Cette baie de 5,50 m de haut et 1,70 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 2 quadrilobes autour d'un écoinçon.
Les lancettes présentent au registre supérieur quatre saints en pied, saint-Jean-Baptiste et saint Jean, saint Jacques le Majeur et saint Étienne, et au registre inférieur les sainte Barbe et Catherine, et le supplice de saint Sébastien.
Le décor architectural dont les dais se détachent sur un ciel rouge, détermine des niches tendus de tentures damassées bleue, vertes ou rouge sous des voûtains et des baies trilobées, au dessus d'un sol dallé jaune et noir à la perspective accentuée.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre supérieur partie gauche : saint-Jean-Baptiste et saint Jean.
Jean-Baptiste porte la peau de chameau et un manteau rouge, il désigne de l'index l'Agneau de Dieu qu'il porte sur le bras gauche.
À droite, Jean l'évangéliste, en manteau blanc galonné d'or et robe verte bénit la coupe de poison d'où s'échappe un serpent.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre supérieur partie droite : saint Jacques le Majeur et saint Étienne.
Saint Jacques le Majeur porte ses attributs, le chapeau de pèlerin timbré d'une coquille, mais à sommet plat, le bourdon et le livre, il est vêtu d'un manteau blanc agrafé sur le côté droit et une robe rouge .
Saint Étienne tient devant lui le livre où est posé une pierre à angles aigus rapellant son martyre par lapidation. Il est vêtu d'une dalmatique pourpre damassé de boutons floraux dorés, sur une tunique blanche.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre inférieur partie gauche : les sainte Barbe et Catherine .
Saint Barbe tient la tour symbole de son attachement au dogme de la Trinité, elle est accompagnée par sainte Catherine (ou du moins une sainte reine et férue en théologie, comme l'indiquent la couronne et le livre).
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre inférieur partie droite : le supplice de saint Sébastien .
Saint Sébastien, éphèbe à peine couvert d'un pagne, est visé par l'un de ses archers, tandis que l'autre bande son arc. Tout le panneau inférieur, mais aussi le torse du saint et la tête de l'un des archers ont été restaurés.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan : l'Annonciation.
L'oculus du quadrilobe supérieur, à fond rouge moderne, montre la colombe de l'Esprit Saint.
L'archange Gabriel occupe le quadrilobe de droite et présente un phylactère où se lisent les mots de la salutation AVE GRATIA PLENA DOM[INUS].
À droite, sous un ciel de lit damassé largement ouvert, la Vierge est devant son prie-dieu à drap pourpre où son livre de prières à tranche doré est ouvert. Tête légèrement baissée, elle porte une robe bleue sous un manteau blanc.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
LA BAIE 13 DU COLLATERAL NORD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,65 m de large comporte 2 lancettes trilobées, et un tympan à 1 quadrilobe et 1 écoinçon.
Les lancettes présentent l'Annonciation exécutée par Lucien Léopold Lobin en 1872. En bas, les armoiries des donateurs du XIXe siècle : à gauche, et réunis sous la couronne comtale, les écus de Coudert de Sardent et de Bourgeois de Longueville. À droite, un écu au chiffre de Marie-Emilie Cramouzaud. La colombe du Saint-Esprit est un réemploi du XVe siècle.
La baie 13 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan.
Le quadrilobe est occupé par le Christ aux liens daté vers 1490-1500.
La baie 13 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
LA BAIE 14 DU COLLATERAL SUD.
Cette baie de 5,20 m de haut et 1,70 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor organisé en 2 registres, et un tympan à 2 quadrilobes et 1 grand écoinçon.
Elle est datée par Françoise Gatouillat vers 1490-1500, et elle tranche par rapport aux autres baies par la préciosité de ses figures, par la richesse de ses décors architecturaux et la finesse des scènes du tympan.
Les lancettes présentent au registre supérieur l'Annonciation, et au registre inférieur saint Étienne, patron de la collégiale, et saint Pierre.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre supérieur : l'Annonciation.
L'archange
Se détachant sur la tenture damassée verte, l'archange Gabriel, aux ailes violines, et au visage très fin, tient un sceptre où s'enroulent les mots de la salutation AVE GRATIA PLENA.
Sa chape blanche damassée est remarquable par sa bordure dorée où sont brodés les figures de 8 des 12 apôtres, parmi lesquels se reconnaissent Philippe (par sa croix à longue hampe), Pierre (par sa clé) et André (par sa croix en X). Cela atteste d'une tradition bien établie en paramentique pour les chapes épiscopales :
Les apôtres se retrouvent dans les loges des piédroits du cadre architecturée (qui rappellent quelque peu ceux des vitraux de la Sainte-Chapelle de Bourges un siècle auparavant). On reconnaît ainsi Pierre, André, Jacques le Majeur et sans doute Thomas.
La Vierge.
Surprise par l'ange, elle se détourne de la lecture de son livre posé sur un haut prie-dieu, et de la main droite, elle exprime son acceptation ou "Fiat".
Elle porte un long manteau blanc au fermail en fleur perlée, et une robe bleue.
La tenture rouge est damassée d'un motif de feuilles polylobées.
Les piédroits accueillent eux aussi quatre apôtres, dont Barthélémy, Jean, et Jacques le Mineur.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre inférieur : saint Étienne et saint Pierre.
Saint Étienne, patron de la collégiale, porte pour signifier sa lapidation une pierre sur son crâne tonsuré, et l'autre en main gauche. Il est vêtu d'une tunique blanche et d'une dalmatique.
La tenture damassée.
Ce qui est extraordinaire, c'est le motif de la tenture damassée : des oiseaux de type perruche (hélas partiellement masqués par les plombs), rappelant fortement les lampas qui font alors la réputation des soies damassées de Lucques, en Italie, et que toute cathédrale, tout grand sanctuaire, toute chapelle royale recherche pour ses linges liturgiques et renferme dans ses trésors. On les retrouve notamment au XVe siècle à la cathédrale d'Évreux, de Quimper, de Sées, à Merléac, ou à Bourges.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
On distingue aussi, en bas à gauche, l'arrière-train d'un lion, et en haut à droite les lettres DIE et SH.
Cette tenture luxueuse trouvait peut-être son modèle dans une étoffe entourant alors une statue du patron de la collégiale?
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Saint Étienne est accompagné, dans les loges des piédroits, de l'apôtre Simon (avec sa scie) et de sainte Catherine (avec sa couronne, sa roue brisée à lames tranchantes et son épée).
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Autre détail précieux, le "livre-ceinture" dont l'étoffe est glissée à la ceinture du saint.
Saint Pierre est accompagné, dans les loges des piédroits, de saint Léonard de Noblat (avec les fers de prisonniers) et de saint Laurent avec son grill.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan : le Couronnement de la Vierge par la Trinité.
Dans l'oculus centrale, la Vierge est peinte agenouillée, à très petite échelle, entourée du Père et du Fils sur fond de rinceaux, et de la colombe au dessus.
À gauche, le Christ en gloire trône entouré du Tétramorphe, chaque symbole des évangélistes étant accompagné d'un phylactère à son nom.
À droite, le Calvaire est moderne.
Dans l'écoinçon central, les armoiries sont celles de Léonard Romanet, prévôt du chapitre en 1483 de gueules au chevron d'argent accompagné de trois feuilles de romarin de sinople. Le fond de l'écu a été refait mais les meubles sont authentiques.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
LA BAIE 101 : UN OCULUS .
Cet oculus de 1,50 m de diamètre de la rose du bras nord daterait de 1490-1500 et a peut-être été réutilisé en réemploi à une période ancienne. Il porte les armes écartelées d'or et d'azur de Candolle, famille qui deviendra calviniste au XVIe siècle.
C'est un Calvaire dans une niche en arcature sur fond blanc damassé, dont le buste du Christ et la tête de Jean ont été restaurées anciennement. Le sol carrelé et le fond bleu damassé de l'extérieur de la niche créent le lien avec les baies déjà présentées. Il a été complété en 1883 et restauré en 1981 par l'Atelier du Vitrail de Limoges.
La baie 101 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Bonus : la frise des modillons romans de la corniche.
Le portail.
« Constituant l'entrée principale de la collégiale tournée vers la ville, le portail largement ébrasé à multiples ressauts animés de colonnes adossées, tores assisés et chapiteaux disposés en frise, correspond à une mode régionale quasi exclusive au XIII siècle. Au-dessus d'une corniche sur modillons, a été aménagée une rose réseaux rayonnants dont la facture et la forme témoignent d'une parfaite maîtrise des formes les plus novatrices du gothique. Malgré une certaine étroitesse commandée par les murs romans du transept, cette façade révèle un programme ambitieux constituant une belle synthèse entre des goûts régionaux et un gothique de style français qui évoque la modernité à architecturale des grands chantiers contemporains » (E. Sparhubert).
—DELAGRANGE (Robert), DESPROGES (abbé), 1943, "La Collégiale d'Eymoutiers (Haute-Vienne) : monument historique... : [Description des vitraux : leur symbolisme, identification des personnages" Introduction par Dupelaud / Limoges : Impr. Société des journaux et publications du Centre , 1943, non consulté.
—GATOUILLAT (Françoise), 2011. Eymoutiers, ancienne collégiale Saint-Etienne. In : Gatouillat & Hérold, Les vitraux d'Auvergne et du Limousin, Corpus Vitrearum Medii Aevi, Recensement IX pages 253-265
— SENÉ (Alain), 1962, Les vitraux anciens de l'église collégiale d'Eymoutiers Thèse de doctorat de Lettres, Poitiers (non consulté, cité par F. Gatouillat)
— SENÉ (Alain), 1979, Signatures de donateurs et de verriers relevées sur les vitraux de l'église Saint-Etienne d'Eymoutiers, Haute-Vienne / Alain Sené / Limoges : [S.n] , 1979
—SPARHUBERT (Eric ), 2013, La collégiale d'Eymoutiers, l'époque romane Bull. de la Soc. archéol. et hist. du Limousin, t. CXLI, 2013.
Le château de Châteaudun. I, la Sainte-Chapelle et ses 15 statues (pierre calcaire avec reste de polychromie, v. 1460-1470 et 1494).
PRÉSENTATION
La Sainte-Chapelle du château de Châteaudun
Châteaudun abrite une des sept Sainte-Chapelles encore existantes ( avec celles de Paris, Aigueperse, Champigny-sur-Veude, Riom, Chambéry, Thouars, Vic-le-Comte et Vincennes) sur les onze construites en France entre le XIIIe et le XVe siècles pour abriter les reliques de la Sainte-Croix ou de la Couronne d'épines par un descendant de saint Louis. C'est une chapelle sur deux niveaux et à nef unique édifiée au tournant du XVe siècle. Elle était dédiée à la Vierge, à saint Jean-Baptiste et aux saints anges et était desservie par des chanoines.
"Si comme toute demeure seigneuriale, le château possédait une chapelle, celle-ci ne devint officiellement une Sainte-Chapelle qu’à partir de 1490, date de sa reconnaissance tardive par le pape Innocent VIII. Dès 1451, Jean Dunois fit démolir l’ancienne chapelle du château médiéval et entreprit la construction d’une Sainte-Chapelle de style gothique. Elle fit l’objet de trois campagnes de construction et ne fut achevée qu’en 1493, soit un quart de siècle après la mort de son commanditaire.
n.b :dédicace de la Sainte Chapelle le 5 juin 1465 par Guillaume d’Estouteville.
"Bâtie sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris fondée par Louis IX en 1248 dans le palais de la Cité pour abriter les reliques de la passion du Christ, elle était destinée à recevoir un morceau
de la Vraie Croix offerte par Charles VII. Elle permettait au Bâtard d’Orléans d’affirmer sa qualité de prince du sang aux yeux du monde et le rattachait ainsi aux rois Valois, Philippe VI et Charles V, et aux plus grands princes de la famille royale, Louis Ier de Bourbon et Jean Ier de Berry, tous descendants de saint Louis. Cette première transformation du château médiéval n’était donc pas seulement l’expression de la piété insigne de Jean de Dunois, elle était aussi un acte politique et dynastique.
Les contraintes de la construction, la nécessité de l’orienter et d’y accéder par la cour conduisirent Dunois à choisir un parti original : la chapelle fut accolée à la grosse tour et aux logis. Comme la
Sainte-Chapelle ou de nombreuses chapelles castrales, elle est bâtie sur deux niveaux, mais ici c’est la chapelle basse qui est destinée au seigneur. Elle se compose d’un vaisseau unique de trois
travées, précédé d’une abside et suivi d’une courte nef séparée du chœur par un seuil. Elle est couverte de voûtes d’ogives dont les retombées s’appuient sur des contreforts placés à l’extérieur
de l’édifice. L’édifice diffère encore du modèle parisien à nef unique par la présence d’une sacristie au sud et de chapelles latérales dédiées aux saints François et Agnès vénérés par le fils et la brue de
Dunois, François Ier de Longueville et Agnès de Savoie. Un clocher quadrangulaire accolé au flanc nord en 1493 renforce l’asymétrie de l’ensemble." (Fiche de visite, Service d’actions éducatives du Château de Châteaudun / Centre des monuments nationaux pdf)
Un inventaire établi à la mort de Dunois en 1468 précise que la chapelle contenait alors "la vraie croix enchassée d'or".
Annotation sur le cartel proposé au visiteur.Plan H.L. Désiré-Devrez 1879. Annotation sur le cartel proposé au visiteur.
Aquarelle H.L. Désiré-Devrez 1879. Annotation sur le cartel proposé au visiteur.
Jean Dunois le Bâtard d'Orléans (1402-1468) et son épouse Marie d'Harcourt.
Le dîner du comte de Dunois, British Library, ms Yates Thompson 3, f°1 (detail)Jean de Dunois présenté par saint Jean devant le Jugement dernier, Heures de Dunois (détail), Londres, British Library, vers 1440-1450.
Représentation supposée de Marie d'Harcourt devant Châteaudun, en prière devant saint Georges, British Library, ms Yates Thompson 3, f°274
Ses armoiries.
"En France, Jean de Dunois, bâtard d’Orléans (v. 1403-1468) – il est le fils de Louis d’Orléans et de Mariette d’Enghien – est le premier bâtard de la maison capétienne à porter les pleines armes brisées par une barre et non plus par une simple pièce honorable aux lis. Les versions de ses armoiries varient d’ailleurs au fil du temps et des sources. Il porte d’abord France au lambel d’argent (Orléans), une barre du même brochant sur le tout. Cette barre est parfois lue de sable, peut-être en raison de l’oxydation de l’argent sur les miniatures ou en conformité avec les traités de Blason de la fin du XVe siècle, tel le Liber armorum de Bernard du Rosier (†1476), archevêque de Toulouse, qui précise que la barre transversale des bâtards doit être de couleur noire. À mesure que l’importance politique du bâtard d’Orléans s’accroît – il est créé comte de Dunois en 1439 et de Longueville en 1443 –, cette barre est progressivement diminuée en cotice dans les représentations de ses armes. Déjà presque invisible sur les miniatures de ses Heures, cette cotice y est devenue un filet – barre diminuée en largueur – qui se transforme chez ses descendants Longueville en bâton péri en barre progressivement mis en bande." (Laurent Hablot 2016)
Armoiries de Jean Dunois, British Library, ms Yates Thompson 3, détail
Armoiries de Jean Dunois, British Library, ms Yates Thompson 3, détail
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun. Cliché lavieb-aile 2025.
La chapelle basse.
C'est cette chapelle qui était desservie par les chanoines et qui accueillait Jean Dunois et sa famille, puis François 1er d'Orléans Longueville et son épouse Agnès de Savoie (mariés en 1466).
Plan.
On peut décrire à cette chapelle une nef sans bas-côtés, avec un oratoire à droite et une sacristie (?) à gauche, puis un chœur ouvrant sur deux oratoires, et enfin une abside, dans laquelle se trouve les statues de la Vierge à l'Enfant et de Jean-Baptiste, entourées de celles de Jean l'Évangéliste à gauche et de Marie-Madeleine à droite. Celles de François d'Assise patron du seigneur de Longueville et de sainte Agnès patronne de son épouse Agnès de Savoie sont venues compléter cet ensemble absidial.
Monique Martin-Demezil décrit trois campagnes de construction, dont la principale fut menée par Nicolle Duval, maître des œuvres de maçonnerie de Dunois depuis 1459 et constructeur du château.
Plan in Monique Martin-Demézil
L'emplacement des statues.
n.b. J'ai choisi une numérotation différente, débutant avec la Vierge de l'abside, ici en 7.
Cartel affiché dans la chapelle.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Les quinze statues.
"Ce château bénéficie d'une importante étude réalisée par Monique Chatenet, qui a repéré trois campagnes de travaux : de 1451 à 1454, de 1460 à 1464 et autour de 1493. Cette chapelle présente deux niveaux : une chapelle haute dédiée à saint Vincent et une chapelle basse où se trouve l'ensemble de sculptures formant le programme de la sainte chapelle voulue par Jean Dunois.
La chapelle abrite 15 sculptures (PM28000979 à PM28000994) disposées sur des colonnes surmontées de chapiteaux. Elles sont détachées du mur et posées avec un joint de scellement sur ces chapiteaux. On peut en isoler 3 : les sculptures de sainte Agnès (PM28000993) et de saint François d'Assise (PM28000992) datées autour de 1493, de plus petites dimensions et celle de Jean Dunois (PM28000994), conçue sans doute pour un édifice civil.
La décoration date de la campagne de travaux de 1460-1464. Elle comprenait 12 statues aux chapiteaux décorés d'anges. On note l'inspiration réaliste dans les attitudes et les draperies et le côté idéalisé avec les proportions allongées des corps et les expressions des visages. Les vêtements reçurent une riche polychromie encore bien conservée. L'iconographie reprend la dédicace à la Vierge, datée vers 1400 et à saint Jean-Baptiste. Pour le reste des sculptures, l'iconographie est à rapprocher de l'illustration du livre d'heure de Dunois, conservé au British Museum (Londres), et décoré à Paris vers 1440, à l'exception de sainte Radegonde (PM28000989) qui fait l'objet d'une dévotion locale, comme sainte Madeleine (PM28000986). Cet ensemble présente d'une part une originalité dans le programme iconographique et d'autre part une qualité manifeste de la sculpture. Des rapprochements ont été fait avec l'art de la Bourgogne, la sculpture tourangelle (Val de Loire selon Elisabeth Taburet-Delahaye) et le Brabant (étude de Sophie Guillot de Suduiraut : groupe en rapport daté de 1460)." (POP.culture.gouv.fr)
La chapelle est décorée de douze statues représentant les patrons de la chapelle, la Vierge et saint Jean-Baptiste, et dix saints et saintes choisis par Dunois vers 1460 : saint Jean l'Évangéliste, sainte Madeleine, sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Marguerite, sainte Geneviève, sainte Apolline, sainte Barbe, sainte Marie l'Égyptienne, sainte Élisabeth de Hongrie et sainte Radegonde. En 1494 ont été ajoutés les statues de saint François et sainte Agnès, patron de François Ier de Longueville et d'Agnès de Savoie son épouse.
La majorité repose sur des colonnettes engagées aux chapiteaux ornés d'un ange ; elles sont en pierre (calcaire) et comportent des traces de la polychromie primitive.
Ce choix de représenter des saints, et principalement des saintes, est original pour une Sainte-Chapelle, le choix traditionnel se portant vers les apôtres, considérés comme les piliers du Christ, ou des Prophètes, annonçant sa venue. Jean Dunois vouait un culte particulier aux saints et saintes. Les apôtres sont néanmoins présents dans la fresque du Jugement dernier (fin XVe), entourant le Christ Juge.
Une petite statue de la nef représente Jean Dunois en armure.
Il m'a semblé intéressant de comparer ces statues (et la fresque) aux enluminures du Livre d'Heures de Jean Dunois. En effet, on ne retrouve, dans les Suffrages de ce Livre d'Heures, aucun des saints invoqués du folio 259 à 279 (saints Pierre, Paul, André, Jacques, Thomas, Antoine, Christophe, Léonard, Martin, Nicolas, Eustache, Laurent, Georges, Bernard, et Julien — hormis Jean l'évangéliste f. 263v—mais bien les huit saintes et le saint invoqués ensuite (f. 280 à 289). Certes sainte Radegonde et sainte Agnès y font exception, mais ce rapprochement entre les deux corpus est remarquable. Marie d'Harcourt a-t-elle usée de son influence pour faire ces choix de statues de saintes ?
A. L'ABSIDE ET SES QUATRE STATUES.
"Dans l'abside sont placés la Vierge et saint Jean-Baptiste, patrons de Dunois et de Marie d'Harcourt à qui la chapelle était dédiée, ainsi que saint Jean l'Évangéliste, autre patron de Dunois, et la Madeleine, à qui était dédiée l'ancienne chapelle du château, desservie par le clergé de La Madeleine de Châteaudun (1). Or, sur un parement d'autel donné par Dunois à la Sainte-Chapelle figuraient, comme nous l'apprend l'inventaire de 1468, « la crucifixion, saint Jehan-Baptiste et Nostre Dame d'un costé, La Magdalaine et s. Jehan l'Euvangeliste de l'autre costé »." (M. Martin-Demezil)
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
1.La Vierge à l'Enfant. XIVe siècle.
