« Son pardon fut institué peu après que le pape, en 1482, eut accordé de pleines indulgences pour le grand pardon de Reims. Au 13e siècle, il y avait déjà une chapelle à cet endroit. Elle a été maintes fois remaniée, agrandie, frappée de la foudre, mais la Vierge a tenu bon. En 1970, le toit menaçait ruine. Malgré la dureté des temps, on a trouvé le moyen d’y remédier. Pouvait-on laisser s’écrouler un édifice autour duquel des marées de fidèles, depuis 600 ans, ont changé les louanges de Marie et imploré sa protection !  Des marées de fidèles qui ont déversé assez d’écus pour faire à la Vierge un toit d’or ! »

https://www.argedour.bzh/pouldreuzic-grand-pardon-de-notre-dame-de-penhors-2/

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I. LA BANNIÈRE DE VERSO : NOTRE-DAME DE PENHORS.

 

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Inscription :

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ITRON VARIA PENCH'ORZ. (Notre-Dame — littéralement "Dame Marie"— de Penhors)

PEDIT EVIDOMP. AVE AVE AVE MARIA (Priez pour nous, ave, ave ave Maria)

2017

Le Minor.

 

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La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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Pendant le pardon où cette bannière est portée en procession, les fidèles chantent le cantique suivant, en breton (anonyme, 1859) :

Fac-similé du texte intégral (29 couplets): https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/4eca210ff12a3b175...

Mari, hor mamm e-harz ar mor

A zo evidomp un teñzor

Burzhudoù a ra bep mare

Amañ evit he bugale

 

Etre Penmarc'h ha Beg ar Raz

'Zo savet e pleg ar Mor bras

Ur chapelig eus ar bravañ

Evidoc'h, Itron Varia.

Mari hor mamm...

 

Chapel Pennc'horz eo he anv.

Amañ gwir sikour ho pezo

evit ho korf hag hoc'h ene

Digant ar Werc'hez, Mamm Doue.

Mari hor mamm...

 

Hon tadoù kozh e pep amzer

A gave amañ o mamm ger;

Ennoc'h, Mari, a holl-viskoazh

O doa lakaet ur fiziañs bras.

Mari hor mamm...

 

 

traduction en français

 

Notre-Dame de Penhors

Marie, notre mère du bord de la mer

est un trésor pour nous.

Elle accomplit sans cesse des miracles

ici, pour ses enfants.

 

Entre Penmarc'h et la Pointe du Raz 

est bâtie, sur une baie de l'Océan,

une petite chapelle des plus jolies

pour vous, Notre Dame.

Marie, notre mère...

 

Elle s'appelle Chapelle de Penhors .

Là, vous trouverez un secours véritable

pour votre corps et votre âme

de la part de la Vierge, Mère de Dieu.

Marie, notre mère...

 

En tous temps nos ancêtres

retrouvaient ici notre chère mère.

En vous, Marie, depuis toujours

ils avaient placé une grande confiance.

Marie, notre mère...

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La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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Le pardon de Penhors a été peint par Mathurin Méheut en 1948.

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Mathurin Méheut, Le pardon de Penhors, 1948, caséine sur toile, 91 x 152 cm. Exposition Musée de Pont-Aven. Photo lavieb-aile 2022.

 

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Mathurin Méheut, Le pardon de Penhors (détail), 1948, caséine sur toile, 91 x 152 cm. Exposition Musée de Pont-Aven. Photo lavieb-aile 2022.

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Mathurin Méheut, Le pardon de Penhors, 1948, caséine sur toile, 91 x 152 cm. Exposition Musée de Pont-Aven. Photo lavieb-aile 2022.

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La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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II. LA BANNIÈRE DE RECTO : LES CINQ CHAPELLES.

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Inscriptions :

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AVE MARIA.

ND DES NAUFRAGÉS. (Il s'agit d'une statue de Cyprien Godebski datant de 1904 et située à la Pointe du Raz — Beg ar Raz—) Un pardon y est célébré le dernier dimanche d'août).

 ITRON VARIA BEG AR RAZ (Notre-Dame de la Pointe du Raz)

ITRON VARIA KERINEC (chapelle Notre-Dame de Kerinec à Poullan-sur-Mer)

ITRON VARIA ROSKUDON (église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix)

ITRON VARIA KONFORZH (église Notre-Dame de Confort à Confort-Meilhars)

ITRON VARIA PENC'HORZ (chapelle Notre-Dame de Penhors à Pouldreuzic)

ITRON VARIA AR JOA (chapelle Notre-Dame de la Joie à Penmarc'h)

PENMARC'H

J. Derouet         JM Pérennec.

2017

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La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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La chapelle Notre-Dame de la Joie à Penmarc'h.

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Son pardon a été peint par Mathurin Méheut :

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Mathurin Méheut, Le pardon de Notre-Dame de la Joie, Exposition du Musée de Pont-Aven, photo lavieb-aile 2022

 

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Mathurin Méheut, Le pardon de Notre-Dame de la Joie. Exposition Musée de Pont-Aven. Photo lavieb-aile 2022.

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Mathurin Méheut, Le pardon de Notre-Dame de la Joie, Exposition du Musée de Pont-Aven, photo lavieb-aile 2022

 

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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La signature du brodeur Jean-Michel Pérennec.

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La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

La bannière Le Minor (mai 2017, carton Jakez Derouet/broderie Jean-Michel Pérennec) de la chapelle Notre-Dame de Penhors en Pouldreuzic. Photo lavieb-aile 2022.

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 LA  BANNIÈRE ANCIENNE DE NOTRE-DAME DE PENHORS.

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Cette bannière  de procession en velours bleu brodé de fils d'or  peut être datée entre 1922 et 1939 grâce à ses armoiries. Elle porte l'inscription ITROUN VARIA PENHORS PEDIT EVIDOMP.

La Vierge à l'Enfant posée sur des nuées est placée au centre d'une niche à colonnes sous le blason de la Bretagne. Le décor associe les emblèmes hiérarchiques (mitre et croix archiépiscopales) et les symboles eucharistiques (épis de blé, pampres de vignes et ostensoir).

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Ses lambrequins sont rectangulaires ornées de fleurs de lys et d'épi de blé sur le monogramme marial. 

