Les 54 stalles (chêne, Richard Falaise, 1522) de la collégiale Saint-Martin de Champeaux. II B, le côté nord, stalles hautes.
—Voir sur cette Collégiale :
—Voir sur les stalles :
a) En Bretagne par ordre chronologique :
-
Les frises nord des stalles du chœur de la cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon.
-
Les frises sud des stalles du chœur (1504-1520) de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon.
-
Les stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon Les inscriptions des enfants de la psallette.
-
Les jouées des stalles du chœur (1504-1520) de l'ancienne cathédrale de Saint-Pol-de-Léon.
-
Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les miséricordes. (1509-1512)
-
Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les inscriptions des musiciens et des enfants de la psallette. (1509-1512)
-
Stalles et cathèdres de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.
-
Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. IIa, le coté nord, les miséricordes.
-
Les 54 stalles (vers 1530-1550) de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).
-
Les stalles et la table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau.
-
L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou IX. Les 15 stalles et leurs miséricordes.
b) Hors Bretagne :
-
Les 86 stalles de la cathédrale de Rouen décrites et illustrées par Langlois en 1838. (XVe)
-
Ensemble de 28 stalles de Saint-Pierre de Brou.(XVe siècle)
-
Les dorsaux des stalles de la cocathédrale de Bourg-en-Bresse. (vers 1510-1530)
-
Les stalles de la sacristie de la cathédrale du Mans. entre 1563 et 1576
PRÉSENTATION.
Ces stalles ont été réalisées en 1522 par Richard Falaize ou Faleze, menuisier à Paris qui fut rémunéré 450 livres parisis. On les transporta de Paris à Melun par la Seine, puis de Melun à Champeaux par chariots. Leurs 54 sièges dépassaient de loin le nombre des chanoines (12 à l'origine puis 24, mais le plus souvent 13) et devaient accueillir aussi l'archevêque de Paris ou ses représentant car la collégiale dépendait du diocèse de Paris), les membres de la noblesse (ceux qu'on retrouvent comme donateurs des vitraux) mais aussi les enfants de chœur et les chantres ou maîtres de musique.
Elles ont certainement été réaménagées après la suppression des jubés, à la fin du XVIIe. Une grille fut installée pour fermer le chœur.
En 1787, elles échappèrent à leur destruction qui avait été ordonnée par l'archevêque de Paris, Antoine Léonor Léon Le Clerc de Juigné, qui enjoignait les chanoines de "faire changer le plutôt possible les figures bisarres et singulières " qui s'y trouvaient. Mais les chanoines choisirent plutôt de les faire recouvrir d'une épaisse couche de peinture ocre.
Le corpus des miséricordes comportait pourtant douze illustrations de l'histoire de Job, exhortant les chanoines à la Foi en la rédemption malgré les épreuves, mais aussi les figures christiques du Pélican nourrissant ses petits de son propre sang et du Phénix renaissant des flammes, les figures de sainte Catherine, de Dieu chargé des péchés du Monde, les anges portant les Instruments de la Passion, ou donnant d'autres exemples de vertus chrétiennes comme l'aumône.
Mais les chanoines étaient aussi attachées aux drôleries et allusions aux proverbes et sentences de leurs sièges, porteurs d'une sagesse populaire qui nourrit cet ensemble.
Les stalles échappèrent aussi à la Révolution ; Amédée Aufauvre et le peintre Charles Fichot les décrirent soigneusement en 1858 et en donnèrent une planche entière d'illustrations. Néanmoins, Amédée Aufauvre, journaliste, historien polygraphe et rédacteur en chef du journal » Le Propagateur » se déclare choqué par la licence des saynètes, lui, qui pourtant, "Dieu merci, ne fait pas de pruderie" : y'a de l'abus !
"On reste confondu de la hardiesse des contrastes que les sujets offrent entre eux. La fantaisie du sculpteur a passé du profane au sacré, avec une liberté du ciseau que rien ne saurait justifier. On
comprend les grotesques de la rue, les sculptures hardies que les artistes du XVI e siècle imposaient aux sablières, aux brasseaux, aux bouts de poutres, aux façades. La liberté des mœurs et le choc des opinions religieuses devaient trouver alors au dehors, des caricaturistes à la hauteur de toutes les fantaisies de l’époque; mais dans une église, au chœur d’une collégiale, sur les sièges mêmes des prêtres, de pareilles singularités sont inexplicables. Dieu merci, nous ne faisons pas de pruderie ; nous savons que les arts ont des droits à une large indépendance et qu’il faut accorder aux caprices une très-grande latitude. Cependant, à Champeaux, la licence a dépassé les limites extrêmes de la mode, de l’habitude et de l’influence des usages. L'église n’a pas inspiré au sculpteur plus de circonspection que le plus profane des édifices : on en va juger par le simple énoncé des sujets et par le pêle-mêle qui les caractérise.
