Ensemble de 74 stalles (chêne, 1532) du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse : les miséricordes, les appuie-mains et les jouées. II. Le côté nord.
Voir sur Brou :
Voir sur les stalles :
a) En Bretagne par ordre chronologique :
-
Les frises nord des stalles du chœur de la cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon.
-
Les frises sud des stalles du chœur (1504-1520) de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon.
-
Les stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon Les inscriptions des enfants de la psallette.
-
Les jouées des stalles du chœur (1504-1520) de l'ancienne cathédrale de Saint-Pol-de-Léon.
-
Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les miséricordes. (1509-1512)
-
Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les inscriptions des musiciens et des enfants de la psallette. (1509-1512)
-
Stalles et cathèdres de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.
-
Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. IIa, le coté nord, les miséricordes.
-
Les 54 stalles (vers 1530-1550) de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).
-
Les stalles et la table de communion de l'église de Lampaul-Guimiliau.
-
L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou IX. Les 15 stalles et leurs miséricordes.
Hors Bretagne :
PRÉSENTATION: voir article I
LES DEUX STATUES ET LES JOUÉES (atelier de Guyot de Beaugrant).
En relation avec le côté sud, au décor voué à l'Ancien testament, celui du coté nord est voué au Nouveau Testament, en l'occurrence aux épisodes de l'Enfance et de la vie publique du Christ avant sa Passion.
1°) statue du dais, angle nord-ouest : saint Grégoire, pape.
Il répond, du côté sud, à la statue de Moïse.
2°) Jouée du retour des stalles, côté nord-ouest : la Nativité.
3°) Au dessus de la Nativité : L'Annonce faite aux bergers.
On trouve au dessus selon Dufay, mais non photographié, la Présentation de Jésus au Temple.
4°) Jouée du retour des stalles basses : l'Adoration des bergers.
5°) Sculpture en ronde bosse : paire de lions.
6°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : le Massacre des Innocents ordonné par Hérode.
7°) Sculpture en ronde bosse : animaux hybrides à tête de femme, corps d'oiseaux et queue spiralée.
8°) Jouée de retour des stalles basses, au milieu (marches d'accès vers la stalle 50) : Jésus assis au sommet de sept marches enseignant aux Docteurs du Temple.
9°) Sculptures en ronde bosse : animaux fantastiques à tête et buste de femmes, pattes de batracien, et coquille d'esscargot.
10°) Jouée de stalle basse du côté nord-est : le Baptême de Jésus par Jean-Baptiste dans le Jourdain.
11° Sculptures en ronde bosse : paire d'animaux à tête brisée, à pattes feuillagées.
12°) Jouée de retour de stalle haute, panneau inférieur : la Femme adultère, Jésus écrivant au sol.
13°) Jouée de retour de stalle haute, panneau médian : la Multiplication des pains et des poissons.
n.b : plus haut, l'Entrée à Jérusalem, non photographiée
14°) La statue de saint Jérôme, avec son chapeau de cardinal et son lion.
LES MISÉRICORDES DU CÔTÉ NORD.
Note : les descriptions me sont personnelles. Les stalles délimitées par un cordon ne sont pas accessibles au public, et les photographies ont été prises tant bien que vaille, et avec l'éclairage ambiant : on voudra bien en excuser la qualité.
Liste.
Comme du côté sud, on retrouve l'importance données aux scènes dans lesquelles des putti jouent (avec une forte connotation anale) avec des aigles ou des dragons. Si on y associent les anges placés dans la même situation, ou les jeunes garçons, on dénombre 14 miséricordes sur 37. La scène de la fessée n°40 ne dénote pas avec ce thème. De même, 5 miséricordes montrent, comme au sud, des moines "en prière" ou endormis sur leurs lectures. On trouve aussi 4 "bourgeois", qui évoquent parfois des prophètes tenant des phylactères.
Deux miséricordes montrent un couple représenté dans des médaillons : je les considèrent comme des miséricordes honorant des dignitaires (sans-doute Marguerite d'Autriche et Philibert le Beau). De même, les miséricordes qui s'ornent de blasons (dont le blason losangique de la commanditaire) ou du moins de cuirs relèvent de la même veine honorifique.
LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES.
n° 38 : putto entre deux dragons.
n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.
n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, sa robe ou tunique étant relevée.
n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.
n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.
n° 43 : putto tenant un phylactère.
n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.
n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.
n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.
n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.
n° 48 : ange présentant un phylactère.
n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.
n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?
n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.
n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.
n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.
n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.
n° 55 : personnage (bourgeois) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.
n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.
n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.
n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.
LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.
n° 59 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.
n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.
n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.
n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.
n° 63 : deux putti luttant.
n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.
n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.
n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.
n° 67 : ange enjambant un phylactère.
n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.
N° 69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.
n° 70: putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.
n° 71: vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.
n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.
n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.
n° 74 : putto tenant un phylactère.
LES MISÉRICORDES DES STALLES HAUTES n° 38 à 58.
n° 38 : putto entre deux dragons.
n° 39 : putto à genoux penché sur un livre.
n° 40 : personnage (femme?) vêtu d'une robe longue à ceinture et coiffé d'un bonnet administrant avec un faisceau de branches une fessée à un jeune garçon à genoux devant elle, aux fesses dénudées, la robe ou tunique de l'enfant étant relevée.
Sur les stalles de l'abbaye Saint-Férréol d'Essôme-sur-Marne, datées vers 1540, une miséricorde représente une fessée analogue, donnée par une femme assise sur une chaise à un enfant nu couché sur ses genoux. Elle n'utilise pas de verges, mais la paume de sa main. Merci à Alain Bonte pour cette information.
n° 41 : Moine à genoux sur le sol, penché sur un livre ouvert, la capuche recouvrant sa tête.
n° 42 : Deux anges tenant un médaillon d'un homme barbu.
Influence de la renaissance italienne.
n° 43 : putto tenant un phylactère.
n° 44 : ange chevauchant un dragon non ailé, au long cou sinueux.
n° 45 : putto accroupi maniant un ustensile.
n° 46 : personnage tonsuré vêtu d'une pelisse, présentant un phylactère.
n° 47 : moine tonsuré prosterné à genoux, mains jointes.
n° 48 : ange présentant un phylactère.
n° 49 : putto portant un animal (chien?) sur son dos.
n° 50 : stalle d'honneur. Deux anges présentant un cuir découpé à enroulement. Support d'armoiries?
Cette stalle est plus large que les autres, et une volée de marche y conduit, encadrée des jouées centrales.
Elle fait face à la stalle n° 13 du côté sud, dont la miséricorde est ornée des armes du duché de Savoie, celles de Philibert le Beau, époux défunt de la commanditaire du monastère de Brou.
n° 51 : moine endormi dans l'attitude du songeur, allongé au sol la tête appuyée sur la paume. Il tient un livre fermé sur la poitrine.
n° 52 : garçon vêtu d'une tunique sans manches, de braies, pieds nus, tenant l'aile d'un aigle.
n° 53 : putto et aigle. L'enfant étreint l'aigle, dont le bec est dirigé vers ses fesses.
n° 54 : deux anges présentant un médaillon au profil féminin.
Ce médaillon forme une paire avec le n°42 et rapproche les deux personnages comme un couple. Est-ce une référence à la commanditaire et à son mari défunt? Les emplacements ne sont pas symétriques par rapport à la stalle d'honneur n°50. Mais les miséricordes occupent-elles leur places d'origine, ou bien ont-elles été remontées à d'autres places lors d'anciennes restaurations?
Si ces deux médaillons étaient rapprochés, les personnages se feraient face.
Ces deux médaillons sont, dans ces stalles la seule influence de la renaissance italienne, dans un décor gothique flamboyant, mais cette influence se retrouve ailleurs dans le monastère, notamment sur les vitraux.
n° 55 : personnage (bourgeois ?) vêtu d'une pelisse et coiffé d'un chapeau haut, assis au sol, tenant un phylactère.
n° 56 : personnage (bourgeois ?) en buste vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau haut, tenant un phylactère.
n° 57 : personnage (bourgeois ?) accroupi vêtu d'un manteau à larges revers et coiffé d'un chapeau conique, tenant un phylactère.
Il regarde vers le haut d'un air inspiré, et peut évoquer lun prophète hébraïque.
n° 58 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.
LES MISÉRICORDES DES STALLES BASSES.
n° 59 : moine prosterné à genoux, le front appuyé sur ses mains jointes.
À la différence du précédent, sa cagoule n'est qu'à moitié remontée sur sa tête.
n° 60 : putto tenant deux cuirs découpés à enroulement, support possible d'armoiries.
n° 61 : deux anges présentant un blason losangique donc féminin.