Prof. : 44 cm H : 450 cm; l : 69 cm. La mesure de la hauteur comprend la statue ainsi que le fût de la colonne.
Dans les Heures de Dunois, la Vierge à l'Enfant est représentée au folio 22v assise sur un siège drapé d'étoffe d'or damassé de fleurs cramoisies, en majesté sous un dais tenu par des anges, adorée par Jean Dunois, portant un tabard à ses armes, tandis qu'un ange tient son blason surmonté d'un heaume sommé d'un tortil rouge et blanc drapé des armes de France, timbré d'un cimier en or ressemblant à un fleuron. Jean Dunois porte l'épée au côté gauche, et on peut noter parmi les pièeces d'armure les très longs éperons à molette en or, et les solerets pointus. Le fond est soigneusement peint d'une mosaïque or, azur et rouge.
Elle illustre la prière Obsecro te domina sancta mater dei pieta[te], une supplication à la Vierge lui demandant la grâce d’une bonne mort chrétienne, qui apparait comme prière de dévotions dans les Livres d’Heures depuis le XVème siècle.
Jean de Dunois en prière devant la Vierge, Heures de Dunois folio 22v (détail), Londres, British Library, vers 1440-1450.Heures de Dunois f. 22v détail
Le folio 27v montre, sur le même fond en mosaïque, une scène plus intime d'allaitement de l'Enfant. Elle est assise dans sa chambre sous un ciel de lit vermillon et or, elle est couronnée et nimbée d'or, vêtue d'un manteau bleu doublé d'une soie chatoyante, et vénérée par deux anges musiciens, l'un jouant d'un positif et l'autre d'une viole à archet. Elle illustre la mention O intemerata in eternum benedicta singularis atque..., « Ô toi immaculée » qui sont les premiers mots d'une prière d'indulgence du XIIe siècle, d’origine française, adressée comme la précédente à la Vierge.
Vierge allaitant l'Enfant, Heures de Dunois B.L. Yates Thompson MS3 f. 27v
La statue.
La vierge est couronnée et porte un voile qui dissimule presque entièrement sa chevelure avant que ses extrélmités ne se croisent. Elle est légèrement déhanchée, et son visage est tournée vers la gauche : son regard se dirige vers la tête de l'Enfant mais semble se perdre au loin.
De la main droite, elle écarte le pan gauche de son manteau, ce qui dégage son pied droit qui est avancé.
L'Enfant, presque nu sous le manteau maternel, tient de la main droite le voile de sa mère, et de la main gauche, de façon touchante car très familière, son pouce.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
La console : un ange faisant de la main gauche le signe de l'Annonciation et tenant en main droite un phylactère.
Il porte une aube rose en étoffe épaisse dont les plis se cassent notamment aux aiselles et aux manches. Ses deux ailes forment presque une mandorle. L'encolure ajustée forme un revers.
Le visage presque lunaire est très fin, avec des sourcils effacés, des yeux en amande et un demi-sourire paisible sur un menton souligné d'une fossette.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Saint Jean-Baptiste portant sa robe en peau de chameau, et désignant de l'index l'Agneau de Dieu.
Aucune enluminure des Heures de Jean Dunois n'est consacrée au seul Saint Jean-Baptiste, mais on le trouve à une place d'honneur face à la Vierge au folio 32v , les mains jointes devant le Christ Juge. On l'identifie à ses cheveux et sa barbe longues et à sa tunique en poil de chameau.
Jean-Baptiste, Heures de Jean Dunois folio 32v du Jugement Dernier
La statue.
Jean-Baptiste porte la barbe et les cheveux non coupés témoin de sa vie d'ascète dans le désert, et la tunique en peau de chameau signalé par Matthieu 3:4 : "Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage." Mais l'artiste, comme c'est presque systématique dans la peinture et la sculpture du XVe siècle, représente une peau de chameau, avec l'animal entier y compris son échine et sa tête. Il le fait même de façon accentuée, en plaçant la gueule béante de l'animal juste devant les yeux du spectateur. Il n'oublie pas non plus la ceinture (même s'il s'agit ici d'une cordelette nouée, et non d'une ceinture de cuir).
Le Baptiste désigne de l'index l'agneau couché sur le livre (à fermoir, mais dépourvu des sceaux) porté sur son bras gauche, en illustration de l'évangile de Jean Jn 1:29 Ecce agnus dei qui tollit peccata mundi.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console : un ange tenant en main droite un phylactère.
La chevelure en tagliatelles emportées sur les côtés par un vent spirituel est propre au XVe siècle, et se retrouve à la même époque en Bretagne sur les sculptures en kersanton des porches et commandes ducales de Jean V. Sur le sommet du crâne, les cheveux sont si plaqués au cuir chevelu qu'on pourrait croire à un bonnet.
Il porte au dessus de sa robe un manteau bleu.
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3. Saint Jean l'évangéliste. Calcaire et traces de polychromie, v.1460-1470
Dimensions normalisées (en cm) : h = 185 ; la= 62 ; pr = 35
Heures de Dunois.
Jean, imberbe bien-sûr et aux cheveux longs et bouclés, en robe lie-de-vin et manteau bleu, bénit la coupe de poison, dont s'échappe un scorpion, et tient la palme du Paradis, qui lui fut remise par la Vierge.
Saint Jean l'évangéliste, Heures de Jean Dunois f. 263v
La statue :
Elle répond au canon iconographique de la bénédiction de la coupe de poison. Il porte à la ceinture soit l'écritoire qui le caractérise souvent comme rédacteur de son évangile, soit plutôt à mon sens un livre de ceinture, dont l'enveloppe est retenue par un bouton. l est pieds-nus, comme tout apôtre.
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La console: un ange main sur la poitrine et tenant en main gauche un phylactère.
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Dimensions normalisées (en cm) : h = 191 ; la = 64 ; pr = 43
Livre d'Heures de Dunois f.280r : De la magdalene
La sainte est représentée en ermite pénitente du Massif de la Sainte-Baume, vêtue de peau de bête, et élevée aux Cieux depuis sa grotte par quatre anges, au dessus de l'antienne In diebus illis mulier quae erat in civitate peccatrix ut cognovit quod Jesus recubuisset in domo Simonis, "À cette époque, une femme considérée comme pécheresse dans la ville apprit que Jésus logeait chez Simon. Elle apporta au lépreux un vase d'albâtre rempli de parfum. Se tenant derrière lui, aux pieds du Seigneur Jésus, elle se mit à mouiller ses pieds de ses larmes et les essuya avec ses cheveux. Elle les baisa et les oignit de parfum." C'est un cantique inspiré de Luc 7:37-38. Mais l'enlumineur n'a pas représenté le flacon d'onguent, se concentrant sur la pécheresse pénitente et repentie.
Marie-Madeleine, Heures de Jean Dunois f. 280r.
La statue.
Le sculpteur a choisi de représenter la "disciple préférée de Jésus" qui a eu le privilège de la première apparition du Christ dans sa vie Glorieuse, et il a souligné sa beauté et sa féminité, son beau visage, ses cheveux longs dénoués, sa robe au fin décolleté ras-du-cou. Elle est pieds-nus comme les apôtres.
Mais l'artiste a tempéré ce tableau puisque la sainte ne porte ni bijoux ni riche coiffure, et que sa tête est couverte d'un voile ; en outre, son manteau au beau drapé l'enveloppe sans souligner sa poitrine et la finesse de sa taille. Certes ce manteau était jadis peint d'une couleur rouge luxueuse dont il reste des traces.
Elle tient le couvercle du pot de la main droite, et l'entrouvre.
Son regard grave et pensif est abaissé vers le spectateur.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dimensions normalisées (en cm) h = 143 ; la = 50 ; pr = 40
Selon la notice Palissy, " Sainte Agnès, tient un livre ouvert de la main gauche et désigne de la main droite l'agneau de Dieu qui est à ses pieds". Si Sainte Agnès est généralement représentée avec un agneau à ses pieds ou dans ses bras, c'est que, bien qu'il n'y ait aucun rapport étymologique entre le grec ἀγνή, agnê, (à l'origine du prénom Agnès) et le latin agnus (agneau), la tradition a très tôt rattaché la sainte au nom agnus par allusion à l'agneau mystique, faisant d'elle la personnification féminine de l'Agnus Dei. De cette étymologie populaire dérive la légende de la sainte dont on a fait un modèle de chasteté et de douceur ».
On remarquera que sa longue chevelure est ceinte d'une couronne, et qu'elle porte le surcot court fourré d'hermines propre aux princesses , sur une robe prune cintrée par une ceinture où est fixé un chapelet. Sa chape bleue est agrafée par une large sangle entre deux fleurons.
Elle tient un livre ouvert dont la reliure en cuir forme un étui, comme les livres de ceinture alors en usage.
Exemple d'enluminure : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105110980/f121.item.r=LATIN%201183
Cette représentation en princesse est loin d'être la règle, et est peut-être déterminée par la commanditaire Agnès de Savoie. On tiendra compte que c'est aussi la sainte patronne d'Agnès Sorel, favorite de Charles VII décédée en 1450, et parangon alors de la beauté, et de l'élégance.
Lettrine d'un antiphonaire, XVe siècle. Strasbourg, cabinet des Estampes et des Dessins, inv. MBA 1553 .Rondel, vers 1490, Metropolitan Museum of Art
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La console, en si bon état, est-elle un apport des restaurateurs récents ? Elle illustre le martyre de sainte Agnès à Rome sous Dioclétien : un bourreau s'apprête à la décapiter, mené par le gouverneur, tandis qu'un soldat armé d'une hallebarde est figuré à droite.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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6. Sainte Catherine d'Alexandrie, dans l'oratoire nord.
La sainte est couronnée et porte le surcot court des princesses sous un manteau vermillon doublé d'hermines. Assise sous un dais rouge aux rideaux verts sur un siège de cour, elle tient l'épée de sa décollation et consulte un ouvrage de théologie sur un lutrin octogonal. D'autres ouvrages sont rangés sur des rayonnages, rappellant ses compétences élevées en théologie.
La roue aux lames acérées rappellent quant à elle le premier supplice dont elle échappa miraculeusement.
Le texte de l'antienne renvoie à un cantique des répertoires de l'époque : virgo sancta katherina graeciae gemma urbe alexandrina chosti regis erat filia , "la vierge sainte Katherine, joyau de la ville d'Alexandrie en Grèce, était la fille du roi Chostis. »
https://cantusdatabase.org/chant/547309
Sainte Catherine, Heures de Dunois Yates Thompson MS3 f.281v
La statue.
Sainte Catherine couronnée, en pied, tient de la main droite la palme du martyre et l'épée, et de la main gauche, la roue de son supplice. Ses souliers piétinent le buste de l'empereur portant barbe et couronne, qui s'aggripe encore à son sceptre.
Elle est vêtue du surcot court de princesse, au dessus d'une robe cintrée par une ceinture à maillons, placée haut sous la poitrine. Autant la robe est ajustée à la poitrine, autant elle s'évase ensuite en vastes plis en V, plis accentués par la main droite qui la soulève délicatement. Ses épaules sont couvertes par le manteau, largement ouvert.
Le visage reprend peu ou prou tous les codes de ce corpus, et notamment le front épilé mis à la mode par Agnès Sorel, ou la bouche au rouge alors accentué par un maquillage recherchant le contraste avec la blancheur du teint.
La Vierge de Melun, portrait présumé d'Agnès Sorel
Au revers, seule la chevelure est sculptée.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console.
L'ange aux cheveux bouclés au vent en trois tortillons de chaque côté semble s'être tout juste installé, les ailes encore largement ouvertes ; il place sa main gauche sur la poitrine, l'index seul tendu, comme un servant, et tient de la main droite une plaque rectangulaire qui n'est pas exactement un phylactère. Il porte une aube ou vêtement de chœur dont l'étoffe épaisse fait, comme partout dans ce corpus, des plis profonds.
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7. Sainte Barbe, dans la nef au nord.
Le Livre d'Heures de Jean Dunois De sancta barbara f 289v.
Sainte Barbe est peinte devant les portes d'une église, elle tient en main gauche son principal attribut, la tour où elle fut enfermée et qu'elle fit percer de trois fenêtres par attachement au dogme de la Trinité divine. Elle tient aussi la palme des vierges et martyres. L'antienne est la suivante : Gaude serena barbara virgo patris quam effrena non flexit insania ... "Réjouis-toi Barbara, vierge sereine que la folie paternelle n'a pas brisée", un hymne qu'on retrouve aussi dans un manuscrit de Bruxelles provenant de la chartreuse de Trèves, ou dans un manuscrit viennois.
La robe est resserrée sous la poitrine par une ceinture, puis le ventre est projeté en avant, selon les critères de la mode du temps.
Sainte Barbe, Jean Haincelin, Heures de Dunois f. 289v, B.L Yates Thompson MS3
La statue. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Dimensions normalisées (en cm) h = 180 ; la = 55 ; pr = 40
La statue reprend la figuration de l'enluminure, avec les mêmes attributs, la même posture, les mêmes vêtements, mais les cheveux sont réunis en deux coques latérales bouclées contrastant avec le front largement épilé et les cheveux du vertex très étirés et à peine visibles, contenus par un bijou comme sur le portrait d'Agnès Sorel ou au sommet du front de la Vierge du dyptique de Melun.
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En continuant d'observer le côté nord de la nef, il reste deux statues à décrire, celles de sainte Apolline et celle d'Elisabeth de Hongrie.
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8. Sainte Apolline, dans la nef au nord.
Le livre d'Heures de Jean de Dunois f. 284v De sancte appoline.
L'enluminure : Dans une salle d'un château, sous un dais rouge damassé, Apolline, à demi couchée sur un siège de cour, ligotée, subit le supplice de l'arrachage de ses dents des mains d'un bourreau armé d'une paire de tenailles. Un roi très barbu à la coiffure orientale (la scène se passe à Alexandrie) surveille l'exécution de ses ordres. Un dignitaire coiffé d'un bonnet conique exotique à revers de fourrure maintient les épaules de la victime. (on retrouve ces coiffures orientales sur la tête des bourreaux de l'enluminure correspondante des Heures d'Etienne Chevallier peinte par Fouquet.)
L'antienne : Beata apolonia grave tormentum pro dominum sustinuit "la bienheureuse Apolline a enduré de terribles tourments pour le Seigneur".
En voici la suite : " : primo, tyranni extraxerunt dentes ejus cum ma(l)- leis ferréis, et cum esset in illo tormento, oravit ad Dominum Jesum Christum ut quicumque nomen suum (devote) invocaret, malum in dentibus non sentiret. Ora pro nobis beata Apollonia, ut digni efficia mur promissionibus Christi », ": d’abord, les tyrans lui ont arraché les dents à coups de marteau de fer (*), et pendant ce supplice, elle a prié le Seigneur Jésus-Christ afin que quiconque invoquerait son nom avec dévotion ne ressente aucun mal dans ses dents. Priez pour nous, bienheureuse Apollonia, afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ."
(*) marteaux probablement inspirés par l'histoire telle que la rapporte la Légende dorée : « après avoir fait sauter toutes ses dents... », alors que les enlumineurs et sculpteurs représentenet toujours des pinces.
Cette antienne où Apolline est invoquée contre le mal de dents, est la plus fréquemment utilisée , BNF, lat. 1171, f. 89v ; lat. 1163, f. 119v ; lat. 1369, f. 382 ; lat. 1375, f. 153 ; lat. 1384, f. 200 ; lat. 1427, f. 205v ; lat. 9475, f. 64v ; lat. 13275, f. 159 ; lat. 13284, f. 184v ; lat. 13306 ; lat. 18017, f. 151v ; lat. 18026, f. 135 ; lat. 18028, f. 112 ; n. a. lat. 392, f. 161 ; Smith-Lesouef 25, f. 23 ; Smith-Lesouef 36, f. 108v ; Smith-Lesouef 39, f. 103v. Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4°
cf : DOMINGUEZ ( Véronique), 2004, "La scène et l'enluminure. L'Apolline de Jean Fouquet dans le livre d'Heures d'Etienne Chevalier", Romania Année 2004 487-488 pp. 468-505
Sainte Appolline tient de la main droite la palme du martyre et de la main gauche une paire de tenailles. Son front épilé est ceint d'une couronne ornée de roses, et sa chevelure tombe librement sur ses épaules. Elle porte sous un manteau agrafé d'un bijou perlé une robe dont les plis bouillonnent de sa poitrine jusqu'au sol en plis en éventail.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console.
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9. Sainte Élisabeth de Hongrie, au fond de la nef au nord.
Les Heures de Dunois, Jean Haincelin f.286. De sancte elisabeth
Élisabeth de Hongrie est figurée nimbée devant un drap d'honneur damassé de rinceaux, la tête recouverte d'un voile et la gorge couverte d'un guimpe, tenant un livre relié. Elle porte un manteau bleu doublé d'or et une robe gris-bleu. C'est l'antienne qui précise son identité (elle est la fille du roi André II de Hongrie) : Illa regis filia haec comtemptibilia mundi non elegit "La fille de ce roi n'a pas choisi les choses méprisables du monde".
Sainte Elisabeth, Jean Haincelin, Heures de Dunois f. 286v B.L. Yates Thompson 3
La statue. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Sainte Elisabeth de Hongrie, voilée et portant la guimpe comme sur l'enluminure, en habit de franciscaine ( ou de clarisse) mais à la robe trop cintrée alors, porte une corbeille de sa main droite tandis qu'elle protège d'un pan de manteau soulevé de sa main gauche, un infirme se soutenant d'une béquille axillaire. Celui-ci est presque nu, ne portant qu'un caleçon et un bonnet laçé sous le menton.Il est amputé de la jambe gauche, à mi-hauteur, car il est appareillée sommairement d'une "béquille de genou".
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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Les statues de la nef du côté sud.
En repartant depuis l'abside vers la nef sud, et sur le contrefort encadrant l'entrée de l'oratoire sud, vient la statue de saint François, correspondant à celle de sainte Agnès au nord.
10. Saint François d'Assise (vers 1493)
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois
Saint François recevant les stigmates f. 288r. De sancto francisco
L'enluminure très fidèle à l'iconographie montre François sur le mont Alverne, tombé à genoux face à l'apparition dans les cieux du Crucifié-séraphin dans une mandorle radieuse. Il en reçoit les stigmates.
Antienne : O Patriarca pauperum, Francisce, tuis precibus auge tuorum numerum in caritate Christi
b.La statue. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Saint François d'Assise , en pied, en habit de franciscain montrant ses stigmates.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console.
Elle semble décrire l'avènement de Clovis présenté par l'évêque Rémi, et elle conviendrait mieux à la statue de sainte Geneviève.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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11. Sainte Marguerite.
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois f. 282v
De sancte margarite.
Sous l'arcade trilobée d'une pièce d'un château à la fenêtre à meneaux (alors que la scène se passe selon la Légende dans une prison), Marguerite est figurée mains jointes tenant le crucifix grâce auquel elle vient de s'extraire (on dit de "se isser") du dos du dragon qui tourne vers elle sa gueule et ses flammes.
Antienne [antiphona]: Erat autem Margarita annorum quindecim cum ab impio Olimbrio tradebatur in carcere. " Or, Marguerite avait quinze ans au moment où elle était jetée en prison par Olibrius l'impie."
Sainte Marguerite, les mains jointes en prière, issant du dragon ailé qui a encore dans sa gueule l'extrémité de sa robe. La sainte a le même front très épilé et la même coiffure que sainte Barbe, à deux chignons ou "truffeaux" sur les tempes. "Pour porter une telle coiffe, soit les femmes ramenaient leurs cheveux en arrière du front, les nattaient et les emmaillotaient dans une résille (ou crépine), soit les cheveux étaient rasés ou épilés notamment en vue de mettre en valeur un front bombé". On peut hésiter avec la description de coiffure en raquette. Comme pour sainte Barbe, on voit au sommet du crâne ce qui doit être un bijou au centre d'un bandeau soutenant les truffeaux, si bouclés qu'ils ressemblent à des éponges.
Le visage est semblable à ceux des saintes Madeleine, Agnès, Catherine, Apolline, Radegonde, ou Geneviève, et parfaitement conforme au "standard" lancé par Agnès Sorel.
La robe est simple sur le buste, avant de s 'épanouir en épais plis en éventail depuis le pan fixé au poignet droit.
J'ai omis de photographier ce que devient la queue du dragon : est-elle dardée vers le haut ? Ou forme-t-elle un nœud?
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console : une muraille à tourelles d'angle en encorbellement, meurtières, créneaux, et fenêtres jumelées.
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12. Sainte Geneviève.
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois f. 283v
Sainte Geneviève, voilée dans un grand manteau rouge doublé de blanc (hermine?) tient un livre ouvert, et le fameaux cierge du combat de la foi, qu'un ange allume, tandis qu'un démon tente de l'éteindre grâce à un soufflet (en souvenir de la construction de la première basilique de Saint-Denis, dont elle visitait le chantier, de nuit, avec ses compagnons. Alors que le cierge que tient l'un d'eux s'éteint brusquement, elle le prend en main et il se rallume miraculeusement). Elle est représentée sur la pente d'un bois, dont plusieurs troncs sont coupés.
Le texte : De sancte geneuiesue.