Les stalles datent du commencement delà Renaissance, époque de témérités de tout genre, dans les arts auxiliaires ou imitateurs par la caricature, de l’esprit de discussion et de ses ironies. Les écarts sont d’ailleurs innombrables quand une transformation artistique se produit, et c’est ce qui explique, jusqu’à un certain point, l’abus que nous signalons. Il se faisait alors une confusion étrange entre l’antique travesti et les sévérités du gothique : on mariait deux contrastes. Il n’est pas surprenant que les artistes d’un ordre inférieur aient outré les conséquences du nouveau système."
Elles furent classées le 11 avril 1902, et Jean Messelet reprit leur description dans le Bulletin monumental de 1925 . On les débarrassa de leur couche de peinture, et elles figurent aujourd'hui parmi les meilleurs exemples de l'art des hûchiers alliant la truculence du Moyen-Âge et les décors Renaissance.
Numérotation
Je reprends le principe adopté par Florence Piat dans sa thèse sur les stalles de Tréguier, débutant la numérotation par les stalles hautes côté sud, depuis l'entrée, poursuivant par les stalles basses sud en revenant vers la nef, redémarrant par les stalles nord hautes de la nef vers l'est, et revenant enfin par les stalles basses vers la nef.
Soit, ici :
Stalles SH sud hautes n°1 à 14
Stalles SB sud basses n° 15 à 27
Stalles NH nord hautes n° 28 à 41
Stalles NB nord basses n° 42 à 54.
La jouée nord-ouest : candélabre et rinceaux à deux profils anthropomorphes feuillagés et deux têtes d'oiseaux.
Miséricorde de la stalle n°28 : un faune armé d'un gourdin luttant contre un dragon.
A. Aufauvre y voit "un hercule luttant contre un monstre". Mais si on observe bien, on voit que le personnage, barbu, athlétique et quasi-nu hormis une collerette de poils, a des sabots de bouc, et que ses pattes sont velues. Les oreilles sont-elles longues et pointues ? On ne sait, elles sont cachées par la chevelure. Dans tous les cas, c'est là un beau face-à face. Le glissement entre le végétal, l'animal et l'humain, grand principe des métamorphoses de la Renaissance, s'observe peut-être aussi sur le gourdin, qui s'achève comme un os fémoral, à deux condyles.
Miséricorde de la stalle n°29 : Pélican nourrissant ses petits de son sang, en se blessant la poitrine.
On sait qu'il s'agit là d'une figure christique et un symbole eucharistique.
A. Aufauvre : "Pélican dans l'attitude qu'on lui donne prête pour nourrir ses petits."
Miséricorde de la stalle n°30 : homme assis, de face, vêtu d'une robe longue, coiffé d'un chapeau à larges bords, déroulant un phylactère.
Il n'a rien d'un chanoine, rien d'un prophète ou d'un apôtres (ces habitués des phylactères), et le texte de sa banderole est perdu.
A. Aufauvre : "un personnage déroulant une légende". C'est pas faux.
Le panneau intérieur du dais NW.
Miséricorde de la stalle n°31 : la Grappe de Canaan : deux hommes portant sur leurs épaules une perche où est suspendue une grappe de raisins disproportionnée à leur taille.
Les hommes portent la même tunique courte serrée par une ceinture, la même coiffure dont le rabat est relevé dans un cas, et protège les oreilles dans l'autre. Ils sont saisis dans l'allure de la marche, le pied levé pour le second, le corps penché en avant pour le premier.