Ce blason rappelle ceux de même formes mais en pierre qui sont placés tout autour du chœur : ils portaient les armoiries de Marguerite d'Autriche. Là encore, on peut s'étonner de l'emplacement à l'écart de l'axe d'honneur et de la rangée haute, plus honorable, et s'interroger sur une possible modification des répartitions initiales.
n° 62 : putto penché en avant, tenant d'une main un phylactère, et appliquant contre ses fesses un ustensile s'achevant par un récipient avec des boules.
n° 63 : deux putti luttant.
n° 64 : putto enlaçant le tronc d'un dragon non ailé.
n° 65 : putto enjambant le dos d'un dragon non ailé et lui tournant le dos. Il lui écarte la queue tandis qu'une main est posée sur la cuisse de l'animal.
Comparable à la miséricorde n°33 du côté sud.
n° 66 : homme au costume Renaissance (habits à crevés, mode François Ier puis Henri II), mais tête nue, curieusement penché à l'arrière d'un dragon, posant le menton sur son arrière-train. Le dragon retourne sa tête vers l'homme.
n° 67 : ange enjambant un phylactère.
n° 68 : ange chevauchant un dragon non ailé à qui il a passé un collet.
n°69 : putto penché à quatre pattes sur un aigle, qui lui mord la tête.
n° 69 : putto tenant un aigle attaché par un lacet noué à sa patte gauche.
n° 71 : vigne (eucharistique ?) : feuille et grappe.
S'il s'agit d'un symbole eucharistique, c'est ici le seul motif religieux de ces miséricordes.
S'il s'agit seulement d'un décor végétal, c'est là encore une exception, à l'opposée de nombreuses stalles ornées de feuillages.
Une branche du cep est brisée.
n° 72 : putto tenant un aigle par l'aile.
n° 73 : homme courbé en deux vers le sol. tunique et bonnet à crevés mais l'abondance de ceux-ci, en forme d'oreilles, peut laisser penser à un fou.
n° 74 : putto tenant un phylactère.
Quelques vue générales des stalles.
QUELQUES APPUIE-MAINS
SOURCES ET LIENS
—Base Palissy
https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01000080
— DUFAY, 1867, L'église de Brou p.63 et suiv
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112425j/f77.item.texteImage
"En entrant dans le choeur de l'église par le jubé, on voit d'abord les stalles en bois, au nombre
de 42; elles sont placées des deux côtés du choeur, sur deux rangs séparés par une estrade qui a pour
but d'élever du sol les sièges adossés aux murs.
Chaque panneau ou lambris est séparé de celui qui le joint par quatre colonnettes à bases gothiques, à fûts coudés et couverts de feuillages et d'ornements sculptés s'élevant jusqu'aux corniches supérieures. Les centres des panneaux sont occupés par une suite de niches abritant, chacune, un personnage de 35 à 40 centimètres de hauteur; tous ces personnages sont posés sur des piédestaux à colonnes de diverses formes, mais de même dimension.
Ces statuettes, d'un style élevé, contrastent avec les figures des régions inférieures.
Il y a au-dessous toute une population de grotesques,qui s'agite et mime des dialogues peu naïfs. Ainsi, un singe, à cheval sur une cloison, fait des grimaces à un moine juché sur la cloison voisine et lisant sonbréviaire.—Un soldat, à barbe inculte, semble s'adresser à une fille accroupie de froid, qui cache ses mains sous ses aisselles; plus loin, une vierge folle, portant une tête de mort sur ses genoux,
tire la langue à un religieux dont le capuchon laisse passer des oreilles d'âne. — Un capucin étreint, avec bonheur, dans ses bras, une outre remplie de vin qui jaillit dans sa bouche. —Un autre fustige vigoureusement, avec de fortes verges, une femme nue qui lui mord le talon. — Enfin, presque tous les bras des stalles sont des personnages grimaçant ou à figures de singe. — Sous les banquettes le grotesque redouble, et les groupes ont des allures licencieuses et bachiques.— C'est le style moyen-âge, c'est l'époque où la satire ne connaissant plus de frein, flagellait le clergé séculier, auquel l'artiste prêtait tous les vices et les ridicules, selon sa joyeuse ou sa mauvaise humeur.
Revenons aux personnages placés près des lambris, et essayons d'en donner la description
d'après l'ordre adopté par le père Rousselet ( Le père Pacifique Rousselet, augustin réformé,
dernier prieur de Brou, a écrit l'Histoire et Description de l'église de Brou, en 1767.).