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Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

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Les armoiries pontificales de Pie XI, pape de 1922 à 1939, coupé en 1 d'or à l'aigle de sable et en 2 d'argent à trois tourteaux de gueules.

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Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

 

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Les armoiries épiscopales de monseigneur Duparc, évêque de Quimper et Léon de février 1908 à mai 1946.La devise en breton dit : MEULET RA VEZO JEZUZ KRIST.

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Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

Bannière de procession de Notre-Dame de Penhors, vers 1922-1939. Photographie lavieb-aile 2022.

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Bannière en velours rouge brodé d'or au saint évêque. Saint Faron ??. Vingtième siècle.

 

Bannière de procession, XXe siècle.. Photographie lavieb-aile 2022.

Bannière de procession, XXe siècle.. Photographie lavieb-aile 2022.

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Published by jean-yves cordier - dans Bannières. Le Minor Chapelles bretonnes
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 11:00

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Les gargouilles de la façade nord. Diverses sculptures.

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Voir sur Runan :

 

 

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I. LA CHAIRE EXTÉRIEURE ET LE CALVAIRE.

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Lorsqu'on arrive par la route devant l'enclos c'est la chaire-calvaire hexagonale du XVe siècle qui se présente à la vue devant la façade sud de l'église, à l'angle sud-ouest de l'ancien cimetière.

Il s'agit d'une chaire à prêcher extérieure, qui était utilisée par les prêtres lors des fêtes de Notre-Dame en raison de l’affluence des pèlerins, et  dont l'ouverture jadis fermée par une porte se fait sur un pan, du côté nord. Cette ouverture en anse de panier est encadrée de chaque côté par des colonnettes, et l'écu de la famille de Kernechriou couronne l'arcade. Le prédicateur se trouvait dans la cuve hexagonale, derrière le parapet et sa corniche moulurée.

Un banc de pierre ceinture le monument.

Au centre de cette cuve s'élève la base, elle aussi hexagonale, du calvaire. Chacun de ses pans est couronné par une série de trois dais gothiques.

De la base jaillissent trois colonnes : sur les côtés, les croix latérales des deux larrons, et au centre, plus élevée, la croix du Christ. Au revers du crucifix est sculptée une Vierge de Pitié. 

Cette composition peut peut-être évoquer, à une bien moindre ampleur, le Puit de Moïse de Champmol, datant de 1405.

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A la fin du 19e siècle, les trois croix qui le surmontaient ont été déposées et remplacées par une croix en fonte qui s'est brisée au milieu du 20e siècle. Les trois croix ont été alors replacées. La chaire-calvaire est classée depuis le 4 décembre 1951.

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La famille de Kernechriou.

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Les armoiries écartelées d'argent et de sable de la  famille de Kernechriou sont présentes également sur la maîtresse-vitre de 1423, et sur la façade sud de 1437-1438. Le Barzic donne la graphie Crec'hriou (de creac'h "colline" et riou "roi"). 

Alain (v. 1380-après 1426 à Runan) est le père de Jean de Kernechriou seigneur de Lestrezec, né à Runan vers 1418 et décédé en 1496. Celui-ci [ou bien Raoul?] épousa Catherine de Botloy, d'où Rolland (ou Charles), sieur de Lestrezec et Raoul, seigneur de Kermarquer et de Kernechriou, décédé en 1524. 

https://gw.geneanet.org/fviette?lang=fr&pz=enzo+francois&nz=viette&p=alain&n=de+kernechriou

https://gw.geneanet.org/quellec?lang=en&pz=phideline+augustine&nz=caron&p=raoul&n=de+kernechriou&oc=2

Un mandement de 1439 reproche à Rollant de Kernechriou, aîné de la famille, d'avoir placé ses armes sur la façade sud à la place de celles de Keramborgne. L'acte mentionne son frère Philippe, ou leur oncle Alain.

Ce Rollant pourrait-être le fils d'Olivier, qui fit une fondation pour deux messes en la cathédrale de Tréguier. Il y avait son gisant et sa tombe. (Infobretagne)

Les membres de cette famille étaient enterrés dans l'église, comme l'atteste l'acte de décès en 1584 de Guillaume de Kernechriou, seigneur de Keramapelou.

https://gw.geneanet.org/mariebedier?lang=fr&pz=leonel&nz=picard&p=guillaume&n=de+kernechriou&oc=1

 

 

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Cliché patrimoinedefrance recadré.

 

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Cliché GO69 Wikipédia, recadré pour détail de la cuve, de sa porte et du blason.

 

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Cliché Norbert Lambart Copyright Inventaire général

 

 

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Les chaires extérieures de Bretagne ont été répertoriées par divers auteurs. La plus proche est celle de Pleubian. On a pu  mettre leur fréquence en rapport avec l'importance donnée à la prédication des foules par Vincent Ferrier, fort soutenu par le duc Jean V. Si on considère que Vincent Ferrier est mort à Vannes en 1419, et que l'édification de la chaire est contemporaine des travaux de l'église vers 1420 puis vers 1437, cette remarque n'est pas dénuée d'intérêt.

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Vues générales.

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La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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II. LES 4 GARGOUILLES DE LA FAÇADE NORD DE L'ÉGLISE.

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 Je ne trouve pas d'informations sur leur datation. Ne sont-elles pas l'œuvre des restaurateurs de la fin du XIXe siècle ?

Ce ne sont pas stricto sensu des crossettes, mais faut-il parler ici de gargouilles, puisque des figures ont la bouche ouverte,  alors que leur raccordement à l'évacuation des eaux pluviales n'est pas visible ? Et, si elles datent du XIXe siècle, ne pourrait-on en trouver les modèles ? En effet, elles sont parfaitement représentatives 

Voir l'article de Viollet-le-Duc :

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Gargouille

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1. Le buveur.

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Il est moustachu, coiffé d'un chapeau rond, et sa trogne est mémorable avec son menton en galoche. Il tient un verre à la main gauche et une bouteille à la main droite, et, la bouche ouverte, il semble vouloir nous offrir à boire.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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2. L'aigle.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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2. Le lion.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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4. le griffon s'appuyant sur un bâton.