Antienne : O felix ancilla dei nos pondere pressos exonera et fessos mordacibus exue culpis etheris ut pateat te supplice janua nobis "Ô bienheureuse servante de Dieu, délivre-nous du fardeau de l'oppression, et libère-nous qui sommes las de la culpabilité lancinante de l'éther, afin que la porte de ta supplication nous soit ouverte. "
h = 195 ; la = 72 ; pr = 42
Sainte Geneviève, le regard grave baissé, tient un livre dans la main droite mais le cierge qu'elle devait tenir en main gauche en même temps qu'un pli de son lord manteau, est absent (brisé?). Le manteau est doublé d'hermines (rendu par des mouchetures noires).
La chevelure est, là encore, plaquée (ou rasée) en région parietale par un bandeau à orfevrerie, avant de se libérer sur les côtés, en couronne, puis en mèches sur les épaules.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console : un ange à la coiffure caractéristique, vêtu d'une cape à fermail en quadrilobe, tient un phylactère des deux mains.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
13. Portrait présumé de Jean Dunois en armure, ou saint Georges. Anonyme, v.1460-1470, pierre et traces de polychromie.
Portrait en pied, présumé de Jean Dunois revêtu de son armure.
h = 108 ; la = 40 ; pr = 23.
"Il est représenté en armure caractéristique du règne de Charles VII et coiffé d'une couronne de lauriers. Il est identifiable par son collier reliquaire, qu'on retrouve aussi sur l'enluminure du Jugement dernier du Livre d'Heures f.32."
Néanmoins, la couronne de lauriers est surprenante pour un chevalier sous Charles VII. La forme rectangulaire du bouclier m'évoque le scutum romain. On la voit mieux sur le moulage réalisé au XIXe :
Moulage de la statue présumée de Jean Dunois. POP.culture.gouv.fr
La statue n'était probablement pas destinée à la chapelle puisque Dunois n'est pas représenté en priant. On ne trouve d'ailleurs aucune mention de cette œuvre avant la fin du XIXe siècle. Elle proviendrait d'un édifice civil.
"Elle est réalisée en calcaire fin, dur et de grande qualité. De nombreux détails viennent notamment décrire l'armure. La polychromie présente sur le visage est travaillée : l'iris est peint en brun, cerclé de noir, et le tour de l'œil est également cerclé de noir. Il reste très peu de polychromie sur l'armure, contrairement aux autres sculptures qui présentent un décor de brocarts appliqués d'une qualité exceptionnelle. Quelques traces de bleu ont été observés sur la couronne et la chevelure. Le visage de Dunois présente une parenté stylistique évidente avec le reste du groupe sculpté : visage juvénile aux grands yeux légèrement globuleux, arcades sourcilières hautes et marquées, chevelure bouclée, silhouette gracile et étirée, même type de polychromie sur le visage, nombreux détails sculptés du costume. Toutefois, les traits sont plus individualisés, soulignant sans doute la volonté de distinguer la figure de Dunois." (Anne Embs 2024)
Quelques arguments plaident pour une statue de saint Georges (cf. folio 274 des Heures) comme le rappelle Sophie Jugie dans le catalogue de l'exposition Les arts sous Charles VII au Musée de Cluny en 2024. "
cf Donatello 1415-1417, où on retrouve la couronne de lauriers.
La statue a été restaurée par Delphine Bienvenut dans son atelier d'Indre-et-Loire avant sa présentation au printemps 2024 au Musée National du Moyen-Âge.
Saint Georges, Heures de Dunois f.274v
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
14. Sainte Radegonde.
La sainte n'est pas invoquée dans les suffrages du Livre d'Heure
Sainte Radegonde en pied porte sous le bras droit un livre et tenait le sceptre (aujourd'hui brisé) de la main gauche.
Vêtue d'une robe plissée par une large ceinture d'étoffe, et d'un manteau très ouvert, elle incline la tête vers la droite .
On retrouve la chevelure plaquée par un bandeau sur le vertex, avant que les mèches bouclées ne se libèrent sur les épaules.
Le visage est très fin, et on est frappé par les yeux effilés sous l'effet de paupières bien marquées.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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La console :
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
15. Marie l'Egyptienne .
a.Le Livre d'Heures de Jean Dunois f.287v De sancte egipcienne.
Marie l'Égyptienne est représentée en ascète "sauvage", comme Marie-Madeleine, vêtue de peau de bête, dans une forêt aux flancs d'une montagne escarpée. Jean Haincelin a peint la scène suivante, tirée de la Légende dorée :
"Sainte Marie l’Égyptienne, qu’on appelle aussi la Pécheresse, mena pendant quarante-sept ans, au désert, une vie de repentir et de privations. Certain abbé, nommé Zosime, qui avait franchi le Jourdain et parcourait le désert, dans l’espoir d’y rencontrer quelque saint ermite, aperçut un jour devant lui une créature bizarre, toute nue, avec un corps tout noir et brûlé du soleil. Cette créature aussitôt s’enfuit, et Zosime se mit à courir à sa poursuite, de toute la force de ses jambes. Alors elle lui dit : « Abbé Zosime, pourquoi me poursuis-tu ? Pardonne-moi de ne pouvoir me retourner vers toi ; mais c’est que je suis une femme et que je suis nue ! Lance-moi ton manteau, afin que, m’en étant couverte, je puisse te regarder sans honte ! »
L'anachorète explique alors à l'abbé qu'elle s'est prostituée jadis à Alexandrie, puis s'est repentie
"Et, pendant que j’adorais pieusement la sainte Croix ; un inconnu me remit trois pièces de monnaie, avec lesquels j’achetai trois pains. Et j’entendis une voix qui me disait : « Traverse le Jourdain, et tu seras sauvée ! »
Je traversai donc le Jourdain et vins dans ce désert, où, depuis quarante-six ans, je demeure sans avoir jamais vu figure humaine, vivant des trois pains que j’ai emportés avec moi ; et qui, devenus maintenant durs comme des pierres, suffisent encore à ma nourriture. Quant à mes vêtements, depuis longtemps déjà ils sont tombés en morceaux."
Le texte de l'antienne se retrouve, comme les précédents, dans les antiphonaires (ou dans un bréviaire à l'usage de Paris de 1290-1310 BnF lat 15181 f. 477) : In procellis huius naufragii nobis esto portus refugii atque tua festa colentibus tuis sanctis succurre precibus et meritis maria, "Dans les tempêtes de ce naufrage, sois pour nous un havre de refuge, et un secours aux mers par tes saintes prières et tes mérites,et par tes saintes fêtes, et par tes saints mérites".
Faut-il en déduire qu'elle était invoquée contre les naufrages et les risques des traversées? La Légende décrit comment Zosime, plus tard, lui donne rendez-vous sur la rive opposée du Jourdain pour lui donner la communion et comment Marie l'Égyptienne traverse le fleuve en marchant sur les eaux.
Marie l'Égyptienne, Heures de Dunois f. 287v; BL. Yates Thompson MS.3
Dimensions normalisées (en cm) h = 171 , la = 60 ; pr = 41
Marie l'Égyptienne a le corps entièrement recouvert d'une toison bouclée qui se confond avec sa longue chevelure ; elle tient entre ses mains, contre la poitrine, trois petits pains. Ses pieds sont posés sur un lion, en allusion à ce passage de la Légende dorée :
« Zosime, ensevelis mon corps, rends mes cendres à la terre, et prie pour moi le Seigneur, sur l’ordre de qui j’ai enfin été délivrée de ce monde, le second jour d’avril ! » Ainsi le vieillard découvrit qu’elle était morte presque aussitôt après avoir reçu la sainte communion. Et comme il s’épuisait à creuser une fosse, il vit un lion, qui, doucement, s’approchait de lui. Et il lui dit : « Cette sainte femme m’a ordonné d’ensevelir son corps ; mais, vieux comme je le suis, et n’ayant point de bêche, je ne parviens pas à creuser la fosse. Toi donc, mon ami, creuse une fosse, afin que nous puissions ensevelir le corps vénéré de Marie l’Égyptienne ! » Et aussitôt le lion se mit à creuser une grande fosse, après quoi il s’en alla, doux comme un agneau ; et le vieillard s’en retourna vers son monastère en glorifiant Dieu."
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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LA FRESQUE DU JUGEMENT DERNIER.
Le Christ Juge trône encadré de la Vierge et de saint Jean-Baptiste. Dans la partie droite, les morts sortent de leurs tombeaux : les anges aident les élus à gagner le paradis tandis que l'archange saint Michel livre les damnés aux démons de l'Enfer.
a. Le Livre d'Heures f. 32v
le Jugement dernier, Heures de Dunois f 32v, B.L, Yates Thompson MS3
le Jugement dernier, Heures de Dunois f 32v (détail), B.L, Yates Thompson MS3
le Jugement dernier, Heures de Dunois f 32v (détail), B.L, Yates Thompson MS3
voir aussi
1°) f. 201v : Office des Morts.
Heures de Jean de Dunois, f 201v, Office des morts.
Des anges et un démon se disputant une âme : un cadavre gisant dans une tombe ouverte, avec un parchemin indiquant « Circumdederunt me dolores mortis et pericula inferni invenerunt me ». Sperantem in domino misericordia circumdabit'; à droite, un démon sortant de la terre et s'emparant de l'âme sortant du cadavre, avec un parchemin indiquant « Lubricus fuit » ; deux anges au-dessus avec des parchemins indiquant « Penituit et elemosinam dedit » et « Sinite illam : iustum et impium iudicabit dominus » ; une cérémonie funéraire, à la frontière.
2°) f. 211r : Heures des Morts.
Un prêtre administrant le sacrement de l'extrême-onction, Heures des morts, Heures de Jean de Dunois f. 211r
L'Office des Morts, avec , dans la bordure.
b. La peinture murale (après 1493).
"Le Jugement dernier est placé sur le mur sud de l'oratoire, c'est-à-dire dans une partie construite dès 1461-1464. Mais l'extrémité gauche de la peinture, comportant le groupe des Élus, est placée sur l'ébrasement de la fenêtre du mur est. Aussi conclurait -on volontiers que la peinture ne saurait être antérieure à 1493 ; elle s'inscrit bien dans la période d'aménagement de l'oratoire par Agnès de Savoie. Mais elle a été extrêmement retouchée au xixe siècle, et les repeints sont si nombreux qu'il est difficile de dire ce qui est authentique, et seule une restauration permettrait peut-être de dégager des conclusions. Cependant, il semble douteux que le groupe des Élus soit une pure création de Steinheil. Dans un article récent,( "Paoul Grymbault, éminent peintre français du XVe siècle", dans Revue de l'art, t. VIII, 1970, p. 17 sq) M. Charles Sterling a daté le Jugement dernier des années 1468-1469 et l'a attribué à Paoul Grymbault. Le compte des dettes de Dunois mentionne en effet : « A Me Paoul Grymbault, maistre escolle de Partenay, pour avoir paint plusieurs choses en la chappelle du chastel de Chasteaudun du vivant de feu mondit seigneur, la some de XXVII 1. X s. Et pour achapter des couleurs CX s. t. Et pour son logeiz durant ung an VIII 1. VI s. t., qui est en tout quarante une livre V s. t., comme appert par quictance cy rendue. Pour ce ... XLI 1. V s.. » Ce texte conduit à plusieurs constatations. Tout d'abord, si l'on sait que Paul Grymbault a travaillé à la chapelle du vivant de Dunois, on ne peut préciser la date, car, comme nous l'avons dit, le compte dont provient cette mention n'est pas daté et certaines dettes remontent à 1432. D'autre part, la somme de XXVII livres X sols tournois, même si on ajoute les CX sols tournois du prix des couleurs, est extrêmement modeste. Le seul autre texte connu concernant Grymbault provient du compte des obsèques de Dunois ; il permet une comparaison : « A maistre Pol Goybault pour II«X excussons de papier, aux armes de feu mondit seigneur, par luy faitz a Chasteaudun, c'est assavoir LXX de deux fueilletz a XV d. chascun"(Martin-Demezil)
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Les vitraux.
On ne peut admirer que le remplage, car les verrières ont disparu.
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Les croisées d'ogive et leurs blasons.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle basse. Cliché lavieb-aile 2025.
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console : un ange présente les armes d'Agnès de Savoie.
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LA CHAPELLE HAUTE ET SA CHARPENTE SCULPTÉE.
Les trois entraits de la charpente en lambris de châtaignier sont sculptés sur les côtés d'anges "volants" émanant de nuées, et au centre de l'Agneau de Dieu, dans un cartouche soutenu par un ange, en hommage à saint Jean-Baptiste. Des masques ornent la sablière à la retombée des nervures.
Sainte-Chapelle du château de Châteaudun, chapelle haute. Cliché lavieb-aile 2025.
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SOURCES ET LIENS.
—BOISSIEU A.-B. (de), 1901, "Les statues de la Sainte Chapelle du château de Châteaudun, d'après un ouvrage récent", in Bull. de la Société Dunois, t. X, 1901-1904, p.393-404, planches photographiques
— BORD (Pauline), 2019, . Jean Bâtard d’Orléans (1402-1468) : étude d’un bâtard princier dans le royaume de France au XV siècle. Histoire. Université de Lille, 2019. Français. ffNNT : 2019LILUH034ff. fftel02509038f
— EMBS (Anne), 2024, "statue présumée de Jean Dunois", Les arts sous Charles VII, Dossiers de l'art n°316, mars 2024
—HABLOT (Laurent),2016 , « L'héraldique au service de l'histoire. Les armoiries des bâtards à la fin du Moyen Âge, études de cas », dans Carole Avignon (dir.), Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2016, 560 p.
https://books.openedition.org/pur/44762?lang=fr
—GUILLOT DE SUDUIRAUT (Sophie), 2014, Quelques réflexions sur la polychromie des sculptures en France dans la seconde moitié du xve et au xvie siècle
https://journals.openedition.org/techne/12451
—GUILLOUET (Jean-Marie), 2003, La sculpture du Val de Loire au XVe siècle : une école introuvable ?. 303 : arts, recherches et créations, 2003, 75, pp.250-259. ffhalshs-00564926
https://shs.hal.science/halshs-00564926/document
"Plus en amont dans la Loire moyenne, l’ensemble monumental de la Sainte-Chapelle de Châteaudun, réalisé pour Jean, bâtard d’Orléans, comte de Dunois et de Longueville, vers 1460-1464 selon Monique Châtenet (*), s’intègre assez mal à cette vision d’un art ligérien caractérisé par la douceur des formes et le calme des drapés. Cette statuaire a été récemment comparé à la sculpture du Brabant septentrional ou de la région d’Utrecht et, notamment, à une Vierge à l’Enfant en chêne, possiblement de Jan Nude et conservée au musée du Louvre (**). Ce rapprochement n’emporte cependant pas l’adhésion en dépit de certaines similitudes dans le traitement des visages et l’élongation du canon. Quoi qu’il en soit de leurs sources d’inspiration, les saints de Châteaudun ne paraissent pas devoir s’inscrire parfaitement dans le paysage stylistique de cet art du Val de Loire. Ils témoignent bien néanmoins du recentrage de la commande artistique le long du cours du fleuve au XVe siècle. La célèbre tête dite de saint Maurice du Musée Historique d’Orléans (provenant de l’église Saint-Eloi-saint-Maurice) constitue un autre jalon possible de cette production orléanaise mais reste difficilement analysable en raison de son état très fragmentaire."
(*) Monique Chatenet, Le château de Châteaudun, Paris, 1999, pp. 15-19. 26.
(**)Sophie Guillot de Suduiraut (« Les sculptures de l’ancienne abbaye de Ferrière-en-Gâtinais », dans Michel Colombe et son temps, Jean-René Gaborit (dir.), actes du 124e congrès des sociétés historiques et scientifiques, section Histoire de l’art et archéologie, tenu à Nantes du 19 au 26 avril 1999, Paris, éd. CTHS, 2001, pp. 73-90 ; p. 87.
Sur Jan Nude, voir W. Halsema-Kubes, G. Lemens, G. de Werd, Adriaen Van Wessel. Een utrechtse beeldhouwer uit de late middeleeuwen, exposition du Rijksmuseum d’Amsterdam (20 déc. 1980-15 mars 1981), Amsterdam, 1981, pp. 22-23.
Voir également les rapprochements établis dans ce sens par Andrea Scheiding (Les statues de la Sainte-Chapelle de Châteaudun, mémoire de maîtrise, université Paris-IV (dir. Anne Prache), octobre 1987, pp. 89-96).
— MARTIN-DEMEZIL (Monique), « La Sainte-Chapelle du château de Châteaudun », dans Bulletin Monumental, 1972, 130, II, pp. 120-125 ;
" Les statues sont sans aucun doute l'œuvre d'un même atelier. On peut cependant distinguer plusieurs mains. La Vierge et saint Jean-Baptiste, dues probablement au chef d'atelier, sont d'une qualité raffinée, mais d'un style encore proche du XIVe siècle. Cinq autres statues : Barbe, Marguerite, Apolline, Geneviève et Marie-Madeleine se distinguent par des vêtements aux plis tumultueux; ceux de sainte Barbe sont le mieux traités; les autres sont plus secs (Apolline). Deux autres statues, Catherine et Radegonde, ont des draperies très différentes au plissé beaucoup plus simple. Enfin, Elisabeth et Jean l'Évangliste, statues-appliques, très plates, présentent un drapé extrêmement fruste."[...]
"Les autres statues, exception faite du portrait de Dunois, forment un groupe homogène. Elles reposent sur des colonnettes engagées aux chapiteaux sculptés de figures d'anges. L'architecture environnante ne peut donner une datation précise : certes, les colonnettes ne sont pas en liaison avec les murs de la nef et les bandeaux moulurés ont été bûches pour laisser place aux statues, mais cela ne signifie pas pour autant que celles-ci soient postérieures à la seconde campagne : il était plus simple, même si elles existaient déjà, de les disposer seulement après l'achèvement du gros œuvre. On remarquera d'ailleurs qu'il y a douze statues et que la chapelle primitive avait douze retombées d'ogives, alors que la disposition actuelle est très irrégulière. D'autre part, l'iconographie montre que ces œuvres ont été au moins commandées par Dunois. Dans l'abside sont placés la Vierge et saint Jean-Baptiste, patrons de Dunois et de Marie d'Harcourt à qui la chapelle était dédiée, ainsi que saint Jean l'Évangéliste, autre patron de Dunois, et la Madeleine, à qui était dédiée l'ancienne chapelle du château, desservie par le clergé de La Madeleine de Châteaudun (1). Or, sur un parement d'autel donné par Dunois à la Sainte-Chapelle figuraient, comme nous l'apprend l'inventaire de 1468, « la crucifixion, saint Jehan-Baptiste et Nostre Dame d'un costé, La Magdalaine et s. Jehan l'Euvangeliste de l'autre costé ». Une telle analogie des thèmes iconographiques ne peut être le fait du hasard. Les autres statues sont placées dans le chœur, la nef et les chapelles latérales. Elles représentent huit saintes : Marguerite, Catherine d'Alexandrie, Barbe, Geneviève, Elisabeth de Hongrie, Radegonde, Apolline et Marie l'Égyptienne. Ce choix est très curieux pour une Sainte-Chapelle, où figurent traditionnellement apôtres ou prophètes ; aussi est-il significatif de voir figurer les mêmes saintes dans le livre d'Heures de Dunois conservé au British Museum. Ces saintes faisaient donc l'objet de dévotions personnelles du bâtard, auxquelles Dunois semble attacher plus d'attention qu'à l'évocation des personnages des Écritures. La piété sincère de Dunois, qui se manifesta en d'autres occasions, comme son vœu à Notre-Dame de Cléry ou sa dévotion aux reliques de la Vraie Croix, s'embarrassait peu des usages ; les péripéties de la fondation de la Sainte-Chapelle sont, elles aussi, très expressives de ce trait de caractère. En effet, au lieu de fonder une collégiale comme il était de coutume pour les Saintes-Chapelles, Dunois voulut établir, pour le service de sa chapelle castrale, un prieuré dépendant de Saint-Victor de Paris ; cela sans doute parce qu'il avait eu pour précepteurs des religieux de cette abbaye. La décision fut prise dans le testament de 1463 : « Veullent et ordonnent que pour faire le divin service en ladite chapelle, c'est assavoir pour dire toutes les heures ordonnées par l'eglize et chanter deux grans messes par chacun jour dont la première sera de Nostre-Dame et l'autre du jour, y ait un prieur, quatre prestres et quatre cueriaux de l'ordre de Saint- Augustin, de regle et habit comme sont les religieux de Saint- Victor de Paris. »
— Heures de Jean Dunois, Paris 1436-1450, manuscrit éponyme du Maître de Dunois (connu comme le principal collaborateur du Maître de Bedford et identifié comme Jean Haincelin, fils probable de Haincelin de Haguenau). British Library Yates Thompson MS 3.
Cet article s'appuie sur la description princeps de Gatouillat 2011.
Construite au XIéme siècle dans le style roman, l’église collégiale Saint-Etienne d’Eymoutiers a été fortement endommagée, en particulier pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), guerre qui fut particulièrement acharnée dans le Limousin situé alors à la limite des possessions françaises et anglaises.
Le chœur roman, totalement détruit, sera remplacé par un magnifique chœur gothique tardif, commencé en 1451.