En commençant par le côté droit du choeur, on voit 24 prophètes ou patriarches de l'Ancien Testament. Ce sont: Abraham levant une main au ciel.—Isaac méditant.--La force, exprimée symboliquement par un homme ayant une barbe touffue. --Jacob luttant avec un ange. — Isaïe et Jérémie annonçant l'incarnation du Verbe. — Aaron, grand sacrificateur. — Moïse montrant les tables de la loi. — Néhèmie. — Ezéchiel. — David tenant une harpe. — Daniel Vêtu en officier. — Samuel appuyé sur un bâton, tenant une épée comme juge d'Israël. — Osée montrant le ciel. — Joël lisant un livre. — Amos, — Abdias. —Jonas voyageur. — Miche. -— Nahum, — Habacuc fuyant avec effroi. — Aggée se reposant sur un bâton. — Zacharie montrant le ciel; et Malachie qui semble compter sur ses doigts la venue du Messie.
Sur le lambris des stalles du même côté, il existe trois panneaux en relief: Adam endormi, pendant
que Dieu tire une de ses côtes pour former la femme. — Eve chassée du paradis par un ange
qui tient une épée flamboyante. — Le meurtre d'Abel par son frère Caïn.
La partie du lambris en retour, n'ayant qu'un seul panneau, représente l'apparition de Dieu à Moïse dans le buisson ardent.
A l'entrée du milieu des stalles, on voit sur la droite, Manué, père de Samson, offrant à Dieu un
holocauste en action de grâces pour la promesse qui lui a été faite par un ange, qu'il aurait un fils
d'une force extraordinaire ; dans le même panneau, paraît un ange qui s'élève au ciel avec la
fumée de l'holocauste. A gauche, Samson ayant une des portes de la ville de Gaza sous son bras, et
l'autre sur ses épaules.
Sur le panneau de la partie du lambris en retour, placé à l'extrémité des stalles et du même côté, c'est la victoire de David sur Goliath, au moment où ce prince lui coupa la tête.
Le lambris à trois panneaux, qui n'est séparé du précédent que par le passage communiquant
aux stalles,présente dans la partie inférieure: l'histoire de la chaste Suzanne accusée par les impudiques vieillards, et conduite en prison par leur ordre. — Au milieu, la multiplication des vingt pains d'orge par le prophète Elisée. — A la partie supérieure, le sacre de Salomon par le prêtre Sadoc, accompagné de Nathan, — de Banaïas, capitaine de David, — d'un héraut d'armes et de plusieurs autres personnages. — On aperçoit encore sur chacun de ces lambris, deux niches qui renferment,du côté de la grande porte du chœur, la statue d'Aaron; et à l'extrémité des stalles, Moïse. Aaron paraît indiquer à Moïse le meurtre d'Abel. Moïse regardant Aaron, lui montre le ciel; inclinant sa baguette vers la terre, il semble dire qu'un Dieu vengeur ne laissera pas ce crime impuni.
Les stalles, à la gauche du choeur, sont garnies de figures représentant le Nouveau Testament.
Elles sont également au nombre de 24.
En commençant en bas du chœur, vers la porte principale d'entrée, on reconnaît : Saint Luc (un bœuf à ses pieds) montrant du doigt son Évangile ouvert. — Saint Pierre. (Cette statuette a été volée).
Saint Étienne en habit de diacre portant le livre des Évangiles. — Saint Mathieu, avec un ange à côté de lui. — Saint Mathias; il semble s'entretenir aveo Zébédèe, qui le suit. Saint Jean l’Évangéliste, ayant un aigle à ses pieds, et parcourant son Évangile appuyé sur son genou. — Saint Marc, son Évangile dans les mains, un lion à côté de lui. — Saint Paul ; il tient ses Épîtres de la main droite, son épée de la main gauche. — Saint André appuyé sur sa croix.— Saint Jean tenant une coupe d'où sort une couleuvre. — Saint Thomas, les Évangiles à la main, un petit sac à son côté. — Saint Jacques le Majeur tenant un bâton de la main gauche. — Saint Jacques le Mineur, avec son bâton. — Saint Simon portant les Évangiles de la main gauche. (Le bras droit est cassé.) Saint Thadée, un bâton dans la main droite, les Évangiles dans la main gauche. — Saint Barnabé,appuyé sur le pilier auquel il fut attaché pour être lapidé. — Saint Barthélémy portant une scie de la main droite. — Saint Philippe ayant sous le bras droit le livre des Évangiles. — Simon le pharisien, une épée au coté. — Jésus enseignant ; il a un livre ouvert à la main. — Jésus voyageant, tient un bâton et paraît fatigué. — Saint Jean Chrysostome portant ses écrits de la main gauche. — Saint Jude, montrant le ciel d'une main et soutenant sa robe de l'autre.