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Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les gargouilles   de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Consoles du porche ouest.

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Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le porche ouest de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Les fonts baptismaux.

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Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Les fonts baptismaux de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Le bénitier de 1769.

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Ce bénitier en granite du fond de la nef, au sud, devant la chapelle des fonts baptismaux est presque circulaire. Sur la cuve se lit une inscription en deux lignes :

https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Runan._B%C3%A9nitier_du_XVIIIe_si%C3%A8cle_de_l%27%C3%A9glise_Notre-Dame.JPG

[PRESE]NT : FT : PR : YVES DERRIENNIC

1769.

 

Transcription : "présent fait par Yves Derriennic"

Michel Lascaux y voit un fabricien, ce qui est vraisemblable.

Le patronyme DERRIENNIC (diminutif de "Derrien") est encore bien attesté à Runan aujourd'hui. La base Geneanet en retrouve la présence à Runan dès 1653, et signale au moins deux individus portant ce nom à Runan  au milieu du  XVIIIe siècle :

Yves Derriennic 1691-1773

https://gw.geneanet.org/bretagne7?n=derriennic&oc=&p=yves

Yves Derriennic 1701-1772

https://gw.geneanet.org/toullelan?n=derriennic&oc=2&p=yves

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Un document cité par l'abbé Louis Monnier indique que deux membres de cette famille furent fabriciens de Runan au XVIIIe siècle : Jean Derriennic Le Vieil en 1702 et Marc en 1720.

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« Nous, frère Victor Tambonneau, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de La Feuillée, Palacret, Pont-Melvez, et autres membres en dépendants, en conséquence, de notre ordonnance du huit juin dernier, rendu en notre cours de visite faite en l'église treffiale de Runan, ledit jour procédant à l'apurement des anciens reliquats de comptes, tant de la fabrice de ladite église, que des confréries y établies, après avoir vu les comptes de laditte fabrice, sçavoir : celui fourny en 1699 par Charles Ernault et Jean-Olivier-Henry, en 1702 par Jean Derriennic le Vieil et Bertrand Le Pennec. En 1703 par Jean Le Layec et Laurens Le Bouil, en 1704 par Yves Nicolas et Pierre Durand, et ainsy jusqu'à la présente année. Vu aussy les comptes-rendus pour la confrérie du Rosaire : en 1720 par Marc Derriennic

 

 

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Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Le bénitier de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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La crédence et son masque.

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Crédence  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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Les consoles de l'intérieur.

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Console de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Console de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

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La statue de saint Loup.

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Crédence et statue de saint Loup  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence et statue de saint Loup de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence et statue de saint Loup  de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.

Crédence et statue de saint Loup de l'église de Runan. Photo lavieb-aile.


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SOURCES ET LIENS.

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BLANCHARD (René), 1895, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne: étude sur les sources du recueil. n°. 2218 et 2371

https://archive.org/details/lettresetmandem02blangoog/page/n225/mode/2up

— BONNET ( Philippe), RIOULT ( Jean-Jacques), 2010 , "Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté,", in Bretagne gothique : l'architecture religieuse, Paris, Picard, 2010, 485 p. 

— COUFFON (René), 1950, « Runan », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « 107e session, 1949, Saint-Brieuc »,‎ 1950, p. 150-164. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32118665/f164.item.r=runan

— DE COURCY (Pol Potier), 1864  De Rennes à Brest et à Saint-Malo 

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

— JOLLIVET (Benjamin-Philibert), 1855, Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes 

http://patrimoine-de-france.com/cotes-d-armor/runan/eglise-notre-dame-et-cimetiere-1.php

"Dans le cimetière, assez mal entretenu, de Runan, le touriste visite avec admiration deux créations artistiques paraissant, l'une et l'autre, appartenir au quinzième siècle. C'est d'abord, au milieu d'une enceinte en maçonnerie formant balustrade, un superbe Calvaire dont la base a 6 pans et supporte trois croix d'inégales grandeurs. Ce monument, de même que l'église, était chargé d'armoiries et de riches sculptures ; mais le marteau des mauvais jours de notre révolution de 1789 a laissé là des témoignages nombreux de la fièvre de destruction qui fut un des traits caractéristiques de cette terrible époque."

 

— LASCAUX (Michel), 1987, Runan l'église des Chevaliers de Malte.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_106/Runan_lEglise_des_Chevaliers_de_Malte_.pdf

 

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, « Runan, église Notre-Dame-de-Miséricorde », Congrès archéologique de France, Société française d'archéologie « Monuments des Côtes d'Armor, le « Beau Moyen Âge », 173e session, 2015 »,‎ 2017, p. 313-326. 

— LEMAÎTRE (Stéven), 2015, "Enclos paroissial Runan, dossier IA22132967, Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/enclos-paroissial-runan/8e381268-0d09-4c2a-8e18-46c7d47c9bb7

MONNIER (Louis), 1900, « L'église de Runan, ses origines, son histoire », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, vol. 24,‎ 1900, p. 132.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411436v/f389.item.r=runan

 

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-notre-dame-cimetiere-pa00089576.html

— PATRIMOINE

https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/22-C%C3%B4tes-dArmor/22269-Runan/138124-EgliseNotre-Dame

—Pop.culture

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089576

 

— RIOULT (Jean-Jacques), 1986, Dossier IA00004056 inclus dans Enclos paroissial (Runan) réalisé en 1986 Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-runan-ploezal/48881e13-452f-46e9-be4b-2afa9c261543

ROLLAND (Jean-Paul), 2016, L'église Notre-Dame de Runan.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_242/eglise__notre__dame__runan.pdf

ROPARTZ ( Sigismond), 1854, « Notice sur Runan », Annuaire des Côtes d'Armor,‎ 1854.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1107857/f87.item

— SPREV

http://www.sprev.org/centre-sprev/runan-eglise-notre-dame-de-misericorde/

— WIKIPEDIA

 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Runan

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Chapelles bretonnes Crossettes
25 août 2022 4 25 /08 /août /2022 20:38

Les sablières (1600-1608), les blochets (1939), les inscriptions lapidaires (1598-1599) et les culots  de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56). Le pardon de 2015. 

Reprise complétée de l'article de 2015.