Un ensemble de 14 verrières anciennes de l'abside, des deux absidioles et de leurs collatéraux, auquel s'ajoute l'oculus du bras nord du transept, constituent selon Gatouillat "la plus importante série de vitraux du Limousin", ensemble où dominent de remarquables camaïeux de grisaille et de jaune d'argent plus ou moins ponctués de taches de couleur. Le programme formel réunit dans les lancettes de saints personnages en pieds, la Vierge et l’Enfant, Joseph, Jean l’Evangéliste et Jean le Baptiste, Anne, Laurent, Madeleine, Michel, Antoine, Catherine, Jacques, Pierre, Thomas, Paul, Etienne Christophe, Philippe, Barthélemy, Sébastien, etc. Mais les saints locaux comme Léonard, Valérie et Psalmet ne sont pas absents. Ils sont parfois accompagnés de donateurs, alors que les tympans accueillent des scènes de l'Histoire du Salut, de plus petite échelle. Le chantier débuta en 1451, bénéficia des largesses de Louis XI (donc après 1461) puis du dauphin et futur Charles VIII (dont on trouve les armoiries sur les vitraux), mais aussi de Jacques d'Armagnac, comte de la Marche vers 1475. Selon un document, trois des fenêtres du chœur était vitrées en 1479, et l'ensemble du chantier était achevées en 1485.
Les verrières des deux bas-côtés (sauf une) présentent des similitudes dans l’emploi de la peinture en grisaille et du jaune d’argent. De même, les trois verrières centrales du chœur 0, 1 et 2 montrent une grande analogie dans la composition de l’image et se distinguent par l’abondance et l’intensité des couleurs vives ; elles seraient les plus récentes (vers 1480).
Les chanoines d'Eymoutiers bénéficièrent aussi de l'aide de l'évêque de Limoges (de 1457 à 1484) Jean I Barthon de Montbas dont le portrait figure en baie 1, mais aussi des dons privés de couples (armoiries des Romanet en baie 14), ou de confréries.
Le ou les verriers anonymes figuraient certainement parmi les meilleurs de l'époque, du moins pour le chœur, comme en témoigne le raffinement des damas, ou la grande variété des teintes des verres.
Les vitraux furent restaurés par Lucien-Léopold Lobin vers 1872 (baie 13), puisb par l'atelier Champigneulle de Bar-le-Duc vers 1883-1884, puis par Francis Chigot, de Limoges en 1916-1931.
Endommagé par un dynamitage dans le voisinage en 1944, les vitraux furent remis en état en 1947-1949 par l'atelier Chigot de Limoges, puis à nouveau restauré lors d'une campagne échelonnée entre 1980 et 1990 par l'Atelier du vitrail de Limoges (ancien atelier Chigot). L’ensemble des verrières a été classé monument historique en 1907.
En 2004, des panneaux furent déposés et confiés au LRMH devant l'acceptation de la corrosion (voir le dossier technique), ils sont remplacés par des caches noirs.
Les vitraux pourtant anciens et classés n'ont pas bénéficié d'un double vitrage, et ne sont "protégés" que par un grillage dont l'ombre défigure en partie leur examen, et les images.
Numérotation In Gatouillat 2011
LA BAIE 0 OU BAIE AXIALE DE L'ABSIDE.
Cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon.
Les six figures de saint sont placées dans des niches architecturales devant des tentures damassées, galonnées et frangées. La verrière a été complétée par Champigneulle en 1883 (notamment pour les dais, qui ont été refaits), restaurée par Chigot en 1932 puis par l'Atelier du Vitrail de Limoges en 1985.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre supérieur des lancettes : Saint Joseph (moderne) et la Vierge à l'Enfant (v.1479).
Saint Joseph tient une fleur de lys.
La Vierge à l'Enfant
Devant une tenture damassée verte au motif de rinceau de feuilles et de petits fruits ronds, la Vierge en robe bleue sous un manteau blanc damassé et galonné de pierreries, porte l'Enfant nu qui tient une rose.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre médian des lancettes : saint Pierre et saint Étienne.
Saint Pierre, en manteau rouge damassé et tunique blanche, portant le livre et une clef, cotoie saint Étienne, tenant la palme du martyre et un livre où est posé une pierre, allusion à sa lapidation. Seule la tête de ce dernier est d'origine.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre inférieur : saint Jean et saint André.
Saint Jean l'évangéliste porte une bleue sous un manteau jaune, il bénit la coupe empoisonnée d'où s'échappe le démon sous forme d'un petit dragon.
Saint André tient sa croix en X, il est vêtu d'un manteau pourpre et d'une tunique blanche.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan : le Jugement dernier.
Dans le trilobe supérieur, le Christde la Parousie trône sur l'arc-en-ciel, portant le manteau de pourpre et montrant ses plaies. En dessous, la Vierge (moderne) et saint Jean.
Dans le quadrilobes inférieurs, la résurrection des morts : un roi et un empereur sortent de leur tombe, sous la'ppel de la trompe d'un ange placé dans l'écoinçon central.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
LA BAIE 1 OU BAIE GAUCHE DE L'ABSIDE.
Comme la précédente, cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre supérieur : Jean Barthon de Montbas en donateur devant saint Jean-Baptiste.
Sous des dais architecturaux ouvrant sur des arcs en accolade, très remaniés, les personnages sont présentés devant des tentures damassées, galonnées et frangées.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
1°) L'évêque de Limoges Jean Barthon de Montbas
La tenture damassée verte a le même motif de damas qu'ailleurs, un entrelacs de tiges à feuilles larges et de fruits ronds groupés par trois.
L'évêque de Limoges Jean I Barthon de Montbas est agenouillé devant son prie-dieu au livre ouvert, tenant la crosse épiscopale, portant la mitre à fanons, une chape damassée rouge bordée de pierreries, et ganté de chitothèques à bagues et plaques d'orfèvrerie. La tête et la mitre sont modernes.
Contre le prie-dieu, ses armoiries d'azur au cerf d'or à la reposée, au chef échiqueté d'or et de gueules, sommées de la mitre et traversées par la crosse en pal.
Ce panneau, comme le suivant, devait se trouver au regitre inférieur.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
2°)Saint Jean-Baptiste.
Il est vêtu de la peau de chameau recouverte d'un manteau bleu damassé et il désigne de l'index l'Agneau de Dieu reposant sur le livre.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Registre médian : saint Paul et saint Philippe.
Saint Paul tient l'épée de sa décollation. Il est vêtu d'un manteau bleu clair damassé et d'une tunique juane d'or également damassée.
Saint Philippe tient son attribut, la croix à longue hampe. Il porte un manteau vert dont un pan voile sa tête, et une robe pourpre.
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Registre inférieur : saint Jacques le Majeur et sainte Marie-Madeleine.
Saint Jacques, curieusement de dos, est coiffé du chapeau à larges bords à coquille, et vêtu d' un manteau rouge. Il tient son bourdon sous l'aiselle.
Marie-Madeleine tient le flacon d'onguent, elle porte sous un manteau damassé bleu une robe rouge.
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Le tympan.
Dans le trilobe central est peint en jaune d'argent sur fond rouge l'Arbre de la Connaissance autour duquel s'entoure le serpent à tête anthropomorphe cornue. Sur un fond de murailles crénelées, Adam, et Ève tenant la pomme, occupent les quadrilobes latéraux, masquant leur nudité d'une feuille.
Une rose boutonnée d'or est peinte dans l'écoinçon central tandis que les écoinçons latéraux montrent le soleil et la lune.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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LA BAIE 2 OU BAIE DROITE DE L'ABSIDE.
Cette baie de 10, 60 m de haut et 1,60 m de large comporte également 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 3 registres présentant 6 saints en pieds, et un tympan à un trilobe et 2 quadrilobes au dessus d'un large écoinçon. Les lancettes montrent six apôtres, Jacques le Mineur, Simon, Thomas, Barthélémy, Jude Thaddée et Matthieu, dans des niches à voutains colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, le sol en mosaïque de carrés ou de triangle indiquant la perspective. Chaque apôtre, pieds nus, tient le livre et son attribut distinctif.
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Registre supérieur : les apôtres Jacques le Mineur et Simon.
Saint Jacques le Mineur se reconnaît à son bâton de foulon, il porte une tunique verte sous un manteau rouge. Saint Simon, aux habits de couleurs inversées, tient une scie.
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Registre médian : les apôtres Thomas et Barthélémy.
Saint Thomas porte une lance, saint Barthélémy un couteau à dépecer.
Registre inférieur : saint Jude et saint Matthieu.
De profil, un saint apôtre (probablement Jude Thaddée) tient une sorte de piquet. Il porte un manteau-voile damassé rouge et une robe verte.
Saint Matthieu (tête moderne) tient une hache . Il est vêtu d'un manteau pourpre clair et d'une robe bleue.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Le tympan.
On y voit trois anges musiciens peints au jaune d'argent sur grisaille. L'un joue une sorte de trompe ou de flûte, l'autre du luth, le troisième de la harpe. On retrouve la rose sur l'écoinçon central.
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LA BAIE 3 AU NORD DE L'ABSIDE.
Cette baie de 9 m de haut et 1,30 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 4 registres , et un tympan à 3 ajours et 6 écoinçons.
Les lancettes présentent 6 saints personnages, et un couple de donateurs.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches à voutains colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, sous des dais architecturés hérissés de fleurons, le sol en mosaïque de carrés ou de triangle indiquant la perspective.
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Registre supérieur : un saint archevêque, et saint Léonard de Noblat.
Le saint archevêque , bénissant d'une main portant un gant à gland de passementerie, porte une chasuble rouge à croix chargée de pierreries, sur une tunique bleue galonnée d'or et une tunique longue blanche d'où dépasse une pantoufle à extrémité pointue. Tenture verte damassée du motif à rinceaux habituel ici.
Saint Léonard de Noblat , saint du Limousin du Ve siècle, est le patron des prisonniers dont il est réputé obtenir la libération. C'est ce qui explique qu'on le voit ici tenant des fers.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Registre médian : saint Louis et saint Jean-Baptiste.
Saint Louis est revêtu d'un manteau bleu fleurdelysé à collet d'hermines.
Jean-Baptiste porte l'habituelle peau de chameau sous un manteau rouge et désigne de l'index l'Agneau de Dieu portant l'étendard à croix blanche.
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Troisième registre : sainte Marguerite et sainte Catherine d'Alexandrie.
Sainte Marguerite est identifiée par son dragon (en gris à ses pieds) et son crucifix, ici à longue hampe, elle porte une robe bleue et un manteau rouge.
La tenture damassée verte porte un motif à feuilles crénelées et ponctuées qu'on retrouve sur la tenture rouge derrière sainte Catherine.
Sainte Catherine se reconnaît à sa couronne, son épée, son livre ouvert, et la palme de martyre, elle porte un manteau blanc damassé d'un large motif blanc et une robe bleue.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Registre inférieur : couple de donateurs.
Les commanditaires sont présentés face à face devant leur prie-dieu portant des livres ouverts.
Le chevallier en armure porte une cotte armoriée d'or à la croix ancrée d'argent chargée d'une étoile de même mais ces armoiries n'ont pas permis de l'identifier. On remarque ses cheveux jaune paille, ses longs éperons sur des solerets pointus.
Son épouse est coiffée d'un hennin haut et pointu dont le voile descend jusqu'à ses reins, ce qui est un signe de distinction sociale. On remarque aussi ses bretelles de chemise jaune fourrées, fourrure qu'on retrouve près du coussin rouge, et sa ceinture large à pierrerie sur sa robe bleue.
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Le soubassement porte deux écussons précisant la restauration par Champigneulle de Bar-le-Duc en 1884.
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Le tympan.
Dans cette scène reconstituée du Calvaire, le Christ en croix a été inséré au sommet, avant 1846, tandis que la Vierge et saint Jean ont été créés par Champigneulle en 1884.
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LA BAIE 4 AU SUD DE L'ABSIDE.
Cette baie de 9 m de haut et 1,30 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 4 registres , et un tympan à un grand trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes présentent 6 saints personnages, et une assemblée de donateurs.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches à voutains colorés, creusés d'une fenêtre, ouvrant par des arcs en accolade, devant des tentures damassées, galonnées et frangées, sous des dais architecturés flamboyant, le sol en mosaïque de carrés ou de triangle de diverses couleurs, indiquant la perspective.
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Registre supérieur : sainte Anne à gauche, la Vierge à droite.
Sainte Anne présente un livre ouvert à sa fille Marie. Elle porte une guimpe, une robe bleue serrée par une ceinture verte et un manteau rouge.
La Vierge en robe pourpre et manteau bleu tient l'Enfant sur le bras droit et lui présente un objet, une bourse liée par un cordonnet. L'Enfant tient, par un manche, jaune, un objet polyédrique (un hochet?). Mais pour Françoise Gatouillat, il tient un fruit, tandis que l'objet tenu par sa mère n'est pas mentionné. En fait, le "cordonnet" est vraisemblablement la main du Fils, posée sur quelque citron.
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Registre inférieur : un saint évêque ; saint Sébastien.
L'évêque bénissant de la main droite, en tunique verte sous une chasuble violette, n'est pas identifiable.
Sébastien est présenté comme à l'accoutumée, athlétique, seulement vêtu d'un petit pagne blanc, et tenant son arc et quatre flèches de son supplice (dont une quinzaine de plaies sont visibles).
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Registre médian : saint Antoine et saint Christophe.
Saint Antoine, à la barbe d'ermite, porte l'habit de son Ordre hospitalier, les Antonins, avec ce couvre-chef caractéristique dont les deux pattes descendent plus ou moins bas devant les oreilles, et qui, associé à au manteau à larges manches, forme la "coule", que F. Gatouillat décrit comme marqué du tau spécifique, mais que je ne retrouve pas. Par contre, la poignée de sa canne est bien incurvée en tau. Il porte le chapelet à gros grain, autre de ses attributs, et il tient le livre, la Règle qui le désigne comme fondateur de son Ordre. On voyait jadis, selon l'abbé Texier, le cochon, dernier de ses attributs.
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Saint Christophe traversant le fleuve en portant l'Enfant Sauveur du Monde
Il porte une robe verte et un manteau rouge, et s'aide de son bâton de passeur.
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Le registre inférieur : les donateurs.
Ils sont rassemblés sous des niches gothiques à 3 baies, tendues de draps d'honneur.
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À gauche, une femme et trois clercs (tonsurés, en robe blanche et col de couleur bleu ou rouge, probables chanoines), sont précédés par un homme (un riche marchand?) en long manteau pourpre, agenouillé sur un coussin : appartiennent-ils tous à la même famille, ou seulement à la même confrérie ? Un livre posé sur le sol indiquait peut-être leurs noms, on lit Secu---, Secu---, Ann, Bencu--, Dum--, Varu---.
Les deux panneaux ont été fortement complétés au XIXe, voire au XXe siècles.
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À droite, une femme en robe rouge et coiffe violette est devant, agenouillée sur le coussin écarlate, suivie de trois hommes jeunes et de trois jeunes femmes. Là encore, s'agit-il d'une famille (comme j'ai tendance à le penser), ou à une possible confrérie, de sainte-Anne par exemple? La première et la dernière femmes tiennent un chapelet et un missel.
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Le tympan.
Autour d'un soleil ondé central, deux anges jouent à l'aide d'un plectre d'un instrument à cordes pincées. Même carton retourné, avec fond rouge damassé.
Dans le lobe supérieur a été placé (par Champigneulle sans doute) un panneau du XVIIe siècle en grisaille, sanguine et jaune d'argent représentant le Christ aux liens, émergeant du tombeau entouré d'une gloire rayonnante.
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LA BAIE 5 DE L'ABSIDIOLE NORD.
Cette baie de 6,20 m de haut et 1,20 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à un grand trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes, très remaniées présentent 4 saints personnages, et un couple de donateurs avec des armoiries.
Un panneau a été déposé et confié au LRMH : il s'agit du vitrail représentant la tête de saint Michel, situé sur le deuxième registre de la lancette b, panneau b2. Voir LRMH page 28
Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques à voutains, devant des tentures damassées,, sous des dais architecturés modernes. Le sol en mosaïque de carrés ou de triangle de diverses couleurs, indique la perspective.
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Registre supérieur : la Vierge et saint Michel terrassant le dragon.
La Vierge, couronnée, rvêtue d'un manteau blanc galonné d'or, présente à son Fils une fleur à la tige et aux feuilles dorées. L'Enfant est nu, nimbé d'or, et trace une bénédiction.
Saint Michel, en armure recouverte d'un manteau rouge et brandissant une lance à croix pattée qui pénêtre dans la gueule du dragon (voir clichés LRMH), le terrasse de la pointe de ses solerets.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Registre inférieur : Saint Joseph et un donateur : saint Antoine et une donatrice.
Les panneaux de la lancette de gauche sont modernes.
À droite, saint Antoine tenant sa canne en tau, piétine des flammes, rappelant son efficacité face au Mal des ardents.
La petite donatrice est coiffée d'un hénnin.
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À gauche, les armoiries restituées, de gueules au chevron d'or traversé d'une omble d'argent accompagné de 3 coquilles de même, sont dites par Joseph Boulaud de la famille de Ruben de L'Ombre de Coudert.
À droite , un écu écartelé d'azur à trois croisettes d'argent aux un et quatre , de gueules à trois maillets d'argent au deux , et de gueules à trois fasces d'or au trois sont dites inversées de la famille de Disnematin de Salles, et, selon Alain Sené (1979) elles sont là pour Martial Disnematin, consul de Limoges en 1460.
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LA BAIE 6 DE L'ABSIDIOLE SUD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 4 trilobes imbriqués entourés d' écoinçons.
Les lancettes, très remaniées présentent la Vierge et saint Psalmet, vénérés par les donateurs de la confrérie de Saint-Psalmet.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques avec gables à crochets et fleurons, devant des tentures damassées.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
À gauche, la Vierge à l'Enfant, tenant une fleur de lis.
À droite, saint Psalmet, en jeune homme imberbe tenant un livre, debout pieds nus sur un ilôt entouré de la mer où nagent des poissons.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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La confrérie de Saint-Psalmet.
Inscription : C'EST LA CONFRERIE DE S. PSAUMUS (*) / C'EST LA CONFRERIE MONSr S. PSAUME.
(*) pour Psalmodius.
[ou de saint Psalme]
À gauche, cinq personnages sont regroupés mains jointes derrière un homme en habit blanc et chaperon rouge. Sa tunique est plissée sous une ceinture à la taille. Il est agenouillé sur un coussin à pampilles. 0 ses pieds est posée une couronne. Il est assimilé à Louis XI.
À droite, cinq autres personnages sont groupés derrière un homme assez semblable à son vis-à-vis, mais qui porte l'épée et qui a posé devant lui un chapeau que F. Gatouillat compare au chapel doré de Charles VI exhumé dans la Cour Carrée du Louvre. Il pourrait s'agir de Jacques de la Marche, comte d'Armagnac à partrir de 1646 (arrêté en 1475, il sera décapité en 1477).
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LA BAIE 7 DE L'ABSIDIOLE NORD.
Cette baie de 6,20 m de haut et 1,20 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à un grand trilobe entourés d' écoinçons.
Les lancettes présentent quatre personnages en pied . Les grands gables des dais architecturaux sont ornés de statuettes de prophètes portant des phylactères.
Les personnages en pieds sont placés dans des niches gothiques, devant des tentures damassées.
Trois panneaux ont été déposés et confiés au LRMH de Champ-sur-Marne .
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre supérieur : saint Jean-Baptiste et saint Louis.
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Saint Louis.
Seule la partie inférieure est d'origine, la partie supérieure étant restituée. Et le manteau d'hermines au dessus d'une robe rouge fourrée, laisse penser qu'il s'agissait plutôt d'un saint docteur de théologie, de droit ou de médcine, comme saint Yves, ou saint Côme.
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Registre inférieur, à gauche : saint Antoine et un donateur.
Il est identifié par son habit, sa canne en tau, la marque en tau de sa robe, son livre, les flammes rappelalnt le Mal des ardents, mais aussi par sa clochette, celle que portaient les cochons dont les Antonins avaient le privilège de leur divagation dans les forêts communes.
Le panneau manquant montre, à ses pieds, en donateur, un chevalier en armure, et une blason de fantaisie, d'azur à trois chérubins d'or.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre inférieur, à droite : sainte Catherine et une donatrice.
Seule nous est accessible la donatrice, portant un hennin.
Le blason de gueules au calice d'or entouré du monogramme IPM renvoie à Jean-Pierre Maury, curé de l'église en 1870-1872, suite à une restauration par Lobin.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan.
Autour de l'oculus central montrant la Sainte Face (nimbe crucifère sur fond rouge), trois anges (sur fond damassé de rinceaux) tiennent des phylactères où est indiqué GLORIA IN EXCELSIS [DEO].
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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LA BAIE 8 DE L'ABSIDIOLE SUD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 4 trilobes imbriqués entourés d' écoinçons.
Les lancettes présentent quatre saints en pied sous des niches à dais dont les gables sont à crochets : saint Martial, saint Pierre, sainte Valérie et saint Antoine .
Saint Martial et saint Pierre.
À gauche, saint Martial (SANCT MARSAU), portant la mitre et tenant un livre et la croix archiépiscopale, est vêtu d'une chape blanche à revers rouge.