Revenant aux lambris des stalles de ce côté, on remarque sur le panneau inférieur, près de la
porte: la naissance de l'enfant Jésus; il est couché sur la paille, assisté de saint Joseph et de la sainte
Vierge, sa mère. Sur le panneau du milieu, c'est la nouvelle de cette naissance, donnée par un ange, aux pasteurs, dont quelques-uns, éveillés en sursaut, semblent se hâter d'aller adorer le Messie.
Sur celui d'en haut, c'est la présentation de l'enfant Jésus au temple ; la compagnie est nombreuse; on y distingue Marie et Siméon. Ce saint patriarche tient entre ses bras le Sauveur du monde.
Le panneau de la partie du lambris en retour représente l'adoration des Rois.
Vers l'entrée du milieu des stalles, on remarque, à gauche, le massacre des innocents, et à droite, le Sauveur, encore enfant, assis au milieu des docteurs dans le temple de Jérusalem.
En suivant les stalles jusqu'à l'extrémité, on voit sur la partie du lambris en retour, le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean, sur le fleuve du Jourdain.
Sur le panneau inférieur du lambris,se trouve le jugement prononcé par J.-C. en faveur de la femme adultère; ses accusateurs regardent ce que le divin Sauveur a écrit sur le sable. Sur celui du milieu, est le miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons qui servirent à J.—C. pour nourrir cinq mille hommes.—Le plus élevé représente l'entrée solennelle de J.-C. dans Jérusalem; on y remarque un grand concours d'habitants portant des palmes et étendant leurs manteaux sur le passage du Sauveur.
Les deux figures qui correspondent à celles d'Aaron et de Moïse, qu'on a vues de l'autre côté
des stalles, sont : saint Grégoire, pape, au bas du choeur; et à l'extrémité des stalles, saint Jérôme
donnant à manger à un lion qui se dresse pour le caresser.
Le couronnement de ces boiseries est soutenu par des voûtes imitées de celles de l'église; ce sont des arcs doubleaux, des piliers à nervures, des écussons, des ornements réduits et sculptés du meilleur effet."
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. 17 occurrences sur Brou ; pages 139 et suiv. Illustrations n°177 à 182.
https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&pg=PA40&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjK-sGxp_GOAxVNTqQEHbEaA1kQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=mis%C3%A9ricordes%20stalles%20brou&f=false
— LEFFTZ (Michel), 2018, "Guyot de Beaugrant et la sculpture maniériste à l’église de Brou: stalles, retable, tombeaux, portail occidental. " Dans Princesses et Renaissance(s): La commande artistique de Marguerite d’Autriche et de son entourage (p. 44-54). Edition du Patrimoine.
https://rkddb.rkd.nl/rkddb/digital_book/202103203.pdf
"Michel Lefftz, revenant sur le dossier des stalles déjà analysé sur le plan iconographique par Ingrid van Woudenberg en 2006, élargit son enquête au retable des Sept Joies de la Vierge, à la petite sculpture des tombeaux princiers, à celles du lutrin déposé dans le chœur et du portail occidental de la collégiale. Il propose de reconnaître, dans l’unité du style maniériste affirmé à Brou, le ciseau de Guyot de Beaugrant aidé d’un assistant anonyme, et date ses réalisations pour Brou entre 1530 et 1532, juste après l’exécution de la célèbre cheminée du Franc de Bruges (1529-1530)."
"L’analyse stylistique a montré que les sculptures en bois des stalles de Brou, à l’exception des miséricordes, pouvaient être attribuées à Guyot de Beaugrant et à un assistant non identifié, dénommé ici « Maître B ». Guyot de Beaugrant a également réalisé les statuettes en chêne du lutrin de chœur, les quatre anges en pierre du portail occidental et plusieurs figures et groupes en albâtre qui ont été intégrés dans le retable des Sept Joies de la Vierge. Les œuvres qui peuvent être attribuées à Beaugrant révèlent un artiste virtuose, dont le style passe par différentes phases du maniérisme et qui revient ensuite à une certaine forme de classicisme. Le chantier de Brou (1530-1532) est maintenant parfaitement situé dans la carrière de l’artiste, entre celui du Franc de Bruges (1529-1530) et celui du retable de l’église Saint-Jacques à Bilbao (après 1533).