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Voir les autres articles sur le patrimoine du Faouët:

a. Les articles sur la chapelle Saint-Fiacre :

b. Les vitraux de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët:

c. Chapelle Saint-Sébastien

d. L'église du Faouët.

 

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PRÉSENTATION.

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Inscription de fondation.

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La chapelle Saint-Sébastien est située sur la commune de Le Faouët, ( Morbihan) au lieu-dit de « Saint-Sébastien », à 50 mètres de la route menant du Faouët à Rostrenen, entourée de bosquets sur le plateau qui domine la vallée de l' Ellée.

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La construction de la chapelle a commencé en 1598 comme l'atteste l'inscription en caractères romains  sur une pierre encastrée dans le parement externe du mur Nord :

 

« CESTE CHAPELLE FUT TR / OVEE . LE . 22 . IOVR :  DE / IVILLET .  ET COMMANCE / LE .  21 DE .  SEPTEMBRE /  1598 .  I POVLIQVIN GOVE / RNEVR ET RECTEVR. »

Cette inscription est accostée et surmontée d'un motif d'anneaux en chaîne formant frise.  Au dessus,  frise de godrons surmontés d'une corniche en talon. Juste en dessous de cette inscription se trouve la date 1599.

Un expert comme J.-Y. Copy interprète  la phrase "la chapelle fut trovée", d'un emploi rare, dans le sens "fut trouée" , par le creusement des fondations, tout en exprimant son embarras.  

La date correspond au règne de Henri IV  (1589-1610), et à la fin des Guerres de religion, puisque  l'Edit de Nantes a été promulgué en avril 1598, précédé en mars de la prise de Dinan et de la soumission des ligueurs bretons. En 1589 et 1598, le duc de Merceur avait tenté de se constituer une principauté autonome. (Françoise, la fille du duc de Mercœur épousera César de Vendôme, fils du roi et de Gabrielle d'Estrées). En 1595, Guy de Fontenelle s'était emparé du château de Crémenec en Priziac et écumait la région de Priziac et du Faouët.

Cette date est tardive si on la compare à celle de la reconstruction, au Faouët, de la chapelle Saint-Fiacre (1450), ou de l'édification de la chapelle Sainte-Barbe (1498, voûtée en 1512). Aussi pense-t-on que la chapelle Saint-Sébastien a peut-être été construite,  entre 1598 et 1608,  sur un édifice plus ancien dont les seuls vestiges sont les écus réemployés dans les vitraux. Il s'agit des écus parti de France et de Bretagne (Anne de Bretagne, 1491-1513),  ceux des Bouteville (d'argent à cinq fusée de gueules) plein timbré d'une couronne comtale et encadrées de palmes, et parti de Bouteville (brisé d'une cotice d'azur) et de ?. Or, les Bouteville ne sont plus seigneurs du Faouët depuis le mariage de l'héritière du titre Jeanne de Bouteville, avec le marquis de Goulaine en 1559.

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Nous allons découvrir dans les sablières les dates de 1600 (deux fois) et 1608, indiquant que la charpente a été terminée au plus tard en 1608, dix ans après le début du chantier.

La couverture, la charpente, le lambris, et les vitraux ont été restaurés de 1920 à 1939.

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Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation, porte nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
 écu parti de France et de Bretagne, armoiries  pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

écu parti de France et de Bretagne, armoiries pleines timbrées d'une couronne comtale des Bouteville. Armoiries parti de successeurs de Bouteville et de ?, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 

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La chapelle, dédiée à Saint Sébastien protecteur de la peste, a probablement été bâtie en réaction à l'épidémie de peste de 1598, que relate le chanoine Jean Moreau dans ses Mémoires des guerres de la Ligue en Bretagne. L'épidémie est attestée en 1598 à Pontivy, Malguénac et Vannes, et en 1605 à Vannes.

Photo Wikipédia Lanzonnet

 

La chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 1934.

 

L'édifice est en forme de croix latine, à large nef unique et chœur polygonal (trois pans et une travée droite à larges croisillons). Des contreforts angulaires sont amortis par des pinacles et ornés de gargouilles sculptées. Le chevet à trois pans-pignons est de type "Beaumanoir" du nom des maîtres d'œuvre  originaire de la région de Morlaix, mais dont l'influence s'étend jusqu'ici. On peut y voir une belle poutre de gloire. Le mobilier est constitué de quatre niches-crédences, un bénitier, un autel, un maître autel et un retable. Mais l'édifice est surtout remarquable par le décor de ses sablières.

La charpente : L'espace intérieur est couvert par une charpente lambrissée en berceau plein cintre nervuré, à fausses voûtes d'ogive sur la croisée et l'extrémité du chœur. Ligne de faîte ornée de boutons moulurés ; entraits à engoulants, sablières historiées, blochets et culots du chœur figurés. Ainsi, un siècle après la construction de la chapelle Sainte-Barbe, la voûte a été abandonnée, mais on a cependant conservée les piles de la croisée, le colonettes du transept et les culots en tas-de-charge du chœur, en leur donnant la fonction de supports des blochets et des retombées des fausses voûtes. ces retombées semblent découler directement de l'influence locale des chapelles de Saint-Fiacre et de Sainte-Barbe. (d'après Inventaire Général, 1975)

 

 

Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.
Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

Situation ; Plan en croix latine de la chapelle Saint-Sébastien, (d'après Inventaire Général, 1975) Le Faouët.

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Inscription de la niche-crédence du mur sud du chœur.

 

POVLIQUIN  1599

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Il s'agit du nom du recteur mentionné ultérieurement.

 

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Niche crédence (1599) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES SABLIÉRES.

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Elles font la réputation de cette chapelle, et les motifs de la danse bretonne et du joueur de cornemuse, de la chasse au sanglier, du jeu de bâton, ou du martyre de Sébastien font l'objet d'études spécialisées. Mais je n'ai pas trouvé, en ligne, d'étude systématique des 22 sablières exécutées entre 1600 et 1608 par Gabriel Brenier. Ce dernier s'est inspiré, pour divers motifs, du jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët.

 

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LES SABLIÉRES DE LA NEF.