Saint Pierre, en manteau blanc doublé de vert, tient le livre et la clé.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Sainte Valérie et saint Antoine.
Sainte Valérie (inscription VALERIA) porte, d'une facture moderne, la palme du martyre.
Saint Antoine est entièrement moderne.
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LA BAIE 9 DU COLLATERAL NORD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,15 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 1 trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes présentent 4 saints en pied: un saint évêque et saint Michel, et Anne trinitaire devant sainte Marie-Madeleine.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre supérieur : saint évêque ou saint abbé : Saint Michel terrassant le dragon.
Le saint abbé (il tient sa crosse en main droite) tient un livre dans la main gauche, comme un fondateur d'ordre ou de monastère.
Le motif du damas de la tenture bleue à grossees feuilles polylobées, n'avait pas été employé dans les autres verrières.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre inférieur : sainte Anne trinitaire et sainte Marie-Madeleine.
Sainte Anne présente la Vierge Marie sa fille (couronnée, robe bleue et manteau blanc) qui tient l'Enfant dont on remarque surtout la tête nimbée.
Marie-Madeleine (robe rouge et manteau blanc) tient le flacon d'onguent, sur une tenture bleue à motif de damas à grosses feuilles.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Le tympan.
Dans l'oculus central, l'Agneau de Dieu avec le nimbe crucifère et l'étendard de la résurrection est entouré de 3 anges tenant (en rapport avec le tympan de la baie 7) des phylactères portant l'inscription TE DEUM LAUDAM, sur des fonds à rinceaux colorés au jaune d'argent.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
LA BAIE 10 DU COLLATERAL SUD.
Cette baie de 6,40 m de haut et 1,20 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 1 grand trilobe entouré d' écoinçons.
Les lancettes présentent quatre saints en pied, saint Christophe et saint Barthélémy, puis saint Martial et sainte Valérie.
Il faut toute la perspicacité de Françoise Gatouillat pour savoir découvrir, dans les quadrilobes des fenêtres des dais architecturaux, deux minuscules blasons, l'un à gauche aux armes du dauphin, l'autre à droite aux armes de France d'azur aux trois fleur de lys.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre supérieur : saint Christophe et l'apôtre saint Barthélémy.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Saint Christophe, barbu, porte l'Enfant Sauveur du Monde et tourne son regard vers lui, tandis qu'il franchit le fleuve, en s'appuyant sur une perche. Il porte une tunique rouge et un manteau blanc, et ses cheveux sont retenus par un bandeau, conformément à la tradition iconographique.
Dans l'eau du fleuve a été peint en grisaille et jaune d'argent un navire (un mât, une vergue, un nid-de-pie).
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Saint Barthélémy tient le couteau à dépecer de son martyre, on y lit la marque de coutellerie "R".
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Registre inférieur : saint Martial et sainte Valérie (figures modernes).
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan : le Jugement dernier.
Dans le lobe supérieur du trilobe, le Christ Juge drapé de pourpre trône sur l'arc-en-ciel, montrant ses plaies et entouré , en haut, d'instruments de la passion et sur les côtés de deux anges soufflant dans leur trompe.
En dessous, un empereur sort du tombeau, coiffé de la tiare.
Les anges des lobes latéraux sont du XIXe siècle.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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LA BAIE 11 DU COLLATERAL NORD.
Cette baie de 6,00 m de haut et 1,65 m de large comporte 2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à 1 quadrilobe et 2 écoinçons.
Les lancettes présentent quatre saints en pied, saint Laurent et saint Eutrope et sainte Valérie (sic) et saint Amand.
L'oculus central du tympan a été déposé et confié au Laboratoire de Champs-sur-Marne.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le registre supérieur.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Saint Laurent, tonsuré, tenant le grill en main droite et le livre en main gauche.
Il porte la dalmatique. Son nom est inscrit sur le socle.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Saint Eutrope en évêque.
L'inscription du socle indique S. EUTROPI EPI[SCOPUS].
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Registre inférieur : saint tenant une épée ; saint Amand.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
À gauche, devant une tenture rouge à grosses feuilles, un saint tient une épée dressée et un livre. Ses cheveux sont courts et blonds. Il porte un manteau bleu à fermail doré et une tunique blanche serrée par une ceinture dorée, tunique qui est bordée d'hermines en partie basse.
Une inscription moderne le désigne, selon Gatouillat comme "Sainte Valérie", alors que je lis SANCTA puis VIFANA ?? (mais non HELENA)
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
À droite, saint Amand ermite de Limoges, désigné par inscription SANCTUS AMANT. Il porte la barbe et tient un bâton et un livre.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Le tympan.
Le panneau déposé représente saint Martial tenant la croix archiépiscopale et sainte Valèrie acéphale.
Les vitraux de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
—DELAGRANGE (Robert), DESPROGES (abbé), 1943, "La Collégiale d'Eymoutiers (Haute-Vienne) : monument historique... : [Description des vitraux : leur symbolisme, identification des personnages" Introduction par Dupelaud / Limoges : Impr. Société des journaux et publications du Centre , 1943, non consulté.
—GATOUILLAT (Françoise), 2011. Eymoutiers, ancienne collégiale Saint-Etienne. In : Gatouillat & Hérold, Les vitraux d'Auvergne et du Limousin, Corpus Vitrearum Medii Aevi, Recensement IX pages 253-265
— SENÉ (Alain), 1962, Les vitraux anciens de l'église collégiale d'Eymoutiers Thèse de doctorat de Lettres, Poitiers (non consulté, cité par F. Gatouillat)
— SENÉ (Alain), 1979, Signatures de donateurs et de verriers relevées sur les vitraux de l'église Saint-Etienne d'Eymoutiers, Haute-Vienne / Alain Sené / Limoges : [S.n] , 1979
—TEXIER (Jacques), 1846, Vitraux d'Aymoutiers, Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin p.86, 221-230
L'église du 12e siècle a été remaniée aux 13e et 14e siècles.
A partir de 1451, le choeur et des chapelles collatérales du chevet furent reconstruites après les destructions de la guerre de Cent ans. Vers 1475, les remarquables vitraux du choeur et des chapelles collatérales furent mis en place .
Peu de temps après la construction de ce chevet, la collégiale fut dotée de stalles ; il s’agit d’un ensemble de la fin du XVe siècle qui a été modifié, reconstitué peut-être avec les éléments existants et l’apport probable de boiseries du chœur des églises voisines (Saint-Pierre-Château ou Notre-Dame, actuellement détruites), et remontés dans une structure moderne.
K. Lemé-Hebuterne a proposé en 2013 une mise en perspective, aussi bien stylistique qu’iconographique, de l’ensemble d’Eymoutiers avec les stalles contemporaines conservées dans la région. C’est avec celles de Solignac que les points communs sont les plus nombreux, ce qui permet de confirmer une datation dans les années 1470-1480.
Les miséricordes ne sont pas sculptées, et je m'attache à présenter ici les 29 appuis-main des parcloses des 23 stalles, en en détaillant l’iconographie.
L'ensemble des stalles d'Eymoutiers se distingue par la rareté des moulures croisées.
Aujourd'hui, les stalles du chœur, derrière la balustrade les séparant de la nef, sont ordonnées à proximité du lutrin et d'un autel , en deux ensemble nord et sud se faisant face, avec 9 stalles hautes au sud et 8 stalles hautes au nord, et 3 stalles basses de chaque côté.
Je les désignerai en les numérotant de la nef vers le chevet en les désignant sous l'abréviation SH et SB, NH et NB pour Stalles Hautes et Stalles Basses, Sud et Nord. Les appui-mains portent le n° de la stalle dont ils assurent le soutien de la main droite de l'occupant, sauf mention contraire.
Liste:
SH1, côté gauche : homme coiffé d'une pèlerine à capuche.
SH1 : visage grimaçant au nez épaté, coiffé d'un bonnet.
SH2 : homme coiffé d'un voile-manteau et tenant un phylactère.
SH3 : canard.
SH4 : homme barbu portant une capuche.
SH5 : personnage au buste brisé, tenant sur ses genoux un objet (assiette, écuelle).
SH6, main gauche : Samson combattant le lion, ou, paysan ouvrant la gueule d'un lion.
SH6 : homme, partie haute bûchée.
SH7 : dragon ailé ou oiseau au bec brisé.
SH8 : joueur de cornemuse.
SH9 : canard.
SB1 côté gauche : homme barbu.
SB1 : chanoine à tête de chien tenant des deux mains son bonnet.
SB2 : dragon ailé, tête repliée et menaçante.
SB3 : visage d'homme à la barbe courte et peignée .
NH1 : chien jouant de la flûte à bec.
NH2 : chien (ou ours, ou singe) assis, portant un capuche rabattue.
NH3 : tête d'animal aux longues oreilles, sortant ses deux pattes de l'habit monastique qu'il porte : évocation de Renart prêchant aux poules?
NH4 : tête d'homme, bûchée, coiffé d'un chaperon.
NH4 : tête d'un homme coiffé d'une capuche et riant aux éclats.
NH5 : centaure coiffé et vêtu, agrippé à sa patte droite et armant sa main gauche près du visage.
NH6 : quadrupède (chien ? ours ?) tête posée sur le dos.
NH7 : oiseau ou chimère dont la tête est brisée (aigle?)
NH8 : personnage à tête animalisée, coiffé d'un bonnet et d'un chaperon rabattu, vêtu d'une robe ample ; main droite brisée.
NH8 : chien rongeant un os.
NB1 : buste d'homme casqué à visière relevée.
NB2 : personnage à tête simiesque.
NB3 : palmipède.
NB3 : animal à crinière et museau allongé et évasé.
On compte ainsi parmi ces 29 motifs 13 hommes (aucune femme) dont de possibles caricatures de chanoines ; 5 animaux à costume ou accessoire humains ; 5 animaux (canards, chien) ; 2 dragons ; et 3 animaux hybrides. Je note l'importance des motifs dont l'interprétation est en partie difficile à préciser.
On remarque la présence de deux instruments de musique : cornemuse et chalémie.
On remarque l'absence, rare, de végétaux.
Vue générale.
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
LES 12 STALLES DU CÔTÉ SUD
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Les stalles hautes HS
Appui-main de la stalle SH1, côté gauche : homme coiffé d'une pèlerine à capuche.
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Appui-main de la stalle SH1 : visage grimaçant au nez épaté, coiffé d'un bonnet.
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Appui-main de la stalle SH2 : homme coiffé d'un voile-manteau et tenant un phylactère.
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Appui-main de la stalle SH3 : canard.
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Appui-main de la stalle SH4 : homme barbu portant une capuche.
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Appui-main de la stalle SH5 : personnage au buste brisé, tenant sur ses genoux un objet (assiette, écuelle) .
Le contenu du plat est sculpté avec précision, mais je n'ai pu l'identifier (Coq??)
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Appui-main de la stalle SH6, main gauche : Samson combattant le lion, ou, paysan ouvrant la gueule d'un lion.
Le même motif se trouve sur une miséricorde SH2 de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue (André Sulpice, 1473-1487), ou sur les jouées des stalles de Saint-Pol-de-Léon (1504-1520).
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Appui-main de la stalle SH6 : homme, partie haute bûchée.
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Appui-main de la stalle SH7 : dragon ailé ou oiseau au bec brisé.
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Appui-main de la stalle SH8 : joueur de cornemuse.
Jean-Luc Matte le décrit ainsi dans son Encyclopédie de la cornemuse : " musicien aux joues gonflées, début XVIème (sic), 1 bourdon d'épaule, le hautbois a disparu ainsi que les bras et les mains du musicien."
L'outre est aussi gonflée que les joues du joueur de musette, mais ce qui a disparu, c'est le souffle-vent qui sortait initialement de la bouche du musicien.
Il est vêtu de houseaux, ces guêtres en tiges grossièrement nouées par deux cordelettes, laissant deviner l'origine paysanne du joueur, ou du moins son statut pauvre et itinérant.
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Appui-main de la stalle SH9 : canard.
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Appui-main de la stalle SB1 côté gauche : homme barbu.
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Appui-main de la stalle SB1 : chanoine à tête de chien tenant des deux mains son bonnet.
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Appui-main de la stalle SB2 : dragon ailé, tête repliée et menaçante.
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Appui-main de la stalle SB3 : visage d'homme à la barbe courte et peignée .
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LES STALLES DU CÔTÉ NORD.
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Appui-main de la stalle NH1 : chien jouant de la flûte à bec.
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Appui-main de la stalle NH2 : chien (ou ours, ou singe) assis, portant un capuche rabattue.
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Appui-main de la stalle NH3 : tête d'animal aux longues oreilles, sortant ses deux pattes de l'habit monastique qu'il porte : évocation de Renart prêchant aux poules?
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Appui-main de la stalle NH4 : tête d'homme, bûchée, coiffé d'un chaperon.
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Appui-main gauche de la stalle NH4 : tête d'un homme coiffé d'une capuche et riant aux éclats.
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Le côté est des stalles hautes : NH5 à NH8.
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Appui-main de la stalle NH5 : centaure coiffé et vêtu, agrippé à sa patte droite et armant sa main gauche près du visage.
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Appui-main de la stalle NH6 : quadrupède (chien ? ours ?) tête posée sur le dos.
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
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Appui-main de la stalle NH7 : oiseau ou chimère dont la tête est brisée (aigle?)
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Appui-main de la stalle NH8 : personnage à tête animalisée, coiffé d'un bonnet et d'un chaperon rabattu, vêtu d'une robe ample ; main droite brisée.
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Appui-main gauche de la stalle NH8 : chien rongeant un os.
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Les 3 stalles basses nord.
Appui-main de la stalle NB1 : buste d'homme casqué à visière relevée.
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Appui-main de la stalle NB2 : personnage à tête simiesque.
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Appui-main de la stalle NB3 : palmipède.
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Appui-main gauche de la stalle NB3 : animal à crinière et museau allongé et évasé.
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.
—LABORDERIE, (A. de), 1927, Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin t.LXXII
—LEMÉ-HÉBUTERNE (Kristiane), 2013, . Les stalles de la collégiale d'Eymoutiers. Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 2013, T. CXLI. Non consulté.
"Peu de temps après la construction de ce chevet, la collégiale fut dotée de stalles (Kristiane Lemé-Hébuterne, « Les stalles de la collégiale d’eymoutiers », p. 93-110) ; il s’agit d’un ensemble de la fin du xVe siècle qui a été modifié, reconstitué peut-être, à partir d’éléments anciens remontés dans une structure moderne. Les miséricordes n’étant pas sculptées, l’auteur s’attache aux vingt-neuf appuis-main dont elle détaille l’iconographie et termine par une mise en perspective, aussi bien stylistique qu’iconographique, de l’ensemble d’eymoutiers avec les stalles contemporaines conservées dans la région. c’est avec celles de solignac que les points communs sont les plus nombreux, ce qui permet de confirmer une datation dans les années 1470-1480."
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 211.
La période de reconstruction de l'abbaye débute dans la seconde moitié du XVème siècle, moment où l'abbaye, riche et protégée, se dota des magnifiques stalles du choeur, mobilier spectaculaire.
Les 56 stalles sont aujourd'hui réparties en 4 rangées disposées symétriquement en deux ensembles contre les murs de la nef, chaque ensemble est composé de 13 stalles basses et 15 stalles hautes. Les sellettes comportent des miséricordes. Le bois de chêne est teinté et ciré.
La décoration est similaire qu'il s'agisse des stalles basses ou hautes : miséricordes sculptées d'animaux ou de personnages, parcloses à colonnettes et appui-mains figurés, ceinture supérieure moulurée, jouées richement décorées de motifs architecturaux. Les dorsaux des stalles hautes sont décorés d'arcatures tréflées dont les écoinçons accueillent des ornements végétaux, leurs jouées à enroulements présentent des personnages en ronde bosse.
Plusieurs fois déplacées dans l'édifice, ces stalles ont systématiquement été recomposées. Actuellement situées entre les piliers de la seconde travée de la nef, elles ont pour cela été raccourcies, et le blason du donateur mutilé, en 1983-1984. Stalles nettoyées et remises en cire en 2000. Quatre sellettes (qui avaient été bloquées en position fermée pour éviter que le public ne s'y asseye pendant les concerts) ont été vandalisées entre 2000 et 2006 : trois sont conservées par les gens de la paroisse, une aurait disparu.
Ces 56 stalles de la seconde moitié du 15e siècle portaient jusqu'à une restauration récente les armes de gueules à trois annels d'or posés 2 et 1 de Martial de Bony, 57e abbé de Solignac de 1457 à 1484. Un document de 1676 atteste l'existence de 92 stalles.(https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM87000444 )
Le monogramme MH (Monument historique) a été ajouté sur certaines miséricordes .
"Elles étaient placées initialement dans la nef. Soit dans la partie haute de la nef et une portion du transept (schéma archives départementales) soit dans la nef (schéma des Oblats de 1953) et fermées par un jubé selon la coutume d'avant le Concile de Trente.
Elles ont été faites sous l'abbatiat de Martial Bony de La Vergne dont le blason apparaissait tronqué sur la stalle haute à gauche du mur nord. Elles ont été déplacées en 1633 après l'arrivée des moines de la Congrégation de Saint-Maur et mises dans le choeur, masquant les absidioles.
Leur nombre a sans doute été réduit puisqu'à la Révolution on ne comptait que 56 sièges.
En 1981 les Monuments Historiques souhaitèrent les replacer dans la nef, ce qui fut fait en 1984/1985, mais pour cela il fallut rogner certaines parties (dont le blason) et les statues des angles sont en partie masquées. C'est un mobilier original, de qualité malgré les nombreuses mutilations dues à des déplacements successifs et à une utilisation sans protection. Les sculptures étaient toutes différentes à l'origine mais 13 miséricordes très abîmées ou absentes ont dû être refaites par les Monuments Historiques d'après les originaux. Elles sont estampillées MH.
On compte actuellement 56 stalles : 15 hautes et 13 basses de chaque côté ; les passages se trouvent à chaque extrémité. Elles ne comportent pas de dais (absents à l'origine ou disparus ?). la largeur de chaque siège au niveau des épaules est de 46 cm, ce qui est peu et tous les sièges ont la même largeur ce qui est inhabituel (la largeur varie habituellement avec le niveau hiérarchique de son occupant) et laisse penser qu'un certain nombre a été perdu.
Les hauts dossiers présentent des arcs trilobés séparés par des écoinçons. Les jouées basses sont ornées de rosaces de style gothique flamboyant. Une miséricorde est absente. C'était une copie des MH, elle a été volée !Les colonnettes et les arrondis des parcloses sont très soignés.
La décoration se caractérise par une abondance de feuillages sur les miséricordes et les écoinçons des dossiers : plus de 31 %. Les monstres occupent environ 24%, les humains 19% , les animaux 10,7% et les références religieuses seulement 9,2%.
Ce faible pourcentage de décoration à thème religieux est curieux mais caractéristique des sculptures du sud de la France." (http://renaissancesolignac.free.fr/patrimoine/stal.htm)
On remarquera aussi l'absence de musiciens ; de scènes vulgaires ; de saynètes de la vie quotidienne ou laissanr deviner des proverbes ou des fables.
Numérotation :
Les 56 stalles seront numérotées de la nef vers le chœur par rangées SH et SB (Sud Hautes et Sud Basses) et NH et NB (Nord Hautes et Nord Basses).
LES STALLES DU CÔTÉ SUD.
II. Les 15 stalles hautes SH.
La jouée nord
Elle porte deux statuettes, celle de saint Michel terrassant l'archange, et celle, en haut de saint Pierre, patron de l'église, tenant ses clefs et coiffé de la tiare papale.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH1 : figure hybride à deux têtes, de sanglier, et d'anthropomorphe cornu.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH2 : femme (ailée?) portant un hénnin et grimaçant.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH3 : griffon mi-aigle et mi-lion.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH4 : singe attaché par une chaine à un boulet, et mangeant un fruit
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH5 : hybride aux ailes de chiroptère, et aux pattes palmées.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH6 : rat mordant dans un fromage.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH7 : couple adossé en buste, coiffés de chaperons.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH8 : moine tirant un dragon ailé par la queue.
D et H. Kraus y voient, par allusion à l'expression proverbiale, un moine tirant le diable par la queue et l'illustrent d'un cliché.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH9 : feuilles.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH10 : feuille.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH11 : gueule de dragon figuré en engoulant.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH12 : feuilles finement dentelées (de hêtre, ou de charme)
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH13 : ensemble de feuilles tortueuses.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH14 : être fantastique à longues oreilles, vêtu d'un camail, crachant une feuille.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SH15 : tête de moine, de profil.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
II. Les 13 stalles basses SB.
La jouée ouest.
L'écoinçon est décoré d'un dragon ailé.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles sud de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
SB1 :Homme barbu et cornu, à curieuses oreilles.
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SB2 : tête de profil d'un jeune homme coiffé d'un chaperon.
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SB3 : feuilles finement dentelées.
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SB4 : rameau de feuilles de chêne rouvre.
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SB5 : feuille.
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SB6 : animal (renard?) se lêchant.
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SB7 : plusieurs feuilles tortueuses.
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SB8 : Hybride : une seule tête pour deux corps.
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SB9 : Tête de fou (longues oreilles) tirant la langue.
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SB10 : feuillage.