A. Aufauvre : "la grappe de la Terre Promise, portée par deux hommes".
"Moïse les envoya pour explorer le pays de Canaan. Il leur dit : Montez ici, par le midi ; et vous monterez sur la montagne. Vous verrez le pays, ce qu’il est, et le peuple qui l’habite, s’il est fort ou faible, s’il est en petit ou en grand nombre ; ce qu’est le pays où il habite, s’il est bon ou mauvais; ce que sont les villes où il habite, si elles sont ouvertes ou fortifiées ; ce qu’est le terrain, s’il est gras ou maigre, s’il y a des arbres ou s’il n’y en a point. Ayez bon courage, et prenez des fruits du pays.
C’était le temps des premiers raisins. ...Ils arrivèrent jusqu’à la vallée d’Eschcol, où ils coupèrent une branche de vigne avec une grappe de raisin, qu’ils portèrent à deux au moyen d’une perche ; ils prirent aussi des grenades et des figues. On donna à ce lieu le nom de vallée d’Eschcol, à cause de la grappe que les enfants d’Israël y coupèrent. " (Nombres 13 :23-24)
Voir le même thème sur la miséricorde n° 6 des stalles sud de La Guerche de Bretagne, contemporaines de celles de Champeaux.
Voir le tableau de Poussin, L'Automne (Louvre)
Appui-main : un homme coiffé d'une cagoule, à la partie inférieure difforme et végétalisée.
Miséricorde de la stalle n°32 : quatre rats se partageant le monde.
Un globe surmonté d’une croix et divisé par un cercle équatorial et un quadrant est percé de trous, comme un fromage, mangé par quatre rats.
il s'agit de la "boule aux rats", une illustration du proverbe "le monde est rongé par les rats", et un message sur le monde trompeur.
E.C. Block la décrit sous la référence NH-05 et le titre "Les Rats de l'hérésie ou le monde corrompu", car "les rats rongent le monde chrétien".
Voir la miséricorde 19 des stalles de Gassicourt à Mantes-la-Jolie (Yvelines), datant de la fin du XVe siècle, où quatre rats rongent le globe crucifère comme un fromage, ou la miséricorde de la cathédrale Saint-Spire de Corbeil et celle de Ponts-de-Cé en Maine-et-Loire (qui décoraient l'église prieuriale de La Haye-aux-Bonshommes du XVIe siècle).
"Bien qu'archaïque et dépassé depuis 1492, le monde triparti sert encore d'image du monde, en lien avec la partition du monde entre les trois fils de Noé. Rattaché au champ des symboles religieux par ses origines scripturaires , cette figure trine signifie que le monde ne cesse d'être à l'image de son créateur. Or c'est ce monde achevé avec la création ( Gen. 2 , 1 ) , qui est voué à la vanité des hommes , à la course du temps qui ronge tout et aux vices rongeurs . Rongé des rats , le monde a l'aspect d'un « fromage de Hollande » troué par les mulots qui l'attaquent . Le fromage est l'attribut du fou, et , comme dit le proverbe , « à fol fromage ». L'orbe réduit à l'état de fromage est sans doute l'une des premières transformations données à l'image du monde au début du XVI siècle . Vidé de sa substance , transparent entre les mains du Salvator mundi , il peut être traversé comme bulle de savon selon les auteurs des miséricordes de Bosward et de Walcourt , en Belgique . Il n'est plus qu'un signe plastique d'équivalence linguistique pour dire simplement « le monde ». (d'après Sylvie Bethmont-Gallerand : Le monde et le moine : essai de reconstitution et d’interprétation de l’iconographie des stalles de l’église de Gassicourt, Yvelines, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2005, Numéros 31 à 32 page 102.)
"Ce motif de la « boule aux rats » est apparu à la fin du Moyen Age, en marge du grand art religieux. Les sculptures de stalles en forment le principal réservoir mais de nombreux exemples subsistent dans les marginalia des livres pieux et sur le décor extérieur des églises du gothique tardif. Ce motif ne se livre à l’intelligence qu’à la suite d’un patient détour par chacun des éléments qui le composent. Si la source semble en être une unique expression proverbiale, ses nombreuses occurrences dans l’art doivent être étudiées en fonction de leurs contextes respectifs. Ainsi se dégagent les caractéristiques d’une imagerie modeste accompagnant les grandes expressions de la foi dans la période de la pré-Réforme; des images auxquelles est souvent attribué, faute de mieux, un caractère populaire. Pourtant les commanditaires et les lieux d’élection de ces boules aux rats les font plutôt participer à l’oraison savante qu’à la piété des simples. Une oraison dirigée vers la moralisation, qui englobe tous les aspects de la vie civile, les aléas de l’histoire contemporaine, comme les travers des contemporains clercs et paroissiens, au sein de motifs non dénués d’humour." Sylvie Bethmont-Gallerand, Le motif de la boule aux rats dans la sculpture et la peinture (XVe–XVIe siècles) Reinardus, Volume 14, Issue 1, Jan 2001, p. 39 - 54
Le globe triparti apparaissait déjà sur la miséricorde n°6 (sud, stalles hautes, Dieu tenant le monde devant Satan), n° 53 (stalles basses nord, Deux hommes jouant au ballon avec le globe terrestre) et apparaîtra dans ces stalles nord hautes dans les miséricordes n° 34 et 39. C'est en souligner l'importance, mais la même clef d'interprétation (Le monde trompeur ou corrompu) fonctionne difficilement pour les quatre scènes. Pour réunir ces cinq exemple, il faut se contenter d'y voir une image du monde créé par Dieu.