 

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Nous avons affaire, je crois, à une charpente "à chevrons-formant-fermes" à la voûte, non lambrissée aujourd'hui, en carène : les entraits découpent les sablières en ensembles (correspondants aux travées ) qui ont leur propre cohérence iconographique.  Je compte ainsi quatre ensembles pour chaque coté de la nef, le dernier (vers le chœur) étant de moitié plus court. Je les décrirai d'ouest en est, en avançant vers le chœur. Dans mon décompte, je pars de la première sablière décorée, sans tenir compte de la travée de la tribune.

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I. Sablières du coté nord de la nef.

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Nous trouvons successivement :

  • Décor géométrique

  • Chaîne de danseurs et danseuses.

  • Jeu du bâton breton, et inscription.

  • Masque et rinceaux.

 



 

Les sablières portent plusieurs dates ainsi que l'inscription :

« FAICT PAR GABRIEL BRENIER L'AN 1608. »

Sablières et entraits ,  coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablières et entraits , coté nord de la nef, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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1. Composition géométrique.

 

 

 

Frise de sept carrés divisés par des diagonales et ponctuées de ronds en creux et en bosses. Décor périphérique de quadrilobes et de tirets en I.

 

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Sablière première travée nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière première travée nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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2. Chaîne ouverte de danseurs et danseuses.

 

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C'est sans-doute la scène la plus connue, notamment grâce à une exposition organisée par l'association Dastum. Une sarabande est menée par conduite  à droite d'un joueur de cornemuse.

Pris sur Wikipédia : " Les costumes portés par les personnages sont représentatifs de ceux portés par l'aristocratie et la bourgeoisie au tout début du xviie siècle. Les danseurs de la sarabande portent chapeau à bords relevés, pourpoint et culotte bouffante tandis que les danseuses sont coiffées d'une barrette terminée en pointe sur le front. L'une d'entre-elle, celle au centre, porte même busc à la taille, fraise et larges jupons"

 

Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Chaîne de danse ouverte, , nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Chaîne de danse ouverte, ,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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La danse est menée, à droite,  par un joueur de cornemuse.

Jean-Luc Matte a recensé plus de 40 données iconographiques de cornemuses en Morbihan, dont 4 au Faouët. Il n'a bien-sûr pas oublié le joueur de Saint-Sébastien : "cornemuseux jouant pour une chaîne ouverte où alternent danseuses et danseurs. A l’opposé du cornemuseux, un personnage fantastique, assis à terre, tient la main de la dernière danseuse et une chope de l’autre main. 1 bourdon d'épaule à deux raccords"

Ce musicien a figuré, inversé, sur la couverture du catalogue de l'exposition "Instruments du diable, musique des anges", Dastum, Musée de Bretagne à Rennes et Musée de la Cohue à Vannes, 1999 :

http://dastum.org/index.php?id_product=54&controller=product

 

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On le comparera à celui qui joue sa musique diabolique sur le jubé de Saint-Fiacre du Faouët, et à celui qui officie sur la tribune de la chapelle Saint-Yves de Priziac.

Sonneurs, Jubé de Saint-Fiacre, Le Faouët, 1480-1492, photographie lavieb-aile.

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Joueur de cornemuse, chapelle Saint-Yves, Priziac, photographie lavieb-aile.

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Anges  joueurs de cornemuses, vitrail baie 2, chapelle sainte-Barbe, Le Faouët.Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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En somme, ces sonneurs dont le talent endiablé et irrésistible de faire danser a été dénoncé par les recteurs bretons depuis des siècles  ne sont nulle part plus nombreux que dans les églises et les chapelles. 

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Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le Diable prend note des personnes présentes à la fête.

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Le Diable possède de nombreux traits animaliers : œil de bœuf,  groin de porc, cornes dépassant de son chapeau rond, tignasse hirsute, oreilles pointues, pattes fourchues. Pourtant, il se dissimule sous un vêtement fort civil, et il porte à la ceinture son plumier et son encrier. Il tient ses comptes des futurs pensionnaires de l'Enfer sur une tablette, tandis que galamment il tient la main d'une cavalière. 

Une scène analogue figure sur le jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, où le diable écrit les propos de deux femmes se livrant au commérage.

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Sarabande, diable et joueur de cornemuse,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sarabande, diable et joueur de cornemuse, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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3. Troisième travée. Jeu du bâton breton, et inscription.

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a) Jeu de bâton breton.

Deux hommes tête-bêche luttent pour la possession d' un bâton. Ils sont vêtus d'un pourpoint, de braies (bouffantes et peut-être à crevés pour celui de gauche), de guêtres, et, pour l'un d'entre eux, de chaussures.

Il s'agit sans-doute de la représentation d'un jeu de pardon, modifiée pour résoudre la difficulté technique imposée par la sablière.

  Selon Fanch Peru, qui rappelle l'adage « Jeux de bâtons, jeux de Bretons » , les Celtes en général et les Bretons en particulier semblent avoir eu une sorte de prédilection pour les jeux de bâtons, notamment lors des pardons. On en décrit essentiellement deux, le bâton à bouillie (ar vazh-yod) et le bâton par le bout (ar vazh-a-benn).

1. Le bâton à bouillie (ar vazh-yod)

Ce jeu met en présence deux concurrents assis par terre, face à face, les pieds calés contre une planche fixée à chant et tenant à deux mains par le travers un gros bâton. Pour gagner il faut amener l'adversaire de son côté ou l'obliger à lâcher le bâton.

2. Le bâton par le bout (ar vazh-a-benn)

Portés à plat ventre par quatre solides gaillards pendant que d'autres leur tirent sur les pieds, les concurrents serrent à deux mains dans le sens de la longueur un bâton de taille moyenne. Le vainqueur est celui qui garde le bâton en main.