Composé de quarante-deux stalles hautes et de trente-deux stalles basses, l’ensemble impressionnant et magnifique des stalles de Brou résulte de la collaboration entre une équipe de huchiers et une autre de sculpteurs . Les archives n’ayant livré qu’un seul nom, celui de Pierre Berchod, huchier de Bourg, chargé de « bailler la tache des sièges », qui œuvre entre 1530 et 1532, force est de recourir à l’analyse stylistique pour en attribuer les sculptures. Nous laisserons ici de côté les miséricordes « à la verve gauloise » pour nous attacher au style des statuettes ornant les dorsaux et des reliefs « à l’exubérance flamande », insérés dans les jouées. Nous délaisserons également l’iconographie, celle-ci ayant déjà fait l’objet d’une étude spécifique en 2006. Nos analyses morphologiques montrent que la quarantaine de statuettes, ainsi que la petite vingtaine de reliefs des stalles, peuvent être réparties en deux groupes stylistiques clairement distincts . Cependant, aucune analyse dendrochronologique ne permettant de préciser la provenance des bois dans lesquels ces œuvres ont été sculptées, on ne dispose pas d’arguments probants pour déterminer si le travail a été accompli sur place ou dans les anciens Pays-Bas, où Guyot de Beaugrant était actif. Les deux maîtres se sont aussi réparti la réalisation des reliefs narratifs des jouées des stalles ; les plus habiles dans la conception et dans l’exécution étant ici aussi redevables à Guyot de Beaugrant. Rappelons que les panneaux ont nécessairement dû être réalisés avant leur insertion dans la menuiserie des stalles, lors du montage de l’ensemble, à Brou."
— JARRIN (Charles), Brou, sa construction, ses architectes...
— COMMONS WIKIMEDIA: photographies
https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Choirs_stalls_in_%C3%89glise_de_Brou
— WOUDENBERG (Ingrid van), 2006, « Les stalles du chœur de Brou : expression d’un amour religieux ou profane ? », in Brou, un monument européen à l’aube de la Renaissance, actes du colloque, Bourg-en-Bresse.
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_f4ce69_20250509-094827cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_5b61fe_20250509-094803cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_855529_20250509-094818cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_83537c_20250509-094731cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_4536e0_20250509-094736cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_cbf4b0_20250509-094742cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_659e8c_20250509-094746cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_d7b9ec_20250509-095102cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_f32747_20250509-095017cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_c9896e_20250509-095025cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_7b88ce_20250509-095029cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_70013a_20250509-095056cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_09d310_20250509-095056ccz.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_e3c157_20250509-095052cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_70c7d4_20250509-095045cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_26ea3f_20250509-095332cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_bb27c2_20250509-095327cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_826d87_20250509-095342cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_3d73de_20250509-095347-ccjpg.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_992077_20250509-095355cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_689d43_20250509-095415cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_c1f440_38.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_6a7386_39.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_c9ba42_40.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_2134d6_41.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_2833d6_42.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_000105_43.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_1f1417_44.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_78b062_45.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_ab8c49_46.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_0f7a6a_47.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_e3a0ce_48.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_d7f1bc_49.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_cb4399_50.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_6746d2_51.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_eaa97a_52.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_12f3a5_53.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_a4b1dc_54.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_0283e1_55.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_725d26_56.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_072fd8_57.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_478cb6_58.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_a54a6f_59.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_eaf463_60.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_59a1c1_62a.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_eea213_63.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_003a6e_64.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_8c724e_65a.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_89441b_66a.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_05b343_67.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_18259d_68a.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_fb3f0b_68.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_d89fee_69.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_e6fb69_71.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_790d67_72a.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_df0fd9_73.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_6ce62a_20250509-094904cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_beb656_20250509-095009cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_61d7b3_20250509-095458cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_d173f8_20250509-100044cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_4ebe0c_20250509-100049cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_680b6f_20250509-094912-ccjpg.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_a8cc8c_20250509-094919cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_b5cba6_20250509-094949cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_7f9f33_20250509-095241cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_885127_20250509-095250cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_34e975_20250509-095256cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_a2f5bd_20250509-095525cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_ca7a2d_20250509-095607cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_c616de_20250509-095827cc.jpg)
/image%2F1401956%2F20250808%2Fob_b51839_20250509-095843cc.jpg)