Miséricorde de la stalle n°33 : Renart prêchant aux poules.
Renart s'est installé en chaire et, dans un geste d'éloquence inspiré, il prêche la bonne parole aux poules (ou du moins à des volailles) prosternées ou fascinées. Ici, il n'a pourtant pas pris la peine de se déguiser en moine prêcheur. Et sa queue qui s'échappe des arcades de la chaire pourrait le trahir, si les dévotes étaient moins aveuglées par le beau parleur.
Le thème du renard prêchant aux poules est très ancien, déjà présent dans la Haute-Antiquité puisqu’il apparaît sur des papyrus égyptiens. Comme d’autres motifs, il connaît un véritable succès au Moyen Âge, aidé en cela par la littérature, via la diffusion des Fables d’Ésope et, plus tard, du Roman de Renart. Le thème de Renart le bestourné (Rutebeuf, 1261), Renart Contrefait (Clerc de Troyes, 1319-1342) est également très populaire et représenté à de nombreuses reprises sur différents supports, manuscrits ( Livre de Prières de Marie de Clèves, les Heures de Marie de Bourgogne, ou encore les Heures de Montbéron, manuscrit breton du XVe siècle, conservé à la BM de Nantes), sculpture en pierre (culots), ou en bois (sablières, jubé, miséricordes).
Sur les miséricordes, Renart prêchant est très présent, à Saint-Lucien, Beauvais (Oise), Saint-Claude (Jura), à Bletterans, (Jura) , Saint-Taurin d'Evreux (Eure) , à Walcourt, Louvain, à Hoogstraeten, en la Nativité Sainte-Marie de Kempen, Allemagne (vers 1500) à la cathédrale da Se da Funchal, Madère, à Etchingham, East Sussex , à la Cathédrale d’Ely ou à Beverley Minster (vers 1520), et à l'église Sainte Marie de Beverley, dans le Yorkshire (vers 1445).
Voir :
—Renart dans le sculpture en bois bretonne dans mes articles d'iconographie commentée :
—Dominique Chancel, 2015, Renart déguisé en moine, prêchant de volailles pour mieux les séduire. Une revue iconographique exhaustive à propos du château de l’Arthaudière à Saint-Bonnet-de-Chavagne en Isère.
https://www.narthex.fr/wp-content/uploads/2025/03/les-fourberies-de-Renart-2016-2-12.pdf
—Sophie Duhem, 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle" Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Année 1998 Volume 105 Numéro 1 pp. 53-69
http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972
Miséricorde de la stalle n°34 : un docte viellard chûte sous le poids du Monde (globus cruciger) accablant ses reins.
Nouxs retrouvons le globe triparti marqué de la croix de la miséricorde n° 32. Mais cette image du Monde pèse sur le dos d'un viellard, coiffé du même bonnet à rabats adopté par les autres personnages de ces stalles, vêtu d'une robe longue, mais dont la dignité est contredite à la fois par ses pieds nus, et à la fois par sa posture de renversement, de chute. Est-ce Dieu portant sur son dos le poids du monde chargé de péché (D. Kraus) ? Un Docteur qui perd la boule devant le spectacle de Nef des Fous (S. Brant 1494) du monde ? Ou, comme le voyait Aufauvre, un acrobate jonglant avec un globe ?
Dans tous les cas, cette sphère du Monde semble porteuse, comme pour la Boule aux rats, d'une leçon de morale face à un déclin.