On lit dans « Contes populaires des anciens Bretons », de Théodore de la VILLEMARQUÉ (Paris, 1842, p. 288), la description suivante :

« COMBAT DU BATON.
Ce genre d’escrime était en usage dans le pays de Galles avant le dix-septième siècle. A cette époque, les ministres de la religion prétendue réformée l’abolirent avec les autres jeux nationaux gallois, qui sont maintenant remplacés par les orgies du cabaret. Il existe encore en Bretagne, dans certaines paroisses rurales, notamment en Cornouaille, et la manière dont on le pratique, semblerait autoriser à croire qu’il n’était point étranger, dans le principe, aux vieilles institutions celtiques.
La nuit de la fête des Morts, des jeunes gens et des jeunes filles qui se sont donné le mot, se rendent secrétement dans une chapelle écartée ; on allume des cierges, on récite des prières, on chante des cantiques en l’honneur des trépassés ; puis un vieillard, généralement le sorcier du pays, qui a le privilège d’assister à la lutte et de la présider, crie trois fois : Lis ! lis ! lis ! Aussitôt un cercle se forme ; deux champions y entrent : parfois ils sont armés chacun d’un penn-baz, ou casse-tête, et la lutte s’engage selon les règles ordinaires du combat au bâton ; mais le plus souvent, ils n’en ont qu’un seul, et se le disputent à force de bras, assis à terre en face l’un de l’autre. Le bâton reste au vainqueur, et le vaincu a la honte de recevoir la bascule de la main des jeunes filles. »

 

 

Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Troisième travée : jeu de bâton breton,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Troisième travée : jeu de bâton breton, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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b) Inscription.

Deux anges présentent un rouleau où est inscrit « FAICT : PAR : CA / BRIEL . BRENIER /  : LAN 1608. »

Les "deux points" sont en fait des points triples.

Gabriel Brenier n'est pas connu autrement que par cette inscription.

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sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
sablière de la troisième travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

sablière de la troisième travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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4. Hémi-travée : masque feuillagé crachant des  rinceaux.

 

Tête d'homme au nez épaté et aux yeux écarquillés, tonsuré (ou coiffé d'un chapeau de paille) au chef surmonté de trois feuilles. Barbe, ou fraise. De sa bouche partent deux tiges qui se déroulent en rinceaux à feuilles (lancéolées) et à fleurons.

Ce motif est repris plus loin.

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tête et rinceaux.  dernière travée,  nef coté nord,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

tête et rinceaux. dernière travée, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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II. Sablières du coté sud de la nef.

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 S1 : Masque avec godrons divergents.

 

La tête coiffée d'un chapeau rond est ailée.

 

 nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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S2.Deux hommes endormis tête bêche.

 

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Cette sculpture a un sens qui nous échappe. Un autre jeu breton ? La position symétrique des corps, l'appui des deux pieds l'un contre l'autre,  la posture dite "du songeur", main soutenant la tête, nous interrogent.

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nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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S3.Scène de chasse : chien portant un collier devant un lièvre.

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Un homme (rabatteur ?) sonne de la trompe et tient une pique. Deux chiens, reconnaissables à leur collier, poursuivent deux animaux sauvages, sur un fond de feuillage.

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Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière , chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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S4. Chasse au sanglier.

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C'est une scène rare où nous voyons un chasseur enfoncer son épieu dans la gueule d'un sanglier assailli par un chien.

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Sablières, inscriptions et pardon de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët (56).

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Animal à tête anthropomorphe tenant un rouleau.

 

 
nef coté sud,  chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

nef coté sud, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 

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SABLIÉRES DES BRAS DU TRANSEPT.

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I. Bras nord du transept.

1°) Le coté est.

a) sablière de gauche, au dessus de la fenêtre.

A gauche, trois personnages à genoux. Le premier, à capuche et bure, présente un livre. Le second, également encapuchonné, pose sa main sur la tête nue du troisième, barbu, qui lui fait face. Cette scène est interprétée comme " saint Martin baptisant un catéchumène " ou comme "scène d'exorcisme".

Dans un cartouche, Inscription datée : 1600 / LE : 26 D / E : IV / IN

qui est transcrite comme : "1600, le 26 de juin". 

Un cerf (? deux oreilles et un bois ; sabots) se tourne gueule ouverte vers l'inscription.

Deux anges tiennent un cartouche. Inscription en lettres latines I :

POV / LIQV / IN : R : I / HOARN / ER M C H R

(dernière ligne douteuse)

Nous retrouvons ici le nom du recteur I[ann] Pouliquin déjà relevée avec la date de 1598 sur l'inscription lapidaire. Si on l'associe au cartouche précédent, cela peut donner "1600, le 26 de avril Iann Pouliquin Recteur,  Iann Hoarner [---]"

 

L'orthographe Pouliquin est attestée en variante de la forme commune Pouliquen. La famille Le Hoarner est attestée au Faouët par les généalogistes : couple Guillaume Le Hoarner  1643-1698 / Jacquette Laour. La variante plus commune est Houarner ou Le Houarner, Le Hoüarner

 

 

 

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, 1600, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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b) Sablière de l'hémi-travée du centre.

(sauf confusion d'image)

Chasse : chien poursuivant un cerf.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras nord du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 

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2°) Le coté ouest.

 

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II. Bras sud du transept.

1°) Coté est.

L'entrait la divise en une sablière entière, et une demi-sablière jusqu'au pilier de la croisée.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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a) Sablière au dessus de la fenêtre. Inscription.

de gauche à droite :

 

Inscription dans un rouleau tenu par deux anges agenouillés (manches bouffantes)  :

I : PO / LIQV / IN : P : R : DE : MEz

Je propose la transcription suivante : "I[ann] Pouliquin Prêtre ? Recteur de Mez", mais le -z final est vraisemblablement une abréviation.

 

 

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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martyre de saint Sébastien.

Ce motif où deux archers se faisant face vise le saint martyr placé au milieu d'eux se retrouve dans un groupe sculpté de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, ou à l'entrée de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (29)

Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Martyre de saint Sébastien, sablière du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Je propose ici une photographie du retable de Saint-Sébastien de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Il date du milieu du XVe siècle ; le  Retable cadre fait corps avec la pile nord-ouest de la croisée h = 142 ; la = 167 . Sébastien, comme dans le modèle le plus fréquent, est nu à l'exception d'un pagne court dont la ceinture est lacée. Attaché à une colonne, il sourit, indifférent aux flêches que les soldats dont il était l'officier tirent à bout portant. Les archers sont vêtus d'un costume  époque Charles VII,. L'ornementation latérale est faite de rosettes et de pampres ; le socle du bourreau de droite porte un décor à rosettes.