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SB11 : tête d'homme barbu et cornu. Copie de SB1?
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SB12 : tête de moine, de profil.
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SB13 : feuille.
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La jouée est.
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LES STALLES DU CÔTÉ NORD.
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I. Les 15 stalles hautes NH
La jouée ouest.
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I. Les 13 stalles hautes NH.
NH1 : Homme barbu couché à plat-ventre et tenant une écuelle (ou son béret) : un mendiant?
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NH2 : feuilles.
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NH3 : 2 dragons se mordant la queue.
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NH4 : moine prosterné se tenant la tête.
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NH5 : femme ailée tenant un objet long.
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NH6 : feuille et/ou blason.
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NH7 : hybride à tête anthropomorphe
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NH8 : une sirène se coiffant devant son miroir.
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NH9 : feuille.
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NH10 : feuille
NH11 : animal fantastique à tête de chien, et ailes de chauve-souris.
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NH12 : rameau de chêne rouvre.
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NH13 : chien rongeant un os.
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NH14 : tête de fou (longues oreilles) tirant la langue.
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NH15 : un lion couché.
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II. Les 13 stalles basses NB.
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NB1 : personnage à bonnet long et robe plissée tenant un phylactère.
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NB2 : feuille.
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NB3: feuille.
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NB4 : dragon de profil, ailes écartées de face.
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NB5 : jeune homme coiffé d'un bonnet de docteur et tenant un livre ouvert qu'il nous présente.
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NB6 : feuille.
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NB7 : hybride (pattes palmées, queue de serpent) à tête anthropomorphe encapuchonnée.
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NB8 : feuille
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NB9 : miséricorde volée.
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NB10 : tête de bœuf, langue tirée.
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NB11 : dragon ou serpent ailé, dont le corps fait un huit.
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NB12 : dragon bicéphale dont les deux têtes se mordent
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NB13 : homme ou femme, bras écartés en V, mains en sabots.
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LES APPUI-MAINS
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Stalles de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
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Stalles de l'abbatiale de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
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— GRZELACK (Gaëlle) 2008, Les stalles de l'abbatiale de Solignac, reflet de la société médiévale, Issoudun : A. Lyner, 1 vol. (134 p.) : ill. en noir et en coul., carte, couv. ill. en coul. ; 24 cm
—LEMÉ-HEBUTERNE (Kristiane). Les stalles de l’abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Solignac. Presses universitaires de Limoges. in L’abbaye de Solignac (VIIe-XVIIIe siècle). Mémoires plurielles d’une très ancienne fondation, actes de colloque
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 211.
Jusqu'en 1950, de grands panneaux en bois imitant le marbre et soutenant des autels recouvraient les murs de l'abbatiale. On décida de les enlever pour mettre à nu l'appareillage de pierre. L'enduit à la chaux recouvrant le pilier droit laissa apparaître des traces de couleurs et une fois enlevé fit place à une peinture murale de 5 m de haut sur 3,20 m dont le bas était détruit. L'humidité risquait de l’abîmer. L'œuvre fut restaurée à plusieurs reprises : en 1973 par Robert Baudouin, en 1984 puis en 1991 par Albert Carré. Pour raisons de préservation, la peinture a été déposée en 1999 par Véronique Legoux et reposée en avant de son emplacement original en 2001.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Au centre du panneau est représentée l'image gigantesque du saint portant sur ses épaules l'Enfant Jésus. Il s'appuie sur un bâton de la main droite et retient l'Enfant de l'autre. Ce dernier, représenté de face, tient entre ses mains un globe marqué d'une croix. Autour de cette représentation prennent place différents épisodes de la vie de saint Christophe, d'après la "Légende dorée" de Jacques de Voragine (XIIIe siècle) , et, en bas à gauche, la figure d'un chevalier donateur.
Les sujets se détachent sur un fond damassé à fleurs de lys et couronnes dorées suggérant une influence royale (comme pour le vitrail de l'abbatiale, offert entre 1457 et 1484 par l'abbé Martial de Bony, et où un roi couronné est agenouillé devant une Vierge de Pitié avec sa prière Ave Maria gratia plena sur le phylactère).
Cliché lavieb-aile.Cliché lavieb-aile.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Saint Christophe, de son vrai nom Reprobus, (le réprouvé) était originaire du pays de Chanaan où vivaient des géants (entre autre : Goliath). Il mesurait dit-on 12 coudées soit 4 mètres ! C'est précisément en géant que la peinture le représente. Résolu à ne servir que le maître le plus puissant, il alla tout d'abord chez un roi. Le château en haut à droite pourrait certes relater cet épisode, malgré des éléments discordants.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Mais ce roi avait peur du diable et Reprobus le quitta pour se mettre au service du diable.
Au détour d'un chemin, tous deux rencontrèrent une croix et, la voyant, le diable prit la fuite.
On aperçoit sous le château un dragon (le diable) qui s'écarte du calvaire et que Reprobus, en costume du Moyen-Âge (du règne de Charles VII plus précisément) s'apprête à quitter pour chercher ce Christ capable de fair fuir le diable. Au dessus, une licorne, symbole de pureté, pourrait représenter le Christ [ou la virginité de la Vierge NDE].
Sous le calvaire, on voit un homme, de dos, attaché à une croix (larron, saint Sébastien ?)
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Tout à sa recherche, Reprobus rencontra un ermite du nom de Babylas auquel un corbeau apportait quotidiennement du pain. On voit à gauche un ermite sortir d'une toute petite chapelle surmontée d'une croix et d'un oiseau noir [en réalité à bec et pattes rouges : un Crave à bec rouge]. L'ermite élève une lanterne.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
Mais Reprobus avait servi le diable et Babylas lui imposa une pénitence : faire traverser le fleuve aux pèlerins en les transportant sur ses larges épaules puisqu'il n'y avait pas de pont ? Un jour, qu'il transportait un enfant, il faillit se noyer car cet enfant était très lourd : c'était Jésus portant tout le poids du monde. Reprobus devint alors Christophoros « celui qui porte le Christ ».
"Mais voilà que, peu à peu, l’eau enflait, et que l’enfant devenait lourd comme un poids de plomb ; et sans cesse l’eau devenait plus haute et l’enfant plus lourd, de telle sorte que Christophe crut bien qu’il allait périr. Il parvint cependant jusqu’à l’autre rive. Et, y ayant déposé l’enfant, il lui dit : « Ah ! mon petit, tu m’as mis en grand danger ; et tu as tant pesé sur moi que, si j’avais porté le monde entier, je n’aurais pas eu les épaules plus chargées ! » Et l’enfant lui répondit : « Ne t’en étonne pas, Christophe ; car non seulement tu as porté sur tes épaules le monde entier, mais aussi Celui qui a créé le monde. Je suis en effet le Christ, ton maître, celui que tu sers en faisant ce que tu fais. Et, en signe de la vérité de mes paroles, quand tu auras franchi le fleuve, plante dans la terre ton bâton, près de ta cabane : tu le verras, demain matin, chargé de fleurs et de fruits. » Sur quoi l’enfant disparut ; et Christophe, ayant planté son bâton, le retrouva, dès le matin suivant, transformé en un beau palmier plein de feuilles et de dattes." (Jacques de Voragine)
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
COMPLÉMENT ET DISCUSSION.
1°) Le donateur.
Il est agenouillé, en armure, son heaume devant lui, mains jointes. Sa prière figure sur un phylactère vertical, et elle semble s'adresser à Marie (dernières lettres MA) ; l'inscription a été déchiffrée en 1953 mais je n'ai pu y accéder. Un auteur a remarqué que "l'épée, avec sa garde à quillons retournés vers la pointe de la lame, fut en usage aux XIVe et XVe siècle. ;La forme de l'armure à plates semble indiquer le XVe siècle."
Ses armoiries sont un écartelé qui associent en 1 et 3 les armes de la famille de Bony de gueules à trois besants d'argent posés 2 et 1 et celles d'une autre famille, portant de gueules à la fasce d'argent accompagnée de 3 étoiles de même en chef.
Selon un auteur qui a publié dans le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin de 1949 :
"Il y eut vraisemblablement deux donateurs dont l'un doit être un religieux . A cause des deux écus dont les armes appartiennent à deux membres différents de la même famille . Quels auraient donc été ces deux donateurs ? Probablement d'abord un Abbé de Solignac , puisque cette peinture en orne l'église abbatiale . Or nous connaissons trois personnageş appartenant à la maison de Bony qui furent abbés de Solignac . D'abord Hugues , qui vivait au XIV ° siècle . Puis Martial , élu , suivant certains auteurs , en 1456 et auquel nous devons le vitrail armorié dont nous avons parlé , ainsi que les stalles établies en 1479. Enfin Aymeric , qui appartint à la génération suivante . L'époque indiquée par divers éléments de la fresque désignerait donc de préférence l'abbé Martial de Bony . Nous avons vu que l'un des donateurs , celui qui est représenté priant à genoux en armure , l'épée au côté et le casque devant lui , était un laïc. Ce dernier devait être proche parent du précédent abbé Martial , puisque ses armes le désignent aussi comme un membre de la famille de Bony . Or nous savons que cet abbé avait justement un frère portant le prénom de Christophe : c'était noble Christophe de Bony, damoiseau , fils de Jean ( 1409-1458 ) de Bony de Lavergne, damoiseau , et de Jeanne de Bruny . Il épousa lui-même par contrat du 5 septembre 1445 Antoinette Cotet et rendit hommage en 1465 . Il est donc vraisemblable que cette fresque , exécutée au XVe siècle , est due à Martial de Bony , abbé de Solignac , et à son frère , Christophe de Bony . et à son frère , Christophe de Bony , seigneur de Lavergne . Mais ce n'est là qu'une probabilité , car une certitude ne pourrait être obtenue qu'après identification des armes écartelant l'écu peint au-dessus du chevalier …"
Christophe de Bony eut des enfants : Pierre, seigneur de Lavergne et de Saint-Priest-Ligoure qui épousa Marguerite de Tranchillon [Tranchelion] et qui existait en 1465 et jusqu'en 1492; Jean, prieur de l'Artige ; Jeanne ; Aymeric, abbé de Solignac.
Mais on peut remarquer que :
a) les armoiries pleines de la famille de Bony, en bas à droite, ne sont pas marquée de la crosse abbatiale (à la différence du blason du vitrail de l'abbatiale, avec sa crosse en pal).
b) les armes en 2 et 4 de l'écartelé ne sont pas celles de l'épouse de Christophe de Bony (les armes ne seraient pas alors un écartelé, mais un blason mi-parti). Sont-elles celles de ses parents? Je ne peux retrouver les armes de la mère, Jeanne de Bruny. (Les généalogistes indiquent Jeanne Brun). Le donateur pourrait être Pierre de Bony, qui honorerait par cette dévotion à saint Christophe la mémoire de son père ; mais cela ne règle pas la difficulté.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
2°) Les trois personnages dans un pli de la robe de saint Christophe évoquent très fortement les trois pèlerins que, sur les fresque espagnoles, notamment à la cathédrale de Burgos, le saint porte à la ceinture.
— GRAU LOBO, Luis (1994-1995): “San Cristóbal, Homo Viator en los caminos bajomedievales: avance hacia el catálogo de una iconografía particular”, a Brigecio, 4-5, p. 167-184. http://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=1402347
Je ne vois pas d'autre explication à la présence de ces trois hommes sur la robe du saint.
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
3°) la collerette blanche de saint Christophe ne pourrait-elle être une roue de moulin , par rapprochement avec ces roues de moulin portées autour de l'avant-bras de saint Christophe à Burgos et à de nombreux autres sanctuaires espagnols?
Peinture murale de l'église de Solignac. Cliché lavieb-aile 2024.
4°) Les deux scènes, à droite et à gauche, incluant un château sont difficiles à interpréter.
A droite ( sur la rive précédant le miracle de la conversion de Reprobus) le château porte les armes de la famille de Bony. Le Géant s'y présente tenant à la main son bâton de marche reverdi — ce qui atteste de l'inrtervention miraculeuse de Jésus—, et il est accueilli par une jeune femme qui semble surprise ou enthousiaste.
Un cavalier quitte le château.
Cliché lavieb-aile.
À gauche, donc sur la rive que Reprobus/Christophe a fait traverser à l'Enfant-Jésus, l'ermite tient la lanterne, c'est logique, car il a guidé les voyageurs, on retrouve cet ermite de la rive gauche sur de très nombreux exemples.
Cliché lavieb-aile.
Mais le château qui domine l'ermitage est difficile à interprêter. Sous la herse, la porte est gardée par un soldat tenant une hallebarde, et un personnage vêtu de rouge (un roi? Dieu ??) regarde à travers une fenêtre grillagée.
"Au centre du panneau est représentée l'image gigantesque du saint portant sur ses épaules l'Enfant Jésus. Il s'appuie sur un bâton de la main droite et retient l'Enfant de l'autre. Ce dernier, représenté de face, tient entre ses mains un globe marqué d'une croix. Autour de cette représentation prennent place différents épisodes de la vie de saint Christophe, d'après la 'Légende dorée' de Jacques de Voragine. En haut à droite, saint Christophe se présente devant un château, lieu où il recherche le seigneur le plus puissant qu'il abandonne ensuite pour se mettre au service du diable qui lui apparaît alors plus fort ; mais il quitte ce dernier dont il découvre la crainte devant un calvaire, comme le montre la scène juste en dessous. Puis, éclairé par un saint ermite, peint au centre du côté gauche, il devient passeur, et trouve enfin l'homme le plus puissant du monde : le Christ qu'il porte pour lui faire traverser le gué. En haut à gauche se poursuit le cycle, avec un autre château qui doit représenter la prison de Lycie ; puis comme scène finale, l'avant-dernier supplice de saint Christophe : les flèches qui lui étaient destinées se détournent de lui, atteignant ses bourreaux. Le bas du panneau se rapporte aux donateurs : sur la gauche, un homme en armure est agenouillé en prière, en dessous d'un phylactère et d'un blason. Devant lui, une nef transportant trois ou quatre personnages est représentée. Un second donateur dont il ne reste que l'écu devait être représenté plus loin.
Oeuvre restaurée à plusieurs reprises : en 1973 par Robert Baudouin, en 1984 puis en 1991 par Albert Carré. Pour raisons de préservation, la peinture a été déposée en 1999 par Véronique Legoux et reposée en avant de son emplacement original en 2001.
Ecu de gauche au bas du panneau : écartelé aux 1 et 4 de gueules à trois annelets d'argent, qui est Bony ; aux 2 et 3 de gueules à la fasce d'argent accompagné en chef de trois étoiles de même rangées en fasce (non identifié). Ecu de droite : de gueules à trois besants d'argent posés 2 et 1, (famille Bony). Inscription actuellement illisible peinte sur le phylactère au bas du panneau (relevée en 1953).
Cette peinture murale représentant la vie de saint Christophe date de la 2e moitié du 15e siècle, ses commanditaires pourraient être l'abbé Martial de Bony (élu en 1456) et son frère Christophe de Bony. Elle a été découverte en 1951."
— DENIS (Hortense), 2020. Les représentations artistiques de saint Christophe dans le diocèse de Chartres, du Moyen âge au XVIe siècle. Art et histoire de l’art. Mémoire de recherche (2de année de 2e cycle) en histoire de l’art appliquée aux collections présenté sous la direction de Mme Ioanna RAPTI et M. Jannic DURAND
—RIGAUX (Dominique), 1996, "Une image pour la route. L'iconographie de saint Christophe dans les régions alpines (XIIe-XVe siècle)", Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public Année 1996 26 pp. 235-266
— VORAGINE (Jacques de) 1261, ou IACOPO DA VARAZZE, Legenda aurea, traduite en français par JEAN DE VIGNAY sous le titre de Légende des Sains au plus tard en 1348.
Les stalles de l'abbaye de Mozac ont été installées au début du XVe siècle durant l’abbatiat de Philibert 1er d’Archambaud (abbé d'avril 1406 jusqu'à sa mort en 1419), et certaines ont été redécouverte en 1967 par le Club historique mozacois dans le grenier du presbytère. 39 stalles sont toujours en place dans le chœur de l’église, dont la stalle de l'abbé, non présentée ici, et qui porterait les armes de Raymond de Marcenat.
Elles sont réparties en stalles hautes et basses de part et d'autre du chœur, à raison de 11 stalles hautes et 8 stalles basses de chaque côté.
Le décor sculpté des miséricordes alterne des éléments figurés animaux et humains, les plus intéressants, avec des feuillages stylisés ou des éléments géométriques en pyramide ou en simples rectangles (21 au total). Parmi les 9 représentations humaines, on compte 8 hommes et 1 femme. Parmi les 8 animaux, pas toujours identifiables précisément, on trouve 1 lion, un chien rongeant un os, un griffon, 2 sangliers, 1 oie.
Les jouées sont banales et surmontées de volutes toutes semblables ; les appui-mains sont tous identiques ; les dossiers et haut-dossiers ne sont pas sculptés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
LES STALLES SUD.
Les stalles hautes sud HS.
HS11. visage d'un homme.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS10 : feuillage stylisé.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS9 : buste d'un homme, bras écartés et mains sur le ventre.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS8. Pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS7. visage d'un homme barbu coiffé d'un chapeau feuillagé.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS6. feuillages.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS5. Lion ? faciès léonin à longues oreilles.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS4 : feuille
HS3. griffon.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS2. chien tenant un os.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HS1. feuille et son rameau.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Les stalles basses sud.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 1 : homme de face, à barbiche, cheveux écartés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 2 : feuilles.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 3 : pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 4 : homme de profil, coiffé d'un bonnet, qui lève la main.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 5 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 6 : homme coiffé d'un bonnet pointu (à grelot?) et vêtu d'une tunique à gros boutons.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 7 : rectangle.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 8 : tête de sanglier de profil.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
LES STALLES NORD.
Stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Les stalles basses nord BN.
BS 8 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 7 : tête d'homme barbu.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 6 : rectangle
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 5 : tête d'animal aux oreilles pointues.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 4 : tête de femme à chevelure ou coiffe exubérante.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 3 : pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 2 : pyramide à degrés.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
BS 1 : un oiseau de profil : une oie ?.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
Stalles hautes nord.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN1 : feuille stylisée.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN2 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN3 : tête de bœuf, de face.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN4 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN5 : tête d'homme (?) coiffé d'un bonnet, aux cheveux écartés en deux masses latérales.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN6 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN7 : feuille finement dentelée.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN8 : rectangle.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN9 : feuille.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN10 : rectangle.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
HN11 : tête de sanglier.
Miséricordes des stalles de l'abbaye de Mozac. Cliché lavieb-aile 2024.
"La mise en place du chœur liturgique de la nouvelle église collégiale terminée au XV siècle fit l'objet de nombreux litiges entre les consuls et les chanoines. Pour leurs stalles, les chanoines s’adressèrent en 1473 à un huchier venu de Marvejols. André Sulpice. qui avait à son actif la mise en place, en 1462, des stalles de la cathédrale de Mende et dont le succès fut tel en Rouergue qu'on le chargea du chœur de la cathédrale de Rodez en 1478. Le contrat de la collégiale, relevé par Étienne Cabrol et daté du 1er mai 1473, prévoyait de donner au menuisier une somme de 600 livres et 60 pintes de vin mais l'installation du nouveau chœur provoqua la colère des consuls qui le trouvaient trop vaste. Ils exigèrent en 1484 la réduction de huit stalles mais en 1486, Antoine de Morlhon, président au parlement de Toulouse, intervint en faveur du chapitre collégial et imposa les dispositions du nouveau chœur souhaité par le chapitre.
En 1561, les stalles subirent les dommages des guerres de Religion, les huguenots détruisirent les statuettes qui ornaient les stalles basses et les chanoines firent, par la suite, scier les restes de cet ensemble de petites statues. Une deuxième vague de destructions eut lieu pendant la Révolution , période où les museaux des parcloses furent mutilés.
Enfin, en 1750, Joseph de Lavigne, prévôt du chapitre, fit retourner et pousser les stalles à leur emplacement actuel, au fond de l'abside.
Aujourd'hui, les stalles comptent soixante-deux sièges. Les stalles hautes se terminent par des jouées enroulées en volutes autour de quelques petites statues sauvées des destructions et les stalles basses par des panneaux ornés de remplages flamboyants Les hauts dossiers sont couverts de remplages et les miséricordes présentent la partie la plus originale du décor, selon les habitudes d'André Sulpice. Feuillages, animaux hybrides, scènes populaires, comme le combat pour la culotte, l'homme endormi sous son chapeau ou le « soufflacul », motif de dérision par excellence, sont traités dans une manière très particulière, faite de volumes vigoureux et de modelés lisses." (Michèle Pradalier-Schlumberger)
Note : selon Jacques Dubois, huit sièges ont été retirées des 70 stalles de la collégiale après un accord passé entre les consuls et le chapitre en date du 5 avril 1487, pour dégager la vue vers l'autel ; elles auraient été remontées à la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue.
André Sulpice, originaire de Bourges, fut à la tête d'un atelier important. Il conçut entre 1462 et 1489-90, les stalles de la cathédrale de Mende, puis celles de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que celles de la cathédrale Notre-Dame de Rodez tandis que son fils Étienne réalisa vers 1490 celles de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue.