A. Aufauvre : "un Atlas burlesque marchant sur ses mains et portant un globe cerclé".
Miséricorde de la stalle n°35 : deux aigles présentant un blason.
C'est le seul blason de ces stalles, et on l'aurai attendu sur l'emplacement le plus honorifique, les stalles 38-39 ou 8-9. Il devait porter des armoiries, peut-être l'une de celles qui sont multiples sur les vitraux, peut-être celles d'un évêque de Paris. Mais les meubles héraldiques ont été bûchées.
A. Aufauvre : "écusson becqueté par deux oiseaux affrontés".
Miséricorde de la stalle n°36 : une femme marchant comme à l'aveuglette, devant une tortue dressée de profil sur ses pattes arrières. Au dessus, un objet (corde, bâton ?) est partiellement effacé.
A. Aufauvre : "deux femmes séparées par un personnage (aujour'hui brisé) qu'elles semblent se disputer".
Miséricorde de la stalle n°37 : homme allongé sur le côté et dormant, relevant sa robe sur son genou gauche.
Ivresse de Noé??
A. Aufauvre : "Un homme en robe dans l'attitude du sommeil".
Miséricorde de la stalle n°38 : un musicien coiffé d'une toque à plumet jouant de la chalemie devant un globe crucifère.
A. Aufauvre : un joueur de trompe, en tunique, coiffée d'une toque empanachée, en avant d'u globe crucifère"
Voir la Fiche n°85 NH11 de Musicastallis :
"Un page sonnant l'éveil à la terre chrétienne". L'instrument est assez proche de la chalemie représentée dans la miséricorde SH-12 du même ensemble [Job devant deux musiciens]. En l'absence de toute possibilité de voir les trous de jeu, l'aérophone peut être trompe ou chalemie. Le musicien, vêtu d'un costume et d'un béret à plume souvent attribués aux ménétriers, joue d'une longue trompe mutilée. Illustration du proverbe : "tromper le monde" ?
Scène(s) associée(s): L’association du globe terrestre et de la trompe symbolise le jugement dernier (voir fiche n°323) mais la stalle SH-07 "il faut être fou pour porter le monde" pourrait accréditer l’hypothèse du dicton "je trompe le monde chrétien"
Miséricorde de la stalle n°39 : Un riche couple encadrant un récipient à couvercle. La femme semble y jeter un objet (bûché), l'homme s'apprête à dégainer son poignard.
A. Aufauvre : "un couple autour d'une marmite".
Miséricorde de la stalle n°40 : un lion dévorant un loup (ou un chien).
A. Aufauvre : "un lion dévorant un quadrupède".
Miséricorde de la stalle n°41 : un homme (robe logue, bonnet à rabats) est assis à l'envers sur un quadrupède et tend l'index droit vers son arrière-train tout en lui soulevant la queue. L'animal a les antérieurs fléchis. Il pourrait s'agir d'un taureau.
A. Aufauvre : "un cavalier au rebours, sur une bête fantastique".
Panneau intérieur du dais. Rinceaux à têtes de poisson et de bélier.
Les culs-de-lampe du dais.
Chanoine priant.
Homme barbu déroulant un phylactère.
Ange tenant une lance (instrument de la Passion).
Femme richement vêtue tenant des binocles.
Ange tenant des verges (instrument de la Passion).
Femme tenant un objet cylindrique.
Ange déroulant un phylactère.
Les 7 panneaux à claire-voie en couronnement du dais.
Corbeille + faune
Corbeille + 2 angelots chevauchant des griffons.
Pentacle + corne d'abondance à visage anthropomorphe.
Candélabre et rinceaux à femme-feuille et tête de dauphins.
Pentacle tenu par deux angelots.
Corbeille + deux êtres fantastiques feuillagés.
Corbeille + fleurs et volutes.
SOURCES ET LIENS
Palissy :
https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM77001912
— Eglises du confluent
https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-77Champeaux-CollStMartin.php
— AUFAUVRE (Amédée), FICHOT (Charles), 1858, Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département : Collégiale de Champeaux, Paris, 1858, 407 p. page 44
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f87.item
— LEBEUF (Jean), 1883, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome cinquième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition), 1883, 478 p. p. 407-420
https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
—MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux" Bulletin Monumental vol. 84 pp. 274-281
https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k135397z/f79.image
—MICHELIN (Louis), 1841, Essais historiques et statistiques sur le département de Seine et ..., Volume 2 p.488
https://books.google.fr/books?id=C0o-AAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=%22aumusse%22+%22champeaux%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
Sur les stalles :
— BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI century, Turnhout, Brepols,444 p. âges 159-162.