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Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Martyre de saint Sébastien, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 
Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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b) Sablière près de la croisée.

Frise d'une banderole pliée en zig-zag, avec 5 hommes bras étendu, en costume "d'époque". Cheveux courts, frisés, coupés au bol (clercs ?). veste à l'encolure très serrée sur un col en V (fraise pour le n°2 ?) et aux manches bouffantes aux épaules. Visages ronds, aux yeux ronds et au sourire stéréotypé.

Inscription G: BRENI / ER DICT FERR / 1600.

Il s'agit du charpentier Gabriel Brenier, qui a signé la sablière de la nef nord avec la date 1608. Il fut donc actif ici de 1600 à 1608.

Un Jean Brenier est attesté par les généalogistes avec les dates 1575-1626, parmi d'autres exemples postérieurs affirmant que Gabriel Brenier est un artisan local.

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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2°) Coté ouest.

Au dessus d'une porte.

a) Frise en bande pliée à sept anges.

Même motif en ruban replié en zig-zag, mais sans inscription. Il s'agit ici d'anges, dont la coiffure est la même que les clercs de la sablière du coté est, mais dont les vestes, sauf dans un cas, ne sont pas fermés par une ligne médiane. la ligne de drapé, qui se casse en épingle à cheveux au creux de chaque angle, est très élégante.

 

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Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.
Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

 
 

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b) Renard attaqué par des poules.

 

 

Un renard entré dans la basse-cour a saisi une poulette par le cou, mais deux oiseaux (a posteriori des poules) l'assaillent en mordant ses oreilles de leur bec tandis qu' un coq le mord sur l'arrière-train.  

 

Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Goupil attaqué par les poules, Sablière du bras sud du transept, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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Cette scène est célèbre, d'autant que le thème de Goupil (ou Renart) et les poules est fréquent dans les sablières et autres sculptures bretonnes. Sophie Duhem, docteur en Histoire à Rennes 2 puis maître de conférences en Histoire de l'art moderne à l'Université de Toulouse-Le-Mirail, y a consacré un article dont je donne les extraits suivants : 

DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle  

 

"Le renard se démarque de ses congénères par sa nature maléfique.

Mais Renard est surtout connu pour le rôle de premier plan qu'il joue dans la vaste épopée qui porte son nom. Ce roman satirique, rédigé par des clercs successifs entre 1170 et 1250, remporte un vif succès en France et donne naissance à un genre parodique où le monde animal présente un reflet de la société humaine et de ses excès. C'est ce monde que parcourt le goupil, et ce sont ses aventures que bon nombre d'artistes trouvent plaisir à illustrer dans les divers domaines de l 'art, tout au long du Moyen Âge. Ainsi Renard apparaît à de nombreuses reprises dans la sculpture bretonne, sur des supports de bois qui remontent pour les plus anciens à la fin du XVe siècle, et sur quelques décors de charpentes plus tardifs, pour certains datés du milieu du XVIIe siècle !

Les aventures de Renaît qui inspirent ces représentations sont certainement bien connues des populations bretonnes, sans cloute véhiculées par les conteurs et les conteuses lors des veillées. Noël du Fail évoque à plusieurs reprises le goupil dans les descriptions qu'il fait du milieu paysan des campagnes rennaises au X VIe siècle.

Renart prêchant les poules, une image appréciée des artisans bretons à la fin du Moyen Âge.

L'illustration d'un thème original, celui de Renart prêchant les poules, apparaît sur quelques décors de bois. Cette image présente le goupil revêtu d'un habit monacal, placé debout dans une chaire et s 'adressant à une assemblée de poules attentives.

La figure caricaturale de l'animal travesti en moine doit être rattachée aux écrits satiriques inspirés du roman ; Ysengrimus, un manuscrit réalisé en Flandres vers 1150 évoque déjà la figure de l 'animal travesti en moine — ici le loup Ysengrin — qui annonce celle plus tardive de Renart camouflé, jouant sournoisement de cet artifice pour tromper son entourage.

Une illustration de Renart apparaît sur le jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, décoré par le sculpteur Olivier Le Loërgan dans les années 1480. La saynète située au niveau de la clôture, face à la nef, raconte en quatre épisodes les péripéties de Renart. À gauche, il est monté en chaire, prêchant les gelines placées face à lui. Il dévore l'une d'elles sur le relief suivant ; les autres volailles se regroupent et l'attaquent, et dans la dernière scène, aidées du coq, écorchent vif le goupil. Plus que l'envers parodique de l'enseignement prêché par l'Église, il a conféré consciemment ou non à son discours une portée moralisatrice dont témoigne la fin tragi-comique du faux moine, écorché par les poules.

La figure insolite de « Renart escorché »

Un épisode particulier, associé aux représentations de Renart prêchant, met en scène un goupil écorché, cruellement dévêtu de sa fourrure par les poules courroucées. À nouveau, le thème semble puiser ses racines dans le fonds littéraire de l'épopée satirique rapportant l'histoire du goupil : ainsi, la chasse qui s'engage contre le renard est-elle surtout motivée par l'espoir de le déposséder de son manteau.

L'animal apparaît sur la face est du jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, dans la bouche d'un homme qui escorche le renard .

Renart, acteur de saynètes comiques sur les reliefs sculptés des XVIe et XVIIe siècles

En marge des thèmes anciens, des images de Renart dans le cadre de séquences comiques ornent les sablières plus tardives, datées des XVIe et XVIIe siècles. L'animal est cette fois pourchassé par une fermière pour avoir dérobé poissons et saucisses.

Le thème de la paysanne frappant l'animal avec sa quenouille est connu des illustrateurs de manuscrits et des sculpteurs depuis le XIIIe siècle. 

Dépourvus de modèle iconographique défini, il semble que les artisans se soient inspirés des images sculptées dans les bourgs voisins — les supports sont localisés — tout en les enrichissant de détails puisés dans leur propre fond culturel. L'observation de ces exemples conduit également à un constat : le choix des sculpteurs s'est davantage porté au XVIe siècle sur les épisodes comiques plutôt que sur les images intellectualisées de Renart prêchant ou de Renart écorché.