Les stalles sont disposées en U dans l'abside, tournée vers l'autel qui occupe la croisée du transept. Ded deux côtés nord et sud, on dénombre onze stalles au premier rang (stalles basses), et quatorze au second rang (stalles hautes), tandis qu'au fond, on compte de chaque côté deux stalles au premier rang et quatre au second. Les panneaux de refend qui terminaient les stalles à l'entrée du choeur ont été sciés et détruits pendant les guerres de religion. Les accoudoirs ont été refaits.
Les miséricordes alternent des feuillages (assez semblables) dans 29 cas, avec des animaux , au naturel ou fantastiques (16 miséricordes) ou des êtres humains ou anthropomorphes (17 miséricordes). Parmi les animaux, les oiseaux sont moins nombreux et moins stéréotypés qu'à la chartreuse Saint-Sauveur. Il n'y aucun motif religieux (exception faite peut-être du biblique Samson). La plupart des sujets non végétaux se détachent sur un fond très caractéristique à pans coupés cubiques.
J'ai repris le principe de numérotation adopté dans mes autres articles :
Vue d'ensemble : POP Notice PM12000623.
Je débute ma description des jouées et miséricordes par le côté sud, stalles hautes.
Les stalles hautes côté sud
La jouée haute, sud-ouest.
Dans les volutes feuillagées, un moine priant est soutenu par un culot et coiffé par un dais gothique tenu par un angelot. Cette disposition est aussi choisie à la cathédrale de Rodez.
Miséricorde de la stalle n°1. Une feuille (vigne ?).
Les feuilles sont accompagnées d'un rameau ligneux, évoquant un sarment.
Miséricorde de la stalle n°2. Un homme ouvrant la gueule d'un animal. Samson et le lion?
Un homme dont la face a été buchée maintient entre ses jambes un animal dont il entrouvre la gueule. Cet animal est peut-être un lion (crinière, griffes), et dans ce cas, comment ne pas penser à la scène de Samson et le lion (Juges 14:6), préfiguration du Christ affrontant Satan, ou plus prosaïquement, figure d'une force surhumaine?
Miséricorde de la stalle n°3. Feuille (vigne ?).
Miséricorde de la stalle n°4 : 2 dragons aux têtes anthropomorphes (homme et femme) nouées.
Miséricorde de la stalle n°5 : feuille (vigne?).
Miséricorde de la stalle n°6 : un lion couché, de profil.
Notez les éléments cubiques en rocailles de l'arrière-fond.
Miséricorde de la stalle n°7 : feuille (vigne?)
Miséricorde de la stalle n° 8 : couple de sauvages, la tête de la femme est buchée. L'homme, à la barbe très fournie, tient un objet : bougie ?
Miséricorde de la stalle n° 9 : feuille et rameau ligneux.
Miséricorde de la stalle n°10 : une femme assise, en coiffe, tourne une broche, face à un animal, dressé sur ses pattes arrière, qui l'assiste.
Miséricorde de la stalle n° 11 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°12 : chien dévorant une volaille.
Miséricorde de la stalle n° 13 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°14 : homme barbu, armé d'un rameau écoté, se protégeant derrière son bouclier, sort de la coquille d'un escargot : hybride humain/escargot.
Angle entre 14 et 15. Deux appui-mains.
Miséricorde de la stalle n°15 : feuille.
Miséricorde de la stalle n° 16 : femme en coiffe, la tête apparaissant entre ses bras écartés comme si elle sortait d'u trou.
Miséricorde de la stalle n°17 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°18 : chien colleté, aux longues oreilles.
La jouée B, fin des stalles hautes sud.
Selon le même principe que pour la jouée A, les volutes feuillagées présentent, sur un culot et sous un dais gothique, un personnage barbu, aux cheveux volulmineux, vêtu d'une robe longue et tenant un phylactère. Il peut s'agir d'un apôtre et il serait logique d'y voir le premier d'entre eux, saint Pierre, ou bien un prophète, et la tradition y identifie Isaïe.
Les stalles basses du côté sud
La jouée C, début des stalles basses sud. Les deux personnages qui l'ornaient ont été bûchées, il ne reste que le bas de leur robe. S'il s'agissait d'une Annonciation, l'hypothèse de voir Isaïe à proximité serait confortée.
Miséricorde de la stalle n° 19 : deux singes. Le premier mange un fruit et présente de la main droite son arrière-train au second qui, vêtu d'une cagoule, dirige l'extrémité d'un soufflet vers le postérieur. C'est la scène dit du "soufflacul" très appréciée des auteurs et des visiteurs.
Miséricorde de la stalle n° 20 : feuille.
Miséricorde de la stalle n° 21 : une servante verse de l'eau dans la cuve où sa maîtresse prend son bain, la poitrine nue mais portant une coiffe à deux cornes.
Miséricorde de la stalle n° 22 : feuille.
Miséricorde de la stalle n° 23 : singe en posture de roulade avant.
Appui-mains 23/24 : un lion à collier de grelots ?
Miséricorde de la stalle n° 24 : un centaure. L'union entre la partie animale (qui n'est pas réellement celle d'un cheval) et la partie humaine qui bande son arc est marquée par un revers, comme pour l'hybride humain/escargot de la miséricorde 14.
Miséricorde de la stalle n° 25 : chat tenant dans sa gueule un rat.
La jouée D encadrant le passage vers les stalles hautes.
Comme la jouée C et les jouées basses suivantes, elle a perdu ses personnages supérieurs, dont on devine les robes, ou du moins des étoffes.
La jouée E encadrant le passage vers les stalles hautes.
Miséricorde de la stalle n° 26 : feuille et rameau ligneux.
Miséricorde de la stalle n° 27 : chien colleté tenant dans sa gueule un coq.
La forme du collier est particulière ; il s'associe à un mantelet.
Miséricorde de la stalle n°28 : feuille et rameau ligneux.
Miséricorde de la stalle n°29 : le contorsionniste. Un acrobate, sculpté de face, encadre son visage de sa jambe, le pied arrivant sous le menton, et de son bras gauche, la main se posant sur le crâne. Deux mains (ou une main et un pied) émergent sur les côtés.
Voir les stalles n°8 et 17 de la cathédrale de Tréguier.
Miséricorde de la stalle n° 30 : feuille et rameau ligneux.
Miséricorde de la stalle n°31 : un visage féminin de profil, portant une coiffe en cornette.
LE CÔTÉ NORD.
Les stalles hautes.
Jouée G des stalles hautes du côté nord.
Comme les précédentes des stalles hautes, cette jouée accueille une statue, ici celle d'un moine, tonsuré, priant mains jointes.
Miséricorde de la stalle n°32 : un lion, de profil, tête de face.
Miséricorde de la stalle n°33 : un aigle, de profil.
Miséricorde de la stalle n° 34 : une feuille et rameau ligneux.
Miséricorde de la stalle n°35 : deux lièvres affrontés, têtes tournées.
Miséricorde de la stalle n°36 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°37 : femme portant une coiffe et une robe à décolleté droit.
Miséricorde de la stalle n°38 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°39 : sirène se coiffant de son peigne en se regardant dans un miroir.
Tout le haut du corps est parfaitement féminin et dénudé, exaltant la beauté et la coquetterie , tandis qu'au dessous d'un revers en forme de ceinture (comme pour les hybrides précédents), le corps est eclui d'un poisson aux écailles marquées et à la queue redressée.
Miséricorde de la stalle n°40 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°41 : deux oies affrontées, la tête tournée.
Miséricorde de la stalle n°42 : une feuille.
Miséricorde de la stalle n°43 : un serpent qui semble avoir le ventre plein.
Miséricorde de la stalle n°44 : une feuille.
Miséricorde de la stalle n°45 : hybride mi-humain mi-lion. La partie humaine est celle d'un homme barbu encapuchonné comme un vieil ermite.
Angle entre les stalles 45 et 46.
Miséricorde de la stalle n°46 : une feuille.
Miséricorde de la stalle n°47 : acrobate en renversement postérieur, à visage simiesque, coiffé d'une cagoule et vêtu d'une culotte à lacet.
Miséricorde de la stalle n°48 : une feuille.
Miséricorde de la stalle n°49 : une feuille.
Jouée H des stalles hautes nord côté est.
La statuette est celle d'une Vierge assise, mains jointes, couverte d'un voile qui descend en manteau jusqu'à terre. Un angelot est sculpté sur le dais.
Les feuilles accompagnées de leurs rameaux sont peu naturalistes, certaines sont divisées en trois fins lobes. Ces feuilles semblent posées sur la volute qu'elles épousent comme si elles étaient mise à sécher.
Sur le montant grimpe une vigne eucharistique et ses grappes de raisins.
Stalles basses sud.
Jouée I d'entrée est des stalles basses nord.
Le premier personnage tenait un phylactère.
Miséricorde de la stalle n°50 : un couple assis tenant chacun les bords d'un chaudron.
La femme porte une coiffe dont le voile descend dans le dos jusqu'à sa taille. L'homme, barbu, est coiffé d'un capuchon : il pourrait évoquer un moine avec son habit plissé par une ceinture, et sa capuche.
Miséricorde de la stalle n°51 : feuille dont les rameaux portent des fruits ovales.
Miséricorde de la stalle n°52 : fou au bonnet caractéristique, à grelot et oreilles d'âne. Comme pour la bourgeoise de la miséricorde n°16, il semble tenter de s'échapper de sous la sellette en poussant sur ses bras écartés.
Miséricorde de la stalle n°53 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°54 : un homme endormi sur le côté gauche, coiffé d'un chapeau à larges bords.
La tête du personnage assis, un livre sur les genoux, a été bûchée. Il s'agit probablement d'une femme, au long voile garni d'un ourlet brodé, et au très élégant manteau plissé.
Miséricorde de la stalle n°55 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°56 : deux dragons réunis sous la même tête anthropomorphe lunaire et coiffée d'un bonnet.
Miséricorde de la stalle n°57 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°58 : une chouette, de face, ailes ouvertes.
Miséricorde de la stalle n°59 : une feuille et ses rameaux.
Miséricorde de la stalle n°60 : un dragon au buste féminin tenant un moulinet.
Le moulinet, ou tourniquet, ou scopperel, scopperil, ou whirligig est un jouet d'enfant médiéval qui apparaît en iconographie par exemple en 1500 dans le Bréviaire d'Eléonore du Portugal, ou dans les mains du jeune Jean-Baptiste, sur un tableau de Bernhard Strigel (1520-1528), ou dans le tableau l'Escamoteur de Jérôme Bosch vers 1475-1505, ou dans les Jeux d'enfants de Brueghel où deux filles s'affrontent en duel.
Miséricorde de la stalle n°61 : feuille.
Miséricorde de la stalle n°62 : couple à corps de de félins et à tête de femmes portant l'un une cagoule et l'autre une coiffe.
Jouée L des stalles basses nord côté ouest.
Là encore, les personnages de la partie haute ont disparu, mais on devine un phylactère.
SOURCES ET LIENS
—Palissy (mobilier), notice no PM12000623, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture ( 46 photos)
— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, non consultée
https://theses.fr/2000TOU20015
— CABROL (Etienne), 1860, Annales de Villefranche de Rouergue
https://books.google.fr/books?id=4cZZ0ndFQKMC
— GOFFINET "Villefranche-de-Rouergue : l'église Notre-Dame"», dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 pages, page 103.
"Les stalles de chêne qui garnissent l'abside forment les principales pièces du mobilier de l'église. Elles ont été exécutées de 1473 à 1487 par le maître menuisier André Sulpice, auteur de celles de la Chartreuse, de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez, pour le prix de six cents livres et soixante pintes de vin, suivant un contrat passé avec le Chapitre,
Elles furent mises en place en 1496, mais dans une position autre que celle qu'occupent aujourd'hui les soixante-deux stalles, qui formaient clôture devant le choeur, avec retours latéraux, ainsi que nous l'avons rapporté plus haut, en rappelant l'histoire de Notre-Dame.
En 1561, les huguenots leur firent subir d'importantes mutilations en brisant les statuettes qui ornaient les accoudoirs, puis d'autres dégradations furent le fait des révolutionnaires.
Néanmoins, on peut encore se rendre compte de ce qu'était la décoration ornementale, consistant en
branches d'arbres ou ceps de vignes avec leurs fruits disposés dans des panneaux et accompagnés de quelques statuettes échappées aux désastres. Enfin, on reconnaît certaines scènes comme l'Annonciation et le prophète Isaïe et on peut constater que les miséricordes étaient ornées de feuilles, de figures, d'animaux, de monstres et de scènes curieuses. Les dorsaux sont rehaussés d'arcatures, les unes de style rayonnant, les autres de style flamboyant."
—LAFON (Victor, abbé), 1889, Historique du choeur et iconologie des stalles de l'église Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue, Rodez, 1889. Non consulté.
—PRADALIER-SCHLUMBERGER (Michèle), « Villefranche-de-Rouergue, collégiale Notre Dame. », dans Congrès archéologique de France. 167e session. Monuments de l'Aveyron. 2009, Paris, Société française d'archéologie, 2011, 444 p., p. 359-370
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols, 444 pages 26 et suiv.
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 149-153 et 217.
Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue, II: les animaux et personnages des haut-dossiers.
Si les miséricordes de la chartreuse Saint-Sauveur ont reçu toute l'attention qu'elles méritaient, les "haut-dossiers" ou panneaux verticaux au dessus des sièges ont peut-être été moins étudiés ; du moins je n'ai pas su trouver de clichés en ligne les concernant, et encore moins d'étude monographique, alors qu'ils abritent chacun une paire de motifs sculptés passionnants. Ils sont au nombre de 34 pour 30 sièges, pour compenser les retours d'angle.
Ils relèvent d'un art médiéval (aucun élément Renaissance) où dominent largement — comme c'est également le cas pour les miséricordes— les représentations d'animaux (oiseaux, chien, lion, ours, dragons) associés à des humains (homme sauvage chasseurs, ou fous), à des feuillages, et, fait insigne, à un blason du donateur Vesian Valette et de son épouse. Mais à la différence des miséricordes, ces animaux et humains affrontés deux à deux dans chaque angle supérieur des dossiers composent souvent des saynètes évoquant les enluminures marginales des manuscrits. L'ambiance générale est sylvestre.
J'ai repris la numérotation choisis pour les miséricordes, juste modifiée par des numéros bis dans les encoignures.
Stalles sud de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.Stalles nord de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Chaque panneau de 1,25 m de haut, séparé de l'autre par un pinacle gothique, est orné d'un remplage flamboyant à quadrilobes inscrits dans une ogive. Ces réseaux sont tous semblables, mais ce sont les écoinçons, les angles triangulaires supérieurs, qui reçoivent ces saynètes souvent truculentes auxquelles je me suis intéressé.
J'étudiera au passage les panneaux d'oraison chantée qui se trouve en milieu de rangée de chaque côté. Et enfin, le blason du panneau 30 sera éclairé par une iconographie héraldique de l'ensemble de la chartreuse (vitraux, culots, etc. .
Je ne promets pas d'être exhaustif ; je débute par le numéro 1, à droite une fois la porte de clôture franchie.
LE CÔTE SUD
Dossier n°1 : un chien à collier / un lion affrontant un chien.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
à droite : un lion, si l'on veut, peut être coiffé d'un grelot, affronte touts crocs sortis un chien féroce.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
à gauche : un chien (un vrai dogue) doté d'un collier avec anneau surgit des bois représentés par des rameaux ligneux.
Sur ces dossiers, la forêt sera prédominante, avec ses animaux suvages et ses scènes de chasse.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossiers n°2 à 3 bis : éléments végétaux.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossiers n°4 bis, 4, 5 et 6 : feuillages.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 7: un ours à droite poursuivant un homme nu dans un bois.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 8: un dragon ailé à longues oreilles crachant le feu /?
Dans le ventre du dragon de gauche se trouve une tête à longues oreilles.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n°9 : un dragon ailé et cornu à longue queue serpentine, crachant le feu / un animal cornu crachant le feu et piétinant un dragon ailé.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n°10 : fleurs boutonnées. Panneau de chantre ADOREMUS.
Le panneau indique le texte et les notes (neumes) d'un chant du rituel cartusien qu'on retrouve dans le Psalterium nocturnum pour le dimanche matin : Adoremus dominus qui fecit nos ("adorons le seigneur qui nous a fait") :
Les fleurs aux pétales très allongés et sinueux ont un cœur quadrillé.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossiers n°11 à 12 : feuillages.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n°13 : un ours dans les bois/ un lion rugissant.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 14: Homme /fou crachant une fleur
Le fou, barbu, porte une tunique à cagoule dotée d'oreilles d'âne et de grelots. Il souffle sur une fleur, ou il la crache. Un rameau ligneux indique que nous sommes toujours dans la forêt.
Toujours dans les bois, un homme aux cheveux longs, vêtu d'une tunique serrée par une ceinture, pose une main sur la hanche. Derrière cette main un objet que je n'identifie pas.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 15: feuillages
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
DU CÔTÉ NORD.
Dossier n° 16: deux oiseaux.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 17 : combat dans les bois d' une bête fauve qui terrasse un homme sauvage (tout velu, renversé tête en bas) et qui affronte /...un chien protégé par un bouclier à trois fleurons.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Dossier n° 18 : homme (moine?) armé d'un gourdin et tirant la langue montrant de l'index / ... un ange tenant un phylactère.
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Dossier n° 18bis: deux oiseaux affrontés.
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Dossier n° 19 : deux oiseaux.
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Dossier n° 20 : visage lunaire d'un homme tirant la langue/ deux chiens, dont l'un tient dans sa gueule un oiseau.
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Dossier n° 21 : tête d'ours, ailé/??
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Dossier 23 : combat, dans les bois, d'un homme sauvage derrière son bouclier/et d'un ours se protégeant avec un bouclier orné de son portrait.
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Dossier 24 : un dogue colleté poursuivant/ un lièvre fuyant dans les bois.
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Dossier 25 : un ours (?) tenant un livre émettant un souffle/ un lion tenant un livre émettant un souffle.
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Dossier 25 : deux anges, l'un tenant une croix et l'autre un phylactère ; panneau de chantre.
Sous le panneau, les écoinçons sont sculptés d'un ange tenant une croix et d'un ange tenant un phylactère.
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Dossier 26 : dans les bois, combat de deux bêtes fauves, s'abritant derrière leur bouclier ; l'un est armé d'un rameau ligneux.
Les deux animaux sont comparables, avec des oreilles longues, un pelage lisse, un ventre proéminent et une queue fine et longue. Celui de gauche, de profil, a un museau pointu. Il évolue parmi les rameaux ligneux métonymiques des forêts. Son bouclier est lisse. À droite, l'animal tourne vers nous sa tête, qui peut évoquer celle d'un ours. Il grimpe sur une branche, il est armé d'un rameau ligneux ou branche écotée, et ce rameau orne oussi son bouclier. Pourquoi cette insistance ? Difficile de ne pas voir ici, comme pour la miséricorde n°13 où un chapeau de pèlerin était accompagné de rameaux, et au vu de la fréquence de ce motif sur l'ensemble des sculptures, l'indice d'une valeur emblématique de ces bois écotés, soit s'appliquant aux donateurs (mais leurs armoiries et blason de marchand n'en comporte pas), soit aux chartreux ou à la Grande Chartreuse. Faut-il alléguer une racine sanscrite krt "couper, séparer en coupant" aux mots chartreuse, latin cartusa, italien certosa ? En réalité le couvent tient son nom du massif éponyme, issu du francoprovençal calma trossa "la prairie troussée" c'est à dire défrichée. Donc, mauvaise piste, sauf si on voit dans ces tronçons de branches le symobole du défrichement... Je laisse donc ma réflexion ouverte.
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Dossier 27 : un fou et sa marotte/ un lion soufflant.
Nous retrouvons la figure du fou, déjà présent sur la miséricorde n°3 et sur le dossier n°14. Non seulement il porte la capuche à grelot, mais il tient son attribut, sa marotte qui le représente soufflant une plume, autrement dit du vent, réelle représentation de la folie du latin follis (issu de flo, "souffler") "baudruche, ballon, soufflet". Car le fou est un être vide, rempli de vent, qui vagabonde comme un feu follet et dont la parole est vaine.
Il n'est pas anodin qu'en tant qu'insensé, dépourvu de sens, il tourne la tête du côté opposé à celui de sa marche et de son geste.
Le galon de sa tunique et de sa capuche est ponctué de trous, qui recevaient peut-être jadis des paillettes dorées ou autres fanfreluches.
À droite, un lion aux pieds anthropomorphes et à la queue en fouet très fleurie tend la langue, mais celle-ci, par sa forme foliée, répond à la plume du fou.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Dossiers 28 à 30.
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Dossier 28 : deux oiseaux.
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Dossier 29 : deux oiseaux.
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Dossier 30 : un cheval hénissant et ruant / Blason des donateurs.
Cette joyeuse et énergique sculpture d'un cheval (un poulain?) est rare dans le répertoire des stalles européennes.
Haut-dossier des stalles de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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Armoiries du couple fondateur.
mi parti en 1 d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , (Vesian Valette) écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules (Catherine Carnier)
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Les armoiries des donateurs.
"La fondation de la charteuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue.