Le Corpus des Miséricordes Médiévales (XIIIe-XXVIe siècles) se compose de cinq volumes. Les quatre premiers sont consacrés aux miséricordes et aux sculptures de stalles de chœur associées, dans des régions spécifiques d'Europe. Le cinquième volume comprend un index iconographique exhaustif des thèmes communs à différents pays, ainsi que des thèmes propres à chaque pays. Le premier volume de cette série, « Miséricordes Médiévales en France », recense environ 300 églises qui conservent des miséricordes gothiques ornées de figures sculptées et de récits inspirés des traditions orales (proverbes, contes populaires), mais aussi des annotations marginales de manuscrits, des chapiteaux romans, des bibles illustrées, des gravures, des cartes à jouer… Une vaste fresque de la vie médiévale – activités rurales, métiers urbains, relations conjugales, vie monastique – est présentée dans ces sculptures, sous les sièges des stalles, aux côtés des costumes d'époque, de l'architecture urbaine et collégiale, et des mécanismes. Des jeux de mots et des rébus s'entremêlent souvent à ces thèmes, créant des énigmes à la fois comiques et mystérieuses pour le regard du XXIe siècle. La perspective globale des miséricordes, généralement négligée dans les études sur l'art médiéval, est ici présentée comme une base multidisciplinaire pour de futures recherches menées par des sociologues, des historiens, des archéologues et d'autres médiévistes. Les volumes suivants traitent des miséricordes en Ibérie, en Flandre et dans le nord de l'Europe, ainsi qu'en Grande-Bretagne.
https://books.google.fr/books?newbks=1&newbks_redir=0&hl=fr&id=nmnrAAAAMAAJ&dq=LACROIX+Marcel%2C+La+coll%C3%A9giale+Saint-Martin+de+Champeaux%2C+Paris%2C+Imprimerie+de+l%E2%80%99Auxerrois&focus=searchwithinvolume&q=champeaux
— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45
— DUFOUR (Jean), 2009, Le chartrier de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux, ed Droz, p.56
https://books.google.fr/books?id=52-3Nmi2gmoC&pg=PA56&dq=stalles+champeaux+mis%C3%A9ricordes&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjiwvPj9vuQAxWUcKQEHevrO4YQ6AF6BAgIEAM#v=onepage&q=stalles%20champeaux%20mis%C3%A9ricordes&f=false
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 119 à122 et p.195.
https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false
— MUSICASTALLIS
https://musicastallis.huma-num.fr/fiche.php?id=86
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_6ff29f_20250823-180529cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_104380_20250823-180750cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_b012a9_28.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_1c48d9_28a.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_a3d1c5_28za.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_9a6ff3_29a.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_1edfbd_30z.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_6a77c8_20250824-093317cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_f99e32_20250824-093325cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_a102f3_31a.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_f84ceb_20250823-180820cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_d06ca7_32.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_80378a_20250823-180852cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_93c0ed_33.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_76ff4a_34.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_8ce144_35a.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_5c2b04_36.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_037781_20250823-181003cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_2ae3a1_37.jpg)
/image%2F1401956%2F20251121%2Fob_893a34_37a.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_9f88f8_38.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_96bc69_38a.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_7a6959_38za.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_6a8cd9_39.jpg)
/image%2F1401956%2F20251124%2Fob_df0e76_40.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_94a4ff_41.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_97b32d_20250823-181206cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_c8a25b_20250823-181217cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_8e7c14_20250823-181224cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_ea3cfe_20250823-181232cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_519760_20250823-181241cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_df4c51_20250823-181245cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_005e43_20250823-181300cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_a0a514_20250823-181304cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_7833e9_20250823-181310cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_265d12_20250823-181319cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_7ff793_20250823-181338cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_23db43_20250823-181341cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_b6506b_20250823-181324cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_17ea6e_20250823-181351cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_71c773_20250823-181402cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_6fbd8a_20250823-181409cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_6e8362_20250823-181414cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_01698f_20250823-181419cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20251123%2Fob_07e1fb_20250823-181422cc.jpg)