Le renard et les poules : la naissance d'un modèle stéréotypé (XVIe-XVII siècles)

 Les représentations inventives que nous avons présentées ne constituent pas l'essentiel des images du goupil sculptées sur les sablières des XVIe et XVIIe siècles. Le thème du renard attaquant les poules, isolé du cycle narratif de Renart prêchant dans lequel il était inséré à la fin du Moyen Âge, apparaît sur de nombreux décors. Dans la chapelle Saint-Sébastien au Faouët, où la charpente est précisément datée de 1600-1608, une poutre de belle facture montre l'animal aux prises avec plusieurs gélincs: il tord le cou à l'une d'entre elles mais cstassailli de tous côtés par des volailles de grande taille qui dévorent ses oreilles et piquent son arrière-train. Les décors stylisés de la charpente sculptée de l'église de Trémeur présentent des figures enchevêtrées parmi lesquelles se distinguent quelques poules et plus loin Renart attrapant l'une d'elles.

Si le thème de l'animal en quête de nourriture et dévorant sa proie est fréquent dans la décoration des sablières, la vengeance des volailles apparaît peu, en dehors des représentations anciennes montrant le goupil écorché. Une sablière de Gourin illustre néanmoins la fin tragique de l'animal : la facture de l'ensemble est très rudimentaire, mais la séquence est des plus insolites ! D'un côté un coq apparaît, de l'autre le Goupil, suspendu horizontalement, empalé sur deux broches .

Pourtant, sur bien des reliefs la saynète est réduite à sa plus simple expression, celle d'une image stéréotypée montrant la poule menacée par le prédateur.

L'étude de ces images laisse entrevoir le changement des goûts qui s'opère entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle dans le milieu des sculpteurs sur bois. Jusqu'au début du XVIe siècle, les artisans s'accommodent parfaitement de la représentation satirique du renard qu'ils insèrent de façon cohérente et réfléchie dans leurs programmes décoratifs. L'absence de représentations sur les sablières postérieures à 1 5 1 3 accuse une désaffection pour le thème, alors qu'apparaît l'image plus distrayante du goupil et de la paysanne. Si quelques artisans traitent de manière personnelle et originale cette nouvelle représentation, et ceci jusqu'au milieu du XVIIe siècle 31, la plupart simplifient le thème originel, créant ainsi l'image binaire et stéréotypée de type renard I poule. Cette simplification iconographique amène une remarque : elle est l'expression d'un désintérêt des sculpteurs pour les séquences narratives, un désintérêt qui est probablement lié à une incompréhension des modèles originaux. La méconnaissance des récits épiques et satiriques aurait graduellement détourné les sculpteurs des représentations élaborées de Renart, en vogue dans les ateliers bretons à la fin du Moyen Âge."

"INVENTAIRE Images de Renart dans la sculpture sur bois bretonne.

— Représentations de Renart prêchant aux poules et de Renart écorché : Le Faouet (Ch. St-Fiacre, v. 1480), Le Faouët (Ch. Ste-Barbe, XVIe s.), Grâces-Guingamp (1506-1512), Plumelec (Ch. St-Aubin, 1513), Saint-Gilles-Pli- geaux (XVe-XVIe s.), Tréflévenez (XVIe s.). 

— Représentations de Renart et la fermière et variantes : Cléguérec (Ch. de laTrinilé, milieu XVIe s.), Guilligomarc'h (Ch. St-Éloi, XVIe s.), Meslan (1527), Ploërdut (Ch. de Crénenan, 1652), Plougras (Ch. du Cimetière, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Pont-Aven (Ch. de Trémalo, XVIe s.), Saint-Nicolas-du-Pé- lem (Ch. St-Éloi, milieu XVIe s.), Séglien (Ch. St-Jean, XVIe s.) .

— Renart et les poules : Callac (Ch. St-Treffrin, XVP/XVIF s.), Châtelaudren (Ch. Notre-Dame-du- Tertre, XVIe s.), Edern (Ch. du Niver, XIXe-XXe s.?), Le Faouët (Ch. St-Sebastien, 1600-1608), Gourin (XVIe s.), Guern (Ch. de Quelven, XVe-XVIc), Guimiliau (lere moitié du XVIIe s.), Landerneau (Ég. Si-Thomas, XVIe s., représentation disparue), Landudal (XVIe-XVIP s.), Langast (Ch. St-Jean, XVIe s.), Lanvénégen ( XVIe s.), Magoar (XVIe s.), Neuillac (Ch. de Carmes, XVIe s.), Plévin (Ch. St-Abibon, XVIIe s.), Plouay (Ch. de Locmaria, XVIe s.), Plourac'h (XVIe s.), Le Quillio (Ch. St-Maurice, XVIe s.), Séglien (Ch. de Locmaria (XVIe s.), Suscinio (Château, fragment provenant de l'église de la Roche-Bernard, XVIe s.), Trémeur (milieu XVIe s.) 

— Autres images de Renart : Daoulas (Abbaye, XVe s.), Hopîtal-Camfrout (XVIe s.), Loqueffret (XVIe s.)." (S. Duhem)

Nous avons donc ici un Renart attaquant les poules, et attaqué par les poules et le coq, dans le cadre d'un cycle narratif dont les divers épisodes, détaillés à la chapelle Saint-Fiacre et rappelés à la chapelle Sainte-Barbe du Faouët, devait être suffisamment connu des paroissiens pour  que la scène fonctionne comme rappel de l'ensemble, et comme mascotte surdéterminée par des interprétations libres.

Voici l'image que j'avais admiré à Saint-Fiacre, et qui sert manifestement de modèle ici. Je la place entre la scène précédente (Renart prêchant) et  la scène suivante (Renart dépecé par les poules et le coq). Cliquez sur l'image.

 

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Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile
 
 

Renart et les poules, jubé de la chapelle saint-Fiacre, Le Faouët, photographies lavieb-aile

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières (1600-1608) de la chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le chœur. 

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I. sablière du coté nord.

 

 

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Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

Sablière du coté nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

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a) Tête à front ceint  ou masque dont la bouche donne naissance à deux tiges se terminant en spirales

Motif voisin de celui de la nef nord.

Armoiries (sur une pièce du XXe siècle) parti de France et de Bretagne comme sur les vitraux. 

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