Résultant d'un vœu testamentaire du marchand [en drap] Vésian Valette , il s'inscrit dans le contexte général de forte expansion que connaît l'ordre à partir du XIVe siècle, favorisée par l'engouement qu'il suscite chez les princes et les élites urbaines. Bien souvent, le but des établissements fondés est d'en faire des nécropoles familiales. À l'origine. implantées dans des « déserts », les chartreuses sont de plus en plus fréquemment installées intra-muros ou, comme ici, en périphérie des villes. Décidé à partir pour Rome à l'occasion du jubilé de 1450, le notable ceste avant son départ, le 17 juin. Il y exprime sa volonté de voir fonder un monastère de l'ordre des Chartreux auquel il lègue sa fortune, à charge, pour les moines, de célébrer deux messes quotidiennes, dom une des Morts. Les dispositions énoncées prévoient également une inhumation dans l'église . Pendant son séjour à Rome il décède, sans douce de la peste qui sévit alors. Une fois la nouvelle parvenue en Rouergue, les exécuteurs testamentaires (sa veuve et les consuls) s'activent à la mise en œuvre rapide du vœu. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. " (J. Dubois, en ligne)
On a décrit trois phases de construction: de 1451 à 1460, pour l'église, la sacristie, la salle capitulaire et le petit cloître; la fin du Xve siècle, pour le réfectoire et le grand cloître; 1528, pour la chapelle nord-ouest de l'église.
Les Valette, qui portent d'azur au chevron d'or, accompagné de trois demi-vols d'argent posés 1 en chef et 1 en pointe , font partie des principales familles dirigeantes de la ville à la fin du Moyen Âge en occupant l'une des quatre charge de consul. Le plus ancien membre rencontré à l'un de ces postes est un certain Hugues Valette en 1378, dont on peut penser que Jean et Arnaud, consuls en 1406, sont les fils. Jean, le père de Vésian Valette, exerce la profession de notaire. Le marchand Vésian occupe ensuite par trois fois l'une des charges municipales, en 1432, 1447 et 1448. Son épouse Catherine Garnier porte écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix d'argent clechée, vidée et pommelée, au 2 et 3 de gueules de lévrier d'or passant colleté de gueules appartient à une famille noble.
La chartreuse disposait à la fin du XVIIe siècle de 13 cellules; les moines-prêtres ou chartreux et des frères convers étaient dirigés par un prieur .
Sur la porte d'entrée, sur celle donnant vers le petit cloître, sur le lavabo de ce petit cloître, sur les culots (ou cul-de-lampes) des piliers des cloîtres, ou sur leurs clefs pendantes, ou encore sur les vitraux de 1620 où figure le couple des donateurs, les armoiries d'honorable Vesian Valette, en plein ou mi-parti avec celle de noble Catherine Garnier, sont largement représentées. On trouve aussi, sur les culots ou les clefs pendantes, un blason au chiffre du marchand donateur. En voici un aperçu.
1. La porte de la chapelle : deux chartreux présentent les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier.
Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Porte de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
2. les blasons du couple fondateur : à gauche les armes de Vesian Valette, à droite celle de Catherine Garnier .
a) dans l'église, (sous leur portrait et sous saint André et saint Antoine).Pièces anciennes vers 1470.
Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie axiale (détail) de l'église de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
b) dans la salle capitulaire baie axiale , vitrail de l'Annonce aux bergers,(détail) vers 1520.
Vitrail (détail) de la salle capitulaire de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
c) au centre du tympan.
Vitrail (détail) de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Le lavabo. Les armes du couple encadrent un entrelacs dans le monogramme M[aria]. Au dessus la scène du Lavement des pieds des apôtres.
Lavabo de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Les culots et clefs pendantes des cloîtres : le blason de marchand.
Ce blason est disposé sur la forme générale d'une clef, anneau en bas (une lettre D??), une traverse et au sommet un cercle associé à une croix. La marque peut rappeler les marques de typographe (Nicolas Jenson), ou vaguement l'insigne des Chartreux, mais elle reste unique et mystérieuse, comme toutes ces marques de marchand.
Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Clef pendante de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Je remarque pour fini parmi les culots celui où un chien et un lion se partagent le pétiole d'une feuille d'acanthe, non sans rapport avec le grand thème animalier et sylvestre des sculptures des hauts dossiers et des miséricordes
Culot de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, non consultée
https://theses.fr/2000TOU20015
— CABROL (Etienne),1860, Annales de Villefranche de Rouergue, Villefranche, Impr. Vve Cestan, 1860, t. I, p. 387-388, 394-395, 411-413, 416, 422, 626 ; t. II, p. 49-50. Tome 1 non consulté
— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399
—GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121
"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."
—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2, non consultée
https://theses.fr/1999TOU20040
—Gilhodes (abbé), 1973, La chartreuse de Villefranche de Rouergue, Analecta cartusiana, n 14
Les 30 stalles (chêne, André ou Étienne Sulpice, vers 1490) de la Chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche de Rouergue. I, les miséricordes, les appui-mains et les jouées.
Les donateurs, Vésian Valette et Catherine Garnière, v.1450.
"En 1450, sire Vezian Valette, riche marchand de Villefranche, mourut à Rome où il était allé gagner l'indulgence plénière du premier jubilé du pape Clément VII ; sa veuve, Catherine Garnière, pour se conformer aux dispositions du testament, fit construire le couvent de la Chartreuse. Les travaux débutent en 1451, sous l'égide du prieur Pierre Marcellariis, envoyé par le prieur de la grande Chartreuse. L'église, le cloître et le chapitre sont achevés en 1458 par les maîtres maçons Corradus Rogier et Jean Copiac avec lesquels est en outre, la même année, baillé à prix-fait la construction dans les deux ans du petit cloître pour 700 écus d'or. En 1461, Vezian Valette est inhumé dans le tombeau qui lui avait été préparé ; sa veuve y est ensevelie en 1465. En 1491, la chartreuse est incorporée à son ordre par le chapitre général tenu à la grande Chartreuse de Grenoble . L'église est consacrée le 4 septembre 1546."
En 1561, les Chartreux de Villefranche sont chassés du couvent par la famille Valette, Huguenots se disant de la même famille que Vezian Valette, et se retirent au couvent des Cordeliers de Villefranche. En 1790, les Chartreux sont de nouveau chassés et la chartreuse mise en vente. En 1792, les religieuses de l'hôpital de Villefranche y installent leurs malades. Les bâtiments, déjà remaniés au 17e siècle, subissent de nouveaux aménagements pour se conformer à cette utilisation.
Les cloîtres, le chapitre et les chapelles témoignent d'une certaine recherche ornementale. Les cellules des moines étaient des pièces carrées surélevées d'un galetas dont l'accès se faisait par une trappe. Le chartreux y recevaient la nourriture par une ouverture pratiquée dans le mur de la galerie du cloître. Une sorte de petit promenoir couvert et un cabinet d'aisances formaient le complément de ce logis qu'entourait un petit enclos. Les chartreux se réunissaient au réfectoire les jeudis et dimanches."
Dans les temps calmes, les chartreux occupaient toutes les places des 30 stalles, mais à la Révolution de 1789, il ne restait que huit chartreux.
Plan de la chartreuse Saint-Sauveur d'après "Congrès archéologique de France - 1937" annoté par Mossot Wikipedia
La chapelle est divisée en deux parties par une haute cloison en bois, réalisée au XVIIIe siècle, séparant le chœur des moines qui se trouve dans la troisième travée, des convers ou d'éventuels visiteurs masculins.
Emplacement des stalles. Plan 1837.
Les stalles
Les moines disposent de 30 stalles en bois disposées en U sur un rang, douze au nord, autant au sud, et trois de chaque côté de l'entrée du chœur, mesurant 12,40 m de longueur.
Andre Sulpice, originaire de Lozère ou de Bourges (son nom y apparait en 1452), fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende (1460), de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. a aussi travaillé à la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue, à l'abbaye de Loc-Dieu et à la cathédrale de Rodez.
"Le travail de la partie inférieure des sièges de la chartreuse de Villefranche, et de Loc-Dieu, fut exécuté par d'autres artistes, au nombre desquels figurait un sculpteur doué d'un talon remarqable d'observation pour les animaux, les oiseaux en particulier." (D et H Kraus)
Un copié-collé de Jacques Dubois :
"Comme chez les cisterciens ou les grandmontains par exemple, la totalité de l'église était réservée aux moines. L'espace était divisé en deux chœurs: l'un pour les pères. l'autre, à l'ouest, pour les frères. La séparation est encore matérialisée par un emmarchement à panier de la deuxième travée et par un jubé daté de la fin du XVIIe siècle. Le premier ensemble de stalles comprend trente sièges à une seule rangée, douze le long des murs et six en retour. Le second, plus simple, s'organise en deux séries de quatre sièges . Contre le mur pignon de part et d'autre de l'entrée les stalles sont surmontées de dorsaux à décor de remplage varié et sont couronnées d'un dais en quart-de-rond terminé par une petite balustrade. Au premier abord, elles sont très proches de celles, bien documentées, de la collégiale de Villefranche et de la cathédrale de Rodez. Par ailleurs, comme l'a montré N. Bournot-Didier, les techniques de confection et d'assemblage sont les mêmes, permettant d'attribuer les deux ensembles de la chartreuse à l'atelier d'André Sulpice . Alors que l'abbé Lafon plaçait leur réalisation de 1462 à 1477, N. Bournot-Didier penche plutôt pour un début de chantier vers 1468-1469.
Pourtant, les différents auteurs qui ont consacré quelques lignes aux stalles de la chartreuse ont bien précisé qu'elles s'éloignaient du style d'André Sulpice, l'abbé Lafon, le premier, écrivait: « Cependant pour peu qu'on ait l'œil exercé, on s'aperçoit facilement que les miséricordes de la Chartreuse ne sont pas de la même main que celles de Notre-Dame de Villefranche ni de la cathédrale de Rodez, qui ont entre elles de grandes similitudes." De fait, les sculptures des miséricordes présentent un modelé moins ferme et un dessin général plus sommaire. Huit stalles cependant font exception et sont en tout point similaires à celles documentées d'André Sulpice. Récemment, A. et Deschamps (A. et J. Deschamps, "André Sulpice, menuisier du XV siècle. Faiseur des stalles en Berry, en Gévaudan et en Rouergue" (coll. Pages d'Histoire du Bas-Rouergue ), Mémoires de la Société des amis de Villefranche et du Bas-Rouergue. Villefranche, 2009, p. 201. ) ont proposé d'y voir là les huit sièges retirés des stalles de la collégiale suite à un accord passé entre les consuls et le chapitre en date du 5 avril 1487. Pour étayer cette hypothèse, on peut souligner que la forme des sellettes de ces huit sièges correspond exactement à celle des ensembles de la collégiale et de la cathédrale, alors que pour les autres, elle est d'un travail plus simple.
Aussi est-il envisageable d'attribuer les stalles de la chartreuse, non pas à André Sulpice, mais plutôt à son fils Étienne, installé à Villefranche, ce qui explique leur parenté avec les deux grandes menuiseries réalisées par l'atelier de son père qu'il reprend après le décès de celui-ci vers 1489- 1490. Le travail remonterait alors aux années 1490 et l'ouvrage serait installé dans l'église vers 1510, comme semble vouloir l'indiquer la mise en place d'une nouvelle porte à la sacristie." (Jacques Dubois 2011)
Note : si on en juge par la forme rectangulaire de la sellette des miséricordes de la chartreuse, et en double parenthèse de celles de la collégiale, celles d'André Sulpice porteraient, dans ma description, les n° 4, 5 et 6, je ne parviens pas à identifier les 5 autres.
J'ai choisi de les numéroter en partant de l'entrée, juste après avoir franchi la porte de la clôture, en faisant le tour des stalles sud et jouées (A, B) dans le sens anti-horaire puis en reprenant le compte des stalles nord depuis l'entrée vers l'est dans le sens horaire. Un schéma sera plus clair :
Schéma de numérotation des 30 stalles de la chartreuse, lavieb-aile.
[Dans la première travée du choeur des convers, se trouvent également huit stalles encadrant le portail pour les frères convers Elles s'organisent en deux séries de quatre sièges : ils ne font pas partie de cet inventaire, je donne deux clichés à la fin.]
LES STALLES DU CÔTÉ SUD.
Jouée A, entrée sud. Volutes de feuillage s'achevant dans des gueules de dragons.
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°1: un chien, museau dans les pattes.
On voit comme le pelage est traité par des coups arciformes de gouge.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°2 : feuille d'acanthe.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°3 : homme à bouche concave portant une cagoule de fou à oreilles d'âne.
Le motif du fou est très répandu, tant dans les stalles européennes que dans le décor satirique en général. Le livre Das Narrenschift du strasbourgeois Sebastian Brant est paru en 1494, avec ses nombreusses planches fixant le modèle iconographique (oreilles d'âne, bonnet ou cagoule à grelots, marotte) et a été traduit aussitôt en français sous le titre La Nef des Fous.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°4 : feuille de vigne et rameau ligneux (sarment).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°5 : sarment de vigne et glands (quercus pubescens).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°6 : chien mordant un agneau.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°7 : oiseau ailes déployées, tête tournée à droite.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°8 : griffon (tête à bec d'oiseau, ailes d'aigle et corps de lion).
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°9 : animal hybride à corps d'oiseau aux ailes déployées et à la tête anthropomorphe aux oreilles d'âne, tirant la langue.
Chauve-souris?? Voir la chauve-souris manifeste d'un culot du cloître :
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°10 : fleur à 6 pétales triples et bouton quadrillé; rameaux ligneux.
La présence de ces rameaux ligneux, ou branches écotées, déjà rencontrée en n° 4 et n°6, prend ici un développement important, si bien que je m'interroge sur sa valeur emblématique, interrogation renforcée par la miséricorde n°13. Ces rameaux sont innombrables sur les panneaux des dais.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°11 : chien à queue large et longue.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°12 : lion, patte antérieure gauche dressée.
Voir l'association d'un chien et d'un lion se partageant les extrémités d'un sarment de vigne sur un culot du cloître :
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°13 : chapeau de pèlerin (passementé de 2 glands) et rameau ligneux.
Voir un chapeau semblable sur un culot du cloître : ce dernier n'est pas placé ici dans une visée décorative. On peut lui accorder d'autant plus d'attention que c'est la seule, avec le Fou n°3, dont le sujet est humain, et non animal ou végétal.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°14 : masque animal à cornes et oreilles d'âne.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°15 : un chien colleté, à queue large comme une feuille, la patte antérieure droite au museau.
Miséricordes de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
La jouée B, au Sud-est
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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LES STALLES DU CÔTÉ NORD
Jouée C, entrée nord-ouest
Jouée de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
Miséricorde de la stalle n°16 : oisaeu ailes déployées, tête à droite (comme n°7)
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Miséricorde de la stalle n°17 : feuille de vigne et rameau ligneux (comme n°4 et 5).
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Miséricorde de la stalle n°18 : homme de face, vêtu d'une large pelisse, coiffé d'un bonnet, bras écarté tirant la langue (pour vomir?)
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Miséricorde de la stalle n°19 : ange de face, mains rapprochées tenant un objet (brisé?).
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Miséricorde de la stalle n°20 : chauve-souris. Cf n°9.
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Miséricorde de la stalle n°21 : lion, tête de face.
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Miséricorde de la stalle n°22 : oiseau (oie?) tenant dans son bec un fer à cheval (brisé).
D. et H Kraus citent p. 239 la miséricorde de Stratford-upon-Avon où une autruche (réputée digérer tout ce qu'elle avale) tient dans son bec un fer à cheval, et ils renvoient à celle de Saint-Martin aux-Bois (Oise) ou à celle de Saint-Jean-de-Maurienne où une oie (aux pattes terminées par des sabots) brandit un fer à cheval dans son bec.
Saint-Martin-aux-Bois. Cliché Alain Bonte
Les auteurs y voient une illustration de l'expression "bête à ferrer une oie". Mais, peut-être par confusion, les auteurs montrent la figure suivante, bien plus convaincante pour nous mais que la légende situe à Saint-Martin-aux-Bois, et non à Saint-Jean de Maurienne :
D et H. Kraus, Le monde caché des miséricordes p. 53
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Miséricorde de la stalle n°23 : ourson se grattant de la patte postérieure droite.
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Miséricorde de la stalle n°24 : aigle se frappant la poitrine de son bec.
Difficile d'y voir un pélican, symbole christique
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Miséricorde de la stalle n°25 : chien, la queue entre les pattes.
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Miséricorde de la stalle n°26 : ourson à la main (anthropomorphe) gauche placée sous le coude droit.
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Miséricorde de la stalle n°27 : lièvre, de profil.
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Miséricorde de la stalle n°28 : masque +/- anthropomorphe aux oreilles d'âne
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Miséricorde de la stalle n°29 : dragon au corps serpentiforme torsadé noué en 8.
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Miséricorde de la stalle n°30 : oiseau, bec sur le croupion.
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Jouée D, nord-est.
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Quelques appui-mains.
1. Moine ou chartreux priant, tête sous la cuculle.
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2. ange assis.
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3. Angle sud-ouest : mine sous la cuculle, tenant un phylactère; feuille d'acanthe.
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Tête, gueule au nez épaté et à la bouche ouverte, yeux tournés vers le haut
Appui-main de la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue. Cliché lavieb-aile 2025.
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5. feuillage enroulé.
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6. buste.
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Deux autres miséricordes (des frères convers?)
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— DUBOIS (Jacques), 2011, Villefranche-de-Rouergue, chartreuse Saint-Sauveur. L'architecture, dans Monuments de l'Aveyron, Congrès archéologique de France, 167e session, Paris, Société Française d'Archéologie, 2011.p. 387-399
— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger
https://theses.fr/2000TOU20015
Résumé : "Andre Sulpice, ligni faber menuisarlus fusterius, selon les textes, originaire de Bourges, fut le concepteur entre 1462 et 1489-90, des stalles de la cathédrale de Mende, de la chartreuse Saint-Sauveur et de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. D'autres chantiers lui furent longtemps attribués : les stalles de la cathédrale de Bourges, de la cathédrale de Vence, de Notre-Dame de la Carce de Marvejols, de la cathédrale de Béziers, de l’église de l'abbaye de Loc-Dieu et une partie des actuelles stalles basses de la cathédrale de Rodez. Cette thèse déclasse ces ensembles en s'appuyant, soit sur une stricte analyse comparative, soit sur l'existence de documents. Lorsqu'il ne subsiste aucun vestige, ni aucun texte d'archives les stalles ont été définitivement écartées des réalisations possibles de l'atelier d’André Sulpice. Malgré des qualités techniques de menuiserie et de sculpture dont ont fait preuve les ouvriers particulièrement expérimentes de l'atelier de Sulpice, son rayonnement dans le Rouergue et les environs fut peu important. Seules les stalles de Salles-Curan reflètent son influence en développant déjà les motifs ornementaux de la Renaissance, visibles depuis 1492-1498 aux dossiers des stalles consulaires de Villeneuve d'Aveyron, puis de Conques et dans une moindre mesure à Sauveterre-de-Rouergue. Conjointement et systématiquement à l'analyse formelle de chaque ensemble de stalles est menée une étude sur les chapitres de chanoines, les emplacements et les questions de préséance des ecclésiastiques et parfois des laïcs et la liturgie propre aux stalles. Ce travail ne se cantonne pas à une description iconographique des miséricordes, il aborde le fonctionnement d'un atelier de menuiserie, la personnalité d'un maître-d'œuvre en compte la destination originelle des stalles en tant que mobilier liturgique, reflet d'une sévère hiérarchie capitulaire, parfois facteur de conflits politiques."
— LAFON (Victor),1891 , Iconographie de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue. Rodez.
—GAULEJAC (Bernard de), 1938, « La chartreuse de Villefranche-de-Rouergue », dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 p p. 106-121
"Le choeur des religieux, qui occupe la troisième travée de la nef, renferme trente stalles disposées sur un rang : douze au nord, le même nombre au sud et trois de chaque côté de l'entrée du choeur, à l'ouest.
Les hauts dossiers sont décorés d'un réseau flamboyant entre des contreforts à pinacles ; au-dessus s'avance un baldaquin en forme de voussure, couronné par une galerie ajourée, interrompue par des pinacles. Le travail des jouées, décorées d'enroulements et de motifs de feuillages, est assez remarquable ; il constitue, avec celui des parcloses et des miséricordes, la principale richesse des stalles de la Chartreuse. On y rencontre une grande variété de compositions, où apparaissent des motifs de feuillages, d'animaux sauvages ou fantastiques, de figures humaines et toute sorte d'emblèmes. Du côté nord, quelques hauts dossiers ont été mutilés à une époque moderne, pour permettre d'établir une chaire aujourd'hui inutilisée.
Dans la première travée de la nef, huit stalles, analogues aux précédentes, mais plus simples, encadrent le portail d'entrée ; elles étaient destinées aux frères.
Toutes ces stalles sont dues au ciseau du maître menuisier André Sulpice, qui est également l'auteur des stalles de la collégiale de Villefranche, de celles de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez. Le contrat est de 1462, et le travail dura seize ans."
—LAURIERE (Raymond), 1999 Thèse Toulouse 2
https://theses.fr/1999TOU20040
Sur les miséricordes en général :
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 pages 26 et suiv.
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 149-153 et notes 243-261.
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)